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Machines à Courant Alternatif : Types et Fonctionnement

Ce document décrit les machines à courant alternatif, y compris leur constitution, fonctionnement et types. Il se concentre sur les machines synchrones, décrivant leur fonctionnement en générateur ou moteur ainsi que leur constitution comprenant le stator et le rotor.

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Machines à Courant Alternatif : Types et Fonctionnement

Ce document décrit les machines à courant alternatif, y compris leur constitution, fonctionnement et types. Il se concentre sur les machines synchrones, décrivant leur fonctionnement en générateur ou moteur ainsi que leur constitution comprenant le stator et le rotor.

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Machines à Courant Alternatif

I) Généralités :
Les machines à courant alternatif sont de nature réversible, c'est-à-dire elles peuvent
fonctionner aussi bien en moteur qu’en générateur.
Elles sont classées essentiellement en deux types
- Les machines synchrones, généralement utilisées en générateur et sont appelées alors
Alternateurs
- Les machines Asynchrones, généralement utilisées en moteur et sont appelées alors
moteur Asynchrones.
II) Constitution :
Elles sont constituées essentiellement de deux parties : une partie fixe (le stator) et une partie
tournante (le rotor)

1) Le stator : c’est un cylindre vide, fait d’un empilement de feuilles (feuilleté) identiques.
L’interieur du cylindre est encoché, dans ces encoches on loge un bobinage triphasé (ou
monophasé).

Encoche
Dent

La culasse

Vide

Le socle

Figure 1 : Stator d’une machine à courant Alternatif

2) Le Rotor : dans les machines à courant Alternatif on trouve trois types de rotors qu’on
verra en détail dans les chapitres suivants (Machines synchrones et machines
asynchrones) :
-Les rotors à pôles lisses
-Les rotors à pôles saillants
-Les rotors à cages d’écureuil.
III) Champ tournant
1) Une spire + un aimant : On fait tourner un aimant permanent à une vitesse ‘n’ en
tours/seconde. Le flux Փ(t) qui entre par la face droite de la spire est alternatif et la f.e.m
induite e(t)= -d Փ(t)/dt sera alternative.

La spire fixe

Aimant tournant
Nord Sud
1

0.8

0.6
T=période
N S 0.4

V 0.2

n= vitesse en tr/S -0.2

-0.4

-0.6

-0.8

-1
0 1 2 3 4 5 6 7

Figure : 2 Spire + aimant figure :3 f.e.m induite

La f.e.m induite sera e(t)= Emax sin ωt avec ω= 2π f ; f=fréquence


n=vitesse en tours/seconde ; T= période = temps d’un tour=1/n ; f=1/T= n.
On dit que le système (aimant tournant, spire fixe) est un générateur appelé Alternateur.

2) Aimant permanent + aiguille aimantée


Si on fait tourner l’aimant à une vitesse de rotation ‘n’ l’aiguille aimantée va suivre la
rotation à la même vitesse.

Aimant Tournant

Aiguille aimantée

S N
N S

Figure 4 : Aimant + aiguille aimantée


3) Principe en triphasé

Trois bobines décalées


Dans l’espace de ± 2π/3

ω vitesse

N S

Figure 5 : Système de création des f.e.m triphasées

L’aimant permanent (N S) tourne à une vitesse angulaire ω en rd/S, à l’interieur d’une partie fixe
qui porte trois bobines identiques dont les axes font entre eux des angles de ±2π/3. Les f.e.m
induites (e1(t), e2(t), e3(t)) aux bornes des trois bobines seront décalées entre elles de ±2π/3.
C’est le principe de fonctionnement des machines synchrones.

e1(t)=Emax sinωt

e2(t)=Emax sin(ωt-2π/3)

e3(t)=Emax sin(ωt-2π/3)

Inversement si on alimente les trois bobines par des courants triphasés de fréquence f, une
aiguille aimantée (à la place de l’aimant) va tourner spontanément à la vitesse n=f.
Chapitre IV Machines synchrones

I) Généralités :
Les machines synchrones sont appelées ainsi parce que le rotor tourne à la vitesse du champ
tournant statorique (appelée vitesse de synchronisme), elles peuvent fonctionner en moteur
ou en générateur.

