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Commande optimale des alterno-démarreurs

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COMMANDE OPTIMALE

DE L’ALTERNO- DEMARREUR
AVEC PRISE EN COMPTE
DE LA SATURATION MAGNETIQUE

Soutenue le 11 juin 2003 devant le jury composé de :

MM. J.P VILAIN (Président du jury)


L. LORON (Rapporteur)
C. MARCHAND (Rapporteur)
C. FORGEZ (Directeur de Thèse)
C. PLASSE
Remerciements

Je tiens à remercier Messieurs Daniel Richard directeur technique de la branche VES,


Dominique Sebille directeur de la division EEM et Cédric Plasse responsable de
l’électronique P2 et P3 VES qui m’ont accordé leurs confiances et du temps afin que je
puisse réaliser cette thèse en parallèle avec mon activité professionnelle. Monsieur Cédric
Plasse m’a aussi fait l’honneur d’être membre du jury.

Je suis très reconnaissant envers Monsieur Guy Friedrich responsable du (LEC)


Laboratoire d’électromécanique de Compiègne qui m’a accueilli dans son laboratoire.

J’adresse mes vifs remerciements à Monsieur Jean Paul Vilain, professeur à l’UTC de
Compiègne, d’avoir dirigé la première partie du travail. Son esprit critique, ses remarques
pertinentes et ses conseils ont été très utiles pour mener à terme ce travail. Je le remercie
également d’avoir fait l’honneur d’être président de mon jury.

Je remercie tout particulièrement Monsieur Christophe Forgez, Maître de conférences à


l’UTC, d’avoir accepté de codiriger la thèse avec Monsieur Vilain. Je souhaite de plus lui
exprimer toute ma reconnaissance pour l’aide précieuse qu’il m’a apportée tant sur le plan
scientifique que personnel.

J’exprime également mes plus sincères remerciements à Claude Marchand Professeur à


l’université Paris sud, d’avoir jugé ce travail et y apporter ces remarques constructives en tant
que rapporteur.

Je désire aussi remercier vivement Luc Loron, Professeur des universités, qui a accepté
d’être rapporteur et a bien voulu s’intéresser à cette étude.

Je remercie également les membres de l’équipe du LEC qui m’ont toujours accueilli
comme un membre de leur équipe et qui m’ont appréhendé les méthodes de travail
complémentaires à celles du milieu industriel.

J’adresse mes remerciements aussi à mes collègues de Valeo pour l’aide précieuse qu’ils
m’ont apportée tant pour la mise en œuvre matérielle et l’expérimentation, qu'à la
recommandation et à la rédaction du rapport.

Enfin, je ne pourrais terminer ces remerciements sans remercier Catherine, mon épouse,
pour son soutien permanent et pour sa patience durant la préparation de cette thèse.
Introduction générale

Le contexte 1
Les alterno-démarreurs 2
Objectifs du travail proposé 5

Chapitre 1
Modélisation de la machine asynchrone non saturée

1.1 Description de l’ADI asynchrone 7


1.2 Equations de base 8
1.2.1 Equations électriques 8
1.2.2 Hypothèses pour la machine asynchrone non saturée 9
1.2.3 Formalisation matricielle 10
1.3 Equations vectorielles 11
1.3.1 Notion de vecteur d’espace 11
1.3.2 Repères utilisés 13
1.3.3 Equations vectorielles de la machine asynchrone 13
1.4 Schéma équivalent 15
1.4.1 Modèle à cinq paramètres 15
[Link] Equations vectorielles exprimées dans le repère lié au stator : 16
[Link] Equations vectorielles exprimées en fonction de l’inductance magnétisante Lm 16
1.4.2 Modèle à quatre paramètres 18
1.4.3 Cas particulier : Régime sinusoïdal établi 21
[Link] Fonctionnement en mode moteur 23
[Link] Fonctionnement en mode générateur 24
1.5 Conclusion 25

Chapitre 2
Elaboration des lois de commande optimales pour une
machine non saturée

2.1 Cahier des charges 26


2.1.1 Performances escomptées 27
2.1.2 Objectifs de la commande 28
2.2 Lois de commande 30
2.2.1 Pilotage à flux constant 31
2.2.2 Commande à fréquence rotorique constante ou flux variable 33
[Link] Fonctionnement à couple maximal 34
[Link] Fonctionnement à rendement maximal 34
[Link] Fonctionnement à puissance constante 35
2.3 Stratégie de contrôle 36
2.3.1 Contrôle scalaire : 36
[Link] Autopilotage 37
[Link] Commande en courant 38
[Link] Commande en tension 40
2.3.2 Contrôle vectoriel 43
2.4 Structure de contrôle 45
2.4.1 Choix de la loi de commande 45
2.4.2 Choix de la stratégie de contrôle 46
2.4.3 Description de la structure de commande 47
2.5 Méthode d’élaboration des lois de commande optimales 49
2.5.1 Fonctionnement sinusoïdal 49
2.5.2 Fonctionnement en sur-modulation 50
[Link] Décomposition en série de Fourier d’une sinusoïde écrêtée 52
[Link] Equations vectorielles en régime établi 55
[Link] Comparaison entre fonctionnement sous régime sinusoïdal et non sinusoïdal pur 57
2.6 Conclusion 58

Chapitre 3
Saturation de la machine

3.1 Forme d’onde des grandeurs électriques en présence de saturation 60


3.2 Lignes de champ de la machine saturée 62
3.2.1 Répartition géométrique des bobinages 62
3.2.2 Répartition de l’induction magnétique 63
3.3 Impact de la saturation sur les performances 65
3.3.1 Machine idéale (sans saturation) 65
3.3.2 Machine réelle (avec saturation) 66
3.4 Identification des paramètres 69
3.4.1 Principe d’identification 69
3.4.2 Signaux de tests et acquisition 70
3.4.3 Contenu informationnel 71
3.5 Validation expérimentale 74
3.5.1 Mise en œuvre 74
3.5.2 Résultats 76
3.6 Conclusion 79

Chapitre 4
Elaboration des lois de commande pour une machine
saturée

4.1 Prise en compte de la saturation dans l’élaboration des lois de commande 80


4.1.1 Organigramme de recherche des lois de commande 80
4.1.2 Modèles utilisés dans les simulations 84
4.1.3 Mesures sur banc d’essais 85
[Link] Procédure d’essais en mode moteur 85
[Link] Procédure d’essais en mode générateur 86
4.2 Lois de commande en mode moteur 87
4.2.1 Objectifs fixés 87
4.2.2 Comparaison entre simulations et expérimentations 87
4.2.3 Lois de commande 88
4.3 Lois de commande en mode alternateur 90
4.3.1 Objectifs 90
4.3.2 Comparaison entre simulations et expérimentations 90
4.4 Fonctionnement en sur-modulation 93
4.4.1 Vérification de la mise en œuvre 93
4.4.2 Comparaison des performances 94
4.5 Robustesse de la commande 96
4.5.1 Mode moteur 96
4.5.2 Mode générateur 98
[Link] Sensibilité du rendement par rapport à la fréquence rotorique 98
[Link] Sensibilité par rapport aux paramètres machines 99
4.6 Conclusion 100

Conclusion générale

Les apports de la thèse 102


Les perspectives 103
Vers le ‘Mild Hybride’ 104

Bibliographie

Annexes
Conversion électromécanique ANNEXE A
Transformations dans un repère diphasé ANNEXE B
Fonctionnement en régime harmonique ANNEXE C
Modèle de batterie utilisé en simulation ANNEXE D
Injection de l'harmonique 3 ANNEXE E
Notations

ωs pulsation des courants statoriques


ωr pulsation des courants rotoriques
ω pulsation mécanique (=pΩ)
Ω vitesse mécanique
ω~ pulsation mécanique mesurée
θ angle mécanique
ρ angle électrique entre le vecteur Imr et l’axe magnétique de la phase1 du stator
p nombre de paires de pôles
qr nombre de conducteurs au rotor
X̂ amplitude crête de la grandeur X
X variable complexe de la grandeur X
X vecteur de la grandeur X
C

couple électromagnétique
U ss vecteur de la tension statorique dans le repère du stator

I ss vecteur du courant statorique dans le repère du stator

Φ ss vecteur du flux statorique dans le repère du stator

Vrr vecteur de la tension rotorique dans le repère du rotor

I rr vecteur du courant rotorique dans le repère du rotor

Φ rr vecteur du flux rotorique dans le repère du rotor

Vrs vecteur de la tension rotorique dans le repère du stator

I rs vecteur du courant rotorique dans le repère du stator

Φ rs vecteur du flux rotorique dans le repère du stator

s
I mr vecteur du courant magnétisant du rotorique dans le repère du stator

Isd , Isq composante directe et quadrature du courant Is dans le repère du champ tournant

Isα , Isβ composante directe et quadrature du courant Is dans le repère du stator

V* amplitude de référence appliquée à l’entrée de l’onduleur

X* grandeur de consigne
X grandeur complexe
X* grandeur complexe conjuguée

X* vecteur complexe conjugué
ℜe ( X ) partie réelle de la variable X

ℑm(X ) partie imaginaire de la variable X


Introduction générale

Le contexte

Les influences multiples de notre mode de vie sur l’environnement sont maintenant clairement
établies. Parmi celles-ci, nous pouvons citer les émanations de gaz toxiques rejetés par les
moyens de transport routier, qui participent au réchauffement de la planète et qui sont en outre
à l’origine d’autres problèmes de santé publique. L’ampleur des effets mentionnés a
naturellement placé l’environnement au centre des préoccupations contemporaines. Les
alternatives envisagées par le biais du développement des transports en commun ont vite
trouvé leurs limitations, tant par des infrastructures saturées ou trop coûteuses à mettre en
œuvre, que par le manque de liberté propre à l’utilisation du véhicule individuel. Conscients
de leurs responsabilités, les constructeurs automobiles et les équipementiers se sont donc
penchés sur les manières de rendre leurs véhicules ‘propres’. La solution du véhicule
électrique envisagée à la fin des années quatre-vingt n’a pas su rencontrer l’engouement des
automobilistes en raison des surcoûts à l’achat, des recharges contraignantes et des
performances peu attrayantes. Néanmoins les avantages écologiques de ce genre de véhicule
ont suscité l’intérêt populaire. L’idée est apparue de combiner les avantages de la motorisation
thermique et ceux de la motorisation électrique au sein d’un même véhicule : le concept de
l’hybridation était né. L’architecture hybride parallèle a très vite été retenue comme la
configuration optimale. Elle est composée d’une machine électrique couplée à une
motorisation thermique. Cette architecture permet le fonctionnement de l’un ou de l’autre des
moteurs ou des deux en même temps. L’objectif est alors la réduction de la consommation de
carburant en maximisant l’utilisation de l’énergie électrique embarquée afin de compenser le
rendement de la motorisation thermique et ce sous la contrainte d’une gestion automatique de
l’énergie électrique embarquée : la machine électrique est utilisée à la fois comme moteur et

1
alternateur. Parallèlement à cette alternative, d’autres technologies ont été développées
permettant la diminution des consommations. Citons à cet égard le développement des
soupapes électromagnétiques. Toutefois cette technologie ne pourra être réellement mise en
œuvre que si la production électrique embarquée le permet ; le fonctionnement de soupapes
électromagnétiques nécessite à lui seul 2 kW pour un moteur quatre cylindres. Les alternateurs
actuellement mis sur le marché plafonnent leurs productions à 3 kW.

C’est dans ce contexte qu’est apparue la nécessité de développer des alternateurs de


puissances plus importantes (5kW) pour les véhicules de tourisme.

Les alterno-démarreurs

Afin de minimiser les coûts de production et de vente de ces alternateurs, la fonction de


générateur ne peut à elle seule être viable commercialement. C’est pourquoi en plus de la
génération électrique, la réalisation de la fonction démarrage par la même machine a été
préconisée : c’est le concept de l’alterno-démarreur.

Des fonctions supplémentaires ont été évaluées en complément des fonctions élémentaires de
l’alterno-démarreur :

• le ‘Stop & Go’ procure une réduction significative de la consommation de carburant en


arrêtant le moteur thermique à chaque fois que la vitesse s’annule (stop, feu rouge ou
embouteillage) et redémarrage automatique dés la sollicitation du conducteur.

• le freinage en récupération permet de freiner le véhicule lors des décélération et de


transformer une partie de l’énergie cinétique sous forme d’énergie électrique stockée
immédiatement. Cette quantité d’énergie électrique contribue à réduire la consommation
de carburant puisqu’elle ne devra pas être produite par le biais d’un entraînement de
l’alternateur via le moteur thermique.

• l'assistance ou mode ‘boost’ permet d’utiliser la machine électrique en mode moteur lors
d’accélération afin d’assister le moteur thermique et d’en améliorer le rendement ou la
puissance.

2
Les caractéristiques des différents organes (tension, puissance nominale et crête, rendements)
et les architectures retenues (transmission mécanique et type de machine électrique) qui
réalisent ces fonctions, sont très variées et s’adressent à différents segments du marché
automobile. [PLASSE ][CHEN][TERATANI].

L’alterno-démarreur séparé (ADS) présente l’avantage de ne pas modifier la géométrie du


groupe moto-propulseur, puisqu’il est implanté en lieu et place de l’alternateur traditionnel.
Différentes machines et tensions d’alimentation sont proposées (14 à 42 Volts) suivant la
gamme de puissance requise.

En vue d’optimiser la réduction des coûts, l’emplacement de cette machine a été repensé. La
mise en place de l’alterno-démarreur en prise directe sur l’arbre moteur thermique (Fig. 1),
permet la suppression de poulies de démultiplication et des courroies associées (Fig. 2) ce qui
offre l'intérêt de pouvoir transmettre des puissances plus importantes : c’est le concept
d’alterno-démarreur intégré (ADI).

Boîte de vitesses

Embrayage

ADI
Moteur thermique

Fig. 1 Insertion de l’alterno-démarreur intégré dans la chaîne de traction

L’emplacement de cette machine a fortement contraint son dimensionnement pour aboutir à


un faible encombrement (sept centimètres de longueur).

3
Stator

Couronne dentée
(pour capteur vitesse)

Embrayage

Rotor

Fig. 2 Vue éclatée de l’alterno-démarreur

Cette configuration, par sa structure, est comparable à celle d’une architecture hybride
parallèle. Elle offre donc l’intérêt de pouvoir augmenter le nombre de fonctions réalisées par
la machine électrique, notamment par les modes d’assistance ou de ‘Boost’.

L’Alterno-Démarreur Intégré constitue une première solution avant la forte hybridation du


véhicule pour répondre à de nouvelles exigences dans l’automobile, visant la réduction des
consommations de carburant, le respect des normes d’antipollution et l’électrification de
nombreux équipements.

Parmi les différents types de machines identifiées pour satisfaire ces fonctions combinées, la
machine asynchrone, par ses qualités intrinsèques de faible coût et de robustesse, est bien
adaptée à l’application. De plus, le fonctionnement en générateur qui requiert un système
d’alimentation pour ‘amorcer’ la machine asynchrone est parfaitement compatible avec
l’usage de batteries et du réseau de charge à bord d’un véhicule automobile.

4
Objectifs du travail proposé
Selon la structure de pilotage et les réglages adoptés pour les grandeurs de commande, les
performances de la machine pourront être très variables. Par ailleurs, les deux fonctions
principales de l’ADI sont extrêmement différentes, car la machine doit développer un fort
couple au démarrage pour entraîner le moteur thermique jusqu’au régime de ralenti et fournir
une puissance électrique sur une large plage de vitesse en mode alternateur. Si le flux doit être
maximal dans le premier mode, il doit être variable dans le deuxième pour assurer un
fonctionnement optimal.

L’objectif premier de notre étude concerne donc la mise en place d’une méthodologie
d’optimisation de la commande, tant du point de vue de sa structure, que des lois proprement
dites. Les contraintes thermique, électrique et magnétique doivent être prises en compte afin
de garantir la robustesse de la commande sur tout l’espace de fonctionnement.

Cet outil permet de rechercher l’espace de fonctionnement maximal de la machine, c’est à


dire le couple ou la puissance en fonction de la vitesse respectivement en mode moteur et
générateur. Il permet, en fonction des objectifs à atteindre dans chacun des deux modes,
d’identifier le meilleur mode de fonctionnement et de réglage des grandeurs de commande
optimale (courants ou tensions) en régime stationnaire. Par exemple, le mode d’alimentation
sinusoïdal est privilégié, mais le fonctionnement en surmodulation est aussi envisagé à forte
vitesse, pour imposer le flux optimal lorsque la limitation en tension du réseau de bord est
atteinte.

Afin de garantir une commande optimale, un modèle le plus réaliste possible s’impose. Il doit
tenir compte des paramètres de la machine, de leurs dérives thermiques et magnétiques, mais
également des pertes dans le convertisseur de puissance ainsi que du comportement de
l’alimentation, en l’occurrence la batterie.

Le second aspect important de cette étude repose donc sur l’identification des paramètres de
la machine et de leur évolution en fonction de la saturation magnétique.

Ce manuscrit s’articule selon l’organisation suivante :

• Le premier chapitre permet de poser les équations et variables de la machine, qui seront
utilisées dans la thèse. Il introduit le modèle à quatre paramètres utilisé pour l’optimisation

5
des lois de commande. Il présente également les diagrammes vectoriels des
fonctionnements en mode moteur et mode générateur.

• Le second chapitre définit le cahier des charges imposé et les performances recherchées
par l’application. Il explique comment le choix de la structure de commande a été effectué.
Il expose la méthodologie de recherche des lois de commande optimales dans le cadre
d’un fonctionnement en régime non saturé. L’augmentation des performances par un
fonctionnement en régime non sinusoïdal constitue le point fort de ce chapitre.

• Le troisième chapitre valide, pour les régimes saturés, le modèle utilisé dans la recherche
des lois de commande optimales. Une méthode d’identification hors ligne tenant compte
des aspects thermiques et magnétiques y est présentée.

• Le quatrième chapitre présente les résultats des lois de commande testées.

Tous les résultats obtenus dans ce manuscrit sont issus des essais effectués sur le prototype
asynchrone dénommé ‘M1B’. Il s’agit du premier alterno-démarreur asynchrone dimensionné
par J.M BIEDINGER, Professeur à l’UTC, pour laquelle on dispose des données théoriques
du schéma équivalent. Cette machine a été développée en collaboration avec VALEO
ELECTRICAL SYSTEM pour l’application Renault ‘Twingo’ et a fait l’objet de
démonstrateurs (Fig. 3).

ADI

Fig. 3 Montage de prototypes sur bloc moteur

6 ADI
Chapitre 1
Modélisation de la machine asynchrone
non saturée
Afin de fixer les bases de l’étude qui va suivre, nous allons d’abord rappeler brièvement les
caractéristiques physiques de l’Alterno-Démarreur Intégré (ADI.). Ensuite les équations
différentielles régissant les phénomènes électriques de la machine asynchrone seront exposées
afin de fixer la nomenclature des variables. Après une mise en forme matricielle, elles sont
développées sous leur forme vectorielle afin d’aboutir dans un premier temps à un modèle à
cinq paramètres réduit ensuite à quatre. Le comportement de l’impédance de la machine en
fonction du mode de fonctionnement est présenté à la fin du chapitre.

1.1 Description de l’ADI asynchrone

Comme nous l’avons évoqué en introduction, l’ADI représente une étape incontournable pour
le passage au système 42 Volts ainsi que pour les véhicules propres [PLASSE]. Outre les
spécifications techniques auxquelles devront répondre les solutions envisageables, ce seront
surtout les contraintes imposées par une production de masse à faible coût qui limiteront leur
faisabilité. Des machines concernées, la machine asynchrone à rotor en cage d’écureuil réunit
robustesse et faible coût de production. En effet, ces machines ont un rotor constitué d’un
empilage de tôles, portant des barres conductrices réparties uniformément à la périphérie. Ces
barres surmoulées dans les encoches sont fermées par un anneau de court-circuit à chaque
extrémité, l’ensemble forme un enroulement polyphasé. Dans le cadre d’une production de
masse, les barres sont en aluminium et coulées sur les empilements de tôles.

7
Fig 1.1 Rotor et stator de l’ADI asynchrone

Le stator est formé d’un empilage de tôles encochées qui portent les enroulements triphasés
répartis spatialement.

Le nombre de paires de pôles, ainsi que le nombre de barres conductrices sont parmi les
paramètres dimensionnant de la machine. Ils ont été déterminés à partir du cahier des charges
de l’ADI, pour optimiser sa puissance massique, au regard de :

- l’encombrement disponible dans le compartiment moteur ;


- des spécifications du couple de démarrage et de la puissance électrique nominale
requise pour alimenter le réseau de bord.

1.2 Equations de base

1.2.1 Equations électriques

Les grandeurs électriques d’une machine asynchrone sont régies par les équations des
tensions et des flux au stator et au rotor.
d
u SI = RSI .i SI + Φ SI (1.1)
dt

d
vri = Rri .iri + Φ ri = 0 (1.2)
dt
avec I (I = 1, 2 ou 3) le numéro de phase des enroulements au stator, et i (i = 1,2,….qr) le
numéro de conducteur de la cage rotor

8
3 qr
Φ SI = [Link] + ∑ mIK .iSK + ∑ mIk .irk
K =1, K ≠ I k =1
(1.3)

qr 3
Φ ri = La . j ri + ∑ mik .irk + ∑ miK .iSK
k =1, k ≠ i K =1
(1.4)

1.2.2 Hypothèses pour la machine asynchrone non saturée

Pour garder la mise en équation dans les limites exploitables d’un point de vue de la
commande, nous faisons les hypothèses suivantes.

• circuit magnétique non saturé, sans hystérésis ;


• circuit magnétique parfaitement feuilleté (seuls les enroulements stator et barres du rotor
sont parcourus par des courants, les inductances propres et mutuelles sont supposées
constantes si on ne tient pas compte de la saturation) ;
• entrefer constant d’un point de vue magnétique (variations de réluctances d’encoche
négligeables) ;
• le bobinage est dimensionné pour produire dans l’entrefer un champ magnétique à
répartition sinusoïdale (simplification des expressions des inductances et des mutuelles
des divers enroulements ).

Suivant ces hypothèses nous pouvons exprimer les inductances propres et mutuelles comme
des grandeurs constantes :

Pour les enroulements statoriques


Lss = inductance propre d’un enroulement : LAA = LBB = LCC = Lss
Mss= mutuelle inductance entre deux phases : MAB = MBC = MCA= Mss

Pour les enroulements rotoriques


Lrr = inductance propre d’un enroulement : Laa = Lbb = … Lqr = Lrr
Mrr= mutuelle inductance entre deux phases : Mab = Mac = … Mba = Mrr

Mutuelles inductances entre enroulements statoriques et rotoriques :


mIk = Mutuelle entre l’enroulement stator I et l’enroulement rotor k

9
 I − 1 k − 1  
m Ik = M Aa . cos  − .2.π − p.θ  (1.5)
 3 qr  

MiK = Mutuelle entre l’enroulement rotor i et l’enroulement stator K


 K − 1 i − 1  
miK = M aA . cos  − .2.π − p.θ  (1.6)
 3 qr  

1.2.3 Formalisation matricielle

Les expressions précédentes peuvent être écrites sous forme matricielle en faisant intervenir
les vecteurs tensions, courants, flux, ainsi que les matrices inductances :

[us ] = Rs .[is ] + d [Φ s ]
dt
[vr ] = Rr .[ir ] + d [Φ r ] (1.7)
dt
[Φ s ] = [Lss ][is ] + [M sr ][ir ]
[Φ r ] = [Lrr ][ir ] + [M rs ][is ]
avec
 Laa maqr 
 
 L AA M ss M ss   
 
[Lss ] = M ss M ss 
Laa M rr
L AA [Lrr ] =  
 M rr Laa 
 M ss M ss L AA 
 
 
 M rr Laa 

   
   
   
 m Ik   miK 
[M sr ] =   [M rs ] = [M sr ]T = 
 mkI   m Ki 
   
   
   

Le couplage des équations électriques avec les équations mécaniques de la machine s’effectue
via le couple électromécanique obtenu à partir de la variation de l’énergie magnétique en

10
fonction de l’angle mécanique θ que fait l’axe de la phase a du rotor avec l’axe de la phase A
du stator (cf ANNEXE A). Pour une machine 2p pôles, le couple s’écrit

∂W (k , pθ )
C=p (1.8)
∂pθ

L’énergie magnétique s’obtenant par la somme des produits flux courant au stator et au rotor

1 n
W = .∑ ik .Φ k (1.9)
2 k =1
avec k =A,B,C , a,b,c, …qr, soit

2
(
W = . [Φ s ] .[is ] + [Φ r ] .[ir ]
1 T T
) (1.10)

Nous obtenons l’expression suivante en développant l’énergie magnétique en fonction des


inductances

W = .[is ] .[Lss ][
. is ] + .[ir ] .[Lrr ][
. ir ]+ .[is ] .[M sr ][
. ir ]
1 T 1 T T
(1.11)
2 2

Puisque les matrices [Lss ] et [Lrr ] sont indépendantes de θ, le calcul du couple

électromagnétique à partir de l’expression précédente donne :


C = p[i s ]T . [M sr .( p.θ )][. ir ] (1.12)
∂. pθ

1.3 Equations vectorielles

1.3.1 Notion de vecteur d’espace

Le vecteur d’espace s’obtient par projection des grandeurs scalaires initiales dans un repère
diphasé statique que l’on nomme repère αβ, ou dans un repère diphasé tournant dq. L’intérêt
de ce vecteur d’espace réside dans la simplification des équations de la machine.

