CHAPITRE VII
: GENERALITE SUR LA PROGRMMATION
NEURO-LINGUISTIQUE (PNL)
Objectif :
- Connaître les fondements théoriques et méthodologiques de la PNL et ses
applications aussi bien dans la vie sociale que dans la vie professionnelle.
- Maîtriser les concepts fondamentaux.
LEÇON 1 : PRESENTATION DE LA PNL
I- ORIGINES ET DEFINITION DE LA PNL
1- Origines
C’est dans le milieu des années 70 que John GRINDER (linguiste et
psychologue) et Richard BANDLER (mathématicien et praticien en Gestalt-
thérapie) ont posé les bases de la PNL.
En s’appuyant sur les fondements de certaines disciplines, ils ont observé
minutieusement le travail d’expert reconnu pour la qualité des résultats qu’ils
obtenaient dans leurs domaines d’activités (Milton ERICKSON père de
l’hypnose, Fritz PERLS père vde la Gestalt-thérapie, Virginia SATIR mère de
la thérapie familiale, etc.). Ils ont identifié leurs stratégies de réussite et créé des
techniques pour décoder ces savoir-faire hautement performants. Ils ont ainsi
mis au point une série de modèle pour transférer en nous-mêmes et chez les
autres ces différentes compétences. Ce processus appelé la modélisation
constitue la méthode de base de la PNL. Celle-ci permet d’établir une
“cartographie“ très précise d’une compétence et de la transférer à une personne
qui désire l’acquérir en réparant les plus petits changements à opérer c’est-à-
dire, de décodage et la reproduction des processus d’excellence.
2- Définition
La PNL fait partie des techniques comportementales des sciences humaines.
C’est une approche du développement personnel qui se veut la synthèse d’un
travail d’observation et de compréhension des faits humains à travers leurs
manifestations orales et gestuelles afin d’en dégager des modèles reproductibles.
La PNL est donc un ensemble de modèles et de recettes qui se propose d’ élargir
les possibilités de comportements (choisi comme le plus efficace possible pour
un objectif donné dans un contexte donné) d’ une situation à une autre ; d’une
personne à une autre, en modélisant le comportement efficace et en apprenant à
la personne à s’en servir pour elle dans les contextes adéquats, car elle repose
sur l’ hypothèse, de base selon laquelle il y a une structure dans chaque
comportement des personnes que nous pouvons modéliser, apprendre ou
changer. Son rôle est donc, à partir de cette hypothèse, d’observer les
compétences et se les approprier, les décoder, les expérimenter pour créer des
modèles efficients. Elle se base sur la description des perceptions sensorielles
externes, des représentations sensorielles internes et sur la modélisation de ces
stratégies mentales et physiques.
Par exemple, comment faire pour mieux communiquer avec autrui ou tendre
vers l’excellence en matière de communication ou encore améliorer la
communication entre individus.
Si nous nous devions résumer une phrase ce que représente la PNL, nous dirons
que c’est une technologie de la communication et du changement. Elle
appréhende la communication au sens le plus large, elle s’y intéresse car elle
permet de saisir et de modifier la manière dont les individus apprenantes,
changent et se développent. Le sigle PNL, signifie Programmation
Neurolinguistique et les lettres PNL correspondent :
P- Programmation se réfère au processus interne : nos pensées influencent notre
identité et donnent forme à nos comportements. Ce que la majorité des gens sont
ou ne sont pas capables de faire est directement lié à ce programme interne. La
PNL décode ses programmes mentaux en partie inconscient pour pouvoir les
améliorer où les modifier.
Elle dégage ainsi de nouvelles capacités, de nouvelles ressources qui nous
permettent d’atteindre nos objectifs.
N-Neuro se réfère au cerveau : cette programmation repose sur notre activité
neurologique. La pensée se base sur les perceptions. Ce que nous avons dans la
tête passe d’abord au travers des cinq sens : vue, ouïe, toucher, goût, odorat ou
de nos sensations internes. Toutes les informations à ce système sensorielles
sont ensuite codées par les neurones du cerveau.
