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Introduction au Crédit Management

Le document décrit les différents types de banques et de crédits. Il contient des informations sur les banques de dépôts, les banques d'investissement, les banques d'affaires, et les critères de classification des entreprises. Le document aborde également les crédits à court terme comme les facilités de caisse, les découverts et les crédits relais.

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Introduction au Crédit Management

Le document décrit les différents types de banques et de crédits. Il contient des informations sur les banques de dépôts, les banques d'investissement, les banques d'affaires, et les critères de classification des entreprises. Le document aborde également les crédits à court terme comme les facilités de caisse, les découverts et les crédits relais.

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COURS SUR LE CREDIT MANAGEMENT

PRESENTE PAR MR GODIH DJAMEL TORQUI

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Section 1 : Les différentes catégories de banques.

Avec le développement de l’économie mondiale et la mondialisation financière ; la profession


bancaire est devenue nécessaire pour toute nation moderne.
En Occident, on distingue généralement trois catégories de banques, il s’agit en l’occurrence :
des banques de dépôts, des banques d’investissement et les banques d’affaires

[Link] banques de dépôts :


Les banques de dépôts sont celles dont l’activité principale consiste à effectuer des opérations
de crédits et à recevoir du public des dépôts de fonds à vue et à terme .

1.2. Les banques d’investissement


Les banques d’investissement sont celles dont l’activité principale consiste à octroyer des
crédits dont la durée est au moyen égal à deux ans. Elles sont appelés également banques de
crédit à moyen et long terme

1.3. Les banques d’affaires


Les banques d’affaires sont- celles dont l’activité principale est outre l’octroi de crédit, la prise
et la gestion de participations dans des affaires existantes ou en formation. Elles ne peuvent
investir dans celles ci des fonds reçus à vue ou à terme inférieur à 2 ans. Les opérations de
financement engagées par les banques d’affaires, immobilisent les capitaux pour une longue
période.

Section 2 : Les critères de classification des entreprises

2.1 : La classification selon la nature de l’activité

II existe globalement deux classifications : la classification par branche et la classification


par secteur.

2.1.1. La classification par branche

Cette classification permet :-

-l’analyse par produit,

-l’analyse des techniques de production, le calcul des coefficients techniques…

On ventile les activités de l’entreprise entre les branches : biens d’équipement, bâtiment,
génie civil, services marchands etc.

2.1.2. La classification par secteur

Cette classification permet :-

-la prise en compte de la réalité d’ensemble de l’entreprise,

-l’identification des centres de décision,

2
-l’analyse des stratégies et des décisions en matière de financement, d’investissement, de
concentration…

Parmi la classification par secteur ; on peut regrouper par exemple les divers activités de
l’entreprise dans le secteur : biens d’équipement.

2.1.3 : la classification selon la taille

Quel que soit leur secteur d’activité, les entreprises ont des structures, des formes
d’organisation, des comportements très variés selon leur taille. Différents critères de taille
peuvent être retenus :-

-Critères fondés sur la production réalisée : le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée


-Critères fondés sur les moyens utilisés : les effectifs de salariés, le capital engagé

2.1.4. : la classification selon les formes juridiques

-En Algérie ; le code de commerce met en évidence les règles de fonctionnement des
diverses sociétés commerciales, on distingue à cet effet :-

- Le chapitre préliminaire, met en relief les dispositions générales : (Articles 544-550)


-Le titre I met en lumière les règles de fonctionnement des diverses sociétés commerciales :
-Le chapitre I situe la société en nom collectif (Articles : 551-563).
-Le chapitre I bis traite des sociétés en commandite simple (articles 563 bis- 563 bis 10).
-Le chapitre II met en exergue la société à responsabilité limitée, entreprise unipersonnelle à
responsabilité limitée (articles 564-590 bis 2).
-Le chapitre III aborde la société par actions (articles 592- 715 bis).
-Le chapitre III traite des sociétés en commandite par actions (articles 715 ter- 715 ter 10)
-Le chapitre IV met en évidence les dispositions communes aux sociétés commerciales dotées
de la personne morale (Articles 716-795)
-Le chapitre IV bis traite de la société en participation (articles 795 bis 1-795 bis 5)
-Le chapitre V explique le groupement (articles 796-799 bis 4)
Section 3 : Les Crédits à court terme

Les opérations de crédit se caractérisent par l’objet et les besoins auxquels ils répondent. Les
besoins d’exploitation ou de fonctionnement sont financés par des crédits à court terme.
Ceux-ci doivent remédier à des insuffisances temporaires de capitaux et ne doivent que
compléter les moyens propres de l’entreprise. Cette notion découle du principe que le
financement à court terme est destiné à compléter un fonds de roulement temporairement

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insuffisant ; Le crédit à court terme est classiquement considéré comme n’excédant pas deux
ans. Cette durée correspond à la nature des besoins de l’entreprise.

Les crédits d’exploitation ou crédits à court terme financent donc l’actif circulant du

bilan, plus précisément les valeurs d’exploitation et ou le réalisable. Le remboursement

d’un crédit d’exploitation ; dont la durée est généralement d’une année, elle peut

cependant atteindre deux ans, est assuré par les recettes d’exploitation.

Le crédit d’investissement ou crédit à moyen et long terme finance l’actif immobilisé du


bilan. La durée d’un crédit d’investissement à moyen terme est de deux ans à sept ans. Au-
delà commence le crédit d’investissement à long terme ; crédit qui ne dépasse que rarement
vingt ans. Aussi, les besoins d’investissement ou d’équipement sont financés par des crédits
à long ou moyen terme. Ils ont pour objet de financer l’outil de production : leur
remboursement proviendra donc du bénéfice que procurera la vente des biens produits. Il
n’en demeure pas moins que la durée dépend de l’objet financé et de son amortissement
qui détermine l’époque de remboursement. C’est précisément ce critère qui distinguera les
crédits à moyen terme des crédits à long terme ; l’objet de ces deux catégories de crédit
demeure identique.

3.1. Les crédits d’exploitation

On distingue dans le domaine bancaire plusieurs formes de crédits par caisse qui sont
expliqués dans les paragraphes qui suivent et intitulés respectivement :-

-Financement global des actifs circulants de l’entreprise ;

-Financement des valeurs d’exploitation ;

-Financement du poste client ;

-Quelques techniques récentes de mobilisation des comptes clients.

3.1 1: Financement global des actifs circulants de l'entreprise

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A. La facilité de caisse

La facilité de caisse permet à une entreprise de pallier de courts décalages entre ses dépenses et
ses recettes. Elle est essentiellement destinée à donner à la trésorerie une élasticité de
fonctionnement.

Le caractère essentiel de la facilité de caisse est sa très courte durée (quelques jours par mois) ; bien
qu'il puisse être accordé pour une année, ce concours se caractérise par des utilisations brèves et
successives. Le montant maximum d'une facilité de caisse dépend du chiffre d'affaires mensuel de
l'entreprise. En général, il représente 60 à 70 % de ce chiffre d'affaires.

B. Le découvert

La notion du découvert est fort imprécise. Les entreprises utilisent généralement ce terme en
pensant à une aide bancaire par caisse, plus ou moins longue, sans faire de distinction ni dans le
temps, ni dans l'objet entre la facilité et le découvert.

Les banquiers ont coutume de dire qu'un compte en position débitrice est "à découvert». Le
découvert permet à une entreprise de faire face temporairement à un besoin en fonds de roulement
dépassant les possibilités de son fonds de roulement. Dans une conception très classique, le
découvert est considéré comme un palliatif venant compléter un fonds de roulement
temporairement insuffisant.

-Aux Etats-Unis, le découvert n'est pas pratiqué. Les entreprises se financent en émettant des billets
à l'ordre de banques ou de leurs autres créanciers. Pour honorer ces billets, les banques américaines
exigent que l'entreprise conserve en dépôt sur son compte une fraction de la somme emprunté. Ceci
a pour effet d'accroître le taux réel d'intérêt de la somme empruntée.

Le découvert peut être utilisé en permanence (compte fonctionnant en position débitrice continue)
jusqu'à son échéance. La crainte pour le banquier est de devenir commanditaire de l'entreprise,
autrement dit de ne pas être remboursé à l'échéance et voir son concours à terme se transformer en
crédit à moyen ou long terme. Le découvert peut se matérialiser par des billets souscrits à l'ordre de
la banque par le bénéficiaire du crédit. Dans ce cas, le découvert est dit "mobilisable". Le montant
du découvert est fonction du chiffre d'affaires réalisé par l'entreprise, de sa structure financière, de
son activité et de la confiance du banquier en ses dirigeants.

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C. Le crédit relais

Empruntant souvent la forme du crédit par caisse et logé sur un compte spécial, il accompagne
généralement une opération d’investissement. Il permet à l'entreprise de couvrir immédiatement
une fraction, plus ou moins importante, selon les cas, de sa part d'autofinancement courante.

Lié à une opération ponctuelle hors exploitation, le crédit-relais est destiné à permettre à l'entreprise
d'anticiper une rentrée de fonds à provenir, soit de la cession d'un bien (immeuble ou fonds de
commerce) soit d'une opération financière (augmentation de capital ou déblocage d'un emprunt
obligataire).

D. Le crédit de campagne

Le crédit de campagne est accordé dans le cas où sont saisonniers soit le cycle de fabrication, soit le
cycle de vente de l'entreprise, soit les deux successivement. C'est le crédit d'exploitation par
excellence de l'agriculture. Mais certaines activités industrielles ou commerciales, soumises elles
aussi à un cycle saisonnier, font également appel à lui.

Le crédit de campagne permet aux exploitations et entreprises de faire face aux dépenses de
plantation, d'ensemencement, ou encore de fabrication et de stockage, en attendant la
vente de leurs produits. Le crédit de campagne ne finance que partiellement une campagne,
c'est un outil de financement des produits en stock dans la vente est différée, mais semble
néanmoins assurée.

Pour différentes raisons, une entreprise peut subir un important décalage entre les dépenses qu'elle
règle et les rentrées qu'elle doit avoir. Elle peut avoir ce que l'on appelle une activité saisonnière :-

 L'entreprise peut fabriquer toute l'année et vendre sur une période très courte. Exemple : une
distillerie ;

 L'entreprise peut acheter que sur une période très courte pour vendre toute l'année, exemple :
conserverie ;

 L'entreprise peut aussi avoir exceptionnellement une charge importante de trésorerie à assurer,
exemple : lancement d'une campagne de publicité.

Dans tous les cas, l'entreprise ne pourra pas et ne devra pas (les fonds disponibles seraient inutilisés
à certaines périodes) assurer ce décalage avec ses seuls capitaux. Elle demandera pour cela, un crédit
de campagne. Aussi, le plan de financement de la campagne agricole, industrielle ou commerciale est

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le document essentiel qui permet au banquier de bien cerner le risque avant de se déterminer. Le
banquier analyse ce plan dans le cadre notamment, d'une étude de marché qui lui permet de se faire
une idée, quant aux chances de réussite de la campagne et de remboursement du crédit.

E. L'avance sur factures

L'avance sur factures est un crédit par caisse consenti contre remise de factures visées par les
administrations ou des entreprises généralement domiciliées aux guichets de la banque prêteuse. Le
montant de l'avance ne dépasse pas généralement 70 % du montant de chaque facture.

3.1.2 : Financement des valeurs d'exploitation

A. L'avance sur marchandises

L'entreprise qui détient des marchandises en stock peut demander à son banquier une avance sur
marchandises. L'avance sera la plupart du temps garantie par les marchandises qui seront affectées
en gage, soit dans les locaux de l'entreprise ou ce qui est plus sûr dans les locaux appartenant à un
tiers (magasin général par exemple). L'avance sur marchandises est un crédit par caisse qui finance
un stock, un financement garanti par des marchandises remises en gage du banquier.

3.1.3. Les catégories de financement.

Il existe deux catégories de financement :

A : Financement par crédit mobilisable

De telles avances portent beaucoup plus souvent sur des matières premières, que sur des produits
finis. Le banquier prévoit une marge (quotité) entre le crédit consenti et la valeur du gage qui lui est
remis. L'importance de la marge est fonction de la marchandise remise en gage et du secteur
d'activité de l'entreprise.

B : Financement par escompte de warrant

Le warrant est un effet de commerce revêtu de la signature d'une personne qui dépose, en garantie
de sa signature et dans des magasins généraux, des marchandises dont elle n'a pas l'utilisation
immédiate. Les magasins généraux, tiers détenteurs des marchandises, délivrent, en représentation
de ces stocks, un récépissé énonçant les noms, profession, domicile du déposant, ainsi que la
désignation de la marchandise déposée et un "bulletin de gage", appelé warrant où sont portés le
montant de la créance garantie (en capital et intérêts), la date de l'échéance, le nom et domicile du
créancier. L'ensemble constitue un récépissé warrant.

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3.1.4. Financement du poste "client"

A. L'escompte commercial

La mobilisation auprès de l'appareil bancaire à travers l'escompte des créances commerciales que les
entreprises détiennent sur leur clientèle est un outil de financement ancien, simple et largement
diffusé qui conserve encore aujourd'hui une place importante dans les emplois des banques.
L’escompte commercial est une opération de crédit par laquelle le banquier met à la disposition d'un
client le montant d'une remise d'effets sans attendre leur échéance. L'escompte fait donc intervenir
trois parties :-

 L'entreprise bénéficiaire de l'escompte appelée le cédant ;

 Le débiteur de l'effet appelé le cédé ;

 Le banquier qui est le cessionnaire.

Technique encore très prisée par le monde des affaires, l'escompte fait l'objet d'un consensus entre
banques et entreprises. Pour les premières, c'est un crédit d'une grande sécurité en raison des
prérogatives de droit cambiaire qui s'y attachent, d'une durée courte et qui porte en lui-même son
dénouement. Pour les secondes, c'est à la fois un instrument de crédit et de recouvrement. De par
son architecture, l'escompte commercial est apprécié, tant par les banques que par les entreprises.

B. Le point de vue de la banque

La banque trouve dans l'escompte, un emploi avantageux, bien que de prime abord moins rentable
que le crédit par caisse. Il possède cependant sur ce dernier, trois avantages :-

 L'escompte présente un moindre risque de non- remboursement. Il est fondé sur une transaction
commerciale qui trouve normalement son issue auprès de l'acheteur qui a pris livraison de la
marchandise. L'opération donne à la banque un double recours, l'un contre son client (le tireur ou
cédant de l'effet) en vertu du contrat d'escompte, l'autre contre l'acheteur (le tiré) en vertu de la
créance de provision, en qualité de tiers porteur. La banque bénéficie en outre de la protection
particulièrement efficace du droit cambiaire contre tous les signataires de l'effet.

 Il est générateur de dépôts : dans la mesure où les fonds crédités au compte non entièrement
utilisés, forment des ressources au même titre que des soldes créditeurs provenant de versements
d'espèces ou de remises de chèques.

 Il immobilise peu les fonds de la banque : sa courte durée n'excède pars 90 jours en règle générale.

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C. Le point de vue de l'entreprise

Les traditions commerciales et les impératifs de la concurrence s'allient pour pousser les fournisseurs
à accorder des délais de paiement à leurs acheteurs. Face au gonflement de son poste clients qui
pèse sur sa trésorerie, l'entreprise cherche à le mobiliser, c'est-à-dire à le rendre liquide. Elle y
parvient en tirant des traites sur ses acheteurs, à l'échéance convenue au contrat commercial, et en
demandant à la banque de lui monnayer au comptant, ce qui lui procure la disponibilité immédiate
de ses créances sous déduction des agios. Le banquier doit cependant dépister le papier de
complaisance et les tirages croisés. Il doit pour cela prendre des précautions qui l'amènent
notamment :-

 A fixer, pour chaque entreprise, une ligne d'escompte, calculée en fonction de son chiffre d'affaires
et du pourcentage de la clientèle qui règle par traite ;

 A résumer le droit de trier les effets et d'éliminer :-

- Les signatures sur la solvabilité desquelles il a de mauvais renseignements,

- Les effets de renouvellement lorsqu'ils cachent des traites de complaisances,

- Les effets dont la durée n'est pas conforme aux usances.