11
β
Vs2 &
Vsβ Vs

Vs1
Vsα α

Vs3

Fig. 1.2 Vecteur d’espace

Considérons un système triphasé de tensions déphasées spatialement entre elles de 2π/3. Le


vecteur d’espace s’obtient facilement par projection de V1, V2 et V3 sur l’axe α pour obtenir
sa composante directe Vα, de même par projection de V1, V2 et V3 sur l’axe β pour obtenir sa
composante quadratique Vβ.

La composante homopolaire V0 qui traduit le déséquilibre éventuel entre les différentes


tensions s’obtient par sommation de celles-ci. Ces projections peuvent s’écrire sous forme
matricielle :
 1 1 
1 − −
vα  2 2  v 
  1
v  = 2  0 3

3  
. v2 (1.13)
 β 3 2 2  
 vo  1 1 1  v3 
2 2 2 

En supposant la machine équilibrée, par souci de simplification des écritures, on peut écrire

j
cette expression à l’aide de l’opérateur rotation a = e 3

 v1 
vα  2
[ 2 
v  = 1 a a v 2 
 ] (1.14)
 β 3 v3 

Dans le cas d’un système polyphasé, les composantes quadratiques s’obtiennent par
projection des différentes grandeurs sur les axes αβ.

12
 v1 
vα  2 
2π ( q −1) 2π
j r   
 
j
v  = 1 e
qr qr
... e (1.15)
 β  q r     
 
vqr 

1.3.2 Repères utilisés

Dans une machine asynchrone on distingue deux types de grandeurs électriques : les
grandeurs statoriques et les grandeurs rotoriques. Les grandeurs statoriques tournent à la
pulsation ωs par rapport à un repère fixe lié au stator. Les grandeurs rotoriques tournent à la
pulsation ωr par rapport à un repère fixe lié au rotor, lui même tournant à une pulsation ω par
rapport au repère fixe du stator.

βs
βr
&
IS
αr
θr


θs

αs

Fig. 1.3 Repère de définition des vecteurs d’espace statorique et rotorique

Les grandeurs statoriques et rotoriques sont décrites sous la forme de vecteurs d’espace
référencés respectivement dans le repère (αs, βs ) lié au stator et le repère (αr, βr ) lié au rotor.
L’indice supérieur s ou r des vecteurs, indique le référentiel utilisé.

1.3.3 Equations vectorielles de la machine asynchrone

Les équations vectorielles de la machine s’obtiennent à partir des équations matricielles


auxquelles on applique la transformation de Clarke de manière à ramener chaque grandeur
matricielle à un vecteur constitué d’une partie réelle et d’une partie imaginaire
[BIEDINGER][LEONHARD].

13
Pour les grandeurs statoriques la transformation en grandeurs vectorielles se fait en

multipliant les différents membres des équations matricielles par


2
3
[
1 a a2 ]
• le vecteur tension stator s’écrit :

d [Φs ]
2
[ 
]
1 a a 2 [u s ] = 1 a a 2  [Rs ][is ]+
2
[  ] (1.16)
3 3  dt 

• le vecteur flux stator s’écrit :

.[1 a a ² ][
. Φ s ]= .[1 a a ² ].([Lss ][
. is ] + [M rs ][
. ir ])
2 2
(1.17)
3 3

Le rotor étant polyphasé, la transformation des grandeurs rotoriques en grandeurs vectorielles


se fait en multipliant les différents membres des équations matricielles par :

2  
2π ( qr −1) 2π
j j
1 e r 
q qr
... e (1.18)
q r  

• le vecteur tension rotor s’écrit :

  2   d [Φ r ]
2π ( q r −1) 2π 2π ( qr −1) 2π

[vr ] = 1 e r  Rr [ir ] +
j j j j
2
1 e r  (1.19)
q qr q qr
... e ... e
qr   q r   dt 

• le vecteur flux rotor s’écrit :

 2π ( qr −1) 2π
 2 
2π ( qr −1) 2π

.[Φ r ] = .1 e r  ([Lrr ][
. ir ] + [M rs ][
. is ]) (1.20)
j j j j
2
.1 e qr .... e qr q
.... e qr

qr   q r  

Avec le développement détaillé en annexe B, on aboutit aux expressions vectorielles ci-


dessous.

14
→s →s d →s
U s = Rs I s + Φ s
dt
r r
→ → d →r
V r = Rr I r + Φ r
dt
(1.21)
→s →s →r
Φ s = (Lss − M ss ) I s + r M sr e jpθ I r
q
2
→ r → r →s
Φ r = (Lrr − M rr ) I r + M rs e − jpθ I s
3
2

Il est à noter que chacune des transformations opérées a été réalisée par rapport aux repères
fixes des grandeurs électriques. Ainsi, les grandeurs statoriques et rotoriques sont exprimées
respectivement par rapport au repère fixe du stator et celui du rotor.

1.4 Schéma équivalent

1.4.1 Modèle à cinq paramètres

Pour simplifier l’écriture, nous posons les variables suivantes :

→ →
3 qr 1
M = .M sr , mϕ = , Ls = L ss − M ss , Lr = Lrr − M rr , I r = mϕ . i rr
r

2 3 mϕ

Les équations vectorielles des tensions et flux se simplifient :

→s →sd →s
U s = Rs I s + Φs
dt
→r →r
1 d →r
Vr = Rr. I r + Φ r
mϕ dt (1.22)
→s →s →r
Φ s = Ls I s + Me jpθ I r
→r →r →s
Φ r = Lr I r + Me jpθ I s

15
[Link] Equations vectorielles exprimées dans le repère lié au stator :

Il est intéressant de définir l’ensemble des vecteurs dans un repère unique qui peut être
tournant ou non. Nous avons choisi le repère fixe lié au stator. On peut exprimer dans le
repère lié au stator les vecteurs exprimés dans le repère du rotor, par rotation d’un angle pθ.
→ →
Vrr = Vrs .e − jpθ (1.23)

→ → → →
Rr s − jpθ d  s − jpθ 

Vrr = Vrs .e − jpθ = . I r .e + Φ r .e (1.24)
mϕ dt  
 

→ → → →
− jp.θ
Φ rr = Φ rs .e = Lr . I rs .e − jpθ + M . I ss .e − jpθ (1.25)

On pose :
d ( pθ )
=ω (1.26)
dt

→ →
d →s
U ss = Rs. I ss + Φs
dt
→ →
1 d → →
Vrs = Rr. I rs + Φ rs − jω . Φ rs
mϕ dt (1.27)
→ → →
Φ = Ls I + M I
s
s
s
s
s
r
→ → →
Φ rs = Lr I rs + M I ss

[Link] Equations vectorielles exprimées en fonction de l’inductance magnétisante Lm

Les équations vectorielles de la machine exprimées dans le repère du stator permettent


d’établir un schéma équivalent. Il faut au préalable ramener les grandeurs rotoriques au
nombre de spires du bobinage statorique pour pouvoir faire apparaître l’inductance de
magnétisation commune Lm ainsi que les fuites statoriques Lfs et rotorique Lfr. Pour cela on
Lms
pose Ls = L fs + Lms , Lr = L fr + Lmr , M = Lms Lmr , et mt =
Lmr

On appelle l’inductance de magnétisation Lm = mt M = Lms

16
D’où
Lm
Ls = L fs + Lm et Lr = L fr + (1.28)
mt2
En remplaçant dans les expressions des flux
→s →s →s →s →s Lm →
s
Φs = Ls .I s + M. I r = L fs .I s + Lm .I s + .I r (1.29)
mt
→ → → → →
→s L fr .mt 2 Lm Lm s
Φr = Lr . I rs + M .I ss = I rs + .I s +
2 r
.Is (1.30)
mt 2 mt mt

→s
→s Ir mt.R r
avec I r '= , Lfr ' = [Link] ² et R r ' =
mt mϕ
nous obtenons les expressions vectorielles de la machine dans le repère du stator en fonction
de l’inductance magnétisante et des inductances de fuite.

→s → → →
Φ s = L fs I ss + Lm ( I rs '+ I ss )
→s 1  → → →

Φr =  L fr '. I r '+ Lm. ( I r '+ I ss ) 
s s

mt  
→s → (1.31)
d →s
U s = Rs I + Φ s s
s
dt
→ →
s
d →s →s
V r = Rr '. I r '+ Φ r − jω Φ r
s

dt

Ces quatre dernières équations caractérisent le fonctionnement d’un quadripôle représenté


par le schéma équivalent de la figure 1.4.

Rs Lfs Lfr ' − jϖΦ rs Rr ′

 
I ss I rs'

Lm 
 dΦ ss dΦ sr V rs = 0
U ss
dt   dt
I ss + I rs'

Fig. 1.4 Schéma équivalent généralisé

17
1.4.2 Modèle à quatre paramètres

Les inductances de fuites Lfs et Lfr précédemment exprimées dans le modèle à cinq paramètres
sont impossible à identifier séparément. L’intérêt du modèle à quatre paramètres vise le
regroupement des fuites au sein d’une seule inductance.
Il est d’usage de décrire le flux rotorique Φr par l’intermédiaire d’un courant magnétisant Imr.
Ce courant fictif peut se définir comme le courant qui, circulant dans l’inductance de
magnétisation Lm, produirait un flux égal au flux rotor ramené au bobinage statorique :

→ 1 → 1 →
I mr = . Φr ' = .mt. Φr (1.32)
Lm Lm
d’où
→s Lm  → s → s L fr ' 
Φr = . .I s + I r ' (1 + )
Lm 
(1.33)
mt 

Le courant magnétisant s’exprime alors dans le repère fixe du stator (αs,βs) comme :

→s  → s → s  L fr '  
I mr =  I s + I r '.1 +  (1.34)
  Lm  
  
soit
→s Lm →s →s  L →s →s 
I r '= . I mr − I s  = m . I mr − I s  (1.35)
Lm + L fr '   Lr '  
→s Lm →
avec Φ r = .I mr il vient
mt

d →s Lm d →
s
Φr = . I mr (1.36)
dt mt dt

D’où , avec l’équation de tension stator, on obtient :

→s →s d → s Lm Lm .mt d  → s → s 
U s = Rs. I s + Ls . I s+ . .  I mr − I s 
mt Lr ' dt 
(1.37)
dt 
→s →s  L ²  d →s L ² d →s
U s = Rs. I s +  Ls − m . I s + m . I mr (1.38)
 Lr '  dt Lr ' dt

18
Et l’équation de tension rotor :

→s →s Lm  d → s   L →s 
V r = 0 = Rr '. I r '+ . I mr  − jω . m . I mr  (1.39)
mt  dt   mt 

En multipliant par mt*Lm/Lr’

Lm → s .Lm ² d → s Lm ² → s
0 = Rr '.mt. I r '+ . I mr − jω . I mr (1.40)
Lr ' Lr ' dt Lr '

On peut écrire l’équation de la tension rotor, sous la forme suivante :

Lm ² Lr ' → s .Lm ² d → s Lm ² → s
0 = Rr '.mt. . I r '+ . I mr − jω . I mr (1.41)
Lr '² Lm Lr ' dt Lr '

→s  → s → s Lr ' 
Sachant que I mr =  I s + I r '.  , les deux précédentes équations permettent d’établir :
 Lm 

Lm ² Lr '  → s → s Lm  .Lm ² d → s L ² →s
0 = Rr '.mt. .  ( I mr − I s ).  + . I mr − jω m . I mr (1.42)
Lr '² Lm  Lr '  Lr ' dt Lr '
→s →s d →s
I s = I mr (1 − jTr .ω ) + Tr . I mr (1.43)
dt
Car
Lm L fr '
Lrr + L fr +
1 Lr ' Lr '
Tr = = mt ² mt ² = . .= (1.44)
Rr Rr mt ² Rr [Link] '

Le couple électromécanique :
3  →s  →s  
C = . [Link] .ℑm  I s . I r '  * (1.45)
2    
3 Lm ²  →s  s→ →s  
C = . p. .ℑm  I s . I mr − I s  * (1.46)
2 Lr '    

3 Lm ²  →  →s  →
→ 
C= . p. .ℑm  I ss . I mr  * − I ss . I ss  * (1.47)
2 Lr '      

19
→  →  
Remarque : ℑm  I ss . I ss  * = 0
   

3 Lm ²  →  →s  
C = . p. .ℑm  I ss . I mr  * (1.48)
2 Lr '    


Avec I ss = Isα + jIsβ

Et
s
I mr = Im rα + j Im rβ

.ℑm[(Isα + jIsβ )(
. Im rα + j Im rβ )*]
3 Lm ²
C= . p. (1.49)
2 Lr '

d’où
3 L ²
C = . p. m .(Isβ . Im rα − Isα . Im rβ ) (1.50)
2 Lr '

Dans la formule du couple (1.50), on a un couplage entre le courant Is et le courant


magnétisant du rotor Imr. Ce qui rend difficile le contrôle du couple. Cependant, si on se
place dans un repère tournant lié au courant magnétisant tel que :

→ →
g = s j0
I mr I mr .e − jρ = Im r.e

→ →
g − jρ
I = I s .e = Isd + jIsq (1.51)
s s

g
V = Vsd + jVsq (1.52)
s

3 Lm ²
C= . p. .(Isq. Im r ) (1.53)
2 Lr '

On peut découpler les courants Is et Imr donc simplifier l’expression du couple. Cette relation
est souvent utilisée dans les systèmes de contrôle vectoriel car elle permet de commander le
couple en régime transitoire. Nous commenterons cette stratégie de contrôle au chapitre II.

20
1.4.3 Cas particulier : régime sinusoïdal établi

Si les trois courants (Is1,Is2 et Is3) sont sinusoïdaux et équilibrés, on peut écrire :
is1 = 3/[Link] (ωst+δ)
is2 = 3/[Link](ωst - 2π/3+δ) (1.54)

is3 = 3/[Link](ωst - 4π/3+δ)


→ d →
Le vecteur d’espace correspondant s’écrit : I s = I .e j (ωs.t +δ ) et I s = jωs.I .e j (ωs.t +δ )
dt
→ d →
de même I mr = I mr .e jωs.t et I mr = jωs. Im r .e j (ωs.t )
dt
En remplaçant les vecteurs par leurs amplitudes complexes pour simplifier l’écriture, on a :

I s = I mr (1 − jω .Tr ) + jω[Link].I mr = I mr (1 + jω[Link] ) (1.55)

Les tensions stator et rotor s’écrivent :


 Lm ²  Lm ²
U s = Rs.I s + jωs Ls − .I s + jωs .I mr (1.56)
 Lr '  Lr '

Lm Lm
V r = 0 = Rr '.I r '+ j.ωs. . I mr − jω . .I mr (1.57)
mt mt

En multipliant l’équation précédente par [Link]/Lr’, on a

Lm Lm ² Lm ²
V r = 0 = Rr '.mt. .I r '+ j.ωs. .I mr − jω . .I mr (1.58)
Lr ' Lr ' Lr '

En divisant par le glissement g en posant ωs= ωr/g, il vient

Rr ' Lm ²  Lr '  Lm ²
Vr = 0 = .mt. . I r '.  + j.ωs. . I mr (1.59)
g Lr '²  Lm  Lr '
et
Lr '
I mr = I s + I r '. (1.60)
Lm

21
Remarque : Ces dernières équations permettent de simplifier le schéma équivalent à cinq
paramètres de la figure 1.4 par un schéma équivalent de la figure 1.5, lequel ne comporte que
quatre éléments.

Lm ² Rr ′ L m
2
Ls − →s Lr '
Rs Lr ' g L'r I r'
Lm
→s
Is
Lm ²
dΦ Smr dΦ rS →s
Lr ' = mt Vr =0
dt dt
→s
I mr

Fig. 1.5 Schéma équivalent à 4 paramètres, dans le repère lié au stator

On peut exprimer les caractéristiques électromécaniques en fonction de ces quatre paramètres


et du courant Is par les équations suivantes :

I s = I mr (1 + jωrTr ) (1.61)

On peut donc exprimer la tension statorique en fonction du courant statorique

Lm ² ωsωrTr  Lm ²  Lm ² 1 
U s = Rs.I s + .I s. + jωs.I s  Ls − + .  (1.62)
Lr ' 1 + (ωrTr )²  Lr '  Lr ' 1 + (ωrTr )² 

Le couple fourni par la machine s’exprime alors :


3 Lm ² ω[Link]
C= . p. .Îs ². (1.63)
2 Lr ' 1 + (ωr .Tr )²

Sous l’hypothèse d’une alimentation sinusoïdale on en déduit l’impédance de la machine.


Lm ² ω[Link]  Lm ²  Lm ² 1 
Z = Rs + .ωs + j.ωs. Ls − +
.
(
Lr ' 1 + ωr .Tr ² ) 
. 
Lr '  Lr ' 1 + (ω[Link] )² 
(1.64)

L’argument de cette impédance traduit le déphasage entre la tension et le courant d’une même
phase. Nous verrons dans la partie identification des paramètres, que suivant les sollicitations
fréquentielles de la machine, certains paramètres pourront être plus ou moins bien identifiés.

22
[Link] Fonctionnement en mode moteur :

Le fonctionnement en mode moteur est obtenu en imposant au stator des tensions ou des
courants de pulsation ωs. Ces courants créent un flux tournant à la vitesse mécanique
Ωs=ωs/p. Ce flux balaye les enroulements en court-citrcuit du rotor et y induit des forces
électromotrices et donc des courants. L’interaction entre le flux statorique et ces courants
rotoriques induits crée le couple électromécanique. La charge mécanique entraînée par le rotor
impose un glissement tel que la vitesse de synchronisme soit supérieure à la vitesse
mécanique. En effet, si le rotor tournait à la vitesse Ωs, il ne verrait aucune variation du flux,
il n’y aurait pas de courants induits et donc pas de production de couple et la machine
ralentirait.
Dans le mode de fonctionnement moteur, on obtient un glissement positif,
donc ωr = ωs − ω ≥ 0 . Dans ces conditions l’argument de l’impédance est compris entre 0 et
π/2. Dans ce cas, pour 0 ≤ ϕ ≤ π / 2 on a :

ℜe( Z ) ≥ 0
 (1.65)
ℑm( Z ) ≥ 0

la puissance électrique absorbée par la machine et le couple électromagnétique


électromécanique fourni sont positifs.
P = [Link] .Iseff . cos(ϕ ) ≥ 0
(1.66)
Cem ≥ 0

La représentation vectorielle du mode moteur est présentée figure 1.6


β s

  
Lm 2  + Lm . 1  →
 2
j ω s.  Ls −
Lr ' 1+(wrTr)²
 Is
  Lr '
  
d
→ ωs
Vs →
Is
Lm 2 wrTr →
.ω s. Is → αr
.
Lr ' 1+(wrTr)² Cem ≥ 0
Im r
ϕ


Rs. Is
ρ p .θ
αs

Fig. 1.6 Diagramme de fonctionnement en mode moteur 0 ≤ ϕ ≤ π / 2

23
[Link] Fonctionnement en mode générateur :

La machine asynchrone peut également fonctionner en génératrice : il suffit pour cela de


réduire la fréquence et donc la pulsation des tensions ou des courants d’alimentation afin que
le flux d’entrefer tourne moins vite que le rotor. En pilotant de la sorte la fréquence
d’alimentation, on impose un glissement négatif. L’énergie mécanique apportée par
l’extérieur est convertie en énergie électrique.
Dans ce mode de fonctionnement ωr = ωs − ω ≤ 0 . Dans ces conditions l’argument de
l’impédance est compris entre π/2 et π.
Dans ce cas, pour π / 2 ≤ ϕ ≤ π on a :

ℜe( Z ) < 0
 (1.67)
ℑm( Z ) ≥ 0

la puissance électrique absorbée par la machine et le couple électromécanique fourni sont


négatifs.
P = [Link] .Iseff . cos(ϕ ) < 0
(1.68)
Cem ≤ 0
La représentation vectorielle du mode générateur est présentée figure 1.7. Nous reviendrons
sur la description de l’alimentation et de l’électronique permettant d’imposer ce mode de
fonctionnement au chapitre suivant.

βs

d
ωs

Vs →
Im r αr
  
 Lm 2  Lm
2 1 → Cem < 0
j ω s .  Ls −  + Lr ' 1+(wrTr)²
.  Is
 Lr ' 
  

ϕ → p.θ
Is

Rs . Is
ρ αs

-Lm
2 wrTr →
. .ω s. Is
Lr ' 1+(wrTr)²

Fig. 1.7 Diagramme de fonctionnement en mode générateur

24
1.5 Conclusion

Dans ce chapitre nous avons exprimé, à partir des grandeurs triphasées au stator et
polyphasées au rotor, les composantes des vecteurs spatiaux des tensions et des flux au rotor
et au stator. De ces équations vectorielles, nous en avons déduit un modèle à cinq paramètres
(Rs, Lfs, Lm, Lfr’, Rr’) que nous avons simplifié ensuite à quatre paramètres (Rs, Ls-Lm²/Lr’,
Lm²/Lr’, Tr) en regroupant les fuites car celles-ci sont difficilement identifiables séparément.
A partir de ce modèles nous avons exprimé le couple que nous allons chercher à optimiser
dans le second chapitre.

25
Chapitre 2
Elaboration des lois de commande
optimales pour une machine non saturée

Les grandeurs de réglage de la MAS sont multiples, mais se résument à des actions, soit sur
la fréquence et l’amplitude (contrôle scalaire), soit sur l’amplitude et la phase (contrôle
vectoriel) des signaux d’alimentation de cette machine. Selon le mode de fonctionnement de
l’ADI (mode moteur ou mode alternateur), la commande permet d’agir, soit sur la valeur du
couple électromécanique, soit sur la puissance électrique débitée. Ce chapitre présente les
critères et les contraintes qui conduisent au choix des stratégies de commande ainsi qu’à la
structure de commande dont les différentes possibilités sont évoquées. En raison de la
limitation de tension due au réseau de bord, l’alimentation de la machine ne doit être plus être
sinusoïdale afin d’offrir des performances supérieures à celles obtenues en régime sinusoïdal
pur. Ce fonctionnement appelé fonctionnement en surmodulation est étudié en fin de chapitre.

2.1 Cahier des charges

L’adjectif ‘optimal’ est ici employé au sens large du terme. Il n’est pas restreint à la
signification que lui donnent les automaticiens en évoquant la commande optimale [BORNE].
En effet, le projet de l’ADI nécessite une optimisation tant au niveau de la conception
(dimensions, environnement et mode de fonctionnement très contraints), que de l’utilisation
(rendement et performances maximaux). Il implique également une mise en œuvre la plus
robuste au moindre coût. La recherche de la commande optimale ne se borne donc pas à la
recherche des trajectoires à faire suivre aux différentes grandeurs de réglages par
minimisation d’un critère énergétique par exemple, mais s’étend également à la recherche
d’une structure de commande idéale pour ce projet.

26
2.1.1 Performances escomptées

Le dimensionnement de l’ensemble machine - convertisseur - source (batterie) a été calculé de


manière à délivrer les performances présentées dans les tableaux Tab. 2.1 et Tab. 2.2. Suivant
le mode d’utilisation de la machine, la notion d’optimalité diffère.

En mode démarreur, on cherche à maximiser le couple que peut fournir la machine au regard
de la puissance disponible de l’alimentation (Ibat<300A), de la limite en tension, des pertes
dans la batterie, de la densité de courant admissible par la machine (50A /mm²) qui se traduit
par une valeur maximale de 350A pour le courant efficace de phase, puisque la section est de
6.8mm². On établira les lois de pilotage pour avoir le couple maximal pendant la phase de
démarrage (de 0 à 925tr/mn), en tenant compte de toutes ces contraintes. Ceci conduit à
délimiter l’espace couple/vitesse en fonction des contraintes technologiques inhérentes. Ainsi
lors du démarrage, la consigne de couple sera tabulée suivant les frontières de l’espace
couple/vitesse disponible.

En mode générateur, on souhaite produire la puissance électrique nominale avec un


rendement maximal. On déterminera l’espace puissance fournie en fonction de la vitesse en
limitant la densité de courant à 10A/mm², qui se traduit par un courant efficace de phase au
maximum de 70A.

La contrainte liée aux densités de courant permet de prendre en compte indirectement l’état
thermique de la machine. Les valeurs sont différentes en démarreur et en générateur car la
durée de fonctionnement est différente : en démarreur la durée est limitée à 1s (temps de
démarrage), alors qu’en générateur la puissance électrique doit être maintenue jusqu’à
l’équilibre thermique pour alimenter des consommateurs électriques du véhicule.

