Mathématiques
Mathématiques
Les mathématiques se distinguent des autres sciences par un rapport particulier au réel car l'observation et
l'expérience ne s'y portent pas sur des objets physiques ; les mathématiques ne sont pas une science
empirique. Elles sont de nature entièrement intellectuelle, fondées sur des axiomes déclarés vrais ou sur des
postulats provisoirement admis. Ces axiomes en constituent les fondements et ne dépendent donc d'aucune
autre proposition. Un énoncé mathématique – dénommé généralement, après être validé, théorème,
proposition, lemme, fait, scholie ou corollaire – est considéré comme valide lorsque le discours formel qui
établit sa vérité respecte une certaine structure rationnelle appelée démonstration, ou raisonnement logico-
déductif. Un énoncé qui n'a pas encore fait l'objet d'une démonstration mais qui est néanmoins considéré
plausible est appelé conjecture.
Bien que les résultats mathématiques soient des vérités purement formelles, ils trouvent des applications
dans les autres sciences et dans différents domaines de la technique. C'est ainsi qu'Eugene Wigner parle de
1
« la déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences de la nature » .
Sommaire
Étymologie
Histoire
Domaines
Domaines fondamentaux
Exemples de domaines transversaux
Mathématiques appliquées et pures
Philosophie
Fondements
Enseignement
Pratique
Activité de recherche
Langage
Rapport avec les autres sciences
Physique
Informatique
Biologie, chimie et géologie
Sciences humaines
Écologie
Rapport avec l'astrologie, l'ésotérisme
Impact culturel
Expression artistique
Vulgarisation
Littérature et filmographie
Romans
Films
Théâtre
Pièces de théâtre
Spécialistes de théâtre de sciences
Séries télévisées
Sources
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes
Étymologie
Le mot « mathématique » vient du grec par l'intermédiaire du latin. Le mot μάθημα (máthēma) est
dérivé du verbe μανθάνω (manthánô) (« apprendre »). Il signifie « science, connaissance » puis
« mathématiques » de μαθὴματα ; il a donné naissance à l'adjectif μαθηματικός (mathematikos),
d'abord « relatif au savoir » puis « qui concerne les sciences mathématiques ». Cet adjectif a été adopté en
latin (mathematicus) et dans les langues romanes par la suite (« mathématique » en français, matematica en
2
italien, etc.), ainsi que dans de nombreuses autres langues .
L'usage du pluriel est un héritage de l'époque antique, où le quadrivium regroupait les quatre arts dits
« mathématiques » : l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique. Le singulier (« la
mathématique ») est parfois employé en français, mais « le mot donne alors au contexte une teinte
d'archaïsme ou de didactisme ». Toutefois, certains auteurs, à la suite de Nicolas Bourbaki, insistent sur
l'utilisation du singulier, pour montrer l'uniformisation apportée par l'approche axiomatique contemporaine :
Jean Dieudonné semble être le premier à avoir insisté sur ce point, et le vaste traité de Bourbaki (dont il est
l'un des principaux rédacteurs) s'intitule Éléments de mathématique, tandis que, par contraste, le fascicule
historique qui l'accompagne a pour titre Éléments d'histoire des mathématiques. Cédric Villani préconise
3
l'utilisation du singulier pour affirmer l'unité du domaine .
Dans l'argot scolaire, le terme « mathématiques » est fréquemment apocopé en « maths », parfois aussi écrit
« math ».
Histoire
Il est probable que l'homme a développé des compétences mathématiques
avant l'apparition de l'écriture. Les premiers objets reconnus attestant de
compétences calculatoires sont les bâtons de comptage, tels que l'os
d'Ishango (en Afrique) datant de 20 000 ans avant notre ère. Le
développement des mathématiques en tant que connaissance transmise
dans les premières civilisations est lié à leurs applications concrètes : le
commerce, la gestion des récoltes, la mesure des surfaces, la prédiction des
événements astronomiques, et parfois l'exécution de rituels
religieux [réf. nécessaire].
Au XVIIe siècle, Galilée se rend compte que les mathématiques sont l'outil idéal pour décrire le monde
physique, ce qu'on peut résumer en disant que les lois de la Nature sont écrites en langage mathématique.
Les mathématiques constituent donc, avec la démarche expérimentale, l'un des deux piliers du
développement de la Science moderne.