3.1.5. Quelques techniques récentes de mobilisation des comptes clients

A. Le crédit de mobilisation des créances commerciales (CMCC)

Lorsqu'un banquier escompte une lettre de change par exemple, il assure à l'entreprise d'une part
un financement, d'autre part un service puisqu'il procède à l'encaissement de la créance. Ces deux
opérations se concrétisent par la seule remise matérielle de l'effet de commerce. L’inconvénient de
l'escompte réside précisément dans les charges qu'impose à ses utilisateurs le traitement de ces
effets de commerce compte tenu du nombre de traites de faibles montants. Le crédit de mobilisation
des créances commerciales est né de la nécessité de créer une forme de financement des créances
commerciales, qui permette de réduire le recours à l'effet de commerce comme moyen de
recouvrement.

Le crédit de mobilisation des créances commerciales donne lieu à la souscription par l'entreprise
bénéficiaire d'un billet à ordre de sa banque, billet qui regroupe les créances nées pendant une
période donnée (10 jours) et qui viennent à échéance à des dates voisines (10 jours maximum). La
banque escompte alors ce billet représentatif de créances commerciales. Le crédit de mobilisation

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des créances commerciales permet donc à l'entreprise bénéficiaire de mobiliser ses créances dès la
facturation. Le CMCC est un crédit plus personnalisé, en ce sens qu'il s'appuie sur l'appréciation du
banquier de la propre valeur de l'emprunteur et sur la confiance qu'il a en lui.

B. La cession de créances professionnelles (dite cession Dailly) en France.

La loi n° 81-1 du 2 janvier 1981 en France, plus connue sous le nom de son auteur, Etienne Dailly, a
été votée dans le but de faciliter le crédit aux entreprises par cession de leurs créances
professionnelles. Cette technique a été améliorée par la loi du 24 janvier 1984, portant réforme de la
profession bancaire en France. En simplifiant les modes de cession des créances professionnelles, la
loi Dailly devait avoir des conséquences importantes sur les modalités de distribution des crédits aux
entreprises. La loi Dailly utilisée en France à titre de garantie, permet de transférer à la banque la
propriété de créances détenues par son débiteur, sur une ou plusieurs personnes pour assurer le bon
dénouement d'une opération financière préalable.

C'est une opération tripartite, au cours de laquelle interviennent :-

 Le cédant, c'est-à-dire l'emprunteur, propriétaire de créances qu'il va céder à la banque,

 Le cessionnaire, c'est-à-dire la banque,

 Le débiteur cédé, c'est-à-dire le client du cédant, celui qui est en relation d'affaires avec lui.

Elle est considérée en France comme l'un de ces modes de règlement couramment admis dans les
relations d'affaires. Ainsi, le banquier bénéficiaire d'une cession Dailly, en garantie de ses crédits,
pourra légitimement revendiquer le règlement des créances cédées entre ses mains, y compris si le
règlement de ces créances a été à tort effectué entre les mains de l'administrateur judiciaire. La loi
Dailly est un procédé de mobilisation des créances qui présente des intérêts évidents pour
l'entreprise, car cette dernière peut se faire financer avant la naissance même de la créance.

C. Le crédit de trésorerie par billet

Du fait de la nature de son activité, l'entreprise peut avoir besoin de concours de caractère plus
durable que le crédit sous forme de découvert entendu stricto sensu. Pour répondre à cette attente,
le système bancaire propose le crédit de trésorerie par billet qui participe à la couverture des besoins
de trésorerie liés au stockage et à la fabrication, étant entendu que le financement des créances
commerciales est normalement du ressort d'autres formes de crédit. Le crédit de trésorerie par
billet, comme un crédit en blanc, c'est-à-dire non lié au financement d'une transaction particulière et
dépourvu de garanties intrinsèques.

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Mise en place pour pallier un déficit chronique de trésorerie, il peut comporter pour la banque un
risque accru dans la mesure où il répond à des besoins importants et de caractère quasi permanent.

Aussi, la banque étudie-t-elle la demande d'un tel concours tant par référence à la solvabilité de
l'affaire qu'en fonction de l'étendue de ses besoins. Sur le plan technique, le concours utilise le
mécanisme de l'escompte de papier financier : l'entreprise souscrit un billet à l'ordre de la banque
qui l'escompte, crédite son compte du brut du billet et le débite des agios sur la période à courir
jusqu'à l'échéance.

D. Le crédit global d'exploitation

Le crédit global d'exploitation, nouveau crédit de trésorerie en France, est destiné à couvrir
l'ensemble des besoins nés du cycle d'exploitation. Le crédit global d'exploitation offre à l'entreprise
la simplicité d'une ligne unique qui se substitue à l'ensemble des crédits à court terme, et au premier
chef aux crédits de mobilisation, il lui permet de gérer avec facilité sur les plans administratif et
comptable et calibrer son appel au crédit au mieux de ses intérêts. Au vu de ses besoins tels qu'ils
ressortent d'un plan de trésorerie prévisionnel, l'entreprise négocie avec sa banque une ligne d'un an
en règle générale.

3.2. Quelques crédits par signature

Les crédits par signature n'entraînent pas en principe de sortie de fonds. La banque fait seulement
bénéficier l'entreprise cliente de la qualité de sa signature en se portant caution de sa solvabilité.

Les engagements par signature sont recherchés et préférés par le banquier aux crédits par caisse,
puisqu'ils ne se traduisent pas par une immobilisation de capitaux, il court tout de même le risque de
devoir s'exécuter au titre de son engagement et donc de transformer un crédit par signature en
crédit par caisse.

3.2.1. Le cautionnement

Avant de signer un acte de cautionnement, le banquier doit apprécier la solvabilité de l'entreprise,


s'assurer qu'elle est en mesure de respecter et de réaliser son contrat, limiter enfin son engagement
en montant et dans le temps.

En se portant caution, c'est-à-dire en prêtant leur signature, les banques font crédits à leurs clients.
En effet, tout engagement de caution contient en puissance un engagement de découvert dans la
mesure où, appelées à payer à la place de leurs clients défaillants.

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Elles peuvent rencontrer des difficultés à se faire rembourser. Il leur faut donc faire preuve de
vigilance dans l'octroi des lignes de cautions qui, inscrites hors bilan, constituent un important
volume de risques.

Pour leur part, les entreprises analysent le cautionnement bancaire comme un crédit moins onéreux
que le crédit par caisse, mais dont les effets sont identiques dans bien des cas. Ainsi, les cautions
facilitent la couverture de leur besoin en fonds de roulement et viennent soulager d'autant leur
trésorerie, voire viennent la gonfler, car elles leur permettent de différer les paiements, d'éviter des
décaissements et d'accélérer des rentrées de fonds.

On entend de ce fait, par caution bancaire, un prêt de signature de la part de la banque qui équivaut
à une promesse de payer à la place de son client, soit à une certaine échéance, soit dans certaines
circonstances dans le contrat.

Le cautionnement est un contrat par lequel un tiers appelé caution, promet à un créancier de le
payer si le débiteur n'exécute pas son obligation.

Le cautionnement résulte dans tous les cas d'un écrit dont les formes sont juridiquement libres. Si la
banque ne peut pas démontrer son engagement après s'être engagée, elle peut cependant le limiter
dans le temps et en montant.

3.2.2 : Les différentes formes de cautions

Dans bien des cas, l'objet du cautionnement bancaire est de soulager la trésorerie des entreprises en
décalant à leur avantage des mouvements de fonds.

A. Cautions délivrées dans le cadre de créances fiscales

Les créances fiscales sont généralement des créances privilégiées. La banque qui est amenée à payer
pour honorer sa signature se trouve souvent subrogée aux droits de l'administration et devient, de ce
fait, un créancier privilégié de l'entreprise client.

B. Obligation cautionnée "contributions directes"

Une entreprise peut obtenir de l'administration fiscale, le différé de paiement des montants des
taxes dont elle est redevable.

Ce délai peut atteindre 04 mois, mais pour obtenir ce report, l'entreprise doit fournir à
l'administration fiscale une caution bancaire dite obligation cautionnée "contributions directes". Par
cette caution, l'établissement financier s'engage à payer pour compte du débiteur, si celui-ci ne

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pouvait régler à échéance la ou les traites signées en contre partie des droits dus. Le banquier doit
également apposer sa signature sur ces billets à ordre. .

Dans l'hypothèse où la banque serait amenée à payer au titre de son engagement, elle est
automatiquement subrogée dans le privilège de l'administration en matière de recouvrement de la
dite créance.

La délivrance d'une telle caution, assure à l'entreprise une trésorerie supplémentaire, dans la mesure
où elle permet de décaler de quatre mois le règlement d'une dette payable au comptant.

C. Caution pour impôts contestés

Tout redevable qui conteste des impôts ou des taxes qui lui sont réclamés doit en effectuer le
règlement, à titre provisoire et dans l'attente des décisions. Par dérogation, il peut être autorisé par
l'administration à surseoir aux versements à condition de fournir une caution.

Séduisante par l'entreprise en particulier, du fait de la longueur du contentieux avec l'administration,


l'opération l'est beaucoup moins pour la banque dans la mesure où aucune échéance ne peut être
fixée à son engagement.

D. Soumission de crédit à l'enlèvement

L'Etat (l'administration douanière) permet à l'importateur le retrait de ses marchandises avant la


détermination des droits de douane dus.

L'administration des douanes accorde à l'importateur un crédit d'enlèvement dans le cadre d'une
autorisation globale appelée soumission de crédit à l'enlèvement. Ce crédit lui permet de prendre
possession de la marchandise importée sans paiement immédiat des droits.

La soumission de crédit à l'enlèvement valable une année doit être cautionnée par la banque. Son
plafond est fixé par l'administration des douanes.

E.. Obligation cautionnée "Douane"

Au terme du délai obtenu dans le cadre d'un crédit d'enlèvement, l'opération de règlement des
droits de douane se dénoue :-

 Soit par un paiement au comptant des droits dus ;

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 Soit en reportant une nouvelle fois le règlement de ces droits pour une période de quatre mois, en
souscrivant une obligation cautionnée douane (traite), dûment signée par la banque en tant que
caution.

Au terme de ce délai supplémentaire la banque est tenue de payer en cas de défaillance du


client.

F. Cautions à l'admission temporaire auprès des douanes

Les marchandises importées en vue d'une réexportation après transformation peuvent circuler à
l'intérieur du territoire douanier en suspension de droits à condition que l'importateur cautionné par
une banque (caution à l'admission temporaire) ait reçu l'autorisation des douanes.

La caution pour admission temporaire évite donc de décaisser des droits dans l'attente de la
réexportation de la marchandise ou des équipements.

Aussi, s'il n'y a pas réexportation ou si cette réexportation est partielle, la banque est tenue de payer
au titre de son engagement. Le risque de la banque, au cas où son client livrerait finalement les
marchandises sur le marché national sans payer les droits, est égal au paiement des dits droits,
majoré d'une amende.

G. Caution pour exportation temporaire

Même principe que précédemment mais dans le sens d'une exportation. La caution bancaire,
appelée caution pour exportation temporaire, garantit dans ce cas la réimportation d'une
marchandise (destinée à être transformée) ou d'un matériel (pour réparation) dans un délai fixé.

H. Caution pour soumission

La caution pour soumission est une caution bancaire qui couvre l'engagement d'une entreprise à
produire un document ou à accomplir une formalité.

I. Caution pour soumission contentieuse

La caution pour soumission contentieuse délivrée par la banque, couvre l'engagement d'une
entreprise, qui a fait une fausse déclaration en douane, à s'en remettre à la décision quelle qu'elle
soit de l'administration des douanes, et à payer à première demande la somme que cette
administration réclamera jusqu'à concurrence du montant intégral des pénalités légalement
encourues.

14
J. Caution pour entrepôt fictif

Une entreprise peut également obtenir le différé de paiement des droits relatifs à des marchandises
entreposées dans son local ou celui d'un tiers jusqu'à leur vente. Cet entrepôt est dit fictif.

L'administration des douanes ne peut donner suite à une telle demande que sur présentation d'une
caution bancaire appelée caution pour entrepôt fictif.

En effet, si un certain laps de temps doit s'écouler entre l'arrivée des marchandises sur le territoire et
leur livraison sur le marché intérieur, les marchandises non dédouanées peuvent séjourner en
franchise de droits dans des entrepôts "réels", surveillée jour et nuit par les douanes ou des
entrepôts "fictifs" (entrepôts privés) soumis seulement à des visites de contrôle.

Dans ce cas, les douanes exigent de l'entrepositaire un engagement cautionné par une banque
d'assurer la conservation en l'état de la marchandise emmagasinée.

3.2.3. Cautions délivrées dans le cadre des marchés publics

C'est sans nul doute à l'occasion des marchés qu'elles concluent que les entreprises font appel de
façon la plus fréquente et la plus importante au cautionnement bancaire, car celui-ci permet dans la
majorité des cas d'accélérer les rentrées de fonds.

Dans certains secteurs, comme celui du bâtiment et des travaux publics, cette forme d'intervention
de la part des banques est omniprésente, parfois même dès avant l'ouverture du chantier et
largement après son achèvement.

Ainsi, dans ce domaine particulier d'engagement par signature, l'Etat n'intervient plus comme
créancier fiscal, mais comme fournisseur de travaux ou demandeur de services, au travers de
marchés que l'administration passe avec les entreprises.

La caution bancaire permet alors d'obtenir des avances ou des acomptes sur marchés. Elle garantit à
l'administration publique la restitution de ces avances ou acomptes dans le cas d'inexécution du
marché par le client cautionné.

Le banquier subordonne la délivrance d'une telle caution à une excellente connaissance de la


situation financière du client et à une juste estimation de ses capacités techniques et aptitudes à
mener à terme le marché.

La durée de la caution est tributaire du délai fixé pour l'exécution du marché et de la date de
réception définitive.

15
C'est le procès-verbal de réception définitive qui porte automatiquement la libération de la caution.

Quelles sont les différentes sortes de cautions ? Nous distinguons :

3.2.4. Caution d'adjudication

La caution d'adjudication permet à l'entreprise de participer à une adjudication de marché. La


délivrance d'une telle caution amène généralement la banque à consentir d'autres cautions
"marché" (telle la caution de bonne exécution) si l'entreprise est retenue pour le marché.

Dès que la banque est saisie d'une demande de caution d'adjudication, elle doit envisager le
financement de l'ensemble du marché. Elle doit déjà apprécier la solvabilité de l'entreprise et
s'assurer que celle-ci dispose de tous les moyens techniques, matériels et humains pour la réalisation
du dit marché.

3.2.5. Caution de restitution d'acomptes

Le versement d'acomptes ou d'avances peut être subordonné à la remise d'un engagement bancaire
garantissant leur restitution ou leur remboursement au cas où le marché ne serait pas exécuté.

La caution de restitution d'acomptes permet donc à l'entreprise de percevoir des acomptes selon les
conditions propres au marché considéré.

3.2.6. Caution de bonne exécution (ou caution définitive)

Cette caution garantit à l'administration qu'une entreprise a les moyens techniques et financiers de
mener à bien le marché pour lequel elle a été déclarée adjudicataire.

Voir l’Arrêté du 7 mars 2011 fixant la liste des marchés d’études et de services dispensés de
la constitution de la caution de bonne exécution en Alogérie.

3.2.7. Caution de dispense de retenue de garantie

Il peut s'avérer dangereux pour le maître de l'ouvrage de régler totalement l'entreprise dès la
réception des travaux, même en l'absence de réserves, car certaines malfaçons peuvent se révéler
plus tardivement.

