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Arbitrage international et Convention de New York

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o En plus le Maroc a promulgué la Convention sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales

étrangères, plus simplement appelée «Convention de New York», ratifiée en vertu du Dahir du 19 février 1960.
Pour le moment, il est important de souligner que la Convention de New York est un document extrêmement
utile pour permettre l’arbitrage international. Bien que l’ancien code de la procédure civile, du 12 août 1913, a
réservé un chapitre 15 du titre IV (articles 527 à 543) à l’arbitrage. Ce texte constituait le régime commun en la
matière et ne fut remplacé que bien plus tard, par celui du 28 septembre 1974, en l’occurrence par son chapitre
8 du titre V (articles 306 à 327). La loi n ° 08/05 quant à elle contienne déjà des préceptes assurant de manière
satisfaisante la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères au Maroc, c’est l’adhésion à la
Convention de New York qui confère la confiance des partenaires internationaux et la certitude que les
sentences arbitrales seront reconnu et appliquées dans les pays qui subordonnent l’application de la
Convention de New York à la réciprocité.

Par conséquent, depuis l’adhésion à la Convention de New York, le Maroc est pleinement intronisé dans le monde de
l’arbitrage international, un fait qui contribuera certainement énormément à la croissance de ses activités à l’étranger.
L’arbitrage entre les parties marocaines et étrangères sera plus fréquent et important. Il doit se dérouler dans la langue
et la localisation d’un autre pays, dans lequel une loi étrangère ou même des règles de droit non nationales pour le
règlement du mérite seront appliquées et des procédures établies seront adoptées par des institutions d’arbitrage
internationales, loin de notre code de procédure civile. Ces faits impliquent un défi important pour les avocats marocains,
un défi qui se pose lorsque notre environnement juridique s’efforce toujours d’absorber pleinement une véritable culture
de l’arbitrage. Les avocats marocains doivent se préparer à voyager avec aisance dans le monde de l’arbitrage
international, plaider devant des collègues étrangers, déjà familiarisés avec les subtilités et les complexités de cet univers.

o
L’arbitrage représente une forme alternative et extrajudiciaire dans une résolution de conflit, dans laquelle un
ou plusieurs arbitres constituent la “sentence arbitrale”. Chaque partie jouit d’une autonomie dans la
manifestation de sa volonté, établissant ainsi, de manière consensuelle, l’intégralité de la procédure d’arbitrage.
Les parties peuvent choisir entre un arbitrage ad hoc ou un arbitrage institutionnel. Les caractéristiques de
secret, de célérité, de souplesse, de spécialité des arbitres font de ce système extrajudiciaire un choix très
avantageux, en particulier pour les questions de la sphère internationale, dans lesquelles on a le choc des
cultures et la souveraineté de chaque État-nation.

En raison de tous ces facteurs, l’institut d’arbitrage a de plus en plus attiré les justiciables, car il s’agit d’une méthode de
résolution des conflits véritablement efficace, rapide et confidentielle sur le plan contractuel et commercial, national ou
international. Outre ces avantages, l’expertise, la qualité professionnelle et la profondeur technique des arbitres dans
l’affaire en litige dépassent souvent le niveau technique de la justice de l’État.

Ces caractéristiques sont les principaux facteurs qui poussent les parties à recourir à l’arbitrage national ou international
et montrent en quoi cette méthode de résolution des conflits peut constituer une excellente alternative aux principaux
besoins des entreprises lors du règlement de leurs différends commerciaux.

La loi sur l’arbitrage 08/05 établit, avec d’autres traités internationaux tels que la convention d’arbitrage de New York de
1958 et la loi type de la CNUDCI, d’importants règlements concernant l’exécution de l’arbitrage et la validité de la
sentence arbitrale, contribuent de plus en plus au développement d’un système qui répond très bien aux demandes
internationales.

1.
L’arbitrage international dans la sphère commerciale
 
L’originalité essentielle de l’arbitrage commerciale international provient du fait que ses règles prennent fortement en
compte les usages du commerce international ou plus précisément la lex mercatoria comme étant une règle juridique
dans les règlements du litige confié aux arbitres.

 Lex Mercatoria en tant que source d’arbitrage international


Les sources de l’arbitrage international sont : les lois, les traités internationaux, les coutumes et pratiques, la
jurisprudence arbitrale, la doctrine, les principes généraux du droit et la lex mercatoria.
Comme les lois, les traités internationaux, les coutumes et les pratiques, la jurisprudence arbitrale, la doctrine et les
principes généraux du droit sont des instituts récurrents communs aux autres branches du droit, nous soulignerons la lex
mercatoria, qui est la source différentielle appliquée dans l’arbitrage international.
Appelée également “droit des marchands” ou encore “droit des praticiens”, la Lex mercatoria est constitué de règles
professionnelles propres sans référence à un droit déterminé. C’est à dire qu’elle s’appuie sur des usages et des principes
largement reconnus et respectés, sur des usages observés entre commerçants, sur des contrats-types et des principes
consacrés par les sentences arbitrales rendues en matière de commerce international.

On y trouve plus particulièrement :

 des dispositions qualifiées de “sources spontanées” car elles ont leur origine première dans les pratiques et usages du
commerce international : Les Incoterms
 le droit conventionnel qui inclut à la fois les conventions inter-étatiques bilatérales, et les conventions multilatérales.
[29]
C’est une théorie qui part du principe que les sous-traitants ont l’intention d’unifier le régime juridique des ventes
internationales et des opérations complémentaires par le biais de contrats.

Pour Emily Kadens:

La lex mercatoria historique n’était pas un système juridique unique, uniforme et essentiellement privé, mais un Ius
mercatorum, le droit des commerçants : ensembles de privilèges et de pratiques privés, statuts publics et coutumes privées
régis par le droit des marchands avec un certain type de commerce supra-local et les personnes qui l’exercent. Certaines
normes coutumières étaient similaires dans de grandes zones ; beaucoup étaient locales ou régionales, voire spécifiques à
certains groupes professionnels. En outre, il ne s’agissait pas d’un régime indépendant purement coutumier de lois et de
tribunaux locaux, mais d’une création hybride reposant sur un échafaudage de lois étroitement lié aux règlements et aux
alliances locales. [30]
Malgré tout, il est certain que Lex Mercatoria avait pour prédécesseur le Lex Rhodia de Jactu, ce qui, selon les mots de
Trakman, était “un ensemble de lois maritimes utilisées par les Grecs et les Romains entre le troisième et le deuxième siècle
avant notre ère“[31]
Lex mercatoria consiste en un ensemble de règles de droit, connues et utilisées, non liées à un système juridique
spécifique, fondées sur les coutumes et pratiques de cette localité, ainsi que par l’adoption répétée de clauses types et
de contrats et pratiques standard reconnus acceptées internationalement par des associations professionnelles, des
organisations supranationales et des entités similaires.
L’institut utilise les principes généraux du droit, englobe les us et coutumes et forme un ensemble de normes.

