Diagrammes de l'air humide en PDF
Diagrammes de l'air humide en PDF
N A T I O N A L
D E S A R T S
Techniques du Froid
E T M E T IE R S
Climatisation
PHF 106
L A B O R A T O IR E
D U F R O I D
Introduction
L'air humide
L'air atmosphérique constitue un mélange de nombreux éléments : air sec (composé de gaz
tels l'azote, l'oxygène, ...), eau (sous forme de vapeur, de gouttelettes, ou de glace), et d'autres
éléments généralement considérés comme des "polluants" (poussières, suies, pollen, bactéries,
etc.).
AIR HUMIDE
Sursaturé
Insaturé
Cette remarque nous conduit à l'hypothèse que nous utiliserons la plupart du temps, à savoir
que l'air humide se comporte comme un mélange de gaz parfaits. Nous utiliserons donc les
propriétés des mélanges de gaz parfaits étudiés en cours de Thermodynamique et en
particulier la loi de Dalton qui indique que :
P=Pas + Pv
H=Has + Hv avec Has = mas has et Hv = mv hv
où Pas est la pression partielle d’air sec, Pv la pression partielle de vapeur d’eau, Has
l’enthalpie de l’air sec seul et Hv l’enthalpie de la vapeur d’eau seule.
Appliquant la loi des gaz parfaits pour chacun des deux gaz, on obtient:
PasV = masrasT et PvV = m vrvT où V est un volume d'air humide et T la température de l'air
humide (exprimée en K) appelée température sèche par opposition à la "température humide"
définie ultérieurement. ras et rv sont les constantes massiques de chacun des gaz (r=R/M avec
R=8,314 J/mol.K et M est la masse molaire de l'air soit 29 g/mol, ou de l'eau soit 18 g/mol.
Ainsi, ras = 287 J/kg.K et rv = 462 J/kg.K pour la vapeur d'eau).
Pour continuer à définir les propriétés d'un air humide, on raisonnera maintenant sur une
masse unitaire (mas = 1 kg) d'air sec ce qui correspond à une certaine quantité de vapeur d'eau
w (humidité spécifique ou humidité absolue) exprimée en kg de vapeur d'eau par kg d'air sec
(kg/kg AS). Le principal avantage de cette formulation vient du fait que toutes les propriétés
pourront, par la suite, être calculées à partir de la masse d’air sec (ou du débit d'air sec). Cette
convention de mode de calcul sera toujours respectée dans la suite de ce cours (sauf
indication contraire explicite).
Pv
w = 0,622
P − Pv
Pv
ε = 100 ×
Psat
où Psat est la pression de saturation de l'eau à la température de l'air humide, donnée par des
tables où évaluée grâce à une corrélation pouvant par exemple être :
Lorsque ε = 0, l'air est complètement sec (notion restant "théorique") et lorsque ε = 100%,
l'air est saturé en humidité.
• Le degré de saturation :
P − Psat
rs = 100 × w = ε
w sat P − ε.Psat
Comme pour l'humidité relative, rs varie de 0 à 100% On remarque de plus que pour une
température inférieure à 40°C environ, on a l'approximation rs ≈ ε.
• La température de rosée tr
C'est "la température à laquelle la vapeur d'eau contenue dans un air humide refroidi
lentement commence à se liquéfier".
ainsi, à la température de rosée, Pv = Psat (tr) et c'est en résolvant cette équation où tr est
inconnue tandis que Pv est connue qu'on détermine la température de rosée.