27
Fonctionnement Démarreur température ambiante –20°C température ambiante 100°C
(premier démarrage) (stop & go)
Couple à rotor bloqué 140 Nm 100Nm

Couple à 150tr/mn 100 Nm 90 Nm

Couple à 300tr/mn 40 Nm

Couple à 925tr/mn 15Nm

Temps de démarrage < 1s 0.2 à 0.3s

Durée maximale d’entraînement 1s 0.5s

Temps minimal entre 2 démarrages 20s

Tension et courant batterie (Plomb) 36V à vide 36V à vide


300A maxi. 200A maxi.
21V mini. 26V mini.
Endurance et fiabilité 2500 démarrages 250 000démarrages

Tab. 2.1 Synthèse des performances en mode démarreur

Fonctionnement générateur température ambiante 100°C température ambiante 60°C


(option thermoplongeur)
Vitesse de fonctionnement 925 à 4800tr/mn

Tension de régulation 42V

Courant de débit à 925tr/mn 20A mini. 50A

Courant de débit nominal 40A 70A

Rendement moyen sur cycle urbain > 75% 75%

Tab. 2.2 Synthèse des performances en mode générateur

2.1.2 Objectifs de la commande

Bien que le dimensionnement de la machine ait été optimisé au regard des contraintes du
cahier des charges précité [BIEDINGER 99], les réglages adoptés la commande permettront de
bénéficier ou non des performances de la machine. L’optimalité de commande consiste donc à
optimiser les performances énergétiques du fonctionnement de l’ADI en mode moteur et en
mode générateur :

La commande de machine asynchrone donne lieu à une littérature très abondante, tant pour la
recherche des trajectoires optimales à faire suivre aux grandeurs de réglages (lois de
commande), que pour les stratégies de contrôle à adopter (mode de pilotage). Ces deux

28
activités peuvent être étroitement liées dans un système de commande optimal, mais il
convient de les séparer pour mieux appréhender leurs rôles respectifs :

• Les lois de commande visent à déterminer quelles sont les variables de réglage et à
déterminer leurs grandeurs de références (consignes) qui assurent le fonctionnement
optimal relatif à l’application, c’est à dire :
- minimiser le temps d’établissement du couple en partant d’un courant nul [MILENT] ;
- atteindre un niveau cinétique donné en un temps donné, en minimisant la consommation
ou en maximisant le rendement [VILAIN][LORENTZ 92].

On notera que l’objectif en moteur privilégie le couple pendant un temps très faible, ce pour
éviter une destruction thermique des enroulements. En ce qui concerne le mode alternateur le
rendement est privilégié (75%) alors que la puissance électrique débitée reste dans une
gamme assez modeste (800 à 2800W à 925 tr/mn). Les références de couple et de puissance
électrique seront tabulées en fonction de la vitesse, pour éviter le recours à un processeur
puissant et limiter ainsi le coût de réalisation. L’établissement des tables sera expliqué
ultérieurement.

• Le mode de pilotage permet quant à lui d’élaborer les grandeurs de commande


instantanées (courants ou tensions) à imposer à la machine en vue de réaliser les consignes
imposées par les lois de commande. Le mode de pilotage peut être différent suivant le
type de fonctionnement souhaité (régime établi ou transitoire)
[LEIDHOLD][DEROUANE][VUKOSAVIC].
La figure 2.1 présente le schéma bloc de l’ensemble.

Ω/θ
Objectif Imr*
C* Is / Us
C* Stratégie
Onduleur
Pel* Ω
Loi de de
commande contrôle MAS
Pel* (mode de
Ω pilotage)
ωr*
Mode de
fonctionnement

Fig 2.1 Synoptique de la commande

29
2.2 Lois de commande

Les expressions du couple et du rendement montrent que leurs optimisations conduisent à agir
sur deux grandeurs : le courant Imr et la pulsation rotorique ωr.
Equation du couple :

3 Lm ²
C = . p. .Î mr ².ωr .Tr (2.1)
2 Lr '
Equation du rendement :

Pelec = 3U eff I eff cos(ϕ ) = UˆsIˆs cos(ϕ )


3
(2.2)
2

U s = I s .(A + jB ) (2.3)

avec
Lm ² ω[Link]
A = Rs + . .ωs (2.4)
Lr ' 1 + (ω[Link] )²

 Lm ² Lm ² 1 
B =  Ls − + . .ωs
Lr ' 1 + (ω[Link] )² 
(2.5)
 Lr '

Uˆs = Iˆs A 2 + B 2 (2.6)

cos(ϕ ) =
A
(2.7)
A2 + B 2
En réinjectant dans l’expression de la puissance électrique on obtient :

Pelec = [
I mr 1 + (ωrTr )
3 ˆ2 2
]Rs + Lm ² ωrTr
Lr ' 1 + (ωrTr )
2

ωs  (2.8)
2  

En fonctionnement moteur on peut remplacer la pulsation statorique en fonction des


pulsations rotorique et mécanique telle que :
ωs = p.Ω + ωr (2.9)

d’où

30
Pelec =
3 ˆ2 
2 
[
I mr  Rs 1 + (ωrTr ) +
2
]Lm ² 2
ω r Tr + p
Lm ² 
ω r TrΩ  (2.10)
Lr ' Lr ' 

Par conséquent, le rendement qui est le rapport entre la puissance mécanique fournie par le
moteur et la puissance électrique consommée s’exprime par :

Lm²
p. .ω[Link].Ω
η=
Pmec
= Lr ′
(2.11)
.ω[Link].Ω + Rs.[1 + (ω[Link] )² ] +
Pelec Lm ² Lm ²
p. .ωr.²Tr
Lr ' Lr '

Les actions combinées sur ces deux grandeurs conduisent à la modification des modules et
phases des courants et tensions d’alimentation de la machine.

I s = I mr .(1 + jωr .Tr ) (2.12)

La commande optimale de la machine asynchrone conduit généralement à rechercher des lois


d’évolution du flux (rotor ou stator) pour satisfaire au mieux les critères de fonctionnement.
En effet, si on considère les équations qui régissent le fonctionnement de la machine en
régime établi, le couple est une fonction de Imr (image du flux rotor) et de la pulsation
rotorique ωr, qui détermine aussi le rendement de la machine. On peut donc distinguer deux
formes de pilotage :

• pilotage à flux constant


• pilotage à flux variable

Nous allons présenter les caractéristiques et les résultats de ces deux types de pilotage, puis
on désignera celui qui pourrait le mieux répondre à notre application.

2.2.1 Pilotage à flux constant

Notons Îmr* la référence du courant magnétisant. Dans le cas du pilotage à flux constant, on
désire maintenir le flux rotorique, donc Îmr*, à une valeur constante. Il faut alors faire varier

31
la quantité ωrTr pour obtenir le couple désiré C*. Cela revient à faire varier la pulsation des
courants rotoriques et le glissement selon :
C*
ωr .Tr = (2.13)
3 Lm²
. p. .Î mr ² *
2 Lr '

Si on désire tirer le meilleur parti du circuit magnétique de la machine, il faut fixer Îmr* à la
valeur correspondant à la limite de saturation. Ce faisant, on voit apparaître l’inconvénient
majeur de cette commande. Lorsque le couple demandé est faible, il faut malgré tout
maintenir un flux important dans la machine, ce qui nécessite un courant Is important et
conduit à des pertes Joule inutiles au stator. Tout cela entraîne un rendement énergétique très
médiocre au fur et à mesure que le couple décroît. De plus, à vitesse élevée, la f.e.m induite
par le courant magnétisant augmente, par conséquent la limite de la tension d’alimentation est
rapidement atteinte. Le graphe de la figure 2.2 illustre l’augmentation de la tension aux bornes
de la machine pour trois vitesses différentes. On s’aperçoit alors que pour un Imr donné, la
vitesse fait augmenter les composantes réelles et imaginaires de l’impédance de la machine,
ce qui tend à atteindre la limite de tension fixée par l’alimentation.

Vs(N3)

Vs(N2) → d
Is ωs

Vs Cem ≥ 0
→ αr
Im r
Vs(N0) ϕ
Limite de Imr

Rs. Is
ρ p .θ Arc de limitation en tension

α s

Fig. 2.2 Diagramme de fonctionnement à flux constant pour des vitesses croissantes
(N1< N2< N3)

Les figures 2.3.a et 2.3.b correspondent aux performances de la machine prototype M1B
obtenues en simulation avec la commande à flux constant. Les modèles de simulation sont
présentés en annexe D.

32
Couple(N.m)
180 U (V)
0
10
160
20 30
Uscr limite
140
30 25
120
20 40
20
100
10

80 15
Uscr
60 30 50
10

40 40
20
60 5
20 10
50 60
30 40 40
50
20 30 40 50 0
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Vitesse(tr/mn) Vitesse (tr/mn)

Fig. 2.3.a Espace Couple/Vitesse Fig. 2.3.b Evolution de la tension phase


Commande à flux constant

Le couple maximal que peut alors délivrer le moteur est fixé :


• soit par les courants maximaux admissibles par l’ensemble : convertisseur et alimentation,
• soit par la limite de tenue en température de l’actionneur,
• soit par la limite de tension disponible.

Cette dernière limite pénalise considérablement le fonctionnement à vitesse variable, car au


delà de 750 tr/min la tension phase crête Uscr atteint la tension limite de 32V (Fig. 2.3.b), le
couple électromagnétique s’annule (Fig. 2.3.a). Ce type de pilotage ne permet donc pas le
fonctionnement en générateur, où la plage de vitesse doit être comprise entre 925 et
5000tr/min. Il n’est pas non plus utilisable pour un démarrage sachant que la vitesse à
atteindre pour obtenir le ralenti est d’environ 800tr/min.

2.2.2 Commande à fréquence rotorique constante ou flux variable

Dans le cadre d’une commande à flux variable, on cherche à établir la valeur de pulsation
rotorique suivant qu’on cherche un couple, un rendement maximal ou une puissance
constante. Notons la référence de commande ωr*, qui peut être déterminée suivant les critères
évoqués précédemment.

33
[Link]. Fonctionnement à couple maximal

En dérivant l’expression du couple par rapport à ωr, on obtient l’expression suivante :

3 Lm ²
p .Î s ²
.(1 − (ωr .Tr )² )
dC
= 2 Lr ' (2.14)
dωr .Tr (1 + (ωr .Tr )² )²

qui s’annule pour


ωr .Tr = 1 (2.15)

soit la pulsation optimale ωropt obtenue pour


1
ωropt = (2.16)
Tr
Cette relation permet d’établir le courant magnétisant de référence pour obtenir le couple
maximal :
C*
Iˆmropt = (2.17)
3 Lm 2 2
p ω ropt Tr 2
2 Lr '

[Link]. Fonctionnement à rendement maximal

Au lieu de rechercher à maximiser le couple, on peut chercher à maximiser le rendement. Il


faut donc, comme pour le critère précédent, chercher l’optimum de l’expression du rendement
par rapport ωr, qu’on obtient pour :

1 1
ωropt = = (2.18)
Lm ² Tr Lm ²
Tr ² + . Tr ² + .
Lr ' Rs Rr '.Rs

La valeur ωropt tend sensiblement vers 1/Tr, qui comme dans le cas précédent, dépend de
l’état de saturation magnétique en raison du paramètre Tr= Lr’/Rr.

34
[Link]. Fonctionnement à puissance constante

En fonctionnement à vitesse élevée, pour palier le problème de limitation en tension, on


cherche à réduire la composante magnétisante, donc Îmr* et on augmente la composante du
couple ωrTr des courants de phase. Ce type de fonctionnement est dénommé dans la
littérature : ‘défluxage’. Le diagramme de la figure 2.4 illustre ce fonctionnement pour trois
vitesses différentes ; il montre en particulier la nécessité de réduction du flux par diminution
du courant magnétisant afin de respecter la limitation de tension imposée par l’alimentation.


Is(N3) →
Is(N2)

Is(N1) d
ωs
Vs(N2)

Vs Cem ≥ 0
Vs(N3) → α r
Imr (N1)
Vs(N1) ϕ →
Imr (N2) Limite de Imr

Rs. Is
→ p .θ
Imr (N3) ρ Arc de limitation en tension

α s

Fig. 2.4 Diagramme de fonctionnement à flux variable pour des vitesses croissantes
(N1 < N2 < N3)

En comparaison de la figure 2.3.a, la figure 2.5.a montre que la commande à flux variable
garantit un couple pendant toute la phase de démarrage, c’est à dire au delà de 900tr/min. La
figure 2.5.b montre que le défluxage permet de monter plus haut en vitesse malgré une
limitation de tension de la batterie à 36V en mode moteur. Ce réglage permet de maintenir
l’amplitude de la tension de phase équivalente à la tension limite d’alimentation, et
n’augmenter que le déphasage des tensions phases avec la composante du couple de Is. Les

tensions limites d’alimentation sont définies par Uˆs = 3 .Ubat en couplage triangle, et
2
.Ubat en couplage étoile.
Uˆs =
2

35
Couple(N.m)

U (V)
10
160 20
30
140 Uscr limite
25
120

100 40 20
10 30
20
50
80 15
Uscr
60
10

40
70
40 5
10 30
20 20
50 60
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Vitesse(tr/mn
) Vitesse (tr/mn)
Fig. 2.5.a Espace couple/vitesse Fig. 2.5.b Evolution de la tension phase
Commande à flux variable

2.3. Stratégie de contrôle

On distingue deux grandes familles de stratégies de contrôle, la première est dénommée


‘contrôle scalaire’ et la seconde ‘contrôle vectoriel’. Ces stratégies de contrôle permettent
d’élaborer la consigne de courant ou tension que l’on doit appliquer aux bornes de la machine
pour réaliser le couple objectif ou la puissance requise.

2.3.1 Contrôle scalaire :

Le contrôle scalaire utilise les équations de la machine en régime sinusoïdal établi. Il est plus
simple à mettre en œuvre dans le cadre d’applications ne nécessitant pas la maîtrise des
régimes transitoires. Les entrées de ce contrôle sont celles définies dans la section 2.2 à savoir
la consigne de flux au travers du courant magnétisant et la pulsation rotorique qu’on désire
imposer.

36
[Link] Autopilotage

Une fois les grandeurs Îmr* ou ωr* fixées, l’autopilotage permet d’asservir à la fois la
pulsation et le module du courant magnétisant de la machine.

Réglage de ω
ωr*
Le terme d’autopilotage signifie que la pulsation du champ tournant va automatiquement être
réglée à partir de la vitesse de la machine.

En fonctionnement moteur, le champ tournant statorique doit entraîner le champ rotorique,


donc la pulsation statorique doit être supérieure à la pulsation mécanique :

ωs = p.Ω + ωr (2.19)

avec ωr > 0
En générateur le champ tournant statorique est entraîné par le champ rotorique, donc la
pulsation statorique doit être inférieure à la pulsation mécanique telle que :

ωs = p.Ω + ωr (2.20)

avec ωr < 0
Réglage de Îmr*
En même temps que la détermination de la pulsation rotorique, il faut calculer l’amplitude des
courants ou des tensions à imposer à la machine de manière à asservir le courant magnétisant
à sa consigne Îmr*. Deux possibilités s’offrent à nous :
• soit on calcule le courant statorique directement à partir du courant magnétisant et on
réalise une commande en courant :

I s = I mr .(1 + jωrTr ) (2.21)

• soit on calcule le courant statorique à partir du courant magnétisant, puis on en déduit la


tension statorique et on réalise une commande en tension :

U s = I s .(A + jB ) (2.22)

avec

37
Lm ² ω[Link]
A = Rs + . .ωs (2.23)
Lr ' 1 + (ω[Link] )²

 Lm ² Lm ² 1 
B =  Ls − + . .ωs (2.24)
 Lr ' Lr ' 1 + (ω[Link] )² 

Nous allons développer dans les paragraphes ci-dessous l’étude dynamique de ces deux
commandes.

[Link] Commande en courant

La modélisation de la machine asynchrone en régime transitoire est caractérisée par :

I s = I mr .(1 − jω .Tr ) + Tr.


d I mr
(2.25)
dt

3 Lm 2
C = . p.
2 Lr '
*
{ }
ℑm I s. I mr (2.26)

Afin de caractériser le comportement transitoire de la machine en mode moteur lors d’un


démarrage, nous appliquons au temps t=0 les consignes (Is*, ωr*), en vue de réaliser un
objectif de couple C*. Nous supposons que lors de l’application des consignes le rotor est
bloqué et par conséquent la vitesse est nulle ce qui implique ωs = ωr * .

S’il s’agit d’une commande à fréquence rotorique constante, avec la référence ωr*,
l’amplitude du courant stator doit être :

I s = I mropt . . 1 + (ωr * .Tr )² (2.27)

Si on suppose l’alimentation en courant parfaite, le régime transitoire du moteur résultera de


la modification instantanée du courant de consigne

I s* = Î mropt . . 1 + (ωr * .Tr )² . exp( jωr * .t ) (2.28)

38
Tant que la vitesse reste nulle, voire très petite, l’expression (2.25) de la dynamique du
courant statorique se réduit à la relation suivante :

d I mr
I s = I mr + Tr. (2.29)
dt

La solution particulière du courant magnétisant vaut :

I mrp = K 2. exp( j.ωr.t ) (2.30)

La solution générale du courant magnétisant de l’équation avec second membre devient

−t
I mr ( t ) = K1. exp( ) + K 2. exp( j.ωr * .t ) (2.31)
Tr

K2 s’obtient en reportant la solution particulière dans l’équation différentielle :

Îs Î mropt . 1 + (ω[Link] )²
K2 = = (2.32)
1 + j.ωr.T 1 + j.ωr.T

K1 s’obtient grâce aux conditions initiales

−t
I mr (t = 0) = 0 = K1. exp( ) + K 2. exp( j.ωr * .t ) (2.33)
Tr
d’où
K1= − K 2 (2.34)

On obtient finalement l’évolution temporelle du courant magnétisant :

1 + (ω[Link] )²  −t 
I mr (t ) = Î mropt . .exp( j.ωr * .t ) − exp( ) (2.35)
1 + j.ω[Link]  Tr 

On peut alors exprimer l’évolution temporelle du couple développé par le moteur :

C=
3 Lm ²
2
. p.
Lr '
{ *
Im ag I s. I mropt } (2.36)

39
sous forme temporelle on a
  
*

 ˆ jωrt  Iˆmropt 1 + (ωrTr )
2
3 Lm ²
C = . p. ℑm Ise  e jωrt − e −t / Tr [ ]
 
 (2.37)
2 Lr '   1 + j (ωrTr ) 

   
soit après simplification

3 Lm ²  −t  1 
C= . p. .Î mropt .ω[Link].1 − exp( ). cos(ωr.t ) + sin(ωr.t )  (2.38)
2 Lr  Tr  ωr.t 
Pour un objectif de couple de 100 N.m, nous avons présenté l’évolution de Imr (image du
flux) et celle du couple pour des réglages ωrTr =1 et ωrTr=2.

140 140

Wr*Tr = 2
Wr*Tr = 1 120
120
Wr*Tr = 1
100
100

Wr*Tr = 2 80
80
60
60
40

40
20

20 0

0 -20
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6

Fig. 2.6.a Réponse en flux (Imr) d’une Fig. 2.6.b Réponse en couple d’une
commande en courant commande en courant
Les courbes montrent que la réponse du moteur à une consigne de courant élaborée sur la base
d’une loi de contrôle scalaire, présente un régime transitoire qui ralentit la réponse en couple.
Le régime transitoire dépend de la constante de temps rotorique Tr # 90ms (pour l’ADI). On
peut réduire le temps de montée par deux en imposant ωrTr=2 à condition d’accepter un
surplus de courant stator et un dépassement important.

[Link] Commande en tension :

Afin de caractériser le comportement transitoire de la machine en mode moteur lors d’une


commande en tension, nous appliquons au temps t=0, le couple de consignes (Ûs, ωr*), en
vue de réaliser un couple C*, à une vitesse donnée, notée Ωo.
La pulsation électrique est déduite de l’autopilotage
ωs = ωr * + p.Ωo (2.39)

40
Quant à l’amplitude Ûs, elle est élaborée à partir des grandeurs de références Imr* et ωr*,
telle que :
2 2
∧ ∧  Lm ² ωrTr   Lm ²  Lm ² 1 
U s = I s .  Rs +  + ωss 2  Ls − +
Lr '  Lr ' 1 + (ωrTr )² 
. .
Lr ' 1 + (ωrTr )² 
(2.40)
 
sachant que :
∧ ∧
I s = I mr .(1 + (ω .Tr )² )
2 2
(2.41)

La réponse en couple de la machine sera régie par le système d’équations vectorielles qui
décrit l’évolution temporelle du courant magnétisant puis de la tension statorique :

→s →s
 Lm ²  d → s Lm ² d → s
U s = Rs. I s +  Ls − . I s + . I mr (2.42)
 Lr '  dt Lr ' dt

I s = I mr .(1 − jω .Tr ) + Tr.


d I mr
(2.43)
dt
et
3 Lm ²
C = . p.
2 Lr '
ℑm I s. I mr
*
{ } (2.44)

Les équations de tension et de courant peuvent se mettre sous forme d’un système d’équations
différentielles :

 
→   (2.45)
d Is  1 → → →
. .(1 − j.ωTr ). I mr +
Rs Lm ² Lm ² 1 1
= − − . .I s+ Us
dt  Lm ²  Lm ²  Tr   Lm ²  Tr  Lm ² 
 Ls −  Ls −  Lr '   Ls −  Lr '  Ls − 
 Lr '  Lr '    Lr '   Lr ' 


1 → →
I s − .(1 − j.ωTr ). I mr
d I mr 1
= (2.46)
dt Tr Tr

En séparant la partie réelle et la partie imaginaire de ces équations, on obtient le modèle d’état
suivant :
•
 X 4 = A4 . X 4 + B4 .U 4
 (2.47)
 Y4 = C 4 . X 4

41
où le vecteur d’état est constitué des courants statoriques et magnétisants

[
X 4 = I sα I sβ I mrα I mrβ ] T
(2.48)

le vecteur de commande représente les tensions appliquées aux bornes de la machine

[
U 4 = U sα U sβ ]
T
(2.49)

et le vecteur de sortie est le vecteur d’état

[
Y4 = I sα I sβ I mrα I mrβ ]
T
(2.50)

 Lm ² 1 Lm ² 1 Lm ² 
 − Rs − Lr ' Tr 0 ω 
Lr ' Tr Lr '
 Lm ² 1 Lm ² Lm ² 1 
 0 − Rs − − ω 
A4 =
1  Lr ' Tr Lr ' Lr ' Tr  (2.51)
Lm ²  1  Ls − Lm ²  1 
−  Ls −
Lm ²  
 − ω  Ls −
Lm ²  

Ls −  0
Lr '  Tr  Lr '  Tr  Lr '   Lr '  

 1  Lm ²   Lm ²  1  Lm ² 
0  Ls −  ω  Ls −  −  Ls − 
 Tr  Lr '   Lr '  Tr  Lr ' 

1 0
0 1 
1 
B4 = (2.52)
Lm ² 0 0
Ls −
Lr ' 0 0

On peut discrétiser le modèle précédent afin d’utiliser le calcul numérique pour déterminer la
réponse du système. Si on choisit le pas Te suffisamment petit pour garantir la tension Us(t)
quasi constante sur le pas, on peut écrire :
 X 4 ,k +1 = A4 d . X 4 ,k + B4 d .U 4,k
 (2.53)
 Y4 ,k = C 4 d . X 4, k
avec les matrices discrètes

42
 1 2 2
 Ad = I 4 + A4 Te + 2 . A4 .Te

 B d = Te[I 4 + 0.5TeA4 ]B 4 (2.54)
C = C
 d 4


Pour une vitesse de rotation Ωo = 100tr/mn et un objectif de couple de 100N.m, on applique
trois tensions triphasées V1, V2 et V3 de pulsation ωs = p.Ωo + ωr, de manière à atteindre
l’objectif de couple fixé, avec deux réglages ωr= 1/Tr et ωr= 2/Tr avec successivement deux
amplitudes de tension différentes. Nous obtenons les réponses présentées figure 2.7a et 2.7b :

Réponse en couple (Commande en tension) Réponse du flux (Imr)


120 180
Wr*Tr = 1
160
100

140
Wr*Tr = 2
80 Wr*Tr = 1
120

60
Cem (Nm)

100
Îmr (A)

Wr*Tr = 2

40 80

60
20
40

0
20

-20 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
t (s) t (s)

Fig. 2.7.a Réponse en couple d’une Fig. 2.7.b Réponse du flux d’une commande
commande en tension en tension

Par rapport à une commande scalaire en courant, la commande scalaire en tension introduit
une dynamique supplémentaire liée à la dynamique d’établissement du courant au stator. On a
donc des constantes de temps supplémentaires liées aux paramètres du circuit statorique Rs et
Ls-Lm²/Lr.

