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Mathématiques

Ce document décrit brièvement l'histoire des mathématiques, leurs domaines et applications. Il contient également des informations sur leur enseignement, pratique, rapports avec d'autres sciences et impact culturel.

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Mathématiques

Les mathématiques (ou la mathématique) sont un ensemble de


connaissances abstraites résultant de raisonnements logiques appliqués à
des objets divers tels que les ensembles mathématiques, les nombres, les
formes, les structures, les transformations, etc. ; ainsi qu'aux relations et
opérations mathématiques qui existent entre ces objets. Elles sont aussi le
domaine de recherche développant ces connaissances, ainsi que la
discipline qui les enseigne.
Raisonnement
Elles possèdent plusieurs branches telles que : l'arithmétique, l'algèbre, mathématique sur un
l'analyse, la géométrie, la logique mathématique, etc. Il existe également tableau.
une certaine séparation entre les mathématiques pures et les mathématiques
appliquées.

Les mathématiques se distinguent des autres sciences par un rapport particulier au réel car l'observation et
l'expérience ne s'y portent pas sur des objets physiques ; les mathématiques ne sont pas une science
empirique. Elles sont de nature entièrement intellectuelle, fondées sur des axiomes déclarés vrais ou sur des
postulats provisoirement admis. Ces axiomes en constituent les fondements et ne dépendent donc d'aucune
autre proposition. Un énoncé mathématique – dénommé généralement, après être validé, théorème,
proposition, lemme, fait, scholie ou corollaire – est considéré comme valide lorsque le discours formel qui
établit sa vérité respecte une certaine structure rationnelle appelée démonstration, ou raisonnement logico-
déductif. Un énoncé qui n'a pas encore fait l'objet d'une démonstration mais qui est néanmoins considéré
plausible est appelé conjecture.

Bien que les résultats mathématiques soient des vérités purement formelles, ils trouvent des applications
dans les autres sciences et dans différents domaines de la technique. C'est ainsi qu'Eugene Wigner parle de
1
« la déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences de la nature » .
Sommaire
Étymologie
Histoire
Domaines
Domaines fondamentaux
Exemples de domaines transversaux
Mathématiques appliquées et pures
Philosophie
Fondements
Enseignement
Pratique
Activité de recherche
Langage
Rapport avec les autres sciences
Physique
Informatique
Biologie, chimie et géologie
Sciences humaines
Écologie
Rapport avec l'astrologie, l'ésotérisme
Impact culturel
Expression artistique
Vulgarisation
Littérature et filmographie
Romans
Films
Théâtre
Pièces de théâtre
Spécialistes de théâtre de sciences
Séries télévisées
Sources
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes

Étymologie
Le mot « mathématique » vient du grec par l'intermédiaire du latin. Le mot μάθημα (máthēma) est
dérivé du verbe μανθάνω (manthánô) (« apprendre »). Il signifie « science, connaissance » puis
« mathématiques » de μαθὴματα ; il a donné naissance à l'adjectif μαθηματικός (mathematikos),
d'abord « relatif au savoir » puis « qui concerne les sciences mathématiques ». Cet adjectif a été adopté en
latin (mathematicus) et dans les langues romanes par la suite (« mathématique » en français, matematica en
2
italien, etc.), ainsi que dans de nombreuses autres langues .

La forme neutre de l'adjectif μαθηματικός a été substantivée en τα μαθηματικά (ta


mathēmatiká) pour désigner les sciences mathématiques dans leur ensemble. Cette forme plurielle,
utilisée par Aristote, explique l'usage du pluriel pour le substantif en latin chez Cicéron (mathematica) puis
en français et dans certaines autres langues européennes.

L'usage du pluriel est un héritage de l'époque antique, où le quadrivium regroupait les quatre arts dits
« mathématiques » : l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique. Le singulier (« la
mathématique ») est parfois employé en français, mais « le mot donne alors au contexte une teinte
d'archaïsme ou de didactisme ». Toutefois, certains auteurs, à la suite de Nicolas Bourbaki, insistent sur
l'utilisation du singulier, pour montrer l'uniformisation apportée par l'approche axiomatique contemporaine :
Jean Dieudonné semble être le premier à avoir insisté sur ce point, et le vaste traité de Bourbaki (dont il est
l'un des principaux rédacteurs) s'intitule Éléments de mathématique, tandis que, par contraste, le fascicule
historique qui l'accompagne a pour titre Éléments d'histoire des mathématiques. Cédric Villani préconise
3
l'utilisation du singulier pour affirmer l'unité du domaine .

Dans l'argot scolaire, le terme « mathématiques » est fréquemment apocopé en « maths », parfois aussi écrit
« math ».

Histoire
Il est probable que l'homme a développé des compétences mathématiques
avant l'apparition de l'écriture. Les premiers objets reconnus attestant de
compétences calculatoires sont les bâtons de comptage, tels que l'os
d'Ishango (en Afrique) datant de 20 000 ans avant notre ère. Le
développement des mathématiques en tant que connaissance transmise
dans les premières civilisations est lié à leurs applications concrètes : le
commerce, la gestion des récoltes, la mesure des surfaces, la prédiction des
événements astronomiques, et parfois l'exécution de rituels
religieux [réf. nécessaire].

Les premiers développements mathématiques concernaient l'extraction des


racines carrées, des racines cubiques, la résolution d'équations
polynomiales, la trigonométrie, le calcul fractionnaire, l'arithmétique des
entiers naturels… Ils s'effectuèrent dans les civilisations akkadienne,
4
babylonienne, égyptienne , chinoise ou encore de la vallée de l'Indus.

Dans la civilisation grecque, les mathématiques, influencées par les travaux


antérieurs et les spéculations philosophiques, recherchent davantage Un portrait d'Euclide de
d'abstraction. Les notions de démonstration et de définition axiomatique Mégare, qui représente en
sont précisées. Deux branches se distinguent, l'arithmétique et la fait le mathématicien
5
géométrie. Au IIIe siècle av. J.-C., les Éléments d'Euclide résument et Euclide.
ordonnent les connaissances mathématiques de la Grèce.
Les mathématiques chinoises et indiennes (plus précisément de la vallée de
l'Indus) sont parvenues en occident par la civilisation islamique à travers la
conservation de l'héritage grec et l'interfécondation avec les découvertes,
notamment en matière de représentation des nombres [réf. nécessaire]. Les
travaux mathématiques sont considérablement développés tant en
trigonométrie (introduction des fonctions trigonométriques) qu'en
arithmétique. L'analyse combinatoire, l'analyse numérique et l'algèbre
polynomiale sont inventées et développées.

