Monographie des Oasis en Tunisie
Monographie des Oasis en Tunisie
********
Ministère de l’Environnement Et du Développement Durable
********
Direction Générale de l’Environnement et de la Qualité de la Vie
PROJET
« ELABORATION D’UNE MONOGRAPHIE
COMPLETE DES OASIS EN TUNISIE »
Septembre 2015
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Résumé exécutif
Les oasis sont des écosystèmes créés par les populations sahariennes dans un milieu
fortement marqué par l’aridité. Elles témoignent de l’ingéniosité des populations locales qui
ont su tirer profit des moindres possibilités offertes par le milieu naturel pour créer des
espaces particulièrement riches en biodiversité nettement distincts du milieu désertique et
steppique environnant.
Exprimant la transition entre la steppe et le désert et permettant l’équilibre de
l’écosystème régional et la permanence du peuplement, ces espaces se présentent sous la
forme d’îlots de culture dont la durabilité est conditionnée par la bonne gestion des
composantes principales de ce milieu à savoir les caractéristiques physiques et naturelles,
la biodiversité, les richesses socioéconomiques ainsi que le patrimoine culturel.
C’est dans ce cadre que la présente étude a été réalisée par une équipe de chercheurs
interdisciplinaires en vue de « la préparation de documents et outils exhaustifs de
présentation et de communication sur les oasis traditionnelles en Tunisie, en mettant l’accent
sur les oasis des gouvernorats de Tozeur, Gabès, Gafsa et Kébili ».1
Dans ces quatre gouvernorats du Sud, on compte au total 267 oasis, représentant 9%
du total des terres irriguées, 0,8% des terres agricoles du pays, 30% de la superficie des arbres
irrigués, 25% des cultures de fourrage irriguées et 10% des cultures maraîchères irriguées.
Dans ces oasis, les superficies sont de l’ordre de 41 000 ha qui sont réparties sur 54.000
parcelles pour 50000 exploitants soit une su80perficie moyenne par parcelle de 0,75 ha et
0,82 ha en moyenne par oasien.
Les caractéristiques physiques font de la Tunisie Présaharienne une terre de
contrastes.
La diversité des types de relief et surtout la grande variété des formes de détail
réduit la monotonie des paysages géomorphologiques et introduit de grandes nuances à
l’échelle locale. Différentes formes de relief se distinguent selon la structure et montrent la
grande variété des sites dans la région et les possibilités inégales qu’ils offrent pour la
création des oasis et leur évolution.
Le microclimat oasien, pour sa part, est un facteur de richesse locale. En effet, les
oasis se distinguent de la steppe et du désert environnants par un microclimat moins rude :
1
Objectif global de la mission, termes de références p.36
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 2
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
l’écart extrême de température est réduit de 2.8°C par rapport au désert et l’air est
franchement plus humide.
Le climat des oasis est marqué par celui du milieu environnant (désertique ou
steppique) mais s’en distingue par « l’effet oasis » qui est à l’origine de microclimats locaux
particuliers. La durabilité de ces microclimats dépend de l’évolution générale du climat
régional tout autant que de la durabilité de la végétation et des systèmes agro-écologiques
locaux. Toute modification de ces systèmes sera de nature à limiter l’effet oasis et à réduire la
capacité de résilience des systèmes oasiens face au changement climatique et aux autres
menaces telles que l’érosion, la désertisation, la perte de biodiversité, etc.
Les sols d’oasis sont aussi une richesse locale dans un milieu pauvre. Ils sont
d’origine anthropique dont l'évolution est le reflet d'une longue intervention humaine. Ils ne
perdurent qu’avec la durabilité de l’intervention humaine. Ce sont des sols développés par
l’intervention humaine sur des substrats variés (par ajout de matières organiques et de sables
et par drainage) de manière à modifier leurs propriétés et les rendre aptes aux cultures.
Généralement riches par rapport à ceux de leur environnement steppique, les sols oasiens
varient nettement d’un secteur à l’autre de l’oasis. En fonction de leur localisation par rapport
à la pente générale du relief local, ils diffèrent par leur texture, leur exposition à
l’hydromorphie et à la salinisation et surtout par leur degré d’évolution.
Les ressources en eau de la région des oasis, estimées à 34.85% du total des
ressources en eau souterraines de la Tunisie. Néanmoins, l’essentiel de ces ressources
proviennent de nappes profondes (87,2% des ressources de la région) dont la durabilité et la
qualité sont tributaires d’une gestion rationnelle permettant la satisfaction des besoins locaux
tout en prenant en considération ses conditions d’alimentation.
La richesse de la biodiversité a depuis toujours caractérisé l’espace oasien. Le
palmier est, le plus souvent, l’axe principal de la structure oasis autour duquel gravite un
ensemble d’autres espèces arboricoles, légumières et fourragères formant un mélange,
harmonieux, parfois anarchique, d’espèces, de “variétés” et de classes d’âge. Ce mélange,
souvent volontaire, n’est qu’une diversification dictée par des conditions socio-économiques.
Les palmeraies contiennent un matériel génétique très riche et diversifié possédant des
performances élevées. Plusieurs centaines de variétés de palmier dattier sont cultivées.
L’importance économique des écosystèmes oasiens réside dans la production d’une
grande diversité de biens et services marchands (agriculture, tourisme, artisanat) ainsi que de
services non marchands culturels écologiques d’intérêt local, national et global. Les oasis
représentent les lieux au sein desquels et autour desquels s’organisent l’essentiel des activités
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 3
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
économiques dans le sud de la Tunisie. En ce qui concerne l’agriculture, les oasis offrent un
environnement favorable à une production à forte valeur marchande, principalement les dattes
qui occupent le troisième rang des produits alimentaires du pays. En ce qui concerne le
tourisme et l’artisanat, la contribution des zones oasiennes, quoique significative, reste
dépendante des centres de décision qui sont externes à la région, notamment en ce qui
concerne la commercialisation des produits et leur compétitivité. Pour ce qui est des services
non marchands, l’apport des zones oasiennes est significatif en tant que patrimoine culturel et
en tant que site de concentration de la biodiversité.
Par ailleurs, un riche patrimoine culturel, notamment immatériel, de savoir- faire
local, de connaissances, de règles et pratiques sociales de gestion communautaire, de
résolution des conflits…constitue encore une valeur ajoutée et un facteur de consolidation de
dynamique de développement durable de l’espace oasien.
Enfin, un dispositif législatif (lois) et réglementaire (décrets et arrêtés) a remplacé un
patrimoine de codes de conduite et de règles de gestion et d’organisation de l’espace et de la
vie oasiens. Les textes de ce dispositif, sans être pour la plupart propres aux oasis, couvrent
toutes les conditions de gestion de ses ressources naturelles. Les nouvelles dispositions de la
constitution du 27 janvier 2014 et leurs implications dans la gestion des ressources naturelles
offre à ce titre une opportunité historique pour l’élaboration et la mise en œuvre de cette
dynamique.
Quant au cadre institutionnel, l’évolution des mécanismes et structures de gestion des
oasis est marquée par une alternance entre une absence totale de l’Etat et la prédominance des
anciennes règles et structures informelles de gestion communautaire d’une part, et une
intervention de plus en plus importante des structures étatiques et des autorités centrales.
Aujourd’hui, trois acteurs principaux, quoiqu’à des échelons divers et avec des pouvoirs
variés, se partagent l’intervention dans la gestion des oasis : l’administration, les institutions
de recherche et la société civile.
Durant des siècles, les populations oasiennes ont pu sauvegarder ces riches
caractéristiques et faire face à plusieurs contraintes d'ordre naturel. Actuellement, suite aux
changements sociaux économiques, culturels et autres, les oasis sont confrontées à plusieurs
défis principalement la diminution des ressources en eau dont dépend la vie de l’oasis. La
première cause de cette diminution est la création de nouvelles exploitations agricoles non
loin des anciennes oasis constituant un fardeau pour les nappes phréatiques fragiles et
menaçant de disparition les oasis traditionnelles, conjuguées aux contraintes naturelles de plus
en plus accentuées (sécheresse devenue structurelle, ensablement et désertification).
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 4
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tous ces facteurs influent négativement sur l'équilibre fragile au sein des oasis et
interpelle toutes les parties concernées à concevoir une stratégie et à mettre en œuvre des
actions pour limiter les effets néfastes et permettre la sauvegarde des oasis.
Ces zones sont également confrontées à la salinisation et l’hydromorphie, les
ravageurs du palmier, l’urbanisation anarchique, la perte de la biodiversité, l’effet de
changement climatique, la pollution par les déchets domestiques, la dégradation de la qualité
des eaux d’irrigation, l’émiettement des exploitations et la dégradation de la situation foncière
à l’intérieur des oasis, la situation difficile des GDA dans certaines oasis et leur incapacité de
prendre en charge les activités de maintenance et d’entretien du réseau d’irrigation et de
drainage assurées jusqu’ici par les CRDA ; l’attractivité de l’agriculture oasienne vis-à-vis des
jeunes, les perspectives difficiles de commercialisation des dattes suite à la remontée d’autres
producteurs sur le principal marché d’exportation à savoir la France , l’évolution peu
favorable des prix de la datte face au renchérissement des coûts de facteurs de production et à
l’émiettement des exploitations.
La mobilisation autour des oasis reste un enjeu de taille, parce qu'une oasis ne
constitue pas seulement une ressource naturelle, ou un levier de développement social,
économique et écologique. Elle est aussi et surtout une source de vie, et les différents acteurs,
concernés par le développement durable, sont appelés à conjuguer leurs efforts, pour la
préservation et la promotion des potentiels oasiens.
Ce sont ces riches caractéristiques des oasis traditionnelles et les défis auxquelles elles
se heurtent que cette étude se proposent d’identifier et de communiquer. Pour ce faire, la liste
de ces oasis se doit d’abord d’être établie, vérifiée et validée.
Des orientations stratégiques viendront par la suite plaider pour la réhabilitation des
oasis traditionnelles dans les quatre gouvernorats concernés dans une perspective de
développement durable de ces espaces avec en particulier.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 5
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Table des matières
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 6
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1.2.3. Les piedmonts, reliefs de transition entre montagnes et plaines ................................ 58
1.3. La ricchesse des reliefs, facteur de diversité des sites des oasis ...................................... 59
1.3.1. Typologie des sites selon l’altitude ............................................................................ 59
1.3.2. Typologie des sites selon l’emplacement dans le relief environnant ......................... 59
1.3.3. Typologie des sites selon l’envergure du relief environnant ...................................... 59
1.3.4. Typologie des sites selon l’exposition ........................................................................ 60
1.3.5. Typologie des sites selon la pente .............................................................................. 60
1.3.6. Typologie des sites selon l’existence d’une rupture ................................................... 60
I.4. défi à la durabilité des oasis, la fragilité des reliefs .......................................................... 60
2. Climat régional aride, Diversite Bioclimatique et Ecosysteme Oasien .................................. 62
2.1. Les caractères communs du climat des oasis .......................................................................... 62
2.2. richesse climatique, micro climat oasien spécifique ....................................................................
2.3. richesse climatique ; Diversité et Typologie des oasis ......................................................... 66
3. Les Ressources En Sols : Les Sols D’oasis, Une Richesse Locales Dans Un Milieu Pauvre.
3.1. Richesse et diversité des sols oasien malgé la pauvreté de la région ....................................... 70
3.2. La richesse des sols d’oasis : un produit de l’action humaine .................................................. 71
La dégradation rapide des sols suite à l’abandon (El Hamma du Djérid). ........................................ 72
3.3. Des nuances régionales, mais une durabilité conditionnée par les équilibres socio-économiques
locaux ........................................................................................................................................ 73
3.3.1 Dans le Nefzaoua,....................................................................................................... 73
3.3.2 Dans la région de Gabès, ............................................................................................ 74
4. Les Ressources en eau, facteur majeur du peuplement et de la mise en valeur ..................... 75
4-1. Les ressources en eau, richesse primordiale ..................................................................... 75
4.1-1. La nappe du complexe terminal ................................................................................. 76
4.1-2. La nappe du Continental Intercalaire ......................................................................... 78
4.1-3. La Nappe de la Djeffara ............................................................................................. 78
4.1-4. Les nappes phréatiques ............................................................................................... 78
4-2. les défis de suréxploitation des ressources en eau ........................................................... 79
4-2.1. La mobilisation accélérée des nappes profondes ....................................................... 79
4-2.2. Le recours aux nappes phréatiques ............................................................................ 80
4-2.3. La multiplication des pressions sur les ressources ..................................................... 81
Chapitre V : CARACTERISTIQUE DE LA BIODIVERSITE DES OASIS ................... 83
1. Introduction ..................................................................................................................................... 83
2. Richesse de la Biodiversite des cultures oasiennes.................................................................... 84
2.1. Une diversité des systèmes de production et de culture ayant donné naissance à différents
systèmes oasiens ......................................................................................................................... 84
2-1-1. Caractéristiques, richesse et diversité des oasis à dominante de grenadier et autres
fruitiers .................................................................................................................................. 85
2-1-2. Caractéristiques, richesse et diversité des oasis à dominante d’olivier.................... 89
2-1-3. Caractéristiques, richesse et diversité des oasis à trois étages .................................. 93
2-1-4. Caractéristiques richesse et diversité des oasis à dominante de palmier dattier ...... 99
2. 2. Richesse et diversité du patrimoine variétal .................................................................. 100
2.2.1. Richesse et diversité du palmier dattier : plus de 300 cultivars recensés ................. 100
La diversité des palmiers s’exprime au niveau de la maturité ....................................................... 111
2.2.2. Une diversité arboricole riche et valorisable au niveau de l’étage de culture moyen111
2.2.3. Un patrimoine riche de variétés autochtones de cultures maraichères, fourragères,
industrielles et condimentaires au niveau de l’étage de culture inférieur............................ 120
3. Richesse de la Biodiversite de la Faune et Flore dans les Oasis Tunisiennes ...................... 123
3.1. Richesse de la biodiversité des plantes sauvages dans les oasis tunisiennes ............................ 123
3.2. Richesse de la Biodiversité des plantes aromatiques dans les oasis tunisiennes ....................... 123
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 7
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3.3. Richesse de la biodiversité de la faune ............................................................................... 125
3.4. Richesse de la biodiversité des espèces d’élevage dans les oasis ........................................... 128
4. Vulnerabilite, menaces et defis de la Biodiversite des Oasis Tunisiennes ........................... 128
CHAPITRE VI :CARACTERISATION SOCIO-ECONOMIQUE DES OASIS .......... 134
1. Introduction :................................................................................................................................ 134
2. Caracterisation Economique du Secteur Agricole Oasien : 2 systemes agricoles et 3 modes
de Faire Valoir : ................................................................................................................................ 135
a – les producteurs : .................................................................................................................. 136
b – Répartition des palmiers dattiers par variété et par type d’oasis : ............................................ 136
c- Mode d’exploitation .............................................................................................................. 137
d- Mode de faire valoir :............................................................................................................ 138
e- Production de dattes : ............................................................................................................ 138
f- Rendement :.......................................................................................................................... 141
[Link] des conditions de commercialisation et de Rentabilite des Produits Agricoles
Oasiens : Dynamisme d’une filière Orientée vers l’exportation ................................................ 142
3.1. Les producteurs : ............................................................................................................... 143
3-2. Les collecteurs :................................................................................................................. 145
3.3. Les collecteurs - stockeurs locaux ....................................................................................... 146
3-4. Les exportateurs-conditionneurs : ....................................................................................... 147
3.5. Les circuits nationaux de commercialisation : ...................................................................... 149
3.6. Concurrence ...................................................................................................................... 150
3.7. Les acteurs institutionnels :................................................................................................. 150
3.8. Formes d’engagement entre acteurs ..................................................................................... 151
4. Caracterisation sociale du secteur Agricole Oasien : Situation de l’emploi dans les Oasis 152
A -Emploi généré par les oasis : ................................................................................................ 152
B- Travail extra oasis : .............................................................................................................. 154
[Link] Economique du secteur Artisanal, Culturel et Touristique des Zones
Oasiennes : Une large palette d’activites attrayantes ................................................................... 155
5. 1. Artisanat : ......................................................................................................................... 155
5. 1. 1. La vannerie .............................................................................................................. 155
a) La matière première ........................................................................................................ 155
b) Les différents articles fabriqués ...................................................................................... 155
c) Les contraintes ................................................................................................................ 157
5. 1. 2. La menuiserie : ........................................................................................................ 157
5. 1. 3. Autres utilisations des sous-produits : ..................................................................... 158
a) les palmes ........................................................................................................................ 158
b) La sève ou jus de palmier ou legmi ................................................................................. 158
[Link] Oasien : Levier de valorisation des Oasis ..................................................................... 158
CHAPITRE VII : CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL................................. 165
1. Cadre Juridique National de Gestion des Oasis ............................................................ 165
1-1. Les statuts fonciers ............................................................................................................ 167
1-1-1. Les statuts fonciers en Tunisie........................................................................................ 167
a. Les terres privées ............................................................................................................. 167
b. Les terres collectives ....................................................................................................... 167
c. Les terres domaniales ...................................................................................................... 167
d. Les terres habous ............................................................................................................. 167
1-1-2. Le statut foncier des oasis dans les quatre gouvernorats .......................................................... 167
1-2. Dispositions de la constitution applicables aux oasis ........................................................................
1-3. Les ressources naturelles ....................................................................................................................
1-4. La gestion de l’environnement .................................................................................................... 189
1-5. La protection du patrimoine culturel immatériel ..................................................................
2. Cadre Institutionnel National de Gestion des Oasis ................................................................ 170
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 8
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2.1L’administration .................................................................................................................. 171
1.1. Au niveau central ...................................................................................................... 171
1.2. Au niveau régional .................................................................................................... 171
1.3. Au niveau local .......................................................................................................... 171
2.2 . Les institutions de recherche172
2.1. Les instituts .................................................................................................................. 172
2.2. Les centres .................................................................................................................... 172
[Link] établissements de formation agricole ................................................................................. 172
[Link] organisations non gouvernementales ................................................................................. 172
CHAPITRE VII:ORIENTATIONS STRATEGIQUES POUR UNE GESTION
DURABLE DES OASIS....................................................................................................... 173
[Link] Generales ....................................................................................................................... 174
[Link] Specifiques A La Sauvegarde De La Biodiversite
……………………………………………………………………………………………174
[Link] Specifiques A La Sauvegarde Du Milieu Naturel
……………………………………………………………………………………………173
Annexes ................................................................................................................................. 177
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 9
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
LISTE DES ABREVIATIONS
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 10
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
TABLEAUX
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 11
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
GRAPHIQUES
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 12
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CARTES
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 13
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
INTRODUCTION
- Enfin, une dernière partie sera réservée à une synthèse des principales déductions (richesses et
défis) et des propositions d’axes d’orientation générale plaidant pour un développement
durable des oasis objet de notre étude.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 14
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Première partie
Identification des oasis
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 15
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE I
METHODOLOGIE DE L’ETUDE
1 – Contexte et objectifs
L’importance du secteur agricole se manifeste par sa contribution notable, à la formation du
PIB national (11%) et à la création d’emplois (15%), notamment en milieu rural où l’agriculture reste
le premier pourvoyeur d’emplois et la principale source de revenus (516000 agriculteurs). Les
exportations agricoles représentent 10% des exportations globales du pays. Les zones irriguées
contribuent de façon significative à la valeur ajoutée agricole.
Les conditions climatiques de la Tunisie ont toujours fait de l'irrigation un impératif technique
et économique qui a acquis au fil des années des dimensions socio-économiques très importantes.
L'irrigation s'est imposée comme une voie assurée pour le développement agricole et par
conséquent, elle a bénéficié d'une attention particulière de toutes les parties concernées. L'agriculture
irriguée contribue significativement à satisfaire les besoins alimentaires de la population et à générer
de l’emploi local.
Bien qu'elles ne représentent que 8% de la superficie cultivée du pays, les zones irriguées
contribuent à hauteur de 35% dans la valeur ajoutée agricole, voire 70% dans le cas de mauvaise
campagne agricole et de 65% des exportations agricoles globales. Elles permettent en outre d'assurer
près de la moitié de l'emploi dans le secteur agricole.
De ce fait, l’agriculture irriguée joue un rôle de véritable catalyseur de développement local à
travers l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations rurales, c’est le cas des
oasis, objet de notre étude , dont le développement a permis la création d’une base pour le
développement liées à l’activité agricole et les autres secteurs de l’économie dans les régions
désertiques.
Les oasis tunisiennes ont toujours été des centres importants de production agricole et des
centres commerciaux liant des régions très distantes les unes des autres. Elles couvrent 41000 ha de la
superficie de la Tunisie, abritent 10% de la population tunisienne totale et s’inscrivent dans un
environnement d’aridité et de variation géographique depuis le littoral méditerranéen à l’Est,
jusqu’aux dunes de Grand Erg Oriental à l’Ouest et depuis les reliefs montagneux de la chaine de
Gafsa au Nord, jusqu’aux champs dunaires sahariens au Sud.
Dans les quatre Gouvernorats concernés par ce travail (Tozeur, Kébili, Gabès et Gafsa), ces
oasis, représentant 9% du total des terres irriguées. La superficie des oasis est passée de 16.700 ha en
1974 à 41.000 ha en 2013, en raison d'importants programmes de développement des ressources en
eau des pouvoirs publics et d’initiatives privées.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 16
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Toutefois, ce modèle de développement basé sur la gestion durable des écosystèmes semble
atteindre ses limites. Il doit faire face à un ensemble de contraintes et de défis qui relèvent à la fois de
la gestion des ressources naturelles (notamment l’eau et le sol), mais aussi de l’extension des
périmètres irrigués avec des productions agro-industrielles destinées à l’exportation, les migrations et
leurs impacts, la croissance urbaine et sa pression foncière, le morcellement continu des terres
agricoles oasiennes, ou encore les enjeux environnementaux.
Elaborer un Atlas général qui met en relief les richesses et les défis des oasis traditionnelles et
favoriser sa large diffusion (GIS-WEB) ; tel est l’objectif général de ce travail.
Pour ce faire, l’identification des oasis traditionnelles et leur localisation cartographique,
l’analyse détaillée de leurs caractéristiques physiques, économiques, sociales ainsi que de leur
biodiversité floristique et faunistique et de leur cadre juridique et institutionnel seront réalisées.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 17
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
-1-
Analyse documentaire
Sélection des éléments
-6- pertinents
Production des Structuration des données
: documents version
finale
-2-
Elaboration des outils
d’investigation et visite de
terrain :
-5- Guide d’observation,
Validation sur terrain guide d’entretien…
Etude de cas
-4- -3-
Elaboration d’une Analyse des données et
première version des croisement des
documents d’analyse informations
et de communication
3- Plan d’action
L’objectif spécifique 1 (identification des oasis traditionnelles, délimitation géographique et
présentation des caractéristiques historiques, géographiques, naturelles, culturelles et socio-
économiques de chaque oasis) a été décliné en deux résultats attendus :
- les oasis traditionnelles tunisiennes sont délimitées et caractérisées ;
- une première version d’un SIG WEB et de la base de données sur les oasis tunisiennes
traditionnelles est mise en place.
Par ailleurs, les termes de référence ont décliné cet objectif et ces résultats en quatre activités.
Partant de ces orientations, l’équipe a élaboré et réalisé un plan d’action, avec calendrier et outils de
recueil de données (guide d’observation et guide d’entretien individuel et de groupe (voir annexe n°3)
- Activité 1-1.
La recherche bibliographique et l’analyse documentaire a permis de recueillir des informations
générales mais pertinentes en rapport avec l’objet de notre étude à savoir la caractérisation des oasis
tunisiennes dan les gouvernorats de Gabés, Gafsa, Tozeur et Kébili.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 18
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Nous avons focalisé nos recherches sur les travaux les plus récents et les plus pertinents. A
Kébili, nous avons utilisé les données de l’étude sur le recensement des oasis réalisée entre le CRDA
et Le Centre National de Télédétection (CNT) de 2008. Pour les oasis de Gabes, une étude plus
récente sur les oasis a été analysée et qui s’est avérée intéressante pour la validation de nos travaux
d’identification. Nous avons aussi utilisé les données de la carte agricole mais que nous avons
actualisé selon nos discussions avec les responsables locaux, les GDA et par la prospection sur terrain.
Une fois, cette première « base de données » collectée, elle est structurée selon les volets
recherchés par l’équipe et demandés par les termes de référence (caractéristiques historiques,
géographiques, naturelles…).
Cette analyse à priori des différentes situations dans les oasis tunisiennes a orienté la
préparation de l’étape suivante à savoir les visites de terrain. C’est en ce sens que deux outils de
recueil de données complémentaires ont été élaborés, guide d’entretien et guide d’observation, un
calendrier de visites de terrain des quatre gouvernorats arrêté et des rendez-vous pris avec les
personnes ressources.
Au cours des trois visites de terrain, plus de 150 personnes ont été rencontrées, réparties
essentiellement entre :
- Administration (voir liste des entretiens individuels et de groupe en annexe 2)
- GDA (entretien de groupe)
- Etablissements de recherche (entretien individuel)
- Société civile entretien individuel et de groupe)
- Population oasienne (entretien individuel et guide d’observation).
Parallèlement à cette dynamique de recueil de données, les visites de terrain étaient aussi l’occasion
d’exploiter les systèmes d’information géographiques de localisation des oasis et ce selon les étapes
suivantes :
o Etape 1 : Acquisition et traitements des données. L’utilisation des images Google Earth
des zones d’étude a permis de les géo-référencer selon le système de projection WGS84
- UTM – Z32N
o Etape 2 : Extraction de l’information. Cette phase a consisté en une digitalisation
manuelle des zones identifiées.
La réalisation de ces différentes tâches de l’activité 1-1. a abouti à la constitution d’une base de
données beaucoup plus pertinentes et complète permettant, par la même, de corriger certaines données,
d’en compléter d’autres et d’en collecter de nouvelles. L’amélioration des cartes de localisation selon
les cas et l’ajout des attributs complémentaires et nécessaires pour la base de données étaient
maintenant possibles.
Pour conclure, les résultats relatifs à la liste des oasis traditionnelles a été présentée aux personnes
clés des CRDA respectifs des quatre gouvernorats pour validation.
- Activité 1-2.
L’analyse documentaire a permis à l’équipe d’experts d’adopter une définition d’une oasis, de
dégager les types usuels de classification et d’opter pour une typologie générique à même de combiner
les apports des autres approches.
La richesse des données recueillies grâce au travail de terrain a permis pour sa part de combler les
lacunes et de préciser les informations déjà disponibles. La réalisation des différentes tâches de cette
activité ayant abouti à l’établissement du type et de la liste des oasis traditionnelles, l’équipe peut
désormais orienter sa quête d’éléments encore plus pertinents en focalisant son travail de
caractérisation et de localisation.
A ce niveau d’avancement des travaux, l’équipe était désormais en mesure de proposer une liste
selon la typologie adoptée (oasis traditionnelles et oasis modernes), de la justifier et d’assurer sa
caractérisation.
- Activité 1-3.
Identification, localisation et caractérisation étaient désormais réalisées. Conformément aux
termes de référence, l’activité 1-3. stipule que « l’ensemble des oasis traditionnelles qui seront
analysées dans la suite de la mission sera arrêté en commun accord avec le maître d’ouvrage, l’Unité
de Gestion du Projet (UGP) au sein de la DGEQV, la liste des oasis traditionnelles a été proposée et
validée. La caractérisation géographique, physique, socio-économique, ainsi que celle de la situation
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 19
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
de la biodiversité et du statut foncier des oasis traditionnelles, engagées par l’équipe avec les deux
premières activités, peuvent focaliser la liste validée. Un premier contenu est donc prêt pour répondre
aux tâches de l’activité suivante.
Activité 1-4.
La dynamique technique d’élaboration du GIS WEB est initiée par l’équipe technique chargée
de cette mission qui présente sa première ébauche d’architecture du support aux services concernés au
sein du MEDD. Parallèlement, l’équipe de l’étude finalise le contenu de la base de données afin de
préparer la prochaine étape.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 20
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE II :
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 21
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
dans la création des oasis et dans l'établissement des routes commerciales empruntées par les
caravanes (transport de marchandises, de voyageurs et de pèlerins). Ce sont ces routes des caravanes
qui ont fait vivre pendant plusieurs siècles, grâce aux échanges commerciaux, les oasis établies sur
leurs parcours.
Ibn Al Awwam, agronome arabe établi à Séville au 13ème siècle, a consacré dans son livre
célèbre sur l'agriculture (Kitab Al Filaha), un chapitre sur la culture du palmier dattier. A la même
époque, Ibn Chabbat (homme de lettre, mathématicien et hydraulicien, mort en 1282) concevait un
système judicieux de partage des eaux provenant des sources pour l'irrigation des parcelles de palmiers
dattiers dans l'oasis de Tozeur. La population de Tozeur comptait au 14ème siècle 100 000 personnes
(Rouissi, 1969 ; cité par GIZ, 2009), ce qui atteste l'essor qu'a connu le Jérid à cette époque. Le Jérid
comptait à cette époque plusieurs variétés de palmiers dattiers issues probablement, à l'origine, de
semis provenant de noyaux de dattes rapportées par les voyageurs et les pèlerins venant des régions
orientales et empruntant les routes commerciales du sud de la Tunisie. D’après Kearney (1906), la
variété Deglet Nour a été introduite en Tunisie, pour la première fois, de l'Oued Rirh (Algérie), il y a
trois à quatre siècles, Elle a été cultivée dans les oasis du Jérid, où elle s'est bien adaptée.