La PNL utilise notre sensorialité pour mettre en place de nouvelles stratégies,
mettant en évidence l’interaction constante entre l’esprit et le corps.
L-Linguistique se réfère au langage : le langage (qui inclut le langage du corps)
à la fois reflète et structure la façon dont nous percevons, ressentons et pensons.
Le langage nous permet de communiquer mais aussi de percevoir le monde. Il
influence nos pensées, détermine nos humeurs, nos comportements et les
résultats que nous obtenons. La PNL observe comment avec le langage la
personne construit son expérience du monde.
II- DOMAINES D’APPLICATION ET L’UTILITE DE LA PNL
1- DOMAINES D’APPLICATION
La PNL recouvre deux champs d’application étroitement liés qui sont : la
réalisation de soi (développement personnel) et les compétences
confessionnelles.
1.1- Sur un plan personnel (la réalisation de soit ou développement
personnel
La PNL nous enseigne comment utiliser le langage du cerveau afin de réaliser
nos attentes spécifiques ou nos désirs de façon concrète et permet à chacun de
s’épanouir et de se réaliser dans tout domaine choisi, dans le respect des autres
et de soit. La PNL sera donc utile à toute personne désireuse d’améliorer sa
relation à elle-même et aux autres, de développer ses capacités à communiquer
et /ou se libérer des blocages (stress, angoisses, etc.) qui limitent sa vie.
Augmenter aussi au maximum ses potentialités et découvrir les possibilités de
l’être humain d’atteindre l’excellence.
1.2- Sur un plan professionnel
Tous ces modèles et techniques s’adressent à tous ceux qui travaillent en
entreprise et qui occupent une fonction dans laquelle la communication,
l’écoute, l’organisation et le changement tiennent une place importante. Bref, à
tous ceux qui sont soucieux de leur développement et de l’amélioration de la
relation à soi et aux autres dans un contexte professionnel, c’est-à-dire tous ceux
pour qui la communication est le principal levier de réussite personnel et
professionnel et particulièrement :
Les professionnels de la relation d’aide : les médecins, les
psychologues, les psychothérapeutes utilisent la PNL pour améliorer leur
communication avec autrui et faciliter le changement. Ils découvrent une
approche qui optimise le travail de développement personnel. En d’autres termes
la PNL permet à ceux-ci de cerner la structure de l’expérience subjective d’une
personne (patient) et d’acquérir la maitrise d’une panoplie de techniques efficace
pour l’aider à effectuer les changements profonds et durables au niveau de ces
comportements, de ses capacités, de ses croyances et de son identité.
Les professionnels de l’entreprise : le monde de l’entreprise, des
organisations, des affaires explorent l’intérêt de la PNL pour motiver, poser des
objectifs, négocier les changements, résoudre des conflits et développer le
potentiel des ressources humaines
La PNL trouve ainsi de nombreuses applications dans le domaine de la vente, de
l’évaluation des compétences, du recrutement, du coaching, de l’animation de
réunion, de l’identité d’entreprise, de la formation, de la conduite d’entretien et
des négociations. De plus elle se révèle utile pour des études et conseils
d’entreprise. La PNL offre ainsi aux consultants, formateurs coaches,
manageurs, commerciaux, DRH, recruteurs, gestionnaires, cadres, médiateurs,
Négociateurs représentants, etc. des outils pragmatiques pour développer une
communication optimale, pour motiver le personnel, pour utiliser des stratégies
gagnantes de négociation et de médiation et pour gérer le changement de façon
éclairer.
Les professionnels de l’enseignement : les enseignants, les éducateurs,
les formateurs et les pédagogues intègrent la PNL pour faire face à des situations
de communications difficiles et comme un moyen pédagogique puissant pour
apprendre à “apprendre“, que ce soit pour enseigner aux enfants ou aux adultes.
En d’autres termes, ils découvrent avec la PNL des méthodes incomparables
pour favoriser le transfert des connaissances par l’acquisition de stratégies
d’apprentissage efficace.
la PNL se développe dans ce domaine car elle s’intéresse à notre façon
d’apprendre. Elle met à jour des processus d’apprentissage, appelés en termes
PNL les stratégies. En effet, grâce aux outils de décodage, nous allons savoir
comment un apprenant apprend.
