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Rôle et enjeux du capital humain au Maroc

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Rôle et enjeux du capital humain au Maroc

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Faculté des sciences juridiques,

économiques et sociales - Souissi

Capital Humain
Rapport
Groupe de recherche : Proposé par :
• Ouardighi Imad • Pr. Khariss Mohammed
• Birouki Yasser

1
TABLE DES MATIÈRES :

I. Introduction
II. Partie 1 : Généralités.
A. Qu’est-ce que le capital humain ?
B. Quelles sont les composantes du capital humain ?
C. Quel est le rôle du capital humain ?

III. Partie 2 : Les fondements théoriques du concept de


capital humain.
A. Les fondements de la théorie du capital humain :
1. Théodore W. Schultz, L’initiateur
2. Gary Becker, Le précurseur de l’économie comportementale

B. Les prolongements de la théorie du capital humain :


1. Les enjeux autour de l’éducation et de la formation
2. Éducation et croissance économique : De la théorie endogène à la
théorie des capacités.
IV. Partie 3 : Le capital humain au Maroc
A. Évaluation du capital humain au Maroc
B. L’efficacité des investissements dans le système
éducatif en question :
1. Dépenses publiques en éducation
2. Etat des lieux et performance du système d’éducation et de
formation marocain
3. Stratégies possibles

V. Conclusion
2
I. Introduction

L'investissement en capital humain est aujourd'hui l'un des grands thèmes de la politique
publique dans les pays développés. Il semble pouvoir apporter des solutions à plusieurs
problèmes auxquels les décideurs politiques ont été confrontés au cours des dernières
décennies, à savoir le ralentissement de la croissance économique dans la plupart des pays
occidentaux depuis 1973, la montée du chômage et la polarisation des revenus. L'accumulation
de capital humain permettrait en effet des gains de productivité favorables à la croissance et à
l'emploi.

Depuis Adam Smith, la plupart des économistes reconnaissent que les compétences de la
main d'œuvre d'un pays représentent un de ses atouts concurrentiels les plus importants. Les
origines de la théorie moderne du capital humain remontent toutefois aux années 60, alors
que Theodore Schultz, puis Gary Becker, proposaient leurs analyses théoriques et
empiriques des liens entre l'investissement en capital humain et la rémunération.

La théorie du capital humain a en effet contribué à expliquer la croissance économique et la


formation des rémunérations individuelles. Elle suppose, nous le verrons, que les individus
peuvent améliorer leur productivité par des actes volontaires d'investissement dans l'éducation
ou la formation.

Le premier objectif de cette recherche sera ainsi de reprendre les enjeux théoriques de
la notion de capital humain en revenant sur les différents apports des économistes qui se
sont intéressés à ce concept depuis une cinquantaine d'années. Il s'agira aussi de présenter
les prolongements les plus significatifs de la théorie du capital humain.

Le second objectif sera de faire une évaluation en ce qui concerne le capital humain au
Maroc, à travers les caractéristiques majeures et les résultats du système d’éducation et de
formation Marocain. Il s’agit essentiellement de vérifier si les efforts nationaux consentis en
matière d’éducation et de qualification ont abouti à de bonnes performances en ce qui concerne
l’éducation et la formation du capital humain.

3
II. Partie 1 : Généralités.
A. Qu’est-ce que le capital humain ?
Le capital humain correspond à l’ensemble des connaissances, compétences et conditions de
santé que les individus accumulent tout au long de leur vie et qui leur permet de réaliser
pleinement leur potentiel en devenant des membres productifs de la société.
Ce concept économique considère donc le bagage d’un travailleur comme un capital à part
entière, qui peut augmenter ou s’user, et pour lequel on peut calculer un retour sur
investissement.
Il s’acquiert essentiellement en investissant :

• Dans l’éducation,
• Et le maintien de la santé.
La théorie du capital humain permet donc d’analyser l’impact de l’accumulation des
connaissances sur l’économie, à l’échelle d’un pays ou d’une entreprise.

B. Quelles sont les composantes du capital humain ?


Le capital humain s’acquiert via l’accumulation de compétences et de connaissances qui
constitue un véritable actif immatériel qu’un salarier met à la disposition d’une entreprise à
travers :
• Leurs aptitudes,
• Leurs compétences (acquises),
• Leurs savoirs utiles (culture générale),
• Leurs qualifications (diplômes),
• Leurs expériences professionnelles,
• Leurs capacités productives.
Il devient donc possible d’envisager le savoir individuel comme un investissement, avec ses
coûts (d’éducation et de formation) et sa valeur potentielle (salaire, productivité, etc.).

C. Quel est le rôle du capital humain ?


Le capital humain est un moteur de l’innovation et de la croissance économique car il joue un
rôle central dans la création de la richesse parce qu’il a un impact transversal sur les autres
actifs immatériel de l’entreprise.

Aussi l’investissement immatériel (dans le capital humain) crée de la croissance du PIB qui
contribue à l’amélioration de la productivité donc c’est une croissance plus durable avec une
avantage créatrice du bien-être.

4
C’est pour cela que l’individu peut être investir dans son capital humain et que l’entreprise peut
investir aussi dans le capital humain de ses salarie afin de le rentabilise, donc la question qui
suppose c’est :

« Est-ce-que l’éducation qui stimule la croissance ou la croissance qui incite les


individus à consommer plus d’éducation ? »

Dans les faits, il est probable que la causalité joue dans les deux sens, de la même façon, les
pays qui ont des niveaux d’éducation élevés tendent à s’enrichir et peuvent ainsi dépenser
davantage pour accroître l’éducation.

