Cours de Statistique Descriptive 2020-2021
Cours de Statistique Descriptive 2020-2021
1. Définition et terminologies
1.2. Terminologies
Population :
Ensemble que l’on observe et qui sera soumis à une analyse
statistique (exple² : ensemble des étudiants d’une section donnée,
l’ensemble des salariés…)
Individu (unité statistique) :
Chaque élément d’une population est un individu (exple : un étudiant
donné, un salarié donné…)
Echantillon :
C’est un sous ensemble de la population considérée (exple :
l’ensemble des étudiants d’un groupe de section donné, l’ensemble
des salariés non véhiculés…)
1
Taille de l’échantillon :
C’est le nombre d’individus dans l’échantillon.
Caractères :
C’est les caractéristiques de l’individu (exemple : couleur des yeux,
sexe, poids, taille…)
Il existe deux types de caractères dont chacun possède à son tour deux
types :
Modalités :
2
Exemple : Intéressons-nous aux salariés d’une société donnée
Caractères
Population
Sexe Niveau en Salaire Nombre
anglais d’enfants
Mohammed H Bon 46 590 DA 1
Ali H Mauvais 18 000 DA 4
Fatiha F Très bon 59 000 DA 0
Salima F Moyen 30 000 DA 2
Modalités
3
X Y
Caractères
Taille (m) Poids (Kg)
Individus
i=1 Karim 1.80 82
i=2 Hakim 1 .67 75
i=3 Ali 1.90 83
i=4 Hichem 1.75 77
4
2.2 Présentation d’une série statistique univariée
sous forme de tableau
C
X
I
1 X1
2 X2
⁝ ⁝
n Xn
La suite des valeurs {x1, x2,…, xn} est appelées série brute et est notée
̅̅̅̅̅
par {xi, i=1, 𝑛}.
5
Distribution observée : une distribution observée à 1 dimension
notée DO1 est définie par :
{(0,3),(1,5), (2,1), (3,1)} et elle peut être représentée par le tableau des
effectifs suivants :
Effectifs
xi ni
x1 =0 3
x2 =1 5
x3 =2 1
x4 =3 1
∑ 10
6
Fréquence : la fréquence exprime la proportion d’individus
présentant une modalité donnée. Elle peut s’exprimer sous la forme
d’un nombre décimal (en général avec une précision de quatre chiffres
après la virgule) ou sous la forme d’un pourcentage. La fréquence de
l’observation xi est égale au rapport entre son effectif ni et l’effectif total
n, elle est donnée par :
𝑛𝑖
𝑓𝑖 =
𝑛
Notons que la fréquence possède la propriété suivante :
∑ 𝑓𝑖 =1
xj nj fj
x1 = 0 3 0.3
x2 = 1 5 0.5
x3 = 2 1 0.1
x4 = 3 1 0.1
∑ 10 1
𝑁𝑗 = 𝑛1 + ⋯ + 𝑛𝑗 = ∑ 𝑛𝑘
𝑘=1
7
La détermination des effectifs cumulés croissant permet de construire
une courbe cumulative définie par l’équation 𝑦 = 𝑁(𝑥) où
0 𝑥 < 𝑥1
𝑁1 𝑥1 ≤ 𝑥 < 𝑥2
⋮
𝑁 (𝑥 ) = 𝑁 𝑥𝑗 ≤ 𝑥 < 𝑥𝑗+1
𝑗
⋮
{ 𝑁𝐽 𝑥𝑗 ≤ 𝑥
Exemple 2:
Les 33 élèves d’une classe ont obtenu les notes suivantes lors d’un
examen
Notes 2 4 5 8 10 11 12 14 15 18 20
nj 1 2 1 4 2 7 6 3 4 2 1
8
Notes 2 4 5 8 10 11 12 14 15 18 20
nj 1 2 1 4 2 7 6 3 4 2 1
𝑁𝑗 1 3 4 8 10 17 23 26 30 32 33
Le nombre d’élève qui ont obtenu une note inferieur ou égale à 8 est
𝑁4 = 8
Effectif cumulé décroissant : représente le nombre d’observations
supérieurs ou égales à xj, il est donné par
