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Diagrammes de l'air humide en PDF

Le document décrit les principes de base de l'air humide, y compris les définitions, diagrammes et opérations unitaires. Il aborde ensuite le traitement de l'air pour la ventilation et la climatisation.

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C O N SER V A TO IR E

N A T I O N A L
D E S A R T S
Techniques du Froid
E T M E T IE R S
Climatisation
PHF 106
L A B O R A T O IR E
D U F R O I D

Introduction

L'air humide

Jocelyn BONJOUR Octobre 2003

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 1


1 Définitions, notations, conventions 3
2 Les diagrammes de l'air humide 9
2.1 Différents diagrammes 9
2.2 Diagramme de Carrier 10
2.3 Diagramme de Véron-Casari 10
3 Opérations unitaires sur l'air humide 10
3.1 Tracé de droites d'évolution 10
3.2 Mélange d'air 15
3.3 Chauffage 16
3.4 Refroidissement sans déshumidification 17
3.5 Refroidissement avec déshumidification 17
3.6 Humidification par injection de vapeur 19
3.7 Humidification par laveur avec échangeur 20
3.8 Déshumidification par roue dessicante (par adsorption) 22
3.9 Echangeurs récupérateurs et caloducs 23
4 Traitement de l’air 24
4.1 Installation de ventilation - Cas hiver 25
4.2 Installation de ventilation - Cas été 25
4.3 Climatisation en été 26
4.4 Climatisation en hiver 29

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 2


1 Définitions, notations, conventions

L'air atmosphérique constitue un mélange de nombreux éléments : air sec (composé de gaz
tels l'azote, l'oxygène, ...), eau (sous forme de vapeur, de gouttelettes, ou de glace), et d'autres
éléments généralement considérés comme des "polluants" (poussières, suies, pollen, bactéries,
etc.).

Le tableau 1 indique les principaux composants de l'air atmosphérique et leur proportion.

Tableau 1 : Composition de l'air atmosphérique

AIR SEC + HUMIDITE + POLLUTION

-N2 : 78% - poussières


-O2 : 21 % eau liquide :
-Autres gaz : 1% - fumées
-CO2 brouillard, pluie
vapeur - pollen
-He
-Ne d'eau
glace (eau solide) : - bactéries
-CH4
-SO2 givre, neige - ...
-H2
-O3
-Krypton
-...

AIR HUMIDE

Sursaturé

Insaturé

Dans le cadre du cours de climatisation, les "polluants" seront généralement négligés et on


s'intéressera donc uniquement à l'air humide qui est le mélange d'air sec et d'humidité. De
plus, dans la plupart des applications, l'air humide considéré sera de l'air humide insaturé
composé d'air sec et de vapeur d'eau (cf. tableau 1).

Cette remarque nous conduit à l'hypothèse que nous utiliserons la plupart du temps, à savoir
que l'air humide se comporte comme un mélange de gaz parfaits. Nous utiliserons donc les
propriétés des mélanges de gaz parfaits étudiés en cours de Thermodynamique et en
particulier la loi de Dalton qui indique que :

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 3


"la pression, l'énergie interne, l'enthalpie et l'entropie d'un mélange de gaz parfaits sont
respectivement égales à la somme des pressions partielles, des énergies internes partielles,
des enthalpies partielles et des entropies partielles qu'auraient les gaz constituants s'ils
occupaient seuls le volume total à la température du mélange. "

ce que l'on peut formuler mathématiquement comme :

P=Pas + Pv
H=Has + Hv avec Has = mas has et Hv = mv hv

où Pas est la pression partielle d’air sec, Pv la pression partielle de vapeur d’eau, Has
l’enthalpie de l’air sec seul et Hv l’enthalpie de la vapeur d’eau seule.

Appliquant la loi des gaz parfaits pour chacun des deux gaz, on obtient:

PasV = masrasT et PvV = m vrvT où V est un volume d'air humide et T la température de l'air
humide (exprimée en K) appelée température sèche par opposition à la "température humide"
définie ultérieurement. ras et rv sont les constantes massiques de chacun des gaz (r=R/M avec
R=8,314 J/mol.K et M est la masse molaire de l'air soit 29 g/mol, ou de l'eau soit 18 g/mol.
Ainsi, ras = 287 J/kg.K et rv = 462 J/kg.K pour la vapeur d'eau).

Pour continuer à définir les propriétés d'un air humide, on raisonnera maintenant sur une
masse unitaire (mas = 1 kg) d'air sec ce qui correspond à une certaine quantité de vapeur d'eau
w (humidité spécifique ou humidité absolue) exprimée en kg de vapeur d'eau par kg d'air sec
(kg/kg AS). Le principal avantage de cette formulation vient du fait que toutes les propriétés
pourront, par la suite, être calculées à partir de la masse d’air sec (ou du débit d'air sec). Cette
convention de mode de calcul sera toujours respectée dans la suite de ce cours (sauf
indication contraire explicite).

On a alors les relations:


PvV = wrvT pour l'eau et (P − Pv)V = rasT pour l'air. En effectuant le rapport entre ces
équations, et compte tenu des valeurs numériques de ras et rv, on obtient l'expression suivante
pour l'humidité spécifique :

Pv
w = 0,622
P − Pv

Cette propriété peut être est complétée par :

• Le degré hygrométrique, également appelé humidité relative, s'exprimant en % :

Pv
ε = 100 ×
Psat

où Psat est la pression de saturation de l'eau à la température de l'air humide, donnée par des
tables où évaluée grâce à une corrélation pouvant par exemple être :

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 4


7,625 × t
log10(Psat ) = + 2,7877
241 + t

où t doit être exprimée en °C et Psat est obtenue en Pa.

Lorsque ε = 0, l'air est complètement sec (notion restant "théorique") et lorsque ε = 100%,
l'air est saturé en humidité.

• Le degré de saturation :

P − Psat
rs = 100 × w = ε
w sat P − ε.Psat

Comme pour l'humidité relative, rs varie de 0 à 100% On remarque de plus que pour une
température inférieure à 40°C environ, on a l'approximation rs ≈ ε.

• La température de rosée tr

C'est "la température à laquelle la vapeur d'eau contenue dans un air humide refroidi
lentement commence à se liquéfier".

ainsi, à la température de rosée, Pv = Psat (tr) et c'est en résolvant cette équation où tr est
inconnue tandis que Pv est connue qu'on détermine la température de rosée.

• Le volume spécifique (en m3/kg AS)

C'est le volume d'air humide contenant 1 kg d'air sec et w kg de vapeur d'eau. Avec les
relations précédentes, on peut écrire que :

rasT wr T
v= = v
P − Pv Pv

soit

462 × (0,622 + w)T


v=
P

Attention, T doit être exprimé en K et P en Pascal pour obtenir v en m3/kg !