« Il paraît donc normal qu'une retenue de garantie, limitée à 5 % selon la loi, soit conservée pendant
un certain délai de manière à s'assurer de la qualité des prestations. »

16
Ainsi, une retenue de garantie est une somme prélevée par l'administration au moment du
mandatement et conservée pendant un certain temps.

Cette somme n'est restituée à l'entreprise qu'après l'expiration d'un délai qui correspond au risque
de voir apparaître des malfaçons sur des travaux réalisés.

Jusqu'à réception définitive de travaux, l'administration est donc en droit, si les conditions du marché
le stipulent, de retenir un certain pourcentage sur les sommes dues à l'entrepreneur dans le cadre de
la réalisation du marché.

La caution bancaire fournie à l'administration, appelée caution de dispense de retenue de garantie,


permet à l'entreprise de percevoir l'intégralité des sommes dues.

En contrepartie, le banquier est tenu, si les malfaçons apparaissent dans la période mentionnée, de
reverser à l'administration la somme qui aurait du faire l'objet d'une retenue de garantie.

3.2.8. Cautions délivrées dans le cadre de marchés privés

Dans le cadre de marchés de gré à gré passés entre des entreprises du secteur privé, la banque peut
être sollicitée pour la délivrance de cautions, telle la caution de restitution d'acomptes.

3.2.9. L'aval de traites

L’aval est un crédit par signature. Généralement, il garantit le paiement d’un effet de commerce tel
que la lettre de change ou le billet à ordre.

L'aval est donc l'engagement par lequel, un tiers se porte garant du paiement d'un effet. L'avaliste
est tenu de la même manière que celui dont il s'est porté garant.

Ainsi, en donnant au fournisseur la certitude du paiement à l'échéance, le banquier avaliste d'un


effet accepté par son client ouvre à celui-ci, la possibilité d'obtenir un allongement des délais de
paiement que sa seule surface financière ne permettrait pas d'envisager normalement.

Quand il paie la lettre de change, le donneur d’aval acquiert les droits résultant de la lettre de change
contre le garanti et contre ceux qui sont tenus envers ce dernier en vertu de la lettre de change.
L’aval donné sur le billet à ordre sans indication pour le compte de qui il est donné est réputé l’avoir
été pour le compte du souscripteur du billet à ordre.

En Algérie par exemple, le conseil d’administration d’une société par actions SPA peut dans la limite
d’un montant total qu’il fixe autoriser son président ou un directeur général à donner aval au nom de

17
la société…….L’ensemble des autorisations et pouvoirs accordés par le conseil d’administration doit
faire l’objet d’une annonce légale à insérer au bulletin officiel des annonces légales au titre des avis
financiers. L’opposabilité aux tiers débute à partir de cette publication.

3.3. Garanties financières et cautions pour opérations diverses

Le cautionnement bancaire trouve également des applications dans d'autres domaines très
nombreux. Il s'agit tantôt d'apporter une réponse à des exigences légales ou réglementaires
(garanties financières), il s'agit aussi de garantir la bonne exécution des opérations très diverses en
l'absence même de toute réglementation.

3.3.1. Les garanties financières

Pour exercer leur activité certaines entreprises sont tenues au regard de leur propre réglementation
de justifier d'une garantie financière destinée à assurer la protection de leurs clients, et qui peut
prendre la forme d'un cautionnement bancaire.

Quelques exemples mettent en exergue les principales garanties financières suivantes que les
banques peuvent être amenées à délivrer :-

 Garantie financière concernant l'entreprise d'agences de voyages : affectée d'une part au


remboursement des fonds reçus au titre des engagements contractés à l'égard de la clientèle pour
des prestations en cours ou à servir ;

 Garantie financière des entreprises de travail temporaire : ayant pour objet d'assurer aux salariés
intérimaires le paiement de leur rémunération et aux organismes de sécurité sociale et assimilés
celui des cotisations obligatoires ;

 Garantie financière des courtiers d'assurance couvrant le remboursement des fonds confiés au
courtier par les assurés (primes) ou les compagnies d'assurance (indemnités de sinistre) ;

 Garantie financière des agents immobiliers destinés à couvrir le remboursement des fonds reçus de
leurs clients dans le cadre de transactions portant sur des immeubles ou des fonds de commerce.

3.3.2. Cautions pour opérations diverses

Les banques sont de plus en plus sollicitées par leurs clients pour garantir la bonne fin d'opérations
très diverses.

18
Ce faisant, les banques sont amenées à prendre des risques, souvent très importants, qui appellent
de leur part un examen particulièrement vigilant et, dans nombre de cas, la recherche de sûretés
idoines notamment, nantissement de fonds de commerce, hypothèques.

Les interventions des banques concernent quatre grands domaines : l'immobilier, le paiement à
terme d'un prix de vente, les décisions de justice, les garanties de passif à l'occasion de la vente
d'entreprises.

A cet effet, nous tenterons de donner des explications sur les cautions dites de "garanties de passif"
et qui concernent les entreprises.

Les banques dans ce cadre, délivrent, si nous prenons l'exemple de la France, de manière de plus en
plus fréquente des cautions dites de "garantie de passif" à l'occasion d'opérations de cession de
sociétés.

Prévues dans les actes de cessions ou les protocoles de reprises de sociétés, les clauses qualifiés du
terme générique de clauses de "garantie de passif" ont pour but d'assurer l'acquéreur d'actions ou
de parts de sociétés contre le risque de voir apparaître ou de découvrir ultérieurement un passif qui
n'était pas apparent lors de la cession ou encore de constater que les actifs, notamment les stocks ou
les comptes clients mal provisionnés ont été surévalués. On peut distinguer trois types de "garanties
de passif" en fonction de leur objet :-

 Les clauses de garantie de passif stricto sensu par lesquelles le cédant ou sa banque s'oblige à payer
directement les dettes apparues postérieurement à la cession ;

 Les clauses de garantie de l'actif net, par lesquelles le cédant et sa banque se portent garants du
montant de l'actif net social, pendant une certaine durée, par exemple, jusqu'à l'établissement du
prochain bilan ;

 Les clauses de garantie de valeur des titres cédés, par lesquelles, le cédant ou sa banque s'oblige à
indemniser le cessionnaire de la moins value subie par les titres en cas de passif non révélé au
moment de la cession.

Devant l'ampleur de leur engagement, les banques Françaises réservent les formules de "garantie de
passif" à leurs clients qui leur inspirent une très grande confiance et elles s'entourent d'un maximum
de précautions.

19
3.4. Les cautions liées au financement de l'investissement

Le cautionnement bancaire ne revêt pas au niveau du financement de l'investissement l'ampleur


relevée en matière d'aide à la couverture du besoin en fonds de roulement.

Assumant selon les cas tout ou partie du risque, la banque trouve normalement par ce biais le
moyen de répondre aux attentes de sa clientèle qu'elle ne peut directement satisfaire, soit en raison
de la spécificité du financement sollicité, soit des contraintes résultant de la politique monétaire.

3.5. Le cautionnement dans le code civil algérien

Le titre XI du code civil algérien met en évidence :-

-Dans le chapitre 1 : les éléments du cautionnement à travers les articles : 644-653

-Dans le’ chapitre 2 : les effets du cautionnement à travers les articles : 654-673

Section 4 : Les crédits d'investissement

Les ressources internes ne parviennent pas toujours à couvrir l’ensemble des besoins de

L’entreprise, surtout lorsqu’ils sont en forte croissance. Les entreprises doivent alors avoir

recours au système bancaire (emprunts), au marché financier ou à d’autres sources alternatives.

Aussi, le financement nécessite la mise en œuvre de capitaux souvent très importants que
l’entreprise peut se procurer de façons différentes.

On distingue globalement quatre types de financement : l’autofinancement, les crédits bancaires, les
crédits spéciaux ; le crédit-bail ou leasing et le marché financier.

4.1. Les opérations de crédit bail

Né aux USA au moment de la guerre de Corée, le leasing (de l'anglais to lease : louer) ne devait être
introduit, notamment en France que dix ans plus tard et institutionnalisé sous le nom de crédit bail
par la loi du 2 juillet 1966 complétée par une ordonnance du 28 septembre 1967.

En fait, le crédit bail est une formule originale de financement de l'investissement qui connait depuis
sa création, un grand développement en Occident.

De quoi s'agit-il ? Le crédit bail permet à l'entreprise :-

20
 D'utiliser moyennant paiement de loyers à une société de crédit-bail, un bien mobilier et
immobilier, qui lui est nécessaire et qu'elle choisit ;

 D'acquérir de la société de crédit-bail ledit bien au plus tard à l'expiration du contrat.

Ainsi, le crédit-bail complète la gamme des financements à moyen et long terme proposés par le
système bancaire. Aussi, nous avons jugé utile de le détailler dans cette section eu égard à son
importance et son utilisation dans le monde, comme mode de financement de l'investissement.

Le crédit-bail peut se définir donc comme une location d'un bien à usage professionnel avec
promesse unilatérale de vente, au plus tard à l'expiration du contrat au profit du locataire pour un
prix convenu à l'origine.

L'opération de crédit-bail met en principe, trois parties en présence :-

 L'entreprise (le preneur ou le crédit- preneur) qui choisit chez un fournisseur donné un bien dont
elle a besoin et dont elle aura la charge de l'entretien ;

 Le fournisseur qui reçoit de la société de crédit-bail la commande et le règlement du bien (après


accord du preneur sur sa conformité) ;

 La société de crédit-bail (le bailleur ou le crédit- bailleur) qui loue à l'entreprise le bien dont elle est
propriétaire.

On distingue traditionnellement deux grandes sortes de crédit-bail, mobilier et immobilier.

4.1.1.. Le crédit-bail mobilier

Il consiste en une opération de location d'un bien d'équipement, de matériel ou d'outillage, acheté
en vue de cette location, par la société de crédit-bail sollicitée. Celle-ci, demeure propriétaire du
bien. Le crédit-bail mobilier porte donc sur les biens d'équipement n'ayant pas le caractère
d'immeubles.

4.1.2. Les banques et les sociétés de crédit-bail

Souvent intégrées à un groupe bancaire, les sociétés de crédit-bail constituent des filiales ad hoc
dans un domaine où les banques commerciales n'interviennent pas directement, mais où leur
absence du marché nuirait à leurs intérêts.

Les banques, de ce fait, peuvent vis-à-vis des établissements de crédit-bail jouer plusieurs rôles :-

21
 De financier : elles assistent l'émetteur dans le montage et le placement d'emprunts obligataires,
ainsi que de titres de créances négociables sur le marché monétaire ;

 D'actionnaire : elles apportent les fonds propres nécessaires à l'assise du bilan ;

 De prêteur : elles consentent de lignes de refinancement ;

 De prescripteur : elles orientent leurs clients vers les structures qu'elles ont créées ;

 De garant : elles assument, le cas échéant, une partie du risque des opérations.

Les banques conscientes que les sûretés réelles, mêmes les hypothèques et les nantissements de
matériels, protègent plus ou moins le prêteur en cas de faillite de son client. Les banques ont
tendance à diriger les entreprises à la recherche de financement d'investissement vers leurs filiales
de crédit-bail de façon à conserver la propriété des biens financés jusqu'à l'échéance finale du crédit :
là réside une des clés du succès du crédit-bail.

4.1.3. Quelques points sur les aspects juridiques et fiscaux

Du point de vue juridique, l'opération de crédit-bail se présente donc essentiellement comme un


contrat de location d'un bien, pour une période de durée irrévocable, assortie d'une promesse
unilatérale de vente.

Dans ce contexte, que dans les comptes des sociétés de crédit-bail, le bien faisant l'objet de contrat
de leasing donne lieu à des amortissements, et les redevances sont considérées comme des produits
d'exploitation. Par contre, pour le locataire, ces redevances constituent des charges d'exploitation
qui lui sont facturées avec la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

4.1.4. Vue générale sur les aspects financiers

Pour l'utilisateur, le crédit-bail est une technique de financement des investissements par le cash-
flow (autofinancement) futur de l'exploitation.

Et même si aucun emprunt à terme n'apparaît au bilan, cette technique affecte la capacité
d'endettement de l'entreprise, c'est sur cette capacité, liée à l'autofinancement futur, que pèsera la
charge des opérations de crédit-bail.

4.1.5. Dénouement du contrat

Trois solutions sont envisageables à l'issue du contrat :-

 L'entreprise lève l'option d'achat et acquiert le bien à sa valeur résiduelle fixée au départ ;

22
 Elle demande la poursuite de l'opération et négocie avec le crédit- bailleur des loyers réduits en
fonction de la valeur résiduelle du bien ;

 Elle restitue le bien au crédit- bailleur qui doit trouver un acquéreur sur le marché ou elle peut faire
jouer un accord de reprise par le fournisseur.

4.1.6. Analyse du risque et garanties

L'analyse du risque d'une opération de crédit-bail repose essentiellement sur l'appréciation du risque
de l'entreprise.

En effet, l'examen de la situation financière de l'entreprise et de son programme d'investissement


doit permettre d'apprécier sa capacité à payer les loyers de l'opération envisagée et à faire face à
l'ensemble de ses engagements.

Aussi, l'appréciation du bien en tant que garantie du contrat est réalisée en fonction de certains
critères, notamment :-

 La valeur réelle à l'origine du bien financé ;

 La possibilité de déménager le bien sans que cela engendre des frais anormaux ;

 Le lien entre le plan d'amortissement demandé par l'entreprise et l'évolution prévisible de la valeur
du bien.

En France, par exemple, il est de pratique courante de prévoir un dépôt de garantie. Il s'agit d'une
somme pouvant aller jusqu'à 10 % du montant hors taxe du financement, qui est prélevée avec le
premier loyer.

De même, qu'il peut être demandé au banquier de l'entreprise d'intervenir à titre de garant pour
assumer une partie du risque.

4.1.7. Avantages du crédit-bail mobilier

Grosso modo, le crédit-bail offre les avantages suivants :-

 Le financement est intégral (100 %) alors que dans le crédit classique, il faut être un apport
personnel ;

 La durée des contrats de crédit-bail est supérieure à celle des ventes à tempérament,

23
 Il peut être un financement d'appoint, afin de réaliser un programme d'investissement pour lequel
toutes les ressources de l'entreprise ont été utilisées.

4.1.8. Le crédit-bail immobilier

Suite au succès remporté aux USA par le crédit-bail mobilier, il est rapidement apparu intéressant
d'étendre ce procédé de financement aux immeubles à usage industriel et commercial.

Le crédit-bail immobilier consiste en une opération de location d'un bien immobilier à usage
professionnel acheté ou construit par une société de crédit-bail immobilier, qui en demeure
propriétaire.

Le crédit-bail immobilier s'applique aux biens immobiliers de type professionnel, y compris les
terrains dont le poids peut être très fort en valeur relative, il concerne aussi bien la construction
d'immeubles neufs que l'acquisition d'immeubles anciens. Peuvent également être pris en charge les
frais annexes, tels que les honoraires (architecte, promoteur, notaire, …etc.) ou des droits
d'enregistrement.

En fait, cette opération permet au locataire (ou preneur) de devenir propriétaire en fin de contrat, de
tout ou partie du bien loué :

 Soit par cession en exécution d'une promesse unilatérale de vente,

 Soit par acquisition directe ou indirecte des droits de propriété du terrain sur lequel a été édifié
l'immeuble loué,

 Soit par transfert de plein droit de la propriété des constructions édifiées sur le terrain appartenant
au dit locataire.

A. Quelques aspects généraux sur le crédit-bail immobilier

Les opérations de crédit-bail immobilier sont régies en France, par exemple, par un régime fiscal
particulier, qui porte d'abord sur la réduction ou, dans certains cas particuliers, la suppression des
droits d'enregistrement sur les mutations d'immeubles.

B. Analyse de l'opération pour la société de crédit-bail immobilier

C'est essentiellement une opération financière à support immobilier : l'acquisition ou la construction


de l'immeuble est en pratique réalisée sur la demande express et selon les indications du locataire

24
(ou preneur). La société de crédit-bail est, certes, propriétaire de l'immeuble, mais en consentant dès
l'origine du bail une promesse de vente à un prix donné, elle renonce à toute chance de plus-value.