𝐽
𝑁𝑗∗ = 𝑛𝑗 + 𝑛𝑗+1 + ⋯ + 𝑛𝐽 = ∑ 𝑛𝑘
𝑘=𝑗
9
Fonction de répartition et courbe cumulative
La courbe cumulative est la représentation graphique dans un repère
de la fonction cumulative ou de la fonction de la répartition F(X) qui
est la proportion d’individus de la population dont le caractère prend
une valeur inférieure à x. Cette fonction est
Définie pour tout 𝑥 ∈ 𝑅
Croissante (mais non strictement croissante)
Nulle ∀ 𝑥 < min 𝑥𝑖
Egale à 1 ∀ 𝑥 ≥ max 𝑥𝑖
0 𝑥 < 𝑥1
𝑓1 𝑥1 ≤ 𝑥 < 𝑥2
⋮
𝐹 (𝑥 ) = 𝑓1 + 𝑓2 + ⋯ + 𝑓𝑗 𝑥𝑗 ≤ 𝑥 < 𝑥𝑗+1
⋮
{ 1 𝑥𝑛 ≤ 𝑥
10
2.3) Distribution groupée
Lorsqu’on est en présence d’une distribution observée de taille
importante, il en découle qu’on soit en présence des caractéristiques
suivantes :
Un grand nombre de lignes dans le tableau des effectifs
De nombreux effectifs de faible amplitude
Soient
n : la taille de la série statistique (le nombre total d’observations)
k : le nombre de classes
a : l’amplitude des classes
E : l’étendue de la série statistique
Où
𝒌 = √𝒏
𝑬
𝒉=
𝒌
𝑬 = 𝒙𝒎𝒂𝒙 − 𝒙𝒎𝒊𝒏
11
Soit la distribution groupée donnée par l’ensemble des classes
[𝑎1 , 𝑎2 [ [𝑎2 , 𝑎3 [ …[𝑎𝑖 , 𝑎𝑖+1 […[𝑎𝑘 , 𝑎𝑘+1 [
0 𝑥 < 𝑎1
𝑥 − 𝑎1
𝑓 𝑎1 ≤ 𝑥 < 𝑎2
𝑎2 − 𝑎2 1
𝑥 − 𝑎2
𝑓1 + 𝑓 𝑎2 ≤ 𝑥 < 𝑎3
𝐹 (𝑥 ) = 𝑎3 − 𝑎2 2
⋮
𝑖−1
𝑥 − 𝑎𝑖
∑ 𝑓𝑗 + 𝑓 𝑎𝑖 ≤ 𝑥 < 𝑎𝑖+1
𝑎𝑖+1 − 𝑎𝑖 𝑖
𝑗=1
⋮
1 𝑥 ≥ 𝑎𝑘+1
{
𝑖−1
𝑥 − 𝑎𝑖
𝐹 (𝑥 ) = ∑ 𝑓𝑗 + 𝑓 , ∀𝑥 ∈ [𝑎𝑖 − 𝑎𝑖+1 [
𝑎𝑖+1 − 𝑎𝑖 𝑖
𝑗=1
12
Exemple 3:
Voici la série des 20 notes obtenues en statistique par les étudiants de
deuxième année universitaire :
12 10 8 13.5 10 17 10.5 8.5 13.5 11.5
13 11.5 9 7 8 14 7 5 9.5 6
Soit X le caractère statistique qui représente les notes obtenues
1) Répartir cette série en 4 classes de même amplitude
2) Donner le tableau statistique des effectifs, effectifs cumulés,
fréquences et fréquences cumulées de X
3) Donner l’expression de la fonction de répartition de la série
groupée ainsi que sa représentation graphique.
13
3. Représentation graphique d’une série
statistique univariée
La représentation graphique d’une série statistique simple est choisi en
fonction du type de la variable statistique : qualitative ou quantitative,
discrète ou continue.
𝑛 → 360°
𝑛𝑖 → 𝑑𝑖
14
Exemple 4
Lors d’une étude en psychologie sociale sur la mobilité géographique,
on a interrogé 50 personnes pour savoir si elles passaient les vacances
à l’étranger. Les effectifs obtenus sont les suivants
Vacances à l'étranger Jamais Parfois Souvent Toujours
Effectifs 5 19 23 3
15
La représentation graphique appropriée aux variables quantitatives
continues est l’histogramme où nous reportons les classes sur l’axe des
abscisses et, au-dessus de chacune d’elles, nous traçons un rectangle
dont l’aire est proportionnelle à la fréquence ou à l’effectif associée.
Notons que dans un histogramme les rectangles sont juxtaposés et leurs
bases représentent les longueurs (amplitudes) des classes.
