Cryptographie par chaos et oscillateurs RF
Cryptographie par chaos et oscillateurs RF
THÈSE
présentée à
pour obtenir le
SYSTEME D’INTERFERENCES
RADIOFREQUENCES POUR LA CRYPTOGRAPHIE
PAR CHAOS APPLIQUEE AUX TRANSMISSIONS
HERTZIENNES
par
Aurélien PALLAVISINI
Introduction 1
Annexes 169
Bibliographie 191
Introduction
L’histoire des télécommunications est liée à la fois à l’évolution des sciences physiques,
mais aussi à des besoins liés à l’évolution de la société [1]. Depuis l’antiquité, l’homme n’a
cessé de chercher les différents moyens (parole, geste de la main, signaux de fumée, tam-
tam, document écrit...) pour transmettre un message à son correspondant, et donc pour
communiquer. Ainsi, l’être humain, à travers les époques successives, a fourni ses efforts
intellectuels aussi bien que physiques afin de découvrir des méthodes de communication
adéquates.
C’est en 1790 que le physicien Claude Chappe présente, à la nouvelle assemblée natio-
nale, un projet d’une ligne permanente de télégraphe optique. L’idée de Chappe n’est pas
d’associer un signal à une lettre mais à un mot ou à une expression. En 1794, la première
ligne télégraphique optique fut créée entre Paris et Lille.
Contrairement aux premiers inventeurs du télégraphe, l’américain Samuel Morse est un
scientifique. Il recherche un système simple et pratique. Son télégraphe exécute des signaux
codés à l’aide d’un levier à ressort actionné à la main. Celui-ci, en fermant ou en ouvrant
un circuit, provoque dans l’appareil récepteur des signaux identiques. Le code est composé
seulement de deux éléments (un signal court, un signal long), la combinaison de quatre
d’entre eux suffit pour constituer les lettres de l’alphabet. En 1839, l’anglais William
Cooke installe sa première ligne de télégraphe électrique. La vitesse de transmission de
280000 milles par seconde (celle de l’électricité), doit permettre une transmission dans le
monde entier. La liaison trans-manche sera installée en 1851 grâce à une technique, mise
au point par l’allemand Siemens, permettant d’isoler un câble électrique en milieu marin.
Il faudra attendre quinze ans pour qu’une liaison transatlantique soit opérationnelle. Cette
opération s’est effectuée grâce au plus grand paquebot de l’époque sur lequel fut chargé
un câble de 4000 km.
Comme pour de nombreuses inventions, la TSF a bénéficié des découvertes de diffé-
rentes personnes :
– Le physicien anglais Olivier Lodge construit en 1894 un récepteur d’ondes hert-
ziennes avec un tube à limaille.
– Le physicien français Edouard Branly mène des recherches sur les corps conducteurs
et étudie l’évolution de la conductibilité en fonction de différents rayonnements
2 Introduction
La théorie du chaos a été reconnue, d’un point de vue médiatique, en tant que telle à
partir des années 1960 grâce aux travaux d’un certain nombre de chercheurs (dont Lorenz),
et grâce à l’émergence de nouveaux outils de calculs (ordinateurs). Ainsi, un système chao-
tique est un système complexe, régi par un certain nombre de lois déterministes (comme
celles de la météorologie par exemple), dépendant de plusieurs paramètres, et dont la
caractéristique d’ensemble fondamentale est son extrême sensibilité aux conditions ini-
tiales [5]. Le comportement de tels systèmes est imprévisible, bien que leurs composantes
soient gouvernées par des lois simples, connues, déterministes. Les méthodes théoriques
et mathématiques sont souvent complexes et partiellement efficaces pour la prévision de
tels systèmes ; on en est parfois réduit à tenir compte de la statistique, du seul calcul des
probabilités pour analyser des comportements chaotiques.
Les deux points que sont le chaos et la transmission hertzienne évoqués précédem-
ment peuvent être réunis pour donner naissance à la cryptographie par chaos. Celle-ci a
pour but de masquer dans un pseudo-bruit d’origine chaotique un message d’information,
pour parer aux éventuelles attaques et piratages qui sont en constante progression depuis
quelques années. La cryptographie par chaos est un principe de cryptographie à clés se-
crètes. La connaissance de celles-ci est indispensable de chaque coté de la transmission
pour le chiffrement/masquage et le déchiffrement. Le système décrit tout au long de ce
manuscrit est un oscillateur permettant de générer un signal dont la fréquence, bien que
Introduction 5
déterministe, possède une évolution pseudo-aléatoire car chaotique. Ce signal est la por-
teuse de notre modulation en fréquence qui va masquer le signal d’information. De plus, le
fait d’utiliser une porteuse chaotique en modulation de fréquence rend le système proposé
compatible avec un grand nombre d’applications actuelles de ce format de modulation.
Bonne lecture. . .
Chapitre 1
1.1 Introduction
Ce premier chapitre a pour objectif de donner une introduction générale sur les com-
portements dynamiques non linéaires et leur application à la sécurisation de l’information.
Il commencera par une présentation des systèmes dynamiques linéaires, sur la base d’os-
cillateurs électroniques classiques et de leurs conditions de démarrage des oscillations.
La limitation de l’amplitude de ces oscillations nous amènera assez naturellement aux
phénomènes non linéaires, qui seront également décrits sur la base d’autres exemples élec-
troniques. Une classe particulière d’oscillateurs non linéaires directement concernée par ce
travail de thèse sera ensuite décrite : les dynamiques non linéaires à retard. Une étude des
solutions dynamiques d’un modèle simplifié de ces dynamiques à retard, le modèle discret,
nous permettra de mettre en évidence la richesse de comportements possibles en fonction
de la valeur de certains paramètres. Après cette approche ciblée sur des exemples précis,
nous évoquerons un certains nombres d’outils mathématiques utiles dans l’analyse et la
compréhension des divers comportements dynamiques (des oscillations périodiques aux ré-
gimes chaotiques), qui seront effectivement rencontrés dans la suite. Nous finirons ensuite
en essayant de montrer le lien entre oscillations chaotiques et systèmes de communication.
8 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
A(p)
H(p) = (1.1)
1 + A(p) B(p)
Le système n’oscillera que sous certaines conditions. Si A(p) B(p) = −1, le dénomi-
nateur s’annule et la fonction de transfert devient infinie, ce qui peut s’interpréter en
considérant que la tension de sortie est non nulle alors que la tension d’entrée est nulle.
Dans certaines circonstances uniquement, cet ensemble peut constituer un oscillateur. En
effet, un amplificateur opérationnel avec son entrée inverseuse à la masse et rebouclé sur
son entrée non-inverseuse rentre par exemple dans ces conditions d’instabilité mais ne
constitue pas, pour autant, un oscillateur. La tension de sortie se sature à +Vsat et le
système est stable (d’un point de vue électrique). Ceci est dû au fait que les conditions
d’instabilité sont vérifiées à fréquence nulle. L’appellation générale d’oscillateur n’inclut
pas ce type de comportement. Les conditions d’instabilité sont les conditions limites de
démarrage des oscillations de Barkhausen (1.2) .
|A(p) B(p)| > 1
(1.2)
arg[A(p)] + arg[B(p)] = (2 k + 1)π
1.2. Systèmes linéaires, exemples 9
Nous pouvons remarquer l’influence de variations des gains |A(p)| et |B(p)| en sup-
posant que les conditions de Barkhausen soient vérifiées pour la phase à la pulsation ω0 .
Le signal s(t) correspond à la sortie du système oscillant.
(a) Spectre du signal aprés amplification (b) Spectre du signal après filtrage
Ainsi, pour qu’un signal oscillant puisse apparaître, il est nécessaire que le système
vérifie pour une certaine pulsation ω0 :
−gm Req
G(j ω) = (1.5)
(−L C3 ω2 + 1) + j Req [(C2 + C3 ) ω − L C2 C3 ω 3 ]
En annulant la partie imaginaire de l’équation (1.5), nous pouvons extraire la fréquence
d’oscillation :
1 1 1
[G(ω)] = 0 ⇒ ωosc = + (1.6)
L C2 C3
La fréquence d’oscillation est bien la fréquence d’accord de la self accordée par les
deux condensateurs en série. En définissant la valeur du gain à la fréquence d’oscillation,
nous pouvons obtenir le gain qui est la condition limite d’oscillation :
gm Req C2
G(ωosc ) = (G(ωosc )) = ≥1 (1.7)
C3
Il faut bien noter que ce résultat ne donne aucune information sur l’amplitude du signal
fourni. Il est, en pratique, complètement irréaliste. En effet, cette amplitude ne peut être
limitée que par les non-linéarités des composants : un oscillateur est nécessairement non
linéaire. Dans le cas général, le calcul exact du comportement du circuit est très difficile.
Une solution approchée est possible lorsque le circuit résonant B(j ω) est un passe-bande
très sélectif. Il s’agit, dans ce cas là, d’appliquer la méthode dite du premier harmonique.
Si l’amplificateur reçoit à son entrée un signal sinusoïdal d’amplitude v1 = a cos(ω t),
il délivre en sortie un signal v2 = ∞n=0 bn cos(ωn t + ϕn ).
Pour une faible amplitude du signal v1 , le signal v2 se limite à son fondamental (bn = 0
pour n ≥ 2) et le quotient des nombres complexes associés G = b/a ejϕ est le gain de
l’amplificateur.
Lorsque l’amplitude du signal d’entrée est élevée, des harmoniques s’ajoutent au fon-
damental du signal de sortie engendrant un taux de distorsion assez important. Le premier
terme, qui est le fondamental, est souvent appelé premier harmonique. Le gain au premier
harmonique peut alors être défini :
12 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
b1 j ϕ1
A1 = e (1.8)
a
Lorsque le niveau du signal d’entrée augmente, le signal de sortie se rapproche de
plus en plus d’un signal rectangulaire dont l’amplitude b1 du fondamental n’augmente
plus. Le gain au premier harmonique diminue donc de plus en plus. Cette notion peut
être appliquée aux oscillateurs si le circuit de contre-réaction (B(j ω) dans notre cas) est
suffisamment sélectif.
Dans le cas où v1 est purement sinusoïdal, le premier harmonique en sortie de l’ampli-
ficateur a comme amplitude complexe [A1 (a, ω) a]. Cette composante est la seule qui soit
amplifiée par le circuit de réaction qui est passif, donc linéaire, et de gain β(ω). Le signal
à sa sortie est a A1 (a, ω) β(ω) = a. La condition d’oscillation s’écrit donc :
Cette méthode ne donne de bons résultats que si le quadripôle de réaction est très
sélectif et, est finalement d’un intérêt limité.
1 − τ1 τ 2 ω 2
arctan + ωT = 2kπ (1.10)
(τ1 + τ2 ) ω
avec k ∈ ℵ. Le nombre de solution de l’équation précédente est infinie et c’est la
condition de gain qui va permettre de limiter le nombre de fréquences d’oscillation (fig.1.6).
Toutefois, les solutions et la condition de phase sont très denses sur l’axe des pulsations si
le retard est important. Un filtrage extrêmement sélectif est alors nécessaire pour forcer
une oscillation monomode à une seule pulsation.
Le retard temporel est un élément indispensable à la génération de signaux hyperchao-
tiques. Ce décalage temporel va entraîner un effet du passé «lointain» sur la prédiction
du futur «proche» . L’un des phénomènes typiques causé par le retard, notamment dans
les asservissements, est l’apparition d’oscillations amorties ou entretenues à l’origine de
l’instabilité du système [7]. Un retard provoque, en effet, un fort déphasage, qui est une
cause importante d’instabilité dans les systèmes bouclés.
Nous allons sommairement rappeler le problème du retard dans les systèmes de contrôle
ou simplement dans les systèmes électroniques connus qui sont à l’origine stable.
Beaucoup de systèmes réels présentent un retard entre l’entrée et la sortie, comme par
exemple les systèmes asservis (fig.1.7). La fonction de transfert entre l’entrée et la sortie
est analytiquement simple dans le domaine de Laplace :
S(p) G e−T p
H(p) = = (1.11)
E(p) 1 + G e−2 T p
14 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
Dans l’exemple du pont de Wien (fig.1.3(b)), la stabilisation des oscillations par écrê-
tage produit un signal de sortie avec un taux de distorsion important. Pour réduire la
distorsion, une non-linéarité est introduite dans le système pour stabiliser le signal avant
saturation de l’amplificateur opérationnel. L’effet non linéaire intervient au niveau d’une
augmentation ou d’une réduction du gain (variation de la résistance globale de contre-
réaction). Ces méthodes de contrôle de l’amplitude des oscillations sont principalement
appliquées aux oscillateurs à amplificateurs opérationnels.
1.3. Systèmes et comportements fortement non linéaires 15
Fig. 1.8 – Amplificateur opérationnel mis en régime non linéaire par diodes zener
x = (x1 , x2 , . . . , xi )
(1.12)
F (x) = (f1 (x1 , x2 , . . . , xi ), f2 (x1 , x2 , ..., xi ), . . . , fi (x1 , x2 , ..., xi ))
(a) A.O. (saturation) (b) A.O. (slew rate et dépasse- (c) Diode
ment)
I = I0 exp(α V − 1) (1.13)
où α = e/(n kB T ) est une constante faisant intervenir «le facteur d’idéalité» n de la
diode, la constante de Boltzmann, et la température. Si on se limite aux petits signaux,
un développement de Taylor est possible en V :
α2 V 2
I ≈ I0 αV + + ... (1.14)
2!
En général, on peut limiter le développement jusqu’à un certain ordre, les termes
d’ordre supérieur étant négligeables pour les valeurs effectives de α et de l’amplitude de
V.
Les oscillateurs comme l’oscillateur de Van der Pol et l’oscillateur anharmonique ont
un fonctionnement basé sur un tel comportement non linéaire.
l’ensemble de ces évolutions est décrit mathématiquement par une équation différentielle
linéaire par morceaux, à 3 dimensions [9].
(a) Circuit de Chua (b) Diode de Chua (c) Non-linéarité à résistance né-
gative
La non-linéarité est réalisée par une diode de Chua. Cette oscillateur chaotique génère
un chaos de basse dimension qui peut être facilement interprétable mathématiquement
(1.15).
⎧
⎪ dVC1
⎪
⎪ C1 = R−1 (VC2 − VC1 ) − f (VC1 )
⎪
⎪ dt
⎨
dVC2
C2 = R−1 (VC1 − VC2 ) + IL (1.15)
⎪
⎪ dt
⎪
⎪
⎪ dIL
⎩ L = VC2
dt
1
f (VC1 ) = p2 VC1 + (p2 − p1 )[|VC1 + Vb | − |VC1 − Vb |] (1.16)
2
p1 et p2 sont les pentes de la non-linéarité (fig.1.10(c)).
Le signal chaotique généré par cet oscillateur peut être mathématiquement interprété
et prouve ainsi le déterminisme de l’ensemble des variations des courants et tensions
présents dans le circuit électronique.
Toutefois, le signal chaotique généré par l’oscillateur de Chua est de petite dimension
(< 3). En effet, les notions de dimension et de complexité dans cet oscillateur interviennent
à de faibles degrés. La dimension du signal chaotique augmentera de manière significative
dans les dynamiques à retard.
18 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
Cet oscillateur optique permet de générer un chaos de grande dimension par rapport
aux systèmes non linéaires dont le retard temporel était négligeable.
dφ
τ (t) + φ(t) = φN L (t) (1.17)
dt
où τ est la constante de temps du système, et φ(t) la variable dynamique du système
qui correspond à la phase optique du faisceau de sortie. La fonction non linéaire φN L (t)
est définie comme telle :
⎧
⎨φ L
N L (t) = n2 I(t)
ω
C (1.18)
⎩
I(t) = |E(t)|2 = |E0 + E(t − T ) ejφ(t−T ) |2
Le retard est réalisé par la longueur de la cavité en anneau. Les valeurs de la constante
de temps et du retard sont prises de façon à avoir T τ . L’équation différentielle non
linéaire à retard (1.17) montre que le régime chaotique adopté par le système est déter-
ministe.
Sur la base de cet exemple optique, nous pouvons proposer le synoptique plus général
de générateur de chaos à retard, permettant d’observer une dynamique chaotique de
grande dimension.
1.3. Systèmes et comportements fortement non linéaires 19
Ce synoptique met en évidence les paramètres qu’il est nécessaire de connaître pour
pouvoir analyser correctement le comportement chaotique de cet oscillateur. Il représente
un oscillateur auto-entretenu qui est qualifié d’autonome.
Les explications suivantes constituent une analyse préliminaire de stabilité, qui sera
développée plus en détails dans les paragraphes 1.4.4 et 1.4.5 traitant des phénomènes de
bifurcation. En effet, dans une première approche simplificatrice, la dynamique (1.17) et
(1.18) peut également se décrire en utilisant la relation itérative suivante :
Plusieurs types de points fixes peuvent être mis en évidence. Pour déterminer les
points fixes de la non-linéarité, nous traçons sur un même graphique la fonction non
linéaire et la première bissectrice (Y = X). Les points fixes sont mathématiquement
définis comme les solutions de l’équation X = FN L [X]. Ces valeurs sont les intersections
entre la première bissectrice et la fonction non linéaire. Cinq points fixes se trouvent sur
la figure 1.13, nous avons distingué trois types de points fixes A, B et C. Après avoir
choisi arbitrairement une condition initiale, nous allons tracer alternativement une ligne
verticale qui intercepte la fonction non linéaire puis une droite horizontale qui intercepte la
bissectrice. Cette démarche est répétée plusieurs fois pour donner la figure 1.13 à gauche,
où apparaîssentles itérés successifs de la dynamique discrète.
Un grand nombre d’itérations est nécessaire pour que les segments horizontaux et
verticaux convergent vers une valeur finale qui se confond avec le point fixe A. Ce point
fixe est de type stable à convergence spirale. La pente de la droite asymptotique à ce point
20 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
1.5
1.2
1
1.25
1.55
1.3
1.5
1.35
0.5
1.45
1.4
Y
1.4
Y
1.45 0
1.35
1.5
1.3
1.55 0.5
1.25
1.6
1.5
2
2 1.5 1 0.5 0 0.5 1 1.5 2
Le point fixe noté C est également un point fixe stable. La pente de la droite asympto-
tique de ce point est beaucoup plus faible que la précédente (le point fixe est relativement
proche de l’extremum de la fonction non linéaire) et la convergence spirale ne s’observe
de ce fait que pour de très faibles amplitudes.
Le troisième point noté B est totalement différent des deux premiers. Il s’agit d’un
point fixe instable à divergence spirale. La pente de la fonction non linéaire pour ce point
fixe est supérieure en valeur absolue à celle de la première bissectrice (pente< −1) [11].
Intuitivement, nous savons que la pente de la droite asymptotique qui va définir la
stabilité du système est liée au déphasage Φ et l’amplitude appelée β (fig.1.14).
En effet, les points A, B et C montrent très bien l’influence que peuvent avoir le
déphasage Φ et l’amplitude β. Les pentes des droites asymptotiques des points A, B et
C sont différentes et entraînent des réactions différentes lorsque le système est soumis à
une éventuelle perturbation.
– β est le gain global observé dans la boucle. Il est normal de penser que la stabilité
du système sera plus ou moins grande suivant la valeur du gain comme pour la
plupart des oscillateurs décrits dans la première partie, qu’ils soient linéaires ou non
linéaires.
– Φ est le déphasage de cette non-linéarité. Pour des variations de celui-ci, la non-
linéarité va glisser suivant l’axe des abscisses. De ce fait, les intersections entre la
courbe non linéaire et la première bissectrice seront situées sur une pente de valeur
différente entraînant un type de dynamique différent.
Le tableau 1.1 résume pour la valeur de la dérivée de la fonction non linéaire au point
fixe, les types de stabilité locale auxquels nous pouvons être confrontés.
Un nœud et un point fixe sont différents par le signe de la dérivée de la fonction non
linéaire au point fixe initial. Ensuite la valeur absolue de cette dernière définira le critère
1.3. Systèmes et comportements fortement non linéaires 21
de stabilité.
