INTEGRALES DE SURFACES
P. Pansu
November 1, 2004
1 Surfaces paramétrées
Définition 1 Une surface paramétrée dans l’espace, cela consiste à se donner trois fonctions
définies sur un domaine D du plan,
x(u, v)
(u, v) 7→ s(u, v) = y(u, v) .
z(u, v)
On supposera toujours que les fonctions (u, v) 7→ x(u, v), (u, v) 7→ y(u, v) et (u, v) 7→ z(u, v)
admettent des dérivées partielles continues.
Définition 2 Plan tangent. Lorsque les vecteurs
∂x ∂x
∂s ∂u (u, v) ∂s ∂v (u, v)
∂y ∂y
(u, v) = ∂u (u, v) et (u, v) = ∂v (u, v)
∂u ∂z ∂v ∂z
∂u (u, v) ∂v (u, v)
sont linéairement indépendants, le plan qu’ils engendrent est le plan tangent à la surface au point
s(u, v). En effet, ce plan contient le vecteur vitesse de toute courbe tracée sur la surface et passant
par ce point.
Leur produit vectoriel
∂s ∂s
(u, v) ∧ (u, v)
∂u ∂v
est un vecteur normal à la surface au point s(u, v). Il est orthogonal au vecteur vitesse de toute
courbe tracée sur la surface et passant par ce point.
Le vecteur unitaire
∂s ∂s
(u, v) ∧ ∂v (u, v)
ν(u, v) = ∂u ∂s ∂s
| ∂u (u, v) ∧ ∂v (u, v)|
s’appelle la normale orientée au point s(u, v).
Exercice 3 On utilise les coordonnées latitude-longitude sur la sphère unité.
cos θ cos φ
π π
s(θ, φ) = cos θ sin φ , θ ∈] − , [, φ ∈ [−π, π].
2 2
sin θ
Quel est le vecteur unitaire normal déterminé par la paramétrisation ?
Solution. On calcule
− cos2 θ cos φ
− sin θ cos φ − cos θ sin φ
∂s ∂s
∧ = − sin θ sin φ ∧ cos θ cos φ = − cos2 θ sin φ = − cos θs(θ, φ).
∂θ ∂φ
cos θ 0 − cos θ sin θ
Comme cos θ > 0, ν(θ, φ) = −s(θ, φ) est la normale rentrant dans la boule.
1
2 Aire
2.1 Rappel de géométrie euclidienne
Le produit scalaire de deux vecteurs w = (x, y, z) et w0 = (x0 , y 0 , z 0 ) est w · w0 = xx0 + yy 0 + zz 0 . Il
est nul si et seulement si les vecteurs sont orthogonaux. Il satisfait w · w0 + w00 = w · w0 + w · w00
et w · w = |w|2 .
Le produit vectoriel de deux vecteurs w = (x, y, z) et w0 = (x0 , y 0 , z 0 ) est w ∧ w0 = (yz 0 −
y z, −xz 0 + x0 z, xy 0 − x0 y). Il est nul si et seulement si les vecteurs sont colinéaires. Il satisfait
0
w ∧ (w0 + w00 ) = w ∧ w0 + w ∧ w00 et w ∧ w0 = −w0 ∧ w. Si w et w0 sont orthogonaux, alors
|w ∧ w0 | = |w||w0 |.
2.2 Aire des parallélogrammes
L’aire d’un parallélogramme est le produit de la base par la hauteur. En voici une expression
vectorielle. Si les sommets du parallélogramme sont 0, a, b et a + b, alors
aire = |a ∧ b|.
En effet, soit c la projection de b sur la droite engendrée par a, i.e. c est colinéaire à a et b − c est
orthogonal à a. Alors |a ∧ b| = |a ∧ (b − c)| = |a||b − c| = base×hauteur.
2.3 Heuristique
Si (u, v) 7→ s(u, v) est une surface paramétrée, l’image d’un rectangle de sommets (u, v) et dont les
côtés δu et δv sont très petits est approximativement un parallélogramme construit sur les vecteurs
∂s ∂s
(u, v)δu et (u, v)δv, donc son aire est voisine de
∂u ∂v
∂s ∂s
| (u, v) ∧ (u, v)| δu δv.
∂u ∂v
Cela motive la définition suivante.
Définition 4 L’aire d’une surface paramétrée est donnée par l’intégrale double
Z
∂s ∂s
aire = | (u, v) ∧ (u, v)| du dv.