III. Partie 2 : Les fondements théoriques du concept de


capital humain
Joseph Stiglitz définit le capital humain comme « l'ensemble des compétences et de
l'expérience accumulées qui ont pour effet de rendre les salariés plus productifs ». Samuelson
et Nordhaus rajoutent qu'il constitue le « stock de connaissances techniques et de qualifications
caractérisant la force de travail d'une nation et résultant d'un investissement en éducation et en
formation permanente ».

Dans le Livre II de La Recherche sur la nature et les causes de la richesse des


nations (1776), Adam Smith, qui s'interroge sur les différences relatives de salaires, identifie
déjà l'amélioration des compétences des salariés comme une source fondamentale de progrès
économique, de même qu'il souligne dans le livre V les limites d'une division du travail qui freine
l'exercice des facultés intellectuelles des salariés et se répercute sur d'autres sphères de la vie
en collectivité. Alfred Marshall observe que les investissements en capital humain s'inscrivent
dans le long terme et ne dépendent pas que de variables monétaires puisque le rôle joué par la
famille dans les choix éducatifs serait déterminant. Karl Marx explique pour sa part la
rémunération plus élevée des travailleurs qualifiés par le coût (monétaire et horaire) de leur
formation.

Si ces économistes ont l'intuition que la qualité du travail exerce une influence sur la croissance,
la théorie économique n'en considère pas moins pendant longtemps le travail comme un simple
facteur de production, appréhendé exclusivement dans sa dimension quantitative.

Il faudra attendre les années 60 pour que Theodor Schultz et Gary Becker, deux économistes
de l'école de Chicago, développent le concept de capital humain. La théorie qui émerge énonce

5
que toute dépense susceptible d'améliorer le niveau de formation d'un individu augmente sa
productivité, et par conséquent ses revenus futurs, d'où le nom de capital humain.

Ainsi, le fait que l'on considère aujourd'hui que le Capital humain représente entre 2/3 et 3/4 du
capital total (Stiglitz), et que les dépenses en éducation se soient accrues de façon exceptionnelle
sur ces 50 dernières années met la question du capital humain au cœur de l'analyse économique
contemporaine.

Nous reprendrons donc les grands principes de l'analyse de la théorie du capital humain, puis
nous présenterons quelques-uns de ses prolongements.

A. Les fondements de la théorie du capital humain :


1. Théodore W. Schultz, L’initiateur :
Dans son article « Investment in Human Capital » publié en 1961, T. Schultz
aborde la mesure du capital humain. Pour lui, la dépense d’investissement en
capital humain n’est pas une approche qui permet de mesurer efficacement le
capital humain comme c’est le cas pour le capital physique, dans le sens où il
est difficile de distinguer entre les dépenses de Consommation et les dépenses
d’investissement.

Sa mesure serait donc plus complexe et ferait appel à la compréhension d’une batterie de
variables qui améliorent les capacités et le savoir des individus. En ces termes, il distingue cinq
sources d’amélioration du capital humain : (1) les infrastructures et services de santé,
impliquant toutes les dépenses qui affectent l’espérance de vie, la force et la vitalité des
individus ; (2) la formation professionnelle incluant l’apprentissage organisé par les entreprises ;
(3) l’organisation formelle du système éducatif de l’école primaire au supérieur ; (4) les
programmes d’études et de formation pour adultes, non organisés par les entreprises ; (5) la
migration des individus et des familles pour une meilleure adaptation au changement des
opportunités d'emploi

. C’est donc à partir de ces cinq catégories que T. Schultz a contribué à la mesure de
l’accroissement du capital humain.

Ce constat-là a bien une interprétation en termes de politique économique, notamment


l’allocation efficace des dépenses publiques, dans le sens où en améliorant par exemple les
services de santé et l’accès à l’éducation de base, l’Etat améliorait le capital humain, la
productivité et favorisait l’émergence d’initiatives individuelles. Les travaux de T. Schultz ont

6
tous insisté sur l’importance du capital humain en le qualifiant de « composante la plusn
importante de notre système économique ».

Le capital humain : une forme de capital comme les autres ?


Dans son ouvrage Human Capital, l'économiste américain Gary Becker, définit
le capital humain comme "l'ensemble des capacités productives qu'un individu
acquiert par accumulation de connaissances générales ou spécifiques, de
savoir-faire, etc."

Chaque travailleur a un capital propre, qui lui vient de ses dons personnels, innés, et de sa
formation. Son stock de capital immatériel peut s'accumuler ou s'user. Il augmente quand il
investit, ce qui détermine les différences de productivité, et, par hypothèse, de revenu.
Comme tout investissement, celui en capital humain peut faire l'objet d'un calcul d'un taux de
rendement marginal, associé à une dépense ou une année d'études supplémentaire. Ce
rendement peut dans le cas présent s'évaluer comme le rapport entre, d'un côté, le surcroît des
revenus du travail que cet investissement permettra d'obtenir sur le restant de la vie active et,
de l'autre côté, l'ensemble des coûts occasionnés par cet investissement. Ces coûts résultent
de dépenses d'éducation, frais de scolarité, matériel, etc. mais aussi des revenus que la
personne ne touchera pas pendant le temps consacré aux études : on parle pour ces derniers
coûts de « coûts d’opportunités ».
L'individu fait donc un arbitrage entre travailler et suivre une formation qui lui permettra de
percevoir des revenus futurs plus élevés qu'aujourd'hui.

Le maintien en état de son capital physique (santé, nourriture, etc.) est également pris en
compte. L'individu optimise ses capacités en évitant qu'elles ne se déprécient trop du fait de la
dévalorisation de ses connaissances générales et spécifiques ou de la dégradation de sa santé
physique et morale. Il investit de façon à augmenter sa productivité future et ses revenus.

