Chimie Générale (PDFDrive)
Chimie Générale (PDFDrive)
matieres
CHAPITRE 3 Stcechiometrie 79
3.1 Masses atomiques 80
3.2 Mole 83
• Impact L'analyse elememaire, une nouvelle arme contre
les braconniers 85
3.3 Masse molaire 87
• Impact Mesurer Ia masse de grosses molecules ou faire voler
un elephant 87
3.4 Pourcentage massique des elements dans les composes 91
3.S Determination de Ia formule d'un compose 93
iii
iv Table des rnotieres
Credits 489
Index 491
qu'elle constitue un excellent entrainement pour exercer ses II est important que vous tentiez de tirer le meilleur parti
habiletes a resoudre des problemes. possible de ces exercices. Pour ce faire, vous ne devriez pas
Ce manuel tente de presenter Ia chimie au novice de far;on vous contenter d' obtenir simplement la bonne reponse, mais
sensee. La chimie ne decoule pas d' une «vision inspiree » : tenter de comprendre le processus qui vous a perrnis d'en
elle est nee de nombreuses observations et de plusieurs ten- arriver a cette reponse. Le fait de memoriser comment
tatives, basees sur le raisonnement logique- et sur les essais resoudre des problemes particuliers n'est certes pas une
et les erreurs -, d'expliquer ces observations. Dans ce livre, bonne far;on de vous preparer a un examen. En effet, puisque
on aborde les concepts « naturellement »: on y presente les systemes chimiques sont complexes, une petite variation
d'abord les observations, puis on construit les theories qui dans les donnees peut faire en sorte qu'un probleme qui sem-
permettent d'expliquer ces observations. ble similaire a celui que vous avez memorise requiere finale-
Les theories occupent une place tres importante dans ce ment une solution tres differente. Memoriser une solution
volume, et on en montre a Ia fois les avantages et les limites. type pour chaque probleme potentiel demande trop de
La science y etant presentee comme une activite humaine et, memoire. Pour reussir, il vaut mieux que vous soyez per-
par consequent, sujette aux faiblesses humaines normales, suade que chaque situation est unique, et qu'elle exige par
on traite aussi bien de ses revers que de ses succes. consequent une approche raisonnee : [Link] les donnees,
L' approche systematique de Ia resolution des problemes puis recourez aux concepts que vous avez appris, ainsi qu'a
constitue un autre axe important de ce manuel. En effet, une approche systematique et logique, pour rechercher la
apprendre, ce n'est pas simplement memoriser des faits. solution. Developpez votre confiance en vos capacites de
C'est pourquoi les personnes qui beneficient d'une bonne raisonner; ne recourez pas a la memorisation desesperee de
formation savent que les connaissances factuelles ne cons- tout ce qui vous tombe sous la main. Bien sur, vous ferez des
tituent qu'un point de depart, une base permettant de erreurs en tentant de resoudre ces exercices; mais !'impor-
resoudre les problemes de far;on creative. tant, c 'est d' apprendre a partir de ces erreurs. La seule far;on
J' ai tente de rendre aussi claires que possible les notions d'accroitre votre confiance en vous, c'est d'effectuer un
presentees dans ce livre. Toutefois, l'apprentissage de Ia grand nombre d'exercices et, a partir de vos difficultes, de
chimie exige une etude serieuse: plusieurs lectures atten- diagnostiquer vos faiblesses .
tives du texte, l'examen approfondi des exemples et Ia reso- Soyez patient, soyez reflechi et faites porter vos efforts sur
lution des exercices de fin de chapitre assignes par votre pro- Ia comprehension plutot que sur Ia memorisation. Je vous
fesseur. (Les reponses aux exercices numerores en couleur souhaite une session a Ia fois satisfaisante et interessante.
figment a Ia fin du volume.)
'
Remerdements
Cette deuxieme edition quebecoise du manuel de Steven presque totalite de ces questions sont nouvelles. La deu-
S. Zumdahl est tin~e de la quatrieme edition americaine. xieme categorie regroupe les Questions dans lesquelles !'au-
Pourquoi a-t-on decide de produire cette nouvelle traduc- teur demande aux eleves de definir certains concepts, de jus-
tion, alors que Ia version precedente satisfaisait un si grand tifier des affirmations, d'expliquer des tendances. etc. En
nombre de professeurs du collegial? troisieme lieu, on trouve les Exercices proprement dits, sou-
Affirmons d'abord que ceux qui connaissent et apprecient vent paires en exercices similaires, dans lesquels les eleves
cet ouvrage y retrouveront toutes les qualites qui en ont fait sont appeles a appliquer des formules ou des notions pre-
un best-seller des son introduction au Quebec en 1988: de cises; Ies eleves sont diriges vers ces exercices a mesure
nombreuses illustrations, la plupart du temps en couleurs; qu, ils progressent dans le chapitre. Finalement, sont reunis a
un contenu pertinent pour notre programme de Chimie 101 ; Ia fin des Exercices supptementaires portant sur !'ensemble
une approche pectagogique efficace caracterisee par Ia de la matiere, des Problemes defis invitant les eleves a se
presence de nombreux exemples, tableaux recapitulatifs et depasser et un Probleme de synthese faisant appel a
resumes de methodes de resolution: une integration cons- plusieurs concepts et techniques de resolution. Comme vous
tante de notions de chimie descriptive; de nombreux le decouvrirez bien vite, Steven Zumdahl a fait un travail
IMPACTS pour mettre la matiere en relation avec Ia vie remarquable du cote des questions de fin de chapitre!
courante et les techniques de pointe. Toutes ces ameliorations expliquent done pourquoi il
Mais a ces forces de Ia premiere edition se sont ajoutees valait la peine de remplacer, apres dix ans de loyaux ser-
de nombreuses ameliorations. Signalons d'abord que l'illus- vices, un excellent manuel par sa version plus moderne.
trdtion est beaucoup plus riche (reactions chimiques, mo- Notre reconnaissance va a plusieurs personnes pour cette
deles atomiques et moleculaires. etc.). Ensuite, certaines nouvelle parution : Maurice Rouleau, pour Ia qualite cons-
sections ont ete completement refaites, par exemple celle sur tante de sa nouvelJe traduction; Ginette Duphily, pour Ia
la nomenclature des composes inorganiques, et plusieurs minutie de sa revision; et Pierre-Marie Paquin, directeur du
IMPACTS se sont ajoutes. Finalement, beaucoup de modifi- collegial et de l' universitaire chez CEC, pour la coordination
cations ont ete apportees aux exercices de fin de chapitre. de !'ensemble de ce travail.
Ces exercices, justement, sont deux fois plus nombreux Toutes ces personnes et moi-meme esperons que ce nou-
que dans la premiere version et ont ete systematiquement vel ouvrage satisfera avos exigences et qu'il deviendra pour
redivises en six categories: vous y trouverez d'abord les vous, et pour la prochaine decennie, un outil de choix en ce
Questions a discuter en classe, con~ues pour etre abordees qui conceme l'apprentissage de la chimie generate.
par petits groupes et faire exprimer par les eleves leurs pre-
conceptions face a un phenomene physique ou chimique; la Jean-Marie Gagnon
ix
- Les bases
de Ia chitnie
Q
uand vous faites demarrer votre automobile, vous ne pensez certaine- Contenu
ment pas aux recctions chimiques qui ont lieu, meme si dans les faits
vous devriez vous en preoccuper. La puissance necessaire pour fai re de- 1.1 Aper~u gimeml de lo chimie
marrer votre voiture est fournie pa r une batterie d'accumulateurs au plomb. Com- 1.2 lo methode sc:ientifique
ment fonctionne cette botterie, que contient-elle? Oue signifie <<avoir une batterie a
1.3 Unites de mesure
plat»? Si vous demandez a un ami d'utiliser ses cables de demarroge pour vous 1.4 Incertitude dons les mesures
aider a demarrer votre voitu re, savez-vous que votre batterie pourra it exploser? l.S Chiffres significotifs et mlculs
Oue faire pour eviler une telle catastrophe? Oue contient !'essence que vous met- 1.6 Analyse dimensionnelle
tez dans votre reservoir et comment contribue-t-el le a fo urnir l'energ ie necessaire
1.7 Tempemture
au demarrage? Ouels sont les gaz qui s'echappent de votre voiture et commen t 1.8 Masse volumique
polluent-ils l'air? L'apparei l a air cli matise de votre voiture utilise fort proba ble- 1.9 Classification de lo matiere
men! une substance dommageable pour Ia couche d' ozone dans Ia haute
atmosphere. Oue faisons-nous ace sujet? D'ailleurs, pourq uoi Ia couche d'ozone
est-elle importante?
To utes ces questions, o n peut y repondre si I' on connalt des notions de ch imie.
En fait, nous apporterons reponse a toutes ces questions dans le present volume.
La chimie est omnipresente. Ai nsi, vous eles capable de lire et de comprendre
cette phrase parce que des recctions chimiques ant lieu dans votre cerveau. Les
aliments que vous avez manges au dejeuner et au diner vous fournissen t de l'ener-
gie grace a des recctions chimiques. Ce sont egalement des recctions chi miques
qui sont responsables de Ia croissance des vegetaux.
La chimie a trouve ega lement des applications inattendues. Ouand l'archeo-
logue Luis A lvarez eta it etud iant, il ne savait certainement pas que l'iridium et le
niobium, deux elements chimiques, le rendraient celebre, car ils lui ant perrn is de
resoudre le probleme de Ia d isparition des dinosaures. Durant des decennies,
des scientifiques ont ete confrontes au mystere de Ia disparition subite des di-
nosaures il y a 65 mil lions d'annees, alors que ceux-ci ava ient regne sur Ia Terre
pendant des millions d'annees. En etudiant des echantillons de roc remontan t a
cette epoque, Alvarez et ses collaborateurs y ont detecte des niveaux inha bituels
Attaquee par un poisson, !'anemone de mer libere une substance chimique . Transportee par
l'eau, cette substance se propage parmi louie Ia colonie d'anemones el signale un danger. Alors,
chacune d ' elles retracte ses tentacules et ferme son orifice buccal. 1
2 Chapitre Un Les bases de Ia chimie
d'iridium ef de niobium- des niveaux qui son! plus caracteristiques d'objets extra-
terrr;;stres que d'objets terrestres.
A partir de cette constatation, Alvarez a emis !'hypothese qu'un enorme
meteorite pourrait avoir frappe Ia Terre voila 65 millions d'annees, soulevant alors
tellement de poussiere que les dinosaures ont vu leur nourriture cesser de croltre
et ils en sont morts, presque instantanement a l'echelle geologique.
La chimie trouve egalement sa place dans l'histoire. Saviez-vous que l'empoi-
sonnement au plomb a probablement joue un role Ires important dans le declin
de I'Empire romain? Les Romains ont ete fortement exposes au plomb : leur po-
terie avo it une gla<;:ure au plomb; leurs conduites d' eau etaient en plomb; ils pre-
paraient un vin cui! sucre en reduisant du jus de raisin dans des contenants en
plomb (une des explications du gout sucre de ce vin est Ia presence d'acetate
de plomb, appele <<sucre de plomb>>, qui se forme quand le jus est reduit). L'em-
poisonnement au plomb avec ses sympt6mes de lethargie et de mauvais fonc-
tionnement cerebral pourrait avoir contribue au declin de Ia societe roma ine.
La chimie est aussi apparemment Ires importante en psychologie. Diverses
etudes ont montre que de nombreux troubles de personnalite sont lies directement
au desequilibre de certains oligoelements dans l'organisme. Par exemple, des
etudes menees chez les prisonniers ont etabli une correlation entre leur foible taux
de cobalt et leur comportement violent; les sels de lithium se sont reveles Ires ef-
ficaces dans le traitement de Ia maladie maniacodepressive. De plus, il vous est
certainement deja arrive de dire que vous aviez des atomes crochus avec
quelqu'un. Des etudes laissent croire qu'il y a reellement des reactions chimiques
qui se produisent chez deux personnes attirees l'une par l'autre. «Etre en amour>'
cause apparemment des changements dans Ia chimie du cerveau; des produits
chimiques qui y sont synthetises seraient responsables du sentiment euphorique
associe a une nouvelle relation. Malheureusement, ces effets semblent s'amenuiser
avec le temps, meme si Ia relation persiste et s'ameliore.
L'importance de Ia chimie dans les interactions entre personnes ne devrait pas
nous surprendre. Rappelons que les insectes communiquenf entre eux en emettant
et en recevant des signaux chimiques, qui sont des molecules appelees phe-
romones. Par exemple, les fourmis disposent d'un ensemble Ires complexe de si·
gnaux chimiques pour signaler Ia presence de nourriture, de danger, etc. De plus,
diverses substances produites par les femelles pour attirer le male ont ete isolees
et sont utilisees comme leurres pour contr6ler les populations d'insectes. II ne sera if
done pas Surprenant d'apprendre que les humains emettent egalement des si-
gnaux chimiques, et cela, inconsciemment. Tous ces sujets seront abordes plus
en detail dans les prochains chapitres.
C'est dire a quel point Ia chimie peut etre interessante et importante. Le prin-
cipal but de ce livre est de vous aider a comprendre les concepts de Ia chimie
afin de mieux apprecier le monde qui vous entoure et d'etre plus efficace dans
Ia carriere que vous entreprendrez, quelle qu'elle soil. A ce stade-ci, il importe
de donner un aper<;:u general de Ia chimie.
nourriture qu'il consomme, comment le smog se forme dans les regions ou Ia circu-
lation est intense, comment le nylon pour les vetements et les tentes est fabrique, etc.
Grace aux processus dont il sera question dans ce livre, Jes scientifiques ont ap-
pris que la matiere de l'univers est composee d'atomes. C'est a peine croyable, mais
notre univers dans son infinie diversite n'est compose que d'une centaine de types
differents d'atomes. C'est comme si tous Jes « mots» qui existent dans l'univers
etaient ecrits avec seulement LOO lettres. En fait, c'est Ia fa9on dont les atomes sont
organises dans une substance qui explique ses proprietes.
Par exemple, I'eau, une des substances Jes plus courantes et les plus importantes
sur Terre, est composee de deux types d'atomes: rhydrogene et ]'oxygene. Pour
former une molecule d'eau, il faut deux atomes d'hydrogene et un atome d'oxygene.
atome d'oxygene
'-.
'·'
;
;:· = oxygene
7
courant electrique > hydrogene
eau
Remarquez qu'il faut deux molecules d'eau pour fournir le nombre d'atomes
d'hydrogene et d'oxygene necessaires a la formation des molecules diatomiques.
Cette reaction explique pourquoi la batterie de votre voiture peut exploser si vous
utilisez a mauvais escient les cables de demarrage. Quand vous branchez ces cables,
le courant circule a travers Ia batterie a plat, qui contient, entre autres choses, de
l'eau, et provoque la formation, par decomposition de cette eau, d'hydrogene et
d'oxygene. Une etincelle suffirait pour faire exploser l'hydrogene et I' oxygene accu-
mules. et former ainsi a nouveau de I' eau.
-·
~-
etincelle >
4 Chopitre Un Les bases de lo chimie
Pour comprendre un phenomene donne, ces etapes sont reiterees, ce qui permet
d" accumuler graduellement les connaissances necessaires pour fournir une explica-
tion possible au phenomene.
Une fois qu'on a rassemble des hypotheses qui expliquem diverses observations,
ces hypotheses sont rassemblees pour former une theorie. Une theorie, souvent ap-
pelee modele, est un ensemble d'hypotheses verifiees qui fournit une explication
globale d'un phenomene nature! quelconque.
Il est tres impottant de pouvoir distinguer les observations des theories. Une ob-
servation est un fait dont on est temoin et qui peut etre consigne; une theorie est
une interpretation - une explication possible de la raison d'etre d'un phenomene
particulier. Les theories sont inevitablement sujettes a changement au fur eta mesure
que de nouvelles donnees deviennent disponibles. Par exemple, les deplacements du
Solei! et des etoiles sont demeures pratiquement les memes durant les milliers d'an-
nees que les hommes les ont observes. mais nos explications - nos theories - ont
change radicalement depuis ce temps. (Voir «Les planetes: observations et theories»,
a [a page 7.)
Le fait est que les scientifiques ne cessent pas de se questionner simplement parce
qu'une theorie donnee rend compte de far,;on satisfaisante d'un comportement par-
ticulier. lls continuent de faire des experiences pour raffiner leur theorie ou rem-
placer les theories existantes. Pour ce faire, ils font appel a la theorie couramment
acceptee pour faire une prediction et. par la suite, effectuer une experience (faire de
nouvelles observations) pour voir si les resultats concordent avec Ia prediction.
II faut toujours se rappeler que les theories (modeles) sont des creations de l'etre
humain. Elles demeurent des tentatives d'explication des phenomenes naturels, faites
par des hommes. Une theorie est de fait une approximation justifiee. 11 faut continuer
a faire des experiences et a raffiner nos theories (pour les rendre plus compatibles
Robert Boyle ( 1627-1691) est ne en lrlande. II s'interessa particulierement a Ia
question de l'air et il mit au point une pompe qui lui permettait de creer le vide
dans des cylindres. II se servit de ces cylindres pour montrer qu'une plume et
un marceau de plomb chutaient a Ia meme vitesse en l' absence de toute resis-
tance de l'air et que le son ne se propageait pas dans le vide. Ses expe-
riences les plus celebres concernent Ia mesure precise du volume d ' un gaz en
fonction de Ia pression. Dans son livre The Skeptical Chymist, Boyle insiste
pour qu 'on cesse de considerer les elements comme des substances mystiques
et qu' on les considere plutot com me quelgue chose qu' on ne peut pas decom-
poser en substances plus simples. Cette idee a permis aIa chimie d'effectuer
un bond important.
6 Chapitre Un Les bases de Ia chimie
_.
<
avec les nouvelles connaissances) dans l'espoir de mieux comprendre un phenomene
nature!.
En observant Ia nature, le scientifique remarque souvent que Ia meme observa-
tion s'applique a bien des systemes differents. Par exemple, I' etude d'innombrables
changements chimiques a revele qtte, avant ou apres le changement, la masse totale
de la matiere demeure Ia meme. Un tel comportement a ete formule dans un enonce
appele loi naturelle. Par exemple, l' observation selon laquelle Ia masse totale de Ia
matiere n'est pas modifiee par un changement chimique est appelee loi de conser-
vation de Ia masse.
Remarquez qu'il faut ici aussi, faire Ia difference entre une loi naturelle et Ia
theorie. Une loi naturelle est un enonce resumant un comportement observe
(mesurable), alors qu'une theorie est l'explication d'un comportement. Une loire-
swne ce qui se produit; une theorie (un modele) est une tentative d'explication de
La raison d'etre de ce phenomene.
Dans cette section, nous avons decrit Ia methode scientifique telle qu'elle devait
idealement etre mise en pratique. Cependant, la science ne progresse pas toujours de
fa<;on aussi parfaite. Pour commencer, les hypotheses et les observations ne sont pas
totalement independantes les unes des autres, comme le laisse entendre la descrip-
Figure 1.2 tion de la methode scientifique idealisee. Il y a association entre les observations et
les hypotheses parce qu'une fois que nous avons commence a elaborer une tbeorie
Les differentes etapes de Ia donnee, nos hypotheses sont inevitablement influencees par les premisses. Autrement
methode scientifique.
dit, on a tendance a voir ce qu'on veut voir et souvent on ne voit pas les choses que
nous ne nous attendons pas a voir. Par consequent, Ia theorie mise a l'epreuve nous
aide parce qu' elle nous permet de raffiner notre questionnement. Cependant, en me me
temps, ce raffmement peut nous empecher de voir d'autres explications possibles.
Il est cependant important de comprendre que les scientifiques sont des etres hu-
mains: ils ont des prejuges, ils commettent des erreurs d'interpretation, ils s'at-
tachent a leurs theories et, par consequent, perdent de leur objectivite; parfois meme,
la politique s'en mele! La recherche du profit, I' importance des budgets, les sujets
a Ia mode, les guerres et les croyances religieuses constituent autant de facteurs qui
influencent !'evolution de Ia science. Galilee fut ainsi contraint de desavouer ses ob-
servations astronomiques a cause de Ia fmte resistance de I'Eglise catholique.
Lavoisier, le pere de la chimie modeme, fut decapite a cause de ses attaches poli-
tiques. Les enormes progres realises dans le domaine de la chimie des engrais azotes
resultent de la necessite de produire des explosifs destines a Ia guerre. En fait, les
progres de Ia science som plus souvent affectes par les faiblesses des humains et
par leurs institutions que par les limites des appareils de mesure scientifiques.
L' efficacite de la methode scientifique est a la hauteur de celle de ses utilisateurs.
Cette methode n'est done pas automatiquement source de progres.
Biochimistes a
l'ceuvre dans un
laboratoire biomedical.
essentiel pour que les mesures soient utiles. En effet, si chaque scientifique utilisait
son propre ensemble d'unites, ce serait La tour de Babel. Malgre cela, dans diverses
I m3
parties du monde, on a adopte differents etalons. Les deux systemes d'unites les plus
utilises sont le systeme imperial (aux Etats-Unis et dans quelques pays d' Afrique) et
le systeme metrique (dans La pLupart des pays industrialises), ce qui entra1ne evidem-
ment beaucoup de problemes (par exemple, des pieces aussi simples que des boulons
ne sont pas interchangeables sur des machines construites a partir de systemes dif-
ferents). Conscientes de ces difficultes. les autorites des Etats-Unis ont commence a
adopter le systeme metrique.
Dans tous les pays, Ia plupart des scientifiques utilisent le systeme metrique
depuis de nombreuses annees. En 1960, on a convenu, sur le plan international,
d'etablir un systeme d'unites appele le systeme international ou SI.
Le tableau 1.1 presente les unites de base du SI. Plus loin dans ce chapitre, on
explique comment utiliser ces unites. Etant donne que les unites de base ne sont pas
toujours pratiques, on utilise des prefixes pour en modifier l'ordre de grandeur
(tableau 1.2). Au tableau 1.3, vous trouverez certains objets et leurs dimensions ex-
primees en unites SI.
Le volume, quantite physique tres importante en chirnie, n'a pas d'unite de base
SI; celle-ci decoule de !'unite de longueur. La figure 1.3 represente un cube dont
lcm 3 = lmL l'arete mesure 1 m. Le volume de ce cube est de (I m?, soit 1 m 3 ou - sachant
qu'il y a 10 dm dans I m- (10 dm) 3 , soit 1000 dm3 . On appelle communement un
I em
Unites de base du Sf
I em
grandeur unite de mesure symbole
Figure 1.3 masse kilo gramme kg
Le plus gros cube a une arete de longueur metre m
l m et un volume de l m3 . Le temps seconde s
cube de grosseur intermediaire a temperature thermodynamique kelvin K
une arete de l dm et un volume intensite de courant electrique ampere A
de l dm 3 (ou l L). Le plus petit quantite de matiere mole mol
cube a une arete de l em et un
intensite lumineuse candela cd
volume de l cm 3 , soit l ml.
1.3 Unites de mesure 9
liste des prefixes utilises dans le Sl (les prefixes les plus utilises Examples d'unites
sont composes en bleu) couramment utilisees
notation Longueur
prefixe symbole valeur numerique exponentielle Une piece de 10 cents a une epais-
seur de I mm.
ex a E I 000 000 000 000 000 000 JOI8
Une piece de 25 cents a un dia-
peta p l 000 000 000 000 000 1015
metre de 2.5 em.
tera T I 000 000 000 000 1012
La taille moyenne d'un homme
giga G I 000 000 000 10" adulte est de 1,8 m.
mega M I 000 000 J()O
kilo k l 000 103 Masse
hecto h 100 f02 Une piece de 5 cents a une masse
deca da 10 10' d'environ 5 g.
I JOO Une personne de 120 lb a une
deci d 0,1 IW masse d'environ 55 kg.
centi 0,01 10 ~ Volume
milli rn 0,001 10 Une canette de boisson gazeuse de
micm J.L 0.000 001 w-o 12 oz a un volume d'environ
111 - )
v:mo 11 0.000 000 00 I 360 mL.
pi co p 0,000 000 000 001 10 - 12
femto f 0,000 000 000 000 001 10- 1s
ligne de jauge
indiquant 25 mL
~)
Iigne de jauge
indiquant 250 mL
.,....,..
60
I
50 -~
40 ,_ '
I
30 - ..
..,_,,. ; ..... , I
i ~
-'- i robinet ,
20 - ~~
I ...-..·.;_ I
! ~- _,, ;,
10 I
Figure l.S
Instruments courants de laboratoire destines a mesurer des volumes liquides.
burette
J.4 Incertitude dons les mesures
Pour obtenir le nombre associe a une unite de mesure, on utilise un appareil de
mesure. Considerons par exemple Ia mesure du volume d'un liquide contenu dans
une burette (voir La figure 1.6; l'echelle est agrandie). Remarquez que le menisque
du liquide se situe a environ 22,2 mL. Cela signifie qu'environ 22,2 mL de liquide
sont SOltis de la burette (en supposant que le menisque du liquide au depart etait a
0,0 mL). Puisque le dernier chiffi·e est estime, sa valeur peut varier selon la per-
sonne qui effectue la mesure. Par exemple, cinq personnes qui lisent le volume peu-
vent noter les resultats ci-dessous.
22,0 mL
2 22,2 mL
3 22,1 mL
4 22.3 mL
5 22.2 mL
Ces donnees revelent que les 2 premiers chiffres de ces resultats (22) sont tou-
jours les memes, quelle que soit Ia personne qui effectue la lecture: ce sont des
chiffres certains. Cependant, la premiere decimale doit etre estimee; c'est pourquoi
Figure 1.6
Mesure d'un volume a
l'aide d'une burette. La lecture du volume se fait a Ia base de
Ia courbe du liquide (appelee menisque).
I.4 Incertitude dollS les mesures 11
elle varie selon les personnes: ce chiffre est incettain. Quand on effectue une lec-
ture, on doit noter tous les chiffres certains, ainsi que le premier chiffre incertain.
Dans l'exemple ci-dessus, il serait insense de noter le volume en centiemes de mL
puisqu 'on doit deja estimer le dixieme de mL quand on utilise cette burette. Cepen-
dant, Ia plupart des burettes utilisees en laboratoire, contrairement a celle de Ia fi-
gure 1.6, permettent de lire le dixieme de mL et d'estimer le centieme.
II est impottant de ne pas oublier qu'une mesure est toujours caracterisee par
uncertain degre d'incertitude, incettitude qui depend de Ia precision de l'appareil
de mesure. Ainsi, lorsqu'on evalue Ia masse d'un pamplemousse a I' aide d'un pese-
personne, on obtient environ 0,5 kg. Par contre, si on utilisait une balance de pre-
cision, on pourrait obtenir, par exemple, 0,486 kg. Dans le premier cas, !'incertitude
concerne le dixieme de kg, alors que, dans le second, elle s'applique au millieme
de kg. Supposons qu'on pese deux pamplemousses semblables sur deux appareils Toute mesure est affectee d'u, " ,,
et qu'on obtienne les resultats ci-dessous.
Les masses de ces deux pamplemousses sont-elles egales? Cela depend des
valeurs qu' on retient. C'est pourquoi Ia conclusion qu'on tire d'une serie de mesures
depend du degre de certitude de ces mesures. 11 faut done toujours indiquer l'incetti-
tude se rapportant a chaque mesure. Pour ce faire, on note tous les chiffres certains
et le premier chiffre incertain (le chiffre estime). On appelle ces chiffres les chitlres
significatifs de Ia mesure.
Par convention, les chiffres significatifs indiquent automatiquement !'incertitude
relative a une mesure. A moins d'indications contraires, !'incertitude qui concerne
le dernier chiffre (le chiffre estime) est de ± l . Par exemple, une mesure de I ,86 kg
equivaut en realite a 1,86 ± O,Ql kg.
Quand vous notez un resultat, il est important de toujours utiliser le bon nombre
de chiffres significatifs. Par exemple, si Ia burette a une precision de :±: 0,01 mL, Ia
Solution
Meme si, en apparence, les deux mesures de volume semblent identiques, elles four-
nissent en realite des informations tout a fait differentes. La quantite 25 mL signi-
fie que le volume esr situe entre 24 mL et 26 mL; Ia quantite 25,00 mL signifie
que le volume est situe entre 24,99 et 25,01 mL. Ainsi, une mesure de volume ef-
fectuee avec une pipette est beaucoup plus precise que celle effectuee avec une
eprouvette graduee.
(Voir Ia question 1.15}
12 Chopitre Un les bases de lc chimie
lecture de 25 mL devrait s'ecrire 25,00 mL et non pas 25 mL. Ainsi, quand viendra
le temps d'effectuer des calculs a partir de vos resultats. !'incertitude dans les
mesures vous sera connue.
Precision et reprodudibilite
Toute mesure n' est pas necessairement digne de confiance. Pour en certifier la fia-
bilite, on doit obtenir une reponse affirmative aces deux questions: La mesure est-
elle precise? Est-elle reproductible? Comme on vient dele voir dans les paragraphes
precedents. la precision d'une mesure est directement fonction de Ia precision de
I' instrument utilise. Un instrument de precision, lorsque bien calibre et manipule de
fa~on experte, foumit une mesure tres voisine de Ia valeur exacte recherchee. Cepen-
a) dant, meme I' expert est sujet aux erreurs de manipulation et de lecture: une mesure
unique pourrait etre aberrante. Aussi importe-t-il de reprendre plusieurs fois les
mesures pour s'assurer qu' elles sont reproductibles, c'est-a-dire qu'elles donnent
des valeurs rapprochees.
Deux types d'erreurs differents sont illustres ala figure 1.7. L'erreur fortuite est
une erreur dont on ne peut pas pre voir le sens: ce peut etre tant6t une erreur en plus,
tant6t une erreur en moins. C'est ce type d'erreur qui_l;urvient quand on estirne la
valeur du dernier chiffre d"une mesure. L'erreur systematique est une erreur qui a
toujours lieu dans le meme sens (toujours en plus ou toujours en moins). Ainsi , a la
figure 1.7a, les erreurs fortuites sont importantes (mauvaise technique); a Ia figure
1.7b, les erreurs fortuites sont faibles, mais l'erreur systematique est importante: a
la figure l.7c, les erreurs fortuites sont faibles et l'erreur systematique est nulle.
Dans un travail quantitatif. on considere souvent que la moyenne d'une serie de
b) mesures reproductibles (qui devraient faire s' « annuler» les erreurs fortuites a cause
de leur egale probabilite d' etre «en plus» ou «en moins ») est exacte, ou voisine de
Ia «valeur reelle>>. Cependant, cette supposition n'est valable qu'en !'absence d' er-
reurs systematiques. Supposons qu 'on pese une piece de metal a cinq reprises sur
une balance tres precise et qu' on obtienne les mesures ci-dessous.
c)
On est tente de penser que la masse reelle de la piece de metal est voisine de 2.486 g.
Figure 1.7 soit Ia moyenne des cinq mesures.
Cibles permettant d'illustrer Ia 2,486 g + 2,487 g + 2,485 g + 2,484 g + 2,488 g = 2 486
difference entre precis et repro- 5 , g
ductible. aJ Ni precis ni repro-
ductible (importantes erreurs for- Cependant, si Ia balance est defectueuse et que la mesure est toujours majoree
tuites). b) Reproductible mais non
de 1,000 g (erreur systematique de + 1,000 g), Ia valeur moyenne de 2,486 g est
precis (foibles erreurs fortuites,
mais une importante erreur syste- tres erronee. Ce qu'il faut retenir. c'est qu'une grande reproductibilite concernant
rpatique). c) Dans le mille! plusieurs mesures est synonyme d'exactitude si et seulement si on est sur de !'ab-
A Ia fois precis et reproductible sence d'erreurs systematiques.
(foibles erreurs fortuites et aucune
erreur systematique).
1.5 Chiffres significotifs et colculs 13
Solution
Les resultats revelent une tres grande reproductibilite (pour une eprouvette graduee).
L'etudiant manipule bien. Cependant, Ia valeur moyenne obtenue a l'aiue de Ia bu-
rette est, de fa~on significative, differente de 25 mL L' eprouvette graduee n'est
done pas tres exacte : elle entraine une erreur systematique (une mesure constam-
ment trop faible) .
(Voir Ia question 1.16)
I. Nombres entiers differents de zero. Tout nombre entier different de zero est tou-
jours considere comme un chiffre significatif.
2. Zeros. II y a trois categories de zeros: les zeros du debut. les zeros captifs et,
les zeros de Ia fin. j
a) Les zbvs du debut. Ce sont les zeros qui precedenJ tous les chiffres dif- Les zeros qui precedent un nombre
ferents de zero. Ce ne sont pas des chiffres significatifs. Ainsi, dans le ne sont jomois des chiffres signifi-
nombre 0,0025, les trois zeros ne servent qu'a indiquer Ia position de Ia vir- catifs.
Les zeros places aIa fin d ' un nombre c) Les zeros de Ia fin. Ce sont les zeros places a Ia droite du nombre. Si le
sont parfois des chiffres significatifs. nombre comporte une virgule decimale, les zeros de la fin sont significatifs.
Ainsi, la valeur 0,8500 g compmte 4 chiffres significatifs. Mais si le nombre
ne comprend pas de virgule decimale, les zeros peuvent ou non etre significa-
tifs, selon le contexte. Ainsi, la valeur 200 mL pourrait avoir un chiffre si-
gnificatif (le chiffre 2), deux chiffres significatifs (20) ou 3 chiffres signifi-
catifs (200) selon Ia precision avec laquelle a ere faite Ia mesure. Pour eviter
toute ambiguile, cette valeur devrait etre exprimee comme 2, X IOZ mL si eUe
conespond aune estimation grossiere, ou 2,0 X 1OZ mL si elle a ete mesuree
a ::!:: lO mL pres, ou 2,00 X 102 mL si son estimation correspond a ::!:: I mL.
Pour determiner le nombre de chiffres 3. Nombres exacts. Les calculs font souvent appel a des nombres qu'on n'obtient
significatifs d ' un resultat, on ne tient pas en utilisant des appareils de mesure, mais qu' on obtient plutot par comptage:
jamais compte des nombres exacts. 10 experiences, 3 pomrnes, 8 molecules. Ce sont des nombres dits exacts. On
peut considerer qu'ils ont un nombre infini de chiffres significatifs. Le chiffre 2
dans 2rcr (aire d'un cerde) et le 4 et le 3 dans 413m3 (volume d'une sphere)
sont egalement des nombres exacts. 11 existe egalement des nombres exacts par
definition. Par exemple, on definit un pouce par le fait qu'il mesure exactement
2,54 em. Par consequent, dans l'enonce 1 po =2,54 em, ni le 2,54 nile 1 n'in-
fluenceront le nombre de chiffres significatifs utilises dans Jes calculs.
Quand on exprime 200 sous Ia forme 2,00 X 102 , comrne on I' a fait ci-dessus, on
utilise la notation exponentielle. Ce type de notation offre au moins deux avantages:
on determine rapidement le nomhre de chiffres significatifs; on utilise beaucoup
moins de zeros pour ecrire un nombre tres grand ou tres petit (par exemple, il est
beaucoup plus pratique d'ecrire 6,0 X I0--5 que 0,000060 - ce nombre a deux
chiffres significatifs).
Solution
a) Le nombre compmte 3 chiffres significatifs. Les zeros situes a la gauche du
chiffre l ne sont pas des chiffres significatifs, mais !'autre zero (le zero captif),
lui, en est un.
b) Le nombre comporte 5 chiffres significatifs. Les zeros situes a Ia gauche du 5
ne sont pas des chiffres significatifs. Les zeros captifs (entre le 5 et le 8) en sont,
ainsi que le zero situe a Ia droite du 8, etant donne que le nombre comporte une
virgule decimate.
c) Le nombre comporte 4 chiffres significatifs. Les deux zeros sont significatifs.
(Voir les exerdces 1.21 et 1.22)
la cafeine, presente dans
le the, le cafe et Ia noix
de coco, est un agent qui
stimule les fonctions respira- Jusqu'a present, On a appris a etablir )e nombre de cbiffres significatifs dans Ull
toire et cardiaque. nombre donne. II nous faut maintenant envisager comment les incertitudes s'accu-
1.5 Chiffres significctifs et colculs 1S
mulent a mesure que les calculs sont effectues. Une analyse detailJee de I' accumula-
tion des incertitudes depend du type de calcul en cause et peut etre tres complexe.
Cependant. dans ce livre, nous emploierons les regles simples suivantes, qui permet-
tent de determiner le bon nombre de chiffres significatifs dans le resultat d 'un calcul.
Le produit corrige n'a que deux chiffr-es significatifs. etant donne que 1,4 n' en
a que deux.
2. Dans le cas d 'une addition ou d 'une soustraction, le resultat a autant de deci-
males que la mesure Ia moins precise utilisee dans le calcul. Par exemple, dans
I' addition sui vante :
12,11
18,0 ~ Le terme limitant n'a qu'unc decimate
1,013 Coriigc
31,123 - --'----3!> 31,1
t
Unc decimale
Le resultat corrige est 31,1. etant donne que 18,0 n'a qu'une decimale.
Precisons que, dans le cas d"une multiplication ou d ' une division, on compte les
chiffres signifi catifs ; dans Je cas d'une addition ou d'une soustracti on, on compte
Jes decimales.
Dans La plupart des calculs. il faut arrondir les nombres pour obtenir le nombre
adequat de chiffres significatifs. Voici les regles a suivre pour arrondir un nombre.
* On n'applique pas cette regie dans les exemples parce qu' on veut montrer que! est le nombre adequat
de chiffres ~ignificatifs a chaque etape de Ia resolution des problemes.
16 Chopitre Un Les buses de lo chimie
Les valeurs qu'il a obtenues sont les suivantes: p = 2,560; T = 275,15; V = 8,8.
(Les gaz seront etudies en detail au chapitre 4; on ne se preoccupe pas, pour le mo-
ment, des unites de chacune de ces mesures.) Calculez R avec le nombre de chiffres
significatifs approprie.
Solution
a) La reponse est 1,71 X 10- 4 . Ce resultat comporte 3 chiffres significatifs, etant
donne que le terme le moins precis (1.05 X 10- 3 ) en comporte 3.
b) La reponse est 7, sans aucune decimate, etant donne que le nombre qui possede
le moins de decimates (21) n'en comporte aucune.
R = PV = (2,560)(8,8)
c)
T 275,15
27~~15 = 0,0835908
Vous voyez que. si l'on arrondit aux etapes intermediaires, on obtienl un resultat
significativemenl different de celui qu'on obtient en arrondissant uniquement ala
fin. n faut insister a nouveau ici pour que le resultat de vos calculs soit arrondi
uniquement a la fin . Cependant, Ia reponse finale don nee dans le livre peut differer
legerement de celle que vous obtiendriez (par arrondissement uniquement a Ia fin)
du fait que, dans cet ouvrage nous arrondissons aux etapes intermediaires (pour il-
lustrer Ia fa~on d'exprimer le nombre de chiffres significatifs correctement).
(Voir les exerckes 1.25, 1.26 et 1.56)
On peut tirer une le~on fort utile de Ia section c) de I'exemple 1.4. L'etudiant a
mesure Ia pression et Ia temperature avec une plus grande precision qu'il ne J'a fait
pour le volume. La valeur de R (avec plus de chiffres significatifs) aurait done pu
etre beaucoup plus precise s'il avait mesure de fa~on plus precise le volume V. Dans
le cas present. les efforts qu'il a deployes pour mesurer avec une grande precision
les valeurs de pet de T s'averent inutiles. II ne faut done jamais oublier d'effectuer
avec une egale precision les mesures necessaires a !'obtention d'un resultat final.
Solution
Dans ce cas, on doit encore convertir les pouces en centimetres. 11 faut done utiliser
le meme facteur de conversion presente ci-dessus.
1,000 em
7,00 _p6 X 0 ,3937 _p6 = 17,8 em
11 faut en outre savoir que, a partir d'une equivalence, on obtient deux facteurs
de conversion. Par exemple, pour I' equivalence I ,000 em = 0,3937 po, les deux fac-
teurs de conversion sont
1,000 em 0,3937 po
et
0,3937 po 1,000 em
Pour choisir le facteur de conversion Comment peut-on determiner quel facteur il faut utiliser? II suffit de determiner
approprie, toujours considerer le sens dans quel sens ilfaut effectuer le clzangement. Pour convertir les pouces en centimetres,
du changement requis .
les unites « pouces » doivent s' annuler; par consequent, il faut utiliser le facteur
I ,000 cm/0,3937 po. Pour convertir les centimetres en pouces, ce sont les centimetres
qui doivent s'annuler; on utilise alors dans ce cas le facteur 0,3937 po/1,000 em.
Vous voulez commander une bicyclette dont le cadre mesure 65,0 em. Malheu-
reusement, dans le catalogue, tous les renseignements sont fournis en pouces. QueUe
grandeur devrez-vous commander?
Solution
II faut convertir les centimetres en pouces. On utilise done le facteur:
0,3937 po/1.000 em.
65 0 M£" X 0,3937 po = 25 6
' >'fll 1.000 ¢ ' po
Pour bien comprendre 1a methode de conversion. etudions l'exemple 1.7 qui pro-
pose un probleme a resoudre en plusieurs etapes.
lavant de partir pour Paris. Dans les pages financieres de son journal. il decouvre les
relations d' equivalence suivantes:
1,00 $ = 0,753 $ OS
1,00 US= 1,90 mark allemand (DM)
1,00 DM = 3,32 francs fran~ais (FF)
Combien de dollars canadiens devra-t-il approximativement debourser pour obtenir
1000 francs fran~ais?
Solution
Etablissons d'abord une strategie. Les facteurs de conversion dont on dispose per-
mettent de transformer les francs en marks, puis les marks en dollars US et, finale-
ment, les dollars US en dollars canadiens, ce qui permet de determiner l' itineraire
suivant:
FF~DM~$ US~$
Procedons par etapes.
1,00$ OS
301,[Link]" X l, 90_DM = 158,529$ US
Solution
Le tableau 1.4 foumit ces facteurs de conversion.
I atm = 760 torr
7,50 torr= 1,00 kPa
Par ailleurs, c'est au tableau 1.2 qu'on trouve le dernier facteur de conversion.
I kPa = 1000 Pa
Itineraire
atm ~ tor~ kPa ~ Pa
Calcul
NOJ'£
• La relation d' equivalence 1000 Pa = 1 kPa est exacte par d~finition. II faut done
f considerer que le chiffre « 1 » comporte un nombre infini de chiffres significatifs et
i que, par consequent, il est non limitant en ce qui concerne le nombre de chiffres
• significatifs du resultat final.
(Voir les exercices 1.37 et 1.38)
Solution
Pour resoudre ce probleme, il faut transformer deux unites: les milles en kilometres,
1 et les gallons US en litres. Le tableau 1.4 fournit les trois facteurs de conversion
utiles dans ce cas.
mi ~ krn
gal US ~ gal ~ L
1.7 Temperoture 21
La reponse est exprimee en unites inverses de celles qu'on desirait obtenir. n faut
done l'inverser.
1L 0,067 L 100
14,9 km km X
100 = 6, 7 L/100 km
J.7 Temperature
Pour mesurer Ia temperature, on utilise trois systemes: l'echelle Celsius. oe,
I' echelle Kelvin, K, et 1' echelle Fahrenheit, op (encore en usage aux Etats-Unis seule-
ment). [] faut done definir ces trois echelles de temperature et apprendre a passer
de J'une a !'autre. Bien que la plupart des calculatrices effectuent ces conversions,
nous allons considerer cette conversion en detail ici pour illustrer Ia methode de re-
solution de problemes.
La figure 1.8 permet de comparer les trois echelles de temperature. On remarque
que la valeur de J'unite de temperature (le degre) est la meme pour les echelles
Kelvin et Celsius. La difference fondamentale entre ces deux echelles reside dans Ia
position de leur point zero. La conversion entre ces deux echelles n' exige done qu ' un
deplacement du point zero.
Temperature (K) = Temperature ( C) + 273,15
0
TK = tc + 273 , 15
ou Temperature CC) = Temperature (K) - 273,15
tc = TK - 273 , 15
Fahrenheit Celsius Ke lvin
point
d'ebullition - 2 12 op too oc 373.15 K
de l'eau
-l
Fahrenheit Celsius kelvin'
poim de
congelation
de l'eau 32 °F o uc 273, 15 K
Figure 1.8
Les trois principales echelles de
temperature.
22 Chopitre Un Les boses de lo mimie
Par exemple, pour convertir 300,00 Ken °C, on doit effectuer le calcul suivant:
300,00 - 273 15 = 26.85 oc
On remarque que, pour exprimer Ia temperature en unites Celsius, on utilise le
symbole oc (degre Celsius). Par contre, quand on exprime Ia temperature en unites
Kelvin, on n'utilise pas le symbole « degre » : l'unite de temperature de cette echelle
est le kelvin, dont le symbole est K. Par ailleurs, quand on parle d'une temperature
exprimee en kelvins, on utilise Je symbole de gmndeur T; en degres Celsius, c'est
le symbole t.
La conversion des degres Fahrenheit en degres Celsius est plus complexe, etant
donne que, outre Ia position de leur point zero, Ia valeur des unites differe. Par con-
sequent, il faut proceder a deux modifications : une concernant la valeur du degre
et I' autre, Ia position du point zero. D'abord, on s'interesse a Ia difference de valeur
entre les degres. Pour ce faire. on recourt de nouveau a Ia figure 1.8. Puisque
212 °F = I 00 oc et que 32 OF= 0 °C, on peut ecrire
212- 32 = 180 degres Fahrenheit= 100- 0 = 100 degres Celsius.
Par consequent, 180 degres sur l'echelle Fahrenheit sont equivalents a 100 de-
gres sur l'echelle Celsius: le facteur de conversion est done
180 °F 9 op
ou
100 oc
ou l'inverse (selon les besoins).
Ensuite, on prend en consideration la difference de position entre les points zero.
Puisque 32 °F = 0 °C, il faut soustraire 32 de Ia temperature exprimee en degres
Fahrenheit pour tenir compte de Ia position differente des points zero. Apres quoi,
on utilise le facteur de conversion pour faire intervenir Ia difference de valeur entre
les degres. On peut resumer cette procedure grace a l'equation suivante:
5 oc
(tF- 32 °F) ~ = fc (1.1)
La temperature normale du corps humain est de 98,6 °F. Convertissez cette tem-
perature en degres Celsius et en kelvins.
fcJ
98,6 °F
s·c
66.6 "F X 9 "F =37,0 "C
f
J 37,0 + 273,15 K = 3102 K
32 °F ooc 273.1 5 K
r~gVre 1.9
Temperature normale du corps humain en degres Fahrenheit, en degres Celsius
et en kelvins.
Solution
Plutot que d'utiliser simplement les formules pour resoudre ce probli::me, procedons
par raisonnement. (Voir lafigure 1.9.) D'abord, on doit convertir 98,6 °F en degres
Celsius. La difference, en degres Fahrenheit, entre 32,0 op et 98,6 op est de 66.6 op_
II faut done convertir cette difference en degres Celsius.
5 °C
66,6 °F X 9"F = 37,0 °C
Par consequent, 98,6 op correspond a 37,0 oc.
A present, convertissons ce resultat en kelvins.
TK = tc + 273,15 = 37.0 + 273,15 = 310,2 K
La reponse finale ne comporte qu'une decimale (37.0 etant la valeur Iimitante).
(Voir les exerci,es 1.38 et 1.39) Mesure de Ia temperature cor-
.__=========~==================:::=:.. porelle.
24 Chapitre Un Les bases de Ia chimie
Solution
La difference entre 32 op et -40 op est de 72 °F. La difference entre 0 oc et -40 oc
I
est de 40 °C. Le rapport entre ces deux valeurs est
72 °F ----
8 X 9 op 9 °F
~-
40 °C 8 X 5 °C 5 °C
Par consequent -40 oc equivalent a - 40 °F.
(Voir le probleme deli 1.77)
Comme nous I' avons demontre a I' exemple 1.11, - 40° sur I' echelle Fahrenheit
est une temperature equivalente a -40° sur l'echelle Celsius. Nous pouvons done
utiliser cette valeur comme point de reference (au meme titre que 0 oc et 32 °F)
pour etablir la relation qui existe entre les deux echelles. Ainsi
Nombre de degres Fahrenheit = tF- ( -40)
Nombre de degres Celsius tc- ( -40)
+40 fF 9 op
so it (1.3)
tc + 40 5 oc
ou tF et tc representent la meme temperature (mais non les memes valeurs). On peut
utiliser cette equation pour convertir les degres Fahrenheit en degres Celsius, et vice
versa. Cette equation est en fait plus facile a memoriser que les equations 1.1 et 1.2.
Solution
On convertit d ' abord 77 Ken degres Celsius.
tc = h- 273.15 = 77 - 273.15 = -196 oc
Pour passer a l'echelle Fahrenheit, on utilise I' equation
1.3.
fF + 40 9 op
tc + 40 5 oc
~~ TF + 40 g op
- 196 oc + 40 - 156 oc 5 oc
Solution
Pour connaitre Ia substance inconnue, on doit en determiner Ia masse volumique.
Pour ce faire. on utilise Ia definition de Ia masse volumique.
M . masse 19,625 g 3
asse vo1umique = volume = 25,00 cm3 = 0 ,7850 g1em
Cette masse volumique correspond exactement a celle de !'isopropanol ; c'est done
prohablement cet alcool qui est le principal composant du produit de nettoyage de dis-
ques. Cependant, cette valeur est tres voisine de celle de Ia masse volumique de
!'ethanol. Pour s' assurer que le compose est bel et bien J'isopropanol, il faudrait ef-
fectuer plusieurs mesures de Ia masse volumique du produit. (Dans les Jaboratoires
modemes, on a recours a de nombreux autres tests pour differencier ces deux liquides.)
(Voir les exerci<es 1.46 et 1.4n
1,30 g/cm 3 . Si cette masse volumique diminue et atteint une valeur inferieure a
1,20 g/cm 3 , il faut recharger La batterie. La mesure de Ia masse volumique permet
egalement de determiner Ia quantite d' anti gel en presence dans le systeme de
refroidissement d'une voiture et, par consequent, le degre de protection contre le
froid dont beneficie cette voiture.
Le tableau 1.5 presente les masses volumiques de diverses substances courantes.
thermometre
evacuation
d'eau
Un melange homogene est appele solution. Ainsi, I' air est une solution composee Figure 1.10
de gaz. Je vin une solution Iiquide complexe, le laiton une solution solide composee Appareil a distillation simple.
de cuivre et de zinc. Par contre, le sable melange a l'eau, Ia poussiere a I' air et les L'eau froide circule dans le man-
gla~ons au the glace constituent des melanges heterogenes. En general, on peut chon du condensateur, ce qui
separer les melanges heterogenes en deux ou plusieurs melanges homogenes, ou subs- oblige Ia vapeur en provenance
tances pures (par exemple, on peut retirer Jes gla~ons d'un the glace).
du flacon a
distillation a
se con-
denser en liquide. La partie non
Pour separer les substances pures d'un melange, on peut utiliser des methodes volatile du melange demeure
physiques. Une substance pure est une substance dont Ia composition est con stante. dans le flacon a
aistillation.
L' eau en est un exemple parfait. On le vena en detail plus loin. L' eau pure est unique-
ment composee de molecules H20, alors que 1' eau presente dans Ia nature (eau
soutenaine, eau des lacs ou eau des mers) est un melange. L'eau de mer, par
exemple, contient des quantites importantes de mineraux dissous. Lorsqu'on fait
bouillir l'eau de mer, on obtient de Ia vapeur d'eau, laquelle se condense pour
produire de I' eau pure; les mineraux, quant a eux, demeurent dans Je recipient sous
forme solide. On peut egalement isoler les mineraux dissous dans l'eau de mer en
faisant congeler le melange, etant donne que seule 1' eau pure gele. L' ebullition et Ia
congelation entralnent des modifications physiques: quand l' eau gele ou bout, elle
changed' etat mais non de nature; elle est toujours composee de molecules H 2 0. Une
modification physique est une modification d'etat et non de composition chimique.
Une modification physique permet de separer les composants purs d'un melange,
mais pas de decomposer ces compos ants en elements.
Une des plus importantes methodes de separation des composants d'un liquide
est Ia distillation, procede qui fait appel aux differences de volatilite (aptitude d'un Le terme « volatil » designe I' aisance
liquide aetre transforme en vapeur) des composants d'un liquide. Dans le cas d'une avec laquelle une substance passe a
I' etat gazeux.
distillation simple, le melange liquide est chauffe dans un appareil comme celui qui
est illustre a la figure 1.10. Le composant le plus volatil s. eva pore a la plus basse
temperature, et les vapeurs ainsi formees empruntent un tube de refroidissement (ap-
pele condensateur), ou elles retournent a l'etat liquide.
L' appareil illustre a la figure 1.10 est utile uniquement si le melange contient un
seul composant volatil. On peut ainsi separer I' eau du sable en faisant bouillir I' eau.
L' eau qui contient des mineraux se comporte de la meme fa~on: au fur et a mesure
28 Chopitre Un Les hoses de lo chimie
que l'eau s'evapore, les mineraux s'accumulent sous forme de solides non volatils.
La distillation simple de l'eau de mer, qui utilise le soleil comme source de chaleur.
est un excellent moyen de dessaler l'eau de mer (d'en eliminer les mineraux).
Par contre, quand un melange liquide contient plusieurs composants volatils, une
distillation simple (en une etape) ne permet pas d'obtenir une substance pure dans
le flacon collecteur, et il faut recourir a des methodes plus elaborees.
La filtration est une methode de separation utilisee quand le melange contient
un solide et un liquide. On verse le melange sur un tamis, par exemple un papier
filtre, qui laisse passer le liquide et retient le solide.
La chromatographie, une autre methode de separation, est le nom generique
d'une serie de methodes qui font appel a un systeme comportant deux phases (etats)
de la matiere : une phase mobile et une phase stationnaire. La phase mobile est soit
un liquide. soit un gaz et Ia phase stationnaire, un solide. II y a separation des cons-
tituants parce que ces demiers ont une affinite differente pour les deux phases: par
Figure 1.11 consequent, ils se deplacent a des vitesses differentes dans le systeme. Un com-
posant dont l'affinite pour la phase mobile est grande se deplace relativement rapi-
l' electrolyse est un exemple de
processus chimique.
dement dans le systeme chromatographique, alors qu'un autre dont l'affinite pour
Cet appareil permet de decom-
Ia phase solide est plus marquee se deplace plus lentement. Avec Ia chromatogra-
poser I' eau en hydrogeme (ballon phie sur papier, par exemple, on utilise conune phase stationnaire une bandelette
rouge) et en oxygene (ballon de papier poreux. par exemple du papier filtre. On depose sur l'une des extremites
bleu). Ce processus sera etudie de Ia bande de papier une goutte du melange a analyser, puis on trempe cette ex-
dans le manuel Chimie des tremite dans un liquide (Ia phase mobile), qui remonte le long du papier par capil-
solutions.
larite (figure 1.11). C'est une methode couramment utilisee par les biochimistes,
qui etudient Ia chimie des etres vivants.
a) b) c)
Figure 1.12
Chromatographie sur papier d'un echantillon d'encre. a) On depose le melange
a analyser, en forme de ligne, a l'une des extremites de Ia feuille de papier
poreux. b) Le papier agit comme une meche et fait manter le liguide par capil-
larite. c) Le composant dont l'affinite pour le papier est Ia plus faible se deplace
plus rapidement que ceux qui sent retenus plus fortement par le papier.
I. 9 Oossificotion de Ia moliere 29
II est important de savoir que. meme apres separation des composants d'un
melange, la purete absolue n'existe pas. L'eau. par exemple, entre inevitablement
en contact avec d'autres matetiaux au moment ou on Ia synthetise ou lorsqu'on
l'isole d'un melange; elle n'est done jamais absolument pure. Toutefois, si on les
manipule bien, on peut obtenir des substances presque pures.
Les substances pures sont soit des composes, soit des elements. Un compose est
une substance de composition constante, qu'on peut decomposer en ses elements a
I' aide d'un processus chimique. L'electrolyse de l'eau (figure 1.11) est un exemple
de processus chimique : l' eau y est decomposee en ses elements, I'hydrogene et
!'oxygene, grace au passage d'un courant electrique. Ce processus entraine une
modification chimique, etant donne que les molecules d, eau ont disparu ; a leur
place, on trouve les elements hydrogene et oxygene.
On appelle modification chimique celle au cours de laquelle une substance don-
nee devient une nouvelle substance ou plusieurs substances ayant des proprietes dif-
ferentes et une composition differente.
On ne peut pas decomposer les elements en substances plus simples par des
procedes chimiques ou physiques.
On sait que Ia matiere qui nous entoure possede divers niveaux d'organisation.
Les substances les plus simples dont il a ete question jusqu'a maintenant sont les ele-
ments. Comme nous l'etudierons dans les prochains chapitres, les Clements ont
egalement une structure: ils sont formes d'atomes, eux-memes composes de noyaux
et d' electrons. Me me le noyau a une structure: il est fmme de protons et de neutrons,
lesquels peuvent etre scindes en particules encore plus elementaires, les quarks. Pour
Je moment, cependant, il n'est pas utile de s'arreter a tous ces details. La figure 1.13
resume ce qu'on sait a propos de !'organisation de Ia matiere.
~matiere
! - methodes
" melanges physiques melanges _homo-
heterogepes .. genes (solutions)
protons neutrons
Resume
Idealement, les progres de toute science reposent sur }'utilisation de la methode scien-
tifique. qui comporte: d' abord, I' observation des phenomenes natureIs; ensuite, Ia
recherche d'une regularite dans ces phenomenes; enfin, la formulation de lois
naturelles. Apres quoi, on elabore une tbeorie. ou modele, qui permet d'interpreter le
comportement observe, puis on verifie cette theorie en la soumettant a d' autres
experiences, et en la modifiant si cela s'avere necessaire.
On appelle mesure toute observation quantitative qu'on peut representer par un
nombre et une unite. Toute mesure comporte toujours uncertain degre d'incertitude.
Mais, pour tirer des conclusions a partir des resultats des mesures, il faut determiner
!'importance de cette incertitude, ce qu'on obtient grace a rutilisation du nombre
adequat de chiffres significatifs. Le systeme d'unites le plus utilise par les scien-
tifiques est le SI. Pour passer d'un systeme aun autre, on utilise des facteurs de con-
version (analyse dimensionnelle).
La matiere, qui existe en trois etats (solide, liquide et gazeux) possede de nom-
breux niveaux d'organisation. On peut separer les constituants d'un melange en uti-
lisant des methodes qui ne font appel qu, a des modifications physiques (distillation,
filtration et divers types de chromatographie). D'autre part, avec des methodes chi-
miques. on peut decomposer un produit en ses elements.
Mots des
Questions a distuter en dasse b) Calculez a partir des donnees suivantes le nombre de mi-
nutes dans un mois: 24 heures dans une journee, 60 mi-
Ces questions sont con~;ues po ur etre abordees en classe par nutes dans une heure, 7 jours dans une semaine et 4 se-
de petits groupes d 'etudiants. D'ailleurs, elles constituent sou- maines dans un mois.
vent un excellent preambule a
Ia presentation d' un sujet par- c) Pourquoi ces reponses sont-elles differentes? Laquelle (s'il
ticulier en classe . en est) est la meilleure? Pourquoi?
1. a) II y a 365 jours dans une annee, 24 heures dans une joumee, 2. Pour vous acheter des bonbons, vous allez au depanneur du
12 mois dans une annee et 60 minutes dans une heure. A coin dont le proprietaire est plutot etrange. II ne vous permet
partir de ces donnees, calculez le nombre de minutes dans d'en acheter que par multiples de quatre, au cofit de 0,23 $. ll
un mois. ne vous permet egalement de Je faire qu'en utilisant 3 sous et
Questions adiscuter en cklsse 31
2 dix sous. Comme vous avez une bonne poignee de sous et iv. De Ia vapeur d'eau?
de dix sous et que vous n'etes pas interesse ales compter, vous v. Du dioxyde de carbone?
decidez de les peser. Les sous pesent 636,3 g et chaque sou b) Est-ce que !'ebullition de l'eau est une modification phy-
pese 3,03 g. Chaque dix sous pese 2,29 g et chaque bonbon sique ou chimique? Expliquez.
pese 10,23 g. 6. Si vous placez une tige de verre au-dessus d'une chandelle al-
a) Combien de sous avez-vous?
lumee. Ia tige devient noire. Qu'est-ce qui arrive a chacun des
b) Combien avez-vous besoin de dix sous pour acheter le plus elements suivants au fur et a mesure que Ia chandelle brule
grand nombre possible de bonbons ? (modification physique, modification chimique, les deux ou
c) Combien pesent tous ces dix sous? aucune)? Expliquez chaque reponse.
d) Combien de bonbons pouvez-vous acheter? (nombre de a) A. Ia eire.
dix so us obtenu en b) b) A. la meche.
e) Combien ces bonbons pesent-ils? c) A. la tige de verre.
0 Combien de bonbons pourriez-vous acheter avec deux fois
7. QueUes caracteristiques d'un solide, d'un liquide ou d'un gaz
plus de dix sous ?
presentent chacune des substances suivantes? A. quelle cate-
3. Quand une bille est placee dans un becher d'eau, elle va au gorie appartient chacune d'elles?
fond. Quelle serait Ia meilleure explication de ce phenomene? a) Une portion de pudding.
a) La surface de Ia bille n'est pas suffisamment grande pour b) Une chaudiere de sable.
etre retenue par Ia tension superficielle de I'eau.
8. Voici deux cylindres gradues qui contiennent de l'eau.
b) La masse de Ia bille est plus grande que celle de l'eau.
c) La bille pese plus que son volume equivalent en eau.
d) La force que possede Ia bille en tombant detruit Ia tension
superficielle de l'eau.
e) La bille a une masse et un volume superieurs a ceux de
I'eau.
mL
Justifiez votre choix et dites pourquoi les autres reponses ne 5
sont pas acceptables.
4. Un becher est rempli jusqu'a Ia marque des 100 mL avec du
4
sucre (le sucre a une masse de 180,0 g) et un autre becher est
rempli jusqu'a la marque des 100 mL avec de l'eau (I'eau a
une masse de 100,0 g). Vous versez toutle sucre et l'eau dans
3
un becher plus grand et vous melangez jusqu'a dissolution
complete.
=
0,5 ·- - - -
a) Dites quelle est la masse de Ia solution et expliquez votre 2
reponse. La masse sera:
i. de beaucoup superieure a 280.0 g ;
ii. legerement superieure a 280.0 g;
iii. 280,0 g exactement ;
iv. legerement inferieure a 280.0 g :
v. nettement inferieure a 280,0 g.
b) Dites que! est le volume de Ia solution et expliquez votre
reponse. Le volume sera:
i. nettement superieur a 200,0 mL;
ii. Iegerement superieur a 200,0 mL ;
iii. 200,0 mL exactement;
iv. legerement inferieur a 200,0 mL ;
v. nettement inferieur a 200,0 mL. Vous versez les deux echantillons d'eau dans un becher. Quel
5. Tous ont observe que les bulles montent a Ia surface quand I' eau sera Je volume total ? Que] est le facteur qui determine la pre-
bout. cision de ce nombre?
a) Que contiennent ces bulles? 9. Paracelse. un alchimiste et guerisseur du XVIe siecle, avait pour
i. De I' air? slogan : « Les patients sont votre source de connaissances ; le
ii. De I' hydrogene et de I' oxygene? lit du malade, le sujet de votre etude. » Est-ce un point de vue
iii. De I' oxygene? qui correspond bien a une methode dite scientifique?
32 Chapitre Un Les bases de Ia chimie
10. Qu'y a-t-il d'errone dans l'enonce suivant : « Les resultats de Exertites
cette experience ne concordent pas avec Ia theorie. 11 y a done
quelque chose qui ne fonctionne pas dans I' experience.>>
Dans Ia presente section , les exercices similaires sont re-
11. Pourquoi est-il incorrect d'affirmer que le resultat d' une groupes.
mesure est precis, mais non reproductible?
A toute question ou tout exercice precedes d ' un numero en
bleu , Ia reponse se trouve a Ia fin de ce livre. Incertitude, precision, exactitude et clrillres signilicotils
entre Ia vraie valeur et Ia valeur experimentale divisee par Ia vraie Jution d'antigel typique t- 45 oc et 115 °C}. Ces deux points cor-
valeur, le tout multiplie par 100 %. respondent respectivement a 0 °A eta 100 °A.
a) Etablir Ia formule de conversion des oA en oc_
Ivraie valeur - valeur experimentale I b) Etablir Ia formul e de conversion des op en oA.
Pourcentage d'erreur = XlOO %
vraie valeur c) A queUe temperature ce thermometre et le thermometre
gradue en degres Celsius indiqueront-ils Ia meme valeur?
Calculez le pourcentage d'ecart entre les mesures suivantes. d) Votre thermometre indique 86 oA. QueUe est Ia tempera-
a) La masse volumique d"un bloc d'aluminium est de ture en °C et en op?
2,64 g/cm 3 . (La vraie valeur est de 2,70 g/cm 3); e} Exp1imez en oA une tempera£ure de 45 oc_
b) Le comenu en fer d'un minerai est de 16.48 %. (La vraie
78. Soit Ia boite illustree ci-dessous et dont on desire connaitre le
valeur est de I 6,12 %) :
mecanisme. On ne dispose d'aucun outil, et Ia boite ne s'ouvre
c) La mesure d'un etalon de I ,000 g sur une balance donne
pas. Lorsqu' on tire sur Ia corde B, elle coulisse assez facile-
0,9981 g.
ment. Quand on tire sur Ia corde A, Ia corde C semble glisser
74. Quand on planifie une experience, il vaut mieux eviter d'utili- legerement vers l'inte1ieur de Ia boite. Quand on tire sur Ia
ser un resultat qui corresponde a une faible difference entre corde C, La corde A disparait presque completement dans Ia
deux valeurs experimentales peu precises (par exemple boite*.
81 :!:: I get 79 :!:: 1 g). Expliquez pourquoi ce conseil estjudi-
cieux.
75. Un professeur americain a pese 15 pieces de un cent, et il a
obtenu les masses suivantes.
Probleme de synthese• cylindre gradue, la masse devient 79,16 g. Quand on place Ia tige
d'or dans le cylindre gradue (Ia tige est completement immergee),
a
Ce probleme fait appel plusieurs concepts et techniques de le volume indique sur le cylindre gradue est de 8,5 mL. Supposez
resolution . Les problemes de synthese peuvent etre utilises en que Ia temperature de la tige d'or et du liquide sont de 86 oF. Si Ia
classe pour faciliter chez les etudiants !'acquisition des ha- masse volumique du liquide diminue de 1 % pour toute augmenta-
biletes necessaires a Ia resolution de problemes. tion de temperature de I 0 oc (de 0 a 50 °C), evaluez:
a) Ia masse volumique de l'or a 86 °F;
80. Une tige cylindrique d'or dont la longueur est de I ,5 poet le
b) Ia masse volumique du liquide a 40 °F.
diametre de 0,25 po a une masse de 23,1984 g. evaluee a
]'aide d'une balance analytique. Un cylindre gradue vide est Remarque: les questions a) et b) peuvent etre resolues inde-
pese sur une balance ordinaire et Ia masse obtenue est de pendamment.
73 ,47 g. Apres avoir verse une petite quantite de liquide dans le
D
e toute evidence, vous voulez etudier Ia chimie! Toutefois, une q uestion sub- Contenu
siste : par o u co mmencer? II fout d 'obord ocqueri r uncertain vocobuloire de
bose et quelques notions sur l'orig ine de cette science. Dons le chopitre 1,
2.1 Debuts de lo chimie
nous ovons deja presente les fondements de Ia science en genera l, au niveou tont
2.2 Lois fondomentoles de lo chimie
des idees q ue des procedes. Do ns le present chopitre, nous obordons I' etude des
2.3 Theorie otomique de Dolton
concepts de bose essentiels a Ia comprehension de Ia matiere. Nous obordons
2.4 Premieres experiences
brievement ces divers sujets ici , mo is nous les tro iterons plus en detail dons les
de coroderisotion de I'otome
quelques chopitres qui suivent. En som me, no us presentons le systeme utilise pour
Electron
nommer les prod uits chimiques ofin de vous fournir le vocobuloire necessoire pour
Rodiooctivite
comprendre ce livre et effectuer vos experiences en loboroto ire.
Atome nucleoire
Nous sovons q ue Ia ch imie s'interesse d 'o bord et avant tout o ux modificatio ns
2.S Introduction illo representotion
chimiq ues, qui sero nt d'o illeurs troitees a u chopitre 3 et dons l'ouvroge Chimie d es moderne de lo structure de I' otome
solutions. Cependont, ava nt de discuter de reactions, il nous fo ut a border certai nes 2.6 Molecules et ions
idees fondomento les concernant les otomes et leur association.
2.7 Introduction ou tobleou periodique
2.8 Nomencloture des composes
chimiques
Composes ioniques binoires
(type I)
Composes ioniques binoires
(type II)
Composes ioniques il ions
polyotomiques
Composes covolents binoires
(type Ill)
Ecriture de lo formule il partir
du nom
Acides •
Ce caractere Kanji (qui signifie « atome ») a eM~ cree au IBM Almaden Research Center a
a a
San Jose (Californie) grace Ia microscopie balayage par effet tunneL 39
40 Chcpitre Deux Atomes, molecules et ions
II mourut en 1804, aux Etats-Unis, tifique anglais (voir Ia .figure 2.1), s'etait revele important dans le phenomene de la
ou il avail passe en paix les dix combustion vive, on supposa que sa teneur en phlogistique etait faible. En fait,
dernieres annees de sa vie. I' oxygene etait originellement connu sous !'appellation d' «air dephlogistique».
2.2 Lois fondamentales de Ia chimie 41
r~gure 2.2
Antoine lavoisier est ne a Paris le 26 aoOt 1743. Meme si son pere souhaitait
le voir suivre ses traces et devenir avocat, le jeune Lavoisier etait fascine par Ia
science. Des le debut de sa carriere scientifique, il reconnut !'importance
d' effectuer des mesures exactes. Grace a des experiences effectuees de fac;:on
minutieuse, il mantra qu'il y avait conservation de Ia masse dans les reactions
chimiques et que I'oxygene participait aux reactions de combustion. II ecrivit
egalement le premier traite de chimie moderne. II n'est done pas Surprenant
qu'on l'appelle «le pere de Ia chimie moderne» .
Pour financer ses travaux scientifiques, lavoisier fit des placements dans une
firme privee de fermiers generaux jpercepteurs); il epousa meme Ia fille d'un
des directeurs de Ia compagnie. Son association lui fut toutefois fatale, puisque
les revolutionnaires franc;:ais exigerent son execution. II fut guillotine le
8 mai 1794, sous Ia Terreur.
42 (hcpitre Deux Atomes, molecules et ions
en outre que la vie dependait d'un processus qui faisait egalement intervenir
I' oxygene et qui, par de nombreux aspects, ressemblait au pbenomene de combus-
tion. C' est en 1789 que Lavoisier publia le premier livre de chimie modeme, le Traite
elementaire de chimie, dans lequel il presenta une synthese des connaissances chi-
miques de I' epoque. Malheureusement, cette annee de publication co1ncida avec la
Revolution fran~aise. Lavoisier, qui exer~ait depuis plusieurs annees la fonction
lucrative, mais impopulaire, de fermier general (percepteurdes imp6ts), fut guillotine
en tant qu' ennemi du peuple, en 1794.
A partir du XIxe siecle, la phimie fut dominee par des scientifiques qui, a I' instar
de Lavoisier, effectuerent des experiences quantitatives pour etudier le deroulement
des reactions chimiques et pour determiner la composition des differents composes
chimiques. L'un d ' eux, le Fran~ais Joseph Proust (1754-1826), montra qu' « un com-
pose donne contient toujours les memes elements combines dans les memes propor-
tions en masse». Par exemple, il prouva que le carbonate de cuivre contenait toujours
5,3 parties de cuivre (par unite de masse) pour 4 parties d' oxygene et 1 partie de car-
bone. Le principe de la composition constante des composes, originellement appele
loi de Proust, est aujourd'hui connu sous le nom de loi des proportions detinies.
C'est Ia decouverte de Proust qui amena John Dalton (1766-1844), instituteur
anglais (voir La figure 2.3), a reflechir au concept d'atomes. Selon Dalton, si les ele-
ments etaient composes de petites particules individuelles, un compose donne devrait
toujours contenir Ia meme proportion d'atomes. Ce concept expliquait pourquoi on
trouvait toujours Ia meme proportion relative des elements dans un compose donne.
Dalton decouvrit en outre un autre principe qui le convainquit plus encore de
l'existence des atomes. II remarqua, par exemple, que le carbone et I' oxygene pou-
Figure 2.3 vaient former deux composes differents qui contenaient des quantites relatives de car-
John Dalton (1766-1844), un bone et d'oxygene differentes, comme l'indiquent les donnees suivantes:
Anglais, enseigna dans une
ecole quaker des l'age de masse d'oxygene qui se combine
12 ans. Sa fascination pour Ia a 1 g de carbone
science s' etendait aIa meteo-
rologie, a laquelle il portait un compose A 1,33 g
immense interet (il tint un re- composeR 2,66 g
gistre quotidien des conditions
climatiques durant 46 ans), ce Dalton constata que le compose B contenait deux fois plus d' oxygene par gramme
qui l'amena a s'interesser aux de carbone que le compose A, pbenomene qui est facilement explicable en termes
gaz de I' air et aleurs com-
d' atomes. Le compose A pourrait etre CO et le compose B, C02 *. Ce principe, qui
posants fondamentaux, les
atomes. On connalt surtout s'averaapplicable aux composes de bien d'autres elements, est connu sous le nom de
Dalton pour sa theorie ato- loi des proportions multiples: « Quand deux elements se combinent pour former
mique, selon laquelle les une serie de composes, les rapports entre les masses du second element qui s' asso-
atomes different essentiellement cient aun gramme du premier element peuvent toujours etre roouits ade petits nom-
par leur masse. II fut le premier bres entiers. »
a dresser un tableau des Pour bien comprendre la signification de cette loi, considerons les donnees
masses atomiques relatives.
relatives a une serie de composes qui contiennent de l'azote et de l'oxygene (voir
Dalton etait un homme
humble et plutot desavantage: l'exemple 2.1).
il etait pauvre, il s'exprimait L'interpretation des donnees de l'exemple 2.1 revele que le compose A contient
difficilement, ce n'etait pas un deux fois plus d' azote, N, par gramme d' oxygene, 0, que le compose Bet que le com-
experimentateur habile et, de pose B contient deux fois plus d'azote par gramme d'oxygene que le compose C.
plus, il etait daltonien (d'apres
son nom). ce qui constitue un
handicap important pour un
chimiste. En depit de ces *Les indices servent a preciser le nombre d'atomes. En !'absence de tout indice, il faut comprendre que le
desavantages, il contribua chiffre I est sous-entendu. Aux sections 2.6 et 2.7, on aborde de fa\;on plus detaillee !'utilisation des sym-
a revolutionner Ia chimie. boles et I' ecriture des formules chimiques.
2.2 Lois fondomentoles de Ia chimie 43
Voici les donnees relatives a plusieurs composes ne contenant que de I' azote et de
I' oxygene.
Solution
Pour etre conforme a Ia loi des proportions multiples, le rapport entre les masses
d'azote qui se combinent a l g d'oxygene dans chaque couple de composes doit etre
un nombre entier et petit. Lorsqu'on calcule ce rapport, on obtient
A 1,750 2
B 0.875 I
B 0,875 2
c 0,4375
-A 1,750 4
c 0,4375
Ces resultats sont bien conformes ala loi des proportions multiples.
(Voir les exerdc:es 2.21 et 2.22)
A: N
0
B: N
0
C: N
0
On cons tate done que le compose A renferme 2 atomes N par atome 0; le corn-
pose B, I atorne N par atome 0. C'est dire que le compose A renferme deux fois
44 (hcpitre Deux Atomes, molecules et ions
plus d'azote que le compose B par atome d'oxygene. De meme, puisque le compose
B contient un N par 0 et que le compose C un N pour deux 0, le contenu en azote du
compose C par atome d'oxygene est la moitie de celui du compose B.
Voici d'autres composes qui repondent aux donnees de l'exemple 2.1:
A: N
0
B: N
0
N
C:
0
Assurez-vous que ces composes repondent aux exigences. Voici encore d'autres
composes qui repondent aces exigences :
·.
~ ·','
' N
A: --- 0
/' " \.
~
N
B· = -= 0
C: N
0
Essayez d'en trouver d'autres qui rendent compte des donnees de l'exemple 2.1.
Combien d'autres possibilites existe-t-il?
2.3 Thimrie atomique de Delton 45
II existe en fait une infinite d'autres possibilites. A partir de ces donnees sur les
masses relatives, Dalton ne pouvait done pas predire les formules absolues des com-
poses. Ces donnees etayaient cependant son hypothese selon laquelle chaque element
consistait en uncertain type d'atome et les composes etaient formes par association
d'un nombre precis d'atomes.
+
se I volume d'oxygene pour 2 volumes de vapeur d' eau
2 volumes d'hydrogene
combinenta former
~ ~
Figure 2.4 +
Representation schematique de
~ ~
quelques resultats experimentaux
se
obtenus par Gay-Lussac en ce qui 1 volume d'hydrogene combine a
1 volume de chlore ,.pour 2 volumes de chlorure d'hydrogene
•ormer
concerne les combinaisons des
volumes de gaz.
etalon, comparaison qu'on effectue a l'aide d'un processus appele «pesee»).
Plusieurs de ces masses se revelerent fausses, en raison des erreurs de Dalton dans la
formulation de certains composes. Mais l'idee de construire ainsi un tableau des
masses fit faire un pas de geant a la chimie.
Meme s' il fallut attendre de nombreuses annees avant qu' on en reconnut la valeur,
ce furent les experiences d'un chimiste franc,:ais, Joseph Gay-Lussac (1778-1850), et
!'hypothese emise par un chimiste italien, Amadeo Avogadro (1776-1856), qui
foumirent la solution au probleme des formules absolues des composes. En 1809,
Gay-Lussac effectua des experiences dans lesquelles il mesura (dans des conditions
de temperature et de pression constantes) les volumes de gaz qui reagissaient entre
eux. II constata par exemple que 2 volumes d'hydrogene reagissaient avec 1 volume
d'oxygene pour former 2 volumes d'eau sous forme gazeuse, et que 1 volume d'hy-
drogene reagissait avec 1 volume de chlore pour former 2 volumes de chlorure d'hy-
drogene (voir lafigure 2.4).
En 1811, Avogadro interpreta ces resultats de la fac,:on suivante : «A temperature
et a pression constantes, des volumes egaux de differents gaz contiennent le meme
nombre de particules. » Cette supposition (appelee hypothese d' Avogadro) n'est
valable que si les distances qui separent les particules d'un gaz sont tres grandes par
rapport ala taille de ces memes particules. Dans de telles conditions, c'est done le
nombre de molecules en presence qui determine le volume du gaz et non Ia taille de
chacune des particules.
Si !'hypothese d' Avogadro est exacte, on peut interpreter les resultats obtenus par
Gay-Lussac
2 volumes d'hydrogene reagissent avec 1 volume d'oxygene
------» 2 volumes de vapeur d' eau
de la maniere suivante :
2 molecules* d'hydrogene reagissent avec 1 molecule d'oxygene
------» 2 molecules d'eau
On peut encore mieux expliquer ces observations lorsqu 'on suppose que les gaz
hydrogene, oxygene et chlore sont tous constitues de molecules diatomiques (com-
posees de 2 atomes): Hz, Oz et Clz. On peut done illustrer les resultats obtenus par
Gay-Lussac comme ala figure 2.5. (On remarque que, selon ce raisonnement, la for-
mule de l'eau est H2 0 et non OH, comme le croyait Dalton.)
Malheureusement, la plupart des chimistes rejeterent !'hypothese d' Avogadro: il
s'ensuivit un demi-siecle de confusion qui vit naitre et mourir de nombreuses
hypotheses relatives aux formules et aux masses atomiques.
*Une molecule est un assemblage d'atomes (voir Ia section 2.6).
2.4 Premieres experiences de ccrcderisction de l'ctome 47
Figure 2.5
Representation schematique de Ia
+ combinaison de certains gaz au
niveau moleculaire. Les cercles
representent les atomes dans les
molecules.
Au cours du XIXe siecle, on effectua des mesures pn~cises des masses de divers
elements qui se combinent pour former des composes. A partir de ces experiences,
on a etabli une liste de masses atomiques relatives. Un des chimistes qui participa a
!'elaboration de cette liste fut le Suectois Jons Jakob Berzelius (1779-1848), qui
decouvrit le cerium, le selenium, le silicium et le thorium, et qui proposa les symboles
chimiques modemes des elements - symboles qu'on utilise de nosjours encore pour
representer les composes.
Electron
Les premieres experiences importantes menant a la comprehension de Ia composi-
tion de l'atome furent realisees parle physicien anglais J.J. Thomson (voir La .figure
2.6) entre 1898 et 1903. Il etudiait le comportement des decharges electriques dans
'.
. ' . .. -~-. .....
.. ,., :,; . ·~· . .•.' ·.· '..
net et sous laquelle se trouvait un pot. si bien que le systeme que nous uti-
J
ons Jakob Berzelius fut sans
aucun doute le meilleur chimiste La piece voisine etait chauffee par un lisons aujourd'hui repose sur celui de
de sa generation et, compte tenu petit fourneau. » Berzelius.
du caractere rudimentaire de son C ' est la que, pendant plus de 10
equipement de laboratoire, peut-etre ans. Berzelius effectua plus de 2000 Symboles utilises par les
le meilleur de tous les temps. Con- experiences dans le but de determiner alchimistes pour designer
trairement a Lavoisier, qui pouvait se avec precision la masse atomique des certains elements et produits
permettre d'acheter le meilleur equipe- 50 elements connus a l'epoque. Les courants
ment de laboratoire sur le marche, donnees presentees au tableau 2.9
Berzelius travaillait avec un equipe- attestent, par leur remarquable preci- substance symbole alchimique
ment minimal, dans un laboratoire des sion, de l'habilete et de la patience de
plus elementaires. Un de ses etudiants Berzelius.
argent ])
a d'ailleurs decrit le lieu de travail du Toutefois, la contribution de Berze-
chimiste suedois en ces termes : « Le lius a ]a chimie ne se limite pas au ta-
plomb 5
laboratoire comportait deux pieces bleau des masses atomiques. On lui
etain l.f
ordinaires amenagees tres simple- doit surtout l'elaboration d'un en-
ment; il n' y avait ni foumeau. ni hotte, semble de symboles destines a desi-
ni conduites d'eau, ni gaz. Contre le gner les elements chimiques et celle platine 1X:)
mur, quelques armoires contenaient d'un systeme d'ecriture des formules
des produits chimiques ; au centre de des composes destine a remplacer les acide sulfurique +ffil
la piece, on trouvait une cuve de mer- representations symboliques qu'utili-
cure et une table sur laquelle etait saient les alchimistes (tabl. 2.10). alcool ~
depose un chalumeau. A cote de Ia Meme si certains chimistes, y compris
table, il y avait un evier constitue Dalton, s' opposerent a ce nouveau sys- sel de mer Q
d'une cuve en pierre munie d'un robi- teme, il fut progressivement adopte,
Berzelius a de plus decouvert les mortalite par cancer est eleve). Une de silicium, SiF4 , avec du potassium
elements suivants: le cerium. le tho- autre etude a montre qu' il existait une metallique. De nos jours, c'est sur le
rium, le selenium et le silicium. Parmi relation inverse entre La concentration silicium que repose l'industrie mo~
ces elements, le selenium et le silicium de selenium dans le sang et I' incidence deme de Ia rnicroelectronique. Le sili-
sont, de nos jours, les plus importants. du cancer du sein chez la femme. On cium a meme foumi son nom anglais a
Berzelius decouvrit le selenium, en trouve par ailleurs du selenium dans le «Silicon Valley)), cette region voisine
L817, au cours de ses etudes sur I' acide muscle cardiaque; cet element pourrait de San Francisco ou pullulent les en-
sulfurique. On connait depuis des jouer un role important dans le bon treprises specialisees dans l'informa-
annees la toxicire du selenium, mais ce fonctionnement de cet organe. Ces tique. La technologie des puces en sili-
n'est que depuis peu qu'on a pris con- etudes, et bien d'autres encore, ont cium, avec ses circuits imprimes, a
science que cet element pouvait contribue a rehausser Ia reputation du revolutionne le monde des ordinateurs,
exercer une influence benefique sur la selenium, si bien que, de nos jours, de en pem1ettant d' en reduire Ia taille. De
sante. Des etudes ont en effet revele nombreux scientifiques en etudient le gigantesques et non fiables qu'ils
que des traces de selenium dans r ali- role dans Le corps humain. etaient:, avec leurs milliers de tubes a
mentation pouvaient prevenir !'appari- Quant au silicium, c'est, apres vide, ils sont devenus aujourd ' hui, avec
tion de maladies cardiaques et du can- I' oxygene, I' element le plus abondant leurs circuits de semi-conducteurs qui
cer. Une etude portant sur des donnees dans Ia croilte terrestre. Nous le ver- ne font jamais defaut, pa<; plus grands
recueillies dans 27 pays a ainsi mis en rons au chapitre 8, le sable de La terre qu'un simple cahier de notes.
evidence une relation inverse entre le est compose presque essentiellement
taux de mortalite par cancer et Ia de silicium lie aI' oxygene.
teneur du sol en selenium (plus le sol Berzelius a produit du silicium pur. Voir E.J. Holmyard, Alchemy (New York:
contient de selenium, moins le taux de en 1824, en chauffant du tetrafluorure Penguin Books, 1968).
des tubes partiellement sous vide, appelees tubes a rayons cathodiques (voir La
figure 2.7). Thomson decouvrit que lorsqu'on appliquait un potentiel eleve a un tel
rube, un «rayom), qu'il a appele rayon catbodique (parce qu'il etait emis par ]'elec-
trode negative ou cathode), etait produit. Vu que ce rayon provenait de l'electrode
negative et etait repousse par le pOle negatif d'un champ electrique exterieur (voir La
figure 2.8), Thomson a ernis l'hypothese que ce rayon etait compose de particules
negatives, appelees aujourd'hui electrons.
En mesurant la deviation du faisceau d'electrons dans un champ magnetique, il
reussit ainsi a determiner le rapport charge/massed' un electron :
champ
electrique
electrode
Figure 2.8
Deviation des rayons cathodiques sous !'influence d'un champ electrique.
50 Chopitre Deux Atomes, molecules et ions
nuage ~herique
de char&es positives
huile vaporisee
microscope
plaques chargees
electriquement
En effectuant ces experiences avec des tubes a rayons cathodiques, Thomson cher-
chait surtout a comprendre la structure de l'atome. Selon lui, puisqu'on pouvait pro
duire des electrons a partir d'electrodes faites de clifferents types de metaux, tousle:
atomes devaient contenir des electrons ; en outre, puisque les atomes etaient elec·
triquement neutres, ils devaient egalement etre composes de charges positives
Thomson proposa done le modele suivant* : un atome consiste en un nuage diffus dt
charges positives dans lequel sont disperses au hasard des electrons negatifs. Ce mo
dele (voir Ia .figure 2.9), est souvent appele «modele plum-pudding» parce que le:
electrons sont disperses dans le melange (nuage de charges positives) ala maniere de:
raisins dans le plum-pudding!
En 1909, Robert Millikan (1868-1953) effectua a l'Universite de Chicago de:
experiences tres astucieuses a I' aide de gouttelettes d'huile ionisees. Ces experience:
lui permirent de determiner avec precision la charge de I' electron (voir la figur.
2.10). Apartir de cette valeur de la charge de I' electron (1,60 X w- 19 C) et du rap
port charge/masse determine par Thomson, Millikan put calculer la masse de I' elec
tron, qu'il evalua a9,11 X 10- 28 g.
Ratliooctivite
A la fin du Xlxe siecle, on decouvrit que certains elements emettaient des radiation
de haute energie. En 1896, par exemple, le scientifique franr;ais Henri Becquere
constata qu'un morceau de minerai d'uranium pouvait imprimer sa propre image su
une plaque photographique, et ce, meme en I' absence de toute lumiere. 11 attribua c'
phenomene a une emission spontanee de radiation par l'uranium, phenomene qu'i
appela radioactivite. Les etudes realisees au debut du xxe siecle revelerent I' exis
tence de trois types d'emissions radioactives: les rayons gamma, y, les particule
beta, {3, et les particules alpha, a. Un rayon y est une «radiation» de haute energie
une particule f3 est un electron qui se deplace agrande vitesse; une particule a pos
Evaluation par scanner de Ia *Meme si on attribue Ia paternite de ce modele a J.J. Thomson , l'idee originate serait du math!'
captation d'iode radioactif par maticien et physicien anglais William Thomson (mieux connu sons le nom de Lord Kelvin et sans lie
Ia thyro"ide d'une patiente. de parente avec J.J. Thomson).
2. 4 Premieres experiences de ccrccterisction de I' ctome 51
sede une charge de 2+ (deux fois superieure a celle de l' electron, mais de signe
oppose). La masse d'une particule a est 7300 fois superieure a celle de I' electron.
On connait aujourd'hui d'autres types d'emissions radioactives. Dans ce chapitre,
nous nous limiterons toutefois a I' etude des particules a, car elles ont ere utilisees
dans quelques experiences de premiere importance.
Atome nucleaire
Ernest Rutherford (voir La figure [Link]) fut l'un des premiers a realiser des expe-
riences destinees a approfondir I' explication du phenomene de radioactivite. En
1911, il voulut verifier le «modele plum-pudding» de Thomson. Pour ce faire, il
bombarda de particules a une mince feuille de metal (voir La figure 2.12). Selon
Rutherford, si le modele de Thomson etait exact, les lourdes particules a devaient
traverser la mince [Link] un boulet de canon traverse de Ia gaze (voir la fi-
gure 2.13a). 11 s'attendait ace que les particules a traversent la feuille avec, tout au
plus, une Iegere deviation de trajectoire. Or, les resultats furent tres differents de
ceux qu'il escomptait. En effet, meme si Ia plupart des particules a traverserent
effectivement la feuille, nombre d'entre elles furent deviees, avec parfois des angles
r~g~~re 2.11
importants (voir La figure 2.13b) ; certaines furent meme reflechies et n' atteignirent
Ernest Rutherford ( 1871-1 93 7) est
la plupart des ne dans une ferme en Nouvelle-
quelques particules a particules tra- Zelande. En 1895, meme s'il se
uranium, source de parti-
cules a, entoure d'un bloc
sont dispersees versent la classa deuxieme a
un concours, ce
feuille de fut lui qui obtint Ia bourse octroyee
de plomb destine a absorber
la plupart des radiations pour etudier a
I'Universite de
Cambridge, apres que le laureat
eut decide de rester en
Nouvelle-Zelande et de s'y marier.
Ayant accepte un poste a
l'univer-
site McGill de Montreal en 1898,
Rutherford se consacra a Ia carac-
de particules a ecran luminescent servant terisation de Ia radioactivite, avant
a reveler la presence des de retourner en Angleterre en
particules a 1907. C'est lui qui baptise les
particules a et {3, ainsi que les
Figure 2.12 rayons y. II crea egalement le
Experience de Rutherford sur le bombardement d' une feuille de metal par des terme « demi-vie » pour decrire une
particules a. caracteristique importante des ele-
ments radioactifs. Ses travaux sur
electrons disperses le comportement des particules a
frappant une mince feuille de me-
a
tal I' amenerent proposer le mo-
dele de I' atome nucleaire. De plus,
il inventa le nom «proton» pour
designer le noyau de l'atome
d'hydrogene. II fut laureat du prix
Nobel de chimie en 1908.
a) b)
f19ure 2.13
a) Resultats escomptes de !'experience avec une feuille de metal si le modele
de Thomson etait exact. b) Resultats effectivement obtenus.
52 Chopitre Deux Atomes, molecules et ions
done jamais le detecteur. Pour Rutherford, ces resultats furent plus que surprenan1
(il ecrivit que cela etait aussi etonnant que de tirer un coup de canon sur une feuilJ
de papier et de voir tout a coup le boulet rebondir vers soi).
Pour Rutherford, ces resultats prouvaient que le «modele plum-pudding» n 'eta
pas exact et que les importantes deviations des particules a ne pouvaient s'expliqm
que par la presence, au centre de I'atome, d'une concentration de charges positivf
(voir La figure 2.1 Jb): la plupart des particules traversent directement la feuille pare
que le volume de I' atome est principalement compose de vide; les particules
deviees sont celles qui ont heurte le centre positif de l'atome; les quelques particulf
a reflechies sont celles qui ont frappe de plein fouet le centre positif beaucoup plL
denst::.
Selon Rutherford, ces resultats n'etaient explicables que par !'existence d'u
atome nuch!aire, c'est-a-dire un atome possedant un centre dense charge positivt
ment (le noyau) et des electrons gravitant autour de ce noyau a une distance rei:
tivement importante par rapport au rayon de celui-ci.
noyau noyau
[11 protons [ll protons
\.12 neutrons \.13 neutrons
/ /
Figure 2.15
Deux isotopes de sodium. Taus
deux possedent l l protons et l l
II electrons electrons, mais ils different par le
nombre de neutrons que contient
TiNa leur noyau.
II faut en outre se poser une question tres importante: Si tous les atomes sont com- Ce sont les electrons qui conferent a
poses des memes particules, comment peut-on expliquer que les proprietes chimiques un atome ses proprietes chimiques.
de dijferents atomes soient dijferentes? La reponse a cette question reside dans le
nombre et l' agencement des electrons. Les electrons occupant la majorite du volume
de l'atome, c'est a leur niveau que les atomes s'interpenetrent quand ils se combinent
pour former des composes. C'est done le nombre d'electrons que possede un atome
donne qui determine sa capacite de reagir avec d'autres atomes. II en resulte que les
atomes d' elements differents, qui possedent des nombres differents de protons et
d'electrons, sont dotes de proprietes chimiques differentes.
Ainsi, le noyau de I'atome de sodium possede 11 protons. Or, un atome n'ayant
aucune charge nette, le nombre d'electrons doit etre egal au nombre de protons: 11
electrons gravitent done autour de son noyau. Et il est toujours vrai qu'un atome de
sodium possede 1 l protons et 11 electrons. Dans le noyau de chaque atome de so-
dium, on trouve en outre des neutrons, et il existe autant de types d' atomes de sodium
qu'il y a de nombres differents de neutrons. Considerons par exemple les atomes de
sodium representes a la figure 2.15. Ces deux atomes sont des isotopes. c' est-a-dire
des atomes qui possedent le meme nombre de protons mais un nombre different de
neutrons. Remarquons que, pour un type particulier d'atome de sodium, le symbole
est:
nombre de masse ...........,. 23 , , nombre de masse~ A symbole
1]Na ~ symbole Je !'element ~ zx~d e I'T
numero atomique/ · e ement
numero atomique /
Ecrivez le symbo1e de l' atome dont le numero atomique est 9 et le nombre de masse,
19. Combien d' electrons et de protons cet atome possede-t-il?
54 Chapitre Deux Atomes, molecules et ions
Solution
f . Le numero atomique 9 signifie que I' atome possede 9 protons. Cet element est done
le fluor, dont le symbole est F. On represente done cet atome de Ia fac;on suivante:
J
l~p
et on l'appelle «fluor 19». Puisque cet atome possede 9 protons, iJ doit posseder
egalement 9 electrons pour etre electriquement neutre. Etant donne que le nombre de
masse represente le nombre total de protons et de neutrons, cet atome possede
10 neutrons.
H - 0-H ou /0'-..
H H
La structure de droite represente la forme reelle de Ia molecule d' eau: les scien-
tifiques savent par experience qu' elle ressemble a cela. (L' etude des formes des
molecules fait !'objet du chapitre 6.) Voici quelques autres exemples de formules
structurales :
ammoniac methane
2.6 Molecules et ions 55
- 1 electron
11+ 11+
11 electrons 10 electrons
Avec un electron en moins, le sodium, qui n'a plus que 11 protons et 10 electrons.
possede maintenant une charge nette de 1+: il est ainsi devenu union posit!{. c'est-
No+ est gemeralement appele «ion
sodium » plutot que «cation sodium» . a-dire un cation. Pour representer l'ion sodium, on utilise le symbole Na+ et, pour
De meme, Cl- est appele « ion representer sa formation, on recourt a I' equation suivante:
chlorure >> p lutot qu' «anion chlorure >>. Na ----7 Na+ + e-
Regie generale, quand on parle Si on ajoute un electron a un atome de chlore,
d' un ion specifique, on utilise
le terme « ion >> plutot que «cation>>
atome de chlore ~ 'lOll
- chlorure
ou « anion >>.
neutre (Cl) (CI-)
+ 1 electron
17+ 17+
17 electrons 18 electrons
les 18 electrons conferent a I' atome une charge nette de I- ; le chlore est ainsi devenu
union negat!f, c'est-a-dire un anion. On represente l'ion chlorure par Je symbole CI-
et sa formation est regie par l' equation suivante:
Cl + e- ----7 CI-
CI-
Na+
Figure 2.19
CI- Na+ CI-
a) Agencement des ions sodium,
No+, et chlorure, Cl-, dans le
chlorure de sodium, un compose Na+ CI- Na+
ionique. b) Cristaux de chlorure ~
de sodium {grossissement de
500 fois). a) b)
2.7 lntrodiJ(fion au tableau periodique 57
Comme les anions et les cations possectent des charges opposees, ils s'attirent les
uns les autres. Cette attraction entre des ions de chmges opposees est appelee liaison
ionique. Ainsi, le sodium metallique et le chlore (un gaz vert compose de molecules
de C]z) reagissent pour former du chlorure de sodium solide, qui possecte de nom-
breux ions Na+ et CI-, assembles de Ia fa~on illustree a la figure 2.19a. Ce solide
forme de beaux cristaux cubiques incolores (voir lafigure 2.19b).
Un solide compose d'ions de charges opposees est appele «solide ionique» ou
« sel ». Les solides ioniques peuvent etre constitues d' atomes simples, comme dans le
chlorure de sodium, ou d'ions polyatomiques (formes de nombreux atomes), comme
Figure 2.20
dans le nitrate d'ammonium, N~0 3 - qui possede le cation ammonium, N&+, et
Modeles boules et batonnets des
I' anion nitrate, N03- . La figure 2.20 represente la structure de ces ions a l'aide d'un
ions ammonium, NH4+, et nitrate,
modele boules et batonnets. N03-.
antimoine stibium Sb
azote nitrum N
etain stannum Sn
or aurum Au
plomb plumbum Pb
mercute hydrargyrum Hg
potassium kalium K
sodium natrium Na
tungstene wolfram w
58 Chopitre Deux Atomes, molecules et ions
gaz
metaux rares
l
alcalino-terreux halogenes 18
lA VIllA
1 2
13 14 15 16 17
IliA IVA VA VIA VIlA
lie
5 6 7 8 9 Ill
B c N 0 F ·Ne
3 4 5 6 7 8 9 lO 11 12 13 14 15 16 17
metaux de transition AI Si p s Cl
"' 21 i:2 23 24 25 26 27 28 29 31 32 33 34 Js
·=
o;
(.)
Sc TI v Cr Mn Fe Co Ni Cu Ga Ge As Se Br
o;
><
~ 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53
'"
E y a Nb Mo Tc Ru Rh Pd Ag Cd In Sn Sb Te I
57 7i. 13 14 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85
La* Hf Ta w Re Os lr Pt Au Hg Tl Pb Bi Po At
Figure 2.21
Tableau periodique.
bon conducteur de relectricite (on l'utilise souvent pour fabriquer des fils elec-
triques); il prend aisement diverses formes (on en fait des tuyaux pour acheminer
l'eau); on trouve egalement du cuivre sous forme de nombreux sels (par exemple, le
sulfate de cuivre bleu- voir la photo ala page 62- qui renferme l'ion Cu 2 +). Le cui-
vre fait partie de la famille des metaux de transition (ceux qui occupent le centre du
tableau periodique).
les metoux ant tendonce a
former des Les non-metaux, relativement peu nombreux, occupent Ie coin superieur droit du
ions positifs et les non-metoux, des tableau (voir La figure 2.21, adroite du trait gras), a I' exception de l'hydrogene, non-
ions negotifs.
metal classe avec les metaux. Les non-metaux ne sont pas dotes des proprietes
physiques caracteristiques des metaux. Chimiquement parlant, ils ont tendance a
accepter des electrons et a former des anions en reagissant avec des metaux. Les non-
metaux sont souvent lies a eux-memes par des liaisons covalentes. Par exemple, dans
des conditions normales, le chlore, non-metal typique, existe sous forme de
molecules Clz; il reagit avec les metaux pour former des sels contenant des ions CJ-
(par exemple NaCl) et il forme des liaisons covalentes avec les non-metaux
(par exemple le chlorure d'hydrogene, HCl).
2.8 Nomenclature des composes chimiques 59
Dans le tableau periodique, les elements sont disposes de telle fa<;:on que ceux qui les elements qui occupent une meme
occupent une meme colonne (appelee groupe) sont dotes de proprietes chimiques colonne verticale dans le tableau
semblables. Par exemple. tous les metaux alcalins, qui constituent le groupe lA perioclique ferment un groupe et sont
dotes de proprietes semblables.
(lithium, Li, sodium, Na, potassium, K. rubidium. Rd, cesium, Cs, et francium, Fr),
sont des elements tres n!actifs qui forment facilemenl des ions possedant une charge
de 1+ quand ils reagissent avec les non-metaux. Les elements du groupe IIA (beryl-
lium, Be, magnesium, Mg, calcium, Ca, strontium, Sr, baryum, Ba. et radium, Ra)
sont les metaux alcalino-terreux. Quand ils reagissent avec des non-metaux, ils for-
r. n
ment tous des ions possedant une charge de 2+. Les halogenes, les elements du
groupe VIlA (fluor. F, chlore, Cl, brome, Br, iode, I, et astate, At), forment tous des
molecules diatomiques. Le fluor, le chlore, le brome et l'iode reagissent tous avec les
metaux pour former des sels qui contiennent des ions possedant une charge de 1- (F-,
o -, Br et r-). Les elements du groupe VIllA (helium, He, neon, Ne, argon. Ar. kryp-
ton, Kr, zenon, Xe, et radon, Rn) sont des gaz rares. Dans des conditions normales. (
ils existent tous sous forme de gaz monoatomiques (un seul atome) et leur reactivite
chimique est tres faible.
Fait a noter, a Ia figure 2.21, deux ensembles de symboles sont utilises pour
designer les differents groupes. Les symboles lA a VIllA sont d"usage traditionnel en Trois membres de Ia famille des
Amerique du Nord; les nombres de I a 18 sont d'utilisation recente. Dans le present halogimes: le chlore, le brome et
ouvrage, on utilise les deux ensembles. l'iode (de gauche a droiteJ.
Les rangees horizontales d'elements dans le tableau periodique sont appelees
«periodes». La premiere est done appelee la premiere periode (elle contient H et
He); Ia deuxieme rangee est appelee Ia deuxieme periode (les elements Li jusqu' a
Ne). etc.
Remarquons egalement que les elements dont Je numero est superieur a 109 sont
designes par un symbole de trois lettres. Ces symboles derivent du numero atomique
del' element lui-meme. Par exemple, Uun. J' element I l 0, designe:
Ununnillium
i t i
I 0
section, nous allons presenter les principales regles de nomenclature des composes
autres que les composes organiques (ceux formes d'une chaine d'atomes de car-
bone).
Commen<;:ons par le systeme de nomenclature des composes binaires (formes de
deux elements) que nous classons dans differentes categories pour mieux les recon-
naltre. Nous considererons les composes ioniques et les composes covalents.
Solution
a) CsF est le fluorure de cesium.
b) AIC1 3 est le chlorure d'aluminium.
c) LiH est l'hydrure de lithium.
U est important de remarquer que, dans chaque cas, on nomme d' abord I' anion, puis
lecation.
(Voir I' exercKe 2.57)
a) Dans CuCl, par exemple, puisque l'anion est CI- , le cation doit etre Cu+. On Un compose doit etre electriquement
l'appelle done chlorure de cuivre(l), le chiffre romain I indiquant une charge de neutre.
I+ sur l' ion Cu+.
b) Dans HgO, puisque l'anion est l'oxyde, 0 2- , le cation mercure doit etre Hg 2+
pour que Ia charge nette soit nulle. Par consequent, il s'agit de l'oxyde de mer-
cure(II).
62 Clmpitre Deux Atomes, molecules et ions
c) Dans Fe2 0 3, les 3 ions oz- ont une charge totale de 6-; il s'ensuir que les 2
cations fer doivent avoir une charge totale de 6+. lei, I' ion fer ~st Fe3+; c'est
pourquoi on I' appelle oxyde de fer(III).
d) Dans Mn0 2 , le cation a une charge de 4+; il s' agit done de I' oxyde de man-
ganese(IV).
e) Dans PbC12 , le cation a une charge de 2+; il s'agit done du chlorure de plomb(ll).
Dans le nom d ' un compose qui done, respectivement, chlorure ferrique et chlorure ferreux. Dans cet ouvrage, nous
contient un metal de transition , il y a privilegierons I' usage de chiffres romains pour distinguer les cations. Le tableau 2.4
habituellemenl un chiffre romain . fournit une liste de cations de type II.
Signalons que !'utilisation d'un chiffre romain dans le nom systematique n'est
necessaire que dans les cas ou il existe plus d'un compose ionique forme a partir
d'une meme paire d'elements. C'est ce qui a lieu le plus frequemment avec les com-
poses contenant des metaux de transition, qui forment souvent plus d'un cation. Dans
le cas d'etements qui ne forment qu'un seul cation, ['utilisation d'un chiffre romain
n 'est pas necessaire a leur identification. Dans ce groupe, on trouve: les elements du
groupe lA, qui ne forment que des ions possedant une charge de 1+; les elements du
groupe IIA, qui ne forment que des ions possedant une charge de 2+; !'aluminium.
qui ne forme que I' ion AJ 3+. En ce qui concerne I' element «argent», dans pra-
tiquement tousles composes ou il est present, on le trouve sous forme d'ions Ag+. Par
consequent, meme si }'argent est un metal de transition (et pourrait former des ions
autres que Ag+), les composes de l'argent ne sont pas generalement suivis d"un
chiffre romain. Ainsi, AgCl est couramment appele «chlorure d' argent» plut6t que
Cristaux de sulfate de cuivre (II).
he•pfe 2.5 Nomenclature des composes binaires
Solution
compose nom commentaires
a) CoBr2 bromure de cobalt(II) :Etant donne que te cobalt est un element
de transition, le nom du compose doit com-
porter un chiffre romain. Les 2 ions Br
doivent etre neutralises par le cation Co2 +.
b) CaC}z chlorure de calcium Etant donne que le calcium est un metal
alcalino-terreux et qu'il ne forme que l'ion
Ca2 +, il n'est pas necessaire d'utiliser de
chiffre romain.
oxyde d' aluminium Etant donne que I' aluminium forme
uniquement l'ion AJ3+, il n'est pas
necessaire d'utiliser de chiffre romain.
d) CrCl 3 chlorure de chrome(Ill) Etant donne que le chrome est un metal de
transition, le nom du compose doit
comporter un chiffre romain. CrC13
contient !'ion Cr3+.
(Voir les exercices 2.59 et 2.60)
2.8 Nomendoture des composes thimiques 63
«chlorure d'argent(l)», bien que ce demier nom soit techniquement correct. II en est
de meme pour le zinc, qui ne forme que des ions Zn2 +.
Quand l'ion metallique forme plus d'un type de cation (voir l'exemple 2.4), on
doit determiner la charge de l'ion metallique en equilibrant les charges positives et
negatives du compose. Pour ce faire, il faut reperer les cations et les anions com-
muns, ainsi que leurs charges (voir les tableaux 2.3 et 2.5).
Pour nommer un compose ionique binaire, l'organigramme suivant se revele
utile.
lA VIllA
r-
-£:'-"; &..t2i'
'~ !Oil f
f~gure2.22
les cations et anions les plus
courants. D cations de type I
courant.~ D cations de type II
courants
· anions monoatomiques
courants
utilise les prefixes hypo (mains de) el per (plus de) pour nommer les composes qui
possedent respectivement le mains et le plus grand nombre d'atomes d'oxygene. Le
meilleur exemple est celui des oxanions qui contiennent du chlore, comme rindique
le tableau 2.5.
Solution
compose nom commentoires
a) Na2 S04 sulfate de sodium
b) KHzP04 dihydrogenophosphate
de potassium
nitrate de fer(III) Metal de transition: le nom doit
contenir un chiffre romain. L'ion
Fe3+ neutralise 3 ions N0 3- .
d) Mn(OH)z hydroxy de Metal de transition: le nom doit
de manganese(ll) contenir un chiffre romain. L' ion
Mn2 + est associe a 2 ions OH- .
e) NazS03 sulfite de sodium
f) Na2 C03 carbonate de sodium
g) NaHC0 3 hydrogenocarbonate Souvent appele bicarbonate de
de sodium sodium.
h) CsC104 perchlorate de cesium
i) NaOCl hypochlorite de sodium
66 COOpilre Deux Atomes, molecules et ions
Solution
compose nom
a) PCl5 pentachlorure de phosphore
b) PCl3 trichlorure de phosphore
c) SF6 hexafluorure de soufre
d) so3 trioxyde de soufre
e) SOz dioxyde de soufre
f) COz dioxyde de carbone
Les prefixes utilises pour indiquer le nombre d'atomes sont utilises uniquement
pour les composes binaires de type III (ceux contenant deux non-metaux). Une
strategie globale de nomenclature des composes est presentee ala figure 2.24.
Solution
nom commentaires
decaoxyde de Compose covalent binaire (type III);
tetraphosphore done utilisation de prefixes. Le a
dans deca- est souvent omis.
b) NbzOs oxyde de niobium(V) Compose binaire de type II renter-
mant les ions Nb5+ et 0 2-. Le nio-
bium est un metal de transition;
il doit etre suivi d'un chiffre romain.
peroxyde de lithium Compose binaire de type I renfer-
mant les ions Li+ et ol- (peroxyde ).
nitrate de titane(IV) N' est pas un compose binaire. Con-
tient les ions Ti4+ et N0 3-. Le titane
est un metal de transition; il doit etre
suivi d'un chiffre romain.
(Voir I'exercice 2.65)
.... ·==
;, ~ty~. ill;
~tilfser des prefixe~·
·Typet Tym;.u~
utillser [Link] de· da;;~nei Ia c~ du eation":
!'element pourle cation. uti:hser u,n-cl_l,iffre rorluuJ} ap~s.
le ,n~m ~~1:fl¥i~!~~iu cano/1.•
Figure 2.23
Strategie de nomenclature des composes binaires.
Figure 2.24
Strategie globale de nomenclature des composes chimiques .
2.8 Nomenclature des composes chimiques 69
Solution
nom formule chimique commentaires
a) fluorure VFs Ce compose contient des ions V 5 +,
de vanadium(V) ce qui requiert cinq ions p- pour
former un compose neutre.
b) difluorure Le prefixe di precise le nombre de
de dioxygene chaque atome.
c) peroxyde Le rubidium, du groupe lA, forme
de rubidium des ions I+. 11 en faut done deux
pour equilibrer la charge de r ion
peroxyde, ol -.
d) oxyde Le gallium, du groupe IliA,
de gallium ne forme que des ions 3+, comme
!'aluminium. Deux ions Ga 3+
sont done requis pour equilibrer
la charge de trois ions o 2-.
(Voir les exer(i(es 2.67 et 2.68)
Acities
Une fois dissoutes dans l'eau, certaines molecules produisent une solution contenant Un acide est reconnaissable Ia a
des ions H+ (protons). On a d' abord identifie ces substances grace au gout amer de presence d ' un hydrog€me au debut
de sa formule.
leurs solutions. Par exemple, l'acide citrique, H 3 C 6 H5 0 7 , est responsable du gout
aigre des citrons, des limes et des oranges. (Nous aborderons plus en detail certaines
proprietes des acides dans le manuel Chimie des solutions, nous nous contenterons
ici de presenter les regles relatives ala nomenclature des acides.)
On peut representer un acide comme une molecule possedant un ou plusieurs ions
H+ fixes a un anion. Les regles relatives a Ia nomenclature des acides varient selon
que I' anion contient ou non de !'oxygene. Si /'anion ne contient pas d'oxygime, on
forme le nom de l'acide en utilisant le suffixe hydrique. Par exemple, quand on dis-
sout du chlorure d'hydrogene gazeux dans de l'eau, il y a formation d'acide chlorhy-
drique. De Ia meme fa<;on, quand on dissout du HCN ou du H 2 S dans de l'eau. il y a
formation, respectivement, d'acide cyanhydrique et d'acide sulfhydrique. (Voir le
tableau 2. 7.)
Si ['anion contient de /'oxygene, on forme le nom de l' acide en utilisant Ia racine
du nom de l'anion a laquelle on ajoute le suffixe ique ou le suffixe eux. Si le nom de
!'anion se termine par ate, on remplace ce suffixe par ique (quelquefois rique). Par
exemple: H2 S04, qui contient l'anion sulfate, S042-, porte le nom d'acide sulfu-
rique; H3 P04 • qui contient !'anion phosphate, P0 4 3- , s' appelle l'acide phospho-
rique; CH3C0 2H, qui contient l'ion acetate, CH3 C0 2-, est l'acide acetique.
Si le nom de I' anion se termine par ite, on remplace ce suffixe par eux. Par exemple :
H2S03 , qui renferme l'ion sulfite, Sol-, s'appelle l'acide sulfureux ; HNOz, qui ren-
ferme l'ion nitrite, N02- , porte le nom d' acide nitreux. (Voir le tableau 2.8.)
70 Chopilre Deux Atomes, molecules et ions
Acide
+ racine de r anion
: Noms de + suffixe hydrique
quelques ocides qui contien- Acide (racine) hydriqite
•••ume
A ses debuts, la chimie reposait sur trois lois fondamentales : Ia loi de conservation
de Ia masse (rienne se perd, rienne se cree), la loi des proportions definies (un com-
pose donne contient toujours les memes elements combines dans les memes propor-
tions en masse) et Ia loi des proportions multiples (si deux elements A et B forment
une serie de composes, les rapports entre les masses de A qui se combinent a un
gramme de B peuvent toujours etre representes par un petit nombre entier). Dalton a
tenu compte de ces lois pour elaborer sa theorie atomique. II a suppose que tous les
elements etaient formes d'atomes, que tousles atomes d'un element donne etaient
identiques, qu'il y avait formation de composes chimiques quand les atomes se com-
binaient et que Ies atomes eux-memes n'etaient pas modifies au cours de Ia reaction
chimique, seule leur organisation l'etait.
L' atome est un noyau dense renfermant des protons et des neutrons, noyau au tour
duquel gravitent des electrons qui occupent un tres grand volume par rapport a la
taille de celui-ci. La masse des electrons est relativement faible, 1/1840 de Ia masse
d'un proton, et leur charge est negative. Le proton possede une charge positive egale
Mots des 71
en valeur absolue a celle de I' electron. mais de signe oppose. La masse d' un neutron
est presque identique a celle du proton, et sa charge est null e.
Les isotopes sont des atomes qui possedent le meme nombre de protons (par con-
sequent, ils constituent le meme element) mais des nombres differents de neutrons.
Autrement dit, Ies isotopes ont le meme numero atomique mais un nombre de masse
(nombre total de neutrons et de protons) different.
Les atomes peuvent se combiner pour former des molecules, c' est-a-dire partager
des electrons pour former une liaison covalente. Pour decrire une molecule, on peut
utiliser: une formule chimique, qui indique le nombre et le type d'atomes qui la
composent; une formule structurale, qui indique quels atomes sont lies aux autres ;
des modeles moleculaires (modele boules et batonnets ou modele compact) qui
montrent Ia position exacte des atomes dans l' espace. Quand un atome cede un ou
plusieurs electrons, il forme un ion positif appele «cation». s. il accepte des elec-
trons, il forme union negatif appele « anion». Une liaison ionique resulte de ]'inter-
action, pour former un compose ionique, d'ions de charges opposees.
Dans le tableau periodique, les elements sont classes selon 1' ordre croissant des
numeros atomiques, et les elements qui sont dotes des memes proprietes chimiques
occupent une meme colonne verticale, ou groupe. La plupart des elements sont des
metaux, qui ont tendance a former des cations pour former des composes ioniques
avec les non-metaux, elements qui, eux, ont tendance a former des anions.
On peut nommer de far,:on systematique les composes chimiques en respectant un
ensemble de regles relativement simples. Les regles dependent du type de compose a
nommer. Dans le cas des composes ioniques binaires (ceux qui contiennent a la fois
un metal et un non-metal), on utilise un derive de la racine du nom du non-metal
auquel on ajoute le nom du metal. Dans les composes de type I contenant un metal qui
forme toujours le meme cation (le sodium, par exemple, ne forme que des ions Na+ ;
le magnesium, que des ions Mg 2 +, etc.), le nom du metal suffit. Dans le cas de com-
poses du type II, qui contiennent un metal pouvant former plus d"un type de cation,
(par exemple, le fer peut fmmer des ions Fe 2+ et Fe 3+) on utilise un chiffre romain qui
represente la charge de l'ion metallique. Dans les composes formes uniquement de
non-metaux, on utilise des prefixes pour indiquer le nombre relatif d'atomes.
Lesions polyatomiques portent des noms speciaux qu'il vous faut memoriser, tout
comme leurs charges nettes. Dans les composes renfermant des ions polyatomiques,
I' anion est d'abord nomme en premier suivi du nom du cation. Dans le cas des com-
poses covalents binaires de type III, on utilise des prefixes pour indiquer le nombre
relatif d'atomes. On nomme le second element en premier comme s'il s'agissait d'un
anion et on le fait suivre du nom complet du premier element.
Mots des
Section 2.2 atome nucleaire formule structurale periode
loi de conservation de Ia noyau modele compact metaux alcalins
masse modele boules et batonnets metaux alcalino-teneux
Section 2.5
loi des proportions definies ion halo genes
proton
loi des proportions multiples cation gaz rares
neutron
anion Section 2.8
isotope
Section 2.3 liaison ionique
numero atomique composes binaires
masse atomique ion polyatomique
nombre de masse composes ioniques binaires
hypothese d' Avogadro
Section 2.1 oxanions
Section 2.6
Section 2.4 composes covalents binaires
liaison chimique tableau periodique
acides
rayon cathodique liaison covalente metal
electron molecule non-metal
radioactivite formule chimique groupe
72 Chopitre Deux Atomes, molecules et ions
14. Montrez en quoi Je modele atomique de Dalton a dQ etre mo- Ia masse atomique de l' hydrogene soit de 1,00, dressez un
difie par les decouvertes de : tableau des masses atomiques relatives des elements ct-
a) J.J. Thomson ; dessous.
b) Henri Becquerel; Comparez ces valeurs a celles du tableau periodique.
c) lord Rutherford.
15. Quelle distinction faut-il faire entre : a) le numero atomique et masse qui se
le nombre de masse?; b) le nombre de masse et Ia masse ato- combine
mique? element a 1,00 g d'oxygene
16. Qu'est-ce qui distingue lafamille de la periode dans le tableau
hydrogene 0,126 g HO
periodique? Duque! de ces termes groupe est-il synonyme?
sodium 2.875 g NaO
17. Quand l'hydrogene brule en presence d'oxygene pour former ·magnesium 1,500 g MgO
de I' eau, la composition de I' eau formee ne depend pas de Ia
quantile d' oxygene. Interpretez ce phenomene a Ia lumiere de
Ia loi des proportions definies. Comment peut-on expliquer les differences?
18. Les deux families d'elements Ies plus reactifs sont Ies 24. La masse de berylliun1 qui se combine a 1,000 g d'oxygene
halogenes et les alcalins. En quoi leur reactivite differe-t-elle? pour former l'oxyde de beryllium est de 0,5633 g. Quand on a
commence a mesurer les masses atomiques. on a cru que Ia for-
mule de 1' oxyde de beryllium etait Be2 0 3 . Si tel etait le cas,
fxerdfes quelle serait la masse atomique du beryllium? Supposez que
Dans Ia presente section, les exercices sim ilai res sont re- I' oxygene a une masse atomique de 16,00.
groupes .