C'est le volume d'air humide contenant 1 kg d'air sec et w kg de vapeur d'eau. Avec les
relations précédentes, on peut écrire que :
rasT wr T
v= = v
P − Pv Pv
soit
Une démarche similaire est suivie pour la vapeur d’eau, supposée être un gaz parfait, mais une
différence importante est introduite pour l’origine de l’enthalpie. Au lieu de prendre l'origine
de l’enthalpie à 0°C pour la vapeur d’eau, c’est l’enthalpie de l’eau liquide que l’on prend
comme référence. Dans ces conditions, on a, pour la vapeur d’eau, considérée comme un gaz
parfait:
L’enthalpie de l'air humide est alors égale, d’après la loi de Dalton, à la somme des enthalpies
partielles qu'auraient les gaz constituants s'ils occupaient seuls le volume total à la
température du mélange, soit (en se souvenant que l'on raisonne sur une masse de 1kg d'AS et
de w kg de vapeur d'eau) :
Attention, si on étudie un air sursaturé, comportant un excès d'eau par rapport à la saturation
∆w=w-wsat, il faut tenir compte de la chaleur sensible contenue dans l'eau liquide et
l'enthalpie du mélange air sec+vapeur+eau liquide devient :
• La température humide th
C'est "la température d'équilibre à laquelle s'évapore de l'eau dans un air sans cesse
renouvelé aux conditions initiales".
Pour mieux comprendre cette définition, étudions les échanges de masse et de chaleur au
niveau d'une goutte d'eau au sein d'un air humide. La température de l'air est notée t et lorsque
l'équilibre thermique et massique est atteint, la goutte est à la température th < t si bien qu'un
flux de chaleur Q s'établit de l'air vers la goutte ce qui fait s'évaporer de l'eau de la goutte
(débit m & v ) comme représenté sur la figure 1. Les échanges de chaleur et de masse ont lieu à
travers la couche limite d'air qui est constitué d'un air saturé en eau à la température et sont
caractérisés par un coefficient d'échange global thermique KS et massique αS tels que :
Q = KS(t − t h )
& v = αS(w sat − w)
m
th
couche KS
limite Q
αS
wsat .
m
v
air : t et w
Q=m
& v L = αS(w sat − w)L = KS(t − t h )
ce qui conduit à
αL(w sat − w)
th = t −
K
Pour utiliser cette relation, il faut évaluer les coefficients d'échange thermique et massique, ce
qui pose de nombreuses difficultés. Cette méthode étant complexe et peu précise, on
considère généralement que la température humide est proche de la température de saturation
adiabatique définie ci-dessous.
Cette propriété permet de d'approcher la température humide tout en évitant d'évaluer les
coefficients d'échange thermique et massique. Pour la définir, on considère un laveur
adiabatique (figure 2). Au cours de son passage dans le laveur, l’air s’humidifie jusqu’à ce
que la pression partielle de vapeur d’eau soit égale à la pression de vapeur saturante de l’eau à
la température du liquide. Cette humidification de l’air s’accompagne d’une variation de
température de l’air, que l’on va calculer. De l’eau liquide est injectée dans ce laveur afin
d’assurer la permanence d’une quantité constante d’eau liquide dans le laveur. Généralement,
l’eau est pulvérisée et recirculée dans le laveur afin d’assurer un bon contact avec l’air. Dans
la suite, nous ne nous préoccupons pas de l’efficacité du laveur puisque nous supposons que
la pression partielle de vapeur d’eau en sortie du laveur est rigoureusement égale à la pression
de vapeur saturante (air complètement saturé). On injecte donc un débit d’air supposé
constant dans ce laveur. Le débit d’eau qu’il faut injecter est également constant en régime
permanent. D’un point de vue de la thermodynamique, on a un système ouvert fonctionnant
en régime stationnaire avec écoulements permanents d’air et d’eau. On va donc pouvoir écrire
les lois de conservation de la masse et de l’énergie pour ce système ouvert.
mliq
t1
-Conservation de la masse :
En utilisant l'indice 1 pour l’air entrant et l'indice 2 pour l’air sortant, et en écrivant la
conservation de la masse d'air sec, on obtient:
& 1as + m
m 2
& as =0
Ceci en tenant compte de la règle de signe qui consiste à compter positivement ce qui rentre
dans le système et négativement ce qui sort du système.