Ceci facilite, d’une part les méthodes d’acquisition des élèves et permet,
d’autres parts, de mettre au point des méthodes d’apprentissage pour les
enseignants.
En un mot, partout où l’excellence est recherchée, où la communication efficace
est mise, il existe une application possible de la PNL.
Chacun peut également utiliser la PNL pour mieux fonctionner dans sa vie
quotidienne pour résoudre un problème personnel, par exemple le manque de
confiance en soi, la jalousie, l’anxiété.
2- Utilité de la PNL
La valeur de la PNL vient du faite qu’elle procure à ceux et celles qui l’utilisent
plus de choix et plus de flexibilité, que ce soit dans les domaines de la
motivation, de la performance, de la prise de décision, de l’apprentissage, de la
communication, de la créativité ou des émotions.
La PNL permet à chacun de s’épanouir et de se réaliser dans tous domaines
choisi dans le respect des autres et de soi.
En outre on peut :
Utiliser la PNL comme discipline de développement personnel.
Construire, avec la PNL, des relations satisfaisantes et des contacts aisés
avec les autres.
Influencer tout en gardant votre intégrité et en respectant les autres
Changer des mauvaises habitudes ou des comportements indésirables.
Comprendre comment les gens apprennent et comment leur enseigner
Comprendre les différents styles de communication afin de bien faire passer
votre message
Mieux se connaître et optimiser son potentiel
Clarifier ses objectifs et ses rêves pour le futur
Créer des modèles pour l’entreprise de communication authentique,
engagement, respect, responsabilité, efficacité, créativité, identité d’entreprise,
travail d’équipe, etc.
Poser les questions qui permettront de trouver toutes les informations
pertinentes.
III-PRESUPPOSES DE LA PNL
Toute discipline s’appuie sur un ensemble de pensées ou d’affirmations sous-
jacentes qui constituent sa philosophie de base. Ce sont en quelques sortes les
fondations de l’édifice, les racines de l’action et du style de raisonnement. Il
importe de bien les comprendre afin de saisir l’esprit de la PNL, et son éthique.
En PNL, l’usage nomme ces affirmations sous-jacentes, des présupposées,
sorte de postulats ou d’axiomes qui imprègnent toutes les interventions du
praticien.
Ces présupposées n’ont pas à être démontrés ; ils sont présents au départ et
viennent souvent des domaines qui ont donné naissance à la PNL (cybernétique,
linguistique, informatique…)
Il ne s’agit pas de savoir si ces présupposées sont justes ou faux, mais de les
mettre à l’épreuve de la pratique pour juger de leur efficacité. Au cours de la
formation des praticiens en PNL, ces supposés finissent par s’organiser en
croyance. Il concerne essentiellement les domaines de la communication, du
langage, du comportement et du changement.
1- La carte n’est pas le territoire
La représentation que nous faisons de la réalité n’est pas la réalité. Notre
perfection est subjective, elle est une représentation (carte ou modèle) de la
réalité et, non la réalité elle-même. Il existe (peut être) une réalité. Il existe
autant de représentation de cette réalité qu’il existe d’êtres humains. Par
conséquent il implique de ne pas faire coller ou correspondre sa représentation
du monde avec celle d’autrui.
2- On ne peut ne pas communiquer
Communiquer n’est pas seulement parler. La communication est à la fois
verbale (paroles, mots) et non verbale (gestes, intonations, regards, postures...).
Refuser donc de communiquer avec quelqu’un est une communication. Celle-ci
ne peut être verbale ou non verbale. D’ailleurs rappelons que la communication
verbale ne représente que 7% du pourcentage de la communication et la
communication non verbale 93%. Ainsi se taire a du sens, certains messages que
nous adressons ou que nous recevons.
3- Le corps et l’esprit interagissent
L’être humain est un système, et à ce titre on peut lui appliquer les lois de la
systémique.
L’esprit et le corps sont des aspects du même système cybernétique (ils forment
un système).corps et esprit font partie d’un même système et interagissent l’un
sur l’autre, s’influencent mutuellement selon une boucle rétroactive. En effet, si
l’on change quelque chose au niveau de l’esprit, cela entraine un changement au
niveau du corps et vice versa.