C'est dans cette logique que [Link] développe la théorie du capital humain qui fait de la
connaissance accumulée et de la santé des investissements comme les autres. Il s'intéressera
surtout à l'éducation et à la connaissance dont les implications économiques sont plus riches.

En résumé, selon Becker, le capital humain est un actif, un patrimoine, un stock susceptible de
procurer un revenu. Il en est de même pour le capital humain qui est un sous-ensemble dans
7
cette notion globale de capital : le capital humain est un stock de connaissances et
d'expériences, accumulé par son détenteur tout au long de sa vie par des investissements.
Si un investissement est une opération réalisée par un agent économique consistant à acquérir
des moyens de production, dans le cas particulier du capital humain, il s'agit pour l'investisseur
d'accroître son potentiel productif, sa productivité future et donc son salaire. Le salaire est
considéré comme le rendement du capital humain, la rémunération de l'investissement dans
l'éducation

Des agents économiques rationnels


L'analyse de Becker suppose une rationalité des agents économiques investissant dans le
capital humain. En effet, tout investissement induit un choix et donc des coûts d'opportunité.
L'investissement ou non dans le capital humain résulte d'un calcul coût-avantage de la part de
l'agent économique, en supposant qu'il a toutes les informations nécessaires et qu'il fait les
bonnes anticipations. L'agent économique se comporte comme un vrai homo œconomicus
dans le domaine de l'éducation.

Le coût d'un investissement en capital humain, nous l'avons vu, comprend les coûts de la
formation ou de l'éducation en elles-mêmes (frais de scolarités ...), les coûts entraînés par ce
choix (logement universitaire, déménagement ...) et le coût de renoncement à ce qu'aurait
rapporté le choix inverse : c'est le coût d'opportunité (le salaire qui aurait été perçu en entrant
sur le marché du travail au lieu de poursuivre ses études). Un individu peut consentir à retarder
son entrée sur le marché du travail, et à changer son arbitrage travail / loisirs, parce que le
salaire qu'il attend ensuite est supérieur à celui qu'il aurait eu sans formation. Mais, l'éducation
présente par hypothèse des rendements décroissants puisque chaque année supplémentaire
passée en formation, même si elle augmente le revenu futur, rapporte moins que la
précédente.

En général, l'investissement en capital humain est rentable lorsqu'il permet d'obtenir un salaire
plus élevé qui permet de rembourser les frais d'investissement de départ.

[Link] identifie toutefois des différences dans l'intérêt qu'ont les individus à investir ou non
dans leur formation. Il souligne bien sûr le poids des contraintes financières mais aussi
l'influence de la famille sur le contenu des choix individuels. Enfin, les différences de capacité
d'apprentissage d'un individu à l'autre expliquent aussi que des individus présentant un profil
socio-économique proche, n'effectuent pas les mêmes arbitrages : le « talent » réduit le coût de
la poursuite d'étude (système des bourses).

8
La plupart des études empiriques s'inscrivant dans le prolongement des analyses de Becker
notent néanmoins une forte corrélation entre le statut socioéconomique des parents et le
niveau scolaire atteint par leur enfant. Les effets directs du niveau de revenu de la famille sur le
choix de la poursuite d'étude apparaissent réduits par rapport aux effets de facteurs moins
mesurables tels que la qualité des institutions scolaires ou celle des incitations parentales, qui
vont le plus fondamentalement affecter les choix éducatifs.

La distinction entre formation générale et spécifique : l'arbitrage des


entreprises.

La théorie du capital humain souligne, nous l'avons vu, que l'investissement en capital humain
accroit la productivité des salariés et donc la rentabilité de l'entreprise. Cet investissement
passe essentiellement par la formation et Gary Becker en distingue deux sortes : la formation
générale (general human capital) et la formation spécifique (firm-specific capital).

La formation générale, acquise dans le système éducatif, augmente la productivité de l'agent


dans toute entreprise puisqu'elle reste attachée au travailleur qui peut la faire valoir sur
l'ensemble du marché du travail. Les entreprises sont donc peu encouragées à supporter les
coûts de formation d'une personne puisque celle-ci risque de la faire prévaloir dans une autre
entreprise prête à mieux la rémunérer. L'accord entre le travailleur et la firme consiste donc en
l'achat par l'entreprise de la « force de travail », tandis que le travailleur achète sa formation.

La formation spécifique augmente à l'inverse la productivité du travailleur dans l'entreprise qui


l'a formé mais peu ou pas en dehors de celle-ci.

La firme n'accepte le financement de la formation que dans la mesure où elle estime avoir des
chances de rentabiliser son investissement : le salaire qu'elle versera à l'issue de la période de
formation sera supérieur au salaire du travailleur pour des emplois situés à l'extérieur de
l'entreprise de façon à l'inciter à rester en son sein mais inférieur à sa productivité en valeur, la
différence avec le salaire versé représentant la rémunération de l'investissement en capital
spécifique de l'entreprise. La valeur de l'investissement dans une formation spécifique est
perdue lorsque le contrat de travail est interrompu. Elle ne peut être renouvelée qu'au prix de
nouveaux investissements. Cette distinction entre formation générale et formation spécifique
présente un intérêt pour analyser les déterminants du « turnover » et pose les bases d'une
réflexion sur les coûts de transaction sur le marché du travail.

9
L'entreprise a donc intérêt à financer les formations spécifiques mais pas les formations
générales car l'employé pourrait ensuite proposer son travail (devenu plus productif) dans une
autre entreprise.

