ANNALES DE L’UNIVERSITE
ABDOU MOUMOUNI
DE NIAMEY
Série B
Série B
LettresetetSciences
Lettres Sciences Humaines
Humaines
Tome XVI
N° XVII
2018
2021
Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
Annales de l’Université Abdou
Moumouni de Niamey
N° XVII, 2021
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
ISSN : 1859-5014
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
Comité de lecture
Pr Boureima Amadou Université Abdou Moumouni de Niamey
Pr Issa Darangar Université de N’Djamena, Tchad
Pr Issa Moumoula Uniersité de Koudougou, Burkina Fasso
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
Secrétaire administratif des Annales de l’Université Abdou Moumouni et Responsable de la
série A : Sciences exactes, naturelles, agronomiques et de la santé : Dr Moussa HAROUNA
Co-responsable des Annales de l’Université Abdou Moumouni et Responsable de la série B :
Lettres et sciences humaines : Dr Salamatou SOW
Maquette et PAO : Mme KALILOU Nafissa Samna
Décembre 2021
ISSN : 1859-5014
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
Table des matières
L'ECONOMIE NIGERIENNE FACE AU CHOC DU CORONAVIRUS : CONSEQUENCES ET RIPOSTES EVENTUELLES ;
DONNEES PRELIMINAIRES ................................................................................................................................ 9
ABOUBE MAHAMAN LAOUAN*, .............................................................................................................................. 9
RENTABILITE ECONOMIQUE DE LA PRODUCTION DE PIMENT SELON LES STRATEGIES D’ADAPTATION AUX
VARIABILITES CLIMATIQUES AU NORD-EST DU BENIN. .................................................................................. 27
BIO SEYDOU WADE DOUKAGO, ........................................................................................................................... 27
LA VILLE DE ZINDER (NIGER) FACE A LA PANDEMIE DU COVID-19: LA DEMARCATION DES DISCOURS ENTRE LE
VRAI ET LE FAUX ............................................................................................................................................. 41
ISSA ISSOUFOU, ................................................................................................................................................... 41
INDICE DE PROPAGATION DU COVID-19 AU NIGER ET PREVISION DE CAS POTENTIELS DANS LES REGIONS
TOUCHEES ...................................................................................................................................................... 55
MALAM MAMAN M NAFIOU1 ............................................................................................................................. 55
QUELLES NOUVELLES PISTES POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE DE L’AGRICULTURE ET LA SECURITE
ALIMENTAIRE AU NIGER APRES LA PANDEMIE DE LA COVID-19 ? .................................................................. 71
LAWALI MAMANE NASSOUROU1, ........................................................................................................................... 71
RENTABILITE ECONOMIQUE DE LA PRODUCTION DE PIMENT SELON LES STRATEGIES D’ADAPTATION AUX
VARIABILITES CLIMATIQUES ........................................................................................................................... 87
BIO SEYDOU WADE DOUKAGO, ........................................................................................................................... 87
LE ROLE DU LANGAGE DANS LA JUSTIFICATION ET LA PERPETUATION DE LA TRAITE TRANSATLANTIQUE DES
ESCLAVES ..................................................................................................................................................... 105
DATONDJI COCOU ANDRÉ .................................................................................................................................. 105
CROYANCES DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE SUR LE HANDICAP ET CONDITIONS FAVORISANT L’INCLUSION
SCOLAIRE D’ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP AU NIGER .................................................................... 115
DR GALY KADIR ABDELKADER................................................................................................................................. 115
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
Rentabilité économique de la production de piment selon les
stratégies d’adaptation aux variabilités climatiques au Nord-Est
du Bénin.
Economic profitability of pepper production according to
adaptation strategies to climate variability.
