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& FABLES DE NOS VILLAGES a eh, ol mit ous o BIBLIOTHEQUE DE L'ETOIL BP. 8875 — LEOPOLDVILLELa couverture et la plupart des dessins de ce recueil ont été réalisés par Severin Gamokuba, les autres dessins par Symphorien Ntambwe, lata Sangu et la jeune femme par S. Taty Dans un village proche du mien, vivait Ndata Sangu qui, certainement. devait avoir prés de 80 ans, Un jour, notre vieillard se présenta chez les parents d'une certaine Yessa qu'il désirait épouser. La mére de la jeune fille s’y opposa, mais le pére marqua son accord et le mariage fut conclu, La mere toutefois, ne se tint pas pour battue. Elle appela sa fille et Ivi donna un bon moyen pour que le vieux ne la garde as chez lui. — Tu mettras, dit-elle, un plein gobelet de sel dans sa nourriture afin qu'il te chasse et que tu puisse rentrer rapide- ment la maison. Yessa fit comme sa mére le lui avait conseillé, idata Sangu se mit & table, mais dés la premidre bouchée, il appela sa femme et la complirenta pour avoir si adroitement salé la nourriture, Voila plusieurs jours que je suis cons ceci est la purge idéale qu'il me fallait, ajouta-t-il, La jeune femme sen alla aussitot raconter histoire & sa mare et lui décrit comment elie avait recu des fé'icitations plutot que des réprimandes. — Ce rest rien, lui répondit ta mére, voici ce que tu vas faire : tu mettras une grande quantité de piments dans la cas- serole ; cette fois, le true réussira, Aussitdt dit, aussitot fait Dés quill se mit A manger, Ndata Sangu sentit Je gotit du piment, mais il appela sa femme et la félicita encore. — Je me demande, dit-il, comment tu parviens & soupcon- ner mes moindres désirs. Ces piments viennent bien & point pour eaimer ma toux. Désespérée, Yessa alla de nouveau tout raconter a sa mere, — Cette fois. répondit celle-ci, tu prendras une tougue dhuile et tu en imbiberas ses vétements, les meubles, Ie lit ; 3oS a Jeune femme de Ndata Sangu en conversatic fon avec sa more, tu en badigeonneras également les murs, On verra bien s'il ne te chasse pas. Liopération était peine terminée que Ndata Sangu rentra chez lui, Il examina minutieusement la maison et manifesta sa joie. — Ma femme. dit-il, tu es vraiment intelligente ; c'est une excellente idée que d'avoir répandu cette huile partout ; elle détruira les puces, punaises et autres insectes nuisibles. Tu es tune bonne femme ; mon choix a été bon, Crest ainsi que Yessa, A bout de ressources, resta chez son mari. __Les hommes qui ont charge de famille devraient avoir la méme patience que le vieux Ndata Sangu ; cest la condition de la paix et du bonheur dans le foyer 2, Le chien et la guépe Conte Benga par PAbbs Walker Le chien et la guépe, hotes d'une méme maison, y vivaient en bonne harmonie, Un jour, ia guépe, ayant résolu daller demander au roi du pays la main de sa fille Ngwanga, invita le chien, son ami, & Yaccompagner dans son voyage. A leur arrivée, ils recurent un accueil fort chaleureux. Mais, voila qu’é Vinsu de son camarade, le chien manifesta ‘galement le désir d'épouser la fille du roi Or, Ja coutume du pays voulait qu’avant toute délibération, les prétendants au mariage fussent soumis & certaines épreuves, fixées par le roi. ‘On demanda done aux nouveaux arrivants de chanter, puis de danser, enfin de lutter corps-a-corps, La guépe, plus maigre qu'un clou, avait revétu d’amples vétements pour cacher sa maigreur et paraitre aussi grosse que le chien,Par précaution, elle dit & son ami : « Quand nous ‘utterons, fais attention de ne pas trop tirer sur mes vétements, » Mais le chien, voulant a tout prix épouser la jeune fille, he tint aueun compte de cette recommaneation, et dans 'ardeur de la lutte, lui arracha tous ses vétements, ‘Toute Vassemblée se mit A rire en voyant l'extréme mai- greur de la guépe, Les femmes surtout ne se générent pas pour crier tout haut : «Ah! Ngwanga, ne nous fais pas la honte de prendre comme mari un homme aussi maigre ! » La guépe, toute confuse, quitta la cour et se réfugia dans la maison en maugréant contre le chien, Elle était bien résolue a tirer vengeance de cet affront. Devant ce spectacle inattendu, le roi n’hésita pas a accorder sa fille au chien et fit préparer sur-le-champ un grand festin, auquel furent invités de nombreux convives. La guépe, dis: simulant son ressentiment, s'y rendit aussi pour féter son heureux rival Au milieu du repas, pendant que tout le monde mangeait et buvait @ son aise — sans avoir lair de rien — elle prit un 68, le brisa avec ses dents et en stica bruyamment la. moelle. Au bruit qu'elle fit, le chien se dressa sur ses pattes et promena ses regards sur les convives... La guépe le remarqua et jeta de toutes ses forces I'os qu'elle tenait a la main, Le chien, se précipita hors de Ia salle pour le ramasser. A cette vue, un fou rire saisit tous les invités, D’aucuns protestérent tout haut: «C’est tout de méme trop fort ! I n’est pas permis d’étre gourmand a ce point ! Qu’on lui reprenne Ja jeune fille ! > Quand les rires et les protestations se furent apaisés, le roi commanda le silence, et d'une voix solennelle, déclara aux deux prétendants : « Vous tes venus ici pour demander ma fille Newanga en mariage. Mais, & ce que je vois, aucun de vous n'est digne de I'épou- ser. D'abord tol, Guépe, maigre comme un squelette, tu ne conviens guére a ma fille, Ensuite, toi, Chien, ta gourmandise dépasse les bornes. Si je te donnes ma fille, elle mourra bientot de faim, car, & toi seul, tu dévoreras en un elin dail tout ce qui sera’ servi sur la table, Retournez done chez vous tous les deux. A épouser Newanga. » et ne songez plus 6 Sur ce, les deux prétendants évincés reprirent le chemin de leur village, en se reprochant mutuellement leur insuecés. Il est bien difficile de cacher ses défauts. 