1) Fonctionnement en générateur : On fait tourner le rotor (électro-aimant) à la vitesse de


synchronisme qui est déterminée par le nombre de pôles de la machine et la fréquence,
puis on récupère les FEM induites dans les bobines du stator (induit). C’est le mode de
fonctionnement le plus utilisé et dans ce cas elles sont appelées Alternateurs.
2) Fonctionnement en moteur : Dans ce cas on alimente le rotor et le stator. Ce mode de
fonctionnement est assez rarement utilisé (uniquement pour les systèmes à vitesse
constante). Elles sont aussi utilisées comme compensateur synchrone, pour relever le
facteur de puissance de certaines installation (surexcitée capacitif, sous excitée inductif).
II) Constitution : Elles sont constituées essentiellement de deux parties : une partie fixe (le
stator) et une partie tournante (le rotor)
1) Le stator : c’est l’induit, alésage cylindrique qui porte un enroulement triphasé ou
monophasé 2p pôles
a) Stator monophasé

Encoche Encoche
Dent La culasse
N S
La culasse
Dent
Nord Sud

S N
Le socle
Le socle

Figure : 6 Stator monophasé 2p=2 Figure :7 stator monophasé 2p=4

b) Stator triphasé

Stator triphasé bipolaire : il est constitué de trois bobines identiques (AX, BY, CZ) dont les
axes sont décalés de ±2π/3 électrique, figure 8.

Stator triphasé quadripolaire : il est constitué de six bobines identiques (AX, BY, CZ, A’X’,
B’Y’, C’Z’) dont les axes sont décalés de ±2π/3 électrique, figure 9.
A
Z
Y’
B
C’
Axe A 2π/3

Y Z X
X’
2π/3

B’ C
Axe B
Axe C Y
Z’
X A’
Figure 8 : Stator triphasé bipolaire 2p=2 Figure 9 : Stator triphasé quadripolaire 2p=4

2) Le rotor : c’est l’inducteur, il existe deux types de rotor, le rotor à pôles lisses et le rotor à
pôles saillants (roue polaire).
-Le rotor des machines synchrones est alimenté avec du courant continu à l’aide d’un
système (bagues, balais).
-Le rotor et le stator doivent avoir le même nombre de pôles (2p)

a) Rotor à pôles saillants : Sur les figure 10 et 11 est représenté respectivement un rotor à pôles
saillants bipolaire et quadripolaire, pour 2p= 6 on aura 6 pôles etc….

Nord Sud
N N

Figure 10 : rotor à pôles saillants 2p=2 Figure 11 : Rotor à pôles saillants 2p=4

a) Rotor à pôles lisses


Le rotor à pôles lisses est identique du point de vue construction à celui des MCC, c’est un
cylindre encoché sur sa périphérie. Dans ces encoches on loge un enroulement qu’on
alimente (à l’aide d’un système bagues-balais) avec du courant continu, de telle sorte
qu’on obtient le même nombre de pôles 2p que le stator.
N

S S
N S

Figure 11 : rotor à pôles lisses 2p=2 Figure 12 : Rotor à pôles lisses 2p=4

Alimentation
Stator

Les balais fixes

L’arbre du rotor
Rotor

Les bagues

Stator

Figure 13 : Schéma d’une machine synchrone avec système


d’alimentation (bagues+balais) du rotor

III)-Relation vitesse-fréquence
La fréquence (f) des courants induits dans les bobines du stator dépend de la vitesse du rotor
et du nombre de pôles de la machine.

1) Machine bipolaire 2P=2 donc P=1


On fait tourner le rotor à une vitesse nr=20 tours/seconde.
En un point fixe du stator, pour un tour du rotor, on observe défilé le pôle nord et le pôle sud
du rotor, donc un cycle=une période=T
Pour 20 tours /S on aura 20 cycles/seconde donc 20 T en une seconde.
20 T= 1 S ⇒T= 1/20 S et f=1/T = 20 Hz (pour p=1 et nr=20) ⇒ f = 1*20=20 Hz=P* nr
nr vitesse en tr/s
Un point fixe
Du stator Nord Sud
1