Exercice 1
Une statistique sur le poids de chacun des enfants d’un groupe d’enfants
de sept ans donne la série suivante (entité le Kg)
22 25 23 25 24 19 23 18 20 21 19 22 20 17
21 23 24 23 17 21 20 20 19 22 19 20 19 21
16
4. Paramètres de tendance centrale
Les paramètres de tendance centrale ou paramètres de position sont des
grandeurs susceptibles de représenter de représenter au mieux un
ensemble de données. L’appellation mesure de tendance centrale vient
du fait que ces paramètres donnent une idée de ce qui se passe au centre
d’une distribution. On distingue trois mesures de tendance centrale : le
mode, la médiane et la moyenne.
4.1) Le mode
Noté Mo, il correspond à la valeur qui apparaît le plus souvent dans une
distribution, autrement dit c’est la valeur de la série qui possède le plus
grand effectif (ou fréquence).
Cas d’une variable discrète
Dans le cas d’une variable discrète (non groupée), la valeur modale
est tout simplement la valeur de la série qui possède le plus grand
effectif
Cas d’une variable continue (groupée)
Dans le cas d’une variable groupée en classes, le mode peut être
trouvé par interpolation par :
−
𝑑1
𝑀𝑜 = 𝑎𝑀𝑜 + 𝑎𝑀𝑜
𝑑1 + 𝑑2
Où
−
𝑎𝑀𝑜 est la limite inférieure de la classe modale
𝑎𝑀𝑜 est la longueur de la classe modale
d1 =ni –ni-1
d2 =ni –ni+1
ni est l’effectif de la classe modale
ni-1 est l’effectif de la classe qui précède la classe modale
ni+1 est l’effectif de la classe qui succède la classe modale
17
Mo
4.2) La médiane
Notée Me ou x1/2, la médiane correspond à la valeur de la distribution
qui partage l’effectif total en deux sous effectifs de même taille de telle
sorte que l’on puisse dire que 50% des individus d’une population sont
caractérisés par une valeur supérieure à celle de la médiane et que 50%
des individus ont une valeur inférieure à la médiane.
Cas d’une variable discrète
Dans ce cas il faut d’abord classer les observations de la série dans
l’ordre croissant, cette opération a pour but d’affecter un rang à chaque
valeur et ainsi de déterminer plus facilement le milieu de la série. Deux
cas peuvent se présenter :
Si n est pair, deux valeurs se situent au centre de la série. Ces
deux valeurs sont respectivement de rang n/2 et (n/2) +1
𝑥(𝑛) + 𝑥(𝑛+1)
2 2
𝑥1/2 =
2
𝑥1/2 = 𝑥(𝑛+1)
2
18
Exemple 5:
Voici la série des 20 notes obtenues en statistique par les étudiants de
deuxième année universitaire
5 6 7 7 8 8 8.5 9 9.5 10
10 10.5 11.5 11.5 12 13 13.5 13.5 14 17
On remarque que cette série est de taille n=20 donc pair, alors la
médiane est calculée comme suit
𝑥(𝑛) + 𝑥(𝑛+1) 𝑥
(10) + 𝑥(11) 10 + 10
𝑥1 = 2 2
= = = 10
2 2 2 2
Exemple 6:
Soit la série statistique suivante
17 17 18 19 19 19 19 19 20 20 20 20 20 21
21 21 22 22 22 23 23 23 23 24 24 25 25
Cette série est de taille n=27 donc impair, alors la médiane est calculée
comme suit
19
−
Où 𝑥𝑀𝑒 : est la borne inférieure de la classe médiane
𝑎𝑀𝑒 : est la longueur de la classe médiane
𝑁𝑀𝑒−1 : est l’effectif cumulé croissant de la classe qui précède la
classe médiane
𝑛𝑀𝑒 : est l’effectif de la classe médiane
Donc pour estimer la médiane on doit trouver, en premier lieu, la classe
médiane. La classe médiane est la première classe qui a un effectif
cumulée supérieure ou égale à n/2.
Exemple 7:
Une statistique sur le poids de chacun des enfants d’un groupe d’enfants
de sept ans donne la série suivante (entité le Kg)
22 25 23 25 24 19 23 18 20 21 19 22 20 17
21 23 24 23 17 21 20 20 19 22 19 20 19 21
Répartir cette série en classes d’amplitudes 2 et trouver la médiane par
extrapolation et graphiquement
𝐸
On sait que 𝑎 = 𝐸 = 𝑥𝑚𝑎𝑥 − 𝑥𝑚𝑖𝑛
𝑘
Donc
𝐸 𝑥𝑚𝑎𝑥 − 𝑥𝑚𝑖𝑛 25 − 17 8
𝑘= = = = =4
𝑎 𝑎 2 2
ni Ni Fi
classes
[17-19[ 3 3 0.107
[19-21[ 10 13 0.4643
[21-23[ 7 20 0.714
[23-25] 8 28 1
∑ 28
20
𝑛
− 𝑁𝑀𝑒−1 14 − 13
𝑥1/2 −
= 𝑎𝑀𝑒 + 𝑎𝑀𝑒 2 = 21 + 2 ≈ 21.286
𝑛𝑀𝑒 7
Pour trouver la médiane on trace la courbe des fréquences cumulées
croissantes, elle aussi l’intersection des courbes des fréquences
cumulées croissantes et décroissantes.