Dans le cas d’un point fixe instable, il se pose naturellement la question du régime
dynamique asymptotique que peut adopter le système (1.19).
Après plusieurs itérations permettant d’éliminer les phénomènes transitoires, nous
pourrons observer si le régime du système est stationnaire, périodique ou chaotique [12].
La figure 1.15(a) représente temporellement une évolution périodique. Celle-ci peut
être assimilée à l’état adopté par le système après une bifurcation de Hopf3 (voir les parties
1.4.4 et 1.4.5 page 31). En effet, les différentes itérations vont rejoindre successivement
deux valeurs. Il s’agit d’un cycle d’ordre 2.
3
changement de stabilité d’un point fixe lors de l’évolution d’un paramètre du système dynamique, et
22 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
(a) Cycle d’ordre 2 (φ = (b) cycle d’ordre multiple (φ = (c) Chaos (φ = 2 rd)
−0.2 rd) 1 rd)
La figure 1.15(b) adopte le même principe. Cependant, les itérations ne semblent pas
se répéter au bout de deux étapes, et le cycle est maintenant d’ordre n. Cette valeur n
caractérise le nombre d’itération de la fonction non linéaire nécessaires pour retrouver la
valeur du départ du cycle.
Enfin, la figure 1.15(c) représente une solution chaotique . Les différentes itérations
couvrent de manière dense l’ensemble de la région de l’intervalle [−1; 1].
1.5 1.5
1 1
0.5 0.5
Xi+1 0 Xi+1 0
-0.5 -0.5
-1 -1
-1.5 -1.5
-2 -2
-2 -1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2 -2 -1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2
Xi Xi
(a) α = 2 (b) α = 5
En s’inspirant de l’équation (1.19), la figure (1.16) montre la fonction non linéaire pour
le même déphasage et la même amplitude mais pour un facteur multiplicatif α différent
apparition d’une solution cyclique
1.3. Systèmes et comportements fortement non linéaires 23
Comme nous avons pu le voir dans la partie décrivant l’influence de la fonction non
linéaire, l’évolution de la trajectoire au niveau de l’élément non linéaire est traduit par
une fonction itérative qui peut être schématiquement représentée par la figure 1.17(a).
Cependant, il faut savoir que la boucle, en réalité, possède des éléments avec une
bande passante limitée (contrairement à la non linéarité par exemple, qui est amnésique
et instantanée). Il est donc nécessaire d’introduire une bande passante (fig.1.17(b)) dont
la constante de temps τ aura une influence sur la dynamique de transition des Xi observés
(fig.1.18, passage de Xi à Xi+1 ).
Suivant le type de filtrage effectué, l’évolution chaotique aura des caractéristiques
différentes. Voici les équations différentielles permettant de caractériser deux types de
filtres : un filtre passe-bas (1.20) et un filtre passe-bande (1.21).
ds
τ (t) + s(t) = e(t) (1.20)
dt
Dans l’ensemble des applications qui suivent, c’est un filtre passe-bande qui sera utilisé
pour la modélisation du fonctionnement du système.
d2 s ds de
τ1 .τ2 . 2
(t) + (τ1 + τ2 ) (t) + s(t) = (τ1 + τ2 ) (t) (1.21)
dt dt dt
24 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
Les constantes de temps haute et basse du système ont une grande influence sur la
dimension du chaos généré. Ces valeurs sont liées à la valeur du retard décrit par la suite.
En effet, l’oscillateur chaotique fonctionnera correctement si l’ensemble des conditions
suivantes sont respectées :
– Une non-linéarité ayant un nombre d’extrema et une amplitude suffisante
– une boucle de rétroaction permettant l’auto-entretien des oscillations (périodiques
ou chaotiques)
– Un retard temporel supérieur à la constante de temps la plus rapide du système
(T τ ). Il est toutefois nécessaire de remarquer que cette condition n’est pas
indispensable dans le sens où, si T < τ , le système pourrait quand même osciller
pour des valeurs de gains très importantes et seulement dans certains cas particulier
[14, 15].
A partir d’un système dynamique non linéaire, nous avons pour objectif d’obtenir un
comportement chaotique de qualité, robuste, et capable de masquer correctement une
information à transmettre. L’identification de ces propriétés requiert un certain nombre
d’outils à même de les mesurer, à partir de l’observation d’un comportement de l’oscilla-
teur non linéaire. Ce sont ces outils que nous allons tenter de décrire maintenant. Certains
sont déjà bien connus en traitement du signal (analyse statistique, analyse fréquentielle),
et d’autres seront plus spécifiquement issus du domaine des dynamiques non linéaires
(espace des phases, diagrammes de bifurcation, exposants de Lyapunov).
1.4. Outils et techniques de caractérisation 25
Il existe des modèles statistiques qui caractérisent bien les signaux aléatoires et de ce
fait les signaux pseudo-aléatoires. Les signaux chaotiques que nous cherchons à obtenir
devront préférentiellement présenter une signature statistique aussi proche que possible
de celle d’un vrai bruit. Dans cet ordre d’idée, nous pouvons remarquer que les signaux
Gaussiens, encore appelés signaux de Laplace-Gauss ou signaux normaux, sont proba-
blement les plus importants d’un point de vue théorique et surtout d’un point de vue
pratique, puisque de nombreuses applications justifient l’utilisation de cette distribution
dans les phénomènes physiques [16].
le modèle Gaussien
1 (f − f0 )2
p(f ) = √ exp − (1.22)
2πσ 2 2σ 2
0.04
σ2=100
0.035
2
σ =200
0.03
2
σ =300
0.025
2
σ =400
0.02
0.015
0.01
0.005
0
900 950 1000 1050 1100
Fig. 1.19 – Modèle statistique gaussien pour f0 = 1 GHz, 100 < σ 2 < 400
plitude de chaque rectangle donnée par la relation fj /aj a une importance significative.
Pour l’ensemble des mesures ou des simulations numériques qui suivront, cette valeur sera
normalisée pour transformer le nombre d’échantillons en une densité spectrale.
Analyse de Fourier
a0
+∞
x(t) = + (an cos nωt + bn sin nω t), (1.24)
2 n=1
+∞
X(ω) = x(t) e−j ω t d t (1.25)
−∞
Dans les cas pratiques, on se limite souvent à une version discrétisée de cette trans-
formée de Fourier, dans l’espace des fréquences. On parle de transformée de Fourier
discrète (1.26), que l’on obtient à partir d’une version échantillonnée avec un pas Te
xj |xj = x(t = j Te )j=1...n , du signal d’origine en temps continu x(t). Tous les appareils
d’acquisition numérique des signaux fournissent, en général, ce spectre discrétisé, par
l’intermédiaire d’un algorithme de calcul dit FFT (Fast Fourier Transform).
1
n
k 2πj k
X ω = 2π = Xk = xj . exp −i avec k = 1, ...n (1.26)
n Te n j=1 n
L’analyse de Fourier, bien que très utilisée, présente quelques inconvénients. En effet,
cette analyse donne une information globale et non locale dans le temps, ce qui présente
un problème pour l’étude des signaux non stationnaires. Cette analyse ne permet pas de
savoir à quels instants les fréquences ont été émises. De plus, l’étude des signaux dont la
fréquence varie dans le temps nécessite la mise en place d’une analyse temps/fréquence qui
permettra une localisation des périodicités dans le temps, et indiquera donc si la période
varie d’une façon continue, ou si elle apparaît puis disparaît par la suite.
1.4. Outils et techniques de caractérisation 29
+∞
φxx (f ) = Rxx (n)e−i.2π.n.f (1.27)
n=−∞
La fonction d’autocorrélation d’un signal aléatoire échantillonné xi est :
Fig. 1.21 – Deux exemples d’attracteurs réguliers dans un espace des phases 2D
Fig. 1.22 – Attracteurs chaotiques «célèbres » dans leur espace des phases de basses
dimensions (2D et 3D)
Par définition, la stabilité est le caractère de ce qui tend à demeurer dans le même
état malgré de petites perturbations. Rapportée aux systèmes dynamiques, il s’agit de la
solution du modèle mathématique du système. Lorsque le système non linéaire est soumis
à une légère perturbation, celui-ci est confronté à deux situations : soit il revient vers son
état initial, que l’on suppose être ici un point fixe, soit il le quitte pour rejoindre un autre
régime dynamique.
Illustrons simplement l’influence d’une légère perturbation dans le cas d’un système
32 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
non linéaire à temps continu, à deux variables d’état (dimension 2), qui peut être décrit
par deux équations couplées en X et Y :
⎧
⎪ dX
⎨ = f (X, Y )
dt (1.29)
⎪
⎩ dY = g(X, Y )
dt
l’état stationnaire (Xs , Ys ) considéré ici est un point fixe, observé avant la perturbation
(fig.1.23), et répondant à la condition suivante :
⎧
⎪ dXs
⎨ = f (Xs , Ys ) = 0
dt (1.30)
⎪
⎩ dYs = g(Xs , Ys ) = 0
dt
Si cet état stationnaire est soumis à une légère perturbation telle que X = Xs + x
avec x Xs et Y = Ys + y avec y Ys , les fonctions non linéaires f (Xs , Ys ) et g(Xs , Ys ),
peuvent être linéarisées à l’aide d’un développement de Taylor dont les termes d’ordre
supérieur ou égal à 2 sont négligés :
⎧
⎪ dX ∂f ∂f
⎪
⎨ d t = f (X, Y ) = f (Xs , Ys ) + ∂X x + ∂Y y
s
s
(1.31)
⎪
⎪ dY ∂g ∂g
⎩ = g(X, Y ) = g(Xs , Ys ) + x+ y
dt ∂X s ∂Y s
Ainsi, la matrice jacobienne J du système dynamique linéaire autour de (Xs , Ys ) = Ms
peut être définie par :
a11 a12
J= (1.32)
a21 a22
avec
1.4. Outils et techniques de caractérisation 33
∂f ∂f ∂g ∂g
a11 = , a12 = , a21 = , a22 =
∂X Ms ∂Y Ms ∂X Ms ∂Y Ms
Partant d’un point fixe stable (pour une valeur faible du paramètre de bifurcation a),
la première bifurcation est dite de Hopf supercritique. Elle est caractérisée par une perte
de stabilité du point fixe, et l’apparition d’un cycle limite stable en a = 3 (fig.1.24).
Cette première bifurcation rencontrée lorsqu’on augmente a à partir de 0 apparaît
en a0 = 3 (fig.1.24(a)). Graphiquement, on observe l’arrêt de la courbe du point fixe,
et l’émergence d’un cycle en ce même point avec une amplitude du cycle augmentant en
34 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
√
a − a0 . D’autres types de bifurcation peuvent, par exemple, être observées dépendant de
la forme locale de l’itération xn+1 = f (xn ), comme la bifurcation de Hopf sous-critique : le
cycle limite qui apparaît est instable, et il est situé du coté stable de la branche du point
fixe (fig.1.24(b)). Ce cycle instable est en général connecté à un cycle stable de grande
amplitude, ce qui a pour conséquence une discontinuité dans le diagramme de bifurcation :
à gauche du point de bifurcation, le régime stable observé est un point fixe, alors qu’à
droite, il y a un cycle limite de grande amplitude.
0.8 0.9
0.9
0.8
0.75
0.8 0.7
Variable x(i)
Variable x(i)
variable x(i)
0.7 0.6
0.7
0.5
0.65 0.6
0.4
0.2
0.55 0.4
0.1
0.3 0
800 810 820 830 840 850 800 810 820 830 840 850 700 750 800 850 900 950 1000
i i i
Densité de probabilité
b
P (X ∈ [a, b]) = FX (b) − FX (a) = f (x)dx (1.35)
a
Une densité de probabilité possède deux propriétés importantes :
⎧
⎪
⎨ f (x) ≥ 0
+∞ (1.36)
⎪
⎩ f (x) = 1
−∞
où les λi sont les différents exposants de Lyapunov. Dans le cas d’un système dyna-
→ → → → →
mique x(t)= f ( x) où f ( x) est un champ de vecteurs, et si xt et xt sont deux solutions
voisines de ce système dynamique, l’évolution de leur écart, dans la limite des petits écarts,
suivra la loi :
→ → →
d(xt − xt ) d δ xt
= (1.38)
dt dt
où Dt f (xt ) est la matrice jacobienne de l’application f en xt . Si cette matrice est
diagonalisable, il existe une matrice inversible P t telle que :
Dt = Pt −1 Dt f Pt
1.4. Outils et techniques de caractérisation 37
1
λi = lim ln[Λti ] (1.39)
t→∞ t
Il est nécessaire, si l’on a à faire à un système dissipatif, que la somme des exposants
soit négative. En effet, dans le cas contraire, le volume initial finirait par remplir tout
l’espace dans lequel il est immergé. Les valeurs positives de λi sont la signature d’une
divergence des trajectoires initialement voisines sur l’attracteur. A titre d’exemple, le type
d’attracteur associé au nombre d’exposants de Lyapunov positifs (noté +), nuls (noté 0)
ou négatifs (noté −) en dimension 3 est donné au tableau 1.2 :
Une valeur peut être attribuée à la dimension de l’attracteur chaotique. Cette di-
mension peut être approchée grâce à la conjecture de Kaplan-Yorke [20] à partir de la
connaissance du spectre de Lyapunov. La conjecture de Kaplan et Yorke définit une di-
mension selon la relation suivante :
j
λi
DKY = j + i=1
(1.40)
|λj+1 |
où les λi sont les exposants de Lyapunov, et j l’entier le plus grand pour lequel :
λ1 + ... + λj ≥ 0 (1.41)
L’étude du spectre de Lyapunov constitue donc, quand elle est possible, un outil
intéressant de quantification du degré de complexité d’un attracteur. Selon (1.40), plus
on aura un nombre important d’exposants de Lyapunov supérieurs à 0, plus l’attracteur
chaotique est complexe, et sera donc intéressant à priori pour la cryptographie par chaos.
38 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
vue générale, retenons uniquement les points essentiels de chacun des types de modulation
1.3notamment en fonction du paramètre δ correspond à l’indice de modulation.
Dans ces trois modes de modulation harmonique, on fait bien évidemment appel à
des oscillateurs, la plupart du temps très faiblement non linéaires, et qui ont pour but de
générer une oscillation harmonique correspondant à la fréquence porteuse. C’est ainsi une
oscillation purement harmonique, à une seule composante fréquentielle, qui est utilisée
dans ce mode de transmission de l’information. Cette condition de pureté spectrale de
la porteuse n’est toutefois nullement nécessaire pour une porteuse d’information, comme
nous allons le voir.
chaque bit de message. Le signal étalé (spectralement) doit apparaître comme un bruit,
en particulier pour les autres transmissions éventuelles utilisant le même spectre étalé.
La modulation CDMA
La modulation CDMA est une modulation à étalement de spectre signifiant Accès Mul-
tiple à Répartition par Code. Celui-ci se développe actuellement pour la téléphonie mobile
et/ou le wireless. Les avantages du CDMA se retrouvent dans la protection (sécurité) des
communications, la qualité, la faible consommation, la flexibilité de l’allocation. . .
néral du CDMA.
– Le message A de l’émetteur A, représenté par une séquence de +1 et -1 traduisant la
séquence linéaire de bits 1 et 0 logiques, est multiplié par un code (CA ). Ce code est
une séquence de +1 et -1 («les chips») judicieusement choisie et dont les transitions
sont m fois plus fréquentes. Le même processus est utilisé pour le message B.
– Les séquences produits A CA et B CB sont ajoutées puis transmises.
– A la réception, le destinataire du message A multiplie la séquence reçue par le code
CA et le destinataire du message B par le code CB .
Si les codes sont bien choisis sur la durée d’un bit (donc de m «les chips»), la moyenne
en réception du message A de CA CA sera égale à m/2, tandis que CA CB aura une moyenne
nulle. Les codes CA et CB sont dits orthogonaux puisque la somme des produits des
éléments correspondants est quasi nulle.
Il existe plusieurs méthodes pour insérer le signal d’information dans le signal chao-
tique. Une première méthode consiste à simplement masquer le signal d’information
en l’additionnant au signal chaotique à l’extérieur de la boucle d’oscillation chaotique
(fig.1.29).
Cette technique est appelée «masquage par chaos». Cette technique présente certains
désavantages. En effet, l’insertion d’un signal d’information va changer l’évolution du
chaos et cette méthode d’insertion est effectuée à l’extérieure de la boucle. Par conséquent,
pour que le récepteur puisse se synchroniser sur l’émetteur et ainsi décoder le signal
d’information, celui-ci doit avoir une amplitude Ainfo relativement faible par rapport au
signal chaotique Achaos :
Ainsi, le message a une influence directe sur la dynamique chaotique, ce qui potentiel-
lement augmentera la complexité du chaos généré [24]. De ce fait la communication sera
mieux sécurisée. L’amplitude de l’information n’aura aucune influence sur la synchronisa-
tion avec le récepteur. Le bruit de transmission et l’erreur d’accordabilité seront les deux
sources d’erreur de décodage [25].
L’insertion de l’information sera faite de la même manière qu’à la figure 1.30. Cepen-
dant, il est important de savoir que l’endroit d’insertion de l’information a une influence
notable sur l’architecture du récepteur permettant le décodage [26].
Nous allons, dans la suite de ce chapitre, présenter divers systèmes opto-électroniques
de cryptographie par chaos qui ont été réalisés au laboratoire, sur la base des architectures
des figures 1.29 et 1.30.
Le premier système optique concernant la cryptographie par chaos a été réalisé au sein
du laboratoire d’Optique PMD [27] ; l’ensemble du système est basé sur une dynamique
1.5. Applications des différents types d’oscillateurs 45
Les différentes fonctions qui constituent l’oscillateur chaotique sont placées en boucle
fermée, dans laquelle l’information aura un rôle actif sur la dynamique chaotique. Du
côté du récepteur, les mêmes éléments sont utilisés de manière à constituer les mêmes
clés que celles utilisées à l’émetteur-codeur. La différence entre l’émetteur et le récepteur
réside dans l’association de ces éléments qui sont, contrairement à l’oscillateur autonome
de l’émetteur, placés en boucle ouverte au récepteur. Le premier système de ce type
conçu au laboratoire est un système non linéaire à retard permettant de générer un si-
gnal optique dont la longueur d’onde présente des variations chaotiques. C’est le premier
système hyperchaotique lié au cryptage de l’information (fig.1.31). La lame biréfringente
va permettre d’obtenir des variations non linéaires de l’intensité optique en fonction de la
longueur d’onde. L’intensité optique peut ensuite être détectée puis rebouclée sur la diode
laser après certaines fonctions électroniques linéaires (filtrage, amplification, détection du
message, retard).
La diode laser DBR permettait de réaliser la source commandée en courant pour
pouvoir générer un signal optique de puissance constante mais de longueur d’onde variable.
Cette diode accordable en longueur d’onde possède une caractéristique particulière avec la
présence de sauts de mode qui peuvent entraîner des effets non linéaires supplémentaires
46 Chapitre 1. Les systèmes non linéaires : généralités
dans la boucle d’oscillation. Ce type de problème doit être éliminé afin de contrôler au
mieux les effets non linéaires. Nous verrons que des problèmes similaires sont susceptibles
d’apparaître dans les systèmes électroniques capables de générer un chaos en fréquence.
Ce générateur n’a pas pu être utilisé pour la conception d’un système de masquage des
informations [28]. En effet, la sensibilité de la phase optique aux perturbations extérieures
est trop importante pour avoir pu envisager la synchronisation entre deux systèmes.
Pour cette raison, seul le générateur de chaos a été réalisé (fig.1.32(a)). Toutefois, cet
oscillateur a été capable de générer un chaos possédant un très large spectre, s’étalant sur
plusieurs GHz (fig.1.32(b)). La non-linéarité de transformation de la phase en intensité,
est réalisée par une cavité en anneau fibrée. Son fonctionnement est similaire à celui d’un
interféromètre de Fabry-Pérot, donc un interféromètre à ondes multiples. La différence
notable entre les deux types d’interféromètres est leur courbe de transmission. En effet,
au lieu d’avoir des pics de résonance, la cavité en anneau fibré sera caractérisée par ses
trous dits d’antirésonance [29].