Ainsi, il est possible que les problèmes puissent être résolus grâce à une pratique inscrite dans le droit international, dans
la mesure où il s’agit d’un ensemble de solutions déjà trouvées dans le scénario du commerce international.

Caractérisée comme nationale, la nouvelle lex mercatoria, qui n’est liée à aucun ordre juridique étatique, évolue vers un
droit transnational construit au sein de l’ordre juridique international. Et sur l’effectivité de la fonction normative de la lex
mercatoria dans l’arbitrage commerciale international que L’article 29-4 de la loi type de la CNUDI[32] (commission des
Nations Unis pour le Droit commercial International) par exemple impose aux tribunaux arbitraux de juger dans les cas
conformément aux stipulations du contrat et de tenir compte aux obligations des règles d’usages du commerce
applicable à la transaction[33].

L’arbitrage commercial est présent dans le monde depuis longtemps, car l’être humain a toujours recherché, en tant que
nécessité inhérente de sa personnalité, la relation avec les autres êtres humains. C’est ainsi que sont apparues les
coutumes de l’achat et de la vente. L’échange d’objets, d’aliments et de services à la recherche de la satisfaction de
certains besoins matériels et biologiques. Comme le début de l’arbitrage commercial, nous avons connu la période au
cours de laquelle les relations commerciales étaient réglementées par la Lex Mercatoria, en vigueur au Moyen-âge et
présentant des divergences dans certaines localités, mais généralement suivies par plusieurs peuples.

Avec l’évolution humaine, d’une part, nous avons consolidé les États-nations, obligeant la “Lex Mercatoria” à laisser la
place aux traités internationaux et aux lois mises en œuvre de manière interne par les pays respectifs. D’autre part,
l’évolution technologique et la mondialisation qui rapprochent de plus en plus les pays et accroissent le nombre de
relations commerciales. En conséquence, de plus en plus de conflits apparaissent entre ces négociations internationales
et les pays se trouvent dans une situation qui mérite une forme de résolution de conflit plus appropriée, chaque pays
ayant son ordre juridique et sa souveraineté, empêchant les différends sont généralement réglés sans influence judiciaire
impartiale.
Le commerce international est défini par l’échange de biens et de services entre personnes physiques ou morales de
pays différents ou comportant des éléments juridiques ou matériels de caractère international. Toutefois, dans le cas de
l’arbitrage international, le droit marocain de l’arbitrage a pour critère l’article 327-46 de la territorialité, c’est-à-dire que
si la sentence arbitrale est rendue en dehors du Maroc, elle sera considérée comme étrangère. La décision du tribunal
arbitral est assortie de l’exécution provisoire, l’exercice du recours en annulation ne suspend pas, ipso facto, l’exécution
de la sentence arbitrale internationale[35].

Synthèse :
 Dans le domaine commercial, l’arbitrage international a été mis en place grâce à l’élargissement des
organismes de réglementation et des tribunaux arbitraux internationaux, garantissant ainsi un système plus
adéquat de résolution des conflits en matière de commerce, ainsi que les avantages offerts par ce système
extrajudiciaire alternatif.

Dans de telles circonstances, seul l’arbitrage est en mesure de garantir qu’aucune des parties ne risque de voir un
tribunal du pays de la partie adverse opposé à un éventuel litige concernant les activités contractées. La convention
d’arbitrage, en vertu de ses effets négatifs et positifs, a le pouvoir de supprimer la juridiction de la justice d’État des deux
côtés du pays.
De plus, en arbitrage, le consensus des parties prévaut sur les diktats de l’État. Ce sont les parties qui choisissent d’un
commun accord le juge ou le critère de nomination du juge; le processus à adopter lors du procès et les règles de droit à
appliquer pour résoudre le fond du conflit. Ils ne risquent donc pas de voir leurs litiges réglés par le pouvoir judiciaire
d’un pays étranger, conformément aux lois, règles de procédure et pratiques judiciaires plus familières à la partie
adverse. Ils ont également toute latitude pour choisir la langue à utiliser dans la procédure arbitrale et le lieu où le
jugement sera rendu.

L’arbitrage commercial international a aujourd’hui un véritable appareil transnational composé de conventions


internationales, de lois nationales, de réglementations sur les procédures d’arbitrage, de coutumes et pratiques dûment
établies, d’institutions d’arbitrage saines et respectables, d’une communauté de professionnels spécialisés composée
d’arbitres, de juristes experts. Universitaires, jurisprudence, congrès, séminaires, conférences, revues, etc.

1- organismes de réglementation et des tribunaux arbitraux internationaux  :  Institutions internationales


permanentes d’arbitrage
2- originalité de l’arbitrage commercial international (par rapport à l’arbitrage interne)
3- la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères au Maroc
4- le déroulement de la procédure

La loi 08-05 : l'arbitrage international La loi définit l’arbitrage international comme


l'arbitrage mettant en cause des intérêts du commerce international et dont l'une des parties au
moins à son domicile ou son siège à l'étranger.

Par rapport à l’arbitrage interne, l’arbitrage international présente certaines particularités : - la


sentence arbitrale internationale peut être rendue au Maroc ou à l’étranger, - les parties
peuvent déterminer la loi nationale qui régira la procédure et en application de laquelle le
litige sera tranché.

La loi offre différentes modalités de nomination des arbitres et de constitution du tribunal


arbitral. Le Maroc est signataire de la convention de New York du 10 juin 1958 relative à la
reconnaissance et à l’exécution des sentences arbitrales étrangères. La loi rappelle que les
sentences arbitrales internationales sont reconnues au Maroc. Pour cela, elles doivent être
revêtues de l’exequatur délivrée par le président de la juridiction commerciale dans le ressort
de laquelle elles ont été rendues, ou par le président de la juridiction commerciale du lieu
d'exécution si le siège de l'arbitrage est situé à l'étranger. L'ordonnance qui refuse la
reconnaissance ou l'exécution est susceptible d'appel. Pour celle qui accorde la reconnaissance
ou l'exécution, l’appel n'est ouvert que dans certains cas délimités par la loi (violation de
l’ordre public, vices de formes, etc.). Le cas échéant, l'appel est formé dans le délai de quinze
jours à compter de la notification de l'ordonnance.

