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Exercices corrigés - Dimension finie : exercices théoriques
Dimension finie et sous-espaces
Exercice 1 - Pour bien démarrer... [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de R5 de dimension 3. Montrer que F ∩ G ≠ {0}.
Indication
Si c'était le cas, quelle serait la dimension de F + G?
Corrigé
Si c'était le cas, alors F et G seraient en somme directe, et on aurait
dim(F ⊕ G) = dim(F ) + dim(G) = 3 + 3 = 6.
Or, F ⊕ G est un sous-espace vectoriel de R5 , il est de dimension au plus 5. C'est donc
impossible!
Exercice 2 - Autour du théorème des quatre dimensions [Signaler une erreur] [Ajouter à ma
feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension finie, F et G deux sevs de E. Montrer que deux
quelconques des trois propriétés suivantes entraînent la troisième :
1. F ∩ G = {0};
2. F + G = E ;
3. dim(F ) + dim(G) = dim(E).
Indication
Tout repose sur la formule dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G).
Corrigé
Tout repose sur la formule des quatre dimensions
dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G)
et sur la propriété : si H est un sev de E tel que dim(H) = dim(E), alors H = E.
Si 1. et 2. sont vraies, alors
dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G) = dim(F ) + dim(G)
tandis que E = F + G implique
dim(E) = dim(F ) + dim(G).
3. est donc vérifié.
Si 1. et 3. sont vraies, alors
dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G) = dim(E) − 0 = dim(E).
Ainsi, F + G est un sev de E de même dimension que E : F + G = E.
Si 2. et 3. sont vraies, alors
dim(E) = dim(F + G) = dim(F ) + dim(G) − dim(F ∩ G) = dim(E) − dim(F ∩ G).
On en déduit que dim(F ∩ G) = 0 et donc que F ∩ G = {0}.
Exercice 3 - Une caractérisation de la dimension [Signaler une erreur] [Ajouter à ma
feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ≥ 1 et soit S l'ensemble des sous-espaces vectoriels
de E. Soit d : S → N vérifiant les propriétés suivantes :
Si F , F ′ ∈ S sont tels que F ∩ F ′ = {0}, alors d(F + F ′ ) = d(F ) + d(F ′ );
d(E) = n.
1. Soient F , G ∈ S avec dim(F ) = dim(G) = 1. Démontrer que d(F ) = d(G).
2. En déduire que, pour tout F ∈ S , d(F ) = dim(F ).
Indication
1. Soit F = Kf et G = Kg. Écrire F + G = Kf + K(f + g) = Kg + K(f + g).
2. Raisonner par récurrence sur dim(F ).
:
Corrigé
1. On peut supposer que F ≠ G, auquel cas F ∩ G = {0}. Soient f, g ∈ E tels que
F = Kf et G = Kg. Dans ce cas, on peut écrire F + G sous les 3 formes suivantes :
F + G = Kf + Kg
= Kf + K(f + g)
= Kg + K(f + g).
En effet, f = f et g = (f + g) − f , ce qui prouve que Kf + Kg ⊂ Kf + K(f + g)
tandis que l'inclusion réciproque est triviale. Il vient, d'après la propriété (i) de d :
d(F + G) = d(Kf) + d(K(f + g)) = d(Kg) + d(K(f + g)).
Ainsi, on en déduit d(Kg) = d(Kf), ce qui est le résultat recherché.
2. Remarquons d'abord que d({0}) = 0, puisque
d({0}) = d({0} + {0}) = d({0}) + d({0}). D'autre part, notons a ∈ N tel que
d(F ) = a lorsque dim(F ) = 1. L'existence d'un tel réel a est garanti par la question
précédente. Prouvons alors par récurrence sur p ≤ n que si F ∈ S , dim(F ) = p, alors
d(F ) = ap. C'est fait pour p = 1, et si le résultat est prouvé au rang p − 1, alors tout
F ∈ S avec dim(F ) = p s'écrit F = G ⊕ H , avec dim(G) = p − 1 et dim(H) = 1. Il
vient :
d(F ) = d(G) + d(H) = (p − 1)a + a.
