Anatomie de L'articulation Temporo-Mandibulaire: Chapitre Chapitre
Anatomie de L'articulation Temporo-Mandibulaire: Chapitre Chapitre
Anatomie de l'articulation
temporo-mandibulaire
PLAN DU CHAPITRE
Situation 2
Limites 2
Surfaces articulaires 2
Appareil discal ou ménisque interarticulaire 4
Moyens d'union 5
Vascularisation 6
Innervation 6
Rapports 6
Système musculaire 7
La fréquence très élevée des traumatismes de la face nous Il s'agit donc d'une double articulation condylienne, ou
amène à ouvrir cet ouvrage par ce sujet. Il faut noter, en diarthrose bicondylienne paire, symétrique, agrémentée
effet, que les fractures de la mandibule comptent, à elles d'un ménisque, dont, en réalité, les deux arcades dentaires
seules, pour un sixième des fractures du corps entier et que en font une articulation temporo-maxillo-dentaire (Frey) ou
les seules fractures du condyle mandibulaire représentent encore une articulation cranio-bicondylo-occlusale (Gola).
un tiers des fractures de la mandibule. Sa dynamique est coordonnée par le système neurosen-
L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) est très parti soriel. Seule articulation de la mastication, son efficience
culière et se distingue de toutes les autres articulations car : dépend de l'harmonie et de l'équilibre de tous ses différents
● c'est une articulation paire ; composants.
● elle est la seule articulation mobile du massif facial
(fig. 1.1) ;
● elle est liée à son homonyme par l'arc mandibulaire ; Situation
● sa croissance ne se limite pas à la seule expansion (lors
des quinze premières années de la vie), mais lui permet Située à la partie latérale de la face, en arrière du massif
une adaptation permanente (néocondyle consécutif à une facial, sous la base du crâne, elle se trouve en avant et en
condylectomie) ; dessous du conduit auditif externe, aux confins de la région
● sa suppression n'altère pas la fonction ou du moins temporale en haut, massétérine en bas, parotidienne et
semble bien tolérée ; auriculaire en arrière.
● son type de fonctionnement détermine son développe- Sa situation superficielle sous-cutanée en rend l'examen
ment : ATM non spécialisée de l'homme, différenciée de aisé (pour ce qui est de la palpation).
celle du carnivore, du rongeur et du ruminant ;
● son anatomie est enrichie par la présence d'un vrai/faux
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8 Surfaces articulaires
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La surface condylienne, mobile, étroite, cylindrique
contraste avec l'importante surface temporale, fixe, sinu-
4 soïdale. Mais il ne saurait être question de fibrocartilage. Le
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12 revêtement articulaire des ATM est formé de tissu fibreux
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13 dense et non de cartilage hyalin. Les seules surfaces sou-
mises aux frottements sont revêtues de tissu fibreux articu-
laire, souple et élastique. Elles permettent le glissement et
protègent l'os sous-jacent empêchant ainsi son usure.
Fig. 1.1
Coupe sagittale de l'ATM.
1. Tubercule zygomatique antérieur. 2. Cartilage articulaire.
3. Ménisque. 4. Frein temporo-méniscal antérieur. 5. Synoviale.
Surface temporale
6. Muscle ptérygoïdien externe. 7. Fosse mandibulaire. 8. Tubercule
zygomatique postérieur. 9. Scissure de Glaser. 10. Conduit auditif Elle représente la surface de réception du condyle mandi-
externe. 11. Frein temporo-méniscale postérieur. 12. Capsule. bulaire en rétropulsion.
13. Condyle mandibulaire. Ce condyle temporal, ou tubercule articulaire (tuber-
Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies
de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992. culum articularis), représente la véritable surface arti-
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culaire. Il est formé par la racine transverse du zygoma : – l'autre postérieur et rétroglasérien extracapsulaire
segment de cylindre convexe d'avant en arrière et concave correspondant à la paroi antérieure du conduit auditif
transversalement. Son grand axe oblique, en arrière et en externe, non articulaire, non revêtu de cartilage.
dedans, coupe celui du condyle opposé au bord antérieur
du trou occipital selon un angle ouvert en arrière de 130 à
140° en moyenne (variable selon les individus).
