Évolution des droits des femmes au Maroc
Évolution des droits des femmes au Maroc
Février 2016
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1. Introduction
Le Maroc a connu, depuis la présentation de son cinquième rapport en octobre 2004, une
évolution importante en matière des droits humains dont la ratification de nouveaux instruments
et l’ouverture sur les procédures spéciales, et qui a été couronnée par l’adoption d’une nouvelle
constitution en juillet 2011, qui a consacré les droits de l’Homme tels qu’ils sont
universellement reconnus et la primauté des conventions internationales ratifiées par le Maroc
sur la législation nationale tout en affirmant l’engagement du Maroc à harmoniser sa législation
avec les dispositions de ces conventions.
Mais après plus de 4 ans de l’adoption de ce texte, les lois organiques prévues par la
constitution tardent à être adoptées et les réformes attendues en matière judiciaire comme dans la
lutte contre les violences faites aux femmes sont loin d’être mises en œuvre.
Aussi, le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) sur l’état de
l’égalité et de la parité au Maroc (2015) constate que la parité et l’égalité hommes-femmes n’est
pas pour demain, puisque les Marocaines continuent de faire l’objet de discriminations, en plus
d’être soumises à des violences, de se voir dénier une égalité de chances en matière d’éducation
et d’emploi et d’être exclues de postes de décision.
Partant de ce constat, et en prenant en considération les observations finales du comité
des droits de l’homme qui concernent le cinquième rapport du rapport présenté par le Maroc
conformément à l’article 40 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques,
l’association Jossour FFM présente ce rapport parallèle axé sur les principales questions
concernant les droits civils et politiques de la femme au Maroc.
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Cependant, l’accès des femmes aux postes de responsabilité au sein des conseils élus au
niveau territorial reste, encore aujourd’hui, un défi majeur, étant donné qu’aucune femme n’a
accédé à la présidence des Conseils régionaux, et une infime minorité à la présidence des
Conseils communaux (5 femmes seulement). Ce qui a, d’ailleurs, provoqué une forte déception
dans le rang des mouvements féminins qui espéraient des avancées réelles sur le terrain.
Une autre déception s’est enregistrée en 2011, lorsque le gouvernement en place a réduit
le nombre de femmes ministres de sept, lors du mandat législatif de 2007, à une seule en 2011, la
Ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social. La situation
s’est légèrement améliorée lors du second remaniement du gouvernement. Le nombre des
femmes ministres est devenu six femmes sur 36 ministres, quatre parmi elles sont des ministres
déléguées. Ainsi la présence des femmes dans le gouvernement est passée de 21,2% en 2007, à
3,1% en 2012 puis à 12,8% en 2014.
D’autre part, les femmes au Maroc ne représentent que 25,5 % de la population active et
le taux d’emploi féminin demeure inférieur à celui des hommes. Les femmes actives sont
relativement plus exposées au chômage qui affecte particulièrement les jeunes femmes entre 25
et 34 ans. Cette montée du chômage des femmes reflète la grande fragilité de leur insertion.
D’après l’étude réalisée en 2012 par le Ministère de la Fonction Publique et de la
Modernisation de l’Administration sur la présence des femmes dans les postes de responsabilité,
les femmes ne représentent que 6% parmi les secrétaires généraux, 9% pour les inspecteurs
généraux, 11% pour les directeurs, 11% pour les chefs de division, 19% pour les chefs de
service, 16% pour les ambassadeurs. Les femmes ne représentent que 20% de tous les postes
judiciaires, 21% des juges et 11,8% des procureurs.
Compte tenu de ce qui précède, force est de constater que les avancées réalisées jusqu’ici
dans le domaine de l’accès des femmes aux postes de décision restent insuffisantes et faibles.
L’augmentation du nombre de femmes sur les listes électorales n’est due qu’à la politique des
quotas.
