Cas Pratique : Forme Juridique Restaurant
Cas Pratique : Forme Juridique Restaurant
Corrigés
Introduction
EXO 00.01 Cas pratique sous la forme d’une consultation « Le rêve du Mekong »
Conseillez Anna sur la forme juridique que peut revêtir son restaurant.
Proposition de correction
La première question à trancher est celle de savoir si Anna entreprend seule, càd si elle court seule
les risques de l’entreprenariat. Si Boran participe au projet en tant qu’associé, une société devra
être créée. Il semble ne pas disposer de liquidités mais ses talents de cuisinier semblent
indispensables. Il s’agira alors d’un apport en industrie (cf. chapitre 2) qui n’est pas autorisé dans
la SA par exemple.
Les associés doivent avoir la qualité de commerçant dans la SNC.
Boran peut être salarié par Anna, il ne supportera pas alors les risques de l’entrepreneuriat
(hormis en cas de perte d’emploi lié à la fermeture du restaurant).
Il semblerait néanmoins qu’Anna souhaite se lancer seule dans le projet. Plusieurs possibilités
s’offrent à elle. La contrainte semble liée à la protection de l’appartement mais, théoriquement,
elle ne devrait pas être un problème :
– en tant qu’entrepreneur individuel : si l’appartement reste affecté à son patrimoine personnel,
les créanciers professionnels ne pourront pas en principe le saisir. Par exception, en cas de
manœuvres frauduleuses ou d’inobservation grave et répétée de ses obligations fiscales par
Anna, la réduction du droit de gage général sera inopposable aux créanciers fiscaux et sociaux.
Le recouvrement des créances d’impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de taxe
foncière afférente aux immeubles affectés à l’activité professionnelle n’est pas non plus
soumis à la réduction du droit de gage général ;
– en créant une société (EURL et SASU) : elle n’apportera pas l’appartement au capital de la
société créée. Ces deux formes sociales n’exigent pas de capital social minimum. Il n’est pas
certain néanmoins qu’un capital social constitué uniquement de 3 000 1 d’apport sera
suffisant aux yeux des créanciers si Anna des besoins de financement.
Conclusion : il manque des éléments tenant au fonds dans lequel ce restaurant pourrait être
installé. Les liquidités semblent peu suffisantes pour démarrer une activité. Les créanciers
accepteront-ils de lui faire confiance si elle-même ne s’engage pas davantage d’un point de vue
patrimonial ? Sous réserve d’avoir la qualité de commerçant (indispensable dans la SNC par
exemple), toutes les possibilités énoncées sont possibles, avec son ami (SNC, SARL et SAS) ou
seule :
– en tant qu’entrepreneur individuel qui bénéficie de la séparation de 2 patrimoines, le
patrimoine personnel et le patrimoine professionnel ;
– ou en ayant recours à une forme sociétaire unipersonnelle (EURL ou SASU).
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entrepreneurs individuels, c’est-à-dire aux personnes physiques qui exercent en nom propre une
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1. Identifiez la nature des règles de droit correspondant à chacun des documents. Quel lien
établissez-vous entre ces trois règles ?
Chaque document désigne une règle de droit dont la source est différente :
– L’annexe 1 vise une directive européenne. La directive doit être transposée dans chacun des
États-membres de l’UE. Elle fixe des objectifs qui doivent ensuite être déclinés par chaque
parlement national. Chaque État-membre est libre d’élaborer ses propres mesures pour les
atteindre (« devrait »).
– L’annexe 2 est un article du Code de commerce (extraits) qui a été modifié par l’ordonnance
du 27 novembre 2019. La loi Pacte du 22 mai 2019 avait habilité le gouvernement à transposer
cette directive par voie d’ordonnance.
– Enfin, l’annexe 3 est un article du Code de commerce (extraits) figurant dans la partie
réglementaire. Il a été modifié par le décret du 27 novembre 2019 qui complète l’ordonnance
du 27 novembre 2019 (décret d’application auquel renvoie l’article L. 225-37-2 du Code de
commerce).
2. Quelles sont les sociétés entrant dans le champ d’application de la directive du 17 mai 2017 ?
La directive du 17 mai 2017 vise les sociétés cotées et cherche à créer un dispositif « unifié et
contraignant » en matière de rémunération des dirigeants des SA, SCA et sociétés européennes
cotées (sont exclues les sociétés dont seules les obligations sont cotées).
3. Quelles sont les finalités de cette directive ?
La directive cherche à promouvoir l’engagement à long terme des actionnaires et sur les
domaines visés dans les extraits, il s’agit de l’avis des actionnaires qui doit être pris en compte
en matière de rémunération des dirigeants (sur la politique de rémunération ou sur les
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rémunérations individuelles ; le « say on pay » désigne l’expression selon laquelle les sociétés
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cotées doivent permettre à leurs actionnaires de se prononcer sur le système de rémunération).
Pour cela, ils doivent être informés et éclairés (d’où l’importance de l’information claire et
précise).
La directive s’appuie sur des concepts mobilisés par la théorie du gouvernement d’entreprise
(transparence, responsabilisation des dirigeants, droit de regard des actionnaires sur la rému-
nération des dirigeants).
4. Le droit français vous semble-t-il en conformité avec le droit européen ?
Le droit français issu de l’ordonnance et du décret semble être conformité avec le droit européen,
notamment en termes d’informations transmises aux actionnaires, de publicité gratuite orga-
nisée autour de cette rémunération. La directive prévoit que les actionnaires « devraient avoir
le droit de procéder à un vote contraignant ou consultatif sur cette politique » (sous-entendu
politique de rémunération des mandataires sociaux). L’article L. 235-37-2 prévoit que cette
politique doit faire l’objet d’un projet de résolution soumis à l’approbation de l’AG des
actionnaires (depuis la loi Sapin 2 du 16 décembre 2016, la loi française était plus rigoureuse que
le droit européen). La directive prévoit également que les actionnaires doivent avoir « une vue
d’ensemble complète des rémunérations individuelles des dirigeants ». Le décret du
27 novembre 2019 répond à cet objectif. Il apparaît même que le droit français a exigé des
informations supplémentaires, non requises par la directive, pour s’assurer du vote éclairé des
actionnaires. La directive ne prévoit pas expressément la sanction de la nullité des rémunéra-
tions attribuées non conformément à la politique de rémunération. Le droit français prévoit la
nullité.
La société Jazz club peut-elle échapper aux poursuites en invoquant la contrariété de cet acte
de cautionnement à son intérêt social ?
Il y a peu de chances que la société Jazz club échappe aux poursuites de la banque. Depuis 2015,
il résulte d’une jurisprudence constante pour les sociétés à responsabilité limitée que la
contrariété d’un acte de gestion à l’intérêt social ne permet pas de l’annuler (l’arrêt d’espèce
reproduit le rappelle). La Cour de cassation interprète l’article L. 223-18 du Code de commerce
à la lumière de la directive du 14 juin 2017 limitant les possibilités d’annuler les engagements
envers les tiers. Il y avait sans doute un motif valable de cet engagement il y a 10 ans. Pour la
sécurité juridique, il est important que la caution ne puisse pas facilement échapper à son
engagement. La société Jazz club devra donc payer la somme due.
Remarque : certains espèrent bien détourner cette jurisprudence nettement réaffirmée par
l’arrêt reproduit ci-dessus en s’appuyant sur les dispositions du droit commun, plus précisément
l’article 1157 du Code civil : « lorsque le représentant détourne ses pouvoirs au détriment du
représenté, ce dernier peut invoquer la nullité de l’acte accompli si le tiers avait connaissance
du détournement ou ne pouvait l’ignorer ». Toute violation de l’intérêt social par le dirigeant
pourrait être considéré comme un détournement de pouvoir. Pour autant, il y a débat sur le point
de savoir si ces dispositions sont applicables pour les sociétés à risque limité.
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EXO 01.03
(Cass. com. 18 décembre 2012)
À partir de l’arrêt reproduit ci-dessous, précisez les faits et la solution rendue par la Cour de
cassation en matière de loyauté du dirigeant.
Les faits : des médecins ont constitué une SAS ayant pour objet l’exploitation d’une clinique
exploitée dans un immeuble que la SAS loue. L’un des associés, membre du comité de direction
de la SAS, en fait l’acquisition à leur insu avec son beau-frère par sociétés interposées. Dès que
l’information est dévoilée, les associés réclament des dommages et intérêts car cet associé
connaissait l’objectif poursuivi par les autres associés d’acquérir cet immeuble.
La solution rendue par la Cour de cassation : elle casse l’arrêt rendu par la Cour d’appel qui avait
jugé que la recherche à son seul profit d’une opération financièrement avantageuse ne suffit pas
à caractériser une faute de ce dirigeant envers ses associés. Sachant que les associés voulaient
acquérir l’immeuble, le dirigeant de la société aurait dû les informer de la possibilité d’acquérir
le bien. Il a manqué à son devoir de loyauté envers eux.
2 Le contrat de société
EXO 02.01 Cas pratique – La création d’une SARL informatique
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Corrigés
ne sont pas tenus par cette évaluation et peuvent en retenir une autre, dont ils seront alors
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responsables solidairement.
Application
Christine seule ne peut évaluer l’apport du matériel informatique, qui devra être évalué dans les
statuts par les trois amis. En revanche le recours à un commissaire aux apports n’est pas
nécessaire si les trois amis le décident à l’unanimité. En effet, l’apport de Christine fait moins de
30 000 1 et représente moins de 50 % du capital social (2 000/5 000 = 40 %).
4. Richard peut-il devenir associé de la société ? Y-a-t-il un risque de nullité de la société ?
Règles
Une SARL peut comprendre un associé mineur à condition que l’apport soit réalisé par le
représentant du mineur.
Pour être cause de nullité d’une SARL, l’incapacité doit concerner la totalité des associés fondateurs.
Il existe de plus de nombreux moyens de régulariser la situation :
– lorsque l’incapacité a cessé d’exister le jour où le tribunal statue sur le fond en première
instance, la nullité ne peut plus être demandée ;
– tout intéressé peut mettre en demeure l’incapable de régulariser la situation ou de demander
la nullité, et même dans ce dernier cas la société peut proposer tribunal de ne pas prononcer
la nullité mais de lui permettre de racheter les parts de l’incapable ;
– ...
Application
Richard peut devenir associé de la société par l’intermédiaire de ses représentants légaux. La
SARL ne sera pas annulée.
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Il y a néanmoins un doute sur la rigueur de cette sanction dans la mesure où le droit européen
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ne prévoit pas la fictivité de l’apport comme une cause de nullité (directive du 14 juin 2017 ; la
conformité de la législation interne avec le droit européen a été évoquée dans le chapitre 1er à
propos de l’influence du droit européen).
4. L’autorisation d’émettre délivrée par le CSA (Arcom) peut-elle faire l’objet d’un apport en
nature ?
La particularité de cette autorisation est qu’elle est émise à titre personnel et qu’elle est
incessible. On peut alors douter de la régularité de son apport à une société. La société estime
qu’elle devait être garantie du trouble de jouissance de cet apport qui résulte de son incessibilité.
En l’espèce, il ne s’agissait pas d’un apport en pleine propriété mais seulement d’un apport en
jouissance. Dans son pourvoi en cassation, la société estimait que l’autorisation ne pouvait pas
même faire l’objet d’un apport en jouissance.
L’enjeu consistait à déterminer si l’apport réalisé par l’association était fictif.
5. Simon a-t-il des chances d’obtenir satisfaction ?
Si la société bénéficiaire a pu exploiter la fréquence durant la durée de sa mise à disposition,
l’apport n’est pas fictif. C’est ce que retient la Cour de cassation dans l’arrêt reproduit en annexe
(la Cour d’appel avait déjà débouté la société de ses demandes). L’autorisation accordée par le
CSA a été exploitée par la société sans soulever de difficultés. Le CSA devenu Arcom n’a pas retiré
son autorisation au cours de l’exploitation.
Par conséquent, Simon a très peu de chance d’obtenir satisfaction. Ce sont les règles de la
responsabilité civile (extracontractuelle) qui s’appliquent. À défaut de préjudice (exploitation
sans difficulté de la fréquence), Simon ne pourra obtenir une quelconque réparation sous forme
de dommages-intérêts.
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Corrigés
3. Le demandeur initial – celui qui a introduit l’instance – a-t-il finalement obtenu gain de
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cause ? Pourquoi la notion d’intérêt social est-elle convoquée ?
Solution : M. B. obtient finalement gain de cause puisque la Cour de cassation rend un arrêt de
rejet (elle rejette le pourvoi et confirme ainsi l’arrêt rendu par la Cour d’appel).
La décision d’augmentation du capital social était contraire à l’intérêt social dès lors qu’elle se
trouvait sans cause légitime et n’avait pour seul objet que de diluer la participation du
minoritaire. La Cour d’appel avait donc légalement justifié sa décision d’annuler la délibération
pour abus de majorité.
EXO 03.02 Analyse d’une décision de justice (Civ. 3e, 21 décembre 2017)
Qu’en pensez-vous ?
Solution : il semblerait que la responsabilité du fait des produits défectueux puisse être mise en
œuvre par la société victime d’incendie (article 1245 du Code civil).
Un produit est défectueux lorsqu’il n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement
s’attendre. L’expert a exclu la responsabilité de la société qui commercialise et installe le coffret
de commande. Il apparaît que le coffret est à l’origine de l’incendie.
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le défaut.
La société Jackson devra réparer le préjudice subi par la société Viandissimo car il est le
producteur responsable du dommage causé par un défaut de son produit.
EXO 03.04 Cas pratique sur le thème : l’opposabilité des statuts aux tiers
Le problème de droit est le suivant : la société Meubles Confort peut-elle se prévaloir du secret
des affaires pour obtenir le retrait des articles de presse ?