Pour effectuer des applications pour les télécommunications très large bande, c’est à
dire capables de crypter des signaux à très haut débit, il est important de s’affranchir de
tout type de sensibilité excessive par rapport à certains paramètres physiques (longueur
d’onde, phase optique). Le montage précédent a permis de produire un signal chaotique
très large bande, mais il n’a pu donner lieu à la réalisation viable d’un ensemble émet-
teur/récepteur chaotique synchronisé, précisément pour des problèmes de stabilité : le
succès de l’opération de synchronisation tient à la réalisation d’un accord aussi parfait
1.5. Applications des différents types d’oscillateurs 47
que possible entre les éléments de l’émetteur et du récepteur, cet accord étant d’autant
plus délicat pour une dynamique chaotique de grande largeur spectrale [30].
dans le contexte des télécommunications optiques. Leurs principes, exposées aux figures
1.29 et 1.30, sont toutefois a priori généraux, et notre objectif consiste à les appliquer au
domaine des communications radiofréquences. C’est ce que nous allons reporter dans la
suite, à l’aide des différentes notions présentées dans ce premier chapitre.
1.5. Applications des différents types d’oscillateurs 49
Notes du lecteur
Chapitre 2
2.1 Introduction
La cryptographie par chaos est une application issue de la possible synchronisation
entre deux oscillateurs chaotiques distants [32, 33]. Les systèmes hyperchaotiques tels que
ceux décrits par les dynamiques non linéaires à retard, sont susceptibles de générer un
signal chaotique de grande dimension, qui, de ce fait, rendra le cryptage de l’information
plus sûr. En effet, l’analyse du chaos masquant l’information sera d’autant plus difficile
dans le cas de signaux chaotiques de grande dimension. Plusieurs démonstrateurs ont
été présentés dans le domaine des transmissions optiques, sur la base précisément des
dynamiques non linéaires à retard.
Actuellement, la modulation de fréquence est largement utilisée dans les systèmes de
télécommunications, notamment dans les télécommunications hertziennes. En effet, les
transmissions sans fil ont pris le pas sur les transmissions filaires, car ce type de trans-
mission est très avantageux financièrement puisqu’il évite de relier deux points éloignés
difficiles d’accès.
La modulation d’amplitude est également un type de modulation adopté pour les
transmissions hertziennes. Cependant, la synchronisation est très sensible aux bruits. Le
bruit intrinsèque au système de cryptographie, mais aussi le bruit engendré par la trans-
mission doivent être les plus petits possibles afin de pouvoir limiter le bruit de décodage
52 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
au minimum.
Nous détaillerons, au cours de ce chapitre, les caractéristiques d’une modulation de
fréquence et les effets du bruit pouvant affecter le signal transmis. Nous analyserons les
systèmes de démodulation. Les applications au cryptage par chaos seront ensuite exposées
avec la réalisation du premier système de cryptographie par chaos en fréquence. Nous étu-
dierons ce premier système en mettant en avant les résultats expérimentaux obtenus. La
bande passante limitée de ce prototype nous poussera à énoncer les perspectives pour pou-
voir générer une porteuse de plusieurs centaines de MHz. Enfin, dans une dernière partie,
nous expliquerons la solution choisie pour mettre en œuvre un système de cryptographie
par chaos UHF. Constitué à partir de la même structure que le système électronique,
certaines de ces fonctions sont réalisées d’une manière différente afin de s’adapter aux
contraintes technologiques propres à la mise en œuvre d’une forte non linéarité en haute
fréquence.
PL = P0 exp(−α L) (2.1)
pour une longueur d’onde optique λ = 1550 nm. Dans le cas des transmissions en espace
libre, l’atténuation de l’onde électromagnétique est exprimée par la relation suivante :
Fig. 2.1 – Atténuation typique pour quatre supports de transmission les plus utilisés
Nous remarquons que l’atténuation entre les deux supports majoritairement utilisés
dans les télécommunications actuelles varie selon le type d’application pour lesquelles
ceux-ci sont utilisés. En effet, le graphique nous montre qu’il est préférable d’utiliser
les transmissions hertziennes dans le cas de longues distances. En revanche, les pertes
engendrées par une fibre optique pour des liaisons inférieures à 1000 km sont moins
importantes qu’une transmission en espace libre.
2.2. Les transmissions hertziennes : la modulation de fréquence 55
où s(t) est le signal modulant. La porteuse de notre système est la variable chaotique
définie comme telle :
∆ω(t) a une évolution pseudo-aléatoire et sa valeur crête à crête peut être considérée
comme l’excursion en fréquence de la modulation.
Pour discerner l’ensemble des points importants relatifs à la modulation chaotique en
fréquence, nous allons remplacer le signal modulant chaotique par un signal modulant
sinusoïdal (ω = ω0 + ∆ω cos Ωt). Ainsi, le signal V (t) de l’équation (2.3) devient :
∆ω
V (t) = A. cos ω0 t + sin(Ωt) (2.5)
Ω
∆ω/Ω est l’indice de modulation. En comparant ce signal sinusoïdal au signal chao-
tique modulant, Ω peut prendre une valeur quelconque comprise dans la bande de base
du signal chaotique. La fréquence angulaire du signal modulant Ω et l’excursion en fré-
quence ∆ f (t) = ∆ω/2 π vont définir l’indice de modulation. Bien entendu, la forme du
signal modulant est relativement importante. Suivant la forme, périodique ou chaotique,
du signal modulant, son analyse est différente.
du signal de sortie peut «rattraper » celle du signal d’entrée. Pour un écart de phase ∆φ
constant :
⎧
⎨ d(φe − φs ) = 0
dt (2.7)
⎩
fe − fs = 0
la fréquence instantanée du signal d’entrée est donc égale à la fréquence du signal
délivré par le VCO. La fréquence instantanée du signal d’entrée de la PLL étant une
fonction linéaire du signal modulant s(t), le signal de commande du modulateur FM de
la PLL suit exactement le signal s(t).
L’avantage d’un tel système est de ne pas être tributaire de la forme des signaux.
De plus, la théorie des systèmes asservis indique qu’un tel dispositif se comporte comme
un filtre passe-bas. L’équation (2.8) est l’interprétation mathématique du comportement
dynamique linéaire d’une PLL dans le domaine de Laplace :
1
H(p) = τ p2
(2.8)
1+ p
2π Kcp αvco
+ 2π Kcp αvco
1
z= (2.10)
2 2 π Kcp αvco τ
58 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
Ainsi, on peut définir les limites de stabilité du système. En effet, celui-ci ne doit
pas être résonant pour éviter tout décrochage de la boucle. Il doit également avoir une
fréquence de coupure (τ petit) assez haute pour avoir un débit de transmission le plus
grand possible.
10 20
0
0
−10
Fonction de transfert (dB)
−30
−40
−40
−50 −60
Kcp croissant τ croissant
−60
−80
−70
−80 2 4 6 8
−100 2 4 6 8
10 10 10 10 10 10 10 10
Fréquence (Hz) Fréquence (Hz)
(a) τ constant et 0.005 < Kcp < 1 (b) Kcp constant et 1 ns < τ < 1 µs
Pour les comparateurs de phase numériques, la zone de capture10 est plus petite que
la zone de maintien11 . Cependant, il existe certains composants pour lesquels les deux
zones sont confondues. Leur fonctionnement s’inspire de bascules JK. Pour cela, il est
nécessaire que, lors d’un changement brutal de la fréquence de référence, le comparateur
de phase fournisse un signal dont le signe ne dépende d’abord que de l’écart de fréquence,
puis lorsqu’elles sont devenues égales, il joue son rôle habituel de comparateur de phase.
C’est le principe du comparateur de phase/fréquence [38].
Dans la conception du démodulateur chaotique, une PLL sera utilisée. Les perfor-
mances du démodulateur sont liées aux qualités de la PLL qui viennent d’être évoquées.
Plusieurs types d’antenne existent suivant les applications pour lesquelles elles seront
utilisées [40].
L’antenne la plus connue est de type dipôle demie onde. C’est une ligne de transmission
terminée par un circuit ouvert dont la longueur est égale au quart de la longueur d’onde
de la porteuse (fig.2.6(a)). Lorsque cette ligne est dépliée, elle mesure alors une demie
longueur d’onde.
Un autre type d’antenne est l’antenne «ground plane» (fig.2.6(b)). C’est l’antenne
précédente dont un des deux brins est le sol. C’est une antenne verticale.
Enfin, un troisième type d’antenne est l’antenne Yaggi (fig.2.6(c)). Il s’agit de l’antenne
la plus courante en Ultra Haute Fréquence (UHF). Elle est constituée d’un dipôle 1/2 onde,
d’un ou plusieurs directeurs et d’un réflecteur. Le tout est maintenu par un isolant. Sa
directivité dépend du nombre de directeurs.
λ/2
Récepteur
−
→ − exp(j (ω t − kr)) −
→− exp(j (ω t − rc )) −
→−
E (r, →
u)= F (→
u)= F (→
u) (2.11)
r r
Ce rayonnement est constitué par le champ électromagnétique qui se propage dans
l’espace par le biais de l’inductance et de la capacité de l’espace libre. En supposant
l’émission ponctuelle et l’antenne totalement omnidirectionnelle, on peut supposer que
le rayonnement se propage de manière identique dans toutes les directions. Pour donner
une image cela ressemble à un ballon que l’on gonfle et qui voit son diamètre augmenter.
Comme la puissance émise est constante, que la surface occupée par le rayonnement ne
fait que croître, la densité de puissance diminue au fur et à mesure que l’on s’éloigne de
la source d’émission. C’est ce que l’on appelle l’atténuation en espace libre qui est en d−2 ,
où d est la distance de transmission. Cette atténuation est cependant moins importante
que les autres modes de transmission pour de longues distances (voir figure 2.1 page 54).
Pour une longueur donnée, vérifiant l λ (approximation du doublet de Hertz) et
en utilisant la loi de Biot et Savart, le champ à grande distance d’un élément de courant
i = I0 exp(jω t) pour les conventions des coordonnées sphériques (θ : colatitude et φ :
longitude) est le suivant :
⎧
−
→ η I l sin θ
⎪
⎨E = 0 exp(jω (t − r/c)) −
→uθ
2λr (2.12)
⎩−
⎪ → I0 l sin θ
H = exp(jω (t − r/c)) −
→
uφ
2λr
Nous remarquons que les champs sont proportionnelles à 1/λ et par conséquent à la
fréquence f . La puissance rayonnée est donc proportionnelle à f 2 ou ω 2 . Ceci explique que
les lignes, et en particulier les lignes ouvertes, soient limitées en fréquence d’utilisation à
cause de la perte d’énergie par rayonnement.
Les calculs ne sont pas d’un intérêt fondamental pour la compréhension de cette partie
62 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
D’un point de vue physique, sa réalisation est basée sur des fonctions électroniques
relativement simples. Cependant, le signal issu de l’oscillateur est complexe. Il est déter-
ministe, et peut être mathématiquement décrit par la relation suivante, dans le cas d’un
filtre sélectif passe-bande dans la chaîne d’oscillation :
2.3. Système électronique de cryptographie par chaos 63
6
Fréquence Fout (MHz)
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
Tension de commande Vc (V)
qui sera observé. En effet, celui-ci est relié à la dynamique chaotique (fréquence) par la
sensibilité du VCO. Nous verrons par la suite l’influence de la PLL qui, utilisant le même
VCO, va permettre de compenser les dérives en fréquence du récepteur sur l’émetteur.
La fréquence issue du VCO va être injectée dans la fonction non linéaire. Ainsi, l’excur-
sion en fréquence est fonction du gain de la boucle d’oscillation. Celle-ci est typiquement
comprise entre 500 kHz et 1 MHz.
Après avoir traversé les filtres passe-bande résonants, la modulation de fréquence ini-
tiale générée par le VCO va présenter des variations non linéaires d’amplitude portées
par la fréquence de modulation du VCO autour de 4 MHz. Ensuite, cette porteuse est
éliminée à l’aide d’un démodulateur d’amplitude. L’entrée et la sortie de cet élément non
linéaire est :
12
Résistance-Inductance-Capacité
2.3. Système électronique de cryptographie par chaos 65
où la fonction non linéaire Fnl représente le profil de filtrage des cellules RLC parallèles
La non linéarité, pour une variation linéaire de la fréquence de modulation, est repré-
senté sur la figure (2.12) pour une fréquence centrale de modulation voisine de 4.3 MHz,
et une excursion en fréquence linéaire ∆f = 500 kHz.
La fonction non linéaire est décrite par la relation mathématique (2.16). Celle-ci est
composée de fréquences de résonance fi , de facteurs de qualité Qi et de gains Gi dont
l’indice i est la référence du pic résonant (1, 2 ou 3). Elle correspond à la superposition
des différentes résonances.
3
gi Qi
Fnl [f (t)] = (2.16)
f (t)
)
i=1 1 − jQi ( fi −
fi
f (t)
Démodulateur d’amplitude
R D
D
R R'
D
R R'
- -
Vin R C Vout +
+
Vin R'
R R' Vout
(a) avec redressement simple alternance (b) avec redressement double alternance
En effet, la figure 2.11(a) montre la non linéarité avant la détection d’enveloppe pour
une modulation de fréquence linéaire. Le signal observé peut être comparé à une modula-
tion d’amplitude à la différence près que la fréquence de la porteuse n’est pas constante.
Le signal peut donc être défini par la relation suivante :
pouvoir supprimer cette porteuse pour ne conserver que l’enveloppe du signal. L’indice de
modulation m est défini par la relation suivante :
∆s
(2.18) m=
2A
avec ∆s l’excursion en amplitude et 2 A l’amplitude lorsque u(t) = 0. Lorsque cet
indice de modulation est inférieur à 1, la démodulation peut s’effectuer par détection
d’enveloppe. Il s’agit d’une démodulation non cohérente ou asynchrone (fig.2.10).
Le problème du circuit utilisant un redressement simple alternance est de dimensionner
au mieux le circuit RC pour que la tension de sortie s’approche au mieux de la forme
de l’enveloppe. Lorsque l’écart entre la fréquence porteuse et la fréquence maximum du
signal modulant (interférences) diminue, le comportement de la non-linéarité va changer :
l’enveloppe dépend en effet de la vitesse de modulaton de la fréquence. Nous reviendrons
ultérieurement sur cet aspect critique de la non linéarité.
80 80 60
60 50
60
40
40
40 30
Amplitude (mV)
Amplitude (mV)
Amplitude (mV)
20
20
0 20
10
−20
0 0
−40
−10
−20
−60 −20
2 1.8
1.8 1.6
1.6 1.4
1.2
1.4
Amplitude (V)
Amplitude (V)
1
1.2
0.8
1
0.6
0.8
0.4
0.6 0.2
0.4 0
0.2 −0.2
3.8 4 4.2 4.4 4.6 4.8 5 5.2 5.4 3.6 3.8 4 4.2 4.4 4.6 4.8 5 5.2 5.4
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
théorie pratique
pics de resonance pic 1 pic 2 pic 3 pic 1 pic 2 pic 3
fréquence de résonance (MHz) 4.11 4.6 5.03 4.6 5.1 5.3
facteur de qualité 75 65 78 37 44 42.3
gain 0.1 0.11 0.105 1 1.5 1
Ainsi, le retard vaut T = 2 N/Fh . Par conséquent, le retard temporel vaut théoriquement
T = 2.048 ms.
Fnl(t)
Amplitude (V)
Fnl(t-T)
Temps (ms)
10
15
20
25
30
35 1 2 3 4 5
10 10 10 10 10
Un tel système peut être considéré comme la mise en cascade de deux systèmes du
premier ordre passe-bas et passe-haut de constantes de temps respectives τ1 = 2 ms
et τ2 = 115 µs (2.20). En effet, il s’agit d’un système sur amorti dont le coefficient
d’amortissement vaut z > 1. Ainsi, la réponse indicielle du filtre n’aura aucune oscillation,
il s’agira d’une réponse apériodique. De ce fait, les pôles dans le plan complexe sont réels
négatifs (fig.2.14(b)). Ainsi, la fonction de transfert dans le domaine de Laplace est définie
par :
U (p) G (τ1 ) p
H(p) = = (2.20)
V (p) (1 + τ1 p)(1 + τ2 p)
Si V (p) et U (p) sont respectivement les entrée et sortie de ce filtre, les règles de
passage entre les domaines de Laplace et temporel nous permetttent de dériver de ce
filtre l’équation différentielle reliant v(t) et u(t) :
du d2 u dv
u(t) + (τ1 + τ2 ) (t) + τ1 τ2 2 (t) = G τ1 (t) (2.21)
dt dt dt
Le porteuse chaotique est une porteuse haute fréquence (HF) puisque sa gamme de
fréquence, bien que proche de la moyenne fréquence, est supérieure à 3 MHz.
−20
300 Diagramme de Bode
−25 expérimental
200 −30
Excursion en fréquence (kHz)
100 −35
Spectre (dB)
−40
0
−45
−100 −50
−400 −70 2 3 4
0 1 2 10 10 10
Temps (ms) Fréquence (Hz)
La figure 2.15(a) montre que l’évolution chaotique possède bien l’apparence d’un signal
bruité. Le spectre du chaos en bande de base (fig.2.15(b)) est large bande dans la bande
passante qui est définie par les bornes du filtre de la dynamique limitante. Sur la base
d’une analyse spectrale classique, nous constatons que la porteuse chaotique ne permet de
révéler à un espion qu’une estimation grossière des seuls paramètres τ1 et τ2 du générateur
de chaos (le retard et la non linéarité ne sont pas détectables à ce niveau).
2.3. Système électronique de cryptographie par chaos 71
20
10
Spectre en puissance (dB)
−10
−20
−30
−40
−50
−60
3 3.5 4 4.5 5
Fréquence (MHz)
L’analyse statistique qui va suivre étudie la densité de probabilité des fréquences ap-
paraissant dans la porteuse FM.
Analyse statistique
les faibles valeurs de β, les premiers dédoublements de période des régimes d’oscillation
harmoniques (β = 1 à 2).
0.5
β1
0.45
0.4
Densité de probabilité
0.35
0.3
0.25
0.2
0.15
0.1
0.05
0
−0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6
Excursion en fréquence (kHz)
à (2.13). Ce chaos répliqué en bande de base ne contient par contre pas l’information,
comme on peut s’en apercevoir en écrivant sa loi d’évolution :
d2 b db
dFnl [∆ω(t − T )]
τ1 .τ2 .
(t) + (τ
1 + τ 2 ) (t) + b(t) = τ 1 .β (2.23)
dt2 dt dt
Dans cette dernière expression, ∆ω est la modulation de fréquencereproduit par la
PLL, et verouillée sur celle qui est détectée par l’antenne et venant de l’émetteur. Comme
décrit à l’équation (2.23), cette modulation de fréquence est directement obtenue par
modulation du VCO de l’émetteur par le signal a(t) = c(t)+m(t), c’est à dire ∆ω = S a(t).
Si les paramètres du récepteur (noté avec un ) sont identiques à ceux de l’émetteur, (2.23)
est identique à l’équation différentielle de (2.22), et on doit donc avoir b(t) = c(t).
La boucle à verrouillage de phase va permettre également d’extraire le chaos en bande
de base a(t) contenant l’information. La soustraction entre les deux signaux chaotiques
avec et sans le message permet le décodage de l’information initiale.
0.4
−0.5
20
0.3
Dépassement −1
0
5%
amplitude (u.a.)
0.2
phase (en rad)
gain (en dB)
−1.5
0.1 −20
−2
0
−40
−2.5
−0.1
−60
−0.2 −3
Les diagrammes de Bode théoriques (fig.2.20(b)) montrent que le circuit bouclé est
résonant pour des fréquences de modulation supérieure à la bande passante initiale du
chaos en bande de base. Le détecteur de phase est un composant numérique OU-exclusif
peu sensible aux variations d’amplitude.
