CHAPITRE 2 :
- L’INDUSTRIE ET LA
QUALITÉ DE L’EAU
1
1 – PROBLÈMES LIÉS LA QUALITÉ DE L’EAU
Principaux titres d’une eau
Phénomène d’entartrage
Phénomène de corrosion
Développement d’organismes vivants
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Principaux titres d’une eau
Généralités
Conductivité de l’eau /TDS/SAF
Potentiel d’hydrogène pH
Dureté, titre hydrotimétrique, TH
Titres alcalimétriques TA, TAC, TAOH
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Généralités
PRINCIPAUX TITRES D’UNE EAU
Il est nécessaire de connaître la composition d’une eau si l’on veut
en prévoir le comportement ou remédier à des inconvénients
constatés dans l’utilisation de cette eau.
Le titre d’une eau correspond à une mesure quantitative d’un
groupe d’éléments ayant une réaction spécifique.
4
Conductivité de l’eau
Elle quantifie la concentration globale en ions dissous.
Plus la minéralisation de l’eau est élevée, plus la concentration en
ions dissous est élevée et plus la conductivité électrique est grande.
Cette conductivité électrique est mesurée en microSiemens/cm.
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L ’extrait sec : TDS (Total Dissolved Solids)
S ’exprime en ppm et donne la teneur totale en sels dissous.
On estime l ’extrait sec par mesure de la conductivité de l ’eau.
1000 ppm > TDS > 100 ppm
6
Salinité en Anions Forts (SAF)
Qu’est-ce qu’un anion fort ?
Il faut que les acides conjugués de ces anions soient des acides forts :
Cl- HCl
SO42- H2SO4
NO3 - HNO3
SAF = ∑ Cl- + SO42- +
NO3-
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Potentiel d’hydrogène pH
L’eau peut se diviser en ions selon la réaction suivante :
H2O H + + OH -
Une eau parfaitement pure est très peu dissociée, les mesures
de conductivité ont montré qu’à 20 °C, il y avait 10-7, soit
0,0000001 soit un sur dix millions ions H+ dans l’eau pure.
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Potentiel d’hydrogène pH
neutre
acide alcaline
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
potable
9
Potentiel d’hydrogène pH
Attention, le pH diminue lorsque la température augmente.
La température de l’échantillon est à prendre en compte lors d’une
analyse !
°C 0 18 50 100 200
pH 7,45 7,0 6,61 6,07 5,7
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Dureté, titre hydrotimétrique, TH
Mesurée en degrés français, la dureté ou titre hydrotimétrique
représente la somme des cations alcalinoterreux, soit les ions
calcium et magnésium essentiellement qui sont des éléments
importants dans la formation du tartre.
On distingue :
- le TH total,
- le TH calcique qui ne mesure que les ions calcium,
- le TH magnésien qui ne mesure que les ions magnésium.
On parlait autrefois de TH temporaire ou de TH permanent qui
était la dureté subsistant après ébullition de l’eau.
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Dureté, titre hydrotimétrique, TH
Classification des eaux en fonction de leur dureté
°f Qualité
0 à 5 Eau très douce
5 à 12 Eau douce
12 à 25 Eau moyennement dure
25 à 32 Eau dure
> 32 Eau très dure
1 ° hydrotimétrique correspond à 10 mg/L de carbonate de
calcium (tartre).
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Titres alcalimétriques TA, TAC, TAOH
Cas général :
L’eau contient des hydroxydes et des carbonates.
Le titre alcalimétrique hydroxyde TAOH mesure les hydroxydes.
Le titre alcalimétrique TA, les hydroxydes et la moitié des
carbonates.
Le titre alcalimétrique complet TAC la totalité des hydroxydes et des
carbonates.
OH - CO3 - -
TAOH
TA
TAC
13
Titres alcalimétriques TA, TAC, TAOH
Si TAOH = O
L’eau ne contient pas d’ hydroxyde
OH - CO3 - -
TAOH
14
Titres alcalimétriques TA, TAC, TAOH
Si TAOH = O
L’eau ne contient pas d’ hydroxyde , mais des carbonates et des bicarbonates.
Le titre TA mesure toujours la moitié des carbonates.