2.3.2 Contrôle vectoriel

Le contrôle vectoriel consiste à régler à la fois l’amplitude, la fréquence et la phase de


manière à séparer le contrôle du flux et du couple à l’image d’une commande de machine à
courant continu. Ceci est possible à condition de choisir un système d’axe dq et une loi de
commande qui découple le flux et le couple.
Comme nous l’avons vu au premier chapitre, la production du couple résulte du produit
vectoriel du courant magnétisant (image du flux rotorique) par le courant statorique.

43
3 Lm ²  →  →s  
C= . p. ℑm  I ss . I mr  * (2.55)
2 Lr '    
→ Lm →
avec φr = . I mr = φ rα + jφ rβ
mt
Ce couple s’exprime au travers des composantes directes et quadratiques des flux rotorique et
du courant statorique au travers de l’expression suivante.

C=p
Lm
Lr '
[
φ rα i sβ − φ rβ i sα ] (2.56)

Si on parvient à orienter l’axe d (φdr=φr et φqr=0) sur le flux rotor on simplifie l'expression du
couple :

C=p
Lm
Lr '
[
φ rd i sq ] (2.57)

et on montre que l’évolution du flux est régie par :

dφ r
Tr + φ r = Lm i sd (2.58)
dt

Le courant isd permet de régler le flux et le courant i sq permet de régler quant à lui le couple.

La commande par orientation du flux (commande vectorielle) consiste donc à piloter le


vecteur courant statorique de manière à réaliser ce double critère. Pour cela, la connaissance
de la position instantanée ρ(t) du flux rotorique est indispensable.

jρ (t )
En effet , I s = (Isd + [Link] ).e
s

On distingue deux types de méthode de contrôle vectoriel permettant de maîtriser l’angle ρ(t):

Pour les premières dites « méthodes directes », le flux dans la machine doit être soit mesuré à
l’aide de capteurs, soit estimé par l’intermédiaire des courants et de la reconstruction du flux
rotor en accord avec un modèle de la machine, ce qui implique donc la connaissance précise

44
des paramètres. La phase instantanée du vecteur courant statorique est obtenue en
additionnant la valeur ρ(t) à l’angle de couple requis δ = Arctan (isq/isd). Cette méthode
nécessite l’usage des capteurs de courants (au moins 2).

Pour les secondes dites « méthodes indirectes », le flux n’est ni mesuré ni reconstruit. On
calcule la fréquence ωr à l’aide des consignes de couple C*, du courant magnétisant Imr* et à
partir du modèle de la machine en régime transitoire. L’intégration de ωr, additionnée à la
position du rotor pθ, donne l’angle ρ(t). Ces méthodes requièrent une mesure précise de la
position du rotor.

Dans les deux cas, l’orientation est sensible aux variations éventuelles de la constante de
temps rotorique Tr en fonction de la température, et est également sensible à la saturation
magnétique par variations des inductances. Une adaptation en ligne des paramètres est bien
souvent nécessaire pour garantir les performances de la machine. La présence de capteurs de
courant facilite et rend plus robuste la méthode de contrôle.
La commande vectorielle n’ayant pas été retenue pour l’application ADI, le lecteur pourra
trouver les détails des équations et mises en œuvre dans une littérature abondante ; nous
recommandons plus particulièrement les ouvrages suivants [LEONHARD][VAS][HAUTIER]
[CLERC].

2.4 Structure de contrôle

2.4.1 Choix de la loi de commande :

La commande à flux constant permet d’assurer une réponse optimale en couple, lorsqu’elle
est associée à un contrôle de type vectoriel. Elle est généralement utilisée dans les
applications industrielles où l’on doit privilégier la performance en régime dynamique, par
exemple : commande d’axes en robotique, machine outil, etc…Bien que cette commande soit
plus robuste car elle offre l’intérêt de fixer l’état magnétique de la machine et par conséquent
les paramètres inductifs, la commande à flux variable est beaucoup plus adaptée à
l’application ADI.

45
En effet, elle privilégie le rendement du système et la performance dynamique:
• elle permet en outre d’appliquer un couple suffisant en mode démarrage jusqu’à atteindre
la vitesse de ralenti ;
• elle permet également un fonctionnement à puissance constante en mode générateur
lorsque la limitation de tension d’alimentation est atteinte.

Elle est souvent utilisée dans les applications de type à énergie embarquée et à vitesse
variable, où le critère énergétique est primordial [MILENT]. Cependant lorsque l’on fait varier
le courant magnétisant Imr, on agit sur l’état magnétique de la machine. Ceci implique que les
inductances de fuites Ls–Lm²/Lr’, l’inductance magnétisante Lm²/Lr’ et la constante de temps
du rotor Tr dépendent de l’état de saturation magnétique. La réponse en couple sera donc
moins robuste dans le cadre d’une commande à flux variable que dans le cas d’une commande
à flux constant. Les inductances peuvent décroître rapidement et donc réduire le couple
maximal. C’est pourquoi nous présenterons l’étude relative à la prise en compte de la
saturation dans les lois de commande au chapitre 4.

2.4.2 Choix de la stratégie de contrôle

Dans l’application ADI, la machine est utilisée en mode génératrice pendant des régimes
permanents ou quasi permanents ; on suppose que les phases d’accélération du véhicule ne
représentent qu’une minime partie du cycle de conduite. De ce fait la maîtrise des régimes
transitoires que peut apporter la commande vectorielle, n’augmentera pas notablement les
performances de la machine sur la durée de son utilisation. Le choix du contrôle s’est donc
porté sur la forme scalaire plutôt que la forme vectorielle car elle nécessite moins de calcul en
temps réel, et par conséquent nécessite une électronique de commande moins onéreuse.
Toutefois ces propos sont à nuancer si on veut garantir la maîtrise du fonctionnement si on
veut faire face aux phénomènes d’acyclismes [KONIECZKA].

La commande en courant nécessite l’utilisation des capteurs de courant (2 seulement si le


neutre est isolé), ce qui engendre un coût supplémentaire dans la mise en œuvre par rapport à
une commande en tension, qui ne nécessite ni capteur, ni isolation étant donné le faible niveau
de tension du réseau de bord . La commande en courant permet un meilleur contrôle du
couple : la réponse est un premier ordre, alors que la réponse d’une commande en tension est

46
du second ordre. Cependant, le critère de conception à faible coût, nous conduit à retenir la
structure de commande scalaire en tension pour mettre en œuvre le pilotage et le contrôle de
l’ADI.

2.4.3 Description de la structure de commande

Le synoptique de la structure retenue est représenté à la figure 2.8.


Le module de gestion et de contrôle assure l’interface entre le contrôle du moteur thermique et
de l’ADI. Il sélectionne le mode de fonctionnement requis par le véhicule, soit moteur pour la
phase de démarrage, soit générateur pour alimenter en énergie le réseau de bord lorsque le
moteur thermique est en fonctionnement.
En mode moteur, la consigne de commande C* est établie à partir d’une table mémorisée, qui
délivre la valeur maximale du couple qui doit être fournie en fonction de la vitesse
‘instantanée’ du moteur thermique. Les valeurs entrées dans cette table correspondent au
profil du couple en fonction de la vitesse du moteur thermique nécessaire à sa mise en
marche.

En mode générateur, la consigne de commande est établie à partir d’un asservissement de


tension du réseau de bord Ubat. Le couple nominal sera limité par l’espace puissance-vitesse
que nous déterminerons.

Nous avons jusqu’à présent considéré Imr* et ωr * comme des grandeurs de référence, qui
doivent être déterminées par une tâche dite ‘loi de commande’. Et l’élaboration des grandeurs
de pilotage (Us ou Is) était attribuée à une tâche complémentaire dite ‘stratégie de contrôle’.
Dans l’application, la grandeur Imr n’est qu’une grandeur intermédiaire d’optimisation qui est
masquée ensuite et qui n’intervient pas dans la commande de l’onduleur. Pour cela, nous
établirons les lois de commande avec les références tension de l’onduleur et pulsation
rotorique (V*, ωr*) au lieu de (Îmr* et ωr*). Ces références seront tabulées à l’aide d’une
matrice (V*, ωr*)=f(C*,Ω). Cette fonction est réalisée au travers du module intitulé ‘lois de
pilotage’.

47
Commande rapprochée

Fig. 2.8 Synoptique du système de commande de l’ADI

48
2.5 Méthode d’élaboration des lois de commande optimales

Ne disposant pas de calculateur capable d’effectuer des calculs complexes en ligne, nous
utilisons une méthode d’optimisation hors ligne, pour élaborer les lois de commande qui
seront tabulées ensuite dans une mémoire. Le synoptique de la méthode employée pour la
recherche des références optimales sera détaillé au chapitre quatre.

2.5.1 Fonctionnement sinusoïdal

La recherche des références de commande optimale s’effectue de manière itérative, soit à


partir d’un critère de couple pour une vitesse donnée en mode moteur, soit à partir d’un critère
de puissance électrique pour une vitesse donnée en mode générateur, la commande retenue
étant une commande à flux variable.

Les caractéristiques électromécaniques de la machine sont modélisées par des équations


vectorielles sous fonctionnement sinusoïdal pur. Dans la zone de fonctionnement hors
limitation en tension, on impose ωrTr=1 pour maximiser le rendement. Lorsque la limitation
de tension est atteinte, on recherche le flux nominal donc Imr pour limiter l’amplitude de la
tension de phase. On agit sur la composante du couple pour atteindre le critère objectif
(Couple ou Puissance). Les références optimales Îmr*, ωr* identifiées doivent permettre
d’élaborer les grandeurs de commande V*, ωr* qui respectent les contraintes mentionnées.
Par ailleurs, on établira les lois de commande (Us*,ωr*)=f (C*, Ω).

Si l’amplitude de la tension de consigne est inférieure à Ubat/2, la tension en sortie de chaque


bras de pont sera une tension modulée en fréquence (PWM) dont le spectre comportera une
composante basse fréquence conforme à la consigne V*.

La figure 2.9.a illustre la tension en sortie d’un bras de pont VaM qui est la différence de
potentiel entre Va et le potentiel commun du système M (Masse batterie). Si on considère la
tension de phase, aux bornes d’un enroulement de la machine triphasée, son signal filtré aura
une enveloppe sinusoïdale centrée par rapport au 0V, d’amplitude égale à la tension de
consigne V* en couplage étoile (Fig. 2.9.b).

49
Fig.2.9.a Tension en sortie d’un bras de pont Fig.2.9.b Tension aux bornes de la charge

Le fonctionnement dit sinusoïdal est valable tant que l’amplitude de la tension requise en
sortie d’un bras de pont est inférieure à Ubat/2. Dans ce cas, nous avons linéarité entre la
consigne de commande de l’onduleur V* et la tension aux bornes des enroulements du stator
de la machine.

Nous avons vu que le fonctionnement de la machine asynchrone à vitesse variable était très
contraignant en raison des problèmes de limitation en tension d’alimentation. Ce problème est
accentué dans le cas de l’ADI, du fait que la tension du réseau de bord Ubat est limitée, elle
diminue avec la puissance prélevée sur la batterie en mode moteur, et elle est maintenue à
42V en fonctionnement générateur, en raison de la technologie des équipements électroniques
du réseau de bord. De ce fait l’amplitude de la tension de phase Ûs aux bornes des
enroulements de la machine sera limitée à Ubat / 2 ou [Link] / 2 , respectivement, en couplage
étoile ou triangle, si on veut fonctionner en régime sinusoïdal pur.

2.5.2 Fonctionnement en surmodulation

La commande à flux variable permet de palier le problème de limitation de tension grâce au


défluxage. En effet, ce mode de fonctionnement consiste à imposer un flux minimal, donc
Imr* minimal. En contre partie on augmente la composante du couple ωr*Tr pour atteindre le
critère de puissance électrique. Ce fonctionnement engendre les pertes joules rotor et réduit
par conséquent le rendement .

50
En effet, l’expression du couple en fonction de la tension Us est définie par :

3 L m  Uˆs 
2

C= p '   
2
ωrTr. 1 + (ωrTr )
2
( )
2 Lr  ωs   Rs  
2
L2 
2

 1 + ((
ω rTr )2
+
L2m
)
ωrTr +
   Ls −
L2m 
( )
 1 + (ωrTr )2 + m' 
 ωs L'r   L'r  L r 
(2.59)

Pour des vitesses élevées (ωs # ω), le couple crête est obtenu en annulant la dérivée du couple
par rapport à la pulsation rotorique soit :

2
 Rs 
  + Ls
2

ωr ≈ ±
1 ω 
2
(2.60)
Tr  L 
2
 +  
2
Rs
 Ls − m
  '
ω 
 L  r

Cette pulsation rotorique dépend de la vitesse de rotation et des paramètres de la machine.


Pour permettre un fonctionnement optimal, c’est à dire, fournir la puissance électrique sur
toute la plage de vitesse en optimisant le critère énergétique (rendement maximal), la machine
doit fonctionner à flux nominal ce qui nous conduit à augmenter l’amplitude des tensions aux
bornes des enroulements au delà la valeur maximale ± Ubat/2.

On peut, en agissant sur la référence tension de commande V* de l’onduleur, augmenter


l’amplitude du fondamental des tensions de sortie au delà de Ubat/2, et ce jusqu’à 2Ubat/π
(fonctionnement pleine onde). Dans ces conditions, le fonctionnement est dit en
‘surmodulation’. L’enveloppe des tensions en sortie de l’onduleur peut être assimilée à celle
des tensions écrêtées ; le fondamental continu de croître jusqu’à 2Ubat/π. Ce mode de
fonctionnement donne naissance à des harmoniques, qui se superposent au fondamental au
sein des tensions de phases de la machine, et dont il faut tenir compte dans les différents
modes de fonctionnement.

Nous allons donc étudier l’interaction des harmoniques sur le fonctionnement de la machine,
pour ainsi définir les avantages et les défauts du mode ‘surmodulation’ par rapport au
fonctionnement sinusoïdal pur. L’objectif est de mettre en place un calcul analytique ‘simple’,
prenant en compte le fonctionnement non-sinusoïdal pur pour optimiser l’étude des lois de

51
commande, et déterminer la tension de commande de l’onduleur à partir des tensions de
phases.

Pour imposer la tension phase Us au delà de Ubat/2, nous devons augmenter l’amplitude de la
tension de consigne. Pour un rapport V*/Ubat=1.75, les tensions V*, VaM et Us sont
représentées figures 2.10.a et 2.10.b.

Fig. 2.10.a Tensions en sortie d’un bras de pont Fig. 2.10.b Tensions aux bornes d’une phase
d’onduleur VaM et la tension de consigne V*

La consigne V* appliquée en entrée de l’onduleur ne peut être effectivement fournie par ce


dernier, tant que sa valeur crête n’excède pas la tension d’alimentation de l’onduleur Ubat. Au
delà, le phénomène d’écrêtage se produit, qui engendre une non-linéarité entre la tension de
commande V* et l’amplitude des tensions en sortie de l’onduleur appliquées aux bornes de la
machine.

[Link] Décomposition en série de Fourier d’une sinusoïde écrêtée

Pour une tension de commande


Ubat Ubat
V * (t ) = K M sin(ωs.t ) + (2.61)
2 2

KM est appelé le taux de surmodulation


Pour KM>1, la tension VaM (filtrée) est écrêtée à un niveau V*=Ubat, lorsque ωs.t = α tel que
1
sin(α ) = (Fig. 2.11). On peut remarquer que plus la valeur de KM augmente, plus l’écrêtage
KM
de la tension VaM(t) tend à se produire pour de très petites valeurs de α . Dans ce cas

52
l’enveloppe de la tension de sortie se rapproche d’un signal rectangulaire, dit ‘pleine onde’. Si on
note Va(t), la tension VaM (filtrée), et θ = ωs.t on a :
si θ ∈ [0 α ] ∪ [π − α π + α ] ∪ [2.π − α 2.π ]
.Ubat Ubat
Va(t ) = K M . sin(θ ) + (2.62)
2 2
si α ≤ θ ≤ π − α
Va(t ) = Ubat (2.63)

si π + α ≤ θ ≤ 2.π − α
Va(t ) = −Ubat (2.64)

tension (V) Consingne amplitude (V*/Ubat = 1.75) & fs=


160Hz Ubat= 42V
40

35
VAM (t)
30

25

20

15

10

5
To = α/ωs
0 α = Arcsin(Ubat/V*)

-5 t (s)
0 1 2 3 4 5 6
To -3
x 10

Fig. 2.11 Forme d’onde d’un signal écrêté Va(t).

On peut simplifier le calcul des séries de Fourier de Va(t) en écrivant Va(t)=V’a(t)+Ubat/2 et


ramener l’étude à la décomposition de V’a(t), qui est un signal impair symétrique autour de
l’origine. On sait que sa décomposition en série de Fourier ne contient que des termes impairs
en sinus et que ces termes peuvent être calculés en limitant l’intégration à la plage 0 π/2 soit :

2.π π /2
1 4
bn = . ∫ Va' (θ ). sin( nθ ).dθ = . ∫ Va' (θ ). sin( n.θ ).dθ (2.65)
π 0 π 0

pour n=2p+1 avec p=1,2,3…k

K M Ubat  sin[(n − 1).α ] sin[(n + 1).α ]


bn = . +  (2.66)
n.π  n −1 n +1 

53
pour n=1
K M .Ubat  sin(2.α ) 
b1 = .α +
2 
(2.67)
.π 
Les deux autres bras de l’onduleur sont commandés de la même manière avec des tensions de
consigne d’amplitude identiques à V* et d’un déphasage de -2π/3 et -4π/3 successivement. On
a donc un système de tensions triphasées et les sorties après filtrage s’écrivent :

k
+ b1 . sin(ωs.t ) + ∑ b2. p +1 . sin [(2. p + 1).(ωs.t )]
Ubat
VaM (t ) =
2 p =1

Ubat 2.π k
 2.π 
VbM (t ) = + b1 . sin(ωs.t − ) + ∑ b2. p +1 . sin (2. p + 1).(ωs.t − )
3 
(2.68)
2 3 p =1 
Ubat 2.π k
 2.π 
VcM (t ) = + b1 . sin(ωs.t + ) + ∑ b2. p +1 . sin (2. p + 1).(ωs.t + )
2 3 p =1  3 

En alimentant l’onduleur par une tension continue Ubat=42V. Pour une tension de commande
de l’onduleur V*= KM.(Ubat/2)sin(ωs.t)+Ubat/2 avec 0<KM<2.5, nous avons représenté la
variation des harmoniques hi des tensions en sortie de l’onduleur à l’aide de leurs modules bi.

Fig. 2.12 Evolution des harmoniques de la tension VaM en


fonction du taux de surmodulation (KM)

On peut constater d’après la figure 2.12, que pour KM ≤1, il y a linéarité entre l’amplitude de
la consigne V* appliquée à l’onduleur et celle du fondamental de VsM.

54
Comme pour toutes les charges triphasées, l’harmonique 3 des tensions de phase est éliminé
et les premiers harmoniques sont de rang 5, 7, etc… Nous rappelons également que leurs
amplitudes dépendent du couplage des enroulements.
On limitera le fonctionnement en surmodulation pour KM ≤ 2, car au delà de cette valeur,
l’augmentation du fondamental est très limitée. Par contre, les harmoniques 5 et 11…, qui
sont injectés dans les tensions de phases croissent rapidement.

[Link]. Equations vectorielles en régime établi

En considérant la machine linéaire, l’injection d’harmonique de tension par l’écrêtage de la


tension aux bornes des enroulements va donner naissance à des harmoniques de courants que
l’on peut évaluer, en considérant une impédance de rang k pour chaque harmonique de tension
de rang k.
Vs = ∑ Vs k = ∑ Z k . Is k (2.69)
k k

Le courant résultant s’obtient alors par superposition des différents harmoniques de courant.

Vs k Vs k j (k .ωs1t + β k )
Is k = = ∧ .e (2.70)
Zk Zk
β k = ϕ k − arg( Z k ) (2.71)

On désigne par Z k l’impédance de rang k :

Lm² ωrk .Tr '  Lm ²  Lm ² 1 


Z k = Rs + . .ωs k + j.ωs k . Ls − + .  (2.72)
Lr ' 1 + (ωrk .Tr )²  Lr '  Lr ' 1 + (ωrk .Tr )² 

où la pulsation électrique de l’harmonique k au stator est proportionnelle à la pulsation


statorique fondamentale :
ωs k = k .ωs1 (2.73)

et la pulsation électrique de l’harmonique k au rotor est déduite de l’autopilotage en


considérant toutefois l’inertie mécanique suffisamment importante pour que l’influence des
harmoniques de couple, créés par les harmoniques de courant, n’engendrent pas
d’harmoniques sur la vitesse :
ωrk = k .ωs1 − ω (2.74)

55
On déduit le courant magnétisant :


Is k Vs k
Im r k = = ∧ .e j (k .ωs.1 t +γ k ) (2.75)
1 + jωrk .Tr
Z k . 1 + (ωrk .Tr )²
avec
γ k = ϕ k − arg( Z k ) − arg(1 + jωrk .Tr ) (2.76)

Soit le couple stationnaire résultant :

3 Lm 2 ∧ ∧
Cs = . p. .∑ Is k . Im rk . sin( β k − γ k ) (2.77)
2 Lr ' k

ωrk .Tr
β k − γ k = arg(1 + jωrk .Tr ) et sin (β k − γ ) = (2.78)
1 + (ωrk .Tr )²
d’où
2

3 Lm Vs k . ωrk .Tr
2
Cs = . p. .∑ ∧ (2.79)
1 + (ωrk .T )
2
2 Lr ' k Z
k

Avec une tension de commande V*= KMUbat/[Link](ωs.t)+Ubat/2 avec KM≤ 2 et fr=-4Hz.


Nous avons déterminé l’évolution des courants harmoniques ainsi que des pertes dans la
machine pour un fonctionnement à 2000tr/mn avec un couplage étoile.

Amplitude des harmoniques de courants Amplitude des pertes Joule


50 140

45
120
40
Is(H1)
Pj(H1)
35 100

30
80
25
60
20

15 40

10
20
5 Is(H5) Is(H7) Pj(H5)
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
Taux de surmodulation Km Taux de surmodulation Km

Fig. 2.13.a Evolution du courant fondamental Fig. 2.13.b Evolution des pertes joules totales
et harmoniques en fonction de la tension de dans la machine en fonction de la tension de
commande V* commande V*

56
On peut constater que les harmoniques de courant sont bien atténués par les impédances de la
machine (Fig. 2.13.a), par voie de conséquence, les pertes Joule (Fig. 2.13.b) sont
essentiellement liées au fondamental du courant. La figure 2.13.b montre que pour un indice
KM de surmodulation supérieur à 1, on peut augmenter le niveau de flux par augmentation du
fondamental du courant sans pénaliser les performances.

[Link]. Comparaison entre fonctionnement sous régime sinusoïdal et non sinusoïdal pur

Dans la plage de fonctionnement évoquée (800 et 5000tr/min), nous avons déterminé les
puissances électriques maximales que peut fournir la machine en fonctionnement sinusoidal
pur et en surmodulation. Ces points de fonctionnement doivent respecter la densité de courant
admissible qui correspond à un courant phase Ismax ≤ 100A en couplage étoile.
Fonctionnement sinusoïdal pur
Dans ce mode de fonctionnement, on agit sur V* et fr pour augmenter la puissance électrique,
avec un taux de surmodulation KM≤ 1. Dés que la limitation de tension est atteinte KM=1,
l’augmentation de la puissance se fera en augmentant fr, ce mode est dit en littérature
fonctionnement en défluxage. Bien entendu, le couple de valeur V* et fr doit respecter la
contrainte de courant spécifiée.
Fonctionnement non sinusoïdal pur
Tant que la contrainte de courant n’est pas atteinte, on fait augmenter la puissance en
augmentant le taux de surmodulation KM et ceci jusqu’à KM=2. La fréquence rotorique fr est
imposée à une valeur correspondant à wrTr=1.
L’espace de fonctionnement obtenu par les deux modes est représenté sur la figure suivante.

Espace fonctionnement Pmax (Vitesse) Rendement (%) Rendement aux points Pmax (Vitesse)
P electrique (W)
85

2500 Fonctionnement
80 Avec sur modulation

Fonctionnement
2000 avec sur modulation 75

Fonctionnement
70 Sinusoïdal pur
1500

65
1000

Fonctionnement 60
Sinusoïdal pur
500
55

0 50
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
Vitesse (tr/mn) Vitesse (tr/mn)

Fig. 2.14.a Espace de fonctionnement à Fig. 2.14.b Rendement pour un


puissance maximale fonctionnement à puissance maximale

57
Remarques :
A partir de 1500tr/min, le fonctionnement en surmodulation permet d’augmenter de 500W la
puissance électrique fournie par la machine, et ceci avec un meilleur rendement qu’avec un
fonctionnement sinusoïdal pur. En effet, dans ce dernier mode de fonctionnement, pour
augmenter la puissance électrique ou le couple électromagnétique, on impose un
fonctionnement en régime ‘défluxé’ ce qui engendre des pertes Joule importantes dans le
rotor.