19. Quand on melange du Hz gazeux avec du Clz gazeux, il y a for-
La nature cle I'atame
mation d ' un produit dont les proprietes sont toujours les
memes quelles que soient les quantites relatives de H 2 et de Clz 25. A partir des donnees de ce chapitre relatives a Ia masse du pro-
utilisees. ton, a celle de !'electron, a la taille du noyau et a celle de
a) Comment interpreter ces resultats en fonction de Ia loi des l'atome, calculez Ia masse volumique du noyau d' hydrogene et
propo1tions definies? celle de l'atome d'hydrogene (volume d'une sphere= 4/3 7T r 3) .
b) Lorsqu'on fait reagir des volumes egaux de Hz et de Clz, a 26. Vous voulez preparer un modele a J'echelle de l'atome d'hy-
La meme temperature eta Ia meme pression, quel volume du
drogene et vous decidez que son noyau aw·ait un diametre de
produit HCI est forme? 1 mm. Que! sera it le diametre du modele de I' atome?
35. Enumerez les gaz rares. Quels sont ceux qui n' ont que des iso- 47. Completez le tableau ci-dessous.
topes radioactifs? (Ce phenomene est indique sur Ia plupart des
tableaux periodiques par !'inscription de la masse de I' element nombre de nombre de
entre parentheses.) protons dans neutrons dans nombre charge
symbole le noyau 1e noyau d'electrons nette
36. Que I lanthanide et quel element de transition n, ont que des iso-
topes radioactifs? (Voir l 'exercice 35.) 33 42 3+
b) ~§cu 20 20 2+
c) ~~Cr
23 28 20
d) ~He
e) ~~Co ~§y
f) ~1cr 35 44 36
40. A l' aide du tableau periodique, indiquez le nombre de protons
et de neutrons presents dans le noyau de chacun des atomes ci- 15 16 3-
dessous.
a) 1sN
b) 3H
c) 207pb 49. Dites si les elements suivants sont des metaux ou des non-
d) 151Eu metaux : Mg, Ti, Au, Bi, Si, Ge, B, At, Rn, Eu, Am et Br.
e) 107Ag SO. La distinction entre metaux et non-metaux n' est pas toujours
f) 109Ag evidente. Ainsi, certains elements, appeles metalloiaes, sont
41. Le noyau d'un atome contient 9 protons et 10 neutrons. Quel dotes de proprietes intermediaires. Quels elements de l' exer-
cice 49 pourrait-on appeler metalloldes? Quels autres elements
est son symbole ?
du tableau periodique pourrait-on appeler metalloldes?
42. Nommez chacun des elements ci-dessous.
a) i~x 51. Determinez les ensembles dont tousles elements appartiennent
b) ~~~X au meme groupe dans le tableau periodique.
a) Fe, Ru, Os.
c) i§x
1
b) Rh, Pd, Ag.
d) ~6x
c) Sn,As, S.
43. Quel est le symbole del' ion possedant 63 protons, 60 electrons d) Se, Te, Po.
et 88 neutrons? e) N, P, 0.
f) C, Si, Ge.
44. Un ion possede 50 protons, 68 neutrons et 48 electrons. Quel
g) Rb, Sn.
est le symbole de cet element?
h) Mg, Ca.
45. Que I est le symbole de l' ion possedant 16 protons, 18 neutrons 52. Identifiez les ensembles dont les elements appartiennent tous
et 18 electrons ? au meme groupe dans le tableau periodique.
46. Quel est le symbole de l' ion qui possede 16 protons, 16 neu- a) N, P, 0. c) Rb, Sn.
trons et 18 electrons ? b) C, Si, Ge. d) Mg, Ca.
Exercices 75
k) Acide sulfureux. 75. Calculez le nombre d' atomes d'hydrogene dans une molecule
I) Arseniure de gallium. de C6H1 z0 6, dans 2 molecules de C 2 H 6 , dans 3 molecules de
70. Ecrivez Ia formule de chacun des composes ci-dessous. C~ . dans 4 molecules de H3P04 et dans 6 molecules de H 2 0.
a) Hydrogenophosphate d' ammonium. 76. Les elements d'une famille forment souvent des oxanions de
b) Sulfure de mercure(l). formule generate identique. Les anions sont nommes de fa~;on
c) Dioxyde de silicium. similaire. Quels sont les noms des oxanions du selenium et du
d) Sulfite de sodium. tellure: Seoi - . Se032-, TeOi -. Teoi- ?
e) Hydrogenosulfate d'aluminium.
f) Trichlorure d'azote.
g) Acide bromhydrique. Problemes delis
h) Acide bromeux.
i) Acide perbromique. 77. Les elements d'un des groupes du tableau periodique sont sou-
j) Hydrogenosulfure de potassium. vent appeles les « metaux de Ia monnaie ». Trouvez les ele-
k) Iodure de calcium. ments de ce groupe en vous basant sur votre experience.
I) Perchlorate de cesium. 78. La designation IA a VIllA utilisee pour certaines families du
tableau periodique permet de predire Ia charge des ions dans
les composes ioniques binaires. Dans ces composes, les
Exertifes supplementaires
meraux prennent une charge positive egale au numero de Ia
71. Chez les vertebres, le pancreas secrete une proteine appetee famille ; les non-metaux prennent une charge negative egale au
« insuline »' hormone destinee a regulariser le metabolisme des numero de Ia famille moins 8. Ainsi. le compose forme de so-
sucres. L'incapacite de produire de l'insuline caracterise le dium et de chlore contient des ions Na+ et des ions cr- : sa for-
diabete sucre, qu"on traite a raide d"injections d ' insuline. mule est NaCl . Predisez Ia formule et le nom des composes
Compte tenu de Ia loi des proportions definies, peut-on binaires formes des paires d'elements suivants.
s' attendre a ce qu'il y ait des differences entre l'activite chi- a) BaetO.
mique de l'insuline humaine extraite du pancreas et celle de b) Li etN.
l'insuline produite par des bacteries grace au genie genetique? c) AI et F.
Pourquoi? d) K et S.
72. Combien y a-t-il de protons, de neutrons et d' electrons dans e) In et 0.
chacun des atomes et ions ci-dessous? f) Ca et Br.
a) riMg g) AI et P.
b) riMg 2 + h) MgetN .
la masse du contenant additionnee a celle du dep6t etait egale b) La combustion du bois laisse des cendres qui ne represen-
a Ia masse initiale du contenant. L'interpretation des alchi- tem qu' une faible fraction de Ia masse originale du bois.
mistes etait-elle exacte? Expliquez ce qui se passe reellement. c) Les atomes peuvent etre scindes en particules plus petites.
83. Chacun des ~nonces suivants est vrai, mais Dalton am·ait d) Un echantillon d' hydrure de lithium contient 85,5% de
quelque difficulte a expliquer certains d'entre eux en se basant lithium en masse; un autre echantillon d' hydrure de lithium
sur sa theorie atomique. Exphquez les enonces suivants. en contient 67,5 %. Pourtant, ces deux echamillons posse-
a) L'ethanol et le methoxymethane ont Ia meme composition dent les memes proprietes.
massique (52 % de carbone, 13 % d'hydrogene et 35 %
d'oxygene); pourtant, ils ont des points de fusion , des
points d'ebullition et des solubilites dans l'eau qui different.
Stcechio111etrie
L es reactions chimiques jouent un Ires grand role dons nos vies, comme en
temoig nent les quelques exemples suivonts: le corps humo in tire son energ ie
de Ia nourriture; on fait reag ir I' azote et l'hydrogene pour produire de !'am-
a
moniac, q ui, son tour, est utilise com me engrois; on util ise le petrole pour fobri-
quer des corburon ts et des motieres plostiq ues; les plontes synthetisent !'amidon a
3.1
3.2
Contenu
Mosses otomiques
Mole •
•
Par definition, I' unite de masse d'un atome est telle que la masse du 12C est exac-
tement de 12 unites de masse atomique; par consequent, selon cette echelle,
plaque de detection
voltage destine
a accelerer les ions
I
,-------------.....
dispositif permettant
de vaporiser I' echantillon
Figure 3.1
lA gauche) Un technicien injectant un echantillon dans un spectrometre de
masse. Representation schematique d'un spectrometre de masse.
3.1 Messes ctomiques 81
"'
<l)
E
2 80 --
"'
'1::>
60
=8=1
"-
-~
"§ 40
e
.0
E 20 ~-
0
<= 0;3
0
18 19 20 21 22 23 24 20 21 22
nombre de masse nombre de masse
b) c)
Figure 3.2
aJ Emission de lumiere par le neon dans un tube a decharge. Representation
graphique des intensites relatives des signaux enregistres apres injection de neon
naturel dans un spectrometre de masse : bJ sous forme de «pies»; cJ sous forme
de barres. Les surfaces relatives sous les pies sont de 0,9092 (2°NeJ, 0,00257
(21 NeJ et 0,0882 (22Ne). Le neon naturel est done compose a 90,92% de 20Ne,
a) a 0,257% de 21 Ne eta 8,82% de 22 Ne.
naturel, dont la masse moyenne est de 12,011 u, il suffit de peser 12 011 u de car-
100
! bone nature] (un melange de 12C et de 13 C).
"'
<l)
I '
8 Comme dans le cas du carbone, Ia masse de chaque element qui figure dans le
2 80
--1- - ... -
69i09 !
"' t . tableau est Ia valeur moyenne basee sur la composition isotopique de !'element
'1::>
...... 60
-~
- naturel. Par exemple, la masse de l'hydrogene (1,0079) est Ia masse moyenne de
"§ 40
e - _}_'I 3d--·-
'91
I'hydrogene naturel, c'est-a-dire un melange de 1H, de 2H (deuterium) et de 3H (tri-
tium)_ En fait, aucun atome d'hydrogene n'a une masse de 1,0079 .
.0
E 20
0
<=
--- I ·--~
En plus de permettre de determiner avec exactitude la masse atomique des atomes
0 individuels, le spectrometre de masse sert a calculer Ia composition isotopique d'un
63 65 element naturel. Par exemple, quand on injecte dans un spectrometre de masse un
nombre de masse
echantillon de neon nature!, on obtient les resultats presentes a Ia figure 3.2. Les sur-
Figure 3.3 faces so us les «pies», ou les hauteurs des barres, indiquent les nombres relatifs
Spectre de masse du cuivre d'atomes des differents isotopes du neon.
nature!.
Solution
Comme l'indique le graphique. pour 100 atomes de cuivre nature!, il y a en moyenne
69,09 atomes de 63Cu et 30,91 de 65 Cu_La masse moyenne de 100 atomes de cuivre
nature! est done
C' est la valeur de la masse qu' on utilise pour effectuer des calculs relatifs ades reac-
tions chimiques dans lesquelles intervient le cuivre; c'est egalement Ia valeur qui fi-
gure dans le tableau ala fin de ce volume.
(Voir les exercices 3.1 5 et 3.16)
3.2 Mole
Etant donne qu'un echantillon normal de matiere contient un tres grand nombre
d'atomes, on a, pour les denombrer, cree une unite de mesure, la mole. Une mole Definition de Ia mole (Sl) . quantile de
(abregee mol) est le nombre egal au nombre d'atomes de carbone presents dans matiere d'un systeme contenant autant
d ' entites qu' il y a d 'atomes dans
exactement 12 g de 12 C pur. En utilisant des techniques comme la spectrometrie de
12 g de 12 C.
masse, qui permet de compter avec precision les atomes, on peut determiner Ia valeur
de ce nombre, qui est de 6,022 136 7 x 1()2 3 (on se contente d' utiliser 6,022 x 1023 ) .
On appelle ce nombre nombre d' Avogadro, en reconnaissance de la contribution de Le nombre d ' Avogadro est
ce scientifique a1' avancement de la chimie. Une mole de quelque chose est composee 6,022 X 10 23 . Une mole de
de 6,022 x 1023 unites de ce que/que chose. Comme une douzaine d'a:ufs contient n' importe quelle substance contient
done 6,022 x 1023 unites de cette
douze a:ufs, une mole d'a:ufs contient6,022 x 1023 a:ufs.
substance.
nest difficile d'imaginer ce que peut representer un aussi grand nombre. A titre
d' exemples: une mole de secondes represente une peri ode de temps de 4 millions de
fois l'age de Ia Terre; avec une mole de billes, on pourrait recouvrir la Terre entiere
d'une couche de 80 km d' epaisseur! Cependant, etant donne que les atomes sont tres
petits, une mole d'atomes ou de molecules est une quantite a laquelle on peut aise-
ment recourir dans une reaction (voir lafigure 3.4).
En chimie, comment utilise-t-on la mole dans les calculs? Rappelons que le
nombre d' Avogadro est le nombre d'atomes presents dans exactement 12 g de 12 C,
ce qui signifie que 12 g de 12C contiennent 6,022 x 1023 atomes. Cela signifie egale-
ment qu'un echantillon de carbone naturel de 12,011 g (un melange de 1ZC, de 13 C et
de 14C dont Ia masse moyenne est de 12,011) renferme 6,022 x 1023 atomes. Puisque
Ie rapport entre les masses des echantillons (12 g/12.011 g) est le meme que le rap-
port entre les masses des composants individuels (12 u/12,011 u), les deux echantil-
Jons contiennent le meme nombre de composants.
Figure 3.4
Dans le sens des aiguilles d'une
montre a partir du sommet: echan-
tillons d'une mole de cuivre, de
fer, d'iode, de soufre, d'aluminium
et, au centre, de mercure.
84 Chopitre Trois Strechiometrie
Pour eclaircir ce point, imaginons des oranges dont 1a masse moyenne est de 250 g
et des pamplemousses de 500 g de masse moyenne. Un sac de pamplemousses dont
Ia masse est deux fois superieure acelle d' un sac d'oranges et ce sac d'oranges con-
tiennent le meme nombre de fruits. Le meme principe s'applique aux atomes.
Comparons 1e carbone naturel (masse moyenne de 12,011) et I'helium natureI (masse
moyenne de 4,003) : un echantillon de carbone nature! de 12,011 g contient le meme
nombre d'atomes qu'un echantillon d'helium nature1 de 4.003 g; par ailleurs. les
deux echantillons contiennent chacun une mole d'atomes (6,022 x 1023 ). Le tableau
3.1 presente plusieurs autres exemples qui permettent d' illustrer cette idee fonda-
mentale.
La masse d'une mole d'un element Par definition, une mole est telle qu'un echantillon d'un etbnem naturel dont La
a
est egale Ia valeur de sa masse masse est egale a sa masse atomique, exprimee en grammes, contient une mole
atomique exprimee en grammes. d 'atomes. Cette definition permet egalement d'etablir Ia relation qui existe entre
l'unite de masse atomique et le gramme. Puisque 6.022 x 1023 atomes de carbone
(chacun ayant une masse de 12 u) ont une masse de 12 g,
et
6,022 X 102 3 u = I g
i
nombre
exact
On peut utiliser cette relation comme facteur de conversion pour pa<>ser des unites
de masse atomique aux grammes.
L' americium est un element qu'on ne trouve pas dans la nature, mais qu'on peut pro-
duire en tres faibles quantites dans un accelerateur de patticules. Calculez Ia masse,
en grammes, d' un echantillon d'americium qui contient 6 atomes.
Solution
Dans le tableau des elements (a Ia fin de ce volume), on trouve que Ia masse d'un
atome d'americium est de 243 u. La masse de 6 atomes est done
u
at~sX243 -
6 ~"v' - = 146X
<;!tOHTe ' 103 u
En chirnie, pour effectuer des calculs, il faut bien comprendre ce qu'est une mole II faut toujours verifier si Ia
et savoir detenniner le nombre de moles contenues dans une masse donnee d'une reponse est logique.
substance. Les exemples 3.3 et 3.4 illustrent cette demarche.
ans le but de contrecarrer I' expor- pour former un compose plus complexe, de ces techniques, les scientifiques ont ete
L' aluminium. AI. est un metal dont le rapport resistance-poids est eleve et qui est tres
resistant a Ia corrosion. C'est pourquoi on l'utilise souvent a des fins structurales.
Calculez le nombre de moles d'atomes et le nombre d'atomes que contient un echan-
tillon d' aluminium de 10,0 g.
Solution
La masse de 1 mol (6,022 X 1023 atomes) d'aluminium est de 26.98 g. Puisque Ia
masse est inferieure a 26,98 g, l'echantillon en question (10,0 g) contient done moins
86 Chopitre Trois Stm<hiometrie
La masse d'une puce de silicium utilisee dans un circuit imprime pour micro-
ordinateur est de 5,68 mg. Combien y a-t-il d'atomes de silicium, Si, dans cette puce?
Solution
Pour n~soudre ce probleme. il faut convertir les milligrammes de silicium en grammes
de silicium, puis en moles de silicium et. finalement. en atomes de silicium; ainsi
Quand on effectue des calculs, il est toujours important de tenir compte des ordres
de grandeur. Ainsi. dans l'exemple 3.4, il est clair que 5,68 mg de silicium est une
masse de beaucoup inferieure a celle d' une mole de silicium (28,08 g); par con-
sequent, Ia reponse, 1,22 X 1020 atomes (par rapport a6,022 X 1023 atomes) est atout
le moins dans Ia bonne direction. En portant attention aux unites et en procedant ace
type de verification, on peut deceler !'inversion d'un facteur de conversion ou
!'introduction d'un mauvais nombre dans Ia calculatrice.
Solution
II est important de remarquer que 1' echantillon de cobalt contient un nombre
d'atomes (5.00 x 1020) inferieur a celui que contient 1 mol de cobalt (6,022 x 1023 ).
Pour determiner quelle fraction de I mol ce nombre represente, on procede de Ia
far,;on suivante:
1 mol Co
5,00 X 1020 a~ X = 8,30 X 10- 4 mol Co
6,022 X 1023 ~
Puisque Ia masse de 1 mol d' atomes de cobalt est de 58,93 g, Ia masse de
5,00 x 1020 atomes de cobalt est
Q
uand un chimiste synthetise une a haute temperature. Tel est le cas, par pare cette methode a un elephant place sur
nouvelle molecule. illui faut pour exemple, des proteines, qui forment une le toit d'un building eleve: « Si, dit-il,
!'identifier positivement etablir sa importante classe de molecules biolo- I' edifice est soudainement trans forme en
masse molaire. Pour ce faire, il existe de giques, dont les methodes typiques de grains de sable, !'elephant doit voler.>>
nombreuses methodes, mais Ia plus rapide determination de Ia masse sont longues et Cette technique permet aux scien-
et Ia plus precise est certainement Ia spec- laborieuses. tifiques de determiner la masse d'enormes
trometrie de masse. Cette methode exige Cependant, une nouvelle approche a molecules. Jusqu'a ptesent,les chercheurs
que Ia substance soit en phase gazeuse et ete mise au point permettant la determina- ont evalue des proteines dont Ia masse
sous forme ionisee. La deviation du trajet tion par spectrometrie de masse de Ia atteint 350 000 daltons (I dalton est Ia
de l'ion accelere dans un champ magne- masse molaire de proteines. Avec cette masse d'un atome d'hydrogene). Cette
tique peut etre utilisee pour obtenir une methode, Ia grosse molecule est incor- methode, qui fait de la spectrometrie de
valeur tres precise de sa masse. Cette poree dans une matrice de molecules plus masse un outil de routine pour determiner
methode presente toutefois Ull incon- petites. La matrice est alors placee dans un Ia masse des proteines, sera fort probable-
venient: elle est difficilement utilisable spectrometre de masse et bombardee par men! appliquee a des molecules encore
avec de grosses molecules, car ces der- un rayon laser qui provoque sa desintegra- plus grosses telles que l' ADN et, de ce
nieres sont difficiles a vaporiser. En effet, tion. La desintegration de Ia matrice libere fait, pourrait permettre un developpement
ces molecules out generalement des points Ia grosse molecule qui se retrouve alors revolutionnaire dans la caracterisation des
de fusion tres eleves et subissent souvent dans le spectrometre de masse. Un biomolecules.
des dommages quand elles sont vaporisees chercheur implique dans ce projet com-
88 Chopitre Trois Strec:hiometrie
atome de carbone et quatre atomes d' hydrogene, une mole de molecules C~ con-
tient une mole d'atomes de carbone et quatre moles d'atomes d' hydrogene. On peut
done calculer Ia masse d'une mole de methane en additionnant Ia masse du carbone
et la masse de l'hydrogene en presence; ainsi
Remarquez que, dans ce cas, Ia Masse de 1 mol deC = 12,01 g
valeur 12,01 est celle qui fixe le Masse de 4 mol de H = 4 x 1,008 g
nombre de chiffres significatifs.
Masse de 1 mol deC~= 16,04 g
Parce que 16,04 g represente Ia masse de I mol de molecules de methane, il est
la masse molaire d'une substance nonnal de l' appeler masse molaire du methane. La masse molaire (symbole : M)
est Ia masse d' une mole de cette d'une substance est done La masse en grammes d 'une mole d 'un compose. On obtient
substance exprimee en grammes .
la masse molaire d' une substance donnee en additionnant la masse de chacun des
atomes qui Ia composent, comme cela a ete fait dans le cas du methane.
Solution
a) On calcule la masse molaire du juglon en additionnant les masses des atomes qui
le composent. Dans I mol de juglon, il y a 10 mol d'atomes de carbone, 6 mol
d'atomes d'hydrogene et 3 mol d' atomes d'oxygene.
10 C: 10 X 12,01 g = 120,1 g
6 H: 6 X 1,008 g = 6,048 g
3 0: 3 X 16,00 g = 48,00 g
Masse de 1 mol de CwH6 0 3 = 174,16 g
La masse molaire du juglon est done 174,16 g/mol.
I b) Etant donne que Ia masse de 1 mol de ce compose vaut 174,16 g, 1,56 x 10- 2 g
est necessairement beaucoup moins qu'une mole. On calcule le nombre de moles
de Ia fa~on suivante :
~ ;,.~X
1,56 X 10- 2~~vu 1 mol juglon = 8,96 X 10- 5 mo l ]Ugon
. I
174 , 1 ~
(Voir les exerckes 3.29 iJ 3.32)
3.3 Masse moloire 89
Solution
a) Le carbonate de calcium est un compose ionique qui contient des ions Ca2+ et
Coi -. Dans I mol de carbonate de calcium, il y a 1 mol d'ions Ca2+ et 1 mol
d'ions Col-. Pour calculer 1a masse molaire, on additionne les masses des com-
posants; ainsi
1 Ca2 + : 1 X 40,08 g = 40,08 g
1 col -:
1C: 1 X 12.01 g = 12.01 g
30: 3 X 16,00 g 48,00 g
Masse de 1 mol de CaC03 = 100.09 g
La masse molaire du CaC03 (1 mol de Ca2+ + 1 mol de C032- ) est done de
100,09 g/mol.
b) Etant donne que la masse de I mol de CaC03 est de 100.09 g, ce11e de l'echan-
tillon qui contient pres de 5 mol est done d'environ 500 g. On determine la quan-
tite exacte de Ia fa~on suivante :
Pour trouver 1a masse des ions carbonates, Col-, presents dans l'echantillon, il
faut savoir que 4,86 mol de CaC03 contiennent 4,86 mol d'ions Ca 2+ et
4,86 mol d'ions C032-. La masse de 1 mol d'ions C03 2- est
1 C: 1 X 12.01 g = 12.01 g
30 : 3 X 16,00 g = 48,00 g
Masse de I mol Col- = 60.01 g
Solution
a) Etant donne qu'on connalt Ia masse d'acetate d'isopentyle et qu'on en cherche
Ouand une abeille pique, le nombre de molecules, il faut d'abord calculer Ia masse molaire.
elle libere dans I' air de I' ace-
tate d'isopentyle. 7 _!JlelfC X 12,01~ = 84,07 gC
Cela signifie que Ia masse de I mol d'acetate d'isopentyle (6,022 x 1023 molecules)
est de 130,18 g.
Pour calculer le nombre de molecules d'acetate d'isopentyle liberees par l'abeille, il
faut d'abord determiner le nombre de moles presentes dans I x I0 - 6 g de ce com-
pose.
1X w-6_.l>-'-71•14U"2
r_Lk-:"f"L X
n 1 mol C7Ht402 = 8 X
130 18 n r_~
w-9 m0 l C7 H 140 2
, ~·l4U' 2
puisque, dans une mole, il y a 6,022 x 1023 unites, on peut detenniner le nombre de
molecules ; ainsi
I
nombre exact de chiffres signifi-
catifs de chaque calcu l, nous NOR
arrondissons apres chaque
etape. Ouand vou s faites vos Cependant, si au cours des calculs, on conserve des decimates supplementaires, Ia
ca lculs, utilisez toujours plus de reponse finale arrondie est: 3 x 10 16 atomes de carbone.
chiffres significatifs qu'il n' en
faut et n'arrondissez qu'a Ia (Voir les exercices 3.37 ci 3.42)
derniere etape du calcul.
3.4 Pounentoge mossique des elements dons les composes 91
Pourcentage massique de 0
= masse de 0 dans l mol CzHsOH X
100
%
masse de I mol C2 H 5 0H
= l 6 ,00g X 100% = 34 73%
46,07 g ,
La somme de ces pourcentages do it valoir I 00 % ; c' est ainsi qu' on peut verifier
I' exactitude des calculs.
Dans Ia nature, Ia carvone existe sous deux formes representees par Ia meme formule
moleculaire, C 10H 140, et possedant la meme masse molaire, mais differentes en ce
qui concerne les arrangements atomiques. Une des formes est responsable de I' odeur
caracteristique des graines de carvi et I' autre, de celle de l'huile de menthe. Calculez
le pourcentage massique de chaque element present dans Ia carvone.
92 Chopitre Trois Strechiometrie
Solution
La masse de chacun des elements presents dans 1 mol de carvone est
a
Meme si c' est Fleming qu'on La penicilline, 1e premier d'une grande variete d'antibiotiques, fut decouverte acci-
attribue Ia decouverte de Ia dentellement par le bacterio1ogiste ecossais Alexander Fleming, en 1928, qui ne
penicilline, on a des preuves que reussit cependant pas a l'iso1er a l'etat pur. Cet antibiotique, et bien d'autres sem-
lord Joseph Lister a utilise, au
XIXe siecle, des extraits de
blables, a sauve des millions de vies que les infections auraient autrement emportees.
penicillium pour trailer La formule de la penicilline Fest C 14H 20NzS04. Calculez le pourcentage massique
des infections. de chaque element en presence.
Solution
On peut calcu1er 1a masse molaire de la penicilline F de la fa<;on suivante:
168,1 g c
Pourcentage massique deC = X 100 % = 53,81 %
312,4 g C,4HzoN2S04
20,16 g H
Pourcentage massique de H = X 100 %= 6,453 %
312,4 g C, 4HzoNzS04
28,02 g N
Pourcentage massique de N = X 100 %=8,969 %
312,4 g C,4HzoNzS04
32,07 g s
Pourcentage massique de S = X 100 % = 10,27 %
312,4 g C,4H:wNzS04
64,00 g 0
Pourcentage massique de 0 = X 100 %= 20,49 %
312,4 g C14HzoNzS04
fourneau
0 2 et
autres gaz
Figure 3.5
Representation schematique d'un dispositif de combustion utilise pour analyser
des substances contenant du carbone et de l'hydrogene. On procede a
Ia com-
bustion de l'echantillon en presence d'un exces d ' oxygene ; Ia totalite du car-
bone est alors transformee en dioxyde de carbone et Ia totalite de l'hydrogene
en eau . Les produits sont absorbes par des materiaux appropries; on deter-
mine leurs quantites en mesurant !'augmentation de masse des materiaux
absorbants.
94 Chopitre Trois Strechiometrie
N' oublions pas que cette quantite de carbone provient de I' echantillon de 0,1156 g
du compose inconnu. Le pourcentage massique de carbone dans ce compose est done
Modele boules et batonnets de
de C02. O,OM70 g C X 100 % = 38 67 % C
0,1156 g de compose '
En procedant de Ia meme fa~on, on peut trouver le pourcentage massique de
l'hydrogene dans le compose inconnu. On suppose que Ia totalite de l'hydrogene
present dans 0,1156 g du compose est transforme en H 2 0. La masse d'une mole de
H 2 0 est de 18,015 g, et la fraction d'hydrogene (en masse) de
Masse de H 2,016 g H
Masse de H2 0 18,02 g H20
La masse de I' hydrogene present dans 0,1676 g de H20 est done
0 1676 ~~X
2 016
• gH = 0,01875 g H
' ·-l$--:uzv 18,02.&-lf20
Modele boules et batonnets
de H20. Le pourcentage massique de l'hydrogene dans le compose est
0 01875
• gH X 100% = 16 22 % H
0,1156 g de compose '
Etant donne que le compose inconnu ne contient que du carbone, de l'hydrogene
et de I' azote, et qu'il contient 38,67 % de carbone et 16,22% d'hydrogene, le reste ne
peut etre que de ]'azote ; alors
100,00 %- (38,67% + 16,22 %) = 45, 11 % N
i i
o/c C %H
On sait done maintenant que le compose contient 38,67 % de carbone, 16,23 %
d'hydrogene et45,11% d'azote. On doita present utiliser ces donnees pour en etablir
la formule.
II faut convertir les masses des elements en nombres d' atomes puisque Ia formule
d'un compose doit indiquer les nombres d'atomes en presence. La fa~on Ia plus
simple de proceder consiste a exprimer le tout en fonction de I 00,00 g de compose.
3.5 Determinotion de lo formule d'un compose 95
Dans le cas qui nous interesse, il y a 3~ , 67% de carbone (en masse); cela signifie
que, dans I 00,00 g de compose. on retrouve 38,67 g de carbone ; de la meme fa<;on,
on determine qu'il y a 16,22 g d'hydrogene par 100 g de compose, etc. Pour etablir
la formule, on doit calculer le nombre de moles d' atomes de carbone presents dans
38,67 g de carbone, le nombre de moles d'atomes d' hydrogene presents dans 16,22 g
d'hydrogene et le nombre de moles d'atomes d'azote presents dans 45,11 g d' azote.
On peut proceder de la fa<;on decrite ci-dessous.
On sait done que, dans 100,00 g de ce compose, on trouve 3,220 moles d'atomes
de carbone, 16,09 moles d'atomes d'hydrogene et 3,220 moles d'atomes d'azote.
Pour trouver le plus petit rapport entre des nombres entiers d' atomes dans ce
compose, on divise chaque nombre de moles par le plus petit nombre trouve, suit ici
3,220; ainsi
3,220 mol C
C:
3,220 mol C
16,10 mol H
H: = 5 mol H/mol C
3,220 mol C
3,220 mol N
N: I mol N/mol C
3,220 mol C
La formule du compose est done CH5 N . Cette formule est appelee formule
empirique. Elle represente le plus petit rapport entre des nombres entiers des dif-
ferents atomes du compose.
La formule moleculaire de ce compose pourrait etre CH5 N. Elle pourrait cepen-
dant tout aussi bien etre C 2H 10N 2 ou C3 H 15 N 3 , etc. (un multiple du plus petit rapport
entre les nombres entiers). Pour chacune de ces possibilites, les nombres relatifs
d'atomes sont exacts. En fait, toute molecule qu ' on peut representer par (CH5 N},, oil
x est un nombre en tier, a pour formule empirique CH5N. Pour determiner Ia formule
exacte de la molecule en question, c'est-a-dire sa formule moh~culaire, il faut en Formule moleculaire = (formule
connaltre la masse molaire. empirique)x, ou x est un nombre entier.
Supposons que la masse molaire de ce compose de formule empirique CH5 N soit
de 31,06 g/mol. Comment peut-on en etablir Ia formule moleculaire adequate? Etant
donne que la formule moleculaire est toujours un multiple de la formule empirique,
il faut d'abord determiner la masse de la formule empirique de CH5 N.
I C: 1 X 12,01 g = 12,01 g
5 H : 5 X 1,008 g = 15,040 g
1 N : I X 14,01 g = 14,01 g
Masse de I mol de formules CH5N = 31.058 g
Dans ce cas, cette valeur etant Ia meme que celle de Ia masse molaire connue du
compose, sa formule empirique et sa formule moleculaire sont identiques ; cette
96 Chopitre Trois Strechiometrie
/p~
p--------1--------p
~p/
Figure 3.6
Exemples de substances dont les formules empirique et moleculaire
sont differentes. Formule moleculaire = (formule empirique)x, ou x
est un nombre entier.
substance est done composee de molecules dont la formule est CH5 N. n arrive
cependant tres souvent que les formules empirique et moleculaire soient differentes;
la figure 3.6 en presente quelques exemples.
Determinez les formules empirique et molecuJaire d' un compose dont I' analyse
revele la composition (en pourcentage massique) suivante :
71,65% Cl 24.27% c 4.07 % H
La masse molaire de ce compose est connue: 9~,96 g/mol.
Solution
On transforme d'abord les pourcentages massiques en grammes. Dans 100,00 g de
compose, il y a 71,65 g de chlore, 24,27 g de carbone et 4,07 g d'hydrogene. Apres
quoi, on utilise ces masses pour calculer le nombre de moles d'atomes en presence;
ainsi
Une analyse revele qu'une poudre blanche contient 43,64% de phosphore et 56,36%
d'oxygene, en masse. La masse molaire du compose est de 283.88 g/mol. QueUes
sont les formules empirique et moleculaire de ce compose?
Solution
Dans I00,00 g de ce compose, il y a 43,64 g de phosphore et 56,36 g d' oxygene. En
moles, dans l 00,00 g du compose, il y a done
4364
,
~X l molP
30,97 ,wP
1,409 mol P
56,36 ~X 1
mol
0
= 3 523 mol 0
16,00 J0j .
En divisant les deux valeurs par Ia plus petite des deux, on obtient
Solution
11 faut d'abord determiner la masse de chaque element dans 1 mol (194,2 g) de
cafeine:
49,48 g C X 194,2,g _ 96,09 g C
100,0 g cafeine mol mol de cafeine
3.5 Determination de lo formule d'un co1J110Sti 99
Les methodes pour obtenir les formules moleculaires et les formules empiriques
sont resumees ci-dessous.
+
• I
+ /
+ +
Remarquez maintenant qu'il yale meme nombre de chaque type d' atome. aussi
bien dans les produits que dans les reactifs.
On peut done representer la reaction precooente de fa~on schematique par I' equa-
tion chimique suivante:
C~ + 20z ~ C02 + 2Hz0 +
La figure 3.9 illustre cette reaction. On peut y verifier que I' equation est equilibree
en comparantles nombres de chaque type d'atome de chaque cote de Ia fleche. 0 0 0 0
I ~ 4t i
40
1b20i 4t 20i l
En resume, la verification revele que : 0 0
teactifs produi~s
+
IC IC
4H 4H
40 40
f119ure 3.9
Signification cl'une equation chimique Representation schematique de Ia
reaction du methane avec
L'equation chimique d'une reaction fournit deux types d'informations tres impor- I' oxygene, qui produit de l'eau et
tantes: Ia nature des reactifs et des produits; les nombre.<; relatifs de chacun d' eux. du dioxyde de carbone. Aucun
II faut determiner experimentalement Ia nature des reactifs et des produits. Pour ce a tome n' a ete cree ni perdu au
cours de Ia reaction. Au cours
faire, on peut par exemple separer les produit'> d'une reaction en recourant a l'une ou
d'une reaction, il n'y a qu'une
I' autre methode physique decrite au chapitre 1, puis les identifier. En plus d'indiquer reorganisation des atomes.
quels composes interviennent dans la reaction, }'equation precise egalement les etats
physiques des reactifs et des produits.
etats symbole
solide (s)
liquide (l)
gaz (g)
dissous dans l'eau (en milieu aqueux) (aq)
,.,,.
102 Chopitre Trois Strechiometrie
reactif<
Les coefficients d'une equation equilibree indiquent les nombres relatifs des reac-
tifs et des produits de Ia reaction. (On peut determiner les coefficients apartir du fait
que le meme nombre d' atomes doit figurer des deux cotes de !'equation.) Par
l'acide chlorhydrique exemple. I' equation equilibree
reagit avec l'hydrogeno- C~(g) + 202(g) ~ C02(g) + 2H20(g)
carbonate de sodium
pour donner du dioxyde fournit plusieurs informations equivalentes (voir le tableau 3.2). On remarque que Ia
de carbone gazeux. masse totale des produits et des reactifs est de 80 g, ce qui n'a rien d'etonnant, etant
donne que, dans une reaction chimique, il n'y a qu'une reorganisation d'atomes. Les
atomes et par consequent leurs masses, sont conserves au coms d'une reaction chi-
mique.
On constate done qu'une equation chimique equilibree fournit un grand nombre
d'informations.
On peut equilibrer la plupart des equations chimiques par simple tatonnement. II Pour equilibrer une equation, il faut
est cependant toujours preferable, dans ce cas, de commencer par les molecules les toujours commencer par Ia molecule Ia
plus complexe.
plus complexes, c'est-a-dire par celles qui contiennent le plus grand nombre
d'atomes. Par exemple, considerons Ia reaction de !'ethanol avec !'oxygene. dont
l'e4uation non equilibree
+ +
2 atomes C 2 atomes C
70 70
ViRIFICATION
C 2 H 5 0 H(/) + 3 0 ~(g) ~ 2CO~(g) + 3H2 0 (g)
2 atomes C 2 atomes C
6 atomes H 6 atomes H
7 atomes 0 7 atomes 0
L'equation est equilibree.
104 Chopitre Trois Strechiometrie
+
=
•
II
+
il
£rAPE r
Identifier Ia reaction qui a lieu: determiner quels sont les reactifs et les produits, ainsi
que leurs etats physiques.
EJ'APE 2
Ecrire I' equation non equilihree qui resume Ies informations obtenues a I'etape 1.
EJ'APE 3
Equilibrer !'equation par tatonnement, en commen~ant par les molecules les plus
complexes. Determiner les coefficients necessaires pour qu'il y ait. de chaque cote,
le meme nombre de chaque type d'atome. Ne pas modifier la nature (formule) des
reactifs ou des produits.
les chromates et les dichromates Les composes du chrome sont tous de couleur brillante. Quand on fait chauffer du
sont des produits cancerigenes dichromate d'ammonium solide, (NH4 hCr2 0 7 , un compose de couleur orange vif,
et, par consequent, devraient etre une reaction spectaculaire a lieu (voir les dezL-.:: photos). La reaction est tres com-
manipules avec beaucoup
de precaution .
plexe ; cependant, pour les besoins de la cause, precisons que les produits sont
l'oxyde de chrome(III) solide, l'azote gazeux (molecules de N2 ) et Ia vapeur d'eau.
Equilibrez 1' equation relative a cette reaction.
Solution
£rAPE r
Selon Ia description donnee ci-dessus, le reactif est le dichromate d'ammonium
solide, (N~)zCr207 (s), et les produits sont l'azote, N 2 (g), la vapeur d'eau, H 2 0(g),
3.7 Equilibrage des equations chimiques 105
irAPE 3
Les nombres d'atomes d'azote et de chrome sont equilibres (on retrouve 2 atomes
d'azote et 2 atomes de chrome de chaque cote), alors que les nombres d'atomes d'hy-
drogene et d'oxygene ne le sont pas. II faut done affecter un coefficient de 4 a H20
pour equilibrer le nombre d'atomes d'hydrogene: ainsi
(NH 4 h Cr2 0 1(s) ~ Cr20 3(s) + N 2(g) + 4H20(g)
~ x ~H ~ x ~H
f r
l
.r
./
J
! ,-
" f
+ +
En presence de platine chauffe au rouge, a 1000°C, I' ammoniac, NH3 (g), reagit avec
l'oxygene pour produire de l'oxyde nitrique, NO(g), et de Ia vapeur d'eau. Cette
reaction constitue Ia premiere etape de Ia methode commerciale de preparation de
On presente le procede Ostwald a racide nitrique a I' aide du procede Ostwald. Equilibrez I' equation de cette reaction.
Ia section 10.2 .
Solution
. L' equation non equilibree de Ia reaction est
+ Oz(g) ~ NO(g) + HzO{g)
NH 3 (g)
Toutes les molecules de cette equation etant de complexite apeu pres egale, on peut
commencer l'equilibrage par l'un ou l'autre des elements. Commen<;ons par l'hy-
drogene. En affectant un coefficient 2 a NH3 et un coefficient 3 a H 2 0, on obtient 6
atomes d'hydrogene de chaque cote.
Cependant, on sait que, par convention, tous lt:s coefficients doivent etre des nombres
emiers. II suffit done de multiplier I' equation par 2; alors
VERIFICA'FION
II y a bien. de chaque cote, 4 N, 12 H et 12 0; I' equation est done equilibree.
L' equation equilibree peut etre representee de Ia fa~on suivante:
de gaz propane? Quand on veut effectuer des calculs relatifs a des reactions chi-
Avant de commencer les calculs con- miques, il faut toujours, en premier lieu, ecrire !'equation chimique equilibree de Ia
cernant une reaction chimique, il faut reaction. Dans ce cas, !'equation equilibree est
toujours s'assurer que !'equation est
equilibree. CJHsC!?) + 502(.s?) ~ 3C02(g) + 4H20(g)
4Ui peut etre representee de Ia fa(:On suivante:
Seton cette equation, I mol de C3Hs reagit avec 5 mol de 02 pour produire
3 mol de C02 et 4 mol de H20. Pour utiliser cette equation dans le but de connaltre
les quantites de reactifs et de produits, il faut convertir les masses de substance en
moles. La premiere question a se poser est done Ia suivante: Comhien y a-t-il de
moles dans 96, I g de propane ? La masse molaire du propane, exprimee avec
3 chiffres significatifs, est de 44,1 g/mol [(3 X 12,011) + (8 X 1,008)]. On peut alors
calculer le nombre de moles de propane de la fa(:on suivante:
96 1 n r__.:.r X 1 mol C3H 8 = 2 18 mol C H
, ~J"8 44, 1 n r --l<t::" • 3 8
~-p.t.R
Apres quoi, il faut considerer le fait que chaque mole de propane reagit avec
5 mol d'oxygene. Pour ce faire, le meilleur moyen consiste a determiner, a partir de
!'equation equilibree, un facteur strechiometrique. Dans ce cas, on veut, a partir du
nombre de moles de propane, connaitre le nombre de moles d'oxygene. Selon
I' equation equilibree. on sail qu'il faut 5 mol de 0 2 pour chaque mole de C3H 8 . Le
rapport approprie est done
NOfE
On determine le facteur stiXchiometrique de telle sone que les moles de C 3 H 8
s'annulent et qu'il ne reste que des moles de 0 2 .
Puisque, initialement, on voulait determiner quelle masse d' oxygene devait reagir
avec 96,1 g de propane, il faut convertir les 10,9 mol de 0 2 en grammes. Sachant que
Ia masse molaire de 0 2 est de 32,0 g/mol, on obtient
10,9 ~X
32 0 0 2
z ~~ • g = 349 g Q -,
Par consequent, il faut 349 g d' oxygene pour faire brfrler 96,1 g de propane.
11 0 Chapitre Trois Stmchiometrie
A partir de cet exemple, on peut se poser d' autres questions, par exemple: Quelle
est Ia quantite de gaz carbonique produite quand 96,1 g de propane reagissent avec
I' oxygene'? Dans ce cas, il faut passer du nombre de moles de propane au nombre de
moles de dioxyde de carbone. En examinant I' equation equilibree, on constate que,
pour chaque mole de C 3H8 transformee, il y a production de 3 moles de C02. Le fac-
teur strechiometrique qui permet de passer du nombre de moles de propane au
nombre de moles de dioxyde de carbone est done
3 mol C02
1 mol C3Hs
Apres quoi, en utilisant la masse molaire du C02 (44,0 g/mol), on calcule la quan-
tite de C02 produite, soit
6 , 54 ..rnel---e(h
2
X 44 •0 g C02 = 288 g CO 2
l-mei-eO;
Revoyons que lies sont les etapes afranchir pour determiner la quantite de gaz car-
bonique produite aIa suite de Ia combustion de 96.1 g de propane.
44,0g COz
288 g COz
I mol COz
EI'AP/E '
Equilibrer !'equation de Ia reaction.
RAP/E 2
Convertir les masses connues de reactif ou de produit en moles de cette substance.
EI'AP/E 3
Utiliser !'equation equilibree pour determiner les facteurs strechiometriques.
EI'AP/E 4
Utiliser les facteurs stoxhiometriques pour calculer le nombre de moles du reactif ou
du produit desire.
UAP/E 5
Transformer le nombre de moles en grammes, si le probleme 1' exige.
3.8 Colculs strechiometriques : quontites de reoctifs et de produits 111
Exemple 3. 16 Stoechiometrie I
Dans les vehicules spatiaux, pour eliminer le gaz carbonique expire par les astro-
nautes, on utilise de !'hydroxyde de lithium soli de: il y a ainsi production de carbo-
nate de lithium solide et d'eau. Quelle masse de gaz carbonique peut etre absorbee
par 1.00 kg d'hydroxyde de lithium?
Solution
trAP£ I
A. partir de Ia description de Ia reaction, on peut ecrire I' equation non equilibree.
LiOH(s) + C02(g) ~ Li 2C03 (s) + H 20(l)
L'equation equilibree est
2LiOHtsJ + C02(g) ~ Li 2C03(s) + H20(l)
ifAPE 2
On convertit Ia masse donnee de LiOH en moles, en utilisant Ia masse molaire du
L' astronaute Sidney M. Gutierrez
LiOH (6,94I + I5,999 + I ,008 = 23,95 g/mol); ainsi
remplace les contenants
I 00 k~ r _;pn:y X
I 000 g._.LiE)H X 1 mol LiOH
= 4I ,8 mol LiOH
d'hydroxyde de lithium bard a
, ~HJH I~ 23,95 _g..-biOH de Ia navette spatiale Columbia.
L'hydroxyde de lithium sert
a absorber le C02 de l'air
ErAP£ 3 dans Ia cabine de Ia navette.
Pour determiner Ia quantite de C02 qui reagit avec une quantite donnee de LiOH, on
utilise le rapport molaire suivant:
I mol C02
2 mol LiOH
trAP£ 4
On calcule le numbre de moles de C02 necessaire pour que ce demier reagisse avec
Ia quantite donnee de LiOH en utilisant Je facteur stoxhiometrique ci-dessus.
41 , 8 -~''~X
!![Link]"""LIVri
1 mol C02 = 20,9 mol C02
~
2
RAPE 5
On calcule Ia masse de C02 apartir de sa masse molaire (44.0 g/mol).
-~'~X
20,9 _.!JJ'd"r'---V2
44 0
I~
• g C02 =9,20X 102 g CO 2
lxemple 3. I 7 Stoechiometrie II
Solution
Pour repondre a cette question, il faut determiner quelle quantite de HCI est neutra-
lisee par gramme de NaHC0 3 et par gramme de Mg(OH)z. A partir de Ia masse
Les antiacides contiennent des
bases afin de neutraliser I' exces molaire du NaHC0 3 (84.01 g/mol), on peut determiner le nombre de moles de
d' acidite gastrique. NaHC03 presentes dans 1.00 g de NaHC03 .
~~• "L-Hr'T'\ X
I , 19X 10- 2_!JJ.U>-r<r<trrLV3 ~~
1 mol HCI 1,19X 10- 2 mol HCl
Ainsi, 1.00 g de Mg(OH)z neutralise 3,42 x I o-2 mol de HCL Sur une base pon-
derale, le lait de magnesie est done un meilleur antiacide que Je bicarbonate de soude.
(Voir les exercices 3.85 et 3.86)
+ +
/ ·
e d
.. \.
d' ~·
('
c:·
e /.
ft.
) ~0
d
'•
Figure 3.11
Voici trois melanges differents de methane et d' eau qui reagissent dans une pro-
portion de un pour un.
1 14 Chopitre Trois Strechiometrie
I mol CH4
2,50 X 106 g CH4 X 1,56 x 105 mol c~
16,04 g c~
i
Masse molaire de CH4
18 02
1,56 X 105 mol H2 0 X • g = 2,81 X 106 g H20 = 2, 81 X 103 kg H20
molH2 0
Ce resultat signifie que, si on melange 2,50 X 103 kg de methane a 2,81 X 103 kg
d'eau, les deux reactifs seront epuises simultanement, c'est-a-dire qu 'on aura
melange les reactifs en quantites stcechiometriques.
Par ailleurs, si on melange 2,50 X 103 kg de methane a 3,00 X loJ kg d'eau, le
methane sera totalement transforme avant que l'eau soit completement utilisee.
Autrement dit, l'eau sera en exd:s, c'est-a-dire qu'il y aura plus de molecules d'eau
que de molecules de methane dans le melange de reaction. Quelle influence aura cet
execs sur le nombre de molecules de produits formes?
Pour repondre a cette question, considerons la situation a une echelle reduite.
Supposons qu' il y a 10 molecules C~ et 17 molecules H 2 0 pretes a reagir.
Combien de molecules CO et de molecules H2 seront formees?
/
,-I
-
d
0 j; ..
0 )-
,
r
9 ,.
.(
Q " . /
• co
Figure 3.13 + +
Le methane et l'eau reagissent pour former
a
des produits conformement I' equation suivante:
-•
·.J r, •
11 6 <OOpitre Trois Stre<hiomefrie
II est a noter que les produits ne se forment que si les molecules C~ et H 20 sont
en presence les unes des autres. Une fois que les dix molecules Cf4 ont reagi avec
dix molecules H 20, les molecules d'eau residuelles ne peuvent plus reagir. Elles sont
en exces. Par consequent, Ia quantite de produit forme sera determinee par la quan-
tite de methane en presence. Une fois le methane utilise, il ne peut y avoir formation
d' aucun autre produit, et ce, meme s' il reste de l'eau. Dans cette situation, Ia quan-
tile de methane limite Ia quantite de produits formee.
Cela nous amene au concept de reactif limitant, defini comme Ie reactif qui est
utilise au complet le premier et qui, par consequent, limite Ia quantite de produit qui
peut etre formee. Dans tout probleme stcechiometrique, il est essentiel de determiner
quel reactif est Iimitant, afin de pouvoir calculer actequatement les quantites de pro-
duits.
Pour explorer davantage cette idee de reactif limitant, considerons Ia reaction de
On pn§sente en detaille procede synthese de I' ammoniac par le procecte Haber:
a
Haber Ia section 10 .2 .
N2(g) + 3H2(g) ~ 2NHJ(g)
Supposons que 5 molecules N 2 et 9 molecules H 2 sont placees dans un ballon.
Est-ce que les quantites de reactif sont en proportion stcechiometrique ou est-ce que
l'une d'elles sera epuisee avant l'autre? L'equation equilibree indique que chaque
molecule N2 exige 3 molecules H2 pour former le produit :
Par consequent, Je rapport stcechimoetique H 2/N2 est de 3H2/1N 2. Dans !' expe-
rience en question, il y a 9 molecules H2 et 5 molecules N2 (un rapport de 9H2/5N2
= l,8H2/lN2).
Puisque le rapport reel (1 ,8 : l) de H 2/N 2 est inferieur au rapport exige par I' equa-
tion equilibree (3 : I), il n'y a pas suffisamment d'hydrogene pour reagir avec tout
I' azote. C'est dire que l'hydrogene sera d'abord epuise et que quelques molecules de
N2 n'auront pu reagir.
La figure 3.14 montre Ia reaction de 3 molecules de N 2 avec 9 molecules H 2 pour
donner 6 molecules NH 3 :
par 5, on obtient:
5N2(g) + ISH2(g) ~ I ONH3(g)
3. 9 Colruls relotifs oune nioclion dons loquelle inlervient un nioctif limitont 1 17
f~gure 3.14
l'hydrogeme ell' azote reagissent pour former de I' ammoniac selon I' equation
suivante: N2 + 3H2 2NH 3
1 18 Chopitre Trois Stredliometrie
=
II faut toujours determiner quel est le Autrement dit, dans ce cas particulier, c'est l'hydrogene qui est le reactif limitant;
reactif limitant
c'est done Ia quantite d'hydrogene qui permet de calculer la quantite d'ammoniac
produit.
2 3
2,48 X 103 .meHt2 X = 1.65 X 103 mol NH3
3
En transformant les moles en kg, on obtient
Dans cette experience, il y a 2,48 x 103 mol de H2 et 8,93 x 102 mol de N2. Le
rapport est done
mol H 2 (reel) 2,48 X 103 =
2 78
mol N2 8,93 X 102 '
Puisque 2,78 est inferieur a 3, le rapport molaire reel H2/N2 est trop faible, c'est
done dire que H2 est le reactif limitant. Si le rapport molaire reel avait ete superieur
a3, alors c' est H2 qui aurait ete en exces et N2 qui aurait ete le reactif limitant.
Solution
a) A partir de Ia description de Ia reaction, on peut ecrire I' equation equilibree.
2NH3(g) + 3CuO(s) ~ N2 (g) + 3Cu(s) + 3H20(g)
On caJcule ensuite le nombre de moles de NH 3 (M = 17,0 g/mol) et de CuO
(M = 79,5 g/moi) en presence.
Pourqu'il y ait reaction avec 1,06 mol de NH 3 , il faut I,59 mol de CuO. Or, il n'y a
que 1,I4 mol de CuO en presence; c'est done le CuO qui est limitant (le CuO aura
totalement disparu avant le NH3). On peut tester cette conclusion en comparant le
rapport molaire de CuO et NH_, requis par I' equation equilibree
-mol CuO
=--- , . ) = -3
- (necessatre =
I,
5
mol NH3 2
au rapport molaire reel
mol CuO (reel)= 1,14 = I,08
mol NH3 I,06
Puisque le rapport reel est trop petit (inferieur a 1,5), c'est CuO qui est le reactif
limitant.
120 Chopitre Trois Strechiometrie
b) Puisque le CuO est le reactif limitant. c'est Ia quantite de CuO qu'on doit utiliser
pour calculer la quantite de N2 produit. A partir de I' equation equilibree. on sait
que le facteur stcechiometrique qui associe CuO et N 2 est
1 mol N 2
3 mol CuO
1 , 14~X 1~ = 0,3~0molN2
3 uO
En utilisant Ia masse molaire de N2 (28,0 g/mol), on peut calculer la masse de N2
produit.
28,0 g N2
0.380 !!).Ol-N2 X ] __!lJOl-N2 10,6 g N2
6 63
• _g-N2 X 100 % = 62 5 %
l0,6_g-N2 ,
Solution
a) II faut d' abord trouver le reactif limitant. L'equation equilibree est
2H2(g) + CO(g) ~ CH30H(l)
3. 9 Cclculs relctifs il une rimction dens lcquelle intervient un recctif limitcnt 1 21
t
I
f
'
I On utilise le methanol comme
I
r
r On calcule ensuite le nombre de moles de reactifs en presence.
!I 8 60_kg-H2 X [Link] X
' z 1Jq012
I mol H2 = 4.27 X 103 mol H 2
2.016~
ll Pour conna'itre le reactif limitant, on compare le rapport molaire de Hz et de CO
11requis par I' equation equilibree
!J -mol
- Hz , . ) = -2 =
-=- (necessmre 2
1 mol CO I
E'fAPE '
Ecrire et equilibrer )'equation de Ia reaction.
E'fAPE 2
Convertir les masses connues des substances en moles.
E'fAPE 3
A l' aide des nombres de moles des reactifs et des facteurs stcrchiometriques appro-
pries, identifier le reactif limitant.
E'fAPE 4
A l' aide de Ia quantite de reactif limitant et des facteurs stcrchiometriques appro-
pries, calculer le nombre de moles de produit desire.
E'fAPE 5
Transformer le nombre de moles en grammes. en utilisant la masse molaire.
Resume
La stcrchiometrie concerne les quantites de materiaux (reactifs ou produits) qui par-
ticipent a des reactions chimiques. En d'autres termes, c'est l'aspect mathematique
de I' etude des reactions chimiques. On obtient Ia masse atomique moyenne d'un ele-
ment en calculant Ia moyenne des masses des isotopes naturels. On determine toutes
les masses atomiques en function d'un etalon, l'atome de 12C, auquel on a assigne
exactement Ia valeur de 12 unites de masse atomique, 12 u.
La mole est une unite de mesure egale au nombre d'atomes de carbone presents
dans exactement 12 g de 12C pur. On a determine experimentalement Ia valeur de ce
nombre, qui est de 6,022 136 7 x 1023 , connu egalement sous le nom de nombre
d' Avogadro. Une mole de n'importe quelle substance contient done le nombre
d' Avogadro d'unites. La masse d'une mole d'un element (masse molaire) est egale a
la masse atomique de I' element exprimee en grammes.
La masse molaire d'un compose est Ia masse en grammes d'une mole de ce com-
pose; on l'obtient en additionnant les masses molaires des atomes qui le constituent.
Le pourcentage massique de chaque element d'un compose est calcule ainsi
Masse de !'element dans une mole de substance lOOm
P ourcentage d e masse = X 7o
Masse d'une mole de substance
Questions odiscuter en dosse 123
La formule empirique est le plus petit rapport entre les nombres entiers des dif-
ferents types d'atomes presents dans un compose. On peut l'obtenir a partir des pour-
centages massiques des elements du compose. La formule moleculaire, formule
exacte de la molecule d'une substance, est toujours un multiple entier de la fornmle
empirique.
Au cours d'une reaction chimique, les atomes ne sont ni detruits ni crees; ils ne
sont que reorganises. Tous les atomes presents dans les reactifs doivent se retrouver
dans les produits de la reaction. Pour representer une reaction chimique, on utilise
une equation chimique dans laquelle les reactifs figurent a gauche de Ia fleche et les
produits, a droite. Une equation equilibree indique les nombres relatifs de molecules
de reactifs et de produits qui participent a la reaction.
Pour calculer les quantites de reactifs transformes ou de produits formes au cours
d'une reaction, on utilise les facteurs sta:chiometriques tires de !'equation equilibree.
On appelle reactif limitant celui qui est epuise en premier et qui. par consequent.
determine la quantite de produits qu'on peut obtenir.
Le rendement theorique d'un produit est Ia 4uantite max imale qu ' on peut en
obtenir a partir d' une quantite donnee de reactif limitant. Le rendement reel, la quan-
tite de produit reellement obtenue dans une experience donnee, est cependant tou-
jours inferieur a cette valeur ; on l'exprime habituellement sous forme de pourcen-
tage du rendement theorique.
Mots des
strechiometrie Section 3.3 reactifs Section 3.9
Seclion 3.1 masse molaire produits quantites strechiometriques
equilibrage de procede Haber
spectrometre de ma~se Section 3.5
!'equation chimique reactif limitant
masse atomique formule empirique
fornmle moleculaire Section 3.8 rendement theorique
Section 3.2 pourcentage de rendement
Section 3.6 facteur
mole
strechiometrique
nombre d' Avogadro equation chimique
Questions a distuter en dasse Justifiez votre reponse er dites pourquoi Jes autres suggestions
ne sont pas acceptables.
Ces questions sont con~ues pour eire obordees en classe par
de petits groupes d '[Link] . D' ai lleurs, elles constituent sou- 2. Quels renseignemems fournit une fornmle? une equation?
vent un excel!ent preambule a Ia presentation, en classe, d ' un 3. Vous desirez preparer des biscuits, et il vous manque un ingnS-
sujet particulier. dient : des reufs. Tous les autres ingredients necessaires sont en
I. Voici quelques reponses donnees par des etudiants a Ia ques- quantites plus que suffisantes, mais vous n'avez que I ,33
tion suivante : tasse de beurre et aucun o:uf. Vous remarquez que Ia recette
Que faut-il pour equilibrer une equation chimique? exige 2 tasses de beurre et 3 reufs (plus evidemment les
a) La reaction n'aura lieu que si les reactifs sont presents autres ingredients) pour preparer 6 douzaines de biscuits.
dans le bon rapport molaire. Vous telephonez aun ami et lui demandez d' apporter quelques
reufs.
b) Les produits ne se formeront pas tant que Ia bonne quan-
tite de reactifs n'aura pas ete ajoutee. a) De combien d' reufs aurez-vous besoin?
c) Une certaine quantile de produits ne pourra etre formee b) Si vous utilisez tout le beurre (et avez suffisamment
sans qu' il y ait une certaine quantite de reactifs. d'reufs), combien de biscuits pourrez-vous preparer ?
d) L'equation equilibree nous dit com bien de chaque reactif il Malheureusement. avant meme que vous ayez pu dire a votre
faut et nous permet egalement de predire combien de ami combien d'reufs illui faudrai t apporter, il a coupe la com-
chaque produit sera forme . munication. A son arrivee, vous etes estomaque. Pour vous
e) Pour que Ia reaction ait lieu telle qu'ecrite, on doit avoir le faire economiser du temps, il a casse tous les reufs dans un
bon rapport molaire chez les reactifs. bol. Vous lui demandez combien il en a brise. D vous repond :
1 24 Chopitre Trois Strechiometrie
« Je ne me souviens pas. » Vous pesez alors les ceufs : 62.1 g. Les questions 10 et 11 concernent toutes deux Ia don nee sui·
En supposant qu'un ceufpese en moyenne 34,21 g, vante. II faut 100 g de A pour reagir completement avec 20 g
a) Combien de beurre vous faudra-t-il pour utiliser tous les de B.
ceufs? 10. QueUe est Ia masse du produit obtenu ?
b) Combien de biscuits pourriez-vous preparer? a) Moins de 10 g.
c) Qu' est-ce qui sera en exces, les ceufs ou le beurre? b) Entre20et 100g.
d) Un exces de combien? c) Entre 100 er 120 g.
4. L' azote (N2) et l'hydrogene (H2) reagissent pour former de d) Exactement 120 g.
l'ammoniac (NH 3). Un contenant ferme contient le melange e) Plus de 120 g.
de N2 ( Q\j ) et de H 2 ( r· ) illustre ci-dessous :
11. Choisissez le bon enonce concernant les proprietes chimiques
En supposant que Ia reaction est complete, representez le du produit.
melange des substances apres reaction. Expliquez votre a) Elles ressemblent plus a celles de A.
reponse. b) Elles ressemblent plus a celles de B.
c) Elles sont ami-chemin entre celles de A et celles de B.
00 QQ d) Elles ne sont pas necessairement semblables a celles de A
ni a celles de B.
QQ 00 e) Elles peuvent ressembler plus a celles de A ou plus a celles
00 00 de B, mais il manque des renseignements pour pouvoir
trancher.
QQ QQ Justifiez votre reponse et dites pourquoi les autres suggestions
ne sont pas acceptables.
Comment peut-on interpreter ces resultats? 33. Quelle massey a-t-il dans 5,00 moles de chacun des produits
22. Dans Ia nature, les differents isotopes du tellure, Te, et leurs mentionnes a I' exercice 29?
abondances respectives sont les suivants : 34. Quelle masse y a-t-il dans 5.00 moles de chacun des produits
mentionnes a l'exercice 30?
isotope abondance masse (u)
35. Quelle mas~e d' azote y a-t-il dans 5,00 moles de chacun des
12D-fe 0.09 % 119.90 composes mentionnes a l'exercice 29?
122Te 2,46% 121 ,90
123Te 36. Quelle masse de phosphore y a-t-il dans 5,00 moles de cha-
0,87 % 122,90
124Te cun des produits mentionnes a l'exercice 30?
4,61 % 123,90
12sTe 6,99% 124,90 37. Combien de molecules y a-t-il dans 1,00 g de chacun des
126-fe 18,7 1% 125,90 composes mentionnes a I' ex ere ice 29?
12sTe 31 ,79 % 127,90
l3D-fe 38. Combien de molecules y a-t-il dans 1.00 g de chacun des
34.48 % 129.91
composes mcntionnes a l'exercice 30 '!
Dessinez Le spectre de masse du H:!Te. en supposam que le
39. Combien d'atomes d' azote y a-t-il dans 1,00 g de chacun des
seul isotope d' hydrogene present soit 1H (masse= [Link] u).
composes mentionnes a I' exercice 29?
40. Combien d'atomes de phosphore y a-t-il dans LOO g de cha-
Moles et masses molaires cun des produits mentionnes a l' exercice 30?
23. Calculez Ia masse de 500 atomes de fer (Fe). 41. L'acide ascorbique (vitamine C). C6Hs06, est une vitamine
24. Combien d' atomes de Feet combien de moles d' atomes de Fe essenticlle qui doit toujours etre presente dans !' alimentation,
y a-t-il dans 500,0 g de fer? car l'organisme ne peut l'emmagasiner. Quelle est la masse
1 26 Chcpitre Trois Strechiometrie
molaire de l'acide ascorbique? On utilise sou vent des com- 48. La dimethylnitrosamine, (CH 3)zN 20, est une substance can-
primes de vitarnine C comme supplement vitaminique. Si un cerigene que peuvent produire les aliments, les boissons et les
comprime typique contient 500,0 mg de vitamine C, combien sues gastriques a la suite de Ia reaction des ions nitrites (uti-
contient-il de moles et de molecules de vitamine C? lises comme agent de conservation) avec d'autres produits.
a) Quelle est la masse molaire de Ia dimethylnitrosamine?
42. La formule molaire de l'acice acetylsalicylique (aspirine), un
b) Combien y a-t-il de moles de molecules (CH 3 )zN20 dans
des analgesiques les plus utilises, est C 9 H~04 .
250 mg de dimethylnitrosamine?
a) Calculer Ia masse molaire de l'aspirine.
c) QueUe est Ia masse de 0,050 mol de dimethylnitrosamine?
b) Un comprime d'aspirine typique contient 500 mg de
d) Combien y a-t-il d'atomes d'hydrogene dans 1,0 mol de
C 9H 8 0 4 . Combien y a-t-il de moles et de molecules
dimethylnitrosamine?
d'acide acetylsalicylique dans un comprime de 500 mg?
e) Quelle est la masse de 1,0 x LOCJ molecules de dimethylni-
43. A combien de moles correspondent chacun des echantillons trosamine?
suivants? 0 Quelle est Ia masse en grammes d' une molecule de
a) 100 molecules H 2 0. dimethylnitrosamine?
b) 100,0 g H 20.
c) 150 molecules 0 2 .
Composition en pourcentage
44. A combien de moles correspond chacun des echantillons sui-
vants? 49. Dans Ies cellules photoelectriques, on utilise un materiau
a) 150,0 g de Fe2 0 3 . semi-conducteur qui engendre un courant electrique dfi au
b) 10,0 mg de N02 . changement de resistance qui s'y produit quand on !'expose a
c) 1,5 X 10 16 molecules BF3 .
Ia lumiere. Dans de nombreuses cellules photoelectriques
courantes, on utilise des composes qui contiennent du cad-
45. Determinez Ia masse en grammes des quantites suivantes. mium, Cd, et un element du groupe VIA du tableau perio-
a) 3,00 X 1020 molecules N 2. dique. Calculez le pourcentage massique du Cd dans CdS,
b) 3,00 X 10-3 mol de Nz. CdSe et CdTe.
c) I ,5 X 102 mol de N2 . 50. Calculez Ia composition en pourcentage massique des com-
d) Une seule molecule N 2 . poses suivants qui sont d'importants produits de depart dafl'>
e) 2.00 X I0-15 mol de Nz. la synthese de polymeres.
0 18,0 picomoles de Nz. a) C 3H 40 2 (acide acrylique, utilise dans la fabrication des
g) 5,0 nanomoles de N 2 . plastiques acryliques ).
b) C 4 H 6 0 2 (acrylate de methyle, utilise dans Ia fabrication du
46. Combien d'atomes de carbone y a-t-il dans 1.0 g de chacune
plexiglas).
des substances suivantes?
c) C 3H 3 N (acrylonitrile, utilise dans la fabrication de
a) c~o
l'orlon).
b) CH3COzH
c) Na2C204 51. En 1987, on a decouvert la premiere substance qui se com-
d) C6H1206 portait comme un super-conducreur a une temperature
e) C 12H2206 superieure a celle de l'azote liquide (77 K). La formule
0 CHCI3 approximative de cette substance est YBa2Cu3 0 7 • Calculez Ia
composition en pourcentage massique de ce materiel.
47. L'aspartame est un edulcorant artificiel 160 fois plus sucre
que Ie saccharose (sucre de table) lorsqu'on le dissout dans 52. Plusieurs composes importants ne contiennent que de I' azote
l'eau. II est vendu par G.D. Searle sous le nom de Nutra Sue. et de !'oxygene. Calculez le pourcentage massique de I' azote
La formule moleculaire de I' aspartame est C 14H 18 N20 5 . dans chacun des composes suivants.
a) NO, gaz forme par la reaction de N 2 avec 0 2 dans les
a) Calculez la masse molaire de I' aspartame.
moteurs a combustion interne.
b) Combien y a-t-il de moles de molecules dans 10,0 g d'a<;-
b) NOz, gaz bnm, principal responsable de Ia couleur du
partame?
brouillard photochimique.
c) QueUe est La masse, en grammes, de 1,56 mol d'aspar-
c) N 20 4 , liquide incolore utilise comme comburant dans les
tame?
navettes spatiales.
d) Combien y a-t-il de molecules dans 5,0 mg d'aspartame?
d) NzO, gaz incolore utilise comme anestbesique par les den-
e) Combien y a-t-il d'atomes d'azote dans 1,2 g d'aspar-
tistes (egalement connu sous le nom de gaz hilarant).
tame?
0 QueUe est la masse. en grammes, de 1,0 X 109 molecules 53. Placez les substances suivantes par ordre croissant de pour-
d' aspartame ? centage de phosphore.
g) QueUe est la masse en grammes d'une molecule d'aspar- a) Na 3P04
tame? b) PH3
Exercices 127
c) P40 10
63. L'ingredient actif d'un fixateur photographique contient du
d) (NPC12h
sodium, du soufre et de !'oxygene. L' analyse d'un echantillon
54. Placez Jes substances de l'exercice 52 par ordre croissant de revele Ia presence de 0,979 g deNa, 1,365 g de S et 1,021 g
pourcentage d'azote. de 0. Quelle est Ia formule empirique de cette substance?
55. On ne retrouve Ia vitamine B 12 (cyanocobalarnine), element 64. Un echantillon d'uree renferme 1.121 g de N. 0.161 g de H,
nutritionnel essentiel a l'etre humain, que dans les tissus ani- 0,480 g deC et 0.640 g de 0. QueUe est Ia formule empirique
maux Uamais dans les plantes superieures). Meme si les de J'uree?
besoins nutritionnels en vitamine B 12 sont tres faibles, les 65. Un produit compose uniquement d'azote et d'oxygene ren-
gens qui refusent de manger toute viande peuvent etre vic- ferme 30,4 % deN; Ia masse molaire de ce compose est de
times d'anemie, par carence. Dans les supplements vita- 92 g/mol. QueUes som les formules empirique et moleculaire
miniques, on trouve Ia vitamine B 12 sous forme de cyano- de ce compose ?
cobalarnine. Elle contient 4,34 % de cobalt en masse. Calculez
66. Un compose qui ne contient que du soufre et de !'azote con-
Ia masse molaire de Ia cyanocobalamine, en supposant que
tient 69,6% de soufre; sa masse molaire est de 184 g/mol.
chaque molecule contienne un atome de cobalt.
Quelles sont les formules empirique et moleculaire de ce
56. L' hemoglobine est une proteine qui serr a transporter compose?
!'oxygene chez les mammiferes. L'hemoglobine contient. en
masse, 0,342 % de Fe, et chaque molecule d'hemoglobine 67. Le benzene ne contient que du carbone et de l'hydrogene,
contient quatre atomes de fer. Calculez Ia masse molaire de I'hydrogene representant 7.74 % de sa masse. La masse
I' hemoglobine. molaire du benzene est de 78,1 g/mol. Quelle est Ia formule
empirique et Ia formule moleculaire du benzene?
6H. Un compose renferme 47,08% de carbone, 6,59% d'hy-
Formules moleculaires et lormules empiriques drogene et 46,33 % de chlore en masse; Ia ma~se molaire de
ce compose est de 153 g/mol. Quelles sont Ia formule em-
57. Exprimez Ia composition de chacun des composes suivants pirique et Ia formule moleculaire de ce compose?
sous forme de pourcentages massiques des elements.
a) Fom1aldehyde, CH20. 69. De nombreuses maisons en Amerique sont chauffees au gaz
b) Glucose, CJ11 206. propane, un produit qui ne contient que du carbone et de
c) Acide acetique, CH3COzH. I'hydrogene. La combustion complete d'un echantillon de
propane donne 2,641 g de dioxyde de carbone et 1,442 g
58. Compte tenu des reponses obtenues a I'exercice 57, quel type
d'eau comme seuls produits. QueUe est Ia formule empirique
de formule (empirique ou moleculaire) peut-on obtenir a par-
du propane?
tir de !'analyse elementaire qui fournit Ia composition en
pourcentage ? 70. Le glucose est un glucide qui ne renferme que du carbone, de
l'hydrogene et de ['oxygene. La combustion complete de
59. Quelle est Ia formule empirique de chacun des composes sui- 0,360 mg de glucose produit 0,528 mg de dioxyde de car-
vants? bone et 0,216 mg d'eau. Quelle est Ia formule empirique du
a) Vitarnine C, C6Hs06. glucose?
b) Benzene, C6H6.
71. Le cumene est un compose qui ne renferme que du carbone et
c) Acetylene, C 2 H2.
de l'hydrogene, et qui est utilise dans Ia production indus-
d) Decoxyde de tetraphosphore, P40 10 .
trielle de !'acetone et du phenol. La combustion de 47,6 mg
e) Glucose, C6H1 206.
de cumene produit 156,8 mg de C0 2 et 42,8 mg d'eau. La
f) Acide acetique, CH3COzH.
masse molaire du cumene se situe entre 115 et 125 g/moL
60. Determinez Ia formule moleculaire des composes dom les for- QueUes sont Ies formules empirique et moleculaire du
mules empiriques et Jes ma~ses molaires sont foumies. cumene?
a) SNH (188,35 g/mol) 72. Un compose ne contient que du carbone, de l'hydrogene et de
b) NPCI2 (347,64 g/mol) !'oxygene. La combustion de 10,68 mg de ce compose produit
c) CoC404 (341.94 g/mol) 16,01 mg de C02 et 4,37 mg de H20 . Sachant que Ia masse
d) SN (184,32 g/mol) molaire du compose est de 176,1 g/mol, trouvez queUes en
sont les formules empirique et moleculaire?
61. Un produit compose uniquement de carbone, d'hydrogene et
d'oxygene contient 48,38% deC et 8,12 % de H. Quelle est Ia
formule empirique de cette substance?
iquili6rage des equations chimiques
62. Un des pigments les plus utilises en peinture est un compose
de titane et d' oxygene, qui contient 59,9% de titane, par 73. Ecrivez !'equation chimique equilibree qui represente cha-
ma~se. QueUe est Ia formule empirique de ce compose? cune des reactions suivantes.
128 Chopitre Trois Strechiometrie
a) La reaction de !'indium pur avec I' oxygene, qui produit de phorique, le fluomre d'hydrogene etle gypse (pierre a pliitre),
I'oxyde d' indium(ill) solide. CaS04 · 2Hz0. Ecrivez et equilibrez I' equation chimique qui
b) Au cours de Ia fermentation du jus de raisin, qui produit du represente ce processus.
vin, le glucose, CJI 12 0 6 , est transforme en ethanol.
81. On obtient I'hydrogenoarseniate de plomb, un insecticide
CH3CH 2 0H, et en gaz carbonique, COz.
inorganique qu'on utilise encore contre les doryphores (com-
c) La reaction du potassium metallique avec I'eau, qui pro-
munement appeles « betes a patates >> ) grace a Ia reaction sui-
duit de l'hydroxyde de potassium aqueux et de l'hy-
vante:
drogene gazeux.
74. Donnez !'equation equilibree pour chacune des reactions Pb(N0 3)z(aq) + H3As04(aq) ~ PbHAs04(s) + HN03(aq)
chimiques suivantes. Equilibrez cette equation.
a) Du glucose (C6 H 120 6) reagit avec de I' oxygene pour pro- 82. Dans J'industrie, on recourt a l'electrolyse de solutions de
duire du dioxyde de carbone et de Ia vapeur d'eau . saumure concentrees pour preparer le NaOH, le H2 et le Ch.
b) Le sulfure de fer(lll) solide reagit avec du chlomre d' hy- La reaction est Ia suivante :
drogene gazeux pour former du chlorure de fer(lll) solide
NaCI(aq) + H 20(l) electricite Clz(g) + Hz(g) + NaOH(aq)
et du sulfure d'hydrogene gazeux.
c) Le disulfure de carbone liquide reagit avec de I' ammoniac Equilibrez cette equation.
pour produire le sulfure d'hydrogene gazeux et du thio-
cyanate d'ammonium (N~SCN) solide.
---
75. Equilibrez les reactions suivantes.
Stmclriometrie de reaction
83. Calculez les masses de Crz03, de N 2 et de H2 0 produites au
a) Cu(s) + AgN0 3(aq) ~ Ag(s) + Cu(N0 3)z(aq)
cours de Ia decomposition de 10,8 g de (N~)zCrz07 confor-
b) Zn(s) + HCI(aq) ~ ZnClz(aq) + Hz(g)
mement a !'equation decrite a l'exemple 3.14.
c) Au 2S3(s) + Hz(g) ~ Au(s) + HzS(g)
84. Au cours des annees, la reaction << thermite >> a ete utilisee
76. Equilibrez tes reactions suivantes.
pour souder des rails sur place, pour preparer des bombes
a) Ca(OH)z(aq) + H3P04(aq) ~ HzO(l) + Ca3(P04h(s)
incendiaires ou pour mettre a feu les moteurs des fusees a
b) Al(OH)3(s) + HCI(aq) ~ AICI3(aq) + HzO(l)
combustible solide. La reaction est Ia suivante:
c) AgN0 3 (aq) + HzS04(aq) ~ AgzS04(s) + HN03(aq)
Fez03(s) + 2Al(s) ~ 2Fe(l) + Alz03(s)
11. :Equilibrez res equations suivantes qui representent des reac- QueUes masses d'oxyde de fer(lll) et d'aluminium faut-il
tions de combustion. pour produire 15,0 g de fer? Quelle est Ia masse maximale
a) C 1zHzzOn(s) + Oz(g) ~ COz(g) + HzO(g) d'oxyde d'aluminium qui peut elre produite?
b) C6H6(l) + Oz(g) ~ COz(g) + HzO(g)
c) Fe(s) + 0 2 (g) ~ Fe2 0 3(s) 85. Les fusees d'appoint reutilisables dont sont equipees les
d) C~w(g) + Oz(g) ~ COz(g) + HzO(g} navettes spatiales americaines utilisent, comme carburant, un
78. Equilibrez les equations suivantes. melange d ' aluminium et de perchlorate d'ammonium.
a) Cr(s) + Ss(s) ~ CrzS3(s) L' equation equilibree est
3AI(s) + 3N~Cl04(s)
~ A12 0 3(s) + AlC1 3(s) + 3NO(g) + 6H 2 0(g)
a) Si02 (s) + C(s) . Fournai•e Si(s) +CO(.~?) Dans Ba(OH)z · 8H 20, le · 8H 2 0 indique Ia presence de
a arc electnque 8 molecules d'eau par fom1ule Ba(OH) 2 pour fom1er l'hy-
b) Le tetrachlorure de silicium reagit avec du magnesium tres droxyde de baryum octahydrate.
pur pour produire du silicium et du chlomre de magne- a) Equilibrez !'equation.
sium. b) Quelle masse de thiocyanate d'ammonium, N~SCN,
c) Na2 SiF6(s) + Na(s) ~ Si(s) + NaF(s) doit-on utiliser pour que Ia reaction avec 6,5 g d'hydro-
xyde de baryum octahydrate soit complete?
80. Dans Ia nature. on trouve le phosphore sous forme de fluo-
rapatite. CaFz · 3Ca3(P04)z: le point indique qu'il y a 1 par- 87. Une des principales utilisations commerciales de I'acide sul-
tie de CaF2 pour 3 parties de Ca3 (P04 )z. Pour preparer un furique est Ia production d'acide phosphorique et de sulfate de
engrais, on fait reagir ce minerai avec une solution aqueuse calcium. On utilise l'acide phosphorique comme engrais. La
d' acide sulfurique. Les produits obtenus sonl l'acide phos- reaction est
Exercices 1 29
100. En laboratoire, un etudiant prepare de l'aspirine en utilisant Ia Quelle masse de CaO peut-on produire a partir de 2,00 x
reaction ctecrite a l'exercice 90. 11 fait reagir 1,50 g d'acide 1Q3 kg de pierre a chaux ?
salicylique avec 2.00 g d'anhydride acetique. Le rendement
108. a) Ecrivez !'equation equilibree de Ia reaction de combustion
est de 1,50 g d'aspirine. Calculez le rendement theorique et le
de l'isooctane, CsH 18 , qui produit de Ia vapeur d' eau et du
pourcentage de rendement de cette experience.
gaz carbonique.
b) En supposant que !'essence soit de l'isooctane a 100%
(masse volumique: 0,692 g/mL), queUe est Ia masse de
Exerdtes supplementaires gaz carbonique produite a Ia suite de Ia combustion de
101. Un element n'existe dans Ia nature que sous une seule forme 1.2 X 10 10 L d' essence (consommation annuelle approxi-
isotopique. Un atome de cet isotope a une masse de 9,123 X mative d'essence aux Etats-Unis)?
w -23 g. Dites quel est cet element et indiquez sa masse ato- 109. Soit Ia reaction suivante:
mique. 4Ai(s) + 302(8) ~ 2Al20 3(s)
102. L'hydrate de chloral, C2H3Ch0 2, est un medicament a action Dites que! est le reactif limitant dans chacun des melanges
sedative et hypnotique. reactionnels suivants.
a) Calculez Ia masse molaire de !'hydrate de chloraL a) I ,0 mol de AI et 1,0 mol de 0 2.
b) Combien y a-t-il de moles de molecules de C2H3Cl30 2 b) 2,0 mol de AI et 4,0 mol de 0 2.
dans 500,0 g d'hydrate de chloral ? c) 0,50 mol de AI et 0,75 mol de 02.
c) Quelle est la masse de 2,0 X w- 2 mol d'hydrate de d) 64,75 g de AI et 115.21 g de 0 2.
chloral? e) 75.89 g de AI et 112,25 g de 0 2.
d) Combien y a-t-il d'atomes de chlore dans 5,0 g d'hydrate f) 51.28 g de AI et 118,22 g de 0 2.
de chloral?
110. Le methane (CH 4 ) est le principal constituant du gaz des
e) Quelle masse d'hydrate de chloral contient 1,0 g de Cl?
f) QueUe est Ia masse d'exactement 500 molecules d'hydrate
marais. Si l'on chauffe du methane en presence de soufre. il
se produit du disulfure de carbone et du sulfure d'hydrogene.
de chloral?
Ce sont les seuls produits fonnes.
103. Un produit qui ne contient que de l'antimoine et de I' oxygene a) Ecrivez l'equation equilibree de Ia reaction entre Le
contient 83,53 % de Sb. La masse molaire de ce produit est methane et le soufre.
situee entre 550 et 600 g/mol. Determinez les formules b) Calculez Je rendement theorique en disulfure de carbone
empirique et moleculaire de ce produit quand 120 g de methane reagissent avec une masse egale
104. L'acide benzene-1,4-dicarboxylique, ou acide terephtalique, de soufre.
est un important produit utilise dans la fabrication des po- 111. Un des reactifs utilises pour Ia fabrication du nylon est l'hexa-
lyesters et des agents plastifiants. 11 ne contient que des ato- methylenediamine, C6H 16N2, qu'on synthetise a partir de
mes C, H et 0. La combustion de 19,81 mg d'acide terephta- l'acide adipique, C6H 100 4 , conformement a Ia reaction glo-
Iique donne naissance a 41,98 mg de C02 et 6,45 mg de bale suivante:
H 20 . La masse molaire de l'acide terephtalique est de C6H w04(l) + 2NH3(g) + 4H2(8)
166 g/mol. Calculez Ia formule empirique er Ia formule
moleculaire de 1' acide terephtalique.
a) Quelle masse d'hexamethylenedianline peut-on produire a
105. II existe deux composes binaires constitues de mercure et partir de 1,00 X 103 g d'acide adipique?
d'oxygene. Les deux composes se decomposent a Ia chaleur. II b) Quel est le pourcentage de rendernent si on obtient 765 g
y a liberation d'oxygene dans l'atmosphere, et le produit d'hexamethylenediamine a partir de 1,00 X 103 g d'acide
residue! est du mercure pur. Si I' on chauffe 0,6498 g de l'un adipique?
des composes, le residu pese 0,6018 g. Si !'on chauffe
112. Le bronze commercial, un alliage de Zn et de Cu, reagit avec
0,4172 g de !'autre compose, il y a une perte de masse de
l'acide chlorhydrique de Ia fa~on suivante:
0,016 g. QueUe est Ia formule empirique de chacun des com-
poses? Zn(s) + 2HCl(aq) ~ ZnCl2(aq) + H2(g)
106. Un echantillon de sulfate de cuivre(II) hydrate CuS04 (Cu ne reagit pas avec HCL) Apres avoir fait reagir 0,5065 g
· x H20 pesant 0,755 g est chauffe jusqu'a I' obtention du sul- d' un certain alliage de bronze avec un exces de HCJ, on isole
fate de cuivre(II) anhydre (CuS04) dont Ia masse est de 0,0985 g de ZnCI2.
0,483 g. Calculez Ia valeur de x. (Ce nombre est le nombre a) Quelle est Ia composition en pourcentage de ce bronze ?
d'hydratation du sulfate de cuivre(II). 11 indique le nornbre de b) Comment pouvez-vous verifier ceue donnee sans changer
molecules d'eau par unite de CuS04 dans le crista! hydrate.) Ia fa~on de proceder?
107. C'est par Ia decomposition thermique de Ia pierre a chaux 113. On chauffe un echantillon de nitrate de sodium impur pesant
qu'on prepare l'oxyde de calcium, ou chaux. 0.4230 g. Tout le nitrate de sodium est converti en 0,2864 g de
chaleur
nitrite de sodium et de !'oxygene gazeux. Determinez le pour-
CaC03(s) ~ CaO(s) + C02(g) centage de nitrate de sodium dans l'echantillon original.
Probleme de synthese 13 1
Contenu
matiere existe en _trois ~tots ~hysiques bien distincts: ' les etots g?z;_ux,
L
0
liquide et solide. Meme s1 relot1vement peu de composes ex1stent a I eto t 4.1 Pression
gozeux dons des conditions normoles, les goz jouent neonmoins un role Ires Unites de pression
important. En effet, nous vivons en immersion dons une solution gozeuse. L'otmo- 4.2 Loi de Boyle-Moriotte, loi de Charles
sphere qui entoure Ia Terre est un melange de goz, principolement compose et loi d'Avogadro
a
d'ozote (N 2 ) et d'oxygene (0 2 ) ; ce melange essentiel Ia vie sert porollelement Loi de Boyle-Moriotte
de depotoir pour les goz d'echoppement que produisent de nombreuses indus- Loi de Charles
tries. Les reactions chimiques que subissent ces dechets gazeux industriels dons Loi d'Avogadro
I' atmosphere provoquent divers types de pollution, notomment le smog et les plu ies 4.3 Loi des goz parfaits
acides. Les goz, dons /'atmosphere, ossurent une protection contre les rad iatio ns 4.4 Strechiometrie des goz
dongereuses provenont du Solei! tout en mo intenont Ia temperatu re cho ude en Masse moloire des goz
forc;:onl les radia tions reflechies pa r Ia Terrea retourner vers elle. En foil, on se 4.5 Loi des pressions portielles
preoccupe beoucoup oujourd'h ui de /'augmentati on du dioxyde de carbone otmo- de Dolton
spherique, produit de Ia combustion des combustibles fossiles, comme cause pos- 4.6 Theorie cinetique des goz
sible d'un rechouffement dongereux de Ia plonete. Pression et volume
II est par consequent Ires important de bien comprendre le comportement des (loi de Boyle-Moriotte)
gaz. Pression et temperature
D'obord, nous observerons comment Ia mesure des proprietes des goz a mene Volume et temperature
a l'etoblissement de differentes lois montron t com ment ces proprietes sont reliees (loi de Charles)
les unes oux outres. Ensu ite, nous construirons un modele qui expliq ue le com- Volume et nombre de moles
portement des goz. Ce modele nous indiquero comment le comportement des por- (loi d'Avogadro)
licules individuelles d'un goz o mene oux proprietes macroscopiques du goz lui- Melange de goz (loi de Dolton)
rneme. Formulation de Ia loi des goz
parfaits
Signification de Ia temperature
Vitesse quodrotique moyenne
4.7 Effusion et diffusion
Effusion
Diffusion
4.8 Goz reels
4.9 Reactions chimiques dons •
------------- --- - - -- -·------- ---------- --------------------- I' atmosphere
Un ballon s'eleve dans !'atmosphere parce que l'air chaud qu' il contient a une masse volu-
mique plus Fa ible que !'air qui l'entoure. 133
1 34 Chopitre Ouotre Les goz
4.1 Pression
Un gaz remplit uniformement tout contenant; il se compresse facilement et se
melange completement avec tous les autres gaz. Une des proprietes les plus evidentes
de cet etat physique est le suivant: un gaz exerce une pression sur J'environnement.
Par exemple, quand vous gonflez un ballon, l'air qui se trouve a I'interieur pousse sur
les parois elastiques du ball on et lui donne sa forme.
Comme nous l'avons deja mentionne, les gaz qui nous sont les plus familiers sont
ceux qui forment I' atmosphere de Ia planete. La pression exercee par ce melange
gazeux, qu, on appelle «air», peut etre demon tree de fa~on impressionnante par I' ex-
perience illustree ala figure 4.1. Dans un recipient en metal, on place un petit volume
d'eau que l'on fait bouillir; le contenant se remplit alors de vapeur, c'est-a-dire d'eau
l'eau accupe, saus forme gazeuse, a 1' etat gazeux. On bouche alors hermetiquement le contenant et on lui permet de se
1200 fois le volume qu' elle occupe refroidir. Pourquoi le recipient s'ecrase-t-il en refroidissant? A cause de Ia pression
sous forme liquide, 25 a et oc a
Ia
atmospherique. Quand le contenant est refroidi apres a voir ete fenne hennetiquement
pression atmaspherique.
(l'air ne peut plus entrer), la vapeur d'eau se condense en un tres petit volume d'eau
liquide. En tant que gaz, l'eau remplissait le reservoir mais quand elle s'est conden-
see, le liquide etait loin de remplir le reservoir. Les molecules de H2 0 initialement
presentes sous forme de gaz sont maintenant reunies en un tres petit volume de Ii-
quide etil n'y a que tres peu de molecules de gaz capables d'exercer une pression vers
I'exterieur et ainsi contrer Ia pression atmospherique. 11 en resulte que Ia pression
exercee par les molecules de gaz de I' atmosphere ecrase le reservoir.
Aussitot apres Ia mart de Torricelli , En 1643, le physicien italien Evangelista Torricelli (1608-1647), eleve de Galilee,
un physicien allemand du nom d'Otta con~ut le premier barometre en remplissant de mercure un tube bouche a une de ses
van Guericke inventa une pompe a extremites et en le renversant dans un recipient contenant du mercure (voir La figure
air. En 1663, il fit, au rai de Prusse,
une demonstration qui le rendit
4.2). Remarquez qu 'une grande quantite de mercure demeure dans le tube. En fait, au
celebre : il pla<;a l' une centre l'autre niveau de Ia mer, Ia hauteur de cette colonne est en moyenne de 760 mm. Pourquoi
deux hemispheres, aspire avec une le mercure demeure-t-il dans le tube, en contradiction, selon toute apparence, avec
pompe l' air qui s'y trouvait et demon· !'attraction terrestre? La figure 4.2 illustre comment la pression exercee par les gaz
Ira que deux chevaux tiranl dans des
atmospheriques sur Ia surface de mercure dans le plat empeche le mercure de
directions apposees etaient inca-
pables de separer ces deux hemi-
descendre dans le tube.
spheres mais que, lui, il pouvait les La pression atmospherique est causee par Ia masse de l'air attiree vers le centre de
separer tres aisement, apres avoir la Terre par !'attraction terrestre; en d'autres mots, elle resulte du poids de l'air. Si I' on
secretement auvert une valve . le roi change les conditions atmospheriques, il y aura un changement de pression atmo-
de Prusse fut si impressionne qu' il lui
accord a une pension a vie !
f19ure 4.1
Demonstration de Ia pression
exercee par les gaz atmosphe-
riques. On fait bouillir de l'eau
dans un grand recipient en metal
(a), puis on ferme Ia source de
c.:haleur et on bouche le recipient.
A mesure que le tout refroidit,
Ia vapeur d'eau se condense,
Ia pression interne diminue et
le recipient s'ecrase (b). a) b)
4.1 Pression 135
Figure 4.2
Barometre de Torricelli . On ren-
verse un tube completement rem-
pli de mercure dans un recipient
qui contient du mercure. Le mer-
cure s'ecoule du tube jusqu'a ce
que Ia pression (Aeche noire) que
cette colonne de mercure exerce
sur Ia surface de mercure contenu
dans le recipient soit egale a Ia
pression pression que l'air exerce sur le
inferieure reste de Ia surface du mercure
aIa pression contenu dans le recipient (fleches
atmospherique
jaunes). La hauteur de Ia colonne
(pg;v.)
de mercure supportee par Ia pres-
sion atmospherique varie en fonc-
tion des conditions atmospheri-
ques et de !'altitude.
L' atmosphere standard correspond
P ga7 =Patm - h Pga' = Patm + h a Ia valeur: h = 760 mm Hg.
a) b)
Cependant, puisqu'on definit souvent Ia pression comme une force par unite de
surface,
. force
presslOn = surface
Ies unites fondamentales de pression correspondent a des unites de force divisees par
des unites de surface. Dans le SJ (voir le chapitre 1), l'unite de force est le newton,
N, et l'unite de surface, le metre carre, m2 . Par consequent. dans le SI, on exprime Ia
pression en newtons par metre carre, N/m2 , ou pascals, Pa. L'atmosphere standard
est done equivalente a l01 325 Pa.
1 atm = 101 325 Pa
Par consequent, 1 atmosphere est approximativement equivalente a 10 5 pascals.
Or, puisque le pascal est une unite tres petite, on utilise de preference le kilopascal,
kPa. Cependant, la conversion des torrs ou des atmospheres en pascals est assez
facile (voir l 'exemple 4. 1).
atm = 760 mm Hg La valeur de Ia pression d'un gaz est de 49 torr. Exprimez cette pression en atmo-
= 760 torr spheres et en pascals.
= 101325 Pa
= 101 ,325 kPa
Solution
1 atm
49 ;:err x J;etf = 6,4 x 10- 2 arm
760
Loi de Boyle-Mariotte
mercure C'est un chimiste irlandais, Robert Boyle (1627-1691), qui, le premier, effectua des
experiences quantitatives sur les gaz. Utilisant un tube en forme de J ferme a l"une de
Figure 4.4 ses extremites (voir la _figure 4.4), qu'il installa, dit-on, dans le hall de sa maison,
Tube en J semblable a celui utilise Boyle etudia Ia relation qui existait entre la pression du gaz emprisonne dans ce tube
par Boyle. et son volume. Le tableau 4.1 presente certaines valeurs tirees des experiences de
4.2 Loi de Boyle-Moriotte, loi de Charles etloi d'Avogodro 137
pV=k
ou k est une constante a une temperature donnee et pour un echantillon donne d'air.
"'-
pl2\. 12 ·
---- - - - l. - ~' - ---- ~- -
'
'
.
Les donnees du tableau 4.1 peuvent se traduire par deux representations 0....___________..,.
20 40 tiO
graphiques differentes.
1. Graphique de la variation de p en fonction de V (voir La figure 4.5a ). La courbe
v
obtenue est une hyperbole; remarquez que le volume baisse d'environ la moitie 2V
(de 58.8 a 29,1 ), alors que le volume double (de 24,0 a 48,0). II existe done une a) v (po3)
relation inversement proportionnelle entre Ia pression et le volume.
2. Graphique de Ia variation de Ven fonction de lip (voir lafigure 4.5a). On obtient
ce deuxieme graphique en reanangeant !'equation de Ia loi de Boyle-Mariotte.
V = k_ = k!_
p p 40
·pente = k
L'equation ainsi obtenue est celle d'une droite de type "bc..
y=mx+b :;:'20 ----·- ·--
ou m represente la pente et b, l'ordonnee a l'origine. Dans ce cas, y = V, x = lip. m =k
et b = 0. Par consequent, le graphique de Ia variation de V en fonction de lip (don- 0"'--- ---''------'------"-----'
0 0,01 0,02 0,03
nees de Boyle) est une ligne droite qui passe par le point 0 (0, 0) (voir La .figure 4.5b).
lip (po H g)
Au cours des trois siecles qui ont suivi les travaux de Boyle et de Mariotte, les
b)
techniques de mesure se sont raffinees considerablement. Les resultats de ces
mesures tres precises ont montre que Ia loi de Boyle-Mariotte n'est vraie qu'a des Figure 4.5
pressions relativement basses. Representation graphique des
Des mesures effectuees a pression elevee revelent que le produit p V n' est pas cons- donnees de Boyle presentees au
tableau 4 . 1. a) Le graphique de
tant et varie a mesure que Ia pression augmente. La figure 4.6 illustre les resultats
Ia variation de p en fonction de
obtenus avec plusieurs gaz: on y remarque Ia variation du produit p V en fonction de V montre que le volume double
Ia pression. Ces faibles variations deviennent en fait tres importantes a des pressions lorsque Ia pression diminue de
de beaucoup superieures a Ia pression atmospherique nom1ale. (Nous traiterons en moitie. b) Le graphique de Ia
detail ces deviations et leurs explications ala section 4.8.) Un gaz qui obeit a la loi variation de V en fonction de
de Boyle-Mariotte est appele gaz ideal ou gaz parfait. (Nous decrivons plus en 1/ p est une ligne droite. La pente
detailles caracteristiques d'un gaz ideal ala section 4.3.) de ceHe droite equivaut Ia a
valeur de Ia constante k.
Une des utilisations courantes de Ia loi de Boyle-Mariotte est Ia prediction de Ia
variation du volume d'un gaz quand il y a variation de la pression (a temperature cons- loi de Boyle-Mariotte : V o: 1/ p,
tante), ou vice versa. a temperature constante .
0 0
~ · , .... ~- :~~. t'".-,f.- ..-.--;:-_.~ .. of L·'~ 0 - • •
·..... · - ·-
gaz parfait Etant donne que les ecarts a Ia loi de Boyle-Mariotte sont tres peu marques aux
22,45 r--...,--...,----+1- pressions voisines de 1 atmosphere, on supposera, dans les calculs, que les gaz obeis-
Ne
sent toujours a Ia loi de Boyle-Mariotte (sauf indications contraires).
id 22.35
::..
Exemple 4 . .2 Loi de Boyle-Mariotte 1
"'-.
22,30 1---+--
Le dioxyde de soufre (S0 2 ), gaz qui joue un rOle capital dans la formation des pluies
22,25 L___ __j___ __L__ ___.__ __, acides, provient des gaz d'echappement des automobiles et des centrales electriques.
0 0,25 0,50 0,75 1,00 Soit un echantillon de S02 gazeux de 1,53 L, a une pression de 5,6 X 103 Pa. Si
p (atm) la pression augmente a I ,5 X 104 Pa, a temperature constante, quel sera le nouveau
Figure 4.6 volume du gaz?
Representation graphique de
Ia variation de pV en fonction
de p pour plusieurs gaz des a Solution
pressions inferieures 1 atm. a Pour resoudre ce probleme, on utilise la loi de Boyle-Mariotte:
Pour un gaz parfait, Ia valeur
de pV est une constante (ligne pV=k
pointillee). C'est dans le cas
qui peut aussi etre formulee de la far,;on suivante:
du dioxyde de carbone que
Ia valeur pV s'eloigne le plus
ou
de Ia valeur ideale, mais cet
ecart est en fait mini me:
pV passe en effet d'environ
ou les indices 1 et 2 designent deux etats des gaz (les deux a meme temperature).
22,39 l·atm (a 0,25 atm) Dans le cas qui nous interesse,
a 22,26 l·atm (a 1,0 atm). PI = 5,6X 103 Pa p 2 = 1,5 X 104 Pa
la loi de Boyle-Mariotte
constitue done une bonne VI= 1,53 L V2=?
approximation a ces pressions
relativement faibles.
On peut done trouver la valeur de V2 :
3
_ 5,6X 10 YaX 1,53 L = 0,
V _ PIVl
z- P2- 1.5X104 ya 57 L
La loi de Boyle-Mariotte peut
egalement etre exprimee de
Ia fm;:on suivante Le nouveau volume sera de 0,57 L.
P1V1 = p2V2 (Voir I'exercice 4.2n
II faut toujours verifier si Ia reponse La diminution de volume calculee a l'exemple 4.2 s'explique par I' augmentation
est sensee . de la pression. Dans le hut d'eviter toute erreur, ilfaut prendre /'habitude de s'assu-
rer que la reponse au probleme est logique.
Nous l'avons mentionne precedemment, dans le cas des gaz reels, Ia loi de Boyle-
Mariotte n'est qu'approximative. Pour determiner l'importance des deviations par
rapport a cette loi, nous etudions souvent l'influence d'une variation de la pression
sur le volume d'un gaz (voir l'exemple 4.3).
22,6 I
experience pression (aun) volume (L)
, I
2
3
0.13
0,25
0,30
172.1
89,28
74,35
22,5
22,4 1--1-:
4
5
0,50
0,75
44,49
29,55
8
e;::.."' 22,3
'*-! I
t t=r---~
6 1,00 22,08
"'-
22,2
Solution 22,1 .I
Pour determiner jusqu'a quel point le gaz NH 3 obeit a Ia loi de Boyle-Mariotte dans
OL----'L---'-___._---'-_
ces conditions, on calcule Ia valeur de k (en L·atm) qui corre.•;pond a chaque paire de
__J
Loi de Charles
Au cours du siecle suivant, les scientifiques ont continue d'etudier les proprietes des
gaz. L' un d'eux, le physicien franc;:ais Jacques Charles ( 1746-1823), fut le premier a
utiliser l'hydrogene pour gonfler un aerostat qu'il utilisa comme moyen de transport.
En 1787, Charles decouvrit que, a pression constante, le volume d'un gaz augmentait
de faron lineaire en fonction de Ia temperature de ce gaz. Le graphique de Ia varia-
tion du volume d'un gaz (a pression constante) en fonction de sa temperature eq
est
en effet une ligne droite. La figure 4.8 illustre cette relation pour plusieurs gaz. Une
caracteristique interessante de ces droites decoule du fait que, lorsqu' on prolonge les
droites relatives a tous les gaz jusqu'a un volume de zero, on obtient toujours Ia
meme temperature, soit - 273,15 ac. Sur I' echelle de temperature Kelvin, ce point est
le 0 K; on peut done etablir Ia relation suivante entre les echelles Celsius et Kelvin:
h =tc + 273. 15
Quand on represente graphiquement Ia variation des volumes des gaz (voir La fi-
gure 4.8) en fonction de Ia temperature exprimee en kelvins, on obtient Jes droites
illustrees a Ia figure 4.9. Dans ce cas, le volume de chaque gaz est directement pro-
a
portionnel sa temperature et, par extrapolation. il vaut zero quand Ia temperature
est de 0 K. L'equation qui decrit ce comportement est connue sous Je nom de loi de
Charles
V=bT Loi de Charles : V a T (exprimee
oil Test Ia temperature en kelvins et b, une constante de proportionnalite. en K), a
pression constante.
140 Chopitre Quotre Les goz
He He
6 6
5 5
4 4
/ ;/~:,0
·· ~~ 2
d3
::..
2
:f::~:~ N,O
- 300 - 200 - 100 0 100 200 300 - 27 73 173 273 373 473 573
- 273,15 °C t (°C) 0 T(K)
A 15 aceta 101,3 kPa, un gaz occupe un volume de 2,58 L. Quel volume occupe ce
gaz a 38 aceta 101.3 kPa?
Solution
Pour resoudre ce probleme, on utilise la loi de Charles, qui decrit Ia variation du vo-
lume d'un gaz en fonction de la temperature quand Ia pression est constante. On peut
La loi de Charles peut aussi etre
rearranger la loi de Charles (V = bT) pour obtenir
formulee ainsi :
v=b
T
Voici une equation equivalente a cette derniere:
..!'l_ = h = Vz
T1 Tz
ou les indices 1 et 2 representent les deux conditions dans lesquelles se trouve le gaz
donne, a une pression constante. Dans ce cas, les valeurs dont on dispose sont ies
suivantes (on doit exprimer la temperature en kelvins):
4.2 Loi de Boyle-Moriotte, loi de Charles etloi d'Avogodro 141
V2 =(Tz) =( 311
Tl VI288 ){)258L=279L
){ , ,
ViRIFICA'IION: Le nouveau volume est plus grand que le volume initial, ce qui
logiquement a du sens parce qu'un gaz prend de I' expansion quand il est chauffe.
(Voir I'exercice 4.28)
Loi d'Avogadro
Nous avons mentionne au chapitre 2 que le chimiste italien Avogadro postula en
1811 que des volumes de gaz egaux maintenus a Ia meme temperature et a Ia meme
pression contenaient le meme nomhre de<< particules ». C' est la loi d' Avogadro (voir
Ia fif?ure 4.1 0) qui, mathematiquement, prend Ia forme suivante :
V= an Figure 4.10
oil Vest le volume du gaz, n, le nombre de moles et a, une constante de proportion- Chacun de ces ballons contient
nalite. L'equation indique que, a temperature et a pression constantes, le volume l ,0 L de gaz, a 25 oc et a
l 01,3 kPa. Dans chaque ballon,
d'un gaz est directement proportionnel au nombre de moles de gaz. Cette relation,
on retrouve 0,041 mol de gaz,
verifiee experimentalement, reflete bien le comportement des gaz a basses pressions. soit 2,5 X 1022 molecules.
Un echantillon de 0,50 mol d'oxygene, 0 2 , a 101,3 kPa eta 25 °C, occupe un volume
de 12,2 L. Si on convertit Ia totalite de 0 2 en ozone, 03, a Ia meme temperature eta
Ia meme pression, quel volume occupe I' ozone?
Solution
L" equation equilibree de Ia reaction est
2 mol 0 3
0.50 _!})0}-02 X ~~~ = 0,33 mol 0 3
3_.l.W:11 vz
v
- =a
n
Puisque a est une constante, on peut recrire cette equation ainsi La loi d ' Avogadro peut aussi etre
formulee de Ia fm;:on suivante :
V1
-= a =-
Vz ..!:'l_ _ Vz
nl nz ll] 112
14 2 Chopitre Quotre Les goz
v 2 =(n
n1
2
)v
1
0 33
= ( • ..m61) 122 L = 8l L
0,50..m61 ' '
VERIFICATION: On remarque que le volume est plus faible, comme on devait s'y
attendre, puisque, apres Ia reaction de conversion de 0 2 en 0 3 , le nombre de
molecules en presence est moindre.
(Voir les exercices 4.29 et 4.30)
On peut uti1iser 1a 1oi des gaz parfaits pour resoudre une grande variete de pro-
b1emes. Ainsi, dans rexemp1e 4 .6, on demande de trouver une propriete qui carac-
terise l'etat d'un gaz quand on connalt 1es trois autres.
Un echantillon de gaz hydrogene, Hz, occupe un volume de 8.56 L, a 0 oc eta 152 kPa.
Calcu1ez le nombre de moles de Hz presentes dans l'echantillon.
Solution
Apartir de 1a 1oi des gaz parfaits, on obtient !'expression den
pV
n= RT
n=_ ([Link])(8,56X)
__;,.;:.:_::.._:::....:.:.<..>..:..!:;...;;....:::.'--- = 0,57 mol
(
8,315 .kPa X )(273 Rl
,..Kmol
(Voir les exercices 4.31 a 4.36)
On utilise egalement Ia loi des gaz parfaits pour calcu1er 1es variations qui ont lieu
quand on modifie 1es conditions dans lesquelles se trouve un gaz.
Solution
Selonl'hypothese sous-jacente aI' utilisation de Ia loi des gaz parfaits, pour decrire
une variation d'etat d'un gaz, on sait que I' equation s'applique aussi bien al'etat initial
qu'a l'etat final. Quand il y a variation d'etat, il faut toujours inscrire les variables
d'un cote du signe d'egalite et les constantes, de /'autre. Dans ce cas, volume et pres-
sion sont des variables, alors que temperature et nombre de moles sont des constantes
(ainsi que R, par definition). On peut done ecrire la loi des gaz parfaits.
pV=nRT
7' '\
variables qui changent variable~ con~tantc\
soit
144 Chopitre Quotre Les goz
Solution
Pour resoudre ce probleme. on utilise Ia loi des gaz parfaits en separant les variables
des constantes. Dans ce cas, volume et temperature sont des variables, nombre de
moles et pression (ainsi que R . evidemment) sont des constantes. Alors. pV = nRT
devient
V nR
T p
ce qui permet d' ecrire ~~ :R et nR
I
~
En regroupant ces deux equations, on obtient
..!'J.. =
Tl
nR = Vz
p Tz
soit
p
On a ici
TI =5 oc + 273 = 278 K T2 = 86 oc + 273 = 359 K
VI = 3.8 L Vz =?
Par consequent
V = T2 VI = (359 }()(3,8 L) = 4 9 L
2
T1 278,.1( '
l VERIFICATION: Est-ce que la reponse est logique? Dans ce cas, puisqu' on eleve Ia
~ temperature (a une pression constante), le volume doit augmenter, ce qui est bien le cas.
(Voir I'exercice 4.38)
Solution
Puisque, dans cet exemple, la temperature et le volume varient, et que seulle nombre
de moles demeure constant, il faut utiliser ]a loi des gaz parfaits suus la forme sui-
vante :
pV
-=nR
T
ce qui donne
Par consequent
Onaici
p1 = 345 torr p 2 = 468 torr
T 1 = - 15 oc + 273 = 278 K T2 = 36 oc + 273 = 309 K
V1 = 3,48 L Vz =?
Done
V = (309 J()(345 )Xlif)(3,48 L) = L
2 3 07
(258J()(468;mi) ,
Etant donne que I' equation utilisee dans l'exemple 4.9 fait appel a un rapport de
pressions, il n' est pas necessaire de convertir les torrs en kilopascals (les unites s' an-
nulent). Il faut cependant toujours convertir Ia temperature en kelvins, puisqu'il faut Ouand on utilise Ia loi des gaz
additionner 273 et que le facteur de conversion ne s'annule pas. parfaits, il faut toujours exprimer
Ia temperature en kelvins.
L'exemple 4.10 presente un des nombreux autres types de problemes concernant
les gaz. qu'on peut resoudre al'aide de la loi des gaz parfaits.
Solution
On utilise la loi des gaz parfaits pour determiner le volume qui correspond a chaque
ensemble de conditions.
146 (hopitre Quotre Les goz
etat 1 etat 2
En resolvant I' equation qui decrit la loi des gaz parfaits, on obtient
n 1RT1 (0,35 !)ld!)(8,315 ~ · LIJ!Z· !}Wf)(286 JX:')
V1 =-----;;;- = 75 ,7 ~) ( = ll L
et
Vz = n2 RT2 = _,_(0_,_,3_5-"~~)'-'-(8-'-,3_1_5-"'---]dYa_a_·_L--!-/}(-·-"-JOOf----')-'-(3_2_9.L.--1(--'-) = , L
80
p2 (120 JdYa)
De l'etat 1 a l'etat 2. le volume passe de 11 La 8,0 L. La variation de volume 6V
(t. est Ia lettre grecque delta) est alors de
.1 V = V2 - V1 = 8,0 L - 11 L = -3 L
La variation du volume est negative, etant donne que le volume diminue. Dans ce
probleme (contrairement a celui de l'exemple 4.9), on doit exprimer les pressions en
kilopascals (et non en torrs), comme I'exigent les unites de R, puisqu'on calcule
separement chaque volume et que le factem· de conversion ne s'annule pas.
(Voir les exerdc:es 4.43 et 4.44)
V=nRT = (1,000mo1)(8,315kPa·L)(273,2K)
= 22,42L
P --l-Gt;"3KPa
Lumiere emise par un tube Le volume de 22,42 Lest appele volume molaire d'un gaz parfait. Le tableau 4.2
a argon sous tension. presente les volumes mol aires de plusieurs gaz. On remarque que les valeurs des vo-
lumes molaires de certains gaz sont tres voisines de Ia valeur ideale, alors que
d'autres s'en eloignent de favon notable. Plus loin dans ce chapitre, nous expli-
querons les raisons de ces ecarts.
On appelle temperature et pression normales (TPN) les conditions experimen-
TPN : 0 °C e t 101 ,3 kPa tales suivantes: temperature de 0 oc et pression de I 0 t ,3 kPa (I ,00 atm). On deter-
mine sou vent les proprietes des gaz dans ces conditions : par exemple, le volume
molaire d'un gaz parfait est de 22,42 L uniquement dans les conditions TPN (voir la
.figure 4.11).
Un echantillon d'azote occupe un volume de 1,75 L, dans les conditions TPN. Que)
nombre de moles de N2 cet echantillon contient-il?
4.4 Strechiometrie des goz 147
Solution
Pour resoudre ce probleme, on peut utiliser I" equation des gaz parfaits; cependant, on
y arrive plus rapidementen utilisant I' expression du volume molaire d"un gaz parfait.
Puisque, dans les conditions TPN, l mol de gaz parfait occupe un volume de 22,42 L,
1,75 L correspond a mains de 1 mol. Pour trouver le nombre de moles, on utilise le
rapport entre I mol N 2 et 22,42 L.
1,75~X 1
mo~= 7,8l x w-z mol Nz
22,42 2
oxygene, Oz 22,397
azote, N 2 22,402
hydrogene, H 2 22,433
helium, He 22,434
argon,Ar 22,397
dioxyde de carbone, COz 22,260
anunoniac, NH3 22,079
Figure 4.11
Une mole d' un gaz quelconque
32 g de 0 2 2 g deH2 17 gde NH 3 occupe un volume d' environ
(l mol) (1 mol) (1 mol) 22,4 L, dans les conditions TPN.
Solution
On resout ce genre de probleme de la meme faf,:On que les problemes de stre-
chiometrie etudies precedemment dans ce volume. Autrement dit, on calcule le
nombre de moles de CaC03 utilisees dans Ia reaction et le nombre de moles de C02
produites. On peut ensuite convertir le nombre de moles de C02 en volume, en utili-
sant Ia formule du volume molaire d'un gaz parfait.
148 Chapitre Qullfre Les QIIZ
La decomposition de 152 g de CaC03 produit done 34,1 L de C02 , dans les condi-
tions TPN.
(Voir les exercices 4.4 7 a 4.49)
le volume molaire d' un gaz parfait La derniere etape de la resolution du probleme de l'exemple 4.12 consiste a cal-
est de 22,42 l uniquement aux euler le volume d'un gaz a partir de son nombre de moles. Puisque ce gaz se trouve
cond itions TPN . dans les conditions TPN, on peut utiliser le volume molaire d'un gaz dans les condi-
tions TPN. Si, par contre, les conditions sont differentes des conditions TPN, il faut,
pour calculer le volume du gaz, recourir a la loi des gaz parfaits.
Solution
Selon la description de Ia reaction, !'equation non equilibree est
Cf4(g) + Oz(g) ~ COz(g) + HzO(g)
et I' equation equilibree
Cf4(g) + 20z(g) ~ COz(g) + 2HzO(g)
II faut reperer le reactif limitant; pour ce faire, on calcule le nombre de moles de
chaque reactif. On convertit done en moles les volumes de methane et d'oxygene, en
utilisant Ia loi des gaz parfaits.
(167 Js;Pi)(2,80 ,lJ)
= 0,189 mol
(8,315 kYa -~/J(· mol )(298 )e)
(127 ..k-P:l)(35,0 J~)
= 1,76 mol
(8,315 .kPli· )lj'f{· mol)(304 J()
Selon !'equation equilibree, on sait que I mol de Cf4 necessite 2 mol de 0 2 . On peu1
done calculer le nombre de moles de 0 2 que necessite 0,189 mol de Cf4.
U 189 ~~ 1 ~X 2 mol 02
. ~··4 1~
0,378 mol 0 2
Puisqu 'il y a I,76 mol de 0 2 , 0 2 est en exces. Le reactif limitant est done Cf4. II faut
i par consequent utiliser le nombre de moles de Cf4 dont on dispose pour determiner
l ie nombre de moles de C02 produites.
4. 4 Strechiometrie des gaz 149
0,189~X 1
==0,189mol C02
1 4
Etant donne que les conditions ne sont pas les conditions TPN, il faut, pour calculer
le volume, utiliser la loi des gaz parfaits.
V=nRT
p
Dans ce cas, on sait que n = 0,189 mol, T = 125 °C + 273 = 398 K, p = 253 kPa et
R =8,315 kPa·LIK·mol. Par consequent
(O,I89..m6f)(8,315Wa· UJ(·.m61)(398 K)
V= 253)<Pll = 2.47 L
C'est 1e volume de C02 produit dans ces conditions.
(Voir les exerci<es 4.50 li 4.52)
Solution
Al'aide de I' equation 4.1, on calcule Ia masse molaire.
On peut toujours memoriser I' equation qui fait intervenir Ia masse volumique d'un
gaz et sa masse molaire, mais il est beaucoup plus simple de se rappeler 1' equation
s,oLa 20 oc des gaz parfaits, Ia definition de Ia masse volumique et Ia relation qui existe entre le
nombre de moles et Ia masse molaire. On peut ainsi retrouver 1' equation en cas de
besoin. On montre alors qu'on a bien compris les concepts, et on a une equation de
0,50molH2 moins a memoriser !
PH, = 243 kPa
[Link] a 20 oc
t.~, ffiotH:e On peut alors representer la pression totale du melange, PTOTALE• de Ia fac;:on sui-
?- !).~Q '~' t£2 vante :
l.75 inol,'g ar I'TOTALE = 851 kPa
PTOTALE = pI + P2 + P3 + ... = n ,RT + n2RT + n~T + ...
v v v
=(nJ + n2+n3 + ··· )(R:)
Figure 4.12
Dans un contenant, Ia pression
partielle de chacun des gaz d'un
= nTOTAL( R:)
melange varie en fonction du oo nTOTAL est la somme des nombres de moles des differents gaz. Ainsi, pour un
nombre de moles de ce gaz.
La pression totale est Ia somme
melange de gaz parfaits, c'est le nombre total de moles de particules qui est impor-
des press ions partielles: elle varie tant. et non la nature ni Ia composition des particules individuelles de gaz. La figure
en fonction du nombre total de 4.12 illustre ce principe.
particules de gaz en presence, Grace a cet important resultal experimental, on peut preciser quelques caracteris-
quelle que soit leur nature. tiques fondamentales d'un gaz parfait. Le fait que la pression exercee par un gaz par-
fait ne soit pas fonction de sa nature ni, par consequent. de Ia structure de ses parti-
cules, permet de tirer deux conclusions: I. Le volume de chaque particule de gaz ne
doit pas etre important; 2. Les forces qui s'exercent entre les particules ne doivent
pas etre importantes. En effet, si ces facteurs etaient importants, Ia pression exercee
par le gaz serait fonction de Ia nature de ses particules individuelles. Ces observa-
tions exercent une influence notable sur la theorie qu'on peut formuler pour expli-
quer le comportement des gaz parfaits.
II faut a present definir ce qu 'est Ia fraction molaire. C' est le rapport entre le
nombre de moles d'un composant donne d'un melange et le nomhre total de moles
presentes dans le melange. Pour representer la fraction molaire, on utilise le sym-
4.5 Loi des pressions portielles de Dolton 15 1
Pour prevenir I' apparition des bends (voir La rub rique << Impact » La piongee sous-
marine), on utilise, dans les bonbonnes de plongee sous-marine, un melange d' helium
et d ·oxygene. Pour une pion gee donnee on a comprime, dans une bonbonne de 5,0 L,
46 L de He, a 25 oc et a I 01 ,3 kPa, et 12 L de 0 2 , a 25 oc et a I0 1,3 kPa. Calculez Ia
pression partielle de chacun des gaz et Ia pression totale dans Ia bonbonne, a 25 oc.
