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Limite de la tangente et dérivabilité

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Chapitre 13

Dérivation des fonctions à valeurs


réelles

Nous ne considérerons que des fonctions à valeurs dans K = R ou K = C.


On notera I un intervalle de R.

13.1 Fonctions dérivables


13.1.1 Définitions
f ∈ F(I, K) et x0 ∈ I.
f est dérivable en x0 ssi
f (x) − f (x0 )
admet une limite finie quand x → x0 .
x − x0
Cette limite est le nombre dérivé de f en x0
d
Il est noté f 0 (x0 ) ou f (x0 )
dx
f est dérivable sur I ssi f est dérivable en tout point de I

I → K
Alors : est la fonction dérivée notée f 0 ou Df
x 7→ f 0 (x)

Test 342 Utiliser la définition pour montrer que x 7→ x 3 est dérivable sur R.

Test 343 Trouver une fonction définie sur R, non dérivable en x0 = 1 .

x
Utiliser la définition pour montrer que f : R → C définie par f (x) = est dérivable
x+i
Test 344 sur R. Trouver la partie réelle ϕ et la partie imaginaire ψ de f . Vérifier que
f 0 = ϕ 0 + i ψ 0 . Ce dernier résultat est-il généralisable à toute fonction complexe ?

f est dérivable à droite en x0 ssi


f (x) − f (x0 )
admet une limite finie quand x → x+0 .
x − x0
Cette limite est le nombre dérivé à droite de f en x0 , noté f 0d (x0 )
f est dérivable à gauche en x0 ssi
f (x) − f (x0 )
admet une limite finie quand x → x−
0 .
x − x0
Cette limite est le nombre dérivé à gauche de f en x0 , noté f 0g (x0 )

187
CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

13.1.2 Interprétations pour f à valeurs dans R


• Tangente à une courbe :
 
Soit M0 x0 , f (x0 ) ∈ C d’équation y = f (x) . La tangente en M0 à C est la position limite
de la sécante M0 M lorsque x → x0 (M → M0 )
I tangente ”oblique” si f est dérivable en x0 :
B c’est la droite passant par M0
f (x)
de coefficient directeur f 0 (x0 ) M
B Equation cartésienne :
y = f (x0 ) + (x − x0 ) f 0 (x0 )
f (x0 )
M0
I tangente ”verticale” si f est continue en x0 mais n’est pas
f (x) − f (x0 )
dérivable en x0 parce que lim = ±∞ ,
x→x0 x − x0 x0 x
B Equation cartésienne : x = x0

• Demi-tangente :

B C’est la position limite, lorsque x → x+ 0 (ou x → xo )
de la demi-droite d’origine M0 contenant M .
B Si elles sont obliques, les coefficients directeurs sont f 0d (x0 ) et f 0g (x0 ) .
B C présente un point anguleux en M0 si f 0d (x0 ) 6= f 0g (x0 ) .

Trouver les tangentes à la courbe d’équation y = x 2 − 1 qui sont :


Test 345 -1- parallèles à la première bissectrice (d’équation y = x)
-2- qui passent par l’origine

Former l’équation différentielle qui traduit que la courbe d’équation y = f (x) admet en
Test 346 
tout point M0 x0 , f (x0 ) une tangente qui passe par le milieu de OA0 où A0 (x0 , 0) .

• Vitesse moyenne et instantanée : (mouvement rectiligne)


si f (t) est l’abscisse d’un point M à l’instant t
f (t1 ) − f (t0 )
la vitesse moyenne de M entre les instants t0 et t1 est
t1 − t0
la vitesse instantanée de M à l’instant t0 est f 0 (t0 )
(c’est la limite de la vitesse moyenne quand t2 → t1 ).

13.1.3 Propriétés
Soit f une fonction définie sur un intervalle I et à valeurs dans K = R ou C. Soit x0 ∈ I.
• Lien entre dérivabilité et continuité :
f est dérivable en x0 (resp. sur I) ⇒ f continue en x0 (resp sur I)


• Lien entre dérivées, dérivée à droite,
 à gauche : en un point x0 ∈ I
 f dérivable à droite en x0
f dérivable en x0 ⇔ f dérivable à gauche en x0
f 0d (x0 ) = f 0g (x0 )


Trouver une fonction qui, en x0 = 1 ∈ I :
-1- admet une dérivée à gauche mais pas à droite
Test 347 -2- admet une dérivée à droite pas pas à gauche
-3- admet une dérivée à droite différente de la dérivée à gauche
Si besoin, on pourra se limiter qu’à une réponse graphique.

Lycée Châtelet Douai Page 188


13.1. FONCTIONS DÉRIVABLES

• Parité et dérivation :
Si f ∈ F(I, K) est dérivable sur I, alors :
◦ f paire ⇒ f 0 impaire
◦ f impaire ⇒ f 0 paire
◦ f T -périodique ⇒ f 0 T -périodique

Considérons une fonction f définie sur un intervalle I. Est-il possible


-1- que f non paire ait une dérivée impaire ?
Test 348
-2- que f non impaire ait une dérivée paire ?
-3- que f fonction non périodique ait une dérivée périodique ?

Th. . Dérivabilité et Développement limité d’ordre 1


Soit f une fonction de I dans R et x0 ∈ I.
f est dérivable en x0 ssi ∃ ` ∈ R et ∃α définie sur I, tels que
∀ x ∈ I, f (x) = f (x0 ) + (x − x0 ) ` + (x − x0 )α(x)
avec lim α(x) = 0,
x→x0
Alors : f 0 (x0 ) = ` et f possède un développement limité à l’ordre 1 en x0 .

Th. . Dérivabilité au sens de Carathéodory 1


Soit f une fonction de I dans R et x0 ∈ I.
f est dérivable en x0 ssi ∃ ϕ continue en x0 , telle que
∀ x ∈ I, f (x) = f (x0 ) + (x − x0 ) ϕ(x)
Alors : f 0 (x0 ) = ϕ(x0 ).

Trouver la fonction ϕ associée à x 7→ x 3 en x0 = 2.


Test 349
A-t-on ϕ = f 0 ? Est-ce surprenant ?

Soit f une fonction impaire qui admet une dérivée à droite en 0.


Test 350 • Montrer que f est dérivable en 0.
• Ce résultat est-il encore valable avec une fonction paire ?

13.1.4 Opérations sur les dérivées


Attention • Les résultats qui suivent ne sont applicables qu’avec des fonctions dérivables.
• Il faut donc toujours justifier la dérivabilité avant de les utiliser.
• Ils ne permettent pas d’établir qu’une fonction est dérivable.

