Mise en Œuvre Des Composites: Méthodes Et Matériels
Mise en Œuvre Des Composites: Méthodes Et Matériels
Méthodes et matériels
par François BERBAIN
Licencié de chimie
et Alain CHEVALIER
Ingénieur de l’École nationale d’hydrographie
Ingénieur à Vetrotex Saint-Gobain
pression. En effet, ces stratifiés basse pression étaient obtenus par moulage sans
pression (moulage manuel ou par enroulement) ou par moulage à très faibles
pressions (quelques mégapascals) entre moule et contre-moule.
Le renfort de verre utilisé était alors essentiellement présenté sous forme de
feutre (mat), de tissu, ou sous forme de mèches (stratifil ou roving).
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Les tonnages les plus importants sont encore obtenus avec le couple verre/UP
(polyester insaturé). On signalera cependant dans quelle mesure les techniques
présentées sont applicables ou appliquées aux autres matrices ou aux autres
renforts.
Aujourd’hui, les plastiques renforcés ou composites ont atteint l’âge adulte
et peuvent être obtenus par de nombreux procédés de mise en œuvre ici décrits.
Ces procédés nécessitent l’emploi de certaines matrices polymériques et de dif-
férentes présentations de renforts qui seront précisées au fur et à mesure ; mais,
d’une manière générale, les plastiques renforcés sont toujours constitués de deux
matériaux principaux : le renfort et la matrice, auxquels sont associés différents
adjuvants.
Le renfort est constitué d’un matériau fibreux. Il s’agit le plus souvent de fibres
de verre, mais aussi de fibres de carbone, de fibres d’aramide, de silice, de bore,
etc. Il se présente sous la forme de mats (feutres constitués de fils coupés ou
de fibres longues), de tissus, de rovings (mèches), de fils coupés.
La matrice est soit une résine thermodurcissable (polyester insaturé, résine
époxyde, ou formophénolique, polyimide, polyuréthanne, etc.), soit une résine
thermoplastique (polyamide, polycarbonate, polyester saturé, polypropylène,
etc.).
Les adjuvants sont des produits nécessaires à la réticulation ou à la polymé-
risation des résines (accélérateurs, catalyseurs, etc.) ou bien à l’obtention de
caractéristiques spécifiques (comportement au feu, résistance au vieillissement,
coloration, etc).
On utilise aussi des charges (carbonate de calcium, talc, etc.) pour des raisons
économiques ou, dans certains cas, pour faciliter la mise en œuvre.
La vaste gamme de méthodes de mise en œuvre utilisables pour la fabrication
de pièces en plastiques renforcés permet de répondre aux différents critères
exigés pour la réalisation envisagée : forme, dimension, caractéristiques méca-
niques, aspect, série, cadence, etc.
Associés à chacune de ces méthodes, les matériaux utilisés (renfort, matrice
et adjuvants) seront choisis pour que la pièce à fabriquer réponde aux sollici-
tations exigées : caractéristiques mécaniques, comportement au feu, résistance
à la corrosion, tenue aux rayons ultraviolets, etc.
Les méthodes de mise en œuvre des matières plastiques renforcées thermo-
durcissables se classent généralement en fonction :
— des séries à réaliser :
• petites (moins de 1 000 pièces/an),
• moyennes (1 000 à 15 000 pièces/an),
• grandes (au-delà de 15 000 pièces/an) ;
— des dimensions :
• très petites (surface développée de quelques cm 2),
• petites (surface développée inférieure à 1 m 2),
• moyennes (surface développée de 1 à 5 m 2),
• grandes (surface développé supérieure à 5 m 2).
Néanmoins, deux catégories de procédés se réfèrent aux formes des pièces
à réaliser ; ce sont les procédés pour la réalisation de corps creux (tubes et
citernes) et les procédés en continu qui permettent la réalisation de pièces à
section constante (profilés).
Les méthodes de mise en œuvre des matières thermoplastiques renforcées
se classent, elles, en deux catégories : l’injection qui est le procédé le plus utilisé,
et l’emboutissage ou l’estampage de plaques qui sont des procédés plus récents ;
les mèches imprégnées sont également utilisables directement.
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Dans certains cas, avant la première couche de renfort, on utilisera ■ Finition. Détourage
un voile de surface. Le voile de surface est un feutre à base de fibres Le moulage au contact ne permet pas de réaliser directement une
de verre ou de fibres synthétiques dont la masse surfacique est pièce aux cotes exactes sur sa périphérie.
comprise entre 20 et 50 g/m2. On procède ainsi lorsque l’on veut
donner à la pièce fabriquée de bonnes qualités de résistance à la Il nécessite une reprise appelée ébarbage ou détourage qui
corrosion. consiste à enlever l’excès de matière (verre et résine) située sur le
pourtour de la pièce.
Généralement, la première couche de renfort est un mat de
300 g/m2, notamment pour les pièces pour lesquelles les critères Cette opération peut s’effectuer de deux façons :
d’aspect et de qualité du matériau sont déterminants. En effet, les — soit directement sur le moule, avec un outil tranchant du type
mats de 300 g/m2 permettent une mise en place plus facile et un cutter lorsque la résine est encore à l’état de gel ; cette méthode,
débullage plus complet garantissant ainsi une meilleure qualité de relativement peu utilisée, nécessite des moules à la dimension
la pièce finie. exacte de la pièce avec des bords francs constitués par une réglette
On évitera l’utilisation de tissus en première couche car ceux-ci en acier incorporée au moule ;
ont tendance à marquer la surface de la pièce. — soit après démoulage de la pièce ; ce processus nécessite alors
des outils diamantés pour la découpe du matériau.
Après la première couche, on en déposera une seconde, puis une
troisième, etc., en procédant toujours de la même façon, jusqu’à Pour l’obtention d’une meilleure finition, l’ébarbage peut être suivi
l’obtention de l’épaisseur désirée. d’un léger ponçage au papier abrasif.
Chaque couche postérieure à la couche initiale pourra être consti- ■ Qualité
tuée soit d’un mat à fils coupés, soit d’un tissu roving, soit d’un La pièce ainsi obtenue en moulage au contact, donc en fabrication
complexe mat + tissu selon les caractéristiques que l’on désire manuelle, sera d’une qualité directement liée au soin qui aura été
obtenir. apporté à sa réalisation.
À titre d’exemple, les taux de renfort et les épaisseurs des compo- Un débullage insuffisant, par exemple, entraînera la présence de
sites obtenus en moulage en contact, selon la présentation du renfort bulles qui provoqueront des défauts de surface si celles-ci sont très
en verre utilisé, sont donnés dans le tableau 1, pour une densité de proches de la couche de gel coat, des faiblesses au niveau des carac-
résine de 1,2. (0) téristiques mécaniques et des risques de vieillissement prématuré
si la pièce est destinée à une application dans laquelle il y a des
possibilités de corrosion.
Tableau 1 – Moulage au contact : taux de renfort
et épaisseur du composite [Link] Avantages
Taux Épaisseur Les avantages essentiels du moulage au contact sont d’une part
Masse le faible niveau de l’investissement, d’autre part la facilité de
Présentation de du
surfacique réalisation d’un prototype ou d’une petite série.
du renfort (1) renfort composite
(g/m2) (%) (mm) Par ailleurs, les pièces peuvent avoir un très bel aspect de surface
(côté gel coat ) et être de dimensions quelconques.
Mat à fils coupés . 300 30 0,7
Mat Mat à fils coupés . 450 30 1,0 [Link] Inconvénients
ou tissu Mat à fils coupés . 600 30 1,4
utilisé seul Tissu roving ......... 270 44 0,04 Les principaux inconvénients sont de trois ordres :
Tissu roving ......... 500 40 0,8 — l’importance du facteur humain qui est prépondérant pour la
qualité de la pièce moulée ;
Mat de 450 g/m2 +
tissu de 500 g/m2 . 950 36 1,8 — les conditions de travail, peu agréables en raison d’une part
Alternance Mat de 600 g/m2 + de la manipulation des résines, et d’autre part du dégagement de
mat + tissu tissu de 500 g/m2 . 1 100 36 2,1 vapeurs de styrène qui sont irritantes et toxiques au-delà d’un certain
ou 3 mats de seuil de concentration dans l’air ; cela nécessite l’installation d’une
complexe ventilation adaptée au plan de travail et à l’atelier ;
450 g/m2 + 2 tissus
— l’obtention d’une seule face lisse sur la pièce moulée ; seule,
de 500 g/m2 .......... 2 350 33 4,9 en effet, la face en contact avec le moule a un bel aspect, l’autre
(1) Pour plus de détails, se reporter à l’article [A 2 110] Fibres de verre de étant brute de moulage ; cet inconvénient est parfois rédhibitoire
renforcement dans le présent traité. lorsque la pièce doit avoir ses deux faces d’un bel aspect.
Deux solutions peuvent alors être utilisées pour l’obtention de ces
■ Durcissement deux faces lisses :
— le moulage de deux pièces distinctes, sur deux moules dif-
L’opération de démoulage de la pièce ne peut s’effectuer qu’après
férents, ayant chacune la moitié de l’épaisseur finale désirée et
durcissement du matériau, c’est-à-dire lorsque l’on a une poly-
comportant chacune une face d’aspect : ces deux pièces sont
mérisation avancée de la résine.
assemblées par collage, soit avant gélification lorsqu’elles sont
Cette polymérisation s’effectue généralement à température encore sur leur moule, soit après polymérisation ;
ambiante, lorsque la série à réaliser ne nécessite pas la fabrication — le ponçage de la face brute suivi de l’application d’une couche
de plus d’une pièce par moule et par jour. de résine colorée identique à celle utilisée pour la fabrication d’un
Lorsque la température de l’atelier est inférieure à 12 oC, ou gel coat ; cette opération n’apporte jamais un aspect aussi beau
lorsque l’on veut accélérer le durcissement, on peut avoir recours que celui qui est obtenu par le contact direct avec le moule, mais
à deux solutions : cela peut être suffisant dans certaines applications.
— soit une polymérisation par chauffage par air chaud à une tem- L’avantage de la petite série peut devenir un inconvénient si l’on
pérature de 40 à 60 oC par passage dans une étuve, ou par rayon- considère les quantités produites. Cette méthode ne permet, en effet,
nement infrarouge ; d’obtenir que des rendements journaliers assez faibles, situés entre
— soit une polymérisation par rayonnement ultraviolet ou par 50 et 200 kg de composites par homme et par jour. Le chiffre inférieur
rayonnement visible, en utilisant alors des résines et des systèmes correspond à des pièces petites et relativement complexes, le chiffre
catalytiques spécifiques (cf. article Polyesters insaturés [A 3 445] supérieur peut être atteint lors de la réalisation de grandes pièces
dans ce traité). aux formes simples.