D’un côté, à compter de son immatriculation au RCS, une société devient un sujet de droit, titulaire
de droits et d’obligations. Parmi les droits protégés, il est parfois délicat d’établir une véritable
correspondance entre les prérogatives reconnues aux personnes physiques. Ainsi en est-il du droit
à la vie privée ou encore du droit à l’honneur qui ne peuvent être attribuées comme tels à une PM.
En revanche, une société a un droit au secret des affaires qui a été réaffirmé à l’occasion de la
transposition d’une directive européenne du 14 avril 2016 portant sur le secret des affaires.
De l’autre, les journalistes ont un droit à l’information. Lorsque le débat est d’intérêt général, les
tribunaux admettent qu’une atteinte proportionnée aux prérogatives individuelles peut être
légitimée.
Remarque 1 : au mois de février 2018, le tribunal de commerce de Paris a ordonné au magazine
Challenges de retirer de son site internet un article sur les difficultés financières de Conforama,
au nom du secret des affaires sous peine d’une astreinte de 10 000 euros par jour (soupçon de
fraude comptable). Il a estimé que la confidentialité s’impose aussi aux journalistes car
l’information ne relevait pas de l’intérêt général (« la défenderesse ne justifie aucunement avoir
poursuivi un but d’information au public sur un sujet d’intérêt général »).
Remarque 2 : le droit à la vie privée figure parmi les droits de la personnalité dont les personnes
physiques seules peuvent se prévaloir (Civ. 1re, 16 mai 2018). Les droits de la personnalité
accordés aux personnes morales ont pour fonction la protection de leurs activités et s’incarnent
dans le droit au secret. Toute société détient des secrets (fichiers clients, étude de marché,
accords commerciaux, savoir-faire technologique...) qui constituent des actifs de l’entreprise et
nécessitent d’être protégés. La transposition de la directive susvisée qui a conduit à la loi du
30 juillet 2018 relative à la protection du secret des affaires a cristallisé des intérêts légitimes
mais contradictoires : d’un côté est privilégiée une concurrence loyale justifiant un certain degré
de secret ou d’exclusivité, justifiant que les « tricheurs » soient condamnés à des DI ; de l’autre,
à l’heure d’un droit à la transparence ou à l’information, certains ont dénoncé à propos de la
proposition de loi une atteinte à la liberté d’informer, œuvrant pour la protection du travail des
journalistes ou de l’action des lanceurs d’alerte.
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Corrigés
CORRIGÉS
EXO 03.06
1. Quelle disposition de la loi Pacte avait déjà été anticipée chez Veolia ?
Le dirigeant de Veolia souhaite doter la société d’une raison d’être qui doit résoudre le conflit
entre la performance sociale et environnementale et le profit. Elle devra figurer dans les statuts.
2. Qu’est-ce qu’une entreprise (ou société) de mission ?
L’entreprise de mission n’est pas une nouvelle forme juridique. Toutes les entreprises – quels que
soient leur taille et leur secteur – peuvent muer en société à mission (article L. 210-10 du Code de
commerce introduit par la loi Pacte). C’est une qualité, et non une nouvelle forme sociale.
L’entreprise à mission implique l’engagement de l’ensemble des parties prenantes, en particulier
des actionnaires. Toute mission d’intérêt général ou collectif peut figurer dans les statuts (par
exemple lutter contre le réchauffement climatique en supprimant le charbon pour reprendre
l’exemple de Veolia) ce qui suppose une modification des statuts de la société. Ils doivent
préciser les modalités du suivi de l’exécution de la mission mentionnée (comité de mission
distinct des organes sociaux et devant comporter au moins un salarié). Le décret du 2 janvier 2020
a posé les conditions de la déclaration de société à mission auprès du greffe du tribunal de
commerce.
3. Qu’est-ce que le greenwashing ?
Le greenwashing est la stratégie de communication qui pourrait faire croire aux consommateurs
que Veolia agit en faveur de la planète. La journaliste s’interroge sur les réelles intentions du
représentant de Veolia. S’agit-il de « ethic business » qui consiste à pouvoir gagner davantage
d’argent en adoptant un comportement éthique ?
Pour éviter que la qualité de société à mission ne soit considérée comme un traitement de
« greenwashing » (ou de « fairwashing »), la loi Pacte a prévu l’intervention d’un organisme tiers
indépendant (gras seulement pour organisme tiers indépendant). Il contrôle si les objectifs sociaux
et environnementaux que la société s’est assigné sont ou non respectés. la société peut alors être
sanctionnée : le ministère public ou toute personne intéressée peut saisir le président du tribunal
statuant en référé aux fins d’enjoindre, le cas échéant sous astreinte, au représentant légal de la
société de supprimer la mention « société à mission » de tous les actes, documents ou supports
électroniques émanant de la société. Le décret du 2 janvier 2020 prévoit que la vérification de
l’exécution des objectifs sociaux et environnementaux doit intervenir au moins tous les deux ans.
L’organisme tiers indépendant délivre un « avis motivé » accessible au public pendant 5 ans
indiquant notamment si la société respecte ou non les objectifs qu’elle s’est fixés.
4. Qu’est-ce que la RSE ?
La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) conduit les sociétés à intégrer volontairement des
préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs
interactions. La RSE n’implique pas l’engagement de l’ensemble des parties prenantes comme
dans l’hypothèse de l’entreprise à mission. Elle n’apparaît pas suffisante pour le dirigeant de
Veolia. Elle aurait permis une prise de conscience mais elle n’est pas traitée sur le même plan que
l’objectif financier. Le décret du 2 janvier 2020 a posé les conditions de la déclaration de la
qualité de société à mission auprès du greffe du tribunal de commerce.
5. Quelles sont les sanctions qui seront encourues s’il apparaît que Veolia est à l’origine d’une
pratique contribuant au réchauffement climatique ?
Si la loi Pacte prévoit qu’une société doit être gérée dans l’intérêt social, en prenant en considération
les enjeux sociaux et environnementaux de son activité, il n’en reste pas moins qu’il ne s’agit que
d’une obligation de moyens. La sanction ne serait pas juridique mais l’image et la réputation de
Veolia seraient ternies sur les marchés après la diffusion de telles annonces dans la presse.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 10 folio : 10 --- 24/5/022 --- 13H45
CORRIGÉS
Que pouvez-vous conseiller à Simon pour augmenter ses chances pour obtenir le règlement
de sa créance ?
Pour exercer ses poursuites contre Arthur et ne pas se contenter du patrimoine d’Anna, le
créancier a intérêt à faire reconnaître l’existence d’une société créée de fait. Pour cela, il devra
seulement se contenter de prouver l’apparence d’une société.
Tout dépend de l’appréciation souveraine des juges du fond des éléments fournis par Simon pour
faire reconnaître l’existence d’une société (Arthur semble très présent, en contact avec les
fournisseurs et les clients...).
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Corrigés
2. Qui devra régler les salaires non versés de Monsieur Olivier depuis 2 mois ?
CORRIGÉS
Concernant les salaires de Monsieur Olivier :
Principe juridique : il y a également reprise automatique des engagements en cas de mandat
donné par les associés avant l’immatriculation de la société à l’un ou plusieurs d’entre eux.
Application au cas : Nathalie avait reçu mandat de conclure le contrat litigieux. Aussi c’est la SARL
qui est tenue de payer les salaires. Les salariés bénéficient du superprivilège (= garantie légale
leur accordant un droit de préférence permettant d’être payés avant même les créanciers
hypothécaires). Monsieur Olivier a de grandes chances d’obtenir le paiement des salaires non
versés lors des opérations de liquidation.
3. Annie constate un arriéré de loyers de 6 mois. Qui va payer les loyers ?
Concernant les loyers dus à Annie :
Principe juridique : en dehors des hypothèses avancées précédemment (reprise automatique
visée dans les hypothèses des honoraires de l’avocat et les salaires du conseiller des achats), il
peut également y avoir une reprise après l’immatriculation par une décision collective des
associés à la majorité, sauf clause contraire des statuts.
Application au cas : il n’y a pas eu de décision collective expresse permettant la reprise du contrat
de bail commercial (et pour lequel Nathalie n’avait pas reçu mandat). Il y a seulement eu une
reprise implicite (le paiement des loyers par la SARL). La Cour de cassation marque une très
grande rigueur dans l’application des règles de droit et refuse de considérer la reprise implicite
comme un mode de reprise. La SARL n’est donc pas tenue de payer les loyers impayés puisqu’il
n’y a pas eu reprise du contrat de bail. Cela signifie qu’Annie peut se retourner contre Nathalie
qui est restée engagée à titre personnel.
1. Le contrat de bail conclu avec la société Médaille d’or audonienne, représentée par Hisaé,
Adèle et Wilfried sera-t-il valable ?
Si la société Médaille d’or audonienne n’est pas immatriculée lors de la signature du contrat de
bail, elle n’a pas la personnalité juridique ; elle est donc dépourvue de capacité à s’engager. En
application des conditions communes de validité des contrats (cf. UE 1), le contrat est alors nul.
Remarque. Cela n’empêche pas les parties, dans les faits, d’exécuter leur prestation : la société
Médaille d’or audonienne en tant que preneur à bail, une fois immatriculée, de jouir du local et
le bailleur, la société Mäissane Immobilier de percevoir le loyer. Toutefois, en cas de liquidation
judiciaire de la société, le bailleur ne pourra pas obtenir des associés et gérant le remboursement
des loyers impayés. C’est le cas de l’arrêt d’espère figurant en annexe.
2. À quelles conditions ce contrat de bail pourrait-il être repris par la société Médaille d’or
audonienne, une fois immatriculée ?
Si le contrat ne fait que mentionner qu’il a été conclu par une société représentée par ses trois
associés, il ne pourra pas faire faire l’objet d’une reprise après l’immatriculation de la société.
Pour être repris, le contrat de bail doit préciser qu’il est conclu pour le compte de la SARL Médaille
d’or audonienne en formation et il doit faire l’objet d’une reprise, conformément aux disposi-
tions légales (après l’immatriculation, il y a possibilité d’une reprise expresse).
3. À quelles conditions la société Mäissane Immobilier pourrait-elle se retourner contre les trois
amis en cas de difficultés financières de la société Médaille d’or audonienne ?
La société Maïssane Immobilier ne serait recevable à agir contre les trois amis que si elle
parvenait à démontrer que :
– les 3 amis ont contracté pour le compte de la société en cours de formation
– et, que la société, après avoir acquis la personnalité morale, n’a pas repris le contrat de bail.
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Il ressort de l’arrêt figurant en annexe qu’il reviendrait au pouvoir souverain des juges du
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fond d’interpréter le contrat de bail (conclu entre les 3 amis et la société Maïssane Immo-
bilier) et de retenir si la formulation de ce dernier démontre sans ambiguïté que c’est
SARL Médaille d’or audonienne elle-même qui avait conclu le contrat et non ces trois personnes
agissant pour son compte, peu important qu’il ait été mentionné que celle-ci était en cours
d’immatriculation.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 13 folio : 13 --- 24/5/022 --- 13H45
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statuts. (S’agissant d’une SARL constituée après 2005, la décision est prise à la majorité des 2/3
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des parts des associés présents et représentés).
Application au cas : L’AGE est seule compétente, le changement de dénomination sociale décidé
par Pierre est nul.
2. Inquiet quant aux frais exposés pour rémunérer le consultant et renouveler l’équipe de
commerciaux, Jérôme Diesse peut-il demander la désignation d’un expert de gestion ? Sa
demande a-t-elle des chances d’aboutir ?
Problème juridique : Expertise de gestion
Principes juridiques : Un ou plusieurs associés représentant au moins le dixième du capital social
peuvent, soit individuellement, soit en se groupant, demander en justice la désignation d’un
expert chargé de présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion.
Les juges font droit à une demande sérieuse, en cas de présomptions d’irrégularité grave ou en
cas de menace à l’intérêt social.
La mission de l’expert ne peut porter que sur une ou plusieurs opérations de gestion (et non
l’ensemble de la gestion), ces opérations étant de la compétence du gérant (et non des associés).
Application au cas : En l’espèce, Jérôme détient plus de 10 % des parts (60 %). L’embauche d’un
consultant, les licenciements des commerciaux existants et l’embauche de nouveaux commer-
ciaux relèvent bien de la compétence du gérant. L’opération dans l’ensemble peut représenter
un coût trop important pour la SARL VD et menacer l’intérêt social. Sa demande peut donc
aboutir.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 14 folio : 14 --- 24/5/022 --- 13H45
3. Le CAC de la SAS peut-il contribuer à une présentation favorable des comptes de la SAS ?
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ce qui indique que les sociétés sont en situation de cessation de paiements (l’actif disponible ne
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permet plus de régler le passif exigible). En revanche le tribunal n’a pas choisi la procédure de
liquidation, car il estime que la situation des entreprises n’est pas irrémédiablement compromise.
2. Expliquez l’utilité de la période d’observation dont il est question ici.
Cette période a pour but d’étudier les chances de redressement de l’entreprise et d’aboutir à un
plan de redressement.
3. Expliquez en quoi cette situation retarde le paiement des créances dues par les sociétés de
Bernard Tapie.
À compter du jugement d’ouverture de sauvegarde ou de redressement, le débiteur n’a plus le
droit de payer les créances nées antérieurement et de payer certaines créances nées posté-
rieurement (créances qui ne sont pas conclues pour les besoins du déroulement de la procédure
ou en contrepartie d’une prestation fournie au débiteur).
De plus, le jugement d’ouverture interrompt ou interdit toute action en justice (et toute
procédure d’exécution) de la part des créanciers relativement à leurs créances, que ce soit pour
en obtenir le paiement ou pour obtenir la résolution du contrat pour défaut de paiement.
