Gestion des risques chez COPREF
Gestion des risques chez COPREF
ISCAE
Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des entreprises
Casablanca Maroc
Exécutive MBA Promotion 3 Edition 20082010
Gestion intégrée des risques
et optimisation de la performance
d’une entreprise de construction
Cas de la société COPREF
Thèse professionnelle pour l’obtention de l’Executive MBA
Présentée et soutenue à l’ISCAE par
Abdelkader Kadiri Hassani Yamani
Le 18 juillet 2011
Jury
Président : Monsieur Zakaria Farès Benomar
Professeur à l’ISCAE
Directeur de recherche : Monsieur Brahim Kerzazi
Professeur à l’ISCAE
Suffragants : Monsieur Mustapha Bezzaz
Directeur Administratif de Copref
Monsieur Jamal Zemmouri
Directeur Financier de Copref
« Le savant n’est pas celui qui fournit les vraies réponses,
c’est celui qui pose les vraies questions »
Claude Lévi-Strauss
cette thèse. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leur auteur »
Remerciements
INTRODUCTION ............................................................................................................................ 8
CHAPITRE 1 – LE CONTEXTE PROFESSIONNEL ................................................................ 8
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 8
I. Présentation du secteur BTP au Maroc .................................................. 9
I.1. Informations générales ........................................................................................... 9
I.2. Principaux indicateurs économiques du secteur .................................................. 10
I.3. Rôle de l’Etat et son intervention dans le secteur ................................................. 15
I.4. Prévisions et perspectives ..................................................................................... 18
II. Présentation de l’entreprise Copref .................................................... 23
II.1. Indicateurs d’activité............................................................................................ 25
II.2. Structure et moyens ............................................................................................. 27
II.3. Qualification ........................................................................................................ 31
II.4. Contexte ............................................................................................................... 31
CONCLUSION DU CHAPITRE 1 ............................................................................................... 33
Bibliographie
Webgraphie
Glossaire
Annexes
Annexe 1 : Tendance du marché immobilier - Bank Al Maghrib - Mai 2011
Annexe 2 : Synthèse du cadre de référence américain COSO
Annexe 3 : Le cadre de référence européen FERMA
Annexe 4 : Les quatre dimensions de l’environnement
Annexe 5 : Offre assurances selon le plan comptable marocain
Annexe 6 : Ils ont dit .... Citations
INTRODUCTION GENERALE
Le dernier plan stratégique, validé par la direction générale, fixe comme objectifs
à court terme : l’amélioration de la performance et de la rentabilité, une croissance
de 25% du chiffre d’affaires, et enfin le développement de l’image et de la notoriété.
1
[Link]
1
notre structure qui emploie 93 collaborateurs et plusieurs centaines d’ouvriers, nous
mesurons l’immense responsabilité sociale qui nous incombe.
Notre but premier, en tant que membre de l’équipe dirigeante, est de prévenir
tout risque de perte de valeur pour l’entreprise Copref et pour ses parties prenantes,
mais aussi et surtout explorer toutes les voies possibles et imaginables permettant
l’amélioration de ses performances.
La question qui se pose à nous avec acuité, est comment aider Copref à atteindre
les objectifs stratégiques qu’elle s’est fixée ?. En langage managérial, cette
problématique est désignée sous le vocable d’« alignement stratégique » 2 .
Voilà quelques questions de fond qui habitent nos réflexions et constituent une
préoccupation constante de l’équipe de direction de Copref.
2
Voire les travaux de David P. NORTON et Robert S. KAPLAN de Harvard University, notamment
l’ouvrage : L’alignement stratégique – Créer des synergies par le tableau de bord prospectif (ou
Balanced ScoreCard), Nouveaux Horizons, 2007.
2
mené à poursuivre davantage dans cette voie, jamais encore explorée par notre
structure.
Notre recherche consisterait donc à relier deux pôles : celui de la gestion intégrée
des risques et celui de la performance, en partant de l’hypothèse selon laquelle la
gestion intégrée des risques influence positivement sur la performance de
l’organisation.
C’est donc la problématique même de notre travail de recherche, que nous nous
proposons de développer dans le cas de la société Copref. Cette problématique « est
née à la fois d’un besoin qui l’a rendu nécessaire et d’outils disponibles qui l’ont
rendu possible » 3 .
3
En paraphant A. BURLAUD et C. SIMON, qui en 1997 parlaient de contrôle de gestion
3
PROBLEMATIQUE GENERALE
4
Objectif de la recherche
A la lumière des résultats qui seront dégagés à l’issue de cette première phase,
que nous souhaitons pertinents, nous poursuivrons l’atteinte des objectifs ci-après :
Notre travail se veut une contribution à la clarification des risques qui pèsent sur
l’entreprise, en y apportant les correctifs nécessaires tant au niveau stratégique et
organisationnel, qu’au niveau technique et opérationnel.
5
Partant des réalités économiques et organisationnelles de Copref, notre démarche
consisterait à revisiter, à travers le prisme du Risk Management, aussi bien la
stratégie de Copref que ses diverses fonctions et procédures en les abordant tous
ensemble, de manière cohérente.
1. Mener une étude des risques de l’entreprise Copref servirait, d’une part à
améliorer sa gestion de performance, à travers la maîtrise de ses risques et
leurs conséquences potentielles, et d’autre part affermir son immunité face
aux nombreux aléas de son environnement contraignant.
Une partie non négligeable de cette démarche est encouragée et soutenue par la
direction. En effet, le dirigeant et fondateur de Copref en raison de son fort
engagement sur l’objet même de son entreprise, à savoir pérennité et création de
valeur, fait de la bonne maîtrise des risques une de ses priorités.
6
Structure du travail
Ainsi, après la présentation du contexte professionnel dans le quel est menée cette
Bâtiment et Travaux Publics – (chapitre 1), nous exposons les fondements théoriques
(chapitre 2).
recherche - enquête des risques de Copref selon la méthodologie dictée par la norme
internationale ISO 31000 de management du risque (chapitre 3), nous exposons nos
(chapitre 4).
7
PREMIERE PARTIE :
Cette première partie est répartie en deux chapitres. Nous essayons dans un
premier temps, soit le chapitre 1, de définir le contexte professionnel dans lequel
évolue l’entreprise Copref, en soulignant d’une part les principaux indicateurs
économiques du secteur et le rôle de l’Etat et son intervention dans celui-ci. Et
d’autre part, de faire une présentation à la fois succincte et complète de l’entreprise
Copref en mettant l’accent sur ses indicateurs d’activité, ses moyens d’exploitation et
sa structure organisationnelle.
Introduction
8
I. Présentation du secteur BTP au Maroc
Le secteur du Bâtiment et Travaux Publics (BTP) au Maroc joue un rôle majeur
dans l’économie nationale, eu égard aux effets d’entraînement qu’il produit 4 . Selon le
Centre Marocain de Conjoncture 5 (CMC), «le secteur de l’immobilier contribue, pour
une part importante, à la consolidation de la croissance et au développement social à
travers les multiples activités qu’il génère».
Les données les plus récentes sur les échanges interbranches révèlent que «les
activités de construction induisant une demande intermédiaire au niveau des autres
secteurs représentant 10% de la demande intermédiaire globale de l’ensemble de
l’économie» 7 . Les dernières statistiques sur l’emploi attribuent au secteur du
bâtiment et travaux publics près de 700.000 emplois directs, soit 6,7% de la
population active. Toutefois, la masse salariale générée par ces emplois se situe en
moyenne autour de 5% de l’ensemble des revenus salariaux.
4
Ne dit-on pas : Quand le BTP va, tout va
5
Voir publication du centre disponible sur le site internet : [Link]
6
Le secteur BTP compte 22 sous- secteurs fixés par l’arrêté du Ministre de l'Equipement et des
transports n° 1944-01 du 19 octobre 2001
7
Voir publication du centre disponible sur le site internet : [Link]
9
Aussi, les entreprises organisées du secteur ne représentent que 13% du tissu
global (1 500 / 1 500 + 10 000). Toutefois, leur poids dans le secteur demeure très
important au regard du chiffre d'affaires (2/3 du CA global), des salaires versés
(2/3), de la valeur ajoutée (3/4 de la VA globale) et de l'emploi global (60%). La
taille moyenne est de 120 emplois par entreprise organisée et un maximum ne
dépassant pas une dizaine de postes pour les entreprises non organisées.
10
La contraction de l’activité du BTP a été particulièrement prononcée au quatrième
trimestre 2010, comme en témoigne le recul de l’ensemble des indicateurs du
secteur. Ainsi, la valeur ajoutée a fléchi de 2,2%, par rapport au trimestre précédent
(avec une variation annuelle de -1,6%, soit la plus forte baisse enregistrée depuis le
premier trimestre 2002). Impactée par cette contre-performance, la demande
adressée aux matériaux de construction s’est affaissée : les ventes de ciment se sont
repliées de 4,6%, en variation trimestrielle, et la production des autres minéraux de
carrières a fortement régressé. L’emploi dans le secteur n’a, quant à lui, progressé
que de 0,5% au cours de la même période. Cette tendance a été confirmée, par
ailleurs, par les résultats de la dernière enquête de conjoncture 8 , réalisée par le Haut
commissariat au plan (HCP). Selon les déclarations des chefs d’entreprises, une
baisse significative a été relevée au niveau de l’utilisation des facteurs de production.
Les carnets de commande ont été en dessous de leur niveau moyen de long terme,
en ligne avec la baisse des transactions sur les biens immobiliers résidentiels
(-16,6%, en rythme trimestriel).
(Source : Bank Al Maghrib – rapport sur la tendance du marché immobilier – n° 6/2011 – voir annexe 1)
Au même moment, les prix des biens ont poursuivi leur tendance haussière sur la
quasi-totalité des segments, et spécialement le haut standing.
8
Point de conjoncture du HCP n° 20 – Avril 2011. Disponible sur internet à :
[Link]
9
Selon les statistiques fournis par Bank Al Maghrib sur la tendance du marché immobilier au 1er
trimestre 2011. (Voir Annexe 1)
11
(Source : Bank Al Maghrib – rapport sur la tendance du marché immobilier – n° 6/2011 – voir annexe 1)
12
Figure 1 : Évolution de la consommation du ciment (source : APC)
Le secteur BTP contribue pour plus de la moitié dans la formation brute du capital
fixe (FBCF) et ce depuis 2001. Il a drainé un volume d'investissement de 97,53
Milliard de DH en 2007 et de près de 111,66 Milliard de DH en 2008. La part de la
formation brute du capital fixe (FBCF) du BTP continue à représenter plus de 50% du
total de l’économie nationale.
