Introduction aux Processus Stochastiques
Introduction aux Processus Stochastiques
1 Probabilités 5
1.1 Ensemble Fondamental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Tribus ou sigma algèbres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Définition axiomatique de la probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Définition d’une probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Formule du crible (ou de Poincaré). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Calcul de probabilités : Cas particulier de l’équiprobabilité . . . . . . . . . . . 10
1.2.4 Probabilités conditionnelles (composées). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.5 Evénements indépendants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.6 Indépendance et incompatibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.7 Indépendance mutuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.8 Événement impossible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Principe des Probabilités Totales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Théorème de Bayes (Problème de Bayes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4 Vecteurs Aléatoires 25
4.1 Fonction de répartition d’un vecteur aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.2 Densité d’un vecteur aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.3 Marginales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3
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4
Chapitre 1
Probabilités
Pour formaliser un problème dans lequel le hasard intervient, on doit construire un modèle probabi-
liste, choisi en fonction du but que l’on poursuit. Ce modèle est constitué d’un ensemble fondamental,
d’une tribu d’événements et d’une probabilité. Le choix de l’ensemble fondamental est très important
pour le calcul ultérieur des probabilités des événements. Nous introduirons aussi les notions de proba-
bilité conditionnelle et d’indépendance. La formule de Bayes est souvent très utile pour le calcul des
probabilités conditionnelles.
Plus précisément, on dit que l’on est en présence d’une expérience aléatoire lorsque cette expérience
conduit à une, et une seule, valeur d’un ensemble de valeurs observables.
Définition 1.1.2 Cet ensemble de valeurs est appelé l’univers des possibles (ou plus simplement
l’univers) ou encore l’ensemble fondamental de l’épreuve et chacun de ses éléments est une issue
ou une éventualité de l’épreuve.
On notera souvent par Ω l’univers de l’épreuve considérée et par ω une issue quelconque.
Exemple 1.1.1
1. Si on considère l’expérience aléatoire “on lance un dé à six faces et on observe la face appa-
rente”, l’univers est l’ensemble (fini) Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
2. Soit une expérience aléatoire à deux issues possibles notées 0 et 1. On renouvelle l’expérience
toujours dans les mêmes conditions jusqu’à obtenir 1. Les éventualités envisageable sont les
suivants
1
0 1
0 0 1
0 0 0 1
..
.
0 0 0 ··· ··· 0 1
dans ce cas Ω est un ensemble infini dénombrable.
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Définition 1.1.3 Une suite (finie ou non) (Bn )n∈I⊂N d’événements de Ω est appelée une partition
de Ω si les Bn sont deux à deux disjoints et si leur réunion est égale à Ω, i.e.
∀i, j ∈ I, i 6= j, Bi ∩ Bj = ∅ et ∪n∈I Bn = Ω.
Distributivité :
Soient A, B et C trois ensembles. On a :
— A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C).
— A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C).
Loi de Morgan :
Soient A et B deux ensembles. On a les égalités suivantes :
— A ∩ B = A ∪ B.
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— A ∪ B = A ∩ B.
+(−1)n+1 Card(A1 ∩ A2 ∩ . . . ∩ An ).
n
X
Card(∪ni=1 Ai ) = Card(Ai ).
i=1
Il suffit alors de définir une mesure µ (resp. une prob. P) sur cet espace pour que (Ω, A, µ) (resp.
(Ω, A, P)) soit un espace mesuré (resp. probabilisé).
Définition 1.1.4 On appelle tribu de partie de Ω, tout sous–ensemble F de P(Ω) qui vérifie les pro-
priétés suivantes appelées axiomes de structure.
1) ∅ ∈ F, et Ω ∈ F.
2) Stabilité par passage au complémentaire : ∀ A ∈ F, A ∈ F.
3) Stabilité par réunion dénombrable : Pour tout famille (An )n∈N tel que An ∈ F pour tout n, ∪n≥0 An ∈
F.
Remarque 1.1.1 Par passage au complémentaire, on a aussi sous l’hypothèse 3) que ∀n ∈ N, ∩n≥0 An ∈
F (stabilité par intersection dénombrable).
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P(∅) = 0;
A ⊂ B =⇒ P(A) ≤ P(B);
Preuve.
1) Soient C1 = A1 , C2 = A2 ∩ Ac1 , C3 = A3 ∩ Ac2 , · · · , Cn = An ∩ Acn−1 .
Les événements (Cn )n > 1 étant deux à deux disjoints, avec ∪∞ ∞
n=1 Cn = ∪n=1 An , on a d’après la
∞
X Xk
propriété de σ-additivité que P (∪∞ A
n=1 n ) = P (C n ) = lim P (C n ) =. lim P ∪k
n=1 n =
C
k→∞ k→∞
n=1 n=1
lim P (Ak ).
k→∞
2) Par dualité, la suite B n n > 1 est une suite croissante.
Donc d’après 1) on a P ∪∞
n=1 B n = lim P B n .
n→∞
Or ∪∞ ∞
n=1 B n = ∩n=1 Bn . D’où
1 − P(∩∞ ∞
n=1 Bn ) = P(∩n=1 Bn ) = lim P B n = lim (1 − P (Bn )).
n→∞ n→∞
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La formule de Poincaré (voir Théorème 1.1.1) peut aussi s’interpréter en termes de probabilité, en
remplaçant partie par événements, et Card par P.
