Commande optimale des alterno-démarreurs
Commande optimale des alterno-démarreurs
DE L’ALTERNO- DEMARREUR
AVEC PRISE EN COMPTE
DE LA SATURATION MAGNETIQUE
J’adresse mes vifs remerciements à Monsieur Jean Paul Vilain, professeur à l’UTC de
Compiègne, d’avoir dirigé la première partie du travail. Son esprit critique, ses remarques
pertinentes et ses conseils ont été très utiles pour mener à terme ce travail. Je le remercie
également d’avoir fait l’honneur d’être président de mon jury.
Je désire aussi remercier vivement Luc Loron, Professeur des universités, qui a accepté
d’être rapporteur et a bien voulu s’intéresser à cette étude.
Je remercie également les membres de l’équipe du LEC qui m’ont toujours accueilli
comme un membre de leur équipe et qui m’ont appréhendé les méthodes de travail
complémentaires à celles du milieu industriel.
J’adresse mes remerciements aussi à mes collègues de Valeo pour l’aide précieuse qu’ils
m’ont apportée tant pour la mise en œuvre matérielle et l’expérimentation, qu'à la
recommandation et à la rédaction du rapport.
Enfin, je ne pourrais terminer ces remerciements sans remercier Catherine, mon épouse,
pour son soutien permanent et pour sa patience durant la préparation de cette thèse.
Introduction générale
Le contexte 1
Les alterno-démarreurs 2
Objectifs du travail proposé 5
Chapitre 1
Modélisation de la machine asynchrone non saturée
Chapitre 2
Elaboration des lois de commande optimales pour une
machine non saturée
Chapitre 3
Saturation de la machine
Chapitre 4
Elaboration des lois de commande pour une machine
saturée
Conclusion générale
Bibliographie
Annexes
Conversion électromécanique ANNEXE A
Transformations dans un repère diphasé ANNEXE B
Fonctionnement en régime harmonique ANNEXE C
Modèle de batterie utilisé en simulation ANNEXE D
Injection de l'harmonique 3 ANNEXE E
Notations
Isd , Isq composante directe et quadrature du courant Is dans le repère du champ tournant
X* grandeur de consigne
X grandeur complexe
X* grandeur complexe conjuguée
X* vecteur complexe conjugué
ℜe ( X ) partie réelle de la variable X
Le contexte
Les influences multiples de notre mode de vie sur l’environnement sont maintenant clairement
établies. Parmi celles-ci, nous pouvons citer les émanations de gaz toxiques rejetés par les
moyens de transport routier, qui participent au réchauffement de la planète et qui sont en outre
à l’origine d’autres problèmes de santé publique. L’ampleur des effets mentionnés a
naturellement placé l’environnement au centre des préoccupations contemporaines. Les
alternatives envisagées par le biais du développement des transports en commun ont vite
trouvé leurs limitations, tant par des infrastructures saturées ou trop coûteuses à mettre en
œuvre, que par le manque de liberté propre à l’utilisation du véhicule individuel. Conscients
de leurs responsabilités, les constructeurs automobiles et les équipementiers se sont donc
penchés sur les manières de rendre leurs véhicules ‘propres’. La solution du véhicule
électrique envisagée à la fin des années quatre-vingt n’a pas su rencontrer l’engouement des
automobilistes en raison des surcoûts à l’achat, des recharges contraignantes et des
performances peu attrayantes. Néanmoins les avantages écologiques de ce genre de véhicule
ont suscité l’intérêt populaire. L’idée est apparue de combiner les avantages de la motorisation
thermique et ceux de la motorisation électrique au sein d’un même véhicule : le concept de
l’hybridation était né. L’architecture hybride parallèle a très vite été retenue comme la
configuration optimale. Elle est composée d’une machine électrique couplée à une
motorisation thermique. Cette architecture permet le fonctionnement de l’un ou de l’autre des
moteurs ou des deux en même temps. L’objectif est alors la réduction de la consommation de
carburant en maximisant l’utilisation de l’énergie électrique embarquée afin de compenser le
rendement de la motorisation thermique et ce sous la contrainte d’une gestion automatique de
l’énergie électrique embarquée : la machine électrique est utilisée à la fois comme moteur et
1
alternateur. Parallèlement à cette alternative, d’autres technologies ont été développées
permettant la diminution des consommations. Citons à cet égard le développement des
soupapes électromagnétiques. Toutefois cette technologie ne pourra être réellement mise en
œuvre que si la production électrique embarquée le permet ; le fonctionnement de soupapes
électromagnétiques nécessite à lui seul 2 kW pour un moteur quatre cylindres. Les alternateurs
actuellement mis sur le marché plafonnent leurs productions à 3 kW.
Les alterno-démarreurs
Des fonctions supplémentaires ont été évaluées en complément des fonctions élémentaires de
l’alterno-démarreur :
• l'assistance ou mode ‘boost’ permet d’utiliser la machine électrique en mode moteur lors
d’accélération afin d’assister le moteur thermique et d’en améliorer le rendement ou la
puissance.
2
Les caractéristiques des différents organes (tension, puissance nominale et crête, rendements)
et les architectures retenues (transmission mécanique et type de machine électrique) qui
réalisent ces fonctions, sont très variées et s’adressent à différents segments du marché
automobile. [PLASSE ][CHEN][TERATANI].
En vue d’optimiser la réduction des coûts, l’emplacement de cette machine a été repensé. La
mise en place de l’alterno-démarreur en prise directe sur l’arbre moteur thermique (Fig. 1),
permet la suppression de poulies de démultiplication et des courroies associées (Fig. 2) ce qui
offre l'intérêt de pouvoir transmettre des puissances plus importantes : c’est le concept
d’alterno-démarreur intégré (ADI).
Boîte de vitesses
Embrayage
ADI
Moteur thermique
3
Stator
Couronne dentée
(pour capteur vitesse)
Embrayage
Rotor
Cette configuration, par sa structure, est comparable à celle d’une architecture hybride
parallèle. Elle offre donc l’intérêt de pouvoir augmenter le nombre de fonctions réalisées par
la machine électrique, notamment par les modes d’assistance ou de ‘Boost’.
Parmi les différents types de machines identifiées pour satisfaire ces fonctions combinées, la
machine asynchrone, par ses qualités intrinsèques de faible coût et de robustesse, est bien
adaptée à l’application. De plus, le fonctionnement en générateur qui requiert un système
d’alimentation pour ‘amorcer’ la machine asynchrone est parfaitement compatible avec
l’usage de batteries et du réseau de charge à bord d’un véhicule automobile.
4
Objectifs du travail proposé
Selon la structure de pilotage et les réglages adoptés pour les grandeurs de commande, les
performances de la machine pourront être très variables. Par ailleurs, les deux fonctions
principales de l’ADI sont extrêmement différentes, car la machine doit développer un fort
couple au démarrage pour entraîner le moteur thermique jusqu’au régime de ralenti et fournir
une puissance électrique sur une large plage de vitesse en mode alternateur. Si le flux doit être
maximal dans le premier mode, il doit être variable dans le deuxième pour assurer un
fonctionnement optimal.
L’objectif premier de notre étude concerne donc la mise en place d’une méthodologie
d’optimisation de la commande, tant du point de vue de sa structure, que des lois proprement
dites. Les contraintes thermique, électrique et magnétique doivent être prises en compte afin
de garantir la robustesse de la commande sur tout l’espace de fonctionnement.
Afin de garantir une commande optimale, un modèle le plus réaliste possible s’impose. Il doit
tenir compte des paramètres de la machine, de leurs dérives thermiques et magnétiques, mais
également des pertes dans le convertisseur de puissance ainsi que du comportement de
l’alimentation, en l’occurrence la batterie.
Le second aspect important de cette étude repose donc sur l’identification des paramètres de
la machine et de leur évolution en fonction de la saturation magnétique.
• Le premier chapitre permet de poser les équations et variables de la machine, qui seront
utilisées dans la thèse. Il introduit le modèle à quatre paramètres utilisé pour l’optimisation
5
des lois de commande. Il présente également les diagrammes vectoriels des
fonctionnements en mode moteur et mode générateur.
• Le second chapitre définit le cahier des charges imposé et les performances recherchées
par l’application. Il explique comment le choix de la structure de commande a été effectué.
Il expose la méthodologie de recherche des lois de commande optimales dans le cadre
d’un fonctionnement en régime non saturé. L’augmentation des performances par un
fonctionnement en régime non sinusoïdal constitue le point fort de ce chapitre.
• Le troisième chapitre valide, pour les régimes saturés, le modèle utilisé dans la recherche
des lois de commande optimales. Une méthode d’identification hors ligne tenant compte
des aspects thermiques et magnétiques y est présentée.
Tous les résultats obtenus dans ce manuscrit sont issus des essais effectués sur le prototype
asynchrone dénommé ‘M1B’. Il s’agit du premier alterno-démarreur asynchrone dimensionné
par J.M BIEDINGER, Professeur à l’UTC, pour laquelle on dispose des données théoriques
du schéma équivalent. Cette machine a été développée en collaboration avec VALEO
ELECTRICAL SYSTEM pour l’application Renault ‘Twingo’ et a fait l’objet de
démonstrateurs (Fig. 3).
ADI
6 ADI
Chapitre 1
Modélisation de la machine asynchrone
non saturée
Afin de fixer les bases de l’étude qui va suivre, nous allons d’abord rappeler brièvement les
caractéristiques physiques de l’Alterno-Démarreur Intégré (ADI.). Ensuite les équations
différentielles régissant les phénomènes électriques de la machine asynchrone seront exposées
afin de fixer la nomenclature des variables. Après une mise en forme matricielle, elles sont
développées sous leur forme vectorielle afin d’aboutir dans un premier temps à un modèle à
cinq paramètres réduit ensuite à quatre. Le comportement de l’impédance de la machine en
fonction du mode de fonctionnement est présenté à la fin du chapitre.
Comme nous l’avons évoqué en introduction, l’ADI représente une étape incontournable pour
le passage au système 42 Volts ainsi que pour les véhicules propres [PLASSE]. Outre les
spécifications techniques auxquelles devront répondre les solutions envisageables, ce seront
surtout les contraintes imposées par une production de masse à faible coût qui limiteront leur
faisabilité. Des machines concernées, la machine asynchrone à rotor en cage d’écureuil réunit
robustesse et faible coût de production. En effet, ces machines ont un rotor constitué d’un
empilage de tôles, portant des barres conductrices réparties uniformément à la périphérie. Ces
barres surmoulées dans les encoches sont fermées par un anneau de court-circuit à chaque
extrémité, l’ensemble forme un enroulement polyphasé. Dans le cadre d’une production de
masse, les barres sont en aluminium et coulées sur les empilements de tôles.
7
Fig 1.1 Rotor et stator de l’ADI asynchrone
Le stator est formé d’un empilage de tôles encochées qui portent les enroulements triphasés
répartis spatialement.
Le nombre de paires de pôles, ainsi que le nombre de barres conductrices sont parmi les
paramètres dimensionnant de la machine. Ils ont été déterminés à partir du cahier des charges
de l’ADI, pour optimiser sa puissance massique, au regard de :
Les grandeurs électriques d’une machine asynchrone sont régies par les équations des
tensions et des flux au stator et au rotor.
d
u SI = RSI .i SI + Φ SI (1.1)
dt
d
vri = Rri .iri + Φ ri = 0 (1.2)
dt
avec I (I = 1, 2 ou 3) le numéro de phase des enroulements au stator, et i (i = 1,2,….qr) le
numéro de conducteur de la cage rotor
8
3 qr
Φ SI = [Link] + ∑ mIK .iSK + ∑ mIk .irk
K =1, K ≠ I k =1
(1.3)
qr 3
Φ ri = La . j ri + ∑ mik .irk + ∑ miK .iSK
k =1, k ≠ i K =1
(1.4)
Pour garder la mise en équation dans les limites exploitables d’un point de vue de la
commande, nous faisons les hypothèses suivantes.
Suivant ces hypothèses nous pouvons exprimer les inductances propres et mutuelles comme
des grandeurs constantes :
9
I − 1 k − 1
m Ik = M Aa . cos − .2.π − p.θ (1.5)
3 qr
Les expressions précédentes peuvent être écrites sous forme matricielle en faisant intervenir
les vecteurs tensions, courants, flux, ainsi que les matrices inductances :
[us ] = Rs .[is ] + d [Φ s ]
dt
[vr ] = Rr .[ir ] + d [Φ r ] (1.7)
dt
[Φ s ] = [Lss ][is ] + [M sr ][ir ]
[Φ r ] = [Lrr ][ir ] + [M rs ][is ]
avec
Laa maqr
L AA M ss M ss
[Lss ] = M ss M ss
Laa M rr
L AA [Lrr ] =
M rr Laa
M ss M ss L AA
M rr Laa
m Ik miK
[M sr ] = [M rs ] = [M sr ]T =
mkI m Ki
Le couplage des équations électriques avec les équations mécaniques de la machine s’effectue
via le couple électromécanique obtenu à partir de la variation de l’énergie magnétique en
10
fonction de l’angle mécanique θ que fait l’axe de la phase a du rotor avec l’axe de la phase A
du stator (cf ANNEXE A). Pour une machine 2p pôles, le couple s’écrit
∂W (k , pθ )
C=p (1.8)
∂pθ
L’énergie magnétique s’obtenant par la somme des produits flux courant au stator et au rotor
1 n
W = .∑ ik .Φ k (1.9)
2 k =1
avec k =A,B,C , a,b,c, …qr, soit
2
(
W = . [Φ s ] .[is ] + [Φ r ] .[ir ]
1 T T
) (1.10)
W = .[is ] .[Lss ][
. is ] + .[ir ] .[Lrr ][
. ir ]+ .[is ] .[M sr ][
. ir ]
1 T 1 T T
(1.11)
2 2
∂
C = p[i s ]T . [M sr .( p.θ )][. ir ] (1.12)
∂. pθ
Le vecteur d’espace s’obtient par projection des grandeurs scalaires initiales dans un repère
diphasé statique que l’on nomme repère αβ, ou dans un repère diphasé tournant dq. L’intérêt
de ce vecteur d’espace réside dans la simplification des équations de la machine.
11
β
Vs2 &
Vsβ Vs
Vs1
Vsα α
Vs3
v1
vα 2
[ 2
v = 1 a a v 2
] (1.14)
β 3 v3
Dans le cas d’un système polyphasé, les composantes quadratiques s’obtiennent par
projection des différentes grandeurs sur les axes αβ.
12
v1
vα 2
2π ( q −1) 2π
j r
j
v = 1 e
qr qr
... e (1.15)
β q r
vqr
Dans une machine asynchrone on distingue deux types de grandeurs électriques : les
grandeurs statoriques et les grandeurs rotoriques. Les grandeurs statoriques tournent à la
pulsation ωs par rapport à un repère fixe lié au stator. Les grandeurs rotoriques tournent à la
pulsation ωr par rapport à un repère fixe lié au rotor, lui même tournant à une pulsation ω par
rapport au repère fixe du stator.
βs
βr
&
IS
αr
θr
pθ
θs
αs
Les grandeurs statoriques et rotoriques sont décrites sous la forme de vecteurs d’espace
référencés respectivement dans le repère (αs, βs ) lié au stator et le repère (αr, βr ) lié au rotor.
L’indice supérieur s ou r des vecteurs, indique le référentiel utilisé.
13
Pour les grandeurs statoriques la transformation en grandeurs vectorielles se fait en
d [Φs ]
2
[
]
1 a a 2 [u s ] = 1 a a 2 [Rs ][is ]+
2
[ ] (1.16)
3 3 dt
.[1 a a ² ][
. Φ s ]= .[1 a a ² ].([Lss ][
. is ] + [M rs ][
. ir ])
2 2
(1.17)
3 3
2
2π ( qr −1) 2π
j j
1 e r
q qr
... e (1.18)
q r
2 d [Φ r ]
2π ( q r −1) 2π 2π ( qr −1) 2π
[vr ] = 1 e r Rr [ir ] +
j j j j
2
1 e r (1.19)
q qr q qr
... e ... e
qr q r dt
2π ( qr −1) 2π
2
2π ( qr −1) 2π
.[Φ r ] = .1 e r ([Lrr ][
. ir ] + [M rs ][
. is ]) (1.20)
j j j j
2
.1 e qr .... e qr q
.... e qr
qr q r
14
→s →s d →s
U s = Rs I s + Φ s
dt
r r
→ → d →r
V r = Rr I r + Φ r
dt
(1.21)
→s →s →r
Φ s = (Lss − M ss ) I s + r M sr e jpθ I r
q
2
→ r → r →s
Φ r = (Lrr − M rr ) I r + M rs e − jpθ I s
3
2
Il est à noter que chacune des transformations opérées a été réalisée par rapport aux repères
fixes des grandeurs électriques. Ainsi, les grandeurs statoriques et rotoriques sont exprimées
respectivement par rapport au repère fixe du stator et celui du rotor.
