Mercedes case study
Mercedes-Benz investira cette année 3 milliards d’euros dans ses sites allemands.
Par Jean-Philippe Lacour
Publié le 10 sept. 2014 à 20:56
Les Echos
Daimler réorganise la production mondiale des voitures de la marque Mercedes, de
manière à compresser les charges courantes de 5 à 6% par an dans cette activité. Le
constructeur automobile allemand veut réorganiser ses sites de production par type de
produits, en les faisant travailler en réseau et en utilisant des modules standardisés, a
expliqué mercredi le patron de la production, Markus Schäfer, qui a pris ses fonctions en
début d’année.
Mercedes-Benz investira cette année 3 milliards d’euros dans ses sites allemands, dont un
milliard dans son usine historique de Sindelfingen. Près d’un autre milliard va être
dépensé dans le reste du monde. En juillet dernier, Markus Schäfer avait conclu avec les
représentants de salariés allemands un accord portant sur des développements futurs,
afin de faire face à un accroissement prévu de la production. Une enveloppe de 1,5
milliard d’euros était ainsi promise au site de Sindelfingen pour les années à venir, en
l’échange de mesures de flexibilité dans l’organisation du travail censées lui faire
économiser plusieurs de centaines de millions d’euros par an.
Un objectif de marge de 10 %
Tandis que Daimler emploie 77.000 personnes dans la production automobile et produit
1,6 millions de véhicules par an, la marque Mercedes vise une marge opérationnelle de
10% à terme, contre 7,5% atteints au premier semestre de l’année. Mercedes n’est pas
seul à vouloir rationnaliser sa production, VW s’étant aussi lancé dans des mesures visant
à économiser 5 milliards d’économies dans ce domaine d’ici 2017.
Pour réaliser des gains d’efficience, Mercedes va passer d’un monde où chaque usine
pouvait gérer en autonomie la production des modèles figurant à son cahier des charges,
à un réseau de sites de production organisés selon des types de produits - traction avant,
traction arrière, architecture de véhicules 4x4... - et une centralisation des fonctions de
logistique et de qualité. Le but recherché est d’ « investir moins par véhicule », a déclaré
Markus Schäfer. Pour l’heure, Mercedes a une forte proportion de la production intégrée,
contrairement à son rival BMW qui sous-traite une bonne partie des composants qu’il
assemble. Le groupe de Stuttgart veut revoir l’utilité de disposer par exemple de propres
fonderies ou de forges, ce qui pourrait le cas échéant conduire à déléguer ces métiers à
des fournisseurs.