Exercices sur les applications linéaires
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Enoncé
Dire si les applications suivantes sont des applications linéaires :
Indication
Vérifiez si la définition d'une application linéaire est vérifiée, et si vous n'y parvenez pas, prouvez à
l'aide d'un contre-exemple qu'il ne s'agit pas d'une application linéaire.
Corrigé
′ ′ ′ ′
( + )= ( + )+( + ), ( + ) − 2( + ), 0)
f(u + v) = ((x + x′ ) + (y + y ′ ), (x + x′ ) − 2(y + y ′ ), 0)
= (x + y, x − 2y, 0) + (x′ + y ′ , x′ − 2y ′ , 0)
= f(u) + f(v).
De même,
2. f n'est pas une application linéaire car f((0, 0)) ≠ (0, 0, 0).
3. f n'est pas une application linéaire. En effet,
f((1, 0)) = 1, f((−1, 0)) = 1 et f((0, 0)) = 0 ≠ f((1, 0)) + f((−1, 0)).
Exercice 2 - Applications linéaires ou non (sur les polynômes)? [Signaler une erreur] [Ajouter à
ma feuille d'exos]
Enoncé
Dire si les applications suivantes sont des applications linéaires :
Indication
Vérifiez si la définition d'une application linéaire est vérifiée, et si vous n'y parvenez pas, prouvez à
l'aide d'un contre-exemple qu'il ne s'agit pas d'une application linéaire.
Corrigé
et que
f(λP ) = λf(P ).
2. Dans ce cas aussi, f est une application linéaire. En effet, en utilisant la distributivité du
produit sur la somme, si P , Q ∈ R[X] et si λ ∈ R, alors alors
et
( )= ( )= ( )= ( ).
:
f(λP ) = A(λP ) = λ(AP ) = λf(P ).
3. Dans ce troisième cas, f n'est pas une application linéaire. En effet, pour P = X et
Q = X, on a
f(P + Q) = (2X)2 = 4X 2
alors que
f(P ) + f(Q) = X 2 + X 2 = 2X 2 .
Enoncé
Soit E l'espace vectoriel C(R, R) l'espace vectoriel des fonctions continues sur R. Dire si les
applications suivantes sont des applications linéaires :
1. ϕ1 : E → E, ϕ1 (f)(x) = (f(x))2 ;
2. ϕ2 : E → E, ϕ2 (f)(x) = (f(x2 ));
x
3. ϕ3 : E → E, ϕ3 (f)(x) = ∫0 f(t)dt;
Indication
Corrigé
1. Non! Considérons les fonctions f et g définies par f(x) = x et g(x) = x. Alors pour tout
x ∈ R, (f + g)(x) = 2x de sorte que ϕ1 (f + g)(x) = 4x2 , alors que
ϕ1 (f)(x) + ϕ1 (g)(x) = x2 + x2 = 2x2 . On a donc ϕ1 (f + g) ≠ ϕ1 (f) + ϕ1 (g) et donc
ϕ1 n'est pas une application linéaire.
2. Oui! Soit f, g dans E et λ ∈ R. Alors pour tout x ∈ R,
et
Remarquons que la place du carré (sur la variable ici) diffère de la place du carré dans la
première question (sur la fonction).
3. Oui! Ceci découle de la linéarité de l'intégrale. Soit f, g dans E et λ ∈ R. Alors pour tout
x ∈ R,
x x x
ϕ3 (f + g)(x) = ∫ (f + g)(t)dt = ∫ f(t)dt + ∫ g(t)dt = ϕ3 (f)(x) + ϕ3 (g)(x)
0 0 0
et
x x
ϕ3 (λf)(x) = ∫ (λf)(t)dt = λ ∫ f(t)dt = λϕ3 (f)(x).
0 0
:
Applications linéaires sur Rn
Exercice 4 - Noyau et image [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit f : R2 → R3 l'application linéaire définie par
f(x, y) = (x + y, x − y, x + y).
Indication
Corrigé
Commençons par déterminer le noyau de f . (x, y) ∈ ker f si et seulement si f(x, y) = (0, 0, 0) si
et seulement si
⎧
⎪
x+y = 0
⎨x − y
x+y = 0
= 0 ⟺ {
⎩
⎪ 2x = 0
x+y = 0
⎧
⎪
u = x+y
∃(x, y) ∈ R2 , (u, v, w) = f(x, y) ⟺ ∃(x, y) ∈ R2 , ⎨ v = x−y
⎩
⎪ w = x+y
⎧
⎪ u = x+y
⟺ ∃(x, y) ∈ R , ⎨ u + v
2
⎩
⎪
= 2x
w−u = 0
⎧
⎪
u−v
2 = y
⟺ ∃(x, y) ∈ R , ⎨
2 u+v
= x
⎪
⎩
2
w−u = 0
On en déduit que Im(f) = {(u, v, w) ∈ R3 ; u − w = 0}. En particulier, (1, 1, 0) n'est pas dans
Im(f), et donc f n'est pas surjective.
f(x, y, z) = (x + z, y − x, z + y, x + y + 2z).
1. (f(e1 ), f(e2 ), f(e3 )) est une famille génératrice de Im(f). De plus, f(e3 ) est
combinaison linéaire de f(e1 ) et f(e2 ).
2. On peut vérifier la dimension de ker(f) en utilisant le théorème du rang.
3. Quelles sont les dimensions de ker(f)? de Im(f)?
Corrigé
1. Utilisant la définition de f , on a :
On sait que la famille (f(e1 ), f(e2 ), f(e3 )) est une famille génératrice de Im(f). Or,
f(e3 ) = f(e1 ) + f(e2 ) et donc f(e3 ) est combinaison linéaire de (f(e1 ), f(e2 )). Ainsi, la
famille (f(e1 ), f(e2 )) est déjà génératrice de Im(f). De plus, elle est libre car les deux
vecteurs sont non-nuls et ne sont pas proportionnels. On en déduit que (f(e1 ), f(e2 )) est une
base de Im(f).