1 2 4 5 7 8 9 10 11 13
1+2+4+5+7+8+9+10+11+13
𝑋̅ = =7
10
Exemple 9:
Une élève a eu les notes (avec coefficients entre parenthèses) suivante
12 (3) 15 (2) 9 (2) 17 (1) 14 (2) 6 (2) 13 (3)
̅𝑋̅̅𝑝̅ = 12×3+15×2+9×2+17×1+14×2+6×2+13×3 = 12
15
21
La moyenne arithmétique d’une série groupée
Le calcul de la moyenne arithmétique d’une série statistique groupée
est à éviter car cela nous donne un résultat erroné puisque le calcul se
fait en supposons que toutes les valeurs d’une classe se trouvaient au
centre de celle-ci et donc la moyenne ainsi calculée n’est pas précise.
Le calcul de la moyenne arithmétique à partir de la série groupée ne se
fait que lorsqu’on ne possède pas la série brute.
∑𝒏𝒊=𝟏 𝒏𝒊 × 𝒄𝒊
̅=
𝑿
𝒏
Exemple 10
ci ni
classes
[17-19[ 18 3
[19-21[ 20 10
[21-23[ 22 7
[23-25] 24 8
∑ 28
18 × 3 + 20 × 10 + 22 × 7 + 24 × 8
𝑋̅ = = 21.428
28
22
Cas d’une variable discrète
Soient α =0.25, 0.5 ou 0.75 et n la taille de la série (effectif total)
Si nα n’est pas entier alors
Qα = x[nα]+1
Si nα est entier alors
1
Qα = (xnα+ xnα+1)
2
Exemple 14
22 25 23 25 24 19 23 18 20 21 19 22 20 17
21 23 24 23 17 21 20 20 19 22 19 20 19 21
21 21 21 22 22 22 23 23 23 23 24 24 25 25
Pour α = 0.5
nα= 14 entier donc
1 1 1
Q1 /2 = (xnα+ xnα+1) = (x14+ x15) = (21+ 21)=21
2 2 2
Pour α = 0.75
nα= 21 entier donc
1 1 1
Q3 /4 = (xnα+ xnα+1) = (x21+ x22) = (23+ 23)=23
2 2 2
23
Cas d’une variable continue
Dans le cas d’une variable continue (classée), le calcul du quartile se
fait en deux étapes comme suit :
1) La première étape consiste à trouver la classe k, qu’on
note (𝑥𝑘− , 𝑥𝑘+ ) , qui contient le quantile en question. Cette classe
est la première classe qui a un effectif cumulé croissant ≥ 𝑛α
𝑁𝑘 ≥ 𝑛α
2) La deuxième étape consiste à calculer le quartile comme suit
𝑛𝛼 − 𝑁𝑘−1
𝑄𝛼 = 𝑥𝑘− + 𝑎𝑘
𝑛𝑘
Exemple 15
ci ni Ni
classes
[17-19[ 18 3 3
[19-21[ 20 10 13
[21-23[ 22 7 20
[23-25] 24 8 28
∑ 28
Pour α = 0.25
𝑛α ≤ 𝑁𝑘
𝑛α = 7 donc on doit trouver la classe k telle qu’elle soit la
première classe dont l’effectif cumulé soit supérieur ou égale à 7
et l’effectif cumulé de la classe qui la précède soit strictement
inférieur à 7
On remarque que la classe [19-21[ vérifie cette condition, en effet
on
𝑛α = 7 ≤ 𝑁[19−21[ = 13
D’où
24
−
𝑛𝛼 − 𝑁[17−19[
𝑄1/4 = 𝑥[19−21[ + ℎ[19−21[
𝑛[19−21[
7−3
𝑄1/4 = 19 + 2 = 19.8
10
𝑄1/4 = 19.8
Pour α = 0.5
𝑛α ≤ 𝑁𝑘
𝑛α = 14 donc on doit trouver la classe k telle qu’elle soit la
première classe dont l’effectif cumulé soit supérieur ou égale à 14
et l’effectif cumulé de la classe qui la précède soit strictement
inférieur à 14
On remarque que la classe [21-23[ vérifie cette condition, en effet
on
𝑛α = 14 ≤ 𝑁[21−23[ = 20