D ∂u ∂v
Exercice 5 Calculer l’aire du triangle de sommets a = (1, 0, 0), b = (0, −1, 2) et c = (0, 2, 1).
Solution. On utilise la paramétrisation s(u, v) = a + u(b − a) + v(c − a) où u ≥ 0, v ≥ 0,
u + v ≤ 1. On calcule
−5
∂s ∂s
(u, v) ∧ (u, v) = (b − a) ∧ (c − a) = −1 .
∂u ∂v
−3
√ 1
Sa norme est constante est vaut 35. On l’intègre sur un triangle d’aire 2, donc l’aire cherchée
√
vaut 35/2.
Exercice 6 Calculer l’aire de la sphère de centre 0 et de rayon R, en utilisant les coordonnées
latitude-longitude
R cos θ cos φ
π π
s(θ, φ) = R cos θ sin φ , θ ∈] − , [, φ ∈ [−π, π].
2 2
R sin θ
2
Solution. On calcule
−R2 cos2 θ cos φ
−R sin θ cos φ −R cos θ sin φ
∂s ∂s
∧ = −R sin θ sin φ ∧ R cos θ cos φ = −R2 cos2 θ sin φ
∂θ ∂φ
R cos θ 0 −R2 cos θ sin θ
dont la norme vaut R2 cos θ. Par conséquent
π
Z π Z 2
aire = dφ R2 cos θ dθ = 4πR2 .
−π −π
2
2.4 Invariance
Théorème 1 L’aire ne dépend pas du choix de paramétrage.
Preuve. Changer de paramétrage, c’est remplacer (u, v) par (u0 , v 0 ) qui sont fonction inversible
de u et v. D’après la formule de dérivation des fonctions composées, le nouveau paramétrage
s1 (u0 , v 0 ) = s(u, v) satisfait
∂s1 ∂s ∂u ∂s ∂v ∂s1 ∂s ∂u ∂s ∂v
0
= 0
+ , = + .
∂u ∂u ∂u ∂v ∂u0 ∂v 0 ∂u ∂v 0 ∂v ∂v 0
Il vient
∂s1 ∂s1 ∂s ∂s ∂u ∂v ∂u ∂v
0
∧ 0
= ∧ ( 0 0 − 0 0)
∂u ∂v ∂u ∂v ∂u ∂v ∂v ∂u
et on conclut avec la formule de changement de variable dans les intégrales doubles.
3 Flux
3.1 Motivation
Etant donné un fluide en mouvement dans l’espace, sa vitesse est un champ de vecteurs w. La
quantité de matière qui, pendant une unité de temps, traverse un morceau de surface S, est
proportionnelle à la densité volumique, à l’aire de S, à l’intensité de la vitesse, mais dépend aussi
de la direction de la vitesse : elle est proportionnelle à la projection de la vitesse sur la normale à
S. Il faut préciser si on s’intéresse au flux sortant ou rentrant, d’où la nécessité d’orienter S.
3.2 Orientation
Définition 7 Orienter une surface, c’est choisir en chaque point l’un des deux vecteurs unitaires
orthogonaux au plan tangent, de façon continue.
Une paramétrisation d’une surface détermine une orientation, donnée par
∂s ∂s
∂u (u, v) ∧ ∂v
ν= ∂s ∂s
.
| ∂u (u, v) ∧ ∂v |
3.3 Définition
Définition 8 Soit (x, y, z) 7→ w(x, y, z) un champ de vecteurs sur R3 . Soit S une surface orientée
par un choix de normale unitaire ν. Le flux de w à travers S est l’intégrale
Z
flux(w, S) = w · ν dA
D
où dA désigne l’élément d’aire.
3
Remarque 9 Soit (u, v) 7→ s(u, v), (u, v) ∈ D, une paramétrisation de la surface compatible avec
l’orientation choisie. Le flux du champ w à travers la surface S est donné par l’intégrale double
Z
∂s ∂s
flux = w(s(u, v)) · (u, v) ∧ (u, v) du dv.
D ∂u ∂v
Exercice 10 Calculer le flux du champ de vecteurs w(x, y, z) = (x, y, 0) à travers la sphère unité
orientée par la normale rentrante.
Solution. Comme les coordonnées latitude-longitude déterminent la normale rentrante,
− cos2 θ cos φ
cos θ cos φ
∂s ∂s
w(s(θ, φ)) · ( (θ, φ) ∧ (θ, φ)) = cos θ sin φ · − cos2 θ sin φ
∂θ ∂φ
0 − cos θ sin θ
= − cos3 θ,
et on intègre
π
Z π Z 2
flux(w, S) = − cos3 θ dθ dφ
−π −π2
Z π
2 3 1
= 2π −( cos θ + cos(3θ)) dθ
−π
2
4 4
3 1 π
= 2π[ sin θ + sin(3θ)]−2 π
4 12 2
8π
= − .