La période allant du milieu du 7ème jusqu’à la fin du 18ème siècle est celle de
l’épanouissement des oasis sahariennes à travers le commerce qu’elles entretenaient entre la
Méditerranée et le Sud du Sahara.
La palmeraie de Gabés est décrite à cette époque par les auteurs arabes. Al Idrissi rapporte
ainsi, au 12° siècle, que «Gabès est une ville considérable, bien peuplée, entourée d'un véritable bois
de vergers qui se succèdent sans interruption et qui produisent des fruits en abondance, de palmiers,
d'oliviers, ...». Les palmiers prennent une grande importance alimentaire et économique car la
puissance des nomades arabes repose en partie sur l’approvisionnement en dattes séchées fournies par
les oasis, selon le principe “protection contre ravitaillement”. Les trois étages de végétation de l’oasis
se diversifient encore avec l'introduction d'arbres fruitiers et de cultures au sol, puis, au XVIème siècle
avec des variétés américaines de tomate, piment, maïs, tabac, pomme de terre et figues de Barbarie
A la fin du 19ème siècle, les oasis étaient encore prospères. C’est en ces termes que Servonnet
et Lafitte (2000) décrivaient l’oasis de Gabès en 1888 : « La propriété y est très divisée et les jardins
sont séparés les uns des autres par des murs en terre battue, couronnés d’épines et de branches de
palmiers au travers desquelles grimpent ou rampent une foule de plantes sauvages, rosiers, basilics,
jasmins, liserons, et de labiées odorantes, thym, romarin, sauge, lavande. Toute la série des arbres
fruitiers croît à l’aise dans cette terre largement arrosée, et certains d’entre eux, plantés sans ordre,
oliviers, grenadiers, orangers, citronniers, y prennent un développement peu ordinaire. La vigne qui,
du temps de Pline, “donnait à Tacapes une double récolte” y est aujourd’hui encore,
remarquablement belle. La culture des céréales: Orge, blé, mais, sorgho, rend cent pour un, et l’on
fait sept à huit coupes par an dans les champs de luzerne. A côté de certaines ombellifères
aromatiques : cumin, carvi, coriandre, fenouil, les légumes y poussent en toutes saisons. Parmi ceux-
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 22
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
ci: la fève, le gombo et la mauve comestible, avec laquelle on fait la délicieuse «Meloukhia». Les
melons, les pastèques, les citrouilles atteignent, dans l’oasis, des proportions inusitées; et l’on y voit
des carrés entiers co-plantés de piment, de fenugrec, de garance. Là sont d’odorants massifs de henné
(Lawsonia inermis). Quelques bananiers aux fruits savoureux existent bien encore, mais leurs régimes
suffisent à peine à la consommation locale et il est toujours difficile de s’en procurer, même à prix
d’argent. »
Les Français apportent par ailleurs un certain nombre de changements importants dans le
secteur agricole oasien dont la technique de greffe sur arbres fruitiers. Des variétés plus productives de
carottes, navets, choux-fleurs, betteraves, salades, etc., conduisent certains agriculteurs de l’oasis à se
spécialiser dans les cultures maraîchères. Enfin, les Français introduisent l’avoine, inconnue
jusqu’alors mais qui se généralise lentement dans les zones centre et aval, et développent largement la
culture du tabac (à priser). La variété “soufi” (Nicotiana rustica) a été introduite de la région
algérienne de Souf au début du 19ème siècle.
Dès la fin du 19ème siècle, l’introduction de la technique du forage par les autorités
coloniales, a permis de s’affranchir des contraintes du site et de créer de nouveaux terroirs oasiens tout
en enclenchant un processus de sédentarisation des populations nomades et semi-nomades. Cette
dynamique a été également marquée par la création des périmètres plantés exclusivement en palmiers
«Degla», destinés à des colons ou à des anciens nomades et semi-nomades dans le but de s’assurer leur
allégeance et collaboration (Bazma, El Faouar, Douz).
Jusqu'à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, le palmier dattier était cultivé, sauf rare
exception, par la population autochtone. Cependant, quelques colons s'y sont établis et ont créé des
palmeraies modernes dès le début du 20ème siècle, tel que Albert Martel à Tozeur. Les colons ont
établi, à cette époque, de belles plantations dans le Jérid, avec des palmiers alignées et peu denses,
généralement en bordure des palmeraies de type traditionnel appartenant aux agriculteurs autochtones.
Le protectorat français, dès son établissement, a favorisé, pour des objectifs de sécurité, la fixation des
populations nomades dans les zones désertiques en les aidant à créer des petites palmeraies éparpillées
autour des sources d'eau, notamment dans le Nefzaoua.
Après l'indépendance, un gain d'intérêt a été accordé pour une nouvelle relance des régions
oasiennes, avec la mise en place de stratégies qui ont contribué, de différentes manières, à la
modernisation des oasis. (Hajji, 1997, cité par GIZ, 2009) distingue, depuis l'indépendance, trois sous
périodes principales.
La période des années 1960, qui n'a pas véritablement abouti à une relance sensible des oasis.
Après la nationalisation des terres des ex-colons, l'Etat a cédé leurs palmeraies à la STIL, qui a eu de
larges pouvoirs pour la commercialisation des dattes dont elle détenait pratiquement le monopole.
Au cours de la décennie 1970- 1980, une nouvelle relance a été engagée avec la mise en oeuvre d’un
vaste programme de réhabilitation de 20 000 ha d’ancienne oasis et la création de 4500 ha nouvelles
oasis, assimilées à des périmètres publics irrigués.. Ainsi, le gain économique est devenu une ligne
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 23
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
directrice de la production agricole au sein des oasis. Ce gain est recherché à travers la production en
dattes de variétés nobles destinées à l’exportation (Daglet Nour), des primeurs et des produits laitiers.
Ces actions étaient basées sur des études hydrogéologiques poussées qui ont abouti à un "Plan
Directeur des Eaux du Sud" (PDES).
Dès le début des années 1980, l’Etat a engagé une politique d’appui au secteur privé pour
mobiliser les ressources en eau (creusage des puits et forages) et la création des périmètres
irrigués privés à base de palmier dattier (essentiellement avec la Daglet Nour).
Malgré l’interdiction de creuser des puits de plus de 50 m de profondeur, les forages illicites
«mais tolérés» se sont multipliés dans l’ensemble du Sud tunisien provoquant une mise en valeur
anarchique qui a dépassé les prévisions de l’Etat dans le cadre du plan directeur des eaux du Sud.
La généralisation de la technique de forage et le développement de la monoculture du palmier
dattier avec la variété «Daglet Nour» ont donc constitué un véritable tournant dans l’occupation et
l’aménagement de l’espace ainsi que dans la gestion des écosystèmes oasiens traditionnels (ou
historiques).
A partir du début des années 90 et surtout au cours de la présente décennie, l'engouement pour
l'exportation de Deglet Nour a accéléré le rythme des nouvelles plantations. A côté des créations
réalisées par l'Etat ou sous son contrôle, une grande extension des palmeraies, constituées presque
exclusivement à base de Deglet Nour, a été réalisée par les privés, principalement dans le Nefzaoua,
où de nombreuses créations ont été implantées avec des forages non autorisés. Aujourd'hui, ces
superficies illicites représentent près de la moitié des palmeraies de cette région.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 24
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
intégrant la réhabilitation, la valorisation et la préservation des ces différentes fonctions et En fait, le
mode de gestion des oasis a subit des profondes mutations qui se sont traduites notamment par les faits
suivants:
- les écosystèmes oasiens ont perdu une partie importante de leurs spécificités et des fonctions
qu’ils remplissaient à travers leur histoire (perte de l’originalité des systèmes de production,
des savoir-faire locaux, des modes vie et d’organisation sociale);
- les systèmes de production des «oasis» se sont orientés rapidement vers l’intensification, la
rentabilité économique et la spéculation (monoculture du palmier dattier «Deglet Nour»,
spéculation foncière, tourisme) au détriment des autres aspects qui caractérisaient les
écosystèmes oasiens. On assiste à un processus accéléré d’extensions illicites des périmètres
irrigués privés, favorisées, en particulier, par un accès facile et gratuit à la terre (appropriation
des terres domaniales à Tozeur et des terres collectives à Kébili) ainsi que par l’accès non
contrôlé à l’eau. Ces extensions, associées à la dégradation des oasis traditionnelles, ont
entrainé des perturbations du milieu naturel et une perte de la biodiversité.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 25
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
diversité des espèces locales cultivées, les oasis constituent des écocosystèmes durables en assurant la
protection contre la désertification, la préservation de la biodiversité et l’atténuation et l’adaptation
aux changements climatiques
Différents travaux de recherches ont montré le rôle essentiel joué par les écosystèmes oasiens
dans le maintien de la diversité biologique, la lutte contre la désertification et l’adaptation aux
changements climatiques. Ces écosystèmes agricoles constituent des véritables niches écologiques et
conservatoires de la biodiversité. Ces écosystèmes sont caractérisés par l’existence de ressources
génétiques et des espèces cultivées et domestiquées ayant permis le développement de leurs caractères
distinctifs. Environ 300 variétés de palmier ont été inventoriées dans ces oasis auxquelles sont
généralement associées harmonieusement de nombreuses espèces végétales vivant en étages. Ces
espèces fruitières se distinguent par plusieurs variétés principalement pour le grenadier (Gabsi, Mezzi,
Garoussi etc.), le figuier (Tounsi noir et rouge, Bithar, Abhiod, Kahouli etc.), olivier (Chemchali,
Zarrazi, Zelmati, etc.), en particulier à Gafsa. D’autres variétés de vignes, d’agrumes, de pêcher et
d’abricotier sont connues. Plusieurs sont identifiées et replantées alors que d’autres sont menacées de
disparition
La fonction sociale. Les oasis assurent des emplois pour la population par l’activité culturales
mais aussi au niveau des industries de conservation et de transformation.
La fonction culturelle, patrimoniale et historiques des oasis traditionnelles
Les régions oasiennes en Tunisie ont été le berceau des civilisations préhistoriques. Elles ont connu les
civilisations capsiennes, romaines, byzantines et musulmanes. Les oasis se trouvaient au carrefour du
commerce avec les régions sahariennes d’Afrique et entre l’Orient et l’Occident musulman et de ce
fait elles étaient un lieu de brassage culturel.
La préhistoire du Sud tunisien a été particulièrement jalonnée par les vestiges de cette activité
de l’homme en créant les plus anciennes oasis réparties principalement dans les régions de Gabès,
Gafsa, Kébili, Tozeur et Nefta
Les oasis de Gafsa et El Guettar, ont gardé l’essentiel des connaissances sur la présence de
l’activité de l’homme de l’âge de la pierre (Moustérien) ainsi que sur celui du capsien (Holocène) qui
remonte à plus de 6 500 ans.
Les oasis tunisiennes jouaient un rôle important dans le trafic qui existait entre Carthage et le
Centre de l’Afrique. Ce rôle fût renforcé, après la chute de Carthage, par les autorités militaires de
Rome qui construisirent de nombreux fortins dont les plus célèbres demeurent celui de Ksar Ghilane
(entre Douz et Tataouine) et celui de Khanguet Oum Ali de la région du Ségui (entre Kébili et Gafsa).
Les principales oasis anciennes du Sud tunisien ont été bien citées dans les écrits de l’époque romaine.
C’est le cas principalement de Gabès (Tacape), Tozeur (Thusorus), Nefta (Nepte), Tamerza (Ad
Turres) et Télémine (Torris Télémani).
Durant le moyen âge, les chroniqueurs et les historiens décrivent sur plus de dix siècles (8ème-
18ème siècle) les échanges économiques et culturels entre le Sud tunisien et le Sud du Sahara, à
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 26
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
travers des routes caravanières dont les nœuds sont les principales oasis traditionnelles de la région
comme celles de Gabès, Gafsa, Kébili, Tozeur et Nefta.
Les oasis du Sud tunisien ont toujours été le point d’attachement de la population nomade dont
l’activité a été principalement rattachée à l’élevage.
Ces oasis sont devenues avec l’indépendance du pays (1956), le lieu de rattachement et de
sédentarisation de l’ensemble de la population nomade.
fonction de
production
(biens et
services)
Fonction fonction
culturelle, recréative et
patrimoniale éco-touristique
et historique
Oasis
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 27
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE III
1. Définition
La revue de la littérature relative à l’oasis atteste que les auteurs s’accordent pour reconnaître que
c’est la conjugaison de trois identifiants : eau, sol et ingéniosité (de l’homme). qui ont déterminé
l’apparition et le développement de l’espace oasien.
Aussi, la définition reprise par la quasi-totalité des documents désigne l’oasis comme étant
« tout écosystème autour d’un point d’eau dans le désert… Il s’agit en fait d’un espace mis en culture
par l'irrigation (avec des seguias) et donc parfaitement artificiel. Cela implique une présence humaine
et une oasis peut donc être définie comme l’association d’une agglomération humaine et d’une zone
cultivée (souvent une palmeraie) en milieu désertique ou semi-désertique.».2
2. Typologie
S’agissant de la typologie, les approches de classification diffèrent selon les caractéristiques
adoptées par les uns et les autres.
En effet, selon qu’il s’agit de la localisation géographique, du mode de culture et de gestion, de
l’histoire, de l’accès à l’eau ou encore de l'appartenance ethnique et des pratiques culturales…on passe
de deux, trois…six…types.
Dans notre travail, et partant du fait que les différentes approches se complètent, nous avons opté
pour une approche générique3 qui a le mérite de tenir compte de la valeur ajoutée de chaque approche.
2
[Link]
3
Approche signalée et adoptée par M. Sghair.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 28
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
b). Classification hydraulique
Cette classification des oasis est en étroite liaison avec la disponibilité de l’eau et des pratiques
d’irrigation. On distingue trois types correspondant à trois étapes liées à la disponibilité ou le
tarissement des eaux :
• Eaux jaillissantes des sources naturelles,
• Creusement des forages d’eau jaillissants,
• Recours progressif au pompage
c). Classification selon le mode de culture (ou agricole)
Adoptée par plusieurs intervenants (chercheurs, administration), cette classification propose
deux types d’oasis :
Rappelons comme l’avait remarqué à bon escient M. Sgair que « moderne n'est pas synonyme de
récent et traditionnel ne veut pas dire ancien. Une oasis ancienne d'existence peut avoir les
caractéristiques d'une oasis moderne et inversement ».
La différenciation entre oasis traditionnelle et oasis moderne se fonde sur certains critères,
retenus à quelques nuances près par la plupart des chercheurs ; ils se présentent comme suit :
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 29
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 30
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Oasis traditionnelle Douz
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 31
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2-3. Localisation des oasis traditionnelles:
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 32
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Consulting en Développement Communautaire et en Gestion d’Entreprises
33
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]
Consulting en Développement Communautaire et en Gestion d’Entreprises
Afin d’identifier les oasis traditionnelles, nous avons axé la différenciation entre les oasis
traditionnelles et modernes par la photo-interprétation.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
34
Email : [Link]@[Link]
L’aspect organisationnel de l’oasis est un critère pertinent pour la photo-interprétation et la réalité
observée confirme les indicateurs de classification présentés ci-dessus.
Oasis traditionnelle :
o Morcellement et taille réduite
o Densité importante des palmiers
o Densité importante des arbres fruitiers
Oasis moderne :
o Taille plus importante des exploitations
o Densité des palmiers convenables
o Orientation vers la monoculture
Ce qui a donné lieu à l’identification de 126 oasis traditionnelles.
Les oasis traditionnelles sont inégalement réparties entre les quatre gouvernorats.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Un premier constat s’impose à la lecture de cette répartition : deux groupes de deux oasis
chacun se profilent déjà :
- Gabés et Gafsa où dominent les oasis traditionnelles et où les extensions ont été limitées, le cas de
Gafsa, et quasi absente, le cas de l’oasis de Gabés.
- Tozeur et Kebeli où ce sont les oasis modernes qui dominent et dont l’extension s’est poursuivie
jusqu’à récemment.
L’analyse des données relatives à la liste globale des oasis, modernes et traditionnelles par
délégation confirment la tendance relevée.
En effet, un premier groupe où dominent les oasis traditionnelles est composé essentiellement
de délégations appartenant aux deux gouvernorats de Gabés et Gafsa ; un deuxième groupe où
dominent les oasis modernes appartenant aux gorvernorats de Kebeli et Tozeur.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Ce premier constat sera approfondi à la lumière des caractéristiques, notamment historiques et
socioéconomiques, qui seront développées dans notre étude.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
LISTE GLOBALE DES OASIS DE GABES
La liste globale des oasis par gouvernorat est consignée dans les tableaux ci-dessous.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
40 M'dessia Traditionnelle
41 Sidi Sallam Traditionnelle
42 Zarat 1 Traditionnelle
43 Zarrat 2 Traditionnelle
44 Zerkine 1 et 3 Traditionnelle
45 Zerkine 2 Traditionnelle
46 Zrig El barrania Traditionnelle
47 Zrig El Ghandri Traditionnelle
48 Matouia Traditionnelle
Metouia (2)
49 Oudhref Traditionnelle
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
LISTE GLOBALE DES OASIS DE GAFSA
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
LISTE GLOBALE DES OASIS DE KEBILI
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
39 Ras El Ain Traditionnelle
40 Gueliada Moderne
41 Ghlissia Moderne
42 Scast Moderne
43 Bahri Moderne
44 Chott Msaid Moderne
45 Kaabi Traditionnelle
46 Dhamrana Moderne
47 Sakkouma Moderne
48 Douz Nord (5) El Golaa Moderne
49 El Ghoula Moderne
50 Graad Moderne
51 Ksar Ghilane Moderne
52 Douz Traditionnelle
53 Nouiel Traditionnelle
54 Ain Terras Moderne
55 Smida Moderne
56 Douz Sud (11) Tarfaya Moderne
57 Bou Hamza Moderne
58 Hsay Moderne
59 Zaafrane Traditionnelle
60 Lazala Moderne
61 El Amel Hassy Moderne
62 Negga Traditionnelle
63 Zaouiet El Harth Nord Traditionnelle
64 Zaouiet El Harth Sud Traditionnelle
65 Chouchet Negga Moderne
66 Fatnassa Traditionnelle
67 Zaouiet El Anes Traditionnelle
68 Ouled Touati Traditionnelle
69 Souk El Ahad (22) Om Somaa Nord Traditionnelle
70 Zaouiet Louhichi Traditionnelle
71 Debabcha Moderne
72 Om Goulem Moderne
73 Oued Jezira Traditionnelle
74 Bouabdallah Est Traditionnelle
75 Bouabdallah Ouest Traditionnelle
76 Tebaga Moderne
77 Bechri Traditionnelle
78 Om Somaa Sud Traditionnelle
79 Menchia Traditionnelle
80 Tenchigue Traditionnelle
81 El Glea Traditionnelle
82 Debabcha2 Moderne
83 Debabcha3 Moderne
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
84 Ghidma Traditionnelle
85 Haddad Moderne
86 Bechni Moderne
87 El Faouar 1 Traditionnelle
88 Matrouha Moderne
89 Darjine Moderne
90 El Faouar 2 Moderne
91 Tarfayet Elma Moderne
92 Sabria Traditionnelle
93 Rejim Maatoug 1 Moderne
94 Rejim Maatoug 2 Moderne
95 El Faouar 3 Moderne
96 Chareb lahmil Moderne
97 Nasr 1 Moderne
98 El Faouar (29) Ferdaous2 Moderne
99 Unité 1 Ferdaous 1 Moderne
100 Unité 2 Ferdaous 1 Moderne
101 Unité 3 Ferdaous 1 Moderne
102 Unité 4 Ferdaous 1 Moderne
103 Unité 5 Ferdaous 1 Moderne
104 Nasr 2 Moderne
105 Unité 1 Amel Rjim 1 Moderne
106 Unité 2 Amel Rjim 1 Moderne
107 Unité 3 Amel Rjim 1 Moderne
108 Unité 1 Amel Rjim 2 Moderne
109 Unité 2 Amel Rjim 2 Moderne
110 Unité 3 Amel Rjim 2 Moderne
111 Unité 1 Essalem 1 Moderne
112 Unité 4 Essalem 2 Moderne
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1 Hezoua 1 Moderne
2 Hezoua 2 Moderne
3 Hezoua 3 Moderne
4 Hezoua 4 Moderne
5 Hezoua 5 Moderne
6 Hezoua 6 Moderne
7 Ouled Leghrissi Moderne
8 Etaamir Htam Moderne
9 Mzara Moderne
Hezoua (18)
10 ElKari ElWassit Moderne
11 Ain Ouled Ghrissi Moderne
12 Bir Erroumi Moderne
13 ElMzara Kwassit Moderne
14 SCMV Errached Moderne
15 SCMV ElFaouz Moderne
16 SCMV Garat Jaballah Moderne
17 SCMV Bir Malah Moderne
18 SCMV Hod B Arian Moderne
19 Ghargaya Moderne
20 El Ghawatine Moderne
21 Goethermie Nefta Moderne
22 Chabat 1 Moderne
23 Draa Sud Moderne
24 SCMV El Faraj Moderne
25 Nefta (13) SCMV Sif Lakhdar Moderne
26 SCMV Essouni Moderne
27 SMVDA Zaafrana Moderne
28 Ras El Ain Traditionnelle
29 Fatnassa Traditionnelle
30 Remada Traditionnelle
31 Beni Ali Traditionnelle
32 Chabbat 2 Moderne
33 Chabbat 3 Moderne
34 Makmen CD 1 Moderne
35 Makmen CD 2 Moderne
36 Mrah Lahwar A+B Moderne
Tozeur (21)
37 Goethermie Tozeur Moderne
38 Chemsa Moderne
39 Neflayette Moderne
40 Jhim 1 Traditionnelle
41 Jhim 2 Moderne
42 Castilla Traditionnelle
43 Helba Ouest Moderne
44 Helba Est Moderne
45 Oued ElKoucha Moderne
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
46 Extension Tozeur Moderne
47 P-ElMachetel Moderne
48 SMVDA MrahLahwar Moderne
49 Hafir Traditionnelle
50 Abbes Traditionnelle
51 Ouassat Traditionnelle
52 Rabbat Traditionnelle
53 Chakmou Moderne
54 ElOudia 1 Moderne
55 Tazrarit Moderne
56 Dghoumes Moderne
57 Ext. Oued Koucha Moderne
58 Oued El Kebir Moderne
59 Zakaria Hama Moderne
60 Oued Koucha Moderne
61 Bouhlel Dghoumes Moderne
62 Geothermie Hama Moderne
63 Bouhlel Tazrarit Moderne
64 SCMVDA Waha Moderne
65 SCMVDA CEDADA Moderne
66 Degache (27) CFRA Degache Moderne
67 Zaouit ElArab Traditionnelle
68 Ain Torba Traditionnelle
69 Ain Rebah Traditionnelle
70 7 Abar Traditionnelle
71 Mahassen Traditionnelle
72 Bouhlel Traditionnelle
73 Ouled Hmida Traditionnelle
74 Manechi Traditionnelle
75 Mouhareb Traditionnelle
76 Ennamlet Traditionnelle
77 ElAirek Traditionnelle
78 Dghoumes montagne Traditionnelle
79 Tazrarit montagne Traditionnelle
80 Dhafria 1 Moderne
81 Dhafria 2 Moderne
82 Ben Gacha Moderne
83 ElOudia 2 Moderne
84 Ext. Dhafria Moderne
85 Tamerza (14) Ext. Ain Karma Moderne
86 Laacheche Moderne
87 Ain Taher Moderne
88 Chebika Traditionnelle
89 Fom ElKhanga Traditionnelle
90 Tamerza Traditionnelle
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
91 Brik Traditionnelle
92 Ain ElKarma Traditionnelle
93 Oasis Mides Traditionnelle
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Quant à la répartition analysée par délégation, elle montre une variation passant de 18 à Mareth à
une seule oasis à El Guetar.
Une fois cette première liste établie, vérifiée et validée par les acteurs dans les quatre
gouvernorats (administration, GDA et population), un autre niveau d’identification caractérisé
notamment par la distinction de sous-unités selon plusieurs facteurs prédéfinis a été opéré. La
pertinence de ces paramètres d’identification varie selon les cas analysés d’un gouvernorat à l’autre.
En effet, partant du vécu des populations de ces zones, du souci de mettre à la disposition des
décideurs et des acteurs de ces oasis des supports d’élaboration de stratégie adaptée à la réalité, de
planification, de communication et d’intervention appropriées, le bureau propose une liste de 91 sous
unités complémentaires des 126 oasis traditionnelles arrêtées. L’identification de ces sous unités s’est
faite sur la base des identifiants suivants :
La limite administrative pour certaines sous unités telle les oasis de Nahal et Chenini… Ces
sous unités correspondent à des Imadas et parfois même la Imada correspond à un village. Autrement
dit, outre les paramètres d’une oasis traditionnelles tels que définis ci-dessus, ces sous unités
présentent des identifiants leur accordant une certaine autonomie.
La situation de la biodiversité de chaque sous unité telle que observée dans la réalité. Deux
sous unités, parfois même mitoyennes, tout en répondant toutes les deux aux indicateurs d’une oasis
traditionnelles, présentent deux réalités différentes : l’une est bien exploitée et riche alors que l’autre
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
est abandonnée. Aussi, la caractérisation est-elle différente et appelle des interventions différenciées
(voir à ce propos la situation de la Kasba à Gafsa).
Des sous unités correspondent à des zones délimitées géographiquement par le passage d’une
route, d’un oued… cette séparation donnent parfois lieu à deux réalités différentes et à deux entités
autonomes. Encore une fois, nous nous trouvons parfois face à des vécus différents appelant à des
interventions différenciées.
Rappelons par ailleurs que l’identification de ces sous unités et de leurs caractérisations propres a été
vérifiée auprès des acteurs dans les quatre gouvernorats et sera enrichie et précisée ultérieurement dans
les fiches de chaque oasis.
Le tableau ci-dessous représente le nombre des unités et sous unités des oasis traditionnelles
identifiées.
Classification
Gouvernorat Total des Unités
GDA Sous-Unités
Gabes 49 21 70
Gafsa 7 27 34
Kébili 41 23 64
Tozeur 29 20 49
Total 126 91 217
Au total donc 126 oasis traditionnelles ont été identifiées, vérifiées et validées auxquelles peuvent
s’ajouter 91 sous unités issues d’une distinction basée sur des paramètres se référant au vécu des
populations.
La répartition de ces oasis traditionnelles de second niveau (sous unité) par délégation se présente
comme suit :
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
5. Liste des oasis traditionnelles par gouvernorat :
A. Les oasis traditionnelles du gouvernorat de Gabés (GDA et sous unité)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
N°/SU Délégation Nom N°/SU Délégation Nom
1 Sous-Unité 1: Bechima 1 36 Bir Faycel
2 Sous-Unité 2: Bechima 1 37 Sous-Unité 1 : Bir Mahjoub
3 Bechima 2 38 Sous-Unité 2 : Bir Mahjoub
Ghannouch
4 Sous-Unité 1: Ben Ghilouf 39 Sous-Unité 1 : Bir Salem
5 Sous-Unité 2: Ben Ghilouf 40 Sous-Unité 2 :Bir Salem
6 El Adaouna 41 Bir Sboui
7 El Khbayet 42 Sous-Unité 1 : Arram
8 Glib Dokhane 43 Sous-Unité 2 : Arram
El Hamma
9 Jroudou 44 Sous-Unité 1 : Ayoun Zerkine
10 Sous-Unité 1: Mzira Hamma 45 Sous-Unité 2 : Ayoun Zerkine
11 Sous-Unité 2: Mzira Hamma 46 Kettana 1
12 Oasis El Hamma 47 Kettana 3
13 Oued Enakhla 48 Kettana 4
14 Oued Ennour 49 Mareth 1
15 Ouled Amara 50 Mareth 2
16 Tkouri 51 Mareth 3
17 Sous-Unité 1 :Gabes Central 52 Mareth 5
18 Gabes Medina Sous-Unité 2 :Gabes Central 53 Mareth 6
Mareth
19 Gabes Bahria 54 Sous-Unité 1 : M'Dessia
20 Bouchemma 55 Sous-Unité 2 : M'Dessia
21 Chott El Ferik 56 Sous-Unité 1 : Sidi Sallam
22 Gabes Ouest Sous-Unité 1 :Gabes Haute 57 Sous-Unité 2 : Sidi Sallam
23 Sous-Unité 2 :Gabes Haute 58 Zarat 1
24 Sous-Unité 3 :Gabes Haute 59 Zarrat 2
25 Sous-Unité 1 : Chentech 60 Zerkine 1
26 Sous-Unité 2 : Chentech 61 Zerkine 3
27 Sous-Unité 3 : Chentech 62 Zerkine 2
28 Sous-Unité 1 : El Medou 63 Sous-Unité 1 : Zrig El barrania
29 Sous-Unité 2 : El Medou 64 Sous-Unité 2 :Zrig El barrania
30 Gabes Sud Teboulbou Est 65 Zrig El Ghandri
31 Teboulbou Ouest 66 Sous-Unité 1 : Matouia
32 Tmoula I 67 Sous-Unité 2 : Matouia
33 Sous-Unité 1 :Tmoula II 68 Metouia Sous-Unité 1 : Oudhref
34 Sous-Unité 2 : Tmoula II 69 Sous-Unité 2 : Oudhref
35 Zrig Ed Dakhlania 70 Sous-Unité 3 : Oudhref
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
B - Les oasis traditionnelles du gouvernorat de Gafsa (GDA et sous unité)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
C- Les oasis traditionnelles du gouvernorat de Kébili (GDA et sous unité)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
D- Les oasis traditionnelles du gouvernorat de Tozeur (GDA et sous unité)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Deuxième partie
Caractérisation des oasis
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE IV.