Enfin, nous constatons que les marocains résidents à l’étranger (plus de 10% de la
population dont 50% sont des femmes) sont toujours privés de leurs droits de citoyenneté en tant
qu’ électeurs et éligibles, bien que la Constitution de juillet 2012 ait consacré cinq articles à la
Communauté marocaine de l'étranger (articles 16, 17, 18, 30 et 163). Cette nouvelle loi
fondamentale aborde la question des Marocain(e)s de l’étranger selon une approche droits. La
Constitution rappelle l'obligation faite aux autorités marocaines de veiller à la défense des droits
des migrants marocains, au maintien et au développement de leurs liens culturels et spirituels
avec le Royaume et au renforcement de leur contribution au développement de leur patrie (art.
16). L’article 17 stipule que « les Marocains résidant à l'étranger jouissent des droits de pleine
citoyenneté, y compris le droit d'être électeurs et éligibles ».
Pour sa part, l’article 18 de la Constitution stipule la participation de la Communauté
marocaine aux institutions consultatives et de bonne gouvernance en ces termes : « Les pouvoirs
publics œuvrent à assurer une participation aussi étendue que possible des Marocain(e)s résidant
à l'étranger, aux institutions consultatives et de bonne gouvernance créées par la Constitution ou
par la loi ».
L’art. 163 de la constitution stipule que les Marocain(e)s du monde soient impliqués dans
les autres instances dont : Le Conseil national des droits de l'Homme ; le Médiateur ; l'autorité
chargée de la parité et de la lutte contre toutes formes de discrimination ; la Haute autorité de la
communication audiovisuelle ; le Conseil de la concurrence ; l'Instance nationale de probité et de
lutte contre la corruption ; le Conseil Supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche
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scientifique ; le Conseil consultatif de la famille et de l'enfance ; le Conseil de la jeunesse et de
l'action associative.
Ainsi, et en dépit des dispositions la constitution, nous relevons que des obstacles
empêchent encore les femmes d’atteindre les sphères de prise de décision à égalité avec les
hommes. Les champs de responsabilité et de décision sont plus favorables aux hommes, et la
participation des femmes à la vie économique et politique reste faible.
Recommandations
Dans ce cadre encore peu propice à la parité, Jossour FFM propose les
recommandations suivantes :
Prendre des mesures pouvant assurer des avancées réelles vers la parité
Hommes/Femmes dans l’ensemble des organes représentatifs des institutions de
gouvernance et de démocratie participative, et ce aux niveaux local, provincial,
régional et national ;
Instaurer un quota progressif de 33% au minimum pour les prochaines élections
législatives de 2016 ;
Introduire dans les lois organiques des mesures d’incitations et de sanctions
financières pour garantir la candidature et l’éligibilité des femmes ainsi que des
mesures de non recevabilité de candidatures sans femmes ;
Mettre en œuvre des mesures de discrimination positive, conformément aux
dispositions constitutionnelles, afin de réduire les disparités vécues en terme
d’accès aux postes de responsabilité dans la fonction publique ;
Adopter et mettre en œuvre des mesures temporaires spéciales visant à accélérer
l'instauration d'une égalité de fait entre les hommes et les femmes, et ce
conformément aux dispositions de l’article 4 de la convention sur l’élimination
de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) qui n’a pas
fait l’objet de réserves de la part du Royaume du Maroc.
Assurer la participation des Marocain(e)s résidant à l’étranger aux institutions
consultatives et de bonne gouvernance créées par la Constitution.
Accorder le droit de vote aux des Marocain(e)s résidant à l’étranger.
2.2 L’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations
(Article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques précité).
L’article 19 de la constitution du Maroc stipule que « L’État marocain œuvre à la
réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour
la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination.
A l’occasion de l’ouverture de la première session de la cinquième année législative de
la neuvième législature, le Roi Mohamed 6 a appelé à « l’accélération de l’adoption des projets
des lois organiques relatives au pouvoir judiciaire, outre le projet de loi relatif à l’Autorité pour
la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination ».