3
Le signe moins provient du fait que la normale rentrante fait un angle obtus avec w.
3.4 Invariance
Théorème 2 Le flux ne dépend pas du choix du paramétrage de la surface, seulement de son
orientation. Changer d’orientation change le signe du flux.
Preuve. Cela résulte de la définition en fonction de la normale et de l’élément d’aire. On peut
aussi le prouver directement. Voir la preuve de l’invariance de l’aire, à ceci près que le signe a
maintenant de l’importance. Changer de paramétrage sans changer l’orientation, c’est remplacer
(u, v) par (u0 , v 0 ) qui sont fonction inversible de u et v sans changer la normale orientée. C’est
le cas si et seulement si le déterminant jacobien est positif. Comme c’est la valeur absolue du
jacobien qui intervient dans la formule de changement de variables, tout va bien. Si le déterminant
jacobien est négatif (changement d’orientation), il est égal à l’opposé de sa valeur absolue, d’où un
changement de signe pour le flux.
3.5 Angle solide
Définition 11 On appelle angle solide d’une surface vue d’un point p le flux à travers cette surface
du champ de vecteurs wp défini en tout point q 6= p par
q−p
wp (q) = .
|q − p|3
4
3.6 Remarque
Remarque 12 Ce champ radial est proportionnel au champ électrique d’une charge ponctuelle
placée en p.
Exercice 13 Toute sphère centrée en p a vu de p un angle solide égal à 4π.
Solution. Le long de la sphère de rayon R centrée en p, wp · ν = R−2 . Or l’aire de la sphère
est 4πR2 .
4 Lien entre intégrale de surface et intégrale triple
Définition 14 Soit w un champ de vecteurs défini sur un domaine D de R3 et possédant des
dérivées partielles continues. Sa divergence est la fonction
∂wx ∂wy ∂wz
div(w) = ∇ · w = + + .
∂x ∂y ∂z
Exercice 15 Vérifier qu’un champ de vecteurs constant a une divergence nulle. Pour un champ
de vecteurs P
linéaire w(p) = Ap, la divergence est constante et égale à la trace de la matrice A,
trace(A) = aii .
4.1 Formule d’Ostrogradsky
Théorème 3 Soit S une surface fermée qui délimite un domaine U de R3 . Soit w un champ de
vecteurs défini sur U , qui possèdent des dérivées partielles continues. On paramètre S de sorte que
∂s ∂s
le vecteur normal ∧ pointe vers l’extérieur de U . Alors
∂u ∂v
ZZZ
div(w) dx dy dz = flux(w, S).
U
Preuve. Pour simplifier, on suppose U convexe. Soit Dx sa projection orthogonale sur le plan
{x = 0}. Alors
U = {(y, z) ∈ Dx ; f2 (y, z) ≤ x ≤ f1 (y, z)}.
On calcule
ZZZ ZZ
∂wx
dx dy dz = (wx (f2 (y, z), y, z) − wx (f1 (y, z), y, z)) dy dz = flux(w1 , S)
U ∂x Dx
où w1 désigne le champ de vecteurs de composantes (wx , 0, 0). De même,
ZZZ
∂wy
dx dy dz = flux(w2 , S)
U ∂x
où w2 = (0, wy , 0) et ZZZ
∂wz
dx dy dz = flux(w3 , S).
U ∂z
Comme w = w1 + w2 + w3 , on trouve la formule annoncée.
Corollaire 16 Soit w un champ de vecteurs défini sur un convexe D de R3 , qui possède des
dérivée partielles continues. Supposons que w a une divergence nulle. Alors le flux de w à travers
toute surface fermée contenue dans D est nul.
5
x
Exercice 17 Utiliser le champ de vecteurs w(x, y, z) = y de l’exercice 10 pour calculer le
0
volume de la boule unité B.
Solution. On calcule div(w) = 2. On oriente la sphère unité S par la normale sortante. La
formule d’Ostrogradsky donne
ZZZ
2vol(B) = div(w) dx dy dz
B
= F lux(w, S)
8π
= ,
3
où on a utilisé le résultat de l’exercice 10, en tenant compte du changement d’orientation.
