Définition
Le gage est un contrat par lequel le débiteur ou un tiers agissant dans son intérêt affecte une chose à
la garantie d’une obligation, et qui requiert la dépossession de la chose qui en fait l’objet. (article
1170 DOC).
Conditions de fond
- Contrat conclu entre le créancier et le constituant : soit le débiteur, soit un tiers agissant dans son
intérêt, lequel consent une sûreté pour garantir la dette d’autrui.
- Le constituant doit avoir la capacité de disposer à titre onéreux de la chose objet du gage ou du
nantissement et être propriétaire du bien gagé.
-Le gage ou le natissement de la chose d’autrui est valable à certaines conditions :
Si le maître y consent ou le ratifie ;
Au cas où le constituant a acquis postérieurement la propriété de la chose.
-Dans le cas où, le maître refuse son consentement, le gage ou le nantissement n’auront aucun effet.
-Le gage ou le nantissement peut grever un bien ou un ensemble de biens, présents ou futurs,
éventuels ou même conditionnel.
-Les biens grevés doivent être dans le commerce juridique et ne pas être frappés d’inaliénabilité.
Conditions de forme
-Le gage est parfait par le consentement des parties constaté par un acte authentique ou sous seing
privé.
-Le contrat de constitution du gage ou du nantissement doit contenir l’identité du débiteur et du
créancier nanti, le montant de la créance garantie ou le maximum qu’elle pourra atteindre, la
référence à l’acte créateur de la dette garantie ainsi que la description de la chose donnée en gage
ou nantissement.
-la remise effective de la chose qui en est l’objet au pouvoir du créancier ou d’un tiers convenu entre
les parties. (À signaler que lorsque la chose est au pouvoir d’un tiers qui la possède pour le débiteur,
il faudrait lui notifier la constitution du gage. Cette notification emporte l’obligation pour ce dernier
de posséder la chose pour le créancier).
-Lorsque le gage porte sur une part indivise d’une chose mobilière, il ne peut s’établir que par la
remise de la chose toute entière au pouvoir du créancier.
-La convention par laquelle une personne s’oblige à donner en gage une chose déterminée confère
au créancier le droit d’exiger la délivrance du gage et, à défaut, réclamer des dommages intérêts
-Possibilité de consentir un gage de second rang sur le même bien. Le premier créancier,
régulièrement averti détient alors le gage pour son compte et pour le compte du créancier suivant.
-Possibilité de convenir avec le débiteur de changer, à tout moment, tout ou partie de la chose
donnée en garantie.
L’opposabilité du gage
-L’opposabilité du gage aux tiers de la sûreté résulte de la dépossession elle-même, en ce sens que le
constituant ait remis le bien grevé entre les mains du créancier ou d’un tiers convenu.
-Il est à préciser que le créancier de bonne foi ayant reçu une chose à titre de gage de la part d’un
non propriétaire acquiert le droit de gage sur la chose dans la mesure où cette chose n’a pas été
volée ou déclarée perdue.
-La dépossession doit durer jusqu’au terme du contrat ; le créancier qui renonce à la possession,
même temporairement rend son gage inopposable aux tiers.
Les effets du gage
A- La garantie du gage
-Le droit de se faire payer sur cette chose, par préférence à tous les autres créanciers, au cas où le
débiteur manquerait à le satisfaire.
-Un droit de suite sur la chose entre quelques mains où elle se trouve
-Le droit de retenir la chose objet du gage jusqu’à parfaitement acquittement de la dette du débiteur
-Garantir non seulement le principal de la dette mais aussi les accessoires de la dette au cas où ils
seraient dus, les dépenses nécessaires faites pour la conservation du gage et les frais nécessaires
pour la réalisation du gage. La garantie s’étend de plein droit aux fruits et accessions de la chose.
-Le gage est indivisible en ce sens que le créancier n’est pas tenu de restituer le gage au débiteur tant
que l’exécution n’est pas totale, sauf en cas de constitution en gage de plusieurs choses séparées, de
manière telle que chacune d’elles garantit une partie de la dette.
-Le créancier n’a pas le droit de retenir le gage du chef de ses autres créances contre le débiteur,
qu’elles soient postérieures ou antérieures à la constitution du gage, sauf s’il a été convenu que le
gage devait servir à garantir aussi ces créances.
B- Situation des parties
Le constituant :
le remboursement au créancier ou au tiers convenu, des dépenses que celui-ci a dû engager
en vue de la conservation du bien grevé, sous réserve que ces dépenses aient été utiles et
nécessaires, ainsi que les charges et taxes payées par le créancier.
le remboursement des dommages causés par le fait de la chose gagée lorsqu’aucune faute
n’est reprochée à ce dernier.
Le créancier gagiste :
veiller à la conservation de la chose ou du droit dont il est garanti avec la diligence avec
laquelle il conserve les choses qui lui appartiennent.
Répondre de la détérioration ou de la perte de la chose causée par son fait ou sa faute à titre
personnel ou des personnes dont il doit répondre.
Non possibilité d’utiliser la chose grevée ou la donner en nantissement, que ce soit pour son
propre compte ou pour le compte d’autrui, sans l’autorisation expresse du constituant.
Si le gage porte sur des effets de commerce ou des titres de créances exigibles, le créancier,
doit à l’échéance ; procéder à leur recouvrement et prendre en sa qualité de possesseur tout
acte de conservation nécessaire.
si la chose ou ses produits menacent de se détériorer, le créancier doit en avertir aussitôt le
débiteur. Ce dernier peut récupérer les choses données en nantissement et les remplacer
ensuite par des choses de valeur équivalente
obligation de restitution de la chose gagée. cette obligation ne devient exigible qu’après
paiement intégral de la créance garantie, même si la nature des biens grevés le permet
matériellement. Le créancier doit rendre compte dans le cadre de la restitution en fin de
garantie, de tout ce qu’il a touché des fruits de la chose.
La réalisation du gage
Il existe plusieurs options de réalisation en cas de non-paiement de la dette garantie et cela après
l’envoi au débiteur d’une mise en demeure demeurée infructueuse.
1-le créancier gagiste ou nanti met en demeure le constituant ou le débiteur, selon le cas, de payer
les sommes dues. La mise en demeure fixe un délai ne devant pas être inférieur à 15 jours à compter
de la date de sa notification et cela, en vue de permettre au débiteur de régler les sommes dues.
2-Si cette mise en demeure est restée infructueuse à l’expiration dudit délai, le créancier peut
entamer la procédure de réalisation de la sûreté.
3-le créancier nanti procède à l’inscription de la mise en demeure au registre national électronique
des sûretés mobilières qui en avise, sans délai, les autres créanciers nantis inscrits.
Le gage peut etre réalisé en plusieurs manières :
1°- soit s’attribuer par voie conventionnelle la propriété de la chose gagée ou nantie en cas de
convention des parties en ce sens lors de la constitution du gage ou nantissement ;
2°- soit vendre la chose gagée ou nantie de gré-à-gré ou par voie d’enchères organisées par une
personne de droit privé ;
3°- soit faire ordonner la vente judiciaire de la chose gagée ou nantie ;
4°- soit enfin faire ordonner en justice que la chose gagée ou nantie lui demeure en paiement.
En cas de pluralité de créanciers gagistes ou nantis, le gage ou le nantissement est réalisé en tenant
compte du droit du créancier de rang supérieur à opter pour l’un des modes de réalisation précités.