Pour conclure, il suffit de remarquer que a = 1. Mais on sait que n = d(E) = na, ce qui
entraîne bien que a = 1.
Exercice 4 - Supplémentaire commun [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n, et F , G deux sous-espaces vectoriels de E de
même dimension p < n. Montrer que F et G ont un supplémentaire commun, c'est-à-dire qu'il
existe un sous-espace H de E tel que F ⊕ H = G ⊕ H = E .
Indication
Commencer par le cas où p = n − 1, et considérer la droite vectorielle engendrée par un vecteur
qui n'appartient ni à F , ni à G. Puis itérer.
Corrigé
On raisonne par récurrence descendante sur p ∈ {0, … , n − 1}. Traitons d'abord le cas
p = n − 1. On sait que F ∪ G ≠ E . En effet, si F = G ce n'est pas le cas, et si F ≠ G, alors
on n'a ni F ⊂ G, ni G ⊂ F (les deux espaces ont même dimension, une inclusion entraînerait
l'égalité), et donc F ∪ G n'est pas un espace vectoriel. En particulier, il n'est pas égal à E . On
peut choisir a tel que a ∉ F ∪ G. Alors F ∩ vect(a) = {0} et G ∩ vect(a) = {0}. F et
vect(a) (resp. G et vect(a)) sont en somme directe, et puisque dim(F ⊕ vect(a)) = n (resp.
dim(G ⊕ vect(a)) = n), on a F ⊕ vect(a) = G ⊕ vect(a) = E . vect(a) est le
supplémentaire commun recherché.
Supposons maintenant le résultat prouvé pour p + 1, et prouvons-le pour p. Comme
∉ ∪ vect( )
:
précédemment, on peut trouver a ∉ F ∪ G et comme précédemment, F et vect(a) (resp. G et
vect(a)) sont en somme directe. Posons F1 = F ⊕ vect(a) et G1 = G ⊕ vect(a). Alors F1 et
G1 ont même dimension, égale à p + 1. D'après l'hypothèse de récurrence, ils possèdent un
supplémentaire commun que l'on note H1 . Mais alors, F et vect(a) ⊕ H1 sont en somme
directe. En effet, si x ∈ F ∩ vect(a) ⊕ H1 , on a x = f = λa + h, avec f ∈ F , λ ∈ K et
h ∈ H1 . On en déduit h = f − λa ∈ H1 ∩ F1 = {0} et donc h = 0. Puisque
F ∩ vect(a) = {0}, on obtient également f = 0 et λ = 0, et par suite x = 0. Ainsi, si on pose
H = vect(a) ⊕ H1 , alors H et F sont en somme directe et H + F = E. De même, H et G
sont en somme directe et H + G = E . On en déduit que F et G ont un supplémentaire
commun.
Ceci achève la preuve par récurrence.
Dimension finie et applications linéaires
Exercice 5 - Du local au global... [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et f ∈ L(E). On suppose que, pour tout x ∈ E , il
existe un entier nx ∈ N tel que f nx (x) = 0. Montrer qu'il existe un entier n tel que f n = 0.
Indication
Introduire une base de E.
Corrigé
(e1 , … , ep ) une base de E. Pour chaque i, il existe un entier ni tel que f ni (ei ) = 0. Posons
Soit
n = max(n1 , … , np ) et remarquons que pour chaque i ∈ {1, … , p},
f n (ei ) = f n−ni (f ni ei ) = f n−ni (0) = 0.
Considérons maintenant x ∈ E et écrivons-le x = x1 e1 + ⋯ + xp ep . On obtient
p p
f (x) = ∑ xi f (ei ) = ∑ xi 0E = 0E .
n n
i=1 i=1
Exercice 6 - [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel et f ∈ L(E).
1. Montrer que
ker(f) = ker(f 2 ) ⟺ Imf ∩ ker(f) = {0}.
2. On suppose que E est de dimension finie. Montrer que
ker(f) = ker(f 2 ) ⟺ Imf ⊕ ker(f) = E ⟺ Im(f) = Im(f 2 ).
