Constitution des sociétés commerciales en Tunisie
Constitution des sociétés commerciales en Tunisie
1 ASPECT JURIDIQUE
1.1 Définition
Art. 416. Du code civil « La société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes
physiques ou morales conviennent à contribuer à une activité commune, par la prestation
d’apports en industrie, en nature ou en numéraire dans le but de partager le bénéfice qui
pourra en résulter, de réaliser une économie ou, encore, de viser un objectif économique
d’intérêt commun.
Ils supportent les pertes qui pourraient en résulter. »
A. Les Apports
Les apports en capital sont des Biens que les associés (actionnaires) mettent à la disposition
de la société en vue de l’exploitation commune, en contrepartie desquels ils reçoivent des
droits dans le capital social (proportionnellement aux apports) représentés par des parts
sociales ou des actions.
Les trois types d’apports :
A. Un nom
Toutes les sociétés ont un une raison social ou dénomination sociale, déterminée dans les
statuts de la société. (Article 546 de l’ordonnance n° 75-59 du 26 septembre 1975, modifiée
et complétée).
La raison social est composée du nom des associés ou du nom de l’un ou plusieurs d’entre
eux suivi des mots « et Compagnie» (Article 552 de l’ordonnance n° 75-59 du 26 septembre
1975, modifiée et complétée) ;
La domination sociale demeure un libre choix, Elle peut faire référence à l'activité de la
société ou non.
B. Un domicile
il est fixé par les statuts. Il détermine :
− la nationalité de la société (les lois à laquelle la société est soumise) ;
− le tribunal compétent, en cas de litige ;
− la domiciliation fiscale de l’entreprise.
C. La capacité juridique
La société a une capacité juridique, dans la limite de son objet social. Elle peut :
− Acquérir un patrimoine ;
− Passer des contrats;
− Agir en justice.
Cette capacité juridique est exercée par les organes de direction de la société, déterminés
dans les statuts de la société.
La Libération des apports est : l’opération de mise à disposition de l’apport à la société par
les associés. Les règles liées à la libération diffèrent selon la nature de l’apport et le type de
société :
− Pour les apports en nature, la libération est immédiate.
− Pour les apports en numéraire, la libération peut être différée. C’est le cas des Sociétés
par actions et les SARL.
S.P.A. S.P.A.
Sans appel Avec appel
SNC S.A.R.L E.U.R.L
Public à Public à
l’épargne l’épargne
Nombre des Minimum 2
Au moins 2 Au moins 7 Au moins 7 1
associés Maximum 50
En numéraire, en
Nature des En numéraire, en nature et en
nature et en En numéraire et en nature
apports industrie
industrie
Droits sociaux Parts Actions Parts Parts
1 DEFINITIONS
2 ASPECT JURIDIQUE
Les réserves :
Article 721 « A peine de nullité de toute délibération contraire, dans les sociétés à
responsabilité limitée et les sociétés par actions, il est fait sur les bénéfices nets de
l'exercice, diminués, le cas échéant, des pertes antérieures, un prélèvement d'un vingtième
au moins affecté à la formation d'un fonds de réserve dit «réserve légale».
Ce prélèvement cesse d'être obligatoire, lorsque la réserve atteint le dixième du capital
social. »
Article 724 « Les modalités de mise en paiement des dividendes votés par l'assemblée
générale, sont fixés par elle ou, à défaut, par le conseil d'administration ou les gérants, selon
le cas.
Toutefois, la mise en paiement des dividendes doit avoir lieu dans un délai maximal de neuf
mois après la clôture de l'exercice. La prolongation de ce délai peut être accordée par
décision de justice. »
Les tantièmes :
Article 727 « Le versement des tantièmes au conseil d'administration, selon le cas, est
subordonné à la mise en paiement des dividendes aux actionnaires. »
Article 728 « Le montant des tantièmes ne peut excéder le dixième du bénéfice distribuable,
sous déduction :
1°) Des réserves constituées en exécution d'une délibération de l'assemblée générale ;
2°) Des sommes reportées à nouveau.
Pour la détermination des tantièmes, il peut, en outre, être tenu compte des sommes mises
en distribution qui sont prélevées dans les conditions prévues à l'article 722, alinéa 2. »
3 ASPECTS FISCAUX
Résultat comptable
+ Réintégration
- Déduction
= Résultat Fiscal
La détermination du résultat fiscal passe par les étapes suivantes :
- Détermination du résultat comptable ;
- Déduction des produits comptabilisés mais qui bénéficient d’une exonération ;
- Réintégration des charges comptabilisées mais qui du point de vue fiscal ne sont pas
admises en déduction du résultat imposable.
B- Calcul de la plus-value
La plus –value est la différence positive entre le prix de cession et la valeur d’origine
diminuée des amortissements pratiqués.
C- Modalités d’imposition
a- Régime général
Il faut distinguer les plus-values à court terme et les plus-values à long terme.