2. On a :
⎧
⎪
x+z = 0 ⎧
⎪
x+z = 0
⎪ −x + y = 0 ⎪ y+z = 0
(x, y, z) ∈ ker(f) ⟺ ⎨ ⟺ ⎨
⎪
⎪
y+z = 0
⎪
y+z = 0
⎩ ⎩
⎪
x + y + 2z = 0 y+z = 0
⎧
⎪ x = −z
⟺ ⎨ y = −z
⎩
⎪
z = z
On en déduit que le vecteur (−1, −1, 1) engendre ker(f). Comme il est non-nul, c'est une
base de ker(f). En particulier, on trouve que ker(f) est de dimension 1, ce que l'on peut
aussi obtenir en utilisant le théorème du rang.
3. f n'est pas injective, car son noyau n'est pas réduit à {0}. f n'est pas surjective, car son
image n'est pas R4 tout entier. En effet, la dimension de Im(f) est 2, et non 4.
1. Résoudre f(x, y, z) = 0.
2.
3. Utiliser le théorème du rang.
4. On connait une famille génératrice et la dimension de ce sous-espace.
Corrigé
⎧
⎪
−3x − y + z = 0 ⎧
⎪
z − y − 3x = 0
⎨ 8x + 3y − 2z = 0 ⎨ −2z + 3y + 8x = 0
⎩ ⎩
ou encore
⎪ −4x − y + 2z = 0 ⎪ 2z − y − 4x = 0
puis, par ajout (resp. retrait) du double de la première ligne à la seconde (resp. troisième),
⎧
⎪
z − y − 3x = 0
⎨
z − x = 0
+ 2x = 0 {
⎩
et enfin .
⎪
y
y + 2x = 0
y + 2x = 0
Ainsi, (x, y, z) ∈ ker(f) si et seulement si (x, y, z) est solution de ce dernier système, c'est-
à-dire
Une base du noyau de f est donc la famille ((1, −2, 1)), à un seul élément. D'où il vient
dim(ker(f)) = 1.
2. Le noyau n'est pas réduit à {0} donc f n'est pas injective.
3. D'après le théorème du rang, on a
rg(f) = 3 − dim(ker(f)) = 3 − 1 = 2.
L'applicationf n'est pas surjective : son image, qui est de dimension 2, est strictement incluse
3
dans l'espace d'arrivée R qui est de dimension 3.
4. Déterminons à présent l'image de f . On a
où l'on a posé u1 = (−3, 8, −4), u2 = (−1, 3, −1) et u3 = (1, −2, 2). D'après la question
précédente, l'application f est de rang 2. Par ailleurs, la famille (u1 , u2 ) est clairement libre
: c'est donc une base de Im(f).
Exercice 7 - Application linéaire donnée par l'image d'une base [Signaler une erreur] [Ajouter
à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E = R3 . On note B = {e1 , e2 , e3 } la base canonique de E et u l'endomorphisme de R3 défini par
la donnée des images des vecteurs de la base :
( ) = −2 +2 , ( )=3 , ( ) = −4 +4 .
:
u(e1 ) = −2e1 + 2e3 , u(e2 ) = 3e2 , u(e3 ) = −4e1 + 4e3 .
1. Déterminer une base de ker u. u est-il injectif? peut-il être surjectif? Pourquoi?
2. Déterminer une base de Im u. Quel est le rang de u ?
3. Montrer que E = ker u ⨁ Im u.
Indication
1. Commencer par calculer u(x, y, z). Puis utiliser la caractérisation des endomorphismes
injectifs.
2. Quelle est la dimension de Im(u)? Commencer par donner une famille génératrice facile
de Im(u), et en extraire une base!
3. Montrer que la réunion d'une base de ker(u) et d'une base de Im(u) est une base de R3 .
Corrigé
soit
On a donc
⎧
⎪ −2x − 4z = 0 ⎧
⎪ x = −2z
(x, y, z) ∈ ker(u) ⟺ ⎨ = 0 ⟺ ⎨y = 0
⎩ ⎩
3y
⎪ ⎪
2x + 4z = 0 z = z
On a donc ker(u) = vect(−2, 0, 1) et le vecteur (−2, 0, 1) est une base de ker(u). ker(u)
n'est pas réduit à {0}, et donc l'endomorphisme u n'est pas injectif. Comme u est un
endomorphisme de l'espace vectoriel de dimension finie R3 , il n'est pas non plus surjectif, car
on a alors
Exercice 8 - Définie par une base [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
On considère dans R2 les trois vecteurs u = (1, 1), v = (2, −1) et w = (1, 4).
:
1. Démontrer que (u, v) est une base de R2 .
2. Pour quelle(s) valeur(s) du réel a existe-t-il une application linéaire f : R2 → R2 telle que
f(u) = (2, 1), f(v) = (1, −1) et f(w) = (5, a)?
Indication
1.
2. Exprimer w dans la base (u, v).
Corrigé
1. (u, v) sont deux vecteurs non-nuls de R2 , non colinéaires. Ils forment une famille libre de
R2 de deux vecteurs. Or, R2 est de dimension 2. (u, v) est donc une base de R2 .
2. Exprimons w dans la base (u, v). On a w = 3u − v. Pour que f soit linéaire, on doit avoir
soit
Pour que f soit linéaire, il est donc nécessaire que a = 4. Réciproquement, on définit ainsi
bien une application linéaire, en définissant l'image d'une base.
Indication
Quelle est la dimension de H ? Est-ce compatible avec le théorème du rang?
Corrigé
On a H = vect((1, 1, 1, 1)). H est donc un espace vectoriel de dimension 1. Si H était le noyau
d'une application linéaire f de E dans F , alors par le théorème du rang on aurait
Indication
Compléter (u, v) en une base (u, v, w) de R3 , et définir f sur cette base.
:
Corrigé
3
Première méthode : Une application linéaire de R dans lui-même est définie par
f(x, y, z) = (a1 x + b1 y + c1 z, a2 x + b2 y + c2 z, a3 x + b3 y + c3 z)
où les ai , bi , ci sont des réels. On va déterminer quelle(s) valeur(s) leur donner pour que f(u) = 0
et f(v) = 0. On a
et
(x, y, z) ↦ (y − z, y − z, y − z).