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[Link] Avantages
Faibles investissements pour la réalisation de pièces de moyennes
Figure 2 – Moulage par projection simultanée et grandes dimensions en petite série.
Par rapport au moulage au contact :
— coûts de main-d’œuvre et de renfort inférieurs ;
— suppression des problèmes (et risques) liés au mélange manuel
des résines et des catalyseurs.
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[Link] Applications
Les pièces réalisées par projection sont les coques pour bateaux
de plaisance, les piscines, les pièces de capotage, les fonds de cuve
de grand diamètre, les baignoires avec peau acrylique, etc.
Ce procédé représente en France environ 10 % en tonnage du
marché des plastiques renforcés en fibres de verre.
Le principe du moulage sous vide consiste à utiliser le vide pour Figure 3 – Moulage sous vide ou par dépression
permettre l’imprégnation progressive du renfort par la résine entre
un moule (matrice) et un contre-moule (poinçon).
Le vide va provoquer sur les parois du moule les phénomènes
suivants :
— dans le cas d’un vide poussé, la pression sera voisine de la
pression atmosphérique ;
— dans le cas d’un vide partiel, la pression sera équivalente à la
différence des pressions existant entre l’extérieur et l’intérieur du
moule.
Il existe plusieurs variantes du procédé de moulage sous vide
qui se distinguent essentiellement par différentes conceptions des
moules, principalement au niveau du poinçon, et par diverses tech-
niques pour l’alimentation de la résine.
[Link] Matériel
Pour les méthodes les plus courantes, il existe trois conceptions
du moule possibles :
Figure 4 – Moulage par injection sous vide
— dans la première, le poinçon est une membrane souple défor-
mable qui, sous l’action du vide, épouse la forme de la matrice et
vient comprimer résine et renfort ;
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Quels que soient les cas de figure, les résines utilisées sont géné- [Link] Mode opératoire
ralement très fluides (viscosité comprise entre 0,15 et 0,4 Pa · s). Les principales étapes du procédé sont :
Le choix des renforts sera fonction de la technique adoptée et — le nettoyage et le traitement du moule par un agent de
des caractéristiques recherchées. démoulage ;
Si le renfort est préalablement imprégné sur le moule, on utilisera — la mise en place d’un gel coat si la pièce le nécessite ;
un mat à fils coupés ; au contraire, si la résine flue dans le moule — la dépose des renforts et de la résine ;
sous l’action du vide, on utilisera un mat à fils continus. — la mise sous vide et le maintien de celui-ci jusqu’au durcisse-
Les tissus peuvent être également employés dans les limites per- ment de la pièce ;
mises par leur déformabilité en fonction de la complexité de la pièce. — le démoulage et le détourage aux dimensions exactes de la
pièce.
Selon qu’il s’agit d’un mat à fils coupés ou un mat à fils continus,
les taux de renfort seront différents. C’est ainsi que, dans le premier Les cadences de moulage sont très variables selon la technique
cas, on pourra obtenir des structures à 33 % de fibres de verre alors de vide employée, la complexité et les dimensions de la pièce.
que, dans le second, on aura plus généralement 20 à 22 % de verre. C’est ainsi que, pour des pièces sans gel coat relativement simples
Quelles que soient les variantes, la méthode sous vide est utilisée du type capotage de faible surface (environ 1 m2), la cadence peut
pour la réalisation de pièces à deux faces lisses avec des investis- aller jusqu’à 2 pièces/h, alors que pour des panneaux sandwiches
sements relativement peu importants. de grandes dimensions (jusqu’à 12 m de long) le cycle de moulage
Cette méthode se trouve à la limite de la petite et de la moyenne sera de 3 à 4 h.
série dans le domaine des composites et permet ainsi une première
approche des procédés entre moule et contre-moule à vocation [Link] Avantages
industrielle. Ils sont de deux ordres :
Les moules : la matrice rigide est généralement en plastique — possibilité d’obtenir des pièces avec deux faces lisses en petite
renforcé et fabriquée comme un moule pour moulage au contact, ou moyenne série (500 à 1 500 pièces/an) avec des investissements
avec des épaisseurs de peau plus importantes. La paroi est ensuite relativement faibles ;
fortement rigidifiée pour éviter toute déformation qui pourrait être — diminution des coûts de main-d’œuvre pour les techniques
provoquée par la pression engendrée lors de la mise sous vide. utilisant l’écoulement de la résine, et suppression des problèmes
Le poinçon déformable peut être une membrane étanche en d’hygiène et de sécurité rencontrés avec les procédés de moulage
élastomère souple, du type caoutchouc, ou en PVC plastifié, résistant au contact et par projection.
à l’attaque du styrène.
[Link] Inconvénients
Pour la réalisation de plaques planes ou de panneaux sandwiches
plans, on peut utiliser soit la membrane en élastomère, soit un film L’inconvénient majeur des procédés de moulage sous vide réside
épais de polyamide ou de polyester saturé (PET). dans la difficulté de la maîtrise technique des pièces à réaliser, ce
Le poinçon semi-rigide est réalisé, comme la matrice, en plastique qui entraîne :
renforcé, par moulage au contact, avec une épaisseur de l’ordre de — des variations plus ou moins importantes des épaisseurs, et
4 à 5 mm. donc des variations de masse de la pièce ;
— des fluctuations dans les proportions renfort/résine ;
Pour la conception de l’ensemble, une des conditions primordiales
— des risques de pièces incomplètes ;
à la réussite d’une pièce par moulage sous vide est l’obtention d’une
— des risques de bulles induisant des défauts d’aspect et de
étanchéité parfaite entre l’intérieur et l’extérieur du moule.
caractéristiques mécaniques ;
Dans le cas où le poinçon est une membrane souple, celle-ci assure — des risques de rebuts importants avec leur incidence
également l’étanchéité sur toute la périphérie par un système de économique.
pincement sur la matrice par exemple.
C’est pour ces diverses raisons que les procédés sous vide tels
Dans le cas où le poinçon est semi-rigide, celui-ci est monté sur qu’ils viennent d’être présentés sont peu développés et sont prin-
un cadre rigide qui permet l’accouplement avec la matrice. cipalement utilisés pour la réalisation de pièces simples de grandes
L’étanchéité entre les deux moules est alors assurée par des joints dimensions où le facteur investissement est prépondérant dans le
en élastomère qui sont disposés sur toute la périphérie. Ces joints choix du procédé.
sont fixés indifféremment sur la matrice ou sur le cadre support du
poinçon. [Link] Applications
Afin de limiter les risques de pièces incomplètes, on travaille tou- Les principales pièces réalisées sont :
jours avec un excès de résine, ce qui signifie que, en fin de remplis-
sage de l’empreinte, il faut prévoir un écoulement de cet excès de — des panneaux sandwiches pour camions isothermes, pour
résine, généralement par une rigole aménagée sur toute la périphérie shelters (cellules servant d’abris fixes ou mobiles), etc. ;
de la matrice. — des capots de machines ;
— des bornes de distribution d’eau ;
Outre le moule, le moulage sous vide nécessite un matériel spéci- — des armoires électriques.
fique comprenant une pompe à vide avec un ballon tampon de capa-
cité suffisante (environ 3 m 3 ) pour alimenter simultanément
plusieurs moules ainsi que des manomètres de contrôle. 1.2.2 Moulage par injection basse pression
Comme dans les autres procédés, nous retrouvons tout le matériel de résine liquide
nécessaire à la découpe des renforts, au dosage et au mélange des
résines et des adjuvants, au traitement des moules et à la finition [Link] Principe
des pièces.
Ce procédé consiste à remplir l’empreinte d’un moule, rigide et
fermé, par injection d’une résine en un ou plusieurs points selon
l’importance de la pièce. Les renforts sont préalablement disposés
à l’intérieur du moule avant sa fermeture et son verrouillage
(figure 5).
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Dans la littérature anglo-saxone, ce procédé est appelé RTM Le procédé consiste donc à avoir, sur le plateau inférieur (fixe)
(Resin Transfer Molding). Les pressions mises en œuvre sont de d’une presse verticale, un demi-moule (matrice ou poinçon) dans
0,1 à 0,4 MPa (1 à 4 bar) avec des débits de résine de 4 à 8 kg/min. lequel on dispose les renforts, puis à verser en vrac la quantité de
Ces paramètres sont fonction de la viscosité de la résine, de la pré- résine nécessaire au remplissage de l’empreinte. Le demi-moule
sentation et du taux de renfort, ainsi que de la forme de la pièce. supérieur vient alors comprimer le tout, provoquant ainsi l’écoule-
Les résines employées sont des viscosités de l’ordre de 0,2 ment de la résine qui remplit la totalité de l’empreinte du moule
à 0,6 Pa · s et peuvent être chargées avec des carbonates de calcium (figure 7). Le temps de fermeture de la presse est fonction du
par exemple. La quantité maximale que l’on puisse ajouter est temps de polymérisation de la résine.
de 50 pp pour 100 pp de résine. La pression de moulage est variable en fonction des dimensions
Nota : pp : partie pondérale de la pièce (surface, épaisseur) et surtout de sa complexité. Pour
Les renforts peuvent être des mats à fils coupés ou à fils continus des pièces de 0,2 à 1 m2 et de 3 mm d’épaisseur, la pression maxi-
et des tissus, mais ce sont généralement les mats à fils continus qui male à appliquer variera de 0,1 à 0,4 MPa (1 à 4 bar).
sont le plus utilisés. La presse devra être munie d’un mouvement de fermeture à
vitesse réglable. Il se décompose en deux temps : un mouvement
[Link] Équipement rapide dit vitesse d’approche pour ne pas trop allonger le temps de
cycle, et un mouvement lent, sur les derniers centimètres de ferme-
Certaines machines de projection simultanée peuvent être facile-
ture, appelé vitesse d’accostage. Cette vitesse lente qui est de l’ordre
ment transformées en machine d’injection en remplaçant la buse de
de 3 à 10 cm/min est indispensable pour assurer une bonne qualité
projection par un mélangeur statique équipé d’une canne d’injection.
des pièces moulées (répartition du renfort, élimination des trous en
Le coût des moules est très variable selon leur conception et leur surface et de l’air inclus, etc.).
matière. Pour les moules en matières plastiques, le coût peut être
Les résines utilisables à la presse basse pression sont des
de 5 à 10 fois celui d’un moule pour procédé de moulage au contact
résines de réactivité moyenne et de viscosité de 0,6 à 1 Pa · s. Elles
pour une pièce équivalente. Dans l’injection basse pression, l’équipe-
sont la plupart du temps chargées avec des carbonates de calcium
ment périphérique pour la manipulation des moules et l’organisation
dans des proportions allant jusqu’à 50 pp pour 100 pp de résine.
du poste de travail est très important dans l’investissement. Il existe
D’une façon générale, on utilise des formulations de résines forte-
les deux conceptions ci-après.
ment visqueuses pour obtenir un écoulement régulier de la résine
a ) Le moule est à poste fixe avec un système d’ouverture- sans formation de bulles dans les endroits particuliers tels que les
fermeture qui peut être aussi bien un treuil qu’une presse très simple. arêtes et les angles de la pièce. Pour cette raison, on ajoute très
La machine d’injection vient alimenter le moule, généralement pour souvent un agent de thixotropie du type silice colloïdale dans des
la fabrication de pièces sans gel coat et de grandes dimensions. proportions pouvant aller jusqu’à 4 pp.
b) Le moule se déplace sur un circuit avec des arrêts correspondant
à chaque étape importante du cycle de moulage. Cette conception
est souvent retenue pour les pièces avec gel coat, avec plusieurs
moules correspondant aux différents types de pièces.
