Bonjour tout le monde
Le leadership américain : quand les règles du jeu changent, c’est le titre du livre que je vais présenter dans cet exposé. L’auteur,
Joseph Samuel NYE, Jr. est né en 1937 dans le New Jersey. Il est diplômé de l’université de Princeton, puis, après avoir fait des
études en philosophie, politique et économie à l'université d'Oxford, il obtient son doctorat à l'université Harvard. Grand analyste et
théoricien du soft power, il est surtout connu pour avoir travaillé et fourni des ouvrages dans les années 1970 sur les relations
transnationales et d'interdépendance. Il est aussi connu pour avoir occupé le poste de secrétaire adjoint à la Défense sous
l’administration Clinton. Joseph NYE est actuellement professeur à la Kennedy School of Government de l'université Harvard.
Pour présenter son œuvre de 1992 Le leadership américain : quand les règles du jeu changent, je vais d’abord vous en montrer le
sommaire.
Donc comme vous pouvez le voir, on fera d’abord une rapide introduction, puis dans une première partie, on traitera la puissance
dans l’histoire. Ensuite, on pourra se demander quels sont les nouveaux champions de la fin du XXe siècle, et enfin, on parlera des
nouveaux défis auxquels devront faire face les EU après le XXe siècle.
La théorie du déclin de l’Amérique est soutenue par de nombreux théoriciens à l’époque. Et si ceux qui soutiennent cette thèse sont
nombreux, c’est bien qu’il y a une raison. Après la 2GM, la puissance des EU a baissé de manière significative avec la reconstruction
des pays touchés par celle-ci, et d’après certains spécialistes, ce processus serait ininterrompu. Joseph NYE souhaite réfuter cette
thèse en répondant à 4 questions : Quelle est la position actuelle de la puissance de l’Amérique ? Comment change-t-elle ? Qui est
responsable de ces changements ? et Quelles sont les réactions appropriées ? Par l’intermédiaire de ce livre, l’auteur souhaite passer
deux messages : le leadership américain a toutes les chances de perdurer dans le siècle prochain et une mutation du pouvoir aura lieu
dans les années à venir.
Dans la première partie « La puissance dans l’histoire », Joseph NYE parle de la nature du pouvoir dans le passé.
A la fin du XXe siècle, de nouvelles sources de pouvoir sont apparues. En effet, dans le passé, les états privilégiaient le hardpower
afin de devenir des puissances tandis que maintenant, ils préfèrent le softpower. Ce concept de softpower qu’on a étudié en classe a
été théorisé par l’auteur, c’est une des raisons pour laquelle ce livre est très intéressant, et d’ailleurs je vous le recommande.
A l’époque, on trouve beaucoup de comparaisons entre la Grande Bretagne victorienne et l’Amérique moderne. Mais ces
comparaisons sont-elles vraiment pertinentes ? D’après l’auteur, pas tant que ça… ces 2 puissances présentent de nombreuses
différences. Par exemple, le degré de prédominance des États-Unis est supérieur à celui de la Grande Bretagne au cours de leur
période respective d’hégémonie. Il y a aussi leurs concurrents respectueux. Alors que la Grande Bretagne a du affronter l’Allemagne,
qui la surpassait militairement et économiquement, les États-Unis ont affronté l’Union Soviétique, qui souffre d’extension excessive.
Après leur anormale puissance à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis ont connu un déclin prévisible, qui s’est
néanmoins arrêté au bout d’un certain temps. Les États-Unis, comme tous les états, connaissent des échecs et succès dans tous les
domaines. On s’aperçoit qu’elle compte souvent plus de succès pendant sa période d’hégémonie que pendant sa période de déclin,
mais on se rend vite compte qu’il y a souvent une autre explication que l’affaiblissement d’une de ses qualités de puissance qui
explique cette baisse de succès. Les EU restent une très grande puissance.
Mais sa position va dépendre de l’avenir comme on va le voir dans la deuxième partie « Des nouveaux champions ? ». Ses principaux
concurrents sont l’Union Soviétique et la Chine, et l’Europe et le Japon, donc deux communistes et deux capitalistes. Ici, l’auteur
cherche à remettre en question la capacité des 4 concurrents à détrôner les États-Unis de leur rôle de première puissance mondiale.
On commence avec la Russie, sa principale concurrente depuis l’après-guerre, qui s’est toujours trouvée au deuxième rang mondial,
grâce notamment à son économie et à sa production industrielle. Mais après son apogée, l’ Union Soviétique entame son déclin, dû à
son état de stagnation prolongée, à son manque d’adaptation à la révolution informatique, mais aussi à sa perte de terrain dans la
recherche scientifique. Ensuite, la Chine peut aussi être considérée comme concurrente des EU par son économie croissante, son
territoire et sa population. Mais cela ne suffirait pas, d’après l’auteur, à renverser la grande puissance américaine, car la Chine
manque encore de connaissances dans la science et la technologie, des critères devenus indispensables à une puissance mondiale.
Passons à l’Europe et au Japon, alliés des États-Unis depuis plus de quarante ans (à l’époque de la sortie du livre), ils font
contrepoids à la puissance montante de l’Union Soviétique. Mais, les alliés d’hier peuvent très bien devenir les nouveaux prétendants
à la suprématie. D’abord, l’Europe. D’après les experts, si la communauté européenne acquiert une cohésion politique, elle a toutes
les chances de devenir la plus grande puissance du XXIe siècle. La question est de savoir si la Communauté Économique Européenne
parviendra à atteindre cette cohésion politique. Or, les nations européennes coordonnent leurs initiatives de politique étrangère, mais
jusqu’à un certain point seulement. Le sentiment d’appartenir à l’Europe a beau s’être affirmé chez les différents peuples, il n’a pas
atteint un niveau tel qu’il puisse transformer la vie politique de chaque pays pour faire de l’Europe une entité unique dans le futur. Du
coté du Japon, on observe une augmentation importante de sa puissance en un peu plus d’un siècle, notamment sur le plan
économique (deuxième puissance économique mondiale dans les années 90), ce qui la rend menaçante pour les États-Unis. Sa grande
faiblesse militaire réduit cependant beaucoup la menace qu’elle représente.