Considérons, le cas n = 2. Soient A et B deux événements quelconques. La probabilité de l’union de
deux événements s’obtient par la formule de Poincaré :
Théorème 1.2.1 (Formule du crible (ou de Poincaré)) Soit (Ai )i∈{1,...,n} une famille d’événements
de Ω. Alors
n
X X
P(∪ni=1 Ai ) = (−1)k+1 P(∩kj=1 Aij )
k=1 1≤i1 <i2 <...<ik ≤n
n
X X X
= P(Ai ) − P(Ai1 ∩ Ai2 ) + P(Ai1 ∩ Ai2 ∩ Ai3 ) + . . .
i=1 1≤i1 <i2 ≤n 1≤i1 <i2 <i3 ≤n
X
k+1
+(−1) P(Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Aik ) + . . . + (−1)n+1 P(A1 ∩ A2 ∩ . . . ∩ An ).
1≤i1 <i2 <...<ik ≤n
n
X
P(∪ni=1 Ai ) = P(Ai ).
i=1
Preuve : On va utiliser une démonstration par récurrence. Soit n ≥ 2. Supposons que l’égalité vérifiée
à l’ordre n et montrons la à l’ordre n + 1. D’après ce qui précéde on sait que l’égalité est vraie pour
n = 2.
On a :
P(∪n+1 n n n
i=1 Ai ) = P((∪i=1 Ai ) ∪ An+1 ) = P(∪i=1 Ai ) + P(An+1 ) − P((∪i=1 Ai ) ∩ An+1 ),
P(∪n+1 n n
i=1 Ai ) = P(∪i=1 Ai ) + P(An+1 ) − P(∪i=1 (Ai ∩ An+1 )).
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Pour n = 4, on a :
Exemple 1.2.1 i) Dans un jeu de 52 cartes ; on tire une carte. Quelle est la probabilité d’obtenir une
Nombre de cas favorables
dame ou un roi : P (d’un événement) = (Probabilité uniforme).
Nombre de cas possibles
On pose A = L’événement on obtient une dame. B = l’événement on obtient un roi, on a A ∩ B = ∅,
d’après la formule des probabilités total
1 1 2
P(A ∪ B) = P(1 dame ou 1 roi) = P(1 dame) + P(1 roi) = + =
13 13 13
ii) Dans le même jeu de 52 cartes, on tire une carte, quelle est la probabilité d’obtenir (un coeur ou
un roi) ?
Soit A = l’événement obtenu est un coeur et B = l’événement obtenu est un roi
1 1 1 4
P(A ∪ B) = P(1 coeur ou 1 roi ) = P(1 coeur ) + P(1 roi ) + P( roi de coeur ) = + − = .
4 13 52 13
En effet : Dans la probabilité de tirer un coeur est incluse, celle de tirer le roi de coeur, de même,
dans la probabilité de tirer un roi est incluse celle de tirer le roi du coeur. La probabilité de tirer le roi
de coeur, a donc été compté 2 fois : il faut la retrancher une fois.
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— Les éventualités qui le composent soient équiprobables (si l’expérience aléatoire a n issues
1
possibles, il y a donc n événements élémentaires et la probabilité de chacun est égale à ).
n
On définit la probabilité d’un événement A par :
nombre de cas f avorables Card(A)
P(A) = = .
nombre cas possibles Card(Ω)
Remarque 1.2.1 Attention, cette formule est valable seulement en situation d’équiprobabilité.
Cette relation porte le nom de formules des probabilités composées. Elle permet de calculer la probabilité
de la réalisation simultanée de 2 événements.
Exemple 1.2.2 Soit une urne contenant 10 boules blanches, 20 rouges et 30 noires. On tire deux
boules, sans remise dans l’urne. Quelle est la probabilité que la première soit rouge et la seconde soit
blanche ? : A = La boule rouge, B = boule blanche.
20 10 10
P(A ∩ B) = P(A) · P(B/A) = · =
60 59 177
car P(B/A) = la probabilité de tirer une boule blanche au second tirage. Sachant que l’on a tiré une
boule rouge au premier, il reste 59 boules dans l’urne dont 10 boules blanches.
Exemple 1.2.3 On tire 3 cartes dans un jeu de 52 cartes, sans remise. Quelle est la probabilité
d’obtenir 3 rois ?
Solution. Désignons par R1 , R2 et R3 l’ensemble des tirages de 3 cartes dans lesquelles figure respec-
tivement un roi au 1er , au 2ème et 3ème :
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P(A ∩ B) P(A)P(B)
P(A|B) = = = P(A).
P(B) P(B)
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Exemple 1.2.5 Pour montrer cette différence on considère, soit Ω = {ω 1 , ω 2 , ω 3 , ω 4 }, soit P(ω 1 ) =
1 1
P(ω 2 ) = P(ω 3 ) = P(ω 4 ) = , A = {ω 1 , ω 2 }, B = {ω 1 , ω 3 } et C = {ω 1 , ω 4 } : P(A ∩ B) = P(ω 1 ) = =
4 4
1 1 1
P(A)P(B) = · = , ce qui entraı̂ne A et B indépendants.
2 2 4
1 1 1 1
P(A ∩ C) = P(ω 1 ) = = P(A)P(C) = · = , ce qui entraı̂ne A et C indépendants
4 2 2 4
1 1 1 1
P(B ∩ C) = P(ω 1 ) = = P(B)P(C) = · = , ce qui entraı̂ne B et C indépendants.