L’organisation du carrousel peut se schématiser comme indiqué
sur la figure 6.
Figure 5 – Moulage par injection basse pression de résine liquide Figure 7 – Moulage à la presse basse pression
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Les renforts utilisés sont du même type que ceux préconisés progressif du moule provoqué par la réaction exothermique de poly-
pour l’injection basse pression (§ 1.2.2) avec des taux usuels prati- mérisation. À partir d’un certain nombre de moulages, le moule
quement équivalents. Cependant, la compression permet l’obten- atteint une température d’équilibre pour laquelle on obtient une
tion de taux plus élevés avec les mats à fils continus si les cadence régulière. Ce phénomène doit être pris en compte pour
caractéristiques mécaniques de la pièce le nécessitent. La presse déterminer la production journalière par moule.
basse pression satisfait à la même gamme de séries que l’injection
basse pression de résine liquide : 1 500 à 20 000 pièces/an. Ces [Link] Mode opératoire
deux technologies sont complémentaires et ce sont généralement
les caractéristiques des pièces moulées qui déterminent le choix de Les étapes de la fabrication sont :
l’un ou l’autre procédé. — le nettoyage et le traitement du moule par un agent de
démoulage ; dans le cas de moules chauffés, on utilisera de préfé-
[Link] Matériel rence des agents démoulants internes ;
— la dépose des renforts et de la résine en vrac ;
■ Moules — la fermeture de la presse ;
La pression mise en œuvre, inférieure à 0,5 MPa (5 bar), d’une part, — la polymérisation ;
et les impératifs économiques de la série, d’autre part, ne permettent — l’ouverture-démoulage ;
pas l’utilisation de moules à bords coupants. De ce fait, nous — le détourage de la pièce à ses dimensions exactes ou l’ébarbage
retrouvons la conception avec pincement du renfort sur toute la péri- de la pellicule de résine dans le cas où l’on utilise une préforme.
phérie de la pièce comme évoqué au paragraphe [Link]. Dans le cas
de l’utilisation de préformes découpées à la dimension exacte de [Link] Avantages
la pièce, on aménage un engagement du poinçon dans la matrice,
avec un jeu minimal (0,10 à 0,50 mm) permettant l’échappement de Par rapport aux procédés pour petites séries (moulages au contact
l’air et l’écoulement de l’excès de résine. et par projection simultanée), les avantages du moulage par
compression basse pression rejoignent ceux du moulage par injec-
De même, on retrouve les structures et les matériaux utilisés pour tion basse pression, à savoir :
les moules d’injection basse pression (§ [Link]), c’est-à-dire poly-
ester, époxyde ou métalloplastiques. Au niveau de la rigidification, — au niveau technique : réalisation de pièces avec deux faces
on ne trouve qu’un seul système, le béton de résine, qui présente lisses et de faibles variations d’épaisseur, ce qui représente un
de bonnes caractéristiques de résistance en compression. avantage important par rapport aux procédés pour petites séries,
dans le domaine des assemblages par collage qui sont de plus en
Les moules sont souvent régulés thermiquement pour améliorer plus employés ;
la cadence et diminuer ainsi l’incidence du coût de la presse sur — au niveau économique : ce procédé diminue le coût de la
celui de la pièce. main-d’œuvre de telle façon qu’il peut être rentable à partir de 1 500
En compression basse pression comme en injection basse pres- à 2 000 pièces/an malgré l’investissement du moule (5 à 10 fois supé-
sion, il y a des limites de forme à respecter pour assurer une bonne rieur à celui d’un moule pour procédé de moulage au contact).
qualité du moulage. Ces limites sont imputables soit à la présenta- Par rapport au moulage par injection de résine liquide, les avan-
tion des renforts utilisés, soit à la nature des moules (plastiques), tages du moulage par compression se situent au niveau de la
soit à la conjugaison des deux. cadence, principalement pour les pièces de fortes épaisseurs et de
En règle générale, il faut respecter les principes suivants. grandes dimensions.
— Dépouille : proscrire les contre-dépouilles, les moules en
matières plastiques et les résines liquides ne permettant pas l’utilisa- [Link] Inconvénients
tion de moules en plusieurs éléments. Pour faciliter le démoulage, Le moulage par compression à froid convient moins bien que le
il est conseillé de prévoir des angles de dépouille de 5 à 7o selon moulage par injection basse pression pour les pièces devant avoir
l’importance de la hauteur de paroi. bel aspect (porosités de surface) et nécessite des investissements
— Arêtes : impossibilité de mouler des pièces avec des arêtes plus importants. Les deux inconvénients majeurs sont identiques à
vives, prévoir un rayon de courbure minimal de 5 mm ; ce rayon ceux de l’injection : ébarbage important dans le cas de l’utilisation
augmentera avec l’épaisseur de la pièce. de renforts non préformés et impossibilité de réaliser des variations
— Épaisseur : l’épaisseur minimale devra être de 2 mm. d’épaisseur importantes de type bossage, nervures, etc.
— Variation de section (du type bossage ou nervure pleine) : c’est Un autre inconvénient du moulage à la presse basse pression est
pratiquement impossible du fait des difficultés de mise en place des son manque de souplesse pour les séries inférieures à
renforts à ces endroits. 3 000 pièces/ans comparativement à l’injection de résine liquide qui
permet d’introduire à tout moment plusieurs types de moules sur
— Évidements et trous de moulage : facilement réalisables avec une même ligne de fabrication.
la préforme, mais peu recommandés dans les autres cas.
■ Autre matériel [Link] Détourage et découpe
Outre les moules, le matériel spécifique à ce procédé de mise en Pour le détourage qui demande beaucoup de main-d’œuvre dans
œuvre comprend : des conditions d’hygiène et de sécurité médiocres, on observe une
— une cuve de préparation de la formulation choisie pour la résine tendance marquée vers l’automatisation de ce poste.
avec mélangeur dynamique (turbine par exemple) ; Selon l’importance du nombre de pièces à détourer, les systèmes
— une presse hydraulique à vitesse réglable avec colonnes ou de découpe peuvent être :
coulisseaux de guidage.
— des outils diamantés guidés par un robot, le coût principal étant
La définition de la puissance sera fonction de la surface utile des celui du robot ;
plateaux. — une découpe au jet d’eau sous très haute pression par un robot ;
Les cadences de moulage sont généralement légèrement supé- — une découpe au laser avec robot, cette technique est particu-
rieures à celles du moulage par injection basse pression et peuvent lièrement adaptée à la découpe de composites avec renforts en fibres
atteindre jusqu’à 15 pièces/h pour des épaisseurs de 3 mm avec des aramides.
moules thermostatés. Lorsque le moule n’est pas chauffé, il y a une
période de montée en cadence qui est due à l’échauffement
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[Link] Mode opératoire On appelle préforme le renfort présenté à la forme et aux dimen-
sions exactes de la pièce à réaliser. Le renfort de base peut être soit
Les principales étapes du procédé sont les suivantes : sous forme de fils coupés de 30 à 50 mm, soit sous forme de mats
— dépose des préimprégnées sur le moule selon un plan de char- à fils continus ou de tissus déformables.
gement très précis, les renforts étant orientés dans le sens des sol-
licitations mécaniques de la pièce ; cette opération très minutieuse
appelée drapage est généralement manuelle ;
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■ Mode opératoire et matériel La seconde, qui est plus récente, a le gros avantage de pouvoir
Il existe actuellement deux grands procédés pour la réalisation de associer plusieurs types de renforts (mats et tissus) et de les
préformes. comprimer à l’épaisseur de la pièce. Cela donne plus de possibili-
tés pour la réalisation de pièces à caractéristiques mécaniques éle-
● Le premier procédé consiste à projeter sur un moule (le poinçon
vées et une meilleure répartition du renfort dans l’épaisseur de la
généralement) des fils coupés et du liant. Le moule, appelé écran de pièce.
préforme, est constitué d’une tôle perforée d’une multitude de trous
derrière laquelle on effectue une forte aspiration permettant ainsi aux Une préforme est réalisée dans le cas des procédés de moulage
fils d’épouser la forme du moule. Lorsque la quantité de renfort entre moule et contre-moule dont le remplissage se fait au moyen
voulue est déposée, l’ensemble est mis immédiatement en étuve d’une résine liquide en masse ou moussante. Les procédés les plus
pour faire durcir le liant qui conférera à la préforme la rigidité néces- connus sont l’injection de résine liquide basse pression (§ 1.2.2) et
saire à sa manipulation et à la conservation de la forme. Après durcis- le moulage par compression de résine liquide à basse pression
sement, la préforme est découpée aux dimensions exactes de la (§ 1.2.3) ou à chaud (§ 1.3.2).
pièce, puis stockée en attente du moulage. Cette technique ne permet ■ Avantages
d’obtenir que des préformes à base de fils coupés (figure 8).