• Linéarité : si f et g sont dérivables en x0 (resp. sur I) :


◦ f + g est dérivable en x0 (resp. sur I) et (f + g)0 (x0 ) = f 0 (x0 ) + g 0 (x0 )
( resp. (f + g)0 = f 0 + g 0 )
◦ λ f est dérivable en x0 (resp. sur I) et (λ f )0 (x0 ) = λ f 0 (x0 )
( resp. (λ f )0 = λ f 0 )

• Produit : si f et g sont dérivables en x0 (resp. sur I) :


◦ f g est dérivable en x0 (resp. sur I) et (f g)0 (x0 ) = f 0 (x0 ) g(x0 ) + f (x0 ) g 0 (x0 )
( resp. (f g)0 = f 0 g + f g 0 )

1. Constantin Carathéodory (1873-1950), mathématicien grec, vivant en allemagne, spécialisé en théorie des
fonctions à variables réelles, théorie de la mesure et thermodynamique.

Page 189 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

• Quotient : si f et g sont dérivables en x0 (resp. sur I) et si de plus, g(x0 ) 6= 0 (resp. ne


s’annule pas sur I),
alors il existe un voisinage de x0 où g ne s’annule pas :  
1 1 0 g 0 (x0 )
◦ Sur ce voisinage est dérivable en x0 (resp. sur I) et (x0 ) = − 2
g g g (x0 )
 0
1 g0
( resp. =− 2 )
g g
f
◦ Sur ce voisinage, est dérivable en x0 (resp. sur I)
g
 0  0
f f 0 (x0 )g(x0 ) − f (x0 )g 0 (x0 ) f f 0g − f g 0
et (x0 ) = ( resp. = )
g g 2 (x0 ) g g2

f g
Composée : I −→ J −→ K
si f est dérivable en x0 (resp. sur I) et g dérivable en y0 = f (x0 ) (resp.
sur J),
Important: alors g ◦ f est dérivable en x0 (resp. sur I)
et (g ◦ f )0 (x0 ) = g 0 f (x0 ) f 0 (x0 ) ( resp.
(g ◦ f )0 = g 0 ◦ f × f 0 )

Sur quel ensemble peut-on affirmer que les fonctions suivantes sont dérivables ? Quels
sont les points qui nécessitent une étude spéciale
Test 351 √ p
-1- ln(sin x) -2- cos x -3- 2 − |x + 1|

(On ne demande pas le calcul de la dérivée, ni l’étude des points particuliers.)

Sans se soucier de l’ensemble de dérivabilité et sans chercher à transformer le résultat,


calculer le nombre dérivé de :
Test 352
!
   p 
7 (3 x+2) 2
ln ln 1 + e sin ln cos 5 ((x 2 + x + 1) 3 )

f1 , f2 et f3 sont dérivables sur I.


Montrer que le produit f1 f2 f3 est dérivable sur I.
Test 353 Yn
Généraliser au produit fini fi . En déduire la dérivée de f n .
i=1

Si la somme f1 + f2 est dérivable en x0 , peut-on en déduire que f1 et f2 sont dérivables


Test 354
en x0 ? Que peut-on dire de f1 et f2 si f1 + f2 n’est pas dérivable ?

f est dérivable en 0, g ne l’est pas. Que peut-on √ dire du produit f g ?


Test 355 Étudier le cas particulier où f (x) = x et g(x) = x .

f et g sont continues en 0, f (0) = 0 et g ◦ f est dérivable en 0.


Test 356 Peut-on affirmer que f est dérivable en 0 ? que g est dérivable en 0 ?
(Argumentez la réponse.)

r
1 + cos x
Test 357 Soit f (x) = . Quel est l’ensemble de définition de f ? l’ensemble de conti-
1 − cos x
nuité ? l’ensemble de dérivabilité ?

Lycée Châtelet Douai Page 190


13.1. FONCTIONS DÉRIVABLES

13.1.5 Fonction réciproque


Th. . Dérivée d’une fonction réciproque
Si x0 ∈ I intervalle et f : I → J est une bijection continue 2 , alors :
 −1
 f
 dérivable en y0 = f (x0 )
f dérivable en x0 1
⇒ −1 0
f 0 (x0 ) 6= 0  (f ) (y0 ) = f 0 ◦ f −1 (y0 )

Note : on peut confirmer ce résultat en


dérivant la composée f −1 ◦ f = Id

Interprétation graphique pour f croissante. 3 ϕ


0 −1 0
f (x) = tan θ et (f ) (y) = tan ϕ
π
θ + ϕ = donne la relation. θ
2

Montrer que f : x 7→ x 3 − 3 x 2 + 3 x + 3 est bijective de R vers R et que l’application


Test 358 réciproque est dérivable en 3, en 5 et en 12. Calculer ces nombres dérivés. En quels
points f −1 n’est-elle pas dérivable ?

Montrer que f : x 7→ 2 x + sin x est une bijection de R vers R.


Test 359 En quels points la courbe représentative C de la fonction réciproque admet-elle une tan-
3
gente de coefficient directeur ?
2

13.1.6 Dérivées usuelles

conditions ( 4) domaine expression dérivée


xn n xn−1

n ∈ N − 1 x∈R
n∈Z− 1 x ∈ R∗ xn n xn−1 en particulier pour 1
x
n∈R x>0 xn
√ n xn−1 √
1 n
? x>0 x 2

x
en particulier pour x

conditions ( 4) domaine expression dérivée


x∈R ex ex
a>0 x∈R ax x
a ln a
1
x>0 ln x x
1
a > 0 , a 6= 1 x>0 loga x x ln a

conditions ( 4) domaine expression dérivée


x∈R sin x cos x
x∈R cos x − sin x
x 6≡ π2 [π] tan x 1 2
cos 2 x =1+tan x

conditions ( 4) domaine expression dérivée


x∈R sh x ch x
x∈R ch x sh x
1
x∈R th x ch 2 x
=1−th 2 x

conditions ( 4) domaine expression dérivée


? −1 < x < 1 Arcsin x √ 1
1−x 2
1
? −1 < x < 1 Arccos x − √1−x 2
1
x∈R Arctan x 1+x 2

2. Donc f strictement monotone et J est un intervalle.


3. Dans le cas d’une fonction réelle.
4. Pour les fonctions marquées d’une étoile, les ensembles de dérivabilité ne sont pas les mêmes que les ensembles
de définitions.

Page 191 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

r
1 + cos x
Test 360 Soit f (x) = Arctan .
1 − cos x
Justifier que f est dérivable sur ]0, π[ . Calculer et simplifier cette dérivée ?