Pour conclure cette deuxième partie, on s’aperçoit qu’on ne peut pas encore affirmer que la position de leader des États-Unis soit
mise en danger par les états capitalistes ou bien communistes, malgré leur allure menaçante au premier abord. Mais ils devront
quand-même s’adapter à de nouveaux modes d’interdépendance afin de ne pas se faire devancer par ces états en pleine croissance
dans le futur.
D’après certains dirigeants et politologues, le monde connaîtra un équilibre des nations au XXIe siècle, donc la fin de la bipolarité
pour faire place à la multipolarité. Joseph NYE contredit cette hypothèse. Parce que, pour cela, il faudrait que les prétendants à la
suprématie complètent tous leur éventail de ressources de puissance, donc qu’ils soient sur un pied d’égalité avec les États-Unis. Sauf
que, les chances pour que ce soit le cas sont très faibles. Mais cette conclusion n’autorise pas les EU à faire preuve
d’autosatisfaction, car on peut se demander comment ils sauront agir sur l’environnement politique et persuader les autres nations de
se comporter selon leurs désirs. D’après Joseph NYE, l’Amérique devrait se centrer sur les institutions internationales et sur ses
fondements domestiques, qui lui permettent de répondre à la question de l’interdépendance.
L’auteur parle ensuite du changement de la politique mondiale, qui lance de nouveaux défis, notamment économiques et politiques, à
notre société. La compétitivité des EU face aux nouveaux champions extérieurs les pousse à augmenter de manière significative leur
productivité, donc d’envisager la création de plusieurs nouveaux emplois. Mais s’il y a une augmentation de la productivité, il peut
aussi potentiellement y avoir une augmentation des salaires minimums, qui aboutirait au licenciement des travailleurs moins
productifs. Concernant les défis politiques, Joseph NYE pense que l’Amérique va être poussée par la compétition internationale à
vaincre son étroitesse d’esprit et à entreprendre des réformes intérieures nécessaires pour rester la première puissance mondiale au
XXIe siècle.
Pour finir, Joseph NYE expose les grandes lignes d’une nouvelle stratégie qui devrait aider l’Amérique à traiter les problèmes qui se
présenteront dans les prochaines décennies. On se demande d’abord quels sont les intérêts de l’Amérique dans chacune des quatre
visions de l’avenir, soit la bipolarité, la multipolarité, les blocs régionaux et la polyarchie. D’après lui, aucune ne sera entièrement
adoptée, mais pas entièrement éliminée non plus, car il y a une grande chance de voir apparaître des éléments de chacune d’entre
elles dans l’organisation politique mondiale future. Donc d’après l’auteur, les États-Unis devront d’abord conserver un équilibre
militaire, donc renouveler et moderniser leurs alliances avec les autres grandes puissances. Mais surtout, afin de garder une prospérité
collective, ils devront garder une économie nationale ouverte, et donc investir dans les ressources qui leur permettront de gérer
l’interdépendance transnationale.
En conclusion, le problème de déclin des États-Unis évoqué par un grand nombre de théoriciens à la fin du XXe siècle ne peut
qu’être trompeur. Les États-Unis possèdent les ressources du hard power et celles du soft power, qui leur permettront d’affronter
leurs défis futurs. Les États-Unis sont toujours la première puissance mondiale, dotée des moyens les plus importants pour décider de
l’avenir.
Maintenant que je vous ai présenté l’ouvrage de Joseph NYE Le leadership américain : quand les règles du jeu changent, parlons un
peu des éléments du livre utiles pour le thème du programme. Dans cette œuvre, Joseph NYE démontre de manière convaincante que
les États-Unis n'étaient pas vraiment en déclin dans le dernier quart du XXe siècle. Pour cela, il utilise de nombreuses notions utiles
dans le thème « analyser les dynamiques des puissances internationales » du programme. En effet, ce livre étant en quelque sorte une
analyse des dynamiques des puissances internationales, il me semble logique d’y retrouver de nombreuses notions concernant ce
thème, tels que le soft power, théorisé on le rappelle par l’auteur lui-même, et le hard power, la puissance, le déclin, le dynamisme
des ressources politiques, militaires, économiques et sociales, institutionnelles d’une puissance internationale, l’hégémonie, etc.
Ce qui est aussi très intéressant avec ce livre, c’est sa date de publication. Parce que quand-même, 92, ça remonte un peu. Et depuis,
il s’est passé pas mal de changements dans le monde, au niveau des puissances, de leur politique, etc. Ce qui nous permet de vérifier
les hypothèses émises par Joseph NYE en 92 dans son livre. Par exemple, nous pouvons désormais affirmer que Joseph NYE, en
contredisant la théorie de l’équilibre des nations au XXIe siècle, n’a en fait qu’à moitié raison. Car le monde est bel et bien devenu
multipolaire au XXIe siècle, malgré une courte période d’hyperpuissance américaine après la guerre froide et la bipolarité soviéto-
américaine. Mais en contredisant la théorie du déclin des EU, il a cette fois visé juste, car encore aujourd’hui, en 2021, les EU
occupent la place de première puissance mondiale.
Merci de m’avoir écoutée.