→ →
3 qr 1
M = .M sr , mϕ = , Ls = L ss − M ss , Lr = Lrr − M rr , I r = mϕ . i rr
r
2 3 mϕ
→s →sd →s
U s = Rs I s + Φs
dt
→r →r
1 d →r
Vr = Rr. I r + Φ r
mϕ dt (1.22)
→s →s →r
Φ s = Ls I s + Me jpθ I r
→r →r →s
Φ r = Lr I r + Me jpθ I s
15
[Link] Equations vectorielles exprimées dans le repère lié au stator :
Il est intéressant de définir l’ensemble des vecteurs dans un repère unique qui peut être
tournant ou non. Nous avons choisi le repère fixe lié au stator. On peut exprimer dans le
repère lié au stator les vecteurs exprimés dans le repère du rotor, par rotation d’un angle pθ.
→ →
Vrr = Vrs .e − jpθ (1.23)
→ → → →
Rr s − jpθ d s − jpθ
Vrr = Vrs .e − jpθ = . I r .e + Φ r .e (1.24)
mϕ dt
→ → → →
− jp.θ
Φ rr = Φ rs .e = Lr . I rs .e − jpθ + M . I ss .e − jpθ (1.25)
On pose :
d ( pθ )
=ω (1.26)
dt
→ →
d →s
U ss = Rs. I ss + Φs
dt
→ →
1 d → →
Vrs = Rr. I rs + Φ rs − jω . Φ rs
mϕ dt (1.27)
→ → →
Φ = Ls I + M I
s
s
s
s
s
r
→ → →
Φ rs = Lr I rs + M I ss
16
D’où
Lm
Ls = L fs + Lm et Lr = L fr + (1.28)
mt2
En remplaçant dans les expressions des flux
→s →s →s →s →s Lm →
s
Φs = Ls .I s + M. I r = L fs .I s + Lm .I s + .I r (1.29)
mt
→ → → → →
→s L fr .mt 2 Lm Lm s
Φr = Lr . I rs + M .I ss = I rs + .I s +
2 r
.Is (1.30)
mt 2 mt mt
→s
→s Ir mt.R r
avec I r '= , Lfr ' = [Link] ² et R r ' =
mt mϕ
nous obtenons les expressions vectorielles de la machine dans le repère du stator en fonction
de l’inductance magnétisante et des inductances de fuite.
→s → → →
Φ s = L fs I ss + Lm ( I rs '+ I ss )
→s 1 → → →
Φr = L fr '. I r '+ Lm. ( I r '+ I ss )
s s
mt
→s → (1.31)
d →s
U s = Rs I + Φ s s
s
dt
→ →
s
d →s →s
V r = Rr '. I r '+ Φ r − jω Φ r
s
dt
I ss I rs'
Lm
dΦ ss dΦ sr V rs = 0
U ss
dt dt
I ss + I rs'
17
1.4.2 Modèle à quatre paramètres
Les inductances de fuites Lfs et Lfr précédemment exprimées dans le modèle à cinq paramètres
sont impossible à identifier séparément. L’intérêt du modèle à quatre paramètres vise le
regroupement des fuites au sein d’une seule inductance.
Il est d’usage de décrire le flux rotorique Φr par l’intermédiaire d’un courant magnétisant Imr.
Ce courant fictif peut se définir comme le courant qui, circulant dans l’inductance de
magnétisation Lm, produirait un flux égal au flux rotor ramené au bobinage statorique :
→ 1 → 1 →
I mr = . Φr ' = .mt. Φr (1.32)
Lm Lm
d’où
→s Lm → s → s L fr '
Φr = . .I s + I r ' (1 + )
Lm
(1.33)
mt
Le courant magnétisant s’exprime alors dans le repère fixe du stator (αs,βs) comme :
→s → s → s L fr '
I mr = I s + I r '.1 + (1.34)
Lm
soit
→s Lm →s →s L →s →s
I r '= . I mr − I s = m . I mr − I s (1.35)
Lm + L fr ' Lr '
→s Lm →
avec Φ r = .I mr il vient
mt
d →s Lm d →
s
Φr = . I mr (1.36)
dt mt dt
→s →s d → s Lm Lm .mt d → s → s
U s = Rs. I s + Ls . I s+ . . I mr − I s
mt Lr ' dt
(1.37)
dt
→s →s L ² d →s L ² d →s
U s = Rs. I s + Ls − m . I s + m . I mr (1.38)
Lr ' dt Lr ' dt
18
Et l’équation de tension rotor :
→s →s Lm d → s L →s
V r = 0 = Rr '. I r '+ . I mr − jω . m . I mr (1.39)
mt dt mt
Lm → s .Lm ² d → s Lm ² → s
0 = Rr '.mt. I r '+ . I mr − jω . I mr (1.40)
Lr ' Lr ' dt Lr '
Lm ² Lr ' → s .Lm ² d → s Lm ² → s
0 = Rr '.mt. . I r '+ . I mr − jω . I mr (1.41)
Lr '² Lm Lr ' dt Lr '
→s → s → s Lr '
Sachant que I mr = I s + I r '. , les deux précédentes équations permettent d’établir :
Lm
Lm ² Lr ' → s → s Lm .Lm ² d → s L ² →s
0 = Rr '.mt. . ( I mr − I s ). + . I mr − jω m . I mr (1.42)
Lr '² Lm Lr ' Lr ' dt Lr '
→s →s d →s
I s = I mr (1 − jTr .ω ) + Tr . I mr (1.43)
dt
Car
Lm L fr '
Lrr + L fr +
1 Lr ' Lr '
Tr = = mt ² mt ² = . .= (1.44)
Rr Rr mt ² Rr [Link] '
Le couple électromécanique :
3 →s →s
C = . [Link] .ℑm I s . I r ' * (1.45)
2
3 Lm ² →s s→ →s
C = . p. .ℑm I s . I mr − I s * (1.46)
2 Lr '
3 Lm ² → →s →
→
C= . p. .ℑm I ss . I mr * − I ss . I ss * (1.47)
2 Lr '
19
→ →
Remarque : ℑm I ss . I ss * = 0
3 Lm ² → →s
C = . p. .ℑm I ss . I mr * (1.48)
2 Lr '
→
Avec I ss = Isα + jIsβ
→
Et
s
I mr = Im rα + j Im rβ
.ℑm[(Isα + jIsβ )(
. Im rα + j Im rβ )*]
3 Lm ²
C= . p. (1.49)
2 Lr '
d’où
3 L ²
C = . p. m .(Isβ . Im rα − Isα . Im rβ ) (1.50)
2 Lr '
→ →
g = s j0
I mr I mr .e − jρ = Im r.e
→ →
g − jρ
I = I s .e = Isd + jIsq (1.51)
s s
→
g
V = Vsd + jVsq (1.52)
s
3 Lm ²
C= . p. .(Isq. Im r ) (1.53)
2 Lr '
On peut découpler les courants Is et Imr donc simplifier l’expression du couple. Cette relation
est souvent utilisée dans les systèmes de contrôle vectoriel car elle permet de commander le
couple en régime transitoire. Nous commenterons cette stratégie de contrôle au chapitre II.
20
1.4.3 Cas particulier : régime sinusoïdal établi
Si les trois courants (Is1,Is2 et Is3) sont sinusoïdaux et équilibrés, on peut écrire :
is1 = 3/[Link] (ωst+δ)
is2 = 3/[Link](ωst - 2π/3+δ) (1.54)
Lm Lm
V r = 0 = Rr '.I r '+ j.ωs. . I mr − jω . .I mr (1.57)
mt mt
Lm Lm ² Lm ²
V r = 0 = Rr '.mt. .I r '+ j.ωs. .I mr − jω . .I mr (1.58)
Lr ' Lr ' Lr '
Rr ' Lm ² Lr ' Lm ²
Vr = 0 = .mt. . I r '. + j.ωs. . I mr (1.59)
g Lr '² Lm Lr '
et
Lr '
I mr = I s + I r '. (1.60)
Lm
21
Remarque : Ces dernières équations permettent de simplifier le schéma équivalent à cinq
paramètres de la figure 1.4 par un schéma équivalent de la figure 1.5, lequel ne comporte que
quatre éléments.
Lm ² Rr ′ L m
2
Ls − →s Lr '
Rs Lr ' g L'r I r'
Lm
→s
Is
Lm ²
dΦ Smr dΦ rS →s
Lr ' = mt Vr =0
dt dt
→s
I mr
I s = I mr (1 + jωrTr ) (1.61)
Lm ² ωsωrTr Lm ² Lm ² 1
U s = Rs.I s + .I s. + jωs.I s Ls − + . (1.62)
Lr ' 1 + (ωrTr )² Lr ' Lr ' 1 + (ωrTr )²
L’argument de cette impédance traduit le déphasage entre la tension et le courant d’une même
phase. Nous verrons dans la partie identification des paramètres, que suivant les sollicitations
fréquentielles de la machine, certains paramètres pourront être plus ou moins bien identifiés.
22
[Link] Fonctionnement en mode moteur :
Le fonctionnement en mode moteur est obtenu en imposant au stator des tensions ou des
courants de pulsation ωs. Ces courants créent un flux tournant à la vitesse mécanique
Ωs=ωs/p. Ce flux balaye les enroulements en court-citrcuit du rotor et y induit des forces
électromotrices et donc des courants. L’interaction entre le flux statorique et ces courants
rotoriques induits crée le couple électromécanique. La charge mécanique entraînée par le rotor
impose un glissement tel que la vitesse de synchronisme soit supérieure à la vitesse
mécanique. En effet, si le rotor tournait à la vitesse Ωs, il ne verrait aucune variation du flux,
il n’y aurait pas de courants induits et donc pas de production de couple et la machine
ralentirait.
Dans le mode de fonctionnement moteur, on obtient un glissement positif,
donc ωr = ωs − ω ≥ 0 . Dans ces conditions l’argument de l’impédance est compris entre 0 et
π/2. Dans ce cas, pour 0 ≤ ϕ ≤ π / 2 on a :
ℜe( Z ) ≥ 0
(1.65)
ℑm( Z ) ≥ 0
Lm 2 + Lm . 1 →
2
j ω s. Ls −
Lr ' 1+(wrTr)²
Is
Lr '
d
→ ωs
Vs →
Is
Lm 2 wrTr →
.ω s. Is → αr
.
Lr ' 1+(wrTr)² Cem ≥ 0
Im r
ϕ
→
Rs. Is
ρ p .θ
αs
23
[Link] Fonctionnement en mode générateur :
ℜe( Z ) < 0
(1.67)
ℑm( Z ) ≥ 0
βs
d
ωs
→
Vs →
Im r αr
Lm 2 Lm
2 1 → Cem < 0
j ω s . Ls − + Lr ' 1+(wrTr)²
. Is
Lr '
ϕ → p.θ
Is
→
Rs . Is
ρ αs
-Lm
2 wrTr →
. .ω s. Is
Lr ' 1+(wrTr)²
24
1.5 Conclusion
Dans ce chapitre nous avons exprimé, à partir des grandeurs triphasées au stator et
polyphasées au rotor, les composantes des vecteurs spatiaux des tensions et des flux au rotor
et au stator. De ces équations vectorielles, nous en avons déduit un modèle à cinq paramètres
(Rs, Lfs, Lm, Lfr’, Rr’) que nous avons simplifié ensuite à quatre paramètres (Rs, Ls-Lm²/Lr’,
Lm²/Lr’, Tr) en regroupant les fuites car celles-ci sont difficilement identifiables séparément.
A partir de ce modèles nous avons exprimé le couple que nous allons chercher à optimiser
dans le second chapitre.
25
Chapitre 2
Elaboration des lois de commande
optimales pour une machine non saturée
Les grandeurs de réglage de la MAS sont multiples, mais se résument à des actions, soit sur
la fréquence et l’amplitude (contrôle scalaire), soit sur l’amplitude et la phase (contrôle
vectoriel) des signaux d’alimentation de cette machine. Selon le mode de fonctionnement de
l’ADI (mode moteur ou mode alternateur), la commande permet d’agir, soit sur la valeur du
couple électromécanique, soit sur la puissance électrique débitée. Ce chapitre présente les
critères et les contraintes qui conduisent au choix des stratégies de commande ainsi qu’à la
structure de commande dont les différentes possibilités sont évoquées. En raison de la
limitation de tension due au réseau de bord, l’alimentation de la machine ne doit être plus être
sinusoïdale afin d’offrir des performances supérieures à celles obtenues en régime sinusoïdal
pur. Ce fonctionnement appelé fonctionnement en surmodulation est étudié en fin de chapitre.
L’adjectif ‘optimal’ est ici employé au sens large du terme. Il n’est pas restreint à la
signification que lui donnent les automaticiens en évoquant la commande optimale [BORNE].
En effet, le projet de l’ADI nécessite une optimisation tant au niveau de la conception
(dimensions, environnement et mode de fonctionnement très contraints), que de l’utilisation
(rendement et performances maximaux). Il implique également une mise en œuvre la plus
robuste au moindre coût. La recherche de la commande optimale ne se borne donc pas à la
recherche des trajectoires à faire suivre aux différentes grandeurs de réglages par
minimisation d’un critère énergétique par exemple, mais s’étend également à la recherche
d’une structure de commande idéale pour ce projet.
26
2.1.1 Performances escomptées
En mode démarreur, on cherche à maximiser le couple que peut fournir la machine au regard
de la puissance disponible de l’alimentation (Ibat<300A), de la limite en tension, des pertes
dans la batterie, de la densité de courant admissible par la machine (50A /mm²) qui se traduit
par une valeur maximale de 350A pour le courant efficace de phase, puisque la section est de
6.8mm². On établira les lois de pilotage pour avoir le couple maximal pendant la phase de
démarrage (de 0 à 925tr/mn), en tenant compte de toutes ces contraintes. Ceci conduit à
délimiter l’espace couple/vitesse en fonction des contraintes technologiques inhérentes. Ainsi
lors du démarrage, la consigne de couple sera tabulée suivant les frontières de l’espace
couple/vitesse disponible.
La contrainte liée aux densités de courant permet de prendre en compte indirectement l’état
thermique de la machine. Les valeurs sont différentes en démarreur et en générateur car la
durée de fonctionnement est différente : en démarreur la durée est limitée à 1s (temps de
démarrage), alors qu’en générateur la puissance électrique doit être maintenue jusqu’à
l’équilibre thermique pour alimenter des consommateurs électriques du véhicule.
27
Fonctionnement Démarreur température ambiante –20°C température ambiante 100°C
(premier démarrage) (stop & go)
Couple à rotor bloqué 140 Nm 100Nm
Couple à 300tr/mn 40 Nm
Bien que le dimensionnement de la machine ait été optimisé au regard des contraintes du
cahier des charges précité [BIEDINGER 99], les réglages adoptés la commande permettront de
bénéficier ou non des performances de la machine. L’optimalité de commande consiste donc à
optimiser les performances énergétiques du fonctionnement de l’ADI en mode moteur et en
mode générateur :
La commande de machine asynchrone donne lieu à une littérature très abondante, tant pour la
recherche des trajectoires optimales à faire suivre aux grandeurs de réglages (lois de
commande), que pour les stratégies de contrôle à adopter (mode de pilotage). Ces deux
28
activités peuvent être étroitement liées dans un système de commande optimal, mais il
convient de les séparer pour mieux appréhender leurs rôles respectifs :
• Les lois de commande visent à déterminer quelles sont les variables de réglage et à
déterminer leurs grandeurs de références (consignes) qui assurent le fonctionnement
optimal relatif à l’application, c’est à dire :
- minimiser le temps d’établissement du couple en partant d’un courant nul [MILENT] ;
- atteindre un niveau cinétique donné en un temps donné, en minimisant la consommation
ou en maximisant le rendement [VILAIN][LORENTZ 92].
On notera que l’objectif en moteur privilégie le couple pendant un temps très faible, ce pour
éviter une destruction thermique des enroulements. En ce qui concerne le mode alternateur le
rendement est privilégié (75%) alors que la puissance électrique débitée reste dans une
gamme assez modeste (800 à 2800W à 925 tr/mn). Les références de couple et de puissance
électrique seront tabulées en fonction de la vitesse, pour éviter le recours à un processeur
puissant et limiter ainsi le coût de réalisation. L’établissement des tables sera expliqué
ultérieurement.
Ω/θ
Objectif Imr*
C* Is / Us
C* Stratégie
Onduleur
Pel* Ω
Loi de de
commande contrôle MAS
Pel* (mode de
Ω pilotage)
ωr*
Mode de
fonctionnement
29
2.2 Lois de commande
Les expressions du couple et du rendement montrent que leurs optimisations conduisent à agir
sur deux grandeurs : le courant Imr et la pulsation rotorique ωr.