D’où
−
𝑛𝛼 − 𝑁[19−21[
𝑄1/2 = 𝑥[21−23[ + ℎ[21−23[
𝑛[21−23[
14 − 13
𝑄1/2 = 21 + 2 ≈ 21.28
7
𝑄1/2 ≈ 21.28
Pour α = 0.75
𝑛α ≤ 𝑁𝑘
𝑛α = 21 donc on doit trouver la classe k telle qu’elle soit la
première classe dont l’effectif cumulé soit supérieur ou égale à 21
et l’effectif cumulé de la classe qui la précède soit strictement
inférieur à 21
On remarque que la classe [23-25[ vérifie cette condition, en effet
on a
25
𝑛α = 21 ≤ 𝑁[23−25[ = 28
D’où
−
𝑛𝛼 − 𝑁[21−23[
𝑄3/4 = 𝑥[23−25[ + ℎ[23−25[
𝑛[23−25[
21 − 20
𝑄3/4 = 23 + 2 = 23.25
8
𝑄3/4 = 23.25
Cas particuliers
- Les quartiles
Dans une distribution ordonnée dans l’ordre croissant, les quartiles
correspondent aux trois valeurs qui partagent une population en quatre
sous-ensembles de même taille, c'est-à-dire d’effectifs égaux. Par
convention, les quartiles sont respectivement notés par Q1, Q2 et Q3
Premier quartile Q1 : 25% des effectifs de la population ont une
valeur inférieure à Q1 et 75% ont une valeur supérieure à Q1
Deuxième quartile Q2 : 50% des effectifs ont une valeur inférieure
à Q2 et 50% sont supérieurs à Q2. Notons que le deuxième quartile
est lui-même la médiane.
Troisième quartile Q3 : 75% des effectifs de la population ont
une valeur inférieure à Q3 et 25% ont une valeur supérieure à Q3.
26
Q1 Q2 Q3
25 % 25 % 25 % 25 %
50 % 50 %
Q1
25 % 75 %
< Q1 ˃ Q1
Q2
50 % 50 %
< Q2 ˃ Q2
Q3
75 % 25 %
< Q3 ˃ Q3
- Les déciles
𝑖
Il y a 9 déciles D1,…,D9. Le ième décile est le quantile d’ordre 𝛼 =
10
- Les centiles
Il y a 99 centiles C1,…,C99. Le ième centile est le quantile d’ordre
𝑖
𝛼=
100
27
5. Paramètres de dispersion
Les paramètres de dispersion nous renseignent sur la dispersion des
données autour des paramètres de tendance centrale.
5.1) L’étendue
C’est l’écart entre le maximum et le minimum d’une distribution. Il est
donné par
𝐸 = 𝑥𝑚𝑎𝑥 − 𝑥𝑚𝑖𝑛
𝜎 = √𝜎 2
28
Propriétés et utilité de l’écart-type
29
Théorème
Soit X une série statistique, on a alors la relation de Koenig suivante :
𝑛
1
𝜎 2 = ( ∑ 𝑥𝑖 2 ) − 𝑋̅ 2
𝑛
𝑖=1
Si on pose 𝑌 = 𝑎𝑋 + 𝑏 (𝑎 𝑒𝑡 𝑏 𝑑𝑒𝑠 𝑟é𝑒𝑙𝑠)
Alors on a :
𝑌̅ = 𝑎𝑋̅ + 𝑏
𝜎𝑌2 = 𝑎2 𝜎𝑋2
𝜎𝑌 = |𝑎|𝜎𝑋
Exemple 16
Soit la série statistique ordonnée suivante :
17 17 18 19 19 19 19 19 20 20 20 20 20 21
21 21 21 22 22 22 23 23 23 23 24 24 25 25
30
xj nj 𝑛𝑗 𝑥𝑗 𝑥𝑗 − 𝑋̅ 2
(𝑥𝑗 − 𝑋̅) 𝑛𝑗 (𝑥𝑗 − 𝑋̅ )
2
587
𝑋̅ = 28 ≈ 20.96
134.96
𝜎2 = ≈ 4.82
28
𝜎 = √𝜎 2 ≈ 2.20
On peut aussi calculer la variance en utilisant la formule suivante :
𝑘
1
𝜎 2 = ( ∑ 𝑛𝑗 𝑥𝑗 2 ) − 𝑋̅ 2
𝑛
𝑗=1
31
xj nj 𝑥𝑗 2 𝑛𝑗 𝑥𝑗 2
17 2 289 578
18 1 324 324
19 5 361 1805
20 5 400 2000
21 4 441 1764
22 3 484 1452
23 4 529 2116
24 2 576 1152
25 2 625 1250
∑ 28 12441
9
1
𝜎 2 = ( ∑ 𝑛𝑗 𝑥𝑗 2 ) − 𝑋̅ 2