• L'enthalpie spécifique (exprimée an kJ/kg AS)

Pour un gaz parfait, l’enthalpie ne dépend que de la température :


dh = [Link]
si on suppose que cp est indépendant de la température, on peut écrire, pour l’enthalpie de
l’air sec:
soit has=cp,as.(t-0)=1,006×t

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 5


où l’on a pris la température de 0°C comme température de référence à laquelle l’enthalpie de
l’air sec est nulle et où t représente la température en degrés Celsius.

Une démarche similaire est suivie pour la vapeur d’eau, supposée être un gaz parfait, mais une
différence importante est introduite pour l’origine de l’enthalpie. Au lieu de prendre l'origine
de l’enthalpie à 0°C pour la vapeur d’eau, c’est l’enthalpie de l’eau liquide que l’on prend
comme référence. Dans ces conditions, on a, pour la vapeur d’eau, considérée comme un gaz
parfait:

h v = L + cp, v.(t − 0) = 2500 + 1,826 × t

L’enthalpie de l'air humide est alors égale, d’après la loi de Dalton, à la somme des enthalpies
partielles qu'auraient les gaz constituants s'ils occupaient seuls le volume total à la
température du mélange, soit (en se souvenant que l'on raisonne sur une masse de 1kg d'AS et
de w kg de vapeur d'eau) :

h = 1,006 × t + w.(2500 + 1,826 × t)

Attention, si on étudie un air sursaturé, comportant un excès d'eau par rapport à la saturation
∆w=w-wsat, il faut tenir compte de la chaleur sensible contenue dans l'eau liquide et
l'enthalpie du mélange air sec+vapeur+eau liquide devient :

h = 1,006 × t + w sat.(2500 + 1,826 × t) + 4,18 × ∆w × t

• La température humide th

C'est "la température d'équilibre à laquelle s'évapore de l'eau dans un air sans cesse
renouvelé aux conditions initiales".
Pour mieux comprendre cette définition, étudions les échanges de masse et de chaleur au
niveau d'une goutte d'eau au sein d'un air humide. La température de l'air est notée t et lorsque
l'équilibre thermique et massique est atteint, la goutte est à la température th < t si bien qu'un
flux de chaleur Q s'établit de l'air vers la goutte ce qui fait s'évaporer de l'eau de la goutte
(débit m & v ) comme représenté sur la figure 1. Les échanges de chaleur et de masse ont lieu à
travers la couche limite d'air qui est constitué d'un air saturé en eau à la température et sont
caractérisés par un coefficient d'échange global thermique KS et massique αS tels que :

Q = KS(t − t h )
& v = αS(w sat − w)
m

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 6


goutte interface

th

couche KS
limite Q
αS
wsat .
m
v

air : t et w

Figure 1 : goutte d'eau en équilibre avec un air humide

Mais le flux de chaleur servant à évaporer l'eau, on a

Q=m
& v L = αS(w sat − w)L = KS(t − t h )

ce qui conduit à

αL(w sat − w)
th = t −
K

Pour utiliser cette relation, il faut évaluer les coefficients d'échange thermique et massique, ce
qui pose de nombreuses difficultés. Cette méthode étant complexe et peu précise, on
considère généralement que la température humide est proche de la température de saturation
adiabatique définie ci-dessous.

• La température de saturation adiabatique (notée t')

Cette propriété permet de d'approcher la température humide tout en évitant d'évaluer les
coefficients d'échange thermique et massique. Pour la définir, on considère un laveur
adiabatique (figure 2). Au cours de son passage dans le laveur, l’air s’humidifie jusqu’à ce
que la pression partielle de vapeur d’eau soit égale à la pression de vapeur saturante de l’eau à
la température du liquide. Cette humidification de l’air s’accompagne d’une variation de
température de l’air, que l’on va calculer. De l’eau liquide est injectée dans ce laveur afin
d’assurer la permanence d’une quantité constante d’eau liquide dans le laveur. Généralement,
l’eau est pulvérisée et recirculée dans le laveur afin d’assurer un bon contact avec l’air. Dans
la suite, nous ne nous préoccupons pas de l’efficacité du laveur puisque nous supposons que
la pression partielle de vapeur d’eau en sortie du laveur est rigoureusement égale à la pression
de vapeur saturante (air complètement saturé). On injecte donc un débit d’air supposé
constant dans ce laveur. Le débit d’eau qu’il faut injecter est également constant en régime
permanent. D’un point de vue de la thermodynamique, on a un système ouvert fonctionnant
en régime stationnaire avec écoulements permanents d’air et d’eau. On va donc pouvoir écrire
les lois de conservation de la masse et de l’énergie pour ce système ouvert.

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 7


mas1 mas2=- mas1
t1 t'
w1 wsat

mliq
t1

Figure 2 : Laveur adiabatique

-Conservation de la masse :

En utilisant l'indice 1 pour l’air entrant et l'indice 2 pour l’air sortant, et en écrivant la
conservation de la masse d'air sec, on obtient:

& 1as + m
m 2
& as =0

Ceci en tenant compte de la règle de signe qui consiste à compter positivement ce qui rentre
dans le système et négativement ce qui sort du système.
La conservation de la masse d’eau s’écrit:

& 1v + m
m & 2v = m
& liq + m & 1as.w1 + m
& liq + m 2
& as.w sat = 0

où nous avons introduit le débit liquide ( m& liq ) et l’humidité spécifique correspondant à la
vapeur saturante (wsat). On peut introduire ∆w ce qui permet d’écrire le débit liquide sous la
& 1as.∆w
& liq = m
forme: m

et donc : ∆w=wsat - w1.

- Conservation de l’énergie:

Appliquons le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire, écoulement


permanent, en négligeant les variations d'énergie cinétique et potentielle et en tenant compte
que le système n’échange ni chaleur ni travail mécanique avec l’extérieur, on arrive à :

& 1as.h1 + m
m & liq.h liq + m 2
& as h sat = 0

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 8


La conservation de l’énergie se réduit donc à une conservation de l’enthalpie. Les flux
d’enthalpie sont constitués en entrée, du flux d’enthalpie de l’air entrant et du flux d’enthalpie
de l’eau liquide et, en sortie, uniquement du flux d’enthalpie de l’air sortant.