Ainsi et conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du Royaume,
un véritable mécanisme national doit être mis en place comme principale entité de coordination
des politiques nationales pour appuyer l’intégration de la problématique hommes-femmes dans
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tous les secteurs et dans toutes les entités de l’État. Le fonctionnement efficace de ce mécanisme
national exige, selon le programme de Beijing d’être rattaché au plus haut niveau de l’Etat ,
d’avoir le pouvoir d’influer sur les politiques publiques, de faciliter la décentralisation de la
planification, de l’exécution et du suivi et de contribuer à la participation des organisations non
gouvernementales et des collectivités depuis la base jusqu’au sommet.
Quatre ans après la promulgation de la Constitution, les retards enregistrés dans
l’adoption des lois relatives à l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de
discriminations (APALD) ; au Conseil consultatif de la famille et de l’enfance (CCFE) tout
comme le projet de loi sur les violences à l’encontre des femmes, restent inexpliqués.
Malgré l’ouverture de nombreux chantiers pour la mise en œuvre des dispositions
constitutionnelles, l’APALD, prévue dans l’article 19, n’est pas encore mise en place, et ce
malgré un plaidoyer soutenu des associations de la société civile. Ces dernières ont élaboré un
mémorandum et une proposition de loi où elles présentent leur vision de ce mécanisme en termes
de mission, de mandat, d’objectifs et de composition. Une campagne de plaidoyer, avec diffusion
de ce mémorandum , a été conduite depuis 2013 auprès du parlement ,de la chambre des
conseillers, des partis politiques et des institutions nationales des droits de l’Homme pour
accélérer la création de l’APALD .
D’autre part, le retrait du Maroc de ses réserves à l’égard du paragraphe 2 de l’article 9
de la CEDEF (transmission par la femme de sa nationalité à ses enfants) et de l’article 16
(mariage et vie de famille) la place dans une situation très avancée par rapport aux pays de la
région MENA. Mais le Maroc a maintenu sa déclaration interprétative concernant l’article 2
relatif à la condamnation de la discrimination à l’égard des femmes sous toutes ses formes et les
engagements des Etats à l’éliminer par tous les moyens appropriés et sans retard. Hors le comité
CEDEF considère que « l’article 2 est l’essence même des obligations des États parties au titre
de la Convention. Il considère (le comité) par conséquent que les réserves concernant l’art. 2 ou
ses alinéas sont, en principe, incompatibles avec l’objet et le but de la Convention …
(Recommandation générale N° 28).
Recommandations :
Veiller à assurer la parité entre les hommes et les femmes dans la direction et la
gestion des activités du Conseil,
Privilégier l’approche droit dans les activités du conseil plutôt que l’approche axée
sur les services et l’assistance;
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Article 26 du pacte : « Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans
discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute
discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre
toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion,
d'opinion politique et de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de
naissance ou de toute autre situation ».
Nombreuses sont les réformes entamées pour l’amélioration de la situation de la femme
au Maroc. Mais les discriminations basées sur le genre sont encore présentes dans plusieurs
domaines et forment des obstacles réels à l’atteinte de l’égalité effective entre les femmes et les
hommes.
3.1 Au niveau du code de la nationalité
Recommandation du paragraphe 32 du Comité des droits de l’Homme
(CCPR/CO/82/MAR du 1 décembre 2004) : « L’État partie devrait se conformer aux
dispositions de l’article 24 du Pacte et assurer un traitement égal entre enfants de mère
marocaine et de père marocain ou étranger (articles 24 et 26 du Pacte ».
Amendé en 2007 et en 2011, le code de la nationalité reconnait aux femmes marocaines
le droit de transmettre automatiquement leur nationalité à leurs enfants avec effet rétroactif.
Toutefois, ce code a maintenu la discrimination entre les deux sexes dans la mesure où l’épouse
étrangère du marocain peut acquérir la nationalité par le mariage alors que ce droit n’est pas
reconnu à l’époux étranger de la marocaine.