7 7
Fréquence (MHz)
6
6.5
5
6
4.5
5
4 4
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 4 4.5 5 5.5 6 6.5 7
Temps (ms) Chaos reconstitué (MHz)
150 −30
Spectre en amplitude (dB)
100 −40
Amplitude (mV)
50 −50
0 −60
−50 −70
−100 −80
−150 −90
−200 −100
0 1 2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
Temps (ms) Fréquence (kHz)
SN R ≈ 31 dB
Pour mieux observer l’influence du bruit sur un signal temporel (fig.2.22(a)), le SNR
peut être tracé pour un signal d’information d’amplitude constante (0.5 V ou 1 V ) mais
pour une valeur moyenne du bruit qui varie (fig.2.23).
60
Vinfo=1Vpp
55 Vinfo=0.5Vpp
50
45
40
SNR (dB)
35
30
25
20
15
10
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Bruit (mV)
sera moins efficace, et la sécurité du cryptage par chaos en sera diminuée. Le compromis
des deux paramètres est nécessaire.
Dans l’équation (2.25), nous pouvons remplacer la variable fréquence par la variable
2.4. Système d’interférences RF 79
deux axes de polarisation dans le cas de l’interféromètre par lame biréfringente. En sortie
de l’interféromètre, les deux ondes déphasées à cause de la différence de chemin optique,
sont recombinées par une autre jonction Y, un autre cube séparateur (re-combineur), ou
encore un second polariseur à 45o . L’intensité alors détectée en sortie de l’interféromètre
s’écrit :
∆ ν
I = I0 1 + cos 2π = I0 1 + cos 2π∆ (2.29)
λ c
où ∆ est la différence de chemin optique (n(L1 − L2 ) en optique intégrée ou en massif
avec cubes séparateurs, ou L(n1 − n2 ) dans le cas d’une lame biréfringente), ν est la
fréquence (optique ici) de l’onde. Dans le cas du générateur de chaos en longueur d’onde,
c’est la variation de cette dernière (où de la fréquence ν correspondante), qui fait varier
la condition d’interférence. La «force» de la non linéarité peut alors être définie par le
nombre d’arches de sinusoïdes pouvant être balayées dans la gamme de variation de la
fréquence optique. Par exemple, une variation de 1 nm autour de 1,55 µm qui correspond
à une variation de fréquence de 130 GHz autour de 200THz, permet d’avoir une non
linéarité d’ordre 3 (3 arches de sinusoïde balayées) si l’on a une différence de chemin
optique de l’interféromètre de l’ordre de 2,5 mm. Expérimentalement, le générateur de
chaos en longueur d’onde décrit au Chapitre 1, permet avec une différence de chemin
optique de 10 mm, d’avoir une transformation non linéaire d’ordre 10 à 14, donc une non
linéarité extrêmement forte.
Si l’on cherche maintenant à transposer ce principe dans le domaine des ondes hyper-
fréquences autour du GHz (ce qui est notre objectif), une non linéarité d’ordre 3 implique
une différence de chemin hyperfréquence de l’ordre de la dizaine de mètres, sur la base
d’une accordabilité réaliste de l’ordre de quelques 10 MHz pour un VCO à ces fréquences.
L’utilisation de câbles radiofréquences pour ce type de réalisation devient vite un pro-
blème à la fois de poids, d’encombrement, et de pertes linéiques. C’est pourquoi nous
2.4. Système d’interférences RF 81
nous sommes orientés vers une tentative de réalisation optoélectronique de cette non li-
néarité, en utilisant une transposition de fréquence dans le domaine optique à l’aide de la
modulation directe analogique d’une diode laser, et à l’aide de différences de chemins ra-
diofréquences réalisés par voie optique (fig.2.26). De plus, dans le contexte des dynamiques
chaotiques à grand retard, la fibre optique va pouvoir être utilisée pour réaliser aisément
au travers d’une longueur de fibre supplémentaire de l’ordre du kilomètre, de très grands
retards temporels T , qui sont peu dispersifs dans la gamme de modulation RF, et avec
de très faibles pertes. Dans la partie «bras optique» de l’interféromètre RF (longueurs L
et L + ∆L) chaque bras déphasant les deux ondes RF, est terminé par une photodiode,
afin de récupérer les deux ondes déphasées dans le domaine électrique, et de les faire in-
terférer dans ce même domaine via un sommateur RF. Une détection d’enveloppe permet
ensuite de récupérer un état d’interférence moyen. Après avoir présenté le principe de la
non linéarité, nous allons maintenant décrire plus en détail les caractéristiques électriques
et optiques des différents éléments constituant cette non linéarité optoélectronique par
interférences radiofréquences.
Cette diode laser est une diode CATV de longueur d’onde 1310 nm capable de générer
un faisceau de puissance maximale Pmax = 8 mW . CATV est l’abréviation de CAble TV
qui trouve de nombreuses applications dans le domaine analogique.
Une diode laser à contre-réaction répartie (DFB) est une diode qui émet sur un seul
mode longitudinal. Pour cela, un réseau de Bragg a été gravé en dessous (ou au dessus)
de la couche active. Ainsi, le réseau gravé dans la même couche fournit au mode un indice
effectif de réfraction périodique le long de l’axe de propagation : le couplage entre l’onde et
le réseau est un couplage par indice. En effet, des variations périodiques d’indice dues au
réseau vont être observées. Ces variations périodiques d’indice vont jouer le rôle de couches
82 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
diélectriques empilées d’indice alternativement haut et bas. Ce principe s’inspire des filtres
optiques dichroïques13 . Le principe de base s’appuie sur les variations de coefficient de
réflexion en fonction de la longueur d’onde du faisceau optique. En effet, une couche
mince diélectrique dont l’épaisseur variable est déposée à la surface d’un substrat, présente
un coefficient de réflexion maximal pour toute longueur d’onde telle que l’épaisseur soit
un multiple impair du quart de la longueur d’onde. Ce dispositif constitue un filtre qui
présente un pic de réflexion à une longueur d’onde donnée [45].
Fig. 2.27 – Laser à contre réaction répartie pour des applications analogiques
Une autre caractéristique importante de la diode laser DFB utilisée est sa structure
«multiples puits quantiques» (MQW). Le type MQW est très répandue car il offre de signi-
ficatifs avantages comme un courant de seuil très bas, une sensibilité plus importante, une
réduction du bruit, une meilleure linéarité, et pour finir une meilleure stabilité thermique.
Un laser MQW est une structure avec une couche très mince de matière semiconductrice
comprise entre deux régions qui sont des bandes interdites. Cela limite le mouvement des
électrons et des trous, et de ce fait force les énergies pour que le mouvement soit quantifié
et se produise uniquement aux énergies discrètes.
Les lasers à semiconducteurs ont par nature une conversion électrique-optique linéaire.
Cette caractéristique est essentielle pour les transmissions analogiques. Cependant, il est
nécessaire de choisir une diode laser avec un bruit en intensité (RIN : Random Intensity
Noise) le plus faible possible afin d’éviter des perturbations supplémentaires. De ce fait est
apparue une classe de diode laser pour les transmissions analogiques appelées des diodes
lasers CATV14 .
Cette caractéristique de faible RIN va déterminer le rapport entre le niveau de la por-
teuse et le niveau de bruit du coté du récepteur avant un processus non linéaire introduit
13
propriétés que possèdent certains corps ou substances de présenter une coloration différentes suivant
la direction de l’observation
14
Initialement, cette abréviation était communément utilisée pour les antennes de télévision et main-
tenant, ce terme fait typiquement référence aux câbles de télévision
2.4. Système d’interférences RF 83
par la détection et l’éventuelle saturation d’amplitude (fig.2.28(a)). Cette mesure est ap-
pelée CNR pour Carrier to Noise Ratio. Elle s’exprime en dB/Hz et permet d’avoir une
estimation du bruit introduit par la diode lors de la transmission optique sur le signal
électrique analogique.
Dans notre montage (fig.2.26), cette diode laser va générer une onde lumineuse modulée
en amplitude par le signal s(t) issu du VCO. Le champ électromagnétique et l’intensité
optique de l’onde lumineuse sont alors définis de la manière suivante :
E(t, z) = I(t − k z/ω) cos(ω t − k z)
(2.30)
I(t) = I0 [1 + m s(t)]
⎧
⎪ 1
⎨ E1 (t, L + ∆L) = α I(t − k(L + ∆L)/ω) cos[ω t − k(L∆L)]
2 (2.31)
⎪ 1
⎩ E2 (t, L) = I(t − k L/ω) cos[ω t − k L]
2
α < 1 correspond aux déséquilibres en puissance optique en les deux bras fibrés de
l’interféromètre.
La photodétection et la sommation
Les photodétecteurs Les tensions vph1 (t) et vph2 (t) délivrées par les amplificateurs
transimpédances des deux photodiodes seront respectivement :
⎧ V κ
⎪
⎨ vph1 (t) = K E12 = 0 (1 + s(t − k (L + ∆L)/ω)) I0
2 (2.32)
⎪ V
⎩ vph2 (t) = K E 2 = 0 κ α(1 + s(t − k L/ω)) I0
2
2
où κ représente la combinaison des pertes optiques, des sensibilités de conversion
optoélectronique et électro-optique (voir figure 2.26). Le sommateur a une bande passante
qui va couper le continu (comportement passe-bande). Ainsi, le signal électrique à sa sortie
ne conservera que la modulation RF. Dans les relations précédentes, nous pouvons définir
le retard T = k L/ω et la différence de temps ∆T = k ∆L/ω engendrée par la différence
de longueur entre les deux fibres optiques réalisant les interférences RF.
V0 κ
σ(t) = [α s(t − T − ∆T ) + s(t − T )] (2.33)
2
D’après l’équation (2.25) et quelques manipulations trigonométriques, le signal obtenu
après la sommation des deux signaux RF, en considérant que la différence d’atténuation
2.4. Système d’interférences RF 85
entre les deux bras fibrés est nulle (α = 1), est défini par :
V0 κ
A1 (t) = [cos(ω(t − T ) (t − T )) + cos(ω(t − T − ∆T ) (t − T − ∆T )] (2.34)
2
Les deux signaux identiques sont ensuite recombinés, mais au travers d’un mixeur,
réalisant ainsi leur multiplication, et fournissant un signal de sortie correspondant au
carré du signal d’entrée initial. La sortie s’exprime alors par :
(V0 κ)2
A2 (t) = [cos2 (ω(t − T ) (t − T )) + cos2 (ω(t − T − ∆T ) (t − T − ∆T ) +
4
cos(ω(t − T ) (t − T )) cos(ω(t − T − ∆T ) (t − T − ∆T )] (2.35)
A la sortie du mixeur, il est nécessaire d’ajouter un filtre pour éliminer les composantes
HF. Le but de ce filtre est de ne conserver que les variations d’amplitude lentes de la
condition d’interférence liées à la modulation de fréquence, en supprimant la porteuse
FM (Fnl (t) =< A2 >τ , où τ est la constante de temps du filtre). La fonction non linéaire
est alors complètement définie par l’équation suivante :
(V0 κ)2
Fnl [ω(t)] = cos{[ω(t − T ) − ω(t − T − ∆T )] t +ω(t − T − ∆T ) ∆T } (2.36)
4
g(t)
86 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
Dans le cas habituel des interférences, la fonction g(t) est nulle, et on trouve alors la
dépendance classique d’une figure d’interférence :
c ∆L
ω ∆T = 2 π∆T = 2 π (2.37)
Λ Λ
où ∆L est la différence de chemin «électromagnétique» réalisée par voie optique, et Λ
est la longueur d’onde instantanée de la porteuse RF (Λ = 20 cm pour f = 1.5 GHz).
En réalité, g(t) peut être un signal non négligeable dépendant des variations de fré-
quence, mais aussi du temps. Nous verrons par la suite l’effet de cet élément dans la
section 2.6.3. En considérant la fréquence centrale du VCO (2.26), nous arrivons à la re-
lation (2.38) fonction des fluctuations engendrées par l’excursion en fréquence angulaire
∆ω(t) = ω(t) − ω0 :
(κ V0 )2
Fnl [ω(t)] = cos[∆ω(t − T − ∆T ) ∆T + φ0 ] (2.38)
4
avec φ0 = ∆T ω0 .
La figure 2.31 représente la non linéarité pour un terme temporel g(t) nul ; nous véri-
fierons, par la suite, dans quelles mesures ce terme peut être considéré comme négligeable.
La caractéristique non linéaire de notre système est donc une fonction dont le com-
portement est potentiellement très non linéaire, puisqu’avec une plage de variation de
2.4. Système d’interférences RF 87
100 MHz autour de 1.5 GHz, nous serons capables de balayer 5 extrema, ce qui corres-
pond à un polynôme de degré 6.
T /τ1 = 6.25
Dans le cas d’une longueur de deux kilomètres, il est préférable de choisir un retard
optique à un retard électronique. En effet, les pertes associées à un câble coaxial sont
beaucoup plus importantes (fig.2.1). D’autre part, le poids de 2 km de câble coaxial est
15
First In First Out
88 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
très élevé (plusieurs dizaine de kg) et son prix est également plus élevé (≈ 230 euros pour
une fibre et ≈ 1000 euros pour un câble coaxial).
t
ds
τ1 τ2 + (τ1 + τ2 ) s(t) + s(u) d u = (τ1 + τ2 ) e(t) (2.39)
dt 0
2.5. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 89
(a) avec et sans bruit après le filtre (b) avec et sans bruit après le filtre et après l’am-
plificateur
2 n ∆L ω0
φ= = ∆T.ω0 = ∆T.2 π f0 (2.42)
c
Dans ces deux expressions, on reconnaît les paramètres physiques et optiques suivants :
Vdet est l’amplitude de la non-linéarité à la sortie d’un démodulateur d’amplitude, K est
90 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
la gain de l’amplificateur, κ est le gain optoélectronique regroupant les pertes par trans-
mission optique, la sensibilité des photodiodes et de la diode laser, V0 est l’amplitude
du signal sinusoïdal à la sortie du VCO, γvco est la sensibilité du VCO, n est l’indice de
réfraction, c est la célérité d’une onde électromagnétique dans le vide, ∆L est la différence
de longueur des fibres optiques réalisant la différence de marche de l’interférence RF, et
ω0 est la fréquence centrale de la modulation en fréquence. Pour permettre des raison-
nements comparatifs avec d’autres générateurs de chaos à retard, et pour faire ressortir
les paramètres pertinents dans la définition du comportement de l’oscillateur, il peut être
judicieux de réécrire l’équation (2.40) à l’aide de variables normalisées sans dimension. Il
apparaît alors un gain sans unité β qui correspond à βω normalisé par rapport à l’intervalle
spectral libre de la foncion d’interférence RF. Ce critère de normalisation est celui clas-
siquement utilisé dans le cas des précédents montages étudiés au laboratoire, et réalisant
des dynamiques non linéaires à retard en longueur d’onde par exemple. Ce critère permet
typiquement de donner un ordre de grandeur du nombre d’extrema de la fonction non
linéaire qui participe effectivement au processus dynamique, c’est-à-dire qu’il donne une
estimation du degré de la non linéarité impliquée dans la dynamique chaotique (donc une
image de la complexité ; rappelons qu’un degré de 1 correspondant à une non linéarité pa-
rabolique, suffit à engendrer des solutions chaotiques). L’équation dynamique normalisée
sans source de bruit devient donc :
d2 x dx FN L
τ1 τ 2
2
(t) + (τ1 + τ2 ) (t) + x(t) = (τ1 + τ2 ) β (t − T ) (2.43)
dt dt dt
où x = ∆T.∆ω est une variable sans dimension et le gain β normalisé est :
π Vdet γvco ∆T
β= (2.44)
2
La méthode d’Euler est la plus simple mais également la moins précise. Pour illustrer
la résolution numérique, nous allons partir de l’équation différentielle suivante :
2.5. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 91
dy
= f [y] (2.45)
dt
Cette méthode tronque le développement de Taylor après le second terme ( y(t0 +h)
y0 + h y0 (t0 ) ) où la fonction f0 a été évaluée par la pente prise au point initial (t0 , y0 ).
Une valeur approchée de y(t0 + h) est donc y(t0 + h) y0 + h f (t0 , y0 ). Cette expression
fournit une relation point par point pour laquelle une solution approchée de l’équation
différentielle est obtenue par l’utilisation répétée de l’application récursive :
⎧
⎪
⎪ y = yn + h f (tn , yn )
⎨ n+1
tn = t0 + n h (2.46)
⎪
⎪
⎩ y y(t )
n n
⎧
⎪ k1 = h.f (tn , yn )
⎪
⎪
⎪
⎪ h k
⎪
⎨ k2 = h.f (tn + , yn + 1 )
2 2 (2.47)
⎪
⎪ h k2
⎪
⎪ k3 = h.f (tn + , yn + )
⎪
⎪ 2 2
⎩
k4 = h.f (tn + h, yn + k3 )
De cet algorithme est issue la moyenne pondérée permettant de définir la valeur de la
solution y(t) par des itérations successives :
⎧
⎨y k1 + k4 + 2.(k2 + k3 )
n+1 = yn +
6 (2.48)
⎩
xn+1 = xn + h
tN − t0
N= (2.49)
h
La méthode de Runge Kutta du quatrième ordre aura donc une erreur d’approximation
plus petite que la méthode d’Euler. Bien que plus compliquée à mettre en œuvre, elle
permet pour un même temps de calcul donné (soit le même pas d’intégration) d’avoir une
meilleure précision de calcul.
De nombreuses applications devant résoudre des équations différentielles non linéaires
utilisent la méthode de Runge-Kutta du quatrième ordre. Elle est souvent présentée
comme étant le meilleur compromis entre le temps de calcul et la précision de celui-ci.
Il existe toutefois une autre méthode qui mérite une étude concernant ses performances
pour la simulation d’équation différentielle non linéaire à retard. Il s’agit de la méthode
prédicteur/correcteur. Celle-ci ne sera par contre pas discutée ici.
D’après les équations (2.42) et (2.44), nous pouvons en déduire le facteur de propor-
tionnalité de la phase φ en fonction de la fréquence centrale de la modulation et la plage
de variation du gain normalisé β en fonction du gain variable K de l’amplificateur.
La phase est définie à modulo 2 π près pour une variation de la fréquence centrale de
40 MHz.
x(t)
∆f (t) = (2.50)
2 π ∆T
94 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
Nous pouvons observer pour un gain faible, une évolution périodique (fig.2.34(a)).
Pour un gain plus important, nous allons observer une évolution bipériodique (fig.2.34(b))
caractérisée par deux valeurs successives de l’amplitude crête de l’évolution temporelle.
Ensuite, pour des gains plus élevés, le système va entrer dans un régime dynamique chao-
tique, où l’on peut distinguer un continuum d’amplitudes crêtes. Les régimes chaotiques
obtenus sont de dimension plus ou moins grande suivant la valeur du gain. La figure
2.34(c) montre un régime chaotique de faible dimension (valeur modérée du gain β).
6 8 15
6
4 10
−6 −12 −20
0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
Temps (µs) Temps (µs) Temps (µs)
Pour un régime chaotique beaucoup plus complexe que celui observé précédemment,
nous allons montrer son spectre associé en bande de base (fig.2.35(b)).