La conservation de la masse d’eau s’écrit:
& 1v + m
m & 2v = m
& liq + m & 1as.w1 + m
& liq + m 2
& as.w sat = 0
où nous avons introduit le débit liquide ( m& liq ) et l’humidité spécifique correspondant à la
vapeur saturante (wsat). On peut introduire ∆w ce qui permet d’écrire le débit liquide sous la
& 1as.∆w
& liq = m
forme: m
- Conservation de l’énergie:
& 1as.h1 + m
m & liq.h liq + m 2
& as h sat = 0
(
& 1as. (cp,as + w1cp, v)t1 + w1.L + m
m )
& 1as.∆[Link],liq.t1 − m ( )
& 1as. (cp,as + w sat cp, v)t'+w sat.L = 0
soit (c p,as + w sat .c p,v ).t ' = (c p,as + w sat .c p,v + ∆w.(c p,liq − c p,v )).t 1 − ∆w.L
Le terme ∆w.(cp,liq - cp,v) est normalement beaucoup plus petit que c p,as + w sat .c p,v et peut
généralement être négligé (typiquement 0,005 kJ/[Link] pour le premier contre 1,2 pour le
second). Sous cette hypothèse, on obtient:
Les diagrammes de l'air humide sont des abaques permettant de déterminer les
caractéristiques de l'air humide à partir de deux d'entre elles, pour une pression totale donnée.
La plupart du temps, la pression considérée est la pression atmosphérique normale
(101325 Pa). La connaissance de cette pression est importante car les caractéristiques de l'air
humide peuvent dépendre notablement de cette pression, si bien qu'un diagramme établi pour
la pression atmosphérique normale ne peut pas être utilisé en altitude. On considère que les
diagrammes établis pour la pression de 101325 Pa restent valables pour des altitudes variant
entre -200 et +250 m par rapport au niveau de la mer. Pour tenir compte de l’altitude, lorsque
le diagramme n’est plus utilisable, on applique les relations mathématiques données dans les
paragraphes précédents. On peut enfin évaluer la pression atmosphérique moyenne à une
altitude z donnée grâce à l’équation suivante :
Dans le diagramme développé par Véron et Casari (figure 4), l'axe des abscisses représente la
température sèche et l'axe des ordonnées l'humidité spécifique. Cependant, ces axes ne sont
pas orthogonaux et les isothermes ne sont pas parallèles entre elles. C’est ce dernier que nous
utiliserons pratiquement toujours. Il est communément également appelé diagramme à
coordonnées obliques.
On considère un débit air humide (he et we) correspondant à un débit d'air sec m & constant
circulant dans une installation (figure 5) et échangeant de la puissance thermique, exprimé en
Watts (somme de toutes les puissances entrant et sortant) et de l'humidité ( m
& w exprimé en kg
d'eau/s, somme de tous les flux d'humidité, entrant et sortant, avec une enthalpie hw) au cours
de son passage dans le système. Un bilan thermique sur le système permet d'écrire que :
& +m
Q & (h −h )+m
& .h =0 soit m & +m
& (h −h )=Q & .h
e s w w s e w w
&w +m
m & (w e − w s) = 0 soit m
& (w − w )=m
&
s e w
(attention, le débit d'eau peut être positif (l'air se charge en humidité) ou négatif (l'air perd de
l'eau !)
h sf − h L
γ=
w sf − w L
Cette formule ne peut être utilisée pour calculer γ puisque à ce stade le point de soufflage est
inconnu. On utilise les bilans hydrique, énergétique et AS pour trouver une autre expression
de γ. La démonstration est faîte dans un cas général ci-dessous. Il est important de
comprendre et d'assimiler la méthodologie pour pouvoir l'appliquer rapidement aux
différents cas d'études qui peuvent se présenter.
Un schéma d'un local à climatiser et les principales notations sont fournies sur la figure 5:
.
Qapp .
enthalpie de l'air du local : hL msf
humidité spécifique : wL
.