3 Kitenge, le polygame par Médard twandja Un homme du nom de Iba avait quatre filles qu’il surnomma «Jes inséparables, » aif, leur naissance, elles avaient recu, chacune, un don par- ticulier. L'ainée possédait Ia puissance magique de transporter lune chose d'un endroit & un autre avec une rapidité foudroyante: aussi, Vappelait-on Kumba-kumba ou transporteuse La seconde portait le nom de Lotalota ow son; . i n \geuse parce qu'elle était capable d'interpréter exactement les songes et d’en percer les secrets, ., ba troisiéme, appelée Talatala ou boussole, avait Je don dindiquer avec précision Je chemin & suivre, quelle que soit 1a destination, Enfin, la dernizre, Lamusalamusa, possédait Ia puissance de ressusciter les morts, Lotalota cependant eut un songe a ce sujet. |, = At cours de cette nuit, dit-elle Je lendemain a ses scours, Jai révé que notre mari était attaqué par un animal féroce et fue. Allons & la recherche de son corps 7Kumbakumba intervint alors et, gréce son pouvoir magi- que, transporta ses soeurs exactement & Tendroit ot se trouvai Je corps de leur mari, Talatala, pourtant, avait da leur indiquer la direction & suivre car autrement, elle ne seraient jamais arrivées & destination Lorsqu’ellcs furent toutes en face du eadavre, Lamusala- musa évoqua ses esprits et parvint a ressusciter le défunt Tout le groupe alors s’en retourna au village oit la joie fut son comble, Kitenge se prit A préférer Lamusalamusa qui avait fait revenir a la vie. Ignorant les dons secrets possédés par ses autres femmes, il se déeida a les répudier pour ne garder auprés de lui que son’ épouse prétérée. Mais hélas, les événements furent tout autres qu'il ne le pensait. I1_y cut grande palabre au tribunal oft les sceurs jalouses allerent déposer plainte contre Kitenge Lotalota prit 1a parole la premigre ~ Si ma sceur Lamusalamusa a pu ressusciter notre mari crest grace & moi qui ai connu sa mort au cours d'un songe. Si favais gardé lo secret, qui aurait su Pendroit ott notre mari avait 646 tué? Je sitis Gone celle qu'il doit épouser et non Lamusalamusa, Kumbakumba parla ensuite ~ I est exact que Lotalota a connu la premiére la mort de notre mari et que Lamusalamusa I’'a re: ité, mais qu’au- raient-elles pu faire si je ne les avais pas emmenées incontinent 1a oft gisait le cadavre ? Qui plus que moia droit d'étre la femme légitime de Kitenge ? — Pour que mes securs ne s'égarent pas dans Ia forét, dit enfin Talatala, elles ont da se confler A mon sens tout particulier de orientation, Sans moi, elles se seraient ezarées 2 coup sir. C'est moi que Kitenge doit prendre en mariage. Lamusalamusa, elle, se garda bien de dire quoi que ce soit car elle it que son mari la préférait, L’affaire traina en longueur, Les juges interrogérent, des journées durant, les_ différentes’ parties. Malgré leur grande sagesse, ils ne parvinrent pas a conclure et terminérent la palabre ‘par une déclaration ‘de non-lie. Décus par les jugements des hommes, les plaignants por- trent alors leur palabre au tribunal du bon Dic 8 Tes quatre sours port Gaon re Me leur palabre devant le tribunal.dans son sens, reté. Devant le Juge supréme, chacun témoigna comme il avait fait préeédemment, et avec la méme opinia Dans sa grande sagesse, Dieu ne trancha pas le différend immédiatement. II se contenta de dire & Kitenge et aux quatre sopurs : « Asseyez-vous et reposez-vous quelque peu ; nous réflé- chirons ee que nous devons vous répondre. Pour le moment, Jai encore bien dautres palabres a trancher. » Lhomme et ses femmes virent alors défiler un grand nom- bre d'autres plaignants, tous des bétes venues exposer leurs plaintes & Dieu. Le chien se présenta le premicr. Il se plaignait du traite- ment que les hommes lui infligeaient. — Seigneur, dit-il au bon Dieu, je suis toujours fidéle a mes devoirs envers l'homme : je garde sa maison, je l'aide a la chasse, Pourquoi Phomme me rend-il le mal pour le bien ? Quand il revient de la chasse, il s'approprie toute la bonne chair, se contentant de me jeter dédaigneusement quelques os que je Suis obligé de manger @ terre. Le coq avait aussi sa palabre a présenter. Seigneur Dieu, je joue dans le monde un réle unique. Crest moi qui réveille Jes hommes par mon chant matinal. Pour- quoi done les hommes me logent-ils dans un mauvais poulailler ott je suis obligé de dormir a terre ou perché sur un baton. Ne pourraient-ils pas me construire une belle maison d’oit ma voix serait entendue au loin ? L%léphant également parut & la barre des plaignants. — Mon Seigneur, je vous remercie paree que vous m'avez fait Je plus grand des quadrupédes. Il est pourtant ume chose que je ne comprends pas. Je vois de petits animaux, bien misé- rables, qui_mettent bas plusieurs petits a la fois,’ tandis que moi, je n'ai chaque fois qu’un seul enfant, La justice n’est-elle pas renversée en occurence ? Il serait plus équitable, vu mon grand corps, que je donne naissance & plusieurs jeunes’ la fois, et que les animaux plus faibles n’en aient qu'un seul. La Sagesse divine ne se laissa pas prendre au dépourvu Dieu donna ses ordres. Durant deux jours, on enfermerait le chien dans une grande place oi il serait planturcusement nourri : il recevrait & manger des canards sauvages, des lapins, etc. Le cog, lui, serait logé dans le lit d'un prince, 10 Quant a Véléphant, on le ménerait paitre dans les champs plantureux qui entourent le paradis et out le mais et le manioe sueré poussent en abondance. — Pour vous, hommes et femmes, dit Dieu en s'adressant & Kitenge et a son groupe, vous reviendrez dans deux jours pour entendre le jugement gui mettra fin & votre palabre. Au jour dit, tout Je monde se présenta & nouveau devant Je tribunal du bon Dieu, Lion vint annoneer que le chien n'avait rien laissé de toutes les nowrritures qu'on lui avait présentées, — Toi, chien, décréta clors le Juge supréme, tu es un grand gourmand, ‘Tu as dévoré toutes les provisions mises a ta dis- Position. Ne t'étonne pas, alors, que les hommes ne te donnent que les os. Ils conviennent & ta voracité, Si les