Equation du couple :
3 Lm ²
C = . p. .Î mr ².ωr .Tr (2.1)
2 Lr '
Equation du rendement :
U s = I s .(A + jB ) (2.3)
avec
Lm ² ω[Link]
A = Rs + . .ωs (2.4)
Lr ' 1 + (ω[Link] )²
Lm ² Lm ² 1
B = Ls − + . .ωs
Lr ' 1 + (ω[Link] )²
(2.5)
Lr '
cos(ϕ ) =
A
(2.7)
A2 + B 2
En réinjectant dans l’expression de la puissance électrique on obtient :
Pelec = [
I mr 1 + (ωrTr )
3 ˆ2 2
]Rs + Lm ² ωrTr
Lr ' 1 + (ωrTr )
2
ωs (2.8)
2
d’où
30
Pelec =
3 ˆ2
2
[
I mr Rs 1 + (ωrTr ) +
2
]Lm ² 2
ω r Tr + p
Lm ²
ω r TrΩ (2.10)
Lr ' Lr '
Par conséquent, le rendement qui est le rapport entre la puissance mécanique fournie par le
moteur et la puissance électrique consommée s’exprime par :
Lm²
p. .ω[Link].Ω
η=
Pmec
= Lr ′
(2.11)
.ω[Link].Ω + Rs.[1 + (ω[Link] )² ] +
Pelec Lm ² Lm ²
p. .ωr.²Tr
Lr ' Lr '
Les actions combinées sur ces deux grandeurs conduisent à la modification des modules et
phases des courants et tensions d’alimentation de la machine.
Nous allons présenter les caractéristiques et les résultats de ces deux types de pilotage, puis
on désignera celui qui pourrait le mieux répondre à notre application.
Notons Îmr* la référence du courant magnétisant. Dans le cas du pilotage à flux constant, on
désire maintenir le flux rotorique, donc Îmr*, à une valeur constante. Il faut alors faire varier
31
la quantité ωrTr pour obtenir le couple désiré C*. Cela revient à faire varier la pulsation des
courants rotoriques et le glissement selon :
C*
ωr .Tr = (2.13)
3 Lm²
. p. .Î mr ² *
2 Lr '
Si on désire tirer le meilleur parti du circuit magnétique de la machine, il faut fixer Îmr* à la
valeur correspondant à la limite de saturation. Ce faisant, on voit apparaître l’inconvénient
majeur de cette commande. Lorsque le couple demandé est faible, il faut malgré tout
maintenir un flux important dans la machine, ce qui nécessite un courant Is important et
conduit à des pertes Joule inutiles au stator. Tout cela entraîne un rendement énergétique très
médiocre au fur et à mesure que le couple décroît. De plus, à vitesse élevée, la f.e.m induite
par le courant magnétisant augmente, par conséquent la limite de la tension d’alimentation est
rapidement atteinte. Le graphe de la figure 2.2 illustre l’augmentation de la tension aux bornes
de la machine pour trois vitesses différentes. On s’aperçoit alors que pour un Imr donné, la
vitesse fait augmenter les composantes réelles et imaginaires de l’impédance de la machine,
ce qui tend à atteindre la limite de tension fixée par l’alimentation.
Vs(N3)
Vs(N2) → d
Is ωs
→
Vs Cem ≥ 0
→ αr
Im r
Vs(N0) ϕ
Limite de Imr
→
Rs. Is
ρ p .θ Arc de limitation en tension
α s
Fig. 2.2 Diagramme de fonctionnement à flux constant pour des vitesses croissantes
(N1< N2< N3)
Les figures 2.3.a et 2.3.b correspondent aux performances de la machine prototype M1B
obtenues en simulation avec la commande à flux constant. Les modèles de simulation sont
présentés en annexe D.
32
Couple(N.m)
180 U (V)
0
10
160
20 30
Uscr limite
140
30 25
120
20 40
20
100
10
80 15
Uscr
60 30 50
10
40 40
20
60 5
20 10
50 60
30 40 40
50
20 30 40 50 0
0 100 200 300 400 500 600 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Vitesse(tr/mn) Vitesse (tr/mn)
Dans le cadre d’une commande à flux variable, on cherche à établir la valeur de pulsation
rotorique suivant qu’on cherche un couple, un rendement maximal ou une puissance
constante. Notons la référence de commande ωr*, qui peut être déterminée suivant les critères
évoqués précédemment.
33
[Link]. Fonctionnement à couple maximal
3 Lm ²
p .Î s ²
.(1 − (ωr .Tr )² )
dC
= 2 Lr ' (2.14)
dωr .Tr (1 + (ωr .Tr )² )²
1 1
ωropt = = (2.18)
Lm ² Tr Lm ²
Tr ² + . Tr ² + .
Lr ' Rs Rr '.Rs
La valeur ωropt tend sensiblement vers 1/Tr, qui comme dans le cas précédent, dépend de
l’état de saturation magnétique en raison du paramètre Tr= Lr’/Rr.
34
[Link]. Fonctionnement à puissance constante
→
Is(N3) →
Is(N2)
→
Is(N1) d
ωs
Vs(N2)
→
Vs Cem ≥ 0
Vs(N3) → α r
Imr (N1)
Vs(N1) ϕ →
Imr (N2) Limite de Imr
→
Rs. Is
→ p .θ
Imr (N3) ρ Arc de limitation en tension
α s
Fig. 2.4 Diagramme de fonctionnement à flux variable pour des vitesses croissantes
(N1 < N2 < N3)
En comparaison de la figure 2.3.a, la figure 2.5.a montre que la commande à flux variable
garantit un couple pendant toute la phase de démarrage, c’est à dire au delà de 900tr/min. La
figure 2.5.b montre que le défluxage permet de monter plus haut en vitesse malgré une
limitation de tension de la batterie à 36V en mode moteur. Ce réglage permet de maintenir
l’amplitude de la tension de phase équivalente à la tension limite d’alimentation, et
n’augmenter que le déphasage des tensions phases avec la composante du couple de Is. Les
tensions limites d’alimentation sont définies par Uˆs = 3 .Ubat en couplage triangle, et
2
.Ubat en couplage étoile.
Uˆs =
2
35
Couple(N.m)
U (V)
10
160 20
30
140 Uscr limite
25
120
100 40 20
10 30
20
50
80 15
Uscr
60
10
40
70
40 5
10 30
20 20
50 60
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Vitesse(tr/mn
) Vitesse (tr/mn)
Fig. 2.5.a Espace couple/vitesse Fig. 2.5.b Evolution de la tension phase
Commande à flux variable
Le contrôle scalaire utilise les équations de la machine en régime sinusoïdal établi. Il est plus
simple à mettre en œuvre dans le cadre d’applications ne nécessitant pas la maîtrise des
régimes transitoires. Les entrées de ce contrôle sont celles définies dans la section 2.2 à savoir
la consigne de flux au travers du courant magnétisant et la pulsation rotorique qu’on désire
imposer.
36
[Link] Autopilotage
Une fois les grandeurs Îmr* ou ωr* fixées, l’autopilotage permet d’asservir à la fois la
pulsation et le module du courant magnétisant de la machine.
Réglage de ω
ωr*
Le terme d’autopilotage signifie que la pulsation du champ tournant va automatiquement être
réglée à partir de la vitesse de la machine.
ωs = p.Ω + ωr (2.19)
avec ωr > 0
En générateur le champ tournant statorique est entraîné par le champ rotorique, donc la
pulsation statorique doit être inférieure à la pulsation mécanique telle que :
ωs = p.Ω + ωr (2.20)
avec ωr < 0
Réglage de Îmr*
En même temps que la détermination de la pulsation rotorique, il faut calculer l’amplitude des
courants ou des tensions à imposer à la machine de manière à asservir le courant magnétisant
à sa consigne Îmr*. Deux possibilités s’offrent à nous :
• soit on calcule le courant statorique directement à partir du courant magnétisant et on
réalise une commande en courant :
U s = I s .(A + jB ) (2.22)
avec
37
Lm ² ω[Link]
A = Rs + . .ωs (2.23)
Lr ' 1 + (ω[Link] )²
Lm ² Lm ² 1
B = Ls − + . .ωs (2.24)
Lr ' Lr ' 1 + (ω[Link] )²
Nous allons développer dans les paragraphes ci-dessous l’étude dynamique de ces deux
commandes.
3 Lm 2
C = . p.
2 Lr '
*
{ }
ℑm I s. I mr (2.26)
S’il s’agit d’une commande à fréquence rotorique constante, avec la référence ωr*,
l’amplitude du courant stator doit être :
38
Tant que la vitesse reste nulle, voire très petite, l’expression (2.25) de la dynamique du
courant statorique se réduit à la relation suivante :
d I mr
I s = I mr + Tr. (2.29)
dt
−t
I mr ( t ) = K1. exp( ) + K 2. exp( j.ωr * .t ) (2.31)
Tr
Îs Î mropt . 1 + (ω[Link] )²
K2 = = (2.32)
1 + j.ωr.T 1 + j.ωr.T
−t
I mr (t = 0) = 0 = K1. exp( ) + K 2. exp( j.ωr * .t ) (2.33)
Tr
d’où
K1= − K 2 (2.34)
1 + (ω[Link] )² −t
I mr (t ) = Î mropt . .exp( j.ωr * .t ) − exp( ) (2.35)
1 + j.ω[Link] Tr
C=
3 Lm ²
2
. p.
Lr '
{ *
Im ag I s. I mropt } (2.36)
39
sous forme temporelle on a
*
ˆ jωrt Iˆmropt 1 + (ωrTr )
2
3 Lm ²
C = . p. ℑm Ise e jωrt − e −t / Tr [ ]
(2.37)
2 Lr ' 1 + j (ωrTr )
soit après simplification
3 Lm ² −t 1
C= . p. .Î mropt .ω[Link].1 − exp( ). cos(ωr.t ) + sin(ωr.t ) (2.38)
2 Lr Tr ωr.t
Pour un objectif de couple de 100 N.m, nous avons présenté l’évolution de Imr (image du
flux) et celle du couple pour des réglages ωrTr =1 et ωrTr=2.
140 140
Wr*Tr = 2
Wr*Tr = 1 120
120
Wr*Tr = 1
100
100
Wr*Tr = 2 80
80
60
60
40
40
20
20 0
0 -20
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
Fig. 2.6.a Réponse en flux (Imr) d’une Fig. 2.6.b Réponse en couple d’une
commande en courant commande en courant
Les courbes montrent que la réponse du moteur à une consigne de courant élaborée sur la base
d’une loi de contrôle scalaire, présente un régime transitoire qui ralentit la réponse en couple.
Le régime transitoire dépend de la constante de temps rotorique Tr # 90ms (pour l’ADI). On
peut réduire le temps de montée par deux en imposant ωrTr=2 à condition d’accepter un
surplus de courant stator et un dépassement important.
40
Quant à l’amplitude Ûs, elle est élaborée à partir des grandeurs de références Imr* et ωr*,
telle que :
2 2
∧ ∧ Lm ² ωrTr Lm ² Lm ² 1
U s = I s . Rs + + ωss 2 Ls − +
Lr ' Lr ' 1 + (ωrTr )²
. .
Lr ' 1 + (ωrTr )²
(2.40)
sachant que :
∧ ∧
I s = I mr .(1 + (ω .Tr )² )
2 2
(2.41)
La réponse en couple de la machine sera régie par le système d’équations vectorielles qui
décrit l’évolution temporelle du courant magnétisant puis de la tension statorique :
→s →s
Lm ² d → s Lm ² d → s
U s = Rs. I s + Ls − . I s + . I mr (2.42)
Lr ' dt Lr ' dt
Les équations de tension et de courant peuvent se mettre sous forme d’un système d’équations
différentielles :
→ (2.45)
d Is 1 → → →
. .(1 − j.ωTr ). I mr +
Rs Lm ² Lm ² 1 1
= − − . .I s+ Us
dt Lm ² Lm ² Tr Lm ² Tr Lm ²
Ls − Ls − Lr ' Ls − Lr ' Ls −
Lr ' Lr ' Lr ' Lr '
→
1 → →
I s − .(1 − j.ωTr ). I mr
d I mr 1
= (2.46)
dt Tr Tr
En séparant la partie réelle et la partie imaginaire de ces équations, on obtient le modèle d’état
suivant :
•
X 4 = A4 . X 4 + B4 .U 4
(2.47)
Y4 = C 4 . X 4
41
où le vecteur d’état est constitué des courants statoriques et magnétisants
[
X 4 = I sα I sβ I mrα I mrβ ] T
(2.48)
[
U 4 = U sα U sβ ]
T
(2.49)
[
Y4 = I sα I sβ I mrα I mrβ ]
T
(2.50)
Lm ² 1 Lm ² 1 Lm ²
− Rs − Lr ' Tr 0 ω
Lr ' Tr Lr '
Lm ² 1 Lm ² Lm ² 1
0 − Rs − − ω
A4 =
1 Lr ' Tr Lr ' Lr ' Tr (2.51)
Lm ² 1 Ls − Lm ² 1
− Ls −
Lm ²
− ω Ls −
Lm ²
Ls − 0
Lr ' Tr Lr ' Tr Lr ' Lr '
1 Lm ² Lm ² 1 Lm ²
0 Ls − ω Ls − − Ls −
Tr Lr ' Lr ' Tr Lr '
1 0
0 1
1
B4 = (2.52)
Lm ² 0 0
Ls −
Lr ' 0 0
On peut discrétiser le modèle précédent afin d’utiliser le calcul numérique pour déterminer la
réponse du système. Si on choisit le pas Te suffisamment petit pour garantir la tension Us(t)
quasi constante sur le pas, on peut écrire :
X 4 ,k +1 = A4 d . X 4 ,k + B4 d .U 4,k
(2.53)
Y4 ,k = C 4 d . X 4, k
avec les matrices discrètes
42
1 2 2
Ad = I 4 + A4 Te + 2 . A4 .Te
B d = Te[I 4 + 0.5TeA4 ]B 4 (2.54)
C = C
d 4
Pour une vitesse de rotation Ωo = 100tr/mn et un objectif de couple de 100N.m, on applique
trois tensions triphasées V1, V2 et V3 de pulsation ωs = p.Ωo + ωr, de manière à atteindre
l’objectif de couple fixé, avec deux réglages ωr= 1/Tr et ωr= 2/Tr avec successivement deux
amplitudes de tension différentes. Nous obtenons les réponses présentées figure 2.7a et 2.7b :
140
Wr*Tr = 2
80 Wr*Tr = 1
120
60
Cem (Nm)
100
Îmr (A)
Wr*Tr = 2
40 80
60
20
40
0
20
-20 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7
t (s) t (s)
Fig. 2.7.a Réponse en couple d’une Fig. 2.7.b Réponse du flux d’une commande
commande en tension en tension
Par rapport à une commande scalaire en courant, la commande scalaire en tension introduit
une dynamique supplémentaire liée à la dynamique d’établissement du courant au stator. On a
donc des constantes de temps supplémentaires liées aux paramètres du circuit statorique Rs et
Ls-Lm²/Lr.
43
3 Lm ² → →s
C= . p. ℑm I ss . I mr * (2.55)
2 Lr '
→ Lm →
avec φr = . I mr = φ rα + jφ rβ
mt
Ce couple s’exprime au travers des composantes directes et quadratiques des flux rotorique et
du courant statorique au travers de l’expression suivante.
C=p
Lm
Lr '
[
φ rα i sβ − φ rβ i sα ] (2.56)
Si on parvient à orienter l’axe d (φdr=φr et φqr=0) sur le flux rotor on simplifie l'expression du
couple :
C=p
Lm
Lr '
[
φ rd i sq ] (2.57)
dφ r
Tr + φ r = Lm i sd (2.58)
dt
Le courant isd permet de régler le flux et le courant i sq permet de régler quant à lui le couple.
On distingue deux types de méthode de contrôle vectoriel permettant de maîtriser l’angle ρ(t):
Pour les premières dites « méthodes directes », le flux dans la machine doit être soit mesuré à
l’aide de capteurs, soit estimé par l’intermédiaire des courants et de la reconstruction du flux
rotor en accord avec un modèle de la machine, ce qui implique donc la connaissance précise
44
des paramètres. La phase instantanée du vecteur courant statorique est obtenue en
additionnant la valeur ρ(t) à l’angle de couple requis δ = Arctan (isq/isd). Cette méthode
nécessite l’usage des capteurs de courants (au moins 2).
Pour les secondes dites « méthodes indirectes », le flux n’est ni mesuré ni reconstruit. On
calcule la fréquence ωr à l’aide des consignes de couple C*, du courant magnétisant Imr* et à
partir du modèle de la machine en régime transitoire. L’intégration de ωr, additionnée à la
position du rotor pθ, donne l’angle ρ(t). Ces méthodes requièrent une mesure précise de la
position du rotor.
Dans les deux cas, l’orientation est sensible aux variations éventuelles de la constante de
temps rotorique Tr en fonction de la température, et est également sensible à la saturation
magnétique par variations des inductances. Une adaptation en ligne des paramètres est bien
souvent nécessaire pour garantir les performances de la machine. La présence de capteurs de
courant facilite et rend plus robuste la méthode de contrôle.
La commande vectorielle n’ayant pas été retenue pour l’application ADI, le lecteur pourra
trouver les détails des équations et mises en œuvre dans une littérature abondante ; nous
recommandons plus particulièrement les ouvrages suivants [LEONHARD][VAS][HAUTIER]
[CLERC].
La commande à flux constant permet d’assurer une réponse optimale en couple, lorsqu’elle
est associée à un contrôle de type vectoriel. Elle est généralement utilisée dans les
applications industrielles où l’on doit privilégier la performance en régime dynamique, par
exemple : commande d’axes en robotique, machine outil, etc…Bien que cette commande soit
plus robuste car elle offre l’intérêt de fixer l’état magnétique de la machine et par conséquent
les paramètres inductifs, la commande à flux variable est beaucoup plus adaptée à
l’application ADI.