-Le loyer doit, sur la durée de l'opération, assurer la rémunération des capitaux investis par la société
de crédit-bail et leur amortissement financier, le tout complété par le versement final au titre de
rachat.

-Le crédit-bail immobilier est un financement à long terme, réalisé généralement pour la totalité de
l'investissement et garanti par la propriété de l'immeuble. L'établissement de crédit-bail appréciera
donc la solvabilité à long terme du demandeur, mais aussi la possibilité de relouer ou de revendre
l'immeuble sans perte, en cas de défaillance du preneur.

C. Analyse de l'opération pour l'entreprise utilisatrice

Le preneur, sans prélèvement sur ses ressources propres, s'assure immédiatement la jouissance d'un
bien immobilier nécessaire à son exploitation, et à terme, la propriété de celui-ci, dans des conditions
financières qui lui réservent l'intégralité des chances de plus-value, puisqu'elles ne tiennent pas
compte de la valeur vénale de l'immeuble lors du transfert de propriété.

De fait, le crédit-bail immobilier permet à l'entreprise de réserver ses ressources à des


investissements industriels ou commerciaux.

D. Analyse du risque

Comme en matière de crédit-bail, la règle d'or d'un crédit- bailleur, quand bien même serait-il
propriétaire d'un bien immobilier de valeur, est d'apprécier le risque de l'entreprise et de ne
s'engager que s'il a la conviction que son client est en mesure de faire face à l'ensemble de ses
engagements financiers.

Au cours du contrat, la société de crédit-bail, qui doit veilleur au respect de l'entretien de l'immeuble
par le crédit preneur, supporte deux types de risques :

 Un risque financier qui correspond au total des loyers à échoir,

 Un risque propre à la valeur de l'immeuble objet du contrat, la revente du bien par voie
contentieuse peut faire apparaître une moins-value, si le marché immobilier traverse une passe
difficile, si le bien, mal situé, ne trouve guère d'acquéreur, ou bien encore si, inoccupé, il s'est
rapidement détérioré.

25
4.1.9 Autres formes de crédit-bail

A. Le lease- back ou cession-bail

Il permet à une entreprise de se procurer de nouvelles ressources en désinvestissant tout en gardant


la jouissance du bien immeuble, par le biais d'une location.

Plus fréquente en matière de biens immobiliers, cette technique permet à une entreprise à la
recherche de liquidités, ou dans le cadre d'opérations de restructuration, de céder à une société de
crédit-bail ses propres actifs dont elle conserve la jouissance en les lui louant et en récupère la
propriété à l'issue du contrat.

B. Le crédit-bail adossé ou leasing adossé

C'est l'opération par laquelle un industriel cède le matériel qu'il fabrique à une société de crédit-bail
mobilier. Ce matériel lui est ensuite loué dans le cadre d'un contrat de crédit-bail.

On parle de crédit-bail adossé, lorsqu'un fabricant de biens d'équipement les vend à une société de
crédit-bail qui les laisse à sa disposition et l'autorise à les sous-louer à des tiers.

Le leasing adossé porte généralement sur un certain nombre de produits spécifiques, tels que les
ordinateurs. Dans ce cas d'espèce, l'industriel devient locataire des ordinateurs qu'il a lui-même
fabriqué, pour les louer à son tour à des tiers.

4.3. La location financière

Alternative fréquente au crédit-bail mobilier, la location financière est un contrat de location de


longue durée de caractère irrévocable.

4.3.1. Comparaison entre la location financière et le crédit-bail mobilier

Par rapport à une opération de crédit-bail mobilier, la location financière présente des différences
notables sur les plans juridique, comptable et fiscal.

4.2.2. Sur le plan juridique

La location financière ne peut être en aucun cas assortie d'une promesse unilatérale de vente de la
part du bailleur, c'est-à-dire que le locataire ne bénéficie pas d'une option d'achat pour un prix
convenu à l'avance.

26
4.3 : L’Ordonnance N° 96-09 du 10 janvier 1996 relative au crédit –bail en Algérie.

En Algérie, l’article 4 de l’ordonnance relative au crédit bail définit le crédit –bail comme
suit : le crédit- bail se définit comme étant immobilier s’il porte sur des biens immeubles ou
à construire pour les besoins professionnels de l’opération économique. L’ordonnance en
question met en exergue ce qui suit :-

Le titre I met en lumière les dispositions générales relatives au crédit-bail :-

-Dans un chapitre I : les principes généraux ;

-Dans un chapitre II : Du contrat de crédit-bail ;

-Dans un chapitre III : De la qualification juridique, des spécificités et du contenu du contrat


de crédit-bail

Le titre II met en relief : les droits et obligations des parties au contrat de crédit-bail mobilier
et immobilier

-Dans un chapitre I : Des droits et privilèges légaux du crédit- bailleur ;

-Dans un chapitre II : Des droits et obligations des parties au contrat de crédit-bail mobilier ;

-Dans un chapitre III : Des droits et des obligations des parties au contrat de crédit-bail
immobilier.

4.3.1. Décrets et règlements du CMC concernant le crédit-bail en Algérie

-Règlement CMC N°96-06 du 3 juillet 1996 fixant les modalités de constitution des sociétés
de crédit-bail et les conditions de leur agrément

-Instruction N° 07-96 du 22 octobre 1996 relative aux modalités de constitution des sociétés
de crédit-bail et aux conditions de leur agrément

-Décret exécutif N° 06-90 du 20 février 2006 fixant les modalités de publicité des opérations
de crédit-bail mobilier

-Décret exécutif N°06-91 du 20 février 2006 fixant les modalités de publicité des opérations
de crédit-bail immobilier

27
4.4. Les crédits d’investissements spéciaux en Algérie.

Les crédits spéciaux sont des crédits qui s’inscrivent dans le cadre d’un programme de
développement tracé par les autorités gouvernementales. Il s’agit de financer des activités
soutenues par les pouvoirs publics. En Algérie par exemple, on peut citer :-

4.4.1 : Les crédits dans le cadre de l’agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes
(ANSEJ)

L’Etat en collaboration avec les banques a mis en place dans le cadre du développement
économique un dispositif de financement appelé crédit à l’emploi de jeunes. Ces crédits,
dont les bénéficiaires doivent être inscrits à l’ANSEJ sont définis comme étant des crédits
d’investissement à moyen terme ayant pour objet le financement de projets initiés par les
jeunes promoteurs pour des objectifs de création d’emplois au sein de l’économie nationale.

4.4.2 : Les crédits de soutien à la création d’emploi par les chômeurs promoteurs âges de
35 à 50 ans en relation avec la caisse nationale de chômage (CNAC)

Il s’agit d’un crédit à moyen terme dont la durée peut s’étaler à 7ans et dont la période de
différé ne saurait dépasser deux années. Le montant du crédit est fixé à 5 millions de dinars
au maximum et les chômeurs l’obtenant, bénéficient du prêt non rémunéré de la CNAC et de
bonification du taux d’intérêt

4.5. Le crédit à moyen et long terme d'investissement

Le crédit moyen terme d'investissement (CMT) s'inscrit dans la fourchette deux ans/sept ans. Il est
essentiellement accordé pour l'acquisition de biens d'équipement amortissable entre huit et dix ans.

Ce type de crédit permet, en fait, de financer non seulement le matériel et l'outillage, mais aussi,
certaines constructions de faible coût dont ont besoin les sociétés industrielles.

Dès la fin des années 60 en France, les banques se sont résolument lancées dans la distribution de
CMT. Elles ont acquis une plus large marge de manœuvre leur permettant de poursuivre une
politique commerciale agressive auprès d'une clientèle de PME, voire de grandes entreprises.

Il existe plusieurs sortes de crédits à moyen et long terme, que nous allons expliquer.

28
4.5.1. Le crédit à moyen terme réescomptable

Pour pouvoir financer des opérations de crédit d'une durée relativement longue avec des dépôts
essentiellement à court terme, il faut résoudre un double problème : celui de donner aux banques de
dépôts la possibilité de réescompter leurs crédits à moyen terme auprès de l'institut d'émission, tout
en évitant que ce type de crédit n'entraîne un recours trop systématique aux ressources de l'institut
d'émission, et ne pèse donc exagérément sur la monnaie.

Ainsi, la France, par exemple, sous la pression d'une concurrence acharnée sur le marché des PME,
les banques ont mis au point des formules qui leur sont propres et couvrent un vaste éventail de
financements.

4.5.2. Le crédit à moyen terme mobilisable

Ce type de crédit devait logiquement se substituer au crédit à moyen terme réescomptable. Pour
récupérer la trésorerie engagée dans une opération de crédit à moyen terme, la banque pourrait
mobiliser sa créance sur le marché monétaire. En France, cette mobilisation se fait par le biais d'une
institution spécialisée, le crédit national, chargé de donner un accord préalable, après étude d'un
dossier complet déposé auprès de ses services par la banque du demandeur. Cette institution permet
d'autre part aux pouvoirs publics d'orienter la distribution du crédit sur le plan économique.

4.5.3. Le crédit à moyen terme direct

Le crédit à moyen terme est dit direct lorsqu'il est nourri par la banque sur sa propre trésorerie.

Les billets à ordre, créés en représentation d'un tel crédit, deviennent des reconnaissances de dettes,
et non des instruments de réescompte ou de mobilisation.

4.5.4. Le crédit à long terme

Ce crédit s'inscrit dans la fourchette huit ans/vingt ans. Il finance des immobilisations lourdes,
notamment des constructions. Les crédits à long terme se distribuent généralement sous forme de
prêts mis intégralement à la disposition des emprunteurs par des établissements spécialisés :
banques d'affaires, banques de crédits à moyen et long terme (banque d'investissement). Le long
terme est financé essentiellement sur des ressources d'emprunts, provenant notamment d'émissions
obligataires.

Section 5 : Etude et montage d’un dossier de crédit bancaire

29
Il s'agit d'analyser dans ce chapitre les différentes étapes suivies par le banquier dans le
cadre d'une demande de crédit présentée par l'entreprise.

Section 5.1 : Le financement bancaire et sa problématique

Le banquier court un risque dans chacune des opérations qu'il traite. Cependant ce risque
est très différent selon qu'il intervient :-

 Au profit d'une clientèle de ménages (ou de particuliers) ;

 En tant qu'investisseur (achat d'un portefeuille de titres ou prise de participation) ;

 En faveur d'une entreprise, à laquelle il prête des capitaux.

5.1..1. La diversification du risque du banquier

Son risque est très diversifié :-

 Selon qu'il est seul face à son client ou qu'il participe à un pool ;

 Selon qu'il est une maison de dimension restreinte ou participe à un réseau national ou

International, selon sa position vis-à-vis de l'entreprise (ancienneté des concours ou

nouvelle relation) ;

 Selon la nature de son intervention (crédit court ou crédit long - crédit spécifique

assorti de sûretés autonomes ou intervention générale) ;

 Selon l'évolution politique ou économique du pays, et selon la stratégie choisie par lui-

même. Enfin, le risque n'est pas seulement à mesurer au moment de l'engagement, mais

il doit faire l'objet d'un suivi :-

 Technique : s'assurer que les utilisations faites par l'entreprise des sommes mises à sa

disposition sont bien conformes à l'autorisation donnée par le responsable des

engagements, en veillant notamment à ce que les agents chargés du suivi connaissent

bien le dossier ;

30
 Economique : vérifié que la situation financière et économique de l'entreprise ne se

détériore pas et que les utilisations - même en dépassement - soient conformes aux

besoins et ne soient pas détournées des financements prévus au départ ;

 Juridique : veiller à la prise des garanties décidées, tant vis-à-vis du client (sûretés) que

des autres banquiers (contre-garanties) ou des organismes de soutien au maintien de

leur existence, de leur valeur et de leur validité.

5.1.2. Les différents risques du banquier

Les risques du banquier sont globalement de trois ordres :-

 Perte du capital qu'il a engagé du fait de la défaillance de son client (arrêt définitif de

son activité et liquidation du patrimoine) ;

 Immobilisation des fonds (remboursement non effectué à la date prévue - possibilités de


refinancement refusées) ;

 Equilibre de son propre compte de résultat (le coût du crédit accordé doit être inférieur au
produit bancaire correspondant - l'entreprise doit être capable de payer les produits
bancaires sans alourdir son endettement).

5.1.3. L’importance de l’analyse financière

L’étude des états financiers d’une entreprise a pour objet de porter un jugement sur sa
santé financière et d’en extraire des informations utiles à la prise de décision. Pour cela, ses
documents comptables sont passés en revue et un certain nombre de ratio et soldes sont
calculés.

Les décisions financières qu’une entreprise doit prendre : choix d’investissement choix d’une
structure de financement gestion de l’exploitation : sont des décisions qui dépendent de son
métier, de son environnement concurrentiel et des contraintes légales et fiscales qu’elle
supporte. Ces différentes décisions financières sont aussi dépendantes les unes des autres. La
situation financière de l’entreprise s’apprécie à partir des données du bilan. De ce fait, le bilan

31
permet une description de la situation de la firme ; mais non de son fonctionnement. Ce
dernier est en effet caractérisé par l’existence de flux qui circulent dans l’entreprise au cours
du temps : des flux réels, matériels ou immatériels comme les prestataires de services ou le
travail, des flux d’information et des flux financiers
5.1.4. La durée du crédit
La durée du crédit conduit à distinguer le crédit à court terme : jusqu’à 2ans en principe ; le
crédit à moyen terme de 2 à 7 ans et le crédit à long terme au-delà de 7ans. Ce critère est une
donnée importante pour l’emprunteur qui doit recourir à un crédit dont la durée doit être en
principe comparable à celle de l’opération à financer
5.1.6 Le règlement N°2012-01 du 20 février 2012

En Algérie, le règlement N° 2012-01 du 20 février 2012 fixe les règles portant organisation et
fonctionnement de la centrale des risques entreprises et ménages.

Section 6 : Etude économique et politique de l'environnement de l'entreprise par le


banquier

Une entreprise s'insère dans une économie qu'il convient d'analyser à la fois d'une
manière statique et descriptive, mais également en fonction de son dynamisme et de son
évolution financière

6.1. Etude de l’entreprise qui sollicite un crédit bancaire.

Le banquier doit faire ressortir dans son étude plusieurs points dont :-

6.1.1.. L'entreprise

L'entreprise résulte de la mise en commun des moyens humains, financiers et matériels que
l'on appréciera après avoir défini les caractéristiques de l'entreprise : -
 Ancienneté de l'entreprise,
 Historique de sa création et évolution de sa nature juridique et de son activité (examen des
statuts),
 Forme juridique de l'entreprise et incidence sur le gage des créanciers.
A. Le banquier distingue
Les entreprises individuelles dans lesquelles il y a confusion de patrimoine entre l'entreprise
et l'entrepreneur : par conséquent le gage des créanciers de l'entreprise s'étend à l'actif
32
personnel. Dans le cas où le chef d'entreprise est marié, il importe de prendre en considération
son régime matrimonial (communauté, séparation de biens, ...) En toute hypothèse, il est plus
sûr d'obtenir la caution solidaire du conjoint, notamment pour le cas de la France.
B. Les sociétés
 Pour une société de personnes à laquelle on assimile le groupement d'intérêt économique
(essentiellement société en nom collectif et la plupart des sociétés civiles), la responsabilité
des associés est illimitée, par conséquent, les créanciers peuvent poursuivre les associés pour
les dettes de la société (sous réserve du régime matrimonial des associés dirigeants).
 Pour les sociétés de capitaux (S.A., S.A.R.L.), la responsabilité des associés est limitée au
montant de leur part sociale ; les créanciers ne peuvent donc se payer que sur l'actif de la
société. Ils peuvent renforcer leur position en obtenant la caution des dirigeants ou des
principaux associés (ou du dirigeant détenteur de la totalité du capital de la société
unipersonnelle).
C. Les hommes
La valeur d'une entreprise est étroitement liée à celle des hommes qui y travaillent.
Plus l'entreprise est de dimension faible, plus cette valeur repose pour l'essentiel sur les
qualités de son principal dirigeant. Il s'agit, également, de s'intéresser à l'encadrement et au
personnel.
6.1.2. Le Chef d'entreprise
A. Son profil personnel
Quel âge a-t-il ? Quelle est sa situation familiale ? Quelles sont ses origines ? Sa formation ?
Son expérience professionnelle ? Comment est-il parvenu à ces responsabilités ? Quels sont
ses liens avec le capital de l'entreprise ? Quel est son rôle et ses fonctions propres à l'intérieur
de l'entreprise ? Est-il encore apte à maîtriser son affaire et à voir clairement l'évolution future
?