Bio Seydou WADE DOUKAGO10,
Cadoké Florent Jonas DASSOUNDO-ASSOGBA, Kochigba Gboladé StevensonASSOGBA,
Jacob Afouda YABI
Université de Parakou (UP), Ecole Doctorale des Sciences Agronomiques et de l’Eau
(EDSAE), Faculté d’Agronomie (FA), Laboratoire d'Analyse et de Recherches sur les
Dynamiques Economiques et Sociales (LARDES), BP : 123, Parakou, République du Bénin
Résumé
La présente recherche vise à évaluer la rentabilité économique de la production de piment
suivant les stratégies d’adaptations développées par les producteurs au Nord-Est du Bénin. Pour
ce faire, 280 producteurs de piments ont été enquêtés et les données ont été collectées à l’aide
d’un questionnaire d’enquête. Le modèle de régression linéaire multiple a permis d’identifier
ces déterminants de la rentabilité économique de la production de piment. Cette activité est
économiquement rentable du point de vue de la marge nette, de la productivité moyenne de la
main d’œuvre et du ratio bénéfice coût. De même, les régressions linéaires multiples ont montré
que la probabilité pour le producteur d’adopter les SATD, le JF, le MCA, le MIPOC, la FoMar ;
la DiIMF, l’appartenance à la commune de Karimama, de Kandi et de Banikoara, le niveau
primaire, supérieur et plus du producteur, le fait que le producteur produit de piment long et de
l’oignon influencent l’) +un ou l’autre des indicateurs de rentabilité. La recherche suggère aux
producteurs de diversifier leurs cultures et que les projets et services de vulgarisation mettent
un accent particulier sur la formation des producteurs afin de mieux rentabiliser leur production.
Mots clés: Rentabilité économique, production agricole, régression linéaire, piment, Bénin.
Abstract
The present research aims to evaluate the economic profitability of chilli production according
to the adaptation strategies developed by producers in North-East Benin. To do this, 280 chilli
producers were surveyed and the data were collected using a survey questionnaire. The multiple
linear regression model identified these determinants of the economic profitability of chili
production. This activity is economically profitable from the point of view of net margin,
average labor productivity and cost benefit ratio. Similarly, the multiple linear regressions
10
Bio Seydou WADE DOUKAGO, 02 BP : 650 Dokparou-Parakou ; Rép du Bénin.
seywade@[Link], bioseydouw@[Link], Tél : 97-44-35-08/95-37-54-20
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
showed that the probability for the producer to adopt SATD, JF, MCA, MIPOC, FoMar; the
DIMF, membership in Karimama district, Kandi and Banikoara, the primary, higher and more
of the producer, the fact that the producer produces long chilli and onion influence one or the
other profitability indicators. Research suggests that producers diversify their crops and that
extension projects and services place particular emphasis on training producers to make their
production more profitable.
Key words: Economic profitability, agricultural production, linear regression, pepper, Benin.
Introduction
Au Bénin, l’agriculture constitue la base de l’économie et la principale source de revenus en
raison notamment de sa contribution au PIB (40 %) et de la part de la population qu’elle
mobilise (70 %) (INSAE, 2015). Il emploie plus de 60% des actifs et contribue pour plus de
35% du PIB de la majorité des pays africains et plus de 40% dans les pays les moins avancés
d’Afrique (MAEP, 2012). Le maraichage au Benin, est l’une des branches de l’horticulture, qui
contribue à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté des ménages (Allagbé et al.,
2014). Ce sont des cultures de jardin indispensables à l’organisme pour leurs apports en oligo-
éléments (vitamines et sels minéraux) (CIRAD, 2009). Il constitue une source importante
d'emplois et de revenus pour de nombreux producteurs dans les zones périurbaines et rurales
du Bénin (Sikirou et al., 2001). La production des cultures maraichères au Bénin s’est vue
accrue en moyenne entre 2003 et 2013 de 14,6% passant de 241.399 tonnes à 549.310 tonnes
(PNUD, 2015). Plusieurs cultures y sont pratiquées (la tomate, le piment, le gombo, l’oignon,
les légumes feuilles etc.) Les cultures maraîchères en générale et la production de piment en
particulier constituent une activité de contre-saison et nécessite un apport d’eau par arrosage.
Elles représentent une source alimentaire variée qui complète les besoins des populations en
aliments de base et l’amélioration des conditions économiques des ménages (Bognini, 2011).
Aussi, pour (Jama, 2008), le développement agricole se trouve-t-il au cœur des stratégies de
sécurité alimentaire et de réduction du taux de malnutrition, par ricochet de réduction de la
pauvreté dans la plupart des pays en voie de développement.
La réponse à cette question de recherche permettra d’appréhender de façon quantitative le
surplus économique que génère la production du piment selon les stratégies d’adaptation
adoptées par les producteurs face aux variabilités climatiques du Nord bénin.