hommes tinstal- laient & table, & coté deux, tu aurais vite fait de voler leur ration ct de tout dévorer sans leur Jaisser quoi que ce soit, Tu te contenteras de ton sort. Le boy du bon Dieu déclara ensuite qu’il avait eu beaucoup de travail 4 nettoyer la belle chambre oit le coq avait logé. ~ Le lit était rempli de saletés: j'ai dit nettoyer deux fois les couvertures et cela sent encore. sus, Dieu s'adressa au coq pour Je convainere de — Je Wai considéré comme un vrai prince, mais tu as tout sali, le lit et la chambre. Tl n’est que juste que les hommes te fassent loger sur un perchoir, dans un vulgaire poulailler. Le directeur des plantations eélestes parla & son tour, — I ne reste plus rien, dit-l, du beau mais et du manioe que Vous avez fait planter. L’éléphant a tout dévore. it Ie bon Dieu a T'éléphant. Tu voudrais la fois. Regarde ton ventre, vois comme il est distendu. Tout mon mais et mon manioc se’ trouvent la, dans ton estomac. Penses-tu que, avee un appétit pareil, il y ait encore de la place pour porter en’méme temps plusieurs éléphan- teaux dans ton sein ? La peau de ton ventre finirait par craquer et c’en serait fini de toi. Non, il vaut mieux que tu males qu'un petit a la fois, Docilement, toutes les bétes se retirérent, disposées a obéir aux décisions de Dieu. Kitenge et ses femmes qui voyaient tout cela en étaient dans i'étonnement nLorsque tous les jugements furent prononeés, Dicu. les appela. I! paraissait eourroucé car TI savait que leurs dispositions demeuraient mauvaises. — Vous avez entendu, leur dit-Il, comment jai, tranché les palabres de ces bétes. Elles m’obéissent toujours, méme lors que les ordres sont durs, Mais pour vous autres, hommes, je ne sais vraiment pas pourquoi vous vous adresse moi. Quand je vous donne mes fois, vous refusez de leur obéir, tout simplement. Vous me méprisez. Et puis, quand, aprés vos déréglements, une palabre sien suit, vous osez recourir & mes bons offices. Pourquoi ne commencez-vous pas par obéir mes lois qui sont bonnes et que vous connaissez ? Allez-vous-en, Je renonce & interver dans vos affaires. La téte basse, Kitenge ct ses femmes s'en retournérent dans Jeur maison,” Aucune des femmes ne prétendait céder. Lientente devint impossible. Des féticheurs consultés ne firent pas mieux que les juges. Kitenge essaya de vivre en bonne entente avee ses femmes mais Ja jalousie ct la haine étaient entrées dans Ie corur des ‘cinséparables », Elles rendirent la vie impossible & leur époux. Exeedé, celui-ei finit par attenter & ses jours en se pendant. Ce n'est pas pour rien que les jounes disent ; « Vivre avec plusieurs femmes, c'est se mettre une corde au cou et so pen dre. » Si yous voulez vivre heureux et en paix avee Dieu, que votre coour ne soit pas divisé entre plusieurs femmes. 4 Le malin crapaud ft Mayemba Crapaud était & court d'argent, II se rendit chez Canerelat. — Camarade Canerelat, mon enfant est mort; j'ai abso- lument besoin d'argent pour Tes funérailles et, pour le moment, yen suis dépourvu, Je te serais si reconnaissant si tu pouvais 12 me_préter 1,000 francs! D'ailteurs a 7 heures. Canerelat accéda & la requéte de son ami Crapaud et lui avanga la somme demandée, Le rusé compare passa sans tarder & la maison de Coa. Tl prétendit avoir perdu sa femme ; un prét de 1.000 francs le tirerait d'embarras. On convint du remboursement pour le samedi suivant, a 8 heures, et Cog, bonnement, lui donna Fargent qu'il demandait. Crapaud ne fit qu'un bon jusque chez Chacal. Ce dernier ignorait tout des démarches que Ie malin venait daceomplir. Comme les autres, il accepta de préter 1.000 franes, Crapaud promit de les rendre Je méme samedi a 9 heures. Croyez-vous que Crapaud était maintenant satisfait ? Loin de la! Il passa chez Boa. Tl parla d’un ami arrivé & Pimproviste et envers lequel il avait des obligations. Il fallait qu’i Vhéberger dignement. TI assura, foi de crapaud, qu'un rembour- sement, en bonne et due forme, aurait lieu le samedi, a 10 heu- res, et il obtint de Boa un nouveau prét de 1,000 fran Ce fut ensuite au tour de Léopard de recevoir la visite de Crapaud. Emu par les matheurs de co dernier, Léopard lui tendit un gros billet de 1.000 franes. Les larmes aux yeux, Crapaud protesta de son honnéteté et assura que, Ie samedi a 1 heures, la somme serait restituée, Crapaud frappa enfin & la porte de l'homme qui lui fin bon accueil. La aussi, on lui préta 1.000 franes qui, suivant la pro- messe du crapaud, seraient remis, sou pour sou, & leur proprié- taire, le samedi midi. Le petit fourbe revint chez lui, porteur de 6.000 frs. Qu’il était riche ! I ne put résister a Venvie d'aller s'en vanter chez un de ses amis. — Fort bien, ciers affiueront, tu en prison. Cétait mal connaitre Crapaud. je te les rendrai samedi, remarquer celui-ci, mais lorsque les eréan- e sauras te tirer d’embarras ; il te jetteront Samedi arrive. A 7 heures, Crapaud entend frapper & sa porte. C’était Cancrelat. Crapaud fait entrer son héte, lui présente un verre de vin de palme. — Voyons, dit-il, entre amis, on cause d’abord de choses et autres avant den venir aux questions sérieuses. 13Tis parlaient depuis quelque temps lorsqu’on vit arriver Coq. Tl etait, en effet, presque 8 heures. Cancrelat se mit a trembler de fous ses membres. Heureusement, Crapaud lui indi- qua une excellente cachette. — Eh! Bonjour maitre Cog... La somme est, préte mais, de grace, désaltérez-vous un peu ; vous avez si chaud. Tenez, Voila justement le verre que Cancrelat vient d’abandonner. Vous Te voye2, li, qui nous regarde. : — Un cancrelat ! s'éeria Coq : il se précipita et avala Can- relat. Puis il se décida a s'as 9 heures sonnent. Chacal frappe a la porte. Effrayé, Coq a tout juste le temps de se réfugier dans un coffre que lui indique Crapaud, . — Je vous attendais, cher Chacal, L'enveloppe est & vous ; mais, achevez d'abord le’ verre que Coq a laisse. ‘A ce mot, les yeux de Chacal se mettent & briller de con- voitise, Il cherche partout ct n’a de cesse qu'aprés avoir décou- vert la cachette de Cog. En un clin d'ceil, la pauvre béte est étrangléc, plumée et avalée. 