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Design industriel : stratégies et enjeux

Le design industriel est une activité essentielle pour la création et l'innovation de produits, visant à différencier ceux-ci sur le marché mondial. Il implique une collaboration entre designers et spécialistes pour concevoir des produits esthétiques et fonctionnels, tout en tenant compte des attentes des consommateurs et des contraintes techniques. La méthodologie de design comprend plusieurs étapes, allant du diagnostic à la réalisation, avec un accent sur la validation des cahiers des charges et des spécifications techniques.

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Design industriel : stratégies et enjeux

Le design industriel est une activité essentielle pour la création et l'innovation de produits, visant à différencier ceux-ci sur le marché mondial. Il implique une collaboration entre designers et spécialistes pour concevoir des produits esthétiques et fonctionnels, tout en tenant compte des attentes des consommateurs et des contraintes techniques. La méthodologie de design comprend plusieurs étapes, allant du diagnostic à la réalisation, avec un accent sur la validation des cahiers des charges et des spécifications techniques.

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Le design industriel

Objectif
Le design est une activité, un métier, né de l'industrie, qui sert l'entreprise pour créer, innover, faire évoluer, faire
vendre ses produits, ses services, son image de marque.
Vous allez voir comment doit être fait l'articulation conception produit – design produit
Contexte
L'offre de plus en plus augmentée sur le marché mondiale des produits industrielles impose trouver des qualités
distinctives du produit donnant un pouvoir de marché → stratégie de différentiation.
Une bonne démarche design industrielle permet d'augmenter la vente des produits et parfois même d'adopter un prix de
vente supérieur à celui de la concurrence.
DESIGN INDUSTRIEL DE PRODUITS
Les secteurs industriels sont très divers, des produits de grande consommation aux produits techniques, transports,
biens d'équipement, biens de production. Le designer peut intervenir d'une manière plus ou moins conséquente et
prendre en charge la conception complète d'un produit (depuis l'analyse marketing jusqu'au suivi de production) ou
intervenir plus légèrement en améliorant l'esthétique d'un produit déjà existant.
Le designer va donc combiner et mettre en œuvre des éléments variés venant des données du marketing, de
l'ergonomie de la technologie, des sciences humaines, de l'économie... Le but est d'obtenir des produits ayant une
meilleure valeur d'usage, un prix adapté, une ergonomie bien étudiée, un aspect plus agréable, une bonne intégration
des produits de l'entreprise et une prise en compte des facteurs environnementaux.

Définition

La définition officielle du design industriel a été adoptée par l'organisme international ICSID en 1961 (Conseil
international des sociétés de design industriel).

« Le design industriel est une activité créatrice dont le but est de déterminer les propriétés formelles des objets
produits industriellement.

Par propriétés formelles, on ne doit pas entendre seulement les caractéristiques extérieures, mais surtout les relations
fonctionnelles et structurelles qui font d'un objet ou d'un système d'objet une unité cohérente, tant du point de vue du
producteur que du consommateur ».

En 1989, la définition de l'UFDI (Union française des designers industriels) souligne que, dans un contexte professionnel,
le design « a pour vocation, après analyse technologique, économique et esthétique exhaustive, de créer les formes,
matières, couleurs, structures permettant d'améliorer tous les aspects de l'environnement humain conditionné par la
production industrielle, qu'il s'agisse de création (ou design) de produits, de création (ou design) graphique, de création
d'environnement ou d'ambiance visuelle ».
Le design concerne le travail de modélisation de la forme d'un objet ; la conception peut également se référer à ses
composants, aux couleurs, aux matériaux. L'objectif du design est que le produit transmette quelque chose aux clients et
qu'il les convainque de l'acheter, sachant beaucoup de gens oublient qu'il est important de savoir aussi ce qui est à
l'intérieur du produit.
Pour convaincre les gens à acheter un produit qui a été créé en plusieurs modèles le concepteur est tenu d'être original.
La nature a été et sera toujours présente dans la conception des objets pour rendre les produits plus attrayants pour les
consommateurs.
Bien sûr, il y a d'autres fonctions dans la conception d'un produit, en outre l'environnement. Par exemple, dans la
création d'un produit le concepteur doit tenir compte du public pour le vendre. S'agit-il du sexe féminin ou masculin ? Le
produit, est-il destiné à tous les âges ? Est-il employé au quotidien ou à des occasions spéciales ?
Pour l'ingénieur ou le concepteur, l'esthétique d'un produit doit représenter son intégration dans toutes les phases de sa
conception par des facteurs de natures diverses. L'ingénieur responsable de la conception technique du produit a
également une certaine responsabilité sur l'esthétique du produit.
Le concepteur doit trouver un équilibre entre la réalité tangible du produit et le contexte social et culturel dans lequel il
est inséré.
L'esthétique d'un produit est déterminée par plusieurs facteurs:
• les facteurs de l'harmonie ;
• les facteurs fonctionnels ;
• les facteurs historiques et technologiques ;
• les facteurs culturels ;
• les facteurs sociaux.
Pour toute conception de produit l'évolution commence au moment de sa première apparition sur le marché. Tout
changement dans le produit peut complètement changer son image et l'image d'un acheteur potentiel.
Exemple pour l'évolution historique et du design produit pour la cafetière :