une décision favorable ne marque pas la fin de la procédure. Par conséquent, la partie
ayant eu gain de cause devra demander au tribunal d'exécuter la sentence arbitrale. Celle-ci
peut rencontrer des difficultés inattendues dans le pays où la reconnaissance et l'exécution de
la sentence sont demandées, en raison des règles différentes applicables et de la manière dont
elles sont appliquées par les tribunaux nationaux.
Il va sans dire que cette situation crée une incertitude pour les parties et compromet
l’effectivité de la sentence arbitrale et par conséquent l'efficacité de l'arbitrage en tant que
méthode de résolution des litiges. L’importance de la reconnaissance et de l’exécution de la
bien qu’il jouisse d’une grande popularité, le concept même de l’arbitrage international ne
fait pas l’objet d’une définition uniforme152.
Afin de distinguer l’arbitrage national de l’arbitrage international, nous retrouvons de
multiples critères153. Il existe des conventions qui ont établi des critères objectifs et subjectifs.
Ainsi, comme le dispose la loi type de la CNUDCI et plus précisément en son article 1er, 3),
a), b) et c), un arbitrage est international lorsque : « Les parties à une convention d’arbitrage
ont, au moment de la conclusion de ladite convention, leur établissement dans des Etats
différents ; ou b) Un des lieux ci-après est situé hors de l’Etat dans lequel les parties ont leur
établissement : i) le lieu de l’arbitrage, s’il est stipulé dans la convention d’arbitrage ou
déterminé en vertu de cette convention ; ii) tout lieu où doit être exécutée une partie
substantielle des obligations issues de la relation commerciale ou le lieu avec lequel l’objet
du différend a le lien le plus étroit ; c) ou Les parties sont convenues expressément que
l’objet de la convention d’arbitrage a des liens avec plus d’un pays154 » 155.
Néanmoins, il importe de préciser que ces critères distinguant les arbitrages nationaux des
arbitrages internationaux n’ont pas échappé aux critiques, débats et contestations. Cependant,
nous nous épargnerons les détails en ce qui concerne ce sujet dans le contexte de ce travail.
Tout comme pour l’arbitrage national, la source de l’arbitrage international est la convention
d’arbitrage, qui sera dans la majorité des cas, introduite dans des contrats156.

Elkbir MESHALI

, Doctorant au Laboratoire Droit des Affaires – FSJES Université Hassan 1er Settat.


Péripéties historiques de l’arbitrage

 
De nos jours, nous ressentons avec force cette mondialisation féroce qui a bouleversé le cours du monde, à plusieurs
égards, et notamment au niveau de la scène politique, de la sphère économique et financière et de la norme juridique et
judiciaire des pays formant notre globe[1].
Ainsi, la croissance technologique, conjuguée à l’autonomisation industrielle des pays, a permis de créer un scénario
mondial caractérisé par de nombreuses transactions très rapides. Il est naturel, au milieu de cette commercialisation
intense à l’échelle mondiale, qu’il y ait des frictions tant dans les sphères publique que privée, amenant le conflit à
recourir à une forme de résolution du différend.

Ainsi, à la lumière des caractéristiques commerciales actuelles, les parties sont censées rechercher le moyen le plus
équitable et le plus rapide de régler leur différend, la décision par défaut ou injuste de ce dernier pouvant représenter un
préjudice économique important pour l’une des parties ou les deux.

L’institut d’arbitrage a été qualifié de forme de résolution de conflit très bien adaptée aux exigences internationales, car il
présente des avantages tels que la neutralité territoriale, en ce qui concerne le tribunal à utiliser ; le secret quant à la
matière ; la possibilité de choisir des arbitres expérimentés et techniques dans un domaine donné ; des coûts inférieurs à
ceux d’une procédure judiciaire ; plus rapide que la voie judiciaire. Il est entendu que chaque État a sa souveraineté et
son autonomie, étant gouverné sur son territoire par son propre ordre juridique.

Ainsi, au niveau international, il est difficile de mettre en place un tribunal unique qui ait la légitimité nécessaire pour
juger des différents conflits entre pays. Compte tenu de cette situation, l’arbitrage international – parce qu’il s’agit d’une
forme de résolution de conflit dans laquelle intervient une ou plusieurs personnes choisies par les parties intéressées et
dans lequel la procédure d’arbitrage est déterminée par les parties en vue de générer la sentence arbitrale – plus
impartiale à la flexibilité que réclament des conflits de cette ampleur.
Cependant, grâce à cette flexibilité, il est possible d’identifier, au cours de l’arbitrage international, l’incidence des
systèmes juridiques de différentes nations, les normes des conventions et traités internationaux, les règles stipulées par
les tribunaux arbitraux déjà constitués ou même, de règles établies par les parties ou d’un ensemble de règles choisies
par celles-ci, ce qui entraîne par conséquent une incertitude quant à leur validité devant l’ordre juridique national,
puisque la sentence arbitrale générée par l’arbitrage international doit être déclarée reconnue et exécutoire. Au Maroc
c’est par le président de la juridiction commerciale dans le ressort de laquelle la sentence arbitrale a été rendue, ou par le
président de la juridiction commerciale du lieu d’exécution si le siège de l’arbitrage est situé à l’étranger, observant, au
cours de cette analyse, le respect de certaines exigences. En outre, la communauté internationale comprend que la
sentence arbitrale est valable entre les parties concernées et peut donc être efficace de différentes manières dans chaque
Etat.

Pourquoi l’arbitrage a-t-il si prospéré dans le domaine des relations commerciales internationales ?

Étant donné les qualités et les difficultés de l’arbitrage international, cet article entend clarifier le concept et les types
d’arbitrage et, parallèlement, aborder la loi 08/05[2] chaque fois utile, avec son règlement sur l’arbitrage international,
permettant finalement, un point de vue sur la résolution des conflits dans le commerce international avec le recours à
l’arbitrage, est ce  pour bien le décanter des incertitudes et des insécurités qui surgissent naturellement lorsqu’une partie
domiciliée dans un pays conclut un accord avec un autre domicilié dans un autre pays ?
1. Concept et types d’arbitrage
Donner une définition précise à l’arbitrage [3] est une gageure, compte tenu de la diversité et de l’immense richesse du
concept.
 Concept
Il existe plusieurs concepts sur ce que serait un arbitrage, mais il peut être défini comme suit :

L’arbitrage, traditionnellement dénommé « arbitrage commercial », mais dont le domaine excède désormais assez
largement celui du droit commercial, est un mode alternatif de règlement des litiges ; il est « alternatif » dans le sens où
il propose le traitement d’un litige en dehors du cadre judiciaire d’un recours aux tribunaux étatiques. Il n’en est pas
moins un mode de règlement juridictionnel du litige, et c’est pourquoi on le distingue des autres modes alternatifs de
règlement des litiges, également conventionnels dans leur source, mais non juridictionnels dans leur régime[4].
C’est un règlement des litiges rapide, équitable et de qualité qui contribue à la stabilisation des relations économiques et
à l’amélioration du climat des affaires. De même doit-on se garder d’exagérer et de croire la justice arbitrale
nécessairement moins coûteuse que la justice étatique. Sous ces réserves, on peut admettre que «speed, convenience
and économy» sont trois vertus maîtresses de l’arbitrage.[5]
Vieille comme le monde, l’institution arbitrale a fait, et continue à faire, l’objet de tant de commentaires et d’analyses
qu’il semble aussi impossible que superflu d’y ajouter quelque chose. On est tenté de citer ici La Bruyère et de remarquer
que, sur l’arbitrage, «tout est dit et l’on vient trop tard » et que l’«on ne fait que glaner après les Anciens et les habiles
d’entre les Modernes»![6]
L’arbitrage a pour objet de faire trancher un litige par un tribunal arbitral qui reçoit des parties la mission de juger en
vertu d’une convention d’arbitrage[7].
Le tribunal arbitral est un organe non gouvernemental constitué de personnes choisies par les parties ou désignées
conformément à la procédure établie par la loi en vue de régler le différend.