0.8

0.6 T=période
0.4

N S 0.2

-0.2

-0.4

-0.6

-0.8

-1
0 1 2 3 4 5 6 7

Figure 14 : Machine bipolaire Figure 15 : Période de la tension induite

2) Machine quadripolaire 2p=4

On fait tourner le rotor à une vitesse nr=20 tours/seconde. En un point fixe du stator, pour un
tour du rotor, on observe défilé (le pôle nord, puis le pôle sud, puis le pôle nord et enfin le
pôle sud) du rotor, donc deux cycle=deux période =2T
Pour 20 tours /S on aura 40 cycles/seconde donc 40 T en une seconde.
40 T= 1 S ⇒T= 1/40 S et f=1/T = 40 Hz (pour p=2 et nr=20) ⇒ f = 2*20=40 Hz=P. nr

nr vitesse en tr/s
Un point fixe N S N S
1

Du stator 0.8

0.6
T
0.4

0.2

S 0

-0.2

N N -0.4

-0.6

-0.8

S -1
0 2 4 6 8 10 12 14

Figure 16 : Machine quadripolaire Figure 17 : Période de la tension induite

3) Machine hexa polaire 2P=6

On fait tourner le rotor à une vitesse nr=20 tours/seconde.


En un point fixe du stator, pour un tour du rotor, on observe défilé (3 pôles nord et 3 pôles
sud) du rotor, donc trois cycle=trois période =3T
Pour 20 tours /S on aura 60 cycles/seconde donc 60 T en une seconde.
60 T= 1 S ⇒T= 1/60 S et f=1/T = 60 Hz (pour P=3 et nr=20) ⇒ f = 3*20=60 Hz=P. nr
nr vitesse en tr/s
Un point fixe
Du stator
1
N S N S N S
0.8

N S 0.6

0.4
T
0.2

S N 0

-0.2

N S -0.4

-0.6

-0.8

-1
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20

Figure 18 : Machine hexa-polaire Figure 15 : Période de la tension induite

Donc on retient
f = P. nr
4) Vitesse de rotation des alternateurs :
Pour obtenir l’énergie électrique dans les centrales de production avec une fréquence f= 50 Hz,
on doit faire tourner ces alternateurs (selon le nombre de pôles de la machine) aux vitesses
suivantes : nr= f/P = vitesse en tr/s et nr= 60 *f/P =vitesse en tr/minute,
Donc nr = 60*50/P= 3000/P

P =nombre de 1 2 3 4 5 6 8 10
paire de pôles
nr =vitesse en 3000 1500 1000 750 600 500 375 300
tours/minute

IV) FMM et Induction dans l’entrefer créé par le rotor


Soit une bobine diamétrale du rotor contenant Nr spires, traversée par le courant d’excitation J

Stator
Axe de la bobine
Entrefer
Rotor
B
Bobine diamétrale A

Flux ou ligne
d’induction
D
C Contour C

Arbre du rotor

Figure : 16 FMM et contour d’intégration


D’après le théorème d’Ampère . = . C= ABCDA= contour d’intégration fermé
AB=CD = ε = épaisseur de l’entrefer, figure 16.

=Є= .J = . +2 . ≅2 .

La perméabilité relative du fer ferromagnétique est très supérieure à celle de l’air ( μr ˃˃1), donc
toute la FMM sera concentrée dans l’entrefer.

. .
⇒ = ⇒ " = #$ = #$ non saturé car l’air ne se sature pas
! !

La moitié de la FMM Nr.J /2 pour la traversée du rotor vers le stator et la deuxième moitié
pour la traversé du stator vers le rotor.

Є(θ) 1er Harmonique B(θ)


1

0.8 Nr.J /2 μ0Nr.J /2ε


0.6

0.4

0.2
-π/2 0 +π/2 3π/2 θ= ωt -π/2 0 +π/2 3π/2 θ= ωt
0

-0.2

-0.4

-0.6

-0.8 - Nr.J /2
-1
0 1 2 3 4 5 6 7

Figure 17 : Allure de la FMM Є(θ) et de l’induction dans l’entrefer B(θ)

Toute fonction périodique f(t) peut être décomposée en séries de Fourier. Vue la double symétrie
par rapport à la demi et au quart de période, la valeur moyenne, les termes en sinus ainsi que les
termes paires en cosinus seront nulles. Ils ne restent que les termes impairs en cosinus
f(t)= B1 cos ωt+B3cos 3ωt+……. Et si on se limite au 1er harmonique on trouve :
.. 2 ..
%&'( = * +, 2- = / #0 -
)