Domaines
Des découpages des mathématiques en deux, trois ou quatre domaines différents sont proposés : algèbre et
analyse, ou bien algèbre, analyse et géométrie, ou bien algèbre, analyse, géométrie et probabilités. De tels
découpages ne sont pas évidents et les frontières les séparant sont toujours mal définies. En effet, de
p g p p j ,
nombreux résultats font appel à des compétences mathématiques variées. Le théorème de Fermat-Wiles,
établi en 1994, en est un exemple. Bien que l'énoncé en soit formulé de manière dite arithmétique, la preuve
nécessite de profondes compétences en analyse et en géométrie.
Domaines fondamentaux
L'algèbre est l'ensemble des méthodes mathématiques visant à étudier et développer les structures
algébriques et à comprendre les relations qu'elles entretiennent entre elles. L'algèbre, au sens actuel, trouve
historiquement ses origines dans la compréhension des équations polynomiales et dans les développements
des méthodes de résolution : les recherches dans ces domaines ont suscité l'émergence des notions qui
fondent la théorie des groupes, la théorie de Galois ou encore la géométrie algébrique.
En un sens très restrictif, l'analyse est la partie des mathématiques s'intéressant aux questions de régularité
des applications d'une variable réelle ou complexe : on parle alors plus volontiers d'analyse réelle ou
d'analyse complexe. En un sens élargi, elle englobe toutes les méthodes mathématiques qui s'y apparentent,
et un certain nombre de méthodes pour comprendre et analyser les espaces de fonctions.
La géométrie tente de comprendre en premier lieu les objets dans l'espace, puis par extension s'intéresse aux
propriétés d'objets plus abstraits, à plusieurs dimensions, introduits selon plusieurs approches, relevant
autant de l'analyse que de l'algèbre.
Les probabilités tentent de formaliser tout ce qui relève de l'aléatoire. Bien qu'anciennes, elles ont connu un
renouveau avec la théorie de la mesure.
Philosophie
Les questions traditionnelles que se pose la philosophie au sujet des
mathématiques peuvent se classer selon trois thèmes :
Les mathématiques sont parfois surnommées « reine des sciences ». Cependant, l'expression remonte à Carl
9
Friedrich Gauss : Regina Scientiarum et le mot scientiarium signifie en réalité « des connaissances ».
Fondements
Censément, les mathématiques utilisent la logique comme outil pour démontrer des vérités organisées en
théories. Une première analyse laisse espérer qu'une utilisation puissante de cet outil tellement sûr, une
réduction toujours plus poussée des bases, les axiomes, sur lesquelles s'échafaude l'édifice mathématique,
finissent par mener à un corpus de faits incontestables. Plusieurs obstacles se dressent pourtant.
D'une part, en tant qu'activité humaine, les mathématiques s'éloignent du modèle d'une construction suivant
scrupuleusement les lois de la logique et indépendante du réel. Citons un fait et un phénomène pour illustrer
cela. Tout d'abord, les démonstrations que rédigent les mathématiciens ne sont pas formalisées au point de
suivre en détail les lois de la logique, car cela est impossible en un temps
raisonnablement court. Comme pour n'importe quelle science, l'acceptation de la
véracité d'une démonstration, et donc d'un théorème, repose in fine sur un
consensus de spécialistes au sujet de la validité de l'approximation de
démonstration formelle proposée (voir La Structure des révolutions scientifiques
de Thomas Samuel Kuhn). L'avènement de l'informatique a cependant changé la
donne, au moins marginalement, puisque celle-ci permet de formaliser et de
10
vérifier des démonstrations de plus en plus complexes .
Enseignement
L'enseignement des mathématiques peut aussi bien désigner l'apprentissage des notions mathématiques
fondamentales ou élémentaires de base que l'apprentissage et l'initiation à la recherche (enseignement
supérieur des mathématiques). Suivant les époques et les lieux, les choix des matières enseignées et les
méthodes d'enseignement changent (mathématiques modernes, méthode de Moore, éducation classique…).
Dans certains pays, le choix des programmes scolaires dans l'éducation publique est fait par des institutions
officielles.