Dans le contexte du droit international privé au sens large l’arbitrage commercial international [8] est probablement le
domaine par excellence de l’autonomie des parties, ainsi que celui où le recul de l’Etat est le plus marqué. En effet, au
cours des cinquante dernières années l’arbitrage n’a pas cessé de gagner de liberté par rapport aux systèmes juridiques
des Etats en même temps qu’il continuait à gagner d’importance comme instrument alternatif aux juridictions étatiques
pour le règlement des litiges dans les rapports commerciaux internationaux.
Souvent considéré comme un succédané de la justice étatique, l’arbitrage consiste, on le sait, dans le règlement des
litiges par de simples particuliers choisis par les parties, soit directement, soit, tout au moins, selon des mécanismes
convenus ou acceptés par elles. Que ce soit en matière interne ou en matière internationale, qu’il s’agisse de relations
privées ou de relations interétatiques, l’essence de l’institution est la même : fondée sur un accord, elle tend à obtenir le
règlement d’un litige par une décision émanant d’une ou plusieurs personnes choisies par les parties . . . « par des juges
de leur choix », comme dit la Convention de La Haye de 1907 sur le règlement pacifique des différends entre Etats.[9]
Aux termes de la loi 08/05, “les parties intéressées peuvent soumettre le règlement de leurs différends au tribunal arbitral
au moyen d’une convention d’arbitrage, ainsi entendant le compromis et la clause d’arbitrage”[10]. Avec cela, les parties,
exerçant le principe de l’autonomie de la volonté, déterminent de manière consensuelle la procédure d’arbitrage ; l’objet
de l’arbitrage ; le lieu de l’arbitrage ; le nombre d’arbitres ; la loi qui sera appliquée au litige ou à la résolution en équité.
Comme indiqué précédemment, le compromis d’arbitrage et la clause d’arbitrage sont des points essentiels d’un
arbitrage, car elles représentent un accord entre les parties, d’un différend actuel ou futur, qui définit le règlement du
différend par l’arbitrage. En ce qui concerne la définition des deux formes de convention d’arbitrage, le compromis
d’arbitrage est défini par l’accord consensuel des parties qui établit le règlement du conflit actuel entre elles par voie
d’arbitrage. En revanche, une clause d’arbitrage[11] est un type de convention d’arbitrage, insérée dans un contrat ou un
document séparé qui la mentionne, par laquelle les parties établissent que les litiges qui pourraient naître relativement à
ce contrat seront réglés par des arbitres. Ainsi, la divergence générale entre les deux formes de convention d’arbitrage
est que le compromis d’arbitrage est un différend en cours[12] et que la clause d’arbitrage fait référence à un différend
futur[13].
 Types d’arbitrage
Il existe deux formes de procédure d’arbitrage : l’arbitrage ad hoc et l’arbitrage institutionnel. Un arbitrage ad hoc est un
arbitrage dans lequel les parties par convention (le compromis ou la clause d’arbitrage) décident de la manière dont
l’arbitrage se déroulera par rapport à leur objet ; arbitre (s) ; règles ; local ; procédures. En d’autres termes, les parties
sont responsables de l’ensemble de l’administration de l’arbitrage et doivent respecter les règles du droit de l’arbitrage
et des autres lois en la matière afin de parvenir à un consensus sur l’ensemble de la procédure d’arbitrage. Ce type
d’arbitrage est guidé par le principe de l’autonomie des parties, puisque la procédure d’arbitrage est établie selon leur
volonté.

Entre-temps, l’arbitrage institutionnel est un processus dans lequel les parties, par consensus, choisissent une institution
d’arbitrage qui administrera l’arbitrage, en désignant les arbitres ; les règles ; la législation ; l’emplacement ; les délais ;
langue ; mener le procès ; entre autres questions liées à l’arbitrage conformément à son règlement. Ce type est
caractérisé par des questions de procédure d’arbitrage par les parties, préservant un comportement d’éthique et de
secret. Les institutions d’arbitrage représentent généralement une sécurité et une agilité pour les parties, dans la mesure
où elles suivent des règles de fonctionnement interne, selon la loi 08/05 dans son article 319, alinéa 3 « …seront
respectées les règles relatives aux droits de la défense », en plus ils ont des arbitres avec des connaissances techniques et
spécialisées dans plusieurs domaines, constituant une véritable structure pour l’exécution de l’arbitrage.

Au niveau international, l’arbitrage institutionnel est très efficace, considérant qu’il s’agit d’une relation entre entreprises,
individus et États-nations avec des lois, des langues et des cultures différentes, représentant un éventail de décisions à
prendre pour un arbitrage équitable, et avec l’institution intermédiaire, tout devient une responsabilité de la même
manière, générant moins d’usure entre les parties et assurant une relation plus saine entre elles.

Le contrat est conclu sous les formes suivantes :


1) La convention est incluse dans le texte du contrat économique extérieur (le compromis d’arbitrage).

Conformément à la législation marocaine en vigueur, le compromis d’arbitrage contenu dans le texte du contrat est
toujours traité comme une transaction distincte et indépendante du contrat principal, la transaction. Ainsi, la
reconnaissance d’un accord de commerce extérieur invalide n’invalidera pas la clause d’arbitrage et le différend sera
examiné[14].
La solution admise (l’arrêt Gosset[15] , l’arrêt Impex[16], l’arrêt Toulouzy[17] en France et l’arrêt Prima Paint[18] au Etats-
Unis) a été reprise au point qu’il apparaît, à raison de sa conformité à l’attente des parties et aux intérêts du commerce
international, qu’elle devient un élément des « principes généraux de l’arbitrage auxquels les arbitres du commerce
international se réfèrent volontiers quel que soit le lieu où ils siègent »[19]. Ce principe est également énoncé à l’article
16§1 de la loi type de la CNUDCI ainsi qu’à l’article 6 §9 du règlement d’arbitrage de la CCI.
2) Une clause d’arbitrage distincte. A cet effet l’article 308 de la loi 08/05 dispose que « la clause d’arbitrage est réputée
être une convention indépendante des autres clauses du contrat. La nullité, la résiliation ou la cessation du contrat
n’entraine aucun effet sur la clause d’arbitrage comprise avec ledit contrat lorsque celle-ci est valable en soi ».