Durant la « renaissance du XIIe siècle », une partie des textes grecs et


arabes sont étudiés et traduits en latin. La recherche mathématique se
concentre en Europe. Au XVIe siècle se développe - avec notamment Pierre
de La Ramée - l'idée qu'il existe une science universelle (mathesis
universalis) sur laquelle il est possible de fonder l'ensemble des
connaissances. Descartes voit dès 1629, dans les Règles pour la direction
6
Une page du traité de Al- de l'esprit, les possibilités qu'offrent les mathématiques pour jouer ce rôle .
Khwârizmî. Descartes souligne, dans le Discours de la méthode, l'attrait des
mathématiques, « à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons ».
Le calcul algébrique se développe alors à la suite des travaux de Viète et
de Descartes. Newton et Leibniz, indépendamment, inventent le calcul infinitésimal.

Au XVIIe siècle, Galilée se rend compte que les mathématiques sont l'outil idéal pour décrire le monde
physique, ce qu'on peut résumer en disant que les lois de la Nature sont écrites en langage mathématique.
Les mathématiques constituent donc, avec la démarche expérimentale, l'un des deux piliers du
développement de la Science moderne.

Au cours du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, les mathématiques connaissent


de forts développements avec l'étude systématique des structures, à
commencer par les groupes issus des travaux de Galois sur les équations
polynomiales, et les anneaux introduits par Dedekind.

Le XIXe siècle voit avec Cantor et Hilbert le développement d'une théorie


axiomatique sur tous les objets étudiés, soit la recherche des fondements
7
mathématiques . Ce développement de l'axiomatique conduira plusieurs
mathématiciens du XXe siècle à chercher à définir toutes les mathématiques
à l'aide d'un langage, la logique mathématique.

Le XXe siècle a connu un fort développement en mathématiques avec une


spécialisation des domaines, et la naissance ou le développement de
nombreuses nouvelles branches (théorie de la mesure, théorie spectrale, David Hilbert,
topologie algébrique et géométrie algébrique, par exemple). L'informatique mathématicien allemand.
a eu un impact sur la recherche. D'une part, elle a facilité la communication
et le partage des connaissances, d'autre part, elle a fourni un formidable
outil pour la confrontation aux exemples. Ce mouvement a naturellement conduit à la modélisation et à la
numérisation.

Domaines
Des découpages des mathématiques en deux, trois ou quatre domaines différents sont proposés : algèbre et
analyse, ou bien algèbre, analyse et géométrie, ou bien algèbre, analyse, géométrie et probabilités. De tels
découpages ne sont pas évidents et les frontières les séparant sont toujours mal définies. En effet, de
p g p p j ,

nombreux résultats font appel à des compétences mathématiques variées. Le théorème de Fermat-Wiles,
établi en 1994, en est un exemple. Bien que l'énoncé en soit formulé de manière dite arithmétique, la preuve
nécessite de profondes compétences en analyse et en géométrie.

Domaines fondamentaux

L'algèbre est l'ensemble des méthodes mathématiques visant à étudier et développer les structures
algébriques et à comprendre les relations qu'elles entretiennent entre elles. L'algèbre, au sens actuel, trouve
historiquement ses origines dans la compréhension des équations polynomiales et dans les développements
des méthodes de résolution : les recherches dans ces domaines ont suscité l'émergence des notions qui
fondent la théorie des groupes, la théorie de Galois ou encore la géométrie algébrique.

En un sens très restrictif, l'analyse est la partie des mathématiques s'intéressant aux questions de régularité
des applications d'une variable réelle ou complexe : on parle alors plus volontiers d'analyse réelle ou
d'analyse complexe. En un sens élargi, elle englobe toutes les méthodes mathématiques qui s'y apparentent,
et un certain nombre de méthodes pour comprendre et analyser les espaces de fonctions.

La géométrie tente de comprendre en premier lieu les objets dans l'espace, puis par extension s'intéresse aux
propriétés d'objets plus abstraits, à plusieurs dimensions, introduits selon plusieurs approches, relevant
autant de l'analyse que de l'algèbre.

Les probabilités tentent de formaliser tout ce qui relève de l'aléatoire. Bien qu'anciennes, elles ont connu un
renouveau avec la théorie de la mesure.

Les statistiques consistent à recueillir, traiter et synthétiser un ensemble de données, généralement


nombreuses.

Exemples de domaines transversaux

De nombreux domaines de recherche se situent transversalement par


rapport au découpage donné ci-dessus :

Les mathématiques discrètes (associées à l'essor de


l'informatique) sont l'exemple le plus typique de découpage
transversal car elles dressent un clivage dans presque toutes
les branches des mathématiques (groupes finis, probabilités
discrètes, géométrie discrète, optimisation linéaire en
nombres entiers, nouvelles branches de l'algèbre : monoïdes,
dioïdes…).
La théorie des nombres (qui généralise l'arithmétique
élémentaire) utilise tout autant des méthodes analytiques que
des méthodes algébriques avancées, pour résoudre des
problèmes qui peuvent souvent être énoncés de façon
Charles Gustave Jacob
élémentaire.
Jacobi, connu pour ses
développements en théorie
analytique des nombres,
entre analyse complexe et
arithmétique.
La topologie algébrique tend à associer à des objets géométriques de natures diverses
des invariants de nature algébrique. Elle se situe donc à la frontière de la géométrie
différentielle et de la géométrie algébrique. Toutefois, pour des objets géométriques
présentant une certaine structure analytique, ces invariants algébriques peuvent parfois se
définir ou se comprendre en faisant uniquement appel à des outils essentiellement
d'analyse. La majeure partie de la recherche actuelle en topologie algébrique tend à
oublier la structure topologique et à réduire les questions à des problèmes
essentiellement d'algèbre.
En un certain sens, les systèmes dynamiques se situent entre la géométrie, l'analyse et
les probabilités. Ils tendent à comprendre de manière qualitative ce qui s'assimile à une loi
d'évolution. Les objets étudiés relèvent de l'analyse (équations différentielles par
exemple), des probabilités (itération d'une bijection mesurable), ou de la géométrie
(espaces homogènes). Le traitement qui y est consacré fait l'objet d'interprétations
essentiellement de nature géométrique, tout en utilisant des outils avancés d'analyse
fonctionnelle, de théorie des processus, de géométrie différentielle, etc. Des résultats
d'arithmétique peuvent aussi être obtenus par des considérations relevant des systèmes
dynamiques.
La géométrie différentielle se situe à la frontière de la géométrie et de l'analyse, et ce à
plusieurs égards. La définition de ses objets d'étude fait appel aux théorèmes de calcul
différentiel, mais l'étude elle-même est grande consommatrice d'analyse. Des liens entre
géométrie différentielle et probabilités existent aussi.
La géométrie algébrique est l'exemple d'un domaine en un sens strict à la rencontre de
l'algèbre et de la géométrie. Elle trouve ses origines dans les travaux sur la résolution des
équations cubiques. Le premier objet d'étude de la géométrie algébrique est la variété
algébrique, lieu d'annulation d'équations polynomiales : il a une signification à la fois
algébrique et géométrique. Ce domaine connut un fort développement au XIXe siècle, avec
notamment le théorème de Bézout. Les développements récents initiés par Alexandre
Grothendieck connaissent de nombreuses applications en théorie des nombres, ce qui
constitue la géométrie arithmétique.
La théorie des opérateurs relève plutôt de l'analyse, ou encore de l'analyse fonctionnelle
(par exemple, pour les problèmes de régularité des solutions d'équations aux dérivées
partielles elliptiques, notamment le problème de Poisson). Mais cette théorie connaît de
nombreuses applications en géométrie différentielle où le langage des opérateurs s'avère
particulièrement adapté. Le développement de la théorie des opérateurs a fait appel à des
méthodes de nature probabiliste, notamment pour ce qui s'appelle le calcul fonctionnel.
Cette théorie trouve des extensions en géométrie non commutative. Les objets d'études se
trouvent être des généralisations d'algèbres d'opérateurs.