Pour pallier à ces discrimination envers les femmes et les familles concernées, Jossour
FFM propose de :
Reconnaître aux femmes le droit de transmettre leur nationalité à leur époux
étrangers sur un pied d’égalité et dans les mêmes conditions exigées pour les
hommes marocains.
Prévoir une solution équitable en faveur des personnes majeures nées d’une
femme marocaine et d’un père étranger (article 2 du code de la nationalité)
3.2 Au niveau du code de la Famille
Mariage des mineures : Le Code de la Famille assure, dans son préambule, (voir aussi art
19 et 20) l’égalité entre l’homme et la femme pour ce qui concerne l’âge du mariage, fixé
uniformément, à 18 ans. Ceci dit, elle laisse à « la discrétion du juge la faculté de réduire cet âge
dans les cas justifiés », ce qui va à l’encontre de l’article 23 du pacte international des droits
civils et politique et l’article 16 de la CEDEF qui stipule explicitement la nécessité de fixer un
âge minimal pour le mariage et l’annulation juridique du mariage des enfants
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En effet, dans la pratique, il s’avère, d’après les chiffres du ministère de la justice et
des libertés, que le taux de mariage des mineures, est passé de 7,75% (soit 18.341 mariages) en
2004 à 11,47% (soit 35.152 mariages) en 2013 (selon le ministre de la justice et des libertés
(Mars 2015). L’année 2011 a connu la plus grande proportion de ce type de
mariage avec un taux de 11,99% du total des actes de mariages conclus au cours de cette année,
sachant que plus de 99% de ces mariages concernent les petites filles.
Polygamie :
Recommandation du paragraphe 30 du Comité des droits de l’Homme
(CCPR/CO/82/MAR du 1 décembre 2004) : « L’État partie devrait abolir la polygamie de
manière claire et définitive (articles 3, 23 et 26 du Pacte) ».
Le code de la famille (art 40-46) impose juste le consentement de l’épouse pour
satisfaire le désir de la polygamie chez l’époux. La polygamie a connu, selon les statistiques
présentées par le ministre de la justice et des libertés lors d’une journée d’étude organisée en Mai
2014, son plus bas niveau durant les années 2012 et 2013 avec un taux de 0,26% de l'ensemble
des mariages au Maroc. L'année 2011 a enregistré, quant à elle, la plus forte hausse en une
décennie (0,34%). Ces chiffres montrent que l’abolition de la polygamie n’à mené à aucun
bouleversement sociétal. Néanmoins plus de 43% des demandes de mariages polygames ont été
acceptés en 2010 par les juges sans tenir compte de la dignité des premières épouses.
Tutelle légale : d’après l’article 131 du code de la famille, la mère ne peut accéder à la
tutelle légale sur ses enfants mineurs qu’en cas d’absence du père (décès, incapacité juridique).
Dans le cas du décès du père et si ce dernier a désigné, de son vivant, un autre tuteur légal pour
ses enfants, la mère ne pourra pas exercer ce droit. En cas de divorce, le père reste toujours le
tuteur légal des enfants même lorsque la garde de ces derniers est confiée à la mère qui ne peut
procéder à aucune démarche administrative concernant l’enfant qu’après autorisation du tuteur
légal (comme par exemple voyager avec l’enfant à l’étranger, lui changer d’école,…). Ces
dispositions ne sont pas conformes avec :
Les articles 4,5, 54 qui instaurent la responsabilité du couple
L’article 19 de la constitution marocaine
L’article 16 de la CEDEF qui stipule l’égalité des deux parents en droits et
responsabilités envers les enfants, sachant que le Maroc a retiré ses réserves sur
cet article en 2011.