Solution
On calcule d'abord le nombre de moles de chacun des gaz, en utilisant Ia loi des gaz
parfaits exprimee sous Ia forme suivante :
n = pV
RT
nHe
(101,3 J;Pa)(46..K) _ _ _ = I ,9 mol
= ----'--"-----'-__c:_.---'-~_::__:___!_
(8,315 J;Pa · XLK ·mol )(298 ..K)
noz = (101,3 .KP'a)(l2X) _ _
----'-"--'=-==--=-:::_::_~___:_:=.L__
0,49 mol
(8,315 J<Pa ·XIX· mol)(298 K )
Le volume de Ia bonbonne est de 5,0 Let sa temperature de 25 oc. On peut utiliser ces
donnees et Ia loi des gaz parfaits pour calculer Ia pression partielle de chacun des gaz.
nRT
p = --
v
PHe = 0,9 .Jll()t)(8,315 kPa ·XIX ·.Jll()t)(298 .K) = kPa
940
5.0.1':
Paz = (0,49 .Jll()t)(8,315 kPa · XI.K · JJWf)(298 .K) = kPa
240
5,0L
La pression totale est Ia somme des pressions partielles ; alors
PTOTALE = PHe + Po 2 = 940 kPa + 240 kPa = 1180 kPa
bole X (khi). Par exemple. pour un composant donne d'un melange, Ia fraction mo-
laire, X1 est
X, = n1 n1
nTOTAL n1 + n2 + n3 +
L'equation qui decrit Ia loi des gaz parfaits revele que le nombre de moles d'un
gaz est directement proportionnel aIa pression de ce gaz. etant donne que
n = p(;,)
Autrement dit, pour chaque composant du melange,
n,=p,(;,)- n2 = P2(;)-
AI' aide de ces equations. on peut exprimer Ia fraction molaire en termes de pres-
sions ; ainsi
ni
Xt = ----"--
nToTAL p,(VIRT) + P2(VIRT) + p3(VIRT) + · · ·
~~~
11) 11 ~ 11 1
1 52 (hopitre Ouotre Les goz
(VIRT)pt
(V!RT)(pt + P2 + P3 + ··· )
Pt Pt
PfOTALE
Par consequent, la fraction molaire d'un composant donne d'un melange de gaz
ideaux est directement associee a sa pression partielle:
nz P2
Xz = - ----=--
nToTAL PTOTALE
La pression partielle de I' oxygene de I' air est de 20,8 [Link] quand la pression atmo-
spherique est de 99,1 [Link]. Calculez Ia fraction molaire de 0 2 .
La fraction molaire de I' azote de l'air est de 0,7808. Calculez la pression partielle de
N 2 de l'air quand la pression atmospherique est de 101,3 [Link].
Chaque fois qu'on recueille un gaz al' aide d'un deplacement d'eau, on obtient un
melange de gaz. La figure 4.13 montre, par exe mple, comment on recueille l' oxygene
produit par la reaction de decomposition du chlorate de potassium soli de. Le gaz ainsi
obtenu est un melange de vapeur d' eau et de gaz produit par Ia reaction. On trouve de Nous aborderons en detail, au
Ia vapeur d ' eau parce que des molecules d'eau quittent la surt'ace du liquide et s' ac- chapitre _8 , /'etude de Ia pression de
cumulent dans l'espace situe au-dessus du liquide. D'autres molecules d'eau retour- vapeur. A Ia section 8.8, se trouve
une table des valeurs des pressions
nent par contre aIa phase liquide. Quand la vitesse de sortie des molecules d' eau est de vapeur de l'eau .
egale a leur vitesse d'entree, le nombre de molecules d'eau presentes dans la phase
Figure 4.13
Production d'oxygeme par decomposition thermique de KCI03. On melange du
Mn02 au KCI03 pour accelerer Ia reaction .
1 54 Chopitre Ouotre Les goz
vapem ne varie plus; par consequent, Ia pression de Ia vapeur d'eau demeure con-
stante. Cette pression, qui depend de Ia temperature, est appelee «pression de vapeur
d'eau».
Dans une eprouvette (voir La figure 4.13), on fait chauffer un echantillon de chlorate
de potassium soli de, KCI0 3, qui se decompose conformement a Ia reaction suivante:
Solution
Pour determiner Ia valeur de Ia pression partielle de Oz, on utilise Ia loi des pressions
partielles de Dalton.
PTarALE = Po 2 + PH2o = Po 2 + 2,80 kPa = 100,5 kPa
Par consequent
Po2 = 100,5 kPa- 2,80 kPa = 97,7 kPa
On peut maintenant utiliser Ia loi des gaz parfaits pour calculer le nombre de moles
de Oz.
Dans ce cas, on a
p0 2 = 97,7 kPa
V=0,650L
T = 22 oc + 273 = 295 K
et R = 8,315 kPa·LIK·mol
Alors
no
(97,7...kPa)(0,650X)
= -------"-'--"------'--'----'-------''------''------- = 2,59 X 10-z mol
2
(8,315JJ>a ·lJ.K' · mol)(295 J{)
II faut a present calculer le nombre de moles de KCI0 3 necessaires pour qu'il y ait
production de cette quantite de Oz. Selon l'equation equilibree de la reaction de
decomposition du KC10 3, on sait qu'il faut deux moles de KC10 3 pour produire trois
moles de Oz. On peut done calculer le nombre de moles de KCI0 3 de la fa<;on sui-
vante:
2,59 X w - z ~X m~ 3 = 1,73 X
2
w-z mol KCI03
3 z
4.5 Loi des pressions partie lies de Dolton 1 55
,
lA PlONGEE SOUS-MARINE
oxygene est essentiel a Ia vie, figent dans une position courbee ; de Ia
diminution du volume
Figure 4.14
Effets de Ia diminution du volume
d'un echantillon de gaz tem- a
perature constante.
Cela a du sens d' apres la theorie cinetique des gaz, car une diminution de volume
signifie que les particules de gaz heurteront Ia paroi plus souvent, d'ou !'augmenta-
tion de pression. comme l' illustre Ia figure 4.14.
Pression et temperature
D'apres la loi des gaz parfaits, on peut predire que, pour un echantillon donne d'un
gaz parfait a volume constant, Ia pression sera directement proportionnelle a la tem-
perature:
p= (n:)r
1
constante
La theorie cinetique des gaz rend bien compte de ce comportement, car, quand Ia
temperature d' un gaz augmente, la vitesse des particules augmente; les particules
heurtentla paroi avec plus de force et a une plus grande frequence. Etant donne que
le volume demeure le meme, il en resulte necessairement une augmentation de pres-
sion, comme l'illustre la figure 4.15.
1 58 Chopitre Quotre Les goz
P ext
P ext
augmentation de temperature
Figure 4.15
Effets d'une augmentation de Ia
temperature d'un echantillon de
gaz a volume constant.
v=(;)r
t
constante
C'est ce que nous permet de predire Ia theorie cinetique des gaz, comme l'illustre
la figure 4.16. Quand un gaz est chauffe, la vitesse de ses molecules augmente et ces
P cxt
P ext
Figure 4.16
Effets de !'augmentation de Ia
temperature d'un echantillon de
gaz a pression constante.
4.6 Theorie dm!tique des gaz 159
demieres frappent les parois plus souvent et avec plus de force. Le seul moyen de
maintenir Ia pression constante dans un tel cas est d' augmenter le volume du con-
tenant. Cette modification compense !'augmentation de la vitesse des particules.
v=(:T)n
i
constante
P ext
cylindre de gaz
P ext P cxt
augmentation du volume
pour retablir Ia pression
originale
Figure 4.17
Effets d'une augmentation du
Cela a du sens d'apres la theorie cinetique des gaz, car une augmentation du nombre de moles de particules de
nombre de particules a la meme temperature causera une augmentation de pression gaz a temperature et a
pression
constantes.
si Ie volume demeure constant (voir La .figure 4.17). Le seul moyen de garder Ia pres-
sion a sa valeur originale est d'augmenter le volume.
II est important de realiser que le volume d'un gaz (a p et T constantes) depend
uniquement du nombre de particules de gaz presentes. Les volumes individuels des
particules n'entrent pas enjeu. car ces volumes sont tres petits comparativement a Ia
distance qui separe les particules (pour un gaz dil parfait).
ou pest la pression du gaz, n, le nombre de moles de gaz, NA, le nombre d' Avogadro,
m, Ia masse de chaque particule, Ji, Ia moyenne des canes des vitesses des particules
et V, le volume du contenant.
l'€mergie cineti~ue,__K, don nee par
!'equation K = 2 mu2, est l'energie due
La quantite ±mu 2
represente l'energie cinetique moyenne d'une particule de gaz.
En multipliant la valeur de l'energie cinetique moyenne d'une particule de gaz par
au deplacement d'une particule.
NA, le nombre de particules presentes dans une mole, on obtient l'energie cinetique
moyenne d'une mole de particules de gaz, ±mu 2 , soit
p=f( n: )
so it
Selon le quatrieme postulat de la theorie cinetique des gaz, I' energie cinetique
moyenne des particules presentes dans un echantillon de gaz est direct~ment propor-
tionnelle aIa temperature exprimee en kelvins. Alors, etant donne que K a:. T, on peut
ecrire
soit
On a obtenu cette expression a partir des postulats de la theorie cinetique des gaz.
Peut-on comparer cette expression a celle de la loi des gaz parfaits, obtenue experi-
mentalement? Comparons la loi des gaz parfaits
a) b) c)
Signification de Ia temperature
Nous avons montre que I' hypothese de la theorie cinetique des gaz, selon laquelle Ia
temperature exprimee en kelvins est une mesure de l'energie cinetique moyenne des
particules de gaz, est confirmee par I' accord entre le modele et La loi des gaz parfaits.
En fait, on peut obtenir la relation exacte qui existe entre la temperature et l'energie
cinetique moyenne en regroupant Ies equations qui representent cette loi et cette
theorie.
pV =RT='!:..K
n 3
d'ou
K=[Link]
2
Cette relation est tres importante. Elle confere a la temperature exprimee en
kelvins une signification particuliere: la temperature exprimee en kelvins est un
indice des mouvements aleatoires des particules de gaz; plus La temperature est
elevee, plus I' agitation est forte. (Nous demontrerons au chapitre 8 que la tempera-
ture est un indice des mouvements aleatoires des particules aussi bien dans les
solides et dans les liquides que dans les gaz.)
carres des vitesses des particules. On appelle Ia racine carree de ;;'2 vitesse quadra-
tique moyenne (symbole: Uquadr).
Uquadr= ~
On peut determiner Ia valeur de Uquadr a I' aide des equations suivantes:
et
soit
Lorsqu'on extrait Ia racine carree de chacun des membres de cette demiere equa-
tion, on obtient
Dans cette expression, m represente Ia masse (kg) d'une particule de gaz invi-
duelle. Quand on multiplie N A (le nombre de particules presentes dans une mole) par
m, on obtient Ia masse d'une mole de particules de gaz, soit Ia masse molaire, M, de
ce gaz exprimee en kg/mol. En rempla~ant N Am par M dans I' equation ci-dessus. on
obtient
Uquadr = f{t-
Cependant, avant d'utiliser cette equation, il faut prendre en consideration les unites
de R. Jusqu'a maintenant, on a assigne aRIa valeur de 8,315 kPa·LK·mol. Or, pour
obtenir les unites desirees de Uquadr (m/s), il faut recourir a d'autres unites pour
exprimer R. L' unite d'energie Ia plus sou vent utilisee dans le SI est lejoule, J, qui cor-
l J = l kg ·m2/ s2 = l kPa·L respond a l kilogramme-metre carre par seconde carree. kg·m 2/s2 . Quand on exptime
R avec des unites qui comportent des joules, sa valeur devient 8,315 J/K·mol. Si on
utilise cette demiere valeur de R dans I' expression Y3RT/M, les unites de Uquadr de-
viennent des metres par seconde, comme on le souhaitait.
Jusqu'a present, nous n'avons pas parle des vitesses reelles des particules de gaz.
Dans un gaz reel, de nombreuses collisions entre Ies particules ont lieu. Lorsqu'on
laisse un gaz odorant, comme l'ammoniac, s'echapper d'un flacon, il faut uncertain
temps avant que I' odeur se repande dans I' air. On impute ce retard aux collisions
entre les molecules NH3 et les molecules N2 et 0 2 de l'air. qui ralentissent grande-
ment le processus de melange.
Si on pouvait suivre Ia trajectoire d'une particule de gaz, on se rendrait compte
qu'elle est tres irreguliere (voir lafigure 4.18). Dans un echantillon de gaz donne, Ia
distance moyenne parcourue par une particule entre les collisions est appelee le fibre
parcours moyen; c'est une distance tres petite (I X I0-7 m pour 0 2 a TPN). Panni
r~gure 4.18 les effets des nombreuses collisions qui ont lieu entre les particules de gaz, on trouve
Deplacement d'une particule Ia production d'une vaste gamme de vitesses due aux collisions eta l'echange d'ener-
de gaz. Toute particule change gie cinetique entre les particules. Meme si, pour !'oxygene, Uquadr est d'environ 500
continuellement de direction,
m/s, dans des conditions TPN, la plupart des molecules ~ ont une vitesse differente
etant donne qu' elle entre en
collision avec les autres de cette valeur. La figure 4.19 represente la repartition reelle des vitesses des
particules ou avec les parois molecules d'oxygene dans des conditions TPN. On y indique les nombres relatifs de
du contenant. molecules de gaz qui se deplacent a une vitesse donnee.
4.7 Effusion et diffusion 163
Solution
L'expression de la vitesse quadratique moyenne est
Uquadr = ffj-
0 4Xl02 8xl02
On sait que T =25 oc + 273 =298 K et que R =8,315 J/K ·mol. Quant a M, la masse
vitesse molt\culaire (m/s)
d'une mole d'helium, exprimee en kg, elle est de
rJgure 4.19
M = 400_£X l kg =400X 10- kg/mol 3 Distribution du nombre relatif de
' mol 1000% ' molecules 02 qui possedent une
vitesse donnee, dans les
Par consequent conditions TPN.
1
3(8,3145 - -)(298 K)
Uquadr=
[Link] 186X 106 ___!___
, kg
4
,
oox w- 3 Jll(1f
kg
lsg-m
1,86X 106 )i·s2 - 1,36X 103 rnls
II est a remarquer que les unites obtenues (rnls) conviennent a l'expression d'une
vitesse.
(Voir les exerdtes 4.71 et 4.72)
Lorsqu' on decrit le melange des gaz, on utilise le terme diffusion. Ainsi, dans les
premiers rangs d' une classe, quand on laisse s' echapper d' un flacon one petite quan-
tite d'ammoniac a l'odeur acre, il faut on certain temps avant que chacun pen;oive
cette odeur, puisqu'il faut uncertain temps aI' ammoniac pour se melanger a l'air. La
vitesse de diffusion est done Ia vitesse de melange des gaz. Pour designer le passage
d' on gaz, par un tres petit orifice, d' on compartiment a on autre dans lequel on a fait
le vide, on utilise le terme effusion (voir lafigure 4.21). La vitesse d'effusion est Ia
vitesse a laquelle un gaz passe dans Ie compartiment sous vide.
Effusion
Le chimiste ecossais Thomas Graham (1805-1869) decouvrit experimentalement
que Ia vitesse d'effusion d'un gaz etait inversement proportionnelle a Ia racine carree
de Ia masse des particules de ce gaz. En d'autres termes, le rapport entre les vitesses
relatives d'effusion de deux gaz, aIa meme temperature, est egal a !'inverse du rap-
port entre les racines carrees des masses des particules de ces gaz.
ou M 1 et Mz sont les masses molaires des gaz. C'est ce qu'on appelle Ia loi de Ia
vitesse d'effusion de Graham.
Solution
II faut d' abord calculer les masses molaires: celle de Hz est de 2,016 g/mol et celle
de UF6 , de 352,02 g/mol. Selon la loi de Graham
La vitesse d' effusion des molecules de Hz, tres legeres, est environ 13 fois superieure
a celle des molecules de UF6 , tres lourdes.
(Voir les exerckes 4.79 a 4.82)
Est-ce que Ia theorie cinetique des gaz permet de predire les vitesses d'effusion
relatives des gaz decrites par Ia Joi de Graham? Pour repondre a cette question, il faut
d' abord savoir que Ia vitesse d' effusion d'un gaz est directement fonction de Ia vitesse
moyenne de ses particules. Plus Jes particules se deplacent rapidement, plus elles ont
de chances de passer par le petit orifice. Selon ce raisonnement, on peut predire que,
pour deux gaz a Ia meme temperature T,
4.7 Effusion et diffusion 165
Figure 4.21
Effusion d'un gaz dans un compartiment dans lequel on a fait le vide. La
vitesse d ' effusion (vitesse a laquelle le gaz traverse Ia cloison par un trou
de Ia grosseur d'une aiguille) est inversement proportionnelle a
Ia racine carn3e
de Ia masse molaire du gaz.
Figure 4.22
Vitesse d' effusion du gaz 1 Uguadr du gaz 1 =
\1M
= -- 2 Convertisseurs pour I' enrichisse-
Vitesse d'effusion du gaz 2 Uquadr du gaz 2 [JfffVM; ment de !'uranium installes
a l'usine de diffusion gazeuse
V Mz de Paducah (Kentucky).
ouate imbibee
de HCI(aq)
tube de verre air
Comme premiere approximation, on peut s'attendre ace que les distances rela-
tives parcourues par les deux types de molecules sont directement associees a leurs
vitesses relatives.
Figure 4.24
Variations de pV/nRT en fonction 4.8 Goz reels
de p pour divers gaz. les ecarts
par rapport au comportement
ideal (pV/nRT = 1) sont impor- Le gaz parfait est un concept theorique. Aucun gaz n' obeit exactement a Ia loi des gaz
tants. le comportement des gaz parfaits, meme si le comportement de nombreux gaz s'approche du comportement
se rapproche du comportement ideal a basses pressions. On peut done dire que le comportement d'un gaz parfait est
ideal uniquement a basse pres- le comportement dont s'approchent les gaz reels dans certaines conditions.
sion (mains de 1 atm) .
On peut fort bien expliquer le comportement d'un gaz parfait a l'aide d' un mo-
dele simple, Ia theorie cinetique des gaz, a la condition toutefois de poser certaines
hypotheses plutot importantes (aucune interaction entre les particules; un volume
des particules egal a zero). II est cependant important d'etudier le comportement des
203K gaz reels pour determiner jusqu 'a que! point il differe du comportement prevu par Ia
loi des gaz parfaits et quelles modifications il faudrait apporter a la theorie cinetique
1,8
des gaz pour rendre compte du comportement observe. Tout modele etant une
293 K
approximation - et inevitablement, il sera un jour pris en defaut - il faut tirer profit
1,4 de tels echecs. En fait, les faiblesses d' un modele ou d'une theorie nous en appren-
~ ; 673 K nent souvent plus sur Ja nature que ses reussites.
nRT
1,0 --------- .- --- -·~ r::al Examinons d'abord le comportement experimental des gaz reels. Pour ce faire, on
mesure habituellement Ia pression, le volume, Ia temperature et le nombre de moles
0,6 ' - - - - ' - - - - ' - - . . . . . L . - - - ' de gaz, puis on etudie Ia variation de pV/nRT en fonction de Ia pression. La figure
0 200 400 600 800
p (MPa) 4.24 represente Ia variation de p V!nRT en fonction de p pour plusieurs gaz. Dans le
cas d'un gaz parfait, pV!nRT= I, et ce. quelles que soient les conditions. Or, dans le
Figure 4.25 cas d' un gaz reel, Ia valeur de pV!nRT n'avoisine I qu'a de tres basses pressions
Variations de pV/nRT en fonction (generalement a mains de I atm). Pour illustrer l'influence de Ia temperature.
de p pour l'azote, trois a representons graphiquement Ia variation de pV!nRTen fonction de p, pour !'azote, a
temperatures differentes. On plusieurs temperatures (voir La figure 4.25). On remarque que le comportement du
remarque que, meme si le com-
gaz se rapproche du comportement ideal au fur et a mesure que Ia temperature aug-
portement n'est pas ideal dans
chacun des cas, les ecarts mente. La plus importante conclusion qu 'on puisse tirer de l'etude de ces graphiques
diminuent quand Ia temperature est Ia suivante: le comportement d'un gaz reel se rapproche d'autant plus du com-
augmente. portement d' un gaz ideal que sa pression estfaible et sa temperature elevee.
4.8 Gaz reels 167
Pour comprendre cette influence, on peut utiliser le modele suivant: quand deux
particules de gaz s'approchent l'une de I' autre, les forces d'attraction qui s'exercent Nous aborderons au chapitre 8
entre elles font en sorte que ces particules heurtent la paroi avec legerement moins de l'etude des forces d'attraction
entre les molecules.
puissance qu' elles ne le feraient en I' absence de toute interaction (voir Ia figure 4.26).
L'importance du facteur de correction depend done de Ia concentration des
molecules de gaz, n/V, exprimee en moles de particules par litre. Plus Ia concentra-
tion est elevee, plus il y a de chances que deux particules de gaz soient situees suf-
fisamment pres I' une de I' autre pours' attirer mutuellement. Pour un nombre tres eleve
de particules, le nombre de paires de particules qui interagissent est fonction du carre
du nombre de particules et, par consequent, du carre de Ia concentration (n!V?. En
voici Ia preuve. Dans un echantillon de gaz qui contient N particules, chaque parti-
cule dispose deN- 1 partenaires (voir Ia figure 4.27). Puisque Ia paire CD ... @ est Ia
meme que la paire @ ... CD, on a compte chaque paire deux fois. Ainsi, pour N parti-
cules, on retrouve N(N - 1)/2 paires possibles; siN est un tres grand nombre, N - 1
est approximativement egal aN; il y a done fV2/2 paires possibles. Par consequent, la
correction a apporter a Ia pression ideale pour tenir compte de l'attraction mutuelle
a
r
des particules prend la forme suivante : On a present tenu compte et du
volume reel des particules et des
Pobs = p' - a(~ forces d 'attraction qui s'exercent
entre elles.
168 Chapitre Quatre Les gaz
Figure 4.26
ou a est une constante de proportionnalite (qui tient compte du facteur 112 provenant
a) Gaz a
foible concentration.
de NL/2). La valeur de a pour un gaz reel donne peut etre determinee en observant le
II y a relativement peu d'interac-
tions des particules. La particule comportement d'un gaz reeL Lorsqu'on apporte les corrections appropriees en ce qui
de gaz illustree exerce sur Ia concerne le volume des particules et les attractions entre les particules, I' equation
paroi une pression qui se rap-
proche de celle predite pour un
prend Ia forme suivante : = nRT _a(!!_) 2
a Pobs V-nb V
gaz parfait. b) Gaz forte con-
centration. II y a de nombreuses
interactions des particules. La par-
/.
pressiOn voI ume
l -z. ~
correctiOn
~ .
correctiOn
ticule de gaz illustree exerce sur observee du applicable applicable
Ia paroi une pression bien plus contenant au volume a la pression
foible que celle prevue en
!'absence d'interactions. Finalement. on peut rearranger !'equation pour obtenir l'equation de van der
Waals, soit
'-------v------
pression corrigee volume corrige
Pour designer P obs, on utilise
P idcal Videal
habituellement p.
Pour determiner les valeurs des facteurs de ponderation a et b. on ajuste I' equa-
tion, pour un gaz donne, en fonction des valeurs experimentales. Autrement dit, on
modifie les valeurs de a et de b jusqu' a ce que la valeur de la pression calculee soit la
plus voisine possible de la valeur experimentale, dans diverses conditions. Le tableau
4.3 presente la liste des valeurs de a et de b pour divers gaz.
Des etudes experimentales montrent que les modifications apportees par van der
Waals aux hypotheses de base de Ia theorie cinetique des gaz corrigent effectivement
2 les principales imperfections de ce modele. D'abord, considerons ]'influence du vo-
gaz a(kPa·L )
mol2 b(!l) lume. Dans le cas d'un gaz soumis a une basse pression (volume important). le vo-
lume du contenant est gigantesque par rapport au volume des particules de gaz,
He 3,45 0,0237
Autrement dit, le volume dont dispose le gaz est essentiellement egal au volume du
Ne 21,4 0,0171
' Ar 137 0,0322
contenant; le gaz a done un comportement ideal. Par contre, dans le cas d'un gaz
Kr 235 0,0398 soumis a une haute pression (faible volume), le volume des particules prend une
·· Xe 425 0,0511 importance telle que le volume dont dispose le gaz est considerablement inferieur au
H2 24,7 0,0266 volume du contenant (voir lafigure 4.28). On constate au tableau 4.3 que la valeur de
Nz 141 0,0391 Ia constante b (qu'on utilise pour effectuer Ia correction applicable au volume) aug-
02 138 0.0318 mente en general en fonction de la grosseur de Ia molecule de gaz, ce qui confirme la
C}z 658 0,0562 validite de ]'argumentation avancee.
;coz 364 0,0427 Le modele de van der Waals permet egalement d'expliquer qu'un gaz reel tend a
CH4 228 0,0428 se comporter de fa~on ideale a haute temperature. En effet, a haute temperature, les
NH3 423 0,0371 particules se deplacent si rapidement que !'influence des interactions des particules
,~~0 553 0,0305
perd de I' importance.
4.9 Rlmctions chimiques dans I'atmosphere 169
Tableau 4.4
Nz 0,780 84
Figure 4.28 02 0,209 48
Ar 0.009 34
Le volume occupe par les parti-
cules de gaz est relativement C02 0.000330
moins important en a) (grand Ne 0,000 018 18
volume, foible pression) qu' en Be 0,000 005 24
a) b) b) (petit volume, forte pression). CRt 0,000 002
Kr 0,000 001 14
Hz 0,000 000 5
Etant donne que les corrections apportees par van der Waals a Ia theorie cinetique NO 0,000 000 5
des gaz sont logiques, on peut quasiment affirmer qu'on comprend maintenant les Xe 0.000 000 087
principes fondamentaux qui sous-tendent le comportement des gaz au niveau * l' ;.1tmosphere contient des quantites
moleculaire. Cela est d'aurant plus capital que de nombreuses reactions chimiques .variables de vapeur d'eau; tout depend
de~ conditions atmospheriques.
impottantes ont lieu dans I' air. D. ailleurs, le melange de gaz appele «atmosphere»
est essentiel a Ia vie. AIa section 4.9, nous etudierons certaines reactions importantes
qui ont lieu dans I' atmosphere.
de I' atmosphere au niveau de Ia mer, abstraction faite de Ia vapeur d'eau. A cause de 500
!'influence de Ia gravitation, Ia composition de !'atmosphere terrestre n'est pas cons- w-•o
tante: les molecules les plus lourdes ont ten dance a demeurer pres de Ia surface de Ia
Terre, alors que les molecules plus legeres migrent vers les hautes altitudes et, finale-
ment, s'echappenl dans l'espace. L'atmosphere constitue un systeme dynamique tres
complexe; cependant, pour plus de commodite, on Ia divise en plusieurs couches, - - 20
<!)
-g
determinees apartir des variations de temperature en fonction de I' altitude. (La couche
Ia plus basse, appelee troposphere, est indiquee a Ia figure 4.29.) On remarque que, LO ~
contrairement a Ia temperature, qui varie en fonction de I' altitude de fa~on tres com-
plexe dans I' atmosphere, Ia pression diminue tres regulierement.
Les reactions chimiques qui ont lieu dans Ia haute atmosphere sont principale-
ment determinees par !'influence des radiations a haute energie et des particules
provenant du Soleil et d' autres endroits de I' espace. En fait, la haute atmosphere joue
le role d' unimportant bouclier qui empeche les radiations a haute energie d' atteindre - 100 - 50 0
Ia Terre, oil elles pounaienl causer des dommages importants aux molecules rela- temperature ("C)
tivement fragiles essentielles au maintien de Ia vie. Par exemple, dans la haute atmo-
Figure 4.29
sphere, I' ozone empeche les radiations ultraviolettes a haute energie de parvenir a la
Variations de Ia temperature et
Terre. Actuellemenl, on effectue des recherches intensives dans le but de determiner
de Ia pression en fonction de
quels facteurs naturels modifient Ia concentration de I' ozone et quel role jouent les I' altitude. La pression decrolt de
produits chimiques liberes dans I' atmosphere dans ces modifications. fa<;:on reguliere avec !'altitude,
Les reactions chimiques qui ont lieu dans la tmposphere (Ia couche de !'atmo- alors que Ia temperature varie
sphere Ia plus voisine de la surface de Ia Terre) sont fortement influencees par de fa<;:on tres irreguliere.
170 Chapilre Oualre Les gaz
-
0 ?. 0 0 0 0 ?.
..0 00 0 ii ~ ..0 00 Les deux principales sources de pollution sont les moyens de transport et les cen-
heure de la journee trales electriques thermiques. Dans les gaz d'echappement des automobiles, on
trouve du CO, du C02 , du NO et du N02 , ainsi que des molecules d'hydrocarbures
Figure 4.30 non consumees. Quand un tel melange stagne pres du sol, des reactions ont lieu qui
Variations de Ia concentration entrainent la formation de produits chimiques irritants et dangereux pour les sys-
(nombre de molecules par million temes vivants.
de molecules d'«air») de La chimie complexe de Ia pollution de l'air gravite autour des oxydes d'azote,
quelques composants du smog
NOx. Aux hautes temperatures qui existent dans les moteurs des camions et des auto-
photochimique en fonction de
l'heure du jour.
mobiles, les gaz N 2 et 0 2 reagissent pour produire une petite quantite de NO, qui est
libere dans I' air avec les gaz d'echappement (voir lafigure 4.30). Dans I' air, NO est
oxyde en N0 2 qui, a son tour, absorbe de l'energie solaire et se scinde en oxyde
nitrique et en atomes d' oxygene libres.
energie
radiante
NOz(g) NO(g) +O(g)
Les atomes d' oxygene, tres reactifs, peuvent se combiner a 0 2 pour produire de
1' ozone.
O(g) + Oz(g) - 03(g)
L'ozone est egalement tres reactif et peut reagir directement avec d'autres pol-
luants; il peut aussi absorber Ia lumiere et se dissocier pour former une molecule 0 2
excitee (02 *) et un atome d' oxygene excite (0*). Ce dernier reagit rapidement avec
une molecule d'eau pour former deux radicaux hydroxyles (OH):
O*+H20 - 20H
Le radical OH n'a aucune charge ; Le radical hydroxyle est un agent oxydant tres reactif. Par exemple, OH peut rea-
il possede un electron de moins que gir avec N02 pour donner de 1' acide nitrique:
l'ion hydroxyde {OH-) .
OH + N02 - HN0 3
Le radical OH peut aussi reagir avec les hydrocarbures non consumes de l'air pol-
lue, ce qui entraine la formation de produits chimiques irritants pour les yeux et dan-
gereux pour I' appareil respiratoire.
Ce processus aboutit souvent a Ia formation du smog photochimique, ainsi
appele a cause de Ia necessite de Ia presence de lumiere pour amorcer quelques-unes
des reactions qui y ont lieu. On comprend plus facilement la production du smog
photochimique lorsqu'on examine les reactions ci-dessous.
NOz(g) - NO(g) + O(g)
O(g) + Oz(g) - 03(g)
NO(g) + 10z(g) - NOz(g)
Bien qu'on le represente comme etant
0 2 , I' oxydant reel de NO est OH ou reaction globale :
un peroxyde organique tel que
CH3COO, forme par oxydation des On remarque que les molecules N02 contribuent a Ia formation de I' ozone sans
polluants organiques. etre elles-memes utilisees. L'ozone produit alors d'autres agents polluants, tel OH.
4.9 Reactions chimiques dans I'atmosphere 1 71
ortant
Figure 4.32
vers Ia Representation schematique du
cheminee processus utilise pour laver les
chambre de combustion
gaz produits par les centrales
electriques du dioxyde de soufre
bouillie de CaS03 qu'ils contiennent.
Resume
Des trois etats de Ia matiere, I' etat gazeux est celui qu' on comprend le plus facilement
sur les plans experimental et tbeorique. On peut decrire un gaz quantitativement en
determinant quatre proprietes: volume, pression, temperature et concentration.
Pour mesurer Ia pression atmospherique. on utilise un barometre et, en labora-
toire, pour mesurer Ia pression des gaz, on utilise un manometre. Ces deux appareils
sont composes d'une colonne remplie de mercure; l'une des unites utilisees pour
exprimer Ia pression est basee sur Ia hauteur de cette colonne exprimee en mil-
limetres: 1 mmHg = 1 torr; I atmosphere standard= 1 atm = 769 torr= 101,325 kPa.
Les premieres experiences relatives au comportement des gaz concernaient les
relations qui existent entre les quatre proprietes caracteristiques. Selon la loi de
Boyle-Mariotte, a une temperature constante, le volume d'un gaz donne est inver-
sement proportionnel asa pression. Selon Ia loi de Charles, aune pression constante,
Je volume d'un gaz est directement proportionnel a sa temperature exprimee en
kelvins. A une temperature de -273,] 5 oc (0 K), on peut verifier, par extrapolation,
que le volume d'un gaz est nul; on appelle cette temperature le «zero absolu ». Selon
Ia Joi d' Avogadro, des volumes egaux de gaz differents, mesures dans les memes
conditions de temperature et de pression, contiennent le meme nombre de particules.
En regroupant ces trois lois, on obtient la Ioi des gaz parfaits, soit
pV= nRT
ouR est Ia constante molaire des gaz (8,315 kPa·LIK·mol).
On peut, a l' aide de cette equation, determiner Ia valeur de toute propriete carac-
teristique d'un gaz, a Ia condition d'en conna!tre les trois autres. La loi des gaz par-
faits decrit le comportement dont se rapproche celui des gaz reels a basse pression et
ahaute temperature.
174 Chopitre Ouotre Les goz
On appelle volume molaire (22,42 L) le volume occupe par un gaz ideal. aux con-
ditions TPN (temperature et pression normales), soit 0 oc et 101,3 [Link].
On determine Ia pression d'un melange de gaz aI' aide de la loi des pressions par-
tielles de Dalton, selon laquelle Ia pression totale d'un melange de gaz place dans un
contenant est egale a Ia somme des pressions que chacun des gaz exercerait s'il y
etait seul (sa pression partielle). Autrement dit,
PTOTALE= PI+ P2 + P 3 + ... + p,
Pour calculer Ia fraction molaire d'un composant donne d'un melange de gaz, on
peut utiliser le rapport entre la pression partielle de ce composant et Ia pression totale
des gaz.
La theorie cinetique des gaz est on modele theorique qui rend compte du com-
portement des gaz parfaits. Selon ce modele, le volume des particules de gaz est nul,
il n'existe aucune interaction des particules, les particules sont en mouvement cons-
tant, et Ia pression resulte des collisions entre les particules et les parois du con tenant.
Par ailleurs, toujours selon ce modele, l'energie cinetique moyenne des particules de
gaz est directement proportionnelle a Ia temperature du gaz exprimee en kelvins.
On peut calculer Ia vitesse quadrati que moyenne des particules d' on gaz lorsqu' on
connai't la temperature et Ia masse molaire de ce gaz. Dans tout echantillon de gaz,
on trouve une vaste gamme de vitesses, etant donne que les particules de gaz entrent
en collision et echangent de l'energie cinetique. Toute augmentation de Ia tempera-
ture entrai'ne une augmentation de Ia vitesse moyenne des particules de gaz. Les
vitesses relatives de diffusion (melange de gaz) et d'effusion (passage d'un gaz, par
un petit orifice, dans un companiment ou regne le vide) sont inversement propor-
tionnelles a Ia racine carree de Ia masse molaire des gaz en question.
Le comportement des gaz reels se rapproche de celui des gaz parfaits uniquement
a haute temperature eta basse pression. Pour rendre compte du fait que les particules
de gaz reels occupent effectivement on volume et interagissent, on utilise !'equation
de van der Waals, qui est une modification de 1' equation des gaz paifaits.
Mots des
Section 4.1 Section 4.3 Section 4.7
barometre constante molaire des gaz diffusion
manometre loi des gaz parfaits effusion
mmHg loi de Ia vitesse d' effusion de Graham
torr Section 4.4
atmosphere standard volume molaire Section 4.8
pascal (Pa) temperature et pression normales (TPN) gaz reel
equation de van der Waals
Section 4.2 Section 4.5
loi de Boyle-Mariotte loi des pressions partielles de Dalton Section 4.9
gaz ideal pression partielle atmosphere
loi de Charles fraction molaire pollution atmospherique
zero absolu smog photochimique
Section 4.6 pluies acides
loi d' Avogadro
theorie cinetique des gaz
vitesse quadratique moyenne
joule (J)
Questions adisruter en dosse 17 5
36. Que! volume occupe 2,0 g de He, a 25 oc et a 17 5 mm Hg? Quel volume d'oxygene, mesure a 30 oc et %,7 kPa, peut-on
produire grace a Ia decomposition complete de 4,1 g d'oxyde
37. Un certain ballon ne peut etre gonfle a un volume superieur mercurique?
a 2,5 LSi ce ballon est rempli de 2,0 L d'helium au niveau
de Ia mer, qu'il est reHiche et monte a une altitude ou la pres- 49. En 1897, l'explorateur suedois Andree a essaye d'atteindre le
sion atmospherique n'est que de 500 mm Hg, est-ce que le p6le Nord en ballon. Ce dernier etait rempli d' hydrogene. On
ballon eclatera ? (Supposez que Ia temperature soit constante.) avait prepare l"hydrogene en faisant reagir des copeaux de fer
38. Un ballon a un volume de 175 cm3 a 19 oc. AqueUe tempera- avec de 1'acide sulfurique dilue. La reaction en cause est Ia
ture le volume du ballon aura-t-il augmente de 25,0 % (a pres- suivante :
sion constante)? Fe(s) + HzS04(aq) ~ FeS04(aq) + H2(g)
Le volume du ballon etait de 4800 m 3 et Ia perte d' hydrogene
39. Un cylindre de gaz comprime, a 13,7 MPa et a 23 oc, est situe durant le remplissage a ete evaluee a 20 %. QueUes masses
dans une piece ou un incendie fait rage. La temperature monte de fer et de H 2 S04 a 98 % (en masse) ont ete necessaires pour
a 450 oc. QueUe est la nouvelle pression dans le cylindre? gonfler completement le ballon? Supposer une temperature
40. Un contenant est rempli d'un gaz parfait a 40,0 atm et 0 °C. de 0 °C, une pression de 1,0 atm durant le remplissage et un
a) QueUe sera Ia pression du gaz si on le chauffe a 45 oc ? rendement de 100 %.
b) A queUe temperature Ia pression sera-t-elle de 1,50 X 50. Faisons reagir 50,0 mL de methanolliquide, CH30H (masse
102 atm? volumique = 0,850 g/mL), et 22,8 L de 0 2 a 27 °C et a
c) A quelle temperature Ia pression sera-t-elle de 25,0 atm? 2,00 atm. Les produits de Ia reaction sont C02 (g) et H 20 (g).
41. Un gaz parfait occupe un cylindre de 5,0 X 102 mL de vo- Calculer le nombre de moles de H20 formees si Ia reaction est
lume; Ia temperature est de 30,0 oc et Ia pression de 95 kPa. complete.
On ramene le volume du gaz a 25 mL et on augmente Ia tem- 51. Un contenant en nickel de 20,0 L est rempli de xenon a une
perature a 820 oc. QueUe est Ia nouvelle pression? pression de 0,500 atm et de fluor a une pression de 1,50 atm,
42. Un reservoir en acier contient 150 mol d'argon, a 25 oc eta Ie tout a une temperature de 400 oc. Le xenon et le fluor
7,5 MPa. A pres avoir utilise une certaine quantite d' argon, on reagissent pour former le tetrafluorure de xenon. Quelle masse
note que Ia pression est reduite a 2,0 MPa et Ia temperature, a de tetrafluorure de xenon peut etre produite si le rendement
19 oc. QueUe masse d'argon reste-t-il dans le reservoir ? est de 100 % ?
43. On remplit un ballon d'helium, a 25 oc. Le ballon se gonfle 52. Dans les engrais, I' azote est sou vent present sous forme
a un volume de 855 L jusqu' ace que Ia pression soit egale a d'uree, H 2NCONH2 . Commercialement, on produit l'uree en
Ia pression barometrique (720 torr). Ce ballon s'eleve a une faisant reagir de I' ammoniac et du dioxyde de carbone.
altitude de 1830 m, ou Ia pression est de 605 torr et Ia tem- 2NH3(g) + C02(g) chal~ur HzNCONHz(s) + H20(g)
pressiOn
perature, de 15 oc. Quel est le volume du ballon a cette alti-
tude, par rapport a son volume initial ? L' ammoniac, a 223 °C et a 90 atm, penetre dans le reacteur a
une vitesse de 500 Llmin. Le dioxyde de carbone a 223 oc et
44. Soit 4,00 g d'helium a -73 oc et a 760 torr qui sont chauffes
45 atm penetre dans le reacteur a une vitesse de 600 Llmin.
jusqu'a 127 oc eta 7600 torr. Calculez le changement de vo-
QueUe masse d'uree est produite par minute par cette reaction,
lume qui surviendra.
en supposant un rendement de 100 % ?
56. La formule empirique d'un compose est CHCI. Un ballon de 65. Un echantillon d'azote est recueilli par deplacement d'eau a
256 mL contiem, a 373 K et a 100 kPa, 0,80 g de ce compose 20 oc et a une pression totale de 1.00 atm. On recueiUe un
a l' etat gazeux. Quelle est la formule moleculaire de ce com- volume total de 2,50 X 102 mL. Quelle est Ia masse d'azote
pose? recueillie? (A 20 °C, Ia pression de vapeur d'eau est de
17,5 torr.)
57. Le tetrachlorure de silicium (SiCI4 ) et Ie trichlorosilane
(SiHCl3) servent a Ia fabrication de silicium de qualite elec- 66. On recueille de I' oxygene par deplacement d'eau a 25 oc eta
tronique. Calculez les masses volumiques du SiC4 pur et du une pression totale de 641 torr. Le volume de gaz recueilli est
SiHCl3 pur tous deux gazeux, a 85 oc et a 758 torr. de 500,0 mL. QueUe est Ia masse d' oxygene recueillie? (A
25 °C, Ia pression de Ia vapeur d'eau est de 23,8 torr.)
58. Calculez Ia masse volumique de !'ammoniac. a 27 oc et a
635 torr. 67. On peut preparer de !'oxygene en laboratoire en petites quan-
tites par decomposition thermique du chlorate de potassium :
59. On place un bloc de glace seche (du dioxyde de carbone KCIs)+
(
solide) de 5,6 g dans un contenant de 4,0 L, qui ne contient 2 Kc I 0 3(s) chaleur
- 2 3 Oz(g)
rien d'autre, a 27 °C. Quand Ia totalite du dioxyde de carbone Si on chauffe 3,70 g de KCI03, que! volume de gaz pourra-
est passee a l'etat gazeux, quelle est Ia pression dans le con- t-on recueillir par deplacement d'eau, a 27 oc eta 735 torr?
tenant? Si on place les 5,6 g de dioxyde de carbone solide (A 27 °C, Ia pression de vapeur d'eau est de 26,7 torr.)
dans le meme contenant, mais que celui-ci contienne deja de 68. A haute temperature, le chlorate de sodium se decompose en
I' air a 99 kPa, queUe est la pression partieUe du dioxyde de chlorure de sodium et en oxygene. Un echantillon de 0,8765 g
carbone et Ia pression totale dans le contenant quand Ia to- de chlorate de sodium impur est chauffe jusqu'a ce que la pro-
talite du dioxyde de carbone est passee a l'etat gazeux? duction d'oxygene cesse. L'oxygene est recueilli par depla-
60. On place un melange de 1,00 g de Hz et de 1,00 g de He dans cement d'eau et occupe un volume de 57,2 mL, a 22 aceta
un contenant de 1,00 L, a 27 oc. Calculez Ia pression partielle 734 torr. Calculer le pourcentage massique de NaCI03 dans
de chaque gaz. de meme que la pression totale. l'echantiUon original. (A 22 °C, la pression de vapeur d'eau
est de 19,8 torr.)
61. Soit 1e ballon illustre ci-dessous. QueUes sont les pressions
partielles finales de Hz et de N 2 apres qu'on a ouvertle robi-
net situe entre les deux ballons? (Supposez que le volume to- Tbeorie cinetique cles gaz et gaz reels
tal est de 3,00 L.) QueUe est Ia pression totale (en torr)? 69. Calculez I' energie cinetique moyenne des molecules C~ a
-;/ ---- ~
273 K et a 546 K.
/~/f \,
70. Calculez l' energie cinetique moyenne des molecules N2 a
273 K eta 546 K.
augmentent, diminuent ou demeurent les memes dans les dif- Chimie de /'atmosphere
ferentes conditions suivantes?
a) Augmentation de Ia temperature a 100 ac,
85. A I' aide des donnees du tableau 4.4, calculez Ia pression par-
tielle du NO dans l' air sec. en supposant que la pression totale
b) Diminution de Ia temperature a 50 ac.
soit de 1.0 atm. En supposant que la temperature soit de 0 oc,
c) Compression du volume a 0,5 L.
calculez le nombre de molecules NO par centimetre cube.
d) Doublement du nombre de moles du neon.
86. AI' aide des donnees du tableau 4.4, calculez la pression par-
77. Soit trois ballons identiques remplis de gaz differents : tielle de He dans !' air sec en supposant que Ia pression totale
Bailon A : CO, a 760 torr et a 0 ac ; soit de 1,0 atm. En supposant que Ia temperature soit de 25 ac,
Bailon B: Nz, a 250 torr et a 0 ac; calculez le nombre d'atomes He par centimetre cube.
Bailon C: H z, a 760 torr et a 0 °C.
a) Dans quel ballon l' energie cinetique moyenne des 87. On preleve un echantillon d'air de 10,0 L a une altitude de
molecules est-elle Ia plus elevee? 1,00 X 102 km. Quel seraitle volume de l'echantillon dans
b) Dans quel ballon Ia vitesse moyenne des molecules est-elle des conditions TPN? (Voir la figure 4.29.)
Ia plus elevee? 88. On preleve un echantillon d' air de 1.0 L, a 25 ac, au niveau de
78. Soit des echantillons distincts de I ,0 L de He, de C~, de Ne, Ia mer (1 ,00 atm). Que! serait le volume de cet echantillon
deAr, tous dans des conditions TPN. d' air a une altitude de 15 Ian?
a) Classez les gaz par ordre croissant de leur energie cine-
89. Ecrivez les reactions qui dans I' atmosphere donnent naissance
tique moyenne.
a l'acide nitrique eta l'acide sulfurique.
b) Classez les gaz par ordre croissant de leur vitesse
moyenne. 90. Ecrivez les reactions qui decrivent I' action des acides nitrique
c) Comment des echantillons distincts de He et de Ne et sulfurique presents dans les pluies acides avec le marbre et
peuvent-ils avoir tous deux Ia meme vitesse moyenne? le calcaire. (Le marbre et le calcaire sont tous deux du carbo-
nate de calcium.)
79. On evalue Ia vitesse d'effusion d' un gaz inconnu a
31 ,50 mLimin. Dans des conditions experimentales iden-
tiques, la vitesse d'effusion de 0 2 est de 30.50 mL/min. Parmi
les gaz suivants. C~ . CO. NO. C02 et N02 , lequel est le gaz
Exertites supplementaires
inconnu? 91. Tracez un graphique qui montre La variation de Ia premiere
80. La vitesse d'effusion d'un gaz donne est evaluee a variable en fonction de Ia variation de Ia seconde dans les cas
24,0 mLimin. Dans les memes conditions, Ia vitesse d'effu- suivants (supposez qu'il y ait 1 mol de gaz ideal et que T soit
sion du methane pur (C~) est de 47,8 mL/min. Quelle est Ia en kelvins).
masse molaire du gaz inconnu? a) p V en fonction de V, a T constante.
b) p en fonction de T, a V constant.
81. Pour separer les isotopes d'oxygene, on peut recourir a l'ef- c) Ten tonction de V, a p constante.
fusion du monoxyde de carbone. Calculer les vitesses d'effu- d) p en fonction de V, a T constante.
sion relatives de 12C 16 0 , de 1ZC 170 et de 1ZC 18 0 . Identifiez e) pen fonction de LIV, aT constante.
les avantages et les inconvenients d'utiliser I' effusion gazeuse f) p VIT en fonction de p.
du dioxyde de carbone au lieu de celle du monoxyde de car- 92. Dans des conditions TPN, 1,0 L de Br2 reagit totalement avec
bone, pour separer les isotopes d'oxygene. 3,0 L de F 2 , donnant naissance a 2,0 L d'un produit. Quelle est
82. ll faut 4,5 minutes a 1,0 L d'helium pour qu'il y ait effusion a Ia formule de ce produit? (Toutes ces substances sont des gaz).
travers une paroi poreuse. Combien faudra-t-il de temps a
93. Un ballon en verre contient 28 g d'azote gazeux. En suppusant
1,0 L de Cl2 pour en faire autant dans des conditions iden-
qu' il s' agisse d'un gaz parfait, dites lesquels des gestes
tiques?
enumeres ci-dessous feront doubler Ia pression exercee sur les
83. Calculez Ia pression exercee par 0,5000 mol de N 2 dans un parois du ballon.
contenant de 1,0000 L, a 25,0 ac a) L'addition d'une quantite suffisante de mercure pour rem-
a) d' apres Ia loi des gaz parfaits ; plir le ballon de moitie.
b) d' apres !' equation de van der Waals. b) L' elevation de Ia temperature du ballon de 30 ac a 60 ac_
Comparez ces deux resultats. c) L'augmentation de Ia temperature du ballon de -73 ac a
84. Calculez Ia pression exercee par 0,5000 mol de N2 dans un 127 °C.
contenant de 10,000 L, a 25,0 ac d) L' addition de 28 g d' oxygene gazeux.
a) d' apres Ia loi des gaz parfaits; e) L'addition de 32 g d'oxygene gazeux.
b) d' apres !'equation de van der Waals. 94. On fait le vide dans un contenant de 1,00 L jusqu' a ce que !a
Comparez les resultats obtenus. Comparez egalement ces pression atteigne 1.00 X 1o-6 torr, a 22 °C. Com bien de
resultats a ceux de l'exercice 83. molecules de gaz y a-t-il encore dans le contenant?
Exercices 1 81
95. Un reservoir de 15,0 L est rempli de H2 a une pression de une supposition erronee), quelle est la pression du C02
2,00 X 102 atm. Combien de ballons (chacun ayant un volume present dans La bouteille, a 25 oc? (La masse volumique de
de 2,00 L) peuvent etre gonfles a une pression de 1,00 atm a I' ethanol est de 0,79 g/cm 3 .)
partir de ce reservoir? Supposez qu' il n 'y a aucun changement 102. Dans un contenant en acier inoxydable de 20,0 L, on introduit
de temperature et que Ia pression dans le reservoir ne puisse 2,00 atm d'hydrogene gazeux et 3,00 atm d'oxygene gazeux.
etre inferieure a I ,00 atm. Une etincelle declenche Ia reaction et il y a production d'eau.
96. On gonfle le pneu d'une bicyclette avec de I' air a une pression Quelle est Ia pression dans le reservoir a 25 oc? A 125 oc?
de 610 kPa, a une temperature de 19 ac. En circulant a bicy- 103. A Ia temperature ambiante, l'hexafluorure d'uranium est un
clette sur I' asphalte par une joumee chaude, on fait augmenter solide, mais iL sublime a 56 °C. Quelle est Ia masse volumique
la temperature du pneu a 58 ac. Le volume du pneu augmente de I'hexafluorure de sodium a 60 oc eta 745 torr?
de 4,0 %. Quelle est la nouvelle pression dans Le pneu?
104. Au cours du xrx:e siecle, un des sujets de controverse concer-
97. Soit les trois ballons illustres ci-dessous. En supposant que le nait I' element beryllium, Be. Selon Berzelius, le beryllium
volume des tubes de raccordement soit negligeable, queUes etait un element trivalent tformant des ions Be3+), dont I' oxyde
sont les pressions partielles des gaz en presence et Ia pression avail pour formule Be~03 , ce qui conferait au beryllium une
totale, lorsque tous les robinets sont ouverts? masse atomique calculee de 13,5. Lorsqu'il etablit son tableau
periodique, Mendelelev considera le beryllium comme un ele-
,,---- - ---------- - ----·- - ---- ~------ , . ment divalent (formant des ions (Be2+), dont l'oxyde avait pour
i formule BeO. La masse atomique du beryllium etait alors de
9,0. En 1894, A. Combes (Comptes rendus, 1894, p. 1221) fit
reagir du beryllium avec J'anion C5H7 0 2- et calcula Ia masse
volumique du produit gazeux obtenu. Voici les resultats
obtenus par Combes, pour deux experiences distinctes.
II
I' azote present dans ce compose ? (La pression de vapeur de I ,50 L contenant du COz(g) a 30,0 °C et 750 torr. Une fois
d'eau a 25 oc est de 3,17 kPa.) que Ia reaction qui donne naissance au BaC03(s) et au
LOS. Les seuls elements d'un compose sont : C, H et N . Pour CaC0 3(s) est terminee, Ia pression du COz(g) residue! est de
analyser ce compose, un chimiste effectue les experiences 230 torr. Calculez les pourcentages massiques de CaO(s) et de
decrites ci-dessous. BaO(s) dans le melange.
a) ll oxyde completement 35,0 mg de ce compose. II obtient 114. On fait reagir un melange de chrome et de zinc pesant 0,362 g
33,5 mg de COz et 41,1 mg de HzO. avec un exces d'acide chlorhydrique. Une fois que tous les
b) Pour determiner Ia teneur en azote d'un echantillon de metaux ont reagi, on recueille 225 mL d'hydrogene sec, a 27 oc
65,2 mg de ce compose, il utilise Ia methode de Dumas. II et a 750 torr. Determinez le pourcentage massique de Zn dans
obtient 35,6 mL de N z, a 98,7 kPa eta 25 oc. l'echantillon de metal. (Le zinc reagit avec l'acide chlorhy-
c) n determine que Ia vitesse d'effusion du compose est de drique pour former du chlorure de zinc et de l'hydrogene
24,6 mL/min. (La vitesse d'effusion de !'argon, dans des gazeux ; le chrome reagit avec de I' acide chlorhydrique pour
conditions identiques, est de 26,4 mL/min.) donner du chlorure de chrome(III) et de l'hydrogene.)
QueUe est la formule de ce compose? 115. Du methane (C~) est introduit dans une chambre de combus-
109. Considerez le diagramme suivant: tion a une vitesse de 200 Llmin, a I ,50 atm et a Ia temperature
ambiante. De !'air est ajoute a Ia chambre a une pression de
I ,00 atm et a Ia meme temperature. On fait ensuite reagir Je
B melange.
a) Pour s'assurer de Ia combustion complete du CH4 en
COz(g) et en HzO(g), on fait reagir trois fois plus
.· d'oxygene qu'il n'en faut. En supposant que !'air renferme
•.
. ·: A . 21 %(en moles) de Oz et 79% de Nz, calculer le debit de
I' air necessaire pour apporter Ia quantire requise d' oxygene.
b) Dans des conditions identiques a celles decrites en a), Ia
combustion du methane n' est pas complete, car il se forme
Le contenant A (aux parois poreuses) est rempli d' air dans des un melange de COz(g ) et de CO(g ). On determine que
conditions TPN. II est ensuite place dans un plus grand con- 95,0% du carbone dans les gaz d'echappement se trouvent
tenant (B) dont on remplace toute !'atmosphere par Hz(g). dans le COz. Le reste se trouve dans le CO. Calculez Ia
Qu' arrivera-t-il ala pression dans le contenant A? Expliquez composition du gaz d'echappement en termes de fraction
votre reponse. molaire de CO, COz, Oz. N z et H zO. Supposez que le Cl4
ait reagi completement et que le N z n'ait pas reagi.
110. Sans consulter les tableaux de valeurs, tentez de determiner,
116. Un echantillon de methane (C~) contient une petite quantile
parmi les gaz suivants, H z, Nz, CH4, CzH6 et C3Hs, pour
Jequella constante b de I' equation de van der Waals est Ia plus d'helium. Calculez le pourcentage volumique de !'helium si Ia
masse volurnique de J'echantillon est de 0,70902 giL a 0,0 °C
elevee.
eta 1,000 atm.
Ill. En vous referant au tableau 4.3, qui presente Jes valeurs des
117. On calcule la masse totale que peut soulever un ballon en
constantes a de !'equation de van der Waals pour les gaz H z,
faisant Ia difference entre la masse de I' air deplace par le bal-
COz, N z et C~, trouvez dans quel gaz les attractions inter-
lon et Ia masse du gaz que contient ce ballon. Soit un ballon de
moleculaires sont Jes plus fortes.
forme spherique rempli d'air chaud : son diametre est d'envi-
ron 5,0 met !'airy est maintenu a 65 °C. La temperature de
I' air ambiant est de 21 oc. La pression dans le ballon est iden-
Problemes delis tique a Ia pression atmospherique, soit 99 kPa.
112. Un des principaux procedes de production de I' acrylonitrile, a) QueUe masse totale peut soulever ce ballon? Supposez que
C 3 H 3 N, est represente par Ia reaction suivante: Ia masse molaire moyenne de I' air soit de 29,0 g/mol. (Ele-
2C 3H6(g) + 2NH3(g) + 30z(g) ment de reponse: I' air chaud est moins dense que !'air
~ 2C 3 H3N(g) + 6HzO(g) froid.)
On charge un reacteur d'une capacite de 150 L, aux pressions b) Si le ballon etait rempli d'helium, toutes les autres condi-
partielles suivantes, a 25 oc : tions etant identiques, queUe masse le ballon pourrait-il
pc3 H 6 =0.500 MPa soulever?
PNH = 0,800 MPa c) Quelle masse le ballon d'air chaud decrit en a) peut-il
3
Poz = 1,500 MPa soulever s'il est situe au niveau du sol a Denver (Colorado),
QueUe masse d'acrylonitrile peut-on produire a partir de ce ou Ia pression atmospherique normale est de l'ordre de
melange? 84 kPa?
113. Un chimiste pese 5,14 g d'un melange contenant des quantites 118. C' est a basse pression et a haute temperature que Ia loi des gaz
inconnues de BaO(s) et de CaO(s) qu'il place dans un ballon parfaits s'applique le mieux. Montrez comment !'equation dt:
Probleme de synthese 1 83
van der Waals se rapproche de Ia loi des gaz parfaits, dans ces Probleme de synthese
conditions.
119. Les specialistes de I' atmosphere utilisent sou vent des rapports
a
Ce probleme fait appel plusieurs concepts et techniques de
resolution de problemes. Les problemes de synthese peuvent
de melange pour exprimer la concentration de composes
etre util ises en classe par des groupes d ' etudiants pour leur
presents a l'etat de traces dans l'air. Ces rapports de melange
facil iter !' acquisition des habiletes necessaires a Ia resolution
sont sou vent exprimes en parties par million. soit
de problemes .
Parties par million de X=
121. Un contenant en verre vide a une masse de 658,57 g. Une fois
Volume de X dans les conditions TPN le contenant rempli d'azote a une pression de 790 torr et a
--------------------------------- Xl06
Volume total de I' air dans les conditions TPN une temperature de 15 °C, sa masse passe a 659,45 g. Quand
le contenant est vide et rempli d'un autre element (A) a une
Uncertain jour d'automne, la concentration de monoxyde de
pression de 745 torr eta une temperature de 26 °C, sa masse
carbone dans l'air du centre de Denver (Colorado) a atteint
est de 660,6 g. Le compose B, un compose organique gazeux
300 parties par million. La pression atmospherique etait alors
forme a 85,6% de carbone eta 14.4 % d'hydrogene, en masse,
de 83,7 kPa et la temperalUre, de 0 oc.
est introduit dans un recipient en acier inoxydable (10,68 L)
a) Quelle etait Ia pression partielle du CO?
en presence d'un exces d' oxygene. Le recipient est place dans
b) Quelle etait Ia concentration de CO en molecules par metre
un bain a temperature constante de 22 oc. La pression dans
cube?
le recipient est de ll,98 atm. Au fond du recipient se trouve
c) Quelle etait Ia concentration de CO en molecules par cen-
un contenant rempli d' Ascarite et d'un agent dessiccatif. As-
timetre cube?
carite est Ia marque deposee de l'amiante sodee qui sert a
120. II arrive que du formaldehyde, CH20, s'echappe de Ia mousse
retenir quantitativement le gaz carbonique :
d' uree-formaldehyde utilisee comme isolant. La norme
federale concernant Ia quantile permise de CH 2 0 dans 2Na0H(s) + C02 (g) ~ NazC03(s) + HzO(l)
I" air est de 1,0 partie par milliard (definition semblable a celle L' agent dessiccatif est du perchlorate de magnesium anhydre,
de « partie par million» ; voir exercice 119). Com bien cela qui absorbe quantitativement l'eau produite par Ia reaction de
fait-il de molecules par centimetre cube, dans Jes conditions combustion, de meme que l'eau produite par Ia reaction ci-
TPN? Si Ia concentration de formaldehyde est de 1,0 par- dessus. Ni I' Ascarite ni !'agent dessiccatif ne reagissent avec
tie par milliard, queUe est, dans les conditions TPN, Ia quan- le compose B ni avec I' oxygene. La masse totale du con tenant,
tile totale de formaldehyde presente dans une piece de Ascarite et agent dessiccatif compris, est de 765,3 g. La reac-
3,7 m X 6,1 m X 2,4m? tion est declenchee a I' aide d'une etincelle. La pression monte
rapidement, puis commence a diminuer pour atteindre Ia
valeur stable de 6,02 atm. On ouvre delicatement le recipient
en acier inoxydable, et Ia masse du contenant situe a l'in-
terieur est evaluee a 846,7 g. A et B reagissent quantita-
tivement dans un rapport molaire de 1 :1 pour former une mole
d'un seul produit, le gaz C.
a) Quelle masse de C sera produite si 10,0 L de A et 8,6 L de
B (chacun dans des conditions TPN) reagissent a l' ouver-
ture d'un robinet reliant les deux echantillons?
b) QueUe sera Ia pression totale du systeme?
0
n a accumule, depuis 200 a ns, de nombreuses preuves experimentales
Contenu
q ui militent en faveur du modele atomiq ue. Cette theorie s'est revelee a Ia
fois tres utile, tout en etant physiquement vraisemblable. Au ve siecle
avant notre ere, les philosophes g recs Democrite et Leucippe ont introduit Ia notion S.l Radiation electromagnetique
d'atome. Au cours des 20 siecles qui ont suivi, a ucune preuve experimentale n'a S.2 Nature de Ia matiere
confirme !'existence des a tomes. En fait, le concept d'atome etait alors plus une Diffroction
intuition qu'une realite. C'est a Lavoisier et a d 'autres chercheurs q u'on doit les S.3 Spectre de l'atome d'hydrogene
premiers resultats quantitatifs relatifs a des rea ctions chimiques. Les resultats de S.4 Modele atomique de Bohr
telles experiences stoech iometriques ont amene John Dalton a proposer Ia pre- s.s Modele atomique bose sur Ia me-
miere theorie atomique systematique . Bien qu'elle soit rudimentaire, Ia theorie de mnique ondulatoire
Dalton a subi l'epreuve des ans avec succes. Jusqu'a aujourd'hui, le modele ato- Signifimtion physique de Ia
mique a conserve toute sa valeur. fonction d'onde
Une fois convaincus de !'existence des atomes, les chercheurs se sont tout S.6 Nombres quantiques
naturellement demande quelle etait Ia nature de l'a tome et si ce dernier etait divi- S.7 Formes des orbitales et niveaux
sible - et, le cas echeant, q uels en etaient les composants. Nous avons deja d'energie
parle de certai nes des experiences les plus importantes qui on! permis de faire Ia Atome d'hydrogene: resume
lumiere sur Ia nature de l'atome (voir le chopitre 2). Nous etudierons a present S.8 Spin de I' electron et principe
com ment Ia theorie a evolue jusqu'a nos jours . d' exclusion de Pauli
La periodicite des proprietes constitue sans doute un des aspects les plus saisis- S.9 Atomes polyelectroniques
sants de Ia chimie des elements. Plusieurs g roupes d'elements ont en effet des pro- [Link] Historique du tobleau periodique
prietes chimiques sim ilaires. Ces similitudes son! a l'origine de !'elaboration d u [Link] Principe du aufbau et tableau
tableau periodique des elements (voir le chopitre 2) . Dans le present chapitre, nous periodique
montrerons que Ia theorie moderne de Ia structure atomique - et c' est Ia sa plus S.12 Periodicite des proprietes atomiques
grande reussite - permet d'expliquer Ia periodicite par Ia configuration electronique. Energie d'ionisation
Toutefois, avant d 'aborder Ia structu re a tomique, nous exa minerons Ia revol ution Affinite electronique
qu'a connue le domaine de Ia physique au cours des 30 premieres annees du Rayon atomique
xxe siecle. Des resultats d 'experiences effectuees durant cette periode ne pouvaient S.13 Proprietes des elements d' un groupe
etre expliques par les theories de Ia physiq ue classique developpees par Isaac donne : les metaux alcalins
Newton et bien d 'a utres apres lui. Une toute nouvelle theorie dite mecanique quan- Renseignements fournis par
lique a vu le jour pour expliquer le comportement de Ia lumiere et des atomes. Cette le tableau periodique
•nouvelle physique» reserve bien des surprises a ceux qui travaillent generalement Metaux almlins
au niveau macroscopique, mais el le rend com pte parfaitement (dans les limites des
approximations qui s'imposent) du comportement de Ia matiere.
185
Refraction de Ia lumiere a travers un prisme.
1 86 Chcpitre (inq Structure de l'ctome et periodicite
Com me premiere etope dons notre exp loration de cette revolution scientifique,
nous considererons les proprietes d e Ia lumiere, p lus correctement oppelee radia-
tion electromagnetique.
- - - - - - - - - - 1 seconde - - - - - - - - -
v 1 = 4 cycles/seconde = 4 Hz
v 2 = 8 cycles/seconde = 8 Hz
Figure 5.1
Nature des andes. Plus Ia
frequence de I' onde est elevee,
plus sa longueur d' on de est
courte . v 3 = 16 cycles/seconde =16Hz
5.1 Rodiotion elec:tromogm\tique 1 87
Figure .5.2
4x w-7 5x w-7 6x w-7 7x w-7 Spectre electromagnetique.
es drosophiles de Ia Mediterranee mouches : on utilise un melange de deux taquent aux proteines et aux membranes
L et du Mexique constituent un
important fleau qui peut causer de
Ires lourds dommages a Ia recolte de
colorants courants (le rouge no 28 et le
jaune no 8), colorants utilises depuis
longtemps pour colorer les medicaments
cellulaires de l'insecte. La mort survient
en moins de deux heures.
La Iumiere du solei! qui declenche Ia
fruits. C' est Ia raison pour laquelle, dans et les cosmetiques. Ce qu'il y a d'inreres- toxicite du colorant une fois que l'insecte
le sud de la Californie, on a procede avec sant avec ce nouvel insecticide, c'est qu'il l' a ingere degrade egalement ce colorant
grand tapage publicitaire, dans les regions est active par Ia lumiere. Une fois qu'un dans l'environnement, le rendant relative-
residentielles, a des pulverisations du insecte a ingere le melange des deux co- ment securitaire. Fort vraisemblablement,
malathion, insecticide couramment utilise lorants, ces derniers absorbent Ia lumiere dans un avenir assez rapproche, les
dans Ia lutte contre les drosophiles. De nos (qui traverse son corps transparent) et drosophiles seront eliminees sans creer de
jours. il y a un meilleur moyen de tuer ces deviennent des agents oxydants qui s'at- grands dommages a I' environnement.
Les rouges brillants des feux d'artifice sont dus a !'emission de lumiere dont la
longueur d'onde avoisine 650 nm. Cette lumiere est produite lorsqu'on chauffe des
sels de strontium, comme Sr(N0 3 h et SrC0 3 . (On peut facilement constater ce
phenomene en laboratoire. Il suffit de dissoudre un de ces sels dans du methanol
contenant un peu d'eau et d'enflammer le tout.) QueUe est la frequence de Ia Iumiere
rouge de 650 nm de longueur d' onde?
1 88 Chopitre Cinq Structure de l'otome et periodicite
"Solution
On peut calculer Ia frequence a partir de Ia longueur d'onde en utilisant Ia relation
c
Av=c soit v= -
A
ou c = 2,9979 X I 08 m/s. Dans ce cas, A = 650 nm. Alors
1
6,50 X 102 ;:H1'i X m 6,50 X I o- 7 m
109 Jillf
et
v=.£ = 2 •l) 979 X IOs.)'l1/s 4,61 X 10 14 s- 1 =4,61 X 10 14 Hz
Ouand on met le feu a
une solu- A 6,50 X 10- 7 ,Hi"
tion de sel de strontium dans du
methanol (contenant un peu .1.. (Vo~xercices [Link] et 5.36;): ========================
d' eau), il se forme une flam me
rouge brillante. Cette couleur
rouge s'explique par !'emission
de lumiere qui accompagne le
5.2 Nature de Ia matiere
retour des electrons, excites par
l'energie du methanol en On peut sans conteste affirmer que les physiciens de Ia fin du XIXe siecle etaient
a
Hamme, leur etat fondamental. plus que satisfaits d'eux-memes. lls pouvaient en effet expliquer des phenomenes
aussi varies que le mouvement des planetes ou Ia dispersion de Ia lumiere visible par
un prisme. Des rumeurs couraient. selon lesquelles on decourageait les etudiants
d'amorcer une carriere de physicien, sous pretexte que tous les grands problemes
etaient resolus, ou au moins expliques par Ia physique classique.
Ala fin du XIXe siecle, on croyait que matiere et energie etaient distinctes, c'est-
a-dire que Ia matiere etait particulaire et que l'energie etait lumineuse (radiation
electromagnetique) et ondulatoire. Les particules avaient une masse et occupaient une
position bien determinee dans l'espace. Les radiations, par contre, n'avaient ni masse
ni position precise. On croyait meme que matiere et lumiere ne pouvaient pas etre
reliees. Toutes les connaissances acquises avant 1900 concordaient fort bien avec ce~
idees.
Cependant, au debut du xxesiecle, certains resultats experimentaux laissaient pla-
ner un dome sur !'exactitude de telles conceptions. Les premiers doutes apparurent
apres les experiences effectuees en 1900 par le physicien allemand Max Planck ( 185g-
Ouand on applique un courant
alternatif de 1 l 0 volts a un cor-
1947). En etudiant les radiations emises par des solides incandescents, Planck se ren-
nichon a I' aneth, le cornichon dit compte que Ia physique classique ne pouvait expliquer ses resultats; selon cette
devient lumineux. Le courant cir- physique, Ia matiere pouvait absorber ou emettre n'importe quelle quantite d'energie.
culant entre les electrodes Planck ne pouvait toutefois expliquer ses observations qu'en supposant que l'energie
(fourchettes), qui est rendu pos- n'etait transferee qu'en quantites exprimees sous Ia forme de multiples entiers d'une
sible par Ia presence d'ions No+ quantite hv- ou lz, constante de Planck, a une valeur experimentale de 6,626 X
et Cl-, amene apparemment cer-
I0- 34 J ·s. Autremem dit, on pouvait representer Ia variation d'energie, 11E, d'un sys-
tains ions sodium a un niveau
d'energie plus eleve. Ouand ces
teme de Ia fa~on suivante:
atomes reviennent a leur etat 11E = nhv
fondamental, ils emettent une oil nest un en tier (I, 2, 3, ... , n ), h, 1a constante de Planck et v. Ia frequence de la radia-
lumiere visible a 589 nm, lu- tion electromagnetique absorbee ou emise.
miere jaune qui nous rappelle Les resultats de Planck etaient pour le moin:; surprenants : alors qu'on avait tou-
les ampoules a vapeur de jours cru que l'energie etait continue (c'est-a-dire que le transfert de n'importe
sodium.
queUe quantite d'energie etait possible), il devenait de plus en plus evident qu'on
Valeur de Ia con stante de Planck : devait plut6t parler de quantification : renergie etait dont quantifiee, c'est-a-dire
h = 6,626 X ] Q- 3 4 J-s constituee de petits « paquets » appeles quanta. Un quantum, unite discrete d'ener-
l'energie se gagne au se perd gie, equivaut a hv. Ainsi, l' energie d'un systeme etait uniquement transferee en
uniquement par multiples entiers de hi'. quanta entiers; elle etait done dotee de proprietes corpusculaires.
5.2 Ncture de lc moliere 189
Figure 5.3
Albert Einstein (1879-1955) est ne en Allemagne . Rien dans son enfance ne lois-
sail presager son genie : a 9 ans, il s' exprimait encore avec difficulte ; ses parents
craignaient meme qu'il ne fOt handicape. Ouand on lui demanda it quelle carriere
Einstein pouvait envjsager, le directeur de I' ecole repondait : « Peu importe, il ne
fera rien de bon . » A I' age de 10 ans, Einstein entra au lycee luitpold, au regnait
Ia discipline de fer caracteristique des ecoles allemandes de l'epoque. C'est Ia
qu' il commenc;:a a se mefier de I' autorite et a developper son sens critique, ce qui
a
I' omena Ia remise en question et au doute- qualites indispensables a tout
scientifique. En 1905, alors qu ' il etait prepose aux brevets, en Suisse, il publia un
article dans lequel il expliquaitl 'effet photoelectrique en se boson! sur Ia ~eorie
quantique. Cette interpretation novatrice lui valut le prix Nobel en 1921 . A partir
de ce moment, il fut Ires estime et il travailla en Allemagne jusqu'en 1'?33, date a
a
laquelle l'antisemitisme d'Hitler le forc;:a s'enfuir. II emigra alors aux Etats-Unis,
a
ou il travailla /'Institute for Advanced Studies de Ia Princeton University, et ce,
jusqu'a sa mort, en 1955.
Einstein fut sans doute le plus grand physicien de notre epoque. Meme si Ia
theorie de Ia relativite ava il ete le fruit du travail d'un autre physicien, Einstein
a
aurait merite Ia seconde place cause de ses autres decouvertes. les concepts
qu'il elabqra a 26 ans bouleverserent l'idee qu' on se faisait du temps et de
l'espace. A partir de ce moment, il nourrit un grand reve qui, cependant, ne se
realisa pas : trouver une theorie unitaire qui expliquerait taus les phenomenes
physiques de I' Univers.
190 Chopitre (inq Structure de l'otome et periodicite
Solution
L'equation /',.£ = hvpermet de calculer Ia valeur du quantum d'energie. On calcule Ia
frequence v a l'aide de )'equation suivante:
8
v= .£ = 2,9979 X 10 W./s = 6 66 X )()14 s- 1
A 4,50 X I0 -
7 )'(] ' •
I Par consequent
11 /',.£=hv = (6,626x w- 34 h0(6,66x 10 14 $ 1
)=4,41 x w- 19 J
f Quand une lumiere de 450 nm de longueur d'onde est emise par le chauffage du
f CuCl, la perte d'energie n'a lieu que par« paquets » de 4,41 X I0- 19 J, soit la valeur
l d'un quantum dans le cas present.
Comparez la longueur d'onde d'un electron (masse= ~.II X I0- 3 1 kg) qui voyage a
la vitesse de 1,00 X 107 m/s a celle d'une balle de 0.20 kg qui se deplace a 35 m/s.
Solution
On utilise la relation A = hlmv, oil
h = 6,626 X 10- 34 J·s soit 6,62fi X 10- 34 kg·m2/s
etant donne qu ~
Pourl'electron. on a
6 626 X 10- 34 Jcg"-;H-m
. j[
11
Ae= (9,1JX10 31)<g)(1,0 X I07ftf/j[) = 7,27xl0- m
~
rayons X~
l.:d:.:::bJ
,~
:;
)
-·:·····
.<··...·.·.··.-:·.·•~~
. -: .. , •• ·-·~·
lumiere a travers un prisme. Tout comme Ia disposition reguliere des creux et des
cretes du disque produit une diffraction, I' agencement regulier des atomes dans un
crista) ::.":::_: ••
crista! ale meme effet. Par exemple. lorsqu'on dirige un faisceau de rayons X sur un
de NaCI ' •
crista! de chlorure de sodium, NaCI. dans lequelles ions Na+ et CI- sont repartis de
, / tigure de diffraction
detecteur apparaissam sur le fa~on tres reguliere, Ia dispersion des radiations produit, sur une plaque photo-
detecteur graphique, une figure de diffraction composee de taches claires et de zones som-
a) (vue de face) bres (voir La figure 5.5a). Les taches claires proviennent d'une interference constmc-
tive de Ia lumiere dispersee (voir lafifiure 5.5b; les ondes sont en phase), tandis que
interference constructive les zones sombres resultent d'une interference destmctive (voir la figure 5.5c; le
creux d'une onde correspond a Ia crete d'une autre).
Puisque seules les ondes peuvent expliquer les figures de diffraction. ce pheno-
mene constitue une epreuve permettant de verifier I' existence d'une onde associee a
une particule comme !'electron. On l'a vu a l'exemple 5.3, un electron qui se deplace
onde, en phase (les cretes intensite plus forte a Ia vitesse de 107 m/s (vitesse qu' on obtient facilement par acceleration des electrons
d'une onde correspondent (tache claire)
aux crctcs d'une autre)
au moyen d'un champ electrique) possede une longueur d'onde d'environ w-IO m,
soit environ Ia distance qui separe lesions d'un crista! (par exemple, le chlorure de
b)
sodium). Cette correspondance est importante, etant donne que Ia diffraction est
d'autant plus efficace que Ia distance qui separe les points de dispersion est du meme
interference destructive ordre de grandeur que Ia longueur d'onde incidente. Dans ce cas, si une longueur
creux d'onde est reellement associee aux electrons, un crista! devrait diffracter un faisceau
f\l/v =:>-- - - -
d' electrons. En I 927, MM. Davisson et Germer, des laboratoires Bell, voulurent veri-
fier cette hypothese: ils dirigerent un faisceau d'electrons sur un crista! de nickel et
Vf\F obtinrent une figure de diffraction semblable a celle obtenue a !'aide des rayons X.
crete
Ces resultats confirmaient Ia validite de Ia relation de De Broglie, du moins en ce qui
ondes dephasees (les creux intcnsite rectuite
d'unc onde coi:ncident (zone sombre)
concernait les electrons. La longueur d'onde associee a des particules plus grosses
avec les cretes d'une amre) que les electrons (par exemple, des balles) est tellement courte (voir l 'exemple 5.3)
c) qu'il est impossible de confirmer experimentalement cette relation. On croit cepen-
dant que Ia relation de De Broglie s'applique a toute particule de matiere.
Figure S.S La boucle etair bouclee. II etait prouve que Ia radiation electromagnetique, qu'on
a) II y a diffraction quand Ia considerait comme une onde pure au debut du xxe siecle, possedait en fait des pro-
radiation electromagnetique est
prietes corpusculaires. Aux electrons qu' on ne croyait etre que des particules, on avail
dispersee par des objets disposes
de fa~on reguliere, comme les
associe une onde. Toutes ces donnees allaient dans Ie meme sens: matiere et energie
ions dans un crista! de chlorure etaient dotees des memes proprietes. Autrement dit, toute particule de matiere possede
de sodium. La grosse tache au a lafois des caracteristiques ondulatoires et corpusculaires. De gros «morceaux» de
centre est due au principal fais- matiere (par exemple des balles de tennis) ont surtout des proprietes corpusculaires;
ceau de rayons X incident. b) Les Ia longueur d'onde qui leur est associee est tellement courte qu'on ne peut pas Ia
taches claires de Ia figure de detecter. Par ailleurs, d'infimes parcelles de matiere (par exemple des photons) sonr
diffraction sont causees par I' inter-
surtout dotees de proprietes ondulatoires, en plus de quelques proprietes particulaires.
ference constructive des andes.
Celles-ci sont en phase: leurs
Quant aux parcelles de matiere de masse intermediaire (par exemple les electrons),
cretes co"incident. c) Les zones elles possedent les deux types de proprietes de Ia matiere: corpusculaire et ondulatoire.
sombres sont causees par I' inter-
ference destructive des andes, qui
sont dephasees: les cretes d'une
onde co"incident avec les creux 5.3 Spectre de /'atome d'hydrogene
d'une autre onde.
Nous avons vu au chapitre 2 que plusieurs experiences realisees au debut du
xxe siecle avaient fourni des renseignements cles sur l'atome. Rappelons, entre
autres, celles qui ont mene a Ia decouverte de I' electron par Thomson et a Ia decou-
verte du noyau par Rutherford. Une autre experience importante concerne !'etude de
l'emission de lumiere par des atomes d'hydrogene excites. Quand on soumet de
l'hydrogene gazeux a une decharge electrique de forte intensite, les molecules H 2
5.3 Spectre de l'otome d'hydrogene 193
detecteur
arc electrique
r! ' (plaque photographique)
(source de lumiere
blanche) \V
a) prisme
detecteo r
(plaque photographique)
Figure 5.6
a) Spectre continu qui comporte
toutes les longueurs d' onde de Ia
lumiere visible (identifiees par les
haute
tension initiales de chacune des couleurs
de l'arc-en-ciel). b) Spectre de
raies de l'hydrogene qui ne com-
porte que quelques longueurs
d'onde bien determinees.
Figure 5.8
Transitions de I' electron dans I' atome d'hydrogeme, selon le modele de Bohr.
a) Diagramme des niveaux d'energie permis pour les transitions de !'electron.
spectre b) Diagramme des orbites permises, conformement au spectre de raies. (Notez
de raies que les orbites ne sont illustrees que de fa~on schematique et non a I' echelle.)
c) Spectre de raies de l'atome d'hydrogene observe sur une plaque pho-
longueur d' onde tographique. Remarquez que les lignes dans Ia region visible du spectre corres-
c) pondent aux transitions des niveaux plus eleves vers le niveau n = 2.
5.4 Modele atomique de Bohr 195
dans laquelle nest un entier (plus nest grand, plus le rayon de l'orbite est grand) et
Z, Ia charge du noyau. Grace a I' equation 5.1, Bohr put calculer les niveaux d'ener-
gie de l'atome d'hydrogene, lesquels correspondaient exactement aux valeurs
obtenues experimentalement.
Dans I' equation 5 .I, le signe negatif signifie simplement que I' energie de I' elec-
tron est plus faible a proximite du noyau qu'a une distance infinie (n = ro), oit, en
I' absence de toute interaction, l'energie est nulle, c'est-a-dire que
E= -2,178 X 10- 18
2
J(~ ) =0
C'est pourquoi la valeur de l'energie de !'electron place sur n'importe queUe
orbite est negative par rapport a cette valeur de reference (E = 0).
L'equation 5.1 permet de calculer la variation d'energie d'un electron, ainsi que la
longueur d'onde de Ia lumiere absorbee ou emise par !'electron lorsqu'il change
d'orbite. Par exemple, considerons que !'electron d'un atome d'hydrogene excite,
situe au niveau n = 6, revienne a son niveau d'energie le plus bas, n = I, ou etat fon-
damental. Dans I' equation 5.1, Z = 1, puisque le noyau de l'atome d'hydrogene con-
tient un seul proton. Les energies qui correspondent aces etats sont
Niels Bohr age de 37 ans,
Pour n = 6: £6 = -2' 178 X IU- 18 J(.f.)
62 = - 6,05 X J
10- 20 photographie en 1922, annee
ou il a re<;:u le prix Nobel de
physique.
Pour n = I: El = -2,178X w- 18 JC~) = - 2,178X w- J18
On constate que, pour n = 1, I' electron possede une energie plus negative que
pour n = 6, ce qui signifie que l'electron est lie plus fortement au noyau lorsqu'il
gravite dans Ia plus petite orbite permise.
Quand I' electron passe de n =6 a n = I, Ia variation d' energie, M, est Ia suivante:
M = Energie de l'etat final- Energie de l'etat initial
= E1- E6 = (-2,178 X I0-18 J)- (-6.05 X I0- 20 J)
= -2,117 x w- 18 J
Le signe negatif de la variation d'energie indique que l'atome a perdu de l'ener-
gie en passant a un niveau de plus grande stabilite. Cette energie est liberee SOliS
forme d'emission d'un photon.
On calcule la longueur d'onde du photon emis au moyen de I' equation
Quelle est l'energie requise pour deplacer !'electron d'un atome d"hydrogene du
niveau n = I au niveau n = 2? Quelle est Ia longueur d' onde de Ia lumiere qu' un
1 atome d'hydrogene doit absorber pour passer de son etat fondamental a cet etat
·: :
1En pusant Z = I dan~ !'equation 5.2. on obtient
La valeur positive de /:1£ revele qu'il y a gain d' energie pour le systeme. La longueur
d' onde de Ia lumiere qui doit etre absorbee pour que ce changement ait lieu est
En reportant cette va leur dans Ia A = he = (6,626 X 10- 34/.1"·,.8')(2,9979 X 108 mU)
figure 5 .2 , on voit que Ia lum iere /:1£ 1.633XJ0- 18/.f"
necessaire pour faire passer !'elec-
tron du niveau n = 1 a n= 2 = 1,216X 10 - ? m
dans l'atome d ' hydrogE'me appar-
tienta Ia region des ultraviolets . (Voir les exerOc:es 5.47 et 5.48)
2. L'energie de !'electron est d'autant plus negative par rapport a l'energie de l' etat
de reference - qui est nulle, !'electron etant a une distance infinie du noyau- que
!'electron est pres du noyau. Au fur et a mesure que !'electron se rapproche du
noyau, il y a liberation d' energie.
A partir de !'equation 5.1, on peut trouver une expression generale qui permet de
decrire le passage de !'electron d'un niveau lliniti al aun autre 1/fi nah soit
M = Energie du niveau [Link] - Energie du niveau ninitial
= Etinale - Einitiale
= - 2I78x
'
w - ls J(-1-
11final
2
- -
1
-
tl;nitial
2
) (5.2)
On peut utiliser !'equation 5.2 pour calculer n'importe quelle variation d'energie
entre deux niveaux dans un atome d'hydrogene (voir /'exemple 5.5).
De prime ahord. le modele de Bohr semblait tres prometteur. Les valeurs des
niveaux d'energi e calculees par Bohr wrrespondaient parfaitement a celles du
spectre d'emission de l'hydrogene. Toutefois, lorsqu ' on tentait d'appliquer le mo-
dele de Bohr a d"autres atomes que l'hydrogene, plus rien n' allait. Apres C..JUeltjllt:S
tentatives infructueuses d'adaptation de ce modele basees sur des orbites elliptiques,
on en arriva a Ia conclusion qu'il etait fondamentalement errone. Le modele de Bohr
* A pa rtir du prochain exemple, on n' indiquc ra plus les ann ulations d' unites ; on con!inuera neanmoins
de proceder a ces annulatiom•.
5.4 Modele atomique de Bohr 197
revet neanmoins une grande importance historique, car il prouva qu'on pouvait Meme si le modele de Bohr permet
expliquer la quantification de l'energie des atomes au moyen d'hypotheses assez d'expliquer les niveaux d'€mergie de
l'atome d'hydrogene il est fondamen·
simples. Le modele de Bohr montra ainsi la voie a d'autres theories. Il faut toutefois
talemenl errone.
savoir que la theorie actuelle relative a Ia structw·e de I'atome n'est aucunement
tributaire du modele de Bohr. En effet, comme nous le verrons plus loin dans ce
chapitre, les electrons ne decrivent pas d' orbites circulaires au tour du noyau.
Quelle est l'energie necessaire pour arracher l'electron d'un atome d'hydrogene a
l'etat fondamental?
~~::~~r-a_c_ie_r_---lf~~ ·~3
une liste des produits chimiques generale-
ment employes pour la fabrication de
pieces d'artifice.
La chimie de Ia pyrotechnie peut sem-
bler de prime abord simple; cependant, il
faut effectuer des melanges complexes de
on obtint une lumiere blanche aveuglante. qui fournit l'energie necessaire a !'excita- produits chimiques pour obtenir un flash
[Link] technologie des feux d' artifice a tion des atomes. d'une blancheur eblouissante ou des
peu evolue. La coloration jaune des feux d' artifice couleurs vives. Par exemple, a cause de Ia
A quoi sont dues les couleurs vives et provienr de I' emission des ions sodium, a tres haute temperature produite par le flash
les fortes detonations des feux d'artifice? 589 nm; Ia coloration rouge est due a blanc. les autres couleurs perdent de leur
En fait, seuls quelques produits chimiques I' emission des sels de strontium. a 606 et eclat. Pour produire des feux colores, on
sont a l'origine de Ia plupart de ces effets 636-688 nm (les torches de detresse uti- doit foumir aux oxydants, comme KCI04 ,
spectaculaires. L'emploi d'un oxydant et lisees par les automobilistes en cas d'ur- des combustibles qui produisent une
d' un combustible (un agent reducteur) per- gence fonctionnent seton le meme prin- flamme de temperature relativement
met de produire bruits et eclairs. En cipe); Ia coloration verte, quant a elle, faible. Une autre difficult€ peul surgir: la
general. on utilise le perchlorate de potas- provient des raies d'emission tentre 505 et manipulation des perchlorates est plutot
sitnn, KC104 , comme oxydant, et !'alu- 535 nm) des sels de baryum. Or, il est tres risquee du fait qu'il y a sou vent une mise a
minium et Je soufre comme combustibles. difficile d'obtenir une belle coloration feu accidentelle. L' utilisation de sels de
L' oxydation du combustible par le per- bleue; pour ce faire. on recourt a des sels sodium entraine egalement des problemes:
chlorate est une reaction fortement de cuivre qui emettent dans Ia zone de 420- a cause de !'extreme brillance du jaune
exothermique: il y a production d ' une 460 nm. Cependant, leur utilisation pose em is par les atomes et les ions du sodium,
lumiere vive due a !'aluminium. et d'une certains problemes : Je chlorate de potas- il est impossible d'utiliser ces sels
forte detonation imputable a l, expansion sium, KCI03, un autre agent oxydant lorsqu'on veut ajouter d'autres couleurs.
rapide des gaz liberes. Pour obtenir di- couramment utilise, reagit en effet avec les Les combustibles organiques sont egale-
verses colorations, on ajoute des elements sels de cuivre pour produire du chlorate de ment d'une utilisation limitee. en raison de
dont le spectre d' emission est colore. cuivre, un compose tres explosif (son Ia flarnme jaune intense qu'ils produisent
N'oublions pas, en effet, que !'absorption entreposage comporte done certains et qui masque les autres couleurs. Fi-
d'energie par un atome peut etre utilisee risques). On utilisa autrefois le vert de nalement la fabrication des pieces
par les electrons pour atteindre des Paris, ou vert de Schweinfurth (l ' aceto- pyrotechniques doit allier Ia securite d'uti-
orbitales de plus haut niveau. L'atome arsenite de cuivre), mais on a cesse lisation a !'obtention de l'effet recherche.
excite libere ensuite cet ex cedent d' energie aujourd'hui, a cause de Ia trop grande taxi- Esperons que ces quelques connais-
en emettant de Ia lumiere a des longueurs cite de ce produit. sances chimiques vous aideront a mieux
d'onde bien determinees, souvent loca- Le diagramme illustre schematique- apprecier les feux d'artifice de la pro-
lisees dans Ia partie visible du spectre. ment un obus typique : un mortier (tube chaine Fete nationale ou ceux, si spectacu-
Dans le cas des feux d'artifice, c'est Ia d'acier) guide le lancement de l'obus, et Ia laires, de Ia competition internationale de
reaction entre l'oxydant et le combustible poudre noire sert de propulseur. Pour Montreal.
S.S Modele atomique bose sur In meconique ondulotoire 199
.-T· ,.
'
I
chlomre de polyvinyle fumee blanche - melange de soufre et de nitrate de potassium
fumee coloree - melange de soufre, de chlorate de potassium et de colorants
organiques
0
modele. Illui fallait verifier si sa theorie expliquait bien le spectre de raies de l'atome
d'hydrogene, entre autres. Quand il entreprit, en 1925, !'elaboration de son modele.
on connaissait deja bien les principes physiques qui decrivent les ondes stationnaires.
' (Le traitement mathematique du modele de Schrodinger etant tres complexe, on ne
a)
l'abordera pas dans cet ouvrage.) L'equation de Schrodinger est la suivante:
fN=E~1
ou ~~ appelee fonction d'onde, est une foncrion des coordonnees x, y er z de la posi-
tion de !"electron dans un espace tridimensionnel et if, un operateur (c'est-a-dire un
symbole qui designe une serie d'operations mathematiques). Dans ce cas, l'opera-
teur comporte des termes mathematiques qui, appliques a la function d' onde,
permettent de calculer Ia valeur de l' energie to tale de I' atome. E represente I' energie
totale de l'atome, c'est-a-dire Ia somme de l'energie cinetique de !'electron en mou-
vement et de l'energie potentielle resultant de ]'attraction entre le proton et !'elec-
tron. II existe de nombreuses solutions a cette equation: chacune d'elles est une
function d'onde, ~~- caracterisee par une valeur parriculiere de E. On appelle souvent
orbitale une function d' on de specifique.
Pour bien comprendre les aspects fondamentaux de ce modele atomique base sur
Ia mecanique ondulatoire, considerons Ia function d'onde qui correspond au plus bas
niveau d'energie de l'atome d'hydrogene, l'orbitale dite Is. Precisons d'abord le sens
du mot «orbitale». Une orbitale n'est pas une orbite de Bohr; dans l'orbitale ls.
Figure 5.10 I' electron de l'atome d'hydrogene ne decrit pas une orbite circulaire autour du noyau.
Electron de l'atome d'hydrogeme, Comment se deplace done I' electron ? La reponse peut surprendre: on ne le sa it pas;
considere comme une onde sta- Ia function d'onde ne fournit aucune precision sur la trajectoire de I' electron, ce qui
tionnaire qui entoure le noyau. La est pour le moins etonnant, puisqu'on peut aisement predire Ia trajectoire d"une
circonference d'une orbite circu- grosse particule. Par exemple, lorsque deux boules de billard, qui se deplacent a des
laire donnee doit correspondre a
vitesses connues, entrent en collision, on peut predire leur trajectoire apres Ia colli-
un multiple entier de longueurs
d'onde, comme en a) ou en b); sion. Or on ne peut pas decrire Ia trajectoire de !'electron a partir de Ia function de
faute de quai, il y a interference l'orbitale Is. Ce phenomene n'invalide pas pour autant Ia theorie: on sait simplement,
destructive, comme en c). Ces au depart, que le comportement d'un electron ne peut pas etre assimile a celui d'une
representations concordent bien boule de billard. Avant done de rejerer Ia theorie, examinons-la plus attentivemenr.
avec Ia notion de quantification Werner Heisenberg, celui-la meme qui participa a !'elaboration du modele ato-
de l'atome: seuls certains niveaux mique base sur Ia mecanique ondulatoire, decouvrit une relation tres importante qui
d'energie sont permis; l'atome est
permet de comprendre Ia signification d'une orbitale: le principe d'incertitude
quantifie. (Meme si cette hy-
pothese permet aux scientifiques d'Heisenberg. A Ia suite de son analyse mathematique du probleme, Heisenberg en
d'utiliser Ia theorie ondulatoire, arriva a Ia surprenante conclusion suivante: il existe w1e limite a notre connaissance
cela ne signifie pas pour autant de Ia vitesse exacte et de la position exacte d'une particule en mouvement, ii un
que I' electron emprunte reellement moment donne. Mathematiquement, on peut exprimer ce principe d'incertitude sous
une orbite circulaire.} la forme suivante:
h
Lh · Ll(mv) 2 : : -
47T
ou & est !'incertitude relative a Ia position de I' electron. Ll(mv), !'incertitude relative
a son moment et h, la constante de Planck. L'incertitude minimale du produit fu ·
Ll n1l' est h/47T: aurrement dit, plus on connalt avec precision Ia position de la parti-
cule, moins on connait avec precision sa vitesse, et vice versa. Pour une balle de ten-
nis ou une boule de billard, ce niveau d'incertitude est si faible qu'il ne modifie en
rien Ia realite a l'echelle macroscopique. Toutefois, en ce qui concerne des particules
aussi petites que l' electron, il devient important. Selon ce principe, on ne peut done
pas connaitre avec precision Ia trajectoire de I' electron au tour du noyau. Par con-
sequent, on ne peut pas supposer que !'electron decrit une orbite bien definie,
comme le fait le modele de Bohr.
S.S Modele atomique bose sur lo meconique ondulotoire 20 1
de Ia probabilite en un point donne de I' espace. La figure 5.1 Ia) illustre Ia distribu-
tion des probabilites de presence de !'electron de I'atome d'hydrogene dans
l'orbitale Is (ou nuage electronique). Pour mieux comprendre ce schema, on peut
l' assimiler a une photographie en pose de l'espace, sur laquelle !'electron est une
petite lumiere mobile. Le film est d'autant plus expose que I' electron passe plus sou-
vent par le meme point. Ainsi l'intensite d'un point donne ret1ete Ia probabilite de
trouver !'electron en ce point. On appelle quelquefois ce schema carte de densite
electronique, « densite electronique » etant synonyme de « probabi lite de presence de
!'electron». Quand un chimiste utilise le terme orbitale atomique, il est fort proba-
blement en train de parler d'une carte de densite electronique de ce type. distance du noyau (r)
II existe une autre representation de la distribution des probabilites de presence de b)
!'electron dans l'orbitale ls: on utilise Ia probabilite de presence en des points siu1es
sur une droite qui s'eloigne radialement du noyau (voir la figure 5./Jb). On re- Figure 5.11
marque que Ia probabilite de presence de !'electron est plus e!evee pres du noyau, et a) Distribution des probabilites de
qu'elle decrolt rapidement au fur eta mesure qu'on s'en eloigne. On cherche egale- presence de !'electron de l'atome
ment a connait:re la probabilite totale de presence de !'electron de I'atome d' hy- d'hydrogene dans l'orbitale l s
drogene a une certaine distance du noyau. Pour ce faire, on divise l'espace qui (espace a trois dimensions). Plus
entoure le noyau de l'atome d'hydrogene en une serie de minces couches spheriques, Ia coloration est intense, plus Ia
probabilite de trouver I' electron
comme les couches d'un oignon (figure 5.12a). Si on represente graphiquement Ia
a cet endroit est forte. b) Varia-
variation de Ia probabilite totale de presence de !'electron dans chacune de ces tion des probabilites de presence
couches en fonction de Ia distance qui les separe du noyau, on obtient une distribu- de I' electron de I' atome d'hy-
tion radiale de probabilite (voir [Link] 5.12b). drogene dans I' orbitale 1 s en
La valeur maximale est la resultante des valeurs de deux phenomenes opposes: fonction de Ia position de cet
!'augmentation de Ia probabilite de presence de !'electron au fur eta mesure qu'on se electron sur une droite quel-
rapproche du noyau et I' augmentation du volume de la couche au fur et a mesure conque qui s'eloigne radialement
du noyau d'hydrogene. La proba-
qu'on s'en eloigne. Par consequent, plus on s'eloigne du noyau, moins on a de
bilite, qui est maximale en ce qui
chances de trouver !'electron en un point donne, mais plus le nombre de points ou il concerne le noyau, decrolt rapi-
peut se trouver augmente. La probabilite totale augmente done jusqu' a une certaine dement au fur et a mesure qu'on
valem de r (le rayon), puis elle diminue, etant donne que Ia probabilite de presence s'en eloigne.
202 Chapitre Cinq Strudure de I' atome et periodicite
Figure 5.12
a) Coupe transversale de Ia distri-
bution des probabilih§s de
presence de I' electron dans I' orbi-
tale 1 s divisee en une succession
de minces couches spheriques.
b) Distribution radiale de Ia proba-
bilite de presence. Representation
graphique de Ia variation de Ia
probabilite dans chaque mince distance du noyau V"J
a) b)
couche spherique en fonction de
Ia distance du noyau.
de ('electron en chaque point devient de plus en plus faible. Pour l'orbitale ls de
l'atome d'hydrogene, Ia probabilite radiale maximale (la distance a laquelle on a Ie
1 pm = 10 12 m plus de chances de trouver l'electron) apparalt a une distance de 5.29 pm, valeur
exacte du rayon de Ia premiere orbite de l'atome selon Ie modele de Bohr.
Cependant, dans le modele de Bohr, 1' electron emprunte une orbite circulaire: il doit
done toujours etre situe a cette distance du noyau. Selon le modele base sur Ia
mecanique ondulatoire, les mouvements precis de 1' electron ne sont pas conn us:
cette distance est done celle a laquelle il est le plus probable qu'on trouve I' electron.
Il existe une autre caracteristique importante de l'orbitale ls de l'atome d'hy-
drogene: sa taille (voir lafigure 5.11). On sait qu'il est impossible de determiner avec
precision la taille de cette orbitale, puisque Ia probabilite de presence de !'electron
n, atteint jamais la valeur zero ( meme si elle devient infiniment petite pour des valeurs
elevees de r). Par consequent, l'orbitale ls de l'atome d'hydrogene n'a pas de taille
precise. Toutefois, il est bien utile de definir la taille relative d'une orbitale: on definit
arbitrairement La taille de l'orbitale ls de l'atome d'hydrogene comme le rayon d 'une
sphere a l 'interieur de laquelle la probabilite totale de presence de l 'electron est de
90%. Autrement dit, pendant 90% du temps.l'electron evolue dans cette sphere.
Jusqu'a maintenant. nous avons decrit une seule fonction d'onde de l'atome d'hy-
drogene: celle de l'orbitale Is, qui possede la plus faible energie. L'atome d'hy-
drogene comporte cependant plusieurs autres orbitales, que nous etudierons a la sec-
tion suivante. Toutefois, avam d' aller plus loin, il serait bon de resumer ce que nous
avons dit jusqu' a present de l'orbitale atomique. Dans un cours d'introduction, il
n'est pas aise de definir I' orbitale. Techniquement, c' est une fonction d' onde; cepen-
dant, il est beaucoup plus pratique de Ia decrire comme une carte de densite elec-
tronique a trois dimensions. Autrement dit. la probabilite de presence d'un electron
sur une orbitale atomique particuliere serait indiquee par la carte de l'orbitale.
· lettre correspondante s p d g
2 0 2s 0
2p -LO. +1 3
3 0 3s 0
3p -1, 0, 1 3
2 3d - 2, -1, 0, 1, 2 5
4 0 4s 0
L 4p - 1, 0, 1 3
2 4d -2. -1, 0, 1. 2 5
3 4f -3. -2. -1 , 0, 1, 2, 3 7
Solution
Pour n = 5, t prend toutes les valeurs entieres de 0 a 4 (n - 1 = 5 - 1). On designe
respectivement les sous-couches C = 0, f= I, f = 2, ( = 3 etC= 4 par 5s, 5p, 5d, 5fet
5g.
ls "" 2s
orbitales p en fonction de l'axe du systeme de coordonnees xy.:: selon lequel l'or-
bitale est orientee. Si, par cxemple, les lobes de l'orbitale 2p sont orientes selon !'axe
des x, on parle de l' orbitale 2Px-
Comme le laissait supposer I' etude des orbitales s, Ie nuage electronique des
a) 3s
orbitales 3p est plus complcxe que celui des orbitales 2p (voir Ia figure 5.15); on
peut toutefois les representer au moyen des formes des surfaces externes, surfaces
qui augmentent en fonction de Ia valeur de n.
II n'y a pas d'orbitale d qui corre:-.ponde aux deux premiers nombres quantiques
principaux n = I et n = 2. On ne les rencontre qu'a partir den= 3 (C = 2). La figure
Is 5.16 illustre les formes des 5 orbitales 3d. Les orbitales d existent sous deux formes
2s de base: quatre des cinq orbitales 3d ont quatre lobes orientes selon le plan des axes
b) 3s indiques (d,-~, d.-~, d.n- ct d.r2- y2). On remarque que les orbitales dxy et d z2_):2 sont toutes
deux situees dans le plan xy; cependant, les lobes de 1'orbitale dxl-y2 sont disposes le
Figure 5.13 long des axes x et y, alors que ceux de l'orbitale d xy sont situes entre les axes. Quant
Deux fm;:ons de representer les a Ia cinquieme orbitale, d:2, elle a une forme particuliere: deu x lobes sont orientes
orbitales l s, 2s et 3s de l'atome selon l'axe .::, de part et d'autre d' un anneau situe dans le plan xy. Les orbitales d de
d'hydrogeme. a) Distribution de Ia niveau superieur an = 3 ressemblent a celles de niveau 3, mais leurs lobes sont plus
probabilite de presence de !'elec- vol umineux.
tron . Les zones nodales son! des Les orbitales f apparaissent a partir du niveau n = 4, et leurs formes sont encore
zones de probabilite nulle. b) Sur-
plus complexes que celles des orbitales d. La figure 5. 17 illustre les formes des dif-
face qui englobe 90 % de Ia pro-
babilite de presence totale de ferentes orbital es 4f ( t = 3), ainsi que leurs representations symboliques. Ces
!'electron (par definition, c'est Ia orbitales ne participent aux liaisons d'aucun produit etudie dans ce manuel. On ne
taille de l'orbitale) . les mentionne done ici que pour completer le tableau descriptif des orbitales.
5.7 Formes des orbitoles et niveaux d'imergie 205
Zpb ) Orb i ta l
4.8 <1 z
. . . .:. ::.~·;, .. ~ , ... ; ;.·:
. · :·:'
y _\'
. :.:: .
, .. ':- .
X X
2p,
~ hl
Figure S.l4
Representation des orbitales 2p. a) Distribution de Ia probabilite de presence
de !'electron (nuage electronique) d'une orbitale 2p. b) Les trois orbitales 2p et
leur surface externe. l ' indice indique I' orientation spatiale des lobes en fonction
du systeme de coordonnees xyz.
Jusqu'a present, il n'a ete question que de la forme des orbitales de l'atome d'hy-
drogene. Qu' en est-il de leur energie ? Dans le cas de l'atome d'hydrogene, l'energie
d' une orbitale donnee est fonction de sa valeur den . Done, routes Ies orbitales qui
ont la meme valeur de n possedent Ia meme energie : on parte alors de degeneres- Figure [Link]
cence. La figure 5.18 illustre ce concept pour les trois premi ers niveaux quantiques Coupe transversale du nuage
de I' atome d' hydrogene. electronique d ' une orbitale 3p.
3d(xy) Orbital
a)
z z z
Figure S.l6
a) Graphique de Ia densite electronique de certaines orbitales 3d.
b) Surfaces externes de toutes les orbitales 3d.
206 (hapitre Onq Structure de l'otome et periodicite
L'electron unique de I'atome d'hydrogene peut etre situe dans n'importe quelle
orbitale. Cependant, a l'etat fondamental (l'etat de moindre energie), I'electron
occupe l'orbitale Is. Si on fournit de l'energie a l'atome. !'electron passe dans une
orbitale d'energie superieure: on parle alors d'etat excite.
y
/
.f...J_ +)'1.1-
Figure 5.17
Representation des orbitales 4f au
moyen des surfaces externes.
3s - 3p - - - 3d - - - - -
2s - 2p - - -
E
Figure 5.18
I s-
Niveaux d'energie des obitales
de l'atome d'hydrogene.
5. 9 Atomes polyelectroniques 207
5. 9 Atomes polyelectroniques
La description de l'atome d'hydrogene basee sur Ia mecanique ondulatoire corres- N s
pond fort bien aux resultats experimentaux. Cependant, un tel modele ne serait pas
d'une tres grande utilite s'il ne perrnettait pas d'expliquer egalement les proprietes
de tous les autres atomes.
Afin de comprendre comment le modele s'applique aux atomes polyelectro-
niques. ou atomes a plusieurs electrons, considerons l'atome d'helium, compose de
deux protons (dans le noyau) et de deux electrons.
s N
a) b)
Pour decrire l'atome d'helium, on doit tenir compte de trois types d'energie:
1. L'energie cinetique des electrons qui gravitent autour du noyau; 2. L'energie d'at- Figure 5.19
traction potentielle entre les electrons et le noyau; 3. L'energie de repulsion poten- Representation du spin d'un elec-
tielle entre les deux electrons. tron. En tournant sur lui-meme
dans Ia direction indiquee, !'elec-
Meme si on peut facilemenr decrire cet atome a l 'aide du modele base sur Ia
tron produit un champ magnetique
mecanique ondulatoire, on ne peut pas resoudre, de fa~on precise, l'equation de oriente comme en a). Si I' electron
Schrooinger. En effet, on ne peut pas calculer Ia repulsion enu·e les electrons quand tourne dans le sens contraire, le
on ignore leur trajectoire. C' est ce qu' on appelle le « probleme de correlation des champ magnetique a une orienta-
electrons ». tion opposee comme en b).
208 Chopitre (inq Structure de I' otome et periodicilli
En d' autres termes, quand les electrons sont places a un niveau quantique donne,
ils occupent d'abord les orbitales s, p, d et finalement.f Pourquoi en est-il ainsi?
Meme si le concept d' energie orbitale est complexe, il est possible de comprendre
qualitativement pourquoi l'orbitale 2s a une energie inferieure al'orbitale 2p dans un
atome polyelectronique en observant les courbes de probabilite de ces orbitales (voir
La figure 5.20). On note que, pour I' orbitale 2p, la probabilite maximale est situee
plus pres du noyau que celle de l'orbitale 2s. Cela pourrait nous conduire a penser
que l'orbitale 2p est d'energie plus basse que l'orbitale 2s. Toutefois, on remarque un
petit pic de densite electronique correspondant a l'orbitale 2s situe tres pres du
noyau. Cela signifie que, meme si !'electron de l'orbitale 2s passe la plupart de son
temps un peu plus loin du noyau que !'electron de l'orbitale 2p, il occupe pendant
distance du noyau
peu de temps. mais de maniere significative. un endroit situe pres du noyau. On dit
Figure 5.20 alors que !'electron 2s penetre dans la zone du noyau plus que !'electron de l'orbitale
Comparaison des distributions 2p. Ce phenomene de penetration fait en sorte qu'un electron de l'orbitale 2s est plus
radiales de Ia probabilite pour fmtement attire par le noyau qu'un electron de l'orbitale 2p. Autrement dit, l'orbitale
les orbitales 2s et 2p. 2s a une energie inferieure, dans un atome polyelectronique, qu'une orbitale 2p.
5.1 0 Historique du tobleou periodique 209
II en est de meme pour tousles autres niveaux quantiques. La figure 5.21 presente
Ia distribution radiale de Ia probabilite de presence d' un electron dans les orbitales 3s,
distance Ia plus
3p et 3d. Ut encore. on remarque le petit pic de Ia courbe 3s situe pres du noyau. Le probable du noyau
pic de l'orbitale 3p qui est le plus pres du noyau est plus eloigne du noyau que le pic
de l'orbitale 3s et cela explique que l'energie de l'orbitale 3s est inferieure a celle de !
l'orbitale 3p. Remarquez que Ia probabilite maximale de l'orbitale 3d est situee plus
pres du noyau que celles des orbitales 3s et 3p, mais son absence de probabilite pres
du noyau explique que cette orbitale est, parmi les trois, celle qui a l'energie Ia plus
elevee. Les energies relatives des orbitales pour n = 3 sont: distance du noyau
a)
E 3s < E3p < E 3d
En regie generale, plus !'electron d'une orbitale est penetrant (il surmonte l'effet
d'ecran pour se trouver plus pres de Ia charge du noyau). plus J'energie de cette
---"'"'- - ~ ---- -~.-··
orbitale est faible. Q)
3
B
Figure 5.22
Dim itri lvanovitch Mendele"iev (1834-1907), ne en Siberie, etait le benjamin
d' une famille de 17 enfants. II enseigna Ia chimie a I'Universite de Saint-
a
Petersbourg . En 1860, Mendele"iev assista une conference prononcee par
le ch imiste italien Cannizzaro, au cours de laquelle ce dernier presentait une
methode fiable qui permettait de determiner de fm;:on exacte Ia masse atomique
des elements. Ces nouvelles connaissances paverent Ia voie a l'importante contri-
bution de Mendele"iev a Ia chimie : le tableau periodique. De retour a Saint-
Petersbourg, en 1861 , Mendele"iev ecrivit un livre de chimie organique. Plus tard,
en redigeant un livre de chimie minerale, il fut frappe par I' absence, en chimie
minerale, de I' approche systematique caracteristique de Ia chimie organique.
II s'appliqua des lors a y remedier, en mettant au point une classification des
elements sous forme de tableau periodique.
Mendele"iev, genie eclectique, s'interessa a plusieurs domaines scientifiques.
II travailla ainsi a de nombreux projets relatifs aux ressources naturelles de son
pays, notamment le charbon, le sel et divers metaux. Son interet particulier pour
l'industrie petroliere le conduisit, en 1876, aux Etats-Unis, ou il visita les champs
a
petroliferes de Pennsylvanie. II s' interessa egalement Ia meteorologie et aux
montgolfieres. En 1887, il observa une eclipse du Soleil depuis une montgolfiere.
TABELLE II
z GRUPPE 1. GRUPPE II. GRUPPE Ill. GRUPPE IV. GRUPPE V. GRUPPE VI . GRUPPE W. GRUPPE VIII.
w
X
iii
- - - RH4 RH3 RH2 RH -
a: R20 RO R203 R02 R205 R03 R207 R04
I H=l
2 Li=7 ee = 9,4 8=11 c = 12 N=l4 0= 16 F= 19
3 NO= 23 Mg ·= 24 AI= 27,3 S i ·"-28 p =31 5=32 Cl = 35,5
4 K= 39 co= 40 -= 44 Ti = 48 V= 51 Cr =52 Mn =55 Fe= 56, Co= 59,
Ni = 59, Cu: 63.
5 (Cu=63l Zn =65 -=68 -= 72 AS "7 5 se "78 er =eo
6 Rb= 65 sr=87 ?vt = 88 Zr =90 Nb =94 Mo =96 - =100 Au:. 104, Rh = 104,
Pd= 106, Ag=I06 .
7 (Aq =lOS) Cd = 112 In= 113 Sn=lle Sb:l22 Te=t25 J: 127
e cs = 133 eo .. 137 ?Di=l36 ?Ce = 140 - - - ----
9 1-) - - - - - -
10 - - ?Er = 178 ?LO = I80 TO= 162 W= 164 - os = 195, rr = 197,
pt = 196, Au= 199
II (Au= 199) Hg" 200 Tl = 204 Pb = 207 Bi =206 - -
12 - - - Th: 231 - u:24o - ----
Figure 5.23
Premier tableau periodique de proprietes du germanium (que Mendelelev avait appele eknsilicium) . On y remarque
Mendele"iev, paru en 1872. On Ia concordance entre Jes valeurs actuelles et celles que Mendelei"ev avait predites en
remarque Ia presence d ' espaces se basant sur les proprietes des autres elements de Ia meme « famille » que le germa-
vides qui correspondent aux mum.
elements de masse atomique 44, Grace a son tableau, Mendelelev put corriger Ia valeur des masses atomiques de
68, 72 et 100. (D'apres Annalen
plusieurs elements. Prenons l'exemple de I' indium : al' origine, on avait etabli que sa
der Chemie und Pharmacie, VIII,
supplement de 1872, page 511 .}
masse atomique etait de 76, en se basant sur Ia formule de son oxyde, lnO. Or, mal-
gre ses proprietes metalliques, cela cl assait !' indium. acause de sa masse atomique.
parmi les non-metaux . Mendelei"ev supposa alors que cette masse atomique etait
incorrecte, et il proposa comme form ule de l'oxyde d' indium, In2 0 3 . Selon cette for-
mule, la masse atomique de !'indium est de 113, et avec une telle masse, on peut
classer cet element parmi Ies metaux. Mendelei"ev a en outre corrige les masses
atomiques du beryllium et de ]' urani um.
5.11 Principe du oufbau ettobleou periodique 211
H (Z = l) Is 2s 2p
He (Z = 2)
Li (Z = 3) D I I
Be (Z = 4)
B (Z = 5) La fleche repn!sente un electron et la direction de cette fleche, I' orientation du
etc. spin de I' electron.
L'element suivant, l'helium, possede deux electrons. Selon le principe d'exclu-
sion de Pauli, deux electrons de spins opposes peuvent occuper Ia meme orbitale;
par consequent, Jes deux electrons de l'atome d'helium, de spins OpJX>SeS. OCCUpent
l'orbitale ls. On a done la configuration 1s2 , soil
Is 2s 2p
[1IJ D I I
Le lithium JX>SSede trois electrons, dont deux occupent l'orbitale ls. Or. etant
donne que I' orbitale ls est Ia seule orbitale permise pour n = 1, le troisieme electron
doit occuper l' orbitale de plus faible energie correspondant a11 = 2, soit I' orbitale 2s.
On a done Ia configuration Ji!2s 1•
ls 2s 2p
[1IJ
L'element suivant, le beryllium, possede quatre electrons qui occupent les
orbitales Is et 2s.
ls 2s 2p
[1IJ I I
Le bore JX>SSede cinq electrons: quatre d' entre eux occupent les orbitales Is et 2s,
le cinquieme occupant une orbitale 2p (deuxieme type d'orbitale pour n = 2).
Is 2s 2p
[1IJ It I I
Etant donne que toutes Ies orbitales 2p sont degenerees (elles ont Ia meme
energie), l'orbitale 2p qu'occupe I' electron imJX>rte peu.
L'element suivant, le carbone, possede six electrons : deux d'entre eux occupent
l'orbitale ls, deux, l'orbitale 2s, et les deux derniers, des orbitales 2p. Puisqu"il
existe trois orbitales 2p de meme energie, les electrons occupent, a cause de leur
repulsion mutuelle, deux orbitales 2p distinctes.
On a decouvert que des electrons celihataires (non apparies) qui occupaient des
orbitales degenerees avaient tendance a avoir des spins paralleles. Cette observation
a fait I' objet d' une regle, appelee regie de Hund (d'apres Je nom du physicien alle-
Pour un ato me possedant des sous- mand F. H. Hund): pour un atome, La configuration de moindre energie est celle
couches non remplies, I' etat de pour laquelle, dans un ensemble donne d'orbitales degenerees, il yale plus grand
moindre energie est celui pour lequel nombre possible d 'electrons celibataires permis, conformement au principe d 'exclu-
les electrons occupent chacun une
orbitale differente, avec des spins
sion de Pauli. En outre, tous ces electrons celibataires ont des spins parallides.
paralleles, conformement au principe La configuration du carbone est ls 2 2s 2 2p 12p 1, etant donne que les deux demiers
d'exclusi on de Pauli . electrons occupent deux orbitales 2p distinctes. Cependant, on l'ecrit en general
1?2s2 2p 2 , puisqu'on sait fort bien que les electrons occupent deux orbitales 2p dis-
tinctes. La representation de Ia configuration electronique du carbone a l'aide des
cases quantiques est Ia suivante:
[Link] Principe du oufbou ettcblecu periodique 213
ls 2s 2p
[Ul It ItJ
Conformement a Ia regie de Hund, les electrons non apparies dans les orbitales 2p
ont des spins paralleles.
La configuration de I' a.::;ote, qui possede sept electrons, est ls::!2s22p 3 . Les trois
electrons des orbitales 2p occupent des orbitales differentes et ont des spins paral-
leles.
ls 2s 2p
[U1 rnl It ItJt _I
La configuration de I' oxygene, qui possede huit electrons. est ls 2 2s2 2p4 . Une des
trois orbitales 2p est a present remplie ; on y trouve deux electrons de spins opposes.
conformement au principe d' exclusion de Pauli. Le sodium metallique est si reactif
qu'on le conserve dans du
ls 2s 2p kerosene pour l'empecher d'entrer
en contact avec !'oxygene de
2
0: ls 2s 2p 2 4
[1IJ rtJl lt± Lt Jt I I' air.
Is 2s 2p
F: 2 2
ls 2s 2i [f!J [1IJ Itt lu i t I
Ne: Ii2s 2p 2 6
[ill [f!J ln lulul
Dans le cas du sodium, les dix premiers electrons occupent les orbitales 1s, 2s et
2p. Le onzieme electron doit occuper Ia premiere orbitale de niveau n = 3. soit l'or-
bitale 3s. La configuration electronique du sodium est done ls 2 2s2 2p6 3s 1. Pour
eviter d'ecrire Ia configuration electronique des couches internes, on emploie sou-
vent une forme abregee, [Ne]3s 1, dans Jaquelle [Ne] remplace Ia configuration elec-
tronique du neon (Js.!2s 2 2p6 ).
La configuration de !'element suivant, le magnesium , est ls 2 2s 2 2p6 3s 2 , soit
[Ne ]3s 2• On obtient Ia configuration des 6 elements suivants, de I' aluminium a I' ar- [Ne] est !'expression abregee
gon, en ajoutant un electron a Ia fois aux orbitales 3p. La figure 5.24 presente Ia con- de 1s2 2s2 2p6 .
figuration electronique des 18 premiers elements. ainsi que le nombre d'electrons
presents dans le demier type d'orbitale occupee.
II faut a present aborder Ia notion d'electrons de valence, c'est-a-dire les eLec-
trons dont le nombre quantique principal est le plus eleve dans WI atome donne. Les
electrons de valence de I' azote, par exemple, sont ceux des orbitales 2s et 2p. Dans le
cas du sodium, I' electron de valence est celui qui occupe l'orbitale 3s, etc. Pour les
chimistes, Jes electrons de valence (ou electrons peripheriques) sont Jes plus impor-
tants, car ce sont ceux qui interviennent dans les liaisons chimiques, comme nous le
venons dans les prochains chapitres. On appelle les electrons des couches internes
electrons de creur.