L’utilisation d’une préforme offre des avantages :
● Le second procédé exploite les caractéristiques spécifiques des
mats à fils continus qui, grâce à leur structure à base de fils bouclés, — pour la réalisation de pièces complexes en diminuant le temps
peuvent être étirés localement sans déchirure. Le principe consiste de chargement du moule et les risques de rebut dus au déplacement
à chauffer les flans de mats, préalablement tendus sur un cadre, à une du renfort ;
température supérieure à celle de fusion du liant thermoplastique — pour les pièces à taux élevés de renfort avec des parois
puis à les mettre en forme par emboutissage dans un moule froid verticales ;
(figure 9). Le refroidissement redonne au liant son état initial et main- — pour l’augmentation des cadences dans les procédés par voie
tient ainsi la préforme. Celle-ci est ensuite découpée à la dimension humide ;
exacte de la pièce. — pour la suppression de l’ébarbage dans les procédés pour
moyennes séries à basse pression ;
Le second procédé s’apparente à la fois à la technique du — pour les applications utilisant des mousses renforcées dans des
thermoformage par l’utilisation d’un liant thermoplastique permet- pièces complexes ;
tant la déformation à chaud puis la stabilisation de la forme à froid, — pour une plus grande souplesse de production due à la possi-
et à la technique de l’emboutissage par l’utilisation de serre-flans bilité de fabriquer les préformes par campagne et de les stocker.
permettant de retenir sélectivement les couches de renfort pendant
la phase de mise en forme (étirage). Cette opération est effectuée ■ Inconvénients
au moyen d’un moule et d’un contre-moule placés sur les plateaux La préforme a un inconvénient majeur : son coût, puisqu’elle
d’une presse. La réussite d’une préforme est conditionnée par la nécessite des investissements relativement importants en matériel
rapidité de l’emboutissage après l’opération de chauffage. Les ainsi qu’une légère augmentation de la main-d’œuvre. La réalisation
pressions mises en œuvres sont fonction de la complexité de la d’une préforme se justifie lorsque le bilan économique lui est favo-
pièce, de la profondeur de l’embouti et de l’épaisseur de renfort. rable ou plus rarement lorsque certains aspects techniques de la
Cependant, elles restent faibles et sont inférieures à 0,5 MPa. pièce à réaliser le nécessitent. C’est la raison pour laquelle on
La première technique, plus ancienne, nécessite, dans le cas de retrouve l’application de la préforme dans les grandes séries ou dans
la projection manuelle, plus de main-d’œuvre et donne un produit les limites hautes de la moyenne série, ou pour des pièces complexes
dont la qualité est liée à l’habileté du projecteur. Ces contraintes non développables.
peuvent être éliminées par utilisation d’un robot de projection mais
l’investissement devient alors beaucoup plus important. ■ Applications
Pare-chocs de bus et de poids lourds, consoles et tableaux de bord
de voitures, consoles d’appareils électroniques, bacs d’évier, etc.
[Link] Prémix
■ Principe
L’appellation de prémix est attribuée à l’ensemble des semi-
produits résultant de l’association de résines, charges et renforts
sous forme de fibres coupées, destinés aux procédés de moulage
pour grandes séries. Ces produits se différencient du mat préim-
prégné par leur présentation en vrac ou parfois sous forme de bou-
din. Dans l’industrie des composites, les spécialistes parlent de BMC
(Bulk Molding Compound ) et de DMC (Dough Molding Compound ).
La différence entre ces deux produits est que l’un des deux (le DMC)
contient un agent du mûrissement, comme les formulations de SMC.
Enfin, on trouve pour l’ensemble de ces produits la dénomination
Figure 9 – Préformage de mats à fils continus (d’après doc. Vetrotex) de compounds ou encore de choucroute, cette dernière faisant allu-
sion à la présentation des produits.
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On parle également de ZMC, produit développé en même temps Comparativement au procédé de fabrication par malaxage, ce
que la technologie d’injection correspondante (§ 1.3.4). procédé dégrade moins la fibre de verre et permet d’obtenir des
Les prémix sont destinés aux mêmes procédés de transformation produits à caractéristiques mécaniques améliorées.
que le SMC et présentent donc des caractéristiques viscoélastiques ■ Applications
similaires. Ils sont souvent utilisés en injection haute pression alors
que le SMC est presque essentiellement utilisé en compression. En La mise en œuvre des prémix se faisant par injection haute pres-
injection, la manipulation et le dosage étant automatiques, il n’est sion (procédé pour grandes séries) et leur coût étant moins élevé
pas nécessaire d’avoir recours au mûrissement employé pour les que le SMC, ils trouvent naturellement leurs applications dans les
SMC, (§ [Link]), d’autant que pour les prémix, les formulations ont pièces complexes de grande diffusion telles que matériel électrique,
généralement des taux de charges plus élevés. pièces automobiles ne nécessitant pas de caractéristiques méca-
niques importantes, carters ou pièces de capotage dans l’électro-
— Les renforts sont essentiellement des fils de verre coupés à 6 ménager, dans l’outillage, etc.
ou 12 mm et parfois à 25 mm pour des applications qui réclament
une certaine tenue mécanique. Le taux de renfort est généralement
compris entre 15 et 20 %. Il peut atteindre 25 % pour l’obtention de 1.3.2 Compression à chaud de résine liquide
caractéristiques améliorées.
— Les pâtes d’imprégnation ont une certaine similitude avec celles [Link] Principe
du mat préimprégné et sont donc très complexes. Elles se diffé-
rencient principalement sur trois points qui sont en fait la consé- Ce procédé, appelé moulage à la presse à chaud par voie humide,
quence de leurs applications : pour le distinguer du moulage à la presse à chaud de compound
• les prémix ont des taux de renfort plus faibles que le SMC, ce [SMC et prémix (§ 1.3.3)] que l’on appelle voie sèche, consiste à
qui permet d’introduire des quantités de charges plus importantes déposer le renfort dans un moule chauffé ouvert, puis à verser la
(jusqu’à 250 et même 300 pp), d’où leur intérêt économique ; résine en vrac. Lors de la fermeture du moule, par l’action d’une
• le procédé de moulage est presque essentiellement l’injection presse hydraulique, les produits sont comprimés, la résine flue à
haute pression pour laquelle l’écoulement de la matière est très travers le renfort tout en l’imprégnant et vient remplir l’empreinte
rapide et les temps de cycle plus courts qu’en compression ; cela du moule. Le temps de fermeture correspond au temps de poly-
nécessite des systèmes catalytiques plus réactifs ; mérisation de la pièce.
• les conditions de mise en œuvre ne nécessitent généralement Ce procédé fut le premier procédé industriel pour grandes séries
pas de mûrissement de la pâte, à l’exception des DMC. qui a permis l’introduction des composites thermodurcissables dans
Cela étant, on retrouve, dans les formulations de prémix, les l’automobile, dans le capotage, etc. Rappelons, pour l’exemple, la
mêmes constituants de base que dans un SMC mais dans des propor- première apparition en France des polyesters renforcés de grande
tions différentes. série avec les pavillons de DS et ID Citroën à partir de 1960.
Le moulage à la presse à chaud par voie humide est adapté aux
■ Matériel séries supérieures ou égales à 10 000 pièces/an.
Une ligne de fabrication de prémix est similaire, dans sa concep- Pour satisfaire aux exigences des cadences, les moules sont chauf-
tion, à une ligne de fabrication de SMC. Elle comprend deux parties : fés à des températures supérieures à 100 oC (110 à 140 oC) et doivent
— l’ensemble de préparation des pâtes qui assure le stockage et permettre d’obtenir des pièces finies en sortie de presse. Cela signifie
le dosage des divers constituants ; si la machine de fabrication de que, lorsque les renforts ne sont pas préalablement préformés, le
prémix est une machine en continu, l’ensemble de préparation moule coupe le renfort lors de sa fermeture, ce qui nécessite des
comprendra également une station de mélange de ces constituants ; pressions de moulage très supérieures à la pression nécessaire au
— la machine de fabrication du prémix qui est constituée : seul écoulement de la résine. Les pressions sont généralement
• soit d’un malaxeur pour fabrication en discontinu, comprises entre 1 et 3 MPa.
• soit d’un système de mélange du verre et de la résine en Les résines utilisées sont des résines polyesters, époxydes ou
continu (§ [Link]). formophénoliques. Quelle que soit la nature de la résine, on
■ Mode opératoire de la fabrication des prémix recherche des systèmes réactifs permettant de diminuer au maxi-
mum les temps de cycle. Dans le cas des résines polyesters, celles-ci
Deux grands types de procédés sont actuellement utilisés : le sont souvent chargées avec des carbonates de calcium. Comme pour
plus connu et le plus pratiqué encore aujourd’hui est le mélange la presse basse pression, on utilisera les formulations de fortes
des constituants dans un malaxeur à pales du type pétrin. Dans un viscosités afin d’obtenir un écoulement lent et régulier souvent
premier temps, on introduit la résine puis, successivement, les garant d’un meilleur aspect de surface de point de vue des porosités.
constituants de la pâte. Lorsque celle-ci est homogène, on introduit Grâce aux températures de moulage, le procédé permet d’utiliser
progressivement le renfort (fils coupés). Le temps de malaxage des formulations de résines avec additif antiretrait permettant de
avec la fibre de verre doit être le temps minimal nécessaire au supprimer le retrait et d’obtenir des aspects de surface du type classe
mouillage du renfort. Le malaxeur est ensuite déchargé, soit par A assimilé à l’aspect requis pour les carrosseries automobiles.
basculement, soit grâce à une vis d’extraction.
Pour satisfaire aux exigences de cadences, la formulation de la
Ces appareils, dont la capacité peut atteindre 1 000 L, ont deux résine comporte également un agent de démoulage interne qui
inconvénients : fabrication en discontinu, donc capacité limitée, et supprime le traitement du moule avant chaque moulage.
dégradation du renfort.
Les renforts peuvent être sous forme :
Pour augmenter la capacité des installations, certains fabricants
— de mats à fils coupés ou à fils continus, avec des liants inso-
ont développé des malaxeurs en continu. Résine, charges et renforts
lubles dans la résine pour empêcher tout mouvement du renfort sous
alimentent séparément une cuve conique à l’intérieur de laquelle
la poussée de la résine ;
tourne un bras principal raclant la paroi intérieure. En fond de cuve,
— de préformes à base de fils coupés ou de mats à fils
une vis assure l’extraction en continu du compound.
continus ;
Le second type de procédé, qui se développe actuellement, — de tissus rovings ou silionnes textiles selon les applications.
consiste à fabriquer la pâte séparément comme pour le SMC, puis
Les taux de renfort peuvent être compris entre 30 et 65 %.
à la distribuer sur deux rouleaux horizontaux tournant en sens
inverse. On coupe le verre qui est imprégné en passant entre les
deux rouleaux et, par un système de racle, le compound est
décollé des rouleaux pour tomber, soit sur un tapis transporteur,
soit dans des cartons ou d’autres unités d’emballage.
