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Hydrogéologie des zones de failles

L'article décrit les méthodes utilisées pour étudier l'hydrogéologie des zones de failles et les processus qui influencent la perméabilité dans ces zones. Il présente des modèles de perméabilité pour différents types de roches contenant des failles.

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Hydrogéologie des zones de failles

L'article décrit les méthodes utilisées pour étudier l'hydrogéologie des zones de failles et les processus qui influencent la perméabilité dans ces zones. Il présente des modèles de perméabilité pour différents types de roches contenant des failles.

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DM FLUIDES :
L’hydrogéologie en zone de faille.

L’objectif de cet article est de faire avancer la recherche sur l'hydrogéologie des zones
de failles en fournissant un aperçu complet de l'étude de l'écoulement des fluides dans et
autour des zones de failles à faible profondeur. Selon la loi de Darcy, l'écoulement des fluides
souterrains est contrôlé par une combinaison de la perméabilité de la roche et du gradient
hydraulique dans la masse rocheuse. Pour comprendre la structure de perméabilité des
zones de failles, on examine les processus de déformation, la structure interne de la zone de
faille à l’aide d’outils (forage, diagraphies..). Dans le cas de l’hydrogéologie, une zone de faille
est le volume de roche où la perméabilité a été altérée par la déformation liée à la faille.

Différentes méthodes sont utilisées pour étudier l’hydrogéologie des zones de failles:
L’étude de surface (de 0 à 100 m) est faite par des géologues structuraux, par cartographie,
granulométrie, permettant de mesurer la porosité et la perméabilité des roches de failles
(figure 1a).
L’étude du sous-sol (plusieurs mètres jusqu’au kilomètre) est faite par des hydrogéologues,
par forages ou réseaux de source (figure 1b), permettant de modéliser la perméabilité d’une
zone de faille grâce au débit de fluide, et des natures des roches connues touchées par les
forages. La géochimie et la charge hydraulique des roches donnent d’autres indices sur les
caractéristiques hydrogéologiques des roches.
Les premières conclusions des différentes mesures sont que les failles peuvent jouer soit
comme barrière en entravant la migration des fluides, comme conduits en propageant le
mouvement, ou encore comme systèmes plus complexes, selon la nature géochimique des
roches, la température ou l’âge des eaux souterraines.
Il est cependant difficile pour les géologues structuraux et pour les hydrogéologues
de relier leurs données car elles sont souvent incompatibles. En effet, les réseaux de
surveillance (et forages) des eaux souterraines sont rarement localisés sur des zones de
failles, là où les géologues structuraux établissent leurs mesures.
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Une zone de faille est composée d’un noyau (“fault core” = FC) entouré d’une zone
endommagée (“damage zone” = DZ), elle est illustrée dans la figure 5 (5a, 5b, 5c). Le cœur
de la faille accueille la majeure partie du déplacement tandis que la zone endommagée
présente des fractures et failles mineures qui absorbent le reste de la contrainte. On appelle
épaisseur de faille la somme des épaisseurs du cœur et de la zone endommagée, elle
augmente avec la projection et le déplacement de la faille.
La perméabilité d’une faille dépend de la perméabilité de son noyau et de sa zone
endommagée. Si une zone de faille dans l’affleurement affiche plusieurs noyaux de failles
avec des zones endommagées qui se chevauchent (figure 5c), alors la structure de
perméabilité totale peut être dérivée en supposant la superposition de zones de failles
individuelles, comme illustré sur la figure 5e.
Les processus de failles augmentent ou diminuent la perméabilité, un résumé de ces
processus figure dans le tableau 2 mais certains processus vont tout de même être détaillés.
Voici quelques processus qui améliorent la perméabilité:
- Cas de roches à faible force de cohésion, appelées roches non lithifiées: Lors de
l'accommodation de la force de traction, il y’a formation de bandes de dilatation et le
tissu des grains est désagrégé le long de cette bande mais les grains ne sont pas
déplacés. Ces bandes de dilatation améliorent la perméabilité de la roche. Dans le
cas de roches lithifiées, il peut y avoir un mécanisme similaire lors d’une dilatation:
création d’un joint qui crée un espace d’écoulement pour les fluides. Ces mécanismes
sont illustrés sur la figure 7a.
- La bréchification est un processus présent surtout dans les environnements à faible
porosité (roche cristalline et carbonates). La brèche est une roche de faille composée
de fragments angulaires à gros grains qui se sont formés par fracturation à haute
densité qui sont intégrés dans une matrice à grains fins et où la matrice ne
représente que 30% du volume total de roche. La brèche est non cohésive quand elle
se forme dans les kilomètres supérieurs de la croûte. La bréchification entraîne une
amélioration de la perméabilité (+ 4-5 ordres de grandeurs)
Quelques processus qui diminuent la perméabilité:
- Lorsque les déplacements de failles sont supérieurs à l’épaisseur du lit, le flux de
particules peut entraîner le mélange de roches non lithifiées de différentes
granulométries: ce mélange de sédiments conduit généralement à une réduction de