7 La disparition de la société
EXO 07.01 Extinction de l’objet social
1. Distinguez extinction et réalisation de l’objet social. Dans quel cas sommes-nous ici ?
L’extinction et la réalisation de l’objet social sont des causes de dissolution d’une société. Il y a
extinction lorsque l’activité prévue dans l’objet social ne peut plus être poursuivie, car cela est
impossible. Il y a réalisation lorsque l’activité prévue dans l’objet social est achevée, la société
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 16 folio : 16 --- 24/5/022 --- 13H46
a donc réussi à faire ce pour quoi elle avait été constituée. Ici une société exploite un fonds de
CORRIGÉS
16
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 17 folio : 17 --- 24/5/022 --- 13H46
Corrigés
CORRIGÉS
elle-même le fonctionnement de la société ou en servant d’une autre cause de dissolution ?
Mme Z ne pourra pas obtenir la dissolution si elle est la cause de la paralysie de la société. Elle
peut en revanche mettre à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, une proposition
pour que soit votée la dissolution anticipée. Il lui faudra obtenir une majorité égale à celle
nécessaire à la modification des statuts et que ce vote ne constitue pas un abus de majorité.
Après avoir rappelé les conditions de cessions des parts sociales dans la SNC, expliquez le
problème de droit et la portée de l’arrêt.
La cession de parts sociales dans une SNC requiert le consentement unanime de tous les associés,
nommé agrément. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Du point de vue de la forme, la cession doit être constatée par écrit.
Elle est opposable à la société, soit par signification de la cession à la société par acte d’huissier
ou acceptation dans un acte authentique (article 1690 du Code civil), soit par dépôt de l’original
de l’acte de cession au siège social contre remise par le gérant d’une attestation de ce dépôt. Elle
n’est opposable aux tiers qu’après accomplissement de ces formalités et après publication au
Registre du commerce et des sociétés.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 18 folio : 18 --- 24/5/022 --- 13H47
Problème de droit : Quelle est la sanction du défaut d’agrément de la cession de parts sociales
CORRIGÉS
18
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 19 folio : 19 --- 24/5/022 --- 13H47
Corrigés
CORRIGÉS
9 La constitution de la société anonyme
EXO 09.01 Cas pratique
Est-ce possible ?
Quelles sont les règles de cumul des mandats ?
Règles juridiques :
Les mandats sociaux dans les SA ayant leur siège social en France sont limités :
– s’agissant des mandats d’administrateurs : la limite particulière est de 5 mandats d’adminis-
trateurs et la limite globale est de 5 mandats d’administrateurs, de membres du conseil de
surveillance, de directeur général, de directeur général unique ou de membre du directoire.
19
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 20 folio : 20 --- 24/5/022 --- 13H47
Il est possible au titulaire d’un mandat d’administrateur auprès d’une société mère de cumuler
un nombre illimité de mandats dans les sociétés filiales de elle-ci.
Il est par ailleurs possible de cumuler jusqu’à 5 mandats d’administrateurs parmi les filiales
sans être titulaire d’un mandat auprès de la société mère.
– s’agissant des mandats de directeur général, le titulaire d’un mandat de DG, membre du
directoire ou directeur général unique : la limite est d’un seul mandat.
Deux exceptions existent :
Il est possible au titulaire d’accepter un autre mandat dans une société contrôlée.
Il est également possible d’accepter un second mandat dans une autre SA, à condition que les
deux sociétés ne soient pas cotées.
Application : au regard de l’application des règles de cumul des mandats, monsieur Chava
détient :
– 1 mandat dans la SA Chaboté (les mandats d’administrateur, de président du conseil
d’administration et de directeur général dans la même société ne comptent que pour un seul
mandat)
– 4 mandats dans les 4 SA filiales.
Avec ses 5 mandats, il respecte avant l’acquisition, tant la règle relative aux administrateurs, que
celle relative aux mandats de DG, membre du directoire, directeur général unique.
Monsieur Chava peut détenir d’un nouveau mandat de PDG dans une SA contrôlée :
– à l’égard de la règle de cumul des administrateurs, le cumul est possible car il s’agira à nouveau
d’une société contrôlée par la société dans lequel il est administrateur. Le compteur sera
« arrêté à 5 ».
– à l’égard de la règle de cumul des mandats de DG, membre du directoire, directeur général
unique, le cumul est là aussi possible car la société sera contrôlée par la première société. Il
se situe dans le cadre de la première exception.
20
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 21 folio : 21 --- 24/5/022 --- 13H47
Corrigés
subordination. Ce semble être le cas ici car les fonctions d’ingénieurs agronomes sont techniques.
CORRIGÉS
La condition d’antériorité applicable ici car la SA Beauchamp n’est pas une PME est satisfaite. Il peut
donc être nommé à condition qu’il n’y ait pas plus d’un autre administrateur salarié.
Pour Madame Monsantès : elle n’est pas salariée mais (à moins que les statuts n’aient retenu un
autre âge), elle est frappée par la limite d’âge de 70 ans. Il y a lieu d’appliquer la règle du tiers :
elle ne peut être nommée que s’il y a au plus un autre administrateur ayant atteint la limite de
70 ans.
2. Comment peuvent-ils être nommés ?
Problème juridique : quel est l’organe compétent pour nommer des administrateurs ?
Règles juridiques : la compétence pour nommer des administrateurs appartient à l’assemblée
générale ordinaire. Toutefois, à titre provisoire, le conseil d’administration peut nommer un ou
plusieurs administrateurs, jusqu’à la plus prochaine assemblée générale ordinaire, c’est la
cooptation. Elle est obligatoire lorsque le nombre d’administrateurs en fonction excède le
nombre minimal légal (3) sans atteindre le minimum statutaire. Elle est facultative si le nombre
excède le minimum statutaire. Elle est interdite lorsque le nombre est inférieur au minimum légal.
En l’espèce, le minimum statutaire d’administrateurs est de 6. Le départ à la retraite de Monsieur
Rouille fait tomber le nombre à 5. La cooptation d’un membre est obligatoire. Celle d’un second
est facultative. Ainsi, si Monsieur Mildiou souhaite agir rapidement, et que les membres du CA sont
d’accord avec ces nominations, il peut faire procéder à la cooptation de Monsieur Bayere et de
Madame Monsantès en attendant la prochaine assemblée générale – qui pourra ratifier ce choix.
La société est-elle tenue par les actes accomplis par Monsieur Variaton ?
Problème de droit : quels sont les pouvoirs du directeur général ? Quel organe doit donner les
cautions, avals et garanties ?
Principes juridiques : le directeur général représente la société. À l’égard des tiers il a les pouvoirs
les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. Il exerce ces pouvoirs
dans la limite des pouvoirs reconnus par la loi à d’autres organes. Il doit respecter l’objet social.
Mais la société est engagée même par les actes qui excèdent cet objet.
Le CA autorise les cautions, avals et garanties donnés par le directeur général. Cette autorisation
est donnée pour un an maximum, préalablement à la passation des actes et pour un montant
déterminé. Si les engagements ont été donnés pour un montant supérieur à la limite globale, le
dépassement ne peut être opposé aux tiers qui n’en ont pas eu connaissance, sauf si
l’engagement donné excéde à lui seul l’une des limites globale ou particulière fixée par le conseil
d’administration. Il est inopposable à la société.
Application : en l’espèce, concernant l’emploi de l’enquêteur privé, Monsieur Variaton a agi en
dehors de l’objet social et de l’intérêt social. Toutefois, la société est engagée même au-delà de
cet objet. Elle devra donc payer l’enquêteur mais pourra rechercher la responsabilité de son
directeur général.
S’agissant de la caution de Monsieur Variaton en garantie du prêt souscrit par le sous-traitant :
le pouvoir d’engager la société est bien celui du directeur général. Toutefois, celui-ci doit
respecter les autorisations données par le conseil d’administration. Le montant global autorisé
par le CA de 100 000 euros est dépassé par cet acte seul. Dans la mesure où l’acte excède à lui
seul la limite globale fixée par le conseil, le dépassement est opposable aux tiers. La banque de
l’enquêteur ne pourra rechercher la garantie de la banque, au moins pour la portion de la dette
supérieure aux 100 000 (pour le reste de la somme, la question est discutée en doctrine).
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 22 folio : 22 --- 24/5/022 --- 13H47
EXO 10.04
EXO 10.05 Analyse d’une décision de justice (Cass. Com., 12 juillet 2005)
22
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 23 folio : 23 --- 24/5/022 --- 13H47
Corrigés
Les conventions réglementées sont soumises à autorisation préalable du CA, doivent faire l’objet
CORRIGÉS
d’un rapport du CAC, puis doivent être soumises pour approbation à l’assemblée générale.
Toutefois, les conventions qui correspondent à des conventions courantes conclues à des
conditions normales sont des conventions libres. La procédure de contrôle ne s’applique pas.
Application :
e L’achat des 20 agendas est une convention intervenue entre le directeur général et la SA qu’il
dirige. Mais l’achat est réalisé au prix habituellement pratiqué par la société s’analyse en une
convention courante à l’égard de la société ; les conditions de vente sont les conditions
normales. Il s’agit d’une convention libre.
e Le contrat de vente immobilière, s’il est conclu, interviendra entre une administratrice et la
société dans laquelle elle est administratrice. Le contrat envisagé est une vente d’immeuble
qui ne semble pas relever de l’activité courante d’une société spécialisée dans la fabrication
de produits pour l’écriture. En outre le prix semble supérieur au prix du marché. La convention
est donc une convention réglementée.
Elle doit être autorisée préalablement par le CA, doit faire l’objet d’un rapport du CAC, puis doit
être soumise pour approbation à l’assemblée générale. En l’espèce, si Norbert s’y oppose l’issue
du vote du CA est incertaine. Juliette ne votant pas. La majorité requise est de 44 % et Norbert
ne détient que 40 % des parts. S’il parvient à convaincre au moins l’un des autres administrateurs,
il pourra obtenir un vote négatif du CA.
Monsieur Passiflure, actionnaire de la société Alertix vient vous consulter sur la légalité de ces
décisions.
Problème juridique : quels sont les pouvoirs du DG ?
Principes juridiques : Dans l’ordre externe, le DG a les pouvoirs les plus étendus pour agir en
toutes circonstances au nom de la société. Il exerce ses pouvoirs la limite des pouvoirs que la loi
réserve à d’autres organes et dans la limite de l’objet social. Les clauses statutaires limitant ses
pouvoirs sont inopposables aux tiers.
Application : en l’espèce, l’embauche d’un salarié, fût-ce à grands frais relève de la gestion
courante et des pouvoirs du DG, Madame Millepertan.
Problème juridique : quel est l’organe compétent pour décider le déplacement du siège social
sur le territoire national ?
Par exception au principe de la compétence de l’AGE pour modifier les statuts, le CA ou le
directoire est compétent pour déplacer le siège social sur le territoire français, sous réserve de
ratification par la prochaine AGO.
Application : Madame Millepertan pouvait valablement déplacer le siège de la société Alertix de
Senlis à Marseille. La prochaine AGO doit toutefois ratifier ce choix.
23
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 24 folio : 24 --- 24/5/022 --- 13H47
Application :
CORRIGÉS
Le quorum sera atteint = 95 000 parts sur 100 000 si Danielle est absente.
La majorité nécessaire à l’adoption de la décision est de 47 501 voix. Si Antoine, Amandine,
Baptiste et Barbara votent en faveur de la décision, elle sera adoptée (50 000 voix).
e Antoine souhaite modifier l’objet social. Cette décision est de la compétence de l’AGE.
Problème de doit : À quelles conditions une décision est-elle acquise en AGE ?
Le quorum de l’AGE est d’1/4 des actions ayant le droit de vote sur première convocation.
La majorité des 2/3 des voix des présents ou représentés est nécessaire.
Application :
Le quorum sera atteint : 95 000 parts
La majorité requise est de 63 334 parts et ne sera pas atteinte compte tenu de l’opposition de
Damien et Baptiste (40 000 voix à eux seuls).
e La convention conclue entre Antoine et la société peut-elle être adoptée ?
Principes juridiques
Est une convention réglementée toute convention intervenant directement ou par personne
interposée entre la société et son directeur général, l’un de ses directeurs généraux délégués, l’un
de ses administrateurs, l’un de ses membres du directoire, l’un de ses membres du conseil de
surveillance, l’un de ses actionnaires disposant d’une fraction des droits de vote supérieure à
10 % ou, s’il s’agit d’une société actionnaire, la société la contrôlant au sens de l’article L. 233-3
du Code de commerce.
Il en est de même des conventions auxquelles une des personnes visées précédemment est
indirectement intéressée.
La convention réglementée est soumise à autorisation préalable du CA, doit faire l’objet d’un
rapport du CAC, puis doit être soumise pour approbation à l’AG.
Les convention conclues entre ces personnes sont exclues de la procédure de contrôle s’il s’agit
de conventions courantes conclues à des conditions normales.
Application : En l’espèce, la convention entre dans le champ d’application des conventions
réglementées : elle est conclue par Antoine, le PDG et la société, au bénéfice de son fils. Mais il
s’agit d’une convention courante pour la société qui pose des Velux. Est-elle conclue à des
conditions normales ? La question de la remise de 15 % ne peut être tranchée aussi facilement :
il convient de se reporter aux remises habituellement pratiquées par la société et par les
entreprises du secteur. Si c’est une condition normale alors il s’agit d’une convention libre et
l’accord du CA est inutile. Si c’est une condition inhabituelle, il faudra l’accord du CA, un rapport
du CAC et une approbation de l’AG. Le vote du CA sera négatif car les parts d’Antoine ne sont
pas prises en compte alors que Damien et Baptiste sont opposés à la convention (si les deux amis
étaient absents au CA, et que la convention était soumise à l’AG, le vote serait là aussi négatif
car Damien et Baptiste seraient majoritaires : 40 000 parts sur 75 000).