4 2 2 4
1
A, B et C sont donc stochastiquement indépendants 2 à 2 mais P(A ∩ B ∩ C) = P(ω 1 ) = 6=
4
1 1 1 1
P(A) ∩ P(B) ∩ P(C) = · · = , A, B et C ne sont pas mutuellement indépendants, mais
2 2 2 8
l’indépendance mutuelle implique l’indépendance 2 à 2.
Preuve. En effet :
et on a
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Preuve : on a :
P(A) = P(A ∩ Ω) = P(A ∩ (∪n∈I Bn )) = P(∪n∈I (A ∩ Bn ))
X
= P(A ∩ Bn )
n∈I
X
= P(A|Bn )P(Bn ).
n∈I
D’où le résultat.
14
Chapitre 2
Définition 2.1.1 On appelle variable aléatoire (en abrégé v.a.) à valeurs dans E toute application
mesurable X : Ω → E.
Si de plus l’ensemble X(Ω), ensemble des éléments de E qui sont images d’éléments de Ω et qui
représente l’ensemble des valeurs que X peut prendre, est un ensemble fini (ou infini dénombrable) la
v.a. est dite discrète.
On écrira alors : X(Ω) = {x1 , x2 , . . . , xn }.
Exemple 2.1.1
1. On jette simultanément 2 dés à jouer. A chaque observation, on associe le somme des 2 numéros
apparus. La v.a. “somme des 2 numéros” est à valeurs dans {2, 3, 4, . . . , 12}.
2. On jette 10 fois de suite une pièce de monnaie. A chaque observation on associe le nombre de
faces. La v.a. “nombre de faces” est à valeurs dans {0, 1, . . . , 10}.
PX , qui est une mesure de probabilité sur E (car PX (E) = P(Ω) = 1) , est appelée la loi de la variable
aléatoire X ou encore sa distribution.
Lorsque (E, E) = (IR, B(IR)) (espace réel muni de la tribu borélienne), on dit que X est une v.a.
réelle.
Définition 2.2.1 L’ensemble des couples (xk , pk )k∈K détermine la loi de probabilité de la v.a. X.
On reviendra sur cette notion de variable aléatoire plus tard ; on se contentera pour l’instant
d’utiliser les notations et de déterminer les xk et les pk dans des situations particulières.
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(∀ x ∈ R) FX (x) = P[X ≤ x]
Remarque 2.2.1 Toute loi de probabilité d’une v.a. réelle est entièrement déterminée par la donnée
de sa fonction de répartition.
Il est aisé de montrer que la fonction de répartition vérifie les conditions suivantes :
i) F (−∞) = 0 ; F (+∞) = 1
ii) F est une fonction non-décroissante
iii) F est une fonction continue à droite
Remarque 2.2.2 Si le nombre de valeurs possibles de X est infini, l’espérance mathématique n’est
définie que si cette somme est finie et ne dépend pas de l’ordre dans lequel on additionne les termes
pi .xi ).
Proposition 2.2.1 (Espérance mathématique d’une fonction d’une v.a.) Soit f une fonction
réelle continue de R à valeurs dans R et soit Y = f [X].
On admettra que (dans le cas d’une v.a. X discrète) l’espérance mathématique de Y est
X
E[Y ] = f (xi )pi
i∈I
La variance et l’écart-type sont des indicateurs de dispersion des valeurs. Ce sont des nombres
toujours positifs ou nuls.
X − E[X]
En particulier, si σ X 6= 0, la v.a. T = est toujours une v.a. centrée–réduite.
σX
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Proposition 2.3.2 Si X est une v.a. de loi Bernoulli Br(p) alors E[X] = p et V ar[X] = p(1 − p).
Exemple 2.3.2
1. On jette un dé et on s’intéresse uniquement à l’apparition ou non d’un as. L’événement
1
S =“sortie d’un as” a une probabilité fixée à pour des raisons de symétrie du dé.
6
2. Une machine fabrique des ampoules électriques. Chaque ampoule fabriquée est, indépendamment
des autres, soit bonne (succès) soit défectueuse (échec). On accordera à l’événement S =“l’ampoule
est bonne” une probabilité p qui sera estimée à l’aide d’observations statistiques.
C’est la loi du rang d’apparition du premier succès dans une suite d’épreuves indépendantes où, à
chaque épreuve, se réalise un échec (avec la probabilité (1 − p)) ou un succès (avec la probabilité p).
1 1−p
Proposition 2.3.3 Si X est une v.a. de loi géométrique G(p), E[X] = er V ar[X] = .
p p2
Exemple 2.3.3 On lance un dé jusqu’à obtenir pour la première fois un as. On note X la v.a. égale
1
au nombre de lancers nécessaires. X suit la loi géométrique de paramètre p = . Le nombre moyen
6
de lancers pour obtenir un as est donc de 6.
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N −n
E[X] = np et V ar[X] = np(1 − p) .
N −1
Remarque 2.3.1 Cette loi se trouve naturellement lorsque l’expérience aléatoire consiste à extraire
sans remise n boules dans une urne à deux catégories respectivement en proportion p et 1 − p.