La théorie du capital humain n'aborde pas en définitive le caractère collectif du processus


d'accumulation de connaissance, en faisant de l'individu un être maximisant ses revenus futurs
en arbitrant entre travailler et se former. Toutefois, par la distinction établie entre l'éducation
générale qui élève le niveau de compétence des individus et la formation professionnelle, qui
augmente la productivité de l'individu dans l'entreprise pour laquelle il travaille, la théorie du
capital humain introduit l'idée d'éducation comme bien collectif. En effet, [Link] considère
que la formation générale peut être fournie par l'Etat ou directement payée par l'individu, tandis
que les entreprises ont intérêt à financer la formation professionnelle (spécifique).

Ces constats permettent de justifier l'intervention de l'Etat dans l'investissement en capital


humain au travers de l'éducation gratuite qui permet de dégager des externalités positives.

Ce sont les multiples enjeux soulevés par la théorie du capital humain que nous allons discuter
dans cette seconde partie.

B. Les prolongements de la théorie du capital humain.


1. Les enjeux autour de l’éducation et de la formation :

« La formation, un investissement générateur d'externalités »


La théorie du capital humain est dans la stricte ligne de l'école néoclassique puisqu'elle retient
l'idée d'un arbitrage rationnel des individus en situation d'information parfaite. Elle considère
aussi que sans éducation, la force de travail est indifférenciée ; à l'équilibre, le salaire est égal à
la productivité marginale.

Cette théorie améliore considérablement l'analyse économique de la répartition, en montrant


que les différences de revenu sont en partie motivées par la formation. Elle a pu contribuer à
valoriser la formation des travailleurs, puis les politiques d'éducation en général même s'il
s'avère, nous le verrons plus loin, que les grandes politiques d'éducation et de formation
continue cherchaient plus à valoriser l'exercice de la citoyenneté, la promotion sociale,
l'intégration des classes populaires, qu'à améliorer le niveau des revenus du travail.

La théorie du capital humain fait de la formation un investissement "comme un autre",


générateur d'externalités. Toutefois, la formation prise en charge par la collectivité n'incite pas

10
les entreprises à l'effort de formation qu'elles pourraient supporter. Le problème d'un niveau de
formation optimal qui serait efficace pour la collectivité reste ainsi largement irrésolu.

Les externalités qui résultent d'un investissement collectif dans la formation sont diverses. Elles
peuvent par exemple favoriser l'intégration sociale des individus ou encore valoriser la
formation des actifs selon le principe du « bien réseau » par exemple (une connaissance gagne
en intérêt si d'autres personnes la partagent ou peuvent au moins l’acquérir) ....

Les théories du signal ou du filtre.


Michael Spence, que l'on peut présenter comme l'un des principaux
promoteurs de la théorie du signal, fait par exemple l'hypothèse que les études
ne sont pas un investissement pour augmenter le capital humain mais un
simple moyen de sélection. L'éducation n'aurait pas pour effet d'augmenter la
productivité de l'agent mais de sélectionner les agents qui sont déjà et seront
les plus productifs. Il y a lieu dans ce cas de remettre en cause la rentabilité
sociale d'une éducation qui comporte des coûts importants sans pour autant améliorer la
productivité des travailleurs. Le diplôme obtenu est donc simplement un signal pour
l'employeur, c'est une preuve que l'agent est meilleur que les autres et qu'il a été sélectionné.

Dans cette approche, les employeurs sont considérés comme étant en asymétrie d'information
vis-à-vis des offreurs de travail. S'ils disposent de données intangibles telles que le sexe,
d'autres variables, comme le niveau de qualification, peuvent au contraire être modifiées par les
individus à la recherche d'un emploi. Le diplôme constitue donc un signal envoyé aux
employeurs potentiels. II reste aux individus à choisir la formation qui permet d'envoyer le
meilleur signal, soit celle qui offre le plus de possibilités pour trouver un emploi, soit le meilleur
taux de rendement. La formation dispensée dans des écoles prestigieuses est alors la plus
valorisée puisque les étudiants ont été sélectionnés pour y entrer.

La théorie du signal est un prolongement sur le marché du travail de celle du filtre. Selon cette
dernière approche présentée initialement par Kenneth Arrow [2], la formation, et en particulier
le diplôme, sert à apporter de l'information sur les qualités des individus (intelligence, capacité
de travail...). L'éducation ne sert donc pas à accroître les capacités des individus mais à les
identifier afin de pouvoir les filtrer. Le système productif filtre les individus en fonction des

11
qualités qu'il recherche. Arrow s'intéresse aux coûts et avantages pour la collectivité d'un tel
processus.

Sur la formation continue.


L'accumulation de capital humain se poursuit à l'issue de la formation initiale, tout au long de la
vie professionnelle. Elle peut prendre des formes variables selon les spécificités de l'activité et
le niveau de la formation initiale. L'expérience renforce en outre les qualités du travailleur, en
particulier lorsque celles-ci peuvent être remobilisées dans d'autres entreprises.

L'observation de l'évolution de la structure des revenus par âge montre que l'augmentation des
niveaux de salaire est particulièrement importante lors des premières années d'activité
professionnelle mais se maintient tout au long du cycle de vie. Il semblerait donc que la
progression des revenus avec l'expérience professionnelle soit le résultat d'un accroissement
de la productivité et de l'accumulation de capital humain sur l'ensemble de sa carrière.

Les études empiriques de Jacob Mincer ont permis d'observer qu'un individu procède à des
choix d'investissement en capital humain à chaque étape de son cycle de vie. Le système
éducatif ne forme pas systématiquement la main-d'œuvre. L'obtention d'un diplôme marque la
fin d'une première étape d'acquisition d'un savoir global et le début d'une période d'acquisition
d'un savoir plus spécialisé, de compétences techniques, après l'entrée dans la vie active.