Matériel et méthodes
1. Zone de recherche
La présente étude a été menée au Nord du Bénin dans le département de l’Alibori qui est une
zone très vulnérable aux effets néfastes du changement climatique à cause de ses
caractéristiques agro-écologiques (MAEP, 2014). Située entre 11°19' de latitude Nord et 2°55'
de longitude Est, le climat dans cette zone évolue de type soudanien dans sa partie Sud vers le
type soudano sahélien dans sa partie Nord. L’agriculture, première activité des populations
occupe plus de 75% des ménages dans l’Alibori. Ces activités agricoles sont favorisées par les
conditions naturelles (fertilité des sols, disponibilité des terres, etc.). La production du piment
est favorisée par un réseau hydrographique (fleuve Niger, l’Okpara…) moins important à coté
desquelles plusieurs bas-fonds sont à noter. Cette zone est dominée par le système traditionnelle
de production de piment avec pour principale source d’irrigation l’eau des fleuves et rivières.
Quatre (04) communes plus productrices du piment ont été sélectionnées. Ainsi, les communes
de Kandi, Banikoara, Malanville et Karimama ont été sélectionnées dans la zone d’étude. De
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
même, dans chaque commune, deux villages ont été choisis (Figure 1). Tous ces villages ont
été choisis sur la base des statistiques sur la production de piment sur les cinq dernières années
fournies par les Secteurs Communaux pour le Développement Agricole (SCDA).
La Figure 1 montre la carte de la zone de recherche.
Figure 1 : Situation géographique de la zone de recherche
2. Échantillonnage et base de données
Les unités d’observation de la recherche sont les producteurs de piment représentés par le chef
d’exploitation. Par village sélectionné, un échantillon de 35 producteurs potentiels de piment a
été constitué de manière aléatoire (280 au total). Les enquêtes de terrain ont été déroulées en
deux phases essentielles: la phase exploratoire et la phase d’étude approfondie. La phase
exploratoire, dans un premier temps a été enrichie par les discussions menées avec les différents
acteurs impliqués dans la production de piment, dans un second temps avait permis de prendre
contact avec les autorités politico-administratives, les personnes ressources, les organisations
paysannes et enfin de mieux échantillonner la population à enquêter. En ce qui concerne la
phase d’étude approfondie, elle avait servi à collecter les données et informations qualitatives
relatives aux différents aspects de la problématique. Les entretiens individuels et collectifs
(focus groups) et les observations étaient les principales méthodes utilisées pour la collecte des
données. Les données primaires concernaient les caractéristiques sociodémographiques des
producteurs; la perception et les stratégies d’adaptation des producteurs; les systèmes de
production, les inputs et outputs impliqués dans le processus de production et les contraintes
liées à la production de piment.
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
3. Cadre théorique sur la rentabilité économique de la production du piment
Les théories économiques sur une activité de production remontent aux classiques pour qui la
rentabilité économique suppose la maximisation de la production et la minimisation des coûts.
Pour les marginalistes, le producteur ou celui qui mène une activité arrive à l’équilibre lorsque
sa recette marginale (Rm) égalise son coût marginale (Cm). Dans le cas d’un facteur de
production, cela suppose que la productivité marginale de ce facteur de production est égale à
son prix unitaire (Batch, 2003; Plihon et al. 2002). Sous un autre angle, GLIN, (2000), déclare
que la rentabilité économique est assurée « quand les revenus tirés d’une activité donnée, sont
au moins équivalents aux coûts occasionnés par cette même activité .Par la suite, la rentabilité
économique ou rentabilité des capitaux investis est devenue un indicateur de l’analyse
économique qui permet de faire une comparaison entre des entreprises qui ont une structure
économique différente dans la mesure où l’on élimine les distorsions qui résulteraient de la
rémunération différente attribuée aux fonds propres et aux fonds de tiers.
Selon Gregersen et Contreras, (1994), on distingue deux types de rentabilité, la rentabilité
économique et la rentabilité financière. Contrairement à la rentabilité financière, la rentabilité
économique concerne plus la manière dont les deux principaux facteurs variables de production
(travail et le capital) sont valorisés au sein de l’entreprise. Elle est indépendante du type de
financement du capital et exprime la capacité du capital investit à générer un niveau donné de
revenus ou à générer un seuil optimal de production. Pour Joseph Schumpeter en 1926, le profit
peut être considéré comme le revenu net de production, et l’identification des facteurs qui
l’influencent pourraient permettre d’aboutir à sa maximisation. D’autres approches ont été
également développées pour mesurer la rentabilité. Il s’agit du seuil de rentabilité qui permet
de savoir à partir de quelle taille une activité est économiquement rentable (Gauthier et Leroux,
1988). En effet, une disponibilité des coûts moyens et du revenu moyen pour différentes
gammes de l’activité permet de déterminer les paramètres suivants: Le seuil de rentabilité
économique et le seuil de fermeture. Pour expliquer la rentabilité cette recherche se base sur la
théorie classique de la rentabilité en calculant le revenu net issu des activités menées par les
producteurs de piment, puis identifie les facteurs pouvant l’impacter tout en déterminant le
niveau de leur impact.
