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Étude du phénomène de speckle laser

Le document décrit le phénomène de speckle qui apparaît lorsqu'une surface rugueuse est éclairée par un laser cohérent. Il explique que le speckle est dû aux interférences des ondes diffusées par la surface. La taille des grains de speckle dépend de la longueur d'onde, de la distance à l'écran et de la taille de la surface éclairée. Le speckle peut être utilisé en interférométrie, notamment en astronomie et pour la mesure de petits déplacements.

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Étude du phénomène de speckle laser

Le document décrit le phénomène de speckle qui apparaît lorsqu'une surface rugueuse est éclairée par un laser cohérent. Il explique que le speckle est dû aux interférences des ondes diffusées par la surface. La taille des grains de speckle dépend de la longueur d'onde, de la distance à l'écran et de la taille de la surface éclairée. Le speckle peut être utilisé en interférométrie, notamment en astronomie et pour la mesure de petits déplacements.

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Speckle

1 Introduction
Lorsqu’on éclaire une surface rugueuse, un mur par exemple, avec de la lumière laser, on
observe un aspect granulaire de la lumière diffusée : il y a une alternance de petits grains
lumineux et de petits grains noirs répartis uniformément en moyenne. Il ne s’agit pas d’une
illusion d’optique, mais d’un phénomène bien réel nommé speckle en anglais, tavelures ou
granularité laser en français. Nous nous proposons d’étudier ce phénomène : origine, in-
terprétation, applications.

2 Mise en évidence expérimentale


On éclaire une surface rugueuse ou un dépoli avec un laser, et on place un écran sur le chemin
de la lumière diffusée. On observe des grains de speckle.
Si on effectue la même expérience avec une source lumineuse autre qu’un laser, il n’y a pas
de speckle.
Première conclusion : l’apparition du speckle recquiert une source lumineuse suffisamment
cohérente.
Lorsqu’on observe le speckle, la taille des grains augmente lorsqu’on éloigne l’écran de la
surface diffusante.
Lorsqu’on augmente la surface éclairée, la taille des grains diminue. Cela peut se faire à l’aide
d’une lentille qui fait converger puis diverger le faisceau. La position relative de la lentille
et de la surface diffusante détermine la taille de la surface éclairée. Celle-ci est minimale
lorsque la surface est au foyer de la lentille : on a alors les plus gros grains de speckle.
Si on diminue la longueur d’onde du laser, la taille des grains diminue.
Une étude expérimentale quantitative montre que la taille d des grains est proportionnelle à
λL/D où λ est la longueur d’onde, L la distance de la surface à l’écran et D le diamètre de
la surface éclairée.
Deuxième conclusion : cette expression de la taille d’un grain fait penser à celle d’un inter-
frange dans le cas d’interférences ou à celle d’une tache de diffraction. Il est donc vraisem-
blable que des phénomènes d’interférence et de diffraction interviennent dans la formation
du speckle. Cela recoupe la nécessité d’une source suffisamment cohérente.

3 Interprétation du speckle
Une surface rugueuse peut être vue comme composée de diffuseurs aléatoires. Les ondes
émises par ces diffuseurs interfèrent. Si D est la plus grande distance entre diffuseurs,
l’interfrange des interférences sera de l’ordre de λL/D. On retrouve la taille des grains de
speckle.
On peut aussi voir l’obtention de speckle comme la diffraction de la lumière laser par une
ouverture de diamètre D et contenant des diffuseurs de diamètre g répartis aléatoirement.
L’ouverture de diamètre D donne une figure de diffraction de taille d = 1, 22λL/D, soit la
taille des grains de speckle, et la dimension de speckle visible due à un seul diffuseur est
de l’ordre de λL/g. Les grains de speckle sont répartis uniformément en moyenne sur cette
dimension si les diffuseurs sont répartis uniformément sur la surface diffusante.
On voit que la taille des grains de speckle est indépendante de la taille et de la répartition des
diffuseurs. Mais la répartition précise des grains de speckle dépend de celle des diffuseurs.

1
4 Speckle objectif et speckle subjectif
Pour étudier le speckle, on peut soit le projeter sur un écran, comme cela a été fait jusqu’à
présente, soit l’observer directement sur la surface diffusante à l’aide d’un instrument d’optique
(oeil, caméra munie d’un objectif...)

4.1 Le speckle objectif


Le speckle objectif est observé lorsqu’on le projette sur un écran. Ses caractéristiques ont
été étudiées ci-dessus.

4.2 Le speckle subjectif


On observe le speckle directement sur la surface diffusante à l’aide d’une lentille. Cette
lentille fait l’image de la surface diffusante sur un écran (ou capteur CCD, rétine...) et on
note L0 la distance de la lentille à l’écran. Le diamètre de la lentille est D et f 0 est sa distance
focale.
On peut montrer que la taille d’un grain de speckle sur l’écran est d = 1, 22λL0 /D. Avec la
relation de Descartes pour les lentilles minces, on peut exprimer L0 en fonction de f 0 et de
la distance p entre la surface et la lentille. Si p  f 0 , on a L0 ' f 0 : alors d = 1, 22λf 0 /D =
1, 22λN.O. où N.O. = f 0 /D est le nombre d’ouverture de la lentille.
L’épaisseur (profondeur) d’un grain de speckle est s = 8λN.O.2 .
La différence principale entre le speckle objectif et le speckle subjectif est que ce dernier
change selon le point de vue dont on le regarde (si on tourne la tête par exemple), alors que
le speckle objectif reste inchangé.

5 Interférométrie de speckle
5.1 En astronomie
La lumière provenant des étoiles doit traverser l’atmosphère avant d’arriver sur le miroir
des téléscopes. Or l’atmosphère est sujette à des turbulences qui diffusent la lumière, et qui
varient dans le temps. Ces turbulences empêchent les télescopes d’atteindre leur limite de
résolution fixée par la diffraction. Imaginons que l’on veuille séparer deux étoiles proches.
On procède ainsi :
• On prend des images à courte pose (pour une valeur donnée des turbulences) des étoiles.
A cause de la turbulence, on obtient une image de speckle dont l’intensité est de la forme
I(x, y) = I1 (x, y) + I1 (x − a, y) qui est la somme des intensités dues à chaque étoiles. a
est le décalage entre les deux étoiles.
• On fait la transformée de Fourier des images obtenues, puis la moyenne de ces TF.
• On obtient alors une image avec des franges dont l’interfrange dépend de a. On en
déduit a.
• La limite théorique de cette méthode est la limite de diffraction (critère de Rayleigh)
du téléscope.

5.2 Dans l’industrie : mesure de petits déplacements


Voir TP 05 de physique et TP MOS correspondant.
L’idée est de réaliser un interféromètre de Michelson, dont les miroirs sont remplacés par des
objets diffusants : l’un servant de référence et l’autre étant l’objet à mesurer. On place une
2
caméra à la sortie de l’interféromètre, qui reçoit les interférences entre grains de speckle sur
l’objet et sur la référence.
On étudie le changement de ces interférences lorsqu’on déplace ou déforme l’objet et on
en déduit le déplacement ou la déformation. Les méthodes principalement utilisées sont la
double exposition (qui remplace l’interférométrie holographique) et les images phasées.
Dans les deux cas, il faut que le déplacement ou la déformation soit inférieur à la taille d’un
grain de speckle. En effet, il faut rester sur un même grain de speckle pour pouvoir comparer
les phases avant et après déplacement car deux grains de speckle sont incohérents entre-eux.

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