Exercice 18 Soit wp le champ de vecteurs radial qui sert à définir l’angle solide vu de p. Vérifier
que sa divergence est nulle (en dehors de p). En déduire que son flux à travers le bord d’un domaine
est nul ou vaut 4π suivant que la boule contient ou non le point p.
Solution. Le calcul de la divergence est immédiat. Soit U un domaine de R3 . Si U ne contient
pas p, le théorème d’Ostrogradski s’applique, et le flux de wp à travers le bord de U est nul. Sinon,
il existe r > 0 tel que la boule B(p, r) soit entièrement contenue dans U . Soit U 0 = U privé de
cette boule. Alors le théorème d’Ostrogradsky s’applique dans U 0 : le flux de wp à travers le bord
de U 0 est nul. Le bord de U 0 est constitué du bord de U et du bord de la boule B(p, r) muni de la
normale pointant vers le point p. Par conséquent
flux(w, ∂U ) = flux(w, ∂B(p, r))
qui vaut 4π.
4.2 Fluides incompressibles
Considérons un fluide en mouvement dans l’espace. Soit w son champ des vitesses et ρ sa densité
volumique. Le bilan de matière entrant et sortant d’un domaine D est égal au flux du champ
de vecteurs ρw à travers le bord ∂D. D’après la formule d’Ostrogradsky, le bilan de matière
entrant et sortant d’un domaine D infiniment petit est donné par la divergence de ρw. Si le fluide
est incompressible, le bilan doit être nul. Par conséquent, la condition div(ρw) = 0 caractérise
l’incompressibilité.
5 Lien entre intégrale curviligne et intégrale de surface
On ne donnera pas de définition rigoureuse d’une surface à bord. Les exemples types sont
• un demi-plan ;
• une hémisphère ;
• une portion de cylindre (partie courbe du bord d’une boı̂te de conserve).
On indique seulement la convention qui fait qu’une orientation de la surface détermine une
orientation de son bord.
Définition 19 Soit S une surface orientée dont le bord est noté ∂S. Le paramétrage du bord doit
être choisi de sorte que lorsqu’un observateur marche sur S (i.e. la normale orientée va de ses
pieds à sa tête) le long de ∂S, la surface S se trouve sur sa gauche.
6
Exercice 20 Soit K la boı̂te de conserve définie par les inégalités x2 + y 2 ≤ 1 et 0 ≤ z ≤ 1. Soit
S la partie cylindrique du bord de K. On l’oriente par la normale pointant vers l’extérieur de K.
Vérifier que l’orientation induite sur la partie du bord de S contenue dans le plan {z = 0} est le
sens trigonométrique.
Solution. Au point p = (cos θ, sin θ, 0), la normale sortant de K est p. L’observateur qui
marche dans le sens trigonométrique, i.e. des θ croissants, a son bras gauche dirigé comme le
vecteur (0, 0, 1), qui pointe bien vers S.
Théorème 4 (Formule de Stokes). Soit S une surface orientée dont le bord est noté ∂S. Soit
w un champ de vecteurs défini sur un voisinage de S, possédant des dérivées partielles continues.
Alors
flux(rot(w), S) = circulation(w, ∂S).
Preuve. (dans le cas particulier où S est l’image d’une application s définie sur un domaine
D du plan (le cas général s’y ramène en découpant la surface). On se ramène à la formule de
Green-Riemann. On pose
∂s ∂s
P (u, v) = w(s(u, v)) · (u, v) et Q(u, v) = w(s(u, v)) · (u, v).
∂u ∂v
Alors Z
circulation(w, s ◦ c) = P du + Q dv.
c
On vérifie par le calcul (en utilisant la formule de dérivation d’une fonction composée) que
∂P ∂Q ∂s ∂s
− = rot(w) · ∧
∂v ∂u ∂u ∂v
et on applique la formule de Green-Riemann à la forme P du + Q dv dans le domaine D.
Corollaire 21 Soit S une surface sans bord (e.g. la sphère). Soit w un champ de vecteurs défini
au voisinage de S, possédant des dérivées partielles continues. Alors le flux de rot(w) à travers S
est nul.
Corollaire 22 Soit w un champ de vecteurs défini sur un domaine U de R3 et possédant des
dérivées partielles continues. On suppose que son rotationnel est nul. Soit c une courbe fermée qui
borde une surface contenue dans U . Alors la circulation de w le long de c est nulle.
Exercice 23 On considère le champ de vecteurs w défini en dehors de l’axe 0z par
−y
x2 +y 2
x
w(x, y, z) = x2 +y 2
.