Indication
:
1. Remarquer que l'on a toujours ker(f) ⊂ ker(f 2 ). Pour prouver le sens direct, prendre
un élément y de l'intersection, l'écrire y = f(x) et montrer que f 2 (x) = 0. Pour prouver
la réciproque, prendre x tel que f 2 (x) = 0, poser y = f(x) et montrer que y appartient
à ... inter ...
2. Utiliser le théorème du rang pour remarquer que ker(f) ∩ Im(f) = {0} est équivalent
à ker(f) ⊕ Im(f) = E . Utiliser ensuite la question précédente pour démontrer que les
deux premières propositions sont équivalentes. Montrer ensuite, toujours à l'aide du
théorème du rang, que la première et la troisième sont équivalentes.
Corrigé
2
1. On peut commencer par remarquer que si f(x) = 0, alors f (x) = 0 et donc on a
toujours ker(f) ⊂ ker(f 2 ). C'est l'autre implication qui n'est pas toujours vraie.
Supposons donc ker(f) = ker(f 2 ) et montrons que Im(f) ∩ ker(f) = {0}. Soit
y ∈ Im(f) ∩ ker(f). Alors il existe x ∈ E tel que y = f(x), et de plus f(y) = 0. En
particulier, f 2 (x) = 0, donc f(x) = 0, puisque ker(f 2 ) ⊂ ker(f). Ainsi, y = f(x) = 0,
ce qui prouve une implication.
2
Réciproquement, supposons ker(f) ∩ Im(f) = {0} et montrons que ker(f ) ⊂ ker(f).
Si x ∈ ker(f 2 ), alors on a f(f(x)) = 0. Si on pose y = f(x), alors y ∈ ker(f) ∩ Im(f),
et donc f(x) = y = 0, ce qui prouve que x ∈ ker(f).
2. D'après le théorème du rang, on a dim(Im(f)) + dim(ker(f)) = dim(E). Or, si
ker(f) ∩ Im(f) = {0}, ker(f) ⊕ Im(f) est un sous-espace vectoriel de E de dimension
dim(Im(f)) + dim(ker(f)) = dim(E) : il est donc égal à E tout entier. On vient donc
de prouver que
ker(f) ∩ Im(f) = {0} ⟺ ker(f) ⊕ Im(f) = E.
En tenant compte de la question précédente, ceci prouve la première équivalence.
On va ensuite démontrer que la première et la troisième assertion sont équivalentes, ce qui
achèvera la preuve. En effet, si ker(f) = ker(f 2 ), d'après le théorème du rang, on
dim(Im(f)) = dim(E) − dim(ker(f))
= dim(E) − dim(ker(f 2 ))
= dim(Im(f 2 )).
Or, on a toujours Im(f 2 ) ⊂ Im(f) puisque f 2 (x) = f(f(x)) pour tout x de E . Les deux
sous-espaces sont égaux. La réciproque se prouve exactement de la même façon. On
remarque que dim(Im(f)) = dim(Im(f 2 )) entraîne dim(ker(f)) = dim(ker(f 2 )) en
utilisant le théorème du rang, et on utilise l'inclusion toujours vraie ker(f) ⊂ ker(f 2 ).
Exercice 7 - Noyau égal à l'image [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Montrer qu'il existe f ∈ L(E) tel que
ker(f) = Im(f) si et seulement si E est de dimension paire.
Indication
:
Pour un sens, utiliser le théorème du rang. Pour la réciproque, considérer (e1 , … , e2p ) une base
de E et définir f sur cette base. On séparera f(ei ), pour i ≤ p, et f(ei ), pour i > p.
Corrigé
Supposons d'abord qu'une telle application existe. D'après le théorème du rang, on a :
dim(E) = dim(ker(f)) + dim(Im(f)) = 2 dim(ker(f))
et donc dim(E) est pair. Réciproquement, si E est de dimension paire, alors considérons
(e1 , … , e2p ) une base de E. On définit un endomorphisme f de E en posant :
0 si i ≤ p
f(ei ) = {
ei−p si i > p.