C’est donc dire que comportement externe (déplacement, action etc.) processus
interne (pensée, réflexion, imagination etc.)
et état interne (perception de ses sentiments, de ses humeurs, ressentir, etc.) sont
étroitement liées.
4- La personne n’est pas ses comportements
Il est utile de séparer clairement l’identité des comportements. Nous ne
sommes pas nos comportements. Monsieur X n’est pas un alcoolique mais
présente un comportement d’alcoolisation. Ce n’est pas Monsieur X en tant que
tel (sa nature) qui fait un problème mais son comportement (ce qui fait et non ce
qu’il est). Il est plus acceptable de parler du comportement en le dissociant de la
personne elle-même, de ce fait, elle ne se sentira pas jugée. D’ailleurs, s’il est
relativement facile d’aider une, personne à changer son comportement, il est très
difficile voire impossible de changer sa nature. Le comportement n’est pas
l’identité de la personne. Il convient de distinguer ce que nous faisons de ce que
nous sommes. Par conséquent, le comportement d’une personne n’est pas cette
personne.
De même l’objet n’est pas les mots qui le décrivent en ce sens que ce que vous
dites d’un objet n’est pas l’objet, mais simplement la destruction de la
représentation que vous vous en faites à partir de la perception que vous en avez.
NB : ces présupposées que nous venons d’examiner constituent les quatre
principaux présupposées de la PNL. Cependant nous en distinguons d’autres qui
sont :
5- Tout comportement est génère par une intention positive
Il faut distinguer intention et comportement. Chaque comportement sous -tend
une intention positive. Si une partie de nous a un comportement inapproprié, elle
agit de la sorte pour satisfaire quelque chose d’important pour nous. L’intention
positive derrière un comportement “agressif“, par exemple est souvent la
“protection“. Derrière la “crainte“ on trouvera souvent la “sécurité“. Et la colère
sera peut être animée par le besoin de maintenir les frontières claires.
Remarque : tous comportement n’est pas cependant pas positif. En effet
accepter que derrière chaque comportement il y est une intention positive ne
signifie pas que le comportement soit acceptable ; quant à l’intention elle est
positive pour la personne qui en est à l’origine dans la mesure où elle assure la
cohérence de la personne. Le résultat peut être détestable pour autrui.
6- Toute personne possède en elle les ressources nécessaires au
changement
C’est affirmer qu’une personne peut changer, c’est-à-dire qu’elle en est capable
mais aussi qu’elle dispose des moyens du changement, des ressources
nécessaires à son développement. Pas question de prétendre que la personne est
incurable, “qu’il n’y a rien à faire“ ou “qu’il est trop tard“ car les éléments
nécessaires au changement sont présents même si notre inconscient demeure le
réservoir de ces ressources. Le tout est de savoir comment s’y prendre c’est-à-
dire organiser ces ressources potentielles pour qu’elles deviennent
opérationnelles. Toutes les ressources du changement se trouvent dans
l’expérience de la personne elle-même. Il suffit de “creuser au bon endroit“.
Toute possède donc en elle les ressources utiles et nécessaires au changement.
Le changement étant un apprentissage.
7- Ce que sait faire une personne une autre personne peut le faire
Ce présupposée est étroitement liée au précédent. Les limites n’existent pas dans
le monde “réel“, mais le modèle du monde de la personne. Il est hautement
préférable de se demander comment obtenir quelque chose que de se demander
pourquoi on n’arrive pas à obtenir ce que l’on veut. On sait déjà que la PNL met
plus volontiers l’accent sur le processus, c’est-à-dire le “comment“ que sur le
“pourquoi“.
Si un sujet préalablement étiqueté “alcoolique“ ou “fumeur“ a pu s’en sortir
d’autres peuvent apprendre à s’en sortir.
Il suffit pour cela de comprendre comment s’y est pris le premier et d’apprendre
au second d’apprendre la même chose car chacun possède toute les ressources
nécessaires au changement.
Cette démarche qui est celle du Mödling (modélisation, est à la base de PNL).