13.2 Dérivées d’ordre supérieur

13.2.1 Classe d’une fonction


Soit f ∈ F(I, K) :
• si f est continue sur I, on note f ∈ C 0 (I, K)
• Si f est dérivable sur I nous noterons f ∈ D1 (I, K)
• Si f 0 est continue sur I, on note f ∈ C 1 (I, K)
• Généralisation : (n ∈ N∗ )
◦ On pose f (0) = f
◦ f est n fois dérivable ssi f est (n − 1) fois dérivable, et
la dérivée d’ordre (n − 1) est dérivable.
◦ Nous écrirons f ∈ D n (I, K) ,
dn
la dérivée d’ordre n étant notée f (n) ou f
dx n
◦ Si f (n) est continue sur I, on dit que f est de classe C n
qui se note f ∈ C n (I, K)
◦ f est indéfiniment dérivable ssi ∀ n ∈ N, f ∈ D n (I, K)
qui se note f ∈ C ∞ (I, K)

13.2.2 Propriétés
Relations entre ces ensembles :
• C 0 ⊃ D1 ⊃ C 1 ⊃ D 2 ⊃ · · · ⊃ D n ⊃ C n ⊃ · · · ⊃ D∞ = C ∞
\ \
• C∞ = Cn = Dn
n∈N n∈N∗

Remarque Chacune des inclusions précédentes est stricte.


Ceci se démontre en (
utilisant les fonctions
1
fk : x 7→ xk sin (k ∈ N∗ )
x
prolongée par fk (0) = 0

Utiliser la fonction f3 pour montrer que l’inclusion C 1 ⊃ D 2 est stricte.


Pour cela on précisera la dérivabilité et la dérivée de f3 sur R∗ ,
Test 361 puis on montrera que f3 est dérivable en 0 grâce à la limite du taux d’accroissement,
ensuite on vérifiera que f30 est continue en 0 enfin que f30 n’est pas dérivable en 0.
Que prouverait-on en utilisant la fonction f4 ?

Règles de calculs :
0
• ∀ n ∈ N, f (n+1) = f (n) = (f 0 )(n)
(p)
• ∀ n, p ∈ N, f (n+p) = f (n)

Th. . Une caractérisation des fonctions de classe C n


∀ n ∈ N∗ :
f est de classe C n ⇔ f 0 est de classe C (n−1)
(Cette caractérisation reste valable pour les fonctions ”n fois dérivables”.)

Lycée Châtelet Douai Page 192


13.3. ÉTUDE GLOBALE DES FONCTIONS DÉRIVABLES À VALEURS DANS R

Soit f dérivable sur R qui vérifie l’équation différentielle f 0 = e f .


Test 362 Montrer que f est de classe C ∞ sur R.
On pourra procéder par récurrence.

13.2.3 Opérations
• Linéarité : si f et g sont de classe C n (resp. D n ) sur I, alors
◦ f + g est de classe C n (resp. D n ) sur I, et (f + g)(n) = f (n) + g (n)

◦ ∀ λ ∈ K, λ f est de classe C n (resp. D n ) sur I et (λ f )(n) = λ f (n)


◦ Conséquence : C n (I, K) et D n (I, K) sont deux K-espaces vectoriels
et f 7→ f (n) est une application linéaire.

π
Test 363 Montrer que ∀n ∈ N, ∀x ∈ R, sin(n) (x) = sin(x + n ).
2

• Produit, quotient :
◦ si f et g sont de classe C n (resp. D n ) sur I, alors
f g est de classe C n (resp. D n ) sur I
n  
n
X
4
formule de Leibniz ∀n∈N (f g)(n) = k
f (k) g (n−k)
k=0

1 f
◦ Si de plus g ne s’annule pas sur I, alors et sont de classe C n
g g

Une application classique à connaı̂tre :


Test 364 utiliser la formule de Leibniz pour calculer la dérivée 4ème de x 4 ex .
Quelle est la dérivée 10ème ?

f, g et h sont 3 fois dérivables.


Test 365
Montrer que le produit f g h est trois fois dérivable et calculer la dérivée d’ordre 3.

• Composée : si f est de classe C n sur I et g de classe C n sur f (I),


alors g ◦ f est de classe C n sur I.
Démonstration non exigible

• Fonction réciproque : si f ∈ C n (I, J) est bijective, et ∀ x ∈ I, f 0 (x) 6= 0 alors, l’application


réciproque est de classe C n sur J : f −1 ∈ C n (J) .
Il est évident que ce résultat ne s’applique qu’aux fonctions réelles. Démonstration non exigible.

13.3 Étude globale des fonctions dérivables à valeurs dans R

13.3.1 Extremum local


Th. . Extremum d’une fonction dérivable

Soit f ∈ F(I, R), a ∈ I et f dérivable en a,
f présente un extremum local en a ⇒ f 0 (a) = 0
Attention : • non valable aux bornes de l’intervalle.
• la réciproque est fausse

4. Gottfried von Leibniz, 1646-1716, philosophe, scientifique, mathématicien, diplomate, juriste, rien que ça !

Page 193 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

Quels sont les extrema locaux de x → 7 x 2 (3 x 2 − 8 x + 6) ?


Test 366
Même question pour la restriction à l’intervalle [−2, 2].

-1- Montrer que le résultat est faux aux bornes de l’intervalle


-2- f peut-elle présenter un extremum en un point où elle n’est pas dérivable ?
Test 367
-3- Donner un exemple où la réciproque est fausse.
Si besoin, on pourra se limiter à une réponse graphique.

13.3.2 Rolle et accroissements finis


Th. . Théorème de Rolle 5
Soit f ∈ F([a, b ], R) (avec a < b).

f continue sur [a, b ] 
f dérivable sur ]a, b[ ⇒ ∃ c ∈]a, b[ , f 0 (c) = 0
f (a) = f (b)

Attention : Ce théorème n’est valable que pour les fonctions réelles :



R → C
Contre-exemple : f
x 7→ (x 2 − x) + i (x 3 − x)
vérifie les conditions sur [0, 1] , pourtant f 0 ne s’annule pas.

Interprétation graphique :

il existe un point à tangente horizontale.

a c b

Donner un exemple où c n’est pas unique.


Test 368
Si besoin, on pourra se limiter à une réponse graphique.


Test 369 Trouver c quand f (x) = sin(x 2 ), a = 0 et b = π

Généralisation :

f continue sur [a, +∞[ 
f dérivable sur ]a, +∞[ ⇒ ∃ c ∈]a, +∞[ , f 0 (c) = 0
f (a) = lim f 

Th. . Égalité des accroissements finis


Soit f ∈ F([a, b ], R) (avec a < b).

f continue sur [a, b ]
⇒ ∃ c ∈]a, b[ , f (b) − f (a) = (b − a) f 0 (c)
f dérivable sur ]a, b[
Attention : fonction réelle uniquement.