Compte tenu de la définition de l'enthalpie, on obtient alors :

(
& 1as. (cp,as + w1cp, v)t1 + w1.L + m
m )
& 1as.∆[Link],liq.t1 − m ( )
& 1as. (cp,as + w sat cp, v)t'+w sat.L = 0

& 1as , faire passer le terme en t' dans le second


Nous pouvons diviser l’équation précédente par m
membre et regrouper tous les termes en t1:

(cp,as + w [Link], v).t' = (cp,as + [Link], v + ∆[Link],liq).t1 + (w1 − w sat ).L

soit (c p,as + w sat .c p,v ).t ' = (c p,as + w sat .c p,v + ∆w.(c p,liq − c p,v )).t 1 − ∆w.L

Le terme ∆w.(cp,liq - cp,v) est normalement beaucoup plus petit que c p,as + w sat .c p,v et peut
généralement être négligé (typiquement 0,005 kJ/[Link] pour le premier contre 1,2 pour le
second). Sous cette hypothèse, on obtient:

L.(w sat − w1)


t' = t1 −
cp,as + w [Link], v

Enfin, l'expérience a montré que le rapport K est relativement constant et


α(cp,as + w sat cp, v)
que sa valeur reste proche de 1, si bien que l'on considère généralement que

L.(w sat − w1)


t h ≈ t' = t1 −
cp,as + w [Link], v

2 Les diagrammes de l'air humide

2.1 Différents diagrammes

Les diagrammes de l'air humide sont des abaques permettant de déterminer les
caractéristiques de l'air humide à partir de deux d'entre elles, pour une pression totale donnée.
La plupart du temps, la pression considérée est la pression atmosphérique normale
(101325 Pa). La connaissance de cette pression est importante car les caractéristiques de l'air
humide peuvent dépendre notablement de cette pression, si bien qu'un diagramme établi pour
la pression atmosphérique normale ne peut pas être utilisé en altitude. On considère que les
diagrammes établis pour la pression de 101325 Pa restent valables pour des altitudes variant
entre -200 et +250 m par rapport au niveau de la mer. Pour tenir compte de l’altitude, lorsque
le diagramme n’est plus utilisable, on applique les relations mathématiques données dans les
paragraphes précédents. On peut enfin évaluer la pression atmosphérique moyenne à une
altitude z donnée grâce à l’équation suivante :

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 9


P = 1,197.10 −8 × (288 − 0,0065 × z )5,256

où P est en Pascal et z en mètres.

On distingue deux types de diagrammes : les diagrammes en coordonnées obliques et les


diagrammes en coordonnées rectangulaires.

2.2 Diagramme de Carrier

Le diagramme de Carrier (figure 3) est un diagramme en coordonnées rectangulaires dont


l'abscisse représente la température (sèche) et l'ordonnée l'humidité spécifique. On y trouve
également les lignes d'égale humidité relative, d'égale température humide, les isenthalpes et
les isochores (égal volume spécifique).

2.3 Diagramme de Véron-Casari

Dans le diagramme développé par Véron et Casari (figure 4), l'axe des abscisses représente la
température sèche et l'axe des ordonnées l'humidité spécifique. Cependant, ces axes ne sont
pas orthogonaux et les isothermes ne sont pas parallèles entre elles. C’est ce dernier que nous
utiliserons pratiquement toujours. Il est communément également appelé diagramme à
coordonnées obliques.

3 Opérations unitaires sur l'air humide


Lorsque de l'air subit une transformation (échange de chaleur ou d'humidité), son évolution
peut être (plus ou moins précisément) représentée sur un diagramme psychrométrique au
moyen d'une ligne (droite ou courbe) joignant le point représentatif de l'air avant la
transformation et celui représentatif de l'air après la transformation.
Certaines transformations courantes ou particulières de par leur tracé méritent d'être étudiées
dans le détail. Ce sont les "opérations unitaires" décrites dans les paragraphes suivants.

3.1 Tracé de droites d'évolution

On considère un débit air humide (he et we) correspondant à un débit d'air sec m & constant
circulant dans une installation (figure 5) et échangeant de la puissance thermique, exprimé en
Watts (somme de toutes les puissances entrant et sortant) et de l'humidité ( m
& w exprimé en kg
d'eau/s, somme de tous les flux d'humidité, entrant et sortant, avec une enthalpie hw) au cours
de son passage dans le système. Un bilan thermique sur le système permet d'écrire que :
& +m
Q & (h −h )+m
& .h =0 soit m & +m
& (h −h )=Q & .h
e s w w s e w w

et un bilan massique sur l'eau conduit à

&w +m
m & (w e − w s) = 0 soit m
& (w − w )=m
&
s e w
(attention, le débit d'eau peut être positif (l'air se charge en humidité) ou négatif (l'air perd de
l'eau !)

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 10


Figure 3 : Diagramme de Carrier

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 11


Figure 4 : Diagramme de Véron-Casari

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 12


Sur un diagramme, on peut placer les points caractéristiques de l'air humide entrant et sortant
et les relier par une droite.
On introduit alors "la pente de la droite d'évolution", généralement notée γ (gamma) :

h sf − h L
γ=
w sf − w L

Cette formule ne peut être utilisée pour calculer γ puisque à ce stade le point de soufflage est
inconnu. On utilise les bilans hydrique, énergétique et AS pour trouver une autre expression
de γ. La démonstration est faîte dans un cas général ci-dessous. Il est important de
comprendre et d'assimiler la méthodologie pour pouvoir l'appliquer rapidement aux
différents cas d'études qui peuvent se présenter.

Un schéma d'un local à climatiser et les principales notations sont fournies sur la figure 5:
.
Qapp .
enthalpie de l'air du local : hL msf
humidité spécifique : wL

.
Qp .
mw
.
mi
.
me

.
mliq

Figure 5. Schéma du local à climatiser

Identifications des diverses charges thermiques et hydriques :

-Soufflage : indice 'sf' débit entrant m


& sf >0, enthalpie hsf et humidité wsf
-Extraction : indice 'e' débit sortant m
& e <0, enthalpie hL et humidité wL (car venant du local)
-Echanges thermiques avec l'extérieur : Q & >0 ou <0
app
& >0 ou <0 (ex : dégagement de chaleur de machines)
-Puissances thermiques dans le local : Q p
-Dégagement d'humidité dans le local sous forme de vapeur d'eau : m & w >0 (intervient aussi
dans le bilan énergétique accouplé avec l'enthalpie hw ≈ 2550 kJ/kg eau)
-Infiltration ou exfiltration : indice 'i' entrant ou sortant : m
& i <0 ou >0. Enthalpie de l'air
extérieur hi et humidité wi
-Sortie d'eau liquide (ex : évacuation de condensats d'une batterie froide) : m & i <0. Enthalpie
de l'eau hliq =cp,eau,[Link]

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 13


Effectuons les bilans usuels (air sec, eau et énergie) :