4. Modélisation des déterminants de la rentabilité économique de la
production de piment.
Les données collectées sont relatives aux quantités de main d’œuvre familiale et salariés, aux
coûts de la main d’œuvre salarié, aux coûts des intrants, à l’amortissement des matériels, à
l’intérêt des crédits, à la quantité de piment produite, prix unitaire auxquels le piment est vendu
et les variables liées aux stratégies d’adaptation adoptées par les producteurs. Pour calculer la
rentabilité de la production de piment, plusieurs indicateurs ont été utilisés. Il s’agit de la marge
nette, de la productivité moyenne du travail, du ratio bénéfice-coût et du taux de rentabilité
interne.
- Marge Brute ou MB de production
Elle est obtenue par déduction des coûts variables du produit brut en valeur. Il est exprimé en
FCFA/ha par la formule suivante:
MB = PBV − CV (1)
- Marge Nette ou MN de production
La marge nette de production est obtenue en déduisant du produit en valeur les coûts totaux ou
en déduisant de la marge brute les coûts fixes. Elle est exprimée en FCFA/ha par la formule
suivante:
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
MN = PBV − CT = PBV − CV − CF = MB − CF (2)
- Productivité moyenne de la main-d’œuvre familiale ou PML
Elle est définie comme la marge nette par unité de main-d’œuvre familiale utilisée pour la
production. Mathématiquement, elle est exprimée par:
MN
PML =
MO (3)
Avec MN la marge nette de l’activité de production (en FCFA par ha) et MO la quantité totale
de main-d’œuvre familiale utilisée (homme. Jour par ha). De ce fait, la productivité moyenne
nette du travail est exprimée en FCFA/[Link].
-Ratio Bénéfice/Coût ou B/C
C’est un indicateur d’analyse financière par excellence. Il exprime le gain financier total obtenu
par l’investissement d’une unité monétaire (1 franc Cfa par exemple).
En économie agricole, B est désigné par le produit brut obtenu en valeur et C par l’ensemble de
tous les coûts exprimés en valeur, y compris la main d’œuvre familiale. Ainsi, si PBV est le
produit brut en valeur, CT les coûts totaux qui ne prennent pas en compte la valeur de la main-
d’œuvre familiale et MOV la valeur totale de la main-d’œuvre familiale utilisée, on a :
PBV
B/C =
(CT + MOV ) (4)
Dans la pratique, MOV est obtenu en multipliant la quantité physique de main-d’œuvre
familiale totale par le prix moyen p de la main-d’œuvre salariée dans la zone de l’étude.
- Le Taux de Rentabilité Interne (TRI)
Le taux de rentabilité interne ou TRI est un indicateur d’analyse de la rentabilité financière
d’une activité de production.
MN
TRI = (5)
(CT + MOV )
MN représente la marge nette en FCFA/ha, CT les coûts totaux en FCFA/ha qui ne prennent
pas en compte la valeur de la main-d’œuvre familiale utilisée et MOV la valeur totale de la
main-d’œuvre familiale utilisée en homme. Jour/ha. Cette valeur de la main-d’œuvre familiale
est obtenue en multipliant le prix quotidien p de la main-d’œuvre dans la zone d’étude par la
quantité totale de main-d’œuvre utilisée (MO).
Le TRI calculé a été comparé au taux d’intérêt en vigueur dans la zone d’étude afin de voir si
l’activité est économiquement et financièrement rentable.
Pour ce qui concerne la marge nette, CV: coûts variables, correspondent aux dépenses liées à
l’acquisition d’intrants (semence, engrais, insecticides, pesticides et main d’œuvre) et CF: coûts
fixes, correspondent aux dépenses faites par l’exploitation mais non liées au volume de
production: ce sont principalement les dépenses d’investissement. Les CF sont déterminés en
appliquant un taux d’amortissement linéaire à la valeur totale d’acquisition du matériel. Ce taux
correspond à l’inverse de la durée de la vie de ce matériel.
Si MN > 0, l’activité de production de piment est économiquement rentable. Le produit brut
permet donc de couvrir toutes les charges de production. Dans le cas contraire, l’activité n’est
pas rentable du point de vue économique. De même, en ce qui concerne la productivité moyenne
de travail, PML: productivité Moyenne nette du Travail (main d’œuvre familiale en
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
FCFA/HJ) est la rémunération journalière du travail d’un actif adulte au sein de l’exploitation.