"L’oasis est un milieu bioclimatique artificiel développé à partir d’un site naturel
préexistant qui rompt avec l’aridité environnante en transformant l’ambiance
climatique au niveau du sol et dans la basse atmosphère".
Monique MAINGUET, 2003, les pays secs (environnement et
développement), Edition Ellipses, p160.
Les oasis sont des écosystèmes créés par les populations sahariennes dans un milieu fortement
marqué par l’aridité. Elles témoignent de l’ingéniosité des populations locales qui ont su tirer profit
des moindres possibilités offertes par le milieu naturel pour créer des espaces particulièrement riches
en biodiversité nettement distincts du milieu désertique et steppique environnant.
Exprimant la transition entre la steppe et le désert et permettant l’équilibre de l’écosystème
régional et la permanence du peuplement, ces espaces se présentent sous la forme d’îlots de culture
dont la durabilité est conditionnée par la bonne combinaison des composantes principales de ce milieu
à savoir le relief, le climat, les sols et les ressources en eau.
L’évolution enregistrée dans les oasis depuis quelques décennies sont à l’origine de nouvelles
contraintes affectant le fragile équilibre qui les caractérise et menaçant leur durabilité.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1. Un relief caractéristique d’une région de transition
La région des oasis se situe à cheval sur les deux domaines orographiques principaux de la
Tunisie, à savoir le domaine saharien et le domaine atlasique. Dénommée « Tunisie Présaharienne »
par Roger Coque4, elle correspond à une zone de transition qui juxtapose des unités de relief tabulaire,
caractéristiques de la Tunisie saharienne, et des unités du relief plissé qui structurent la Tunisie
atlasique.
En étant située dans le secteur oriental de la zone de transition entre le domaine saharien et le domaine
atlasique, la région se distingue des régions similaires dans le Maghreb par l’importance des contrastes
et la grande diversité des formes de relief.
La Tunisie Présaharienne est une terre de contrastes. Elle réunit des reliefs parmi les plus
élevés de la Tunisie (le Djebel Orbata, à l’Est de Gafsa, qui s’élève à 1165 m) et des dépressions parmi
les plus basses (Chott El Gharsa, par exemple, situé à 21 m au dessous du niveau de la mer). Elle
juxtapose de grandes unités de relief et une multitude de formes locales.
La situation de la région des oasis à cheval de deux ensembles structuraux majeurs à savoir la
Tunisie atlasique et la Tunisie saharienne, permet la variété des paysages et des formes de relief.
Quatre types de paysages principaux se distinguent : des montagnes, des chotts, des piedmonts et des
plaines.
4
Coque (Roger), « La Tunisie Présaharienne. Etude géomorphologique », PUF, Paris, 1962,
467 pages.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1.2.1. Les chaînes montagneuses
La chaîne de Gafsa est la plus importante. C’est une chaîne d’orientation générale Ouest-Est
qui occupe la partie septentrionale de la région. Elle se divise en trois parties séparées par le col
structural de Gafsa et celui de Oued El Khanga.
La chaîne des Djebels de l’Est est la plus élevée de la région oasienne (1165m pour Djebel
Orbata) et constitue sa limite nord. Elle domine une série de dépressions, la plus étendue contenant
Sebkhet El Guettar. Sur son piémont se trouvent les oasis de Lalla et El Guettar.
La chaîne de Métlaoui, à l’Ouest de Gafsa, est formée surtout de Djebel Oum Lakhchem-
Alima. Il s’agit d’une chaîne continue séparant le bassin de Tabeddit (au nord) de la dépression de
Métlaoui. L’oued Thelja est le seul à pouvoir la traverser.
A l’ouest, la chaîne se poursuit par Djebel Bliji et surtout le Djebel Brikiss. Le paysage est
marqué par la fréquence des djebels, des cluses, des canyons, des combes et des dépressions. Dans les
dépressions situées au cœur des djebels, des terrasses ont permis la naissance des oasis de montagnes
(Tamaghza et Midès). En contrebas du versant sud du Bliji, les oueds El Khanga et Yhoudi ont formé
deux cônes où sont aménagées deux oasis de piémont (Chebika et El Khanga).
La Dorsale du Chareb est une chaîne Ouest- Est qui s’affirme comme la limite nord des Chott El
Djérid et El Fedjaj. Dans l’ensemble elle a une altitude dépassant 500m, surtout dans le segment
central (645m à Ddjebel Asker). Elle s’impose comme une limite orographique assez nette.
A l’ouest, dans le Djérid, elle est formée des Djebels Sidi Bouhlel, Dghoumès et El Asker et se
prolonge plus à l’ouest, par le Draa El Djérid qui constitue un monticule séparant Chott El Djérid du
Chott El Gharsa.
La chaîne du Tebaga, située au sud de la région, est une succession de djebels dominant la
dépression du Fedjaj sur une centaine de kilomètres, du Djebel El Aziza, à l’Est, aux buttes de
Menchia, à l’ouest. Elle a l’allure d’une cuesta massive dédoublée qui s’abaisse à l’ouest, dans la zone
de Kébili, où elle se réduit à un alignement de buttes séparées de trouées larges.
Vers l’Est, le Tebaga est délimité par la plaine d’El Hamma et se prolonge aux environs de Méthouia
par de petits Djebels constituant les vestiges d’une cuesta.
Le Djebel Matmata constitue le secteur nord de la chaîne montagneuse du Sud-Est tunisien, formée
d’un plateau occidental, connu sous le nom Dahar, et d’une cuesta à l’Est, dénommée Djebel. Le relief
est divisé en bassins partiellement recouverts de limons éoliens (dont le bassin de Matmata).
Du côté Est, le Djebel se prolonge par le plateau de l’Aradh qui se termine par une série de petites
plaines côtières.
Plusieurs plaines s’étendent dans la région. Elles occupent généralement les secteurs situés entre les
piedmonts et les sebkhas.
La plaine de Gafsa-Nord est une plaine assez étendue (75 km sur 50 km) située au nord de la chaîne
de Gafsa. Elle se rétrécit au niveau du seuil de Gafsa où convergent deux oueds venant du nord pour
donner naissance à l’oued Bayech et traverser la grande faille de Gafsa.
Les plaines de Gafsa- Sud constituent une série de plaines qui se succèdent de l’Ouest vers l’Est
entre la chaîne de Gafsa et celle du Chareb (plaines du Chott El Gharsa, dépression d’El Guettar, Bled
Ségui, etc.).
Ces plaines sont dominées par quelques reliefs (Djebel Sehib, Djebel Berdaa), mais ces derniers sont
modestes par rapport aux chaînes montagneuses voisines.
Les plaines du Nefzaoua central et méridional s’étendent dans la plateforme structurale qui
prolonge le Chott El Djérid vers le sud, et qui se recouvre progressivement par les dunes du Grand
Erg.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Le relief correspond à une interpénétration de chotts et de lambeaux de glacis parfois recouverts de
champs dunaires inégalement développés.
Plusieurs types de sites s’offrent pour l’implantation des oasis :
- soit dans des secteurs déprimés de glacis (Kébili);
- soit dans les champs dunaires ; et dans ce cas, il y a deux situations/
soit dans les monticules « Dziret » qui dominent la couverture dunaire quand elle est
modeste (à Blidet par exemeple);
soit dans les petites cuvettes inter-dunaires « ghout » (à Es-Sabriya) où les palmiers
peuvent puiser directement dans la nappe phréatique s’écoulant sous le sable (d’où la
nécessité de l’enlèvement périodique du sable des ghout pour garder le même niveau
par rapport à la nappe).
Les plaines de l’Aradh forment une série de plaines intérieures ou littorales parsemées de sebkhas ou
de chotts, les plus importantes étant la plaine d’El Hamma et celles du littoral de Gabès. Ces dernières
sont une succession de petites plaines côtières développées à partir des vallées d’oueds se déversant
dans la mer (plaines de Méthouia, Ghannouche, Gabès, Kettana, Zerkine, Zarath, Mareth).
Vers l’intérieur, des sebkhas endoréiques prennent le relai, les plus importantes étant Sebkhet El
Hamma et Sebkhet El Meleh, la première correspondant à l’emplacement d’une gouttière délimitant le
dôme du Fedjaj à l’Est.
Les types de piedmonts les plus fréquents dans la région sont les glacis d’érosion et secondairement
les cônes alluviaux. Les unités les plus développées s’expliquent par des facteurs locaux et surtout par
l’envergure des reliefs dominants.
Les glacis d’érosion sont étagés ou emboités couverts par des encroûtements gypseux. Ils sont
fortement disséqués, l’encaissent des oueds pouvant atteindre 30 m. Ils constituent la forme la plus
fréquente, exception faite du Nefzaoua méridional. Dans de nombreux cas, le glacis inférieur, parfois
recouvert d’alluvions, offre un site adéquat pour l’aménagement d’une oasis.
Les cônes alluviaux se trouvent essentiellement sur les piedmonts de la chaîne de Métlaoui mais le
plus important se localise à la sortie en gorge de l’oued El Khanga. Leur existence s’explique par des
facteurs locaux (le débouché d’impluviums étendus).
Il s’agit de dépressions fermées étendues qui constituent l’autre élément majeur du paysage de la
région. En hiver, une petite nappe d’eau libre apparait à leur surface. Le reste de l’année, une mince
couche de sel couvre le sol au dessus d’un épais dépôt d’argile et de gypse.
Autour de ces dépressions, des franges de chotts et surtout des zones de piémonts où des terrasses
(souvent disséquées par les oueds) marquent le paysage.
Ces chotts jouent un rôle majeur dans la région. Ils constituent le niveau de base pour réseau
hydrographique, mais également pour les réseaux de drainage. L’aménagement d’une oasis est alors
conditionné par la proximité d’un chott.
Chott El Djérid est le plus étendu des trois chott. Sa surface, estimée à 5862 km2, est caractérisée par
une platitude quasi-parfaite et une altitude moyenne de 22 m.
Il correspond à une grande cuvette naturelle située à cheval des régions du Djérid et du Nefzaoua.
Limité au Nord par la chaîne du Chareb, il est couvert dans le Sud (au Nefzaoua méridional) par les
dunes sahariennes.
Chott El Gharsa s'étend sur une superficie totale de 576 Km². Il a la même sédimentation que Chott
El Djérid. Son altitude est comprise entre 0 et -22 m. Il constitue l'exutoire naturel des eaux pour les
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
djebels septentrionaux du Bliji et Brikis (secteurs de Dhafria, Htam, Segdoud, la plaine d'El Outia) et
pour le flanc nord du Draa Djerid.
Chott El Fedjaj est une dépression fermée, orientée Est-Ouest et longue de 95km, développée dans
une vaste combe creusée dans un dôme érigé au nord la plateforme saharienne.
Il se distingue du Chott El Djérid par un léger abaissement vers l’ouest au moment de la confluence
avec ce dernier (Coque p 127) tout en se divisant en trois cuvettes séparées par de petits seuils (dont
celui de Djebel Klikr à l’Est et la pise de Stiftimi à l’ouest).
Le site est un paramètre important dans l’apparition d’une oasis. Chaque oasis se distingue en effet par
un site particulier dans lequel règnent des conditions écologiques favorables à la création d’une oasis
et à sa durabilité.
L’affirmation d’un site d’oasis s’explique par les avantages qu’il offre pour l'émergence d’un
écosystème oasien et à la durabilité de l’activité oasienne et du peuplement. Ces avantages dépendent
de la combinaison d’un certain nombre de critères dont : l’altitude, l’emplacement dans le relief
environnant, l’envergure du relief environnant, l’exposition, la pente, l’existence d’une rupture
topographique (piedmont) ou géologique (ligne de faille).
Il n’y a pas de règle générale concernant l’altitude des oasis tunisiennes. On relève néanmoins les
catégories suivantes :
- 100 à 400 m : il s’agit d’oasis que certains qualifient d’oasis de montagne. Elles se trouvent
dans la région de Gafsa (El Guettar, Gafsa, Ksar, Lalla, etc.) et dans la zone montagneuse du
gouvernorat de Tozeur (Tameghza, Midès, Chebika, Foum El Khanga).
- 40-60m : il s’agit des oasis du Nefzaoua central (Kébili, Douz, etc.) et des oasis de Degache,
El Hamma et Hazoua dans le Djérid,
- 5-30m : il s’agit des oasis de Tozeur et Nefta, du groupe El Mansourah et Souk Lahad dans le
Nefzaoua et des oasis côtières de la région de Gabès.
Quatre types de sites sont fréquents : piedmont, vallée, plaine ou site de dune.
- Le site de piedmont : c’est le site le plus fréquent, et il s’agit dans la majorité de cas d’un site de
glacis d’érosion (El Guettar, Lalla, Chebika, Degache, Kébili, Groupe d’El Mansoura, groupe de la
Presqu’île comme Oum Essomaa, Bouebdellah, Menchia, Souk Lahad, Bechri, etc.). Dans certains
cas, le glacis d’érosion peut se prolonger par une partie alluvionnaire (le cas de Tozeur et Nefta).
- Le site de vallée : c’est le cas des oasis de Tamaghza et Midès qui s’étendent dans la vallée de
l’oued Tameghza et l’oued El Aouedj.
- Le site de plaine : on y distingue des oasis de plaines intérieures (Gafsa, El Hamma de Gabès) et
des oasis de plaines littorales (les oasis de la région de Gabès).
- Le site dunaire : c’est la configuration la plus fréquente dans le Nefzaoua central et méridional.
Dans ce cas, il s’agit soit d’un site d’îlot ou « Dziret » dominant un champ dunaire (Jemna, Blidet,
etc.), soit d’un site de cuvette inter-dunaire « ghout » (le cas d’Es-Sabria, mais aussi des environs d’El
Faouar, Nouaiel, Zaafrane, Douz et même près de Jemna).
Cette typologie est effectuée pour les oasis situés près d’un relief montagneux. On distingue deux
situations différentes :
- Un site dominé par des massifs montagneux : El Guettar, Chebika, Tameghza, Midès, Gafsa,
Degache,
- Un site en contrebas d’une chaîne de collines : Presqu’île de Kébili, les oasis du Draa du
Djérid (Tozeur, Nefta et El Hamma) et les oasis de la région de (El Hamma et les oasis côtières).
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Les oasis du Nefzaoua central et méridional ne sont pas concernées par ce critère.
L’exposition est un facteur important qui détermine l’influence des éléments du climat et
particulièrement les vents (vents sahariens chauds et secs, vent froid et sec continental, vents humides
du Nord-Ouest et de l’Ouest, brise de mer, etc.).
Deux expositions sont fréquentes :
l’exposition vers le Sud (et secondairement vers le Sud-Est) qui caractérise la majorité des
oasis continentales (Gafsa, El Guettar, Chebika, Degache, Tozeur et Nefta, Presqu’île de Kébili) et qui
traduit une situation d’abri par rapport aux courants froids (et parfois humides) venant du nord et du
nord-ouest ;
l’exposition vers l’Est qui caractérise les oasis côtières de Gabès qui est à l’origine des
influences maritimes (pluviométrie, humidité atmosphérique, amplitudes thermiques moins élevées).
A noter cependant, que certaines oasis ne se distinguent pas par une exposition précise et ne présentent
pas de situation d’abri : il s’agit des oasis de Gafsa et d’El Hamma de Gabès, qui se trouvent dans des
couloirs soumis aux vents d’origines diverses, et surtout des oasis du Nefzaoua central et méridional
dont le site ouvert n’est pas en mesure de limiter l’impact de la circulation atmosphérique et des vents
actifs.
La pente a un effet important sur la texture des sols, leur degré d’humidité et leur fertilité.
Plus accusée dans les oasis de piedmont, elle favorise des sols à texture variée (plus d’éléments
grossiers), mieux égouttés et plus fertiles. Tameghza, Chebika, El Guettar et Gafsa sont dans cette
situation.
Les oasis à faible pente, surtout celles situées près du niveau de base local (chott, sebkha, mer, etc.),
ont des sols plutôt soumis à l’hydromorphie et à la salinisation (le cas des oasis du Nefzaoua central et
méridional, des oasis de Tozeur et Nefta et des oasis côtières).
Les ruptures topographique (piedmont) ou géologique (faille) permettent l’émergence des eaux
souterraines et jouent un rôle majeur dans l’existence de certaines oasis. Le premier type est à l’origine
des oasis de « montagne », comme El Guettar, Chebika, Tameghza et Midès, et des oasis des
piedmonts nord dominant le Djérid (les oasis de Degache et celles de la Presqu’île de Kébili).
Les secondes sont à l’origine des oasis de Gafsa et d’El Hamma de Gabès qui doivent leur existence
surtout à la présence des failles les plus importantes par le rejet et l’effet sur la circulation des eaux
profondes.
Globalement, le relief qui a favorisé la création de l’oasis change d’un cas à l’autre. Il n’y a pas de site
type pour les oasis. Plusieurs types sont possibles. Le relief est donc un facteur de différence et non
pas un facteur d’unité, même si des types de sites se répètent dans certaines zones. C’est ce qui fait la
richesse des oasis et leur grande diversité.
Les sites d’oasis sont généralement soumis à des pressions de différente nature, ce qui en fait des
milieux fragiles et dont la durabilité est menacée.
Défi de l’érosion et de la désertification sont particulièrement actives dans la région. De type éolien
ou hydrique, elles sont facilitées par la nature des roches qui, marquée par la prédominance des roches
détritiques (argiles, limons, sables, marnes, etc.), serait à l’origine du grand développement des glacis
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
d’érosion. Elles s’expliquent par ailleurs par la pratique du surpâturage qui est une contrainte majeure
en milieu steppique.
L’érosion est la cause directe de l’appauvrissement des parcours steppiques aux environs des oasis.
Elle est également à l’origine des risques menaçant la complémentarité oasis-steppe, la steppe ayant
toujours contribué à l’approvisionnement des oasis en fumier organique.
Toutes les oasis sont concernées, particulièrement celles de la zone présaharienne (plaines de Gafsa,
bassin du Fedjaj, plaines côtières de l’Aradh).
Source : CNEA. Etude sur l’état de désertification pour une gestion durable des
ressources naturelles, 2007
La région des oasis est certes connue par l’omniprésence du Sahara ou du Pré-Sahara. Elle subit
depuis quelques décennies un phénomène de désertification qui affecte la majorité des oasis et leurs
environs et qui se manifeste sous deux formes : ensablement des oasis de la zone saharienne et
formation de dunes et de champs dunaires dans la zone présaharienne.
L’ensablement a toujours été considéré dans le Nefzaoua méridional, comme la première menace pour
les terres agricoles et même pour les habitations (Douz, Ghlissia, etc.). Depuis quelques décennies,
cette menace s’est étendue à l’ensemble de la région.
Le défi de l’inondation est manifeste. La nature détritique des roches, conjuguée à la fréquence des
pluies exceptionnelles favorisent la survenue d’inondations, particulièrement à l’aval des reliefs de
grande envergure qui dominent certains secteurs de la région.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Ces inondations envahissent les terres agricoles et les agglomérations et peuvent entraîner l’arrachage
des palmiers et des arbres fruitiers. Parfois, elles peuvent être à l’origine de l’élévation du niveau
d’eau dans les sebkhas et de l’asphyxie des plantes dans les terres oasiennes voisines.
En 1990, des pluies exceptionnelles ont eu lieu dans la région, déversant, par exemple 247 mm en
deux jours sur l’oasis d’El Guettar. Ces pluies ont provoqué le remplissage de nombreuses zones
endoréiques dans la région des oasis, mais c’est à El Guettar que les dégâts sont les plus sensibles et ce
« à cause de la géomorphologie très particulière du bassin versant » (Job J.O., Ben Moussa H.,
Belghith A et Mtimet A. Effet d’une crue d’oued sur une oasis de montagne. Sécheresse, n°3, vol 4,
1993).
Les effets relevés son surtout:
- le changement du cours du lit majeur de l’Oued El Meleh ;
- la destruction des dunes gypseuses séparant le bassin versant d’El Guettar de celui de Gafsa ;
- le remplissage du Chott El Guettar et l’inondation de l’oasis (certaines parties de l’oasis sont restées
sous l’eau trois mois de suite);
- la modification du profil topographique du chott et le rapprochement de sa partie basse de l’oasis ;
- les dégâts sur les cultures.
Le risque d’inondation est présent dans toute la région des oasis. Malgré la diversité des formes de
relief et des sites, les oasis tunisiennes se situent en effet dans une zone à climat saharien ou aride
caractérisée par la fréquence des averses et des pluies exceptionnelles.
Le bio-climatologue Le Houérou classe le climat dans la région des oasis en trois étages:
- L’étage aride inférieur à hiver tempéré : oasis côtières et oasis de montagne ;
- L’étage saharien supérieur à hiver tempéré : Ouest du Fedjaj et Djérid ;
- L’étage saharien inférieur à hiver frais : surtout le Nefzaoua.
Ces trois étages se caractérisent par l’aridité, les amplitudes thermiques élevées et la fréquence des
vents.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
La région des oasis d’après les cartes du climat de la Tunisie
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Un climat aride
L’aridité est la caractéristique majeure du climat des oasis. La moyenne annuelle des pluies est
partout inférieure à 200mm. Elle est de 177 mm dans les oasis du littoral (Gabès) et descend sous
les 100mm dans le Djérid et le Nefzaoua (98 mm à Kébili et 81 mm à Es-Sabriya et El Faouar).
Dans les oasis intérieures, les précipitations tombent durant la période hiver-printemps. Dans le
littoral, les pluies d’automne sont plus fréquentes.
La période sèche dure pratiquement toute l’année. Dans le littoral (comme à Gabès), octobre et
décembre peuvent avoir un bilan équilibré ou positif.
La durée la plus longue sans pluie (séquence sèche) est prononcée: elle atteint 163 jours à Gabès et
surtout 338 jours à Kébili (Hélaoui Z., in Latifa Hénia (s.d.) Atlas de l’eau en Tunisie, 2008).
La pluviométrie est caractérisée par une grande variabilité inter annuelle, d’autant plus sensible que
les totaux sont faibles. Certaines années peuvent enregistrer une quantité égale au double de la
moyenne annuelle. Des précipitations exceptionnelles peuvent déverser en une ou deux journées
une quantité supérieure à la moyenne annuelle. Dans l’oasis d’El Guettar, il est tombé 247 mm de
pluie durant les journées du 23 et 24 janvier.
Certaines années, les précipitations font défaut et affecte la croissance de la végétation. Selon
Ferchichi A., la fréquence des années sèches est comprise entre 15 et 20%5.
Un climat chaud
L’été est chaud sous l’effet de la continentalité. L’hiver est plutôt doux sous l’effet des eaux des
chotts et en raison de l’avancée vers l’ouest des influences maritimes du golfe de Gabès.
L’Amplitude annuelle élevée constitue néanmoins le trait principal. Elle est de 22.4° à Kébili
(contre 15.5 à Tunis).
A Kébili, le maximum moyen atteint 39.4° en juillet, alors que le minimum moyen descend à 4° en
janvier.
La saisonnalité est moins marquée que dans le reste du pays. Le printemps est précoce (un mois
environ avant Tunis) alors que l’hiver est tardif (un mois par rapport à Tunis). On distingue en
moyenne deux saisons principales, longues de 4 mois (l’été et l’hiver), et deux saisons
intermédiaires plutôt courtes (2 mois chacune, contre trois mois dans le nord de la Tunisie).
L’humidité atmosphérique
La combinaison température élevée- présence de masses d’eau permet aux oasis tunisiennes
d’enregistrer un niveau d’humidité relativement élevé, favorable aux cultures tropicales. Selon
Munier6, l’humidité relative de l’air dans les oasis traditionnelles tunisiennes est comprise entre 60
et 66%. Elle est de 66% à Gabès, 62% à Kébili, 61% à Tozeur et 60% à Nefta. Exception faite des
oasis littorales, elle est globalement comparable à celle de Basra en Irak (59%), supérieure à celle
de Toggourt en Algérie (43.5%) et inférieure à celle d’Alexandrie en Egypte (68%), ce qui en fait
un milieu particulièrement favorable à la culture du palmier dattier.
5
Ferchichi A., Etude climatique en Tunisie présaharienne, Revue Méditerrannée, n° 3, 1996, pp46-53.
6
Munier P., 1973, Le Palmier Dattier, Maisonneuve et Larose, Paris.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Globalement, le climat régional est plutôt excessif : aridité, chaleur, amplitudes thermiques élevées,
sécheresse, etc. Il se caractérise par ailleurs par une grande variabilité dans le temps (interannuelle,
inter saisonnière et diurne) et dans l’espace, opposant surtout les oasis aux espaces désertiques ou
steppiques environnants.
Les oasis se distinguent de la steppe et du désert environnants par un microclimat moins rude :
l’écart extrême de température est réduit de 2.8°C par rapport au désert et l’air est franchement plus
humide.
A l’origine de cette atténuation des paramètres climatiques: l’effet oasis.
Ce dernier s’exprime par la réduction de la vitesse du vent à l’intérieur de l’oasis et surtout par le
refroidissement et l’humidification de l’air en saison chaude, particulièrement près du sol.
La cause est la variation progressive des flux de chaleur et de vapeur d’eau due à la modification de
la concentration en eau de la surface.
Plusieurs travaux ont relevé les aspects de ce microclimat dont ceux de Charles Riou, Ayech
Amami, Lazhar Boudjellal.
Selon Riou7, trois éléments sont modifiés par la présence de l’oasis. Il s’agit de:
- la teneur en eau à la surface du sol, plus élevée en raison de la nappe d’eau proche ou de l’eau
d’irrigation ;
- la rugosité dynamique (ou la force de frottement du vent) augmentée par la présence des
arbres et parfois de plusieurs niveaux de végétation ;
- la répartition verticale de l’énergie rayonnante qui est distribuée dans l’oasis en fonction des
strates végétales ».
Ces modifications dépendent de la dimension spatiale de l’oasis et de la densité de la végétation
ainsi que du climat environnant et, d’après Riou, il est plus juste de parler de différents
« microclimats d’oasis ».
Ces modifications ont pour effet une atténuation des températures et surtout une augmentation de
l’humidité atmosphérique.
7
Charles Riou (1990) Bioclimatologie des oasis. In Dollé V. (éd.), Toutain G. (éd.) Les systèmes agricoles
oasiens. Options Méditerranéennes, n° 11, pages 207-220).
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tableau : Humidité relative dans quelques stations de la région des oasis (en %)
Lieu Moyenne Moyenne nuits Moyenne jours Moyenne jours
nuits sans avec vent sans vent avec vent
vent
Désert 48 54 25 41
Jemna 65 57 38 45
STIL- Kébili 60 53 27 42
Ecart Jemna/ 17 3 13 4
désert
Source : Riou, p212.
Riou souligne par ailleurs les différences entre les oasis et considère qu’il y a plusieurs
« microclimats d’oasis ».
Ainsi, les microclimats d’oasis varient en fonction de la taille de l’oasis, les grandes oasis étant
mieux différenciées que les petites.
Ils dépendent également du climat environnant. La diversité des microclimats oasiens est d’autant
plus sensible que la variabilité s’effectue sur des niveaux de pluviosité modestes. En effet, les
moyennes pluviométriques varient d’une région oasienne à l’autre: à Kébili et Tozeur la moyenne
annuelle des précipitations équivaut à la moitié de la quantité enregistrée à Gabès et l’effet oasis est
plus prononcé.
Les oasis tunisiennes sont situées dans des régions où l’aridité est la caractéristique majeure.
Selon Latifa Hénia (Atlas de l’eau, page 48), trois types de climat se distinguent dans les régions
des oasis :
- Un climat saharien, dans les parties occidentales et méridionales du Nefzaoua et du
Djérid ;
- Un climat de contact à nuance aride, dans la partie orientale du Nefzaoua, la région de
Gafsa et les monts nord du Djérid ;
- Un climat de contact à nuance sub-aride, surtout autour du littoral du golfe de Gabès et
dans la partie nord de la région de Gafsa.
Sur la base des diagrammes ombro-thermiques et des tables climatiques, il est possible d’avancer
une typologie climatique des oasis.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Dans ce type d’oasis, les amplitudes thermiques sont élevées car les moyennes des maximas
atteignent 39 à 40° alors que les moyennes des minimas peuvent descendre sous 6° en hiver et
atteignent 4° à Kébili. L’humidité relative (autour de 60% les jours avec vent et de 40% les jours
sans vent) permet d’atténuer l’aspect rude du climat régional.
La saisonnalité oppose surtout deux saisons extrêmes, longues de 4 mois (l’été et l’hiver), alors que
les deux saisons intermédiaires (l’automne et le printemps) sont peu affirmées et ne durent que 2
mois.
Des nuances apparaissent d’une oasis à l’autre et il est possible de distinguer trois secteurs:
Le Nefzaoua occidental (El Faouar- Réjim Maatoug- Hazoua): avec une moyenne annuelle
de pluies inférieures à 90mm, pouvant descendre à 70 mm à Réjim Maatoug, et une très forte
continentalité, surtout l’été quand la moyenne des maximas dépasse les 40° ;
Le Nefzaoua central et méridonal (Kébili- Douz) : où les pluies sont en moyennes entre 90-
100 mm par an, avec une importance relative des pluies d’automne ;
Le Djérid (Tozeur- Nefta) : où les moyennes annuelles de pluies sont du même ordre (90 à
100 mm), mais où l’automne est plus sec et l’hiver moins froid.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Le climat de ces oasis est un climat de contact de nuance aride.