0
(c’est le champ magnétique induit par un fil rectiligne infini). Vérifier que rot(w) = 0 en dehors
de l’axe Oz. En déduire que la circulation de w le long de toute courbe fermée ne rencontrant pas
l’axe Oz est égale à 2π fois le nombre de tours que la courbe fait autour de l’axe Oz.
Solution. Le calcul de rot(w) est immédiat.
Soit t 7→ c(t) = (x(t), y(t), z(t)) une courbe fermée ne rencontrant pas l’axe 0z. Alors sa
projection orthogonale σ(t) = (x(t), y(t)) sur le plan {z = 0} est une courbe fermée ne passant pas
par l’origine. La surface paramétrée
(s, t) 7→ (x(t), y(t), sz(t))
7
(portion de cylindre) a son bord formé des deux courbes c et σ parcourue en sens inverse. Comme
cette surface est contenue dans un domaine où rot(w) = 0, la circulation de w le long du bord est
nulle. Par conséquent,
circulation(w, c) = circulation(w, σ).
Ensuite, on remarque que w est tangent au plan {z = 0}. La circulation de w le long d’une courbe
de ce plan coı̈ncide avec l’intégrale curviligne de la forme dθ. Par conséquent, circulation(w, σ)
est la variation totale de l’angle polaire le long de σ, qui vaut 2π fois le nombre de tours que σ fait
autour de l’origine. Ce nombre coı̈ncide avec le nombre de tours que c fait autour de l’axe Oz.
Remarque 24 Courant et champ magnétique.
En présence de courants, le champ magnétique a un rotationnel non nul. Son rotationnel est,
à une constante physique près (perméabilité du milieu), la densité de courant. Intégrée sur une
surface S, la densité de courant donne le courant électrique (i.e. la quantité de charge par unité
de temps) qui traverse la surface. La formule de Stokes relie donc le courant à la circulation du
champ magnétique le long du bord de S.
6 Opérateurs différentiels
Proposition 25 On a introduit 3 opérateurs différentiels,
gradient rotationnel divergence
fonctions → champs de → champs de → fonctions
vecteurs vecteurs
Chaque fois qu’on compose deux opérateurs consécutifs, on trouve 0. Autrement dit
rot ◦ grad = 0, div ◦ rot = 0.
Preuve.
(rot ◦ grad)V = ∇ ∧ ∇V = 0, (div ◦ rot)w = ∇ · (∇ ∧ w) = det(∇, ∇, w) = 0.
6.1 Champs de vecteurs dérivant d’un potentiel
Théorème 5 Le rotationnel d’un gradient est automatiquement nul. Inversement, soit w un
champ de vecteurs défini sur un domaine convexe U de R3 , qui possède des dérivée partielles
continues. Supposons que w a une divergence nulle. Alors il existe une fonction V définie sur U
telle que w = −∇V .
6.2 Condition pour être un rotationnel
Théorème 6 La divergence d’un rotationnel est automatiquement nulle. Inversement, soit w un
champ de vecteurs défini sur un domaine convexe U de R3 , qui possède des dérivée partielles
continues. Supposons que w a une divergence nulle. Alors il existe un champ de vecteurs w0 défini
sur U tel que rot(w0 ) = w.
6.3 Laplacien
Définition 26 L’opérateur Laplacien prend une fonction à valeurs réelles et retourne une fonction
à valeurs réelles. Il est donné par la formule
∂2 ∂2 ∂2
∆ = div ◦ grad = ∇ · ∇ = + + .
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
8
Corollaire 27 Soit u une fonction sur un domaine D qui possède des dérivées secondes continues.
Alors Z
∆u dx dy dz = flux(∇u, ∂D).
D
Exercice 28 Soit u le potentiel électrostatique induit par une distribution de charges contenue
dans un corps K. Montrer que le flux du champ électrique à travers le bord d’un domaine qui
contient K ne dépend pas de ce domaine (théorème de Gauss).
Solution. Le champ électrique est E = −∇V où V est le potentiel électrique. D’après la loi
de Poisson, à une constante physique près (constante diélectrique du milieu), ∆V = −div(E) est
la densité de charge, nulle en dehors de K par hypothèse. Soit U un domaine de R3 contenant
K. On applique le corollaire à U 0 = U privé de K. On trouve que le flux du champ électrique E
à travers le bord de U 0 est nul, donc que le flux de E à travers le bord de > U est égal au flux à
travers le bord de K, qui ne dépend pas du choix de U .