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Crise des modèles de développement du Sud

L'article décrit l'évolution des théories et stratégies de développement dans les pays du Sud depuis les années 1960. Il examine les modèles de développement libéral, dépendantiste et les programmes d'ajustement structurel promus par le FMI/Banque mondiale, et souligne la nécessité d'une approche plus holistique prenant en compte les facteurs économiques, sociaux et environnementaux.

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Crise des modèles de développement du Sud

L'article décrit l'évolution des théories et stratégies de développement dans les pays du Sud depuis les années 1960. Il examine les modèles de développement libéral, dépendantiste et les programmes d'ajustement structurel promus par le FMI/Banque mondiale, et souligne la nécessité d'une approche plus holistique prenant en compte les facteurs économiques, sociaux et environnementaux.

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Université Mohammed -v-Rabat

Faculté des sciences juridiques, économiques, et sociales-Agdal


Synthèse de lecture :

Théories et stratégies de développement du


sud : itinéraire de 1960 à aujourd’hui.

Réalisé par : Encadré par :


AISSAT ASSIA [Link] Khadija
MACHHOUR FATIMAZAHRA
BENSBAHOU MOHAMED

MEJDOUBI ALI

Année universitaire 2020-2021


Cet article est écrit en 2004 par Louis FAVREAU. Il est organisateur communautaire et
sociologue. Il a été professeur associé au département de travail social et sciences sociales
de l’Université du Québec en Outaouais. Il est également titulaire de la Chaire de recherche
en développement des collectivités (CRDC).
L’article est constitué de quatre parties principales, dans lesquelles le sociologue FAVREAU
décrit la crise des grands modèles de développement mis en œuvre par les pays du Sud
depuis 1960 jusqu’au début du 21éme siècle. Ainsi, il explique comment les programmes de
réformes économiques que le FMI ou la banque mondiale mis en œuvre pour permettre aux
pays du Sud de se développer sont obsolètes, du fait que ses derniers dépendent fortement
sur les États du Nord. Cependant, l’auteur se base sur des recherches des économistes et
sociologues les plus influents de la fin du 20éme siècle pour nous expliquer que le
développement n’a de sens qu’en combinant l’économie, le social et l’environnemental.
Dans la dernière partie de l’article, l’auteur évoque l’importance des échanges des
compétences et savoir-faire des pays du Nord aux pays du Sud et met en lumière l’intérêt du
budget participatif.
La crise des grands modèles après quatre décennies de développement  :
Le sociologue FAVREAU s’intéresse à la période de la décolonisation des pays du Sud
durant les années 60 jusqu’au début du 21éme siècle. Cette période a engendré plusieurs
difficultés qui sont dû à la grande dépendance des pays du Sud sur les pays du Nord. À cette
époque, les Organisations Non Gouvernementales de Développement et les institutions
internationales se basaient sur deux thèses principales : Premièrement, l’analyse libérale du
sous-développement considéré comme retard (Walt W. Rostow (1970)). Deuxièmement,
l’analyse marxiste du sous-développement considéré comme blocage. Notons bien que les
théories du développement ont été présentes dans toutes les sphères des organisations
internationales.
1- Le modèle libéral de développement pour le Sud :
Selon Rostow, le développement économique représente des étapes à suivre tout en
prenant compte l’expérience des pays du Nord :
D’abord, la remise en question de la société traditionnelle, ainsi que l’économie où règne
essentiellement l’autoconsommation. Puis, assurer une agriculture permettant d’avoir des
surplus et mettre en valeurs les entrepreneurs en apparition. Ensuite, l’identification et la
promotion de secteurs moteurs. Pour après, industrialiser l’agriculture afin de permettre la
libération d’une main-d’œuvre agricole. Et finalement, la mise en place d’une économie de
consommation de masse.
De manière générale, le développement se base sur trois piliers principaux, à savoir :
l’urbanisation, l’industrialisation et l’économie du marché.
Or, la contrainte est que ces piliers sont inscrits dans le cadre du capitalisme. Ce dernier est
à son tour basé sur les conquêtes armées des marchés et sur celui de la colonisation de pays
