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Modélisation numérique des fontis et structures

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Modélisation numérique de l'interaction sol-structure lors du phénomène de


fontis

Article · January 2006

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Fabrice Emeriault Alheib Marwan


Grenoble Institute of Technology Institut national de l'environnement industriel et des risques
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MODÉLISATION NUMÉRIQUE DE L'INTERACTION SOL-STRUCTURE LORS


DU PHÉNOMÈNE DE FONTIS
Matthieu CAUDRON1 et 2, Fabrice EMERIAULT1, Marwan AL HEIB2
1 URGC, INSA de Lyon, France
2 INERIS, Ecole des Mines – Parc de Saurupt, 54042 NANCY Cedex

RESUME - Cet article présente une modélisation du phénomène d'interaction sol-structure


durant la formation d'un fontis par une approche numérique couplée. L'approche utilise un
modèle numérique bidimensionnel couplant un code de calcul aux Différences Finies avec un
code de calcul utilisant les Eléments Distincts (FLAC et PFC d'Itasca Consulting Group) afin de
tirer au mieux partie des performances des deux logiciels.

1. Introduction

Les fontis sont causés par des cavités souterraines d'origine anthropiques ou naturelles. La
nature extrêmement brutale de ce phénomène peut être très préjudiciable pour les structures et
infrastructures en surface ainsi que pour la population. Les phénomènes d'interaction sol-
structure qui entrent alors en jeu sont encore mal identifiés. Il apparait que l'approche
communément utilisée qui consiste à déterminer les mouvements du sol en condition de terrain
vierge puis à les appliquer à une structure en surface, n'est pas satisfaisante.
Le modèle numérique présenté dans la suite permet de prendre en compte de manière
explicite l'interaction sol-structure. Ainsi par comparaison entre des résultats obtenus en
condition de terrain vierge puis en présence d'un modèle de bâtiment, il met clairement en
évidence l'influence des interactions sol-structure lors du phénomène de fontis.
De plus, le modèle faisant appel à un couplage de deux logiciels (FLAC2D et PFC2D) basés
sur des méthodes numériques différentes, une comparaison pertinente peut être faite entre
simulations numériques et résultats d'une campagne expérimentale menée sur un modèle
réduit de laboratoire (cf. Figure 1 et 2). Pour plus de détails sur cette expérimentation, le lecteur
pourra se référer à Caudron et al. (2006b).

Figure 1. Modèle réduit de laboratoire. Figure 2. Exemple de rupture obtenue (cas


de terrain vierge)

2. Le cas d'étude

Le modèle réduit expérimental représente, à une échelle 1/40ème, un massif de sol d’une
largeur de 30 m et de 8 m de hauteur de recouvrement au dessus d’une cavité. Ce
recouvrement est constitué de deux couches différentes. Un banc raide de 2m d'épaisseur
constitue le toit de la cavité (dans le modèle expérimental, ce matériau est représenté par des

1
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rouleaux de Schneebeli rendus cohérents par ajout de colle aqueuse [Caudron et al. 2006b]). Il
est surmonté par 6m de matériau granulaire frottant (représenté par le matériau de Schneebeli
standard). Les caractéristiques des deux matériaux sont présentées dans le tableau I.
La cavité de 2 m de hauteur est créée progressivement jusqu’à une largeur maximale de
10m en 5 étapes. Les 2 m centraux sont ouverts par déplacement de parties mobiles en
perturbant le moins possible le massif de sol. Puis à chaque étape supplémentaire, 1m de part
et d'autre sont ouverts de la même manière, l'ensemble est résumé dans le tableau II.
La structure placée en surface est de type "poutres-poteaux" en acier. Ses caractéristiques
géométriques sont détaillés dans le tableau III. Le chargement appliqué suit les règles de l'art.

Tableau I. Caractéristiques des sols réels Tableau II. Etapes de création de la cavité
Création de la cavité Largeur Hauteur
E c
Densité φ (°) Etape 1 2m 2m
(MPa) (kPa)
Etape 2 4m 2m
Sol
2.2 50-100 22-24 0
pulvérulent Etape 3 6m 2m
Sol cohérent 2.2 50-100 27-30 ~100 Etape 4 8m 2m
Etape 5 10m 2m