24
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 25 folio : 25 --- 24/5/022 --- 13H47
Corrigés
Dans cet arrêt, l’actionnaire majoritaire de la SAS Clinique de la Ciotat a fait voter une réduction
CORRIGÉS
du capital social puis une augmentation avec suppression du droit préférentiel de souscription,
afin que les actionnaires minoritaires se trouvent de fait exclus de la société par l’arrivée d’un
nouvel actionnaire unique, la société Sainte Marguerite.
2. Expliquez la procédure qui doit être suivie lorsque les capitaux propres d’une SAS sont
devenus inférieurs à la moitié du capital social.
Lorsque les capitaux propres d’une SAS sont devenus inférieurs à la moitié du capital social, le
président de la SAS doit convoquer l’assemblée générale extraordinaire dans les quatre mois
de l’approbation des comptes, qui ont fait apparaître cette situation. Cette dernière peut décider
de :
– dissoudre de manière anticipée de la société ;
– reconstituer les capitaux propres, afin que ceux-ci représentent au minimum la moitié du
capital social ;
– réduire le capital de la société, d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pas été
imputées sur les réserves.
Ici, cette situation s’est vérifiée, mais au lieu de convoquer l’assemblée générale extraordinaire
afin de respecter cette procédure, elle a été convoquée pour réduire le capital social à 0, puis
pour l’augmenter dans le même temps. Cette réduction-augmentation permettait d’exclure les
anciens associés minoritaires (la clinique de la Casamance et le centre Provence Aubagne) et d’en
faire entrer un nouveau (la société Sainte Marguerite).
3. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
A quelles conditions une double opération de réduction puis d’augmentation du capital social,
qui permet d’exclure les actionnaires minoritaires d’une société, est-elle possible ?
4. Quels sont les arguments des demanderesses au pourvoi ?
La SAS la Ciotat qui a subi cette réduction-augmentation de capital et son nouvel actionnaire
unique (la société Sainte Marguerite) estiment que la Cour d’appel s’est trompée en annulant
l’opération car :
– l’opération de réduction-augmentation ne constitue par un abus de majorité contraire à l’intérêt
social, car la société était dans une situation comptable complexe. Ses capitaux propres étaient
devenus inférieurs à la moitié de son capital social, ce qui aurait dû amener à sa dissolution. La
décision prise visait donc à éviter cela, et était donc prise dans l’intérêt de la société ;
– l’opération de réduction-augmentation n’a pas été prise en fraude des droits des minoritaires
car ceux-ci ont été régulièrement convoqués à l’assemblée générale qui en a décidé
5. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation rejette le pourvoi, elle confirme l’arrêt de la Cour d’appel qui annule
l’assemblée générale extraordinaire qui avait décidé de l’opération de réduction-augmentation
du capital.
La Cour de cassation utilise pour cela un faisceau d’indices :
– l’assemblée générale extraordinaire qui a décidé de l’opération n’a pas fait mention (tout
comme le rapport du président de la SAS) du fait que les capitaux propres étaient devenus
inférieurs à la moitié du capital social ;
– l’opération n’avait pas pour but principal de trouver une solution aux difficultés financières
de la SAS, mais plutôt de permettre à la société Sainte Marguerite de devenir l’unique associé
de la SAS ;
– la SAS connaissait certes des difficultés financières mais rien qui ne justifiât une telle
opération ;
– l’assemblée générale s’est tenue au mois d’août, ce qui explique l’absentéisme des associés
minoritaires, qui a permis l’opération ;
25
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 26 folio : 26 --- 24/5/022 --- 13H47
– l’arrivée du nouvel actionnaire a été permise par des apports nouveaux liés à une compen-
CORRIGÉS
sation avec une créance en compte courant de l’associé majoritaire, ce qui n’a pas permis à
la SAS de bénéficier de nouveaux financements ;
– l’opération de réduction-augmentation avait pour seul but d’évincer les actionnaires mino-
ritaires, et cette éviction ne se justifiait pas au regard de l’intérêt social.
Remarque Comme on le voit dans l’arrêt, ce « coup d’accordéon » est possible, si la société n’est
plus viable et qu’il n’a pas pour seul but d’exclure les anciens actionnaires.
1. Michel ne dispose que de très peu de fonds. Il souhaite savoir si ses compétences en peinture
peuvent constituer un apport possible pour la société.
Règles
Les apports en industrie sont autorisés dans la SAS. Les apporteurs en industrie reçoivent en
contrepartie des actions inaliénables dont les statuts déterminent les modalités de souscription
et de répartition, ainsi que le délai au terme duquel les actions concernées doivent faire l’objet
d’une évaluation par un commissaire aux apports.
Application
Michel pourra réaliser son apport en industrie mais les actions dont il disposera en contrepartie
seront inaliénables et sont apport devra faire l’objet d’une évaluation par un commissaire aux
apports conformément à ce qui sera prévu dans les statuts.
2. Analysez les différentes clauses du projet de statuts mis en annexe, le cas échéant
proposez-en une rédaction conforme au droit en vigueur.
Article 5 – Apports
Règles
Les apports en numéraire doivent être libérés dès la souscription d’au moins la moitié, le solde
devant être libéré dans les 5 ans.
Application
L’article 5 n’est pas valable, le montant des apports en numéraire devant être libéré dès la
souscription ne doit pas être de 40 % (mais de 50 %) et le solde ne doit pas être libéré dans les
6 ans (mais dans les 5 ans).
Rédaction conforme au droit
Les apports en numéraire doivent être libérés dès leur souscription pour un montant égal à 50 %
de leur valeur, le solde devant être libéré dans un délai de 5 ans sur appel du président.
[...].
Article 12 – Droits de vote et majorités
Règles
Les statuts doivent prévoir les décisions qui seront prises par la collectivité des associés, ainsi
que les formes et conditions de ces décisions.
Certaines décisions relèvent obligatoirement de la compétence de la collectivité des associés
dans les conditions prévues par les statuts :
– fusion, scission, dissolution, transformation de la SAS ;
– nomination d’un commissaire aux comptes ;
– décisions relatives aux comptes annuels et aux bénéfices.
À défaut, ladite décision peut être annulée à la demande de tout intéressé
26
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 27 folio : 27 --- 24/5/022 --- 13H47
Corrigés
Application
CORRIGÉS
– la décision de répartition des bénéfices est valable : elle appartient bien à la collectivité des
associés et les statuts peuvent prévoir une telle modalité de vote ;
– la décision de révoquer le président est valable : elle n’a pas à appartenir à la collectivité des
associés ;
– la décision de transformer la société en une autre forme sociale n’est pas valable : elle
appartient nécessairement à la collectivité des associés (et non au président). Tout intéressé
peut demander la nullité de cette clause des statuts.
Rédaction conforme au droit
I – Les droits de vote sont répartis proportionnellement aux actions de chaque associé dans le
capital social.
Les décisions sont prises par les associés à la majorité des actions.
[...]
II – Par dérogation, aux règles du I du présent article :
– la décision de répartition des bénéfices appartient à la collectivité des associés, chaque associé
disposant d’une voix ;
– la décision de révoquer le président appartient à l’associé disposant du plus grand nombre
d’actions ;
– la décision de transformer la société en une autre forme sociale appartient à la collectivité des
associés.
Remarque Il est possible de prévoir une majorité spécifique pour la décision de transformer la
société ou même de ne rien indiquer relativement à une telle décision (dans ce cas ce sera la règle
du I qui s’appliquera : décision prise par les associés à la majorité des actions).
Article 15 – Clause d’inaliénabilité
Règles
Les associés (ou seulement certains d’entre eux) peuvent être privés du droit de céder leurs
actions, mais ces clauses ne sont valables que pour 10 ans au maximum. Si la clause n’est pas
respectée, la cession est nulle.
La clause d’inaliénabilité ne peut être adoptée ou modifiée que par une décision des associés à
l’unanimité.
Application
La clause d’inaliénabilité est valable en ce qu’elle ne concerne que les associés fondateurs, et
relativement à sa durée de seulement 5 ans (cela est inférieur à la durée maximale de 10 ans).
En revanche, le vote de modification de la clause, s’il se fait bien à l’unanimité ne peut être réservé
aux seuls associés fondateurs : tous les associés doivent voter.
Rédaction conforme au droit
Les associés fondateurs de la société ne peuvent céder leurs actions pendant les 5 années suivant
l’immatriculation initiale de la SAS au RCS.
Cette clause peut être modifiée par une décision des associés à l’unanimité.
Article 25 – Pouvoirs du président
Règles
– vis-à-vis des associés, le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute
circonstance au nom de la société dans la limite de l’objet social, et se doit de respecter les
clauses statutaires limitant ses pouvoirs ;
– vis-à-vis des tiers, la société est engagée même par ses actes qui ne relèvent pas de l’objet
social (sauf à prouver la mauvaise foi du tiers). Les limites statutaires sont inopposables aux
tiers.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 28 folio : 28 --- 24/5/022 --- 13H47
Application
CORRIGÉS
La clause des statuts n’est pas valable : les pouvoirs du président vis-à-vis des tiers n’ont pas à
être limités par l’objet social.
Rédaction conforme au droit
Dans les rapports avec les tiers, le président engage la société même par les actes en dehors de
l’objet social.
3. Après quelques années d’exploitation, la société s’est bien développée (son chiffre d’affaires
dépasse 1 500 000 3, et son bilan est de près de 750 000 3), elle envisage de créer une filiale
spécialisée dans les prestations auprès de collectivités locales qu’elle contrôlera à 100 %, et
qui prendra aussi la forme d’une SAS. Ce projet est-il envisageable ? La SAS mère peut-elle être
désignée présidente de la nouvelle société ? Quelles en seront les conséquences ?
Règles
e présence du commissaire aux comptes
Si, dans une SAS, deux des trois seuils suivants sont dépassés, la désignation d’un ou plusieurs
commissaires aux comptes par une décision collective des associés est obligatoire :
– montant du chiffre d’affaires HT : 8 000 000 1 ;
– total du bilan : 4 000 000 1 ;
– nombre moyen de salariés permanents employés au cours de l’exercice : 50.
e Un ou plusieurs associés représentant 10 % du capital peuvent demander en justice la
nomination d’un CAC même si les conditions rendant la nomination obligatoire ne sont pas
réunies. Si un ou plusieurs associés représentant au moins le tiers du capital demande(nt) la
nomination d’un commissaire aux comptes, la SAS doit le faire.
e constitution d’une SASU
Il est possible de constituer une SASU avec comme associé unique une autre société. L’associé
unique personne morale peut être président. Le dirigeant de la personne morale-associée
unique peut voir les mêmes responsabilités civiles et pénale être engagées, que s’il était président
ou dirigeant en son nom propre. Le fait que l’associé unique soit une personne morale ne
permettra pas à la SASU de bénéficier des facilités que le Code de commerce octroie à la SASU
dont l’associé unique est une personne physique et aussi président de la SASU : dispense d’un
avis au BODACC lors de la constitution, d’un rapport de gestion lorsque la SASU ne dépasse pas
certains seuils...
Application
– présence du commissaire aux comptes
La SAS ne dépasse pas les seuils relatifs au chiffre d’affaires et au bilan, elle ne doit pas nommer
de commissaire aux comptes.
– constitution de la SASU
Le projet de filiale est possible. La SAS mère peut être désignée présidente de la SASU filiale
mais dans ce cas le président de la SAS mère sera responsable civilement et pénalement en
son nom propre.
1. Rappelez les conditions de validité d’une clause d’exclusion dans une SAS.
Les associés peuvent être exclus de la société dans les conditions prévues dans les statuts et sont
alors contraints de céder leurs actions.
L’exclusion peut également être prévue en cas de changement du contrôle d’une société
associée de la SAS.
28
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 29 folio : 29 --- 24/5/022 --- 13H47
Corrigés
Les droits non pécuniaires de l’associé concerné peuvent être suspendus tant que la cession des
CORRIGÉS
actions n’est pas effective.
En cas de mise en œuvre de la clause d’exclusion prévue, le prix de la cession s’il n’est pas fixé
par les statuts, est déterminé par un accord entre les parties à la cession ou par un expert (désigné
par les parties ou par le président du tribunal).
Lorsque les actions sont rachetées par la société, celle-ci est tenue de les céder dans un délai de
six mois ou de les annuler.
La clause d’exclusion ne peut être adoptée ou modifiée que par une décision des associés dans
les conditions et formes prévues par les statuts.
2. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
Dans une SAS, un associé peut-il être privé du droit de vote lors d’une décision de la collectivité
des associés relative à son exclusion ?
3. Quels sont les arguments des demandeurs au pourvoi ?
La SAS LOG et son président défendent la validité du vote d’exclusion de M. Z de la société (que
la Cour d’appel a annulé). Quand bien même M. Z n’a pas participé au vote, cela est sans incidence
sur la validité de la décision de l’exclure : la société SIL qui est associée majoritaire de la SAS a
voté pour cette exclusion, l’opposition de M. Z n’y aurait rien changé.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation estime que la Cour d’appel qui a rejeté les arguments de la SAS LOG et de
son président a bien jugé. La clause des statuts qui prévoit que l’exclusion d’un associé puisse
être votée sans que celui-ci ne participe au vote est réputée non écrite, ce qui entache de nullité
la décision de l’assemblée générale se basant sur ce vote. Un associé d’une SAS ne peut en être
exclu s’il ne participe pas au vote relatif à cette exclusion.
À l’aide du document ci-dessus, expliquez les raisons qui ont poussé Michelin à choisir comme
forme sociale la SCA.