Puisque u, v ∈ ker(f), le sous-espace vectoriel E engendré par (u, v) est contenu dans ker(f). De
plus, f n'étant pas identiquement nulle, son noyau est de dimension au plus 2. On en déduit que
ker(f) est de dimension exactement 2, et que ker(f) = E.
3
Deuxième méthode : Une application linéaire de R dans lui-même est complètement définie par
l'image d'une base. Complétons d'abord (u, v) en une base (c'est possible, car c'est une famille
libre). Posons w = (0, 0, 1). Alors on vérifie facilement que la famille (u, v, w) est une famille libre
de R3 à trois éléments, donc une base de R3 . On définit f par
f(u) = (0, 0, 0), f(v) = (0, 0, 0), f(w) = (1, 0, 0).
Ceci définit parfaitement f et, comme dans la première méthode, on prouve que le noyau de f est
exactement E .
Enoncé
Montrer qu'il existe un unique endomorphisme f de R4 tel que, si (e1 , e2 , e3 , e4 ) désigne la base
canonique, alors on a
Indication
Déterminer quelles doivent être les valeurs de f(e1 ), f(e2 ), f(e3 ), f(e4 ). On pourra trouver une
base de ker(f).
Corrigé
Un endomorphisme est uniquement défini par l'image d'une base. Il suffit donc de calculer quelles
doivent être les valeurs de f(e1 ), f(e2 ), f(e3 ), f(e4 ). On sait déjà que :
f(e1 ) = e1 − e2 + e3 .
1
f(3e4 ) = e2 − 2f(e1 ), soit f(e4 ) = 3
(−2e1 + 3e2 − 2e3 ).
( ) ( )
:
Reste à définir f(e2 ) et
f(e3 ). Pour cela, on va chercher une base de
4
F = {(x, y, z, t) ∈ R , x + 2y + z = 0 et x + 3y − t = 0}. On a aisément :
⎧
⎪
=
⎪y
x x
=
(x, y, z, t) ∈ F ⟺ ⎨
y
⎪
⎪
−x − 2y
⎩
z =
t = x + 3y
On en déduit que {(1, 0, −1, 1), (0, 1, −2, 3)} est une base de F . Puisqu'on veut que F = ker(f),
on doit donc avoir
1 1
f(e1 ) − f(e3 ) + f(e4 ) = 0 ⟹ f(e3 ) = e1 + e3
3 3
et
Donc l'endomorphisme f , s'il existe, est unique. Réciproquement, soit f l'endomorphisme défini par
les formules précédentes. Alors le premier point est vérifié, et puisque l'image d'une base de F est
envoyée par f sur 0, on sait que F ⊂ ker(f). Pour démontrer l'égalité, il suffit, puisque
dim(F ) = 2, de prouver que dim(ker(f)) ≤ 2. Par le théorème du rang, il suffit de prouver que
dim(Im(f)) ≥ 2. Mais f(e1 ) et f(e4 ) sont deux vecteurs indépendants de Im(f). Et donc
dim(Im(f)) ≥ 2, ce qui prouve le résultat.
Enoncé
Indication
Pour démontrer les sommes directes, on pourra utiliser la dimension. Pour les calculs effectifs, on
pourra s'aider des dessins pour vérifier les décompositions de u ⃗ en somme d'un vecteur de D1 et de
D2 (et de même pour les 6 vecteurs demandés), et utiliser la définition des symétries et
projecteurs.
Corrigé
:
1. D1 et D2 sont deux droites vectorielles; elles sont donc de dimension 1. De plus, on a
clairement D1 ∩ D2 = {(0, 0)} donc D1 et D2 sont supplémentaires. De
dim(D1 ⊕ D2 ) = dim(D1 ) + dim(D2 ), on tire que D1 ⊕ D2 = R2 . Le dessin que l'on
obtient est le suivant :
On remarque que u ⃗ est un vecteur de D2 . Son image par p est donc le vecteur nul, et son
image par s et son opposé. v ⃗ est un vecteur de D1 . Il est invariant par p comme par s.
Finalement, pour construire l'image de w ⃗ par p, on considère la parallèle à D2 passant par
w ⃗ : elle coupe D1 en v ⃗. On a ainsi p(w ⃗) = v ⃗. Pour construire l'image de w ⃗ par s, on
→ →
utilise que, notant w1 = w ⃗ − v ⃗, s(w ⃗) = v ⃗ − w1 .
Par le calcul on a
u ⃗ = 0 ⃗ + u ⃗ avec u ⃗ ∈ D2 , et donc p(u ⃗) = 0 ⃗, s(u ⃗) = 0 ⃗ − u ⃗ = −u ⃗.
v ⃗ = v ⃗ + 0 ⃗ avec v ⃗ ∈ D1 , et donc p(v ⃗) = s(v ⃗) = v ⃗.
w ⃗ = v ⃗ + u ⃗, avec v ⃗ ∈ D1 et u ⃗ ∈ D2 , et donc p(w ⃗) = v ⃗,
s(w ⃗) = v ⃗ − u ⃗ = (0, 1).
2. P est un plan vectoriel (une base est donnée par les vecteurs (0, 1, 0) et (0, 0, 1)). Il est
donc de dimension 2. D, comme intersection de deux plans vectoriels non confondus, est une
droite vectorielle dont une base est donnée par (1, 1, 0). Elle est donc de dimension 1.
Comme dans la question précédente, on vérifie que D ∩ P = {(0, 0, 0) (c'est immédiat), et
donc que D et P sont en somme directe. De
dim(D ⊕ P ) = dim(D) + dim(P ) = 3 = dim(R3 ), on déduit que D et P sont
3
supplémentaires : D ⊕ P = R .
Pour construire les images des vecteurs u ⃗, v ⃗ et w ⃗, on procède comme dans le plan, mais il
faut avoir une bonne vue dans l'espace! Pour plus de lisibilité, on va réaliser 3 dessins
différents. Pour chacun de ces dessins, l'axe (Ox) est en rouge, l'axe (Oy) est en vert et l'axe
(Oz) est en bleu. La droite D est elle aussi représentée en bleu foncé, et le plan P est en
bleu ciel.