Mathématiques appliquées et pures

On fait parfois la distinction entre mathématiques pures et mathématiques appliquées :

Les mathématiques pures ont pour objectif le développement des connaissances


mathématiques pour elles-mêmes sans aucun intérêt a priori pour les applications, sans
aucune motivation d'autres sciences. L'objet de la recherche mathématique peut ainsi être
une meilleure compréhension d'une série d'exemples particuliers abstraits, sur lesquels
s'appuie et se développe la réflexion mathématique, la généralisation d'un aspect d'une
discipline ou la mise en évidence de liens entre diverses disciplines des mathématiques.
Au contraire, les mathématiques appliquées sont la mise en œuvre des connaissances
mathématiques pour les besoins de formalisme d'autres sciences (physique, informatique,
biologie, astrophysique…), et pour des applications industrielles (ingénierie par exemple).
Ell d à dé l il hé i é d à d d
Elles tendent à développer ces outils mathématiques pour répondre à ces demandes,
pour résoudre des problèmes posés en termes concrets.
En France, cette distinction structure souvent les équipes de
recherche, sans forcément hypothéquer les possibilités
d'interactions entre elles. Toutefois, la pertinence de cette
distinction est remise en cause par un certain nombre de
mathématiciens. L'évolution des domaines et de leurs objets
d'étude peut également contribuer à déplacer une éventuelle
frontière ou notion de séparation. Selon une boutade d'Ian Stewart,
auteur de nombreux ouvrages portant sur les mathématiques
populaires, dans son œuvre intitulée Mon cabinet des curiosités
mathématiques, « La relation entre les mathématiciens purs et Simulation numérique d'un crash
appliqués est fondée sur la confiance et la compréhension. Les d'une voiture. - L'analyse numérique :
mathématiciens purs ne font pas confiance aux mathématiciens domaine applicatif des
appliqués, et les mathématiciens appliqués ne comprennent pas les mathématiques.
8
mathématiciens purs » .Les mathématiques appliquées, en un sens
mal définies, comprennent entre autres l'analyse numérique, les
statistiques appliquées et la théorie de l'optimisation mathématique. Certains domaines de recherche des
mathématiques sont nés à la frontière avec d'autres sciences (voir ci-dessous).

Philosophie
Les questions traditionnelles que se pose la philosophie au sujet des
mathématiques peuvent se classer selon trois thèmes :

1. La nature des objets mathématiques : s'ils existent par eux-


mêmes, ou bien s'ils sont des constructions mentales ? Quelle
est la nature d'une Démonstration (logique et mathématique) ?
Quels sont les liens entre la logique et les mathématiques ?
2. L'origine de la connaissance mathématique : d'où vient la
vérité des mathématiques, et de quelle nature est-elle ?
Quelles sont les conditions pour que des mathématiques
existent, et leur lien avec l'homme ? Quels sont les impacts de
la structure de la pensée humaine sur la forme et le
développement des mathématiques actuelles ? Les limites Gauss, « le prince des
qu'elle induit ? mathématiciens ».
3. La relation des mathématiques avec la réalité : quelle relation
les mathématiques abstraites entretiennent-elles avec le
monde réel ? Quels sont les liens avec les autres sciences ?

Les mathématiques sont parfois surnommées « reine des sciences ». Cependant, l'expression remonte à Carl
9
Friedrich Gauss : Regina Scientiarum et le mot scientiarium signifie en réalité « des connaissances ».

Fondements
Censément, les mathématiques utilisent la logique comme outil pour démontrer des vérités organisées en
théories. Une première analyse laisse espérer qu'une utilisation puissante de cet outil tellement sûr, une
réduction toujours plus poussée des bases, les axiomes, sur lesquelles s'échafaude l'édifice mathématique,
finissent par mener à un corpus de faits incontestables. Plusieurs obstacles se dressent pourtant.

D'une part, en tant qu'activité humaine, les mathématiques s'éloignent du modèle d'une construction suivant
scrupuleusement les lois de la logique et indépendante du réel. Citons un fait et un phénomène pour illustrer
cela. Tout d'abord, les démonstrations que rédigent les mathématiciens ne sont pas formalisées au point de

suivre en détail les lois de la logique, car cela est impossible en un temps
raisonnablement court. Comme pour n'importe quelle science, l'acceptation de la
véracité d'une démonstration, et donc d'un théorème, repose in fine sur un
consensus de spécialistes au sujet de la validité de l'approximation de
démonstration formelle proposée (voir La Structure des révolutions scientifiques
de Thomas Samuel Kuhn). L'avènement de l'informatique a cependant changé la
donne, au moins marginalement, puisque celle-ci permet de formaliser et de
10
vérifier des démonstrations de plus en plus complexes .

Cependant l'activité mathématique est loin de se


réduire à la recherche de démonstrations et à la
vérification de celles-ci. La confiance que la
communauté mathématique place dans un de ses
membres qui propose un résultat nouveau
intervient dans la réception qu'aura ce résultat, et
ce d'autant plus s'il est inattendu ou modifie la
façon de voir les choses. On peut prendre pour
exemple historique les controverses sur les
géométries non euclidiennes au XIXe siècle, Aristote : le fondateur
durant lequel les travaux de Lobatchevski ont été de la logique formelle
largement ignorés ; ou bien, dans un autre ordre (peinture par
d'idée, la difficulté de la réception des travaux du Raphaël).
jeune républicain Galois au début du même
Augustin Louis Cauchy, l'un 11
siècle, notamment par Cauchy . La sociologie
des premiers à donner une des mathématiques étudie de tels phénomènes (voir sociologie des
fondation rigoureuse à sciences).
l'analyse.
D'autre part, la solidité même des bases ne peut reposer sur les seules
mathématiques. En effet les théorèmes d'incomplétude, démontrés par Kurt
Gödel dans la première moitié du XXe siècle, montrent que, contrairement à ce qu'espérait David Hilbert, il
est impossible de réduire formellement les bases des mathématiques en un système dont la sûreté se
démontre à partir de celles-ci, et cela entraîne que certaines propriétés considérées « vraies » resteront
inaccessibles à la démonstration, quels que soient les axiomes choisis.