La moyenne annuelle des pluies est certes comprise entre 140 et 160 mm, la période sèche s’étend
néanmoins sur toute l’année, même si le printemps semble pluvieux en comparaison avec l’hiver et
surtout avec que l’automne.
Les températures sont rudes : la moyenne des maximas atteint 38.4° en juillet, la moyenne des
minimas peut descendre sous 4°, alors que l’amplitude thermique annuelle moyenne est de 20.7°.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Ces oasis se distinguent, par ailleurs, par l’importance relative des pluies d’automne, en relation
avec leur situation littorale.
Les amplitudes thermiques sont moins fortes: à Gabès, l’amplitude moyenne est de 16.6°. L’été est
rafraichi et l’hiver adouci. La moyenne des maximas est de 33° en août (soit 7° de moins que
Kébili), et la moyenne des minimas est de 6.1° en janvier (soit 2° de plus que Gafsa).
Conclusion
Le climat des oasis est marqué par celui du milieu environnant (désertique ou steppique) mais s’en
distingue par « l’effet oasis » qui est à l’origine de microclimats locaux particuliers. La durabilité de
ces microclimats dépend de l’évolution générale du climat régional tout autant que de la durabilité de
la végétation et des systèmes agro-écologiques locaux. Toute modification de ces systèmes sera de
nature à limiter l’effet oasis et à réduire la capacité de résilience des systèmes oasiens face au
changement climatique et aux autres menaces telles que l’érosion, la désertisation, la perte de
biodiversité, etc.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3. Les ressources en sols : les sols d’oasis, une richesse locales dans un
milieu pauvre
Du fait de son extension dans la partie aride et saharienne de la Tunisie, la région des oasis a des
ressources en sols assez limitées.
Malgré cela, la diversité du substrat, les nuances régionales du climat et même l’intervention humaine
sont à l’origine d’une relative variété des sols. A cela, s’ajoute l’irrigation dans les oasis qui imprime
aux sols locaux une richesse et une particularité qui sont à la base de l’exploitation agricole.
Néanmoins, ces ressources sont fragiles et soumises à des contraintes de différentes sortes et
nécessitent des interventions favorisant leur durabilité.
Les ressources en sol de la région sont modestes. Les conditions climatiques sont telles que les
processus de formation des sols (altération de la couche superficielle des terrains et formation d’humus
sous l’action des matières organiques et des organismes vivants), sont difficiles à se dérouler dans la
majorité des lieux.
Dans la majorité des cas, ces sols se limitent, quand ils existent, à un horizon peu épais et pauvre en
éléments minéraux et en composants organiques.
Ces sols sont par ailleurs sensibles à l'érosion hydrique et surtout éolienne. En plus de cela,
l’irrigation, pratiquée localement dans les oasis, peut entraîner un phénomène de salinisation, surtout
quand elle se fait de manière intensive et sans recours au drainage.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Les sols dans la région des oasis
Les sols dans le gouvernorat de Gabès Les sols dans le gouvernorat de Tozeur
Les sols dans le gouvernorat de Gafsa Les sols dans le gouvernorat de Tozeur
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Les sols d’oasis sont des sols développés par l’intervention humaine sur des substrats variés (par ajout
de matières organiques et de sables et par drainage) de manière à modifier leurs propriétés et les
rendre aptes aux cultures.
Généralement riches par rapport à ceux de leur environnement steppique, les sols oasiens varient
nettement d’un secteur à l’autre de l’oasis. En fonction de leur localisation par rapport à la pente
générale du relief local, ils diffèrent par leur texture, leur exposition à l’hydromorphie et à la
salinisation et surtout par leur degré d’évolution.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Oasis du Nefzaoua central (Kébili, Jemna, Blidette, etc.): ils sont marqués par la
juxtaposition de sols d’apport éoliens et de chotts, souvent pauvres en matières
organiques.
3-3. Des nuances régionales, mais une durabilité conditionnée par les équilibres socio-
économiques locaux
Malgré les caractères communs des sols dans la région saharienne, des nuances s’observent entre les
quatre gouvernorats.
Trois types se distinguent: les sols halomorphes, les sols gypseux et les sols minéraux bruts. Mais près
des oasis, ce sont surtout les sols halomorphes qui l’emportent.
Les sols halomorphes sont localisés surtout dans le Nefzaoua central (au Sud de Kébili) dans les
sebkhas en bordure des chotts, dans les anciens niveaux d’hydromorphie à salure résiduelle et dans les
zones basses des périmètres irrigués.
Les sols gypseux sont localisés surtout à l’Est et au Sud de Douz, dans les oasis de la Presqu’île et
dans les oasis d’El Behayer. Dans les environs de Douz, les encroûtements gypseux sont souvent
couverts de sable (barkanes) et d’une maigre végétation steppique (retama retam, arthrophytum).
Les sols minéraux bruts occupent la majeure partie du sud et de l’Ouest du Nefzaoua. Ils sont
constitués de sols d’érosion et de sols d’apport éoliens.
Dans les oasis, les sols présentent généralement quatre caractères : salure relativement élevée,
hydromorphie, forte proportion de gypse et de calcaire, pauvreté en matière organique. Les sols peu
évolués prédominent (particulièrement dans le Nefzaoua central et dans la Presqu’île).
le potentiel en sol est très limité sous l’effet des conditions bioclimatiques, de l’influence des Chotts
et de l’extension du gypse.
Les sols halomorphes caractérisent les oasis de la bordure du Chott El Djérid et représentent d’ailleurs
50% de la surface totale du gouvernorat. Ils se développent sur des matériaux alluviaux à texture
sablo-limoneuse à limono-sableuse.
Ils subissent l'action des nappes phréatiques très salées. En saison humide ils s'engorgent en surface. A
la fin de la saison des pluies, une pellicule saline se forme en surface (argile et sel). La désagrégation
de ces sols sous l’effet de la sécheresse aboutit à la formation du pseudo sable sur un horizon
superficiel de quelques centimètres. Généralement non cultivables, ces sols sont valorisés dans les
oasis par la pratique du drainage et l’apport de sable (surtout à Tozeur et Nefta).
Les sols gypseux s’étendent sur une bonne partie de la surface de gouvernorat. Le taux de gypse peut
atteindre 70%. Les encroûtements et les croûtes gypseuses ne permettent pas la pratique des cultures et
ne porte qu'une maigre végétation. Ils s’étendent surtout dans les secteurs amont des oasis,
particulièrement dans les oasis de Degache, mais aussi dans celles de Tozeur, Nefta, El Hamma.
Les sols minéraux bruts (sables éoliens) correspondent à des accumulations de sable par le vent. Ils
s’étendent entre le Draa El Djérid et Chott El Gharsa et à Hazoua. La mise en culture de ces sols est
conditionnée par l’apport de matière organique et l’irrigation.
Les sols d’apport fluviatile, formés sur les terrasses des oueds (Tamaghza, Chbika) et sur les cônes
alluviaux (Foum el Khanga), constituent les meilleures terres des oasis. Globalement, leur extension
est limitée.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3-1.3. Dans les oasis du gouvernorat de Gafsa,
les sols sont relativement variés en raison de la diversité des formes de relief et des nuances
climatiques. Des sols relativement évolués et riches se retrouvent, particulièrement dans les secteurs
les mieux arrosées. Mais la proximité d’une sebkha peut affecter négativement les sols.
Dans l’oasis d’El Guettar, qui s’étend sur un glacis formé en contrebas du Djebel Orbata, trois
compartiments se distinguent :
- Un compartiment amont, correspondant à l’ancienne oasis, où un sol d’apport
colluvial moyennement profond (encroûté par endroits) a évolué et gagné en fertilité grâce à
l’apport de fumier;
- Un compartiment intermédiaire, représenté par le bas glacis où le substratum
d’encroutement gypseux et l’alternance de matériaux colluvionnaires et alluvionnaires a formé
un sol moins riche dont la mise en culture est conditionnée par le décroutage et le drainage, en
plus de l’apport de fumier.
- Un compartiment aval, avec la prédominance d’alluvions mal drainés soumis à
l’hydromorphie et la remontée des eaux de la sebkha.
Les sols sont généralement pauvres et leur épaisseur est inférieure à 40 cm. Seule l’oasis de Kettana
présente une épaisseur de sols pouvant dépasser 1m. La texture du sol est sableuse en surface avec un
enrichissement en limon et en argiles, en fonction de la profondeur,
Les sols halomorphes et les sols gypseux prédominent. Ils sont, dans la plupart des cas, pauvres en
matière organique, dépassant rarement 0,6%.
Dans les oasis anciennes et les périmètres irrigués et en raison de l’intervention humaine, le sol est
riche en matières organiques (de 2 à 4%) et bien aéré, son épaisseur pouvant atteindre 2m.
Conclusion
Les sols des oasis traditionnelles sont des sols d’origine anthropique dont l'évolution est le reflet d'une
longue intervention humaine. L’irrigation et les apports de matière organique et de sables et la mise en
culture ont modifié le profil originels des sols, leur composition, leurs caractéristiques
physicochimiques et leur fertilité : un horizon homogène, épais de 40 cm, riche en matière organique,
bien aéré, est régulièrement observé.
Cependant ces sols restent fugaces. Ils ne perdurent qu’avec la durabilité de l’intervention humaine.
Le recul des pratiques traditionnelles pour des raisons techniques (manque d'eau, détérioration des
équipements hydrauliques, etc.) et socio-économiques (exode rural, manque de main d’œuvre
qualifiée, etc.) sont à l’origine de la dégradation de la qualité des sols. Selon Floret, environ 60 % des
sols des oasis littorales et semi-continentales sont non ou mal cultivés et sont en cours de salinisation
(Floret et al. 1977).
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
4- Les ressources en eau, facteur majeur du peuplement et de la mise en
valeur
Malgré un climat aride, la région des oasis est dotée de ressources en eau relativement abondantes qui
proviennent essentiellement des nappes souterraines et particulièrement des nappes profondes. En
partie, d’origine fossile, ces nappes s’étendent dans un vaste périmètre couvrant une partie du Sahara
algéro-tuniso-libyen. Mobilisées depuis les temps anciens à partir des émergences naturelles, elles ont
permis la création des oasis et assuré la permanence du peuplement.
Un changement radical est observé depuis le milieu du XXe siècle avec l’accroissement rapide des
prélèvements et surtout avec la mobilisation des réserves non renouvelables découvertes à l’occasion
de forages pétroliers. Evaluées par différentes études (dont l’Etude des Ressources en Eau du Sahara
Septentrional- ERESS qui a effectué le premier bilan de la ressource et montré son origine
essentiellement fossile), ces eaux sont mobilisées depuis 1975 dans le cadre du Plan Directeur des
Eaux du Sud. En 1999, un système de gestion concerté à l’échelle des trois pays du bassin, dénommé
« Système Aquifère du Sahara Septentrional – SASS » est mis en place sous l’égide de l’Observatoire
du Sahara et du Sahel.
La région des oasis dispose d’une part importante des ressources en eau souterraines de la Tunisie
estimée à 34.85% du total. Néanmoins, l’essentiel de ces ressources proviennent de nappes profondes
(87,2% des ressources de la région) dont la durabilité et la qualité sont tributaires d’une gestion
rationnelle permettant la satisfaction des besoins locaux tout en prenant en considération ses
conditions d’alimentation.
Nappes Nappes
Gouvernorat % % Total %
profondes phréatiques
Du point de vue hydrogéologique, la région s’étend à cheval sur deux zones aquifères différentes : la
zone saharienne et la Djeffara.
La première se situe dans le périmètre du bassin central du SASS et renferme deux aquifères
importants: le Complexe Terminal (CT), ensemble multicouche comprenant le Miocène, le Sénonien
et le Turonien, et le Continental Intercalaire (CI) développé dans le crétacé inférieur.
La région de Gabès, quant à elle, est concernée par une nappe à part dénommée nappe de la Djeffara.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Forage à Tozeur
C’est la nappe la plus anciennement exploitée. Elle s’étend dans le Nefzaoua et le Djérid ainsi que
dans la région de Gafsa et sa profondeur est comprise entre 100 et 400 m.
Il s’agit en fait d’un ensemble de nappes formées dans trois formations géologiques distinctes : le moi-
pliocène, le sénonien supérieur et le turonien.
L’essentiel de l’alimentation date des périodes pluvieuses du quaternaire. Son alimentation actuelle ne
représente qu’une partie des ressources et se fait surtout par infiltration du ruissellement le long des
oueds descendant des massifs montagneux et des plateaux de la périphérie du bassin et par infiltration
des pluies exceptionnelles dans les sables du Grand Erg oriental.
A partir du milieu des années soixante dix, une exploitation intensive de la nappe est amorcée dans le
Nefzaoua et dans le Djérid. Dans le premier (où l’exploitation est deux fois plus importante), des
milliers de forages illicites sont effectués par des particuliers pour l’irrigation de nouveaux périmètres
situés à l’extérieur des oasis traditionnelles.
De ce fait, la piézométrie enregistre un abaissement continu. Les observations faites à des moments
différents de la période 1950-2000 montrent une chute importante du niveau des nappes.
Tab. Variation du niveau des nappes dans les oasis du Nefzaoua et du Djérid
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
lieu Gouvernorat période variation
Kébili Kébili 25 ans -22.8 m
Bou Kébili 27 ans -23 m
Abdellah
Messaïd- Kébili 40 ans -20 à -30 m
Djemna
Douz- Kébili 50-60 ans -20 à -30 m
Galaa
Nouaiel- Kébili 20 ans -5 à -10 m
Zarcine
Castilia Tozeur 66 ans -14 m
Sebaa Biar Tozeur 27 ans -13.5 m
Ghardgaia Tozeur 33 ans -.1 m
Nefta Tozeur 15 ans -3.5 m
Le résultat a été la disparition de l’artésianisme dans Djérid et son net recul dans le Nefzaoua (surtout
dans la Presqu’île où le pompage est généralisé).
En même temps, la qualité des eaux s’est dégradée avec l’augmentation de la salinité : environ 1.7g/l
de 1971 à 1999 à El Golea au Nefzaoua, 0.9 g/l à Bou Abdallah de 1963 à 1998, 2g/l à forage
Taouargha 1bis de 1955 à 1997.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
4-1.2. La nappe du Continental Intercalaire
C’est l’aquifère le plus important de la région. Il est caractérisé par une eau relativement chaude (45 à
75°c), souvent localisée à des profondeurs dépassant les 1000 m et pouvant aller jusqu’à 2.800 m.
Dans le bassin du Grand Erg Oriental qui englobe la région des oasis, le toit de la nappe s’approfondit
vers l’ouest et le sud. Il est moins profond sur la bordure du Dahar (-250 à -500m) et ne dépasse la
profondeur de 1000m que dans le sillon des chotts algéro-tunisiens (il est à -1300m à Degache, dans le
Djérid, et dépasse la profondeur de 1500 à -3500m plus à l’ouest, surtout vers Hazoua).
L’exutoire tunisien de la nappe est limité au couloir localisé entre le dôme du Dahar au Sud et la
chaîne Nord-des-Chotts au Nord, la faille de Gafsa El Hamma constituant sa limite nord-orientale.
Cette nappe est fossile pour l’essentiel. Son alimentation actuelle est marginale. Estimée au début des
années soixante à raison de 2000l/s à partir du Dahar (étude ERESS), l’alimentation actuelle a été
révisée à 250 l/s par l’étude du SASS.
Les premiers forages sont effectués pendant les années cinquante: à Borj Bourguiba et à Chott El
Fedjaj (CF1 et CF2). Mais l’exploitation n’a commencé qu’à la fin des années soixante. Jusqu’à cette
date, l’exploitation de la nappe se faisait néanmoins à partir de sources localisées dans le Fedjaj, mais
avec un débit limité ne dépassant pas 50l/s.
Cette nappe est un complexe hydraulique qui s’étend dans toute la Djeffara depuis La Skhira, au Nord,
jusqu’à Zarzis, au Sud. Les nappes de Gabès (Gabès-Nord, Gabès-Sud, etc.) offrent les potentiel le
plus important.
Son alimentation a plusieurs origines : par infiltration des eaux de pluie sur les affleurement calcaires
du Ddjebel Matmata et du Dahar et par abouchement avec la nappe du Continental Intercalaire de la
zone du Fedjaj. Totalement indépendante de la nappe du complexe terminal, cette nappe est alimentée
par les eaux du Continental Intercalaire par des remontées d’eau au niveau de la faille d’El Hamma et
ses prolongements méridionaux.
L’aquifère est peu profond (100 à 300m) et la températture de l’ordre de 25° avec des niveaux élevés
au voisinage de la faille d’El Hamma (40 à 50°). La salinité, souvent de l’ordre de 3 à 5 g/l, s’élève
dans les limites nord et sud (8g/l à Oued Akarit et 7 g/l à Zarzis).
Jusqu’au début du XXe siècle, l’exploitation de la nappe se faisait par des exutoires naturels, les plus
importants étant dans la région de Gabès (750 l/s à l’Oued Gabès et 120 l/s à El Hamma). Les forages
se sont multipliés depuis, avec pour conséquence le tarissement des sources et l’approfondissement
des nappes.
La région des oasis dispose de nappes phréatiques intéressantes qui, tout en ne fournissant que des
volumes modestes en comparaison avec les nappes profondes, s’en distinguent par le fait qu’elles sont
essentiellement renouvelables à partir de l’infiltration des eaux de pluie et du ruissellement. Ces
nappes sont de plus en plus mobilisées par les oasiens au point d’être en situation de surexploitation.
Les ressources des nappes phréatiques sont estimées à 69,1 millions de mètres cubes répartis surtout
entre trois gouvernorats (Tozeur, Gafsa et Gabès).
Dans le gouvernorat de Tozeur, les nappes phréatiques s’étendent le long du Draa Djérid entre
Deghoumes, à l’Est, et Hazoua, à l’Ouest, sur la rive Sud du Chott El Gharsa et dans les vallées
montagneuses de la chaine de Gafsa.
Dans le gouvernorat de Gafsa, ces nappes sont associées aux oasis de Gafsa-Sud et El Guettar, mais
également dans le secteur de Segdoud et Oued Sehili.
Dans le gouvernorat d Gabès, l’essentiel des eaux des nappes sont dans la plaine de l’Aradh (à
Ghannouche, Métouia et Ouedhref, au Nord, à Gabès, Téboublou, Lymaoua, Kéttana et Mareth, au
Sud) ainsi que dans la région d’El Hamma (El Ksar, Soumbat et Bou Attouche).
Dans le Nefzaoua, la nappe, est de mauvaise qualité et peu sollicitée.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Malgré leurs ressources limitées, ces nappes phréatiques ont une importance stratégique, du fait
qu’elles peuvent servir, en cas de pénurie d’eau dans les oasis, pour le stockage souterrain et pour une
répartition équitable de l’eau entre les exploitants.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la mobilisation des nappes d’eau souterraines n’a porté que sur une
quantité limitée des ressources et s’est faite, d’ailleurs, à partir des sources qui sont à l’origine de la
création des oasis. Ainsi, les oasis de Tozeur, Nefta, Gafsa, Kébili, Mansourah, El Hamma, Gabès, etc.
doivent leur existence à une multitude de sources qui ont donné naissance à de véritables oueds.
Dans certains cas, les populations locales ont utilisé des techniques de mobilisation ingénieuses
permettant d’augmenter les ressources disponibles. Dans l’oasis d’El Guettar, dans la Presqu’île de
Kébili et dans la zone de Degache, des galeries drainantes ou foggaras (appelées localement Mkoula
ou Khriga ou Ayoune) ont été aménagées pour capter les eaux des nappes et les acheminer vers les
parcelles de l’oasis (89 galeries sont recensées en 2010, toutes étant taries). Dans d’autres cas, les
habitants ont adopté des modes de culture puisant l’eau directement dans la nappe, comme dans l’oasis
d’Es-Sabriya, à l’Ouest de Douz, dont les palmiers, plantés dans les cuvettes inter-dunaires, puisent
l’eau directement dans la nappe phréatique.
L’état actuel de l’exploitation des aquifères profonds du Sud tunisien montre une nette tendance vers
la mobilisation massive et la surexploitation, particulièrement dans les oasis de Kébili.
Tableau 9 : Evolution de l’exploitation des nappes profondes dans la région des oasis
Exploitation
Ressources
Gouvernorat 1980 1990 2000 2013 Taux
(Mm3/an)
2013
Gabès 156.6 108.9 111.0 124.6 138,28 88,3
Gafsa 83.24 22.8 69.0 65.3 78,64 94,5
Kébili 238.0 90.44 235.8 353.9 403,93 169,7
Tozeur 178.2 96.53 151.0 148.6 128,73 72,2
Région des oasis 656.0 318.7 566.8 692.4 749,58 114,3
Sources : DGRE, Annuaire des nappes profondes 2013 MEDD, Stratégie de développement durable des oasis.
Malgré l’élaboration du Plan Directeur de Eaux du Sud (en 1975) et la gestion concertée avec
les pays voisins dans le cadre du Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS), le rythme
d’exploitation dépasse tend à mobiliser l’ensemble des ressources.
Ressources et exploitation des nappes profondes de la région des oasis (2013).
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Source: DGRE, Annuaire d'exploitation des nappes profondes, 2013
Le résultat de cette évolution est la baisse des niveaux piézométriques, la dégradation de la qualité de
l’eau et l’augmentation du coût de l’eau.
Le rabattement de la nappe est estimé de l’ordre de 2 à 2.5m /an dans le Chott El Fedjaj, autour de 3 m
dans le Nefzaoua (3.6m/an à Debabcha et 2.6 m/an à Menchia), de 35 à 80 m dans le Djérid.
Globalement, l’évolution récente semble aller dans le sens de la surexploitation et nécessite une
attention particulière.
Le SASS considère, en effet, que les eaux du CI et du CT constituent « une ressource pour l’essentiel
non renouvelable à évaluer et à gérer dans une optique d’exploitation minière et non à régime
d’équilibre… Ces ressources d’un rôle prépondérant pour le développement économique et social de
la région ont une dimension stratégique du fait qu’elles sont pour l’essentiel non renouvelables et
qu’elles sont déjà entrées en phase d’exploitation intensive ayant déjà provoqué des modifications
notables dans le comportement des aquifères. La gestion contrôlée et concertée de ces ressources est
une nécessité pour prolonger au mieux la longévité du système économique qui en dépend » (SASS
Vol 2 p144)
Considérées dans la région, comme des aquifères secondaires, les nappes phréatiques sont de plus en
plus sollicitées, arrivant de fait au stade de la surexploitation.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tableau : Evolution de l’exploitation des nappes phréatiques
Ressources en eau 1980 1990 2000
(Mm3/an)
Gabès 23.7 8.3 16.6 24.7
Gafsa 33.3 9.8 29.5 35.2
Kébili 5.5 0.3 1.6 1.6
Tozeur 33.6 4.3 24.3 29.9
Région des oasis 96.1 22.7 72.0 91.4
Source : MEDD, Stratégie de développement durable des oasis
Là également, l’exploitation s’est accrue rapidement pour mobiliser l’ensemble des ressources dès les
années 2000-2005. Seul le Nefzaoua a quelques disponibilités, mais il s’agit là du gouvernorat la
moins dotée.
Dans certains secteurs, la mobilisation de cette nappe s’est effectuée par approfondissement des puits,
entraînant parfois le captage de l’eau du Complexe terminal.
Phénomène récent dans la région, la surexploitation des ressources a pour origine une demande accrue
engendrée par la croissance des besoins de la population et surtout par les besoins des activités
économiques nouvelles qu’elles soient agricoles ou non-agricoles.
Dans le Nefzaoua, les forages privés illicites sont considérés depuis les années quatre vingt dix comme
le problème majeur. Estimés à près de 3000 et mobilisant un volume équivalant à celui des forages
publics, ils sont responsables du niveau de surexploitation excessif estimé au double des ressources
(290 Mm3 en 2013 pour des ressources estimées à 142 Mm3).
Dans le gouvernorat de Gabès, une exploitation intensive est effectuée dans toutes les nappes du
complexe hydraulique Djeffara : 130 forages pompés exploitent la nappe du calcaire sénonien de
Gabès-Sud. Dans ce gouvernorat, comme dans celui de Gafsa, l’exploitation pour les besoins
domestiques et surtout pour les besoins industriels exerce une pression excessive sur la ressource.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Conclusion
Malgré la relative importance des ressources, la question de l’eau s’impose dans la région des oasis
comme le problème majeur. Pour les oasis traditionnelles, le raccourcissement du tour d’eau,
l’approvisionnement régulier, la réalisation de forages de remplacement, la réduction du prix et du
coût du pompage sont les requêtes permanentes des populations. La recherche et la mobilisation de
nouvelles ressources (conventionnelles ou non conventionnelles), la rationalisation de la demande et
l’amélioration des systèmes d’irrigation constituent et vont constituer les réponses principales que
l’administration est appelée à fournir.
L’aménagement de bassins d’eau, une des réponses à l’allongement du tour d’eau (Sedada, Degache).
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE V.
1. Introduction
La vie dans les oasis s'organise autour de la ressource la plus rare qui est l’eau. Les conditions
d'accessibilité, l’abondance et les techniques d'exhaure employées pour valoriser les ressources en eau
déterminent l'extension en surface de l'oasis et en partie son mode d'organisation.
L’oasis a depuis toujours été caractérisé par une architecture particulière. Le palmier est, le
plus souvent, l’axe principal de la structure oasis autour duquel gravite un ensemble d’autres espèces
arboricoles, légumières et fourragères formant un mélange, harmonieux, parfois anarchique,
d’espèces, de “variétés” et de classes d’âge. Ce mélange, souvent volontaire, n’est qu’une
diversification dictée par des conditions socio-économiques.
Les palmeraies contiennent un matériel génétique très riche et diversifié possédant des
performances élevées. Plusieurs centaines de variétés de palmier dattier sont cultivées. Mais, cette
diversité exceptionnelle est sérieusement menacée de disparition. En Tunisie, les nouvelles plantations
ont été réalisées essentiellement, depuis une trentaine d’années, à partir de la seule variété ‘Deglet
Nour’. Dans le même temps, les palmiers des autres variétés ont vieilli et ont été rarement ou pas
propagés. De plus, les palmeraies marginales, côtières en particulier, qui possèdent un patrimoine
génétique original, sont en forte régression.
Au niveau de l’évolution du spectre actuel de la culture du palmier dattier en Tunisie, toutes
les facettes de transition peuvent être trouvées: de l'abandon des vergers sous pression des
changements socio-économiques, au maintien de la culture de dattes traditionnelle d'oasis; du locataire
local cultivant, aux vergers privés et mécanisés et à grande échelle ; des plantations en privé aux
plantations publiques.
Auparavant, les habitants des oasis tunisiennes pratiquaient en fait et le plus souvent une
économie relativement fermée (vie autarcique) en utilisant surtout et tout le long de l’année des
produits de leurs parcelles. Ils associaient, par nécessité, sur une superficie souvent limitée des espèces
et de variétés répondant à leurs besoins et aux besoins de leurs animaux et dont la production couvre
d’une façon ou d’une autre la demande de la famille tout le long de l’année. D’où l’origine d’une
diversité phytogénétique très importante assurant une production diversifiée et très étalée dans le
temps. Cette diversité est enrichie par l’apport continu et souvent fortuit de semences et de graines
étrangères d’une oasis à une autre et de régions parfois lointaines en ce sens que les oasis sont aussi
des lieux de passage, d’escale et d’échange.
Avec l‘évolution des conditions de vie d’une façon générale, les habitants de l’oasis sont
passés progressivement de I’ économie relativement fermée à une économie de plus en plus ouverte
sur les marchés local, régional, national et international. Ce changement est à l’origine d’une
orientation sélective de plus en plus ciblée sur des productions répondant le plus souvent à la demande
des marchés et non plus aux besoins des oasiens. Nous assistons de ce fait à une évolution des
systèmes de culture oasiens vers une relative spécialisation où la sélection pour des raisons
commerciales ou de résistance à des maladies est de nos jours la règle. La fragilité de l’équilibre
oasien, dans un milieu souvent très sévère, est accentuée par la disparition progressive de la diversité
phytogénétique et l’instauration de systèmes orientés de plus en plus vers la monoculture.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2. Richesse de la biodiversité des cultures oasiennes
La diversité des cultures des oasis est très bien exprimée, que ce soit au niveau des
écosystèmes (type d’oasis), au niveau des espèces comme au niveau infra-spécifique (variétés et
cultivars).
Au niveau des écosystèmes, différents systèmes oasiens peuvent être distingués à savoir les
oasis littorales, les oasis de montagne et les oasis continentales ou bien les oasis traditionnelles
historiques ou modernes ou encore les oasis à dominante de palmier dattier ou celles à dominantes
d’arbres fruitiers.