Interprétations :

• graphique B
il existe un point où la tangente est parallèle à AB.
• cinématique a
il existe un instant où la vitesse instantanée c b
A
est égale à la vitesse moyenne.

5. Fils d’un marchand de Basse-Auvergne, Michel Rolle, né à Ambert le 21 avril 1652 et mort à Paris le 8
novembre 1719, est un mathématicien français.

Lycée Châtelet Douai Page 194


13.3. ÉTUDE GLOBALE DES FONCTIONS DÉRIVABLES À VALEURS DANS R

Th. . Inégalité des accroissements finis


Soient a < b 
f continue sur [a, b ] 
f dérivable sur ]a, b[ ⇒ m (b − a) 6 f (b) − f (a) 6 M (b − a)
∀ x ∈]a, b[ , m 6 f 0 (x) 6 M

Justifier l’utilisation de l’inégalité des accroissements finis quand


Test 370 f (x) = x 3 et a = 5, b = 10 .
Même question avec g(x) = ln(x).

13.3.3 Fonctions lipschitziennes


6
f ∈ F(E, K) est lipschitzienne ssi
∃k∈ R∗+ ∀ x, y ∈ E, | f (x) − f (y) | 6 k | x − y |
On dit alors que f est k-lipschitzienne.

Remarques : • Une fonction est lipschitzienne si et seulement si l’ensemble


des taux d’accroissement est borné.
• Soit a < b < c. Si f est k-lipschitzienne sur [a, b] et sur
[b, c], alors f est k-lipschitzienne sur [a, c]


Soit f : x 7→ x . Utiliser le taux d’accroissement pour montrer que f est lipschitzienne
Test 371
sur [1, +∞[, mais ne l’est pas sur [0, ∞[.

a < b < c. Supposons f k1 -lipschitzienne sur [a, b] et k2 -lipschitzienne sur [b, c].
Test 372
Posons k = max(k1 , k2 ). Montrer que f est k-lipschitzienne sur [a; c].

Th. . Fonction lipschitzienne :


Si f dérivable sur I vérifie ∀ x ∈ I , |f 0 (x)| 6 k ,
alors f est k−lipschitzienne sur I
◦ Attention à la réciproque :
z Si f est k−lipschitzienne, alors ∀ x, y ∈ I , |f (x) − f (y)| 6 k |x − y|

z Mais f n’est pas nécessairement dérivable sur I (exemple x 7→ |x|)


z Si f est dérivable sur I, alors la dérivée vérifie ∀ x ∈ I |f 0 (x)| 6 k

13.3.4 Prolongements
Th. . Dérivabilité d’une fonction prolongée
Soit a ∈ I intervalle de Ret soit f ∈ F(I, R) . 
f continue sur I 
f dérivable en a

f dérivable sur I − a ⇒
0 f 0 (a) = l
f admet une limite finie l quand x → a

Remarques : • Donc f 0 est continue en a


• La réciproque est fausse
• Facilement adaptable si lim f 0 = ±∞ (”tangente verticale”)
a

Montrer que x 7→ x 2 (1 − ln x) est prolongeable par continuité en 0.


Test 373
Montrer que la fonction prolongée est de classe C 1

1
f est la fonction définie par f (x) = x 2 sin pour x 6= 0, prolongée par continuité en 0.
Test 374 x
Calculer la dérivée sur R∗ , et sa limite en 0.
Qu’en déduisez-vous ?

6. Rudoplh Otto Sigismund LIPSCHITZ (1832-1903) mathématicien Allemand. Cette notion fut introduite
pour améliorer les conditions de Cauchy (sur la résolution des équations différentielles).

Page 195 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

13.4 Étude des variations


13.4.1 Sens de variation
Th. . Fonction croissante, décroissante, monotone
Si f est dérivable sur l’intervalle I :
• f est croissante sur I ⇔ ∀ x ∈ I, f 0 (x) > 0
• f est décroissante sur I ⇔ ∀ x ∈ I, f 0 (x) 6 0
• f est constante sur I ⇔ ∀ x ∈ I, f 0 (x) = 0
Attention : uniquement valable sur un intervalle.

Th. . Fonction strictement monotone


la fonction f dérivable
 0 sur l’intervalle I est strictement monotone sur I
f garde un signe constant sur I

et f 0 n’est nulle sur aucun intervalle non dégénéré de I
Souvent, dans la pratique :
f 0 de signe constant ne s’annule qu’en des points isolés.

1
Test 375 Utiliser la dérivation pour obtenir le sens de variation de f : x 7→ .
x

Sens de variation de f : x 7→ 3 x 4 − 4 x 3 − 6 x 2 + 12 x
Test 376
(Préciser si la variation est stricte ou non)

13.4.2 Extremum (rappel)

Soit f dérivable sur l’intervalle I.



Si f présente un extremum local en x0 ∈ I alors f 0 (x0 ) = 0
Attention : ◦ ce n’est pas valable aux bornes de l’intervalle
◦ la réciproque est fausse
◦ Par contre, si f 0 s’annule en x0 en changeant de signe,
alors f présente un extremum local en x0

Test 377 Quels sont les extremums locaux de la fonction f : x 7→ sin(x) + cos(x)?

1
Test 378 Trouver a ∈ R pour que f : x 7→ Arcsin(x) + a x présente un extremum local en .
2

13.4.3 Fonction convexe


Sous-ensemble convexe : Un sous-ensemble ∆ de l’espace affine E est convexe
⇔ ∀ A, B, (A, B) ∈ ∆ 2 ⇒ [A, B ] ⊂ ∆


f ∈ F(I, R) est convexe

ssi ∆ = M (x, y) | x ∈ I et y > f (x)
est un ensemble convexe. B
A

Lycée Châtelet Douai Page 196


13.4. ÉTUDE DES VARIATIONS

Th. . Caractérisations de la convexité


f est convexe sur I :
_
• ⇔ tout sous-arc AB de C est situé sous la corde [AB ]
• ⇔ ∀(x, y) ∈ I 2 , ∀λ ∈ [0; 1],

f ((1 − λ)x + λy) ≤ (1 − λ)f (x) + λf (y)

f (x) − f (a) 
• ⇔ ∀ a ∈ I, τa : x 7→ est croissante sur I − a
x−a
• inégalité de convexité (inégalité de Jensen)
⇔ ∀ λ1 , · · · , λn ∈ R+ , ∀ x1 , · · · , xn ∈ I
n
n
! n
X X X
λi = 1 ⇒ f λ i xi 6 λi f (xi )
i=1 k=1 k=1

Test 379 Soit f : R 7→ R∗+ tel que ln(f ) est convexe. Montrer que f est convexe.