Le titre TAC la totalité des carbonates et des bicarbonates.
CO3 - - HCO3 -
TA
TAC
15
Titres alcalimétriques TA, TAC, TAOH
OH - CO3 - -
TAOH
TA
TAC
CO3 - - HCO3 -
TA
TAC
Teneur en hydroxydes = TAOH
Teneur en carbonates = 2 TA – 2 TAOH
Teneur en bicarbonates = TAC – 2 TA
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Phénomène d’entartrage
Généralités
CO2 dans l’eau
Équilibre calco-carbonique
Désordres liés à l’entartrage
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Généralités
Phénomène d’entartrage
L’entartrage d’un réseau correspond à la précipitation plus ou
moins complète des sels de calcium et de magnésium constituant
la dureté de l’eau.
L’entartrage dépend de la nature et de la concentration en sels, de
la teneur en CO2 libre dans l’eau, de la nature des récipients et des
conditions de fonctionnement.
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CO2 dans l’eau
On trouve le CO2 sous deux formes :
Soit libre,
- Une partie sert à maintenir les carbonates en suspension
et on l’appelle « CO2 équilibrant ».
- Le CO2 excédentaire au CO2 équilibrant est appelé
« CO2 agressif ».
Soit combiné, pour former les molécules de carbonate et de
bicarbonate.
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CO2 dans l’eau
CO2 total
CO2 libre CO2 combiné
CO2 CO2 CO3 - - HCO3 -
équilibrant agressif carbonates bicarbonates
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Équilibre calco-carbonique
Cet équilibre va définir le pouvoir incrustant ou agressif d’une
eau.
Pour éviter le tartre (CO32-), on doit traiter l’eau au préalable.
Si une eau a tendance à laisser beaucoup de tartre, donc
beaucoup de CO32-, on dit que l’eau est INCRUSTANTE (eau
basique).
Si qu’au contraire, on trouve dans une eau une quantité
importante de CO2 dissous dans l’eau, cette eau aura
tendance à agresser le matériau (par exemple le béton), on dit
alors que cette eau est AGRESSIVE (eau acide).
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Équilibre calco-carbonique
L’équilibre est obtenu lorsque le CO2 libre est égal au CO2 équilibrant.
Les tartes restent alors en suspension dans l’eau.
Si, par dégazage dû à une montée en température ou à une
baisse de pression, le CO2 libre diminue et devient inférieur au
CO2 équilibrant, il y a déséquilibre calco-carbonique. Les
tartres (carbonates et bicarbonates de calcium en particulier)
vont précipiter. L’eau devient opaque et le phénomène
d’entartrage s’enclenche.
Le phénomène d’entartrage sera plus important aux endroits les
plus chauds (chaudières, échangeurs) et aux endroits où la
pression est basse. (dégazeurs, points de puisages, fuites)
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Équilibre calco-carbonique
Certaines eaux développent des réactions conduisant à
l ’entartrage, d ’autres à la dissolution du carbonates de
calcium
Les principaux facteurs qui influent sur le
comportement de l ’eau sont :
le CO libre
2
le TAC
le pH
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Équilibre calco-carbonique
Pour une concentration donnée de Ca(HCO3)2, il
existe une quantité de CO2 libre, dont la présence est
nécessaire pour éviter la précipitation de tartre
=> CO2 équilibrant.
Si la quantité de CO2 libre est > à la quantité
nécessaire à l ’équilibre, cet excès sera agressif
=> destruction des carbonates.
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Équilibre calco-carbonique
Équilibres de dissociation de l ’acide carbonique :
H2O + CO2 H2CO3
H2CO3 H+ + HCO3-
HCO3- H+ + CO32-
solubilité du carbonate de calcium :
Ca2+ + CO32- CaCO3
dissolution du CO2 dans l ’eau :
CO2 vapeur + H2O H2CO3 en solution
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Équilibre calco-carbonique
répartition des différentes espèces carbonatées.
Les points notés 1 et 2 correspondent à ces égalités de concentrations.