Ceci définit complètement un endomorphisme f . Montrons qu'il vérifie les propriétés demandées.
2
D'une part, pour u = ∑i=p 1 ui ei , on a
2p p
f(u) = ∑ ui ei−p = ∑ uj+p ej .
i=p+1 j=1
On en déduit que f(u) = 0 si et seulement u ∈ F = vect(e1 , … , ep ). De plus, on a
Im(f) ⊂ F , et par le théorème du rang, ces deux espaces ont la même dimension égale à p. Ils
sont donc égaux.
Exercice 8 - Noyau et image choisis [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension n, F un sous-espace vectoriel de E de dimension p, G un
sous-espace vectoriel de E de dimension q. Donner une condition nécessaire et suffisante pour
qu'il existe un endormorphisme f de E avec ker(f) = F et Im(f) = G.
Indication
La condition naturelle s'obtient en utilisant le théorème du rang. Pour la réciproque, une
application linéaire peut être définie par l'image d'une base. On pourra considérer une base dont
les premiers vecteurs constituent une base de F .
Corrigé
D'après le théorème du rang, si un tel endomorphisme existe, on a p + q = n. Réciproquement,
supposons que p + q = n. On va définir f sur une base bien choisie de E . Soit (e1 , … , ep ) une
base de F . On peut la compléter en une base (e1 , … , ep , ep+1 , … , ep+q ) de E. Soit également
(f1 , … , fq ) une base de G. On définit alors l'action de f sur la base (ei ) par
f(ei ) = 0 si i ≤ p
{
f(ei ) = fi−p si i ∈ {p + 1, … , p + q}
Il est alors à peu près clair que f vérifie les conditions voulues. Pour obtenir une preuve complète,
on peut remarque que F ⊂ ker(f) et que G ⊂ Im(f). De plus, en décomposant un vecteur dans
la base (e1 , … , ep+q ), on trouve qu'on a exactement F = ker(f). Par le théorème du rang, on
obtient dim(G) = dim(Im(f)) d'où l'égalité puisqu'on a déjà une inclusion.
:
Exercice 9 - Endomorphisme de rang r et endomorphismes de rang 1. [Signaler une
erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E et F deux espaces vectoriels de dimension finie et soit f ∈ L(E, F ). Démontrer que f est
la somme de r applications linéaires de rang 1.
Indication
Considérer une base (u1 , … , ur ) de Im(f), la compléter en une base de E, et utiliser les
projections sur les ui ....
Corrigé
Soit (u1 , … , ur ) une base de Im(f), que l'on complète en une base (u1 , … , ur , ur+1 , … , un )
de Im(f). Notons, pour i = 1, … , r, Pi la projection sur vect(ui ) parallèlement à
vect(uj : j ≠ i), puis fi = Pi ∘ f . Puisque Im(fi ) ⊂ vect(ui ), on a rg(fi ) ≤ 1, et si on note
xi tel que f(xi ) = ui , on a fi (xi ) = Pi (ui ) = ui , ce qui prouve que fi n'est pas l'application
nulle et est donc de rang 1.
r
Il reste à démontrer que f = ∑i=1 fi . Mais si
r
f(x) = ∑ ai ui ,
i=1
alors
fi (x) = Pi f(x) = ai ui
et donc
r r
∑ fi (x) = ∑ ai ui = f(x).
i=1 i=1
Exercice 10 - D'un sous-espace sur un autre [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille
d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension n et soient F , G deux sous-espaces vectoriels de E.
1. A quelle condition sur F et G existe-t-il un endomorphisme f de E tel que f(F ) = G?
2. Quelle(s) condition(s) supplémentaire(s) faut-il imposer pour qu'on puisse trouver un tel
endomorphisme f qui soit de plus bijectif?
Indication
1. Un endomorphisme ne peut que faire décroître la dimension.
2. Les dimensions doivent être égales!
Corrigé
:
1. Supposons d'abord qu'un tel endomorphisme existe, et notons g la restriction de f à F .
Alors g est une application linéaire de F avec Im(g) = G. D'après le théorème du rang,
dim(G) = dim(Im(g)) ≤ dim(Im(g)) + dim(ker(g)) = dim(F ).