Conformément à la Convention de New York de 1958, la législation de la plupart des pays, y compris la Maroc, une
convention d’arbitrage est requise pour se conformer à la forme écrite[20]. Ainsi l’exigence d’une forme écrite d’un
accord d’arbitrage, permet sa conclusion sous toute autre forme[21], étant donné qu’il existe des États dans lesquels
aucune loi n’impose de forme écrite pour un accord d’arbitrage.
      L’arbitre ne peut pas représenter les intérêts des parties dans les procédures d’arbitrage. L’une des tâches principales
des arbitres est la confidentialité des différends examinés par l’instance d’arbitrage[22].
 Dans l’application de l’arbitrage institutionnel(l’arbitre est nommé par la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre
de commerce internationale)[23].
 Lorsqu’elles forment un groupe spécial d’arbitrage, les parties choisissent indépendamment un arbitre individuel (à
moins que les parties n’aient convenu qu’un arbitre sera nommé, trois arbitres seront nommés, chaque partie
désignant un arbitre, deux arbitres nommés par les parties, choisissent le troisième arbitre, qui est un arbitre (le
responsable de l’arbitrage ad hoc).
Aussi un arbitre ne peut être récusé que si des circonstances soulèvent des doutes raisonnables quant à son impartialité
ou à son indépendance, ou s’il ne dispose pas des qualifications requises par l’accord des parties[24] .Une partie ne peut
contester un arbitre qu’elle a désigné ou pour lequel elle a été partie que pour des raisons qui lui sont connues après sa
nomination[25]. Son révocation ne peut avoir lieu qu’à la suite du consentement unanime des parties[26] .Dans sa forme,
la révocation est normalement expresse, et résultera, soit par un procès-verbal en cours d’arbitrage ou d’une lettre
adressée par les parties aux arbitres[27].
L’arbitre a le droit de se déclarer lui-même pour les motifs suivants :

 une déclaration aux parties (l’arbitre dans ce cas peut lui-même refuser de participer à la procédure qu’avec l’accord
des parties);
 en cas de perte de confiance des parties et de l’arbitre ou lorsqu’un fait nouvel essentiel intervenant après
l’acceptation par l’arbitre dénature le compromis ou la mission de l’arbitre[28].
1. L’arbitrage international dans la sphère commerciale
 
L’originalité essentielle de l’arbitrage commerciale international provient du fait que ses règles prennent fortement en
compte les usages du commerce international ou plus précisément la lex mercatoria comme étant une règle juridique
dans les règlements du litige confié aux arbitres.

 Lex Mercatoria en tant que source d’arbitrage international


Les sources de l’arbitrage international sont : les lois, les traités internationaux, les coutumes et pratiques, la
jurisprudence arbitrale, la doctrine, les principes généraux du droit et la lex mercatoria.
Comme les lois, les traités internationaux, les coutumes et les pratiques, la jurisprudence arbitrale, la doctrine et les
principes généraux du droit sont des instituts récurrents communs aux autres branches du droit, nous soulignerons la lex
mercatoria, qui est la source différentielle appliquée dans l’arbitrage international.
Appelée également “droit des marchands” ou encore “droit des praticiens”, la Lex mercatoria est constitué de règles
professionnelles propres sans référence à un droit déterminé. C’est à dire qu’elle s’appuie sur des usages et des principes
largement reconnus et respectés, sur des usages observés entre commerçants, sur des contrats-types et des principes
consacrés par les sentences arbitrales rendues en matière de commerce international.

On y trouve plus particulièrement :

 des dispositions qualifiées de “sources spontanées” car elles ont leur origine première dans les pratiques et usages du
commerce international : Les Incoterms
 le droit conventionnel qui inclut à la fois les conventions inter-étatiques bilatérales, et les conventions multilatérales.
[29]
C’est une théorie qui part du principe que les sous-traitants ont l’intention d’unifier le régime juridique des ventes
internationales et des opérations complémentaires par le biais de contrats.

Pour Emily Kadens:

La lex mercatoria historique n’était pas un système juridique unique, uniforme et essentiellement privé, mais un Ius
mercatorum, le droit des commerçants : ensembles de privilèges et de pratiques privés, statuts publics et coutumes privées
régis par le droit des marchands avec un certain type de commerce supra-local et les personnes qui l’exercent. Certaines
normes coutumières étaient similaires dans de grandes zones ; beaucoup étaient locales ou régionales, voire spécifiques à
certains groupes professionnels. En outre, il ne s’agissait pas d’un régime indépendant purement coutumier de lois et de
tribunaux locaux, mais d’une création hybride reposant sur un échafaudage de lois étroitement lié aux règlements et aux
alliances locales. [30]
Malgré tout, il est certain que Lex Mercatoria avait pour prédécesseur le Lex Rhodia de Jactu, ce qui, selon les mots de
Trakman, était “un ensemble de lois maritimes utilisées par les Grecs et les Romains entre le troisième et le deuxième siècle
avant notre ère“[31]
Lex mercatoria consiste en un ensemble de règles de droit, connues et utilisées, non liées à un système juridique
spécifique, fondées sur les coutumes et pratiques de cette localité, ainsi que par l’adoption répétée de clauses types et
de contrats et pratiques standard reconnus acceptées internationalement par des associations professionnelles, des
organisations supranationales et des entités similaires.
L’institut utilise les principes généraux du droit, englobe les us et coutumes et forme un ensemble de normes.

Ainsi, il est possible que les problèmes puissent être résolus grâce à une pratique inscrite dans le droit international, dans
la mesure où il s’agit d’un ensemble de solutions déjà trouvées dans le scénario du commerce international.

Caractérisée comme nationale, la nouvelle lex mercatoria, qui n’est liée à aucun ordre juridique étatique, évolue vers un
droit transnational construit au sein de l’ordre juridique international. Et sur l’effectivité de la fonction normative de la lex
mercatoria dans l’arbitrage commerciale international que L’article 29-4 de la loi type de la CNUDI[32] (commission des
Nations Unis pour le Droit commercial International) par exemple impose aux tribunaux arbitraux de juger dans les cas
conformément aux stipulations du contrat et de tenir compte aux obligations des règles d’usages du commerce
applicable à la transaction[33].
 L’arbitrage commercial international[34]
L’arbitrage commercial est présent dans le monde depuis longtemps, car l’être humain a toujours recherché, en tant que
nécessité inhérente de sa personnalité, la relation avec les autres êtres humains. C’est ainsi que sont apparues les
coutumes de l’achat et de la vente. L’échange d’objets, d’aliments et de services à la recherche de la satisfaction de
certains besoins matériels et biologiques. Comme le début de l’arbitrage commercial, nous avons connu la période au
cours de laquelle les relations commerciales étaient réglementées par la Lex Mercatoria, en vigueur au Moyen-âge et
présentant des divergences dans certaines localités, mais généralement suivies par plusieurs peuples.