Th. . Cas d’une fonction de classe C 1 ou D 2


f est convexe sur I
• ⇔ f 0 est croissante
• ⇔ C est située au dessus de chacune de ses tangentes
• ⇔ f 00 > 0 (si f est deux fois dérivable)

Inégalités classiques de convexité

Test 380 1. Montrer que − ln est convexe et en déduire que ∀x ∈ R∗+ , ln(x) ≤ x − 1.
2. Montrer que exp est convexe et en déduire que ∀x ∈ R, ex ≥ 1 + x.
3. Montrer que pour tout x ∈ R,x − sin(x) est du signe de x.

13.4.4 Plan d’étude


L’ordre proposé ci-dessous est conseillé.

— Déterminer l’ ensembles de définition, de continuité et dérivabilité.


(Ils sont souvent très proches. On peut aussi préciser la classe)
— Éventuellement, limiter l’étude à un ensemble E
par parité, périodicité
(ne pas oublier de préciser les transformations
nécessaires pour compléter la courbe)
— Étudier le comportement aux bornes de l’ensemble E
(Ce qui comprend les prolongements par continuité, les tangentes et les branches infinies)
— Étudier les variations et les visualiser dans un tableau
(y faire figurer les valeurs des limites, extremums, etc.)
— Éventuellement, étudier certains points particuliers
(intersections avec axes et les asymptotes,
points à tangente parallèle aux axes, etc.)
— Représentation graphique, en faisant figurer tous les résultats acquis
(on s’appliquera à bien respecter les tangentes obtenues)

13.4.5 Branches infinies


Soit I un intervalle, soit x0 ∈ I.
Asymptote verticale
Soit f définie sur I − {x0 } telle que limx→x0 f (x) = ∓∞.
Alors la représentation graphique de f admet une asymptote verticale d’équation x = x0 .

Asymptote horizontale

Page 197 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

Soit f définie au voisinage de ∞ telle que limx→∞ f (x) = a ∈ R.


Alors la représentation graphique de f admet une asymptote horizontale d’équation y = a.

Branche infinie en +∞, (idem en −∞)


Soit f définie au voisinage de +∞ telle que limx→+∞ f (x) = ∓∞.
Alors plusieurs cas sont possibles :
f (x)
— Si lim = ∓∞ alors la représentation graphique de f admet au voisinage de +∞
x→+∞ x
une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées.
f (x)
— Si lim = 0 alors la représentation graphique de f admet au voisinage de +∞ une
x→+∞ x
branche parabolique de direction l’axe des abscisses.
f (x)
— Si lim = a ∈ R∗ alors deux cas sont possibles :
x→+∞ x
— Si lim f (x) − ax = ∓∞ alors la représentation graphique de f admet au voisinage
x→+∞
de +∞ une branche parabolique de direction la droite d’équation y = ax.
— Si lim f (x) − ax = b ∈ R alors la représentation graphique de f admet au voisinage
x→+∞
de +∞ une asymptote oblique d’équation y = ax + b.

Etudier les branches infinies des R.G. des fonctions suivantes :


1. x 7→ x2

2. x 7→ ex
Test 381
3. x 7→ ln(x)

1
4. x 7→ 2x + 3 +
x2 + 1

13.5 Etude des suites récurrentes


13.5.1 Utilisation du théorème de point fixe
Ce théorème est bien utile pour une suite dont on connaı̂t la convergence mais dont on ne
connaı̂t pas la limite.

Théorème (Théorème de point fixe)


Soient I un intervalle fermé, f une fonction et u une suite définie par, ∀n ∈ N, un+1 = f (un )
tels que :
1. f continue sur I.
2. ∀n ∈ N, un ∈ I.
3. u convergente.
Alors la limite l de la suite u est solution dans I de l’équation f (x) = x.

Point Méthode : Un exercice utilisant un théorème de point fixe s’articulera en 3 étapes :


1. Pour montrer que ∀n ∈ N, un ∈ I, on pourra utiliser une démonstration par récurrence.
L’hérédité donnera parfois lieu à l’élaboration du tableau de variation de f sur I afin de
montrer que I est stable par f autrement dit que f (I) ⊂ I.
2. Pour montrer que u est convergente, on pourra utiliser le théorème concernant les suites
décroissantes minorées ou croissantes majorées.
3. Il restera à appliquer le théorème et résoudre l’équation f (x) = x qui donnera la valeur
de la limite de u.
Exemple : Soit (un )n∈N la suite définie par
u0 = 2 et ∀n ∈ N, un+1 = ln (un ) + 1

Lycée Châtelet Douai Page 198


13.5. ETUDE DES SUITES RÉCURRENTES

— Montrons par récurrence que ∀n ∈ N, un ≥ 1...


— Montrons par récurrence que (un ) est décroissante.
— Soit f : x 7→ ln(x) + 1 et g : x 7→ x − f (x). On peut montrer que f est définie, continue sur [1; +∞[ et que
g est définie, continue et strictement croissante sur [1; +∞[. De plus on montre que l’équation g(x) = 0
admet une unique solution 1 dans [1; +∞[ en utilisant la bijection, autrement dit que l’équation f (x) = x
admet pour unique solution 1 dans [1; +∞[.
— (un ) est décroissante et minorée par 1, donc elle est convergente.
Finalement (un ) est convergente, tous ces termes sont dans [1; +∞[ et f est continue sur [1; +∞[. Dès lors la
limite de (un ) est solution de f (x) = x dans [1; +∞[, autement dit lim un = 1.
n→+∞

13.5.2 Utilisation de l’inégalité des accroissements finis


Par rapport à la situation précédente, on ne sait pas a priori si u est convergente.