13
Selon Bank Al Maghrib 10 , et en relation avec le ralentissement de crédit à la
promotion immobilière, le secteur BTP a disposé en 2010 d’un encours de crédit de
81,8 milliards, en hausse de 2,2% seulement et sa part dans le total des crédits,
distribués en 2010, est revenue de 14,1 à 13,3%.
10
Rapport annuel 2010 sur l’activité des établissements de crédit. Page 49. Disponible sur internet à :
[Link]
MOD=AJPERES&attachment=true
11
Informations tirées du site internet : [Link]
12
Selon les statistiques publiées par Bank Al Maghrib, le 16 Mai 2011, sur la tendance du marché
immobilier au 1er trimestre 2011. Voir Annexe 1.
14
Production de l'habitat social
(en Milliers d'unités)
140 129
121
113 115
120
98.8
100 90
80
75
60
60
40
20
0
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
En 2009, la création nette d'emplois dans le secteur BTP a été de 62.000 postes
au niveau national et de 41.800 postes en milieu urbain. Le secteur a employé, en
2009, près de 966.000 personnes; soit 11, % de la population active âgée de 15 ans
et plus.
Evolution des emplois crées par le secteur du BTP
(en milliers)
1000 966
839 904
790
800 683
600
400
200
0
2005
2006
2007
2008
2009
Figure 6: Evolution des emplois du secteur BTP
15
personnels qualifié (techniciens et cadres) durant les prochaines années de même
que les besoins en formation continue augmenteront de manière substantielle. Par
ailleurs, et compte tenu du faible taux d’encadrement qui prévaut dans le secteur, les
besoins en formation sont donc importants et justifient largement à eux seuls la
création d’un premier institut supérieur de bâtiment et travaux publics avec
probablement à moyen terme la nécessité de création d’autres instituts.
habitat social dans les provinces du Sud pour un coût de 1,414 milliard de
dirhams, financé par le budget d’investissement du ministère de l’Habitat à
16
hauteur de 794,32 millions de dirhams et 620 millions de dirhams par le
Fonds de solidarité de l’habitat ;
13
Source : Article de presse « Al Omrane poursuit sa mue » du Vendredi 01 Juillet 2011, quotidien Les
Echos - N° 413 - Page 8. Disponible sur internet à :
[Link]
[Link]
17
d’ici 2015, la réalisation de 24.000 unités, dont 4.605 unités sont en cours
d’exécution et 11.014 en phase d’étude 14 .
14
Source : Article de presse « Al Omrane dévoile son plan d’action pour 2011», quotidien
L’Economiste, Édition N° 3564 du 01 Juillet 2011. Disponible sur internet à :
[Link]
15
La ville nouvelle affiche un taux de réalisation de 95% et 13.000 personnes y ont déjà trouvé
logement sur les 250.000 prévus, selon Badr Kanouni Président du directoire de la holding
d’aménagement Al Omrane lors de la conférence de presse du jeudi 30 juin 2011 à Rabat.
18
Crédits FORGARIM garantis par l'Etat
(en million de DH)
15 513
14 870
10 422 16 000
14 000
2 608 9 873 12 000
10 000
8 000
6 000
2005
4 000
2006
2007
2 000
0
2008
2009
Figure 5 : Variation des crédits FOGARIM garantis par l’Etat (Source : CCG)
Difficile aujourd’hui de se faire une idée précise des prix, aucun baromètre
officiel, par ville et par quartier, n’existe. Les seuls chiffres qui fournissent quelques
19
indications de prix sont ceux fournis par les agences immobilières. Le ministère de
l’habitat a notamment annoncé le projet de création d’un baromètre officiel des prix.
20
Figure 7 : Production semestrielle de logement social
(Source : HCP - Note de conjoncture n° 20 – Avril 2011)
Le ministère de l’Habitat estime que le pays doit produire 131.000 logements par
an dont 70.000 pour les nouveaux ménages et 61.000 unités pour résorber le
dixième du déficit déjà existant. 63 % de cette demande se concentre sur cinq
régions, à savoir Casablanca, Rabat, l’Oriental, Souss-Massa- Draâ et Marrakech.
16
Source : article de presse « Ces inquiétants retards des chantiers publics! », Le quotidien
L’Economiste Édition N° 3533 du Jeudi 19 Mai 2011. Page 17. Disponible sur internet à :
[Link]
17
Selon le patron d’une importante entreprise de BTP, les délais de paiement s’élèvent en moyenne à
120 jours, mais dans certains cas, ils peuvent atteindre un an!
21
rappel, suite à la flambée de certaines matières premières, telles que le pétrole, le
gouvernement a dû injecter 15 milliards de DH dans le budget de la Caisse de
compensation. Et plus récemment, une augmentation des salaires des fonctionnaires
a été consentie dans le cadre du dialogue social, sans oublier la revalorisation des
pensions de retraite. Autant de dépenses qui n’étaient pas prévues par la loi de
Finances 2011.
Après plusieurs années d’euphorie, le secteur passe par une étape pour le moins
difficile. Pour les operateurs du secteur la baisse du nombre de transactions et la
raréfaction du foncier en constituent les principaux maux.
Et l’action des pouvoirs publics doit surtout œuvrer pour la mise à disposition du
foncier nécessaire à la production de logement, particulièrement dans les zones
urbaines où la demande est de plus en plus insistante 18 . En d’autres termes, c’est là
un nième appel à la libération des plans d’aménagement et qui une fois finalisés,
devraient se traduire par une disponibilité du foncier nécessaire pour redynamiser le
secteur, notamment via la production de logement dans les zones où la demande est
la plus forte. D’ailleurs, le rapport de l’Organisation de Coopération et de
Développement Economique (OCDE) sur « la stratégie marocaine de développement
du climat des affaires », publié le lundi 07 Juin 2011, et mené en étroite
collaboration avec le ministère des affaires économiques et générales, recommande
aussi de faciliter l’accès au foncier.
18
Source : article de presse « L’immobilier fait son show », Le quotidien LesEchos N° 396 du Mercredi
08 Juin 2011. Page 9. [Link]
22
avancées par Research and Markets, qui a mené une étude 19 du secteur, un peu plus
de 38 milliards de dollars US est le montant global que les pouvoirs publics
marocains comptent investir, sur les trois prochaines années soit, d’ici à l’an 2014
dans des chantiers d’infrastructure et de la construction en général.
19
Article de presse « Boom des infrastructures en 2014 ? », Le quotidien LesEchos N° 396 du
Mercredi 08 Juin 2011. Page 7. Disponible sur internet à :
[Link]
23
II. Présentation de l’entreprise COPREF
Fiche signalétique
Raison sociale COPREF
Slogan « Notre savoir faire, notre passion, la construction ! »
20
Les métiers du bâtiment regroupent plusieurs corps de métiers nécessaires à la construction d'un
ouvrage d'habitation, dont les principaux corps d’état sont : Terrassement, Gros Œuvre et
étanchéité, Revêtement (carrelage et marbre), Électricité, Plomberie, Peinture, Menuiserie bois et
aluminium, Métallerie et Autres Aménagements et finitions.
24
Objet social Construction et Travaux divers
Capital Social 7.000.000,00 DH
Effectif 93 collaborateurs et 320 ouvriers
N° Registre de Commerce 27217 /KENITRA - MAROC
Siège social 24, AVENUE ABOU BAKR ESSEDIK - RESIDENCE NABIL – KENITRA
Téléphone +212 (0)[Link] / +212 (0)[Link]
Fax +212 (0)[Link]
E-mail copref@[Link]
Site Internet [Link]
La culture de Copref est fondée sur les dix valeurs suivantes, et qui sont autant
de principes qui sous-tendent notre action au quotidien :
25
II.1. Indicateurs d’activité
Avec une production de plus de 50.000 mètres carrés couverts, Copref a réalisé
un chiffre d’affaires en 2010 avoisinant les 150 Millions de Dirham.
26
Copref réalise actuellement plusieurs chantiers de construction, tous concentrés
au nord du royaume notamment à Tanger, Tétouan et Larache (voit Tableau 1 ci-
dessous).
Maître Montant
Nature des Travaux Ville
d'Ouvrage (en MDH)
27
Ces chantiers, ou projets, en cours de construction sont à différents stades d’état
d’avancement de travaux.
Etat d'avancement des projets en cours
97% 98%
100%
90%
80%
70% 58%
60%
50%
40%
30% 16%
20%
10%
1%
0%
Val Fleuri Al Kantara Al Kawtar Tamouda Badr
21
Définition AFNOR et ISO : Un projet est un processus unique, qui consiste en un ensemble
d'activités coordonnées et maîtrisées comportant des dates de début et de fin, entrepris dans le but
d'atteindre un objectif conforme à des exigences spécifiques telles que des contraintes de délais, de
coûts et de ressources.
28
Direction Générale
Projet 1 Projet N
Conducteur de Conducteur de
Service de travaux travaux
Coordination des
Projets ………
Métreurs & Chef Chantier Métreurs & Chef Chantier
Approvisionneur Approvisionneur
Techniciens Techniciens
29
- M. O. qualifiée - M. O. qualifiée
- Ouvriers - Ouvriers
Pour répondre dans les meilleurs délais aux doléances des clients, des équipes
compétentes sont mobilisées en permanence. Lorsque la demande s’avère
particulièrement consistante, des moyens supplémentaires d’appoint sont mis en
œuvre toujours dans le sens d’une efficacité accrue et pour réponde de la manière la
mieux adaptée aux besoins du client. Aussi, dans un souci de satisfaction et de
fidélisation du client et partenaire, Copref met à la disposition du maître d’ouvrage un
interlocuteur unique tout le long du projet. La volonté de Copref de privilégier une
démarche "sur mesure" repose sur sa capacité de dialogue, de compréhension fine
des besoins du client et du respect d'une déontologie sans faille.
Elle dispose actuellement d’un parc matériel diversifié, comme indiqué dans le
tableau qui suit.
30
Désignation du Matériel Quantité
Camion 17 tonnes 2
Camion 14 tonnes 2
Camion 3.5 tonnes 2
Pick-up 6
Voiture utilitaire 6
Dumper 8
Groupe électrogène 100 et 200 KVA 6
Groupe électrogène 200 KVA 3
Bétonnière 750L 18
Cabines modulaires pour bureau de chantier 6X3m 6
Compacteurs 3Tonnes 6
Compresseur atlas copco à remorque 4
Monte – charges 42
Pompes à eau 17
Treuilles (Ravaleurs de Façade) 58
Marteau dégageur perforateur 12
Brise - roche "BOSH" 5
Vibreur robin complet 47
Echafaudage métallique équivalant à 12.000 m²
Tableau 5 : Moyens matériel de COPREF
31
II.3. Qualification
II.4. Contexte
22
La qualification est une reconnaissance des aptitudes de l'entreprise, jugée sur la base de ses
références et de ses moyens de production, aussi bien humains que matériels.