Remarque 2.3.2 Considérons l’expérience aléatoire qui consiste à répéter n fois de suite la même
épreuve de Bernoulli, toujours dans les mêmes conditions et de façon que le résultat de l’une quelconque
de ces épreuves ne dépende en aucun cas des résultats aux autres épreuves. Une telle expérience
aléatoire est appelée schéma de Bernoulli.
Dans ce cas, l’espace Ω est de la forme {S, E}n et la probabilité d’un événement élémentaire comportant
k succès et n − k échecs est pk (1 − p)n−k (pour k compris entre 0 et n).
Si on appelle X la variable aléatoire égale au nombre de succès, la loi de probabilité de X est la loi
binomiale définie par : P[X = k] = Cnk pk (1 − p)n−k pour toutes valeurs de k comprises entre 0 et n.
Proposition 2.3.5 Si X est une v.a. de loi Binomiale B(n, p) alors E[X] = np et V ar[X] = np(1−p).
λk
P[X = k] = e−λ
k!
Exemple 2.3.4 On admet que sous certaines hypothèses, les v.a. suivantes suivent la loi de Poisson :
- Le nombre d’oeufs pondus, au cours d’une ponte, par une certaine espèce animale. Selon les espèces,
λ pourra être égal, par exemple, à 2 ou 4.5 ou 10....
- Le nombre d’accidents déclarés par jour non férié à une compagnie d’assurance.
- Le nombre de décomposition par unité de temps dans un matériau radioactif.
1. Poisson (1781-1840) mathématicien français, utilisa cette loi dans ses Mémoires sur la probabilité du tir à la cible
18
Chapitre 3
FX (x) = P[X ≤ x]
Définition 3.1.1 On dit qu’une variable aléatoire X à valeurs réelles admet une densité f si sa
fonction de répartition peut s’écrire sous la forme :
Z x
FX (x) = fX (t) dt
−∞
où f est une fonction à valeurs réelles positives, ayant un nombre fini de points de discontinuité et
telle que : Z +∞
fX (t)dt = 1
−∞
On dira dans ce cas que la loi de probabilité de X est continue.
On se limite de plus aux fonctions de répartition F qui sont dérivables ; elles admettent donc une
dérivée que l’on appelle densité de probabilité.
Il est alors équivalent de connaı̂tre la fonction F ou sa dérivée f .
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1[a,b] [x] ou plus généralement 1A [x], désigne la fonction indicatrice de [a, b] (resp. A) telle que
1[a,b] [x] = 1 si x ∈ [a, b] (resp. 1A [x] = 1 si x ∈ A), et 0 ailleurs.
X −a
Remarque 3.2.1 En faisant la transformation X → , on est ramené à une loi uniforme sur
b−a
le segment [0, 1].
Définition 3.2.2 Soit X une variable aléatoire de loi uniforme continue U[a,b] . Sa fonction de répartition
FX est donnée par :
0, si x < a;
x−a
FX (x) = , si a ≤ x ≤ b;
b−a
1, si x > b.
Exemple 3.2.1 Supposons que la concentration d’un certain polluant est distribuée uniformément sur
l’intervalle [6, 22] ppm. Si la concentration excède 16 ppm, on considére le polluant comme toxique.
1. Quelle est la probabilité de déclarer le polluant comme toxique ?
2. Calculer l’espérance et variance de X ?
Définition 3.2.4 Soit X une variable aléatoire continue de loi exponentielle de paramètre λ. Sa
fonction de répartition FX est donnée par :
0, si x < 0;
FX (x) =
1 − e−λx , si x ≥ 0.
Théorème 3.2.1 (Absence de mémoire) Soit X une variable aléatoire continue qui suit la loi expo-
nentielle de paramètre λ (X ∼ ξ(λ)). Alors, pour tout s, t > 0
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Remarque 3.2.2 Si on considére que X est la durée de vie ou de fonctionnement d’un objet, on dit
que X suit une loi de durée de vie sans vieillissement (ou est sans vieillissement) lorsque la probabilité
que l’objet fonctionne encore s années de plus sachant qu’il a déjà fonctionné pendant t années,
P(X > s + t|X > t), est la même pour tout t ≥ 0. C’est aussi la même probabilité P(X > s) qu’il
fonctionne s années après sa mise en service.
Exemple 3.2.3 La durée de fonctionnement d’un transistor suit une loi exponentielle de paramètre
λ et est en moyenne de 8 ans. Un tel transistor, utilisé à une fin particulière, fonctionne déjà depuis
2 ans.
1. Quelle est la probabilité que la durée de vie de ce transistor dépasse 5 ans sachant qu’il fonc-
tionne déjà depuis 2 ans ?
On admet que
Z +∞ (t−m)2
1
√ e− 2σ 2 dt = 1.
σ 2π −∞
1 x2
f [X] = √ e− 2
2π
Remarque 3.2.3 Par abus de langage, on dira qu’une variable aléatoire est normale centrée–réduite
si sa loi de probabilité est la loi N (0, 1).
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On admet que Z +∞
1 t2
√ e− 2 dt = 1.
2π −∞
Proposition 3.2.2 — Pour tout x > 0, on a f (x) = f (−x). Donc la droite d’équation x = 0 est
un axe de symétrie pour la courbe.
— Pour tout x > 0, on a FX (x) = 1 − FX (−x).
