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Hommage au Professeur Miloud Taifi

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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Saïs-Fès

Etudes et recherches
en linguistique et littérature amazighes
La mesure du sens et le sens de la mesure

Actes du colloque international organisé en hommage au


Professeur Miloud TAIFI

Edités par :

Hachem JARMOUNI
Samira MOUKRIM

2015
2
SOMMAIRE

Texte du poète / compositeur Aâbabou (Ayt iḥya de Tounfite)…………… 9

L’exemplier Taïfi, en hommage au maître et à l’ami


Patrice POGNAN.…………………………………………………….…... 11

La place de la composition dans la morphologie berbère


Abdelaziz ALLATI.………………………………………………………… 25

Les particules d’orientation en Zénaga : du spatial au temporel


Catherine TAINE-CHEIKH ...………………………….………………... 47

Créations lexicales en français : Intégration de dénominations berbères


Mohamed AGHALI – ZAKARA………………...…………………… 65

Des racines et des schèmes : cas de (a)c1c2c2ac3 et de (a)---i en amazighe


Meftaha AMEUR…………………..…………………………………….. 73

Relations logiques en tachelhit : Exemple de la conjonction


Abdallah EL MOUNTASSIR……………………………………………… 89

A propos de za et ammas en tachelhit


Abdallah BOUMALK………………………………………………..………. 99

Issues in the Morphosyntax of bu-nouns in Tashlhit


Karim BENSOUKAS…………………………………..…………………. 111

Morphologie autonome et flexion d’accord en amazighe


Samira MOUKRIM………………………………………………………… 131

Le rôle des anaphores dans la cohésion et la progression textuelle du


texte narratif Kabyle. Cas du conte : «Sin igujilen d’akniwen »
d’Auguste Mouliéras.
Ramdane BOUKHERROUF…………………................………………….. 155

La lexiculture dans les dictionnaires amazighes : cas du Dictionnaire


Tamazight-Français (Parler du Maroc central) de M. Taifi
Mustapha EL ADAK……………………………………………………… 165

3
La terminologie berbere de linguistique dans la grammaire de saïd
hanouz
Mahmoud AMAOUI………………………………………………………. 175

Critères de catégorisation en berbère : faut-il hiérarchiser les classes ?


Lydia GUERCHOUH……………………………………………………… 187

Retour sur le toponyme al-Djaza:'ir: Un état des lieux


Mohand TILMATINE …………………………………………………….. 197

Variation intra-dialectale et inter-dialectale de la langue amazighe: un


rapprochement inter-dialectal est-il possible?
Said HASSANI……………………………………………………………. 219

Résistances para-nationales chez les Ayt Sokhman et Ayt Yafelman


dans le Haut Atlas marocain (1929-1933).
Michael PEYRON…………………………………………………………. 233

Le Conte témoin de Miloud Taifi: allégorie, histoire, et oralité dans


« l’espace littéraire berbère / amazigh »
Daniela MEROLLA…………………………….…………………………. 247

Pratiques et distribution sociale de la poésie dans la Kabylie


traditionnelle
Mohand Akli SALHI.. ……………………………………………………… 257

« Le Conte Témoin » de Miloud TAÏFI : biographie romancée ou conte


philosophique ?
Hachem JARMOUNI………………………………………………..…….. 277

Analyse morphologique d’un corpus de contes en tamazight


Anna Maria Di Tolla………………………………………………………. 287

Awal d timawit di teqbaylit : Verbe et oralité en kabyle.


