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Définition et facteurs du stress au travail

Ce document détaille les notions de stress, ses facteurs et effets. Il définit le stress comme un déséquilibre entre les contraintes perçues et les ressources pour y faire face. Il identifie les facteurs de stress liés au travail, à l'organisation et aux caractéristiques individuelles, ainsi que les effets du stress sur l'individu et l'organisation.

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Définition et facteurs du stress au travail

Ce document détaille les notions de stress, ses facteurs et effets. Il définit le stress comme un déséquilibre entre les contraintes perçues et les ressources pour y faire face. Il identifie les facteurs de stress liés au travail, à l'organisation et aux caractéristiques individuelles, ainsi que les effets du stress sur l'individu et l'organisation.

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PLAN DÉTAILLÉ

Introduction
I. DEFINITION ET NOTIONS VOISINES
1) Définition
2) notions voisines
II. LES FACTEURS DU STRESS
1. Des facteurs de stress professionnels
2. Des caractéristiques individuelles « aggravantes »
III. LES EFFETS DU STRESS
a) Les effets sur l’individu
b) Les effets sur l’organisation
IV. LA PREVENTION DU STRESS EN ENTREPRISE
Conclusion
Le stress professionnel apparaît depuis une quinzaine d'années comme l'un des risques
majeurs auquel les organisations et entreprises doivent faire face. Les membres d’une
organisation doivent sans cesse composer avec les problèmes, des conflits, des changements
; des pressions, des exigences particulières et des ambigüités. De ce fait, beaucoup de
personne travaillent dans une situation stressante. Un sondage réalisé en 1993 par statistique
canada confirme cet état de choses. Il en ressort de plus que la proportion des gens qui croient
subir de fortes pressions est plus grande à l’intérieur de certains groupes. Ainsi, 72% des
femmes en congé de maternité que l’on a interrogées déclarent se sentir « très pressées par
le temps » Divers types de situations engendrent une certaine tension chez les individus
évoluant au sein d’une organisation, donnant lieu à ce que l’on appelle un stress du au travail.
C’est pourquoi dans un premier temps, nous nous intéresserons à la notion de stress. Pour
ensuite identifier dans un second temps les facteurs qui cause le stress au travail. Puis dans
un troisième temps nous présenterons les effets de ce stress. Enfin nous essayerons
d’apporter des solutions pour prévenir et gérer le stress en entreprise
I. DEFINITION ET NOTIONS VOISINES

1) Définition
D'après l'Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail, le stress "survient lorsqu’il
y a déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son
environnement et la perception qu'elle a de ses propres ressources pour y faire face. Bien que
le processus d'évaluation des contraintes et des ressources soit d'ordre psychologique, les
effets du stress ne sont pas uniquement de nature psychologique. Il affecte également la santé
physique, le bien-être et la productivité." Aussi, le stress est un ensemble de réponses
produites par l’organisme lorsqu’il rencontre une situation qui lui demande un effort
d’adaptation.
Le terme de stress a été introduit pour la première fois par Hans Selye (1907-1982), médecin-
endocrinologue autrichien. Pour Selye, le stress est une « réponse non spécifique de
l’organisme face à une demande »
On différencie parfois deux formes de stress : le bon et le mauvais.

 Du côté du « bon stress », on place la motivation, le désir de réussir ainsi que les
réactions positives qui surviennent lors de la rencontre d’une situation stimulante :
surprise, intérêt, plus grande créativité, dépassement de soi et persévérance…
 Du côté du « mauvais stress », il y a l’angoisse, la peur d’échouer et cette panoplie de
réactions qui viennent rendre des situations difficiles encore plus difficiles : maux de
tête ou d’estomac, pensées sombres, irritabilité, difficulté à se concentrer, etc.