23
Voir la liste complète des 20 entreprises disposant de la classe 6 sur le site du ministère à
l’adresse :
[Link]
[Link]
24
Voir le site du ministère de l'équipement et des transports à l’adresse :
[Link]
25
La commission, instituée par le décret n° 2-94-223 du 16 juin 1994, regroupe les représentants des
Départements ministériels concernés et ceux de la Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux
Publics (FNBTP).
26
Cette possibilité existe pour les marchés publics, d’une durée dépassant une année, mais la révision
de prix reste très insignifiante. (Voir article n° 17 du Cahier des Clauses Administratives Générales –
C.C.A.G. - applicables aux marchés publics, par décret n° 2-06-388 du 5 Février 2007, et fixant les
32
(notamment le fer, ciment, sable et béton) subissent une envolée importante 27 , c’est
l’entreprise de construction qui en supporte les frais au détriment de sa marge.
Ce qui rend la situation d’autant plus inconfortable, c’est qu’un marché (ou projet)
de construction représente des montants importants, de l’ordre de dizaines - voire de
centaines - de millions de dirhams, pour une marge rarement à deux chiffres. Et
comporte, par ailleurs, des clauses de pénalités pour retard 28 qui peuvent grever
d’avantage cette marge. Aussi, la vigilance constante et continue sur les coûts et
délais de chacun de ses différents projets de construction en cours est une règle
d’or.
Par ailleurs, un projet de construction est caractérisé par un cycle de vie long, 18
mois en moyenne, et met en scène une multitude d’intervenants 29 , ce qui amplifie
d’avantage la probabilité de survenance d’événements divers entravant la bonne
exécution du projet.
L’entreprise Copref, de part son cœur de métier qui est la réalisation de projets
de constructions 30 , a adoptée pour structure une organisation par projet épaulée par
un ensemble de services supports 31 .
conditions et les formes de passation des marchés de l’Etat ainsi que certaines dispositions relatives
à leur contrôle et à leur gestion.)
27
C’était le cas notamment en 2008 pour l’acier qui a vu son prix doubler sur le marché en l’espace de
moins de 8 mois.
28
Article n° 60 du Cahier des Clauses Administratives Générales – C.C.A.G. - applicables aux marchés
publics, par décret n° 2-06-388 du 5 Février 2007, et fixant les conditions et les formes de passation
des marchés de l’Etat ainsi que certaines dispositions relatives à leur contrôle et à leur gestion.
29
Maître d’ouvrage, Architecte(s), Bureau d’études et de contrôle, sous-traitants, fournisseurs, etc.
30
L’entreprise mène en moyenne 4 à 5 projets de construction de manière concomitante (à la fois)
31
Assurant des fonctions, transversales à l’ensemble des projets de l’entreprise, tels que la fonction :
G.R.H., achats et contrôle de gestion.
32
Thèse de doctorat de Saida AMANSOU, « Les déterminants organisationnels de la gestion intégrée
des risques dans l’organisation par projet – cas des grandes entreprises marocaines », Université
Mohammed Premier, 2008.
33
Par ailleurs, l’entreprise Copref évolue dans un secteur fortement concurrentiel où
l’informel, présent en force, propose des offres de prix agressives. Comment, dans
ces conditions, se mettre en phase avec les attente des clients - publics ou privés -,
avant tout attentifs à la variable prix plus que toute autre considération (qualité,
professionnalisme, etc) ?.
CONCLUSION CHAPITRE 1
Après plusieurs années d’euphorie, le secteur du BTP passe par une étape pour le
moins difficile. Toutefois, des signes de regain d’activité ont commencé à se
manifester au début de 2011. Et les pronostics pour le secteur font état d’une
amélioration de l’activité, notamment à travers la reprise du logement social, perçu
comme la locomotive du secteur de l’habitat. Le futur du secteur semble promis à
une croissance plus soutenue sous l’effet de la politique volontariste de l’Etat visant à
relever le niveau de l’offre d’habitat du pays.
34
Partie I – Chapitre 2 : LE RISK MANAGEMENT
INTRODUCTION
Le risque est actuellement le maître mot des managers, qu'ils agissent dans la
sphère commerciale (risque d’invendu, risque concurrentiel, etc.), financière (risque
client, risque de change, etc.), sociale (risque de conflits, risque d'absentéisme, etc.)
ou de production (risque de panne, risque de défaut, etc.). Certes, les décideurs l'ont
incorporé dans leurs décisions. Ils ont même inventé des modèles d'analyse
majoritairement, pour ne pas dire exhaustivement, techniques faisant du risque une
variable essentielle. Mais ils ont rarement appliqué un raisonnement général de
management du risque avec une approche globale de l’ensemble des activités de
l’entreprise.
Or, le risque existe depuis la nuit des temps. De même que la gestion des
risques. Elle remonte au 18ème siècle, sauf que l'approche utilisée depuis ce temps
là a changé. Elle ne repose plus seulement sur le calcul mathématique et technique
mais elle a essayé d'intégrer de nouveaux éléments tels que le rôle de l'acteur et
l'aspect humain en général. Cette évolution est due à un changement dans le
contexte de l'entreprise, un changement qui a induit des modifications dans la
structure même de l'entreprise et dans ses modes de gestion. Marmuse et Montaigne
avancent déjà en 1989 qu'« une attitude gestionnaire face au risque s'impose en
évitant l'écueil inverse d'ignorer les conséquences néfastes de l'incertitude sous
prétexte qu'il n'est plus possible de faire la moindre prévision » 33 .
Le risque est inévitable et il est présent dans presque toutes les situations de la
vie. Le risque est inhérent à l'entreprise 35 . Il a toujours existé et constitue d'après les
33
C. Marmuse, X. Montaigne. Management du risque. Vuibert entreprise : collection dirigée par J. P.
Helfer et J. Orsoni. Paris. 1998. P.12.
34
Ces caractéristiques de l’environnement ont été largement étudiées par les sciences de gestion. Voir
détails en Annexe 4.
35
O. Hassid. La gestion des risques. Paris Edition Dunod. 2008. P. 15.
35
économistes son essence 36 . Créer une entreprise, c'est déjà prendre un risque car sa
survie n'est pas assurée.
« Une entreprise est constituée pour prendre des risques. Entreprendre c’est prendre des
risques pour en être récompensé. » Rapport King II – Afrique du Sud
Le terme de risque est largement utilisé sans que sa définition fasse l’unanimité.
Ce fait reflète la polysémie du mot. Aussi, nous jugeons utile - voir nécessaire -
d’exposer les différentes acceptions du risque. Nous poursuivons, la première
section, en définissant la gestion intégrée des risques et présentons ses objectifs et
enjeux, sans oublier d’exposer enfin sa terminologie spécifique.
36
Les théoriciens de l’économie expliquent depuis longtemps qu’entreprendre c’est prendre des
risques et que le gain est la contrepartie du risque d’entreprendre.
37
Principe de la rétroaction dans la théorie des systèmes.
38
« se réfère au fait d’effectuer une tâche correctement, à la maîtrise de la relation entre les
ressources et le rendement, le tout en cherchant à minimiser le coût du processus. »
Stephen Robbins, David DeCenzo, « Management : L’essentiel des concepts et des pratiques »,
Nouveaux Horizons, 6eme édition, Juin 2009. Page 29.
39
En effet, comme le souligne l’approche Systémique : « L’entreprise est un système ouvert en
constante interaction dynamique avec son environnement. »
40
Non-conformité aux lois, règlements et procédures.
36
La deuxième section sert, pour sa part, la présentation des plus importants
standards de gestion des risques, et de leurs démarches ou process. Aussi, nous
abordons successivement : la norme australienne AS/NZS 4360, le référentiel
américain COSO, le standard européen FERMA et enfin la norme internationale ISO
31000.
En effet, le mot risque n'apparaît qu'au XVIeme siècle (1557), tandis que ses
principaux synonymes sont anciens : périls (Xeme siècle), aventure (XIeme siècle),
danger et hasard (XIIeme siècle). Ce n'est qu'à partir du XVIIeme siècle avec le
développement de la marine marchande que le risque était évoqué. Condillac, parmi
les premiers, définit au XVIIeme siècle le risque comme « le hasard d'encourir un mal
avec l'espérance, si nous en échappons, d'obtenir un bien » 41 . Ensuite, au XVIIeme
siècle, le calcul des probabilités se répand. Le risque social apparaît à la fin du XIXeme
siècle aboutissant à une législation sur les risques du travail, puis au XXeme siècle sur
le risque vieillesse et sur le risque chômage. Dès lors, les économistes s'intéressent
aux calculs des investissements et autres risques financiers. D'autres notions de
risque sont apparues : le risque nucléaire (1950-1955) qui permet de réfléchir sur la
mise au point des méthodes de dissuasion ; les risques civils à la charge de l'état et
ceux liés aux progrès technologiques sont mieux inventoriés (vers 1985) afin
d'assurer la sécurité civile et d'améliorer la gestion des situations de crise.
41
B. Ramanantsoa. Le risque au cœur de la relation entreprise - société.
37
I.2. Concept risque
Le choix de définir le concept risque est justifié d'une part, parce qu'il constitue la
thématique de départ de notre recherche, et d'autre part, pour éclaircir - du fait de
l'existence d'une multitude de définitions - toutes les nuances relatives à la
connotation donnée au risque.
Le risque est, aussi vu comme, la coexistence d'un alea et d'un enjeu. Lorsqu'une
personne prend un risque, elle entreprend une action avec un espoir de gain et/ou
une possibilité de perte :
alea : la conséquence de l'action entreprise n’est pas totalement prévisible;
enjeu : il y a espoir de gain et/ou crainte de perte.
Ainsi, un risque peut être défini comme un aléa 46 dont la survenance prive un
système d'une ressource et l'empêche d'atteindre ses objectifs, de nombreux
42
Mathias Szpirglas. Gestion des risques et quiproquos : L'apport d'une théorie de la conception. CGS,
Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris2. Disponible sur Internet à:
[Link]/old/publications/sitearticleconception1/[Link]
43
The Royal Society (1992) In: M. Brasseur. Repenser la communication interne en situation de
risque: prévenir la crise en se basant sur la perception du risque des individus.
