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Cas Pratique : Forme Juridique Restaurant

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Cas Pratique : Forme Juridique Restaurant

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Corrigés
Introduction
EXO 00.01 Cas pratique sous la forme d’une consultation « Le rêve du Mekong »

Conseillez Anna sur la forme juridique que peut revêtir son restaurant.
Proposition de correction
La première question à trancher est celle de savoir si Anna entreprend seule, càd si elle court seule
les risques de l’entreprenariat. Si Boran participe au projet en tant qu’associé, une société devra
être créée. Il semble ne pas disposer de liquidités mais ses talents de cuisinier semblent
indispensables. Il s’agira alors d’un apport en industrie (cf. chapitre 2) qui n’est pas autorisé dans
la SA par exemple.
Les associés doivent avoir la qualité de commerçant dans la SNC.
Boran peut être salarié par Anna, il ne supportera pas alors les risques de l’entrepreneuriat
(hormis en cas de perte d’emploi lié à la fermeture du restaurant).
Il semblerait néanmoins qu’Anna souhaite se lancer seule dans le projet. Plusieurs possibilités
s’offrent à elle. La contrainte semble liée à la protection de l’appartement mais, théoriquement,
elle ne devrait pas être un problème :
– en tant qu’entrepreneur individuel : si l’appartement reste affecté à son patrimoine personnel,
les créanciers professionnels ne pourront pas en principe le saisir. Par exception, en cas de
manœuvres frauduleuses ou d’inobservation grave et répétée de ses obligations fiscales par
Anna, la réduction du droit de gage général sera inopposable aux créanciers fiscaux et sociaux.
Le recouvrement des créances d’impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de taxe
foncière afférente aux immeubles affectés à l’activité professionnelle n’est pas non plus
soumis à la réduction du droit de gage général ;
– en créant une société (EURL et SASU) : elle n’apportera pas l’appartement au capital de la
société créée. Ces deux formes sociales n’exigent pas de capital social minimum. Il n’est pas
certain néanmoins qu’un capital social constitué uniquement de 3 000 1 d’apport sera
suffisant aux yeux des créanciers si Anna des besoins de financement.
Conclusion : il manque des éléments tenant au fonds dans lequel ce restaurant pourrait être
installé. Les liquidités semblent peu suffisantes pour démarrer une activité. Les créanciers
accepteront-ils de lui faire confiance si elle-même ne s’engage pas davantage d’un point de vue
patrimonial ? Sous réserve d’avoir la qualité de commerçant (indispensable dans la SNC par
exemple), toutes les possibilités énoncées sont possibles, avec son ami (SNC, SARL et SAS) ou
seule :
– en tant qu’entrepreneur individuel qui bénéficie de la séparation de 2 patrimoines, le
patrimoine personnel et le patrimoine professionnel ;
– ou en ayant recours à une forme sociétaire unipersonnelle (EURL ou SASU).

EXO 00.02 Projet de loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante

1. Qui peut bénéficier des mesures proposées ?


Le projet de loi (loi définitivement adoptée le 14 février 2022) vise les travailleurs indépendants,
ils ne sont pas salariés et ils n’ont pas recours à la technique sociétaire. Ce projet est destiné aux

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entrepreneurs individuels, c’est-à-dire aux personnes physiques qui exercent en nom propre une
CORRIGÉS

ou plusieurs activités professionnelles indépendantes (donc non salariées).


2. Quelle distinction est proposée dans ce projet ?
Le projet consacre l’existence de droit de deux patrimoines pour les entrepreneurs individuels :
un patrimoine personnel et un patrimoine professionnel. Le contenu du patrimoine personnel
est défini a contrario : il est composé des biens qui ne sont pas compris dans le patrimoine
professionnel.
3. Sur quels biens peuvent s’exercer les poursuites des créanciers dont les droits sont nés dans
le cadre de l’activité économique ?
Les créanciers professionnels devront exercer leurs poursuites sur les seuls biens figurant dans
le patrimoine professionnel. Le dispositif permet de protéger les biens relevant du patrimoine
personnel de l’entrepreneur individuel.
En revanche, la réduction du DGG sera inopposable aux créanciers fiscaux et sociaux.
4. Sur quels biens peuvent s’exercer les poursuites des créanciers dont les droits ne sont pas
nés dans le cadre de l’activité économique ?
Les créanciers dont les droits ne sont pas nés dans le cadre de l’activité économique exerceront
leur droit de gage général sur le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel. Un
tempérament est introduit : « si le patrimoine personnel est insuffisant, le gage général des
créanciers peut s’exercer sur le patrimoine professionnel, dans la limite du montant du bénéfice
réalisé lors du dernier exercice clos ».

1 Présentation du droit des sociétés


EXO 01.01 Droit européen et rémunération des dirigeants

1. Identifiez la nature des règles de droit correspondant à chacun des documents. Quel lien
établissez-vous entre ces trois règles ?
Chaque document désigne une règle de droit dont la source est différente :
– L’annexe 1 vise une directive européenne. La directive doit être transposée dans chacun des
États-membres de l’UE. Elle fixe des objectifs qui doivent ensuite être déclinés par chaque
parlement national. Chaque État-membre est libre d’élaborer ses propres mesures pour les
atteindre (« devrait »).
– L’annexe 2 est un article du Code de commerce (extraits) qui a été modifié par l’ordonnance
du 27 novembre 2019. La loi Pacte du 22 mai 2019 avait habilité le gouvernement à transposer
cette directive par voie d’ordonnance.
– Enfin, l’annexe 3 est un article du Code de commerce (extraits) figurant dans la partie
réglementaire. Il a été modifié par le décret du 27 novembre 2019 qui complète l’ordonnance
du 27 novembre 2019 (décret d’application auquel renvoie l’article L. 225-37-2 du Code de
commerce).
2. Quelles sont les sociétés entrant dans le champ d’application de la directive du 17 mai 2017 ?
La directive du 17 mai 2017 vise les sociétés cotées et cherche à créer un dispositif « unifié et
contraignant » en matière de rémunération des dirigeants des SA, SCA et sociétés européennes
cotées (sont exclues les sociétés dont seules les obligations sont cotées).
3. Quelles sont les finalités de cette directive ?
La directive cherche à promouvoir l’engagement à long terme des actionnaires et sur les
domaines visés dans les extraits, il s’agit de l’avis des actionnaires qui doit être pris en compte
en matière de rémunération des dirigeants (sur la politique de rémunération ou sur les

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Corrigés

rémunérations individuelles ; le « say on pay » désigne l’expression selon laquelle les sociétés

CORRIGÉS
cotées doivent permettre à leurs actionnaires de se prononcer sur le système de rémunération).
Pour cela, ils doivent être informés et éclairés (d’où l’importance de l’information claire et
précise).
La directive s’appuie sur des concepts mobilisés par la théorie du gouvernement d’entreprise
(transparence, responsabilisation des dirigeants, droit de regard des actionnaires sur la rému-
nération des dirigeants).
4. Le droit français vous semble-t-il en conformité avec le droit européen ?
Le droit français issu de l’ordonnance et du décret semble être conformité avec le droit européen,
notamment en termes d’informations transmises aux actionnaires, de publicité gratuite orga-
nisée autour de cette rémunération. La directive prévoit que les actionnaires « devraient avoir
le droit de procéder à un vote contraignant ou consultatif sur cette politique » (sous-entendu
politique de rémunération des mandataires sociaux). L’article L. 235-37-2 prévoit que cette
politique doit faire l’objet d’un projet de résolution soumis à l’approbation de l’AG des
actionnaires (depuis la loi Sapin 2 du 16 décembre 2016, la loi française était plus rigoureuse que
le droit européen). La directive prévoit également que les actionnaires doivent avoir « une vue
d’ensemble complète des rémunérations individuelles des dirigeants ». Le décret du
27 novembre 2019 répond à cet objectif. Il apparaît même que le droit français a exigé des
informations supplémentaires, non requises par la directive, pour s’assurer du vote éclairé des
actionnaires. La directive ne prévoit pas expressément la sanction de la nullité des rémunéra-
tions attribuées non conformément à la politique de rémunération. Le droit français prévoit la
nullité.

EXO 01.02 Cas pratique – Société Jazz club

La société Jazz club peut-elle échapper aux poursuites en invoquant la contrariété de cet acte
de cautionnement à son intérêt social ?
Il y a peu de chances que la société Jazz club échappe aux poursuites de la banque. Depuis 2015,
il résulte d’une jurisprudence constante pour les sociétés à responsabilité limitée que la
contrariété d’un acte de gestion à l’intérêt social ne permet pas de l’annuler (l’arrêt d’espèce
reproduit le rappelle). La Cour de cassation interprète l’article L. 223-18 du Code de commerce
à la lumière de la directive du 14 juin 2017 limitant les possibilités d’annuler les engagements
envers les tiers. Il y avait sans doute un motif valable de cet engagement il y a 10 ans. Pour la
sécurité juridique, il est important que la caution ne puisse pas facilement échapper à son
engagement. La société Jazz club devra donc payer la somme due.
Remarque : certains espèrent bien détourner cette jurisprudence nettement réaffirmée par
l’arrêt reproduit ci-dessus en s’appuyant sur les dispositions du droit commun, plus précisément
l’article 1157 du Code civil : « lorsque le représentant détourne ses pouvoirs au détriment du
représenté, ce dernier peut invoquer la nullité de l’acte accompli si le tiers avait connaissance
du détournement ou ne pouvait l’ignorer ». Toute violation de l’intérêt social par le dirigeant
pourrait être considéré comme un détournement de pouvoir. Pour autant, il y a débat sur le point
de savoir si ces dispositions sont applicables pour les sociétés à risque limité.

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Analyse d’une décision de justice – Opportunité d’affaire


CORRIGÉS

EXO 01.03
(Cass. com. 18 décembre 2012)

À partir de l’arrêt reproduit ci-dessous, précisez les faits et la solution rendue par la Cour de
cassation en matière de loyauté du dirigeant.
Les faits : des médecins ont constitué une SAS ayant pour objet l’exploitation d’une clinique
exploitée dans un immeuble que la SAS loue. L’un des associés, membre du comité de direction
de la SAS, en fait l’acquisition à leur insu avec son beau-frère par sociétés interposées. Dès que
l’information est dévoilée, les associés réclament des dommages et intérêts car cet associé
connaissait l’objectif poursuivi par les autres associés d’acquérir cet immeuble.
La solution rendue par la Cour de cassation : elle casse l’arrêt rendu par la Cour d’appel qui avait
jugé que la recherche à son seul profit d’une opération financièrement avantageuse ne suffit pas
à caractériser une faute de ce dirigeant envers ses associés. Sachant que les associés voulaient
acquérir l’immeuble, le dirigeant de la société aurait dû les informer de la possibilité d’acquérir
le bien. Il a manqué à son devoir de loyauté envers eux.

2 Le contrat de société
EXO 02.01 Cas pratique – La création d’une SARL informatique

1. Calculez le montant du capital social.


Règles
Le capital social est la somme des apports en numéraire et en nature. En revanche les apports
en industrie ne sont pas pris en compte.
Application
Le capital social de la SARL sera de 5 000 1.
2. Déterminez les droits de chacun des associés dans la répartition des bénéfices. Une autre
répartition aurait-elle été possible ?
Règles
La répartition des bénéfices se fait dans le silence des statuts proportionnellement à la part de
chacun des associés dans le capital social.
L’apporteur en industrie reçoit une part des bénéfices égale à celle de celui qui a le moins apporté
en numéraire ou en nature.
Les statuts peuvent prévoir une autre répartition des bénéfices, à condition de ne pas prévoir
de clauses léonines, c’est-à-dire de clauses donnant tous les bénéfices à un seul associé ou
privant un associé de toute part dans les bénéfices. La clause léonine est réputée non écrite.
Application
Jean doit recevoir 3/7e des bénéfices, Christine 2/7e et Richard 2/7e. Les statuts auraient pu
prévoir une autre répartition tant que chacun des trois amis reçoit une part des bénéfices.
3. Christine peut-elle faire l’apport du matériel informatique librement ? Son évaluation
personnelle de la valeur de matériel est-elle possible ?
Règles
L’évaluation d’un apport en nature doit être le fait des associés dans les statuts.
Dans une SARL, un commissaire aux apports doit être nommé par les fondateurs à l’unanimité
ou par la justice à la demande du fondateur le plus diligent. Cependant les associés peuvent
décider à l’unanimité de ne pas recourir au commissaire aux apports si aucun apport en nature
n’excède 30 000 1 et si la somme de tous les apports en nature n’excède pas 50 % du capital
social. Le commissaire aux apports réalise une évaluation des apports en nature mais les associés

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Corrigés

ne sont pas tenus par cette évaluation et peuvent en retenir une autre, dont ils seront alors

CORRIGÉS
responsables solidairement.
Application
Christine seule ne peut évaluer l’apport du matériel informatique, qui devra être évalué dans les
statuts par les trois amis. En revanche le recours à un commissaire aux apports n’est pas
nécessaire si les trois amis le décident à l’unanimité. En effet, l’apport de Christine fait moins de
30 000 1 et représente moins de 50 % du capital social (2 000/5 000 = 40 %).
4. Richard peut-il devenir associé de la société ? Y-a-t-il un risque de nullité de la société ?
Règles
Une SARL peut comprendre un associé mineur à condition que l’apport soit réalisé par le
représentant du mineur.
Pour être cause de nullité d’une SARL, l’incapacité doit concerner la totalité des associés fondateurs.
Il existe de plus de nombreux moyens de régulariser la situation :
– lorsque l’incapacité a cessé d’exister le jour où le tribunal statue sur le fond en première
instance, la nullité ne peut plus être demandée ;
– tout intéressé peut mettre en demeure l’incapable de régulariser la situation ou de demander
la nullité, et même dans ce dernier cas la société peut proposer tribunal de ne pas prononcer
la nullité mais de lui permettre de racheter les parts de l’incapable ;
– ...
Application
Richard peut devenir associé de la société par l’intermédiaire de ses représentants légaux. La
SARL ne sera pas annulée.

EXO 02.02 Cas pratique – L’apport fictif

1. Qu’est-ce qu’un apport en nature ?


L’apport en nature est celui qui porte sur un bien autre qu’une somme d’argent. Il permet
d’affecter à une société des actifs utiles à son développement.
2. Qu’est-ce qu’un apport en jouissance ? Quel est son intérêt pour l’apporteur ?
L’apport en jouissance constitue une modalité d’apport en nature. L’apporteur apporte
seulement la jouissance du bien, c’est-à-dire la possibilité pour la société de l’utiliser. L’apport
en jouissance octroie uniquement à la société un pouvoir d’usage sur le bien, pour un temps
déterminé.
Il s’agit d’un apport à prestations successives. L’apporteur doit, pendant le temps convenu dans
le pacte social, transférer des droits portant sur le simple usage du bien, et assurer ainsi à la
société la jouissance continue et paisible du bien apporté. La société n’acquiert qu’un droit
personnel contre l’apporteur (en cas d’apport en usufruit, la société est titulaire d’un droit réel).
Ce bien ne fait partie de l’actif de la société et les créanciers de la société ne pourront le saisir.
L’apporteur d’un bien en pleine propriété risque de ne pas pouvoir reprendre son bien en nature,
ni même la valeur de son apport lors de la dissolution de la société.
3. Qu’est-ce qu’un apport fictif ? Quelle est la sanction encourue ?
Un apport fictif est dénué de valeur ou de toute utilité (un brevet périmé par exemple).
En réalisant un apport, l’associé manifeste son affectio societatis lors de la conclusion du contrat
de société. En principe, la nullité de la société est encourue (article 1844-10 du Code civil et article
L. 235-1 du Code de commerce). La sanction principale de la fictivité d’un apport est la nullité de
la souscription afférente, et beaucoup plus rarement de la société. En l’espèce, la société
demande des dommages-intérêts (problème de fondement pour l’indemnisation sollicitée).

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Il y a néanmoins un doute sur la rigueur de cette sanction dans la mesure où le droit européen
CORRIGÉS

ne prévoit pas la fictivité de l’apport comme une cause de nullité (directive du 14 juin 2017 ; la
conformité de la législation interne avec le droit européen a été évoquée dans le chapitre 1er à
propos de l’influence du droit européen).
4. L’autorisation d’émettre délivrée par le CSA (Arcom) peut-elle faire l’objet d’un apport en
nature ?
La particularité de cette autorisation est qu’elle est émise à titre personnel et qu’elle est
incessible. On peut alors douter de la régularité de son apport à une société. La société estime
qu’elle devait être garantie du trouble de jouissance de cet apport qui résulte de son incessibilité.
En l’espèce, il ne s’agissait pas d’un apport en pleine propriété mais seulement d’un apport en
jouissance. Dans son pourvoi en cassation, la société estimait que l’autorisation ne pouvait pas
même faire l’objet d’un apport en jouissance.
L’enjeu consistait à déterminer si l’apport réalisé par l’association était fictif.
5. Simon a-t-il des chances d’obtenir satisfaction ?
Si la société bénéficiaire a pu exploiter la fréquence durant la durée de sa mise à disposition,
l’apport n’est pas fictif. C’est ce que retient la Cour de cassation dans l’arrêt reproduit en annexe
(la Cour d’appel avait déjà débouté la société de ses demandes). L’autorisation accordée par le
CSA a été exploitée par la société sans soulever de difficultés. Le CSA devenu Arcom n’a pas retiré
son autorisation au cours de l’exploitation.
Par conséquent, Simon a très peu de chance d’obtenir satisfaction. Ce sont les règles de la
responsabilité civile (extracontractuelle) qui s’appliquent. À défaut de préjudice (exploitation
sans difficulté de la fréquence), Simon ne pourra obtenir une quelconque réparation sous forme
de dommages-intérêts.

3 La société, personne morale


EXO 03.01 Analyse d’une décision de justice (Civ. 3e, 8 juillet 2015)

1. Quels sont les faits ayant donné lieu à ce contentieux ?


Les faits : il s’agit d’une SCI (société civile immobilière) dédiée initialement à l’acquisition et
l’exploitation d’un immeuble. Les parts de cette SCI étaient à l’origine détenues pour deux tiers
par une autre société et pour le dernier tiers par M. B. La société contrôlant la SCI put imposer
le vote d’une augmentation de capital – qu’elle a souscrit en totalité – destinée à mener des
travaux sur l’immeuble avant sa remise en location, de modifier l’objet social de la SCI pour
autoriser expressément la cession dudit immeuble, et de décider l’affectation en réserves des
bénéfices des trois exercices suivants. M. B., associé minoritaire, introduit une action en justice
afin d’obtenir la nullité des AG les ayant adoptées.
2. Quelle fut la procédure antérieure ?
La procédure antérieure :
– En première instance, s’agissant d’une SCI et d’un litige entre associés, M. B. a saisi une
juridiction civile (la chambre fournit une indication précieuse : s’agissant de la 3e chambre
civile, le tribunal de commerce n’était pas compétent pour connaître de ce litige). Vraisem-
blablement, il s’agit d’un TGI qui a rendu un jugement en premier ressort. On ne sait pas si M. B.
a été débouté ou s’il a obtenu gain de cause. Une des deux parties a interjeté appel.
– En deuxième instance : la Cour d’appel de Paris a rendu un arrêt le 22 janvier 2013 par lequel
elle donne gain de cause à M. B. C’est donc la société Bruxys qui forme le pourvoi en cassation.
– Devant la Cour de cassation : le demandeur au pourvoi est la société Bruxys ; le défendeur au
pourvoi est M. B. Le 8 juillet 2015, la Cour de cassation rend un arrêt de rejet.

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Corrigés

3. Le demandeur initial – celui qui a introduit l’instance – a-t-il finalement obtenu gain de

CORRIGÉS
cause ? Pourquoi la notion d’intérêt social est-elle convoquée ?
Solution : M. B. obtient finalement gain de cause puisque la Cour de cassation rend un arrêt de
rejet (elle rejette le pourvoi et confirme ainsi l’arrêt rendu par la Cour d’appel).
La décision d’augmentation du capital social était contraire à l’intérêt social dès lors qu’elle se
trouvait sans cause légitime et n’avait pour seul objet que de diluer la participation du
minoritaire. La Cour d’appel avait donc légalement justifié sa décision d’annuler la délibération
pour abus de majorité.

EXO 03.02 Analyse d’une décision de justice (Civ. 3e, 21 décembre 2017)

1. Quels sont les faits ayant donné lieu à ce contentieux ?


Les faits : à la suite du décès de deux époux, les parts sociales qu’ils détenaient l’un et l’autre
au sein d’une SCI familiale sont transmises en indivision à leurs cinq enfants. Un désaccord
survient relatif à la vente, par la société, de deux villas, opération qui doit faire l’objet d’une
autorisation obtenue en assemblée générale de la société. Refusant cette mise en vente, l’un des
associés cherche à bloquer la décision en ne procédant pas à la désignation indispensable d’un
mandataire (il n’est pas utile de chercher à expliciter davantage les faits car l’intérêt de l’arrêt
consiste à étudier la sanction d’un abus de minorité). La majorité requise n’était pas réunie, mais
la résolution fut néanmoins adoptée. Cet associé sollicite alors l’annulation de la délibération.
2. Quelle fut la procédure antérieure ?
La procédure antérieure : en première instance, l’associé saisit une juridiction civile, probable-
ment un TGI. Il rend un jugement en premier ressort dont on ne connaît pas le contenu. Une des
deux parties interjette appel.
Le 4 juin 2015, la Cour d’appel refuse d’annuler la délibération collective en précisant que le refus
de procéder à la désignation du mandataire caractérisait un abus de minorité de la part de
l’associé ayant introduit l’instance. L’associé forme un pourvoi en cassation.
Le 21 décembre 2017, la Cour de cassation rend un arrêt de cassation.
3. Quelle est la décision rendue par la Cour de cassation ? Comment le droit de vote des associés
est-il protégé ?
Décision rendue par la Cour de cassation : la décision des juges du fond apportant une sanction
« en nature » à l’abus de minorité est cassée. La Cour de cassation ne se prononce pas sur
le point de savoir si l’associé avait commis un abus de minorité (la décision de vendre ces
biens était-elle indispensable à la survie de la SCI ?). La Cour de cassation juge qu’un « abus de
minorité n’est pas susceptible d’entraîner la validité d’une résolution adoptée à une
majorité insuffisante ». Le droit de vote des associés est donc ici particulièrement protégé. La
mauvaise foi – l’arrêt est rendu au visa d’une disposition abrogée visant l’exécution de
bonne foi des contrats – de l’associée ne l’empêche pas de contester la régularité de la décision
adoptée par l’AG. Ainsi, les droits de vote que des associés refusent d’utiliser ne sont pas
neutralisés.