Cette seconde étape, la formation dans la production, peut prendre plusieurs formes :

- les processus d'apprentissage informels liés à l'expérience dans la production (learning-by-


doing présenté par Arrow) ;

- les processus d'apprentissage formels tels les programmes d'apprentissage associant une
part de formation au sein d'écoles professionnelles et des stages dans l'entreprise ;

- les programmes ponctuels de formation mis en place au sein des entreprises soit par
l'entreprise elle-même soit par un organisme privé sur demande de l'entreprise, les
programmes de formation continue au sein de l'appareil productif...

Si la formation dans la production du type learning-by-doing a été très tôt introduite dans les
modèles théoriques comme une des sources de croissance à long terme et même comme
l'explication centrale de la croissance miraculeuse des pays asiatiques, cette formation a
toujours été envisagée comme un processus automatique et sans coût, résultat de l'écoulement
du temps ou lié à l'introduction de nouveaux produits. Or, comme le note Mincer, la formation
dans la production doit être vue comme un investissement : elle dépend de décisions

12
individuelles et est coûteuse. Elle constitue donc une composante importante de l'accumulation
du capital humain, non seulement par son existence propre mais aussi par ses interactions
avec les décisions de formation scolaire. Si les agents décident de se former principalement au
sein de la production et non à l'école, les efforts de formation scolaire en viennent à sous-
estimer fortement l'accumulation de capital humain et donc sa contribution à la croissance.

La réflexion sur la formation continue à partir de la théorie du capital humain est un champ
fertile d'étude encore largement inexploré mais dont on mesure de plus en plus l'importance
notamment dans les recherches abordant les solutions pour lutter contre le chômage, les
phénomènes de sous-qualification, voire les écarts salariaux entre hommes et femmes. La
réflexion sur l'accumulation du capital humain ne se limite pourtant pas à l'analyse du lien entre
éducation / formation et niveaux de salaires ou de productivité. Elle fournit aussi des clefs
d'analyse entre accumulation du capital et croissance.

2. Éducation et croissance économique : De la théorie endogène à la


théorie des capacités.
La théorie de la croissance endogène.
La théorie de la croissance endogène a été développée par Paul Romer (1986) [6] et Robert
Lucas (1988). Elle est basée sur l'idée d'une croissance auto-entretenue, contrairement aux
théories antérieures, notamment celle de Solow (1956), qui expliquait la croissance par le taux
d'épargne, le taux de dépréciation du capital physique et le taux d'accroissement de la
population active. Ces trois facteurs avaient en effet pour point commun d'être déterminés en
dehors du modèle (exogènes) et fixés une fois pour toute.

Le caractère « auto-entretenu » de la croissance, dans la théorie de la croissance endogène


est possible notamment grâce à l'outil du capital humain qui permet de considérer le progrès
technique comme endogène. En effet, le progrès technique et l'innovation (mesurés par la
productivité globale des facteurs) sont le fait des chercheurs ou ingénieurs, qui sont eux-
mêmes le fruit d'un investissement en capital humain. De manière générale, l'épargne investie
dans la formation des citoyens est un puissant accélérateur de croissance. Le capital humain
apporte de fait une grande partie de la solution du fameux « paradoxe de Solow ». Si les
progrès évidents dans le domaine de l'informatique étaient difficiles à voir dans les statistiques,
c'est en partie dû au temps dont ont besoin les travailleurs pour s'approprier les nouvelles
techniques de production, notamment par la formation.

Depuis le modèle de Mankiw, Romer et Weil, les nouvelles théories de la croissance ont
contribué à affiner la mesure du stock de capital humain et son rôle dans la croissance, en
13
particulier celle des pays en développement. Ce modèle distingue notamment l'accumulation du
capital humain et l'accumulation du capital physique. Il considère aussi le capital humain
comme un ensemble de capacités, de compétences et de connaissances des travailleurs
individuels.

Ce modèle observe que des variations relativement faibles des ressources consacrées à
l'accumulation du capital physique et humain peuvent entraîner des variations importantes de la
production par travailleur. Il permet donc de mieux expliquer les différences importantes des
niveaux de revenu réel par tête entre les pays.

Toutefois, dans les modèles de croissance endogène, le taux de croissance de l'économie


dépend largement des conditions initiales des économies. Si certains pays ont des niveaux de
capital humain ou de capital physique initial inférieur à un certain seuil, les effets externes ne
sont pas suffisants pour entretenir la croissance. Ainsi, le capital humain est complémentaire
d'autres facteurs, en particulier le capital physique. Un stock de capital humain doit être «
absorbé » par un système de production qui utilise toutes les capacités des individus.

Capital humain, croissance et développement : l'exemple de la


théorie des capacités d'Amartya Sen.
A partir du milieu des années 90 commence à émerger la théorie du
développement humain, trouvant son origine dans les travaux et les recherches
sur le bien-être, le développement humain et l’économie de l’écologie.
Développée par Amartya Sen, cette théorie repose fondamentalement sur
l’existence d’externalités de l’éducation en dehors de sa dimension strictement
productive.

En effet, dans sa théorie sur les capacités, A. Sen y voit une extension de la théorie du capital
humain en prenant en compte le rôle de l’éducation au-delà de son apport sur le marché du
travail. Il place l’éducation au cœur de son appréhension du développement, qu’il définit
comme « un processus intégré d’expansion des libertés substantielles, en corrélations étroites
les unes avec les autres ».