Recommandations
Jossour FFM propose les recommandations suivantes :
L’amendement de l’article 20 du code de la famille : Art 20 « la décision du juge
autorisant le mariage d’un(e) mineur(e) n’est susceptible d’aucun recours et ne
peut intervenir avant l’âge de 18 ans révolus ». (art 23 du pacte) ;
La suppression des articles 40 à 46 du code de la famille et ainsi l’abolition de la
polygamie dans le code de la famille (art 3, 23 et 26 du pacte) ;
L’amendement des articles 231, 236, 237 et 238 en instaurant que « la
représentation légale est parentale est consacrée, sur le même pied d’égalité, pour
le père et la mère (24 et 26 du pacte) ;
L’amendement des articles 231, 236, 237 et 238 en supprimant l’ensemble des
mentions donnant explicitement ou implicitement pouvoir au seul père comme
tuteur légal. (24 et 26 du pacte).
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Héritage
Les dispositions du Code de la famille relatives à l’héritage sont discriminatoires et
particulièrement défavorables d’une part aux enfants de sexe féminin et d’autre part au conjoint
survivant. L’homme reçoit le double de la part reçue par une femme.
Dans son rapport sur l’état de l’égalité et de la parité au Maroc du 20 octobre 2015, le
CNDH a pris acte du caractère inégalitaire de ces règles, qui selon lui « participent à augmenter
la vulnérabilité des filles et des femmes à la pauvreté ». Il a constaté que « Dépourvues de
capacités sociales, de nombreuses femmes cèdent leur part de la succession à un parent de sexe
masculin sous prétexte de conserver la propriété au sein de la famille, ou sont victimes de
certaines pratiques coutumières visant à les déposséder de leur héritage ou de la terre.
Par ailleurs plusieurs autres dispositions demeurent inégalitaires, notamment la
succession entre un musulman et un non-musulman, et ce en violation de la Constitution
marocaine et des textes internationaux ratifiés par le Maroc, dont la Convention des Nations
Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes qui
consacrent l’égalité.
Afin que le Maroc se conforme enfin à ses obligations constitutionnelles et
internationales, le CNDH a donc recommandé aux autorités de réviser la législation successorale
pour « que l’égalité et l’équité soient rétablies en faveur du veuf/veuve et des descendants des
deux sexes ».
Recommandation
Réviser la législation successorale afin de faire de telle sorte que l’égalité et
l’équité soient rétablies en faveur du veuf/veuve et des descendants des deux
sexes.
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penche pour la criminalisation de l’avortement illégal, à l’exception de quelques cas de force
majeure, notamment :
− Lorsque la grossesse constitue un danger pour la vie et la santé de la mère,
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Ces amendements n’ont pas pu répondre aux exigences d’un Code pénal permettant
d’atteindre les objectifs de la lutte contre la discrimination et la protection des femmes contre la
violence et la garantie de leurs droits et leurs libertés.
D’autre part, un projet de loi sur les violences faites aux femmes a été élaboré et proposé
par le MSFFDS. Ce dernier est bloqué depuis novembre 2013 au sein du conseil du
gouvernement suite au plaidoyer des associations de la société civile qui considèrent que ce
projet est loin d’être conforme aux recommandations internationales en la matière, aux
dispositions constitutionnelles et aux engagements du Maroc en matière de droits des femmes et
de lutte contre la violence fondée sur le genre.
Recommandation
L’instauration d’une loi propre à la violence de genre, laquelle proposerait une définition
claire et étendu du terme de violence.
c. Le harcèlement sexuel :
Le code du travail révisé en 2003 reconnaît « le harcèlement sexuel » en le pénalisant
comme faute grave. Par contre, ce texte ne précise pas la définition du harcèlement sexuel. En
plus, il y a le souci d’apporter la preuve du harcèlement sexuel. Les témoins se font rares durant
ces situations et seule la parole de la victime jouera un rôle décisif dans l’inculpation ou non de
l’agresseur. Les victimes en plus d’avoir été abusées, devront s’armer de preuves par tous les
moyens possibles pour clamer leur vérité. Ce combat est décourageant pour les victimes, qui
pour nombreuses d’entre elles, ne connaissent pas toujours leurs droits.