MN: marge nette en F CFA/ha, MO: main d’œuvre familiale utilisée en HJ/ha
Si PML > P (p=salaire journalier payé à un homme-jour dans les communes de Kandi, de
Malanville, de Banikoara et de Karimama, alors l’activité est rentable du point de vue salaire
payé. Dans le cas contraire, elle ne l’est pas. CT: coûts totaux de production en FCFA /ha;
VMO: main d’œuvre familiale en valeur FCFA/ha. Ensuite, le taux de rentabilité
interne, mesure la marge nette par unité de capital investi. Dans ce cas, le capital investi
correspond aux coûts totaux de fabrication des articles (Yabi et al., 2012).
Par ailleurs, le modèle de régression linéaire multivariée a été utilisé pour identifier les
déterminants de la rentabilité de la production du piment. Les variables explicatives utilisées
sont : la probabilité pour le producteur d’adopter les SATD, le JF, le MCA, le MIPOC, la
FoMar ; la DIMF, l’appartenance à la commune de Karimama, de Kandi et de Banikoara, le
niveau primaire, supérieur et plus du producteur, le fait que le producteur produit de piment
long et de l’oignon influencent l’un ou l’autre des indicateurs de rentabilité. Tandis que, les
variables expliquées sont le Taux de Rentabilité Interne, le Ratio Bénéfice Coût, la Productivité
Marginale de la main d’œuvre familiale et la Marge Nette. Ce modèle a été fait à l’aide du
logiciel STATA 13.
Résultats
5. Marge nette de production de piment selon les différentes stratégies
d’adaptation aux variabilités climatiques
La figure n° 2 présente les marges nettes moyennes des exploitations de piment en fonction des
stratégies d’adaptation adoptée pour faire face aux variabilités climatiques.
2000
1800 1719,59
1600
1400
1200
1000 886,71 Moyenne
800 Ecart type
600
400 258,64
160,93 115,14
200 60,31 68,13110,89
0
SCPC SPR SATD Total
Figure 2 : Marge nette de production de piment selon les stratégies
Source: donnée d’enquête, 2018
Pour l’ensemble des exploitations, la marge nette moyenne est de 115,14 fcfa/m2. Ce résultat
nous indique que la production de piment est une activité rentable. Lorsqu’on s’intéresse de
plus prêt à chaque stratégie d’adaptation, on constate que la marge nette annuelle moyenne
(258,64fcfa/ m2) des producteurs adoptant les Stratégies d’Adoption de Technique de Diguettes
(SATD) est supérieure à la marge nette annuelle moyenne (68,13fcfa/ m2) des producteurs
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
adoptant les Stratégies dans la Pratique de Ressemis (SPR) et lui-même supérieure à la marge
nette annuelle moyenne (60,31 fcfa/ m2) des producteurs de piment adoptant les Stratégie de
Changement de Pratique Culturale (SCPC). On constate donc quelle que soit la stratégie
d’adaptation adoptée, l’activité de production de piment est rentable du point de vue de la marge
nette. Mais l’adoptant des Stratégies d’Adoption de Technique de Diguettes (SATD) offre une
meilleure rentabilité que les autres stratégies. Ces changements de pratique culturale prennent
en compte le changement dans le mode de labour, l’adoption des variétés à cycle court. Le
labour à plat permet une meilleure rétention de l’eau tandis que l’adoption des variétés à cycle
court augure d’un bon rendement. La pratique d’Agroforesterie est aussi une pratique qui
permet la rétention de l’eau au niveau du sol, permet l’enrichissement du sol par la
décomposition des feuilles mortes et empêche les vents violents de causer des dommages au
niveau de la culture de piment.
6. Productivité moyenne de la main d’œuvre selon différentes stratégies
d’adaptation aux variabilités climatiques
La figure n° 3 présente la productivité moyenne de la main d’œuvre des exploitations de piment
en fonction des stratégies d’adaptation adoptée pour faire face au changement climatique.