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[Link] Inconvénients
L’inconvénient majeur de l’injection de prémix réside dans la
faiblesse des caractéristiques mécaniques par rapport à celles
obtenues avec la compression de SMC.
Cette infériorité des caractéristiques mécaniques est principale-
ment due à trois paramètres :
— les fibres de renfort sont plus courtes (6 à 12 mm) ;
— les taux de renfort sont plus faibles (15 à 25 %) ;
— les fibres sont en grande partie brisées, ou même broyées,
par les procédés conventionnels de fabrication des prémix et par
le procédé d’injection, où le renfort subit des forces de cisaille-
ments importantes au niveau de la vis et dès l’entrée dans le
moule du fait de la grande vitesse d’écoulement.
De plus, l’écoulement de la matière à grande vitesse et sur toute Figure 13 – Procédé ZMC
la longueur provoque une orientation des fibres plus prononcées
qu’en SMC, entraînant des différences importantes de caractéris-
tiques mécaniques.
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[Link] Avantages
Parmi les procédés permettant la réalisation de corps creux,
l’enroulement filamentaire présente les avantages suivants :
— obtention de pièces à taux de renfort élevé (de l’ordre de 70 %)
apportant de hautes caractéristiques mécaniques ;
— possibilité sur un matériel adapté de réaliser simultanément la
partie cylindrique et les fonds d’une même pièce (citerne, bouteille
de gaz, etc.) ;
— orientation possible du renfort pour obtenir les caractéristiques
les plus élevées dans les directions des sollicitations auxquelles
seront soumises les pièces fabriquées.
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On peut également utiliser ce système de coupe sur mandrin avec [Link] Matériel
une machine d’enroulement traditionnelle. Il suffit, en effet, de dis-
Le matériel de moulage par centrifugation est constitué des
poser sur le mandrin d’un coupeur de verre ou d’un appareil de pro-
éléments suivants (figure 17) :
jection simultanée verre-résine, et l’on peut ainsi combiner l’emploi
de fils continus et de fils coupés. Ce système est largement utilisé — une rampe de distribution du renfort et de la résine ;
lorsque l’on recherche essentiellement de la rigidité, qui est alors — un moule métallique parfaitement équilibré ;
apportée par l’épaisseur à un coût moindre qu’avec l’enroulement — un système de mise en rotation de ce moule.
filamentaire pur puisque l’on peut abaisser le taux de verre à 35 %. ■ La rampe de distribution est l’organe d’alimentation du moule.
■ Quel que soit le procédé utilisé (continu ou discontinu) et quelle Si celui-ci est d’un diamètre inférieur à 500 mm, cette rampe sera le
que soit la structure retenue (rovings seuls ou autres types de renfort) support de conduit d’amenée de résine ; pour les diamètres supé-
la pièce, une fois polymérisée, doit subir des opérations de rieurs, ce sera aussi le support du coupeur de verre et des anneaux
finissage : de guidage du renfort, depuis la pelote de roving jusqu’au coupeur.
— pour les tuyaux : détourage des extrémités ; mise en place ou La rampe de distribution est animée d’un mouvement de trans-
réalisation des embouts de raccordement ; traitement éventuel pour lation s’effectuant parallèlement à l’axe de rotation du moule, de
l’obtention d’un matériau de qualité alimentaire (cf. article spécialisé façon à ce que la tête de distribution balaye toute la longueur du
dans le présent traité) ; moule.
— pour les citernes : mise en place de fonds et des supports ; mise Cette rampe comporte généralement trois conduites :
en place des vannes de remplissage et de vidange ; installation des — une pour la résine ;
portes de visite ; installation éventuelle d’une jauge de niveau ; traite- — une pour le catalyseur ;
ment éventuel pour l’obtention d’un matériau de qualité alimentaire. — une pour le solvant.
[Link] Avantages
Par rapport à l’enroulement filamentaire, l’enroulement avec
coupe mandrin présente l’avantage essentiel de permettre l’obten-
tion de pièces plus rigides. L’incorporation de charges (sable par
exemple) permet d’atteindre cette rigidité à un faible coût.
L’enroulement continu présente l’intérêt de pouvoir fabriquer dif-
férentes longueurs de tuyaux quelle que soit la longueur du mandrin.
Avec un mandrin d’un diamètre donné, on peut fabriquer toutes les
longueurs souhaitées.
[Link] Inconvénients
L’emploi de fils coupés ne permet pas l’obtention de taux élevés
de renfort et l’on ne peut donc pas, avec ce procédé, obtenir de
pièces à caractéristiques mécaniques élevées. C’est pourquoi la
coupe sur mandrin n’est utilisée qu’avec un renfort en fibres de
verre et une matrice de résine polyester.
[Link] Applications
Ce procédé de coupe sur mandrin est surtout utilisé pour la fabri-
cation de tuyaux d’assainissement ou d’irrigation. Dans certains cas,
il est aussi utilisé pour la fabrication de viroles de citernes dont les
fonds sont moulés indépendamment et rapportés par collage.
[Link] Principe
Le moulage par centrifugation est le procédé permettant l’obten-
tion de corps creux en disposant le renfort et la résine à l’intérieur
d’un moule mis en rotation à grande vitesse. On utilise l’effet de la Figure 16 – Enroulement en continu (d’après doc. Drostholm)
force centrifuge pour l’application et le maintien des constituants sur
la paroi intérieure du moule, et surtout pour l’imprégnation du ren-
fort par la résine.
Ce procédé permet la réalisation de pièces ayant des diamètres
de 100 à 2 000 mm et une longueur maximale de 6 m.
Le renfort utilisé a l’une des présentations suivantes :
— mat ......................................................................... pour les
— tissu, éventuellement combiné avec du mat .... diamètres
— complexes mat + tissu ......................................... inférieurs
à 500 mm
— rovings coupés in situ dans le moule, pour les diamètres
supérieurs à 500 mm.
Les résines utilisées sont le plus souvent des polyesters. Figure 17 – Moulage par centrifugation
On peut également employer des résines formophénoliques ou
époxydes.
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Ces trois conduites sont reliées, en extrémité de ligne, par une On peut employer du mat, du tissu ou un complexe mat + tissu
tête de mélange permettant, d’une part, une combinaison intime lorsque le diamètre du moule est inférieur à 500 mm environ. Pour
résine-catalyseur, d’autre part, son nettoyage par le solvant. des diamètres supérieurs, de tels renforts sont en effet difficiles à
Le coupeur de verre est fixé près de l’extrémité de la rampe de mettre en œuvre, car ils se tiennent difficilement sur la paroi du
distribution. Ce coupeur permet d’obtenir des fils de 25 ou 30 ou moule et ont alors tendance à former des plis ou des cloques.
50 mm, longueurs généralement utilisées pour les structures Dans le cas du mat, on choisit un renfort raide, c’est-à-dire de
composites réalisées avec ce procédé ; il est alimenté par plusieurs préférence un mat de verre de 600 g/m2 de masse surfacique, avec
rovings (jusqu’à 12 pour les diamètres voisins de 2 000 mm). Pour un taux de l’ordre de 6 % de liant moyennement soluble.
des problèmes de sécurité, ce coupeur est à moteur pneumatique. Les tissus peuvent être des taffetas, des sergés ou des tissus uni-
Le poste de commande de la rampe de distribution permet de directionnels. Pour les utiliser, on disposera sur la face externe de
distribuer le renfort et la résine, soit alternativement, soit simul- la pièce, donc sur la face en contact avec le moule, une couche de
tanément. mat, afin que cette couche extérieure soit plus riche en résine.
Le moule est habituellement réalisé en acier. L’intérieur est usiné Qu’il s’agisse de mat ou de tissu ou d’une combinaison des deux,
et poli ; c’est lui qui donnera l’aspect de surface extérieure de la pièce on découpe chaque renfort à la longueur développée exacte néces-
fabriquée. Compte tenu des vitesses de rotation élevées, le moule saire à l’obtention du nombre de couches déterminant l’épaisseur
doit être parfaitement équilibré. Les problèmes d’usinage (donc de souhaitée. Ce renfort est ensuite soigneusement enroulé sur un
coût) que posent les pièces de plusieurs mètres de diamètre et de mandrin dont le diamètre est inférieur à celui de la pièce à mouler.
plusieurs mètres de longueur limitent donc les dimensions acces- L’ensemble est introduit dans le moule de façon telle que, lors de
sibles par ce procédé. la mise en rotation du moule, le renfort se dévide et se plaque par-
La partie extérieure du moule comporte des chemins de roulement faitement contre la paroi du moule. Quelques tours suffisent pour
correspondant aux galets porteurs et moteurs du système mettre en place et faire se dérouler toutes les couches. La rotation
d’entraînement. du moule est arrêtée pour retirer le mandrin ayant servi à la mise
en place du renfort.
Aux deux extrémités du moule sont disposées des flasques
démontables qui, tout en laissant le passage aux organes distribu- Le moule étant mis à nouveau en rotation, on répartit la résine
teurs de renfort et de résine, contiendront cette dernière à l’intérieur uniformément sur la surface du renfort à l’aide du système d’ali-
du moule lors de la centrifugation. mentation. Tous les systèmes de résine polymérisant à température
ambiante peuvent être utilisés. Une viscosité de l’ordre de 0,2 Pa · s
■ L’entraînement du moule peut se faire de deux façons : (2 P) facilitera l’imprégnation des renforts en demandant une force
— entraînement par courroie (figure 18) : cette méthode n’est centrifuge moins grande, donc une vitesse de rotation inférieure. Le
généralement utilisée que sur les machines destinées à la réalisation mélange pourra comporter des pigments et des charges dans la
de pièces de faible diamètre ; mesure où celles-ci pourront être véhiculées et où la différence de
— entraînement par galets porteurs : c’est le cas le plus fréquent. densité ne provoquera pas leur sédimentation sous l’effet de la force
centrifuge.
Dans tous les cas, l’entraînement est commandé par un moteur
à vitesse variable car l’opération complète de moulage nécessite, La quantité de mélange d’imprégnation introduite dans le moule
pour une même pièce à fabriquer, deux vitesses de rotation du doit être contrôlée afin d’obtenir le taux de renfort souhaité.
moule : une vitesse lente pour la distribution du renfort et de la L’opération de dépose du renfort et du mélange d’imprégnation
résine puis, après variation progressive, la vitesse de centrifuga- étant terminée, on augmente la vitesse de rotation du moule jusqu’à
tion proprement dite. ce que l’on atteigne la vitesse de moulage proprement dite déter-
Le moule est soutenu par des galets porteurs, espacés de 2 à 3 m. minée en fonction des différents facteurs : nature et taux de renfort,
Ces galets auront une surface soit en bronze, soit en polyuréthanne. épaisseur et diamètre de la pièce, viscosité de la résine.