Le choix de la SCA comme forme sociale pour Michelin se justifie par plusieurs critères :
– la SCA permet de disposer d’une direction stable. Dans un secteur où les innovations
technologiques se diffusent lentement, ce critère est particulièrement important pour avoir
une vision de long terme ;
– le fait que les associés commandités soient responsables de manière solidaire et indéfinie des
dettes sociales et que certains d’entre eux se retrouvent à la tête de la société est une garantie,
qu’ils ne prendront pas de risques inconsidérés. Les commandités assurant la direction de la
société sont d’ailleurs contraints de rester commandités tout au long de leur mandat.
29
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 30 folio : 30 --- 24/5/022 --- 13H47
Application au cas : Nathalie détient 30 % des parts sociales, son époux 25 %. Elle est donc
CORRIGÉS
considérée comme une gérante majoritaire. Elle relève alors de la Sécurité sociale des travailleurs
indépendants. Fiscalement, elle est assimilée à un salarié.
2. Quels risques pèsent sur Olivier avec cette « substitution » de gérant ?
Principe juridique : le gérant de fait est celui qui exerce les fonctions de gérant alors qu’il n’est
pas le représentant légal de la société. En cas de faute de gestion, il engage sa responsabilité
personnelle plus largement : l’action en responsabilité est fondée sur les dispositions du droit
commun (articles 1240 du Code civil et suivants dont le fait générateur est plus large). Par ailleurs,
le délai de prescription est plus long (5 ans contre 3).
3. Le commissaire aux comptes engage-t-il sa responsabilité pénale en ne signalant pas cette
« substitution » ?
Principe juridique : le commissaire aux comptes engage sa responsabilité pénale s’il ne révèle
pas au procureur de la République les faits délictueux dont il a eu connaissance à l’occasion de
sa mission. La gestion de fait d’une société ne constitue pas une infraction pénale.
Application au cas : la gestion de fait n’étant pas une infraction pénale, le CAC n’engagera pas
sa responsabilité en ne dénonçant pas la gestion de fait d’Olivier (cela aurait été différent si
Olivier était frappé d’une interdiction de gérer une société).
4. Un associé assiste impuissant à certaines décisions. Il vous interroge sur la possibilité de
suspendre la rémunération de Nathalie.
Principe juridique : la rémunération du gérant n’est pas la contrepartie d’un travail effectif mais
celle du statut de représentant légal de la société. La Cour de cassation a consacré l’intangibilité
du droit du gérant au paiement de sa rémunération : il n’est pas possible de demander le
remboursement des indemnités versées mais il est possible de révoquer la rémunération
Application au cas : en droit, rien n’empêche de révoquer la rémunération de la gérant
indisponible. Il faudra qu’une majorité de parts sociales se regroupe sur cette décision, ce qui
semble difficile étant donnée la répartition des parts.
5. Il vous demande ensuite si la cession du fonds peut être annulée.
Problème juridique : un acte contraire à l’intérêt social conclu par le gérant peut-il être annulé ?
Principe juridique : dans ses rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus
étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. Dans l’ordre externe, l’intérêt
social n’est pas pris en compte pour obtenir la nullité d’un acte dans la SARL.
Application au cas : la jurisprudence de la Cour de cassation nous invite à répondre que la cession
du fonds ne pourra être annulée car il reste un fonds qui peut être exploité. La vente du fonds,
même le plus rentable, ne met pas fin à l’activité sociale.
30
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 31 folio : 31 --- 24/5/022 --- 13H48
Corrigés
la société pour couvrir leurs engagements avec les tiers au profit du gérant ou de tout associé
CORRIGÉS
personne physique.
Application au cas : le prêt accordé à Virginie et cautionné par la SARL constitue une convention
interdite. S’agissant d’une nullité absolue, tout intéressé – Olivier évidemment – justifiant d’un
intérêt légitime peut demander la nullité du contrat. Virginie engage même sa responsabilité pénale.
3. La désignation d’un CAC est-elle envisageable ?
Principe juridique : le CAC n’est pas obligatoire dans la SARL, sauf dans 2 hypothèses :
– dépassement de 2 des 3 seuils (total du bilan : 1 550 000 1 ; chiffre d’affaires hors taxes,
3 100 000 1 ; nombre moyen de salariés : 50) ;
– à la demande d’un ou plusieurs associés représentant au moins le dixième du capital social :
la désignation sera imposée par ordonnance du président du tribunal de commerce statuant
en la forme des référés.
Application au cas : l’énoncé ne fournit aucune indication sur le total du bilan, le chiffre d’affaires
et le nombre de salariés. Toutefois, si deux des trois seuils avaient été dépassés, un CAC aurait
dû déjà être désigné. Si Olivier détient au moins 10 % des titres, il pourra demander la désignation
d’un CAC auprès du président du tribunal de commerce.
EXO 15.03 Cas pratique « Angerville SARL » (inspiré par l’arrêt Cass. com. 14 février 2018)
La société Angerville et ses associés vous interrogent sur la possibilité d’obtenir l’annulation
de la cession des brevets et leur chance d’en obtenir la restitution.
Deux questions se posent :
- La cession des brevets porte-t-elle atteinte à l’intérêt social ?
- Un gérant démissionnaire peut-il valablement engager la société dont il était le représentant
légal ?
Nous sommes en présence d’un acte qui met en cause la pérennité de la société, la réalisation
de son objet social mais qui est également contraire à l’intérêt social.
Il ressort de la jurisprudence récente qu’il importe peu que la cession des brevets soit contraire
à l’intérêt social car même si cette contrariété était établie, elle ne constituerait pas une cause
de nullité.
Concernant les pouvoirs d’un gérant démissionnaire, il peut valablement engager la SARL tant
que sa démission n’a pas été publiée, peu importe que les actes passés par lui portent atteinte
à l’intérêt social.
La société Angerville reste engagée par l’acte de cession d’Anna dont la démission n’a fait l’objet
d’aucune publicité. Aucune restitution ne peut être envisagée.
1. Une SARL peut-elle être créée par Gonzague et Yanisse ? Quels pourraient alors être les droits
de Yanisse sur la société ?
Principe juridique : la capacité de commerçant n’est pas requise pour devenir associé d’une SARL.
Par ailleurs, l’apport en industrie est autorisé dans la SARL. Il doit être prévu dans les statuts. Les
prestations constituant l’apport en industrie doivent y être définies.
Application au cas : Yanisse peut devenir associé de la SARL même s’il n’est pas commerçant et
qu’il n’apporte « que » son talent de cuisinier. Il recevra des parts d’industrie en rétribution de
sa prestation de cuisinier et recevra des dividendes.
2. Gonzague pourra-t-il devenir salarié de la SARL tout en exerçant les fonctions de gérant ?
Principe juridique : en principe il n’existe aucune incompatibilité de principe entre la qualité de
gérant de SARL et celle de salarié. La jurisprudence fixe les conditions qui rendent le cumul
possible (le travail doit correspondre à un emploi effectif, fonctions exercées en tant que salarié
31
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 32 folio : 32 --- 24/5/022 --- 13H49
doivent être distinctes des fonctions de direction générale assumées par le gérant, le salarié est
CORRIGÉS
placé sous la subordination juridique de la société) sous réserve du respect des conventions
réglementées.
Application au cas : dans la mesure où Gonzague sera le gérant associé majoritaire, les conditions
ne peuvent être remplies, notamment en ce qui concerne la subordination juridique. Gonzague
relèvera néanmoins de la Sécurité sociale des travailleurs indépendants.
3. À quelle rémunération Gonzague peut-il prétendre en tant que gérant ? Est-elle soumise à
un formalisme particulier ?
Principe juridique : en matière de rémunération du gérant, il n’y a pas de disposition légale. Elle
est librement fixée par les statuts ou par une décision collective des associés. Cette décision ne
sera pas soumise à la procédure des conventions réglementées ; le gérant prend part au vote.
Application au cas : dans cette SARL, Gonzague serait le gérant majoritaire et pourrait donc
déterminer le niveau de sa rémunération en tant que gérant sans véritable contrainte. Toutefois,
la rémunération qui excède les capacités financières de la SARL peut constituer une faute de
gestion, un abus de biens sociaux ou un juste motif permettant de le révoquer.
EXO 15.05 Analyse d’une décision de justice : Cass. com. 14 nov. 2018 (n° 16-26.115)
32
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 33 folio : 33 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
d’appel, même autrement composée (exceptionnellement il s’agit d’une cassation sans renvoi
CORRIGÉS
parce qu’il s’agissait de régler une question de compétence ; ce degré de précision ne saurait être
attendu).
Cela signifie que le demandeur au pourvoi (SFR) obtient gain de cause. Le tribunal de commerce
est compétent et va pouvoir juger sur le fond (par opposition au moyen de défense fondé sur
la procédure) le litige introduit par SFR.
La Cour de cassation retient un lien direct entre la faute alléguée et la gestion sociale. Elle
considère que les manquements commis par le gérant d’une société commerciale à l’occasion
de l’exécution d’un contrat se rattachent par un lien direct à la gestion de celle-ci ; peu importe
que le gérant n’ait pas lui-même la qualité de commerçant ou n’ait pas accompli d’actes de
commerce.
1. À la lecture de l’arrêt rendu par la chambre sociale de la Cour de cassation le 16 janvier 2019
figurant en annexe, pensez-vous que Gonzague peut devenir salarié de la SARL Mettalics ?
Quelle règle semble appliquer la Cour de cassation en l’espèce ?
Le problème du cumul entre le mandat de dirigeant social et un contrat de travail est très courant.
En l’espèce, on comprend qu’il s’agit d’un associé. À priori rien ne s’oppose à ce qu’un associé
devienne salarié de la société dans laquelle il détient des titres. Pourtant, l’arrêt rendu le 16 janvier
2019 indique qu’un contrat de travail ne peut être conclu car l’associé unique n’était pas placé
dans une relation de subordination juridique. En pouvant révoquer à tout moment le gérant qui
est un tiers, l’associé ne peut être considéré comme étant placé sous la subordination juridique
de la société (prérogative de l’employeur – cf. Droit social). L’exercice du pouvoir de direction
qui revient à l’employeur est ici remis en cause. Par ailleurs, dans cette espèce, le poste
qu’occupait l’associé unique, dont la rémunération était élevée, n’existait pas quand il était
gérant. Gonzague ne pourra pas devenir salarié de la SARL Metallics.
2. La solution aurait-elle été différente si Gonzague (titulaire de 51 % des titres sociaux) et
Hippolyte (titulaire de 49 % des titres sociaux) étaient restés coassociés, non gérants ?
Il ressort de l’arrêt rendu le 16 janvier 2019 que la Cour de cassation a retenu que l’associé unique
disposait du pouvoir de révoquer le gérant. Le lien de subordination qui est le critère du contrat
de travail et également une des conditions récurrentes du cumul dirigeant/salarié semble
également faire défaut en cas de pluralité d’associés si l’un des associés détient à lui seul les titres
permettant de révoquer le gérant non associé. C’est le cas en l’espèce si Gonzague détient 51 %
des parts sociales.
33
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 34 folio : 34 --- 24/5/022 --- 13H49
Règles
Vis-à-vis des tiers, le gérant engage la société mais seulement par les actes entrant dans l’objet
social. Les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers
Application
La construction de la piscine entre bien dans l’objet social de la société, celle-ci est donc engagée.
La clause des statuts prévoyant l’accord unanime des associés pour les travaux importants est
inopposable aux tiers.
3. Que risquent Irène et Suzanne ?
Règles
La responsabilité des associés de la société civile vis-à-vis des tiers est indéfinie et conjointe :
– le tiers-créancier de la société peut réclamer le paiement de cette dette auprès d’un associé,
mais ne pourra lui réclamer que la fraction de la dette sociale proportionnelle à sa part dans
le capital social ;
– pour pouvoir poursuivre le paiement de la dette sociale auprès des associés, le tiers doit avoir
préalablement poursuivi vainement la société.
Application
Le constructeur de la piscine pourra demander à Irène et Suzanne de régler un tiers de la dette
de la société, mais il devra au préalable poursuivre celle-ci et constater qu’elle ne paye pas.
4. Peuvent-elles engager la responsabilité de Patrick et le révoquer ?
Règles
Le gérant d’une société civile est responsable vis-à-vis des associés pour les fautes de gestion qu’il
a commis, en cas d’infraction aux lois et aux règlements, ou en cas de non-respect des statuts.
La révocation du gérant résulte d’une décision prise par les associés représentant plus de la
moitié des parts sociales, sauf clause contraire des statuts. Elle doit être décidée par des justes
motifs, à défaut le gérant devrait être indemnisé du préjudice subi. Le gérant est également
révocable par les tribunaux pour cause légitime, à la demande de tout associé.
La révocation du gérant n’entraîne pas dissolution de la société, sauf clause contraire des statuts,
mais s’il est associé, il peut demander à se retirer de la société en obtenant le remboursement
de la valeur de ses parts sociales, sauf si une clause de statuts l’en empêche.
Application
Irène et Suzanne peuvent engager la responsabilité de Patrick qui n’a pas respecté les statuts en
s’engageant avec le constructeur de piscine.
Elles peuvent également voter sa révocation, car elles disposent des deux tiers des parts sociales.
Patrick n’aura pas droit à une indemnisation, car son comportement constitue un juste motif de
révocation. En revanche, il pourra demander à se retirer de la société, en obtenant le
remboursement de ses parts.
5. Irène peut-elle se retirer de la société ? Suzanne souhaite céder ses parts à Jérôme qui est
toujours intéressé par le projet ? Patrick est opposé à ces deux hypothèses.
e Retrait d’un associé
Règles
Un associé peut se retirer totalement ou partiellement de la société, dans les conditions prévues
par les statuts ou, à défaut, après autorisation donnée par une décision unanime des autres
associés. Ce retrait peut également être autorisé pour justes motifs par une décision de justice.
