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Choix du sujet et problématique en recherche

Ce document décrit les étapes de choix d'un sujet et directeur de recherche, de spécification de la problématique et des questions de recherche. Il souligne l'importance de choisir un sujet intéressant et faisable, avec un directeur qualifié, et de formuler clairement le problème et les questions pour guider la recherche.

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Choix du sujet et problématique en recherche

Ce document décrit les étapes de choix d'un sujet et directeur de recherche, de spécification de la problématique et des questions de recherche. Il souligne l'importance de choisir un sujet intéressant et faisable, avec un directeur qualifié, et de formuler clairement le problème et les questions pour guider la recherche.

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Cours 04

5. LE CHOIX DU SUJET ET DU DIRECTEUR

Le succès de la recherche peut dépendre de considérations qui interviennent dans le


choix du sujet d’étude. L’étudiant doit tenir compte de l’intérêt qu’il porte au sujet. Il pourra
d’autant plus investir dans cette recherche qu’il est captivé par le sujet. Il doit s’enquérir des
travaux antérieurs sur le sujet ainsi que de la faisabilité du sujet. Cette faisabilité se fonde sur
un ensemble d’exigences des pratiques scientifiques homologuées ainsi que les contraintes qui
y sont attachées (disponibilité des instruments, compétences intellectuelles, accessibilité des
données, temps, espace, contraintes budgétaires, contraintes administratives, disponibilité de
directeur de recherche…).

En ce qui concerne le directeur, est choisi en raison de ses compétences par rapport au
sujet qu’on veut étudier ; il devra être le spécialiste le plus indiqué en la matière pour aider à
conduire à bon port la recherche à entreprendre. On peut, secondairement tenir compte de sa
disponibilité, son caractère…. Il faut toutefois retenir que le directeur de recherche n’est pas un
auteur du travail, il n’est pas disponible en permanence, ni par sa présence, ni par son intérêt, il
n’a pas pour rôle de tout vérifier.

6. LA SPÉCIFICATION DE LA PROBLÉMATIQUE

La recherche naît toujours de l’existence d’un problème à résoudre, à clarifier. Il y a


problème lorsqu’on ressent la nécessité de combler un écart conscient entre ce qu’on sait et ce
qu’on devrait savoir. Et résoudre un problème, c’est trouver les moyens d’annuler cet écart, de
répondre à une question. Autrement dit, il n’y a pas de recherche là où l’on ne pose pas de
question. Einstein a pu dire que la science est bien moins dans la réponse que dans les questions
que l’on se pose.

La formulation du problème permet de spécifier (la ou) les questions pertinentes par
rapport à l’objet d’étude et de construire cet objet en lui donnant un sens ou en intégrant des
faits qui, pris isolément ou en eux-mêmes, n’ont pas grande signification.
6.1. Choix du thème, du sujet et du problème

Le chercheur commence par laisser naître en lui une idée avec laquelle il « jongle » pour
orienter sa recherche. L’idée peut lui venir d’une observation, de ses expériences personnelles
dans la vie courante ou dans la vie professionnelle, ou des écrits se rapportant au domaine
d’étude, ou d’une insatisfaction par rapport à ce domaine particulier. La connaissance des
travaux existants lui permet de savoir si une recherche est envisageable dans le domaine et peut
lui suggérer le type de question à poser et le sujet précis à étudier empiriquement.

6.2. Définition et présentation de la problématique

Avant de pouvoir choisir une technique d’enquête, de formuler une hypothèse, le


chercheur doit avoir perçu en amont un “problème” à élucider, à étudier par sa recherche. C’est
une étape essentielle du processus de recherche. On élabore donc une problématique après avoir
“cerné ce qui fait problème”.
La problématique relève de la conceptualisation, de la conception, du traitement
théorique de l’objet d’étude. Elle réside dans l’effort de construction, d’agitation d’idées, de
pensées, de théories sur “ce qui fait problème” dans un sujet. Elle concerne un objet de
préoccupation identifié, passé au crible des questions, des objectifs, des hypothèses de
recherche, de la recherche des indicateurs des variables en jeu, objet autour duquel s’articulent
des lignes d’analyse rendant compte de la spécificité du sujet et permettant de le traiter
correctement.

Une problématique exprime et explicite les préoccupations en termes de vide à combler,


de manque à gagner par rapport à la connaissance et aux enjeux du sujet.

Présenter la problématique d’une recherche, c’est réellement répondre à la question : en


quoi a-t-on besoin d’effectuer cette recherche et de connaître ses résultats ? En fait il s’agit de
fournir les éléments pour justifier la recherche en définissant le problème auquel on s’attaque,
en disant où et en quoi consiste le problème. C’est un texte argumentatif présenté comme suit :

6.2.1. Justification du choix du sujet

(i). Motivation et intérêt pour le sujet

Il faut amener le sujet, l’introduire, c’est-à-dire indiquer d’où il sort et comment on en est venu
à le choisir parmi tant d’autres du domaine de recherche. Le chercheur évoque ensuite les
motivations qui ont suscité son intérêt pour le sujet. Toutefois, “son intérêt” doit conduire à
l’intérêt “objectif du sujet”.