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la perméabilité car il y’a réduction de l’espace poreux dans la zone de faille. Le degré
de réduction de la perméabilité dépend du contraste de perméabilité entre les
couches.
- La cataclasie est la fracturation fragile généralisée et la fragmentation des grains.
Sous des pressions importantes (grande profondeur d’enfouissement), la rupture des
grains (= cataclase) se produit le long des bandes de dilatation. ce qui peut conduire
à une nette diminution de la perméabilité. Le mécanisme est illustré sur la figure 7b.
- Une rupture majeure près de la surface peut entraîner la survenue d’une cataclasie
sous une pression de confinement relativement faible dans des sédiments meubles
où normalement l'écoulement particulaire dominerait comme mode de déformation.
Lorsque le flux est accompagné de cataclase, il y’a réduction de la perméabilité le
long des surfaces de glissement (- 1-3 ordres de grandeurs).
- la compaction et cimentation des sédiments en affaissement influencée par la
tectonique rend la roche moins poreuse et moins perméable.

Rappel: Le processus de roulement et de glissement des grains dans une bande de


déformation est appelé flux particulaire. Ce flux entraîne un réarrangement du réseau de
pores ⇒ impact sur la perméabilité. Dans les roches lithifiées de forte porosité (grès), le
déplacement le long des bandes de déformation est compensé par la cataclasie. Tandis que
l’écoulement de particules se produit près de la surface du sol dans la roche non lithifiée, à
de plus grandes profondeurs la roche est plus solide et la cataclasie devient le processus de
déformation dominant. A des profondeurs intermédiaires, le flux de particules peut être
accompagné d’une cataclasie. Le processus de déformation s’appelle dans ce cas la “flux de
particules facilité ou dépendant”, il est caractérisé par l’écaillage des grains

- La précipitation des minéraux dans les espaces poreux peuvent cimenter les
fractures, et entraîner la formation de nouvelles fractures selon un processus
cyclique. Des perméabilités accrues peuvent prévaloir le long des failles actives si
l'ouverture et la formation des fractures sont plus rapides que le mécanisme de
scellement par cimentation.

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Pour établir un profil de perméabilité d’une zone de faille, les géologues combinent
leurs données. Des profils modèles en sont déduits:
Les failles dans les roches cristallines non lithifiées se comportent comme un système
conduit-barrière si la cataclasie est faible car elle engendre une forte anisotropie du noyau
(alternance de zones perméables et non perméables). Quand la cataclasie est importante,
alors les failles se comportent comme des barrières.
Les failles dans les roches volcaniques tufs stratifiées non soudées se comportent de la
même façon que les roches cristallines (cas détaillé ci-dessus).
Les failles dans le basalte se comportent comme des système conduit-barrière: la
perméabilité le long des noyaux est faible dûe à la cataclase, mais la zone endommagée a
une forte perméabilité dûe aux réseaux de fractures connectés. En général, le conduit
domine la barrière (fig 9c)
Les failles dans les roches carbonatées sont dominées par le phénomène de
précipitation-dissolution des minéraux. Les nombreuses interactions eau/roche rendent la
zone hétérogène et anisotrope: Les réseaux de fractures non cimentées et de brèches
fournissent des conduits tandis que la formation de roches de failles cataclastiques à grain
fin, le maculage d'argile dans le cœur de la faille et la minéralisation des réseaux de
fractures réduisent la perméabilité de la zone de faille.
Enfin, l'orientation et l'amplitude du gradient hydraulique sont un autre contrôle primaire
sur le débit et la direction de l'écoulement du fluide dans et autour des zones de faille. La
même zone de faille peut se comporter comme une barrière pour l'écoulement à travers la
faille et un conduit pour l'écoulement parallèle à la faille principalement en raison de la
nature anisotrope inhérente des zones de faille. Lorsque l'écoulement de fluide parallèle à la
direction de la zone de faille est important, la faille serait considérée comme agissant
comme un conduit.
La figure 9 illustre les processus de perméabilité dans plusieurs roches.