Evolution historique d'une cafetière


Repères
LES ETAPES DU DESIGN INDUSTRIEL DE PRODUITS
Étape 1 : Quels sont les outils pour que le design devienne industriel ?
Le design industriel consiste en la personnalisation d'un objet ou d'un produit par sa forme et son apparence.
L'objectif principal est de séduire le consommateur pour qu'il désire posséder l'objet, puis qu'il soit satisfait par son
usage.
Cette personnalisation traduit en général l'identité de la marque qui vend l'objet, ou la spécificité même de l'objet : il
faut que celui-ci ressemble à ce que l'on attend de lui pour qu'il soit compris par l'utilisateur.
Pour des raisons de différenciation et d'innovation dans sa présentation, on peut être amené à vouloir donner à l'objet
une apparence particulière correspondant aux attentes marketing.
Le designer doit dès le départ de sa recherche de forme et d'aspect, intégrer les notions suivantes :
• les attentes du consommateur / utilisateur ;
• les dimensions optimales ;
• l'ergonomie d'utilisation ;
• le processus de fabrication ;
• le montage des différentes composantes ;
• les matériaux suivant la réglementation et leurs propriétés mécaniques et physiques ;
• les coûts de fabrication ;
• la protection lors du transport ;
• la présentation et l'emballage sur le lieu de vente ;
• la connaissance de ces contraintes qui lui est donnée par une collaboration avec les spécialistes du produit, de
sa fabrication à sa vente.
Un cahier des charges précis et complet servira de référence.
Ce dernier doit comporter d'une part les contraintes techniques, et d'autre part les attentes marketing.
Le designer n'est pas un technicien ; il doit donc faire valider ses propositions par les experts au fur et à mesure de
l'avancement de ses projets.
La collaboration, l'échange entre le designer et les spécialistes de la fabrication et du produit sont fondamentaux pour
que l'objet soit façonné dans le respect, d'une part, du style souhaité par le designer et validé par le marketing et,
d'autre part, pour qu'il soit fabriqué au meilleur coût, le tout dans le souci de répondre au besoin de l'utilisateur final.
Étape 2 : Méthodologie d'étude design d'un produit ou d'un emballage
On a souvent tendance à considérer que le travail du designer consiste à imaginer à partir d'une feuille blanche
l'esthétique la plus élégante et la plus « tendance » d'un produit.
Or, le designer n'est pas un artiste puisqu'il travaille pour un produit dont les fonctions et la fabrication sont bien
identifiés par d'autres acteurs très cartésiens.
Il est important de comprendre comment le designer travaille car ceci a une influence directe sur la conception du
produit. On peut distinguer cinq phases principales dans une étude design :
Première phase : le diagnostic
À partir de la prise en compte du cahier des charges, le designer doit s'informer sur l'historique du produit d'une façon
très large, s'imprégner de la culture maison, connaître au maximum les produits existants et ayant existé chez l'industriel
et la concurrence sur le marché national et international.
Il cherche et analyse les produits proches sur d'autres marchés pour observer les différentes possibilités données par les
matériaux et les technologies applicables au produit étudié.
Il observe le linéaire sur les lieux de vente ou la présentation sur internet pour évaluer le besoin d'émergence de la
personnalité du produit et son positionnement par rapport à la concurrence.
Il visite le site de production et d'emballage chez l'industriel pour connaître l'état actuel du parc machines et les procédés
de fabrication et de montage.
Il se tient au courant des avancées technologiques qui lui ouvrent de nouvelles possibilités créatrices.
Il est bien sûr au fait des tendances qui feront les modes de consommation et d'appréciation de demain, et pour cela
doit suivre l'actualité internationale des domaines créatifs : publicité, arts, nouvelles technologies, nouveaux
comportements.
Deuxième phase : la recherche
À partir des observations précédentes, le designer va préciser tous les points du cahier des charges et les faire valider
auprès de son client. Le document ainsi rédigé servira de guide et de référent à l'étude design.
Il est seul ou en équipe : le travail résultant d'un échange entre sensibilités différentes est cependant à privilégier.
Il exprime ses idées sous forme de dessin, moyen le plus rapide et le plus créatif, ou de maquettes virtuelles en CAO ou
en volumes façonnés dans de la résine.
Les designers envisagent en général un grand nombre de pistes de formes, d'aspects de surface, de disposition des