Surface mandibulaire
Il est revêtu de tissu fibreux avasculaire et se relève en La surface mandibulaire, ou condyle mandibulaire (pro-
dehors sous forme d'une saillie : le tubercule zygomatique cessus mandibulaire), est une éminence ellipsoïde à grand
antérieur (fig. 1.2). axe transversal de dehors en dedans et d'avant en arrière.
La cavité glénoïde, ou fosse mandibulaire (fossa mandibularis), Elle surmonte le col situé à l'angle postéro-supérieur de la
large et profonde, d'axe transversal postéro-interne loge, au repos, branche montante. Son grand axe présente la même obli-
le condyle mandibulaire coiffé du ménisque. Elle est limitée : quité que celui du condyle temporal et les deux condyles
● en arrière par la paroi tympanale du conduit auditif
forment entre eux un angle de 130 à 140°. Déjeté en porte
externe ; à faux, en dedans du plan de la branche montante, il ne
● en dedans par l'épine du sphénoïde ;
dépasse pas en dehors d'un plan sagittal passant par la
● en dehors par l'échancrure de la racine longitudinale du
face latérale de la branche montante. Sa face supérieure
zygoma, bordée par le tubercule zygomatique antérieur conformée en « dos-d'âne » présente deux versants réunis
en avant et le tubercule zygomatique postérieur (heurtoir par une crête mousse transversale et deux angles (fig. 1.3).
de Farabœuf) en arrière. Celui-ci sert de renfort à la paroi Le versant antérieur convexe, recouvert de fibrocartilage est
osseuse du conduit auditif externe, la protégeant lors des articulaire. Il regarde en avant et en haut, faisant face à la
mouvements de rétroplusion de la mandibule. La cavité glé- pente condylienne du condyle temporale.
noïde est divisée en deux segments par la scissure de Glaser : Le versant postérieur, aplati, regarde en haut et en
– l'un antérieur et sous-temporal, préglasérien intracap- arrière, et prolonge le bord postérieur du col corres-
sulaire, non revêtu de cartilage, pondant à la cavité glénoïde. Il n'est pas articulaire et
se prolonge, sans transition, par le bord postérieur de
la branche montante. Les angles, latéral et médial, pré-
sentent chacun un petit tubercule arrondi pour l'insertion
des ligaments collatéraux.
Fig. 1.2
Surface articulaire temporale. Fig. 1.3
1. Racine transverse du zygoma. 2. Tubercule zygomatique antérieur. Surface articulaire mandibulaire.
3. Fosse mandibulaire. 4. Tubercule zygomatique postérieur. 1. Versant antérieur articulaire. 2. Tubercule interne, ligament latéral
5. Circonférence capsulaire. 6. Épine du sphénoïde. 7. Scissure de interne. 3. Insertion du ptérygoïdien externe. 4. Tubercule externe,
Glaser. 8. Mastoïde. ligament latéral externe. 5. Versant postérieur non articulaire.
Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies
de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992. de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992.
Zone rétrodiscale
Cette zone bilaminaire, ou zone d’attache postérieure est
constituée par une lame commune, Celle-ci est le prolonge
ment postérieur du ptérygoïdien latéral et du frein discal
postérieur (fig. 1.4). Sa portion antérieure est fragile et sou-
vent siège de perforations.
Dans sa portion postérieure, elle est constituée par deux
Fig. 1.4
lames, l’une inférieure, mince et solide, qui continue le
Ménisque théorique.
1. Frein méniscal postérieur. 2. Capsule. 3. Condyle mandibulaire. disque et termine le tendon du faisceau supérieur du
4. Ménisque. 5. Condyle temporal. 6. Frein méniscal antérieur. ptérygoïdien latéral en étant le tendon d’Achille de l’ATM,
7. Articulation ménisco-mandibulaire. 8. Articulation temporo-méniscale. et l’autre supérieure, épaisse, élastique, à rôle de rappel du
Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies
de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992. disque : relâchée au repos, sans tension sur le disque, et per-
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Synoviale
Elle tapisse la face interne ou profonde des deux articula-
tions de la capsule. Il existe donc une synoviale propre à
chacun des deux compartiments :
● la synoviale supérieure pour l'articulation ménisco-
externe de l'apophyse styloïde du temporal et se termine se projette sur la partie inférieure de la région condylienne.