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Équilibre calco-carbonique
Pour pH<4,4 l'espèce prédominante est le dioxyde de carbone : c'est
le cas des boissons gazeuses ;
Pour pH=6,4 (pH=pK1) on a égalité des concentrations en dioxyde de
carbone et en ions bicarbonates ;
de même pour pH=10,3 (pH=pK2) on a égalité des
concentrations en ions bicarbonates et en ions carbonates.
Au dessus de pH=12,4 l'espèce prédominante est l'ion carbonate.
En dessous de pH=8,3 l'espèce carbonate se trouve en quantité
négligeable.
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Équilibre calco-carbonique
Réaction de précipitation du carbonate de calcium :
Ca(HCO3)2 CaCO3 + CO2 + H2O
= réaction équilibrée, qui dépend des équilibres précédents
=> Tous ces équilibres sont influencés par :
le pH : si pH , [CO32-]
=> entartrage
la température : si t° , [CO2] , [CaCO3]
=> entartrage
la concentration en Ca2+ si Ca , [CaCO3] => entartrage
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le TAC si HCO3 , [CaCO3]
-
28
=> entartrage
Équilibre calco-carbonique
CO2 équilibrant
CO2 agressif
Carbonates
de calcium + équilibre
Précipitation des tartres
jusqu’à nouvel équilibre
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Etude pratique du comportement d ’une eau
But : déterminer à partir de l’analyse d’une eau si
celle-ci est à l’équilibre, agressive ou entartrante.
Nombreuses méthodes :
méthodes mathématiques : Tillmans, Langellier, Hallopeau-Dubin
méthode pratique : test au marbre
Legrand-Poirier utilisée par les organismes officiels
RYSNAR, pour les traiteurs d ’eau
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Etude pratique du comportement d ’une eau
Domaine d'existence des eaux douces et dures en fonction du pH et du TAC
31
Etude pratique du comportement d ’une eau
indice de Rysnar = indice empirique :
Ir = 2 pHs – pH
avec pHs = pH de saturation calculé à l’aide du diagramme
Hoover-Langelier et pH = pH de l’eau étudiée
si pH de l’eau > pHs, entartrage
si pH de l’eau < pHs, dissolution du CaCO 3
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Etude pratique du comportement d ’une eau
pHs est fonction :
du TAC : + TAC est élevé, + pHs est faible
du TH Ca : + TH Ca est élevé, + pHs est faible
la température : + la t° est élevée, + pH est faible
la salinité totale : + la salinité est faible, + il y a entartrage
pHs = (9,3 + S + T) - (H + A)
si Ir < 6, eau à tendance incrustante
si Ir > 6, eau à tendance corrosive
33
COMPORTEMENT D ’UNE EAU :
Calcul de l ’indice de Rysnar
34
COMPORTEMENT D ’UNE EAU :
Calcul de l ’indice de Rysnar
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Etude pratique du comportement d ’une eau
Une formule simple permet de qualifier une eau :
Indice de Langelier (IL) = pH - pHs
Notion issue du travail d ’un chimiste, Langelier, qui grâce
à une abaque complexe, a déterminé un pH (pHs) au-dessus duquel
l ’eau ne dissoudrait plus le calcaire.
si IL > 0 : eau incrustante
IL < 0 : eau agressive
IL = 0 : eau à l’équilibre
Le pH de saturation: pHs
pHs = pK1 + pKs – Log[Ca2+] – Log[HCO3‑]
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Cste pCa (dureté) pAlc (alcalinité)
Désordres liés à l’entartrage
Surtout la dureté temporaire qui est principalement due aux
bicarbonates de calcium et magnésium.
Ils se transforment en carbonates insolubles et entartrant selon deux
réactions:
Par simple chauffage à une température > 40°C
Ca(HCO3)2 CaCO3 + CO2 + H2O
Par réaction avec un alcalin fort, même à froid
Ca(HCO3)2 + 2 NaOH CaCO3 + Na2CO3 + 2 H2O
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Désordres liés à l’entartrage
La précipitation de tartre et sa cristallisation sur les surfaces
métalliques conduit à de nombreux désagréments d’ordre
technique ou pratique.
- Désordres techniques :
Le tartre réduit la section utile des conduites et peut même les
obstruer. Ceci va modifier les pertes de charges et donc les
débits.