Application
Patrick s’opposant au départ d’Irène, celle-ci a intérêt à demander l’autorisation de la justice pour
l’obtenir.
34
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 35 folio : 35 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
e Cession de parts
CORRIGÉS
Règles
Les associés ne peuvent céder leurs parts qu’avec l’accord de tous les autres associés. Des
exceptions existent cependant :
– les statuts peuvent prévoir que l’agrément nécessaire à la cession soit accordé à une majorité
qu’ils déterminent ou même avec le seul accord du gérant ;
– les statuts peuvent même dispenser d’agrément, les cessions consenties à un autre associé,
à un conjoint d’un associé ;
– les cessions consenties à des ascendants ou des descendants de l’associé-cédant sont libres
sauf si les statuts prévoient autre chose.
Le projet de cession est notifié avec demande d’agrément à la société et à chacun des associés :
– en cas d’agrément la cession peut avoir lieu
– en cas de refus, les associés peuvent se porter acquéreurs des parts. À défaut la société peut
les faire acquérir par un tiers (avec accord des autres associés) ou les acquérir elle même
Si aucune offre n’intervient dans les 6 mois, l’agrément est réputé accordé.
La cession doit être constatée par écrit
Les formalités de publicité sont nécessaires pour la rendre opposable aux tiers
Application
Pour céder ses parts à son frère, Suzanne doit obtenir l’accord d’Irène et de Patrick (les frères
ne font pas partie des personnes vis-à-vis desquelles la cession est en principe libre, car ils ne
sont ni ascendant, ni descendant du cédant). Patrick s’y refusant, Suzanne peut tout de même
notifier le projet de cession à la société et aux deux autres associés, qui disposeront de 6 mois
pour eux-mêmes les parts, ou les faire acquérir par la société ou par un tiers. À défaut Suzanne
pourra céder ses parts à Jérôme.
35
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 36 folio : 36 --- 24/5/022 --- 13H49
pouvant être la propriété par des personnes exerçant une autre profession juridique. Or la
CORRIGÉS
profession de commissaire aux comptes n’est pas une profession juridique, il n’est donc pas
possible pour la société RP d’être propriétaire d’une part du capital de la société BRS et par
conséquent d’avoir promis d’acquérir le reste du capital.
36
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 37 folio : 37 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
Ici c’est une SARL qui est gérante, mais ce sera son propre représentant personne physique
CORRIGÉS
(M. Demeure) qui pourra voir sa responsabilité engagée, comme s’il était lui-même gérant de
la SCI.
EXO 19.02 Extraits de statuts d’une SCM constituée entre des médecins
1. Montrez que l’objet social correspond bien à celui d’une SCM.
Une SCM regroupe des personnes physiques ou morales exerçant des professions libérales et a
pour objet exclusif de faciliter pour chacun de ses membres l’exercice de son activité.
Ici l’objet social de la SCM de médecins répond bien à ces deux conditions :
– la mise en commun de moyens, qui sont décrits dans le deuxième paragraphe de l’article ;
– le fait que chacun des médecins de la société reste indépendant dans l’exercice de sa
profession.
2. Expliquez l’intérêt des articles 7 et 8.
Une SCM ne réalise pas de bénéfices elle-même car chacun des professionnels reste indépendant
et reçoit donc personnellement la rémunération de son travail. Il faut donc prévoir des dispositifs
pour que les membres de la société entretiennent les moyens alloués par la société. Ici, il s’agit
d’une redevance qui est fixée tous les ans par les associés et à laquelle chacun participe en
fonction de sa part dans le capital social (article 7 des statuts). Le versement de la redevance doit
correspondre parfaitement aux sommes dont a besoin la société, ce qui justifie la régularisation
prévue par l’article 8 des statuts : la société à l’issue de cette régularisation ne subira pas de pertes
et ne fera aucun bénéfice.
37
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 38 folio : 38 --- 24/5/022 --- 13H49
CORRIGÉS
1. Jonathan et Kévin sont deux amis d’enfance nés dans le même village en Bretagne. Après
leurs études, ils ont acquis une expérience en tant que salariés agricoles. Ils s’apprêtent
aujourd’hui à reprendre l’exploitation de leurs parents et souhaitent s’associer. Ils anticipent
des revenus assez faibles.
Jonathan et Kévin peuvent utiliser les trois formes juridiques. Toutefois, le GAEC semble
particulièrement correspondre à leur projet. En effet, ils sont des personnes physiques, majeures,
exploitants. Si leur activité est exclusivement consacrée au GAEC, ce qui semble le cas, ils peuvent
bénéficier de la transparence pour maximiser leurs aides et subventions. Leur responsabilité est
par ailleurs limitée (à deux fois le montant des apports). Enfin, ils anticipent des revenus faibles
et le GAEC est le seul groupement à leur permettre d’opter pour le forfait à l’IR. Ces avantages
compensent les formalités de constitution plus lourdes (agrément).
2. Daniel a 60 ans et souhaite dans un premier temps associer sa fille, Jennifer, de 25 ans à son
affaire, pour lui laisser ensuite l’intégralité des parts.
Daniel a une fille majeure qui va participer à l’exploitation. À eux deux, ils peuvent opter pour
n’importe quelle forme. Cependant, Daniel souhaite pouvoir laisser son affaire à sa fille lorsqu’il
sera à la retraite. Une seule forme juridique permet d’exercer seul : il s’agit de l’EARL. La solution
n’est pas désavantageuse car la transparence n’a pas d’intérêt dans ce cas. La constitution est
plus lourde qu’en SCEA mais la responsabilité est limitée au montant des apports.
3. Emmanuel et Catherine sont deux exploitants agricoles de 45 ans. Leur fils, Paul, 14 ans veut
absolument reprendre l’exploitation à leur départ à la retraite. Ils souhaiteraient l’associer à
l’exploitation familiale pour l’encourager.
Emmanuel et Catherine souhaitent associer leur fils mineur à leur exploitation. Ils n’ont pas le
choix : seule la SCEA leur permet de s’associer avec un mineur. Il faudra bien attirer leur
attention sur le fait que la constitution et le fonctionnement de cette forme sociale sont souples,
mais que la responsabilité est bien plus lourde que dans les autres groupements (indéfinie et
conjointe).
38
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 39 folio : 39 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
2. Leur expliquer s’ils ont intérêt à opter pour le GIE ou pour la SAS
CORRIGÉS
Problème de droit : conseil sur la forme juridique GIE ou SAS
Règles juridiques : la SAS a été initialement conçue pour accueillir des filiales communes
d’entreprise. Elle peut donc apparaître parfois comme rivale du GIE.
– La SAS permet de mettre en commun un éventail plus important d’activités en commun
puisqu’elle peut permettre la réalisation de bénéfice.
– Depuis 2008, il n’y a plus de capital minimum. Les formalités de constitution et de réalisation
des apports sont un peu plus lourdes que pour le GIE (publication au JAL, dépôt des fonds, etc.)
mais la SAS demeure très souple. Le fonctionnement est également très largement régi par les
statuts.
– La responsabilité des actionnaires est limitée au montant des apports.
– La SAS a un président.
– La société est en principe imposée à l’IS.
Application au cas :
En l’espèce, malgré l’avantage considérable de la responsabilité limitée aux apports dans la SAS,
plusieurs éléments conduisent à conseiller le GIE.
En effet, Albert, Baptiste et Coralie ont manifesté leur attachement à leur qualité de commerçant
indépendant. Ici le GIE étant réservé à des activités auxiliaires aux activités principales des
membres correspond bien à leur projet. Ils peuvent aussi être tous les trois administrateurs s’ils
le souhaitent.
Les règles de fonctionnement sont, dans les deux cas, laissées très largement au contrat
constitutif.
Les activités envisagées peuvent être exploitées sous n’importe laquelle des deux formes.
Toutefois, dans la mesure où les activités qu’ils envisagent ne génèrent que des charges, il est
capital qu’ils puissent les faire remonter dans leurs résultats.
Ainsi, c’est le GIE qui correspond le mieux au projet des 3 commerçants.
À partir des documents reproduits ci-dessous, vous présenterez les acteurs de l’économie
sociale et solidaire qui embauchent le plus.
les acteurs traditionnels de l’ESS sont les associations à une très large majorité (plus de 83 %
des structures de l’ESS), puis les coopératives (environ 12 %), puis les mutuelles et les
fondations.
Logiquement, il en ressort que les associations et les coopératives ont créé le plus d’emplois.
39
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 40 folio : 40 --- 24/5/022 --- 13H49
EXO 22.03
Quelle structure juridique leur conseillez-vous entre le GIE, l’association ou une société ?
Solution : voilà le raisonnement qu’il convient de mener pour distinguer la structure qui
conviendrait à ce groupement qui vise à procurer des économies à ses membres :
– si l’activité du groupement est l’accessoire de celle de ses membres, il pourra s’agir d’un GIE
(cf. chapitre 21) ;
– si en revanche, l’activité est autonome, il convient de déterminer si les membres recherchent
avant tout l’économie réalisée ou s’ils recherchent avant tout le service dispensé. Dans le
premier cas, il pourra s’agir d’une société ; dans le second, il s’agira davantage d’une
association.
23 Les associations
EXO 23.01 Cas pratique - Analyse de situations pratiques
Précisez dans chacun des projets exposés ci-dessus la structure juridique qui vous semble la
plus appropriée.
Justifiez votre réponse.
Cas 1 : il semblerait que les Italiens puissent constituer une association. La finalité d’une
association ne doit pas être le partage des bénéfices. Cela n’empêche pas de demander une
participation pour bénéficier des services (cours d’italien et cours de cuisine). L’association aura
peut-être besoin d’être déclarée pour être titulaire de la personnalité juridique (notamment si
les cours sont dispensés à titre onéreux).
Cas 2 : les commerçants de la ville de Saint-Ouen peuvent concevoir un groupement d’intérêt
économique dans la mesure où ce service constitue une activité accessoire et située dans le
prolongement de leur activité principale classique. La structure permet de limiter les frais de
fonctionnement d’un tel service.
Cas 3 : une association consiste en une mise en commun de connaissances ou d’une activité.
Aucun capital social n’est requis. Les membres à l’origine de l’association peuvent en devenir
salariés : ils percevront alors un salaire qui n’est pas un bénéfice. La mairie subventionne
l’association par la fourniture d’un local. Les bénéfices réalisés ne sont pas distribués mais
permettent d’assurer le fonctionnement de l’association (instruments, concerts...).
40
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 41 folio : 41 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
Application au cas : l’association « Tous en forme » ne semble pas réunir les conditions fixées
CORRIGÉS
pour être contrainte de désigner un commissaire aux comptes. Toutefois, les statuts peuvent
imposer une telle nomination.
3. Que pensez-vous de la régularité du contrat de bail ? Et celle du contrat de travail ?
Principe juridique : constitue une convention réglementée dans une association le contrat conclu
directement ou par personne interposée entre l’association et
– l’un de ses administrateurs ou l’une des personnes assurant un rôle de mandataire social ;
– et une autre personne morale dont un associé indéfiniment responsable, un gérant, un
administrateur, le directeur général (...) est simultanément administrateur ou assure un rôle de
mandataire social de l’association.
Un contrôle est réalisé après la conclusion de la convention réglementée. Le représentant de
l’association présente à l’organe délibérant un rapport sur l’opération en question.
Constitue une convention courante la convention conclue à des conditions normales qui, en
raison de son objet ou de ses implications financières, n’est significative pour aucune des parties.
Application au cas : le contrat de bail conclu par le président de l’association constitue une
convention réglementée car Christian, son président, est associé indéfiniment responsable de la
SCI propriétaire du local.
Le contrat de travail constitue une convention courante.
Remarque Une association peut embaucher des salariés à la condition d’avoir obtenu un numéro
Siret d’association.
41
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 42 folio : 42 --- 24/5/022 --- 13H49
La Cour de cassation rend un arrêt de cassation. Elle retient que, « dans le silence des textes et
des statuts relatifs au fonctionnement d’une association, la décision de radier ou d’exclure un
sociétaire relève de l’AG, son président ne pouvant prendre, en cette matière, que des mesures
à titre conservatoire ». Il apparaît donc que la clause statutaire de résiliation ne suffisait pas à
exclure le membre d’une association qui ne respectait plus les conditions figurant dans le cahier
des charges de l’association. L’exclusion d’un membre d’une association suppose le respect
d’une procédure disciplinaire et la consultation de l’AG.
Remarque : la société Emile peut alors continuer à faire usage de la dénomination dans l’attente
d’une exclusion régulière (procédure disciplinaire avec la convocation et la délibération d’une
AG).
5. Que vient préciser, indirectement, cet arrêt sur le mandat du président d’association ?
Le président d’une association n’est pas un organe légal. C’est un mandataire, ce qui signifie qu’il
tire ses pouvoirs du contrat d’association. En l’absence de disposition légale ou dans les statuts
de l’association, il revenait à l’AG la compétence d’exclure ou de radier un de ses membres.
L’exclusion d’un membre comme sanction n’est envisageable qu’à la condition que les statuts
prévoient ses causes et ses conditions. Le président de BNTB n’était pas investi pour le faire. Ce
n’est qu’à titre conservatoire (c’est-à-dire dans l’attente de la décision définitive de l’AG) que le
président pouvait l’exclure.
Dans les situations ci-dessus, choisissez la forme de société coopérative qui convient le mieux
au projet des coopérateurs.
Cas 1 : une SCIC semble être la forme adaptée au projet. Son objet est la production ou la
fourniture de biens et de services d’intérêt collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale.
Elle permet de structurer des offres de services nécessitant, pour leur mise en œuvre et pour leur
gestion, le rapprochement de différents partenaires privés et/ou publics.
