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Modalisation et vocabulaire en français

Le document traite de la modalisation dans le langage, notamment les différents procédés qui permettent à l'énonciateur de prendre de la distance avec ce qui est énoncé, comme les verbes, les temps verbaux, et les indices lexicaux. Le document présente également le vocabulaire appréciatif et dépréciatif.

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Modalisation et vocabulaire en français

Le document traite de la modalisation dans le langage, notamment les différents procédés qui permettent à l'énonciateur de prendre de la distance avec ce qui est énoncé, comme les verbes, les temps verbaux, et les indices lexicaux. Le document présente également le vocabulaire appréciatif et dépréciatif.

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Université d'Alger2

Faculté des Langues Etrangères

Département de Français
Année universitaire : 2020-2021

Document pédagogique

Niveau : 2e Tous les Groupes Semestre : 01

Module : Ecrit Enseignant :

Titre du Document : -La modalisation

On appelle modalisation tous les procédés qui permettent à l’énonciateur sur ce dont il parle.
La modalisation sert ainsi à nuancer son discours par rapport à son destinataire.

Les phrases « elle a eu un accident » et « Il se peut qu’elle ait eu un accident » n’auront pas le
même impact sur la personne qui entendra ces paroles.

1. Identifier les modalisateurs


Dans un texte argumentatif, nombreux sont les indices qui portent la marque de la subjectivité
de l'énonciateur ; il convient donc de les classer par grandes catégories.

1
a. Les indices verbaux
– Les verbes
Tous les verbes qui expriment une opinion ou une probabilité, par opposition au fait neutre,
sont importants pour la modalisation d'un texte.
Ex. : Je prétends que... ; Il se peut que...
– Les temps verbaux
Le conditionnel et le subjonctif sont les modes de l'incertain et du subjectif. Ils indiquent donc
clairement que l'énonciateur prend de la distance par rapport à l'énoncé.
Ex. : Il s'agirait d'un accident.
– Les pronoms personnels
Les pronoms « je » et « nous » impliquent l'auteur dans son texte. Le pronom « on » peut avoir
plusieurs valeurs ; il est particulièrement intéressant lorsqu'il remplace le pronom « tu » de
manière dévalorisante.
Ex. : On a bientôt fini de faire des bêtises !
b. Les indices lexicaux
– Les adjectifs
Ex. : Certain, probable, possible...
– Les adverbes (et locutions adverbiales)
Les adverbes peuvent porter sur l'énonciation elle-même (ex. : sincèrement, à vrai dire...) ou
bien sur l'énoncé (ex. : heureusement, peut-être...).
– Les substantifs
Les noms construits avec un suffixe péjoratif (ex. : débrouillard) et les termes relevant d'un
registre de langue familier participent de la modalisation d'un texte.
Ex. : Il faut bosser !
c. Les indices de ponctuation
– Les guillemets
Un terme placé entre guillemets permet d'indiquer que l'énonciateur prend une certaine distance
par rapport au fait énoncé.
Ex. : Ces « nécessaires » digressions m'ont surpris lors de son discours.
– Le point d'interrogation
Dans un texte écrit, lorsque aucune réponse n'est attendue de la part du lecteur, il s'agit, le plus
souvent, d'une question rhétorique qui a pour but de faire adhérer le lecteur à l'opinion de
l'énonciateur.

2
Ex. : Alexandre a fini par connaître la vérité sur ses origines. A la mort de sa mère peut-être ?
Il était alors adolescent.
– Les points de suspension
Les points de suspension permettent à l'énonciateur de suggérer qu'il pourrait encore développer
son idée de manière interminable.
Ex. : Le paysage champêtre s'éclaircissait, s'épanouissait, s'ouvrait...
– Le point d'exclamation
Le point d'exclamation marque l'indignation ou le refus.
Ex. : Quoi, tu ne rentres pas ce week-end !

2. Le vocabulaire appréciatif/ dépréciatif


2.1. Les mots et leur sens
• La plupart des mots sont polysémiques (du grec poly : « plusieurs » et sêmainen :
signifier ») : ils ont plusieurs sens.

• Les différents sens d’un mot constituent le champ sémantique de ce mot.

Ex : champ sémantique du mot peine :

- « une sanction » (purger sa peine) ;

- « un chagrin » (faire de la peine) ;

- « un effort » (se donner de la peine) ;

- « une gêne » (avoir de la peine à parler), etc.

• Le sens propre est le sens premier d’un mot, celui que donne son étymologie, son sens
d’origine (ou supposé tel).

• Lorsque, à partir de ce sens premier, l’emploi du mot s’étend à d’autres domaines, ce mot
prend un sens figuré.

Ex : Léger, au sens propre : « qui pèse peu » (un sac léger) ; au sens figuré : un
superficiel, peu sérieux » (un esprit léger), etc.

• Des synonymes sont des mots qui peuvent être remplacés l’un par l’autre sans que soit
modifié le sens général de l’énoncé (habile et adroit).

3
• Les antonymes sont des mots de sens contraire (maladroit, malhabile, gauche sont
antonymes d’adroit, habile).