Chaque train de galets porteurs est accompagné d’un galet de sécu- Dans le cas d’emploi de roving coupé in situ, la mise en œuvre
rité disposé à la partie supérieure du moule. se différencie par le fait que l’on dépose d’abord une couche de résine
avant la distribution des fibres coupées et cela plusieurs fois, selon
[Link] Mode opératoire l’épaisseur de la pièce à réaliser. On augmente ensuite la vitesse de
rotation comme dans le cas d’emploi de mat.
■ Le moulage proprement dit se fait de façon différente selon que
l’on emploie du mat (ou du tissu) ou bien du roving coupé dans le Les variations de vitesse et la dépose des constituants peuvent
moule. être programmées, assurant ainsi une meilleure reproductibilité
des pièces fabriquées.
La détermination de la vitesse de centrifugation se fait à l’aide
d’abaques du type de celui représenté sur la figure 19.
Par exemple, pour un diamètre de 500 mm et un taux de renfort de
35 %, la vitesse de centrifugation sera de 1 000 tr/min. Pour ce même
diamètre de 500 mm, si l’on adopte une vitesse de centrifugation de
1 400 tr/min, on obtiendra un taux de renfort de 40 %.
Le taux de renfort susceptible d’être obtenu avec ce procédé se
situe entre 25 et 50 %.
■ La polymérisation s’effectue généralement à température
ambiante mais il est possible, pour améliorer la cadence de produc-
tion, d’utiliser un apport de chaleur tel que de l’air chaud pulsé à
l’intérieur du moule.
Dans tous les cas, il est nécessaire de maintenir la vitesse de centri-
fugation jusqu’au gel de la résine, après quoi la vitesse peut être
réduite jusqu’au durcissement complet. Il est intéressant de choisir
Figure 18 – Exemple type de machine de centrifugation une formulation de résine assez réactive, d’une part pour diminuer
le temps de mise en œuvre, d’autre part parce que le retrait sera
relativement important, ce qui facilitera le démoulage.
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[Link] Applications
Les procédés de réalisation des corps creux par centrifugation ou
par rotation permettent la fabrication de :
— tubes pour les installations pétrolières ;
— tuyaux d’assainissement d’irrigation ou d’adduction d’eau ;
— tuyaux pour l’industrie chimique ;
— tuyaux pour le chauffage urbain (géothermie) ;
— citernes de transport et de stockage pour le vin, le lait, les
produits chimiques ;
— lampadaires d’éclairage ;
Figure 19 – Variation de la vitesse de centrifugation — mâts de pavillons ;
en fonction du taux de renfort en verre, à diamètre constant — silos de stockage pour le grain ou les engrais ;
— cages de pressoirs à vin ;
— fosses septiques et cuves d’assainissement ;
■ Le démoulage est en effet d’autant plus aisé que le retrait est — cheminées.
plus important. Cela explique les difficultés d’extraction que l’on
peut rencontrer avec des pièces de faible épaisseur ou à taux élevé
de renfort. Dans la plupart des cas cependant, le démoulage se
résume à un décollage de la pièce ; le retrait mesuré sur le diamètre 1.5 Procédés de moulage en continu
d’un tube de 200 mm est de 0,5 mm pour une épaisseur de 5 mm.
■ Les cadences de fabrication sont essentiellement variables Outre le moulage par enroulement qui est parfois utilisé pour
selon les diamètres, les longueurs et les épaisseurs des pièces à fabri- mouler des tubes en continu, il existe deux procédés permettant la
quer, ainsi que l’automatisation du procédé. Elles varient de 150 fabrication en continu de pièces à section constante : le moulage
à 3 500 kg/j par homme et par poste de travail. entre pellicules et la pultrusion. Un procédé complémentaire, le pul-
À titre d’exemple, une pièce de 1 200 mm de diamètre, de 6 m de forming, dérivé de la pultrusion, permet d’obtenir en continu des
longueur, de 4 mm d’épaisseur, réalisée à partir de fils coupés, est pièces dont la section est constante mais de dimensions variables
moulée en un cycle de 60 min, à température ambiante. sur toute leur longueur.
C’est un procédé dérivé de la centrifugation pour la réalisation de Il est constitué des éléments suivants :
viroles cylindriques de diamètre supérieur à 1 500 mm. Le principe — un cantre de distribution des rovings avec tubes ou anneaux
de base reste le même, mais la vitesse de rotation du moule est infé- de guidage ;
rieure à celle nécessaire au moulage par centrifugation. Cette vitesse — un coupeur de grande largeur (du même type que celui utilisé
n’est plus suffisante pour permettre l’utilisation simple de l’effet de pour le SMC) permettant de couper les rovings et de répartir les fils
la force centrifuge pour l’imprégnation du renfort par la résine. On coupés sur la largeur utile correspondant à la largeur développée
dispose alors, à l’intérieur du moule, des rouleaux d’imprégnation du profilé ;
et de débullage qui entreront en action après la mise en place du
renfort et de la résine.
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(Ces deux éléments, cantre et coupeur, sont remplacés par de Cette étuve comporte trois zones de température, entre 70
simples rouleaux supports si l’on utilise du mat ou du tissu.) et 130 oC. La température de chaque zone est fonction de la lon-
— une zone d’alimentation en résine ; gueur de l’étuve, de la vitesse de fabrication et du système cataly-
— une table d’imprégnation comprenant : tique utilisé. Les longueurs d’étuve sont comprises entre 20 et
• une réserve de pellicule à l’amont de la table et une autre 50 m selon les installations. À l’intérieur de l’étuve, le sandwich est
réserve à l’aval, progressivement mis en forme au moyen de conformateurs. Ces
• une zone éventuelle de dépose de gel coat en amont, sur la derniers sont constitués de deux plaques métalliques ou en
première pellicule, contreplaqué imprégné de résines formophénoliques, situées de
• une zone pour la réception du renfort, part et d’autre du sandwich, et dont le profil varie selon leur posi-
• des peignes ou rouleaux d’imprégnation ; tion dans l’étuve, assurant ainsi une déformation progressive du
(Cette table d’imprégnation est constituée d’une plaque plane, sandwich plan pour lui apporter des ondes longitudinales. Les
généralement en acier inoxydable, et dispose d’un moyen de chauf- conformateurs disposés dans la deuxième zone de l’étuve dès
fage à sa partie inférieure pour amener sa surface à une température l’obtention du gel sont au profil désiré pour la pièce fabriquée. Le
de 30 à 35 oC afin de fluidifier la résine et favoriser ainsi l’imprégna- nombre de conformateurs varie entre 5 et 10 selon la longueur de
tion du renfort.) l’étuve.
— une étuve de polymérisation comportant trois zones pour la À la sortie de l’étuve, le matériau polymérisé est ébarbé latéra-
gélification, le formage et la polymérisation finale ; c’est dans cette lement. Il passe dans une machine de traction et il est coupé trans-
étuve que sont disposés les conformateurs qui donneront progres- versalement à la longueur désirée. Les pellicules ayant servi à
sivement au composite verre/résine entrant dans l’étuve la forme véhiculer le matériau sont réenroulées à la sortie de l’étuve avant
souhaitée ; la découpe.
— un banc de traction ;
Les films en polyester peuvent être réutilisés après nettoyage et
— un système d’enroulement des deux pellicules qui sont ainsi
réenroulage.
dégagées du profil fabriqué ;
— une zone d’ébarbage latéral et de découpe transversale ; pour Les renforts utilisables dans ce procédé sont, comme nous l’avons
se faire en continu, cette découpe transversale est constituée d’un vu, du mat ou du roving. Les mats, à fils coupés ou à fils continus,
système animé d’un déplacement asservi à la vitesse d’avance de sont des mats à liant pulvérulent à haute solubilité, de 300, 450
la machine. ou 600 g/m2. Les rovings sont à ensimage à base de silane, per-
mettant à la fois une bonne ouverture à la coupe et une très bonne
imprégnation. Dans le cas de la fabrication de plaques translucides,
[Link] Mode opératoire
ils doivent en outre permettre une transmission lumineuse de 85
La fabrication en continu sur un tel matériel est donc assurée par à 90 %.
le déroulement de la pellicule inférieure qui sert à la fois du système Les résines sont soit polyesters, soit formophénoliques. Les
de transport du composite et de moule (figure 20). résines polyesters sont utilisées seules si elles sont destinées à la
Cette pellicule est constituée soit par un film cellulosique ou fabrication de plaques translucides. Pour les autres applications,
polyester d’au moins 20 µm d’épaisseur qui sera rebobiné en fin de elles peuvent être chargées ou pigmentées.
machine après utilisation, soit par un film en polyester spécial ou Le taux de renfort obtenu avec ce procédé se situe entre 25 et
en poly (fluorure de vinyle) qui fera partie intégrante du produit fini 30 %. La densité des matériaux sans charges est de l’ordre de 1,4.
et constituera ainsi un gel coat de protection. Il en est de même de
la pellicule supérieure. La cadence de fabrication des machines en continu varie selon les
longueurs des installations. La vitesse des machines industrielles se
La résine polyester ou formophénolique est versée sur la pellicule situe entre 5 et 15 m/min.
inférieure et une règle de calibrage (doctor blade, en anglais) permet
de déterminer l’épaisseur de résine ainsi déposée. Sur cette couche
de résine est disposé le renfort : mat ou fils coupés à 50 mm obtenus [Link] Avantages et inconvénients
à partir de roving. La résine pénètre au cœur du feutre par capillarité. ■ Les pièces ainsi fabriquées en continu entre deux pellicules
Des peignes constitués de rouleaux cannelés ou, mieux, de présentent l’avantage de comporter deux faces lisses. Le gel coat de
languettes, viennent parfaire l’imprégnation qui s’effectue sur une la face extérieure leur permet d’avoir un très bon comportement au
longueur de 5 à 10 m selon les installations. La pellicule supérieure vieillissement, avantage prépondérant pour l’emploi en plaques de
est alors appliquée sur le matériau imprégné et le sandwich ainsi bardage ou de couverture. L’emploi de résines et de renforts en fibres
constitué passe entre deux rouleaux calandreurs avant de pénétrer de verre adaptés permet d’obtenir des pièces translucides.
dans l’étuve.
■ Ce procédé présente l’inconvénient de ne permettre que la réali-
sation de pièces à section constante, de forme simple et sans angles
vifs. Par ailleurs, le coût d’investissement du matériel de fabrication
est élevé et les caractéristiques mécaniques des pièces fabriquées
sont très moyennes.