Bilan d'air sec

& sf + m
m & e +m
&i =0

Bilan Eau

& sf .w sf + m
m & ew L + m
& i .w i + m
& w +m
& liq = 0

(on a supposé ici des infiltrations depuis l'extérieur -humidité wi-. Si on a des exfiltrations
vers l'extérieur, il faut remplace wi par wL)

Energie (enthalpie)

& &
Q app + Q p + m
& s .h s + m
& eh L + m
& i .h i + m
& w .h w + m
& liq .h liq = 0

(même remarque sur les infiltrations ou exfiltrations, en remplaçant hi par hL)

& e = −m
En utilisant le bilan air ( m & sf − m
& i ) dans les deux autres bilans, on obtient

& sf .( w sf − w L ) = −m
m & w −m
& liq − m
& i (w i − w L )

et

&
& sf .(h sf − h L ) = −Q &
m app − Q p − m
& w .h w − m
& liq .h liq − m
& i (h i − h L )

Ainsi, dans le cas le plus général avec infiltrations, on obtient

& &
h sf − h L Q app + Q p + m
& w .h v + m& i (h i − h L ) + m
& liq .h liq
γ= =
w sf − w L & w + +m
m & liq + m
& i (w i − w L )

Si on néglige la quantité de liquide évacué (son enthalpie est très faible devant les autres, et en
général, le débit masse est faible lui aussi), et en regroupant tout les termes de puissance
& =Q & &
thermiques sous la forme Q app + Q p , on obtient :

& +m
Q & h +m & (h −h )
γ= w w i i L
& +m
m & (w − w )
w i i L

γ peut être positif, négatif, nul, ou encore égal à +∞ ou -∞.

Sur certains diagrammes (figure 6), un rapporteur d'angle gradué en "γ"permet de tracer la
droite en traçant une parallèle passant par un des points connus.

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 14


&
Q
γ=
m
&w
γ=-∞ γ=+∞

Figure 6 : Droite d'évolution sur un diagramme comportant un rapporteur


Une autre méthode consiste à calculer le "facteur de chaleur sensible" (FCS). On trace alors
une droite parallèle à la "droite de référence" (figure 7) qui relie un "point de référence"
(souvent T=25°C, HR=50%) à la graduation sur une échelle indiquant "FCS" ou "sensible
heat factor" (SHF). L'expression du FCS est :
&
Q
FCS = & où L représente la chaleur latente de vaporisation de l'eau (2500 kJ/kg).
Q+m
& w.L

&
Q
FCS = &
Q+m
& w.L
Point de référence

S
FCS=1

FCS
E

Figure 7 : Droite d'évolution sur un diagramme avec échelle FCS

3.2 Mélange d'air

Lorsque l'on mélange deux débits d'air humide, le point représentatif du mélange est situé sur
la droite joignant les points caractéristiques de chaque air (on parle de "droite de mélange") à
une distance pondérée par les débits d'air sec (figure 8) et le débit d'air sec total est la somme
des débits d'air. Ainsi, on a :

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 15


& 1h1 + m
m & 2h 2 m& w +m & 2w 2
&m =m
m &1 + m
&2 , hm = et w m = 1 1
m1 + m2
& & m1 + m
& &2

m&1
Graphiquement, la distance [m-2]=distance[1-2] ×
&1 + m
m &2
m&2
et la distance [1-m]=distance[1-2] ×
&1 + m
m &2

2 2

Figure 8 : Mélange d'air humide

3.3 Chauffage

Pour une opération de simple chauffage d’un débit d’air (débit d’air sec m & ) c’est à dire sans
apport d'humidité), on a γ = +∞, ce qui se traduit par une droite d'évolution horizontale mais
un sens allant vers les températures sèches croissantes (fig. 9). L'humidité spécifique est
& =m
constante et on a la relation Q & (h s − h e) .

γ=+∞

E S
he ws=we
we hs
E S

Figure 9 : Evolution de l'air au cours d'un chauffage

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 16


3.4 Refroidissement sans déshumidification

Pour une telle opération, γ = -∞,ce qui se traduit par une droite d'évolution horizontale mais
un sens d'évolution allant vers les températures sèches décroissantes (fig. 10). L'humidité
spécifique est constante et on a la relation Q & =m & (h 2 − h1) . La température moyenne de
surface de la batterie froide tms doit être supérieure à la température de rosée de l'air entrant.

γ=-∞

1 2
h1 h2
w1 tms>tR w2
S 2 1

tR tms

Figure 10 :Evolution de l'air au cours d'un refroidissement sans déshumidification

On peut faire figurer un point représentant la batterie (point S sur la figure 10), ce qui permet
de définir l'efficacité de la batterie froide :
h − h2
E= 1 .
h1 − hs

3.5 Refroidissement avec déshumidification

Lorsqu'on réalise un refroidissement avec déshumidification, il se produit un échange de


chaleur sensible et de chaleur latente, si bien que la valeur de γ n'est pas "remarquable". La
puissance s'exprime toujours par Q & =m & (h 2 − h1) . La température moyenne de surface de la
batterie froide tms est dans ce cas inférieure à la température de rosée de l'air entrant, si bien
que l'humidité de l'air se condense sur la paroi froide. D'un point de vue pratique, on
considère que la vitesse de l'air dans la batterie doit être inférieure à 2,5 m/s, sans quoi des
gouttelettes d'eau sont entraînées dans le circuit. Pour éviter cet entraînement, et si la vitesse
ne peut être réduite, on introduit un séparateur de gouttelettes ("grillage" fin qui piège les
gouttes). Deux cas se présentent selon que l’on a une batterie à détente directe ou une batterie
à eau glacée.

Cas des batteries à détente directe :

Dans ce cas, la température d’évaporation du fluide frigorigène (T0) est inférieure à la


température moyenne de surface de la batterie et généralement constante (sauf dans le cas
d’un fluide frigorigène à glissement de température, cf. Cours Froid B1), et on fait figurer le
point représentatif de la batterie sur la courbe de saturation de l’air humide (figure 11).