Une condition nécessaire est donc dim(G) ≤ dim(F ). Réciproquement, supposons que
q = dim(G) ≤ dim(F ) = p. On va construire un endomorphisme f de E en le
définissant sur une base de G. Pour cela, on commence par considérer une base
(e1 , … , ep ) de F . Par le théorème de la base incomplète, on peut la compléter en une
base (e1 , … , en ) de E. De même, considérons une base (g1 , … , gq ) de G. On définit f
sur la base (e1 , … , en ) en posant f(ei ) = gi si i ≤ q, et f(ei ) = 0 sinon. f est un
endomorphisme de E . De plus, si on étudie sa restriction à F , on voit qu'elle est à image
dans G (ce ne sont que des vecteurs de G qui sont pris par les f(ei )) et que cette image
est en réalité G tout entier : tous les vecteurs de la base (g1 , … , gq ) de G sont atteints
(et par linéarité, tous les autres le sont aussi).
2. Le raisonnement est très proche. D'une part, puisqu'un isomorphisme respecte la
dimension, il est nécessaire que dim(F ) = dim(G) (on peut aussi réécrire le théorème du
rang pour la restriction de f à F et utiliser le fait que le noyau est réduit à {0}).
Réciproquement, si dim(F ) = dim(G) = p, on note (e1 , … , ep ) une base de F , qu'on
complète en une base (e1 , … , en ) de E, et on note (g1 , … , gp ) une base de G, qu'on
complète également en une base (g1 , … , gn ) de E . On définit alors f par f(ei ) = gi . Il
est facile de vérifier que f vérifie toutes les contraintes voulues.
Exercice 11 - Composée et somme [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient u et v deux endomorphismes d'un espace vectoriel E de dimension finie n.
1. Montrer que
|rg(u) − rg(v)| ≤ rg(u + v) ≤ rg(u) + rg(v).
2. On suppose que u ∘ v = 0 et que u + v est inversible. Prouver que rg(u) + rg(v) = n.
Indication
1. Remarquer que Im(u + v) ⊂ Im(u) + Im(v). Pour la seconde partie, écrire
u = (u + v) + (−v).
2. Prouver que u ∘ v = 0 entraine
n ≥ rg(v) + rg(u).
Prouver que u + v inversible entraine
n ≤ rg(v) + rg(u).
Corrigé
:
1. On aIm(u + v) ⊂ Im(u) + Im(v). En effet, si y ∈ Im(u + v), alors
y = (u + v)(x) = u(x) + v(x) est aussi élément de Im(u) + Im(v). On en déduit que
rg(u + v) ≤ dim(Im(u) + Im(v)) ≤ dim(Im(u)) + dim(Im(v)) = rg(u) + rg(v).
D'autre part, en écrivant u = (u + v) + (−v), et en remarquant que Im(v) = Im(−v),
et donc que rg(v) = rg(−v), on a, d'après ce qu'on vient de démontrer
rg(u) ≤ rg(u + v) + rg(v) ⟹ rg(u) − rg(v) ≤ rg(u + v).
De même, écrivant v = (u + v) + (−u), on obtient aussi
rg(v) − rg(u) ≤ rg(u + v).
Ceci donne l'autre inégalité.
2. Traduisons les deux hypothèses en termes d'inégalités sur le rang.
D'une part, puisque u ∘ v = 0, on a Im(v) ⊂ ker(u). On obtient donc
rg(v) ≤ dim(ker(u)) ce qui, combiné au théorème du rang, donne
n = dim(ker(u)) + rg(u) ≥ rg(v) + rg(u).
D'autre part, puisque u + v est inversible, on sait que rg(u + v) = n. De la question
précédente, on déduit
n ≤ rg(u) + rg(v).
En combinant les deux inégalités obtenues, on obtient le résultat désiré.
Exercice 12 - Suite exacte [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient E0 , … , En des espaces vectoriels de dimensions finies respectivement égales à a0 , … , an .