Point Méthode : On considère la suite définie par u0 = 0 et ∀n ∈ N, un+1 = f (un ) où f


est la fonction x 7→ ln(2 + x).
On peut démontrer que :
1. f de classe C 1 sur un intervalle [0; 2].
1
2. ∀x ∈ [0; 2], |f 0 (x)| 6 .
2
3. par récurrence : ∀n ∈ N, un ∈ [0; 2].
4. f (x) = x admet une unique solution, notée α, dans [0; 2].
1
— Etape 1 Montrer que ∀n ∈ N, |un+1 − α| 6 |un − α|.
2
— f de classe C 1 sur [0; 2].
1
— ∀x ∈ [0; 2], |f 0 (x)| 6 .
2
— ∀n ∈ N, un ∈ [0; 2].
— α ∈ [0; 2].
Nous pouvons alors appliquer l’inégalité des accroissements finis :
1
∀n ∈ N, |f (un ) − f (α)| 6 |un − α|
2
Or f (un ) = un+1 et f (α) = α d’où

1
∀n ∈ N, |un+1 − α| 6
|un − α|
2
 n
1
— Etape 2 Montrer par récurrence que ∀n ∈ N, |un − α| 6 |u0 − α|.
2
 0  0
1 1
— Initialisation ; |u0 − α| = |u0 − α| donc |u0 − α| 6 |u0 − α| donc l’initia-
2 2
lisation est vraie.  n
1
— Hérédité : Supposons que |un − α| 6 |u0 − α| est vrai. Montrons alors que
2
 n+1
1
|un+1 − α| 6 |u0 − α|.
2
Or on a  
1
|un+1 − α| 6 |un − α| .
2
donc    n  n+1
1 1 1
|un+1 − α| 6 × |u0 − α| = |u0 − α|
2 2 2
L’hérédité est démontrée.
— Conclusion : Par le principe de récurrence, on obtient que
 n
1
∀n ∈ N, |un − α| 6 |u0 − α|
2

Page 199 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

— Etape 3 Montrer que lim un = α.


  n→∞  n
1 1
Puisque −1 < < 1, la suite géométrique ( )n>0 converge vers 0. Dès lors
2 2
 n
1
lim |u0 − α| = 0
n→∞ 2

Or on a l’inégalité :
 n
1
0 ≤ |un − α| 6 |u0 − α| .
2

On obtient par le théorème d’encadrement que lim |un − α| = 0. Finalement


n→∞

lim un = α
n→∞

 n
1
Remarque : un est une valeur approchée de α à  = |u0 − α| près.
2  n
1
Pour avoir une valeur approchée de α à 10−p près, il suffit que |u0 − α| ≤ 10−p , c’est-à-dire déterminer la
2
plus petite valeur de n qui vérifie l’inéquation précédente.

13.6 Cas des fonctions complexes

Ceci est un résumé des propriétés déjà établies dans ce chapitre.


D’autre-part : Une fonction complexe est un cas particulier de fonction vectorielle.
Ce qui suit est facilement adaptable aux fonctions vectorielles

13.6.1 Fonction complexe dérivable


Th. . Dérivabilité d’une fonction complexe
f ∈ F(I, C) est dérivable en x0 ∈ I ssi
sa partie réelle et sa partie imaginaire sont dérivables en x0
0 0
De plus : f 0 (x0 ) = Re f (x0 ) + i Im f (x0 )
Généralisation : une fonction vectorielle est dérivable ssi
ses fonctions coordonnées le sont.

a ∈ R. Utiliser les parties réelles et imaginaires pour montrer que t 7→ ei a t est


Test 382
dérivable, et donner une expression de la dérivée.

Opérations sur les fonctions dérivables :


Si les fonctions complexes f et g sont dérivables sur I, alors
0
• la fonction conjuguée f est dérivable sur I et f = f 0
• f + g est dérivable sur I et (f + g)0 = f 0 + g 0
• ∀ a ∈ C, a f est dérivable sur I et (a f )0 = a f 0
• f g est dérivable 7 sur I et (f g)0 = f 0 g + f g 0

 0
f f f 0g − f g 0
• si g ne s’annule pas sur I, alors est dérivable sur I et =
g g g2

7. Attention : le produit n’a pas de sens pour une fonction vectorielle

Lycée Châtelet Douai Page 200


13.6. CAS DES FONCTIONS COMPLEXES

13.6.2 Dérivées successives


Th. . Classe d’une fonction complexe
f ∈ F(I, C) est de classe C n (resp. C ∞ ) sur I
ssi Re (f ) et Im (f ) sont de classe C n (resp. C ∞ ) sur I
D n (f ) = D n Re f + i D n Im f
 
De plus :

Généralisable aux fonctions vectorielles (et ses fonctions coordonnées).

Propriétés :
• Si f et g sont de classe C n sur I, alors f + g, α f, f g sont de classe C n sur I.
• Conséquence : C n (I, C) est un C-espace vectoriel.
n  
n
X
(n)
• La formule de Leibniz reste valable : (f g) = k
f (k) g (n−k)
k=0
f
• si de plus g ne s’annule pas sur I, alors est de classe C n sur I.
g

13.6.3 Accroissements finis

Attention : avec une fonction complexe 8 , 


Le théorème de Rolle
ne sont pas valables
l’égalité des accroissements finis
Contre-exemple
ϕ : t 7→ ei t est de classe C ∞ sur R, vérifie ϕ(0) = ϕ(2 π)
pourtant ϕ0 ne s’annule pas.

Par contre, l’inégalité des accroissements finis restent valables.

Th. . Inégalité des accroissements finis (fonction complexe)


Soit f une fonction complexe
f est de classe C 1 sur [a, b ]

⇒ |f (b) − f (a)| 6 |b − a| sup |f 0 |
|f 0 | est majorée sur [a, b ] [a,b ]

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CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

13.7 Exercices

Exercice 1
Dérivée logarithmique
f 0 (x)
La dérivée logarithmique de f en x est le nombre (s’il existe).
f (x)
f
Si f et g admettent une dérivée logarithmique en x, en est-il de même pour f + g? λ f? f g? ? f n?
g
Ce résultat est-il surprenant ? Comment pouvez-vous le justifier ?

Exercice 2
Un exemple à connaı̂tre :
une fonction non nulle dont toutes les dérivées sont nulles en 0
2
Soit f définie sur R par f (0) = 0 et ∀ x = 6 0, f (x) = e−1/x .
1. Justifier que f est de classe C ∞ sur R∗ .
Pn (x) −1/x 2
2. Monter que, sur R∗ et pour tout n ∈ N∗ , f (n) (x) est de la forme e où Pn
 x3n
est un polynôme de degré au plus 2 (n − 1) .
3. En déduire (en justifiant rigoureusement) que f est de classe C ∞ sur R, et que ∀n∈
N, f (n) (0) = 0.
4. En déduire le développement limité à l’ordre n de f en 0.

Exercice 3
La formule des accroissements finis n’est pas valable dans C :
Soit f : R → C définie par f (x) = x 2 + i, x 3 . Montrer que la formule des accroissements finis
n’est pas vérifiée entre 0 et 1.
Quelle sont les conditions d’utilisation non vérifiées ?