L’idée centrale de l’approche par les capacités est que l’éducation est pensée à partir du
pouvoir qu’a chaque individu sur sa propre vie. Cette théorie valorise le bien-être qu’une
personne peut se procurer par ses capacités à effectuer certains actes auxquels elle accorde
de la valeur et à être la personne qu’elle désire être. Il s’agit là d’une combinaison de ce que la
personne est apte à faire et à être. En ce sens, le développement dont il est question pour A.
Sen est un développement qui tient compte des aspirations de l’individu, un développement
14
éthique et social. Pour lui, le développement repose sur les libertés individuelles et
l’engagement social des individus et, l’éducation, est un des facteurs déterminants de libération
de la personne. Par l’éducation, l’individu est libre de son choix, ce qui lui permet d’agir comme
un « agent », c’est-à-dire une personne « qui agit, modifie l’état des choses, est considérée
comme membre de la collectivité et comme intervenant aux plans économique social et
politique » (A. Sen, 1999 : 34).

Ainsi, l’éducation est perçue comme un préalable au développement, comme un moyen plutôt
qu’une fin, mais surtout et avant tout, comme une valeur désirable en soi. Elle est une capacité
qui permet l’exercice des libertés individuelles10

. Dans son ouvrage « Development as Freedom », A. Sen cite l’exemple d’un nombre de pays
comme le Sri Lanka et le Costa Rica et relie des programmes sociaux dans le domaine de
l’éducation et de la santé à un amélioration des conditions de vie, sans qu’il soit
nécessairement question de croissance économique (Sen, 1999 : 63-66).

Quant à l’intervention de l’Etat, Amartya Sen considère qu’avoir une opinion politique, être
éduquée, avoir l’accès à l’information, avoir des droits civiques, et autres « capacités » justifient
l’intervention publique par ce qu’elles engendrent comme externalités positives et biens
collectifs.

IV. Partie 3 : Le capital humain au Maroc


A. Évaluation du capital humain au Maroc :
Formation et développement du capital humain :
À propos de la formation et de l'éducation rappelons que la compétence et le développement
ne sont pas innés chez l'homme, ils s'acquièrent par l'éducation et l'intégration sociale. Tout
progrès en ce sens a des répercussions positives sur les domaines économiques et social.

On observe l’indice de développement humain pour l’année 2018 :

15
On constate que Même si la courbe et croissante le chemin à faire est encore long puisque
l’indice de développement humain met le Maroc a la place 121, donc ce classement détecte
nécessairement des failles dans notre manière de produire les richesses et de les partager.
C’est donc une position qui est due aux performances du Maroc dans le domaine de
l’enseignement alors il faut absolument concentrer les efforts dans l’espoir de relever
rapidement le niveau du capital humain.

Alors au regard de son rôle le Nouveau Modèle de Développement a érigé le capital humain
parmi ses quatre axes stratégiques de transformation avec l'ambition d'en faire l'un des leviers
d'accélération de la croissance économique et par conséquent du développement social de
notre pays.

Dans ce cadre La Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) a élaboré
une étude qui aborde le lien entre le développement économique et le capital humain à travers
quelques scénarios.

Pour cela, il faut partir d’un scénario de base établi sur la base de l’évolution observée des
variables durant les 10 dernières années :

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Évolution du PIB et des facteurs de production (par habitant) entre 1999 (base 100) et 2017

• Une croissance de la population active occupée d’environ 0,6% par année entre 2007 et
2017 d’après les données du HCP.

• Une croissance du stock de capital physique d’environ 5,1% par année entre 2007 et
2017.

• Une croissance du stock de capital humain au rythme de 3,5% par année entre 2007 et
2017.

• La productivité globale des facteurs supposée augmenter au rythme de 0,85% par


année entre 2007 et 2017.

Dans le scénario de base, le PIB augmente au rythme annuel de 3,9% par année. Ce qui
implique un taux de croissance du PIB par habitant de 2,6% par année. Ce dernier augmente
ainsi de 28.000 dirhams par habitant en 2019.

L’impact de l'accélération de la croissance du capital humain sur l’économie marocain

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Dans le premier scénario alternatif, nous simulons l’impact du doublement du taux de
croissance du stock de capital humain qui accélèrerait de 3,5% à 7% par année afin d’apprécier
l’impact d’une forte accélération de l’accumulation du capital humain sur le PIB par habitant.
Grâce à cette accélération, le taux de croissance du PIB devrait augmenter pour atteindre 5,1%
par année. Ainsi, en considérant le taux de croissance de la population marocaine, le PIB par
habitant devrait progresser au rythme 3,8% par année et devrait augmenter de 28.000 dirhams
par habitant en 2019 à 50.500 dirhams par habitant en 2035. Soit un supplément de 8.200
dirhams au bout de 15 ans par rapport au scénario de base.

Période 2007-2017 2020-235

Scénario Observé Scénario de base Scénario doublement Scénario NMD

Croissance du PIB (%) 3.9 3.9 5.1 6.0

K (%) 43 43 33 28

L (%) 5 5 4 4

H (%) 30 30 46 54

PGF (%) 22 22 17 15

Dans un autre scenario nous supposons un taux de croissance du stock de capital humain qui
permettrait d’atteindre la croissance du PIB de 6% par année qui correspond à l’objectif minimal
du Nouveau Modèle de Développement (NMD). Pour réaliser cet objectif en agissant
uniquement sur le capital humain, le stock de ce capital doit croitre au rythme de 9,8% par
année. Dans ce cas, le PIB par habitant devrait croitre au rythme de 4,7% par année, ce qui
induit un relèvement du PIB par habitant de 28.000 dirhams en 2019 à 58.000 dirhams en
2035, permettant ainsi d’atteindre l’objectif que s’est tracé le NMD de doubler le PIB par
habitant à l’horizon 2035. Par rapport au scénario de base, cette augmentation correspond à un
supplément de PIB par habitant de 15.000 dirhams au bout de 15 ans.