On suppose qu'il existe n applications linéaires f0 , … , fn−1 telles que, pour chaque
k ∈ {0, … , n − 1}, fk est une application linéaire de Ek dans Ek+1 et
1. f0 est injective;
2. ker(fk ) = Im(fk−1 ) pour tout k = 1, … , n − 1;
3. fn−1 est surjective.
n
Prouver que ∑k=0 (−1)k ak = 0.
Indication
Utiliser le théorème du rang et les hypothèses pour écrire
ak = dim(ker(fk )) + rg(fk ) = rg(fk−1 ) + rg(fk ),
avec 1 ≤ k ≤ n − 1.
Corrigé
Pour k = 1, … , n − 1, le théorème du rang donne
= dim(ker( )) + rg( ) = rg( ) + rg( ),
:
ak = dim(ker(fk )) + rg(fk ) = rg(fk−1 ) + rg(fk ),
où on a utilisé la propriété (ii). On a donc
n−1
∑(−1)k ak = − rg(f0 ) − rg(f1 ) + rg(f1 ) + rg(f2 ) − ⋯ + (−1)n− rg(fn−1 )
1
k=1
= − rg(f0 ) + (−1)n−1 rg(fn−1 ).
Puisque f0 est injective, on a rg(f0 ) = a0 et puisque fn−1 est surjective, on a rg(fn−1 ) = an .
Ceci donne
n−1
∑(−1)k ak = −a0 + (−1)n− an ,
1
k=1
ce qui donne bien ∑nk=0 (−1)k ak = 0.
Exercice 13 - Base donnée par un endomorphisme nilpotent [Signaler une erreur]
[Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension n, f ∈ L(E) un opérateur tel que f n = 0 et f n−1 ≠ 0.
1. Soit x ∈ E tel que f n−1 (x) ≠ 0. Montrer que la famille (x, f(x), … , f n−1 (x)) est une
base de E.
2. Soit g ∈ L(E). Montrer que g commute avec f (ie fg = gf ) si et seulement si
g ∈ vect(Id, f, … , f n−1 ).
Indication
1. Écrire une relation de liaison, et composer par f n−1 .
2. La valeur de g(x) fixe les coefficients de g dans vect(Id, f, … , f n−1 ).
Corrigé
1. Puisque (x, f(x), … , f n−1 (x)) est une famille de n vecteurs dans un espace de
dimension n, il suffit de prouver qu'elle est libre. Supposons le contraire, et soient
λ0 , … , λn−1 des scalaires non tous nuls tels que λ0 x + ⋯ + λn−1 f n−1 (x) = 0. Soit p
le plus petit indice tel que λp ≠ 0. On compose par f n−1−p :
f n−1−p (λp f p (x) + ⋯ + λn−1 f n−1 (x)) = λp f n−1 (x) = 0,
puisque f j = 0 pour j ≥ n. Puisque f n−1 (x) ≠ 0, on en déduit que λp = 0, une
contradiction.
2. Remarquons d'abord que si g = f k , alors clairement gf = fg, et donc tout élément de
vect(Id, f, … , f n−1 ) commute avec f . Réciproquement, supposons que gf = fg. Soient
a0 , … , an−1 tels que
−1
:
g(x) = a0 x + a1 f(x) + ⋯ + an−1 f n−1 (x).
= a0 Id + ⋯ + an1 f n−1 . Pour cela, il suffit de prouver que pour tout
On va prouver que g
k ∈ {0, … , n − 1}, on a
g(f k (x)) = a0 f k (x) + ⋯ + an1 f n−1 (f k (x)),
ceci puisque(x, … , f n−1 (x)) est une base de E. La propriété est vraie, par définition de
a0 , … , an−1 , si k = 0. Pour k ≥ 1, on a
gf k = fgf k−1 = f 2 gf k−2 = ⋯ = f k g.
En particulier,
g(f k (x)) = f k g(x) = f k (a0 x + ⋯ + an−1 f n−1 (x))
= a0 f k (x) + ⋯ + an−1 f n−1 (f k (x)).