Exercice 4
1 1
Soit f (0) = α et f (t) = √ − . Prouver qu’on peut choisir α pour que f soit continue sur
t 1 − 4t t
1
] − ∞, [. Est-ce que f est C 1 ?
4

Exercice 5
1
On définit sur ]0, 1[ la fonction f par f (x) = x exp( ). Montrer qu’on peut prolonger f en une
ln x
fonction de classe C 1 sur le segment [0, 1].

Autour des théorèmes de Rolle et des accroissements finis


Exercice 6
Soit f : x 7→ (ex − 1)(ln x − 1). Sans calcul de dérivée, montrer qu’il existe α ∈]0; e[ tel que
f 0 (α) = 0.

Exercice 7
1. Soient (a, b) ∈ R2 tels que 0 < a < b, et f : [a; b] → R continue sur [a; b] et dérivable
sur ]a; b[ telle que af (b) = bf (a). Montrer qu’il existe c ∈]a; b[ tel que cf 0 (c) = f (c).
2. Aboutir à la même conclusion sur f : [0; 1] → R est dérivable sur [0; 1] et vérifie

f (0) = f 0 (0) = f (1) = 0

Lycée Châtelet Douai Page 202


13.7. EXERCICES

Exercice 8
1 1
A l’aide du théorème des accroissements finis, calculer lim (e x+1 − e x )x2 .
x→+∞

Exercice 9
Théorème de Rolle itéré
Soit f une fonction de classe C n sur un intervalle I, admettant au moins p zéros avec p ≥ n.
Montrer que f (k) admet au moins p − k zéros pour tout k ≤ n.

Exercice 10
Soit f : R → R une fonction de classe C ∞ et périodique de période T > 0. On suppose que f
admet au moins n zéros sur [0; T [. Montrer qu’il en est de même de ses dérivées successives.

Exercice 11
Isométries de R
Soit f : R → R une fonction telle que |f 0 | est une constante C. Montrer que pour tout (x, y) ∈ R2 ,
on a |f (x) − f (y)| = C|x − y|, puis montrer que f est affine.

Exercice 12
Règle de l’Hôpital
Soient f et g deux fonctions continues sur un segment [a; b], dérivables sur ]a; b[ et à valeurs
réelles. On suppose que ∀x ∈]a; b[, g 0 (x) 6= 0.
f (b) − f (a) f 0 (c)
1. Montrer qu’il existe c ∈]a; b[ tel que = 0 . On pourra considérer une
g(b) − g(a) g (c)
fonction f − λg avec λ bien choisi.
f 0 (t)
2. On suppose que g 0 ne s’annule pas sauf en a, et que lim 0 = ` existe. Montrer que g
t→a g (t)
est injective, puis que
f (t) − f (a)
lim =`
t→a g(t) − g(a)

Exercice 13
Théorème de Darboux
Soit f : I → R une fonction dérivable (I étant un intervalle de R).
1. On suppose qu’il existe deux réels a et b tels que f 0 (a) < 0 et f 0 (b) > 0. Montrer qu’il
existe c ∈]a; b[ tel que f 0 (c) = 0. On pourra étudier, selon le signe de f (b) − f (a), l’un des
f (x) − f (a) f (x) − f (b)
taux d’accroissement x 7→ ou x 7→ .
x−a x−b
2. Soient a et b deux réels tels que a < b. Montrer que pour tout réel L compris entre f 0 (a)
et f 0 (b), il existe c ∈]a; b[ tel que f 0 (c) = L (ainsi, une dérivée, même non continue, vérifie
le théorème des valeurs intermédiaires).
3. Montrer que f 0 (I) est un intervalle.

Etudes de suites récurrentes


Exercice 14
Etudier la convergence des suites définies par

u0 ∈ R+
( ( 
u0 = 7 u0 = 4 
1. 2. 3. un 2 + 3
un+1 = cos(un ) un+1 = sin(un )  un+1 =
2(un + 1)

Page 203 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

Exercice 15
p
On considère la fonction f définie par f (x) = x2 − x + 1 et on note C la courbe représentative
de f dans un repère orthonormal.
1
(
u0 =
On définit la suite (un ) par : 2
un+1 = f (un ) si n > 0
1. Montrer que f est définie sur R
2. Dresser son tableau de variations sur R.
3. Etudier les branches infinies de la représentation graphique de f .
4. Résoudre l’équation f (x) = x
1
5. Majoration de la valeur absolue de f 0 sur l’intervalle [ ; 1]
2
(a) Exprimer f 0 (x) en fonction de x et de f (x)
r
1 3
(b) Montrer que ∀x ∈ [ ; 1], f (x) >
2 4
1 0 1
(c) En déduire que ∀x ∈ [ ; 1], |f (x)| 6 √
2 3
1
6. Montrer par récurrence que : ∀n ∈ N , un ∈ [ ; 1]
2
7. Montrer par récurrence que : ∀n ∈ N, un 6 un+1
8.
1
(a) Montrer par récurrence que : ∀n ∈ N, |un − 1| 6 ( √ )n |u0 − 1|
3
(b) Justifier que la suite (un ) est convergente et préciser sa limite.

Exercice 16
On considère la fonction f définie par : f (x) = x + 2 − 2 ln(ex + 1) et on note (C) la courbe
représentative de f dans un repère
 orthonorrnal.
u0 = 0
On définit la suite (un ) par :
un+1 = f (un ), ∀n ∈ N
1. Justifier le fait que f est définie sur R.
2. Montrer que pour tout x réel, on a : f (x) = −x + 2 − 2 ln(e−x + 1).
En déduire que f est paire sur R.
3. Déterminer la limite de f quand x tend vers +∞.
4. Démontrer que la droite D d’équation : y = −x + 2 est asymptote à C et étudier la
position de la courbe C par rapport à l’asymptote D.
5. Donner le tableau de variations de f .
6. Déterminer la solution, notée α, de l’équation f (x) = x.
ex
7. Montrer que pour tout x réel : f ”(x) = −2 x
(e + 1)2
e−1
8. En déduire que : ∀x ∈ [0, 1], |f 0 (x)| 6
e+1
9. On donne les valeurs approchées à 10−2 près suivantes :

f (0) ' 0, 61 f (1) ' 0.37 ln(e − 1) ' 0, 54

Montrer par récurrence que : ∀n ∈ N, un ∈ [0, 1]


e−1 n
10. Montrer par récurrence que : ∀n ∈ N, |un − α| 6 ( ) .
e+1
11. En déduire que la suite (un ) converge vers un réel à préciser.