EXO 03.03 Cas pratique : mise en œuvre de la responsabilité civile

Qu’en pensez-vous ?
Solution : il semblerait que la responsabilité du fait des produits défectueux puisse être mise en
œuvre par la société victime d’incendie (article 1245 du Code civil).
Un produit est défectueux lorsqu’il n’offre pas la sécurité à laquelle on peut légitimement
s’attendre. L’expert a exclu la responsabilité de la société qui commercialise et installe le coffret
de commande. Il apparaît que le coffret est à l’origine de l’incendie.

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Le demandeur doit prouver le dommage, le défaut et le lien de causalité entre le dommage et


CORRIGÉS

le défaut.
La société Jackson devra réparer le préjudice subi par la société Viandissimo car il est le
producteur responsable du dommage causé par un défaut de son produit.

EXO 03.04 Cas pratique sur le thème : l’opposabilité des statuts aux tiers

Pierre peut-il obtenir l’annulation de son congé ?


Le problème de droit est le suivant : un tiers -au GFA en l’espèce- peut-il se prévaloir de la violation
des statuts ?
Les statuts ont en principe vocation à régir les rapports internes, c’est-à-dire les rapports entre
associés et dirigeants. Ainsi le législateur affirme que les limitations statutaires apportées aux
pouvoirs du dirigeant sont inopposables aux tiers.
Dans un arrêt rendu le 14 juin 2018, la Cour de cassation (Civ. 3e) a jugé dans cette hypothèse que
le locataire d’un bien appartenant à une société pouvait se prévaloir des statuts du groupement
pour invoquer le dépassement de pouvoir commis par le gérant et ainsi faire annuler le congé
qui lui a été donné par le dirigeant.
Remarque : une clause précisant dans les statuts qu’ils ne peuvent être invoqués par les tiers
aurait-elle permis de débouter le locataire de sa demande ? Il semblerait que non, la Cour de
cassation ayant donné effet à une telle clause.

EXO 03.05 Cas pratique sur le thème du secret des affaires

Le problème de droit est le suivant : la société Meubles Confort peut-elle se prévaloir du secret
des affaires pour obtenir le retrait des articles de presse ?
D’un côté, à compter de son immatriculation au RCS, une société devient un sujet de droit, titulaire
de droits et d’obligations. Parmi les droits protégés, il est parfois délicat d’établir une véritable
correspondance entre les prérogatives reconnues aux personnes physiques. Ainsi en est-il du droit
à la vie privée ou encore du droit à l’honneur qui ne peuvent être attribuées comme tels à une PM.
En revanche, une société a un droit au secret des affaires qui a été réaffirmé à l’occasion de la
transposition d’une directive européenne du 14 avril 2016 portant sur le secret des affaires.
De l’autre, les journalistes ont un droit à l’information. Lorsque le débat est d’intérêt général, les
tribunaux admettent qu’une atteinte proportionnée aux prérogatives individuelles peut être
légitimée.
Remarque 1 : au mois de février 2018, le tribunal de commerce de Paris a ordonné au magazine
Challenges de retirer de son site internet un article sur les difficultés financières de Conforama,
au nom du secret des affaires sous peine d’une astreinte de 10 000 euros par jour (soupçon de
fraude comptable). Il a estimé que la confidentialité s’impose aussi aux journalistes car
l’information ne relevait pas de l’intérêt général (« la défenderesse ne justifie aucunement avoir
poursuivi un but d’information au public sur un sujet d’intérêt général »).
Remarque 2 : le droit à la vie privée figure parmi les droits de la personnalité dont les personnes
physiques seules peuvent se prévaloir (Civ. 1re, 16 mai 2018). Les droits de la personnalité
accordés aux personnes morales ont pour fonction la protection de leurs activités et s’incarnent
dans le droit au secret. Toute société détient des secrets (fichiers clients, étude de marché,
accords commerciaux, savoir-faire technologique...) qui constituent des actifs de l’entreprise et
nécessitent d’être protégés. La transposition de la directive susvisée qui a conduit à la loi du
30 juillet 2018 relative à la protection du secret des affaires a cristallisé des intérêts légitimes
mais contradictoires : d’un côté est privilégiée une concurrence loyale justifiant un certain degré
de secret ou d’exclusivité, justifiant que les « tricheurs » soient condamnés à des DI ; de l’autre,
à l’heure d’un droit à la transparence ou à l’information, certains ont dénoncé à propos de la
proposition de loi une atteinte à la liberté d’informer, œuvrant pour la protection du travail des
journalistes ou de l’action des lanceurs d’alerte.

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Corrigés

Veolia, société de mission

CORRIGÉS
EXO 03.06

1. Quelle disposition de la loi Pacte avait déjà été anticipée chez Veolia ?
Le dirigeant de Veolia souhaite doter la société d’une raison d’être qui doit résoudre le conflit
entre la performance sociale et environnementale et le profit. Elle devra figurer dans les statuts.
2. Qu’est-ce qu’une entreprise (ou société) de mission ?
L’entreprise de mission n’est pas une nouvelle forme juridique. Toutes les entreprises – quels que
soient leur taille et leur secteur – peuvent muer en société à mission (article L. 210-10 du Code de
commerce introduit par la loi Pacte). C’est une qualité, et non une nouvelle forme sociale.
L’entreprise à mission implique l’engagement de l’ensemble des parties prenantes, en particulier
des actionnaires. Toute mission d’intérêt général ou collectif peut figurer dans les statuts (par
exemple lutter contre le réchauffement climatique en supprimant le charbon pour reprendre
l’exemple de Veolia) ce qui suppose une modification des statuts de la société. Ils doivent
préciser les modalités du suivi de l’exécution de la mission mentionnée (comité de mission
distinct des organes sociaux et devant comporter au moins un salarié). Le décret du 2 janvier 2020
a posé les conditions de la déclaration de société à mission auprès du greffe du tribunal de
commerce.
3. Qu’est-ce que le greenwashing ?
Le greenwashing est la stratégie de communication qui pourrait faire croire aux consommateurs
que Veolia agit en faveur de la planète. La journaliste s’interroge sur les réelles intentions du
représentant de Veolia. S’agit-il de « ethic business » qui consiste à pouvoir gagner davantage
d’argent en adoptant un comportement éthique ?
Pour éviter que la qualité de société à mission ne soit considérée comme un traitement de
« greenwashing » (ou de « fairwashing »), la loi Pacte a prévu l’intervention d’un organisme tiers
indépendant (gras seulement pour organisme tiers indépendant). Il contrôle si les objectifs sociaux
et environnementaux que la société s’est assigné sont ou non respectés. la société peut alors être
sanctionnée : le ministère public ou toute personne intéressée peut saisir le président du tribunal
statuant en référé aux fins d’enjoindre, le cas échéant sous astreinte, au représentant légal de la
société de supprimer la mention « société à mission » de tous les actes, documents ou supports
électroniques émanant de la société. Le décret du 2 janvier 2020 prévoit que la vérification de
l’exécution des objectifs sociaux et environnementaux doit intervenir au moins tous les deux ans.
L’organisme tiers indépendant délivre un « avis motivé » accessible au public pendant 5 ans
indiquant notamment si la société respecte ou non les objectifs qu’elle s’est fixés.
4. Qu’est-ce que la RSE ?
La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) conduit les sociétés à intégrer volontairement des
préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs
interactions. La RSE n’implique pas l’engagement de l’ensemble des parties prenantes comme
dans l’hypothèse de l’entreprise à mission. Elle n’apparaît pas suffisante pour le dirigeant de
Veolia. Elle aurait permis une prise de conscience mais elle n’est pas traitée sur le même plan que
l’objectif financier. Le décret du 2 janvier 2020 a posé les conditions de la déclaration de la
qualité de société à mission auprès du greffe du tribunal de commerce.
5. Quelles sont les sanctions qui seront encourues s’il apparaît que Veolia est à l’origine d’une
pratique contribuant au réchauffement climatique ?
Si la loi Pacte prévoit qu’une société doit être gérée dans l’intérêt social, en prenant en considération
les enjeux sociaux et environnementaux de son activité, il n’en reste pas moins qu’il ne s’agit que
d’une obligation de moyens. La sanction ne serait pas juridique mais l’image et la réputation de
Veolia seraient ternies sur les marchés après la diffusion de telles annonces dans la presse.

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CORRIGÉS

4 Les sociétés non immatriculées


EXO 04.01 Cas pratique – Reprise ou absence de reprise ?

Contre qui le propriétaire doit-il se retourner ?


Principe juridique : la question est de savoir si le contrat de bail a été ou non repris par la société :
– s’il a été repris : seule la société est débitrice de l’obligation de payer le loyer. Le propriétaire-
créancier ne peut se retourner contre les associés qui ont une responsabilité limitée.
– Si l’acte n’a pas été repris explicitement après son immatriculation, le propriétaire ne peut se
retourner que contre Simon qui a conclu le contrat de bail. Il n’y avait pas eu de mandat pour
la conclusion du contrat de bail.
Les règles de reprise sont fixées aux articles 1843 du Code civil et L. 210-6 al. 2 du Code de
commerce.
Pour un acte accompli dans le cadre d’un mandat, il y a reprise automatique lors de l’immatri-
culation.
Dans l’hypothèse d’un acte accompli en dehors d’un mandat, une reprise expresse prendra la
forme d’une délibération spéciale postérieure des associés selon des modalités propres à chaque
type de société.
Application au cas : Simon n’avait pas été mandaté pour conclure un contrat de bail. Le contrat
de bail est repris tacitement dans la mesure où c’est la SARL qui s’acquitte des loyers. Pourtant,
à défaut de reprise expresse, le propriétaire ne peut se retourner que contre Simon.

EXO 04.02 Consultation

Que pouvez-vous conseiller à Simon pour augmenter ses chances pour obtenir le règlement
de sa créance ?
Pour exercer ses poursuites contre Arthur et ne pas se contenter du patrimoine d’Anna, le
créancier a intérêt à faire reconnaître l’existence d’une société créée de fait. Pour cela, il devra
seulement se contenter de prouver l’apparence d’une société.
Tout dépend de l’appréciation souveraine des juges du fond des éléments fournis par Simon pour
faire reconnaître l’existence d’une société (Arthur semble très présent, en contact avec les
fournisseurs et les clients...).

EXO 04.03 Cas pratique – Qui va payer les loyers ?

1. Qu’en est-il de la note d’honoraires de Maître Boullain ?


Le présent cas pratique permet de rappeler les différentes modalités de reprise des actes
accomplis pour le compte de la société en formation. L’arrêt permet de mesurer la portée du
refus de la reprise implicite.
L’arrêt permet de distinguer plusieurs hypothèses :
Concernant la note d’honoraires :
Principe juridique : il y a reprise automatique des engagements lors de la signature par les associés
des statuts auxquels est annexé un état des actes accomplis pour le compte de la société.
Application au cas : la note d’honoraire doit être payée par la SARL. Il est fort probable qu’il y
ait eu reprise automatique de cette note (l’énoncé ne précise pas s’il y a eu une annexe portant
sur les actes accomplis avant la signature des statuts). En fonction du passif de la SARL, l’avocat
ne sera peut-être pas rémunéré.

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Corrigés

2. Qui devra régler les salaires non versés de Monsieur Olivier depuis 2 mois ?

CORRIGÉS
Concernant les salaires de Monsieur Olivier :
Principe juridique : il y a également reprise automatique des engagements en cas de mandat
donné par les associés avant l’immatriculation de la société à l’un ou plusieurs d’entre eux.
Application au cas : Nathalie avait reçu mandat de conclure le contrat litigieux. Aussi c’est la SARL
qui est tenue de payer les salaires. Les salariés bénéficient du superprivilège (= garantie légale
leur accordant un droit de préférence permettant d’être payés avant même les créanciers
hypothécaires). Monsieur Olivier a de grandes chances d’obtenir le paiement des salaires non
versés lors des opérations de liquidation.
3. Annie constate un arriéré de loyers de 6 mois. Qui va payer les loyers ?
Concernant les loyers dus à Annie :
Principe juridique : en dehors des hypothèses avancées précédemment (reprise automatique
visée dans les hypothèses des honoraires de l’avocat et les salaires du conseiller des achats), il
peut également y avoir une reprise après l’immatriculation par une décision collective des
associés à la majorité, sauf clause contraire des statuts.
Application au cas : il n’y a pas eu de décision collective expresse permettant la reprise du contrat
de bail commercial (et pour lequel Nathalie n’avait pas reçu mandat). Il y a seulement eu une
reprise implicite (le paiement des loyers par la SARL). La Cour de cassation marque une très
grande rigueur dans l’application des règles de droit et refuse de considérer la reprise implicite
comme un mode de reprise. La SARL n’est donc pas tenue de payer les loyers impayés puisqu’il
n’y a pas eu reprise du contrat de bail. Cela signifie qu’Annie peut se retourner contre Nathalie
qui est restée engagée à titre personnel.

EXO 04.04 Cas pratique – Médaille d’or audonienne

1. Le contrat de bail conclu avec la société Médaille d’or audonienne, représentée par Hisaé,
Adèle et Wilfried sera-t-il valable ?
Si la société Médaille d’or audonienne n’est pas immatriculée lors de la signature du contrat de
bail, elle n’a pas la personnalité juridique ; elle est donc dépourvue de capacité à s’engager. En
application des conditions communes de validité des contrats (cf. UE 1), le contrat est alors nul.
Remarque. Cela n’empêche pas les parties, dans les faits, d’exécuter leur prestation : la société
Médaille d’or audonienne en tant que preneur à bail, une fois immatriculée, de jouir du local et
le bailleur, la société Mäissane Immobilier de percevoir le loyer. Toutefois, en cas de liquidation
judiciaire de la société, le bailleur ne pourra pas obtenir des associés et gérant le remboursement
des loyers impayés. C’est le cas de l’arrêt d’espère figurant en annexe.
2. À quelles conditions ce contrat de bail pourrait-il être repris par la société Médaille d’or
audonienne, une fois immatriculée ?
Si le contrat ne fait que mentionner qu’il a été conclu par une société représentée par ses trois
associés, il ne pourra pas faire faire l’objet d’une reprise après l’immatriculation de la société.
Pour être repris, le contrat de bail doit préciser qu’il est conclu pour le compte de la SARL Médaille
d’or audonienne en formation et il doit faire l’objet d’une reprise, conformément aux disposi-
tions légales (après l’immatriculation, il y a possibilité d’une reprise expresse).
3. À quelles conditions la société Mäissane Immobilier pourrait-elle se retourner contre les trois
amis en cas de difficultés financières de la société Médaille d’or audonienne ?
La société Maïssane Immobilier ne serait recevable à agir contre les trois amis que si elle
parvenait à démontrer que :
– les 3 amis ont contracté pour le compte de la société en cours de formation
– et, que la société, après avoir acquis la personnalité morale, n’a pas repris le contrat de bail.

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Il ressort de l’arrêt figurant en annexe qu’il reviendrait au pouvoir souverain des juges du
CORRIGÉS

fond d’interpréter le contrat de bail (conclu entre les 3 amis et la société Maïssane Immo-
bilier) et de retenir si la formulation de ce dernier démontre sans ambiguïté que c’est
SARL Médaille d’or audonienne elle-même qui avait conclu le contrat et non ces trois personnes
agissant pour son compte, peu important qu’il ait été mentionné que celle-ci était en cours
d’immatriculation.

5 Le fonctionnement et le contrôle de la société


EXO 05.01 Cas pratique – La SARL VD

1. Les contrats passés par B sont-ils valables ?


Problème juridique : les pouvoirs du gérant.
Principes juridiques : Dans l’ordre externe, le gérant a les pouvoirs les plus étendus pour agir en
toute circonstances au nom de la société. Il exerce ses pouvoirs dans la limite de l’objet social.
Toutefois, pour les SARL, les dépassements de l’objet social sont sans effets à l’égard des tiers
de bonne foi. Le gérant doit encore respecter les limites qui résultent des pouvoirs conférés
par la loi à d’autres organes. Enfin, les clauses statutaires limitant ses pouvoirs sont inopposables
aux tiers.
Application au cas : L’achat de fourniture et la conclusion d’un bail commercial relèvent de la
gestion de la société et sont donc a priori valablement passés par le gérant.
La question de la limite de l’objet social aurait pu être invoquée si les statuts limitent l’activité
de la société à la fabrication de de tablettes et bonbons de chocolat et n’inclut pas leur
commercialisation directe. Toutefois, s’agissant d’une SARL, la société VD est engagée, même
par les actes qui dépassent l’objet social si les tiers sont de bonne foi. Ici, il n’y a pas de raison
pour remettre en cause la bonne foi de la coopérative brésilienne.
La clause de l’article 10 des statuts est inopposable aux tiers, de sorte que l’absence d’autori-
sation ne peut être invoquée pour remettre en cause les commandes.
Ainsi, les deux contrats sont valables.
2. Que peuvent faire Emmanuel et Christine ?
Problème juridique : responsabilité civile du dirigeant à l’égard des associés – action sociale
Principes juridiques : À l’égard des associés, le dirigeant répond de ses fautes de gestion, de la
violation des statuts et de la violation des lois et règlements. Dès lors que la société subit un
préjudice, l’action sociale peut être mise en œuvre. Si les dirigeants n’agissent pas, les associés
peuvent agir ut singuli.
Application au cas : Emmanuel et Christine pourront demander réparation des éventuels
préjudices subis par la société : le contrat de bail semble pourrait violer l’objet statutaire ; les
contrats de fourniture pourraient relever de la faute de gestion, et ont en tout état de cause été
passés en violation des statuts. Par ailleurs, en raison de la violation des statuts, ils peuvent
révoquer Bernard pour juste motif, s’ils détiennent la majorité des parts, lors de la prochaine
assemblée ou peuvent demander en justice sa révocation pour cause légitime.

EXO 05.02 Cas pratique – La SARL Créabille

1. Qui est compétent pour décider le changement de dénomination sociale de la SARL


Créabille ?
Problème juridique : Organe compétent pour modifier les statuts
Principes juridiques : La dénomination sociale est mentionnée dans les statuts. Pour la modifier,
il faut convoquer une assemblée générale extraordinaire, seule compétente pour modifier les

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Corrigés

statuts. (S’agissant d’une SARL constituée après 2005, la décision est prise à la majorité des 2/3

CORRIGÉS
des parts des associés présents et représentés).
Application au cas : L’AGE est seule compétente, le changement de dénomination sociale décidé
par Pierre est nul.
2. Inquiet quant aux frais exposés pour rémunérer le consultant et renouveler l’équipe de
commerciaux, Jérôme Diesse peut-il demander la désignation d’un expert de gestion ? Sa
demande a-t-elle des chances d’aboutir ?
Problème juridique : Expertise de gestion
Principes juridiques : Un ou plusieurs associés représentant au moins le dixième du capital social
peuvent, soit individuellement, soit en se groupant, demander en justice la désignation d’un
expert chargé de présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion.
Les juges font droit à une demande sérieuse, en cas de présomptions d’irrégularité grave ou en
cas de menace à l’intérêt social.
La mission de l’expert ne peut porter que sur une ou plusieurs opérations de gestion (et non
l’ensemble de la gestion), ces opérations étant de la compétence du gérant (et non des associés).
Application au cas : En l’espèce, Jérôme détient plus de 10 % des parts (60 %). L’embauche d’un
consultant, les licenciements des commerciaux existants et l’embauche de nouveaux commer-
ciaux relèvent bien de la compétence du gérant. L’opération dans l’ensemble peut représenter
un coût trop important pour la SARL VD et menacer l’intérêt social. Sa demande peut donc
aboutir.

EXO 05.03 Cas pratique – Une SAS en pleine croissance

1. La SAS doit-elle désigner un CAC ?


Problème juridique : Obligation de nomination du CAC dans la SAS
Principes juridiques : Une SAS est tenue de nommer un commissaire aux comptes, si, à la clôture
d’un exercice, elle dépasse 2 des 3 seuils suivants :
– 4 000 000 d’euros de total de bilan ;
– 8 000 000 d’euros de chiffre d’affaires ;
– 50 salariés.
Application au cas : En l’espèce, les seuils relatifs au chiffre d’affaires et aux salariés étant
dépassés, la SAS doit nommer un commissaire aux comptes.
2. La SAS peut-elle nommer Monsieur Masset en tant que CAC ?
Problème juridique : La nomination du CAC
Principes juridiques : Le CAC est nommé par l’AGO. Il doit s’agir d’une personne physique ou
morale inscrite sur la liste près la cour d’appel. Le choix de la personne est libre, toutefois, pour
garantir l’indépendance du CAC, des incompatibilités et interdictions existent. Le CAC ne doit pas
être salarié ou commerçant et doit s’abstenir de tout acte ou activité de nature à remettre en
cause son indépendance. En outre, vis-à-vis de la personne contrôlée, il doit s’abstenir de toute
prise d’intérêt et éviter les liens personnels, financiers et professionnels prévus par le Code de
déontologie. Les liens d’amitiés ne font pas partie des liens personnels visés à l’article 25 du Code
de déontologie. Mais il est interdit au CAC de fournir d’autres services à l’entité contrôlée.
Application au cas : Les liens d’amitié avec le président de l’entité contrôlée doivent être pris en
compte par le CAC pour apprécier son indépendance (ce qui est confirmé par l’article 5 du même
code). En tout état de cause, parce qu’il est son expert-comptable, il ne peut être en même temps
son CAC.

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3. Le CAC de la SAS peut-il contribuer à une présentation favorable des comptes de la SAS ?
CORRIGÉS

Problème juridique : Missions et responsabilité du CAC


Principes juridiques : L’audit prévu par le législateur et réalisé par le CAC a pour objet de certifier
que les comptes annuels sont réguliers (conformes aux règles applicables), sincères (application
de bonne foi des règles) et donnent une image fidèle du résultat, de la situation financière et du
patrimoine de l’entreprise (notion qui vient en complément pour jauger la réalité économique).
Le CAC doit s’assurer de la conformité de l’information donnée aux actionnaires à cette réalité.
Le CAC a une obligation d’alerte sur tout fait de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation.
Le CAC engage sa responsabilité pénale pour confirmation d’information mensongère.
Application au cas : si les finances de la société sont dégradées, cela doit se traduire dans les
comptes annuels et dans la communication adressée par le dirigeant aux associés. Si des
irrégularités sont présentes pour dissimuler cette situation le CAC peut certifier avec réserves,
voire refuser de certifier les comptes.
S’il certifie des comptes qu’il sait mensongers, il engage sa responsabilité pénale pour confir-
mation d’informations mensongères (sur ce point Cf. chapitre 27)
Si la situation est de nature à provoquer la cessation de paiement, le CAC de la SAS doit exercer
son devoir d’alerte.