Є(θ) = Єmax cos ωt pour la FMM et B(θ) = Bmax cos ωt pour l’induction

3 . . ..
Є1 2 = =2 et )
%&'( = * +, 2- = /2 #0 - ..
4 ! 4

B1+B2+B3
Pour trois bobines réparties
B1 B2 B3
dans trois encoches on aura :

Figure 18 : Induction résultante de trois bobines réparties


V) FEM d’une phase du stator
1) Définition : Le flux utile par pole d’une machine à courant alternatif est défini comme
suite : Փu= Bmoy* S avec Bmoy=la valeur moyenne de l’induction sous un pôle

Encoche
Dent l

La culasse

L’entrefer R
Vide
Le rotor

Le socle

Figure 16 : Géométrie de la machine

S= surface sous un pole=surface intérieur du stator/ nombre de pôles =2 π R l /2P


R= rayon interieur du stator ou extérieur du rotor, l = longueur de la machine
Pour tout signal sinusoïdal, la valeur moyenne est égale à deux sa valeur maximal
divisé par π. On suppose que l’induction est sinusoïdale donc Bmoy = 2 Bmax/π
Փu= Bmoy* S =(2 Bmax/π)*( 2 π R l /2P)=2 R l Bmax/P

2) FEM d’un brin on a vue que e = B.l .v et f=P* nr


Ω = vitesse angulaire en rd/S
V= vitesse linéaire en m/S V=R Ω=R.2π nr
nr= vitesse du rotor en tours/S
R= rayon interieur du stator
ou extérieur du rotor

L’induction est supposée sinusoïdale B(t)=Bmax cos ωt


e(t)= v.l. B(t) = R.2π nr.l .B(t)= R.2π nr.l .Bmax cos ωt= (R.2π.P. nr.l .Bmax /P).cos ωt
=(R.2π.P. nr.l .Bmax /P)cos ωt= Փu.π.[Link] cos ωt= Փu..π.f cos ωt
Pour Ns brins par phase du stator, la fem d’une phase sera :
eT(t) = Ns.e(t)=Ns. Փu..π.f cos ωt =Emax cos ωt avec
Emax = π.Ns.f.Փu. et Eeff=E= Emax/√2 =(π/√2).Ns.f. Փu=2.22 Ns.f.Փu
E = 2.22. Ns.f.Փu C’est la FEM induite dans une bobine diamétrale
et qui se trouve dans une seule encoche
3) Coefficient de Kapp : En réalité l’enroulement est généralement constitué de plusieurs
bobines, distribuées dans plusieurs encoches et la FEM devient
E = K. Ns.f.Փu Avec K=2.22*Kf*Kb = coefficient de Kapp
Kf=coefficient de forme
Kb=Kd*Ki*Kr= coefficient de bobinage
Ki= coefficient d’inclinaison ;
Kr= coefficient de raccourcissement
Kd= coefficient de distribution

Axe A
Axe A
Y Z
Y Z 2π/3

Axe B
Axe B
Axe C
Axe C
X
X
Figure 17 : Bobine diamétrale Figure 18 : Bobine diamétrale
dans une seule encoche dans trois encoches

Coefficient de bobinage : Si le bobinage est distribué dans plusieurs encoches, le coefficient


de bobinage se calcul comme suite :

&9:
678
;
Kb= 9: m = nombre d’encoches/pole/phase ;
& 678
;
P β=décalage électrique entre deux encoches consécutives;
P= nombre de paires de pôles.
O A
B

C Pour m encoches/pole/phase ; figure 19


mPβ OA =AB=BC=………….
Kb= OM/(OA+AB+BC+..)= OM/m OA
Pβ M

Figure 19 : Coefficient de bobinage


VI) Bilan de puissances et rendement
1) Pertes constantes :
- Les pertes mécaniques : elles sont dues aux frottements mécaniques sur l’arbre et à la
ventilation. Elles ne dépendent que de la vitesse et comme la vitesse est constante nr=ns
elles sont constantes : Pmec= cte.
- Les pertes fer : ce sont les pertes par hystérésis et par courants de Foucault, elles ne
dépendent de la fréquence et de l’induction maximale dans l’entrefer ( qui ne varient pas
beaucoup) donc elles sont constantes : Pfer = cte.
- Les pertes par excitation : c’est la puissance dépensée dans l’inducteur (circuit rotorique
alimenté par du courant continu). Elles ne dépendent pas de la charge, donc elles seront
constantes : Pex=U*J=Rex*J2 = cte.
Pfer+Pmec+Pex =α =cte