Avec le fonctionnement en surmodulation, on peut continuer d’augmenter le flux pour


accroître la puissance électrique ou le couple par l’intermédiaire du fondamental de la tension
donc on a un meilleur équilibre entre la composante de flux Imr et celle du couple ω[Link].

Une autre technique pour repousser les limites d’écrêtage des tensions simples dans un
système triphasé aurait été l’injection d’harmonique h3 dans la consigne de commande V* (cf
ANNEXE E). Mais cette solution nécessite d’une part un codage spécifique de la consigne
V*, qui est différent selon le fonctionnement en sinusoïdal pur ou en surmodulation
contrairement à la méthode de surmodulation naturelle citée précédemment. D’autre part, elle
n’apporte pas de gain significatif dans notre système de pilotage. Pour ces raisons, l’injection
de l’harmonique h3 n’a pas été utilisée.

Nous avons étudié essentiellement le cas du couplage étoile, mais la méthode que nous avons
présentée est aussi valable dans le cas d’un couplage triangle. Ce couplage permettra de
débiter des puissances plus importantes car pour la même tension de commande V*,
l’amplitude des tensions de phases est plus importante en couplage triangle.

2.6 Conclusion

Le cahier des charges afférent à l’application alterno-démarreur a été exposé en début de


chapitre. Les critères qui permettent de déterminer les grandeurs de références donnant les
objectifs optimaux ont également été développés en début de chapitre. A partir des
considérations techniques de mise en œuvre de la commande, nous avons justifié le choix de
la structure et de la stratégie de commande en fonction des différentes possibilités disponibles.

58
Le point fort de ce chapitre repose sur le fonctionnement sinusoïdal écrêté, appelé
surmodulation, qui permet d’augmenter les performances de la machine notamment en mode
alternateur malgré la limitation en tension inhérente à la batterie.
La méthodologie de recherche des lois optimales est esquissée. Elle sera développée dans le
dernier chapitre, afin de montrer comment la saturation magnétique est prise en compte dans
la commande optimale.

59
Chapitre 3
Saturation de la machine

Avant de prendre en compte la saturation, il faut savoir sur quel type de modèle nous allons
travailler. Afin de conserver la structure à quatre paramètres présentée au premier chapitre,
nous allons vérifier que toutes les grandeurs électriques restent sinusoïdales en présence de la
saturation magnétique et par conséquent que la notion d’impédance reste valable. Cela
permettra de modéliser la machine par un schéma équivalent qui servira pour la commande et
dont on déterminera les éléments en fonction de son état magnétique. Nous proposons à cet
effet, une méthode d’identification hors ligne afin d’obtenir les valeurs des paramètres du
modèle. A partir des essais réalisés sur banc, l’étude des fonctions de sensibilités nous permet
de critiquer les résultats obtenus.

3.1 Forme d’onde des grandeurs électriques en présence de


saturation

La force magnétomotrice créée par le courant circulant dans un bobinage engendre un flux
dont la canalisation est réalisée suivant le chemin de plus faible réluctance, en l’occurrence le
fer de préférence ou l’air par défaut. La perméabilité du fer est très grande par rapport à celle
de l’air, ce qui traduit une propriété de bonne ‘conduction magnétique’ des matériaux utilisés
dans les machines ou les transformateurs pour canaliser les flux magnétiques. Cependant,
leurs perméabilités diminuent avec le champ magnétique, ce qui contribue à l’élévation des
réluctances et à la limitation du flux ce qui se répercute sur la force magnétomotrice et par
conséquent sur le courant. Ce phénomène de saturation magnétique peut être illustré par la
figure 3.1 qui représente les essais d’un transformateur triphasé alimenté sous deux niveaux
de tensions. Les analyses spectrales des courants et tensions (relevés au primaire) révèlent

60
l’apparition des harmoniques 3 et 5 dans une gamme de l’ordre de vingt pour cent par rapport
à l’amplitude du fondamental. Ceci explique la déformation du courant lorsque le
transformateur est saturé.

Fonctionnement sans saturation Vseff = 60V Fonctionnement avecsaturation Vseff = 220V

Fig. 3.1 Effet de la saturation dans un transformateur triphasé

Nous avons procédé à des essais en régime non saturé et saturé sur l’ADI en mode alternateur,
afin de montrer un comportement différent de la machine asynchrone par rapport au
transformateur vis à vis de la saturation magnétique.

La figure 3.2 montre les essais de l’ADI en mode alternateur à 850 tr/min respectivement à
850W et 2400W. Les analyses spectrales des courants et tensions dans les deux essais font
clairement apparaître une raie unique correspondant au fondamental des signaux.

fonctionnement P = 850W fonctionnement P = 2400W

Fig. 3.2 Essais de l’ADI en mode alternateur à 850 tr/min


respectivement à 850W et 2400W

61
Ainsi, en comparant les essais réalisés sur la machine et sur un transformateur, on s’aperçoit
que dans le cas de la machine, même en régime saturé, les grandeurs électriques restent
sinusoïdales. Dans ce cas la notion d’impédance reste valable.
On peut expliquer que la saturation magnétique ne produit pas les mêmes effets sur les
grandeurs électriques en raison de la répartition géométrique des conducteurs. Dans le cas du
transformateur, toutes les spires d’une même phase sont enroulées autour d’un même noyau
de transformateur, par conséquent, si une saturation du flux se produit localement dans ce
noyau, alors elle se répercutera en synchronisme sur toutes les spires de cette phase. En
revanche, dans le cas de la machine asynchrone, tous les brins d’une même phase n’entourent
pas le même circuit magnétique en raison de la répartition géométrique des conducteurs, par
conséquent une saturation locale de l’induction ne se répercutera pas simultanément sur
l’ensemble des spires d’une même phase.

3.2 Lignes de champ de la machine saturée

3.2.1 Répartition géométrique des bobinages

La disposition géométrique des enroulements est répartie sur plusieurs encoches. La figure 3.3
représente le dépliement d’un stator et illustre la répartition des conducteurs par phase. Ainsi
on montre qu‘entre les encoches séparées par les dents 1 et 2, tous les conducteurs
appartiennent à la phase 1 ; en revanche entre les dents 2 et 3 il y a autant de conducteurs
appartenant à la phase 1 et à la phase 2. Cette disposition des conducteurs permet d’obtenir
une meilleure répartition spatiale du champ magnétique créé.

1 2 3 4 5 6 7

Phase 1

Phase 2
Phase 3
Fig 3.3 Répartition géométrique des bobinages

62
Nous allons maintenant visualiser la répartition spatiale et temporelle de l’induction dans
l’entrefer afin de montrer l’effet de la répartition des conducteurs.

3.2.2 Répartition de l’induction magnétique

La figure 3.4 illustre la répartition de l’induction magnétique dans la machine pour un point
de fonctionnement qui permet d’atteindre localement la saturation magnétique des tôles. Les
résultats des calculs par la méthode des éléments finis ont été effectués pour une machine de
géométrie similaire à la M1B mais de puissance supérieure. On remarque (Fig. 3.4) que grâce
à la disposition des conducteurs d’une même phase sur plusieurs encoches, présentée dans le
paragraphe précédent, on évite la saturation de toutes les encoches associées à une même
phase.

Fig. 3.4 Répartition de l’induction dans la machine (fr=4Hz et Îs=850 A)

La figure 3.5 montre la répartition spatiale de l’induction dans l’entrefer créée par tous les
conducteurs de toutes les phases. Les ‘sauts’ correspondent aux passages des encoches, dans
lesquelles l’induction circule difficilement en raison de la faible perméabilité de l’air ou des
conducteurs de cuivre qui remplissent ces encoches.

63
B(t1,tétas)
Induction spatiale B(t2,tétas)
B(T) (entrefer) B(t3,tétas)
1,80

1,40

1,00

0,60

0,20

-0,20 0 50 100 150 200 250 300 350 400

-0,60

-1,00

-1,40

-1,80

téta (degré)

Fig. 3.5 Répartition spatiale de l’induction dans l’entrefer à trois instants différents

On aperçoit sur la répartition spatiale que l’induction monte localement au delà du coude de
saturation des tôles. Cette répartition se décale dans l’espace en fonction de l’évolution
temporelle des courants imposés. Bien que le fondamental de cette répartition semble
sinusoïdal malgré les sauts d’encoches, il ne semble pas évident que les saturations locales ne
déforment pas la répartition temporelle des flux, ce qui conduirait à une déformation des
forces électromotrices. Il est donc nécessaire de calculer le flux qui traverse la surface fermée
par chaque conducteur, puis le flux cumulé vu par une même phase pour se rendre compte que
les saturations locales de l’induction n’affectent pas l’évolution temporelle des grandeurs
électriques.

La figure 3.6 représente l’évolution temporelle du flux traversant la surface fermée par chaque
conducteur. On s’aperçoit que l’évolution temporelle est sinusoïdale. Ceci est dû au fait que le
calcul du flux pour une spire à un instant donné, résulte d’une moyenne spatiale de l’induction
traversant la surface délimitée par le conducteur. La répartition spatiale des conducteurs d’une
même phase aboutit à un déphasage des différents flux. La moyenne des flux récupérés par les
différents conducteurs d’une même phase conduit à un flux équivalent vu par la phase. Cette
moyenne lisse encore les harmoniques éventuels, ce qui conduit à une allure sinusoïdale du
flux équivalent vu par phase.

64
Flux temporel
Flux(wb)
0,012
Flux(conducteur 1)
0,010 Flux(conducteur 2)
Flux(conducteur 3)
0,008
Flux (cumulé)/4
0,006

0,004

0,002

0,000 t (s)
0,25 0,27 0,29 0,31 0,33 0,35 0,37 0,39 0,41 0,43
-0,002

-0,004

-0,006

-0,008

-0,010

-0,012

Fig. 3.6 Evolution temporelle du flux vu par les conducteurs

3.3 Impact de la saturation sur les performances

3.3.1 Machine idéale (sans saturation)


Si on considère que les paramètres de la machine sont constants quel que soit l’état
magnétique, l’évolution du couple en fonction de la pulsation rotorique s’exprime par :
L' r
ωr
3 L² R' r
C = p m Îs ² (3.1)
2 L' r  L' r 
1 +  ωr ²
 R' r 
Pour un courant statorique crête Îs constant, l’allure du couple correspondrait à l’illustration
de la figure 3.7.

Couple/ C nominal

Fonctionnement à Imr imposé

1.5

Valeurs
1.0
Is/Isnominal
2.0
0.5
1.5

1.0

ωropt Pulsation rotorique (rad/s)

Fig. 3.7 Caractéristique du couple en fonction


de la pulsation rotorique (machine linéaire)

65
Pour un courant Îs imposé, le couple électromagnétique admet un maximum qu’il est aisé de
déterminer en annulant la dérivée du couple par rapport à la pulsation rotorique

dC 3 Lm ²  1 − (ωr ².Tr '²) 


= 0 = . p. .Îs ².Tr '.  (3.2)
d ωr 2 Lr '  (1 + ωr ².Tr '²) 

ce qui donne lieu aux commandes optimales développées au second chapitre. En utilisant
l’expression qui permet d’exprimer Is à partir de Imr, soit :

  L' r  
Îs ² = Îmr ²1 +  ωr ²  (3.3)
  R' r  
le couple s’exprime plus simplement

3 L² m L' r
C= p Îmr ² ωr (3.4)
2 L' r Rr '

En divisant le couple par la pulsation rotorique &URn obtient le rapport

C 3 Lm ²
= . p. Îmr ² (3.5)
ωr 2 Rr '

Ce rapport est proportionnel au flux Φmr², si l’on suppose que Rr’ ne varie qu’en fonction de
la température. En traçant une droite passant par l’origine dans le plan couple-pulsation
rotorique (Fig.3.7), les points d’intersections entre les courbes de couple et cette droite
correspondent à des points de fonctionnement à flux constant dont l’amplitude est
proportionnelle à la pente de la droite.

3.3.2 Machine réelle ( avec saturation)

Le couple électromagnétique dépend des paramètres Lm²/Lr’ et Lr’/Rr’, lesquels varient avec
l’état magnétique (donc le flux rotor) qui est proportionnel au courant magnétisant

Φmr = Lm*Imr (3.6)

66
La figure 3.8 représente l’évolution des paramètres prédéterminés théoriquement par
J.M Biedinger lors de la conception de la machine M1B qui comporte 5 paires de pôles, 4
spires et 5 conducteurs par spire de section 132/100.

12.5 L m *10-4 (H)

10.0
L fr’ * 10-5 (H)
7 .5
L fs * 10-5 (H)

5 .0

2 .5
Zone linéaire

Îmr (A)
0 100 200 300 400

Fig. 3.8 Evolution des inductances en fonction de Îmr

Pour des fonctionnements à faible flux (zone linéaire), la caractéristique du couple est
identique à celle d’une machine idéale ; les paramètres de la machine sont supposés constants,
le couple ne dépend alors que de l’amplitude du courant et de la pulsation rotorique. Mais au
delà de cette zone de fonctionnement, les valeurs des inductances diminuent avec
l’augmentation du courant magnétisant et par conséquent la caractéristique du couple devient
non linéaire. En effet, il convient de compléter l’expression du couple en fonction du courant
L2m
magnétisant du rotor Imr, en tenant compte de l’évolution des paramètres et Tr pour ce
L'r

même courant Imr.

3 L² m
C= p ( Îmr ).Îmr ².Tr ( Îmr ).ωr (3.7)
2 L'
r

On peut alors établir la caractéristique du couple en fonction de la pulsation rotorique pour un


flux constant, c’est à dire Îmr constant. La figure 3.9 illustre l’évolution du couple selon une
droite proportionnelle à la pulsation rotorique pour un niveau de flux imposé.

C= K(Îmri)*ωr (3.8)

67
et, compte tenu de la variation des inductances en fonction de Îmr, il existe pour chaque
couple électromagnétique, un binôme : (Îmri, ωri) ou (Îsi, ωri) qui satisfait le fonctionnement
optimal suivant le critère objectif .

La caractéristique du couple est présentée en figure 3.10. Pour un courant Is imposé, le


couple électromagnétique admet un maximum pour ωr= ωropti , qui dépend du niveau de flux
et donc de Imr.

Couple/Cn
C(Îmr3)
1.5
C(Îmr2)

1.0 C(Îmr1)

0.5 Pts de Fonctionnement à Is imposé

Is1
ωr
ω
ωri(3) ωri(2) ωri(1)

Fig. 3.9 Caractéristique du couple pour trois flux rotor imposés

Couple/Cn
Pts de Fonctionnement à Imr imposé
1.5

1.0 Valeurs
Is/Isnominal
C objectif 2.0

0.5 1.5

1.0
ωr
ωropt 1 ωropt 2 ωropt 3

Fig. 3.10 Caractéristiques du couple pour une machine réelle (avec saturation)

68
Remarques :

Au travers de ces deux cas de machine, nous pouvons constater que l’évolution des
paramètres peut dégrader considérablement les performances de la machine.

L’emploi d’un courant excessif ou d’un courant mal orienté en raison d’une pulsation ωr
différentes de ωropt, implique des pertes Joule au stator et au rotor qui dégraderaient aussi
les performances.

Il est donc important de bien déterminer l’évolution des paramètres de la machine pour
déterminer les lois de commande optimales suivant les critères de fonctionnement et les
contraintes associées.

3.4 Identification des paramètres

3.4.1 Principe d’identification

On distingue deux catégories d’identification, la première est une identification ‘en ligne’ et
la seconde est une identification ‘hors ligne’.
L’identification ‘en ligne’ est souvent mise en œuvre pour estimer les paramètres ou les
variables d’états utilisés au sein de commandes vectorielles ou de commandes adaptatives
nécessitant la prise en compte de l’évolution éventuelle des paramètres. Dans cette catégorie,
on retrouve notamment les observateurs étendus de Luenberger et de Kalman
[KALMAN][ZEIN]. L’identification en temps réel des paramètres de la machine asynchrone à
l’aide de ces outils nécessite, d’une part, l’implantation de capteurs de courants dans la
structure de pilotage et, d’autre part, de moyens de calcul suffisamment puissants pour
dérouler l’algorithme d’estimation et effectuer ensuite le calcul relatif à la commande
optimale [LORON].
L’identification ‘hors ligne’ permet de déterminer en amont (de l’utilisation finale de la
machine) le modèle comportemental de la machine par des essais plus exhaustifs et des
algorithmes plus robustes, sans être limité par des contraintes temporelles. Cette approche
permet de conserver pour l’application finale une structure de pilotage très simple et d’éviter
ainsi une mise en œuvre plus onéreuse comme dans le cas précédent. L’identification ‘hors
ligne’ limite l’utilisation du modèle ainsi identifié à une machine spécifique. Cependant cette
limitation n’est pas contraignante dans le cadre de notre étude.

69
3.4.2 Signaux de tests et acquisition

A partir du modèle retenu, nous allons définir le protocole d’essais et déterminer les grandeurs
d’entrée et de sortie mesurables qui régissent le fonctionnement de la machine et qui
renseignent sur son état énergétique, magnétique et thermique dont dépendent les différents
éléments du modèle.
Considérons le couple électromécanique qui régit le fonctionnement de la machine
asynchrone en régime stationnaire

3 L2m Trωr
C= p ' Iˆs 2 (3.9)
2 Lr 1 + (Trωr )²

et qu’on exprime en fonction du courant magnétisant et de la température :


2
3 Lm Lr '
C= p ωr Iˆmr
2

R' ro(1 + α (Θr − Θamb ))


(3.10)
2 Lr '
avec
Θr la température des conducteurs de la cage du rotor (aluminium)
Θamb la température ambiante

α le coefficient de variation de résistivité de l’aluminium


R’r0 la résistance rotorique mesurée à température ambiante
On peut alors établir une relation de proportionnalité entre le couple et le carré du flux.

C (1 + α (Θr − Θamb )) 3 Lµ 2
2
3 1
= p ' I mr = p ' Φ 2mr (3.11)
wr 2 Rr 0 2 Rr 0
d’où
C (1 + α (Θr − Θamb ))
= kΦ 2mr (3.12)
wr

C (1 + α (Θr − Θamb ))
Le rapport détermine l’état magnétique de la machine car il est
wr

proportionnel au carré du flux. Si on augmente le couple dans les mêmes proportions que la
pulsation rotorique on garantit un état magnétique constant et par conséquent on garde les
valeurs des inductances constantes. Comme le couple est proportionnel au carré du courant
statorique, le carré de ce dernier appartient à la droite d’équation 3.13 [LORENTZ 90].

70
Le courant statorique est lié au courant magnétisant du rotor par
2
2  Lr 
Iˆs2 = Iˆmr   ω r + Iˆmr
2 2
(3.13)
 Rr 

Lr
Pour un état magnétique donné, les termes Iˆmr et Iˆmr sont constants. Afin de déterminer les
Rr
paramètres du modèle on procède à des essais pour différents états magnétiques de la
machine. Pour chaque état magnétique, on relève 6 à 8 points de fonctionnement différents.
Ces points correspondent à plusieurs couples pour différentes pulsations rotoriques et
appartiennent tous à une même droite dans l’espace (Iˆs2 , ω r2 ) (Fig. 3.15). Pour chaque groupe
de points appartenant à une même droite, nous recherchons le binôme Lm²/Lr’, Tr qui
minimise la somme des écarts quadratiques entre les couples mesurés et les couples calculés à
partir de ce binôme. Ensuite, en utilisant le binôme précédent, nous recherchons les
paramètres Rs, Ls – Lm²/Lr’, qui minimisent la somme des écarts quadratiques entre les
tensions mesurées et les tensions calculées à l’aide du modèle.

3.4.3 Contenu informationnel

L’identifiabilité est un élément essentiel de l’estimation des paramètres. Deux propriétés sont
à la base de l’identifiabilité : l’unicité du modèle et le contenu informationnel des signaux.

La non unicité caractérise le fait que le modèle comporte un nombre plus important de
paramètres qu’il n’est possible de déterminer à partir des équations du système : c’est
pourquoi, le schéma électrique équivalent de la machine asynchrone a été simplifié en
ramenant les fuites au stator. L’unicité traduit le fait qu’il ne peut pas y avoir plusieurs jeux
de paramètres pour un même essai.

Le contenu informationnel des signaux caractérise l’influence de chacun des éléments du


système selon l’excitation appliquée sur celui-ci. Avant d’estimer les paramètres, il est donc
nécessaire de déterminer les sensibilités de chacun des composants, afin de déterminer par
exemple les zones de fréquences dans lesquelles il est intéressant ‘d’exciter’ le système.

71
La sensibilité d’un paramètre décrit l’influence sur le comportement du système que peut
avoir une variation même minime de ce paramètre. Nous allons évaluer la sensibilité de
chacune des deux variables par rapport au critère utilisé pour leur identification.

Considérons le premier critère utilisé pour déterminer le premier couple de paramètres Tr et


Lm ²
. Celui-ci est caractérisé par la somme des écarts quadratiques entre le couple mesuré et
Lr '

le couple estimé. Considérons le couple estimé :


3 1 Lm ² ωr .Tr
C= . . .Îs ². (3.14)
2 p Lr ' 1 + (ωr .Tr )²

La sensibilité de Tr s’exprime comme la variation relative du couple par rapport à la variation


relative de Tr . Ce rapport est normalisé en le remultipliant par Tr / C .

∂C Tr 1 − (ωr .Tr )²
= (3.15)
∂Tr C 1 + (ωr .Tr )²

Nous avons représenté figure 3.11 l’évolution en valeur absolue de cette sensibilité pour les
modes moteur et générateur. On constate que cette sensibilité est optimale pour des
fréquences rotoriques importantes. On voit également qu’elle s’annule pour tous les points de
fonctionnement ωr .Tr = 1 . Les essais effectués dans cette dernière configuration ne pourront
pas être retenus, car la fonction de sensibilité implique que les résultats d’identification de Tr
pourraient être complètement erronés sans pour autant modifier l’estimation du couple.

Fig. 3.11 Sensibilité du couple par rapport à Tr


en mode moteur et en mode générateur

72
Lm ²
Le second terme identifié à l’aide du couple est . Sa sensibilité normalisée est unitaire :
Lr '

Lm 2
∂C Lr ′ = 1 (3.16)
 Lm  C
2
∂ 
 Lr ′ 
Ceci indique que quel que soit l’essai effectué, la moindre variation aura une influence sur
l’estimation du couple. Par conséquent, on peut identifier avec confiance ce paramètre dans
tout l’espace de fonctionnement.
Le second jeu de paramètres est obtenu en minimisant la somme des écarts quadratiques entre
les tensions mesurées et les tensions estimées. Seules les tensions estimées peuvent être
influencées par des variations de paramètres.
Considérons la tension estimée :
Lm ² ωsωrTr  Lm ²  Lm ² 1 
U s = Rs.I s + + jωs.I s  Ls − +
Lr '  Lr ' 1 + (ωrTr )² 
.I s. . (3.17)
Lr ' 1 + (ωrTr )² 
nous pouvons calculer sa sensibilité normalisée par rapport à Rs
∂Us Rs Rs.
= (3.18)
∂Rs Us  
2

2
 Lm ² ωsωrTr  Lm ²  Lm ² 1
 Rs +  +  ω s  Ls − + .  
 Lr ' 1 + (ωrTr )²     Lr '  Lr ' 1 + (ω rTr )² 
Celle-ci est représentée sur la figure 3.12 pour les modes moteur et générateur. On constate
qu’en mode moteur les essais seront plus sensibilisants dans les basses vitesses (inférieures à
100 tr/min) et pour des fréquences rotoriques faibles. En mode générateur, les essais seront
plus sensibilisants pour des vitesses comprises entre 100 et 1000 tr/min et surtout pour des
fréquences rotoriques faibles.

Fig. 3.12 Sensibilité de la tension par rapport à Rs en mode moteur et en mode générateur

73
L’inductance de fuite constitue le second paramètre obtenu à l’aide du critère sur les tensions.
La sensibilité normalisée du critère par rapport à Lfs s’exprime :
 Lm ²   Lm ² 
 Ls −  ω s  Ls − .
∂Us  Lr '   Lr ' 
= (3.19)
 Lm ²  Us 2 2
∂ Ls −   Lm ² ωsωrTr    Lm ²  Lm ² 1 
 Lr '   Rs +  +  ω s  Ls − + . 
 Lr ' 1 + (ωrTr )²   
 Lr '  Lr ' 1 + (ωrTr )²  

Celle-ci est représentée sur la figure 3.13 respectivement pour les modes moteur et générateur

Fig. 3.13 Sensibilité de la tension par rapport à Lfs


en mode moteur et en mode générateur

Dans les deux cas, plus la vitesse et la fréquence sont élevées, plus les essais seront
significatifs quant aux résultats d’identification de l’inductance de fuite.