4 A ce moment, la téte de Boa apparut a la fenétre : il était ailiours 10 heures précises. En quelques secondes laffaire fut réglée, c'est-a-dire que Chacal se trouva dans l'estomae de Boa. Crapaud se frottait les mains, Tout allait pour le mieux. Et, en effet, Léopard arrivait déja, Iégorement en avance sur Yhoraire prévu, Legs formules de politesse ne furent pas longues, Léopard brisa Méchine de Boa et avala quelques bons morceatx, car la chair de boa est exceliente, parait-il, En fin de compte, "homme se présenta 4 la demeure de Crapaud. Tl portait & ia main un fusil bien chargé, Tl fut un peu étonné de voir Léopard dans la maison de Crapaud, mais il n’hésita pas longtemps. — Si vous me donnez le Iéopard, dit "homme a Crapaud, je vous remets votre dette. Bien entendu, Crapaud accepta la proposition et homme fit feu, Tl emporta la peau de Léopard qu’ll revendit & un prix tres éleva Crapaud ava it doublement réussi, Evitons de préter de argent, Ne le faisons jamais & des gens dont Phonnéteté est douteuse. 5. L’iguane cherche son oncle maternel Depuis plusieurs années 'iguane vivait dans une savane isolée, & I'éeart de toutes les autres bétes. Pendant une période de disette, il lui arriva de ne plus rien trouver & manger et cela des semaines durant. Il se mit & réfléchir : « Pourquoi vivre tout seul? se dit-il Il est de loin préférable que je vive au milieu des miens >. Aussi prit-il la décision de se mettre a la recherche de son oncle maternel. Liiguane parcourut la brousse pendant dix jour: temps, il se sentit tellement f>tigué qu’ll s'assit’a I’ manguier pour se reposer.Comme il jetait un coup d'ceil sur sa gauche, il apereut tune ease situde & quelque distance. A cette vue, Piguane repri Courage et, se lovant, gagna cette habitation. I y trouva le Jaopard avec sa famille, ‘Tous le saluérent amicalement et apres fu avoir donné de quoi manger, lui demandérent le but de son Voyaze. Liiguane déclara qu'il éizit a la recherche de son oncle maternel. "A ces paroles, le Iéopard répondit, avec une hypocrite bon- homie : - - “von ami, mais c'est Je bon Dieu qui t'a conduit et; celui que tu cherches, cest ... mokméme. Je suis ton once SKaternel, Voici Tendroit oa tu dormiras,provisoirement. Gemain, je moceuperai de couper des sticks afin de construire ton logis. : i Viguane. Mis en wroles remplirent de joie le cceur de liguane- confer pigua a son prteriyoncle qu prtératt habiter fa oi il y avait du malafu en abondance, qui nous est réservée dans la forét compte wn grand nombre de falmiers-raphias. Tl ne manque préeisément qu'un tireur de vin expérimenté, ; ; veriguane fit done ménage commun avee le 1éopard. Mais, aprés quelques jours, il voulut savoir s'il était vraiment: son oncle maternel. 1a ela un des jeunes léopards et Jui demanda de le conduire a la forét pour procéder al x ost ane excelente viande que ploures-tty ? C 16 a ~ Manger ! dit enfant, mais n'est-il pas ton neveu ? - Pas du tout, repartit le pére. C'est tout simplement de la viande. Yavais cherché depuis longtemps le moyen de le tuer, mais je vois que, aujourd'hui, cest chose faite et que je n'ai plus & m’en préoccuper. Le Kopard s‘apprétait & couper Ia téte de Piguane lorsque celui-ci ouvrit brusquement les yeux. Hypocritement, le Iéopard se mit & plourer, en gémissant. — Oh mon cher neveu, comme je suis heureux de voir que tu reprends conscience. Allons vite au village pour te soigner. Et il emporta Viguane sur ses épaules, Liiguane ne souffla mot des paroles qu'il avait entendu prononcer par le Iéopard, mais, au cours de la nuit, il rassembla tous ses bagages et, sans réveiller personne, quitta la maison du Iéopard. Tl recommenca a chercher son véritable oncle maternel, A quelques jours de 1a, il rencontra un crocodile couché sur un bane de Sable. L’iguane s‘approcha de lui et le mit au courant du but de son voyage, tout comme il Vavait fait pour Je Iopard. Comme le léopard encore, le crocodile Ie recut & bras ouverts et se déclara son oncle maternel, L'iguane étut domicite dans la hutte du crocodile. Peu aprés {il employa le méme stratagéme que celui dont il avait usé & adresse du Iéopard. Lattitude du crocodile toutefois fut entiérement différente. Ui se mit @ pleurer amérement et, a Pentendre, on devinait que son chagrin était sineére. Ul fit’ tout préparer pour enterrer dignement Viguane. __ Crest & ce moment seulement que I'iguane ouvrit Jes yeux. Ui était sir maintenant d'avoir trouvé son véritable oncle mater- nel car un étranger n’aurait pu lui témoigner autant d'affection. Liiguane et le crocodile se réjouirent et se félicitérent mutuellement, Leur joie était son comble. Crest ainsi que nous voyons toujours V'iguane vivre en amitié avec le crocodile et dans les mémes parages que ce der- nier. Rien nest plus fort que l'amour qui unit les membres d'une méme famille. aTLe porec-épic et le liévre par Jean-Mare Alogo Ce jour-1a, le pore-éyie et le liévre voyageaient ensemble. En route, le livre dit @ son compagnon : is plaisir & connaitre votre nom. Pour moi, je m'appelle Pore-Epic, et vous ? — Moi, je me nomme Etranger. Ils continuent leur chemin, Arrivés dans un village, fatigués dune longue route, ils demandent de la nourriture et! un abri. On les loge dans une case. Le soir, un serviteur leur apporte un grand plat de riz cuit & point, Ii le dépose & leurs pieds en disant : — Le chef du village envoie ce riz aux étrangers. Le pore-épic veut se servir, Mais le lievre proteste — Ce riz n’est pas pour vous, camarade. Le chef n'a-t-il pas dit qu'il était pour ’étranger, c'est-d-dire pour moi ? Il vous a sirement oul Le liévre se met A manger de grand appétit ; quant au pore-épic, il doit se contenter de le regarder. Il se couche le ventre vide. Au milieu de la nuit, ayant