45
En effet, elle privilégie le rendement du système et la performance dynamique:
• elle permet en outre d’appliquer un couple suffisant en mode démarrage jusqu’à atteindre
la vitesse de ralenti ;
• elle permet également un fonctionnement à puissance constante en mode générateur
lorsque la limitation de tension d’alimentation est atteinte.
Elle est souvent utilisée dans les applications de type à énergie embarquée et à vitesse
variable, où le critère énergétique est primordial [MILENT]. Cependant lorsque l’on fait varier
le courant magnétisant Imr, on agit sur l’état magnétique de la machine. Ceci implique que les
inductances de fuites Ls–Lm²/Lr’, l’inductance magnétisante Lm²/Lr’ et la constante de temps
du rotor Tr dépendent de l’état de saturation magnétique. La réponse en couple sera donc
moins robuste dans le cadre d’une commande à flux variable que dans le cas d’une commande
à flux constant. Les inductances peuvent décroître rapidement et donc réduire le couple
maximal. C’est pourquoi nous présenterons l’étude relative à la prise en compte de la
saturation dans les lois de commande au chapitre 4.
Dans l’application ADI, la machine est utilisée en mode génératrice pendant des régimes
permanents ou quasi permanents ; on suppose que les phases d’accélération du véhicule ne
représentent qu’une minime partie du cycle de conduite. De ce fait la maîtrise des régimes
transitoires que peut apporter la commande vectorielle, n’augmentera pas notablement les
performances de la machine sur la durée de son utilisation. Le choix du contrôle s’est donc
porté sur la forme scalaire plutôt que la forme vectorielle car elle nécessite moins de calcul en
temps réel, et par conséquent nécessite une électronique de commande moins onéreuse.
Toutefois ces propos sont à nuancer si on veut garantir la maîtrise du fonctionnement si on
veut faire face aux phénomènes d’acyclismes [KONIECZKA].
46
du second ordre. Cependant, le critère de conception à faible coût, nous conduit à retenir la
structure de commande scalaire en tension pour mettre en œuvre le pilotage et le contrôle de
l’ADI.
Nous avons jusqu’à présent considéré Imr* et ωr * comme des grandeurs de référence, qui
doivent être déterminées par une tâche dite ‘loi de commande’. Et l’élaboration des grandeurs
de pilotage (Us ou Is) était attribuée à une tâche complémentaire dite ‘stratégie de contrôle’.
Dans l’application, la grandeur Imr n’est qu’une grandeur intermédiaire d’optimisation qui est
masquée ensuite et qui n’intervient pas dans la commande de l’onduleur. Pour cela, nous
établirons les lois de commande avec les références tension de l’onduleur et pulsation
rotorique (V*, ωr*) au lieu de (Îmr* et ωr*). Ces références seront tabulées à l’aide d’une
matrice (V*, ωr*)=f(C*,Ω). Cette fonction est réalisée au travers du module intitulé ‘lois de
pilotage’.
47
Commande rapprochée
48
2.5 Méthode d’élaboration des lois de commande optimales
Ne disposant pas de calculateur capable d’effectuer des calculs complexes en ligne, nous
utilisons une méthode d’optimisation hors ligne, pour élaborer les lois de commande qui
seront tabulées ensuite dans une mémoire. Le synoptique de la méthode employée pour la
recherche des références optimales sera détaillé au chapitre quatre.
La figure 2.9.a illustre la tension en sortie d’un bras de pont VaM qui est la différence de
potentiel entre Va et le potentiel commun du système M (Masse batterie). Si on considère la
tension de phase, aux bornes d’un enroulement de la machine triphasée, son signal filtré aura
une enveloppe sinusoïdale centrée par rapport au 0V, d’amplitude égale à la tension de
consigne V* en couplage étoile (Fig. 2.9.b).
49
Fig.2.9.a Tension en sortie d’un bras de pont Fig.2.9.b Tension aux bornes de la charge
Le fonctionnement dit sinusoïdal est valable tant que l’amplitude de la tension requise en
sortie d’un bras de pont est inférieure à Ubat/2. Dans ce cas, nous avons linéarité entre la
consigne de commande de l’onduleur V* et la tension aux bornes des enroulements du stator
de la machine.
Nous avons vu que le fonctionnement de la machine asynchrone à vitesse variable était très
contraignant en raison des problèmes de limitation en tension d’alimentation. Ce problème est
accentué dans le cas de l’ADI, du fait que la tension du réseau de bord Ubat est limitée, elle
diminue avec la puissance prélevée sur la batterie en mode moteur, et elle est maintenue à
42V en fonctionnement générateur, en raison de la technologie des équipements électroniques
du réseau de bord. De ce fait l’amplitude de la tension de phase Ûs aux bornes des
enroulements de la machine sera limitée à Ubat / 2 ou [Link] / 2 , respectivement, en couplage
étoile ou triangle, si on veut fonctionner en régime sinusoïdal pur.
50
En effet, l’expression du couple en fonction de la tension Us est définie par :
3 L m Uˆs
2
C= p '
2
ωrTr. 1 + (ωrTr )
2
( )
2 Lr ωs Rs
2
L2
2
1 + ((
ω rTr )2
+
L2m
)
ωrTr +
Ls −
L2m
( )
1 + (ωrTr )2 + m'
ωs L'r L'r L r
(2.59)
Pour des vitesses élevées (ωs # ω), le couple crête est obtenu en annulant la dérivée du couple
par rapport à la pulsation rotorique soit :
2
Rs
+ Ls
2
ωr ≈ ±
1 ω
2
(2.60)
Tr L
2
+
2
Rs
Ls − m
'
ω
L r
Nous allons donc étudier l’interaction des harmoniques sur le fonctionnement de la machine,
pour ainsi définir les avantages et les défauts du mode ‘surmodulation’ par rapport au
fonctionnement sinusoïdal pur. L’objectif est de mettre en place un calcul analytique ‘simple’,
prenant en compte le fonctionnement non-sinusoïdal pur pour optimiser l’étude des lois de
51
commande, et déterminer la tension de commande de l’onduleur à partir des tensions de
phases.
Pour imposer la tension phase Us au delà de Ubat/2, nous devons augmenter l’amplitude de la
tension de consigne. Pour un rapport V*/Ubat=1.75, les tensions V*, VaM et Us sont
représentées figures 2.10.a et 2.10.b.
Fig. 2.10.a Tensions en sortie d’un bras de pont Fig. 2.10.b Tensions aux bornes d’une phase
d’onduleur VaM et la tension de consigne V*
52
l’enveloppe de la tension de sortie se rapproche d’un signal rectangulaire, dit ‘pleine onde’. Si on
note Va(t), la tension VaM (filtrée), et θ = ωs.t on a :
si θ ∈ [0 α ] ∪ [π − α π + α ] ∪ [2.π − α 2.π ]
.Ubat Ubat
Va(t ) = K M . sin(θ ) + (2.62)
2 2
si α ≤ θ ≤ π − α
Va(t ) = Ubat (2.63)
si π + α ≤ θ ≤ 2.π − α
Va(t ) = −Ubat (2.64)
35
VAM (t)
30
25
20
15
10
5
To = α/ωs
0 α = Arcsin(Ubat/V*)
-5 t (s)
0 1 2 3 4 5 6
To -3
x 10
2.π π /2
1 4
bn = . ∫ Va' (θ ). sin( nθ ).dθ = . ∫ Va' (θ ). sin( n.θ ).dθ (2.65)
π 0 π 0
53
pour n=1
K M .Ubat sin(2.α )
b1 = .α +
2
(2.67)
.π
Les deux autres bras de l’onduleur sont commandés de la même manière avec des tensions de
consigne d’amplitude identiques à V* et d’un déphasage de -2π/3 et -4π/3 successivement. On
a donc un système de tensions triphasées et les sorties après filtrage s’écrivent :
k
+ b1 . sin(ωs.t ) + ∑ b2. p +1 . sin [(2. p + 1).(ωs.t )]
Ubat
VaM (t ) =
2 p =1
Ubat 2.π k
2.π
VbM (t ) = + b1 . sin(ωs.t − ) + ∑ b2. p +1 . sin (2. p + 1).(ωs.t − )
3
(2.68)
2 3 p =1
Ubat 2.π k
2.π
VcM (t ) = + b1 . sin(ωs.t + ) + ∑ b2. p +1 . sin (2. p + 1).(ωs.t + )
2 3 p =1 3
En alimentant l’onduleur par une tension continue Ubat=42V. Pour une tension de commande
de l’onduleur V*= KM.(Ubat/2)sin(ωs.t)+Ubat/2 avec 0<KM<2.5, nous avons représenté la
variation des harmoniques hi des tensions en sortie de l’onduleur à l’aide de leurs modules bi.
On peut constater d’après la figure 2.12, que pour KM ≤1, il y a linéarité entre l’amplitude de
la consigne V* appliquée à l’onduleur et celle du fondamental de VsM.
54
Comme pour toutes les charges triphasées, l’harmonique 3 des tensions de phase est éliminé
et les premiers harmoniques sont de rang 5, 7, etc… Nous rappelons également que leurs
amplitudes dépendent du couplage des enroulements.
On limitera le fonctionnement en surmodulation pour KM ≤ 2, car au delà de cette valeur,
l’augmentation du fondamental est très limitée. Par contre, les harmoniques 5 et 11…, qui
sont injectés dans les tensions de phases croissent rapidement.
Le courant résultant s’obtient alors par superposition des différents harmoniques de courant.
∧
Vs k Vs k j (k .ωs1t + β k )
Is k = = ∧ .e (2.70)
Zk Zk
β k = ϕ k − arg( Z k ) (2.71)
55
On déduit le courant magnétisant :
∧
Is k Vs k
Im r k = = ∧ .e j (k .ωs.1 t +γ k ) (2.75)
1 + jωrk .Tr
Z k . 1 + (ωrk .Tr )²
avec
γ k = ϕ k − arg( Z k ) − arg(1 + jωrk .Tr ) (2.76)
3 Lm 2 ∧ ∧
Cs = . p. .∑ Is k . Im rk . sin( β k − γ k ) (2.77)
2 Lr ' k
ωrk .Tr
β k − γ k = arg(1 + jωrk .Tr ) et sin (β k − γ ) = (2.78)
1 + (ωrk .Tr )²
d’où
2
∧
3 Lm Vs k . ωrk .Tr
2
Cs = . p. .∑ ∧ (2.79)
1 + (ωrk .T )
2
2 Lr ' k Z
k
45
120
40
Is(H1)
Pj(H1)
35 100
30
80
25
60
20
15 40
10
20
5 Is(H5) Is(H7) Pj(H5)
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
Taux de surmodulation Km Taux de surmodulation Km
Fig. 2.13.a Evolution du courant fondamental Fig. 2.13.b Evolution des pertes joules totales
et harmoniques en fonction de la tension de dans la machine en fonction de la tension de
commande V* commande V*
56
On peut constater que les harmoniques de courant sont bien atténués par les impédances de la
machine (Fig. 2.13.a), par voie de conséquence, les pertes Joule (Fig. 2.13.b) sont
essentiellement liées au fondamental du courant. La figure 2.13.b montre que pour un indice
KM de surmodulation supérieur à 1, on peut augmenter le niveau de flux par augmentation du
fondamental du courant sans pénaliser les performances.
[Link]. Comparaison entre fonctionnement sous régime sinusoïdal et non sinusoïdal pur
Dans la plage de fonctionnement évoquée (800 et 5000tr/min), nous avons déterminé les
puissances électriques maximales que peut fournir la machine en fonctionnement sinusoidal
pur et en surmodulation. Ces points de fonctionnement doivent respecter la densité de courant
admissible qui correspond à un courant phase Ismax ≤ 100A en couplage étoile.
Fonctionnement sinusoïdal pur
Dans ce mode de fonctionnement, on agit sur V* et fr pour augmenter la puissance électrique,
avec un taux de surmodulation KM≤ 1. Dés que la limitation de tension est atteinte KM=1,
l’augmentation de la puissance se fera en augmentant fr, ce mode est dit en littérature
fonctionnement en défluxage. Bien entendu, le couple de valeur V* et fr doit respecter la
contrainte de courant spécifiée.
Fonctionnement non sinusoïdal pur
Tant que la contrainte de courant n’est pas atteinte, on fait augmenter la puissance en
augmentant le taux de surmodulation KM et ceci jusqu’à KM=2. La fréquence rotorique fr est
imposée à une valeur correspondant à wrTr=1.
L’espace de fonctionnement obtenu par les deux modes est représenté sur la figure suivante.
Espace fonctionnement Pmax (Vitesse) Rendement (%) Rendement aux points Pmax (Vitesse)
P electrique (W)
85
2500 Fonctionnement
80 Avec sur modulation
Fonctionnement
2000 avec sur modulation 75
Fonctionnement
70 Sinusoïdal pur
1500
65
1000
Fonctionnement 60
Sinusoïdal pur
500
55
0 50
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 5000
Vitesse (tr/mn) Vitesse (tr/mn)
57
Remarques :
A partir de 1500tr/min, le fonctionnement en surmodulation permet d’augmenter de 500W la
puissance électrique fournie par la machine, et ceci avec un meilleur rendement qu’avec un
fonctionnement sinusoïdal pur. En effet, dans ce dernier mode de fonctionnement, pour
augmenter la puissance électrique ou le couple électromagnétique, on impose un
fonctionnement en régime ‘défluxé’ ce qui engendre des pertes Joule importantes dans le
rotor.
Une autre technique pour repousser les limites d’écrêtage des tensions simples dans un
système triphasé aurait été l’injection d’harmonique h3 dans la consigne de commande V* (cf
ANNEXE E). Mais cette solution nécessite d’une part un codage spécifique de la consigne
V*, qui est différent selon le fonctionnement en sinusoïdal pur ou en surmodulation
contrairement à la méthode de surmodulation naturelle citée précédemment. D’autre part, elle
n’apporte pas de gain significatif dans notre système de pilotage. Pour ces raisons, l’injection
de l’harmonique h3 n’a pas été utilisée.
Nous avons étudié essentiellement le cas du couplage étoile, mais la méthode que nous avons
présentée est aussi valable dans le cas d’un couplage triangle. Ce couplage permettra de
débiter des puissances plus importantes car pour la même tension de commande V*,
l’amplitude des tensions de phases est plus importante en couplage triangle.
2.6 Conclusion
58
Le point fort de ce chapitre repose sur le fonctionnement sinusoïdal écrêté, appelé
surmodulation, qui permet d’augmenter les performances de la machine notamment en mode
alternateur malgré la limitation en tension inhérente à la batterie.
La méthodologie de recherche des lois optimales est esquissée. Elle sera développée dans le
dernier chapitre, afin de montrer comment la saturation magnétique est prise en compte dans
la commande optimale.
59
Chapitre 3
Saturation de la machine
Avant de prendre en compte la saturation, il faut savoir sur quel type de modèle nous allons
travailler. Afin de conserver la structure à quatre paramètres présentée au premier chapitre,
nous allons vérifier que toutes les grandeurs électriques restent sinusoïdales en présence de la
saturation magnétique et par conséquent que la notion d’impédance reste valable. Cela
permettra de modéliser la machine par un schéma équivalent qui servira pour la commande et
dont on déterminera les éléments en fonction de son état magnétique. Nous proposons à cet
effet, une méthode d’identification hors ligne afin d’obtenir les valeurs des paramètres du
modèle. A partir des essais réalisés sur banc, l’étude des fonctions de sensibilités nous permet
de critiquer les résultats obtenus.
La force magnétomotrice créée par le courant circulant dans un bobinage engendre un flux
dont la canalisation est réalisée suivant le chemin de plus faible réluctance, en l’occurrence le
fer de préférence ou l’air par défaut. La perméabilité du fer est très grande par rapport à celle
de l’air, ce qui traduit une propriété de bonne ‘conduction magnétique’ des matériaux utilisés
dans les machines ou les transformateurs pour canaliser les flux magnétiques. Cependant,
leurs perméabilités diminuent avec le champ magnétique, ce qui contribue à l’élévation des
réluctances et à la limitation du flux ce qui se répercute sur la force magnétomotrice et par
conséquent sur le courant. Ce phénomène de saturation magnétique peut être illustré par la
figure 3.1 qui représente les essais d’un transformateur triphasé alimenté sous deux niveaux
de tensions. Les analyses spectrales des courants et tensions (relevés au primaire) révèlent
60
l’apparition des harmoniques 3 et 5 dans une gamme de l’ordre de vingt pour cent par rapport
à l’amplitude du fondamental. Ceci explique la déformation du courant lorsque le
transformateur est saturé.
Nous avons procédé à des essais en régime non saturé et saturé sur l’ADI en mode alternateur,
afin de montrer un comportement différent de la machine asynchrone par rapport au
transformateur vis à vis de la saturation magnétique.
La figure 3.2 montre les essais de l’ADI en mode alternateur à 850 tr/min respectivement à
850W et 2400W. Les analyses spectrales des courants et tensions dans les deux essais font
clairement apparaître une raie unique correspondant au fondamental des signaux.
