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Mythe et réalité de Sparte

La cité de Sparte a toujours fasciné depuis l'Antiquité. Son organisation politique et sociale mythique s'est construite autour de récits fondateurs et a été largement idéalisée par les Athéniens, principales sources sur Sparte. Ce mythe s'est perpétué à travers les siècles jusqu'à nos jours.

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Mythe et réalité de Sparte

La cité de Sparte a toujours fasciné depuis l'Antiquité. Son organisation politique et sociale mythique s'est construite autour de récits fondateurs et a été largement idéalisée par les Athéniens, principales sources sur Sparte. Ce mythe s'est perpétué à travers les siècles jusqu'à nos jours.

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LE MYTHE DE SPARTE

« Sparte brille comme un éclair dans les ténèbres immenses » déclarait Robespierre le 18 floréal an
II. (ref utilisée par Maxime Rosso dans « Les Réminiscences Spartiates dans les discours
de Robespierre de 1789 à Thermidor ». Article paru dans l/*s AHRF. La cité de Sparte
fascine depuis l’Antiquité et anime la pensée politique, notamment des
révolutionnaires, jusqu’à l’époque contemporaine. Sa légende se construit dès le Ve
siècle par le biais des analyses politiques menées par l’athénien Xénophon. Elle est
une obsession pour Athènes, son adversaire politique. Sparte se présente comme une
cité coloniale dominée par les doriens, son peuplement est mixte. C’est un territoire
de 8500 km2, située dans la plaine de la Laconie, elle est donc au cœur d’un territoire
très fertile, ce qui lui confère un avantage. Sparte apparaît comme la cité idéale, dont
le symbole est la figure de Lycurgue. On vante l’égalité qui y règne, l’austérité du
mode de vie, le dévouement total du citoyen à la cité. C’est la patrie de la stabilité qu
respect des lois et de la complète disponibilité d’un citoyen-soldat qui serait un
véritable professionnelle. Cette vision, plus ou moins fidèle à la réalité nourrit le
mythe de Sparte. Le mythe est un mettant en scène des êtres surnaturels, des actions
imaginaires, des fantasmes collectifs, etc, mais il s’agit aussi d’un récit fondateur qui
s'enracine hors de l'histoire.

Or, la connaissance de Sparte, est biaisée, filtrée et déformée par le prisme athénien.
Il existe en effet très peu de sources spartiates, notamment des vers de Tyrtée et
quelques ruines. Ainsi, ce que l’on sait de Sparte est par essence légendaire.
Comment le mythe de Sparte a t – il été construit ? Pourquoi peut – on dire que la
légende de Sparte persiste encore à l’époque contemporaine ?

La cité de Sparte est née autour de mythes fondateurs son organisation sociale et
politique. De plus, Sparte est source de fascination pour les athéniens, et leurs écrits
constituent la majeure partie de nos sources. Enfin, l’idéalisation de Sparte s’est
affirmée à travers les siècles.

I –Sparte, naissance dans le mythe

A) Les Spartiates ont, comme les athéniens, un (des) mythe(s) fondateur(s),

- le mythe des héraclides + mythe de fondation de la cité (synœcisme demandé


par les spartiates à la Pythie de Delphes)

B) Des mythes fondés sur valeurs politiques propres à Sparte


a) Mythe de Castor et Pollux (fils de Léda, surnommé les Dioscures et modèle
de la dyarchie royale à sparte) = symbole d’équilibre et de stabilité politique
b) Lycurgue Législateur légendaire du IXe-VIIIe s. avant J.-C., à qui la tradition antique attribue
l'ensemble des institutions spartiates. L'élément essentiel des institutions à Sparte est
l'agogê, le dressage des enfants à leur métier de soldats. C'est à Lycurgue que l'on devrait la
mise en œuvre de la Constitution révélée par l'oracle d'Apollon

--- stabilité politique et importance de la guerre dans la culture spartiate, justifiée


par des mythes (ou figures légendaires)

II – Sparte fascine les athéniens. Les seules connaissances que nous avons sur
Sparte, viennent des Athéniens, comme l’historien Thucydide. Paradoxe parce que
Sparte est très connue, elle est l’ennemie politique et idéologique des athéniens et
le fait que les sources ne viennent pas des Spartiates.

Les athéniens représentent l’immense majorité des sources connues sur Sparte

A) Ils ont notamment analysé le système politique spartiate

Ex 1. Analyse politique faite par Xénophon dans sa Constitution des Lacédémoniens


(vers –350e)

Ex 2 : Éloge du modèle politique par Platon dans Les lois (dialogue entre 3 grecs, un
athénien, un spartiate et un crétois qui parlent de leurs constitutions respectives =
éloge des lois spartiates et crétoises.

B) Quelques éléments de la culture spartiate nous viennent également d’oeuvres


de la culture grecque

Ex 1 : critique des femmes spartiates dans L’assemblée des femmes- Aristophane


(trop musclées)

Ex 2 : Dans la vie de Lycurgue, Plutarque vante la vertu d’un homme et d’une cité
implacable, l’égalité entre les citoyens (homooi) est mise en avant

Ex 2 : néanmoins, quelques vers de Tyrtée (poète spartiate) documentent une des


valeurs spartiates = le courage “Que chaque homme s’efforce donc d’atteindre le
comble du/mérite/par son courage en ne molissant pas à la guerre”

III – Le mirage spartiate (titre de l’ouvrage de François Olivier 1936


a) dans La constitution des Lacédémoniens, Xénophon vante l’organisation
sociale spartiate, mais reconnait surtout l’austérité comme grande qualité
des spartiates (Plutarque aussi). Or, les victoires successives de l’infanterie
durant tout le Ve siècle, jusqu’à la défaite de Leuctres en –371 lui ont
effectivement donné une image de cité guerrière. Les écrits de Xénophon ont
été largement apprécié donc recopié et diffusé dans l’antiquité. De plus,
aucune source littéraire connue ne prend sparte comme sujet et pourtant le
mythe autour de sparte s’est affirmé. Plus tard, Plutarque est bcp lu à la
Renaissance. Sparte (re)devient un modèle politique. Lycurgue est considéré
par les grands penseurs de l’époque (notamment rousseau) comme le
législateur par excellence. Sparte cité ancrée dans la postérité. La cité de
Sparte a été présentée comme une cité modèle par Robespierre. Pour les
révolutionnaires sparte = égalité des citoyens ex : peinture Léonidas aux
Thermopyles de David (1814)
b) Le mythe de Sparte repris par nazis. Relecture commencée par Karl Müller
(universitaire allemand) dans son ouvrage Die Dorier (Les doriens) dans
lequel il avance qu’il existait deux “races” de grecs, les doriens et les ioniens.
(rapprochement fait avec les aryens, un siècle avant la parution de Mein
Kampf. Sous le IIIe Reich, des théories raciales s’appuient sur Xénophon et
Plutarque pour inventer une Sparte où les citoyens sont parfaitement soumis
à la loi, ont une éducation très rude, régime idéal, expansionniste, militaire.

Idée pas rédigée : troisième partie sur Sparte au-delà du mythe ?

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