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Impact des IDE sur l'économie marocaine

Le document analyse l'impact économique des investissements étrangers au Maroc. Il présente les statistiques sur les investissements directs étrangers reçus par le Maroc et leur effet sur la balance des paiements. Il examine également l'impact sur la production, les exportations, l'emploi et la croissance économique.

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Impact des IDE sur l'économie marocaine

Le document analyse l'impact économique des investissements étrangers au Maroc. Il présente les statistiques sur les investissements directs étrangers reçus par le Maroc et leur effet sur la balance des paiements. Il examine également l'impact sur la production, les exportations, l'emploi et la croissance économique.

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2ème partie 

:l’impact économique des investissements étrangers:

L'impact entraîné par les investissements étrangers peut être mis en


évidence à partir de la contribution de ces investissements étrangers à la
résorption du déficit du compte courant de la balance des paiements.

Le Maroc fait partie des premiers récipiendaires d’IDE dans la région MENA.
Le stock des investissements directs étrangers culmine à 640milliard sur
l’année 2019,l’effet sur le compte courant est nettement invisible, il l’est
moins sur l’attractivité économique globale .

Le compte courant de la balance des paiements a enregistré, sur les neuf


premiers mois de 2019, un déficit en amélioration de 15,7%, selon l’Office
des changes. En valeur absolue, ce déficit s’est établi à -33,3 milliards de DH
au lieu de -39,5 milliards une année auparavant.

F
lux nets des IDE
Dans le détail, les statistiques de l’Office des changes montrent que cette
amélioration est due principalement à une hausse importante des excédents
de la balance des services, alors que la balance des biens, au contraire, a vu
son déficit – structurel – se dégrader de presque 5 milliards de DH à -143,8
milliards de DH.
Comment ce déficit du compte courant a été financé? Eh bien, par les
excédents réalisés dans le compte financier, lesquels sont constitués de flux
nets (recettes moins dépenses) des investissements directs et autres
investissements (crédits commerciaux et avances, prêts, etc.). En d’autres
termes, les investissements, principalement les investissements directs
étrangers (IDE), sont une source importante pour l’équilibre de la balance
des paiements.
Seulement voilà : en même temps qu’ils viennent combler le déficit du
compte des transactions courantes, les IDE participent également… à la
dégradation de ce même compte courant. Et cela n’a rien de contradictoire,
comme on pourrait le penser de prime abord. En effet, à mesure que leur
stock augmente, ce qui est le cas au Maroc, les IDE génèrent des revenus de
plus en plus importants, transférés vers la maison-mère sous forme de
dividendes. En 2018, par exemple, les sorties de capitaux en forme de
dividendes avaient atteint un montant de 14,2 milliards de DH. Ces
dividendes étaient de 4,44 milliards de DH en 2007. C’est dire la progression
du stock des IDE au Maroc. Selon l’Office des changes, ce stock s’élevait à
614,4 milliards de DH au lieu de 589,7 milliards une année auparavant. Pour
2019, cet encours a atteint les 640 milliards de DH.

Mais l’impact, pour l’instant négatif, des IDE sur le compte courant ne se
manifeste pas uniquement à travers le solde de la balance des revenus.
Même la balance des biens, elle aussi structurellement déficitaire, est affectée
par les IDE, car ceux-ci sont consommateurs d’intrants, bien souvent
importés de l’étranger ; ce qui est d’ailleurs le cas d’à peu près tous les pays
en développement, fort peu équipés en industries locales performantes,
capables de satisfaire les besoins des sociétés étrangères qui s’y implantent.

La balance des avantages et des coûts presque équilibrée…

A partir de là, la question est celle de savoir si, compte tenu de ce qui
précède, la balance des IDE penche du côté des avantages ou plutôt du côté
des inconvénients. Cette question, il faut le rappeler, n’est pas nouvelle, les
économistes ne cessent de se la poser depuis longtemps.

L’article sur “Le rôle de l’investissement direct étranger dans la promotion de


la production, l’export et la qualité de l’emploi au Maroc”, rédigé par les
économistes Aomar Ibourk (Université Cadi Ayyad de Marrakech) et Tayeb
Ghazi (Policy Center for the New South), est cependant celui qui traite
directement de l’impact des IDE sur un certain nombre de variables et, plus
généralement, sur l’agrégat central qu’est le PIB.