trés faim, il se léve, sthabille avec les vétements de son compagnon et se rend dans un champ voisin oi il se gave de patates, d'ignames et de mais. Le pore-épic retourne ensuite dans la case, remet a leur place Jes habits du liévre et se recouche. Son compagnon ne remarque rien de ce qui se passe. Le matin, les habitants du village voient leurs champs tout ravagés. Immédiatement, ils soupgonnent les deux voyageurs et courent & leur case en criant — Maudits étrangers, vous nous avez volés Le liévre se réveille brusquement — Pourquoi tout ce bruit ? demande-t-il. Ma foi, je n'en ai aucune idée, dit le pore-épic qui s’était éveillé A son tour, Ces gens ne sont pas contents et c’est certaine- ment de vous qu'il s'agit, car ils ne parlent que de I'étranger. Le chef du village fait venir les deux compagnons. Voyant, que le liévre a les vétements couverts de terre, i croit que c’est Jui Ie coupable. I! interroge le pore-épic : 18 1ous, pore-épic, combien de coups de biton ton ami daprés toi? — Pas beaucoup, répond le pore-6pic, deux cents seule- ment. On est sur le point d'infliger cette punition au liévre quand colui-ci interpelle Ie chef Avant quion ne me punis les juges. On accéde a sa demande, Les juges une fois présents, le liévre leur demande de faire boire un vomitif 4 son camarade et & lui-méme. Le lievre boit le premier ; il ne rend que du riz, Puis c’est le tour du pore-épic. A peine le pore-épic a-t-il avalé le vomitif que le sol se trouve couvert de débris de patates, d'ignames et de mais, Le chef, alors s'adresse au livre — Dis-nous, étranger, combien de coups de baton ton ami mérités ? — Pas beaucoup, répond le liévre, trois cents, seulement. je te pric de faire venir coit sa punition, puis les deux compagnons sont renvoyés du village. Furieux, le pore-épie part en avant. Il rencontre bient6t un groupe de forgerons et leur dit —Mon boy me suit A quelque distance ; il porte mes deux soufflets sur sa téte ; je vous les donne. On le remercie. I! continue son chemin. Quand le liévre arrive, les forgerons lappellent — Boy, boy, viens ici — Pourquoi faire ? — Ton patron nous a donné les deux soufflets que tu portes sur la téte. — Mais ce ne sont pas des souftflets, ce sont mes oreilles ! Tl a beau crier, les forgerons lui arrachent les oreilles. Désireux de se venger, le liévre dépasse le pore-épic, En chemin, il eroise des enfants qui vont & la chasse. Il leur dit : — Mon forgeron arrive derriére moi. I porte mes fleches sur son dos ; je vous les donne. Les enfants le remercient. Voyant arriver le pore-épic, ils Vappelient — Hep ! Hep ! Viens ici. — Pourquoi faire ? 19— Ton patron nous a donné les fléches que tu portes sur Ie dos, — Mais ce ne sont pas mes fléches, oe sont mes piquants. Sans se préoceuper des protestations du pore-épic, les enfants lui arrachent ses piquants, Le pore-épic parvient enfin & se sauver et dépasse encore son méchant compagnon, Un peu plus loin, il apergoit des chasseurs qui partaient pour la chasse au livre, II leur fait signe : — Chasseurs, je vois que vous cherchez un lievre ; il y en aun qui me suit.’ Vous le reconnaitrez facilement : ses oreilles font été coupées par vos camarades auxquels il a échappé, Les chasseurs se cachent derriére un buisson. Quand Ie jévre arrive a leur hauteur ils lui décochent des fléches et le tuent Le pore-épic est resté a quelque distance pour assister & éne. Le voila tout content d’étre vengé. ‘Mais des chiens l'apercoivent et se Jancent & sa poursuite Comme ii n'est plus defendu par ses piquants, les chiens se jettent sur lui et le mettent en morceaux. las Colui qui n'a pas gagné l'autre rive ne doit p de celui qui se noie, se moquer 20 7, Le serpent et le crapaud ‘Simon Kikoko Tl arriva un jour @ la famille du serpent de manquer de nourriture. Tous ses enfants pleuraient de faim, Le serpent, n'y tenant plus, dit & sa femme: «Je pars chasser ; peut-tre pourrais-je trouver du gibier ». II appréta son fusil et gagna la forét. Longtemps, le serpent chercha, mais sans rien trouver. Tl rentra bredouille & la maison. Meis, devant le spectacle de ses enfants qui pleuraient toujours, il repartit de nouveau a la chasse, Il finit par rencontrer un crapaud, — Bonne aubaine, se dit-il. Je le raménerai chez moi ; ma femme se chargera de le cuire et mes enfants cesseront de pleurer de faim. Aussi, notre serpent s'empara Ia_maison, De loin, dés qu'il apercut sa hutte, il se mit a appeler sa femme : «Ohé! Je vous rapporte & manger, Prépare déja le feu ». Arrivé chez lui, il déposa le crapaud & terre et se retira, confiant & sa femme Ja préparation du repas. 4-il du erapaud et le ramena e décida a tenter Comprenant ce qui Pattendait, le crapaud s impossible pour se sauver — Ne mets pas encore de l'eau sur Ie feu, dit le crapaud A la femme du serpent ; je vais @abord me battre avec ton mari pour voir qui de nous'est Ie plus fort, Si je suis battu, alor seulement, tu pourras faire bouillir de Yeaui pour me cuire. La femme appela son mari qui arriva l'instant, Une lutte terrible s'engagea entre le crapaud et le serpent. Elle dura plusieurs heures. Un homme vint justement & passer et vit le serpent. Instine tivement, il chercha un baton et s'empressa de tuer Ie reptile. Ainsi fut sauvé Je crapaud Ce dernier remereia homme, de tout son cazur : « Désor- mais, Iui dit-il, 1A oii vous serez, je me tiendrat aussi pour étre toujours assuré de votre protection, » Crest pour cela que nous trouvons toujours des crapauds aux abords de nos maisons, a8. Mikombe et le démon Dans un village, vivait un cortain Mikombe Un jour qu'il se rendait en brousse pour y chasser, il ren: contra un démon. Qui étes-vous ? demanda Mikombe. Je suis un grand chasscur de la forét, répondit incon. Je parcoure tout Ie pays, suis les pistes du gibier et creuse des piéges pour lattraper. Crest également mon métier, dit Mikombe. Ne désirez- vous pas que nous travaillions ensemble ? Daccord! La