Avec l’évolution humaine, d’une part, nous avons consolidé les États-nations, obligeant la “Lex Mercatoria” à laisser la
place aux traités internationaux et aux lois mises en œuvre de manière interne par les pays respectifs. D’autre part,
l’évolution technologique et la mondialisation qui rapprochent de plus en plus les pays et accroissent le nombre de
relations commerciales. En conséquence, de plus en plus de conflits apparaissent entre ces négociations internationales
et les pays se trouvent dans une situation qui mérite une forme de résolution de conflit plus appropriée, chaque pays
ayant son ordre juridique et sa souveraineté, empêchant les différends sont généralement réglés sans influence judiciaire
impartiale.

Le commerce international est défini par l’échange de biens et de services entre personnes physiques ou morales de
pays différents ou comportant des éléments juridiques ou matériels de caractère international. Toutefois, dans le cas de
l’arbitrage international, le droit marocain de l’arbitrage a pour critère l’article 327-46 de la territorialité, c’est-à-dire que
si la sentence arbitrale est rendue en dehors du Maroc, elle sera considérée comme étrangère. La décision du tribunal
arbitral est assortie de l’exécution provisoire, l’exercice du recours en annulation ne suspend pas, ipso facto, l’exécution
de la sentence arbitrale internationale[35].
Parmi les avantages de l’arbitrage dans la résolution des conflits commerciaux internationaux, on peut citer la flexibilité
de son processus, qui permet aux parties de disposer d’une autonomie dans le choix de l’arbitre, du lieu et des règles,
par exemple. De plus, les parties bénéficient de la rapidité et du secret, qui sont deux autres grands avantages, car en
matière de commerce, le temps est un facteur important de profit et de secret, car il est entendu que la divulgation des
affaires litigieuses peut entraîner des pertes d’entreprise.

Il est également important de souligner que, sur la scène internationale, la résistance au respect des décisions rendues
par des arbitres n’est pas très récurrente, car les relations commerciales sont, en règle générale, continues et ramifiées,
c’est-à-dire celles qui ne respectent pas leurs obligations ; il devient une cible de discrimination au sein de la
communauté commerciale internationale car il ne garantit pas la sécurité de leurs relations.

En plus le Maroc a promulgué la Convention sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères,
plus simplement appelée «Convention de New York», ratifiée en vertu du Dahir du 19 février 1960. Pour le moment, il est
important de souligner que la Convention de New York est un document extrêmement utile pour permettre l’arbitrage
international. Bien que l’ancien code de la procédure civile, du 12 août 1913, a réservé un chapitre 15 du titre IV (articles
527 à 543) à l’arbitrage. Ce texte constituait le régime commun en la matière et ne fut remplacé que bien plus tard, par
celui du 28 septembre 1974, en l’occurrence par son chapitre 8 du titre V (articles 306 à 327). La loi n ° 08/05 quant à elle
contienne déjà des préceptes assurant de manière satisfaisante la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales
étrangères au Maroc, c’est l’adhésion à la Convention de New York qui confère la confiance des partenaires
internationaux et la certitude que les sentences arbitrales seront reconnu et appliquées dans les pays qui subordonnent
l’application de la Convention de New York à la réciprocité.

Par conséquent, depuis l’adhésion à la Convention de New York, le Maroc est pleinement intronisé dans le monde de
l’arbitrage international, un fait qui contribuera certainement énormément à la croissance de ses activités à l’étranger.
L’arbitrage entre les parties marocaines et étrangères sera plus fréquent et important. Il doit se dérouler dans la langue
et la localisation d’un autre pays, dans lequel une loi étrangère ou même des règles de droit non nationales pour le
règlement du mérite seront appliquées et des procédures établies seront adoptées par des institutions d’arbitrage
internationales, loin de notre code de procédure civile. Ces faits impliquent un défi important pour les avocats marocains,
un défi qui se pose lorsque notre environnement juridique s’efforce toujours d’absorber pleinement une véritable culture
de l’arbitrage. Les avocats marocains doivent se préparer à voyager avec aisance dans le monde de l’arbitrage
international, plaider devant des collègues étrangers, déjà familiarisés avec les subtilités et les complexités de cet univers.

Conclusion
L’arbitrage représente une forme alternative et extrajudiciaire dans une résolution de conflit, dans laquelle un ou
plusieurs arbitres constituent la “sentence arbitrale”. Chaque partie jouit d’une autonomie dans la manifestation de sa
volonté, établissant ainsi, de manière consensuelle, l’intégralité de la procédure d’arbitrage. Les parties peuvent choisir
entre un arbitrage ad hoc ou un arbitrage institutionnel. Les caractéristiques de secret, de célérité, de souplesse, de
spécialité des arbitres font de ce système extrajudiciaire un choix très avantageux, en particulier pour les questions de la
sphère internationale, dans lesquelles on a le choc des cultures et la souveraineté de chaque État-nation.

En raison de tous ces facteurs, l’institut d’arbitrage a de plus en plus attiré les justiciables, car il s’agit d’une méthode de
résolution des conflits véritablement efficace, rapide et confidentielle sur le plan contractuel et commercial, national ou
[Link] ces avantages, l’expertise, la qualité professionnelle et la profondeur technique des arbitres dans
l’affaire en litige dépassent souvent le niveau technique de la justice de l’État.

Ces caractéristiques sont les principaux facteurs qui poussent les parties à recourir à l’arbitrage national ou international
et montrent en quoi cette méthode de résolution des conflits peut constituer une excellente alternative aux principaux
besoins des entreprises lors du règlement de leurs différends commerciaux.

La loi sur l’arbitrage 08/05 établit, avec d’autres traités internationaux tels que la convention d’arbitrage de New York de
1958 et la loi type de la CNUDCI, d’importants règlements concernant l’exécution de l’arbitrage et la validité de la
sentence arbitrale, contribuent de plus en plus au développement d’un système qui répond très bien aux demandes
internationales.

Dans le domaine commercial, l’arbitrage international a été mis en place grâce à l’élargissement des organismes de
réglementation et des tribunaux arbitraux internationaux, garantissant ainsi un système plus adéquat de résolution des
conflits en matière de commerce, ainsi que les avantages offerts par ce système extrajudiciaire alternatif.

Dans de telles circonstances, seul l’arbitrage est en mesure de garantir qu’aucune des parties ne risque de voir un
tribunal du pays de la partie adverse opposé à un éventuel litige concernant les activités contractées. La convention
d’arbitrage, en vertu de ses effets négatifs et positifs, a le pouvoir de supprimer la juridiction de la justice d’État des deux
côtés du pays.
De plus, en arbitrage, le consensus des parties prévaut sur les diktats de l’État. Ce sont les parties qui choisissent d’un
commun accord le juge ou le critère de nomination du juge; le processus à adopter lors du procès et les règles de droit à
appliquer pour résoudre le fond du conflit. Ils ne risquent donc pas de voir leurs litiges réglés par le pouvoir judiciaire
d’un pays étranger, conformément aux lois, règles de procédure et pratiques judiciaires plus familières à la partie
adverse. Ils ont également toute latitude pour choisir la langue à utiliser dans la procédure arbitrale et le lieu où le
jugement sera rendu.

