Université de BATNA 2.
2022/2023
Département d’hydraulique
Cours de traitement et épuration des eaux, 3 Licence, Hydraulique,
Résumé du Chapitre II : Les Traitements de clarification
I. La coagulation
I.1. Rappel sur les colloïdes
I.1.1. Caractéristiques des colloïdes
Ce sont des matières en suspension 103- µm < d < 1 µm. Ils possèdent des charges électriques
négatives à leur surface répulsion électrostatique entre deux colloïdes ; les colloïdes ne
décantent pas naturellement pour deux raisons :
- Loi de stokes n’est pas applicable (dimensions fiables) ;
- Un champ de forces électriques qui les rendent stables dans l’eau (à cause des charges
négatives).
Pour permettre la séparation d’une suspension colloïdale dans des conditions de vitesse
satisfaisante, par exemple sous l’influence de la pesanteur, il est nécessaire de rassembler les
colloïdes pour constituer des particules nettement plus importantes.
I.1.2. Définition
C’est la phase de déstabilisation des colloïdes par l’ajout de sels minéraux solubles. Généralement
des sels d’aluminium (Al3+) ou de fer (Fe3+), appelés coagulants.
I.1.3. Mise en œuvre de la coagulation
a) Principe : Phase d’addition des réactifs coagulants et mélange rapide pour répartir d’une façon
homogène le réactif dans l’eau.
b) Réactifs : Les coagulants principalement utilisés sont à base de sels de fer ou d’aluminium.
Exemple : (chlorure ferrique Fe Cl3 Fe3+) ;
(Sulfate d’aluminium Al2 (SO4)3 Al3+).
c) Taux de traitement (dose de réactif) : Est déterminé expérimentalement en laboratoire (Essai
de Jar-Test). L’injection du réactif est réalisée grâce à une pompe doseuse.
d) Mélange : C’est l’apport d’une énergie mécanique que l’on dissipe dans l’eau du bassin de
coagulation. Il s’agit généralement d’un agitateur rapide de type hélices ou à pâles mis en place
dans le bassin de coagulation. L’intensité d’agitation est caractérisée par la notion de gradient
de vitesse G.
L’indice G est par définition le gradient de vitesse moyen au sein de multiples tourbillons. On peut
l’estimer au moyen de l’équation suivante de Camp et Stein :
G= P
µv
Où :
G : gradient de vitesse (s-1) ;
P : la puissance dissipée dans le fluide (w) ;
v : le volume de bassin (m3) ;
µ : la viscosité dynamique du liquide (kg/ m.s).
G est déterminé pour la température minimale de la région considérée (cas le plus défavorable). 500
s-1 < G < 1000 s-1 ; 10 s < temps d’agitation < 2 min.
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II. La floculation
II.1. Définition
C’est la phase d’agglomération (regroupement) des particules déchargées ou déstabilisées (par
la coagulation) par une agitation lente qui permet les chocs entre les particules.
II.2. Mise en œuvre de la floculation
Elle a lieu dans un bassin de section horizontale soit carré soit rectangulaire. C’est la phase
d’agitation lente. L’énergie dissipée dans l’eau est fournée généralement par des agitateurs
mécaniques à arbre horizontal ou vertical.
- Les valeurs optimales de G sont : 20 s-1 < G < 50 s-1.
- Le produit G.t présente un paramètre adimensionnel nommé : critère de Camp. Pour une bonne
floculation 2.104 < Gt < 2.105.
- Le temps de floculation 10 min < t < 30 min, déterminer en laboratoire par l’essai de Jar-Test
- Les agitateurs mécaniques sont constitués par des pâles actionnées par un arbre horizontal, ou
vertical. La surface totale des pâles ne doit dépasser 10 à 25 % de la surface du bassin balayée
par le mouvement de l’agitateur.
N Arbre
Agitateur mécanique
Pâle
à axe vertical Vp
d
- La vitesse périphérique des pâles : 0.2 à 0.6 m/s ; elle est liée à la vitesse de rotation des pâles N
(tr/min) par : Vp = (2.π.N.d) / 60.
d : distance de l’extrémité de la pâle jusqu’à l’axe de l’arbre d’agitateur.
La puissance dissipée dans le fluide dépend des caractéristiques géométriques de l’agitateur et
les caractéristiques du fluide (eau) :
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P = .CD.p .A.Vr3
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CD : coefficient de traînée (caractérise la résistance de l’eau / pâles), c’est un paramètre
adimensionnel, CD = 1.8 pour des pâles planes.
ρp : masse volumique de l’eau (kg / m3).
A : surface globale des pâles (m2).
Vr (m/s) : vitesse relative de la pâle par rapport à l’eau qui l’entoure.
V p = V r + Ve ; Ve : vitesse d’entraînement (vitesse d’agitation de l’eau).
On dimensionne généralement sur la base de (Ve / Vp) = (1 / 4) ;
Soit Vr = Vp - Ve ;
Ve = Vp / 4 Vr = (3/4).Vp
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III. La décantation
III.1. Définition
C’est un procédé physique dont le but est une séparation de la phase solide (flocs + MES) de la
phase liquide. La particule qui décante tombe au fond du bassin sous l’action de la résultante de
plusieurs forces, dont la principale est la force de pesanteur. L’efficacité de la décantation sera
fonction des propriétés des particules (taille, densité, …) et du régime hydraulique d’écoulement.