forét n'a pas de secret pour mi s tous les endroits par ot passent les animaux. Mikombe et le démon continuérent done ieur route ensem ble, Apres quelque temps, ils s'arréterent pour creuser quelques Le premier jour, ils en ereusérent cing, te jour suivant cing, puis le suriendemain trois. Ils s'en tinrent IA Ces travaux une fois terminés, le démon dit & son compa- gnon ot Je conn Ecoute, Mikombe, de tous ces animaux qui seront pris dans nos piéges, les miles seront pour toi, les femelles pour moi Mikombe marqua son accord et chacun rentra chez. soi, avide déja de voir le gibier qui, le lendemain, serait tombé dans les pidges. De grand matin, ils se retrouvérent & un endroit convenu ct, de la, partirent vers les piéges. A la grande déception du démon, ii ne s'y trouvaient que des animaux males, La méme chose se reproduisit plusieurs jours de suite Mais un soir, Mikombe ne trouva plus sa femme a la maison, Tl la chercha, mais en vain, Des voisins lui dirent enfin quills avaient vu la femme se diriger vers la forét pour voir ott son mari chassait. Mikombe était plein d'appréhension ; il ne put dormir de toute la nuit. Le matin, il fit encore le tour des piéges, accompagné du démon comme les autres jours, Comme il fallait s'y attendre. il trouva sa femme dans tin des trous, — Quelle chance ! s'écria le démon, Selon nos conventions, elle m’appartient. Ah non, répartit Mikombe. C’est ma femme et non pas un animal, Ce que nous avions décidé ne valait que pour le gibier. 22 La Pd EK ets bate. aa? AYA 24 irpute de Mikombe et du démon. 23reutgeht ainsi longtemps, Le démon_prétendait que fait pou {nt @galement pour cette femme cui, était pour lui qu'un animal, Mikombe défendait contraire, ‘Ault moment donné, je démon se décida & ta faire sortir fl ZOU pour Pamener. Mais Thome “ec” tenait pas pour battu et, décidé a défendre énengiquemont xe femme, il engagea avee le démon une lutte terrible Tort & COUP, neuf autres demons surgirent de la forét, Les deux adversaires leur expliguorent la pakie Bien entendu, les démons soutinrent la cause de leur frére, cons wanlikombe fait encore des difficultenaiven Is, nous fltons sur te champ et le mangeong ict conventions doivent du reece tees. Qui fasse sortir immediaterney cette femme du trou et nous a livre. Heureusement, il fallait une corde pour tiver la femme du dre guetta Protond. Mikombe demanda aust dene ar datten- She quelaues instants, juste le temps daller chercher une corde Seige, En fait, il revint avec une troupe de gens bien décidés Aietendre la cause de leur ami, Loramie arrivérent a proxi- uy BS Purent voir la bande de démove dar autour du trou ott se tenait la malheureuse vietiine Pe moUvelle discussion sengagea alors entre les hommes ct les démons. Voyant que les chose n’avancaient pas, un démon ainel iy cans le tu pour en Faire sortir Ie henge et terminer ainsi la palabre, Mais les villageois intervinrent : ~ Entendu, vous voulez. prendre ta femme de Mikombe frare poate gibler. C'est bien, mais alors mee Prenons votre Frere, pour le notre. Ditesnious st sore ete d'accord. les démons sentirent le danger tis hésitérent, voulurent discuter. Ce fut en vain, Alets tainé des gens du village éleva ta voix : Sin ous demons, vous ne vouter pas que vere frére aille anez Mikombe. De notre este, nous reheode que la femme de Cpalomeat aille chez vous, Rendez-la nous sot vous rendrons également nous rentrerons tous chez nous ‘Ht Reureux avoir pu délivrer sa femme, Mikombe ventra Avec elle au village, en chantant et en daneegt fe eblions Pas que celui qui mange en familio meurt en cerrlle, Celul qui se plait dans sa famille y trouvera consolation ot force au milieu des dangers de tout sevre 24 t Ranyambye de Ia mer et Ranyambye de Ia brousse Conte Mpongwé par Pabbé Walker ord femme Dans un village, vvait Ranyambye de lamer avec 5a femme nt m autre village vivalt Ranyambye de la Mais les dex hommes ne se voyaient guére, fcida daller faire ye de la brousse décida ¢ i cur en forel pour se dégourdit es Jes elt doe see un tour en forét pour r mes rit done aver e, y mit cing noix pen fon epaute ot tenant en'main la Rampe de sa saraie, senfonca son 6 Oe ores apercut un essaim wis tine marche assez tongue, il apere sim dtabellles lose dan Te eeu aun arbre, Sans pls tarder, shez, Iui et réunit ses enfants, - a rent natn, leur dita, nous irons on forét recueilr Ie el que je viens de découvrir, sent pnite 4 sive ps ie ever da our ts es enfants tent prs sue Dore dans le fort Arrives ur pied de arbre is fiend ahaa ase ae torsiue r pére leur dit : « Grimpez ce ft fat, eur pone leur it; « Grimpez Yun apo auth ie long de cette’ ane His venceuterent of grimpent chacun & sot tou Tous avaicnt en main ne tune boite en éeoree cueillir le miel. 1e boite en écoree pour rect : vine Mats, ds quills farent on at de tax ‘ wait servi a grimper, _ met iors nd des Sécria: « Pére, pourquoi as-tu Pl ta: wae, Sour Ne tinquléte de rien, repliqua le pére ; oceupe-tol s e tiinquigte de rien, répliq 26 fa recut rtel ars ce que je dols Tate ‘ainé en avertit son pere : « Pé Le miel recuetli, le fils ainé en avert son pére : « Pere, , leur pére trancha « Pore, > miel is avons fini de receuillit Je n = vous ros Gest bln s jette dabord ln Dotte «ceo Ce. arisova sur cette couche de Foches, qui sétend au’ pied en trop loin pour la saisi valance set © rpatetbis apes avorr relechi un instant, Fenfant se rep © mon pore me Ie ‘Tant pis, dit-il en jetant la boite ; peisquie mon pore me commande, jobsis ; on verra bien, »26 A instant od la boite allait se briser sur la roche, d'un bond, le pére la saisit au vol et la déposa a terre, tout doucement. Puis, il retourna a I'endroit oti il se tenait auparavant, Saute maintenant, dit-il A son fils, Et Ie fils, sa son pére qui le déposa & son tour st Successivement, les enfants sautérent de arbre ; chaque fois, le pére, se raidissant sur ses jambes, les cueillit au’ passage, et