2) Les pertes variables : Ce sont les pertes par effet Joules dans l’induit (stator), qui
est généralement triphasé (étoile ou triangle) :

Pj= 3 R I2=(3/2 )*r*I2 = β I2 r =résistance mesurée entre phases


R= résistance d’une phase
I= courant de ligne (induit)

Pu= 3 V I cosϕ
Pa=puissance mécanique Pe =√3 U I cosϕ
=C.Ω + RexJ2

Pfer Pj
Pmec Pex

Figure. 19 : Bilan de puissances d’un Alternateur

3) Rendement d’un alternateur

=>766'8?@ >A7 @ 9> 9> 9>


ɳ= = = =
=>766'8?@ 'B6C Bé@ 9' 9> + 9@ A@6 9> + 9&@? +9@( + 9E@ + 9F

9> I J K LMNO
= =
9> + G + :H ; I J K LMNO + G + :H;

4) Rendement maximal


= , ⇒ IQ?C6RSG − :H; U = , ⇒ G = :H;
PH
Le rendement est maximal quand pertes constantes = pertes variables
Rendement maximal

ɳ Rendement

Pertes variables =β I2

Pertes constantes= α

IM I

Figure. 20 : Rendement d’un Alternateur


VII) Caractéristiques des alternateurs
1) Caractéristique à vide : On fait tourner le rotor à la vitesse de synchronisme nr=ns, on
excite le rotor, on fait varier le courant d’excitation J et on relève la tension induite EJ aux
bornes de l’induit en fonction de ce courant EJ= f(J)

Phase A
J Phase B
E
Phase C
A EJ V
Neutre

Figure. 21 : Schéma de montage pour relever la caractéristique à vide

à vide le courant d’induit I est nul, on relève la tension entre phase et neutre EJ= Ev=f(J).
La zone1 est la zone non saturée, elle est linéaire, la zone 2 c’est le coude et la zone 3 c’est
la zone de saturation. Dans la zone non saturé la FEM induite EJ est proportionnelle au
courant d’excitation EJ = k. J
EJ=Ev Sens décroissant

La moyenne

Sens croissant

Zone 3

Zone 2
Rémanent

Zone 1

Figure. 22: Caractéristique à vide d’un alternateur

2) Caractéristique en charge : On fait tourner le rotor à la vitesse de synchronisme nr=ns, on


excite le rotor jusqu’à sa valeur nominale J=Jn=cte, on charge l’alternateur avec une charge
triphasé équilibrée variable et on relève à cosφ=cte la tension V entre phase et neutre en
fonction du courant d’induit.

A
I
J
E

A V v

Figure. 23 : Schéma de montage pour relever la caractéristique en charge

On remarque qu’il y a une chute de tension ΔV = Ev - V qui croit avec le courant d’induit.
Cette chute de tension est due essentiellement à la résistance de l’induit (RI) aux fuites
magnétiques (Lω I) et à la réaction magnétique de l’induit qui est fonction de I et de cos φ.
Ev=V0
cos φ capacitif

cos φ résistif

cos φ inductif

I Max I
Figure. 22: Caractéristique en charge d’un alternateur

VIII) Diagrammes vectoriels de fonctionnement


Pour décrire le fonctionnement des alternateurs il n’est pas obligatoire de réaliser les essais au
laboratoire, les diagrammes vectoriels de fonctionnement permettent de prévoir de manière
analytique ou graphique les variations d’une grandeur en fonction des autres grandeurs, par
exemples V= f (EJ , I, cos ϕ) ou EJ= f (V , I, cos ϕ).
Il existe quatre sortes de diagrammes principaux qui diffèrent entre eux par leur précision :
1) Diagramme à réactance synchrone : (Behn-Eschenburg) Il est utilisé pour les machines à
pôles lisses, ce diagramme ne tient pas compte de la saturation.
2) Diagramme de Potier : Il est utilisé pour les machines à pôles lisses, ce diagramme tient
compte de la saturation.
3) Diagramme à deux réactances : Il est utilisé pour les machines à pôles saillants, ce
diagramme ne tient pas compte de la saturation.
4) Diagramme de Blondel : Il est utilisé pour les machines à pôles lisses, ce diagramme tient p
compte de la saturation.