Qp .
mw
.
mi
.
me
.
mliq
& sf + m
m & e +m
&i =0
Bilan Eau
& sf .w sf + m
m & ew L + m
& i .w i + m
& w +m
& liq = 0
(on a supposé ici des infiltrations depuis l'extérieur -humidité wi-. Si on a des exfiltrations
vers l'extérieur, il faut remplace wi par wL)
Energie (enthalpie)
& &
Q app + Q p + m
& s .h s + m
& eh L + m
& i .h i + m
& w .h w + m
& liq .h liq = 0
& e = −m
En utilisant le bilan air ( m & sf − m
& i ) dans les deux autres bilans, on obtient
& sf .( w sf − w L ) = −m
m & w −m
& liq − m
& i (w i − w L )
et
&
& sf .(h sf − h L ) = −Q &
m app − Q p − m
& w .h w − m
& liq .h liq − m
& i (h i − h L )
& &
h sf − h L Q app + Q p + m
& w .h v + m& i (h i − h L ) + m
& liq .h liq
γ= =
w sf − w L & w + +m
m & liq + m
& i (w i − w L )
Si on néglige la quantité de liquide évacué (son enthalpie est très faible devant les autres, et en
général, le débit masse est faible lui aussi), et en regroupant tout les termes de puissance
& =Q & &
thermiques sous la forme Q app + Q p , on obtient :
& +m
Q & h +m & (h −h )
γ= w w i i L
& +m
m & (w − w )
w i i L
Sur certains diagrammes (figure 6), un rapporteur d'angle gradué en "γ"permet de tracer la
droite en traçant une parallèle passant par un des points connus.
&
Q
FCS = &
Q+m
& w.L
Point de référence
S
FCS=1
FCS
E
Lorsque l'on mélange deux débits d'air humide, le point représentatif du mélange est situé sur
la droite joignant les points caractéristiques de chaque air (on parle de "droite de mélange") à
une distance pondérée par les débits d'air sec (figure 8) et le débit d'air sec total est la somme
des débits d'air. Ainsi, on a :
m&1
Graphiquement, la distance [m-2]=distance[1-2] ×
&1 + m
m &2
m&2
et la distance [1-m]=distance[1-2] ×
&1 + m
m &2
2 2
3.3 Chauffage
Pour une opération de simple chauffage d’un débit d’air (débit d’air sec m & ) c’est à dire sans
apport d'humidité), on a γ = +∞, ce qui se traduit par une droite d'évolution horizontale mais
un sens allant vers les températures sèches croissantes (fig. 9). L'humidité spécifique est
& =m
constante et on a la relation Q & (h s − h e) .
γ=+∞
E S
he ws=we
we hs
E S
Pour une telle opération, γ = -∞,ce qui se traduit par une droite d'évolution horizontale mais
un sens d'évolution allant vers les températures sèches décroissantes (fig. 10). L'humidité
spécifique est constante et on a la relation Q & =m & (h 2 − h1) . La température moyenne de
surface de la batterie froide tms doit être supérieure à la température de rosée de l'air entrant.
γ=-∞
1 2
h1 h2
w1 tms>tR w2
S 2 1
tR tms
On peut faire figurer un point représentant la batterie (point S sur la figure 10), ce qui permet
de définir l'efficacité de la batterie froide :
h − h2
E= 1 .
h1 − hs
T2
1
1 2 tms
h1 h2
w1 tms<tR S 2 T0
w2
tms tR
On peut faire figurer un point représentant la batterie (point S sur la figure 10), ce qui permet
de définir l'efficacité de la batterie froide :
h − h 2 w1 − w 2
E= 1 = .
h1 − h s w 1 − w s
& =m
Ce qui permet également d’écrire que la puissance est Q & (h −h )=−m
& (h −h ).E
2 1 1 s
& =m
Enfin, le débit d’eau condensée s’exprime : m & (w − w )=−m
& (w − w ).E
w 2 1 1 s
Au contraire du cas précédent, la température du fluide frigoporteur (eau glacée) n’est pas
constante. Aussi, en toute rigueur, l’évolution de l’air dans la batterie ne peut pas être
représentée par une droite. Cependant, on représente généralement le point de départ et
d’arrivée et on les relie par une droite. Pour plus de sens physique, on représente aussi parfois
une courbe en pointillé reliant ces deux points. Par ailleurs, le point représentatif de l’eau en
entrée comme en sortie, ainsi que le point représentatif de la température moyenne de la
batterie sont portés sur la courbe de l’air humide saturé (figure 12). On retrouve toutes les
équations données pour le cas d’une batterie à détente directe.