Ceci démontre le résultat voulu.
Exercice 14 - Noyaux itérés [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n et soit f ∈ L(E).
1. Soit k ≥ 1. Démontrer que ker(f k ) ⊂ ker(f k+1 ) et Im(f k+1 ) ⊂ Im(f k ).
2.
2.1. Démontrer que si ker(f k ) = ker(f k+1 ), alors ker(f k+1 ) = ker(f k+2 ).
2.2. Démontrer qu'il existe p ∈ N tel que
si k < p, alors ker(f k ) ≠ ker(f k+1 );
si k ≥ p, alors ker(f k ) = ker(f k+1 ).
2.3. Démontrer que p ≤ n;
3. Démontrer que si k < p, alors Im(f k ) ≠ Im(f k+1 ) et si k ≥ p, alors Im(f k ) = Im(f k+1 ).
4. Démontrer que ker(f p ) et Im(f p ) sont supplémentaires.
5. Démontrer qu'il existe deux sous-espaces F et G de E tels que F et G sont
supplémentaires, f|F est nilpotent et f|G induit un automorphisme de G.
6. Soit dk = dim (Im(f k )). Montrer que la suite (dk − dk+1 ) est décroissante.
Indication
1. Suivre les définitions.
2.
2.1. Écrire f k+2 (x)= f k+1 (f(x)))
2.2. Minorer la dimension de ker(f k ) si cet entier p n'existe pas.
2.3. Même preuve.
3. Théorème du rang.
4. Théorème du rang + ker(f 2p ) = ker(f p ).
5. F et G sont donnés par la question précédente.
6. Prouver que dk − dk+1 = dim ( ker(f) ∩ Im(f k )).
:
Corrigé
1. Six ∈ ker(f k ), alors f k+1 (x) = f(f k (x)) = f(0) = 0 et donc
ker(f k ) ⊂ ker(f k+1 ). De même, si y ∈ Im(f k+1 ), alors il existe x ∈ E tel que
y = f k+1 (x) = f k (f(x)) et donc y ∈ Im(f k ).
2.
2.1. Bien sûr, il suffit de prouver que ker(f k+2 ) ⊂ ker(f k+1 ). Mais si
x ∈ ker(f k+2 ), alors 0 = f k+2 (x) = f k+1 (f(x)). On a donc f(x) ∈ ker(f k+1 )
et donc f(x) ∈ ker(f k ). Ceci implique f k+1 (x) = 0, c'est-à-dire x ∈ ker(f k+1 ).
2.2. Supposons qu'il n'existe pas d'entiers k tel que ker(f k ) = ker(f k+1 ). Ceci
1
signifie que pour chaque entier k, l'inclusion ker(f k ) ⊂ ker(f k+ ) est stricte, et en
particulier, on a
dim ( ker(f k+1 )) ≥ dim ( ker(f k )) + 1.
On en déduit que pour tout entier k, on a dim ( ker(f k )) ≥ k. Mais ceci n'est pas
possible, puisque la dimension de ker(f k ) est majorée par n. On définit alors p
comme le plus petit entier des entiers k tels que ker(f k ) = ker(f k+1 ). Grâce au
résultat de la question précédente, on a bien ker(f k ) = ker(f k+1 ) si k ≥ p.
2.3. Le raisonnement de la question précédente donne en fait immédiatement que
p ≤ n. En effet, on a prouvé que pour tout k ≤ p, on a dim(ker f k ) ≥ k, et donc
en particulier on a n ≥ dim(ker(f p )) ≥ p.
3. Ceci résulte immédiatement du théorème du rang et de la définition de p. En effet, si
k < p, alors dim(ker(f k )) ≠ dim(ker(f k+1 )) et donc
dim(Im(f k )) ≠ dim(Im(f k+1 )). De même, si k ≥ p, on a
dim(ker(f k )) = dim(ker(f k+1 )) et donc dim(Im(f k )) = dim(Im(f k+1 )). Comme on
sait déjà que Im(f k+1 ) ⊂ Im(f k ), ces deux sous-espaces vectoriels sont égaux.