L’arbitrage commercial international a aujourd’hui un véritable appareil transnational composé de conventions


internationales, de lois nationales, de réglementations sur les procédures d’arbitrage, de coutumes et pratiques dûment
établies, d’institutions d’arbitrage saines et respectables, d’une communauté de professionnels spécialisés composée
d’arbitres, de juristes experts. Universitaires, (((([Link]
((())

Selon René David : «L’arbitrage est une technique visant à faire donner la solution
d’une question, intéressant les rapports entre deux ou plusieurs personnes, par une
ou plusieurs autres personnes. L’arbitre ou les arbitres – lesquels tiennent leurs
pouvoirs d’une convention, sans être investis de cette mission par l’Etat». Les
raisons pour lesquelles on recourt à l’arbitrage sont multiples : Tout d’abord, on
cherche à obtenir un règlement du litige conforme à ceux que décideraient les
juges, mais dans des conditions qui paraissent aux parties être meilleurs que si elles
recouraient à la justice des tribunaux : le litige sera résolu rapidement, plus
économiquement, selon une procédure moins rigide, et par des personnes ayant leur
confiance ou possédant des connaissances techniques que l’on ne peut trouver chez
les juges. Une autre raison qui pousse les parties à convenir d’un arbitrage, est leur
désir de voir leur contestation résolue, quant au fond, autrement qu’elle ne le serait
si elle l’était par les juges. Ceux-ci appliqueraient le droit qui leur est prescrit par
l’état qui les a investis de leur mission. Ou les parties souhaitent voir appliquer un
autre droit : droit corporatif fondé sur les usages du commerce ou «l’ex mercatoria
internationale», distincte des droits nationaux. Enfin, on a recours à l’arbitrage,
parce que le désaccord qui s’est élevé entre les parties n’a pas le caractère d’une
contestation juridique et ne pourrait donc pas être soumis aux tribunaux ; il en est
ainsi notamment lorsque l’arbitre est appelé à compléter un contrat, ou que, dans
une autre hypothèse, il est appelé à en être révisé. Problématique de l’arbitrage
commercial au Maroc : En effet peut-on valablement aborder l’arbitrage en droit
marocain et en droit international, alors que, le législateur national ne s’est pas
soucié d’élaborer un cadre juridique d’ensemble pour les procédures d’arbitrage à
la fois au niveau local et international. Les normes existantes sont assez bigarrées
pour constituer une législation harmonieuse en la matière, comparable à ceux de
l’Algérie, de la Tunisie ou de l’Egypte, pour établir un régime juridique
convenable. Sur le plan interne :  C’est évidement le code de procédure civile
(Article 306 à 327), qui trace les grandes lignes du code général en la matière, mais
il faut souligner dès à présent qu’il est largement insuffisant, même en ce qui
concerne ses aspects processuels. En effet, ce n’est pas uniquement ce texte qui
permettra de préciser le régime juridique de la convention d’arbitrage. Des
conditions de validité tenant aux parties à l’arbitrage sont normalement fixées par le
code civil, par le code de statut personnel, auxquels renvoie parfois au code de
commerce qui est aussi applicable. Sur le plan international : Il est certain que les
relations du Maroc avec l’extérieur se développent de jour en jour, le mouvement
de mondialisation ne fait qu’accroître ses opérations commerciales d’échanges avec
l’occident et le reste du monde. Toutefois, se situant dans un monde
interdépendant, le Maroc est dominé depuis longtemps par des normes nationales et
internationales, qui s’imposent avec persévérance jusqu’à nos jours. C’est le cas
d’ailleurs de l’arbitrage commercial international au Maroc, qui est encore
dépourvu d’une législation appropriée en la matière, car si on exclut les quelques
normes internationales d’essence conventionnel qu’il a ratifié, en considérant
qu’elles sont introduites dans son ordre juridique interne, tout au plus, l’application
de leurs dispositions par les tribunaux nationaux s’effectue à sens unique, puisque
ces derniers se contentent d’accorder le plus souvent l’exequatur des sentences
arbitrales étrangères, et donc sans une quelconque réciprocité de traitement des
parties marocaines. C’est le cas d’ailleurs de la convention de New York, adopté le
10 Juin 1958, et ratifié par le Maroc le 12 Février 1959. Elle est considérée comme
la plus importante des conventions multilatérales sur l’arbitrage international.
D’autant plus qu’elle a pour objectif d’accroître l’efficacité de ce mode de
règlement de litige, en renforçant les chances d’exécution des sentences arbitrales
dans les états contractants. C’est aussi le cas de la Loi type sur l’arbitrage
commercial international, qui a été adopté par la Commission des Nations Unies
pour le Droit et le Commerce Internationale (CNUDCI), le 21 Juin 1985, et qui vise
à réformer et moderniser les lois relatives à l’arbitrage afin de tenir compte de
caractéristiques et exigences  particulières actuelles dans le domaine. Pour le
Maroc, elle peut constituer une sorte de plate-forme pour l’élaboration d’une
législation nationale en la matière d’autant plus qu’elle couvre toutes les étapes de
la procédure arbitrale, depuis la convention d’arbitrage jusqu’à la reconnaissance et
l’exécution de  la sentence arbitrale, et traduit un consensus mondial sur les
principes et les points importants de la politique de l’arbitrage international.
Parallèlement, on a pu constater, que les pays arabes ont voulu eux aussi crées leurs
propres systèmes d’arbitrage dans le domaine du commerce et des affaires, et ceux-
ci pour faire preuve d’une certaine autonomie vis-à-vis des systèmes analogues en
occident. C’est le cas d’ailleurs, de la convention d’Amman en Jordanie, adoptée en
1987. Ladite convention créa une institution permanente dénommée «Centre Arabe
d’Arbitrage Commercial», ayant siège à Rabat, et jouissant du statut de la personne
morale autonome, mais qui est administrativement et financièrement dépendante du
secrétariat général du conseil de la justice arabe. Expériences de l’arbitrage
commercial  au Maroc :       Sur le plan interne, on a pu constater que ces dernières
années, la bonne volonté de certains praticiens (avocats, notaires, commerçants,
etc…), ne manque pas d’œuvrer, pour la création de vraies structures d’arbitrage au
Maroc. C’est le cas d’ailleurs, du Centre International de Médiation et d’Arbitrage
de Rabat (CIMAR), qui a été crée le 28 Avril 1999. Son rôle est de promouvoir et
renforcer les pratiques de l’arbitrage et la médiation comme modes de résolution
des conflits juridiques commerciaux et sociaux au Maroc. C’est aussi le cas du
(CMAC), le Centre de Médiation et  ’Arbitrage de Casablanca, sous la forme d’une
association à but non lucratif, régi par un conseil d’administration et d’un bureau
exécutif. Il est doté de trois commissions fonctionnelles ; médiation et arbitrage,
commission des relations et de communication et commission de formation. Enfin,
dans le cadre de la coopération Maroco-Espagnole, fût crée la Cour Atlantique
d’Arbitrage Internationale d’Agadir. L’acte de cette Cour d’arbitrage mixte a été
signé entre la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services d’Agadir et les
Chambres de Commerce, d’Industrie et de Navigation de Las Palmas et Tenerife.
Cet organe spécialisé est appelé à faciliter la résolution de conflits judiciaires dans
les transactions commerciales entre la région Souss Massa Drâa  et les îles
Canaries. Malheureusement, on ne connaît pas encore de procédures d’arbitrage
instruites dans ce centre, apparemment, il vit au ralenti, en attendant d’être repris en
charge par les professionnels dans le domaine.