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 17


γ Profil de température
dans la batterie
T1

T2
1
1 2 tms
h1 h2
w1 tms<tR S 2 T0
w2

tms tR

Figure 11 :Evolution de l'air au cours d'un refroidissement avec déshumidification en batterie


à détente directe et profils de température dans la batterie

On peut faire figurer un point représentant la batterie (point S sur la figure 10), ce qui permet
de définir l'efficacité de la batterie froide :

h − h 2 w1 − w 2
E= 1 = .
h1 − h s w 1 − w s

& =m
Ce qui permet également d’écrire que la puissance est Q & (h −h )=−m
& (h −h ).E
2 1 1 s
& =m
Enfin, le débit d’eau condensée s’exprime : m & (w − w )=−m
& (w − w ).E
w 2 1 1 s

Cas des batteries à eau glacée :

Au contraire du cas précédent, la température du fluide frigoporteur (eau glacée) n’est pas
constante. Aussi, en toute rigueur, l’évolution de l’air dans la batterie ne peut pas être
représentée par une droite. Cependant, on représente généralement le point de départ et
d’arrivée et on les relie par une droite. Pour plus de sens physique, on représente aussi parfois
une courbe en pointillé reliant ces deux points. Par ailleurs, le point représentatif de l’eau en
entrée comme en sortie, ainsi que le point représentatif de la température moyenne de la
batterie sont portés sur la courbe de l’air humide saturé (figure 12). On retrouve toutes les
équations données pour le cas d’une batterie à détente directe.

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 18


γ Profil de température
dans la batterie
T1

T2
1 Ts
1 2 tms
h1 h2 Ts
w1 tms<tR S 2 Te
w2
Te

tms

Figure 12 :Evolution de l'air au cours d'un refroidissement avec déshumidification en batterie


à eau glacée et profils de température dans la batterie

3.6 Humidification par injection de vapeur

Pour augmenter l’humidité spécifique d’un débit d’air, il est courant d’injecter directement de
la vapeur d’eau. En première approximation, on considère souvent que cette injection se fait à
température sèche constante, si bien que le paramètre γ est alors égal à l’enthalpie de la
vapeur injectée hw, que l'on estime par exemple être égale à ∆hlv(eau 0°C) + cp,vap.(Tv(°C)-0°C)
où Tv est la température de la vapeur injectée. Si on injecte de la vapeur à 100°C, cette
enthalpie est donc égale à 2500+1,826×100 = 2682,6 kJ/kg. La variation d’humidité
spécifique s’exprime par la relation : ∆w =m& /m
w
& . Les principaux points sont repérés sur la
figure 13.
Si l’on veut connaître exactement la position du point en sortie de l’injecteur de vapeur, en
évitant l'hypothèse d'une température sèche constante, il est nécessaire de réaliser un bilan de
chaleur et de masse :
m&w +m & (w1 − w 2) = 0 soit w 2 = w1 + m & w /m&
& (h1 − h 2) + m
et m & w.h w = 0 soit h 2 = h1 + m
& w (hs − h e) / m
&
ce qui permet alors de calculer la température sèche au point de sortie à partir de l'humidité
spécifique et de l'enthalpie.

Attention ! Une injection d’eau trop importante à partir d’un air à relativement faible
température sèche risque d’avoir pour conséquence de produire un air sursaturé (présence de
gouttelettes en suspension ou retombant en partie basse des conduits). Pour éviter ceci, on est
alors amené à préchauffer l’air avant de réaliser l’injection de vapeur.

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 19


γ=hw

1 2 2
h1 h2
w1 w2

m w hw

Figure 13 :Evolution de l'air au cours d'une injection de vapeur d’eau

L’autre méthode fréquente pour augmenter l’humidité spécifique d’un débit d’air consiste à
utiliser un laveur (cf. figure 2 et paragraphe de définition de la température humide et de
saturation adiabatique). En première approximation, on considère généralement que cette
évolution s’effectue à température humide constante (égale à la température humide de l’air
entrant), ce qui implique que le paramètre γ est nul. On définit le rendement de saturation
w − w1
comme : ηsat = 2 . Les points 1; 2 et 3 sont repérés sur la figure 14.
w 3 − w1

Attention ! Une injection d’eau trop importante à partir d’un air à trop forte humidité relative
rend cette méthode inefficace. Pour éviter cette limitation, il convient alors de préchauffer
l’air avant de le faire circuler dans le laveur.

γ=0

1 2
h1 h2 3
w1 w2 2

Figure 14 :Evolution de l'air au cours d'une injection d’eau par laveur

3.7 Humidification par laveur avec échangeur

Le laveur avec échangeur consiste à remplacer l’ensemble « batterie chaude sur


l’air + laveur » par un échangeur sur l’eau + un laveur (figure 15).

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 20



m1
t2
t1
w2
w1 t0 h2
h1



mw Qw
t’2

Figure 15 : laveur avec échangeur


Comme pour le laveur adiabatique utilisé pour définir au chapitre 1 la température de
saturation adiabatique, on peut montrer que l'eau recueillie dans le bac du laveur est à la
température de saturation adiabatique de l'air sortant du laveur, et donc très proche de sa
température humide.
Par contre, l'évolution exacte de l'air à travers ce laveur est complexe à évaluer. Il faut
considérer que l'air échange de la chaleur et de la masse avec l'eau injectée, si bien que la
température de l'eau évolue de t0 à t'2 tandis que l'air voit sa température diminuer de t1 à t2.
En "discrétisant" (en découpant en volumes élémentaires) le laveur, et en caractérisant ces
échanges tout le long du laveur, on peut montrer que l'évolution est une "courbe du chien"
(figure 16).
On définit le rendement de saturation de la même façon que pour le laveur sans échangeur.
évolution dans un
volume élémentaire
du laveur

t0

t'2

Figure 16 : Evolution de l’air dans un laveur avec échangeur

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 21


3.8 Déshumidification par roue dessicante (par adsorption)

Une roue dessicante est une roue (diamètre typique de quelques dizaines de centimètres)
composée d’un matériau hygroscopique adsorbant à travers lequel circule l’air à
déshumidifier. Ce matériau peut être du Chlorure de Lithium (LiCl), des composés à base de
silice, de la zéolithe, etc… Ces matériaux ont la capacité d’adsorber l’humidité dans une
certaine mesure. Lorsqu’ils sont saturés en humidité, il est nécessaire de les régénérer,
généralement en y faisant circuler un air à haute température (de l’ordre de 100 à 150°C), ce
qui a pour effet de désorber l’humidité. L’énergie thermique nécessaire pour produire cet air
de régénération est typiquement d’environ 5000 kJ/kg d’eau désorbée. Par ailleurs, lors de
l’adsorption d’humidité, une certaine quantité de chaleur est dégagée, si bien que l’enthalpie
de l’air augmente et que sa température s’élève en général de (t2-t1)/(w1-w2)=3 à 4 K/g d’eau
adsorbée. On a ainsi l’évolution représentée sur la figure 17.