Tableau III : Caractéristiques géométriques de Tableau IV : Valeurs des paramètres micro de


la structure PFC
Largeur de semelle 1.65m Matériau Matériau
Paramètre
Longueur des poutres 3.2m Pulvérulent Cohérent
Hauteur d'un étage 2.7m kn (MN/m) 16.0 16.0
Vide sanitaire 1.2m ks (MN/m) 8.0 8.0
Section (m²/ml) 0.051m² fric 0.50 0.45
Inertie (m4/ml) 60.8 10-4m4 Densité 7.85 7.85
Nombre de travées 3 c_n et c_s (N) 0 1000

3. Le modèle couplé

3.1 But du couplage

Le modèle numérique utilisé tire parti des possibilités de couplage présentes entre les logiciels
FLAC2D et PFC2D. Cela permet de différencier le maillage en l'adaptant au mieux pour un
problème donné. Nous pouvons ainsi utiliser les Eléments Distincts pour représenter le massif
de sol constituant le toit de la cavité, zone où se produiront les déplacements les plus
importants tandis que le reste du massif de sol (où n’apparaîtront que de faibles déplacements
et déformations) ainsi que le modèle de bâtiment seront maillées par FLAC2D (basé sur une
approche en Différences Finies) en utilisant respectivement des éléments volumiques et des
éléments de structures. La figure 3 représente schématiquement le raisonnement utilisé.

2
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8m

2m Cavité

Zone FLAC
10m
Figure 3 : Schéma de principe du modèle numérique couplé FLAC2D – PFC2D.

3.2 Présentation de FLAC et PFC

FLAC2D est un logiciel de modélisation numérique utilisant la méthode des Différences Finies
appliquée à un milieu continu. Il est extrêmement souple en terme d'utilisation et ne présente
pas de problème particulier pour l'utilisation qui en est faite.
PFC2D est également commercialisé par la société Itasca. L'originalité de son approche
provient du fait qu'il utilise la Méthode des Eléments Distincts (MED) [Itasca Consulting Group,
2005]. Il considère ainsi le sol comme un ensemble de particules circulaires indéformables
possédant chacune ses caractéristiques propres, ce qui lui confère la possibilité de mieux
représenter le comportement réel d’un sol qu’une approche de type milieu continu. Cependant
cette approche présente deux inconvénients ou limitations majeurs :
• Le temps processeur requis pour modéliser un même problème est beaucoup plus
important que pour les logiciels utilisants une approche en milieu continu.
• Le comportement global d'un ensemble de particules est la résultante de l'ensemble des
propriétés des particules. Le comportement macroscopique est étroitement lié aux propriétés
micro des particules. Une délicate phase de détermination ou de calage des paramètres est
donc nécessaire car il n'existe pas de relations directes entre les propriétés micro et les
caractéristiques macroscopiques usuelles des sols: φ, c, E, ψ…
Le calage des différents paramètres micro des particules est réalisé par le biais d'essais
biaxiaux. Les paramètres sont ajustés jusqu'à obtenir le comportement du sol souhaité présenté
dans le tableau I.
Enfin, chacun des deux logiciels peut "communiquer" avec une autre application développée
par Itasca à travers une connection réseau. Cela permet d'envisager des modélisations où une
région d'un modèle est maillée par un code et une autre par un autre code échangeant des
informations nécessaires pour assurer le bon déroulement du processus.

3.3 Fonctionnement du couplage

Le maillage FLAC2D désiré est créé, de même pour l'assemblage de particules PFC2D et un
ensemble de procédures va échanger entre les deux codes les informations nécessaires au
niveau des frontières communes. Plus particulièrement, PFC2D transmet à FLAC2D les forces
qu'appliquent les particules sur les arêtes de FLAC2D concernées et FLAC2D renverra les
vecteurs vitesses d'un certain nombre de particules asservies car en contact avec les frontières
de FLAC2D.

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Figure 4. Illustration des principes du couplage entre FLAC2D et PFC2D

