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Comprendre l'inflation et ses enjeux

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L’INFLATION

1. DEFINITIONS :

1.1. Inflation : est un déséquilibre qui se manifeste par une hausse durable du niveau général
des prix et se traduit par une baisse de la valeur de la monnaie qui perd ainsi une partie de son
pouvoir d’achat. Une flambée provisoire des prix ou la hausse isolée d’un prix n'est pas une
inflation. L’inflation est mesurée par l’indice des prix. Celui-ci indique le rapport entre le
niveau actuel des prix et un niveau antérieur pris comme base.

1.2. Déflation : La déflation est une baisse générale et durable des prix, donc le contraire de
l'inflation.

1.3. Désinflation : est une diminution du taux d’inflation : les prix augmentent toujours, mais
à un rythme moins important qu’auparavant.

1.4. Stagflation : la stagflation est une situation caractérisée à la fois par une stagnation de la
production (faible croissance économique, chômage élevé) et par une inflation (hausse des
prix).

2. CAUSES DE L’INFLATION :

2.1. L’inflation par la demande : Elle résulte d'un déséquilibre entre une demande trop forte par rapport
à une offre à un prix donné. Pour rétablir l'équilibre entre offre et demande, les prix augmentent
(tirant la demande à la baisse car la hausse des prix décourage la consommation).
2.2. L’inflation par les coûts : Les entreprises fixent leurs prix en fonction de leurs coûts, or les coûts
de production peuvent augmenter (hausse des salaires, des matières premières, des prélèvements,
des taux d’intérêt...) et l'entreprise répercutera cette hausse sur le prix de vente.
2.3. L’inflation par la monnaie : Une création excessive de monnaie, sous forme de crédits accordés
aux agents, se traduit par des dépenses supplémentaires, qui peuvent être cause d’inflation si l’offre
ne suit pas.
2.4. L’inflation importée : Si un bien importé joue un rôle fondamental dans la production, la hausse
de son prix peut avoir un impact inflationniste (cela a été le cas avec le choc pétrolier de 1973). De
même la dépréciation de la monnaie fait augmenter le prix des biens importés.

3. CONSEQUENCES :
L'inflation a des conséquences négatives dans la mesure où elle accroît les inégalités
sociales en avantageant certains titulaires de revenus et en pénalisant ceux dont le pouvoir
d'achat se déprécie. D'autre part, elle détourne l'épargne des investissements productifs pour
l'orienter vers des valeurs refuge (immeubles, œuvres d'art, devises étrangères, etc). Enfin, elle
entraîne des déséquilibres dans les relations économiques avec d'autres pays. La hausse des prix
diminue la compétitivité des produits nationaux sur les marchés extérieurs et donc les
possibilités d'exportation, tandis que les produits fabriqués à l'étranger, qui ne subissent pas les
mêmes hausses, sont plus demandés, d'où un développement des importations. Cette situation
conduit à une balance commerciale déficitaire (excédent des importations par rapport aux
exportations pendant une période donnée). Ce déficit doit être compensé par un prélèvement
sur les réserves du pays et peut le conduire à dévaluer sa monnaie.
L'inflation présente cependant quelques aspects plus positifs. Ainsi, en allégeant la
charge des emprunts (qui sont remboursés en monnaie dépréciée), elle peut stimuler les
investissements. Contenue dans des limites acceptables, elle sert également le
développement économique du pays en stimulant la demande dans la perspective de
nouvelles hausses de prix. La lutte contre l'inflation doit donc être menée avec précaution
si l'on veut éviter de tomber dans la récession. C'est à cela que s'emploient les
gouvernements par la mise en œuvre des moyens dont ils disposent. Il s'agit principalement
de la politique monétaire et de la politique budgétaire.

4. LUTTER CONTRE L’INFLATION :


4.1. POLITIQUE MONETAIRE RESTRICTIVE : A travers les instruments suivants :

 Un taux de change faible favorise les exportations mais est source de tensions
inflationnistes et n'incite pas à l'amélioration des gains de productivité des entreprises
nationales, protégées de la concurrence internationale. 2) un taux de change trop élevé,
renchérit les exportations et risque de conduire les entreprises les moins concurrentielles
à la faillite. Mais une relative surévaluation de la monnaie ralentit les risques
inflationnistes.
 Le système des réserves obligatoires (taux d’intérêt directeur) : Le système des
réserves obligatoires consiste à obliger les banques de second rang à déposer à la Banque
centrale des réserves suivant un taux d’intérêt directeur, il s’agit de limiter les
possibilités de création monétaire (d’accord de crédits) (taux d’intérêt directeur élevé
donc moins de liquidités pour les banques qui accordent moins de crédits).
 Taux d’intérêt : l’augmentation du taux d’intérêt a un effet dissuasif (décourageant)
sur la demande de crédit et donc sur la masse monétaire en circulation.
 Le réescompte : La Banque centrale fournit des liquidités aux banques de second rang
en échange de quoi elle acquière des titres (effets de commerce, bons du Trésor). En
modulant le taux et le niveau d'escompte, la Banque centrale influe sur la création
monétaire.
 L'encadrement et le plafonnement du crédit : L'encadrement du crédit consiste à
fixer par voie réglementaire et pour une période donnée, des normes de progression en
matière de crédits. Tout dépassement de la norme est sanctionné, par l'obligation de
constituer des réserves supplémentaires.
 L’open Market : Si la Banque centrale souhaite que les banques obtiennent facilement
des liquidités (exemple : lorsqu’il y a ralentissement de l’activité économique), la
Banque centrale se porte offreur (ou vendeur) de liquidités. L’offre étant supérieure à la
demande, le taux d’intérêt baisse. Conséquence : les banques pourront se refinancer
facilement sur ce marché interbancaire et obtenir des liquidités à coût faible donc une
hausse des possibilités de crédits vis-à-vis de leurs clients.
Si la Banque centrale souhaite que les banques obtiennent difficilement des liquidités
(exemple : lorsqu’il y a inflation, croissance forte de l’activité économique), la Banque centrale
se porte acheteur (ou demandeur) de liquidités. L’offre étant inférieure à la demande, le taux
d’intérêt monte. Conséquence : les banques pourront se refinancer difficilement sur ce marché
interbancaire et obtenir des liquidités à coût élevé donc une baisse des possibilités de crédits
vis-à-vis de leurs clients.
4.2. POLITIQUE BUDGETAIRE :

4.2.1. Une politique salariale restrictive : Le ralentissement de la hausse des salaires (gel des
salaires) et la modération de la redistribution permettent de comprimer les tensions
inflationnistes (salaires bas = baisse de la consommation et donc de la demande par rapport à
l’offre).

4.2.2. Politique fiscales : une augmentation de la pression fiscale sur les ménages aura pour
effet de diminuer la consommation et donc la demande (on paie plus d’impôts donc on a moins
d’argent pour consommer) mais l’augmenter sur les entreprises aura pour effet d’alourdir les
charges supportées par l’entreprise ce qui se répercutera négativement sur les prix des biens qui
vont connaitre une hausse.

4.2.3. Politique des prix et de la concurrence : En période inflationniste, les autorités peuvent
être amenés à exercer une action directe sur la fixation des prix (blocage des prix) ainsi qu’à
réguler les mécanismes de la concurrence.

Mme TITOUCHE R

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