▪ Les plus-values à court terme sont celles qui proviennent de la cession d’élément
acquis ou crées depuis 3 ans ou moins. Les plus-values à long terme sont celles qui
proviennent de la cession d’élément acquis ou crées depuis plus de 3 ans.
▪ Les plus-values à court terme sont comprises dans le bénéfice imposable pour 70 %,
soit une exonération de 30 %. Les plus-values à long terme sont imposées pour 35 %,
soit une exonération de 65 %.
Aucune formalité particulière n’est requise pour bénéficier de cette exonération. Il
conviendra cependant, de prendre soins de remplir correctement l’imprimé relatif à la
détermination du résultat fiscal en déduisant du bénéfice comptable le montant des plus-
values exonérées.
Les plus-values de cession d’éléments d’actifs, ne sont pas comprises dans le résultat de
l’exercice au cours duquel elles sont réalisées si l’entreprise s’engage à réinvestir, dans un
délai de 3 ans à partir de la date de clôture, un montant égal au prix de revient des
investissements cédés augmenté du montant de la plus-value.
L’engagement de réinvestir doit être joint à la déclaration des résultats de l’exercice. Il n’est
pas nécessaire de réinvestir dans des investissements de même nature que ceux qui ont été
cédés.
La plus-value non imposée est inscrite dans un compte de réserves. Après
réinvestissement, elle sera affectée en amortissement des éléments acquis. Les
amortissements seront calculés sur la différence entre le coût d’acquisition et la plus-value.
A- Principe
Le déficit subi au cours d’un exercice est imputé sur le bénéfice des exercices suivants. Il
s’agit dans ce cas du report « en avant » des déficits.
Le report des déficits a été d’abord institué par le droit commercial. En effet, une entreprise
ne peut distribuer valablement des bénéfices qu’après avoir épongé les pertes antérieures.
Ce principe s’applique sans limite dans le temps.
En matière fiscale, le report en avant des déficits est reconnu. De plus, son imputation est
limitée dans le temps.
B- Limitation dans le temps
Actuellement, le report des déficits est limité à 4 ans. Ainsi, le déficit dégagé est imputé sur
le bénéfice réalisé durant l’exercice suivant. Si ce bénéfice n’est suffisant pour que
l’imputation puisse être intégralement opérée, l’excédent de déficit est reporté sur les
résultats des exercices suivants, jusqu’à la quatrième année incluse. (Article 147 du code des
impôts directs et taxes assimilées modifié par l’article 10 de la loi de finances 2010).
Ainsi, le déficit de l’exercice 2009 peut être imputé, à due concurrence, sur les exercices
2010 à 2013. Pour l’IBS 2014, exercice 2013, seuls les déficits des exercices 2009 et suivants
sont reportables.
C- Conditions
Le report des déficits est un traitement fiscal qui intervient pour calculer le montant de l’IBS
à payer. Il ne nécessite aucun enregistrement en comptabilité. La seule condition exigée est
de prouver l’existence des déficits reportés. Cette preuve est apportée par la tenue d’une
comptabilité régulière.
D- Montant du déficit
Le montant du déficit reportable est déterminé en tenant compte des charges non
déductibles. Le résultat comptable est donc diminué des sommes qui, en cas de résultat
bénéficiaire, devraient être réintégrées.
E- Modalités
Pour bénéficier effectivement du report, il suffit simplement d’indiquer, dans la déclaration
annuelle, le montant des déficits reportables. Bien entendu, l’administration peut user de
son droit de contrôle pour vérifier le bien-fondé du report de l’exactitude de son montant.
Etant donné que le déficit d’un exercice est reportable uniquement sur les 4 années suivant,
s’il y a coexistence de plusieurs reportables non atteints par la limite de 4 ans, il convient de
reporter en premier lieu des déficits les plus anciens.
Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice distribuable déterminé à partir du bénéfice net
de l’exercice selon la « cascade » suivante :
▪ Le premier dividende est calculé sur le montant libéré des actions (éventuellement
prorata temporis si la libération est intervenue en cours d’exercice, et
éventuellement sur les versements anticipés si les statuts le prévoient).
▪ Le superdividende est attribué à l’ensemble des actions, de façon équivalente (quel
que soit leur degré de libération).
Le paiement des dividendes doit intervenir dans un délai maximal de neuf mois après la
clôture de l’exercice.
Les tantièmes distribués sont soumis à une retenue à la source libératoire de 15%.
Augmentation
Apport en Apport Incorporation Conversion
de capital par :
Numéraire en nature de réserves de créances
(1)
Se procurer de Accroître le potentiel de Renforcer le capital de Eponger certaines
nouvelles ressources la société en intégrant la société afin de créer dettes sans
pour financer des directement de un effet ponctionner la
Motifs opérations nouveaux actifs psychologique trésorerie de la
d’investissements ou nécessaires à son favorable auprès des société.
renforcer la situation développement. actionnaires.
financière.