A quelle conclusion sont-ils parvenus ? Sur le plan global, c’est-à-dire de


l’impact des IDE sur l’économie dans son ensemble, les auteurs de l’article,
après avoir rappelé la littérature empirique qui traite de cette problématique,
c’est-à-dire les différents travaux effectués dans ce domaine, concluent à un
bilan…mitigé des IDE : les coûts, réels ou potentiels, sont à peu près aussi
importants que les avantages, réels ou supposés. Pour contourner ce biais, ils
se sont intéressés plus spécifiquement aux IDE dans le secteur automobile et
leurs effets d’entrainement sur les autres activités économiques et l’emploi au
Maroc. Sans entrer dans les détails méthodologiques, forcément fastidieux,
disons que les calculs de nos économistes ont abouti au constat que le
secteur génère un effet d’entrainement, certes, mais, nuancent-ils, cet effet
«se produit essentiellement à l’intérieur de l’industrie elle-même». C’est la
raison pour laquelle d’ailleurs, rappellent-ils, les pouvoirs publics ont lancé
cinq écosystèmes, dans le cadre du Plan d’accélération industrielle 2014-
2020. Ces écosystèmes, pour mémoire, concernent les filières du “câblage
automobile”, de “l’intérieur véhicule et sièges”, du “métal/emboutissage”, des
“batteries automobiles” et des “moteurs et transmission”.

Pour souligner l’effet d’entrainement limité – pour l’instant – du secteur


automobile sur les autres activités, les auteurs de l’étude indiquent que les
industries du caoutchouc et des plastiques, la métallurgie et le travail des
métaux ne captent que 4,1% de cet effet. L’impact sur les activités du
secteur tertiaire est encore plus timide : 2,8% pour les services, le commerce
et la réparation, 1,8% pour l’immobilier et 1,3% pour les activités financières
et d’assurances.

Impact favorable sur la qualité de l’emploi dans la chaîne de valeur


automobile

Sur l’emploi, en revanche, l’impact est réel. A cette précision près qu’il s’agit
de l’emploi dans la chaîne de valeur automobile. En se basant sur les données
de 115 entreprises de 50 salariés et plus, affiliées à la CNSS et opérant dans
la chaîne de valeur du secteur automobile, Ibourk et Ghazi dressent un
premier constat, celui de la qualité des emplois dans la chaîne de valeur
automobile au Maroc. Ce constat s’appuie sur le fait que 86% des emplois
observés sont concentrés dans les entreprises de 200 salariés et plus, soit
des entreprises où les salariés, en général, bénéficient de la protection sociale
(santé et retraite) et sont mieux rémunérés. Le deuxième constat a trait aux
conditions de travail dans la chaîne de valeur automobile : les données de la
CNSS montrent que la durée de travail ici est estimée à 24,4 jours par mois,
soit, nous disent nos économistes, 1,2 fois la durée moyenne du travail, tous
secteur confondus. En outre, les salariés exerçant dans la chaîne de valeur
automobile «gagnent en moyenne 1,5 fois le salaire moyen des salariés du
secteur privé formel», lequel, pour rappel, était de 5 200 DH par mois en
2018.

Ce niveau de salaire semble se justifier par le fait que le niveau de


qualification dans la chaîne de valeur automobile est relativement élevé. Les
emplois sans qualification, selon l’étude, n’y représentent que 1,3% de
l’ensemble des emplois. Last but not least, 84,6% des emplois de la chaîne
de valeur automobile sont des emplois permanents.

Au total, même si l’hypothèse d’une croissance économique tirée par les IDE
ne semble pas avoir été confirmée dans les pays du Sud de la Méditerranée,
du moins pas encore, il reste que l’accroissement de l’encours de ces IDE, au-
delà de son impact sur la balance courante, aurait malgré tout «amplifié les
effets de certaines variables structurelles sur la croissance». Les économistes
de la Banque de France, dans un document de travail, publié en juin 2015,
estiment, eux, que les IDE ne produisent d’effet positif sur la croissance qu’à
partir d’«un certain seuil de qualité institutionnelle». Ce constat semble
partagé par de nombreux analystes, et on remarquera d’ailleurs que, de plus
en plus, les organisations internationales comme la Banque mondiale ou le
FMI, dans leurs recommandations pour l’amélioration de la croissance,
mettent l’accent sur la nécessité de développer davantage le capital
institutionnel que le capital physique…

2) les limites de la dynamique d’attractivité au Maroc

Face à la concurrence entre les pays de favoriser la localisation des


capitaux étrangers privés, le Maroc cherche à attirer un flux
d'investissements extérieurs suffisant par le biais de l'octroi d'avantages
attrayants aux investisseurs étrangers. L'évolution des investissements
directs étrangers opérée jusqu'à l'année écoulée, montre que le Maroc
malgré les atouts dont il dispose et les avantages qu'il accorde ( dispositif
de promotion des IDE), le flux des investissements étrangers
comparativement aux flux de capitaux étrangers attirés par certains pays à
structures équivalentes demeure limité, on est en droit de s'interroger sur
les raisons de leur afflux limité.