:
On a u ⃗ = (1, 0, 0). Posons u ⃗1 = (0, −1, 0) et u ⃗2 = (1, 1, 0). Alors u ⃗1 ∈ P , u ⃗2 ∈D
et u ⃗ = u ⃗1 + u ⃗2 . On a donc p(u ⃗) = u ⃗1 et s(u ⃗) = u ⃗1 − u ⃗2 = (−1, −2, 0).
Enoncé
Soit f l'endomorphisme de R3 tel que f(x, y, z) = (−3x + 2y − 4z, 2x + 2z, 4x − 2y + 5z). Montrer
que f est la projection sur un plan P parallèlement à une droite D. Donner une équation cartésienne
du plan P et un vecteur directeur de D.
Indication
Cela revient à calculer f ∘ f , Im(f) et ker(f).
Corrigé
Notons A la matrice de f dans la base canonique. Alors
⎛ −3 2 −4 ⎞
A=⎜ 2 0 2 ⎟.
⎝ 4 −2 5 ⎠
Alors on vérifie facilement que A2 = A, c'est-à-dire que f ∘ f = f : f est donc une projection.
Pour déterminer ses éléments caractéristiques, on commence par calculer ker(f) :
⎧
⎪ −3 + 2 − 4 = 0
:
⎧
⎪ −3x + 2y − 4z = 0
⎨
⎩
(x, y, z) ∈ ker(f) ⟺ 2x + 2z = 0
⎪ 4x − 2y + 5z = 0
⎧
⎪ x+z = 0
⎨ −3x + 2y − 4z = 0
⎩
⟺
⎪ 4x − 2y + 5z = 0
⎧
⎪ x+z = 0
⎨ 2y − z = 0
⎩
⟺
⎪ −2y + z = 0
⎧
⎪
x = −2y
⎨y = y
⎩
⟺
⎪ z = 2y
On a donc ker(f) = vect(u) avec u = (−2, 1, 2). Par le théorème du rang, on sait que Im(f) est
de dimension 2. Soit v1 = f(e1 ) = (−3, 2, 4) et v2 = f(e2 ) = (2, 0, −2). Alors (v1 , v2 ) est une
famille libre contenue dans Im(f) qui est de dimension 2, donc c'est une base de Im(f). On en
déduit que
⎧
⎪
x = −3λ + 2µ
(x, y, z) ∈ Im(f) ⟺ ∃(λ, µ) ∈ R2 , ⎨ y = 2λ
⎩
⎪ z = 4λ − 2µ
⎧
⎪
3y
⎪
⎪
µ = x2 + 4
⟺ ∃(λ, µ) ∈ R2 , ⎨ λ = 2
y
⎪
⎪
⎩ z = 2y − x −
⎪ 3y
2
⟺ 2x − y + 2z = 0.
Indication
Corrigé
1. Soit (x, y, z) ∈ R3 . On a
⎧
⎪
−x − 4y − 2z = x
⎨ 4x + 9y + 4z = y
⎩
⇔ x + 2y + z = 0.
⎪ −8x − 16y − 7z = z
Ainsi, on a
⎧
⎪
−x − 4y − 2z = −x ⎧
⎪
2y + z = 0
⎨ 4x + 9y + 4z = −y ⎨ 2x + 5y + 2z = 0
⎩ ⎩
⇔
⎪ −8x − 16y − 7z = −z ⎪ 4x + 8y + 3z = 0
⎧
⎪
z + 2y = 0 ⎧
⎪
z + 2y = 0
⇔ ⎨ 2z + 5y + 2x = 0 ⎨ + 2x = 0
⎩ ⎩
⇔
⎪ ⎪
y
3z + 8y + 4x = 0 2y + 4x = 0
z − 4x = 0
⇔{ .
y + 2x = 0
Indication
Commencer par calculer f ∘ f.
Corrigé
On vérifie facilement que
⎧
⎪2 − 2 = 0 ⎧
⎪ =
:
⎧
⎪ 2x − 2z = 0 ⎧
⎪x = z
f(x, y, z) = 0 ⟺ ⎨ = 0 ⟺ ⎨y = 0
⎩
⎪ ⎩
⎪
y
x−z = 0 z = z
Une base de ker(f) est donc donnée par le vecteur u = (1, 0, 1).
Déterminons ensuite une base de Im(f). On sait que (f(e1 ), f(e2 ), f(e3 )) est une famille
génératrice de Im(f). Ce n'est pas une base, puisque f(e3 ) = (−2, 0, −1) = −f(e1 ). Posons
ensuite v = (2, 0, 1) = f(e1 ) et w = (0, 1, 0) = f(e2 ). Alors (v, w) est une famille génératrice
de Im(f) et c'est aussi une famille libre : (v, w) est une base de Im(f).
Exercice 16 - Expression analytique d'une projection, d'une symétrie [Signaler une erreur]
[Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit F et G les deux sous-espaces vectoriels de R3 définis par
F = {(x, y, z) ∈ R3 : x + y + 2z = 0}
G = {(x, y, z) ∈ R3 : x = −y = −z}.
1. Démontrer que F ⊕ G = R3 .
2. Donner l'expression analytique de la projection p sur F parallèlement à G (c'est-à-dire
donner une formule explicite p(x, y, z) = (…)).
3. Donner l'expression analytique de la symétrie s par rapport à F parallèlement à G.
Indication
Pour la deuxième et la troisième question, il s'agit essentiellement de décomposer un vecteur
(x, y, z) dans la somme directe F ⊕ G.
Corrigé
⎧
⎪ x = −y −2z
(x, y, z) ∈ F ⟺ ⎨ y = y
⎩
⎪
z = z
⎧
⎪
x = −y
(x, y, z) ∈ G ⟺ ⎨ y = y
⎩
⎪z = y
et donc que F + G = R3 .