Le tartre est très mauvais conducteur, il réduit le rendement des
échangeurs et provoque une
surconsommation énergétique importante.
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Augmentation de consommation d’énergie
60%
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 mm
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Désordres liés à l’entartrage
- Désordres techniques (suite) :
Amorce de corrosion sous dépôt de tarte: le tartre n’est pas
imperméable à l’eau et ne protège pas le métal des attaques
corrosives.
Blocage de robinetterie qui se met à goutter: les tartres
carbonatés provoquent un durcissement des joints d’étanchéité
qui deviennent cassants.
Blocage des organes de réglage et de sécurité : vanne
thermostatique, groupe de sécurité, soupape…
L’entartrage des surfaces métalliques contribue à la dégradation
des matériaux et réduit leur longévité. Il ne participe pas à la
protection contre la corrosion.
40
Désordres liés à l’entartrage
- Désordres pratiques :
L’emploi d’une eau dure dans les tâches domestiques crée des
difficultés telles que :
- allongement du temps de cuisson de certains aliments (légumes secs),
- modification du goût des boissons chaudes (café, thé),
- consommation accrue de savons et de détergents,
- attaque des fibres textiles.
En conclusion, le phénomène d’entartrage est lié à la présence de
calcium et/ou de magnésium dans l’eau et provoque des
difficultés dans certains emplois, industriels ou domestique, de
l’eau brute.
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Phénomène de corrosion
Généralités
Phase d’initiation, corrosion primaire
Corrosion directe par l’oxygène dissous
Facteurs généraux de corrosion
Perforation et vitesse de corrosion
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Généralités
La corrosion répond à une loi naturelle permettant aux métaux de
revenir à leur forme de composés chimiques.
Dans la nature, le fer n’existe pas sous forme Fe, mais sous forme
d’oxydes Fe2O, Fe2O3, Fe3O4, c’est lors de sa transformation en fer
industriel ou en acier qu’il perd son oxygène pour devenir du fer
métal Fe. Par la suite, la nature et particulièrement l’eau reconvertit
le fer métal en oxydes (rouille).
En pratique, dans les installations hydrauliques, la corrosion
correspond à une dégradation du métal dans l’eau. Cette attaque se
déroule généralement en trois étapes :
- phase d’initiation (corrosion primaire),
- phase d’activation,
- perforation.
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Phase d’initiation, corrosion primaire
Si l’on plonge dans de l’eau une barre de fer, le fer à tendance à s’ioniser en
ions ferreux qui ont eux-mêmes tendance à passer en solution dans l’eau.
Fe Fe + + + e --
Il se forme alors progressivement, à l’interface fer-eau un nuage d’ions
positifs dans la phase liquide et un nuage d’électrons négatifs dans le métal.
Il se passe alors un processus électrochimique avec l’oxygène et l’hydrogène
contenus dans l’eau pour former une barrière physique d’hydroxydes qui
conduit à un blocage de la dissolution du métal.
Cette étape correspond à la polarisation du site de corrosion qui en théorie est
atteinte rapidement et permet de stopper la dissolution du métal dans l’eau.
Mais de nombreux facteurs empêchent d’obtenir cette situation d’équilibre et
dépolarisent le site de corrosion.
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Phase d’initiation, corrosion primaire
Facteurs courants de dépolarisation du site :
Un pH trop bas (suite à une augmentation de température par
exemple) qui augmente la concentration d’ions H+ qui vont réagir
avec les hydroxydes OH- pour reformer de l’eau et rompre ainsi
la barrière physique hydroxydes.
Une vitesse d’écoulement d’eau trop importante provoque un
balayage de la surface métallique et par conséquent un
entraînement de la barrière physique.
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Corrosion directe par l’oxygène dissous
L’un des facteurs essentiels au développement d’une attaque
corrosive est la présence d’oxygène dans l’eau.
La corrosion par l’oxygène dissous se traduit par des piqûres plus
ou moins profondes du métal.
La surface du métal est recouverte d’hydroxyde ferreux Fe(OH)2
qui en présence d’oxygène se transforme en hydroxyde ferrique
Fe(OH)3 insoluble dans l’eau.