4. Par le théorème du rang, il suffit de prouver que ker(f p ) ∩ Im(f p ) = {0}. Soit
y ∈ ker(f p ) ∩ Im(f p ). Alors il existe x ∈ E tel que y = f p (x). On sait aussi que
f p (y) = f 2p (x) = 0, et donc x ∈ ker(f 2p ). Mais par définition de p, on a
ker(f 2p ) = ker(f p ) et donc x ∈ ker(f p ). Ceci entraine y = 0 et le résultat.
5. On va poser F = ker(f p ) et G = Im(f p ). On commence par remarquer que F est
stable par f . En effet, si x ∈ F , alors f p (f(x)) = f(f p (x)) = 0 et donc f(x) ∈ F . Bien
sûr, f|F est nilpotent puisque, pour tout x ∈ F , f p (x) = 0. Posons ensuite g = f|G .
Remarquons d'abord que g est bien un endomorphisme de G, puisque
g(Im(f p )) = Im(f p+1 ) ⊂ G. De plus, g est injective car
ker(f) ∩ Im(f p ) ⊂ ker(f p ) ∩ Im(f p ) = {0}. AInsi, g est un automorphisme de G (qui
est de dimension finie).
6. Soit k un entier naturel et gk la restriction de f à Im(f k ). Alors d'après le théorème du
rang, on a
dk = dim(Im(f k )) = dim(ker(gk )) + dim(Im(gk )).
Mais Im(gk ) = gk (Im(f k )) = f(Im(f k )) = Im(f k+1 ). Ainsi, on a :
dk − dk+1 = dim(ker(gk )).
:
Mais gk = f| Im(f k ) et donc ker(gk ) = ker(f) ∩ Im(f k ). Puisque la suite Im(f k ) est
décroissante (pour l'inclusion), on en conclut qu'il en est de même pour ker(gk ) et donc que
la suite (dk − dk+1 ) est décroissante.
Exercice 15 - Quand le rang est additif [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et f, g ∈ L(E). Montrer que
Im(f) ∩ Im(g) = {0}
rg(f + g) = rg(f) + rg(g) ⟺ {
ker(f) + ker(g) = E
Indication
Dans le sens direct, montrer d'abord que Im(f) ∩ Im(g) = {0} puis que
Im(f + g) = Im(f) + Im(g). En déduire la deuxième partie.
Corrigé
Remarquons d'abord que
Im(f + g) ⊂ Im(f) + Im(g).
Ceci entraîne
rg(f + g) ≤ rg(f) + rg(g) − dim(Im(f) ∩ Im(g)).
Supposons d'abord que rg(f + g) = rg(f) + rg(g). Alors l'inégalité précédente implique
immédiatement que dim(Im(f) ∩ Im(g)) = 0 ce qui prouve Im(f) ∩ Im(g) = {0}. On a aussi
Im(f + g) = Im(f) + Im(g) (sinon l'inégalité précédente serait stricte). Ainsi, pour tout
x ∈ E, comme Im(f) ⊂ Im(f + g), on a f(x) = f(t) + g(t) pour un certain t ∈ E. Alors
g(t) = f(x − t) ∈ Im(f) ∩ Im(g) = {0}, et donc t ∈ ker(g) et x − t ∈ ker(f). Ecrivant
x = (x − t) + t, on trouve que ker(f) + ker(g) = E .
Réciproquement, prouvons que les deux conditions impliquent Im(f) ⊂ Im(f + g). En effet, on
écrit y ∈ Im(f) sous la forme y = f(x), et on décompose x en x = u + v avec u ∈ ker(f) et
v ∈ ker(g). Alors, y = f(v) = f(v) + g(v) ∈ Im(f + g). Le rôle joué par f et g étant
symétrique, on obtient aussi Im(g) ⊂ Im(f + g). Ceci permet d'écrire
Im(f) ⊕ Im(g) ⊂ Im(f + g).
L'autre inclusion étant toujours vraie, on a en fait égalité, ce qui donne bien
rg(f + g) = rg(f) + rg(g).
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