Cas 2 : Christian peut trouver intérêt à se rapprocher d’une CAE (coopérative d’activités et
d’emploi) qui lui permet dans un premier temps de rester salarié. Il bénéficiera d’une couverture
sociale. Il bénéficiera du soutien et des conseils de gestion du CAE.
Cas 3 : la SCOP d’amorçage permet de passer « en douceur » du statut de société capitaliste en
une SCOP. Les salariés ont un délai de 7 ans pour devenir majoritaires au capital. Leur capacité
financière est donc prise en compte.
1. Quelle finalité poursuit un organisme de foncier solidaire ? En quoi s’inscrit-il dans le cadre
de l’économie sociale et solidaire ?
Les tensions sont très fortes sur le marché de l’immobilier, notamment en Île-de-France, privant
ainsi beaucoup de personnes de la possibilité de devenir propriétaires. Parallèlement au marché,
un organisme foncier solidaire propose un nouveau mode d’accession sociale à la propriété qui
s’appuie sur une dissociation entre le terrain et le logement. Ce mécanisme permet d’échapper
à la spéculation immobilière et s’intègre en cela à l’ESS. L’organisme foncier solidaire (OFS)
acquiert le terrain grâce à un prêt à très long terme (pour en lisser la charge de remboursement).
L’acquéreur devient propriétaire du logement seul, ce qui explique son prix raisonnable. « C’est
l’assurance de disposer, à long terme, d’un parc accessible, ce qui n’était pas le cas de l’accession
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 43 folio : 43 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
sociale à l’ancienne, qui ne bénéficiait qu’au premier acquéreur, vite tenté de réaliser une belle
CORRIGÉS
plus-value en revendant » (Christian Chevé, président de la Coopérative foncière francilienne).
2. Qu’est-ce qu’un BRS ?
L’OFS loue le terrain aux habitants (pour quelques euros par m2) et signe avec chaque habitant
un bail réel solidaire (BRS) d’une durée de 18 à 99 ans, qui précise les conditions d’accession et
de cession future du logement. L’accession sociale est réservée à des ménages aux ressources
plafonnées. Aujourd’hui, l’OFS est la seule façon de proposer des immeubles situés près de Paris
à des prix raisonnables.
3. Cela vous surprend-il que la Coopérative foncière francilienne soit constituée sous la forme
d’une SAS ?
La Coopérative foncière francilienne est une coopérative qui est rattachée aux sociétés, comme
toutes les coopératives. Il est donc tout à fait normal que la coopérative soit rattachée à une
société par actions simplifiée.
4. Qu’est-ce qu’une SCIC et quelles sont ses caractéristiques ?
Une SCIC est une société coopérative d’intérêt collectif. Elle est d’ailleurs obligatoirement
constituée sous la forme d’une SARL, d’une SA ou d’une SAS. Elle réunit des partenaires privés
et publics pour produire ou fournir des biens ou services d’intérêt collectif. Le conseil
d’administration de la Coopérative foncière francilienne réunit des villes, des bailleurs sociaux,
promoteurs immobiliers.
Pensez-vous que les quatre membres de la coopérative puissent disposer comme ils
l’entendent du domaine ? Leur avocat leur a dit de se méfier de l’arrêt rendu par la Cour d’appel
de Poitiers le 11 décembre 2018.
Principe juridique : il s’agit d’étudier ici de la sortie du statut coopératif, autrement dit la transfor-
mation en société. La transformation d’une société coopérative en une société non coopérative ne
peut obéir au régime de droit commun de la transformation de société. Certaines des modalités
sont fixées à l’article 25 de la loi de 1947 : la perte de la qualité de coopérative ne peut intervenir
qu’après autorisation de l’autorité administrative, prise après avis du Conseil supérieur de la
coopération et surtout, par rapport au point central évoqué, il y a le principe de l’indisponibilité (ou
impartageabilité) des réserves coopératives. Selon ce principe, les réserves ne peuvent être
distribuées aux coopérateurs. En quittant la coopérative, le coopérateur ne peut prétendre qu’au
remboursement de ses titres. Il y a une dévolution altruiste des actifs de la coopérative.
Application au cas : les quatre membres de la coopérative « Les bonnes tartes d’Annie » n’ont
pas sollicité cette autorisation pour prononcer sa dissolution. Même dissoute et en ayant alors
perdu la personnalité morale, la société demeurait une société coopérative (et non une société
en participation). Chaque membre peut obtenir le remboursement de son apport mais ne peut
prétendre à aucun droit sur le domaine qui devra être transmis à une autre coopérative.
Remarque : D. Hiez considère que la Cour d’appel de Poitiers, dans cette espèce, n’a pas été
respectueuse du droit coopératif. Il a toujours été admis que la coopérative était une société
particulière. L’impartageabilité (ou indisponibilité) des réserves constitue une caractéristique des
coopérations, la liquidation de la coopérative doit alors être réalisée conformément à la loi de
1947. D. Hiez pense que la solution aurait été différente si les relations entre coopérative et
société étaient plus claires. La Cour d’appel aurait dû faire application de l’article 25 de la loi de
1947 et non appliquer les règles de dissolution pour les sociétés « ordinaires ». Pour illustrer
l’autonomie dont le droit coopératif a besoin, D. Hiez s’appuie sur l’article L. 235-1 al. 2 du Code
de commerce qui conduirait à interdire de sanctionner par la nullité le non-respect des règles
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 44 folio : 44 --- 24/5/022 --- 13H49
fondamentales du droit coopératif. Ces dernières ne figurant pas dans le Code de commerce mais
CORRIGÉS
dans la loi de 1947, la nullité d’un acte ou d’une délibération dans une coopérative serait
impossible sur ce fondement (« La nullité d’actes ou délibérations autres que ceux prévus à
l’alinéa précédent ne peut résulter que de la violation d’une disposition impérative du présent
livre (...) » sous-entendu livre du Code de commerce (article L. 235-1 al. 2 du Code de commerce).
Lisez l’article ci-dessus et indiquez quels sont les avantages de la CJIP pour HSBC Private Bank
et pour l’État Français.
La convention judiciaire d’intérêt public est inspirée du droit américain. Elle a été introduite en
droit français par la loi Sapin du 9 décembre 2016.
Du point de vue de l’État, c’est une procédure lourde et coûteuse qui est ainsi évitée. L’issue
n’était pas certaine non plus car même si le fond est bien établi, une affaire peut être gagnée sur
des questions de procédure
Le Parquet national financier (il a été institué près le TGI de Paris, à côté du Parquet généraliste,
un Parquet national financier, compétent pour certains délits et pour des affaires financières
complexes) a indiqué que la somme versée par HSBC dans cette affaire est supérieure au produit
de l’ensemble des amendes versées en 2015 (277 millions).
Du point de vue de la banque, le montant de l’amende encourue était bien plus élevé (à titre de
comparaison, USB a été condamnée pour les mêmes faits à une amende de 3,7 milliards d’euros
en première instance le 20 février 2019). En outre, la CJIP n’est pas inscrite au casier judiciaire,
ce qui permet à la personne morale de participer aux marchés publics. Enfin, il est probablement
préférable pour son image que la publicité soit plus réduite que lors d’un procès pénal plus long.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 45 folio : 45 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
devant le tribunal compétent. En l’espèce, le recel (étudié au chapitre 26) et l’abus de biens social
CORRIGÉS
sont des délits. La juridiction compétente est donc le tribunal correctionnel.
En cas de renvoi, l’étape suivante est le procès et le jugement. Les voies de recours contre la
décision du tribunal correctionnel sont l’appel et le pourvoi.
Que risquent-ils ?
Problème juridique : Quelle infraction est constituée ? Quelle est la peine encourue ?
Règles applicables : Pour retenir la qualification de majoration frauduleuse des apports en
nature, trois éléments doivent être réunis :
L’élément légal : le code commerce (article L. 241-3 1°) punit le délit.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 46 folio : 46 --- 24/5/022 --- 13H49
L’élément matériel est établi si un apport en nature fait l’objet d’une surévaluation par toute
CORRIGÉS
personne.
L’élément moral correspond ici au mensonge sur l’évaluation.
La peine encourue est de cinq ans de prison et 9 000 euros d’agissant d’une SA.
Application aux cas : Le délit de majoration frauduleuse des apports en nature est constitué car
les exigences du code de commerce sont réunies : les actionnaires ont retenu pour le matériel
et les véhicules qu’ils apportaient une valeur de 37 000 euros au lieu de 25 000 euros et le
rapport de l’expert prouve qu’ils ont agi en connaissance de cause : tant l’élément matériel que
l’élément moral sont présents. Les associés risquent cinq ans de prison et 9 000 euros d’amende.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 47 folio : 47 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
des sommes ont été distribuées en l’absence de bénéfice distribuable. Monsieur Dominique a
CORRIGÉS
volontairement faussé les comptes, l’élément moral est donc présent.
Remarque D’autres délits tels que le faux ou des délits fiscaux peuvent être constitués. La justice
applique les règles de cumul et ne retient en général que l’infraction la plus grave avec confusion
des peines, de sorte que le nombre d’années de prison reste limité contrairement à ce que l’on
peut voir aux États-Unis.
EXO 27.04
1. Rappelez les notions de conventions réglementées et d’abus de bien social ainsi que les
sanctions prévues par la loi.
Les conventions réglementées sont d’une façon très générale (chaque forme sociale, SA SARL
et SAS obéit à des règles propres), des conventions passées :
– entre un dirigeant ou un associé et la société qu’il dirige ou dont il est associé d’une part et
– celles passées entre deux sociétés dans lesquelles le dirigeant ou l’associé est intéressé.
La réglementation de ces conventions a pour but de prévenir les conflits d’intérêt. Le défaut de
respect de la procédure se traduit par des sanctions civiles : la responsabilité civile de l’auteur
peut être recherchée (dommages-intérêts), dans certains cas la convention peut être annulée.
L’abus de bien social est constitué si trois éléments sont réunis :
L’élément légal est constitué par l’incrimination qui est prévue au Code de commerce (article
L. 242-6 pour la SA à CA, par l’article L. 244-1, pour la SAS)
L’infraction se matérialise par la réunion de 3 conditions : il doit y avoir utilisation des biens
sociaux, cet usage doit se faire en causant un préjudice à la société : le patrimoine est diminué
et enfin, cet usage est fait dans l’intérêt du dirigeant ou dans celui d’une société dans laquelle
il est intéressé.
Il s’agit d’un délit intentionnel : le dirigeant doit être de mauvaise foi.
47
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 48 folio : 48 --- 24/5/022 --- 13H49
Le dirigeant encourt une peine de 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende. La sanction est
CORRIGÉS
donc pénale.
2. Formulez le problème de droit.
Problème juridique : Le dirigeant d’une SAS, dont les statuts répliquent le régime applicable à la
SA (en prévoyant un directoire et un conseil de surveillance), qui a omis de solliciter l’autorisation
préalable du conseil de surveillance pour un plan de sauvegarde ou un dispositif de départ à la
retraite dont il bénéficie, commet-il un abus de bien social ?
3. Expliquez la motivation de la Cour de cassation.
La Cour considère que les actes visés étaient des conventions réglementées et que le dirigeant
devait soumettre à l’autorisation préalable du conseil de surveillance, conformément aux
dispositions statutaires de la SA. Elle constate ensuite que la procédure applicable n’a pas été
suivie et déclare que les peines encourues pour l’abus de bien social prévues dans la cadre de
la SA s’appliquent au dirigeant de la SAS par l’effet du renvoi de l’article L. 244-1 du Code de
commerce.
4. Selon vous, pourquoi cette décision a-t-elle été très critiquée par la doctrine ?
La décision a été très critiquée par la doctrine (par exemple le professeur B. Dondero sur son
blog). En effet, à la seule lecture de la décision, il semble y avoir confusion entre deux notions
bien distinctes : les conventions réglementées d’une part et l’abus de bien social qui relève du
droit pénal d’autre part. Si l’absence de respect de la procédure des conventions réglementées
peut être retenue comme un indice de l’abus de bien social, celui-ci doit faire impérativement
l’objet d’une analyse en trois temps : il faut établir que l’acte est contraire à l’intérêt social (1),
qu’il est conclu dans l’intérêt personnel du dirigeant (2) et que ce dernier a agi avec une intention
délictueuse (3).
28 Applications transversales
EXO 28.01 Société Valverde et composition du conseil d’administration
48
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 49 folio : 49 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
CORRIGÉS
Comment devra alors réagir le conseil d’administration ?
Règles
– âge limite des administrateurs
L’âge limite pour être administrateur doit être précisée par les statuts. À défaut le nombre des
administrateurs ayant dépassé l’âge de 70 ans ne pourra être supérieur au tiers des adminis-
trateurs en fonction. En cas de dépassement de la limitation statutaire ou légale relative à l’âge
des administrateurs, le plus âgé est réputé démissionnaire d’office, sauf si les statuts prévoient
une autre procédure.
– cooptation
Dans certains cas, le conseil d’administration peut lui-même choisir ces membres. Ces nomina-
tions devront être soumises à l’approbation de la plus prochaine AG ordinaire.
Lorsque le nombre d’administrateurs en fonction demeure supérieur au minimum statutaire, le
conseil d’administration a la faculté de procéder entre deux assemblées à une nomination
provisoire en cas de vacance par suite de décès ou de démission (cooptation facultative).
Lorsque le nombre d’administrateurs est devenu inférieur au minimum statutaire sans être
inférieur au minimum légal, le conseil d’administration doit nommer provisoirement un admi-
nistrateur pour compléter son effectif dans le délai de 3 mois à compter de la vacance
(cooptation obligatoire).
Lorsque le nombre d’administrateurs est devenu inférieur au minimum légal de trois, les
administrateurs restants doivent convoquer immédiatement l’AG ordinaire en vue de compléter
l’effectif (cooptation interdite).