A l’échelle des espèces, les oasis abritent une diversité d’arbres fruitiers, de cultures
maraichères, fourragères et industrielles. Les arbres fruitiers les plus cultivées sont le palmier dattier,
l’olivier, le figuier, le grenadier, les vignes, l’abricotier, le pêcher, le citronnier, le mûrier, le bananier,
le prunier, l’oranger, le caroubier, le pistachier, le pommier etc.. Les espèces maraîchères cultivées
sont nombreuses et sont représentées par les piments, l’oignon, la tomate, la blette, le navet, le
concombre, la pastèque, le petit pois, le fenouil, l’ail, le persil, le melon, les citrouilles, la carotte, la
laitue, la corète, le gombo, la fève, les courges et courgettes, etc. La principale espèce fourragère
cultivée est la luzerne. L’orge en vert est aussi très cultivé, et plus rarement l’avoine et le sorgho. Les
principales espèces industrielles sont le henné et le tabac. Les cultures condimentaires sont
représentées par la menthe, l’épinard, la coriandre, la Foua ou garance
Au niveau infra-spécifiques, chacune des espèces cultivées est présentée par différentes
variétés, populations et formes. Le palmier dattier en compte plus de 300 cultivars, le grenadier,
l’abricotier, les vignes et le figuier renferment chacune au moins un vingtaine de cultivars et
populations. L’olivier en compte plus de 5 variétés et plusieurs formes. Tel est le cas des piments. Les
autres espèces sont représentées par au moins un à deux cultivars.
2-1. Une diversité des systèmes de production et de culture ayant donné naissance à
différents systèmes oasiens
Les systèmes de production rencontrés dans les oasis sont caractérisés par une très grande
diversité. Quatre composantes caractérisent ces systèmes :
- le palmier dattier
- l’arboriculture fruitière: représentée principalement par une multitude espèces comme le
grenadier, le figuier, l’olivier, l’abricotier, la vigne, le pécher, le pommier, le murier, le
bananier etc.; cette composante constituait l’ossature principale des systèmes de cultures.
- les cultures maraîchères dominées principalement par la tomate, l’oignon, l’ail, la carotte,
le navet, le piment etc.
- les cultures fourragères dominées par La luzerne, l’orge et le sorgho
- les cultures industrielles, essentiellement le tabac et le henné.
Cependant la combinaison des cultures, la fréquence de chacune des espèces cultivées et son état
de dominance permettent de distinguer les 4 agrosystèmes oasiens suivants :
- Les oasis à dominante de grenadier et autres fruitiers, où le palmier dattier devient une
spéculation secondaire et où sa densité est généralement faible. Ces oasis renferment aussi un
étage inférieur à base de cultures maraîchères, fourragères et industrielles. Ce sont
principalement les oasis littorales de la région de Gabès.
- Les oasis à dominante d’olivier où le palmier dattier devient très peu dense. Ces oasis
renferment aussi un étage moyen très riche (abricotier, grenadier, vigne etc.) et un étage
inférieur à base de cultures maraîchères, fourragères. Ce sont principalement les oasis de
Gafsa
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
- Les oasis à trois étages où le palmier dattier est dominant avec présence d’arboriculture
fruitière diversifiée (grenadier, figuier, abricotier, olivier, vigne, poirier, pêcher etc.) en étage
moyen et de cultures maraichères et fourragères en étage inférieur. Ces oasis sont présentes
dans toutes les régions oasiennes
- Les oasis à dominante de palmier dattier et où l’arboriculture fruitière est rare ou presque
absente avec une présence d’étage inférieur à base de culture maraîchère et fourragère. Ces
oasis sont principalement présentes dans la région de Kébili et Tozeur.
Ce sont pour l’essentiel les oasis littorales de la région de Gabès où le palmier dattier n’a plus de
valeur commerciale significative et qui est progressivement dominé par les arbres fruitiers de l’étage
moyen, notamment le grenadier à haute valeur commerciale.
S’y rencontrent également au niveau de ces oasis une multitude de cultures fourragères, industrielles et
condimentaires
Les principales espèces maraîchères dans ces oasis sont les cucurbitacées, l’oignon, la carotte, le
piment, la tomate et très peu de pomme de terre.
Le concombre est la plus importante culture d’été dans l’oasis alors que les autres cucurbitacées telles
que la pastèque, le melon, les citrouilles et les courgettes sont rarement cultivées. Le concombre local,
est en fait un type de melon ou concombre serpent, consommé avant maturité.
L’oignon bulbe est une des principales cultures d’été dans l’oasis. L’oignon rouge de Gabès est la
variété locale cultivée dans l’oasis de Chenini. Les semences d’oignon sont autoproduites à partir de
gros bulbes.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
De la famille des ombellifères, la carotte est cultivée en annuelle dans l’oasis. La variété locale n’est
plus cultivée en raison du manque d’eau à cette période. La demi-nantaise de Chantenay est la variété
la plus cultivée dans l’oasis.
La culture de la tomate de saison est pratiquée dans l’oasis de Chenini. Des variétés anciennes (Cal J,
Roma,) persistent encore dans l’oasis. La pépinière des jeunes plants de tomates est généralement
réalisée sur place dans l’oasis.
Des légumes feuilles sont cultivées comme la blette et la laitue
La culture de piment est la plus répandue à Kettana
Les fourrages occupent généralement une place importante dans les exploitations oasiennes. C’est une
activité qui relève de la tradition des oasis. Elle représente environ 36% de la surface oasienne. La
principale espèce fourragère cultivée est la luzerne. L’orge en vert est aussi très cultivé, et plus
rarement l’avoine et le sorgho.
La variété locale de luzerne Gabès est la seule cultivée à Chenini. Cette variété est très productive et
permet de 10 à 14 coupes par an.
Les principales espèces industrielles cultivées sont le henné et le tabac. Le tabac caractérise un grand
nombre d’exploitations agricoles. C’est la première culture industrielle de l’oasis de Gabès. Seule une
variété à priser, originaire de l’Algérie (Soufi), était cultivée puis remplacée par une variété à fumer.
L’oasis de Chenini est la principale région de production de henné en Tunisie. La culture du henné a été
introduite très timidement au cours des années 60. La localisation première du henné était en majorité
dans la zone amont qui bénéficiait d’une eau relativement plus abondante. Il devient à partir de 1970 la
culture de choix des oasiens de Gabès. Son extension très rapide toucha l’ensemble des terres de
l’oasis. Gabès devint la plus célèbre des oasis tunisiennes dans les cultures industrielles avec le henné et
le tabac.
Les espèces condimentaires et aromatiques sont présentes dans l’oasis de Bouchema. La culture du
persil et de la menthe sont particulièrement bien présentes dans l’oasis. Elles sont suivies par celles de
l’épinard, de l’aneth et de la coriandre en feuilles. Parmi les plantes à fleurs, le rosier est
particulièrement abondant dans l’oasis. Autrefois existait aussi la culture de la «Foua» ou garance des
teinturiers comme dans toutes les oasis de Gabes. Le laurier sauce est également présent sur les
bordures de parcelles ou dans les jardins de maison.
Tableau. Diversité des cultures maraîchères, fourragères, industrielles et condimentaires dans les
différentes oasis de Gabès
Cultures Cultures Cultures industrielles Cultures condimentaires
maraichères fourragères et autres
Piment Luzerne henné Persil
Oignon Orge en vert Tabac Menthe
Courge Sorgho l’épinard,
Carotte l’aneth
Fève la coriandre
Petit pois Foua» ou garance
Melon Laurier sauce
Pastèque
Concombre
Persil
Tomate
Blette
Navet
Chou pommé
Laitue
corète
Fenouil (besbes)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Carte d’occupation des sols de Gabès
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Dominance de l’étage moyen à base d’olivier, grenadier et poirier (Gabes)
Figure Culture à 2 étages avec dominance d’olivier et vigne en étage moyen (Gabes)
Figure :Culture à 2 étages Palmier en étage supérieur et grenadier en étage moyen (Gabes)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2-1.2. Caractéristiques, richesse et diversité des oasis à dominante d’olivier
Il s’agit essentiellement des oasis de la région de Gafsa où le palmier dattier n’est pas
traditionnellement cultivé pour sa valeur commerciale et où la production est basée surtout sur
l’olivier et certains fruitiers dont l’abricotier, le grenadier et le figuier. Ici la densité du palmier dattier
reste très faible
Tableau : Effectif des arbres fruitiers dans l’oasis de Gafsa, selon l’âge (d’après données ASM, 2011)
Tableau Fréquence des espèces fruitières cultivées dans les oasis de Gafsa
ESPECES %
Olivier 47,67
Grenadier 23,89
Figuier 12,90
Abricotier 5,71
Citronnier 5,36
Oranger 1,30
Prunier 0,86
Vigne 0,60
Poirier 0,49
Pommier 0,43
Pêcher 0,26
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Néflier du japon 0,23
Mûrier 0,14
Noyer 0,06
Caroubier 0,04
Pistachier 0,03
Amandier 0,03
Autres 0,05
Total 100
Les cultures maraîchères sont diversifiées et constituent une ressource pour les producteurs oasiens.
Les principales spéculations sont les fèves, l’oignon, les carottes, le navet, les courges, la tomate et les
piments
Tableau Principales cultures maraîchères pratiquées dans l’oasis historique de Gafsa
Source : ASM (2011)
Cultures maraîchères Superficie (ha)
Maraîchage d’hiver :
Carotte 30
Navet 25
Fèves 45
Oignon rouge 35
Ail violet 10
Légumes divers (blette, persil, céleris, radis, chou-fleur, laitue, salade romaine 75
choux pommé, fenouils,…)
- Maraîchage d’été et de printemps
Pomme de terre de saison 2
Pomme de terre d’arrière saison 3
Courge 30
Courgette 10
Melon, Pastèque, concombre 15
Tomate 10
Piment 10
Maïs grains 30
Les cultures fourragères occupent une place de choix dans le système de production de ces
oasis , notamment durant ces dernières décennies où l’élevage (surtout bovin) a connu un
grand essor.
2 types classiques de fourrages sont pratiqués:
- Les cultures annuelles basées sur les fourrages d’hiver (orge en vert, avoine et rarement des
trèfles) et les fourrages d’été (Maïs fourrager et Sorgho fourrager).
- Les cultures pluriannuelles constitués de la luzerne, qui peut occuper le terrain durant 5
ou même 7 ans, avec une forte productivité puisqu’on peut y effectuer jusqu’à 10 coupes par
an, donnant environ 80 tonnes/ha.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Carte d’occupation des sols de Gafsa
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Domination l’étage moyen (olivier) et inférieur (luzerne) à Gafsa
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2-1.1. Caractéristiques, richesse et diversité des oasis à trois étages
Ces oasis se rencontrent à Tozeur, Kébili et sont peu fréquentes à Gafsa et Gabès. Elles se
caractérisent par la présence des trois étages de culture.
Le palmier dattier constitue l’étage supérieur avec une densité parfois élevée pouvant atteindre 400
pieds/ha. Une diversité de cultivars est utilisée dans les différentes exploitations.
L’étage moyen renferme plus de seize (16) espèces d’arbres fruitiers. Cependant la fréquence de ces
espèces est variable selon les régions et l’exploitation. Certaines espèces sont bien représentées telles
que le grenadier qui occupe la première place dans cet étage avec un pourcentage de 34.62 %. En
deuxième place, vient le figuier avec 22.8 %, suivi par le vigne et l’olivier représentant
respectivement 10.85 % et 10.09 % de l’effectif total. A côté de ces espèces, d’autres ne sont
représentées que par quelques pieds et chez un nombre très réduit d’arboriculteurs comme le pêcher,
l’amandier, le prunier.
Figure : Répartition en pourcentage moyen des espèces arboricoles rencontrées dans les
oasis à 3 étages de Kébili (Mahmoudi, 2005)
Les cultures fourragères. La culture des fourrages sont constituées essentiellement de Luzerne,
notamment la variété Gabsi, d’orge et rarement d’avoine et de sorgho.
Les cultures maraîchères Les principales espèces cultivées sont : Oignon , Radis , Laitue , Persil ,
Piment , Blette , Courgette , Courge , Melon , Fève , Tomate , Céleri , Navet , Fenouil
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Carte d’occupation des sols de Tozeur
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Carte d’occupation des sols de Kébili
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Culture en 3 étages : piment ; cactus et olivier ; palmier (Gafsa)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Culture soignée en 3 étages : palmier ; olivier et grenadier et figuier ; luzerne (Kébili)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure : Culture soignée en 3 étages : palmier ; grenadier; luzerne (Kébili)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Culture en 3 étages : palmier ; figuier , grenadier, abricotier et olivier, fourrages (Kébili)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Culture en 2 étages : palmier ; grenadier et olivier (Kébili)
Le palmier dattier est cultivé dans toutes les oasis. C’est l’espèce la plus riche en cultivars et ceci
grâce à son régime de reproduction.
On recense plus de 300 cultivars différents. Ce chiffre peut être largement supérieur si l’on considère
les palmiers issus de semis appelés communément Khalt.
Quoique ces cultivars restent spécifiques à certains types d’oasis, certains sont considérés communs à
toutes les oasis de Tunisie
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Nombre de cultivars de palmier dattier dans les différentes oasis
Tableau Cultivars de palmier signalés à Kébili et dans différentes oasis selon les inventaires de
Rhouma (1994 et 2005) et Ferchichi et hamza (2009)
R= signalé par Rhouma ; F = signalé par Ferchichi
Cultivar Auteurs
1. ALIG F
2. AMMARI F
3. BESSR HELOU F
4. BIDH HAMAM F
5. DEGLET NOUR F
6. FAZZANI F
7. GHARS SOUF F
8. KENTA R, F
9. AKHEL LAWINET R
10. ARICHTI (ROCHDI) R
11. MATATA R
Les variétés de palmier les plus répandues dans les oasis de Gabès sont typiquement littorales. Leurs
fruits sont précoces et en majorité consommés à l’état frais au stade Blah. les plus fréquents sont
Rochdi, Bouhattam, Lemsi, Routbi, Louzi, Kenta, Eguiwa, Smiti, Hammouri, Khaddouri, Chetoui,
Dengui et Halwai. La variété Bouhattam abonde dans les oasis littorales, elle est présente dans les
oasis de Chenini dans presque 90% des exploitations. C’est l’une des variétés les plus répandues dans
les oasis. Ses palmes sont bien appréciées en vannerie. Cette variété est productive, mais du fait que
ses fruits mûrissent après Lemsi et Rochdi, elle rencontre un problème de commercialisation.
La variété Lemsi est aussi bien présente dans environ 20% des exploitations. Elle était appréciée pour
la qualité de son «Cheddakh», une méthode traditionnelle de conservation des dattes Rtob dans des
grosses jarres en terre cuite.
Kenta est une variété très fréquente dans les oasis d’El Hemma et Bechima. Elle est également bien
présente dans l’oasis de Chenini. C’est une variété très appréciée pour la qualité de ses dattes. Les
dattes de Kenta sont consommées au stade Tmar ce qui facilite sa conservation et sa
commercialisation. Cette qualité lui donne une importance économique qui la classe juste après les
variétés hautement commerciales comme Deglet Nour et Allig.
La variété Eguiwa est une variété résistante à la sécheresse.. Ses dattes sont consommées aux stades
Rtob et Tmar. Elle est cultivée dans 44% des vergers, avec une fréquence moyenne de 5 pieds par
exploitation.
Dans l’oasis de bouchemma, la variété Garn Ghzel prend de l’importance.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Dans l’oasis de kettana, les variétés comme Halwai Abiadh, Ksebba ou Bochboch ne sont représentées
que par quelques pieds.
Dans l’oasis de Metouia, la variété Bouhattam est dominante, mais la variété Rotb occupe la
deuxième place. L’appellation Rtob désigne une multitude de cultivars de dattes consommables par
l’homme à une étape de maturation située entre Besr et Tmar. L’importance de ces cultivars s’explique
par la précocité de leur production et leur goût apprécié par le consommateur. La variété Khalteit
Belkhir occupe une place non moins importante
Tableau. Principaux cultivars de palmier dattier inventoriés dans les oasis de Gabès ; d’après Rhouma
(1994, 2005), Ferchichi et al. (2005)
R= Rhouma ; F = Fechichi et al.
1. Aguiwa R 2. Feliane F, R 3. Ksebba F
Dans les oasis de Gafsa , on dénombre 22 cultivars différents à El Guettar et 15 dans l’oasis historique
de Gafsa. Pour le nombre des pieds par variété, c’est la variété Deglet Nour qui vient en premier lieu.
Les autres variétés les plus dominantes sont : Ftemi, Kenta, Chaken, Aligue et R’tobb. Certaines
variétés sont très faiblement représentées et sont donc considérées comme menacées de disparition :
Bent, Bou Faggous, Hamra Bechri, Hamraya, Helouwa et Legou, Hisi et Horra.
Tableau Importances des variétés de palmier cultivé dans les oasis de Gafsa
Cultivars de palmier dattier Pourcentage (%)
Deglet Nour 37.72
Ftemi 13.77
Kenta 10.92
Chaken 9.41
Aligue 8.17
R'tobb 8.07
Ammari 2.88
Besr Helou 2.58
Ksebba 1.44
Dokhar 1.17
Kebrechou 0.94
Guenda 0.87
Hammouri 0.60
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Guasbi 0.50
Hamra Bechri 0.23
Legou 0.20
Hamraya 0.20
Hisi 0.13
Horra 0.07
Bent 0.03
Helouwa 0.03
Bou Faggous 0.03
Total 100
Le profil variétal du palmier dattier est très riche dans les palmeraies de Nefzaoua et Jérid.
Au total 144 cultivars de palmier dattier sont présents dans les oasis de Kébili, dont 48 cultivars sont
spécifiques à Kébili et 85 cultivars sont commun aux oasis de Kébili et Tozeur et 11 cultivars sont
présents à Kébili, mais aussi dans différentes autres oasis.
Les oasis de Djérid comptent à elles seules 207 cultivars
A ceux ci s’ajoutent quelques variétés non identifiées représentées par les « Khalts » qui sont des
hybrides issus des semis.
Seule la variété « Khadhraya » rencontrée à l’oasis de Steftimi est originaire de la région de Gabès ;
les autres étant locales
Tableau Cultivars de palmier spécifiques aux oasis de Kébili selon les inventaires de Rhouma (1994
et 2005) et Ferchichi et hamza (2008)
R= signalé par Rhouma ; F = signalé par Ferchichi et Hamza
Cultivar Auteurs Cultivar Auteurs
1. BALTOUNI F, R 2. KECHDOU AHMAR F, R
3. BEN AGOUB F 4. KERKEBBOU F
5. CHAM BNET F 6. KHALT ABYADH F
7. CHBIHET F 8. KHALT BRIMA R
DEGLA
9. CHBIHET F 10. KHALT EL GUEDRI R
GONDA
11. CHBIHET F 12. KHALT MENAKHRI R
HAMRA
13. CHEHEM BENET R 14. KHANNEG ROUHAH F
15. CHODDAKH 16. LOUMMISSISSA F
17. CHODDAKH F, R 18. MADDOUR F
BEN JBIR
19. DEGLA BEHIA R 20. MAMOUNI F
21. DEGLET AREDH R 22. MARMOURI F, R
23. DEGLET R 24. MERMELLI AHMAR F
AYISHAH
25. DEGLET NOUR R 26. MSELLAYA R
27. DOULEKA F 28. OM ECHORROCH F
29. DOUNEGA F 30. RAKLY F, R
31. EL HARRA F 32. ROTBAYET EL F
MANSOURA
33. FAGGOUSSI F 34. ROTBAYET JADDI F
35. FAMM ET F 36. ROTBAYET YAGOUTA F
LAGCHA
37. FEHEL KSEBBA R 38. RTOB LAARIG F
39. FERMLA F, R 40. SEL WEBLAA F
41. GABSI F, R 42. SFERI F
43. GAMRA R 44. SLATNI F
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
45. HLOUA F 46. TARCHEGUI R
47. KARD EJMEL F 48. TOFLI F, R
49. KECHDOU F, R
ABYADH
Tableau Cultivars de palmier présents dans les oasis de Kébili et de Tozeur, selon les inventaires de
Rhouma (1994 et 2005) et Ferchichi et Hamza (2009)
R= signalé par Rhouma ; F = signalé par Ferchichiet Hamza
Cultivar Auteurs Cultivar Auteurs
1. AMMARI R 2. KHALT AMOUNA R
3. ARICHTY F 4. KHALT ANIN R
5. AWWAL QUATAA R 6. KHALT DEGLAOUI R
7. BEJOU R, F 8. KHALT DOUNAS R
9. BENI HAMMOUD R 10. KHALT GHOUL R
11. BESSER AGUER R 12. KHALT HORRAOUI R
13. BESSER HELOU R 14. KHALT KENTAOUI R
15. BEZZANIA R 16. KHALT MAQIR R
17. BIDH KELEB R 18. KHALT SHALA R
19. BOU AFFAR F 20. KHALT ZARIBA R
21. BOU HATTAM R 22. KHONFES R
23. CHEDAKH R 24. KHOU FTIMI R
25. CHELLABI R 26. KILALBI R
27. DEGLET ALI JERAD R 28. LAGOU R, F
29. DEGLET HMIDATOU R 30. LOZI R
31. DEGLET NABET R 32. MAHMOUDIA R
33. DEGLET NASER R 34. MALTI F
35. DEGLET RISHA R 36. MASTAKAOUI R
37. DEGLET TUJI R 38. MELIHA R
39. DHOFER GAT R 40. MONGAR GHRAB R
41. FHEL KSEBBA F 42. MOSRANE ZAWESH R
43. FTIMI R 44. MUDAWWAR R
45. GASB HELOU R 46. NAKHEL FERAO UN R
47. GHALBOUZI R 48. OKHET AMMARI R
49. GONDA F, R 50. OKHET GHARES R
51. GOSBI R, F 52. OKHET LAGOU R
53. HAB TESSES R 54. OM ESSAYED F
55. HAIRAH R 56. OUDHNIN JEHECH R
57. HALWA BIDHA R 58. OUM CHERRECH R
59. HALWA SHA’B R 60. RAS HENESH R
61. HAMRA R, F 62. REMTHA R
63. HANDHIDH R 64. RTOB HOUDH R, F
65. HARIRI R 66. SEBAA BEDHRAA F, R
67. HISSA R, F 68. SHALIBI R
69. HORRA R, F 70. TABOUNI R
71. JALOUDI R 72. TAFAZWIN R
73. K’SEBBA R 74. TAMEDJERT R
75. KARD JEMEL R 76. TEZERZAYET KAHLA F
77. KHADHRA F, R 78. TEZERZAYET SAFRA F
79. KHALT ABIADH R 80. TRONJA F
81. KHALT AHMER R 82. TUWADENT R
83. ZEKRI F 84. ZEND ELWACI F R
85. ZUZI
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tableau. Variétés de palmiers dattier cultivées dans les oasis de Tozeur (Jérid) selon les inventaires de
Rhouma (1994 et 2005) et Ferchichi et hamza (2008)
R= signalé par Rhouma ; F = signalé par Ferchichi et Hamza
Cultivars Auteurs Cultivars Auteurs Cultivars Auteurs
1. ABOU MAAN R 2. DEGLET R 3. KHALT GBIR R
BOUHLEL
4. AIN BOUMA R 5. DEGLET CHEDLY R 6. KHALT GUEMEH R
7. ANGOU R 8. DEGLET CHIHA R 9. KHALT HAMMI R
10. BAGHDEDI R 11. DEGLET GAID R 12. KHALT HFAIEDH R
13. BEN YAMNOUN R, F 14. DEGLET GHARB R 15. KHALT HMEID F
16. BENT ESSEGNI R, F 17. DEGLET GUEBBA R 18. KHALT HMID R
19. BENT HALIMA R 20. DEGLET HSAN R, F 21. KHALT R
HORCHANI
22. BENT R 23. DEGLET KARMA R 24. KHALT IHOUD R
KHEBALA
25. BESSER ZIDEN R 26. DEGLET R, F 27. KHALT JAIFER R
MBARKA
28. BESSR F 29. DEGLET OUM R 30. KHALT KEBDA R
MAMSOUKH ESSAED
31. BEZZOUL R 32. DEGLET SENAG R 33. KHALT R
NAAJA A LEMMAZIGH
34. BIDH HAMAM R 35. DEGLET R 36. KHALT MESK, R
TEBABBA
37. BIDHIN R 38. DEGLET R 39. KHALT R
ATROUS TEBLALA MOUECHEM
40. BIDHIN GAT R 41. DF4. 12 R 42. KHALT SAAD R
43. BORCHANOU R 44. DF4. 16 R 45. KHANEG ROHAH R
46. BOU AFFAR R 47. DHAHBI F 48. KHARROUBI R, F
49. BOU AFFAT F 50. DHAWAY RO HA R 51. KHENI ZI R
52. BOU ALFA R, F 53. DHEHBIA R 54. KHESSAB R
55. BOU R, F 56. DREEA R 57. KHOU BOU R
FAGGOUSS FAGGOUS
58. BOU R 59. EL GANDOUZ R 60. KINTICHI R, F
FERZAZOU
61. BOU FYTY R, F 62. ELLELLOU R 63. KSEBBA F
64. BOU HSENT R, F 65. FEHEL R 66. LABOUZIA R
67. BOU ISSY F 68. FEZZANI R 69. LITIMA F
70. BOU JELDEN R, F 71. GARGOUBI R 72. LOGHRABI F
73. BOU R 74. GAROUI R 75. LOGMA R, F
KHALFOUN
76. BOU MERZOUG R 77. GHARS METTIG R 78. MAHMOUDYA F
79. BOU YIHI R, F 80. GOUNDI R 81. MALTI R
82. BOUMERZOUG F 83. GRIN GHAZEL R 84. MBAREK R
ASFAR LECHHEB
85. BOURACHEN F 86. GUEBBOURI R 87. MECHAWKA R
88. CH. AHMED R 89. GUELB JEMEL R 90. MENEKHER R, F
BELGACEM
91. CH. HAMMA R 92. GUERGUI TI R 93. MESK SENEDEG R
REGAYA
94. CHEKENA R 95. GUETTARI R 96. MHEZMA R
LEMWACHMA
97. CHEKENET ALI R 98. HALAOUI R 99. MOKH BEGRI R
SASSI
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
100. CHEKENET R 101. HALWA R 102. MOSRANE R
ASSEL HAMRA JEHACH
103. CHEKENET R 104. HALWAYA R 105. NABATA R
BARGHOUDA
106. CHEKENET R 107. HARRAH R 108. NEFFAKHA R
BOUZEIEN
109. CHEKENET R 110. HEKENET R 111. OKHET R
DARBOUZI BOUELAININ DEGLA
112. CHEKENET R 113. HENNAYA R 114. OKHET GASBI R
EBAY HAMED
115. CHEKENET R 116. HF4. 23 R 117. OKHET R
EL ARAIS GOUNDI
118. CHEKENET R 119. HF4. 25 R 120. OKHET R
EL BAB MENAKHER
121. CHEKENET R 122. HF4. 26 R 123. OUM R, F
EL FARAS LEGHLEZ
124. CHEKENET R 125. HF4. 29 R 126. OULI FI R
EL GASAB
127. CHEKENET R 128. HF4. 32 R 129. OUM R
EL MIZAB ESSEYED
130. CHEKENET R 131. IMKHALBIA R 132. OUM LEL R
ELBAZOUA
133. CHEKENET R 134. ITIMA R 135. RAHMANIA R
ELHAJER
136. CHEKENET R 137. JEDDADI R, F 138. REMTHA F
ELHASSOUS
139. CHEKENET R 140. JERSINI R 141. RHAIMYA R
ELHEDJ
142. CHEKENET R 143. KESNAROU R, F 144. SAIDYA R
ELO UED
145. CHEKENET R 146. KHAD R 147. SBAA ALJYA R
ETTERZI KHADEM
148. CHEKENET R 149. KHADHRAOUI R 150. SBAA R, F
GARAB AROUSS
151. CHEKENET R 152. KHADRAYA R 153. SBEIA R
HADJ SMAIL HADDED
154. CHEKENET R 155. KHALAS R 156. SEBAA R
HAMAYA BEDHRAA
157. CHEKENET R 158. KHALT R 159. SELATNI R
HANA ABOUDA
160. CHEKENET R 161. KHALT ALI R 162. SENNIN R, F
HANAN EMMAHAMED MEFTEH
163. CHEKENET R 164. KHALT ALI F 165. SIBBI R
HANIYA ESSASSI
166. CHEKENET R 167. KHALT ALI R 168. SOT BTI TA R
JELELA KHANNOUS
169. CHEKENET R 170. KHALT ALI R 171. SOT MEJERT R
LAHOUAR MESQUINE
172. CHEKENET R 173. KHALT AMOR R 174. TAKERMEST F
MEFTAH BEL KEBIR
175. CHEKENET R 176. KHALT R 177. TAMAA R
MESMES AROUSSI CHORKA
178. CHEKENET R 179. KHALT BARRI R 180. TANTABECHT R
NAJI
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
181. CHEKENET R 182. KHALT R 183. TEKERMEST R
SMIDA BOUHLEL
184. CHEKENET F 185. KHALT R 186. TELESSINE R
TEBABBA BOULIFA
187. DARBOUKA R 188. KHALT R 189. TERMET R
CHETOUI KHADEM
190. DEGLA R, F 191. KHALT F 192. TEZERZIT R
BIDHA DEGLAOUI SAFRA
193. DEGLA R 194. KHALT R 195. TEZERZIT R
HAMRA DHAHBI SODA
196. DEGLET R 197. KHALT R 198. TRONJA R
BABA EJNO UN
199. DEGLET R 200. KHALT EL R 201. YAMYOULI R, F
BARKAH OUSSIF
202. DEGLET R 203. KHALT R 204. ZEHDI R
BATYA ESSASSI
205. DEGLET R 206. KHALT F 207. ZEKRI R
BEL ABBES GAMEH
La palmeraie de Degache se caractérise par la plus grande diversité génétique. Dans les oasis
traditionnelles, au niveau des exploitations agricoles, la diversité génétique est caractérisée par une
monoculture variétale très rare. En effet seuls 6,7% des exploitants cultivent de la Deglet Nour à
100%. Le nombre de variétés par parcelle varie entre 1 à 16.