T2
1 Ts
1 2 tms
h1 h2 Ts
w1 tms<tR S 2 Te
w2
Te
tms
Pour augmenter l’humidité spécifique d’un débit d’air, il est courant d’injecter directement de
la vapeur d’eau. En première approximation, on considère souvent que cette injection se fait à
température sèche constante, si bien que le paramètre γ est alors égal à l’enthalpie de la
vapeur injectée hw, que l'on estime par exemple être égale à ∆hlv(eau 0°C) + cp,vap.(Tv(°C)-0°C)
où Tv est la température de la vapeur injectée. Si on injecte de la vapeur à 100°C, cette
enthalpie est donc égale à 2500+1,826×100 = 2682,6 kJ/kg. La variation d’humidité
spécifique s’exprime par la relation : ∆w =m& /m
w
& . Les principaux points sont repérés sur la
figure 13.
Si l’on veut connaître exactement la position du point en sortie de l’injecteur de vapeur, en
évitant l'hypothèse d'une température sèche constante, il est nécessaire de réaliser un bilan de
chaleur et de masse :
m&w +m & (w1 − w 2) = 0 soit w 2 = w1 + m & w /m&
& (h1 − h 2) + m
et m & w.h w = 0 soit h 2 = h1 + m
& w (hs − h e) / m
&
ce qui permet alors de calculer la température sèche au point de sortie à partir de l'humidité
spécifique et de l'enthalpie.
Attention ! Une injection d’eau trop importante à partir d’un air à relativement faible
température sèche risque d’avoir pour conséquence de produire un air sursaturé (présence de
gouttelettes en suspension ou retombant en partie basse des conduits). Pour éviter ceci, on est
alors amené à préchauffer l’air avant de réaliser l’injection de vapeur.
1 2 2
h1 h2
w1 w2
•
m w hw
L’autre méthode fréquente pour augmenter l’humidité spécifique d’un débit d’air consiste à
utiliser un laveur (cf. figure 2 et paragraphe de définition de la température humide et de
saturation adiabatique). En première approximation, on considère généralement que cette
évolution s’effectue à température humide constante (égale à la température humide de l’air
entrant), ce qui implique que le paramètre γ est nul. On définit le rendement de saturation
w − w1
comme : ηsat = 2 . Les points 1; 2 et 3 sont repérés sur la figure 14.
w 3 − w1
Attention ! Une injection d’eau trop importante à partir d’un air à trop forte humidité relative
rend cette méthode inefficace. Pour éviter cette limitation, il convient alors de préchauffer
l’air avant de le faire circuler dans le laveur.
γ=0
1 2
h1 h2 3
w1 w2 2
•
•
mw Qw
t’2
t0
t'2
Une roue dessicante est une roue (diamètre typique de quelques dizaines de centimètres)
composée d’un matériau hygroscopique adsorbant à travers lequel circule l’air à
déshumidifier. Ce matériau peut être du Chlorure de Lithium (LiCl), des composés à base de
silice, de la zéolithe, etc… Ces matériaux ont la capacité d’adsorber l’humidité dans une
certaine mesure. Lorsqu’ils sont saturés en humidité, il est nécessaire de les régénérer,
généralement en y faisant circuler un air à haute température (de l’ordre de 100 à 150°C), ce
qui a pour effet de désorber l’humidité. L’énergie thermique nécessaire pour produire cet air
de régénération est typiquement d’environ 5000 kJ/kg d’eau désorbée. Par ailleurs, lors de
l’adsorption d’humidité, une certaine quantité de chaleur est dégagée, si bien que l’enthalpie
de l’air augmente et que sa température s’élève en général de (t2-t1)/(w1-w2)=3 à 4 K/g d’eau
adsorbée. On a ainsi l’évolution représentée sur la figure 17.