8- Dans la communication il n’ya pas d’échec seulement du feed-back
Lorsque nous n’obtenons pas le résultat espéré nous obtenons un feed back qui
nous informe de faire différemment au prochain essai. L’échec n’existe pas en
lui-même, puisqu’il constitue un apprentissage, une prise d’information utile
dans l’optique d’une amélioration ou d’un changement. Ainsi, ce que nomme
habituellement “échec“ est à recadrer en information que je reçois en retour
lorsque je fais quelque chose. Si je n’atteints pas le but que je me suis fixé, il, ne
s’agit pas d’un “échec“, cela signifie que j’ai quelque chose à apprendre de la
situation. Par exemple, peut-être ai-je besoin de définir autrement mon objectif
ou de le découper.
Quoi qu’il en soit, le feed back, lorsqu’il est négatif, m’invite à réexaminer la
situation. Il n’ya pas non plus d’émotions positives ou négatives en PNL. Les
émotions qui peuvent être agréable ou désagréables sont des signaux que nous
envoie notre organisme. L’émotion est, elle aussi un feed back : elle nous
apprend quelque chose sur nous-même et nous indique ce qui convient de faire.
Il n’ya donc pas de “bonnes“ ou “mauvaises“ émotions, elles sont agréables ou
désagréables mais toujours utiles.
LEÇON 2 : QUELQUES CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA PNL
I- RAPPORT, CALIBRATION, SYNCHRONISATION
1- Le rapport
En PNL le rapport désigne le climat de confiance et les liens harmonieux qui
s’installent dans une relation se déroulant bien.
Des techniques telles que la synchronisation gestuelle et verbale permettent
d’établir le rapport avec une grande efficacité.
2- La calibration (calibrage)
La calibration est le processus de repérages des indicateurs comportementaux
associés à un état interne. Parmi ces indicateurs comportementaux, se trouves les
accès ou mouvements oculaires, le rythme de la respiration, les caractéristiques
de la voix (hauteur, débit, etc.…), certains gestes ou postures, etc.).
Le calibrage permet de rendre conscient un certain nombre d’information et de
réutiliser celle-ci ensuite, par exemple pour déterminer si le sujet est revenu dans
le même état interne.
3- La synchronisation
La synchronisation est une méthode utilisée en PNL pour établir rapidement le
rapport avec l’interlocuteur. En créant un effet de miroir, la synchronisation
permet de construire une relation harmonieuse et surtout être la clé de
l’intuition. En plus de nécessiter une bonne flexibilité comportementale, des
techniques de synchronisation reposent sur une acuité sensorielle élevée et la
naissance des méta programmes.
Au final, le communicateur pourra développer des attitudes et des
comportements très proches du sujet sur lequel il se synchronise, ce qui pourra
l’aider à modéliser la carte du monde et donc l’expérience de ce dernier.
II- ANCRAGE, CONGRUENCE, INCONGRUENCE
1- L’ancrage
L’ancrage est un terme utilisé en PNL pour qualifier un processus d’association,
volontaire ou non, entre un stimulus externe et une représentation interne
accompagnée d’un ressenti.
Les ancrages, dont le principe de fonctionnement est celui du conditionnement,
peuvent par exemple être utilisés efficacement en psychothérapie ou dans la
vente en permanence en permettant de déclencher des comportements spontanés.
L’ancrage est donc une technique se fondant sur le réflexe pavlovien. Il s’agit,
en effet, d’associer inconsciemment et automatiquement un état interne à un
stimulus sensoriel extérieur (image, sons, geste, contact odeur…).
Notre vie est constituée de succession d’ancrage : voir, situations… nous
rapporte invariablement à des états internes (joie, tristesse, motivation,
conviction…). Lorsque nous établissons le lien entre stimulus extérieur et état
interne, nous créons ce qui se nomme un ancrage en programmation
neurolinguistique. Dès que l’ancre est stimulée nous retrouvons l’état interne
associé. Les ancres peuvent utilisés l’un des canaux sensoriels : telle odeur vous
replongera par exemple dans l’émotion des repas en famille, telle musique douce
vous replongera dans les états amoureux des premiers slows, telle image ou
photo vous rappellera tel ou tel souvenir, etc.