6 Le droit des entreprises en difficulté


EXO 06.01 Analyse d’un article de presse Le Monde 10 avril 2017
1. Distinguez mandat ad hoc et conciliation.
Mandat ad hoc : il s’agit d’une procédure de prévention du traitement des difficultés des
entreprises, qui consiste pour le débiteur à demander la nomination en justice d’un mandataire,
qui aura pour mission de cherche à résoudre les difficultés financières, économiques ou
juridiques que rencontrent l’entreprise.
Conciliation : il s’agit également d’une procédure de prévention du traitement des difficultés des
entreprises, qui consiste pour le débiteur à demander la nomination d’un conciliateur, qui aura
pour mission de négocier un accord entre le débiteur et ses créanciers.
2. Expliquez les facteurs de réussite de ces procédures : confidentialité et « prises en amont
des problèmes ».
Ces deux procédures ont du succès car :
– elles sont confidentielles. Contrairement aux procédures de sauvegarde, de redressement ou de
liquidation, elles ne donnent pas lieu à publication. Les partenaires de l’entreprise qui rencontre
des difficultés ne sont pas obligatoirement informés de la procédure et des difficultés ;
– elles se déroulent en « amont ». Elles ne sont possibles que si la société n’est pas en cessation
de paiements (l’actif disponible est toujours supérieur au passif exigible), même si la procédure
de conciliation peut être utilisée jusqu’à 45 jours après la cessation de paiements. La situation
de l’entreprise n’est donc pas trop compromise.

EXO 06.02 Analyse d’un article de presse Capital 18 janvier 2019


1. Expliquez pour quelles raisons le tribunal a choisi de convertir la procédure de sauvegarde
en procédure de redressement, et non en procédure de liquidation.
Le tribunal a rejeté le plan de sauvegarde présenté car il a probablement estimé que ce qu’il
prévoyait était insuffisant pour que les entreprises concernées ne soient plus en situation de
difficulté. Il a d’ailleurs converti cette procédure de sauvegarde en procédure de redressement,

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Corrigés

ce qui indique que les sociétés sont en situation de cessation de paiements (l’actif disponible ne

CORRIGÉS
permet plus de régler le passif exigible). En revanche le tribunal n’a pas choisi la procédure de
liquidation, car il estime que la situation des entreprises n’est pas irrémédiablement compromise.
2. Expliquez l’utilité de la période d’observation dont il est question ici.
Cette période a pour but d’étudier les chances de redressement de l’entreprise et d’aboutir à un
plan de redressement.
3. Expliquez en quoi cette situation retarde le paiement des créances dues par les sociétés de
Bernard Tapie.
À compter du jugement d’ouverture de sauvegarde ou de redressement, le débiteur n’a plus le
droit de payer les créances nées antérieurement et de payer certaines créances nées posté-
rieurement (créances qui ne sont pas conclues pour les besoins du déroulement de la procédure
ou en contrepartie d’une prestation fournie au débiteur).
De plus, le jugement d’ouverture interrompt ou interdit toute action en justice (et toute
procédure d’exécution) de la part des créanciers relativement à leurs créances, que ce soit pour
en obtenir le paiement ou pour obtenir la résolution du contrat pour défaut de paiement.

EXO 06.03 Analyse d’un arrêt de la chambre commerciale de la Cour de cassation


en date du 5 septembre 2018 – insuffisance d’actif
1. Expliquez les notions d’insuffisance d’actif et de faillite personnelle.
L’insuffisance d’actif correspond pour une société qui a été mise en liquidation judiciaire à n’avoir
pas pu rembourser l’intégralité de ses dettes lors de cette procédure. Le tribunal, à la demande
du liquidateur, du ministère public ou de la majorité des créanciers nommés contrôleurs peut
demander à ce que le chef d’entreprise comble cette insuffisance d’actif sur ses propres biens.
La faillite personnelle consiste pour le chef d’une entreprise en situation de redressement ou de
liquidation judiciaire à se voir condamner par le tribunal à la demande des mêmes personnes que
pour l’insuffisance d’actif (plus le mandataire judiciaire de la procédure de redressement) à une
interdiction de gérer ou de diriger une nouvelle entreprise. Cette sanction est prononcée si le
comportement du chef d’entreprise a été fautif et a provoqué la procédure collective en cause.
2. Pour quelle raison M. X se voit condamner à une interdiction d’exercer pendant 5 ans par
la cour d’appel ?
La cour d’appel condamne M. X gérant d’une société qui a été mise en liquidation judiciaire à une
interdiction de gérer pour 5 ans (faillite personnelle), car il a poursuivi l’activité de son entreprise
de manière abusive, celle-ci étant fictive et déficitaire, ce qui a immanquablement débouché sur
l’état de cessation des paiements.
3. Expliquez la solution de la Cour de cassation.
La Cour de cassation casse et annule la décision de la cour d’appel, pour prononcer cette sanction,
il aurait fallu que M. X poursuive l’activité de son entreprise dans un intérêt personnel, or ce n’était
visiblement pas le cas.

7 La disparition de la société
EXO 07.01 Extinction de l’objet social
1. Distinguez extinction et réalisation de l’objet social. Dans quel cas sommes-nous ici ?
L’extinction et la réalisation de l’objet social sont des causes de dissolution d’une société. Il y a
extinction lorsque l’activité prévue dans l’objet social ne peut plus être poursuivie, car cela est
impossible. Il y a réalisation lorsque l’activité prévue dans l’objet social est achevée, la société

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a donc réussi à faire ce pour quoi elle avait été constituée. Ici une société exploite un fonds de
CORRIGÉS

commerce de supermarché et accessoirement un fonds de commerce de station-service. Le bail


du supermarché n’est pas renouvelé et l’activité ne se poursuit qu’avec la station-service. Un des
associés demande cependant la dissolution de la société, car il estimait que l’objet social se
limitait à l’exploitation du fonds de commerce de supermarché, et qu’avec la disparition de
celui-ci, l’objet de la société s’est éteint.
2. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
La perte d’un fonds de commerce se traduisant par l’abandon de l’activité principale prévue dans
l’objet social d’une société, signifie-t-elle extinction de celui-ci et donc dissolution de la société ?
3. Quels sont les arguments des demandeurs au pourvoi ?
La société G et A distribution, et certains de ses associés (M. M... et Mme Solange D) s’opposent
à la dissolution aux motifs que :
– la perte du fonds de commerce de supermarché ne signifie pas extinction de l’objet de la société,
car l’objet social n’exclut pas expressément la possibilité d’une reprise ultérieure de l’activité ;
– les statuts prévoient que l’objet social ne se limite pas à l’exploitation du fonds de commerce
de supermarché, mais prévoit aussi toutes les activités secondaires pouvant s’y rattacher.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation rejette le pourvoi, elle confirme l’arrêt de la Cour d’appel qui prononce la
dissolution de la société pour extinction de l’objet social.
L’objet social de la société se limite exclusivement à l’exploitation d’un fonds de commerce de
supermarché et l’activité d’exploitation de la station-service ne peut se rattacher à cet objet.
5. Quel sera le rôle du liquidateur nommé par la Cour d’appel ?
Le liquidateur nommé par la Cour d’appel est responsable de la liquidation de la société,
c’est-à-dire de l’ensemble des opérations destinées à faire l’inventaire de l’actif et du passif de
la société en dissolution, à désintéresser les créanciers, à répartir le cas échéant le reste de l’actif
(capital social et boni de liquidation) entre les associés et à demander aux associés de constater
la fin de la PM de la société.

EXO 07.02 Analyse d’un arrêt de la chambre commerciale de la Cour de cassation


en date du 3 mai 2018 – mésentente entre associés

1. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?


Le fait qu’un associé ne respecte pas ses obligations sans que cela n’entraîne la paralysie de la
société peut-il justifier la dissolution anticipée de la société pour justes motifs ?
2. Quels sont les arguments de la demanderesse au pourvoi ?
Mme Z estime que la Cour d’appel aurait dû prononcer la dissolution de la société, car M. X...Y...
a fait acquérir par la société son fonds libéral à un prix surévalué en ne respectant pas les règles
relatives aux conventions réglementées (il s’agit de conventions passées entre la société et un
de ses dirigeants ou un de ses associés, et dont les risques de conflit d’intérêt imposent de suivre
une procédure particulière). Il n’a donc pas respecté ses obligations ce qui est une cause de
dissolution pour justes motifs, peu importe que la société ne soit pas paralysée par cette attitude.
3. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation rejette le pourvoi, elle confirme l’arrêt de la Cour d’appel qui refusait de
prononcer la dissolution de la société pour justes motifs. Le juste motif se comprend comme
l’attitude d’un associé qui ne respecte pas ses obligations, ce qui amène la paralysie de la société,
sans cette paralysie il ne peut y avoir de dissolution.

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Corrigés

4. Mme Z pourra-t-elle finalement obtenir la dissolution de la société, par exemple en paralysant

CORRIGÉS
elle-même le fonctionnement de la société ou en servant d’une autre cause de dissolution ?
Mme Z ne pourra pas obtenir la dissolution si elle est la cause de la paralysie de la société. Elle
peut en revanche mettre à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, une proposition
pour que soit votée la dissolution anticipée. Il lui faudra obtenir une majorité égale à celle
nécessaire à la modification des statuts et que ce vote ne constitue pas un abus de majorité.

8 La société en nom collectif


EXO 08.01 Cas pratique – La SNC Armand

1. Les contrats conclus sont-ils valables ?


Problème de droit : quelle est l’étendue des pouvoirs du gérant de SNC ?
Règles de droit : Dans l’ordre externe, le gérant d’une SNC a les pouvoirs les plus étendus pour
agir en toute circonstances au nom de la société dans la limite l’objet social et sous réserve des
pouvoirs que la loi réserve à d’autres organes. Il exerce ses pouvoirs dans la limite des clauses
statutaires, mais celles-ci sont inopposables aux tiers.
Application : En l’espèce, la conclusion d’un contrat de travail, des contrats de vente de matériel
ainsi que le contrat de prestation de service avec l’expert-comptable sont des actes de gestion
courante. Ils entrent dans l’objet social et dans les pouvoirs du gérant.
Quelques mois plus tard Jeanne a conclu seule, sans en informer son mari, un contrat avec une
société de livraison de colis pour assurer un revenu complémentaire à la société. Xavier est
opposé à cette diversification.
2. Le contrat est-il valable ? Que peut faire Xavier Armand ?
Problème de droit : quelle est l’étendue des pouvoirs du gérant de SNC ? Quel est l’effet de la
cogérance ?
Règles de droit : En cas de cogérance, sauf clause contraire des statuts chaque gérant dispose
séparément des pouvoirs d’engager la société. Un gérant ne peut empêcher un autre gérant
d’agir que par opposition préalable. Cette dernière n’a d’effet à l’égard des tiers que s’ils en ont
eu connaissance.
Application : Jeanne dispose des pouvoirs d’engager la société seule en tant que co-gérante.
Xavier ne semble pas avoir manifesté son opposition avant la conclusion du contrat car il n’était
pas informé.
Le seul point qui lui permettrait de remettre en cause le contrat serait une contrariété avec l’objet
social. Si celui-ci a été rédigé strictement, la vente de tabac et de presse ne sauraient relever de
la même activité de que le dépôt de colis. S’il parvient à démontrer que l’acte excède l’objet social,
il peut en obtenir la nullité.

EXO 08.02 Analyse d’arrêt – Formalisme de la cession de parts dans la SNC

Après avoir rappelé les conditions de cessions des parts sociales dans la SNC, expliquez le
problème de droit et la portée de l’arrêt.
La cession de parts sociales dans une SNC requiert le consentement unanime de tous les associés,
nommé agrément. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Du point de vue de la forme, la cession doit être constatée par écrit.
Elle est opposable à la société, soit par signification de la cession à la société par acte d’huissier
ou acceptation dans un acte authentique (article 1690 du Code civil), soit par dépôt de l’original
de l’acte de cession au siège social contre remise par le gérant d’une attestation de ce dépôt. Elle
n’est opposable aux tiers qu’après accomplissement de ces formalités et après publication au
Registre du commerce et des sociétés.

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Problème de droit : Quelle est la sanction du défaut d’agrément de la cession de parts sociales
CORRIGÉS

dans une SNC ?


Portée de l’arrêt : L’agrément unanime à la cession est la marque de l’intuitu personae qui règne
dans la SNC. La cession ne saurait donc avoir d’effet vis-à-vis des associés ou de la société. La
Cour a ici estimé que la sanction n’était pas la nullité de l’acte à l’égard de tous, mais seulement
l’inopposabilité à la société et aux associés. En effet, la cession reste valable entre les parties.
La solution est rigoureuse pour le cessionnaire qui ne pourra que demander la résolution pour
inexécution et ne pourra pas bénéficier des droits des associés (vote, dividendes) alors qu’il a
payé le prix.

EXO 08.03 Analyse de statuts – La SNC Sportdiva

Lire l’extrait de statuts, relever les clauses illégales et les corriger.


Les articles 2 et 3 sont légaux. Les trois autres articles comportent des erreurs.
Article 5 – Durée
Cette clause est illégale : la durée maximale d’une société est de 99 ans.
Clause nouvelle :
La durée de la société est fixée à 99 ans à compter du jour de son immatriculation au registre
du commerce et des sociétés de Pontoise, sauf dissolution anticipée.
Article 12 – Nomination et révocation du gérant
Les associés ont choisi une gérance collective et statutaire ce qui peut avoir de lourdes
conséquences pour l’avenir de la société mais est parfaitement légale.
Le mode de révocation en revanche est illégal : la décision doit être prise à l’unanimité des autres
associés.
Clause nouvelle :
La société est administrée par un gérant, associé, nommé dans les statuts. Andrea et Anaïs
Novaparma sont désignés gérants pour une durée de cinq ans indéfiniment renouvelables.
La révocation du ou des gérant(s) statutaire(s) associé(s) doit intervenir sur juste motif et selon
les modalités suivantes, sauf demande de révocation présentée par tout associé en justice pour
cause légitime :
– la révocation d’un gérant ne peut être décidée qu’à l’unanimité des autres associés. (Cette
révocation n’entraîne pas la dissolution de la société).
– Le gérant révoqué peut décider de se retirer de la société et demander le remboursement de
ses parts sociales dont la valeur sera, à défaut d’accord amiable, déterminée conformément
à l’article 1843-4 du Code civil.
– Cette décision de retrait doit être notifiée dans les quinze jours de la révocation à chacun des asso-
ciés avec demande d’avis de réception ; à défaut le gérant révoqué conserve la qualité d’associé.
– Les autres associés peuvent désigner un tiers pour acquérir les parts sociales du gérant qui
exerce sa faculté de retrait.
Article 13 – Pouvoirs de la gérance
La clause était illégale car le gérant n’engage la société que dans le cadre de l’objet social. Dans
la mesure il y a pluralité de gérant mieux vaut préciser leurs rapports.
Clause nouvelle :
1. Dans les rapports avec les tiers, le gérant unique, ou chacun des gérants, s’ils sont plusieurs,
engage la société par tous les actes entrant dans l’objet social. En cas de pluralité de gérants,
l’opposition formée par l’un d’eux aux actes d’un autre gérant est sans effet à l’égard des tiers,
à moins qu’ils en aient eu connaissance.
2. Dans les rapports avec la société et les associés, le gérant ou chacun des gérants pourra faire
tous les actes dans l’intérêt de la société. En cas de pluralité de gérants, chacun d’eux a le droit
de s’opposer à une opération envisagée par l’un d’eux avant qu’elle soit conclue.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 19 folio : 19 --- 24/5/022 --- 13H47

Corrigés

CORRIGÉS
9 La constitution de la société anonyme
EXO 09.01 Cas pratique

1. Que pensez-vous de la faisabilité du projet et de leurs craintes quant au capital social ?


Principes juridiques : une société anonyme n’offrant pas de titres financiers au public doit réunir
au moins 2 actionnaires et le capital social minimum est de 37 000 1. Concernant les apports en
numéraire, la totalité du capital social doit être souscrite avant la signature des statuts, mais la
loi n’impose que la libération immédiate d’au moins la moitié des apports en numéraire. Le solde
est à libérer au plus tard dans les 5 ans de l’immatriculation au RCS de la société.
Application au cas : les actionnaires sont au nombre de 3, ce qui est possible. Elles réunissent
plus de la moitié du capital social exigé (20 000 1 contre 18 500 1 exigés lors de la constitution).
Elles peuvent constituer la SA au regard de ces 2 aspects.
2. Quel avantage particulier Yaël peut-elle obtenir ? Quelles en sont les conditions ?
Principe juridique : les apports en industrie sont interdits dans la société anonyme. Des
avantages particuliers peuvent être reconnus par les statuts lors de la création de la société (ou
en cours de vie sociale), par exemple un dividende préciputaire (c’est-à-dire prélevé en priorité).
Afin de protéger les autres actionnaires, une procédure dite des avantages particuliers doit être
suivie : intervention d’un commissaire aux apports chargé d’apprécier la valeur de l’avantage
particulier et vote d’une assemblée générale statuant sur l’octroi de l’avantage particulier
(l’assemblée statue aux conditions de quorum et de majorité prévues pour les assemblées
générales extraordinaires ; le bénéficiaire ne participe pas au vote).
Application au cas : Yaël ne peut réaliser un apport en industrie. En revanche, un avantage
particulier peut lui être accordé si les formalités sont respectées (intervention d’un CAA et vote
d’une AG auquel Yaël ne participera pas).
3. Nathalie souhaiterait récupérer la somme de 8 000 3 qu’elle a apportée pour se lancer dans
un nouveau projet. Que pouvez-vous lui conseiller ?
Principe juridique : en l’absence d’immatriculation de la SA dans un délai de 6 mois à compter
du dépôt des fonds, une procédure de retrait est prévue. Les souscripteurs peuvent désigner à
l’unanimité un mandataire chargé de retirer les fonds auprès du dépositaire ou bien tout
souscripteur peut demander en justice la nomination d’un mandataire chargé de retirer les fonds
pour les restituer aux souscripteurs.
Application au cas : si le délai de 6 mois est expiré, les souscripteurs peuvent désigner à
l’unanimité un mandataire chargé de retirer les fonds ou bien Nathalie pourra demander en
justice la nomination d’un mandataire à cette fin.

10 La société anonyme : la direction


EXO 10.01 Cas pratique – La SA Chaboté

Est-ce possible ?
Quelles sont les règles de cumul des mandats ?
Règles juridiques :
Les mandats sociaux dans les SA ayant leur siège social en France sont limités :
– s’agissant des mandats d’administrateurs : la limite particulière est de 5 mandats d’adminis-
trateurs et la limite globale est de 5 mandats d’administrateurs, de membres du conseil de
surveillance, de directeur général, de directeur général unique ou de membre du directoire.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 20 folio : 20 --- 24/5/022 --- 13H47

Deux exceptions existent :


CORRIGÉS

Il est possible au titulaire d’un mandat d’administrateur auprès d’une société mère de cumuler
un nombre illimité de mandats dans les sociétés filiales de elle-ci.
Il est par ailleurs possible de cumuler jusqu’à 5 mandats d’administrateurs parmi les filiales
sans être titulaire d’un mandat auprès de la société mère.
– s’agissant des mandats de directeur général, le titulaire d’un mandat de DG, membre du
directoire ou directeur général unique : la limite est d’un seul mandat.
Deux exceptions existent :
Il est possible au titulaire d’accepter un autre mandat dans une société contrôlée.
Il est également possible d’accepter un second mandat dans une autre SA, à condition que les
deux sociétés ne soient pas cotées.
Application : au regard de l’application des règles de cumul des mandats, monsieur Chava
détient :
– 1 mandat dans la SA Chaboté (les mandats d’administrateur, de président du conseil
d’administration et de directeur général dans la même société ne comptent que pour un seul
mandat)
– 4 mandats dans les 4 SA filiales.
Avec ses 5 mandats, il respecte avant l’acquisition, tant la règle relative aux administrateurs, que
celle relative aux mandats de DG, membre du directoire, directeur général unique.
Monsieur Chava peut détenir d’un nouveau mandat de PDG dans une SA contrôlée :
– à l’égard de la règle de cumul des administrateurs, le cumul est possible car il s’agira à nouveau
d’une société contrôlée par la société dans lequel il est administrateur. Le compteur sera
« arrêté à 5 ».
– à l’égard de la règle de cumul des mandats de DG, membre du directoire, directeur général
unique, le cumul est là aussi possible car la société sera contrôlée par la première société. Il
se situe dans le cadre de la première exception.

EXO 10.02 Cas pratique – La SA Beauchamp

1. Les candidats peuvent-ils être nommés ?


Problème juridique : à quelles conditions une personne peut-elle être nommée administrateur ?
Règles juridiques : il faut :
– être une personne physique ou morale,
– être actionnaire ou non,
– être dotée de la capacité civile,
– ne pas être atteint par la limite d’âge (le tiers des administrateurs en fonction ne doit pas avoir
plus de 70 ans sauf clause contraire des statuts),
– respecter la législation relative au cumul des mandats,
– avoir été antérieurement nommé si l’on salarié, sauf si la société est une PME. Il faut encore
respecter la règle du tiers : le nombre des administrateurs liés à la société par un contrat de
travail ne doit pas excéder le tiers des administrateurs en fonction. Il faut enfin respecter le
droit commun (exercer un emploi effectif et fonction distincte et être lié à la société par un
lien de subordination).
Application :
En l’espèce, tous deux sont des personnes physiques majeures et a priori capables. Il n’y a pas
de question concernant le cumul des mandats.
Pour Monsieur Bayere : il n’est pas atteint par la limite d’âge mais il est salarié. Il faut donc vérifier
qu’il exerce un emploi effectif, une fonction distincte et est lié à la société par un lien de

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 21 folio : 21 --- 24/5/022 --- 13H47

Corrigés

subordination. Ce semble être le cas ici car les fonctions d’ingénieurs agronomes sont techniques.

CORRIGÉS
La condition d’antériorité applicable ici car la SA Beauchamp n’est pas une PME est satisfaite. Il peut
donc être nommé à condition qu’il n’y ait pas plus d’un autre administrateur salarié.
Pour Madame Monsantès : elle n’est pas salariée mais (à moins que les statuts n’aient retenu un
autre âge), elle est frappée par la limite d’âge de 70 ans. Il y a lieu d’appliquer la règle du tiers :
elle ne peut être nommée que s’il y a au plus un autre administrateur ayant atteint la limite de
70 ans.
2. Comment peuvent-ils être nommés ?
Problème juridique : quel est l’organe compétent pour nommer des administrateurs ?
Règles juridiques : la compétence pour nommer des administrateurs appartient à l’assemblée
générale ordinaire. Toutefois, à titre provisoire, le conseil d’administration peut nommer un ou
plusieurs administrateurs, jusqu’à la plus prochaine assemblée générale ordinaire, c’est la
cooptation. Elle est obligatoire lorsque le nombre d’administrateurs en fonction excède le
nombre minimal légal (3) sans atteindre le minimum statutaire. Elle est facultative si le nombre
excède le minimum statutaire. Elle est interdite lorsque le nombre est inférieur au minimum légal.
En l’espèce, le minimum statutaire d’administrateurs est de 6. Le départ à la retraite de Monsieur
Rouille fait tomber le nombre à 5. La cooptation d’un membre est obligatoire. Celle d’un second
est facultative. Ainsi, si Monsieur Mildiou souhaite agir rapidement, et que les membres du CA sont
d’accord avec ces nominations, il peut faire procéder à la cooptation de Monsieur Bayere et de
Madame Monsantès en attendant la prochaine assemblée générale – qui pourra ratifier ce choix.