44
F. Moreau. Comprendre et gérer les risques. Edition d’organisation. 2002. P. 167.
45
Selon la terminologie présentée par l'International Organisation for Standardisation (ISO) dans son
document ISO/IEC Guide 73 « Risk Management - Vocabulary », publié le 13 Novembre 2009
46
Y. Pesqueux. Le concept de risque au magasin des curiosités. Communications aux colloques
académiques 26 décembre 2005. CNAM.
38
qualificatifs viennent préciser la nature du risque. Alors que l'incertitude 47 correspond
à l'ignorance des événements à venir et que le risque est la conséquence directe de
cette ignorance, se manifestant lorsque, une fois une décision prise, ou une action
entreprise, les suites de ces derniers sont inconnues.
Le risque, selon Botraud, « est une combinaison de la fréquence d'un événement (sa
probabilité d'apparition) et du dommage résultant de cet événement. Un événement
peut donc être très probable mais sans conséquence et donc représenter un risque
nul, ou au contraire être très peu probable mais avec des conséquences importantes
et représenter un grand risque » 48 .
Enfin, la norme australienne de Risk Management (AS/ NZS 4360 :1999) dans sa
définition du risque abonde dans le même sens :
« The chance of something happening that will have an impact upon objectives.
It is measured in terms of consequence and likelihood. »
47
J. Méric. Le contrôle de gestion entre le risque et incertitude. Actes du 21ieme Congrès (Angers,
2000), Disponible sur Internet à :
[Link] P.3.
48
I. T. Botraud. Identification et Gestion des Risques. Disponible sur Internet :
[Link]
49
Il s’agit de la première définition scientifique du risque, apportée en 1738 dans « Specimen theoriae
novae de mensura sortis ».
39
I.3. Définitions et objectifs
Le terme Risk Management a fait son apparition aux USA dans les années 50.
Russel GALLAGHER 50 , dans un article publié en 1956 par la Revue Harvard Business
Review, présente le terme Risk Management pour la première fois aux professionnels
des entreprises.
« All activities of an organization involve risks. Risk management aids decision making by
taking account of uncertainty and its effect on achieving objectives and assessing the need for
any actions ». ISO 31000 :2009
« La culture, les processus et les structures axés sur la gestion efficace des possibilités et
de leurs effets néfastes. » La norme AS/NZS 4360 :1999 - Australie
« L’art de faire les bons choix, un art fondé davantage sur une anticipation d’événements
futurs que sur une réaction à ceux déjà arrivés. » H. Félix KLOMAM – Expert risques
50
Cité par Mohamed Jamal BENNOUNA. Pathologie et management de la construction, 1998, P. 14
51
Seuil de tolérance accepté par l’entreprise.
40
Figure 12 : Objectifs et enjeux du Risk Management
« La gestion des risques vise à sauvegarder dans les meilleures conditions de coût, le
patrimoine de l’entreprise contre les pertes qui peuvent l’atteindre dans l’exercice de son
activité »
Association des Chargés d’Assurances Des Entreprises Françaises (ACADEF)
« Quant au but du RM, il doit servir à éliminer, à amoindrir et à prévenir les risques. Il
doit aussi permettre au système de continuer à fonctionner, à survivre, dans les cas non
prévus : le RM a donc une fonction primordiale de résilience. 52 »
Med Jamal BENNOUNA, Pathologie et management de la construction, 1998, P.14
« Il s’agit de protéger ses engagements, de prévenir et maîtriser tout impact négatif sur
les objectifs, défendre ses centres de valeurs … le Management des risques vise non
seulement cette protection des ressources (financières, humaines, image, etc.), mais concerne
également la continuité d’activité et enfin la conformité aux lois. »
Enquête de l’Association Marocaine pour le Risk Management (AMRIM) auprès de
dirigeants marocains - Octobre 2008
52
Pour le Professeur Jean-Paul Louisot, la résilience est la capacité d’une organisation de rebondir
après un sinistre, autrement dit sa durabilité à long terme. En mécanique, la résilience signifie la
résistance d’un matériau aux chocs ou la capacité de reprendre la forme initiale après une agression
extérieure. (Exemple : la balle de caoutchouc mousse après compression)
41
« Un processus interactif d’échanges d’informations & d’opinions impliquant de
multiples messages sur la nature des risques et de leur gestion »
Australian risk management guidelines HB 436:2004
53
Professeur associé à Panthéon Sorbonne Paris, Consultant Risk Management et Directeur
pédagogique de CARM_Institute ([Link]).
54
Cette édition annule et remplace la première version du guide sortie en 2002 et qui a fait l'objet
d'une révision technique. Le guide ISO 73 :2009 est disponible à l’achat, au prix de 86 CHF, sur le
site officiel de l’organisation ISO à l’adresse :
[Link]
42
L’essentiel de la terminologie présentée dans le guide ISO 73 est reprise ci-
après :
55
C’est une des quatre caractéristiques de l’environnement qui ont été très étudiées par les sciences
de recherches en gestion, et sont largement repris par la littérature managériale. Voir détails en
Annexe 4.
43
II. Les standards du Risk Management
La gestion intégrée des risques, ou Risk Management (RM) en anglais, est une
discipline féconde. De nombreuses définitions et différents points de vue existent sur
ce qu'elle représente ou implique ainsi que sur la manière de la conduire.
On se limitera à citer, dans l’ordre d’apparition, les plus importants standards de Risk
Management, et les plus connus, à savoir :
44
II.1. La norme australienne AS/NZS 4360
La norme australienne AS/NZS 4360 pour le Risk Management a été publiée pour
la première fois en 1995, puis révisée successivement en 1999 et en 2004. (44
pages).
56
Professeur de Risk Management – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
45
II.2. Le référentiel américain COSO
COSO 1, dans sa définition, qui fait référence encore aujourd'hui, précise : "Le
contrôle interne est un processus mis en œuvre par l'organe de direction (c'est-à-dire
le Conseil d'Administration), les dirigeants et le personnel d'une organisation, destiné
à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des objectifs suivants :
ERM définit le dispositif de management des risques, en décrit les principes et les
concepts, et donne des principes directeurs pouvant être utilisés pour évaluer et
renforcer l’efficacité de la gestion des risques de l’entreprise à tous les niveaux de
57
Cette loi the Sarbanes-Oxley Act, ou SOX act, promulguée par le congrès américain en juillet 2002,
suite aux scandales des faillites financières « frauduleuses » d’Enron et Worldcom, oblige les
sociétés faisant appel à l’épargne publique à évaluer leur contrôle interne et à en publier leurs
conclusions. Elle a favorisé l'adoption du COSO1 comme référentiel.
58
Selon, SAA HB 254-2005 Governance, risk management and control assurance Standards Australia.
ISBN 0 7337 6892 X : «La gouvernance d’entreprise, ou corporate gouvernance, fait en général
référence aux processus par lesquels les organisations sont dirigées, contrôlées et tenues de rendre
des comptes. Elle recouvre l’autorité, la responsabilisation, le pilotage, la direction et le contrôle
exercés au sein de l’organisation».
59
Loi française promulguée en Aout 2003, à destination des entreprises assujetties respectivement
aux lois américaines ou françaises. Elle a également contribué à la diffusion du référentiel COSO1.
46
l’organisation. Une synthèse 60 du dispositif ERM est éditée par le comité COSO et en
présente une vue d’ensemble.
60
La synthèse du COSO2, qui fait 7 pages, est reprise intégralement en Annexe 2. Elle est aussi
disponible sur le site internet de l’organisme à l’adresse :
[Link]
61
Seuil de tolérance accepté par l’entreprise
47
II.3. Le standard européen FERMA
La Fédération of European Risk Management Associations (FERMA), publia en
2002 en Grande Bretagne le standard européen de la gestion des risques.
62
Le cadre de référence FERMA pour la gestion des risques, qui fait 15 pages, est reprit intégralement
en Annexe 3. Il est aussi disponible sur le site internet de l’organisme à l’adresse :
[Link]
[Link]/Risk%20Managers%20section/Entreprise%20Risk%20Management%20Corporate%20Gov
ernance/RMS%20pour%20FORUM%202005%20final/RMS%20pdf%[Link]
48
II.4. La norme internationale ISO 31000 :2009
ISO 31000 fournit des principes, un cadre et des lignes directrices 63 pour gérer
toute forme 64 de risque d'une manière systématique, transparente, et crédible dans
quelque domaine et quelque contexte que ce soit. La norme est applicable à tout
type d’organisation, de toute taille et de tous types, du secteur public ou du secteur
privé.
ISO 31000 est un document concret 65 , sur 24 pages, qui vise à aider les
organisations et entreprises à développer leur propre approche du management du
risque, mais ce n’est pas une norme applicable à une démarche de certification. En
mettant en œuvre ISO 31000, les entreprises peuvent évaluer leurs pratiques en
matière de management du risque en fonction d’un référentiel reconnu au niveau
international, offrant des principes rigoureux pour un management efficace.
Aussi, la norme ISO 31000 n’impose pas une approche universelle, mais insiste
davantage sur le fait que le management du risque doit être adapté aux besoins et à
la structure spécifique de l’organisme considéré. Les différentes composantes de la
norme pourraient servir d’appui pour les organisations en vue de rendre compte de
leur conformité.
63
i.e. : avec un niveau d’abstraction élevé.
64
Càd une approche globale et intégrée des différents risques (industriels, financiers, commerciaux,
projets, etc.)
65
Disponible à l’achat, au prix de 112 CHF, sur le site officiel de l’organisation ISO à l’adresse :
[Link]
66
Soit Best practices en anglais. Voir aussi les « saines pratiques », ou « sound practices », conçues
par le Comité international de Bâle qui définit les méthodes de gestion du risque applicables aux
banques.
49
Il existe de nombreuses normes publiées par le bureau ISO à Genève.
Cependant, la quasi majorité de ces normes sont sectorielles et concernent souvent
des domaines bien précis de l’activité des organisations.
ISO 31000, pour le Management du risque est une « norme chapeau ». Elle est
destinée pour les organisations de tous types et de toutes tailles, dans quelque
domaine et quelque contexte que ce soit. Elle permet surtout, par son approche
générique, d’établir un dialogue entre les secteurs d’activité en leur proposant un
cadre et un vocabulaire commun.
50
Processus ISO 31000
La norme ISO 31000 a redéfinie la notion de risque, comme étant l’effet de
l'incertitude sur l'atteinte des objectifs. Pour Gilles MOTET 67 , qui a représenté la
France dans le groupe de travail « Risk management » de l’ISO en charge de la
rédaction de la norme, cette nouvelle définition du risque impose de spécifier les
objectifs d’une activité dont l’atteinte pourrait être entravée par l’occurrence de
circonstances incertaines. Elle signifie aussi que les objectifs sont multiples, et
formalise l’importance du rôle des décideurs qui sont amenés nécessairement à faire
des arbitrages.