Application
Lorsque M. Léger aura 71 ans, deux administrateurs sur cinq dépasseront les 70 ans, ce qui est
supérieur au tiers. Mme Bouffu qui est plus âgée sera réputée démissionnaire d’office.
Le conseil d’administration ne sera alors que composé de quatre membres, ce qui est supérieur
au minimum légal mais inférieur au minimum statutaire qui est de cinq, il doit donc nommer un
nouveau membre, et demander ratification lors de la prochaine AG.
3. À quelles conditions de quorum et de majorité un vote des actionnaires pourra-t-il éviter la
survenance d’un tel risque ?
Règles
Les règles relatives à l’âge maximum des administrateurs peuvent être modifiées par une
décision des actionnaires lors d’une assemblée générale extraordinaire qui est compétente pour
modifier les statuts.
Les règles de quorum et de majorité sont les suivantes :
– quorum
Sur 1re convocation, les actionnaires présents ou représentés doivent détenir 25 % des actions
ayant droit de vote. Les statuts peuvent prévoir un quorum plus élevé pour les SA non cotées.
Sur 2e convocation, les actionnaires présents ou représentés doivent détenir 20 % des actions
ayant droit de vote. Les statuts peuvent prévoir un quorum plus élevé pour les SA non cotées.
– majorité
2/3 des voix dont disposent les actionnaires présents et représentés.
Application
Les actionnaires peuvent modifier les dispositions des statuts relatifs à l’âge maximum des
membres du conseil d’administration en respectant les règles de quorum et de majorité décrites
plus haut.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 50 folio : 50 --- 24/5/022 --- 13H49
EXO 28.02
50
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 51 folio : 51 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
CORRIGÉS
à celui du marché :
– si le conseil d’administration n’est pas consulté ou n’approuve pas la convention, celle-ci peut
être annulée ;
– dans tous les cas M. Valverde devra indemniser la SA de ces conséquences.
2. Quelles peuvent être les conséquences pénales d’une telle convention pour M. Valverde ?
Règles
Une infraction est valablement constituée à conditions que les éléments suivants soient
réunis :
– élément légal
L’infraction est prévue par l’article L 242-6 du Code de commerce pour les SA à conseil
d’administration.
– élément matériel
Il est constitué par un usage des biens (ou de crédit) de la SA contraire à l’intérêt social : un
dirigeant utilise à des fins personnelles des biens ou des crédits de la société.
– élément moral
Le dirigeant recherche de manière intentionnelle un intérêt personnel direct ou indirect dans
l’abus.
– sanction encourue
Elle est de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 1 d’amende plus la possibilité de peines
complémentaires.
Application
Les éléments constitutifs de l’infraction entrainant la responsabilité pénale de M. Valverde
semblent remplis car celui-ci a voulu personnellement profiter du loyer surestimé versé par la
SA à sa femme.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 52 folio : 52 --- 24/5/022 --- 13H49
Application
CORRIGÉS
Les capitaux propres sont de 135 000 euros, soit moins de la moitié du capital social qui est de
300 000 euros, le conseil d’administration doit convoquer l’AGE pour qu’elle décide soit la
dissolution de la société, soit de régulariser la situation.
2. M. Valverde minimise les problèmes que rencontre la société. Que doit faire M. Turin, le
commissaire aux comptes de la société ?
Règles
Lorsqu’il existe des faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation, le CAC a
l’obligation de suivre la procédure suivante :
– il informe le président du conseil d’administration de l’existence des faits en cause. Dès ce
moment, lorsqu’il lui apparaît que l’urgence commande l’adoption de mesures immédiates et
que le dirigeant s’y refuse ou fait savoir qu’il envisage des mesures que le CAC estime
insuffisantes, ce dernier peut en informer le président du tribunal ;
– à défaut de réponse ou de réponse satisfaisante dans un délai de 15 jours, il invite par écrit le
président du conseil d’administration à faire délibérer le conseil d’administration sur ces faits.
Une copie de cette invitation est transmise au président du tribunal de commerce. Les résultats
de cette délibération à laquelle le CAC assistera lui seront aussi transmis ;
– à défaut de délibération du conseil d’administration, de délibération satisfaisante, ou en
l’absence du CAC lors de celle-ci, une AG est convoquée par le conseil d’administration (ou à
défaut par le CAC). Lors de cette AG, il sera débattu du rapport spécial rédigé par le CAC sur
les faits ayant justifié la procédure. Ce rapport est communiqué le cas échéant aux représen-
tants du personnel, ainsi qu’au président du tribunal de commerce ;
– à défaut de décision satisfaisante de l’AG, le CAC informe le président du tribunal de commerce
de ses démarches.
Application
Les pertes que subit la SA sont de nature à compromettre la continuité de son exploitation, le
CAC doit donc entamer la procédure décrite.
3. Décrivez brièvement les procédures auxquelles la société peut recourir pour répondre à ces
difficultés économiques en insistant sur les avantages et les inconvénients de chacune d’entre
elles.
Règles
La cessation de paiements est la situation d’une entreprise dont l’actif disponible ne permet plus
de faire face au passif exigible. Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés sans être en
situation de cessations de paiements, trois procédures lui sont offertes :
– le mandat ad hoc. Il s’agit de demander en justice la nomination d’un mandataire, qui aura pour
mission de trouver des solutions aux difficultés rencontrées. Cette procédure est confidentielle ;
– la conciliation. Il s’agit de demander en justice la nomination d’un conciliateur, qui aura pour
mission de négocier un accord amiable entre la société et ses créanciers. Cette procédure est
confidentielle ;
– la sauvegarde. Il s’agit de demander en justice la nomination d’organes qui vont encadrer les
pouvoirs du chef d’entreprise, et d’essayer de réorganiser la société pour qu’elle puisse
poursuivre son activité, maintenir l’emploi et apurer son passif. Cette procédure a pour but de
mettre en place un plan de sauvegarde. Elle débute par une période d’observation et pendant
toute sa durée les créanciers de la société ne peuvent poursuivre le paiement de leurs créances.
Cette procédure n’est pas confidentielle.
Application
La SA connait des difficultés mais elle n’est pas en situation de cessation des paiements. Parmi
les trois procédures chacune a ses avantages et ses inconvénients, mais il semble que la
52
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 53 folio : 53 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
procédure de conciliation soit la plus adaptée. Elle permet d’essayer de trouver un accord avec
CORRIGÉS
les créanciers de la société tout en laissant la totalité des pouvoirs à ses dirigeants et en restant
confidentielle.
53
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 54 folio : 54 --- 24/5/022 --- 13H49
La responsabilité du dirigeant
CORRIGÉS
EXO 28.05
1. Définissez la notion de faute séparable des fonctions. Quelles sont les conséquences d’une
telle faute ?
La faute séparable des fonctions est une faute intentionnelle d’une particulière gravité qui
permet à un tiers qui a subi un préjudice de la part d’une société d’engager la responsabilité
personnelle de son ou ses dirigeant(s) ?
2. Quel est le problème juridique soulevé par cet arrêt ?
La non souscription d’une assurance décennale par le gérant dont la société est en charge de la
construction d’une maison individuelle est-elle constitutive d’une faute séparable des fonctions ?
3. Quels sont la solution et les arguments de la cour d’appel ?
La cour d’appel estime que M. B., le gérant de la société ABC, n’est pas responsable personnel-
lement des dommages qu’ont subis les époux Z, du fait des désordres apparus dans la maison
individuelle que la société leur a construite, et non indemnisés en l’absence de souscription d’une
assurance. Elle estime que M. B. n’étant pas partie au contrat passé entre les époux Z et la
société ABC, sa responsabilité personnelle ne pourrait être retenue.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation casse et annule l’arrêt rendu par la cour d’appel. Elle estime que M. B. peut
être tenu personnellement responsable car le fait de ne pas avoir souscrit d’assurance
permettant d’indemniser les défauts lors de la construction de la maison individuelle constitue
une faute séparable des fonctions pouvant entrainer sa responsabilité personnelle.
1. Quels sont les faits dans ce litige ? Qui forme le pourvoi en cassation ?
Le capital social de la société civile HFP est réparti entre 3 associés, parmi lesquels le gérant
détient 50 % des parts. Les 2 autres associés demandent judiciairement la dissolution de la
société fondée sur la mésentente entre les associés qui conduirait à la paralysie de la société. Le
gérant s’y oppose.
Le gérant de la SCI forme le pourvoi en cassation.
2. Comment se caractérise la paralysie d’une société ? Quelle est la position de la Cour de
cassation dans cet arrêt ?
Cette question relève de l’appréciation souveraine des juges du fond. Pourtant la Cour de cassation
exige que les juges du fond déterminent par des motifs précis que la mésentente entre les associés
paralyse bien le fonctionnement social. La seule mésentente entre les associés ne suffit pas pour
que la dissolution de la société soit prononcée. Elle doit provoquer la paralysie du fonctionnement
de la société. L’existence de pertes financières n’est pas de nature à constituer un critère de la
paralysie. C’est par exemple l’impossibilité pour les assemblées d’adopter des décisions collectives
qui caractérise par exemple la paralysie (Civ. 3e, 26 novembre 2015).
Dans l’arrêt rendu le 5 avril 2018, la Cour de cassation casse et annule l’arrêt rendu par la Cour
d’appel de Toulouse. Les deux associés qui demandent la dissolution n’évoquent qu’une
perturbation du fonctionnement normal de la société. La Cour de cassation retient alors que la
paralysie de la société n’est pas avérée malgré la mésentente durable, l’absence de toute
confiance entre les associés, la transmission à la mairie de projets différents et concurrents et
les pertes financières dues à des loyers dérisoires.
3. Quelles solutions auraient permis aux demandeurs d’échapper à cette situation ?
Les demandeurs auraient pu invoquer l’abus de majorité en démontrant que le gérant a adopté
des décisions contraires à l’intérêt social. La mise en œuvre de la responsabilité du gérant pour
54
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 55 folio : 55 --- 24/5/022 --- 13H49
Corrigés
faute de gestion pouvait également être envisagée en s’appuyant sur la santé financière de la
CORRIGÉS
société. Enfin, le gérant aurait pu être révoqué pour juste motif. La désignation d’un adminis-
trateur provisoire semble difficile à obtenir dès lors qu’il n’y a pas de véritable blocage (en cas
de mise en péril de l’intérêt social). Enfin, les associés ont la possibilité de se retirer si les statuts
le permettent.
1. Simon Chat aurait-il pu être salarié de la SARL aux lieu et place de cogérant ?
Principe juridique : il n’existe aucune incompatibilité de droit entre la qualité d’associé
majoritaire et celle de salarié de la SARL dès lors que l’intéressé n’outrepasse pas ses pouvoirs
d’associé, qu’il ne s’immisce pas dans la gestion et qu’ainsi sa fonction salariale s’exerce bien
dans un réel état de subordination envers le gérant. Par ailleurs, il appartient à celui qui invoque
le caractère fictif du contrat de travail d’en rapporter la preuve.
Application au cas : sous réserve des conditions évoquées ci-dessus, rien ne s’opposait à ce que
Simon Chat puisse être associé majoritaire et salarié de la SARL au lieu de cogérant.
2. Adèle bénéficie-t-elle d’un droit de veto en ce qui concerne le bail commercial ?
Principe juridique : le droit de vote étant consacré par la loi et reconnu comme droit fondamental
de l’associé, le législateur ne prévoit pas de droit de veto (remarque : il peut résulter d’un
aménagement statutaire dans certaines sociétés telles que la SAS). En revanche, ce droit de véto
peut se manifester à travers le pouvoir d’opposition du cogérant contre une décision que peut
prendre l’autre gérant avant qu’elle s’applique (article L 223-18 al. 7 du Code de commerce).
L’opposition sera sans effet si le contrat a été conclu, à moins que les tiers en aient eu
connaissance.
Application au cas : dans la mesure où le contrat de bail reste en l’état de projet, Adèle Thé peut
s’y opposer en tant que cogérante.
3. Pourquoi seule la révocation judiciaire d’Adèle Thé est envisageable ? À quelles conditions
la révocation judiciaire peut-elle être prononcée ?
Principe juridique : le gérant d’une SARL peut être révoqué en interne, c’est-à-dire par décision
des associés représentant plus de la moitié des parts sociales. Par conséquent, le gérant
détenant la moitié des titres est alors irrévocable. Seule la révocation judiciaire reste alors
ouverte, pour cause légitime, à la demande de tout associé (article L. 223-25 al. 2 du Code
de commerce). La cause légitime doit être appréciée au regard de l’intérêt social. Elle sera
prononcée s’il est démontré que la conduite des affaires sociales par le gérant affecte la gestion
de la société.
Application au cas : Simon ne peut obtenir la révocation d’Adèle Thé que par la voie judiciaire.
Il semblerait que le fonctionnement de la société ne soit pas altéré mais Adèle Thé a agi
conformément à son intérêt personnel et a méconnu l’intérêt social. Le tribunal de commerce
prononcera sans doute la révocation d’Adèle.
4. Au vu des conséquences liées au rejet de la demande de révocation judiciaire, quelle
différence essentielle existe-t-il entre la qualification de « juste motif » et de « cause
légitime » de révocation ?
Si le juge ne reconnaît pas l’existence d’une cause légitime de révocation, le gérant est maintenu
dans l’exercice de son mandat. Il pourrait même être indemnisé pour l’atteinte portée à son
honorabilité.
Quand la révocation du gérant est obtenue en interne, c’est-à-dire sur décision majoritaire, elle
conserve un caractère irréversible en l’absence de juste motif. Le gérant révoqué sans juste motif
pourra alors être indemnisé.
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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 56 folio : 56 --- 24/5/022 --- 13H49
5. Outre les conséquences pénales, Simon Chat peut-il obtenir réparation pour le préjudice
CORRIGÉS
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