6.1.3. L'encadrement
L'examen de l'organigramme, lorsqu'il existe, permet de se faire une idée de la
structure de commandement. Quelle est la formation de l'équipe de direction, sa cohésion,
l'étendue de la délégation des pouvoirs ? Comment circule l'information ? Les cadres sont-ils
intéressés aux résultats ? Comment fonctionne le recrutement ? La promotion ? Les titulaires
de postes de responsabilité sont-ils anciens ? Quel est le "turn-over" des cadres ?

33
6.1.4. Le personnel
Quelle est son importance et sa répartition entre hommes et femmes ?
L'entreprise occupe-t-elle un nombre important de travailleurs intérimaires ou saisonniers et
si tel est le cas, existe-t-il des problèmes spécifiques ? Peut-on mesurer l'importance
respective des productifs et des non productifs ? Quel est le niveau de qualification ? Quel est
le climat social ? Existe-t-il une convention collective pour la profession ? Est-elle appliquée ?
Existe-t-il une représentation (délégués du personnel, Comité d'entreprise) ? Comment
l'information du personnel est-elle réalisée ? L'entreprise a-t-elle déjà été confrontée à des
conflits ? Quel est le "turn-over" du personnel, pourquoi est-il amené à quitter l'entreprise ?
Taux d'absentéisme ?
Comment fonctionne l'embauche, la rémunération (existe-t-il un contrat de participation des
salariés aux fruits de l'expansion, et quelles en sont les dispositions - participation interne ou
extérieure) ? La formation ? L'avancement ?
Il est également souhaitable de situer l'entreprise dans le contexte social local et régional
niveau des rémunérations, concurrence sur les offres d'emplois qualifiés.
6.1.5. Les moyens financiers
Ils se situent en premier lieu au niveau des dirigeants, surtout au stade de la première
génération. Quelle est l'importance du patrimoine extra-social et la disponibilité de la fortune
du Chef d'Entreprise ? Les fonds propres devant être périodiquement augmentés pour
accompagner l'évolution de l'activité et faire face à l'érosion monétaire, les associés de la
seconde ou troisième génération en ont-ils tous la possibilité et la volonté ?
Il apparaît toutefois que le véritable obstacle au développement est constitué par
l'insuffisance des résultats maintenus dans l'entreprise, soit par suite d'une rentabilité faible
ou bien de prélèvements, sous toutes leurs formes (salaires, loyers versés sur des
immobilisations appartenant aux dirigeants ou à leur famille, frais généraux), qui s'avèrent
trop importants.
Il en résulte que, pour faire face aux besoins supplémentaires nés de l'augmentation de
l'activité, l'entreprise recourt dans une trop large mesure à l'endettement, déséquilibrant sa
structure. Quelle est l'importance des quasi fonds propres (empruntes participatifs,
obligations convertibles, comptes courants des associés) ?
6.1.6. Les moyens matériels : l'outil de production

34
Le banquier tente d'isoler les immobilisations non productives, réserves foncières, bâtiments
administratifs plus ou moins somptuaires, logements... qui alourdissent le bilan, donc le coût
de financement, mais qui peuvent constituer des ressources potentielles d'autofinancement
quand le besoin s'en fait sentir.
6.2. Le produit
Le banquier dans le cadre de l'étude du dossier de crédit de l'entreprise devra prendre en
compte le produit.
Il convient de "sentir" les produits de l'entreprise et d'apprécier son savoir-faire dans ce
domaine. Les bonnes (ou mauvaises) réputations sont souvent d'une aide précieuse.
6.3. Le marché

Le banquier, dans son étude du dossier de crédit doit, également, prendre en compte le marché
car une entreprise c'est une part de marché.

Le marché est un lieu de rencontre entre des offreurs et des demandeurs d'un produit. Il y aura

donc autant de marchés qu'il existe de produits ou de familles de produits, mais la difficulté

résulte de l'interpénétration des marchés non seulement de produits de nature voisine, mais

également de produits qui sont en concurrence par suite des choix effectués par les demandeurs en
fonction de leurs besoins, des modes et de la conjoncture.

A. Le marché de l'entreprise

L'entreprise sera classée avec plus ou moins de précisions par rapport au marché défini sur
lequel elle se situe. En fonction de la nature du produit, ce marché sera soit international, soit
national ou bien régional.

B. Quelles politiques adopte l'entreprise pour protéger ou augmenter sa position ?

A cet égard, doivent être analysées :

- La politique de prix ;

-La politique de distribution ;

-La politique de promotion et de publicité.

- La part de marché

35
C. Le secteur, la conjoncture économique et politique

Dans son étude pour l'octroi d'un crédit, le banquier doit également analyser le secteur, la
conjoncture économique et politique.

Section 7 : L'analyse financière d'un dossier de crédit bancaire

L'analyse financière répond à la finalité recherchée par celui qui la pratique et les objectifs ne sont
pas les mêmes selon qu'elle émane des dirigeants de l'entreprise ou de ses apporteurs de fonds
propres (analyse interne conditionnant la prise de décision) ou qu'elle est le fait des partenaires
extérieurs (fournisseurs, clients, salariés, prêteurs de capitaux), qui s'efforcent de déterminer le
niveau des risques qu'ils assument en traitant chaque affaire.

L’analyse financière par ratios permet au responsable financier de suivre les progrès de son
entreprise et de situer l'image qu'elle offre aux tiers intéressés tels que les actionnaires, les
banquiers, les clients, les fournisseurs et le personnel.

L’analyse financière d'une entreprise n'est pas neutre, car elle est le fait d'un agent économique qui
poursuit un but déterminé :

 Le chef d'entreprise s'efforcera de comprendre quelles répercussions ont eues les décisions de
gestion sur les divers stades de son compte de résultat (pour une grande part, ce sera le rôle de la
comptabilité analytique d'exploitation) et d'apprécier dans quelle mesure la structure de son bilan
peut servir de point de départ à ses projets de développement,

 L'apporteur de fonds propres veillera à ce que les décisions du chef d'entreprise soient
suffisamment judicieuses non seulement pour que l'affaire se valorise (profit en capital), mais encore
pour que des dividendes substantiels soient régulièrement distribués)

 Le client cherchera à déterminer si l'entreprise est capable de continuer de fournir dans des
conditions convenables les produits dont il se sert pour ses propres fabrications,

 Les prêteurs veilleront à ce que l'entreprise respecte ses engagements en remboursant


effectivement et à l'échéance convenue les concours reçus, après avoir payé les intérêts et
commissions prévus,

 Les fournisseurs s'attacheront à la pérennité de leur clientèle et, pour ce qui est des commandes
livrées auront une attitude identique à celle des prêteurs.

36
7.1. L’impact de l’analyse financière

-L’étude de la structure financière d'une entreprise consiste à comprendre l'origine des fonds (passif
du bilan) et l'utilisation de ces fonds (actif du bilan). Cette comparaison permet de déterminer les
rapports qui existent entre le degré d'exigibilité des capitaux à la disposition de l'entreprise et le
degré de liquidité de leurs différentes utilisations.

-L’analyse financière est un ensemble de concepts, de méthodes et d'instruments qui permettent de


formuler une appréciation relative à la situation financière d'une entreprise, aux risques qui
l'affectent, au niveau et la qualité de ses performances.

-L’analyse du bilan équivaut à une photographie du patrimoine de la société.

7.2. L'analyse du bilan

En fait, les risques supportés par un établissement bancaire s'insèrent dans un contexte
spécifique au secteur professionnel :

 En qualité d'entreprise (qu'elle est par elle-même), chaque banque est confrontée à des
concurrents plus ou moins puissants, bien ou mal implantés sur un marché, et disposant de produits
plus ou moins attractifs, ce qui la conduit à définir une stratégie d'action et de développement,

 Chaque banque dispose de structures internes, et, en regard de la nature et de l'importance de son
capital peut faire jouer la qualité de son outil de travail, et la qualification et les motivations de son
personnel et décider par divers moyens (formation, définition des rôles et des profils de carrière,...)
de se doter de réserves potentielles de renforcement,

 Tout organisme bancaire délimite l'organisation intérieure de la prise de décision (structuration de


l'établissement, règlement intérieur, délégations de pouvoir, contrôle),

 Chaque maison de banque détermine les moyens de suivi de ses opérations, avec la qualité des
traitements (généralement informatisés) dés dossiers, de la prise correcte des garanties et du
maintien de leur valeur, du contrôle des utilisations (suivi des «risques»), de la surveillance, de
l'évolution du client, etc..,

 Chaque entreprise bancaire est confrontée à la conjoncture économique et politique, et aux


contraintes de réglementation qui en découlent.

37
7.2.1. Le but de l’analyse financière

L'analyse financière permet donc :

 De prévoir sur un horizon à court terme, les conséquences de décisions administratives sur la santé
financière de l'entreprise,

 Donne des réponses aux différents groupes intéressés par la situation financière de l'entreprise.

Dans ce cadre, l'analyse du banquier sera différente selon qu'il s'agit de prêts à court terme ou à
moyen et long terme. En fait, le bilan est une photographie du patrimoine de l'entreprise.

7.2.2. Les valeurs structurelles du bilan

Bilan en masses
Actif passif
Actif non courant Capitaux permanents
Immobilisations incorporelles Capitaux propres ou fonds propres
Immobilisations corporelles Passif non courant
Immobilisations financières
Actif courant Passif courant
Actif courant d’exploitation Passif courant d’exploitation
Stocks Passif courant hors exploitation
Créance exploitation Trésorerie passive
Actif courant hors exploitation
Trésorerie active

7.3. L’analyse par les ratios

La méthode des ratios est un outil permettant d’apprécier la situation économique et

financière de l’entreprise, d’effectuer et d’enrichir les études comparatives entres deux ou

plusieurs secteurs de même activités.

7.3.1. Définition et utilité des ratios

A. Définition :

38
La comparaison de certains postes ou de certaines masses du bilan d’une entreprise avec

d’autres éléments de cette même entreprise amène à déterminer un rapport appelé ratio.

On appelle ratio le rapport entre deux grandeurs (de même nature ou non).

Donc, le ratio est un rapport entre deux grandeurs caractérisant la situation financières, le

potentiel et l’activité de l’entreprise. L’exploitation du résultat ainsi obtenu permet de

faciliter la tâche de diagnostic financier.

Les ratios financiers sont calculés à partir de données provenant des documents

comptables (notamment le bilan et le compte de résultat) ou issus de documents

extracomptables (soldes intermédiaires de gestion, tableau de flux….). Ces ratios sont très

variés et s’expriment sous différents formes : pourcentages, coefficient, jours…...

B. Utilité des ratios

Les ratios permettent de :-

• Faciliter l’interprétation économique et financière de la situation de l’entreprise et


identifier aisément d’éventuels problèmes ;
• Faciliter les comparaisons entre deux ou plusieurs entreprises similaires ;
• Jouer le rôle d’indicateur des différents points faibles et points forts qui caractérisent
la politique financière de l’entreprise.

C. Comparaison des ratios interentreprises

Cette comparaison permet de situer une entreprise par rapport aux entreprises appartenant
à un même secteur d’activité. L’étude comparative par les ratios aide à porter un jugement
sur la situation et la valeur de chaque entreprise par rapport aux autres entreprises du
secteur. Dans ce cadre, le diagnostic financier doit personnaliser son étude enfin d’aboutir
à des résultats aussi proche que possible de l’objectif recherché.

39
Section 8. Les ratios utilisés par les banquiers : un aperçu global

Toute classification comporte une large part d'arbitraire et pour cette raison est toujours
critiquable. Toutefois, celle que nous avons retenue dans ce paragraphe n'échappe pas à la règle. Elle
nous paraît cependant utile.

Certes, la méthode des ratios n'est pas propre à l'analyse financière, mais elle est d'un usage
extrêmement utile dans ce domaine. Elle consiste donc à faire des rapports arithmétiques
judicieusement choisis entre les postes comptables des différents documents financiers et tableaux
des flux de trésorerie.

Nous retiendrons trois grandes familles de ratios.

4.1.. Les ratios de structure

4.1.1.. Les ratios de financement

A. Ratios de financement des immobilisations

Ce rapport consiste à rapprocher le montant de deux grandes masses : les capitaux


permanents et les immobilisations. Il indique le taux de couverture des emplois fixes par des
ressources stables : il permet de vérifier que les emplois fixes ou stables sont bien couverts par des
ressources stables.

L'évolution de ce ratio dépendra de l'évolution respective que connaîtront les éléments qui le
composent, c'est-à-dire les capitaux permanents et les valeurs immobilisées.

Toute entreprise doit avoir un F.R., il convient donc que ce ratio soit toujours supérieur à 1,
c'est-à-dire il faut que les capitaux permanents soient supérieurs aux valeurs immobilisés.

40
B. Ratios de financement externe

Ce ratio permet d'apprécier le niveau de couverture des emplois de l'entreprise par les
ressources étrangères. Il nous permet de connaître à hauteur de combien interviennent les tiers (ou
les étrangers) dans le financement de l'entreprise. L'évolution de ce ratio est intéressante dans la
mesure où elle donne un aperçu sur la manière avec laquelle l'entreprise est financée.

C. Ratio d'endettement total ou d'autonomie financière

Ce ratio permet de comparer les capitaux propres dont dispose l'entreprise fonds social,
réserves, provision à caractère de réserve moins les noms valeurs de l'actif avec le montant des
ressources extérieures dont elle dispose pour assurer son financement

De façon générale, il faut que l'ensemble des dettes contractées par l'entreprise ne soit pas
trop important par rapport au montant de ses capitaux propres. Les prêteurs éventuels seront très
attentifs à ce ratio et veilleront à ne pas s'engager dans une entreprise déjà très fortement endettée.

4.2. Ratios de liquidités

La liquidité d'une entreprise mesure son aptitude à faire face à ses obligations à court terme.
Trois ratios permettent l'étude de la liquidité et de la trésorerie d'une entreprise

4.2.1. Ratio de liquidité générale

Ce ratio montre dans quelle proportion les actifs circulants couvrent les D.C.T. Il permet de
vérifier s'il y a un équilibre financier ou au mieux si l'entreprise dispose d'une marge de sécurité.

-Si le ratio est > 1 cela signifie que l'entreprise dispose d'un F.R.

-S'il est < 1 l'entreprise n'a pas de F.R. ; et qu'elle a du immobiliser des fonds provenant de

dettes à court terme.

41
4.2.2.. Ratio de liquidité réduite

Ce ratio indique si la somme des valeurs réalisables et des valeurs disponibles est suffisante
ou non pour payer les dettes à court terme. Il faut remarquer dans ce ratio que les stocks sont exclus
du calcul des liquidités, puisque c'est la partie la moins liquide des actifs circulants. Calculé sur
plusieurs années, ce ratio peut être interprété d'une manière intéressante.

4.2.3. Ratio de liquidité ou (trésorerie) immédiate

Ce ratio permet de comparer la masse des valeurs disponibles avec celle des dettes à court
terme. Il exprime la capacité de l'entreprise à faire face à ses D.C.T. immédiatement.