60 30
Excursion en fréquence ∆f(t) (MHz)
20
40
10
Puissance (dB)
20
0
0
−10
−20
−20
−40 −30
−60 −40 3 4 5 6
0 5 10 15 20 10 10 10 10
Temps (µs) fréquence (Hz)
0.016 0.016
0.014 0.014
Densité de probabilité
Densité de probabilité
0.012 0.012
0.01 0.01
0.008 0.008
0.006 0.006
0.004 0.004
0.002 0.002
0 0
−50 0 50 −80 −60 −40 −20 0 20 40 60 80
Excursion en fréquence (MHz) Excursion en fréquence (MHz)
Fig. 2.36 – Densité de probabilité pour deux régimes différents (φ = π/4 et T = 10 µs)
La figure 2.36 montre la densité de probabilité de deux régimes chaotiques pour des
gains différents. Nous observons, tout d’abord, l’influence du gain sur le type de régime
chaotique du signal. En effet, bien que les variations de la fréquence soient chaotiques,
nous remarquons que l’analyse statistique montre une différence notable de densité de
probabilité. Pour un gain trop faible, le régime est chaotique mais sa représentation sta-
tistique ne permet pas de le confondre avec un bruit Gaussien (fig.2.36(a)). Pour un gain
plus important, le signal aura alors l’apparence d’un processus Gaussien quelconque. Dans
cette situation, il sera supposé difficile d’identifier statistiquement l’origine déterministe
du signal bruité utilisé pour masquer une information, car il sera difficile à distinguer par
96 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
rapport à un vrai bruit Gaussien aléatoire. La genèse du bruit Gaussien est relativement
courante, puisqu’il correspond naturellement à la limite de la superposition d’un grand
nombre de phénomènes aléatoires indépendants et possédant la même loi de probabilité ;
selon le théorème de la limite centrale, la densité de probabilité aura une répartition Gaus-
sienne (fig.2.36(b)). La condition nécessaire (mais toutefois pas suffisante) à la génération
d’un signal d’apparence aléatoire, est donc un gain β suffisamment élevé (> 2 environ).
Le diagramme de bifurcation (fig.2.37) a été tracé pour une valeur de la phase différente
par rapport aux simulations précédentes. Le comportement reste toutefois comparable
qualitativement dans l’évolution en fonction du gain β.
Ainsi, pour de faible valeur de ce gain, le régime reste stationnaire. Soumis à une
perturbation, le système revient systématiquement au point fixe initial. Ensuite, une pre-
mière bifurcation pour β = 1.6 va matérialiser un premier régime périodique (bifurcation
2.5. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 97
On remarque que les détails des différents diagrammes de bifurcation changent no-
tablement en fonction du paramètre φ. Intuitivement, ceci s’explique par des arguments
similaires à ceux développés dans le chapitre 1 (voir partie 1.3.4 page 19) concernant la
dépendance de l’instabilité du point fixe par rapport à ce même paramètre. Ainsi, selon
la valeur de la phase φ, on observera une route vers le chaos différente notamment visible
dans les transitions périodiques/chaotiques (voir fig.2.38(a) et 2.38(b) ou fig.2.38(c) et
98 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
2.38(d)).
Comme nous venons de le souligner, la phase est également un paramètre dont les
modifications engendrent des bifurcations. A titre d’illustration, les figures 2.39(a) et
2.39(b) représentent des diagrammes de bifurcation à β constant, et pour une phase φ
variant continûment de 2 à 8 radians.
Pour un gain moyen (β = 1.9), on remarque qu’il existe des valeurs de φ permettant
des régimes chaotiques et d’autres forçant un régime de point fixe stationnaire. Pour un
gain plus élevé, la valeur de la phase a peu d’importance sur la statistique du régime
chaotique.
En conclusion, si l’oscillateur est ajusté à un point de fonctionnement de faible gain,
la valeur du déphasage devra être judicieusement choisie pour pouvoir obtenir un régime
chaotique à même de pouvoir masquer l’information à coder. Dans le cas contraire, on ob-
serverait un régime de point fixe ou périodique avec lequel le masquage d’une information
ne peut être efficace.
Phénomène d’hystérésis
Les conditions initiales sont importantes dans l’évolution d’un signal chaotique [48].
En effet, la valeur de la condition initiale et les valeurs du gain β et de la phase φ de la
fonction non linéaire vont déterminer le régime d’oscillation de notre boucle non linéaire
(fig.2.37 et 2.39(a)).
2.5. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 99
-30
L’influence des conditions initiales et de la phase peut être mis en évidence dans un
diagramme de bifurcation par un phénomène d’hystérésis [49]. L’évolution croissante ou
décroissante du paramètre de bifurcation β conduit à un résultat différent (fig.2.40). La
première explication qui peut être mise en avant est le changement d’attracteur étrange
dans l’espace des phases. Ce changement d’attracteur pousse à une évolution différente
dans le cas d’une évolution croissante ou décroissante du paramètre de bifurcation [50].
Intuitivement, nous pouvons comprendre que le type de régime dynamique fixé par le
filtre (passe-bas ou passe-bande) présente une importance dans la visualisation de l’hys-
térésis dans les diagrammes de bifurcation. En effet, la composante continue du signal
conservé dans le cas d’une dynamique passe-bas va permettre de décaler le point de fonc-
tionnement de façon à ce que celui-ci se déplace sur la non linéarité pour ensuite changer
le type de bifurcation. Cependant, dans le cas d’une dynamique passe-bande, l’explication
devient plus compliquée. Dans le cas de notre système, ce phénomène ne présente pas vrai-
ment d’importance dans le contexte de la cryptographie par chaos. En effet, l’hystérésis
observé ne perturbera pas la synchronisation effectuée entre l’émetteur et le récepteur.
Nous tenterons simplement, expérimentalement, de mettre en évidence cet hystérésis (voir
3.4.2 page 149).
dimension finie par la méthode dite des retards ; les coordonnées de l’espace des phases
correspondent à la variable dynamique retardée avec des valeurs différentes soient ω(t),
ω(t − T1 ) et ω(t − T2 ) (T1 = T , T2 = 2 T , T1 et T2 a priori quelconque).
2 40
10
∆f(t−2T) (MHz)
∆f(t−2T) (MHz)
20
∆f(t−2T) (MHz)
5
0 0 0
−1 −5 −20
−2 −10 −40
2 10 40
1 2 5 10 20 40
0 1 0 5 0 20
∆f(t−T) (MHz) 0
∆f(t) (MHz) ∆f(t−T) (MHz)
0 ∆f(t−T) (MHz) −20 0
−1 −1 −5 −5 ∆f(t) (MHz) −20 ∆f(t) (MHz)
−2 −2 −10 −10 −40 −40
Fig. 2.41 – Espaces des phases pour différents gains β et φ = π/4 rad
On remarque bien sur ces figures que la trajectoires peut être identifiée dans le cas
périodique sur la figure 2.41(a) (3 dimensions suffisent) ; mais dès les régimes faiblement
chaotiques (β = 0.75), cette représentation ne suffit plus car la dynamique est trop com-
plexe.
A titre d’illustration, nous avons représenté les résultats de ces calculs pour un régime
chaotique solution de l’équation (2.43), à la figure 2.42. Le spectre de Lyapunov indique
2.5. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 101
4
0.15
0.1
2
0.05 0
Exposant normalisé
Somme S(i)
0 2
−0.05 4
−0.1 6
−0.15 8
−0.2 10
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
N° de l’exposant i
DKY ≈ 136
Cet outil de caractérisation quantitatif d’un régime chaotique va maintenant être utilisé
pour estimer la dépendance de la complexité des solutions chaotiques, en fonction de deux
paramètres caractéristiques de notre oscillateur chaotique en fréquence.
Ces paramètres seront l’amplification normalisée β, et la différence de longueur des
bras de l’interféromètre ∆L.
On remarque que ces deux paramètres ont le même effet sur la dynamique normalisée,
même s’ils ont chacun une signification physique différente : β est un gain pur de la
chaîne d’oscillation, alors que ∆L agit sur l’espacement des cannelures de la fonction
d’interférence (ou intervalle spectrale libre en optique).
La phase, comme nous pouvons le voir sur la figure 2.44, n’a pas une grande influence
sur la dimension du chaos en fréquence, à partir du moment où le chaos est suffisamment
complexe (β ≥ 2). En effet, pour une phase variant de 0 à 2 π, nous remarquons que la
dimension est approximativement la même. Ce résultat sera réutilisé dans le calcul de
l’influence du paramètre φ sur la réplication du chaos (voir partie 2.6.2 page 107).
102 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
20 20
10
0
0
20 10
20
40
30
60 40
80 50
60
100
70
120 80
0 50 100 150 200 250 300 350 0 50 100 150 200 250 300 350
’
Fig. 2.43 – Somme des premiers exposants de Lyapunov pour différents paramètres
2
Somme des i premiers exposants
−2
−4
−6
−8
−10
−12
−14
0 20 40 60 80 100 120 140
Indice de l’exposant de Lyapunov (i)
Fig. 2.44 – Somme des premiers exposants de Lyapunov pour différentes phases φ (β = 4,
∆L = 5 m, T = 10µs)
Les sections suivantes vont détailler les étapes nécessaires à l’émission et à la réception
de ce message codé par chaos FM : nous expliquerons tout d’abord les opérations de
détection/démodulation de la porteuse FM, puis de la réplication de chaos. Dans la section
suivante, nous verrons les applications qu’il peut y avoir dans le codage/décodage du
message à l’intérieur d’une porteuse chaotique.
Le récepteur possède une boucle ouverte formée par les mêmes fonctions que celles
de l’émetteur, qui sont le retard, la non linéarité, l’amplification et le filtre passe-bande
(fig.2.45). L’élément qui diffère de l’émetteur est lié au remplacement du VCO par une
boucle à verrouillage de phase (PLL). Celle-ci va permettre de générer la porteuse chao-
tique en fréquence reçue en éliminant le bruit en amplitude accumulé pendant la trans-
mission, mais aussi de reconstituer le chaos en bande de base.
Nous verrons, dans un premier temps, l’intérêt d’utiliser une boucle à verrouillage de
phase, et quel est son principe de fonctionnement. Nous allons, dans un second temps,
exposer le principe de réplication de chaos en l’absence de message. Nous verrons finale-
ment comment ce même principe, lorsque le signal transmis est la porteuse chaotique FM
combinée à un message, permet la récupération du seul message par suppression du chaos
de masquage.
Une PLL (fig.2.46) est un système bouclé composé d’un comparateur de phase et d’un
oscillateur commandé en tension (VCO). Les signaux haute fréquence en entrée et en
sortie de la PLL sont respectivement :
⎧ t
⎪
⎪
⎨ e(t) = A cos[2π f0 t + ϕ(t)] avec ϕ(t) = 2π kf m(u) d u
0
t (2.51)
⎪
⎪
⎩ s(t) = B cos[2π f0 t + ψ(t)] avec ψ(t) = 2π k0 y(u) d u
0
e(t) est le signal à démoduler et s(t) est le signal en sortie du VCO qui constitue le
signal de retour de la PLL. Le signal c(t) délivré à la sortie du filtre, représente également
la sortie de la PLL :
t t
c(t) = SCP [ϕ(t) − ψ(t)] = SCP 2π kf m(u) d u − 2π k0 y(u) d u (2.52)
0 0
où SCP est la sensibilité du comparateur de phase. Le filtre, dans le cas d’un compa-
rateur de phase numérique, fait partie intégrante de cet élément. En effet, le comparateur
de phase fonctionne comme un OU-exclusif permettant ainsi d’avoir un rapport cyclique
proportionnel aux variations de la différence de phase. Ainsi, en conservant uniquement
la composante continue, la tension en sortie du filtre sera proportionnelle aux variations
ϕ(t) − ψ(t).
Pratiquement, l’insertion du filtre va permettre de contrôler les performances de la
boucle à verrouillage de phase en agissant sur son temps de réponse, son gain, son dé-
passement... La fréquence de coupure du filtre est une caractéristique de la PLL très
importante. En effet, il est important de choisir cette fréquence de coupure supérieure à
la bande passante du chaos en bande de base [51]. La fréquence de coupure associée à la
pente d’atténuation (l’ordre du filtre) doit être choisies de manière à ne pas trop déformer
une partie du spectre initial du chaos en bande de base (fig.2.47).
2.6. Réception et réplication de la porteuse chaotique 105
τ1 τ2 d x 1 t
x(t) + (t) + x(θ)d θ = β (1 + cos[∆T x(t − T ) + φ]) (2.53)
τ1 + τ2 d t τ1 + τ2 t0
τ1 τ2 d y 1 t
y(t) + (t) + y(θ)d θ = β (1 + cos[∆T x(t − T ) + φ ]) (2.54)
τ1 + τ2 d t τ1 + τ2 t0
Pour pouvoir effectuer une analogie correcte avec les mesures expérimentales, nous
nous intéresserons uniquement aux erreurs introduites par des variations de β et ∆T . Les
équations (2.53) et (2.54) permettent d’introduire l’équation régissant le comportement
de l’erreur instantanée de synchronisation de la fréquence chaotique :
106 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
De ce fait, l’équation (2.53) peut être écrite comme une équation différentielle ordinaire
du second ordre et linéaire avec la présence d’un second membre qui permettra de forcer
la dynamique à un régime non linéaire chaotique.
τl τ h 1
u̇ + ü + u = β (1 + cos[∆T x(t − T ) + φ]) (2.58)
τl + τh τl + τh
Les racines du polynôme caractéristique correspondent à la solution homogène :
1 4 τ1 τ2
r1,2 = −1 ± 1 − (2.59)
2 (τ1 + τ2 ) τ1 + τ2
Ainsi, la solution stationnaire pour x est donnée par la relation suivante :
t
x(t) = β U (s, t) cos[∆T x(t − T ) + φ]ds (2.60)
t0
avec
U (s, t) = r1 e(s−t) r1 − r2 e(s−t) r2
2 2
t
β − β
2∆β
= (β − β) 2
U (s, t) cos[∆T x(t − T ) + φ] = x2 (2.62)
t0 β
1.5
Erreur moyenne de synchronisation σ∆β
0.5
0
−1 −0.5 0 0.5 1
∆β
Fig. 2.48 – Influence du paramètre β sur la synchronisation
t
∆T + ∆T φ + φ
∆T (t) = 2 β U (s, t) sin x(s − T ) +
2 2
t0
∆T − ∆T φ − φ
sin x(s − T ) + ds (2.64)
2 2
Dans un premier temps, pour pouvoir effectuer un calcul plus simple, nous allons
supposer d’une part que ∆T ≈ ∆T , et d’autre part que la valeur de la fréquence centrale
est très grande par rapport à l’excursion en fréquence. Ainsi, nous pourrons admettre que
l’erreur de synchronisation est uniquement dépendante de ∆φ = φ − φ = (∆T − ∆T ) x0 ,
x0 étant la fréquence centrale normalisée de modulation.
En considérant les approximations et de l’équation précédente, nous pouvons définir
l’équation suivante :
φ − φ t
∆φ π
∆φ (t) = −2 sin U (s, t) cos ∆T x(t − T ) + φ + − ds (2.65)
2 t0 2 2
2.5
1.5
0.5
0
−400 −300 −200 −100 0 100 200 300 400
∆L′−∆L (cm)
Fig. 2.49 – Influence de la différence de longueur des bras fibrés sur la synchronisation
Le calcul des erreurs engendrées par une différence entre la bande passante de l’émet-
teur et du récepteur va mettre en évidence d’une part la nécessité de connaître cette clé
de codage en vue de décrypter l’information, mais aussi, cette partie peut permettre de
faire le rapprochement avec la conception de la PLL.
En effet, comme nous le soulignons dans la partie 2.6.1, le choix de la constante de
temps est très importante pour ne pas perturber la bande passante du chaos. Pour cela,
il faut conserver les mêmes fréquences de coupure et le même ordre du filtre passe-bande
utilisé sur l’émetteur pour la génération du chaos en fréquence.
110 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
2.5
1.5
Tolérance de 5% des
composants du filtre
1
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
∆τ (µs)
Expérimentalement, nous ne pouvons pas faire les mesures pour justifier les calculs.
Cependant, la figure 2.50 montre très bien la nécessité de ne pas perturber le spectre
chaotique pour ne pas engendrer un bruit supplémentaire de décodage.
En effet, chaque composant utilisé dans la réalisation de la fonction de filtrage, que ce
soit la résistance ou la capacité sont susceptibles d’entraîner une variation de 120 ns par
rapport à la valeur initiale. Ce filtre est conçu de la même manière du coté de l’émetteur,
la tolérance de 5% des composants entraîne alors une erreur maximale de 240 ns sur la
constante de temps basse. La fréquence de coupure associée est susceptible de varier de
22 kHz. D’après le calcul précédent, ce désaccord en fréquence de coupure peut entraîner
un écart-type du bruit de décodage de l’ordre de 4 %.
rence RF. Cette approximation consiste à considérer que la condition d’interférence est
instantanée par rapport aux fluctuations de fréquences qui sont donc supposées lentes. A
titre de comparaison, cette approximation est évidente dans le cas du système chaotique
en longueur d’onde optique, et n’a même pas été envisagée. Un rapide calcul d’ordre de
grandeur, indique que pour une dynamique de la fréquence optique avec un temps carac-
téristique de l’ordre de 10µs, l’interférence réalisée par le filtre biréfringent correspond à
un décalage temporel des ondes optiques dû à la différence de marche de l’interféromètre
(1cm environ), de l’ordre de 60ps ; pendant cet intervalle de temps, la fréquence optique
n’a pas eu le temps de changer de manière significative, compte tenu de sa dynamique
d’évolution de l’ordre de quelques µs. Dans le cas de l’interféromètre RF, d’une part la
différence de marche est beaucoup plus importante (elle peut aller jusqu’à la centaine
de mètres dans la pratique, donc un décalage temporel de l’ordre de la µs), et d’autre
part le temps caractéristique de la dynamique de la fréquence RF est plus rapide (temps
caractéristique allant de la µs à la centaine de ns). De ce fait, nous assistons à une interfé-
rence entre deux ondes RF qui n’ont pas nécessairement la même fréquence instantanée,
donc une condition d’interférence, ou encore une transformation non linéaire, qui devient
dynamique par rapport à la modulation FM entre deux instants de l’ordre de la µs. Cette
condition doit a priori changer radicalement les propriétés dynamiques des ondes chao-
tiques obtenues. Nous allons, effectivement, essayer d’observer l’influence des paramètres
∆T et τ (respectivement l’ordre d’interférence et la constante de temps de notre système)
sur la fonction non linéaire engendrée par les interférences RF.
(V0 κ)2
Fnl [ω(t)] = cos{[ω(t − T ) − ω(t − T − ∆T )] t +ω(t − T − ∆T ) ∆T } (2.68)
4
g(t)
avec
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
Amplitude (V)
Amplitude (V)
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
−1 −1
0 2 4 6 8 10 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Temps (µs) Temps (µs)
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
Amplitude (V)
Amplitude (V)
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
−1 −1
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0 2 4 6 8 10
Temps (µs) Temps (µs)
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
Amplitude (V)
Amplitude (V)
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
−1 −1
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
Temps (µs) Temps (µs)
Sur la figure 2.51, nous pouvons voir sur un même graphique, en traits pleins la fonction
non linéaire si l’approximation ∆ω(t) ≡ ∆ω(t − ∆T ) est respectée (g(t) ≡ 0) , et en traits
2.6. Réception et réplication de la porteuse chaotique 113
pointillés, la fonction non linéaire en considérant que l’approximation précédente n’est pas
valable, et en traits pointillés fin le signal de modulation du VCO qui est une sinusoïde.
Au final, nous pouvons observer l’influence des deux paramètres que sont la constante de
temps haute τ1 et l’ordre d’interférence ∆T sur laquelle nous pouvons agir en modifiant
la différence de longueur des deux bras fibrés.
Les deux courbes avec et sans approximation sont confondues pour τ1 ∆T qui
représentent les conditions expérimentales que nous avons choisies. Pour les autres gra-
phiques, l’un des deux paramètres varie, entraînant, de ce fait, des variations non linéaires
supplémentaires en fonction du temps. Pour que les deux courbes soient confondues et
pour pouvoir faire l’approximation ∆ω(t) ≡ ∆ω(t − ∆T ), il est nécessaire de réaliser cette
condition :
τ1 ∆T (2.70)
d2 ∆ ω d∆ ω
τ1 τ2 2
(t) + (τ1 + τ2 ) (t) + ∆ ω(t) + ω0 + h(t) = (τ1 + τ2 ) β FN L [∆T ∆ ω(t − T ) + φ]
dt dt
(2.71)
avec h(t) l’équation différentielle du second ordre contenant le message m(t) :
d2 m dm
h(t) = γvco τ1 τ2 2 (t) + (τ1 + τ2 ) (t) + m(t) (2.72)
dt dt
Dans notre système comme dans la grande majorité des systèmes de transmission, le
signal porteur de l’information m(t) à transmettre, subit une transposition de fréquence,
processus connu sous le nom de modulation (ω(t) = ∆ω(t) + ω0 ). Notre message a une
bande passante comprise entre 10 kHz et 100 kHz. Ce message fait partie intégrante du
signal FM porteur, dont la bande de fréquence est de 100 MHz autour de la fréquence
centrale comprise entre 1 et 1.5 GHz. La seule condition pour obtenir une bonne qualité de
masquage est que l’amplitude du signal d’information soit faible par rapport à l’amplitude
du chaos en bande de base, sous peine de le voir directement (la composante chaotique
apparaîtrait comme un bruit de fond, et non plus comme un bruit prédominant).