3.5 Validation expérimentale

3.5.1 Mise en œuvre

Nous disposons d’un banc d’essais au laboratoire de Valeo Systèmes Electriques à Créteil. Il
est possible de configurer ce banc en tant que banc de charge ou d’entraînement ce qui permet
de caractériser les machines électriques respectivement en moteur et en générateur.
Ce banc dispose de deux axes d’entraînement. Le premier, dit ‘fort couple’, permet de relever
le couple moteur à vitesse imposée de 0 à 3000tr/mn, le couple est limité à 300 Nm. Le second
dit ‘faible couple’, permet d’entraîner la machine électrique fonctionnant en génératrice. La
vitesse de rotation peut-être régulée de 800 à 6000 tr/mn, le couple est limité à 85 Nm sur cet
axe d’entraînement. La machine électrique à tester est placée dans l’enceinte climatique du

74
banc, ce qui offre ainsi la possibilité d’imposer les températures de fonctionnement
(Fig. 3.14).
Le banc est équipé de capteurs pour la mesure des trois courants et des trois tensions machine,
de la tension et du courant batterie, de la vitesse mécanique et du couple sur l’arbre
d’entraînement. On dispose également d’un certain nombre de thermocouples placés sur le
stator de la machine. Des essais par télémesures ont mis en évidence que la température du
rotor et celle du stator étaient relativement proches avec des écarts ne dépassant pas dix
degrés : par conséquent nous avons considéré tout au long des essais les températures au rotor
identiques à celles du stator. Les données rapatriées vers la baie d’acquisition sont filtrées par
un filtre du type passe bas d’ordre 2 à 10 kHz.

Enceinte
climatique

Ligne d’arbre

Fig. 3.14 Banc d’essais et montage de la machine dans l’enceinte climatique

Le montage électronique mis en œuvre pour piloter la machine asynchrone est un système de
contrôle par autopilotage associé à un onduleur MLI alimenté et régulé en tension. On peut,
par action sur les paramètres de commande que sont la tension de consigne Ûs et la fréquence
de glissement fr, imposer un point de fonctionnement à la machine soit en mode moteur soit
en mode générateur.
La fréquence rotorique fr est fournie par un générateur de fréquence auquel on ajoute ou
soustrait les impulsions provenant du capteur incrémental mesurant la vitesse mécanique. La
source d’alimentation de l’onduleur est soit, une source réversible de 20kW, soit un lot de trois
batteries de 12V mises en série.
En mode moteur, les essais sont effectués à vitesse réduite (0 à 800tr/mn) pour avoir des
courants élevés dans les enroulements du stator, de manière à imposer des fonctionnements à
des niveaux importants de saturation. Ces essais permettent de mettre en évidence et d’étudier
le phénomène de saturation sur les inductances et de bien sensibiliser la résistance Rs.

75
En mode générateur, les essais sont effectués à des vitesses plus importantes
(800 à 4000 tr/mn).
Afin d’éviter un échauffement de la machine, pour chaque point d’essai, les consignes sont
appliquées et sont maintenues pendant un court instant relativement à la dynamique
thermique. Pendant cet instant nous enregistrons toutes les grandeurs requises pour identifier
les paramètres ; seules les valeurs enregistrées en régime électrique établi seront exploitées.
Les lois de commandes prédéterminées à l’aide des paramètres théoriques (données de
J.M Biedinger) permettent d’orienter les choix des valeurs de Ûs et fr pour imposer le
fonctionnement à flux constant. Par ailleurs, tous les essais sont réalisés en régime sinusoïdal
pur afin d’éviter la présence de courants harmoniques issus de la surmodulation, et qui
rendraient plus délicate l’analyse des signaux en vue de l’identification des paramètres.

3.5.2 Résultats

C (1 + α (Θr − Θamb ))
Pour différentes valeurs de , c’est à dire différents états magnétiques de la
wr

machine, nous avons sélectionné 6 à 8 points de fonctionnement. Ces points doivent vérifier
une appartenance à la droite décrite par l’équation (3.13). Nous avons représenté figure 3.15
l’ensemble des mesures effectuées. On peut vérifier que pour chaque état magnétique de la
machine, les points de fonctionnement semblent appartenir à des droites de pentes différentes.

Is² = ft( Fr²)


Is² fonctionnement : C/fr* constant
90000 C/fr*X (26)
C/fr*X (14)
80000 C/fr*X (11)
C/fr*X (07)
70000 C/fr*X (29)
Série8
60000

50000

40000

30000

20000

10000

0 20 40 60 80 100
Fr²

Fig. 3.15 Tracé des essais dans le plan I S2 en fonction de f r2


pour différents états de magnétisation de l’ADI

76
Les résultats d’identification sont présentés figures 3.16, 3.17 et 3.18.
La résistance Rs a été estimée à température ambiante (25°C) pour une valeur comprise entre
26 (à faible vitesse) et 30 mΩ. (à vitesse élevée). Ce résultat semble cohérent avec les 26 mΩ
donnés par la mesure de la résistance statorique.

La résistance rotorique est déduite des estimations de Lm²/Lr’ et 1/Tr puisque :


Rr = Lm²/Lr’*1/Tr (3.20)

La valeur estimée est alors comprise entre 6.8 mΩ et 9.0 mΩ ce qui est du même ordre de
grandeur que les 8.5mΩ estimés lors de la conception par J.M Biedinger.

L’identification de l’inductance de magnétisation Lm²/Lr’ est conforme à celle prédite


théoriquement lors de la conception (Fig. 3.16). La loi d’évolution en fonction du courant de
magnétisation Îmr met en relief la saturation magnétique de la machine avec le courant
magnétisant croissant.

On remarque un affaissement de Tr dans la zone linéaire : ceci s’explique par le fait que la
résistance rotorique est plus faible dans les basses fréquences que dans les hautes fréquences.

L’identification de l’inductance de fuite Ls- Lm²/Lr’ semble en revanche donner de moins


bons résultats que pour les autres paramètres. Au delà d’un courant magnétisant de 100A, les
estimations divergent (Fig. 3.18). Ceci s’explique, d’une part, par les faibles valeurs des fuites
et, d’autre part, par le fait que les essais, donnant les points au delà des 100A, ont été réalisés
pour des vitesses très faibles (inférieures à 100tr/min), la sensibilité du critère permettant
l’identification des fuites est faible pour ces points de fonctionnement. Par conséquent les
erreurs commises sur les fuites ne produisent aucun effet sur la variation du critère permettant
leur identification.

77
Lm²/Lr' Lm²/Lr' moteur'
1,2
Lm²/Lr' générateur
Lm2/Lr théorique
1

0,8

Lm²/Lr' (mH)
0,6

0,4

0,2

0
0 50 100 150 200 250

Îmr (A)

Fig. 3.16 Résultat d’identification de l’inductance magnétisante

Tr' = Lr'/Rr' Tr' moteur


160 Tr' générateur
Tr' théorique
140

120
Tr'(ms)

100

80

60

40

20

0
0 50 100 150 200 250

Îmr (A)

Fig. 3.17 Résultat d’identification de la constante de temps rotorique

Ls - Lm²/Lr'= ft( Îmr)


Ls-Lmu²/Lr moteur'
Ls-Lmu²/Lr' générateur
0,25 Ls - Lm2/Lr' théorique
0,225
0,2
Ls - Lm²/Lr' (mH)

0,175
0,15

0,125
0,1
0,075
0,05
0,025
0
0 50 100 150 200 250

Îmr (A)

Fig. 3.18 Résultat d’identification de l’inductance de fuite

78
12
Rr (mΩ
Ω)
10

Rr (id mot)
6
Rr (id gen)
4

0
0 1000 2000 3000 4000 5000
Vitesse (tr/min)

Fig. 3.19 Evolution de la résistance rotorique en fonction de la vitesse

La figure 3.19 montre les résultats d’identification de la résistance rotorique Rr. Cette
résistance évolue en fonction de la fréquence des courants induits sur le rotor. La figure 3.19
montre qu’elle augmente en fonction de la vitesse. Cette augmentation explique
l’affaiblissement de la constante de temps Tr pour les faibles états de magnétisation de la
machine (Fig. 3.17). Ces points correspondent en effet à des essais réalisés en mode
générateur et donc pour des vitesses supérieures à 850 tr/min.

3.6 Conclusion

La première partie du chapitre a servi à montrer que les formes d’onde des courants ne sont
pas altérées par la saturation magnétique, comme nous avons l’habitude de le voir dans le cas
des transformateurs, par exemple, et que par conséquent, pour l’ADI, la notion d’impédance
restait valide pour le modèle de la machine même en présence de saturation magnétique, avec
cependant une évolution des paramètres inductifs. Nous avons montré la nécessité de prendre
en compte leurs évolutions pour garantir la conservation des performances de la machine. Une
méthode d’identification hors ligne a donc été mise en œuvre afin d’obtenir les valeurs des
quatres paramètres du modèle dont les résultats semblent coïncider avec ceux déterminés en
théorie lors de la conception. Les dispersions des résultats obtenus ont été justifiées à l’aide
des fonctions de sensibilisation, qui permettent de déterminer quels sont les essais les plus
significatifs pour l’identification des paramètres. La machine en mode saturé peut donc être
représentée par un schéma à paramètres localisés dont les valeurs des inductances diminuent
lorsque la saturation est croissante. Ce modèle est celui retenu pour déterminer les lois de
commande optimale avec saturation qui seront exposées dans le chapitre suivant.

79
Chapitre 4
Elaboration des lois de commande
pour une machine saturée

Maintenant que le modèle est bien défini et que l’on connaît l’évolution des valeurs des
paramètres en fonction de l’état magnétique et thermique de la machine, il est aisé de trouver les
grandeurs de référence qui maximisent le couple en mode démarreur ou le rendement en mode
générateur. La méthode de recherche des grandeurs de référence est ici présentée ainsi que les
résultats qui mettent en valeur l’intérêt du fonctionnement en surmodulation pour accroître la
puissance malgré la limitation en tension imposée par l’alimentation. Une étude de robustesse
des lois de commande est présentée en fin de chapitre.

4.1 Prise en compte de la saturation dans l’élaboration des lois de


commande

4.1.1 Organigramme de recherche des lois de commande

La recherche des lois de commande optimales consiste à déterminer les références de commande
[ωr et Us], qui permettent d’atteindre les objectifs fixés en mode démarreur et en mode
alternateur et qui garantissent les contraintes pour chaque point de fonctionnement de
l’application (vitesse et température imposées). La prise en compte de la saturation magnétique
rend difficile cette recherche. En effet, les valeurs des inductances dépendent de la valeur du
courant magnétisant et réciproquement.
Etant donné que nous connaissons les modèles d’évolution des inductances en fonction du
courant magnétisant, nous pouvons imposer ce courant et calculer les valeurs des inductances. A
partir de ces valeurs, nous pouvons alors calculer la pulsation rotorique qui permet d’atteindre
l’objectif fixé (couple ou puissance), puis à l’aide des équations de la machine en déduire les

80
performances électromécaniques (C, P, η, Is), ainsi que la tension Us qu’il faut appliquer aux
bornes de la machine pour pouvoir imposer le courant magnétisant que nous nous sommes fixés
précédemment. Une fois les références de commande déterminées, nous vérifions les contraintes
physiques que sont : la limitation en tension , le courant maximal de la batterie, ainsi que la
densité de courant imposée dans les enroulements de la machine. Si ces contraintes sont
respectées nous regardons alors le rendement obtenu avec le nouveau couple de référence
[ωr(k), Us(k)] par rapport au rendement obtenu avec le couple de valeurs initial [ωr(i), Us(i)]: si
il est meilleur on mémorise le nouveau couple de valeurs. Par contre, si les contraintes ne sont
pas vérifiées ou si le rendement obtenu n’est pas meilleur, on réitère les opérations précédentes
avec un courant magnétisant plus important.
Le processus employé pour élaborer les lois de commande et déterminer les performances de la
machine est résumé sur les organigrammes présentés figures 4.1 et 4.2.

Il est à noter que dans le mode démarreur, il n’est pas nécessaire de rechercher la valeur du taux
de surmodulation, car le fonctionnement en régime sinusoïdal est suffisant pour atteindre
l’objectif fixé, tout en garantissant les contraintes. En revanche, dans le mode de fonctionnement
en mode alternateur, il est nécessaire de rechercher un mode éventuel de fonctionnement en
surmodulation afin de garantir un rendement optimal.

81
MODE MOTEUR

PARAMETRES D’ENTREES

Objectif de couple à Contexte de


réaliser fonctionnement
Cobj = Co : ∆C : Cmax
• Vitesse de fonctionnement Ω

Essais successifs de
courant magnétisant
Imr = Imr0 : ∆Imr :Imrmax

Recherche de la pulsation Modèle de MAS


rotorique en fonction du • Machine linéaire
couple objectif (P : paramètres constants)
Cobj • Machine saturée
ωr = (paramètres = f (Îmr)
3 Lm²
. p. .Îmr ².Tr
2 Lr '

• Calcul de la tension statorique Prise en compte des éléments


nécessaire pour imposer Imr - batterie
• Calcul de Is, Ibat - onduleur
• Calcul du rendement - cablage : inductance, résistances des
lignes

non
Vérifications des
Contra int es :
contraintes
 Iˆs ≤ Is lim ite(350. 2 )
oui 
 Ibat ≤ Is lim ite(300)
ˆ
non Vs ≤ Vs lim ite(Ubat )
Le rendement est il
meilleur ?
oui

• Mise à jour du rendement η max = η (k )


• Mémorisation des références de
commande (ϖr , Vs ) = f (Cobj , Ω, T )
• Incrémentation de Imr si Imr<Imrmax

Mémorisation des références de commande


(ϖr , Vs ) = f (Cobj, Ω, T )

Fig 4.1 Organigramme de recherche de la commande optimale en mode démarreur

82
MODE ALTERNATEUR
PARAMETRES D’ENTREES

Objectif de puissance Contexte de


Objectif de puissance
Pelec = Pmin :∆P : Pmax
Pelec = Po : ∆P : Pmax
fonctionnement
• Vitesse de fonctionnement Ω

Essais successifs de
courant magnétisant
Imr = Imr0 : ∆Imr :Imrmax

Modèle de MAS
Recherche de la pulsation rotorique solution de • Machine linéaire
( )2  = 0
2 Pelec  Lm ²  Lm ²  (P : paramètres constants)
− Rs + ωω Tr +  Rs +  ω Tr •
3 Îmr ²  Lr ' r  Lr ' Tr  r  Machine saturée
(paramètres = f (Îmr)

Prise en compte des éléments


• Calcul de la tension statorique - batterie
nécessaire pour imposer Imr - onduleur
• Calcul de Is, Ibat - cablage : inductance, résistances des
• Calcul du rendement lignes

Contra int es :
 Iˆs ≤ Is lim ite

Vérification des  Ibat ≤ Is lim ite

contraintes non Vˆs ≤ Vs lim ite (Ubat )
oui non Limitation en
tension
oui
Calcul du taux de modulation
non
Le rendement est il
meilleur ?
oui

• Mise à jour du rendement η max = η (k )


• Mémorisation des références de
commande (ϖr , Vs ) = f (Cobj , Ω, T )
• Incrémentation de Imr si Imr<Imrmax

Mémorisation des références de commande


(ϖr , Vs ) = f (Cobj , Ω, T )

Fig 4.2 Organigramme de recherche de la commande optimale en mode alternateur

83
4.1.2 Modèles utilisés dans les simulations

Comme nous l’avons vu dans le chapitre trois, les paramètres identifiés correspondent
sensiblement aux paramètres théoriques définis lors de la conception de la machine. Ces données
ont été calculées à partir de conditions de fonctionnement très diverses (moteur ou alternateur,
couple élevé ou faible, machine fortement saturée ou non).

Lm ² Rr ′ L m
2
Ls − →s Lr '
Rs Lr ' g L'r I r'
Lm
→s
Is
Lm ²
dΦ Smr dΦ rS →s
Lr ' = mt Vr =0
dt dt
→s
I mr

Fig 4.3 Schéma à constantes localisées utilisé

Dans le même esprit, nous tenons compte des variations thermiques des résistances à l’aide des
lois ci-dessous et des coefficients de dérive thermique du cuivre et de l’aluminium
respectivement pour les résistances du stator et du rotor.
La dérive thermique de la résistance rotorique est prise en compte au travers de la dérive de la
constante de temps Tr identifiée au chapitre 3.

Rs(θ) = 26 .10-3 . (1 + 3,95 .10-3 . (θ - 20))


Tr(θ) = Tr(θ=20°) / (1 + 4,39 .10-3 .(θ - 20))

Les résultats d’identification établis au chapitre 3 ont permis de déterminer les valeurs des
inductances magnétisante et de fuite pour quelques valeurs de courant magnétisant. Afin de
connaître les valeurs de ces inductances sur l’ensemble des valeurs que peut prendre le courant
magnétisant, les résultats issus de l’identification ont été interpolés.

84
La figure 4.4 représente les profils des inductances ainsi interpolées.
-4 -4
x 10 Lm²/Lr = ft (Imr) x 10 Ls-Lm²/Lr = ft( Imr)
11 1.5

10
1.4
9

8
1.3

Ls-Lm²/Lr (H)
Lm²/Lr (H)

1.2
6

5
1.1
4

3 1
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Imrcr (A) Imrcr(A)

Fig 4.4 Evolution des inductances en fonction de Imrcr

4.1.3 Mesures sur banc d’essais

Avec la machine prototype M1B à 5 paires de pôles, 4 spires, 5 conducteurs (132/100) dont le
modèle comportemental a été identifié et étudié au chapitre 3, nous avons effectué des essais sur
banc pour déterminer les performances de la machine d’une part, et d’autre part, les lois de
commande optimales en modes moteur et générateur.

Ce banc décrit au chapitre 3 est doté d’une enceinte climatique permettant d’imposer des
températures ambiantes. Il dispose aussi d’une centrale d’acquisition permettant d’enregistrer les
grandeurs électriques, mécaniques et thermiques qui correspondent au point de fonctionnement
imposé.

[Link] Procédure d’essais en mode moteur :

En mode démarreur la vitesse de rotation est maintenue constante par l’axe d’entraînement pour
une vitesse N comprise entre 0 et 1000 tr/mn. On agit sur les consignes de l’onduleur (Vcc,fr)
pour appliquer un système de tensions triphasées us1, us2 et us3 d’amplitude égale à Vcc/2 et
une fréquence fs = fr + N/60*p aux bornes des enroulements du stator.
Les consignes sont appliquées et sont maintenues durant 3 secondes, pendant lesquelles nous
enregistrons toutes les grandeurs électriques, mécaniques et thermiques qui caractérisent le point
de fonctionnement. Seules les données en régime électrique établi sont retenues pour
déterminer :

85
- les valeurs efficaces des tensions (Us1, Us2, Us3) et des courants de phase (Is1, Is2,Is3) ;
- la tension Ubat et le courant Ibat à l’entrée de l’onduleur ;
- la vitesse de rotation N et le couple ;
- les températures des enroulements au stator.
Pour un objectif de couple et une vitesse donnée, on essaie successivement différents jeux de
consignes en faisant varier Vcc et fr. Avec les grandeurs électromécaniques enregistrées, on peut
déterminer le rendement obtenu et donc le réglage optimal de Vcc et fr.

On réitère cette procédure, jusqu’à la valeur maximale du couple pour une vitesse donnée. La
valeur maximale du couple est obtenue pour la valeur à partir de laquelle on a une augmentation
importante des courants de phase ou une dégradation importante du rendement (lorsque l’on agit
sur Vcc et Fr sans pouvoir augmenter le couple). Bien entendu cette recherche doit se faire en
respectant les contraintes imposées sur les courants Is, Ibat et de la température. En effet, une
durée d’arrêt doit être imposée entre deux mesures pour conserver l’état thermique initial de la
machine.

En renouvelant cette procédure pour des vitesses de 0, 20, 50, 100, jusqu’à 1000tr/mn, on peut
alors déterminer l’espace couple-vitesse admissible ainsi que les lois de commande optimale Vcc
et fr en mode moteur.

[Link] Procédure d’essais en mode générateur :

Le mode de fonctionnement alternateur est obtenu grâce au système d’auto-pilotage de


l’onduleur, qui permet d’asservir une fréquence électrique fs = fr + N/60*p, et donc imposer un
glissement négatif (fr<0).
On agit de la même manière que précédemment sur Vcc, fr, pour faire varier la puissance
électrique en sortie de la machine ou le courant de débit Ibat en sortie de l’onduleur, car la
tension Ubat est constante : elle est maintenue égale à 42V grâce à une charge électronique.

Pour des vitesses de 800, 1000, 2000, 3000, 4000 et 5000 tr/mn, on recherche le jeu de réglage
optimal Vcc, fr pour des objectifs de puissances croissantes, jusqu’à obtenir la puissance
maximale de la machine, c’est à dire jusqu’à la température maximale admise dans les
enroulements ou lorsqu’il n’y plus d’évolution de la puissance électrique. D’une manière
générale, on agit sur Vcc pour régler la puissance et on agit sur fr pour régler le rendement.

86
On relève les performances à vitesse constante, et après stabilisation en température
(45min à 1h).

Remarques :
Il s’agit d’une procédure d’essai très longue, qui doit se faire avec précautions, notamment pour
le réglage de Vcc, car l’emploi d’une tension excessive peut entraîner un courant trop important
et donc endommager la machine et l’onduleur. De même, la consigne de tension doit être bien
prise en compte avant tout changement de vitesse.
Par ailleurs, les lois de commandes prédéterminées permettent d’orienter les choix des valeurs de
Vcc et fr.

4.2 Lois de commande en mode moteur

4.2.1 Objectifs fixés

En mode démarreur le couple exigé par le cahier des charges est de 140 N.m à rotor bloqué. La
machine doit ensuite développer un couple équivalent durant un temps bref pour entraîner le
moteur thermique jusqu'au (300tr/mn), qui correspond au régime requis pour le démarrage.
D’après les motoristes, c’est seulement à partir de cette vitesse que le système d’injection est
capable d’amener seul le moteur thermique à son régime de ralenti (900tr/mn). Néanmoins,
l’ADI doit accompagner le démarrage jusqu’à 800tr/mn de manière à réduire cette phase et par
conséquent réduire la consommation. Le critère objectif retenu consiste alors à maximiser le
couple en mode démarreur.

4.2.2 Comparaison entre simulations et expérimentations

L’espace couple vitesse, obtenu en mode démarreur après recherche des grandeurs optimales de
référence, est représenté figure 4.5.

La machine associée à son alimentation peut fournir un couple supérieur à 140Nm à rotor bloqué
et dans la phase de démarrage à proprement dit (0 à 300 tr/mn), l’ensemble développe un couple
supérieur à 100N.m. Par ailleurs, le couple disponible reste supérieur au couple préconisé dans le
cahier des charges à savoir 30N.m à 925tr/mn, ce qui est suffisant pour entraîner le moteur

87
thermique dans cette plage de vitesse. Ces résultats sont bien sûr obtenus en tenant compte des
contraintes de limitation sur le courant batterie Ibat qui doit rester inférieur à 300A.

C o u p le ( M e s ) C o u p le ( S im ) C d C ( -2 0 ° C )

1 6 0 ,0 0

1 4 0 ,0 0

1 2 0 ,0 0
Couple (Nm)

1 0 0 ,0 0

8 0 ,0 0

6 0 ,0 0

4 0 ,0 0

2 0 ,0 0

0 ,0 0
0 ,0 0 2 0 0 ,0 0 4 0 0 ,0 0 6 0 0 ,0 0 8 0 0 ,0 0 1 0 0 0 ,0 0 1 2 0 0 ,0 0
V IT E S S E ( t r /m n )

Fig. 4.5 Espace couple- vitesse admissible en simulation et en expérimentation sur banc
d’essais

4.2.3 Lois de commande

Sur toute la phase de démarrage, la fréquence rotorique fr est comprise entre 4.5 et 6.5 Hz
(Fig. 4.6). En revanche la variable de réglage la plus évolutive est la tension Useff faible à très
basse vitesse et qui augmente avec la vitesse pour à la fois imposer un flux nominal Imr* et
respecter la limitation de tension imposée par la batterie et l’onduleur. Pour la fréquence
rotorique fr, les simulations correspondent relativement bien aux mesures expérimentales.
Cependant la tension efficace statorique Useff mesurée est légèrement supérieure à celle trouvée
en simulation et l’écart augmente avec la vitesse. Cet écart s’explique par le fait qu’on utilise des
câbles de longueurs importantes (3 m) entre la machine et l’onduleur, cette longueur étant
incontournable pour réaliser la connexion avec l’instrumentation du banc d’essais.

La figure 4.7 représente les courants batterie et statorique en fonction du couple lors du
démarrage.
Le courant statorique Iseff prédéterminé en simulation est bien corrélé avec les mesures tant pour
les faibles couples que pour les forts couples, ce résultat valide le modèle de paramètres à
constantes localisées que nous employons et en l’occurrence les valeurs de Lm²/Lr’ et Tr en
fonction de Imr.

88
En revanche, on observe un léger écarts entre le courant batterie Ibat simulé et expérimental.
Ceci peut s’expliquer par le fait que le modèle de la batterie utilisé dans nos simulations n’est pas
complet car ce modèle ne prend pas en compte les phénomènes électrochimiques.