1 2 h=h1
h1 h2
w1 w2 1
régénération
1 2 3 4
1
2
3
4
Il est parfois utile de réaliser un échange de chaleur entre deux flux d'air à des températures
différentes. Par exemple, en été, l'air vicié extrait d'un local à climatiser est plus frais que l'air
neuf qui sera introduit dans le local. On peut ainsi envisager de pré-refroidir l'air neuf en lui
faisant céder de la chaleur à l'air extrait. Inversement, en hiver, c'est l'air vicié qui est à une
température supérieure à l'air neuf est qui peut donc servir à pré-chauffer ce dernier. Les deux
organes les plus courants pour cette opération sont les échangeurs thermiques et les caloducs.
Sur un diagramme de l'air humide (figure 19), on observe deux évolutions simultanées, le
fluide chaud se refroidissant sans déshumidifications tandis que le fluide froid s'échauffe.
m1 m2
échangeur : t11 t21
t22 t12
11 12
Figure 19 : Evolutions d'un air chaud (1) et d'un air froid (2)
échangeant de la chaleur dans un récupérateur ou un caloduc
t −t
-sur l'air "1" : E1 = 12 11
t 21 − t11
t −t
-sur l'air "2" : E 2 = 21 22
t 21 − t11
Le terme de "récupérateur" n'a pour fonction que de souligner que grâce à ce type
d'échangeur, de la chaleur (ou du froid) est cédée par un flux d'air à un autre flux d'air alors
que, si un tel organe n'était pas mis en œuvre, cette chaleur (ou ce froid) seraient perdue. On
veut ainsi mettre en relief le fait qu'il s'agit d'une valorisation d'énergie. La chaleur (ou le
froid) récupérée doit être considérée comme "gratuite". Du point de vue technologique, rien
ne permet de distinguer un échangeur récupérateur d'un autre échangeur thermique. La plupart
de ces échangeurs sont des échangeurs à courants croisés à plaques (cf. cours d'Echangeurs
Thermiques).
Le caloduc ("heat pipe" en anglais) est un récupérateur à fluide intermédiaire (figure 20). Il
est généralement constitué d'un tube (souvent en cuivre) à ailettes (souvent en aluminium) à
l'intérieur duquel un vide a été établi (absence d'air). Il a ensuite été empli d'un fluide
frigorigène s'évaporant et se condensant à température constante. La chaleur récupérée dans
l'air assure la vaporisation du frigorigène à une extrémité du caloduc (partie droite de la
figure). De la vapeur est générée, puis elle se déplace dans le tube vers l'autre extrémité du
caloduc (partie gauche de la figure). Elle se condense en cédant la chaleur à l'air frais, qui se
réchauffe ainsi. Pour assurer le retour du frigorigène liquide (condensé) vers la zone
d'évaporation, on peut mette en œuvre une structure capillaire à l'intérieur de laquelle le
liquide se déplace sous l'effet des forces capillaires. Un dispositif plus simple consiste à
positionner la zone évaporateur en partie basse du caloduc, si bien que le fluide se déplace
sous l'effet des forces de gravité.
4 Traitement de l’air
Dans le paragraphe 2.3., les principales évolutions ("opérations unitaires") que peut subir un
air ont été détaillées. Le problème du traitement de l'air en climatisation consiste à maintenir
l'air d'un local à climatiser dans des conditions fixées par un cahier des charges, alors que ce
local est soumis à des perturbations extérieures (apports ou déperditions thermiques,
infiltration ou exfiltration d'air humide) ne permettant pas naturellement de maintenir les
conditions désirées.
Il convient maintenant de distinguer les cas où l'on cherche uniquement à garantir une
température de confort sans prendre en compte l'humidité de l'air (on parle d'installation de
"ventilation") et les cas où le cahier des charges spécifie la température et l'hygrométrie à
garantir (installation de climatisation). De plus, pour chaque cas, les traitements en été et en
hiver sont naturellement fondamentalement différents.