Enseignement
L'enseignement des mathématiques peut aussi bien désigner l'apprentissage des notions mathématiques
fondamentales ou élémentaires de base que l'apprentissage et l'initiation à la recherche (enseignement
supérieur des mathématiques). Suivant les époques et les lieux, les choix des matières enseignées et les
méthodes d'enseignement changent (mathématiques modernes, méthode de Moore, éducation classique…).
Dans certains pays, le choix des programmes scolaires dans l'éducation publique est fait par des institutions
officielles.

Cédric Villani, dans une conférence TED, rappelle une difficulté importante que l'enseignement des
mathématiques ne résoudra pas à lui seul : le processus d'une découverte mathématique ne relève pas lui-
12
même des mathématiques . George Pólya indiqua en revanche vers le milieu du 20e siècle quelques
techniques permettant de résoudre des problèmes existants, dans son livre Comment poser et résoudre un
problème ("How to solve it").

Vers la même époque quelques ouvrages proposaient d'acquérir les mécanismes de résolution par une
multitude d'exercices proposés avec leur correction détaillée en regard. En France et pour les
u t tude d e e c ces p oposés avec eu co ect o déta ée e ega d. a ce et pou es
mathématiques, il y eut dans le secondaire les ouvrages de Pierre Louquet. Dans le monde anglophone et

concernant un grand nombre de disciplines, la série des Schaum's Outlines (en) poursuit ce but.

Aujourd'hui, de nombreuses études permettent de comprendre les facteurs qui ont une influence sur
l'enseignement des mathématiques. Des études menées dans des pays industrialisés ont montré que les
enfants de parents plus instruits suivent davantage de cours de mathématiques et de sciences dans le
13, 14, 15
deuxième cycle du secondaire et réussissent mieux . D’autres études qui comparent les multiples
influences sur les performances des enfants en mathématiques ont constaté que c’est le niveau d’instruction
16, 17, 18
des mères qui a l’effet le plus grand . Il a été montré qu’un statut socio-économique plus élevé est
associé à des scores supérieurs en mathématiques des garçons comme des filles. L’étude PISA 2015 a
constaté qu’une augmentation d’une unité de l’indice PISA de statut économique, social et culturel se
13
traduisait par une augmentation de 38 points de score en sciences et de 37 points en mathématiques .
Cette augmentation est peut- être liée au fait que les parents fournissent un supplément d’aide à
l’apprentissage à l’école et à la maison, avec des attentes scolaires plus élevées, et des convictions moins
19
traditionnelles concernant les rôles de genre et les parcours de carrière dans ces contextes . L’intérêt des
enfants pour les STEM et leur réussite dans les STEM peuvent aussi être renforcés par les dispositions
20
prises par les parents pour fournir un soutien éducatif, y compris un tutorat privé .

Pratique

Activité de recherche

La recherche mathématique ne se limite pas qu'à la démonstration des théorèmes. L'une des méthodes les
plus fructueuses de recherche mathématique est la mise en rapprochement de domaines a priori éloignés en
mettant en lumière des phénomènes analogues (par exemple, la géométrie euclidienne et les équations
différentielles linéaires). L'identification de phénomènes analogues peut conduire à vouloir adapter des
résultats d'un domaine des mathématiques à un autre, à reformuler des éléments de démonstration en termes
équivalents, à tenter une axiomatisation d'un objet (par exemple, ce pourrait être la notion d'espace
vectoriel) qui regrouperait les deux domaines… Dans ce dernier cas, ce nouvel objet deviendrait alors un
objet d'étude par lui-même. Dans certains cas, l'identification d'objets a priori différents devient nécessaire :
le langage des catégories permet de faire ce genre de choses.

Une autre méthode de recherche est la confrontation aux exemples et aux cas particuliers. Cette
confrontation peut permettre de réfuter des propriétés qu'on pensait ou espérait être vraies (conjectures). Au
contraire, elle peut permettre de vérifier des propriétés ou d'amener à les formaliser. Par exemple, en
géométrie riemannienne, l'étude des surfaces (donc des objets en dimension 2) et de leurs géodésiques a
finalement conduit Anosov à formaliser le difféomorphisme d'Anosov, une transformation possédant
d'intéressantes propriétés dynamiques.

Langage

Les mathématiques utilisent un langage qui leur est propre. Certains termes du langage courant, comme
groupe, anneau, corps ou variété peuvent être empruntés et redéfinis pour désigner des objets
mathématiques. Mais souvent des termes sont formés et introduits selon les besoins : isomorphisme,
topologie, itération… Le nombre élevé de ces termes rend difficile la compréhension des mathématiques
par les non mathématiciens.

Le langage mathématique s'appuie aussi sur l'usage de formules. Elles comportent des symboles, les uns en
rapport avec le calcul propositionnel comme le connecteur binaire d'implication ou le connecteur unaire
de négation , d'autres en rapport avec le calcul des prédicats, comme le quantificateur universel ou le
de égat o , d aut es e appo t avec e ca cu des p éd cats, co e e qua t cateu u ve se ou e

e
quantificateur existentiel . La plupart des notations utilisées au XXI siècle ont été introduites après le
e
XVII siècle seulement.

Il existe un langage mathématique qui décrit les mathématiques. En ce sens, on dit qu'il s'agit d'un
métalangage : il s'agit de la logique mathématique.

Rapport avec les autres sciences


Les mathématiques entretiennent des rapports particuliers avec toutes les sciences, au sens large du terme.
L'analyse de données (interprétation graphique, données statistiques…) fait appel à des compétences
mathématiques variées. Mais des outils avancés de mathématiques interviennent dans les modélisations.

Toutes les sciences dites dures, à l'exception des mathématiques, tendent à une compréhension du monde
réel. Cette compréhension passe par la mise en place d'un modèle, prenant en compte un certain nombre de
paramètres considérés comme causes d'un phénomène. Ce modèle constitue un objet mathématique, dont
l'étude permet une meilleure compréhension du phénomène étudié, éventuellement une prédiction
qualitative ou quantitative quant à son évolution future.

