0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
19 vues2 pages

Baroque et Classicisme au XVIIe siècle

Ce document décrit les principales caractéristiques des mouvements littéraires baroque et classique au XVIIe siècle en France, notamment leurs différences sur les plans politique, stylistique et théâtral.

Transféré par

Astra Ordinaire
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
19 vues2 pages

Baroque et Classicisme au XVIIe siècle

Ce document décrit les principales caractéristiques des mouvements littéraires baroque et classique au XVIIe siècle en France, notamment leurs différences sur les plans politique, stylistique et théâtral.

Transféré par

Astra Ordinaire
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Du baroque au classicisme

On distingue au XVIIème siècle deux mouvements littéraires principaux : le mouvement baroque et


le mouvement classique. On peut séparer chronologiquement ces deux mouvements avec la première moitié
du XVIIème siècle pour le mouvement baroque et la deuxième moitié pour le mouvement classique. La
réalité est évidemment plus complexe : certaines caractéristiques du classicisme apparaissent dès le début du
XVIIème siècle, tandis que des caractéristiques du baroque perdurent jusqu'à la fin du siècle. En réalité, les
termes d'oeuvre classique et d'oeuvre baroque ont été utilisés a posteriori aux XIXème et XXème siècles et
ne correspondaient pas forcément à la perception de l'époque.

Contexte politique
Le mouvement baroque correspond à une période d'instabilité politique : les guerres de religion de
la fin du XVIème siècle et la Fronde (1648-1653), c'est-à-dire la révolte des grands seigneurs contre la
monarchie.
Le mouvement classique, au contraire, correspond à la mise en place de la monarchie absolue,
entamée par le cardinal Richelieu (qui se manifeste sur le plan littéraire par la création de l'Académie
Française en 1635), premier ministre de Louis XIII, et consolidée par Louis XIV.
Au désordre et au mouvement du baroque s'opposent donc la stabilité et la permanence du
classicisme. Il s'agit de deux mouvements qui s'opposent aussi bien sur la forme que quant à la conception du
monde qui les anime.

Caractéristiques du classicisme par opposition au baroque


Le classicisme repose sur un idéal de clarté dans l'expression et de mesure,
contrairement au baroque qui privilégie les formulations obscures et paradoxales et la
démesure (les figures de style privilégiées par le mouvement baroque sont l'antithèse,
l'oxymore et l'hyperbole). La figure idéale du classicisme est celle de l'honnête homme (que
Pierre
l'on trouve notamment dans les comédies de Molière : c'est un personnage raisonnable qui se Corneille
caractérise par l'obéissance aux règles de la vie en société, qui ne cherche pas à sortir de sa classe sociale et
qui maîtrise ses émotions), là où le mouvement baroque privilégie les héros surdimensionnés (comme le
Cid, capable dans la même journée de tuer l'offenseur de son père en duel, de vaincre une armée et d'épouser
la femme qu'il aime) ou les personnages monstrueux (comme Médée, qui, dans la pièce de Corneille, tue
ses enfants pour se venger de leur père).
L'écriture classique obéit à des règles très strictes et repose souvent sur l'imitation des anciens
(auteurs de l'antiquité).
Le classicisme se manifeste dans le genre de la poésie lyrique, didactique ou satirique avec des
auteurs tels que Malherbe, Boileau et La Fontaine, dans le genre du roman et du conte avec des auteurs
tels que Madame de La Fayette (La princesse de Clèves) et Perrault, mais surtout dans le genre du théâtre
avec des auteurs tels que Corneille, Molière et Racine.
Les règles du théâtre classique
Le classicisme privilégie les genres cloisonnés que sont la tragédie et la comédie par
opposition au baroque qui privilégiait le genre mixte de la tragi-comédie. Le genre de la
comédie-ballet (Le Bourgeois gentilhomme, le malade imaginaire), illustré par Molière et
Lully (compositeur) et qui mélange théâtre, danse et musique appartient plutôt à l'esthétique
baroque.
Molière
La comédie met en scène des personnages issus de la bourgeoisie ou de la petite
noblesse du XVIIème siècle confrontés à des soucis domestiques (la question du mariage le plus souvent).
Les personnages principaux sont accompagnés par des valets ou servantes.
La tragédie met en scène des personnages ayant le pouvoir (rois, empereurs, princes et
princesses...) confrontés à des dilemmes opposant le plus souvent l'amour et l'honneur ou le devoir. Les
personnages principaux sont accompagnés par des confidents.
Le théâtre classique repose sur trois règles :
– la vraisemblance qui se distingue du vrai (= de la réalité historique) et du possible. Ce qui est
vraisemblable ne doit pas choquer l'imagination du spectateur. L'auteur de la pièce s'interdit donc de
recourir à une intervention extérieure (accident, intervention d'une personne étrangère à l'action)
pour le dénouement de sa pièce. Les héros doivent être des personnages auxquels le spectateur doit
pouvoir s'identifier, ni tout à fait bons, ni tout à fait méchants, notamment dans la tragédie où leur
sort doit provoquer terreur et pitié (selon l'auteur grec Aristote).
– La bienséance qui consiste à ne pas montrer sur scène des actions que la morale
réprouve. Ce qui est inconvenant (meurtres, suicides, etc.) se passe à l'extérieur de
la scène et est raconté par un personnage témoin (ex : dans Andromaque, le
meurtre de Pyrrhus est raconté par Oreste et le suicide d'Hermione par Pylade). Le
théâtre classique est avant tout un théâtre de la parole : les actions ne sont pas
montrées sur scène. Dans le théâtre baroque, à l'inverse, les actions sanglantes se Jean Racine
déroulent le plus souvent sur scène (dans la pièce de Corneille, Clitandre, le spectateur assiste dans
la même scène à une tentative de viol et à une énucléation) et mettent en œuvre une machinerie
compliquée (à la fin de la pièce de Corneille, Médée, le personnage principal s'envole sur un char tiré
par deux dragons).
– La règle des trois unités qui comprend l'unité de temps, l'unité de lieu et l'unité d'action. L'unité de
temps consiste à ne pas faire durer l'action de la pièce plus de vingt-quatre heures. L'unité de lieu
consiste à conserver le même lieu du début jusqu'à la fin de la pièce, il s'agit généralement d'un lieu
de passage telle que la salle commune d'une maison ou d'un palais. L'unité d'action consiste à ne
développer qu'une seule action principale à laquelle toutes les éventuelles intrigues secondaires sont
subordonnées. Cette action doit comporter selon Corneille un début, un milieu, une fin qui
correspondent à l'exposition, au nœud de l'intrigue et au dénouement.

Vous aimerez peut-être aussi