67
Professeur à l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse, et a participé aux travaux du
groupe « Évaluation des risques » de l’AFNOR et assure la Direction Scientifique de la Fondation
pour une Culture de Sécurité Industrielle.
51
De fait, la gestion des risques ne se conclut jamais définitivement. Elle est
itérative. Elle traque les changements des risques et les risques liés aux
changements. On ne cherche donc pas à éliminer les risques, mais on agit pour
mieux les contrôler, dans le meilleur intérêt de l’entreprise.
• Appréciation du risque :
1. Identification : des sources et événements potentiels (risques à gérer)
2. Analyse : comprendre comment le risque se développe incluant les moyens
de contrôle, causes et conséquences effectives (qualitative, quantitative),
3. Evaluation : définir probabilité et impact, puis comparaison de la gravité au
seuil de tolérance accepté (appétence pour le risque).
52
Surveillance et revue : Réévaluation permanente des activités de
management des risques, détection des changements du contexte interne et
externe, évaluation de l’efficacité des moyens de traitement utilisés, suivi de
l’amélioration continue des traitements (Piloter : suivre et ajuster), etc.
68
Tiré de sa présentation lors du séminaire « Risk Management & Prise de Décision » dispensé à l’
ISCAE le 13 février 2010 au profit des participants à l’Executive MBA – 3eme promotion.
53
CONCLUSION DU CHAPITRE 2
Par ailleurs, si les risques ne manquent pas, les entreprises peuvent aujourd'hui
les anticiper et celles qui le font peuvent se doter ainsi d'un avantage concurrentiel 69 .
Le défi de toute organisation consiste alors à intégrer les pratiques de gestion des
risques en son sein. Celles-ci lui permettront de traiter l'incertitude de manière
stratégique, de tirer profit des opportunités, d'informer et d'améliorer la participation
de l'ensemble des membres de l'entreprise pour veiller sur la qualité des décisions
prises à l'avenir.
69
Selon Michael Porter, c’est un facteur déterminant de succès face à ses concurrents qui consiste à
maîtriser mieux qu’eux une compétence distinctive valorisée par les clients.
54
DEUXIEME PARTIE :
DE LA SOCIETE COPREF
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE
Le premier, soit le chapitre 3, est réservé à l’étude proprement dite des risques
de Copref. La méthodologie de notre travail est exposée avec précision, dont le guide
d’entretien qui a été élaboré pour mener à bien le recensement et l’évaluation des
risques Copref auprès des membres de la structure. Les résultats significatifs de ces
entretiens – enquêtes sont synthétisés dans une cartographie des risques spécifiques
à l’entreprise.
INTRODUCTION
Après avoir défini les enjeux du Risk Management et son cadre d’application, il
convient d’entamer l’étude de la cartographie des risques de Copref. A la lumière de
quoi nous proposerons à la direction les plans d’actions nécessaires à la réduction et
à la prévention des risques identifiés.
I. Méthodologie du travail
55
Pour mener rigoureusement à bien ce travail de compréhension, à la fois global et
pointu, des risques Copref, la méthodologie d’investigation qui nous semble être la
mieux appropriée est l’enquête qualitative. Celle-ci est utilisée principalement à
travers les entretiens individuels ou en groupes, en mode semi-guidé, et
accessoirement par le biais de l’observation - sur chantier - qui est souvent riche
d’enseignements.
a) Elaboration du Guide :
Le guide d’entretien pour l’étude des risques Copref s’articule autour de six (6)
points clés à renseigner pour chaque risque mentionné par le répondant. Chacun des
6 points clés du guide est une question ouverte abordée et approfondie avec le
répondant lors de l'entretien, mais dans l'ordre le plus adapté au discours.
Les six points clés du guide d’entretien risques Copref formulés sous forme de
questions sont :
6. Comment y remédier ?;
56
b) L'introduction de l'entretien :
c) La réalisation de l’entretien :
Une vue synoptique du déroulé du travail relatif à l’étude des risques menée au sein
de la structure Copref est donnée par le schéma ci-dessous.
57
Figure 20 : Synoptique du déroulé de l’enquête
58
Le déroulé de l’enquête est mené en deux temps. Dans un premier temps,
l’approche Top-Down est lancée pour descendre du sommet de la hiérarchie aux
unités opérationnelles. Dans un deuxième temps, le circuit est inversé : du bas de
l’échelle hiérarchique au sommet, soit l’approche Bottom-Up.
70
Voir les travaux de : J. Derosnay. Systémique, Complexité et Transdisciplinarités : Nouvelles
Méthodes, Nouveaux Outils. Compte rendu de la table ronde du mardi 30 novembre 2004. Page 3.
Disponible sur Internet à : [Link]
59
recenser et analyser les risques, dans une approche systématique et
transversale, de la manière la plus exhaustive possible ;
intégrer l’analyse 71 approfondie des processus et de capitaliser sur
l’expertise opérationnelle ;
bénéficier des retours d’expérience les plus larges possibles ;
mener une sensibilisation aux risques et une communication sur les
enjeux.
71
Selon COLLINS « division physique ou abstraite de l’ensemble des parties constituantes afin
d’examiner ou de déterminer les relations qui les lient ».
60
II. Elaboration de la cartographie des risques
La gestion des risques, telle que préconisée par la norme ISO 31000, commence
d’abord par établir le contexte, puis mener une appréciation des risques, destinée à
identifier, analyser et à évaluer l’ensemble des risques pour enfin en dégager les
risques les plus significatifs - voire critiques - et décider des traitements les plus
appropriés.
61
Les objectifs stratégiques 72 de Copref définis pour la période à venir, après prise
en compte des attentes de parties prenantes et validation de la direction générale,
s’annoncent comme suit :
N° Objectifs majeurs
Sachant que le pré requis à l’élaboration de ces objectifs a été l’étude des besoins
et attentes des parties prenantes 73 (ou intéressés).
72
Les objectifs stratégiques sont l’affirmation des résultats spécifiques qui doivent être atteints par
une organisation. (Source : Gerry Johnson, Kevan Scholes, Richard Whittington, Frédéric Fréry,
« Stratégique », Pearson Education, 8eme édition, 2009. Page 161.)
73
Définition du guide 73 de la norme ISO 31000 : « Acteurs, personnes ou organismes, stakeholders
en anglais, en transaction économique ou en interaction sociopolitique avec l’entreprise. Et qui sont
susceptible d'affecter, d'être affectés ou de se sentir affectés par une décision ou une activité de
l’organisation. »
« Les parties prenantes - ou ayants droit - sont les individus ou les groupes qui dépendent de
l’organisation pour atteindre leurs propres buts et dont l’organisation dépend également ». (Source :
Gerry Johnson, Kevan Scholes, Richard Whittington, Frédéric Fréry, « Stratégique », Pearson
Education, 8eme édition, 2009. Page 161.)
62
La figure ci-dessus illustre bien la création de valeur, qui est un résultat crée par
Copref pour répondre aux besoins et attentes de ses parties prenantes. Chaque
partie comparant sa propre perception des apports de Copref avec ses besoins et
attentes.
Parties
prenantes de Besoins et attentes
COPREF
Actionnaires - Assurer la pérennité
- Amélioration de la rentabilité et augmentation du CA
- Acteur majeur du secteur de la Construction au Maroc
- Reconnaissance de la qualité des projets de constructions réalisés
Les partenaires
- Capacité à honorer les engagements
(intervenants - Pérennité de l'affaire
au projet, - Perspectives d'amélioration
Fournisseurs, - Bonne finition du projet (Qualité /Délai /coûts)
Banquiers, etc)
Tableau 9 : Interaction Entreprise – Parties prenantes
Les véritables enjeux du Risk Management étant de s’inscrire dans les objectifs
fixés par Copref et sa direction générale pour garantir la création de valeur et
satisfaire au mieux ses différentes parties prenantes.
63
œuvre des recommandations finales et du plan d’actions à suggérer peut, en
revanche, être progressive par priorisation.
64
II.2. Entretien de la direction générale
Question : Pouvez vous Monsieur nous présenter votre mode de gestion des projets
de l’entreprise Copref ?.
Réponse :
Réponse :
Notre but au lancement de tout projet est de le mener à terme dans les
meilleures conditions de coût, de délai et de qualité. Aussi, nous procédons, avant
tout démarrage de projet, à l’élaboration d’une série d’études (géotechnique, avant-
métré, etc.) et de plannings (financier, d’installation, de réalisation des travaux, etc.).
Le but étant aussi de prévenir à l’avance le maximum de difficultés de l’exécution.
Il faut savoir qu’un projet s’étale sur une durée minimale d’une année, en
moyenne deux (2) ans, et cela peut aller jusqu’à trois ou quatre ans, en fonction de
l’importance du projet. Aussi les imprévus et les blocages en cours de route ne
manquent pas, et il s’agit d’y faire face avec la célérité qui s’impose et d’apporter les
74
Développé sous l’environnement Microsoft SQL Server et [Link] sous l’architecture client serveur.
65
solutions efficace et applicable au cas par cas. La solution retenue devrait préserver
les intérêts de l’entreprise en premier lieu sans oublier ceux du Maître d’ouvrage qui
est notre client et partenaire.
Ceux que la mer a conquis savent bien que le navigateur, lorsqu’il quitte le port
pour une longue traversée marine, même s’il a défini son but, perd ses points de
repères terrestres habituels. Il voit la terre autrement. Tel un capitaine de navire, au
long parcours, je dois mener mon équipage à bon port.
Réponse :
66
géré et maîtrisé, dégagera des bénéfices et des performances pour l'entreprise. Si
nous n’avions eu que de l'aversion à l'égard du risque en se focalisant sur sa
connotation négative, on aurait raté une opportunité qu'on pouvait très bien saisir.
Toute la question est comment affronter l’incertitude de son marché et prendre
des risques offrant une assurance raisonnable de succès sans remettre en cause la
pérennité de l’entreprise ?.
Réponse :
75
Depuis les travaux radicalement novateurs de Michael Porter (1986, 1987), la concurrence se trouve
au cœur de la réflexion stratégique. Voir également Paul Auerbach (1988) et George S. Day et al.
(1997)
76
Les Japonais, dans leur jargon des affaires, parlent de Kaizen, d’amélioration continue.
77
La roue de Deming (de l'anglais Deming wheel) est une illustration de la méthode de gestion de la
qualité dite PDCA (Plan-Do-Check-Act). Son nom vient du statisticien William Edwards Deming. Ce
dernier n'a pas inventé le principe du PDCA (la paternité en revient à Walter A. Shewhart), mais il l'a
popularisé dans les années 1950 en présentant cet outil.