éléments, de détails, de fonctionnalités, dont ils sélectionnent les plus aptes à répondre à la problématique et à exprimer
leur proposition de forme.
Mais ils ne vont en finaliser et présenter qu'un nombre restreint, souvent inférieur à 10, sachant que chaque forme ou «
design » proposé doit être réalisable dans le cadre défini.
Troisième phase : la validation
Les différentes propositions sont évaluées suivant des critères hiérarchisés et très précis correspondant aux fonctions
que doit remplir l'objet et son apparence, de façon à choisir de manière objective les meilleurs concepts.
Des maquettes d'aspect en volume permettent de manipuler l'objet et de l'observer sur tous les angles ; ces maquettes
peuvent être présentées à des acheteurs potentiels en étude qualitative.
Tous les intervenants du marketing à la production observent et évaluent les propositions design et notent leurs
remarques et observations.
Quatrième phase : la mise au point
À partir de ces remarques et des observations des consommateurs, le designer va finaliser la (ou les) forme(s)
retenue(s) pour que soient vérifiés précisément les impératifs de fabrication, de montage, de manipulation, etc.
Le matériau final, les aspects de surface, les fonctionnalités sont précisés.
Les détails d'ajustement des pièces sont dessinés
Un fichier de plan numérisé sur un logiciel de conception assistée par ordinateur (Solidworks ou Pro-Engineer) est
réalisé.
Le produit finalisé est présenté sous fichier numérique, images de synthèse de présentation et / ou maquette volume
finalisée.
Cinquième phase : la réalisation
Le fichier est ensuite transmis aux intervenants industriels pour la réalisation de l'objet, il est alors indispensable que le
designer assiste les techniciens, moulistes, plasturgistes, fabricants lors de la mise au point des outillages pour envisager
avec eux les solutions conciliant le respect du design retenu et la réalité de la réalisation.
Le rôle du designer est d'adapter son design aux contraintes économiques et techniques de fabrication. Il a également
un rôle de conseil pour chercher des solutions alternatives, et lui seul saura modifier sa création pour résoudre les
inévitables problèmes de réalisation.
Une fois les premières pièces fabriquées et montées, le designer doit faire partie de l'équipe donnant son accord sur la
fabrication en série du produit.
COMMENT FAIRE UN BRIEF ET LE CAHIER DES CHARGES DESIGN ?
Un projet de conception d'un nouveau produit ou service est lancé dans votre équipe, pour répondre aux objectifs
concrets de votre client (externe ou interne, comme le service de marketing). Le cahier des charges design (CDCD ou
brief) est le document de référence qui rassemble l'ensemble des objectifs de conception énoncés en termes de
spécifications du futur produit ou service à concevoir.
Étape 1 : Le cahier des charges design, pourquoi et comment ?
Un projet de conception débute par une demande exprimée dans le cahier des charges design (CDCD). Le CDCD porte à
la fois sur les spécifications fonctionnelles et perçues du produit/service à concevoir. Il intègre non seulement les
caractéristiques objectives (fonctions d'usage, forme, texture, couleur), mais il comprend aussi des critères subjectifs liés
à la perception du consommateur (sémantique, sensorielle, émotionnelle). Lorsque la conception est très formalisée,
comme dans les secteurs du design automobile ou du design d'interaction, la transmission du CDCD peut être associée à
la constitution d'un groupe de travail au début du projet de conception. Ce groupe de travail comprend des acteurs
métiers tels que les responsables design, innovation et achats, des designers, des ingénieurs éco-concepteurs ou
procédés, et des marketeurs. Le CDCD est un document qui formalise et permet de partager les objectifs du projet.
L'interprétation de ce document conduit à une exploration collective pour bien définir le problème, puis à une recherche
d'informations visant à compléter le document initial. Ce document comprend le planning de développement et les
spécifications du futur produit. Il est relativement ouvert au départ et se précise peu à peu grâce à l'intervention des
différents acteurs métiers (données consommateur établies par les services marketing, présentation de designs
antérieurs réalisée par les responsables design, innovations technologiques clés à intégrer dans le projet...). D'autres
données et informations sur les coûts, les procédés, la concurrence, l'image de marque et les évolutions souhaitées du
produit ou service à concevoir peuvent être intégrées à ce stade. Dans certains cas, l'analyse fonctionnelle est utilisée
comme outil support à l'élaboration du CDCD.