Moussa IMARAZENE………….…………………………………………. 303

4
PRESENTATION

Les travaux de recherche en linguistique et littérature berbères entrepris à


l’époque coloniale par plusieurs chercheurs constituent un héritage important qui
a servi de point de départ pour les chercheurs berbérisants autochtones.
Le professeur Miloud TAIFI fait partie de ces derniers dont il est l’un des
pionniers. Il est en effet sans conteste l’un des premiers enseignants chercheurs
qui ont introduit les études berbères à l’Université marocaine, et ce depuis déjà
quelques décennies. C’est avec rigueur et dévouement, que TAIFI a consacré la
majorité de ses recherches à la linguistique berbère, avec un penchant marqué
pour la lexicographie et la dictionnairique. Il a ainsi publié en 1992 son
dictionnaire « Tamazight-Français, Parlers du Maroc central ». Et a continué
depuis à corriger, à améliorer et surtout à augmenter la première version de
l’ouvrage en incluant les autres dialectes et parlers berbères dans le domaine
marocain. Parallèlement, le professeur TAIFI a publié plusieurs articles et études
traitant de faits de langue et de littérature berbères.
En plus de cette activité de recherche continue, le professeur TAIFI a dirigé
de nombreux travaux de recherche académiques sur le berbère, allant des
mémoires de licence aux thèses de doctorat. Il a fait du domaine berbère une
composante essentielle de ses programmes de recherche interuniversitaire et de
coopération avec des institutions nationales ou internationales.
Le professeur TAIFI a, de ce fait, fortement marqué l’avancement des
recherches en berbérologie et il constitue une référence incontournables en la
matière.
Ces actes de colloque rendent hommage à ce chercheur, vétéran de
l’enseignement supérieur, en guise de reconnaissance et de gratitude pour ses
activités scientifiques et académiques. Ses amis, ses collègues et ses anciens
étudiants ont apporté leur contribution dans le sillage de ses préoccupations de
recherche.
Les travaux publiés dans ces actes traitent de plusieurs aspects de la
linguistique, de la littérature et d’autres domaines de recherche sur l’amazighe.
Après avoir présenté le projet du dictionnaire raisonné berbère-français,
parlers du Maroc de Milloud Taifi (état actuel et perspectives), ainsi que les
différentes possibilités (informatiques ou autres) offertes par ce grand travail bien
structuré, Pognan, P. nous renseigne sur la réalisation de l’ « exemplier Taïfi », sa
transformation en base de données ainsi que ses divers modes d’utilisation.
L’exemplier présente près de 14000 éléments, exemples et locutions du
Dictionnaire.
Dans sa contribution, Allati, A. a essayé d’apporter un éclairage nouveau
sur la place qu’occupe le procédé de la composition dans le système
morphologique berbère, un procédé de formation des mots longtemps considéré

5
comme marginal, par rapport à celui de la dérivation, dans la tradition
berbérisante.
Taine-Cheikh, C. étudie les particules d’orientation en Zenaga et montre,
en dressant l’inventaire des verbes concernés par cet usage, que le domaine
d’emploi de ces particules dépasse parfois le champ du spatial pour s’étendre à
celui du temporel.
Aghali-Zakara, M. examine quelques tentatives de remplacement du terme
« berbère» (et ses dérivés) en français par d’autres dénominations de types
« amazigh (e) », « tamazight », « taqbaylit », « tachelhit »… chez certains auteurs
travaillant sur les parlers berbères.
Ameur, M. se propose d’examiner le comportement de deux schèmes
particuliers : le schème ac1c2c2ac3 et l’adjectif relationnel se caractérisant par le
schème (a)---i, deux schèmes qui se retrouvent en amazighe, en arabe et en
hébreu. L’auteure qui s’est interrogée sur le degré de motivation des différents
schèmes et sur la nature des racines qui s’insèrent dans ces schèmes, conclut par
la nécessité de prêter une attention suffisante à la richesse morphologique de
l’amazighe en tirant parti des différents gabarits morphologiques sans s’arrêter à
leur éventuelle origine exogène.
El Mountassir, A. étudie les relations logiques en tachelhit, plus
particulièrement le cas de la « conjonction ». S’inspirant de l’approche de
Charaudeau (1992), l’auteur adopte une vision logico-conceptuelle et considère
les relations logiques comme des procédés logico-sémantiques qui relèvent
essentiellement de l’organisation argumentative du langage.
Boumalk, A. examine les emplois syntaxiques et sémantiques des deux
unités morphématiques za et ammas dans les parlers tachelhit tout en interrogeant
les autres variétés dialectales. L’auteur conclut que les unités ammas et za
relèvent d’une catégorie de mots dont il n’est pas toujours aisé de cerner tous les
contours et met l’accent sur le rôle de ces unités comme marqueurs de
modalisation.
Bensoukas, K. s’intéresse aux noms en bu- en tachelhite, lesquels
présentent une complexité morphosyntaxique très étonnante. Le nom interne,
obligatoirement à l’état construit, peut être au féminin comme au pluriel. En
outre, la structure interne très complexe de ces noms suggère que la base de
dérivation peut également être un syntagme nominal, d’où la nécessite de trancher
sur la nature de l’affixe bu-.
Moukrim, S. a analysé la manière dont les traits du genre, du nombre et de
la personne se combinent les uns avec les autres pour exprimer l’accord en
amazighe. L’auteure a décrit en détails la structure interne de la forme verbale en
montrant, à travers des opérations de fusion, de suppression, d’appauvrissement,
etc. quels sont les traits saillants pour la réalisation de l’accord dans cette langue.