61
Ainsi, en comparant les essais réalisés sur la machine et sur un transformateur, on s’aperçoit
que dans le cas de la machine, même en régime saturé, les grandeurs électriques restent
sinusoïdales. Dans ce cas la notion d’impédance reste valable.
On peut expliquer que la saturation magnétique ne produit pas les mêmes effets sur les
grandeurs électriques en raison de la répartition géométrique des conducteurs. Dans le cas du
transformateur, toutes les spires d’une même phase sont enroulées autour d’un même noyau
de transformateur, par conséquent, si une saturation du flux se produit localement dans ce
noyau, alors elle se répercutera en synchronisme sur toutes les spires de cette phase. En
revanche, dans le cas de la machine asynchrone, tous les brins d’une même phase n’entourent
pas le même circuit magnétique en raison de la répartition géométrique des conducteurs, par
conséquent une saturation locale de l’induction ne se répercutera pas simultanément sur
l’ensemble des spires d’une même phase.
La disposition géométrique des enroulements est répartie sur plusieurs encoches. La figure 3.3
représente le dépliement d’un stator et illustre la répartition des conducteurs par phase. Ainsi
on montre qu‘entre les encoches séparées par les dents 1 et 2, tous les conducteurs
appartiennent à la phase 1 ; en revanche entre les dents 2 et 3 il y a autant de conducteurs
appartenant à la phase 1 et à la phase 2. Cette disposition des conducteurs permet d’obtenir
une meilleure répartition spatiale du champ magnétique créé.
1 2 3 4 5 6 7
Phase 1
Phase 2
Phase 3
Fig 3.3 Répartition géométrique des bobinages
62
Nous allons maintenant visualiser la répartition spatiale et temporelle de l’induction dans
l’entrefer afin de montrer l’effet de la répartition des conducteurs.
La figure 3.4 illustre la répartition de l’induction magnétique dans la machine pour un point
de fonctionnement qui permet d’atteindre localement la saturation magnétique des tôles. Les
résultats des calculs par la méthode des éléments finis ont été effectués pour une machine de
géométrie similaire à la M1B mais de puissance supérieure. On remarque (Fig. 3.4) que grâce
à la disposition des conducteurs d’une même phase sur plusieurs encoches, présentée dans le
paragraphe précédent, on évite la saturation de toutes les encoches associées à une même
phase.
La figure 3.5 montre la répartition spatiale de l’induction dans l’entrefer créée par tous les
conducteurs de toutes les phases. Les ‘sauts’ correspondent aux passages des encoches, dans
lesquelles l’induction circule difficilement en raison de la faible perméabilité de l’air ou des
conducteurs de cuivre qui remplissent ces encoches.
63
B(t1,tétas)
Induction spatiale B(t2,tétas)
B(T) (entrefer) B(t3,tétas)
1,80
1,40
1,00
0,60
0,20
-0,60
-1,00
-1,40
-1,80
téta (degré)
Fig. 3.5 Répartition spatiale de l’induction dans l’entrefer à trois instants différents
On aperçoit sur la répartition spatiale que l’induction monte localement au delà du coude de
saturation des tôles. Cette répartition se décale dans l’espace en fonction de l’évolution
temporelle des courants imposés. Bien que le fondamental de cette répartition semble
sinusoïdal malgré les sauts d’encoches, il ne semble pas évident que les saturations locales ne
déforment pas la répartition temporelle des flux, ce qui conduirait à une déformation des
forces électromotrices. Il est donc nécessaire de calculer le flux qui traverse la surface fermée
par chaque conducteur, puis le flux cumulé vu par une même phase pour se rendre compte que
les saturations locales de l’induction n’affectent pas l’évolution temporelle des grandeurs
électriques.
La figure 3.6 représente l’évolution temporelle du flux traversant la surface fermée par chaque
conducteur. On s’aperçoit que l’évolution temporelle est sinusoïdale. Ceci est dû au fait que le
calcul du flux pour une spire à un instant donné, résulte d’une moyenne spatiale de l’induction
traversant la surface délimitée par le conducteur. La répartition spatiale des conducteurs d’une
même phase aboutit à un déphasage des différents flux. La moyenne des flux récupérés par les
différents conducteurs d’une même phase conduit à un flux équivalent vu par la phase. Cette
moyenne lisse encore les harmoniques éventuels, ce qui conduit à une allure sinusoïdale du
flux équivalent vu par phase.
64
Flux temporel
Flux(wb)
0,012
Flux(conducteur 1)
0,010 Flux(conducteur 2)
Flux(conducteur 3)
0,008
Flux (cumulé)/4
0,006
0,004
0,002
0,000 t (s)
0,25 0,27 0,29 0,31 0,33 0,35 0,37 0,39 0,41 0,43
-0,002
-0,004
-0,006
-0,008
-0,010
-0,012
Couple/ C nominal
1.5
Valeurs
1.0
Is/Isnominal
2.0
0.5
1.5
1.0
65
Pour un courant Îs imposé, le couple électromagnétique admet un maximum qu’il est aisé de
déterminer en annulant la dérivée du couple par rapport à la pulsation rotorique
ce qui donne lieu aux commandes optimales développées au second chapitre. En utilisant
l’expression qui permet d’exprimer Is à partir de Imr, soit :
L' r
Îs ² = Îmr ²1 + ωr ² (3.3)
R' r
le couple s’exprime plus simplement
3 L² m L' r
C= p Îmr ² ωr (3.4)
2 L' r Rr '
C 3 Lm ²
= . p. Îmr ² (3.5)
ωr 2 Rr '
Ce rapport est proportionnel au flux Φmr², si l’on suppose que Rr’ ne varie qu’en fonction de
la température. En traçant une droite passant par l’origine dans le plan couple-pulsation
rotorique (Fig.3.7), les points d’intersections entre les courbes de couple et cette droite
correspondent à des points de fonctionnement à flux constant dont l’amplitude est
proportionnelle à la pente de la droite.
Le couple électromagnétique dépend des paramètres Lm²/Lr’ et Lr’/Rr’, lesquels varient avec
l’état magnétique (donc le flux rotor) qui est proportionnel au courant magnétisant
66
La figure 3.8 représente l’évolution des paramètres prédéterminés théoriquement par
J.M Biedinger lors de la conception de la machine M1B qui comporte 5 paires de pôles, 4
spires et 5 conducteurs par spire de section 132/100.
10.0
L fr’ * 10-5 (H)
7 .5
L fs * 10-5 (H)
5 .0
2 .5
Zone linéaire
Îmr (A)
0 100 200 300 400
Pour des fonctionnements à faible flux (zone linéaire), la caractéristique du couple est
identique à celle d’une machine idéale ; les paramètres de la machine sont supposés constants,
le couple ne dépend alors que de l’amplitude du courant et de la pulsation rotorique. Mais au
delà de cette zone de fonctionnement, les valeurs des inductances diminuent avec
l’augmentation du courant magnétisant et par conséquent la caractéristique du couple devient
non linéaire. En effet, il convient de compléter l’expression du couple en fonction du courant
L2m
magnétisant du rotor Imr, en tenant compte de l’évolution des paramètres et Tr pour ce
L'r
3 L² m
C= p ( Îmr ).Îmr ².Tr ( Îmr ).ωr (3.7)
2 L'
r
C= K(Îmri)*ωr (3.8)
67
et, compte tenu de la variation des inductances en fonction de Îmr, il existe pour chaque
couple électromagnétique, un binôme : (Îmri, ωri) ou (Îsi, ωri) qui satisfait le fonctionnement
optimal suivant le critère objectif .
Couple/Cn
C(Îmr3)
1.5
C(Îmr2)
1.0 C(Îmr1)
Is1
ωr
ω
ωri(3) ωri(2) ωri(1)
Couple/Cn
Pts de Fonctionnement à Imr imposé
1.5
1.0 Valeurs
Is/Isnominal
C objectif 2.0
0.5 1.5
1.0
ωr
ωropt 1 ωropt 2 ωropt 3
Fig. 3.10 Caractéristiques du couple pour une machine réelle (avec saturation)
68
Remarques :
Au travers de ces deux cas de machine, nous pouvons constater que l’évolution des
paramètres peut dégrader considérablement les performances de la machine.
L’emploi d’un courant excessif ou d’un courant mal orienté en raison d’une pulsation ωr
différentes de ωropt, implique des pertes Joule au stator et au rotor qui dégraderaient aussi
les performances.
Il est donc important de bien déterminer l’évolution des paramètres de la machine pour
déterminer les lois de commande optimales suivant les critères de fonctionnement et les
contraintes associées.
On distingue deux catégories d’identification, la première est une identification ‘en ligne’ et
la seconde est une identification ‘hors ligne’.
L’identification ‘en ligne’ est souvent mise en œuvre pour estimer les paramètres ou les
variables d’états utilisés au sein de commandes vectorielles ou de commandes adaptatives
nécessitant la prise en compte de l’évolution éventuelle des paramètres. Dans cette catégorie,
on retrouve notamment les observateurs étendus de Luenberger et de Kalman
[KALMAN][ZEIN]. L’identification en temps réel des paramètres de la machine asynchrone à
l’aide de ces outils nécessite, d’une part, l’implantation de capteurs de courants dans la
structure de pilotage et, d’autre part, de moyens de calcul suffisamment puissants pour
dérouler l’algorithme d’estimation et effectuer ensuite le calcul relatif à la commande
optimale [LORON].
L’identification ‘hors ligne’ permet de déterminer en amont (de l’utilisation finale de la
machine) le modèle comportemental de la machine par des essais plus exhaustifs et des
algorithmes plus robustes, sans être limité par des contraintes temporelles. Cette approche
permet de conserver pour l’application finale une structure de pilotage très simple et d’éviter
ainsi une mise en œuvre plus onéreuse comme dans le cas précédent. L’identification ‘hors
ligne’ limite l’utilisation du modèle ainsi identifié à une machine spécifique. Cependant cette
limitation n’est pas contraignante dans le cadre de notre étude.
69
3.4.2 Signaux de tests et acquisition
A partir du modèle retenu, nous allons définir le protocole d’essais et déterminer les grandeurs
d’entrée et de sortie mesurables qui régissent le fonctionnement de la machine et qui
renseignent sur son état énergétique, magnétique et thermique dont dépendent les différents
éléments du modèle.
Considérons le couple électromécanique qui régit le fonctionnement de la machine
asynchrone en régime stationnaire
3 L2m Trωr
C= p ' Iˆs 2 (3.9)
2 Lr 1 + (Trωr )²
C (1 + α (Θr − Θamb )) 3 Lµ 2
2
3 1
= p ' I mr = p ' Φ 2mr (3.11)
wr 2 Rr 0 2 Rr 0
d’où
C (1 + α (Θr − Θamb ))
= kΦ 2mr (3.12)
wr
C (1 + α (Θr − Θamb ))
Le rapport détermine l’état magnétique de la machine car il est
wr
proportionnel au carré du flux. Si on augmente le couple dans les mêmes proportions que la
pulsation rotorique on garantit un état magnétique constant et par conséquent on garde les
valeurs des inductances constantes. Comme le couple est proportionnel au carré du courant
statorique, le carré de ce dernier appartient à la droite d’équation 3.13 [LORENTZ 90].
70
Le courant statorique est lié au courant magnétisant du rotor par
2
2 Lr
Iˆs2 = Iˆmr ω r + Iˆmr
2 2
(3.13)
Rr
Lr
Pour un état magnétique donné, les termes Iˆmr et Iˆmr sont constants. Afin de déterminer les
Rr
paramètres du modèle on procède à des essais pour différents états magnétiques de la
machine. Pour chaque état magnétique, on relève 6 à 8 points de fonctionnement différents.
Ces points correspondent à plusieurs couples pour différentes pulsations rotoriques et
appartiennent tous à une même droite dans l’espace (Iˆs2 , ω r2 ) (Fig. 3.15). Pour chaque groupe
de points appartenant à une même droite, nous recherchons le binôme Lm²/Lr’, Tr qui
minimise la somme des écarts quadratiques entre les couples mesurés et les couples calculés à
partir de ce binôme. Ensuite, en utilisant le binôme précédent, nous recherchons les
paramètres Rs, Ls – Lm²/Lr’, qui minimisent la somme des écarts quadratiques entre les
tensions mesurées et les tensions calculées à l’aide du modèle.
L’identifiabilité est un élément essentiel de l’estimation des paramètres. Deux propriétés sont
à la base de l’identifiabilité : l’unicité du modèle et le contenu informationnel des signaux.
La non unicité caractérise le fait que le modèle comporte un nombre plus important de
paramètres qu’il n’est possible de déterminer à partir des équations du système : c’est
pourquoi, le schéma électrique équivalent de la machine asynchrone a été simplifié en
ramenant les fuites au stator. L’unicité traduit le fait qu’il ne peut pas y avoir plusieurs jeux
de paramètres pour un même essai.
71
La sensibilité d’un paramètre décrit l’influence sur le comportement du système que peut
avoir une variation même minime de ce paramètre. Nous allons évaluer la sensibilité de
chacune des deux variables par rapport au critère utilisé pour leur identification.
∂C Tr 1 − (ωr .Tr )²
= (3.15)
∂Tr C 1 + (ωr .Tr )²
Nous avons représenté figure 3.11 l’évolution en valeur absolue de cette sensibilité pour les
modes moteur et générateur. On constate que cette sensibilité est optimale pour des
fréquences rotoriques importantes. On voit également qu’elle s’annule pour tous les points de
fonctionnement ωr .Tr = 1 . Les essais effectués dans cette dernière configuration ne pourront
pas être retenus, car la fonction de sensibilité implique que les résultats d’identification de Tr
pourraient être complètement erronés sans pour autant modifier l’estimation du couple.
72
Lm ²
Le second terme identifié à l’aide du couple est . Sa sensibilité normalisée est unitaire :
Lr '
Lm 2
∂C Lr ′ = 1 (3.16)
Lm C
2
∂
Lr ′
Ceci indique que quel que soit l’essai effectué, la moindre variation aura une influence sur
l’estimation du couple. Par conséquent, on peut identifier avec confiance ce paramètre dans
tout l’espace de fonctionnement.
Le second jeu de paramètres est obtenu en minimisant la somme des écarts quadratiques entre
les tensions mesurées et les tensions estimées. Seules les tensions estimées peuvent être
influencées par des variations de paramètres.
Considérons la tension estimée :
Lm ² ωsωrTr Lm ² Lm ² 1
U s = Rs.I s + + jωs.I s Ls − +
Lr ' Lr ' 1 + (ωrTr )²
.I s. . (3.17)
Lr ' 1 + (ωrTr )²
nous pouvons calculer sa sensibilité normalisée par rapport à Rs
∂Us Rs Rs.
= (3.18)
∂Rs Us
2
2
Lm ² ωsωrTr Lm ² Lm ² 1
Rs + + ω s Ls − + .
Lr ' 1 + (ωrTr )² Lr ' Lr ' 1 + (ω rTr )²
Celle-ci est représentée sur la figure 3.12 pour les modes moteur et générateur. On constate
qu’en mode moteur les essais seront plus sensibilisants dans les basses vitesses (inférieures à
100 tr/min) et pour des fréquences rotoriques faibles. En mode générateur, les essais seront
plus sensibilisants pour des vitesses comprises entre 100 et 1000 tr/min et surtout pour des
fréquences rotoriques faibles.
Fig. 3.12 Sensibilité de la tension par rapport à Rs en mode moteur et en mode générateur
73
L’inductance de fuite constitue le second paramètre obtenu à l’aide du critère sur les tensions.
La sensibilité normalisée du critère par rapport à Lfs s’exprime :
Lm ² Lm ²
Ls − ω s Ls − .
∂Us Lr ' Lr '
= (3.19)
Lm ² Us 2 2
∂ Ls − Lm ² ωsωrTr Lm ² Lm ² 1
Lr ' Rs + + ω s Ls − + .
Lr ' 1 + (ωrTr )²
Lr ' Lr ' 1 + (ωrTr )²
Celle-ci est représentée sur la figure 3.13 respectivement pour les modes moteur et générateur
Dans les deux cas, plus la vitesse et la fréquence sont élevées, plus les essais seront
significatifs quant aux résultats d’identification de l’inductance de fuite.
Nous disposons d’un banc d’essais au laboratoire de Valeo Systèmes Electriques à Créteil. Il
est possible de configurer ce banc en tant que banc de charge ou d’entraînement ce qui permet
de caractériser les machines électriques respectivement en moteur et en générateur.
Ce banc dispose de deux axes d’entraînement. Le premier, dit ‘fort couple’, permet de relever
le couple moteur à vitesse imposée de 0 à 3000tr/mn, le couple est limité à 300 Nm. Le second
dit ‘faible couple’, permet d’entraîner la machine électrique fonctionnant en génératrice. La
vitesse de rotation peut-être régulée de 800 à 6000 tr/mn, le couple est limité à 85 Nm sur cet
axe d’entraînement. La machine électrique à tester est placée dans l’enceinte climatique du
74
banc, ce qui offre ainsi la possibilité d’imposer les températures de fonctionnement
(Fig. 3.14).