cela, du premier jusqu’au dernier, sans qu’aucun deux n’éprouvat le moindre mal. Caché derriére un arbre, Ranyambye de la mer avait tout vu de la scéne. Tl n’osa pourtant pas demander & son homonyme comment il s'y prenait pour exécuter un tel tour de force. Mais il se disait en Iui-méme : « Pouh ! ce n’est pas bien malin. Jen ferai bien autant ! Ne sommes-nous pas du méme age, iui et moi ! > Ranyambye de la brousse s'en retourna done au village avec tous ses enfants. L’autre, rentré également chez lui, réunit les siens. — Mes enfants, leur dit-il, aujourd'hui c'est repos. Mais, demain, de trés grand matin, nous irons recueillir le miel que jai découvert lorsque je traversais la forét, Les enfants battirent des mains, de joie. « Bonne affaire ! » sécriérent-ils. De toute la nuit, Ranyambye de la mer ne put fermer Yoel. A peine laube blenchit-elle au loin, que déja il était sur le seuil de sa maison et criait a ses enfants ; « Apprétez-vous tous au départ ! » Les enfants autre une boite décor se mettait en route. L’ombre de la nuit ne s’était pas encore entiérement dis- sipée. A travers les sentiers, fantomes, génies, esprits de tous ordres enfin, déambulaient encore. Mais voici déja nos hommes au pied de Farbre ott se trouve le micl, Grimpez un a un, leur dit le pére, et les enfants d’obtem. pérer, S'aidant d'une liane, il montent, emportant avec eux la boite en écoree, la hache et les tisons émflammeés, Le pére de famille, saisissant alors la liane qui avait permis ascension des enfants, la trancha net d’un coup de couteau, a la grande stupéfaction de l'ainé qui lui fit remarquer douce- ment celui-ci du feu, celui-l une hache, e. Quelques instants aprés, tout le groupe— Pére, tu viens de couper la liane qui nous a servi a grimper. Comment descendrons-nous tout-a-'heure ?As-tu remarqué qu'il y a une couche de rochers au pied de Varbre it nous nous sommes hissés ? — Ne te tracasse pas, mon enfant, répondit le pore me regarde. Et le travail commenca. Une fois le miel recueilli, l'ainé dit — Pére, c'est fini, je vais te jeter Ia hache, mais tu devrais te rapprocher Jégérement du trone de larbre car tu te trouves, lun peu trop éloigné. ‘Mais le pére de famille ne voulut rien savoir et se contenta de répliquer : «Cela n'a aucune importance. Jette toujours la ache. » Lenfant jeta Youtil, Le pore voulut se déplacer pour le ir mais il s'y prit trop tard; loutil gisait déja, brisé en deux, sur Ie bane de roches, — Quel dommage, s'écria le frére ainé, et il fondit en larmes, Mais son pére ’interpela & nouveau: « Maintenant Ja boite & écoree !» La boite fut lichée. Elle tournoya quelques instants puis alla s‘écraser sur la pierre tout comme la hache. Vint le tour des enfants, Le pare s‘entétait. — Elance-toi dans le vide, eria-t-il & Painé ; je Uattraperai au vol. Le fils voulut obéir... et se laissa tomber. Quelques instants aprés, un petit corps pied de Parbre. Les enfants se suceédérent, succombant les uns aprés les autres. A un moment donné, il n'en resta plus que trois qui se tenaient encore la-haut, tremblant de peur. cola ait, brisé, au Pendant que se déroulait cette seéne atroce et que Ranya- mbye de la mer procédait & anéantissement de ses enfants, Ranyambye de la brousse, vena par hasard au méme endroit, se tenait dissimulé derriére un trone d'arbre. TL avait observé toute cette scine mais, lorsqu'il vit les trois panvres enfants survivants promis & whe mort certaine, il sortit de sa cachette et cria : cccaz Atréte done. — Puis, il ajouta : « Eeoute, je ne suis ni égoiste ni jaloux. Tu m’as vu attraper mes enfants au vol. 28 dé fe secret de ce tour de force ? faite o Mais voila, tu tes fait fort IS vu accompli, et cela jesus du meme Et tout le monde réintégra son domicile. és le méme jour. bei Pht a mag es domaine, 10. Ngo, le Kopard et Ntsiesie, . la gazelle Conte tari, par F. Namankessy \ fe amitié. Un tes animaux vivaient en grande amitis. Un Jour, apara sven ali rendre visite & Nisiesi 8 gaze, aut jour Te Heonard = gen villages ce trouvalent stants de que cat epbtres et il fallait raverser plusieurs marigots, Mais Te Igopard ne mit pas longtemps 2 parcowr te iatinfentol en vue de la hutte de Ntsiesie. — ms Celle-ci, en voyant approcher le seigneur Ls opard ne ct alla a sa “rencontre pour le saluer. Tis s fentretinrent 4 lacs ot alle puis Zagmrent le petit enclos qui, dans toutes Jes maisons, est reserve gers de marque. Autrefois, tous pour les conversations avec I i sa fer toumba, ‘it fait cuire par sa femme Ntoumba, ‘Te de mais. A un moment donné, la ‘ation avec le Kéopard, s‘excusa et ‘oir si le mais était déja cui Ce jour-la, Ntsiesie avai une grande marmite remplie gazelle interrompit sa conversa ge rendit dans la cuisine pour v 29point. (Son absence ne fut_pas longue ; au bout de quelques instants, Nisiesie rentrait, tenant en mains une cassercie tuts fumante, Elle en remplit une grande assictte et Poftiit au tee ard ne gardent pour elle que le fond de la casserole. 1 Kopard prit une pleine poignée de mais ot la porta a la bouche. — Excellent isonné. Mais comme c'est ‘mou, ajouta-t-il aprés quelques instants, Quel est done ee ters Jes ComMment, vous ne connaissez pas ce plat! Mais’ ce sont les dents de’ ma meére que j'ai fait cuire, ite jaiment.? Les dents de’ votre mere ? Est-ce que vous me dites la vérité ? ~ Fourquoi mentirai-je ? Je vous dents de ma mere. “Cost bon, Je vous crois. Un grand merci en tout cas Pour la recette ; Je verrai cela en arrivant cher mos Apres le repas, Jes deux amis causérent encore quelque Teen Puls Se Séparérent. Le Wopard regagna son village on if trouva ses femmes qui Vattendaient pour lil proparee ayant ger. Mais il gerdait si bon souvenir du plat servi par la secctlo fue idee de cuire et de manger les m — Elie n'a pas de plumes, ‘es mas ‘Non, répliquent les oiseaux, que Vantilape Tenterre = ves poe sd quowe sont comme ceux de Ribera. L'antilope s'approche alors de la