Pour maintenir les conditions, on va "souffler" de l'air dans le local et extraire le même débit
d'air sec, afin de combattre les charges thermiques et hydriques. On voit ainsi que l'objectif de
cette étape de traitement de l'air est, à partir de valeurs données d'une charge hydrique et
thermique, d'abord de déterminer le débit d'air à souffler et ses caractéristiques (température,
humidité, etc...), puis de choisir comment produire ce débit dans les conditions de soufflage
(enchaînement d'opérations unitaires comme le chauffage, le refroidissement,
l'humidification ..., sur l'air repris et/ou sur de l'air extérieur, en les mélangeant
éventuellement). Les charges thermiques et hydriques sont naturellement susceptibles
Cette étape est ainsi à distinguer du dimensionnement des éléments constituant le système de
traitement de l'air. En effet, comme nous le verrons dans les chapitres liés au calcul des
charges, le dimensionnement permet de déterminer les caractéristiques de chaque organe de la
centrale de traitement de l’air dans des conditions particulières, à savoir "les conditions les
plus défavorables". En d'autres termes, le calcul réglementaire des charges a donc pour objet
de déterminer les valeurs extrêmes de puissance thermique et d'apport/perte d'humidité que le
système doit permettre de combattre.
On considère un local dont les déperditions thermiques sont notées Q & p . La température de
soufflage ts est généralement comprise entre 40 et 60°C pour une installation industrielle et 30
à 45°C pour une installation domestique ou tertiaire. Connaissant la température ambiante
désirée tamb, on calcule l'écart de température au soufflage ∆tsf = ts-tamb et on en déduit le
& /(ρ.c .∆t ) . Dans cette expression, on ne tient compte que de la
& =Q
débit d'air à souffler Vs p p sf
chaleur sensible puisque l'humidité n'est pas considérée. On considère donc qu'une variation
d'enthalpie de l'air est égale au produit cp.∆t, avec cp = 1,006 kJ/kg.K.
Si ce débit est inférieur au débit d'air neuf hygiénique minimal (voir chapitre ventilation),
alors tout l'air soufflé sera de l'air neuf ("tout air neuf") à sa valeur de débit minimal. On
recalcule la valeur de température de soufflage pour vérifier si elle est "acceptable" :
& /(ρ.V
ts =t amb +Q & .c ) . La puissance de la batterie chaude est donc Q& =ρ.V & .c .(t −t )
p AN p bc AN p s AN
Si le débit calculé initialement est supérieur au débit d'air hygiénique, alors on prévoit un
mélange air neuf/air repris pour limiter la consommation énergétique. On calcule le point de
mélange air neuf air repris en proportion des débits (là encore, les enthalpies sont calculées en
terme cp.∆T) pour obtenir la température de mélange tm. La puissance de la batterie chaude
& =ρ.V
est donc Q & .c .(t − t ) .
bc s p s m
Si ce débit est inférieur au débit d'air neuf hygiénique minimal (voir le sous-chapitre
"ventilation des locaux" du Chapitre "Aéraulique" de ce cours, ), alors tout l'air soufflé sera de
l'air neuf ("tout air neuf") à sa valeur de débit minimal. On recalcule la valeur de température
de soufflage pour vérifier si elle est compatible avec le mode de diffusion choisi :
& /(ρ.V
t amb − ts =Q & .c ) . Pour déterminer la puissance de la batterie, on doit en revanche
p AN p
tenir compte d'une éventuelle déshumidification de l'air fréquente dans le cas été. C'est
pourquoi le calcul de la puissance de la batterie est basé non pas seulement sur la puissance
sensible mais sur la puissance latente :
Q& =ρ.V & .(h −h ) . On constate enfin que, parfois, la puissance apportée par le ventilateur
bf AN AN s
n'est pas négligeable si bien qu'il convient d'ajouter à cette puissance un terme de la forme
V& .∆P / η où ∆P est le gain de pression du ventilateur (Pascal) et η son rendement
AN m m
mécanique.
Si le débit calculé initialement est supérieur au débit d'air hygiénique, alors on prévoit un
mélange air neuf/air repris pour limiter la consommation énergétique. On calcule le point de
mélange air neuf air repris en proportion des débits et des enthalpies pour obtenir le point de
mélange (hm, tm, wm). La puissance de la batterie froide est donc Q& =ρ.V & .(h −h ) . Comme
bf s m s
précédemment, il peut être nécessaire d'inclure la puissance thermique dissipée par le
ventilateur.
& +m
Q & h +m & (h −h )
γ= w w i i L .