On va distinguer alors différents types d’ancrage :
- Ancrage auditif : choisir par exemple une expression particulière, un
petit groupe de mot, avec un ton, un tempo ou une hauteur de voix inhabituels.
- Ancrage visuel : choisir par exemple une image, un geste, un endroit
dans l’espace.
- Ancrage kinesthésique : choisir un contact (main sur l’épaule…)
Ainsi à chaque fois que le stimulus (ou l’ancre) se produit il génère la même
réaction, c’est-à-dire re déclenche l’état interne associé à ce stimulus ou ancre.
2- La congruence
C’est lorsqu’une personne exprime la même chose depuis ses différents canaux
d’expression (communication verbale et non verbale.). Il s’agit de l’accord des
croyances internes, des stratégies et des comportements en vue d’obtenir un
résultat précis ; en PNL, le terme “accord“ étant une réponse comportementale
qui vient renforcer la proposition de l’émetteur. La congruence du discours et
des attitudes est une composante essentielle du charisme et de la réussite. Pour
être congruent, il faut que ce que l’on dit verbalement soit cohérent avec ce que
l’on dit non verbalement. Il n’est pas congruent par exemple de dire avec un air
abattu que tout va bien !
3- Incongruence
C’est être en désaccord à l’intérieur de soi, avoir des parties de sa personnalité
en conflit les unes avec les autres. Dévoiler à travers les réserves que l’on émet,
par le fait de ne pas être totalement engagé par rapport à son objectif, par des
messages incongruents où l’on trouve un manque d’alignement ou de
concordance entre les aspects verbaux et non verbaux de la communication.
Nous pouvons illustrer le principe de congruence en communication au moyen
des exemples suivant :
1) “je suis très heureux d’être ici“ : cette phrase est congruente, le sujet émet
un avis clair sur ce qu’il ressent.
2) “cet endroit ne me déplaire pas“ : cette phrase est incongruente. De prime
abord, elle semble témoigner de la satisfaction du sujet. Mais l’on constate la
présence du verbe “déplaire“ dont la signification négative est contrecarrée par
une négation. Ici deux messages sont en fait exprimés. Il est probable que le
sujet se déplaît dans cet endroit, mais que pour des raisons conscientes, il ne
puisse l’avouer.
Les incongruences faussent la communication tandis que la congruence d’un
message doit lui permettre d’atteindre son but.
III- GENERALISATIONS, OMISSIONS, DISTORSIONS (LES
METAMODELES POUR LE LANGAGE)
1- Les généralisations
Les généralisations constituent un des trois processus universels de modélisation
connues en programmation neurolinguistique. Transgression du méta modèle
pour le langage, les généralisations sont manifestées lorsqu’une constatation
faite à partir d’un élément fini par s’appliquer à l’ensemble dont ce dernier fait
partir. A titre d’exemple, un sujet ayant eu une expérience positive avec un
praticien utilisant certaines techniques aura souvent tendance dans un excès de
langage à avancer l’idée que tous les praticiens qui utilisent cette technique sont
excellents. Nous pouvons citer trois points de généralisations : les opérateurs
modaux, l’origine perdue et les quantificateurs universaux.
1.1- Les opérateurs modaux
Nous distinguerons les opérateurs modaux de possibilité et les opérateurs
modaux de nécessité. Ce sont les verbes qui déterminent le sens de l’action et
qui la déclenche (pouvoir, savoir…). L’utilisation exclusive de ces verbes est
souvent à l’origine d’une imitation des possibilités d’action du sujet.
1.2- Les origines perdues
Les origines perdues se retrouvent dans les jugements de valeur : elles indiquent
les critères et les croyances du sujet. La phrase “il est important d’être ouvert
aux autres“ n’indique pas qu’il est à l’origine de cette croyance, ni la façon dont
elle a été apprise et ne comprend aucune exception dans son champ
d’application.
1.3- Les quantificateurs universaux
Ce sont les mots tels que “tous“, “jamais“, “toujours“…ces mots sont très
limitant et à l’origine de nombreux malentendus dans les discussions.