EXO 10.03 Cas pratique – La SA Charivari

La société est-elle tenue par les actes accomplis par Monsieur Variaton ?
Problème de droit : quels sont les pouvoirs du directeur général ? Quel organe doit donner les
cautions, avals et garanties ?
Principes juridiques : le directeur général représente la société. À l’égard des tiers il a les pouvoirs
les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. Il exerce ces pouvoirs
dans la limite des pouvoirs reconnus par la loi à d’autres organes. Il doit respecter l’objet social.
Mais la société est engagée même par les actes qui excèdent cet objet.
Le CA autorise les cautions, avals et garanties donnés par le directeur général. Cette autorisation
est donnée pour un an maximum, préalablement à la passation des actes et pour un montant
déterminé. Si les engagements ont été donnés pour un montant supérieur à la limite globale, le
dépassement ne peut être opposé aux tiers qui n’en ont pas eu connaissance, sauf si
l’engagement donné excéde à lui seul l’une des limites globale ou particulière fixée par le conseil
d’administration. Il est inopposable à la société.
Application : en l’espèce, concernant l’emploi de l’enquêteur privé, Monsieur Variaton a agi en
dehors de l’objet social et de l’intérêt social. Toutefois, la société est engagée même au-delà de
cet objet. Elle devra donc payer l’enquêteur mais pourra rechercher la responsabilité de son
directeur général.
S’agissant de la caution de Monsieur Variaton en garantie du prêt souscrit par le sous-traitant :
le pouvoir d’engager la société est bien celui du directeur général. Toutefois, celui-ci doit
respecter les autorisations données par le conseil d’administration. Le montant global autorisé
par le CA de 100 000 euros est dépassé par cet acte seul. Dans la mesure où l’acte excède à lui
seul la limite globale fixée par le conseil, le dépassement est opposable aux tiers. La banque de
l’enquêteur ne pourra rechercher la garantie de la banque, au moins pour la portion de la dette
supérieure aux 100 000 (pour le reste de la somme, la question est discutée en doctrine).

21
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 22 folio : 22 --- 24/5/022 --- 13H47

Cas pratique – La constitution d’une SA dualiste


CORRIGÉS

EXO 10.04

1. Peuvent-ils légalement être seuls membres du directoire ?


Problème de droit : à quelles conditions sont désignés les membres du directoire ?
Principes juridiques : les membres du directoire sont des personnes physiques, actionnaires ou
non, qui ont moins de 65 ans.
Leur nombre est fixé par les statuts entre 2 et 5 (un directeur général unique peut être nommé
dans les SA dont le capital minimum est de 150 000 euros). Ils sont nommés par le conseil de
surveillance.
Application : les deux amis Ahmed et Christophe semblent respecter la condition d’âge. Ils
peuvent n’être que 2.
2. Tous les associés peuvent-ils être membres du conseil de surveillance ?
Problème de droit : à quelles conditions sont désignés les membres du conseil de surveillance ?
Principes juridiques : le conseil de surveillance est composé de 3 à 18 membres. Ils peuvent être
des personnes physiques ou morales, actionnaires ou non, dotés de la capacité civile. Une
incompatibilité spéciale existe entre la qualité de membre du directoire et de membre du CS. La
limite d’âge et le cumul avec un contrat de travail sont celles appliquées pour le CA :
– sauf clause contraire des statuts, le nombre de membres ayant atteint l’âge de 70 ans ne doit
pas dépasser le tiers des membres en fonction.
– Ils peuvent cumuler 5 mandats de membre du CA ou du CS du point de vue de la limitation
particulière, et du point de vue de la limite globale, 5 mandats de directeur général, membre
du directoire ou de directeur général unique, de membre du CA ou du CA.
Application : le conseil de surveillance pouvait être valablement composé de 12 personnes
physiques. Cependant, Ahmed et Christophe ne peuvent être à la fois membre du directoire et
membre du conseil de surveillance. Il leur faudra choisir entre ces deux mandats. Le conseil de
surveillance pourrait valablement être constitué par les 10 autres camarades de promotion,
personnes physiques qui semblent respecter les autres règles.

EXO 10.05 Analyse d’une décision de justice (Cass. Com., 12 juillet 2005)

Après avoir lu l’arrêt, dégagez :


– Le problème de droit
– La portée de l’arrêt.
Problème de droit : quelle est l’étendue du pouvoir des membres du conseil de surveillance ?
À quelles conditions les membres du conseil de surveillance ont-ils un pouvoir de direction ?
e La mission des membres du conseil de surveillance ne les conduit pas à exercer à ce titre une
activité de direction (ils n’ont qu’un pouvoir de contrôle). Leur qualité de dirigeant ne pourrait
donc être établie que par la reconnaissance dans une affaire particulière d’une gestion de fait.
La Cour rappelle ici classiquement que cette démonstration requiert des activités positives de
direction en toute indépendance. Peu importait ici leur poids dans la gouvernance de la société
au regard des actions qu’ils détenaient.
Problème de droit : Qu’est-ce qu’une convention réglementée ? Quelle procédure est applicable ?
Principes juridiques : Toute convention intervenant directement ou par personne interposée
entre la société et son directeur général, l’un de ses directeurs généraux délégués, l’un de ses
administrateurs, l’un de ses membres du directoire, l’un de ses membres du conseil de
surveillance, l’un de ses actionnaires disposant d’une fraction des droits de vote supérieure à
10 % ou, s’il s’agit d’une société actionnaire, la société la contrôlant au sens de l’article L. 233-3
du Code de commerce.
Il en est de même des conventions auxquelles une des personnes visées précédemment est
indirectement intéressée.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 23 folio : 23 --- 24/5/022 --- 13H47

Corrigés

Les conventions réglementées sont soumises à autorisation préalable du CA, doivent faire l’objet

CORRIGÉS
d’un rapport du CAC, puis doivent être soumises pour approbation à l’assemblée générale.
Toutefois, les conventions qui correspondent à des conventions courantes conclues à des
conditions normales sont des conventions libres. La procédure de contrôle ne s’applique pas.
Application :
e L’achat des 20 agendas est une convention intervenue entre le directeur général et la SA qu’il
dirige. Mais l’achat est réalisé au prix habituellement pratiqué par la société s’analyse en une
convention courante à l’égard de la société ; les conditions de vente sont les conditions
normales. Il s’agit d’une convention libre.
e Le contrat de vente immobilière, s’il est conclu, interviendra entre une administratrice et la
société dans laquelle elle est administratrice. Le contrat envisagé est une vente d’immeuble
qui ne semble pas relever de l’activité courante d’une société spécialisée dans la fabrication
de produits pour l’écriture. En outre le prix semble supérieur au prix du marché. La convention
est donc une convention réglementée.
Elle doit être autorisée préalablement par le CA, doit faire l’objet d’un rapport du CAC, puis doit
être soumise pour approbation à l’assemblée générale. En l’espèce, si Norbert s’y oppose l’issue
du vote du CA est incertaine. Juliette ne votant pas. La majorité requise est de 44 % et Norbert
ne détient que 40 % des parts. S’il parvient à convaincre au moins l’un des autres administrateurs,
il pourra obtenir un vote négatif du CA.

11 La SA : les assemblées générales


EXO 11.01 Cas pratique – La SA Alertix

Monsieur Passiflure, actionnaire de la société Alertix vient vous consulter sur la légalité de ces
décisions.
Problème juridique : quels sont les pouvoirs du DG ?
Principes juridiques : Dans l’ordre externe, le DG a les pouvoirs les plus étendus pour agir en
toutes circonstances au nom de la société. Il exerce ses pouvoirs la limite des pouvoirs que la loi
réserve à d’autres organes et dans la limite de l’objet social. Les clauses statutaires limitant ses
pouvoirs sont inopposables aux tiers.
Application : en l’espèce, l’embauche d’un salarié, fût-ce à grands frais relève de la gestion
courante et des pouvoirs du DG, Madame Millepertan.
Problème juridique : quel est l’organe compétent pour décider le déplacement du siège social
sur le territoire national ?
Par exception au principe de la compétence de l’AGE pour modifier les statuts, le CA ou le
directoire est compétent pour déplacer le siège social sur le territoire français, sous réserve de
ratification par la prochaine AGO.
Application : Madame Millepertan pouvait valablement déplacer le siège de la société Alertix de
Senlis à Marseille. La prochaine AGO doit toutefois ratifier ce choix.

EXO 11.02 Cas pratique – La SA Airlight

Antoine vous consulte sur les chances de réussite de ses 3 projets.


e Antoine souhaite que les actionnaires renoncent à leurs dividendes pour financer l’acqui-
sition de nouveaux matériels.
Problème de doit : À quelles conditions une décision est-elle acquise en AGO ?
Le quorum de l’AGO est d’1/5e des actions ayant le droit de vote sur première convocation.
La majorité des voix des actionnaires présents ou représenté est nécessaire pour adopter la
décision.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 24 folio : 24 --- 24/5/022 --- 13H47

Application :
CORRIGÉS

Le quorum sera atteint = 95 000 parts sur 100 000 si Danielle est absente.
La majorité nécessaire à l’adoption de la décision est de 47 501 voix. Si Antoine, Amandine,
Baptiste et Barbara votent en faveur de la décision, elle sera adoptée (50 000 voix).
e Antoine souhaite modifier l’objet social. Cette décision est de la compétence de l’AGE.
Problème de doit : À quelles conditions une décision est-elle acquise en AGE ?
Le quorum de l’AGE est d’1/4 des actions ayant le droit de vote sur première convocation.
La majorité des 2/3 des voix des présents ou représentés est nécessaire.
Application :
Le quorum sera atteint : 95 000 parts
La majorité requise est de 63 334 parts et ne sera pas atteinte compte tenu de l’opposition de
Damien et Baptiste (40 000 voix à eux seuls).
e La convention conclue entre Antoine et la société peut-elle être adoptée ?
Principes juridiques
Est une convention réglementée toute convention intervenant directement ou par personne
interposée entre la société et son directeur général, l’un de ses directeurs généraux délégués, l’un
de ses administrateurs, l’un de ses membres du directoire, l’un de ses membres du conseil de
surveillance, l’un de ses actionnaires disposant d’une fraction des droits de vote supérieure à
10 % ou, s’il s’agit d’une société actionnaire, la société la contrôlant au sens de l’article L. 233-3
du Code de commerce.
Il en est de même des conventions auxquelles une des personnes visées précédemment est
indirectement intéressée.
La convention réglementée est soumise à autorisation préalable du CA, doit faire l’objet d’un
rapport du CAC, puis doit être soumise pour approbation à l’AG.
Les convention conclues entre ces personnes sont exclues de la procédure de contrôle s’il s’agit
de conventions courantes conclues à des conditions normales.
Application : En l’espèce, la convention entre dans le champ d’application des conventions
réglementées : elle est conclue par Antoine, le PDG et la société, au bénéfice de son fils. Mais il
s’agit d’une convention courante pour la société qui pose des Velux. Est-elle conclue à des
conditions normales ? La question de la remise de 15 % ne peut être tranchée aussi facilement :
il convient de se reporter aux remises habituellement pratiquées par la société et par les
entreprises du secteur. Si c’est une condition normale alors il s’agit d’une convention libre et
l’accord du CA est inutile. Si c’est une condition inhabituelle, il faudra l’accord du CA, un rapport
du CAC et une approbation de l’AG. Le vote du CA sera négatif car les parts d’Antoine ne sont
pas prises en compte alors que Damien et Baptiste sont opposés à la convention (si les deux amis
étaient absents au CA, et que la convention était soumise à l’AG, le vote serait là aussi négatif
car Damien et Baptiste seraient majoritaires : 40 000 parts sur 75 000).

12 Les titres et les opérations sur le capital


EXO 12.01 Cass. com., 11 janvier 2017

1. Expliquez quelle est la conséquence de la suppression du droit préférentiel de souscription


pour les anciens actionnaires.
Le droit préférentiel de souscription est utilisé lors d’une augmentation de capital, pour que les
anciens actionnaires puissent souscrire prioritairement à cette augmentation. Il leur permet de
ne pas voir leurs droits réduits, car ceux-ci dépendent de leur part dans le capital. Le droit
préférentiel de souscription peut être annulé totalement ou partiellement par une décision de
l’assemblée générale des associés.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 25 folio : 25 --- 24/5/022 --- 13H47

Corrigés

Dans cet arrêt, l’actionnaire majoritaire de la SAS Clinique de la Ciotat a fait voter une réduction

CORRIGÉS
du capital social puis une augmentation avec suppression du droit préférentiel de souscription,
afin que les actionnaires minoritaires se trouvent de fait exclus de la société par l’arrivée d’un
nouvel actionnaire unique, la société Sainte Marguerite.
2. Expliquez la procédure qui doit être suivie lorsque les capitaux propres d’une SAS sont
devenus inférieurs à la moitié du capital social.
Lorsque les capitaux propres d’une SAS sont devenus inférieurs à la moitié du capital social, le
président de la SAS doit convoquer l’assemblée générale extraordinaire dans les quatre mois
de l’approbation des comptes, qui ont fait apparaître cette situation. Cette dernière peut décider
de :
– dissoudre de manière anticipée de la société ;
– reconstituer les capitaux propres, afin que ceux-ci représentent au minimum la moitié du
capital social ;
– réduire le capital de la société, d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pas été
imputées sur les réserves.
Ici, cette situation s’est vérifiée, mais au lieu de convoquer l’assemblée générale extraordinaire
afin de respecter cette procédure, elle a été convoquée pour réduire le capital social à 0, puis
pour l’augmenter dans le même temps. Cette réduction-augmentation permettait d’exclure les
anciens associés minoritaires (la clinique de la Casamance et le centre Provence Aubagne) et d’en
faire entrer un nouveau (la société Sainte Marguerite).
3. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
A quelles conditions une double opération de réduction puis d’augmentation du capital social,
qui permet d’exclure les actionnaires minoritaires d’une société, est-elle possible ?
4. Quels sont les arguments des demanderesses au pourvoi ?
La SAS la Ciotat qui a subi cette réduction-augmentation de capital et son nouvel actionnaire
unique (la société Sainte Marguerite) estiment que la Cour d’appel s’est trompée en annulant
l’opération car :
– l’opération de réduction-augmentation ne constitue par un abus de majorité contraire à l’intérêt
social, car la société était dans une situation comptable complexe. Ses capitaux propres étaient
devenus inférieurs à la moitié de son capital social, ce qui aurait dû amener à sa dissolution. La
décision prise visait donc à éviter cela, et était donc prise dans l’intérêt de la société ;
– l’opération de réduction-augmentation n’a pas été prise en fraude des droits des minoritaires
car ceux-ci ont été régulièrement convoqués à l’assemblée générale qui en a décidé
5. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation rejette le pourvoi, elle confirme l’arrêt de la Cour d’appel qui annule
l’assemblée générale extraordinaire qui avait décidé de l’opération de réduction-augmentation
du capital.
La Cour de cassation utilise pour cela un faisceau d’indices :
– l’assemblée générale extraordinaire qui a décidé de l’opération n’a pas fait mention (tout
comme le rapport du président de la SAS) du fait que les capitaux propres étaient devenus
inférieurs à la moitié du capital social ;
– l’opération n’avait pas pour but principal de trouver une solution aux difficultés financières
de la SAS, mais plutôt de permettre à la société Sainte Marguerite de devenir l’unique associé
de la SAS ;
– la SAS connaissait certes des difficultés financières mais rien qui ne justifiât une telle
opération ;
– l’assemblée générale s’est tenue au mois d’août, ce qui explique l’absentéisme des associés
minoritaires, qui a permis l’opération ;

25
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 26 folio : 26 --- 24/5/022 --- 13H47

– l’arrivée du nouvel actionnaire a été permise par des apports nouveaux liés à une compen-
CORRIGÉS

sation avec une créance en compte courant de l’associé majoritaire, ce qui n’a pas permis à
la SAS de bénéficier de nouveaux financements ;
– l’opération de réduction-augmentation avait pour seul but d’évincer les actionnaires mino-
ritaires, et cette éviction ne se justifiait pas au regard de l’intérêt social.
Remarque Comme on le voit dans l’arrêt, ce « coup d’accordéon » est possible, si la société n’est
plus viable et qu’il n’a pas pour seul but d’exclure les anciens actionnaires.

13 La société par actions simplifiée (SAS)


EXO 13.01 Analyse des statuts d’une SAS

1. Michel ne dispose que de très peu de fonds. Il souhaite savoir si ses compétences en peinture
peuvent constituer un apport possible pour la société.
Règles
Les apports en industrie sont autorisés dans la SAS. Les apporteurs en industrie reçoivent en
contrepartie des actions inaliénables dont les statuts déterminent les modalités de souscription
et de répartition, ainsi que le délai au terme duquel les actions concernées doivent faire l’objet
d’une évaluation par un commissaire aux apports.
Application
Michel pourra réaliser son apport en industrie mais les actions dont il disposera en contrepartie
seront inaliénables et sont apport devra faire l’objet d’une évaluation par un commissaire aux
apports conformément à ce qui sera prévu dans les statuts.
2. Analysez les différentes clauses du projet de statuts mis en annexe, le cas échéant
proposez-en une rédaction conforme au droit en vigueur.
Article 5 – Apports
Règles
Les apports en numéraire doivent être libérés dès la souscription d’au moins la moitié, le solde
devant être libéré dans les 5 ans.
Application
L’article 5 n’est pas valable, le montant des apports en numéraire devant être libéré dès la
souscription ne doit pas être de 40 % (mais de 50 %) et le solde ne doit pas être libéré dans les
6 ans (mais dans les 5 ans).
Rédaction conforme au droit
Les apports en numéraire doivent être libérés dès leur souscription pour un montant égal à 50 %
de leur valeur, le solde devant être libéré dans un délai de 5 ans sur appel du président.
[...].
Article 12 – Droits de vote et majorités
Règles
Les statuts doivent prévoir les décisions qui seront prises par la collectivité des associés, ainsi
que les formes et conditions de ces décisions.
Certaines décisions relèvent obligatoirement de la compétence de la collectivité des associés
dans les conditions prévues par les statuts :
– fusion, scission, dissolution, transformation de la SAS ;
– nomination d’un commissaire aux comptes ;
– décisions relatives aux comptes annuels et aux bénéfices.
À défaut, ladite décision peut être annulée à la demande de tout intéressé

26
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 27 folio : 27 --- 24/5/022 --- 13H47

Corrigés

Application

CORRIGÉS
– la décision de répartition des bénéfices est valable : elle appartient bien à la collectivité des
associés et les statuts peuvent prévoir une telle modalité de vote ;
– la décision de révoquer le président est valable : elle n’a pas à appartenir à la collectivité des
associés ;
– la décision de transformer la société en une autre forme sociale n’est pas valable : elle
appartient nécessairement à la collectivité des associés (et non au président). Tout intéressé
peut demander la nullité de cette clause des statuts.
Rédaction conforme au droit
I – Les droits de vote sont répartis proportionnellement aux actions de chaque associé dans le
capital social.
Les décisions sont prises par les associés à la majorité des actions.
[...]
II – Par dérogation, aux règles du I du présent article :
– la décision de répartition des bénéfices appartient à la collectivité des associés, chaque associé
disposant d’une voix ;
– la décision de révoquer le président appartient à l’associé disposant du plus grand nombre
d’actions ;
– la décision de transformer la société en une autre forme sociale appartient à la collectivité des
associés.
Remarque Il est possible de prévoir une majorité spécifique pour la décision de transformer la
société ou même de ne rien indiquer relativement à une telle décision (dans ce cas ce sera la règle
du I qui s’appliquera : décision prise par les associés à la majorité des actions).
Article 15 – Clause d’inaliénabilité
Règles
Les associés (ou seulement certains d’entre eux) peuvent être privés du droit de céder leurs
actions, mais ces clauses ne sont valables que pour 10 ans au maximum. Si la clause n’est pas
respectée, la cession est nulle.
La clause d’inaliénabilité ne peut être adoptée ou modifiée que par une décision des associés à
l’unanimité.
Application
La clause d’inaliénabilité est valable en ce qu’elle ne concerne que les associés fondateurs, et
relativement à sa durée de seulement 5 ans (cela est inférieur à la durée maximale de 10 ans).
En revanche, le vote de modification de la clause, s’il se fait bien à l’unanimité ne peut être réservé
aux seuls associés fondateurs : tous les associés doivent voter.
Rédaction conforme au droit
Les associés fondateurs de la société ne peuvent céder leurs actions pendant les 5 années suivant
l’immatriculation initiale de la SAS au RCS.
Cette clause peut être modifiée par une décision des associés à l’unanimité.
Article 25 – Pouvoirs du président
Règles
– vis-à-vis des associés, le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute
circonstance au nom de la société dans la limite de l’objet social, et se doit de respecter les
clauses statutaires limitant ses pouvoirs ;
– vis-à-vis des tiers, la société est engagée même par ses actes qui ne relèvent pas de l’objet
social (sauf à prouver la mauvaise foi du tiers). Les limites statutaires sont inopposables aux
tiers.