Preuve. Le premier point est clair. Concernant le deuxième, on a en effet
Z −x Z −x
FX (−x) = P(X ≤ −x) = f (t) dt = f (−t) dt,
−∞ −∞
Théorème 3.2.4 Soit X une variable aléatoire qui suit la loi normale N (m, σ). En effectuant le
changement de variable suivant
X −m
Y =
σ
on obtient une variable aléatoire qui suit la loi N (0, 1).
Ce changement de variable, permet de travailler avec la loi normale centrée réduite N (0, 1) dont la
table est fournie ci-dessous :
22
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Figure 3.1 – Table des valeurs de la fonction de répartition de la loi normale N (0, 1)
23
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Définition 3.2.8 Soient X et Y deux v.a. indépendantes telles que X ' N (0; 1) et Y ' χ2 (n).
X
Posons Tn = q .
Y
n
Par définition, la v.a. Tn suit une loi de student à n degrés de liberté. On note cette loi Tn .
Sa densité de probabilité est donnée par :
Γ( n+1
2 ) x2 −( n+1 )
fTn (x) = √ n × (1 + ) 2
nπ Γ( 2 ) n
Proposition 3.2.4 1. Tn admet une densité paire, cette loi est donc symétrique.
2. E[Tn ] = 0 si n > 1.
n
3. V ar(Tn ) = si n > 2.
n−2
4. Pour n > 30, T (n) peut être approchée par N (0, 1).
Cette loi est tabulée. Elle intervient dans de nombreux tests d’hypothèses, notamment l’analyse
de la variance (ou test ”ANOVA” de l’anglais ANalysis of VAriance) qui est un test statistique qui
permet de comparer globalement l’espérance mathématique de plusieurs échantillons.
Définition 3.2.9 On dit qu’une variable aléatoire X suit la loi de Fisher-Snedecor de paramètres m
et n si elle admet une densité qui vaut :
m
Γ( m+n
2 ) n m x 2 −1
fX (x) = n 2m 2
Γ( m n
2 )Γ( 2 ) (mx + n) 2
m+n
Proposition 3.2.5 Suivant les valeurs des paramètres m et n, X admet alors une espérance et une
variance qui sont :
n
1. E(X) = si n ≥ 3.
n−2
n 2 2(m + n − 2)
2. V ar(X) = si n ≥ 5.
n−2 m(n − 4)
24
Chapitre 4
Vecteurs Aléatoires
Un vecteur aléatoire réel de dimension N est un vecteur dont les composantes sont des v.a. réelles ;
il est décrit par une application mesurable X = (X1 , . . . , Xk ) définie sur un espace probabilisé (Ω, F, P)
à valeurs dans (IRN , B(IRN )). Pour tout événement B appartenant à la tribu B(IRN ), X −1 (B) ∈ F.
FX : IRn −→ [0, 1]
(x1 , · · · , xN ) −→ FX (x1 , · · · , xN )
définie par :
25
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ou encore
∂ N FX (x1 , · · · , xN )
= fX (x1 , · · · , xN ) .
∂x1 · · · ∂xn
Z Z
Remarque 4.2.1 ··· fX (x1 , · · · , xN ) dx1 · · · dxN = P(X ∈ IRN ) = 1.
IRN
4.3 Marginales
Soit X = (X1 , X2 , . . . , XN ) un vecteur aléatoire de loi PX et de densité de probabilité fX .
Définition 4.3.1 La v.a. Xj , j-ème compsante de X, s’appelle j-ème marginale de X et la loi PXj
s’appelle loi marginale de Xj (ou bien loi de la j-ème marginale).
Si on connait PX on sait trouver les lois PXj .
En effet ∀B ∈ B(R)
Remarque 4.3.1 Attention. Réciproquement, sauf dans le cas des composantes indépendantes, la
connaissance des PXj n’implique pas celle de PX .
Maintenant on va faire l’extension au cas d’un sous vecteur (Xi1 , Xi1 , . . . , Xik ) extrait de X, avec
k < N.
On appelle loi marginale la loi de tout sous-vecteur (Xi1 , Xi1 , . . . , Xik ) extrait de X.
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On écrit aussi
F(X1 ,...,Xk ) (x1 , · · · , xk ) = F(X1 ,...,XN ) (x1 , · · · , xk , +∞, · · · , +∞)
k (n) (n)
Preuve. Fixons (x1 , · · · xk ) ∈ R . Soient xk+1 , · · · , xN des suites croissantes tendant
n>1 n>1
toutes vers l’infini. La suite d’événements (indexée par n )
n o
(n) (n)
X1 6 x1 , · · · , Xk 6 xk , Xk+1 6 xk+1 , · · · XN 6 xN
ou encore,
(n) (n)
F(X1 ,··· ,Xk ) (x1 , · · · , xk ) = lim F(X1 ,··· ,XN ) x1 , · · · , xk , xk+1 , · · · , xN
n→∞
Donc (X1 , · · · , Xk ) a une loi qui est absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue sur Rk ,
de densité
Z Z
f(X1 ,··· ,Xk ) (x1 , · · · , xk ) = · · · f(X1 ,··· ,XN ) (x1 , · · · , xk , uk+1 , · · · , uN ) duk+1 · · · duN . ?
R R
Donc X suit la loi exponentielle de paramètre θ. De même, on peut vérifier que Y suit également la
loi exponentielle de paramètre θ.