Brief du cahier des charges


Étape 2 : Élaborer le cahier des charges design
Une fois le CDCD remis aux concepteurs concernés, le chef de projet réunit l'équipe de conception et notamment les
designers pour les informer sur son contenu. L'équipe échange alors verbalement par brainstorming au sujet des
différentes orientations à explorer. Les décisions sur ces orientations dépendent de l'analyse critique des projets
antérieurs. Des informations complémentaires au CDCD peuvent être recherchées par les concepteurs ou transmises par
d'autres acteurs du projet afin de compléter le contenu initial. Cela permet de préciser le problème posé en recherchant
une définition des besoins et traits culturels de la population ciblée. Les informations imagées permettent aux designers
de s'inspirer plus directement sur des lignes, formes, textures, couleurs.
L'élaboration du CDCD comprend les étapes suivantes :
• Recueil de données sur le contexte de l'entreprise (besoin, modèle, marque, degré de rupture attendu,
planning) et la population ciblée (valeurs, besoins, modes de vie, sociostyles...).
• Données produit/service : données objectives (matériaux, procédés...) et subjectives (sémantiques,
sensorielles, émotionnelles), identification des produits antérieurs, des produits concurrents, ou des produits
connexes.
• Éventuellement, analyse fonctionnelle.
• Traduction des objectifs de conception en spécifications : spécifications vis-à-vis de la population visée,
spécifications design (sémantiques, sensorielles, interaction, forme, couleur, texture), spécifications sur les
usages.
• Synthèse et formalisation du CDCD qui regroupe l'ensemble des spécifications relatives aux métiers et au projet.
Exemple : Dans le cadre de la conception d'un nouveau modèle de véhicule, le cahier des charges initial peut être le
suivant : concevoir un nouveau modèle de berline familiale pour lequel l'accent sera mis sur les notions de confort et de
bien-être. Ces notions constitueront les fonctions principales à remplir par ce modèle. Ce modèle intègrera une
innovation technologique permettant de diffuser des parfums à l'intérieur du véhicule et le style connotera un univers de
douceur et de convivialité en adéquation avec les effets produits par cette technologie innovante.
Étape 3 : Valider le cahier des charges design
Une fois le cahier des charges élaboré, il est nécessaire de définir plus en détail les spécifications du futur
produit/service. Pour ce faire, le chef de projet et l'équipe de conception traduisent autant que possible les objectifs de
conception en critères techniques plus précis. Ces critères sont quantifiés lorsque cela est possible. Ils permettront
d'aboutir à des concepts détaillés. Pour exemple, un objectif tel qu'utiliser des couleurs chaudes sera transformé par la
spécification de l'utilisation d'une fourchette de couleurs caractérisées par des référentiels tels que RAL ou NCS.
Lorsque les spécifications détaillées sont établies, il est important de faire valider l'ensemble des critères obtenus par
l'équipe de conception pour rester en adéquation avec les objectifs de départ. Certaines spécifications métiers sont
parfois contradictoires (par exemple utiliser des stéréotypes d'usage connus pour l'ergonomie et proposer un design
d'interaction original pour le design). Pour clarifier les priorités et les compromis, il peut être nécessaire d'attribuer un
poids aux différents critères et de les hiérarchiser pour aboutir à consensus validé par l'ensemble des acteurs.
Le CDCD final comprend les objectifs, les critères, leur pondération et leur hiérarchisation. Il doit être relu et validé par
l'ensemble des acteurs avant de lancer l'étape créative de génération de concepts.
La validation du CDCD comprend les étapes suivantes :
• Définition détaillée des spécifications de conception en intégrant l'ensemble des points de vue métiers (design,
ergonomie, marketing, ingénierie des procédés).
• Élaboration d'une grille de critères détaillés permettant d'aboutir à des spécifications détaillées pouvant être
exprimées sous forme de fourchettes de valeurs quantifiées.