Lois de com mande Useff = ft ( C[ vitesse] )


mode démarreur

Useff (sim ) Useff(m es) Fr (sim ) Fr (m es) Couple ( objectif)

40 160,00

35 140,00

30 120,00
Useff (V) / Fr (Hz)

Couple (Nm)
25 100,00

20 80,00

15 60,00

10 40,00

5 20,00

0 0,00
0 200 400 600 800 1000 1200
Vitesse (tr/m n)

Fig 4.6 Evolution du couple, de la tension statorique et de la pulsation rotorique


en simulation et en expérimentation lors d’un démarrage

Ibat et Is(phase) en fonction du Couple


Comparaison : simulation/ mesure
Ibat (Sim) Ibat (Mes) Iseff (Sim) Iseff (Mes)

350

300

250
Courant (A)

200

150

100

50

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Couple (Nm)

Fig 4.7 Evolution des courants batterie et statorique en simulation et en expérimentation

89
4.3 Lois de commande en mode alternateur

4.3.1 Objectifs

En mode générateur la machine doit être capable de délivrer une puissance électrique de l'ordre
de 3 à 4 kW entre 800 et 5000 tr/mn en régime stabilisé avec un rendement qui doit être supérieur
à 75%. Le critère objectif retenu consiste donc à maximiser le rendement pour éviter les pertes
excessives des éléments en mode alternateur.

4.3.2 Comparaison entre simulations et expérimentations


Les performances de la machine en alternateur sont représentées figure 4.8.

Performances aux points de fonctionnement Performances aux points de fonctionnement


Rendement (%) Puissance (W) à puissances nominales (Mesure)
à puissances nominales (Simulation)
100 4500 Puissance (mesure)
Rendement(mesure) Puissance (simulation)
90 4000
Rendement (simulation)
80 3500
70
3000
60
2500
50
2000
40
1500
30

20 1000

10 500
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
N (tr/mn) N (tr/mn)

Fig.4.8 Espace de fonctionnement en mode générateur (couplage triangle)

La puissance électrique Pelect (Ubat*Ibat) sur la plage de fonctionnement, pour une température
des enroulements stator inférieure à 160°C, est supérieure à 2,5 kW. Elle atteint son maximum à
4,3 kW entre 2000 tr/mn et 3000 tr/mn ; ces vitesses correspondent à un régime ‘usuel’ pour la
plupart des véhicules. De plus dans cette zone, le rendement atteint plus de 75%, il décroît au-
delà de 3000 tr/mn pour stabiliser aux environs de 65% à 5000tr/mn. Le rendement est calculé
avec le rapport de la puissance électrique débitée à la batterie sur la puissance mécanique (CΩ).

Ces performances sont supérieures à celles d’un alternateur à griffes dont le rendement est de
50% à 65%. La conception optimale associée à l’optimisation des lois de commande a donc
permis un dimensionnement satisfaisant le cahier des charges.

90
Les performances obtenues en simulation sont légèrement supérieures à la mesure sur banc
d’essais, en particulier un écart de rendement de 5% à 15% est observé sur la plage de vitesse
2000 et 3000 tr/mn: ceci peut s’expliquer par le choix de négliger des pertes fer dans le modèle
utilisé pour les simulations.
Les lois de commandes optimales prédéterminées et identifiées par la mesure sur banc d’essais
Useff=f(C, N) et fr=f(C, N) sont représentées figure 4.9, 4.10 et 4.11.

Lois de commande mode Alternateur


Useff (Simulation / Mesure)

36,00 Puissance (w)


500,00 1000,00 1500,00 2000,00 2500,00 3000,00 3500,00 4000,00 4500,00

30,00

24,00
Useff (V)

18,00 Mes (800 tr/mn)


Mes (1000 tr/mn)
Mes (5000tr/mn)
12,00
Mes (3000tr/mn)
Sim (800 tr/mn)
6,00 Sim (1000tr/mn)
Sim (3000 tr/mn)
Sim (5000 tr/mn)
0,00

Fig.4.9 Evolution de la tension d’alimentation en mode générateur

Lois de commande mode Alternateur Imrcr (A) (1000tr/mn)


Imrcr (A) (2000tr/mn)
Imrcr & Fr (Simulation)
Imrcr (3000tr/mn)
Imrcr (5000tr/mn)

-45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 Fr (1000tr/mn)

175 0 Fr (2000tr/mn)
-1 Fr (3000tr/mn)
150 -2 Fr (5000tr/mn)
-3
125
Fr (Hz)

-4
-5
Imrcr (A)

100
-6
-7
75
-8
50 -9
-10
25 -11
-12
0 -13
Couple (Nm)

Fig.4.10 Evolution de l’amplitude crête du courant magnétisant et de fr en fonction du couple

91
Lois de commande mode Alternateur
Fr (Simulation / Mesure)

0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 Puissance (w)
0,00

-2,00

-4,00

-6,00 Mes (800 tr/mn)


Fr(Hz)

Mes (5000tr/mn)
-8,00
Mes (3000tr/mn)
-10,00 sim (800 tr/mn)
Sim (3000tr/mn)
-12,00 Sim (5000 tr/mn)
Mes (1000tr/mn)
-14,00
Sim (1000 tr/mn)
-16,00

Fig.4.11 Evolution de la fréquence rotorique en mode générateur

A faible vitesse, fr optimal est quasi constant. On doit alors agir sur la tension de commande
pour augmenter la puissance électrique de la machine.
A forte vitesse l’action doit être portée sur fr dès que la tension limite est atteinte.
C’est une évolution conforme à une commande à flux variable, où l’action du défluxage est
accentuée à mesure que la vitesse de rotation augmente.

Concernant les lois de commande, à iso puissance, les amplitudes de tensions de commande Ûs
sont équivalentes en simulation et en expérimentation, mais les fréquences fr sont plus faibles en
simulation, surtout aux points de fonctionnement à puissances électriques élevées et vitesses
élevées. Les éléments pouvant expliquer ces écarts, sont :

• Les incertitudes sur les valeurs des paramètres du modèle de la machine : Les écarts entre les
inductances réelles et théoriques peuvent considérablement modifier le couple.
• L’imprécision sur les références de commande qui sont réellement appliquées peut expliquer
la différence entre la simulation et l’expérimentation pour la même supposée commande.
• L’imprécision sur la pulsation rotorique réelle : La mise en œuvre de l’autopilotage consiste
à imposer la fréquence statoriques fs par le biais de l’addition ou la soustraction de la
fréquence mécanique fm et de la fréquence rotorique fr. La fréquence mécanique est obtenue
grâce aux impulsions provenant du codeur incrémental de position. La fréquence fr est

92
imposée par le biais de créneaux générés par une horloge programmable dont la fréquence
correspond à la fréquence de glissement qu’on souhaite imposer. L’addition de ces deux
signaux se fait par un circuit logique. Chaque front du signal résultant correspond à un
incrément de phase des grandeurs électriques statoriques. Ce signal incrémente l’index d’une
mémoire dans laquelle est tabulée la fonction sinusoïdale et qui sera modulée en amplitude
par la consigne de tension. Cette approche dispense la mesure de la vitesse qui serait moins
robuste. Cependant ce système de discrétisation de fs peut générer, d’une part, des sauts
instantanés de phase des tensions de consigne, et d’autre part, un glissement non régulier
d’une période à une autre, en l’occurrence lorsque le rapport (fm / fr) n’est pas un nombre
entier. Ces deux défauts peuvent donc être aussi à l’origine des écarts sur le fr entre la
simulation et les expérimentations [KONIECZKA].

4.4 Fonctionnement en surmodulation

4.4.1 Vérification de la mise en œuvre

En fixant la vitesse du moteur d’entraînement du banc d’essais, nous agissons sur les paramètres
de commande que sont la tension V* et la fréquence rotorique fr pour régler la puissance
électrique en sortie de l’onduleur.
Les figures 4.12 et 4.13 reproduisent les signaux des grandeurs VsN, Is, le couple et la tension en
sortie de l’onduleur VaM

Mesure sur banc d’essais Simulation


Fig.4.12 Fonctionnement en sinusoïdal pur consigne (k=1)

93
Mesure sur banc d’essais Simulation
Fig.4.13 Fonctionnement en surmodulation (k=1.4)

Les oscillogrammes relevés sur banc d’essais sont conformes à la simulation. Les amplitudes et
les phases des courants Is sont similaires et la déformation du courant en surmodulation est
également bien corrélée.

4.4.2 Comparaison des performances

Pour juger de l’intérêt du fonctionnement en surmodulation, nous avons imposé fr=-5Hz pour
une machine couplée en étoile et une vitesse de 2000 tr/mn, et nous réalisons des essais à
puissances variables en agissant sur l’amplitude de la tension de consigne V*.

V*(V) Fr (Hz) Ibat (A) P Mesurée(W) Rend.(%) Ibat (A) P simulée (W) Rend.(%)

38 (k=0.9) -5 22.3 936.60 72.86 26.3 1104.60 81.14


42 (k=1.0) -5 29.3 1230.60 75.44 32.2 1352.40 82.79
46 (k=1.1) -5 33.2 1394.40 77.87 36.3 1524.60 82.72
50 (k=1.2) -5 36.5 1533.00 77.57 39.1 1642.20 83.41
54 (k=1.3) -5 39.55 1661.10 78.53 41.1 1726.20 83.25
58 (k=1.4) -5 42.28 1775.97 79.26 42.7 1793.40 83.13
60 (k=1.45) -5 43.25 1816.50 79.61 43.4 1822.80 83.28

Tab 4.1 Performances établies à 2000tr/mn en fonction du taux de surmodulation

94
Les courbes de puissance et de rendement obtenues sont représentées par les figures 4.14 et
4.15.

P(W)

2000 Rendement (% )
1750 100

1500 82,79 82,72 83,41 83,25 83,13 83,28


81,14
80
1250
Puisance (mesurée) Rend (mesuré)
1000 60
Puissance (simulation) Rend (simulation)
750
40
500
20
250

0 0
0,80 0,90 1,00 1,10 1,20 1,30 1,40 1,50 1,60 0,80 0,90 1,00 1,10 1,20 1,30 1,40 1,50 1,60

k = (V*/Ubat) k = (V*/ Ubat)

Fig.4.14Evolution de la puissance Fig.4.15 Evolution du rendement en fonction du taux de


surmodulation pour N=2000tr/mn fr=-5Hz

Ces graphes montrent, que l’on peut augmenter la puissance électrique [Link] en conservant
des rendements élevés grâce au fonctionnement en surmodulation.

Nous avons étudié essentiellement le cas du couplage étoile. Mais la méthode que nous
présentons est aussi applicable au cas d’un couplage triangle. Pour la même tension de
commande V*, l’amplitude des tensions de phases sont plus importantes en couplage triangle, ce
qui permet de fournir une puissance plus importante qu’en couplage étoile. Les oscillogrammes
de la figure 4.16 permettent d’illustrer les points de fonctionnements obtenus pour le même taux
de surmodulation et la même fréquence fr en étoile et en triangle, à 2000tr/mn.

95
Fonctionnement en couplage étoile Fonctionnement en couplage triangle
Fig 4.16 Fonctionnement avec un taux de surmodulation k=1.42, et une fréquence fr=-5Hz.

4.5 Robustesse de la commande

A présent que les grandeurs de référence optimales ont été trouvées, il faut s’assurer de la
robustesse des lois de commande établies. Il faut vérifier que, malgré des variations éventuelles
sur les paramètres du système réel par rapport aux paramètres du modèle choisi pour régler la
commande, nous garantissons les performances annoncées précédemment et ceci pour les modes
démarreur et alternateur.

4.5.1 Mode moteur

Pour étudier la robustesse des lois de commande prédéterminées pour assurer le démarrage du
moteur thermique à température ambiante (25°C), on vérifie les performances de ce mode dans
le cas d’un démarrage après une utilisation suffisamment longue du véhicule pour atteindre la
stabilisation thermique du bloc-moteur.

On simule alors la température de l’ambiance égale à 100°C pour laquelle on suppose une
élévation de 20°C du moteur pendant la phase de démarrage. La température prise en compte au
niveau du stator et rotor pour simuler l’augmentation de la température correspondante pendant
la phase de démarrage, est alors de 120°C pour le stator et de 130°C pour le rotor (on considère
une différence température entre le rotor et le stator d’environ 10°C). Les valeurs de consigne de

96
tension et de la fréquence rotorique sont maintenues aux valeurs initialement calculées pour une
température de 25°C.
Avec la température croissante, les résistances augmentent, par conséquent les pertes Joule
augmentent également ce qui décroît les performances au niveau du couple utile. Les résultats
sont présentés dans le tableau 4.2 et l’espace atteignable est illustré sur la figure 4.17. On
observe une diminution des performances d’environ 15%, mais l’espace couple-vitesse obtenu
dans ce contexte reste satisfaisant par rapport au cahier des charges.

Fonctionnement à l’ambiant (25°C) . Fonctionnement à Chaud (100°C)


Température stator 45°C et rotor 45° Température stator 120°C et rotor 130°
Rs = 26 mΩ; Rs = 33mΩ
Vitesse Couple Vcc* fr Is Rend Couple Vcc* fr Is Rend.
(tr/mn) (Nm) (phase) (%) (Nm) (phase) (%)
0 155 14.7 6.62 250 0.02 112 14.7 6.62 192.5 0
100 135 17.6 6.15 220 20 101 17.6 6.15 173.7 18.8
300 100 23.7 4.65 172 47.95 76.2 23.7 4.65 141.4 44.5
600 52 .5 28 4.55 105 68 40.7 28 4.55 84.2 67.9
800 35 29.5 4.4 82.5 70 25 29.5 4.4 63.4 73.8
1000 25 30.5 4.4 70 78 19.5 30.5 4.4 55.75 77

Tab 4.2 Impact des variations de la température stator et rotor sur les performances en mode démarreur

Espace couple- vitesse accessible


en mode démarreur (simulation / CdC)
Couple (100 ° C) Couple (25° C) CdC (100 ° C)

160
140
120
Couple (Nm)

100
80
60
40
20
0
0 200 400 600 800 1000 1200
VITESSE (tr/mn)

Fig. 4.17 Espace couple vitesse accessible à 25 et 100°C


Comparaison avec l’espace préconisé dans le cahier des charges

97
4.5.2 Mode générateur

[Link] Sensibilité du rendement par rapport à la fréquence rotorique

La mesure de vitesse réalisée avec le capteur inductif monté sur l’ADI muni d’une couronne de
120 dents engendre une incertitude qui se reporte sur l’application réelle de la fréquence
rotorique dans l’autopilotage (cf paragraphe 4.3.2). Nous devons donc vérifier la robustesse des
lois de commande relative à la résolution choisie pour mesurer la vitesse.

Pour une vitesse de 2000tr/mn, avec des jeux de valeurs (V, fr) qui permettent de réaliser le
même objectif de puissance que le jeu optimal (V*,fr*), nous avons tracé figure 4.18, l’évolution
du rendement obtenu en fonction de la puissance. On peut constater que le rendement reste
sensiblement le même pour des faibles puissances. Un écart de 1 à 2% sur le rendement peut être
observé pour des puissances supérieures à 1500W dans la configuration :
fr = fr* +/- 7.5%

Compte tenu des remarques faites sur la précision du capteur de vitesse, il est donc difficile de
déterminer le jeu de paramètre optimal (V*, fr*) par la mesure expérimentale. Mais ce faisant, on
ne dégrade pas énormément les performances de la machine.

Rendement = ft [ Puissance, N=2000tr/mn]


pour Fr et V* proche des valeurs optimales

90

85

80
Rend (%)

75

70 Rend = f (P) [fr =Fr opt. +0.5 Hz]


Rend = f (P) [fr = Fr_opt]
65 Rend = f(P) [fr = Fr_opt+1Hz]

60
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 Puissance (w)

Fig. 4.18 Variation du rendement pour des variation de la fréquence rotorique fr


autour d’un jeu de valeurs optimales

98
[Link] Sensibilité par rapport aux paramètres machines

Pour étudier l’influence de la variation des températures statorique et rotorique sur les lois de
commande prédéterminées pour assurer le fonctionnement à température ambiante (25°C), on
impose comme dans le cas du mode moteur une ambiance de 100°C ce qui correspond à une
température de 200°C pour le stator et le rotor en régime permanent. L’espace puissance vitesse
correspondant est représenté figure 4.19.
Les résistances statorique et rotorique augmentent proportionnellement à l’augmentation de la
température. Ce phénomène tend à faire augmenter les pertes Joule. Dans la plage de
fonctionnement 800 à 3000tr/mn, on constate que la puissance fournie par l’alternateur est
réduite à 100°C par rapport à des fonctionnement à 25°C en raison notamment de l’augmentation
des pertes Joule. En revanche, au delà de 4000tr/mn la puissance fournie à 25°C est identique à
celle fournie à 100°C, car malgré l’élévation relative des résistances avec la température, les
chutes de tension ohmique deviennent négligeables par rapport aux tensions aux bornes des
inductances qui croient proportionnellement à la fréquence.
La perte de 400W dans la zone de fonctionnement nominal, ce qui représente 10% de la
puissance nominale, laisse envisager la nécessité d’ajuster les lois de commandes en fonction de
la température.

P u is s a n c e f(N ) e t re n d e m e n t = f (N )
a u x p o in ts d e fo n c t. À p u is s a n c e s n o m in a le s

P ( am b = 100° C ) P (a m b = 2 5 ° C ) R e n d (a m b = 1 0 0 ° C ) R e n d (a m b = 2 5 ° C )

4500 100

4000

3500
75
3000
Puissance (W)

2500
50
2000

1500
25
1000

500

0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000

N (tr /m n )

Fig. 4.19 Evolution de la puissance et du rendement en fonction de la vitesse


pour des températures à 25°C et 100°C

99
4.6 Conclusion

Les organigrammes de recherche des lois de commandes optimales pour le mode démarreur et le
mode alternateur ont été détaillés en début de chapitre.
Pour chacun des modes de fonctionnement de l’ADI, moteur et alternateur, les critères à
optimiser sont respectivement le couple et le rendement.

Pour le mode démarrage, les lois de commande que nous avons obtenues permettent d’appliquer
un couple supérieur à 140 N.m à vitesse nulle, d’imposer un couple supérieur à 100N.m à
300tr/mn et décroissant jusqu’à 900tr/mn conformément au cahier des charges. Dans ce mode de
fonctionnement, le couple de référence est tabulé en fonction de la vitesse : à chaque consigne de
couple correspondent les références de tensions statoriques à imposer ainsi que les pulsations
rotoriques.

En ce qui concerne le mode alternateur, les performances obtenues permettent de fournir une
puissance électrique supérieure à 2.5kW et d’atteindre 4.3kW à 2300 tr/mn. Dans la plage des
fortes puissances, le rendement est supérieur à 75%, en revanche celui-ci descend aux environs
de 65% dans les extrêmes de la plage de vitesse.

La dernière partie est réservée à la présentation des essais en surmodulation afin de valider les
modèles utilisés par comparaison des formes d’ondes et des performances obtenues en
simulation et au cours des différents essais. Les comparaisons effectuées permettent de valider le
modèle utilisé, malgré une erreur d’une centaine de Watts imputée aux pertes fer non prises en
compte directement dans le modèle de la machine. Les comparaisons ont également souligné la
simplicité du modèle de batterie, réduit à une f.e.m en série avec une résistance interne, au regard
des phénomènes électrochimiques réellement mis en jeu. Cette partie montre clairement l’intérêt
du fonctionnement en surmodulation pour continuer d’accroître les performances de la machine
malgré la limitation en tension de la batterie. Ce mode de fonctionnement n’a été utilisé que pour
le mode alternateur, étant donné que les performances en régime sinusoïdal ‘pur’ sont suffisantes
pour atteindre les performances requises pour le démarrage du moteur thermique.

100
Conclusion générale

Nous avons présenté dans ce mémoire une méthodologie d’optimisation des lois de
commande d’une machine asynchrone réversible, destinée à l’application d’un système
embarqué qui est l’alterno-démarreur.

Cet outil permet de rechercher l’espace de fonctionnement maximal de la machine, c’est à


dire le couple ou la puissance en fonction de la vitesse en mode moteur et générateur. Il
permet, en fonction des objectifs à atteindre dans chacun des deux modes, d’identifier le
meilleur mode de fonctionnement et de réglage des grandeurs de commande optimale
(tensions et fréquence de glissement) en régime stationnaire. Ainsi, le mode d’alimentation
sinusoïdal est privilégié, mais le fonctionnement en surmodulation est aussi envisagé à forte
vitesse, pour imposer le flux optimal lorsque la limitation en tension du réseau de bord est
atteinte.

Nous avons défini dans le premier chapitre le modèle à quatre paramètres à partir duquel nous
avons mis en œuvre cette méthodologie. Les différentes stratégies de pilotage ont été
évoquées ainsi que la méthodologie d’optimisation dans le second chapitre. Le troisième
chapitre a été consacré à la validation du modèle à quatre paramètres en présence de la
saturation magnétique, et a présenté les résultats et la méthode d’identification hors ligne des
paramètres. Le dernier chapitre a exposé la méthodologie complète en tenant compte de la
saturation magnétique et de la limitation en tension de la batterie. La fin de ce chapitre a été
consacrée à la robustesse de la commande par rapport aux variations thermiques de la
machine et par rapport à la fréquence rotorique imposée, dont la précision est assujettie à la
mesure de vitesse.

Cette étude a contribué à la mise en œuvre d’un démonstrateur en partenariat avec RENAULT
et VALEO sur l’intégration d’un ADI asynchrone sur une TWINGO. Celui-ci a été le premier

101
démonstrateur sur véhicule et a permis de montrer la capacité du système à répondre au cahier
des charges.

Les apports de la thèse

La surmodulation a permis d’imposer des tensions statoriques de référence au delà de la


tension d’alimentation fixée à 42 Volts en mode générateur. Ce fonctionnement au delà de la
limitation de tension provoque un écrêtage des tensions aux bornes des enroulements de la
machine. Cela engendre des harmoniques de tensions eux mêmes à l’origine d’harmoniques
de courant. Cependant, les harmoniques de courants restent très limités en amplitude. Ce
mode de fonctionnement permet donc d’augmenter les fondamentaux en s’affranchissant des
effets harmoniques. On augmente ainsi la puissance développée tout en limitant les pertes par
effet Joule ce qui garantit la conservation, voire l’augmentation du rendement.

La méthode d’identification hors ligne présentée dans le manuscrit permet d’offrir un outil
simple à mettre en œuvre par les ingénieurs de VALEO sans nécessairement avoir des
compétences pointues dans le domaine de l’identification. Cette phase d’identification était
indispensable, d’une part, afin de valider les valeurs théoriques et vérifier que la réalisation
pratique du prototype n’a pas altéré le dimensionnement optimal de la conception et, d’autre
part, pour déterminer les limites de l’espace de travail possible de la machine. Cette
délimitation permet de cadrer les plages de variation des tensions statoriques et des pulsations
rotoriques qu’il est possible d’imposer à la machine sans risquer de la détruire.

La présentation de l’étude des sensibilités sur les paramètres permet l’interprétation à


posteriori des résultats d’identification. Les sensibilités peuvent également être utilisées à
priori pour déterminer les plages de fonctionnement les plus significatives pour
l’identification des différents paramètres ; dans les deux cas les paramètres théoriques sont
nécessaires pour cadrer les plages maximales des essais.

Bien que pratique à mettre en œuvre, la méthode d’identification hors ligne ne permet pas de
prendre en compte les bruits sur les différentes mesures. La robustesse de la méthode par
rapport à ces bruits vient de la redondance des comparaisons entre les estimations du modèle
et les mesures sur banc.

102
Les perspectives

Les perspectives d’amélioration de ce travail sont doubles : ils concernent l’identification de


la machine et, sa commande.

En ce qui concerne l’identification de la machine, bien que la méthode proposée dans cette
thèse semble donner des résultats tout à fait satisfaisants, elle n’est pas adaptée pour une
utilisation temps réel en vue d’ajuster les lois de commande en fonction des variations
paramétriques éventuelles. En effet, cette méthode nécessite, d’une part, plusieurs itérations
par point de fonctionnement et, d’autre part, la mesure du couple.

La mise en œuvre d’une solution de type observateur est mieux adaptée à l’identification en
temps réel. Cependant les études menées dans le cadre d’un programme de recherches
partagées entre le laboratoire d’électromécanique de Compiègne (LEC) et VALEO Systèmes
Electriques, sur la surveillance thermique par filtrage de Kalman, ont montré la difficulté de
garantir la précision des estimations sur toute la plage de fonctionnement de l’ADI. En effet,
les sensibilités des paramètres ne sont pas constantes sur l’espace de fonctionnement, on ne
peut donc pas estimer correctement tous les paramètres pour un même point de
fonctionnement. De plus, la faible résolution du capteur de vitesse engendre des erreurs sur le
glissement, qui se reportent sur la valeur de la résistance rotorique et par conséquent sur les
autres paramètres.