Emission d’actions Emission d’actions Emission d’actions Emission d’actions
nouvelles à un prix nouvelles à un prix nouvelles gratuites nouvelles à un prix
Formes (2) d’émission compris théoriquement proche (Éventuellement : théoriquement
entre le nominal et la de la « valeur » du titre. augmentation du proche de la
« valeur » du titre. (3) nominal des actions). « valeur » du titre.
• Augmentation de • Augmentation de • Aucune augment- • Diminution du
l’actif (liquidités). l’actif (actif divers). ation : les réserves se passif (dettes).
Conséquence
• Augmentation du • Augmentation du transforme en capital. • Augmentation
Sur le bilan passif (Fonds passif (capital). égale du passif
propres). (capital)
Par leur approbation en assemblée générale extraordinaire (AGE) (4)
Par la détention du Par la détention du
Protection droit préférentiel de droit d’attribution
des anciens souscription (DS) (DA) attaché au titre.
actionnaires attaché au titre.
Ce DS est négociable. Ce DA est négociable.
(5) (6)
• Anciens action-
• Anciens actionnai-
naires utilisant leurs
res utilisant leurs
droits.
droits.
• Nouveaux action-
• Nouveaux actionn-
• Apporteur(s) en naires (ou anciens) • Créancier(s) de la
Souscripteurs aires (ou anciens)
nature ayant acheté des société.
ayant acheté des droits
droits d’attribution
de souscription dans la
dans la parité
parité nécessaire.
nécessaire.
(1) Article 688 du Code de Commerce : « les actions nouvelles sont libérées, soit en
numéraire, soit par compensation avec des créances liquides et exigibles sur la société, soit
par incorporation des réserves, bénéfices ou primes d’émission, soit par apport en nature. »
(3) Article 705 du Code de Commerce : les actions souscrites en numéraire sont
obligatoirement libérées, lors de la souscription, d’un quart (1/4) au moins de la valeur
nominale et, le cas échéant, de la totalité de la prime d’émission.
(4) Article 691 du Code de Commerce : l’assemblée générale extraordinaire est seule
compétente pour décider, sur le rapport du conseil d’administration ou du directoire, selon
le cas une augmentation du capital.
(6) Article 708 du Code de Commerce : En cas d’attribution d’actions nouvelles aux
actionnaires, à la suite de l’incorporation au capital de réserves, bénéfices ou primes
d’émission, le droits ainsi conféré est négociables ou cessible.
2 ANALYSE COMPTABLE
- La parité d’émission des actions nouvelles est ici : d’une action nouvelle pour deux
anciennes (2 000 pour 4 000)
Cet exemple montre que l’émission des actions nouvelles à un prix d’émission inférieur à la
valeur des actions avant l’augmentation du capital provoque une baisse de la valeur des
actions de 815,00 DA à 750,00 DA.
Cette baisse de valeur est compensée par le droit préférentiel de souscription dont
bénéficié chaque actionnaire ancien. Ce droit est attaché à chacune des actions qu’il
possède.
1- la parité d’émission :
A 2 000 actions nouvelles correspondent 4 000 actions anciennes, c’est-à-dire 4 000 droits
de souscription.
D’où : pour souscrire 1 action nouvelle, il faut disposer de 2 droits de souscription.
Exemple : Une S.P.A au capital de 2 500 000,00 DA (5 000 actions de 500,00 DA) dont
l’action est évaluée à 562,00 DA. Elle décide d’émettre 200 actions nouvelles pour
rémunérer un apport évalué (selon le rapport du commissaire aux apports) à 112 400,00 DA.
L’apport est constitué de divers actifs.
SOLUTION :
AUGMENTATION DE CAPITAL par émission de 200 actions nouvelles :
- Capital : 200 x500,00 = 100 000,00 DA
- Prime d’émission : 200 x (562,00 – 500,00) = 12 40 0,00 DA
Montant de l’apport = 112 400,00 DA
Exemple : Une S.P.A. au capital de 2 400 000,00 DA (8 000 actions de 300,00 DA) dont
l’action est évaluée à 540,00 DA. Elle décide d’émettre 2 000 actions nouvelles gratuites par
incorporation d’une réserve facultative.
La valeur théorique du DA est celle qui compense exactement la perte de valeur du titre due
à l’augmentation du capital.
1. la parité d’attribution :
A 2 000 actions nouvelles correspondent 8 000 actions anciennes, c’est-à-dire 8 000 droits
de souscription.
D’où : pour obtenir 1 actions gratuite, il faut disposer de 4 droits d’attribution.
En participant à la distribution des actions gratuites dans la proportion de ses droits, l’ancien
actionnaire ne subit aucun préjudice.
Grâce à la vente du droit d’attribution attaché à chaque action, la valeur du patrimoine est
inchangée, par contre sa composition s’est modifiée.