*Professeur chercheur à la faculté des sciences juridiques, économiques et


sociales d’Agadir(((([Link]
[Link])))
CNUDCI COMMISSION DES NATIONS UNIES POUR LE DROIT COMMERCIAL
INTERNATIONAL NATIONS UNIES Guide du secrétariat de la CNUDCI sur la
Convention pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères
(New York, 1958) Édition 2016

Quand à la reconnaissance des sentences arbitrales commerciales internationales au


Maroc, elle est obtenue si deux conditions sont réunies ; il faut que l’existence de la
sentence soit établie par celui qui s’en prévaut, et il faut, également, que cette
reconnaissance ne soit pas contraire à l’ordre public national ou international.

Ainsi toute personne intéressée n’a qu’à saisir l’autorité compétente, en produisant l'original
de la sentence accompagné de la convention d'arbitrage ou des copies de ces
documents réunissant les conditions requises pour leur authenticité. Et si ces
pièces ne sont pas rédigées en langue arabe, il doit être produit une traduction
certifiée par un traducteur agréé près les juridictions. S’agissant de la juridiction du
Royaume compétente pour déclarer reconnues et exécutoires au Maroc, des sentences
arbitrales commerciales internationales. La loi 08-05 en accorde la compétence au président
de la juridiction commerciale dans le ressort de laquelle elles ont été rendues, par contre, si
l’arbitrage est situé à l’étranger c’est le président de la juridiction commerciale du lieu
d’exécution qui en est compétent.
La convention énonce, d’autant plus, les motifs pour lesquels la reconnaissance et l’exécution d’une
sentence arbitrale peuvent être refusées par une autorité compétente de l’État contractant où cette
reconnaissance et cette exécution sont demandées.

Dans ce cadre, la Convention permet à la partie contre laquelle l’exécution d’une sentence
est demandée de contester son exécution ; elle permet, donc, à la partie perdante de
contester la sentence sur la base d’une violation de son droit à une procédure régulière. Il en
est, ainsi, si la partie contre laquelle la sentence est invoquée fournit à l’autorité compétente
où la reconnaissance et l’exécution sont demandées, la preuve que : les parties à la
convention sont en vertu de la loi qui leur est applicable étaient sous une certaine incapacité,
ou que ladite convention n’est pas valable en vertu de la loi à laquelle les parties l’ont subordonnée
ou, à défaut d’une indication à cet égard, en vertu de la loi du pays où la sentence a été rendue, ou
que la partie contre laquelle la sentence est invoquée n’a pas été dûment informée de la désignation
de l’arbitre ou de la procédure d’arbitrage, ou qu’il lui a été impossible, pour une autre raison, de
faire valoir ses moyens; ou Que la sentence porte sur un différend non visé dans le compromis ou
n’entrant pas dans les prévisions de la clause compromissoire, ou qu’elle contient des décisions qui
dépassent les termes du compromis ou de la clause compromissoire, ou que la constitution du
tribunal arbitral ou la procédure d’arbitrage n’a pas été conforme à la convention des parties, ou, à
défaut de convention, qu’elle n’a pas été conforme à la loi du pays où l’arbitrage a eu lieu; ou que la
sentence n’est pas encore devenue obligatoire pour les parties ou a été annulée ou suspendue par
une autorité compétente du pays dans lequel, ou d’après la loi duquel, la sentence a été rendue.

Le refus est, en outre, justifié dans le cas où la reconnaissance sera contraire à l’ordre public national
et international. Cette notion d’ordre public joue un rôle primaire dans la reconnaissance et
l’exécution des sentences arbitrales commerciales, elle justifie le refus lorsqu’une sentence
risque de heurter la conception fondamentale de droit, de justice et de moralité, et implique
de considérer les effets de la sentence arbitrale dans une perspective internationale ou
supranationale en tenant compte des exigences du libre commerce, des droits de l’homme
universellement connus et de la lex mercatoria universalis. Signalons que, c’est le juge qui
doit donner interprétation de l’ordre public. (Dr .[Link] EREDEM/rapport Turc/l’ordre
public dans le droit du commerce international)

Dans cet ordre d’idée, au niveau national la loi 08-05, en se conformant à la convention de
New York, permet aux parties de former appel contre l'ordonnance qui accorde la
reconnaissance ou l'exécution, en mépris de l’existence de l’une des causes justifiant
le refus prévus par la convention de NY. Il s’agit, notamment, des cas où ; le tribunal
arbitral a statué sans convention d'arbitrage ou sur convention nulle ou après
expiration du délai d'arbitrage ; le tribunal arbitral a été irrégulièrement composé ou
l'arbitre unique irrégulièrement désigné ; le tribunal arbitral a statué sans se
conformer à la mission qui lui avait été conférée ; lorsque les droits de la défense
n'ont pas été respectés ;et les cas où la reconnaissance ou l'exécution sont contraires à
l'ordre public international ou national. Un appel est, également, permis contre les
ordonnances refusant la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales
commerciales internationales. D’un point de vue formel, la partie souhaitant former
appel doit le porter devant la cour d'appel territorialement compétente à raison du
siège de la juridiction dont relève le président de la juridiction, et dans le délai de
quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance.
Une autre voie de recours est, par ailleurs, permise par le droit marocain mais
concerne uniquement la sentence rendue au Maroc en matière d'arbitrage commercial
international. Il s’agit de recours en annulation , qui est porté devant la cour d'appel
dans le ressort de laquelle la sentence a été rendue. Ce recours est recevable dès le
prononcé de la sentence ; il cesse de l'être s'il n'a pas été exercé dans les quinze jours
de la notification de la sentence déclarée exécutoire. Les délais pour exécrer ces
formes de recours ; recours en annulation et l’appel, suspendent l'exécution de la
sentence arbitrale. Il en est de même, du recours exercé dans le délai est également
suspensif, à moins que la sentence arbitrale ne soit assortie de l'exécution provisoire.
Dans ce cas, l'autorité qui examine le recours peut surseoir à l'exécution si elle le juge
justifié.

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