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Inégalités de convexité et fonctions convexes

Ce document traite de la convexité dans les espaces vectoriels et des fonctions convexes. Il définit notamment les notions de barycentre, de partie convexe, d'enveloppe convexe, de fonction convexe et concave. Il énonce plusieurs propriétés et théorèmes sur ces notions comme l'associativité du barycentre, la caractérisation des parties convexes, l'inégalité de Jensen ou la caractérisation des fonctions convexes par leur dérivée.

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Inégalités de convexité et fonctions convexes

Ce document traite de la convexité dans les espaces vectoriels et des fonctions convexes. Il définit notamment les notions de barycentre, de partie convexe, d'enveloppe convexe, de fonction convexe et concave. Il énonce plusieurs propriétés et théorèmes sur ces notions comme l'associativité du barycentre, la caractérisation des parties convexes, l'inégalité de Jensen ou la caractérisation des fonctions convexes par leur dérivée.

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MP∗ 22-23

Convexité

I. Barycentres, parties convexes


K désigne le corps R ou C. Soit E un K-espace vectoriel.

1. Barycentres
p
Soit p ∈ N∗ . Soit (ai )1≤i≤p ∈ E p . Soit (λi )1≤i≤p ∈ Rp . On note s =
P
λi ∈ R. On suppose: s ̸= 0.
i=1 p
Définition le barycentre des points pondérés (a1 , λ1 ), . . . , (ap , λp ) est par définition: g = 1s
P
λi ai ∈ E.
i=1
Associativité du barycentre le barycentre d’une famille finie de points pondérés est inchangé si l’on remplace
une sous-famille par son barycentre, pondéré par la somme (supposée non nulle) des coefficients.
Preuve
Calcul immédiat par définition du barycentre.

2. Parties convexes
Définition soit (a, b) ∈ E 2 , le segment [a, b] est par définition la partie de E: [a, b] = { (1 − t)a + tb, t ∈ [0; 1] }
(c’est l’ensemble des barycentres des points a et b affectés de coefficients dans R+ et ainsi: [a, b] = [b, a]).
Cas particulier soit (a, b) ∈ R2 tel que a ≤ b, alors [a, b] = { x ∈ R / a ≤ x ≤ b } = [a; b] (segment réel).
Définition soit A une partie de E, on dit que la partie A est convexe si pour tout (a, b) ∈ A2 , [a, b] ⊂ A.
Proposition soit A une partie de E, alors la partie A est convexe si et seulement si elle est stable par barycen-
tration à coefficients dans R+ .
Preuve
L’implication indirecte est vraie et l’implication directe découle de l’associativité du barycentre.
Définition on appelle intervalle réel toute partie I de R vérifiant: ∀(a, b) ∈ I 2 , ∀x ∈ R, a ≤ x ≤ b ⇒ x ∈ I.
Proposition les parties convexes de R sont exactement les intervalles réels.

II. Fonctions convexes


Soit I un intervalle réel non trivial.

1. Fonctions convexes, fonctions concaves


Définitions soit f une fonction de I dans R, on dit que la fonction f est convexe (concave) sur I si elle vérifie
la propriété: ∀(x, y) ∈ I 2 , ∀λ ∈ [0; 1], f ((1 − λ)x + λy) ≤ (1 − λ)f (x) + λf (y) (cela signifie que la corde qui relie

deux points quelconques du graphe de la fonction f est située au-dessus (en-dessous) de celui-ci).

Fonction convexe. Fonction concave.

Définition soit f une fonction de I dans R, l’épigraphe (l’hypographe) de la fonction f est par définition
l’ensemble des points de R2 situés au-dessus (en-dessous) du graphe de la fonction f :
Epi(f ) = { (x, y) ∈ R2 / x ∈ I et y ≥ f (x) } (Hypo(f ) = { (x, y) ∈ R2 / x ∈ I et y ≤ f (x) }).
Proposition soit f une fonction de I dans R, alors la fonction f est convexe (concave) sur I si et seulement si
Epi(f ) (Hypo(f )) est une partie convexe du R-espace vectoriel R2 .
Inégalité de Jensen soit f une fonction convexe (concave) de I dans R, soit n ∈ N∗ ,
n Pn  P n
n
soit (x1 , . . . , xn ) ∈ I n , soit (λ1 , . . . , λn ) ∈ (R+ ) tel que
P
λi = 1, alors f λi xi ≤ λi f (xi ).
i=1 i=1 ≥ i=1
Preuve | {z }
∈I
Par récurrence sur n ∈ N∗ en utilisant l’associativité du barycentre.

1
Théorème (caractérisation des fonctions convexes (concaves) par l’inégalité des pentes) soit f ∈ F(I, R),
ˆ si la fonction f est convexe (concave) sur I, alors, pour tout (x, y, z) ∈ I 3 tel que x < y < z, on a les inégalités:
f (y) −f (x) −f (x) −f (y)
y−x ≤ f (z)z − x ≤ f (z)z − y .
≥ ≥
ˆ inversement, si l’une des trois inégalités précédentes est vraie pour tout (x, y, z) ∈ I 3 tel que x < y < z,
alors la fonction f est convexe (concave) sur I.
Conséquence soit f une fonction convexe (concave) de I dans R, soit x0 ∈ I,
I \ {x0 } → R
alors la fonction pente (taux d’accroissement) Tx0 : −f (x0 ) est croissante (décroissante) sur I \{x0 }.
x 7→ f (x)x − x0

Théorème (caractérisation des fonctions convexes (concaves) parmi les fonctions dérivables)

soit f une fonction continue de I dans R, dérivable sur I , alors la fonction f est convexe (concave) sur I si et

seulement si sa fonction dérivée f ′ est croissante (décroissante) sur I ,
dans ce cas, le graphe de la fonction f est situé au-dessus (en-dessous) de chacune de ses tangentes.
Preuve
• L’implication directe est donnée par le théorème précédent et la définition de la dérivée.
L’implication indirecte est donnée par le théorème précédent et le théorème des accroissements finis.
• Dans ce cas, on étudie les variations, puis le signe, de la fonction différence.

file=[Link]
Fonction convexe. Fonction concave.