III.2. Théorie de la décantation
L’étude de la décantation est l’étude de déplacement d’une particule ou d’un ensemble de
particules dans un liquide au repos ou en mouvement. Lorsqu’il s’agit d’une particule isolée de nature
bien définie, sédimentant dans un liquide au repos, les notions fondamentales de la décantation sont
simples. Par contre, dans le cas d’un ensemble de particules floculantes décantant dans un liquide
en mouvement horizontal, l’exposé des notions théoriques est beaucoup plus long et plus compliqué.
a) L’expression de la vitesse limite de sédimentation
Vs (en m/s) d’une particule sphérique dans l’eau au repos est donnée par l’expression de Stokes :
Vs = 18g (s − e )d 2 Avec
e : masse volumique de l’eau (1000 kg/m3) ;
S : masse volumique de la particule en (kg/m3) ;
d : diamètre moyen de la particule en (m) ;
µ : viscosité dynamique de l’eau (kg/m.s).
Cette loi est intéressante, car elle permet de calculer le temps mis par une particule, dont on
connaît les caractéristiques physiques, pour décanter sur une hauteur donnée.
En traitement d’eau potable, il faut décanter en flux continu, c'est-à-dire un liquide en
mouvement. Plusieurs types de flux (ou mouvement) sont rencontrés en décantation :
La décantation à flux vertical (ascendant), généralement pratiquée en décanteur cylindro-
conique, la zone de décantation se situant dans la partie cylindrique.
La décantation à flux horizontal, généralement pratiquée en décanteur parallélépipédique c'est-
à-dire de surface rectangulaire.
La décantation à flux incliné en décanteur lamellaire à contre-courant.
Dans tous les cas, les particules éliminées par sédimentation sont celles dont la vitesse de
sédimentation Vs est supérieure à la valeur de la vitesse de HAZEH.
III.2. Structure des décanteurs
Les bassins de décantation sont soit : Circulaire ou rectangulaire.
Pour réguler l’écoulement de l’eau et éviter la turbulence, on essaie de minimiser le nombre de
Reynolds de l’écoulement pour cela on adopte souvent les relations suivantes entre les dimensions
du bassin.
a) Circulaire
On a : (D/H) ≤ 10 ;
H : profondeur de bassin ;
D : diamètre ;
Les profondeurs H varient de 2 à 6 m, mais en pratique on préfère ne pas dépasser 4 à 4.5 m pour
éviter les phénomènes d’anaérobiose au fond du bassin. Les rayons usuels varient de 7 à 15 m.
b) Rectangulaire
3 < (L / l) < 6 ; (L / H) < 10
Les largeurs usuelles sont de l’ordre de 10 m et les longueurs ne dépasseront pas 30 à 60 m en
règle générale. Généralement les temps de séjour sont à l’ordre de 2 à 4 heures.
En laboratoire un floc dense peut décanter avec une vitesse de 3 m / h. En station (en pratique)
la vitesse de chute peut diminuer jusqu’à 0.75 m / h.
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IV. La filtration
IV.1. Généralités
- La filtration est la dernière étape de la phase de clarification d’une eau. Elle permet de retenir
les MES ou flocs ayant échappé à la décantation c’est donc un traitement d’affinage de
l’élimination de la turbidité.
- C’est une séparation solide –liquide qui utilise le passage de l’eau à travers un milieu poreux.
- C’est un phénomène bien connu dans la nature que l’on essaie de reproduire à petite échelle (en
station) en contrôlant les paramètres de filtration.
- On définit deux types de filtration selon la vitesse de percolation de l’eau à travers le lit filtrant.
Si on définit la vitesse de filtration par :
v = (débit qui passe à travers le lit filtrant / section horizontale du filtre). On aura :
* Filtration lente : v faible ne dépasse pas 7 à 10 m / jour.
* Filtration rapide : v plus élevées dépassant 3 m / heure.
IV.2. Types de filtres rapides
1) Filtres ouverts gravitaires
Le plus courant, c’est le filtre ouvert gravitaire, homogène (un seul matériau : sable).
2) Filtres sous-pression
Pour les petits débits (station à caractère industriel).
3) Filtres multicouches
Ils ont le même arrangement que celui des filtres classiques. Couche supérieure de forte
granulométrie reposant sur des couches de grains à faible granulométrie. A cause du lavage des
filtres, le matériau supérieur est plus léger.
Ainsi pour un filtre bicouche, on aura du charbon anthracite concassé pour la couche
supérieure (densité = 1.5) et la couche inférieure du sable de silice (densité = 2.65). Pour éviter le
mélange des deux couches lors du lavage, on devra choisir d1 et d2 de façon à avoir des vitesses de
sédimentation égales.
Compte tenu des lois de la sédimentation (équation dans le cas intermédiaire pour les sables)
IV.3. Vitesse de filtration : 4 à 50 m/h,
Les installations sont généralement calculées sur la base de 5 m/h. La hauteur de sable est
augmentée pour des vitesses supérieures à 7 m/h.
Le filtre doit être lavé dès que la perte de charge H atteint une valeur maximale. Une altération de
la turbidité indique que le filtre est encrassé. Le lavage se fait à l’air + eau + contre-courant ; la
consommation d’eau environ 5% du débit produit.