Ce schéma est valable pour un cas simple où il n'y a pas de perte ou d'apparition de contact
entre des particules et des éléments frontières. Or dans un modèle représentant la formation
d'un fontis, il est nécessaire de pouvoir déterminer les pertes de contact lors de la création de la
cavité puis les créations de contact lors de la rupture du toit de la cavité et de la chute des
particules à l'intérieur de celle-ci. Pour ce faire, il a été mis au point une deuxième procédure
qui englobe le précédent schéma de fonctionnement.
Il est nécessaire de déterminer tous les x cycles de calcul si il y a apparition de nouveaux
contacts entre des particules et des arêtes frontières. Ce nombre de cycle maximal est
déterminé à partir de la vitesse maximale des particules à un instant donné. Il sera tel qu'une
particule ne pourra pas se déplacer de manière trop importante durant ces x cycles avant de
redéterminer les particules en contact avec des éléments frontières. La distance limite est prise
égale au rayon de la plus petite particule (Rmin = 3mm dans notre cas). La procédure suivante
est ainsi appliquée:
1. L'utilisateur spécifie un nombre total de cycles de calcul à réaliser X.
2. Une fonction Fish détermine la vitesse maximale Vmax sur l'ensemble des particules. Le
programme détermine alors le nombre maximum de cycle qui peuvent être réalisés en
toute sécurité avec x = Rmin Vmax
3. Le modèle couplé réalise ces y cycles de calcul en utilisant le schéma de couplage détaillé
précédemment, y étant le plus faible des deux nombres x et X
4. PFC libère les particules asservies, reçoit de nouveau la liste des éléments frontières de
FLAC et détermine une liste de nouvelles particules asservies.
5. On recommence à l'étape 2 en remplaçant X par X-y, jusqu'à ce que le nombre de cycles
de calcul effectif soit égal au nombre de cycle demandé par l'utilisateur.

Si l'on souhaite modifier le maillage FLAC2D ou la géométrie de la frontière entre FLAC2D et


PFC2D (dans notre cas particulier pour créer la cavité à l'origine du fontis), on suit la même
procédure en effectuant les modifications et la mise à jour entre les étapes 3 et 4.
Dans le cas d’une structure en surface, celle-ci est modélisée par FLAC2D. En effet,
l'interfaçage entre modèles de structure et éléments PFC2D n'étant pas possible directement par
l'intermédiaire des procédures de couplage Itasca, il a été choisi “d'enrober” les semelles dans
des zones FLAC2D qui peuvent interagir avec les particules PFC2D. Des zones de petites

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Réservation pour entête

dimensions "flottantes" sont donc créées et rendues solidaires des semelles de la structure
localisées dans la région représentée par PFC2D (Figure 3).

4. Calage des paramètres

Le calage des paramètres micro de PFC2D est basé sur les résultats de plusieurs essais
biaxiaux (courbes q – ε1 et εv – ε1). Les différents paramètres régissant le comportement local
des particules sont les suivants:
• kn et ks, raideurs normales et tangentielles du contact entre deux particules,
• Fric, le coefficient de frottement intergranulaire,
• Les paramètres c_n et c_s, limites de résistance normale et tangentielle du contact de
type "Contact Bond" utilisé pour représenter la cohésion d'un sol dur ou d'une roche
[Potyondy & Cundall, 2004].
Deux hypothèses simplificatrices (kn / ks = 2 et c_n / c_s = 1) permettent de ramener le
problème au calage de trois paramètres indépendants. Une première série d'essais permet de
déterminer le meilleur jeu de paramètres pour le sol pulvérulent, une deuxième est nécessaire
pour le matériau cohérent (tableau V et figure 5). Des différences sont observables entre le
comportement du matériau expérimental et le modèle numérique obtenu. Le modèle numérique
est, en début d’essai, légèrement plus raide que les résultats expérimentaux. Le comportement
volumique présente lui une différence importante à l'origine qui s'estompe vers la fin de l'essai.
En effet, le matériau de Schneebeli est directement dilatant alors que l'assemblage de
particules PFC2D passe par une phase initiale de contractance avant de présenter un
comportement dilatant. Cependant les angles de dilatance obtenus sont sensiblement
équivalents.

Sol Sol
Caractéristiques
pulvérulent cohérent
E (MPa) 50-100 50-100
Φ (°) 24 25-30
c (kPa) ~0 65-150
Ψ (°) 6-7 8-9
Ψrupture (°) 6-7 6-7

Figure 5. Tracé du déviateur et de la déformation Tableau V. Synthèse des caractéristiques


volumique en fonction de εx pour un essai. mécaniques des matériaux sous PFC.

5. Résultats des deux simulations

Deux essais d'effondrement de cavité ont pu être simulés. Le premier se déroule en condition
de terrain vierge, c'est à dire en l’absence de structure, et sert de référence. Le second cas
prend en compte la présence de la structure afin de déterminer l'importance du phénomène
d'interaction sol-structure sur la formation de ce fontis. Les résultats qui seront plus
particulièrement analysés, sont l'amplitude maximale de déplacement en surface et sa
localisation, la forme de la cuvette d'affaissement, la pente sous la localisation de la structure.
Ces différents indicateurs sont en effet caractéristiques des sollicitations appliquées à un
bâtiment en surface lors de mouvements de sol et permettent de définir le niveau
d'endommagement plausible [Deck, 2002].