Dans ce cadre, Jossour FFM propose :
Une définition clarifiée et étendu du harcèlement sexuel;
Intégrer cette question dans le cadre des formations à la médecine du travail (loi en
vigueur…) ;
Sensibiliser les Entreprises sur l’égalité de genre, notamment sur les sujets précis de
syndicalisation des femmes dans le monde professionnel et du harcèlement sexuel.
(Colloques, formations, conférences, etc.).
d. Le viol :
L’article 486 du code pénal modifié depuis 2003, déclare le viol comme : « l’acte par
lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre son gré ». La peine est
aggravée lorsque la victime est mineure, handicapée ou enceinte.
L’article 488 concernant la défloration stipule une circonstance aggravante du violeur
pour la femme vierge.
L’alinéa 2 de l’article 475 du code pénal qui stipulait : « lorsque une mineure détournée a
épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personne ayant qualité
pour demander l’annulation du mariage et ne peut être condamné qu’après cette annulation du
mariage a été prononcée » a été supprimé.
L’article 486 n’aborde pas la question du viol conjugal, sachant que la violence sexuelle
s’exerce dans la majorité des cas dans le cadre conjugal pour les femmes mariées, selon
l’Enquête Nationale sur la Prévalence de la Violence à l’Égard des Femmes (2009-2010),
publiée par le HCP en janvier 2011.
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Le problème de l’application de cet article se pose dès lors qu’il s’agit de prouver le non
consentement de la personne, surtout que la prise en compte des violences morales dans ce
domaine par les tribunaux reste faible.
La circonstance aggravante relative à la virginité renvoie à une distinction entre la femme
vierge et non vierge et par conséquent à une discrimination fondée de surcroît entre les femmes
elles-mêmes.
Par conséquent Jossour FFM propose :
La suppression de la circonstance aggravante relative à la virginité, prévue par
l’article 488 ;
La clarification du terme de l’article 486 : « contre son gré ». Pour se faire l’article
doit spécifier toutes les formes de violences potentiellement exercées par
l’agresseur (morales, verbales, physiques et psychiques) comme étant des éléments
désignant le non consentement de la victime ;
Spécifier en plus qu’il s’agisse d’une « relation sexuelle contre son gré », elle est
aussi forcée de manière morale, verbale, physique ou psychique, ainsi : « l’acte par
lequel un homme a des relations sexuelles - forcées- avec une femme contre son
gré, autrement dit en usant d’une violence morale, verbale, physique ou
psychique» ;
La formation des juges en la matière, afin que les professionnels de la justice aient
les outils nécessaires d’analyses quant aux différentes formes de violences
présentes ;
L’incrimination du viol conjugal. De cette manière, l’article 486 doit être amendé
pour retenir les violences psychologiques subies par la victime du viol et s’entendre
aux relations conjugales lorsque les agissements sont d’une gravité importante pour
l’épouse victime et constituent des violences sexuelles caractérisées.
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Dans ce cadre, le droit pénal exerce une importante contrainte sur les femmes qui fuient
leur domicile pour des raisons de violences conjugales.
Aussi, Jossour FFM, préoccupé par le niveau élevé de cas de violence conjugale propose,
conformément au pacte, pour lutter contre ce phénomène :
− La suppression des articles 495 et 496 du code pénal, relatifs à l’enlèvement de la
femme mariée.
− Définir la violence incriminée entre les époux dans le code pénal, en étendant la
violence physique à la violence morale, psychique, sociale, psychologique et
économique.
− Le code pénal doit aggraver la sanction des violences (physique, morale,
psychique, social, psychologique et économique) entre les ex-conjoints, de la
même manière qu’il est déclaré entre les époux.