Tout au long de notre vie, nous mémorisons les situations stressantes (comme par exemple
la confrontation à une désapprobation majeure d'un supérieur hiérarchique) mais également
les réactions biologiques qu'elles ont engendrées. Face à une situation que nous associons à
une expérience passée, nous répondons, sur le plan biologique, par une stimulation
hormonale d'une intensité et d'une durée influencées par celle précédemment mémorisée.
Face à un stimulus stressant, l'organisme réagit en trois phases : c'est ce que l’on nomme le
Syndrome Général d'Adaptation ou S.G.A.
Phase 1 : Réaction d'alarme
Dès la confrontation à la situation évaluée comme stressante, des hormones sont libérées par
l'organisme : les catécholamines (adrénaline à 80% et noradrénaline à 20%). Ces hormones
ont pour effet d'augmenter la fréquence cardiaque, la tension artérielle, les niveaux de
vigilance, la température corporelle et de provoquer une vasodilatation des vaisseaux des
muscles. Le but est de préparer l'organisme au "combat ou à la fuite".
Phase 2 : Résistance
Si la situation stressante persiste, l'organisme entre en phase de résistance. L'axe corticotrope
est activé préparant ainsi l'organisme aux dépenses énergétiques que nécessitera la réponse
au stress. De nouvelles hormones, les glucocorticoïdes sont sécrétés : elles augmentent le taux
de sucre dans le sang pour apporter l'énergie nécessaire aux muscles, au cœur et au cerveau,
en y maintenant un apport constant en glucose. Les glucocorticoïdes ont la particularité de
pouvoir freiner leur propre sécrétion par rétroaction : la quantité libérée dans le sang est détectée
par des récepteurs du système nerveux central qui adaptent la sécrétion. Il s'agit là d'unsystème
autorégulé.

Phase 3 : Épuisement
Si la situation stressante se prolonge encore ou s'intensifie, les capacités de l'organisme
peuvent être débordées. L'organisme entre dans une phase d’épuisement caractérisée par
une hyperstimulation de l'axe corticotrope : la boucle rétroactive évoquée précédemment
devient inefficiente, les récepteurs du système nerveux central deviennent moins sensibles
aux glucocorticoïdes lesquels augmentent constamment dans la circulation. L'organisme est
alors submergé d'hormones activatrices pouvant nuire à la santé.

2) Notions voisines
Il existe souvent une confusion entre la pression (ou le défi) et le stress, confusion qui est
parfois entretenue pour excuser de mauvaises pratiques de gestion. Il faut pourtant bien
distinguer ces deux notions qui ont des effets totalement opposés sur le salarié.
La pression au travail est inévitable compte tenu des exigences du contexte professionnel.
Une pression perçue comme acceptable par un individu peut même contribuer à entretenir
son dynamisme, sa motivation, sa capacité de travail et d’apprentissage, en fonction des
ressources disponibles et de ces caractéristiques personnelles.
C’est uniquement lorsque cette pression dépasse les capacités d’un individu qu’il ressent alors
le stress.

II. LES FACTEURS DU STRESS

Les facteurs de stress sont des facteurs liés au contexte professionnel. Il faut cependant bien
garder à l’esprit le fait qu’une personne va réagir d’une manière bien précise et surtout qu’elle
va le faire d’une façon différente par rapport à une autre. Ces caractéristiques individuelles
correspondent à des fragilités, des expériences antérieures, des traits de personnalité…

1. Des facteurs de stress professionnel

 Facteurs liés à la tâche, c'est-à-dire au contenu même du travail à effectuer

Fortes exigences quantitatives (charge de travail, rendement, pression temporelle,


masse d'informations à traiter, …)
Fortes exigences qualitatives (précision, qualité, vigilance, …)
Caractéristiques de la tâche (monotonie, absence d'autonomie, répétition,
fragmentation, …)
Risques inhérents à l'exécution même de la tâche (ex : erreur médicale fatale du
chirurgien)

 Facteurs liés à l'organisation du travail

Absence de contrôle sur la répartition et planification des tâches dans l'entreprise


imprécision des missions confiées (Qu'attend-on de moi ? Comment dois-je m'y
prendre ? Sur quelle base serai-je évalué(e) ? )
Contradiction entre les exigences du poste (Comment faire vite et bien ? Qui dois-je
satisfaire : le client ou le respect de quotas ? )
Inadaptation des horaires de travail aux rythmes biologiques, à la vie sociale et
familiale
Nouveaux modes d'organisation (flux tendu, polyvalence, …)
Instabilité des contrats de travail (contrat précaire, sous-traitance, …

 Facteurs psychosociaux (liés aux relations de travail)

Manque d’aide de la part des collègues et/ou des supérieurs hiérarchiques


Management peu participatif, autoritaire, déficient, …
Absence de reconnaissance du travail accompli

 Facteurs liés à l'environnement physique et technique

Nuisances physiques au poste de travail (bruit, chaleur, humidité, …)


Mauvaise conception des lieux et/ou postes de travail (manque d’espace, éclairage,
…)

 Facteurs liés à l'environnement socio-économique de l'entreprise

Surenchère à la compétitivité sur le plan national ou international


Mauvaise santé économique de l’entreprise ou incertitude sur son avenir.