27
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 28 folio : 28 --- 24/5/022 --- 13H47

Application
CORRIGÉS

La clause des statuts n’est pas valable : les pouvoirs du président vis-à-vis des tiers n’ont pas à
être limités par l’objet social.
Rédaction conforme au droit
Dans les rapports avec les tiers, le président engage la société même par les actes en dehors de
l’objet social.
3. Après quelques années d’exploitation, la société s’est bien développée (son chiffre d’affaires
dépasse 1 500 000 3, et son bilan est de près de 750 000 3), elle envisage de créer une filiale
spécialisée dans les prestations auprès de collectivités locales qu’elle contrôlera à 100 %, et
qui prendra aussi la forme d’une SAS. Ce projet est-il envisageable ? La SAS mère peut-elle être
désignée présidente de la nouvelle société ? Quelles en seront les conséquences ?
Règles
e présence du commissaire aux comptes
Si, dans une SAS, deux des trois seuils suivants sont dépassés, la désignation d’un ou plusieurs
commissaires aux comptes par une décision collective des associés est obligatoire :
– montant du chiffre d’affaires HT : 8 000 000 1 ;
– total du bilan : 4 000 000 1 ;
– nombre moyen de salariés permanents employés au cours de l’exercice : 50.
e Un ou plusieurs associés représentant 10 % du capital peuvent demander en justice la
nomination d’un CAC même si les conditions rendant la nomination obligatoire ne sont pas
réunies. Si un ou plusieurs associés représentant au moins le tiers du capital demande(nt) la
nomination d’un commissaire aux comptes, la SAS doit le faire.
e constitution d’une SASU
Il est possible de constituer une SASU avec comme associé unique une autre société. L’associé
unique personne morale peut être président. Le dirigeant de la personne morale-associée
unique peut voir les mêmes responsabilités civiles et pénale être engagées, que s’il était président
ou dirigeant en son nom propre. Le fait que l’associé unique soit une personne morale ne
permettra pas à la SASU de bénéficier des facilités que le Code de commerce octroie à la SASU
dont l’associé unique est une personne physique et aussi président de la SASU : dispense d’un
avis au BODACC lors de la constitution, d’un rapport de gestion lorsque la SASU ne dépasse pas
certains seuils...
Application
– présence du commissaire aux comptes
La SAS ne dépasse pas les seuils relatifs au chiffre d’affaires et au bilan, elle ne doit pas nommer
de commissaire aux comptes.
– constitution de la SASU
Le projet de filiale est possible. La SAS mère peut être désignée présidente de la SASU filiale
mais dans ce cas le président de la SAS mère sera responsable civilement et pénalement en
son nom propre.

EXO 13.02 Cass. com., 9 juillet 2013

1. Rappelez les conditions de validité d’une clause d’exclusion dans une SAS.
Les associés peuvent être exclus de la société dans les conditions prévues dans les statuts et sont
alors contraints de céder leurs actions.
L’exclusion peut également être prévue en cas de changement du contrôle d’une société
associée de la SAS.

28
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 29 folio : 29 --- 24/5/022 --- 13H47

Corrigés

Les droits non pécuniaires de l’associé concerné peuvent être suspendus tant que la cession des

CORRIGÉS
actions n’est pas effective.
En cas de mise en œuvre de la clause d’exclusion prévue, le prix de la cession s’il n’est pas fixé
par les statuts, est déterminé par un accord entre les parties à la cession ou par un expert (désigné
par les parties ou par le président du tribunal).
Lorsque les actions sont rachetées par la société, celle-ci est tenue de les céder dans un délai de
six mois ou de les annuler.
La clause d’exclusion ne peut être adoptée ou modifiée que par une décision des associés dans
les conditions et formes prévues par les statuts.
2. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
Dans une SAS, un associé peut-il être privé du droit de vote lors d’une décision de la collectivité
des associés relative à son exclusion ?
3. Quels sont les arguments des demandeurs au pourvoi ?
La SAS LOG et son président défendent la validité du vote d’exclusion de M. Z de la société (que
la Cour d’appel a annulé). Quand bien même M. Z n’a pas participé au vote, cela est sans incidence
sur la validité de la décision de l’exclure : la société SIL qui est associée majoritaire de la SAS a
voté pour cette exclusion, l’opposition de M. Z n’y aurait rien changé.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation estime que la Cour d’appel qui a rejeté les arguments de la SAS LOG et de
son président a bien jugé. La clause des statuts qui prévoit que l’exclusion d’un associé puisse
être votée sans que celui-ci ne participe au vote est réputée non écrite, ce qui entache de nullité
la décision de l’assemblée générale se basant sur ce vote. Un associé d’une SAS ne peut en être
exclu s’il ne participe pas au vote relatif à cette exclusion.

14 La société en commandite par actions (SCA)


EXO 14.01 Le gouvernement d’entreprise chez Michelin

À l’aide du document ci-dessus, expliquez les raisons qui ont poussé Michelin à choisir comme
forme sociale la SCA.
Le choix de la SCA comme forme sociale pour Michelin se justifie par plusieurs critères :
– la SCA permet de disposer d’une direction stable. Dans un secteur où les innovations
technologiques se diffusent lentement, ce critère est particulièrement important pour avoir
une vision de long terme ;
– le fait que les associés commandités soient responsables de manière solidaire et indéfinie des
dettes sociales et que certains d’entre eux se retrouvent à la tête de la société est une garantie,
qu’ils ne prendront pas de risques inconsidérés. Les commandités assurant la direction de la
société sont d’ailleurs contraints de rester commandités tout au long de leur mandat.

15 La société à responsabilité limitée (SARL)


EXO 15.01 Situations pratiques « La Ruche rouge SARL »

1. Quel est le statut fiscal et social de Nathalie ?


Principe juridique : pour déterminer le régime social du gérant, il convient d’évaluer sa
participation au capital social. Le gérant majoritaire est celui qui détient plus de la moitié des
parts sociales. Il relève de la Sécurité sociale des travailleurs indépendants. Sa situation familiale
est prise en compte. En revanche, le gérant même majoritaire assimilé à un salarié.

29
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 30 folio : 30 --- 24/5/022 --- 13H47

Application au cas : Nathalie détient 30 % des parts sociales, son époux 25 %. Elle est donc
CORRIGÉS

considérée comme une gérante majoritaire. Elle relève alors de la Sécurité sociale des travailleurs
indépendants. Fiscalement, elle est assimilée à un salarié.
2. Quels risques pèsent sur Olivier avec cette « substitution » de gérant ?
Principe juridique : le gérant de fait est celui qui exerce les fonctions de gérant alors qu’il n’est
pas le représentant légal de la société. En cas de faute de gestion, il engage sa responsabilité
personnelle plus largement : l’action en responsabilité est fondée sur les dispositions du droit
commun (articles 1240 du Code civil et suivants dont le fait générateur est plus large). Par ailleurs,
le délai de prescription est plus long (5 ans contre 3).
3. Le commissaire aux comptes engage-t-il sa responsabilité pénale en ne signalant pas cette
« substitution » ?
Principe juridique : le commissaire aux comptes engage sa responsabilité pénale s’il ne révèle
pas au procureur de la République les faits délictueux dont il a eu connaissance à l’occasion de
sa mission. La gestion de fait d’une société ne constitue pas une infraction pénale.
Application au cas : la gestion de fait n’étant pas une infraction pénale, le CAC n’engagera pas
sa responsabilité en ne dénonçant pas la gestion de fait d’Olivier (cela aurait été différent si
Olivier était frappé d’une interdiction de gérer une société).
4. Un associé assiste impuissant à certaines décisions. Il vous interroge sur la possibilité de
suspendre la rémunération de Nathalie.
Principe juridique : la rémunération du gérant n’est pas la contrepartie d’un travail effectif mais
celle du statut de représentant légal de la société. La Cour de cassation a consacré l’intangibilité
du droit du gérant au paiement de sa rémunération : il n’est pas possible de demander le
remboursement des indemnités versées mais il est possible de révoquer la rémunération
Application au cas : en droit, rien n’empêche de révoquer la rémunération de la gérant
indisponible. Il faudra qu’une majorité de parts sociales se regroupe sur cette décision, ce qui
semble difficile étant donnée la répartition des parts.
5. Il vous demande ensuite si la cession du fonds peut être annulée.
Problème juridique : un acte contraire à l’intérêt social conclu par le gérant peut-il être annulé ?
Principe juridique : dans ses rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus
étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. Dans l’ordre externe, l’intérêt
social n’est pas pris en compte pour obtenir la nullité d’un acte dans la SARL.
Application au cas : la jurisprudence de la Cour de cassation nous invite à répondre que la cession
du fonds ne pourra être annulée car il reste un fonds qui peut être exploité. La vente du fonds,
même le plus rentable, ne met pas fin à l’activité sociale.

EXO 15.02 Cas pratique « Les Nouradons SARL »

1. Olivier s’oppose à cette cession. Qu’en pensez-vous ?


Principe juridique : en principe, la cession de parts sociales est libre lorsque le cessionnaire est
déjà associé de la SARL. Toutefois, s’agissant d’une règle supplétive de volonté, les statuts
peuvent prévoir un agrément qui ne pourra être plus sévère que si la cession était réalisée au
profit d’un tiers à la société.
Application au cas : les statuts ne sont pas fournis et la répartition des parts sociales entre les
3 associés non communiquée, on en déduit qu’Olivier ne pourra pas s’opposer à la cession en
l’absence de disposition statutaire prévoyant un agrément et dans cette hypothèse, encore
faut-il qu’il possède un nombre de titres suffisant.
2. Que pensez-vous du financement envisagé par Virginie ?
Principe juridique : sont considérées comme des conventions interdites les emprunts contractés
auprès de la société, les découverts consentis par la société, et les cautions et avals donnés par

30
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 31 folio : 31 --- 24/5/022 --- 13H48

Corrigés

la société pour couvrir leurs engagements avec les tiers au profit du gérant ou de tout associé

CORRIGÉS
personne physique.
Application au cas : le prêt accordé à Virginie et cautionné par la SARL constitue une convention
interdite. S’agissant d’une nullité absolue, tout intéressé – Olivier évidemment – justifiant d’un
intérêt légitime peut demander la nullité du contrat. Virginie engage même sa responsabilité pénale.
3. La désignation d’un CAC est-elle envisageable ?
Principe juridique : le CAC n’est pas obligatoire dans la SARL, sauf dans 2 hypothèses :
– dépassement de 2 des 3 seuils (total du bilan : 1 550 000 1 ; chiffre d’affaires hors taxes,
3 100 000 1 ; nombre moyen de salariés : 50) ;
– à la demande d’un ou plusieurs associés représentant au moins le dixième du capital social :
la désignation sera imposée par ordonnance du président du tribunal de commerce statuant
en la forme des référés.
Application au cas : l’énoncé ne fournit aucune indication sur le total du bilan, le chiffre d’affaires
et le nombre de salariés. Toutefois, si deux des trois seuils avaient été dépassés, un CAC aurait
dû déjà être désigné. Si Olivier détient au moins 10 % des titres, il pourra demander la désignation
d’un CAC auprès du président du tribunal de commerce.

EXO 15.03 Cas pratique « Angerville SARL » (inspiré par l’arrêt Cass. com. 14 février 2018)

La société Angerville et ses associés vous interrogent sur la possibilité d’obtenir l’annulation
de la cession des brevets et leur chance d’en obtenir la restitution.
Deux questions se posent :
- La cession des brevets porte-t-elle atteinte à l’intérêt social ?
- Un gérant démissionnaire peut-il valablement engager la société dont il était le représentant
légal ?
Nous sommes en présence d’un acte qui met en cause la pérennité de la société, la réalisation
de son objet social mais qui est également contraire à l’intérêt social.
Il ressort de la jurisprudence récente qu’il importe peu que la cession des brevets soit contraire
à l’intérêt social car même si cette contrariété était établie, elle ne constituerait pas une cause
de nullité.
Concernant les pouvoirs d’un gérant démissionnaire, il peut valablement engager la SARL tant
que sa démission n’a pas été publiée, peu importe que les actes passés par lui portent atteinte
à l’intérêt social.
La société Angerville reste engagée par l’acte de cession d’Anna dont la démission n’a fait l’objet
d’aucune publicité. Aucune restitution ne peut être envisagée.

EXO 15.04 Cas pratique « Le Gastrobar »

1. Une SARL peut-elle être créée par Gonzague et Yanisse ? Quels pourraient alors être les droits
de Yanisse sur la société ?
Principe juridique : la capacité de commerçant n’est pas requise pour devenir associé d’une SARL.
Par ailleurs, l’apport en industrie est autorisé dans la SARL. Il doit être prévu dans les statuts. Les
prestations constituant l’apport en industrie doivent y être définies.
Application au cas : Yanisse peut devenir associé de la SARL même s’il n’est pas commerçant et
qu’il n’apporte « que » son talent de cuisinier. Il recevra des parts d’industrie en rétribution de
sa prestation de cuisinier et recevra des dividendes.
2. Gonzague pourra-t-il devenir salarié de la SARL tout en exerçant les fonctions de gérant ?
Principe juridique : en principe il n’existe aucune incompatibilité de principe entre la qualité de
gérant de SARL et celle de salarié. La jurisprudence fixe les conditions qui rendent le cumul
possible (le travail doit correspondre à un emploi effectif, fonctions exercées en tant que salarié

31
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 32 folio : 32 --- 24/5/022 --- 13H49

doivent être distinctes des fonctions de direction générale assumées par le gérant, le salarié est
CORRIGÉS

placé sous la subordination juridique de la société) sous réserve du respect des conventions
réglementées.
Application au cas : dans la mesure où Gonzague sera le gérant associé majoritaire, les conditions
ne peuvent être remplies, notamment en ce qui concerne la subordination juridique. Gonzague
relèvera néanmoins de la Sécurité sociale des travailleurs indépendants.
3. À quelle rémunération Gonzague peut-il prétendre en tant que gérant ? Est-elle soumise à
un formalisme particulier ?
Principe juridique : en matière de rémunération du gérant, il n’y a pas de disposition légale. Elle
est librement fixée par les statuts ou par une décision collective des associés. Cette décision ne
sera pas soumise à la procédure des conventions réglementées ; le gérant prend part au vote.
Application au cas : dans cette SARL, Gonzague serait le gérant majoritaire et pourrait donc
déterminer le niveau de sa rémunération en tant que gérant sans véritable contrainte. Toutefois,
la rémunération qui excède les capacités financières de la SARL peut constituer une faute de
gestion, un abus de biens sociaux ou un juste motif permettant de le révoquer.

EXO 15.05 Analyse d’une décision de justice : Cass. com. 14 nov. 2018 (n° 16-26.115)

1. Quels sont les faits ?


Les faits : la SARL FD ayant pour gérante Mme Y. a été liée pendant 4 ans à l’opérateur SFR par
des contrats de partenariat et de distribution. Elle obtient gain de cause devant le conseil de
prud’hommes (juridiction spéciale compétente pour tous les litiges individuels relatifs à un
contrat de travail) qui a procédé à la requalification des contrats précités en contrats de travail.
SFR assigne à son tour la SARL FD devant le tribunal de commerce pour obtenir réparation pour
le préjudice subi du fait de l’inexécution des contrats de partenariat et de distribution.
La société FD ayant fait l’objet d’une liquidation amiable, l’action est dirigée contre la gérante
Mme Y SFR et Mme X, le liquidateur. SFR leur reproche respectivement d’être à l’origine du
préjudice que lui avait causé l’inexécution par la SARL de ses obligations contractuelles et d’avoir
commis une faute dans l’exercice de ses fonctions.
2. Quelle fut la procédure antérieure ? Pourquoi les défenderesses considèrent-elles que le
tribunal de commerce n’est pas compétent ? Quelle est la position de la Cour d’appel de Paris ?
En première instance, SFR assigne la gérante et la liquidatrice devant le tribunal de commerce
de Paris. Les deux défenderesses estiment que le tribunal de commerce n’est pas compétent
(elles soulèvent l’exception d’incompétence du tribunal de commerce). Le tribunal de commerce
de Paris a rendu un jugement dans lequel il refuse de se dessaisir (il rejette le moyen de défense
soulevé par les défenderesses).
Elles forment une voie de recours appelée « contredit » (cet élément de procédure civile ne peut
être attendu). Le 20 septembre 2016, la Cour d’appel de Paris accueille le contredit. Elle juge que
SFR (le demandeur) aurait dû saisir la juridiction civile parce que la gérante n’avait pas la qualité
de commerçante et que les faits qui lui sont reprochés ne constituent pas des actes de commerce
ni ne se rattachent à la gestion de la société par un lien direct.
SFR forme un pourvoi en cassation.
3. Quel est le problème de droit auquel doit répondre la Cour de cassation ?
Est-ce que le tribunal de commerce est compétent pour apprécier la régularité d’un acte de
gestion accompli par un gérant qui n’a pas la qualité de commerçant pour le compte d’une SARL
qui est commerçante ?
4. Quelle est la solution rendue par la Cour de cassation ? Justifiez votre réponse. Vous viserez
uniquement le sort de la gérante.
Le 14 novembre 2018, la Cour de cassation rend un arrêt de cassation : elle annule l’arrêt rendu
par la Cour d’appel de Paris le 20 septembre 2016. Il n’y a pas de renvoi devant une autre cour

32
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 33 folio : 33 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

d’appel, même autrement composée (exceptionnellement il s’agit d’une cassation sans renvoi

CORRIGÉS
parce qu’il s’agissait de régler une question de compétence ; ce degré de précision ne saurait être
attendu).
Cela signifie que le demandeur au pourvoi (SFR) obtient gain de cause. Le tribunal de commerce
est compétent et va pouvoir juger sur le fond (par opposition au moyen de défense fondé sur
la procédure) le litige introduit par SFR.
La Cour de cassation retient un lien direct entre la faute alléguée et la gestion sociale. Elle
considère que les manquements commis par le gérant d’une société commerciale à l’occasion
de l’exécution d’un contrat se rattachent par un lien direct à la gestion de celle-ci ; peu importe
que le gérant n’ait pas lui-même la qualité de commerçant ou n’ait pas accompli d’actes de
commerce.

EXO 15.06 L’associé unique salarié

1. À la lecture de l’arrêt rendu par la chambre sociale de la Cour de cassation le 16 janvier 2019
figurant en annexe, pensez-vous que Gonzague peut devenir salarié de la SARL Mettalics ?
Quelle règle semble appliquer la Cour de cassation en l’espèce ?
Le problème du cumul entre le mandat de dirigeant social et un contrat de travail est très courant.
En l’espèce, on comprend qu’il s’agit d’un associé. À priori rien ne s’oppose à ce qu’un associé
devienne salarié de la société dans laquelle il détient des titres. Pourtant, l’arrêt rendu le 16 janvier
2019 indique qu’un contrat de travail ne peut être conclu car l’associé unique n’était pas placé
dans une relation de subordination juridique. En pouvant révoquer à tout moment le gérant qui
est un tiers, l’associé ne peut être considéré comme étant placé sous la subordination juridique
de la société (prérogative de l’employeur – cf. Droit social). L’exercice du pouvoir de direction
qui revient à l’employeur est ici remis en cause. Par ailleurs, dans cette espèce, le poste
qu’occupait l’associé unique, dont la rémunération était élevée, n’existait pas quand il était
gérant. Gonzague ne pourra pas devenir salarié de la SARL Metallics.
2. La solution aurait-elle été différente si Gonzague (titulaire de 51 % des titres sociaux) et
Hippolyte (titulaire de 49 % des titres sociaux) étaient restés coassociés, non gérants ?
Il ressort de l’arrêt rendu le 16 janvier 2019 que la Cour de cassation a retenu que l’associé unique
disposait du pouvoir de révoquer le gérant. Le lien de subordination qui est le critère du contrat
de travail et également une des conditions récurrentes du cumul dirigeant/salarié semble
également faire défaut en cas de pluralité d’associés si l’un des associés détient à lui seul les titres
permettant de révoquer le gérant non associé. C’est le cas en l’espèce si Gonzague détient 51 %
des parts sociales.

16 Les sociétés civiles de droit commun


EXO 16.01 Cas pratique – La création et la gestion d’une société civile

1. Justifiez le caractère civil de la société.


Règles
Une société est civile si elle n’est pas commerciale par la forme (cas des SA, SAS, SARL, SNC, et
sociétés en commandite) ou par son objet (cas d’une société dont l’objet consisterait en une
activité d’achat pour revendre dans un but spéculatif à titre de profession habituelle et
indépendante).
Application
Ici la société constituée par les trois amis a bien un objet civil (effectuer des travaux dans une
maison afin de la louer et de s’assurer un complément de revenu) et elle n’a pas une forme
commerciale (il s’agit d’une société civile immobilière).

33
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 34 folio : 34 --- 24/5/022 --- 13H49

2. La société est-elle engagée par le contrat passé avec le constructeur de la piscine ?


CORRIGÉS

Règles
Vis-à-vis des tiers, le gérant engage la société mais seulement par les actes entrant dans l’objet
social. Les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers
Application
La construction de la piscine entre bien dans l’objet social de la société, celle-ci est donc engagée.
La clause des statuts prévoyant l’accord unanime des associés pour les travaux importants est
inopposable aux tiers.
3. Que risquent Irène et Suzanne ?
Règles
La responsabilité des associés de la société civile vis-à-vis des tiers est indéfinie et conjointe :
– le tiers-créancier de la société peut réclamer le paiement de cette dette auprès d’un associé,
mais ne pourra lui réclamer que la fraction de la dette sociale proportionnelle à sa part dans
le capital social ;
– pour pouvoir poursuivre le paiement de la dette sociale auprès des associés, le tiers doit avoir
préalablement poursuivi vainement la société.
Application
Le constructeur de la piscine pourra demander à Irène et Suzanne de régler un tiers de la dette
de la société, mais il devra au préalable poursuivre celle-ci et constater qu’elle ne paye pas.
4. Peuvent-elles engager la responsabilité de Patrick et le révoquer ?
Règles
Le gérant d’une société civile est responsable vis-à-vis des associés pour les fautes de gestion qu’il
a commis, en cas d’infraction aux lois et aux règlements, ou en cas de non-respect des statuts.
La révocation du gérant résulte d’une décision prise par les associés représentant plus de la
moitié des parts sociales, sauf clause contraire des statuts. Elle doit être décidée par des justes
motifs, à défaut le gérant devrait être indemnisé du préjudice subi. Le gérant est également
révocable par les tribunaux pour cause légitime, à la demande de tout associé.
La révocation du gérant n’entraîne pas dissolution de la société, sauf clause contraire des statuts,
mais s’il est associé, il peut demander à se retirer de la société en obtenant le remboursement
de la valeur de ses parts sociales, sauf si une clause de statuts l’en empêche.
Application
Irène et Suzanne peuvent engager la responsabilité de Patrick qui n’a pas respecté les statuts en
s’engageant avec le constructeur de piscine.
Elles peuvent également voter sa révocation, car elles disposent des deux tiers des parts sociales.
Patrick n’aura pas droit à une indemnisation, car son comportement constitue un juste motif de
révocation. En revanche, il pourra demander à se retirer de la société, en obtenant le
remboursement de ses parts.
5. Irène peut-elle se retirer de la société ? Suzanne souhaite céder ses parts à Jérôme qui est
toujours intéressé par le projet ? Patrick est opposé à ces deux hypothèses.
e Retrait d’un associé
Règles
Un associé peut se retirer totalement ou partiellement de la société, dans les conditions prévues
par les statuts ou, à défaut, après autorisation donnée par une décision unanime des autres
associés. Ce retrait peut également être autorisé pour justes motifs par une décision de justice.
Application
Patrick s’opposant au départ d’Irène, celle-ci a intérêt à demander l’autorisation de la justice pour
l’obtenir.