A Ia figure 5.24, on constate qu'un motif important se repete: les elements d 'un
mbne groupe (une colonne du tableau periodique) ont Ia meme configuration en ce
qui conceme leurs electrons de valence. II faut se rappeler ici que Mendelelev avail
regroupe les elements en fonction des ressemblances de leurs proprietes chimiques.
On comprend maintenant la raison d'etre de ces regroupements: les elements qui ont
Ia meme configuration en ce qui concerne les electrom; de valence ont un comporte-
ment chimique semblable.
214 (hopitre Gnq Strudure de l'otome et periodicile
~
; :He
Lf2.
: --
:
B c N 0 F Ne
2pl 2p2 2p3 2p4 2p5 2p6
Figure 5.24
Configuration electronique des AI Si p s Cl Ar
orbitales peripheriques des 3pl 3p2 3p3 3p4 3p5 3p6
18 premiers elements.
Dans le tableau periodique, I' element qui occupe La case suivante de celle de I' ar-
gon est le potassium. Etant donne que, dans I' argon, les orbitales 3p sont totalement
occupees, on peut s'attendre ace que I' electron suivant occupe une orbitale 3d ten
effet, pour n = 3, on ales orbitales 3s, 3p et 3d). Or. puisque les proprietes chimiques
du potassium ressemblent beaucoup a celles du lithium et du sodium, il semble que
!'electron peripberique de l'atome de potassium occupe l'orbitale 4s. et non une
orbitale 3d. Plusieurs experiences differentes corroborent effectivement cette
hypothese. La configuration electronique du potassium est done la suivante:
K: ls 2 2s 2 2p6 3s2 3p 64s 1 suit [Ar]4s 1
Vient ensuite le calcium.
Une ampoule contenant du potas-
sium metallique. Ca: [Ar]4s 2
Lelement suivant, le scandium, est le premier d'une serie de 10 elements (du
scandium au zinc), appeles metaux de transition. On obtient leur configuration en
ajoutant graduellement 10 electrons aux 5 orbitales 3d. La configuration electro-
nique du scandium est Ia suivante:
Sc: LAr]4s2 3d 1
CeUe du titane est
Ti: [Ar]4s2 3d 2
et celle du vanadium,
V: [Ar]4s 2 3d 3
L'element suivant est le chrome. On s'attend a ce que sa configuration soit
[Ar]4s 2 3d 4 ; or. en fait. elle est
,----- ,-----
K Ca Sc Ti v Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
4s i 4s2 3dI 3d2 3d3 4siJd5 3d5 Jd6 3d7 3d8 4s13dl0 3dl0 4pl 4p2 4p3 4p4 4p5 4p6
fiQUre S.2S
Configuration electronique des elements de Ia quatrieme periode ldu potassium
au krypton). La configuration electronique type des metaux de transition
ldu scandium au zinc) est [Ar]4s2 3dn, sauf en ce qui concerne le chrome
et le cuivre.
lA groupe VIllA
..--- ~
Is · l .s: ·
IIA IliA IVA VA VIA VIlA
2 21
·~ f
3
it-' 31
f
periode 4
~s
:I
3~ 41
l f
5 d.s:
-f ~ s'f
I
Figure 5.26
6 Js La ~ 5~ 61
T I f Orbitales remplies pour les
7 is I
Ac h) ~I
diverses parties du tableau
periodique. On remarque que,
pour une periode donnee, l'or-
~
bitale In+ l)s est remplie avant
4f I'orbitale nd. Le numero du
groupe indique le nombre d'elec-
Sf trons de valence lies electrons ns
et np) des elements de ce groupe.
216 (hopitre (inq Structure de I' otome et periodicile
~ groupe ,---
J.' 2
H UA IliA IVA VA VIA VITA He
~
'5 4 K ca - Sc Ti v Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
""""'"' "M
\'<<\ \ '- ··
,4J
,cv,,-,,\•.,\
4.~~3d! 4.2w 4s2Jd3 4s1Jd5 4s2Jd5 4~Jdl5 4s23tf7 4s23Jil 4slJdlO .JslJdlO 4~24p l 4s24p2 4s4p3 4s.?..l.p4 4-s24p-" 4-."'lp'>
'"'
0, S'i ;;6 57 '?2 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86
~ 6 Ba· La· Hf Ta w Re Os Ir Pt Au Hg TI Pb Bi Po At Rn
Cs
"'0
-o &t. fuZ fu2jdl 4ft46s15dd' fu25tJS 6s2Sif4 fu2j<f' 6s25tf6 6s2SJ7 6:i1Sd9 6sl5dl0 6s25dl0 6s26pl 6s26p2 6s26p3 6s26p4 6s'Op' 6s~6
1-<
'"'E Fe\~;;?''', \ \ £t 89 104 105 106 107 108 109 110 Ill
" ft
\'<\
"7 "'~,•
Ra
'i.-;_2_·
Ac*t
7.s'l6di
Rb
1s16tft
Db
7s'l&P
Sg
1s1fxl4
Bh
1s'26J5
Hs Mt
1$'16<[1
Uun Uuu
58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 @ 70 71
*lanthanides Ce Pr Nd Pm Sm Eu Gd 1b Dy Ho Er Tm Yb [Link]
6s1.0f15d' 6s24(f5d" fu'-4(45d'l 6il4fl540 6.·~ ~ 6s21f'Sd' 6il4j9Sdl 6J"'fi05o'' 6~15111 6J'4fl2Sa" 6.t24f!'5dll fil¥45dll 6s'4f'<Sd'
**actinides Th Pa u Np Pu Am Cm Bk Cf Es Fm Md No Lr
1•'Sf'J6JZ ls'J.S(l&P 1"'"'fl6d' 7s'l,SJ'6d1 1ti1Sj6611J 1il~ 1<'5f'6d' 1('5/"6<1' 7,2~ 7~ 1640 7>1!Jfl- 7~ ,.~ 7~
-
Figure 5.27
Tableau periodique : symboles, numeros atomiques et configurations electro-
niques des electrons de valence.
I' yttrium au cadmium). Ce remplissage anticipe des orbitales s peut s' expliquer par
l' effet de penetration. Par exemple, l'orbitale 4s permet une tellement plus grande
penetration aupres du noyau que son energie devient inferieure a celle de I' orbitale
3d. Par consequent, l'orbitale 4s se remplit avant l'orbitale 3d. II en est de meme
des orbitales 5s par rapport a 4d, 6s par rapport a 5d et 7s par rapport a 6d.
Le groupe des lanthanides est com- 2. Un groupe de 14 elements, les lanthanides, suit immediatement le lanthane, dont
pose d' elements caracterises par le Ia configuration electronique est [Xe]6s 2 5d 1• Cette serie d'elements correspond
remplissage progressif des au remplissage des sept orbitales 4f II peut toutefois arriver qu'un electron
orbitales 4f.
occupe une orbitale 5d au lieu d' une orbitale 4f, etant donne que les niveaux
d'energie de ces orbitales sont tres voisins.
[Link] Principe du oufbou eltcblecu periodique 217
IK
- ;=-==-;
I 2
H 2 n 14 15 16 17 He
I··~;
4 5 6 7 8 9 10
Be B c N 0 F Ne
I I~~~
12 13 14 15 16 17 18
Mg 3 4 5 6 7 R 9 10 II 12 AI Si p s Cl AT
~
20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36
,, b
Ca Sc Ti v Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
~
38 .39 -to 41 42 43 44 45 46 47 48 49 5{) 51 52 53 S4
Sr y Zr f'<"b Mo Tc Ru Rh Pd Ag Cd In Sn Sb Te I Xe
56 57 iz 7J i4 75 76 77 78 79 80 HI 82 83 84 85 86
Ba La Hf Ta w Re Os Ir PI Au Hg Tl Pb Bi Po At Rn
:[ 88
Ra
'89
Ac
104
Rb
1'05
Db
106
Sg
1(17
Bh
108
Hs
109
Mt
ILO
Uun
Ill
Uuu
lanthanides
actinides
Figure 5.28
Tableau periodique: version recente proposee par I'UICPA.
3. Un autre groupe de 14 elements, les actinides, suit immediatement I'actinium, Le groupe des actin ides est compose
dont Ia configuration est [Rn]7s26d 1. Cette serie correspond au remplissage des d 'elements caracterises par le rempl is-
sage progressif des orbitales 5f.
sept orbitales Sf On remarque que, parfois. un ou deux electrons occupent des
orbitales 6d au lieu des orbitales Sf; puisque les niveaux d'energie de ces orbitales
sont tres voisins.
4. Le numero des groupes (IA, IIA, DIA, IVA, VA, VIA, VIlA et VIIIA) indique le Le numero du groupe indique le
nombre total d'electrons de valence des elements de chaque groupe. Par exemple, nombre total d'electrons de va lence
tousles elements du groupe VA ont Ia configuration m·2np 3 . (En general, on ne que possedenl les elements de ce
groupe.
considere pas comme electrons de valence les electrons (n - I )d 10 des elements
des groupes IliA aVIllA des periodes 4, Set 6.) La signification des numeros des
groupes des metaux de transition n, est pas aussi evidente que celle des elements
des groupes A. (Nous ne traitons d' ailleurs pas des metaux de transition dans ce
volume.)
5. On appelle couramment elements non transitionnels les elements des groupes
lA, IIA, IliA, IVA, VA, VIA VIlA et VIllA. Rappelons que, dans un groupe donne,
les elements ont tous Ia meme configuration en ce qui concerne les electrons de
valence.
L' UICPA (Union internationale de chimie pure et appliquee), organisme scien-
tifique voue a Ia normalisation en chimie, a recemment recommancte !'utilisation
d'une nouvelle version du tableau periodique (voir Ia .figure 5.28), version qui n' a
pas encore ohtenu l' assentiment general des chimistes. Selon ce nouveau tableau, le
numero de groupe indique le nombre d'electrons s, p et d qui se sont ajoutes au
cortege electronique du dernier gaz rare. (Dans cet ouvrage, nous n'utiliserons pas
cette nouvelle version; il faut cependant savoir que le tableau periodique auquel on
est habitue pourrait bientot changer d"aspect.)
21 8 (hopitre (inq Strocture de I' otome et periodicite
Solution
Le soufre (numero atomique: 16) fait partie des elements de Ia troisieme periode ca-
racterises par le remplissage des orbitales 3p (voir Ia figure 5.30). Le soufre etant le
quatrieme element 3p, il doit a voir quatre electrons 3p. Sa configuration electronique
est done
so it
Le cadmium (numero atomique: 48) est situe dans la derniere des cases occupees par
les elements de transition 4d de Ia cinquieme periode (voir La figure 5.30). Dixieme
element de cette serie, le cadmium possede done 10 electrons dans ses orbitales 4d,
en plus de 2 electrons dans l'orbitale 5s. Sa configuration electronique est done
Cd: 1s2 2s2 2p6 3s 2 3p64s 2 3d 104p 6 5s24d 10 soit rKr]5s2 4d 10
L' hafnium (numero atomique: 72), qui fait partie des elements de Ia sixieme periode,
l est situe immediatement apres les lanthanides (voir Ia figure 5.30). Les orbitales 4f
sont done remplies. Deuxieme de Ia serie des metaux de transition 5d, ]'hafnium
possede done deux electrons 5d. Sa configuration est
J Hf: ls2 2s2 2p6 3s 2 3p64s2 3d 104p6 5s24d 105p 6 6s 24f 145d 2 soit
5.12 Perioditite des proprietes otomiques 219
Le radium (numero atomique: 88) fait partie du groupe ITA, dans Ia septieme pe-
riode (fig. 6.27). Le radium a done deux electrons dans J'orbitale 7s. Sa configura-
tion est
Ra: J.i12s2 2p63.~3p64s2 3d 1 04p6 5s24d 10 5p6 6s24f 145d 106p6?s 2 soit [Rn]7s2
groupe
lA VIllA
;--
3 3s 3p 1 s Figure 5.29
periode
4 4s 3d 4p Diagramme qui resume bien
5 5s 4d Cd 5p l'ordre dans lequel les orbitales
se remplissent dans un atome
6 6s La Hf 5d 6p
polyelectronique.
7 7sjRa Ac 6d
Figure 5.30
Place des elements dont il est
question a l'exemple 5.7.
Energie tl'ionisotion
L'energie d'ionisation est l'energie requise pour arracher un electron d'un atome ou
d'un ion a l'etat gazeux.
iCl.)
"@
Na
Mg
495
735
..0
0 AI 580
bo Si 780
s::
0 p 1060
·g
s:: s 1005 3375 4565 27000
·a;a Cl 1255 3850 5160 11000
Ar 1527 3945 5770 7230 12000
* Remarquons Ia difference considerable qui ex iste entre l'energie d'ionisation necessaire a
l'arrachement d'un electron de creur et celle necessaire a l'arrachement d' un electron de valence.
- -- - - - - - -- - - - augmentation globale - - -- - - -- -- - - - .
Mg 1 s22s22p63s2 que I' attraction entre Mg 2+ et le deuxieme electron ionise est le double de celle
Mg+ 1s 2 2s2 2p6 3s 1 s'exer~an t entre Mg+ et le premier electron. De meme, il serait normal que / 3 = 4/ 1
Mg2+ 1 s2 2 s22p6
Mg3+ et que /4 = 4/t .
1 s2 2s2 2po
Mg4+ 1s2 2s 2 2p4 Pourquoi alors 13 est-elle environ 10 fois plus grande que 11 ? Farce que le
troisieme electron ionise est un electron de cceur de l' atome Mg et qu' il se trouve
Exemple : done beaucoup plus pres du noyau +12 que les deux premiers electrons enleves,
Mg 2+ : 1s22s22p6 lesquels etaient des electrons de valence. Comme on peut le voir dans le tableau 5.5,
il y a toujours un bond enorme de l'energie d' ionisation quand on commence a ioni-
ser les electron s de cceur, ce qui permet de deduire aisement le nombre d' electrons
de valence d'un element donne.
La figure 5.31 illustre la variation des valeurs de 1' energie de premiere ionisation
Au fur et a
mesure que le numero pour les elements des six premieres periodes. On y remarque que, en general, l'ener-
atomique augmente, l'energie de gie de premiere ionisation uugmente au fu r et il mesure qu 'on progresse dans une
premiere ionisation a ugmente dans
une periode donnee et d iminue dans
periode. Un tel phenomene correspond bien au fait que, pour un meme niveau quan-
un groupe donne.
Figure 5.31
2500
He I
Variation des valeurs de l' €mergie Ne
de premiere ionisation en fonction 2000
du numero atom ique, pour les 0
elements des cinq premieres
periodes. En g,eneral, les valeurs ~ 1500
Ar
B c N 0
2 1086 1402 13 14
800
AI Si p s Cl
3 1256 :1521
577 786 101 2 999
Ge As Se Br Kr
Ga
4 947 94 1 1143 1351
579 76 1
In Sn Sb Te Xe
5 J(J09 1170' Figure 5.32
558 708 834 869
tique principal. les electrons ajoutes n'exercent aucun effet d'ecran appreciable qui
s'oppose a ]'attraction croissante du noyau due a !'augmentation du nombre de pro-
tons. Par consequent, les electrons d'un meme niveau quantique principal sont
generalement plus fortement relies au fur et a mesure que l'on se deplace vers Ia
droite dans une periode, et il y a une augmentation generate des valeurs d'energie
d'ionisation au fur eta mesure que les electrons sont ajoutes a un niveau quantique
principal donne.
Par contre, I' energie de premiere ionisation diminue au fur et a me sure que le
numero atomique des Clements d'un meme groupe augmente. Le tableau 5.6 illustre
bien ce comportement dans le cas des elements du groupe IA tmetaux alcalins) et du
groupe VIIIA (gaz rares). Cette diminution de I'energie d'ionisation est due au fait
que r electron de valence est, en moyenne, situe de plus en plus loin du noyau. Au fur
eta mesure que n augmente, Ia taille de I'orbitale augmente. done !'electron est plus
facile a an-acher.
L' examen de Ia figure 5.31 met en evidence une certaine discontinuite dans !'aug-
mentation de l'energie de premiere ionisation a J'interieur d'une meme periode.
Dam; la deuxieme periode. par exemple, lorsqu'on passe du beryllium au bore, ou de · Energies de pre-
I' azote a I' oxygene, Ia valeur de l'energie d'ionisation diminue au lieu d'augmenter. miere ionisation des metaux
Ces ecarts par rapport a Ia regie generale sont dus a Ia repulsion des electrons. En alcalins et des gaz rares
effet, dans le cas du bore, cette diminution rend compte du fait que les electrons de
element /1 (kJ/mol)
l'orbitale 2s exercent un effet d'ecran sur !'electron 2p; dans le cas de !'oxygene,
elle correspond au fait que Ia presence d'une orbitale 2p remplie - que ne possecte groupe lA
pas I' azote - entralne une repulsion entre les deux electron!> qui remplissent ceUe Li 520
mbitale. Na 495
Les energies de premiere ionisation des elements non transitionnels sont K 419
Rb 403
indiquees a Ia figure 5.32.
Cs 376
groupe VlliA
He 2372
Ne 2080
fxempfe 5.8 Variations clans les energies cl'ionisation Ar 1527
Kr 1351
L"energie de premiere ionisation du phosphore est de 1063 kJ/mol et celle du soufre,
Xe 1170
Rn 1037
de 1000 kJ/mol. Expliquez cette difference.
222 Chopitre (inq Structure de I'otome et periodime
Solution
Les configurations des electrons de valence du phosphore et du soufre, [Link]
voisins dans la troisieme periode du tableau periodique, sont respectivement 3s23p3
et 3s2 3p4 .
En general, dans une periode donnee, l'energie de premiere ionisation augmente
avec le numero atomique. L'energie d'ionisation du soufre devrait done etre su-
perieure a celle du phosphore. Cependanl, puisque le quatrieme electron p du soufre
doit occuper une orbitale deja a demi remplie, Ia repulsion entre les deux electrons
regroupes permet d'arracher l'un des deux electrons plus facilement que prevu.
Solution
L'atome pour lequella valeur de I 1 est Ia plus forte est le neon (Is 2 2s2 2p6 ); en effet,
puisqu'il occupe Ia demiere case de la deuxieme periode, ses orbitales p sont toutes
remplies. Etant donne que les electrons 2p ne se masquent pas mutuellement Ia
charge nucleaire de fa~on importante, Ia valeur de I 1 est relativement elevee. Dans le
cas des autres atomes mentionnes, on remarque la presence d' electrons 3s. Ces elec-
trons subissent un effet d"ecran notable dfi aux electrons de cceur, en plus d'etre plus
eloignes du noyau que les electrons 2p du neon. Pour ces atomes, les valeurs de h
sont done plus faibles que pour le neon.
L'atome pour lequella valeur de I 2 est Ia plus faible est le magnesium (ls2 2s2 2p6 3s2 ).
Dans ce cas, I 1 et [z font routes deux intervenir les electrons de valence, alors que
dans le cas du sodium (Na: ls22s22p63s 1), le deuxieme electron an-ache (qui cor-
respond a [z) est un electron de cceur qui occupe une orbitale 2p.
(Voir les questions 5.29 et 5.30)
Allinite electronique
L'affinite electronique est, par definition, la quantite d'energie associee a l 'addi-
tion d'un electron a un atome a l'etat gazezn:. soit
Par convention, le signe qui affecte X(g) + e- ~ x - (1?)
les valeurs de l'affinite electronique
obeit aux memes regles que celles qui
L' existence de deux conventions differentes en ce qui conceme le signe qui
regissent le signe des variations affecte Ia valeur de l'affinite electronique cree une certaine confusion. Dans de nom-
d'energie. breux ouvrages, on definit I'affinite electronique comme l'energie liberee au
5.12 Periodicite des proprietes otomiques 223
't\~
or" Ca
0'
'§ ~ -100
• •u l' \ t
ff I
I•
Na,- K Valeurs de l' affinite electronique,
tlo
u E ! l (: •o s '
I . pour les elements qui, parmi les
20 premiers, forment des ions x-
~- \
~ ~ - 200
~~
l stables a
l'etat isole. les !ignes
·a l
-300 ".
relient des elements voisins. les
!S l F
"' Cl discontinuites dans les lignes cor-
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 respondent aux elements man-
numero atomique quants (He, Be, N, Ne, Mg et
ArL dont les atomes ne forment
pas d'ions x- stables et isoles.
moment del' addition d'un electron a una tome gazeux. Par consequent, si Ia reaction
est exothermique, la valeur de I' energie doit, en vertu de cette convention, etre affec-
tee du signe positif; or, en thermodynamique, on utilise normalement Ia convention
inverse. DansIe present ouvrage, on definit I'affinite electronique comme une varia-
tion d'energie. Ainsi. selon cette definition, si une reaction de capture d'electron est
exothern:tique, la valeur de l'affinite electronique pour cet electron est negative.
La figure 5.33 presente les valeurs de I' affinite electronique pour les elements qui,
parmi les 20 premiers du tableau periodique, forment des ions negatifs stables -
autrement dit, les atomes qui captent un electron comme il est illustre ci-dessus.
Comme prevu, tous ces elements ont des affinites electroniques negatives (exother-
miques). Remarquez que plus La valeur de L'energie est negative, plus I'energie
liberee est importante. Merne si, en general, Ia valeur de l'affinite electronique
decroit au fur eta mesure que le numero atomique augmente dans une peri ode, il y a
plusieurs exceptions a la regie a l'interieur de chacune des periodes. On peut expli-
quer la variation de l'affinite electronique en fonction du numero atomique par une
variation de Ia repulsion interelectronique selon Ia configuration electronique.
Par exemple, le fait que l'atome d'azote ne forme pas union stable N- (g) isole.
tandis que le carbone forme I' ion c- (g), traduit une difference de configuration elec-
tronique de ces atomes. L'electron ajoute a !'azote (ls2 2s 2 2p3) pour former l'ion
N- (g) (ls2 2s2 2p4 ) occuperait une orbitale 2p qui contient deja un electron. La repul-
sion additionnelle entre ces electrons dans une orbitale doublement occupee rendrait
!'ion N - (g) instable. Quand !'electron est ajoute au carbone (ls 2 2s2 2p 2 ) pour former
!'ion c- (g) (ls22s2 2p 3), il n'y a pas de repulsion supplementaire.
Contrairement a l'atome d'azote, l'atome d'oxygene peut recevoir un electron
pour former l'ion stable o- (g). On croit que Ia plus grande charge nucleaire de
!'oxygene comparativement a celle de !'azote suffit pour contrebalancer Ia repulsion
associee a !'addition d'un deuxieme electron dans une orbitale 2p deja occupee.
Cependant. il faut noter qu'un second electron n' est jamais capte par un atome
d'oxygene [O- (g)+ e- ~ 0 2- (g)] pour former union oxyde isole. Cela est pJutot
etonnant vu le grand nombre d'oxydes stables (MgO. Fe2 0 3, etc.) qui sont connus.
Comme nous Ie verrons en detail au chapitre 6, !'ion 0 2- est stabilise dans Ies com-
poses ioniques par Ia forte attraction qui se produit entre les ions positifs et les ions
oxydes.
Dans un groupe donne d'elements, on devrait s'attendre ace que l'affinite elec-
tronique diminue en valeur absolue (moins d'energie liberee) au fur eta mesure que le
numero atomique augmente, etant donne que !'electron ajoute doit occuper une affinite electronique
orbitale de plus en plus eloignee du noyau. Meme si c' est en generalle cas, on cons- element (kJ/mol)
tate que, dans un groupe donne d'element'>, la variation de l'affinite electronique est
faible et les exceptions, nombreuses. Prenons, par exemple, I' affinite electronique des F -327.8
Cl -348,7
elements du groupe VIlA, les halo genes (voir Le tableau 5. 7). On remarque que 1' ecart
Br - 324,5
entre Ies valeurs est tres restreint, par rapport a celui qu' on con state dans une periode;
I - 295,2
ainsi, le cWore, le brome et l'iode obeissent ala regie, mais l'energie liberee a Ia suite
224 Chopitre Cinq Strudure de I' otome et periodicite
de Ia capture d' un electron par le fluor est inferieure a Ia valeur prevue - ce qu' on peut
expliquer par Ia petite taille des orbitales 2p de cet element; dans ces orbitales, en effet,
les electrons sont tellement rapproches les uns des autres que les forces de repulsion
entre electrons sont particulierement importantes. Dans les autres halogenes, les
orbitales sont plus grandes; par consequent, les repulsions sont moins fortes.
Figure 5.34
Definition du rayon atomique: Rayon atomique
moitie de Ia distance qui separe
les noyaux des atomes identiques De la meme fm;on qu'on ne peut pas detinir avec precision Ia taille d'une orbitale.
d'une molecule.
on ne peut pas connaitre avec exactitude les dimensions d'un atome. On peut cepen-
dant detenniner Ia valeur du rayon atomique en mesurant Ia distance qui separe les
noyaux des atomes d' une molecule donnee. Par exemple, dans une molecule de
brome, Ia distance qui separe les deux noyaux est de 228 pm. Par definition, le
rayon de l'atome de brome est ega! ala moitie de cette distance, soit 114 pm (voir
Ia figure 5.34).
Ces rayons sont souvent appeles rayons covalents atomiques en raison de Ia
methode utilisee pour les mesurer (a partir de Ia distance separant des atomes en liai-
son covalente).
H He
Q Q
37 31
B c N 0 F Ne
~
152 ll2 85 77 75 73 72 71
<I)
:::> .' i p s r• Ar
0"
"§
B 186 160 143 118 110 103 100 98
"'
"'
0
.
;>,
e:::>
"0
Ga Ge As Se Br Kr
"'
.52
~
;::
<I) 227 197 135 122 120 119 114 112
Figure 5.35 E
Valeurs des rayons atomiques "'"'""
(en picometres) de certains ele-
In Sn Sb Te Xe
ments_ On remarque que, au fur
eta mesure que le numero ato-
mique augmente, le rayon ato- 248 215 167 140 140 142 133 131
mique diminue dans une periode
donnee et augmente dans un
groupe donne. Les valeurs des
gaz rares ne sont qu'estimees T1 Pb Bi Po At Rn
parce que leurs atomes ne for-
ment pas aisement des liaisons
covalentes. 265 222 170 146 ISO 168 140 140
5.13 Proprietes des elements d'un groupe donne : les metoux olcolins 225
Pour les elements non metalliques qui ne forment pas de molecules diatomiques,
tels le carbone ou le bore, on estime leur rayon atomique a partir de divers composes
covalents.
On obtient les rayons des atomes metalliques, appeles « rayons metalliques »,en
divisant par deux Ia distance entre les atomes metalliques dans un crista! metallique
solide.
Les valeurs des rayons atomiques des elements non transitionnels sont presentees
ala figure 5.35. Mentionnons que ces valeurs sont nettement plus faibles que celles
que I' on attendrait a partir des calculs de probabilite totale (voir La fin de La section
5.5), parce que, quand les atomes forment des liaisons, leurs « nuages » electroniques
s'interpenetrent. Toutefois, ces valeurs forment un tout coherent qui peut etre utilise
pour etudier Ia variation des rayons atomiques.
On remarque (voir la figure 5.35) que le rayon atomique diminue au fur et a
mesure que le numero atomique des elements d'une periode augmente, ce qu'on
peut expliquer par !'augmentation concomitante de Ia charge nucleaire effective.
Autrement dit, au fur eta mesure que le numero atomique augmente. les electrons de
valence sont plus fortement attires par le noyau, ce qui entralne une diminution de Ia
taille de r atome.
Dans un groupe donne, le rayon atomique augmente au fur et a mesure que Ie
numero atomique augmente. Etant donne que le nombre quantique principal des
orbitales de valence augmente, Ia taille des orbitales augmente; par consequent, celle
de l' atome augmente aussi.
Placez les ions suivants selon I' ordre croissant des valeurs de leurs rayons: Be2 +,
Mg 2+, Ca2 + et Sr2 +.
Solution
II s' agit Ia de quatre ions qui appartiennent tous a des elements du groupe TIA, aux-
quels on a arrache deux electrons. Etant donne que, du beryllium au strontium, le
numero atomique augmente, il en est egalement ainsi de Ia taille des atomes ou des
ions. Ces ions sont done places selon I' ordre croissant de leur rayon.
Be2 + <Mg2 + < Ca2 + < Sr2 +
i i
plus petit rayon plus grand rayon
cette section, nous presentons un resume des nombreux renseignements que fournit
Ie tableau periodique. Pour mieux iHustrer l'utilite de celui-ci, nous traitons des pro-
prietes d' un groupe d'elements non transitionnels, les metaux alcalins.
metaux gaz
alcalins rares
l
halogenes ~ VIllA
IIIAIVA VA
actinides
IA VIllA
II ll l't:t'l ll ll l l
Figure 5.36
Appellation courante de certains
groupes.
5.13 Proprietes des elements d'un groupe donne: les metoux okolins 227
Metaux alcalins
Les elements metalliques du groupe IA, les metaux alcalins, permettent de bien illus-
trer la similitude qui existe entre les proprietes des elements d'un meme groupe. Le
lithium, le sodium, le potassium, le rubidium, le cesium et le francium sont les
metaux les plus reactifs. On ne s'attardera pas ici sur le francium, car on ne le trouve
dans Ia nature qu'en infimes quantites. L'hydrogene, bien qu'il fasse partie du Nous traiterons plus en profondeur de
groupe IA, se comporte differemment des autres elements du groupe. Il est dote des l' hydrogeme au chapitre 9 .
caracteristiques des non-metaux en raison surtout de Ia tres petite taille de son atome
(voir la figure 5.35). Dans Ia petite orbitale ls, son electron est fortement lie au
noyau.
Le tableau 5.8 presente quelques proprietes importantes des cinq premiers
metaux alcalins. On y remarque que, au fur et a mesure que le numero atomique
augmente, l'energie de premiere ionisation diminue et le rayon atomique augmente,
228 (hapitre Gnq Strudure de l'alome et periodidte
le lithium et le comportement
ans notre societe, de plus en plus Plus specifiquement, on croit que I' ion des neurotransmetteurs et des hormones.
d'energie qui resulte de I' association de molecules d'eau a I' ion M+. Le tableau 5.9
presente les valeurs de l'energie d'hydratation des ions Li+, Na+ et K+; le signe
negatif indique que, dans chaque cas, Ia reaction est exothetmique. L'hydratation de
energie d'hydratation l'ion Li+ libere cependant pres de deux fois plus d'energie que celle de l'ion K+, ce
ion (kJ/mol) qui est imputable a Ia taille des atomes: etant donne que I' ion Li+ est beaucoup plus
- 510
petit que I' ion K+, sa charge volumique (charge par unite de volume) est beaucoup
-402 plus importante; c'est pourquoi I' attraction des molecules d'eau polaires par le petit
-314 ion Li+ est plus f01te. En consequence, Ia formation de I' ion Li+, fortement hydrate,
a partir de l'atome de lithium est plus facile a obtenir que la f01mation de l'ion K+ a
partir de I' atome de potassium. Me me si, en phase gazeuse, I' atome de potassium
cede son electron de valence plus facilement que l'atome de lithium, c'est Ia situa-
tion inverse qui prevaut en milieu aqueux. Cette anomalie constitue un bon exemple
de ]'influence de Ia polarite des molecules d'eau dans les reactions qui ont lieu en
milieu aqueux.
ll existe un autre fait etonnant en ce qui concerne les reactions fortement exother-
miques des metaux alcalins avec I'eau. L'expetience montre que, dans l'eau, le li-
thium est le meilleur agent reducteur. On devrait done s'attendre ace que la reaction
du lithium avec l'eau soit Ia plus violente. Or il n'en est rien. Le sodium et le potas-
sium reagissent beaucoup plus f01tement que le lithium. Pourquoi? Acause du point
de fusion relativement eleve du lithium par rapport a celui des deux autres metaux
alcalins. Quand le sodium et le potassium reagissent avec l'eau, l'energie Iiberee
provoque Ia fusion de ces metaux, ce qui augmente leur surface de contact avec
I' eau. Par contre, comme le lithium ne fond pas a cette temperature, il reagit done
moins rapidement. Cet exemple illustre le principe imp01tant selon lequell' energie
degagee par une reaction donnee n'est pas directement proportionnelle a Ia vitesse
de cette reaction.
Dans cette section, nous avons vu que Ia periodicite des proprietes atomiques, si
bien illustree par le tableau periodique, pouvait permettre de comprendre le com-
portement chimique des elements. Nous reviendrons sans cesse sur ce fait au fur eta
mesure que nous progresserons dans I' etude de la chimie.
Resume
L'energie peut voyager dans l'espace sous Ia forme d'une radiation electromagnetique
qui possede une longueur d' onde, A, une frequence, v, et une vitesse, c ( c = 2,9979 X
108 rn!s), caracteristiques. L'equation Av = c traduit Ia relation qui existe entre ces
trois proprietes. Initialement, on croyait que 1' energie etait continue; Planck montra
toutefois que I' energie etait absorbee ou liberee en quanta, multiples entiers de hv (oil
h, la constante de Planck, vaut 6,626 X W - 34 J·s). Einstein postula qu'on pouvair
egalement considerer Ia radiation electromagnetique conune un flux de particules,
appelees photons, ayant chacune une energie hv. Selon cette theorie, Ia radiation
electromagnetique a des proprietes a Ia fois corpusculaires et ondulatoires. Le postu-
lat de De Broglie relatif au caractere ondulatoire des particules fut confirme par des
experiences de diffraction qui montrerent l'uniformite des proprietes de Ia matiere.
La dispersion de La lurniere blanche par un prisme produit un spectre continu. Par
contre, la dispersion de la lumiere produite par des atomes d'hydrogene excites ne
donne pas un spectre continu; seules certaines longueurs d'onde apparaissent. C'est
Mvtsdes 231
Mots des
Section 5.1 Sedion 5.3
radiation electromagnetique spectre continu
longueur d'onde spectre de raies
frequence
Section 5.4
Section 5.2 modele quantique
constante de Planck etat fondamental
quantification
photon Section 5.5
E=mc2 onde stationnaire
double nature de la lumiere modele atomique base sur Ia mecanique
diffraction ondulatoire
figure de diffraction fonction d'onde
232 Chopitre Cinq Structure de I' otome et periodicite
1. Que signifie avoir un caractere ondularoire? un caractere par- 5. Lequel, du lithium ou du beryllium, a l'energie de deuxieme
ticulaire? Les radiations electromagnetiques peuvent s' expli- ionisation le plus elevee? Expliquez.
quer en termes de particule et d' onde. Expliquez comment il est 6. Expliquez pourquoi Ia variation de l'energie d'ionisation en
possible de verifier experimentalement ces deux points de vue. fonction du nombre atomique des elements d'une meme pe-
2. Portez-vous ala defense du modele de Bohr. Etait-illogique de riode n'est pas lineaire. Quels sont les cas d'exception et
proposer un tel modele et queUes sont les preuves que ce mo- pourquoi font-ils exception ?
dele est valable? Pourquoi ne lui faisons-nous plus confiance 7. Sans recourir au manuel, dites quelle serait Ia variation de
aujourd' hui? l'energie de deuxieme ionisation des elements allant du so-
3. Voici les energies des quatre premieres ionisations des ele- dium a !'argon. Comparez a Ia reponse du tableau 7.5.
ments X et Y. Leurs valeurs ne sont toutefois pas exprimees en Expliquez toute divergence.
kJ/mol. 8. Expliquez pourquoi la ligne departageant les metaux des non-
metaux dans le tableau periodique est une diagonale allan!
X y vers le coin droit inferieur, plut6t qu'une droite horizontale ou
premiere 170 200 verticale.
'l
t;
deuxieme 350 400 9. Expliquez ce que signifie electron en mecanique quantique.
,, troisieme 1800 3500 Abordez le probleme en traitant des rayons atomiques, des
>'quatrieme 2500 5000 probabilites et des orbitales.
10. Choisissez, parmi les solutions proposees, celle qui repond le
Dites quels sont les elements X et Y. (II peut y avoir plus mieux a l' enonce suivant : l'energie d'ionisation de l'atome de
d' une bonne reponse. alors fournissez des explications de- chlore a la meme valeur que I' affinite electronique de :
taillees.) a) l'atome Cl.
4. Comparez les energies de premiere et de deuxieme ionisations b) !'ion CI-.
de !'helium (n' oubliez pas que les deux electrons proviennent c) l'ion CI+.
d'une orbitale ls). Expliquez cette difference sans recourir d) l'atome F.
aux valeurs fournies dans le texte. e) aucune des solutions proposees.
Exercices 233
11. « L'energie d'ionisation de l'atome de potassium a une valeur minium est-elle inferieure a celle du magnesium. et celle du
negative. puisque, en perdant un electron pour devenir K'", il soufre inferieure a celle du phosphore?
acquiett la configuration d'un gaz inerte. » Indiquez tout ce 29. Pourquoi les energies d'ionisation successives d'un atome
qui est .vrai dans eel enonce. Indiquez tout ce qui est faux. augmentent-elles toujours?
Corrigez Ia partie fausse de I' en once et expliquez Ia correction
30. Voyez les energies d'ionisation successives du silicium au
appottee.
tableau 5.5. Si !'on continuait a enlever les electrons, un par
12. En allant de gauche a droite dans une rangee du tableau pe- un, au-dela de ceux indiques dans le tableau, devrait-on ren-
riodique. le nombre d'electrons augmente, de meme que contrer a nouveau un saut important dans les valeurs d'ener-
generalement l'energie d'ionisation. En descendant dans une gie?
colonne du tableau periodique, le nombre d' electrons aug-
31. Pourquoi est-il beaucoup plus difficile d'expliquer les spec-
mente, mais l'energie d'ionisation diminue. Expliquez.
tres de ligne d'atomes et d'ions polyelectroniques que ceux de
J"hydrogene et des ions hydrogenoi:des?
La reponse a
toute question ou tout exercice precedes d'un
numero en bleu se trouve a
Ia fin de ce livre. 32. Les :-cientifiques utilisent le spectre d'emission pour con-
firmer Ia presence d'un element dans un materiau de composi-
tion inconnue. Pourquoi est-ce possible ?
Questions 33. Est-ce que Ie fait de reduire le plus possible la repulsion entre
electrons correspond bien a Ia regie de Hund?
13. Quels resultats experimentaux ont conduit a Ia formulation de
Ia themie quantique de Ia lumiere? 34. Dans que! etat est l'atome d'hydrogene lorsque n == X et
£==0?
14. Que signifie le mot «quantification»? Selon le modele de
Bohr, qu'est-ce qui est quanti fie dans l'atome d'hydrogene ? 35. Le laser d'un lecteur de disque compact utilise une lumiere de
780 nm de longueur d 'onde. Quelle en est Ia frequence ?
15. A partir de queUe taille et de quelle vitesse les effets quan-
QueUe est I' energie d'un seul photon de cette Jumiere?
tiques commencent-ils a se faire sentir?
16. Resumez quelques resultats experimentaux qui militent en
faveur des proprietes ondulatoires de la lumiere. Exercices
17. Definissez les expressions ci-dessous.
Matiere et lumiere
a) Photon.
b) Nombre quantique. 36. Une station de radio MF emet a 99.5 MHz. Quelle est Ia
c) Etat fondamental. longueur d'onde de ces andes radio ?
d) Etat excite.
37. La longueur d'onde d'une radiation micro-onde est de l'ordre
18. Dans l'atome d'hydrogene, quels renseignements nous four-
de 1,0 em. Calculez Ia frequence et J"energie d'un seul photon
nissent les valeurs des nombres quantiques n, t et lllf?
de cette radiation. Quelle est l'energie d'une quantile de pho-
19. En quai les orbitales 2p different-elles les unes des autres? tons egale au nombre d' Avogadro?
20. En quai les orbitales 2p et 3p different-elles les unes des 38. Le mercure emet de Ia lumiere visible a 404,7 et 435,8 nm.
autres? Calculez Ia frequence de ces emissions. Calculez J'energie
21. Qu ' appelle-t-on zone nodale dans une orbitale atomique? d'un seul photon et d'une mole de photons de lumiere a
22. Pourquoi est-on incapable de rendre compte exactemem de Ia chacune de ces longueurs d' onde.
repulsion entre les electrons dans un atome polyelectronique?
39. Le travail d'extraction correspond a J' energie requise pour
23. On a determine un nombre quantique de spin. A-t-on une arracher un electron de Ia surface d ' un solide. Le travail d'ex-
preuve que I' electron tourne vraiment sur lui-meme? traction du lithium est de 279,7 kJ/mol (autrement dit, il faut
24. Qu'entend-on par « Un electron 4s est plus "penetrant" qu'un fournir 279.7 kJ d'energie pour enlever une mole d' electrons a
electron 3d )) ? une mole d'atomes deLi a Ia surface du metal Li). Calculez Ia
25. Pourquoi accorde-t-on tant d'importante aux electrons de longueur d'onde maximale de Ia radiation qui permettrait
valence lorsqu'on traite des proprietes d'un atome? d'arracher un electron a un atome de lithium metallique.
26. Quelle est Ia relation entre les electrons de valence et les ele- 40. II faut foumir 492 kJ d'energie pour enlever une mole d'elec-
ments dans un meme groupe du tableau periodique? trons des atomes de la surface de I' or solide. Combien faut-il
d'energie pour enlever un seul electron d'un atome a Ia sur-
27. A plusieurs reprises, on a affirme que des sous-couches a
face d'un marceau d'or solide? QueUe est Ia longueur d'onde
demi remplies etaient particulierement stables. Comment
maximale de Ia lumiere capable de fournir cette energie?
peut-on justifier cer enonce du point de vue physique?
28. Expliquez pourquoi l'energie de premiere ionisation tend a
---
41. II faut fournir une energie de 7,21 X I0- 19 J pour arracher un
augmenter au fur et a mesure que l'on progresse dans une electron d'un atome de fer. Quelle est Ia plus grande longueur
periode. Pourquoi J'energie de premiere ionisation de l'alu- d ' onde de Ia radiation requise pour un tel an·achement?
234 Chopitre Cinq Structure de I'otome et periodidte
48. Calculez Ia longueur d'onde de Ia lumiere emise quand, dans 60. Parmi les ensembles de nombres quantiques suivants, reperez
l'atome d'hydrogene, chacune des transitions suivantes se ceux qui correspondent a des etats « interdits »a l' atome d'hy-
produit. drogene. Le cas echeant, precisez ce qui ne va pas.
a) n=4~n=3 e
a) n = 3, = 2, lilt= 2
b) n=5~n=4 b) n=4,f=3,me=4
c) n = 5 ----'> n = 3 e
c) n = 0, = 0, me = 0
e
d) n = 2, =-I, lilt= 1
49. Indiquez par des traits verticaux, sur le diagramme des
niveaux d'energie de l'atome d'hydrogene (voir La .figure 5.8), 61. QueUe est Ia signification de Ia valeur de ljP en un point
les transitions spectrales mentionnees a l'exercice 47. donne?
50. Indiquez par des traits verticaux, sur le diagramme des 62. Pour determiner Ia taille d'une orbitale, pourquoi utilise-t-on
niveaux d'energie de l'atome d'hydrogene (voir La .figure 5.8), une valeur arbitraire qui correspond a 90% des probabilites de
les transitions qui correspondent aux ionisations mentionnees presence de I' electron autour du noyau ?
a l'exercice 48.
51. L'electron d'un atome d'hydrogene est situe sur le niveau Atomes polyeleclroniques
n = 6. Calculez Ia longueur d'onde du photon de plus basse 63. Dans un atome, combien d'orbitales peuvent etre dites: 5p,
energie que peut emettre cet electron en descendant vers un 3d~2, 4d, n = 5, n = 4?
niveau inferieur. Calculez aussi Ia longueur du photon de plus
64. Dans un atome, combien d'electrons peuvent etre dits ls, 2p,
grande energie qui peut etre emis.
3px, 6f, 2d,-y?
52. Un atome d'hydrogene excite emet de Ia lumiere a une
frequence de 1,141 X 10 14 Hz pour atteindre Ie niveau d'ener- 65. Dans un atome donne, quel est le nombre maximal d'electrons
gie correspondant an = 4. De que] niveau quantique principal qui peuvent prendre les nombres quantiques suivants :
est parti cet electron ? a) n=4
b) n = 5, mt = + 1
Exercices 235
d) S, Cl, Kr. a) N, 0, F.
e) Pd. Ni. Cu. b) AI, Si, P.
88. Dans chacun des groupes suivants, reperez l'atome ou l'ion
97. Comment peut-on expliquer que l'affinite electronique du
qui possede Ia plus faible energie d'ionisation.
soufre soit superieure (plus exothermique) a celle de ]'oxy-
a) Cs, Ba, La.
gene?
b) Zn, Ga, Ge.
c) Tl, In, Sn. 98. Lequel, de rion o- ou de l'atome d'oxygene, a l'affinite elec-
d) Tl. [Link]. tronique Ia plus favorable (c'est-a-dire Ia plus negative)?
e) 0, o-, 0 2 . Justifiez votre reponse.
89. En 1994, a Ia reunion annuelle de I' American Chemical 99. Utilisez les donnees presentees dans ce chapitre pour deter-
Society, on a propose que r element 106 soit nom me miner :
seaborgium, Sg, en l'honneur de Glenn Seaborg, le decou- a) I' affinite electronique de Mg 2+;
vreur du premier element [Link]. b) l'affinite electronique de AI+.
a) Ecrivez Ia configuration electronique attendue pour !'ele- 100. Utilisez Ies donnees presentees dans ce chapitre pour deter-
ment 106. miner :
b) Que] element aurait les proprietes les plus semblables a a) l'energie d'ionisation de o -;
celles de I' element 106 ? b) l'energie d'ionisation de Cl;
c) Ecrivez Ia formule d'un oxyde et d'un oxanion possible de c) l'affinite electronique de CI+.
I' element 106.
90. Tentez de predire quelques-unes des proprietes de l'element
Les akalins et les alcalina-terreux
117 (symbole: Uus, selon Ia proposition de l'UICPA).
a) QueUe sera sa configuration electronique? 101. Un compose ionique forme de potassium et d'oxygene a Ia
b) A quel element ressemblera-t-il le plus du point de vue formule empirique KO . D'apres vous, ce compose est-il
chimique? I' oxyde de potassium(Il) ou le peroxyde de potassium ?
c) Quelle sera Ia formule du compose binaire nemre qu'il for- Expliquez.
mera avec le sodium, le magnesium, le carbone ou 102. Un compose ionique forme de magnesium et d'oxygene ala
I' oxygene? formule empirique MgO. D'apres vous, ce compose serait-il
d) Quels oxanions formera-t-il? l'oxyde de magnesium(II) ou le peroxyde de magnesium(!)?
Expliquez.
91. En prenant pour exemple le phosphore, ecrivez !'equation
d'une reaction pour laquelle la variation d'energie est egale a ---
103. En 1860, R. W. Bunsen et G. R. Kirchhoff decouvrent. a I' aide
I' energie d' ionisation. du spectroscope qu'ils avaient invente l'annee precedente, le
92. En utilisant le phosphore comme exemple, ecrivez I' equation cesium dans des eaux minerales naturelles. Le nom vient du
d' un processus au cours duquelle changement d'energie cor- latin ctesius (« bleu ciel >>) a cause de l'importante ligne bleue
respond a l'affinite electronique. observee pour cet element a 455,5 nm . Calculez la frequence
et l'energie d'un photon de cette lumiere.
93. Pour chacune des paires d'elements suivantes
104. Une lampe a vapeurs de sodium emet une lumiere d'unjaune
(C et N) (Ar et Br)
brillant due aux deux raies d'emission 589,0 nm et 589,6 nm.
choisissez I' atome qui a:
Calculez Ia frequence et l'energie d'un photon de lumiere
a) l'affinite electronique Ia plus favorable (exothermique);
emis a chacune de ces deux longueurs d'onde. Calculez-en
b) l' energie d'ionisation Ia plus elevee;
l'energie en kJ/mol.
c) Ia taille Ia plus importante.
94. Pour chacune des paires d'elements suivantes 105. Donnez le nom et ecrivez Ia formule de chacun des composes
(Mg et K) (F et Cl) binaires formes des elements suivants:
choisissez l'atome qui a: a) Li etN.
a) I' affinite electronique Ia plus favorable (exothemlique) ; b) Naet Br.
b) l'energie d'ionisation la plus elevee; c) K et S.
c) Ia taille Ia plus importante. 106. Donnez le nom et ecrivez Ia fommle de chacun des composes
binaires formes des elements suivants:
95. Classez les atomes des ensembles suivants par ordre croissant
a) Li et P.
de leur affinite electronique exothermique.
b) RbetH.
a) S, Se.
c) Na et 0.
b) F, Cl, Br, I.
96. Classez les atomes des ensembles suivants par ordre croissant 107. Completez et equilibrez Ies equations pour les reactions sui-
de leur affinite electronique exothermique. vantes.
Exercices supplementaires 237
a) Li(s) + Oz(g) - 4 trons d'un atome connu occupent, a l'etat excite, des orbitales
b) K(s) + S(s) - 4 g. Dans le cas des orbitales g, C = 4. Pour quelle valeur den
lOH. Completez et equilibrez les equations pour les reactions sui- trouve-t-on les premieres orbitales g? Quelles sont les valeurs
vantes. possibles de In(' ? Combien d'electrons peuvent occuper les
a) Cs(s) + H 2 0(C) - 4 orbitales g ?
b) Na(s) + Clz( g ) - 115. Parmi les ensembles de nombres quantiques suivants. trouvez
ceux qu"un electron peut prendre. Expliquez pourquoi il ne
pent pas prendre les autres.
[Link]~i,es supplementaires e
a) n = 1. = 0. lnr = 2. Ills = +t
109. Les lentilles photochromatiques grises contie nne nt, incor- e
b) n= 9. = 7. me = -6, m ,.= -t
porees au verre, de petites quantites de chlorure d' arge nr. e
c) n = 2, = 1, m e = 0, Ills= 0
Lorsque Ia lumiere frappe les particules de AgCI, Ia reacti on d) n = I, f =I , //If = l , Ills = +t
suivante a lieu: e) n = 3, f = 2, mr = - 3, Ins = +f
f) n = 4, C = 0, m e = 0, Ills = - f
hv
AgCI(s) - Ag(s) + Cl U6. Donnez une serie de valeurs possibles pour les nombres quan-
C'est Ia formation d'argent metallique qui est responsable du tiques de chaque electron de valence dans un atome de titane,
noircissement de Ia lentille. La variation d'enthalpie de cette Ti.
reaction est de 310 kJ/mol. En supposant qu e Ia lumiere soil la 117. Considerons I'antimoine, dans son etat fondamental.
seule source d'energie en jeu, queUe est Ia longue ur d' onde a) Combien d'electrons ont comrne nombre quantique = 1 ? e
maximale d' une radiation susceptible de provoquer cette reac- b) Combien d ' electrons ont comme nombre quantique
tion ? ill( = 0?
110. Dans un atome d'hydrogene. un electron passe de l'etat fon- c) Combien d' electrons ont comme nombre quantique
damental n = I a l'etat n = 3. Parmi les enonces suivants, ml = 1?
lesquels sont vrais ? Corrigez les enonces faux po ur qu ' ils 118. Le graphique ci-desso us represente les distributions radiales
deviennent vrais. de probabilite totale de presence des e lectrons des atomes
a) II faut plus d' energie pour ioniser (' electron an= 3 qu ' a d'helium, de neon et d' argon. lnterpretez ces courbes en fonc-
n= I. tion de Ia co nfig uration electronique de ces elements, de leurs
b) L' electron est en moyenne plus loin du noyau an= 3 qu ' a nombres quantiques et de leur charge nucleaire effective.
n = l.
c) La longueur d' onde de Ia lumiere emise si I' electron passe
r
---··~-·----
de n= 3 a n= 2 sera plus courte que Ia longueur d' onde de
i
Ia lumiere emise si I' e lectron passe den= 3 an= I.
,
1
I '
I j
d) La longueur d' onde emise quand !'electron retourne a son ;
etat fondamental a partir de n = 3 sera Ia meme que Ia
longueur d'onde absorbee s' il passe den= 1 an= 3.
e) Pour n = 3, I" electron est a son premier etat d ' excitation.
111. Supposons que l' electron de l' atome d' hydrogene soit excite
et passe au niveau n = 5. Combien de longue urs d'onde de
lumiere differente peuvent etre emises au fur et a mesure que
cet atome excite perdra so n energie ?
0 0,5 1,0
112. Quels nombres quantiques regissent l'energie d' un electron
distance du noyau (A)
dans :
a) un atome ou un ion a un seul electron?
b) un atome ou union a plusieurs electrons ? 119. A I' aide du tabl eau periodique fourni a Ia fin de ce livre,
113. Dans un atome, combi en d' electrons peuve nt pre ndre les ecrivez les configurations electroniques prevues pour :
valeurs des nombres quantiques suivants. a) le troisieme element do groupe VA ;
a) n= 3 b) !'element numero 116 ;
e
b) n = 2, = 0 c) un element possedant trois electrons 5d non paires a l'etat
e
c) n = 2. = 2 fo nda mental ;
e
d) n = 2. = 0. ml = 0, Ills = +t d) Ti, Ni et Os.
114. Jusqu ' a auj ourd'hui, aucun element connu ne possede d'elec- 120. Predisez le numero atomique de !'ele ment alcalin qui
tron dans les orbitales g, a l'etat fondamental. II est possible, viendrait apres le francium et decrivez sa configuration elec-
cependant, qu'on finisse par en decouvrir un ou que des elec- tronique a l'etat fo ndamental.
238 Chapitre Gnq Structure de I'otome et periooKile
121. Union de charge 4+ et de masse egale a 49,9 fJ possede deux C) Com bien d' elements se trouveraient dans Ia premiere serie
electrons pour n = I , 8 electrons pour n = 2 et 10 electrons des metaux de transition?
pour n = 3. Fournissez les proprietes suivantes de cet ion a d) Combien d'electrons !' ensemble des orbitales 4f peut-il
partir des renseignements donnes. Indice : pour former des contenir?
ions, les electrons 4s partent avant les electrons 3d. 131 Supposons que nous sommes dans un autre wlivers ou les lois
a) Le numero atomique. de Ia physique sont differentes. Les electrons dans cet univers
b) Le nombre total d'electrons s. sont decrits par quatre nombres quantiques dont Ia significa-
c) Le nombre total d'electrons p. tion est semblable a celle que nous utilisons. Nous appellerons
d) Le nombre total d'electrons d. ces nombres quantiques p , q, ret s. Les regles pour ces nom-
e) Le nombre de neutrons dans le noyau. bres quantiques sont les suivantes:
f) La configuration electronique a l'etal fondamental de
l'atome neutre.
p = I, 2, 3, 4, 5, ...
q est un nombre entier impair positif et q s p.
122. Les elements dont l'energie d'ionisation est tres elevee ont r prend toutes les valeurs entieres paires de -q a +q (zero est
souvent une affinite electronique tres exothermique. Quel considere comme un nombre pair)
groupe d'elements ferait exception a cette regie? s = +!ou - !.
123. Les variations de l'affinite electronique, a mesure qu'on a) Representez I' allure des quatre premieres peri odes du
descend dans un groupe du tableau periodique, ne sont pas tableau periodique pour les elements de cet univers.
aussi importantes que les variations des energies d'ionisation. b) Quels seraient les numeros atomiques des quatre premiers
Pourquoi? elements qui seraient Jes moins n!actifs ?
124. Les affinites electroniques des elements allant de I' aluminium c) Donnez un exemple, en utilisant les elements des quatre
au chlore sont -44, - 120, -74, - 200,4 et -384,7 kJ/mol, premieres rangees, de composes ioniques ayant les for-
respectivement. Expliquez Ia variation de ces valeurs. mules suivantes: XY, XY z, Xz Y. XY 3 et X 2Y 3·
125. A!' aide des renseignements foumis dans ce chapitre, calculez d) Combien d' electrons peuvent avoir les valeurs p = 4,
le changement d'energie attendu pour chacune des reactions q= 3?
suivantes: e) Combien d'electrons peuvent avoir les valeurs p = 3, q =0
a) Na(g) + Cl(g) ~ Na+(g) + Cl-(g) et r = 0?
b) Mg(g) + F(g) ~ Mg+(g) + F (g) f) Combien d'electrons peuvent avoir Ia valeur p = 6?
c) Mg+(g) + F(g) ~ Mg 2+(g) + F-(g) 132. En general, dans un groupe donne, le rayon atomique aug-
d) Mg(g) + 2F(g) ~ Mg 2+(g) + 2F-(g) mente au fur et a mesure que le numero atomique augmente.
126. Ecrivez des equations correspondant aux enonces sui vants : Comment peut-on expliquer que !'hafnium deroge a cette
a) L' energie de quatrieme ionisation de Se ; regie?
b) L'affinite electronique des-.
c) L'affinite electronique de Fe3+.
Rayon atomique (pm)
d) L' energie d ' ionisation de Mg. ---'-----
127. Le travail d'extraction est l'energie necessaire a I' extraction Sc 157 Ti 147,7
d'un electron de Ia surface d'un metal. En quoi cette defini- y 169,3 Zr 159,3
tion difrere-t-elle de celle de l'energie d'ionisation? La 191,5 Hf 147.6
128. II y a beaucoup plus de sels de lithium anhydres qui sont
hygroscopiques (qui absorbent facilement l'eau) qu'il yen a
pour tous les autres metaux alcalins. Expliquez. 133. Soit les energies d'ionisation suivantes pour I' aluminium :
Al(g) ~ AJ+(g) + e- / 1 = 580 kJ/mol
Al+(g) ~ Al 2+(g) + e- [z = 1815 kJ/mol
Problemes delis
AJ2+(g) ~ AJ3 +(g) + e- / 3 = 2740 kJ/mol
129. Une des lignes spectrales pour I' element Be3 + a une longueur AJ3+(g) ~ AJ4+(g) + e- 14 = II 600 kJ/mol
d' onde de 253,4 nm pour une transition electronique qui com- a) Expliquez Ia variation des valeurs des energies d'ionisa-
mence a n = 5. Quel est Je nombre quantique principal de tion.
l'etat de plus faible energie correspondant a cette emission? b) Expliquez l'importante augmentation entre h et h
130. Pour repondre aux questions ~uivantes, supposez que m, peut c) Lequel des quatre ions a Ia plus grande affinite electro-
avoir trois valeurs plutot que deux et que les regles qui nique? Expliquez.
e
s'appliquent pour n, et mr sont normales. d) Classez les quatre ions de }"aluminium mentionnes ci-
a) Combien d'electrons peuvent se loger sur une orbitale? dessus par ordre croissant de taille et expliquez votre
b) Combien d' elements se trouveraient dans Ia premiere et Ia classement. Indice: se rappeler que Ia majeure partie de Ia
seconde periode du tableau periodique? taille d'un atome ou d'un element est due a ses electrons.
Probleme de synthese 239
Probleme de synthese
Ce probleme fait appel a plusieurs concepts et techniques de
resolution de problemes. Les problemes de synthese peuvent
etre utilises en classe par des groupes d'etudiants pour leur
a
faciliter !'acquisition des habiletes necessaires Ia resolution
de problemes .
E
n exam inant le monde envi ronnant, on constate qu'il est presque totalement 6.1 Types de liaisons chimiques
constitue de composes et de melanges de com poses: roches, charbon, sol, 6.2 Electrom'lgativitl)
petrole, arbres et etres humains constituent en effet autont de melanges com- 6.3 Polarite de Ia liaison et moments
plexes de produits chimiques composes de differents types d' atomes lies les uns oux dipolaires
outres. Dons Ia nature, on peut toutefois rencontrer des substances constituees 6.4 Configurations electroniques et failles
d'otomes non lies; ces dernieres sont cependant tres rares: l'argon present dans !'at- des ions
mosphere et I' helium present dans les reserves de gaz naturel en sont des exemples. Etablissemenf des formules des
La b:;:on dont les atomes sont lies les uns oux autres influence considerablement composes ioniques
les proprietes physiques et chimiques d'un compose. Le graphite, par exemple, est Tailles des ions
un materiau mou et onctueux qu' on utilise com me lubrifiant dans les serrures; on 6.5 Composes ioniques binaires
utilise par ailleurs le diamant - un des materiaux les plus durs qui existent et qu'on Calculs relatifs il I'energie de
a eleve au rang de pierre precieuse- com me outi l trancha nt dans l'industrie. Or, reseau
comment se fai t-il que ces deux materioux, pourtant composes uniquement 6.6 Caractere partiellemenf ionique des
d'otomes de carbone, possedent des proprietes si d ifferentes? La reponse reside liaisons covalentes
dons Ia nature des liaisons qui existent entre les atomes. 6.7 Liaisons covalentes : un modele
Dons le tableau periodique, le silicium et le carbone sont deux elements voisins theorique
du groupe IVA. Compte tenu de Ia periodicite des proprietes, on devrait s'attendre Vue d' ensemble des theories
ace que Si0 2 et C0 2 soient tres semblables. Or ce n'est pas le cos. En effet, 6.8 Energies des liaisons covalenfes et
Si02 est Ia formule empirique de Ia silice, qu'on trouve dans le sable et le quartz, reactions chimiques
alors que C0 2 (le dioxyde de carbone) est un gaz, un produit de Ia respiration. Energie de liaison et enthalpie
Pourquo i ces deux composes sont-i ls si differen ts? On pourra repondre a cette 6.9 Theorie des electrons lowlises
question apres avoir etudie les differents types de liaison. 6.10 Diagrommes de Lewis
Les liaisons et Ia structure d'une molecule jouen t un role determinant dans les 6.11 Exceptions ala regie de I'octet
chem inements de toutes les reactions chi miques, dont plusieurs sont essentielles a 6.12 Resonance
Ia survie de l'etre humain. Comment les enzymes facil itent-ils certaines reactions Molecules il nombre impair
ch imiques complexes? Comment les caracteres hereditai res sont-ils tronsmi s? d' electrons
Com ment l'hemoglobine du sang transporte-t-elle !'oxygene dans !'ensemble de Charge formelle
l'organisme. Toutes ces reactions chimiques fondamentales dependent de Ia struc- 6.13 Structure moleculaire : theorie RPEV
ture geometrique des molecules: parfois, une difference min ime dans Ia forme de Theorie RPEV et liaisons muhiples
a
Ia molecule suffit orienter une reaction chimique vers une voie plut6t que vers une Molecules il plus d' un atome
autre. central
Adequation de Ia theorie RPEV
Le carbone peut former des molecu les spheriques tres stables de 60 atomes (C60)- 241
242 Chapitre Six Liaisons chimiques: concepts gimeraux
Lorsque le chlorure de sodium est dissous dans l'eau, il produit une solution qui
conduit l'electiicite, ce qui prouve qu'il est compose d'ions Na+ et CI- . Ainsi, quand
le sodium et le chlore reagissent pow· former du chlorure de sodium, il y a transfert
d'electrons entre les atomes de sodium et de chlore, ce qui entra!ne Ia formation des
ions Na+ et CI- qui s'agregent alors pour produire du chlorure de sodium solide. On
peut expliquer cette reaction simplement : le systeme peut. de cette farm~. atteindre le
niveau d' energie le plus has possible. La quete par un atome de chlore d'un electron
supplementaire et Ia tres grande force d'attraction mutuelle qui existe entre des ions
de charges opposees constituent la force agissante de ce processus. Le produit de la
reaction, le chlorure de sodium solide, est un materiau tres solide, dont le point de
fusion est voisin de 800 oc. Les forces de liaison responsables de cette grande stabi-
lite thermique sont dues a !'attraction electrostatique entre des ions tres rapproches et
de charges opposees. C'est la un exemple de liaison ionique. 11 y a formation d'une
substance ionique quand un atome qui cede facilement des electrons reagit avec un
atome dont l'affinite pour les electrons est tres grande. En d'autres termes, un com-
pose ionique est le produit de Ia reaction d'un metal avec un non-metal.
Pour calculer l'energie de !'interaction d'une paire d'ions, on utilise la loi de
Coulomb, soit
E= 2,31 X 10- 19
J · nm (Q rQ
1 2
)
ou E est l'energie (J), r, la distance qui separe les centres des ions (nm) et Q1 et Q2 ,
les charges numeriques des ions.
Dans le cas du chlorure de sodium solide, la distance qui separe les centres des
ions Na+ et CI- etant de 0,276 nm, l'energie ionique par paire d'ions est de
E = 2,31 X 10- 19 l
J ·nm [( + l)(-l) = -8,37 X 10- 19 J
0,276 nm J
Le signe negatif indique qu'il s'agit d'une force d'attraction. Autrement dit.
l'energie de Ia paire d'ions est inferieure cl celle des ions pris separement.
On peut egalement utiliser la loi de Coulomb pour calculer I' energie de repulsion
entre deux ions rapprocbes et de charge identique. Dans ce cas, Ia valeur calculee de
l'energie est affectee du signe positif.
Comme on vient de le voir, une force de liaison appara!t quand deux types dif-
ferents d'atomes reagissent pour former des ions de charges opposees. Or, comment
une force de liaison peut-elle exister entre deux atomes identiques? Etudions ce
probleme d'un point de vue tres simple en examinant les facteurs energetiques qui
interviennent quand deux atomes d'hydrogene se rapprochent l'un de I' autre (voir Ia
figure [Link]). Dans ce cas, deux forces opposees entrent en jeu. Deux facteurs ener-
getiques sont defavorables: la repulsion proton-proton et Ia repulsion electron-
electron; un facteur est favorable: l' attraction proton-electron. Dans quelles condi-
tions I' apparition d'une molecule H 2 est-elle favorisee par rapport a I' existence des
atomes d'hydrogene individuels? En d'autres termes. queJles conditions favorisent Ia
formation d'une liaison? La reponse reside dans le fait que Ia nature recherche tou- II y a formation d ' une liaison si
jours l'etat de moindre energie. II y a formation d'une liaison, c'est-a-dire que les l'emergie du groupe d 'atomes est
atomes d'hydrogene forment une molecule, si l'energie totale du systeme diminue. inferieurea Ia somme de celles des
atomes individuels.
Dans ce cas, les atomes d'hydrogene se placent de fa~on ace que le niveau d'~ner
gie du systeme soit le plus bas possible, c'est-a-dire que Ia somme des facteurs
energetiques positifs (repulsion) et du facteur energetique negatif (attraction) soit le
244 (hapilre Six Liaisons chimiques: concepts gemiraux
· atome.H atome H
0
suffisamment eloigm'-' run de !'autre
pour qu'il n'y ait aucune interaction ~
::::
~
"H ------- H
~c
+ <\)
0 ---- -- -------- -- ----- --- ----- --- ------ ---- ----- ---- --- - -- --- ---- --- -----
0
0.
u
atomc H atome H "§
<I)
c
les atomes commencent a reagir •<1)
- 458
+
0 0,074 distance internucleaire lnm) - - - - - - - - - -
molecule H2
a)
distance optimale pour laquelle le systeme
atteint l'etat de moindre energie b)
t
(longueur de liaison H- - H)
Figure 6.1
a) Interaction entre deux atomes d'hydrogeme. b) Variation de I' energie
potentielle en fonction de Ia distance qui separe les noyaux des atomes
d'hydrogene. Au fur eta mesure que les noyaux se rapprochent l'un de l'autre,
I' energie diminue jusqu' a ce que Ia distance so it de 0,074 nm (74 pm); a pres
quai, elle augmente au fur et a mesure que les atomes se rapprochent davan-
tage, a cause de Ia repulsion entre les noyaux.
plus faible possible. On appelle Ia distance a laquelle cette energie est minimale Ia
longueur de Ia liaison. La tigure 6.1 b illustre graphiquement Ia variation de I' ener-
gie totale du systeme en fonction de la distance qui separe les noyaux des atomes
d'hydrogene. On y remar·que les caracteristiques importantes suivantes:
L'energie en question est l'energie potentielle nette qui resuJte de rattraction et
de Ia repulsion entre des particules chargees de meme que de l'energie cine-
rique due au deplacement des electrons.
On considere que Ia valeur de I'energie est nulle quand les atomes sont infini-
ment eloignes l'un de I' autre.
A tres faible distance, l'energie augmente de fa~on tres rapide, a cause de
I' importance des forces de repulsion qui accompagnent le rapprochement
des noyaux.
La longueur d'une liaison est Ia distance qui separe les noyaux quand le niveau
energetique du systeme est le plus bas.
Dans Ia molecule H2 , les electrons sont surtout situes dans l'espace qui separe les
deux noyaux, Ia ou ils sont attires simultanement par les deux protons. C'est precise-
men! cette position des electrons qui conrere a la molecule H2 Ia stabilite dont sont
depourvus les deux atomes d'hydrogene individuels. L'energie potentielle de chaque
electron diminue a cause de l'accroissement des forces d' attraction dans cette zone.
n y a formation d'une liaison entre deux atomes d'hydrogene parce que la molecule
H 2 est plus stable que deux atomes d'hydrogene separes et qu'il existe une difference
d'energie (energie de liaison) entre ces deux etats.
6.2 Electronegolivite 245
On peut egalement etudier une liaison en ce qui concerne les forces. L'attraction
simultanee de chaque electron par les deux protons genere une force qui attire les pro-
tons l'un vers I' autre, et qui contrebalance exactement les forces de repulsion proton-
proton et les forces de repulsion electron-electron, a Ia distance qui correspond a Ia
longueur de Ia liaison.
Ce type de liaison. qu'on trouve dans Ia molecule d'hydrogene et dans de nom- Les liaisons ioniques et covalentes
breuses autres molecules et dans laquelle les electrons sont partages par les noywo:, consti tuent les types extremes de
liaisons.
s'appelle une liaison covalente.
Jusqu'a maintenant, nous n'avons etudie que les deux types extremes de liaisons.
Dans Ia liaison ionique, les atomes qui participent sont si differents qu'il y a transfert
d'un ou plusieurs electrons pour que des ions de charges opposees soient formes; la
liaison resulte alors d'interactions electrostatiques. Dans le cas d'une liaison cova-
lente, deux atomes identiques se partagent egalement les electrons; Ia liaison resulte
d'une attraction mutuelle des deux noyaux sur les electrons a partager. Entre ces deux
extremes, on trouve de nombreux cas interrnediaires, dans lesquels les atomes ne sont 8+
8- F H 8+ H
pas differents au point qu' il y ait un transfert net d' electrom;, mais suffisamment dif-
F
ferents pour qu"il y ait un partage inegal des electrons- et, par consequent, formation
8+ 8-
de ce qu'on appelle une liaison covalente polaire. La liaison qu'on trouve dans Ia
molecule de fluorure d'hydrogene, HF, en est un exemple. Quand on soumet un H
echantillon de fluorure d'hydrogene gazeux a !'action d' un champ electrique, les F
molecules ont tendance a s'orienter de Ia fa~on illustree a Ia figure 6.2: J'atome de 8-
fluor est oriente vers le pole positif et J'atome d'hydrogene. vers le pole negatif. 8-
8+
Done, dans Ia molecule HF, la distribution des charges a lieu de Ia fa~on suivante: H
F
8-
H- F
o+ 0- a)
negatives dans les atomes (polarite de liaison) de molecules telles que HF et H20
decoule du fait que les electrons de liaison ne sont pas egalement partages entre les
atomes. On peut ainsi expliquer Ia polarite de Ia molecule HF en supposant que 8+ H F
l'affinite de l'atome de fluor pour les electrons de liaison est superieure a celle de
l'atome d'hydrogene. De Ia meme fa~on. dans la molecule H 2 0, l'atome d'oxygene
semble attirer plus fOitement les electrons de liaison que ne le font les atomes d'hy-
drogene. Etant donne que Ia polarite de liaison joue un tres grand role en chimie, il
est important de quantifier !'attraction d'un atome envers les electrons de liaison.
C'est precisement ce que nous apprendrons a Ia section suivante.
b)
Figure 6.2
6.2 Electronegotivite Influence d'un champ electrique
sur des molecules de fluorure
Afin de decrire l'affinite des atomes pour les electrons de liaison, on utilise le terme d'hydrogime. a) En I' absence de
electronegativite, c'est-a-dire Ia capacite d'attraction d'un atome envers les elec- champ electrique, les molecules
trons de liaison. sont orientees au hasard.
b) En presence d'un champ elec-
Pour determiner les valeurs de I' electronegativite, on utilise en generalla methode
trique, les molecules ont tendance
de Linus Pauling (1901-1995), scientifique americain qui fut laureat de deux prix a s' aligner en orientant leur
Nobel, celui de chimie et celui de Ia paix. Expliquons done en quoi consiste le mo- extremite negative vers le pole
dele de Pauling aI' aide d'une molecule hypothetique, HX. Pour determiner les elec- positif et leur extremite positive
tronegativites relatives des atomes H et X, on compare Ia valeur experimentale de vers le pole negatif.
246 Chopitre Six [joisons chimiques : concepts gimeroux
l' energie de la liaison H-X, a sa valeur theorique. qui est egale a Ia moyenne des
energies de liaison H-H et X- X, soit
Energie de li aison H- X theorique =
Energie de liaison H-H + Energie de liaison X- X
2
La difference, /),., entre les valeurs experimentale et theorique des energies de liai-
son est
f\. = (H- X)exp- (H- X)theor
Si les electronegativites de H et de X sont identiques, (H- X)exp et (H- X)theor
sont les memes. et /),. = 0. Par contre, si I' electronegativite de X est superieure acelle
J e H, les electrons partages ont tendance aetre situes plus pres de I' atome X. Dans ce
cas, Ia molecule est polaire, et Ia distribution des charges est Ia suivante :
H- X
0+0-
- - - - - - - - - - - - - - - - - e!ectronegativite croissante - - - - - - - - - - - - - - - - - -
IH1
Be• L::_j B c N 0 F
1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0
AI Si p s Cl
1.5 1.8 2.1 2.5 3.0
ea,: Sc Ti V Cr Mn Fe Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br
t;i{, ' L3 ·J ,5 Lf> l.b L5 L8 ! .9 1.9 1.6 1.6 1.8 2.0 2.4 2.8
Si' ~ Y Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd Cd In Sn Sb Te
~..0 ' <1'2'i l o4 Lb 1.8 1.9 1.Z 2.2 2.2 1.7 1.7 1.8 1.9 2.1 2.5
,,
Cs Ba-. ~ La- Lu Hf Ta w Re Os Pt Au Hg Tl Pb Bi Po At
0.7 o:9· \ 1.0-1 ~2·
T
u '1.5 L7 L9 2.2 2.2 2.4 B 1.8 1.9 1.9 2.0 2.2
Fr Ra Ac Th Pa u Np--No
0
._- __ ,0.7
,_ ' :o.9 u ~. J 1.4 1.4 1.4--13
- - - - - - - - - - - - -- - - - electronegativite croissante - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
'
uo··, ~ ~~j
1 : I
,,
\ •
@ '
'
.
. B
2.0
p
Na:,, .¥g ~ / AI Si
1.8 2. 1
2.5
I==
J.O
1.5
'(>.9.: } ·.,1,2 '
Se Br
ea. ; sc Ti v , Cr Mn Fej co Ni Cu Zn Ga Ge As
2.4
2.8
1.3 1.5 ~.6 1.6 1.5 I u 1.9 1..9 1.9 1.6 1.6 1.8 2.0 '==
Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd J\i Cd ln Sn Sb Te
2.5
1.9 2.2 2.2 2 .2 1.9 1.9 2. 1
1.6 1.8 L7 1.7 1.8
1,4
.,-,,
: C.S Bii' ~Lu Hf Ta w
1.7
Tl
1.8
Pb
1.9
Bi
1.9
Po
2.0
At
2.2
J
'~ .<h1
{):f 1.0-1,2 1.3 LS
/
Th Pa u Np-Nol
1!3 1.4 1.4 1.4--1.3]
-- {~~ -·
Figure 6.3
a) Valeurs de l'electronegativite selon Pauling . L'electronegativite augmente en
general a
mesure qu 'on progresse dans une periode {de gauche droite) et a
diminue a mesure qu 'on progresse dans un groupe {de haut en bas) . b) Cette
representation tridimensionnelle met en evidence les variations periodiques .
6.2 Eledronegativite 247
l
intermediaire
l
importante ionique
Cette liaison possede un caractere a la fois ionique et covalent. L' attraction elec-
trostatique entre les atomes H et X partiellement charges genere une force de liaison
plus grande: ainsi, (H-X)exp est superieur a (H-X)tbeor· Plus la difference d' elec-
tmnegativite entre les atomes est importante. plus le caractere ionique de Ia liaison
est important et plus grande est la valeur de /',.. On peut done. a partir des valeurs de/',.,
determiner les electronegativites relatives de H et de X.
De cette fat;on, on peut calculer la valeur de I' electronegativite de presque tous
les elements (voir Ia figure 6.3). On cons tate que I' electronegativite augmente en
general au fur eta mesure qu'on se deplace vers la droite dans une periode, et qu'elle
diminue au fur et a mesure qu'on descend dans un groupe. Les valeurs de I'elec-
tronegativite varient de 4,0 (pour le fluor) a 0,7 (pour le cesium).
Le tableau 6.1 presente Ia relation qui existe entre I'electronegativite et le type
de liaison chimique. Pour des atomes identiques (difference d' electronegativite = 0),
les electrons sont partages egalement; il n'y a aucune polarite. Quand deux atomes
d'electronegativites tres differentes reagissent, il y a transfert d'electrons et. par
Placez les liaisons suivantes selon I' ordre croissant de polarite: H-H, 0-H,
Cl-H. S-H et F-H.
Solution
La polarite d'une liaison augmente au fur et a mesure que la difference d'electro-
negativite entre les atomes augmente. En se basant sur les valeurs de 1' electronega-
tivite presentees ala figure 6.3, on obtient le classement suivant (Ia valeur de l'elec-
tronegativite figure entre parentheses pour chaque element):
H-H < S-H < Cl-H < 0-H < F-H
!2, 1)(2.1 ) !2.5)(2. 1) f3 .0H2. l l 11.5)(2. 1) !-l-,0)(2. 1)
difference
d'electro- 0 0,4 0,9 1,4 1.9
negativite liaison covalente --------~ liaison covalente polaire
m·--mentation de Ia 'lOlari h!
consequent, production des ions qui constituent Ia substance ionique. Entre ces deux
extremes, il existe des liaisons covalentes polaires dans lesquelles il y a partage
inegal des electrons.
Toute molecule diatomique (composee de deux atomes) dont la liaison est polaire
possede done un moment dipolaire. Les molecules polyatomiques peuvent egale-
..
b) c)
Figure 6.4
a) Repartition des charges dans une molecule d'eau. b) Orientation d'une
molecule d'eau dans un champ electrique. c) Modele d'une molecule d'eau
obtenu par ordinateur.
0~--------------
t:J.-
..-
H .,--- -- - -- - - - - -·~ H - --- - - - ~
'
''
'
H t:J.+
a)
b) c)
Figure 6.5
a) Structure d'une molecule d'ammoniac et repartition des charges. La polarite
de Ia liaison N-H est due au fait que l'electronegativite de I' azote est superieure
a celle de l'hydrogene. b) Moment dipolaire d'une molecule d'ammoniac orien-
tee dans un champ electrique. c) Modele d'une molecule d'ammoniac obtenu
par ordinateur.
6.3 Polorite de lo liaison et moments dipoloires 249
a) b) c)
Figure 6.6
a) Molecule de dioxyde de carbone. b) Les polarites des liaisons opposees
s'annulent ; Ia molecule de dioxyde de carbone ne possede par consequent
aucun moment dipolaire global. c) Modele d'une molecule de dioxyde de
carbone obtenu par ordinateur.
ment avoir des moments dipolaires. Etant donne que l'electronegativite de l' atome
d'oxygene de Ia molecule d'eau est superieure a celles des atomes d'hydrogene, Ia
distribution des charges pour ceue molecule est semblable acelle illustree a Ia figure
6.4a. A cause de cette distribution des charges, Ia molecule d'eau se comporte,
lorsqu'on Ia soumet a un champ electrique, comme si elle possedait deux foyers de
charge, un positif et un negatif (voir la figure 6.4b). La molecule d'eau a done un
moment dipolaire. On observe Ie meme phenomene en ce qui conceme Ia molecule
NH 3 (voir Ia figure 6.5). Toutefois, certaines molecules ont des liaisons polaires sans
pour autant posseder de moment dipolaire, ce qui a lieu quand Jes polarites des
Liaisons individuelles sont placees de fa~on a s' annuler mutuellement. La molecule
C02 en est un exemple: c' est une molecule lineaire pour Jaquelle Ia distribution des
charges est semblable a celle presentee a Ia figure 6.6. Dans ce cas, les polarites
opposees s'annulent; par consequent, Ia molecule de dioxyde de carbone ne possede
pas de moment dipolaire. Lorsqu' on Ia soumet aun champ electrique, cette molecule
n' adopte aucune position particuliere.
VtERIFICAI'ION
Essayez de trouver une orientation preferentielle pour bien comprendre ce concept.
Outre le dioxyde de carbone, il existe de nombreuses autres molecules pour
lesquelles les polarites des liaisons, opposees, s'annulent mutuellement. Le tableau
6.2 presente quelques types communs de molecules possedant des liaisons polaires
mais aucun moment dipolaire.
Pour chacune des molecules suivantes, indiquez Ia polarite de chaque liaison et trou-
vez lesquelles possedent un moment dipolaire: HCI, CI2 , S03 (molecule plane dans
laquelle les atomes d'oxygene sont repartis uniformement autour de l'atome central
de soufre), Cf4 (molecule de forme tetraedrique [voir le tableau 6.2] dans laquelle
1' atome central est le carbone) et H 2 S (molecule en forme de V dans laquelle I' atome
de soufre occupe Ia pointe du V).
Solution
Molecule HCl. L'electronegativite du chlore (3,0) est superieure a celle de l'hy-
drogene (2,1). (Voir lafigure 6.3.) Le chlore est done partiellement negatif et l'hy-
1 drogene, partiellement positif. La molecule HCI possede done un moment dipolaire.
H '-- - ' Cl
Molecule Clz. Les deux atomes de chlore se partagent egalement les electrons. II n'y
a aucune liaison polaire, et Ia molecule Cl2 ne possede pas de moment dipolaire.
, Molecule S03 . L'electronegativite de I' oxygene (3,5) est superieure acelle du soufre
(2,5). Chaque atome d'oxygene a done une charge negative partielle et le soufre, une
1~ charge positive partielle.
t• 0 3-
. I
{'"d~+o-,
3
'
Ia molecule un moment dipolaire.
Cette molecule est un exemple du troisieme type presente au tableau 6.2; les pola-
rites de liaison s'annulent. La molecule ne possede done aucun moment dipolaire.
Molecule H 2S. Puisque le soufre a une electronegativite (2,5) superieure a celle de
l'hydrogene (2,1), le soufre a une charge negative partielle et chacon des atomes
d'hydrogene, one charge positive partielle.
ll+ H H ll+
"'-/
s
21>-
Dans cette molecule, semblable ala molecule d'eau, les liaisons polaires creent un
moment dipolaire oriente de la fa~on suivante :
H
En phase gazeuse, les ions d ' une quand nous parlerons de stabilite d' un compose ionique, nous ferons toujours
substance ionique sont relativement reference a J'etat solide, Ia ou les importantes forces d' attraction entre ions de
eloignes les uns des autres et
charges opposees tendenl a stabiliser (former) lesions. Ainsi, comme nous l'avons
ne ferment que rarement des
regroupements :
deja mentionne au chapitre precedent, !"ion 0 2- isole n'est pas stable, en phase
gazeuse, mais il est tres stable dans de nombreux composes ioniques solides. Par
u 8 exemple, MgO(s), qui contient Jes ions Mg 2 + et 0 2- est tres stable a l'etat solide, mais
@8 (±) !'existence de Ia paire d'ions Mg 2+ 0 2- en phase gazeuse n'esl pas energetiquement
8 (±) favorisee comparativement aux a tomes gazeux neutres. Alors, il ne faut jamais ou-
blier que, dans cette section, et dans Ia plupart des cas ou il sera question de Ia nature
des composes ioniques, nous faisons generalement reference aretat solide, Ia ou de
nombreux ions interagissent simultanemenr.
Pour illustrer les principes qui regissent Ia determination de Ia configuration elec-
tronique des composes stables, considerons Ja formation d'un compose ionique cons-
titue de calcium et d' oxygene. On peut predire Ia nature de ce compose en examinant
la configuraiton de la couche de valence des deux atomes.
Ca: [ArJ4s2
0: [Ar]2s 2 2p4
L'electronegativite (3.5) de !'oxygene est de beaucoup superieure a celle (1,0) du
calcium (voir La figure 6.3). A cause de cette grande difference, des electrons passent
du calcium a I' oxygene; il y a done formation de I' anion oxygene et du cation cal-
cium. Combien d' electrons sont transferes? On peut baser les predictions sur le fait
que Ia configuration electronique des gaz rares est Ia plus stable. Pour posseder Ia
configuration du neon ( Is2 2J·2 2p6 ) - c' est-a-dire pour que les orbitales 2s et 2p soient
remplies - , l'atome d'oxygene doit recevoir deux electrons; le calcium, quanta lui,
doit perdre deux electrons pour avoir Ia configuration de I' argon. II y a done transfer!
de deux electrons :
Ca+O ~ Ca2 + +0 2 -
2e
Pour predire Ia formule d'un compose ionit[ue, il faut se rappeler qu'un compose
chimique est toujours electriquement neutre: il possede Ia meme quantite de charges
positives et de charges negatives. Dans le cas etudie ici, le nombre d"ions Ca2 + doit
etre egal au nombre d'ions 0 2-; c'est pourquoi Ia formule empirique du compose est
CaO.
Ions possedant une configuration semblable a celle d'un gaz rare et couramment
prt!tscots dens les composes io niques
configuration
groupe lA groupe IIA groupe IliA groupe VIA groupe VIlA electronique
H- . Li+ Be2+ [He]
Na+ Mg2+ AJ3+ oz- p- [NeJ
K+ Ca2 + s2 - Cl- [Ar]
Rb+ Sr2 + Se2 - B1 - [KrJ
cs+ Ba2+ Te 2 - I [Xel
0
60 31
140 136
s2- Cl-
Na+ Mg2+ Al3+
95 65 50
184 18 1
Se2- Br-
K+ Ca2+ Ga 3+
Figure 6.7
!33 99 62
Tailles des ions en fonction de Ia 198 195
position de leurs elements d' ori-
gine dans le tableau periodi~ue.
La taille augmente en genera au
fur eta mesure qu'on progresse
Rb+ s?+ InJ+ Sn4+ Sb5+
T e2-
.-
dans un groupe; dans une serie
d'ions isoelectroniques, Ia taille
diminue au fur et a mesure que le
numero atomique augmente. Les
mesures des rayons ioniques sont 148 113 81 71 62
exprimees en picometres (pm). 221 2 16
Differents facteurs influencent la taille des ions. Considerons d'abord les tailles
relatives d'un ion et de son atome d'origine. Puisque la formation d'un ion positif
(cation) resulte de Ia perte d'etectrons, ce cation est plus petit que l'atome d'origine.
Dans le cas de la formation des anions, c' est le contraire: etant donne que Ia forma-
tion d'un anion resulte de la capture d'un electron, I' anion est plus gros que l'atome
d'origine.
II est egalement important de savoir comment la taille des ions varie en fonction
de Ia position des elements dans le tableau periodique. La figure 6.7 montre Ia varia-
tion de Ia taille des ions les plus importants (chacun ayant une configuration sem-
blable a celle d'un gaz rare) en fonction de leur position dans le tableau periodique.
Ony remarque que la taille de I' ion augmente au furet a mesure qu'on progresse dans
un groupe. En ce qui concerne la variation de la taille de l'ion dans une periode, elle
est beaucoup plus complexe, car on passe des metaux (core gauche du tableau) aux
non-metaux (cote droit du tableau). En effet, dans une periode donnee, on trouve ala
fois des elements qui cedent des electrons de valence pour former des cations et des
elements qui en captent pour former des anions.
11 existe un fait important a ne pas oublier en ce qui concerne les tailles relatives
des ions d'une serie d'ions isoetectroniques (ions qui possedent le meme nombre
d 'electrons). Considerons lesions 0 2- , F-. Na+. Mg2 + et AJ 3 +. Chacun de ces ions
possede une configuration electronique semblable a celle du neon (verifier). Com-
6.4 Configurations electroniques et to~les des ions 255
ment, dans ce cas, leur taille varie-t-elle? En general, on doit prendre en considera-
tion deux donnees importantes quand on veut predire les taiUes relatives des ions: le
nombre d'electrons et le nombre de protons. Puisque, ici, lesions en question sont
isoelectroniques, ils possedent tous Je meme nombre d'electrons, soit 10: la repul-
sion entre electrons devrait done etre, dans chaque cas, a peu pres du meme ordre de
grandeur. Cependant, lorsqu'on passe de 0 2- aAJ 3+, le nombre de protons augmente
de 8 (ions 0 2-) a 13 (ions Al 3+); par consequent, les 10 electrons sont soumis a une
attraction plus forte imputable a I' augmentation de Ia charge positive du noyau; il y
a done contraction du volume de I' ion (voir lafigure 6. 7). En general, pour une serie La taille des ions isoelectroniques
d'ions isoelectroniques, la taille diminue au fur eta mesure que la charge nucleaire, diminue au fur et a
mesure que Z
Z, augmente. aug mente.
{ Placez les wns Se 2- , Br-, Rb+ et Sr2 + selon I' ordre decrmssant de tallle.
Solution
C'est la une serie d'ions isoelectroniques qui possedent une configuration electro-
nique semblable a celle du krypton. Puisque tous ces ions possedent le meme nombre
d'electrons, leur taille n'est fonction que de Ia charge nucleaire, Z. Les valeurs de Z
sont: 34 pour Se2- , 35 pour Br-, 37 pour Rb+ et 38 pour Sr2 +. Puisque I' ion Sr2 + a Ia
plus importante charge nucleaire, c'est )' ion le plus petit. L'ion Se2- . pour lequel Z a
Ia plus petite valeur, est le plus grand. On a done
Se2 - > Br- > Rb + > Sr2 +
i i
le plus grand le plus petit
Solution
a) Ce sont tous des elements du groupe [A L'ion Cs+ est le plus grand puisque Ia
taille augmente au fur et a me sure qu' on progresse dans un groupe (1' ion qui pos-
sede le plus grand nombre d'electrons etant le plus grand).
b) C'est Ia une serie d'ions isoelectroniques, ions qui possedent tous une configu-
ration elecrronique semblable a celle du xenon. L'ion qui possede Ia plus petite
charge nucleaire est le plus grand. Alors
Te 2 - > I- > Cs + > Ba2+
Z=52 Z=53 Z=55 Z=56
(Voir les exercices 6.31 et 6.32)
256 Chapitre Six Liaisons chimiques: conrepts generaux
trAP£ 5
Formation du fluorure de lithium solide a partir des ions Li+ et p-en phase ga:teuse.
Li+(g) + F-( g ) - LiF(s)
L'energie requise est l'energie de reseau pour LiF, soit - 1047 kJ/mol.
Etant donne que la somme de ces cinq processus represente la reaction globale, la
somme des variations d'energie individuelles represente Ia variation globale d'ener-
gie de cette reaction (!:lHreaction).
La figure 6.8 resume ce processus sous forme de cycle energetique. On remarque
que Ia formation du tluorure de lithium solide a partir de ses elements est fortement
exothermique, ce qui est principalement du a Ia valeur negative importante de l'ener-
gie de reseau. Quand lesions s'associent pour former le solide. il y a liberation d'une
quantite d'energie tres elevee. En fait. quand on ajoute un electron a un atome de
fluor pour former l'ion F-. l'energie liberee (328 kJ/mol) n'est pas suffisante pour
arracher un electron au lithium (520 kJ/mol). Autrement dit, quand un atome de li-
thium metallique reagit avec un atome de fluor non metallique pour former des ions
isoles, conformement a la reaction suivante:
Li(g) + F(g)- Li+(g) + F-(g) a)
le processus est endothermique; par consequent, il n, est pas favori se. s, il y a, dans
ce cas-ci, formation d'un compose ionique plutot que d'un compose covalent, c'est
sans con teste a cause de la forte attraction mutuelle des ions Li+ et p- dans le soli de:
I' energie de reseau est le facteur energetique dominant.
La figure 6.9 illustre la structure du fluorure de lithium solide. On y remarque
l'alternance des ions Li+ et F-, ainsi que le fait que chaque ion Li+ est entoure de
six ions F- et chaque ion F- , de six ions u+. On peut expliquer cette structure en
supposant que lesions se comportent comme des spheres rigides qui s'empilent de
fa~n telle que !'attraction entre les ions de charges opposees est maximale et la
repulsion entre les ions de charge identique, minimale.
Li+(g) + F(g)
(3)77 kJ
(4)- 328 kJ
Li+(g) + F-(g) Figure 6.9
(2)520 kJ
Structure du fluorure de lithium.
aJ Representation a l'aide du
modele boules et botonnets. On
Figure 6.8 remarque que chaque ion Li+ est
"+'f'
E (1)161 kJ L"(') .!. F ( )
Variations d' energie asso- entoure de six ions F- et que
I
(5)-1047 kJ a
ciees Ia formation du chaque ion F- est entoure de six
fluorure de lithium solide a ions Li + . bJ Representation des
-{) 17 kJ - variation partir de ses elements. Les ions par des spheres. La structure
globale (t...H,,,cuoo> chiffres entre parentheses correspond aI' empilement des
referent aux etapes de ions spheriques, empilement dans
reaction discutees dans le lequel les attractions ioniques sont
LiF(s)
texte. maximales et les repulsions
ioniques, minimales.
258 Chopitre Six Lioisoos chimiques: coocepts !JMeroux
Tous les composes ioniques binaires qui resultent de !'interaction d'un metal
alcalin et d'un halogene ont une structure semblable a celle de Ia figure 6.9. a
}'exception des sels de cesium. On appelle cette disposition des ions structure
chlorure de sodium, carle chlorure de sodium est le compose le plus courant qui pos-
sede cette structure.
247
Mg2+(g) + t 0 2(g)
E
2180- energie d'ionisation
Na+(g)+ i F2(g) ~J 77
I
-328 - affinite
f
496 - energie
electronique
d'ionisation
Mg(g) + t Oz(g)
Na(g) + t Fz(g)
Mg(s) + i Oz(g) 150
109 Na(s) + i F2(g)
l v:~~:~~ -923
1
. - :~tsi:~m
MgO(s) i -------
d'energie (M,,action) - - 57!_0.__ _ _ ___;_.;...._._ _ _
NaF(s)
rlgUI'e 6.1 0
Si le gain d'energie de reseau est si important lorsqu'on passe d'ions monovalents Comparaison entre les variations
ades ions bivalents dans le cas de l'oxyde de magnesium, pourquoi le fluorure de a
d'emergie associees Ia formation
sodium solide ne contient-il pas des ions Na 2+ et p2- plutot que des ions Na+ et F- ? du Auorure de sodium sol ide eta
celle de I' oxyde de magnesium
Simplement parce que la configuration electronique de la couche de valence des solide. l'energie de reseau de
deux ions Na+ et p-est semblable a celle du neon. L'arrachement d'un electron a un l'oxyde de magnesium (dans
ion Na+ necessiterait une quantite d'energie excessivement elevee, etant donne qu'il laquelle des ions bivalents s' asso-
s'agit d'un electron 2p. Par ailleurs, l'electron qu'on ajouterait a l'ion p- devrait cientJ est beaucoup plus impor-
occuper une orbitale 3s relativement eloignee du noyau; c'est la un autre processus tante que celle du fluorure de
non favorise. Dans le cas du fluorure de sodium, I' energie supplementaire requise sodium (dans laquelle des ions
monovalents s' associentJ.
pour former des ions bivalents est de beaucoup superieure au gain d'energie de
n~seau qui en resulterait.
260 Chopitre Six Lioisons chimiques : wncepts gem\roux
a)
100
0)
:::>
KCI ~
....
, --~
LlF
•KF
·-· ·
CT
·a 75 Csl [Link] •
Kr•-"• ·· -.N~-
s
~
,0)
LiCI• / CsCI CsF•
u LiBr /
"'~u •
50
/ "'
0)
"C)
Figure 6.12
Variation du pourcentage du
caractere ionique d'une liaison
.
HI ICJ __.- / HCI
•.
IBr HEr .
covalente en fonction de Ia dif- 0 ~~~~---L---L---~--~--_J _ __ _ J
ference d'electronegativite entre 0 2 3
les atomes lies. difference d'electronegativite
6.7 liaisons covalentes: un modele theorique 261
Une telle structure permet naturellement d'imaginer qu'il existe quatre interac-
tions (liaisons) individuelles C-H. L'energie de stabilisation de la molecule de Cf4
est repartie egalement entre chacune de ces interactions, et l'energie de liaison
moyenne C- H par mole de liaison C-H est de
1652 kJ/mol =
413 kJ/mol
4
262 Ompitre Six Liaisons chimiques : concepts gem\raux
La nature recherche toujours le plus bas niveau d' energie possible. II y a done for-
mation de groupes d'atomes si, dans cet etat, leur energie est inferieure a Ia somme
de celles des atomes individuels. Pourquoi en est-il ainsi? On I' a vu precedemment,
pour expliquer adequatement les variations d'energie, on fait appel soit a des atomes
qui partagent des electrons, soit a des atomes qui transferent des electrons pour qu'il
y ait formation d'ions. Dans le cas du partage d'electrons, il est commode de sup-
poser que des liaisons individuelles soient formees entre des paires d'atomes. Exa-
minons I' a-propos d'une telle supposition, ainsi que son utilite.
Dans une molecule diatomique comme H2, il est nature! de supposer qu'une liai-
son retienne ensemble les atomes. II est egalement utile de supposer que des liaisons
individuelles existent dans des molecules polyatomiques comme Cf4. Ainsi, au lieu
de considerer Cf4 comme une entite indivisible qui possede une energie de stabili-
sation de 1652 kJ par mole, on presume que Ia molecule Cf4 comporte quatre
liaisons C-H, chacune d'elles ayant une energie de 413 kJ par mole de liaisons. Si
on ne faisait pas appel a ce concept de liaison individuelle dans les molecules, I' etude
de la chimie serait desesperement complexe. ll existe en effet des millions de com-
poses chimiques differents; s'il fallait considerer chacun d'eux comme une entite
distincte, on ne pourrait pas comprendre Ia chimie.
Le concept de liaison foumit done un cadre qui permet de systematiser les reac-
tions chimiques en considerant que les molecules sont constituees de groupes de
composants fondamentaux communs. Par exemple, une molecule biologique comme
une proteine, qui contient des centaines d'atomes, peut para!tre excessivement com-
plexe. Cependant, lorsqu'on considere qu'elle est constituee des liaisons indivi-
duelles C-C, C-H, C-N, C-0, N-H, etc., il est plus facile de predire et de
comprendre les proprietes d'une proteine. L'idee fondamentale peut se formuler
ainsi: quel que soit l'environnement moleculaire, on s'attend a ce qu'une liaison
donnee se comporte toujours de la meme fa~on. Le concept de liaison chimique a
alors permis aux chimistes de systematiser les reactions dans lesquelles interviennent
les millions de composes connus.
Ce concept de liaison est non seulement utile, il est egalement vraisemblable. II
est en effet logique de supposer que les atomes forment des groupes stables en
264 Chopilre Six Liaisons chimiques : concepts gemircux
partageant des electrons. L' energie de ces electrons partages est plus faibl e. etant
donne que ces electrons sont attires simultanement par deux nuyaux.
Comme nou s le verrons a la section suivante, les donnees relatives aux energies de
liaison confirment I' existence de liaisons discretes relativement independantes de
l'environnement moleculaire. Toutefois, n'oublions pas que le concept de liaison
chimique n' est qu ' une theorie. De plus. meme si le concept de liaison discrete dans
les molecules concorde avec de nombreux resultats experimentaux, certaines pro-
prietes moleculaires exigent qu' on considere la molecule comme un tout. avec des
electrons libres de se deplacer dans !'ensemble de Ia molecule. C'est ce qu' on
appelle le phenomene de delocalisation des electrons, concept que nous aborderons
dans le prochain chapitre.
Pour etudier les sciences, il est essentiel de compnendre I' elaboration et ]'utilisa-
tion des theories. Les theories ont en commun les proprietes fondamentales decrites
ci-dessous.
energie (/cJjmol}
molecule necessoire pour briser lo liaison C-H
HCBr3 380
HCCI3 380
HCF3 430
CzH6 410
formation d'une liaison est done affecte du signe negatif. On peut exprimer la varia-
tion d'enthalpie d'une reaction de la fa~on suivante:
Ml = Energies necessaires a Ia rupture des liaisons existantes (signes positifs) +
Energies liberees par la formation de nouvelles liaisons (signes negatifs)
so it
!:J.H = "'i.D (liaisons rompues) - "'i.D (liaisons formees)
e 1ergie requi <;e ene•gie liberee
ou I est une sommation etD, l'energie de liaison par mole de liaisons (D est toujours
affectee du signe positif).
Dans le cas de la reaction de formation de HF, on a
!:J.H = DH- H + DF-F - 2DH- F
= 1 mol X 432 kJ + 1 mol X 154 kJ - 2 mol X 565 kJ
mol mol mol
=- 544 kJ
A l' aide des valeurs des energies de liaison presentees au tableau 6.4, calculez Ia
valeur de Ml pour Ia reaction de synthese du freon-12, CF2 Ch, apartir du methane,
du chlore et du fluor.
Solution
n s'agit ici de rompre les liaisons des molecules de reactifs pour obtenir des atomes
individuels, puis d'assembler ces atomes pour former des produits en creant de nou-
velles liaisons.
Reactifs
cner!!ie
atomes ----"---~ pro d [Link]
requi'( liber-~
Pour calculer la valeur de Ml, on additionne toutes les variations d'energie, confor-
mement aIa relation suivante:
!:J.H = Energie requise pour rompre les liaisons - Energie liberee au cours de Ia
formation des liaisons
Le signe moins est le signe approprie pour representer un processus exothermique.
Liaisons rompues dans les reactifs
reactifs liaisons energie requise
413
Cf4 : 4 mol C-H 4 mol X kJ = 1652 kJ
mol
239
2Cl2 : 2 mol CJ-Cl 2 mol X kJ = 478 kJ
mol
154
2 mol X kJ = 308 kJ
mol
energie totale requise = 2438 kJ
268 Chopilre Six Liaisons chimiques: concepts gimeroux
6. I0 Diogrommes de Lewis
Le diagramme de Lewis (en l'honneur de G. N. Lewis [voir /a .figure 6.13]) d ' une
molecule permet de representer Ia repartition des electrons de valence entre les
atomes de cette molecule. Les regles d'ecriture des diagrammes de Lewis sont basees
sur I' observation de milliers de molecules. observation qui a perm is de deduire que,
pour former un compose stable, les atomes doivent avoir une configuration electro-
nique semblable acelle d 'un gaz rare.
Lorsque des metaux et des non-metaux reagissent pour former des composes io-
niques binaires, il y a transfert d'electrons, et lesions qui en resultent ont une confi-
guration electronique semblable a celle d'un gaz rare. La formation du KBr en est un
exemple: I' ion K+ possede une configuration electronique semblable a celle deAr et
l'ion Be, a celle de Kr. Quand on ecrit des diagrammes de Lewis, il faut se rappeler
qu'on ne represente que les electrons de valence. Lorsqu'on utilise des points pour
representer les electrons, le diagramme de Lewis du KBr est
H· ·H
H:H
Parle panage des electrons, chaque atome d' hydrogene, dans Hz, possede en fait
deux electrons; autrement dit, Ia couche de valence de chaque atome d'hydrogene
est remplie.
2. L' helium ne forme pas de liaison. puisque sa couche de valence est deja remplie :
c'est un gaz rare. Le diagramme de Lewis de !'helium. dont Ia configuration elec-
tronique est JsZ, est
He:
' s atomes e carbo ne, d'azote, de huit electrons. La molecule F 2 en est un exemple; son diagramme de Lewis est
c oxygene et de fluor sont toujours
r. gis par Ia regie U t •'vL "'' Oull :> '"'~ :F:F: ~
r.:> I L Je~ . table.
atome F avec 7 electrons atome F avec 7 electrons
molecule F2 de valence
de valence
On remarque que chaque atome de fluor, dans F 2 , est effectivement entoure de
huit electrons, mais qu'il en partage deux avec I' autre atome. Ces deux electrons
forment le doublet liant. Chaque a tome de fluor possede done en outre trois paires
d'electrons qui ne participent pas a Ia liaison: ce sont des doublets fibres.
4. Le neon ne forme pas de liaison, puisqu'il possede deja huit electrons de valence
(c'est un gaz rare). Son diagramme de Lewis est
:Ne:
NO'IE
Seuls les electrons de valence de I' atome de neon (2s 22p6) figurent dans le dia-
gramme de Lewis; en effet, les electrons ls2 , electrons de creur. ne participent pas
aux reactions chimiques.
Compte tenu de ce qui precede. on peut formuler les regles d'ecriture ci-dessous
applicables aux diagrammes de Lewis des molecules qui contiennent des atomes
appartenant aux deux premieres periodes.
Pour apprendre a appliquer ces regles, ecrivons les diagrammes de Lewis relatifs
a quelques molecules. Considerons d'abord la molecule d'eau et appliquons-lui les
regles presentees ci-dessus.
E'IAPE I
La somme des electrons de valence, pour H 2 0, est
1 + 1 + 6 = 8 electrons de valence
/ / /
H II 0
E'IAPE 2
En utilisant un doublet d'electrons par liaison, on peut representer deux liaisons sim-
ples 0-H; ainsi
H-0-H
Pour repn!senter chaque doublet Liant, on utilise, par convention, une ligne au
lieu d'une paire de points.
E'IAPE 3
On repartit ensuite Ies electrons residuels autour des atomes de fa~on ace que chaque
atome ait une configuration electronique semblable a celle d'un gaz rare. Puisqu'on
6.10 Diagrammes de Lewis 271
a utilise quatre electrons pour former les deux liaisons, il reste quatre electrons
(8 - 4) a repartir. Or, pour que leurs configurations electroniques scient semblables a
celle d'un gaz rare, l'hydrogene n'a besoin que de deux electrons (regie du doublet),
alors que !'oxygene en a besoin de huit (regie de l'octet). Par consequent, on repartit
les quatre electrons residuels au tour de I' atome d' oxygene, sous forme de deux dou-
blets libres.
H-0- H represente H:O:H
-~
H- 0 - H doublets libres
··~
:o-c-o:
Est-ce la une repartition adequate? Pour repondre a cette question, il faut verifier
les deux points suivants :
a) Le nombre total d 'electrons. Il y a 16 electrons de valence dans ce diagramme, ce
qui est juste.
b) Le respect de La regie de l'octet pour chaque atome. Chaque atome d'oxygene
possede bien huit electrons, mais l'atome de carbone n'en possede que quatre. Par
consequent, ce diagramme de Lewis n' est pas juste.
Comment peut-on alors repartir les 16 electrons dont on dispose pour que chaque
atome possede 8 electrons? Supposons qu'il y ait deux doublets liants entre l'atome
de carbone et chaque atome d'oxygene; dans ce cas, on a
O=C
.. =O
.. represente
.. ..
8 electrons 8 electrons 8 electrons 0. . : : C : : 0. .
272 Chopilre Six Lioisons mimiques : COil(epls generDUX
Chaque atome est ainsi entoure de 8 electrons, et le nombre total d'electrons est de
16, ce qui est conforme aux exigences mentionnees ci-dessus. C'est done la le dia-
gramme de Lewis approprie relatif au dioxyde de carbone, diagramme dans lequel on
trouve deux liaisons doubles.
Finalement, considerons l'ion CN- (cyanure).
1. La somme des electrons de valence est
cN-
//J
4 + 5 + 1= 10
NOJ'E
La presence d'une charge negative signifie qu'on doit ajouter un electron.
2. On forme une liaison simple.
C-N
3. On repartit les electrons residuels de fa<_;:on a ce que chaque atome ait une confi-
guration electronique semblable a celle d'un gaz rare. 11 existe plusieurs fa<_;:ons de
repartir les huit electrons residuels, par exemple
C-N
Ce diagramme est incorrect, car C et N possedent chacun six electrons et non huit. La
repartition exacte est
Solution
Dans chacun des cas, on doit appliquer les trois regles d'ectiture des diagrammes de
l Lewis, sans oublier qu'on utilise des !ignes pour representer Jes doublets de liaison et
des points pour representer les doublets non liants. ou doublets libres. Les resultats
sont presentes dans le tableau suivant.
*Dans un certain sens, cette approche permet de corriger Ie fait que, selon !a theorie des electrons loca-
lises, une molecule n' est que la somme de ses parties- autrement dit, que chaque atome conserve son
identite propre dans la molecule.
6.11 Exceptions olo regie de I' octet 273
utilisation des
electrons residuels
calcul pour obtenir
nombre total du nombre des configurations
d'electrons trace des liaisons d'electrons semblables a celles verification
de valence simples residuels des gaz rares atomes electrons
a) HF 1+7""8 H-F 6 H- F: R2
F, 8
b) N2 5+5=10 N- N 8 :N= N: N, 8
H H
I I
d) CH4 4 + 4(1)=8 H- C-H 0 H-C-H H, 2
I I C8
H H
F : F:
I I
e) CF4 4 + 4(7) = 32 F- C-F 24 :F-C-
.. F: ~. 8
I I C, 8
F : F:
Des etudes recentes ont montre que la double liaison pouvait jouer un role impor-
tant dans BF3 . Toutefois, l'atome de bore dans BF3 se comporte certainement comme
s'illui manquait un electron, comme le montre Ia reactivite de BF3 avec des molecules
riches en electrons. par exemple sa reactivite avec NH 3 , pour former H 3NBF3 .
H F: H F:
/" ".. / '' ..
H-N: + B-F: ~ H-N-B-F :
H """
/ """ .. ..
F: H """
/ """ F:....
Dans ce compose stable, le bore possede huit electrons de valence.
C' est une des caracteristiques du bore de former des molecules dans lesquelles
son atome est deficient en electrons. Par contre, les atomes de carbone, d'azote.
d'oxygene et de fluor respectent a Ia lettre Ia regie de I' octet.
11 existe par ailleurs plusieurs composes dans lesquels certains atomes possedent
plus de huit electrons. On observe notamment ce comportement avec les elements de
la troisieme periode du tableau periodique, et au-dela. Pour bien comprendre ce
phenomene, considerons le diagramme de Lewis relatif a l'hexafluorure de soufre,
SF6, une molecule fort connue et tres stable. La somme des electrons de valence est
6 + 6(7) = 48 electrons
En formant des li aisons simples, on obtient le di agramme de gauche:
Puisqu'il a fallu utiliser 12 electrons pour former les liaisons S-F, on a 36 elec-
trons residuels. :Etant donne que r atome de fluor respecte toujours la regie de r octet,
on attribue a chacun des six atomes de fluor le nombre de doublets necessaires: on
obtient ainsi le diagramme de droite. Dans ce diagramme, on utilise bien les 48 elec-
trons de valence du SF6, mais l'atome de soufre possede 12 electrons. Ce nombre
excede done le nombre requis par la regie de I' octet. Comment cela est-il possible?
Pour repondre a cette question, il faut etudier les differents types d'orbitales de
valence caracteristiques des elements des deuxieme et troisieme periodes. Les ele-
ments de la deuxieme periode ont des orbitales de valence 2s et 2p, et ceux de la
troisieme peri ode, des orbitales de valence 3s. 3p et 3d. Les orbitales 3s et 3p se rem-
plissent au fur et a mesure qu' on passe du sodium a I' argon, alors que les orbitales 3d
demeurent inoccupees. Par exemple, le diagramme relatif aux orbitales de valence,
pour 1' atome de soufre, est
[!] It! Ir Ir I
3s 3p 3d
Les elements de Ia troisieme periode Selon Ia tbeorie des electrons localises, les orbitales 3d peuvent etre occupees par
peuvent exceder Ia regie de I' octet. des electrons supplementaires. L'atome de soufre, dans SF6, pent done posseder
12 electrons: 8 electrons occupent l'orbitale 3s et les 3 orbitales 3p et les 4 electrons
6.11 Exceptions ida regie de I'octet 27 5
Solution
Procedons etape par etape, comme precedemment pour I'hexafluorure de soufre.
irAN r
Calculez le nombre total d' electrons de valence.
5 + 5(7) = 40 electrons
i i
P Cl
irAPE 2
Tracez des liaisons simples entre les atomes lies.
Cl Cl
I/
Cl-P
1"-
Cl Cl
276 Chopitre Six Liaisons chimiques: concepts generoux
~ EI'APE 3
Repartissez les electrons residuels. Ce nombre, dans ce cas, est de (40- 10) = 30. On
les repartit de far;:on ace que chaque atome de chlore respecte la regie de l'octet. Le
diagram me de Lewis final est alors le suivant:
: Cl: ··
.. I/ CI:
:CJ-P ..
.. I"-- .. .
: CJ :S:l-
Dans les molecules PC15 et SF6 • ce sont les atomes centraux (respectivement Pet
S) qui doivent posseder les electrons supplementaires. Cependant. dans les molecules
constituees de plus d'un atome pouvant accepter plus de huit electrons. il n'est pas
toujours facile de determiner a quel atome il faut attribuer les electrons supplemen-
taires. Considerons le diagram me de Lewis relatif a I' ion triiodure, 13 - , qui possede
3(7) + 1 = 22 electrons de valence
i i
I 1 - charge
Lorsqu 'on forme des liaisons simples, la molecule prend l 'allure suivante: I - l -
L U reste 1~ electrons (22 - 4) residuels. Par tatonnement, on en arrive ala conclusion
qu'un des atomes d'iode doit possecter plus de huit electrons, mais lequel?
La regie a respecter dans un tel cas est Ia suivante: s '[Link] attrihuer plus de huit
electrons a un des elements de la troisieme periode. ou au-dela, c, est toujours a
l'atome central qu'on assigne les electrons supptementaires.
Ainsi, dans le cas de 13- , le diagramme de Lewis est
C'est l'atome d'iode central qui n'est pas regi par la regie de !'octet. Ce dia-
gramme correspond d'ailleurs fort bien aux proprietes connues de l'ion 13-.
Solution
a) L'atome de chlore (element de la troisieme periode) peut accepter des electrons
supplementaires.
F:
..
CI -
/ F:
..
'\.. ..
'\..··
F:
b) Tousles atomes respectent la regie de I' octet.
o:
..
/
:xe - -0:
..
'\.. ..
'\..··
0:
c) Le radon, gaz rare de la sixieme periode, peut accepter des electrons supple-
mentaires.
: Cl-· Rn ·-Cl :
ei ciJ. -
(Voir les exenkes 6.53 et 6.54)
l
-·~·-/··
CI
..
I
··/ · ·~--
Cl:
..
6. 12 Resonance
II arrive quelquefois qu'on puisse ecrire plus d'un diagramme de Lewis (un ilia-
gramme qui respecte les regles etudiees) applicable a une molecule donnee. Consi-
derons, par exemple, le diagramme de Lewis relatif a l'ion nitrate (N03- ), qui pos-
sede 24 electrons de valence. Pour que chaque atome possede huit electrons. il faut
une structure semblable a la suivante.
r)~r
Si ce diagramme represente adequatement les liaisons dans N0 3- , cela signifie
qu'il existe deux types de liaison N-0 dans cette molecule: une liaison plus courte
(liaison double) et deux liaisons plus longues identiques (liaisons simples). Les
resultats des experiences revelent cependant qu'on ne retrouve, dans N0 3- , qu'un
seul type de liaison N-0, dont la longueur et la force ont des valeurs situees entre
278 Chopitre Six Liaisons chimiques: coocepts gimimJUx
celles d'une liaison simple et celles d'une liaison double. Par consequent, meme si le
diagramme ci-dessus satisfait aux regles d'ecriture d'un diagramme de Lewis, il ne
reflete pas la realite en ce qui concerne les liaisons dans N0 3- . Cela pose un serieux
probleme; Ia theorie doit done etre modifiee.
Considerons le diagramme de Lewis. Il n'y a aucune raison d'assigner a un atome
d'oxygene en particulier la liaison double. En fait, il existe trois diagrammes pos-
sibles.
. . .. ..
·o· ·o· ·o ·
. •xentple 6.9
I
Structures cle resonance
Decrivez Ia disposition des electrons dans l' anion nitrite, N02- , aI' aide de la theorie
I des electrons localises.
6.12 Resononce 279
Solution
Adoptons Ia procedure habituelle pour ecrire le diagramme de Lewis relatif a J'ion
NOz- .
Dans J'ion NOz- , il y a 5 + 2(6) + 1 = 18 electrons de valence. En reperant les liaisons
simples, on obtient Ia structure suivante:
0-N-0
On peut repattir les ( 18 - 4) = 14 electrons residuels de la fa~on suivante:
[ :o~-N"'.o.·.]-
•• • •
~ [··.o./-N~o: ] -
~
• 0 ••
On constate que, dans ce cas, il y a resonance, puisqu' on peut ecrire deux dia-
grammes de Lewis equivalents. La structure electronique de cette molecule n 'est
: representee correctement par aucune des structures de resonance; elle I' est plutot
I
i par Ia moyenne des deux. II y a en fait deux liaisons N-0 equivalentes, chacune
d'elle, Otani intenn&liiDre entre une Jiai,on '""pie et une Jiaiwn double.
Ch01ge lormelle
Les molecules ou ions polyatorniques qui contiennent des atomes ayant des electrons Les diagrammes de Lewis equivalents
excedentaires (plus que n'en admet Ia regie de l'octet) ont souvent plusieurs dia- contiennent le meme nombre de
liaisons simples et multiples. Par
grammes de Lewis non equivalents, et chacun d'eux respecte les regles d'ecriture de
exemple, les structures de resonance
ces diagrammes. Par exemple, comme nous le verrons en detail plus loin, I' ion sul- de 0 3
fate a un diagramme de Lewis comportant uniquement des liaisons simples et
et 0
plusieurs diagrammes de Lewis qui contiennent des liaisons doubles. Comment .· 4' " ·.
choisir parmi les nombreux diagrammes de Lewis possibles celui ( ou ceux) qui decrit
o ..o .
le mieux les liaisons reelles dans I' ion sulfate? Une des fa~ons de proceder consiste
sont des diagrammes de Lewis equi-
aevaluer Ia charge de chacun des atomes dans les differents diagrammes possibles et valents. lis sont egalement utiles dans
autiliser ces charges comme criteres pour choisir le diagramme Ie plus approprie. Ia description des liaisons dans Ia
Nous verrons plus loin comment proceder, mais d'abord il faut convenir de Ia me- molecule 03. Les diagrammes de
thode autiliser pour assigner les charges atorniques dans une molecule. Lewis non equivalents contiennent,
Pour evaluer les charges dans les diagrammes de Lewis. on utilise le concept de eux, des nombres differents de
liaisons simples et multiples .
charge formelle. La charge formelle d'un atome dans une molecule est Ia difference
entre le nombre d'electrons de valence sur un atome neutre et le nombre d'electrons
de valence assignes a cet atome dans Ia molecule.
280 Chopitre Six Liaisons chimiques: concepts generoux
Par consequent, pour determiner Ia charge formelle d'un atome donne dans une
molecule, il no us faut deux renseignements:
1. le nombre d'electrons de valence sur ratome neutre libre (lequel a une charge
nette de zero parce que le nombre d'electrons est egal au nombre de protons);
2. le nombre d'electrons de valence «appartenant» a l'atome dans la molecule.
On compare ensuite ces deux nombres. Si, dans la molecule, l'atome ale meme
nombre d'electrons de valence qu'a I'etat libre, les charges positive et negative s'an-
nulent, et Ia charge formelle est zero. Par contre, si l'atome a un electron de valence
de plus dans la molecule que dans l'atome libre, sa charge formelle est de -1, et ainsi
de suite. Des lors, on peut definir Ia charge forme lie sur un atome dans une molecule
de la fa~on suivante :
Charge formelle = (Nombre d'electrons de valence sur l'atome neutre) -
(Nombre d'electrons de valence assignes al'atome dans Ia molecule)
On assigne les electrons de valence d'une molecule aux divers atomes en sup-
posant que:
1. les doublets libres appartiennent aux atomes qui les portent;
2. les doublets liants sont repartis equitablement entre les deux atomes de la liaison.