La modélisation fait appel à des compétences relevant essentiellement de l'analyse et des probabilités, mais
les méthodes algébriques ou géométriques s'avèrent utiles.

Physique

Les mathématiques sont nées d'une volonté de compréhension de l'espace ambiant : la géométrie naît de la
modélisation de formes idéalisées, et l'arithmétique des besoins des gestions des quantités. Astronomie et
géométrie se sont longtemps confondues, jusque dans les civilisations islamiques. Les mathématiques et la
physique, après s'être différenciées, ont gardé d'étroits liens. Dans l'histoire contemporaine de ces deux
sciences, les mathématiques et la physique se sont influencées mutuellement. La physique moderne use
abondamment des mathématiques, en faisant une modélisation systématique pour comprendre les résultats
de ses expériences :

Cette modélisation peut faire appel à des outils


mathématiques déjà développés. Ainsi l'usage des
métriques en géométrie différentielle est un outil
essentiel sur lequel repose notamment la relativité
générale, développée par le mathématicien
Minkowski puis par le physicien Einstein. Cet usage
est aussi utilisé dans les autres théories post-
newtoniennes.
Cette modélisation encourage les mathématiciens à
s'intéresser davantage à telle ou telle structure
mathématique pour les besoins de la physique.
Cette modélisation demande parfois au contraire des
outils mathématiques non encore développés et ouvre
des nouvelles perspectives mathématiques. Ainsi,
Isaac Newton a-t-il développé le calcul différentiel
pour pouvoir écrire les lois (classiques) du Schéma de pendule.
mouvement ; s'intéressant à la diffusion de la chaleur
dans les corps, Joseph Fourier découvre les séries
qui portent son nom, porte ouverte sur la théorie de Fourier. Plus récemment, citons les
problèmes de quantification géométrique d'intégrales de Feynman de polynômes de
problèmes de quantification géométrique, d intégrales de Feynman, de polynômes de
Donaldson…
Un domaine de recherche spécifique, la physique mathématique, tend précisément à développer les
méthodes mathématiques mises à l'usage de la physique.

Le lien étroit entre mathématiques et physique se reflète dans l'enseignement supérieur des mathématiques.
L'enseignement de la physique fait appel à des cours de mathématiques pour physiciens ; et il n'est pas rare
que les cursus de mathématiques dans les universités incluent une initiation facultative à la physique.

Néanmoins, Albert Einstein est un des premiers à relativiser le domaine des mathématiques en rappelant
que la physique en utilise plusieurs formes, au gré de ses besoins, et non une seule. Sa Théorie de la
relativité générale utilise par exemple une géométrie non euclidienne formalisée par Minkowski. Il
énoncera : « En tant que se rapportant à la réalité, la géométrie euclidienne n'est pas exacte. En tant
qu'exacte, elle ne se rapporte pas à la réalité » (conférence berlinoise de 1921, la géométrie et l'expérience).

Informatique

L'essor des techniques au XXe siècle a ouvert la voie à une nouvelle science, l'informatique. Celle-ci est
étroitement liée aux mathématiques, de diverses manières : certains pans de la recherche en informatique
théorique peuvent être considérés comme d'essence mathématique, d'autres branches de l'informatique
faisant plutôt usage des mathématiques. Les nouvelles technologies de communication ont quant à elles
ouvert la voie aux applications à des branches des mathématiques parfois très anciennes (arithmétique),
notamment en ce qui concerne les problèmes de sécurité des transmissions : cryptographie et théorie des
codes.

En contrepartie, les sciences informatiques influencent l'évolution moderne des mathématiques.

Les mathématiques discrètes forment un domaine de recherche actuel des mathématiques visant à
développer les méthodes utilisées en science informatique, incluant la théorie de la complexité, la théorie de
l'information, la théorie des graphes… Parmi les problèmes ouverts, citons notamment le célèbre P=NP en
théorie de la complexité, qui fait partie des sept problèmes du prix du millénaire. Celui qui arrivera à
décider si P et NP sont différents ou égaux recevra un montant de 1 000 000 USD.

L'informatique est également devenue un outil essentiel à l'obtention de nouveaux résultats (un ensemble de
techniques connues sous le nom de mathématiques expérimentales) et même à la démonstration de certains
théorèmes. L'exemple le plus célèbre est celui du théorème des quatre couleurs, démontré en 1976 à l'aide
d'un ordinateur, car certains des calculs nécessaires sont trop complexes pour être réalisés à la main. Cette
évolution bouleverse les mathématiques traditionnelles, où la règle était que le mathématicien puisse vérifier
de lui-même chaque partie de la démonstration. En 1998, la conjecture de Kepler semble avoir également
été démontrée partiellement par ordinateur, et une équipe internationale a travaillé depuis sur la rédaction
d'une preuve formelle, qui a été achevée (et vérifiée) en 2015.

En effet, si la preuve est rédigée de façon formelle, il devient alors possible de la vérifier à l'aide d'un
logiciel particulier, appelé assistant de preuve. C'est la meilleure technique connue pour être (presque)
certain qu'une démonstration assistée par ordinateur ne souffre d'aucun bug. En l'espace d'une trentaine
d'années, le rapport entre les mathématiciens et l'informatique s'est donc complètement renversé : d'abord
instrument suspect à éviter si possible dans l'activité mathématique, l'ordinateur est devenu au contraire un
outil incontournable.

Biologie, chimie et géologie

La biologie est grande consommatrice de mathématiques et notamment de probabilités. La dynamique


d'une population se modélise couramment par des chaînes de Markov (théorie des processus discrets) ou
par des équations différentielles couplées. Il en va de même pour l'évolution des génotypes : le principe de
Hardy-Weinberg, souvent évoqué en génétique, relève de propriétés générales sur les processus à temps
discret (existence de lois limites). Plus généralement, la phylogéographie fait appel à des modélisations
probabilistes. De plus, la médecine use de tests (statistiques) pour comprendre la validité de tel ou tel
traitement. Un domaine spécifique de recherche à la frontière de la biologie est né : la biomathématique.

Depuis le début du XXIe siècle, la chimie organique a fait appel à l'informatique pour pouvoir modéliser les
molécules en trois dimensions : il s'avère que la forme d'une macromolécule en biologie est variable et
détermine son action. Cette modélisation fait appel à la géométrie euclidienne ; les atomes forment une sorte
de polyèdre dont les distances et les angles sont fixés par les lois d'interaction.

Les géologies structurales et climatologiques font appel à des modèles mêlant des méthodes probabilistes et
analytiques, pour pouvoir prédire du risque de catastrophe naturelle. La complexité des modèles est telle
qu'une branche de recherche est née à la frontière des mathématiques et de la géophysique, à savoir la
géophysique mathématique. De même, la météorologie, l'océanographie et la planétologie sont grandes
consommatrices de mathématiques car elles nécessitent des modélisations.