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Théorème 4.3.1 La loi PXi de Xi , dite loi marginale de Xi est définie par :
X X X X
PXi (xi ) = P (Xi = xi ) = ... ... PX (x1 , x2 , . . . , xk ) .
x1 ∈E1 xi−1 ∈Ei−1 xi+1 ∈Ei+1 xk ∈Ek
Preuve. On a
P (Xi = xi ) = P (X1 ∈ E1 , . . . , Xi = xi , . . . , Xk ∈ Ek )
X X X X
= ... ... PX (x1 , x2 , . . . , xk ) .
x1 ∈E1 xi−1 ∈Ei−1 xi+1 ∈Ei+1 xk ∈Ek
Proposition 4.3.3 Si (X1 , · · · , XN ) est un vecteur aléatoire discret à valeurs dans E = E1 ×· · ·×EN .
Alors pour tout k < N ,
X
P (X1 = x1 , · · · , Xk = xk ) = P (X1 = x1 , · · · , XN = xN ) .
(xk+1 ,··· ,xN )∈Ek+1 ×···×EN
N
!
\
P(X1 ∈ B1 , X2 ∈ B2 , . . . , XN ∈ BN ) = P (Xi ∈ Bi ) = P(X1 ∈ B1 )P(X2 ∈ B2 ) . . . P(XN ∈ BN ),
i=1
encore équivalent à :
N
Y
∀Bi ∈ B(IR), P(X ∈ B1 × · · · × BN ) = P(Xi ∈ Bi ).
i=1
N
Y
∀Bi ∈ B(IR), PX (B1 × · · · × BN ) = PXi (Bi ).
i=1
Cette dernière égalité est la définition de la loi de probabilité PX , définie sur B(IRN ) = B(IR) × · · · ×
B(IR), est le produit (tensoriel) des lois de probabilités marginales PXi définies sur B(IR).
Ce qu’on écrit
PX = PXi ⊗ · · · ⊗ PXN .
On dit aussi que la loi PX sur B(IRN ) est la loi produit PXi ⊗ · · · ⊗ PXN .
Interprétation : les événements décrits par les v.a. (Xi )i=1,...,N sont indépendants entre eux ;
autrement dit, la réalisation d’un sous-ensemble quelconque d’entre eux, n’a aucune influence sur la
réalisation des autres.
Remarque 4.4.1 Soit X1 , · · · , Xk une famille de variables aléatoires. Si cette famille est indépendante
les variables aléatoires sont indépendantes deux à deux, mais la réciproque est fausse.
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Remarque 4.4.2 Si X1 , · · · , Xn sont toutes des v.a. réelles discrètes, à valeurs dans E1 , · · · , En
respectivement, alors leur indépendance équivaut à :
Théorème 4.4.2 Soit (X1 , · · · , Xn ) un vecteur aléatoire admettant la densité de probabilité fx et les
composantes X1 , · · · , XN admettant les densité fX1 , · · · , fXN . Pour que la famille X1 , · · · , Xn soit une
famille indépendante, il faut et il suffit que
N
Y
fX (x1 , · · · , xN ) = fXi (xi ) .
i=1
n
Y
Réciproquement si fX (x1 , . . . , xn ) = fXj (xj ).
j=1
Soit Bj ∈ B(R) pour j = 1 à n
\n n
Y
P (Xj ∈ Bj ) = P X ∈ Bj
j=1 j=1
Z
= Qn fX (x1 , . . . , xn ) dx1 . . . dxn
j=1 Bj
Z n
Y
= Qn fXj (xj ) dxj
j=1 Bj j=1
n Z
Y
= fXj (xj ) dxj
j=1 Bj
Yn
= P (Xj ∈ Bj ) .
j=1
n
Y
Remarque 4.4.3 L’égalité fX (x1 , . . . , xn ) = fXj (xj ) est la définition de la fonction de n va-
j=1
riables fX est le produit tensoriel des fonctions d’une variable fXj . On écrit symboliquement
fX = fX1 ⊗ . . . ⊗ fXn .
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4.5 Moments
Soit X = (X1 , . . . , XN ) un vecteur aléatoire de loi PX , et soit une fonction g : RN → R telle que
Z Z
E(|g(X)|) = E(|g (X1 , . . . , XN )|) = ... |g (x1 , . . . , xN )| PX ( dx1 · · · dxN )
RN
Z Z
= ... |g (x1 , . . . , xN )| fX (x1 , . . . , xN ) dx1 . . . dxN < ∞,
RN
Exemple 4.5.1 Soient le vecteur X = (X1 , X2 ) de loi P(X1 ,X2 ) , et g définie par : g(u, v) = u + v.
Alors ZZ
E (X1 + X2 ) = (x1 + x2 ) P(X1 ,X2 ) (dx1 dx2 )
R2
ZZ ZZ
= x1 P(X1 ,X2 ) (dx1 dx2 ) + x2 P(X1 ,X2 ) (dx1 dx2 )
2 R2
Z R Z
= x1 PX1 dx1 + x2 PX2 dx2
R R
= E (X1 ) + E (X2 ) .
Définition 4.5.2 À tout couple de v.a. (X, Y ) admettant des moments d’ordre 2, on associe la cova-
riance de ses composantes définie par :
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Propriété 4.5.2 Étant donné un couple de v.a. (X, Y ) admettant des moments d’ordre deux, on a :
(a) Cov(X, X) = V(X).
(b) Cov(X, Y ) = Cov(Y, X).
(c) Pour tous réels a, b, c, et d, Cov(aX + b, cY + d) = ac Cov(X, Y ).