Cédric Villani, dans une conférence TED, rappelle une difficulté importante que l'enseignement des
mathématiques ne résoudra pas à lui seul : le processus d'une découverte mathématique ne relève pas lui-
12
même des mathématiques . George Pólya indiqua en revanche vers le milieu du 20e siècle quelques
techniques permettant de résoudre des problèmes existants, dans son livre Comment poser et résoudre un
problème ("How to solve it").
Vers la même époque quelques ouvrages proposaient d'acquérir les mécanismes de résolution par une
multitude d'exercices proposés avec leur correction détaillée en regard. En France et pour les
u t tude d e e c ces p oposés avec eu co ect o déta ée e ega d. a ce et pou es
mathématiques, il y eut dans le secondaire les ouvrages de Pierre Louquet. Dans le monde anglophone et
concernant un grand nombre de disciplines, la série des Schaum's Outlines (en) poursuit ce but.
Aujourd'hui, de nombreuses études permettent de comprendre les facteurs qui ont une influence sur
l'enseignement des mathématiques. Des études menées dans des pays industrialisés ont montré que les
enfants de parents plus instruits suivent davantage de cours de mathématiques et de sciences dans le
13, 14, 15
deuxième cycle du secondaire et réussissent mieux . D’autres études qui comparent les multiples
influences sur les performances des enfants en mathématiques ont constaté que c’est le niveau d’instruction
16, 17, 18
des mères qui a l’effet le plus grand . Il a été montré qu’un statut socio-économique plus élevé est
associé à des scores supérieurs en mathématiques des garçons comme des filles. L’étude PISA 2015 a
constaté qu’une augmentation d’une unité de l’indice PISA de statut économique, social et culturel se
13
traduisait par une augmentation de 38 points de score en sciences et de 37 points en mathématiques .
Cette augmentation est peut- être liée au fait que les parents fournissent un supplément d’aide à
l’apprentissage à l’école et à la maison, avec des attentes scolaires plus élevées, et des convictions moins
19
traditionnelles concernant les rôles de genre et les parcours de carrière dans ces contextes . L’intérêt des
enfants pour les STEM et leur réussite dans les STEM peuvent aussi être renforcés par les dispositions
20
prises par les parents pour fournir un soutien éducatif, y compris un tutorat privé .
Pratique
Activité de recherche
La recherche mathématique ne se limite pas qu'à la démonstration des théorèmes. L'une des méthodes les
plus fructueuses de recherche mathématique est la mise en rapprochement de domaines a priori éloignés en
mettant en lumière des phénomènes analogues (par exemple, la géométrie euclidienne et les équations
différentielles linéaires). L'identification de phénomènes analogues peut conduire à vouloir adapter des
résultats d'un domaine des mathématiques à un autre, à reformuler des éléments de démonstration en termes
équivalents, à tenter une axiomatisation d'un objet (par exemple, ce pourrait être la notion d'espace
vectoriel) qui regrouperait les deux domaines… Dans ce dernier cas, ce nouvel objet deviendrait alors un
objet d'étude par lui-même. Dans certains cas, l'identification d'objets a priori différents devient nécessaire :
le langage des catégories permet de faire ce genre de choses.
Une autre méthode de recherche est la confrontation aux exemples et aux cas particuliers. Cette
confrontation peut permettre de réfuter des propriétés qu'on pensait ou espérait être vraies (conjectures). Au
contraire, elle peut permettre de vérifier des propriétés ou d'amener à les formaliser. Par exemple, en
géométrie riemannienne, l'étude des surfaces (donc des objets en dimension 2) et de leurs géodésiques a
finalement conduit Anosov à formaliser le difféomorphisme d'Anosov, une transformation possédant
d'intéressantes propriétés dynamiques.
Langage
Les mathématiques utilisent un langage qui leur est propre. Certains termes du langage courant, comme
groupe, anneau, corps ou variété peuvent être empruntés et redéfinis pour désigner des objets
mathématiques. Mais souvent des termes sont formés et introduits selon les besoins : isomorphisme,
topologie, itération… Le nombre élevé de ces termes rend difficile la compréhension des mathématiques
par les non mathématiciens.
Le langage mathématique s'appuie aussi sur l'usage de formules. Elles comportent des symboles, les uns en
rapport avec le calcul propositionnel comme le connecteur binaire d'implication ou le connecteur unaire
de négation , d'autres en rapport avec le calcul des prédicats, comme le quantificateur universel ou le
de égat o , d aut es e appo t avec e ca cu des p éd cats, co e e qua t cateu u ve se ou e
e
quantificateur existentiel . La plupart des notations utilisées au XXI siècle ont été introduites après le
e
XVII siècle seulement.