Comme dans l’ensemble des systèmes de communications, il est nécessaire de réduire
au maximum le bruit accumulé pendant la transmission hertzienne, mais aussi le bruit de
décryptage dû à des réglages approximatifs de certaines clés de codage. Les clés de codage,
que ce soit le retard, l’ordre d’interférence ou la bande passante du chaos en bande de
base, ont toute une sensibilité plus ou moins importante sur le décryptage.
L’importance du bruit de décryptage des signaux analogiques est caractérisé par le
rapport signal sur bruit [53]. Ainsi, dans le cas d’une information matérialisée par un
signal sinusoïdal, la raie spectrale correspondant à la fréquence du signal décodé sera plus
ou moins prédominante suivant la valeur du niveau de bruit de décodage.
Un signal chaotique aura pour but de masquer complètement la fréquence de l’infor-
mation pendant la transmission (fig.2.53). Le cryptage est visuellement de bonne qualité
pour le point de fonctionnement qui sera adopté pendant les démonstrations expérimen-
tales c’est à dire T = 10 µs, τ1 = 1.6 µs, ∆T = 25 ns et β = 2.6. En d’autres termes, le pic
de fréquence du message aura une amplitude au plus égale au niveau du bruit chaotique.
116 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
4 20
3 10
2
0
Puissance (dB)
Amplitude (V)
1
−10
0
−20
−1
−30
−2
−40
−3
−4 −50 4 5 6
0 1 2 3 4 5 10 10 10
Temps (µs) Fréquence (Hz)
250 20
200 0
150 −20
100
−40
Puissance (dB)
Amplitude (mV)
50
−60
0
−80
−50
−100
−100
−120
−150
−200 −140
−250 −160 3 4 5 6
51 52 53 54 55 56 57 58 59 10 10 10 10
Temps (µs) fréquence (Hz)
0
300
−20
200
−40
Puissance (dB)
Amplitude (mV)
100 −60
0 −80
−100
−100
−120
−200
−140
−300 −160
−400 −180 3 4 5 6
51 52 53 54 55 56 57 58 59 10 10 10 10
Temps (µs) fréquence (Hz)
400 0
300 −20
200
−40
Puissance (dB)
Amplitude (mV)
100
−60
0
−80
−100
−100
−200
−120
−300
−400 −140
−500 −160 3 4 5 6
51 52 53 54 55 56 57 58 59 10 10 10 10
Temps (µs) fréquence (Hz)
de décodage est interprétée par le calcul du BER17 . Celui-ci est caractérisé par le rapport
du nombre de bits éronnés par le nombre de bits émis.
2.7.2 Conclusion
L’ensemble de ce chapitre nous a présenté un premier système électronique de crypto-
graphie par chaos en fréquence, et un second système optoélectronique. Le premier sys-
tème électronique permettait de transmettre des informations masquées par une porteuse
chaotique dont la fréquence centrale était d’environ 4 MHz. Les résultats expérimentaux
ont démontré la possibilité de transmettre une information cryptée basse fréquence. Dans
les systèmes de télécommunications actuelles, cette fréquence de transmission est trop
faible pour espérer trouver des applications dans la téléphonie mobile, ou dans les com-
munications spatiales. De ce fait, un nouveau système optoélectronique a été proposé,
permettant de générer une porteuse de fréquence centrale comprise entre 1 et 1.5 GHz.
Cet oscillateur non linéaire à retard génére un signal de fréquence chaotique à partir d’in-
terférences radiofréquences. Ainsi, les applications à la cryptographie par chaos ont pu
être démontrées à l’aide des simulations numériques présentées au cours de ce chapitre.
Le chaos en fréquence est de grande dimension, et permet ainsi d’obtenir un masquage
de l’information d’une plus grande confidentialité. Le chapitre suivant permettra ainsi de
vérifier la validité de notre modèle théorique au travers de résultats expérimentaux.
120 Chapitre 2. La cryptographie par chaos en fréquence
Notes du lecteur
Chapitre 3
Résultats expérimentaux
3.1 Introduction
Au cours de ce chapitre, nous allons exposer les résultats expérimentaux concernant la
description des composants utilisés et l’analyse numérique des comportements de l’oscil-
lateur chaotique. Enfin, nous vérifierons l’utilisation de ce système pour des applications
à la cryptographie par chaos en fréquence, selon une architecture émetteur/récepteur déjà
connue (voir partie 2.7 page 114).
L’oscillateur chaotique sera d’abord abordé par la mise en œuvre expérimentale et
la caractérisation de ses fonctions élémentaires. La réalisation de ces fonctions dans un
domaine RF a posé des problèmes particuliers liés aux hautes fréquences, qu’il s’agit de
bien identifier et de maîtriser si l’on souhaite, au final, un ensemble ayant un comportement
chaotique bien compris et contrôlé dans ses mécanismes dynamiques. Cette maîtrise et
cette compréhension sont, bien sûr, indispensables au bon fonctionnement d’un système
complet émetteur/récepteur capable de masquer et de décoder une information dans la
porteuse chaotique FM.
L’analyse et la caractérisation des composants sont très utiles pour prévenir les éven-
tuels défauts de fonctionnement en haute fréquence, notamment au niveau des pertes, les
déphasages et les phénomènes non linéaires. Les caractérisations électriques détaillées des
comportements hautes fréquences seront effectuées, en particulier pour ce qui concerne les
composants intervenant dans la réalisation de la non linéarité. En effet, la totalité de ces
122 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
composants fonctionnent dans le domaine des hautes fréquences et sont susceptibles d’ap-
porter des imperfections que nous ne considérons généralement pas dans les simulations
numériques.
Nous tracerons les évolutions temporelles et spectrales pour illustrer qualitativement
le régime chaotique qui peut être obtenu. Nous complèterons cette analyse en soulignant
l’influence du gain β et de la phase φ de l’équation (2.43) page 90 sur le régime adopté
par l’oscillateur, en traçant quelques diagrammes de bifurcation. Nous verrons, ensuite,
l’influence de certains paramètres sur la qualité de réplication du signal chaotique. Ainsi,
nous pourrons vérifier que les comportements observés sont conformes aux résultats issus
des simulations numériques. Enfin, pour vérifier que le système complet peut fonctionner
pour des applications aux télécommunications cryptées, nous coderons puis transmettrons,
un message analogique et un message numérique, tout en observant la qualité du message
décodé à la sortie du récepteur.
2.8
2.4
2.2
1.8
1.6
1.4
1.2
1
900 1000 1100 1200 1300 1400
Fréquence (MHz)
(a) fréquence vs amplitude du signal modulant (b) Amplitude du signal de sortie du VCO vs fré-
quence
l’amplitude du signal en sortie (V0 ) et la sensibilité γvco du VCO sont deux paramètres qui
agissent sur la gain β de la boucle d’oscillation. Par conséquent, il est indispensable de
trouver un composant dont le produit V0 γvco soit le plus important possible de manière
à limiter le nombre d’amplificateurs dans l’oscillateur chaotique.
Les points de mesure permettant de définir précisément la sensibilité et la plage de
fonctionnement du VCO suit la régression linéaire (fig.3.1(a)) caractérisée par la relation
suivante :
La conversion linéaire du VCO peut être cependant perturbée indirectement par des
fluctuations de l’amplitude du signal de sortie qui n’est pas constante suivant la fréquence
de modulation (fig.3.1(b)). Par la suite, nous pourrons montrer l’influence de cette am-
plitude variable en observant le type de régime (stationnaire, périodique ou chaotique)
adopté par notre oscillateur, suivant les conditions de fonctionnement choisies. Le gain β
dépend effectivement de l’amplitude du signal en sortie du VCO, et la prise en compte
de ce phénomène modifie légèrement le modèle dynamique de l’oscillateur (changement
de la fonction non linéaire, modulation du profil de cette dernière par la dépendance de
l’amplitude).
Pratiquement, nous pouvons observer que le taux de distorsion harmonique (TDH)
global du signal sinusoïdal en sortie du VCO est relativement important (fig.3.2). La
valeur maximum de ce taux peut atteindre TDH = 22%, ce qui signifie que le signal en
sortie du VCO est très déformé. Pour conserver la validité du modèle théorique et réduire
124 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
la valeur de ce taux, nous allons placer un filtre SAW1 . Ainsi, le signal qui va moduler en
puissance la diode laser CATV aura un meilleur taux de distorsion (TDH = 3.5% pour la
valeur la plus haute).
0.25
Taux de distorsion harmonique global sans filtre
avec filtre
0.2
0.15
0.1
0.05
0
900 1000 1100 1200 1300 1400
Fréquence d’oscillation (MHz)
Fig. 3.2 – Taux de distorsion global du signal en sortie du VCO avec et sans filtre SAW
Le filtre SAW a une fréquence de coupure de 1.7 GHz et une pente d’atténuation
importante supérieure 40 dB/dec au delà de sa fréquence de coupure. Un filtre dont la
fréquence de coupure serait plus proche de 1.5 GHz, aurait été plus adapté. Il aurait encore
diminué le taux de distorsion. Le taux de distorsion obtenu est cependant convenable avec
l’insertion du filtre choisi.
4π
∆φ = x (3.2)
c
Dans le cas de nos mesures, les longueurs de pistes mises en jeu sont négligeables par
rapport à la longueur d’onde de notre signal électrique. Notre signal qui peut évoluer
entre 950 MHz et 1.5 GHz correspond à une longueur d’onde minimale de 20 cm. En
revanche, le déphasage du paramètre de réflexion provient des variations de la partie réelle
et imaginaire de notre impédance d’entrée complexe. Pratiquement, un tour complet dans
l’abaque correspond à un déphasage de 2 π.
La figure 3.5 représente l’abaque de Smith du paramètre S11 . Les variations du coeffi-
cient de réflexion entraînent des pertes supplémentaires dans la transmission du signal. La
plage de fonctionnement dans laquelle peut évoluer notre système (soit 950 M Hz/1.5 GHz)
est matérialisée par les points 1 et 2. Dans cet intervalle, nous remarquons que les varia-
tions du paramètre S11 suit un cercle de rayon à peu près constant. Cela signifie que l’im-
pédance complexe à l’entrée du composant possède une partie réelle de valeur constante.
En revanche, sa partie imaginaire ne l’est pas.
Avec l’abaque de Smith relevé expérimentalement sur le quadripôle optoélectronique,
3.2. Analyse des composants de l’oscillateur 127
nous pouvons définir dans la bande de fréquence nous concernant le TOS2 (ROS3 ou
VSWR4 ). L’abaque de Smith (fig.3.5) n’est pas complet. L’abaque ne montre que les
paramètres en échelle radiale, le TOS, les coefficients de réflexion et de transmission, (dB,
P, V et I) ne sont pas indiqués.
Le VSWR de ce quadripôle est donc ρ = 4.5 et le coefficient de réflexion est Γ =
0.63. Le coefficient de réflexion est relativement important. Cependant, sa forte valeur ne
présente pas un problème majeur si ce coefficient est le même du coté du récepteur.
Le paramètre S21 caractérise la transmission directe du composant. Elle est assimilable
au tracé d’un diagramme de Bode (module et phase) et donne des informations très
importantes sur le fonctionnement de l’élément optoélectronique.
Dans notre cas, nous pouvons observer des variations de phase très importantes. Pour
sa caractérisation, l’élément optoélectronique complet est constitué de la diode laser fibrée,
2
Taux d’Onde Stationnaire
3
Rapport d’Onde Stationnaire
4
Voltage Standing Wave Ratio
128 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
200
150
100
éé
é
50
50
100
150
200
1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5
é
nLω cφ
φ= ⇐⇒ L = (3.3)
c nω
Dans notre cas, une variation de fréquence ∆f de 25 MHz suffit à provoquer une
variation de phase de 2 π. La longueur physique mesurée est L ≈ 8.2 m, ce qui correspond
à une variation de fréquence ∆f de 24.1 MHz. Par conséquent, nous pouvons en déduire
que le retard introduit par la longueur de fibre optique explique très bien les variations
importantes de déphasage observées.
Le sommateur est réalisé à partir d’un combineur de puissance qui va ajouter (ou
combiner) la puissance des signaux déphasés de chacune des entrées pour pouvoir obtenir
des interférences RF.
Pratiquement, nous observons un déséquilibre entre les deux entrées (fig.3.7(a)). Ce
déséquilibre va entraîner une pondération d’une entrée sur l’autre. En théorie, le signal
3.2. Analyse des composants de l’oscillateur 129
0
voie 1 200
voie 2 voie 1
−5 voie 2
150
−10 100
Phase (degré)
Module(dB)
50
−15
0
−20
−50
−25
−100
−30
−150
−35 −200
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Fréquence (GHz) Fréquence (GHz)
S11 0
S= S22 S21 (3.4)
S21 S21 S12
où Sab correspondent aux paramètres de l’ensemble optoélectronique et Sab aux para-
mètres du sommateur.
La matrice obtenue est facilement interprétable physiquement. En effet, le paramètre
de réflexion dépend uniquement de la réflexion à l’entrée de la diode laser. Le paramètre
de transmission inverse est logiquement nul. Le paramètre de transmission direct est le
produit des paramètres de transmission de chacun des composants.
130 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
L’amplificateur est également un paramètre sensible en HF. En effet, celui-ci peut être
à l’origine des non linéarités supplémentaires. La caractérisation de l’amplificateur avec
les paramètres S ne permet pas de mettre en évidence le comportement non linéaire, qui
est en général caractérisé par le taux de distorsion harmonique.
−10
−20
Puissance (dBm)
−30
−40
−50
−60
−70
0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4
Fréquence (GHz)
(a) Spectre du signal d’entrée
20 −25
−30
10
−35
0
Puissance (dBm)
Puissance (dBm)
−40
−10 −45
−20 −50
−55
−30
−60
−40
−65
−50 −70
0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4 3 3.5 4 4.5 5
Fréquence (GHz) Fréquence (GHz)
(b) Signal de sortie (fondamental et premier har- (c) Signal de sortie (autres harmoniques)
monique)
L’amplification a été normalisée, c’est pour cela que celle-ci reste à 0 dB. Afin de
ne pas détériorer le matériel, le signal de sortie de l’amplificateur est atténué par une
fonction de l’analyseur vectoriel. Ce composant est très bien adapté. L’abaque de Smith
3.2. Analyse des composants de l’oscillateur 131
montre, en effet, que S11 (fig.3.2.2) s’éloigne très peu du centre de l’abaque synonyme
d’une adaptation parfaite. En effet, le centre de l’abaque montre que l’impédance d’entrée
du composant, pour la plage de variation de la fréquence du test (soit 40 MHz à 4 GHz),
reste approximativement constante et proche de 50 Ω.
Le taux de distorsion harmonique est observable sur la figure 3.8. Nous souhaitons, en
bout de chaîne RF, obtenir l’enveloppe d’un phénomène d’interférence entre 2 ondes RF
purement sinusoïdales. La présence d’harmoniques, et la nature large bande de certains
composants, sont susceptibles d’occasionner, en plus des interférences sur le fondamental,
des interférences entre harmoniques. Pour s’affranchir de cela, nous pouvons voir que,
lorsque l’ensemble des harmoniques du signal d’entrée sont négligeables (fig.3.8(a)), le
signal de sortie possède des harmoniques beaucoup plus importants mais dont l’amplitude
reste négligeable par rapport au fondamental (fig.3.8(b) et 3.8(c)). Le signal d’entrée,
ajusté à une puissance de −10 dBm, correspond à 100 µW. Le signal de sortie n’est donc
pas saturé et ne peut pas introduire des harmoniques supplémentaires dus à un écrêtage.
Le taux de distorsion harmonique mesuré a pour valeur :
T HD = 0.7
Cette valeur a une influence largement négligeable sur le modèle adopté dans le cha-
pitre précédent. Cependant, si celui-ci était plus important, ce phénomène non linéaire
ne pourrait plus être considéré comme négligeable (THD > 1%) et des déformations du
signal seraient observables dans son évolution temporelle. Le modèle théorique caracté-
risant l’oscillateur devrait alors être modifié afin de pouvoir refléter plus fidèlement le
132 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
fonctionnement réel.
Le comportement global de la fonction d’interférence est bien cohérent avec les me-
sures individuelles des composants RF faites précédemment. Le principe des oscillateurs
chaotiques est basé sur leur fonctionnement non linéaire. Pour notre oscillateur chaotique
en fréquence, il est nécessaire de pouvoir trouver un lien non linéaire entre la modulation
en fréquence et la modulation en amplitude qui sera traitée en bande de base. C’est le
rôle rempli par les interférences RF que nous venons de montrer expérimentalement.
3.2. Analyse des composants de l’oscillateur 133
En se référant à la figure 3.3 page 125, la sommation des deux porteuses RF après
chacun des photodétecteurs, dans le cas d’une différence de longueur de fibre optique de
5 m soit ∆T = 25 ns, pour une modulation de fréquence linéaire de 100 MHz, donne des
variations d’amplitude en fonction de la porteuse représentées sur la figure 3.10. Une des
données importantes de cette modulation est l’indice de modulation du signal obtenu.
L’indice de modulation est donné par la relation suivante :
VA − VB
m= (3.5)
VA + VB
Dans le cas de notre système, cet indice de modulation a pour valeur m = 47.4%.
A présent, il faut éliminer la porteuse HF afin de conserver uniquement l’enveloppe. La
qualité de la démodulation d’amplitude est fonction de la valeur de l’indice de modulation.
La détection d’enveloppe
+ X
lateur chaotique. Les valeurs des résistances et des condensateurs choisis ont conduit à un
filtre passe-bande du second ordre, avec des coupures haute et basse de fl = 10 kHz et
fh = 100 kHz respectivement.
De manière plus précise, la fonction de transfert du filtre passe-bande est défini par :
Rl C1 p
Hf iltre (p) = (3.6)
1 + (R1 C1 + Rl C2 + Rl C1 ) p + R1 Rl C1 C2 p2
où Rl est la résistance de charge et p = j ω.
Compte tenu des valeurs des fréquences de coupure très éloignées, et de la faible
sélectivité du filtre (second ordre), la réponse du filtre est apériodique, et ne présentera
aucune oscillation dans la réponse transitoire. Il s’agit effectivement d’un système sur-
amorti (coefficient d’amortissement z supérieur à 1).