3000 2666,01 2707,85 2587,33 2528,19
2500 2289,39 2355,89 2393,64
2159,02 Moyenne
2000 Ecart-type
1500
1000
500
0
SCPC SPR SATD Total
Figure 3 : Productivité moyenne de la main d’œuvre selon les stratégies
Source: donnée d’enquête, 2018
Pour l’ensemble des exploitations, la productivité moyenne de la main d’œuvre est de 2528
fcfa/[Link]. Cette valeur est supérieure au prix d’un homme jour dans la zone d’étude qui est de
2000 fcfa. La production de piment est donc une activité rentable du point de vue de la
productivité moyenne de la main d’œuvre. Lorsqu’on s’intéresse de plus prêt à chaque stratégie
d’adaptation, on constate que la productivité moyenne de la main d’œuvre des producteurs
adoptant les Stratégies dans la Pratique de Ressemis (SPR) est supérieure (2707,85
FCFA/[Link]) à la productivité moyenne de la main d’œuvre des producteurs adoptant des
Stratégies d’Adoption de Technique de Diguettes (SATD) (2587 FCFA/[Link]). Les stratégies
d’adaptation impliquant les Changement des Pratiques Culturales (SCPC) présentent une
productivité moyenne de la main d’œuvre inferieure (2289,40 FCFA/[Link]) à la productivité
moyenne des deux autres stratégies. On constate donc quelle que soit la stratégie adoptée,
l’activité de production de piment est rentable du point de vue à la productivité moyenne de la
main d’œuvre (PML). Les producteurs ont donc intérêt à produire le piment que de vendre leur
force de travail.
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Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
Mais l’adoption des Stratégies dans la Pratique de Ressemis (SPR) offre une meilleure
rentabilité du point de vue de la productivité moyenne de la main d’œuvre que les autres
stratégies. Le ressemis des plants de piment, le plus souvent favorise pour une bonne
productivité des piments à hectare.
7. Ratio bénéfice coût de la production de piment en fonction des stratégies
d’adaptation
La figure n° 4 présente le ratio bénéfice coût des exploitations de piment en fonction des
stratégies d’adaptation adoptée pour faire face aux variabilités climatiques.
15 13,51
10,04 Moyenne
10 9,1 Ecart-…
7,3
4,71
5 3,76 3,87
2,95
0
SCPC SPR SATD Total
Figure 4 : Ratio bénéfice cout de production de piment selon les stratégies
Source: donnée d’enquête, 2018
Pour l’ensemble des exploitations, le ratio bénéfice coût est de 4,71 FCFA. Cette valeur est
supérieure à 1 alors 1-franc investi par les producteurs de piment dans la zone d’étude, génère
plus de 4-franc CFA. L’activité de production de piment est donc économiquement rentable du
point de vue du ratio bénéfice coût. Lorsqu’on s’intéresse de plus prêt à chaque stratégie
d’adaptation, on constate que le ratio bénéfice coût des producteurs adoptant les Stratégies dans
la Pratique de Ressemis (SPR) est supérieure au ratio bénéfice coût des producteurs adoptant
les Stratégies d’Adoption de Technique de Diguettes (SATD) lui-même supérieure au ratio
bénéfice coût des producteurs adoptant les Stratégies de Changement de Pratique Culturale
(SCPC). On constate donc quelle que soit la stratégie d’adaptation adoptée, l’activité de
production de piment est rentable du point de vue du ratio bénéfice coût. Mais l’adoptant des
Stratégies de Pratique de Ressemis (SPR) offre une meilleure rentabilité du point de vue du
ratio bénéfice coût que les autres stratégies. Le coût d’adoption étant faible, à la fin de la
campagne le bénéfice du produit s’accroît.
8. Déterminants des indicateurs de rentabilité économiques de la production de
piment
8.1. Groupe de stratégies d’adaptation
Pour la variable des stratégies de changement de pratiques culturales, nous remarquons que les
stratégies d’adoption des techniques de diguettes contribuent positivement au taux de rentabilité
interne au seuil de significativité de 5% avec un coefficient de (14.182). Ainsi, l’application des
stratégies d’adoption des techniques de diguettes par les agriculteurs favorise une bonne
rentabilité de la production du piment dans la zone d’étude. Cela montre également que lorsque
le producteur investis dans l’adoption des stratégies de pratique de ressemis, il arrive à tirer de
bénéfice.
34
Annales de l'Université Abdou Moumouni Série B – N° XVII -2021
8.2. Facteurs influençant la production du piment
Pour la variable des feuilles jaunes (FJF), ses coefficients sont tous négatifs et significatifs à
1% et 5%. Il résulte donc que l’apparition des feuilles jaunes est liée négativement au ratio
bénéfice coût et au taux de rentabilité interne et respectivement significative à 1 % et 5%.