[Link] Applications
Les plaques ondulées constituent la principale application de ce
procédé. La norme NF P 38-301 (juin 1983) précise les caracté-
ristiques physiques et mécaniques susceptibles d’être obtenues pour
les plaques ondulées en polyester renforcées de fibres de verre.
La gamme de plaques susceptibles d’être réalisées est très vaste,
certains producteurs proposant plus de 200 profils différents. La
largeur la plus courante de ces plaques est de 1 m ; les longueurs
proposées sont comprises entre 2 et 3 m. Leur masse surfacique est
Figure 20 – Moulage en continu comprise entre 1,5 et 2,2 kg/m2 selon les profils et les catégories de
plaques.
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Ce sujet est repris de façon plus détaillée dans l’article [A 3 729] [Link] Matrices
du présent traité. Jusqu’à ce jour, la seule matrice qui ait permis un développement
vraiment industriel des TRE est le polypropylène (PP) qui, grâce à
un rapport qualité/prix correct, a pu pénétrer le domaine de la grande
Les plaques en TRE (thermoplastique renforcé emboutissable)
série où les coûts de matière sont des paramètres importants de déci-
sont nées du besoin d’améliorer les caractéristiques mécaniques des
sion. Des plaques ont été également réalisées avec polyamides, des
pièces en thermoplastique armé obtenues par injection (ou TPA
polyesters (polybutylènetéréphtalate PBT) et même des polymères
injectés), dans lesquelles le renfort est en très faible longueur (0,2
plus techniques tels que le polycarbonate (PC), les PPO ou des
à 0,5 mm). Ces plaques sont donc des semi-produits avec des fibres
alliages PC-PBT.
longues, qui seront mises en œuvre avec des techniques de moulage
qui ne détruiront pas ou peu les caractéristiques du renfort par oppo- D’importants travaux de développement sont effectués sur ces
sition à l’injection. Ces plaques sont apparues en 1970 après que polymères techniques, en particulier dans le but de réaliser des pan-
le premier brevet traitant du sujet ait été déposé en 1964. neaux de carrosserie automobile, mais les applications en sont
encore au niveau des prototypes.
Tableau 2 – Caractéristiques comparées d’éprouvettes moulées à partir de plaques en TRE et d’autres matériaux
TRE PP VH TRE PP VS PP injecté PP SMC
Caractéristiques
(1) (2) 30 % verre vierge 30 % verre
Masse volumique .................................... (en 103 kg/m3) 1,15 1,19 1,15 0,9 1,75
Température de fléchissement sous charge ........... (oC) 155 154 135 54 > 200
Contrainte à la rupture en flexion ......................... (MPa) 110 à 120 165 110 33 200
Module d’Young en flexion ................................... (MPa) 4 800 5 500 4 800 1 100 13 000
Contrainte à la rupture en traction ....................... (MPa) 70 97 70 25 100
Résistance au choc Charpy ................................ (kJ/m2) 45 77 18
Taux de verre .............................................................. (%) 30 40 30 0 30
(1) VH : voie humide (doc. Arjomari ).
(2) VS : voie sèche (doc. Azdel ).
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[Link] Emboutissage
■ Principe
L’emboutissage s’apparente à la fois à la transformation de la tôle
et au thermoformage de feuilles thermoplastiques. Dans l’emboutis-
sage, la matière flue peu.
■ Mode opératoire
Figure 24 – Transformation de TRE
Les conditions de mise en œuvre sont les suivantes :
— chauffage des plaques à la température T > Tf de la matrice
thermoplastique (par exemple : 190 oC pour le PP) ;
Des développements sont également en cours pour les capotages
— mise en place rapide dans le moule et fermeture rapide de
pour matériels électrique et électronique, ainsi que pour les pan-
celui-ci ;
neaux pour le bâtiment.
— température du moule : 20 à 60 oC ;
— pression : 1 à 3 MPa selon la formule et l’épaisseur de la pièce
à réaliser.
2.2.3 Avantages et inconvénients des TRE
Les cadences, très élevées, peuvent atteindre 180 pièces à l’heure. par rapport aux TPA injectés et aux SMC
Le chauffage des plaques peut être réalisé dans un tunnel avec
rampes à infrarouge (haut et bas) ou dans un four à air pulsé. ■ Comparaison avec les pièces en TPA injectés
Les presses utilisées sont des presses hydrauliques à grande Par rapport aux pièces en matières thermoplastiques injectées, les
vitesse de déplacement des plateaux. pièces réalisées par compression de TRE ont :
■ Applications — une meilleure résistance aux chocs ;
— une meilleure stabilité dimensionnelle d’où la possibilité de
L’emboutissage permet l’obtention de pièces n’ayant pas de varia-
pièces de grandes dimensions ;
tion d’épaisseur et d’éléments de grandes surfaces. Ce procédé est
— des cycles de fabrication des grandes pièces plus courts ;
également particulièrement adapté à la réalisation de pièces
— un aspect de surface moins bon ;
habillées d’un tissu, d’une moquette ou d’un autre revêtement de
— des possibilités plus limitées pour la réalisation de pièces ayant
type vinylique par exemple.
des formes complexes ;
— un choix de matrice plus limité.
[Link] Estampage
■ Comparaison avec les pièces en SMC
■ Principe
Par rapport aux pièces en SMC, les pièces réalisées par compres-
Ce procédé s’apparente au moulage par compression des SMC sion de TRE ont :
(§ 1.3.3) car le moulage s’effectue avec écoulement de la matière
— une densité plus faible (1,2 contre 1,8 environ) ;
pour remplir l’empreinte (figure 24). Il s’en distingue par le fait que
— une meilleure résistance aux chocs ;
l’on préchauffe les TRE à la température de plastification de la
— un cycle de fabrication plus court ;
matrice et que le moule est à température inférieure.
— un aspect de surface moins bon ;
En dehors de ces deux points, toutes les autres opérations ont une — un coût de matière plus élevé.
approche similaire à celle du moulage par compression de SMC :
Signalons également un avantage du TRE par rapport au SMC :
découpe des flans, plan de chargement du moule, conception du
la facilité de stockage de la matière avant moulage.
moule.
■ Mode opératoire
Les conditions de mise en œuvre sont les suivantes : 2.3 Autres procédés
— chauffage des flans : 200 à 210 oC pour le PP ;
— température du moule : 40 à 60 oC ;
— vitesse d’approche du moule : 300 à 500 mm/s ; L’injection à partir de granulés et la compression à partir de
— vitesse de compression : 30 à 50 mm/s (plus rapide que pour plaques sont les deux procédés actuellement les plus répandus pour
le SMC à cause du refroidissement de la matière, et donc de la le moulage des thermoplastiques renforcés. Mais il existe aussi
montée en viscosité) ; quelques réalisations faisant appel à d’autres procédés : l’enroule-
— pression : 10 à 20 MPa (plus importante que pour les SMC, la ment, la pultrusion et le moulage par rotation.
viscosité de la matière étant plus élevée) ;
Le moulage par rotation fait appel à un renfort sous forme de fils
— moule : en acier avec chambre de compression ;
coupés alors que l’enroulement et la pultrusion nécessitent un
— cadences : très supérieures à celles obtenues avec des SMC,
renfort continu, préimprégné avec une résine thermoplastique.
elles peuvent atteindre 120 pièces/h.
■ Applications
Ce procédé, qui est utilisé pour le moulage de pièces complexes
2.3.1 Préimprégnation d’un renfort
(variations d’épaisseur, nervures, bossages, évidements, etc.), est le avec une résine thermoplastique
plus employé pour le moulage des TRE.
■ Principe
Les applications actuelles concernent surtout l’industrie auto-
mobile : poutre de pare-chocs, support intégré de radiateur et de Le renfort se présente sous forme d’une mèche continue et l’impré-
motoventilateur, plancher de coffre, plaque antibruit (écran sous gnation consiste soit en un gainage de cette mèche avec une résine
moteur), support de batterie, carter de chaîne de distribution, car- thermoplastique fondue, soit en une dépose d’une résine en poudre
casses de siège, etc. sur les filaments de cette mèche.
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■ Principe
Le moulage par rotation est utilisé avec des résines thermo-
plastiques pures pour fabriquer généralement des récipients de
moyenne ou grande contenance (1 000 L et plus). Cette technique
Figure 25 – Imprégnation d’un ou plusieurs stratifils de verre, est peu développée avec les résines thermoplastiques renforcées,
réalisée sur extrudeuse à tête d’équerre mais elle a cependant quelques applications particulières pour
lesquelles on recherche en particulier une bonne stabilité
dimensionnelle.
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■ Mode opératoire Les taux de renfort peuvent varier de 10 à 40 % selon les carac-
Le polymère en poudre est prémélangé avec des fils coupés. On téristiques recherchées.
choisit en général comme longueur de coupe 3 ou 4,5 mm.
[Link] Matériel
Ce prémélange est introduit dans le moule pendant sa mise en
rotation. La résine se fluidifie au contact du moule chauffé et se Les moules sont en béton époxyde ou métalliques pour les
répartit ainsi sur la surface de dernier. Lorsqu’une répartition grandes séries (principalement en aluminium coulé). Ceux-ci sont
homogène de la matière est obtenue, le moule est refroidi et la pièce généralement chauffés entre 50 et 55 oC par un fluide caloporteur
peut être démoulée. ou par des résistances électriques.
■ Avantages et inconvénients Les machines de mélange des deux principaux constituants des
résines polyuréthannes (polyol et isocyanate) sont généralement
Certaines précautions doivent être prises : constituées de deux pompes travaillant dans des rapports volumé-
— vitesse de rotation généralement plus lentes qu’avec l’emploi triques allant de 40/60 à 60/40. De ce fait, elles diffèrent légèrement
des matières thermoplastiques pures, pour éviter la ségrégation des machines d’injection des résines polyesters. Toutefois, elles ont
renfort/résine ; en commun d’être des pompes à piston travaillant à faible pression.
— température légèrement supérieure (+ 10o à + 20 oC), pour Leur coût varie en fonction des débits et des capacités.
permettre d’abaisser la vitesse de rotation et tenir compte de l’inertie
thermique du verre ; [Link] Mode opératoire
— couche de surface (interne, externe ou les deux) en résine pure
nécessaire pour éviter l’affleurement des fibres de verre en surface. Les opérations de moulage sont les suivantes :
— dépose sur le moule du revêtement de surface ;
— mise en place du renfort (mat ou préforme) et des inserts ;
— distribution régulière de la résine sur le renfort ;
3. Renforcement — fermeture du moule ;
— ouverture et déchargement de la pièce.
des mousses rigides Pour les polyuréthannes, les temps de cycle sont de l’ordre de 5
à 10 min alors que pour les polyesters, ils peuvent varier de 15
ou semi-rigides à 30 min.