du Sud. De ce fait, les pays du Sud se sont retrouvés endettés, ce qui a compliqué leur
émergence vers le développement.
2- Le modèle « dépendantiste » de développement des pays du Sud :
En se basant sur l’analyse marxiste, le développement des pays du Sud est bloqué. Car, il
dépend fortement sur les pays du Nord dans l’Ère de la colonisation.
Les raisons principales de ce blocage sont : D’abord, le Colonialisme et l’impérialisme.
Ensuite, l’échange inégal. Puis, la crise de l’endettement des pays du Sud envers les
institutions bancaires du Nord. Et finalement, les personnes qui sont placées au plus haut
niveau de la société, s’enrichissent au détriment de leur société.
Le sous-développement est ainsi expliqué par la domination du Nord sur le Sud, car l’intérêt
du Sud vient toujours en dernier lieu.
3- Le troisième modèle : Celui des programmes d’ajustement structurel (1980-2000)  :
À cette époque, les Politiques d’Ajustement Structurel (PAS) du FMI et de la banque
mondiale étaient : D’abord, l’ouverture des économies des pays du Sud sur le marché
mondial. Puis, libéraliser les prix en faisant recours à la privatisation des entreprises. Ensuite,
réduire les dépenses sociales.
Mais malheureusement, ces PAS ont été voué à l’échec. Car, le principe d’intérêt général
n’a pas été respecté, ce qui fait que la notion de « développement » a disparu et a été
remplacée par « la lutte contre la pauvreté » …
Ainsi, les États du Sud ont vu une amélioration au niveau de la qualité et condition de vie,
mais cela n’a pas empêché l’augmentation des inégalités économiques.
La crise de ces modèles réside dans le fait que les pays du sud voulaient recopier le
processus de développement du pays du nord sans avoir les mêmes conditions ,les mêmes
ressources.
La nouvelle conjoncture économique des populations au Sud après 20 ans de programmes
d’ajustement structurel :
Pour pourvoir comprendre l’état des pays du Sud, il faut avoir une vision basée a priori sur
l’économie populaire dans un milieu d’instabilité. Cependant, il y a eu une montée en
puissance d’une économie qui n’est pas basée sur des politiques macroéconomiques et donc
n’est pas officielle.
Les solutions apportées par les pays du Nord sont ainsi peu efficaces pour les pays du Sud,
du fait que les politiques économiques des pays développés sont basées sur l’économie du
pays et l’autonomie du politique. Prenons comme exemple le facteur travail. Au Nord, plus
de 85% des sociétés salariales disposent d’une protection sociale. En outre, dans les pays du
Sud, jusqu’à 80% des travailleurs dans une économie populaire dont l’objectif principal est
de survivre.
Dans une telle situation, les États du Sud avancent dans l’instabilité, ce qui complique
d’avoir une vision positive sur l’avenir, ce qui était le cas pour les pays développés durant le
16ème siècle jusqu’au 18ème siècle. Cette impasse peut avoir plusieurs explications : D’abord,
les marchés déficients, les marchés illégaux et les crises financières omniprésentes. Ensuite,
un taux de chômage très élevé et un seuil de pauvreté important. Puis vient le système de
santé médiocre, etc.
Néanmoins, l’expérience des pays du Nord dans la diminution du seuil de la pauvreté peut
apporter aux pays du Sud plusieurs précieux avantages. Si on se focalise sur le monde du
travail : D’abord, les pays développés ont eu comme base, une économie populaire. Ensuite,
cette économie faisait l’objet de trois parties principales, c’est-à-dire, les entreprises privées,
les coopérative et les mutuelles ; ce qui a engendré une économie qui n’est pas
complètement marchande et un État social qui assure le bon fonctionnement de services
collectifs. Après, vient l’importance de la dynamique créée par ces entreprises collective, ce
qui a permis aux classes populaires de s’ouvrir sur d’autres marchés. Puis, il faut noter que le
syndicalisme était un pilier majeur pour le développement économique et social des États du
Nord. Et finalement, le fait de se focaliser sur un développement régional a permis la
construction d’États démocratiques et ceci est dû à la fluidité et le compromis entre les
différentes classes sociales.
Le renouvellement du développement aujourd’hui :
1- Ceux qui ont ouvert la voie : les économistes hétérodoxes des années 70-80 :