2. Les caractéristiques individuelles « aggravantes»


De nombreuses études ont été réalisées sur l'impact des facteurs de personnalité dans la
survenue de l'état de stress. Certains facteurs personnels ont été remis en cause, soit parce
qu'ils se sont révélés mal définis ou mal évalués, soit parce que leur relation avec l'état de
stress n'est pas stabilisée. Il a notamment été rapporté que les personnalités dites de "type
A", caractérisées par une extrême compétitivité, un grand désir de réussite, et une fréquente
agressivité et impatience, étaient plus exposées au stress professionnel et plus fréquemment
victimes de problèmes de santé. Toutefois, les études récentes n'ont pas confirmé ces
résultats. Parmi les facteurs de personnalité qui semblent effectivement jouer un rôle dans
la survenue du stress, on peut à l'heure actuelle citer l'instabilité émotionnelle (ou
névrosisme). Elle réfère à un état chronique d'irritabilité et de prédisposition à la détresse
psychologique. Elle correspond également à une prédisposition à percevoir et à ressentir la
réalité comme menaçante, problématique et pénible. Elle est de ce fait un facteur fragilisant,
qui rend la personne plus vulnérable, moins "armée" face aux événements négatifs de la vie
professionnelle, quel que soit leur degré de gravité : soucis quotidiens, imprévus, agressions,
événement dramatique …

III. LES EFFETS DU STRESS


a) Les effets sur l’individu
Le stress engendre chez un individu une multitude de conséquences négatives qui vont de la
simple irritation à de véritables troubles psychiques et des problèmes de santé graves.
• Irritabilité
• Déprime
• Anxiété
• Fatigue
• Troubles du sommeil
• Perte de concentration
• Impossibilité de se relaxer
• Difficultés à réfléchir de manière logique
• Difficultés à prendre des décisions
• Apprécier de moins en moins son travail
• Être démotivé et se sentir moins impliqué
• Troubles physiques (cardiaques, digestifs, tension, migraines…)
• Etc.…

b) Les effets sur l’organisation


Si un individu clé de l’entreprise ou si plusieurs individus à la fois sont touchés par le stress,
c’est l’organisation toute entière qui va en ressentir les effets négatifs. Dans un marché de
plus en plus concurrentiel où la performance de l’individu et de l’organisation sont activement
suivies, on entraperçoit aisément le résultat final si ce mal n’est pas rapidement pris en
compte.
• Absentéisme
• Taux de rotation élevé
• Productivité en baisse
• Hausse du taux d’accidents
• Augmentation des plaintes des clients
• Mauvaise image de l’entreprise
• Etc.…

IV. PREVENTION ET GESTION DU STRESS


1) PREVENTION
La prévention du stress s'inscrit dans la démarche globale de prévention des risques
professionnels (articles L. 230-2 et R 230-1 du code du travail). La prévention du stress au
travail utilise des méthodes adaptables aux différentes situations des entreprises. Il n'existe
pas de "solutions prêtes à l'emploi". Les actions à mettre en œuvre dépendent de l'évaluation
préalable de chaque situation. La prévention du stress nécessite le concours des acteurs de la
prévention des risques professionnels, internes et externes à l'entreprise (chef d'entreprise,
CHSCT, infirmière du travail, ingénieur de sécurité, médecin du travail, agents de la CRAM,
inspecteur du travail, …).
a) des conditions pré requises
Afin de combattre ce risque à la source et pouvoir observer des effets de prévention durables,
une démarche de prévention du stress au travail peut être mise en œuvre dans une entreprise
ou un établissement à partir du moment où un ensemble de conditions vont être réunies :
 l'entreprise (la direction, le CHSCT, …) doit s'engager dans une démarche complète
inscrite dans le long terme, afin d'éviter des diagnostics sans suite.
 il est nécessaire que préexiste dans l'entreprise ou l'établissement une culture en
santé et sécurité au travail.
 les acteurs de l'entreprise doivent être prêts à remettre en cause leurs modes
organisationnels si ceux-ci sont sources de stress.
 une démarche de prévention du stress au travail ne peut être efficace que si
l'ensemble du personnel est informé et impliqué.
 une démarche de prévention du stress au travail nécessite la création d'un groupe
projet, d'une cellule de travail ou de veille dédié(e) à ce risque.
 pour certaines étapes, le recours à des compétences externes pourra être nécessaire.