78
Natura non facit saltum : « La nature ne fait pas de bonds » - Alfred Marshall, le père de la micro-
économie.
67
La méthode de gestion de la qualité dite PDCA La roue de Deming
(Plan-Do-Check-Act) (ou principe de l’amélioration continue)
79
« Le secret de la réussite et de la pérennité de plusieurs entreprises réside dans l’amélioration
continue style kaizen, par des progrès modestes et concrets ». (Theodore LEVITT, Réflexions sur le
management, Dunod Paris, 1991, Page 63).
80
Pour Michael Porter (1999), si la stratégie doit englober l’ensemble des activités de l’entreprise, des
améliorations opérationnelles peuvent bien s’effectuer au niveau d’un sous-système.
68
II.3. Recensement et évaluation des risques
Les risques en question ne sont pas seulement ceux passés, mais aussi ceux qui
sont moins connus parce qu’ils ne sont pas encore arrivés. En effet, les risques futurs
ne sont pas uniquement une copie du passé et l’avenir 81 n’est jamais l’extrapolation
linéaire du présent. Aussi, lors de cette phase de recensement des risques, on a
essayé de se souvenir des risques passés, mais aussi d’imaginer des risques
éventuels 82 et potentiels. Il s’agissait de susciter la créativité des participants pour
prévoir des événements ou situations plausibles, combien même jamais encore
arrivées dans l’histoire de Copref. Lao Tseu disait bien « Tout ce qui ne fut pas sera
et nul n’en est à l’abri ». L’intérêt étant d’identifier tous les risques, réels ou
potentiels, qui pourraient mettre à mal l’entreprise, et d’anticiper les situations en
réfléchissant à des parades avant même qu’ils arrivent.
81
«Nous devrions tous nous intéresser à l'avenir car c'est là que nous passerons le reste de notre vie»
disait Charles F. Kettering, une des grande figures de l'automobile américaine.
82
Loi de Murphy : tout problème éventuel finit toujours par se matérialiser.
69
Les risques identifiés sont ensuite évalués par leur probabilité et impact. La
probabilité, mesurée sur une échelle de 0 à 100, désigne la probabilité de
survenance du risque, notion corrélée à la fréquence d’apparition.
83
Les risques menacent en fait les ressources, et indirectement les objectifs.
70
Figure 26 : Exemple de grille de niveaux d’impact
71
Approche Risques majeurs
Globale par objectifs Les événements potentiels qui pourraient
empêcher Copref d’atteindre ses objectifs fixés
Par typologie de Se demander pour chaque portefeuille de risque,
risques quel risque pourrait survenir
Cette double approche offre l’avantage de s’assurer que l’ensemble des risques a
été couvert. Et permet aussi de zoomer sur un portefeuille particulier de risques et
d’avoir une vision globale des risques le concernant.
72
Inventaire des risques Client
73
Inventaire des risques de Production (1/2)
74
Inventaire des risques de Production (2/2)
75
Inventaire des risques : Finance, Comptabilité & Externe
Impact Gravité
N° Probabilité
Risque RISQUE (%)
(de 0 à (de 0 à Conséquence(s)
10) 100)
Intensité de la concurrence déloyale (Externe)
26 65% 3 20 Baisse de la compétitivité de l’entreprise ->
perte des clients
concurrents non structurés (cascadeurs)
Catastrophe naturelle non assurée (Externe)
27 8% 8 6 risque de non paiement du client
28 Contrôle fiscal
(notamment suite à une communication financière erronée)
10% 4 4
76
Inventaire des risques Fournisseur
Impact Gravité
N° Probabilité
Risque RISQUE (%)
(de 0 à (de 0 à Conséquence(s)
10) 100)
37 Retard dans la livraison des marchandises 25% 7 18 Baisse de productivité, allongement des
commandées (dont cas d’indisponibilité du produit et délais d’exécution, voire pénalités
de rupture de stock)
38 Hausse des prix des matières premières (c.à.d. les 20% 7 14 Augmentation des charges et
matériaux de construction) diminution en conséquence de la
marge bénéficiaire
39 Surfacturation des fournisseurs (Qté facturée > Qté 12% 8 10
livrée, facturation de produits non livrés, etc.)
69 Documents graphiques (plan archi, BET, étude 50% 3 15 Réalisation sur chantier aléatoire,
laboratoire géotechnique, etc.) insuffisamment retard voire blocage
détaillés
70 CPS contenant des données erronées ou en 40% 3 12 source potentielle de retard voire de
contradiction entre elles, ou avec les plans graphiques blocage
56 Retard dans la livraison des plans architecte et BET 20% 4 8 Baisse de productivité probable,
allongement des délais d'exécution
77
Inventaire des risques Opérationnel
51 Erreur de saisie
(logiciel comptabilité, système CIS, traitement de texte, etc.)
2% 2 0
78
Inventaire des risques Management
Impact Gravité
N° Probabilité
Risque RISQUE (%)
(de 0 à (de 0 à Conséquence(s)
10) 100)
79
L’évaluation des risques Copref, en termes de probabilité et d’impact, menée lors
de notre étude et dont les résultats sont relatés dans les tableaux précédents,
appelle de notre part quelques précisions.
L’évaluation des risques Copref est basée sur la connaissance que les
fonctionnels interviewés ont de leurs risques. Et les réponses aux
questions ouvertes du guide d’entretien sont pondérées pour obtenir une
cotation sur une échelle d’évaluation. A savoir, de 0 à 100 pour la
probabilité de survenance, et de 0 à 10 pour la mesure d’impact.
84
En effet, nous mentionnons pour exemple, les impacts sur l’image ou la réputation qui sont
difficilement estimable quantitativement.
80
sens concret qu’une simple notation. Cette évaluation monétaire est plus facilement
confrontée à la réalité avec bon sens, à son incidence sur la rentabilité de l’activité.
Ainsi la prise de décision qui en découle se trouve fondée.
Grâce à la cartographie 85 des risques Copref qui n’est autre que la représentation
visuelle des résultats obtenus lors de l’évaluation des risques, les zones de risque à
traiter en priorité sont vite repérées. De manière simplifiée, c’est une matrice 86 de
l’univers des risques, est constituée de plusieurs cases résultant du croisement des
axes de probabilité et d’impact du risque.
85
Est une représentation, concise et efficace, de données ou phénomènes complexes sur un support
réduit afin de permettre une compréhension rapide et pertinente. (Adapté de [Link] )
86
Souvent appelée matrice ou diagramme de Prouty
81
Figure 27 : Cartographie des risques COPREF
N° Libellé du Risque
1 Retard de paiement d'un client
2 Retard imposé à COPREF suite à des problèmes internes du client
8 Insuffisance de compétences nécessaires à un bon encadrement sur chantier
9 Défaillance des dispositifs de sécurité du matériel et engins de chantier
Demande urgente d'approvisionnement en matériaux de construction formulée par le
12
chantier
15 Détérioration et endommagement du matériel de production sur chantier
17 Non qualité dans l'exécution des prestations de construction ou de finition
21 Manque de coordination entre les différents corps d'état et l'encadrement technique
22 Non respect des normes de construction lors de l'exécution des
26 Intensité de la concurrence déloyale
Non suivi de l'échéancier
Exemple : restitution de Cautions bancaires ou de Retenues de Garantie; Assurances
46
Tout Risque Chantier (TRC), Accident de Travail (AT), Responsabilité Civile (RC),
Flotte, etc.
48 Courrier non (ou mal) traité, voire introuvable
63 Défaillance dans le suivi technique et le contrôle de l'exécution des travaux
82
Etat des risques significatifs (ou majeurs)
Gravité
N°
Risque Libellé du Risque (de 0 à Conséquence(s)
100)
1 Retard de paiement d'un client
28 Difficultés de trésorerie pour honorer les engagements financiers
de l'entreprise (Remboursement de crédits, dettes fournisseurs,
paiement de salaires, etc.)
2 Retard imposé à COPREF suite à des problèmes internes du client
25 Perte de CA, charges fixes à supporter (dont matériel
d'exploitation), difficultés de résilier le marché, etc.
8 Insuffisance de compétences nécessaires à un bon encadrement sur
chantier
22
26 Intensité de la concurrence déloyale
20 Baisse de la compétitivité de l'entreprise -> perte des clients
concurrents non structurés (cascadeurs)
83
CONCLUSION CHAPITRE 3
La présente étude de risques a été une occasion pour toute l’équipe Copref de
mener une introspection de l’ensemble de la structure et de porter un regard lucide
et sans complaisance sur la totalité de nos vulnérabilités avérées ou potentielles.
84
Partie II – Chapitre 4 : RECOMMANDATIONS OU STRATEGIE D’AMELIORATION
Introduction
Face aux risques relevés lors de notre étude - enquête, le développement et la
mise en œuvre, sans délais, d’actions, concrètes et pertinentes, de maîtrise des
risques deviennent impératif.
Par ailleurs, l’étude des risques Copref nous a permis de dégager un ensemble de
vulnérabilités et d’insuffisances qui constituent certes des faiblesses, mais n’en
recèlent pas moins des gisements d’opportunités d’améliorations. Ces dernières,
structurées en trois axes d’améliorations seront exposées munies d’un plan d’action
dédié.
En fin, nous conclurons le chapitre par l’énoncé de notre vision des déterminants
de succès de la mise en œuvre du plan d’action que nous recommandons.
Et à cet effet, les référentiels du management des risques ont énuméré un certain
nombre de stratégies génériques de traitement des risques, que nous développons
brièvement :
85
Figure 28 : Les stratégies génériques de traitement des risques
Le choix des traitements appropriés à mettre en œuvre face aux risques relevés,
est une démarche toujours en cours au sein du management de Copref. Mais, devant
l’impossibilité de traiter tous les risques relevés précédemment, il nous semble
judicieux de prioriser les risques à traiter. Il s’agit des risques dont le niveau de
gravité est le plus important. Sachant que la gravité obéit à la loi de Pareto : 20%
des causes sont responsables de 80% des conséquences.
Dans ce contexte, nous tenons toutefois à préciser que nous sommes enclin à
privilégier le choix de mener à la fois des actions de prévention 87 et de protection.
Ces actions seront menées dans le but d’améliorer les capacités de l’entreprise à
mieux maîtriser ses risques, en intégrant l’optimisation du ratio coût d'un sinistre /
coût de la prévention.