34
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 35 folio : 35 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

e Cession de parts

CORRIGÉS
Règles
Les associés ne peuvent céder leurs parts qu’avec l’accord de tous les autres associés. Des
exceptions existent cependant :
– les statuts peuvent prévoir que l’agrément nécessaire à la cession soit accordé à une majorité
qu’ils déterminent ou même avec le seul accord du gérant ;
– les statuts peuvent même dispenser d’agrément, les cessions consenties à un autre associé,
à un conjoint d’un associé ;
– les cessions consenties à des ascendants ou des descendants de l’associé-cédant sont libres
sauf si les statuts prévoient autre chose.
Le projet de cession est notifié avec demande d’agrément à la société et à chacun des associés :
– en cas d’agrément la cession peut avoir lieu
– en cas de refus, les associés peuvent se porter acquéreurs des parts. À défaut la société peut
les faire acquérir par un tiers (avec accord des autres associés) ou les acquérir elle même
Si aucune offre n’intervient dans les 6 mois, l’agrément est réputé accordé.
La cession doit être constatée par écrit
Les formalités de publicité sont nécessaires pour la rendre opposable aux tiers
Application
Pour céder ses parts à son frère, Suzanne doit obtenir l’accord d’Irène et de Patrick (les frères
ne font pas partie des personnes vis-à-vis desquelles la cession est en principe libre, car ils ne
sont ni ascendant, ni descendant du cédant). Patrick s’y refusant, Suzanne peut tout de même
notifier le projet de cession à la société et aux deux autres associés, qui disposeront de 6 mois
pour eux-mêmes les parts, ou les faire acquérir par la société ou par un tiers. À défaut Suzanne
pourra céder ses parts à Jérôme.

17 Les sociétés d’exercice libéral (SEL)


EXO 17.01 Analyse d’un arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation
en date du 15 janvier 2015 – participation à une SELARL juridique

1. Expliquez les faits de ce litige.


Messieurs X, Y et Z ont constitué une SELARL d’avocats (la société BRS). Ils vendent 49 % de leurs
parts sociales à la société RP, une société de commissaires aux comptes, qui leur promet
d’acheter le reste des parts. Mais finalement la société RP décide de ne pas respecter cette
promesse. Les associés décident de poursuivre la société RP pour qu’elle respecte sa promesse
alors que cette dernière estime que sa promesse est nulle.
2. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
La profession de commissaires aux comptes est-elle une profession pouvant être qualifiée de
juridique ?
3. Quels sont les arguments du pourvoi ?
M. Z s’est pourvu en cassation, il estime que la cour d’appel s’est trompée en annulant la
promesse de la société RP de rachat de ses parts, car la profession de commissaire aux comptes
est une profession juridique. Il est donc possible pour une société de commissaires aux comptes
de se rendre propriétaire d’une part minoritaire du capital d’une SELARL d’avocats, pour
finalement acquérir la totalité de ce capital.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation rejette le pourvoi de M. Z. Le capital d’une SELARL juridique doit être
détenue majoritairement par des professionnels en exercice au sein de la société, le reliquat

35
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 36 folio : 36 --- 24/5/022 --- 13H49

pouvant être la propriété par des personnes exerçant une autre profession juridique. Or la
CORRIGÉS

profession de commissaire aux comptes n’est pas une profession juridique, il n’est donc pas
possible pour la société RP d’être propriétaire d’une part du capital de la société BRS et par
conséquent d’avoir promis d’acquérir le reste du capital.

18 Les sociétés civiles immobilières (SCI)


EXO 18.01 Cass. com., 26 juin 2012

1. Rappelez la définition d’une société civile immobilière.


Une SCI est une société dont l’objet est nécessairement civil et lié à une problématique
immobilière : achat et gestion en commun d’un immeuble, opération de promotion immobilier,
placements financiers dans des biens immobiliers...
2. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
À quelles conditions de procédure le créancier d’une SCI peut-il poursuivre le paiement de sa
créance sur les associés de la SCI ?
3. Quels sont la solution et les arguments de la cour d’appel ?
La cour d’appel estime que la société Eurovia ne peut demander le paiement de la dette sociale,
qu’à l’encontre de la SCI, et non auprès des associés de cette dernière (et notamment M. X). En
effet, la société Eurovia a bien engagé des poursuites à l’encontre de la SCI, mais :
– ces poursuites n’ont pas échoué du fait de l’insuffisance ou de l’absence d’un actif du
patrimoine de la SCI ;
– la SCI ne fait pas l’objet d’une procédure collective.
Pour ces deux raisons la SCI peut payer, et n’a pas été poursuivie vainement par son créancier,
ce qui est la condition pour que celui-ci puisse se retourner, contre ses associés.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation casse et annule la décision de la cour d’appel :
– il apparaît que la SCI ne dispose d’aucun actif immobilier ;
– il n’est pas nécessaire que la SCI fasse l’objet d’une procédure collective pour que les associés
soient poursuivis par les créanciers.
La SCI a bien été vainement poursuivie par son créancier qui peut se retourner contre M. X, son
associé.

EXO 18.02 Avis publié dans un JAL

1. Quelle est l’utilité de l’insertion de cet avis ?


L’insertion dans un JAL après l’immatriculation de la société au RCS, rend la création de celle-ci
opposable aux tiers.
2. Rappelez la définition d’une société civile immobilière de construction-vente.
Les sociétés civiles de construction-vente sont les outils juridiques utilisés par les promoteurs
pour chaque projet de construction et de commercialisation d’un ensemble immobilier.
3. Qui sera responsable en cas de faute du gérant dans cette société ?
Le gérant d’une SCI peut être associé ou non, une personne physique ou une personne morale,
mais dans ce dernier cas, les dirigeants de la personne morale qui assure la gérance sont soumis
aux mêmes conditions et obligations, et encourent les mêmes responsabilités civile et pénale,
que s’ils étaient eux-mêmes gérant.

36
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 37 folio : 37 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

Ici c’est une SARL qui est gérante, mais ce sera son propre représentant personne physique

CORRIGÉS
(M. Demeure) qui pourra voir sa responsabilité engagée, comme s’il était lui-même gérant de
la SCI.

19 Les sociétés civiles professionnelles (SCP) et Les sociétés civiles


de moyens (SCM)
EXO 19.01 Cass. civ. 1re, 11 juillet 2018
1. Expliquez les faits de ce litige.
M. Y est kinésithérapeute au sein d’une SCP. Suite à une mauvaise manipulation, il a causé une
blessure à un de ses patients M.X, qui l’a assigné ainsi que la SCP en responsabilité. M. Y est décédé
avant les expertises requises par M. X et ses héritiers ont décidé de céder ses parts à un des
associés de la SCP. M. X a poursuivi son action en responsabilité à leur encontre.
2. Quel est le problème juridique auquel doit répondre la Cour de cassation ?
Les héritiers d’un associé d’une SCP sont-ils tenus des dettes liées à l’exercice de la profession
de cet associé au sein de la SCP alors qu’ils ont cédé ses parts suite à son décès ?
3. Quels sont les arguments de la cour d’appel ?
La cour d’appel estime que les héritiers ne sont pas responsables des dettes professionnelles de
M. Y, car ils ont cédé les parts sociales de celui-ci à un autre associé de la SCP.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation casse et annule l’arrêt de la cour d’appel, car elle estime que chaque
associé d’une SCP est responsable sur son patrimoine personnel des actes professionnels
qu’il a accompli au sein de la société, peu importe qu’il ait cédé ses parts (ou que ses héritiers
l’aient fait).

EXO 19.02 Extraits de statuts d’une SCM constituée entre des médecins
1. Montrez que l’objet social correspond bien à celui d’une SCM.
Une SCM regroupe des personnes physiques ou morales exerçant des professions libérales et a
pour objet exclusif de faciliter pour chacun de ses membres l’exercice de son activité.
Ici l’objet social de la SCM de médecins répond bien à ces deux conditions :
– la mise en commun de moyens, qui sont décrits dans le deuxième paragraphe de l’article ;
– le fait que chacun des médecins de la société reste indépendant dans l’exercice de sa
profession.
2. Expliquez l’intérêt des articles 7 et 8.
Une SCM ne réalise pas de bénéfices elle-même car chacun des professionnels reste indépendant
et reçoit donc personnellement la rémunération de son travail. Il faut donc prévoir des dispositifs
pour que les membres de la société entretiennent les moyens alloués par la société. Ici, il s’agit
d’une redevance qui est fixée tous les ans par les associés et à laquelle chacun participe en
fonction de sa part dans le capital social (article 7 des statuts). Le versement de la redevance doit
correspondre parfaitement aux sommes dont a besoin la société, ce qui justifie la régularisation
prévue par l’article 8 des statuts : la société à l’issue de cette régularisation ne subira pas de pertes
et ne fera aucun bénéfice.

37
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 38 folio : 38 --- 24/5/022 --- 13H49

CORRIGÉS

20 Les groupements agricoles


EXO 20.01 Problème juridique : conseiller une forme juridique pour une exploitation
agricole

1. Jonathan et Kévin sont deux amis d’enfance nés dans le même village en Bretagne. Après
leurs études, ils ont acquis une expérience en tant que salariés agricoles. Ils s’apprêtent
aujourd’hui à reprendre l’exploitation de leurs parents et souhaitent s’associer. Ils anticipent
des revenus assez faibles.
Jonathan et Kévin peuvent utiliser les trois formes juridiques. Toutefois, le GAEC semble
particulièrement correspondre à leur projet. En effet, ils sont des personnes physiques, majeures,
exploitants. Si leur activité est exclusivement consacrée au GAEC, ce qui semble le cas, ils peuvent
bénéficier de la transparence pour maximiser leurs aides et subventions. Leur responsabilité est
par ailleurs limitée (à deux fois le montant des apports). Enfin, ils anticipent des revenus faibles
et le GAEC est le seul groupement à leur permettre d’opter pour le forfait à l’IR. Ces avantages
compensent les formalités de constitution plus lourdes (agrément).
2. Daniel a 60 ans et souhaite dans un premier temps associer sa fille, Jennifer, de 25 ans à son
affaire, pour lui laisser ensuite l’intégralité des parts.
Daniel a une fille majeure qui va participer à l’exploitation. À eux deux, ils peuvent opter pour
n’importe quelle forme. Cependant, Daniel souhaite pouvoir laisser son affaire à sa fille lorsqu’il
sera à la retraite. Une seule forme juridique permet d’exercer seul : il s’agit de l’EARL. La solution
n’est pas désavantageuse car la transparence n’a pas d’intérêt dans ce cas. La constitution est
plus lourde qu’en SCEA mais la responsabilité est limitée au montant des apports.
3. Emmanuel et Catherine sont deux exploitants agricoles de 45 ans. Leur fils, Paul, 14 ans veut
absolument reprendre l’exploitation à leur départ à la retraite. Ils souhaiteraient l’associer à
l’exploitation familiale pour l’encourager.
Emmanuel et Catherine souhaitent associer leur fils mineur à leur exploitation. Ils n’ont pas le
choix : seule la SCEA leur permet de s’associer avec un mineur. Il faudra bien attirer leur
attention sur le fait que la constitution et le fonctionnement de cette forme sociale sont souples,
mais que la responsabilité est bien plus lourde que dans les autres groupements (indéfinie et
conjointe).

21 Groupement d’intérêt économique : GIE


EXO 21.01 Cas pratique – Choix d’une structure juridique : le GIE

1. Leur indiquer quels sont les avantages et les inconvénients du GIE.


Problème juridique : avantages et inconvénients du GIE
Avantages :
– Frais et formalisme réduits
– Pas de capital minimum
– Grande liberté pour organiser le fonctionnement
– Possibilité de mettre en commun des moyens et des activités
– Transparence fiscale
Inconvénients :
– Responsabilité indéfinie et solidaire des membres
– Peu compatible avec les activités lucratives.

38
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 39 folio : 39 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

2. Leur expliquer s’ils ont intérêt à opter pour le GIE ou pour la SAS

CORRIGÉS
Problème de droit : conseil sur la forme juridique GIE ou SAS
Règles juridiques : la SAS a été initialement conçue pour accueillir des filiales communes
d’entreprise. Elle peut donc apparaître parfois comme rivale du GIE.
– La SAS permet de mettre en commun un éventail plus important d’activités en commun
puisqu’elle peut permettre la réalisation de bénéfice.
– Depuis 2008, il n’y a plus de capital minimum. Les formalités de constitution et de réalisation
des apports sont un peu plus lourdes que pour le GIE (publication au JAL, dépôt des fonds, etc.)
mais la SAS demeure très souple. Le fonctionnement est également très largement régi par les
statuts.
– La responsabilité des actionnaires est limitée au montant des apports.
– La SAS a un président.
– La société est en principe imposée à l’IS.
Application au cas :
En l’espèce, malgré l’avantage considérable de la responsabilité limitée aux apports dans la SAS,
plusieurs éléments conduisent à conseiller le GIE.
En effet, Albert, Baptiste et Coralie ont manifesté leur attachement à leur qualité de commerçant
indépendant. Ici le GIE étant réservé à des activités auxiliaires aux activités principales des
membres correspond bien à leur projet. Ils peuvent aussi être tous les trois administrateurs s’ils
le souhaitent.
Les règles de fonctionnement sont, dans les deux cas, laissées très largement au contrat
constitutif.
Les activités envisagées peuvent être exploitées sous n’importe laquelle des deux formes.
Toutefois, dans la mesure où les activités qu’ils envisagent ne génèrent que des charges, il est
capital qu’ils puissent les faire remonter dans leurs résultats.
Ainsi, c’est le GIE qui correspond le mieux au projet des 3 commerçants.

22 Les caractéristiques de l’ESS


EXO 22.01 Analyse de documents

À partir des documents reproduits ci-dessous, vous présenterez les acteurs de l’économie
sociale et solidaire qui embauchent le plus.
les acteurs traditionnels de l’ESS sont les associations à une très large majorité (plus de 83 %
des structures de l’ESS), puis les coopératives (environ 12 %), puis les mutuelles et les
fondations.
Logiquement, il en ressort que les associations et les coopératives ont créé le plus d’emplois.

EXO 22.02 Cas Eqosphère

Pourquoi l’exemple reproduit ci-dessous relève-t-il de l’ESS ?


Cet exemple s’inscrit dans l’économie dite circulaire qui permet le recyclage de produits,
alimentaires ou non. Cette structure bénéficie du soutien des pouvoirs public à travers le
ministère de l’Agriculture. La gestion est conforme à certains principes, notamment celui
consistant à ce que les bénéfices distribuables soient majoritairement consacrés à l’objectif de
maintien ou de développement de l’activité de l’entreprise (50 % du résultat net est ici réinvesti)
et dans des projets solidaires.

39
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 40 folio : 40 --- 24/5/022 --- 13H49

Consultation « Cousins d’Auvergne »


CORRIGÉS

EXO 22.03

Quelle structure juridique leur conseillez-vous entre le GIE, l’association ou une société ?
Solution : voilà le raisonnement qu’il convient de mener pour distinguer la structure qui
conviendrait à ce groupement qui vise à procurer des économies à ses membres :
– si l’activité du groupement est l’accessoire de celle de ses membres, il pourra s’agir d’un GIE
(cf. chapitre 21) ;
– si en revanche, l’activité est autonome, il convient de déterminer si les membres recherchent
avant tout l’économie réalisée ou s’ils recherchent avant tout le service dispensé. Dans le
premier cas, il pourra s’agir d’une société ; dans le second, il s’agira davantage d’une
association.

23 Les associations
EXO 23.01 Cas pratique - Analyse de situations pratiques

Précisez dans chacun des projets exposés ci-dessus la structure juridique qui vous semble la
plus appropriée.
Justifiez votre réponse.
Cas 1 : il semblerait que les Italiens puissent constituer une association. La finalité d’une
association ne doit pas être le partage des bénéfices. Cela n’empêche pas de demander une
participation pour bénéficier des services (cours d’italien et cours de cuisine). L’association aura
peut-être besoin d’être déclarée pour être titulaire de la personnalité juridique (notamment si
les cours sont dispensés à titre onéreux).
Cas 2 : les commerçants de la ville de Saint-Ouen peuvent concevoir un groupement d’intérêt
économique dans la mesure où ce service constitue une activité accessoire et située dans le
prolongement de leur activité principale classique. La structure permet de limiter les frais de
fonctionnement d’un tel service.
Cas 3 : une association consiste en une mise en commun de connaissances ou d’une activité.
Aucun capital social n’est requis. Les membres à l’origine de l’association peuvent en devenir
salariés : ils percevront alors un salaire qui n’est pas un bénéfice. La mairie subventionne
l’association par la fourniture d’un local. Les bénéfices réalisés ne sont pas distribués mais
permettent d’assurer le fonctionnement de l’association (instruments, concerts...).

EXO 23.02 Cas pratique – Association « Tous en forme »

1. L’association « Tous en forme » n’usurpe-t-elle pas le statut d’association ?


Principe juridique : une association régulièrement déclarée peut avoir une activité économique.
L’activité consistant à fournir des services doit être prévue par les statuts de l’association.
L’exigence d’un but non lucratif demeure, c’est-à-dire que l’association ne doit pas rechercher
à titre principal la réalisation de bénéfices. L’association devient imposable si ses activités
lucratives sont prépondérantes (plus de 63 060 1 de recettes par an pour l’année 2019).
Application au cas : l’association « Tous en forme » est bien une association si l’activité est
exercée titre bénévole et désintéressé. C’est le cas des cinq amis.
2. Un commissaire aux comptes devrait-il être désigné ?
Principe juridique : une association est tenue à des obligations comptables dès lors qu’elle acquiert
une certaine taille (article L. 612-1 du Code de commerce). C’est le cas des associations ayant une
activité économique lorsqu’elle dépasse deux des seuils précisés par décret : 50 salariés ;
3 100 000 1 de chiffre d’affaires ou de ressources ; 1,55 million d’euros de total du bilan.

40
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 41 folio : 41 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

Application au cas : l’association « Tous en forme » ne semble pas réunir les conditions fixées

CORRIGÉS
pour être contrainte de désigner un commissaire aux comptes. Toutefois, les statuts peuvent
imposer une telle nomination.
3. Que pensez-vous de la régularité du contrat de bail ? Et celle du contrat de travail ?
Principe juridique : constitue une convention réglementée dans une association le contrat conclu
directement ou par personne interposée entre l’association et
– l’un de ses administrateurs ou l’une des personnes assurant un rôle de mandataire social ;
– et une autre personne morale dont un associé indéfiniment responsable, un gérant, un
administrateur, le directeur général (...) est simultanément administrateur ou assure un rôle de
mandataire social de l’association.
Un contrôle est réalisé après la conclusion de la convention réglementée. Le représentant de
l’association présente à l’organe délibérant un rapport sur l’opération en question.
Constitue une convention courante la convention conclue à des conditions normales qui, en
raison de son objet ou de ses implications financières, n’est significative pour aucune des parties.
Application au cas : le contrat de bail conclu par le président de l’association constitue une
convention réglementée car Christian, son président, est associé indéfiniment responsable de la
SCI propriétaire du local.
Le contrat de travail constitue une convention courante.
Remarque Une association peut embaucher des salariés à la condition d’avoir obtenu un numéro
Siret d’association.

EXO 23.03 Exclusion d’un membre d’une association

1. Qui a introduit l’instance ? Quelle était la demande ?


L’association BNTB et un membre de l’association (société du Rhu) qui ont introduit l’instance.
Ils veulent obtenir réparation des atteintes portées à la marque « Blé noir tradition Bretagne
Gwinizh du Breiz » et à l’IGP « Farine de blé noir de Bretagne/Farine de blé noir de Bretagne
– Gwinizh du Breizh ».
2. Dans quels cas la qualité de membre d’une association peut-elle se perdre ?
Outre la démission, la Cour de cassation rappelle les deux hypothèses dans lesquelles la qualité
de membre d’une association (ou sociétaire) peut se perdre : la radiation et l’exclusion. La
radiation suppose qu’une condition requise pour être membre a disparu (il y a donc une certaine
objectivité). L’exclusion sanctionne une faute définie initialement dans les statuts, commise par
le membre sanctionné et résulte d’une procédure disciplinaire.
3. Sur quel fondement le président de l’association a-t-il pu exclure la société Émile ? Comment
la Cour d’appel de Rennes a-t-elle interprété cette disposition ? Qu’en pensez-vous au regard
de la liberté contractuelle qui anime le droit des associations ?
Le président a fait application des statuts de l’association BNTB, en particulier de l’article 7 qui
prévoit que la qualité de membre « se perd par non-respect du cahier des charges ».
La Cour d’appel de Rennes l’a interprété comme une clause de résiliation de plein droit de la
qualité de membre. La société Émile ne respectait plus le contrat d’adhésion fondateur de BNTB
(à savoir, les statuts), en particulier de son cahier des charges. Elle a commis une faute susceptible
d’entraîner son exclusion de l’association.
Un vote formel en AG ne semblait pas requis pour prononcer une telle exclusion de l’association.
Le droit des associations est fortement marqué par la liberté contractuelle. On pourrait imaginer
aisément que les statuts d’une association puissent prévoir les modalités d’exclusion par cette
seule stipulation statutaire et que l’exclusion de la société Émile soit alors régulière. La loi de 1901
n’impose que très peu de règles impératives. La « contractualisation » de l’association se
matérialise par les statuts.

41
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 42 folio : 42 --- 24/5/022 --- 13H49

4. La sanction de l’exclusion disciplinaire est-elle finalement régulière en l’espèce ?


CORRIGÉS

La Cour de cassation rend un arrêt de cassation. Elle retient que, « dans le silence des textes et
des statuts relatifs au fonctionnement d’une association, la décision de radier ou d’exclure un
sociétaire relève de l’AG, son président ne pouvant prendre, en cette matière, que des mesures
à titre conservatoire ». Il apparaît donc que la clause statutaire de résiliation ne suffisait pas à
exclure le membre d’une association qui ne respectait plus les conditions figurant dans le cahier
des charges de l’association. L’exclusion d’un membre d’une association suppose le respect
d’une procédure disciplinaire et la consultation de l’AG.
Remarque : la société Emile peut alors continuer à faire usage de la dénomination dans l’attente
d’une exclusion régulière (procédure disciplinaire avec la convocation et la délibération d’une
AG).
5. Que vient préciser, indirectement, cet arrêt sur le mandat du président d’association ?
Le président d’une association n’est pas un organe légal. C’est un mandataire, ce qui signifie qu’il
tire ses pouvoirs du contrat d’association. En l’absence de disposition légale ou dans les statuts
de l’association, il revenait à l’AG la compétence d’exclure ou de radier un de ses membres.
L’exclusion d’un membre comme sanction n’est envisageable qu’à la condition que les statuts
prévoient ses causes et ses conditions. Le président de BNTB n’était pas investi pour le faire. Ce
n’est qu’à titre conservatoire (c’est-à-dire dans l’attente de la décision définitive de l’AG) que le
président pouvait l’exclure.