Lycée Châtelet Douai Page 204


13.8. EXERCICES COMPLÉMENTAIRES

13.8 Exercices Complémentaires

Exercice 1
Soit f , une fonction dérivable sur R.
1. Que peut-on dire de f 0 si f est paire ? impaire ? T -périodique ?
2. Que peut-on dire de f si f 0 est paire ? impaire ? T -périodique ?
Z x
On rappelle : pour tout x ∈ R, f (x) = f (0) + f 0 (t)dt.
0

Exercice 2
1
On pose f (0) = 0 et pour x 6= 0, f (x) = x sin( ) : montrer que f est continue sur R, mais non
x
dérivable en 0 et lim f 0 (x) n’existe pas !
x→0

Exercice 3
π 1 1 π
On définit, sur ]0, ] : f (x) = − . Montrer qu’on peut prolonger f sur [0, ] en une
2 sin x x 2
fonction de classe C 1 .

Exercice 4
1. Montrer : ∀x, y ∈ R, | sin x − sin y| ≤ |x − y|.
π π
2. Montrer : ∀x, y ∈ [− , + ], | tan x − tan y| ≤ 2|x − y|.
4 4

Exercice 5
Soit f de classe C 2 sur [ a , b ]. Montrer que : ∀ x ∈] a , b [, ∃ c ∈] a , b [
f (b) − f (a) (x − a)(x − b) 00
f (x) = f (a) + (x − a) + f (c)
b−a 2

Exercice 6
a) Montrer : ∀x > −1, ln(1 + x) ≤ x. b) Montrer : ∀x ∈ R, ex ≥ 1 + x.

Exercice 7
Etudier les suites définies par

u0 ∈ R+ u0 ∈ R
( (
1. √ 2. √
un+1 = 3 un un+1 = − 3 un

Exercice 8
L’exercice se propose d’étudier la suite (un )n∈N définie par :

u0 = 0
∀n ∈ N, un+1 = f (un )
La fonction f étant définie sur R pour tout x réel par :
f (x) = e−x ln(1 + ex )
Partie 1 : Etude d’une fonction g intermédiaire. On considère la fonction définie sur R+
par :
t
∀t > 0, g(t) = − ln(1 + t)
t+1

Page 205 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 13. DÉRIVATION DES FONCTIONS À VALEURS RÉELLES

1. Déterminer la fonction dérivée g 0 de g et en donner son signe sur R+ .


2. En déduire les variations de la fonction g et montrer que :
∀t > 0, g(t) 6 0

Partie 2 : Etude de la fonction f


1. Démontrer que l’on a , pour tout x réel : f 0 (x) = e−x g(ex )
2. Etudier alors les variations de la fonction f (on ne demande pas ici le calcul des limites).
ln(1 + e)
3. Sachant que ln 2 ' 0.69 et que ' 0.48, montrer que l’on a, pour tout x de
e
l’intervalle [0, 1] :
0 6 f (x) 6 1
Partie 3 : Convergence de la suite (un )n∈N
1. Justifier que pour tout x de [0, 1] :
|f 0 (x)| 6 |g(e)|

2. On considère la fonction h définie sur [0, 1] par : h(x) = f (x) − x.


(a) Montrer que h est une fonction strictement décroissante sur [0, 1].
(b) Prouver que l’équation h(x) = 0 admet une unique solution dans l’intervalle [0, 1].
(c) En déduire que l’équation f (x) = x admet une unique solution α sur [0, 1].
3. Démontrer par récurrence que pour tout n entier naturel :
0 6 un 6 1

4. Montrer que, pour tout n entier naturel :


|un+1 − α| 6 |g(e)| . |un − α|
Ainsi que :
n
|un − α| 6 |g(e)|
5. Sachant que |g(e)| < 0.6, déterminer alors la limite de la suite (un )n∈N lorsque n tend
vers +∞.
6. Ecrire un programme qui fournit tous les termes de la suite u jusqu’à ce que l’écart entre
deux termes consécutifs soit inférieur à une quantité epsilon choisie par l’utilisateur.

Exercice 9
ex + e−x 2
On définit la fonction f sur R par f (x) = = ch(x).
5 5
1. Montrer que f possède, sur [0, 1], un point fixe et un seul noté α.
8
2. Montrer, pour tout a, b ∈ [0, 1] : |f (b) − f (a)| ≤ |b − a|.
15
1
3. On définit la suite u = (un )n≥0 par : u0 = et pour tout n ∈ N, un+1 = f (un ).
2
Montrer que la suite (un )n≥0 converge et déterminer sa limite.

Exercice 10  
1 1
Soit f définie par f (x) = 1 + sin sur R∗ .
2 x
1 3 1
1. Montrer : ∀x > 0, ≤ f (x) ≤ , et f (f (x)) > 1 puis que f est - lipschitzienne sur
2 2 2
[1, +∞[.
2. Montrer qu’il existe un unique ` > 1 tel que f (`) = `.
3. Soit u0 = a > 0 et pour tout n ≥ 0, un+1 = f (un ).
Justifier que, pour n ≥ 2, un existe et un ≥ 1. Montrer enfin que (un )n∈N converge vers `.

Lycée Châtelet Douai Page 206


Chapitre 14

Arithmétique des polynômes

14.1 Arithmétique des polynômes

14.1.1 Multiples et diviseurs


Rappel • Le théorème de division euclidienne indique que pour tout couple (A, B)
de polynômes, B non nul,
il existe un unique couple (Q, R) de polynômes
tels que A=BQ+R et deg(R) < deg(B)

• A · K[X] désigne l’ensemble des multiples de A


• A divise B ⇔ B est multiple de A ⇔ B ∈ A · K[X] ⇔ ∃ Q ∈ K[X] , B =
AQ

Remarque : A|B ⇔ B · K[X] ⊂ A · K[X]

Th. . Polynômes associés


A et B sont deux polynômes de K[ X ] :
A|B et B|A ⇔ ∃ λ ∈ K∗ , A = λ B
On dit que A et B sont associés .

Corollaire : A·K[X] = B ·K[X] ⇔ A et B sont associés


On reprend la notation habituelle F + G = f + g | f ∈ F et g ∈ G .
Test 383 Ecrire la forme des éléments de A · K[X] + B · K[X] et de (A + B) · K[X] .
En déduire que ces deux ensembles ne sont pas toujours égaux.

Th. . Caractérisation des ensembles de la forme A · K[X]


Soit E ⊂ K[X] , E 6= ∅ .

E est un sous-groupe de K[X]
∃ A ∈ K[X] , E = A · K[X] ⇔
∀ P ∈ E , ∀ Q ∈ K[X] , P Q ∈ E
On dit que A est un générateur du groupe E.

De plus A · K[X] = B · K[X] ⇔ A et B sont associés.



Si E 6= 0 , il existe un unique générateur normalisé.

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