Il existe un langage mathématique qui décrit les mathématiques. En ce sens, on dit qu'il s'agit d'un
métalangage : il s'agit de la logique mathématique.
Toutes les sciences dites dures, à l'exception des mathématiques, tendent à une compréhension du monde
réel. Cette compréhension passe par la mise en place d'un modèle, prenant en compte un certain nombre de
paramètres considérés comme causes d'un phénomène. Ce modèle constitue un objet mathématique, dont
l'étude permet une meilleure compréhension du phénomène étudié, éventuellement une prédiction
qualitative ou quantitative quant à son évolution future.
La modélisation fait appel à des compétences relevant essentiellement de l'analyse et des probabilités, mais
les méthodes algébriques ou géométriques s'avèrent utiles.
Physique
Les mathématiques sont nées d'une volonté de compréhension de l'espace ambiant : la géométrie naît de la
modélisation de formes idéalisées, et l'arithmétique des besoins des gestions des quantités. Astronomie et
géométrie se sont longtemps confondues, jusque dans les civilisations islamiques. Les mathématiques et la
physique, après s'être différenciées, ont gardé d'étroits liens. Dans l'histoire contemporaine de ces deux
sciences, les mathématiques et la physique se sont influencées mutuellement. La physique moderne use
abondamment des mathématiques, en faisant une modélisation systématique pour comprendre les résultats
de ses expériences :
Le lien étroit entre mathématiques et physique se reflète dans l'enseignement supérieur des mathématiques.
L'enseignement de la physique fait appel à des cours de mathématiques pour physiciens ; et il n'est pas rare
que les cursus de mathématiques dans les universités incluent une initiation facultative à la physique.
Néanmoins, Albert Einstein est un des premiers à relativiser le domaine des mathématiques en rappelant
que la physique en utilise plusieurs formes, au gré de ses besoins, et non une seule. Sa Théorie de la
relativité générale utilise par exemple une géométrie non euclidienne formalisée par Minkowski. Il
énoncera : « En tant que se rapportant à la réalité, la géométrie euclidienne n'est pas exacte. En tant
qu'exacte, elle ne se rapporte pas à la réalité » (conférence berlinoise de 1921, la géométrie et l'expérience).
Informatique
L'essor des techniques au XXe siècle a ouvert la voie à une nouvelle science, l'informatique. Celle-ci est
étroitement liée aux mathématiques, de diverses manières : certains pans de la recherche en informatique
théorique peuvent être considérés comme d'essence mathématique, d'autres branches de l'informatique
faisant plutôt usage des mathématiques. Les nouvelles technologies de communication ont quant à elles
ouvert la voie aux applications à des branches des mathématiques parfois très anciennes (arithmétique),
notamment en ce qui concerne les problèmes de sécurité des transmissions : cryptographie et théorie des
codes.
Les mathématiques discrètes forment un domaine de recherche actuel des mathématiques visant à
développer les méthodes utilisées en science informatique, incluant la théorie de la complexité, la théorie de
l'information, la théorie des graphes… Parmi les problèmes ouverts, citons notamment le célèbre P=NP en
théorie de la complexité, qui fait partie des sept problèmes du prix du millénaire. Celui qui arrivera à
décider si P et NP sont différents ou égaux recevra un montant de 1 000 000 USD.
L'informatique est également devenue un outil essentiel à l'obtention de nouveaux résultats (un ensemble de
techniques connues sous le nom de mathématiques expérimentales) et même à la démonstration de certains
théorèmes. L'exemple le plus célèbre est celui du théorème des quatre couleurs, démontré en 1976 à l'aide
d'un ordinateur, car certains des calculs nécessaires sont trop complexes pour être réalisés à la main. Cette
évolution bouleverse les mathématiques traditionnelles, où la règle était que le mathématicien puisse vérifier
de lui-même chaque partie de la démonstration. En 1998, la conjecture de Kepler semble avoir également
été démontrée partiellement par ordinateur, et une équipe internationale a travaillé depuis sur la rédaction
d'une preuve formelle, qui a été achevée (et vérifiée) en 2015.