28
𝑗=1
1
𝜎2 ≈ ( × 12441) − (20.96)2
28
Et on trouve les mêmes résultats qu’avec la première formule
𝜎 2 ≈ 4.82
𝜎 = √𝜎 2 ≈ 2.20
Exemple 17
Regrouper les observations de l’exemple 16 dans des classes
d’amplitudes 2 ensuite calculer la variance et l’écart-type de la variable
continue obtenue
De l’exemple 7 on a
32
ci ni
classes
[17-19[ 18 3
[19-21[ 2010
[21-23[ 22 7
[23-25] 24 8
∑ 28
La variance d’une variable continue est donnée par
𝑘
1
𝜎 2 = ( ∑ 𝑛𝑗 𝑐𝑗 2 ) − 𝑋̅ 2
𝑛
𝑗=1
Avec
𝑘
1
𝑋̅ = ∑ 𝑛𝑗 𝑐𝑗
𝑛
𝑗=1
classes cj nj 𝑐𝑗2 𝑛𝑗 𝑐𝑗 𝑛𝑗 𝑐𝑗 2
4
1
𝑋̅ = ∑ 𝑛𝑗 𝑐𝑗 ≈ 21.43
28
𝑗=1
4
1
𝜎 2 = ( ∑ 𝑛𝑗 𝑐𝑗 2 ) − 𝑋̅ 2 ≈ 3.96
28
𝑗=1
𝜎 = √𝜎 2 ≈ 1.99
33
6. Paramètres de forme
6.1) Coefficient d’asymétrie de Fisher (skewness)
Le coefficient d’asymétrie de Fisher d’une variable X dont le moment
d’ordre 3 existe et est définit par Fisher comme suit
𝜇3∗
𝛾1 = 3
𝜎
Si 𝛾1 = 0, on dit que la série statistique est symétrique par rapport
à la moyenne
34
6.2) Coefficient d’aplatissement (Kurtosis)
Le coefficient d’aplatissement de Fisher d’une variable statistique X
dont le moment centré d’ordre 4 existe est définit par Fisher comme
suit
𝜇4∗
𝛾2 = 4 − 3
𝜎
Si 𝛾2 = 0, on dit que la série statistique possède le même degré
d’aplatissement que la courbe d’une loi normale (mésokurtique)
Si 𝛾2 < 0, on dit que la courbe de la série statistique possède un
sommet plus bas et plus aplatie que celui de la courbe d’une loi
normale et possède des ailes plus ouverts (platikurtique)
Si 𝛾2 ˃ 0, on dit que la courbe de la série statistique possède un
sommet plus haut et plus aigu que celui de la courbe d’une loi
normale et possède des ailes plus fermés (leptokurtique)
35
Chapitre 2 : Statistique descriptive double
1. Tableau de données
Considérons un tableau IC (Individus/Caractères) résultant de la mesure
de deux variables X et Y sur les n éléments d’un ensemble d’individus
E.
1 2 … i … n
X x1 x2 … xi … xn
Y y1 y2 … yi … yn
36
2. Distribution conjointe
2.1) Effectifs conjoints
On représente les données sous forme d’un tableau à double entrée,
appelé tableau des effectifs conjoints ou table de contingence ou encore
tableau croisé, on dit également parfois distribution conjointe des
effectifs. Soient x1; x2;…; xp les p observations du caractère X, et
y1; y2; …; yk les k observations du caractère Y. Alors on a le tableau de
contingence suivant :
Y y1 … yj … yk
X
[22-24[ 0 2 3
[24-26[ 3 2 4
[26-28[ 0 0 2
[28-30[ 1 0 1
[30-32[ 0 0 2
37
Pour ce tableau, yj désigne les différentes modalités de Y :
(y1=faible, y2 =moyen, y3 =fort) et xi désigne les classes de modalités de
X : x1 = [22 - 24[ ; x2 = [24- 26[; x3 = [26- 28[; x4 =[28-30[;
x5 = [30- 32[.