Sciences humaines

Le rapport des mathématiques avec les sciences humaines se fait essentiellement par les statistiques et les
probabilités, mais aussi par des équations différentielles, stochastiques ou non, utilisées en sociologie,
psychologie, économie, finance, gestion d'entreprise, linguistique…

La logique est depuis l'Antiquité l'une des trois grandes disciplines de la philosophie, avec l'éthique et la
physique. Des philosophes comme Pythagore et Thales de Milet ont formalisé les célèbres théorèmes
géométriques portant leur nom. « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre », était-il gravé sur le portail de
l'Académie de Platon, pour qui les mathématiques sont un intermédiaire pour accéder au monde des Idées.

Notamment, les mathématiques financières sont une branche des mathématiques appliquées visant à la
compréhension de l'évolution des marchés financiers et de l'estimation des risques. Cette branche des
mathématiques se développe à la frontière des probabilités et de l'analyse et use des statistiques.

Beaucoup plus subtil est le cas de l'économie mathématique. Le postulat fondamental de cette discipline est
que l'activité économique peut se comprendre à partir d'un axiome de nature anthropologique, celui de
l'acteur individuel rationnel. Dans cette vision, chaque individu cherche par ses actions à accroître un
certain profit, et ce de façon rationnelle. Cette sorte de vision atomiste de l'économie permet à celle-ci de
mathématiser relativement aisément sa réflexion, puisque le calcul individuel se transpose en calcul
mathématique. Cette modélisation mathématique en économie permet de percer à jour des mécanismes
économiques qui n'auraient pu être découverts que très difficilement par une analyse « littéraire ». Par
exemple, les explications des cycles économiques ne sont pas triviales. Sans modélisation mathématique, on
peut difficilement aller au-delà du simple constat statistique ou des spéculations non prouvées. Toutefois,
certains sociologues, comme Bourdieu, et même certains économistes, refusent ce postulat de l'homo
œconomicus, en remarquant que les motivations des individus comprennent non seulement le don, mais
dépendent également d'autres enjeux dont l'intérêt financier n'est qu'une partie, ou tout simplement ne sont
pas rationnelles. La mathématisation est donc, selon eux, un habillage permettant une valorisation
scientifique de la matière.

On assiste également au début du XXe siècle, à une réflexion pour mettre les mouvements historiques en
formule, comme le fait Nikolaï Kondratiev, qui discerne un cycle de base pour expliquer les phases
21
d'expansion et de crise en économie politique, ou Nicolas-Remi Brück et Charles Henri Lagrange qui,
dès la fin du XIXe siècle, ont amplifié leur analyse jusqu'à pénétrer dans le domaine de la géopolitique, en
voulant établir l'existence, dans l'histoire, de mouvements de vaste amplitude qui mènent les peuples à leur
22
22
apogée, puis à leur déclin .

Cependant une mathématisation des sciences humaines n'est pas sans danger. Dans l'essai polémique
Impostures intellectuelles, Sokal et Bricmont dénoncent la relation, non fondée ou abusive, d'une
terminologie scientifique, en particulier mathématique et physique, dans le domaine des sciences humaines.
L'étude de systèmes complexes (évolution du chômage, capital d'une entreprise, évolution démographique
d'une population…) fait appel à des connaissances mathématiques élémentaires, mais le choix des critères
de comptage, notamment dans le cas du chômage, ou de la modélisation peut être sujet à polémique.

Écologie
23
L'écologie utilise également un grand nombre de modèles pour simuler la dynamique des populations,
24
étudier des écosystèmes comme le modèle proie-prédateur, mesurer les diffusions de pollutions ou
25
évaluer les changements climatiques issus du réchauffement . Ces outils permettent de communiquer sur
des données chiffrées, pour éventuellement les critiquer ou les confronter entre elles. Se pose alors le
problème de la validation de ces modèles, notamment dans le cas où les résultats peuvent influer sur des
décisions politiques et où l'existence de modèles contradictoires entre eux permet aux États de choisir le
26
plus favorable à leur décision .

Rapport avec l'astrologie, l'ésotérisme


Les mathématiques ont entretenu pendant longtemps des liens très étroits avec l'astrologie. Celle-ci, par le
biais de thèmes astraux, a servi de motivation dans l'étude de l'astronomie. Des mathématiciens de renom
furent également considérés comme des grands astrologues. On peut citer Ptolémée, les astronomes de
langue arabe, Regiomontanus, Cardan, Kepler, ou encore John Dee. Au Moyen Âge, l'astrologie est
considérée comme une science se rangeant dans les mathématiques. Ainsi Theodor Zwingler signale dans
sa grande encyclopédie, concernant l'astrologie, que c'est une science mathématique traitant du
« mouvement actif des corps en tant qu'ils agissent sur d'autres corps » et réserve aux mathématiques le soin
de « calculer avec probabilité les influences [des astres] » en prévoyant leurs « conjonctions et
27
oppositions » . Les théories astrologiques occidentales contemporaines se targuent de suivre des méthodes
scientifiques. En particulier, l'astrologie statistique utilise les tests statistiques pour mettre en évidence
d'éventuelles corrélations entre la position des astres et le devenir des hommes. Toutefois, ces études initiées
par Choisnard et Gauquelin, menées à la marge de la recherche scientifique, n'ont, en date de 2009, pas été
productives et n'ont réussi à donner aucune preuve recevable d'un lien de cause à effet.

Les mathématiques sont aussi une composante de l'ésotérisme. Très fréquemment, les mathématiciens eux-
mêmes ont été tentés de trouver dans la figure ou le nombre un sens caché servant de clé dans la découverte
du monde. Dans l'école pythagoricienne, chaque nombre a une signification symbolique et le serment des
28
initiés se serait énoncé devant une tretraktys . De même Platon ne se contente pas d'énumérer les solides
29
qui portent son nom il attribue à chacun d'eux une nature (eau, terre, feu, air, univers) . L'arithmosophie,
la numérologie, la gématrie, l'arithmancie tentent, à travers des calculs sur les nombres, de trouver des
significations cachées à des textes ou d'en extraire des propriétés prédictives. On retrouve cette fascination
pour le nombre et la figure encore de nos jours où certains attribuent des vertus cachées à un pentacle ou un
nombre d'or.
30
Au XXIe siècle, ces disciplines ne sont plus considérées comme des sciences .

Impact culturel

Expression artistique
Les notes qui sonnent bien ensemble à une oreille occidentale sont des
sons dont les fréquences fondamentales de vibration sont dans des rapports
simples. Par exemple, l'octave est un doublement de fréquence, la quinte
une multiplication par 3⁄2.