mourante mais, bien vite, elle sen détourne avec dégout. quelle n'a mais elle a des ailes ! reprennent 33«Elle n'est pas des note va Ete, * notres, je vous dls, Je In recon Tal vue, le soir, voteter dans Tait, sourmoiee ui rempanais: Je “tu pas, tol-méme, si rapide qu'on croirait que tu ~ Nous pouvons franchir de to hous ne Ie pouvons. Je nat done poe geese \ces, mais voler, de celle-ci Plains-toi, Kibem! tof ste ac Kibemba, tournes-toi sur la gauche et tournes- are gute {Personne n’est li pour essuyer ta face couverte des sueurs de ki Personne n't aes sue Mort. Personne n’en effacera la souillure dat Etrangére a tous, la ch bord du chemin’ ses és, Wianehis par ie sole eee ut Je UR Petit tas qui devint toujours hus petits plas pete et 0 spersa Ia poussle” Abandoned sys Par personne, comme qui meu fe Kibonae’ COMME Qui meurt loin de son pays, ainsi eh fut On rest Je cousin conser est de personne, quand on lest de trop de 12, Le pauvre pécheur Conte camerounais recur Un brave homme, une plaie inguérissable, ai ee a eg oe Tl avait suivi les conseils ti essayé tous les remédes, | ns tes Quand il ui arvivait a . rrivait de monter dans de suivre le fleuve, tous les. habitants: s originaire de Bassa, avait & la jambe les sorciers les plus avisé des, tous Tes emplatres, Peine perc | Sea A petite pirogue et des villages riveraing le 34 fuyaient ou lui faisaient comprendre que sa présence auprés deux était vraiment indésirable. Alors, il reprenait sa pagaie, et, sans espoir, s‘en allait, tantét en suivant le fil de l'eau, tantot! en remontant le courant. Le fleuve était son refuge, son unique compagnon. Crest ainsi qu'il arriva un jour chez notre aieul qui était trés vieux, tres sage et qui vivait, a ce moment-la, seul dans sa case & entrée de son village. Notre aicul devina la détresse de ce pauvre homme et, en dépit de sa plaie, en dépit de Podeur infecte qui émanait de'ces chairs putrefiées, il lui donna asile dans sa propre case. Déja, tous les voisins s’étaicnt enfuis, craignant peut-étre d’étre ga- gnés par le mal mystérieux. Liaieul savait dominer toute répulsion, Il soigna le malade, apaisa ses souffrances physiques en le mettant au repos et en nettoyant sa plaie, Il calma son mal surtout par sa présence, sa bonté et par la confiance et la paix qu'il sut faire renaitre dans le coeur du misérable abandonneé, Le mal était profond ; la chair ne pouvait se refaire, La plaic resta ouverte, mais notre aleul le soigna chaque jour inlas- sablement, et ne permit jamais son hote de quitter sa maison. Cela dura pendant plusieurs années. Un jour, le malade dit A notre aieul: «Tu es le meilleur des amis. Tu m’as donné asile dans ta maison, tu mlas soigné, tu m'as nourri, tu m’as réchauffé Ie cosur. Et moi, je n’ai rien A te donner, tu le sais, La seule chose que je puisse faire pour toi, est te dire quel jour je mourrai, car cela, je le sais et ce secret est mon sctll bien. » Notre aieul voulut le faire taire, lui disant qu’il était heu- reux de sa présence et qu'il désirait'le voir vivre encore long- temps prés de lui. « Ami, lui répliqua le malade, mon heure va sonner et en méme temps sonnera heure de ta tranquillité, Tu ne mesures pas ’épreuve que fut pour toi ma présence, parce que ton corur est bon, Ecoute bien : je vais monter dans ma vieille petite pirogue et tu alerteras tous les tiens et tout le village. Vous mettrez eau toutes vos pirogues, les petites et aussi les plus grandes, et tous les pécheurs me suivront. » Peu aprés, Ie feuve était couvert d'une multitude d’embar- cations ct tous les pécheurs pagayaient a la suite du viewx malade. 35‘Le pauvre pécheur dit adieu a ses compagnons, [Link] certain point du fleuve, Je malheureux héla notre aleul et lui dit «Ami, cest ici que Je vais disparaitre, Le fleuve qui fut Jongtemps’ mon unique compagnon sera mon tombeau, Mon heure est venue. Mais, pour vous tous, maintenant, 1a ‘péche sera ici fructucuse. Péchez, pécher tant que vous pourrez, Quand vous [Link] un gros poisson noir a collier dans un de vos filets, la péche sera finie; mais, chaque jour, en ce point, vous pourrez. recommencer, elle sera toujours aussi bonne. Voila tout ce que je laisse, » Cos mots étaient & peine prononeés que Ia vieille pirogue fonca dans les flots ; le pauvre pécheur disparut, Et il en fut comme il avait annoncé. Notre aieul et ses enfants ont continué & pécher en cet endroit. Crest le seul lieu oit il y a toujours du poisson. 37Table des matiéres Ndata Sangu et la jeune femme Le chien et Ia guépe . . Kitenge, le polygame Le malin crapaud Liiguane cherche son oncle maternel Le pore-épic et Ie liévre Le serpent et Je crapaud . ‘Mikombe et Ie démon ). Ranyambye de Ja mer et Ranyambye de Ja brousse Beppe eeag 10. Ngo, le opard, et Ntsiesie, la gazelle 11, La chauve-souris 12, Le pauvre pécheur Pages sue 12 15 18 a 22 25 29 33 34 39
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Régulation des Marchés Minéraux en RDC
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Contentieux administratif congolais
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Droit International des Espaces
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Associations religieuses et développement local
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Décret n°09/50 : Statuts de l'ACP
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6 pages
Contrats nommés et hybrides en droit
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Définition et objet de la criminologie
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Transformation Des Entreprises Publiques
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Droit du Travail en RDC : Guide Complet
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Fictions juridiques en droit des sociétés
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100 Principes Juridiques Essentiels
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19 pages