Les variétés cultivées dans l’oasis El Hamma diffèrent d’un secteur à l’autre. En effet, la variété
Deglet Nour est concentrée au niveau de Nemlette et M’hareb (jar Elhofra) et représente environ 90 %
de l’effectif total dans l’oasis. Besser Helou est dominant au niveau de Jar Essbakh et Jar Elerg. Ce
dernier est caractérisé par une densité importante des variétés dites communes avec environ 300
pieds/ha. La variété Khouat Aligue domine au niveau de Jar El Ghedrawa
les agriculteurs d’El Hamma dispose d’une bonne connaissance de la diversité génétique et éprouvent
un attachement particulier à des variétés de second ordre qu’ils veulent promouvoir (Kenta, Besser
helou, Boufegous, etc.).
Dans les oasis de Kébili, La population de palmier dattier est fortement dominée par la variété
« Deglet Ennour » qui représente à elle seule un pourcentage de l’ordre de 84% de la totalité des
palmiers de la région contre un pourcentage de l’ordre de 16% représenté par les variétés « Alig »,
« Horra », « Bissr helou » qui sont particulièrement appréciées par les agriculteurs pour leurs
qualités et leurs productivité.
Les autres variétés communes recensées, ne représentent ensemble que 7.60% de l’effectif total de
palmiers dattier et plusieurs d’entre elles ne sont représentées que par quelques pieds et chez un
nombre très réduit de phoeniciculteurs. C’est le cas des variétés « Kachdou », « Rakly »,
« Rochdi », »Arichti », et « Malti », qui n’existent que chez quelques phoeniciculteurs et des
variétés « Mamouni », « Tezerzeit », « Bejjou », « Malehfa », « Korkob chitoui », « Safraya »,
« Ksibba » et Khadhraya » qui ne sont rencontrées que chez un nombre très réduit d’agriculteur.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Importance des différentes variétés de palmier cultivées dans les oasis de Kébili (Mahmoudi,
2005)
Au niveau des jeunes plantations, la figure suivante traduit la progression des plantations de
Deglet Ennour et la régression des plantations des variétés communes en fonction du temps (94%
des plantations d’age inférieur à 5 ans).
Figure. Pourcentage des différents cultivars de palmier dattier en fonction de l’âge (Mahmoudi,
2005)
Âge 1 : plantation d’âge supérieur à 50, Âge 2 : plantation d’âge de 20 à 50, Âge 3 : plantation
d’âge de 10 à 20 ; Âge 4 : plantation d’âge de 5 à 10 ; Âge 5 : plantation d’âge inférieur à 5
Les variétés communes deviennent de plus en plus marginalisées à Kébili et ceci s’accentue à
travers les générations. De ce fait, la culture oasienne connaît une réduction sérieuse de sa diversité
biologique au niveau de son troisième étage de culture attribuée à la dite tendance vers la
monoculture variétale.
Les problèmes de la dégradation de la biodiversité ont été observés particulièrement au sein des
extensions et des oasis nouvellement créées, tel est le cas de l’oasis de Feraoun.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure. Pourcentages moyens des variétés de palmier dattier cultivées dans l'oasis de Feraoun
(Mahmoudi, 2005)
Dans les nouvelles créations d'oasis régies par l'état, ce problème est de moins en moins accentué tel
est le cas de l'oasis de "Rejim Maâtoug
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Cultivar Chebhet hamra (Déegache)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
La diversité des palmiers s’exprime au niveau de la maturité
L’ensemble des variétés recensées montrent un échelonnement de la maturation des différentes
variétés de palmier dattier qui débute au mois d'Août et se poursuit jusqu'au mois de Janvier.
Date de maturité cultivars
Début Août Ammary, Hissa, Gosbi
Fin Août Hamra, Malti, Rtob elhej, Khalt loussif
Début Septembre Gharssouf, Bissr Helou, Mamouni, Safraya
Mi-septembre Green ghzel, Sill wablaa
Fin septembre Gonda, Hlowa, Chibh Hlowa, Khadhraya, Fazzani, Bidh
Hamam
Début Octobre Rochdi, Firmla, Donga, Horra
Mi-Octobre Rakly, Bou affar
Fin Octobre Maddour, Gabsi, Choddakh, Chibh degla, Bejjou
Début Novembre Kinta; Deglet Ennour
mi- Novembre Hammouria, Tezerzeit
Début Décembre Korkob Chetoui
mi- Décembre Ksibba
Fin Décembre Handhanit
mi- Janvier Alig
2-2.2. Une diversité arboricole riche et valorisable au niveau de l’étage de culture moyen
Les principales cultures oasiennes sont le figuier ; le grenadier, la vigne, l’olivier et puis le Prunier,
Citronnier, Orange, Pêcher, Abricotier, Poirier représentés rarement par plus d’un cultivar. Le nombre
de cultivars des différentes espèces dépasse la centaine, dont 68 se rencontrent à Gafsa.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tableau: Nombre de variétés par espèce cultivées dans l’oasis de Gafsa (d’après données ASM, 2011)
Espèces Nombre de Variétés
Olivier 8
Grenadier 6
Figuier 12
Abricotier 10
Citronnier 2
Oranger 3
Vigne 3
Divers espèces 5
Poirier 7
Pommier 3
Pêcher 1
Mûrier 3
Pistachier 3
Limettier 2
TOTAL 68
Tableau. Variétés des espèces arboricoles cultivées dans les oasis de Tozeur et Kébili
Espèces variétés
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Grenadier Garess (Garoussi)
Arbi
Tounsi
Gabsi
Baba ElHaj
Mezzi
Belahi
Sifi
Rafrafi
Figuier Tounsi
Zidi jamrou
Tessirt
Khezemi
Bouslemes
Prunier Arbi
Jujibier jujibier
Pommier Arbi
Abricotier Bargoug
Pistachier
Poirier Arbi
Olivier Arbi
Neb
Gafsi (Chemchali)
Ben Maachia (2015) a ideentifié 54 populations différentes
codées DG1 à DG54)
Diversité du grenadier : Le grenadier est représenté par le cultivar Gabsi présent dans plus 70% des
vergers. Parmi les autres cultivars on peut rencontrer Tounsi, Zehri et Garoussi, Hammouri et Jerbi.
Guebsi est aussi appelée Jawhari à Bouchemaa et Khaddouri à Kettana. Quelques individus de la
variété Tounsi sont répertoriés et viennent contribuer à la richesse de la biodiversité
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tableau Période de maturité et état de menaces des variétés de grenadier (d’après les données de
ASM, 2011)
Variétés Période de maturité Constance des variétés
Nabli Fin Août Variété assez abondante
Beldi Octobre Variété abondante
Tounsi Octobre Variété abondante
Zehri Octobre Variété assez rare
Guebsi Fin Octobre Variété assez rare, mais en évolution dans
l’oasis
Garsi Fin Octobre Variété très rare, abandonnée
progressivement du fait de son acidité
Tableau 31 : Qualités organoleptiques des variétés de grenadier (selon les données de ASM, 2011)
Variétés Saveur pulpe graine Consistance Grain
douce légèrement très acide tendre dur
acide
Guebsi X X
Beldi X X
Nabli X X
Tounsi X X
Zehri X X
Garsi X X
Figure . Répartition par variété de la population des grenadiers à Kébili (Mahmoudi, 2005)
Diversité de la vigne de table La vigne est représentée par différents cépages, dont :
Cépage Medina : C’est un cépage à baies rougeâtres, arrondies et très sucrées. Le problème de ce
cépage est sa grande sensibilité au mildiou.
Cépage Meski parfois appelé Mguergueb ou aussi Bidh Hamam: c’est un cépage local à baies blanches
à jaunâtres. Ses fruits mûrissent en juillet.
Cépage Bazzoul Kalba : cépage à baies fusiformes de couleur jaune ou rougeâtre à maturité. C’est le
cépage le plus productif, le plus fréquent et le plus adapté aux conditions oasiennes. C’est un cépage
moyennement précoce.
Les cépages Dalia, puis Cardinal et Mdina sont moins représentés.
Les autres cépages sont sont Sifi, Ahmar, Limaoua et Sboo Boujoan, Razzagui représentés uniquement
par quelques pieds chacun.
Les variétés introduites :Meski, Cardinal, Sultanine…
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure. Structure par variété de la population des vignes (Mahmoudi, 2005)
Diversité du bananier : On trouve deux cultivars (clones) : le bananier appelé Guebsi, et celui appelé
l’Espagnol. Le cultivar Guebsi est plus tolérant et plus productif. Le port est plus trapu et les bananes
sont légèrement plus petites, à pelure arrondie et sont plus sucrées.
Diversité du prunier : La variété de prunier majoritairement cultivée est le cultivar rouge. On trouve
d’autres cultivars tels que le petit rouge appelé aussi prune-cerise, le blanc ainsi que quelques variétés
introduites.
Diversité des agrumes : La tradition de culture des agrumes existe depuis longtemps dans l’oasis de
Kettana. Elle est favorisée par un emplacement géographique particulier à côté de la mer permettant la
maturité précoce des oranges et notamment de la clémentine. On reporte que la clémentine murit à
Kettana une semaine avant le Cap Bon, qui est la région de culture habituelle. L’oasis compte 5
espèces d’agrume cultivées Clémentinier, Citronnier, Oranger, Bigaradier et Limettier
Diversité de l’olivier : Divers variétés d’olivier existent dans les oasis de Gabès, certaines proviennent
de la zone côtière sud (Chemlali, Sehli), d’autres de la montagne des Matmata (Jemri, Zarazzi) et
d’autres sont introduites par les programmes de développement de l’olivier comme Toffahi, Neb Jmel
et Khaliji ou Gafsi. La variété Chemlali représente plus de la moitié de l’effectif total
Six principales variétés sont cultivées. Dans les oasis de Gafsa, Nefzaoua et Djérid
- Chemchali Gafsa est la plus répandue et la plus productive. Son fruit est apprécié par les
oléifacteurs mais aussi très prometteur en tant qu’olive de table
- Fougi Asli a l’origine, toutes les oliviers différents de chemlali portent ce nom, mais fougui
asli se distingue par sa haute productivité
- Baldi Gtar peut être considéré comme olivier de table
- Sahli Gafsa variété proche de chemlali Sfax et Zarzis
- Tounsi gafsa elle se distingue par ses grosses olives
- Injassi Gafsa à grosse olive, très prisée pour l’huilerie et pour la conservation traditionnelle
Diversité du Citronnier : C’est l’espèce la plus abondante parmi les agrumes cultivés dans les oasis.
Le citronnier «Quatre-Saisons» est le plus fréquemment rencontré.
Diversité de L’abricotier :L’abricotier est représenté dans les oasis de Gafsa et Djérid par 10 variétés :
Bedri ; Bayoudhi; Arbi Bedri (Ennaceur bekir); Jerbi ; Amor El Euch; Arbi 2. (Ammar ben belgacem);
Arbi 3. (Ennaceur bekir); Chechi; Arbi.1 (Abdelaziz awa) et Bayoudhi Chehem Djej. Il représente
7,5% de l’effectif total d’arbres complantés sur l’oasis, toutes espèces confondues.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
A Gabès, on distingue les variétés locales, dites Bargoug. Il s’agit du Mechmech des oasis littorales à
petits fruits, à chair claire, fragiles au transport, à qualité gustative médiocre et destiné au marché
local. Cette variété possède une bonne capacité d’adaptation au milieu
- variétés introduites Badri, Baccour, Elech, Bayoudi, et dominées par la variété Baccour, (précoce et
auto-fertile) et aussi Elech.
Les variétés Louzi, Khoukhi, Khaddouri sont peu fréquentes. A kettana Amor Leuch représente la
moitié de l’effectif total des abricotiers La maturité des différentes variétés s’échelonne du 20 avril à la
fin mai. L’on peut considérer qu’il y a trois (3) variétés ultra précoces, dont la maturité se situe entre la
troisième semaine et la fin du mois d’avril ; quatre (4) variétés précoces se situant dans la première
quinzaine du mois de mai et deux (2) variétés de saison mûrissant à la fin du mois de mai. Des
données relatives à la période de maturité de la variété « Bayoudhi chehem djej » ne sont pas
disponibles. La variété Arbi est très ancienne et souvent citée dans les écrits décrivant l’oasis. Dans
cette oasis, cette variété est représentée par quatre phénotypes dont les périodes de maturité
s’échelonnent de fin avril à fin mai. Les arbres constituant ces variétés sont rares et sont susceptibles
de disparition.
L’aptitude commerciale variétés selon la précocité, calibre, qualité visuelle, qualité gustative a permis
une subdivision des variétés en 3 groupes (ASM, 2011) :
- Le premier groupe à bonne aptitude commerciale est représenté par Bayoudhi chhem djej,
Bayoudhi, amor el Euch, Bedri, Jerbi et Arbi bedri
- Le deuxième groupe à aptitude moyenne est constitué par le seul cultivar Chach
- Le troisième groupe, d’aptitude médiocre est constitué par Arbi1, Arbi2 et Arbi3
Diversité du figuier : Douze cultivars de figuier sont présents dans les oasis tunisienes, notamment à
Gafsa. Il s’agit de bither akhel, gaa zir, kadhouri, souadi, soltani, tebessi, boujelida, limi, jebeli,
hmeri et, zidi.
.
Diversité du poirier : L’effectif de poirier dans l’oasis de Métouia est composé de 80% de variétés
introduites et 20% de variétés locales.
Diversité du pommier : Cette espèce présente dans l’oasis de Métouia se caractérise par une
diversification variétale importante. Les variétés introduites cultivées dans l’oasis de Métouia (Lorka,
Chahla, Douce de Djerba, Douce de Sfax, Zina et Aziza). Les autres variétés locales Arbi ne
représentent que quelques pieds chez certains exploitants.
Diversité du pêcher : Le pêcher est représenté par les variétés dites Bouchkara et Boumoungar) ; elles
sont tardives, avec une qualité du fruit assez bonne, et de gros calibre,. Les variétés étrangères
introduites par les services techniques agricoles dans l’oasis de Métouia, sont recherchées pour leur
précocité et leur valeur commerciale importante.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Diversité du prunier : Cette espèce est très peu cultivée par les exploitants de Métouia avec présence
de formes locales destinées à l’autoconsommation.
Diversité du mûrier : Cette espèce n’est représentée que par quelques individus
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Culture de poirier (Gabès)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Etage moyen dominant avec culture d’olivier et pistachier (Gafsa)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2-2.3. Un patrimoine riche de variétés autochtones de cultures maraichères, fourragères,
industrielles et condimentaires au niveau de l’étage de culture inférieur
Les principales espèces maraîchères cultivées sont : Oignon , Piment, Tomate, Laitue , Persil ,
Blette , Courgette , Courge , Melon , Céleri , Navet , Fenouil. corète
Toutes ces espèces sont représentées par au moins une variété dite « arbi »
Tableau. Diversité des cultures maraîchères, fourragères, industrielles et condimentaires dans les oasis
de Gabès
Cultures Cultures Cultures Cultures condimentaires
maraichères fourragères industrielles et autres
Piment Luzerne henné Persil
Oignon Orge en vert Tabac Menthe
Courge Sorgho l’épinard,
Carotte l’aneth
Fève la coriandre
Petit pois Foua» ou garance
Melon Laurier sauce
Pastèque
Concombre
Persil
Tomate
Blette
Navet
Chou pommé
Laitue
corète
Fenouil (besbes)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Piment local (Hamma tozeur)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Cultivar local de corète (Tozeur
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3. Richesse de la biodiversité de la faune et flore dans les oasis
Tunisiennes
A la richesse de plantes cultivées des oasis, s’ajoutent différentes espèces naturelles, dont certaines
sont endémiques (Prosopis stephaniana) et d’autres jouant le rôle de niche écologique pour la faune
ou à intérêt médicinal dont Astragalus tenuifoliosus, Dactylis glomerata, Cenchrus ciliaris et
Gomphocarpus fruticosus Launaea resedifolia et Lycium arabicum, Nitraria retusa, Peganum
harmala, Plantago albicans et Polygonum equisetifore, Tamarix gallica etc.
Les oasis sont également le refuge d’une faune riche et diversifiée constituée d’oiseaux, de reptiles, de
mammifères et d’amphibiens
3-1. Richesse de la biodiversité des plantes sauvages dans les oasis tunisiennes
Certaines espèces particulières sont présentes dans les oasis littorales. Le prosopis stephaniana est une
plante classée sur la liste rouge des espèces menacées de disparition, ses derniers sites du sud tunisien
où on peut la rencontrer sont les oasis de Gabès. Astragalus tenuifoliosus, Dactylis glomerata,
Cenchrus ciliaris et Gomphocarpus fruticosus sont des espèces qui deviennent rares et ne se
rencontrent qu’à proximité des oasis.
D’autres sont souvent citées pour des intérêts ou usages particuliers comme Launaea resedifolia et
Lycium arabicum, très appréciées comme fourrage par les caprins. Nitraria retusa, Peganum harmala,
Plantago albicans et Polygonum equisetifore présentent un intérêt médicinal pour les populations
locales. Le Tamarix gallica est souvent utilisé comme brise-vent et pour la fixation des dunes de sable
invasif
3-2. Richesse de la Biodiversité des plantes aromatiques dans les oasis tunisiennes
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Prosopis stephaniana (endémique des oasis de Gabès)
Figure Tamarix gallica (tarfa) ; espèce fréquente des oasis, notamment en milieux humides
salés
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Nitrarria retusa(Ghardg) fréquente sur les bordures des parcelles
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Dès l'antiquité, l'oasis a joué le rôle de refuge et de lieu de survie ou de passage pour une multitude
d'espèces et de populations animales qui ne pouvaient pas faire face aux rudes conditions
environnementales de ces régions arides. L'eau, l'ombre et les multiples ressources nourricières
offertes par l'oasis ont ainsi permis à certaines espèces animales de survivre et de se propager et à
d'autres (oiseaux migrateurs) de se reposer, de se restaurer, de récupérer leur force avant de continuer
leur route vers les lieux de migration.
Avifaune Les oasis de Gabès représentent une attraction particulière pour les espèces avifaunes. le
nombre d’espèces observées dépasse la centaine, constituée pour prés de 50% d’oiseaux de passage
(53 à 60 oiseaux). Les sédentaires sont relativement nombreux dans ces vergers (42 espèces) alors
qu’on compte prés de 33 d’hivernants et 19 de nicheurs.
Tableau : Caractéristique de l’avifaune des oasis de Gabès (d’après M EDD-CDCGE, 2010)
Capacité Cumul Les espèces les plus Nombre par statut écologique
d’accueil d’espèces observées Hivernan De Nicheur Sédentaire
(hivernage observées t passage
)
* Passereaux
(résidents, nicheurs,
hivernants ou de passage
180.000 à 102 * Rapaces 33 53 à 60 19 42
200.000 (nocturnes ou diurne,
résidants, nicheurs,
hivernants ou de
passage)
* Hirondelles
* Martinets
* Ardéidés
* Autres sp
Prés de 34 espèces d’oiseaux ont été repérées dans l’oasis de Gabès, une seule espèce est proche de la
vulnérabilité sur le plan international, à savoir la Râle des gênets.
Faune terrestre
La faune terrestre des oasis tunisiennes est riche et est représentée par plusieurs groupes : les
mammifères, les nématodes, les annélides, les mollusques, les aranéides, les scorpionides, les
myriapodes, les insectes, les reptiles,. Toutefois, l'absence de recherches spécifiques et d'études
exhaustives ne permet pas pour le moment de connaître l'importance de la diversité de cette faune et le
rôle biologique et écologique qu’elle joue ainsi que son impact réel sur les autres composantes
biologiques de l'écosystème.
Au cours des années, cette faune est devenue vulnérable, vu la transformation des sites, l’abandon des
activités humaines et le non renouvellement des palmiers.
Mammifères La disponibilité des ressources vitales dans les oasis a permis l’installation, la survie et
la propagation d’une multitude d’espèces mammaliennes. Celles présentes sont des mammifères des
steppes et des formations dunaires, essentiellement sahariennes. Les inventaires effectués ont permis
d’identifier quinze espèces. Le Trident est une espèce mammalienne d’origine saharo-sindienne
réservée spécifiquement à la Tunisie méridionale, cette espèce a été repérée dans l’oasis de Chenini et
elle a été un sujet de protection en Tunisie.
Aucune menace n’a été détectée chez les mammifères qui sont essentiellement des espèces à risques
limités.
Quelques carnivores (genette, chacal, renard et zorille), insectivores (Hérisson) sont des prédateurs des
espèces nuisibles, comme les rongeurs, les serpents et certains arthropodes, d’autres mammifères (les
rats et le sanglier) sont eux même nuisible à l’écosystème oasien.
Reptiles Les reptiles font partie des groupes zoologiques les plus adaptés et les plus caractéristiques
des milieux sahariens et désertiques
Quatre espèces ont été signalées dans les oasis, dont deux non inscrites sur les listes de l’UICN,
comme l’indique le tableau ci-dessous.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Tableau. Espèces Reptiles signalées dans l’oasis de Gabès ((d’après MEDD- CDCGE, 2010)
Inscription
Nom Nom latin Nom Statut de protection en de l’espèce
Commun vernaculaire Tunisie / de conservation sur les listes
de l’UICN
Caméléon Chamaeleo OUM EL Espèce subissant une chasse Non inscrite
chamaeleon BOUYA intense pour être vendue/ Pas
d’information
Couleuvre fer Hemorrhois HNACH Espèce tuée une fois rencontrée Peu
à cheval hippocrepis dans le milieu naturel/ Pas concernée
d’information
Emyde Mauremys FAKROUN Espèce ne subissant pas de Non indiqué
lépreuse leprosa MAE pression connue/ Espèce
(tortue d’eau pouvant être localement
douce) abondante
Natrix maura Natrix HNACH Espèce tuée une fois Peu
maura rencontrée/ Espèce commune et concernée
localement abondante
Le Caméléon est la seule espèce menacée dans l’oasis de Gabès et doit être impérativement protégé.
Les Amphibiens Dans les oasis, 4 espèces d’Anoures ont été inventoriées et sont présentées au
tableau suivant :
Tableau : Espèces d’Anoures signalées dans l’oasis de Gabès (D’après MEDD-CDCGE, 2010)
Nom Nom latin Nom Statut de protection en Inscription de
Commun vernaculaire Tunisie / de l’espèce sur
conservation les listes de
l’UICN
Crapaud vert Bufo viridis OUM Espèce victime des LC
GUERGUER accidents de la route/ Esèce
abondante
Crapaud de Bufo OUM Espèce souvent victime des LC
Maurétanie mauritanicus GUERGUER accidents de la route lors de
ses déplacements
nocturnes/ Espèce
commune
Discoglosse Discoglossus JRANA Aucune estimation n’est LC
peint pictus disponible sur les effectifs
prélevés/ Manque
d’information
Grenouille Pelophylax JRANA Espèce parfois utilisée dans LC
verte saharicus les programmes
d’enseignement
(dissection)/ Manque
d’information
Le Discoglosse peint et le Crapaud de Mauritanie sont des espèces endémiques Nord-Africaines. Par
ailleurs, les amphibiens sont les représentants de la faune terrestre oasienne les plus sensibles vu qu’ils
sont le sujet de chasse et de mortalité dans les axes routiers. En effet, leur survie dépend
essentiellement des facteurs écologiques limitants tel que l’eau, ce qui explique leurs présence dans
des zones fréquentés par l’homme et, par conséquent, leurs atteinte par ce dernier.
Les Insectes Les recherches sur les insectes ont surtout porté sur les insectes nuisibles aux plantes.
Pour l’écosystème « palmier dattier », une vingtaine d’espèces ont été inventoriées.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Certaines espèces sont d’un intérêt particulier, mais sont menacées. Il s’agit des insectes bio-
indicateurs des milieux humides dont :
- Les Odonates : Sympetrum fonscombii et les Libellules
- Les Lépidoptères : les Piérides
D’autres espèces peuvent être considérées comme vulnérables dont notamment :
- Boyeria irene
- Lambessa staudingeri
- Lasiocampa trifoli
- Pieris brassicae
- Sympetrum fonscombii
Les espèces endémiques sont :
- Anthia sexmaculata F : Endémique de la Tunisie
- Lambessa staudingeri Baker: :Endémique de la Tunisie
- Mante fleur du diable : Endémique de la région Méditerranéenne
- Agrotis ipsilon Hübner : Endémique de la région Méditerranéenne
- Aphis pinuca Passereni : Endémique de la région Méditerranéenne
- Euphyllura olivina Costa : Endémique de la région Méditerranéenne
- Euzophera pinguis Haw : Endémique de la région Méditerranéenne
- Lasiocampa trifoli Espr : Endémique de la Tunisie
Les oasis abritent des élevages ovins, caprins et bovins. L'élevage de la chèvre a été toujours
important dans les oasis pour assurer les besoins de la famille en lait et viande.
Quatre populations de chèvres sont élevées dans les oasis: Cherki (croisés), Serti (mélange de Cherki
et Malti), Damasquine et Alpine (Nafti et al., 2009).
Les ovins sont représentés essentiellement par les races Barbarine et Queue Fine de l'Ouest. La
Barbarine a laissé petit à petit sa place à la seconde race qui est aujourd'hui dominante dans les oasis.
Durant les années quatre vingt dix, un troupeau d'une centaine de brebis et une dizaine de béliers de la
race D'man a été introduit du Maroc. L'effectif s'élève actuellement à plus de 8000 têtes. Cette
race s’est bien adaptée avec des performances zootechniques comparables à celles du Maroc : taux de
fertilité de 90% et de prolificité de 245%
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
La dévalorisation des produits de certaines variétés de palmier dattier et le manque de perspective de
leur valorisation contribue également à la perte de la biodiversité. A titre d’exemple parmi les 45
variétés du palmier dattier à Gabès, seulement trois variétés produisent des dattes qui sont
commercialisables sur le marché.
Par ailleurs, toutes les variétés locales de blé tendre (Triticum aestivum) ont été perdues et seule une
faible proportion de la production de blé dur (Triticum durum) de la région est toujours basée sur des
variétés locales. La luzerne est une des principales cultures fourragères cultivées dans les oasis
traditionnelles, mais les cultivars locaux de cette culture très ancienne (introduite dans les oasis
d'Afrique du Nord avant 100 après JC) sont menacés.
L’absence de filière de production de plants de palmier et d’autres espèces arboricoles locales
constitue un facteur amplificateur de cette perte de biodiversité. L’importation des plants de palmier
dattier «Daglet Nour» en contrebande d’Algérie a pris de l’ampleur durant
la période post-révolution devant la forte demande engendrée par les extensions illicites sur
des grandes superficies. Ces extensions avec l’utilisation de cette variété présentent une menace réelle
à la durabilité des écosystèmes avec notamment une forte consommation d’eau d’irrigation
comparativement plus grandes que les autres cultivarset aux risques liés
à la maladie «Bayoud»
La perte de la diversité génétique aurait un impact à la fois local et global dans trois principaux
domaines:
- perte de races ou variétés uniques et de leur diversité associée, en particulier les pollinisateurs
et les organismes du sol adaptés au climat extrême du système oasien traditionnel,
- dégradation des services écosystémiques, y compris le cycle des nutriments, la décomposition
et la respiration du sol, l'eau et sa conservation par les sols, de concert avec la réduction de la
biomasse pour la séquestration du C02 et la régulation des gaz :
- l’effondrement d'une base productive alimentaire résiliente pour les communautés locales.
Des menaces de différentes origines pèsent sur la biodiversité dans les écosystèmes oasiens, dont
principalement :
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
La pollution
Les oasis sont touchées par divers polluants. La première source de pollution provient des déchets
ménagers très répandus à l’intérieur et l’extérieur des oasis. À cela il faut ajouter le plastique de
protection des régimes de dattes délaissé après la récolte. La beauté du paysage des oasis est altérée.
Même les drains à ciel ouvert sont touchés par cette pollution
qui les rend peu fonctionnels.
Plusieurs oueds proches des oasis sont également pollués. Les oasis sont également touchées par la
pollution industrielle, surtout à Gabès.
Les oasis sont de plus en plus affectées par les pollutions générées par les rejets des industries
chimiques à Gabès et Mdhilla. Cette pollution affecte en premier lieu les oasis de Gabès, Bouchemma,
Ghannouche, El Métouia, Oudref, Teboulbou, Kettana, El Hamma et Chenchou ainsi que les oasis de
Gafsa et d’El Guettar
Deux principales formes de pollution d’origine industrielles sont identifiées :
- La pollution atmosphérique Les rejets de gaz multiples (le SO2, le SO4, le gaz ammoniaque
NH3, etc.) générées par les usines chimiques
- La pollution de la mer par les rejets de phosphogypse Le phosphogypse, sorte de chaux,
contenant des quantités non-négligeables de cadmium, un métal lourd nocif. Cette pollution
constitue la forme la plus répandue et la plus grave. Vu le rejet continu en mer, l’oasis est
menacée suite à l’accentuation des prélèvements par les forages agricoles.