En effet, si la preuve est rédigée de façon formelle, il devient alors possible de la vérifier à l'aide d'un
logiciel particulier, appelé assistant de preuve. C'est la meilleure technique connue pour être (presque)
certain qu'une démonstration assistée par ordinateur ne souffre d'aucun bug. En l'espace d'une trentaine
d'années, le rapport entre les mathématiciens et l'informatique s'est donc complètement renversé : d'abord
instrument suspect à éviter si possible dans l'activité mathématique, l'ordinateur est devenu au contraire un
outil incontournable.
Depuis le début du XXIe siècle, la chimie organique a fait appel à l'informatique pour pouvoir modéliser les
molécules en trois dimensions : il s'avère que la forme d'une macromolécule en biologie est variable et
détermine son action. Cette modélisation fait appel à la géométrie euclidienne ; les atomes forment une sorte
de polyèdre dont les distances et les angles sont fixés par les lois d'interaction.
Les géologies structurales et climatologiques font appel à des modèles mêlant des méthodes probabilistes et
analytiques, pour pouvoir prédire du risque de catastrophe naturelle. La complexité des modèles est telle
qu'une branche de recherche est née à la frontière des mathématiques et de la géophysique, à savoir la
géophysique mathématique. De même, la météorologie, l'océanographie et la planétologie sont grandes
consommatrices de mathématiques car elles nécessitent des modélisations.
Sciences humaines
Le rapport des mathématiques avec les sciences humaines se fait essentiellement par les statistiques et les
probabilités, mais aussi par des équations différentielles, stochastiques ou non, utilisées en sociologie,
psychologie, économie, finance, gestion d'entreprise, linguistique…
La logique est depuis l'Antiquité l'une des trois grandes disciplines de la philosophie, avec l'éthique et la
physique. Des philosophes comme Pythagore et Thales de Milet ont formalisé les célèbres théorèmes
géométriques portant leur nom. « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre », était-il gravé sur le portail de
l'Académie de Platon, pour qui les mathématiques sont un intermédiaire pour accéder au monde des Idées.
Notamment, les mathématiques financières sont une branche des mathématiques appliquées visant à la
compréhension de l'évolution des marchés financiers et de l'estimation des risques. Cette branche des
mathématiques se développe à la frontière des probabilités et de l'analyse et use des statistiques.
Beaucoup plus subtil est le cas de l'économie mathématique. Le postulat fondamental de cette discipline est
que l'activité économique peut se comprendre à partir d'un axiome de nature anthropologique, celui de
l'acteur individuel rationnel. Dans cette vision, chaque individu cherche par ses actions à accroître un
certain profit, et ce de façon rationnelle. Cette sorte de vision atomiste de l'économie permet à celle-ci de
mathématiser relativement aisément sa réflexion, puisque le calcul individuel se transpose en calcul
mathématique. Cette modélisation mathématique en économie permet de percer à jour des mécanismes
économiques qui n'auraient pu être découverts que très difficilement par une analyse « littéraire ». Par
exemple, les explications des cycles économiques ne sont pas triviales. Sans modélisation mathématique, on
peut difficilement aller au-delà du simple constat statistique ou des spéculations non prouvées. Toutefois,
certains sociologues, comme Bourdieu, et même certains économistes, refusent ce postulat de l'homo
œconomicus, en remarquant que les motivations des individus comprennent non seulement le don, mais
dépendent également d'autres enjeux dont l'intérêt financier n'est qu'une partie, ou tout simplement ne sont
pas rationnelles. La mathématisation est donc, selon eux, un habillage permettant une valorisation
scientifique de la matière.
On assiste également au début du XXe siècle, à une réflexion pour mettre les mouvements historiques en
formule, comme le fait Nikolaï Kondratiev, qui discerne un cycle de base pour expliquer les phases
21
d'expansion et de crise en économie politique, ou Nicolas-Remi Brück et Charles Henri Lagrange qui,
dès la fin du XIXe siècle, ont amplifié leur analyse jusqu'à pénétrer dans le domaine de la géopolitique, en
voulant établir l'existence, dans l'histoire, de mouvements de vaste amplitude qui mènent les peuples à leur
22
22
apogée, puis à leur déclin .