L’hydroxyde ferrique vient recouvrir l’hydroxyde ferreux et
l’ensemble donne un dépôt en forme de champignon (pustule de
corrosion).
Le dépôt est poreux et n’arrête pas le processus de corrosion.
Au contraire, il se produit une activation de la corrosion sous le
champignon d’hydroxyde et le creusement de la piqûre de
corrosion. 46
Facteurs généraux de corrosion
De nombreux paramètres favorisent ou aggravent la corrosion :
- Corrosion par le CO2 agressif qui empêche la formation du film
protecteur naturel.
- Corrosion par les chlorures qui rendent les couches d’oxyde de
fer (rouille) beaucoup plus perméables à l’eau.
- Corrosion par des organismes vivants (bactéries de la corrosion).
- influence de la vitesse de circulation de l’eau : trop faible elle
favorise la corrosion sous dépôt, trop élevée elle détruit les
dépôts protecteurs.
- influence de la température : la vitesse de corrosion augmente
avec la température de l’eau.
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Perforation et vitesse de corrosion
L’aboutissement de toute attaque corrosive sera la perforation du
matériau qui interviendra à plus ou moins brève échéance selon :
- la vitesse de corrosion,
- la nature de la corrosion, (il faut distinguer la corrosion
généralisée qui conduira rarement à un sinistre de la corrosion
perforante qui y conduit systématiquement)
- l’épaisseur de la paroi métallique attaquée.
La vitesse de corrosion augmente avec température qui diminue
la viscosité et accélère la diffusion de l’O2
48
Analyse des eaux
L’analyse de l’eau est généralement réalisée dans un but précis:
contrôle de potabilité, étude de corrosion, étude d’un problème
industriel, etc… et doit permettre de déterminer les concentrations
en gaz, en sels dissous et la mesure de paramètres tels que pH, TH,
TA, TAC, conductivité…
Selon l’importance du problème, plusieurs cas sont envisageables :
- analyse complète (physique, bactériologique, chimique) réalisée
par un laboratoire officiel agréé pour le contrôle sanitaire des
eaux.
- contrôle rapide sur place à l’aide de trousses d’analyse
spécifiques et à précision limitée.
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2 – PROTECTION CONTRE LES NUISANCES
Protection contre la formation des tartres
Protection contre les corrosions
Destruction des organismes vivants
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Protection contre la formation des tartres
Principaux éléments générateurs de tartres
Protection contre la formation des tartres
Procédés de traitement
Procédés de conditionnement
Adoucissement par permutation sodique
Pompes doseuses
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Principaux éléments générateurs de tartres
Les éléments générateurs de tartres sont généralement des sels minéraux peu
solubles ou instables tels que :
Les bicarbonates de calcium et de magnésium
Ils sont instables et peuvent facilement se décomposer en donnant du CO 2 et des
carbonates qui sont très peu solubles dans l’eau et apparaissent sous forme
solide qui précipite.
On obtient des tartres dits « tartres carbonatés » qui sont friables, adhérents et
isolants thermiques.
On élimine ces tartres par voie mécanique (fraisage, brossage) ou par voie
chimique (ces tartres sont totalement solubles dans l’acide chlorhydrique).
On peut prévoir la tendance d’une eau à former ces tartres en connaissant, entre
autre son TH et son TAC.
52
Principaux éléments générateurs de tartres
Le sulfate de calcium
Contrairement à la majorité des sels minéraux, la solubilité du sulfate de calcium
décroît au fur et à mesure que la température s’élève.
Dans les eaux naturelles, la concentration est souvent faible et inférieure à la
limite de solubilité du sulfate de calcium.
Cependant si l’eau s’évapore, par exemple, cette limite de solubilité peut être
atteinte.
Ce sel forme alors un « tartre sulfaté » très dur, très adhérent et très bon isolant
thermique.
Les tartres sulfatés ne peuvent que très difficilement être éliminés par voie
chimique.
On peut prévoir la tendance d’une eau à former ces tartres en connaissant son
TH et son titre en sulfates TSO4.
53
Principaux éléments générateurs de tartres
La silice
De même que les carbonates et les sulfates de calcium, la silice peut précipiter
dans certaines conditions (TAC faible, concentration et température élevées) et
donner naissance à de « tartres siliceux » excessivement durs, ayant parfois un
aspect vitreux, très adhérents.