Ce lien entre les fréquences et l'harmonie a été notamment détaillé dans le


Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels de Jean-Philippe
31
Rameau , compositeur baroque français et théoricien de la musique. Il
repose en partie sur l'analyse des harmoniques (notées 2 à 15 dans la figure
suivante) d'un son fondamental Do grave (noté 1), les premières
harmoniques et leurs octaves sonnant bien entre elles.

Page couverture du Traité


de l’harmonie réduite à ses
principes naturels de Jean-
Philippe Rameau.
Les harmoniques sur une portée.

Si la courbe tracée en rouge, qui suit les notes


harmoniques, a une allure logarithmique, cela correspond au rapport entre deux phénomènes :

d'une part, la représentation de la hauteur d'un son par notre système auditif qui est
proportionnelle au logarithme de la fréquence du son (une fréquence double correspond
toujours à la même « distance sonore » appelée octave) ;
d'autre part, les fréquences harmoniques qui sont des multiples entiers de la fréquence
fondamentale.

Les Occidentaux associent une certaine beauté aux figures


symétriques. Une symétrie d'une figure géométrique est,
intuitivement, l'existence d'un motif de la figure qui se répète suivant
une règle précise, tout en étant partiellement transformé.
Mathématiquement, une symétrie est l'existence d'une action non
triviale d'un groupe, très souvent par isométrie, c'est-à-dire qui
préserve les distances sur la figure. En d'autres termes, l'intuition de la
règle est mathématiquement réalisée par le fait que c'est un groupe qui
agit sur la figure, et le sentiment qu'une règle régit la symétrie est
précisément dû à la structure algébrique de ce groupe.
Fractale possédant une symétrie
Par exemple, le groupe lié à la symétrie miroir est le groupe cyclique à
d'échelle et une symétrie
deux éléments, ℤ/2ℤ. Un test de Rorschach est une figure invariante
centrale.
par cette symétrie, de même qu'un papillon et plus généralement le
corps des animaux, du moins en surface. Lorsqu'on dessine la surface
de la mer, l'ensemble des vagues possède une symétrie par
translation : bouger notre regard de la longueur séparant deux crêtes de vagues ne change pas la vue que
l'on a de la mer. Un autre cas de symétrie, cette fois non isométrique et presque toujours seulement
approximative, est celui présenté par les fractales : un certain motif se répète à toutes les échelles de vision.

Vulgarisation
La vulgarisation mathématique a pour objectif de présenter les mathématiques en un langage dénué de
termes techniques. Comme l'objet d'étude des mathématiques n'a pas de réalité physique, la vulgarisation
use souvent d'un vocabulaire imagé, et de comparaisons ou analogies non rigoureuses, pour faire sentir
l'idée des développements mathématiques. Parmi les ouvrages qui se fixent ce but, citons Oh, les maths de
Yakov Perelman et Le livre qui rend fou de Raymond Smullyan. Toutefois, les mathématiques font rarement
l'objet de vulgarisation dans des journaux écrits ou télévisés.

La revue Tangente, l'aventure mathématique est le principal magazine de vulgarisation


mathématique édité en France.
La revue Images des mathématiques, soutenue par le Centre national de la recherche
scientifique (CNRS), relève également le défi. Elle fait découvrir au plus grand nombre la
recherche mathématique contemporaine et son environnement.
32
La revue Accromαth est soutenue par l'Institut des sciences mathématiques et le Centre
de recherches mathématiques de Montréal. Elle s'adresse principalement aux élèves et
enseignants d'école secondaire et de cégep et est distribuée gratuitement au Québec.
La revue en ligne Délibéré publie chaque semaine depuis décembre 2015 la chronique
33
mathématique de Yannick Cras intitulée « Le nombre imaginaire » .
34
La revue Quadrature éditée chaque trimestre s'adresse aux enseignants, étudiants,
ingénieurs et amateurs de mathématiques. Le niveau des articles est variable et certains
sont accessibles dès la terminale scientifique ou la Math-Sup. Les auteurs sont des
mathématiciens, mais aussi des enseignants et des étudiants. Quadrature est éclectique :
certains articles présentent des mathématiques toutes récentes, tandis que d’autres
donnent un nouveau point de vue sur des sujets traditionnels ou encore ressuscitent des
questions de géométrie ancienne.

Littérature et filmographie

Si nombre de biographies portent sur les mathématiciens, les mathématiques sont un thème certes peu
exploité dans la littérature ou la filmographie, mais présent.

Romans

Plusieurs livres de Denis Guedj, dont :


Flatland, d'Edwin Abbott Abbott
Le Théorème du Perroquet
La Formule préférée du professeur, de
Zéro, ou les cinq vies d'Aémer Yōko Ogawa
Le Démon des maths de Hans Magnus 2+2=5
Enzensberger
Le Planivers
Mathématique du crime de Guillermo
"Le grand roman des maths" de Mickaël
Martinez
Launay
Oncle Petros et la conjecture de
Goldbach d'Apóstolos Doxiádis

Films
L'Amour en équation, film de Fred C'est la tangente que je préfère, film de
Schepisi (1995) Charlotte Silvera (1998)
Will Hunting, film de Gus Van Sant Pi, film de Darren Aronofsky (1998)
(1997) Un homme d'exception film de Ron
( ) Un homme d exception, film de Ron
Howard (2001)
Proof, film de John Madden (2005) Imitation Game, film de Morten Tyldum
Crimes à Oxford, film de Álex de la (2014)
Iglesia (2008) L'Homme qui défiait l'infini, film de
Las Vegas 21, film de Robert Luketic Matthew Brown (2016)
(2008)

Théâtre

Pièces de théâtre
La Preuve de David Auburn, 2000 (Proof, éd. Dramatist's Play Service, 2002)
Denis Guedj, One zéro show : spectacle arithmétique en 0 acte et 1 tableau ... blanc ;
(suivi de) Du point ... à la ligne : spectacle géométrique en ligne ... et en surface, Paris,
Seuil, 2001, 61 p. (ISBN 978-2-02-037379-1,
OCLC 48908950 ([Link]
L'affaire 3.14, Compagnie L'île logique (Cédric Aubouy)
Galois Poincaré, mythes et maths, Compagnie L'île logique (Cédric Aubouy, David Latini)

Spécialistes de théâtre de sciences


Le Théâtre scientifique de Louis Figuier, Fabienne Cardot, Romantisme, 1989
Théâtre et sciences, Le double fondateur, Jacques Baillon, L'Harmattan, 1998
La Recherche théâtrale dans un institut technologique et scientifique, Ouriel Zohar, dans
Théâtre et Science, éd. Pr Lucile Garbagnati, F. Montaclair et D. Vingler, Presses du
Centre Unesco de Besançon et du Théâtre de l'Université de Franche-Comté, Besançon,
1998.
Théâtre et matière, Les moteurs de représentation, Jacques Baillon, L'Harmattan, 2002
Le Théâtre de sciences, Michel Valmer, CNRS Éditions, 2006
Science on stage, from Dr Faustus to Copenhagen, Kirsten Sheperd-Barr, Princeton
University Press, 2006.
Le Modèle scientifique dans le théâtre de Tom Stoppard, Liliane Campos, dans
Epistémocritique, Revue d'études et de recherches sur la littérature et les savoirs, vol. II,
2008
L'île logique, théâtre et clowns sur la logique, les mathématiques et la physique théorique
(CNRS, école Polytechnique), Cédric Aubouy. 2008.