Le banc est équipé de capteurs pour la mesure des trois courants et des trois tensions machine,
de la tension et du courant batterie, de la vitesse mécanique et du couple sur l’arbre
d’entraînement. On dispose également d’un certain nombre de thermocouples placés sur le
stator de la machine. Des essais par télémesures ont mis en évidence que la température du
rotor et celle du stator étaient relativement proches avec des écarts ne dépassant pas dix
degrés : par conséquent nous avons considéré tout au long des essais les températures au rotor
identiques à celles du stator. Les données rapatriées vers la baie d’acquisition sont filtrées par
un filtre du type passe bas d’ordre 2 à 10 kHz.
Enceinte
climatique
Ligne d’arbre
Le montage électronique mis en œuvre pour piloter la machine asynchrone est un système de
contrôle par autopilotage associé à un onduleur MLI alimenté et régulé en tension. On peut,
par action sur les paramètres de commande que sont la tension de consigne Ûs et la fréquence
de glissement fr, imposer un point de fonctionnement à la machine soit en mode moteur soit
en mode générateur.
La fréquence rotorique fr est fournie par un générateur de fréquence auquel on ajoute ou
soustrait les impulsions provenant du capteur incrémental mesurant la vitesse mécanique. La
source d’alimentation de l’onduleur est soit, une source réversible de 20kW, soit un lot de trois
batteries de 12V mises en série.
En mode moteur, les essais sont effectués à vitesse réduite (0 à 800tr/mn) pour avoir des
courants élevés dans les enroulements du stator, de manière à imposer des fonctionnements à
des niveaux importants de saturation. Ces essais permettent de mettre en évidence et d’étudier
le phénomène de saturation sur les inductances et de bien sensibiliser la résistance Rs.
75
En mode générateur, les essais sont effectués à des vitesses plus importantes
(800 à 4000 tr/mn).
Afin d’éviter un échauffement de la machine, pour chaque point d’essai, les consignes sont
appliquées et sont maintenues pendant un court instant relativement à la dynamique
thermique. Pendant cet instant nous enregistrons toutes les grandeurs requises pour identifier
les paramètres ; seules les valeurs enregistrées en régime électrique établi seront exploitées.
Les lois de commandes prédéterminées à l’aide des paramètres théoriques (données de
J.M Biedinger) permettent d’orienter les choix des valeurs de Ûs et fr pour imposer le
fonctionnement à flux constant. Par ailleurs, tous les essais sont réalisés en régime sinusoïdal
pur afin d’éviter la présence de courants harmoniques issus de la surmodulation, et qui
rendraient plus délicate l’analyse des signaux en vue de l’identification des paramètres.
3.5.2 Résultats
C (1 + α (Θr − Θamb ))
Pour différentes valeurs de , c’est à dire différents états magnétiques de la
wr
machine, nous avons sélectionné 6 à 8 points de fonctionnement. Ces points doivent vérifier
une appartenance à la droite décrite par l’équation (3.13). Nous avons représenté figure 3.15
l’ensemble des mesures effectuées. On peut vérifier que pour chaque état magnétique de la
machine, les points de fonctionnement semblent appartenir à des droites de pentes différentes.
50000
40000
30000
20000
10000
0 20 40 60 80 100
Fr²
76
Les résultats d’identification sont présentés figures 3.16, 3.17 et 3.18.
La résistance Rs a été estimée à température ambiante (25°C) pour une valeur comprise entre
26 (à faible vitesse) et 30 mΩ. (à vitesse élevée). Ce résultat semble cohérent avec les 26 mΩ
donnés par la mesure de la résistance statorique.
La valeur estimée est alors comprise entre 6.8 mΩ et 9.0 mΩ ce qui est du même ordre de
grandeur que les 8.5mΩ estimés lors de la conception par J.M Biedinger.
On remarque un affaissement de Tr dans la zone linéaire : ceci s’explique par le fait que la
résistance rotorique est plus faible dans les basses fréquences que dans les hautes fréquences.
77
Lm²/Lr' Lm²/Lr' moteur'
1,2
Lm²/Lr' générateur
Lm2/Lr théorique
1
0,8
Lm²/Lr' (mH)
0,6
0,4
0,2
0
0 50 100 150 200 250
Îmr (A)
120
Tr'(ms)
100
80
60
40
20
0
0 50 100 150 200 250
Îmr (A)
0,175
0,15
0,125
0,1
0,075
0,05
0,025
0
0 50 100 150 200 250
Îmr (A)
78
12
Rr (mΩ
Ω)
10
Rr (id mot)
6
Rr (id gen)
4
0
0 1000 2000 3000 4000 5000
Vitesse (tr/min)
La figure 3.19 montre les résultats d’identification de la résistance rotorique Rr. Cette
résistance évolue en fonction de la fréquence des courants induits sur le rotor. La figure 3.19
montre qu’elle augmente en fonction de la vitesse. Cette augmentation explique
l’affaiblissement de la constante de temps Tr pour les faibles états de magnétisation de la
machine (Fig. 3.17). Ces points correspondent en effet à des essais réalisés en mode
générateur et donc pour des vitesses supérieures à 850 tr/min.
3.6 Conclusion
La première partie du chapitre a servi à montrer que les formes d’onde des courants ne sont
pas altérées par la saturation magnétique, comme nous avons l’habitude de le voir dans le cas
des transformateurs, par exemple, et que par conséquent, pour l’ADI, la notion d’impédance
restait valide pour le modèle de la machine même en présence de saturation magnétique, avec
cependant une évolution des paramètres inductifs. Nous avons montré la nécessité de prendre
en compte leurs évolutions pour garantir la conservation des performances de la machine. Une
méthode d’identification hors ligne a donc été mise en œuvre afin d’obtenir les valeurs des
quatres paramètres du modèle dont les résultats semblent coïncider avec ceux déterminés en
théorie lors de la conception. Les dispersions des résultats obtenus ont été justifiées à l’aide
des fonctions de sensibilisation, qui permettent de déterminer quels sont les essais les plus
significatifs pour l’identification des paramètres. La machine en mode saturé peut donc être
représentée par un schéma à paramètres localisés dont les valeurs des inductances diminuent
lorsque la saturation est croissante. Ce modèle est celui retenu pour déterminer les lois de
commande optimale avec saturation qui seront exposées dans le chapitre suivant.
79
Chapitre 4
Elaboration des lois de commande
pour une machine saturée
Maintenant que le modèle est bien défini et que l’on connaît l’évolution des valeurs des
paramètres en fonction de l’état magnétique et thermique de la machine, il est aisé de trouver les
grandeurs de référence qui maximisent le couple en mode démarreur ou le rendement en mode
générateur. La méthode de recherche des grandeurs de référence est ici présentée ainsi que les
résultats qui mettent en valeur l’intérêt du fonctionnement en surmodulation pour accroître la
puissance malgré la limitation en tension imposée par l’alimentation. Une étude de robustesse
des lois de commande est présentée en fin de chapitre.
La recherche des lois de commande optimales consiste à déterminer les références de commande
[ωr et Us], qui permettent d’atteindre les objectifs fixés en mode démarreur et en mode
alternateur et qui garantissent les contraintes pour chaque point de fonctionnement de
l’application (vitesse et température imposées). La prise en compte de la saturation magnétique
rend difficile cette recherche. En effet, les valeurs des inductances dépendent de la valeur du
courant magnétisant et réciproquement.
Etant donné que nous connaissons les modèles d’évolution des inductances en fonction du
courant magnétisant, nous pouvons imposer ce courant et calculer les valeurs des inductances. A
partir de ces valeurs, nous pouvons alors calculer la pulsation rotorique qui permet d’atteindre
l’objectif fixé (couple ou puissance), puis à l’aide des équations de la machine en déduire les
80
performances électromécaniques (C, P, η, Is), ainsi que la tension Us qu’il faut appliquer aux
bornes de la machine pour pouvoir imposer le courant magnétisant que nous nous sommes fixés
précédemment. Une fois les références de commande déterminées, nous vérifions les contraintes
physiques que sont : la limitation en tension , le courant maximal de la batterie, ainsi que la
densité de courant imposée dans les enroulements de la machine. Si ces contraintes sont
respectées nous regardons alors le rendement obtenu avec le nouveau couple de référence
[ωr(k), Us(k)] par rapport au rendement obtenu avec le couple de valeurs initial [ωr(i), Us(i)]: si
il est meilleur on mémorise le nouveau couple de valeurs. Par contre, si les contraintes ne sont
pas vérifiées ou si le rendement obtenu n’est pas meilleur, on réitère les opérations précédentes
avec un courant magnétisant plus important.
Le processus employé pour élaborer les lois de commande et déterminer les performances de la
machine est résumé sur les organigrammes présentés figures 4.1 et 4.2.
Il est à noter que dans le mode démarreur, il n’est pas nécessaire de rechercher la valeur du taux
de surmodulation, car le fonctionnement en régime sinusoïdal est suffisant pour atteindre
l’objectif fixé, tout en garantissant les contraintes. En revanche, dans le mode de fonctionnement
en mode alternateur, il est nécessaire de rechercher un mode éventuel de fonctionnement en
surmodulation afin de garantir un rendement optimal.
81
MODE MOTEUR
PARAMETRES D’ENTREES
Essais successifs de
courant magnétisant
Imr = Imr0 : ∆Imr :Imrmax
non
Vérifications des
Contra int es :
contraintes
Iˆs ≤ Is lim ite(350. 2 )
oui
Ibat ≤ Is lim ite(300)
ˆ
non Vs ≤ Vs lim ite(Ubat )
Le rendement est il
meilleur ?
oui
82
MODE ALTERNATEUR
PARAMETRES D’ENTREES
Essais successifs de
courant magnétisant
Imr = Imr0 : ∆Imr :Imrmax
Modèle de MAS
Recherche de la pulsation rotorique solution de • Machine linéaire
( )2 = 0
2 Pelec Lm ² Lm ² (P : paramètres constants)
− Rs + ωω Tr + Rs + ω Tr •
3 Îmr ² Lr ' r Lr ' Tr r Machine saturée
(paramètres = f (Îmr)
Contra int es :
Iˆs ≤ Is lim ite
Vérification des Ibat ≤ Is lim ite
contraintes non Vˆs ≤ Vs lim ite (Ubat )
oui non Limitation en
tension
oui
Calcul du taux de modulation
non
Le rendement est il
meilleur ?
oui
83
4.1.2 Modèles utilisés dans les simulations
Comme nous l’avons vu dans le chapitre trois, les paramètres identifiés correspondent
sensiblement aux paramètres théoriques définis lors de la conception de la machine. Ces données
ont été calculées à partir de conditions de fonctionnement très diverses (moteur ou alternateur,
couple élevé ou faible, machine fortement saturée ou non).
Lm ² Rr ′ L m
2
Ls − →s Lr '
Rs Lr ' g L'r I r'
Lm
→s
Is
Lm ²
dΦ Smr dΦ rS →s
Lr ' = mt Vr =0
dt dt
→s
I mr
Dans le même esprit, nous tenons compte des variations thermiques des résistances à l’aide des
lois ci-dessous et des coefficients de dérive thermique du cuivre et de l’aluminium
respectivement pour les résistances du stator et du rotor.
La dérive thermique de la résistance rotorique est prise en compte au travers de la dérive de la
constante de temps Tr identifiée au chapitre 3.
Les résultats d’identification établis au chapitre 3 ont permis de déterminer les valeurs des
inductances magnétisante et de fuite pour quelques valeurs de courant magnétisant. Afin de
connaître les valeurs de ces inductances sur l’ensemble des valeurs que peut prendre le courant
magnétisant, les résultats issus de l’identification ont été interpolés.
84
La figure 4.4 représente les profils des inductances ainsi interpolées.
-4 -4
x 10 Lm²/Lr = ft (Imr) x 10 Ls-Lm²/Lr = ft( Imr)
11 1.5
10
1.4
9
8
1.3
Ls-Lm²/Lr (H)
Lm²/Lr (H)
1.2
6
5
1.1
4
3 1
20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Imrcr (A) Imrcr(A)
Avec la machine prototype M1B à 5 paires de pôles, 4 spires, 5 conducteurs (132/100) dont le
modèle comportemental a été identifié et étudié au chapitre 3, nous avons effectué des essais sur
banc pour déterminer les performances de la machine d’une part, et d’autre part, les lois de
commande optimales en modes moteur et générateur.
Ce banc décrit au chapitre 3 est doté d’une enceinte climatique permettant d’imposer des
températures ambiantes. Il dispose aussi d’une centrale d’acquisition permettant d’enregistrer les
grandeurs électriques, mécaniques et thermiques qui correspondent au point de fonctionnement
imposé.
En mode démarreur la vitesse de rotation est maintenue constante par l’axe d’entraînement pour
une vitesse N comprise entre 0 et 1000 tr/mn. On agit sur les consignes de l’onduleur (Vcc,fr)
pour appliquer un système de tensions triphasées us1, us2 et us3 d’amplitude égale à Vcc/2 et
une fréquence fs = fr + N/60*p aux bornes des enroulements du stator.
Les consignes sont appliquées et sont maintenues durant 3 secondes, pendant lesquelles nous
enregistrons toutes les grandeurs électriques, mécaniques et thermiques qui caractérisent le point
de fonctionnement. Seules les données en régime électrique établi sont retenues pour
déterminer :
85
- les valeurs efficaces des tensions (Us1, Us2, Us3) et des courants de phase (Is1, Is2,Is3) ;
- la tension Ubat et le courant Ibat à l’entrée de l’onduleur ;
- la vitesse de rotation N et le couple ;
- les températures des enroulements au stator.
Pour un objectif de couple et une vitesse donnée, on essaie successivement différents jeux de
consignes en faisant varier Vcc et fr. Avec les grandeurs électromécaniques enregistrées, on peut
déterminer le rendement obtenu et donc le réglage optimal de Vcc et fr.
On réitère cette procédure, jusqu’à la valeur maximale du couple pour une vitesse donnée. La
valeur maximale du couple est obtenue pour la valeur à partir de laquelle on a une augmentation
importante des courants de phase ou une dégradation importante du rendement (lorsque l’on agit
sur Vcc et Fr sans pouvoir augmenter le couple). Bien entendu cette recherche doit se faire en
respectant les contraintes imposées sur les courants Is, Ibat et de la température. En effet, une
durée d’arrêt doit être imposée entre deux mesures pour conserver l’état thermique initial de la
machine.
En renouvelant cette procédure pour des vitesses de 0, 20, 50, 100, jusqu’à 1000tr/mn, on peut
alors déterminer l’espace couple-vitesse admissible ainsi que les lois de commande optimale Vcc
et fr en mode moteur.
Pour des vitesses de 800, 1000, 2000, 3000, 4000 et 5000 tr/mn, on recherche le jeu de réglage
optimal Vcc, fr pour des objectifs de puissances croissantes, jusqu’à obtenir la puissance
maximale de la machine, c’est à dire jusqu’à la température maximale admise dans les
enroulements ou lorsqu’il n’y plus d’évolution de la puissance électrique. D’une manière
générale, on agit sur Vcc pour régler la puissance et on agit sur fr pour régler le rendement.
86
On relève les performances à vitesse constante, et après stabilisation en température
(45min à 1h).
Remarques :
Il s’agit d’une procédure d’essai très longue, qui doit se faire avec précautions, notamment pour
le réglage de Vcc, car l’emploi d’une tension excessive peut entraîner un courant trop important
et donc endommager la machine et l’onduleur. De même, la consigne de tension doit être bien
prise en compte avant tout changement de vitesse.
Par ailleurs, les lois de commandes prédéterminées permettent d’orienter les choix des valeurs de
Vcc et fr.
En mode démarreur le couple exigé par le cahier des charges est de 140 N.m à rotor bloqué. La
machine doit ensuite développer un couple équivalent durant un temps bref pour entraîner le
moteur thermique jusqu'au (300tr/mn), qui correspond au régime requis pour le démarrage.
D’après les motoristes, c’est seulement à partir de cette vitesse que le système d’injection est
capable d’amener seul le moteur thermique à son régime de ralenti (900tr/mn). Néanmoins,
l’ADI doit accompagner le démarrage jusqu’à 800tr/mn de manière à réduire cette phase et par
conséquent réduire la consommation. Le critère objectif retenu consiste alors à maximiser le
couple en mode démarreur.
L’espace couple vitesse, obtenu en mode démarreur après recherche des grandeurs optimales de
référence, est représenté figure 4.5.
La machine associée à son alimentation peut fournir un couple supérieur à 140Nm à rotor bloqué
et dans la phase de démarrage à proprement dit (0 à 300 tr/mn), l’ensemble développe un couple
supérieur à 100N.m. Par ailleurs, le couple disponible reste supérieur au couple préconisé dans le
cahier des charges à savoir 30N.m à 925tr/mn, ce qui est suffisant pour entraîner le moteur
87
thermique dans cette plage de vitesse. Ces résultats sont bien sûr obtenus en tenant compte des
contraintes de limitation sur le courant batterie Ibat qui doit rester inférieur à 300A.