Pour les grandes séries, les moules sont multipliés et disposés
Le renforcement des mousses rigides se développe depuis rela- en carrousel avec poste d’habillage, un poste d’injection et un
tivement peu de temps pour des applications où les critères de choix poste de démoulage-traitement du moule.
sont : légèreté, isolations phonique et thermique, rigidité. Un renfort
Après moulage, les pièces sont reprises pour le détourage ou
en fibres de verre, qui est actuellement le plus utilisé, améliore les
d’autres finitions (perçages, découpes, etc.). Ces opérations peuvent
faibles caractéristiques mécaniques des mousses qui limitaient
être réalisées par poinçonnage ou par les moyens déjà évoqués pour
jusqu’alors leur utilisation dans les matériaux composites aux âmes
les composites.
de panneaux sandwiches. Les principales améliorations concernent
le module d’Young, la résistance en flexion, la tenue aux chocs, la
tenue en température et la stabilité dimensionnelle.
3.1.2 Injection en moule fermé
■ Principe
3.1 Moulage entre moule Le principe est identique à celui de l’injection basse pression de
et contre-moule résine liquide (§ 1.2.2) avec une pression d’injection encore plus
faible puisque le volume injecté est inférieur au volume de
3.1.1 Alimentation en moule ouvert l’empreinte, l’expansion se faisant après l’injection. Celle-ci se fait
en un ou plusieurs points selon la forme et la dimension de la pièce.
[Link] Principe ■ Matériel
Il consiste à déposer le renfort sur l’un des deux demi-moules, Les renforts et les résines sont identiques à ceux utilisés en injec-
puis à distribuer la crème (mélange des constituants de la résine et tion en moule ouvert (§ 3.1.1). Il en est de même pour les moules
de l’agent moussant) sur celui-ci au moyen d’une machine de qui ne diffèrent que par l’aménagement du ou des points d’injection.
mélange. Le moule est immédiatement fermé, l’expansion de la Ceux-ci sont également chauffés à des températures de l’ordre
résine se faisant dans le moule fermé. de 50 oC.
Cette technique permet d’intégrer facilement le revêtement de la ■ Mode opératoire
pièce : moquette, tissu, peau en PVC ou PUR, etc. Lorsque l’on
recherche un renforcement à cœur de la mousse, le renfort utilisé Il est identique à celui de l’injection en moule ouvert, si ce n’est
est généralement un mat à fils continus. Son réseau fibreux très aéré que la fermeture du moule s’effectue avant l’opération d’injection.
permet une bonne pénétration de la mousse et ses fils bouclés (non ■ Avantages et inconvénients
tendus) s’expansent avec la mousse, ce qui assure une certaine
homogénéité du renforcement dans l’épaisseur de la mousse. Les L’injection en moule fermé permet d’utiliser des systèmes de
mats à fils continus sont également utilisés pour les pièces de formes mousse avec des temps de moussage et de gel plus courts que dans
variées grâce à leur aptitude à la déformation qui permet un bon la technique en moule ouvert. Elle permet donc des cycles légère-
remplissage de l’empreinte. ment plus rapides, mais il est plus difficile d’obtenir des pièces
homogènes en densité, la résine n’étant pas distribuée sur toute la
Dans le cas de pièces très complexes, on utilisera des préformes surface de la pièce. Ce défaut engendre des variations des caracté-
obtenues à partir de mats à fils continus (§ [Link]). Les mousses ristiques mécaniques de la pièce. Enfin, la mise en place du renfort
renforcées par ce procédé sont essentiellement des mousses poly- et son maintien sont plus délicats pour assurer un bon remplissage
uréthannes. Des développements sont actuellement en cours des du moule par la mousse.
mousses polyesters.
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■ Rayon de courbure : les procédés utilisant des renforts sous ■ Tolérances : il n’est pas possible de donner des valeurs pour les
forme de mat ou de tissu nécessitent de concevoir des pièces avec tolérances obtenues car celles-ci sont essentiellement fonction :
des rayons de courbure de 5 à 7 mm. Ces renforts ne peuvent pas, — de la nature de la résine utilisée ;
en effet, épouser parfaitement un angle vif et des rayons inférieurs — du taux de renfort moyen de la pièce moulée ;
à 5 mm constitueraient des zones de résine pure, donc fragiles. — de la conception et de la nature du moule.
Les procédés utilisant des renforts dispersés dans la masse tels Il est important de se rappeler, lors d’une conception de pièce en
que les granulés thermoplastiques, les prémix ou les SMC per- matériau composite, que le retrait s’effectue sur toutes les dimen-
mettent des rayons plus faibles, allant même jusqu’à l’angle vif. sions de la pièce : longueur, largeur et épaisseur. L’orientation d’un
Le procédé de pultrusion permet également la réalisation d’angles renfort a donc une influence sur la façon dont s’effectuera le retrait,
vifs à condition de disposer du roving dans l’angle considéré et non et, par conséquent, sur les tolérances dimensionnelles. Les taux de
du mat ou du tissu. retrait, selon les matrices, sont indiqués par les fabricants.
■ Rigidité : les matériaux composites de grande diffusion (résine, ■ Usinage et assemblage : l’usinage des composites s’effectue
fibres de verre), comparés à la plupart des métaux ou au bois, ne généralement sans difficulté. On utilise habituellement des outils à
sont pas des matériaux très rigides. L’augmentation de rigidité peut pointe de carbure de tungstène ou des outils diamantés pour le
être obtenue par différents moyens : perçage. L’ébarbage, le sciage et le meulage s’effectuent avec des
— augmentation du taux de renfort ; fraises ou des disques diamantés. Afin de limiter les poussières
— orientation des renforts dans le sens où l’on veut améliorer la volantes, cet usinage s’effectue soit avec projection d’eau sur l’outil,
rigidité ; soit avec une gaine aspirante. On utilise également des procédés
— disposition de nervures lors de la conception de la pièce d’usinage par découpe au jet d’eau ou au rayon laser.
(figure 26a et c) ; L’assemblage s’effectue le plus souvent par collage, après ponçage
— augmentation, partielle ou totale, de l’épaisseur ; cette aug- des parties à assembler. Les adhésifs sont à base de polyuréthanne,
mentation d’épaisseur peut se faire, avec certains procédés, par de résines acryliques ou époxydes (cf. article [A 3 758] Assemblage
incorporation d’un matériau sandwich (figure 26b et d ) qui permet par collage dans ce traité). Dans certains cas, on réalise également
d’améliorer la rigidité en augmentant très faiblement la masse de des assemblages mécaniques qui peuvent éventuellement venir
la pièce. compléter un assemblage par adhésif.
■ Matériau sandwich : il peut être obtenu directement par les pro- ■ Finition et peinture : lorsque les procédés le permettent
cédés de moulage au contact, par projection ou avec les procédés (moulage de petites et de moyennes séries), on utilise le gel coat
pour moyenne série. Il est constitué de deux parements réalisés avec comme couche de finition. C’est ce que l’on fait généralement aussi
une résine thermodurcissable renforcée et d’une âme de faible pour les pièces moulées par enroulement, par centrifugation ou en
masse volumique (quelques kilogrammes par mètre cube). L’âme continu entre pellicules. Mais dans le cas du moulage en grandes
pourra être : séries, si la coloration dans la masse ne suffit pas, on peut appliquer
— du bois de balsa ; une peinture de finition. On doit, au préalable, éliminer les traces
— une mousse rigide de polyuréthanne, de PVC, de polystyrène d’agent de démoulage, soit par dégraissage chimique, soit par
ou une mousse formophénolique ; sablage. La peinture est ensuite appliquée au pistolet. Dans certains
— un nid-d’abeilles en papier imprégné de résine formophéno- cas, on fera précéder cette application de peinture par la dépose d’un
lique, en aluminium, en matière thermoplastique ou en composite primaire ou d’une couche d’accrochage. C’est la méthode employée
(carbone ou verre imprégné de résine époxyde). pour les pièces de carrosserie automobile (cf. article [A 3 785] dans
ce traité). Dans le cas de moulage de SMC, on peut utiliser, soit
comme couche de finition, soit comme couche de primaire, l’in mold
coating (§ 1.3.3)
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A 3 720 − 32 © Techniques de l’Ingénieur, traité Plastiques et Composites
Tableau 3 – Possibilités générales offertes par les procédés
Procédés
Caractéristiques
entre
R-RIM
de TPA
de TRE
de SMC
Injection
Injection
Injection
Moulage
Moulage
Moulage
Moulage
Moulage
pellicules
sous vide
de prémix
Pultrusion
au contact
Estampage
et moulage
Enroulement
Compression
Imprégnation
à la presse BP
par projection
à la presse HP
par centrifugation
Mat Mat Fibres Roving Mat
à fils Mat Mat Fils broyées Roving Mat Roving Fils
Présentation à fils Roving Roving Roving
continus Préforme Préforme coupés Mat Tissu à fils Roving Mat coupés
des renforts coupés Tissu Préforme Tissu Tissu Mat Roving à fils Mat coupés Mat Tissu Roving Fils
Tissu coupés
Tissu continus Tissu
30 25 20 20 30 30 15 10 65 25 25 35 20 30
Taux de renfort ........ (%) à à à à à à à à à à à à à à
40 30 40 40 45 45 25 20 75 50 30 70 40 40
PA, PP,
Cas courants
poly-
EP, UP, UP, styré
Type de matrice............. UP, UP UP, EP, PF UP, EP, UP, EP, PF UP, PF UP, PF PUR UP UP, PF PP
PF EP, PF EP, PF niques,
PBTP,
Pc, PPO
Faces lisses (1 ou 2)............. 1 1 2 2 2 2 2 2 1 2 2 2 2 2
Gel coat sur 1 face ............... oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui non non non
(IMC) (1)
Séries .................................... 1 000 1 000
(nombres de pièces par an) < 1 000 < 1 000 à à > 10 000 > 20 000 > 20 000 > 5 000 > 50 000 > 50 000
10 000 10 000
Nervures avec variation
d’épaisseur ......................... non non non non non oui oui oui non non non oui oui oui
Inserts ................................. oui oui oui oui oui oui oui oui non non non non oui oui
Structure sandwich.............. oui oui oui oui oui oui non non non oui non non non non
10 100 150 300 500 200 5 000
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