• On appelle champ lexical l’ensemble des mots qui se rapportent à une même réalité. Ils
peuvent être synonymes, appartenir à la même famille, référer au même domaine,
Exprimer la même notion…

Ex : champ lexical de la guerre :

- synonymes : conflit, combat, bataille…

- même famille : guerrier, guerroyer…

- même domaine : armée, stratégie, attaque, victoire, défaite…

- même notion : violence, hostilité, défense…

• Lorsqu’un champ lexical est employé par analogie, il produit une comparaison ou une
Métaphore filées, ou une allégorie.

• Ex : « Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.
Celui-ci voudrait souffrir en facer du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la
fenêtre. » (Charles Baudelaire).

• La plupart des mots possèdent :

➢ Un sens dénoté, celui que donne le dictionnaire : c’est la définition du mot, son sens
objectif ;

Ex : blanc dénote une couleur, synthèse des couleurs du prisme.

➢ Un sens connoté, qui s’ajoute au sens dénoté : il correspond aux sens implicites que
reçoit le mot, en fonction de la subjectivité de celui qui l’emploie, en fonction des
références culturelles ou des valeurs qui s’attachent au mot.

Ex : blanc connote la pureté ou l’innocence ou la froideur : dans certaines civilisations,


le blanc est la couleur du deuil.

4
2.2. Le lexique appréciatif et dépréciatif

• Un mot peut impliquer un jugement de valeur, selon l’intention de celui qui


l’emploie, selon le contexte dans lequel il est employé ou reçu :

➢ Cette valeur peut être négative : le mot est dépréciatif, péjoratif, dévalorisant ;

➢ Cette valeur peut être positive : le mot est appréciatif, mélioratif, laudatif, élogieux.

Ex : pour désigner un film, chef-d’œuvre appartient au lexique appréciatif ; navet au lexique


dévalorisant.

• Le degré d’appréciation ou de dépréciation est lié aux connotations des mots,


différentes selon les valeurs qu’on leur attache ou selon l’intention du locuteur.

Ex : L’expression c’est original ! peut recevoir une connotation valorisante ou


dévalorisante selon l’idée que l’on se fait de la norme et des conventions.

Exercice 01 : Dans les extraits suivants, portez une attention spéciale aux noms ; copiez-les
selon qu’ils ont une connotation méliorative ou péjorative.

Extrait 01 :

Rubinstein a encore une fois démontré qu’il est le maître incontesté du clavier. Son intelligence
musicale est telle qu’il peut faire d’une petite sonate de Scarlatti un joyau. Alors, lorsqu’un
prodige comme lui s’attaque aux grandes œuvres du répertoire pianistique, il nous révèle des
chefs-d’œuvre. Hier soir, le mæstro était en grande forme.

Extrait 02 :

Il faut prêter attention à ce qui se dit autour de soi pour se rendre compte à quel point le langage
québécois n’est qu’ânonnement, car on s’habitue à cet embrouillamini ; que dis-je, on s’habitue,
il fait partie de nous, ancré plus ou moins profondément. [...] Je me suis acheté un
magnétophone miniature pour tenter d’enregistrer, autour de chez moi ou dans mes voyages, le
langage du Québécois moyen, son meneu-meneu à la syntaxe boiteuse et déroutante.
Naturellement, ce que je vois dans le centre commercial ressemble à ce que j’entends : tout y
est débraillé, désorganisé, cacophonique ; une musique informe se mêle aux voix qu’elle couvre
à moitié1.

5
Extrait 03 :

François Lamirande est un créateur immense, un innovateur dans son domaine. Son travail et
ses publications en ont fait l’universitaire le plus écouté de l’industrie. En fait, c’est un
inspirateur qui sait stimuler et orienter les efforts de toute son équipe de recherche.

Extrait 04 :

Martial L. est un sans-abri, un clochard, un rôdeur, un mendiant. Un de ceux qui n’ont même
pas droit au BS. Le plus souvent, il habite une baraque mal foutue, une espèce de bicoque faite
de matériaux ramassés dans des buildings délabrés. Ça ressemble plus à un gros conteneur à
vidanges qu’à une maison.

Extrait 05 :

On donne souvent des auteurs de la science-fiction une image idéalisée, celle d’intelligents
visionnaires qui publient pour partager leurs spéculations avec un public de connaisseurs
avertis. Cela était peut-être vrai dans les années 50 et 60, mais dans les années 2000, rien n’est
plus faux. Les auteurs de science-fiction sont le plus souvent des dilettantes, qui spéculent à
partir d’une information incomplète et de superstitions. Ce sont des démagogues qui savent
flatter les points faibles du public pour mieux endormir son esprit critique. Ce sont des
réactionnaires, des peureux, des manipulateurs qui montrent aux gens à craindre l’avenir. Leurs
rêves sont des cauchemars délirants, et ils cherchent à nous les faire partager. Prenez n’importe
quelle anthologie de nouvelles de SF, vous en aurez la preuve sous vos yeux.

Extrait 06 :

Plus les humains seront nombreux, plus les problèmes humains seront nombreux. Les alarmistes
qui annoncent des catastrophes technologiques au XXIe siècle se trompent gravement. Les
problèmes seront sociaux. Chaque pays engendre chaque année plus de révoltés, de barbares,
de magouilleurs, de tortionnaires, d’arnaqueurs, de menteurs et de profiteurs. Les inégalités
économiques, les injustices et le laxisme de plusieurs gouvernants ne font qu’envenimer la
situation.

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