L’apparition des feuilles jaunes diminue alors le ratio bénéfique coût et le taux de rentabilité
interne. Les feuilles jaunes contribuent donc négativement à la rentabilité de la production du
piment du point de vue ratio bénéfique coût et le taux de rentabilité interne. Par ailleurs, les
variables manque de crédit agricole (FMCA), manque d’information sur les sources de
financement (FMISF) et manque d’information sur les procédures d’octroi de crédit (FMIPOC)
n’ont aucune influence sur la rentabilité de la production du piment car elles ne sont
significatives dans aucun des indicateurs de la rentabilité économique.
8.3. Caractéristiques et milieu d’appartenance des producteurs
D’après le tableau I, on constate que le coefficient de la variable formation technique sur le
maraichage (FoMar) par rapport à la marge nette et au taux de rentabilité interne est positif et
significatif à 5%. Ceci montre une relation significative qui contribue positivement à
l’augmentation de la marge nette et du taux de rentabilité interne. Lorsque les producteurs
reçoivent des formations sur le maraichage ces cinq dernières années, leur marge nette
augmente. Ce résultat dénote de l’importance des formations dans l’augmentation du rendement
du piment. Les coefficients de la variable accès au crédit (AC) sont respectivement positifs et
significatifs à 10%. Ceci montre que lorsque le producteur a accès au crédit pour sa production,
sa marge nette et son taux de rentabilité interne augmente. Ainsi, un accent particulier doit être
mis sur l’octroi de crédit des producteurs afin d’augmenter leur production pour un meilleur
rendement. Le tableau 1 montre que les variables distance séparant l’IMF des ménages
(DiIMF), Karimama, Kandi et Banikoara sont respectivement négatives et significatives au
seuil de 1% et 5%. Lorsque le producteur est plus proche des IMFS, sa marge nette augmente
mais son taux de rentabilité interne diminue. Lorsque le producteur appartient à la commune de
Karimama et Banikoara, marge nette et son taux de rentabilité interne diminue. Mais quand il
appartient à la commune de Kandi, son ratio bénéfice coût augmente et son taux de rentabilité
interne diminue. Ce résultat s’explique par le fait que dans la commune de Kandi les
producteurs adoptent un système traditionnel avec comme source d’eau la pluie et parfois les
cours d’eau environnant. Ce système traditionnel nécessite moins de coût de production
contrairement à Karimama et Banikoara où les producteurs adoptent un système moderne de
production avec l’irrigation qui nécessite plus d’investissement. Aussi, lorsque les producteurs
de piment ont un niveau primaire, sa productivité moyenne du travail diminue et son taux de
rentabilité interne augmente. De même, lorsque le producteur à un niveau supérieur et plus, son
ratio bénéfice coût de production du piment augmente; Les producteurs ayant un niveau
supérieur et plus planifient mieux le besoin en main d’œuvre et ne font généralement le choix
de bonne décision au moment opportun. Ce qui influe positivement sur le ratio bénéfice coût
de la production de piment.
8.4. Type de piments et autres cultures
Les coefficients de la variable piment long sont respectivement positifs et significatifs à 5%.
Ceci montre que le choix du piment long contribue significativement à une amélioration
positive de la marge nette et du ratio bénéfice coût. Par contre, les coefficients de la variable
oignon sont respectivement positifs et significatifs à 1%. Lorsque le producteur, en plus de
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produire du piment produit de l’oignon, son taux de rentabilité interne augmente. Ce résultat
peut s’expliquer par le fait que l’investissement du producteur dans la production de l’oignon
profite à la production de piment, ce qui fait que sa production est rentable.