2. Inégalités de convexité
Proposition
ˆ pour tout x ∈ [0; π2 ], π2 x ≤ sin x ≤ x.
ˆ pour tout x ∈ [0; π2 [, tan x ≥ x.
ˆ pour tout x ∈ R, ex ≥ 1 + x.
ˆ pour tout x ∈ R∗+ , ln x ≤ x − 1.
Preuve
On utilise la définition d’une fonction convexe (concave) et le théorème de caractérisation des fonctions convexes
(concaves) parmi les fonctions dérivables.
n
Q  n1 n
n
Inégalité arithmético-géométrique soit n ∈ N∗ , soit (a1 , . . . , an ) ∈ (R+ ) , alors ai ≤ n1
P
ai .
i=1 i=1
Preuve
Cela découle de l’inégalité de Jensen et de la concavité de la fonction ln.

2
III. Exercices d’acquisition du cours
Paragraphe I.1.
1. Montrer que les trois médianes d’un triangle sont concourantes.

Paragraphe I.2.
2. Soit E un R-espace vectoriel. Soit A une partie non vide de E. On appelle enveloppe convexe de la partie A
l’ensemble Conv(A) des barycentres à coefficients dans R+ d’éléments de A.
a. Montrer que Conv(A) est la plus petite partie convexe de E contenant A.
b. Que peut-on dire de l’enveloppe convexe d’une partie finie non vide d’un plan vectoriel réel ?

c. Soit P ∈ C[X] non constant. Décomposer la fraction rationnelle PP en éléments simples dans C(X).
En déduire que les racines de P ′ appartiennent à l’enveloppe convexe des racines de P (dans le plan complexe).
d. Soit P ∈ R[X] non constant.
i. Montrer que si le polynôme P est scindé dans R[X] à racines simples, alors le polynôme dérivé P ′ l’est aussi.
ii. Montrer que si le polynôme P est scindé dans R[X], alors le polynôme dérivé P ′ l’est aussi. On donnera deux
méthodes (une méthode utilisant 2.c. et une méthode directe).
iii. Montrer que si le polynôme P est scindé dans R[X], alors pour tout α ∈ R, le polynôme P ′ + αP l’est aussi.

Paragraphe II.1.
3. Soit I un intervalle réel non trivial. Soit f une fonction de I dans R.
a. Montrer que f est convexe (concave) sur I si et seulement si Epi(f ) (Hypo(f )) est une partie convexe de R2 .
b. En déduire une nouvelle preuve de l’inégalité de Jensen pour une fonction convexe (concave).

ln x
4. On considère la fonction f de R+ dans R définie par: ∀x ∈ R+ , f (x) = x−1 si x ̸= 1
∗ ∗
1 si x = 1.
a. Montrer que la fonction f est continûment dérivable sur R∗+ et préciser f ′ (1), ainsi que la position locale du
graphe de la fonction f par rapport à sa tangente au voisinage du point d’abscisse 1.
b. Montrer, sans calcul, que la fonction f est décroissante sur R∗+ .
c. Tracer le graphe de la fonction f .

Paragraphe II.2.
n a1 a2 an−1 an
5. Soit n ∈ N∗ . Soit (a1 , . . . , an ) ∈ (R∗+ ) . Etablir l’inégalité: a2 +a3 + ... + an + a1 ≥ n.
∗ n n
6. Soit n ∈ N . Soit (a1 , . . . , an ) ∈ (R+ ) . Soit (b1 , . . . , bn ) ∈ (R+ ) .
a. On considère la fonction f de R dans R définie par: ∀x ∈ R, f (x) = ln(1 + ex ).
Montrer que la fonction f est convexe sur R.
 Q n  n1 n
 Q  n1
b. Etablir l’inégalité: 1 + ak ≥ 1+ ak .
k=1
 Qn  n1 k=1
n
Q  n1  Q n  n1
c. En déduire l’inégalité: ak + bk ≥ ak + bk .
k=1 k=1 k=1
7. Soit n ∈ N∗ . On note ⟨ , ⟩ le produit scalaire usuel sur Rn . n
P 1
p p
Pour tout p ∈ ]1; +∞[, on pose, pour tout x = (xi )1≤i≤n ∈ Rn : ∥x∥p = |xi | .
i=1
1 1 up vq
a. Soit (p, q) ∈ ]1; +∞[2 tel que 2
p + q = 1. Soit (u, v) ∈ (R+ ) . Etablir l’inégalité de Young: uv ≤ p + q .
1 1
b. Soit (p, q) ∈ ]1; +∞[2 tel que n 2
p + q = 1. Soit (x, y) ∈ (R ) . Prouver l’inégalité de Hölder: |⟨x, y⟩| ≤ ∥x∥p ∥y∥q .
Indication: on commencera par le cas ∥x∥p = ∥y∥q = 1.
c. En déduire que pour tout p ∈ ]1; +∞[, l’application ∥ ∥p est une norme sur le R-espace vectoriel Rn .

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