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tout en prenant les mesures susceptible de mettre en œuvre les dispositions du code de travail en
ce qui concerne les mineurs, et ce, conformément à l’article 24 du pacte , à travers :
La précision de l’âge de 18 ans comme âge minimum pour le travail domestique ;
La mise en œuvre d’une politique intégrée et multisectorielle de protection de
l’enfant ;
L’octroi du caractère pénal à l’emploi des mineurs dans le travail domestique et se
doter d'instruments et de moyens efficaces pour sa mise en œuvre,
L’organisation d’actions de conscientisation et de sensibilisation pour consolider les
droits de l’enfant et mettre en exergue les dangers de l’emploi des mineurs dans le
travail domestique.
b. Obstacles au principe de non-discrimination vis-à-vis des hommes et des
femmes au travail
La révision du Code du Travail adoptée en juin 2003 a permis d’introduire un certain
nombre d’amendements favorables à l’égalité hommes-femmes. Une des avancées majeures de
ce texte, fut la mise en place du principe de non-discrimination entre hommes et femmes en
matière d’emploi et de salaires.
Nonobstant, de nombreux obstacles quant au principe de non-discrimination vis-à-vis des
hommes et des femmes au travail demeurent criants.
Les femmes sont désavantagées par le système de retraite. Par exemple, la disposition en
vigueur appliquée par la Caisse Marocaine des Retraites, quant au paiement de la pension du
veuf ou de la veuve est obsolète. En effet, le paiement de la pension du veuf d’une fonctionnaire
est différé jusqu’à la date ou l’intéressé atteint l’âge de 60 ans (elle sera reversée immédiatement
au veuf atteint d’une infirmité ou d’une maladie incurable le mettant dans l’impossibilité
d’exercer une activité salariée). Néanmoins, lorsqu’il s’agit du cas où la femme est veuve, le
paiement de la pension de la retraite commence à compter du 1er jour du mois qui suit la date de
décès de l’affilié.
Finalement, si l’on tient compte qu’il faut avoir cotisé minimum de 3 240 jours pour
obtenir sa pension vieillesse afin de partir à la retraite à l’âge légal de 60 ans, peu de femmes aux
carrières discontinues- peuvent aspirer à un tel bénéfice.
Par ailleurs, le régime des pensions civiles des retraites introduit une discrimination à
l’égard des femmes qui ne perçoivent la pension de veuve que si le mariage a été contracté deux
ans au moins avant le décès du mari ou de la date de cessation d’activité. A cela, s’ajoute la
condition que l’accident ou la maladie ayant entraîné l’invalidité soit imputable au service. La
condition de délai n’est plus valable si un ou plusieurs enfants sont issus de ce mariage. Ces
conditions ne sont pas exigées pour l’époux.
Enfin, un autre problème majeur à souligner est celui de la fréquente absence de sécurité
sociale chez les femmes qui occupent une place importante dans le secteur informel des aides
ménagères et du travail à domicile.
Ces emplois instables sont d’une part essentiellement des professions socialement
féminines et d’autre part des activités précaires, lesquelles sont fréquemment informelles et sans
contrat. Ce secteur très flexible comporte des salaires bas et des conditions de travail néfaste.
Dans cet univers à la fois complexe et discriminatoire, Jossour FFM propose :
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L’amendement du régime de la pension versée à la veuve qui n’est perçue que si
le mariage a été contracté deux ans au moins avant le décès du mari ou si un ou
plusieurs enfants sont issus de ce mariage.
Les femmes doivent pouvoir transmettre leur capitale vieillesse. Ainsi, il est
nécessaire que le veuf de la fonctionnaire n’attende pas l’âge de 60 ans pour
recevoir la pension de retraite.
La révision du code du travail dans le but de stipuler des mesures de protection du
travail domestique et ménager, en tenant compte de la dimension genre spécifique
que cela implique. (prise en considération de l’absence fréquente de sécurité
sociale dans ces secteurs, tenir compte des normes de sécurité nécessaires de ces
professions, etc.) ;
Renforcer les campagnes de communication sur l’insertion professionnelle des
femmes.
Renforcer la lutte contre la discrimination au travail sur la base de la création de
veilles consultatives pour l’égalité, dans l’ensemble des entreprises de plus de 100
salariés.
3.5 Au niveau de la migration et la protection de la loi
De pays d’émigration, dans les années 60, à un pays de transit, depuis les années 90, le
Maroc est rapidement devenu un pays d’immigration.