(d) V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2 Cov(X, Y ).
(e) si X, Y sont indépendantes : Cov(X, Y ) = 0 et V (X + Y ) = V (X) + V (Y ). La réciproque est
en général fausse.
Définition 4.5.3 Si X et Y admettent des moments d’ordre 2 telles que Var(X) Var(Y ) > 0 alors
est appelé le coefficient de corrélation entre X et Y . Il est compris entre -1 et 1, i.e. ρ(X, Y ) ∈ [−1, 1].
Preuve. Rappelons tout d’abord l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Si X et Y sont des v.a. réelles ad-
mettant des moments d’ordre 2, alors :
p p
E(|XY |) ≤ E(X 2 ) E(Y 2 ).
On a
| Cov(X, Y )| 6 |E((X − EX)(Y − EY ))|
6 E(|(X − EX)(Y − EY )|)
p p p p
6 E ((X − EX)2 ) E ((Y − EY )2 ) = Var(X) Var(Y ).
D’où le résultat.
Définition 4.5.4 Soit X = (X1 , · · · , XN ) un vecteur aléatoire tel que chaque composante admet un
moment d’ordre 2. On appelle
Var (X1 ) Cov (X1 , X2 ) ··· Cov (X1 , XN )
Cov (X2 , X1 ) Var (X2 ) ··· Cov (X1 , XN )
ΓX =
.. .. .. ..
. . . .
Cov (XN , X1 ) Cov (XN , X2 ) · · · Var (XN )
Propriété 4.5.3 La matrice Σ est positive au sens que pour tout a = (a1 , · · · , aN ) ∈ RN ,
X
aΓX at = σ ij ai aj > 0.
16i,j6N
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Preuve. On a
X X
aΓX at = σ ij ai aj = ai aj E ((Xi − EXi ) (Xj − EXj ))
16i,j6N 16i,j6N
X
= E ai (Xi − EXi ) aj (Xj − EXj )
16i,j6N
X X
= E ai (Xi − EXi ) aj (Xj − EXj )
16i6N 16j6N
N
!2
X
= E ai (Xi − EXi ) > 0.
i=1
Proposition 4.5.1 (i) Si X1 , · · · , XN sont des v.a. réelles admettant toutes un moment d’ordre
2, alors
N
X X
Var (X1 + · · · + XN ) = Var (Xi ) + 2 Cov (Xi , Xj ) .
i=1 16i<j6N
(ii) Si X1 , · · · , XN , Y1 , · · · , YM sont des v.a. réelles admettant toutes un moment d’ordre 2 , alors
pour tous réels a1 , · · · aN , b1 , · · · , bM
XN M
X N X
X M
Cov ai Xi , bj Yj =
ai bj Cov (Xi , Yj ) .
i=1 j=1 i=1 j=1
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L’application h(x, y) = (x + y,x − y) est unC 1 -difféomorphisme de R∗+ × R∗+ dans D = {(u, v) :
u+v u−v
u > 0, |v| < u}, avec h−1 (u, v) = , . Le jacobien est
2 2
1 1
(Dh)(x) = det = −2.
1 −1
1 1
f(U,V ) (u, v) = θ2 e−θ(x+y) 1R∗+ ×R∗+ (x, y) = θ2 e−θu 1D (u, v).
2 2
Exercice 4.6.1 Soit (X, Y ) un vexteur aléatoire gaussien (X et Y sont indépendants) dont la fonction
de densité est donnée par :
1 − x2 +y2 2
fX,Y (x, y) = e 2σ .
2πσ 2
p
2 2
Y
Posons V = X + Y et W = arctan .
X
— Déterminer la fonction densité conjointe du vecteur aléatoire (V, W ).
— Déduire les fonctions densité marginales de V et W .
— Les variables aléatoires V et W sont elles indépendantes ?
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Théorème 4.7.2 Si ϕX est intégrable par rapport à la mesure de Lebesgue sur RN , alors X admet
la densité Z
1
fX (x) = e−iht,xi ϕX (t)dt, x ∈ RN .
(2π)N RN
En plus fX est bornée sur RN .
où X := (X1 , · · · , Xn )
Remarque 4.7.1 Si X1 , · · · , Xn sont des vecteurs aléatoires (de dimension N > 1 ) indépendantes,
alors
ϕX1 +···+Xn (t) = ϕX1 (t) × · · · × ϕXn (t), t ∈ RN .
alors
σ 2 t2 τ 2 t2
ϕX+Y (t) = ϕX (t)ϕY (t) = exp itµ − × exp itν −
2 2
!
σ 2 + τ 2 t2
= exp it(µ + ν) −
2
La fonction caractéristique d’une v.a. réelle X permet de calculer très facilement les moments de X.
Proposition 4.7.1 Supposons que la v.a. réelle X admet un moment d’ordre n > 1. Alors ϕX est de
classe C n et
(n)
ϕX (t) = in E X n eitX , t ∈ R
En particulier,
(n)
n ϕ (0)
E (X ) = X n .
i
34
Chapitre 5
X1
Définition 5.1.1 Soit X = ... un vecteur aléatoire à valeurs dans RN . On dit que X est un
XN
N
X
vecteur gaussien si toute combinaison linéaire de ses coordonnées, c-à-d λj Xj = λ1 X1 +· · ·+λN XN
j=1
λ1
pour λ = ... ∈ RN , suit une loi gaussienne.