IX) Diagramme à réactance synchrone


Dans ce diagramme on néglige la saturation ⇒ EJ=K J et EI= K α I
EJ= La f.e.m créé par le courant inducteur J
EI= La f.e.m créé par le courant d’induit I
Pour simplifier le schéma on représente la machine synchrone suite : chaque phase du stator
présente une résistance interne R et une réactance de fuite lω , figure :23 .

1) Réaction d’induit : Les brins actifs de l’induit (stator) sont traversés par le courant d’induit I
et ils se trouvent dans un champ magnétique variable (créé par le rotor), vont créer une f.e.m
antagoniste (nuisible) qu’on appelle f.e.m de réaction d’induit EI=-jK α I
En réalité la machine fonctionne sous la f.e.m résultante Er:
Er= EJ + EI =R I + j lω I+ V
EJ= Er - EI =R I + j lω I+ V- EI =R I + j lω I+V+ j K α I
=R I + j (lω + K αU I+V =R I + j X I+V

Avec X= lω +Kα = Réactance synchrone, elle rend compte de tout


le flux qui traverse l’induit
R I lω
Phase A J EA

VA
Phase B Rex

J
Rotor Stator

Phase C

Figure. 23: Schéma et circuit équivalent d’un alternateur

L’alternateur est assimilé à une source de f.e.m EJ ayant une impédance interne Z=R+jX.
Comme on est en triphasé équilibré on ne représente qu’une seule phase.

I kα R lω

EJ
V

Figure. 24: Circuit équivalent d’un alternateur avec sa réactance synchrone

D’où le diagramme vectoriel suivant :


EJ

Er -j K α I

ϕ V ϕ j lωI

I RI

Figure. 25: diagramme vectoriel d’un alternateur avec sa réaction d’induit


Ce diagramme permet à partir du régime aux bornes (V I ϕ) de passer à la f.e.m EJ que doit
créer le flux inducteur

EJ C

ϕ
jXI
O A D B
ϕ V ϕ

I RI
E F

Figure. 25: diagramme vectoriel d’un alternateur avec sa réactance synchrone

EJ2= OC2= OB2+BC2


OA=V ; AD=R I cos ϕ ; DB=EF= X I sin ϕ
OB=OA+AD+DB =V+ R I cos ϕ + X I sin ϕ
BC=FC-FD= X I cos ϕ –R I sin ϕ
EJ2= OC2= OB2+BC2
EJ2= (V+ R I cos ϕ + X I sin ϕ)2+ (X I cos ϕ –R I sin ϕ)2

et Q = _`;a − H; Sb ?C6R − c 678RU; − HSc?C6R + b 678RU

2) Diagramme de Behn-Eschenburg simplifié

Dans ce diagramme on néglige R I devant X I et V

EJ C

jXI
O A B
ϕ V

EJ2= (V+ X I sin ϕ)2+ (X I cos ϕ)2

et Q = _`;a − H; Sb ?C6RU; –I b 678R


3) Détermination des éléments du diagramme de Behn-Eschenburg
a) Résistance d’une phase = R: La mesure doit se faire à chaud c'est-à-dire après un
certain temps de fonctionnement, on peut procéder à l’aide d’un Ohmmètre et
mesurer la résistance (r) entre deux phases du stator
r mesurée = 2 R si le branchement est en étoile
r mesurée= 3 R/2 si le branchement est en triangle
b) Essai à vide on reprend la caractéristique à vide (figure 22) en supposant que la
machine n’est pas saturée, donc EJ= f(J) sera une droite. EJ= K J
c) Essai en court-circuit : - On fait tourner le rotor jusqu’à la vitesse synchrone ;

Icc A

Rh J
E

Figure. 25: Schéma de montage de l’essai en court-circuit

-On court-circuite les trois phases du stator à travers un ampèremètre, figure : 25.
-On excite le rotor et on augmente doucement le courant d’excitation J (à l’aide du
rhéostat Rh) jusqu’à avoir Icc= In = courant nominale de la machine et on trace la
caractéristique en court-circuit Icc= f(J)= Kcc J qui est une droite (un sel point suffit)
car la machine n’est pas saturée.