R3
:
R
3
2. Soit u = (x, y, z) ∈ R . On va le décomposer sous la forme u = uF + uG , où uF ∈ F
et uG ∈ G. Pour cela, on écrit uF = (x1 , y1 , z1 ) et uG = (−λ, λ, λ) avec λ ∈ R. On a
donc (x1 , y1 , z1 ) = (x + λ, y − λ, z − λ) et puisque (x1 , y1 , z1 ) ∈ F , on sait que
x + y + 2z
x1 + y1 + 2z1 = 0 ⟺ x + y + 2z − 2λ = 0 ⟺ λ = .
2
Ainsi, on a
3x + y + 2z −x + y − 2z −x − y
uF = ( , , )
2 2 2
et
x + y + 2z x + y + 2z x + y + 2z
uG = (− , , ).
2 2 2
Ainsi,
3x + y + 2z −x + y − 2z −x − y
p(x, y, z) = uF = ( , , ).
2 2 2
Indication
Pour quelles valeurs de α l'équation f(x, y, z) = α(x, y, z) admet-elle des solutions non
identiquement nulles?
Corrigé
On commence par chercher pour quelles valeurs de α l'équation f(x, y, z) = α(x, y, z) admet des
solutions non nulles. On a
⎧
⎪
−x − 2y = αx
f(x, y, z) = α(x, y, z) ⟺ ⎨ −2x − y = αy
⎩
⎪ 2x + 2y + z = αz
⎧
⎪
(−1 − α)x − 2y = 0
⟺ ⎨ −2x + (−1 − α)y = 0
⎩
⎪ 2x + 2y + (1 − α)z = 0
≠1 = =0
:
Supposons maintenant que α ≠ 1; alors les deux premières équations vont donner x = y = 0 sauf
si les deux équations sont proportionnelles, c'est-à-dire sauf si (−1 − α)2 − 4 = 0. Cette équation
donne α = 1 (cas déjà traité) et α = −3. Donc si α = −3, le système devient
⎧
⎪
x−y = 0 ⎧
⎪
x = y
⎨ x−y = 0 ⟺ ⎨y = y .
⎩
⎪ ⎩
⎪
x + y + 2z = 0 z = −y
Une base de ker(f + 3Id) est donc donnée par w = (1, 1, −1).
Posons F = ker(f − Id) et G = ker(f + 3Id), alors F et G sont supplémentaires (car (u, v, w)
3
est une base de R ), la restriction de f à F est l'identité, et la restriction de f à G est une
homothétie de rapport −3. Finalement, f est une affinité sur ker(f − Id), de rapport −3, et
parallèlement à ker(f + 3Id).
Bien sûr, si on connait des éléments de réduction des endomorphismes, on peut utiliser le polynôme
caractéristique pour faciliter la recherche des valeurs propres....
Exercice 18 - Une projection dans R[X] [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit A ∈ R[X] non nul, et ϕ : R[X] → R[X] l'application qui à un polynôme P associe son reste dans
la division euclidienne par A. Démontrer que ϕ est un projecteur et préciser ses éléments
caractéristiques.
Indication
Commencer par démontrer que ϕ est linéaire, puis que ϕ ∘ ϕ = ϕ.
Corrigé
Remarquons d'abord que ϕ est linéaire. En effet, si P1 , P2 ∈ R[X], alors ϕ(P1 ) (resp. ϕ(P2 )) est
l'unique polynôme de degré inférieur (strict) au degré de A et tel que
avecdeg (ϕ(P1 ) + ϕ(P2 )) < deg(A), ce qui prouve que ϕ(P1 + P2 ) = ϕ(P1 ) + ϕ(P2 ). De la
même façon on démontre que ϕ(λP ) = λϕ(P ).
Remarquons que ϕ ∘ ϕ(P ) = ϕ(P ) pour tout P ∈ R[X]. En effet,
ϕ(P ) = A × 0 + ϕ(P )
avec deg(ϕ(P )) < deg(A). Ainsi, ϕ est bien une projection. Reste à calculer son noyau et son
image. On a ϕ(P ) = 0 si et seulement si P est un multiple de A, et donc
P = 0 × P + ϕ(P ),
et donc P = ϕ(P ) ∈ Im(ϕ). Si A est un polynôme constant, il faut interpréter Rd−1 [X] comme
{0}
:
{0}.
Indication
Corrigé
Une fonction f : R → R a sa dérivée nulle si et seulement si elle est constante. Le noyau de ϕ est
donc l'ensemble des fonctions constantes. En particulier, ϕ n'est pas injective. D'autre part, si g est
∞
une fonction de classe C sur R, alors elle admet une primitive f qui est donc elle aussi de classe
∞
C , c'est-à-dire élément de E. On a alors ϕ(f) = g, ce qui signifie que Im(ϕ) = E. ϕ est
∞
surjective. Cet exercice illustre le fait que C (R) n'est pas de dimension finie, puisque ϕ est
surjective mais n'est pas injective.
Exercice 20 - Avec des fonctions continues [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E l'espace vectoriel des fonctions continues de R dans R et u l'endomorphisme de E qui à tout f
de E associe u(f) : x ↦ xf(x). L'application u est-elle injective? surjective?
Indication
Déterminer le noyau de u, et démontrer que la fonction égale à 1 n'est pas dans l'image de u.
Corrigé
Soit f ∈ E . Alors u(f) = 0 si et seulement si, pour tout x ∈ R, xf(x) = 0. Ceci entraîne que
pour tout x différent de 0, f(x) = 0. Comme f est continue en 0, on en déduit que f = 0. On a
donc ker(u) = {0} et u est injective.
D'autre part, soit g ∈ E telle que g(x) = 1 pour tout x ∈ R. Alors g n'est pas un certain u(f). En
effet, si c'était le cas, on aurait xf(x) = g(x) = 1 pour tout x ∈ R, en particulier, en x = 0,
0 = 1. Donc u n'est pas surjective.
Ceci illustre que E n'est pas de dimension finie, puisque u est injective, mais n'est pas surjective.
Enoncé
Soit E l’espace vectoriel des applications de R dans R. On note L : E → E l’application qui à f ∈ E
associe L(f) définie par L(f) : x ↦ f(x) − f(−x).