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Réservation pour entête

Figure 6 : Répartition des contraintes dans le Figure 7 : Etat du modèle post-rupture.


massif de sol (compression = noir, traction =
rouge).

La cavité est créée en 5 étapes, puis le banc raide est fragilisé localement au niveau du
centre du toit de la cavité pour provoquer la rupture. L'altération appliquée est une réduction
progressive de la contrainte limite du liaisonnement entre les particules dans le but d'initier une
fracturation qui se propage à travers le banc de matériau cohérent. Lorsque la fissuration atteint
un stade critique, la rupture se déclenche de manière très brutale.
La figure 6 illustre la répartition des contraintes dans le massif de sol lorsque la cavité a été
complètement créée. Le report des charges en direction des parois verticales de la cavité est
très net, ainsi que la présence de contraintes de traction dans le banc raide, en zone inférieure
de la partie centrale de la cavité, en zone supérieure à l'aplomb des parois latérales de la
cavité. La figure 7 montre l'état du modèle après rupture de la cavité. Il apparaît qu'un certain
volume de vide subsiste, ceci étant dû au réarrangement des blocs lors de leur chute. Une
cuvette d'affaissement en surface est clairement identifiable. Elle est reportée sur la figure 8.

Modèle Valeur
Caractéristique
numérique empirique
Smax 120cm 108cm
i ~4m ~5m
Pente
24% 13%
maximale

Figure 8 : Cuvettes d'affaissement - modèle Tableau VI : Présentation des résultats


numérique et approche de Peck modifiée. quantitatifs des affaissements en surface.

La courbe "théorique" présentée sur cette même figure correspond à l'utilisation d'une
version modifiée de l'approche empirique de Peck proposée par Caudron et al. [2004] dans le
cas de cavités de forme rectangulaire. Elle prend en compte une estimation du foisonnement
pour une constitution des bancs de recouvrement connue.
Le volume de la cuvette est déterminé à partir du volume de la cavité affecté d'un facteur
traduisant la propension au foisonnement.
2
Vcuvette = V cavité (Equation 1)
3
Puis le rayon équivalent Req est déterminé à partir du volume de la cuvette, ce qui permet de
déterminer i puis Smax.
i = 0.42 Req + 0.525H (Equation 2)

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Réservation pour entête

Vcuvette
S max = (Equation 3)
2.51× i

La comparaison est globalement satisfaisante, tant au niveau de l'affaissement maximal que


de la pente maximale située au niveau du point d'inflexion. Le tableau VI présente les
principaux résultats quantitatifs issus de cet essai.
L'amplitude maximale obtenue numériquement est légèrement plus importante de 11%
environ alors que la cuvette d'affaissement est moins large. La différence enregistrée sur i, la
distance au point d'inflexion, est de l'ordre de 20%. L'écart relevé le plus important porte sur la
pente maximale observée qui varie dans une proportion du simple au double par rapport à ce
qui était prévu par l'approche théorique.
Ces écarts sont principalement dus à une perte de volume au niveau de la cavité plus faible
que prévu par le retour d'expérience qui permettait d'estimer celle-ci aux environs des deux tiers
du volume total de la cavité. Le volume de la cuvette obtenue par le modèle numérique est en
effet d'environ 58% du volume de la cavité.
Cependant la concordance avec la courbe expérimentale est relativement bonne, surtout si
l’on tient compte de la différence de rupture observée expérimentalement où seule la partie
gauche du banc raide avait cédé (Figure 2).

Figure 9. Modèle couplé prenant en Figure 10. Cuvette d'affaissement obtenue avec la
compte la présence d'une structure. structure.