Pour en diminuer l’impact, il convient de poser des questions induisant une
exagération, telle que “absolument tous ?“ ou encore découvrir une exception
permettant à elle seule d’induire une faille dans le processus de généralisation.
Conscientiser le processus de généralisation permet d’atteindre la structure
profonde de l’expérience et d’agir directement sur le VAKOG plutôt que sur la
structure de surface à savoir les phrases exprimées par le sujet.
2- Les omissions
Partie du méta modèle pour le langage, le groupe de l’omission représente les
données exprimées de telles façons que certaines d’entre-elles sont masquées.
Aussi appelées sélection en programmation neurolinguistique, les omissions
constituent donc une transgression du méta modèle, au même titre que les
généralisations ou les distorsions.
Les omissions se manifestent sous quatre formes : les omissions simples, la
suppression de l’index de référence, les omissions comparatives et les verbes
non spécifiques.
2.1- L’omission simple
Dans ce cas de figure des informations font manifestement défaut.
Ainsi, la phrase “je suis content“, pour être grammaticalement correcte n’en est
pas moins peu porteuse d’information utiles. Nous ignorons ici la raison de ce
comportement.
2.2- La suppression de l’index de référence
L’information est vague, le sujet, ou l’objet en est absent. La phrase “ça“ me fait
mal n’indique, ni l’origine du mal, ni la localisation il convient donc de rendre
consciente la référence à l’origine du message.
2.3- Les omissions comparatives
Un comparatif implique normalement deux acteurs, “Eric“ est plus beau que
Jean“ est une phrase correcte du point de vue du méta modèle. En revanche,
“Eric“ est le plus beau“ est une comparaison incorrecte. Ainsi, la phrase “notre
nation est la plus forte“ doit appeler les questions “par rapport à quelles autres
nations ?“ “dans quel domaine ?“ “à quel moment ?“ etc.…
1.1- Verbes non spécifiques
Ce sont des verbes qui ne reposent pas sur une base sensorielle. Leur
signification reste vague.
Exemple : “Blesser“, “punir“, “aimer“, ces verbes ne disent pas comment ni
pourquoi.
Ainsi face à un client qui lui dit se sentir blesser par son patron, le thérapeute se
devra de retrouver la structure profonde en posant des questions sur le verbe
“blessé ?“ ce sont des questions qui vont permettre d’en savoir davantage en
entraînant par exemple une réponse de la forme“ il me fait des réflexions chaque
fois que j’entre dans le bureau“
Nous distinguons par ailleurs dans cette phrase hypothétique un quantificateur
universel, “chaque fois que j’entre dans le bureau, qui indique ici une
généralisation.
En supprimant les omissions du discours par des questions appropriées, le méta
modèle permet donc de rendre l’information plus précise et plus exploitable.
3- Les distorsions
Nom donné en PNL aux processus de substitution et de modification
intervenant dans la représentation d’un ensemble, ou d’une situation. La
distorsion est avec les omissions et les généralisations l’un des trois processus
universels de création de modèles de l’expérience. D’un point de vue général,
les distorsions sont causées par une déformation de certaines perceptions ou
encore par une extrapolation de celle-ci à d’autres ensembles.
Elles se traduisent dans le langage courant par des malformations sémantiques,
et se présentent généralement sous quatre formes : les nominalisations, la
lecture de pensée, la cause-effet et l’équivalence complexe
3.1- Les nominalisations
Parfois appelés “actions gelées“ remplacent des actions par des noms : par
exemple, le verbe aimer se trouve remplacé par l’amour, le verbe respecter par
le respect, etc.…alors qu’un verbe indique une action et donc une possibilité de
modification du cours des événements, un nom prend un aspect figé, identique
quelque soit le contexte.
3.2- La lecture de pensée
Elle est caractérisée par l’affirmation que l’on connaît l’état interne de
quelqu’un ou l’ordonnancement de ces représentations. Inévitable en soit dès
lors que l’on cherche à comprendre autrui, la lecture de pensée se doit d’être la
plus objective possible, au risque de n’être rien d’autre qu’une simple projection
sur autrui de ses propres affects.