24 Les sociétés coopératives


EXO 24.01 Analyse de situations pratiques

Dans les situations ci-dessus, choisissez la forme de société coopérative qui convient le mieux
au projet des coopérateurs.
Cas 1 : une SCIC semble être la forme adaptée au projet. Son objet est la production ou la
fourniture de biens et de services d’intérêt collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale.
Elle permet de structurer des offres de services nécessitant, pour leur mise en œuvre et pour leur
gestion, le rapprochement de différents partenaires privés et/ou publics.
Cas 2 : Christian peut trouver intérêt à se rapprocher d’une CAE (coopérative d’activités et
d’emploi) qui lui permet dans un premier temps de rester salarié. Il bénéficiera d’une couverture
sociale. Il bénéficiera du soutien et des conseils de gestion du CAE.
Cas 3 : la SCOP d’amorçage permet de passer « en douceur » du statut de société capitaliste en
une SCOP. Les salariés ont un délai de 7 ans pour devenir majoritaires au capital. Leur capacité
financière est donc prise en compte.

EXO 24.02 Organisme de foncier solidaire

1. Quelle finalité poursuit un organisme de foncier solidaire ? En quoi s’inscrit-il dans le cadre
de l’économie sociale et solidaire ?
Les tensions sont très fortes sur le marché de l’immobilier, notamment en Île-de-France, privant
ainsi beaucoup de personnes de la possibilité de devenir propriétaires. Parallèlement au marché,
un organisme foncier solidaire propose un nouveau mode d’accession sociale à la propriété qui
s’appuie sur une dissociation entre le terrain et le logement. Ce mécanisme permet d’échapper
à la spéculation immobilière et s’intègre en cela à l’ESS. L’organisme foncier solidaire (OFS)
acquiert le terrain grâce à un prêt à très long terme (pour en lisser la charge de remboursement).
L’acquéreur devient propriétaire du logement seul, ce qui explique son prix raisonnable. « C’est
l’assurance de disposer, à long terme, d’un parc accessible, ce qui n’était pas le cas de l’accession

42
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 43 folio : 43 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

sociale à l’ancienne, qui ne bénéficiait qu’au premier acquéreur, vite tenté de réaliser une belle

CORRIGÉS
plus-value en revendant » (Christian Chevé, président de la Coopérative foncière francilienne).
2. Qu’est-ce qu’un BRS ?
L’OFS loue le terrain aux habitants (pour quelques euros par m2) et signe avec chaque habitant
un bail réel solidaire (BRS) d’une durée de 18 à 99 ans, qui précise les conditions d’accession et
de cession future du logement. L’accession sociale est réservée à des ménages aux ressources
plafonnées. Aujourd’hui, l’OFS est la seule façon de proposer des immeubles situés près de Paris
à des prix raisonnables.
3. Cela vous surprend-il que la Coopérative foncière francilienne soit constituée sous la forme
d’une SAS ?
La Coopérative foncière francilienne est une coopérative qui est rattachée aux sociétés, comme
toutes les coopératives. Il est donc tout à fait normal que la coopérative soit rattachée à une
société par actions simplifiée.
4. Qu’est-ce qu’une SCIC et quelles sont ses caractéristiques ?
Une SCIC est une société coopérative d’intérêt collectif. Elle est d’ailleurs obligatoirement
constituée sous la forme d’une SARL, d’une SA ou d’une SAS. Elle réunit des partenaires privés
et publics pour produire ou fournir des biens ou services d’intérêt collectif. Le conseil
d’administration de la Coopérative foncière francilienne réunit des villes, des bailleurs sociaux,
promoteurs immobiliers.

EXO 24.03 Cas Coopérative agricole « Les bonnes tartes d’Annie »

Pensez-vous que les quatre membres de la coopérative puissent disposer comme ils
l’entendent du domaine ? Leur avocat leur a dit de se méfier de l’arrêt rendu par la Cour d’appel
de Poitiers le 11 décembre 2018.
Principe juridique : il s’agit d’étudier ici de la sortie du statut coopératif, autrement dit la transfor-
mation en société. La transformation d’une société coopérative en une société non coopérative ne
peut obéir au régime de droit commun de la transformation de société. Certaines des modalités
sont fixées à l’article 25 de la loi de 1947 : la perte de la qualité de coopérative ne peut intervenir
qu’après autorisation de l’autorité administrative, prise après avis du Conseil supérieur de la
coopération et surtout, par rapport au point central évoqué, il y a le principe de l’indisponibilité (ou
impartageabilité) des réserves coopératives. Selon ce principe, les réserves ne peuvent être
distribuées aux coopérateurs. En quittant la coopérative, le coopérateur ne peut prétendre qu’au
remboursement de ses titres. Il y a une dévolution altruiste des actifs de la coopérative.
Application au cas : les quatre membres de la coopérative « Les bonnes tartes d’Annie » n’ont
pas sollicité cette autorisation pour prononcer sa dissolution. Même dissoute et en ayant alors
perdu la personnalité morale, la société demeurait une société coopérative (et non une société
en participation). Chaque membre peut obtenir le remboursement de son apport mais ne peut
prétendre à aucun droit sur le domaine qui devra être transmis à une autre coopérative.
Remarque : D. Hiez considère que la Cour d’appel de Poitiers, dans cette espèce, n’a pas été
respectueuse du droit coopératif. Il a toujours été admis que la coopérative était une société
particulière. L’impartageabilité (ou indisponibilité) des réserves constitue une caractéristique des
coopérations, la liquidation de la coopérative doit alors être réalisée conformément à la loi de
1947. D. Hiez pense que la solution aurait été différente si les relations entre coopérative et
société étaient plus claires. La Cour d’appel aurait dû faire application de l’article 25 de la loi de
1947 et non appliquer les règles de dissolution pour les sociétés « ordinaires ». Pour illustrer
l’autonomie dont le droit coopératif a besoin, D. Hiez s’appuie sur l’article L. 235-1 al. 2 du Code
de commerce qui conduirait à interdire de sanctionner par la nullité le non-respect des règles

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 44 folio : 44 --- 24/5/022 --- 13H49

fondamentales du droit coopératif. Ces dernières ne figurant pas dans le Code de commerce mais
CORRIGÉS

dans la loi de 1947, la nullité d’un acte ou d’une délibération dans une coopérative serait
impossible sur ce fondement (« La nullité d’actes ou délibérations autres que ceux prévus à
l’alinéa précédent ne peut résulter que de la violation d’une disposition impérative du présent
livre (...) » sous-entendu livre du Code de commerce (article L. 235-1 al. 2 du Code de commerce).

25 La mise en œuvre de la responsabilité pénale


EXO 25.01 Analyse de document – CJIP signée par HSBC

Lisez l’article ci-dessus et indiquez quels sont les avantages de la CJIP pour HSBC Private Bank
et pour l’État Français.
La convention judiciaire d’intérêt public est inspirée du droit américain. Elle a été introduite en
droit français par la loi Sapin du 9 décembre 2016.
Du point de vue de l’État, c’est une procédure lourde et coûteuse qui est ainsi évitée. L’issue
n’était pas certaine non plus car même si le fond est bien établi, une affaire peut être gagnée sur
des questions de procédure
Le Parquet national financier (il a été institué près le TGI de Paris, à côté du Parquet généraliste,
un Parquet national financier, compétent pour certains délits et pour des affaires financières
complexes) a indiqué que la somme versée par HSBC dans cette affaire est supérieure au produit
de l’ensemble des amendes versées en 2015 (277 millions).
Du point de vue de la banque, le montant de l’amende encourue était bien plus élevé (à titre de
comparaison, USB a été condamnée pour les mêmes faits à une amende de 3,7 milliards d’euros
en première instance le 20 février 2019). En outre, la CJIP n’est pas inscrite au casier judiciaire,
ce qui permet à la personne morale de participer aux marchés publics. Enfin, il est probablement
préférable pour son image que la publicité soit plus réduite que lors d’un procès pénal plus long.

EXO 25.02 Cas pratique – Questions de procédure pénale

1. Quelles sont les étapes de la procédure antérieure à cette notification ?


L’affaire a en principe fait l’objet d’une enquête préliminaire. Le procureur a ensuite saisi le juge
d’instruction par un réquisitoire introductif d’instance. Celui-ci a mené l’instruction qu’il vient de
clore.
2. Qu’est-ce que la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ?
La procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ou « plaider cou-
pable » permet d’éviter un procès pénal en cas de délit punissable d’une peine d’amende ou d’un
emprisonnement maximal de 5 ans (c’est le cas ici avec l’abus de bien social – étudié au
chapitre 27)
Le procureur propose au prévenu, qui reconnaît sa culpabilité, une peine limitée au montant
maximal de l’amende ou à une peine de prison limitée au maximum à 1 an et à la moitié de la
peine encourue, avec possibilité de sursis.
Cette procédure est mise en œuvre à l’initiative du procureur qui propose une peine au prévenu
qui a dix jours pour l’accepter.
Si le prévenu accepte, le procureur de la République saisit le président du TGI d’une requête en
homologation. L’ordonnance du président du TGI a les effets d’un jugement de condamnation,
elle peut donc faire l’objet d’un appel.
3. Quelles sont les étapes suivantes de la procédure ?
Lorsque le juge d’instruction a terminé son instruction, il revient au procureur de prendre ses
réquisitions. Les juges d’instructions décideront ensuite s’il y a lieu de renvoyer ou non l’affaire

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 45 folio : 45 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

devant le tribunal compétent. En l’espèce, le recel (étudié au chapitre 26) et l’abus de biens social

CORRIGÉS
sont des délits. La juridiction compétente est donc le tribunal correctionnel.
En cas de renvoi, l’étape suivante est le procès et le jugement. Les voies de recours contre la
décision du tribunal correctionnel sont l’appel et le pourvoi.

26 Les infractions de droit commun


EXO 26.01 Cas pratique – Arnaque aux diamants

Quelles infractions pénales vous paraissent-elles constituées ?


Problème juridique : quelles infractions sont constituées ?
Règles applicables :
Plusieurs qualifications peuvent être envisagées : l’escroquerie, le faux et l’usage de faux.
L’escroquerie est retenue si trois éléments sont présents.
L’élément légal est constitué par l’incrimination qui est prévue au Code pénal (article 313-1).
L’élément matériel correspond à l’utilisation de l’un des trois procédés frauduleux (usage d’un
faux nom ou qualité, abus d’une qualité vraie ou emploi de manœuvres frauduleuses) dans le but
d’obtenir une remise de la chose, la fourniture d’un service ou un acte opérant décharge en
causant un préjudice à la victime.
L’élément moral ressort de l’intention frauduleuse de l’auteur.
Le faux est retenu à l’encontre d’un prévenu si trois éléments sont réunis.
L’élément légal est constitué par l’incrimination prévue au Code pénal (article 441-1).
L’élément matériel correspond à la réalisation d’un support qui manifeste une altération de la
vérité (matérielle ou intellectuelle) et qui a une portée juridique cause un préjudice à autrui.
Pour l’élément moral, l’intention délictueuse est requise.
La qualification d’usage de faux nécessite la réunion de trois éléments.
L’élément légal est constitué par l’incrimination prévue au code pénal (article 441-1).
L’élément matériel requiert un faux et son utilisation pour obtenir quelque chose en causant un
préjudice.
Enfin, s’agissant de l’élément moral : l’infraction est intentionnelle.
Application au cas : en l’espèce, Monsieur Degas réunit sur sa tête les éléments de l’escroque-
rie prévue au code pénal : il a créé un faux site internet, il a eu recours à une mise en scène et
utilisé un faux document pour obtenir la remise de fonds – 100 000 euros – au préjudice de
Monsieur Mondrian. Il a agi en toute connaissance de cause. L’infraction est donc constituée.
Monsieur Stein pourrait être poursuivi pour faux si les pierres n’ont jamais existé. Le faux est puni
par le Code pénal, il y aurait écrit entaché d’une altération intellectuelle de la réalité au préjudice
de Monsieur Mondrian.
Monsieur Degas pourrait être poursuivi comme co-auteur du faux (même analyse que ci-dessus)
et pour usage de faux dans la mesure où il a utilisé intentionnellement le faux pour escroquer
Monsieur Mondrian.

27 Les infractions spécifiques


EXO 27.01

Que risquent-ils ?
Problème juridique : Quelle infraction est constituée ? Quelle est la peine encourue ?
Règles applicables : Pour retenir la qualification de majoration frauduleuse des apports en
nature, trois éléments doivent être réunis :
L’élément légal : le code commerce (article L. 241-3 1°) punit le délit.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 46 folio : 46 --- 24/5/022 --- 13H49

L’élément matériel est établi si un apport en nature fait l’objet d’une surévaluation par toute
CORRIGÉS

personne.
L’élément moral correspond ici au mensonge sur l’évaluation.
La peine encourue est de cinq ans de prison et 9 000 euros d’agissant d’une SA.
Application aux cas : Le délit de majoration frauduleuse des apports en nature est constitué car
les exigences du code de commerce sont réunies : les actionnaires ont retenu pour le matériel
et les véhicules qu’ils apportaient une valeur de 37 000 euros au lieu de 25 000 euros et le
rapport de l’expert prouve qu’ils ont agi en connaissance de cause : tant l’élément matériel que
l’élément moral sont présents. Les associés risquent cinq ans de prison et 9 000 euros d’amende.

EXO 27.02 Cas pratique – La SARL Mario’ndgaz

1. Quelles infractions vous semblent avoir été commises ?


Problème juridique : quelles infractions sont constituées ?
Règles applicables :
L’abus de bien social est retenu si trois éléments sont réunis :
L’élément légal est constitué par l’incrimination qui est prévue au Code de commerce (article
L. 241-3, 2°).
L’élément matériel correspond à la réunion de trois conditions : il doit y avoir utilisation des biens
sociaux, cet usage doit se faire en causant un préjudice à la société : le patrimoine est diminué
et enfin, cet usage est fait dans l’intérêt du dirigeant ou dans celui d’une société dans laquelle
il est intéressé.
Il s’agit d’un délit intentionnel : le dirigeant doit être de mauvaise foi.
Le délit de présentation de comptes ne donnant pas une image fidèle peut être établie si
trois éléments sont présents :
L’élément légal est constitué par la disposition pertinente du code de commerce (article L. 241-3 3°).
L’élément matériel répond à une double exigence : d’abord, les comptes doivent être inexacts
et dissimuler la véritable situation de la société ; ensuite, ils doivent avoir été présentés aux
associés s’agissant d’une SARL.
L’infraction est intentionnelle. L’élément moral résulte de la volonté de dissimuler la situation
réelle de la société.
Le délit de distribution de dividendes fictifs résulte de la réunion de trois éléments :
L’élément légal est établi par le code de commerce (article L. 241-3 3° pour la SARL).
L’élément matériel implique l’absence ou le défaut d’inventaire, la distribution de bénéfices à
partir de sommes non distribuables et la répartition de ceux-ci.
Le délit est intentionnel : le dirigeant doit avoir conscience d’agir en contrariété avec l’intérêt
social pour satisfaire à l’exigence de l’élément moral.
Application aux cas : le délit d’abus de biens sociaux prévu au Code de commerce paraît
constitué. Monsieur Dominique semble avoir utilisé les fonds. Cet usage a diminué le patrimoine
social. Il semble que Monsieur Dominique ait fait financer ses vacances à Nice par la société.
Monsieur Dominique était de mauvaise foi : l’activité de la société se déploie uniquement en
région parisienne et aucun élément ne vient confirmer l’existence de clients potentiels dans une
zone aussi lointaine.
Le délit de présentation de comptes ne donnant pas une image fidèle est réprimé par le Code de
commerce. L’élément matériel est présent : les comptes sont inexacts car le passif est artificiel-
lement diminué : des créances irrécouvrables n’ont pas été enregistrées. Les comptes ont été
présentés en assemblée puisque des dividendes ont été distribués. Monsieur Dominique a
volontairement effacé ces créances, l’élément moral est donc présent. L’infraction est constituée.
Le délit de distribution de dividendes fictifs est ici consommé. L’infraction prévue par le code
de commerce est matérialisée par un inventaire frauduleux par minoration du passif. En outre,

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 47 folio : 47 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

des sommes ont été distribuées en l’absence de bénéfice distribuable. Monsieur Dominique a

CORRIGÉS
volontairement faussé les comptes, l’élément moral est donc présent.
Remarque D’autres délits tels que le faux ou des délits fiscaux peuvent être constitués. La justice
applique les règles de cumul et ne retient en général que l’infraction la plus grave avec confusion
des peines, de sorte que le nombre d’années de prison reste limité contrairement à ce que l’on
peut voir aux États-Unis.

2. À quelles poursuites peuvent-elles donner lieu ?


Problème de droit : quelles actions peuvent être mises en œuvre en cas d’infraction pénale dont
la société est victime ?
Règles juridiques : la société peut se constituer partie civile pour déclencher l’action pénale et
poursuivre ainsi (ou par action séparée devant la juridiction civile) l’indemnisation de ses
préjudices. Conformément au droit commun : peuvent agir au nom de la société, le dirigeant, ou
à défaut, un associé.
Application au cas : La SARL Mario’ndgaz a subi un préjudice du fait des agissements de
Monsieur Dominique. Peuvent agir en son nom, le nouveau gérant Olivier Marcel ou à défaut,
Monsieur Mario Da Silva en tant qu’associé de la SARL.

EXO 27.03 Analyse d’une décision de justice – Crim, 17 mai 2006

1. les infractions retenues à l’encontre des dirigeants du LCL,


Dans cette affaire, les dirigeants du LCL ont été poursuivis pour présentation ou publication de
comptes annuels infidèles, distribution de dividendes fictifs et complicité de ces délits.
2. la solution concernant les commissaires aux comptes,
La Cour casse la décision de la cour d’appel de Paris en date du 23 février 2005. Celle-ci ne pouvait
écarter la responsabilité des commissaires aux comptes pour non révélation des faits délictueux.
3. les motifs de la Cour pour fonder cette décision.
La motivation de la Cour déduit la connaissance des faits délictueux par les CAC de la certification
sans réserve de comptes sociaux, en parfaite connaissance de l’insuffisance des provisions pour
risques et dépréciations.

EXO 27.04

1. Rappelez les notions de conventions réglementées et d’abus de bien social ainsi que les
sanctions prévues par la loi.
Les conventions réglementées sont d’une façon très générale (chaque forme sociale, SA SARL
et SAS obéit à des règles propres), des conventions passées :
– entre un dirigeant ou un associé et la société qu’il dirige ou dont il est associé d’une part et
– celles passées entre deux sociétés dans lesquelles le dirigeant ou l’associé est intéressé.
La réglementation de ces conventions a pour but de prévenir les conflits d’intérêt. Le défaut de
respect de la procédure se traduit par des sanctions civiles : la responsabilité civile de l’auteur
peut être recherchée (dommages-intérêts), dans certains cas la convention peut être annulée.
L’abus de bien social est constitué si trois éléments sont réunis :
L’élément légal est constitué par l’incrimination qui est prévue au Code de commerce (article
L. 242-6 pour la SA à CA, par l’article L. 244-1, pour la SAS)
L’infraction se matérialise par la réunion de 3 conditions : il doit y avoir utilisation des biens
sociaux, cet usage doit se faire en causant un préjudice à la société : le patrimoine est diminué
et enfin, cet usage est fait dans l’intérêt du dirigeant ou dans celui d’une société dans laquelle
il est intéressé.
Il s’agit d’un délit intentionnel : le dirigeant doit être de mauvaise foi.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 48 folio : 48 --- 24/5/022 --- 13H49

Le dirigeant encourt une peine de 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende. La sanction est
CORRIGÉS

donc pénale.
2. Formulez le problème de droit.
Problème juridique : Le dirigeant d’une SAS, dont les statuts répliquent le régime applicable à la
SA (en prévoyant un directoire et un conseil de surveillance), qui a omis de solliciter l’autorisation
préalable du conseil de surveillance pour un plan de sauvegarde ou un dispositif de départ à la
retraite dont il bénéficie, commet-il un abus de bien social ?
3. Expliquez la motivation de la Cour de cassation.
La Cour considère que les actes visés étaient des conventions réglementées et que le dirigeant
devait soumettre à l’autorisation préalable du conseil de surveillance, conformément aux
dispositions statutaires de la SA. Elle constate ensuite que la procédure applicable n’a pas été
suivie et déclare que les peines encourues pour l’abus de bien social prévues dans la cadre de
la SA s’appliquent au dirigeant de la SAS par l’effet du renvoi de l’article L. 244-1 du Code de
commerce.
4. Selon vous, pourquoi cette décision a-t-elle été très critiquée par la doctrine ?
La décision a été très critiquée par la doctrine (par exemple le professeur B. Dondero sur son
blog). En effet, à la seule lecture de la décision, il semble y avoir confusion entre deux notions
bien distinctes : les conventions réglementées d’une part et l’abus de bien social qui relève du
droit pénal d’autre part. Si l’absence de respect de la procédure des conventions réglementées
peut être retenue comme un indice de l’abus de bien social, celui-ci doit faire impérativement
l’objet d’une analyse en trois temps : il faut établir que l’acte est contraire à l’intérêt social (1),
qu’il est conclu dans l’intérêt personnel du dirigeant (2) et que ce dernier a agi avec une intention
délictueuse (3).