La simulation numérique prenant en compte une structure en surface est illustrée sur la
figure 9. La rupture obtenue est similaire à celle observée en condition de terrain vierge. La
rupture des deux parties en encorbellement du banc raide survient peu après la dégradation.
Celles-ci chutent dans la cavité et le sol pulvérulent en surface suit leur mouvement. Les
fondations de la structure se trouvent alors sollicitées. L'état stable final qui est atteint présente
deux vides importants qui subsistent au niveau de la cavité, quelques vides de moindre ampleur
au niveau des zones de rupture dans le banc raide et un décollement important de la semelle
gauche de la structure qui ne prend appui que sur quelques rouleaux à la fin de la simulation.
La figure 10 montre la surface obtenue après stabilisation de la rupture. Les trois semelles
placées dans le massif de particules y figurent aussi. La semelle 1 est soumise à une forte
rotation, tandis que les deux autres sont faiblement inclinées selon la pente de la cuvette. Le
tableau VII fournit les résultats sous forme quantitative : paramètres géométriques de la cuvette
et déplacement de la structure. Il apparaît que si la forme de la cuvette varie peu, le volume
obtenu lors de la simulation numérique est sensiblement inférieur à celui observé pour l'essai
expérimental correspondant : 54% contre 64% du volume de la cavité initiale.
Qualitativement, au niveau des efforts engendrés au sein de la structure, il apparaît que ce
sont les deux poteaux de gauche qui concentrent les efforts maximaux et notamment leur partie
basse, entre la semelle et le premier niveau. Des valeurs de moment de l'ordre de 13kN.m y

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sont observées. De plus, le signe des moments obtenus indique que les deux semelles ont eu
tendance à se rapprocher durant l'essai, ce que l'on peut confirmer en comparant les vecteurs
déplacement horizontaux par exemple: Pour ce qui concerne les éléments de structure
horizontaux, c'est dans la travée centrale de la poutre inférieure que le moment fléchissant est
le plus important (plus exactement au niveau de la jonction avec le poteau 3).
On retrouve des résultats similaires à ceux qui ont été obtenus expérimentalement, où l'on
avait constaté que les efforts les plus importants étaient localisés dans les poteaux 1 et 2 et
dans la travée S1-S2 de la poutre basse.

Tableau VII. Résultats quantitatifs de l'essai avec structure.


Modèle numérique Modèle Essai Expérimental
Caractéristiques
en terrain vierge numérique ISS ISS
Smax 120cm 151cm 127cm
i ~4m ~4m ~4,5m
% du volume de la cavité 58% 54% 64%
Pente maximale 24% ~34% ~35%
Pente max. sur la structure ~15,3% ~11% ~18%
Localisation (travée) S2-S3 S2-S3 S2-S3

6. Conclusion

L'utilisation d'un modèle numérique couplé FLAC2D-PFC2D permet de représenter de manière


globalement satisfaisante le phénomène d'interaction sol-structure lors de la formation d'un
fontis. Certains points restent cependant à améliorer. C’est le cas du volume final de la cuvette
obtenue qui est inférieur à ce qui est fourni par le modèle réduit expérimental. La sollicitation
transmise à la structure par le biais des mouvements des particules est complexe mais permet
de retrouver des résultats concordant avec les observations issues d'expériences de
laboratoire.
Ainsi validé, le modèle numérique permet d’explorer par des études paramètriques les rôles
respectifs de chaque paramètre du problème (géométrie de la cavité et positionnement par
rapport à la structure, caractéristiques du massif de sol, caractéristiques et géométrie de la
structure) dans l’interaction sol-structure mobilisée par l’effondrement de la cavité.

BIBLIOGRAPHIE
Caudron M., Mathieu P., Emeriault F. et Al Heib M., 2004. Effondrement de cavités souterraines
et interaction avec les ouvrages en surface : approche expérimentale sur modèle analogique
bidimensionnel, Journées Nationales de la Géotechnique et de la Géologie pour l'Ingénieur,
Lille, juin 2004, 435-442.
Caudron M., Emeriault F., Kastner R. et Al Heib M., 2006a. Collapses of underground cavities
and soil-structure interactions: Experimental and numerical models. First Euro Mediterranean
Symposium on Advances in Geomaterials and Structures, Hammamet (Tunisia), 03-05 may
2006.
Caudron M., Emeriault F., Kastner R. et Al Heib M., 2006b. Sinkhole and soil-structure
interactions: Development of an experimental model. International Conference on Physical
Modeling in Geotechnics, Hong-Kong, 04-06 août 2006.
DECK O., 2002 : Etude des conséquences des affaissements miniers sur le bâti. Propositions
pour une méthodologie d'évaluation de la vulnérabilité du bâti. Thèse Génie Civil, INPL de
Nancy, 241p.
Itasca Consulting Group, 2005. PFC2D Manuals (Particles Flow Code in 2 Dimensions), Version
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Potyondy D.O., Cundall P.A. 2004. A bonded-particle model for rock. International Journal of
Rock Mechanics & Mining Sciences, 41:1329-1364.

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