Donc Pour réussir ce pari, le nouveau modèle propose la formation et la motivation des
enseignants, la réorganisation du parcours scolaire, la rénovation des contenus et des
méthodes pédagogiques, la responsabilisation des établissements scolaires et le renforcement
des capacités de planification et d’exécution.

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B. L’efficacité des investissements dans le système
éducatif en question :
Cette partie a pour finalité de savoir est-ce que les investissements alloués au système éducatif
sont efficaces ?

Tout d’abord, pour répondre à cette question, il faut connaitre que le Maroc mobilise une
proportion croissante de ses dépenses publiques totales aux dépenses d’éducation. Pourtant
on sait peu de choses sur l’efficacité de ces dépenses sur la performance scolaire des élèves.

1. Dépenses publiques en éducation

La mobilisation de ressources financières adéquates est une des conditions qui permettent la
réussite d’une politique éducative, en l’occurrence, la généralisation de l’accès à une éducation
de base et de qualité.

Au Maroc, le financement du système éducatif est assuré par trois groupes d’agents
économiques : les administrations publiques, essentiellement l’Etat puis les collectivités locales;
les ménages, les institutions privées à but non lucratif et les investisseurs privés ; et les
partenaires extérieurs dont les ONG externes.

Malgré la multiplicité des sources de fonds, c’est l’Etat qui couvre la majeure partie des
dépenses en éducation. Annuellement, celui-ci consacre presque 22% de son budget au
secteur de l’éducation, soit donc 7% du PIB national. Or, l’Etat dispose d’une très faible marge
de manœuvre pour mener à ses biens et améliorer la qualité du système éducatif.

la somme allouée par l’Etat reste insuffisante et n’assure que le fonctionnement de base, étant
donné que 89% de ce budget est attribué à la masse salariale "ce qui ne laisse au ministère
que 11 % de ce qu’il reçoit pour gérer tout ce qui est chantier pédagogique, accès à la
scolarisation (construction, réhabilitation), équipement, digitalisation, la formation des
enseignants et une partie de l’appui social destiné aux enfants issus de familles à revenus
modestes"

À savoir, la part qui est assurée par l’Etat représente 68 % du financement global de l’éducation
alors que la moyenne OCDE(Organisation de coopération et de développement
économiques) est de 83,5%, allant jusqu'à 96% pour la Finlande. Par contre, la part du
financement assurée par les ménages est estimée à 30%" un taux trop élevé par rapport à la
moyenne OCDE qui est de 16%.

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Evolution du budget de l’Etat alloué au SEF en milliards de
dirhams.
Le graphique ci-dessous illustre l’évolution du budget de l’Etat alloué au Système de l’Education et de la
Formation entre 2001 et 2021.

Le budget alloué au département de l’Education nationale, qui a la caractéristique d’être quasi-


complètement dédié aux enfants (à l’exception de l’Enseignement Supérieur), a triplé en 20
ans, passant de 19,6 à 76.2 milliards de dirhams entre 2001 et 2021. L’évolution s’est réalisée
selon un rythme moyen durant la période 2001-2008 (augmentation de 59% du budget) et
selon un rythme relativement accéléré durant la période 2008- 2021 (doublement du budget).
Cela s’explique par la réalisation des projets du programme d’urgence, établi pour la période
2009-2012 qui a eu une allocation budgétaire de 33,96 milliards de dirhams répartie en quatre
tranches. De même, la mise en œuvre de la vision stratégique 2015-2030 a nécessité la
mobilisation de ressources financières substantielles, notamment depuis 2017.

Certes, l’augmentations des fonds alloués au secteur de l’éducation n’a cessé d’augmenter tout
au long de la période 2001-2021 au Maroc, Toutefois, compte-tenu des engagements inscrits
dans la vision stratégique de la réforme 2015-2030, les besoins en financement se sont accrus
de façon importante. La concrétisation, par exemple, de l’objectif de la généralisation du
préscolaire à l’horizon 2027-2028 nécessitera l’allocation de ressources financières
consistantes. Cependant, l’investissement en éducation, et plus particulièrement dans le
préscolaire, aura certainement des retombées très positives sur les problématiques de
l’abandon scolaire, la rétention scolaire et la qualité de l’éducation des enfants dans les cycles
suivants (primaire et secondaire). Sur le long terme, cela peut avoir également des impacts sur
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la réduction des effectifs de jeunes entre 15 et 24 ans qui ne sont ni à l’école, ni à la formation,
ni à l’emploi et qui constituent désormais une véritable préoccupation pour les pouvoirs publics.
Intervenir en amont, à travers la prévention, favorisera un retour sur investissement important à
l’avenir.

2. Etat des lieux et performance du système d’éducation et de


formation marocain
Au Maroc, le secteur de l’éducation a connu, par des réformes successives, plusieurs phases
de transformation qui en ont profondément modifié la physionomie, la philosophie et les
performances quantitatives, ainsi l’école marocaine a fait des grands progrès dans la
généralisation de l’accès à l’éducation. En 2020, Le Maroc a réussi à relever le défi de la
généralisation de scolarisation avec 90% au niveau du collège, 65% au niveau du lycée et en
avoisinant les 100% au niveau du primaire. Des scores réalisés malgré l’augmentation des
effectifs des élèves et des étudiants, Il faut s’en féliciter et s’engager sur le chemin de la qualité
et de la performance, voire de l’excellence.