Dans la case située à l’intersection de la ligne 1 correspondant à x1 et de
la colonne 2 correspondant à y2, on écrit le nombre d’individus ayant
simultanément les modalités x1 et y2. Cette valeur est appelée effectif
conjoint des modalités x1 et y2 ; on le note n12. Ici n12 = 2 (en gras dans
le tableau ci-dessus).
D’une façon générale, dans la case située à l’intersection de la ligne x1
et de la colonne yj, on écrit le nombre d’individus ayant simultanément
les modalités xi et yj. Cette valeur est appelée effectif conjoint des
modalités xi et yj; on le note nij .
Ce tableau est appelé tableau des effectifs conjoints ou table de
contingence ou encore tableau croisé, on dit également parfois
distribution conjointe des effectifs.
38
On a
𝑘 𝑝
𝑘 𝑘 𝑝 𝑝 𝑝 𝑘
Exemple 2
Reprenons la table de contingence de l’exemple 1
[22-24[ 0 2 3 5
[24-26[ 3 2 4 7
[26-28[ 0 0 2 2
[28-30[ 1 0 1 2
[30-32[ 0 0 2 2
n.j (marge de Y) 4 4 12 20
39
2.3) Distributions conjointes et marginales de
fréquences
Les fréquences conjointes sont notées 𝑓𝑖𝑗 et sont données par :
𝑛𝑖𝑗
𝑓𝑖𝑗 =
𝑛
fij est donc la proportion d’individus dans la population ayant
simultanément la modalité xi et la modalité yj. Le tableau des fréquences
conjointes appelé distribution conjointe des fréquences de l’exemple
précédent et contenant les distributions marginales des fréquences est le
suivant :
3. Distributions conditionnelles
̅̅̅̅̅
La série statistique (xi;nij), i=1, 𝑝 est appelée série statistique
conditionnelle de X sachant que Y prend la valeur yj : Elle est notée
X /Y= yj
̅̅̅̅̅
La série statistique (yj;nij), j=1, 𝑘 est appelée série statistique
conditionnelle de Y sachant que X prend la valeur xi : Elle est notée
Y /X= xi
40
Exemple 2
Reprenons l’exemple précédent, on a la table des distributions du
caractère âge si on ne prend en considération que les individus qui ont
un goût faible à la lecture des effectifs cherchons le nombre d’individus
qui ont un goût faible à la lecture notée X/Y = Faible suivante :
Définition
̅̅̅̅̅
Les séries statistiques (xi;ni.), i=1, 𝑝 et ̅̅̅̅̅
(yj;n.j), j=1, 𝑘 sont
indépendantes si on a
𝑓𝑖. × 𝑓.𝑗 = 𝑓𝑖𝑗 1, 𝑝 𝑒𝑡 𝑗 = ̅̅̅̅̅
∀ 𝑖 = ̅̅̅̅̅ 1; 𝑘
Remarque
En pratique pour montrer que deux variables ne sont pas indépendantes,
il suffit de trouver un i0 et un j0 tels que :
Exemple 3
Dans l’exemple précédent les deux variables ne sont pas indépendantes,
en effet on a
𝑓1. × 𝑓.1 ≠ 𝑓11
41
5. Représentation graphique
Une série statistique double peut être représentée par ce qu’on appelle
un "nuage de point".
Exemple 4 On a relevé la production de blé (X en quintaux) et le
nombre de jours de pluie (Y). On a obtenu les résultats suivants :
X 200 184 225 250 240 195 210 225 250 220
Y 50 30 70 90 50 30 50 60 70 70
Y
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 50 100 150 200 250 300
42
Remarque : Lorsque la série statistique est donnée sous forme d’un
tableau de contingence, la covariance est donnée par :
1
( ∑ ∑ 𝑛𝑖𝑗 𝑥𝑖 𝑦𝑗 ) − 𝑋̅ 𝑌̅
𝑛
𝑖 𝑗
Propriétés :
La covariance est un indice symétrique. De façon évidente 𝜎𝑋𝑌 =
𝜎𝑌𝑋
La covariance d’une variable avec elle-même correspond à sa
variance (𝜎𝑋𝑋 = 𝜎𝑋2 )
La covariance peut prendre toute valeur réelle
|𝑐𝑜𝑣 (𝑋, 𝑌)| ≤ √𝜎𝑋2 𝜎𝑌2
𝜎𝑋𝑌 > 0 ⇒ X et Y varient dans le même sens
𝜎𝑋𝑌 < 0 ⇒ X et Y varient dans le sens contraire
Si les deux variables X et Y sont indépendantes alors 𝜎𝑋𝑌 = 0.