Les marqueurs, les preuves des différents processus de faille sont observables; par
exemple, les roches sédimentaires clastiques ont une perméabilité élevée, elles permettent
la création de réservoirs d’eau souterraine. Aussi, l’impact des failles en tant que barrière est
visible lors de prélèvements d’eau souterraine, car cela entraîne des différentiels de charge
hydraulique (comme dans le Bas rhin, en Allemagne). Par exemple, les données de charge

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hydraulique recueillies par Medeiros et al. (2009) autour d'une zone de faille dominée par
des bandes de déformation cataclastiques dans un aquifère de grès montrent que la
perméabilité des bandes de déformation individuelles est réduite de près de cinq ordres de
grandeur par rapport à la roche hôte. De manière générale, quand il y’a une baisse de la
perméabilité, on peut observer des différentiels de charge hydraulique.

Pour modéliser l’écoulement des fluides dans les zones de failles, on utilise le Volume
élémentaire représentatif (REV), qui désigne le plus petit volume sur lequel peut être
effectué une mesure qui donnera une valeur représentative (au niveau de la porosité et de
la perméabilité) de l’ensemble de la zone.
Pour les modèles d’échelle supérieure à 10 m (tels que l’écoulement des fluides le
long des zones de failles dans les bassins sédimentaires, ou les systèmes d’écoulement des
eaux souterraines locales), on utilise le continuum, qui représente la perméabilité globale
d’une zone. L’épaisseur de la zone de faille est un paramètre crucial qui contrôle le taux de
masse de fluide et les flux de chaleur dans la zone de faille.
Enfin, les modèles de réseau de fractures discrètes (DFN), développés pour simuler
l'écoulement et le transport dans le substrat rocheux fracturé, représentent la forme,
l'orientation, la longueur et l'ouverture des fractures (qui est liée à la perméabilité) et la
connectivité des réseaux de fractures. Ces modèles utilisent des données géométriques et
hydrauliques détaillées des réseaux de fractures mesurées à l’affleurement/ forages.
La modélisation du continuum et les modèles DFN peuvent être combinés dans la simulation
de la structure de perméabilité des zones de failles. Les approches empiriques pour estimer
les propriétés hydrauliques des zones de failles sont beaucoup utilisées dans l'industrie des
hydrocarbures.

L’objectif de l’article est d'examiner le caractère hydrogéologique des zones de failles


en passant en revue les approches, les données et les interprétations parfois contrastées des
géologues structuralistes et des hydrogéologues.
Les études hydrogéologiques ont observé le débit et la direction de l'écoulement des fluides
autour des zones de failles, mais ont dérivé peu ou pas de modèles conceptuels de

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l'hydrogéologie des zones de failles pour différents contextes géologiques et hydrologiques.


Car à de faibles profondeurs (< 1 km), les processus hydrogéologiques n’ont pas d’impact sur
les processus géologiques. Ce n'est pas vrai à des profondeurs crustales plus importantes où
les pressions de fluide ont un impact significatif sur le taux et l'emplacement des processus
de failles.
Aussi, les observations hydrogéologiques montrent un large accord qualitatif avec la
structure de perméabilité des zones de failles dérivée des observations d'affleurements.
Néanmoins, aucune description de l'impact d'une zone de faille sur l'hydrogéologie n'est
complète sans la perspective à la fois de l'hydrogéologie et de la géologie structurale
combinées
Nous imaginons donc que l'étude de "l'hydrogéologie des zones de failles" pourrait évoluer
comme "l'hydrostratigraphie" a évolué en combinant les approches, les données et les
interprétations des géologues sédimentaires et des hydrogéologues. L’objectif de ce
croisement des disciplines est de nous concentrer sur les opportunités de colocaliser les
zones d'étude, partager les approches et fusionner les données, développer
des modèles conceptuels à partir de données hydrogéologiques, modéliser numériquement
les zones de failles et former des scientifiques interdisciplinaires.

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