b) Les différentes approches de prévention du stress

 Combattre le risque à la source


En application des principes généraux de prévention, prévenir l’état de stress, c’est d'abord et
avant tout promouvoir au sein des entreprises des modes d’organisation qui ne soient pas
nuisibles à la santé physique et mentale des salariés. C'est, autrement dit, "combattre le risque
à la source". Les actions de prévention du stress au travail "à la source" concernent
l'organisation, les conditions de travail, les relations sociales de travail, le poste de travail, etc.
Il n'est pas possible de dresser une liste complète et exhaustive de ce type de mesures. Elles
seront en effet déterminées au cas par cas, par les résultats d'un diagnostic préalable.
Néanmoins, les publications rapportent des orientations préventives dont un aperçu est
donné dans l'encadré ci-dessous.
Quelques exemples d'actions possibles :
• Adapter le travail demandé aux capacités et aux ressources des employés (en tenant compte
de leur âge, par exemple)
• Organiser le travail pour le rendre stimulant et donner l'opportunité au personnel d'utiliser
ses compétences
• Définir clairement les rôles et les responsabilités de chacun
• Donner la possibilité aux employés de participer aux décisions et aux actions de
changements qui affecteront leur travail
• Améliorer les communications et réduire les incertitudes, par exemple en ce qui concerne
les plans de carrière
• Permettre l'opportunité d'interactions sociales entre tous les acteurs de l'entreprise
La prévention du stress au travail orientée vers l'amélioration de l'organisation et des
conditions de travail a des effets durables, contrairement aux actions centrées sur le
renforcement des résistances de l'individu. En effet, il existe d'autres approches pour lutter
contre le stress au travail, proposées dans la littérature et mises en pratique dans les
entreprises. Elles visent soit à stimuler la résistance des salariés au stress, soit à éviter que
l'état de santé des personnes déjà en souffrance ne se détériore dramatiquement.
Renforcer la résistance au stress des salariés
Dans les pratiques d'intervention en entreprise centrées sur le renforcement de la résistance
au stress, on peut distinguer deux types de méthodes :
 Des techniques de développement personnel
 Des formations spécifiques pour gérer des relations avec le public.
Les techniques de développement personnel associent souvent des techniques de relaxation
et de réévaluation cognitive, inspirées de la psychothérapie cognitive et comportementale. La
réévaluation cognitive vise à réduire l'état de stress d'une personne (et donc les émotions et
les comportements qui lui sont associés) par une modification de ses perceptions sur sa
propre situation de travail. En faisant évoluer la perception qu'elle a de sescontraintes de
travail, son état de stress diminuera.
Les formations à la gestion des conflits ou à la détection précoce des agresseurs, proposés
aux salariés en contact direct avec un public parfois hostile, visent aussi à renforcer la
résistance des salariés à des situations de travail potentiellement stressantes pour eux.
Ces techniques de développement personnel et les formations à la gestion des conflits sont
efficaces pour les professionnels particulièrement exposés à des situations de tension
(exemple : contact direct et permanent avec le public ; métiers de la santé ou du travail social
au contact de la mort et de la maladie). Elles fournissent rapidement aux professionnels des
"armes" pour lutter contre leur stress. Leur mise en place s'intègre en général au plan de
formation de l'entreprise, ce qui est simple, flexible, peu coûteux, et non perturbant pour
l'organisation. En revanche, ces actions ne s'attaquent pas aux sources du problème, et leurs
effets bénéfiques pourtant réels ne se maintiennent pas dans le temps. A moins de les associer
à des actions plus en amont …
Prendre en charge les salariés en souffrance
Éviter que l'état de santé des personnes en souffrance ne se détériore davantage est une
réponse d'urgence. Il s'agit de prendre en charge d'un point de vue médical et/ou
psychologique des personnes qui souffrent déjà de problèmes de santé dus au stress et qui ne
sont plus en mesure de faire face aux contraintes imposées par leur travail. Indispensable et
premier dans certains cas, ce type de réponse est loin d'être suffisant. Il doit déboucher sur
une réflexion concernant les sources de stress : pourquoi telle personne en est-elle arrivée là
? Son état s'explique-t-il seulement par une fragilité personnelle ? D'autres personnes de son
entourage professionnel présentent-elles les mêmes difficultés, même moins exacerbées ?
Peut-on établir un lien entre ces difficultés et les conditions de travail
Le stress au travail est le thème central de la qualité de vie et de la productivité. A haute dose, ce
stress est source d'erreurs, d'agressivité et de frustration. A petite dose, il est source de motivation,
d'évolutivité et d'innovation. Donc c’est une question d'équilibre. Il fait donc parti de la vie des
employés, c’est pourquoi le management du stress existe. Il s'agit d’une pratique à double détente qui
doit prendre en compte, en même temps, la dimension personnelle et la dimension collective. le
docteur Dominique Hoareau estime que, " il faut tout d'abord être capable de laisser de la liberté et
une marge de manœuvre à son équipe pour limiter le risque de stress."

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