87
Synonyme de proactivité et non de réactivité. Citons à ce propos Pythagore : « Si tu n’as pas en toi
assez de ressources pour tirer parti des maux qui t’arrivent, aie la prudence de les prévenir. »
87
Actions de traitement des risques significatifs (1/4)
Type
Quantification
d'action
N° Risque
Protection
Probabilité
Prévention
RISQUE
Gravité
Impact
(/100)
Traitement du risque du Directeur
(/10)
(%)
9 Défaillance des dispositifs de 40% 4 16 Audit technique de contrôle de conformité et X Matériel et
sécurité du matériel et engins de sécurité du matériel auprès d'un logistique
de chantier (exemple : organisme agrée
capteurs de sécurité pour
grues)
88
Actions de traitement des risques significatifs (2/4)
Type
Quantification
d'action
N° Risque
Protection
Probabilité
Prévention
RISQUE
Gravité
Impact
(/100)
Traitement du risque du Directeur
(/10)
(%)
62 Accidents du travail 8% 2 2 - Formations sur la sécurité au travail (travail en hauteur, X X Ressources
secourisme, ) Humaines
- Mise en place d'un comité de sécurité (comprenant les
chefs de projets, conducteurs de travaux et
représentants du siège)
- Élaboration d'un manuel de sécurité et d'un règlement
intérieur de sécurité de chantier
17 Mauvaise gestion des stocks : 20% 5 10 - Réunion hebdomadaire de chiffrage des besoins en X Achats et
chiffrage prévisionnel des besoins matières premières contrôle de
en matières premières insuffisant, - Revue et amélioration des procédures de gestion du
stock (suivi des consommations matières, évaluation
gestion
dysfonctionnement dans le suivi
continue des niveaux de stock, alerte si seuil de sécurité
du stock de sécurité, etc.
atteint, etc.)
89
Actions de traitement des risques significatifs (3/4)
Type
Quantification
d'action
N° Risque
Résumé de l'action de
Protection
Probabilité
Prévention
RISQUE
Gravité
Impact
(/100)
Traitement du risque Responsabilité
(/10)
(%)
du Directeur
42 Vulnérabilité à l'égard des gros 70% 1 7 Œuvrer autant que possible à : X Financier et
clients (suite au risque de Direction
- Se désengagement des clients à fort risque
concentration client - ratio Cooke Générale
de division du risque)
- Réduire la concentration client
- Mener en amont une appréciation stricte du
risque client
90
Actions de traitement des risques significatifs (4/4)
Type
Quantification
d'action
N° Risque
Résumé de l'action de
Prévention
Protectio
Probabilit
RISQUE
Gravité
Impact
(/100)
Traitement du risque Responsab
(/10)
é (%)
n
ilité du
Directeur
46 Non suivi de l'échéancier 15% 2 3 X Informatiq
Exemple : restitution de Cautions ue
bancaires ou de Retenues de
Garantie; Assurances Tout Risque Achat ou développement d'un agenda
Chantier (TRC), Accident de Travail
(AT), Responsabilité Civile (RC), électronique offrant des mécanismes d'alerte
Flotte, etc. par SMS et Email
91
Le traitement des risques implique, bien sûr, l’ensemble des compétences
présentes dans l’entreprise. Mais sur des volets pointus, le recours à des sources
d’expertises externes est recommandé pour éclairer l’entreprise et l’assister à opérer
les choix judicieux.
Les démarches entamées récemment, par nos soins, auprès d’un expert
assermenté des assurances pour le secteur BTP en vue d’optimiser la couverture
assurance de Copref, ainsi que l’étude menée depuis peu sur les différentes
prestations qu’offrent les compagnies d’assurance de couverture des risques
encourus par les entreprises, s’inscrivent dans cet état d’esprit. Ladite étude, de
l’offre assurance au Maroc, est orientée vers une analyse selon le schéma du plan
comptable (voir le résultat synthétique en annexe 5).
92
II. Axes d’amélioration et plan d’actions
93
Axe 3 : L’amélioration de la performance des ressources humaines
L’atteinte de cet objectif pourrait s’effectuer par le biais de :
94
Prio-
Volet Actions rité
- Renforcer le système existant de suivi mensuel des coûts de
projets, soit la comptabilité analytique, par la mise en place
d’une comptabilité budgétaire par chantier alimentée et revue
hebdomadairement.
Profitabilité (Optimisation des stocks, budget des achats et trésorerie 1
prévisionnelle, etc.)
- Définir les points de réduction des coûts et d’optimisation des
charges.
- Cartographier les différents processus de l’entreprise et élaborer
le manuel des procédures.
(surtout le manuel des normes qualité sur chantier)
Organisation - Définir les rôles, responsabilités et objectifs par poste 2
- Améliorer le S.I. à fin d’optimiser davantage la gestion des
chantiers et assurer le suivi des indicateurs de performance
opérationnelle et financière.
- Améliorer le niveau des compétences de tous les collaborateurs.
En plus des actions de formation courantes (cours en langue
française, en techniques bâtiment, alphabétisation des ouvriers,
etc.), il est nécessaire de :
Analyser les écarts en compétences
Ressources
Améliorer le plan de formation actuel, la procédure de 2
Humaines recrutement et l’accompagnement des recrues et
stagiaires. (pour résorber les écarts)
- Améliorer le système existant d’évaluation des collaborateurs
vers plus d’équité et de transparence
- Décliner les objectifs, sur le court et moyen terme, à tous les
niveaux de l’organisation
- Définir les indicateurs de mesure et leurs fréquences
Pilotage - Améliorer les Reporting d’activité 3
- Communiquer sur les résultats, la vision et les événements
phares de l’entreprise (en interne et en externe)
Communicat- Élaborer une stratégie de communication externe permettant
ion externe d’améliorer la notoriété et l’image de marque de l’entreprise 4
95
Le plan d’action, présenté ci-dessus, constitue une base de travail qui demeure
une ébauche perfectible. En effet, la déclinaison de ces axes d’amélioration en plan
d’actions détaillé est en cours d’élaboration dans une démarche participative
intégrant l’ensemble des collaborateurs de la structure Copref.
Nous priorisons cet effort, dans un premier temps, à destination des fonctions de
production sur chantiers. La finalité recherchée est d’améliorer les performances
opérationnelles. Ce qui permet de réduire les délais, de rationnaliser les coûts et de
gagner en productivité, et accélérer par là-même l’effet de l’apprentissage 89 .
88
Voir thèse de doctorat de l’Ecole des Mines de Paris, soutenue par Cédric DENIS-REMIS le 19
novembre 2007 sous le thème « Approche de la maîtrise des risques par la formation des acteurs »
89
L’effet d’apprentissage a été mi en évidence à partir d’observations faites dans l’aéronautique
américaine où on a pu construire des courbes d’apprentissage montrant que le nombre d’heures
nécessaires à la fabrication d’un avion décroissait d’un pourcentage fixe (20%) chaque fois que le
volume accumulé de production doublait. Des observations effectuées dans d’autres secteurs
d’activité ont confirmé l’existence de cet effet d’apprentissage, avec des taux variables, d’autant plus
élevés que la production de travailleurs manuels est importante. Adapté de Pascal CHARPENTIER,
« Stratégie d’entreprise », INTEC, 2002, P. 24
96
Fonction Responsabilité Compétence requise Les opportunités d'amélioration
Grande maîtrise des techniques
Représente l’entreprise aux réunions de chantier de gestion des chantiers de
Organise et suit la réalisation du chantier construction
97
Fonction Responsabilité Compétence requise Les opportunités d'amélioration
Réalise les contrôles techniques des travaux
Améliorer les connaissances en
TCE en cours de l'exécution
Bonne maîtrise des techniques technologie de bâtiment et en calcul
Procède aux choix techniques conformément au de construction et de finition avancé des métrés
marché (en concertation avec le chef de
Technicien Bonne maîtrise des relevés Améliorer la maîtrise des contrôles
chantier)
d’avancement des travaux et des qualité béton et réception ferraillage
Réalise l'implantation des ouvrages et les calculs métrés Bonne maîtrise des principes du
relevés des avancements de travaux (ou
sauvetage et de secourisme
attachements)
Bonne maîtrise du
Améliorer les connaissances en
Assure la maintenance préventive et curative du fonctionnement des moteurs
techniques de maintenance et de
Maintenance parc matériel mécaniques et électriques
dimensionnement électrique
Matériel Veille au respect des dispositifs de sécurité du Bonne maîtrise des techniques
Connaissance des normes de
matériel de maintenance et des normes
sécurité des engins de chantier
de sécurité du matériel
NB : Seules les fonctions faisant objet de formation(s) figurent sur ce tableau.
98
Synthèse des actions de formation à dispenser par thème et fonction
Chauffeur d'engins
Approvisionneur
& Chef chantier
Conducteur de
Magasinier &
Maintenance
Chef Projet
Technicien
travaux
Ouvrier
Thèmes de formation à
entreprendre
99
III. Les clés de succès du déploiement du plan d’action
90
Theodore LEVITT, Réflexions sur le management, Dunod Paris, 1991, Page 15
91
Professeur de Risk Management – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
92
Turbulence et complexité figurent parmi les quatre dimensions de l’environnement qui sont
largement étudiés par les sciences en gestion. (Voir détails en Annexe 4)
93
Pascal CHARPENTIER, Stratégie d’entreprise, INTEC
94
Gerry Johnson and al., Stratégique, Pearson Education, 2009, P. 277
100
Pour sa part, la norme internationale ISO 31000 recommande aussi, dans l’un de
ses articles, d’intégrer les facteurs humains et culturels dans toutes les phases de la
démarche Risk Management.
Aussi, mobiliser le personnel pour vaincre les plus grands obstacles internes à la
mise en œuvre de la stratégie - que ça soit des problèmes de cognition, de
ressources, de motivation ou de luttes d’influence – constitue une de nos
préoccupations majeures.
En fin de compte, l’entreprise est appelée à centrer son attention sur un élément
fondamental: les dispositions d’esprit et les comportements de tous ceux qui la
composent, soit la dimension ressources humaines qui constitue son vrai capital. Le
vrai challenge est d’arriver à créer une culture de confiance et d’engagement qui
incite chacun à appliquer la stratégie adoptée. Il faut que, dans sa tête et dans son
cœur, chaque collaborateur se mette au diapason, assume pleinement la stratégie et
accepte d’aller au-delà de la simple obligation d’exécution.
Sur le terrain du chantier, là même où toute stratégie doit s’appliquer jour après
jour, les salariés peuvent rechigner à l’idée d’une orientation imposée par une
direction lointaine qui ne se soucierait que rarement de leurs avis. C’est ainsi que, au
moment où on croit avoir tout réussi, l’affaire se gâte sérieusement sur le terrain.