C o u p le ( M e s ) C o u p le ( S im ) C d C ( -2 0 ° C )
1 6 0 ,0 0
1 4 0 ,0 0
1 2 0 ,0 0
Couple (Nm)
1 0 0 ,0 0
8 0 ,0 0
6 0 ,0 0
4 0 ,0 0
2 0 ,0 0
0 ,0 0
0 ,0 0 2 0 0 ,0 0 4 0 0 ,0 0 6 0 0 ,0 0 8 0 0 ,0 0 1 0 0 0 ,0 0 1 2 0 0 ,0 0
V IT E S S E ( t r /m n )
Fig. 4.5 Espace couple- vitesse admissible en simulation et en expérimentation sur banc
d’essais
Sur toute la phase de démarrage, la fréquence rotorique fr est comprise entre 4.5 et 6.5 Hz
(Fig. 4.6). En revanche la variable de réglage la plus évolutive est la tension Useff faible à très
basse vitesse et qui augmente avec la vitesse pour à la fois imposer un flux nominal Imr* et
respecter la limitation de tension imposée par la batterie et l’onduleur. Pour la fréquence
rotorique fr, les simulations correspondent relativement bien aux mesures expérimentales.
Cependant la tension efficace statorique Useff mesurée est légèrement supérieure à celle trouvée
en simulation et l’écart augmente avec la vitesse. Cet écart s’explique par le fait qu’on utilise des
câbles de longueurs importantes (3 m) entre la machine et l’onduleur, cette longueur étant
incontournable pour réaliser la connexion avec l’instrumentation du banc d’essais.
La figure 4.7 représente les courants batterie et statorique en fonction du couple lors du
démarrage.
Le courant statorique Iseff prédéterminé en simulation est bien corrélé avec les mesures tant pour
les faibles couples que pour les forts couples, ce résultat valide le modèle de paramètres à
constantes localisées que nous employons et en l’occurrence les valeurs de Lm²/Lr’ et Tr en
fonction de Imr.
88
En revanche, on observe un léger écarts entre le courant batterie Ibat simulé et expérimental.
Ceci peut s’expliquer par le fait que le modèle de la batterie utilisé dans nos simulations n’est pas
complet car ce modèle ne prend pas en compte les phénomènes électrochimiques.
40 160,00
35 140,00
30 120,00
Useff (V) / Fr (Hz)
Couple (Nm)
25 100,00
20 80,00
15 60,00
10 40,00
5 20,00
0 0,00
0 200 400 600 800 1000 1200
Vitesse (tr/m n)
350
300
250
Courant (A)
200
150
100
50
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Couple (Nm)
89
4.3 Lois de commande en mode alternateur
4.3.1 Objectifs
En mode générateur la machine doit être capable de délivrer une puissance électrique de l'ordre
de 3 à 4 kW entre 800 et 5000 tr/mn en régime stabilisé avec un rendement qui doit être supérieur
à 75%. Le critère objectif retenu consiste donc à maximiser le rendement pour éviter les pertes
excessives des éléments en mode alternateur.
20 1000
10 500
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
N (tr/mn) N (tr/mn)
La puissance électrique Pelect (Ubat*Ibat) sur la plage de fonctionnement, pour une température
des enroulements stator inférieure à 160°C, est supérieure à 2,5 kW. Elle atteint son maximum à
4,3 kW entre 2000 tr/mn et 3000 tr/mn ; ces vitesses correspondent à un régime ‘usuel’ pour la
plupart des véhicules. De plus dans cette zone, le rendement atteint plus de 75%, il décroît au-
delà de 3000 tr/mn pour stabiliser aux environs de 65% à 5000tr/mn. Le rendement est calculé
avec le rapport de la puissance électrique débitée à la batterie sur la puissance mécanique (CΩ).
Ces performances sont supérieures à celles d’un alternateur à griffes dont le rendement est de
50% à 65%. La conception optimale associée à l’optimisation des lois de commande a donc
permis un dimensionnement satisfaisant le cahier des charges.
90
Les performances obtenues en simulation sont légèrement supérieures à la mesure sur banc
d’essais, en particulier un écart de rendement de 5% à 15% est observé sur la plage de vitesse
2000 et 3000 tr/mn: ceci peut s’expliquer par le choix de négliger des pertes fer dans le modèle
utilisé pour les simulations.
Les lois de commandes optimales prédéterminées et identifiées par la mesure sur banc d’essais
Useff=f(C, N) et fr=f(C, N) sont représentées figure 4.9, 4.10 et 4.11.
30,00
24,00
Useff (V)
175 0 Fr (2000tr/mn)
-1 Fr (3000tr/mn)
150 -2 Fr (5000tr/mn)
-3
125
Fr (Hz)
-4
-5
Imrcr (A)
100
-6
-7
75
-8
50 -9
-10
25 -11
-12
0 -13
Couple (Nm)
91
Lois de commande mode Alternateur
Fr (Simulation / Mesure)
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 Puissance (w)
0,00
-2,00
-4,00
Mes (5000tr/mn)
-8,00
Mes (3000tr/mn)
-10,00 sim (800 tr/mn)
Sim (3000tr/mn)
-12,00 Sim (5000 tr/mn)
Mes (1000tr/mn)
-14,00
Sim (1000 tr/mn)
-16,00
A faible vitesse, fr optimal est quasi constant. On doit alors agir sur la tension de commande
pour augmenter la puissance électrique de la machine.
A forte vitesse l’action doit être portée sur fr dès que la tension limite est atteinte.
C’est une évolution conforme à une commande à flux variable, où l’action du défluxage est
accentuée à mesure que la vitesse de rotation augmente.
Concernant les lois de commande, à iso puissance, les amplitudes de tensions de commande Ûs
sont équivalentes en simulation et en expérimentation, mais les fréquences fr sont plus faibles en
simulation, surtout aux points de fonctionnement à puissances électriques élevées et vitesses
élevées. Les éléments pouvant expliquer ces écarts, sont :
• Les incertitudes sur les valeurs des paramètres du modèle de la machine : Les écarts entre les
inductances réelles et théoriques peuvent considérablement modifier le couple.
• L’imprécision sur les références de commande qui sont réellement appliquées peut expliquer
la différence entre la simulation et l’expérimentation pour la même supposée commande.
• L’imprécision sur la pulsation rotorique réelle : La mise en œuvre de l’autopilotage consiste
à imposer la fréquence statoriques fs par le biais de l’addition ou la soustraction de la
fréquence mécanique fm et de la fréquence rotorique fr. La fréquence mécanique est obtenue
grâce aux impulsions provenant du codeur incrémental de position. La fréquence fr est
92
imposée par le biais de créneaux générés par une horloge programmable dont la fréquence
correspond à la fréquence de glissement qu’on souhaite imposer. L’addition de ces deux
signaux se fait par un circuit logique. Chaque front du signal résultant correspond à un
incrément de phase des grandeurs électriques statoriques. Ce signal incrémente l’index d’une
mémoire dans laquelle est tabulée la fonction sinusoïdale et qui sera modulée en amplitude
par la consigne de tension. Cette approche dispense la mesure de la vitesse qui serait moins
robuste. Cependant ce système de discrétisation de fs peut générer, d’une part, des sauts
instantanés de phase des tensions de consigne, et d’autre part, un glissement non régulier
d’une période à une autre, en l’occurrence lorsque le rapport (fm / fr) n’est pas un nombre
entier. Ces deux défauts peuvent donc être aussi à l’origine des écarts sur le fr entre la
simulation et les expérimentations [KONIECZKA].
En fixant la vitesse du moteur d’entraînement du banc d’essais, nous agissons sur les paramètres
de commande que sont la tension V* et la fréquence rotorique fr pour régler la puissance
électrique en sortie de l’onduleur.
Les figures 4.12 et 4.13 reproduisent les signaux des grandeurs VsN, Is, le couple et la tension en
sortie de l’onduleur VaM
93
Mesure sur banc d’essais Simulation
Fig.4.13 Fonctionnement en surmodulation (k=1.4)
Les oscillogrammes relevés sur banc d’essais sont conformes à la simulation. Les amplitudes et
les phases des courants Is sont similaires et la déformation du courant en surmodulation est
également bien corrélée.
Pour juger de l’intérêt du fonctionnement en surmodulation, nous avons imposé fr=-5Hz pour
une machine couplée en étoile et une vitesse de 2000 tr/mn, et nous réalisons des essais à
puissances variables en agissant sur l’amplitude de la tension de consigne V*.
V*(V) Fr (Hz) Ibat (A) P Mesurée(W) Rend.(%) Ibat (A) P simulée (W) Rend.(%)
94
Les courbes de puissance et de rendement obtenues sont représentées par les figures 4.14 et
4.15.
P(W)
2000 Rendement (% )
1750 100
0 0
0,80 0,90 1,00 1,10 1,20 1,30 1,40 1,50 1,60 0,80 0,90 1,00 1,10 1,20 1,30 1,40 1,50 1,60
Ces graphes montrent, que l’on peut augmenter la puissance électrique [Link] en conservant
des rendements élevés grâce au fonctionnement en surmodulation.
Nous avons étudié essentiellement le cas du couplage étoile. Mais la méthode que nous
présentons est aussi applicable au cas d’un couplage triangle. Pour la même tension de
commande V*, l’amplitude des tensions de phases sont plus importantes en couplage triangle, ce
qui permet de fournir une puissance plus importante qu’en couplage étoile. Les oscillogrammes
de la figure 4.16 permettent d’illustrer les points de fonctionnements obtenus pour le même taux
de surmodulation et la même fréquence fr en étoile et en triangle, à 2000tr/mn.
95
Fonctionnement en couplage étoile Fonctionnement en couplage triangle
Fig 4.16 Fonctionnement avec un taux de surmodulation k=1.42, et une fréquence fr=-5Hz.
A présent que les grandeurs de référence optimales ont été trouvées, il faut s’assurer de la
robustesse des lois de commande établies. Il faut vérifier que, malgré des variations éventuelles
sur les paramètres du système réel par rapport aux paramètres du modèle choisi pour régler la
commande, nous garantissons les performances annoncées précédemment et ceci pour les modes
démarreur et alternateur.
Pour étudier la robustesse des lois de commande prédéterminées pour assurer le démarrage du
moteur thermique à température ambiante (25°C), on vérifie les performances de ce mode dans
le cas d’un démarrage après une utilisation suffisamment longue du véhicule pour atteindre la
stabilisation thermique du bloc-moteur.
On simule alors la température de l’ambiance égale à 100°C pour laquelle on suppose une
élévation de 20°C du moteur pendant la phase de démarrage. La température prise en compte au
niveau du stator et rotor pour simuler l’augmentation de la température correspondante pendant
la phase de démarrage, est alors de 120°C pour le stator et de 130°C pour le rotor (on considère
une différence température entre le rotor et le stator d’environ 10°C). Les valeurs de consigne de
96
tension et de la fréquence rotorique sont maintenues aux valeurs initialement calculées pour une
température de 25°C.
Avec la température croissante, les résistances augmentent, par conséquent les pertes Joule
augmentent également ce qui décroît les performances au niveau du couple utile. Les résultats
sont présentés dans le tableau 4.2 et l’espace atteignable est illustré sur la figure 4.17. On
observe une diminution des performances d’environ 15%, mais l’espace couple-vitesse obtenu
dans ce contexte reste satisfaisant par rapport au cahier des charges.
Tab 4.2 Impact des variations de la température stator et rotor sur les performances en mode démarreur
160
140
120
Couple (Nm)
100
80
60
40
20
0
0 200 400 600 800 1000 1200
VITESSE (tr/mn)
97
4.5.2 Mode générateur
La mesure de vitesse réalisée avec le capteur inductif monté sur l’ADI muni d’une couronne de
120 dents engendre une incertitude qui se reporte sur l’application réelle de la fréquence
rotorique dans l’autopilotage (cf paragraphe 4.3.2). Nous devons donc vérifier la robustesse des
lois de commande relative à la résolution choisie pour mesurer la vitesse.
Pour une vitesse de 2000tr/mn, avec des jeux de valeurs (V, fr) qui permettent de réaliser le
même objectif de puissance que le jeu optimal (V*,fr*), nous avons tracé figure 4.18, l’évolution
du rendement obtenu en fonction de la puissance. On peut constater que le rendement reste
sensiblement le même pour des faibles puissances. Un écart de 1 à 2% sur le rendement peut être
observé pour des puissances supérieures à 1500W dans la configuration :
fr = fr* +/- 7.5%
Compte tenu des remarques faites sur la précision du capteur de vitesse, il est donc difficile de
déterminer le jeu de paramètre optimal (V*, fr*) par la mesure expérimentale. Mais ce faisant, on
ne dégrade pas énormément les performances de la machine.
90
85
80
Rend (%)
75
60
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500 Puissance (w)
98
[Link] Sensibilité par rapport aux paramètres machines
Pour étudier l’influence de la variation des températures statorique et rotorique sur les lois de
commande prédéterminées pour assurer le fonctionnement à température ambiante (25°C), on
impose comme dans le cas du mode moteur une ambiance de 100°C ce qui correspond à une
température de 200°C pour le stator et le rotor en régime permanent. L’espace puissance vitesse
correspondant est représenté figure 4.19.
Les résistances statorique et rotorique augmentent proportionnellement à l’augmentation de la
température. Ce phénomène tend à faire augmenter les pertes Joule. Dans la plage de
fonctionnement 800 à 3000tr/mn, on constate que la puissance fournie par l’alternateur est
réduite à 100°C par rapport à des fonctionnement à 25°C en raison notamment de l’augmentation
des pertes Joule. En revanche, au delà de 4000tr/mn la puissance fournie à 25°C est identique à
celle fournie à 100°C, car malgré l’élévation relative des résistances avec la température, les
chutes de tension ohmique deviennent négligeables par rapport aux tensions aux bornes des
inductances qui croient proportionnellement à la fréquence.
La perte de 400W dans la zone de fonctionnement nominal, ce qui représente 10% de la
puissance nominale, laisse envisager la nécessité d’ajuster les lois de commandes en fonction de
la température.
P u is s a n c e f(N ) e t re n d e m e n t = f (N )
a u x p o in ts d e fo n c t. À p u is s a n c e s n o m in a le s
P ( am b = 100° C ) P (a m b = 2 5 ° C ) R e n d (a m b = 1 0 0 ° C ) R e n d (a m b = 2 5 ° C )
4500 100
4000
3500
75
3000
Puissance (W)
2500
50
2000
1500
25
1000
500
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
N (tr /m n )
99
4.6 Conclusion
Les organigrammes de recherche des lois de commandes optimales pour le mode démarreur et le
mode alternateur ont été détaillés en début de chapitre.
Pour chacun des modes de fonctionnement de l’ADI, moteur et alternateur, les critères à
optimiser sont respectivement le couple et le rendement.
Pour le mode démarrage, les lois de commande que nous avons obtenues permettent d’appliquer
un couple supérieur à 140 N.m à vitesse nulle, d’imposer un couple supérieur à 100N.m à
300tr/mn et décroissant jusqu’à 900tr/mn conformément au cahier des charges. Dans ce mode de
fonctionnement, le couple de référence est tabulé en fonction de la vitesse : à chaque consigne de
couple correspondent les références de tensions statoriques à imposer ainsi que les pulsations
rotoriques.
En ce qui concerne le mode alternateur, les performances obtenues permettent de fournir une
puissance électrique supérieure à 2.5kW et d’atteindre 4.3kW à 2300 tr/mn. Dans la plage des
fortes puissances, le rendement est supérieur à 75%, en revanche celui-ci descend aux environs
de 65% dans les extrêmes de la plage de vitesse.
La dernière partie est réservée à la présentation des essais en surmodulation afin de valider les
modèles utilisés par comparaison des formes d’ondes et des performances obtenues en
simulation et au cours des différents essais. Les comparaisons effectuées permettent de valider le
modèle utilisé, malgré une erreur d’une centaine de Watts imputée aux pertes fer non prises en
compte directement dans le modèle de la machine. Les comparaisons ont également souligné la
simplicité du modèle de batterie, réduit à une f.e.m en série avec une résistance interne, au regard
des phénomènes électrochimiques réellement mis en jeu. Cette partie montre clairement l’intérêt
du fonctionnement en surmodulation pour continuer d’accroître les performances de la machine
malgré la limitation en tension de la batterie. Ce mode de fonctionnement n’a été utilisé que pour
le mode alternateur, étant donné que les performances en régime sinusoïdal ‘pur’ sont suffisantes
pour atteindre les performances requises pour le démarrage du moteur thermique.
100
Conclusion générale
Nous avons présenté dans ce mémoire une méthodologie d’optimisation des lois de
commande d’une machine asynchrone réversible, destinée à l’application d’un système
embarqué qui est l’alterno-démarreur.
Nous avons défini dans le premier chapitre le modèle à quatre paramètres à partir duquel nous
avons mis en œuvre cette méthodologie. Les différentes stratégies de pilotage ont été
évoquées ainsi que la méthodologie d’optimisation dans le second chapitre. Le troisième
chapitre a été consacré à la validation du modèle à quatre paramètres en présence de la
saturation magnétique, et a présenté les résultats et la méthode d’identification hors ligne des
paramètres. Le dernier chapitre a exposé la méthodologie complète en tenant compte de la
saturation magnétique et de la limitation en tension de la batterie. La fin de ce chapitre a été
consacrée à la robustesse de la commande par rapport aux variations thermiques de la
machine et par rapport à la fréquence rotorique imposée, dont la précision est assujettie à la
mesure de vitesse.