4.3. Ratio de solvabilité

La solvabilité est l'aptitude de l'entreprise à faire face à ses échéances à long terme et moyen
terme. La solvabilité est appréciée par les ratios suivants :

4.3.1..Ratio d'endettement

Ce ratio compare le montant de fonds propres de l'entreprise avec le montant de


l'endettement à long et moyen terme. Il permet d'apprécier la dépendance de l'entreprise vis-à-vis
des emprunteurs de capitaux à long et moyen terme.

42
4.3.2. Ratio de capacité de remboursement

Ce ratio mesure la capacité des ressources financières dégagées par l'entreprise pour faire
face à ses engagements à long et moyen terme.

4.4. Les ratios de gestion ou d'activité

4.4.1.. Rotation des valeurs d'exploitation de l'entreprise

L'entreprise, qu'elle soit industrielle ou commerciale, doit disposer d'un volume de stocks
suffisant afin de lui rassurer un fonctionnement normal. Ces stocks, cependant, immobilisent des
capitaux ce qui coûte cher à 1'entreprise. Il faut donc que ces stocks ne soient pas trop importants.

Une bonne gestion de stocks consiste pour l'entreprise à disposer d'un stock aussi faible que
possible, sans pour autant courir le risque de se trouver en rupture.

Le stock doit donc "tourner rapidement" lors d'une étude de bilan. Il faut calculer cette
vitesse de rotation qui indique combien de fois dans l'année le stock a tourné (a été renouvelé).

La valeur de ce ratio indique le nombre de rotations effectuées au cours de l'exercice.

4.4.2. Les délais de paiement

Traditionnellement, les commerçants se consentent mutuellement des délais pour le


paiement de leurs dettes, ainsi une entreprise :-

 Consent des délais de paiement à ses clients ;

 Bénéficie auprès de ses fournisseurs, de délai de paiement de ses dettes.

43
A. Délai de paiement accordé à la clientèle

(Client + E.A.R. 1 + Facture à établir + Encours d'escompte) X 360

Chiffre d'affaires annuel (T.T.C.)

L'étude des délais de paiement consentis si la clientèle permet de connaître la politique de


crédit que mène l'entreprise vis-à-vis de ses clients. Cette durée doit être normalement conforme-
aux usages de la profession. Dans le cas contraire, il faut déterminer les causes : la variation de ce
ratio sur plusieurs années nous indique également la politique commerciale de l'entreprise. La
recherche des causes de cette variation nous donne des renseignements intéressants sur la position
(forte ou faible) de l'entreprise dans son marché.

B. Délais de paiement accordés par les fournisseurs

(Fournisseurs + E.A.P. 2 + Facture à recevoir) X 360

Achat (T.T.C.)

Si les délais de paiement accordés aux clients constituent des emplois de fonds pour
l'entreprise, les délais de paiement qui lui sont accordés par ses fournisseurs constituent au contraire
des ressources.

Ces délais de paiement, sont comme ceux qui concernent les clients très variables dans la
pratique.

L'étude du ratio permet de connaître la politique que suit l'entreprise en matière d'appel au
crédit fournisseur. Elle permet également de savoir si les dettes vis-à-vis des fournisseurs restent
dans un rapport raisonnable avec le montant des achats effectués.

Si la durée dit crédit est trop importante par rapport aux usages de la profession ou par
rapport aux délais de paiement habituellement obtenus, c'est le signe de difficultés. En effet,
meilleur moyen pour soulager une trésorerie serrée, c'est de retarder au maximum le paiement de
ses dettes et en particulier de ses dettes envers les fournisseurs.

Une augmentation de la valeur du ratio qui constitue très souvent le résultat d'une rotation
trop lente des stocke et de leur gonflement ; c'est également la première manifestation de

1
E.A.R. = Effets à recouvrir.
2
Effets à payer.
44
difficultés. Il faut également noter dans le cadre de l'étude de ce ratio, que les crédits obtenus des
fournisseurs ne sont pas gratuits.

4.5. Ratios de rentabilité

Etudier la rentabilité d'une entreprise, c'est apprécier le résultat et porter un jugement sur
l'efficacité de la gestion conduite par les dirigeants de l'entreprise. La rentabilité est un indicateur
fondamental de croissance dans toute entreprisse. Les entreprises qui ne sont pas rentables ne
peuvent pas connaître de développement.

Pour évaluer la rentabilité d'une entreprise, il faut voir :-

 L'évolution du montant des résultats en valeur absolue et en valeur relative sur plusieurs années ;

 L'évolution et la comparaison des masses qui ont généré ce résultat.

Nous présenterons deux ratios et deux autres paramètres pour pouvoir apprécier la
rentabilité d'une entreprise. Nous verrons successivement :-

 Ratio de rentabilité des capitaux propres ;

 Ratio de rentabilité nette ;

 Autofinancement ;

 Capacité d'autofinancement.

4.5.1.. Ratio de rentabilité des capitaux propres

Ce ratio permet de comparer le bénéfice net (c'est-à-dire après impôt) au montant des
capitaux propres. Ce ratio doit être suffisamment élevé, sinon l'entreprise pourrait avoir des
difficultés pour attirer, en cas de besoin, de nouveaux actionnaires. Avoir un ratio élevé est
également un objectif important pour l'entreprise car elle doit rentabiliser au maximum ses fonds
propres.

Apprécié sur plusieurs exercices (03 sont suffisants), ce ratio donne des indications
intéressantes.

45
4.5.2.. Ratio de rentabilité nette

Ce ratio permet de comparer le résultat net qui apparaît au bilan au montant du chiffre
d'affaires hors taxe.

Ce ratio s'exprime en pourcentage, Il indique le bénéfice net que l'entreprise sécrète à


chaque fois qu'elle réalise 100 D.A de chiffre d'affaires. Une élévation de ce ratio est un élément
favorable.

4.5.3. Autofinancement et capacité d'autofinancement

Dans l'appréciation des ratios de rentabilité de l'entreprise que nous venons de voir ci-hauts
nous n'avons pris en considération que le bénéfice net. Nous savons que le bénéfice est déterminé
directement par le montant des charges et des produits inscrits dans le T.C.R. 3

Certaines de ces charges sont particulièrement intéressantes dans la mesure où, bien que
déductibles des bénéfices, elles représentent la somme d'argent qui vont rester dans l'entreprise. Il
s'agit : des amortissements et certaines provisions.

On comprend alors l'intérêt, lors de l'appréciation de la situation financière d'une entreprise,


qu'il y a, à se pencher non seulement sur les résultats proprement dits, mais sur l'ensemble des
sommes d'argent qui, à l'issue de l'exercice, vont être maintenues dans l'entreprise.

Nous rappelons que le bénéfice net ne restera pas toujours totalement dans l'entreprise mais
une partie est assez souvent, distribuée aux actionnaires et ce pour assurer la rémunération du
capital apporté. L'objet de ce qui précède va nous amener à calculer l'autofinancement et la capacité
de l'autofinancement.

3
T.C.R. = Tableau des comptes de résultat.
46
A. L'autofinancement

Bénéfice net (après distribution) + amortissements + provisions à caractère de réserve

L'autofinancement peut être défini, comme étant le financement que l'entreprise trouve en
elle même, par la réalisation permanente d'une partie de ses produits d'exploitation.
L'autofinancement peut être également défini comme un procédé de financement interne par
opposition aux divers procédés de financement externes.

B. La capacité d'autofinancement

Bénéfice net (avant distribution) + amortissements + provisions à caractère de réserve

Au même titre que l'autofinancement, il s'agit, ici également pour la capacité


d'autofinancement de sommes d'argent maintenues dans l'entreprise et ce pour lui permettre
d'assurer elle-même le financement : il faut noter que pour la capacité d'autofinancement, le
bénéfice net s'entend avant distribution.

4.6.. L'interprétation d'une analyse financière

La démarche analytique consistant à examiner, de manière particulière les divers aspects


cités dans les différentes sections de ce chapitre, est indispensable pour le banquier pour obtenir une
vision claire de chacune des facettes de la santé d'une entreprise.

Chaque entreprise est un corps social et économique unique dans lequel tout ne va pas bien ou
tout ne va pas mal, mais où il existe des aspects largement positifs et en même temps des points plus
ou moins préoccupants.

Ainsi, selon les besoins du commanditaire de l'analyse celle-ci peut revêtir différentes
formes :-

-Un gestionnaire souhaitant analyser la position de son entreprise sur un marché donné demandera
une comparaison de la structure financière de plusieurs sociétés ;

- Un cadre commercial voudra connaître plus précisément les risques de défaillance d'un client pour
négocier le montant d'un crédit, ...etc ;

La conduite de cette analyse dépend donc des buts de celui qui la réalise ou la commande. Ces
utilisateurs sont nombreux. On peut citer :-

47
 Les gestionnaires : la direction générale les services administratifs et financiers, les responsables de
département ;

 Les actionnaires actuels ou potentiels : les propriétaires, les actionnaires minoritaires ou


majoritaires.

 Les prêteurs : les institutions financières (banques, bailleurs de fonds, …etc.), les obligataires, les
sociétés-mères, ...etc.

 L'Etat et ses administrations,

 Les autres partenaires de l'entreprise (clients, fournisseurs, salariés, concurrents, ...etc.),

Ces utilisateurs peuvent prendre des décisions diverses :-

 Décision de gestion pour les responsables d'entreprise ;

 Décision d'achat ou de vente de titres pour les actionnaires ;

 Décision d'octroi de crédit pour les banques ;

 Contrôle des résultats, subvenions à allouer pour l'Etat ;

 Appréciation des risques commerciaux pour les partenaires.

Section 9 :L'analyse des risques bancaires

Nous examinerons dans cette section les différents risques bancaires à travers
les paragraphes qui suivent intitulés respectivement :-

 L’analyse du risque de non remboursement du crédit ;

 Le risque d'immobilisation du crédit ;

 Le risque de non-paiement des intérêts du crédit ;

- Quelle est la liste actuelle des risques ?

- L’organisation des risques majeurs.

48
9.1. : L'analyse du risque de non remboursement du crédit

9.1.1. La valeur liquidative de l'entreprise

Dans l'hypothèse d'une liquidation de l'entreprise, le banquier s'assure que la valeur


liquidative de ses actifs permet de rembourser l'ensemble des créanciers dont la banque.

Dans cette éventualité, les fonds propres nets de l'entreprise représentent la perte maximale
que peut supporter l'affaire sans compromettre le remboursement de l'ensemble de ses créanciers.

Autrement dit, le banquier vérifie les fonds propres nets de l'entreprise constituent une
marge de garantie suffisante pour couvrir les différences possibles entre la valeur comptable des
actifs et leur valeur de liquidation.

Bien qu'il n'existe pas de marge satisfaisante par secteur d'activité, il est, généralement,
admis que si les Fonds Propres Nets de l'entreprise couvrent environ 20 % du total de son bilan ils
peuvent constituer une sécurité suffisante.

Le ratio doit être de l'ordre de 20 %.

En fait, il est surtout essentiel que les fonds propres nets couvrent les actifs à haut
niveau de risques pour lesquels une dépréciation de valeur est probable (constructions
industrielles, outillages particuliers, stocks spécifiques, ...etc.)

Le banquier s'assure dans une optique de poursuite de l'activité que l'entreprise n'est
pas surendettée.

Dans cet objectif, le banquier vérifie que la part des ressources de financement à
moyen et longs termes apportés par les tiers n'est pas excessive au regard des Fonds Propres
Nets de l'entreprise. Il est généralement reconnu que les tiers ne doivent pas être plus
engagés dans l'entreprise que ses propriétaires.

Le ratio doit être supérieur ou égal à 1.

Le banquier s'assure que le remboursement des annuités d'emprunts structurels


n'obère excessivement la Marge Brute d'Autofinancement de l'entreprise.

49
La Marge Brute d'Autofinancement doit non seulement être en mesure de
rembourser les annuités d'emprunts à moyen et long terme, mais aussi de financer le
développement de l'entreprise et de rémunérer ses propriétaires. Il est généralement admis
que l'entreprise est trop endettée, si les annuités de remboursement des emprunts à moyen
et long terme dépassent 35 % de Marge Brute d Autofinancement (MBA).

Autrement dit, le ratio doit être inférieur à 3,5 %.

Le banquier s'assure que les crédits bancaires par caisse ne dépassent pas un seuil
critique. Mais, la difficulté réside dans le fait, qu'il n'est pas possible de fixer à ce seuil un
niveau considéré comme satisfaisant pour toutes les entreprises.

Aussi, pour chaque entreprise, le banquier apprécie ce niveau, en fonction de la


structure et de la rentabilité de l'affaire notamment en analysant :

 Son Fonds de Roulement par l'étude des ratios :

Le Fonds de Roulement doit couvrir une part significative des Besoins en Fonds de
Roulement afin de limiter les concours à un niveau raisonnable.

Le Fonds de Roulement doit être renforcé au fer et à mesure que l'activité se


développe.

 L'évolution de sa trésorerie par l'étude des ratios

Toute augmentation de ces 2 ratios indique une dégradation de la trésorerie qui devra être
minutieusement analysée.

50
5.1.2.. L'évolution des fonds propres nets

Il est primordial, au-delà du niveau des Fonds Propres Nets, d'apprécier si les
perspectives de son évolution sont acceptables et si les propriétaires de l'entreprise sont en
mesure d'apporter de nouveaux capitaux.

Le banquier fonde son appréciation sur :-

 Le sens de l'évolution constatée des Fonds Propres afin de vérifier si les propriétaires de
l'entreprise s'efforcent de renforcer leurs capitaux propres à la mesure de l'accroissement de
l'endettement à moyen et long terme ;

 L'origine de l'accroissement des Fonds Propres Nets compte tenu du fais qu'il est plus
sécurisant que la consolidation de l'actif net provienne plutôt de bénéfices issus de l'activité
courante de l'entreprise que de profits exceptionnels ;

 Une projection sur l'avenir des Fonds Propres Nets pour tenter de mesurer l'évolution
probable du risque encouru en fonction de l'accroissement attendu des besoins liés au
développement de l'activité de l'entreprise.

9.2. Le risque d'immobilisation du crédit

La banque assure un équilibre entre la liquidité de ses emplois et l'exigibilité de ses


ressources en procédant éventuellement au refinancement de ses crédits.

Cet équilibre peut être rompu par un crédit non remboursé à échéance ou encore par
la détérioration de la situation financière de l'entreprise emprunteuse conduisant la Banque
Centrale à refuser son accord de mobilisation.

Aussi, face à ce risque, le banquier doit veiller à ce que les crédits de fonctionnement
qu'il accorde remplissent les conditions d'admission au refinancement suivantes :-

 Les crédits doivent être causés ;

 Les effets commerciaux escomptés doivent être bancables ;

51
 Certains crédits de fonctionnement (par exemple les mobilisations de créances nées à
l'étranger) doivent répondre à des conditions particulières édictées par la Banque Centrale

En outre, pour se refinancer, le banquier doit bénéficier d'une côte de refinancement


et mobilise les crédits à hauteur de plafond.

9.3 : Le risque de non paiement des intérêts du crédit

Le banquier apprécie son risque de non paiement des intérêts par l'étude de
rentabilité globale de l'entreprise.

La préoccupation du banquier est de deux ordres :-

 Les charges d'intérêts imputées au débit du compte du client doivent être couvertes, sinon
elles constitueraient une augmentation des concours consentis ;

 L'entreprise doit être en mesure de supporter la hausse de ses charges financières


engendrée par les crédits susceptibles de lui être accordés.

Pour contrôler ces deux points, le banquier apprécie :-

 Le montant des charges d'intérêt par rapport au résultat d'exploitation afin de déterminer
de combien ces coûts peuvent augmenter sans mettre l'entreprise en situation déficitaire ;

 L'impact financier des crédits octroyés en analysant le résultat brut d'exploitation après
frais financiers, afin de vérifier si ce résultat permet de couvrir un éventuel accroissement
des charges.