⎧
⎪ 1
⎪
⎨ ωn = √
R1 Rl C1 C2
(3.7)
⎪
⎪ R C
1 1 + R C + Rl C1
⎩z = √ l 2
2 R1 Rl C1 C2
3.2. Analyse des composants de l’oscillateur 135
10
émetteur
récepteur
5 coupure −3dB
Fonction de transfert (dB)
−5
−10
−15
−20 3 4 5 6
10 10 10 10
Fréquence (Hz)
Fig. 3.14 – Diagramme de Bode des systèmes d’émission et de réception
136 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
1 c
ISL = = (3.9)
∆T n ∆L
où c est la célérité dans le vide, n l’indice de réfraction de la fibre optique, et ∆L la
138 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
différence de longueur entre les deux bras. Ainsi, nous obtenons respectivement ISL =
40 MHz et ISL = 20 MHz, pour ∆L = 5 m et ∆L = 10 m.
Cette situation est illustrée à la figure 3.16 dans les conditions expérimentales extrêmes
(pour un temps caractéristique de modulation τ1 = 40 ns, nous avons réalisé expérimenta-
lement ∆L = 1 km, soit ISL = 200 kHz et ∆T = 500 ns à la figure 3.16(b) et ∆L = 500 m,
soit ISL = 400 kHz et ∆T = 250 ns à la figure 3.16(c)).
termes d’interférence à 2 f
(V0 κ)2 2 2
A2 (t) = [cos (ω(t − T ) (t − T )) + cos (ω(t − T − ∆T ) (t − T − ∆T ) +
4
cos{[ω(t − T ) − ω(t − T − ∆T )] (t − T ) + ω(t − T − ∆T ) ∆T } (3.10)
termes en BF
Les termes en cos2 sont à l’origine du signal à 2 f observé spectralement. Ces deux
termes, compte tenu de la variation pseudo-aléatoire de ω(t) avec des temps caractéris-
tiques plus rapide que ∆T , génèrent des cannelures issues d’un phénomènes d’interférence
à 2 f . Le second terme de l’équation (3.10) représente la partie BF de la transformation
non linéaire dynamique (et non instantanée) qui est effectivement utilisée dans la chaîne
d’oscillation chaotique. Le spectre de cette composante BF est représenté à la figure 3.17
avec la même échelle horizontale que pour la composante à 2 f (fig. 3.16(b) et 3.16(c)).
On peut remarquer l’absence de cannelures dans ce spectre BF, ce qui est un point positif
140 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
−56
−58
−60
−62
Spectre (dB)
−64
−66
−68
−70
−72
−74
0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
Fréquence (MHz)
0.6
0.4
amplitude (V)
0.2
−0.2
−0.4
−0.6
−0.8
−1
0 10 20 30 40 50 60 70
Temps (µs)
Pour ces relevés de la fonction d’interférence (sortie BF), nous avons choisi un signal
modulant le VCO dont la fréquence vaut approximativement 10 kHz (à l’intérieur du filtre
sélectionnant la composante BF en sortie de la fonction d’interférence) et dont l’amplitude
est ajustée suivant le nombre de cannelures que l’on souhaite balayer.
Plusieurs cas sont alors observés :
– figure 3.18(a) : pour deux constantes de temps τ1 différentes et un ordre d’inter-
férence similaire, nous obtenons respectivement des rapports ∆T /τ1 de 16.10−3 et
0.31 qui sont inférieurs à l’unité. L’ordre d’interférence reste trop petit par rapport
à la constante de temps pour pouvoir donner lieu à des différences de formes des
réponses non linéaires : l’interférence est dite «instantanée».
– figure 3.18(b) : un léger décalage est observable dû à des rapports ∆T /τ1 qui aug-
142 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
mentent : respectivement 0.31 et 6.3 ; on est dans une situation intermédiaire entre
le cas instantané et le cas dynamique.
– figures 3.18(c) et 3.18(d) : les rapports ∆T /τ1 deviennent importants (Tab.3.1). Le
comportement de la fonction d’interférence est clairement dynamique, puisque sa
réponse à 2 filtres BF différents n’est pas la même.
∆T = 2.5 µs ∆T = 5 µs
τ1 = 1.6 µs 1.56 3.125
τ1 = 80 ns 31.25 62.5
Dans la suite de ce travail, nous avons opté pour une configuration «classique» du
générateur de chaos FM, pour laquelle la fonction d’interférence est instantanée. Ce choix
a été motivé pour des contraintes de matériel disponible et de temps de mise en œuvre
(ajustement émetteur/récepteur plus délicat dans le cas de grands retards). Néanmoins,
il serait intéressant à l’avenir d’explorer également les possibilités de synchronisation d’un
montage à base d’interférences RF dynamiques ainsi que d’étudier en détail les propriétés
dynamiques des comportements chaotiques issus d’un tel montage.
1. aux cartes électroniques qui regroupent une partie optoélectronique avec la diode la-
ser et les photodétecteurs utiles à la réalisation des interférences RF. La partie entre
ces deux composants optoélectroniques est électronique. Elle réalise le traitement du
signal chaotique en bande de base (filtrage, amplification, détection d’enveloppe).
2. à une bobine de fibre optique se situant après la diode laser (et un coupleur 10/90
permettant d’atténuer le signal optique). La longueur de cette fibre est de 2 km
permettant ainsi de générer un retard T de 10 µs.
3.4. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 143
3. à un coupleur 50/50 qui répartit le signal optique dans deux bras de longueur diffé-
rente.
4. aux deux photodétecteurs fibrés ayant une longueur de fibre identique, et auxquels
nous ajoutons une jarretière optique d’une longueur de 5 m (soit ∆T = 25 ns) pour
réaliser le déséquilibre des bras de l’interféromètre RF.
5. aux appareils d’alimentation et de régulation qui sont nécessaires aux réglages de la
fréquence centrale de modulation, et au contrôle en courant et en température du
point de fonctionnement de la diode laser.
0.14
0.12
Densité de probabilité
0.1
0.08
0.06
é
0.04
0.02
0
−50 0 50
Excursion en fréquence (MHz)
Sur ce même graphique, nous avons tracé la courbe théorique Gaussienne qui se rap-
proche le plus de notre relevé expérimental. Le modèle gaussien correspond à un écart-type
σ = 13 MHz.
Le spectre du chaos en bande de base (fig.3.21(a)) et celui de la porteuse chaotique
(fig.3.21(b)) est relativement plat dans la bande passante, montrant ainsi une équirépar-
tition «anonyme» des composantes spectrales du chaos. Celui-ci s’apparente ainsi à un
bruit blanc filtré dans la bande de base du chaos. Ainsi, ce spectre ne délivre pas d’autre
information pendant sa transmission que la bande de fréquence utile du chaos (pas de
cannelure par exemple).
Le pirate peut avoir accès à l’ensemble des relevés précédents à partir du chaos en
modulation de fréquence, puisque ce dernier est disponible sur le canal hertzien public.
En utilisant une PLL, il va pouvoir extraire le chaos en bande de base. Il aura ainsi
une estimation de la bande passante des variations chaotiques de la fréquence. Le pirate
connaît alors seulement le type de dynamique limitante utilisée dans notre système.
−5
−10
Spectre (dB)
−15
−20
−25
−30
−35
−40 3 4 5 6
10 10 10 10
Fréquence (Hz)
Fig. 3.21 – Spectre du chaos en bande de base et du chaos en fréquence (f0 = 1.2 GHz,
∆T = 5 m, β = 2.2, τ1 = 10 µs)
Les variations du gain de la boucle non linéaire à retard sont très significatives gra-
phiquement, et à partir des différents régimes périodiques et chaotiques de l’oscillateur,
elles mettent en évidence l’importance du gain pour obtenir un régime oscillatoire, qu’il
soit périodique ou chaotique.
Comme nous pouvons le voir sur la figure 3.22, le tracé d’un digramme de bifurcation
en fonction des variations du gain β est fidèle au modèle théorique (voir 2.5.5 page 96).
Il se décompose en plusieurs parties :
1. β < 1.3 : une perturbation n’entraînera pas le système dans une oscillation auto-
entretenue. Le régime reste stationnaire, de type point fixe stable.
2. 1.3 < β < 1.5 : première évolution périodique (fig.3.24(a)). Il s’agit d’un signal
carré dont les temps de montée sont liés à la constante rapide τ1 de temps de la
dynamique limitante, et les durées des plateaux correspondent au retard T .
Nous avons vu que la dynamique limitante de notre système était caractérisée par
une réponse à un échelon apériodique (amortissement fort, voir page 134). Ce sys-
tème peut donc être modélisé, en première approximation, par la mise en cascade
de deux systèmes du premier ordre. Nous allons calculer la transformée de Laplace
inverse du signal en sortie d’un filtre passe-bas dont la fréquence de coupure haute
est similaire à celle de notre système expérimental (f1 ≈ 150 kHz). Le signal d’entrée
étant un échelon :
−1 G
vs (t) = LP = G[1 − exp(−t/τ1 )] u(t) (3.11)
p (1 + τ1 p)
146 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
3. 1.5 < β < 1.7 : le régime reste périodique mais le spectre s’élargit un peu plus avec
un dédoublement de fréquence (fig.3.24(b)). Cette bifurcation à β = 1.5 ressemble à
la transition période 2 vers période 4 observée dans de nombreux systèmes à retard
de dynamique passe-bas, transition que l’on retrouve donc qualitativement ici dans
le cas d’une dynamique passe-bande.
4. 1.7 < β < 1.9 : les dédoublements supplémentaires deviennent difficiles à obser-
ver. Nous pouvons simplement remarquer que la densité de probabilité est plus
importante sur les cotés du diagramme. Ainsi, le régime périodique précédent se
transforme en un régime pseudopériodique où les différents états sont difficilement
observables (fig.3.24(c)).
5. 1.9 < β < 2.1 : avec l’augmentation du gain β, on pourrait s’attendre à observer
une transition d’un régime pseudopériodique à un régime chaotique (comme c’est le
cas pour d’autres dynamiques à retard, en particulier celles du type passe-bas). Ce-
pendant, nous pouvons remarquer que le système repasse par un régime périodique
du même type que lorsque 1.3 < β < 1.5 (fig.3.24(a)).
6. 2.1 < β < 2.5 : La structure périodique disparaît ou est fortement atténuée ; on
s’approche sans doute des comportements chaotiques, mais la densité de probabilité
ne suit pas une loi Gaussienne. Les extrémités du diagramme de bifurcation sont
plus sombres. Nous revenons à un cas pseudopériodique comme dans le cas (4).
7. β > 2.5 : La loi devient quasi-gaussienne. Le régime est chaotique. En augmentant le
gain, on augmente l’excursion en fréquence. Ainsi, un nombre plus important d’ex-
trema de la non linéarité sera couvert par les variations de la fréquence porteuse. La
dimension de l’attracteur étrange dans lequel évolue le chaos en fréquence augmente
[56].
Ces différents régimes sont observables avec les évolutions temporelles associées au
diagramme de bifurcation (fig.3.22) pour différents gains :
Le paramètre φ agit de manière significative sur la route vers le chaos. Les dédouble-
ments de fréquence vont être plus ou moins observables suivant la valeur de φ qui est,
pratiquement, proportionnelle à la fréquence centrale de modulation. Selon φ, le premier
comportement oscillatoire ne débutera pas pour le même gain (fig.3.25(d)). Il existe éga-
lement des transitions directes entre un régime stationnaire et chaotique, sans passer par
des comportements périodiques (fig.3.25(b)).
L’influence de la phase sur le comportement chaotique est visible sur les diagrammes
de bifurcation précédents, mais celle-ci est encore plus significative sur un diagramme de
bifurcation dont le paramètre de bifurcation est la phase, comme nous allons le décrire
maintenant.
148 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
é
é
é
é
Ce diagramme de bifurcation n’a pas pour but de nous montrer les différents régimes
que peut adopter notre oscillateur. Il met simplement en évidence, pour un faible gain
comme c’est le cas dans notre système, l’importance du déphasage pour sa mise en oscil-
lation.
Le diagramme de bifurcation (fig.3.26) montre les coupures des régimes chaotiques
pour une évolution croissante de la fréquence centrale. La paramètre φ = ω0 T est ef-
fectivement proportionnel à la fréquence centrale de modulation. L’alternance entre les
régimes stationnaires, périodiques et chaotiques, est aussi provoquée par une variation
résiduelle du gain du système, bien que celui-ci soit supposé fixé à environ 2.2 ; mais,
pratiquement, les variations d’amplitude du signal en sortie du VCO avec f0 (fig.3.1(b))
entraînent une légère variation du gain équivalent global β dans la boucle d’oscillation
(pour un VCO parfait, l’amplitude de sortie est indépendante de f0 ).
3.4. Caractérisation de l’oscillateur chaotique 149
Hystérésis
Selon que le gain varie dans un sens croissant ou décroissant, il est possible de voir
apparaître un phénomène d’hystérésis dans les deux diagrammes de bifurcation (fig.3.27).
150 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
fixe à un régime chaotique. Cependant, dans le cas d’un paramètre de bifurcation qui
décroît, le régime chaotique, avant de revenir à son état initial, va traverser des régimes
périodiques. Dans le cas de la figure 3.27(d), la route vers le chaos passe bien par des
états périodiques qui, par plusieurs dédoublements de fréquences, atteindra un régime
chaotique de grande dimension. Pour une variation décroissante de β, les dédoublements de
fréquences s’observent plus facilement. Les différences de densité de probabilité montrent
bien l’évolution temporelle «bipériodique» de quatre états (comme observé fig.3.24(b)).
Etant donné que ce problème est secondaire dans la conception du système, nous
n’avons pas étudié plus en détails cette différence entre les simulations numériques et la
pratique, mais nous espérons que ces constatations sur les comportements expérimentaux
et numériques des diagrammes de bifurcation, pourront éveiller l’intérêt et la curiosité de
certains lecteurs.
152 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
du chaos récupéré en sortie de la boucle constituée par les mêmes composants que
l’émetteur.
3. Une diode laser CATV.
4. Un retard optique.
5. Un coupleur 50/50 permettant d’orienter le signal dans les bras fibrés de l’interfé-
romètre.
6. Une ligne à retard réglable dans le but d’obtenir avec une très bonne précision la
même différence de longueur des bras de l’interféromètre. Le réglage de son retard
varie entre 0 et 600 ps et sa précision est de 1 fs.
7. Des appareils d’alimentation et de régulation similaires à l’émetteur.
10
émetteur
récepteur
5 coupure −3dB
Fonction de transfert (dB)
−5
−10
−15
−20 3 4 5 6
10 10 10 10
Fréquence (Hz)
(a) Diagramme de Bode en amplitude des filtres (b) Fonctions non linéaires
passe-bande
Fig. 3.29 – Appariement de la dynamique en bande de base et des fonctions non linéaires
Les composants que nous avons décrits précédemment, doivent réaliser les fonctions
de la transformation non linéaire, du processus dynamique limitant, du retard pur, et
154 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
−0.5
−1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Temps (µs)
1
Chaos reconstitué (V)
0.5
−0.5
−1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Temps (µs)
−1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Temps (µs)
1
Chaos reconstitué (V)
0.5
−0.5
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Temps (µs)
2
expérimentale théorique
1.8
∆T ∆T
1.6
′
Erreur moyenne de synchronisation σ
1.4
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0
4 2 0 2 4 6
′
∆L ∆L (cm)
observée au minimum.
Le retard T est un paramètre également très sensible mais comme nous l’avons vu,
l’influence de ce paramètre sur la synchronisation est également dépendant de la bande
passante de l’oscillateur. Pratiquement, les lignes à retard réglables peuvent introduire
une valeur de retard supplémentaire jusqu’à 600 ps équivalente à une longueur de fibre
de 12 cm. Elle représente dans le cas de la différence de longueur ∆L une erreur relative
maximale de 2.4%. En revanche, cette longueur est trop petite pour pouvoir introduire
une différence de retard significative pour l’observation de l’erreur de synchronisation
introduite par un appariement approximatif du retard temporel. Le rapport T /τ1 = 6.25
est ici beaucoup trop faible pour faire intervenir les problèmes évoqués dans la partie 3.3.3
page 140 . Un variation de longueur de retard de 12 cm entraînerait une erreur relative
d’au plus de 6 dans le cas du retard temporel réalisé avec une fibre de 2 km.
1.5
0.5
théorique
expérimentale
0
1 0.5 0 0.5 1
∆β
Fig. 3.32 – Influence de l’erreur sur la synchronisation pour ∆T = 25 ns, T = 10 µs
expérimentale et la courbe théorique pour une comparaison plus simple (fig.3.32). Les
différences d’écart-type pour une erreur nulle sont également produites par le bruit de dé-
codage de l’ensemble des autres éléments. Comme nous pouvons le remarquer, les points
de mesures n’ont pas une répartition homogène sur l’intervalle de variation de l’amplifi-
cation. En effet, l’amplificateur à gain variable avec lequel nous pouvons faire varier β,
est linéaire en dB. Nous avons donc une commande de la forme suivante :
Nous pouvons remarquer que l’influence du gain sur l’erreur en fréquence introduite
dans la synchronisation, est symétrique par rapport à une erreur nulle. Les variations de
l’écart-type sont linéaires comme nous avions pu le voir dans les simulations numériques
avec l’équation (2.62) (voir page page 107).
158 Chapitre 3. Résultats expérimentaux
Dans le cas de notre liaison codée par chaos, la mesure du SNR nous donne :
SN R ≈ 36 dB
6
Bit Error Rate
7
Signal to Noise Ratio
3.6. Système de cryptographie 159
Le SNR est relativement bon étant donnée la difficulté d’accordabilité des clés de
codage du récepteur avec celles de l’émetteur et en prenant en compte le bruit intrinsèque
du système.
−20
−30
−40
Amplitude (dB)
−50
0 −60
−70
−80
−90
−100
0 0.5 1 1.5 2
Fréquence (Hz) 5
x 10
Fig. 3.33 – Signal d’information après son décryptage (φ = 1.82 rad, ∆T = 25 ns,
T = 10 µs et β = 2)
La séquence de longueur maximale dure N TCLK , avec N = 2n −1. Si N est très grand,
la succession de bits est d’apparence quelconque, mais si l’on attend une durée égale à
N TCLK , on recommence un cycle. Cela justifie le nom de pseudo-aléatoire (fig.3.34).
La figure 3.35 représente de haut en bas la trace du signal d’information binaire original
[17], celle du signal crypté et enfin, celle du signal décrypté en sortie du système de
réception.
Pendant sa transmission, le signal binaire est totalement masqué par le signal chao-
tique. Le diagramme de l’œil du signal binaire est totalement fermé. Les transitions d’un
état haut vers un état bas ou l’inverse ne peuvent, en effet, pas être appréhendées, et le
code binaire transmis est totalement invisible pour un espion qui observe le canal par une
détection FM directe.
Le décodage, lors d’une synchronisation idéale, devrait permettre une restitution du
même signal binaire d’origine. Le diagramme de l’œil est, en fait, un peu plus fermé à cause
du bruit de décryptage. De la même manière que pour un signal analogique, des opérations
supplémentaires de traitement du signal nous donnerait un signal d’information largement
utilisable par les systèmes de communications actuels (par exemple par utilisation de codes
correcteur d’erreur dans cette situation numérique).
3.7. Conclusion 161
3.7 Conclusion
Au cours de ce chapitre, nous avons pu mettre en œuvre le générateur de chaos RF
et son récepteur pour l’appliquer à la transmission cryptée de signaux analogiques et
numériques. Les résultats expérimentaux obtenus pour les différentes dynamiques de l’os-
cillateur sont compatibles avec nos attentes : les diagrammes de bifurcation ont les mêmes
types d’évolution pour des gains et des paramètres φ identiques. Le spectre du chaos en
fréquence qui est une donnée disponible pour l’espion (car elle est le spectre du signal
transmis) est uniforme dans sa bande passante et, est conforme à un bruit rose (bruit
blanc filtré). La bande passante du signal d’information disponible dans le spectre en
bande de base est également compatible à nos attentes.
Nous avons pu, également, mettre en évidence la particularité de l’architecture RF
par rapport à des interféromètres optiques. Bien que le principe de base sur la conception
de l’interféromètre soit le même, la différence des fréquences a montré que l’analyse était
très différente.
L’oscillateur chaotique et son récepteur constituent la première démonstration d’une
liaison hertzienne à porteuse FM chaotique dans la bande GSM. Les informations trans-
mises peuvent être numériques ou analogiques, s’adaptant ainsi à l’ensemble des systèmes
actuelles de transmission d’informations.
A posteriori, la non linéarité aurait pu être, par exemple, conçue différemment. Ainsi,
une nouvelle architecture permettrait d’éviter un déséquilibre en puissance entre les bras
fibrés mais aussi de réduire les dimensions de la carte électronique. En effet, la non linéa-
rité est composée d’un sommateur puis d’un détecteur quadratique permettant d’extraire
l’enveloppe des interférences RF. Ce type de circuit peut se réduire à la simple multipli-
cation des signaux à la sortie des photodétecteurs suivie d’un filtre permettant d’éliminer
la composante HF (fig.3.36).