λN
X1
Remarque 5.1.1 Si X = ... est un vecteur gaussien, alors chaque coordonnée est une gaus-
XN
sienne réelle. La réciproque est fausse.
Proposition 5.1.1 Si X1 , · · · , XN sont des v.a. gaussiennes (réelles) indépendantes, alors (X1 , · · · , XN )
est un vecteur gaussien.
N λ1
λj Xj = λ1 X1 + · · · + λN XN pour λ = ... ∈ RN suit une loi gaussienne.
X
On doit montrer que
j=1 λN
Puisque la somme de v.a. gaussiennes indépendantes est gaussienne. Alors, on a :
N
Y
ϕPN λj Xj (t) = ϕXi (t) = t ∈ RN .
j=1
i=1
X1
Remarque 5.1.2 Si X = ... est un vecteur gaussien, A est une matrice M × N déterministe,
XN
M
et B ∈ R , alors AX + B est un vecteur gaussien, car les combinaisons linéaires des composantes de
AX + B sont des combinaisons linéaires (plus des constantes) de X1 , · · · , XN .
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Proposition 5.1.2 La fonction caractéristique d’un vecteur gaussien X est donnée par
N
X 1 X
ϕX (t) = exp i µj t j − Djk tj tk , t ∈ RN
2
j=1 16j,k6N
où D = (Djk )N ×N est la matrice de covariances de X. En conséquence, la loi d’un vecteur gaussien est
complètement
déterminée par sa moyenne et sa matrice de covariances. On notera N (µ, D), où µ :=
µ1
..
. .
µN
t1 N
Preuve. Soit t = ... ∈ RN , et soit Y :=
X
tj Xj . On a
tN j=1
N
X X
Or, Y est une v.a. gaussienne réelle, E(Y ) = tj µj et Var(Y ) = tj tk Djk ce qui nous donne
j=1 16j,k6N
N
X 1 X
ϕX (t) = exp i tj µj − tj tk Djk .
2
j=1 16j,k6N
Proposition
X 5.1.3 Soit µ ∈ RN , et soit D une matrice N × N symétrique positive (c’est-àdire que
λj λk Djk > 0 pour tout λ ∈ RN . Alors, il existe un vecteur gaussien N -dimensionnel de
16j,k6N
moyenne µ et de matrice de covariances D.
Preuve. On sait construire N variables gaussiennes centrées réduites indépendantes, N1 , · · · , NN .
On note dans la preuve
µ1 N1
µ = ... , N = ...
µN NN
Toute matrice symétrique positive admettant une racine carrée, on peut trouver une matrice symétrique
C = (Cjk )N ×N telle que C 2 = D. Posons
X = CN + µ.
D’après Propriété 5.1.1 et Remarque 5.1.2 X est un vecteur gaussien, de moyenne µ. Pour déterminer
sa matrice de covariances, remarquons que
Cov (Xj , Xk ) = E Xj − µj (Xk − µk )
" N ! N !#
X X
=E Cj` N` Ckm Nm
`=1 m=1
X
= Cj` Ckm E (N` Nm )
16`,m6N
N
X
Or, E (N` Nm ) vaut 1 si ` = m et vaut 0 sinon, ce qui implique que Cov (Xj , Xk ) = Cj` Ck` =
`=1
CC t jk , où C t est le transposé de C. Donc la matrice de covariances de
X est CC t
Comme C est symétrique, CC t = C 2 = D, on a montré que X est bien un vecteur gaussien de moyenne
µ et de matrice de covariances D.
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N
Proposition 5.1.4 (Densité gaussienne). Soit µ un vecteur
quelconque de R et D une matrice
−1
N × N symétrique positive. Si det(D) 6= 0, et si D−1 = Djk désigne la matrice inverse de D,
N ×N
alors la loi gaussienne N -dimensionnelle N (µ, D) est absolument continue par rapport à la mesure
de Lebesgue sur RN , et a pour densité
1 1 X
−1
p exp − Djk xj − µj (xk − µk ) .
(2π)N/2 det(D) 2
16j,k6N
Théorème 5.1.1 Soit (X1 , · · · , XN ) un vecteur gaussien. Pour que les variables aléatoires X1 , · · · , XN
soient indépendantes, il faut et il suffit que la matrice de covariances de X soit diagonale.
Preuve. La condition est trivialement nécessaire. Pour la réciproque, on utilise de nouveau la construc-
tion X = CN + µ. Si D (la matrice de covariances de X ) est diagonale, alors C est aussi diagonale
: C = diag (C11 , · · · , CN N ) . On a alors Xj = Cjj Nj + µj pour 1 6 j 6 N . Comme N1 , · · · , NN sont
des v.a. (gaussiennes) indépendantes, on déduit l’indépendance entre les v.a. X1 , · · · , XN
En revanche, le théorème central limite uni-dimensionnel ne permet pas de conclure quant à la conver-
gence des vecteurs aléatoires (convergence conjointe des coordonnées). Ce point fait l’objet la version
multi-dimensionnelle du théorème central limite :
Théorème 5.2.1 Soient X1 , · · · , Xn , des vecteurs aléatoires indépendants, ayant tous la même loi
que X. Alors
X1 + · · · + Xn − nµ
√
n
converge en loi quand n → ∞ vers N (0, D).
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Bibliographie
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