Done, le nombre d'electrons de valence assignes a un atome donne est calcule de
Ia fa~on suivante:
(Electrons de valence)assigncs = (Nombre d'electrons dans les doublets libres)
+
+ (Nombre d'electrons partages)
Pour illustrer Ia fa<;:on de calculer Ia charge formelle, nous utiliserons deux dia-
grammes de Lewis pour I' ion sulfate. qui possede 32 electrons. Pour le diagramme
de Lewis suivant :
. 12-
·o·
: o-~-o:
.. I ..
r :o:
chaque atome d'oxygene possede six electrons dans ses doublets libres et partage un
doublet avec I' atome de soufre. En utilisant les suppositions precedentes, on assigne
achaque oxygene sept electrons de valence:
Electrons de valence pour chaque atome d'oxygene = 6 + i (2) = 7
i i
electrons electrons
des doubl et~libres des doublets liants
electrons de valenc!
sur l' atome 0 neutre
r
electrons de valence
pour chaque 0
dans S0 42-
Pour l'atome de soufre, il n'y a aucun doublet libre, mais seulement huit electrons
partages avec les atomes d'oxygene. Par consequent. pour le soufre,
Les electrons de valence assignes au soufre = 0 + 1(8) = 4
i i
electrons electrons
des doublets libre des doublets liants
. .
.. -~· ..
:o-s-
12-
.. II o:
..
r .o.
Dans ce cas, les charges forme1Jes sont les suivantes:
Pour les atomes d'oxygene participant a une liaison simple:
Electrons de valence assignes = 6 + 1(2) = 7
Charge formelle =6 - 7 =- 1
Pour les atomes d'oxygene participant a des liaisons doubles:
Electrons de valence assignes =4 + t{4) = 6
i
chaque liaison double
possede 4 electrons
Charge formelle = 6 - 6 = 0
Pour l' atome de soufre:
Electrons de valence assignes = 0 + 102) = 6
Charge formelle =6 - 6 =0
Pour choisir le bon diagramme de Lewis. convenons de deux principes fonda-
rnentaux concernant les charges formelles :
1. Les atomes d'une molecule ont tendance a prendre la charge formelle le plus pres
de zero possible.
2. Toute charge formelle negative sera consideree comme appartenant a l' atome le
plus electronegatif.
On peut utiliser ces principes pour evaluer les deux diagrammes de Lewis de l'ion
sulfate donne. Fait a noter, dans Ia structure ou il n'y a que des liaisons simples,
chaque atome d' oxygene a une charge formelle de -1, alors que I'atome de soufre a
une charge formelle de +2. Par contre, dans Ia structure oil il y a deux liaisons dou-
bles et deux liaisons simples, le soufre et deux atomes d' oxygene ont une charge
formelle de 0, alors que Ies deux autres atomes d'oxygene ont une charge formelle de
-1. Si 1' on se base sur les principes admis precedemment, la structure ayant deux
doubles liaisons serait la plus probable: les charges formelles sont les plus basses et
282 Ompitre Six Liaisons chimiques: concepts gimeroux
. -·~·· ··]2- .
:o: .I . 12-
:o-s-o:
.. II ..
~ ·o=S=O·
.. I ..
r .o . r :o:
rendent mieux compte des liaisons que le diagramme de Lewis n'ayant que des
liaisons simples.
I
~lCentple 6. I 0 Charges formelles
Solution
1' Pour Xe03 (26 electrons de valence), on peut ecrire les diagrammes de Lewis pos-
i, sibles suivants (les charges formelles sont indiquees entre parentheses):
;. .. (+3) .. (+2) .. (+2) .. (+2)
Xe Xe Xe Xe
··o/ I "-a"· :o -:7 I "-a"· ··o/ II "-a"· ··o/ I ~o:
·.. ·:o:· .. · .. :o:·.. · ·.. · o ·. .· ·.. ·:o:
( - 1) .. ( - 1) (0) .. ( - 1) (-1) · . . · (-1) ( - 1) .. (0)
( - 1) ( - I) (0) (-1)
.. (+ 1) .. (+I) . . (0)
X~ (+I)
Xe Xe
. /II~. I ~ . -?'xlle "-.. :o-:7 I I~0:
..o.. 0 0 :o. .-:7:0: 0
·.
0
0
o:
0
(-I) ·. .· (0) (0) .. . (0) (0) ·. . . ( -1) (0) . . . . (0)
(0) (-1) (0) (0)
D'apres Ia notion de charge formelle, on peut predire que les diagrammes de Lewis
presentant les valeurs de charge formelle les plus basses seraient ceux qui decriraient
le mieux les liaisons dans Xe0 3 .
(Voir les exerdces 6.63 a 6.66)
6.13 Structure moleculaire: theorie RPEV 283
Pour terminer, voici quelques mises en garde a ne pas oublier concernant la charge
formelle. Premierement, les charges formelles constituent une estimation de la
charge; elles ne devraient pas etre considerees comme des charges atomiques reelles.
Deuxiemement, l' evaluation des diagrammes de Lewis a partir de Ia notion de charge
formelle peut mener a des predictions erronees. 11 faut se baser sur des experiences
pour decider en dernier ressort de la meilleure description des liaisons dans une
molecule ou un ion polyatomique.
C'est la l'eloignement maximal qui existe entre deux doublets d'electrons. Une
fois qu'on a determine la disposition optimale des doublets d'electrons autour de
l'atome central, on peut determiner avec davantage de precision la structure molecu-
laire du BeClz, c'est-a-dire les positions respectives des atomes. Puisque l'atome de
beryllium partage chaque doublet d'electrons avec un atome de chlore, Ia molecule a
une structure lineaire, dont 1' angle de liaison est de 180°.
Cl-Be-Cl
'-...../"
180"
284 Chopitre Six Liaisons chimiques: concepts generaux
' H ~-- · .
'
~
:F:
', - ~~-- ---- 1 H_ I
' I
:F-B-F:
', -
lei, l'atome de bore est entoure de trois doublets d'electrons. Comment peut-on
placer ces doublets pour que leur repulsion reciproque so it minimale? En les pla~ant
Figure 6.14 a 120° 1' un de 1' autre.
Structure moleculaire du methane.
A cause de Ia disposition tetrae- 1~--poo
drique des doublets d'electrons, /B~
les atomes d'hydrogeme sent situes
aux quatre coins du tetraedre. Puisque l'atome de bore partage chaque doublet d'electrons avec un atome de
fluor, Ia structure moleculaire est Ia suivante:
F
~)20°
F/ "F
On dit que cette molecule a une structure plane triangulaire.
Considerons finalement Ia molecule de methane, dont le diagramme de Lewis est
le suivant:
H
I
H-C-H
I
H
II y a quatre doublets d' electrons autour de J'atome de carbone central. Quelle dis-
position correspond a une repulsion mini male? Essayons d' abord une structure plane
carTee.
~~oo
- c-
1
L'atome de carbone et les doublets d'electrons etant situes dans un meme plan,
r angle entre chaque doublet est de 90°.
Existe-t-il un agencement pour lequelles angles sont superieurs a 90°, c'est-a-dire
pour lequel les doublets d'electrons sont encore plus eloignes les uns des autres?
Oui. dans une structure tetraedrique. les angles sont d'environ 109_5°.
/
/ /f'
/ I
'c '
\
\
~~-~
' . . . J_--7
On peut montrer que cet agencement des doublets est celui qui permet d'obtenir
I'eloignement maximal. Done, chaque fois qu 'il y a quatre doublets d'electrons
autour d'un atome, Ia structure est tetraedrique.
Maintenant qu'on connait l' agencement qui permet d'obtenir la repulsion mini-
male, on peut determiner les positions relatives des atomes et, par consequent, la
structure moleculaire de CH4 . Dans le methane, I' atome de carbone partage chacon
des doublets d'electrons avec un atome d'hydrogene. Par consequent, les atomes
d'hydrogene sont places de Ia fa~on illustree ala figure 6.14: Ia molecule a une struc-
ture tetraedrique, et l' atome de carbone est l'atome central.
6.13 Structure moleculoire: theorie RPEV 28 5
a)
'-..t-- h) H
fi!Jure 6.15
a) Disposition u~traedrique des doublets d' electrons autour de I' atome d' azote
dans Ia molecule d'ammoniac. b) Trois des doublets d'electrons presents autour
de l'atome d'azote proviennent d'un portage d'electrons entre cet atome et un
atome d ' hydrogene, le quatrieme etant un doublet libre. Meme si Ia disposition
des doublets d'electrons est de forme tetraedrique, comme dans Ia molecule de
methane, les atomes d'hydrogeme de Ia molecule d'ammoniac n'occupent que
trois des sommets du tetraedre; le quatrieme sommet est occupe par le doublet
libre.
286 Chopitre Six Liaisons chimiques: concepts gimeraux
fr. PIE 3
Determiner Ia position des atomes. L' atome N partage trois doublets d' electrons avec
les trois atomes H de la fac;.:on illustree ala figure 6.15b.
EfAP/E 4
Nommer la structure moleculaire. II est important de se rappeler que le nom de la
structure moleculaire decoule toujours de la position des atomes. C'est I' emplace-
ment des doublets d'electrons qui determine la structure moleculaire, mais c'est de
celui des atomes qu'en derive le nom. Par consequent il est inexact de dire que la
molecule de NH 3 est tetraedrique. II est vrai que la disposition des doublets d' elec-
trons est tetraectrique; or celle des atomes ne l' est pas. L' ammoniac a done une struc-
ture pyramidale a base triangulaire (one face est differente des trois autres) et non
une structure tetraedrique.
Solution
Le diagramme de Lewis relatif a Ia molecule d'eau est
H-0-H
On trouve quatre doublets d' electrons : deux doublets liants et deux doublets non
liants. Pour que la repulsion entre les electrons soit rectuite au minimum, ces derniers
doublet libre doivent etre situes aux quatre coins d'un tetraedre (voir lafigure 6.16a) . Or, meme si
doublet les doublets d' electrons sont disposes de fac;.:on tetraedrique dans Ia molecule de H2 0 ,
liant
'
X :0
/
/
1
1
'
',
X
\
'
doublet
liant
cette molecule n'est pas elle-meme de forme tetraedrique. Les atomes , dans Ia
molecule de H2 0, epousent la forme d'un V (voir lesfigures 6.16b et 6.16c).
~ H , ~-:-~~~-: -- ._ -~~-- - '~ (Voir les exercices 6.71 et 6.72)
- : { --- - -----_ H
I :
On remarque que Ia molecule de H 2 0 ala forme d'un V, a cause de la presence des
doublets libres (voir l'exemple 6.11). En !'absence de doublets libres, la molecule
b)
serait lineaire, les liaisons polaires seraient annulees, et il n' existerait aucun moment
dipolaire dans Ia molecule. Une telle molecule d' eau serait bien differente de Ia subs-
tance polaire qu' on conna'it.
Compte tenu de ce qui precede, on pourrait etre tente de predire que l'angle de
0
-;;..- -;;.::·,.,J
liaison H-X-H (ou X est l'atome central) dans C~, NH3 ou H2 0 est un angle de
H
H 109,5°, angle caracteristique d'un tetraedre. Or, tel n'est pas le cas (voir la figure
c) 6.17). Comment peut-on concilier ces valeurs experimentales avec la tbeorie RPEV?
D'un cote, on pourrait se satisfaire du fait que Ia valeur des angles soit si voisine de
Figure 6.16 celle de l'angle caracteristique d'un tetraedre. D'un autre cote, on pourrait penser
a) Disposition h§traedrique des que les ecarts sont suffisamment importants pour justifier l'apport de modifications a
quatre doublets d' electrons autour cette tbeorie, ce qui permettrait d'expliquer d'autres cas semblables. Optons pour
de l'atome d'oxygeme dans Ia cette deuxieme voie.
molecule d'eau. b) Deux des Examinons les donnees suivantes
doublets d' electrons proviennent
d'un portage d'electrons avec les
atomes d'hydrogeme, les deux
Cf4
autres etant des doublets libres. nombre de doublets libres 0 2
c) Structure moleculaire en forme angle de liaison 109,5° 104,5°
de V de Ia molecule d' eau.
6.13 Structure moleculoire: theorie RPEV 287
2 lineaire : - A- :
~------,
\ /
3 plane \ /
\ /
triangulaire \ /
\ /
v
/I'
/I'
4 retraedrique /
/
/ I \
I ', A
I
~--.J_--~
/;"'- ..
'
/
'
/1'
'""/
/f'-
I
I
I
\
/
/ ..
-
5 bipyramidale
a base triangulaire
/
~ _ _J _ _ _/~
' ,,~//
' I // /
I ',
~~tk"".
\ I /
\ /
·. I
'V
/\
rv---~/1
//
//
\::
\', . I .
. "'-A/.
6 octaedrique )< /\1
~--"----,7
"\ / / . /I"'-:
"'-\/
' 1./
288 Chapitre Six Liaisons chimiques: concepts gemiraux
Figure 6.18
a) Dans un doublet liant, les elec- [Link] 6. 1.2 Prediction de Ia structure moleculaire II
trons sont portages par deux
noyaux. b) Dans un doublet libre,
Quand Je phosphore reagit avec un exces de chlore gazeux, il y a formation de pen-
les deux electrons ne sont voisins
que d'un seul noyau; ils occupent tachlorure de phosphore, PCis. A l'etat gazeux eta l'etat liquide, cette substance est
en general davantage d' espace constituee de molecules PCI 5 ; a l'etat solide, toutefois, elle consiste en un melange
autour de I' atom e. 1 : 1 d' ions PCI 4 + et PC1 6- . Predisez Ia structure geometrique de PC1 5 , de PC14 + et de
PCI6- -
Solution
diagramme de Lewis de PCis Soit le diagramme de Lewis relatif au PC15 , (voir le diagramme dans La marge). La
..
presence de cinq doublets d'electrons autour de l'atome de phosphore exige une
: CI : CI :
..
....___I ..
P- CI :
structure bipyramidale a base triangulaire (voir le tableau 6.6). Avec cinq atomes de
-cr-.. .
. .. : Cl :
1 -· chlore. on obtient en effet une molecule de forme bipyramidale abase triangulaire:
Cl
I __ -7<;:1
CI:::-
--1--/
P
I
I
structure tctraedrique
du cation PCI/
6.13 Structure moleculoire: theorie RPEV 289
Puisque l'atome de phosphore est entoure de six doublets d'electrons, il faut une
structure octaedrique pour que la repulsion entre les electrons soil reduite au mini-
mum. Chaque doublet d' electrons etant partage par un atome de chlore, l'anion PC1 6-
a one structure octaedrique.
Cl
Cl
Dans Ies gaz rares, Jes orbitales de valence s et p etant remplies, on a longtemps cru
que ces especes n'etaient pas reactives chimiquement. C'est d'ailleurs Ia raison pour
laquelle, pendant des annees, on a appele ces elements «gaz inertes». Au debut des
annees 1960, cependant, on a reussi asyntbetiser plusieurs composes du krypton, du
xenon et du radon. Une equipe de chimistes del ' «Argonne National Laboratory » a
ainsi synthetise un compose stable incolore, le tetrafluorure de xenon. XeF4 . Predisez
sa structure et dites s'il possede un moment dipolaire.
Solution
Le diagramme de Lewis relatif au XeF4 est
:F
,
.. .. /··
F:
Xe
,
··/ ·· ..
:F F:
Dans cette molecule, l' atome de xenon est entoure de six doublets d' electrons, ce qui
signifie que la structure est octaedrique. Cristaux de tetraRuorure de xenon.
En fait, la structure proposee pour cette molecule depend de la fac;.:on dom les dou-
blets libres et les doublets de liaison sont disposes. Considerons les deux possibilites
290 Ompitre Six Liaisons chimiques: concepts gimeroux
illustrees ala figure 6.19. On repere les doublets liants grace a Ia presence d'atomes
de fluor. Etant donne que les structures obtenues ditrerent, il faut choisir celle qui
convient le mieux. La solution decoule de !'observation des doublets libres. Dans Ia
structure illustree en a), I' angle entre les deux doublets libres est de 90°; dans Ia
structure en b), il est de 180°. Les doublets libres exigeant davantage d' espace que les
doublets liants, la structure dans laquelle I' angle entre les doublets libres se situe a
90° n'est pas ideale. C'est done Ia disposition de la figure 6.19b qui convient le
mieux: par consequent, il s, agit de la structure plane carree.
NO'FIE
On ne parle pas de molecule octaedrique; c'est La disposition des doublets d'elec-
trons qui est octaedrique, alors que celle des atomes est plane carree.
Meme si chaque liaison Xe-F est polaire (le fluor a une electronegativite superieure
a celle du xenon), les polarites sont annulees en raison de la disposition plane cam~e
de ces liaisons.
Done XeF4 ne possooe pas de moment dipolaire, comme cela est illustre dans Ia
marge.
(Voir les exerdces 6.75 a6.78)
F F
-~~
• Xe
F
a)
. f'
Figure 6.19
Dispositions possibles des
doublets d' electrons pour XeF4 .
Puisque, en a), les doublets libres
sont separes par un angle de
90°, cette disposition est mains
probable qu'en b), ou les
doublets libres sont separes
par un angle de 1 80°. b)
6.13 SlnKture molewloire : theorie RPEV 291
On peut egalement appliquer la theorie RPEV a des molecules ou a des ions qui
possectent des doublets libres. Considerons, par exemple, l'ion triiodure, 13- , dont le
diagramme de Lewis est le suivant :
L'atome d'iode central etant entoun! de cinq doublets d'electrons, il faut recourir
aune stmcture bipyramidale a base triangulaire. La figure 6.20 illustre plusieurs dis-
positions possibles des doublets libres: en a) et en b), I' angle entre les doublets libres
est de 90° ; en c), tous les angles entre les doublets libres sont de 120°. C' est done Ia
structure c) qui satisfait le mieux aux exigences enumerees ci-dessus. La structure
moleculaire de 13- est done lineaire.
[1-I-1]-
L' experience montre que Ia structure de I' ion N03 est plane triangulaire et que ses
angles de liaison sont de 120°.
!i
,.
_o
A: 0
b)
Une telle structure correspond acelle d'un atome entoure de trois doublets d'elec-
trons; autrement dit, selon Ia theorie RPEV, une liaison double equivaut aun doublet
d'electrons, ce qui est logique, puisque les deux doublets d'electrons d'une liaison
double ne sont pas des doublets independants. Pour former une liaison double, les
deux doublets doivent etre situes entre les noyaux des deux atomes. En d'autres
termes, Ia liaison double joue le rOle d'un foyer unique de densite electronique qui c)
repousse les autres doublets d' electrons. Or, il en est egalement ainsi pour les liaisons Figure 6.20
triples. On peut done formuler une autre regie generale: selon la theorie RPEV, une
Trois dispositions possibles des
liaison multiple equivaut a un doublet d'electrons effectif.
doublets d'electrons dans l'ion 13-.
En examinant Ia structure moleculaire de l'ion nitrate, on remarque un autre point C' est en c) que Ia disposition est Ia
important: quand une molecule est representee par des structures de resonance, on plus probable; elle seule, en effet,
peut utiliser n 'importe laquelle de ces structures pour predire La structure molecu- permet aux doublets libres d'eviter
laire selon Ia theorie RPEV. A l'exemple 6.14, on utilise ces regles. des interactions a 90°.
292 Chopitre Six Lioisons chimiques: concepts gemiroux
Solution
.I
~ On doit d'abord determiner le diagramme de Lewis relatif a Ia molecule S{)z, qui
possede 18 electrons de valence. Les structures possibles sont
:o ·o o· o:
'\. / ·· ~ - -"-~ et
s s
Pour determiner Ia structure moleculaire, on doit compter le nombre de doublets
d'electrons presents autour de l'atome de soufre. Dans les structures de gauche, le
soufre possede un doublet libre, un doublet qui participe a une liaison simple, et nne
liaison double. Si on considere que la liaison double est equivalente a un doublet,
alors on a autour de I' atome de soufre trois doublets effectifs. Selon le tableau 6.6,
Ia presence de trois doublets exige une structure plane triangulaire, ce qui conduit a
une molecule en forme de V (si on ne considere que les atomes). A partir de la struc-
ture de droite, oil tous les atomes sont neutres (ce qui en fait une structure plus
acceptable), on arrive a Ia meme conclusion : trois doublets effectifs et molecule en
forme deY.
120°
0'-...v-o~/0
s
La structure de la molecule S02 a done la forme d'un V, et son angle de liaison est
de 120°. La molecule possede done un moment dipolaire oriente de Ia fa~on sui-
vante :
oto
La molecule ayant Ia forme d'un V, les liaisons polaires ne s'annulent pas.
(Voir les exercices 6.79 et 6.80)
Un doublet libre separe des autres doublets par un angle d'au moins 120° n'en-
traine aucune distorsion significative des angles des liaisons. Ainsi, dans le cas de Ia
molecule S02 , I' angle est effectivement assez voisin de 120°. On peut done ajouter
le principe suivant: un angle de 120° accorde suffisamment d'espace a un doublet
libre pour qu'il n'y ait aucune distorsion. Si ['angle est inferieur a 120°, La presence
d'un doublet libre entrafne de La distorsion.
presence de facteurs interessants : le par- l' alerte est passee. Le comportement social capacite de communiquer par les odeurs
fum des fleurs, par exemple, constitue· des insectes est egalement caracterise par ou si, au contraire, elle I' aurait perdue en
pour les abeilles une kairomone. De nom- !'utilisation de pheromones de piste, qui acquerant Ia capacite de communiquer
breux predateurs sont guides par des indiquent oil est situee une source de nour- plus efficacement grace au langage.
kairomones produites par leur nourriture. riture. Les insectes sociaux, comme les Jusqu'a present, toutes les recherches
C' est ainsi que Ia peau des pormnes libere abeilles, les fourmis, Jes guepes et les ter- semblent montrer qu'il n'existe chez
un produit chimique qui attire les larves de mites, utilisent de telles substances. Etant l'homme aucune pheromone a action im-
Ia carpocapse de Ia pomme. Par contre, donne que Jes pheromones de piste sont des mediate du type de celles qui sont respon-
dans certains cas, les kairomones aident Ia composes moins volatils, Je message per- sables de 1' attraction sexuelle chez les
proie: certains mollusques marins, par siste pendant un certain temps. insectes et les animaux. Si jamais on en
exemple, peuvent capter I'<<odeun> de Les pheromones a action prolongee, decouvrait, l'industrie de Ia parfumerie
leurs predateurs, les etoiles de mer, et ainsi qui entrainent des modifications a long serait sans doute la premiere a exploiter Je
leur echapper. terme du comportement, sont plus diffi- filon!
Les pheromones sont des produits ciles a isoler et a identifier. La <<substance Cependant, on a decouvert deux phero-
chimiques qui agissent sur les recepteurs royale>> produite par Ia reine des abeilles mones humaines a effet prolong e. La pre-
des individus qui appartiennent a Ia meme en est un exemple. Tous les reufs d' une miere est emise par Jes glandes sudori-
espece que le donneur. Autrement dit, Jes ruche sont pondus par une seule reine : si pares situees sous les aisselles, autour des
pheromones sont specifiques a une espece. on prive Ia ruche de sa reine, ou si cette seins et autour des organes genitaux de
On distingue les pheromones a action demiere meurt, il n'y a plus production de I' homme : cette pheromone, administree
immediate et les pheromones aaction pro- substance royale. ce qui stimule les par inhalation a des femmes dont le cycle
longee. Parmi les pheromones a action ouvrieres a nourrir les larves de gelee rnenstruel etait anormal, a permis de sta-
immediate, on trouve Jes substances res- royale (pour qu'une nouvelle reine regne biliser ce cycle a une valeur moyenne de
ponsables de 1' attraction sexuelle chez les dans Ia ruche). La substance royale s'op- 29,5 jours. On pense par ailleurs que cette
insectes, substances emises par Je male pose en outre au developpement des pheromone contribue a attenuer les trou-
chez certaines especes, par Ia femelle, ovaires des ouvrieres; ainsi, seule Ia reine bles de Ia menopause.
chez d'autres. Les plantes et Ies mam- peut pondre des reufs. La deuxieme pheromone, produite par
miferes pourraient egalement produire des Les pheromones des insectes font I' ob- les femmes, semble destinee a synchroni-
pheromones sexuelles. jet de nombreuses etudes. car on espere se£ le rythme menstruel des femmes qui
Les pheromones d'alarme sont des trouver une methode d'elimination des vivent ensemble.
composes tres volatils (qui passent rapi- insectes qui soil plus efficace et plus sure Les chercheurs tentent actuellement de
dement a l'etat gazeux) qu'un individu que !'utilisation des pesticides chimiques. determiner queUe est Ia structure de ces
emet pour avertir les autres d' un danger. La decouverte de pheromones chez Jes messagers chimiques, afin qu'on puisse les
Les glandes avenin des abeilles produisent insectes et les plantes a incite Jes cher- synthetiser en quantile suffisante pour
par exemple de !'acetate d'isoamyle, cheurs a se tourner vers I'homme et a se mettre aI' epreuve en profondeur leurs pro-
C7 H 140 2 • En raison de sa grande volatilite, demander si notre espece n' aurait pas con- prietes therapeutiques.
ce compose ne demeure pas une fois que serve de ses origines lointaines cette
/"'
, Resume de lo theorie RPEV H
Voici les regles d'utilisation de Ia theorie RPEV, qui permet de predire le type de
structure molc.~culaire.
• Determiner le(s) diagramme(s) de Lewis relatif(s) a Ia molecule en question.
• Pour des molecules representees par des structures de resonance, utiliser n'im- 0
H-P-H H-N-H
I I
H H
devrait, selon Ia theorie RPEV, avoir one structure moleculaire semblable a celle do c)
NH3 , dans laquelle les angles de liaison sont d'environ 107°. En fait, dans Ia phos-
phine, les angles de liaison sont de 94o. On peut bien sur expliquer quand meme cette Figure 6.21
structure; toutefois, pour ce faire, il faudrait ajouter d' autres regles a Ia theorie. Structure moleculaire du methanol.
Ce qui precede illustre de nouveau le fait que les theories simples ne peuvent pas a) Disposition des liaisons et des
tout expliquer. Dans un coors de chimie de base, on utilise des theories simples qui a tomes autour de I' atome de
permettent de decrire Ia majorite des cas; en effet, il vaut mieux admettre quelques carbone. b) Disposition des
liaisons et des doublets libres
exceptions que de recourir a one theorie complexe. Finalement, aussi simple qu'elle
autour de l'atome d'oxygime.
soit, Ia theorie RPEV n'en permet pas moins de predire adequatement la structure c) Structure moleculaire.
d'un grand nombre de molecules.
Resume
Ce sont les liaisons chimiques qui retiennent les atomes ensemble. Leur formation
a lieu chaque fois qu'un groupe d'atomes peut faire baisser son energie totale par
l'agregation de ces atomes. II existe plusieurs types de liaisons. Dans le cas d'une
liaison ionique, il y a transfert d'electrons et formation d'ions; dans une liaison cova-
lente, il y a partage d'electrons. Entre ces deux extremes, on trouve Ia liaison cova-
lente polaire, dans laquelle le partage des electrons de liaison est inegal.
296 Chapitre Six Liaisons chimiques: concepts gimeraux
Mots des
Section 6.1 Section 6.8 structure de resonance
energie de liaison liaison simple charge formelle
liaison ionique liaison double Section 6.13
compose ionique liaison triple structure moleculaire
loi de Coulomb theorie de Ia repulsion des
Section 6.9
longueur de Ia liaison paires d' electrons de
theorie des electrons
liaison covalente valence tRPEV)
localises (EL)
liaison covalente polaire structure lineaire
doublets libres
Section 6.2 doublets Iiants ou de structure plane triangulaire
electronegativite liaison structure tetraedrique
structure pyramidale a base
Section 6.3 Section 6.10 triangulaire
moment dipolaire diagramme de Lewis structure bipyramidale a base
Section 6.4 regie du doublet triangulaire
ions isoelectroniques regie de I' octet structure octaedrique
Section 6.12 structure plane catTee
Section 6.5
energie de reseau resonance
----stable forme par chacun des elements suivants: Te, Cl, Sr et Li.
36. Lequel des deux composes de chaque paire de substances io- 42. Les energies de reseau des oxydes et des chlorures de fer(II) et
niques suivantes possede I' energie de reseau Ia plus exother- de fer(III) sont de -2631 , - 3865, -5359 et -14 774 kJ/mol.
mique? Justifiez votre reponse. Appariez Ia formule a l'energie de reseau correspondante.
a) LiF, CsF. Expliquez.
b) NaBr, Nal.
c) BaCl2 , BaO.
d) NazS04, CaS04. inergie de liaison
e) KF, K 20.
43. Utilisez les valeurs de l' energie de liaison presentees au
f) Li 20 , Na2S.
tableau 6.4 pour calculer Ml pour chacune des reactions sui-
37. Utilisez les donnees suivantes pour etablir Ia valeur de vantes en phase gazeuse :
11Hreaction pour Ia formation du chlorure de sodium. a) H 2 + Clz ~ 2HCI
b) N=N + 3H 2 ~ 2NH 3
Na(s) + 1Cl 2(g) ~ NaCl(s)
44. Utilisez les valeurs de l'energie de liaison presentees au
energie de reseau -786 kJ/mol tableau 6.4 pour calculer Ml pour chacune des reactions sui-
energie d' ionisation deNa 495 kJ/mol vantes en phase gaze use :
affinite electronique de Cl - 349 kJ/mol
a) H Br Br
energie de liaison de Clz 239 kJ/mol "- /H I I
enthalpie de sublimation de Na 109 kJ/mol C=C + Br2 - H- C- C-H
H/ "
H H
I H
I
38. Utilisez les donnees suivantes pour etablir Ia valeur de
11Hreaction pour Ia formation du chlorure de baryum.
energie de reseau -2056 kJ/mol 45. Utilisez les energies de liaison (voir le tableau 6.4) pour
energie de premiere ionisation du Ba 503 kJ/mol predire Ia valeur de Ml de Ia reaction d'isomerisation de l'iso-
energie de deuxieme ionisation du Ba 965 kJ/mol cyanure de methyle en acetonitrile :
affinite electronique de Cl - 349 kJ/mol CH3N= C(g) ~ CH3C= N(g)
energie de liaison de Clz 239 kJ/mol
46. Le vinaigre tire son gout aigre de r acide acetique. On peut
enthalpie de sublimation du Ba 178 kJ/mol
synthetiser cet acide de Ia fa~on suivante :
L'oxyde de magnesium a pour formule Mg 2 +o 2- et non 48. Evaluez 11H pour la reaction suivante a partir des energies de
Mg+o- . Expliquez pourquoi. liaison.
40. A partir des donnees de l'exercice 39. calculez Ia valeur de 11H
pour Ia reaction suivante:
O(g) + 2 e- ~ o 2- (g)
-19. A !'aide des valeurs des energies de liaison (voir le tableau
41 . Justifiez les valeurs des energies de reseau suivantes : 6.4), calculer 11H pour les reactions suivantes.
a) C 3 Hs(g) + 50 2 (g) ~ 3C02 (g) + 4HzO(g)
energie de reseau
b) C6H1206(s) ~ 2COz(g) + 2CzH50H(l)
compose (kJ/mol)
CaSe - 2862
NazSe - 2130
CaTe - 2721
Na2Te -2095
300 Chopitre Six Liaisons chimiques: concepts gimemux
La structure du glucose, C,H 120 1, est : 54. Le CIF~ et le BrF3 sont tous deux utilises pour fabriquer du
UF6 dans Ia production du combustible nucleaire. Ecrivez les
H
'/ I
C- 0 /
H
--- diagrammes de Lewis pour CIF 3 et BrF3 .
~/hOH H""'~C
a) N02 -. N03-.
b) OCN- . SCN-. N3-.
C
H6"'1c- c1/ 6H (Le carbone est l'atome central de OCN- et de SCN-.)
56. Parmi les principaux polluants atmospheriques, on trouve
I I !' ozone, le dioxyde de soufre et le trioxyde de soufre. Ecrivez
H OH
les diagrammes de Lewis relatifs a ces trois molecules.
Indiquez routes les structures de resonance, le cas echeant.
50. La navette spatiale met a profit pour se propulser l'oxydation
de la methylhydrazine par le tetroxyde de diazote: 57. La molecule de benzene, C 6 H 6 , est constituee d'un cycle
SNz0 4(1) + 4N2H 3CHJ(l) ~ 12Hz0(R) + 9Nz(R) + 4C0 2(R) forme de six atomes de carbone lies chacun a un atome d'hy-
Utilisez les energies de liaison pour evaluer Ia valeur de liH drogene. Ecrivez le diagramme de Lewis relatif au benzene, y
pour cette reaction. Les structures des reactifs sont les sui- compris les structures de resonance.
vantes: 58. Le burazole, B3N 3 H 6 , est sou vent appele <<benzene inor-
0 0 ganique ». Ecrivez les diagrammes de Lewis relatifs au bora-
~ ~ zole. Le borazole est une molecule comportant un cycle de six
N- N
0/ '0 atomes, dans laquelle les atomes de bore alternent avec les
atomes d'azote.
conclusions peut-on tirer en ce qui concerne Ia structure BF3 , Ia regie de !'octet n'est pas respectee.
des especes isoelectroniques qui contiennent le meme 64. Utilisez le concept de charge formelle pour expliquer
nombre d'atomes et le meme nombre d'electrons de pourquoi la molecule CO a un moment dipolaire plus faible
valence? que celui que justifierait l'electronegativite.
Strudure moleculaire et polarite 81. On appelle « suracide » Ia solution produite par !'addition de
pentafluorure d'antimoine, SbF5 , a de l'hydrogene liquide.
67. Predisez Ia structure moleculaire et les angles de liaison de Les suracides se comportent comme des acides envers de
chaque molecule ou ion mentionne aux exercices 51 et 55. nombreux composes qui, en temps normal, ne se comportent
68. Predisez Ia structure moleculaire et les angles de liaison pour pas comme des bases. Par exemple, dans Ia reaction suivante.
chacune des molecules ou ions des exercices 52 et 56. HF joue exceptionnellement le role d'une base:
SbF5 + 2HF- SbF6- + H 2 F+
69. Predisez la structure moleculaire et les angles de liaison pour Ecrivez les diagrammes de Lewis et predisez les structures
cllacune des molecules ou ions de l'exercice 53. (Voir les fi- moleculaires des reactifs et des produits de cette reaction.
gures 10.25 et 10.26.)
82. Ecrivez les diagrammes de Lewis relatifs a chacun des fluo -
70. Predisez Ia structure moleculaire et Jes angles de liaison de rures de soufre suivants et predisez-en les structures molecu-
cllacune des molecules ou ions de I' exercice 54. (Voir Ia .figure laires et la polarite : SF2, SF4, SF6 et S 2F 4 (sous forme de
10.25.) F3S- SF).
Predisez !'angle de liaisun F-S- F dans chacune de ces
71. Predisez Ia structure moleculaire (y compris les angles de liai-
molecules.
son) pour chacun des produits suivants.
a) BF3 83. Les molecules BF3 , CF4. C02 , PF5 et SF6 sont non polaire.~
b) BeH/- bien qu'elles contiennent toutes des liaisons polaires. Ex-
72. Predisez Ia structure moleculaire et Ies angles de liaison de pliquez.
cllacune des especes suivantes: SeOl- , SeC12 et SeOi-. H4. II existe trois isomeres possibles du PF3(CH3 )z. dans lequel P
73. Predisez Ia structure moleculaire (y compris les angles de liai- est l'atome central. Ecrivez les formules de ces isomeres et
son) pour chacune des especes suivantes (voir les figures expliquez comment on peut les distinguer en mesurant leur
10.25 et 10.26). moment dipolaire.
a) XeFz
b) JF3 Exercices supplementaires
c) JF4+
d) SFs+ 85. Placez par ordre croissant de rayon et par ordre croissant
d'energie d'ionisation lesions suivants.
74. Predisez Ia structure moleculaire (incluant les angles de liai- a) 0 2- , F", Na+, Mg2+.
son) de BrF5 , KrF4 et IF6+(voir Ia .figure 10.25). b) P 3- , Ca2+.
c) K+, CI- . S2-.
75. Quels molecules ou ions de l'exercice 71 ont un moment dipo-
laire? 86. Voici quelques proprietes importantes des composes ioniques:
76. Quels molecules ou ions de I' exercice 72 ont un moment dipo- I. Conductibilite electrique faible a I' etat solide, mais
laire? elevee en solution ou a l' etat liquide.
U. Points de fu sion et d'ebullition relativement eleves.
77. Quels molecules ou ions de l'exercice 73 ont un moment dipo- UI. Caractere cassant.
laire ? IV. Solubilite dans des solvants polaires.
78. Quels molecules ou ions de l'exercice 74 ont un moment dipo- Conunent le concept de liaison ionique decrit dans ce chapitre
laire ?
c) l'energie de reseau de MgS; 96. Deux molecules ont Ia formule N 2F 2 . Leurs diagrammes de
d) l'energie de Ia double liaison 0=0 a partir de 0 2 (g) Lewis sont les suivants :
comme reactif.
88. Ecrivez les diagrammes de Lewis relatifs a C032- , HC03- et
H2 C0 3 . Quand on ajoute de I' acide a une solution aqueuse qui /F
N=N et
contient des ions carbonates et bicarbonates, il y a formation /
de dioxyde de carbone gazeux. On dit que I' acide carbonique, F
H2C03, est instable. En utilisant les valeurs des energies de
liaison, calculez 11H pour Ia reaction a) Quelle est Ia valeur des angles de liaison N-N-F dans
HzC03 ~ COz + HzO ces deux molecules?
Trouvez une cause possible a l'instabilite de l'acide car- b) Quelle est la polarite de chacune de ces molecules?
bonique.
Dans l'oxyde mtnque, NO, l'energie de liaison azote- Divers resultats nous amenent a conclure que la liaison C-N
oxygene est de 630 kJ/mol. possede certaines caracteristiques d' une liaison double.
catalyseur
c) 2CH2= CHCH3 + 2NH3 + 302 Ecrivez une ou plus d'une structure de resonance qui con-
425- SIO"C
firmerait cette observation.
2CH2=CHCN + 6H20
103. On peut obtenir trois diagrammes de Lewis relatifs a l'oxyde
100. Lorsqu'il y a resonance dans une molecule ou dans un ion, nitrique, N20.
cette espece est d' une tres grande stabilite. Comment ce
phenomene peut-il expliquer l' acidite des produits suivants? .·
N=N=O: <------'> : N-N-0 : ~ : N-N==O :
(L"hydrogene acide est identifie par un asterisque.)
a) 0 A partir des longueurs de liaison suivantes:
II
H-C-OH* N-N 167 pm N=O 115 pm
b) 0 OH* N=N 120 pm N-0 147pm
II I N=N llOpm
CH3 - C- CH= C-CH3
rationalisez les observations ar effet que Ia longueur de Ia liai-
son N-N dans N20 est de 112 pm et celle de N-0, de 119
pm. Assignez des charges formelles aux structures de reso-
nance du N20 . Pouvez-vous eliminer des structures de reso-
nance en vous basant sur des charges formelles? Est-ce com-
patible avec Ia realite?
101. Le dinitramide d' ammonium, NH4 N(N02h est un nouveau 104. Parmi les molecules suivantes, reperez celles qui possedent un
produit dont le potentiel comme combustible pour les moteurs moment dipolaire. Dans le cas des molecules polaires.
des fusees est immense. indiquez Ia polarite de chaque liaison et la direction du
a) Ecrivez le diagramme de Lewis (y compris les structures moment dipolaire net de Ia molecule.
de resonance) pour !'ion dinitramide N(N0 2)2-. a) CH2C)z, CHC13 , CC4.
b) Predisez Les angles de liaison de chaque azote dans !' ion b) COz, N 20.
dinitramide. c) PH3, NH3 , AsH3.
102. Decrivez la structure de Lewis pour la molecule N,N-
dimethylformamide. Sa formule structurale est la suivante :
- Liaison covalente:
orbitales
A
u chapitre 6, nous avons etudie les notions fondamentales concernant Ia Contenu
liaison chim ique. N ous avons presente Ia theorie Ia pl us utilisee pou r expli-
quer Ia liai son covalente: Ia theorie des electrons localises. N ous avons
constate jusqu'a quel point le concept de liaison etait utile pour systematiser les 7.1 Hybridation et theorie des electrons
conna issances en ch imie, etant donne qu'il permet d'aborder l'etude des mole- localises
cules en termes de liaisons individuelles. Nous avons ega lement vu qu'on pouvait Hybridation s,f
pred ire Ia structure d'une molecule en assigna nt aux doublets _d 'electrons Ia posi- Hybridation sp'l
tion qu i corresponda it a Ia repulsion minimale. Dans ce chapitre, nous appro- Hybridation sp
fondissons I' etude des theories de Ia liaison, porticu lierement en ce qui concern e le Hybridation s,fd
role des orbitales. Hybridation s,fr/2
Resume de lc theorie des
electrons lomlises
7.2 Theorie des orbitales molil<uloires
Ordre de liaison
7.3 Liaisons dans les molecules
7. 1 Hybridation et tbeorie des electrons diatomiques homonudooires
Paramagnetisme
localises 7.4 Liaisons dans les molecules
diatomiques heteronudooires
Selon la theorie des electrons localises, nous savons maintenant qu'une molecule est 7.S Combinaison de Ia theorie
constituee d'un groupe d'atomes lies par le partage de leurs electrons dans leurs des electrons lomlises et
orbitales atomiques. Le diagramme de Lewis (ou les structures de resonance) permet de Ia theorie des orbitales
de determiner la disposition des electrons de valence, et la theorie RPEV, de predire molil<ulaires
les caracteristiques geometriques de Ia molecule. Dans cette section. nous decrivons
les orbitales atomiques utilisees pour le partage de ces electrons et, par consequent,
pour la formation des liaisons.
Hybridation spl
Considerons de nouveau les liaisons formees dans le methane, dont la figure 7.1
presente le diagramme de Lewis et la geometrie moleculaire. En general, on suppose
que seules les orbitales de valence participent a la liaison ; done, dans la molecule de
methane, les atomes d'hydrogene utilisent leur orbitale ls et l'atome de carbone, ses
orbitales 2s et 2p (voir lafigure 7.2). Or, deux problemes surgissent quand on essaie
de comprendre comment le carbone peut utiliser ses orbitales pour former des
liaisons avec les atomes d'hydrogene:
Les orbitales de valence son! les 1. Si l'atome de carbone utilisait ses orbitales 2s et 2p, il y aurait formation de deux
orbitales associees au nombre quan- types differents de liaisons C-H: a) un type de liaison qui resulte du recouvre-
tique principal le plus eleve qui
ment d'une orbitale 2p du carbone et de l'orbitale Is de l'hydrogene (trois
contient des electrons dans
un atome donne . liaisons de ce type); b) un type de liaison qui resulte du recouvrement de l'or-
bitale 2s du carbone et de l'orbitale ls de l'hydrogene (une liaison de ce type). Or,
tel n'est pas le cas: en effet, les quatre liaisons C-H du methane sont toutes equi-
H
valentes.
2. Etant donne que les orbitales 2p du carbone sont orthogonales, on peut s'attendre
H-C-H
I a ce que les trois liaisons C-H formees par ces orbitales soient separees par des
angles de 90°.
I
H
a) b)
Figure 7.1
lei encore, tel n'est pas le cas, puisque les angles de liaison, dans le methane, sont
Representations de Ia molecule de de 109,5°, ce qui confere ala molecule une forme tetraedrique.
methane: a) diagram me de lewis;
b) structure moleculaire tetra- Par consequent, une des deux conclusions suivantes s' impose : ou la theorie des
edrique. electrons localises est totalement fausse, ou le carbone utilise, pour former des
liaisons avec les atomes d'hydrogene dans la molecule de methane, des orbitales
L'hybridation est une modification
qu' on apporte a Ia theorie des elec- atomiques autres que celles que possede le carbone elementaire (2s et 2p). C'est la
trons localises dans le but d'expliquer deuxieme conclusion qui semble la plus vraisemblable, etant donne que la theorie
le fait que les atomes semblent sou- des electrons localises permet de decrire adequatement les molecules. II se pourrait
vent utiliser des orbitales atomiques done fort bien que les orbitales 2s et 2p d'un atome de carbone isole ne constituent
particulieres au cours de Ia formation
pas necessairement la meilleure combinaison d' orbitales pour la formation des
des molecules .
liaisons ; ainsi, le carbone pourrait utiliser un nouveau type d' orbitales atomiques
pour former des molecules. En se basant sur la structure connue du methane, on doit
L'hybridation sp3 produit un ensemble trouver quatre orbitales atomiques equivalentes, disposees de far.:on tetraedrique,
d'orbita les de structure tetraedrique . orbitales qu' on peut facilement obtenir en combinant les orbitales 2s et 2p de
l'atome de carbone (voir lafigure 7.3). Cette transformation des orbitales atomiques
initiales en orbitales d'un nouveau type porte le nom d'hybridation; on appelle les
quatre nouvelles orbitales des orbitales sp3 , puisqu' elles proviennent de 1 orbitale 2s
et de 3 orbitales 2p (s 1p 3 ). On dit alors que l'atome de carbone a ete soumis a une
hybridation sp 3 , ou qu'il a ete hybride en sp 3 • Les quatre orbitales sp 3 ont des
formes identiques: chacune possede un gros lobe et un petit lobe (voir lafigure 7.4),
les quatre gros lobes etant orientes dans 1' espace de far.:on a conferer a 1' ensemble
une forme tetraedrique (voir lafigure 7.3).
On peut egalement representer l'hybridation des orbitales 2s et 2p du carbone au
moyen d'un diagramme des niveaux d'energie relatif aces orbitales (voir lafi-
gure 7.5). Dans un tel diagramme, on a omis les electrons: en effet, la configuration
electronique de chaque atome n'a pas autant d'importance que le nombre total
d'electrons et que la configuration electronique de la molecule. On suppose par con-
P~ Pz sequent que les orbitales atomiques du carbone sont agencees de far.:on a conferer a
1' ensemble de la molecule la meilleure configuration electronique qui soit: chaque
Figure 7.2 nouvelle orbitale sp3 du carbone partage son electron avec 1' electron de 1' orbitale ls
Orbitales de valence d'un atome de chaque atome d'hydrogene pour former un doublet (voir lafigure 7.6).
de carbone fibre: 2s, 2px, 2pY' Resumons ce qui conceme les liaisons formees dans la molecule de methane. On
2pz. peut expliquer la structure de cette molecule si on suppose que l'atome de carbone
7.1 Hybridotion et theorie des eledrons localises 307
z z z
~· Px hybridation
ff-·~·
z z z
*' Pz
~· * '
Figure 7.3
resultat : structure
Les orbitales atomiques initiales (une orbitale 2s et trois tetraedrique
orbitales 2p) d'un atome de carbone libre forment un nouvel
ensemble de quatre orbitales sp3 . Chaque orbitale sp3 pos-
sede deux lobes, un gros et un petit. On a pris !'habitude,
pour plus de clarte, de ne pas representer les petits lobes
sur les diagrammes.
- - - 2p hybridation
- --- sp3
r~g~~re 7.5
Diagramme des niveaux d'energie des orbitales illustrant Ia formation de quatre r,ure 7.4
orbitales sp3 equivalentes, a partir des orbitales atomiques initiales 2s, 2px, 2py Coupe transversale d'une orbitale
et 2pz d'un atome de carbone . sp3.
308 Chapitre Sept Liaison covalente : orbitales
Solution
Pour effectuer une description complete, on procede selon trois etapes:
1. Ecriture du diagramme de Lewis.
2. Determination de la disposition des doublets d'electrons a l'aide de la theorie
RPEV.
Figure 7.6 3. Determination du type d'orbitales hybrides qui participent aux liaisons dans la
Les quatre orbitales sp3 de molecule.
l'atome de carbone sont uti- Le diagramme de Lewis de NH3 est
lisees, par le portage de dou-
blets d'electrons avec l'orbitale H-N-H
ls de chacun des atomes d'hy- I
drogEme, pour Ia formation des H
quatre liaisons C-H equiva-
L'atome d'azote possede, en peripherie, quatre doublets d'electrons qui doivent
lentes. La configuration ainsi
obtenue permet d'expliquer Ia occuper les somrnets d'un tetraedre, pour que Ia repulsion entre doublets soit mini-
structure tetraedrique connue male. On obtient un ensemble tetraedrique d' orbitales hybrides sp 3 en combinanl
de Ia molecule CH4. l'orbitale 2s et trois orbitales 2p. Dans Ia molecule NH3 , trois de ces orbitales for-
ment chacune une liaison avec un atome d'hydrogene; c' est la quatrieme orbitale sp3
qui possede le doublet d'electrons libre (voir Ia figure 7.7).
(Voir l'exercke 7.11)
Hybridotion sp2
Une liaison double se comporte
comme un doublet d'electrons effectif. L' ethylene, C 2 H4 , est un compose de base important qu 'on utilise dans Ia fabrication
des matieres plastiques. La molecule C 2H4 , qui possede 12 electrons de valence. ale
doublet libre diagramme de Lewis suivant:
H
I.\" Au chapitre 6, nous avons vu qu'une liaison double se comportait en fait comrne
un doublet d'electrons; ainsi, dans la molecule d'ethylene, chaque atome de carbone
est entoure de trois doublets d'electrons effectifs. Par consequent, Ia molecule doit
adopter une structure plane triangulaire, avec des angles de liaison de 120°. Quels
types d'orbitales ces atomes de carbone possedent-ils? La geometrie de Ia molecule
exige que les orbitales soient situees dans un meme plan et forment entre elles un
angle de 120°. Or, puisque les orbitales de valence 2s et 2p du carbone ne sont pas
Figure 7.7
orientees selon Ia geometrie exigee, il faut recourir a des orbitales hybrides.
Dans Ia molecule d'ammoniac, Les orbitales sp3 presentees ci-dessus ne conviennent pas. etant donne qu 'elles
l'atome d'azote est hybride en
forment entre elles des angles de 109,5° (dans Ia molecule d' ethylene, les angles sont
sp3 . Trois orbitales sp 3 participent
a Ia formation d'une liaison avec
de 120°). Les atomes de carbone doivent done etre hybrides d'une autre fac;on. On
chacun des trois atomes d'hy- peut obtenir trois orbitales situees dans un meme plan et formant entre elles des
drogEme; Ia quatrieme orbitale sp3 angles de 120° si on combine I orbitale s et 2 orbitales p de Ia fac;on illustree ala fi-
possede un doublet libre. gure 7.8. La figure 7.9 presente le diagramme des niveaux d'energie relatif a ces
7.1 Hybridotion ettheorie des electrons locolises 309
hybridation
s Px
z
z
orbitale sp z
situe de part et d'autre de I' axe qui relie les deux atomes de carbone; on appelle Ia
liaison ainsi formee une liaison pi ( 7T) (voir La figure 7. 12).
On remarque que, dans la liaison u, les lobes des orbitales sont orientes l'un vers
I' autre, alors que, dans Ia liaison '7T, ils sont paralleles. Une double liaison consiste
orbitalep orbitale p toujours en une liaison u, dont le doublet d' electrons est situe dans l' axe entre les
deux atomes, et une liaison '7T, dans laquelle le doublet est situe de part et d'autre de
Ia liaison u.
D' apres Ia theorie, on peut a present decrire routes les orbitales utilisees pour for-
mer les liaisons de la molecule d'ethylf:ne. Comme le montre Ia figure 7.13,l'atome
de carbone forme des liaisons u (entre les atomes de carbone ou entre les atomes de
carbone et les atomes d'hydrogene) en utilisant ses orbitales sp2 , et une liaison 1r
(entre les atomes de carbone) en utilisant ses orbitales p. Cette description cor-
respond parfaitement au diagramme de Lewis relatif ala molecule d'ethylene, qui
comporte une liaison double carbone-carbone et des liaisons simples carbone-
liaison a
hydrogene.
Figure 7.12 Cet exemple illustre bien le principe general de grande importance suivant:
lorsqu'un atome est entoure de trois doublets d'electrons effectifs, il doit posseder
Une liaison double carbone-
carbone est constituee d'une liai- des orbitales hybrides sp2.
son a et d'une liaison 1r. Les elec-
trons portages dans Ia liaison a
sont situes exactement entre les
Hybritlation sp
deux atomes. La liaison 1r resulte On rencontre un autre type d'hybridation dans Ia molecule de dioxyde de carbone,
du recouvrement lateral des dont le diagramme de Lewis est le suivant:
orbitales p non hybridees qui
appartiennent aux deux atomes de O= C=O
carbone. Le doublet d' electrons
ainsi portage est situe au-dessus et Dans cette molecule, I'atome de carbone possede en fait deux doublets d'elec-
au-dessous de l'axe qui relie les trons effectifs, qui forment entre eux un angle de 180°. On doit done avoir deux
deux atomes. orbitales orientees dans des directions opposees. Etant donne qu · aucun des deux
Figure 7.13
a) Orbitales qui participent aux
liaisons dans Ia molecule
d' ethylene. b) Diagram me de
Lewis de Ia molecule d'ethylene. b)
7.1 Hybridotion et theorie des electrons localises 3 11
resultat: structure
hybridation lineaire
X X X X
y
s px
Figure 7.14
L'hybridation d'une orbitale set d'une orbitale p entraine Ia formation de deux
orbitales sp ayant entre elles un angle de 180°.
t
2p - - 2p - 2p -
hybridation
sp - sp -
E 2s -
Figure 7.16
Diagramme des niveaux d'energie des orbitales illus-
fi!JIIre 7.I S trant Ia formation des orbitales hybrides sp d' un atome
Orbitales hybrides de Ia molecule COz. de carbone.
liaison sigma
(I doublet d'electrons)
:p=c=o::
a) b)
Solution
Le diagramme de Lewis de Ia molecule d'azote est
sp sp
:N N:
I Chaque atome est entoure de deux doublets effectifs (une liaison multiple equivaut a
1 doublet effectif). Dans ce cas, Ia structure des doublets est lineaire (180°), les deux
a) orbitales etant orientees dans des directions opposees. C est l'hybridation sp qui pro-
duit cette structure. Ainsi, chaque atome d'azote de Ia molecule possede deux
1 orbitales hybrides 5p et deux orbitales p inchangees (voir La figure 7.20a). Les
j orbitales 5p sont utilisees pour former Ia liaison u entre Jes atomes d'azote, d'une
Jpmt, et pour recevoir les doublets libres. d'autre part (voir La figure 7.20b). Quant
aux orbitales p, elles forment les deux liaisons 7r (voir La figure 7.20c); chacune de
N ces liaisons, qui resultent du recouvrement lateral des orbitales p paralleles, possede
sp sp sp sp un doublet d'electrons. Tout cela est conforme a Ia configuration electronique
b)
obtenue aI' aide du diagramme de Lewis. La liaison triple est done constituee d'une
liaison u (recouvrement de deux orbitales sp) et de deux liaisons 7r (dans chaque cas,
recouvrement de deux orbitales p). En outre, chaque atome d'azote comporte une
deuxieme orbitale hybride sp qui possede un doublet d'electrons libres.
(Voir les exera(es 7.13 et 7.14)
Figure 7.20
a) Atome d'azote hybride sp. On trouve deux orbitales hybrides sp et deux
orbitales p non hybridees. b) La liaison u de Ia molecule N2 . c) Les deux liaisons
7r de N 2 resultent du portage de deux doublets d' electrons entre deux groupes
c) d' orbitales p paralleles.
7.I Hybridotion et thilDrie des electrons localises 31 3
Hybridation sp3d
La molecule de pentachlorure de phosphore, PCJ 5 , constitue un excellent exemple
qui permet d'etudier les liaisons d'une molecule dont l'atome central ne respecte pas
la regie de l' octet. Selon le diagramme de Lewis du PCis
:ct: ..
.. I / Cl:
:Cl-P ..
·· 1 'c1 :
:ci: ..
Figure 7.2J
l'atome de phosphore est entoure de cinq doublets d'electrons. Etant donne que cinq
Orbitales hybrides sp3 d d'un
doublets d'electrons exigent une structure bipyramidale a base triangulaire, l'atome atome de phosphore. L' ensemble
de phosphore doit posseder un ensemble d ' mbitales conforme acette geometrie. On des cinq orbitales sp3 d a une
obtient cet ensemble d'orbitales par hybridation sp 3d d'une orbitale d, d'une or- structure bipyramidale base a
bitale set de trois orbitales p (voir Ia figure 7.21). triangulaire. (Chaque orbitale
Dans l'atome de phosphore hybride en sp3d de la molecule PC15 , les cinq or- sp3 d possede egalement un petit
bitales sp 3d partagent chacune leur electron avec un des cinq atomes de chlore. lobe, qui n' est pas represente sur
ce diagramme.)
Ainsi, un atome entoure de cinq doublets d'electrons effectifs exige une structure
bipyramidale a base triangulaire, assuree par l'hybridation sp3 d de l'atome en
question.
Selon le diagramme de Lewis du PC15 , chaque atome de chlore possede quarre
doublets d'electrons peripheriques. L'atome a done une structure tetraedrique qui
exige la presence de quatre orbitales sp 3 dans chaque atome de chlore.
On peut done a present decrire les liaisons presentes dans la molecule PC15 .
Chacune des cinq liaisons u P-Cl resulte du partage d'electrons entre une des
orbitales sp 3d* de l'atome de phosphore et une des orbitales ~p 3 d'un atome de
Solution
[<~--/·-:r:: r
Selon le diagramme de Lewis de I 3-
*La participation des orbitales d a Ia liaison dans ces molecules de fa,.on aussi importante que le prevoit
Ia theorie est un sujet fort con teste. Ce probleme toutefois depasse I' object if de ce manuel.
314 Chopitre Sept lioison covolente : orbitoles
''
''
' ',
''
Figure 7.22 ''
''
a
Orbitales participant Ia forma- ''
'
tion des liaisons dans Ia molecule
PCis (illustrees ci-dessus). Les cinq
orbitales sp3 d du phosphore for-
ment chacune une liaison en
partageant des electrons avec une
orbitale sp3 de chacun des cinq
atomes de chlore. Les autres
orbitales sp3 de chaque atome de chlore *. Les autres orbitales sp 3 de chaque atome de chlore possedent des doublets
chlore possedent toutes un doublet d'electrons libres (voir La figure 7.22).
libre.
Hybridation sp3d2
Certaines molecules possedent un atome central entoure de six doublets d'electrons.
L'hexafluorure de soufre, SF6 , dont le diagramme de Lewis est le suivant, en est un
exemple:
Dans un tel atome, les doublets d'electrons, ainsi que les six orbitales hybrides,
doivent avoir une structure octaedrique. L'hybridation sp 3tP, qui permet de satisfaire
a cette exigence, resulte de la combinaison de deux orbitales d, une orbitale s et trois
orbitales p (voir lafigure 7.23). Ainsi, un atome qui possede six doublets d'electrons
peripheriques exige toujours une structure octaedrique, assuree par une hybridation
sp 3d2 de l'atome en question. Chacune des orbitales sp3d 2 de l'atome de soufre forme
une liaison avec un at orne de fluor. Puisqu •il y a quatre doublets d' electrons autour de
Figure 7.23 chaque atome de fluor, on suppose que ces atomes sont hybrides en sp 3 .
Structure octaedrique des
orbitales sp3 d 2 d'un atome de *Bien qu'on ne puisse prouver hors de tout doute l'hybridation sp3 de chaque atome de chlore, on tient
soufre. Pour plus de clarte, on pour acquis que Ia reduction au minimum des repulsions des doublets d'electrons est aussi importante
n' a pas represente le petit lobe au niveau des atomes peripheriques qu' a celui de l'atome central. II est done possible d'utiliser Ia theorie
de chaque orbitale hybride. RPEV et d'hybrider tons les atomes.
7.1 Hybridotion ettheorie des elec:trons locolises 3 15
Solution
Comme nous l'avons vu a l'exemple 6.13, l'atome de xenon de XeF4 possede six
l doublets d'electrons peripheriques qui doivent occuper les sommets d'un octaedre,
pour que la repulsion soit minimale. Par consequent, pour que les six orbitales
hybrides soient orientees vers les sommets d'un octaedre, l'atome de xenon doit etre
hybride en sp 3cf2.
it doublet libre
:F F:
··"- .. /·· six doublets d' elec-
trons exigent une dis-
/®:~~
Xe
··/ .. "-•• position octaedrique ~Xe~/
:F F:
-1\!:)
i! doublet libre
diagramme disposition octaedrique des six I' atome de xenon utilise six orbitales
de Lewis doublets d, electrons hybrides sp3d 2 pour former Jes liaisons
avec les quatre atomes de fluor et pour
recevoir les deux doublets libres
(Voir l'exenke 7.22)
nombre
de doublets diposition hybridation
effectifs des doublets exigee
2 lineaire sp
3 plane sp2
triangulaire
4 tetraedrique sp3
5 bipyramidale sp3d
a base
triangulaire
Solution
a) La molecule CO possede dix electrons de valence. Son diagramme de Lewis est
le suivant:
j :c~:
7.1 Hybridotion et theorie des elec:trons locolises 317
Chaque atome possede deux doublets d' electrons effectifs; done, ils sont to us
deux hybrides en sp. La liaison triple est constituee d'une liaison u, qui resulte du
recouvrement de deux orbitales sp, et de deux liaisons 7T, qui resultent du recou-
vrement lateral d'orbitales 2p. Les doublets d'electrons libres occupent des
orbitales sp. Etant donne que Ia molecule COne possecte que deux atomes, elle est
obligatoirement lineaire. 2p
~doublets libres ~
sp / sp sp "\.. sp
. ]
·p ·
:F-~-F
.. I .. :
4 doublets d'electrons
autourde B
f : F:
L' atome de bore doit done etre hybride en sp 3 . Chaque atome de fluor, qui pos-
sede egalement quatre doublets d'electrons, doit lui aussi etre hybride en sp 3 (la
figure n'illustre qu'une seule orbitale sp 3 par atome de fluor). La structure
moleculaire de rion BF4 - est done tetraedrique.
..
:F:
1·. 5 doublets d'electrons
:Xe
autourde Xe
H-
I··
:F:
3 18 Chopitre Sept Lioison (QVolente: orbitoles
Les doublets d'electrons libres, coplanaires, forment entre eux des angles de
120°. Pour que les cinq doublets d'electrons occupent les sommets d'une bipyra-
mide a base triangulaire, I' a tome de xenon do it former un ensemble de cinq
orbitales sp 3d. Chaque atome de fluor, qui possede quatre paires d'electrons, doit
egalement etre hybride en sp 3 • Le XeFz est done une molecule astructure lineaire.
F
basees sur Ia theorie aux resultats experimentaux. Dans le cas de Hz, Ia theorie OM
simplifiee s·applique parfaitement.
De Ia meme maniere que les orbitales atomiques ont permis de resoudre le pro-
bleme pose par l' etude des atomes, au moyen de Ia mecanique quantique (mecanique
ondulatoire), les orbitales molt~culaires permettent de resoudre celui pose par
l' etude des molecules, au moyen de Ia meme theorie. Les orbitales moleculaires ont
d'ailleurs plusieurs points communs avec les orbitales atomiques; parmi les plus
importants, citons: a) deux electrons de spins opposes peuvent occuper une meme
orbitale moleculaire; b) le carre de Ia fonction d' onde d' une orbitale moleculaire
indique Ia probabilite de presence de !'electron.
Decrivons apresent les liaisons presentes dans une molecule d'hydrogene al' aide Figure 7.25
de Ia theorie des orbitales moleculaires. Dans Ia premiere etape, on identifie les Formation d'orbitales moleculaires
orbitales, ce qui est relativement simple a effectuer Iorsqu' on suppose que ces a partir des orbitales atomiques 1s
orbitales moleculaires peuvent etre formees a partir des orbitales atomiques Is de de l'hydrogime.
l'hydrogene.
Dans le cas de Ia molecule d'hydrogene, lorsqu'on resout les equations de Ia
diagramme des niveaux d'energie
mecanique quantique, on trouve deux solutions, ou deux orbitales moleculaires, soit
Hz Hn
OM1 = lsA + lSJ3 ,.-- -,OM2
OMz = lsA -lsB E I
I \
\
I \
I \
ou lsA et lsB representent les orbitales Is de chacun des atomes d'hydrogene pris lsA -t-( 'r-t- Is8
\ I
\ I
separement. La figure 7.25 illustre ce processus. \
\ I
I
Les proprietes les plus interessantes des orbitales sont leur taille, leur forme ' H .'oM 1
(determinee par Ia distribution des probabilites de presence de !'electron) et leur a)
energie. En etudiant Ia figure 7 .26, qui illustre les proptietes des orbitales motecu-
laires de Hz, on remarque plusieurs points importants. distribution des probabilites
de presence des electrons
1. L'axe des noyaux constitue l'axe de symetrie des probabilites de presence de
l'electron. Pour OMI> on trouve Ia densite electronique maximale entre les
noyaux, alors que pour OMz, on Ia trouve de chaque cote des noyaux. On parle
alors d'une distribution electronique sigma (a), comme dans Ia theorie des elec-
trons localises. Par consequent, on appelle OM 1 et OMz des orbitales molecu-
laires sigma (a).
2. Dans Ia molecule, les electrons ne peuvent occuper que les orbitales moleculaires.
Les orbitales atomiques Is des atomes d'hydrogene n'existent plus; elles ont fait b)
place ade nouvelles orbitales qui appartiennent en propre aIa molecule Hz.
Figure 7.26
3. Le niveau d'energie de OM 1 est inferieur aIa somme de ceux des orbitales Is des
a) Diagramme des niveaux
atomes individuels d'hydrogene, alors que celui de OMz leur est superieur. Ce d'energie des orbitales molecu-
pbenomene exerce une influence importante sur Ia stabilite de Ia molecule Hz. En laires de H2. b) Structures des
effet, si les deux electrons (chacun provenant d'un atome d'hydrogene) occupent orbitales moleculaires correspon-
OMt. leur niveau d'energie est moindre que dans les atomes individuels, ce qui dant au carre des fonctions
favorise Ia formation de Ia molecule, puisque la nature recherche toujours le d'ondes de OM1 et de OM2.
niveau d'energie le plus bas. Autrement dit, si le niveau d'energie de l'orbitale
moleculaire occupee par deux electrons est infetieur a Ia somme de ceux des II y a formation d' une liaison si le
orbitales atomiques des atomes individuels, il y a formation d'une molecule. niveau d ' energie de Ia molecule est
Dans ce cas, on dit que les electrons occupent un niveau liant. inferieur a Ia somme de ceux des
atomes individuels.
Si, par contre, les deux electrons sont contraints d' occuper I' orbitale OMz, d' ener-
gie superieure, ils sont en situation antiliante. Le niveau d'energie des electrons
etant plus bas dans les atomes individuels que dans Ia molecule, c'est I' existence
des atomes individuels qui est favorisee. Or, etant donne que OM 1 est disponible,
les electrons l'occupent, et il y a ainsi formation d'une molecule stable.
320 Chopilre Sept Lioison covolente: orbitoles
Il existe done deux types d' orbitales moleculaires pour la molecule Hz: I' orbitale
liante et l'orbitale antiliante. Une orbitale molt~culaire liante est celle dont le
niveau d 'energie est inferieur Q celui des orbitales atomiques des lltOmes qui COns-
tituent la molecule. Sides electrons occupent cette orbitale, l'energie du systeme
diminue, ce qui favorise la formation de la liaison, done de Ia molecule. Une
orbitale moleculaire antiliante est celle dont le niveau d 'energie est superieur 0.
celui des orbitales atomiques des atomes qui constituem la molecule. Si des elec-
trons (dits antiliants) occupent cette orbitale, c'est !'existence des atomes indi-
OM antiliante viduels qui est favorisee. La figure 7.27 illustre ces deux possibilites.
I
I \
I
I
\ 4. Dans le cas de l'orbitale moleculaire liante de Hz, on trouvait Ia plus grande pro-
\
A/ \B babilite de presence des electrons entre les noyaux (voir lafigure 7.26). C'est pre-
E I mveau
. \, /1 mveau
. cisement ce a quoi on s' attend, etant donne que I' energie du systeme est minimale
d'energie \ / d'energie quand les electrons sont soumis a !'attraction simultanee des deux noyaux. Par
d'une orbitale '~-~
1
d'une orbitale
atomique OM liante atomique contre, dans le cas de I' orbitale moleculaire antiliante, la distribution des proba-
dans un dans un bilites de presence des electrons est concentree a l'exterieur de la zone inter-
arome libre atome libre nucleaire. On ne s'attend done pas ace qu'une telle distribution favorise I" appari-
tion d'une force de liaison. En fait, dans cet etat, l'energie du systeme est
Figure 7.27 superieure a la somme de celles des atomes individuels. Ainsi, dans Ia th6orie des
Orbitales moleculaires (OM) liante orbitales moleculaires, les distributions des probabilites de presence des electrons
et antiliante. et les niveaux d'energie sont parfaitement conformes aux concepts de base rela-
tifs aux liaisons, ce qui confirme que la th6orie est vraisemblable.
5. Le systeme d'identification des orbitales moleculaires permet d'en connaitre la
symetrie (forme), le type d'orbitales atomiques qui les ont formees, et la nature
(liante ou antiliante); on ajoute un asterisque a une orbitale antiliante. Dans Ia
molecule Hz, les deux OM possedent une symetrie u et sont formees d'orbitales
atomiques ls de l'hydrogene. On identifie done les orbitales moleculaires de H 2
de la fa~on suivante:
OM,= UJ s
OM2 = u1.,*
orbitales atomiques dans 6. Pour representer la configuration electronique d'une molecule, on peut utiliser
un atome d' hydrogene libre des symboles semblables a ceux utilises pour representer celle d'un atome: la
molecule H2 possedant deux electrons dans l'orbitale moleculaire u, on designe
sa configuration par UJ s z.
7. Chaque orbitale moleculaire peut accepter deux electrons; ceux-ci doivent cepen-
dant posseder des spins opposes.
I \
I \
I \ 8. Le nombre d'orbitales est conserve. Autrement dit, il existe autant d'orbitales
E I \
H h -+-{\ \-+- H 1S moleculaires que d' orbitales atomiques qui ont contribue a leur formation.
1
\ I
\
\ I
I La figure 7.28 resume plusieurs de ces points.
\ I
- +±--- Supposons qu'on puisse former l'ion H2- a partir d'un ion hydrure, H-, et d'un
atome d'hydrogene. Quelle serait la stabilite de cette espece? Etant donne que la
o-.._ * et OI., : orbitales configuration electronique de I' ion H- est lsz et celle de l'atome de H. ls 1, on utilise
moleculaires de H2 des orbitales atomiques Is pour tracerle diagrannne des OM de l'ion Hz- (voir lafi-
gure 7.29). La configuration 6lectronique de H 2- est done (uhP (u1s'') 1•
Figure 7.28 [] faut bien comprendre que l'ion Hz- n'est stable que si sa formation a partir des
Diagramme des niveaux d'emergie atomes individuels entraine une diminution d'energie. Ala figure 7.29, on remarque
des orbitales moleculaires dans Ia que la transformation d'un ion H- et d'un atome Hen union Hz- s'accompagne
molecule H2. d'une diminution d'energie pour deux electrons et d'une augmentation d'energie
7. 2 Theorie des orbitoles moleadoires 3 21
Hz- est de meme force que Ia liaison dans Ia molecule Hz. E Hi s -tt-\ \ I
j-r Hi s
Au cours de Ia formation de Ia molecule Hz, deux electrons passent a un niveau \
\ I
I
d'energie inferieur, mais aucun electron ne passe a un niveau d'energie superieur, '- -tt- 1
O"t s
etant donne que les atomes constituants ne possedent que deux electrons. Par contre,
l'ion Hz- possede un troisieme electron qui doit occuper un niveau d'energie
superieur: le resultat net equivaut done aune diminution de l'energie d'un seul elec- Figure 7.29
tron. Autrement dit, Hz est deuxfois plus stable que H2 -, par rapport a leurs consti-
Diagramme des niveaux d'Emergie
tuants pris separement. Dans Ia molecule Hz, la liaison est done deux fois plus forte des orbitales moleculaires de l'ion
que dans l'ion Hz-. H2--
niveau d'energie superieur et deux autres, a un niveau inferieur. Dans ce cas, l'ordre
\ I
'~--1+-~'
de liaison est nuL
2- 2
- 2- = 0
r~gure 7.30
Ce resultat signifie que Ia molecule He 2 n' est pas plus stable que les deux atomes Diagramme des niveaux d'energie
He libres. Cette conclusion est parfaitement conforme avec le fait que l'helium, a des orbitales moleculaires de Ia
1\~tat gazeux, existe sous forme d'atomes individuels He. molecule He2 .
3 22 Chopilre Sept Liaison covolente : orbitoles
formes des OM
Li Li
,--~ az,*
/ \
/ \
/ \
/ \
E 2s --+-{ ',-t- 2s
Figure 7.32 I
\
\
\ /
/
/
\ /
Diagramme des niveaux d'energie ' H 'aZs
des orbitales moleculaires de li2.
7.3 tioisoos dons les molerules diotomiques h001011udeoires 3 23
r~g~~re 7.33
a) Trois orbitales 2p, orthogo-
nales, appartenant a deux atomes
de bore voisins. b) etc) Recou-
vrement lateral de deux paires
d'orbitales 2p paralleles.
d) Recouvrement axial de Ia
troisieme paire d'orbitales p.
c) d)
!'OM antiliante, elle est plus forte «a 1' exterieur » de la zone internucleaire. Ces
deux OM sont des orbitales a. Quant aux autres orbitales p, qui se recouvrent
lateralement, elles forment egalement des OM liantes et antiliantes (voir La figure
7.34b). Etant donne que la probabilite de presence des electrons se situe de part et
d'autre de l'axe des noyaux, on parle d'orbitales moleculaires pi (1r), 7Tzp designant
!'OM liante et 1T2p *, l'OM antiliante.
A I' aide des donnees presentees precectemment, on peut tenter de prectire tes ener-
gies relatives des OM a et 1r formees a partir des orbitales atomiques 2p. Quelle
orbitale les electrons prefereront-ils, l'orbitale liante a, dans laquelle la densite elec-
tronique est concentree entre les noyaux, ou l'orbitale liante 1r? Le niveau d'energie
de I' orbitale a devrait etre inferieur a celui de ]' orbitale 7T, puisque les electrons sont
plus voisins des noyaux, ce qui est bien conforme au fait que les interactions a sont
plus fortes que les interactions 7T.
La figure 7.35 illustre le diagramme prevu des niveaux d'energie des orbitales
moleculaires lorsqu'il y a transformation des deux ensembles d'orbitales atomiques
2p du bore en orbitales moleculaires. On constate qu'il y a deux orbitales 7T liantes
de meme niveau d'energie (orbitales ctegenerees), qui resultent du recouvrement
lateral de deux paires d'orbitales p, et deux orbitales 7T antiliantes degenerees. Les
interactions 7T etant plus faibles que les interactions a, on s' attend a ce que le niveau
d' energie des orbitales 7Tzp soit superieur a celui des orbitales a2p·
Pour etablir le diagramme complet des orbitales moleculaires de la molecule B2 ,
il faut supposer que les orbitales 2s et 2p se recouvrent separement (c'est-a-dire sans
combinaison 2s - 2p) ; on obtient ainsi le diagramme de la figure 7 .36. On remarque
que la molecule B2 possede six electrons de valence (il ne faut pas oublier que les
electrons de cceur des orbitales Is n'interviennent pas dans la liaison). Selon ce dia-
gramme, l'ordre de liaison est
4- 2
- - = 1
2
La molecule B 2 est done stable.
3 24 Ompilre Sept Liaison covolente : orbitoles
antiliante
a)
liante
Figure 7.34
a) le recouvrement axial de deux
orbitales p d'atomes de bore pro-
duit deux orbitales moleculaires (J",
une liante et une antiliante. b) le
recouvrement lateral de deux
orbitales p paralleles produit deux
b)
orbitales moleculaires 7T, une
liante et une antiliante. liante
Paramagnetisme
Les molecules sont dotees d'une autre propriete: le magnetisme. La plupart des subs-
tances n'ont aucun magnetisme tant qu'on ne les soumet pas a un champ magne-
tique. Dans ce cas, deux types de magnetisme peuvent exister: le paramagnetisme.
qui provoque I' attraction de Ia substance a l'interieur du champ magnetique induc-
teur, et le diamagnetisme, qui provoque Ia repulsion de Ia substance a I' exterieur du
champ magnetique inducteur. La figure 7.37 illustre de queUe fa~on on mesure le
paramagnetisme: on pese I' echantillon en presence et en I' absence d'un champ elec-
tromagnetique inducteur. L' echantillon est paramagnetique lorsque sa masse aug-
mente sous !'influence du champ magnetique. Les resultats de recherches prouvent
que le paramagnetisme est associe a La presence d'electmns non apparies et le dia-
[Link], a celle d 'electmns apparies. Si, toutefois, une substance possecte a Ia
fois des electrons apparies et des electrons non apparies, elle est paramagnetique, car
l'influence du paramagnetisme est plus importante que celle du diamagnetisme.
Selon le diagramme des niveaux d'energie de 8 2 (voir Ia figure 7.36), cette
molecule devrait etre diamagnetique, puisque ses OM ne possedent que des elec-
trons apparies. Cependant, les resultats experimentaux prouvent le contraire : la
molecule 8 2 est paramagnetique et possecte done deux electrons non apparies.
Comment peut-on alors expliquer que Ia theorie des orbitales moleculaires conduise
a des predictions erronees ? La reponse reside dans Ia fa~on dont on con~oit et utilise
les theories. En general, on adopte Ia theorie Ia plus simple qui rend compte de
}'ensemble des principales observations. Jusqu'a ce qu'on arrive a 82, cette theorie
avait reussi a decrire correctement les proprietes des molecules diatorniques. Mais a
Figure 7.35 partir de 82> elle devient suspecte, puisqu'elle induit en erreur. On a done deux pos-
sibilites : rejeter la theorie ou tenter de Ia modifier.
Diagramme prevu des niveaux
Revoyons l'une des hypotheses de depart. On a suppose que, dans Ia molecule 8 2 ,
d'emergie des orbitales molecu-
laires dans le cas de Ia transforma- les orbitales set p etaient transformees independamment l'une de I' autre pour qu'il y
tion des orbitales 2p de deux ait formation des orbitales moleculaires. Cependant, a l'aide de calculs, on peut
atomes de bore. montrer que, lorsque les orbitales s et p se combinent pour former une orbitale
7.3 Liaisons dans les molecules diatomiques homonudeoires 325
moleculaire, on obtient un diagramme des niveaux d'energie (voir lufigure 7.38) dif- atome molecule atome
ferent de celui prevu (voir La figure 7.36). Toutefois, meme si les orbitales set p ne B Bz B
participent plus independamment l'une de rautre a Ia formation des OM, on utilise ~,....----., az/
des symboles semblables pour designer ces orbitales. Dans le cas d'une combinaison / 7C2p * 7r2p* \
I .r- .-..,. \
p-s, les niveaux d'energie des orbitales rr2 p et 0"2p sont inverses, et les niveaux des I / ' \
orbitales 0"2 _, et u 2s* ne sont plus equidistants par rapport a celui de I' orbitale ato-
2p-+-(
\.....
' '}+- 2
./"'1 p
\ '- - " I
mique 2s libre. \ 7C2p 1C2p /
\ I
Si on place les six electrons de valence de Ia molecule B 2 dans le diagrarnme ' ' a 2p
modifie, on constate que les deux derniers electrons occupent chacun une des deux
orbitales degenerees rr2P; il en resulte done une molecule dotee de proprietes para-
magnetiques, ce qui est conforme aux observations experimentales. Par consequent, l __,,
,~....-ft+ CJz..*
I \
si on modifie Ia theorie en admettant !'existence du melange p-s pour qu"il y ait for- I
I \
\
I \
mation des orbitales moleculaires, on peut predire adequatement les proprietes I \
magnetiques. Dans tousles cas, l'ordre de liaison [(4 - 2)/2 = 1] reste le meme. 2s -tt--{
\ I
>-Tt- 2s
\ I
On peut decrire les autres molecules diatomiques homonucleaires formees des \
\ I
I
\ I
autres atomes de Ia deuxieme peri ode a partir des memes principes. \ I a 2s
Par exemple, les molecules C 2 et N 2 utilisent les memes orbitales que B 2 (voir lu
figure 7.38). Parce que !"importance du melange des orbitales 2s-2p diminue en pro-
gressant dans Ia periode, les orbitales O"z p et rr2P reprennent la place qu 'elles Figure 7.36
devraient occuper en !'absence du melange 2s-2p pour les molecules 0 2 et F 2 , Diagramme prevu des niveaux
comme l'indique la figure 7.39. d'energie des orbitales molecu-
Plusieurs points importants sont mis en evidence quand on regarde les dia- laires dans le cas de Ia formation
grammes des orbitale.<>, les forces de liaison et les longueurs des liaisons (voir la fi- de B2.
gure 7. 39) pour les elements diatomiques pour Ia deuxieme peri ode.
1. II existe manifestement une relation entre l' ordre de liaison, I' energie de liaison et
Ia longueur de liaison. Au fur eta mesure que l'ordre de liaison prevu a !'aide de
la theorie des OM aug mente, il y a augmentation de I' energie de liaison et
diminution de Ia longueur de liaison. Ces observations montrent clairement que
l'ordre de liaison prevu a !'aide de la theorie des OM reflete adequatement
l'energie de Ia liaison, ce qui confirme le bien-fonde de Ia theorie des OM.
2. L'ordre de liaison n'est aucunement associe a une energie de liaison particuliere, Au fur et a mesure que l'ordre de
comme on peut le constater en comparant les energies de liaison des molecules B 2 liaison augmente, l'emergie de liaison
augmente, et Ia longueur de liaison
et F2 . En effet, meme si l' ordre de liaison de ces deux molecules est le meme, soil
diminue.
1, Ia liaison dans B2 est deux fois plus forte que Ia liaison dans F 2 . Lorsque nous
etudierons les halogenes, nous verrons que Ia liaison simple dans F 2 est excep-
tionnellement faible, a cause de l'importante repulsion interelectronique (en effet,
Ia petite molecule F2 possede 14 electrons de valence).
Figure 7.37
Appareil utilise pour mesurer le
paramagnetisme d'un echantillon.
Sous l'inAuence d'un champ
tube a echantillon
magnetique induit par Ia mise
sous tension d'un electroaimant,
Ia masse de l'echantillon para-
magnetique semble plus impor-
tante, ce qui est du a !'attraction
exercee par ce champ magnetique
electroaimant sur I' echantillon .
326 010pifre Sept Liaison £Ovalenfe: mbitales
Uzp * u,p*
I I
l r-
/1C2p * 1C2p *\ 1J2p* ------ -- -------- K zp" -+-- --+---- ---u- -ft-
------- I
,, 1 I \ I
,,,,
\I
\I
,, U2p --t+-- 1C2p --t+- -+!- --44-- 4!---
2p -+-(-- (}2p --!-+-2p E
+--- +--- -H- --tt-- ---u- ~ --t+-- ----tr-
'' 1J2p (j 2p
' '+
1C 2p u 2s* --t+-- --t+-- --t+-- a2..* --t+-- --t+--
E
(j2s --t+-- --t+-- --t+-- (j2s --t+-- ----+1--
./--H--~ ,a2s*
2s --4+--< / '~ 2s para- dia- dia- para- dia-
\ I magnetisme
\ I magnetique magnetique magnetique magnetique magnetique
\ I
1
' H U2s
ordre de liaison 2 3 2
ri!Jure 7.38
Diagram me exact des niveaux energie de
liaison
d'emergie des orbitales molecu-
(kJ/mol) 290 620 942 495 154
laires de Bz. Grace Ia combinai- a
son p-s, les energies des orbitales
a2p et 7T2p sont interverties: les
longueur
deux electrons des orbitales ato- de liaison
miques 2p, qui occupent alors des (pm) 159 131 llO 121 143
orbitales moleculaires 7T2p dis-
tinctes, degenerees, possedent des
spins paralleles. Par consequent, Figure 7.39
ce diagramme rend compte du Diagrammes des niveaux d' energie des orbitales moleculaires, ordres de liaison
paramagnetisme de Ia molecule Bz . et longueurs de liaison des molecules diatomiques Bz, Cz, Nz, Oz et Fz. On cons-
tate experimentalement que, dans 02 et Fz, le niveau d'energie de l'orbitale crzp
a
est inrerieur celui des orbitales 7T2p-
3. Dans Ia molecule Nz, on remarque que l'energie de liaison est importante; selon
la theorie des OM, l' ordre de liaison de cette molecule est de 3, soit une triple liai-
son. C' est a cause de cette tres forte liaison qu' on utilise autant de composes
azotes dans la fabrication d'explosifs puissants. En effet, ces explosifs font inter-
venir des reactions qui produisent du N2 , une espece tres stable; par consequent,
les reactions liberent d'importantes quantites d'energie.
4. On sait que la molecule 0 2 est paramagnetique, ce qu'on peut prouver aisement en
versant de I' oxygene liquide entre les poles d'un aimant puissant (voir La figure
7.40): I' oxygene y demeure jusqu' aevaporation. La tbeorie des orbitales molecu-
laires permet done de predire adequatement le paramagnetisme de I' oxygene
moleculaire, ce que ne permet pas de faire Ia tbeorie des electrons localises; selon
cette derniere, en effet, I' oxygene est une molecule diamagnetique.
, QueUe est Ia configuration electronique et I' ordre de liaison de chacune des especes
l suivantes : Oz, 0 2+ et 0 2- ? Laquelle possede Ia liaison Ia plus forte?
7.3 Liaisons dons les molecules diotomiques homonudeoires 327
Solution
La molecule 0 2 possede 12 electrons de valence (6 + 6), 0 2 +en possede 11 (6 + 6
- 1) et 0 2- , 13 (6 + 6 + 1). Supposons que le diagramme des orbitales moleculaires
soil le meme pour les ions que pour la molecule diatomique non chargee.
02 o2+ 02-
U 2p *
7T2p*
++ +- -rt+
7T2p -n-n -n-n -n-n
U 2p --4t- --4t- --4t-
U2s* --4t- --4t- --4t-
era --4t- --4t- --4t-
Apartir de ce diagramme, on peut determiner les configurations electroniques sui-
vantes:
2 4 2
02: ( U 2s f( U 2s *f( U 2p) ( 7T2p) ( 1T2p *)
2 4 1
0 2+ : (u2s?Cu2.* ) (u2p)2( 7T2p) ( 1T2p *)
2 2 2 4
0 2-: { U2s) ( U2s *) ( U 2p) ( 7T2p) ( 1T2p *)3
Par consequent, on peut s'attendre ace que 0 2 + possede la liaison Ia plus forte.
(Voir les exercices 7.35 ci 7.38)
Solution
a) Les orbitales de valence de Ne sont des orbitales 2s et 2p. On peut done utiliser
les memes orbitales moleculaires que celles qu' on a utilisees dans le cas de
molecules diatomiques constituees d'elements de Ia deuxieme periode. La
328 (hopitre Sept Liaison covolente: orbitoles
molecule Ne2 possede 16 electrons de valence (8 par atome). En plar;ant ces elec-
trons dans les orbitales moleculaires appropriees, on obtient le diagramme sui-
vant:
U2p * -4t-
'TT2p* -n-n
'TT2p -n-n
t E
U2p -4t-
i
u2s* -4t-
(T2s -4t-
L'ordre de liaison est: (8- 8)/2 = 0. Ne2 ne peut done pas exister.
b) La molecule P 2 contient du phosphore, element de Ia troisieme periode. Sup-
posons qu'on puisse traiter les molecules diatorniques constituees d'elements de
la troisieme periode de Ia meme maniere que celles constituees d'elements de Ia
deuxieme periode, a une difference pres, toutefois : les orbitales moleculaires re-
1 sultent de Ia transformation des orbitales atorniques 3s et 3p. La molecule P2 pos-
sede 10 electrons de valence (5 par atome); on obtient done le diagramme d' or-
bitales suivant :
UJp *
'TTJp *
E
UJp -4t-
'TTJp -n-n
UJs* -4t-
azp* - - - UJs -4t-
L'ordre de liaison de Ia molecule P2 est de 3. Cette molecule devrait etre diamagne-
tique.
(Voir les exercices 7.39 et 7.40)
E
On peut done dire que, dans une molecule, les liaisons a- sont localisees et Ia liai-
Dans les molecules qui possedent des son 1T, delocalisee. Par consequent, quand on veut decrire les liaisons presentes dans
structures de resonance, c'est au les molecules qui possedent des structures de resonance, on a recours a Ia theorie des
niveau de Ia liaison 7T que Ia deloca-
electrons localises dans le cas des liaisons (T et a celle des orbitales moleculaires
lisation des electrons est Ia plus mani-
feste . dans le cas des liaisons 1T. Ainsi, sans compliquer outre mesure Ia theorie, on peut
decrire de telles molecules de fa~on beaucoup plus exacte.
Pour illustrer cette fa~on de procecter, considerons les liaisons presentes dans la
molecule de benzene - un important compose qu'on utilise dans I'industrie chi-
mique, et qu'il faut manipuler avec soin, car il est cancerigene. La molecule de ben-
zene, C6 H 6 , est constituee d'un noyau d'atomes de carbone, de forme hexagonale,
dans lequel chaque atome de carbone est lie a un atome d'hydrogene (voir La figure
Figure 7.46 7.46a). On sait que les six liaisons C-C sont equivalentes. Or, pour expliquer cette
a) La molecule de benzene est equivalence a l' aide de la theorie des electrons localises, il faut introduire la notion
constituee d'un anneau de six de resonance (voir La figure 7.46b).
atomes de carbone lies chacun a
un atome d'hydrogene. Taus ces
atomes sont coplanaires. Toutes les
H H H
H
:¢c "=¢="
liaisons C-C sont equivalentes.
I
b) Les deux structures de reso- H.. . __ / C.. . __ / H
nance de Ia molecule de benzene. c c
Avec Ia theorie des electrons loca- I I I ~ I
a c c
lises, on doit faire appel Ia H/ '--c / '-- H H ~ H H ~ H
notion de resonance pour expli- I
quer Ia presence de six liaisons H H H
C-C equivalentes. a) b)
7.5 (ombinoison de lo theorie des electrons localises et de lo theorie des orbitoles moleculoires 331
Figure 7.47
Les liaisons u dans Ia molecule de benzene.
Par consequent on peut mieux decrire les liaisons en presence dans la molecule de
benzene en utilisant Ia theorie qui resulte de la combinaison des deux theories. Les
liaisons u des atomes de carbone font alors intervenir les orbitales sp 2 (voir la figure
7.47). Toutes ces liaisons u sont d' ailleurs situees dans le plan de la molecule.
Chaque atome de carbone etant hybride sp2 , il reste a chacun une orbitale p per-
pendiculaire au plan du noyau ; ces six orbitales p contribuent a Ia formation des
orbitales moleculaires 7T (voir la figure 7.48a). Les electrons qui occupent ces
orbitales moleculaires 7T sont delocalises au-dessus et au-dessous du plan du noyau
(voir La figure 7.48b).ll en resulte six liaisons C-C equivalentes, ce qui est conforme
ala structure connue de la molecule de benzene. D' ailleurs, on represente souvent la
molecule de benzene de Ia fa~on suivante:
Figure 7.48
a) Les orbitales moleculaires 7T
resultent du recouvrement des six
orbitales p (une par atome de
des six carbones hybrides en sp .
c!
H H
b) Les electrons de ces orbitales
moleculaires 7T sont delocalises
dans I' ensemble du noyau: il en
resulte six liaisons equivalentes. Le
modele represente integre les don-
a) nees concernant ces orbitales.
332 Chapitre Sept Liaison rovalenle : orbitales
Figure 7.49
a) Orbitales p participant aux
liaisons 7T dans l'ion N03- .
b) Representation de Ia delocalisa-
tion des liaisons 7T de part et
d'autre du plan de l'ion N03- . a) b)
Resume
Dans ce chapitre, nous avons principalement traite du role des orbitales dans Ia for-
mation des liaisons covalentes dans une molecule. Les deux theories qu 'on utilise le
plus souvent pour expliquer les liaisons sont La theorie des electrons localises et Ia
theorie des orbitales moleculaires.
Selon Ia theorie des electrons localises, Ia molecule est constituee d'un groupe
d'atomes qui partagent des doublets d'electrons dans des orbitales atomiques. Etant
donne que les molecules n'ont pas les memes exigences que les atomes individuels,
les atomes, dans la molecule, transforment leurs orbitales atomiques initiales en nou-
velles orbitales hybrides. La nature de ces orbitales hybrides est determinee par Ia
configuration des doublets d' electrons qui offre le minimum de repulsion entre elec-
trons. Par exemple, si un atome est entoure de quatre doublets d'electrons, sa struc-
ture doit etre tetraedrique et ses orbitales, des orbitales hybrides sp3 ; si la structure
d'une molecule est plane triangulaire, l'hybridation est de type sp2 ; dans le cas
d'une structure lineaire, l'hybridation est de type sp.
Lorsque le doublet d'electrons partage est situe dans !'axe qui relie les deux
atomes, Ia liaison covalente est une liaison u. Lorsqu'il y a recouvrement lateral des
orbitales p paralleles, on parle de liaison 7T. Dans ce cas, le doublet d'electrons
partage est situe au-dessus et au-dessous de l' axe qui relie les atomes.
Dans les liaisons multiples, on trouve des liaisons u et des liaisons 7T. Une
double liaison est constituee d'une liaison u et d'une liaison 7T et une triple liaison,
d'une liaison u et de deux liaisons 7T.
Selon Ia theorie des orbitales moleculaires, Ia molecule composee d'atomes lies
de fal,(on covalente est une nouvelle entite constituee de noyaux de charge positive et
d'electrons. Les calculs qui permettent de determiner les orbitales moleculaires per-
mises sont semblables a ceux qu'on utilise dans le cas des atomes. Les orbitales
Motscles 333
/
moleculaires resultent d'une reorganisation des orbitales de valence des atomes qui
constituent Ia molecule.
Selon le critere (energie ou forme), on distingue deux types d'orbitales molecu-
laires.
1. Energie. Une OM liante est une orbitale dont le niveau d'energie est inferieur a Ia
somme de ceux des orbitales atorniques initiales. Ainsi, lorsque les electrons
passent des orbitales atorniques aux orbitales moleculaires liantes. leur niveau
d'energie diminue. Ce phenomene favorise Ia formation d'une molecule stable
(il y a formation de liaisons). Une OM antiliante est une orbitale dont Ie niveau
d' energie est superieur a Ia somme de ceux des orbitales atomiques initiales.
Ainsi, lorsque les electrons passent des orbitales atorniques aux orbitales molecu-
laires antiliantes, leur niveau d'energie augmente, ce qui ne favorise pas Ia forma-
tion de liaison(s).
2. Forme (symetrie). La probabilite de presence des electrons des orbitales molecu-
laires sigma (u) est situee dans l'axe qui relie les deux noyaux, alors que celle des
orbitales moleculaires pi ( 7T) est repartie au-dessus et au-dessous de cet axe.
L'ordre de liaison est un indice de Ia force d'une liaison:
nombre d'electrons liants - nombre d'electrons antiliants
Ordre de liaison =
2
La stabilite d'une molecule (energie de Ia liaison) est d'autant plus grande que La
difference entre le nombre d'electrons liants (ceux dont l'energie diminue au
moment de la formation de la molecule) et le nombre d'electrons antiliants (ceux
dont I'energie augmente) est irnportante.
D'une part, la theorie des orbitales moleculaires offre plusieurs avantages. Elle
permet: a) de predire adequatement Ia force relative d'une liaison, ainsi que le ma-
gnetisme de molecules diatorniques simples (le meilleur exemple etant la prediction
du paramagnetisme de la molecule d'oxygene); b) d'expliquer Ia polarite des
liaisons; c) de bien decrire La delocalisation des electrons dans les molecules poly-
atomiques. D'autre part, elle presente un inconvenient majeur: son application a
I' etude qualitative des molecules polyatorniques n'est pas facile.
Dans certains cas, on doit introduire Ia notion de resonance, etant donne que,
selon Ia theorie des electrons localises, on suppose - meme si ce n'est pas exact-
que les electrons sont localises entre deux atomes particuliers, dans une molecule.
Pour decrire de telles molecules avec davantage de precision, on doit faire appel aIa
combinaison de Ia theorie des electrons localises et de Ia theorie des orbitales
moleculaires. Ainsi, dans ces molecules, on considere les liaisons u comme des
liaisons localisees et les liaisons 7T, comme des liaisons delocalisees.
Mots des
7. QueUe relation y a-t-il entre rordre de liaison, l'energie de 22. Donnez l' etat d'hybridation prevu de l'atome central des
liaison et la longueur de liaison? Laquelle de ces grandeurs molecules ou ions dont it a ete question a I'exercice 74 du
peut etre mesuree? chapitre 6.
8. Les electrons des orbitales moleculaires liantes u se trouvent 23. Pour chacune des molecules suivantes, ecrivez le diagramme
le plus souvent dans Ia region situee entre deux atomes lies. de Lewis, predisez Ia structure moleculaire (y compris Ia
Pourquoi une telle disposition favorise-t-elle Ia liaison? Dans valeur des angles de liaison), reperez les orbitales hybrides de
une orbitale antiliante u, ou serait-on susceptible de trouver, l' atome central et predisez Ia polarite globale.
par rapport aux noyaux, les electrons participant a une liai- a) CF4
son? b) NF3
Exercices 335
d) so-lo-b-o-o-b-oj
2 s
2
I
0
I
0
-
Lewis de 1' AZT.
e) sol-
O S042-
g) SF2
h) SF4
i) SF6
j) F3S-SF
H'-.
C
P~'-._/ CH=CH-CH=CH~N
I \__) \__) II
a
f H
e
Tanzanie. La structure de Ia thiarubine-A est Ia suivante:
H H
\ I
H/ b ' H
b c 0 H
HH
H c-c
II \.
H piperine H 3 C-C C- C C-C C-C C-CH=CHz
\ I
s-s
a) Completez le diagramme de Lewis, en indiquant tous les
doublets d'electrons libres.
b) Indiquez le type d'hybridation des atomes de carbone et de
soufre de Ia thiarubine-A.
c) Precisez le nombre de liaisons u et de liaisons 7T dans cette
molecule.
H capsaYcine
b) Precisez le nombre d'atomes de carbone qui sont hybrides Theorie des orbitales moleculaires
sp, en sp2 et sp3 dans chaque molecule.
33. Parmi les especes suivantes, reperez celles qui, selon Ia
c) Indiquez queUes sont les orbitales hybrides utilisees par
theorie des orbitales moleculaires, peuvent exister.
les atomes d'azote dans chaque molecule.
a) Hz+, Hz, Hz-, H}-.
d) Donnez les valeurs approximatives des angles de liaison
b) Hei+, He2 +, Hez.
marques a a l dans les structures ci-dessus.
34. Parmi les especes suivantes, reperez celles qui, selon Ia
31. Dans l'industrie des polymeres, deux molecules sont couram- theorie des orbitales moleculaires, peuvent exister.
ment utilisees: l' azodicarbonamide et le cyanoacrylate de a) Nzz-, Ozz-, Fi-.
methyle. Leurs structures sont les suivantes:
H
---
A
35.
b) Bez, Bz, Liz.
l' aide de Ia theorie des orbitales moleculaires, pour chacune
1::--v des especes diatomiques suivantes, determinez Ia configura-
H-N~J tion electronique, calculez l' ordre de liaison et reperez celles
0
" C-N
~.:__./
b
c
~-.,_
N..l..C
0
/..) d
qui sont paramagnetiques.
a) Hz
" NH2
b) Bz
c) Fz
36. A 1' aide de Ia theorie des orbitales moleculaires, pour chacune
azodicarbonamide cyanoacrylate de methyle des especes diatomiques suivantes, determinez Ia configura-
tion electronique, calculez l'ordre de liaison et reperez celles
L'azodicarbonamide est utilise dans Ia fabrication du poly- qui sont paramagnetiques.
styrene. Ajoute a du plastique fondu, il se transforme en trois a) Nz
gaz (azote, monoxyde de carbone et ammoniac), qui restent b) Nz+
captifs sous forme de bulles dans le polymere fondu. Le c) Nz-
cyanoacrylate de methyle est le principal ingredient utilise
dans Ia fabrication des colles super-puissantes. A mesure que 37. A I' aide de Ia theorie des orbitales moleculaires, decrivez les
Ia colle seche, les molecules de cyanoacrylate de methyle se liaisons dans Oz+, Oz, Oz- et o}-. Dans chaque cas, predisez
polymerisent par leur liaison double carbone-carbone. l'ordre de liaison et Ia longueur relative de Ia liaison.
a) Completez les diagrammes de Lewis et indiquez tous les Determinez le nombre d'electrons non apparies dans chaque
doublets d' electrons libres. espece.
b) Indiquez le type d'hybridation des atomes de carbone de 38. Placez les especes suivantes, Nz, Nz+ et Nz- par ordre crois-
chaque molecule et des atomes d'azote de l'azodicar- sant de longueur de liaison et d'energie de liaison. Utilisez les
bonamide. resultats obtenus a l'exercice 36.
c) Precisez le nombre de liaisons 7Tdans chaque molecule. 39. L'acetylene, CzHz, est le produit de la reaction du carbure de
d) Donnez la valeur approximative des angles de liaison mar- calcium, CaCz, avec l'eau. Decrivez Ia structure de !'anion
ques a a h dans les structures ci-dessus. acetylure, Ci-, a!'aide de Ia theorie des electrons localises et
de celle des orbitales moleculaires.
Exercices supplementaires 337
40. Construisez un diagramme d'energie des orbitales molecu- b) Est-ce que l'orbitale Zpx de !'oxygene peut former des
laires pour Ia molecule CI2. Dites si Ia molecule est para- orbitales moleculaires avec l'orbitale ls de l'hydrogene?
magnetique. Expliquez.
c) Sachant que seules les orbitales 2p de 1' oxygene interagis-
41. AI' aide de Ia theorie des orbitales moleculaires, pour chacune sent de fa~Yon significative avec l'orbitale ls de l'hy-
des especes diatomiques suivantes, determinez Ia configura- drogene. completez le diagramme d'energie de l'otbitale
rio~ eleclronique, ~[Link] l'ordre de li,ison et reperez celles
moleculaire de OH. Placez le bon nombre d' electrons aux
qw sont paramagnetJques. divers niveaux d'energie.
a) CN+
d) Evaluez l'ordre de liaison dans Ia molecule OH.
b) CN e) Dites si I' ordre de liaison de OH+ sera superieur, inferieur
c) cN-
ou identique a celui de OH. Expliquez.
42. Al' aide de Ia theorie des orbitales moleculaires, pour chacune
des especes diatomiques suivantes, determinez Ia configura-
---
49. A I'aide de Ia theorie des electrons localises, decrivez les
tion eleclronique, calculez I'ordre de liaison et reperez celles liaisons dans Ia molecule 0 3 et I' ion No2-. Comment, a I' aide
qui sont paramagnetiques. de Ia theorie des orbitales moleculaires, peut-on decrire les
a) No+ liaisons 7r dans ces deux especes?
b) NO so. A raide de la tMorie des electrons localises, decrivez Ies
c) No- liaisons dans l'ion Coi-. Comment, a I' aide de Ia theorie des
orbitales moleculaires, peut-on decrire les liaisons 7r dans
43. Placez les especes suivantes, CN+, CN et eN- , par ordre cette espece?
croissant de longueur de liaison et d'energie de liaison.
Utilisez les resultats obtenus a l'exercice 41.
44. Placez les especes suivantes, NO+, NO et No- , par ordre fxercices supplementclires
croissant de longueur de liaison et d'energie de liaison. 51. On connait de nos jours plusieurs oxyfluorures de chlore,
Utilisez les resultats obtenus a I' exercice 42. ainsi que leurs cations et anions associes. Ce sont de puissants
45. Momrez comment deux orbitales atomiques 2p peuvent for- agents d'oxydation et de fluoration. FCI03 est Je plus stable
mer une orbitale moleculaire uou 7T. de ces composes; on a meme envisage de l'utiliser conune
agent oxydant du combustible destine aux fusees. Pour cha-
46. Montrez comment a lieu le recouvrement des orbitales ato-
cune des molecules ci-dessous, ecrivez le diagramme de
miques ls de H et 2p de F necessaire a Ia formation des
Lewis, predisez Ia structure de Ia molecule et decrivez les
orbitales moleculaires liantes et antiliantes dans Ia molecule de
liaisons (en ce qui concerne les orbitales hybrides).
fluorure d'hydrogene. Precisez s'il s'agit d'orbitales mole-
a) FCIO
culaires u ou 7r.
b) FC!Oz
47. Servez-vous des figures 7.43 et 7.44 pour repondre aux ques- c) FCI03
tions suivantes. d) F3ClO
a) Est-ce que, dans l'orbitale moleculaire Iiante de HF, Ia e) F3CI02
den site electronique est plus pres de H que de F? 52. FCI02 et F 3Cl0 peuvent tous deux former des anions stables
Expliquez pourquoi. en gagnant un ion fluorure. F 3CIO et F 3Cl0 2 peuvent tous
b) Est-ce que l'orbitale moleculaire Iiante tient plus du carac- deux devenir des cations stables, en perdant un ion fluorure.
tere 2p du fluor, plus du caractere ls de I'hydrogene, ou Ecrivez les diagrammes de Lewis de ces ions et trouvez l'hy-
tient egalement des deux? Pourquoi? bridation du chlore de ces ions.
c) Repondez aux deux memes questions, mais cette fois-ci
53. Pour teinter les jeans, on utilise le colorant indigo. La couleur
concernant I' orbitale moleculaire non liante dans HF.
obtenue est dite bleu marine parce qu'on utilisait !'indigo
48. La molecule diatomique OH existe en phase gazeuse. La pour teinter les uniformes de Ia marine britannique, au XVIIIe
longueur de Ia liaison et l'energie de liaison ont ete evaluees siecle. La structure de )'indigo estla suivante:
respectivement a 97,06 pm eta 424,7 kJ/mol. Supposez que Ia
molecule OH est analogue ala molecule HF dont il a ete ques-
tion dans le present chapitre et que les orbitales moleculaires
tisultent du recouvrement de l'orbitale de faible energie p , de
I' oxygene avec I' orbitale Is a haute energie de I'hydrogene ()a
liaison 0-H se trouve dans !'axe des z).
a) Laquelle des deux orbitales moleculaires aura le plus le
caractere ls de l'hydrogene?
338 Chopitre Sepl J..ioison £ovolenfe : orbitoles
a) Combien y a-t-il de liaisons u et de liaisons 7r dans cette 57. La molecule N2 0 est lineaire et polaire.
molecule? a) Sur Ia base de cette donnee experimentale, quelle serait sa
b) Quelle est l'hybridation des atomes de carbone dans Ia
bonne structure: NNO ou NON? Expliquez.
molecule d'indigo ? b) D' apres Ia reponse a Ia section a), ecrivez le diagramme de
54. A !'aide des energies de liaison presentees au tableau 6.4. Lewis de N 2 0 (y compris les structures de resonance).
evaluez Ia difficulte de rotation d'une liaison double C=C. Indiquez Ia charge formelle de chaque atome et l'etat d'hy-
Expliquez comment on peut passer de bridation de l'atome centraL
c) Comment pourrait-on decrire, en termes d' orbitales, Ia
liaison multiple dans : N-N-~ :
58. Decrivez les liaisons presentes dans NO+, NO- et NO, en uti-
lisant Ia theorie des electrons localises et celle des orbitales
moleculaires. Expliquez tout desaccord entre ces deux
theories.
62. La structure du cholesterol, C27~60, est Ia suivante: b) lndiquez l'etat d'hybridation des atomes C et N dans cha-
cune des especes.
c) Precisez le nombre de liaisons u et de liaisons 7r dans
chaque espece.
d) Dites si le cycle dans Ia molecule de melamine est
planaire.
e) Dans Ia molecule de dicyandiamide (NCNC(NH 2 )z), les
trois liaisons C-N n' ont pas Ia meme longueur, et la
HO H molecule est non lineaire. De toutes les structures de reso-
nance que vous avez ecrites pour cette molecule, dites
Dans cette structure simplifiee, chaque sommet, ou point de celle qui est Ia plus importante.
rencontre, represente un atome de carbone et Ia plupart des
atomes H ne sont pas indiques. Ecrivez Ia structure compU~te 64. Pour repondre aux questions suivantes, servez-vous de dia-
du cholesterol, en indiquant tous les atomes de carbone et grammes d'energie des orbitales moleculaires.
d'hydrogene. Determinez l'hybridation de chaque atome de a) L'energie de premiere ionisation de N2 (1501 kJ/mol) est
carbone. Les atomes de carbone sont-ils tous situes dans le plus grande que l'energie de premiere ionisation de I' azote
meme plan, comme le suggere Ia structure? atomique (1402 kJ/mol). Expliquez.
b) D'apres vous, est-ce que F 2 a une energie de premiere ioni-
63. La synthese du cyanamide (H2 NCN), un important produit sation plus elevee ou plus faible que celle du fluor ato-
chimique. se fait de Ia fas;on suivante: mique? Pourquoi ?
CaC2 + N 2 ~ CaNCN + C
65. Un ballon contenant de l'azote gazeux est irradie avec de Ia
CaNCN ~ H 2NCN
lumiere dont La longueur d'onde est de 25 nm. Servez-vous
cyanamide
des donnees ci-dessous pour determiner l'espece qui pourrait
se former dans le ballon durant I' irradiation.
Le cyanamide de calcium (CaNCN) est utilise comme ferti-
Nz(g) ~ 2N(g) ~H=941kJ/mol
lisant. herbicide ou defoliant du coton. On I' utilise egalement
pour preparer des resines a base de cyanamide, de dicyandia- Nz(g) ~ Nz +(g)+ e- ~H = 1501 kJ/mol
mide et de melamine: N(g) ~ N+(g)+e- ~H=l402kJ/mo1
P our prend re conscience de Ia Ires g rande difference qui existe entre les trois
etots de Ia matiere, il suffit de s'interesser a u cos de l'eou . Ou 'on vole, qu'o n
noge ou q u'on patine, on est en effet en contact avec de l'eo u sous une forme
ou sous une autre. Toutefois, celo vade soi , l'ogencement des molecules d 'eou en
phose gozeuse doit etre bien different de ceux en phose liquide ou en phose sol ide.
8.1
Contenu
Forces intermoleculoires
Forces de dispersion de London
Nous ovons vu au chapitre 4 qu'un goz est compose de po rticules Ires d istontes Forces dipiile-dipole
les unes des o utres, constomment en mouvement aleatoire et qui exercent peu 8.2 Etot liquide
d'influence les unes sur les outres . Pour decrire le com portement idea l de Ia ma jorite Theorie relative ci lo structure des
des goz a haute temperature et a bosse pressio n, o n a elabore Ia theorie cinetique liquides
des goz . 8.3 Introduction ci I' etude des structures
Les sol ides sont Ires differents des goz : les gaz, dont Ia masse vol umique est et des types de solides
foible et Ia compressibilite elevee, occupent com pletement le contenont dans lequel Analyse des solides par
ils sont retenus ; par contre, les solides dont Ia masse volumique est beoucoup plus diffraction des rayons X
importonte et Ia compressibilite foible, sont rigides - o utrement d it, ils conservent Types de solides cristallins
leur forme quelle que soit celle du contenont dons lequel on les place. C es pro- 8.4 Structure et liaison dons les metoux
prietes revelent q ue les composants d 'un solide sont tres voisins les uns des outres Liaison dons les metoux
et qu'i ls s'ottirent fortement. II s'ensuit q u'une theorie relative a un solide doit etre Allioges metolliques
fort differente de cel le relative a un goz. 8.S Carbone et silidum: solides
Par oilleurs, les proprietes d 'un liquide sont intermed ia ires entre celles d 'un solide otomiques covolents
et celles d 'un goz ; toutefois elles ne sont pas exactement situees a mi-chemin, (eromiques
comme le montre I' etude sommoire de q uelq ues-unes des proprietes des trois etots Semi-conducteurs
de l'eou . Compa rons, pa r exemple, Ia variation d 'enthalpie qui occompogne Ia 8.6 Solides moleculoires
fonte de Ia glace a 0 oc (chaleu r de fusion) a celle qui accompagne Ia vaporisa- 8.7 Solides ioniques
tion de l'eou liquide a 100°C (chaleur de vaporisation). 8.8 Pression de vapeur et changements
H zO(s) ~ HzO(L) Mi0 fu s = 6,01 kJ/mol
d'etat
Pression de vapeur
H zO(l) ~ H zO(g) Mfovap = 40,7 kJ/mol
Changements d'etot .r
Ces voleurs revelent q ue le passage de l'etat liquide a l'etot gozeux exige un
8.9 Diogrommes de phases
chongement de structu re beoucoup pl us marque q ue celui qui accompog ne le pas-
Applications du diogromme de
sage de l'etot solide a l'etot liquide. II sem ble done exister, da ns l'eou liquide, de
phases de I' eou
nombreuses interactions entre molecules - interactions semblobles a celles qui exis-
Diogromme de phases du
tent dans l'eou sol ide, bien qu'elles ne soient pas o ussi fortes.
dioxyde de carbone
flglll'e 8.1
Comparaison des trois etats de Ia
matiere. vapeur liquide solide
' Comme c'est le cas pour Ia plupart des substances, la masse volumique de I'eau solide et celle de I'eau
liquide sont tres voisines, mais ce qu' il y a de particulier. c'est que sa masse volumique a I'etat solide est
legerement inferieure a celle a I' etat liquide. Pour Ia plupart des substances, c'est !'inverse.
8.1 Faces intermolerulaires 343
foumir une quantite beaucoup plus importante d'energie pour rompre les liaisons
covalentes et separer ainsi les molecules d'eau en leurs atomes constituants. Pour
s'en convaincre, il suffit de comparer l'energie necessaire a Ia vaporisation de 1 mol
d'eau liquide (41,2 kJ) a celle necessaire a Ia rupture des liaisons 0---H de 1 mol element point de fusion ( C)
0
Figure 8.3
Points d'ebullition des hydrures - 200L_____________________ ~ ___________ i_ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ J
covalents des elements des 2 3 4 5
groupes IVA, VA, VIA et VIlA. periode
atome se «condense» dans I' etat liquide beaucoup plus rapidement ; deuxiemement,
au fur eta mesure que le numero atomique augmente, le nombre d'electrons aug-
mente, ainsi que Ia probabilite de formation de dipOles instantanes portant une charge
superieure. C' est pourquoi on dit que les gros atomes, qui possedent de nombreux
electrons, sont dotes d'une plus forte polarisabilite que les petits atomes. La polari-
sabilite indique Ia facilite de deformation du nuage electronique d'un atome pour
donner une distribution de charge dipolaire. En fait, les forces de dispersion de Lon-
don augmentent en fonction de Ia taille des atomes.
Cependant, ces forces n'existent pas uniquement dans les seuls gaz rares. La for-
Dans une molecule contenant de gros mation de dipOles instantanes et de dipOles induits peut egalement avoir lieu dans les
atomes, les forces de dispersion sont molecules (voir La figure 8.2b). Plus une molecule possede d'electrons, plus elle est
Ires importantes et souvent le sont
polarisable, et plus elle exige d'energie pour se liberer de !'attraction des autres
plus que les forces dipole-dipole.
molecules. C' est ce qui explique I' augmentation reguliere, en fonction de Ia masse
molaire, de la valeur du point d'ebullition (ou de liquefaction) des hydrures des ele-
ments du groupe IVA, CH4 , Si~, GeH4 et Sn~ (voir La figure 8.3).
Ce sont encore les forces de dispersion de London qui permettent d'expliquer Ia
variation des points d'ebullition des hydrures des elements des groupes VA, VIA et
VIlA, pour les periodes 3, 4 et 5. Cependant, le fait que ces substances ont toutes un
point d'ebullition dont la valeur est superieure a celle du point d'ebullition de l'hy-
drure correspondant du groupe IVA est dil a Ia capacite de leurs molecules de pas-
seder des interactions dip61e-dip6le.
Forces dipole-dipole
Nous I' avons vu a la section 6.3, les molecules dotees de liaisons polaires se com-
portent souvent, dans un champ electrique, comme si elles possedaient un foyer de
charge positive et un foyer de charge negative; autrement dit, elles presentent un
moment dipolaire. De telles molecules peuvent s' attirer mutuellement: le pOle
negatif de l'une tend a s'aligner avec le pOle negatif de l'autre (voir La figure 8.4a).
C'est ce qu'on appelle une attraction dipOle-dipOle. Dans un etat condense comme
l'etat liquide, la disposition des dipoles constitue un compromis entre toutes les
forces d'attraction et de repulsion. Autrement dit, les molecules s'orientent de f~on
8.1 Forces intermoleculaires 345
· H
H 0
.,....
\
H
H
0 H
li+
0 H -
• H
20- 0 /"" I
·""'
H
H ~ H H
li+ 0
0
a) ' '-
H
. ~
/
;
J - H H
0
b)
0
H ·---
rlgUI"e 8.5
a) Molecule d'eau polaire. b) Liaisons hydrogeme entre des molecules d'eau. II
a
est remarquer que Ia petite taille des atomes d'hydrogeme permet des rap-
prochements plus importants.
346 (hopilre Huif Liquides et solides
surface
8.2 Etot liquicle
Les liquides et les solutions liquides sont essentielles a Ia vie, I' eau etant evidemment
le liquide le plus important. En plus d'etre essentielle a Ia vie, l'eau est utilisee pour
Ia preparation des aliments, le transport, le refroidissement dans de nombreux types
d' appareils et de procedes industriels, les loisirs, le nettoyage et dans plusieurs autres
Figure 8.6 domaines.
a
Une molecule situee l'interieur Les liquides sont dotes de nombreuses proprietes qui permettent de comprendre
d'un liquide est attiree par les leur nature. Nous avons deja parle de leur faible compressibilite, de leur manque de
molecules qui l'entourent, alors rigidite et de leur masse volumique elevee par rapport a celle des gaz. Nombre de ces
qu'une molecule de Ia surface du proprietes fournissent directement des renseignements sur les forces qui existent
liquide n'est attiree que par les
entre les particules. Par exemple, quand on verse un liquide sur un solide, le liquide
molecules situees en dessous et de
chaque cote d'elle. Par con-
forme des gouttelettes; c'est Ia un phenomene dii a Ia presence de forces inter-
sequent, les molecules de moleculaires. En effet, les molecules situees a I' interieur de Ia gouttelette sont totale-
l'interieur attirent les molecules ment entourees d'autres molecules, alors que les molecules situees a Ia surface de Ia
de Ia surface vers l'interieur d'un gouttelette ne sont soumises qu'a !'attraction de leurs voisines (au-dessous eta cote
liquide. d' elles; voir la figure 8.6). Par consequent, a cause de cette repartition inegale des
attractions, les molecules de surface sont attirees vers l'interieur du liquide, et ce
dernier epouse une forme dont Ia surface est minimale: Ia forme d'une sphere.
Pour un volume donne, c'est Ia sphere Pour que Ia surface d'un liquide augmente, les molecules doivent se deplacer de
qui presente Ia plus petite surface. l'interieur vers Ia surface, ce qui exige de l'energie- les forces intermoleculaires
s'opposant ace deplacement. On appelle tension superficielle Ia resistance qu'op-
pose un liquide a I' augmentation de sa surface. La tension superficielle des liquides
dont les forces intermoleculaires sont importantes est relativement elevee.
En ce qui concerne les liquides, on observe egalement un autre phenomene, Ia
capillarite, c'est-a-dire I' ascension spontanee d'un liquide dans un tube capillaire.
Ce phenomene est imputable a deux types differents d'interactions: les forces de
cohesion (forces intermoleculaires des molecules du liquide) et lesforces d' adhesion
(interactions des molecules du liquide avec celles de Ia paroi). Nous savons comment
les forces de cohesion agissent. Les forces d' adhesion. quant a elles. se manifestent
Iorsque Ia paroi est faite d'une substance qui possede des affinites avec le liquide. Le
verre, par exemple, contient de nombreux atomes d' oxygene qui portent une charge Nous traiterons de Ia composition du
negative partielle; c' est cette charge qui attire le pole positif des molecules polaires verre o Ia section 8 .5.
comme celles de l'eau. Voila pourquoi l'eau «monte» spontanement le long d'une
paroi de verre. Comme cette adhesion tend a augmenter Ia surface de I' eau, elle est
cependant contree par les forces de cohesion (liaisons hydrogene) qui tendent a en
minimiser Ia surface. Si le diametre d'un tube est suffisamment petit (tube capillaire),
les forces d'adhesion dominent et font monter l'eau a des hauteurs importantes,
jusqu'a ce que le poids de la colonne d'eau equilibre !'attraction qu'exerce la surface
du verre sur l'eau. La forme concave du menisque (voir Ia figure 8.7) revele que les
forces d'adhesion del'eau a l'egard du verre sont superieures aux forces de cohesion.