Indication
1.
:
2. Démontrer que l'image est l'ensemble des fonctions impaires.
3.
Corrigé
1. Laissé au lecteur!
2. Le noyau de L est l'ensemble des fonctions f qui vérifient, pour tout x ∈ R,
f(−x) = f(x) : c'est donc l'ensemble des fonctions paires. On va prouver que l'image de L
est l'ensemble des fonctions impaires. D'une part, soit g dans l'image de L, autrement dit il
existe f ∈ E tel que, pour tout x ∈ R, g(x) = f(x) − f(−x). Alors
et donc g est impaire. Réciproquement, soit g une fonction impaire, et posons f = g/2.
Alors, pour tout x ∈ R,
Exercice 22 - Avec des polynômes [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Montrer que f : R[X] → R[X], P ↦ P − XP ′ est une application linéaire. Déterminer son noyau et
son image.
Indication
Prendre un polynôme P et l'écrire P (X) = ∑nk=0 ak X k . Calculer P − XP ′ en fonction des
coefficients ak . En déduire le noyau. Pour le calcul de l'image, prendre un polynôme Q = ∑k bk X k
et écrire qu'il est égal à P − XP ′ . Quelle condition sur bk apparait? Montrer qu'elle est aussi
suffisante.
Corrigé
Soient P , Q ∈ R[X] et λ ∈ R. Alors
f est bien une application linéaire. De plus P est dans ker(f) si et seulement si
Ainsi,
P − XP ′ = 0. Ecrivons P (X) = ∑nk=0 ak X k . Alors on a :
n
P − XP ′ = ∑(ak − kak )X k + a0 .
k=1
( ) =0 (1 − ) = 0 1
:
On en déduit que la suite (ak ) vérifie a0 = 0 et ak (1 − k) = 0 pour k allant de 1 à n. Ainsi,
ak = 0 pour k ≠ 1, la valeur de a1 étant quelconque. On en déduit que ker(f) = vect(X).
Q ∈ R[X]. Si Q = ∑m
D'autre part, soit k=0 k
b X k est élément de Im(f), il existe
P = ∑nk=0 ak X k tel que Q = P − XP ′ soit, d'après le calcul précédent, pour k = 0, … , n,
bk = ak (1 − k).
Enoncé
Soit E = C[X], p un entier naturel et f l'application de E dans E définie par
f(P ) = (1 − pX)P + X 2 P ′ . f est-elle injective? surjective?
Indication
f étant linéaire, il suffit de calculer son noyau et son image. On peut notamment prouver que
Im(f) ne contient pas de polynôme de degré p + 1.
Corrigé
Il est facile de vérifier que f est linéaire. Pour savoir si elle est injective, on calcule son noyau. Soit
P = ∑ni=0 ai X i un polynôme. Alors
n n n
f(P ) = ∑ ai X i − p ∑ ai X i+1 + ∑ iai X i+1
i=0 i=0 i=1
Ainsi, Im(f) ne contient pas de polynômes de degré p + 1. Donc f n'est pas surjective.
Enoncé
Soit E = R3 [X] l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à 3.
:
On définit u l'application de E dans lui-même par
u(P ) = P + (1 − X)P ′ .
Indication
Corrigé
1. Remarquons d'abord que si P ∈ E , u(P ) est bien un polynôme de degré inférieur ou égal
à 3, et donc u envoie bien E dans E . Pour montrer qu'il s'agit d'un endomorphisme, on doit
prouver que u est linéaire. Mais, si P , Q ∈ E et λ ∈ R, on a :
On en déduit que (u(1), u(X 2 ), u(X 3 )) est une famille libre (ce sont des polynômes de
degrés différents) et que u(X) s'écrit comme combinaison linéaire de ceux-ci (on a même
u(X) = u(1)). Ainsi, ceci prouve que (u(1), u(X 2 ), u(X 3 )) est une base de Im(u).
3. Ecrivons P (X) = aX 3 + bX 2 + cX + d, et calculons u(P ) :
Ainsi, on obtient
⎧
⎪ ⎧
⎪
⎪ ⎪
−2a = 0 a = 0
⎪ 3a − b ⎪b
u(P ) = 0 ⟺ ⎨ ⟺ ⎨
= 0 = 0
⎪
⎪
⎩
⎪
2b = 0 ⎪
⎪
⎩
⎪
c = c
c+d = 0 d = −c
Ainsi, P ∈ ker(u) ⟺ ∃c ∈ R, P = c(X − 1). Une base de ker(u) est donné par le
polynôme X − 1.
4. La réunion des bases de Im(u) et ker(u) trouvées précédemment est
2 3 2
(1, − + 2 , −2 +3 , − 1)
:
(1, −X 2 + 2X, −2X 3 + 3X 2 , X − 1). Ces polynômes sont tous de degrés différents. Ils
forment une base de E . Ceci prouve que Im(u) et ker(u) sont supplémentaires.
Enoncé
Soit ϕ : R[X] → R[X], P ↦ P (X + 1) + P (X).
Indication
Corrigé
1. Remarquons d'abord que ϕ est bien un endomorphisme de Rn [X]. Puisque Rn [X] est de
dimension finie, il suffit de démontrer que ϕ est injective. Mais puisque
deg(P (X) + P (X + 1)) = deg(P (X)), le noyau de ϕ est clairement réduit à {0}. Donc
ϕ est injective, ce qui prouve que ϕ est un automorphisme de Rn [X].
2. Bien entendu, ϕ, même considérée en tant qu'endomorphisme de R[X], reste injective.
Reste à montrer qu'elle est surjective. Comme R[X] est de dimension infinie, on ne peut plus
utiliser le théorème du rang. Cependant, soit Q ∈ R[X]. Alors il existe n ≥ 0 tel que
Q ∈ Rn [X]. Puisque ϕ est un automorphisme de Rn [X], il existe P ∈ Rn [X] tel que
Q = ϕ(P ). Donc ϕ est surjective (même considérée comme un endomorphisme de R[X])!