Séries télévisées
Numb3rs, série de Nicolas Falacci et Cheryl Heuton.
Eureka, série télévisée créée par Andrew Cosby et Jaime Paglia.
Stargate Universe, série télévisée créée par Brad Wright et Robert C. Cooper.

Sources
Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page « Déchiffrer le code: l'éducation
des filles et des femmes aux sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM)
([Link] unesco org/ark:/48223/pf0000259816) » de UNESCO le texte ayant été
([Link] » de UNESCO, le texte ayant été

placé par l’auteur ou le responsable de publication sous la CC BY-SA 3.0 IGO ([Link]
[Link]/ark:/48223/pf0000259816).

Notes et références
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Sciences (en) », Commun. Pure Appl. Math., vol. 13, no 1, 1960, p. 1-14 (lire en ligne ([Link]
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2. (en) The Oxford Dictionary of English Etymology, Oxford University Press.
3. Cédric Villani, « "Tout est mathématique", conférence Honoris Causa de Cédric Villani à
HEC Paris » ([Link] sur [Link],
11 février 2015 (consulté le 17 décembre 2016), p. 1h33m27s
4. (fr) Les mathématiques de l'Égypte ancienne. Numération, métrologie, arithmétique,
géométrie et autres problèmes, 2014, Safran (éditions).
5. (en) Euclid's Elements ([Link] (site
interactif).
6. Michel Paty, mathesis universalis et intelligibilité chez Descartes [PDF] ([Link]
[Link]/docs/00/05/25/61/PDF/16_Paty.[Link]).
7. Conférence sur les fondements des mathématiques ([Link]
producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_an
nee_2000/perspectives_sur_les_mathematiques_actuelles/les_fondements_des_mathemati
ques/), par Jean-Yves Girard, 17 juin 2002, Université de tous les savoirs.
8. «Relations between pure and applied mathematicians are based on trust and understanding.
Pure mathematicians do not trust applied mathematicians, and applied mathematicians do
not understand pure mathematicians ([Link]
g=PP1&hl=fr&pg=PT79#v=onepage&q&f=false)», in Professor Stewart's Cabinet of
Mathematical Curiosities
9. (en)Mathematics ([Link] sur [Link].
10. (en)Voir le numéro spécial de décembre 2008 ([Link] des
Notices of the American Mathematical Society consacré à la démonstration formelle.
11. Nicolas Bouleau, Actes du Groupe canadien d'études en didactique des mathématiques
[PDF] ([Link] page 24.
12. « TEDxParis 2012 - Cedric Villani - La naissance des idées » ([Link]
ch?v=crM1Z-x-o_Q) [vidéo], sur YouTube (consulté le 2 août 2020).
13. « PISA 2015 Results (Volume I) (Summary in Spanish) », PISA 2015 Results (Volume I),
6 décembre 2016 (ISSN 1996-3777 ([Link]
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longitudinal examination of the links between choices and beliefs. », Developmental
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21. Notice sur Charles Lagrange ([Link]
e) par André Jaumotte (Université libre de Bruxelles), sur le site de l'Académie royale de
Belgique
22. Dictionnaire en économie et science sociale, [Link] Paris, dictionnaire Larousse en 3.
vol, Paris. Les définitions des cycles sont nombreuses, entre autres, en sciences: évolution
de systèmes qui les ramènent à leur état initial ou, en sociologie, mouvement(s) récurrent(s)
d'activité(s) politique(s) et économique(s).
23. Voir par exemple Anne Laurent, Roland Gamet, Jérôme Pantel, Tendances nouvelles en
modélisation pour l'environnement, actes du congrès «Programme environnement, vie et
sociétés» 15-17 janvier 1996, CNRS
24. Nicolas Bouleau, Philosophie des mathématiques et de la modélisation : Du chercheur à
l'ingénieur, l'Harmattan, 1999, p. 282-283
25. Bouleau 1999, p. 285.
26. Bouleau 1999, p. 287.
27. Guy Beaujouan, « Comprendre et maîtriser la nature au Moyen Âge », Hautes Études
Médiévales et Modernes, Vol.13, Librairie Droz, 1994, p. 130 ([Link]
d=92n7ZE8Iww8C&pg=PA130#v=onepage&q&f=false)
28. A. Dahan-Dalmedico et J. Peiffer, Une histoire des mathématiques : Routes et dédales, 1986
[détail des éditions], p. 47.
29. Platon, Le Timée, 53 c - 56c
30. « L’astrologie à l’épreuve : ça ne marche pas, ça n’a jamais marché ! - Afis - Association
française pour l'information scientifique » ([Link]
240), sur [Link] (consulté le 3 février 2016)
31. Jean-Philippe Rameau, Traité de l'harmonie, Paris, Méridiens Klincksieck, coll. « Collection
d i l i 1986 (1re éd 1722) 432 (ISBN 978 2 86563 157 5)
de musicologie », 1986 (1re éd. 1722), 432 p. (ISBN 978-2-86563-157-5)

32. [Link]
33. Yannick Cras, « Le nombre imaginaire », délibéré, depuis décembre 2015 (lire en ligne (htt
p://[Link]/chroniques/le-nombre-imaginaire-2/), consulté le 22 avril 2017)
34. [Link]

Annexes
Sur les autres projets Wikimedia :
Bibliographie
Mathématiques ([Link]
Institut Henri-Poincaré, Objets [Link]/wiki/Category:Mathematics?uselan
mathématiques, CNRS, 2017 g=fr), sur Wikimedia Commons
Carina Louart, Florence Pinaud, C'est
mathématique! Actes Sud Junior, 2014 mathématiques, sur le Wiktionnaire
Jean-Pierre Escofier, Histoire des Faculté de mathématiques,
mathématiques, Dunod, 2008
sur Wikiversity
Jean-Marc Buret, Les maths expliquées
simplement - Les bases dépoussiérées Mathématiques, sur Wikibooks
et le plaisir de comprendre, Ellipses
2019, (ISBN 9782340031777) Mathématiques, sur Wikisource
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