3.8. Perspectives expérimentales 163
Notes du lecteur
164 Conclusion générale et perspectives
Conclusion générale et perspectives
dio dans la gamme GSM (1.5 GHz). Pour cette seconde version de générateur de chaos
électronique, une nouvelle architecture de générateur de chaos radio-fréquence a ainsi été
conçue, réalisée et intégrée, dans un système complet de transmission sans fil par porteuse
radio à modulation de fréquence chaotique.
Enfin, sur un plan plus fondamental, l’étude du générateur de chaos FM par interfé-
rences Radio et ligne à retard, a permis de mettre à jour une nouvelle classe de dyna-
mique non linéaire à retard. Dans certaines conditions particulières de fonctionnement,
nous avons pu en effet observer un comportement de la transformation non linéaire par
interférences RF, qui n’est plus instantané, mais dynamique. Les propriétés dynamiques
de ce nouveau type d’oscillateur à retardsont encore peu connues, et leur portée effective
dans diverses applications sont encore à découvrir. Toutefois, les méthodes et techniques
de génération de porteuses électroniques large spectre sont encore en plein développement,
et leur utilisation dans diverses applications en sont encore au stade prospectif (radars,
générateurs de nombres aléatoires, communications par porteuses large bande, signaux de
test pour les futurs équipements électroniques haute fréquence...). Ce travail espère pou-
voir contribuer à ce domaine de recherche à la frontière entre les propriétés fondamentales
Conclusion générale et perspectives 167
+12
C3 1uF
+12V -12V
+
Q1 +5
+5 -5 1 14
A GND A
Annexe A
+5V -5V
gnd
0.1uF
C17 1,4,6
U11 7 8
14
E1 8-11
ANTENNA 3 R11 GND Quartz 1MHZ
12 1k non linéarité GND détecteur
5 [Link] dé[Link]
GND R19
2
15 13,16 +12 2.7k
7
AD844JR C18 GND C36
0.1uF U8
+
GND
0.1uF 8 1
fréquence (BF)
VDD CLK
+
GND 7 2
C4 1uF SYNC GND GND
6 3
in NL out NL in detect out detect IN NC
C1 470pF -12 5 4
VBB OUT
U10 +5
C2 14 17
B P1 SYNC V+ C31 B
1nF 5 16 + C37 RD5108
R1 10K COSC DV+
1
REF GND
+
10K 7 3 0.1uF
DADJ A0
8 4 1uF
GND FADJ A1
10 GND
R812k IN
19
OUT
2
GND
6 13 J3
R9 GND PDI
9 12 CON2
10K GND PDO
11 IN MESSAGE
GND
18 GND GND
169
1
2
GND
15 20
DGND V- -5 C35
MAX038CWP C32 R12 GND 6.8nF
GND + 1uF R13 R14
4.7k R18
GND 4.7k 4.7K
2.7k
GND
C33 U9 U7C
C + 0.1uF AD633JR U7B C
11
6 7 10 6 R20
+12 +V X1 C
8 12 7 680
X2 GND B
5 5
W
1 OP470GS +12
Y1
4 2 OP470GS
Z Y2 GND
GND
3
V- -12 R15
J1 P4
C34 200k
2 GND + 0.1uF 4.7k
MOD EN BO R16
1 4.7k
CON2 +5
J4 GND U7D J6
15 R17
3 1 CON2
P2 16 GND
3
2
1
D D
JUMPER BO/BF P3
J2 J5 20k
CON3 -5 Organization:
1 GTL-CNRS-TELECOM
OUT
2 GND Size: Title: Revision:
CON2 A4 emetteur chaos HF 1
Cartes électroniques du chaos en
1 2 3 4
C38 15pF
L1
100uH
R21
390k
A A
+5 C5 1uF
+
C19 GND
8
0.1uF
R22 2
1 R2
270K A
3 1K
U3A
AD8032AR
4
GND C20
0.1uF
C6 GND
+
-5 1uF
B B
R3
C39 12pF
1K
L2
100uH
R24
330k
R25 6 U4B
in NL R4
150K 7 6
B
5 1K 7
B out NL
Annexe A
U3B 5
AD8032AR
GND AD8032AR
GND
C40 10pF
C C
L3
+5 C7 1uF
+
C21 GND
8
0.1uF
R23 2
1 R5
270K A
3 1K
U4A
AD8032AR
4
D D
GND C22
0.1uF
Organization:
C8 GND GTL-CNRS-TELECOM
Size: Title: Revision:
+
A4 Non linéarité
-5 1uF
Drawn By: MOEC Samuel S heet
2 of 4
1 2 3 4
1 2 3 4
A A
R28
22K
+12
C11 1uF +12
+
C13 1uF
B B
+
R32
GND 10k C41
GND
C25 0.1uF 100pF
1,4,6
14
C27 0.1uF
8-11 U6
4
R6 R29 3
12 R33 R34 2 U7A
1K 22K
5 10k 10k 1
A out detect
2 C42 3
R7 R30 13,16 15 OP470GS
7
1K 22K AD844JR 220pF
13
+
22K GND P5
GND GND
Annexe A
GND
+
+
D1
BAV99 C12 1uF C14 1uF
1,4,6
C23 0.1uF
1 2 -12 -12
14
8-11 U5 GND 200k
C R27 C
3
3
in detect
475 12 GND
5
2 AD844JR
13,16 15
7
GND C24
0.1uF
+
1uF
C10
-12
D D
Organization:
GTL-CNRS-TELECOM
Size: Title: Revision:
A4 détecteur d' enveloppe
Drawn By: MOEC Samuel S heet
3 of 4
1 2 3 4
171
172 Annexe A
+
10K 7 3 +5 -5 1 14
A DADJ A0 A
8 4 1uF
GND FADJ A1 +5V -5V
10
gnd
R312k IN
19 7 8
OUT
2
GND
6 13 GND Quartz 1MHZ
R2 GND PDI
9 12 non linéarité GND détecteur
10K GND PDO
11 [Link] dé[Link]
GND R19
18 GND
GND 2.7k
15 20 +12
DGND V- -5
MAX038CWP C41 GND C43
GND + 1uF U9
+
0.1uF 8 1
VDD CLK
GND 7 2
SYNC GND GND
6 3
in NL out NL in detect out detect IN NC
5 4
VBB OUT
B U2 B
GND +5 + C44 RD5108
MAX941CSA
0.1uF
6
8
14
R4 2 GND
7 1 U6A
10K R5
3 3
4 2 10K
GND 5 HEF4070
1
C42 R12
C3
7
0.1uF 3.3nF 1K C45
GND 6.8nF
+
GND GND +12
C23 1uF
R20
+
Annexe A
C20 1uF P2
+5 10K 2.7k
GND
R9 C6 0.1uF U8B
13
C R21 C58 C
U7A U8C 6
8.2K R13 R22
C37 1 11 7 680
R14 R15 B 470nF R40
1K A 16 10 560 5
C 6.8k
2 1K 1K 12 +12
10pF OP470GS
+5 GND OP270GS OP470GS GND
4
C21 1uF R16 GND
C7 GND
0.1uF
+
1K P3
E1 200k
14
15
GND GND
ANTENNA
R18 U8D
+
R17
C4 0.1uF
D
OP470GS
8
C39 3.3K
U3A -12
R10 2 U3B
1 R11 6 GND
1.2K A
16
3 1K 7
15pF B
5
GND AD8032AR
4
GND AD8032AR
D GND D
C5
0.1uF
Organization:
2
1
GND GTL-CNRS-TELECOM
Size: Title: Revision:
+
J1
C22 1uF CON2 A4 Recepteur chaos HF
-5 Drawn By: MOEC Samuel S heet 1 of 4
1 2 3 4
173
174
1 2 3 4
C46
1-3.5pF
C49
xx
C51 12pF
L1
A A
100uH
R23
P4 56k
100k +5 C25 1uF
+
GND
C8
8
0.1uF
R24 2
1 R29
56k P6 A
500k 3 U4A
1K
AD8032AR
C9
4
GND 0.1uF
C26 GND
+
B B
-5 1uF
C47
1-3.5pF
C50 R30
xx
C38 10pF
1K
L2
100uH
R28
P7 150k
500k
R25
Annexe A
6 U5B
in NL R31
56k P8 7 6
B
500k 5 1K 7
GND U4B B out NL
5
C AD8032AR C48 C
1-3.5pF AD8032AR
GND
6.8pF
C53 C52
2.2pF L3
100uH
U5A 0.1uF
R27 2
P9 1 R32
56k A
500k 3 1K
D D
AD8032AR C11
4
d s2 ds de
τ1 τ2 2
(t) + (τ1 + τ2 ) + s(t) = (τ1 + τ2 ) (t)
dt dt dt
Pour qu’elle soit transformer en un système à deux équations. Cette équation diffé-
rentielle peut, en intégrant chacun des termes, prendre la forme suivante :
τ1 τ2 ds 1 t
+ s(t) + s(θ)dθ = e(t)
τ1 + τ2 dt τ1 + τ2 t0
−
→
dX → −
− →
= f (X , ξ )
dξ
K1 K2 K2 K4
Xn+1 = Xn + + + + + O(h5 )
6 3 3 6
⎧
⎪
⎪ K1 s
⎪
⎪ K1 = h f (Xn , ξn ) =
⎪
⎪ K1 z
⎪
⎪
⎪
⎪ K1 h
⎪
⎪
K2 s
⎨ K2 = h f Xn + 2 , ξn + 2 = K z
2
⎪
⎪ K2 h K 3s
⎪
⎪ K3 = h f Xn + , ξn + =
⎪
⎪ 2 2 K3 z
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪ K4 s
⎩ K4 = h f (Xn + K3 , ξn + h) = K z
4
Le pas d’intégration h est très important dans ce type de calcul car nous pouvons remar-
quer l’erreur d’approximation en dépend directement. Ainsi, plus celui-ci est petit, plus la
précision du calcul est importante. Pour effectuer une bonne approximation, nous allons
définir le pas d’échantillonnage égal à la constante de temps courte de l’oscillateur.
e(ξn ) = β f [s(ξn )]
En boucle fermée, la sortie s(ξn ) de l’équation différentielle est rebouclée sur l’entrée
e(ξn ) par l’intermédiaire de la fonction non-linéaire f . N , que nous verrons apparaître
dans la non-linéarité, est un pas matérialisant les différents points de calcul de la variable
s(ξn ).
−Υ −Υ s(ξn ) Υ
f (Xn , ξn ) = + β f (s(ξn + N ))
ψ 0 z(ξn ) 0
K1 h −Υ −Υ s(ξn ) + K1s
f Xn + , ξn + = +
2 2 ψ 0 z(ξn ) + K1z
Υ 1
βf (s(ξn + N ) + s(ξn + N + 1))
0 2
−Υ(s(ξn ) + z(ξn ) + K1s + K1z ) + Υ β f 12 (s(ξn + N ) + s(ξn + N + 1))
ψ (s(ξn ) + K1 s)
De la même manière, nous obtenons K2 , K3 et K4 .
fnl = β f [s(ξn + N )]
1
fnl = β f [s(ξn + N ) + s(ξn + N + 1)]
2
Dans ce calcul, nous allons définir le paramètres SijM mesurés sur les coupleurs parfaits
que nous trouvons à l’intérieur de l’analyseur de réseau et les paramètres SijA du vrai
quadripôle inconnu.
Nous pouvons que les paramètres mesurés sur les coupleurs parfaits sont alors fonc-
tion des paramètres du composants inconnu et des termes significatifs du compensateur
d’erreur.
Il s’agit d’un système bien conditionné de quatre équations à quatre inconnues. Il
admet une solution qui permet de remonter aux SijA grâce aux équations suivantes :
Paramètre de transmission direct
1 S21M − e30 S22M − e33
S21A = 1+ (e22 − e22 ) (C.1)
∆ e10 e32 e23 e32
Paramètre réflexion en entrée
1 S11M − e00 S22M − e33
S11A = 1+ e22 (C.2)
∆ e10 e01 e23 e32
Paramètre de transmission inverse
1 S12M − e03 S11M − e00
S12A = 1+ (e11 − e11 ) (C.3)
∆ e23 e01 e10 e01
Paramètre de réflexion en sortie
1 S22M − e33 S11M − e00 e S21M − e30 S12M − e03
S22A = 1+ e11 − 11
∆ e23 e32 e10 e01 ∆ e10 e32 e23 e01
(C.4)
avec
182 Annexe C
S11M − e00 S22M − e33 S21M − e30 S12M − e03
∆= 1+ e11 1+ e22 − e22 e11
e10 e01 e23 e32 e10 e32 e23 e01
L’ensemble de ces équations sont lourdes mais nécessaires pour corriger les imperfec-
tions propres à l’analyseur de réseau vectoriel. Les douzes termes d’erreur de la matrice
[e] sont déterminés avec la calibration. Si ceux-ci sont mal determinés, la procèdure de
correction sera fausse et les SijA très éloignés des vraies valeurs.
Le but de la calibration est de déterminer pour chacune des fréquences à laquelle l’ana-
lyseur doit être calibré, les douzes termes d’erreur complexe. La procèdure de calibration
standard utilise alors des étalons de coefficients de rélexion (charge 50 Ω, court-circuit,
circuit ouvert) que l’on connecte successivement à chacun des ports de l’analyseur de ré-
seau. En pratique, il est toutefois impossible de réaliser un circuit ouvert parfait en très
haute fréquence. Toute interruption de la ligneengendre une capacité d’extrèmité qui rend
le circuit ouvert non parfait. L’étalon circuit ouvert sera donc, en fait, une capacité de très
faible valeur réalisée par l’interruption de l’âme d’un câble coaxial hyperfréquence mais
pas du conducteur externe. Dans ces cas là, il existe des modèles très précis et valables de
la capacité qui sont connus de l’analyseur de réseau et lui permettent de connaître à toute
fréquence le déphasage β présenté en réflexion par cet étalon de coefficient de réflexion
exp(−j β).
Voici la procèdure de calibration et les coefficients de réflexion effectivement mesurés :
A noter que si les éléments n’étaient pas mis dans le même ordre ou s’il s’agissait de
quadripôle n’ayant pas les mêmes caractéristiques (unidirectionnel ou bidirectionnel), la
matrice [S] correspondant au système glabal ne serait pas la même.
Annexe E
D1
TEMP CONTROL
LED
GND
11
10
J1
SUBD9-CI-MALE
1
6
2
7
3
8
4
9
5
J4 U6 J3
1 1 14 7
TMonitor Nc
2 13 C1 U3
2 TMonitor Gnd 6 GND
3 3 12 5 1
DcBias(-)Modul(-)
4 11
4 Anode LaserGnd 4 100nF
5 5 10 3 SMA COUDE
Cathode Nc
6 9
6 TEHP(+) Gnd 2
7 7 8 1
TEHP(-) Gnd
ButterFly-R DIODE FLD3F8CZ ButterFly-S
GND
LASER CONTROL
5
9
4
8
3
7
2
6
1
J2
SUBD9-CI-FEMELLE
10
11
GND
R7
D2
560
LED
185
186
E.2
1 2 3 4 5 6
Connecteur Alim
U1
+U
GND
-U
+10 -10
1
2
C7
A C8 0.1uF A
+ + 3
0.1uF
IN
GND
OUT
GND
IN
OUT
+5 -5
1
2
3
1
2
3
C10
+
C9 1uF
+
1uF
GND
U24 U10 GND
3 4 3 4
Port2 Port1 GND RF
+10 R1 Rescms
50 C19 R2
GND 2 5 2 5 10uF
GND GND GND IF
U21 R10 Rescms
Ampli ERA-8SM 180 GND GND
4
10
1 6 1 6 C4
L5 GND Sum Port LO GND
Capcms
Out
RF CHOKE GND Power Splitter 2-11J Frequency Mixer 30J GND 330pF
B B
GND
U4 C5 C18 GND
In
1 1 3
RF IN RF OUT
SMA COUDE 39nF 39nF
GND
2
GND
+10 C15
U19 100nF
VCO
CapaPolCms
Annexe E
U16 -5
GND 5 4 U12
13
14
15
16
NC -Vs R5
6 3 5 4
1
OUT +IN FDBK COMM GND
12 1 7 2 1k
GND GND +Vs -IN
C 9 8 1 R6 C3 -5 C
RF NC NC
VCC
GND
GND +5 1k 6 3
Gnd
VNEG VINP
11 2 12 AD8031
GND VTUNE RF&DC R3 GND 100nF
U6 GND 3 GND 7 2 R16
DC 1k VOUT GNEG +5
1 10 3 R4 20k
RF OUT GND
U14 GND 1k C1 +5 R19
SMA COUDE Bias Tees 8 1 +5 3.9k
1
1
VPOS GPOS
2
1
9 4
1
GND
GND
GND GND
GND 100nF AmpliOP AD603
R14 GND
8
7
6
5
U25
Connecteur Alim 22k
SMA COUDE
SMA COUDE
GND U15 U7
SMA COUDE
U9
2
1
Information R15
U17
Connecteur Alim 10k
GND
D D
Title
EMETTEUR
Size Number Revision
B
Date: 23/08/2005 S heet of
File: C:\Documents and Settings\..\EmetteurOptoElec_SansDiode.SCHDOC
Drawn By:
1 2 3 4 5 6
Schéma électronique d’une partie de l’émetteur
E.3
1 2 3 4 5 6
Connecteur Alim
U1
+U
GND
-U
+10 -10
1
2
3
U8 LM317T C7
+
C8 0.1uF
+
A Connecteur Alim 0.1uF A
VIn
Adj
VOut
U13
Regulator MC7805CT Regulator MC7905CT
+3.3 U2 GND U3
3
1
2
1
2
+3.3
IN
GND
OUT
GND
IN
OUT
U4 R1
17
16
15
14
13
12
270 +5 -5
GND C12 C2
1
2
3
1
2
3
+
C9
Nc
Nc
Nc
Nc
11 R6 1uF
Vee
Gnd
+
10 1uF
Out 10k
9
Gnd GND
8 GND
Outb
7
Gnd
Vpd
Nc
Nc
Nc
Nc
GND
Photodetecteur PTHS992
+10
1
2
3
4
5
6
U23 GND U24 U10
GND +5 3 4 U21 R10 3 4 3 4
Port2 Port1 Port2 Port1 GND RF
4
+3.3 Ampli ERA-8SM 180
U5 C19
17
16
15
14
13
12
2 5 L5 2 5 2 5 R2
Out
B GND GND GND RF CHOKE GND GND GND IF B
GND 10
Capcms
GND
C5 C18 GND GND C4
100nF
Nc
Nc
Nc
Nc
In
11 1 6 1 3 1 6 1 6 22pF
Vee
Gnd
GND Sum Port RF IN RF OUT GND Sum Port LO GND
10
Out 39nF 39nF
9 GNDPower Splitter LRPS 2-11J GNDPower Splitter LRPS 2-11J Frequency Mixer LRMS-30J GND GND
Gnd GND
8
GND
Outb
7
Gnd
Vpd
Nc
Nc
Nc
Nc
GND
Photodetecteur PTHS992
2
GND
1
2
3
4
5
6
GND +5
Annexe E
C U16 C
5 4 U12
NC -Vs -5 R5
6 3 5 4
OUT +IN FDBK COMM GND
7 2 1k
+5 +Vs -IN
8 1 R7 C3 -5
NC NC
1k 6 3
VNEG VINP
AD8031
R3 GND 100nF
GND 7 2 R16
1k VOUT GNEG +5
R4 20k
1k C1 +5 +5 R19
8 1 3.9k
VPOS GPOS
1
1
U7 U9
Sortie Information + Chaos R15
10k
GND
D D
Title
RECEPTEUR
Size Number Revision
B
Date: 25/08/2005 Sheet of
File: C:\Program Files\..\RecepteurOpto_elec.SCHDOC
Drawn By:
1 2 3 4 5 6
Schéma électronique d’une partie du récepteur
187
188 Annexe E
E.4 Typon
E.5.2 Récepteur
Fig. E.5 – Photographie du support de la diode laser connecté sur chacune des cartes
précèdentes
Bibliographie