Enoncé
automorphisme de Rn [X].
Indication
1. Le terme de plus bas degré de chaque Bk est X k . Dans une relation de liaison
λ0 B0 + ⋯ + λn Bn = 0, commencer par prouver que λ0 = 0.
2. Calculer le noyau de ϕ.
Corrigé
1. Remarquons d'abord que la famille (B0 , … , Bn ) est une famille de n + 1 vecteurs dans
+1 R [ ]
:
un espace de dimension n + 1. Elle forme donc une base de Rn [X] si et seulement si elle est
libre. D'autre part, le point clé est que le terme de plus bas degré de Bk est X k (il n'y a pas
de termes en X k−1 , etc...).
Procédons par l'absurde et supposons que la famille (B0 , … , Bn ) est liée. Soit λ0 , … , λn
des réels, non tous nuls, tels que λ0 B0 + ⋯ + λn Bn = 0. Soit k le plus petit entier tel que
λk ≠ 0. Alors, le terme de degré k de λ0 B0 + ⋯ + λn Bn est λk X k . Il doit être nul, et
donc λk doit être égal à 0, ce qui est une contradiction.
Donc la famille (B0 , … , Bn ) est libre : c'est une base de Rn [X].
2. Puisque Rn [X] est de dimension finie, et que ϕ est clairement un endomorphisme de
Rn [X], il suffit de démontrer que ϕ est injective. Soit P ∈ ker(ϕ). Alors on a
n
∑ ( )P ( ) Bk = 0.
n k
k n
k=0
Indication
Corrigé
Le degré de(X + 1)k − X k est égal à k − 1, sauf si k = 0 car dans ce cas on a affaire au
polynôme nul. En particulier, si P est de degré d, P (X) = ad X d + ⋯ + a0 , alors
Ainsi, on a Im(ϕ) ⊂ Rn−1 [X] et dim (Im(ϕ)) = dim(Rn−1 [X]). Ces deux sous-espaces
vectoriels sont donc égaux. Remarquons que ce serait beaucoup plus difficile à démontrer sans le
théorème du rang.
Indication
1.
2. Utiliser le théorème du rang pour déterminer Im(f).
3.
Corrigé
Le coefficient devant X p est nul (il vaut 1+1-2), celui devant X p−1 aussi, et celui devant
X p−2 vaut p(p − 1). Ainsi, si p ≥ 2, le degré de f(X p ) est p − 2. Sinon, f(X p ) est le
polynôme nul. On en déduit, par linéarité, que f(P ) est de degré deg(P ) − 2 si
deg(P ) ≥ 2, et est le polynôme nul sinon. Ainsi, ker(f) = R1 [X]. Par le théorème du rang,
dim(Im(f)) = n + 1 − 2 = n − 1. De plus, on a vu que Im(f) ⊂ Rn−2 [X]. C'est donc
que Im(f) = Rn−2 [X].
3. Soit G = {P ∈ Rn [X]; P (0) = P ′ (0) = 0}. Alors G est un sous-espace vectoriel de
Rn [X]. On vérifie facilement que, pour P (X) = an X n + ⋯ + a0 ,
P ∈ G ⟺ a0 = a1 = 0, et donc une base de G est (X 2 , X 3 , … , X n ). Ainsi, G est de
dimension n − 1. Notons g : G → Im(f), P ↦ f(P ). g est injective, car
G ∩ ker(f) = {0}. De plus, dim(G) = dim(Im(f)). Ainsi, g est une bijection de G sur
Im(f). Ceci prouve le résultat.
Enoncé
Démontrer que, pour tout n ≥ 0, pour tout P ∈ Rn [X], il existe un unique Q ∈ Rn [X] tel que
n
P = ∑k=0 Q(k) .
Indication
Traduire cet exercice par le fait qu'une application linéaire doit être un isomorphisme. Utiliser les
outils d'algèbre linéaire pour prouver que c'est un isomorphisme.
Corrigé
Considérons E = Rn [X] et ϕ ∈ L(E) définie par ϕ(Q) = ∑nk=0 Q(k) (il est facile de vérifier que
ϕ est linéaire). Le but de l'exercice est de démontrer que ϕ est bjective. Etant une application
linéaire entre deux espaces de même dimension finie, il suffit de prouver que ϕ est injective, ou
encore que son noyau est réduit au polynôme nul. Mais si Q n'est pas le polynôme nul, il est clair que
( )
:
ϕ(Q) a même degré que Q, et le même coefficient dominant. On en déduit que
ϕ(Q) = 0 ⟹ Q = 0. ϕ est bijective.
Indication
1.
2. Pour démontrer que A et B sont premiers entre eux, utiliser le théorème de Bézout. Pour
la réciproque, il suffit de démontrer que ϕ est injective.
Corrigé
ce qui donne
Mais ϕ(P1 ) + λϕ(P2 ) est de degré inférieur ou égal à n, et donc c'est le reste de la division
euclidienne de A(P1 + λP2 ) par B. Autrement dit,
et ϕ est linéaire.
2. Supposons ϕ bijective. Alors ϕ est surjective, et il existe P ∈ Rn [X] tel que ϕ(P ) = 1.
Ainsi, on obtient deux polynômes P et Q tels que
AP − BQ = 1.
D'après le théorème de Bézout, on en déduit que A et B sont premiers entre eux.
Réciproquement, puisque ϕ est un endomorphisme d'un espace de dimension finie, il suffit de
prouver que ϕ est injective sous l'hypothèse que A et B sont premiers entre eux. Mais si
ϕ(P ) = 0, il existe un polynôme Q tel que
AP = BQ.
Par le théorème de Gauss, puisque A ∧ B = 1, B|P . Mais comme le degré de B est n + 1 et
que P est de degré inférieur ou égal à n, P = 0. Donc ϕ est injective, d'où bijective.
Exercice 31 - Application aux polynômes [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
:
Le but de cet exercice est l'étude de l'application ∆ définie sur R[X] par
(∆P )(X) = P (X + 1) − P (X).