Ainsi, il est possible de dire de quelqu’un’ qu’il est heureux“, mais cela doit être
rendu objectif par des questions telles que “comment le sais-tu ? ou “qu’as-tu
observé chez lui qui te fait dire cela ?“
3.3- La cause-effet
Cette forme de distorsion se retrouve lorsqu’un sujet établit une relation de
causalité entre un fait x et une conséquence y. si quelqu’un dit “vois ce que j’ai
fait à cause de toi“, il établit une relation directe entre autrui et ses propres
actions. Il s’agit ici de comprendre comment le sujet réussit à construire cette
relation causale en remontant l’enchaînement de ses critères et ancrages.
3.4- L’équivalence complexe
Dans ce cas, un fait n’est pas causé par un autre, mais en est la traduction. La
phrase “ si il est en retard, c’est qu’il ne m’aime plus“ est un exemple
d’équivalence complexe. Il s’agit ici de trouver les critères qui permettent au
sujet d’établir un parallèle entre deux réalités.
IV-LES SECTEURS DE L’INDEX DE CONSCIENCE OU INDEX DE
COMPUTATION
Dans le domaine de la perception de soi et de l’autre, la PNL détermine 3
secteurs principaux de perceptions de l’expérience dit secteurs de l’index de
conscience.
L’index de conscience ou index de computation est donc une grille PNL qui
nous permet de classer ce qui est du domaine de la pensée (processus mentaux
ou processus internes), du domaine du ressenti (états internes) et du domaine des
comportements (comportements externe), c’est-à-dire ce que je pense, ressens,
et fais. Ces différents domaines sont les secteurs de l’index de conscience.
1- L’état interne (EI)
C’est-à-dire ce que l’on ressent. C’est la perception de ses sentiments, de ses
humeurs, de ses émotions, ressenti, etc. il renvoie donc à ce que nous ressentons.
C’est le domaine du kinesthésique. Cet état peut être ressenti positivement (dans
ce cas on parle d’états ressources) ou négativement (dans ce cas on parle d’états
limitant).
Exemple : - il est de bonne humeur (état ressource)
- je ne suis pas à l’aise (état limitant)
2- le comportement externe (CE)
C’est-à-dire ce que l’on montre, ce que l’on fait et qui est observable. Le
comportement externe comprend l’ensemble de ce qui peut être observé de
l’extérieur : les mouvements du corps, les attitudes, les rythmes, les expressions
du visage, la couleur de la peau, les mots ou expressions prononcés. Le
comportement externe traduit l’état interne. Un bon communicant saura à partir
du comportement externe déduire l’état interne et lui permettra donc de deviner
si ce que dit l’autre correspond bien à ce qu’il pense.
Exemples :- il me regarde avec des yeux grandement ouverts.
- je me lève et prend la parole.
3- Le processus interne (PI)
C’est-à-dire ce que l’on pense. C’est le processus interne d’analyse en réflexion,
imagination etc.
C’est la confrontation des informations reçues avec nos critères, nos valeurs, nos
croyances, nous pouvons dire avec des mots le contraire de ce que nous pensons,
c’est tout simplement un mensonge. Mais ce que nous ressentons va nous trahir.
Exemples : - ce monsieur me rappelle mon père
- pense à la fille qu’il a vue hier.
NB : Des questions du type permettant de découvrir les index de consciences
- Que ressentais-tu à ce moment-là, sur le plan physique, des douleurs, des
tensions, mal à l’estomac etc.
- Que pensais-tu pouvoir faire, que pensais-tu alors, pourquoi etc.
- Qu’as-tu fais, comment le tenais-tu etc.
- On peut identifier l’index de conscience de soi et/ou de l’autre. En se
référant aux exemples ci-dessus on aura :
- Il est de bonne humeur.↔El de l’autre
- Je ne suis pas à l’aise↔ El de soi
- Il me regarde avec des yeux grandement ouverts↔ CE de l’autre
- Je me lève et prend la parole↔ CE de soi
- Ce Monsieur me rappelle mon père ↔ Pl de soi
- Il pense à la fille qu’il a vue hier ↔Pl de l’autre