95
W. Chan KIM et Renée MAUBORGNE. Stratégie Océan bleu – Comment créer de nouveaux espaces
stratégiques. PEARSON Edition. Avril 2005. P. 197
101
De plus, il est nécessaire de susciter la participation des individus aux décisions
stratégiques qui les concernent ; solliciter leurs avis ; montrer du respect pour leurs
idées. De même que, le climat de débat contradictoire que ceci instaure aide chacun
à affiner ses arguments et contribue au développement d’une sorte d’intelligence
collective. Ce qui ne manque pas d’améliorer la qualité des décisions prises et
d’assurer le concours de tous quand il faudra par la suite les exécuter.
Par ailleurs, il est tout aussi nécessaire de faire en sorte que tous les intéressés
comprennent le pourquoi des décisions stratégiques et les raisonnements qui les
sous-tendent. De donner le sentiment que la direction a tenu compte de leurs avis
avant de trancher en toute impartialité et dans l’intérêt général de l’entreprise. Ce
travail d’explication et d’échange incite les salariés à faire confiance à la direction, y
compris lorsque leurs propres idées n’ont pas été retenues. Il crée également une
puissante boucle de feedback, source de précieux renseignements.
Il importe aussi, une fois la stratégie définie, d’expliquer les nouvelles règles du
jeu. Les salariés ont le droit de connaître dès le départ les critères selon lesquels ils
seront jugés et les sanctions applicables en cas d’échec. La nature précise des
objectifs à atteindre, des exigences et des responsabilités comptent finalement moins
que la compréhension qu’en a le personnel. Quand chacun sait exactement ce qu’on
attend de lui, les manœuvres et le favoritisme reculent ; les salariés peuvent se
tourner vers l’exécution immédiate de la stratégie.
La personne qui se sent intellectuellement reconnue, par la foi placée dans ses
connaissances - talents et expertise -, est incitée à vouloir confirmer les espoirs
placés dans ses capacités, à partager ses connaissances et à proposer des idées.
Reconnue et appréciée, elle se sentira liée affectivement à la stratégie et aura envie
de se donner à fond.
102
Les travaux de Frederick Herzberg démontrent en effet que la reconnaissance est
une source puissante de motivation qui pousse l’individu à dépasser le cadre du
devoir et à coopérer de son plein gré. Ainsi, c’est dans la mesure où l’individu
considère que sa personne et ses idées sont reconnues à leur juste valeur, qu’il fera
de son mieux pour partager ses connaissances et ses compétences, qu’il contribuera
volontairement à l’exécution de la stratégie, et qu’il accepterait plus facilement la
nécessité de sacrifices à court terme pour le bien collectif à long terme. Mais ce
consentement dépend, bien entendu, de la force du management et de son équité.
Cette coopération volontaire 96 n’a rien à voir avec l’exécution machinale à laquelle
certains se livrent pour être bien vus. Pas question de se borner dans ce cas à faire
son devoir : on ne ménage pas ses efforts et on prend toutes les initiatives
nécessaires – si besoin au détriment de son intérêt personnel – pour mettre en
œuvre la stratégie adoptée.
Quand les individus ont confiance, ils se sentent investis et sont mêmes prêts à
mettre de côté leur intérêt personnel pour le bien de l’entreprise. Quand la confiance
se conjugue avec l’investissement et la bonne volonté des salariés, l’entreprise peut
aspirer à sortir du lot sur le plan de la qualité et de la rapidité d’exécution cohérente
de la stratégie, et cela à moindre frais.
Imposer une stratégie par le haut, sans prise en compte suffisante des avis de la
base et des considérations politiques et culturelles du terrain, c’est prendre des
risques majeurs quant à la réussite de sa mise en œuvre. Combien même elle serait
indispensable à la réussite de l’entreprise, voire aussi bénéfique pour le personnel.
96
On trouve de bonnes analyses de la coopération volontaire chez C. O’Reilly et J. Chatman (1986),
D. Katz et P. M. Blau (1964)
103
Ces principes, développés par ailleurs par plusieurs écrits en sciences
managériales - notamment de stratégie et de psychologie des organisations -
rencontrent nos profondes convictions et s’ajustent harmonieusement avec le
paradigme 97 de la structure Copref.
Conscients que le facteur humain est au cœur de toute avancée stratégique, nous
visons à susciter engagement et adhésion aux valeurs de l’entreprise, et à traduire
dans les faits les principes précédemment décrits. C’est, de notre point de vue, le
meilleur moyen d’insuffler au personnel la volonté de traduire nos décisions
stratégiques en actes, d’entretenir une dynamique de performance et enfin de placer
l’entreprise sur l’orbite du « cercle vertueux » du progrès.
97
Le paradigme désigne un ensemble de convictions partagées et implicites au sein d’une
organisation. (Source : Gerry Johnson, Kevan Scholes, Richard Whittington, Frédéric Fréry,
« Stratégique », Pearson Education, 8eme édition, 2009. Page 230)
Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle
cohérent de vision qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou
courant de pensée). C'est une forme de rail de la pensée.
(Source : [Link]
104
CONCLUSION DU CHAPITRE 4
L’étude des risques Copref, menée selon la démarche dictée par la norme ISO
31000, permet de dégager un ensemble de vulnérabilités qui constituent certes des
faiblesses, mais n’en recèlent pas moins des opportunités d’améliorations.
105
CONCLUSION DE LA PARTIE 2
L’étude empirique des risques de l’entreprise Copref, menée selon le processus de
la norme internationale ISO 31000, a permit d’effectuer un diagnostic complet des
vulnérabilités de l'entreprise à travers les risques qu'elle encourt, et qui menacent les
objectifs que l'organisation s'était fixée.
Les contrôles internes associés à chaque risque ont été vérifiés et évalués. La
cartographie tendant à améliorer les moyens de maîtrise du risque, des
recommandations opérationnelles de réduction de plusieurs risques significatifs ont
été formulées. Au niveau stratégique, un plan d’action structuré autour de plusieurs
axes d’amélioration est proposé en vue de corriger les faiblesses relevées et de
rehausser les performances de l’entreprise.
L'outil favorise le traitement des risques pour les ramener à un degré de menace
acceptable pour l'entreprise. Accompagné d'une analyse des coûts et des avantages
de chaque traitement, l'entreprise peut choisir une solution optimale conciliant
efficacité de la cartographie et rentabilité économique.
106
CONCLUSION GENERALE :
Nous pensons pouvoir contribuer, par notre étude, à jeter les bases d’un dispositif
intégré de management des risques au sein de Copref. Lequel dispositif de pilotage
des risques, taillé sur mesure, est actuellement en cours d’élaboration avec la
participation de l’ensemble des cadres de l’entreprise :
107
En ce sens, la gestion intégrée des risques, ou Risk management, permet à
l’entreprise de mener de front la bataille de la réduction de ses coûts et de
l’augmentation de la valeur pour ses clients et autres parties prenantes. C’est ainsi
que l’entreprise peut opérer un saut de valeur, tant pour le client que pour elle-
même. Etant donné que c’est l’utilité et le prix de l’offre qui déterminent la valeur
pour le client, et que c’est la maîtrise des coûts qui conditionne la valeur pour
l’entreprise.
Il convient de souligner que ceci remet en cause l’un des dogmes les plus
répandus parmi les adeptes des stratégies fondées sur la concurrence : l’arbitrage
entre valeur et domination par les coûts 98 . On suppose communément que
l’entreprise doit choisir entre apporter un plus au client, mais à un coût plus élevé, et
faire une offre plus banale à un coût modéré 99 . Dans cette conception, le stratège
doit opter soit pour la différenciation, soit pour la domination par les coûts 100 . Or la
démarche Risk management permet de poursuivre simultanément l’un et l’autre
objectif.
Par ailleurs, l’environnement des affaires est devenu de plus en plus complexe et
turbulent. Et les perturbations aléatoires, inhérentes à ces turbulences, sont autant
de variables exogènes qui accentuent l’incertitude et la difficulté de prévoir, réduisent
la lisibilité et renforcent le caractère déstabilisant pour les dirigeants. Au total,
l'imprévisibilité de l'environnement rend les tentatives de prévisions délicates, voire
impossibles.
98
Citons, parmi les ouvrages ayant déjà contesté ce dogme, ceux de Charles W. L. Hill (1988) et de R.
E. White (1986)
99
W. Chan KIM et Renée MAUBORGNE. Stratégie Océan bleu – Comment créer de nouveaux espaces
stratégiques. PEARSON Edition. Avril 2005. P. 18
100
Pour une analyse de la nécessité de choisir entre différenciation et domination par les coûts, voir
les travaux de Michael Porter (1986, 1987).
101
H. Félix Kloman, expert américain, titre d’un article publié dans Stragegic risk en 2008
108
les changements sont rarement brusques, et qu’il reste en général suffisamment de
temps avant qu’il ne soit trop tard.
Maîtriser les risques, c’est avant tout les connaître en profondeur et comprendre
leur genèse, mode opératoire et facteurs favorisants. Il est tout aussi primordial
d’identifier pour chaque risque ses principales causes et conséquences, que
d’identifier ses corrélations avec d’autres risques réels ou potentiels. Aussi, la
connaissance fine des réalités du terrain est essentielle. Et « Rien ne remplace le
contact personnel et direct avec la nature réelle des choses qui font l’objet de la prise
de décision » 102 . Mais malheureusement, et par manque de temps, l’étude terrain –
sur chantiers - n’a pu être suffisamment approfondie. Il s’agirait à notre sens de vivre
l’expérience un certain temps en adoptant une posture d’observateur actif. La
« meilleure manière d’agir, est bien de comprendre » disait un historien. Certes, le
processus est maintenant enclenché, et il sera poursuivi en remédiant notamment à
cette insuffisance: « La gestion des risques est un voyage, et non une destination
» 103
Aussi, la gestion intégrée des risques constitue, à notre sens, une question
pertinente pour toute entreprise, et en devient même une exigence voire une
ardente obligation, en paraphrasant le Général Charles de Gaulle. Cependant, même
armés, le risque n’aura pas fini de nous surprendre …
« L’approche managériale de la maîtrise des risques renvoie à une heuristique telle que
celles définies par Tversky et Kahneman (1974) que l’on pourrait qualifier de " biais
d’interférométrie ". Ainsi, par une approche strictement rationnelle des comportements
humains, les décideurs faute de vision holistique pensent être capables de maîtriser les
systèmes complexes et, au-delà, de maîtriser les risques. Ce n’est pourtant qu’une victoire de
l’optimisme sur l’expérience ».
Dimitri Thapénis - 2001
102
Theodore LEVITT, Réflexions sur le management, Dunod Paris, 1991, Page 37
103
Kevin KNIGHT, Président de la Commission ISO 31000 et Ancien Président of The Australasian
Institute of Risk Management (AIRM).
109