Il semble cependant possible d’envisager une identification partielle en ligne des paramètres
en utilisant les modèles des paramètres inductifs trouvés hors ligne, à partir desquels on
ajusterait uniquement les résistances stator et rotor qui varient en fonction de la température.

La seconde perspective concerne la mise en œuvre d’une commande vectorielle de la machine


afin de mieux prendre en compte les régimes transitoires imposés à celle-ci. Si cette
commande n’est pas à priori indispensable pour les fonctions démarreur et alternateur, elle le
sera pour l’ajout de fonctions d’assistance au moteur thermique. Rappelons que la stratégie
de commande scalaire avait été choisie pour des raisons de faible coût de mise en œuvre ; la
commande vectorielle nécessitera l’implantation de capteurs de courant et un processeur de
calcul suffisamment puissant, tout comme pour l’identification en ligne d’ailleurs. C’est
pourquoi la multiplication des fonctions de l’ADI devra justifier la sophistication de sa
commande.

103
Vers le ‘Mild Hybride’

La machine électrique étudiée dans cette thèse a été conçue pour réaliser deux fonctions, le
démarrage du moteur thermique et la génération de l’énergie électrique à bord du véhicule. Le
surcoût de mise en œuvre pour les fonctions de démarreur et d’alternateur seules ne justifie
pas encore le gain de performances par rapport aux alternateurs à griffes classiques.

En revanche, d’autres prototypes de dimensions plus importantes ont vu le jour


consécutivement à l’expérience acquise sur la première version d’ADI. La multiplication des
fonctions réalisées, telles que le mode ‘stop and go’ ou l’assistance du moteur thermique en
vue d’améliorer son rendement, laisse envisager une plus value non négligeable qui justifiera
le prix de l’ADI. Si l’octroi de ces fonctions à l’ADI va faire évoluer le véhicule
complètement thermique vers un véhicule hybride électrique ‘doux’, appelé ‘Mild Hybride’,
cette métamorphose ne se fera qu’à deux conditions : la première concerne la gestion
autonome de l’énergie électrique qui passe irrémédiablement par une modélisation fine de la
batterie, la seconde implique une élévation de la tension du réseau de bord. L’ADI ne verra
vraisemblablement le jour qu’avec le passage en 42 volts du réseau de bord des véhicules de
tourisme.

104
ANNEXE A
Conversion électro- mécanique

Lorsqu’un conducteur, dans lequel circule un courant i, est plongé dans un champ d’induction
magnétique B, il s’exerce alors une force sur ce conducteur, telle que pour de petits éléments
de conducteur de longueur dl, cette force est définie par l’expression de LAPLACE :
df = i ∧ dB dl
& & &

Dans une machine électrique le calcul du couple généré devrait s’effectuer par la sommation
de tout ces éléments de force df sur tous les conducteurs. En raison de la complexité
géométrique de la machine, on préfère une approche énergétique, celle des travaux virtuels.

A.1 Méthode des travaux virtuels

L’idée consiste à évaluer les variations d’énergie amenées, stockées ou transformées, puis
d’établir un bilan de puissance. L’énergie électrique amenée au système est en partie stockée
dans le système et l’autre partie est transformée en énergie mécanique.
dWe = dWS + dWm
dWe = énergie électrique appliquée au système pendant un temps dt
dWS = énergie électrique stockée dans le système pendant un temps dt
dWm = énergie mécanique engendrée pendant un temps dt
On désigne les énergies électrique et mécanique telles que :
We = Energie fournie – pertes énergie électrique
Wm = Energie mécanique utile en sortie de la machine + pertes mécanique + accroissement
énergie mécanique stockée

Considérons un système à double excitation :


On part d’un bilan énergétique
dWe = dWS + dWm
avec
dφ 1 dφ 2
dWe = e1i1dt + e2i 2dt = i1dt + i 2dt = i1dφ1 + i 2dφ 2
dt dt

Pour calculer l’énergie emmagasinée, on suppose la partie mobile immobilisée (dθ=0)


dWs = i1dφ1 + i 2dφ 2
La coénergie étant définie par
W ′s + Ws = i1φ1 + i 2φ 2
on en déduit
dW ′s = d (i1φ1 + i 2φ 2) − dWs = i1dφ1 + φ1di1 + i 2dφ 2 + φ 2di 2 − i1dφ1 − i 2dφ 2
= φ1di1 + φ 2di 2
Si il y a rotation
dWm = Cdθ
donc
dWe = dWS + dWm = i1dφ1 + i 2dφ 2
dWS = i1dφ1 + i 2dφ 2 − Cdθ
et la variation de la coénergie devient
dW ′S = d (i1φ1 + i 2φ 2) − dWS = φ1di1 + φ 2di 2 + Cdθ
D’autres part dWs’ étant une fonction de i1, i2 et θ
∂W ′s ∂W ′s ∂W ′s
dW ′S = di1 + di 2 + dθ
di1 di 2 dθ
Par comparaison on en déduit que le couple provient de la variation par rapport à la position
de la coénergie :
∂W ′s
C=

A.2 Expression du couple en fonction des inductances
φ1 = L1I1 + MI 2
φ 2 = MI1 + L 2 I 2
La variation de coénergie en l’absence de rotation est égale à φ1dI1 + φ 2dI 2 s’écrit
dW ′s = (L1I1 + MI 2 )dI1 + (L 2 I 2 + MI1)dI 2
1 1 
= d  L1I12 + MI1I 2 + L 2 I 22 
2 2 
On peut donc écrire la coénergie sous forme matricielle

[I1 I 2]
L1 M   I1  1 T
   = [I ] [L ][I ]
1
Ws′ =
2  M L 2   I 2 2
L’expression du couple pour un système en rotation s’exprime :
∂W ′ 1 T  d 
C= = [I ]  [L ][I ]
∂θ 2  dθ 
ANNEXE B
Détails des calculs des transformations dans un repère diphasé

B.1 Relations entre les vecteurs et les matrices


 ir1 
 us1   i s1  i   Φ s1 
[us ] = us 2  [is ] = is 2  [ir ] =   [Φ s ] = Φ s 2 
r 2

.
us 3  is 3    Φ s3 
i rqr 

U ss = u sα + ju sβ =
2
[1 a a²][. us ]
3
[ ]

I ss = isα + [Link]β = 1 a a 2 [is ]
2
3
[ ]

Φ ss = 1 a a 2 [Φ s ]
2
3
→ qr ( k −1) 2.π
j

2
I =
r
r (Ike qr
)
qr k =1

2  
→ 2π ( q r −1) 2π

.[I r ]
j j
I = .1 e q r
r
r ... e qr

qr  
2.π
j.
avec a = e 3

B.2 Vecteur tension statorique


[us ] = [Rs][is ] + d [Φs]
dt
d [Φs ]
2
3
[ 2
3
] 2
3
[
1 a a 2 [us ] = 1 a a 2 [Rs ][is ] + 1 a a 2
dt
] [ ]


d Φ ss

U = Rs I ss +
s
s
dt
B.3 Vecteur tension rotorique
[vr ] = Rr [ir ] + d [Φ r ]
dt

  2  d [Φ r ]
2π ( q r −1) 2π 2π ( q r −1) 2π →
d Φ rr
[vr ] = 1 e q r  Rr [ir ] +
j j j j
2
1 e q r  = Rr . I r +
qr qr r
... e ... e
qr   qr   dt  dt


d Φ rr →
V =R I +
r
r
r r
r

dt
B.4 Vecteur flux statorique
[Φ s ] = [Lss ][. is ] + [M rs ][. ir ]

Φ ss = .[1 a a ² ].([Lss ][
. is ] + [M rs ][
. ir ])
2
3

¾ Calcul de .[1 a a ² ][
. Lss ][
. is ]
2
3
 1 0 0 1 1 1 
  
.[1 a a ² ][
. Lss ][
. i s ] = [1 a a ² ]. ( Lss − M ss ).0 1 0 + M ss .1 1 1 .i s 
 
2 2
3 3  0 0 1  1 1 1   

1 0 0 →
2
[1 a a ²].( Lss − M ss ).0 1 0[is ] = ( Lss − M ss ). I ss
3
0 0 1
1 1 1
2
[1 a a ²]M ss .1 1 1.[is ] = 0
3
1 1 1

¾ Calcul de .[1 a a ² ].([M sr ][


. ir ])
2
3
 2π q −1 
 cos( p.θ ) cos( p.θ + ) ..... cos( p.θ + r .2π ) 
 qr qr 
   2π 2π 2π 
 M sr  = M sr .cos( p.θ − ) cos( p.θ − + ) .....

  
3 3 qr

cos( p.θ + 2π ) 2π q r − 1
..... cos( p.θ + + .2π )
 3 3 qr 
 2.π q −1 
j j r .2π
 1 e qr
... e qr 
 2π 2π 2π 
  1 j (− + )
 j (− ) 
 M sr  = M sr .e  + ....
jp.θ 3 3 qr
 e e ...
  2  j ( + 2π ) −
j ( + + r .2π ) 
2 π q 1
e 3 ... e 3 qr 
 
 
 2 .π q − 1 
−j − j r .2π
 1 e qr
... e qr 
 2π 2 π 2π 
− j(− + )
− jp.θ  
1 − j(− )
+ M sr .e  e 3 e 3 q r ... 
2  − j ( 2π ) 2π q −1
− j ( + r .2π ) 
e 3 ... e 3 qr 
 
 
 1   1 
  + j 2π  
  2π

 e qr  
−j
 e r 
q
 
 + . Ir  :
*
[ir ] = I r  . :  2 
2
 : 
  : ( qr −1) 2π   + j ( qr −1) 2π  
  e− j qr  e  
   qr
  
  qr j (i −1q).2π   qr − j (i −1q).2π  
  ∑e r
  ∑e r

  i =1   i =1 
  −j  ( i −1).2π 
J  +j 
2π ( i −1).2π 2π
q * q −j
.[M sr ][ir ] = .
M sr  jpθ J r

j
.e 3 ∑ e qr  + e − jpθ . r .e 3 ∑ e
r r
qr
. e .
2  2  = 1  2  =1 
  − j 2π qr − j q  
i i
 + j 2π qr j q  ( i −1). 2π ( i −1). 2π
 

e 3
∑ e r
 e 3 ∑ e r

  i =1   i =1  
  1   1 
  3  − jpθ *  + j 23π  

.[M sr ][
. ir ] = .
M sr q r  jpθ −
 + e J r e 2π  
j
. e .J r .e
2 2 2π
 +j 3   − j 3  

 e  e 
d’où
  1   1 
M sr q r  jp.θ  − j 3  − jp.θ *  + j 3  
2π 2π

.[1 a a ²][
. M sr ][
. j r ] = .[1 a a ² ].
2 2
. . e .J r  e  + e J r 
. e 
3 3 2 2    
2π 
3 

+j −j

e  e 
3

 1 
→  − j 2π  M q → →
. J r .[1 a a ² ].e 3  = sr . r .e jp.θ . J r .3 = M sr . r .e jp.θ . J r
2 M sr q r jp.θ q
. . .e
3 2 2  + j 2π  3 2 2
e 3 
 
 1 
M sr q r − jp.θ →*  + j 3 

.[1 a a ² ].
2
. .e . J r .e =0
3 2 2  − j 2π 
e 3 
 
D’où
→ → →
qr
Φ ss = ( Lss. − M ss ) I ss + M sr . J rr e jp.θ
2
B.5 Vecteur flux rotorique
[Φ r ] = [Lrr ][. ir ] + [M rs ][. is ]
2   2  
→ 2π ( q r −1) 2π 2π ( q r −1) 2π

.[Φ r ] = .1 e r([Lrr ][


. ir ] + [M rs ][
. is ])
j j j j
Φ = .1 e q r
r
r .... e qr q
.... e qr

qr   q r  

 2π 2π 
 cos( p.θ ) cos( p.θ − ) cos( p.θ + ) 
3 3
 2π 2π 2π 
 cos( p.θ + ) cos( p.θ + − ) : 
   qr qr 3 
 M sr  = M sr . : : 
   
 : : 
cos( p.θ (q r − 1)2π ) qr − 1 2π 
 + ..... cos( p.θ + .2π + )
 qr qr 3 

2  
2π ( q r −1) 2π →
.[Lrr ][ir ]. = ( Lrr − M rr ). I rr
j j
avec .1 e q r .... e qr

qr  
.e jx + e − jx
en utilisant le développement cos( x) = , on obtient :
2

 2π ( qr −1) 2π  →
. M .i  = 0 + 3 .M .e − jpθ . I s
j j
2 
. 1 e qr qr
  rs   s 
.... e
qr 
rs s
2
 
→ → →
3
Φ rr = ( Lrr − M rr ) .I rr + .M rs . I ss .e − jpθ
2

B.6 Expression du couple électromagnétique



Cem = [is ] .
[M sr ][. ir ]
T

∂θ
  1   1 
∂ M sr qr  →
  →*
 + j 2π  

[M sr ][. ir ] = . . jpθ .e jpθ . I rr .e 23π  − jpθ .e − jpθ . I rr .e 23π  
−j

∂θ 2 2  +j 3   − j 3  

  e  e 
 1   1 
T   3 s T  +j 3 
2π → 2π →
[is ] .e 2π  = I s * et + [is ] .e 2π  = 3 I ss
− j
3

 +j 3  2  −j 3  2
 e  e 
M q  3 → →* 
*
3 → →
Cem = . sr . r  jp.e jpθ . .I ss .I rr . − jp.e − jpθ . .I ss . I rr .
2 2  2 2 

  
*

3 qr  →s  →r jpθ  
Cem = p. M sr . . Im ag .I s . I r .e  
  
2 2
 
ANNEXE C

Fonctionnement de la machine en régime harmonique

C.1 Calcul des harmoniques de courant

Lorsque la machine est alimentée par un système de trois tensions sinusoïdales (Va, Vb et
Vc) de pulsation ωs, induit trois courants (Ia, Ib et Ic) périodiques, de période T= 2π/ωs, et
d’un déphasage β, lesquels sont définis par :

Ia(t ) = Is .Cos (ωs.t + β )

∧   2.π  
Ib(t ) = Is .Cos ωs t −  + β 
  ωs  
∧   4.π  
Ic(t ) = Is .Cos ωs t −  + β 
  ωs  
Si la machine est alimentée par un système de tensions triphasées non sinusoïdales pures, et
comme on peut considérer la machine linéaire, on peut écrire par superposition, que le courant
statorique est composé de la somme de tous les harmoniques tel que :

( )
Is = ∑ Is p = ∑ I s p .e
+ j p .ωs .t + β p

p p

Le courant magnétisant s’exprime de la même façon :

Is p + j ( p .ωs .t + γ p )
Im r = ∑ = ∑ I mr p .e
p 1 + j.ωr p Tr p

C.2 Calcul du couple électromagnétique

On en déduit l’expression du couple électromagnétique


3 Lm 2  
Cem = . p. . Im ag  Is. Im r *
2 Lr '  

3 Lm 2  ∧ ∧

Cem = . p. . Im ag ∑ Is p .e j (k .ωs .t + β k ) .∑ Im r.e − j (n.ωs.t +γ n ) 
2 Lr ' k n 
qu’on décompose en deux parties :

3 Lm 2   ∧ ∧
  ∧ ∧

Cem = . p. .Im ag ∑ Is k . Im rk .e j (β k −γ k )  + Im ag ∑ .∑ Is p . Im rn .e j (k .ωs − n.ωs )t .e j (β k −γ n )  
2 Lr '  k   k n≠k 

Le couple électromécanique est composé d’une composante stationnaire Cs indépendante du


temps, et d’une composante pulsante Cp dépendante du temps.
Cem = Cs + Cp (t )

3 Lm 2 ∧ ∧
Cs = . p. .∑ Is k . Im rk .Sin( β k − γ k )
2 Lr ' k
et
3 Lm 2  ∧ ∧

Cp = . p. .∑ .∑ Is p . Im [Link][(k .ωs − n.ωs )t + (β k − γ n )]
2 Lr '  k n≠k 

La composante stationnaire du couple est produite par l’interaction des champs harmoniques
de même rang au stator et au rotor.
La composante pulsante du couple sont produites par les interactions entre des ondes de
champ magnétique statorique et rotorique de rangs différents. Cette dernière composante a
une valeur moyenne nul.

C.3 Calcul des pertes Joule

Les pertes Joule au stator :


3 ∧
Pjs = .Rs.∑ Is k
2

2 k

Les pertes Joule au rotor :


3 ∧
Pjr = .Rr.∑ Ir k
2

2 k

avec
Lm
Ir = (Imr − Is).
Lr '

3 ∧ (ωrk .Tr )  Lm  3 2

2
ω[Link] Lm
2

Pjr = .Rr.∑ Is k . 2   = ∑ Is k .
2 2
. . .ωr
1 + (ωrk .Tr )  Lr '  1 + (ωrk .Tr ) Lr '
2
2 k 2 k
Le rendement de la machine en générateur :
Pelec Cem..Ω − (Pjs + Pjr )
η= =
Pmec Cem.Ω

C.4 Calcul des pertes liées à l’onduleur

La puissance électrique issue de la machine transite via l’onduleur pour recharger la batterie
du coté continu. Afin de déterminer le rendement global du système ADI, il est impératif de
prendre en compte le rendement de l’onduleur, c’est à dire qu’il faut évaluer ses pertes.
Celles-ci ont deux origines, la conduction et la commutation.

C.4.1 Pertes en conduction

Avec la MLI employée, la durée de conduction des transistors d’un bras de pont peut-être
définie en considérant la consigne de commande
.Ubat. Ubat
V * = k. sin(ωs.t ) +
2 2
en considérant la période du signal de découpage triangulaire Td=1/20Khz très petit par
rapport à la période du signal, et de valeur crête Ubat.
alors on désigne par τ 0 ≤ τ ≤ 1 la durée de conduction d’un transistor supérieur tel que

.(1 − k . sin(ωs.t ) )
Td
τ=
2
et 0 ≤ 1 − τ ≤ 1 pour le transistor inférieur tel que

.(1 + k . sin(ωs.t ) )
Td
1−τ =
2
On définit par Psh les pertes en conduction du transistor supérieur :
Ts
1 τ (t ) 2
Psh = .∫ Rds . .is (t )dt
Ts 0 Td
2.π 2
∧ 
. ∫ R ds . (1 − k .Sin(θ ) ). Is .Sin(θ − ϕ )  dθ
1 1
Psh =
2π 0 2  
avec
Ts :la période électrique
Rds : la résistance de 1.5mΩ du transistor à l’état passant
ϕ : le déphasage entre la tension et le courant d’une phase
De même pour le transistor inférieur qui conduit pendant la durée complémentaire du
transistor supérieur, les pertes en conduction s’écrivent

1
Ts
1 − τ (t ) 2
Psb = . ∫ Rds . .is (t )dt
Ts 0 Td
2.π 2
∧ 
. ∫ R ds . (1 + k .Sin(θ ) ). Is .Sin(θ − ϕ )  dθ
1 1
Psb =
2π 0 2  
Les pertes d’un bras de pont complet sont alors égales à
2.π 2
1 ∧ 
Ps = Psh + Psb = . ∫ R ds . Is .Sin(θ − ϕ )  dθ
2π 0  
d’où
R ds Îs ² 2.π 1 − Cos (2(θ − ϕ ))
2π ∫0
Ps = . dθ
2
2
 ∧ 
Ps = Rds .
Is 
 2 
 
Les pertes totales des 3 bras de pont
3
Pspont = [Link] = .Rds .Îs ²
2

C.4.2 Pertes en commutation

Les transistors de l’onduleur fonctionnent en commutation ‘dure’, la durée de commutation tc


est de 75ns. On supposera que l’évolution du courant et de la tension aux bornes d’un
transistor est linéaires pendant la commutation. Pour simplifier les calculs ont suppose que la
tension passe d’une tension Ubat à une tension nulle pendant que le courant passe d’un

Iˆs
courant nul à un courant efficace .
2
Sachant qu’il y a deux commutations dans une période de découpage Td, on appliquera la
formule suivante pour calculer les pertes en commutation pour un transistor.
 ∧ 
 t  Is t  2
Pd = Ubat − Ubat 
 Tc  . 2 Tc  Td
 
soit après développement
 ∧ 
 Is  Tc 1
Pd = Ubat  .
 . 2  4 Td
 
et donc pour l’onduleur complet
 ∧ 
 Is  Tc
Pd = [Link] 
 . 2  Td
 

C.4.3 Pertes globales

Les pertes totales de l’onduleur sont donc composées des pertes en conduction et des pertes en
commutation :
2
 ∧   ∧ 
 Is   Is  Tc
Ponduleur = Ps + Pd = 3.R ds . + 2 .Ubat . 2 . Td
 2 
   

Le rendement global de la machine couplée à l’onduleur est calculé de la façon suivante :


Pelec Cem.Ω − (Pjs + Pjr + Ponduleur )
η= =
Pmec Cem.Ω
ANNEXE D
Modèle de batterie utilisé pour les simulations

D.1 Batterie

La batterie est la source d’alimentation de l’ADI, elle est modélisée par une force
électromotrice Ebat en série avec une résistance interne Rbat . Leurs valeurs sont définies en
fonction du mode de fonctionnement :

D.1.1 Fonctionnement en moteur :


Nous utilisons le modèle de décharge : Ebat = 36V et Rbat = 40 mΩ

La tension en charge :
Ubat = Ebat − Rbat .Ibat

La puissance fournie par la batterie:


P = [Link] = (Ebat − [Link] ).Ibat

Puissance (W)
9000

8000

7000

6000

5000

4000

3000

2000

1000

0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Courant (A)

Fig D.1 Puissance fournie par la batterie en fonction du courant débité


Pour une puissance donnée, correspondent deux courants débités possibles (Fig. D.1) :

Ebat ± Ebat ² − 4 * Rbat.P


Ibat =
[Link]
pour lesquels, correspondent deux tensions batterie
2
Ebat  Ebat 
Ubat = ±   − Rbat.P
2  2 

D.1.1 Fonctionnement en générateur :

On utilise le modèle de recharge : Ebat = 42V et Rbat = 0.

La tension de recharge de la batterie est supposée constante telle que :


Ubat = Ebat

La puissance absorbée par la batterie est alors :


P = Ebat .Ibat

D.2 Câblage entre la batterie et l’onduleur

Dans l’application, la batterie sera située dans le coffre arrière. Elle est connectée à l’onduleur
par deux câbles de puissance de section 50mm² et d’une longueur de 5m.

On modélise le câblage par une résistance Rl= 3.2mΩ (conductivité ρ =1.6710-5 Ω/m²) et
Ll= 10µH. Seule la résistance sera prise en compte pour déterminer les pertes en ligne.
ANNEXE E
Injection de l’harmonique h3

E.1 But

L'injection de l'harmonique h3 permet de repousser les limites d’écrêtage des tensions simples
dans un système triphasé. L'injection est réalisée par la consigne V* :

V * = Vo sin(θ ) + h3 sin (3θ )

En choisissant h3 pour que V* présente un méplat, c'est à dire avoir une dérivée seconde nulle
d 2V *
de la consigne de tension =0 à θ = π/2.
dθ 2

V0
Le résultat de ce calcul impose h3 = .
9

2V 0
L’écrêtage de la tension simple se produit pour k > 1.125, avec k = , avec k : indice de
Ubat

surmodulation et Ubat la tension d’écrêtage.

E.1.1 Série de Fourier de la tension écrêtée VaM(t)

A partir d’une tension de consigne V*


Ubat k Ubat Ubat
V* = k sin(θ ) + sin(3θ ) + :
2 9 2 2

la tension VaM au point milieu d'un bras de pont se décompose en série de Fourier de la façon
suivante :
Ubat k
VaM (t ) = + ∑ bn .Sin[n.ωs.t ]
2 n =1

π /2
4
avec bn = . ∫ VaM (θ ).Sin(n.θ ).dθ
π 0

En définissant l’angle α tel que :

= sin (α ) + . sin(3α )
Ubat 1
Vo 9
pour n= 1

k .Vo  4 Sin(2.α ) 1 Sin(4.α ) 


b1 = .α + + 
.π  3 2 3 4 
pour n= 2.p +1 avec p = 1,2,3 ……k

k .Ubat  Sin[(n − 1).α ] Sin[(n + 1).α ] 1 Sin[(n − 3).α ] 1 Sin[(n + 3).α ]


bn = . + + . + .
n.π  n −1 n +1 3 n−3 3 n+3 

E.1.2 Evolution des harmoniques VaM :

sin (3θ ) +
Ubat k Ubat Ubat
Pour une consigne V* définie par : V* = k sin(θ ) +
2 9 2 2
avec k variant de 0 à 2.5

Evolution des harmoniques VaM


3
0
h1
2.5
Ubat/2
2
0 consigne V*:
- sans injection h3
1.5 + avec injection h3

1
0

0.5
h5

0
h7
(k)
-
50 0.5 1
k= 1,125
1.5 2 2.5

on peut observer qu’il y linéarité entre VaM et V* tant que k ≤ 1,125, au delà de cette valeur,
on a l’écrêtage de la tension simple.
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