L’instabilité que vivent plusieurs pays de l’Afrique sub-saharienne pousse des milliers de
personnes, dont de plus en plus de femmes et d’enfants à chercher refuge ailleurs. La fermeture
des frontières européennes font que des milliers d’entre elles s’installent au Maroc d’une manière
irrégulière.
Le Maroc avait adopté en 2003 une loi sur le séjour des étrangers, l’immigration et
l’immigration irrégulière, suivi en 2007 de la signature d’un accord de siège avec le HCR. Mais
la situation déplorable des immigrés en situation irrégulière avait suscité la critique et la
condamnation.
Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a publié, en septembre 2013, un
rapport critiquant la politique migratoire du Maroc, trop orientée sur la sécurité et inattentive aux
droits des migrants. Ce rapport s’accompagnait d’un nombre de recommandations, dont le
respect du droit d’asile et la régularisation des migrants en situation irrégulière.
Le Roi du Maroc a rapidement donné son aval à ce rapport, mettant par là même en
mouvement une réforme de l’immigration d’une grande portée. Une procédure accélérée a été
mise en place pour régulariser la situation des migrants en situation administrative irrégulière.
Dans ce cadre, des conventions ont été signées s’articulant autour de l’éducation
formelle et non formelle, du soutien et de l’accompagnement dans le domaine de l’intégration et
de l’enseignement de la langue, de la culture marocaine et de l’intégration culturelle,
économique, sociale et de l’auto-emploi au profit des femmes immigrées.
Au mois de février 2015, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH),
l’organisme qui a présidé la Commission nationale de suivi et de recours pour la régularisation
des migrants en situation administrative irrégulière, avait donné ces chiffres : sur 27 130
demandes de carte de séjour, 16 180 ont été acceptées, soit 59% du nombre de dossiers. Par pays,
arrivent en tête les Sénégalais (24,15%), suivis des Syriens (19,2%), des Nigériens (8,71%) et
des Ivoiriens (8,35%). La part des femmes dans cette opération est satisfaisante. Le feu vert a été
donné de délivrer une carte de séjour à toutes celles qui avaient déposé un dossier, mais aussi à
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leurs conjoints et à leurs enfants. Soit la totalité des 10178 demandes qui ont été formulées dans
ce sens, d’après les chiffres du CNDH.
Les initiatives se sont multipliées afin d’accompagner humainement ces immigrés,
femmes et hommes, dans leurs démarches administratives, les aider à trouver un travail à travers
des activités génératrices de revenus et intégrer les enfants dans le système éducatif marocain.
Jossour FFM, souhaiterait qu’on accorde une attention particulière pour les
migrantes pour plusieurs raisons :
D’abord, ces femmes ont fui, à l’instar des hommes, la guerre civile dans leur pays
d’origine, les injustices politiques, la précarité économique, mais, elles ont fui aussi,
notamment les filles et les jeunes femmes, les mariages forcés, la violence de la part
de la famille et les abus sexuels de toutes sortes ;
Ensuite, elles sont plus exposées que les hommes à la traite des êtres humains
(victimes de prostitution, du tourisme sexuel ou de mariages “blancs”…) (voir
l’étude du ministère de la justice et des libertés « la traite des femmes et des enfants
au Maroc, mars 2015) ;
Les femmes migrantes victimes de violence conjugale sont placées très souvent
devant ce «choix» : les coups, la domination ou l’expulsion et le retour au pays.
Enfin, sur le plan de l’emploi, les femmes migrantes sont plus exposées que les
hommes à l’exploitation, aux bas salaires, aux carences de soins, et à l’absence de
recours juridique ou syndical…
Pour toutes ces raisons notre association insiste pour,
Accorder la priorité, au niveau national, régionale et local, à ces immigrées
pour les aider à l’insertion sociale et professionnelle ;
Intensifier la lutte sans relâche contre les réseaux de trafic des migrants et de
traite des personnes ;
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