1 2 h=h1
h1 h2
w1 w2 1

Figure 17 :Evolution de l'air au cours du passage à travers une roue dessicante


Généralement, une roue dessicante est associée à deux batteries froides (une sans et une avec
déshumidification) et à un circuit d’air de régénération traversant une batterie chaude, comme
représenté schématiquement sur la figure 18. La vitesse de rotation de la roue dessicante est la
plupart du temps inférieure à 10 tr/min et une fraction de la roue est en régénération tandis
que le reste de la roue est en phase de déshumidification (adsorption). La régulation de ce
procédé peut être basée sur la température de régénération (plus la température est élevée,
plus efficace et rapide est la désorption), la vitesse de rotation de la roue, ou encore sur une
méthode de by-passage d’une partie de l’air traité.

régénération

1 2 3 4
1
2

3
4

Figure 18 :Installation typique utilisant une roue dessicante

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 22


3.9 Echangeurs récupérateurs et caloducs

Il est parfois utile de réaliser un échange de chaleur entre deux flux d'air à des températures
différentes. Par exemple, en été, l'air vicié extrait d'un local à climatiser est plus frais que l'air
neuf qui sera introduit dans le local. On peut ainsi envisager de pré-refroidir l'air neuf en lui
faisant céder de la chaleur à l'air extrait. Inversement, en hiver, c'est l'air vicié qui est à une
température supérieure à l'air neuf est qui peut donc servir à pré-chauffer ce dernier. Les deux
organes les plus courants pour cette opération sont les échangeurs thermiques et les caloducs.
Sur un diagramme de l'air humide (figure 19), on observe deux évolutions simultanées, le
fluide chaud se refroidissant sans déshumidifications tandis que le fluide froid s'échauffe.

m1 m2
échangeur : t11 t21

t22 t12

caloduc : m1 t11 t12


t22 t21 m2 22 21

11 12

Figure 19 : Evolutions d'un air chaud (1) et d'un air froid (2)
échangeant de la chaleur dans un récupérateur ou un caloduc

On définit "l'indice de récupération de chaleur", ou encore "rendement de température"

t −t
-sur l'air "1" : E1 = 12 11
t 21 − t11

t −t
-sur l'air "2" : E 2 = 21 22
t 21 − t11

On définit aussi l'efficacité comme la valeur maximale entre E1 et E2 : E=max(E1, E2). Si


m&1 =m
& 2 , alors E = E1 = E2.

Echangeurs de chaleur récupérateurs

Le terme de "récupérateur" n'a pour fonction que de souligner que grâce à ce type
d'échangeur, de la chaleur (ou du froid) est cédée par un flux d'air à un autre flux d'air alors
que, si un tel organe n'était pas mis en œuvre, cette chaleur (ou ce froid) seraient perdue. On
veut ainsi mettre en relief le fait qu'il s'agit d'une valorisation d'énergie. La chaleur (ou le
froid) récupérée doit être considérée comme "gratuite". Du point de vue technologique, rien
ne permet de distinguer un échangeur récupérateur d'un autre échangeur thermique. La plupart
de ces échangeurs sont des échangeurs à courants croisés à plaques (cf. cours d'Echangeurs
Thermiques).

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 23


Caloducs

Le caloduc ("heat pipe" en anglais) est un récupérateur à fluide intermédiaire (figure 20). Il
est généralement constitué d'un tube (souvent en cuivre) à ailettes (souvent en aluminium) à
l'intérieur duquel un vide a été établi (absence d'air). Il a ensuite été empli d'un fluide
frigorigène s'évaporant et se condensant à température constante. La chaleur récupérée dans
l'air assure la vaporisation du frigorigène à une extrémité du caloduc (partie droite de la
figure). De la vapeur est générée, puis elle se déplace dans le tube vers l'autre extrémité du
caloduc (partie gauche de la figure). Elle se condense en cédant la chaleur à l'air frais, qui se
réchauffe ainsi. Pour assurer le retour du frigorigène liquide (condensé) vers la zone
d'évaporation, on peut mette en œuvre une structure capillaire à l'intérieur de laquelle le
liquide se déplace sous l'effet des forces capillaires. Un dispositif plus simple consiste à
positionner la zone évaporateur en partie basse du caloduc, si bien que le fluide se déplace
sous l'effet des forces de gravité.

Figure 20 : Schéma de principe d'un caloduc

4 Traitement de l’air

Dans le paragraphe 2.3., les principales évolutions ("opérations unitaires") que peut subir un
air ont été détaillées. Le problème du traitement de l'air en climatisation consiste à maintenir
l'air d'un local à climatiser dans des conditions fixées par un cahier des charges, alors que ce
local est soumis à des perturbations extérieures (apports ou déperditions thermiques,
infiltration ou exfiltration d'air humide) ne permettant pas naturellement de maintenir les
conditions désirées.

Il convient maintenant de distinguer les cas où l'on cherche uniquement à garantir une
température de confort sans prendre en compte l'humidité de l'air (on parle d'installation de
"ventilation") et les cas où le cahier des charges spécifie la température et l'hygrométrie à
garantir (installation de climatisation). De plus, pour chaque cas, les traitements en été et en
hiver sont naturellement fondamentalement différents.

Pour maintenir les conditions, on va "souffler" de l'air dans le local et extraire le même débit
d'air sec, afin de combattre les charges thermiques et hydriques. On voit ainsi que l'objectif de
cette étape de traitement de l'air est, à partir de valeurs données d'une charge hydrique et
thermique, d'abord de déterminer le débit d'air à souffler et ses caractéristiques (température,
humidité, etc...), puis de choisir comment produire ce débit dans les conditions de soufflage
(enchaînement d'opérations unitaires comme le chauffage, le refroidissement,
l'humidification ..., sur l'air repris et/ou sur de l'air extérieur, en les mélangeant
éventuellement). Les charges thermiques et hydriques sont naturellement susceptibles

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 24


d'évoluer au cours du temps (saison, alternance jour/nuit, variation horaire …) mais il serait
envisageable de faire évoluer à chaque instant le traitement de l'air pour maintenir exactement
des conditions de confort souhaitées au cours du temps.

Cette étape est ainsi à distinguer du dimensionnement des éléments constituant le système de
traitement de l'air. En effet, comme nous le verrons dans les chapitres liés au calcul des
charges, le dimensionnement permet de déterminer les caractéristiques de chaque organe de la
centrale de traitement de l’air dans des conditions particulières, à savoir "les conditions les
plus défavorables". En d'autres termes, le calcul réglementaire des charges a donc pour objet
de déterminer les valeurs extrêmes de puissance thermique et d'apport/perte d'humidité que le
système doit permettre de combattre.