28 Applications transversales
EXO 28.01 Société Valverde et composition du conseil d’administration

1. La composition du conseil d’administration vous parait-elle conforme à la réglementation ?


Règles
Les administrateurs peuvent être :
– des personnes physiques ou des personnes morales (mais dans ce cas elles doivent nommer
un représentant permanent-personne physique) ;
– des actionnaires ou non (mais les statuts peuvent l’exiger).
Les administrateurs-personnes physiques (ou représentant permanent des personnes morales)
ne peuvent cumuler plus de 5 mandats d’administrateurs ou plus de 5 mandants au total tous
mandants confondus (membre du conseil d’administration, du conseil de surveillance, du
directoire, directeur général) de SA ayant leur siège social en France.
Pas plus d’un tiers des administrateurs ne peut être lié par un contrat de travail à la SA.
Le conseil d’administration est composé en recherchant une représentation équilibrée des
hommes et des femmes (même si le législateur ne fixe pas de sanction en cas de non-respect
de ce principe).
Le conseil d’administration est composé de 3 à 18 membres.
Application
La composition du conseil d’administration n’est pas conforme à la loi. En effet deux des cinq
membres sont liés à la SA par un contrat de travail ce qui est supérieur au tiers. En principe, la
nomination du dernier administrateur lié par la SA par un contrat de travail est nulle.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 49 folio : 49 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

2. En quoi le 71ème anniversaire de M. Léger risque-t-il de perturber cette composition ?

CORRIGÉS
Comment devra alors réagir le conseil d’administration ?
Règles
– âge limite des administrateurs
L’âge limite pour être administrateur doit être précisée par les statuts. À défaut le nombre des
administrateurs ayant dépassé l’âge de 70 ans ne pourra être supérieur au tiers des adminis-
trateurs en fonction. En cas de dépassement de la limitation statutaire ou légale relative à l’âge
des administrateurs, le plus âgé est réputé démissionnaire d’office, sauf si les statuts prévoient
une autre procédure.
– cooptation
Dans certains cas, le conseil d’administration peut lui-même choisir ces membres. Ces nomina-
tions devront être soumises à l’approbation de la plus prochaine AG ordinaire.
Lorsque le nombre d’administrateurs en fonction demeure supérieur au minimum statutaire, le
conseil d’administration a la faculté de procéder entre deux assemblées à une nomination
provisoire en cas de vacance par suite de décès ou de démission (cooptation facultative).
Lorsque le nombre d’administrateurs est devenu inférieur au minimum statutaire sans être
inférieur au minimum légal, le conseil d’administration doit nommer provisoirement un admi-
nistrateur pour compléter son effectif dans le délai de 3 mois à compter de la vacance
(cooptation obligatoire).
Lorsque le nombre d’administrateurs est devenu inférieur au minimum légal de trois, les
administrateurs restants doivent convoquer immédiatement l’AG ordinaire en vue de compléter
l’effectif (cooptation interdite).
Application
Lorsque M. Léger aura 71 ans, deux administrateurs sur cinq dépasseront les 70 ans, ce qui est
supérieur au tiers. Mme Bouffu qui est plus âgée sera réputée démissionnaire d’office.
Le conseil d’administration ne sera alors que composé de quatre membres, ce qui est supérieur
au minimum légal mais inférieur au minimum statutaire qui est de cinq, il doit donc nommer un
nouveau membre, et demander ratification lors de la prochaine AG.
3. À quelles conditions de quorum et de majorité un vote des actionnaires pourra-t-il éviter la
survenance d’un tel risque ?
Règles
Les règles relatives à l’âge maximum des administrateurs peuvent être modifiées par une
décision des actionnaires lors d’une assemblée générale extraordinaire qui est compétente pour
modifier les statuts.
Les règles de quorum et de majorité sont les suivantes :
– quorum
Sur 1re convocation, les actionnaires présents ou représentés doivent détenir 25 % des actions
ayant droit de vote. Les statuts peuvent prévoir un quorum plus élevé pour les SA non cotées.
Sur 2e convocation, les actionnaires présents ou représentés doivent détenir 20 % des actions
ayant droit de vote. Les statuts peuvent prévoir un quorum plus élevé pour les SA non cotées.
– majorité
2/3 des voix dont disposent les actionnaires présents et représentés.
Application
Les actionnaires peuvent modifier les dispositions des statuts relatifs à l’âge maximum des
membres du conseil d’administration en respectant les règles de quorum et de majorité décrites
plus haut.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 50 folio : 50 --- 24/5/022 --- 13H49

Société Valverde et convention


CORRIGÉS

EXO 28.02

1. Que pensez-vous de la validité de cette convention ?


Règles
e définition
Les conventions réglementées sont des conventions passées, directement ou indirectement
entre la SA et :
– les mandataires sociaux de la SA : directeur général, directeur général délégué, administrateurs ;
– l’un de ses actionnaires détenant plus de 10 % des droits de vote ;
– une société contrôlant une société actionnaire qui détient plus de 10 % des droits de vote
dans la SA en cause ;
– une entreprise si le directeur général, l’un des directeurs généraux délégués, l’un des
administrateurs SA est propriétaire, associé indéfiniment responsable, gérant, administra-
teur, membre du conseil de surveillance ou, de façon générale, dirigeant de l’entreprise ;
– toute personne interposée.
En revanche une convention est libre quand elle porte sur une opération courante et conclue
à des conditions normales.
e procédure
La convention réglementée doit respecter la procédure suivante :
– la personne intéressée doit informer le conseil d’administration de la convention projetée
et de ses modalités ;
– le conseil d’administration donne son autorisation préalable motivée avant sa conclusion
par un vote auquel l’intéressé, s’il est membre du conseil d’administration, ne participe
pas ;
– le président du conseil d’administration avise le CAC de la convention dans un délai d’un mois
de sa conclusion ;
– le CAC présente un rapport spécial à l’assemblée qui statue sur ce rapport. Au cours de cette
AG, l’intéressé (s’il est actionnaire) ne prend pas part au vote et ses actions ne sont pas prises
en compte pour le calcul du quorum et de la majorité.
e effets
Les conventions réglementées approuvées ou non par l’assemblée produisent leurs effets
vis-à-vis des tiers. Les conséquences préjudiciables à la société des conventions désapprou-
vées peuvent être mises à la charge de l’intéressé.
Les conventions réglementées conclues sans autorisation préalable du conseil d’adminis-
tration peuvent être annulées si elles ont eu des conséquences dommageables pour la
société. En revanche le non-respect des autres phases de la procédure ne peut entrainer
que la responsabilité de l’intéressé en cas de préjudice social mais pas la nullité de la
convention.
L’action en nullité se prescrit par 3 ans, à compter de la date de la convention.
Application
Le contrat de bail passé entre la SA et la femme de M. Valverde peut apparaître comme une
convention réglementée car M. Valverde est indirectement intéressé à la convention. Les
conditions de la convention apparaissent de plus comme anormales, le loyer étant supérieur au
prix du marché.
La convention devra donc être approuvée par le conseil d’administration (sans que M. Valverde
ne participe au vote), puis fera l’objet d’un rapport du CAC avant d’être (ou non) ratifiée par la
prochaine AG (sans que M. Valverde ne participe aussi le cas échéant au vote).

50
GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 51 folio : 51 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

La convention a des conséquences dommageables pour la SA qui a dû payer un loyer supérieur

CORRIGÉS
à celui du marché :
– si le conseil d’administration n’est pas consulté ou n’approuve pas la convention, celle-ci peut
être annulée ;
– dans tous les cas M. Valverde devra indemniser la SA de ces conséquences.
2. Quelles peuvent être les conséquences pénales d’une telle convention pour M. Valverde ?
Règles
Une infraction est valablement constituée à conditions que les éléments suivants soient
réunis :
– élément légal
L’infraction est prévue par l’article L 242-6 du Code de commerce pour les SA à conseil
d’administration.
– élément matériel
Il est constitué par un usage des biens (ou de crédit) de la SA contraire à l’intérêt social : un
dirigeant utilise à des fins personnelles des biens ou des crédits de la société.
– élément moral
Le dirigeant recherche de manière intentionnelle un intérêt personnel direct ou indirect dans
l’abus.
– sanction encourue
Elle est de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 1 d’amende plus la possibilité de peines
complémentaires.
Application
Les éléments constitutifs de l’infraction entrainant la responsabilité pénale de M. Valverde
semblent remplis car celui-ci a voulu personnellement profiter du loyer surestimé versé par la
SA à sa femme.

EXO 28.03 Société Valverde et capitaux propres

1. Que vous inspire la situation comptable de la société ?


Règles
Si les pertes qu’a subies la société font que les capitaux propres représentent moins de la moitié
du capital social, le conseil d’administration doit, dans les quatre mois de l’approbation des
comptes qui ont fait apparaître cette situation, interroger les actionnaires sur les suites données
à la société qui périclite.
Il doit donc convoquer l’AGE, qui peut décider de :
– dissoudre de manière anticipée la société ;
– reconstituer les capitaux propres, afin que ceux-ci représentent au minimum la moitié du
capital social ;
– réduire le capital de la société d’un montant au moins égal à celui des pertes qui n’ont pas été
imputées sur les réserves.
La reconstitution des capitaux propres et la réduction du capital doivent être réalisées au plus
tard à la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel la perte de la moitié du
capital a été constatée.
Si l’AG n’est pas consultée ou ne délibère pas de manière valable, tout intéressé peut demander
en justice la dissolution de la société. Le juge peut toujours donner un délai maximal de six mois
pour régulariser la situation et ne pourra dans tous les cas prononcer la dissolution, si au jour
où il statue, la régularisation a eu lieu.

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Application
CORRIGÉS

Les capitaux propres sont de 135 000 euros, soit moins de la moitié du capital social qui est de
300 000 euros, le conseil d’administration doit convoquer l’AGE pour qu’elle décide soit la
dissolution de la société, soit de régulariser la situation.
2. M. Valverde minimise les problèmes que rencontre la société. Que doit faire M. Turin, le
commissaire aux comptes de la société ?
Règles
Lorsqu’il existe des faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation, le CAC a
l’obligation de suivre la procédure suivante :
– il informe le président du conseil d’administration de l’existence des faits en cause. Dès ce
moment, lorsqu’il lui apparaît que l’urgence commande l’adoption de mesures immédiates et
que le dirigeant s’y refuse ou fait savoir qu’il envisage des mesures que le CAC estime
insuffisantes, ce dernier peut en informer le président du tribunal ;
– à défaut de réponse ou de réponse satisfaisante dans un délai de 15 jours, il invite par écrit le
président du conseil d’administration à faire délibérer le conseil d’administration sur ces faits.
Une copie de cette invitation est transmise au président du tribunal de commerce. Les résultats
de cette délibération à laquelle le CAC assistera lui seront aussi transmis ;
– à défaut de délibération du conseil d’administration, de délibération satisfaisante, ou en
l’absence du CAC lors de celle-ci, une AG est convoquée par le conseil d’administration (ou à
défaut par le CAC). Lors de cette AG, il sera débattu du rapport spécial rédigé par le CAC sur
les faits ayant justifié la procédure. Ce rapport est communiqué le cas échéant aux représen-
tants du personnel, ainsi qu’au président du tribunal de commerce ;
– à défaut de décision satisfaisante de l’AG, le CAC informe le président du tribunal de commerce
de ses démarches.
Application
Les pertes que subit la SA sont de nature à compromettre la continuité de son exploitation, le
CAC doit donc entamer la procédure décrite.
3. Décrivez brièvement les procédures auxquelles la société peut recourir pour répondre à ces
difficultés économiques en insistant sur les avantages et les inconvénients de chacune d’entre
elles.
Règles
La cessation de paiements est la situation d’une entreprise dont l’actif disponible ne permet plus
de faire face au passif exigible. Lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés sans être en
situation de cessations de paiements, trois procédures lui sont offertes :
– le mandat ad hoc. Il s’agit de demander en justice la nomination d’un mandataire, qui aura pour
mission de trouver des solutions aux difficultés rencontrées. Cette procédure est confidentielle ;
– la conciliation. Il s’agit de demander en justice la nomination d’un conciliateur, qui aura pour
mission de négocier un accord amiable entre la société et ses créanciers. Cette procédure est
confidentielle ;
– la sauvegarde. Il s’agit de demander en justice la nomination d’organes qui vont encadrer les
pouvoirs du chef d’entreprise, et d’essayer de réorganiser la société pour qu’elle puisse
poursuivre son activité, maintenir l’emploi et apurer son passif. Cette procédure a pour but de
mettre en place un plan de sauvegarde. Elle débute par une période d’observation et pendant
toute sa durée les créanciers de la société ne peuvent poursuivre le paiement de leurs créances.
Cette procédure n’est pas confidentielle.
Application
La SA connait des difficultés mais elle n’est pas en situation de cessation des paiements. Parmi
les trois procédures chacune a ses avantages et ses inconvénients, mais il semble que la

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 53 folio : 53 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

procédure de conciliation soit la plus adaptée. Elle permet d’essayer de trouver un accord avec

CORRIGÉS
les créanciers de la société tout en laissant la totalité des pouvoirs à ses dirigeants et en restant
confidentielle.

EXO 28.04 Société Valverde et sa filiale

1. La présence d’un commissaire aux comptes au sein de la SAS est-elle obligatoire ?


Règles
Si, dans une SAS, deux des trois seuils suivants sont dépassés, la désignation d’un ou plusieurs
CAC par une décision collective des associés est obligatoire :
– montant du chiffre d’affaires HT : 8 000 000 1 ;
– total du bilan : 4 000 000 1 ;
– nombre moyen de salariés permanents employés au cours de l’exercice : 50.
Enfin, un ou plusieurs associés représentant 10 % du capital peuvent demander en justice la
nomination d’un CAC même si les conditions rendant la nomination obligatoire ne sont pas
réunies. Si un ou plusieurs associés représentant au moins le tiers du capital demande(nt) la
nomination d’un commissaire aux comptes, la SAS doit le faire.
Application
La SAS concernée ne dépasse pas deux des trois seuils décrits, elle n’a donc pas l’obligation de
nommer un CAC.
2. M. Valverde souhaiterait développer l’activité de cette filiale. Il a trouvé de potentiels
investisseurs qui entreraient dans son capital social. Il a cependant peur que ces derniers ne
s’engagent que pour une période brève et ne cherchent à céder leurs actions à d’autres
personnes. Que pouvez-vous lui conseiller ?
Règles
– clause d’agrément
Les associés (ou certains d’entre eux) peuvent avoir à obtenir l’accord préalable de la société
pour céder leurs actions.
Si cette clause n’est pas respectée, la cession est nulle.
En cas de mise en œuvre de la clause d’agrément prévue, le prix de la cession s’il n’est pas fixé
par les statuts, est déterminé par un accord entre les parties à la cession ou par un expert
(désigné par les parties ou par le président du tribunal).
Lorsque les actions sont rachetées par la société, celle-ci est tenue de les céder dans un délai
de six mois ou de les annuler.
La clause d’agrément ne peut être adoptée ou modifiée que par une décision des associés dans
les conditions et formes prévues par les statuts.
– clause d’inaliénabilité
Les associés (ou seulement certains d’entre eux) peuvent être privés du droit de céder leurs
actions, mais ces clauses ne sont valables que pour 10 ans au maximum.
Si la clause n’est pas respectée, la cession est nulle.
La clause d’inaliénabilité ne peut être adoptée ou modifiée que par une décision des associés
à l’unanimité.
Application
M. Valverde peut avoir intérêt à insérer dans les statuts de la SAS une clause d’agrément et/ou
une clause d’inaliénabilité qui limiteront les possibilités pour les nouveaux associés de quitter
trop rapidement la SAS.

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 54 folio : 54 --- 24/5/022 --- 13H49

La responsabilité du dirigeant
CORRIGÉS

EXO 28.05

1. Définissez la notion de faute séparable des fonctions. Quelles sont les conséquences d’une
telle faute ?
La faute séparable des fonctions est une faute intentionnelle d’une particulière gravité qui
permet à un tiers qui a subi un préjudice de la part d’une société d’engager la responsabilité
personnelle de son ou ses dirigeant(s) ?
2. Quel est le problème juridique soulevé par cet arrêt ?
La non souscription d’une assurance décennale par le gérant dont la société est en charge de la
construction d’une maison individuelle est-elle constitutive d’une faute séparable des fonctions ?
3. Quels sont la solution et les arguments de la cour d’appel ?
La cour d’appel estime que M. B., le gérant de la société ABC, n’est pas responsable personnel-
lement des dommages qu’ont subis les époux Z, du fait des désordres apparus dans la maison
individuelle que la société leur a construite, et non indemnisés en l’absence de souscription d’une
assurance. Elle estime que M. B. n’étant pas partie au contrat passé entre les époux Z et la
société ABC, sa responsabilité personnelle ne pourrait être retenue.
4. Quels sont la solution et les arguments de la Cour de cassation ?
La Cour de cassation casse et annule l’arrêt rendu par la cour d’appel. Elle estime que M. B. peut
être tenu personnellement responsable car le fait de ne pas avoir souscrit d’assurance
permettant d’indemniser les défauts lors de la construction de la maison individuelle constitue
une faute séparable des fonctions pouvant entrainer sa responsabilité personnelle.

EXO 28.06 Étude d’arrêt portant sur la paralysie d’une société

1. Quels sont les faits dans ce litige ? Qui forme le pourvoi en cassation ?
Le capital social de la société civile HFP est réparti entre 3 associés, parmi lesquels le gérant
détient 50 % des parts. Les 2 autres associés demandent judiciairement la dissolution de la
société fondée sur la mésentente entre les associés qui conduirait à la paralysie de la société. Le
gérant s’y oppose.
Le gérant de la SCI forme le pourvoi en cassation.
2. Comment se caractérise la paralysie d’une société ? Quelle est la position de la Cour de
cassation dans cet arrêt ?
Cette question relève de l’appréciation souveraine des juges du fond. Pourtant la Cour de cassation
exige que les juges du fond déterminent par des motifs précis que la mésentente entre les associés
paralyse bien le fonctionnement social. La seule mésentente entre les associés ne suffit pas pour
que la dissolution de la société soit prononcée. Elle doit provoquer la paralysie du fonctionnement
de la société. L’existence de pertes financières n’est pas de nature à constituer un critère de la
paralysie. C’est par exemple l’impossibilité pour les assemblées d’adopter des décisions collectives
qui caractérise par exemple la paralysie (Civ. 3e, 26 novembre 2015).
Dans l’arrêt rendu le 5 avril 2018, la Cour de cassation casse et annule l’arrêt rendu par la Cour
d’appel de Toulouse. Les deux associés qui demandent la dissolution n’évoquent qu’une
perturbation du fonctionnement normal de la société. La Cour de cassation retient alors que la
paralysie de la société n’est pas avérée malgré la mésentente durable, l’absence de toute
confiance entre les associés, la transmission à la mairie de projets différents et concurrents et
les pertes financières dues à des loyers dérisoires.
3. Quelles solutions auraient permis aux demandeurs d’échapper à cette situation ?
Les demandeurs auraient pu invoquer l’abus de majorité en démontrant que le gérant a adopté
des décisions contraires à l’intérêt social. La mise en œuvre de la responsabilité du gérant pour

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GRP : New_expertise_xml_Quadri JOB : DCG02_Droit_soc_gr_aff DIV : WEB_mp_19_corriges_groupes p. 55 folio : 55 --- 24/5/022 --- 13H49

Corrigés

faute de gestion pouvait également être envisagée en s’appuyant sur la santé financière de la

CORRIGÉS
société. Enfin, le gérant aurait pu être révoqué pour juste motif. La désignation d’un adminis-
trateur provisoire semble difficile à obtenir dès lors qu’il n’y a pas de véritable blocage (en cas
de mise en péril de l’intérêt social). Enfin, les associés ont la possibilité de se retirer si les statuts
le permettent.

EXO 28.07 Cas pratique « Thé et Chat conseils »

1. Simon Chat aurait-il pu être salarié de la SARL aux lieu et place de cogérant ?
Principe juridique : il n’existe aucune incompatibilité de droit entre la qualité d’associé
majoritaire et celle de salarié de la SARL dès lors que l’intéressé n’outrepasse pas ses pouvoirs
d’associé, qu’il ne s’immisce pas dans la gestion et qu’ainsi sa fonction salariale s’exerce bien
dans un réel état de subordination envers le gérant. Par ailleurs, il appartient à celui qui invoque
le caractère fictif du contrat de travail d’en rapporter la preuve.
Application au cas : sous réserve des conditions évoquées ci-dessus, rien ne s’opposait à ce que
Simon Chat puisse être associé majoritaire et salarié de la SARL au lieu de cogérant.
2. Adèle bénéficie-t-elle d’un droit de veto en ce qui concerne le bail commercial ?
Principe juridique : le droit de vote étant consacré par la loi et reconnu comme droit fondamental
de l’associé, le législateur ne prévoit pas de droit de veto (remarque : il peut résulter d’un
aménagement statutaire dans certaines sociétés telles que la SAS). En revanche, ce droit de véto
peut se manifester à travers le pouvoir d’opposition du cogérant contre une décision que peut
prendre l’autre gérant avant qu’elle s’applique (article L 223-18 al. 7 du Code de commerce).
L’opposition sera sans effet si le contrat a été conclu, à moins que les tiers en aient eu
connaissance.
Application au cas : dans la mesure où le contrat de bail reste en l’état de projet, Adèle Thé peut
s’y opposer en tant que cogérante.
3. Pourquoi seule la révocation judiciaire d’Adèle Thé est envisageable ? À quelles conditions
la révocation judiciaire peut-elle être prononcée ?
Principe juridique : le gérant d’une SARL peut être révoqué en interne, c’est-à-dire par décision
des associés représentant plus de la moitié des parts sociales. Par conséquent, le gérant
détenant la moitié des titres est alors irrévocable. Seule la révocation judiciaire reste alors
ouverte, pour cause légitime, à la demande de tout associé (article L. 223-25 al. 2 du Code
de commerce). La cause légitime doit être appréciée au regard de l’intérêt social. Elle sera
prononcée s’il est démontré que la conduite des affaires sociales par le gérant affecte la gestion
de la société.
Application au cas : Simon ne peut obtenir la révocation d’Adèle Thé que par la voie judiciaire.
Il semblerait que le fonctionnement de la société ne soit pas altéré mais Adèle Thé a agi
conformément à son intérêt personnel et a méconnu l’intérêt social. Le tribunal de commerce
prononcera sans doute la révocation d’Adèle.
4. Au vu des conséquences liées au rejet de la demande de révocation judiciaire, quelle
différence essentielle existe-t-il entre la qualification de « juste motif » et de « cause
légitime » de révocation ?
Si le juge ne reconnaît pas l’existence d’une cause légitime de révocation, le gérant est maintenu
dans l’exercice de son mandat. Il pourrait même être indemnisé pour l’atteinte portée à son
honorabilité.
Quand la révocation du gérant est obtenue en interne, c’est-à-dire sur décision majoritaire, elle
conserve un caractère irréversible en l’absence de juste motif. Le gérant révoqué sans juste motif
pourra alors être indemnisé.

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5. Outre les conséquences pénales, Simon Chat peut-il obtenir réparation pour le préjudice
CORRIGÉS

subi ? Sur quel fondement ?


Principe juridique : la responsabilité du gérant peut être engagée en cas de violation des statuts,
d’infractions aux lois et règlement et faute de gestion. Tout dirigeant doit agir dans l’intérêt de
la société, et non dans son intérêt personnel. Le gérant peut alors être condamné à réparer le
préjudice subi par la société ou un associé en cas de violation du devoir de loyauté et de fidélité
qui lui incombe. L’action peut être engagée par un associé individuellement ou au nom de la
société.
Application au cas : outre l’engagement de sa responsabilité pénale, la recherche d’un gain
personnel par Adèle Thé constitue un détournement de son mandat visant à poursuivre l’intérêt
social de la SARL. La rémunération obtenue par Adèle aurait dû profiter à la SARL. Simon Chat
peut engager cette action en réparation à titre individuel et au nom de la SARL.
Remarque Pénalement, Adèle Thé a commis un abus de biens sociaux.

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