Il s’agit ici, de montrer l’importance du facteur humain dans le développement, surtout au


niveau de l’éducation des familles, la formation de la main-d’œuvre, ainsi l’importance de
l’intervention forte de l’État dans l’économie et la prise en compte de l’environnement.
Les économistes Henri Desroche, Albert Meister, Paolo Freire et Ivan Illitch sont ceux qui se
sont interrogés sur l’importance des associations et des coopératives dans le
développement. Les économistes René Dumont et Josué de Castro se sont de leur côté
interrogés sur les aspects socio-démographique tels : la population, alimentation et
agriculture. Les économistes cités ci-dessus représentent le courant hétérodoxe, ce qui met
de manière générale, l’accent sur trois points : Premièrement, les relations entre les États du
Nord et ceux du Sud, sont hiérarchisés, dans le sens ou il y a une claire domination du Nord
sur le Sud. Cette idée nous permet de comprendre que les conditions de départ vers le
développement diffèrent, c’est-à-dire que les pays d’Europe étaient essentiellement
indépendants durant leurs émergences vers le développement. Deuxièmement, la
production étant trop spécialisées, bloque la fluidité entre les secteurs et fait recours à l’aide
des pays du Nord. Troisièmement, le libre jeu du marché empêche le développement.
2- Un nouveau paradigme depuis la fin des années 90 ?
Durant les années 90, les économistes du Sud ont engendré une nouvelle Ère de
développement en introduisant l’indice de développement humain. L’importance de cet
indice réside dans le fait qu’il se base sur des indicateurs économiques et sociaux, à savoir :
l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’instruction et le niveau de revenu. Chose qui a
permis d’avoir une nouvelle vision sur le développement, une vision qui n’est plus
majoritairement économiques et qui permet de se focaliser sur l’éducation, l’accès à l’eau,
un environnement non pollué, la capital social et sur d’autres points importants.
Cependant, les finalités d’un développement sont à présent le fait d’améliorer des
conditions et de la qualité de vie des populations dans le sens le plus large. Mais bien
évidemment il y a aussi l’autre face du médaillon qui représente les conflits et les
coopérations insoupçonnées.
Ceci étant, le nouveau paradigme se base sur la pluralité des modèles de développement,
c’est-à-dire, un développement qui combine entre l’économie, le social et
l’environnemental. Pour favoriser la mise en œuvre de ce nouveau paradigme, il faut que le
social doive être au poste de commande. Ensuite, l’économie doit représenter un avantage
pour le développement et non une fin. Après, vient la prise de considération de
l’environnement par rapport aux choix économiques. Et enfin, la valorisation de l’emploi, la
construction d’institution démocratiques et le partage de la richesse.
Le sociologue Louis FAVREAU a évoqué également l’expérience de développement local et
la coopération internationale Mali-Québec. Et qui ont pour but de faire la promotion de la
démocratie, réaliser des projets qui appuient des organisations populaires, ainsi que des
projets qui mettent en valeur la promotion collective des femmes, sans oublier des projets
capables de susciter des alternatives économiques et enfin des projets qui mettent en œuvre
une gestion populaire de l’environnement.
3- Les réseaux d’entrepreneurs populaires et le développement  :
Cette partie analyse l’intérêt d’une économie populaire. Cette dernière cherche avant tout
à répondre aux besoins socioéconomiques de base, car il s’agit d’une économie de travail et
non de capital, une économie qui dans sa production d’un bien ou d’un service inclus la
contribution des acteurs populaires.
Dans les pays du Sud, les organisations économiques populaires se caractérisent par une
intervention large et presque illimitée. Les activités de ces organisations peuvent concerner
l’ensemble des habitants, ça peut être les femmes, les jeunes, les commerçants, les
agriculteurs, les artisans, etc.
Le Sénégal  : au pays des nouvelles mutuelles d’épargne et de crédit 
Le sociologue FAVREAU partage l’expérience de sa tournée d’initiatives économiques
populaires dans plusieurs villes du Sénégal. Le développement d’une épargne nationales
sur l’ensemble du territoire permet d’investir et de financer l’industrialisation du pays
sans avoir recours aux investissements des pays du étrangers. Cette épargne permet à la
population d’avoir accès à l’eau potable, l’électricité et une amélioration du système
routier. L’épargne locale est ainsi devenue au Sénégal le facteur principal pour le
démarrage de PME ayant une capacité d’accumulation, ce qui permettra de ne plus
avoir recours aux activités économiques qui ont pour but « la survie ».
Le premier développement : le chaînon manquant des territoires :
Cette dernière partie, met en lumière l’importance du budget participatif. L’idée ici, est de
donner la possibilité aux citoyens de voter les projets que la ville pourrait mettre en œuvre. Il
faut d’abord savoir que chaque année, une ville vote un budget municipal. Et à cette
occasion, la collectivité propose son montant, ainsi que les actions et projets que ce budget
financera. Mais dans un contexte où l’on souhaite plus de démocratie participative, les
collectivités se sont posées certaines questions : Comment associer les citoyens et comment
leur donner concrètement plus de pouvoir ? Et c’est là qu’entre en scène l’idée du budget
participatif.
L’idée est donc de soumettre une part du budget municipal à la participation citoyenne. De
cette manière, le but affiché est de redonner du pourvoir aux citoyens. Ainsi, ils peuvent
choisir les projets qui seront financés par la ville.
La municipalité brésilienne de Porto Alegre et son budget participatif
Le budget participatif a été connu dans le monde entier pour une référence qui était au Sud
du Brésil (Porto Alegre) qui a réellement à la fois révolutionné la manière dont on associait
les citoyens aux décisions publiques et aussi révolutionné la ville puisque ça a contribué à
réduire fortement les inégalités qui étaient dues à une urbanisation croissante. Une des
critiques fondamentales qu’on peut faire sur les budgets participatifs, c’est qu’il s’agit a
priori de l’urbanisme. À Porto Alegre, là où est né le concept en 1989, les montants alloués à
chaque quartier sont pondérés en fonction du nombre d’habitants et du nombre
d’équipements existants. L’objectif ici, est avant tout social. Il s’agit surtout de réduire les
inégalités entre les différents quartiers de la ville.
Il y a deux choses importantes qui peuvent inspirer les territoires pour qu’il n’y est plus de
chaînon manquant : À Porto Alegre, il y a des assemblées pour présenter des demandes,
faire pression sur l’exécutif local pour qu’il puisse tenir compte des projets et bien les
réaliser. Finalement, vient l’importance de demander aux gens de se prononcer sur des
thématiques pour connaitre quels sont les besoins prioritaires des territoires.
En guise de conclusion, le chainon manquant des territoires pour les pays du sud est celui de
développement territorial local qui place le citoyen au cœur d’une démarche participative
pour sortir du contexte de précarité afin de créer de la richesse, ce chainon s’ajoute aux trois
composantes essentiels au développement :la société civile-le marché et l’Etat, afin de
réaliser un décollage économique.

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