• Pondération de la grille de critères par l'équipe de conception. Dans certains cas les utilisateurs finaux du
produit/service à concevoir peuvent intervenir dans cette phase.
• Synthèse et formalisation du CDCD détaillé en regroupant l'ensemble des spécifications métiers et projet.
• Relecture et validation du CDCD détaillé par l'équipe de conception.
Exemple : En poursuivant avec le même exemple, l'une des fonctionnalités associées pourra être la diffusion de l'air dans
l'habitacle avec un choix de parfums qui seront diffusés de manière personnalisable. À ce stade, des spécifications plus
précises et si possibles quantifiées seront apportées de manière à pouvoir développer un démonstrateur par la suite. Par
exemple, on définira le nombre de parfums à proposer, leur nature, la manière de les diffuser (ponctuelle, douche
d'air...) et la localisation de cette diffusion (derrière la planche de bord, à travers les grilles d'aération...).
Étape 4 : Utiliser le cahier des charges comme guide pour la créativité et pour l'évaluation de concepts
Le CDCD détaillé est utilisé comme base pour la génération et l'évaluation des concepts. Après la traduction des objectifs
de conception en spécifications vis-à-vis du futur produit/service, le CDCD est utilisé comme une sorte de tableau de
bord. Ce tableau de bord permet d'orienter la créativité pour générer des concepts. Il sert ensuite à évaluer l'adéquation
de ces concepts aux objectifs du projet. L'étape d'évaluation est plus ou moins conséquente en fonction des ressources
et des moyens disponibles sur le projet. Elle peut aller d'une simple analyse multi-critères réalisée intuitivement par
l'équipe de conception, jusqu'à des évaluations plus poussées, avec un panel d'utilisateurs. Dans ce dernier cas, ledit
panel s'exprime généralement par questionnaires sur l'ensemble des concepts proposés. Des échelles de Likert sont
mises en œuvre pour évaluer les dimensions fonctionnelle, sémantiques, sensorielles, émotionnelles et d'usage. Les
résultats sont ensuite traités de manière statistique afin de visualiser et d'interpréter les réponses de l'analyse. Le CDCD
favorise la communication entre acteurs métiers à propos de variables objectives et subjectives (sémantiques,
sensorielles, émotionnelles). Les variables subjectives permettent d'anticiper sur l'expérience qu'aura le consommateur
avec le futur produit/service. L'intégration de ces variables dans le CDCD reste encore relativement émergente selon les
secteurs de l'industrie.
La phase d'évaluation de concepts sur la base du CDCD comprend les étapes suivantes :
• Sur la base du contenu du CDCD, élaboration d'un protocole d'évaluation. Ce protocole d'évaluation peut faire
intervenir l'équipe de conception de manière spontanée, ou/et éventuellement un panel d'utilisateurs finaux du
produit/service à concevoir.
• Application du protocole dans le cadre d'une ou plusieurs sessions d'évaluation. Les acteurs concernés
procèdent à l'évaluation des concepts selon les grilles de critères élaborées à partir du CDCD.
• Traitement des résultats mettant éventuellement en œuvre une analyse quantitative multi-critères pouvant faire
l'objet d'analyses statistiques consécutives par analyse factorielle, analyse en composantes principales,
clustering...
• Analyse et synthèse des résultats de manière individuelle ou collective.
• Définition de spécifications pour la suite du projet de conception et sélection des concepts à prototyper.
Exemple : Toujours dans le cadre du même exemple, on veillera ensuite à générer des solutions créatives pour intégrer
au mieux l'ensemble des objectifs et critères de départ. Plusieurs concepts de modèles de véhicules seront proposés et la
sélection sera différée afin de laisser libre cours à l'imagination. Après cette étape de divergence, les concepts seront
évalués en considérant les objectifs de départ. Les solutions qui seront les plus propices à fournir un certain bien-être à
l'utilisateur final avec un style cohérent du modèle, tout en intégrant les autres critères de conception tels que