6
Boukherrouf, R. traite le rôle de la référence (les anaphores) dans
l’organisation textuelle en berbère (Kabyle) dans le conte «Sin igujilen
d’akniwen » d’Auguste Mouliéras. L’auteur examine les chaines référentielles des
deux personnages principaux ainsi que leur rôle dans la cohésion et la
progression du texte.
Dans le cadre de la lexicographie amazighe, El Adak, M. traite de
« lexiculture » dans le dictionnaire de Taifi, M. (1991). Il s’agit de la culture
courante portée par les mots de la langue en dehors de leur définition sémantique
(Galisson 1988, 1989). L’auteur souligne l’importance de la charge culturelle
véhiculée par certains mots, notamment pour les non-natifs de l’amazighe, dans la
mesure où elle permet de comprendre les allusions et les références implicites
propres à la langue.
Amaoui, M. examine les caractéristiques de la terminologie berbère de
linguistique dans la grammaire de Saïd Hanouz. L’auteur a abordé les aspects
morphologiques et sémantiques des termes berbères utilisés en dressant un
inventaire bilingue (français-berbère) de tous les termes de
grammaire/linguistique contenus dans cette grammaire et en situant cette
terminologie dans l’ensemble de la néologie/terminologie berbère.
Dans sa contribution, Gerchouh, L. a traité du problème de regroupement
des unités lexicales en catégories bien distinctes sur les deux plans morphologique
et syntaxique. L’auteure s’est interrogée sur les critères de catégorisation en
berbère et aussi sur une possible hiérarchisation des classes.
Tilmatine, M. reprend le cas du toponyme de la capitale algérienne Alger
« Al-Djaza :’ir » et avance un certain nombre d’éléments susceptibles de relancer
le débat autour de l’étymologie du nom de cette ville.
Hassani, S. a considéré le problème de la variation inter-dialectale et intra-
dialectale et son traitement dans l’aménagement interne de la langue. Pour
l’auteur, la « régulation linguistique » semble une tâche très difficile voir même
impossible.
La contribution de Peyron, M. retrace le parcours de la résistance chez les
Ayt Sokhman et les Ayt Yafelman pendant la pénétration militaire française dans
le Haut Atlas marocain (1929-1933). L’auteur revisite l’histoire des combattants
amazighes en situant les événements dans leur contexte socio-historique.
Merolla, D. a analysé les stratégies narratives du Conte témoin de Miloud
Taïfi en vue de montrer comment l’expérience professionnelle et
autobiographique de l’auteur, autour de l’oralité et sa grande appréciation des
genres oraux berbères, ont contribué à la création d’une large allégorie de
l’histoire ancienne et contemporaine des Imazigheren.
Akli Salhi, M. a essayé d’inventorier et d’expliciter les ensembles
poétiques opérant dans la Kabylie traditionnelle afin de fournir des éléments de
réponse quant à la stratification sociale de la parole poétique et de ce qu’on
pourrait appeler la légitimité littéraire.
7
Dans sa contribution, Jarmouni, H. étudie le Conte Témoin de Miloud
Taïfi et tente de démêler les rapports souvent inextricables entre les faits vécus
par l’auteur, les événements relevant de l’univers romanesque et les
considérations véhiculant une vision du monde et des méditations
philosophiques sous-jacentes à l’activité créatrice
Di Tolla, A. M. propose une analyse morphologique d’un corpus de
quatorze contes berbères recueillis auprès d’un groupe des Ayt Khebbach. Son
objectif principal était de mettre en valeur l’originalité de cette production
littéraire orale et ses articulations autour des valeurs sociales, culturelles et
humaines.
Imarazen M. souligne, dans sa contribution, la richesse et la diversité de
la littérature amazighe et présente des considérations générales liées à la création
littéraire Kabyle et son rôle dans la sauvegarde des valeurs sociales.

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