Avec une eau contenant naturellement des silicates ou de la silice sous forme
amorphe, nous avons la réaction suivante avec les produits acides:
SiO32- + 2H+ SiO2 + H2O
Silice
L’élimination des tartres siliceux ne peut se faire par voie chimique.
Le fer
Par oxydation à l’air ou à l’oxygène dissous, le fer se transforme en oxydes (la
rouille) qui peuvent se rassembler à certains points de circulation moindre et
former des dépôts friables, peu adhérents, éliminables par voie mécanique ou
chimique (acide chlorhydrique ou citrique).
54
Protection contre la formation des tartres
La protection contre la formation des tartres sera fonction de la nature du tartre
dont on veut éviter la formation.
Quelque soit le type de tartre, il existe trois procédés généraux :
- le maintien de la concentration en dessous de leur limite de solubilité,
- le traitement qui consiste à éliminer de l’eau les éléments générateurs de
tartres,
- le conditionnement qui consiste à additionner à l’eau un réactif qui maintient
en dispersion les produits devenus insolubles et qui précipitent, s’opposant
ainsi à leur rassemblement en dépôts incrustants, ou bien, qui modifie la
composition de l’eau de telle façon que les générateurs de tartres ne peuvent
plus précipiter.
Il est évident que l’usage qui sera fait de l’eau guide le traiteur sur le choix d’un
procédé ou de leurs combinaisons.
Une eau de consommation humaine, par exemple, ne devra en aucun cas perdre
sa potabilité. 55
Procédés de traitement
Protection contre les tartres carbonatés
Puisque ces tartres ont pour origine les carbonates d’une part et
le calcium d’autre part, on pourra éliminer de l’eau :
- tous les carbonates, c’est la décarbonatation qui peut se faire
par addition d’acide chlorhydrique ou sulfurique,
- toute la dureté, c’est l’adoucissement par permutation
sodique,
- la dureté carbonaté, c’est une décarbonatation qui est
effectuée soit sur une résine échangeuse d’ion qui fixe les
carbonates, soit par addition de chaux (décarbonatation à la
chaux). 2 CO2+ Ca(OH) 2 Ca(HCO3) 2
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Traitement de neutralisation
Elimination simple du CO2excédentaire par aération :
Pulvérisation
Cascades
57
Traitement de neutralisation
Ajout de CO2et de Chaux
58
Traitement de neutralisation
Ajout de CO2et de Chaux
59
Procédés de traitement
Protection contre les tartres sulfatés
Il est possible pour éviter la formation de tartres sulfatés
d’éliminer de l’eau :
- soit toute la dureté, c’est l’adoucissement par permutation
sodique,
- soit les sulfates, par déminéralisation totale.
Protection contre les tartres siliceux
On assurera une protection contre la formation des tartres
siliceux en éliminant la silice par échangeurs d’ions ou à l’aide
d’aluminate de soude, de sulfate de magnésium ou de magnésie.
60
Procédés de conditionnement
Pour le traitement des eaux dans le but d’éviter la formation de
tartres, on utilise :
- les agents dispersants, qui maintiennent en suspension les
éléments précipités et s’opposent à leur rassemblement en dépôts
incrustants. Parmi ceux-ci : les polyphosphates, les silicates, les
dispersants organiques tels que les tanins, les tanates et les
lignosulfonates,
- les agents alcalins, qui entraînent la précipitation des éléments
insolubles sous forme amorphe ou peu incrustante, ou bien qui
maintiennent ces éléments en solution (c’est le cas de la silice).
61
Adoucissement par permutation sodique
Une résine, placée dans l’adoucisseur, retient le calcium et le magnésium,
Lorsque les résines sont saturées, il faut les « régénérer », en les détassant,
puis en faisant passer de la saumure initialement préparée dans un bac.
Le chlorure de sodium va prendre la place du calcium et du magnésium, qui
seront chassés à l’égout. Il ne restera plus qu’à rincer les résines et à
repréparer la saumure.
Ces opérations sont faites
automatiquement.