Cependant une mathématisation des sciences humaines n'est pas sans danger. Dans l'essai polémique
Impostures intellectuelles, Sokal et Bricmont dénoncent la relation, non fondée ou abusive, d'une
terminologie scientifique, en particulier mathématique et physique, dans le domaine des sciences humaines.
L'étude de systèmes complexes (évolution du chômage, capital d'une entreprise, évolution démographique
d'une population…) fait appel à des connaissances mathématiques élémentaires, mais le choix des critères
de comptage, notamment dans le cas du chômage, ou de la modélisation peut être sujet à polémique.
Écologie
23
L'écologie utilise également un grand nombre de modèles pour simuler la dynamique des populations,
24
étudier des écosystèmes comme le modèle proie-prédateur, mesurer les diffusions de pollutions ou
25
évaluer les changements climatiques issus du réchauffement . Ces outils permettent de communiquer sur
des données chiffrées, pour éventuellement les critiquer ou les confronter entre elles. Se pose alors le
problème de la validation de ces modèles, notamment dans le cas où les résultats peuvent influer sur des
décisions politiques et où l'existence de modèles contradictoires entre eux permet aux États de choisir le
26
plus favorable à leur décision .
Les mathématiques sont aussi une composante de l'ésotérisme. Très fréquemment, les mathématiciens eux-
mêmes ont été tentés de trouver dans la figure ou le nombre un sens caché servant de clé dans la découverte
du monde. Dans l'école pythagoricienne, chaque nombre a une signification symbolique et le serment des
28
initiés se serait énoncé devant une tretraktys . De même Platon ne se contente pas d'énumérer les solides
29
qui portent son nom il attribue à chacun d'eux une nature (eau, terre, feu, air, univers) . L'arithmosophie,
la numérologie, la gématrie, l'arithmancie tentent, à travers des calculs sur les nombres, de trouver des
significations cachées à des textes ou d'en extraire des propriétés prédictives. On retrouve cette fascination
pour le nombre et la figure encore de nos jours où certains attribuent des vertus cachées à un pentacle ou un
nombre d'or.
30
Au XXIe siècle, ces disciplines ne sont plus considérées comme des sciences .
Impact culturel
Expression artistique
Les notes qui sonnent bien ensemble à une oreille occidentale sont des
sons dont les fréquences fondamentales de vibration sont dans des rapports
simples. Par exemple, l'octave est un doublement de fréquence, la quinte
une multiplication par 3⁄2.
d'une part, la représentation de la hauteur d'un son par notre système auditif qui est
proportionnelle au logarithme de la fréquence du son (une fréquence double correspond
toujours à la même « distance sonore » appelée octave) ;
d'autre part, les fréquences harmoniques qui sont des multiples entiers de la fréquence
fondamentale.
Vulgarisation
La vulgarisation mathématique a pour objectif de présenter les mathématiques en un langage dénué de
termes techniques. Comme l'objet d'étude des mathématiques n'a pas de réalité physique, la vulgarisation
use souvent d'un vocabulaire imagé, et de comparaisons ou analogies non rigoureuses, pour faire sentir
l'idée des développements mathématiques. Parmi les ouvrages qui se fixent ce but, citons Oh, les maths de
Yakov Perelman et Le livre qui rend fou de Raymond Smullyan. Toutefois, les mathématiques font rarement
l'objet de vulgarisation dans des journaux écrits ou télévisés.
Littérature et filmographie
Si nombre de biographies portent sur les mathématiciens, les mathématiques sont un thème certes peu
exploité dans la littérature ou la filmographie, mais présent.
Romans
Films
L'Amour en équation, film de Fred C'est la tangente que je préfère, film de
Schepisi (1995) Charlotte Silvera (1998)
Will Hunting, film de Gus Van Sant Pi, film de Darren Aronofsky (1998)
(1997) Un homme d'exception film de Ron
( ) Un homme d exception, film de Ron
Howard (2001)
Proof, film de John Madden (2005) Imitation Game, film de Morten Tyldum
Crimes à Oxford, film de Álex de la (2014)
Iglesia (2008) L'Homme qui défiait l'infini, film de
Las Vegas 21, film de Robert Luketic Matthew Brown (2016)
(2008)
Théâtre
Pièces de théâtre
La Preuve de David Auburn, 2000 (Proof, éd. Dramatist's Play Service, 2002)
Denis Guedj, One zéro show : spectacle arithmétique en 0 acte et 1 tableau ... blanc ;
(suivi de) Du point ... à la ligne : spectacle géométrique en ligne ... et en surface, Paris,
Seuil, 2001, 61 p. (ISBN 978-2-02-037379-1,
OCLC 48908950 ([Link]
L'affaire 3.14, Compagnie L'île logique (Cédric Aubouy)
Galois Poincaré, mythes et maths, Compagnie L'île logique (Cédric Aubouy, David Latini)
Séries télévisées
Numb3rs, série de Nicolas Falacci et Cheryl Heuton.