1. Question préliminaire : Soit (Pn ) une famille de R[X] telle que pour chaque n,
deg(Pn ) = n. Prouver que (Pn ) est une base de R[X].
2. Montrer que ∆ est une application linéaire. Calculer son noyau et son image.
3. Montrer qu'il existe une unique famille (Hn )n∈N de R[X] vérifiant, pour tout n ≥ 1,
∆(Hn ) = Hn−1 , Hn (0) = 0 et telle que H0 = 1. Montrer que (Hn ) est une base de R[X].
4. Soit P ∈ Rp [X]. Montrer que P peut s'écrire
p
P = ∑(∆n P )(0)Hn .
n=0
n n
5. Montrer que l'on a (∆n P )(0) = ∑k=0 (−1)n−k ( k )P (k).
X(X−1)…(X−n+1)
6. Montrer que pour tout n ≥ 1, Hn = n!
.
7. En déduire que, pour tout polynôme P de degré p, les assertions suivantes sont
équivalentes :
7.1. P prend des valeurs entières sur Z.
7.2. P prend des valeurs entières sur {0, … , p}.
7.3. Les coordonnées de P dans la base (Hn ) sont des entiers.
7.4. P prend des valeurs entières sur p + 1 entiers consécutifs.
Indication
1. Montrer d'abord que c'est une famille libre. Pour prouver que c'est une famille génératrice,
il faut prouver que tout polynôme de degré p est combinaison linéaire de P0 , … , Pp .
Simplifier le problème en prouvant que (P0 , … , Pp ) est une base de Rp [X], en utilisant un
résultat spécifique à la dimension finie.
2. La linéarité ne pose pas de problèmes. Montrer que le noyau est l'ensemble des polynômes
constants, en calculant par exemple le coefficient dominant de ∆P , puis que l'image est
R[X] tout entier, en construisant une famille de polynômes à degré étagés dans l'image.
3. En posant E = {P ∈ R[X]; P (0) = 0}, montrer que E est un supplémentaire de
ker(∆). L'existence et l'unicité viennent alors du résultat de la question précédente (on
pourra procéder par récurrence). Quel est le degré de Hn ?
4. Utiliser d'abord le fait que (Hn ) est une base. Calculer ensuite ∆n P .
5. Calculer par récurrence, ou par la formule du binôme, (∆n P )(X), puis évaluer en 0.
6. Vérifier que la famille donnée satisfait aux conditions qui définissent de façon unique la
suite (Hn ).
7. Prouver d'abord l'équivalence des 3 premiers points. Pour montrer l'équivalence avec le
4ième, utiliser un changement de variables pour ramener iv. à ii. pour un autre polynôme!
Corrigé
1. Pour montrer que la famille est libre, il suffit de prouver que toute sous-famille finie est
libre ou encore que, pour tout p, la famille (P0 , … , Pp ) est libre. Imaginons que l'on ait une
relation de liaison α0 P0 + ⋯ + αp Pp = 0, où l'un au moins des αi est non nul. Soit q le
plus grand des i pour lequel αi ≠ 0. Alors, le polynôme α0 P0 + ⋯ + αq Pq est de degré q,
et en même temps il est nul : c'est bien sûr une contradiction. La famille (Pn ) est donc libre.
D'autre part, fixons un p ≥ 0 et Q un polynôme de degré p. Puisque (P0 , … , Pp ) est une
R [ ] +1
:
famille libre de Rp [X] qui est de dimension p + 1, elle en est une base. Ainsi, Q peut s'écrire
α0 P0 + ⋯ + αp Pp , ce qui prouve que la famille (Pn ) est génératrice : c'est donc une base
de R[X].
2. La linéarité ne pose pas de problèmes. D'autre part, si le terme dominant de P est αn X n ,
le terme dominant de ∆(P ) est αn × nX n−1 . Ainsi, ∆P = 0 si et seulement P ∈ R0 [X]
(ie si P est un polynôme constant). D'autre part, posons pour n ≥ 0 Pn = ∆(X n+1 ). La
famille (Pn ) est une famille de polynômes à degrés étagés. En outre, cette famille est
contenue dans Im(∆). On a donc, d'après le résultat de la question préliminaire,
R[X] = vect(Pn ; n ≥ 0) ⊂ Im(∆). Ceci prouve que ∆ est surjective.
3. On note E = {P ∈ R[X]; P (0) = 0}. E est un supplémentaire de R0 [X] dans R[X].
Ainsi, ∆ induit un isomorphisme de E sur R[X]. On montre alors l'existence et l'unicité de
Hn par récurrence sur n, le cas n = 0 étant donné par l'énoncé. Supposons (H0 , … , Hn−1 )
uniquement construits. Alors, la remarque précédente fait qu'il existe un unique Hn de E tel
que ∆(Hn ) = Hn−1 . On montre alors facilement par récurrence que pour chaque n,
deg(Hn ) = n (cela vient du fait que deg(∆(P )) = deg(P ) − 1 si P n'est pas un polynôme
constant. D'après le résultat de la question préliminaire, (Hn ) forme une base de R[X].
4. Puisque (Hn ) est une base de R[X], il existe des réels α0 , … , αp tels que
P = α0 H0 + ⋯ + αp Hp . Calculons ∆n (P ), sachant que ∆n (Hk ) = Hk−n si n ≤ k,
∆n (Hk ) = 0 sinon. On obtient donc :
∆n P = αn H0 + ⋯ + αp Hp−n .
∆n P (0) = αn .
5. On va montrer que
n
(∆n P )(X) = ∑(−1)n−k ( )P (X + k),
n
k
k=0
( )∈Z ∈Z
:
que P (a) ∈ Z pour tout a ∈ Z, et on a prouvé l'équivalence des 3 premiers points.
Démontrons enfin que la dernière proposition est équivalente aux trois premières. I est clair
que i. ⟹ iv. Réciproquement, si P prend des valeurs entières sur {a, … , a + p}, alors
Q(X) = P (X + a) prend des valeurs entières sur {0, … , p}, et par l'équivalence des 3
premiers points, Q prend des valeurs entières sur Z tout entier. Il en est de même pour P .
Mathématicien du mois