Quelques contraintes réglementaires ou pratiques peuvent apparaître lors de la conception du


traitement de l'air. En particulier, un débit ou un taux de renouvellement d'air neuf hygiénique
peut être imposé. On peut également citer l'interdiction, dans le cadre d'opérations de
climatisation "de confort" de locaux occupés par des individus -et sauf exceptions prévues par
la réglementation-, de chauffer et de refroidir le même débit d'air lors du traitement. Cette
interdiction est levée si une méthode de récupération de chaleur a été prévue. Elle l'est
également levée lorsqu'il s'agit de conditionnement d'air, c'est à dire la production d'air d'une
qualité donnée utilisé pour un process industriel, une pièce d'essais de laboratoire, etc.

4.1 Installation de ventilation - Cas hiver

On considère un local dont les déperditions thermiques sont notées Q & p . La température de
soufflage ts est généralement comprise entre 40 et 60°C pour une installation industrielle et 30
à 45°C pour une installation domestique ou tertiaire. Connaissant la température ambiante
désirée tamb, on calcule l'écart de température au soufflage ∆tsf = ts-tamb et on en déduit le
& /(ρ.c .∆t ) . Dans cette expression, on ne tient compte que de la
& =Q
débit d'air à souffler Vs p p sf
chaleur sensible puisque l'humidité n'est pas considérée. On considère donc qu'une variation
d'enthalpie de l'air est égale au produit cp.∆t, avec cp = 1,006 kJ/kg.K.

Si ce débit est inférieur au débit d'air neuf hygiénique minimal (voir chapitre ventilation),
alors tout l'air soufflé sera de l'air neuf ("tout air neuf") à sa valeur de débit minimal. On
recalcule la valeur de température de soufflage pour vérifier si elle est "acceptable" :
& /(ρ.V
ts =t amb +Q & .c ) . La puissance de la batterie chaude est donc Q& =ρ.V & .c .(t −t )
p AN p bc AN p s AN

Si le débit calculé initialement est supérieur au débit d'air hygiénique, alors on prévoit un
mélange air neuf/air repris pour limiter la consommation énergétique. On calcule le point de
mélange air neuf air repris en proportion des débits (là encore, les enthalpies sont calculées en
terme cp.∆T) pour obtenir la température de mélange tm. La puissance de la batterie chaude
& =ρ.V
est donc Q & .c .(t − t ) .
bc s p s m

4.2 Installation de ventilation - Cas été

& p . On note t la température


On considère un local dont les apports thermiques sont notées Q s
de soufflage et, connaissant la température ambiante désirée tamb, on calcule l'écart de

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 25


température au soufflage également appelé sous-température ∆tsf = tamb-ts. Pour une bouche
plafonnière, la sous-température doit être au maximum de 12 K. Dans le cas de bouches
murales, elle est inférieure à 8 K et dans le cas de bouches en allège, elle est de 5 à 7 K. On
déduit alors le débit d'air à souffler V& =Q& /(ρ.c .∆t ) . Dans cette expression, on ne tient
s p p sf
compte que de la chaleur sensible puisque l'humidité n'est pas considérée. On considère donc
qu'une variation d'enthalpie de l'air est égale au produit cp.∆t, avec cp = 1,006 kJ/kg.K.

Si ce débit est inférieur au débit d'air neuf hygiénique minimal (voir le sous-chapitre
"ventilation des locaux" du Chapitre "Aéraulique" de ce cours, ), alors tout l'air soufflé sera de
l'air neuf ("tout air neuf") à sa valeur de débit minimal. On recalcule la valeur de température
de soufflage pour vérifier si elle est compatible avec le mode de diffusion choisi :
& /(ρ.V
t amb − ts =Q & .c ) . Pour déterminer la puissance de la batterie, on doit en revanche
p AN p
tenir compte d'une éventuelle déshumidification de l'air fréquente dans le cas été. C'est
pourquoi le calcul de la puissance de la batterie est basé non pas seulement sur la puissance
sensible mais sur la puissance latente :
Q& =ρ.V & .(h −h ) . On constate enfin que, parfois, la puissance apportée par le ventilateur
bf AN AN s
n'est pas négligeable si bien qu'il convient d'ajouter à cette puissance un terme de la forme
V& .∆P / η où ∆P est le gain de pression du ventilateur (Pascal) et η son rendement
AN m m
mécanique.
Si le débit calculé initialement est supérieur au débit d'air hygiénique, alors on prévoit un
mélange air neuf/air repris pour limiter la consommation énergétique. On calcule le point de
mélange air neuf air repris en proportion des débits et des enthalpies pour obtenir le point de
mélange (hm, tm, wm). La puissance de la batterie froide est donc Q& =ρ.V & .(h −h ) . Comme
bf s m s
précédemment, il peut être nécessaire d'inclure la puissance thermique dissipée par le
ventilateur.

4.3 Climatisation en été

Contrairement aux deux cas précédents, on va maintenant chercher à définir un traitement


d'air permettant de garantir tout à la fois une température et une hygrométrie. En d'autres
termes, la chaleur sensible et la chaleur latente devront être considérées dans les choix
permettant de définir le traitement de l'air.

Le point de soufflage est fixé à partir de deux paramètres : la température de soufflage et la


droite de soufflage (figure 21). La température de soufflage dépend du type de bouche de
soufflage. Pour une bouche plafonnière, la sous-température ∆tsf = tL - tsf (où tL est la
température du local et tsf la température de soufflage) doit être au maximum de 12 K. Dans
le cas de bouches murales, elle est inférieure à 8 K et dans le cas de bouches en allège, elle est
de 5 à 7 K. La droite de soufflage est caractérisée par sa pente c'est à dire le coefficient

& +m
Q & h +m & (h −h )
γ= w w i i L .
& +m
m & (w − w )
w i i L

Dans cette expression très générale pour le coefficient γ, on trouve :

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 26


-le numérateur qui représente l'ensemble des pertes et apports thermiques sensibles +
l'enthalpie apportée par des infiltrations depuis l'extérieur (débit d'air sec extérieur m
& et
i
enthalpie de l'air extérieur hi) + les apports hydriques internes m
& à une enthalpie de vapeur
w
d'eau hw ≈ 2500 kJ/kg
- le dénominateur est l'ensemble des pertes et apports hydriques internes m
& + les apports et
w
& et humidité spécifique de
pertes hydriques dues aux infiltrations (débit d'air sec extérieur mi
l'air extérieur wi).
Attention, les débits peuvent être positifs (entrées) ou négatifs (sorties).

local

soufflage

∆tsf

Figure 21 : Détermination du point de soufflage


Les caractéristiques de l'air au point de soufflage (hsf, wsf, etc...) peuvent naturellement être
obtenues de manière graphique, mais aussi de façon analytique en écrivant que :
hsf = 1,006 × tsf + w sf .(2500 + 1,826 × tsf ) = h L − γ(w L − w sf )
où tsf est fixée comme précisé auparavant selon le type de bouche, γ à partir des charges
thermiques et hydriques, et les propriétés de l'air du local par le cahier des charges. On calcule
h − γw L − 1,006tsf
d'abord w sf = L , puis on en déduit la valeur de l'enthalpie au point de
2500 + 1,826tsf − γ
soufflage hsf = 1,006 × tsf + w sf .(2500 + 1,826 × tsf ) .