Cependant, le fait que 𝜎𝑋𝑌 = 0 n’implique pas que X et Y sont
indépendants.
Soient U et V deux variables telles que 𝑈 = 𝛼1 𝑋 + 𝛽1
𝑉 = 𝛼2 𝑋 + 𝛽2 alors on a 𝜎𝑈𝑉 = 𝛼1 𝛼2 𝜎𝑋𝑌
7. Coefficient de corrélation
Ce coefficient caractérise une liaison linéaire de la forme
𝑌 = 𝑎 + 𝑏𝑋 avec 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ entre les deux variables considérées. En
particulier, il ne dépend pas des unités de mesure des deux variables.
Il est donné par :
𝜎𝑋𝑌
𝜌𝑋𝑌 =
𝜎𝑋 𝜎𝑌
43
Propriétés :
Le coefficient de corrélation est un indice symétrique
−1 ≤ 𝜌𝑋𝑌 ≤ 1
|𝜌𝑋𝑌 | = 1 ⇒ il existe une relation linéaire entre X et Y
𝜌𝑋𝑌 = 1 ⇒ il y a une dépendance linéaire mais il peut exister une
autre forme de dépendance
0 ≤ 𝜌𝑋𝑌 ≤ 1 traduit une dépendance linéaire d’autant plus forte
que |𝜌𝑋𝑌 | est grand. Quand 𝜌𝑋𝑌 est proche de -1 ou +1, les
caractères sont fortement corrélés.
Y 30 50 60 70 90 ni. fi.
X
[184-206[ 2
[206-228[
[228-250[
n.j
f.j
2. X et Y sont-elles indépendantes ?
3. Calculer la covariance entre les variables X et Y ;
44
4. Calculer le coefficient de corrélation et interpréter le résultat
obtenu.
𝑌 = 𝑓(𝑋)
Dans ce qui suit nous allons étudier la régression linéaire simple c'est-
à-dire comportant une seule variable explicative en plus de la constante.
𝑌 = 𝑎 + 𝑏𝑋 + 𝑒
𝑌 = 𝑎 + 𝑏𝑋 + 𝑒
45
La méthode des moindres carrés consiste à minimiser la somme des
carrés des écarts à la droite. Supposons qu’on dispose de n observations
pour les variables X et Y.
X x1 x2 … xi … xn
Y y1 y2 … xi … yn
On a :
𝑒𝑖 = 𝑦𝑖 − 𝑎 − 𝑏 𝑥𝑖
𝐸 (𝑎, 𝑏) = ∑ 𝑒𝑖2
𝑖=1
46
𝑛
𝐸 (𝑎, 𝑏) = ∑(𝑦𝑖 − 𝑎 − 𝑏 𝑥𝑖 )2
𝑖=1
D’où
47
En remplaçant dans cette dernière égalité a par 𝑎 = 𝑌̅ − 𝑏𝑋̅ on
obtient :
D’où :
1
( ∑𝑛𝑖=1 𝑥𝑖 𝑦𝑖 ) − 𝑋̅𝑌̅ 𝜎𝑋𝑌
𝑏= 𝑛 = 2
1 𝑛 𝜎𝑋
( ∑𝑖=1 𝑥𝑖 ) − 𝑋̅
2 2
𝑛
48
Exemple 5
X (taille du ménage) Y (dépenses en vacances)
1 17
2 11
2 23
4 19
6 30
Alors :
𝑌 = 12.31 + 2.56 𝑋
49
8.2 Coefficient de corrélation et coefficient de
détermination
Rappelons que le coefficient de corrélation est donné par :
𝜎𝑋𝑌
𝜌𝑋𝑌 =
𝜎𝑋 𝜎𝑌
En ce qui concerne le coefficient de détermination R2, notons que dans
le cas de la régression avec constante, et uniquement dans ce cas, il est
égal au carré du coefficient de corrélation.
2
2 2
𝜎𝑋𝑌
𝑅 = 𝜌𝑋𝑌 = 2 2
𝜎𝑋 𝜎𝑌
Le coefficient de détermination représente la proportion de la variance
de Y qui est expliquée par la régression linéaire en fonction de X. Plus
il sera proche de la valeur 1, meilleur sera le modèle, et lorsqu’il est
proche de 0, on en déduit que X n’apporte pas d’informations utiles sur
Y, autrement dit, la variable X n’explique pas la variable Y.
Exemple 6
Calculons le coefficient de corrélation et de détermination pour
l’exemple 6
50