Aussi, le banquier s'attachera à contrôler que le fonds de roulement de l'entreprise :-

 Couvre une part significative des besoins en fonds de roulement, afin de limiter les crédits
de fonctionnement à un niveau satisfaisant compte tenu du poids des charges d'intérêts
induites ;

 Est renforcé au fur et à mesure que l'activité de l'entreprise se développe.

52
Ce contrôle est effectué par le banquier en surveillant l'évolution du ratio 4

dont une augmentation a un caractère favorable et à contrario toute régression doit être
analysée.

 Appréciation finale :

Après avoir conduit son analyse des risques, le banquier est amené à décider :

 Soit que l'entreprise présente des risques importants et il ne peut la soutenir


financièrement.

 Soit que l'affaire est capable de rembourser les crédits et il accordera les concours
appropriés.

Section 10 : L’étude du risque de crédit

Quels sont les moyens pour se prémunir du risque ?

La banque peut-elle limiter les risques ? Comment ?

Comment devra s'opérer la gestion du risque (risk management) ?

Pour répondre à ces questions, nous prévoyons dans le paragraphe I d'aborder le


point afférent aux sources d'information.

Le paragraphe II s'intéresse à la limitation du risque.

Le paragraphe III répond à l'interrogation comment s'opère la gestion du risque ?

10.1. : Les sources d'information

C'est à partir d'informations émanant d'origines diverses que le banquier apprécie


prévient et limite le risque.

10.1.1. Les renseignements obtenus du client

Le dossier du client renferme plusieurs documents, sources précieuses d'informations


: statuts, délibérations , relevés de comptes.... Mais les plus riches en éléments d'informations

4 BFR = Besoin en fonds de roulement.


53
sont les documents comptables dont la pièce maîtresse : le bilan, qui doit être reclassée en fonction
d'une présentation moins rigide et enrichie d'éléments que la discussion avec le chef d'entreprise
dégagera.

En effet les conversations engagées entre le banquier et le chef d'entreprise à l'occasion


d'une demande de crédit peuvent être fructueuses à plus d'un titre. Elles permettent déjà à l'un et à
l'autre de mieux se connaître et de comprendre les contraintes, préoccupations et appréhensions de
chacun. C'est d'ailleurs à la suite de conversations tranches et sincères que peut naître une confiance
réciproque.

Ces discussions permettent au banquier de connaître les projets futurs de son client ses
espoirs, voire ses problèmes. Elles lui offrent ensuite la possibilité d'obtenir des indications
complémentaires. Notamment des éclaircissements sur certains postes du bilan qui peuvent paraître
obscurs, ainsi que des précisions sur ses engagements hors bilan, comme elle lui permette aussi de
s'informer sur la surface financière personnelle du client ainsi que sur les garanties réelles
(hypothèques et/ou nantissement d'équipements/ de marchandises, de titres de marchés) ou
personnelles (aval caution) que le chef d'entreprise a pu formaliser en faveur d'une autre banque ou
d'un tiers.

Ces discussions informent enfin le banquier sur la situation de son client vis à vis des
créanciers privilégiés. Un extrait de rôle (délivré par l'administration fiscale) et une attestation
parafiscale (délivrée par la caisse de sécurité sociale) sont généralement réclamés.

En Algérie, par exemple, les banques doivent impérativement avoir recours aux
renseignements obtenus de l'extérieur. Comment ?

10.1.2. Les renseignements obtenus de l'extérieur

Le recours à la Centrale des Risques de la Banque d'Algérie permet de savoir si le client est
déjà engagé auprès des confrères.

Rappelons que chaque banque commerciale est tenue d'adresser régulièrement à la Centrale
des Risques le montant des crédits consentis à sa clientèle. La Centrale des Risques totalise ces
informations par client et par nature de crédit et retourne à chaque établissement le volume des
concours octroyés à caque client (tous établissements de crédit confondus. Il est ainsi possible, pour
chaque banque prêteuse de connaître le niveau d'engagement de son emprunteur auprès des
confrères. En Algérie, Voir à cet effet :-

54
-Le Décret exécutif N°07-138 du 19 mai 2007 fixant les missions, l’organisation et le
fonctionnement de la centrale des risques

-Arrêté du 6 aout 2007 fixant la forme et la périodicité des déclarations à transmettre à la


centrale des risques

Des informations utiles peuvent être également obtenues d'autres administrations telles le cadastre
pour les biens à hypothéquer, au centre du registre de commerce pour les nantissements,
l'administration fiscale et la sécurité sociale pour les attestations fiscales et parafiscales. 5

Il est également possible d'obtenir des renseignements commerciaux auprès des confrères.

Enfin, le milieu professionnel dans lequel évolue le client peut fournir des informations qu'il
faut bien sûr/ prendre avec toutes les réserves qui s'imposent, compte tenu de l'aspect concurrentiel
qui régit les relations entre deux entreprises exerçant dans un même créneau.

La banque s'efforce de limiter les risques qu'elle prend, en matière de crédit en procédant à
une étude approfondie des affaires qui sollicitent son aide financière, et en divisant ces risques sur
un maximum de clients et de secteurs d'activité.

10.1.3. Nécessité d'une étude approfondie des dossiers de crédits

L'étude méticuleuse de la situation passée, présente et future des entreprises qui sollicitent
son aide financière est le moyen le plus efficace dont dispose le banquier pour limiter les risques liés
à l'octroi de crédits.

En réalité, c'est le type de crédit sollicité qui va déterminer l'orientation des investigations du
banquier et la gamme d'instruments d'analyse à mettre en œuvre. C'est ainsi que l'élude d'une
demande de financement d'un projet sera plus développée et obéira à une démarche différente de
celle de l'examen d'une demande de crédit d'exploitation. D'une manière générale et lorsqu'il s'agit
de financements sollicités par des entreprises en activités c'est au travers de l'évolution dans le
temps des postes des trois derniers bilans et comptes de résultats que le banquier apprécie leur
structure financière , leur situation de trésorerie, leur solvabilité et leur rentabilité.

5Actuellement en Algérie, les nantissements sont adressés au centre du registre de


commerce pour le rang de privilège.
55
L'étude de ces documents, l'évolution des ratios sur plusieurs exercices, l'analyse des
tendances et comportements de ces entreprises lui permettent de tirer des conclusions sur leurs
politiques financières, industrielles et commerciales et donc de se faire une idée du risque probable.

Mais l'étude du risque ne saurait se contenter de la seule analyse des performances


financières de l'entreprise et de leur projection dans le temps. Cette étude doit nécessairement
s'élargir aux facteurs économiques et humains qui sont à l'origine des performances de l'entreprise.
Les compétences techniques commerciales et humaines des dirigeants, la qualité de leur gestion
passée, le marché sur lequel ils opèrent les produits qu'ils offrent, sont autant d'éléments
indispensables dans l'évaluation du risque de crédit.

10.2. : Comment la banque peut-elle limiter le risque dans le domaine du financement ?

10.2.1. Limitation des risques par sa division

La banque limite également ses risques en répartissant ses emplois sur le plus grand nombre
possible d'entreprises, de secteurs d'activités et de régions.

La division du risque constitue l'un des principes de base de la distribution du crédit. Il s'agit
d'un principe universel, consacré d'ailleurs par les ratios prudentiels

La division du risque suppose d'abord "l'atomisation» du montant des crédits possibles sur le
plus grand nombre d'emprunteurs possibles. Il s'agit donc de limiter en volume les crédits qui
peuvent être accordés à un seul client.

Cette division du risque sur le plan individuel doit être complétée par une division du risque
sur le plan sectoriel voire régional afin d'amoindrir les conséquences d'une crise conjoncturelle ou
structurelle, qui viendrait frapper telle ou telle profession, telle ou telle activité, telle ou telle région,
crise qui compromettrait le remboursement d'une part importante des emplois bancaires.

En Occident, par exemple, et en vertu du principe de la limitation du risque par client, il est
courant de voir deux ou plusieurs établissements bancaires intervenir en faveur d'un même client,
compte tenu de ses besoins importants de crédits. Ce financement partagé peut reposer sur un
accord tacite entre tes banques du client ou résulter du montage et de la mise en place d'un crédit
dit "consortial".

II y a crédit consortial lorsqu'un pool bancaire est constitué sous la direction d'un chef de file
ou d'un banquier principal. L'aspect administratif est pris en charge par le chef de file qui doit, en
outrer exercer une surveillance soutenue des activités de l'entreprise.

56
10.2.2. Limitation du risque par le respect des règles prudentielles

Ces règles imposent comme dans la plupart des pays, une première limite aux engagements
globaux des banques et une seconde à leurs engagements sur un même client. Elles obligent
également au provisionnement strict des crédits en fonction de la situation du bénéficiaire ou du
secteur dans lequel il évolue.

A. Les règles prudentielles

Les règles prudentielles ont notamment pour objet :-

 D'éviter le risque de concentration des engagements sur un seul et même bénéficiaire ou groupe
de bénéficiaires ;

 D'interrompre la détérioration du ratio de solvabilité de la banque et de garantir les dépôts de sa


clientèle en assurant une couverture minimale permanente des crédits distribués par ses fonds
propres ;

 D'harmoniser les pratiques du secteur bancaire et financier national et de les rapprocher des
normes et pratiques internationales.

B. Règlement du conseil de la monnaie et du crédit (CMC) en Algérie

Le règlement CMC N°91-09 du 14 Aout 1991, modifié, fixe les règles prudentielles de gestion
des banques et établissements financiers. En application de l’article 62 de l’ordonnance N°
03-11 du 26 Aout 2003, modifiée et complétée relative à la monnaie et au crédit.

10.2.3.. Limitation du risque par une politique sélective du crédit

En Algérie, et très souvent pour réduire la masse des crédits et limiter la création monétaire mais
aussi pour obliger les banques commerciales à une politique sélective du crédit la Banque d'Algérie
procède à un contrôle quantitatif et qualitatif des crédits consentis par les banques commerciales.

Elle fixe pour chacune d'elles, des limites de réescompte et use de son pouvoir discrétionnaire en

matière d'admission ou de rejet des concours proposés au réescompte. La centrale des risques

lui permet de contrôler l'utilisation des crédits.

57
A. Règlement CMC en Algérie

Règlement CMC N°92-02 du 22 mars 1992 portant organisation et fonctionnement de la


centrale des impayés. En application de l’article 98 de l’ordonnance N°03-11 du 26/08/03

6.2.4 Limitation du risque par le contrôle de la Commission Bancaire

En Algérie, la Commission Bancaire est un organe présidé par le Gouverneur de la Banque d'Algérie.
Elle est chargée notamment d'examiner les conditions d'exploitation et la situation financière des
banques et établissements financiers, de contrôler la bonne application de la réglementation
bancaire, de sanctionner les manquements et de veiller au respect des règles de bonne conduite de
la profession.

A. La commission bancaire en Algérie

L’Ordonnance N°03-11 du 26 Aout 2003, modifiée et complétée relative à la monnaie et au crédit


met en relief dans son titre III :-

-L’article 105 : l’institution de la commission ;

-L’article 106 ; la composition de la commission bancaire ;

-L’article 107 : les décisions de la commission bancaire ;

-L’article 108 : le programme des contrôles de la commission ;

-L’article 114 : lorsque la banque ou un établissement a enfreint une disposition législative ou


réglementaire ;

-Article 116 : les modalités de l’administration provisoire et la liquidation…

6.3. La gestion du risque de crédit

Une fois le crédit accordée la banque est engagée sur toute sa durée. Elle en encourt le risque
jusqu'à son remboursement. Il ne s'agit donc pas seulement pour elle d'évaluer le risque qu'elle
prend en octroyant un crédit, mais aussi de le gérer tant qu'elle sera engagée avec le client.

10.3.1. La surveillance de l'entreprise à tous les niveaux de risque

Gérer le risque c'est donc exercer, pendant toute la durée de vie du crédit, une étroite
surveillance de l'entreprise au niveau de ses quatre éléments ou composantes que sont les
hommes, le couple produit/marché, les moyens d'exploitation et les moyens financiers. Il s'agit

58
de prévoir tout glissement vers une situation qui pourrait compromettre la bonne sortie du
concours.

10.3.2. La surveillance de l'entreprise depuis l'entrée en relation du client

Le risque de crédit est omniprésent pour le banquier à toutes les étapes de sa relation avec son
client, et avant même qu'il ne soit sollicité pour un financement.

Ainsi, et à l'ouverture du compte d'une entreprise ,le banquier doit avoir une bonne vision de ce
que sera l'activité de cette relation et prendre ses précautions pour ne pas se faire "imposer" des
crédits futurs qui, très souvent débutent par des décaissements dits "passagers" pour se répéter
régulièrement puis se transformer en débits de plus longue durée.

Section 11 : Les garanties bancaires

Nous examinerons les garanties (suretés) personnelles et les garanties réelles. Globalement,
c’est pour se couvrir du risque de non remboursement que le banquier’ recueille des
garanties. En effet, le banquier ne considère pas une garantie comme un facteur décisif de sa
décision. Toutefois, les garanties peuvent atténuer le risque de non remboursement du
crédit bancaire sans toutefois l’éliminer totalement. Elles peuvent revêtir deux formes : les
garanties réelles et les garanties personnelles.

Section11 . 1. : Les garanties (suretés) personnelles

La garantie (sûreté) personnelle est un engagement souscrit par un tiers, personne


physique ou morale, de payer en lieu et place du débiteur défaillant.

A. Définition et explication de la caution

Une garantie personnelle peut se définir par l’engagement, pris par une ou plusieurs
personnes physiques ou morales, de désintéresser la banque si l’entreprise ne rembourse
pas le crédit à échéance

Une garantie personnelle se présente sous la forme d’une caution ou d’un aval

B. La caution

La caution fait l’objet d’un acte écrit précisant le montant et la durée de l’engagement

59
La caution constitue la principale sûreté personnelle. Dans le langage courant, le mot caution
désigne aussi bien le tiers garant que l'engagement, matérialisé par un contrat. Il convient de
noter que :-

 Le cautionnement est d'interprétation stricte. "Il ne peut s'étendre au-delà des limites dans
lesquelles il a été contracté". C'est la raison pour laquelle le banquier évite de donner, dans
l'acte, trop de précisions qui pourraient être interprétées comme autant de limitations.

La caution est essentiellement demandée au chef d'entreprise et/ou aux principaux


actionnaires des entreprises de petites dimensions. Leurs biens personnels étant engagés, le
chef d'entreprise et/ou les principaux actionnaires sont amenés à respecter les engagements
de l'entreprise et à répondre, au besoin, sur leurs fortunes personnelles.

La caution peut être demandée à une maison-mère lorsque l'emprunteur est une
filiale.

La caution peut être celle d'un tiers, personne physique, parente ou non de
l'emprunteur, qui n'a aucun lien avec l'entreprise.

Compte tenu des nombreux litiges nés généralement lorsque l'appel à la caution se
produit des années après l'engagement pris par l'entreprise, ou lorsque cet engagement
porte sur un montant supérieur au montant initial, la tendance actuelle est d'éviter les
cautions illimitée, en montant et de demander des cautions illimitées dans le temps que
pour garantir des opérations à durée indéterminée.

C. Le cautionnement dans le code civil algérien

-Les articles 644-653 mettent en évidence les éléments du cautionnement

-Les articles 654-669 expliquent les éléments du cautionnement à travers les rapports
caution-créancier

-Les articles 670-673 mettent en relief les éléments du cautionnement à travers les rapports
caution-débiteur.

60
D. L'aval

L'aval est une garantie qui a pour but d'assurer le paiement de la lettre de change, billet à
ordre ou du chèque pour tout ou partie de son montant. Il se distingue du cautionnement en ce qu'il
ne se rencontre qu'en matière de lettre de change billet à ordre et le chèque.