& +m
Q & h +m & (h −h )
&=
Le débit d'air à souffler est alors m w w i i L
h L −hsf

Si le débit d'air neuf hygiénique nécessaire est supérieur à ce débit, on doit alors traiter en
"tout air neuf". Comme précédemment, on recalcule le point de soufflage pour s'assurer que la
température de soufflage sera acceptable vis-à-vis du confort des occupants.

hsf −2500w sf
& +m
hsf =h L −(Q & h +m& (h −h ))/ m
& ; w = w −(h − h ) / γ et t = .
w w i i L AN sf L L sf sf 1,006+1,826w
sf

Si le débit d'air neuf nécessaire est inférieur à ce débit, on prévoit un mélange air neuf/air
repris en proportion des débits. On note par l'indice M les propriétés du mélange.

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 27


Une fois que le point de soufflage et le débit ont été choisis, plusieurs traitements sont
relativement usuels pour amener l'air neuf ou de mélange au point de soufflage, schématisés
sur la figure 22. Sur cette figure, sont systématiquement représentés les traitements à partir
d'un air de mélange, mais ces traitements peuvent s'appliquer de la même manière à de l'air
neuf seul :
- utilisation d'une batterie froide seule (fig. 22a). Deux limites à ce traitement peuvent
apparaître :
• si le point de soufflage est proche de la courbe de saturation (HR>90%), l'efficacité
de la batterie risque de devoir être trop importante et le point de soufflage difficile à
obtenir

• la température moyenne de la batterie risque de devoir être très (trop) faible et


divers problèmes (givrage excessif, faible efficacité énergétique du groupe
frigorifique, …) risquent de survenir

- utilisation d'une batterie froide puis d'une batterie chaude (fig. 22b) : comme précisé
auparavant, cette méthode est théoriquement proscrite pour de la climatisation de confort et
dans ce cas, un récupérateur permettant de refroidir l'air extérieur grâce à l'air extrait doit être
installé (fig. 22 c).

- batterie froide puis chaude puis injection de vapeur (fig. 22d), avec les mêmes réserves que
pour la possibilité précédente concernant l'utilisation d'un récupérateur.

- d'autres traitements sont possibles (incluant laveurs, roue dessicante, …), mais moins
courants et/ou plus complexes.

Fig. 22a : traitement par batterie


froide seule
E

M
L

SF
BF

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 28


Fig. 22b : traitement par batterie
E froide puis chaude.
M Sbf : sortie batterie froide
L
Sbf
SF
BF

Figure 22 (début) : divers traitements d'air usuels en été

Sre
Fig. 22c : traitement par batterie
E
froide puis chaude avec
M
récupérateur.
Srl
L
Sre : sortie récupérateur air extérieur
Sbf SF
BF Srl : sortie récupérateur air extrait

Fig. 22d : traitement par batterie


E froide puis chaude puis injection
M de vapeur
L
Sbf : sortie batterie froide
SF Sbc : sortie batterie chaude
BF Sbf Sbc

Figure 22 (suite) : divers traitements d'air usuels en été

4.4 Climatisation en hiver

Le point de soufflage est comme auparavant à partir de la température de soufflage et la droite


de soufflage. La température de soufflage ne doit généralement pas dépasser 60 °C pour une
installation industrielle et 45 °C pour une installation visant au confort humain. La droite de
soufflage est caractérisée par sa pente c'est à dire le coefficient

& +m
Q & h +m & (h −h )
γ= w w i i L .
& +m
m & (w − w )
w i i L

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 29


où le numérateur représente l'ensemble des pertes thermiques tandis que le dénominateur est
l'ensemble des pertes et apports hydriques.

Les caractéristiques de l'air au point de soufflage (hsf, wsf, etc...) peuvent naturellement être
obtenues de manière graphique, mais aussi de façon analytique en écrivant que :
hsf = 1,006 × tsf + w sf .(2500 + 1,826 × tsf ) = h L − γ(w L − w sf )
où tsf est fixée comme précisé ci-dessus, γ à partir des charges thermiques et hydriques, et les
propriétés de l'air du local par le cahier des charges. On calcule d'abord
h − γw L − 1,006tsf
w sf = L , puis on en déduit la valeur de l'enthalpie au point de soufflage
2500 + 1,826tsf − γ
hsf = 1,006 × tsf + w sf .(2500 + 1,826 × tsf ) .

& +m
Q & h +m & (h −h )
&=
Le débit d'air à souffler est alors m w w i i L
h L −hsf

Si le débit d'air neuf hygiénique nécessaire est supérieur à ce débit, on doit alors traiter en
"tout air neuf". Comme précédemment, on recalcule le point de soufflage pour s'assurer que la
température de soufflage sera acceptable vis-à-vis du confort des occupants.

h −2500w sf
& +m
hsf =h L −(Q & h +m& (h −h ))/ m
& ; wsf =w L −(h L −hsf )/ γ et tsf = sf .
w w i i L AN 1,006+1,826w sf
Si cette dernière température est supérieure à la température de soufflage de confort, il
convient d'augmenter le débit d'air neuf pour limiter la température de soufflage.

Si le débit d'air neuf nécessaire est inférieur à ce débit, on prévoit un mélange air neuf/air
repris en proportion des débits. On note par l'indice M les propriétés du mélange.
Une fois que le point de soufflage et le débit ont été choisis, deux traitements de l'air sont très
courants pour amener l'air neuf ou de mélange au point de soufflage. Ils sont schématisés sur
la figure 23 en supposant qu'un mélange air neuf/air repris s'impose, mais ils peuvent
s'appliquer de la même manière à de l'air neuf seul :
- utilisation d'une batterie chaude puis injection de vapeur (fig. 23a).
- utilisation d'une batterie chaude, humidificateur puis nouvelle batterie chaude puis d'une
batterie chaude (fig. 23b).

Fig. 23a : traitement par batterie


chaude et injection de vapeur

L SF

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 30


Fig. 23b : traitement par batterie
chaude, humidificateur et batterie
chaude
Sat
Hum L
Shum SF
Sbc1 : sortie batterie chaude 1
Shum : sortie humidificateur
Sat hum : point de saturation de
M Sbc1 l'humidificateur
E

Figure 23 : traitements d'air usuels en hiver

Climatisation PHF106 - Octobre 2003 - J. BONJOUR 31

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