Par contre, dans le cas d'un liquide comme le mercure (voir La figure 8.7), le liquide
«descend» dans le tube capillaire, et le menisque est convexe; ce comportement est
caracteristique d'un liquide dont les forces de cohesion sont superieures aux forces
d'adhesion a l'egard du verre.
La viscosite est une autre propriete des liquides qui depend fortement des inter-
actions intermoleculaires. La viscosite est une mesure de Ia resistance d'un liquide a Viscosite: resistance d' un liquide o
l'ecoulement. Cela vade soi, les liquides dans lesquels les forces intermoleculaires l'ecoulement.
sont importantes sont tres visqueux. Le glycerol, par exemple, dont Ia structure est
H
I
H-C-0-H
I
H-C-0-H
I
H-C-0-H
I
H
a une viscosite relativement elevee, due en grande partie a sa grande capacite de for-
mer des liaisons hydro gene a I' aide de ses groupes 0-H.
La complexite moleculaire est egalement une cause de viscosite elevee, etant
donne que des molecules tres grandes ont tendance a s'entremeler. L'essence, par
exemple, un produit non visqueux, est constituee de molecules de structure
CH3-(CH2)n-CH3, ou n varie de 5 a 9 environ. La graisse, par contre, un produit
tres visqueux, est constituee de molecules du meme type, mais beaucoup plus
longues, n variant de 20 a 25.
Figure 8.8
Deux solides cristallins: pyrite (a gauche); amethyste (a droite) .
8.3 Introduction oI' etude des structures et des types de solides 349
polonium
a)
metallique
cubique simple
uranium
b)
metallique
Cl!bique centree
or
c)
metallique
r~gure 8.9
Trois mailles elementaires et leurs
reseaux correspondants: a) reseau
cubique simple; b) reseau cubique
Cl!bique afaces centreeS
centre; c) reseau cubique faces a
centrees.
Figure 8.10
Des rayons X disperses par deux obtient sur une plaque sensible sont dues au fait que les ondes dispersees par les dif-
atomes differents peuvent se ren- ferents atomes peuvent s'additionner ou s'annuler les unes les autres lorsqu'elles se
forcer a) au b) s'annuler l'un rencontrent (voir Ia figure 8.1 0). C' est la difference entre les distances parcourues
!'autre lorsqu'ils se rencontrent, par les ondes apres qu'elles aient frappe les atomes qui determine leur addition ou
selon qu'ils sont en phase au leur annulation. Etant donne que les ondes incidentes sont en phase, si la difference
dephases.
entre les distances parcourues apres reflexion est un multiple de Ia longueur d 'onde,
les andes sont toujours en phase lorsqu'elles se rencontrent de nouveau.
Par ailleurs, la distance parcourue apres reflexion variant en fonction de la distance
qui separe les atomes, la figure de diffraction peut permettre de determiner l'espace-
ment interatomique. Pour trouver la relation exacte, on peut utili~er le diagrarnme de
la figure 8.11, qui illustre la reflexion de deux andes en phase par des atomes situes
dans deux couches differentes d'un cristal. La distance additionnelle parcourue par
l' onde inferieure est egale ala somme des distances xy et yz; ainsi apres reflexion, les
andes sont en phase si
xy + yz = nA (8.1)
oil nest un entier etA, la longueur d'onde des rayons X incidents. En recourant ala
trigonometrie (voir Ia .figure 8.11), on peut montrer que
xy + yz = 2d sin (} (8.2)
oil d est Ia distance qui separe les atomes et (},I' angle d'incidence et I' angle de re-
flexion. En regroupant les equations 8.1 et 8.2 on obtient
nA = 2d sin (} (8.3)
L' equation 8.3 porte le nom d' equation de Bragg, en l'honneur de William Henry
Bragg (1862-1942) et de son fils, William Lawrence Bragg (1890-1971), qui ont
Figure 8.11
Reflexion de rayons X, de lon-
gueur d'onde "A, par deux atomes
situes dans deux couches dif-
ferentes d'un crista!. l'onde
inferieure parcourt une distance
supplementaire egale (xy + yz). a
Si cette distance est un multiple
de Ia longueur d'onde (n = 1, 2,
3, ... , nJ, les andes se renforcent
l'une !'autre lorsqu'elles quittent
le crista!. y
8.3 Introduction ill'etude des structures et des types de solides 35 1
obtenu le prix Nobel de physique, en 1915, pour leurs travaux relatifs aI' utilisation
des rayons X en ctistallographie.
Un diffractometre est un instrument couple a un ordinateur qu'on utilise pour
effectuer l'analyse des cristaux par diffraction de rayons X. Le diffractometre
irnprime au crista} un mouvement de rotation par rapport au faisceau de rayons X et
recueille les donnees obtenues grace a Ia dispersion des rayons X par les differents
plans d'atomes presents dans le cristal. Ces donnees sont ensuite analysees par l'or-
dinateur. Les techniques d'analyse structurale des cristaux sont de nos jours si per-
fectionnees qu' on peut determiner des structures tres complexes, comme celles
qu'on rencontre en biologie. Par exemple, Ia structure de plusieurs enzymes a ete
determinee, ce qui permet aux biochimistes de mieux comprendre leur fonction-
nement. Grace a Ia technique basee sur Ia diffraction des rayons X, on peut ainsi
obtenir des renseignements sur les longueurs des liaisons et les angles de liaison, et,
ce faisant, verifier les predictions des theories en ce qui concerne la geometrie
moleculaire.
Solution
Pour evaluer Ia distance qui separe les deux plans, on utilise !'equation 8.3. avec
n = l, A= 1,54 A etA= 19,3°. Puisque 2d sin(}= nA, on a
/ / /
...., ,
-- -- --- --
ill
/
...... ....,
;
\,., . / I / /
-- ---
,
ill
/ /
..-> ' '' '
~
' ' /
.,
--. --
/
--- _...,-
/ / /
- '
=CI-
=H 20
= Na+ /
fJgllfe 8.12
Trois types de solides cristallins
(dans chaque cas, seule une partie
de Ia structure est illustree}. molecules covalentes qui occupent ces n<:euds. La glace etant un solide moleculaire,
a) Solide atomique. b) Solide ce sont done des molecules H 20 qui occupent chacun des nreuds (voir La figure 8. 12).
ionique. c) Solide moleculaire.
II existe un troisieme type de solide, represente par des elements comme le
Les lignes pointillees representent graphite et le diamant (formes de carbone pur), le bore, le silicium et tousles metaux.
les liaisons hydrogime entre les
Ces substances contiennent toutes des atomes retenus ensemble par des liaisons
molecules d'eau polaires.
covalentes: ce sont les solides atomiques. La figure 8.12 presente des exemples de
ces trois types de solides.
Un autre allotrope du carbone est le Bref, il est tres pratique de classer les soli des en fonction de Ia nature des especes
buckminsterfullerene C6o, un solide qui occupent les nreuds. C'est ainsi que I'on parte de so/ides atomiques (atomes
moleculaire.
occupant les nreuds), de so/ides moleculaires (molecules distinctes et relativement
petites occupant les nreuds) et de solides ioniques (ions occupant les nreuds). De
plus, on subdivise les solides atorniques en fonction des liaisons qui existent entre les
atomes dans le soli de: solides metalliques, so/ides covalents et solides du groupe des
gaz rares. Dans les solides metalliques, on trouve un type special de liaison covalente
non orientee et delocalisee. Dans les solides covalents, les atomes sont lies les uns
aux autres par de fortes liaisons covalentes localisees et orientees qui menent ala for-
mation de molecules geantes, ou reseaux, d'atomes. Dans les solides du groupe des
gaz rares, les atomes des gaz rares sont attires les uns aux autres par des forces de dis-
persion de London. Cette classification des solides est presentee au tableau 8.3.
Les forces de cohesion interne d'un La grande variete de liaisons presentes dans les divers solides atomiques explique
solide en determi nent les proprietes. les proprietes tres differentes des solides qui en resultent. En effet, meme si, par
exemple, I'argon. le cuivre et le diamant sont tous des solides atomiques, leurs pro-
prietes sont fort differentes. La valeur du point de fusion de l'argon (solide du groupe
des gaz rares) est tres faible (-189 °C). alors que le diamant (solide covalent) et le
cuivre (solide metallique) fondent a de tres hautes temperatures (3500 °C et 1083 oe,
respectivement). Le cuivre, par ailleurs, est un excellent conducteur de l'electricite,
alors que I'argon et le diamant sont des isolants. On peut modifier facilement Ia
forme du cuivre : il est a Ia fois malleable (on peut en faire de minces feuilles) et duc-
tile (on peut le tretiler). Le diarnant, quanta lui, est Ia substance naturelle Ia plus dure
qu'on connaisse. Nous aborderons la structure et les liaisons des solides atomiques
dans les deux prochaines sections.
8. 4 Structure et lioison dons les metoux 3 53
solides atomiques
metalliques covalents groupe des gaz rares
especes qui · atomes atomes atomes molecules distinctes, ions
occupent metalliques non metalliques des gaz rares
les nreuds
liaison covalente covalente localisee et orientee force de dispersion force dipole-diP,ole ioru<w~
delocaUsee (menant a Ia formation de de London et/ou force de
molecules geantes) dispersion de London
vis-a-vis de celles de la premiere couche; elles occupent plut6t chacune le creux entre
trois spheres adjacentes de la premiere couche (voir Ia figure 8.13b). Lorsqu'elles
vue du dessus
a) b) c)
vue de cote
Figure 8.13
Empilement compact de spheres uniformes. a) Couche typique. Chaque sphere
est entoun§e de six autres spheres. b) Deuxieme couche. Elle est semblable a Ia
premiere, mais legerement deplacee de sorte que chaque sphere de cette couche
est situee vis-0-vis d'un creux de Ia premiere couche. c) Troisieme couche. Une
sphere peut occuper deux types de creux de Ia deuxieme couche: dans le pre-
mier cas, elle est situee directement vis-0-vis d'une sphere de Ia premiere couche
(empilement abo); dans le second cas, elle est situee directement vis-0-vis d'un
creux de Ia premiere couche (empilemenl abc).
354 Ompitre Huit Liquides et solides
a
a
b
b
a I}
a vuedu
les atomes de la quatrieme
dessus
couche sont situes directement
vis-a-vis de ceux de Ia premiere couche
les atomes de Ia troisieme
couche sont situes directement fi!Jure 8.15
vis-a-vis de ceux de Ia premiere couche Dans un empilement abc, Ia maille elementaire est
un cube a faces centrees (pour mieux montrer ce
Figure 8.14 cube, on a incline l'axe vertical) . De ce fait, on
Si, dans un empilemenl compact, parle ici d'un reseau cubique a face centrees (cfc) .
les spheres de Ia lroisieme couche
sont situees directement vis-0-vis de
celles de Ia premiere couche
occupent les creux situes entre les spheres de la deuxieme couche, les spheres de La
(abo), Ia maille elementaire est un troisieme couche adoptent deux positions differentes: elles sont situees soit directe-
prisme hexagonal. De ce fait, Ia ment vis-a-vis des spheres de la premiere couche (empilement de type aha), soit
dispositon abo cree ce qu'on directement vis-a-vis des creux de la premiere couche (empilement de type abc).
appetle un reseau hexagonal com- L'empilement aha a une maille hexagonale (voir lafigure 8.14); la structure qui
pact (he). en resulte porte le nom de reseau hexagonal compact (he). L'empilement abc a une
maille cubique afaces centrees (voir Ia figure 8.15); Ia structure qui en resulte porte
le nom de reseau cubique afaces centrees (cfc). Dans la structure he, on remarque
que, la disposition des spheres dans une couche est la meme toutes les deux couches
(ababab ... ), alors que, dans Ia structure cfc, elle est la meme toutes les trois couches
(abcabca ... ). Ces deux structures ont cependant une caracteristique commune :
chaque sphere est entouree de 12 spheres equivalentes - 6 dans la couche qu'elle
occupe, 3 dans la couche du dessous et 3 dans la couche du dessus. La figure 8.16
illustre ce phenomene pour la structure he.
Le fait de conna1tre le nombre net de spheres (atomes) dans une maille donnee est
d'une grande importance en ce qui concerne les nombreuses applications dans
lesquelles interviennent des solides. Pour apprendre a calculer le nombre net de
b 9 8 spheres presentes dans une maille, considerons une maille cubique a faces centrees
7
(voir Ia figure 8.17). Dans une telle maille, les huit spheres ont leur centre aux huit
coins du cube. Par consequent, huit cubes se partagent une sphere donnee et, dans
t
chacune des mailles, on trouve de cette sphere. Un cube ayant huit coins, chaque
a cube contient 8 X t de sphere, soitl'equivalent d'une sphere complete. Les spheres
situees aux centres des faces sont chacune partagees par deux mailles; dans chaque
maille, on trouve done une demi-sphere par face. Etant donne qu'un cube a six faces,
t
chacun contient 6 X sphere, soit I' equivalent de trois spheres completes. Par conse-
b quent. le nombre net de spheres dans une maille cubique a faces centrees est de
ll
(8x ~)+(6x ~)=4
he
Pmmi les metaux dont le reseau cristallin est cubique a faces centrees, on trouve
Figure 8.16 I' aluminium, le [Link] cuivre, le cobalt et le nickel. Le magnesium et le zinc sont des
l'atome central est entoure de metaux a reseau hexagonal compact. Le calcium et certains autres metaux. quant a
12 atomes. eux, peuvent se cristalliser selon l'un ou l'autre de ces reseaux. Par ailleurs, les
8.4 Structure et liaison dons les metoux 355
atome
a) b)
Figure 8.17
Nombre net de spheres dans une maille cubique a faces centn§es. a) La sphere
a
qui occupe un coin est commune huit mailles. On trouve done un huitieme de
cette sphere dans une moille donnee. Puisque chaque cube a huit coins,
t
on trouve done dans une maille huit de ces de sphere, soit I' equivalent d'une
sphere. b) La sphere situee au centre de chaque face est commune deux ,a
mailles; par consequent, chaque face possede Ia moitie d' une telle sphere. Etant
donne que chaque maille a six faces, on trouve dans une maille (6 X t
sphere),
a
soit I' equivalent de 3 spheres. c) Une maille cubique faces centrees contient
done I' equivalent de quatre spheres (toutes les parties peuvent etre rassemblees
pour former quatre spheres).
Solution
La masse volumique est Ia masse par unite de volume. Pour Ia calculer, il faut done
connaitre le nombre d'atomes d'argent presents dans un volume donne du crista!.
Etant donne qu'on a affaire aun reseau cubique a faces centrees, Ia maille est un cube
Haces centrees (voir Ia figure ci-dessous).
l
d
! d
II faut determiner le volume de cette maille elementaire, ainsi que le nombre net
d'atomes qu'elle contient. Dans cette structure, on remarque que les atomes sont
contigus selon les diagonales de chaque face et non selon les aretes du cube.
Par consequent, Ia longueur de Ia diagonale est: r + 2r + r. soit 4r. Pour determiner
Ia longueur de l'arete du cube, on utilise le theoreme de Pythagore.
d 2 +d2 (4r)2
d2 = 16r 2
Dans I' argent cristallin, les atomes
d2 = 8r2 ferment un reseau cubique a faces
d = -vs;'2 = rVs centrees .
356 Chopifre Huit Liquides et so~des
Le nombre net d'atomes dans une maille cubique a faces centrees etant de 4, ce vo-
lume de 6,74 X I o-23 cm3 contient quatre atomes d' argent. La masse volumique est
done
Masse masse (4 atomes)(l07,9 g/mol)(l mol/6,022 X 1023 atomes)
volumique volume 6,74 X 10- 23 cm3
= 10,6 g/cm3
(Voir les exenices 8.43 a 8.46)
reseaux de certains metaux ne sont pas compacts: par exemple, les metaux alcalins
ont un reseau caracterise par une maille cubique centn?e (voir Ia figure 8.9b), dans
laquelle les spheres sont en contact seton les diagonales du cube. Dans ce reseau,
chaque sphere a 8 spheres voisines (on le verifie en comptant le nombre d' atomes qui
entourent l'atome situe au centre de Ia maille), et non pas 12 comme dans un reseau
compact. On ne comprend pas encore tres bien pourquoi un metal donne adopte une
structure particuliere.
d'energie, ou theorie des orbitales moleculaires (OM), applicable aux metaux. Selon nombre d'orbitales atomiques
cette theorie, on considere que les electrons se deplacent dans )'ensemble du crista) interagissantes
metallique, dans des orbitales moleculaires formees par les orbitales des electrons de 2 4 8 16 6.02 X 10 23
valence des atomes metalliques (voir Ia figure 8.19).
Selon la theorie OM relative ala molecule gazeuse Li2 (voir La section 7.3), la
combinaison de deux orbitales atorniques identiques forme deux orbitales molecu-
laires de niveaux d'energie tres distants (liant et antiliant). Cependant, quand de
nombreux atomes metalliques interagissent, comme dans un cri stal metallique, les Q)
-~ --
orbitales moleculaires qui en resultent sont si nombreuses et si voisines les unes des
~ --
autres qu' elles finis sent par former un continuum de niveaux d' energie, appele
bande (voir La figure 8.19).
Etudions, par exemple, un crista! metallique de magnesium, dont le reseau est
hexagonal compact. Comme chaque atome de magnesium possede, comme orbitales
de valence, une orbitale 3s et trois orbitales 3p, un crista! compose den atomes de ma-
gnesium dispose de n orbitales 3s et de 3n orbitales 3p pour former des orbitales
moleculaires (voir La figure 8.20). Signalons que les electrons de cceur sont des elec-
trons localises, comme l'indique leur presence dans le « puits de potentiel »qui entoure Figure 8.19
chaque atome de magnesium. Cependant les electrons de valence occupent la bande Diagramme des niveaux d'€mergie
formee des orbitales moleculaires tres voisines qui ne sont que partiellement remplies. des orbitales moleculaires qui
resultent de !'interaction d'un
C'est la presence d'orbitales moleculaires inoccupees, dont l'energie est voisine
nombre variable d' orbitales ato-
de celle des orbitales moleculaires remplies, qui permet d'expliquer les conductibi- miques . De !'interaction de deux
lites calorifique et electrique des cristaux metalliques. Les metaux sont des conduc- orbitales atomiques resultent deux
teurs efficaces de la chaleur et de l'electricite parce qu'ils possedent des electrons niveaux d'energie relativement dis-
tres mobiles. Par exemple, quand on cree une difference de potentiel electrique entre tants (revoir fa description de H2 a
les deux extrernites d"une tige metallique, il faut, pour qu'il y ait passage du courant, fa section 7.2). Au fur eta mesure
que les electrons soient libres de se deplacer de Ia zone negative vers la zone positive, que le nombre d'orbitales ato-
miques qui peuvent former des
dans la tige de metal. Selon la theorie des bandes d'energie relative aux metaux, les
orbitales moleculaires augmente,
electrons mobiles sont des electrons occupant des orbitales moleculaires remplies les niveaux d' energie deviennent
si voisins qu'ils ferment une bande
~ '. -- d' orbitales .
-- - ~-~~
Is
a) atomes de magnesium
Figll'e 8.20
a) Representation des niveaux d'energie (liaisons) dans un cristal de
magnesium. Les electrons des orbitales 1s, 2s et 2p sont situes pres du
noyau; par consequent, ils sont localises dans chaque atome de magne-
sium. Les orbitales de valence 3s et 3p se recouvrent pour former des
orbitales moleculaires. Les electrons qui occupent ces niveaux d'energie
peuvent se deplacer dans I' ensemble du cristal.
b) Cristaux de magnesium formes a partir de vapeurs. b)
358 Chopitre Huit Liquides et soUdes
M
erne si des metaux comme le Les supraconducteurs actuels sont des troaimants supraconducteurs pourraient
cuivre et 1' aluminium sont con- perovskites, classe bien connue de com- mener a Ia construction d' accelerateurs de
sideres comme de bons conduc- poses formes de cuivre, d'un alcalino- particules a des energies encore jamais
teurs d'electricite, jusqu'a 20% de l'ener- terreux, d'un lanthanide et d'oxygene. atteintes et au developpement de trains
gie totale est perdue en chaleur a cause de Dans Ia maille elementaire (voir la figure ultra-rapides a levitation magnetique.
la resistance offerte au passage du courant. ci-jointe) de composes repondant a Ia for- De tres rapides qu'ils etaient ala fin des
Cette perte toutefois peut etre evitee. Cer- mule YBa2 Cu 3 0x, dans lesquels x a une annees 1980, les progres dans ce domaine
tains types de materiaux subissent une valeur moyenne de 6,527, les petits cercles se font plus Ients depuis 1990, car Ia
transition assez remarquable en refroidis- blancs indiquent les positions possibles de theorie essaie de rendre compte des resul-
sant; leur resistance electrique devienl !'oxygene, mais certains de ces emplace- tats experimentaux. ll nous faut savoir
virtuellement egale a zero. Ces substances, ments sont vacants dans Ies materiaux pourquoi certaines ceramiques sont supra-
appeiees «supraconducteurS>>, conduisenl conn us, d' ou leur contenu variable en conductrices si l' on veut dans I' avenir
l'electricite sans perte d'energie sous oxygene. concevoir des materiaux qui seraient suprn-
forme de chaleur. En plus de presenter de la supraconduc- conducteurs a des temperatures encore plus
ll y a evidemment un probleme. Par le tivite a des temperatures superieures au elevees. Et il y a aussi de nombreux pro-
passe, la supraconductivite ne s'observait point d'ebullition de !'azote Iiquide (77 K), blemes techniques a resoudre. Par exemple,
qu'a de tres basses temperatures et, par ces produits ceramiques peuvent supporter on peut facilement avec des metaux con-
consequent, etait tres cofiteuse. En 19ll, de tres forts courants, importante carac- ducteurs former des bobines qui permettent
par exemple, on a decouvert que le mer- teristique necessaire pour toute application la construction d'electroaimants, mais
core manifestait une supraconductivite a grande echelle. Plus recemment, on a quiconque a deja echappe une plaque de
mais seulement a environ 4 K, Ia tempera- decouvert que les materiaux contenant des ceramique sait combien ce materiau est
ture d'ebullition de !' helium liquide. ions thallium et calcium a Ia place des ions fragile. Toutefois, il semble y avoir peu de
Durant les 75 annees suivantes, plusieurs lanthanides assurent une supraconductivite doutes que des solutions ingenieuses seront
alliages de niobium om manifeste une a 125 K. apportees aces problemes. D'ailleurs, cer-
supraconductivite a des temperatures aussi Que nous reserve l' avenir ? Les mate- taines se font deja jour.
hautes que 23 K. En 1986, des chercheurs riaux supraconducteurs pourraient facile-
ont constate que certains oxydes metal- ment provoquer une revolution semblable a
liques etaient supraconducteurs a des tem- celle qu'ont causee les circuits integres en
peratures bien superieures a 23 K. Le electronique. Par exemple, on pourrait
graphique ci-dessous illustre Ia rapidite imaginer Ia transmission de courant elec-
avec laquelle nos connaissances des supra- trique avec pratiquement aucune perte
conducteurs ont progresse. d' energie. De nouvelles generations d' elec-
0 = 0 ou espace
vacant
Q =Cu
qui. ala suite d'une excitation, sont promus a une orbitale auparavant inoccupee. Ces
electrons de conduction sont libres de se deplacer dans !'ensemble du cristal
metallique en fonction de la difference de potentiel imposee au metal. Les orbitales
moleculaires occupees par ces electrons de conduction sont appelees bandes de con-
duction. La presence de ces electrons mobiles permet egalement d'expliquer l'effi-
cacite de la conduction de Ia chaleur dans les metaux. Quand on chauffe I' extremite
d'une tige metallique, les electrons mobiles peuvent rapidement transmettre cette
energie thermique a 1' autre extremite de la tige.
Alliages metalliques
Acause de Ia nature meme de la structure et de Ia liaison des metaux, on peut assez
facilement introduire dans un crista} metallique des atomes d'autres elements et for-
mer ainsi ce qu'on appelle des alliages. Un alliage est une substance metallique cons-
tituee d'un melange d' elements et possedant des proprietes metalliques. On distingue
en general deux types d'alliages: les alliages de substitution et les alliages d'inser-
tion.
Dans les alliages de substitution, certains des atomes du metal de base sont rem-
places par d'autres atomes metalliques de taille identique. Ainsi, dans le laiton, en-
viron un tiers des atomes de cuivre sont remplaces par des atomes de zinc (voir Ia fi-
gure 8.21 a). L' argent sterling utilise par les bijoutiers (93% d' argent et 7% de
cuivre), l'etain de poterie utilise paries ortevres (85% d'etain, 7% de cuivre, 6% de
bismuth et 2% d'antimoine) et Ia soudure utilisee par le plombier (67% de plomb et
33% d' etain) sont des alliages de substitution.
Dans un alliage d'insertion, de petits atomes viennent occuper quelques inters-
Jaiton
tices (trous) dans le reseau metallique compact (voir Ia figure 8.2lb). Ainsi, dans
a)
I'acier, I'alliage d'insertion certainement le plus connu, des atomes de carbone occu-
pent les trous du reseau cristallin du fer. La presence de ces atomes d'insertion mo-
difie les proprietes du metal de base. Le fer pur, par exemple, est relativement
souple, ductile et malleable (les couches d'atomes peuvent etre facilement deplacees
les unes par rapport aux autres). Cependant, quand on introduit du carbone dans le
reseau cristallin du fer, il y a formation de fortes liaisons orientees carbone-fer; Ia ~ fer
• carbone
presence de ces liaisons rend l'alliage plus dur, plus resistant et moins ductile que le
fer pur. La teneur de 1' acier en carbone en modifie directement les proprietes : on
utilise ainsi les aciers doux (moins de 0,2% de carbone), ductiles et malleables, dans acier
Ia fabrication des clous, des cables et des chaines, les acie rs mi-doux (de 0,2 a 0,6% b)
de carbone), plus dur que les aciers doux, dans Ia fabrication des rails et des poutreJles
Figure 8.21
et les aciers aforte teneur en carbone (de 0,6 a I ,5 % de carbone), durs et resistants,
Deux types d' alliages.
dans la fabrication de ressorts, d'outils et de coutellerie.
II existe par ailleurs de nombreux types d' aciers qui contiennent d' autres elements
que le fer et le carbone: ces aciers allies sont a Ia fois des alliages d'insertion (carbone)
et de substitution (autres metaux). On utilise de tels aciers pour fabriquer par exemple
des cadres de bicyclettes. Le tableau 8.4 presente Ia composition de l'acier utilise par
deux fabricants pour les cadres de bicyclettes de competition.
OM~
Figure 8.23
E E
Representation partielle des
niveaux d'energie des orbitales
moleculaires: a) dans le diamant;
b) dans un metal typique. a) b)
8.5 Carbone et silicium : solides otomiques covolents 36 1
-c
a) b)
r~gure 8.24
graphite en formant des liaisons 1r; deuxiemement, la presence d'electrons deloca- Les orbitales p perpendiculaires au
lises dans les orbitales moleculaires 7T permet d' expliquer la conductibilite electrique plan des noyaux d'atomes de car-
du graphite. Ces orbitales tres rapprocbees jouent un role exactement identique a celui bone dans le graphite a) peuvent
que jouent les bandes de conduction dans les cristaux metalliques. se combiner pour former b) un
On utilise souvent le graphite comme lubrifiant dans les serrures (la ou l'huile reseau etendu de liaisons 7T.
n'est pas recommandee, car elle emprisonne les poussieres). L'onctuosite caracteris-
tique du graphite est due a la presence de liaisons tres fortes entre les a tomes de car-
bone coplanaires et de liaisons tres faibles entre les couches (les electrons de valence
etant tous utilises pour former des liaisons a et 7T entre les atomes de carbone d'une
meme couche). Cet agencement permet aux differentes couches de glisser facilement
les unes par rapport aux autres. Cette structure lamellaire du graphite est illustree ala
figure 8.25. Cet agencement est tres different de celui qu'on trouve dans le diamant,
au sein duquel le carbone forme des liaisons uniformes dans toutes les directions du
cristal.
A cause de leur extreme durete, on utilise les diamants en industrie pour couper
divers materiaux. ll est done benefique de convertir le graphite, peu coilteux, en dia-
mant. Etant donne que la masse volumique du diamant (3,5 g/cm3 ) est plus elevee que
celle du graphite (2,2 g/cm3 ), pour obtenir une telle transformation, il faut soumettre
le graphite a de tres fortes pressions: ainsi, en exer~ant une pression de I ,5 X 103 MPa,
Figure 8.25
Le graphite consiste en couches
d'atomes de carbone.
362 Chopitre Huit Liquides et solides
.(;- ~ '1
-.-;::,
,.
c:::
""
-7 ~
et de ses orbitales sont trop grandes pour qu'un recouvrement efficace ait lieu avec
les orbitales de l' oxygene, plus petites. Par consequent, au lieu de former des liaisons
tl "" ~ -'/ \I 7T, l' atome de silicium respecte la regie de l' octet en formant des liaisons simples
•I -? ~ J/ avec quatre atomes d'oxygene (voir lafigure 8.26). On remarque que chaque atome
q "' "' "' 4- de silicium occupe le centre d'un tetraedre dont les sommets sont occupes par des
"~
'
\1 11
~ II II 1/
atomes d'oxygene, que l'atome central de silicium partage avec d'autres atomes de
""' ,, "' silicium; ainsi, meme si la formule empirique du quartz est Si02 , sa structure de base
"" "" \\
est constituee d'un reseau de tetraedres Si04 (reseau dans lequel les atomes
d'oxygene font le pont) et non de molecules Si02 individuelles. On constate done
que les capacites differentes du carbone et du silicium de former des liaisons 7T avec
0 0 !'oxygene exercent une importante influence sur les structures et les proprietes du
~ "/ C02 et du Si02 .
Si
Les composes apparentes au silicium, qu'on trouve dans la plupart des roches,
Q 't~
0 0 sols et argiles, sont des silicates. Comme celle de la silice, la structure de base des
silicates est constituee de tetraedres Si04 interrelies. Par contre, contrairement a la
Figure 8.26 silice, pour laquelle le rapport 0 : Si est de 2 : l, les silicates ont un rapport 0 : Si
Structure du quartz (formule superieur a 2:1 ; ils contiennent par ailleurs des anions silicium-oxygene. Done, pom
empirique: Si02). Le quartz est qu'il y ait formation de silicates solides neutres, il faut que des cations equilibrent la
compose de chaines de tetraedres charge negative excessive. En d'autres termes, les silicates sont des sels qui contien-
Si04 qui partagent leurs nent des cations metalliques et des anions polyatomiques silicium-oxygene. La fi-
atomes d'oxygene. gure 8.27 presente certains anions silicates importants.
Quand on eleve la temperature de la silice a une valeur superieure a celle de son
point de fusion (environ 1600°C) et qu'on la refroidit rapidement, il y a formation
d'un solide amorphe appele verre (voir lafigure 8.28). Contrairement ala structure
du quartz, cristalline, celle du verre est desordonnee. En fait, le verre ressemble beau-
coup plus a une solution visqueuse qu'a une solution cristalline. On obtient le verre
8.5 Corbone et silicium: sotKles otomiques oowlents 363
, ,
,'
,' ,'I\',
\.
\
__ I ... \ -- -- ' --
' '
I
---·
\
'
' ''
,
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.r·,,''\' '
' '' ,,
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''
-.. . . . . '\
__·_· _____~---~-~-~·.
V. -~~- -37.
~'
.'/·-----------· -~~--0
\ '"I, ...
\
'
,'
I \ I/
\
'
'
,
;'
I
silicium b)
oxygene Figure 8.28
Figure 8.27 Representation bidimensionnelle :
a) d'un cristal de quartz; b) de
Quelques anions silicates, dont I' element de base est un tetraedre de Si044- .
verre.
commun en ajoutant du Na2 C03 aIa silice fondue, qu'on refroidit. On peut faire va-
rier considerablement les proprietes du verre en ajoutant differents produits aIa silice
fondue. Par exemple, I' addition de B20 3 donne un verre (appele « borosilicate») qui
se dilate et se contracte tres peu lorsqu'on le soumet a d'importantes variations de
temperature. Ce materiau est done tres utile pour la fabrication de verrerie de labora-
toire et d'ustensiles de cuisine (Ia marque de commerce Pyrex est certainement la
plus connue en ce qui concerne ce type de verre). L' addition de K2 0 permet d' obtenir
un verre suffisamment dur pour qu'on puisse le surfacer et en faire des verres de
lunettes ou des lentilles corneennes. Le tableau 8.5 presente Ia composition de
plusieurs types de verre.
Ceramiques
La ceramique est en general composee d'argile (qui contient des silicates) durcie par
cuisson ahaute temperature. Les cerarniques constituent une classe de materiaux non
metalliques, solides, cassants et resistants ala chaleur et aux solvants.
364 Chopilre Huil Liquides et solides
Semi-conducteurs
La structure du silicium elementaire est identique a celle du diamant. I1 n'y ala rien
d'etonnant, etant donne que le carbone et le siliciumoccupent, dans le groupe IVA du
tableau periodique, deux cases superposees. Rappelons egalement que, dans le cas du
8.5 Carbone et s~icium : [Link] otoniques covolents 365
diamant, entre les orbitales moleculaires remplies et les orbitales moleculaires inoc-
cupees, on trouve une large bande interdite (voir Ia _figure 8.23): Ia largeur de cette
bande interdit )'excitation des electrons dans les orbitales inoccupees (bandes de
conduction); c' est pourquoi le diamant est un isolant. Dans le cas du silicium, Ia si-
tuation est semblable. La bande interdite y etant cependant plus etroite, quelques
electrons peuvent Ia traverser, a 25 ac; c'est pourquoi le silicium est un semi-
conducteur. En outre, a haute temperature, c'est-a-dire quand Ia valeur de l'energie
necessaire pour exciter les electrons dans les bandes de conduction est plus elevee, Ia
conductibilite du silicium augmente. Ce comportement est caracteristique d'un semi-
conducteur et contraire a celui des metaux, dont Ia conductibilite diminue en fonction
de Ia temperature.
A Ia temperature ambiante, on peut augmenter Ia faible conductibilite du silicium
en dopant le crista) de silicium avec certains autres elements. Par exemple, quand on
remplace un faible pourcentage des atomes de silicium (crista! hate) par des atomes
d'arsenic (dont chaque atome possede un electron de valence de plus que l'atome de
silicium), les electrons excedentaires assurent Ia conduction (voir Ia _figure 8.29a) : il
s'agit alors d'un semi-conducteur de type n. L'energie des electrons excedentaires
est voisine de celle des bandes de conduction; on peut done facilement exciter ces elec-
trons dans ces bandes, ou ils conduisent le courant electrique (voir Ia _figure 8.30a ).
On peut egalement augmenter la conductibilite du silicium en dopant le crista!
avec un element comme le bore, qui ne possede que trois electrons de valence, soit
un de moins que l'atome de silicium. Etant donne que l'atome de bore possede un
electron de moins que le nombre requis pour qu'il y ait formation de liaisons avec
tousles atomes de silicium voisins, il y a creation d'un trou (voir Ia figure 8.29b).
Ainsi, quand un electron se deplace pour occuper ce trou, il cree un autre trou a Ia
place qu' il vient de quitter. Ce processus se repete de telle sorte que le trou se deplace
dans le cristal dans Ia direction opposee a celle du deplacement des electrons, qui
« sautent » pour remplir les trous. On peut par ailleurs considerer que, dans le sili-
cium pur, chaque atome possede quatre electrons de valence et que les orbitales
moleculaires de faible niveau d'energie sont toutes remplies. Si on remplace certains
atomes de silicium par des atomes de bore, il y a creation de trous dans les orbitales
moleculaires (voir Ia figure 8.30b), ce qui signifie que, dans certaines orbitales
moleculaires, on ne trouve qu'un electron; ces electrons celibataires peuvent done
conduire l'electricite. Quand les semi-conducteurs sont dopes avec des atomes qui Pour conduire le courant, les electrons
possedent moins d'electrons de valence que les atomes du crista] hate, on a affaire a doivent occuper des orbitoles molecu-
laires a demi remplies .
des semi-conducteurs de typep - ainsi appeles parce qu'on peut considerer que les
trous positifs sont porteurs de charge.
t
'Si/ '
Si
/ '/
Si
'Si/
/ ~ / ~ / ~·/ ~ /
/
Si
~ /
Si
~ /
As
~ /
Si
"
vale~\
Si Si Si
"./
As
~ /
Si
~ /
Si
~
Si
~~~
electrons de trous crees par I' absence \
/~/'-..,_/'-..,_/
E « excedentaires » \ ) E (0) d'electrons d~e valence}
/
Si
' proven ant des atomes
de dopage
j des atomes de dopage
a) semi-conducteurs de type n b) semi-conducteurs de type p
Figure 8.29 OM 0
remplies 0 0
IaI Un cristal de silicium dope avec de I' arsenic, element a) b)
qui possede un electron de valence de plus que le sili-
cium . b) Un crista! de silicium dope avec du bore, ele- Figure 8.30
ment qui possede un electron de valence de moins que Diagrammes des niveaux d'energie : a) d'un semi-
le silicium . conducteur de type n; b) d'un semi-<:onducteur de type p.
366 (hopitre Huit Liquides et sotllles
0 0 r
0 0 0
oo o
°
(-) (+)
0 0 i, 0
0
Figure 8.31 a) n
p
Une jonction p-n est composee
d'un semi-conducteur de type pet oo
d'un semi-conducteur de type n, en
contact I' un avec I' autre. a) Dans (- ) oo
une zone de type p, les porteurs
de charge sont des trous (OJ; dans
ala oorne oo a Ia b(lrne
negative positive
une zone de type n, les porteurs d'une pile Q 0 d'une pile
de charge sont des electrons (e). b) p n
b) Aucun courant ne circule (pola-
risation inverse). c) le courant cir-
00
cule librernent (polarisation
directe). Etant donne que tout elec-
tron qui traverse Ia frontiere laisse
derriere lui un trou, les electrons et
ala oorne
(+)
0 °
00
10 0 (- )
ala bnrne
positive negative
les trous se deplacent dans des d'une pile 0 0 d'une pile
directions opposees. c) p n
Les plus importantes applications des semi-conducteurs font appel aux jonctions
p-n. La figure 8.3la illustre one telle jonction: les cercles noirs representent les elec-
trons excedentaires dans un semi-conducteur de type n et les cercles blancs, les trous
dans un semi-conducteur de type p. Ala jonction, un petit nombre d'electrons
migrent de la zone de type n vers la zone de type p, caracrerisee par la presence de
trous dans les orbitales moleculaires de bas niveau d'energie. Ces migrations con-
ferent one charge negative ala zone de type p (puisqu'elle a gagne des electrons) et
one charge positive ala zone de type n (puisqu'elle a perdu des electrons- ce qui a
entralne la creation de trous dans les orbitales moleculaires de basse energie). Cette
accumulation de charges, appelee potentiel de contact ou potentiel de jonction, s' op-
pose ala migration d'autres electrons.
Supposons maintenant qu'on relie la zone de type p ala borne negative d'une pile
et lazone de type n, ala borne positive (voir La figure 8.3Jb). Les electrons sont attires
vers le pOle positif, et les trous ainsi formes se deplacent vers le p<)le negatif (en direc-
tion opposee de celle do deplacement normal des electrons a Ia jonction p-n ). La jonc-
tion offre one resistance au passage do courant impose dans cette direction; la jonc-
tion est alors inversement polarisee - aucun courant ne traverse le sysreme.
Par contre, si on relie la zone de type n a la borne negative et la zone de type p, a
la borne positive (voir [Link] 8.31 c), les deplacements des electrons et des trous ont
lieu dans les bonnes directions. La jonction offre peu de resistance, et le courant
passe facilement: la jonction est alors directement polarisee.
Par consequent, one jonction p-n constitue un excellent redresseur, c' est-a-dire un
dispositif qui produit do courant continu (unidirectionnel) a partir d'un courant alter-
natif (bidirectionnel en altemance). Lorsqu'on l'insere dans on circuit ou le potentiel
alteme constarnment, one jonction p-n ne permet le passage du courant qu' en pola-
risation directe ; elle transforme ainsi on courant altematif en courant continu. Aupa-
ravant, pour les recepteurs de radio, les ordinateurs et autres dispositifs electriques,
Dans Ia rubrique <<Impact>> de Ia on utilisait comme redresseurs des tubes a vide peu fiables. Les jonctions p-n ont
page 387 nous traiterons des circuits revolutionne le monde de I' electronique. De nos jours, pour toutes les composantes
imprimes. electroniques a l' etat solide, on utilise des jonctions p-n dans des circuits imprimes.
8.6 Solides moleculoires 367
Figure 8.32
a) Cristaux de soufre qui contien-
nent des molecules Sa. b) Phos-
phore blanc qui contient des
molecules P4 · Ce type de phos-
phore reagit si facilement avec
I' oxygene de I' air qu' on doit le
conserver dans l'eau.
368 Chopitre Huit Liquides et solides
'H
~0
H
I
A la figure 8.12c nous avons vu que les deux liaisons covalentes oxygene-
hydrogene etaient relativement courtes et les deux interactions dip6le-dip6le oxygene-
hydrogene, plus longues.
L
es lasers font partie de Ia vie mo-
derne. Mentionnons Ia transmission bande de conduction
des communications telephoniques 0 0 0 0 o o e e 0
par cable, Ia qualite superieure des enre- l
ban de
electrons
emission
gistrements (disques compacts) et Ia lec- inlerdite ~ dephotons
ture exacte des prix a l'epicerie. Le laser 1 lrous
0 0 00 0 0 0
0 0
(acronyme pour «Light Amplification by
a) ~----------------------------------~
Stimulated Emission of Radiation») est un
dispositif qui permet de produire un fais- 0 0 0 0 0 0 0 0 0
ceau coherent et intense de Iumiere quand
les electrons excites Iiberent des photons
en revenant a un niveau d'energie plus bas.
Un electron excite peut revenir a un niveau
d'energie infCrieur en emettant de Ia b)L-----------------------------~
Iumiere d'une maniere spontanee et alea-
toire. Cependant, il existe un autre meca- e o oO.. 0 0 0 Q
nisme au cours duquell 'emission est de fait
stimulee par le passage d'un photon de
meme energie que le photon emis. C' est
sur ce mecanisme que repose le fonction-
nement du laser a l'arseniure de gallium.
c) ._____ _____,{!)~---------'
'-El 0
• 0 0
2. Creux tetraedrique: creux forme par quatre spheres, dont l'une occupe un creux
triangulaire situe dans la couche adjacente (voir la_figure 8.33b).
a) 3. Creux octaedrique: creux forme par deux ensembles de trois spheres qui occupent
deux couches adjacentes d'un reseau compact (voir Ia figure 8.33c).
Dans le cas de spheres d'un diametre donne, la taille des creux varie selon l'ordre
suivant:
triangulaire < tetraedrique < octaedrique
En fait, les creux triangulaires sont si petits que, dans les composes ioniques
binaires, ils sont toujours inoccupes. Quant aux creux tetraedriques ou octaedriques,
b) dans un compose ionique binaire donne, leur occupation depend surtout des tailles
relatives de l'anion et du cation. Par exemple, dans le sulfure de zinc, lesions S2-
(rayon ionique = 180 pm) se cristallisent dans un reseau cubique a faces centrees, et
lesions Zn2 +, plus petits (rayon ionique = 70 pm), occupent les creux tetraedriques.
La figure 8.34a montre les emplacements des creux tetraedriques dans une maille
cubique afaces centrees: on remarque qu'il y a huit creux tetraedriques par maille. II
faut par ailleurs se rappeler qu'on trouve I' equivalent de quatre spheres dans chaque
c) maille cubique afaces centrees. Par consequent, il y a deux fois plus de creux tetrae-
driques que d' anions empiles dans un reseau compact. Pour qu' il soit electriquement
Figure 8.33 neutre, le sulfure de zinc doit posseder le meme nombre d'ions s2- et d'ions Zn 2+.
Creux presents dans un empile- C' est pourquoi, dans la structure du sulfure de zinc, La moitie seulement des creux
ment compact de spheres uni- tetraedriques sont occupes par des ions Zn2+ (voir La figure 8.34c).
formes. a) Creux triangulaire:
Le chlorure de sodium se cristallise dans un reseau cubique compact dans lequel
creux forme par trois spheres
coplanaires. b) Creux tetrae-
lesions CJ- occupent les m~uds et les ions Na+, tous les creux octaedriques. La figure
drique: creux forme quand une 8.35a montre les emplacements des creux octaedriques dans une maille cubique a
sphere occupe un creux forme par faces centrees. Le creux octaedrique le plus facile a identifier ici est certes celui qui
trois spheres situe dans une occupe le centre du cube. On remarque que ce creux est forme par six spheres
couche adjacente. c) Creux octae- puisqu' il est octaedrique. Les autres creux octaedriques, partages avec les autres
drique: creux forme par six mailles, sont par consequent plus difficiles a voir. Cependant, on peut montrer que,
spheres (trois dans chacune des
dans un reseau cfc, le nombre de creux octaedriques est egal au nombre d'anions
deux couches adjacentes) .
ernpiles. La figure 8.35b illustre la structure du chlorure de sodium, dans laquelle les
Dans les reseaux compacts, on ions Na+ occupent tousles creux octaedriques d'un reseau cfc d'ions CI-.
lrouve deux fois plus de creux TI existe une grande variete de solides ioniques. Nous ne pouvons done pas ici les
tetraedriques que de spheres, et
autant de creux octaedriques que
etudier tous de fa~on exhaustive. Nous avons plutOt mis l' accent sur les principes
de spheres. fondamentaux qui en regissent la structure. Selon la theorie qui permet le mieux
d'expliquer la structure de ces solides, on assimile les ions a des spheres rigides
empilees de fa~on teHe que les attractions sont rnaximales et Ies repulsions, mini-
males.
Figure 8.34
a) Emplacements (x) d' un creux
tetraedrique dans une moille
cubique a faces centrees. b) Un
des creux tetraedriques. c) Dans Ia
moille elementaire du ZnS, lesions
S2- (en jaune) occupent les nreuds
du reseau et les ions Zn 2 + (en
rouge), les creux tetraedriques en
ZnS
alternance. a) b) c)
8.7 Solides ioniques 371
Determinez le nombre net d'ions Na+ et CI- presents dans Ia maille elementaire du
chlorure de sodium.
Solution
Les ions CI- sont disposes selon un reseau cubique a faces centrees et. par con-
sequent, Ia maille elementaire est un cube a faces centrees (voir La figure 8.35b). On a)
trouve un ion CI- a chaque coin et un au centre de chaque face du cube. Done, le
nombre net d'ions CI- dans Ia maille elementaire est
Lesions Na+ occupent les creux octaedriques situes au centre du cube et au milieu de
chaque arete. L'ion Na+ situe au centre du cube est compU:tement dans Ia maille, b)
alors que ceux situes sur les aretes sont communs a quatre cubes. Le nombre d'aretes
dans un cube etant de 12,1e nombre net d'ions Na+ presents est Figure 8.35
a) Emplacements (x) des creux
1(1) + 12({-) = 4 octaedriques dans une moille
a
cubique faces centrees. b)
Representation de Ia moille ele-
Ainsi, le nombre net d'ions presents dans une maille elementaire de NaCI est de mentaire du NaCI solide.
4 ions Na+ et 4 ions CI- , ce qui est conforme au rapport strechiometrique, I : I. du
Les ions Cl- (spheres bleues) occu-
chlorure de sodium. pent les nceuds du reseau cubique
a faces centrees (de) et les ions
No+ (spheres jaunes), Ia totalite
des creux octaedriques. II est a
remarquer qu'il s'agit d'une
representation idealisee du reseau
compact de NaCI. Dans Ia realite,
les ions Cl- ne sont pas aussi pres
les uns des autres.
Tableau 8.7
' .
type de'solide atomique moleculaiie ionique.
· llwrldS dn reseau covalent metallique groupe des gaz r ares
. occupes par; atonies atomes atomes molefUles. -lions
type de llaison 'liaisons covalentes liaisons covalentes forces de molecules non pol<;Ur'es,: :ioriique
f~rten{~nt orienties non orientees faisant dispersion forces de dispen~jqn
intervenir des electrons de London de London
delocalises dans molecules polai'res :;
!'ensemble du crista! forces de dil;per~ion
de Lond9f!, ,dip()l~o
dipole et liaisons
hydrogene
propri#es
caracteristiques dur grande variation mou ,dur,
de durete
rwmtde fu,sion grande variation point de fusion point de fusion :point,de;fusion
. ei'eve des points de fusion tres bas faible .ii~e
is~lant conducteur isolant > ~olat,J,t
~mples dfumant argent argon(s) glace (H20 soHoe) 'chlohlre :cte,sodil!ID ·
fer glace seche (COF~lioe). "fluqrure·.;jC catci~ i
laiton
Solution
a) L' or solide est un solide atomique dote de proprietes metalliques.
b) Le dioxyde de carbone solide, constitue de molecules de dioxyde de carbone non
polaires, est un solide moleculaire.
c) Le fluorure de lithium solide, qui contient des ions Li+ et F-, est un solide io-
nique binaire.
d) Le krypton solide est constitue d' atomes de krypton qui peuvent interagir unique-
a
ment grace des forces de dispersion de London. C' est un solide atomique du
groupe des gaz rares.
(Voir les exerOc:es 8.63 et 8.64)
que pour n!chauffer Ia Terre. La vaporisation de I' eau joue egalement un role impor-
tant dans le maintien de Ia temperature corporelle, grace a!'evaporation de Ia sueur.
vitesse
d'evaporation
vitesses egales
vitesse a partir de ce point
a) b) de condensation (Ia pression de
vapeur est
Figure 8.36 a l'equilibre)
Comportement d'un liquide dans un
systeme ferme. a) Au depart, il y a
evaporation nette, etant donne que
les molecules passent de Ia phase -------temps - - - - - - -
liquide a Ia phase gazeuse. Le niveau
du liquide diminue. b) Au fur eta Figure 8.37
mesure que le nombre de molecules Variation des vitesses de condensation et
presentes en phase gazeuse aug- d'evaporation d'un liquide en fonction du
mente, Ia vitesse de condensation temps, dans un vase clos. La vitesse d' evapo-
(retour a Ia phase liquide) augmente, ration demeure constante, et Ia vitesse de con-
jusqu'a ce qu'elle soit egale a Ia densation augmente au fur et a mesure que le
vitesse d' evaporation. Le systeme est nombre de molecules presentes en phase
alors a I' equilibre: il n'y a plus gazeuse augmente et ce, jusgu'a ce que les
aucune variation de Ia quantile de deux vitesses soient egales. A ce point, I' etat
gaz ou de Ia quantile de liquide. d'equilibre est atteint.
374 Chopitre Huil Liquides et sotHies
Figure 8.38
al On peut facilement mesurer Ia
pression de vapeur d'un liquide a Patm = 101,3 kPa
I' aide d'un barometre simple du
type illustre ci-<:ontre. b) Les trois
liquides, eau, ethanol, CzH50H,
et ether diethylique, (CzH5)20, ont
des pressions de vapeur tres dif- niveau de
ferentes. L' ether est de loin I~ plus reference
volatil de ces trois liquides. A
noter que, dans chaque cas, il
a
reste un peu de liquide Ia sur-
a) b)
face du mercure.
<1.l
70
-;;;-
~ 60
~
"'- 50
~
~
~
c.
Figure 8.40
~ "
.5 C,H,OH-' ·~ ~ a) Variation des pres-
sions de vapeur de
I' eau, de I' ethanol et de
H 20 I' ether dieth~lique en
fonction de a tempera-
! lure. b) Representation
· --~-. graphique de Ia varia-
I lion de un ln(Pvap) en
I
fonction de 1/T pour
lO 20 30 40 50 60 70 80 90 100 1/T(K) l'eau, l'ethonol et
a) temperature ( 0 C} b) I'ether diethylique.
376 Chopitre Huit Liquides et solides
temperature en kelvins (voir Ia figure 8.40b). L'equation de cette droite est la sui·
vante:
1)
I:[Link] (
ln(Pvap) = - - R - T + C (8.4)
ou I:[Link] est 1' enthalpie de vaporisation, R, la constante molaire des gaz et C, une
constante caracteristique d'un liquide donne. Le symbole ln indique qu'il s'agit du
logarithme neperien de la pression de vapeur.
L'equation 8.4 est celle d'une droite de la forme y = mx + b, ou
Y = ln(Pvap)
1
x = -
T
I:[Link]
m =pente= - - - -
R
b = ordonnee a 1' origine = c
A I' aide des graphiques de la figure 8.40b, determinez lequel, de l'eau ou de I' ether
diethylique. a la chaleur de vaporisation la plus elevee.
Solution
Quand on represente graphiquement la variation de ln(pvap) en fonction de liT, la
pente de la droite obtenue est de
_ I:[Link]
R
A la figure 8.40b, les pentes des droites relatives ar eau et a r ether diethylique sont
toutes deux negatives - comme on pouvait le prevoir - et celle de 1' ether est la plus
faible. Par consequent, c'est pour I' ether que la valeur de I:[Link] est la plus faible. Ce
resultat est vraisemblable, etant donne que les liaisons hydrogene de ['eau font en
sorte que cette substance a une chaleur de vaporisation relativement elevee.
1
,..M ·---$·-
(Voir I'exercice 8.71)
-M WW><0#¥0>
L' equation 8.4 est une equation tres importante. Elle permet par exemple de deter-
miner la valeur de la chaleur de vaporisation d'un liquide quand on mesure Pvap a
plusieurs temperatures et qu' on evalue la pente du graphique de la variation de
ln(pvap) en fonction de liT. En outre, elle permet de calculer Ia valeur de Pvap a une
temperature donnee quand on connait la valeur de I:[Link] et de Pvap aune autre tem-
perature. On peut effectuer ce calcul parce que la constante C est independante de la
temperature. Par consequent, pour les temperatures T1 et T2 , on peut ecrire 1' equation
8.4 en fonction de C et obtenir 1' expression suivante:
T1 I:[Link] T I:[Link]
ln(p ) + --=C=ln(p 2 ) + - -
vap RTl vap RTz
soit
I:[Link](
ln(p T 1 )-ln(p T 2 ) = -- -1 - - 1)
vap vap R Tz Tl
8.8 Pression de vopeur et changements d'etat 377
La pression de vapeur de I'eau, a25 oc, est de 3,17 kPa et sa chaleur de vaporisation,
de 43,9 kJ/mol. Calculez Ia pression de vapeur de 1' eau a50 oc.
Solution
A partir de r equation 8.5
ln((p~,;.,))= f1Hvap(_l _ __!__)
(P~p) R Tz T1
ou, dans le cas de 1' eau,
P~p =3,17 kPa
T 1 =25+273=298 K Quand on resout ce probleme, on
Tz= 50+ 273 = 323 K neglige le fait que flHvap depend
legerement de Ia temperature.
11Hvap = 43,9 kJ/mol = 43 900 J/mol
R= 8,3145 J/K·mol
In(~};) = -1,37
En prenant l'antilogarithme ~e chacun des membres de I' equation, on a finalement
3 17
• =0 254
T, '
Pvap
Comme les liquides,les solides ont une pression de vapeur. La figure 8.41 montre
des vapeurs d'iode en equilibre avec de l'iode solide dans un recipient ferme. Dans les
conditions normales, l'iode se sublime; en d'autres termes,l'iode passe directement
de I' etat solide a1' etat gazeux, sans passer par I' etat liquide. On observe egalement le Sublimation : passage direct d'u ne
phenomene de sublimation avec de Ia glace seche (dioxyde de carbone solide). substance de Ia phase solide a Ia
phase gazeuse.
Changements tl'etat
Que se produit-il quand on cbauffe un solide? En general, il fond et devient liquide.
Si on continue de le chauffer, le liquide commence par bouillir, puis il devient vapeur.
On peut representer ce processus par une courbe de chauffage - graphique qui il-
lustre Ia variation de Ia temperature en fonction du temps quand 1' apport d' energie est
constant.
378 Chopilre Huit Liquides et solides
Figure 8.41
Sous l'action de Ia chaleur, l'iode
se sublime et recristallise sous un
a
recipient evaporation rempli de
glace.
Nous aborderons I' etude du change- La figure 8.43 presente Ia courbe de chauffage de l'eau. Au fur eta mesure que la
men! de phases du dioxyde de car- glace absorbe de l'energie, les mouvements aleatoires des molecules d'eau s'ampli-
bone a Ia section 8 .9 . fient, et la temperature augmente. Finalement, les molecules sont si agitees qu'elles
rompent les liaisons qui assurent la cohesion du reseau et elles passent de I' etat solide
a I' etat liquide; c' est ce que traduit le plateau a 0 oc sur une courbe de chauffage. A
cette temperature, appelee point de fusion, la totalite de 1' energie absorbee par le sys-
teme est utilisee pour desorganiser la structure de la glace en rompant des liaisons
hydrogene, ce qui fait augmenter l'energie potentielle des molecules d'eau. La varia-
tion d'enthalpie qui accompagne la fusion d'un solide est appelee chaleur de fusion
ou, plus precisement, enthalpie de fusion, Mlrus· Le tableau 8.9 presente les points
de fusion et les enthalpies de fusion de plusieurs solides courants.
La temperature demeure constante tant que le solide n'est pas completement
transforme en liquide; apres quoi, elle continued' augrnenter. A 100 °C, l' eau liquide
atteint son point d'ebullition : la temperature demeure constante, etant donne que
Figure 8.42
Courbe de chauffage, pour une
quantite donnee d'eau, lorsque '
!'addition d'energie a lieu a une
vitesse constante. Au point d'ebul-
lition, le plateau est plus long
qu'au point de fusion, etant donne
qu'il faut presque sept fois plus G
140
120
100
II
I
~
d' energie (par consequent, sept 80
fois plus de temps) pour vaporiser a~
de I' eau liquide que pour Fa ire "'c.
.l:J 60
fondre de Ia glace. Les pentes des E eau
~ 40
autres segments different parce
glace
que les differents etats de I' eau eteau
20
possedent des capacites ther-
miques molaires differentes 0
(energie requise pour elever
Ia temperature d'une mole de -20
0
substance de l C). temps
8.8 Pression de vapeur et changements d'etat 379
l'energie absorbee par le systeme est utilisee pour vaporiser le liquide en rompant les
demieres liaisons hydrogene entre les molecules. Quand le liquide est completement
transforme en vapeur, Ia temperature continue d'augmenter. Rappelons que les
changements d'etat sont des changements physiques: meme si les forces inter-
moleculaires sont rompues, aucune liaison chimique ne l'est. Si on chauffait Ia
vapeur d'eau a des temperatures encore plus elevees, les molecules d'eau finiraient
par se dissocier en leurs atomes constituants. On assisterait alors a un reel change-
ment chimique, etant donne que les liaisons covalentes seraient rompues. II n'y aurait
d'ailleurs plus d'eau .
Les points d'ebullition et de fusion d'unc substance donnee sont determines par Nous definirons plus precisement les
les pressions de vapeur du solide et du liquide. La figure 8.43 montre les variations points d'ebullition et de fusion plus
des pressions de vapeur de l'eau liquide et de l'eau solide en function de Ia tempera- loin dons cette section.
r,ure 8.44
a
Appareil qui permet l'eau
a
liquide et I' eau soli de d'interagir
uniquement par l'intermediaire de eau eau
Ia phase vapeur. solide liquide
-. --Iiquide
comportement solide et
theorique liquide
__ L____ ~ _ 1 ----------~
'-- !_ _!~
I
debut de
Ia cristallisation
Figure 8.46
Surfusion de I' eau jla valeur 5 est
-----------------tern~----------------•
une mesure de cette surfusion) .
B. 9 Diogrommes de phases
Un diagramme de phases permet de representee graphiquement les changements de
phases d'une substance en fonction de la temperature et de la pression. Ainsi, a I' aide
du diagramme de phases de l'eau (voir Ia figure 8.47), on peut determiner l'etat de
l'eau a une temperature eta une pression donnees. 11 ne faut pas oublier qu'un dia-
gramme de phases correspond a des conditions et a des evenements qui ont lieu dans
un sysremeferme (voir Ia figure 8.45), c'est-a-dire un systeme caracterise par I' ab-
sence d'air et l'impossibilite pour la substance de s'echapper.
Pour apprendre a interpreter le diagramme de phases de 1' eau, considerons les
experiences de chauffage effectuees a plusieurs pressions et representees par des
lignes pointillees a la figure 8.48.
Experience 1. Pression de 101,3 kPa. Au debut de )'experience, le cylindre (voir
lafigure 8.45) est completement rempli de glace, a -20 °C, et le piston exerce
directement sur la glace (absence totale d'air dans le contenant) une pression
382 Chopitre Huit Liquides et solides
~ Pc = 2,21 X 104
Figure 8.47
Diagramme de phases de I' eau:
"'
-~
flus represente le point de fusion [ 101,3
normal, t3 et p3,le point triple, p 3 =0,610
teb,le point d' ebullition normal, tc,
Ia temperature critique et pc, Ia
pression critique. La pente nega-
tive de Ia courbe de transition
solide-liquide est due au fait que Ia
masse volumique de Ia glace est 0
a
inferieure celle de I' eau liquide. temperature (0 C)
X - - - - experience 4
~ solide liquide gaz
-~
~ 101 ,3 experience I
a.
- - - experience 3
Figure 8.48 X- - - - - - - - - experience2
Diagrammes de plusieurs expe-
riences de chauffage effectuees
avec des echantillons d' eau dans
un systeme ferme. - - - - - - temperature (0 C) - - - - - -
8.9 Diogrommes de phases 383
contraire acelui qu'on observe pour Ia plupart des substances, est dO. au fait que, au
point de fusion,la masse volumique de Ia glace est inferieure acelle de l'eau liquide
au point de fusion . La masse volumique de l'eau est maximale a 4 °C; quand l'eau
liquide gele, son volume augmente.
On peut expliquer !'influence de la pression sur le point de fusion de I'eau de la
fac;:on suivante: au point de fusion, I' eau solide et 1' eau liquide coexistent; elles sont
en equilibre dynamique, etant donne que la vitesse alaquelle Ia glace fond est egale
a Ia vitesse a laquelle elle gele. Qu'arrive-t-il si on exerce une pression sur le sys-
teme? Quand on augmente Ia pression, la matiere diminue de volume. On observe ce
comportement, evident dans le cas des gaz, egalement dans le cas de produits aI' etat
condense. Le volume d'une masse donnee de glace a ooc est superieur a celui de la
meme masse d'eau Iiquide, le systeme reduit son volume en cas d'augmentation de
la pression en se transforrnant en Iiquide. Par consequent, a 0 oc et a une pression
exterieure superieure a 101,3 kPa. l'eau est Iiquide. En d' autres terrnes, le point de
congelation de 1' eau est inferieur a 0 oc quand Ia pression exterieure est superieure a
101,3 kPa.
La figure 8.49 represente graphiquement I' influence de Ia pression sur Ia glace:
au point X, Ia glace est soumise a une pression superieure, alors que Ia temperature
demeure constante. On remarque que, lorsqu' on augmente Ia pression, Ia droite
croise Ia courbe de transition solide-liquide: autrement dit, la glace fond. Ce
pbenomene apparalt important pour les patineurs sur glace. La mince arete de Ia lame
du patin exerce une pression elevee puisque le poids du patineur n' est suppone que
par une petite surface de Ia lame. De plus, la chaleur de friction due au deplacement
du patin contribue egalement a la fusion de la glace. Apres le passage de la lame, le
liquide gele de nouveau, carla pression et la temperature sont redevenues normales.
Sans cet effet de Iubrification dO. a la fonte de Ia glace, le patinage ne serait pas ce
---,
sport elegant et gracieux que tant de gens apprecient.
courbe de transition
solide-liquide
~·
I
I pression a laquelle
1/ta glace est transformee
: en eau (a Ia tempera-
ture donnee)
I
I
I
sotide X
/ gaz
- - - - temperature (0 C) - - - -
Figure 8.49
Diagram me de phases de I'eau.
Au point X, I' eau est a I' etat
solide. Cependant, si on aug-
mente Ia pression exterieure, tout
en maintenant Ia temperature cons-
tante {pression indiquee par Ia
ligne verticale discontinue), on
croise Ia courbe de transition Oksana Baiul se prepare pour les
solide-liquide: Ia glace fond. Jeux olympiques d'hiver de 1994.
8.9 Diogrommes de phoses 385
n 1955, Robert H. Wentorf jr. a rea- 1 atm) parce que Ia reaction de conversion
forme Ia plus stable du carbone aux hautes fois forme evidemment, le diarnant est lente de transformation du diamant en graphite
pressions utilisees dans ce procede) puisse fige. Le principal avantage du procede se serail produite. Par contre, en Afrique du
se former. DVC reside dans Ia synthese des diamants Sud, Ies diamants trouves dans les dep()ts de
Une fois que le diamant est produit, le a des pressions beaucoup plus basses que kimberlite seraient arrives tres rapidement a Ia
carbone elementaire est fige dans cette celles utilisees dans le procede traditionnel surface. assez rapidement pour qu'ils n'aient
forme aux conditions normales (25 °C, de synthese. pas Ie temps de se transformer en graphite.
8.9 Diogrommes de phoses 387
L
es transistors ont exerce une in- 2, quant a lui, a une resistance tres grande tif, qui peut effectuer le meme travail
fluence considerable sur la techno- et possecte une jonction p-n inversement qu'un enorme tube a vide, n'est pourtant
logic des dispositifs electroniques polarisee. Le transistor fonctionne, c'est- constitue que d'un minuscule element
qui necessitent un signal amplifie, comme a-dire que le courant passe dans le circuit d'un circuit imprime sur une puce en sili-
les appareils de telecommunications et les 2, uniquement si les electrons qui tra- cium.
ordinateurs. Avant !'invention du transis- versent la jonction 1 traversent egalement Les puces en silicium sont en fait des
tor par les chercheurs des laboratoires de la jonction 2 et atteignent le pOle positif. transistors planaires, composes de minces
Ia compagnie Bell, en 1947, on utilisait, Puisque l'intensite du courant dans le cir- couches de regions de type n et de type p
pour amplifier un signal, des tubes a vide, cuit 1 determine le nombre d'electrons qui reliees par des conducteurs. Une puce de
qui etaient a Ia fois encombrants et peu traversent la jonction 1, le nombre d' elec- moins de I em de cote peut contenir
fiables. Le premier ordinateur numerique, trons qui peuvent traverser la jonction 2 plusieurs centaines de circuits imprimes et
ENIAC, construit a rUniversite de Penn- est directement proportionnel a l'intensite etre utilisee dans les ordinateurs. les calcu-
sylvanie. etait dote de 19 000 tubes a vide du courant dans le circuit 1. Par con- latrices, les radios et les appareils de
et consomrnait 150 000 watts. Grace a Ia sequent, l'intensite du courant dans le cir- television.
decouverte et au perfectionnement du cuit 2 varie en fonction de l'intensite du Un circuit irnprime est compose de
transistor et des circuits imprimes, une cal- courant dans le circuit 1. plusieurs transistors a jonctions n-p-n. La
culatrice de poe he alimentee par une petite Dans un circuit, le voltage, V, l'inten- figure 8.51 montre Les differentes etapes
pile a de nos jours une capacite identique a site du courant, I, et la resistance, R, sont de fabrication d'un transistor. On com-
celle qu'avait l'ordinateur ENIAC! relies par I' equation suivante: mence avec une mince plaquette de sili-
Pour fabriquer un transistor a jonc- V=Rl cium dopee avec une impurete de type n.
tions. on assemble des semi-conducteurs Le circuit 2 ayant une grande resis- Lorsqu'on Je soumet a une atmosphere
de type n et des semi-conducteurs de type tance, un courant donne dans le circuit 2 oxydante, dans un four, le silicium
p de fa~on a former une jonction n-p-n ou produit un voltage plus important que s' oxyde en surface. Apres quoi, on prepare
p-n-p. La figure 8.50 represente un transis- celui produit par Le meme courant dans le un semi-conducteur de type p. Pour ce
tor du premier type: le signal d'entree circuit I, qui n'a qu'une faible resistance. faire, on recouvre Ia surface d' oxyde
(a amplifier) atteint le circuit 1, dont la Par consequent, un signal de voltage va- d'une couche de resine photosensible (voir
resistance est faible et qui possede une riable dans le circuit 1 (semblable, par lafigure 8.5la). Puis on recouvre le tout
jonction de type n-p directement polarisee exemple, a celui que produit la voix hu- d'un masque (voir lafigure 8.5lb) qui per-
Gonction 1). Une variation du voltage du maine dans un telephone) est reproduit met ala lumiere de n'atteindre que des
signal d'entree dans ce circuit provoque dans le circuit 2, mais avec une variation zones determinees. On eclaire alors Ia
une variation de I' intensite de courant; de voltage beaucoup plus importante. puce : Ia resine exposee a Ia lumiere est
autrement dit, le nombre d'electrons qui Autrement dit, le signal d 'entree est ampli-
traversent la jonction n-p varie. Le circuit fie par le transistor ajonctions. Ce disposi- (suite a la page 388)
transistor
jonction 1 ·onction 2
circuit I circuit 2
r~gure [Link]
Representation schematique de deux circuits relies par un transistor. Le signal qui
arrive dans le circuit 1 est amplifie dans le circuit 2.
388 Chopitre Huit Liquides el so~des
LII~II:J
Ia resine modifiee et la couche d' oxyde de
Ia zone eclairee, puis on expose la pia-
queUe a une impurete de type n pour for-
mer une petite zone de type n (voir Ia fi-
gure 8.5lg). Finalement, on place Ies e)
conducteurs sur la plaquette (voir la figure
8.51h); on obtient ainsi un transistor eom-
pose de 2 circuits relies par une jonction
n-p-n (voir Ia figure 8.50), transistor qui masque
peut alors faire partie d'un plus grand cir-
cuit installe sur Ia plaquette et interrelie f)
par des conducteurs.
Cette methode de fabrication d'un cir-
cuit imprime n'est cependant pas a Ia
n~
( p
pointe de Ia technologie dans ce domaine.
Dans l'industrie des circuits imprimes, Ia n
competition est considerable, et des g)
changements technologiques surviennent
presque quotidiennement.
Figure 8.51
Etap es de fabrication d' un transis-
a
tor partir d' un cristal de siliciurn
pur. h)
8.9 Diogrommes de phoses 389
du dioxyde de carbone a -78 °C, pbenomene qui est a I' origine de son nom commun,
glace seche. Dans les conditions atmospheriques normales, il n' y a pas de phase li-
quide, ce qui fait de Ia glace seche un n!frigerant fort utile.
On utilise egalement le dioxyde de carbone dans les extincteurs chimiques. dans
lesquels il existe a l'etat liquide, a 25 oc et a de fortes pressions. Des qu'il s'echappe
de J' extincteur, le dioxyde de carbone liquide est immediatement transform€ en
vapeur, etant donne qu'iJ est soumis a une pression de 101 ,3 kPa. Les vapeurs etant
plus lourdes que !' air, elles etouffent le feu en eloignant I' oxygene des flammes . Par
ailleurs, la transition liquide-vapeur etant un pbenomene fortement endothermique,
le refroidissement qui l'accompagne aide a eteindre le feu. Le « brouillard» produit
par un extincteur au dioxyde de carbone n'est pas du dioxyde de carbone solide ; il
s'agit du produit de la congelation de Ia vapeur d' eau presente dans I' air.
Figure 8.52
Qiagramme de phases du dioxyde de carbone.
A une pression de 101,3 kPa, l' etat liquide
n'existe pas . La courbe de transition solide-
liquide a une pente positive, etant donne que Ia
lrus l3 1c masse volumique du dioxyde de carbone solide
- 78 - 56,6 31 est superieure a celle du dioxyde d e carbone
temperature CC) liquide.
390 Chopitre Huit Liquides et solides
Resume
L' etat liquide et 1' etat solide sont deux etats condenses de la matiere. Leur formation
est due a I' existence d'interactions entre les molecules, les atomes ou lesions. Dans
les substances moleculaires, il existe deux types d'interactions. Le premier type,
appeie «forces de dispersion de London», existe a Ia fois dans les substances
polaires et dans les substances non polaires. Plus une molecule possede d'electrons,
plus ces interactions dues a des dipoles instantanes sont importantes. Dans les
molecules pol aires, on trouve un deuxieme type d' interactions, les «interactions
dip6le-dip6le». Ces interactions sont particulierement importantes dans les mole-
cules qui possedent des atomes d'hydrogene relies ades elements fortement electro-
negatifs, comme 1' azote, 1' oxygene ou le fluor. Dans ces cas, les interactions dipOle-
dipOle portent le nom de liaison hydro gene: elles sont responsables du point
d'ebullition eleve de NH3 , H2 0 et HF. Les liquides sont dotes de diverses proprietes
(tension superficielle, capillarite. viscosite) qui dependent de !'importance de ces
forces intermoleculaires.
Les deux plus importantes categories de solides sont les solides cristallins et les
solides amorphes. Dans les solides cristallins, les composants sont agences selon un
ordre regulier, ou reseau, dont runite de base est la maille.
On classe les cristaux solides d'apres Ia nature des composants qui occupent les
nreuds: atomes (solides atomiques), ions (solides ioniques) ou molecules (solides
moleculaires).
On peut determiner Ia disposition des composants d'un solide cristallin par dif-
fraction des rayons X; on peut egalement evaluer les distances interatomiques dans
le cristal a partir de la longueur d'onde et de l'angle de reflexion des rayons X. en
utilisant ]'equation de Bragg.
On considere que la structure des metaux est un empilement aussi compact que
possible de spheres uniformes. n existe deux types de reseaux compacts: le reseau
hexagonal compact (he) et le reseau cubique afaces centrees (cfc).
Pour decrire Ia liaison dans les cristaux metalliques, on a recours a la theorie de la
mer d'electrons (selon laquelle les electrons de valence se deplacent librement autour
Resume 391
des cations metalliques) ou ala tbeorie des bandes d' energie (selon laquelle les elec-
trons empruntent, pour se deplacer dans le crista] metallique, des orbitales molecu-
laires formees a partir des orbitales atomiques de valence des atomes metalliques).
Selon Ia tbeorie des bandes d'energie, le grand nombre d'orbitales atomiques en
presence entralne la creation de niveaux d'energie tres voisins. Le passage de l'elec-
tricite est ainsi assure par le deplacement des electrons dans les bandes de conduc-
tion, lesquelles sont des orbitales moleculaires qui ne possedent qu'un seul electron.
Les metaux peuvent former des alliages. On distingue les alliages de substitution
et les alliages d'insertion.
Le carbone est un solide covalent typique qui possede de fortes liaisons covalentes
orientees. Le diamant et le graphite sont deux formes allotropiques du carbone, dont
les proprietes physiques sont tres differentes a cause de la nature differente de leur
liaison.
Le silicium devrait avoir des proprietes semblables a celles du carbone, etant
donne que ces deux eJements occupent deux cases voisines dans la colonne du
groupe IVA; en fait, leurs proprietes sont opposees. La silice, un compose fonda-
mental forme de silicium et d'oxygene, possede non pas des molecules distinctes de
Si02, mais des tetraedres de Si04 interrelies. On trouve des silicates (sels qui con-
tiennent des anions polyatomiques de silicium et d'oxygene) dans les roches, le sol,
l' argile, le verre et Ia ceramique.
11 y a formation de semi-conducteurs quand le silicium pur est dope avec d'autres
elements. Un semi-conducteur de type n contient des atomes (impuretes) qui posse-
dent davantage d'electrons de valence que l'atome de silicium lui-meme; un semi-
conducteur de typep possede des atomes (impuretes) dont le nombre d'electrons de
valence est inferieur a celui du silicium. L'industrie de I' electronique repose sur des
dispositifs qui comportent des jonctions p -n.
Les solides moleculaires sont constitues d'unites moleculaires individuelles dont
Ia cohesion est assuree par des forces intermoleculaires relativement faibles. La glace
en est un exemple. Les solides ioniques, par contre, sont dus a de fortes interactions
electrostatiques. Pour decrire la structure cristalline des solides ioniques, on suppose
que les plus petits ions (en generalles cations) sont situes dans les creux formes par
les plus gros ions (en generalles anions) assembles en reseau compact.
On appelle «Vaporisation», ou «evaporation», le passage de l' etat liquide a l'etat
gazeux; la chaleur de vaporisation, Wvap. est l'energie requise pour transformer
1 mol de liquide en vapeur. La condensation est le processus inverse: c' est le passage
de l'etat gazeux a I'etat liquide. Quand, dans un recipient clos, Ia vitesse d'evapora-
tion est egale a la vitesse de condensation, le systeme est a I' equilibre; la pression de
Ia vapeur qui en resulte est appelee «pression de vapeur».
La volatilite des liquides depend a la fois de leur masse molaire et de leurs forces
intermoJeculaires. Les liquides constitues de molecules plus lourdes sont moins
volatils, ainsi que les liquides dans lesquels les forces intermoleculaires sont fortes.
Le point de fusion normal d'un solide est Ia temperature a laquelle ce solide et son
liquide ont des pressions de vapeur identiques quand Ia pression totale est de
101,3 kPa. Le point d'ebullition normal d'un liquide est Ia temperature a laquelle sa
pression de vapeur est de 101,3 kPa.
Le diagramme de phases d'une substance indique I'etat de cette substance a une
temperature eta une pression donnees. Le point triple d'un diagramme de phases
represente Ia temperature et la pression pour lesquelles il y a coexistence des trois
etats a I' equilibre. Le point critique est determine par Ia temperature critique et par la
pression critique: la temperature critique est la temperature au-dessus de laquelle Ia
vapeur ne peut pas etre liquefiee, quelle que soit la pression; Ia pression critique est
Ia pression necessaire pour liquefier Ia vapeur ala temperature critique.
392 Chopitre Huil Liquides et solides
Mots des
Section 8.1 Section 8.4 Section 8.8
etats condenses empilement compact vaporisation
forces intermoleculaires reseau hexagonal compact (he) chaleur de vaporisation
forces de dispersion de London reseau cubique a faces centrees (cfc) condensation
attraction dipOle-dipOle theorie de Ia mer d' electrons equilibre
liaison hydrogene theorie des bandes d' energie pression de vapeur
Section 8.2 bandes de conduction sublimation
alliage courbe de chauffage
tension superficielle
alliage de substitution enthalpie de fusion, t:.Hfus
capillarite
alliage d'insertion point de fusion normal
viscosite
Sedion 8.5 point d' ebullition normal
Sedion 8.3 surfusion
solide covalent
solide cristallin surebullition
silice
solide amorphe
silicate Section 8.9
reseau
verre diagramme de phases
maille elementaire
ceramique point triple
diffraction des rayons X
silicoalurninate temperature critique
equation de Bragg
serni-conducteur pression critique
solides ioniques
semi-conducteur de type n point critique
solides moleculaires
serni-conducteur de type p
solides atorniques
jonction p-n
8. Decrivez Ia relation qui existe entre Ia taille d'une molecule et 22. En ce qui concerne 1' effet de Ia temperature sur la conductivite
!'importance des forces de dispersion de London. electrique, en quoi les conducteurs et les semi-conducteurs
different-ils ?
9. Expliquez comment les proprietes physiques enumerees ci-
dessous varient en fonction de !'importance des forces inter- 23. Definissez chacun des termes ou expressions suivants :
moleculaires. a) condensation;
a) Tension superficielle. b) evaporation ;
b) Viscosite. c) sublimation;
c) Point de fusion. d) liquide superrefroidi.
d) Point d'ebullition. 24. Decrivez ce qu' on entend par equilibre dynamique en termes
e) Pression de vapeur. de pression de vapeur d'un liquide volatil.
10. En quoi les forces dip61e-dip6le different-elles des liaisons
hydrogene ? En quoi se ressemblent-elles? 25. Expliquez de quelle maniere chacun des facteurs suivants
influence la vitesse d'evaporation d'un liquide dans un reci-
11. Distinguez les concepts suivants. pient ouvert:
a) Polarite et polarisabilite. a) forces intermoleculaires;
b) Forces de dispersion de London et forces dip61e-dip6le. b) temperature ;
c) Forces intermoleculaires et forces intramoleculaires. c) surface du liquide.
12. Trouvez les ressemblances qui existent entre liquides et 26. Quand on etend du linge humide par une journee d'hiver tres
solides, ainsi qu'entre liquides et gaz. froide, le linge gele, puis il finit par secher. Expliquez
pourquoi.
13. Dans une structure compacte, les atomes sont censes se tou-
cher. Pourtant, dans toute maille elementaire a empilement 27. Pourquoi une brfilure causee par de Ia vapeur est-elle plus
compact. il y a beaucoup d'espace libre. Expliquez pourquoi. grave qu'une brfilure causee par de J'eau bouillante?
14. Definissez «temperature critique» et «pression critique >>. 28. Pourquoi l'enthalpie de vaporisation de l'eau est-elle beau-
Selon Ia theorie cinetique des gaz, une substance ne peut pas coup plus grande que son enthalpie de fusion? Quels ren-
exister a I' etat liquide a une temperature superieure a sa tem- seignements cela nous donne-t-il en ce qui concerne les forces
perature critique. Pourquoi ? intermoleculaires quand 1' eau passe de Ia phase solide a la
phase liquide, puis a Ia phase vapeur?
15. Determinez Ia relation qui existe entre «temperature critique>>
et <<forces intermoleculaires >>.
16. A I' aide de Ia theorie cinetique moleculaire, expliquez pourquoi fxerdces
un liquide refroidit quand il s'evapore d'un contenant calori-
fuge. Dans Ia presente section, les exercices similaires sont pai res .
CH 3
I Proprietes des liquides
neopentane H3C-C-CH3 9,5°C
I 37. Dans un mince tube de verre, le menisque de l'eau a une forme
CH3
differente de celui du mercure. Pourquoi ?
b) ether dimethylique CH30CH3
ethanol CH3CH20H 79 oc
c) HF 20 oc
HCl -85 oc
d) HCl -85 oc
LiCl 1360 oc
e) n-pentane CH3(CH2hCH3 36,2 oc
propane CH3CH2CH3 -42°C
I) propane CH2CH2CH3 -42°C H20 dans un tube de verre Hg dans un tube de verre
ether dimethylique CH30CH3 -25 oc
Predisez la forme du menisque de l'eau dans un tube
34. Expliquez la difference qui existe entre les points d'ebullition de polyethylene - le polyethylene est un polymere,
ci-dessous. CH3(CH2)nCH3, ou n est un nombre de l' ordre de 1000.
38. Est-ce que l' eau monte aussi haut, par capillarite, dans un tube
de verre que dans un tube de polyethylene de meme diametre?
118 oc
---
39. Le peroxyde d'hydrogene, H 20 2, est un liquide sirupeux dont
la pression de vapeur est relativement faible et le point d'ebul-
lition normal de 152,2 oc. Expliquez la difference qui existe
189 oc entre ces proprietes physiques et celles de l' eau.
40. Le diseleniure de carbone (CSe2) est un liquide a la tempera-
ture ambiante. Son point d'ebullition normal est de 125 oc et
son point de fusion, de -45,5 oc. Le disulfure de carbone (CS2)
est, lui aussi, un liquide a la temperature ambiante, ses points
d'ebullition et de fusion etant respectivement de 46,5 oc et de
-111,6 oc. Comment la force des interactions interparticulaires
varie-t-elle en passant de C02 a CS2 eta CSe2? Expliquez.
35. Parmi les substances proposees, indiquez celle qui possede la
caracteristique indiquee. Justifiez votre reponse.
Structures et proprietes des so/ides
a) Le plus haut point d'ebullition: HCl. Ar ou F 2.
b) Le plus haut point de congelation: H 20, NaCl ou HF. 41. Les rayons X emis par un tube cathodique au cuivre (A =
c) La plus basse pression de vapeur a 25 oc: Cl2, Br2 ou l2. 1,54 A) sont diffractes a un angle de 14,22° par un crista! de
d) Le plus faible point de congelation: N 2, CO ou C02. silicium. Si les reflexions sont du premier ordre (n = 1 dans
Exercices 395
!'equation de Bragg), quelle distance separe les couches conducteur de type p? Avec quoi doperiez-vous le GaAs pour
d'atomes dans un crista!' silicium? en faire un semi-conducteur de type n?
42. Dans le cas du mica, un silicate, Ia valeur de 2d est de 19,93 A. 55. La bande interdite dans le phosphure d'aluminium (AlP) est
A quei angle observe-t-on les reflexions de premier ordre (n = de 2,5 electronvolts (1 eV = I ,6 X 10· 19 J). QueUe est Ia
I dans I' equation de Bragg) des rayons X emis par un tube longueur d' onde emise par une diode a AlP?
cathodique au molybdene (A= 0,712 A)?
56. Un laser a circuits integres a aluminium/antimoine emet une
43. Le cobalt est un solide ayant un n~seau cubique a faces cen- lumiere de 730 nm. Calculez Ia valeur de Ia bande interdite en
trees . Supposez que le cobalt ait un rayon atomique de joules.
I25 pm. Calculez la masse volumique du cobalt solide.
57. La figure ci-dessous illustre quelques substances cristallines
44. La maille du nickel est cubique a faces centrees. La masse courantes. Montrez que Ia structure de chaque maille elemen-
volumique du nickel est de 6,74 g/cm3 . Calculez Ia valeur du taire correspond bien a la formule exacte de chaque substance.
rayon atomique du nickel.
45. La maille elementaire de I' iridium, Ir, est un cube a faces cen-
trees dont I'arete mesure 383,3 pm. Calculez la masse volu-
mique de !'iridium.
46. Un soli de metallique. qui se cristallise dans un reseau dont Ia
maille elementaire est cubique a faces centrees et dont I' arete
mesure 392 pm, a une masse volumique de 21,45 g/cm3 . Cal-
culez Ia masse atomique et le rayon atomique de cet element,
puis identifiez cet element.
=Cl =Na =Cl Q =Cs
47. Le titane metallique se cristallise dans un reseau cubique cen-
tre. La densite du titane est de 4,50 g/cm3 . Calculez l'arete de
Ia maille elementaire et Ia valeur du rayon atomique du titane.
(Element de reponse : dans un reseau cubique centre, les
spheres se touchent le long de Ia diagonale qui relie deux coins
opposes.)
48. Le tungstene est !'element metallique qui possede le plus haut
point de fusion, le carbone etant le seul element dont le point
de fusion soit superieur. 11 possede un reseau a mailles
cubiques centrees. et son rayon atomique est de 139 pm. Cal- =S Q =Zn =0 Q =Ti
culez Ia masse volumique du tungstene.
58. La figure ci-dessous illustre la maille elementaire de I' arse-
49. Calculez le pourcentage du volume total d'un reseau cubique niure de nickel. Ecrivez Ia formule de ce compose.
compact occupe par les atomes. (lndice: Vsphere =1m- 3 )
SO. Le fer a une masse volumique de 7,86 g/cm 3 et cristallise en
un reseau a mailles cubiques centrees. Montrez que 68 %
seulement du reseau cubique centre est reellement occupe par
Ni
des atomes et evaluez le rayon atomique du fer.
As
51. Comment peut-on produire un semi-conducteur de type n a
partir de germanium pur?
52. Comment peut-on produire un semi-conducteur de type p a
partir de germanium pur?
53. Le selenium est un semi-conducteur utilise dans les photo- 59. L' oxyde de rhenium n' a pas une structure a empilement com-
copieuses. Que! type de semi-conducteur serait forme si le pact. Sa structure correspond mieux aun arrangement cubique
selenium pur etait dope par de !'indium? simple d'ions rhenium avec des ions oxyde places au centre de
54. Les semi-conducteurs IIIANA sont composes, en quantites chacune des aretes de Ia maille elementaire cubique. Quelle
egales, d'atomes provenant d'elements du groupe IliA et du est Ia charge de I' ion rhenium dans ce compose?
groupe VA, par exemple lnP et GaAs. Ces types de semi- 60. Les composes K 2 0, Cui et Zr14 correspondent tous a des
conducteurs sont utilises dans Ia fabrication de diodes anions ayant un reseau cubique a face centree ou les cations
qui emettent de Ia lumiere et des lasers a circuits integres. occupent les trous tetraedriques. Quelle fraction des trous
Qu'ajouteriez-vous a du GaAs pur pour en faire un semi- tetraedriques est occupee dans chacun des cas?
396 Chopitre Huit Liquides et solides
--- I) NaHS04
65. On peut obtenir des superalliages a partir de nickel et d'alu-
suivante, au coin superieur gauche).
a) QueUe est Ia formule de cette perovskite ideale?
b) Comment cette structure est-elle reliee ala structure de la
minium. (Voir Scientific American, octobre 1986, p. 159.) Ces perovskite mentionnee a I' exercice 67?
alliages doivent leur resistance a Ia precipitation d'une phase, Cependant ces materiaux ne se comportent pas comme des
appelee «phase gamma-prime», dans laquelle tousles atomes supraconducteurs a moins qu'ils ne soient deficients en
AI occupent les coins d'une maille elementaire cubique et les
oxygene. La structure de la veritable phase supraconductrice
atomes Ni, les centres des faces. Quelle est Ia composition serait plutot celle indiquee a la partie b) de Ia figure.
(nombre relatif d'atomes) de cette phase du superalliage de
c) Quelle est la formule de ce materiau ?
nickel-aluminium?
66. Le nitinol, un metal a memoire, est un alliage de nickel et de
titan e. On I' appelle « metal a me moire >> parce que, apres
deformation, un morceau de fil de retinol retrouve sa forme
originale. (Voir Chern Matters, octobre 1993, p. 4-7.) Le niti-
nol se presente comme un arrangement cubique simple
d'atomes Ni et un arrangement cubique simple d'atomes Ti
Exerdces 397
....... ~ . .......
~
----·. ............
'
70. Les structures d'une autre classe de supraconducteurs
cerarniques a haute temperature sont indiquees a droite. a) b)
a) Determinez Ia formule de chacun de ces quatre supracon-
ducteurs.
b) Une des caracteristiques structurales essentielles a Ia
supraconductivite a haute temperature est Ia presence de
couches planaires d'atomes d'oxygene et de cuivre. A
mesure que le nombre de ces feuilles dans Ia maille ele-
mentaire augmente, Ia temperature a partir de laquelle Ia
supraconductivite se manifeste augmente. Placez les
quatre structures par ordre croissant de temperature de
supraconduction.
c) Precisez les nombres d'oxydation du Cu dans chacune des
structures en supposant que Tl existe sous forme de Tl 3+.
On suppose que les nombres d' oxydation du Ca, du Ba et
du 0 sont respectivement de +2, +2 et -2.
d) Pour qu'un tel matetiau manifeste une supraconductivite,
le cuivre doit avoir divers nombres d'oxydation. Expliquez
comment cela est possible dans ces rnateriaux, de meme
que dans le supraconducteur mentionne a l'exercice 69. c) d)
398 Chopitre Huit Liquides et solides
1 750 620 81. Un bac a gla.,:ons contient suffisamment d'eau a 22,0 oc pour
10 890 740 fabriquer 18 cubes de glace identiques de 30,0 g chacun. Le
100 1080 900 bac est place dans un congelateur qui utilise comme
400 1240 1040 refrigerant le CF2Cl2. La chaleur de vaporisation du CF2Cl2
760 1310 1110 est de 158 Jig. Quelle masse de CF2Cl2 doit etre evaporee dans
le cycle de refrigeration pour convertir toute I' eau qui est a
12. Apartir des donnees ci-dessous relatives a l'acide nitrique Ii- 22,0 oc en glace a -5,0 oc? Les capacites thermiques mas-
quide, determinez Ia chaleur de vaporisation et le point d' ebul- siques de H 20(s) et de H 20(l) sont respectivement de
lition normal de cette substance. 2,08 Jlg· °C et de 4,18 Jlg· °C, et l'enthalpie de fusion de Ia
glace est de 6,02 kJimol.
temperature (°C) pression de vapeur (mm Hg)
82. Des cubes de glace a 0 oc ayant une masse totale de 475 g sont
0 14,4 places dans un four a micro-ondes et soumis a une energie de
10 26,6 750 W (750 Jls) durant 5,00 min. Est-ce que l'eau bout?
20 47.9 Sinon, quelle est Ia temperature atteinte par I' eau? (Supposez
30 81,3 que tome l'energie soit absorbee par l'eau et que toute la
40 133 chaleur reste dans l'eau.) (Voir l'exercice 81.)
50 208
80 670 83. Soit le diagramme de phases ci-dessous. Reperez les phases
qui existent a chacun des points (de A a H). Indiquez oil sont
73. A l'interieur d'un autocuiseur, Ia temperature est de 115 °C. situes le point triple, le point d' ebullition normal, le point de
A l'aide de I' equation 8.5, calculez Ia pression de vapeur de fusion normal et le point critique. Quelle est Ia plus dense, Ia
I' eau dans I' autocuiseur. Calculez Ia temperature a I' interieur phase solide ou Ia phase liquide ?
de l'autocuiseur si Ia pression de vapeur de l'eau y est de
355 kPa. H
74. Evaluez Ia pression necessaire pour qu'il y ait condensation de
Ia vapeur d'eau a 350°C. G
---
75. L' enthalpie de vaporisation de I' acetone est de 32,0 kJimol. Le
A
point d'ebullition normal de I' acetone est de 56,5 °C. Quelle 101,3 kPa
est Ia pression de vapeur de I' acetone a 25,0 oc?
76. A une altitude de 1615 m, Ia pression atmospherique est d' en- El c
viron 630 torr. Quel serait le point d'ebullition de !'acetone I
I
(l'lHvap = 32,0 kJimol) a cette altitude? Quelle serait sa pres-
I
sion de vapeur a 25,0 oc a cette altitude? (Voir l 'exercice 75.)
77. Une substance est dotee des proprietes ci-dessous. 84. Utilisez le diagramme de phases du soufre (voir ci-dessous)
capacite pour repondre aux questions suivantes.
thermique massique a) Combien y a-t-il de points triples dans ce diagramme?
b) Quelles sont les phases en equilibre a chacun de ces points
,, !lHvap 20 kJ/mol C (s) 3,0 J/g· oc
triples?
' AHrus, 5 kJ/mol c(l) 2,5 Jig· oc
75 °C 1,0 J/g ·ac c) Quelle est Ia phase stable a Ia temperature ambiante eta
teb C<g>
ftus - l5 °C une pression de 1,0 atm?
d) Est-ce que le soufre monoclinique peut etre en equilibre
Tracez Ia courbe de chauffage de cette substance, en com- avec du soufre a I' etat gazeux?
men.,:ant a-50°C. e) Est-ce que le point d'ebullition normal du soufre est
superieur ou inferieur a 119 oc? Expliquez.
78. Expliquez comment on etablit un diagramme de phases a par-
tir de Ia courbe de chauffage d'une substance.
Exercices supplementoires 399
l I • '
orthorhombique
Iiquide
fonction de l'electronegativite de I'element auquel I'hy-
drogene est lie. A quel endroit, dans la serie ci-dessus, doit-on
placer les liaisons hydrogene suivantes ?
"
-N--H0- "
-N---H-N/
et
/
/ "
89. Quand on expose un metal a des rayons X, il emet des rayons
(96 °C, 0.()()43 mm Hg) X de longueur d' onde differente. Des rayons X sont diffractes
par un crista! de LiF (d = 201 pm). On observe les reflexions
vapeur de premier ordre (n = I dans I' equation de Bragg) des rayons
X a un angle de 34,68°. Calculez la longueur d'onde des
rayons X emis par le metal.
- - - - - - - temperature (0C) - - - - - - - 90. Le rayon de 1' atome d' or est de 144 pm, et la masse volurnique
de I' or est de 19,32 g/cm3. Est-ce que I' or elementaire a une
fxerdces supplementaires structure a mailles cubiques a face centree ou une structure a
mailles cubiques centrees?
85. L'hydrocarbure non polaire C 25H52 est soli de a Ia temperature 91. Comment peut-on verifier experimentalement si Ti0 2 est un
ambiante. Son point d'ebullition est superieur a 400 °C. solide ionique ou un solide covalent?
Lequel a les forces intermoleculaires les plus importantes,
92. On demande a une etudiante de calculer Ia temperature finale
Cz5H52 ou HzO? Expliquez.
d'un melange prepare par I' addition de 20,0 g de glace, ini-
86. Expliquez les differences qui existent entre Jes proprietes tialement a-10,0 °C, a 20,0 g d' eau. initialement a 25 oc. Elle
physiques ci-dessous en termes de forces intermoleculaires. a suppose que toute la chaleur perdue dans le refroidissement
Comparez les trois premieres substances entre elles ; com- de 1' eau servirait a rechauffer Ia glace et elle en a conclu que
parez les trois dernieres entre elles ; apres quoi, comparez ces Ia temperature finale du melange serait de 13 °C. Toutefois, Ia
six substances entre elles. Expliquez toute anomalie even- bonne reponse est 0 oc. Qu'est-ce que l'etudiante a neglige
tuelle. dans la resolution de ce probleme? (Voir l'exercice 79.)
fa, (OC) 0
ltus ( C) AHvap (kJ/mol) 93. Dans les regions seches, on utilise, pour refroidir I' air, des sys-
temes de refroidissement par evaporation. Un climatiseur
benzene, 4H<, 80 6 33,9
r naphtal~ne,
electrique typique consomme 1,00 X 104 Btu/h (1 Btu, ou
Ctoli8 218 80 51,5 British Thermal Unit, est la quantite d' energie necessaire pour
tetrachlorure que la temperature de 1 lb d'eau augmente de 1 °F; 1 Btu=
de carbone, CC4 76 - 23 31,8 1,05 kJ). Combien faut-il faire evaporer d'eau par heure pour
'
acetone, dissiper autant de chaleur que ce climatiseur electrique ty-
CH3COCH3 56 -95 31,8 pique?
. .acide acetique,
94. Calculez I' enthalpie de vaporisation et le point normal d' ebul-
CH3COzH 118 17 39,7
acide benwlque,
lition du methanol a partir des donnees suivantes.
1 C6HsCOzH 249 122 68,2 ~mperature pression de vapeui
(OC) (mmH~(
87. De nombreux acides organiques, comme I'acide acetique,
CH3COzH (voir sa structure a l'exercice 34), existent, en · ~6,0 9 C 20.0
phase gazeuse, sous forme de dimeres (deux molecules reliees 5,0 oc 40,0
entre elles par des liaisons hydrogene). Tracez une structure 12,1 "C 60,0
21,2 6 C 100,0
vraisemblable pour un tel dimere.
49,9 oc 400,0
88. Soit les variations d'enthalpie ci-dessous.
95. L'enthalpie de vaporisation du mercure est de 59,1 kJ/mol. Le
F- +HF ~ FHF- !!.H = -155 kJ/mol
point d' ebullition normal du mercure est de 357 °C. QueUe est
(CH3)zC=O + HF ~ (CH3)zC=O---HF Ia pression de vapeur du mercure a 25 oc?
!!.H = -46 kJ/mol
96. A l' aide du diagramme de phases du carbone ci-dessous,
H20(g) + HOH(g) ~ H2 0---HOH (dans la glace) repondez aux questions suivantes.
!!.H= -21 kJ/mol a) Combien y a-t-il de points triples dans ce diagramme?
400 Chopilre Huit Uquides et solides
trus = 127 °C
104. On sollicite votre aide pour monter une exposition historique nature de cette substance. n decide d'effectuer quelques tests
dans un pare. On vous charge d'empiler des boulets pres d'un sur ce fameux kryptonite. Grace a des tests preliminaires, il
canon qui a servi a Ia guerre civile. Vous devez les empiler en sait deja que Ie kryptonite est un metal ayant une chaleur spe-
formant d'abord un triangle, dont chaque cote est constitue de cifique de 0,082 Jig· ac et une masse volumique de 9,2 g/mL.
quatre boulets qui se touchent, puis continuer jusqu'a n'avoir Lex Luther a done commence par determiner Ia chaleur spe-
qu'un seul boulet au sommet. cifique du kryptonite. Illaisse tomber un echantillon du metal
a) Combien de boulets vous faudra-t-il? pesant I 0 g ± 3 g dans de 1' eau bouillante a une temperature de
b) Quel est le type d'empilement compact que presentent les 100,0 ac ± 0,2 °C. D attend que le metal atteigne Ia tempera-
boulets? ture du bain, puis ille transfere rapidement dans 100 g ± 3 g
c) L'ensemble des boulets forme un solide geometrique d'eau qui etaient maintenus, dans un calorimetre. a 25.0 oc
regulier a quatre sommets. Comment s'appelle cette forme ± 0,2 ac. La temperature finale du metal et del' eau est de 25,2
geometrique? oc. D'apres ces resultats, est-il possible de [Link] le cuiv-
105. On verse de l'eau dans un recipient de verre, qu'on scelle et re du kryptonite? Expliquez.
qu, on relie a une pompe a vide (dispositif utilise pour aspirer Lex constate que les resultats de sa premiere experience ne
les gaz d'un contenant), puis on met Ia pompe en marche. sont pas concluants. 11 decide alors de determiner Ia masse
L'eau commence a bouillir, puis elle gele. Expliquez ces volumique de l'echantillon. A l'aide d'une balance plus pre-
changements en utilisant le diagramme de phases de l'eau. cise, il evalue Ia masse d'un echantillon du suppose kryptonite
Dites ce qui arrive a Ia glace si on laisse fonctionner Ia pompe a 4 g ± 1 g. 11 place cet echantillon dans un cylindre gradue de
indefiniment 25 mL et constate un deplacement du volume d'eau de
0,42 mL ± 0,02 mL. Est-ce que le metal est du cuivre ou du
Probleme de synthese kryptonite? Expliquez.
Lex est finalement oblige de determiner Ia structure
a
Ce probleme fait appel plusieurs concepts et techniques de cristalline du metal que lui a fourni le general Zod. II decouvre
resolution . les problemes de synthese peuvent etre utilises en que Ia maille elementaire cubique renferme quatre atomes et
classe pour faciliter I' acquisition des habiletes necessaires a que 1' arete de la maille mesure 600 pm. Expliquez pourquoi ce
Ia resolution de problemes. dernier renseignement permet enfin a Lex de determiner s'il
106. Le general Zod a vendu a Lex Luther ce qu'il [Link] etre une s'agit bien de cuivre ou de kryptonite. QueUes ameliorations
forme de kryptonite de couleur cuivre, la seule substance qui devrait-il apporter a ses techniques experimentales pour ne pas
pourrait venir a bout de Superman. Lex a des doutes sur Ia avoir a determiner la structure cristalline du produit?
~
Elements non
transition nels:
groupes lA 0 IVA Contenu
J
usqu'a present, nous ovons etudie les principes generoux de Ia chimie, oinsi Toille des otomes et onomohes
que les theories les plus importontes . Nous ovons vu notomment comment Ia Abandonee et preparation
meconique ondulotoire permettoit d'expliquer les proprietes chimiques des 9.2 Elements du groupe lA
elements. En fait, Ia preuve Ia plus convoinconte de Ia volidite de cette theorie, 9.3 Hydrogene
c'est qu'elle permet d'expliquer Ia periodicite des proprietes des elements par le 9.4 Elements du groupe IIA
nombre d ' electrons de valence de leurs a tomes. 9.S Elements du groupe lilA
Nous ovons releve certaines des nombreuses proprietes des elements et de 9.6 Elements du groupe IVA
leurs composes, mois nous n'ovons pas oborde de fo<;:on opprofondie !'etude de
Ia relation qui existe entre les proprietes chimiques d 'un element donne et so posi-
tion dons le tableau periodique. Aux chopitres 9 et l 0 , nous explorons les ressem-
blonces et les differences qui existent entre les proprietes chimiques des elements
oppartenont a plusieurs groupes du tableau periodique et nous tentons d 'inter-
preter ces donnees a I' aide de Ia description de l'otome selon Ia meconique ondu-
lotoire. Ce faison!, nous etudions une grande variete de proprietes ch imiques, et
nous illustrons !'importance que revet Ia chimie sur le plan pratique dons le monde
d' oujourd 'hui.
lA
lilA IVA
B c
AI Si
i-
1
I- Ga Ge
r-
I-
I- - ~ In Sn
.,
i-
.... <
tfFR I I I I I l!lj f
!:"
Tl Pb
lA VIllA
H IIA
Li Be
Na Mg
Ca v c() Ni
Figure 9.1
K Sc Ti Cr Mn Fe Cu Zn
Tableau periodique. Les elements
Rb Sr y Zr Nb M() Tc Ru Rh Pd Ag Cd a
des groupes lA VIllA sont les
elements non transitionnels. Les
Cs Ba La Hf Til w Re Os Ir Pt Au Hg
autres elements sont appeles
Fr Ra Ac Rf Db Sg Bh Hs Mt Uun Uuu metaux de transition. Le trait gras
separe les metaux des non-metaux.
Les elements qui possedent Ia a
fois un caractere metallique et
lanthanides Ce Pr Nd Pm Sm Eu Gd 1b Dy Ho Er Tm Yb Lu un caractere non metallique
actinides Th Pa u Np Pu Am Cm Bk Cf Es Fm Md No Lr (les semi-metaux) occupent les
cases colorees en bleu .
les electrons est superieure a celles des autres elements plus grands du groupe lA.
L'hydrogene forme ainsi des liaisons covalentes avec les non-metaux, alors que les
autres elements du groupe lA cedent leur electron de valence a des non-metaux et
deviennent des cations de charge 1+ dans des composes ioniques.
On observe egalement cet effet de taille dans les autres groupes. Par exemple, les
oxydes metalliques des elements du groupe ITA sont tous tres basiques, a!'exception
de celui du premier element du groupe : I' oxyde de beryllium, BeO, est amphotere. La
basicite d'un oxyde depend de son caractere ionique; les oxydes ioniques contiennent
I' ion oz-, qui reagit avec l'eau pour former deux ions OH-. Tousles oxydes des ele-
ments du groupe IIA sont fortement ioniques, a!'exception de l'oxyde de beryllium,
dont le caractere covalent est important. Le petit ion BeZ+ peut en fait polariser le
((nuage» electronique de I' ion oz-. ce qui entraine unimportant partage d'electrons.
On constate le meme phenomene avec les elements du groupe IliA, dans lequel seul
le petit atome de bore se comporte comme un non-metal- ou quelquefois comme un
semi-metal-, alors que !'aluminium et les autres elements sont des metaux reactifs.
Dans le groupe IVA, l'effet de taille se traduit par des differences spectaculaires
entre les proprietes chimiques du carbone et celles du silicium. La chimie du carbone
repose sur des molecules constituees de chaines de liaisons C-C, alors que celle du
silicium repose sur des liaisons Si-0 plutot que sur des liaisons Si-Si. Le carbone
fonne une grande variete de produits stables possedant de fortes liaisons simples
C-C. Le silicium forme egalement des composes avec des liaisons en chaine Si-Si,
mais ces composes sont beaucoup plus reactifs que les composes correspondants du
carbone. La raison de cette difference de reactivite entre les composes de carbone et
les composes de silicium est tres complexe, mais elle semble reliee aune difference
dans la taille des atomes de carbone et de silicium.
Le carbone et le silicium different egalement par leur capacite de former des
liaisons 7T. Comme nous l'avons vu a Ia section 7.1, le dioxyde de carbone est com-
pose de molecules COz distinctes, decrites par le diagramme de Lewis
O=C=O
dans lequelles atomes de carbone et d'oxygene adoptent une configuration electro-
nique semblable acelle du neon en formant des liaisons 7T. Par contre, la structure de
Ia silice (formule empirique: SiOz) est basee sur des tetraedres Si04 lies entre eux
406 COOpitre Neuf Elements non lronsilionnels : groupes lA oIVA
37 31
B c N 0 F Ne
,- - /'
~·
Be,
152 112 85 77 75 73 72 71
"'C"
·s"'
0
186 160 143 118 110 103 100 98
~
<:: ,..
0
K Ca Ga (J<;; •
"As' .S,e Br-. ' Kr
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.g
<::
227 197 135 122 120 119 114 112
.§0
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e
bll I J -Xe
St (n Sn Sb, Te l
"'"'
Rb
I"" ..... /
rJgUI'e 9.2 Cs B<~; T~ PJ>. Bi_: Po At Rn
par des ponts Si-0-Si (voir Ia figure 9.3). Le recouvrement peu efficace des orbitales
de valence 3p du silicium et des orbitales 2p de 1' oxygene, plus petites, ne permet pas
la formation de liaisons 1r; par consequent, les molecules Si02 individuelles, decrites
par le diagramme de Lewis
O=Si-0
sont ins tables. Les atomes de silicium adoptent plutot une configuration electronique
semblable a celle d'un gaz rare en formant plusieurs liaisons simples Si-0.
L'importance des liaisons 1r pour les elements relativement petits de la seconde
periode permet egalement d'expliquer les differentes formes elementaires des ele-
ments des groupes VA et VIA. Par exemple, 1' azote elementaire existe sous forme de
molecules N 2 tres stables, dont le diagramme de Lewis est
:N N:
Le phosphore elementaire forme de gros agregats d' atomes, le plus simple etant Ia
molecule tetraedrique P4 qui caracterise le phosphore blanc (voir Ia figure 10.12).
Comme les atomes de silicium, les atomes de phosphore relativement gros ne for-
ment pas de fortes liaisons 1r; ils adoptent plut6t une configuration electronique sem-
blable a celle d'un gaz rare en formant des liaisons simples avec plusieurs autres
atomes de phosphore. Par contre, les tres fortes liaisons 7T de la molecule N 2 font de
cette derniere la forme Ia plus stable de 1' azote elementaire. De Ia meme maniere,
dans le groupe VIA, Ia forme Ia plus stable de I' oxygene elementaire est la molecule
9.1 Vue d'ensemble des elements non tronsitionnels 407
0 2 , qui possecte une liaison double, alors que l'atome de soufre, plus gros, forme de
plus gros agregats, comme Ia molecule cyclique S 8 (voir La figure 10.16) qui ne com-
II
II
~
q "'
~
::,.
\\
),
:;::.'
porte que des liaisons simples. ·~ q '
~
\1 11 "" ~
q'
La variation relativement importante de la taille, qu' on observe Iorsqu' on passe de 1> ~ ll II 1' "\;
la premiere aIa deuxieme periode, influence egalement de fa~on notable les elements "' .,
du groupe VIlA. Par exemple, l'affinite electronique du fluor est inferieure a celle du II ~
' "" \\ "'
"'
chlore. On peut expliquer cet ecart a La regie generale par le fait que le fluor possecte
de petites orbitales 2p, ce qui entraine une repulsion anormalement elevee entre les
electrons. On peut ainsi expliquer Ia faiblesse relative de la liaison dans Ia molecule
·~ <'?
' II
"" a~
il
t' ~
"'
!I
II
~(
.,
.,_
ij
1\ ~
F2 en termes de repulsion entre les doublets libres, comme l'illustre le diagramme de """ "" ,, -:;. ""
Lewis suivant : "" \\
:F-F:
A cause de leur petite taille, les atomes de fluor permettent aux doublets libres
d'etre tres voisins, ce qui entraine une repulsion plus forte que celle qui a lieu dans la
[Link] 2, constituee de plus gros atomes.
Par consequent, 1' augmentation relativement importante du rayon atomique, entre
le premier element et le deuxieme element d'un groupe donne, confere au premier
element des proprietes appreciablement differentes de celles des autres elements de
Figure 9.3
ce groupe.
Structure du quartz !formule
empirique: SiOz). Fondamentale-
Abontlance et preparation ment, Ia structure est composee de
tetraedres de Si04 , dans lesquels
Le tableau 9.1 presente la repartition des elements dans la croilte terrestre, les oceans chaque a tome d' oxygene est
et !'atmosphere. L'element principal est, naturellement, ]'oxygene, qu'on retrouve portage par deux atomes de
dans )'atmosphere sous forme de 0 2 , dans les oceans, sons forme de H 2 0 et dans Ia silicium.
croute terrestre, principalement sous forme de silicates et de carbonates.
Le deuxieme element le plus abondant, le silicium, est present partout dans la croilte
terrestre sous forme de silice et de silicates - qui constituent la base du sable, des
roches et du sol. Les metaux les plus abondants, I' aluminium et le fer, soot presents
dans des rninerais, associes a des non-metaux, le plus souvent 1' oxygene. Au tableau
9.1, on remarque que la plupart des metaux de transition soot peu abondants. Ainsi,
etant donne que nombre de ces elements relativement rares prennent de plus en plus
d'importance en technologie de pointe, le fait, pour un pays, de posseder des gisements
de minerais contenant des metaux de transition pourrait eventuellement exercer plus
d'influence sur la politique mondiale que Ia possession de champs petrolileres.
La repartition des elements dans les organismes vivants est fort differente de celle
des elements dans la croute terrestre. Le tableau 9.2 presente la repartition des ele-
ments dans le corps humain. L'oxygene, le carbone, l'hydrogene et I' azote sont les
elements de base de toutes les biomolecules importantes. Les autres elements, bien
qu'ils soient presents en quantites relativement faibles, jouent souvent un role crucial
dans le maintien de la vie. Dans le corps humain, on retrouve ainsi du zinc dans plus
de 150 biomolecules differentes.
Dans la nature, on ne retrouve qu ' un quart environ des elements so us forme libre;
la plupart y sont presents sous forme combinee. On appelle metallurgie !'ensemble
des processus qui permettent d'extraire un metal de son minerai. Dans les minerais,
les metaux etant surtout presents sous forme de cations, la metallurgie repose toujours
sur des reactions de reduction qui permettent de ramener les ions a leur etat elemen-
taire (etat d'oxydation zero). Pour ce faire, on peut recourir a une grande variete
Dans l' industrie, le carbone est le d' agents reducteurs; cependant, on choisit en generalle carbone, acause de son abon-
n§ducteur d' ions metalliques le moins dance et de son cout relativement faible. On !'utilise, par exemple, dans la production
couteux et le plus facilement acces- de l' etain et du plomb.
sible.
2SnO(s) + C(s) 2Sn(s) + COz(g)
chaleur
2PbO(s) + C(s) ~ 2Pb(s) + COz(g)
Pour reduire les metaux les plus reactifs (les alcalins et les alcalino-terreux), on a
sou vent recours aI' electrolyse de leurs halogenures fondus.
600
2NaCl(l) oc 2Na(l) + Clz(g)
electrolyse
Les methodes de preparation des non-metaux varient considerablement. On pre-
pare en general I' azote et I' oxygene elementaire par liquefaction de I' air, qui est une
methode basee sur le principe qu'un gaz se refroidit quand il prend de !'expansion.
Apres chaque etape d'expansion, on comprime une partie du gaz, alors plus froid, et
9.2 Elements du groupe lA 409
A la section 5.14, nous avons appris que les metaux alcalins reagissent tous tres
violemment avec l'eau pour produire de l'hydrogene.
2M(s) + 2H 2 0(/) ~ 2M+(aq) + 20H-(aq) + H2 (g)
Analysons de nouveau cette reaction, car elle permet d'illustrer plusieurs notions
importantes. Compte tenu des valeurs des energies d'ionisation, on devrait s'attendre
ace que le lithium soit, parmi les metaux alcalins, 1' agent reducteur le plus faible en
milieu aqueux. Or, son potentiel standard indique qu'il est le plus fort. Cette ap-
parente contradiction est principalement imputable a ]'importance de 1' energie d'hy-
dratation du petit ion Li+: a cause de sa densite de charge relativement forte, l'ion Li+
attire de fas:on tres efficace les molecules d'eau. Ce processus, qui est accompagne
d'une importante liberation d'energie, favorise ainsi la formation de I'ion Li+ et fait
du lithium un puissant agent reducteur en milieu aqueux.
Nous avons egalement appris ala section 5.14 que le lithium, bien que ce soit le
meilleur agent rooucteur, reagit plus lentement avec I' eau que le sodium ou le potas-
sium, parce que, en tant que solide, il a un point de fusion plus eleve que ceux de ces
elements. II ne fond pas et ne se repand pas sur I' eau comme le font le sodium et le
potassium: la surface de contact avec 1' eau est done plus faible.
Grace a la relative facilite avec laquelle ils perdent leur electron pour former des
cations M+, les metaux alcalins reagissent avec des non-metaux pour former des
composes ioniques. Par ailleurs, meme si on peut s'attendre a ce que les metaux
alcalins reagissent avec l'oxygene pour former des oxydes de formule generale MzO,
le lithium est le seul qui reagit ainsi en presence d'un exces d'oxygene.
4Li(s) + 0 2 (g) ~ 2Li 2 0(s)
Le sodium forme du Na2 0 solide lorsque l'apport d'oxygene est limite, mais il
forme duperoxyde de sodium lorsqu'il y a un exces d'oxygene.
2Na(s) + 0 2 (g) ~ NazOz(s)
Le peroxyde de sodium, qui contient 1' anion basique Ol-, reagit avec l' eau pour
former le peroxyde d'hydrogene et des ions hydroxydes.
Na2 0 2 (s) + 2H2 0(/) ~ 2Na+(aq) + H2 0 2 (aq) + 20H-(aq)
Structure du peroxyde d'hydrogE'me : Le peroxyde d'hydrogene est un agent d'oxydation puissant qu'on utilise pour
H decolorer les cheveux ou pour desinfecter les plaies.
:o-o{ Le potassium, le rubidium et le cesium reagissent avec 1' oxygene pour produire
H/ ..
des superoxydes de formule generale M02 , qui contiennent I' anion 0 2-. Le potas-
sium reagit ainsi avec I' oxygene conformement a la reaction suivante:
K(s) + 0 2 (g) ~ KOz(s)
Les superoxydes liberent de 1' oxygene en reagissant avec 1' eau ou avec le dioxyde
de carbone.
2M02 (s) + 2H2 0(1) ~ 2M+(aq) + 20H-(aq) + Oz(g) + HzOz(aq)
4MOz(s) + 2C0z(g) ~ 2MzC03(s) + 30z(g)
Grace aces reactions, on recourt aux superoxydes dans les respirateurs autonomes
utilises par les pompiers ou en cas d'urgence dans les laboratoires et usines lorsqu'il
y a production de vapeurs toxiques.
Le tableau 9.5 presente les types de composes formes par les reactions des metaux
alcalins avec I' oxygene.
Le lithium est le seul metal alcalin qui reagit avec l'azote gazeux pour former un
nitrure contenant I' anion N3-.
6Li(s) + N 2 (s) ~ 2Li3N(s)
Le tableau 9.6 presente un resume de certaines reactions importantes des metaux
alcalins.
9. 2 Elements du groupe lA 4 11
Les ions des metaux alcalins sont necessaires au bon fonctionnement des systemes
biologiques comme les nerfs et les muscles: on retrouve ainsi lesions Na+ et K+ dans
toutes les cellules etles liquides de l'organisme. Dans le plasma, leurs concentrations
sont les suivantes :
[Na+] == 0,15 mol/L et [K+] == 0,005 mol/L
Dans le liquide intracellulaire, leurs concentrations sont inversees ; ainsi
[Na+] "' 0,005 mol/L et [K+] "'0, 16 mol/L
Etant donne que ces concentrations intracellulaires et extracellulaires sont si dif-
ferentes, un mecanisme complexe compose de ligands selectifs doit permettre le
transport des ions Na+ et K+ a travers les membranes des cellules.
Recemment, on a etudie le role de I' ion Li+ dans le cerveau humain. On utilise ainsi
abondamment le carbonate de lithium dans le traitement des maniaco-depressifs : 1'ion l'effet du lithium sur le comportement
Li+ semble modifier la concentration des neurotransmetteurs, c'est-a-dire des humain a ete aborde au chapitre 5
molecules chargees de Ia transmission des influx nerveux. Une concentration (voir Ia rubrique «Impact»).
inadequate de ces molecules pourrait etre a1' origine de la depression ou des manies.
reaction commentaire
Solution
a) Le Li 3 N solide contient I' anion N 3- qui, parce qu'il manifeste une forte attraction
envers les ions H+, forme NH3 . Par consequent, la reaction est
Le sodium reagit fortement avec le
Li 3 N(s) + 3Hz0(l) ~ NH3 (g) + 3Li+(aq) + 30H-(aq) chlore.
4 12 Chopitre Neuf Elements non tronsitionnels: groupes lA oIVA
b) Le K02 solide est un superoxyde qui reagit de f~on caracteristique avec l'eau
pour produire 0 2, H202 et I' ion OH-.
2K02(s) + 2H20(l) ~ 2K+(aq) + 20H- (aq) + 02(g) + H 20 2 (aq)
(Voir les exerdces 9.17 et 9.18)
9.3 Hytlrogene
Dans des conditions normales de temperature et de pression, l'hydrogene est un gaz
incolore, inodore, compose de molecules H 2. A cause de sa faible masse molaire et
de son absence de polarite, l'hydrogene a un point d'ebullition (-253 oq et un point
de fusion (-260 oq tres faibles. L'hydrogene est tres inflammable: des melanges
d' air qui contiennent entre 18 et 60% d' hydrogene, par volume, sont explosifs.