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Variable Déterminants de la rentabilité économique de la production du piment
s
MN PML RBC TRI
Coef Sig Coef Sig Coef Sig Coef Sig
Groupe de stratégies d’adaptation
Predict 0.320 0.457 - 0.274 4.166 0.247 3.652 0.585
SPR 837.89
6
Predict 0.663 0.138 - 0.399 3.931 0.291 14.182** 0.042
SATD 668.90
4
Facteurs influençant la production du piment
FJF -0.194 0.463 - 0.187 - 0.002 -8.85** 0.032
622.54 6.966*
4 **
FMCA -0.141 0.474 123.00 0.726 -0.116 0.943 3.714 0.227
2
FMISF -0.299 0.345 - 0.194 0.054 0.984 6.856 0.164
732.32
4
FMIPOC 0.396 0.233 79.864 0.892 3.453 0.212 -3.329 0.517
Caractéristiques et milieu du producteur
FoMar 0.520* 0.039 682.61 0.126 2.7139 0.195 7.740** 0.048
* 8 37
AC 0.566* 0.038 336.28 0.486 1.906 0.401 -7.984* 0.060
* 6
DiIMF 0.015* 0.042 -9.623 0.468 0.007 0.909 0.458*** 0.000
*
Nivprimai -0.165 0.428 - 0.085 0.215 0.902 7.863*** 0.016
re 640.32
5**
Nivseconp 0.244 0.312 572.85 0.181 4.969* 0.014 -0.382 0.918
lus 12 **
Kandi 0.305 0.526 174.77 0.838 8.334* 0.039 - 0.000
* 94.078***
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Karimam - 0.001 -81.928 0.881 -1.589 0.538 - 0.000
a 1.003* 84.474***
**
Banikoara - 0.013 - 0.317 0.330 0.940 - 0.006
1.327* 940.92 22.827***
** 5
Type de piments et autres cultures
Piment 0.518* 0.021 - 0.316 4.221* 0.024 -4.493 0.194
long * 342.86 **
6
Tomate 0.081 0.671 123.27 0.866 -1.043 0.516 4.704 0.116
9
Oignon -0.156 0.705 638.45 0.107 1.091 0.751 17.885*** 0.006
3 *
Résumé du modèle
Constante 0.000 0.000 0.513 0.000
s
Nombre 231 231 231 231
d’observat
ions
R-squared 0.3615 0.1830 0.2993 0.8328
F 5.94 2.35 4.48 52.28
Prob > F 0.0000 0.0014 0.0000 0.0000
Root MSE 1.174223 2081.825 9.780787 18.2068
Tableau I : Estimation des résultats du modèle de régression linéaire
Légende: * significativité à 10%, ** significativité à 5%, *** significativité à 1%
Source: donnée d’enquête, 2018
Discussion
Nos résultats ont montré que l’activité de production de piments est économiquement rentable
du point de vue de la marge nette, de la productivité moyenne de la main d’œuvre, du ratio
bénéfice coût et du taux de rentabilité interne. De même, les résultats ont montré que la
probabilité pour le producteur d’adopter la Stratégie d’Adoption de Technique de Diguettes
(SATD) ; le fait que le producteur produit du piment long et de l’oignon; le fait que le
producteur perçoit (le jaunissement des feuilles du piment, le manque de crédits agricoles, le
manque d’information sur les procédures d’octroi de crédit) comme des contraintes ; la
formation technique sur le maraichage ; la distance séparant l’IMF des ménages, le fait
d’appartenir à la commune de Karimama, de Kandi et de Banikoara, le fait pour les producteurs
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de piment d’avoir un niveau primaire et un niveau supérieur et plus influencent l’un ou l’autre
des indicateurs de rentabilité que sont la marge nette, la productivité moyenne de la main
d’œuvre, le ratio bénéfice coût et le taux de rentabilité interne. Ces résultats sont conformes à
la théorie de la rationalité du producteur qui stipulent que pour atteindre ses objectifs, le
producteur doit choisir la combinaison des facteurs de production agricoles (travail, capital) où
les revenus marginaux sont égaux aux coûts marginaux pour toutes les alternatives d’entreprises
(Batch, 2003; Plihon et al., 2002). Nos résultats confirment ceux de beaucoup d’étude. Par
exemple, Biaou et al., (2016) ont montré que la production maraichère est rentable dans la
commune de Malanville. Nos résultats confirment ceux de Yolou et al., (2015), qui ont montré
que l’activité de production maraichère est rentable dans la ville de Parakou. Par ailleurs, ces
mêmes auteurs en 2015, ont montré que la modification de calendrier agricole n’a pas d’effets
significatifs sur la rentabilité économique de la production maraichère.
Conclusion
Les résultats de la présente recherche sur la rentabilité économique de la production de piment
montrent que l’adoption des trois stratégies développées contribue à l’amélioration de la marge
nette, de la productivité moyenne de la main d’œuvre et du ratio bénéfice coût. Mais la stratégie
de pratique de ressemis (SPR) est plus économiquement rentable du point de vue marge nette,
productivité moyenne de la main d’œuvre et du ratio bénéfice coût.
Par ailleurs, les résultats révèlent que plus le producteur à accès au crédit (AC), plus sa marge
nette et son taux de rentabilité interne augmente. De même, lorsque le producteur est plus
proche des IMFS, sa marge nette augmente. Un accent particulier doit alors être mis sur l’octroi
de crédit des producteurs afin d’augmenter leur production pour un meilleur rendement. Aussi,
les projets et services de vulgarisation doivent mettre un accent particulier sur la formation des
producteurs.
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