Durant la phase de
« régénération », l’adoucisseur
est bipassé, pour maintenir une
alimentation en TH = 0 il est
nécessaire de disposer d’un
deuxième adoucisseur.
62
Adoucissement par permutation sodique
Principe : un mélange de polymères immergé dans l’eau va
permettre selon leur nature la permutation des ions positifs
ou négatifs.
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Adoucissement par permutation sodique
La régénération des polymères s’effectue avec du chlorure
de sodium (sel)
64
Pompes doseuses
Une pompe doseuse permet d’injecter un produit de traitement
dans un réseau hydraulique. Elle se compose d’un bac dans
lequel se trouve le produit liquide à injecter, d’une pompe à
membrane et d’un « régulateur-programmateur » qui permet de
doser la fréquence et le volume de produit à injecter en fonction
de la pression du réseau hydraulique. Tous les éléments
constitutifs en contact avec les produits de traitement sont en
matière résistantes aux acides et aux bases.
65
Protection contre les corrosions
Principe général de protection
Contrôle des réactions anodiques et cathodiques
Formation d’une couche protectrice
66
Principe général de protection
Hormis les corrosions-érosions dues à des problèmes mécaniques,
toutes les corrosion ont pour origine la création de « piles
électriques » constituées par :
- une anode qui libère des électrons et des ions fer,
- un liquide conducteur de courant,
- une cathode qui capte les électrons libérés par l’anode.
Il apparaît que la lutte contre la corrosion consistera :
- à bloquer les réactions anodiques,
- à bloquer les réactions cathodiques,
- à bloquer, à la fois, les réactions anodiques et cathodiques.
67
Contrôle des réactions anodiques et cathodiques
Contrôle des réactions anodiques :
Elle consiste à contrôler la migration des électrons et des ions
ferreux et ne peut s’obtenir qu’en formant à la surface du métal,
une couche imperméable qui s’oppose à ces migrations.
Contrôle des réactions cathodiques :
Les principaux facteur des réactions cathodique étant les ions
hydrogène H+ et l’oxygène.
La réduction de concentration en ion H+ est obtenue en
augmentant le pH.
On peut également utiliser un réducteur d’oxygène adapté.
68
Formation d’une couche protectrice
Les différentes réactions électrochimiques peuvent être bloquées
en isolant le métal de l’eau, en formant une couche protectrice.
En formant une couche de magnétite (oxyde naturel du fer) qui se
fera rapidement aux températures supérieures à 200°C mais qui ne
pourra être obtenue à plus basse température qu’en utilisant des
réducteurs d’oxygène puissants (tanins, sulfites, hydrazine*) et en
relevant le pH de l’eau.
En formant un film protecteur, en utilisant les phosphates, les
tanins, les amines grasses, les chromates, les nitrites…
*produit toxique et dangereux à usage réglementé.
69
INDICES DE CORROSION
Indice de Larson :
Permet le calcul de l'indice de corrosion des métaux, selon
Larson (en anglais, Larson Ratio ou LR).
LR = [ (sulfates x 2) + chlorures ] / alcalinité (TAC)
Les valeurs seront exprimées en moles/litres.
70
Destruction des organismes vivants
En règle générale, les eaux de distribution publique sont
désinfectées et donc exemptes d’organismes vivants.
Les micro organismes prolifèrent essentiellement dans les
circuits industriels (chauffage, refroidissement…) lorsque les
conditions favorables à leur développement sont réunies
(température, aération, stagnation de l’eau, lumière…).
L’accumulation de micro-organismes peut conduire à une
corrosion bactérienne et au colmatage des réseaux hydrauliques
et des échangeurs thermiques.
La prévision des désordres nécessite la connaissance parfaite de
la composition physico-chimique de l’eau alimentant le circuit.
71
Destruction des organismes vivants
Les algues et bactéries peuvent être détruites au
moyen du chlore et de ses dérivés (eau de Javel,
hypochlorites…) mais aussi au moyen d’agents
biocides puissants comme les polychlorophénols*
(toxiques pour l’homme donc réservés aux circuits
d’eau industriels) ou les ammoniums quaternaires*.
*produits toxiques et dangereux à usage réglementé.
72
Merci de votre attention