(ii). Pertinence scientifique du sujet

Le chercheur exprime la pertinence ou portée scientifique du sujet en indiquant en quoi ce sujet


s’inscrit dans les préoccupations scientifiques d’autres chercheurs ou simplement a fait l’objet
de travaux de devanciers. On montre en quoi ce sujet contribuera à l’avancement des
connaissances. Le chercheur doit montrer que le sujet est original et d’actualité, surtout sous
l’angle abordé.

(iii). Pertinence sociale du sujet

Il s’agit de montrer en quoi la recherche apporte des réponses aux préoccupations des décideurs
sociaux (directeurs), des hommes politiques, des praticiens, etc.

6.2.2. Identification et formulation du problème de recherche (énoncé non interrogatif)

(i) Identifier le problème


Il s’agit d’identifier ce qui crée le malaise, l’insatisfaction,… “Ce qui fait problème”.

(ii) Formuler le problème


Il s’agit d’exprimer en termes sans équivoque, en énoncé affirmatif, la situation qui exige
qu’une recherche soit menée. C’est montrer, à l’aide d’une argumentation, que l’exploration
empirique du problème est nécessaire, pertinente, et qu’elle peut contribuer à l’avancement des
connaissances.

Les situations ci-dessous peuvent être à l’origine de problème de recherche :

- l’absence partielle ou totale concernant un domaine ou concernant un élément


- L’étant de situation concernant des phénomènes curieux ou étonnants - Présence de lacunes
ou contradictions repérées dans des travaux antérieurs
- ...
7. LES QUESTIONS DE RECHERCHE

Une fois le problème de recherche identifié et formulé dans la forme d’énoncé affirmatif,
le chercheur procède à un retournement (conversion) du problème sous forme d’énoncé
interrogatif écrit au présent de l’indicatif. Il s’agit de soulever et de poser explicitement la
question principale ou centrale et les questions complémentaires (autant que nécessaires pour
compléter et clarifier la principale ou pour exprimer intégralement le problème de recherche).

Les questions permettent d’agiter le problème sous tous les angles ou aspects pour
l’expliciter et mieux l’appréhender. Sans question, il n’y a pas de recherche.

Un exemple clarifiera les concepts de problème et de question générale de recherche.


Un chercheur intéressé au domaine de la planification stratégique note lors de son survol de la
littérature que la plupart des recherches traitant de la planification stratégique au sein des
grandes entreprises concluent en une association positive entre le niveau de planification
stratégique et la performance. Or, ce chercheur connaît plusieurs dirigeants de PME fort
prospères dont les actions apparaissent davantage guidées par l’intuition que par une
planification à long terme minutieuse. Il semble donc y avoir un écart, une contradiction entre
la théorie suggérée par les recherches antérieures au sein des grandes entreprises et la réalité
constatée par le chercheur. Le problème général de recherche serait donc qu’il ne semble pas y
avoir de relation entre le niveau de planification stratégique remarqué dans les PME et le niveau
de performance de ces dernières. Ce problème pourrait être abordé de plusieurs façons. Il
convient donc de préciser davantage le problème identifié. À cette étape, le chercheur reformule
le problème de recherche sous forme de question.

Dans cet exemple, la question générale de recherche pourrait être : Est-ce que le niveau
de planification stratégique rencontré chez les dirigeants de PME est associé positivement au
rendement de leur entreprise ? La question générale de recherche étant posée, le cadre de la
recherche se trouve en grande partie circonscrit. La question générale donnera lieu à une ou
plusieurs questions spécifiques qui tiendront compte du contexte particulier de la recherche.

Toutefois, avant d’aller plus de l’avant le chercheur doit d’abord décider selon quelle
approche il abordera son sujet.
Comment reconnaître qu’une question de recherche est précise, claire, non confuse et
opérationnelle ?

1. Il faut la tester en la posant à plusieurs personnes ou groupes de personnes sans


l’interpréter soi-même devant ces personnes.

2. On recueille les différents avis et on les confronte à la question de recherche.

3. Si les réponses données convergent vers le sens que le chercheur donne à sa question de
recherche alors et seulement alors celle-ci peut être retenue.

Pourquoi la question de recherche joue-t-elle un rôle de fil conducteur ?

Pour deux raisons :

1. Parce que le thème qu’on s’est donné n’est pas encore en tant que tel un objet de
recherche.

2. Parce que la question de recherche va servir plus tard de soubassement à la formation


d’hypothèse.

En tenant compte de ces deux raisons essentielles, la question de recherche doit avoir
les qualités suivantes :

- La clarté et la précision : cette première qualité suppose que la question de recherche ne


soit ni longue ni ambiguë, ni vague. C’est quelque chose de précis, de lisible et de
cohérent ;

- Il faut que la question de recherche soit réaliste et pratique : cette deuxième qualité
indique que le chercheur en formulant sa question de recherche doit tenir compte d’un
certain nombre de contraintes comme par exemple :

• Son niveau de connaissance et de compétence. Il doit se poser la question suivante :


suis-je suffisamment formé et informé sur le domaine concerné ?

• Les ressources en temps, en moyen matériel et financier : le chercheur doit résoudre


la question de leur disponibilité.
- Une question de recherche doit être pertinente : une question de recherche doit éviter les
confusions de domaine de compétences ; elle doit permettre d’éviter par exemple les
questions morales ou les prises de positions religieuses-idéologiques-philosophique.
Une question de recherche ne devra aborder que l’étude de ce qui existe, de ce qui est
constaté en vue d’une explication.

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