Cette étude a contribué à la mise en œuvre d’un démonstrateur en partenariat avec RENAULT
et VALEO sur l’intégration d’un ADI asynchrone sur une TWINGO. Celui-ci a été le premier
101
démonstrateur sur véhicule et a permis de montrer la capacité du système à répondre au cahier
des charges.
La méthode d’identification hors ligne présentée dans le manuscrit permet d’offrir un outil
simple à mettre en œuvre par les ingénieurs de VALEO sans nécessairement avoir des
compétences pointues dans le domaine de l’identification. Cette phase d’identification était
indispensable, d’une part, afin de valider les valeurs théoriques et vérifier que la réalisation
pratique du prototype n’a pas altéré le dimensionnement optimal de la conception et, d’autre
part, pour déterminer les limites de l’espace de travail possible de la machine. Cette
délimitation permet de cadrer les plages de variation des tensions statoriques et des pulsations
rotoriques qu’il est possible d’imposer à la machine sans risquer de la détruire.
Bien que pratique à mettre en œuvre, la méthode d’identification hors ligne ne permet pas de
prendre en compte les bruits sur les différentes mesures. La robustesse de la méthode par
rapport à ces bruits vient de la redondance des comparaisons entre les estimations du modèle
et les mesures sur banc.
102
Les perspectives
En ce qui concerne l’identification de la machine, bien que la méthode proposée dans cette
thèse semble donner des résultats tout à fait satisfaisants, elle n’est pas adaptée pour une
utilisation temps réel en vue d’ajuster les lois de commande en fonction des variations
paramétriques éventuelles. En effet, cette méthode nécessite, d’une part, plusieurs itérations
par point de fonctionnement et, d’autre part, la mesure du couple.
La mise en œuvre d’une solution de type observateur est mieux adaptée à l’identification en
temps réel. Cependant les études menées dans le cadre d’un programme de recherches
partagées entre le laboratoire d’électromécanique de Compiègne (LEC) et VALEO Systèmes
Electriques, sur la surveillance thermique par filtrage de Kalman, ont montré la difficulté de
garantir la précision des estimations sur toute la plage de fonctionnement de l’ADI. En effet,
les sensibilités des paramètres ne sont pas constantes sur l’espace de fonctionnement, on ne
peut donc pas estimer correctement tous les paramètres pour un même point de
fonctionnement. De plus, la faible résolution du capteur de vitesse engendre des erreurs sur le
glissement, qui se reportent sur la valeur de la résistance rotorique et par conséquent sur les
autres paramètres.
Il semble cependant possible d’envisager une identification partielle en ligne des paramètres
en utilisant les modèles des paramètres inductifs trouvés hors ligne, à partir desquels on
ajusterait uniquement les résistances stator et rotor qui varient en fonction de la température.
103
Vers le ‘Mild Hybride’
La machine électrique étudiée dans cette thèse a été conçue pour réaliser deux fonctions, le
démarrage du moteur thermique et la génération de l’énergie électrique à bord du véhicule. Le
surcoût de mise en œuvre pour les fonctions de démarreur et d’alternateur seules ne justifie
pas encore le gain de performances par rapport aux alternateurs à griffes classiques.
104
ANNEXE A
Conversion électro- mécanique
Lorsqu’un conducteur, dans lequel circule un courant i, est plongé dans un champ d’induction
magnétique B, il s’exerce alors une force sur ce conducteur, telle que pour de petits éléments
de conducteur de longueur dl, cette force est définie par l’expression de LAPLACE :
df = i ∧ dB dl
& & &
Dans une machine électrique le calcul du couple généré devrait s’effectuer par la sommation
de tout ces éléments de force df sur tous les conducteurs. En raison de la complexité
géométrique de la machine, on préfère une approche énergétique, celle des travaux virtuels.
L’idée consiste à évaluer les variations d’énergie amenées, stockées ou transformées, puis
d’établir un bilan de puissance. L’énergie électrique amenée au système est en partie stockée
dans le système et l’autre partie est transformée en énergie mécanique.
dWe = dWS + dWm
dWe = énergie électrique appliquée au système pendant un temps dt
dWS = énergie électrique stockée dans le système pendant un temps dt
dWm = énergie mécanique engendrée pendant un temps dt
On désigne les énergies électrique et mécanique telles que :
We = Energie fournie – pertes énergie électrique
Wm = Energie mécanique utile en sortie de la machine + pertes mécanique + accroissement
énergie mécanique stockée
[I1 I 2]
L1 M I1 1 T
= [I ] [L ][I ]
1
Ws′ =
2 M L 2 I 2 2
L’expression du couple pour un système en rotation s’exprime :
∂W ′ 1 T d
C= = [I ] [L ][I ]
∂θ 2 dθ
ANNEXE B
Détails des calculs des transformations dans un repère diphasé
.
us 3 is 3 Φ s3
i rqr
→
U ss = u sα + ju sβ =
2
[1 a a²][. us ]
3
[ ]
→
I ss = isα + [Link]β = 1 a a 2 [is ]
2
3
[ ]
→
Φ ss = 1 a a 2 [Φ s ]
2
3
→ qr ( k −1) 2.π
j
∑
2
I =
r
r (Ike qr
)
qr k =1
2
→ 2π ( q r −1) 2π
.[I r ]
j j
I = .1 e q r
r
r ... e qr
qr
2.π
j.
avec a = e 3
dt
B.4 Vecteur flux statorique
[Φ s ] = [Lss ][. is ] + [M rs ][. ir ]
→
Φ ss = .[1 a a ² ].([Lss ][
. is ] + [M rs ][
. ir ])
2
3
¾ Calcul de .[1 a a ² ][
. Lss ][
. is ]
2
3
1 0 0 1 1 1
.[1 a a ² ][
. Lss ][
. i s ] = [1 a a ² ]. ( Lss − M ss ).0 1 0 + M ss .1 1 1 .i s
2 2
3 3 0 0 1 1 1 1
1 0 0 →
2
[1 a a ²].( Lss − M ss ).0 1 0[is ] = ( Lss − M ss ). I ss
3
0 0 1
1 1 1
2
[1 a a ²]M ss .1 1 1.[is ] = 0
3
1 1 1
i =1 i =1
1 1
3 − jpθ * + j 23π
2π
.[M sr ][
. ir ] = .
M sr q r jpθ −
+ e J r e 2π
j
. e .J r .e
2 2 2π
+j 3 − j 3
e e
d’où
1 1
M sr q r jp.θ − j 3 − jp.θ * + j 3
2π 2π
.[1 a a ²][
. M sr ][
. j r ] = .[1 a a ² ].
2 2
. . e .J r e + e J r
. e
3 3 2 2
2π
3
2π
+j −j
e e
3
1
→ − j 2π M q → →
. J r .[1 a a ² ].e 3 = sr . r .e jp.θ . J r .3 = M sr . r .e jp.θ . J r
2 M sr q r jp.θ q
. . .e
3 2 2 + j 2π 3 2 2
e 3
1
M sr q r − jp.θ →* + j 3
2π
.[1 a a ² ].
2
. .e . J r .e =0
3 2 2 − j 2π
e 3
D’où
→ → →
qr
Φ ss = ( Lss. − M ss ) I ss + M sr . J rr e jp.θ
2
B.5 Vecteur flux rotorique
[Φ r ] = [Lrr ][. ir ] + [M rs ][. is ]
2 2
→ 2π ( q r −1) 2π 2π ( q r −1) 2π
qr q r
2π 2π
cos( p.θ ) cos( p.θ − ) cos( p.θ + )
3 3
2π 2π 2π
cos( p.θ + ) cos( p.θ + − ) :
qr qr 3
M sr = M sr . : :
: :
cos( p.θ (q r − 1)2π ) qr − 1 2π
+ ..... cos( p.θ + .2π + )
qr qr 3
2
2π ( q r −1) 2π →
.[Lrr ][ir ]. = ( Lrr − M rr ). I rr
j j
avec .1 e q r .... e qr
qr
.e jx + e − jx
en utilisant le développement cos( x) = , on obtient :
2
2π ( qr −1) 2π →
. M .i = 0 + 3 .M .e − jpθ . I s
j j
2
. 1 e qr qr
rs s
.... e
qr
rs s
2
→ → →
3
Φ rr = ( Lrr − M rr ) .I rr + .M rs . I ss .e − jpθ
2
∂θ
1 1
∂ M sr qr →
→*
+ j 2π
2π
[M sr ][. ir ] = . . jpθ .e jpθ . I rr .e 23π − jpθ .e − jpθ . I rr .e 23π
−j
∂θ 2 2 +j 3 − j 3
e e
1 1
T 3 s T +j 3
2π → 2π →
[is ] .e 2π = I s * et + [is ] .e 2π = 3 I ss
− j
3
+j 3 2 −j 3 2
e e
M q 3 → →*
*
3 → →
Cem = . sr . r jp.e jpθ . .I ss .I rr . − jp.e − jpθ . .I ss . I rr .
2 2 2 2
*
3 qr →s →r jpθ
Cem = p. M sr . . Im ag .I s . I r .e
2 2
ANNEXE C
Lorsque la machine est alimentée par un système de trois tensions sinusoïdales (Va, Vb et
Vc) de pulsation ωs, induit trois courants (Ia, Ib et Ic) périodiques, de période T= 2π/ωs, et
d’un déphasage β, lesquels sont définis par :
∧
Ia(t ) = Is .Cos (ωs.t + β )
∧ 2.π
Ib(t ) = Is .Cos ωs t − + β
ωs
∧ 4.π
Ic(t ) = Is .Cos ωs t − + β
ωs
Si la machine est alimentée par un système de tensions triphasées non sinusoïdales pures, et
comme on peut considérer la machine linéaire, on peut écrire par superposition, que le courant
statorique est composé de la somme de tous les harmoniques tel que :
∧
( )
Is = ∑ Is p = ∑ I s p .e
+ j p .ωs .t + β p
p p
Is p + j ( p .ωs .t + γ p )
Im r = ∑ = ∑ I mr p .e
p 1 + j.ωr p Tr p
3 Lm 2 ∧ ∧
Cem = . p. . Im ag ∑ Is p .e j (k .ωs .t + β k ) .∑ Im r.e − j (n.ωs.t +γ n )
2 Lr ' k n
qu’on décompose en deux parties :
3 Lm 2 ∧ ∧
∧ ∧
Cem = . p. .Im ag ∑ Is k . Im rk .e j (β k −γ k ) + Im ag ∑ .∑ Is p . Im rn .e j (k .ωs − n.ωs )t .e j (β k −γ n )
2 Lr ' k k n≠k
3 Lm 2 ∧ ∧
Cs = . p. .∑ Is k . Im rk .Sin( β k − γ k )
2 Lr ' k
et
3 Lm 2 ∧ ∧
Cp = . p. .∑ .∑ Is p . Im [Link][(k .ωs − n.ωs )t + (β k − γ n )]
2 Lr ' k n≠k
La composante stationnaire du couple est produite par l’interaction des champs harmoniques
de même rang au stator et au rotor.
La composante pulsante du couple sont produites par les interactions entre des ondes de
champ magnétique statorique et rotorique de rangs différents. Cette dernière composante a
une valeur moyenne nul.
2 k
2 k
avec
Lm
Ir = (Imr − Is).
Lr '
3 ∧ (ωrk .Tr ) Lm 3 2
∧
2
ω[Link] Lm
2
Pjr = .Rr.∑ Is k . 2 = ∑ Is k .
2 2
. . .ωr
1 + (ωrk .Tr ) Lr ' 1 + (ωrk .Tr ) Lr '
2
2 k 2 k
Le rendement de la machine en générateur :
Pelec Cem..Ω − (Pjs + Pjr )
η= =
Pmec Cem.Ω
La puissance électrique issue de la machine transite via l’onduleur pour recharger la batterie
du coté continu. Afin de déterminer le rendement global du système ADI, il est impératif de
prendre en compte le rendement de l’onduleur, c’est à dire qu’il faut évaluer ses pertes.
Celles-ci ont deux origines, la conduction et la commutation.
Avec la MLI employée, la durée de conduction des transistors d’un bras de pont peut-être
définie en considérant la consigne de commande
.Ubat. Ubat
V * = k. sin(ωs.t ) +
2 2
en considérant la période du signal de découpage triangulaire Td=1/20Khz très petit par
rapport à la période du signal, et de valeur crête Ubat.
alors on désigne par τ 0 ≤ τ ≤ 1 la durée de conduction d’un transistor supérieur tel que
.(1 − k . sin(ωs.t ) )
Td
τ=
2
et 0 ≤ 1 − τ ≤ 1 pour le transistor inférieur tel que
.(1 + k . sin(ωs.t ) )
Td
1−τ =
2
On définit par Psh les pertes en conduction du transistor supérieur :
Ts
1 τ (t ) 2
Psh = .∫ Rds . .is (t )dt
Ts 0 Td
2.π 2
∧
. ∫ R ds . (1 − k .Sin(θ ) ). Is .Sin(θ − ϕ ) dθ
1 1
Psh =
2π 0 2
avec
Ts :la période électrique
Rds : la résistance de 1.5mΩ du transistor à l’état passant
ϕ : le déphasage entre la tension et le courant d’une phase
De même pour le transistor inférieur qui conduit pendant la durée complémentaire du
transistor supérieur, les pertes en conduction s’écrivent
1
Ts
1 − τ (t ) 2
Psb = . ∫ Rds . .is (t )dt
Ts 0 Td
2.π 2
∧
. ∫ R ds . (1 + k .Sin(θ ) ). Is .Sin(θ − ϕ ) dθ
1 1
Psb =
2π 0 2
Les pertes d’un bras de pont complet sont alors égales à
2.π 2
1 ∧
Ps = Psh + Psb = . ∫ R ds . Is .Sin(θ − ϕ ) dθ
2π 0
d’où
R ds Îs ² 2.π 1 − Cos (2(θ − ϕ ))
2π ∫0
Ps = . dθ
2
2
∧
Ps = Rds .
Is
2
Les pertes totales des 3 bras de pont
3
Pspont = [Link] = .Rds .Îs ²
2
Iˆs
courant nul à un courant efficace .
2
Sachant qu’il y a deux commutations dans une période de découpage Td, on appliquera la
formule suivante pour calculer les pertes en commutation pour un transistor.
∧
t Is t 2
Pd = Ubat − Ubat
Tc . 2 Tc Td
soit après développement
∧
Is Tc 1
Pd = Ubat .
. 2 4 Td
et donc pour l’onduleur complet
∧
Is Tc
Pd = [Link]
. 2 Td
Les pertes totales de l’onduleur sont donc composées des pertes en conduction et des pertes en
commutation :
2
∧ ∧
Is Is Tc
Ponduleur = Ps + Pd = 3.R ds . + 2 .Ubat . 2 . Td
2
D.1 Batterie
La batterie est la source d’alimentation de l’ADI, elle est modélisée par une force
électromotrice Ebat en série avec une résistance interne Rbat . Leurs valeurs sont définies en
fonction du mode de fonctionnement :
La tension en charge :
Ubat = Ebat − Rbat .Ibat
Puissance (W)
9000
8000
7000
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900
Courant (A)
Dans l’application, la batterie sera située dans le coffre arrière. Elle est connectée à l’onduleur
par deux câbles de puissance de section 50mm² et d’une longueur de 5m.
On modélise le câblage par une résistance Rl= 3.2mΩ (conductivité ρ =1.6710-5 Ω/m²) et
Ll= 10µH. Seule la résistance sera prise en compte pour déterminer les pertes en ligne.
ANNEXE E
Injection de l’harmonique h3
E.1 But
L'injection de l'harmonique h3 permet de repousser les limites d’écrêtage des tensions simples
dans un système triphasé. L'injection est réalisée par la consigne V* :
En choisissant h3 pour que V* présente un méplat, c'est à dire avoir une dérivée seconde nulle
d 2V *
de la consigne de tension =0 à θ = π/2.
dθ 2
V0
Le résultat de ce calcul impose h3 = .
9
2V 0
L’écrêtage de la tension simple se produit pour k > 1.125, avec k = , avec k : indice de
Ubat
la tension VaM au point milieu d'un bras de pont se décompose en série de Fourier de la façon
suivante :
Ubat k
VaM (t ) = + ∑ bn .Sin[n.ωs.t ]
2 n =1
π /2
4
avec bn = . ∫ VaM (θ ).Sin(n.θ ).dθ
π 0
= sin (α ) + . sin(3α )
Ubat 1
Vo 9
pour n= 1
sin (3θ ) +
Ubat k Ubat Ubat
Pour une consigne V* définie par : V* = k sin(θ ) +
2 9 2 2
avec k variant de 0 à 2.5
1
0
0.5
h5
0
h7
(k)
-
50 0.5 1
k= 1,125
1.5 2 2.5
on peut observer qu’il y linéarité entre VaM et V* tant que k ≤ 1,125, au delà de cette valeur,
on a l’écrêtage de la tension simple.
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