En fait, l’aval est donné sous la forme d’une signature portée sur un effet de commerce (ou
sur un acte séparé) qui engage l’avaliseur à payer à échéance si le débiteur principal est
défaillant

a. Les formes d'aval

L'aval peur être donné sous deux formes :-

 Être mentionné sur l'effet ou une allonge ;

 Etre donné par acte séparé.

B. Mentions obligations

Les mentions obligatoires de l'aval sur la lettre de change ou sur l'allonge sont :-

 Opposition des mots "bon pour aval" ou toute autre formule équivalente ;

 Signature de l'avaliste ;

 Désignation du bénéficiaire de l'aval ;

 Limitation éventuelle du montant de l'aval à une partie de la lettre de change ;

 Date de la signature de l'avaliste

b. L’aval dans le code de commerce algérien

Le code de commerce algérien met en évidence dans ses articles 497- 499 les principes de
l’aval.

Section 11.2 : Les garanties (sûretés) réelles

Les garanties réelles ont pour objet d’affecter en gage un élément d’actif immobilier
(hypothèque) ou, mobilier (nantissement) de l’entreprise au profit du banquier. Dans ce
cadre, pour obtenir une réelle sécurité, le banquier s’entoure de certaines précautions,
notamment :-

61
-Apprécier la valeur vénale actuellement du bien gagé

-Eviter de prendre en garantie des biens périssables ou difficilement réalisables ou encore


dont la valeur est fluctuante ;

-Prévoir une marge de sécurité entre le montant du crédit accordé et la valeur du bien gagé
pour se prémunir contre un risque de dépréciation de ce dernier.

A. L'hypothèque

L'hypothèque est la sûreté réelle immobilière par excellence. Elle s'applique sur les biens
immeubles.

La réalisation d'une hypothèque donne droit au bénéficiaire de faire vendre le bien


immeuble affecté en garantie aux enchères publiques, sans préalable de jugement de
condamnation. Le produit de la vente va au créancier à concurrence du montant de la
créance impayée auquel s'ajoutent les intérêts, droits et taxes.

L'hypothèque est matérialisée par un acte notarié. Elle est soumise aux formalités de

publicité et d'inscription sur les registres de la conservation des hypothèques.

Un même bien immeuble peut faire l'objet de plusieurs hypothèques dont le rang est
déterminé par la date d'inscription.

L'hypothèque est une garantie coûteuse comparativement au nantissement. Elle est


essentiellement sollicitée en couverture de crédits d'investissements. Mais elle peut être
exigée pour couvrir globalement une articulation de crédits d'exploitation lorsque le total de
ces concours atteint un montant important.

L'hypothèque a également servi de support au développement d'une forme de crédit


à la consommation appelé précisément "crédit hypothécaire".

Le bien hypothéqué peut appartenir au débiteur lui-même ou à un tiers.

B : Décret exécutif N° 06-132 du 3 avril 2006 relatif à l’hypothèque légale instituée au


profit des banques, des établissements financiers et autres institutions en Algérie.

62
a. L’objet du décret

Le décret a pour objet de fixer les modalités d’application des dispositions de l’article 96 de
la loi N°02-11 du 24 décembre 2002 modifié par l’article 56 de la loi N°05-16 du 31 décembre
2006 instituant une hypothèque légale sur les biens immobiliers des débiteurs au profit des
banques, des établissements financiers et de la caisse de garantie des marchés publics, en
garantie du recouvrement de leurs créances et des engagements consentis envers eux. Le
décret en question se compose de 7 articles.

b. L’hypothèque dans le code civil algérien

Le code civil algérien aborde dans ses articles 882-947 : l’hypothèque

‘-L’article 882 explique le contrat d’hypothèque ;

-Les articles 883-893 mettent en évidence la constitution de l’hypothèque ;

-Les articles 894-903 mettent en évidence les effets de l’hypothèque entre les parties : A
l’égard du constituant et du créancier hypothécaire ;

-Les articles 904-906 expliquent les effets de l’hypothèque à l’égard des tiers ;

-Les articles 907-932 soulignent le droit de préférence et droit de suite ;

-Les articles 933-936 abordent l’extinction de l’hypothèque ;

-Les articles 937-945 situent la constitution du droit d’affectation ;

-Les articles 946-947 mettent en relief l’effet de la réduction et de l’extinction du droit


d’affectation.

C : Le nantissement

Le nantissement est défini par le code civil comme étant un contrat par lequel une personne
s'oblige pour garantir sa dette à remettre au créancier ou à une tierce personne choisie par
les parties un objet sur lequel elle constitue au profit du créancier un droit réel en vertu
duquel celui-ci, peut retenir l'objet jusqu'à paiement de sa créance et peu se faire payer sur
le prix de cet objet.

63
D. Les effets juridiques du nantissement

Le nantissement entraîne des effets juridiques entre les parties contractantes et à l'égard
des tiers. Le gage donne aux créanciers cinq droits principaux :-

 Le droit de rétention ;

 Le droit de réclamer l'objet en cas de dépossession non volontaire ;

 Le droit de faire vendre l'objet aux enchères si la dette n'est pas payée à l'échéance ;

 Le droit de se faire attribuer en justice la propriété du gage ;

 Le droit de préférence sur le prix en cas de vente,

En revanche, le créancier doit veiller sur la chose en bon père de famille en cas de
dépossession du constituant ; il ne doit pas s'en servir pour son usage personnel enfin il doit
restituer le bien gagé après paiement de la dette.

 L'acte de nantissement est synallagmatique, il comporte des obligations réciproques et le


contrat de nantissement doit être pris par un acte authentique comme il peut être effectué
par un acte sous seing- privé.

 A défaut de paiement de la dette garantie, le créancier peut, 15 jours après sommation de


payer faite au débiteur, assigner devant le tribunal pour faire ordonner la vente du fonds.

E. : Le nantissement de l'outillage et du matériel

L'acte de nantissement de l'outillage comporte des obligations réciproques, il peut être


établi en deux formes : acte authentique ou acte sous seing privé. Lorsque la créance
garantie par le nantissement est éteinte par le remboursement du capital et des intérêts, la
radiation de l'inscription ne peut être opérée qu'en vertu d'un acte authentique ou d'une
décision de justice.

F. Le nantissement dans Le code de commerce algérien

-Le nantissement du fonds de commerce (Articles 118-139)

64
-Formalités relatives à l’inscription au centre national du registre de commerce du privilège
résultant de la vente ou du nantissement d’un fonds de commerce (Articles 142-146)

-Le nantissement de l’outillage et du matériel d’équipement (Articles 151-168)

-L’arrêté du 4 octobre 1988 détermine la forme des bordereaux relatifs à l’inscription des
privilèges liés à la vente et au nantissement du fonds de commerce.

- Le code civil algérien dans son article 423 stipule : « la cession d’une créance comprend les
suretés qui la garantissent, telles que le cautionnement, le privilège, l’hypothèque et le
nantissement, de même qu’elle comprend les arréchages échus.

G. Le nantissement de marchandises

Le nantissement de marchandise est un contrat par lequel la banque acquiert sur les
marchandises du débiteur affectées à la garantie de sa dette un droit réel qui lui permet de
se faire rembourser sa créance. Le nantissement de marchandises doit faire l'objet d'un acte
écrit. Cet acte doit comporter les désignations complètes et précises de la marchandise. Le
constituant doit remettre les marchandises nanties au créancier ou à unités choisi par les
parties. Pour garantir en cas de sinistre, il est nécessaire que la marchandise soit assurée et
que le bénéfice de cette police d'assurance soit expressément délégué à la banque. A défaut
de paiement à l'échéance d'un des termes prévus, le créancier peut, 15 jours après une
simple signification faite au débiteur, faire procéder à la vente publique des objets donnés
en gage. Lorsque le débiteur éteint sa dette en capital et intérêts envers son créancier et
après l'accord de la banque, il peut être délivré une main levée au constituant

H. Le nantissement des titres

Il peut être constitué au moment de l'ouverture d'un crédit bancaire ou pour garantir un
découvert existant. Ces titres doivent être la propriété du constituant, le banquier a pour
obligation de les conserver, de ne pas s'en servir pour son usage personnel et de les restituer
après remboursement du crédit.

I : Le nantissement du fonds de commerce et nantissement de l’outillage et du matériel


d’équipement en Algérie

65
Le code de commerce Algérien met en évidence différents articles concernant la vente et le
nantissement du fonds de commerce et le nantissement de l’outillage et du matériel
d’équipement

. Quelques articles du code de commerce et du code civil en Algérie

-Les articles 78-168 du code de commerce mettent en lumière

-Les éléments du fonds de commerce ;

-Les contrats ayant le fonds de commerce pour objet ;

-Les dispositions communes à la vente et au nantissement des fonds de commerce

- De la distribution judiciaire du prix …

- Les articles 99-108 du code de commerce algérien mettent en relief l’inscription des
privilèges liés à la vente et au nantissement du fonds de commerce.

-Les articles 118-141 déterminent : le nantissement du fonds de commerce et les


dispositions communes à la vente

-Le code de commerce algérien aborde le nantissement de l’outillage et du matériel


d’équipement dans ses articles 151-168.

11.3. Les autres formes de garanties en matière de financement des investissements

A..Le gage du matériel et la chaîne de billets à ordre

a. Le gage du matériel

Lorsque la banque accorde un crédit à son client relatif à l'achat de véhicule pour le
transport, l'institution bancaire peut exiger que le matériel roulant soit gagé au profit de la banque.
La procédure consiste à porter sur la carte grise du véhicule, une mention indiquant qu'il est gagé. De
ce fait, il ne peut être vendu.

b. Chaîne de billets à ordre

Lors de l'octroi d'un crédit notamment les crédits moyen terme (CMT). On établi un
échéancier de remboursement généralement trimestriel. Cet échéancier est matérialisé par des

66
billets à ordre signé par le client. La relation doit, de ce fait, rembourser à l'échéance convenue avec
le banquier. Si après dépassement de la date fixée , la banque peut procéder à "l'injonction de payer"
auprès du tribunal, et ce, en présentant le billet à ordre impayé car en tout état de cause, il constitue
une reconnaissance de dette.

11.4. La convention de crédit et la lettre de déchéance du terme

A. La convention de crédit

Élément essentiel dans le domaine des garanties. Le contrat de crédit, qui est signé par le
client et le directeur de l'agence, détermine les obligations de l'emprunteur envers la banque
matérialisé par un certain nombre de clauses. Il constitue la pièce maîtresse dans tout ce qui a trait
aux garanties, que peut détenir le banquier. S'il y a un manquement à une clause, la banque peut
assigner en justice son client pour rupture de contrat et obtenir ainsi gain de cause.

B. La lettre de déchéance du terme

C'est-à-dire l'exigibilité de toutes les échéances avant le terme fixé. Conformément aux
clauses contractuelles prévues dans la convention de prêt signée entre le client et l'agence, elle est
provoquée lorsque l'emprunteur ne respecte pas ses engagements et en particulier, le
remboursement de son prêt dans les délais fixés.

11.5. Lettre d'engagement crédit moyen terme CMT

Signé par le client, elle confirme à cet effet, tous les engagements dont il aura à assurer la
charge envers la banque.

11.6. Délégation de police d'assurance multirisque (DPAMR)

Dans bien des crédits octroyés aux clients, la banque demande à ses relations une DPAMR
avec un avenant au profit de la banque qui consiste, à ce que les assurances se désistent au profit de
la banque, de toute somme qui devrait, en principe, revenir au client.

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Common questions

Alimenté par l’IA

La location financière diffère du crédit-bail mobilier sur plusieurs plans. Juridiquement, la location financière ne propose pas une promesse unilatérale de vente, c'est-à-dire que le locataire ne dispose pas d'une option d'achat à un prix convenu, contrairement au crédit-bail . Comptablement, cela signifie que les actifs loués ne sont pas considérés comme potentiellement appartenant à l'entreprise. Fiscalement, la location ne bénéficie pas des mêmes déductions que le crédit-bail, qui peut inclure des droits d'enregistrement réduits ou annulés .

Le crédit-bail permet à une entreprise d'utiliser des équipements sans en être propriétaire immédiat, moyennant le paiement de loyers. Cela offre un financement intégral (100%), contrairement au crédit classique qui nécessite un apport personnel. Il est particulièrement utile pour réaliser un programme d'investissement lorsque l'entreprise a déjà épuisé ses ressources internes . De plus, le crédit-bail mobilier, par exemple, est spécifiquement adapté pour des biens d'équipement qui ne sont pas considérés comme immobiliers, permettant une flexibilité financière accrue .

Les opérations de crédit-bail, initialement destinées aux biens mobiliers, ont évolué pour inclure les biens immobiliers suite à leur succès aux États-Unis, offrant davantage de flexibilité financière aux entreprises. Le crédit-bail immobilier permet aux entreprises de bénéficier de locations d'immeubles à usage professionnel, avec la possibilité d'en devenir propriétaires à terme. Cela réduit le besoin initial de capitaux propres tout en bénéficiant d'avantages fiscaux et permet de soutenir des programmes d'investissement plus ambitieux .

Le cautionnement bancaire sert principalement à offrir une garantie pour différer le paiement des créances fiscales. Lorsqu'une entreprise obtient un différé de paiement des montants des taxes, grâce à une caution bancaire, la banque s'engage à payer pour le compte de l'entreprise en cas de défaut, ce qui lui permet de subroger les droits de l'administration et devenir un créancier privilégié .

Pour gérer efficacement les risques associés aux crédits d'investissement, une banque doit évaluer la solvabilité de l'entreprise en étudiant sa capacité à honorer ses engagements financiers. Cela inclut l'examen des documents comptables, notamment le bilan financier, ainsi que l'analyse du programme d'investissement de l'entreprise. Une surveillance continue de l'évolution du fonds de roulement et des ratios financiers critiques est également essentielle. En parallèle, la banque doit s'assurer des garanties suffisantes, tant réelles que personnelles .

Le crédit global d'exploitation simplifie la gestion financière d'une entreprise en remplaçant plusieurs crédits à court terme par une seule ligne de crédit annuelle. Cela permet une gestion plus simple et efficace, tant sur le plan administratif que comptable, et offre à l'entreprise la possibilité de calibrer son recours au crédit en fonction de ses besoins de trésorerie prévisionnels .

Le crédit-bail immobilier permet à une entreprise d'accéder à des biens immobiliers à usage professionnel tout en reportant la propriété à la fin du contrat. Il allège le besoin de fonds propres dès le départ, propose un financement potentiellement complet, et offre la possibilité de récupérer la propriété au terme du contrat, souvent avec des conditions fiscales avantageuses comme la réduction des droits d'enregistrement .

L'escompte de papier financier est un mécanisme où l'entreprise souscrit un billet à l'ordre de la banque. La banque escompte ce billet, crédite le compte de l'entreprise du montant brut et débite les agios sur la période jusqu'à l'échéance. Cela est mis en place pour répondre aux besoins de trésorerie importants et quasi permanents, malgré l'absence de garanties intrinsèques, ce qui accroît le risque pour la banque .

Les banques utilisent le cautionnement bancaire pour permettre aux entreprises de différer les paiements en période de contentieux fiscal. Les entreprises peuvent surseoir aux versements d'impôts contestés grâce à une caution, ce qui réduit les sorties de trésorerie immédiates et offre un soulagement financier temporaire. Pour la banque, cela implique un engagement sans échéance précise, démontrant une prise de risque calculée, mais offrant à l'entreprise une meilleure gestion de son fonds de roulement .

Le crédit par signature présente l'avantage de ne pas immobiliser les capitaux d'une banque, contrairement aux crédits par espèces qui nécessitent une sortie de fonds immédiate. Bien que la banque prenne le risque de devoir s'exécuter à la place de son client et transformer le crédit par signature en crédit par caisse, elle bénéficie de l'allègement de sa trésorerie et d'une meilleure gestion des risques liés aux engagements de ses clients .

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