sur le bord postérieur de la branche mandibulaire ;
● le ligament ptérygo-mandibulaire qui naît sur le proces-
cellulo-adipeux (rôle amortisseur au retour du condyle Court et épais, tendu horizontalement de la base du
mandibulaire lors de la fermeture de la bouche). Cet crâne à l'articulation temporo-mandibulaire, il est formé de
espace correspond à la partie extra-articulaire de la deux chefs antagonistes :
cavité glénoïde qui permet au ménisque de s'y loger ● un faisceau supérieur sphénoïdien-ptérygoïdien qui est
dans la rétropulsion. En bas, le pôle supérieur de la paro- pratiquement horizontal et qui part du tiers supérieur de
tide adhère à la capsule. l'aile latérale du processus ptérygoïde et de la grande aile du
sphénoïde ;
● un faisceau inférieur, ptérygoïdien, qui naît sur
Inférieurs les deux tiers inférieurs de l'aile latérale du processus
ptérygoïde.
Ils se font avec les limites inférieures de la capsule et la par-
Ces deux faisceaux convergent vers l'articulation. Séparés
tie supérieure de la branche montante, plus en dedans avec
à l'origine, les deux corps charnus se juxtaposent puis se
la région interptérygoïdienne et ses éléments.
confondent pour s'insérer sur :
● le faisceau supérieur, sur la lame tendineuse prédiscale,
a b
Fig. 1.7
Muscles ptérygoïdiens externe et interne : vues de profil (a) et inférieure (b).
Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992.
Fig. 1.9
Muscle masséter.
Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies
de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992.
Fig. 1.8
Muscle temporal.
Source : Rééducation des fracas de la face de Hebting JM, Dotte JP. Monographies C'est un des muscles les plus puissants de l'organisme. Sa
de Bois-Larris. Masson, Paris, 1992. force de serrage des mâchoires peut être de 60 kgf/cm2.
Il intervient dans l'écrasement et le broyage des aliments
durs.
Muscles élévateurs ● Son faisceau supérieur va du bord inférieur de l'arcade
Ils sont au nombre de trois paires et tous innervés par le zygomatique à la partie inférieure de la branche montante
nerf mandibulaire, branche du trijumeau. et à l'angle de la mandibule. Il remplit à la fois les fonctions
d'élévateur et de propulseur.
● Son faisceau moyen va du bord inférieur de l'arcade pour
Muscle thyrohyoïdien
Cartilage thyroïde Artère carotide
commune
Muscle omohyoïdien
Muscle
sternohyoïdien
Fig. 1.10
Muscles abaisseurs de la mandibule.
Source : Gray’s Anatomie pour les étudiants de Drake RL, Vogkl AW, Mitchell AWM, 2e édition, Elsevier Masson, 2010 (traduction de Gray’s Anatomy for Students de Drake RL, Vogkl
Aw, Mitchell AWM, 2nd ed., © Churchill Livingstone, an imprint of Elsevier Inc., Philadelphia, 2008).
Muscle
hyoglosse
Septum
Muscle
génioglosse
Fig. 1.11
Muscles de la langue.
Source : Gray’s Anatomie pour les étudiants de Drake RL, Vogkl AW, Mitchell AWM, 2e édition, Elsevier Masson, 2010 (traduction de Gray’s Anatomy for Students de Drake RL, Vogkl
Aw, Mitchell AWM, 2nd ed., © Churchill Livingstone, an imprint of Elsevier Inc., Philadelphia, 2008).
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Chef frontal de
l’occipitofrontal
Orbiculaire de l’œil
Procérus
Nasal
Releveur de la lèvre
supérieure et de
l’aile du nez
Releveur de
la lèvre
supérieure
Petit zygomatique
Chef occipital
Grand zygomatique de
l’occipitofrontal
Orbiculaire de
la bouche
Abaisseur de la lèvre
inférieure
Mentonnier
Abaisseur de l’angle Auriculaire
de la bouche postérieur
Risorius
Buccinateur
Platysma
Fig. 1.12
Muscles de la face.
Source : Gray’s Anatomie pour les étudiants de Drake RL, Vogkl AW, Mitchell AWM, 2e édition, Elsevier Masson, 2010 (traduction de Gray’s Anatomy for Students de Drake RL, Vogkl
Aw, Mitchell AWM, 2nd ed., © Churchill Livingstone, an imprint of Elsevier Inc., Philadelphia, 2008).
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