(Voici une experience qu' on effectue souvent en classe : on fait barboter de l'hy-
drogene et de 1' oxygene dans de I' eau savonneuse ; puis on enflamme les bulles ainsi
formees a l'aide d'une bougie fixee au bout d'un long baton; il se produit alors une
forte explosion.)
La principale source industrielle d'hydrogene est Ia reaction du methane avec
l'eau a haute temperature (800-1000 oq eta pression elevee (1000-5000 kPa), en
presence d'un catalyseur metallique, le plus souvent le nickel.
C~( ) + H O( ) chaleur, pression
g 2 g catalyseur
N ( ) + 3H ( ) chaleur "lression
2 g 2 g catalyseur (
On utilise egalement de grandes quantites d'hydrogene pour hydrogener les huiles --- -- I _,_ - '
tres reactifs. On appelle hydrures les composes binaires qui contiennent de l'hy-
oxygene
drogene; il existe trois classes d' hydrures: les hydrures ioniques, les hydrures cova-
lents et les hydrures metalliques. 'J hydrogene
II y a formation d'hydrures ioniques quand l'hydrogene se combine avec les
metaux les plus reactifs, c'est-a-dire ceux des groupes lA et IIA; ainsi, LiH et CaH2 Figure 9.5
sont des composes fonnes d"ions hydrures, H- , et de cations metalliques. Etant Structure de Ia glace montrant les
donne que la presence de deux electrons dans Ia petite orbitale ls entraine une impor- liaisons hydrogime.
tante repulsion electron-electron, l'ion hydrure est un puissant agent reducteur (il
cede facilement des electrons). Quand, par exemple, on ajoute des hydrures ioniques
a I'eau, une violente reaction a lieu. reaction qui donne naissance a de l'hydrogene.
LiH(s) + H20(/)- H2(g) + Li+(aq) + OH-(aq)
II y a formation d'hydrures covalents quand I'hydrogene se combine avec d' autres
non-metaux. On connait deja nombre de ces composes: HCI, C~. NH3 , H 20, etc.
L'hydrure covalent le plus important est indubitablement I' eau. La polarite de Ia
molecule d'eau permet d'ailleurs d'expliquer nombre des proprietes inhabituelles de
I' eau. Par exemple, son point d' ebullition est beaucoup plus eleve que ne permet de le On a discute des points d 'ebullition
prevoir sa masse molaire; sa chaleur de vaporisation et sa chaleur specifique impor- des hydrures covalents a Ia section
tantes en font un excellent agent de refroidissement. Sa masse volumique est plus 8 . 1.
elevee a I' etat liquide qu' a I' etat solide, ce qui est du a Ia structure ouverte de Ia glace,
structure qui decoule de Ia formation maximale de liaisons hydrogene (voir La .figure
9.5). Par ailleurs, etant donne que I' eau est un excellent solvant des substances ioniques
et polaires, elle constitue un milieu favorable aux processus vitaux. En fait, I' eau est
l'un des rares hydrures covalents qui ne soit pas toxique pour les organismes.
II y a formation d'hydrures metalliques (ou d'insertion) quand l'hydrogene
reagit avec des metaux de transition. Les molecules d'hydrogene sont dissociees ala
surface du metal, et les petits atomes d'hydrogene sont disperses dans Ia structure
cristalline, oil ils occupent les trous, ou interstices. Ces melanges metal-hydrogene
ressemblent davantage a des solutions solides qu'a de vrais composes. Le palladium,
par exemple, peut absorber environ 900 fois son volume d 'hydrogene. C' est pourquoi
on peut purifier l'hydrogene en le comprimant legerement dans un recipient dote
d'une mince paroi de palladium : l'hydrogene diffuse dans Ia paroi de metal et Ia tra-
verse, ce qui le debarrasse de ses impuretes.
Toutefois, meme si l'hydrogene peut reagir avec les metaux de transition pour for-
mer des composes de composition fixe, la plupart des hydrures metalliques om une
composition variable (souvent appelee composition non strechiometrique) et des for-
mules du type LaH2,16 ou VHo,5 6. La composition de ces hydrures non stcechio-
metriques varie, entre autres, en fonction de Ia duree d'exposition du metal au gaz
hydrogene.
4 14 Chopitre Neuf Elements non tronsitionnels : groupes lA oIVA
,
IIA
9.4 Elements tlu groupe 1/A
Les elements du groupe IIA (configuration des electrons de valence : ns 2 ) sont tres
reactifs; ils cedent leurs deux electrons de valence pour former des composes io-
niques qui contiennent des cations M 2 +. Ces elements, communement appeles
Un oxyde amphotere se
comporte soil comme un metaux alcalino-terreux (a cause de leur position entre les metaux alcalins et les
acide, soil comme une metaux de transition, autrefois appeles terres), possedent des oxydes basiques.
base MO(s) + H2 0(l)------+ M 2+(aq) + 20H-(aq)
Seull'oxyde de beryllium amphotere, BeO, est dote de quelques proprietes
acides, comme Ia capacite d'etre dissous dans une solution aqueuse qui contient des
ions hydroxydes.
BeO(s) + 20H- (aq) + H2 0(l)------+ Be(OH)4 2- (aq)
Les metaux alcalino-terreux les plus reactifs reagissent avec 1' eau de la meme
maniere que les metaux alcalins le font, c'est-a-dire en produisant de l'hydrogene.
M(s) + 2H2 0(l)------+ M 2+(aq) + 20H- (aq) + Hz(g)
Le calcium, le strontium et le baryum reagissent avec violence a 25 oc. Le beryl-
lium et ]e magnesium, elements moins facilement oxydables, ne reagissent pas de
fac;on notable avec l' eau a 25 oc; le magnesium reagit toutefois avec I' eau bouil-
lante. Le tableau 9.7 presente un resume des diverses proprietes, sources et modes de
preparation des metaux alcalino-terreux.
Ahaute temperature, les alcalino-terreux Ies plus lourds reagissent avec l'awte ou
l'hydrogene pour produire des nitrures ou des hydrures.
3Ca(s) + Nz(g)------+ Ca3Nz(s)
Ca(s) + Hz(g)------+ CaHz(s)
Le magnesium, le strontium et le baryum forment des composes semblables.
L' hydrure de bery Ilium n' est pas forme par la combinaison directe des elements ; on
peut toutefois le preparer a l' aide de Ia reaction suivante:
BeC12 + 2LiH ~ BeH2 + 2LiCI
Le partage d'atome d'hydrogene entre les atomes de beryllium confere ala for-
mule BeH2 une structure polymerique (voir Ia .figure 9.6). Selon la themie des elec-
trons localises, il existe un seul doublet d'electrons destine a lier chaque ensemble
Be-H-Be : c' est ce qu' on appelle une liaison tricentrique ( ou « banane » ), etant
donne que trois atomes partagent un doublet d'electrons. On suppose egalement que
ce type de liaison tricentrique permet d'expliquer Ia liaison presente dans d'autres
le calcium metallique reagit avec composes pauvres en electrons (composes dans lesquels le nombre de doublets
l'eau en formant des bulles d' electrons est inferieur au nombre de liaisons), comme les hydrures de bore (voir la
d'hydrogE'me gazeux. section 9.5).
9.4 Elements du groupe IIA 415
Quelques proprietes physiques1 sources et modes de preparation des elements du groupe IIA
energie
d'ionisation
rayon (kJ/mol)
dew+ potentiel standard (V) pour mode de
element (pm) premiere seconde M 2 + +2e- ~ M source preparation
I
:Cl: "H :CI H
',, ~C~ ~CI~ /
A l'etat solide, l'atome de beryllium present dans BeC1 2 acquiert un octet d'elec- )3e Be, /Be,
trons en formant un reseau d'extension indeterminee, dans lequel il adopte une struc- '' "Cl/ "Cl ',
..... ·
ture tetraedrique (voir La figure 9. 7). Les doublets libres des atomes de chlore sont b)
utilises pour former les liaisons Be-Cl supplementaires.
Les metaux alcalino-terreux ont une grande importance sur le plan pratique. Le r'9ure 9.7
calcium et le magnesium, par exemple, sont essentiels a Ia vie. On trouve surtout le a) On peut considerer que le
calcium dans les elements structuraux, comme les os et les dents ; le magnesium, BeCI2 solide est forme de nom-
breuses molecules BeCI2, dans
quanta lui, joue un rOle important (sous forme d'ions Mg 2+) dans le metabolisme et
lesquelles les doublets libres des
l'activite musculaire. On utilise egalement le magnesium pour produire Ia lumiere atomes de chlore sont utilises pour
brillante des eclairs photographiques, a partir de sa reaction avec I' oxygene. relier les atomes de beryllium aux
2Mg(s) + 0 2( g ) - 2Mg0(s) + lumiere molecules BeCb adjacentes. b)
Structure detaillee du BeCI 2 solide,
A cause de sa masse volumique relativement faible et de sa resistance moderee, le dans laquelle chaque atome de
magnesium metallique est un materiau de structure tres utile, particulierement sous beryllium possede un octet d'elec-
forme d'alliages d'aluminium. trons.
416 Chupitre Neuf Elements non frunsitionnels: groupes lA oIVA
a)
resine eaudure
...
s~+ Na+
- ~:+-
SO)-; Na+...,.
"-::"o
=B
=H
a) b)
r~gure 9.9
a) Structure de B2H6, avec ses deux liaisons tricentriques (ou « bananes ») B-H-B
et ses quatre liaisons « normales » B-H. b) Structure de BsH9. Cette molecule pos-
a
sede cinq liaisons « normales » B-H et quatre liaisons tricentriques Ia base de Ia
pyramide.
Guelque$ proprietes physiques,. sources .t modes de preparation des elem~ du .groupe RIA
rayon energie
deM 3 + d' ionisation potentiel standard (V) mode de
elemem (pm) (kJ/mol) pour M3+ + 3e- ~ M source preparation
substances tres reactives. La reaction des boranes avec I' oxygene degage ainsi beau-
coup de chaleur; on a meme envisage de les utiliser comme combustible pour les
fusees, dans le programme spatial americain.
L' aluminium, le metal le plus abondant sur la Terre, est dote des proprietes
physiques des metaux (entre autres, bonnes conductibilites calorifique et electrique,
et apparence brillante); toutefois, ses liaisons avec les non-metaux sont surtout de
nature covalente. Cette covalence est responsable du caractere amphotere de Al2 0 3
(soluble en milieu basique et en milieu acide) et du caractere acide de Al(H2 0) 6 3+.
Une propriete particulierement interessante du gallium est son point de fusion
anormalement bas (29,8 °C), qui contraste fortement avec le point de fusion de }'alu-
minium (660 °C). Son point d'ebullition (de l'ordre de 2400 oq en fait le metal qui
demeure aI' etat liquide pour Ia plus vaste gamme de temperatures; c 'est pourquoi on
l'utilise dans les thermometres destines a mesurer de hautes temperatures. Comme
l'eau, le gallium prend de I' expansion lorsqu'il gele. Les caracteristiques chimiques
Le gallium metallique a un point du gallium ressemblent considerablement a celles de )'aluminium: par exemple,
de fusion tellement bas (30 oq Ga2 0 3 est une substance amphotere.
qu'il fond dans Ia main. Les caracteristiques chimiques de !'indium ressemblent acelles de !'aluminium et
acelles du gallium; il forme toutefois, en plus de composes qui contiennent l'ion de
charge 3+, des composes qui contiennent I' ion de charge 1+, comme InCI et ln2 0.
Le thallium possede les caracteristiques chimiques d'un element metallique. Par
exemple, T)z03 est un oxyde basique. On retrouve couramment les deux etats d'oxy-
dation + 1 et +3 pour le thallium; T)z03 , T)zO, TICI 3 et TICI sont tous des composes
bien connus. La tendance des elements les plus lourds du groupe IliA aposseder, en
plus de l'etat d'oxydation 3+, l'etat d'oxydation 1+, est appelee phenomene do dou-
Nous n'abordons pas ici l'explication blet inerte - phenomene qu, on retrouve egalement avec les elements du groupe
du phenomime du doublet inerte, a IVA: le plomb et l'etain possedent deux etats d'oxydation, +4 et +2.
cause de sa complexite liee aun Le tableau 9.10 presente quelques-unes des reactions importantes des elements du
traitement relativiste de l'atome.
groupe IliA.
Sur le plan pratique, )'importance des elements du groupe IliA conceme surtout
!'aluminium. Depuis Ia decouverte par Hall et Heroult du processus d'electrolyse,
I' aluminium est devenu un materiau de structure qu' on utilise dans une grande va-
riete d'applications, du fuselage des avions aux cadres de bicyclette. L'aluminium est
particulierement important a cause de son rapport resistance/poids eleve et du fait
qu'il se protege lui-meme contre la corrosion (il se couvre d'un revetement d' oxyde
dur et adherent).
reaction commentaire
C' est dans le groupe IVA (configuration des electrons de valence: ns 2 np2 ) qu' on
retrouve les deux elements les plus importants sur la Terre : le carbone, element fon-
damental de toute molecule essentielle a Ia vie, et le silicium, element de base du
regne mineral. On observe egalement, pour les elements du groupe IVA, une varia-
tion du caractere metallique (comme pour les elements du groupe IliA) : le carbone
est un non-metal typique; le silicium et le germanium sont en general consideres
comme des semi-metaux; l'etain et le plomb sont des metaux. Le tableau 9.11
presente quelques proprietes physiques, sources et modes de prepamtion des ele-
ments de ce groupe.
Tousles elements du groupe IVA peuvent former quatre liaisons covalentes avec
des non-metaux, par exemple: Cf4, SiF4 , GeBr4 , SnC4 et PbC4. Selon la theorie des
electrons localises, dans chacune de ces molecules tetraedriques, I' atome central est
hybride sp3 . Tous ces composes, a !'exception de ceux du carbone, peuvent reagir
avec des bases de Lewis pour former deux liaisons covalentes supplementaires. Par
exemple, SnCl4, qui est un liquide fumant (teb = 114 °C), peut accepter deux ions
chlorures.
SnC4 + 2CI- - SnCI6 2-
Les composes du carbone ne sont pas dotes de cette propriete, acause de la petite
taille de I' atome de carbone et de 1' absence d' orbitales d inoccupees - lesquelles sont
par ailleurs presentes dans les autres elements du groupe et peuvent done accepter
des electrons supplementaires.
On sait en outre que le carbone differe de fa~on notable des autres elements du
groupe IVA par sa capacite de former des liaisons 7T, ce qui permet d'expliquer les
differences de structure et de proprietes du C02 et du Si02 . A l'examen du tableau
9.12, on constate que les liaisons C--C et Si-D sont plus fortes que les liaisons Si-Si.
C' est pourquoi les principales caracteristiques chimiques du carbone reposent sur energie de limson
des liaisons C--C et celles du silicium, sur des liaisons Si-D. liaison (kJ/mol)
Dans la crofite terrestre, on retrouve le carbone sous deux formes allotropiques, le
graphite et le diamanl. Le carbone existe egalement sous d'autres formes, notamment c-c 347
Si-Si 340
le buckminsterfullerene (C60) et autres substances apparentes. On trouvera a Ia sec-
Si-0 452
tion 8.5 les structures du graphite et du diamant.
4 20 Chopitre Neuf Elements non tronsilionnels : groupes lA iJ IVA
Meme si le graphite est, du point de Le monoxyde de carbone, CO, un des trois oxydes de carbone, est un gaz inodore
vue thermodynamique, plus stable et incolore, a 25 oc eta 101,3 kPa. C'est un sous-produit de Ia combustion des com-
que le diamant, on n'observe pas, poses organiques en presence d'une quantite limitee d'oxygene. La toxicite de CO
dans des conditions normales Ia
transformation du diamant en
est telle que le fait de respirer de I' air qui n'en contient que 0,1% peut entramer Ia
graphite. perte de conscience en moins d'une heure. n faut done se mefier des moteurs ou des
foumeaux dont I' echappement n 'a pas lieu a l' air libre. Pour decrire la liaison
En Russie, des geologues ont recem- presente dans le monoxyde de carbone,
ment decouvert des fullerenes dans de
:G=():
vieilles roches .
on considere qu'un atome de carbone et un atome d'oxygene hybrides sp reagissent
pour former une liaison u et deux liaisons 7T.
Le dioxyde de carbone, molecule lineaire
O=C=O
qui possecte un atome de carbone hybride sp, est un produit de la respiration de
l'homme et des animaux et de la combustion des combustibles fossiles. C'est egale-
ment un produit de la fermentation, procede au cours duquelle sucre des fruits et des
grains est transforme en ethanol, C 2H 5 0H, et en dioxyde de carbone.
1
C6H1206(aq) - U) L
glucose
Le beton
e beton a pour ainsi dire trace la sec et dur parce que I' eau sert a former les des betons prepares. Les chercheurs ont
SnF4 , sont tous des composes relativement volatils (voir le tableau 9.13) qui se
comportent en general beaucoup plus comme des composes moleculaires que comme
des composes ioniques, ce qui est sans aucun doute du au rapport charge/rayon trop
eleve qui caracteriserait l'ion Sn 4 + s'il existait. Ainsi, au lieu de posseder des ions Sn4 +
et des ions x-, les halogenures d' etain(IV) possedent des liaisons covalentes Sn-X. On
est a peu pres certain que l'ion Sn4+ n'existe pas dans ces composes, ni dans aucun
autre d'ailleurs. Le compose SnF4 n'est pas tres volatil, non pas parce qu'il contient
des ions Sn4 + et F-, mais parce qu'il consiste en un melange d'ions SnF62- et SnFl+.
Les halogenures d' etain(II) sont beau coup moins volatils que les composes
d'etain(IV) correspondants. En fait, ce sont probablement des composes ioniques, Tableau 9.13
I
oupe NA
reaction commentaire
Resume
Les proprietes chimiques des elements non transitionnels sont determinees par leurs
electrons de valences etp. Meme si les proprietes chimiques des elements d'un groupe
donne se ressemblent beaucoup, on retrouve d'importantes differences entre celles du
premier element du groupe et celles des autres, a cause de la difference de taille de
leurs atomes. Par exemple, l'hydrogene (groupe lA) a un atome beaucoup plus petit
que celui du lithium; il forme ainsi des liaisons covalentes parce qu'il manifeste une
attraction beaucoup plus grande pour les electrons que ne le font les autres elements
du groupe IA. C' est le premier element d' un groupe qui forme les liaisons 1T les plus
fortes; c 'est pourquoi I' azote et I' oxygene existent so us forme de molecules N2 et 0 2,
alors que le phosphore et le soufi"e existent sous forme de molecules P 4 et S8 .
L'element le plus abondant est I' oxygene, suivi du silicium. Les metaux les plus
abondants sont !'aluminium et le fer, qu'on retrouve dans des minerais combines a
des non-meraux (principalement !'oxygene).
La configuration des electrons de valence des elements du groupe lA est ns 1 ; ces
elements cedent facilement un electron pour former des ions M+ (sauf l'hydrogene,
qui est un non-metal). Les metaux alcalins reagissent fortement avec l'eau pour for-
mer des ions M+ et OH-, ainsi que de l'hydrogene; avec I' oxygene, ils forment une
serie d'oxydes: le lithium forme un oxyde classique, Li2 0; le sodium forme un
peroxyde, Na2 0z, en presence d'un exces d'oxygene; le potassium, le rubidium et le
cesium forment des superoxydes de formule generale M02 .
L' hydrogene peut former des composes covalents avec d'autres non-metaux et des
sels avec des metaux tres reactifs. Les composes binaires d'hydrogene sont des
hydrures. Les hydrures ioniques sont produits par Ia reaction de I'hydrogene avec des
meraux des groupes IA et IIA. L'ion hydrure, H- , est un puissant agent reducteur. Les
hydrures covalents sont produits par la reaction de l'hydrogene avec d'autres non-
metaux. Des hydrures metalliques (ou d'insertion) resultent de Ia migration d'atomes
d'hydrogene dans le reseau cristallin de meraux de transition.
Les elements du groupe IIA (configuration des electrons de valence: n?), appeles
metaux alcalino-terreux, forment des oxydes basiques. Seull'element du groupe (le
premier) dont l'atome est le plus petit le beryllium, forme un oxyde amphotere. Les
metaux alcalino-terreux reagissent moins violemment avec l'eau que ne le font les
metaux alcalins, le beryllium et le magnesium ne reagissant pas du tout a25 oc_ Les
metaux alcalino-terreux plus lourds forment des nitrures et des hydrures ioniques. Le
424 Chopitre Neuf Elements non tronsitionnels: groupes lA oIVA
solide BeH2 est un compose polymerique qui possede des liaisons tricentriques (ou
« bananes » ), dans lesquelles un doublet d' electrons est partage par trois a tomes.
L'eau «dure)) contient ·des ions Ca 2+ et Mg 2+, qu'on peut eliminer par precipita-
tion sous forme de CaC03 ou par !'utilisation des resines echangeuses d'ions -
molecules polymeriques qui possedent plusieurs sites ioniques dans lesquels sont
habituellementfixes des ions Na+. Quand l'eau dure passe a travers laresine, lesions
Ca 2 + et Mg 2 + prennent La place des ions Na+; ils sont ainsi elirnines de I' eau.
Les elements du groupe IliA (configuration des electrons de valence: ns2np 1)
presentent un caractere metallique accru au fur eta mesure qu'on progresse dans le
groupe. Le bore est un non-metal qui forme des hydrures covalents appeles
« boranes )) ; ces composes, tres pauvres en electrons, possedent des liaisons
« bananes )) ; ils sont par consequent tres reactifs. L' aluminium, un metal, possede
quelques caracteristiques covalentes, comme le gallium et l'indium. Quant au thal-
lium, ses proprietes sont indubitablement celles d'un metal.
Les elements du groupe IVA (configuration des electrons de valence: ns2 np2 )
presentent un caractere metallique accru au fur et a mesure que leur numero ato-
mique augmente. Tous ces elements peuvent cependant former des liaisons cova-
lentes avec les non-metaux. Les composes M~, a !"exception de ceux du carbone,
peuvent reagir avec des bases de Lewis pour former deux liaisons covalentes supple-
mentaires. Les composes C~ ne peuvent pas reagir de cette fac;:on, puisque le car-
bone ne possede pas d'orbitales 2d et que ses orbitales 3d ont un niveau d'energie
trop eleve pour qu'elles puissent etre utilisees.
Mots des
Section 9.1 metallurgie Section 9.3 echange d'ions
elements non transitionnels electro lyse hydrure resine echangeuse d'ions
metaux de transition liquefaction hydrure ionique Section 9.5
lanthanides Section 9.2 hydrure covalent boranes
actinides meraux alcalins hydrure metallique (d'insenion) phenomene du doublet
meta!Jo"ides (semi-metaux) Section 9.4
superoxyde inerte
nitrure metaux alcalino-teneux
eau dure
A toute question ou tout exercice precedes d ' un numero en
bleu , Ia reponse se trouve a Ia fin de ce livre.
Questions
1. Meme si Ia Terre a ete formee a partir de la meme matiere 6. Decrivez !'utilisation du superoxyde de potassium dans les
interstellaire que le Solei!. on retrouve peu d'hydrogene dans scaphandres de plongee autonome.
l'atmosphere terrestre. Comment peut-on expliquer ce 7. On prepare taus les meraux des groupes lA et IIA par electro-
phenomene? lyse de leurs sels fondus plut6t que par electrolyse de leurs
2. Donnez deux utilisations industrielles importantes de l' hy- solutions aqueuses. Pourquoi?
drogene. 8. Comment varie l'acidite des solutions aqueuses d'ions alca-
3. Nommez les trois types d'hydrures. En quai different-ils? lino-teneux (M2+) a mesure que I' on descend dans le groupe ?
4. Plusieurs sels de lithium sont hygroscopiques (absorbent l'hu- 9. Pourquoi le graphite est-il un si bon lubrifiant? Pourquoi est-
midite de I' air), alors que les sels des autres alcalins ne le sont il superieur aux lubrifiants a base de graisse ou d'huile?
pas. Expliquez. 10. Enumerez quelques differences structurales entre le quartz et
5. QueUe preuve justifie Ia presence de l'hydrogene dans le le Si0 2 amorphe.
groupe lA? Dans certains tableaux periodiques. l'hydrogene 11. Pourquoi les halogenures d'etain(IV) sont-ils plus volatiles
est isole. En quoi l'hydrogene differe-t-il d'un element type du que les halogenures d'etain(II)?
groupe lA?
Exercices 425
12. Quel type de semiconducteur fabrique-t-on quand un element 24. Ecrivez les equations equilibrees des reactions du Ca avec
du groupe IliA est contamine par du Si ou du Ge? chacun des composes suivants : 0 2, S8, P4 , H 2 et H20 .
13. Dans le tableau periodique, il existe des relations entre les ele- 25. Determinez les caracteristiques geometriques de Ia structure
ments places a Ia verticale ou en diagonale. Par exemple, Be et qui entoure l' atome de beryllium dans le compose CI 2BeNH3.
AI partagent certaines proprietes, tout comme B et Si. Quelies sont les orbitales hybrides utilisees par le beryllium et
Expliquez pourquoi ces elements partagent les memes pro- I' azote dans ce compose ?
prietes en ce qui concerne Ia taille, l'energie d'ionisation et
l'affinite electronique. 26. La reaction de BeCI2 avec un exces d'ammoniac formera-
t-elle BeCI 2NH 3 ou un autre compose? Fournissez les dia-
14. Definissez l'effet du doublet inerte. Quelle est son importance grammes de Lewis des autres produits susceptibles de se for-
dans les proprietes du thallium et du plomb? mer.
23. Le nitrure de magnesium et le phosphure de magnesium a) QueUes sont les caracteristiques geometriques de la
devraient reagir avec I' eau de Ia meme fayon que le nitrure de molecule C 302?
lithium. Ecrivez les equations decrivant les reactions du b) QueUes orbitales hybrides sont utilisees par les atomes de
nitrure et du phosphure de magnesium avec l'eau. carbone dans C302?
426 Chopitre Neuf Elements non tronsitionnels: groupes lA iJ IVA
36. Le carbone et le soufre forment des composes repondant aux 49. Le compose Ga2 CI4 est de couleur brune. Comment peut-on
formules suivantes: CS 2 et C3S 2 . Ecrivez les diagrammes de determiner experimentalement si ce compose contient deux
Lewis et prevoyez les formes de ces deux composes. ions gallium(II) ou un ion gallium(!) et un ion gallium(III) ?
(Element de reponse : prendre en consideration Ia configura-
37. Le silicium elementaire n'a ete isole qu' en 1823, quand tion electronique des trois ions suggeres.)
J.J. Berzelius reussit a reduire le KzSiF6 par du potassium
fondu. 50. L" aluminate tricalcique est un constituant important du ciment
a) Ecrivez I' equation equilibree de cette reaction. Portland. Par unite de masse, il contient 44,4% de calcium et
20,0% d'aluminium, 1e reste etant de I' oxygene.
b) Decrivez la liaison dans KzSiF6.
a) Determinez 1a formu1e empirique de )'aluminate trical-
38. On ne peut pas conserver l'acide fluorhydrique. HE dans du cique.
verre, etant donne qu'il reagit avec la silice, Si0 2 , pour pro- b) Avant 1975, on ignorait tout de 1a structure de I' aluminate
duire du SiF4 volatil. Ecrivez une equation equilibree de la tricalcique. La structure de 1'anion AI 6 0 18 18- est 1a sui-
reaction de HF avec le verre. vante:
39. Le fluorure stanneux, SnFz, est un compose qu' on a utilise il y
a quelques annees pour incorporer des ions fluorures aux pates
dentifrices. Quel autre nom peut-on donner au fluorure stan-
neux? • =AI
40. Nommez les composes PbO et Pb02 .
0 =0
41. La resistivite (mesure de la resistance electrique) du graphite
est de (0,4 - 5,0) X 10-4 ohm·cm dans une couche plane. (La
couche plane est la lamelle constituee d'anneaux de six
atomes de carbone.) Dans I' axe perpendiculaire ace plan, la
resistivite est de 0,2 a 1,0 ohm·cm. La resistivite du diamant Quelle est la formule moleculaire de I' aluminate tricalcique ?
(10 14 a 10 16 ohm·cm) est independante de la direction. Com- c) Comment peut-on decrire la liaison dans !'anion
ment peut-on expliquer cette difference en termes de struc- Al60l s 1s- ?
tures du graphite et du diamant? 51. A I' aide des energies de liaison (voir le tableau 5.4), evatuez
42. Le carbure de silicium, SiC, est une substance excessivement l'lH pour 1a reaction suivante :
dure. Proposez une structure pour le SiC.
0
II
fxercices supplementoires /c"
HO OH
43. Quelle est la structure de BeF2 en phase gazeuse? Quelle
serait sa structure en phase solide [BeF2 (s)]? Expliquez pourquoi il vaut mieux representer l'acide car-
bonique par C02 (aq) que par H2C03.
44. Dans les annees 50 et les annees 60, plusieurs pays ont fait
exploser des bombes atomiques dans !'atmosphere. Apres 52. QueUe est la proportion des ions plomb(II) et des ions
chaque explosion, il etait courant de surveiller la concentra- plomb(IV) dans le minium. Pb3 0 4 ?
tion de strontium-90 (isotope radioactif du strontium) dans le
lait. Pourquoi le strontium-90 a-t-il tendance a se retrouver 53. Quels elements du groupe IVA sont capab1es de reduire H+ en
dans le lait? Hz? Ecrivez des reactions equilibrees decrivant ces reactions.
45. On peut difticilement deshydrater le compose BeS04-4H2 0 54. On utilise des derives du dioctyletain pour stabi1iser le
par chauffage. Ce compose, dissous dans l'eau. produit une polymere chlorure de polyvinyle. On les traduit par cette reac-
solution acide. Expliquez ces deux phenomenes. tion:
2CH3 CHzCHzCH2CH 2CH 2CH2 CH 2 X + Sn
46. Le compose AlCl3, tres volatil, semble exister, en phase
----7 (C8 H17)zSnXz
gazeuse, sous forme de dimeres. Proposez une structure pour
ce dimere.
dans laquelle X represente un halogene. Predisez la structure
47. Supposons que I' element 113 existe. Quelle serait sa configu- de (C8 H 17)2SnCl2 .
ration electronique? Quels seraient Jes nombres d'oxydation
de cet element dans ses composes?
48. L'hydrure d'aluminium et de lithium, LiAIH 4, est un puissant
agent reducteur utilise dans Ia synthese de composes
organiques. Determinez J'etat d'oxydation de tousles atomes
deLiAlli).
Probleme de synthese 427
55. On a recemment synthetise des produits qui contiennent I' ion Probleme de synthese
Na- .
2Na +Crypt~ [Na(Crypt)]+Na- Ce probleme fait appel a plusieurs concepts et techniques de
ou Crypt designe I' agent cryptant, N[(C2~0hC 2 H4hN . resolution de problemes. les problemes de synthese peuvent
etre utilises en classe par des groupes d'etudiants pour leur
faciliter !'acquisition des habiletes necessaires a Ia resolution
de problemes.
57. Remplissez les blancs aI' aide des symboles des elements, qui
sont les reponses aux sept questions mentionnees ci-dessous.
La reponse est le nom d'un celebre scientifique americain. Ce
dernier est mieux connu comme physicien que comme
chimiste. De plus, a Philadelphie, dans l'institut qui porte son
L'agent cryptant contient l'ion Na+. Pourquoi faut-il empri- nom, il s' y fait egalement des recherches en biochimie.
sonner I' ion Na+ ?
56. Compte tenu des donnees fournies dans le present chapitre sur
Ia stabilite thermique de r etain blanc et de retain gris, la- ( I) (2) (3) (4) (5) (6) (7)
quelle de ces deux formes aurait une structure plus ordonnee?
l. L'oxyde de ce metal est amphotere.
2. Chose peut-etre surprenante pour vous, Ie sodium forme
avec cet element un compose binaire de formule NaX 3 ,
utilise dans les sacs gonflables.
3. Ce metal alcalin est radioactif.
4. Ce metal alcalin possede le potentiel de reduction standard
le plus negatif. Ecrivez son symbole en inversant les let-
tres.
5. La potasse est un oxyde de ce metal alcalin.
6. C' est le seul metal alcalin qui reagit directement avec
l'azote pour former un compose binaire de formule M 3 N.
7. Cet element est le premier du groupe IliA a posseder le
nombre d'oxydation + 1. N'utilisez que Ia deuxieme lettre
de son symbole.
#
Eletnents non
transition nels:
groupes VA a VIllA Contenu
Les eclairs, qui fournissent l' energie necessaire pour rompre les liaisons dans les molecules N2
et 02, sont Ia principale cause de Ia fixation de l'azote.
430 Chcpitre Dix Elements non trcnsitionnels: groupes VA aVIllA
VIIIA
~
VA VIA VllA M6 ~
i
N 0 F l'fe'
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;;
' p s Cl ; Jrr
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I
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I tim. Sb Te I
~-
I
H±±±+HlWl-8 Bi Po At RIJ •
'
VA
10.1 Elements clu groupe VA
Les elements du groupe VA (configuration des electrons de valence : ns2np3 ) ont des
proprietes chimiques tres variees. Le tableau I 0.1 presente leurs modes de prepara-
tion. Comme pour les autres groupes, on constate que le caractere metallique de ces
elements augmente avec le numero atomique, ce que reflete la valeur de leur electro-
negativite (voir le tableau 10.1). Les non-metaux azote et phosphore peuvent
accepter trois electrons pour former. avec des metaux reactifs, des anions trivalents
dans des sels, comme le nitrure de magnesium, Mg 3N2 , et le phosphure de beryllium,
Be3P 2 . (Nous traiterons plus loin des proprietes de ces deux elements importants.)
Le bismuth et 1' antimoine ont un caractere plutot metallique: ils cedent facilement
leurs electrons pour former des cations. Ces elements possedent tOllS cinq electrons
de valence; cependant, r arrachement de tous ces electrons exige une telle quantite
d'energie qu'il n'existe aucun compose ionique qui contienne des ions Bi 5+ ou Sb5+.
On connalt toutefois trois pentahalogenures (BiF5 , SbCl5 et SbF5 ). mais ce sont des
composes moleculaires plutot que des composes ioniques. Le pouvoir oxydant eleve
de Bi 5+ et de Sb5 + explique sans doute !'absence des autres pentahalogenures de
bismuth et d"antimoine. En fait, BiF5 constitue un excellent agent de fluoration, etant
donne qu'il est facilement decompose en fluor et en trifluorure de bismuth.
BiF5 - 7 BiF3 + Fz
3
Les sels composes d'ions Bi + ou Sh'+, comme Sb2 (S04 h et Bi(N03 h, sont assez
repandus. Une fois dissous dans 1' eau, ces sels produisent des cations hydrates tres
acides. Ainsi, on peut representer la reaction de l'ion Bi 3+ avec l'eau de la fat;:on sui-
vante :
BP+(aq) + H 2 0(l) ~ BiO+(aq) + 2H+(aq)
oil l'ion BiO+ est r ion bismuthyle. L' addition d'ions chlorures a cette solution
provoque la precipitation d'un sel blanc, le chlorure de bismuthyle, BiOCl. L'anti-
moine est dote de proprietes semblables en solution aqueuse.
Les elements du groupe VA peuvent egalement former des molecules ou des ions
qui font intervenir trois, cinq ou six liaisons covalentes. On retrouve ainsi trois
liaisons dans NH 3 , PH3 , NF3 et AsCl3. Chacune de ces molecules, qui possede un
doublet d' electrons libre - et qui peut done jouer le role d'une base de Lewis-, a une
structure pyramidale, comme permet de le predire la theorie RPEV (voir la figure
10.1).
doublet libre
pyramidale
bipyramidale
a base triangulaire
octaoorique
Figure 10.1
Les molecules de types MX3, MXs et MX6 formees par des elements du
groupe VA
432 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA oVIllA
Figure 10.2
L'ion MX4 +, de structure
tE~traedrique, et l'ion
MX6- , de structure
octaedrique.
Tous les elements du groupe VA, a !'exception de !'azote, peuvent former des
molecules qui contiennent cinq liaisons covalentes (de formule generate MX5 ) .
L·azote ne peut pas former de telles molecules a cause de Ia petite tai lle de son atome
et de !'absence d'orbitales d. Selon Ia themie RPEV, les molecules MX5 ont une
structure bipyramidale a base triangulaire (voir Ia figure 10.1), et leur atome central
est hybride sp 3d. Les molecules MX5 peuvent accepter une paire d'electrons sup-
plementaire pour former des especes ioniques a six liaisons covalentes.
PF5 +F- ~ pp6-
ou !'anion pp6- est de forme octaedrique (voir Ia figure 10.1) et ratome de phos-
phore. hybride sp3d 2 .
Meme si, en phase gazeuse, les molecules MX5 ont une structure bipyramidale a
base lliangulaire, plusieurs de ces composes contiennent, en phase solide, des ions
MX4+ et MX6- (voir lafigure 10.2); le cation MX4+ a une structure tetraedrique
(l'atome M est hybride sp3 ). Ainsi, le PCI 5 solide contient des ions Pelt et PCl6- et
le AsF3Cl2 soli de, des ions AsC4+ et AsF6- .
La capacite des elements du groupe VA de former des liaisons 7T diminue consi-
derablement apres l'azote. C'est pourquoi l'azote existe sous forme de molecules N 2 ,
alors qu'on retrouve les autres elements de ce groupe sous la forme de molecules
polyatomiques qui contiennent des liaisons simples. Par exemple. en phase gazeuse.
le phosphore, !'arsenic et l'antimoine existent sous forme de molecules P4 , As4 et
Sb4 , respectivement.
Figure 10.3
Enceinte a atmosphere inerte
utilisee pour manipuler des subs-
tances instables en presence
d'oxygene ou d'humidite. On
insuffle un gaz inerte, comme
l'azote, dans !'enceinte; pour
effectuer une experience, le
manipulateur enfile les gants dont
' sont pourvues les ouvertures.
Parmi ces composes, seull' ammoniac possede une plus grande stabilite thermody-
namique que ses elements constitutifs. Autrement dit, Ia reaction de decomposition de
]'ammoniac est Ia seule a exiger un apport d'energie (reaction endothermique: w o
positif). Dans le cas des autres composes, les reactions de decomposition entrainent
une liberation d'energie, ce qui est dfi aIa stabilite de N 2 .
La stabilite thermodynamique de N2 prend toute son importance lorsqu'on consi-
dere Ia puissance des explosifs azotes, comme Ia nitroglycerine, C2 H5 N 30Q, dont Ia
structure est Ia suivante:
H H H
I I I
H--C------C------C--H
I I I
0 0 0
I I I
N N N
0/ ~0 0/ ~0 0/ ~0
Au contact d'une flamme, ou sous reffet d'un choc, Ia nitroglycerine se decom-
pose tres rapidement en produisant un important volume gazeux: 4 mol de nitrogly-
cetine (environ 0,57 L) produisent 29 mol de gaz (environ 650 L a TPN). Comme
cette reaction libere aussi beaucoup d'energie en raison de Ia stabilite des produits
formes, en particulier N 2 , une rapide expansion des gaz en resulte, ce qui provoque
une soudaine augmentation de pression et une onde de choc destructrice: c'est
I' explosion.
4C3H5 N309(l) ~ 6N2 (g) + 12C02 (g) + lOHzO(g) + Oz(g) + energie
La nitroglycerine pure est tres dangereuse. car elle explose au moindre choc.
Toutefois, en 1867, l'inventeur suooois Alfred Nobel a decouvert que si Ia nitrogly-
cerine est absorbee dans de la silice poreuse, elle peut etre manipulee sans risque. Ce Figure 10.4
tres important explosif (voir lafigure 10.4), qu'il a appele dynamite, lui permit de Demolition d'un edifice grace a
devenir tres riche. L'inventeur a utilise sa fortune pour creer les divers prix Nobel. des explosifs chimiques .
434 Chcpitre Dix Elements non tmnsitionnels: groupes VA iJ VIllA
NO,Y O
, CH 3
La plupart des explosifs puissants sont des composes organiques qui, comme Ia
nitroglycerine, possedent des groupes nitro- N02, et qui, en se decomposant, pro-
duisent entre autres de I' azote. Le trinitrotoluene (TNT), solide aIa temperature nor-
male. en est un exemple; sa reaction de decomposition est Ia suivante:
N02 2C7H 5N 3 06(s) - 12CO(g) + 5H2(g) + 3N2(g) + 2C(s) + energie
TNT
A elles seules, 2 moles de TNT solide produisent ainsi 20 moles de gaz, sans
compter l'energie liberee!
Solution
La reaction de decomposition est
d' equilibre soit tres elevee (K "" 10 6) a 25 oc. Pour favoriser Ia reaction de synthese,
on est spontanement tente d' augmenter Ia temperature. Cependant, la reaction etant
deja tres exothermique,
N 2 (g) + 3H2 (g) - 2NH3(g) tili = -92 kJ
la valeur de K diminue de fai(On significative ala suite d'une augmentation de la tem-
perature; a 500 °C, par exemple, la valeur de K est d'environ I0- 2 .
On le constate, dans le cas de cette reaction, la cinetique et la thermodynamique _ep11111tion
s'opposent. Par consequent, il faut trouver un compromis en augmentant la pression des,rellftifs
(pour favoriser la reaction vers la droite) et la temperature (pour obtenir une vitesse
de reaction raisonnable). Le procede Haber, procede de synthese de I' ammoniac,
illustre ce genre de compromis (voir !a figure 10.5). Dans ce procede, la reaction a
lieu a une pression d' environ 25 MPa eta une temperature voisine de 400 oc. Sans la
presence d'un catalyseur solide (melange d'oxyde de fer et d'une faible quantite react"eurs
d'oxyde de potassium et d'oxyde d'aluminium), il faudrait recourir a des tempera- caralytiqut;s
tures encore plus elevees.
L' azote, gaz essen tiel a Ia vie, est present en grande quantite dans 1' atmosphere.
Cependant, les animaux et les plantes doivent transformer les molecules inertes N 2
en molecules assimilables; on appelle ce processus de transformation fixation de
!'azote. Le precede Haber en est un exemple: en effet, on utilise 1' ammoniac produit refroidisSt:Ur
grace a ce procede comme engrais. etant donne que les plantes peuvent utiliser
I' azote de 1' ammoniac pour synthetiser les molecules biologiques azotees neces-
saires a leur croissance.
Il y a egalement fixation de I' azote dans les moteurs d'automobiles, au cours de Ia
combustion a haute temperature. L'azote de I' air introduit dans un moteur reagit de
fal(on notable avec !'oxygene de l'air pour former de l'oxyde nitrique, NO, puis du
dioxyde d'azote, N02 . Le dioxyde d'azote, un des principaux constituants du smog
photochimique caracteristique de nombreuses agglomerations urbaines, peut reagir Figure lO.S
avec l'humidite de I' air et retomber sur le sol, ou il forme des nitrates dont les plantes Etapes de fabrication de I' ammo-
se nourrissent. niac selon le procede Haber.
Certains autres phenomenes de fixation de )'azote sont naturels. Par exemple, la
foudre fournit 1' energie necessaire a Ia rupture des molecules N 2 et 0 2 de I' air, ce qui
produit des atomes d"azote et d'oxygene tres reactifs, lesquels attaquent d'autres
molecules N 2 et 0 2 pour former des oxydes d'azote qui finissent parse transformer
en nitrates. Auparavant, on considerait que la foudre etait responsable de Ia fixation
d' environ lO% de tout 1' azote; de recentes etudes revelent qu, elle pourrait etre
responsable de pres de Ia moitie de I' azote disponible sur Terre. Certaines bacteries
peuvent egalement fixer )'azote; on les retrouve dans les nodules des racines de cer-
taines plantes, comme les haricots, les pois et Ia luzerne. Ces bacteries fixatrices
d'azote transforment aisement !'azote en ammoniac et en autres composes azotes
assimilables parIes pi antes. Leur efficacite est d" ailleurs remarquable: elles synthe-
tisent ainsi I' ammoniac ala temperature du sol eta la pression atmospherique, alors
que le procede Haber exige 400 oc et 25 MPa. n va sans dire que ces bacteries font
1' objet de recherches in tenses.
La mort des plantes et des animaux entralne leur decomposition: leurs elements
constitutifs retournent a l'environnement. En ce qui concerne !'azote, ce sont des
bacteries qui transforment les nitrates en azote atmospherique; on parle alors de
denitrification. Le cycle de I'azote, fort complexe, est illustre de fal(on simplifiee a
Ia figure 10.6. On evalue que Ia fixation de l'azote due aux phenomenes naturels et
«humains» excede de pres de 10 millions de tonnes par annee Ia denitrification. Par Presence sur les racines des pais
consequent, cet azote fixe s'accumule dans le sol, les lacs, les rivieres, les tleuves et de nodules contenant des
les oceans, ou il favorise Ia croissance d'algues et de microorganismes indesirables. bacteries fixatrices d'azote.
436 Chcpitre Dix Elements non trcnsitionnels: groupes VA oVIllA
bacteries fixatrices
d' azoy
......_
denitrifiantes [Link] 10.6
proteines nitrates Cycle de l'azote. Les plantes et les
animale.~ animaux ne peuvent assimiler
et vegetates I' azote que s'il est d' a bard trans-
forme en composes azotes, par
reactions bacteries exemple en nitrates, en ammoniac
de decomposition au en proteines. Groce a des reac-
tions de decomposition naturelles,
ammoniac l'azote retourne dans l'atmo-
bacteries
sphere.
llydrures d'azote
L"ammoniac constitue sans aucun doute l'hydrure d'azote le plus important. C'est
un gaz toxique, incolore et d'odeur acre, qu'on produit annuellement en quantites
astronomiques (pres de 15 millions de kg), et qu'on utilise surtout pour fabriquer des
engrais.
La structure de Ia molecule d'ammoniac est pyramidale: l'atome d'azote possecte
un doublet libre (voir [Link] 10.1) et des liaisons N-H polaires. Une telle structure
favorise la formation d'un grand nombre de liaisons hydrogene en phase liquide;
c'est pourquoi son point d'ebullition est patticulierement eleve (-33 ,4 oq pour une
substance de si faible masse molaire. Toutefois, les liaisons hydrogene presentes dans
I' ammoniac liquide n'ont pas Ia meme importance que dans le cas de l'eau, dont la
masse molaire est du meme ordre de grandeur, mais dont le point d'ebullition est
beaucoup plus eleve. Dans la molecule d' eau, on retrouve la combinaison ideale qui
permet de former le nombre maximal de liaisons hydrogene, soit deux liaisons
polaires comportant des atomes d' hydrogene, et deux doublets libres; Ia molecule
d'ammoniac, par contre, possede un doublet libre et trois liaisons polaires.
L"ammoniac, qui se comporte comme une base, reagit avec des acides pour for-
mer des sels d'ammonium.
NH3(g) + HCI(g) - ~Cl(s)
Parmi les hydrures d'azote les plus importants, on retrouve l'hydrazine, N 2 ~,
dont le diagramme de Lewis est le suivant:
~-· ··/H
N-N
H/ "H
Etant donne que chaque atome d'azote est entoure de quatre doublets d'electrons.
on peut s' attendre ace que chaque atome soit hybride sp 3 , et ace que les angles de liai-
son soient de l'ordre de 109,5° (structure tetraedrique), ce que confirment les observa-
tions: les angles de liaison valent 112° (voir Ia figure 10.8). L'hydrazine est un liquide
Figure 10.7 incolore, d'odeur ammoniacale, dont le point de congelation est de 2 oc et le point
Structure moleculaire de l'hy- d'ebullition, de 113,5 oc (ce point d'ebullition est assez eleve pour une substance dont
drazine, N2H4. Les doublets libres Ia masse molaire n'est que de 32 g/mol). Ces donnees permettent de supposer qu'il
des atomes d' azote sont situes de existe de nombreuses liaisons hydrogene entre les molecules d'hydrazine polaires.
part et d'autre du plan de Ia
L' hydrazine est un agent rectucteur puissant, qu 'on a souvent utilise comme com-
molecule; cette configuration per-
met de reduire au minimum Ia
bustible pour les fusees . Sa reaction avec I' oxygene est fortement exothermique.
repulsion entre les doublets libres. Nz~(l) + Oz(g) - Nz(g) + 2HzO(g) l'ili0 =- 622 kJ
10.2 rczote et ses composes 437
[Link] 'a~ot~
our prevenir des reactions chi- long terme sont les suivantes (composition satures d'oxygene, les molecules 0 2 sont
Etant donne que l'hydrazine reagit aussi fortement avec les halogenes, on rem-
place souvent I' oxygene par le fluor pour l'utiliser comme oxydant dans les moteurs
de fusees. On recourt egalement, comme combustible dans les fusees, aux hydrazines
substituees, molecules dans lesquelles un ou plusieurs atomes d'hydrogene sont rem-
places par d 'autres groupements. On utilise par exemple Ia monomethylhydrazine,
CH 3 H
H
>-N~H
avec Je tetroxyde de diazote, N 2 0 4 , pour propulser Ia navette spatiale americaine. La
reaction est Ia suivante :
5N 2 0 4 (l) + 4N2 H3(CH3)(l) ~ 12H2 0(g) + 9N 2 (g) + 4COz(g)
A cause de Ia production d'un grand nombre de molecules de gaz, et du fait de Ia
nature exothermique de la reaction, on obtient un rapport poussee/poids tres eleve.
438 Chcpitre Dix Elements ncn tmnsiticnnels : groupes VA iJ VIllA
A I' aide des valeurs des energies de liaison (voir le tableau 6.4), calculez Ia valeur
approximative de t:JI pour Ia reaction de Ia methylhydrazine gazeuse avec le te-
troxyde de diazote gazeux.
On peut decrire les liaisons presentes dans Ia molecule N2 0 4 a 1' aide de structures de
resonance dans lesquelles Ia force des liaisons N - 0 est intermediaire entre celle
d'une liaison simple et celle d'une liaison double. (On suppose que Ia valeur
moyenne de l'energie d'une liaison N-0 est de 440 kJ/mol.)
Solution
Pour determiner Ia valeur de t:JI relative a cette reaction, il suffit de calculer Ia dif-
ference entre 1' energie necessaire ala rupture des liaisons des reactifs et celle liberee
au moment de Ia formation des produits.
Lancement de Ia navette spatiale H
Endeavour. Le carburant utilise /
H C-H
est un melange de monomethyl- "-/"-
N H H"-
hydrozine et d'un agent oxydant.
5 I 12 0 + 9N:=N + 40=C=O
N H/
H/ "H
La rupture des liaisons exige un apport d' energie (signe positif), alors que la forma-
tion des liaisons libere de l'energie (signe negatif). Le tableau ci-dessous presente un
resume des valeurs des energies concernees.
~H=(2l,l X 103 kJ)-(26,1 X 103 kJ) = - 5,0X 103 kJ
La reaction est done fortement exothermique.
liaisons rbtilpues energie necessaire (kJ/mol) liaisons fonnees energie liberee (kJ/mol)
5X4 >=' 20N=O 20 X 440 = 8,8 X 103 12X2=24 0 - H 24 X 467 = Ll2X lif
1 5 + 4 = 9N-N 9 X l60 = 1,4 X 103 9 N N 9 X 941.= 8,5 XlQ3
, 4X3 ·"' 12N-H 12 X 391 = 4,7 X 103 4X2 = 8 C=O 8 X 799 "" 6,4 X 1Q3
4 X 3 = 12 C::_H 12 X 413 = 5,0 X 103
4 Xl = 4C~N 4X305= 1,2 X J03
total 21 ,1 X 103 total 26,1 X 103
Par ailleurs, cette reaction s' amorce d'elle-meme (il suffit de melanger les deux
liquides). ce qui constitue une propriete interessante dans le cas de moteurs qu 'on
doit mettre en marche et arreter frequemment.
Les autres utilisations de l'hydrazine sont plus courantes. Dans l'industrie, par
exemple, on recourt a Ia decomposition de l'hydrazine en azote gazeux pour provo-
quer Ia formation de bulles dans le plastique, ce qui donne au produit sa texture
poreuse. En outre on utilise beaucoup l'hydrazine pour produire des pesticides des-
I0.2 l'czote et ses composes 439
Oxydes d'azote
Les agents de gonflage comme
L'azote peut former une se rie d'oxydes, dans lesquels son nombre d' oxydation varie l'hydrazine, dont Ia decomposition
de+ I a +5 (voir le tableau 10.2). produit de I' azote gazeux, sont
Le monoxyde de diazote, N 2 0. egalement appele « oxyde nitreux » ou « gaz hila- utilises dans Ia fabrication de
rant», possede des proprietes enivrantes; les dentistes l'utilisent d'ailleurs souvent materiaux en plastique poreux, tels
comme anesthesique Ieger. Sa solubilite elevee dans les lipides en fait un agent ces produits en polystyrene.
propulseur de choix pour les con tenants de creme fouettee en aerosol : sous pression,
-3 ammoniac H-N-H
I
H
-2 hydrazine H- N-N- H
I I
H H
- I hydroxylamine NH20H H- N-0-H
I
H
0 azote :N-N:
+I monoxyde de diazote :N N= O :
(oxyde nitreux)
+2 monoxyde d'azote NO :N O:
.. (oxyde nitrique)
._o"-
+3 trioxyde de diazote
.· ~N-
0
N= O
.
+4 dioxyde d'azote : 0 - N= O
le gaz est dissous dans le liquide, puis, au fur et a mesure que le liquide sort du
contenant, le gaz se vaporise et forme des bulles dans la creme pour lui conferer sa
texture caracteristique. Les microorganismes presents dans le sol synthetisent la plus
grande partie du N 2 0 atmospherique, dont la concentration semble augmenter pro-
gressivement. Etant donne que la capacite d' absorption des radiations infrarouges de
I'oxyde nitreux est elevee, ce gaz joue un rOle, mineur peut-etre, mais non negli-
geable, dans le maintien de la temperature de la planete, comme le font le dioxyde
de carbone et la vapeur d'eau presents dans l'air. Certains scientifiques craignent
d'ailleurs que Ia destruction acceleree des forets tropicales dans des pays comme le
Bresil ne modifie de fas;on significative le taux de production de N2 0 par les
microorganismes du soL ce qui pourrait affecter considerablement la temperature de
la planete.
En laboratoire, on prepare l'oxyde nitreux a l'aide de Ia decomposition thermique
du nitrate d'amrnonium.
chaleur
N 2 0(g) + 2H2 0(g)
II ne faut pas tenter de realiser cette A cause de la nature explosive du nitrate d'ammonium, cette experience exige de
experience sans l'equipement de grandes precautions de la part du manipulateur. Les Etats-Unis ont ainsi subi un des
securite approprie.
pires accidents industriels de leur histoire quand, en 1947, au Texas, un navire charge
de nitrate d'ammonium (engrais) a explose et fait pres de 600 victimes.
Le monoxyde d'azote, NO, couramment appele «oxyde nitrique», est un gaz
incolore dans des conditions normales. On le produit en laboratoire grace a la reac-
tion de l'acide nitrique (6 moVL) avec du cuivre metallique.
8H+(aq) + 2N0 3-(aq) + 3Cu(s) ~ 3Cu 2+(aq) + 4H2 0(l) + 2NO(g)
Toutefois, au contact del' air, il y a oxydation spontanee du NO en dioxyde d' azote,
N02 , un gaz brun.
Bien que l'oxyde nitrique soit toxique une fois inhale, il a ete demontre qu'il s'en
produit dans certains tissus de l'organisme humain, ou il joue le role d'un neuro-
transmetteur. Les recherches actuelles revelent que l' oxyde nitrique joue un role dans
la regulation de Ia pression sanguine, dans la coagulation sanguine et dans les mus-
cles responsables de I' erection du penis chez l'homme.
Etant donne que la molecule NO possede un nombre impair d'electrons, on peut
mieux la decrire en recourant a La theorie des orbitales moleculaires (voir le diu-
gramme des niveaux d'energie des orbitales moleculaires a lafigure 10.8). On peut
s'attendre ace que la molecule NO soit paramagnetique et que son ordre de liaison
soit de 2,5, ce que confirment les resultats experimentaux. A cause de la presence
d'un electron de haute energie dans la molecule de NO, l'oxydation de NO en cation
nitrosyle, No+, est relativement aisee. Or, rion nitrosyle possedant un electron
antiliant de moins que NO, on peut s'attendre ace que sa liaison soit plus forte (son
ordre de liaison theorique est de 3) que celle presente dans Ia molecule de NO, ce que
confirment encore une fois les resultats experimentaux. Le tableau 10.3 presente les
-- -----it-- - -_
* - ---
- - -- - 0'2.\
-----====--tt-2s Figure 10.8
Diagramme des niveaux d' energie
__ --tt-___ _ des orbitales moleculaires de
l'oxyde nitrique, NO. L'ordre de
cr2s liaison est de (8- 3)/2, soit 2,5 .
longueurs de liaison et les energies de liaison relatives a l' oxyde nitrique eta !'ion
nitrosyle. II y a formation de !'ion NO+ quand on dissout de l'oxyde nitrique et du
dioxyde d'azote dans de l'acide sulfurique concentre.
NO(g) + NOztg) + 3HzS0 4(aq) - 2NO+(aq) + 3HS04- (aq) + H 3 0+(aq)
On peut isoler le compose ionique NO+HS04 - du milieu reactionnel.
L'instabilite thermodynamique de l' oxyde nitrique permet d'expliquer sa decom-
position en oxyde nitreux et en dioxyde d'azote.
3NO(g) - NzO(g ) + NOz(g)
Le dioxyde d'azote, N02 , une molecule a nombre impair d'electrons, possede une
structure en forme de V. Le N0 2 est un gaz brun constitue de molecules paramagne-
tiques qui se dimerisent rapidement pour former du tetroxyde de diazote, un gaz
incolore forme de molecules diamagnetiques.
2NOz(g) ~ N z04(g)
A55 °C, la constante d' equilibre est de 1, et la valeur de K diminue en function de
Ia temperature. puisque Ia reaction est exothermique.
Un sou en cuivre reagit avec
l'acide nitrique pour produire du
••••pie I 0.3 Description de l'ion No- a l'aide de NO gazeux. Celui-ci s'oxyde
immediatement a l'air en NOz
Ia theorie des orbitales moleculaires
de couleur brune.
A l'aide de Ia theorie des orbitales moleculaires. predisez l'ordre de liaison et lema-
gnetisme de !'ion No - .
Solution
Le diagramme des niveaux d'energie de la molecule NO (voir lafigure 10.8) indique
que NO- possede un electron antiliant de plus que NO. II existe done des electrons
non apparies dans les deux orbitales 7Tz,* ; No- est par consequent paramagnetique,
et son ordre de liaison est de (8 - 4)/2, soit 2. On remarque que. dans l'ion NO - Ia Le smog resulte de Ia production de
liaison est plus faible que dans Ia molecule NO. N0 2 par les centrales electriques
thermiques et les automobiles .
(Voir les exerdces 10.21 et 10.22)
442 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA aVIllA
"0
oxydation,de ~0
enNOI> a25 °C , ,
Oxacic/es c/'azote
L' acide nitrique est un produit chimique d ' une grande importance sur le plan indus-
triel (on en produit annuellement environ 8 millions de tonnes). On !'utilise dans Ia
fabrication de nombreux composes, par exemple les explosifs azotes et le nitrate
" 02
d issblution de NO?
d'ammonium (engrais).
On produit commercialement I' acide nitrique en recourant a I' oxydation de I' am-
moniac (procede Ostwald). Au cours de la premiere etape de ce procede, il y a oxy-
dation de I' ammoniac en oxyde nitrique.
dans H 20 ; -
fonnation 4NH3(g) + 502(g) ~ 4NO(g) + 6H20(g) !ili0 = -905 kJ
"de. HN03 ~t de)',fO
Bien qu' elle soit fortement exothermique, cette reaction est tres lente a 25 oc. Par
'(03 ailleurs, une reaction secondaire a lieu entre I' oxyde nitrique et I' ammoniac.
4NH3(g) + 6NO(g) ~ 5N2(g) + 6H20(g)
Cette reaction est indesirable, car elle « piege >> I' azote sous forme de molecules
Figure 10.9 N 2 peu reactives. Pour favoriser Ia reaction principale et pour reduire au minimum les
Representation schematique du effets de Ia reaction «parasite >>, on procede a l'oxydation de !'ammoniac en presence
precede Ostwald. d ' un catalyseur (un alliage platine-rhodium) chauffe a 900 oc (voir la
10.2 tozote et ses composes 443
Il s'ensuit que la solution d'acide nitrique vire peu a peu au jaune, a cause de
I' augmentation progressive de Ia concentration de dioxyde d'azote. En laboratoire, la
concentration de l'acide nitrique concentre qu'on utilise le plus souvent est de
15,9 mol/L (soit 70,4% par masse); il s'agit d'un oxydant tres puissant. La figure
10.10 presente les structures de resonance et Ia structure moleculaire de HN0 3 . On
remarque que l'atome d'hydrogene est lie a un atome d'oxygene, et non a un atome
d'azote, comme Ia formule permet dele supposer.
L' acide nitrique peut reagir avec les oxydes, hydroxydes et carbonates
metalliques, ainsi qu'avec d'autres composes ioniques qui contiennent des anions
basiques, pour former des nitrates qui sont en general fortement hydrosolubles.
Ca(OHh(s) + 2HN03(aq) ~ Ca(N03J2(aq) + 2H20(l)
L' acide nitreux, HN02. est un acide faible.
Ka = 4,0 X 10-4
L' acide nitreux forme des nitrites, N02- , de couleur jaune pale. Contrairement
aux nitrates, qu' on utilise sou vent comme explosifs, les nitrites sont relativcment sta-
bles et ce, meme a haute temperature. En general, on prepare les nitrites en fai sant
barboter des quantites equimolaires d' oxyde nitrique et de dioxyde d' azote dans une
solution aqueuse de l'hydroxyde metallique approprie, par exemple :
NO(g) + N02(g) + 2NaOH(aq) ~ 2NaN02(aq) + H 20([)
.. ..
0: ·o ·
.. / .. / .
Figure 10.10
H- O- N H- 0- N
b)
"'··0:
~.
:.o· a) Structure moleculaire de HN03 .
b) Structures de resonance de
HN03 .
444 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA oVIllA
[H-r-H]
Selon Ia theorie RPEV, la structure moleculaire de Ia phosphine est pyramidale.
Cependant, les angles de liaison sont de 94°, et non de 107°, comme c'est le cas pour
1' ammoniac. (L' explication de cette anomalie depassant le cadre de cet ouvrage. no us
nous contenterons de considerer Ia phosphine comme une exception ala version sim-
plifee de Ia theorie RPEV presentee ici.)
Figure 10.11
aJ Molecule P4 du phosphore
blanc. bJ Reseau cristallin du
phosphore noir. cJ Structure en
chaine du phosphore rouge . a) b)
10.3 Le phosphore et ses composes 445
fi!JUFe J0.12
Structure de P406 et de P4010.
i Solution
I
Dans Ia molecule d'acide phosphotique, les atomes d'hydrogene soot lies aux
atomes d'oxygene (voir le diagramme de Lewis ci-dessous). L'atome de phosphore
est entoure de quatre doublets effectifs disposes selon une structure tetraedrique.
L'atome de phosphore est done hybride sp3 .
:o: H
II /
H-0-P-0-H p
I I I
/ t~ '
I \
:o:
t·
/ ,l \ '\
/ :· ' '
I I ( -. \
~'
I H H , / . . P;\91. ./ H
' o"·-- ___ __,_-l,-- .0
diagram me de Lewis ----- ---:~~ ~/
structure moleculaire
VIA
gaz rare, en captant deux electrons; ils deviennent ainsi des anions de charge 2- en
formant des composes ioniques avec des metaux. En fait, c'est sous forme d'oxydes
et de sulfures que Ia plupart des metaux sont presents dans Ia nature.
Les elements du groupe VIA peuvent par ailleurs former des liaisons covalentes
avec d'autres non-metaux. Par exemple, ils forment avec l'hydrogene des hydrures
covalents, de formule generale H 2X. Tousles elements de ce groupe, a I' exception de
I' oxygene, possedent des orbitales d inoccupees, dont les couches de valence peuvent
accueillir plus de huit electrons; ainsi, les composes SF4 , SF6 , Tel4 et SeBr4 existent.
Seuls les deux demiers elements de ce groupe peuvent perdre des electrons pour
former des cations. Cependant, ils ne peuvent pas perdre leurs six electrons de
valence (!'apport d'energie necessaire serait trop important); c'est ainsi que le tellure
et Ie polonium se com portent. dans certaines reactions chimiques, cornme des cations
de charge 4+. Toutefois, ces cations du groupe VIA forment beaucoup moins de com-
poses que les cations des elements correspondants du groupe VA, le bismuth et
I' anti moine.
Depuis quelques annees, le selenium, present a l' etat de traces dans Ia nature, sus-
cite de plus en plus d'interet. On connait depuis longtemps Ia toxicite de cet ele-
ment; cependant, de recentes etudes medicales ont revele qu'il existait une relation
inverse entre Ia frequence des cas de cancer et la quantite de selenium present dans
le sol environnant. Par consequent on a emis !'hypothese qu ' un plus grand apport de
selenium dans les aliments protegeait du cancer Ies personnes qui vivent dans les
regions ou la teneur du sol en selenium est plus elevee. II ne s'agit 13., cependant, que
de resultats preliminaires ; on connait toutefois deja rimportance de cet oligo-
element en ce qui concerne l'activite de Ia vitamine E et de certaines enzymes et on
a montre qu'une carence en selenium etait associee a !'apparition d'une insuffisance
cardiaque congestive. Par ailleurs. le selenium et le tellure, etant des semi-
conducteurs, constituent des auxiliaires precieux dans l'industrie de l'electronique.
Le polonium fut decouvert en 1898 par Pierre et Marie Curie, alors qu 'ils cher-
chaient a decouvrir Ies elements responsables de Ia radioactivite dans le pechblende.
Le polonium, tres toxique et tres radioactif, possede 27 isotopes. On a d'ailleurs emis
]'hypothese que ]'isotope 210Po (emetteur de particules alpha), un contaminant
nature] des plants de tabac, etait en partie responsable du cancer des poumons.
10.5 roxygene 449
10.5 L'oxygene
On n'insistera jamais assez sur )'importance de I' oxygene, !'element le plus abon-
dant sur Ia Terre. L'oxygene est present: dans I' atmosphere, sous forme d'oxygene
gazeux et d'ozone; dans Ia croilte terrestre, sous forme d' oxydes, de silicates et de
carbonates; dans les oceans, sous forme d' eau; dans le corps humain, sous forme
d'eau et d'une multitude de molecules. Par ailleurs, !'oxygene fournit Ia majorite de
l'energie necessaire a Ia vie eta notre mode de vie, puisqu'il reagit de far.,:on exother-
mique avec des composes organiques.
La forme allotropique de )' oxygene Ia plus repandue, 0 2, constitue 21 % du vo-
lume total de !'atmosphere terrestre. Etant donne que le point d'ebullition de !'azote
est inferieur a celui de I' oxygene, on peut facilement eliminer I' azote de I' air liquide
par evaporation; il ne reste ainsi que de I' oxygene et un peu d'argon, un autre com-
posant de I' air. A l'etat Iiquide, !'oxygene est un liquide bleu pale dont le point de
congelation est de -219 oc et le point d'ebullition, de - 183 oc. On peut mettre en
evidence le paramagnetisme de Ia molecule 0 2 en versant de I' oxygene liquide entre
les p6les d'un aimant puissant : le liquide y reste «fige » jusqu'a ce qu'il s'evapore
(voir Ia figure 7.40). On peut expliquer le paramagnetisme de Ia molecule 0 2 , ainsi
que la force de la liaison, a I' aide de la theorie des orbitales moleculaires (voir Ia .fi-
gure 7.39).
On peut representer !' ozone, 0 3 , I' autre forme a11otropique de I' oxygene, par les
structures de resonance suivantes:
0
0 -f'"0
Dans Ia molecule 0 3 , I' angle de liaison est de 117°, valeur que permet de prevoir
le theorie RPEV (trois doublets effectifs exigent en effet une structure plane triangu-
laire). On peut expliquer que l'angle soit legerement inferieur a 120° lorsqu'on
admet qu'un doublet libre occupe davantage d'espace qu'un doublet liant.
On prepare I' ozone en soumettant I' oxygene pur a l'etat gazeux a des decharges
electriques : l'electricite fournit l'energie necessaire a la rupture des liaisons de
quelques molecules 0 2 . Les atomes d' oxygene ainsi produits reagissent avec
d'autres molecules 0 2 pour fonner 0 3. A 25 oc eta 101,3 kPa, I' ozone est beaucoup
moins stable que )' oxygene. La constante d'equilibre K de Ia reaction
302(g) ~ 203(g)
est de l'ordre de I o - 57 .
L'ozone, un gaz bleu piile tres toxique, est un agent oxydant beaucoup plus puis-
sant que !'oxygene. A cause de ce pouvoir oxydant, on pourrait avantageusement
remplacer par 1' ozone le chlore utilise dans les usines de traitement des eaux, etant
donne que le chlore laisse des residus chl01·es, comme le chloroforme, CHCI 3 , qui, a
la longue, peuvent etre cancerigenes.
Cependant, bien que l'ozone tue efficacement les bacteries presentes dans l'eau,
l'ozonisation ne met pas les reserves d'eau potable a l'abri de contaminations
ulterieures, puisqu' il ne reste pratiquement plus d' ozone apres le premier traitement.
Par contre, l'efficacite de la chloration est plus durable, etant donne que, longtemps
apres le traitement, on retrouve toujours une certaine concentration de chlore.
L'ozone peut par ailleurs etre tres nocif, surtout lorsqu'il provient des gaz
d'echappement des automobiles (voir La section 4.9).
L'ozone est present naturellement dans Ia haute atmosphere terrestre. La couche
d 'ozone est tres importante, car elle sert d'ecran protecteur contre les rayons
450 Chopitre Dix Elements non tmnsitionnels: groupes VA oVIllA
Figure 10.1 S
Procede Frasch utilise pour extraire le soufre des gisements souterroins.
Depuis peu, Ia communaute scien- Quand un atome d'oxygene « rencontre » une molecule d'oxygene, ils ne peuvent
tifique s' inquiete du fait que les fn§ons former une molecule d'ozone que si un «troisieme partenaire », par exemple une
et le dioxyde d' azote attaquent Ia
molecule d'azote, est present dans le voisinage et qu'il absorbe l'energie liberee par
couche d' ozone (voir Ia section 2 .6
du volume Chimie des solutions) . la formation de Ia liaison.
Voila pourquoi de nombreux pays ont 0+02 +N2 ~ 0 3 +N2
interdit Ia fabrication de freons et
pr6nent !' utilisation de produits de Le troisieme partenaire absorbe l'energie sous forme d'energie cinetique; la tem-
remplacement dans les refrigerateurs perature augmente. Autrement dit 1' energie fournie par la radiation ultraviolette dans
et les conditionneurs d'air. la premiere reaction fin it par etre transformee en energie thermique dans Ia deuxieme
reaction. C'est ainsi que l'ozone empeche les rayons ultraviolets de haute energie,
nuisibles, d' atteindre Ia Terre.
On peut recuperer le soufre a l'etat natif des gisements souterrains a J"aide du A Ia section 4 . 9 , nous avons traite de
procece Frasch, mis au point par Herman Frasch a Ia fin du siecle dernier. Selon ce !'elimination du dioxyde de soufre par
procede. on injecte d'abord de Ia vapeur d'eau surchauffee dans le gisement pour le lavage des gaz d'echappement.
faire fondre le soufre (ttus = 113 °C). Apres quoi, on fait remonter le soufre fondu a
Ia surface en injectant de I' air comprime (voir La figure 10.15). Le reste de Ia pro-
duction de soufre provient so it de Ia purification avant combustion des combustibles
fossiles (une mesure anti-pollution), soit de Ia recuperation par lavage (voir La sec-
tion 4.9) du dioxyde de soufre, S02 , present dans les gaz d'echappemem produits
par Ia combustion de ces combustibles fossiles et par le raffinage des minerais sul-
fures.
Contrairement a l'oxygene, le soufre elementaire n'existe sous fom1e de
molecules Sz qu'a l'etat gazeux et a une temperature elevee. Etant donne que les
liaisons adu soufre sont beaucoup plus stables que ses liaisons 7T, Ia molecule S2 est,
a 25 °C, moins stable que les chaines cycliques S6 et S8 , ou que les chaines Sn d'ex-
tension indeterminee (voir La figure 10.16). A 25 oc eta 101 ,3 kPa, Ia forme de
a)
Figure 10.16
(a) Molecule Ss. b) Chaines d'atomes de
soufre dans du soufre liquide visqueux : Ia On verse du soufre liquide dans
chaine peut contenir jusqu'a 10 000 l'eau pour obtenir du soufre
h) atomes de soufre. «ffiOU».
45 2 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA aVIllA
Figure 10.17
a) Soufre orthorhombique.
b) Soufre monoclinique. soufre la plus stable est le soufre orthorhombique (voir La .figure 10.17a), forme par
empilement de cycles S~;. Lorsqu'on fait fondre le soufre orthorhombique, qu'on le
fait chauffer jusqu'a 120 oc et qu'on le laisse refroidir lentement, on obtient du
soufre monoclinique (voir Ia .figure 10.17b). Cette forme allotropique de soufre pos-
sede egalement des cycles S8 , qui ne sont toutefois pas empiles de Ia meme maniere
que dans le soufre orthorhombique.
Lorsqu'on eleve Ia temperature du soufre au-deJa de son point de fusion, il y a
d'abord formation d'un liquide de faible viscosite constitue de molecules cydiques
Sg. Si on continue, une augmentation notable de Ia viscosite du liquide a lieu: les
cycles commencent alors a se rompre eta s'associer en tongues chames. Si on fait
chauffer davantage encore, il y a diminution de la viscosite : les atomes de soufre
excites se separent des chaines, qui sont rompues. Lorsqu'on la soumet a un
refroidissement rapide, cette substance forme une masse elastique constituee de
chaines Sn, le soufre mou. En quelques heures, ce dernier se trans forme de nouveau
en soufre mthorhombique stable.
Oxydes de soulre
A cause de la position du soufre dans Je tableau periodique (sous I' oxygene), on s'at-
tend ace que l'oxyde de soufre stable le plus simple ait pour formule SO. Cependant,
le monoxyde de soufre- qu'on peut produire en petites quantites en soumettant du
dioxyde de soufre, S02 , a une decharge electrique - s'avere tres instable. Le fait que
/~
s ·.
les Jiaisons n soient probablement plus fortes entre deux atomes d'oxygene qu'entre
:o: 0 un atome d'oxygene et un atome de soufre peut expliquer cette difference entre les
stabilites des molecules 0 2 et SO.
a)
Le soufre brUle dans l'air en produisant une flamme d' un bleu vif; il y a alors
formation de dim:yde de soufre, ou anhydride sulfureux. S02 , un gaz incolore a
l'odeur acre et doni la condensation a lieu a -10 °C, a 101 ,3 kPa. Le dioxyde de
soufre (voir sa structure a Ia .figure 10.18) est un agent antibacterien tres efficace
qu'on utilise souvent pour conserver des fruits entreposes.
Figure 10.18 En I' absence de catalyseur, le dioxyde de soufre reagit tres lentement avec
a) Deux des structures de reso- ]'oxygene pour former du triOJ..)'de de soufre, ou anhydride sulfurique, so3.
nance du S02. b) Dans Ia
2SOz(t?) + Oz(g) ~ 2S03(g)
molecule S02, I' angle est de
119°, comme permet dele Quand on a commence les recherches relatives a la pollution atmospherique, on a
predire Ia theorie RPEV. d'abord cherche a determiner pourquoi et comment !'anhydride sulfureux qui resul-
10.6 le soufre et ses composes 453
Figure 10.19
aJ Trois des structures de resonance du S03. bJ Structure a trois liaisons doubles.
cJ la molecule S03, plane, possede des angles de liaison de 120°. a)
Figure 10.21
a) Becher de saccharose (sucre de
table). b) l'acide sulfurique reagit plomb, pour le raffinage du petrole, ainsi que dans Ia majorite des secteurs de rin-
avec le saccharose pour produire dustrie chimique.
une colonne de carbone, c) ac- La grande affinite de I' acide sulfurique pour I' eau en fait un agent deshydratant de
compagnee d'une intense odeur choix. On y recourt d'ailleurs souvent pour le sechage de gaz qui sont stables en sa
de sucre brule. presence, comme I' azote, I' oxygene et I' anhydride carbonique: on fait barboter le
gaz dans une solution d'acide concentre. L'acide sulfurique possecte un tel pouvoir
deshydratant qu'il peut extraire de l'hydrogene et de !'oxygene (dans un rapport de
2 :I) d'un compose qui ne contient aucune molecule d'eau. Par exemple, quand
l'acide sulfurique concentre reagit avec du sucre de table (saccharose), il y a forma-
tion d'un residu carbonise (voir La figure 10.21).
C12H220u(s) +I IH2S04(conc) ---7 12C(s) + llH2S04-H20(l)
saccharose
Nous traiterons des proprietes acides L'acide sulfurique est un agent oxydant moderement puissant; c'est un bon agent
des solutions d'acide sulfurique Ia a oxydant surtout aune temperature elevee. L'acide sulfurique concentre chaud oxyde
section 5.7 du volume Chimie des
solutions.
Jes ions bromures OU iodures en brome OU en iode eJementaires.
Le soufre peut egalement former l'ion thiosulfate, S2 0 i - , dont le diagramme de Le prefixe thio signifie <<soufre ».
:..ewis est
.
·o·
.. I ..
~2-
:o-s-s:
.. I ..
r :o :
On peut considerer que cet anion est un ion sulfate dans lequel un des atornes
r oxygene a ete remplace par un atome de soufre; c' est pourquoi on 1' appelle thio-
mlfate. On produit rion thiosulfate en faisant chauffer du soufre avec un sulfite en
;olution aqueuse.
S(s) + Soi - (aq) ~ Szo i-(aq)
Le principal domaine d'application du thiosulfate est la photographie: l'ion thio-
mlfate dissout en effet les grains de bromure d' argent pour former un complexe avec
l'ion Ag+ (voir La rubrique «Impact» de La prochaine section). L'ion thiosulfate est
~galernent un bon agent reducteur. qu'on utilise d'ailleurs souvent pour determiner la
teneur en iode d' une solution.
SzOi-(aq) + lz(aq) ~ S4062- (aq) + 21-(aq)
Ju S4062- est I' ion tetrathionate.
Avec les halogenes, le soufre forme divers composes, comrne S2Clz, SF4, SF6 et
SzFw (voir La figure 10.23).
Cl
Figure 10.22
s- s
""" "'Cl
Structures de: aJ SF4; bJ SF6;
d) cJ S2Fw; dJ S2CI2.
456 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA aVIllA
VIlA
10.7 Elements clu groupe VIlA
Dans l'etude des elements non transitionnels, nous avons d'abord analyse les
groupes d'elements metalliques (groupes lA et ITA), puis les groupes dans lesquels
les elements de faible masse atomique sont des non-metaux et ceux de masse ato-
mique plus elevee, des metaux (groupes IliA, IVA et VA). et, enfin, un groupe de
non-metaux (le groupe VIA - meme si certains preferent classer le polonium parmi
les metaux). Les elements du groupe VIlA, les halogenes (configuration des elec-
trons de valence : ns2np 5 ), sont tous des non-metaux dont les proprietes varient lente-
ment au fur et a mesure que le numero atomique augmente. II existe toutefois deux
exceptions a cette regie: I' affinite electronique du fluor et I' energie de liaison dans la
molecule F 2 ; ces deux parametres prennent en effet des valeurs de beaucoup
inferieures a celles prevues (voir La section 9.1). Le tableau 10.6 presente quelques
proprietes physiques des halogenes.
A cause de leur forte reactivite, ces elements n'existent pas dans Ia nature sous
forme d'elements libres: on les retrouve a J'etat ionique (ions halogenures x -) dans
divers minerais et dans l'eau de mer (voir le tableau 10.7).
Bien que l'astate soit un element du groupe VITA, son etude presente peu d'im-
portance sur le plan pratique, etant donne que tous ses isotopes conn us sont radioac-
tifs. Son isotope le plus «stable », 2 10At, a une demie-vie de 8,3 h seulement.
L' electronegativite des halogenes, et notamnent celle du fluor, est tres elevee (voir
le tableau 10.6). Les halogenes forment des liaisons covalentes polaires avec les
du groupe VIlA
electro- rayon potentiel standard (V) energie de liaison de
- element negativite de x - (pm) pour x 2 + 2e ~ 2X- X2 (kJ/mol)
11
fluor 4,0 136 2,87 154
chlore 3,0 181 1,36 239
' brome 2,8 185 1,09 193
iode 2,5 216 0,54 149
''
astate 2,2
groupe VIlA
presence point point
etat et dans Ia croilte de fusion d' ebullition mode de
' element couleur terrestre (%) ("C) (OC) source preparation
D
cours de cette etape de reduction chimique,
blanc, la Iumiere qui provient il y a amplification de rinfluence de !'ex-
d'un objet atteint un papier spe- position a la lumiere. Une fois !'image
cial contenant une emulsion de bromure developpee, on doit eliminer la totalite du
d'argent. Lorsqu'ils sont exposes a Ia bromure d'argent qui n'a pas reagi afin de
lumiere, les sels d'argent noircissent, .etant rendre la pellicule insensible a la Iumiere:
donne que l'energie lumineuse favorise le l'image est alors fixee. Pour obtenir ce
transfert d'un electron a l'ion Ag+, qui fixage, on utilise une solution de thio-
devient un atome d'argent elementaire. sulfate de sodium (hypo).
Quand on expose du papier photogra- AgBr(s) + ZS20i- (aq) ~
phique (jilm) a la lumiere, le nombre Ag(S203)z 3- (aq) + Br(aq)
d'atomes d'argent formes est d'autant plus Apres dissolution de I' ex cedent de bro-
important que r eclairage est intense. A mure d'argent et lavage du film, on peut
I' etape du developpement, on plonge le transformer l'image fixee (le negatif) en
film dans une solution d' agents reducteurs. une image positive (etape du tirage). Si on
L' avantage des films a emulsion de sels interpose le negatif entre une source
d' argent reside dans le fait que les atomes lumineuse et un papier sensible, et si on
d'argent formes lors de !'exposition du developpe et fixe ce papier, on obtient une
film caralysent, au cours du developpe- photo en noir et blanc.
ment, la reduction de millions d'ions Ag+
dans leur voisinage immediat. Ainsi, au Positif et negatif.
autres non-metaux et des liaisons ioniques avec les metaux dans leurs etats d'oxyda-
tion Ies plus faibles. Lorsque le metal adopte un nombre d'oxydation plus eleve, par
exemple +3 ou +4, les liaisons entre le metal et l'halogene sont covalentes polaires.
Ainsi, TiCJ 4 et SnCI 4 sont des composes covalents liquides dans des conditions nor-
males.
Halogenures tl'hytlrogene
On prepare les halogenures d'hydrogene de Ia fayon suivante :
H 2(g) +X2(g ) ~ 2HX(g )
La reaction entre l'hydrogene et le fluor est excessivement violente. Par contre,
l'hydrogene et le chlore ne semblent pas reagir tant qu'on les maintient a l'obscurite;
toutefois, la lumiere ultraviolette provoque une reaction tres rapide entre ces deux
elements. Cette reaction fait souvent I' objet d' une demonstration courante: le
«canon a hydrogene eta chlore». (Dans une eprouvette fermee par un bouchon de
liege se trouve un melange de H 2 et de Cb : il ne se passe rien. Mais des qu'on
l'eclaire avec le flash d'un appareil-photo, la reaction explosive fait sauter le bou-
chon.) Le brome et l'iode reagi ssent aussi avec l'hydrogene, mais moderement.
On peut en outre preparer les halogenures d'hydrogene en faisant reagir des
halogenures metalliques avec un acide. Par exemple, on peut preparer le fluorure
d'hydrogene et le chlorure d'hydrogene de la fayon suivante:
CaF2 (s) + H2 S04 (aq) ~ CaS04 (sJ + 2HF(g)
2NaCl(s) + HzS04 (aq) ~ NazS04 (s) + 2HCl(g) Chlore, brome et iode.
458 Chopitre Dix Elements non tronsilionnels: groupes VA oVIllA
energie
point de point de ~a liaison
HX: fusion ( 0 C) d'ebullition eq (kJ/mol)
HF -83 20 565
HCl -114 -85 427
HBr -87 - 67 363
Hl - 51 - 35 295
Etant donne que l'acide sulfurique peut oxyder l'ion Be en Br2 et l'ion I- en 12,
on ne peut pas l'utiliser pour preparer du bromure d'hydrogene ou de l'iodure d'hy-
drogene. Pour ce faire, on utilise I'acide phosphorique, qui est un acide non oxydant.
Le tableau 10.8 presente quelques proprietes physiques des halogenures d' hy-
drogene. On y remarque le point d'ebullition tres eleve du fluorure d'hydrogene, qui
est dO a Ia presence, entre les molecules HF tres polaires, d'un grand nombre de
Chandelle allumee dans une atmo- liaisons hydrogene (voir Ia figure 10.23). L'ion fluorure est dote d'une telle affinite
sphere de Cb(g). La reaction
pour les protons que, dans une solution concentree de fluorure d'hydrogene, il existe
exothermique, au cours de la-
SOliS forme d'ions [F-H-F]-, I' ion H+ etant alors «coincb> entre deux ions F-.
quelle il y a bris des liaisons C-C
etC- H dans Ia eire et leur rem- Les halogenures d'hydrogene dissous dans l'eau se comportent tous comme des
placement par des liaisons C-CI, acides: tous sont completement dissocies, sauf le fluorure d'hydrogene. Etant donne
produit suffisamment de chaleur que l'eau est une base beaucoup plus forte que lesions CJ-, Beet r-, on ne peut pas
pour rendre les gaz incandescents differencier La force des acides HCl, HBr et HI en solution aqueuse. Lorsqu · ils sont
(apparition d'une Hamme). en presence de solvants moins basiques qu'eux, comme l'acide acetique glacial
(pur), on peut toutefois les differencier.
H-1 > H- Br > H-CI ~ H- F
acide le acide le
/F>._ / F""- plus fort plus faible
H 140° H H H On appelle acides halohydriques les solutions aqueuses des halogenures d'hy-
/ ' ,, /
F F drogene, l'acide chlorhydrique, HCI(aq), etant le plus important d'entre eux. On en
Figure 10.23 produit environ 1,6 X 105 tonnes chaque annee au Canada. On !'utilise principale-
ment pour nettoyer l'acier avant sa galvanisation. On y recourt en outre dans Ia fa-
Liaisons hydrogene entre les
molecules HF, dans du fluorure brication de nombreux autres produits chimiques, comme le chlorure ferrique, FeCI 3,
d'hydrogene liquide (acide fluo- utilise dans le traitement des eaux usees a l'usine d'epuration de Ia Communaute
rhydrique). urbaine de Montreal.
On utilise l'acide fluorhydrique pour ctecaper (depolir) le verre; dans ce cas. il
reagit avec la silice pour produire le gaz SiF4 .
Si02 (s) + 4HF(aq) ~ SiF4 (g) + 2Hz0(/)
Acause de cette propriete. il vaut mieux conserver l'acide fluorhydrique dans un
contenant de polymere inerte plutot que dans du verre.
Oxacides et oxanions
Tousles halogenes, a!' exception du fluor, peuvent former divers oxacides en se com-
binant avec un ou plusieurs atomes d'oxygene (voir le tableau 10.9). La force de ces
acides est directement proportionnelle au nombre d'atomes d'oxygene lies a
l'halogene.
L'acide perchlorique, HOCI0 3 , est le seul oxacide de la serie du chlore qu'on ait
pu obtenir a l'etat pur; c'est un acide fort et un agent oxydant puissant. Etant donne
que l'acide perchlorique reagit de fa<;on excessivement violente avec un grand
10.7 Elements du groupe VIlA 459
nombre de composes organiques, on doit le manipuler avec beaucoup de precautions. ion hypochlorite ion chlorate
Les autres oxacides du chlore n'existent qu'en solution; par contre. leurs sels cor- OCI- Cl0 3-
respondants existent (voir lafigure 10.24).
L' acide hypochloreux. HOC!. est forme quand un dissout du chlore gazeux dans
l'eau froide.
Cl 2 (aq) + H20(l) ~ HOC!(aq) + H+(aq) + CI- (aq)
Dans cette reaction, on remarque que le chlore est a Ia fois soumis a une oxyda- ion chlorite, CI02- ion perchlorate. Cl0 4-
tion (de 0 dans Clz a + I dans HOC!) et a une reduction (de 0 dans Ch a - 1 dans CI-).
On appelle ce type de reaction, dans Laquelle un element donne est soumis a Lafois a
une oxydation eta une reduction, reaction de dismutation. L'acide hypochloreux et
ses sels sont de puissants oxydants; leur utilisation en solution comme desinfectants
et agents de blanchiment menagers est tres repandue.
Les chlorates, comme KCI0 3 , sont egalement de puissants oxydants; on les
utilise comme herbicides ou com me oxydants dans les pieces pyrotechniques (voir le Cl 0
chapitre 5) et les explosifs.
II n'existe qu'un oxacide de fluor. l'acide hypofluoreux, HOE Par contre, il existe Figure 10.24
au moins deux oxydes; il y a formation de difluorure d' oxygene, OF2 , quand un fait Structure des anions des composes
barboter du fluor gazeux dans une solution diluee d'hydroxyde de sodium. oxygemes du chlore.
4F2 (g) + 3Hz0(l) - 6HF(aq) + OFz(g) + Oz(g )
Le ditluorure d'oxygene est un g:az jaune pale dont le point d' ebullition est de
- 45 oc_ C' est un oxydant puissant. Par ailleurs, le d!fluorure de dioxygene, 0 2 F2 , est
un solide orange qu ' on peut preparer en faisant passer une decharge electrique dans
un melange equimolaire de fluor et d'oxygene gazeux.
decharge
Fz(g) + Oz(g) electrique OzFz(s)
Solution
La molecule OF2 possede 20 electrons de valence ; son diagram me de Lewis est
·a·
··/ '-.··
:F F:
460 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA oVIllA
Les quatre doublets effectifs qui entourent 1' atome d' oxygene sont disposes de fa~on
tetraedrique ; 1' atome d' oxygene est done hybride sp 3 . La molecule, en forme de V,
forme un angle qui devrait etre inferieur a 109,5° (a cause de la repulsion entre les
doublets libres).
(Voir les exercices I 0.3S et I 0.36)
H" /H
C=C
H/ "H
Par exemple, le tetrafluoroethylene
F F
"
C=C/
~ "F
reagit avec Iui-meme pour former le polymere ci-dessous. appele teflon.
F F
t t F
~/I" I/ I" I/~
F
F T T
F
F
F
Ce polymere resiste fort bien aux agents chimiques et ala chaleur: c' est pourquoi
on !'utilise beaucoup comme couche protectrice.
Les freons, de formule generale CClxF4 _x, sont des composes tres stables qu'on
a utilises comme fluides refrigerants dans les refrigerateurs et les appareils de
climatisation durant de nombreuses annees, mais qui sont, de nos jours, remplaces
par des substances moins dangereuses pour l' environnement.
Le chlore entre dans La composition de nombreuses autres molecules tres utiles.
Par exemple, le chlorure de vinyle
I 0.7 Elements du groupe VIlA 461
TeF4
TeF6
TeC4
TeBr 4
Te4
F- -
I,
CI
Figure 10.2 5
Structure theorique des composes
interhalogenes CIF 3 et IF 5 . En fait,
I a cause de Ia presence de dou-
F doublets Iibres doublet libre
blets libres, les angles de liaison
a) CIF3 a Ia forme d'un << T >> b) IF5 forme une pyramide a base cam~e sont legerement inferieurs a 90°.
VliiA
10.8 Elements clu groupe VIllA
Les elements du groupe VIllA, les gaz rares. possedent tous des orbitales de valence
s et p occupees (configuration electronique de I' helium : 2s2 ; configuration electro-
nique des autres gaz rares: ns2np6 ); c' est puurquoi leur reactivite est si faible. En fait,
il y a 40 ans, on ne connaissait aucun derive de gaz rare. Le tableau 10.11 presente
quelques proprietes de ces elements.
Grace au spectre d'emission caracteristigue de l'helium, on a pu en deceler la
presence dans le Soleil avant meme de le decouvrir sur la Terre. On le retrouve prin-
cipalement dans les gisements de gaz naturel, ou il provient de la desintegration de
radioelements emetteurs de particules a. Une particule a est un noyau d'helium qui
peut facilement capter des electrons pour devenir un atome d'helium. Meme si !'he-
lium n'entre dans la composition d'aucun compose, il est neanmoins tres important;
10.8 Elements du groupe VIllA 463
• ' 'I
on I' utilise ainsi : comme refrigerant; pour diluer les gaz destines a creer une atmo-
sphere artificielle dans les sous-marins qui naviguent en eaux tres profondes et dans
1es vaisseaux spatiaux ; pour glonfler les ballons dirigeables. Dans les fusees, il per-
met de maintenir les combustibles sous pression.
A l'instar de !'helium, le neon et I' argonne forment aucun compose; on les utilise
cependant beaucuup. Par exemple, on recourt au neon dans l'eclairage luminescent
(les enseignes au neon) eta )'argon dans les ampoules incandescentes ; etant donne
que !'argon n'est pas corrosif, Ia duree de vie du filament de tungstene est pro1ongee.
Panni les elements du groupe VIllA, seuls le krypton et le xenon forment des
composes. Le premier de ces composes fut synthetise en 1962 par le chimiste anglais
Neil Bartlett (ne en 1932). II s'agit du compose ionique XePtF6 (hexafluoroplatinate
de xenon).
Moins d'un an apres Ia synthese du XePtF6 par Bartlett, un groupe de chercheurs
de I' Argonne National Laboratory (pres de Chicago) produisit le tetrafluorure de
xenon a partir de xenon et de fluor gazeux, dans un recipient de nickel, a 400 oc et a
600kPa.
Xe(g) + 2F2 (g) - XeF4(s)
Les cristaux incolores de tetrafluorure de xenon sont stables. Peu apres, le meme
groupe reussit a synthetiser 1es deux autres fluorures de xenon, XeF2 et XeF6, et un
oxyde de xenon, Xe03 , tres explosif. Les fluorures de xenon reagissent avec l'eau
pour former du fluorure d'hydrogene et des composes oxygenes.
XeF6(s) + 3H2 0(1) - Xe03(aq) + 6HF(aq)
XeF6(s) + HzO(l) - XeOF4 (aq) + 2HF(aq)
Au cours des 35 dernieres annees, on a synthetise d'autres composes du xenon,
comme Xe04 (explosif), XeOF4, Xe0F2 et Xe03 F2 . Ces composes sont constitues
Solution
La molecule XeF6 possede [8 +6(7 )), soit 50 electrons de valence; son diagramme de
Lewis est
:F :F: F:
··"'-IXe/··
:
."/1
.. .·f·.""·
.F ..F. Couverture televisee d'un match
de football par le Spirit of Akron .
464 Chopitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA il VIllA
L'atome de xenon est entoure de sept doublets effectifs (1 doublet libre et 6 doublets
liants), soit un doublet de plus que ne l'exige une structure octaedrique. Par conse-
quent, a cause de la presence de ce doublet libre, XeF 6 ne peut pas posseder une
structure octaedrique, ce qu'on a d'ailleurs demontre experimentalement.
(Voir les exercices I 0.39 et I 0.40)
.v-r-- : Xe / I '
b~~~-~:
/ I '
1 Xe -: : , /____- Xe ~
F F
o/ I"" o
0
_
o -..........
-- ---- ~\ -- - - o
______
..... ~.,"' ./
,,
F 0
F · - -- t- --- --~ F
/ ""' I / /
/ Xe ,'
//
F ------T ---F
0
'""" /
XeF4 Xe03F2 Xe02F4
plane carree bipyramidale a base triangulaire octaedrique
Figure 10.26
Structure de certains composes de xenon.
Les elements du groupe VA sont dotes d'une vaste gamme de proprietes chimiques.
L'azote et le phosphore, des non-metaux, peuvent devenir des anions de charge 3- en
se combinant avec des metaux actifs pour former des sels. L'antimoine et le bismuth
ont plutot des proprietes metalliques, hien qu'il n'existe aucun compose ionique qui
contient leur ion de charge 5+. Les composes de bismuth(V) et d'antimoine(V) sont
des composes moleculaires et non ioniques. Tousles elements du groupe VA, aI' ex-
ception de I' azote, forment des molecules qui possedent cinq liaisons covalentes. La
possibilite de former des liaisons n diminue de fa~on notable apres l'azote; c'est
pourquoi le phosphore, I' arsenic et 1' antimoine elementaires existent sous forme
d' agregats polyatomiques.
La stabilite de la liaison triple dans la molecule N 2 est d'une importance capitate,
tant du point de vue cinetique que du point de vue thermodynamique. La decompo-
sition de Ia plupart des composes binaires azotes en leurs elements constitutifs est
accompagnee d'un degagement de chaleur, ce qui explique la puissance des explosifs
azotes.
Resume 465
Le cycle del' azote consiste en une serie d' etapes qui rendent compte du recyclage
de )'azote dans la nature. Au cours de l'une de ces etapes, appelee « fixation de
I' azote», il y a transformation de I' azote atmospherique en composes assimilables
par les plantes. Le procede Haber est un procede de fixation de I' azote; Ia nitrifica-
tion due aux bacteries qui vivent dans les nodules des racines de certaines plantes en
est un autre. Le procede inverse de Ia fixation de !'azote, La denitrification. est le
retour dans !'atmosphere de ]'azote present dans les composes azotes.
L'ammoniac, le plus important des hydrures d'azote, est une molecule de struc-
ture pyramidale qui possede des liaisons covalentes. L"hydrazine, N 2IL., est un
reducteur puissant. L'azote forme une serie d'oxydes dans lesquels son nombre
d'oxydation peut varier de 1 a 5 ; parmi les oxydes les plus importants, on retrouve
J'oxyde nitrique, ou monoxyde d'azote, et le dioxyde d'azote. Dans le procede Ost-
wald (synthese de 1' acide nitrique, HN03 , un acide fort de grande importance), I' am-
moniac est d'abord oxyde en oxyde nitrique, puis en dioxyde d'azote, lequel, une
fois dissous dans l'eau, forme l'acide nitrique. L'acide nitreux, HN02 , est un acide
faible.
[) existe trois varietes allotropiques de phosphore: le phosphore blanc, le phos-
phore rouge et le phosphore noir. Bien qu'il soit moins electronegatif que I' azote, le
phosphore existe sous forme d'anions p3- dans les phosphures. La phosphine, PH3 , a
une structure semblable a celle de I' ammoniac; ses angles de liaison sont toutefois de
l'ordre de 90°. Quand le phosphore reagit avec !'oxygene, il y a formation de P4 0 6
(nombre d'oxydation: +3) et de P4 0 10 (nombre d'oxydation: +5). Quand on dissout
P4 0 10 dans l'eau, il y a formation d'acide phosphorique, H 3 P04 , un acide faible.
L'acide phosphorique forme, par elimination de molecules d'eau, des acides
polymerises.
Le caractere metallique des elements du groupe VIA s' accentue egalement au fur
eta mesure que le numero atomique augmente. Toutefois, aucun d'entre eux n'est
vraiment un metal. En general, ces elements adoptent une configuration electronique
semblable a celle d'un gaz rare en captant deux electrons, ce qui en fait des anions de
charge 2-. Les elements du groupe VIA forment par ailleurs des liaisons covalentes
avec les autres non-metaux.
L' oxygene existe sous deux formes allotropiques, le dioxygene, 0 2 , et l' ozone,
0 3, dont Ia molecule a Ia forme d'un V. L'ozone est un oxydant puissant, qui est pol-
luant en basse atmosphere, mais benefique en haute atmosphere.
11 existe egalement deux varietes allotropiques de soufre, le soufre orthorhom-
bique et le soufre monoclinique, routes deux fom1ees de cycles S8 empiles. Dans la
nature, on retrouve le soufre aussi bien a l"etat natif que dans des minerais, sous
forme de sulfures et de sulfates. II existe trois oxydes de soufre: le monoxyde de
soufre, SO, instable; le dioxyde de soufre, S02 , ou anhydride sulfureux, qui, une fois
dissous dans l'eau, forme de l'acide sulfureux, H 2S03 , un acide faible; le trioxyde de
soufre, S03 , ou anhydride sulfurique, qui, une fois dissous dans l'eau, forme l'acide
sulfurique, H2 S04 , un acide fort tres important au pouvoir deshydratant eleve. Le
soufre entre dans la composition d'une grande variete de substances dans lesquelles
son nombre d'oxydation peut etre de +6, +4, +2, 0 ou - 2.
Les elements du groupe VIlA, les halogenes, sont tous des non-metaux. En solu-
tion aqueuse, les halogenures d'hydrogene, HX, sont tons des acides forts, a I' excep-
tion du fluorure d'hydrogene. La force des oxacides d'un halogene donne augmente
avec le nombre d'atomes d'oxygene lies al'halogene. II existe par ailleurs des com-
poses interhalogenes, c'est-a-dire des composes formes d' atomes d' halogenes dif-
ferents. Les composes organiques halogenes (teflon, freons, PVC, etc.) revetent une
grande importance dans l'industrie.
466 Ompitre Dix Elements non tronsitionnels: groupes VA oVIllA
Les gaz rares, les elements du groupe VIllA, jouissent d'une grande stabilite parce
que leurs orbitales peripheriques s et p sont occupees. Cependant, le krypton. le
xenon et le radon peuvent former un certain nombre de composes avec des atomes
tres electronegatifs comrne le fluor et !'oxygene.
Mots des
Section 10.2 Section 10.3 Sedion 10.6 reaction de dismutation
procede Haber acide phosphorique procede Frasch composes interhalogenes
fixation de l' azote reaction de condensation acide sulfurique freons
bacteries fixatrices d'azote Acide phosphoreux ion thiosulfate Section 10.8
denitrification superphosphate de chaux Section 10.1 gaz rares
cycle de I' azote Section 10.5 halo genes
ammoniac
ozone acide chlorhydrique
hydrazine
ozonisation acides halohydriques
acide nitrique
procede Ostwald
Questions
1. Quel compromis doit-on faire ((lltre Ia ~.:inetique et Ia thermo- 10. Les gaz rares sont panni les derniers elements decouverts ;
dynamique dans le procede Haber pour Ia production de I' am- leur existence n' etait meme pas predite par Mendelei"ev au
moniac? Ce procede serait-il realisable en !'absence d'un moment de La publication de son premier tableau periodique.
catalyseur approprie? Expliquez. Dans les livres de chimie ecrits avant 1962, les gaz
2. Le phosphore blanc est plus reactif que le phosphore noir ou rares etaient egalement appeles les gaz inertes. Pourquoi
que le phosphore rouge. Expliquez. n' utilise-t-on plus cette appellation ?
3. Dans de nombreuses eaux naturelles, !'azote et le phosphore
sont les nutriments les moins abondants pour la vie vegetale.
Les eaux polluees par le drainage des terres agricoles ou Ies fxerti1es
egouts municipaux sont envahies par les algues. Ces demieres
Dans Ia p resente section, les exercices similaires sont re·
utilisent la majeure partie de I' oxygene dissous dans l'eau de
groupes .
sorte que Ia vie animale n 'est plus possible. Decrivez com-
ment ces evenements sont relies chimiquement.
Elements du groupe VA
4. La presence d'ozone est souhaitable dans Ia haute atmosphere,
11. L' ion nitrate, No3- , est I'oxanion d'azote dans lequel le
mais indesirable dans Ia basse atmosphere. Dans un diction-
nombre d'oxydation de !'azote est le plus eleve. L'oxanion
naire, on peut lire que «I' ozone a l'odeur d'une fraichejournee
correspondant du phosphore est P04 3 - . L'ion N04 3 - existe,
de printemps ». En termes de proprietes chimiques de !'ozone,
mais il est instable. On ne connait aucun compose qui ren-
comment peut-on concilier ces deux affirmations en apparence
ferme 1· ion P03 -. Justifiez ces differences a I' aide des liaisons
contradictoires ?
qui existent dans ces quatre anions.
5. Decrivez les changements structuraux qui surviennent quand
12. Parmi les paires de substances suivantes, l'une est stable et
le soufre « mou » devient cassant.
I' autre instable. Pour chaque paire, indiquez Ia substance
6. Le soufre se dissout dans une solution aqueuse qui renferme stable et expliquez pourquoi I' autre ne I' est pas.
des ions sulfure. Le soufre de cette solution precipitera apres a) NFs ou PF5 .
addition d' acide nitrique. Expliquez. b) AsF 5 ou Asl5 .
7. Fournissez deux raisons pour lesquelles F2 est le plus reactif c) NF3 ou NBr3.
des halogenes.
13. Ecrivez Ies equations equilibrees des reactions qui permet-
8. Expliquez pourquoi HF est un acide faible, alors que HCI , traient d' obtenir:
HBr et HI sont tous des acides forts. a) NO(g).
9. Bien que He soit le deuxieme element en abondance dans b) N 20(g).
l 'univers, il est tres rare sur Terre. Expliquez. c) KNOz(aq).
Exercices 467
03 ~ 0 2 +0
theorie des orbitales moleculaires en ce qui conceme les
liaisons dans NO, No+ et No- . Expliquez pourquoi il y a des 30. La xerographie a ete inventee en 1938 par C. Carlson. En
divergences entre les deux points de vue. xerographie, une image est produite sur un photoconducteur
22. L' energie necessaire pour briser une liaison particuliere n ' est par exposition a Ia lumiere. On utilise couramment le sele-
pas toujours constante. ll faut environ 200 kJ/mol de moins nium puisque sa conductivite augmente de trois ordres de
pour briser Ia liaison N-Cl dans NOCl que Ia meme liaison grandeur apre~ exposition a une lumiere dont Ia longueur
dans NC1 3 : d' onde se situe entre 400 et 500 nm. Quelle couleur de lumiere
NOCI - NO+ CJ !!J/0 = 158 kJlmol devrait etre utilisee pour rendre le selenium conducteur? (l-hir
NCI3 - NClz + Cl !!J/0 = 375 kJl mol Ia figure 5.2.)
Pourquoi y a-t-il autant de difference dans les energies de liai- 31. Apres addition d'acide nitrique a une solution de sulfure de
son N-Cl? (lndice: prenez en consideration ce qui anive a Ia sodium, il se forme du soufre elementaire.
34. L'anion teflate, 0TeF5-, se comporte souvent comme un ion les produits Xe et HF sont facilement elimines pour obtenir du
halogenure. Par exemple, Ia structure de P( OTeF5 )3 ressemble C6H5F pur. Le difluorure de xenon est stocke sous une atmo-
a celle de PF3. Ecrivez les diagrammes de Lewis relatifs a sphere inerte sans oxygene ni eau. Pourquoi cette precaution?
OTeF5- et a P(OTeFsh- 42. A l'aide des donnees foumies au tableau 10.12, calculez la
masse du xenon a 25 °C eta 1,0 atm. dans une piece mesurant
10,0 m X 5,0 m X 3.0 m. Combien d'atomes de xenon y a-t-il
Bements du groupe VIlA dans cette piece? Et combien d'atomes de xenon inhalez-vous
quand vous inspirez de I' air une fois (environ 2 L)?
35. Pour chacun des composes ci-dessous, ecrivez le diagramme
de Lewis et predisez Ia structure moleculaire et I'etat d' hybri-
dation des atomes centraux.
a) CIF5
fxerti1es suppiementGires
b) IF3
43. Contrairement a NF3, qui est un compose assez stable, NCI 3
c) FBr02 (Brest l'atome central.) ne !'est pas. (P.L. Dulong, qui, le premier, synthetisa le NCI3,
36. Ecrivez le diagramme de Lewis de 0 2F2. Predisez les angles en 1811. a d'ailleurs perdu trois doigts et !'usage d'un reil en
de liaison et l'etat d'hybridation des deux atomes d'oxygene tentant d'etudier les proprietes de ce compose.) Les composes
centraux. NBr3 et NJ 3 n' existent pas, alors que l'explosif Nl3·NH3
existe. Expliquez l'instabilite de ces halogenures d'azote.
37. Bien que les ions perchlorate et periodate soient cunnus
depuis fort longtemps, I' ion perbromate echappait aux scien- 44. L'oxydation de I' ion cyanure donne naissance a l'ion cyanate
tifiques. n n'a ete synthetise qu'en 1965. On l'a obtenu en stable, OCN-. L'ion fulminate, CNO-, par contre, est tres
oxydant I' ion bromate par du difluorure de xenon aqueux. Les instable. Les sels de I'acide fulminique explosent au moindre
produits formes ont ete le xenon, I' acide fluorhydrique et l' ion choc. Hg(CNOh est utilise dans les tetes explosives. Ecrivez
perbromate. Ecrivez !'equation equilibree pour cette reaction. les diagrammes de Lewis et indiquez les charges formelles des
atomes des ions cyanate et fulminate. Pourquoi I' ion fulminate
38. L'acide hypofluoreux estle dernier oxacide d'halogene qu' on
est-il si instable?
ait synthetise. M.H. Studies et E.N. Appelman en ont obtenu
des quantites appreciables. en 1971. en fluorant de Ia glace. 45. Ecrivez les diagrammes de Lewis des ions AsCJ4+ et AsCJ 6- .
L'acide hypofluoreux est tres instable: sa demi-vie est de Que) est le type de Ia reaction suivante (neutralisation, oxydo-
30 min. II se decompose spontanement en HF et en 0 2 dans un reduction, etc.)?
contenant en teflon, a Ia temperature ambiante. II reagit rapi- 2AsCl 5 (g) ~ AsC4AsCI6(s)
dement avec l'eau pour former HF, H20 2 et 02. En solution 46. Decrivez )'experience qui vous permettrait de verifier que le
acide diluee, H 20 2 est le principal produit ; en solution chlorure de bismuthyle (BiOCI) est forme des ions BiO+ et
basique diluee, c'est o 2. Ecrivez Ies equations chimiques CI- et non pas des ions Bi+ et OCI- ? (lndice: OCI- peut oxy-
equilibrees relatives aux reactions decrites ci-dessus. der I- en I2.)
47. Le sulfure de cadmium, qui a ete evalue comme photoconduc-
teur en xerographic, est un semiconducteur dont la bande
Elements du groupe VIllA interdite est de 2,42 eV/atome (1 eV/atome, ou electronvolt,
vaut 96,5 kJ/mol). Quelle est la longueur d'onde minimale de
39. Les oxydes, oxyhalogenures et halogenures de xenon pos- la lumiere qui fera passer Ies electrons de Ia bande de valence
sedent le meme nombre d'electrons que plusieurs composes et a Ia bande de conduction dans CdS? QueUe est la couleur de
ions d'halogenes. Reperez un compose ou union dont I' atome cette lumiere? (Voir La figure 5.2.)
central est un atome d'iode et qui possede le meme nombre
48. La structure de TeF5- est Ia suivante :
d'electrons que chacun des produits ci-dessous.
a) Xe04
b) Xe03 F
c) XeF2
F~------- ---------p
d) XeF4
e) XeF6
f) XeOF3 I
I
/ 79. /lI
I
41. Le difluorure de xenon s'est revele un agent de fluoration aux Ecrivez le diagramme de Lewis relatif a !'anion TeFs- - Com-
usages multiples. Par exemple, dans la reaction suivante: ment peut-on expliquer que La structure pyramidale carn~e de
C6H6(l) + XeF2 (g) ~ C6HsF(l) + Xe(g) + HF(g) L'anion ne soil pas parfaite?
Probleme de synthese 469
49. Dans les lentilles photochromatiques grises, on retrouve de et installe un leurre bien en vue. II appelle cette strategie
petits cristaux de chlorure d'argent. Le chlorure d'argent est I' « attrape-nigaud ». Monsieur Spock envoie un message code
photosensible, comme en temoigne Ia reaction suivante: aux chimistes des vaisseaux pour les informer des manreuvres
hv a effectuer. Le message est le suivam :
AgO(s) - Ag(s) + Cl
La formation d'argent metallique est responsable du noircisse-
ment des Jentilles. Dans les lentilles, cette reaction est (1) (2) (3) (4) (5) (6)
reversible; autrement dit, en r absence de lurniere, Ia reaction
inverse a lieu. Toutefois, lorsqu'on expose du AgO pur a Ia
Iumiere, il noircit, mais Ia reaction inverse n'a pas lieu a l'ob- (7) (8) (9) (10)(11)(12)(10)(11)
scurite.
a) Expliquez cette difference de comportement. Remplir les blancs en vous servant des indices suivams.
b) A Ia longue, les lentilles photochromatiques demeurent 1. Le symbole de l"halogene dont le point d'ebullition de
foncees. Expliquez ce phenomene. I"hydrure est le deuxieme en importance dans la serie des
halogenures d'hydrogene, HX.
Problemes delis 2. Le symbole de l'halogene, dont l'halogenure d'hydrogene
est le seul a se comporter comme un acide faible en milieu
50. A I' aide des energies de liaison (voir te tableau 6.4), montrez aqueux.
que Jes produits preferentiellement formes par Ia decomposi- 3. Le symbole de I' element qui a ete decouvert sur le Solei!
tion de N 2 0 3 sont N02 et NO plut6t que 0 2 et N 20. (L' energie avant de l'etre sur Ia Tene.
de Ia liaison simple N-O vaut 201 kJ/mol). 4. Le symbole de !'element dont Ia presence peut interferer
51. Le perchlorate de sodium resulte de l'oxydation electrolytique avec !'analyse qualitative des ions Pb 2+, Hgl+ et Ag+.
du NaCl03 aqueux. Quand on ajoute des ions chlorure a une solution aqueuse
CI0 3- + H2 0 - CI04- + H2 de cet ion metallique, il se forme un precipite de formule
MOCI.
Aux Etats-Unis. plus de la moitie de Ia production annuelle de
5. Le symbole d'un element du groupe VA qui, a l'instar du
perchlorate est transformee en NI4CI04 , un produit qu'on
selenium, est un semiconducteur.
utilise comme combustible dans les fusees. Les deux fusees
6. Le symbole de !'element qui existe sous formes ortho-
d'appoint de Ia navette spatiale utilisent un melange de
rhombique et monoclinique.
Nf4CI04 (70%, par masse), comme oxydant, et d'aluminium
7. Le symbole de !'element qui. lorsque non combine a un
en poudre (30 %, par masse), comme carburant. Ces produits
autre element, existe sous forme de molecules diatomiques
reagissent conformement a I' equation suivante:
et forme un gazjaune verdatre; les sels d'argent, de plomb
3Al(s) + 3NH4Cl04(s) - et de mercure(I) de cet element sont blancs et insolubles
Al20 3(s) + AlC1 3(s) + 3NO(g) + 6H2 0(g) dans l'eau.
Llli = -1218 kJ 8. Le symbole de I' element le plus abondant dans Ia crofite et
I' atmosphere tenestres.
A chaque lancement, on utilise environ 7 X 105
kg de
9. Le symbole de ]'element qui, s'il est en abondance dans
N}4Cl04 . Evaluez la chaleur degagee par les fusees d' appoint
!'alimentation, semble proteger contre le cancer.
lors d'un lancement.
10. Le symbole du seul gaz inerte, exception faite du xenon,
capable de former des composes dans certaines conditions
Probleme de synthese (ecrivez le symbole arebours en separant les Iettres comme
l'indiquent les deux chiffres 10).
a
Ce probleme fait appel plusieurs concepts et techniques de 11. Le symbole de !'element toxique qui, comme le phosphore
resolution . les problemes de synthese peuvent etre utilises en et I' anti moine, forme des molecules tetrameriques quand il
classe pour faciliter !'acquisition des habiletes necessaires a n'est pas combine a d'autres elements (separez les lettres
Ia resolution de problemes. tel qu'indique).
52. Le capitaine Kirk veut a tout prix capturer les Klingons, qui 12. Le symbole de !'element qui se trouve dans ]'air comme
menacent une planete inoffensive. II a done envoye par petits compose inerte, mais qui joue un role tres actif dans les
groupes des vaisseaux indetectables par le radar des Klingons engrais et les explosifs.
Glossaire
Acide halohydrique. Solution aqueuse d'un halogenure d'hy- Chromatographie. Nom generique d'une serie de methodes per-
drogene. (10.7) mettant de separer les constituants d' un melange par le recours a
Actinides. Groupe de 14 elements (90 a 103 du tableau periodique) un systeme compose d'une phase mobile et d'une phase station-
caracterise par I' occupation graduelle des orbitales 5f (5.11 ; naire. ( 1.9)
8.11;9. 1) Compose. Substance de composition uniforme pouvant etre decom-
Affinite electronique. Variation d'energie imputable a !'addition posee en ses elements a l'aide d'un processus chimique. (1.8)
d'un electron a un atome a l'etat gazeux. (5.12) Compose binaire. Compose forme de deux elements. (2.8)
Alliage. Substance constituee d'un melange d'elements et dotee de Compose interhalogene. Compose resultant de Ia reunion de deux
proprietes metalliques. (8.4) halogenes differents. (10.7)
Anion. Ion negatif. (2.6) Compose ionique. Compose resultant de la reaction d' un metal avec
Atmosphere. Melange de gaz qui entoure Ia Tene. (4.9) un non-metal, reaction qui produit un cation et un anion. (6.1)
Atmosphere standard. Unite de pression egale a l 0 l ,325 kPa. (4.1) Condensation. Changemem d'etat d'un gaz passant a l'etat liquide.
(8.8)
Atome nucleaire. Atome dont le centre (noyau) est dense, de
charge positive et au tour duquel gravitent des electrons. (2.4) Constante de Planck. Constante associ ant la variation d' energie
d'un systeme a la frequence de la radiation electromagnetique
A tome polyelectronique. Atome possedant plus d'un electron. (5.9)
absorbee ou emise: 6,626 X 10- 30 J·s. (5.2)
Attraction dipole-dipOle. Forced' attraction s' exe~am quand I' ex-
Constante molaire des gaz. Constante de proportionnalite de Ia loi
tremite positive d'une molecule polaire est orientee vers l'ex-
des gaz parfaits: 8,315 kPa·LIK-mol. (4.3)
tremite negative d'une autre molecule. (8.1)
Courbe de chauffage. Representation graphique de Ia variation
de la temperature d'une substance en fonction du temps quand
Bacteries tixatrices d'azote. Bacteries, presentes dans les nodules
I' apport d'energie est constant. (8.8)
des racines de certaines plantes, et catalysant la transformation de
l' azote atmospherique en ammoniac et autres composes azotes Cycle de I'azote. Transformation reversible de N2 en composes
assimilables par les plantes. (10.2) azotes ; le retour de 1' azote dans I' atmosphere est dil a un proces-
sus nature! de decomposition. (10.2)
Bandes de conduction. Orbitales moleculaires pouvant etre
occupees par des electrons mobiles libres de se deplacer dans un
crista) metallique et responsables des conductibilites calorifique Delocalisation. Fait, pour les electrons d'une molecule, de ne pas
et electrique. (8.4) etre localises entre deux atomes, mais de se deplacer dans I' en-
semble de Ia molecule. (6.9)
Barometre. Appareil destine a mesurer Ia pression atmospherique.
(4.1) Denitrification. Reaction de transformation des nitrates en azote
gazeux, catalysee par des bacteries, et permettant al' azote present
Borane. Hydrure covalent de bore. (9.5)
dans Ia matiere en decomposition de retourner dans l' atmosphere.