Sans saturation
EJ= f(J)=K J
EJ C Avec saturation
Icc
Pente K

Pente Kcc B
Icc=f(J)= Kcc J

A J

Figure. 25: Caractéristique à vide et en court-circuit


EJ =R I + j X I+ V en court-circuit V=0 ⇒ EJ =R Icc + j X Icc⇒ EJ= Z Icc
`a h i
g=
H??
=
h%
=
i??
= √c; + b; ⇒ b = √g; − c;

X) Diagramme de Potier
Ce diagramme est utilisé pour les machines à pôles lisses (réaction d’induit transversale
et longitudinale identiques) et il tient compte de la saturation c'est-à-dire EJ n’est pas
supposé proportionnel à J.
Poitier désigne par λ la réactance de fuite lω= λ
On trace Er= R I + j λ I+ V
EJ

J jα I Er
Jr

ϕ V ϕ jλ I

I RI

Figure. 26: Diagramme de Potier

Le but du diagramme est d’arriver à J c'est-à-dire le courant d’excitation que doit créer le
flux et compenser la réaction d’induit. Ce diagramme permet de passer d’un point de
fonctionnement (V, I, cosϕ) au courant J qu’il faut donner.

1) Détermination des paramètres (λ et α ) du diagramme de Potier


- Mesure de la résistance R d’une phase du stator ;
- L’essai à vide nous donne EJ=f(J) en tenant compte de la saturation ;
- L’essai en déwatté (charge purement inductive ϕ=π/2) nous donne Vdw=f(Jdw) ou bien 1
point (Vdw, Jdw, Idw) après le coude de saturation.
- L’essai en court-circuit (1 point suffit car en CC la machine n’est pas saturée donc linéaire)
ce point doit être pour ICC= Idw ce qui nous donne le point (Jcc1, 0 V) sur l’axe OJ.

On trace sur le même graphe la caractéristique à vide et en court-circuit, on place le point


M=(Vdw, Jdw) ce point M nous donne Idw , ce Idw nous donne Icc= Idw , ce Icc nous donne grâce à
Jcc1 , le point M’ (Figure : 27), on mesure OM’ et on place O’ tel que OM’=O’M, à partir de O’
on mène O’X’ parallèle à OX (partie linéaire). O’X’ coupe la partie non linéaire en T, on
abaisse de T la perpendiculaire à O’M, cette perpendiculaire coupe O’M en S, on mesure ST
et SM et on fait la conversion (selon les échelles)
SM = α Idw en [A] et ST= λ Idw en [V]
Détermination de J :
Connaissant (R, α, λ, I, V, cosϕ) on trace Er= R I + j λ I+ V
On lit sur la caractéristique réelle E= f(J) le courant Jr correspondant à Er, on porte Jr sur
Er et on trace jαI perpendiculaire à I (figure 26) puis J = Jr +j α I

EJ X Sans saturation
Icc X’ Avec saturation

T
EJ= f(J)=K J
Vdw
O’ S M (Vdw, Jdw) pour Idw
Pente K

Pente Kcc

Idw=Icc Icc=f(J)= Kcc J

M’
O Jcc1 Jdw J

Figure. 27: Courbes permettant de déterminer α et λ

XI) Diagramme à deux réactances synchrones


Ce diagramme est utilisé pour les machines à pôles saillants donc les réactions d’induit
transversale et longitudinale ne sont pas identiques, il ne tient pas compte de la
saturation. Donc on aura Xt et Xl avec EJ=k1*J et EI=k2*I
1) Essai de glissement permet de déterminer Xt et Xl
XII) Diagramme de Blondel
Ce diagramme est utilisé pour les machines à pôles saillants donc les réactions d’induit
transversale et longitudinale ne sont pas identiques, il tient compte de la saturation

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