Eureka, série télévisée créée par Andrew Cosby et Jaime Paglia.
Stargate Universe, série télévisée créée par Brad Wright et Robert C. Cooper.
Sources
Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page « Déchiffrer le code: l'éducation
des filles et des femmes aux sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM)
([Link] unesco org/ark:/48223/pf0000259816) » de UNESCO le texte ayant été
([Link] » de UNESCO, le texte ayant été
placé par l’auteur ou le responsable de publication sous la CC BY-SA 3.0 IGO ([Link]
[Link]/ark:/48223/pf0000259816).
Notes et références
1. (en) E. Wigner, « The Unreasonable Effectiveness of Mathematics in the Natural
Sciences (en) », Commun. Pure Appl. Math., vol. 13, no 1, 1960, p. 1-14 (lire en ligne ([Link]
[Link]/~matc/MathDrama/reading/[Link])).
2. (en) The Oxford Dictionary of English Etymology, Oxford University Press.
3. Cédric Villani, « "Tout est mathématique", conférence Honoris Causa de Cédric Villani à
HEC Paris » ([Link] sur [Link],
11 février 2015 (consulté le 17 décembre 2016), p. 1h33m27s
4. (fr) Les mathématiques de l'Égypte ancienne. Numération, métrologie, arithmétique,
géométrie et autres problèmes, 2014, Safran (éditions).
5. (en) Euclid's Elements ([Link] (site
interactif).
6. Michel Paty, mathesis universalis et intelligibilité chez Descartes [PDF] ([Link]
[Link]/docs/00/05/25/61/PDF/16_Paty.[Link]).
7. Conférence sur les fondements des mathématiques ([Link]
producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_an
nee_2000/perspectives_sur_les_mathematiques_actuelles/les_fondements_des_mathemati
ques/), par Jean-Yves Girard, 17 juin 2002, Université de tous les savoirs.
8. «Relations between pure and applied mathematicians are based on trust and understanding.
Pure mathematicians do not trust applied mathematicians, and applied mathematicians do
not understand pure mathematicians ([Link]
g=PP1&hl=fr&pg=PT79#v=onepage&q&f=false)», in Professor Stewart's Cabinet of
Mathematical Curiosities
9. (en)Mathematics ([Link] sur [Link].
10. (en)Voir le numéro spécial de décembre 2008 ([Link] des
Notices of the American Mathematical Society consacré à la démonstration formelle.
11. Nicolas Bouleau, Actes du Groupe canadien d'études en didactique des mathématiques
[PDF] ([Link] page 24.
12. « TEDxParis 2012 - Cedric Villani - La naissance des idées » ([Link]
ch?v=crM1Z-x-o_Q) [vidéo], sur YouTube (consulté le 2 août 2020).
13. « PISA 2015 Results (Volume I) (Summary in Spanish) », PISA 2015 Results (Volume I),
6 décembre 2016 (ISSN 1996-3777 ([Link]
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14. (en) Kathleen M. Jodl, Alice Michael, Oksana Malanchuk et Jacquelynne S. Eccles,
« Parents' Roles in Shaping Early Adolescents' Occupational Aspirations », Child
Development, vol. 72, no 4, 2001-08-xx, p. 1247–1266 (ISSN 0009-3920 ([Link]
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=fr), DOI 10.1111/1467-8624.00345 ([Link] lire en
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longitudinal examination of the links between choices and beliefs. », Developmental
Psychology, Vol. 42, No. 1, 2006, p. 70-83 (DOI: 10.1037/0012-1649.42.1)
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Preschool Influences on Mathematics Achievement », Science, vol. 321, no 5893,
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p://[Link]/chroniques/le-nombre-imaginaire-2/), consulté le 22 avril 2017)
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