(10.2)
Capillarite. Ascension spontanee d'un liquide dans un tube capil-
Diagramme de Lewis. Diagramme montrant comment les electrons
laire. (8.2)
de valence sont repartis entre les atomes d'une molecule. (6.10)
Cation. Ion positif. (2.6)
Diagramme de phases. Representation des phases d'une subs-
Ceramique. Materiau non metallique forme d'argile, durci par tance, dans un systeme clos, en fonction de Ia temperature et de
cuisson a haute temperature et constitue de minuscules cristaux Ia pression. (8.9)
de silicates en suspension dans une base vitreuse. (8.5)
Diamagnetisme. Magnetisme associe a Ia presence d'electrons
Chaleur de fusion. Variation d'enthalpie accompagnant Ia fusion paires, et se traduisant par !'expulsion de Ia substance hors du
d'un solide. (8.8) champ magnetique inducteur. (7.3)
Chaleur de vaporisation. Energie requise pour qu'il y ait vapori- Diffraction. Dispersion de la lumiere par un ensemble regulier de
sation d'une mole de liquide a une pression de 101,3 kPa. (8.8) points ou de Iignes, accompagnee de phenomenes d'interferences
Charge nucleaire effective. Charge nucleaire apparente s'exen;:ant constructive et destructive. (5.2)
sur un electron donne, egale a Ia difference entre Ia charge Diffraction des rayons X. Technique d'analyse de Ia structure des
nucleaire reelle et I'effet de repulsion entre les electrons. (5.9) solides cristallins, consistant a diriger des rayons X de longueur
Chiffres significatifs. Ensemble constitue des chiffres certains et 471
du premier chiffre incertain d'une mesure. (1.4)
472 Glossaire
d'onde unique sur un crista!, eta recueillir les figures de diffrac- Energie d'ionisation. Quantile d'energie requise pour arracher un
tion, doni l'examen permet de determiner Ia distance qui separe electron a un atome ou a union gazeux. (5.12)
Ies atomes. (8.3) Equation chimique. Representation d'une reaction chimique indi-
Diffusion. Melange de gaz. (4.7) quant les nombres relatifs de molecules de reactifs et de produits.
Distillation. Methode de separation des composants d' un melange (3.6)
liquide faisant appel ala difference entre les temperatures d' ebul- Equation de van der Waals. Expression mathematique represen-
lition de ces composants. (1.9) tant Ie comportement des gaz reels. (4.8)
Distribution des probabilites de presence. Carre de la fonction Erreur fortuite. Erreur pouvant avoir lieu egalement dans les deux
d'onde indiquant la probabilire de presence d'un electron en un directions (en plus ou en moins). (1 .4)
point donne de l'espace. (5.5) Erreur systematique. Erreur ayant toujours lieu dans Ia meme
Doublet liant. Paire d'electrons occupant l'espace situe entre deux direction. ( 1.4)
aromes. (6.9) Etat tondarnental. Le plus faible niveau d,energie que peut adopter
Doublet libre. Paire d'electrons localises dans un atome donne et un atome ou une molecule. (5.4)
ne participant pas a une liaison. (6.9) Etats condenses de Ia matiere. Liquide et solide. (8.5)
Dualite de Ia nature de Ia lumiere. Fait que Ia Iumiere soit dotee a Etats de Ia matiere. Les trois differentes formes de Ia matiere :
Ia fois de proprietes ondulatoires et de proprietes particulaires. solide, liquide et gazeuse. (1.8)
(5.2)
Exactitude. Accord entre une valeur donnee et Ia valeur reelle. ( 1.3)
E = mc 2 • Equation d'Einstein montrant Ia relation qui [Link] entre Facteur de conversion. Rapport entre des unites equivalentes uti-
l'energie et Ia masse. E est l'energie, m, Ia masse etc, Ia vitesse lise pour convertir un groupe d'unites en un autre. (1.5)
de Ia lumiere. (5.2)
Facteur strechiometrique. Rapport entre le nombre de moles
Eau dure. Eau provenant de sources naturelles, et contenant des d'une substance et le nombre de moles d' une autre substance,
concentrations relativement importantes de calcium et de magne- dans une equation chimique equilibree. (3.8)
sium. (9.4)
Filtration. Methode de separation des composants d'un melange
Echange d'ions (adoucissement de l'eau). Procecte consistant a contenant un solide et un liquide. (1.9)
eliminer des ions indesirables (par exemple, Ca2+ et Mg 2+) en les
Fixation de I' azote. Procecte au cours duquelle N 2 gazeux est trans-
rempla~ant par des ions Na+ ne nuisant pas a I' action des savons
forme en composes azotes assimilables par les plantes. (10.2)
et des detergents. (9 .4)
Fonction d'onde. Fonction des coordonnees relatives a Ia position
Effet d'ecran. Effet par lequelles autres electrons « masquent >> Ia
d' un electron dans un espace tridimensionnel decrivant les pro-
charge nucleaire a un electron donne. (5.12)
prietes de cet electron. (5.5)
Effusion. Passage d'un gaz, a travers un petit orifice, dans un com-
Forces de dispersion de London. Forces d' attraction entre des mo-
partiment dans lequel on a fait le vide. (4.7)
lecules polaires ou non polaires, resultant de Ia formation de di-
Electron. Particule de charge negative gravitant autour du noyau poles instantanes due a un deplacement temporaire d' electrons.
d' un atome. (2.4) (8 . 1)
Electron de creur. Electron interne d'un atome, n'occupam pas le Forces intermoleculaires. Interaction relativement faible entre des
niveau quantique principal le plus eleve (electron de valence). molecules. (8.1)
(5.11)
Forrnule chimique. Representation d' une substance: les symboles
Electronegativite. Capacite d'un atome d' une molecule d'attirer des e lement~ indiquent Ia nature des atomes en presence et les
les electrons de liaison. (6.2) indices. les proportions relatives de chacun de ces atomes. (2.6)
Electrons de valence. Electrons presents au niveau quantique prin- Formule empirique. Le plus petit rapport entre des nombres
cipalle plus eleve d'un atome. ([Link]) entiers d'atomes dans un compose. (3.5)
Element. Substance ne pouvant pas etre decomposee en substances Formule rnoleculaire. Formule exacte d'une molecule indiquant Ia
plus simples par des moyens chimiques ou physiques. ( 1.9) nature et le nombre de chacon des atomes en presence. (3 .5)
Elements non transitionnels. Elements des groupes IA, IIA, IliA, Formule structurale. Representation d'une molecule indiquant les
IVA, VA, VIA, VIlA et VIllA du tableau periodique. Le numero positions relatives des atomes, et dans laquelle les liaisons sont
du groupe indique le nombre des electrons de valence s et p . representees par des !ignes. (2.6)
(5. ll: 9.])
Fraction molaire. Rapport entre le nombre de moles d'un com-
Energie de liaison. Energie requise pour qu'il y ait rupture d'une posant donne dans un melange et le nombre total de moles
liaison chimique donnee. (6.1 ; 6.8) presentes dans le melange. (4.5)
Energie de reseau. Variation d, energie accompagnant I, empilement Frequence. Nombre d'ondes (cycles) par seconde se succedant en
d'ions individuels gazeux qui produit un ~ulide ionique. (6.5) un point donne de l' espace. (5.1)
Glossaire 473
Gaz rare. Element du groupe VIIIA. (2.7; I 0.8) Liaison simple. Liaison dans laquelle une seule paire d'electrons
Groupe (tableau periodique). Colonne d'elements dotes de Ia est partagee par deux atomes. (6.8)
meme configuration des electrons de valence et de proprietes Liaison triple. Liaison dans laquelle trois paires d'electrons sont
chimiques semblables. (2.7) partagees par deux atomes. (6.8)
Liquefaction. Changement d'etat d'un gaz passant a l'etat liquide.
Halogtme. Element du groupe VIlA. (2.7; 10.7) (9. 1)
Hybridation. Fusion des orbitales atorniques initialcs, engendrant Loi d'Avogadru. Des volumes egaux de gaz. mesures dans It:~
les orbitales atomiques particulieres necessaires a Ia formation memes conditions de temperature et de pression, contiennent le
d'uneliaison. (7 .1) meme nombre de molecules. (4.2)
Hydrure. Compose binaire contenant de I'hydrogene. L'ion hy- Loi de Boyle-Mariotte. A une temperature constante, le volume
drure, H-, est present dans les hydrures ioniques. II existe trois d'une masse donnee de gaz est inversemem proportionnel a sa
classes d' hydrures : les hydrures covalents, les hydrures d'inser- pression. (4.2)
tion et les hydrures ioniques. (9.3) Loi de Charles. A une pression constante, le volume d'une masse
Hypothese. Supposition(s) avancee(s) pour expliquer un pheno- donnee de gaz est directement proportionnel a sa temperature
mene nature! observe. ( 1. 1) exprimee en kelvins. (4.2)
Loi de conservation de Ia masse. La masse ne se perd ni ne se cree.
Incertitude (dans une mesure). Propriete de toute mesure reposant ( 1.2 ; 2.2)
sur une valeur estimee et sur le fait qu' elle ne so it pas exactement Loi de Coulomb. E = 2,31 X J0- 19 (Q 1 Q~/r). E est I'energie d' in-
reproductible. (1.4) teraction entre une paire d' ions (J), r, Ia distance separant lesions
Ion. A tome ou groupe d' atomes possedant une charge nette nega- (nm) et Q. et Q2. les charges numeriques des ions. (6.1)
tive ou positive. (2.6) Loi de Ia vitesse d'effusion de Graham. La vitesse d'effusion d' un
Ion polyatomique. Ion compose de plus d'un atome. (2.6) gaz est inversement proportionnelle a Ia racine carret: de Ia masse
Ions isoelectroniques. Ions possedant le meme nombre d'elec- de ses particules. (4.7)
trons. (6.4) Loi des gaz parfaits. Equation d' etat d'un gaz (l'etat d'un gaz etant
Isotopes. Atomes du me me element (meme nombre de protons) pos- Ia condition dans laquelle il se trouve a un moment donne : p V =
sedant des nombres de neutrons differents : leur numero atomique nRT, ou p =pression, V = volume, n = nombre de moles de gaz,
est le meme, mais leurs masses atomiques sont differentes. (2.5) R = [Link] molaire des gaz et T = temperature absolue. Cette
equation represente le comportement duquel se rapprochent les
gaz reels a haute temperature eta basse pression. (4.3 )
Lanthanides. Groupe de 14 elements (58 a 71 du tableau perio-
dique) caracterise par !'occupation graduelle des orbitales 4( Loi des prcssions partielles de I>alton. Dans un melange gazeux.
(5 .11; 9.1) Ia pression to tale est egale a Ia somme des pressions que chacun
des gaz exercerait s •il y etait seul. (4.5)
Liaison chimique. Force retenam deux aromes ensemble dans un
compose. (2.6; 6.1) Loi des proportions definies. Un compose donne contient toujours
les memes elements combines dans les memes proportions de
Liaison covalente. Liaison dans laquelle les atomes partagent des masse. (2.2)
electrons. (2.6; 6.1 ; 6. 7)
Loi des proportions multiples. Quand deux elements se combinent
Liaison covalente polaire. Liaison covalente dans laquelle les elec- pour former une serie de composes, les rapports entre les masses
trons ne sont pas partages egalement, etant donne qu'un des du deuxieme element qui se combinent a I g du premier element
atomes lcs attire plus fortement que !'autre. (6. 1) peuvent toujours etre reduits a de petits nombres entiers. (2.2)
Liaison double. Liaison a laquelle participent deux paires d'elec- Loi naturelle. Enonce permettant d' exprimer un comportement
trons partages par deux atomes. (6.8) generalement observe. ( 1.2)
Liaison hydrogene. Attraction dipole-dipole anormalement forte Longueur d'onde. Distance separant deux cretes ou deux creux
entre des molecules possedam des atomes d'hydrogene lies a un consecutifs d'une onde. (5.1)
atome fortement electronegatif. (8.1)
Longueur d'une liaison. Distance separant les noyaux de deux
Liaison ionique. Attraction electrostatique entre deux ions de atomes relies par une liaison, et pour laquelle l'energie totale
charges opposees. (2.6 ; 6.1) d'une molecule diatomique est minimal e. (6.1)
Liaison pi ( 1r). Liaison covalente dans laquelle des orhitales p
paralleles partagent un doublet d'electrons qui occupe l'espace
situe au-dessus et au-dessous de l'axe reliant les atomes. (7.1) Maille elementaire. La plus petite unite d' un rest:au. C8.3)
Liaison sigma (u). Liaison covalente dans laquelle un doublet Manometre. Instrument destine a mesurer Ia pression d'un gaz
d'electrons est partage dans une zone situee dans !'axe reliant les dans un contenant. (4.1)
atomes. (7.1) Masse. Quantile de matiere d'un objet. ( 1.3)
474 Glossoire
Masse atomique. Masse moyenne des atomes d'un element Nombre d' Avogadro. Nombre d'atomes presents dans exactement
nature!. (2.3 ; 3.1) 12 g de 12C pur, et valant 6,022 X 1023 . (3.2)
Masse molaire. Masse d'une mole de molecules d'une substance Nombre de masse. Nombre total de protons et de neutrons presents
donnee, exprimee en grammes. (3 .3) dans le noyau d'un atome. (2.5)
Masse volumique. Masse par unite de volume. (1.8) Nombre quantique de spin. Nombre quantique representant une des
Melange. Materiau de composition variable contenant au moins deux valeurs possibles du spin d'un electron: +112 ou -1/2. (5.8)
deux substances. (1.9) Nombre quantique magnetique (mf). Nombre quantique decri-
Metal. Element cedaut facilement des electrons, brill ant, malleable vaut !'orientation dans l'espace d'une orbitale par rapport aux
et bon conducteur de Ia chaleur et de I' electricite. (2.7) autres orbitales possedant le meme nombre quantique, e, et pou-
Metal alcalin. Metal du groupe lA. (2.7; 5.13 ; 9.2) vant adopter toutes les valeurs entieres comprises entre +I et - I,
y compris 0. (5.6)
Metal alcalino-terreux. Metal du groupe UA. (2.7; 9.4)
Nombre quantique principal (n). Nombre quantique representant
Metalloides. Elements du tableau periodique situes a Ia frontiere qui
Ia taille et le niveau d'energie d'une orbitale. et pouvant prendre
separe les metaux des non-metaux. Ces elements sont dotes de
routes les valeurs entieres positives. (5.6)
proptietes qui relevent a Ia fois des metaux et des non-metaux.
(5.14; 9.1) Nombre quantique secondaire ou azimutal, (1). Nombre quan-
tique decrivant Ia forme d'une orbitale atomique, et pouvant
Metallurgic. Ensemble des procedes d'extraction d'un metal de
adopter routes les valeurs entieres comprises entre 0 et (n - I)
son minerai et de sa preparation en vue de son utilisation. (9.1)
pour chaque valeur den. (5.6)
Metaux de transition. Series d'elements caracterises par !'occupa-
Non-metal. Element qui n'est pas dote des caracreristiques des
tion graduelle des orbitales d etf (5 .11 ; 9.1)
meraux. Du point de vue chimique, un non-metal typique accepte
Methode scientifique. Etude des phenomenes naturels faisant ap- Ies electrons d'un metal. (2.7)
pel a !'observation, a Ia formulation de lois et de theories, eta Ia
Notation exponentielle. Expression des nombres sous Ia forme
verification des theories par !'experimentation. (1.2)
N X JOM, permettant de representer un nombre rres petit ou rres
Millimetre de mercure (mm Hg). Unite de pression, egalement grand et d'en determiner aisement le nombre de chiffres signifi-
appelee ton; 760mm Hg= 760torr= 101325 Pa= 101,325 kPa catifs. (1.5)
= 1 atmosphere staudard. (4.1)
Noyau. Centre d'un atome, petit, dense et de charge positive. (2.4)
Modele atomique base sur Ia mecanique ondulatoire. Modele
Numero atomique. Nombre de protons d'un atome. (2.5)
atomique seton lequel !'electron de l'atome d'hydrogene est
assimile a une onde stationnaire. (5.5)
Onde stationnaire. Onde semblable a celles engendrees par Ia
Modele« boules et batonnets>>. Modele moleculaire « eclate >>dans
corde d'un instrument de musique. Dans Ia theorie atomique
lequel les atomes sont repnSsentes par des spheres reliees entre
basee sur la mecanique ondulatoire, !'electron de l'atome d'hy-
elles par des batonnets faisant office de liaisons chirniques. (2.6)
drogene est assimile a une onde stationnaire. (5.5)
Modele compact. Modele moleculaire montrant les tailles et les
Orbitale. Fonction d'onde specifique a un electron daus un atome.
orientations relatives des atomes. (2.6)
Le carre de cette fonction represente Ia distribution des probabi-
Modification chimique. Transformation de substauces en autres lites de presence de !'electron. (5.5)
substances par reorganisation des atomes ; reaction chimique.
Orbitale moltkulaire antiliante. Orbitale dont le niveau d'energie
(1.9)
est superieur a celui des orbitales atomiques qui lui ont donne
Modification physique. Modification de l'etat d' une substance, et naissance. (7.2)
non de sa composition chimique (il n'y a pas rupture de liaisons
Orbitale moleculaire liante. Orbitale dont le niveau d'energie est
chimiques). (1.9)
inferieur a celui des orbitales atomiques qui lui ont donne nais-
Mole (mol). Quautite de substauce qui contient le nombre sance. (7.2)
d' Avogadro (6,022 X 1023 ) de particules. (3.2)
Orbitales degenerees. Groupe d'orbitales possedant la meme
Molecule. Ensemble d'au moins deux atomes, d'un meme element energie. (5.7)
ou d'elements differents, maintenus ensemble par des liaisons
Ordre de liaison. Demi-difference entre le nombre d'electrons
covalentes. (2.6)
Iiams et le nombre d'electrons antiliants; indice de Ia force d'une
Moment dipolaire. Propriete d'une molecule dont on peut liaison. (7.2)
representer Ia distribution des charges par un foyer de charge po-
Ozone (03 ). Seconde forme sous laquelle on retrouve !'oxygene ele-
sitive et un foyer de charge negative. (6.3)
mentaire, !'autre forme, beaucoup plus courante, etant 0 2 • (10.5)
Neutron. Particule du noyau dont Ia masse est egale a celle du pro- Paramagnetisme. Magnetisme induit associe a Ia presence d'elec-
ton, mais dont la charge est null e. (2.5) trons non paires, et se traduisant par I' attraction de la substance a
Nitrure. Compose comenam I' anion N 3-. (9.2) l'interieur du champ magnetique inducteur. (1.3)
Nreud. Zone d'une orbitale ou Ia probabilite de presence d'un elec- Pascal. Unite de pression dans le SI: I Pa = I Nlm 2 (un newton par
tron est nulle. (5.7) metre carre). (4.1)
Glossoire 475
Phenomene de penetration. PMnomene par lequel un electron de Procede Frasch. Procede de recuperation du ~u ufre souterrain,
valence penetre dans Ia zone des electrons de creur, ce qui consistant a faire fondre le soufre avec de l'eau surchauffee et a
entraine une diminution de l'effet d' ecran et une augmentation de le faire remonter a Ia surface par injection d'air comprime. (10.6)
Ia charge nucleaire effective. (5 .12) Procooe Haber. Synthese de I' ammoniac a partir d'azote et d' hy-
Phenomene du doublet inerte. Resistance des electrons des drogene, realisee a haute pression et a haute temperature. en
couches s des elements les plus << lourds >> des groupes IliA et IVA presence d' un catalyseur. (3.9; 10.2)
a participer a une liaison, resistance entralnant deux etats d'oxy- Procooe Ostwald. Procede commercial de production de l'acide
dation possibles : + I et +3 pour Jes elements du groupe IliA ; +2 nitrique par oxydation d' ammoniac. (10.2)
et +4 pour les elements du groupe IVA. (9.5) Produit. Substance resultant d' une reaction chimique (toujours a
Photon. Corpuscule dom le flux constitue one radiation elecn·o- droite de Ia fleche dans une equation chimique). (3 .6)
magnetique. (5.2) Proton. Particule de charge positive appartenant au noyau d' un
Pluies acides. Consequence de Ia pollution atmospherique par Je atome. (2.5)
dioxyde de soufre et les oxydes d'azote. (4.9)
Poids. Force exercee sur un objet par I' attraction due a Ia pesanteur. Quantification. Fait que l'energie n' existe qu'en unites discretes,
(1.3) appelees quanta. (5.2)
Point critique. Point du diagrammt: de phases pour lequel Ia tem- Quantites strechiometriques. Quantites de reactifs te lles que ceux-
perature et Ia pression atteignent leurs valeurs critiques ; point ci sont tous epuises en meme temps. (3.9)
final de Ia courbe de transition liquide-vapeur. (8.9)
Point d'ebullition normal. Temperature a laquelle Ia pression de Radiation electromagnetique. Energie radiame, au comportement
vapeur d' un liquide est exactement de 101.3 kPa. (8.8) ondulatoire et se deplayant dans le vide a Ia vitesse de Ia lumiere.
Point de fusion normal. Temperature a laquelle les etats solide et (5.1)
liquide ont Ia meme pression de vapeur lorsque Ia pression totale Rayon atomique. Demi-distance separant les noyaux d' atomes
du systeme est de 101 ,3 kPa. (8.8) identiques d' une molecule. (5. 13)
Point triple. Point d'un diagramme de phases pour lequel il y a Rayons cathodiques. Rayons emanant de I' electrode negative
coexistence des trois etats de Ia matiere. (8.9) (cathode) dans un tube partiellement sous vide ; faisceau d'elec-
Pollution atmospherique. Contamination de !'atmosphere, princi- trons. (2.4)
palement imputable aux produits gazeux emis par les vehicules et Reactif. Substance de depart d' une reaction chimique (toujours a
a Ia combustion de charbon contenant du soufre dans les centrales gauche de Ia fleche dans une equation chimique). (3.6)
thermiques. (4.9) Reactiflimitant. Reactif completement utilise quand Ia reaction est
Pourcentage de rendement. Rendement reel, en ce qui concerne un complete. (3.9)
produit, exprime en pourcentage du rendement theorique. (3.9) Reaction de condensation. Reaction au cours de laquelle il y a reu-
Pourcentage massique. Pourcentagt:, en masse, d' un composant nion de deux molecules et elimination d' une molecule d' eau.
present dans un melange (2 Chimie des solutions, 2. 1) ou d'un (10.3)
element present dans un compose. (3 .4) Reaction de dismutation. Reaction au cours de laquelle one cer-
Precision. Accord entre une valeur mesuree et Ia valeur reelle. (1 .4) taine proportion d'un element donne est oxydee et l'autre,
Pression critique. Pression minimale requise pour qu' il y ait lique- reduite. ( 10.7)
faction d' une substance a Ia temperature critique. (8 .9) Regie de Hund. Pour un atome donne, Ia configuration de moindre
Prt:ssion de vapeur. Pression exercee par Ia vapeur a l'equilibre energie est celle dans laquelle, pour un ensemble donne d'or-
avec un liquide. (8.8) bitales degenerees, le nombre d'electrons celibataires est maxi-
mal, conformement au principe d'exclusion de Pauli, les spins de
Pressions partielles. Pressions individuelles exercees par Jes dif-
tous ces electrons etant paralleles. (5. I I)
ferents gaz d' un melange. (4.5)
Regie de !'octet. Observation selon laquelle les atomes des non-
Principe d'exclusion de Pauli. Dans un atome donne, deux elec-
meraux forment les molecules les plus stables quand celles-ci
trons ne peuvent pas avoir les quarre memes nombres quantiques.
possedent huit electrons de valence (orbitales de valence totale-
(5.8)
ment occupees). (6.10)
Principe d'incertitude d'Heisenberg. Principe selon lequel on ne
Rendement theorique. Quantite maximale d' un produit donne
peut pas, fondamentalement, connaltre avec precision a Ia fo is Ia
forme quand le reactif limitant est epuise. (3.9)
position et Ia quantile de mouvement d' une particule a un
moment donne. (5 .5) Reseau. Systeme tridimensionnel de nreuds montrant les positions
des centres des composants d' un solide (atomes, ions ou
Principe du «aufbau>>. Principe selon lequel, au fur et a mesure
molecules). (8.3)
que les protons s'ajoutent un a un au noyau pour constituer les
elements, les electrons s. ajoutent de fayon identique aux orbitales Reseau cubique a faces centrees. Structure resultant de l'empile-
hydrogenoldes. (5.11) ment le plus compact possible de spheres, dans lequell'ordre des
couches est abcabc ; Ia maille elementaire est cubique a faces cen-
trees. (8.4)
476 Glossa ire
Reseau hexagonal compact. Structure resultant d'un empilement Surfusion. Etat d'une substance demeurant liquide a one tempera-
compact de spheres, dans lequell'ordre des couches est ababab ; ture inferieure a son point de fusion. (8.8)
Ia maille elementaire est hexagonale. (8.4)
Resonance. Fait qu' il existe plus d'un diagramme de Lewis pou- Tableau periodique. Tableau dans lequel tous les elements dotes
vant representee une molecule donnee, Ia veritable structure de proprietes chimiques semblables sont regroupes en colonnes.
moleculaire n'etant representee par aucun des diagrammes de (2.7; 5.10)
Lewis, mais par leur moyenne. (6.12) Temperature critique. Temperature au-dela de laquelle Ia vapeur
ne peut etre liquefiee, queUe que soit Ia pression. (8.9)
Semi-conducteur. Substance ne permettant le passage que d'un Temperature et pression normales (TPN). 0 °C et 101.3 kPa. (4.4)
faible courant electrique a Ia temperature ambiante, mais dont Ia Tension superficielle. Resistance d'un liquide aI' augmentation de
conductibilite augmente a plus haute temperature. (8.5) sa surface. (8.2)
SI. Systeme international d'unites base sur le systeme metrique et Theorie (modele). Ensemble de suppositions avancees pour expli-
ses unites. ( 1.3) quer un aspect du comportement de Ia matiere. En chimie, les
Silicates. Sels, en general polymeriques, contenant des cations theories reposent habituellement sur des suppositions relatives au
metalliques et des anions polyatomiques silicium-oxygene. (8.5) comportement des atomes individuels ou des molecules. (1.2)
Silice. Compose forme d'oxygene et de silicium (formule empi- Theorie cinetique des gaz. Theorie selon laquelle un gaz parfait est
tique: Si02 ); element essentiel du quartz et de certains types de compose de petites particules (molecules) en mouvement cons-
sable. (8.5) tant. (4.6)
Smog photochimique. Pollution atmosphetique due a l'effet de Ia Theorie de Ia mer d'electrons. Theorie selon laquelle les meraux
lumiere sur l'oxygene, les oxydes d'azote et les hydrocarbures sont composes d'un agencement regulier de cations baignant
non consumes qui s'echappent des automobiles, et qui forment dans one mer d'electrons. (8.4)
I' ozone et divers autres polluants. (4.9) Theorie de Ia repulsion des paires d'electrons de valence
Solide amorphe. Solide dont Ia structure est tres desordonnee. (8.3) (RPEV). Theorie selon laquelle, dans une molecule, les doublets
Solide atomique. Solide dont les nceuds du reseau sont occupes par de Ia couche de valence sont disposes autour d'un atome donne
des atomes. (8.3) de fa~on telle que leur repulsion soit minimale. (6.13)
Solide covalent. Solide atomique possedant des liaisons covalentes Theorie des bandes. Theorie relative aux orbitales moleculaires.
fortes et orientees. (8.5) selon laquelle, dans les cristaux metalliques, les electrons occu-
Solide cristallin. Solide caracterise par un agencement regulier de pent des orbitales moleculaires formees a partir des orbitales
ses composants. (8.3) atomiques de valence des atomes metalliques. (8.4)
Solide ionique. Solide compose de cations et d' anions, et se dis- Theorie des electrons localises (EL). Theorie selon laquelle une
solvant dans l'eau pour produire une solution d"ions individuels molecule est composee d' atomes dont Ia cohesion est assuree par
mobiles et, par consequent, conducteurs du courant electrique. le partage de doublets d'electrons qui occupent les orbitales des
(8.3 : 8.7) atomes lies. (6.9; 7.1)
Solide moleculaire. Solide constitue de molecules neutres occu- Theorie des orbitales moleculaires (OM). Theorie assimilant une
pant les nceuds du reseau. (8.3 ; 8.6) molecule a un regroupement de noyaux et d'electrons, regroupe-
ment dans lequel les electrons occupent des orbitales conune ils
Sous-couche. Ensemble d'orbitales correspondant a un nombre
le feraient dans un atome, a cette difference pres que les orbitales
quantique azimutal donne. (5.6)
sont reparties dans I' ensemble de Ia molecule. Selon cette theorie,
Spectre continu. Spectre compose de toutes les longueurs d'onde les electrons sont delocalises au lieu d'etre toujours situes entre
de Ia lumiere visible. (5.3) une paire donnee d'atomes. (6.9: 7.2)
Spectre de raies. Spectre compose uniquement de quelques lon- Torr. Synonyme de millimetre de mercure (mm Hg). (4.1)
gueurs d'onde distinctes. (5.3)
Spectrometre de masse. Instrument permettant de determiner les
Vaporisation. Changement d'etat d'un liquide passant a l'etat
masses relatives des atomes par Ia mesure des deviations que
gazeux. (8.8)
subissent leurs ions lorsqu'ils traversent un champ magnetique.
(3.1) Verre. Solide amorphe obtenu par chauffage, a une temperature
superieure a son point de fusion, d' un melange de silice et d' autres
Sublimation. Changement d'etat d'une substance passant directe-
composes, et par refroidissement rapide de ce melange. (8.5)
ment de retat solide a l'etat gazeux. (8.8)
Viscosite. Resistance d'un liquide a l'ecoulement. (8.2)
Substance pure. Substance de composition uniforme. ( 1.9)
Vitesse quadratique moyenne. Racine carree de Ia moyenne des
Superoxyde. Compose contenant )'anion 0 2- . (9.2)
carres des vitesses individuelles des molecules de gaz. (4.6)
Surebullition. Etat d'une substance demeurant liquide a one tem-
Volume molaire. Volume occupe par one mole de gaz parfait :
perature superieure a son point d' ebullition. (8.8)
22,42 L dans les conditions TPN. (4.4)
Reponses aux exercices choisis
80 ; \fi Pt et 78, 117, 78, 0. 49. Metaux : Mg, Ti, Au, Bi, Ge, Eu, 17,03 g/mol ; b) N2H4 : 32,05 g/mol ; c) (N~)zCr2 0 7 ; 252,08
Am; non-metaux : Si, B, At, Rn, Br. S 1. a, d, f, h. 53. Le ca- g/mol. 31. a) 0,0587 mol NH3 ; b) 0,0312molN 2 ~ ; c) 3,97 X
ractere metallique augmente lorsqu 'on descend dans le 10- 3 mol (Nl4)zCr20 7 . 33. a) 85,2g NH 3 ; b) 160 g N2~ ; c)
groupe. SS. a) cede, Na+; b) cede, Sr 2+ ; c) cede, Ba2+; d) 1260 g (NH4)z Cr20 7 . 35. a) 70.1 g N; b) 140 g N; c) 140 g
accepte, I- ; e) cede, AJ 3+; f) accepte, S2- . 57. a) Chlorure de N . 37. a) 3,54 x 1022 molecules NH 3 ; b) 1,88 x 1022
sodium ; b) oxyde de rubidium; c) sulfure de calcium; d) iodure molecules N2~; c) 2,39 x 1021 molecules (NJ4hCr20 7 • 39.
d'aluminium. 59. a) Oxyde de chrome (vr); b) oxyde de a) 3,54 X 1022 atomes N; b) 3,76 X 1022 atomes N; c) 4,78 x
chrome (m) ; c) oxyde d'aluminium; d) hydrure de sodium; e) 1021 atomes N. 41. 176,12 g/moL; 2,839 X 10- 3 mol; 1,710 X
bromure de calcium; f) chlorure de zinc. 61. a) Perchlorate de 1021 molecules. 43. a) 1,661 x 10- 22 mol H 20; b) 5,549 mol
potassium ; b) phosphate de calcium; c) sulfate d'aluminium; d) H20 ; c) 2,491 X J0- 22 mol Oz. 45. a) 1,40 X I0- 2 g N2 ; b)
nitrate de plomb. 63. a) Triiodure d'azote; b) trichlorure de 8,41 X J0- 2g Nz : c) 4.2 X 103 g N2; d) 4,653 X I0-2~ g N 2 ; e)
phosphore; c) difluorure de soufre; d) tetrafluorure de dia- 56 fg N2 ; f) 504 pgN2 ; g) 140 [Link]. 47. a) 294,3 g/mol; b) 3,40
zote. 65. a) lodure de cuivre tr) ; b) iodure de cuivre (II) ; c) x J0- 2 mol; c) 459 g ; d) 1,0 x 10 19 molecules; e) 4,9 x 1021 ato-
iodure de cobalt (II); d) carbonate de sodium; e) hydrogenocar- mes; f) 4,9 x w-13 g; g) 4,887 x 10-22 g. 49. CdS; 77,79 %
bonate de sodium; f) tetranitrure de tetrasoufre; g) hexafluorure de Cd; CdSe : 58,73 % Cd; CdTe : 46,83 % Cd. 51.13,35 % Y ;
soufre ; g) hypochlorite de sodium : i) chromate Je baryum; j) 41 ,22 % Ba; 28,62 % Cu; 16,81 % 0 . 53. Na 3P0 4 < (NPCI2h
nitrate d' ammonium. 67. a) CsBr; b) BaS04 ; c) N}4Cl; d) < P40 10 < PH3. SS. 1360 g/mol. 57. a) 39,99% C, 6,713 %
Cl20; e) SiCI4; f) CIF3, g) BeO; h) MgF 2. 69. a) NaOH; b) H ; 53.30 % 0. b) 40% C; 6. 71 ,40 % H: 53,29%0. c) 40% C;
Al(OH)3; c) HCN; d) Naz02 ; e) Cu(CH 3C02)z; f) CF4 ; g) PbO; 6, 714 % H; 53,29% 0. 59. a) C 3H40 3 ; b) CH: c) CH:
h) Pb02; i) CH3C02H; j) CuBr; k) H2S0 3 ; I) GaAs (ions Ga3+ et d) PzOs ; e) CH20; f) CH20. 61. C 3H 60 2. 63.
As 3-). 71. Aucune, puisque Ia composition chimique est Ia Na2S20 3. 65. N02, N 20 4. 67. CH, C6H 6 • 69. C 3Hx. 71.
meme. 73. a) Acetate de plomb ; b) sulfate de cuivre (II); c) C3H4, C9H12. 73. a) 41n(s) + 302(g) ~ 21n 20 3(s); b)
oxyde de calcium ; d) sulfate de magnesium e) hydroxyde de ma- C6H1206(aq) ~ ZCH3CH 20H(aq) + 2C0 2(g) ; c) 2K(s) + 2H 20(l)
gnesium : f) sulfate de calcium: g) monoxyde de diazote ou oxyde ~ 2KOH(aq) + Hz(g). 75. a) Cu(s) + 2AgN03(aq) ~ 2Ag(s) +
nitreux . 75. Tous comportent 12 atomes d'hydrogene. 77. Cu(N03)z(aq); b) Zn(s) + 2HCl(aq) ~ ZnCI2(aq) + H2(g); c)
Cu, Ag et Au. 79. C: H rapport de 4 : 9. 81. Le rapport de Au2S3(s) + 3H2(g) ~ 2Au(s) + 3H 2S(g). 77. a) C 12H220 11 (s) +
masse de R qui se combine a I ,00 g de Q est 3 : 1, tel que predit par IZ02(g) ~ IZC02(g) + 1lH20(g); b) C6H6([) + lf 0 2(g) ~
Ia loi des proportions multiples . Le premier compose est IZC02(g) + 6H20(g); c) 4Fe(s) + 30 2(g) ~ 2Fe 20 3(s) ; d)
R3Q. 83. a) Ces composes sont des isomeres run de !'autre. 2C4Hto(g) + L302(g) ~ 8C02(g) + IOH 20(g). 79. a) Si0 2(s) +
Les isomeres sont des composes ayant Ia meme formule, mais les 2C(s) ~ Si(s) + 2CO(g); b) SiCI4(l) + 2Mg(s) ~ Si(s) +
atomes etant lies differemment, leurs proprietes different. b) Au ZMgCl2(s) ; c) Na2SiF6(s) + 4Na(s) ~ Si(s) + 6NaF(s). 81.
cours de La combustion, Ia majeure partie des solides du bois de- Pb(N03)z(aq) + H3As0 4 (aq) ~ PbHAs04(s) + 2HN03(aq). 83.
viennent des gaz qui s' echappent. c) Les atomes ne sont pas des 6.51 g Cr20 3; I ,20 g N2 ; 3,09 g H 20. 85. 4,355 kg. 87. 97 g.
particules indivisibles ; les atomes sont composes d' electrons, de 89. a) 76,00 mg; b) 52,00 mg. 91. a) Un melange stre-
neutrons et de protons. d) Les deux echantillons d'hydrure com- chiomettique; b) 12 ; c) Mg ; d) Mg; e) un melange stre-
portent des isotopes differents d'hydrogene ou de lithium. Les iso- chiometrique : f) lz ; g) un melange strechiometrique; h) 12 : i) Mg.
topes peuvent avoir des masses differentes, mais Les memes pro- 93. a) 2,3 g ; b) L,7 g S n'a pas reagi . 95. 1300 g CaS04, 630 g
prietes chimiques. H3P04. 97. 1,88 g (theorique), 93,6 %. 99. 82,8 %. 101.
Mn, 54,95 g/mol. 1 03. Sb20 3, Sb406. 1 OS. HgO,
Hg20 . 107.1,12Xl06 g. 109.a)Al;b)Al;c)Al;d)Al;
Chapitre 3 e) Al ; f) AI. 111. a) 795 g; b) 96,2 %. 113.
13. La formule moleculaire donne le nombre reel d' atomes de 83,40 %. 11 S. C1H5N 30 6 . 117. a) 631 g; b) 643 g H20,
chaque element d'une molecule dans un compose. La formule 297 g NH3 (surplus); 430 g 0 2 (surplus). 119. 207 g/mol.
empirique ne fournit que le rapport en nombres entiers des atomes Pb. 121. Al2Se3. 123. 40 % Cu 20. 60.0 % CuO.
de chaque element d' une molecule. La formule moleculaire est un
multiple entier de Ia formule empirique. Si cet en tier est 1. formules
Chapitre 4
empirique et moleculaire sont identiques. Par exemple, tant la for-
mule empirique que la formule moleculaire de I'eau sont H 20 . 1 S. A n et T constants, nRT = constante, done pV = k (loi de
Pour le peroxyde d'hydrogene, Ia formule empirique est OH; Ia Boyle). A pet n constants, V = nRT!p = kT (loi de Charles). 17.
formule moleculaire est H 20 2. 1 S. 24, 41 u. 17. 35, Pour un gaz parfait a n et T constants, pV = constante quels que
46 u. 19.48% 151 Eu et 52 % 153 Eu. 21. II y a trois «pies», soient Ia pression ou le volume. La ligne pointillee de Ia figure 4.6
distants de 2 unites de masse. Cela indique La presence de deux nous donne pV en fonction de p pour un gaz parfait. La courbe de
isotopes differant par 2 unites de masse, le pic intermectiaire Ne s' en approche le plus, bien que 0 2 soit aussi tres pres. 19.
correspond a one molecule ou les 2 isotopes sont presents. Comparer le taux de diffusion d'un gaz connu a celui de l'inconnu.
23. 4,64 X J0- 20 g Fe. 25. 1,00 X 1022 atomes C. 27. Utiliser la loi de Graham pour determiner la masse molaire de l'in-
AI 20 3: 101,96 g/mol ; Na3AlF6 : 209,95 g/mol. 29. a) NH 3 : connu (Ia loi des gaz parfaits peut aussi etre utilisee). Masse
Reponses aux exerckes choisis 479
molaire = pRT/p. Elle peut etre calculee si Ia masse volumique. Ia 93. a, c et e feront doubler Ia pression. 95. 1490. 97. PHe =
temperature et Ia pression sont connues. 21. a) 3,6 X 103 mm 45,0 torr, PNe = 85,9 torr, PAr= 93,8 torr, Ptotale = 224,7 torr. 99.
Hg ; b) 4,8 atm ; c) 4,8 X 105 Pa; d) 4,8 X 10 2 kPa ; e) 24 torr. 101.50 MPa. 103. 12,6 g/L. 105. N 2 H4. 107.
0,48 MPa. 23. 65 torr, 8,7 X 103 Pa, 8,65 X 10- 2 atm. 25. a) 13,3% N. 109. La pression augmentera parce que H2 diffusera
620 torr, 0,816 atm, 8,27 X 104 Pa ; b) 935 torr, 1,23 atm, 1,25 X plus vite dans le contenant A, que I' air ne s' en echappera. 111 •
105 Pa ; c) 49 5 torr, 810 torr. 27. 0, 972 atm. 29. C0 2 . 113. 13,4 % CaO. 86.6 % BaO. 11 5. a) 4.1 X 104 L
44,8 L; 31. a) 14 L; b) 4,72 x 10- 2 mol ; c) 678 K ; d) d' air/min ; b) Xco = 0,0017, xco2 = 0,032, xo2 = 0,13, XNz = 0,77,
133 atm. 33. 0.449 mol. 35. a) 69.6 K : b) 32,5 atm. 37. XHzO = 0,067 . 117. a) 1,01 X 104 g ; b) 6,65 X 104 g ; c)
Oui . 39. 33,5 MPa. 41. 6,8 MPa. 43. V2 = Ll5 V1 ou 8,7 X 103 g. 119. a) 25 Pa. b) 6,6 X 102 1 molecules CO/m3 ; c)
~v = 128 L. 45. 0,27 g. 47. 307 L. 49. 1,5 x 107 g Fe, 6,6 X 10 15 molecules CO/cm3 .
2,6 X 107 g H2 S0 4 98 %. 51. 37,5 g. 53. a) 2CH4(g) +
2NH 3 (g) + 30 2 (g) ~ 2HCN(g) + 6H 2 0(g) ; b) 13,3 L. 55.
42,1 g/mol, C 3 H 6 . 57. 5,77 g/L (SiCl4), 4,60 g/L
Chapitre 5
(SiHCI3). 59. 110 kPa, Pco 2 = 110 kPa, Ptotale = 110 kPa. 61. 13. Planck a observe que les radiations emises par les solides
PHz = 317 torr, PNz = 50,7 torr, Ptotale = 368 torr. 63. a) XcH4 = incandescents ne peuvent avoir que certaines frequences . Einstein a
0,412, xo2 = 0,588 : b) 0.161 mol : c) 1,06 g CH4, 3.03 g Oz. 65. etudie I'effet photoelectrique. 15. Les effets quantiques se font
0,286 g. 67. 1.20 L. 69. 3.40 X 103 J/mol (273 K); 6.81 X sentir pour de tres petites masses, par exemple I' electron, a de tres
10 3 J/mol (546 K). 71. 652 rn/s (273 K) ; 921 rn/s grandes vitesses. 17. a) Un «petit paquet » d' energie Iumi-
(546 K). 73. Non, il y a distribution des energies. 75. L' aug- neuse ; b) un nombre qui decrit un etat discret d'un electron ; c) etat
mentation de Ia temperature fera augmenter tant I'energie cinetique de moindre energie d' un electron ou d'un ion: d) un etat d'energie
que la vitesse moyenne des molecules. 77. a) Tous Ia meme ; b) permis, plus eleve que l'etat fondamental. 19. L' orientation spa-
le ball on c. 79. NO. 81. Les vitesse relatives d'effusion sont : tiale. 21. Une surface dans laquelle Ia probabilite de presence
12C 160 ; 1,04 ; 12C 17 0 : 1,02 ; 12C 18 0 : 1,00. Avantage : C0 2 est d' un electron est de zero. 23. Non, un spin n'est qu' un modele
moins toxique que CO. Desavantage : il peut y avoir un melange adequat. On ne peut localiser, ni <<VOif>> !'electron. 25. Les elec-
d'isotopes d'oxygene dans COz, done certaines vitesses d'effusion trons extemes participent aux interactions entre les atomes. 27.
peuvent etre les memes. 83. a) 12,24 atm ; b) 12,13 atm ; c) Ia En ajoutant un electron a une sous-couche deja a demi remplie, Ia
loi des gaz parfaits donne un resultat plus eleve de 0,91 %. 85. 5 repulsion entre les electrons augmente. 29. Avec le depart
X 10- 7 atm, I X 10 13 molecules/cm 3 . 87. 0,4 mL. 89. 2 d' electrons. !'attraction du noyau augmente sur les electrons
N0 2 (g) + H2 0( I) ~ HN0 3(aq) + HN0 2 (aq); S0 3 (g) + HzO(l) ~ restants. Ceux-ci sont retenus plus solidement, et l'energie neces-
HzS04(aq). saire pour les liberer augmente. 31. Pour I' hydrogene, a n egal
91. a) b) les orbitales ont Ia meme energie. Pour les atomes et ions poly-
electroniques, r energie des orbitales est en plus fonction de /.
Comme il y a davantage de niveaux d'energie, les transitions des
pV
electrons sont plus nombreuses et il en resulte des spectres de ligne
plus complexes. 33. Oui, le maximum d' electrons celibataires
p d'une configuration donnee correspond a un minimum de re-
pulsions electron-electron. 35. 3,84 X 10 14 s- 1 ; 2,54 X
10- 19 J/photon. 37. 3,0 X 10 10 s- 1, 2,0 X I0-23 J/photon,
12 J/mol. 39. 427,7 nm. 41. 276 nm. 43. a) 2,6 X
T
I0- 5 nm ; b) 9,8 X 10-2 6 nm. 45. 2,4 nm. 47. a) 656,7 nm ;
c) d) b) 486,4 nm ; c) 121,6 nm. 49. Voir Ia figure 5.8. 51. 6 ~ 5 :
PL
7 462 nm ; 6 ~ I : 93, 79 nm. 53. n = I : 91 ,20 nm ; n = 2 :
364.8 nm. 55. 5,79 X 105 nm ; Dx plus grand que
l'atome. 57.n= I, 2,3, ... ; £=0, I, 2, ... (n - l) ;mc= - C, ... ,-2,
-1, 0, 1, 2, ... , +e. 59. b) t doit etre < n ; d) pour£= 0, me=
0. 61. La probabilite de trouver un electron en un point
v v donne. 63. 3 ; 1 ; 5 ; 25 ; 16. 65. a) 32 ; b) 8 ; c) 25 ; d) 10 ; e)
f) 6 ; f) n = 0 impossible ; g) 1. 67. Si : ls 2 2s 2 2p6 3s 2 3p 2 ou
e)
[Ne]3s 2 3p2 ; Ga : ls 22s 22p6 3s 2 3p6 4s 2 3d104p 1 ou [Ar]4s 2 3d104p 1 ;
As : [Ar]4s 2 3d 104p 3 ; Ge : [Ar]4s 2 3d 104p 2 ; AI : [Ne]3s 2 3p 1 ; Cd :
[Kr]5s 24d 10 ; S : [Ne]3s 2 3p4 : Se : [Ar]4s 2 3d 104p 4 . 69. Sc :
Is 2 2s 2 2p 6 3s2 3p6 4s 2 3d 1 ; Fe : ls 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p6 4s 2 3d6 ; P : ls 2 2s2
p
2p 6 3s 2 3p 3 ; Cs : ls 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p6 4s2 3d10 4p 6 5s 24d 105p 6 6s 1 ; Eu :
Is 2 2s2 2p6 3s 23p6 4s 2 3d104p6 5s 24d 10 5p6 6s 24f6 5d 1 (observe: [Xe ]6s2
4fl) ; Pt : ls 2 2s 2 2p 6 3s 2 3p6 4s 2 3d104p6 5s 2 4d 105p 6 6s 2 4jl 4 5d 8
1/V (observe : [Xe]6s 14f14 5d9) ; Xe : ls 2 2s 2 2p6 3s2 3p6 4s 2 3d104p6 5s2
p
480 Reponses nux exercices choisis
4d 105p6 ; Br: Is 2 2s2 2p 6 3s 2 3p6 4s 2 3d 104p 5 ; 71. Cr. Cu, Nb. Mo. Tc. 131. a) 1 2
Ru. Rh, Pd. Ag. Pt. An. 73. a) F. 1s2 2s 2 2p 5 ; b) K, [Ar]4sl ; 3 4
c) Be. ls2 2s2 ; Mg, [Ne]3s 2 ; Ca, [Ar]4s2 ; d) In, [Kr]5s 24JI05p 1 ;
5 6 II 12
e) C, ls 2 2s 2 2p 2 ; Si, [Ne]3s23p2 ; f) 118, [Rn] 7s 25j1 46d 107p6.
l3 14 19 20
75.
B : ls 22s22p 1 N: ls22?2p'l
b) 2, 4, 12 et 20; c) plusieurs possibilites, par exemple; XY = I +
n l mt ms n l nz.f
111[
II, XYz = 6 + 11, X 2 Y = 1 + 10, XY3 = 7 + 11, X2 Y 3 = 7 + 10:
ls 0 0 + 1.
2 ls 0 0 +.!.2 d) 6; e) 0; f) 18. 133. a) Plus on retire d' electrons. plus I' elec-
ls I 0 0 .!. Is 0 0
I
tron a enlever est pres du noyau et moins il y a d'electrons pour le
2 2
2s 2 0 0 + .!.2 2s 2 0 0 +l repousser. Les electrons qui restent sont davantage attires par le
2
2s 2 0 0 .!. 2s 2 0 0 .!. noyau et demandent done plus d'energie pour etre arraches. b)
2 2
+ .!. +l2 Pour 4, on arrache un electron ou n = 2; pour 13 , un electron n = 3.
2p 2 -I 2p 2 - I
2 Le saut de n = 3 an= 2 constitue une grande variation d'energie
2p 2 0 +l2
d'ionisation, car les electrons n = 2 sont plus pres du noyau . II faut
2p 2 +I + .!.2 beaucoup plus d'energie pour les arracher. c) A14 +; l'affinite elec-
Pour le bore, il y a 6 possibilites d'electrons 2p. Pour I' azote, tous tronique pour AI4 + est !::.H = -14 = - 11600 kJ/mol; d) plus nom-
les electrons 2p pourraient etre ms =- !.
77. Aucun: etat excite: breux les electrons, plus grande Ia taille; Al4 + < AJ3+ < AJ 2 + < AJ+
energieliberee. 79. I; 2:1 ; 2; 2:1. 81. a) Be < Mg < Ca; < Al.
b) Xe < I < Te: c) Ge < Ga < ln. 83. a) Ca < Mg < Be; b)
Te < I < Xe; c) In < Ga < Ge. 85. Ge: [Ar]4s2 3d 104p 2 (0,7622
Chapitre 6
MJ/mol); As : [Ar]4s2 3d 104p 3 (0,944 MJ/mol) ; Se: [Ar]4?3d 104p 4
(0,9409 MJ/mol). L'energie d'ionisation devrait etre plus grande 11. lsoelectronique: meme nombre d'electrons. Deux variables
pour Se, mais il comporte deux electrons en double occupation (nombre de protons et nombre d'electrons) determinent Ia taille de
dans une orbitale 4p. La repulsion entre les electrons est plus I' ion. A nombre d'electrons constant, le nombre de protons permet
grande et l'energie d' ionisation plus petite. 87. a) Li; b) P; c) de prevoir Ia taille. 13. Des liaisons polaires et une structure teUe
o+; d) Cl ; e) Cu. 89. a) [Rn]7s25f 4 6J4; b) W ; c) en utilisant que les liaisons polaires ne s'annulent pas. 15. a) C < N < 0 ;
le symbole Sg pour I'element 106. il y aura probablement forma- b) Se < S < Cl; c) Sn < Ge < Si; d) Tl < Ge < S. 17. a)
tion de Sg03 etde Sgol-. 91. P(g)~ p+(R) +e- . 93. a) C, Br ; Ge-F; b) P- CI; c) S-F; d) Ti-Cl. 19. a) D'apres figure
b) N, Ar; c) C, Br. 95. a) Se, S; b) I, Br, F, Cl. 97. Les 8.3: a) C (2,5) < N (3,0) < 0 (3,5), Ia meme; b) Se (2,4) < S (25)
repulsions entre electrons sont plus importantes dans o- que dans < Cl (3,0), Ia meme; c) Si =Ge =Sn (1,8), differente; d) Tl (1,8) =
s-, d'ou une affinite electronique plus importante (plus exother- Ge (1 ,8) < S(2,5), differente. b) D'apres \es valeurs reelles : a)
mique) dans le cas du soufre. 99. a) - 1445 kJ/mo1; - 580 Si- F et Ge-F polarite egale (Ge- F predit); b) P-CJ (comme
kJ/mol. 101. K 2 0 2 (peroxyde de potassium); K 2 + est predit); c) S- F (comme predit); d) Ti-CI (comme predit). 21.
instable. 103. 6,582 X 10 14 s- 1 ; 4.361 X J0- 19 J. 105. a) F-H > 0 - H > N-H > C- H > P-H. 23. Rb+ et Se 2- :
Nitrure de lithium, Li 3 N; b) bromure de sodium, NaBr; c) sulfure [Ar]4s 2 3d 104p6 ; Ba 2 + et r-: [Krj5s 2 4d 105p6 . 25. a) Mg 2 +:
de potassium, K 2 S . 107. a) 4Li(s) + 0 2 (g) ~ 2Li 2 0(s); b) ls 2 2s 2 2p6 ; K+: 1s2 2s2 2p 63s2 3p 6 ; Al 3 +: ls 2 2s 2 2p6 ; b) N3-, 0 2- et
2K(s) + S(s) ~ K 2S(s). 109. 386 nm. 111. 10. 113. a) F-: 1.12 2s2 2p 6 ; Te2-: fKr]5s2 4d105p6. 27. a) Sc 3 +; b) Te2 - : c)
18; b) 2; c) 0 ; d) 1. 115. b) et f) sont possibles ; a) t = 0, lll f Ce4 +, Ti 4 +; d) Ba2 +. 29. Possibilites: N 3- , 0 2- , F-. Na+. Mg2+ et
=t- I; c) m 5 =± ! ; d) n = l, e =t- I ; e) e = 2, mt =t- - 3. 117. a) AJ 3 +;Al3 + < Mg2 + <Na+ < F- < 0 2 - <N 3- . 31. a) Cu > Cu+
21; b) 21 ; c) 11. 119. a) As: ls2 2s2 2p6 3s2 3p 64s2 3d 104p 3 ; b) > Cu 2 +; b) Pt2 + > Pd2 + > Ni 2+ ; c) Se 2- > S2- > o 2-; d) La 3+ >
[Rn]7s 2 5f4 6d 1D?p 4 ; c) Ta; [Xe]6s2 4f 4 5d3 ou Ir: [Xe]6s2 4f 4 5d7. Eu 3 + > Gd 3+ > Yb 3 +; e) Te2- > I- > Cs+ > Ba2 + > La 3 +. 33.
d) Ti :fAr]4s 2 3d 2 : Ni :[Ar]4s2 3J8: Os: [Xe]6s 24f45£f'. 121. a) a) Li 3 N, nitrure de lithium; b) Ga 20 3 , oxyde de gallium; c) RbCI,
24; b) 6 : c) 12 ; d) 2: e) 26; f) ls2 2?2p63s 23p64s 13d'. 123. chlorure de rubidium; d) BaS, sulfure de baryum. 35. a) NaCl,
En ajoutant un electron a un atome, il faut tenir compte des repul- Na+ < K+; b) LiF, F- < CI- ; c) MgO, 0 2- > OW; d) Fe(OH)J,
sions entre electrons. Les petits atomes attirent les electrons avec Fe 3+ > Fe 2 +; e) NazO, 0 2- > CI- ; f) MgO, Mg2 + < Ba2 + et 0 2- <
plus de force, mais les repulsions sont plus grandes. Les deux fac- S 2 -. 37. t:.H = -412 kJ/mol. 39. L' energie de reseau pour
teurs s'opposent et les variations d'affinites electroniques sont peu Mg2 +o 2- est plus exothermique que pour Mg+o -. 41. Ca2 + a une
importantes. 125. a) 146 kJ ; b) 407 kJ ; c) 117 kJ ; d) charge plus irnportante que Na+ et Se 2- est plus petit que Te 2-.
1524 kJ. 127. L'energie d'ionisation concerne le retrait d' un Comme les differences de charge affectent les valeurs d'energie de
electron d'un atome isole en phase gazeuse alors que le travail reseau plus que les differences de taille, Ia tendance devrait etre du
d'extraction conceme le retrait d'un electron d'un atome lie a ses plus exothermique au moindre :
voisins dans un solide. 129. 4. CaSe > CaTe > Na2 Se > Na2 Te
(-2862) ( - 2721) (-2130) ( - 2095)
Reponses oux exerdces dJoisis 4 81
:o:
II
f): F-s~ - F: 59. Les doubles liaisons localisees donnent quatre structures dif-
/c'- ferentes. Mais, en raison de Ia resonance, les liaisons carbone-
H H
carbone sont equivalentes, ce qui donne trois structures :
h)~ =~ Cl CJ CI
&CI ©la ¢
g) ~=C =~ i) H-Br:
53. a) .. :F:
:F......_ I
.. P - F· H-Be - H
:F/1 ··· Cl
.. : F: 61. Par longueur de liaison carbone-oxygene : CH30H > COl-
> C02 > CO ; par force de liaison : CH30H < CO/- < C02 <
H
I CO. 63. La structure de gauche ··F·. (+1)
B II
H/ "H :F
··/B ~;-:0
F:
.. :F:
(0) (0)
:F-.
.. . . .s1 ·
:F'.··/F:
·· Xe ·· respecte Ia regie de I' octet, mais comporte une charge + l sur I' ele-
:F/ 1. ''/
:F
..
'-. ''
F:
.. :F: ment Je plus electronegatif (fluor) et one charge negative sur un
eh!ment moins electronegatif (bore). La structure de droite, ne por-
.. :F: .. tant aucune charge formelle. est plus acceptable. 65. Dia-
:F, I /F : grammes de Lewis similaires pour a) a f) et
·· ' ct ··
••/ ··'-.·· :Y:
:F F: I oo - :o-
.. ci-
I o=]-
[~=N- ~ J ~ [=~-N=~r
h) :Y-X- Y:
I
:y:
g) 3
[ :0: ..
charges formelles : a) +I: b) +2 : c) +3 : d) +I ; e) +2 ; f) +4; g)
[:.o... =r"._q:. j- ~
+2: h) +I. 67. [51] a) lineaire, 180°; b) pyramide abase trian-
gulaire < I09,5°; c) tetraedrique, 109,5°; d) tetraedrique, 109,5°;
/ e) plane triangulaire ; 120°; f) en V, < l09,SO ; g) lineaire, 180° ;
h) et i) lineaire, pas d' angle dans les molecules diatomiques ;
[.·J _l ~ [. )~)-
[55] a) N02- : en V, < 120° ; N0 3- : plane triangulaire, 120° ; b)
lineaires, 180°. 69. PFs : bipyramide a base triangulaire, 120° et
90° ; BeH2: lineaire, 180°; BH 3 : plane triangulaire, 120° ; Br3- :
lineaire, 180°: SP4 : a bascule, =90° ; XeF4 : plane carree, 90°;
o_.._o_.j ...· .. j CJF5 : pyramide carree, = 90° ; SF6 : octaedrique, 90°. 71. a)
b) plane triangulaire, 120°; b) en V, < 20°. 73. a) lineaire, l!~Oo;
r r
ocN- ~-C=N ~ [::o=C=~r ~ [: 0- c-B r;
b) en T, = 90°; c) a bascule, = 120° et 90° ; d) bipyramide trian-
gulaire, 120° et 90°. 75. BeHl-. 77. IF3 et IF4+.
. )::1~ ·]
[:.o.. en V, polaire
._o_:
[: ~____:_~;·-~ :J lineaire, non polaire
482 Reponses oux exer£i£es moisis
·o· 83. Les liaisons polaires sont reparties symetriquement autour des
:.o. ....
/M"o.:. plane triangulaire, non polaire atomes centraux et to us les moments dipolaires s' annulent. Chaque
[ molecule a un moment dipolaire nul 85. a) rayon: Mg2+ < Na+
< p- < o2-, E.l.: 0 2- < p- < Na+ < Mg2+; b) rayon: Ca2+ < p 3-,
(deux autres structures de resonance possibles)
E.I.: P 3- < Ca2 +; rayon: K+ < CI- < s 2 - , E.I.: s 2- < CI- <
K+. 87. a) Na+(g) + CJ-(g) ~ NaCl(s); b) NH4 +(g)+ Br(g) ~
NH4 Br(s) ; c) Mg2+(g) + S2-(g) ~ MgS(s): d) 0 2 (g) ~ 20(g).
NF3 .... . . . N
I·-.. . . · · ] pyramide ttiangulaire, 89. a) S04 2- , les 2 electrons de plus completent les octets ; b)
[ :F....F....F: polaire PF5 , Nest trop petit et pas d' orbitales d pour depasser !'octet ; c)
SF6 , 0 est trop petit et pas d'orbitales d pour depasser I' octet ; d)
B~-, BH3 ne respecte pas la regie de I' octet; e) MgO, dans MgF
on aurait Mg+p- ou Mg 2+p2- (ni Mg+, ni F 2- ne sont stables) ; f)
. 1
"F"
:·~1-F:
CsCI, Cs ne donne pas un ion Cs 2+ stable; g) KBr, Br ne fournit
pas union stable Br2-.
[ " I ..
:F:
en T. polaire
~ =~ ~-~ ~ -~ ~-~
91. I I ~ I II ~ I I ~ II I
:~-~: :~-~- -~=~. -~ - ~:
.F. j 93. L'atome centt-al de HzO et NH3 dispose d' une ou deux paires
.... .
:F I F:
. b, .. tetraedrique, non polaire d'electrons libres. Ceux-ci demandent plus d' espace que les elec-
trons lies, ce qui tend a reduire les angles entre les paires de liaison .
f .. :F: .. Les angles de liaison dans H20 sont les plus petits, car I' oxygene a
deux paires d'electrons libres sur J'atome central. L'angle de liaison
[ :p-s~-F=]
.. " ..
est plus serre que dans NH3 , oi:t N n'a qu 'une paire d'electrons
/ a bascule, polaire libres. 95. La valeur 84 kJ/mol etant tres faible, cela ne peut
:F: :F:
.. .. correspondre a une liaison double. La premiere forme est done
celle qui correspond le mieux a cette donnee.
97. (E.I.- A.E.) <E.L -A.E.)/502 EN (texte) 2006/502 = 4,0
F 2006kJ/mol 4,0 4,0
plane carree, non polaire 3,0
Cl 1604 3,2
Br 1463 2,9 2,8
I 1302 2,6 2,5
On constate les memes tendances dans les valeurs. 99. a) 1.
l::.H1 =-43 kJ ; 2. l::.Hz =37kJ ; t::.Hglobal=-6kJ ; b)t::.H=-1373 kJ ;
d) IF5 pyramide carree, polaire c)t::.H=-1077kJ .
101. a)
O = N/
N~N-O: j- ..·· II /N~ I
:o-N N-o: ··· 1-
r .. :6: :6:
AsF5 bipyramide triangulaire,
non polaire r :0: :0:
81.
..
·p :F:
. ··"'- I
Sb-F:
..
j bipyramide triangulaire, non polaire ..
I
~i-<N=O . j- .. ~N" N-O:
.. j-
1
··/1 .. :0 - N :o-N
·· I II ..
f:!: : F: f
·· I
:o:
..
I
:0:
..
··
f :0: :0:
Reponses aux exercices choisis 483
y a d'autres structures de resonance possibles, mais celles-ci sont d) plane triangulaire, 120°, sp 3 , non polaire
:s plus vraisemblables ; b) To us les angles devraient etJ:e de 120°.
.·N= :F:
N=O· ~ :N= N-0: ~ :N- N=O: I
03o ·. .·
-1 +I 0 0 +I - l -2 +I +l .· / B"- ·.
I faut eliminer N-N=O, car il y a une charge de+ l sur !'element
.F. .F .
: plus electronegatif. Cela rend compte que la liaison N- N est e) lineaire. 180°. sp. non polaire
H- Be-H
ntre une double et une triple liaison et que la liaison N- 0 est
ntre une simple et une double liaison. f) :FtiF: a = 120°, a bascule, dsp 3 , polaire
b = 90°
·a:¥-fe:
hapitre 1
:F~ I
.. :F:
'o L' energie de liaison est proportionnelle a1' ordre. La longueur de
g) ... F. a = 90°, bipyramidale triangulaire, dsp 3 ,
aison est inversement proportionnelle a l'ordre. L'energie et la :F. .a non polaire
)llgueur de liaison peuvent etre mesurees. 9 o Paramagnetique :
resence d'electrons celibataires. Mesurer Ia masse avec et sans
.b*fsiF:
..)'I ..
b= 120°
hamp magnetique. Une substance a electron celibataire sera :!: : F:
ttiree par le champ, et sa masse semblera augmenter. Plus il y a
, electrons celibataires, plus grandes seront I' attraction et l' aug-
1entation de masse observees. h) : F _:_Kr:_F: lineaire, 180°, dsp 3 , non polaire
i) plane carrie, 90°, d 2sp3, non polaire
.. /:F:..
:F- Kr-F:
·· / ··
>ans H 20 , les paires d'electrons ont un arrangement tetraedrique :p:
utour de 0 (hybridation sp3 ). Deux orbitales hybrides sp3 etablis-
j)
ent la liaison avec les deux atomes d'hydrogene ; les deux autres =F=p·
rbitales hybrides sp 3 retiennent les deux doublets libres de I/ ·····
·oxygene. :F-Se- F:
····/1
:F :p:
k) :o:.j;. I) : F:
I / ·.. .I ..
:F - Xe-F: ·xe-0:
.. / ·· ·.I
.es paires d' electrons de l'atome central de carbone ont un :p: ;p;
rrangement planaire triangulaire (hybridation sp 2) . Deux orbitales
ybrides sp 2 forment Ies liaisons avec l'hydrogene. L'autre orbitale pyramide a base carree, = 90°; en T, = 90°,
ybride sp 2 forme Ia liaison s avec I' oxygene. L'orbitale p non d 2 sp 3 , polaire dsp 3 , polaire
ybridee du carbone forme Ia liaison 7Tentre C et 0. 15o [51] a) m) :o:
J ; b) sr ; c) sp3 ; d) spJ ; e) s~ ; f) sr; g) sp ; h) 0 en sp2 ; i) Br
I
n sp 3 ; [55] a) sp 2 ; sp2 ; b) toutes sp. 17o dsp 3 ; sp; sp 2 ; dsp 3 ; Xe
sp3 ; ~sp3 ; ~sp 3 ; ~sp 3 . 19o sp 2 . 21o dsp 3 . ../ I " ..
:~ :0: ~:
!3o a) tetraedrique, 109,5°, sp 3 , non polaire
:p: tetraedrique, = 109,5°, sp 3 , non polaire
I 25o Si les atomes n'etaient pas tous dans le meme plan, la liaison
.. / c, .. 7T ne pourrait se former, puisque les orbitales p des atomes de car-
:F Ip: bone ne seraient pas paralleles. 27o biacetyle ··0 ··
.. :F: ..
H II sp1 ••
•) pyramide triangulaire, = 109,5°, sp 3 , polaire 1 /c ~t~o:
H- e"- 3 c
:F- N
../ "-••
I
sp',.l
:F: F: H H-C-H
I
3
en V, = 109,5°, ~p , polaire H
··o··
··/
:F
"·.
.. F..
Tousles angles CCO, 120°. Les 6 atomes ne sont pas dans le meme
plan. lls et 2 7T.
484 Reponses oux exercices choisis
acetoi:ne sp2 •• •• 47. a) En moyenne, les electrons seront plus proches de F. Fest
H 0.f~a plus electronegatif que H; I' orbitale 2p de F a une energie plus
basse que I' orbitale Is de H ; b) du fluor, car elle est plus pres au
I I C-{_ /H
plan energetique de I' orbitale 2p du fluor; c) 1' orbitale moleculaire
H-crcib
I ~I /'c.I . ., H non liante augmenterait Ia densite electronique pres de H et aurait
H :o:sfJ' H done un apport plus grand de l'orbitale atomique Is de H. 49. 0 3
sp3 "
H
angle a= 120°, angle b = 109,5°, liaison 13s et lp. 29. Pour
et NOz- ont des diagrammes de Lewis identiques, done ne consi-
derons que 0 3 :
realiser le diagramme de Lewis, ajouter des paires d'electrons
libres pour completer I' octet de chaque atome qui a moins de .· -P-o, .. ~ .· /o~ ..
8 electrons; a) 6; b) 4 ; c) leN central dans -N= N=N ; d) 331T; o.... o.. ..o....o
e) 5'7T; f) 180°; g) = 109,SO ; h) sp 3 . Theorie des electrons localises : I' atome 0 central est hybride sp 2 ,
31. a) H ·. d'ou 2liaisons set une paire d'electrons libres. L'orbitale atomique
p non hybridee forme Ia liaison '7T avec les atomes 0 voisins. La
H-~a
e0*N
H2C=C~~'
. liaison '7T resonne entre les deux positions. Themie des orbitales
,_c,N c .P . g moleculaires: il y a 2 liaisons IT localisees et une liaison rr deloca-
.·~
o.. b
~ ~
'"~.l..c'<( d c-C()lcH3 lisee sur route Ia surface de Ia molecule. La liaison '7T delocalisee
IP'h :-: resulte du chevauchement d'une orbitale atomique p de chaque
~Hz :Q: atome 0 de 03.
azodicarbonamide cyanoacrylate de methyle
51. a) :F-Cl - 0: en V, sp 3
b) azodicarbonamide: 2 atomes C hybrides sp 2, 2 N lies aux H
hybrides sp3 et les 2 autres N hybrides sp 2 . Cyanoacrylate de b) :F- Cl-0: pyramide triangulaire, sp 3
methyle: C hybride sp3 dans CH3, le C a triple liaison hybride sp et I
les 3 autres C hybrides sp 2 ; c) l'azodicarbonamide presente :Q:
3 liaisons '7T et le cyanoacrylate de methyle 4 liaisons '7T; d) a. =
109,5°, b. 120°, c. = 120°, d. 120°, e. 180°, f. 120°, g.= 109,5°, h. c) :p:
120°. 33. a) Hz+, Hz, Hz-; b) Hel+, He2 +. 35. a) (IT15)z; I tetraedrique, sp3
:Q-CI - 0:
O.L. = 1; diamagnetique; b) (1Tzsn1Tzs*)Z('7Tzp )2 ; O.L. = l; para- I
magnetique; c) (ITzs)2 (1Tz/) 2(1Tzrf('7TZp)4 ('7Tz/ )4 ; O.L. = l; diama- :Q:
gnetique. 37. Oz+: (IT2s)Z( ITz/?( ITzp)z( '7TZp)4 ( 1T2p *) 1 ; O.L. = 2,5;
l electron celibataire; Oz: (1Tzsf(IT2s *) 2 (1Tzp)z( '7Tzp)4 ( '7Tzp*) 2 ; O.L. = d) ·p :p:
2; 2 electrons celibataires; Oz- : (1Tzs)2 ( 1Tz; )2 ( 1Tzp) 2( '7T2p)4 ( '7T2p *) 3 ; I a bascule. dsp 3
. ··"-CI:
O.L. = 1,5 ; I electron celibataire ; Ol- : (1Tzs)2( IT2s*)2(1T2pf( '7T2p)4 ··/I
('7Tz/)\ O.L. = I; pas d'electrons non apparies; E.L. : ol - < 0 2 - :~:F:
< Oz < Oz+; longueurs de liaison: Oz+ < Oz < Oz- < Ol -. 39.
cl - a 10 electrons de valence. [: C==C :jZ- ; orbitales by brides sp ; e) . :F:
(IT2,)2 (1Tzs*)2( '7T2p)4 (1Tzp)z; O.L. = 3. Les deux ont lameme represen- .0
··"- I bipyramide triangulaire, dsp 3
Cl-F:
tation, une Iiaison triple constituee de l liaison IT et 2 liaisons '7T. .··/1 ..
Les deux laissent prevoir un ion diamagnetique 41. a) ·~:F:
(1Tzs) 2 (1Tz/ )2 ( '7Tzp) 4 ; O.L. = 2; diamagnetique; b) ([Link](IT2/ ) 2 -
( '7Tzp)4 (1Tzp) 1 ; O.L. = 2,5; paramagnetique; c) (1Tz5 ) 2 (1Tz/)2 - 53. a) 33 ITet 9'7T; b) tousles C sont hybrides sp2.
( '7Tzp)4 (1T2p)Z; O.L. = 3; diamagnetique. 43. Longueurs de liai-
son: metallique eN- < CN < CN+; E.L., CN+ < CN < COClz
CN-. 45. 5 5. a ) plane triangulaire, polaire, 120°, sp2
:F:
.·N= N·. .·N=N /
••/ ".·· / .·
:F F: :F:
7T2p polaire ou non polaire
en V au tour de N = 120°, spz
Ce sont deux molecules differentes.
Reponses cux exerd(es (hoisis 485
c) cos O = C=S lineaire. polaire. 180°, sp b) NCN2-: C hybride sp; impossible de predire l'hybridation des
N (differente pour chaque structure de resonance). Pour les autres
d) JCI3 :Cl:
composes, nous ne predirons J'hybridation que pour les structures
de resonances favorisees .
.·I .·NH,
1-CI:
·.1 H
:Cl: " ·.
N- C = N: : N= C-N=C /"' sp 3
H 2NCN
H +1
"
/
N=C= N ·.
0 -1
.· ~
H'-.. 0
/
N - C-N:
.·
0 0
Chapitre 8
H H
7. Forces de dispersion de London (FDL) <dipole- dipOle < liai-
favmise par Ia charge formelle son H. Oui, il y a beaucoup de chevauchements. Le benzene (seule-
Jicyandiarnide ment FDL) a un point d'ebullition plus eleve (voir l'exercice 86)
que !'acetone (dip6le - dip6le). 9. A mesure que les forces entre
.·o / H
particules augmentent, Ia tension de surface, la viscosite, le point de
..- 1 +1 0 / N'-..
0 0 0 o. . ., fusion et le point d'ebullition augmentent alors que Ia pression de
N= C=N = C H~:N=c -N· 0 0 favonse
·. " ~c-N-H par Ia vapeur diminue. 11. a) La polarisabilite d'un atome, d'une mo-
0. N-H O/ I charge lecule ou d'un ion se rapporte a Ia facilite de deformer son nuage
·I :N H formelle electronique. La polarite se rapporte a Ia presence d'un dipole per-
H /'-..
H H manent dans une molecule: b) Les forces de dispersion de London
sont presentes dans toutes les substances. On peut definir les FDL
nelamine
comme des forces s'exervant entre des dipoles induits. Les forces
H H dip6le - dipole impliquent I' attraction entre molecules comportant
I I toutes des dipOles permanents ; c) inter: entre; intra: en. Par exem-
H- N N N- H H- N N N-H
··'-.. / /1
c ~
c ··'-.. -e9 '-..
c c/ 1 ple, dans Br2 , Ia liaison covalente est une force intramoleculaire qui
II I H I II H lie les 2 atomes Br dans Ia molecule. Les FDL, beaucoup plus
N N N N faibles, sont des forces d'attraction intermoleculaires qui reunissent
•• '-c-e9 •· ·. ~/ .•
les molecules Br2 en phase liquide. 13. Les atomes ont une
I I forme a peu pres spherique. Il est impossible d'empiler des spheres
N H-N:
/··'-.. I sans laisser de l'espace entre elles. 15. La temperature critique
H H H augmente proportionnellement aux forces entre particules.
486 Reponses aux exercices choisis
17. a) Solide cristallin: structure reguliere et repetitive; so !ide point d' ebullition. 41. 313 pm. 43. 8,82 g/cm3. 45. 22,68
amorphe: agencement irregulier; b) soli de ionique : ions main- g/cm3. 47. Arete: 328 pm; rayon: 142 pm. 49.
tenus entre eux par des liaisons ioniques ; solide moleculaire: 74,06 %. 51. En y ajoutant un element VA (P, As). 53. Type
molecules maintenues par des forces faibles (dispersion de London, p. 55. 5,0 X 102 nm. 57. NaCI: 4 Na+, 4 CI- ; CsCl: 1 Cs+. l
dipole - dipole ou liaison hydrogene); c) solide moleculaire: CI-; ZnS : 4 Zn 2+, 4 S 2- ; Ti02 : 2 Ti4 +, 4 0 2- . 59. +6. 61. 421
molecules individuelles; solide covalent: pas de molecules indi- pm; d · apres le rayon, 410 pm; les deux valeurs sont equivalentes a
viduelles (un reseau covalent equivaut a une molecule geante; les 3% pres. 63. a) C02 : moleculaire; b) Si0 2 : reseau covalent ;
forces entre particules sont des liaisons covalentes entre les ato- c) Si : atomique. reseau covalent; d) CH4 : moleculaire; e) Ru :
mes); d) sol ide metallique : com porte des electrons delocalises atomique, metallique ; f) I 2 : moleculaire; g) KBr: ionique; h)
(excellent conducteur de courant); reseau covalent: electrons local- HzO: moleculaire; i) NaOH: ionique; j) U: atomique, metallique ;
ises (isolant ou semi-conducteur). 19. Non, par exemple le verre k) CaC03 : ionique ; I) PH 3 : moleculaire. 65. A!Ni3. 67.
(Si02 amorphe, reseau covalent solide) compare ala glace (solide CaTi03 ; 6 0 autour de chaque Ti. 69. a) YBa2Cu 30 9; b) Ia
cristallin a liaisons H, plus faibles). Les forces entre particules d'un structure de ce supraconducteur est basee sur Ia seconde de Ia
solide amorphe sont plus fortes dans ce cas-ci que celles d'un perovskite. La structure de YBazCu309 equivaut a trois de ces eel-
solide ctistallin. Le caractere amorphe ou cristallin d'un solide Jules cubiques de perovskite superposees. Les atomes 0 sont au
depend davantage de Ia regularite de Ia structure et de sa repetition meme endroit, Cu prend Ia place de Ti ; 2 Ca sont remplaces par Ba,
que des forces entre particules. 21. L' augmentation de Ia tem- et un Ca est remplace parY. c) YBa2Cu 3 ~. 71. Li, 158 kJ/mol ;
perature permet a davantage d'electrons de Ia bande de valence Mg, 139 kJ/mol. Liaison plus forte dans Li . 73. 1,7 atm ;
d'avoir suffisarnment d'energie cinetique pour passer a Ia bande de 140 oc. 75. 221 torr.
conduction ; b) un photon (energie) est absori:Je par un electron qui 77.
passe alors de Ia bande de valence a Ia bande de conduction; c) une
impurete contribue soit a ajouter des electrons qui possedent un 5
niveau d'energie voisin de celui de Ia bande de conduction (de type
n), soit a ajouter des trous dont le niveau d'energie est voisin de 80 4
celui de Ia bande de valence (de type p). 23. a) condensation:
vapeur~ liquide; b) evaporation: liquide ~ vapeur; c) sublima- 60
tion: solide ~ vapeur; d) liquide superrefroidi : substance qui
demeure liquide a une temperature inferieure a celle de son point de
~ 40 pente 5 > pente 3 > pente I
3
congelation. 25. a) Lorsque les forces intermoleculaires aug- "'~ 20 temps 4 = 4 x temps 2
mentent, Ia vitesse d'evaporation diminue; b) Taugmente: vitesse ~
'"'
augmente ; c) surface plus grande : vitesse augmente. 27. Le ~ 0
2
changement de phase [H2 0(g) ~ H 20(/)] degage de la chaleur qui -20
peut causer des brOlures plus graves (Ia vapeur peut aussi atteindre
des temperatures superieures a 100 °C). 29. a) ionique; b) · 40
dipole, FDL; c) FDL; d) FDL; e) ionique ; f) FDL; g) liaison H,
~OL---------------------------------------
FDL. 31. a) OCS ; b) PF5 plus Ia molecule a d'electrons, plus
-------------------- remps ----------------~
ses FDL sont importantes; c) SF6 ; d) S03. 33. a) Le neopen-
tane est plus compact que le n-pentane; il y a moins de surfaces de 79. 16SO kJ. 81. 1490 g. 83. A : solide; B; liquide; C :
contact entre les molecules de neopentane, done les forces inter- vapeur; D: sol ide + vapeur; E: soli de + liquide + vapeur (point
moleculaires sonl plus faibles et le point d'ebullition plus bas; b) triple); F: liquide +vapeur; G : liquide +vapeur (point critique);
I' ethanol peut former des liaisons H, alors que I' ether dimethylique H: vapeur; le pointille le plus bas indique le point de fusion normal
ne le peut pas; c) HF peut former des liaisons H ; d) LiCl, ionique, et le second le point d'ebullition normal. La phase solide est plus
HCl, forces dipole - dipOle plus faibles; e) n-pentane; plus gros, dense. 85. C25H 52 a les forces intermoleculaires les plus fortes
done FDL plus fortes; f) !'ether dimethylique presente des forces (point d'ebullition le plus eleve). Bien que CzsHsz soil non polaire,
dipole - dipole et FDL (propane des FDL seulement). 35. a) elle est tellement massive que ses FDL sont plus fortes que Ia
HCl; dipole + FDL; b) NaCI: forces ioniques plus fortes; c) 12 : somme des liaisons FDL et hydrogene de H20.
molecule plus grosse done FDL plus fortes; d) N 2 : le plus petit des
o:···H- o·
composes non polaires presents. FDL les plus faibles; e) Cf4 : le
plus petit compose non polaire present, FDL les plus faibles; f)
87.
HC-C~
3 "'-··
·. C-CH
~
"3
HF : peut former des liaisons H fortes, et non les autres composes; 0-H· ··:O
•. w•
37. La force d'adbesion de H 20 au verre (Si02 ) est plus forte que
la force de cohesion entre molecules H 20. La force de cohesion 89. 0,229 nm. 91. Si Ti02 liquide conduit le courant electrique,
entre atomes Hg (liaison metallique) est plus grande que Ia force il doit etre ionique. 93. 4,65 kg/h 95. 2,56 X I0-3 torr. 97.
d'adhesion au verre. Eau + polyethylene = menisque con- 46,7 kJ/mol; 90 %. 99. Les solides a points d'ebullition cleves
vexe. 39. Les molecules H 2 0 2 etant plus lourdes que les (NaCI, MgCl2 , NaF, MgFz, AlF3) sont tous des solides ioniques.
molecules H20, elles font done plus de FDL, ce qui augmente le SiC14 , SiF4 , Cl2 , F2 , PF5 et SCI 2 sont des molecules non polaires ne
Reponses aux exercices choisis 487
presentant que des FDL. PCI 3 et SCh sont des molecules polaires a BaO, BaOz. 23. Mg~z(s) + 6Hz0(l) ~ 2NH3(g) + 3MgZ+(aq)
FDL et forces dip6le - dip6le. Dans ces 8 substances moleculaires, + 60H- (aq); Mg3Pz(s) + 6H20(l) ~ 2PH3(g) + 3MgZ+(aq) +
les forces entre particules sont faibles et Jes points d' ebullition, bas. 60H- taq). 25. Plane triangulaire : Be. spz; N. sp 3 ; acide de
AIC1 3 est intermediaire. Son point de fusion indique Ia presence de Lewis. 27. a) Hydroxyde de thallium (I); b) sulfure d'indium
forces plus importantes que dans les halogenures non metalliques, (III); c) oxyde de gallium ou oxyde de gallium (III). 29. BzH6 +
mais pas aussi fortes que dans un solide ionique. AICI 3 illustre le 30z ~ 2B(0Hh . 31. Inz0 3(s) + 6H+(aq) ~ 21n 3+(aq) +
passage de Ia liaison ionique a Ia liaison covalente; d'un solide io- 3Hz0(l) ; lnz03(s) + OH- (aq) ~ pas de reaction; Gaz0 3 (s) +
nique a des molecules individuelles. 101. Cubique a faces ceo- 6H+(aq) ~ 2Ga3+(aq) + 3HzO(l); Gaz03 (s) + 20H- (aq) + 3HzO(l)
trees, 159 pm. 103. Ag. ~ 2Ga(OH)4-(aq). 33. 2In(s) + 3Fz(g) -4 2lnF3(s); 2In(s) +
105. 3Ciz(g) -4 1InCb(s) ; 41n(s) + 30z(g) -4 2In 2 0 3 (s); 2In(s) +
liquide 6HCI(aq) -4 3Hz(g) + 2InCI 3(aq). 35. a) Lineaire; b)
so/ide a sp. 37. a) KzSiF6 (s) + 4K(l) ~ Si(s) + 6KF(s); b) Ia liaison est
ionique entre les ions K+ et SiF1?- et covalente entre Si et F dans
pression I' anion octaedrique SiF6 z-. 39. Fluorure d'etain (ll). 41. Les
b electrons 7r sont libres de se deplacer dans le graphite, d'oii une
plus grande conductivite (plus faible resistance). Les electrons ont
ga~
une plus grande mobilite dans le plan des couches des atomes de
carbone que perpendiculairement a ce plan. Dans le diamant. les
temperature electrons ne sont pas mobiles (grande resistance). La structure du
Avec Ia chute de p, on passe de a a b sur le diagramme de phases. diamant est uniforme dans toutes les directions. La resistivite est
L' eau bout. L'evaporation de l'eau est endothermique et reau est done independante de Ia direction.
refroidie (b ~c), formant de Ia glace. Si Ia pompe demeure en 43
• :F- Be - F:
marche, il y aura sublimation de Ia glace jusqu' a sa disparition.
C'est le principe de Ia lyophilisation. En phase gazeuse. lineaire ;
Chopitre 9
1. La gravite de Ia Terre n'est pas assez forte pour garder Hz dans
!'atmosphere. 3. Ionique, covalent et metallique (interstitiel). a I'etat solide, polymere.
Les hydrures ioniques et covalents sont de vrais composes. dif- 45. L'ion BeZ+ est un acide de Lewis eta done une forte affinite
ferents par le type de liaison. Les hydrures interstitiels ressemblent pour les paires d'electrons libres de !'oxygene de l'eau. Le com-
davantage a des solutions solides d'hydrogene et d'un metal de pose est done difficile a deshydrater. L'ion en solution est
transition, a contenu variable. 5. L'hydrogene forme plusieurs Be(Hz0)4 2+. La solution acide resulte de Ia reaction:
composes dans lesquels son etat d'oxydation est +1. D'autre part, Be(Hz0)42+(aq) ~ Be(OH)(Hz0)3(0tl)+(aq) + W(aq) . 47.
l'hydrogene forme des molecules Hz diatomiques et est un non- Element 113 : [Rn] 1sz5f 4 6d 107p 1 ; !'element 113 viendraitjuste
metal, alors que les elements du groupe IA sont des metaux. L' hy- sous Tl dans le tableau periodique. Comrne Tl, I' element 113
drogene forme !'anion hydrure H-; les meraux du groupe lAne for- devrait presenter des etats d'oxydation +I et +3 dans ses com-
ment pas d'anion. 7. lis doivent etre produits en )'absence d'eau poses. 49. Si le compose contenait du Ga(II), il serait parama-
qui les transformerait en hydroxydes (NaOH, Ca(OH)z). 9. Les gnetique. La masse des composes paramagnetiques parait plus
plans d'atomes de carbone du graphite glissent facilement l'un sur importante dans un champ magnetique. 51 . -83 kJ; HzC0 3 se
I' autre. Le graphite n 'est pas volatile, done le lubiifiant sera effi- decomposera spontanement en COz et HzO. 53. Sn et Pb ; Sn(s)
cace meme sous vide. 11. Les liaisons dans les composes Sn~ + 2H+(aq) ~ Sn 2 +(aq) + Hz(g): 55. L'ion Na+ est encapsule de
ont generalement un caractere covalent et les molecules SnX4 inter- sorte qu'il n'entre pas en contact avec I' ion Na- et l'oxyde en sodi-
agissent par les FDL. Les composes SnXz sont ioniques, done leur um metallique.
cohesion est due a des attractions ioniques plus fortes. 13. La
taille diminue de gauche a droite et augmente en descendant. En
prenant I' element suivant a droite et en bas. on aura deux elements
Chopitre 10
en diagonale de meme taille. II en sera de meme des energies d'io- 1. La reaction N z(g) + 3Hz(g) -4 2NH3 (g) est exothermique. done
nisation. Les affinites electroniques sont plus difficiles a prevoir, K decroit a mesure que Ia temperature augmente. Les temperatures
mais Ia similarite de Ia taille et de J'energie d' ionisation permet de plus basses favoiisent un haut rendement d'ammoniac, mais Ia
croire que ce sera aussi le cas. 15. NazO, NaOz, NazOz. 17. vitesse est ralentie: sans catalyseur, La vitesse est trop lente pour
a) Li3N(s) + 3HCI(aq) ~ 3LiCI(aq) + NH3taq) ; b) RbzO(s) + que le procede fonctionne. La presence d'un catalyseur augmente
HzO(l) ~ 2RbOH(aq); c) CszOz(s) + 2HzO(l) ~ 2Cs0H(aq) + Ia vitesse de reaction abasse temperature. 3. Les polluants cons-
H 20z(aq); d) NaH(s) + H20(!) ~ NaOH(aq) + Hz(g). 19. tituent des nutriments azotes et phosphoreux qui nourrissent
2Li(s) + 2CzH2(g) ~ 2LiCzH(s) + H2(g) ; oxydo reduction. 21. les algues consommatrices d'oxygene. Les poissons en meurent
488 Reponses aux exercices choisis
etouffes. 5. Le soufre plastique a de longues chaines stl qui sont 6S02 (g); 2Bi 2 0 3(s) + 3C(s) ~ 4Bi(s) + 3COz(g). 29.
scindees en anneaux S8 donnant un materiau plus cassant. 7. Le 821 nm. 31. a) redox ; b) 8HN03(aq) + 3NazS(aq)- 3S(s) +
fluor est le plus electronegatif des elements ; Ia liaison covalente Fz 2NO(g) + 6NaN03(aq) + 4Hz0(/) 33. Pyramide a base
est tres faible. 9. L'helium est un gaz tres Ieger et inerte qui a canee. 35.
facilement echappe a I' attraction de Ia Terre lors de la formation de
celle-ci. 11. La petite taille de N laisse peu de place aux quatre a) b) :F:
:F:F: F:
atomes 0, ce qui rend N043- instable. P est plus gros et P043- est ··"- I /·· .I
done plus stable. Une liaison n est necessaire a la formation de
N0 3-. P n'etablit pas de liaisons n aussi facilement que N. 13. :F
Cl
"
··/ .. ..
F:
·I- F:
·.I
:F:
a) 8H+(aq) + 2N0 3 -·(aq) + 3Cu(s) ~ 3Cu 2+(aq) + 4H2 0(l) +
pyramide a base carn~e, d 2sp3
2NO(g) ; b) N~N0 3 (s) ~ N 2 0(g) + 2H2 0(g); c) NO(g) + en T, dsp 3
NOz(g) + 2KOH(aq) ~ 2KNOz(aq) + HzO(l). 15. NH3, sp 3 ;
N 2~, sp 3 ; NH 20H, sp 3 ; Nz, sp ; NzO (N central), sp; NO, sp2 ; Br
c) .·o/ I " o·.
N2 0 3, NOz, sp2 ; HN03, sp 2 . 17. 8,170 X 10 12 L Nz, 2,451 X ·. .·:F:·. .·
10 13 L H 2 . 19. N 2 ~(l) + 2Fz(g) ~ 4HF(g) + Nz(g);
- 1169 kJ. 21. pyramide a base triangulaire, sp 3
ordre de liaison e- celibataires
O.M. NO 2,5 1 37. H2 0(l) + Br03-(aq) + XeFz(aq) ~ Br04-(aq) + Xe(g) + 2
NO+ 3 0 HF(aq). 39. a) 104- ; b) 103- ; c) IF2- ; d) IF4-; e) IF6-; f)
No- 2 2 IOF3-. 41. XeF2 peut reagir avec !'oxygene pour produire des
oxydes explosifs et des oxyfluorures. 43. A mesure que les
Lewis No+ [=N - O =r atomes d'halogenes grossissent, il est plus difficile de lier trois
halogenes au petit N et Ia molecule NX3 devient plus instable.
NO .·N=o"· ~ .·N=O·. ~ .·N. a·· 45. AsC4+, 5 + 4(7)- 1 = 32 e Asc~-, 5 + 6(7) + 1 = 48 e
.· ·. . .
.. / ci.. j-
:a.. "I=Cl=
As
La theorie des orbitales moleculaires rend bien compte des trois .. / I"..
types. Les diagrammes de Lewis ne conviennent pas pour NO et
NO-. Pour NO, les diagrammes de Lewis fonctionnent mal pour les
r =9 :9:<_=:1:
elements a electron pair. Pour No-, le diagramme de Lewis ne per- Une reaction acide-base, selon le concept de Lewis. 47. 512 nm;
met pas de predire que NO- est paramagnetique. 23. a) H 3P04 verte. 49. a) L'atome de chlore reactif est emprisonne dans le
> H3P03; b) H 3P04 > H 2P04- > HPOi-. 25. Ajouter des crista!. Lorsque Ia lumiere est coupee. Cl reagit avec les atomes
paires libres pour completer les octets des atomes terminaux. a) A d'argent pour reformer AgCI (reaction inverse). Dans AgCI pur, les
et 8 tetraedriques; b) A et B sp 3 ; c) une de ses orbitales d; d) atomes Cl s'echappent, et Ia reaction inverse est impossible. Avec
B. 27. 2SbzS3(s) + 90z(g) ~ 2Sbz0 3(s) + 6SOz(g); 2Sbz03(s) le temps, le Cl se perd et !'argent metallique fonce demeure. 51.
+ 3C(s) ~ 4Sb(s) + 3C0z(g) ; 2BizS3(s) + 90z(g) ~ 2Biz03(s) + - 5 X 109 kJ .
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489
Acide, 69 et loi de Boyle-Mariotte, 138 conception modeme, 52 liaison tricentrique, 414
nomenclature, 69-70 hybridation. 308 premieres experiences. 47 proprietes. 415
Acide acetique, 69 liaisons covalentes, 54 theorie basee sur Ia Berzelius, [Link] Jakob, 47, 48
Acide chlorhydrique, 458 moment dipolaire, 248 mecanique ondularoire, Beton, 421
Acide tluorhydrique, 458. V. tlu- production, 119, 435 199 Bismuth
orure d'hydrogene proprietes, 436 theorie de Dalton, 45-47 ions, 253
Acide hypochloreux, 459 reaction avec I' oxygene. 106 theorie nucleaire. 51 proprietes. 430
Acide hypotluoreux, 459 structure, 436, 439 Attraction dipole-dipole, 344 Bohr, Niels, 194
Acide hypophosphoreux, 447 de Lewis, 439 Avogadro, Amadeo, 46, 83. 141 Borane, 417
Acide nitreux, 443 moleculaire, 283 Azeotrope, 443 Bore
Acide nitrique utilisations, 438 Azote, 43, 44, 326 chimie, 417
production, 442 volume molaire, 147 chimie, 452 configuration electronique,
proprietes, 443 Ampere (unite), 8 configuration electronique, 212
structure, 443 Amphotere, 405,412 213 diagramme des niveaux
utilisations, 442 Analyse dimensionnelle, 17 cycle, 436 d'energie des orbitale~
Acide perchlorique, 459 Anions, 56 dans Ia liquefaction de I' air, moleculaires, 323
Acide phosphoreux, 447 monoatomiques, nomen- 408 diagramme des orbitales,
Acide phosphorique, 69 clature, 60 dans I' atmosphere, 169 2 12. 324
proprietes, 445 po1yatomiques, nomen- dans le corps humain, 408 dopage, 365,388
Acide pyrophosphorique, 446 clature. 65 diagramme de Lewis. 312 energie de liaison, 323
Acide sulfureux, 69, 434 Antibiotiques, comme diagramme des orbitales, 213 liaisons, 324
Acide sulfurique, 69, 109 allomones, 293 elementaire, 408 longueur de liaison, 326
comme agent deshydratant, Antimoine, 430 energie de liaison, 326 ordre de liaison, 326
109, 441,454 composes, 431 hydrures, 436 paramagnetisme, 326
comme agent oxydant, 454 proprietes. 430 liaison moleculaire, 312 proprietes. 417
dans 1es p1uies acides, 171 Argent liaison triple, 432, 434 Boyle. Robert, 540, 136
production, 109, 453 crista! d' , 354 liquide, 408 Bragg, William Lawrence. 350
uti1isations, 109, 454 en photographie, 457 point d'ebullition, 24 Brame, 456, 461
Acide tripo1yphosphorique, 446 masse vo1umique, 26 oxacides, 442 Bromure de potassium,
Aciers, 359 sterling, 359 oxydes. 439 diagramme de Lewis. 269
speciaux, 359 Argile, 363 proprietes physicochimiques, Buckminsterfullerene, 63
Actinides, 217, 404 Argon,463 430
configuration e1ectronique, configuration electronique, solubilite dans le sang. et Cadmium, configuration
217 213 bends, 155 electronique, 216
ADN,264 proprietes, 352, 463 stabilite thermodynamique, Calcite, 89
Affinite e!ectronique, 222 volume mo1aire, 145 433 Calcium
Alchimie, 40 Arrondissement, reg1es, 15 volume molaire, 147 configuration electronique,
Alii ages Arsenic 214
d' acier, 359 composes, 432 Bacteries fixatrices d' axote, 435 dans l'eau dure, 416
de substitution, 359 dopage, 365 Ban des de conduction, 359, 365 proprietes, 415
d'insertion, 359 proprietes, 430, 432 Barometre, 135 utilisations, 415
Allomones, 293 Arseniure de gallium, 369 Bartlett, Neil, 463 Cannizzaro, 21 0
Allotropiques, 360 Astate. 456 Baryum, proprietes. 415 Capillarite. 346
Aluminium Atmosphere Batterie d' accumulateurs au Carbonate de calcium, masse
abondance, 407 composition, 169 plomb, 422 molaire, 89
configuration e1ectronique, haute, 169 Bauer, Georg, 40 Carbone
213 inerte, 437 Becquerel , Henri, 50 chimie, 405
corrosion. 418 reactions chimiques. 169 Benzene comme agent reducteur. 408
resistance, 85 standard (unite), 135 liaisons, 331 comme sol ide covalent, 360
masse atomique, 84 Atome(s) masse volumique, 26 configuration e!ectronique,
proprietes, 417 de Bohr, 194 structure, 330 212
utilisations, 418 ca1cu1 du nombre d', 86 Beryllium dans I' acier, 359
Alvarez, Luis, I, 2 masse, 45, 80 configuration electronique, dans Je corps humain. 393
Americium, 84 modele du plum-pudding, 50 212 diagramme des orbitales, 213
Ammoniac polyelectronique, 207 diagramme des orbitales, 212
comme base faible, 436 structure, 185 liaisons, 322 491
492 Index
energie de liaison, 326 composition en pourcentage, Democrite, 40 Doublets d'electrons liants, 26~
formes allotropiques. 360, 91-93 Denitrification. 435 Doublets d'electrons libres, 268
419 covalents, 66 Diagrammes de Lewis, 269 Ductilite, 57
isotopes, 80 definition, 29 regles d'ecriture, 270 Du Pont, Eleuthere, 197
liaisons, 419 detennination de Ia formule, Diagrammes de phases. 381
longueur de liaison, 326 93 applications, 383 Eau
magnetisme. 326 interhalogene. 442-444 pour I' eau, 382 applications, 383
masse atomique, 81 ioniques, 60, 243, 260 pour le dioxyde de carbone, capillarite, 346
ordre de liaison, 326 noms commons, 60 385 chaleur de fusion, 341, 378
oxydes, 420 noms systematiques. 60 Diamagnetisme, 324 chaleur de vaporisation, 341.
proprietes, 419 regles, 60-66 Diamant, 241, 380, 389, 419 376
taille atomique. 80. 419 Composes binaires, nomencla- diagramme des niveaux comme refrigerant, 372
Carte de densite electronique, ture, 60,66 d'energie, 360 comme solvant, 413
201 Composes ioniques. V. sels; proprietes, 352, 361 composition, 3, 46
Carvone, 91 sol ides ioniques structure.360 diagramme de Lewis, 271. 287
Cathode, 49 binaires, 256 Diborane, 145,417 diagramme de phases, 382
Cations, 56 definition, 243 Diffraction, I 91 dure, 416
anciens noms, 60 determination de !a formule, des rayons X, 349 etats,
monoatomiques, nomen- 251 Diffractometre, 351 compressibilite, 342
clature, 60 Composition isotopique. 82 Diffusion, 165 masse volumique, 342
noms systematiques, 61 Compton, Arthur, 190 vitesses relatives, 166 liaisons covalentes, 54
de type U, 61 Condensateur, 27 Difluorure de dioxygene, 459 masse volumique, 26, 312
Ceramique, 363 Condensation, defmition, 373 Difluorure d'oxygene, 459 moment dipolaire. 248
Cesium Conductibilite, 57 Dihydrogenophosphate point critique, 382
comme agent reducteur. 231 Configurations des electrons. d'ammonium. 447 point d'ebullition, 378
proprietes, 231 211-218 de calcium, 447 point triple, 382
Chaleur de vaporisation, 372 des elements des principaux Dioxyde d'azote, 439,441 pression de vapeur, 153, 375,
Charles, Jacques, 139 groupes, 216 et smog photochimique. 435 377
Chiffres significatifs des gaz rares, 269 nature), 440 structure moleculaire, 286
dans les calculs, II. 13-17 principe d'exclusion de Pauli, Dioxyde de carbone, 420 surfusion, 381
regles, 13-17 207,212 diagramme de Lewis, 269, Ebullition, 27
Chlorares, 459 probleme de correlation des 310 Echange d'ions, 416
Chlore electrons. 207 diagramme de phases. 389 Echelle Celsius. 21
utilisations, 460 regie de Hund, 212 glace seche, 385 Echelle Kelvin, 21
Chlorure d'etain(II). 421 Congelation, 27 hybridation, 311 signification, 161
Chlorure de beryllium Constante de Planck, 188 liaisons, 310 Ecomones, 293
diagramme de Lewis, 277, Constante molaire des gaz, 16, liquide, 385 Effet du doublet inerte, 418
415 142 masse molaire, 93 Effusion, 164
sttucture moleculaire, 283 Constantes de van der Waals, point critique, 385 loi de Graham, 164
Chlorure de methyle, structure, 167 point triple, 385 Einstein, Albert, 27, 189
262 Conversion solide, 367 Electrolyse, 28, 408
Chlorure de sodium facteurs, 17 sources, 419 Electron(s)
comme solide ionique. 352 unites, 18-21 structure. 405 charge. 52
masse volumique, 26 Copernic, Nicolas, 7 volume molaire, 147 de cceur, 213
structure, 56, 371 Corrosion, 420 Dioxyde de soufre, 434 de valence, 213
Chromatographie, 28 Courbe de chauffage, 377 et pollution atmospherique, localises, 268
Chrome pour I'eau, 378 169 masse, 52
configuration electronique, Cuivre Dismutation, 459 moment angulaire, 194
214 configuration electronique, Distillation rapport charge-masse, 49
Cinabre, 450 214 fractionnee, 28 repulsions, 208
Circuits imprimes. 387 masse volumique, 26 simple. 27 sous-couche. 203
Cobalt proprietes, 352 Distribution des probabilites de spin, 207
configuration electronique, Curie, Marie et Pierre, 448 presence des electrons, 201 Electronegativite, 245
214 Cycle de I' azote, 436 radiale, 201 et caractere de la liaison
resistance a Ia corrosion, Distribution des vitesses, et ionique, 260
86 Dalton. John. 42. 45. 150 temperature. 163 et type de liaison, 247
Coefficient, 102 theorie atomique, 42 Dobereiner, Johann, 209 valeurs, pour des elements,
Colorants, 187 Davisson, 192 Dopage, 365 246
Compose, 29 De Broglie, Louis, 191, 199 Double nature de Ia lumiere, Element(s)
a ions polyatomiques, 65 Degenerescence, 205 191 configuration electronique,
binaires, 60, 66 Demi-vie, 51 Doublet inerte, 418 216
Index 493
utilisations, 420 Hexafluorure de soufre so1ide, sublimation, 377 Leucippe, 40, 185
Genner, 192 diagmrnme de Lewis. 274. Ion Lewis. G.N .. 262. 269
Glace 314 configuration electronique, Liaison(s)
com me soli de moleculaire, liaisons, 314,455 251 covalente, 54, 245
367 Hund, F. H., 212 definition, 56 covalente polaire, 245
point de fusion, 378 Hybridation, 306 fonnation, 56 delocalisee, 331
seche, sublimation. 377 et theorie des electrons isoelectroniques. 254 double. 265
structure, 413 localises, 305 negatif, 56 energie de, 242
Glauberite, 450 sp, 310 polyaromiques, 65 hydrogene, 345
Goudsmit, Samuel, 207 sp2 , 308 nomenclature, 65 ionique, 57,243
Graham, Thomas, 164 sp 3 , 305 positif, 56 multiple, modele RPEV, 291
Graphite. 419 sp 3d, 313 tailles. 254 pi ('IT), 310. 331
proprietes, 360 sp3J2, 314 Ion bismuthyle, 431 polyatomiques, 57
structure, 360 Hydrazine, 420-421 Ion cyanure sigma tu), 309
transformation en diamant, Hydrogene, 412 diagramme de Lewis, 272 simple, 266
360,386 atome excite, 194 Ion hydrure tricentrique, 414
Gravite caractere non metallique. 227 liaisons. 320 triple, 266
et composition de l'atmo- chimie, 412 ordre de liaison, 321 types, 242
sphere, 169 comme agent reducteur, 408 Ion nitrate Liaisons covalentes, 54, 245
Guericke, Otto von, 134 comme combustible, 414 liaisons. 330. 332 caractere partiellement
Gypse, 445, 450 configuration electronique, structure de resonance, 330 ionique, 260
212 Ion nitrosyle, 440 energies et reactions
Haber, 116,412 dans le corps humain, 408 Ion tetrathionate, 455 chimiques, 265
Hafnium, configuration elec- diagram me des orbitales, 212 Ion thiosulfate, 455 orbita1es, 305
tronique, 218 halogenures. 457 Ion triiodure theorie. 261 , 268
Hall, Charles M ., 41!l liaisons covalentes, 54 diagramme de Lewis, 276, Liaisons pi ('IT), 31 0, 406
Halogenes, 59. 456. V. elements liaisons moleculaires, 245, 291,313 delocalisees, 331
du groupe VIlA 319, 320 liaisons, 3 I 3 importance, 405
affinite electronique, 279 masse atomique moyenne, 82 structure moleculaire, 276 Libre parcours moyen des
oxacides et oxanions. 458 masse volumique. 26 Ions monoatomiques. nomen- particules de gaz. 162
production, 409,456 modele de Bohr, 194 clature, 60 Liquides
proprietes physicochimiques, niveaux d'energie des Ions polyatomiques, 57 definition, 26
458 orbitales moleculaires, 321 courants, nomenclature, 65 en surebullition, 381
sources, 456 nombres quantiques, 202 Isotope, 53 en sutfusion, 381
Halogenures orbitales. 202 de !'uranium. 164 etat. 346
de phosphore, 447 production, 410 point d'ebullition, 380
de plomb(II), 422 rayon atomique, 406 Joule (unite), 162 pression de vapeur, 372
de plomb(IV), 422 sources, 412 Juglon. 88 proprietes. 341. 346
d' etain(Il), 420 spectre atomique, 192 vaporisation, 372
d'etain(N), 420 utilisations, 413 Kairomones, 293 Lithium
d'hydrogene, 457 volume molaire, 147 Kaolinite, 364 comme agent r€ducteur, 410
Heisenberg, Werner, 199,200, Hydroxyapatite, 445 Kelvin, Lord, 50 et comportement, 229, 411
206 Hydroxyde de lithium, I 11 Kepler. Johannes. 7 configuration electronique,
Helium Hydroxyde de magnesium, 112 Krypton 212
configuration electronique. Hydrures, 413 composes, 464 dans le cerveau humain, 411
212 covalents, 413 configuration electronique, diagramme des niveaux
dans les bonbonnes de d'azote, 419-421 215 d'energie des orbitales
plongee sous-marine. 155 d' insertion. 413 proprietes. 463 moleculaires, 322
diagramme de Lewis, 269 ioniques, 413 diagramme des orbita1es, 212
diagramme des niveaux metalliques, 413 Lait de magnesie, 112 energie d'hydratation, 230
d'energie des orbita1es non stcechiometriques, 413 Laiton, composition, 359 fluorure de, 257
moleculaires, 321 Hypothese, 5 Lanthanides, 216, 404 liaisons, 322
diagramme des orbitales. 212 d' Avogadro, 46 configuration electronique, nitrure, 410
ordre de liaison, 321 216 ordre de liaison, 322
proprietes, 462 Incertitude dans les mesures, I I Laser, 369 oxydes, 410
theorie basee sur Ia Indium, 210 Lavage, elimination du dioxyde proprietes. 229
mecanique ondulatoire, proprietes, 418 de soufre, 171 reaction avec !'eau, 230
207 Interactions Lavoisier, Antoine, 6, 41, 185, Loi d' Avogadro, 136, 159
utilisations, 463 dipole-dipole, 344 197 Loi de Boyle-Mariotte, 136,138,
Heroult, Paul, 418 moleculaires, 342 Lepre de l'etain, 420 142
Hertz (unite), 186 lode, 29 Levitation magnetique, 358 Loi de Charles, 136, 142
Index 495
stationnaire, 199 Oxygene, 41,43 Phenomene du doublet inerte, dans le corps humain, 408,
Operateur. 200 abondance,407 41S 411
Or cases quantiques, 213 Pheromones, 2, 293 energie d'hydratation, 230
masse volumique, 26 chimie. 449 Phlogistique, 3415 proprietes, 227
Orbitales atomiques configuration electronique, Phosphate de calcium, comme reaction avec l'eau, 229
d,204 213 engrais. 109. 445 Potentiel de contact, 366
dans les liaisons covalentes. dans !'atmosphere, 169 Phosphine, 444 Potentiel de jonction, 366
305 dans Ia liquefaction de !'air, diagramme de Lewis, 295 Poudre noire. 197
definition, 200 408 structure moleculaire, 295 Pourcentage
degenerees, 205 dans le corps humain, 408 Phosphore de rendemem, 120
energie, 204 elementaire, 406 blanc,367,406,444.446 massique, 91-93
f, 204 empoisonnement par, plongee chimie,444 Precision, definition, 12
formes, 204 sous-marine, 155 dans les engrais, 447 Prefixes. pour les nombres. dans
hybrides, 307 energie de liaison. 326 distances interatomiques, 368 Ia nomenclature chimique,
hydrogenoi"des, 208 et combustion, 41 elementaire, 406 66
p,204 formes, 449 energie de premiere ionisa- Pression, 16
s, 204 importance, 449 tion , 220, 221 atmospMrique et point
Orbitales moleculaires, 318, 360 longueur de liaison, 326 halogenures de, 447 d'ebullition, 385
antiliantes, 320 magnetisme, 326 noir. 444 critique, 383
liantes, 320 masse molaire, 109 oxydes et oxacides de, 445 definition, 134
pi ( 7T), 323 masse volumique, 26 rouge, 444 de vapeur. 373
sigma ( u), 319 ordre de liaison. 326 Phosphore, 444 et temperature standard, 146
Ordre de liaison, 321 proprietes, 448 Photographie, 457 et volume, 139
et energie de liaison, 326 volume molaire, 147 Photon, 190 partielle, 150
et longueur de liaison, 326 Ozone Planck, Max, 188, 193 totale, 150
Ostwald, Wilhelm, 106,442 dans Ia haute atmosphere, Plomb unites. 134
Oxacides 169.450 chimie, 422 Pression de vapeur, 383
d'azote, 422 formation, 169 empoisonnement, 2, 422 de 1' eau, 154
de phosphore, 445 liaisons, 330 ions, 253 des liquides, 374
des halogenes. 458 production, 449 masse volumique, 26 des solides, 377
de soufre, 453 proprietes, 449 production, 419 equilibre. 3 73
Oxanions, nomenclature, 64 resonance, 330 proprietes, 419 et temperature, 375
Oxyde de beryllium, caractere structures, 449 sources, 419 facteurs modifiants, 375
amphotere, 405,414 tetraethyle. 422 Priestley, Joseph, 40
Oxyde de magnesium. energie Palladium. 413 utilisations, 422 Principe d'exclusion de Pauli,
de formation, 259 Paracelse, 40 Pluies acides, 171, 172,453 207,212
Oxyde de phosphore(V), 445 Paramagnetisme, 324 Poids. definition, 9 Principe d' incertitude
Oxyde nitreux Particules, 47 Point critique, 383 d"Heisenberg, 200,206
preparation, 440 alpha (a), 50 du dioxyde de carbone, 389 Principe do <<aufbau», 211
structure, 4 39 beta ({3), 50 de l'eau, 382 et tableau periodique,
utilisations, 439 Pascal (unite), 136 Point d'ebullition, 378, 380 211-219
Oxyde nitrique Pauli, Wolfgang, 207 des hydrures covalents des Procede de contact, 109, 453
diagramme des niveaux Pauling, Linus, 245, 262 elements des groupes IVA Procede Frasch, 409,451
d'energie des orbitales electronegativite, 245 a VIlA, 344-345 Procede Haber, 116, 412, 435
moleculaires, 328 Penicilline. 92 et numero atomique, 228 Procede Hali-Heroult, 418
et pollution atmospherique, Pentachlorure de phosphore et pression atmospMrique, Procede Ostwald, 442
170 diagramme de Lewis, 288, 385 Produits dans les equations
magnetisme, 328 313 normal, 380 chimiques, 100
ordre de liaison, 328 liaisons, 313 Point de fusion, 379 calcul des masses. 107
proprietes, 440 structure moleculaire. 288 et numero atomique, 228 Propane
structure, 4 39 Pentoxyde de diazote normal, 380 masse molaire, 108
Oxydes (anhydride nitrique), 442 Point triple reaction avec !'oxygene, 108
basiques, 414 Periodes, 59 de I' eau, 383 Proportion strechiometrique,
de phosphore, 445 Periodicite et structure du dioxyde de carbo~e. 389 116
de soufre, 452 atomique, 219 Polarite de liaison, 247-251 Proprietes chimiques, 53
metaux alcalins, 409 Peroxyde Pollution atmospherique, 170 Protons, 29,51
amphoteres, 405 d'hydrogene, 410 Polonium, 448 charge. 52
Oxydes d'azote, 439 de sodium. 410 Poly(chlorure de vinyle), 461 masse, 52
nomenclature, 66 Phase de Ia matiere Potassium Proust, Joseph, 42
structure, 4 39 mobile, 28 contiguration electronique, Ptolemee, 7
Oxydes de plomb, 422 stationnaire, 28 214,221 Puces de silicium, 387
Index 497
Pyrite, 432 electronique, 214 et corps humain. 408 Tableau periodique, 57, 58, 216
SchrOdinger. Edwin, 199 masse atomique, 84 et principe du « aufbau >>, 211
Quantification de l'energie, 188 Selenium, 448 monoclinique, 452 historique. 209
Quantite strechiometrique, decouverte, 48 orbitales, 314 renseignements, 226
definition, 112 et cancer, 48, 448 orthorhombique, 452 Teflon,460
Quantum (quanta), 188 et maladies du creur, 48, 448 oxacides, 453 Tellure, 448
Quarks, 29 toxicite. 48 oxydes, 452 Temperature, 16, 21
Quartz, structure, 407 Sels, 57. V. composes ioniques sources, 448 conversion, 22-24
Semi-conducteurs, 364, 420 Sous-couche electronique, 203 critique, 383
Radiation de type n, 365 Sous-oxyde de carbone, 420 definition, 342
electromagnetique, 186 de type p , 365 Spectre d' ernission echelle Celsius, 21
infrarouge, 187 jonction p-n, 365 continu, 193 echelle Fahrenheit, 21
micro-ondes, 187 Semi-metaux, 4D4 del'hydrogene, 193 echelle Kelvin. 21
ultraviolette, 187 Silicates, 362 de raies. 193 signification, 161
visible, 187 Silice. 362 Spectrometre et pression de vapeur,
Radioactivite, definition, 50 structure, 405 de masse, 80-85 373-375
Radium Silicium, 48, 364 Spin de !'electron, 207 et vitesse de diffusion des
configuration electronique, abondance,407 Stahl, Georg, 40 gaz, 164
218 chimie,405 Strechiometrie. 79-123 et volume, 158
proprietes, 415 configuration electronique, calculs, 107 normale du corps, 23
Radon,445 213 dans !'atmosphere, 169 normale et pression, 146
Rapport strechiometrique, 116 dans Ia croOte terrestre. 407 definition, 79 unites, 21
Rayon(s) atomique(s), 224 proprietes, 406 historique, 40 Temperature et pression
de certains atomes, 406 uti lisations, 407 facteur, I08 normales (TPN), 146
Rayons cathodiques, 49 Silicoaluminate. 364 Strontium Tension superficielle, 346
Rayons gamma ( -y), 50 Smog photochimique, 170, 435 dans 1es feux d'artifice, 197 Terre, atmosphere. 169
Reactif limitant, calculs en Sodium proprietes, 415 Tetraethylp1omb, 422
presence. 112 chlorure de, 55 Structure atomique, 45, 185 Tetrafluoroethylene, 460
Reactifs, dans une equation configuration electronique, Structure des metaux, 353 Tetrafluorure de zenon
chimique, 100 213 Structure mo1eculaire, 283 diagramrne de Lewis, 290
calcul des masses, 106 dans le corps humain, 4 11 bipyramidale a base triangu- hybridation. 315
Reactions, I 00 energie d'hydratation, 230 laire. 287, 288 structure moleculaire, 290
de condensation, 446 energie d'ionisation, 220 et communication, 293 Thallium
de dismutation, 459 isotopes, 53 lineaire, 283, 287 ions. 253
Reactions de combustion et proprietes, 227, 228 octaedrique, 287, 288 proprietes, 418
oxygene,40 reaction avec J'eau, 230 plane carree, 290 Theorie, 5, 156, 262
Redresseur, 366 avec le chlore, 228 plane triangulaire. 284 et planetes, 7
Regie de Hund, 212 Solides prediction, 283 Theorie atomique basee sur Ia
Regie de !'octet, 269 amorphes, 348 pyramidale a base triangu- mecanique ondulatoire,
exceptions, 273 analyse par rayons X, 349 laire, 286 199
Regie du doublet. 269 atomiques, 352 tetraedrique, 284, 287 pour les atomes polye1ectro-
Rendement en pourcentage covalents, 360 theorie RPEV. 283 niques, 207
calcul, 120 cristallins. 348 Structures de resonance, 278 Theorie atomique de Dalton,
definition, 120 definition, 26 Sublimation, 377 45
Rendement theorique ioniques, 57, 351, 368 dans Ia nature, 385 Theorie cinetique des gaz, 156
definition. 120 moleculaires, 351 , 367 Substance pure, 27 Theorie de Ia mer d'electrons,
Reproductibilite, 12 point de fusion, 377 Sulfite, 453 356
Reseau, 348 pression de vapeur. 373 Sulfure Theorie de Ia re1ativite
anomalies de, 422 proprietes, 341 de zinc, structure, 370 d'Einstei n. 7. 189, 190
Reseau cubique a faces structure, 349 d'hydrogene, 455 Theorie de Ia repulsion des
centrees, 354 types, 351, 371 Superoxyde(s), 410 paires d'electrons de
Reseau hexagonal compact, 354 Solution, 27 Superphosphate de chaux. 447 valence (RPEV), 283
Resine echangeuse d'ions, 416 definition, 27 Supraconductivite, 358 et liaisons multiples, 291
Resonance,277,330 Soufre Surebullition, 381 Theorie des electrons localises
Rubidium, proprietes, 227 chimie,448 Surfusion, 380 (EL), 268
Rutherford, Lord Ernest. 51 , configuration electronique, Symboles, 47, 57 et hybridation, 308
192 218 Systeme international d'unites, et resonance,278
cyclique,407 8 et theorie des orbitales
Saccharose, comme solide energie de premiere ionisa- fondamental, 9 mo1eculaires, combinai-
moleculaire, 351 tion, 220, 221 prefixes. 9 son, 330
Scandium, configuration etat d'oxydation, 435 Systeme metrique, 8 resume, 315
498 Index
5 6 7 8
B c N 0 : p.
10,81 12,01 14,01 16.00 19.00
13
AI
14
Si p
15 16
s
IJ,
Cl
I •:'
metaux de transition
26,98 28 ,09 30,97 32,07 '35,45
30
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~
J. Ca
40,08
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metaux ~ non-metaux
226 227 (261) (262) {263} (264) (265) ' (266)
*lanthanides
. .
SB
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- .
I
90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103
ractinides Th Pa u Np Pu Am Cm Bk Cf Es Fm Md No Lr
232,0 (231) 238,0 (237) (244) (243) (247) (247) (251) (252) (257) (258) (259) (260)
-
Tableau de.s·Jma 55 e5 ""atomique 5*
I__ ~
~l~ment symbo1e numero masse element symbole numero masse element symbole numero masse
atomique molaire atomique molaire atomique molaireJ
volume temperature
unite SI: metre cube (m3 ) unite SI: kelvin (K)
9
=-tc+32
5
energie pression
!f,' - = - ; ; - - - " - - - - - - - - - - - - - -
unite SI: joule (J) unite SI: pascal (Pa)