Actuellement, malgré les efforts nationaux, le système d’éducation au Maroc subit à juste titre,
des critiques acerbes sur sa méthode et ses résultats. Il y a indiscutablement des
dysfonctionnements majeurs et des distorsions d’objectifs qu’on ne peut s’empêcher de penser
que l’effet volume a, quelque part, fait disparaître le souci qualité. Evidemment, cette assertion
est simple voire simpliste par rapport à la réalité éducative marocaine.

Ce système souffre de déficiences alarmantes, à savoir l’abandon scolaire, l’accès inéquitable


à l’éducation, un niveau faible d’acquis scolaires, incapacité de former suffisamment en
quantité et en qualité, des enseignants motivés, compétents et maitrisant leur spécialité. Un
système totalement contradictoire en passant d’un cycle à un autre. Il n’y a aucune continuité
dans les programmes entre les différents niveaux de formation…

Les problématiques étant définies, il n’est donc plus question de continuer cette politique de
l’autruche et de ne pas reconnaitre que ce secteur, vital pour le développement de notre pays,
vit un réel problème. S'il est des secteurs qui exigent beaucoup d’attention et de sérieux dans la
vie d'une nation, celui de l’enseignement occupe la place privilégiée. Ce secteur doit
nécessairement mériter l'attention de l'Etat avec toutes ses composantes. Les raisons sont
claires et évidentes. L’enseignement est le seul moyen pour former et préparer les générations
qui devront prendre la relève en matière des responsabilités. La moindre négligence à ce
niveau ne pourrait que conduire à une catastrophe sociale que je qualifierais de « séisme social
» dont l’onde de choc est à redouter car il sera certainement dévastateur.
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3. Stratégies possibles

Le système d’enseignement dans notre pays est complexe. La solution est donc difficile, elle a
besoin d’idées nouvelles et de ressources adéquates. Pourtant La loi cadre N° 51.17 relative au
système de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et de la recherche scientifique
accorde une place primordiale à la diversification des sources de financement du secteur
éducatif. Dans la même optique, l’Etat a souligné la nécessité de l’instauration d’un modèle
PPP (Partenariat Public-Privé), un mode de financement alternatif fortement recommandé par
les organismes internationaux. Ainsi le prélèvement sur la contribution libératoire, la
contribution de la diaspora marocaine, les taxes sur les ressources naturelles, les taxes sur les
produits financiers ainsi que les micro-donations, comme d’autres sources de financement du
système éducatif national.

Plusieurs d’autres stratégies possibles peuvent être envisagés pour résoudre ces
problématiques :

➢ L’ouverture de l’enseignement supérieur au secteur privé national ou étranger est une


solution incontournable et un choix imposé par la conjoncture économico-politique aussi
bien nationale qu’internationale. Il faut s’inscrire positivement dans le phénomène de la
mondialisation et de la globalisation et s’inspirer étroitement du modèle universitaire
occidental en l’occurrence le modèle anglo-saxon. Les règles et les lois régissant cette
ouverture doivent être définies en concertation avec les professionnels du secteur. Elles
doivent être appliquées avec une priorité aux nationaux. L'existence des Universités
privées dans le paysage de l’enseignement supérieur pourra avoir des conséquences
bénéfiques pour le secteur. Elles contribueront à l’amélioration de la qualité de
l'Enseignement Supérieur et inciteront toutes les composantes du secteur à entrer dans
une dynamique de concurrence et d’émulation qui pourront sans aucun doute résoudre
les problèmes des effectifs, de la qualité de l’enseignement et du chômage des diplômés
L’ouverture de l’enseignement supérieur au secteur privé doit se faire dans les règles de
l’art. Elle doit se faire suite à des cahiers de charges, dans le respect total de la loi et en
conformité au cadre juridique et à la législation en vigueur. Les autorisations et le
contrôle doivent être chapeautés de manière par l’administration de tutelle et l’Agence
d’Evaluation qui doit être indépendante. Le ministère de tutelle, fort d’une législation
réglementant le secteur doit avoir une position claire dans ce domaine. Il doit savoir
trancher et ne laisser aucune place à la polémique. L’on sait tous que l’ambigüité ne
peut engendrer que confusion, désordre et incompréhension.
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L’ouverture de l’enseignement supérieur aux universités privées nationales ou
étrangères posera certainement plusieurs types de problèmes qui peuvent être
facilement contournés s’il y’a une agence d’évaluation indépendante.

Un autre aspect à ne pas oublier est celui de l’évaluation pédagogique au sein des
universités et des écoles privées. Il est indéniable que pour le bon fonctionnement de
ces établissements universitaires, un système d’évaluation efficace ambitionnant la
création de valeur et sous-tendu par un dispositif de contrôle et de coordination
infaillible, s’avère incontournable. Ainsi la problématique de l'accréditation, de la
reconnaissance et de l'équivalence des diplômes des écoles de l'enseignement
supérieur privé ne se posera plus avec la même acuité et ne sera plus qu’une simple
formalité administrative.

V. Conclusion
En guise de conclusion, on déduit que la promotion du capital humain n’est pas seulement un
objectif à atteindre mais c’est une approche de développement conditionnée par la participation
de l’homme dans ce processus en tant qu’acteur, indépendamment de son genre et de son âge
car le capital humain englobe les connaissances, les qualifications et des caractéristiques
personnelles telles que la persévérance. Pour les individus, l’investissement dans le capital
humain procure un rendement économique en augmentant à la fois les taux d’emploi et les
revenus du travail. On peut démontrer ce résultat soit en examinant les niveaux d’instruction,
soit par des mesures plus directes du capital humain telles que les résultats obtenus aux
évaluations des capacités de lecture, d’écriture et de calcul.

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