& +m
m & (w − w )
w i i L
local
soufflage
∆tsf
& +m
Q & h +m & (h −h )
&=
Le débit d'air à souffler est alors m w w i i L
h L −hsf
Si le débit d'air neuf hygiénique nécessaire est supérieur à ce débit, on doit alors traiter en
"tout air neuf". Comme précédemment, on recalcule le point de soufflage pour s'assurer que la
température de soufflage sera acceptable vis-à-vis du confort des occupants.
hsf −2500w sf
& +m
hsf =h L −(Q & h +m& (h −h ))/ m
& ; w = w −(h − h ) / γ et t = .
w w i i L AN sf L L sf sf 1,006+1,826w
sf
Si le débit d'air neuf nécessaire est inférieur à ce débit, on prévoit un mélange air neuf/air
repris en proportion des débits. On note par l'indice M les propriétés du mélange.
- utilisation d'une batterie froide puis d'une batterie chaude (fig. 22b) : comme précisé
auparavant, cette méthode est théoriquement proscrite pour de la climatisation de confort et
dans ce cas, un récupérateur permettant de refroidir l'air extérieur grâce à l'air extrait doit être
installé (fig. 22 c).
- batterie froide puis chaude puis injection de vapeur (fig. 22d), avec les mêmes réserves que
pour la possibilité précédente concernant l'utilisation d'un récupérateur.
- d'autres traitements sont possibles (incluant laveurs, roue dessicante, …), mais moins
courants et/ou plus complexes.
M
L
SF
BF
Sre
Fig. 22c : traitement par batterie
E
froide puis chaude avec
M
récupérateur.
Srl
L
Sre : sortie récupérateur air extérieur
Sbf SF
BF Srl : sortie récupérateur air extrait
& +m
Q & h +m & (h −h )
γ= w w i i L .
& +m
m & (w − w )
w i i L
Les caractéristiques de l'air au point de soufflage (hsf, wsf, etc...) peuvent naturellement être
obtenues de manière graphique, mais aussi de façon analytique en écrivant que :
hsf = 1,006 × tsf + w sf .(2500 + 1,826 × tsf ) = h L − γ(w L − w sf )
où tsf est fixée comme précisé ci-dessus, γ à partir des charges thermiques et hydriques, et les
propriétés de l'air du local par le cahier des charges. On calcule d'abord
h − γw L − 1,006tsf
w sf = L , puis on en déduit la valeur de l'enthalpie au point de soufflage
2500 + 1,826tsf − γ
hsf = 1,006 × tsf + w sf .(2500 + 1,826 × tsf ) .
& +m
Q & h +m & (h −h )
&=
Le débit d'air à souffler est alors m w w i i L
h L −hsf
Si le débit d'air neuf hygiénique nécessaire est supérieur à ce débit, on doit alors traiter en
"tout air neuf". Comme précédemment, on recalcule le point de soufflage pour s'assurer que la
température de soufflage sera acceptable vis-à-vis du confort des occupants.
h −2500w sf
& +m
hsf =h L −(Q & h +m& (h −h ))/ m
& ; wsf =w L −(h L −hsf )/ γ et tsf = sf .
w w i i L AN 1,006+1,826w sf
Si cette dernière température est supérieure à la température de soufflage de confort, il
convient d'augmenter le débit d'air neuf pour limiter la température de soufflage.
Si le débit d'air neuf nécessaire est inférieur à ce débit, on prévoit un mélange air neuf/air
repris en proportion des débits. On note par l'indice M les propriétés du mélange.
Une fois que le point de soufflage et le débit ont été choisis, deux traitements de l'air sont très
courants pour amener l'air neuf ou de mélange au point de soufflage. Ils sont schématisés sur
la figure 23 en supposant qu'un mélange air neuf/air repris s'impose, mais ils peuvent
s'appliquer de la même manière à de l'air neuf seul :
- utilisation d'une batterie chaude puis injection de vapeur (fig. 23a).
- utilisation d'une batterie chaude, humidificateur puis nouvelle batterie chaude puis d'une
batterie chaude (fig. 23b).
L SF