-L'exiguïté du Marché local:

La taille du marché local constitue un avantage de localisation important.


Aimé T.D'orfeuil évoque l'élément «  Marché intérieur et son importance »
comme un des éléments les plus déterminants de l'attirance ou non des
investissements étrangers. Dans ce sens, il avance que:  «  les pays à
faible revenu ne sont attrayants que s'ils ont une population importante et
des perspectives raisonnables de développement » .

"Le facteur d'attirance le plus important de l'IDE d'après la plupart des


études réside dans le poids et l'importance de la demande locale, c'est à
dire du pouvoir d'achat de larges franges de la population du pays
d'accueil ».

A cet égard, le desserrement de l'étroitesse du marché local peut être


accompagné par:

- Une action continue contre la contrebande

-L'assainissement des circuits commerciaux et le secteur informel

-Une élévation du SMIG et un soutien à la demande


Au total, la dimension du marché local constitue un gisement d'attraction
pour les IDE, en témoigne, l'exemple de la Chine qui est actuellement en
tête des récipiendaires des IDE.

-Le coût des facteurs de production:

La faible attractivité du Maroc pour les IDE peut être expliquée par les
transformations opérées au niveau des déterminants des investissements
étrangers « les multinationales ne vont pas là où la main d'oeuvre est moins
chère, mais là où le coût du travail est moins cher »

De ce fait, le facteur déterminant de la localisation n'est pas une main


d'oeuvre à bon marché, mais sa productivité et son efficacité qui dépendent
largement de la qualité et de degré de formation.

« Il serait alors illusoire de croire que la compétitivité en matière de coût de


la main-d'oeuvre demeure encore le déterminant majeur des IDE ».

La qualité de la main d'oeuvre, sa productivité, sa formation constitue un


taxe de localisation important pour les IDE, comme, en témoigne les pays
du Sud-Est asiatique. C'est pourquoi, dans le cas du Maroc, il faut croître la
production du travail par l'amélioration de la gestion des ressources
Humaines.

3-3- Les lourdeurs administratives:

Les problèmes posées par les pesanteurs de l'administration constituent


des facteurs explicatifs de dissuasion de l'implantation des investissement
étrangers; les investisseurs étrangers se trouvent réticents à investir au
Maroc, car   « ils ne savent pas à qui s'adresser, ils reçoivent des
messages et des informations différentes d'un organisme à l'autre. C'est
pourquoi, ils se plaignent plus que les nationaux de l'absence d'un
interlocuteur unique dans leur démarche de choix et de réalisation de leur
projet ». même en dépit de l’institution par la charte d’investissement du
guichet unique .

Au total, l'administration publique est de nos jours un facteur important de


l'initiative privée. «  Sans la confiance et une administration moderne, il
serait illusoire de prétendre garantir un cadre propice à l'investissement
dans un environnement international où les incitations à l'IDE sont l'objet de
surenchères d'un pays à l'autre »

3-4- L'insuffisance des infrastructures d'accueil:


Certes l’infrastructure au MAROC a connu un grand élan (réseau routier, la
voie ferrée, aéroports et ports…) mais les goulots d'étranglement dans les
infrastructures ne permettent pas d'orienter suffisamment des IDE vers le
Maroc.

Un autre domaine sur le quel le Maroc essaie de se rattraper est


l'aménagement du territoire, ainsi un large programme de création de zones
d’accélération industrielles ZAI et des technopoles ont été construites .

La faiblesse des infrastructures, peut être avancée comme l'une des


explication du faible effet d'entraînement qu'exerce l'IDE sur les secteurs
productifs de l'économie marocaine.

A cet égard le Maroc doit creuser pour repérer d’autres gisement


d’attraction pour figurer sur la « Short list » des investissements étrangers.

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