l'ergonomie (par exemple stimuler l'hypovigilance par la diffusion du parfum) ou les contraintes techniques (durabilité du
parfum, stockage, renouvellement...), seront sélectionnées pour la suite du développement.
Quand le cahier des charges est-il établi ?
Le cahier des charges, dans sa version initiale, est établi dès le lancement d'un projet de conception. Ce document est
par nature évolutif et se précisera en passant par différentes étapes. Ainsi, on utilise parfois une terminologie plus
précise qui définit ces différentes étapes : on trouvera par exemple le cahier des charges fonctionnel, le cahier des
charges conceptuel, puis le cahier des charges technique. Quel que soit le niveau de concrétisation spécifié dans le
contenu du cahier des charges, l'on cherchera à énoncer des objectifs et des critères qui précisent un espace problème,
plutôt que des éléments de solutions.
Qui rédige le cahier des charges ?
Le cahier des charges est souvent initié par le commanditaire d'un projet de conception, quel que soit son métier
d'origine. Ce commanditaire peut être lui-même le chef de projet qui portera le projet jusqu'à son terme. Parfois c'est le
chef de projet lui-même qui complètera de manière importante un document initial parfois succinct. Ce document
évolutif est ensuite complété au cours des différentes phases du projet, grâce à la contribution d'un groupe de travail
dont l'apport est multi-métiers.
RELATIONS DU DESIGN AVEC LES PARTENAIRES DE LA CONCEPTION
La pratique du design industriel, compte tenu du contexte dans lequel s'exerce cette activité, repose sur une analyse
rigoureuse du problème posé et sur la capacité de dialoguer avec les partenaires de la conception industrielle.
1. Relations avec le marketing
Le marketing, tout au long du projet joue un rôle essentiel pour garder le cap sur la pertinence ultérieure du futur
produit. C'est le marketing qui confronte les données d'étude et les synthèses d'enquêtes auprès des cibles de son
marché. C'est le responsable marketing produit qui doit gérer une méthodologie d'interactions avec son marché. C'est le
marketing qui peut affûter les arguments pour une évaluation juste du design.
2. Relations avec l'ergonomie
Il n'existe pratiquement pas d'étude de design qui ne soulève un problème d'ergonomie.
L'ergonomie du produit prend en compte, dès la conception toutes les conditions d'utilisation depuis la fabrication en
passant par l'usage proprement dit et jusqu'au démantèlement de ce produit. L'objectif est d'avoir un produit efficace et
compatible avec la santé et le confort de l'homme.
Trois étapes peuvent être définies :
• l'analyse ergonomique proprement dite ;
• l'élaboration du cahier des charges ergonomiques ;
• la validation qui se fera de point en point selon l'avancement de l'étude.
3. Relations avec l'analyse de la valeur
Pour le designer, l'intérêt de l'analyse de la valeur est de remettre en cause le produit par l'analyse des fonctions «
service » que le produit va rendre et non par l'étude des pièces le composant. Cette notion de remise en cause va
permettre à l'analyse de la valeur d'être un outil de dialogue entre les ingénieurs de la production et les concepteurs
(designers ou ingénieurs-designers).
4. Relations avec la problématique de l'environnement
La prise en compte des impératifs de protection de l'environnement devient un point clef de la réussite qualitative des
produits de demain. Le designer doit intégrer dans son projet un juste choix des matériaux, les problèmes de
démontabilité, de recyclage, de durabilité.
L'objectif est de concevoir une présence harmonieuse du produit dans l'environnement présent et à venir. Pour cela, il
convient de :
• considérer le produit dans son cycle complet de vie ;
• anticiper le vieillissement et le démantèlement du produit : tout produit est un futur déchet ;
• recenser l'ensemble des nuisances possibles de l'appareil ;
• faire mieux que les concurrents ; la cohérence écologique est un argument de vente ;
• ne pas prendre du retard dans ce domaine sous prétexte que cela n'est pas encore obligatoire.
Exemple d'étude au sujet de recyclage des composantes d'une cafetière:

Composition moyenne d'une cafetière à filtre usagée recyclée par Eco-systèmes


Que deviennent les composants obtenus par Eco-systèmes
5. Relations avec la communication d'entreprise
La position du design dans l'entreprise est indissociable de la communication. Le designer est appelé à travailler
conjointement avec les services de communication ou bien à en être chargé dans certains cas.
6. Relations avec la R&D et le bureau d'études
Selon le type d'entreprise dans laquelle le designer évolue, la R&D intervient différemment dans le projet de création
d'un produit. Le BE qui intervient généralement en aval du design et de la R&D module ses interventions selon les
phases du projet.
• Dans la phase amont de conceptualisation, le bureau d'études a un rôle d'observateur, contribuant à alimenter
le design sur la culture technique de l'entreprise, les points spécifiques du savoir-faire et le contexte de la
production (outils CAO/CFAO, normes, achats certification qualité, délocalisations, innovations technologiques
etc.).
Pour tout cela, le chef de projet est indispensable.
• Dans la phase projet du design, le BE intervient en partenaire sur la faisabilité industrielle des concepts du
designer. Il reste conseil, mais il peut influencer les choix.
• Dans la phase de conception industrielle du produit, le BE prend une place déterminante ; il est maître-d'œuvre,
et le designer devient accompagnateur. Il est indispensable qu'une connivence créative et productive s'établisse
tout au long de cette phase de conception industrielle. La conception technique du produit doit respecter le
programme du design, et le designer doit contribuer à la réalité technique et industrielle du produit. Le BE
développe et concrétise sans transfigurer le modèle « essence » du futur produit.
Tout succès est basé sur une authentique collaboration entre le chef de produit (marketing), le designer et le chef de
projet (bureau d'études techniques).

Common questions

Alimenté par l’IA

Le designer utilise ses observations pour s'informer sur l'historique du produit, s'imprégner de la culture maison, et analyser des produits concurrents sur le marché. Il adapte ces observations pour ajuster le cahier des charges, explore les technologies applicables, et suit les tendances en consommation pour garantir un design pertinent .

La validation du CDCD implique une définition détaillée de spécifications techniques, la pondération des critères, et la hiérarchisation pour clarifier priorités et compromis. Cela assure que toutes les spécificités métiers soient prises en compte, permettant d'aligner le projet sur ses objectifs initiaux et de procéder à la création de concepts réussis .

L'analyse de la valeur vise à remettre en question le produit à travers les fonctions de service plutôt que par ses composants. Cela devient un outil de dialogue pour revisiter les fonctions essentielles et ouvrir un dialogue entre ingénieurs et designers, favorisant ainsi une approche centrée sur le service rendu par le produit .

L'esthétique d'un produit est déterminée par plusieurs facteurs : l'harmonie, les fonctionnalités, les facteurs historiques et technologiques, les facteurs culturels, et les facteurs sociaux. Cela nécessite un équilibre entre le produit tangible et son contexte social et culturel .

La création du CDCD implique le recueil de données contextuelles sur l'entreprise et la population ciblée, la définition de spécifications objectives et subjectives du produit/service, et la traduction des objectifs de conception en spécifications détaillées. Cela enchaîne par une synthèse et une validation par tous les acteurs impliqués avant d'entamer la phase de création de concepts .

Le marketing joue un rôle essentiel dans l'évaluation et la validation du design en gérant les interactions méthodologiques avec le marché et en confrontant les données d'étude avec les synthèses d'enquêtes auprès des cibles. Il affine ainsi les arguments de vente en tenant compte de l'ergonomie et du design du produit .

Le CDCD influence significativement la créativité dans la conception de produits en servant de tableau de bord pour orienter la génération de concepts. Il permet d'évaluer l'adéquation de ces concepts aux objectifs du projet en définissant des spécifications claires, tout en laissant une certaine ouverture pour les inspirations créatives et les adaptations nécessaires .

La collaboration est cruciale car elle permet de respecter simultanément le style souhaité par le designer et validé par le marketing tout en optimisant les coûts de fabrication. Elle garantit que l'objet réponde aux besoins de l'utilisateur final et soit viable économiquement et techniquement .

L'analyse ergonomique est intégrée dès la conception pour s'assurer que le produit est efficace et compatible avec la santé et le confort de l'utilisateur. Cela inclut la création d'un cahier des charges ergonomique et une validation continue pour garantir que l'ergonomie du produit est prise en compte à chaque étape .

L'impératif écologique influence le processus de conception en nécessitant l'intégration de critères tels que la démontabilité, le recyclage, et la durabilité. Les entreprises doivent anticiper l'intégration harmonieuse des produits dans l'environnement, ce qui inclut la prise en compte du cycle de vie complet du produit et la réduction des nuisances écologiques .

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