A cette pollution industrielle, mettant en péril le patrimoine ancestral oasien rare dans le monde,
s’ajoute également la pollution liée aux déchets animaux et aux pesticides et engrais abondamment
utilisés pour les cultures commercialisées et qui sont emportés par les eaux de ruissellement avec
d’autres déchets d’origine diverse
L’urbanisation anarchique
Dans le passé, l’espace oasien était strictement réservé à la production agricole. La population habitait
dans les villes et les agglomérations. Depuis quelques décennies, des extensions anarchiques des
constructions rongent les terres oasiennes. Ce phénomène est très frappant et alarmant, surtout dans le
gouvernorat de Gabès et Gafsa où la superficie des oasis est réduite d’une année à l’autre. Les oasis où
le palmier Déglet Nour est dominant, sont à un degré moindre touchées par ce phénomène. Le
phénomène s’est amplifié depuis la révolution du 14 janvier 2011 suite au relâchement du contrôle.
L’inexistence de schémas d’aménagement cohérents, le manque de terrains lotis pour l’habitat et pour
divers autres usages, le coût élevé des terres, la faible rentabilité des parcelles agricoles et la
spéculation foncière expliquent ces extensions anarchiques.
Malgré l’existence de tout un arsenal juridique pour la protection des terres agricoles, les mesures pour
stopper ce phénomène se sont avérées inefficaces, et ce par manque de moyens de suivi et de contrôle
et par manque de respect de la législation. Au contraire, des régularisations successives ont permis de
légaliser de vastes secteurs enlevés définitivement
aux terres agricoles.
Si rien n’est fait, les constructions anarchiques continueront à s’étendre et dans l’avenir certaines oasis
disparaîtraient.
La construction à l’intérieur des oasis de logements et des étables pour l’élevage, en particulier à
Gabès et Gafsa, en plus de leurs impacts négatifs sur l’environnement, sont à l’origine de la
détérioration des réseaux d’irrigation. La dérégulation des systèmes d’irrigation provoquée par ces
installations est à l’origine de nombreux conflits entre les exploitants, principalement à Gafsa. La
réparation des dégâts causés aux réseaux d’irrigation
se traduit par une augmentation des coûts d’entretien qui dépassent les moyens des GDA et
contribuent à l’abandon des certaines activités agricoles.
Les oasis de Jara, Chattessalem, Nezla, El Bled et Haouel El Oued sont les plus menacés par
l’urbanisation anarchique du fait qu’elle sont en contact avec la ville de Gabès. La compétition sur le
partage de la terre entre le secteur agricole et le secteur urbain y est forte et, par conséquent, la
dégradation de la biodiversité se pose avec plus d’acuité. Cette tendance à l’urbanisation, notamment
anarchique, a commencé timidement dans les années soixante dix et s’est accélérée depuis du fait de
l’absence d’une zone d’habitat alternative à proximité et d’un contrôle efficace de la part des services
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
concernés. Pour Chott Essalem, l’évolution s’est faite en tâche d’huile et n’a été freinée que par la voie
ferrée et la mer à l’Est.
Les oasis de Bouchemma, Métouia, Oudhref et Ghannouche, situées au Nord de la ville de Gabès sont
moyennement menacées par la pression urbaine, contrairement aux oasis de Teboulbou, Kettana et
Mareth qui sont encore écartées du risque. A Bouchemma, l’extension anarchique de l’urbanisation se
situe dans le secteur Nord Est et à Ghannouch, elle est du côté Ouest et Nord Est. Quant aux oasis de
Chenini, Nahal et Menzel, elles côtoient les grandes agglomérations urbaines formant un espace
oasien en jardins périurbains. Ces jardins présentent des spécificités agronomiques et
environnementale particulières qu’il est impératif de préserver de la pollution industrielle
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Figure Dégradation par manque d’entretien (Kébili)
Régression de la strate arboricole La part des ventes des dattes dans la formation du revenu
agricole ne cesse de s’amoindrir du fait de la disparition progressive des variétés communes, de moins
en moins consommés par la population oasienne et dont les sous produits sont de moins en moins
valorisés. L’agriculteur, cherchant à s’adapter aux contraintes du marché, ne s’occupe plus
correctement que de quelques variétés relativement commercialisables comme le Bouhattem, Lemsi et
Rochdi. Les autres variétés sont plus ou moins abandonnées, mal soignées et, dans plusieurs cas,
arrachées.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Le charançon rouge présent en Europe et signalé en Libye et Égypte et le Feraoun existant en
Mauritanie sont très dangereux et constituent une menace sérieuse.
Les moyens humains et matériels et le manque de coordination ne permettent pas actuellement de
surveiller, contrôler et empêcher l’introduction des rejets et de leurs sous-produits des pays voisins et
le mouvement des rejets entre les oasis.
L’enchaînement d’extinction
Ce mécanisme est à la fois le plus subtil et le plus radical : certaines espèces sont si étroitement liées
les unes aux autres que la disparition de l’une entraîne automatiquement la disparition de l’autre.
La prise en compte insuffisante des menaces pesant sur les espèces et les habitats
Cette cause accentue la dégradation des milieux naturels et affecte directement certaines espèces.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE VI.
1. Introduction :
Les oasis constituent un paysage naturel spécifique et un système agricole de production, créé depuis
longtemps par des générations d’agriculteurs et d’éleveurs au savoir faire indéniable en matière
d’aménagement des terres, de sélection des variétés, d’exploitation de l’eau d’irrigation et d’utilisation
d’outils agricoles adaptés au contexte oasien.
C'est en considération de leur rôle, à la fois patrimonial, social, économique et environnemental que
les oasis occupent une place de choix dans la promotion et le développement des 4 gouvernorats du
sud tunisien: Tozeur, Kébili, Gabes et Gafsa. Elles couvrent une superficie d’environ 41 000 ha, dont
17 000 ha d’oasis traditionnelles.
Sur le plan des activités économiques, les 4 gouvernorats restent principalement une région agricole
avec une spécificité de production de dattes assez marquée.
Hormis l’agriculture et le tourisme sur lesquels l’activité économique est tournée dans les oasis
étudiées, il existe d’autres secteurs économiques qui ont un rôle dans la dynamique de développement
de cette région. Il s’agit notamment de l’artisanat.
Compte tenu de sa situation géographique, des caractéristiques de son milieu naturel, de son évolution
historique, de ses dynamiques sociales, économiques et territoriales, la région étudiée présente des
potentialités économiques réelles. Il s'agit en particulier de l'agriculture oasienne, de l'exploitation
minière, de l’industrie chimique et du tourisme saharien avec deux problématiques oasiennes
différentes pour deux pôles représentés chacun par deux gouvernorats et qui ont des similitudes dans
leurs modèles de développement.
Un premier pôle formé par les gouvernorats de Tozeur et Kébili dont l’économie est basée sur le
secteur agricole qui est lui-même axée sur la phoeniciculture qui génère le principal des revenus pour
la population. Ainsi, les oasis de Tozeur et de Kébili ont une vocation économique importante et leur
rentabilité conditionne la durabilité des systèmes oasiens existants.
Un deuxième pôle représenté par les gouvernorats de Gabes et Gafsa dont l’économie est
fortement dominée par les activités industrielles, minière à Gafsa et chimique à Gabès et ce malgré
la présence des oasis. Les activités industrielles ont certes eu un effet positif sur les oasis puisque une
partie des revenus générés par l’industrie est injectée dans les oasis notamment par l’intermédiaire de
la main d’œuvre qui vient des oasis. Malgré cette complémentarité, une concurrence est observée entre
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
les deux secteurs dans l’utilisation des ressources naturelles particulièrement l’eau, ce qui est de
nature à compromettre la pérennité des oasis.
La prise en compte de ces problématiques est indispensable pour la conception des stratégies de
développement durable des oasis et la mise en œuvre des actions spécifiques à chaque pôle ce qui est
de nature à assurer un meilleur ciblage des interventions.
La méthodologie de travail retenue pour aborder ce chapitre est basée sur deux aspects d'analyse.
Pour le deuxième type d’analyse, et pour mieux comprendre l'évolution globale de ce secteur,
une description des conditions de commercialisation et de rentabilité des produits agricoles
oasiens (caractérisation de la filière datte) sera appliquée afin d'identifier les forces et les
faiblesses au niveau de chaque segment ainsi que sur l'ensemble de la filière datte.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
% 3,2 14,3 23,2 59,2 100
Source : Enquête Oasis 2013. DGEDA
Ces superficies sont réparties entre 54 415 parcelles ce qui donne une moyenne par parcelle pour
toute la région oasienne de 0.75 ha. Toutefois il est à remarquer que par gouvernorat, on note une
différence assez nette pour deux zones : Gafsa avec 1.16 ha /parcelle et Gabes avec 1.07 ha /parcelle,
alors que pour Tozeur, la moyenne n’est que de 0.5 ha /parcelle et Kébili 0.74 ha /parcelle.
Ces résultats confirment l’étroitesse des exploitations oasiennes. L’enquête oasis révèle aussi que sur
l’ensemble des 40975 ha d’oasis, 2296 ha sont plantées exclusivement en palmiers dattiers, 1554 ha de
palmiers dattiers associés avec des oliviers, 37125 ha de palmiers avec des arbres fruitiers.
A. – les producteurs :
Le nombre d’agriculteurs ou producteurs dans toute la région oasienne est de 50000 environ. Pour une
superficie totale de 40975 ha, la moyenne de la superficie par producteur est de 0.82 ha.
La répartition par gouvernorat montre que pour :
- Kébili, il y a 34000 producteurs soit une moyenne de superficie par producteur de 0.7 ha.
- Tozeur, il y a 11000 producteurs soit une moyenne de superficie par producteur de 0.76 ha.
- Gabes, il y a 12000 producteurs soit une moyenne de superficie par producteur de 0.56 ha.
- Gafsa, il y a 3000 producteurs soit une moyenne de superficie par producteur de 0.68 ha.
Cette faible taille de l’exploitation constitue une entrave importante pour le développement de
l’agriculture oasienne.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
L’analyse des résultats de l’enquête oasis 2013 fait apparaître une forte proportion de Deglet nour
avec 3.67 millions de pieds soit 68% du total du potentiel dattier, 9.7% (0.53 million de pieds) sont
représentés par le palmier dattier Allig et 23% pour les autres variétés de palmiers (1.37 million de
pieds).
Sur l’ensemble des palmiers, 2.54 millions de pieds se situent dans les oasis traditionnelles soit 46.5%
dont 1.17 million de Deglet nour soit 32 % du total des palmiers Deglet nour d’où l’importance des
oasis traditionnelles dans le potentiel de production du pays.
La répartition régionale des palmiers Deglet nour montre que 2.6 millions (71%) se trouvent à Kébili,
0.97 million de pieds à Tozeur, 93100 pieds à Gafsa et uniquement 1100 pieds à Gabes. Ce nombre
réduit de palmiers Deglet nour à Gabes pourrait être expliqué selon certains auteurs par les conditions
climatiques particulières dans ce gouvernorat avec des températures qui sont généralement plus douces
que dans les oasis continentales grâce à la forte influence maritime. Les dattes de qualité supérieure
(Deglet Nour) ne peuvent d'ailleurs pas arriver à maturité dans l'oasis de Gabès en raison de l'humidité
importante et des températures trop douces. En effet, le palmier dattier est une espèce thermophile qui
ne peut fructifier au dessous de la température 18 °C, mais supporte les températures basses. Il ne
fleurit q u e s i l a t e m p é r a t u r e m o y e n n e e s t d e 2 0 à 2 5 ° C . L ’ h u m i d i t é q u i convient
au palmier est celle de la zone saharienne, souvent inferieure à 40%.
Quant au nombre de palmiers dattiers Allig, il est de 528100 pieds pour toute la région oasienne,
269500 pieds se trouvent à Kébili, 251000 à Tozeur et le reste à Gafsa (30900 pieds) et Gabes (500
pieds).
C. Mode d’exploitation
Dans l’ensemble des oasis, le mode d’exploitation est en propriété pour 38314 ha, 1848 ha en
location, 548 ha sous forme de sociétés et 266 ha sous forme diverses.
On remarque que la location commence à se développer et qui est peut être le résultat soit d'absence de
succession d'un oasien qui prend sa retraite ou qui meurt, soit d'un conflit sur la gestion de
l'exploitation.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Ces formes de location existent principalement à Tozeur (1065 ha), Gabes (534 ha) et Kébili (249 ha).
A Gafsa, le seul mode d’exploitation est en propriété.
Il est intéressant aussi de signaler des cas d'association entre le propriétaire (généralement sans assise
financière) et un fonctionnaire ou un commerçant (un membre de la famille proche du propriétaire) qui
participe par le capital et à la fin de la campagne se partage les bénéfices. Ainsi, nous nous
interrogerons si cette forme d'association (jusque là réservée à l'élevage) peut être la solution à
l'abandon de l'activité oasienne ?
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Source : Enquête Oasis 2013. DGEDA
Par gouvernorat, Kébili vient en tête avec 114000 tonnes (58% du total de la production) avec 102000
tonnes de Deglet nour et 5511 tonnes d’Allig, Tozeur représente 24% de la production totale avec
47500 tonnes dont 35000 tonnes de Deglet nour et 4000 tonnes d’Allig.
Il est à noter que la production totale des dattes en 2013 provient des parcelles dont la superficie est
inférieure à 1 ha pour 78357 tonnes soit 40%, et que 53755 tonnes (27.3%) proviennent des parcelles
dont la superficie est supérieure à 2 ha. Ces chiffres montrent l’importance des parcelles de moins
d’un hectare dans le potentiel de production du pays.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Par type d’oasis, une production de 90296 tonnes provient des oasis traditionnelles et 106216 tonnes
des oasis modernes soit une participation de 46 % des oasis traditionnelles dans le total de la
production nationale.
Khawat Kenta
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
D. Rendement :
Le rendement moyen des palmiers dattiers pour toute la région et toutes les variétés est de 52 kg / pied
.Il est de 56 kg / pied pour la Deglet nour, 25 kg / pied pour le Allig et 47 kg/ pied pour les autres
variétés.
Gafsa occupe la première place avec 74 kg / pied pour la Deglet nour, Kébili 61 kg/ pied, Gabes 53 kg
/ pied et Tozeur 44 kg/ pied.
Par type d’oasis, le rendement moyen dans les oasis traditionnelles est de 47.37 kg/pied pour
l’ensemble des variétés contre 55.8 kg/pied dans les oasis modernes soit 17.7% de plus. Pour la
Deglet nour, le rendement est de 50.3 kg/pied dans les oasis traditionnelles et 60.6 kg/pied dans les
oasis modernes (+23%). C’est au niveau des autres variétés qu’on remarque que les oasis
traditionnelles ont un rendement supérieur à celui des oasis modernes : 56.3 kg/pied contre 42.2
kg/pied.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3. Description des conditions de commercialisation et de rentabilité des
produits agricoles oasiens : Dynamisme d’une filière orientée vers
l’exportation
Durant la période coloniale, l’exportation et le conditionnement des dattes étaient essentiellement
contrôlés par des entreprises françaises installées dans la région marseillaise.
Avec l’indépendance et la mise en place d’un modèle économique dirigiste, ces fonctions ont été
confiées à la STIL (Société tunisienne d’industrie laitière). Mais sa position monopolistique a conduit
à une diminution du prix d’achat de la datte aux producteurs (Kassah, 1996a) et a été de ce fait un
facteur de blocage au développement de ce secteur.
La libéralisation de l’économie à partir de 1986 a stimulé le développement du conditionnement local
à travers des entreprises d’exportation tunisiennes.
Cette dynamique s’est traduite sur la production et la place de la filière datte dans l’économie
tunisienne. Malgré quelques variations liées aux aléas climatiques et au phénomène d’alternance du
palmier, la production totale est en augmentation constante depuis 1975, où elle s’établissait à 60 000
tonnes, à nos jours où elle a plus que triplée (196 000 tonnes en 2013). Mais cette croissance découle
plus de l’augmentation des surfaces que des rendements, qui varient de 25 kg/arbre pour le palmier
Allig et à 56 kg/arbre pour la Deglet nour, avec des écarts variables selon les années et les sites de
production (Tableau ….).
Le marché de la datte présente une structure originale, caractérisée par une forte concentration de la
consommation sur deux périodes: Ramadan, durant lequel sont effectuées 80% des ventes à
destination des populations musulmanes locales ou à l’étranger et Noël pour 15%. Seuls 5% des ventes
sont réalisées durant le reste de l’année. De ce fait le déplacement du mois de Ramadan avant la
période de récolte depuis les dix dernières années a amené la filière à développer ses capacités de
stockage.
RAMADAN
NOEL
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
__________________________________________________________________________________
janv fev mar avr mai juin juil aout sept oct nov dec
ventes récolte
La filière comprend environ 50 000 producteurs relevant de deux grands types d’oasis. Les oasis
anciennes, ou « traditionnelles », sont caractérisées par une atomisation du foncier, des plantations de
palmiers anciennes, constituées de nombreuses variétés à densité élevée (15 à 30 cultivars en moyenne
dans une palmeraie, plantées à 130 pieds par hectare), associées par étage avec des fruitiers, des
fourrages, des céréales et du maraîchage, une autoconsommation de la production et une main-
d’œuvre familiale.
A l’inverse, les oasis « modernes » sont caractérisées par des surfaces par exploitation plus élevées, un
aménagement des réseaux hydrauliques conduisant à une tarification de l’eau, peu de variétés (Deglet
Nour dominante) plantées à faible densité, une commercialisation sur le marché export et une main-
d’œuvre de plus en plus salariée.
Les exploitations sont en majorité de petite taille du fait des héritages successifs.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Source : Enquête Oasis 2013. DGEDA
Elles doivent faire face à plusieurs problèmes qui conditionnent leur fonctionnement et leurs
performances.
La rareté de la main-d’œuvre qualifiée représente une deuxième contrainte, alors que l’itinéraire
technique pratiqué dans les palmeraies est relativement consommateur en travail (travail du sol,
pollinisation manuelle, protection des régimes, récolte), plaçant les producteurs notamment
absentéistes en situation de dépendance vis-à-vis de la main-d’œuvre extérieure (Bachta, 1996 ;
Bachta et Zaïbet, 2001).
Des problèmes techniques se posent également. La lutte phytosanitaire est mal maîtrisée, notamment
contre la pyrale de la datte qui nécessite une étape de désinsectisation dans le processus ultérieur de
conditionnement.
Les producteurs se présentent en ordre dispersé face aux collecteurs, qui disposent d’un rapport de
force favorable. Ils sont globalement mal rémunérés, du fait :
(i) d’une mauvaise organisation se traduisant par une faible coordination horizontale
(ii) une absence ou insuffisance des capacités de stockage ;
(iii) des besoins en trésorerie au moment de la récolte ; et
(iv) des aléas climatiques qui font varier les volumes et les cours
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Source : annuaire statistiques 2013 DGEDA
Ils sont au nombre de 200 à 500 et représentent un maillon central de la chaîne d’approvisionnement,
dans la mesure où environ 70% de la production transitent entre leurs mains. Ils œuvrent
principalement au regroupement et à l’achat de la datte sur les aires de production pour écouler les lots
ainsi acquis au niveau des grossistes, semi-grossistes et détaillants (marché national) ou au niveau des
stations de conditionnement pour le marché export. Ce sont des opérateurs individuels intervenant
dans un espace le plus souvent informel en terme contractuel et réglementaire. Leur nombre est estimé
à 400 par campagne dont la plupart traitent des volumes allant de 50 à 300 tonnes, cinq d’entre eux
assurant la collecte de grandes quantités (1 000 à 2 000 t/an). Beaucoup n’exercent l’activité que de
manière occasionnelle, d’autant que la profession n’est pas encore normalisée. Ils achètent la datte aux
producteurs pour le compte d’opérateurs aval (stockeurs, exportateurs) selon un barème et des
montants décidés par leurs clients et prennent une commission au passage de l’ordre de 0,05 à 0,075
DT/kg. Un exportateur travaille en général avec une dizaine de collecteurs, chacun traitant environ 50
à 400 tonnes de dattes par an.
Les dattes sont achetées après récolte ou sur pied. Dans le premier cas, les producteurs prennent en
charge la récolte, effectuent un premier tri et viennent livrer leurs productions au dépôt du collecteur.
Celui-ci collecte les dattes au fur et à mesure de leur arrivée, sans planification des commandes auprès
des producteurs. Les dattes sont de nouveau triées à leur arrivée au dépôt, avec l’aide d’un agent de
l’exportateur, mais il n’y a pas de critères d’évaluation standardisés de la qualité. Le tri se fait sur la
base d’indicateurs tels que le calibre, la brillance, l’odeur, etc.
Le collecteur transfère par la suite les dattes retenues vers l’exportateur.
Lorsque la récolte est effectuée sur pied, le collecteur estime les productions en quantité et qualité lors
de passages dans les parcelles, propose un prix puis organise la récolte.
Dans les deux cas, le prix d’achat aux producteurs est négocié au jour le jour, sans tenir compte du
prix plancher fixé au niveau du GI Fruits, les producteurs ne disposant que d’un faible pouvoir de
négociation vu leur atomisation. Cette situation favorise de plus des phénomènes de spéculation,
l’écart de prix entre le producteur et les consommateurs à Tunis étant de l’ordre de 1 à 4. Les
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
collecteurs achetant sur pied peuvent également subir des pertes si leurs estimations s’avèrent trop
optimistes.
L’évolution des prix à la production pour la Deglet nour au cours des 10 dernières années montrent
que l’année 2008 marque l’augmentation la plus importante enregistrée passant de 1495 dinars la
tonne à 2250 dinars la tonne soit un accroissement de 50% .
La récolte de la datte s’effectue sur une période relativement courte, particulièrement pour la Deglet
Nour, alors que la consommation s’étale sur l’année avec deux pics : Noël en Europe (date fixe) et le
ramadan (date variant d’une année à l’autre). Il est donc important de pouvoir stocker la production
dans de bonnes conditions pour répondre à la demande. Cette fonction sera même cruciale pour les dix
prochaines années, pendant lesquelles le ramadan précèdera la récolte.
Le stockage se révèle rémunérateur dès lors que l’augmentation des prix en cours d’année dépasse son
coût. C’est pourquoi des collecteurs locaux investissent dans des capacités de stockage, au-delà des
seuls conditionneurs-exportateurs et du GIF qui disposent de leurs propres capacités. Actuellement
une capacité totale de 10 à 15 000 tonnes dans le gouvernorat de Kébili serait gérée par ces opérateurs.
Ces collecteurs-stockeurs se placent à l’interface entre les collecteurs et les grossistes et commerçants.
Le stockage se fait sur 3 à 10 mois, sachant que la période visée est celle de ramadan, où 50 % de la
récolte est vendue.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Datte Deglet nour
Les exportateurs actuellement présents en Tunisie sont au nombre de 36, répartis entre le nord et le sud
du pays. Ils conditionnent essentiellement la Deglet el Nour, plus quelques autres variétés destinées à
des segments de marché spécifiques (Allig, Khouat Allig et Kenta). Les modalités de fonctionnement
des usines sont calquées sur la structure des récoltes et des ventes:
(i) Les ventes sont concentrées sur le mois précédent le ramadan, pendant lequel 80% de la production
est consommée et 15 % sont vendus au moment de Noël. Le reliquat de 5% correspond à des
commandes ponctuelles pendant le reste de l’année.
(ii) La campagne d’achat est planifiée fin août – début septembre, en fonction des résultats de la
campagne précédente, de la production de l’année, des commandes pour Noël et de leurs capacités de
stockage. Les exportateurs cherchent, d’une part, à couvrir les commandes de Noël, d’autre part, à
remplir leurs frigos pour répondre à la demande à venir du ramadan. Ils passent des accords avec des
collecteurs sur des quantités, variétés et catégories, les grandes entreprises d’exportation travaillant
plutôt avec des collecteurs traitant un volume important de dattes.
(iii) Des avances sont versées aux collecteurs pour acheter les dattes auprès des producteurs.
Ces avances sont basées sur un prix d’achat dont la fixation n’a pu être précisée, au-delà d’une
variation en fonction de l’offre et de la demande. Le prix de vente à l’export est par contre encadré par
un prix FOB minimum décidé par une commission constituée du Ministère du Commerce, du
Ministère de l’agriculture (GIFruits) et des exportateurs, afin d’éviter la concurrence entre eux. Ce prix
plancher constitue le seul outil de coordination horizontale identifiée à ce maillon de la chaîne
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Source : annuaire statistiques 2013 DGEDA
(iv) Les achats se déroulent tout au long de la campagne de récolte, d’octobre à décembre, et sont
ajustées en fin de campagne. Si l’exportateur doit répondre à des commandes ponctuelles de janvier à
juillet, il complète ses stocks avec des quantités achetées auprès de petits opérateurs. Il arrive aussi que
des usines passent des accords avec des collecteurs-stockeurs en fin de campagne.
(v) Les cahiers des charges des clients sont pris en compte à partir de l’entrée usine, où les différentes
catégories identifiées par les normes européennes sont constituées (catégorie Extra, catégorie I,
catégorie II). Certaines usines sont très avancées dans ce domaine (certification ISO 9001, laboratoire
de contrôle des lots, tri précis selon des critères bien déterminés, diversification des gammes, produits
et emballages), alors que d’autres ont un mode de gestion de la qualité encore rudimentaire. Celles-ci
auront plus de difficultés à se conformer aux exigences européennes de plus en plus strictes.
(vi) La maîtrise du stockage joue un rôle primordial dans la capacité des exportateurs à répondre aux
commandes de leurs clients en quantité, qualité et délais. Elle amène les exportateurs à privilégier les
dattes provenant de Tozeur, plus sèches et plus aptes au stockage que celles de Kébili.
Globalement les exportateurs bénéficient d’une situation favorable caractérisée par une offre et une
demande non limitantes. Leurs contraintes résident essentiellement dans leurs capacités disponibles en
entreposage, stockage et moyens logistiques et dans l’hétérogénéité des lots livrés, où sont mélangés
différentes catégories de la même variété.
Pour résoudre ce problème, ils privilégient des collecteurs achetant sur pied et effectuant un tri précis
dans leurs locaux, ou ceux effectuant un contrôle qualité préalable des lots. Cette évolution souligne le
rôle primordial de ces intermédiaires dans le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement.
Il est à signaler que la datte se consomme principalement en fin d’année et surtout pour Noël et ceci
dans tous les pays d’Europe. En dehors de cette période la consommation de dattes est très faible. La
datte est donc typiquement un produit saisonnier. Pour les importateurs ceci a des conséquences
importantes. Car en fonction de la date de récolte qui peut être plus ou moins tardive, des délais de
production, d’acheminement et de commercialisation, l’importateur devra choisir son origine pour
répondre de manière optimum aux impératifs de livraison que lui impose le marché. Généralement,
Israël arrive en premier vers le 15 septembre ensuite, fin octobre arrive la Tunisie et enfin fin
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
novembre l’Algérie. On voit bien que dans des périodes de ventes aussi courtes, chaque jour de retard
coûte cher, surtout pour les derniers arrivés. Il est vrai que les stocks frigo de la campagne précédente
peuvent pallier aux manques, mais il est bien connu que les produits de la nouvelle campagne sont
toujours préférés à ceux de l’ancienne.
Pour ce qui est de la branche de conditionnement de dattes, elle compte 45 unités industrielles. Parmi
ces unités 37 sont agréées pour l’exportation. La répartition des unités par régime d’activité, montre
une majorité (70%) d’entreprises qui sont totalement exportatrices, ce qui prouve que cette branche
d’activité est orientée en grande partie vers l’exportation.
La branche compte 4 unités à participation étrangère (France, Espagne, Allemagne et Suisse).
Le conditionnement des dattes est une activité saisonnière, les emplois créés sont de 8.500 personnes
dans l’activité de conditionnement seulement. La répartition régionale laisse apparaître que 50% des
unités sont implantées au sud du pays (Kébili et Tozeur) prés des zones de production de dattes, le
reste sont reparties entre la région du Cap Bon (12 unités), Ben Arous (6 unités), Sfax (1 unité), Gabes
(1 unité), Bizerte (1 unité), Tunis (1 unité).
Ils sont complexes à décrypter car ils font intervenir un grand nombre d’opérateurs de formes
diverses. A partir des collecteurs interviennent des grossistes, intermédiaires (khaddhars), détaillants et
des marchés locaux et de gros avant d’atteindre les consommateurs. Les variétés autres que la Deglet
nour, dites variétés « communes », sont commercialisées par cette voie. Les dattes sont vendues
fraîches après la récolte, ou après stockage. Une partie des dattes conditionnées par les exportateurs est
écoulée sur ce marché.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3-6. Concurrence
Le principal acteur d'appui aux oasis est le Ministère de l'Agriculture qui intervient à travers les
administrations techniques centrales et les Commissariats Régionaux au Développement Agricole
(CRDA) au niveau régional.
Au niveau des oasis, les principaux acteurs qui interviennent pour l'appui des filières oasiennes sont:
• Commissariats Régionaux au Développement Agricole (CRDA) (Gabès, Kébili, Gafsa et Tozeur) :
les CRDA ont les missions suivantes : (i) Veiller à l’application de la législation se rapportant
notamment à la police des eaux, la conservation des eaux et des sols, ainsi que l’aménagement des
bassins versants ; (ii) Assurer la gestion du domaine et la conservation des ressources naturelles ; (iii)
Réaliser les actions d’équipements hydrauliques et des programmes de mise en valeur hydro-agricole;
(iv) Gérer l’infrastructure hydro-agricole dans les périmètres publics irrigués, assurer la maintenance
et organiser la distribution de l’eau.
• Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) : L'APIA est un établissement public à
caractère non administratif, ayant pour mission principale la promotion de l'investissement privé dans
les domaines de l'agriculture, de la pêche et des services associés ainsi que dans les activités de la
première transformation intégrées aux projets Agricoles et de Pêche. Les services de l'APIA sont
destinés aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux jeunes promoteurs et aux investisseurs tunisiens et
étrangers à travers notamment : i) L'octroi des avantages financiers et fiscaux institués par le code
d'incitations aux investissements, aux promoteurs de projets agricoles, de pêche, de services liés à ces
secteurs et de première transformation des produits agricoles et de pêche; ii) L'identification des
opportunités d'investissement et des idées de projets à promouvoir par les opérateurs privés Tunisiens
et étrangers contribuant ainsi à la réalisation des objectifs nationaux assignés au secteur agricole; iii)
L'assistance des promoteurs dans la constitution de leurs dossiers d'investissement et leur encadrement
durant la phase de réalisation de leurs projets; vi) La formation des jeunes promoteurs agricoles et leur
encadrement durant les phases d'identification, d'étude et de réalisation de leurs projets dans le cadre
de pépinières d'entreprises et de programmes spécifiques de formation.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
• Groupements de Développement Agricoles (GDA): Le décret n° 99-1819 du 23 août 1999, porte sur
l’approbation du Groupement de Développement dans le secteur de l’Agriculture (GDA) et de la
pèche. La Loi n° 2004-24 du 15 juin 2004 a modifié et complété la loi n° 99-43 relative au GDA dans
lequel l’article 4 a donné pour mission aux GDA, la sauvegarde des ressources naturelles en plus de la
protection de ces ressources et la rationalisation de leur utilisation. Le GDA a pour responsabilité
l’achat de l’eau du CRDA et la vente de l’eau aux utilisateurs ainsi que la gestion des périmètres
irrigués.
Groupement Interprofessionnel des Fruits (GIFRUITS) : Il est chargé d'organiser la filière des
fruits et assume, entre autres missions, le rôle de régulateur des marchés, contribue à la promotion de
la qualité des fruits tunisiens et veille à la commercialisation et à la promotion des exportations. Le
groupement consiste en une personne morale d’intérêt économique public et bénéficie de la vocation
civile et de l’autonomie financière. Sont considérées affiliées à ce groupement et bénéficiaires de ses
services les personnes physiques et morales qui ont la qualité de producteurs, de transformateurs ou
d’exportateurs dans le secteur des fruits.
En conclusion :
L’agriculture demeure l’activité principale dans la région, en termes d’emplois, de revenus et d’effets
induits. L’agriculture oasienne est basée sur la culture de la datte, en particulier la variété Deglat nour.
Elle a réalisé un développement assez important à travers la mobilisation des ressources naturelles et
des investissements publics et privés. L’économie oasienne a connu un processus de modernisation,
d’intensification et d’intégration au marché. La production et l’exportation des dattes ont augmenté
rapidement. Une industrie de conditionnement de dattes s’est développée dans les zones de
production. L’agriculture sous serres s’est elle aussi développée sur la base des ressources
géothermales. Cependant la pression sur les ressources naturelles, en particulier l’eau, devient très
aigue. Il en découle une dégradation de ces ressources en terme qualitatif et quantitatif et une remise
en cause des bases même du développement agricole et économique dans la région oasienne.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
La filière datte tunisienne apparaît dynamique, mais fragile car très atomisée et privilégiant une
coordination marchande sous la forme d’un marché spot favorisant la spéculation. On peut donc
s’interroger sur la sensibilité de cette organisation à l’évolution de la concurrence, qu’elle vienne
d’Algérie où de nouvelles plantations en cours d’installation, d’Israël ou des Etats-Unis (Greiner, 1996
& 1998). Des tentatives de coordination contractuelle à travers le Groupement interprofessionnel des
fruits existent (fixation de prix plancher d’achat de la datte), mais sont apparemment peu respectées
par les acteurs eux-mêmes.
La fragilité de cette filière tient en plusieurs points :
(i) sa dépendance vis-à-vis de la seule Deglet Nour, avec une augmentation des risques phytosanitaires
et économiques ;
(ii) des problèmes de synchronisation de l’offre par rapport à la demande, particulièrement pour les
années à venir du fait du calage du mois de ramadan avant les récoltes ;
(iii) des incertitudes sur le concept de qualité et sa maîtrise tout au long de la chaîne
d’approvisionnement ;
(iv) des stratégies paysannes mal identifiées, mais donnant une place variable à la culture du palmier
dans l’élaboration du revenu ;
(v) l’absence d’un plan stratégique porté par l’ensemble des intervenants de la filière.
Pour les producteurs, la dépendance marquée des systèmes de production vis-à-vis du palmier dattier
et de la Deglet Nour conduit à l’augmentation des risques agronomiques et économiques
(concentration des entrées monétaires dans le temps, spéculation, bradage des productions). Cette
situation, combinée à l’atomisation de la production, aurait pu favoriser l’émergence de groupements à
même d’agréger des tonnages plus élevés et de peser ainsi dans les négociations avec les opérateurs en
aval. Ce qui n’est pas le cas.
On assiste aujourd’hui à une situation caractérisée par des producteurs mal organisés, traitant de
manière dispersée avec les collecteurs, sensibles aux aléas climatiques et aux difficultés de trésorerie
car ne disposant pas de capacités de stockage, mais dans des situations économiques variables dès lors
qu’un grand nombre d’entre eux dispose de revenus non agricoles.
L'Analyse de l'évolution de la filière dattes en Tunisie, confirme son orientation prioritaire vers
l'exportation. Le succès de la variété Deglet nour a amené les pouvoirs publics à mobiliser un flux
d’investissement considérable pour la rénovation des oasis. Mutations des techniques et des choix
culturaux, on assiste à une orientation vers la monoculture du Deglet-Nour à des prix encourageants.
Une politique de prix plus rigoureuse permettrait de protéger les agriculteurs vis à vis des spéculations
de fin de campagne. Le conditionnement a permis l’adaptation des dattes aux exigences du marché
extérieur. La distribution intérieure profite en général aux intermédiaires. Le développement des
exportations engendre une forte hausse des prix intérieurs à la consommation.
La main d'œuvre oasienne devient de plus en plus rare surtout celle jeune. Concurrencée par d'autres
activités plus rémunératrices, l'agriculture oasienne voit ses ouvriers spécialisés quitter l'activité
agricole vers d'autres secteurs tels que le bâtiment, les services et surtout l'industrie chimique de Gabès
et minière à Gafsa qui emploient en sous-traitance quelques milliers chaque année. Ainsi, le nombre
de «grimpeurs», qui assurent les tâches les plus nécessaires tels que le toilettage, la pollinisation et la
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
récole et donc qui constituent la main d'œuvre la plus demandée par les producteurs, a diminué
considérablement ces dernières années.
En effet, d’après l’enquête 2013, Les oasis fournissent 7.23 millions de journées de travail réparties
comme suit :
- exploitants : 4.14 millions de journées
- aides familiaux : 1.76 million de journées
- salariés occasionnels : 0.327 million de journées
- salariés permanents et khammès : 1 million de journées
Tableau…. : Journées de travail par type d’oasis
Oasis
JT exploitant JT aides fam JT perm JT Khammès JT occasionnels
JT
Traditionnelle 2797527 1391170 125739 509680 179407
Moderne
privée 1337339 361939 234053 84384 140766
Moderne
SMVDA 12356 6734 47324 7813
Total 4147222 1759844 407115 594063 327986
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Total 8 327 2 650 3 136 4 296 4 408 1 404 24 221
Source : Sud en chiffres 2012, ODS
D’après les résultats de l’enquête oasis, un nombre important d’exploitants ont des revenus extra oasis
soit un total de 23371 exploitants qui représentent 47% de l’ensemble des exploitants oasiens. On
rencontre ces exploitants en majorité dans les petites exploitations (superficie inferieure à 1 ha) avec
un nombre de 17815 représentant 76% du total, ce qui laisse croire que ces producteurs cherchent des
compléments de revenus qu’ils n’arrivent pas à récupérer au niveau de leurs exploitations. Ceci dénote
aussi que les exploitants restent très attachés à leurs terres qu’ils considèrent comme patrimoine
familial à très haute valeur symbolique.
En outre, le tableau suivant montre que 17762 exploitants appartenant aux oasis traditionnelles sont
concernés par une activité extra agricole soit un pourcentage de 76%. Ces exploitants sont
principalement localisés dans le gouvernorat de Gabes( 9055) , à Kébili( 6316) et à Tozeur ( 3400),
Gafsa ne représente que 502 exploitants.
Traditionnel 502
Gafsa Moderne privé 288
Moderne SMVDA 21
Total 811
Traditionnel 9055
Gabes Moderne privé 450
Moderne SMVDA 50
Total 9555
Traditionnel 3400
Tozeur Moderne privé 1400
Moderne SMVDA 5
Total 4805
Traditionnel 6316
Kébili Moderne privé 1881
Moderne SMVDA 3
Total 8200
Traditionnel 19273
Total Moderne privé 4019
Moderne SMVDA 79
Total 23371
Source : Enquête oasis 2013- DG/EDA
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
5. caracterisation economique du secteur artisanal, culturel et
touristique des zones oasiennes : une large palette d’activites attrayantes
5.1. Artisanat :
Dans la région étudiée, il existe plusieurs activités à caractère économique, en relation avec les sous-
produits du palmier dattier ; dont la vannerie basée sur l’utilisation des folioles, la menuiserie basée
sur l’utilisation des rachis des palmes et du tronc du palmier dattier.
5.1.1. La vannerie
Parmi les activités en relation avec les sous-produits du palmier dattier, la vannerie représente dans les
oasis du Djérid celle qui mobilise relativement le plus de personnes. Elle est essentiellement exercée
par les femmes.
a) La matière première
Pour la confection de la plupart des articles en vannerie, on utilise des jeunes palmes prélevées au
cœur du palmier, qui proviennent soit de la palmeraie familiale ou de l’achat dans les palmeraies du
village.
Cependant, compte tenu du risque que représente le prélèvement du cœur de palmes pour la vie du
palmier dattier, la plupart des exploitants refusent d’arracher les palmes de leurs palmiers, créant ainsi
un sérieux problème d’approvisionnement pour les artisans qui sont obligés de s’approvisionner
auprès des commerçants ambulants qui viennent des localités où le palmier n’est pas cultivé pour la
production de dattes.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Après avoir débarrassé les tresses préalablement séchées des extrémités des folioles non utilisées, on
procède à la reliure de ces dernières par couture : le chapeau est donc prêt à être porté. La longueur des
tresses est fonction de la taille du chapeau.
Pour la confection du chapeau, on utilise, comme pour l’éventail, de préférence les variétés kentichi ,
besr helou, remtha qui possèdent des folioles blanches et solides. La couture est faite avec les folioles
de kentichi, d’ammari ou des pollinisateurs.
Dans les cas des chapeaux colorés, on procède avant le tressage à la coloration des folioles qui se fait
avec des teintures spécifiques achetées généralement à Gabès.
Chapeaux
- Couffins, paniers, sacs, cartables et sajeda : Ces articles sont fabriqués de la même manière que le
chapeau. La différence réside dans la largeur de la tresse qui est uniforme et relativement plus grande
que celle des tresses utilisées dans la confection des chapeaux. Ces articles peuvent être fabriqués avec
les folioles de toutes les variétés à l’exception de la Deglet nour.
Couffins
- Plats, plateaux: Ces articles sont fabriqués à partir des fibres du pédoncule floral. Après avoir fait
séjourner le pédoncule pendant plusieurs jours dans l’eau, les fibres qui la composent sont détachées et
reliées par l’intermédiaire des folioles, sous forme de couches concentriques auxquelles l’opérateur
donnera la forme souhaitée.
Dans les cas de plats ou plateaux colorés, on procède avant la couture à la coloration des folioles qui
se fait avec des teintures spécifiques achetées généralement à Gabès.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
c) Les contraintes
Plusieurs contraintes d’ordre socio-économique limitent considérablement le développement de la
vannerie dans la région. Il s’agit notamment de la faible rentabilité de l’activité liée au problème de
débouchés pour les produits et du changement des conditions de vie qui fait que les oasiens sont plus
attirés par les produits exotiques que par les produits traditionnels.
La rentabilité de l’activité :
L’un des obstacles au développement de la vannerie semble être la faible rentabilité de l’activité. En
effet, la commercialisation des articles se fait généralement sur place où les produits sont vendus soit
au « souk » ou à des collecteurs qui viennent aux principales villes de la région. Les prix pratiqués sur
place sont dérisoires en rapport aux efforts dépensés.
Pour cette raison certains artisans préfèrent écouler directement leurs produits à Tozeur ou à Gabes; ce
qui n’est pas à la portée de tout le monde. Cette faible rentabilité liée au manque de débouchés fait que
la vannerie demeure aujourd’hui dans la région une activité marginale.
Le changement des conditions de vie et des habitudes
Les articles provenant de la vannerie occupaient une place importante dans la vie des oasiens. C’est
ainsi que pour les activités domestiques, les plats et les plateaux étaient utilisés pour servir des plats de
dattes ou pour conserver des bijoux, était utilisée comme gobelet pour servir de l’eau, les couffins
étaient utilisés pour faire le marché, les éventails étaient utilisés pour venter pendant l’été.
Sur le plan agricole, les adila et les zembil étaient utilisés pour le transport et le ramassage des fruits.
Le chapeau permettait à l’agriculteur de se protéger contre le soleil.
De nos jours, avec le changement des habitudes et des conditions de vie, ces articles sont abandonnés
au profit de ceux en plastique ou en métal. Ceci a eu pour conséquence, une baisse de la demande se
traduisant par un délaissement de l’activité.
5.1.2. La menuiserie :
Dans la région, il y a toujours eu une tradition d’utilisation du tronc et des rachis pour confectionner
des portes et des meubles divers. Mais de nos jours, cette activité artisanale traditionnelle a disparu
faisant place à une menuiserie moderne qui, cependant est, essentiellement limitée, aux centres urbains
où des familles et personnes actives ont été identifiées.
Porte Chaises
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
5.1.3. Autres utilisations des sous-produits :
a) les palmes
Les palmes entières sont utilisées pour confectionner des clôtures, des haies de brise-vent pour lutter
contre l’ensablement, des toitures et des abris rustiques.
Défis :
Dans la situation actuelle, la vannerie ne contribue pas ou contribue peu à la conservation de la
diversité génétique du palmier dattier même si certains articles sont confectionnés préférentiellement
avec des variétés communes précises.
D’ailleurs, un développement important de l’activité risquerait de nuire à la biodiversité. En effet, les
palmes utilisées dans la confection de ces articles sont prélevées du cœur du palmier (bourgeon apical)
et selon Rhouma (1994) et Scanagri (2003), ceci pourrait constituer un risque réel pour les variétés
dont les palmes se prêtent particulièrement à cette activité.
Pour la menuiserie : Cette activité basée sur l’utilisation de rachis de palmes et du tronc de palmier
permet la confection d’une gamme variée d’articles, habituellement fabriqués avec d’autres bois (bois
de teck par exemple) : lits, armoires, chaises et portes. Ces articles peuvent être fabriqués à partir de
toutes les variétés. Toutefois, certaines variétés sont préférées à d’autres.
Ainsi, pour la confection des portes, les menuisiers préfèrent des variétés ayant un tronc dur comme
Besr helou et hamri. Il en est de même pour l’utilisation des rachis, où les palmes de kentichi sont les
préférées.
Opportunités :
Pour la vannerie, d’après le rapport Scanagri (2003), les producteurs ne sont guère favorables au
développement de la vannerie, par crainte d’une demande trop forte conduisant à détruire l’apex du
palmier dattier.
Toutefois, un prélèvement "raisonnable" des palmes permettrait de maintenir l’activité à un niveau
acceptable. Ce prélèvement raisonnable consiste à couper tous les deux ans, sans « blesser » l’arbre, au
maximum 2 à 3 palmes sur la dizaine produites chaque année par la plante. Par ailleurs, il faut tenir
compte de l’âge et de la vigueur de la plante (IPGRI, 2003).
Ce qui susciterait une demande de matière première susceptible d’encourager les producteurs à
conserver ces variétés dans leurs palmeraies. De cette façon, la vannerie pourrait contribuer à la
conservation de la diversité génétique du palmier dattier.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
La région présente des produits touristiques uniques en Tunisie : paysages sahariens et oasiens,
patrimoine archéologique exceptionnel, cultures et traditions originales. L’activité touristique est très
ancienne puisque les espaces oasiens ont été très tôt, ouverts aux prémisses du tourisme.
Tous les grands explorateurs sont passés par les oasis de Tozeur et Gabès et en ont fait des
descriptions émerveillées, attirant ainsi la curiosité des voyageurs. La présence étrangère dans les oasis
est un fait ancien qui fut renforcé par la colonisation. En effet, à Tozeur les premiers cafés touristiques
furent ouverts pour les colons qui résidaient à Gafsa et venaient visiter Tozeur et s’y reposer. A Gabès,
une base fut implantée près du port et les militaires venaient se promener dans l’oasis près de la tête
des sources à Ras el Oued. Le véritable tournant de ce tourisme oasien se fait après L’indépendance
lorsque l’État fait de la mise en tourisme du littoral une des priorités du développement national.
L’oasis de Gabès accueille alors un nombre important de touristes, combinant les avantages d’une
proximité avec la mer, la montagne et le désert. Mais c’est Tozeur, dans les années 90, qui va devenir
le symbole du tourisme oasien et saharien de masse.
L’État décide la mise en place d’une nouvelle zone touristique à proximité des sources de Ras el Ain
et construit un aéroport international sur la route de Nefta. L’objectif est alors de diversifier le produit
touristique littoral, en voie de saturation, et d’intégrer les régions intérieures au développement
national. Tozeur devient donc une nouvelle destination et le tourisme un élément fondamental de
l’économie locale.
A Gabès, au contraire, les années 80 marquent l’accélération du déclin d’un tourisme qui n’a jamais
atteint l’ampleur de celui qui s’est développé sur les plages du nord-nord est. Gabès a été choisi pour
être une place forte de l’industrie, sacrifiant à ce profit le tourisme et l’agriculture. Aujourd’hui, Gabès
est, au mieux, une ville de passage pour les touristes en route vers Matmata ou Nefzaoua dans
l’intérieur.
Ainsi, le tourisme dans les régions oasiennes a bénéficié de multiples encouragements et aides
publiques. L’activité a connu un réel développement. L’aménagement de zones touristiques a permis
l’implantation de nouvelles unités hôtelières et l’accroissement de la capacité d’accueil. Le tourisme a
constitué une activité économique importante à l’échelle locale et régionale. Ces effets sont multiples
sur le plan de l’emploi, de l’urbanisation et des effets induits.
C’est Tozeur qui concentre le plus grand nombre d’établissements hôteliers, d’agences de voyage et de
centres d’animation. En 1980, l’ouverture de l’aéroport international de Tozeur et l’achèvement de la
route Kébili-Tozeur, à travers le Chott Djérid, ont permis d’améliorer l’accessibilité de la région et son
ouverture au tourisme international. Nefta, avec son oasis et sa zone des sources ou Corbeille, a
constitué également une destination touristique classique. Le développement du tourisme saharien a
surtout profité à Douz et secondairement à Kébili. Par contre, Gafsa demeure un centre touristique
secondaire malgré l’amélioration de son infrastructure hôtelière et la création de son aéroport
international.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Corbeille Nafta
Toutefois, il est à remarquer que l’organisation spatiale du tourisme dans les régions sahariennes se
caractérise par l’influence des pôles balnéaires sur l’espace saharien et oasien. En effet, les
mouvements des touristes vers les villes oasiennes se font à partir de deux espaces géographiques
différents. Le premier flux, le plus important, se fait à partir de Djerba-Zarzis vers les villes de Douz et
Tozeur. Quant au second, il se fait à partir des autres zones touristiques balnéaires comme Sousse,
Monastir et Hammamet.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
De ce fait, le tourisme saharien et oasien demeure un tourisme de passage. Le circuit saharien est
généralement organisé à partir des grandes concentrations touristiques du littoral. La durée du séjour
ne dépasse pas un jour ou deux. En effet, la durée de séjour dans la région est seulement de 1,3 jour
contre 5,5 jours pour l’ensemble de la Tunisie. En revanche, le tourisme saharien et oasien est mieux
étalé au cours de l'année. Il dépasse la moyenne nationale en hiver et au printemps, période qui
correspond à la basse saison à l'échelle nationale. Ainsi, le tourisme saharien est susceptible de
permettre l’allongement de la saison touristique. Les taux d’occupation des unités hôtelières
demeurent inférieurs à la moyenne nationale : 33% dans la région contre 48% pour toute la Tunisie.
Les effets d'entraînement sur les autres secteurs d'activité demeurent modestes.
Tableau …… Taux d'occupation des hôtels par région et par catégorie (2012) en (%)
Catégorie d'hôtels
Gouvernorat
5 étoiles 4 étoiles 3 étoiles 2 étoiles 1 étoile Autres Moyenn
Gabès ― 14,4 14,6 23,6 12,9 14,3 e
15,9
Djerba-Zarzis 36,9 52,9 63,1 56,3 20,3 11,3 52,5
Tataouine ― ― ― 11,0 38,9 7,1 13,4
Gafsa, Tozeur 22,4 25,6 18,7 15,3 2,2 16,5 20,5
Kébili ― 33,9 29,8 ― 5,8 11,9 23,3
Source : ONTT « Le Tourisme Tunisien en Chiffres 2012 »
Ainsi, le développement du tourisme dans les oasis à travers la valorisation des produits du terroir
présente un double intérêt, autant au niveau de l’économie nationale que pour le développement
régional et local.
La mise en œuvre d’une stratégie de développement du secteur touristique dans la région oasienne
permettrait d’impulser une dynamique locale, basée sur la bonne gouvernance des ressources
patrimoniales territoriales.
Toutefois, la promotion du tourisme ne doit pas s’appuyer uniquement sur les paramètres
économiques, mais doit aussi intégrer la dimension socioculturelle et environnementale locale:
écosystèmes, ressources naturelles, patrimoine, traditions, etc. Les stratégies d’aménagement de
territoire et de développement de l’écotourisme devront en tenir compte pour promouvoir un
développement participatif et intégré.
De par leurs richesses écologiques et humaines, les oasis constituent un espace de reconnaissance
internationale dans la réserve de biosphère des palmeraies du sud tunisien. En plus de leur poids
historique et anthropologique, elles recèlent des ressources considérables conditionnant l’essentiel des
activités des ces zones.
Ainsi, l’intégration de l’espace phoenicicole dans le processus de développement économique et
social, est devenue un enjeu majeur pour les acteurs locaux et régionaux.
La position stratégique de la région lui confère un riche patrimoine génétique phoenicicole (palmier
dattier), des ressources floristiques, faunistiques ainsi que des potentialités culturelles très diversifiées
(sites historiques, patrimoine immatériel artistique, savoir faire traditionnels ; gestion participative des
eaux d’irrigation, architecture très ancienne).
La valorisation de ces aouts patrimoniaux au service de tourisme représente autant d’éléments,
pouvant contribuer à la protection de l’écosystème oasien et par conséquent à promouvoir le
développement local.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Le patrimoine architectural dans la région constitue un véritable musée en plein air, très diversifié
et enraciné dans le passé, comme en témoignent la densité et l’originalité de ses aspects matériels. Ces
sites patrimoniaux sont un atout majeur qui exprime l’originalité dans l’emploi des matériaux,
l’adoption des formes, la fonction, le rôle et l’utilité de chaque construction.
Ressources patrimoniales culturelles ancestrales ; une image originaire d’authenticité et
d’attraction du tourisme culturel :
La zone est caractérisée par la diversité de son patrimoine matériel et immatériel et par la richesse et
l'originalité de ses ressources culturelles millénaires. Ce patrimoine peut faire de ces oasis l'une des
directions préférées des touristes venant de tous horizons. La valorisation touristique des produits du
terroir culturels peuvent constituer un levier de développement local. Il s’agit :
*La valorisation touristique du patrimoine historique et civilisationnel qui est un atout majeur
pour le développement d’un tourisme à connotation culturelle. On peut qualifier la zone de «musée en
plein air» qui assemble les coutumes, l’artisanat, les arts populaires, la tradition et le savoir-faire de
cette grande région chargée d’histoire, de fait qu’elle se situe sur les axes des grands échanges
culturels et commerciaux. Sa position géographique stratégique, en tant que voie de passage
historique, en a fait un véritable carrefour.
*la mise en valeur du patrimoine immatériel artistique, notamment les manifestations culturelles
s’avérant comme un mode visuel de l’identification de l’art oral et la sauvegarde de la mémoire locale.
Le potentiel historique, artistique, artisanal et agrotouristique est mal exploité afin de développer un
tourisme rural générateur de revenu, et par conséquent la région oasienne constitue un lieu de passage
d'une clientèle qui pourrait être importante. L’agrotourisme et le tourisme culturel sont des éléments
indispensables à l’environnement oasien et facilitent les liens sociaux entre personnes appartenant à
des catégories sociales et à des territoires différents. Ceci peut être perçu comme une alternative
permettant de rencontrer et de vivre avec les autochtones dans une relation d’échange culturel.
A ce titre, le développement local doit mettre l’accent sur l’initiative et le savoir faire local et faire
appel à la dimension culturelle comme étant le vecteur de développement le plus assuré comme
composante pour donner un élan à l’économie locale.
La mise en tourisme des produits du terroir est devenue un outil efficace de valorisation des ressources
patrimoniales, de développement et de lutte contre la pauvreté et le désenclavement de cette région,
en contribuant à leur «redéveloppement» tout en créant des espaces porteurs de petits projets rentables
et durables. Le tourisme devrait avoir un rôle important dans le développement des cultures locales et
les arts populaires à travers l’installation de musées ethnologiques et culturels. Ce qui permet de
garder une part de l’histoire locale et de préserver certains monuments culturels, historiques et
archéologiques et certaines traditions. Les exemples de sauvegarde de sites pareils par le tourisme sont
innombrables.
C’est la valorisation et la mise en valeur convenable de ces potentialités qui sont à la base d’une
stratégie de développement touristique. Selon l’étude stratégique sur « le développement du tourisme
en Tunisie à l’horizon 2016 », la région devrait être développée et transformée en destination
touristique principale à travers le développement de nouveaux produits et leur diversification.
Chott Djérid
En se fondant sur la diversité du potentiel touristique et sur l’organisation géographique des formes de
tourisme saharien, on peut adopter des circuits touristiques à thème capables de mieux organiser le
tourisme dans les régions sahariennes du Sud tunisien avec « Le circuit des oasis » : ce circuit
permettra d’organiser l’espace touristique autour de Chott-Djérid entre les villes de Gabès, Tozeur et
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Kébili, en passant par Gafsa, Tamaghza et Nefta. En raison du potentiel important des oasis dans le
Nord de Chott Djérid, ce circuit pourra être orienté vers un tourisme de randonnée dans les oasis.
A ce titre, le circuit Oasis Sahara élaboré par le Ministère de l’Environnement en 2006, offre plusieurs
possibilités de combinaisons entre les différentes richesses déjà citées :
- Le tourisme balnéaire de Djerba et Gabès pourrait former une base pour diversifier le produit en
y incluant le tourisme Saharien/Oasien de Gabès, Tozeur, Gafsa et Kébili
En effet la région du sud Tunisien se caractérise par l’existence des 3 circuits nationaux qui pourraient
être combinés afin de diversifier le produit : circuit mémoire de la terre (Tataouine, Matmata), circuit
des îles avec Djerba, circuit Oasis / Sahara pour toute la zone. Le circuit de l’oasis et du Sahara
s’étend sur les régions du Sud Est et du Sud Ouest de la Tunisie, il se compose de cinq gouvernorats :
Gafsa, Gabès, Kébili, Tozeur et une partie de Tataouine.
Conclusion :
La région est stratégiquement importante pour un tourisme durable qui permet le passage d’un
tourisme balnéaire, basé sur un seul produit, au tourisme saharien développant de multiples sous-
produits et valorisant d’autres richesses naturelles et patrimoniales particulièrement les oasis.
La mise en tourisme du patrimoine naturel et culturel oasien lui offre une chance de conservation,
l’évolution vers un rôle durable qui concilie rentabilité économique et équité sociale et contribue à la
naissance d’un rapprochement entre tous les acteurs.
Signalons enfin que le développement d’un tourisme durable dans la région oasienne nécessitera une
mobilisation de la population locale, des acteurs du tourisme ainsi qu’une volonté politique affirmée
au niveau local, régional et national.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CHAPITRE VII.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Cadre juridique
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 166
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2-1. Les statuts fonciers
Il est vrai que toutes ces formes de statut foncier coexistent dans les oasis en général
(modernes et traditionnelles) ; mais c’est la propriété privée qui dominent dans les oasis
traditionnelles. Toutefois, même si elle est reconnue par les voisins et parfois même par
l’administration, cette propriété privée est souvent non immatriculée (pas de titre de propriété) et est
attestée uniquement par un acte notarié.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Dans le cadre d’une politique foncière et de gestion des ressources naturelles, consultation
nationale et à l'échelle de chaque région sur les régimes fonciers, un programme national de cadastre
obligatoire et gratuit des terres agricoles ainsi que le réaménagement foncier entrepris par l’Agence
Foncière Agricole ont initié une dynamique d’enregistrement des propriétés8. Toujours est-il, le taux
de couverture de cette forme (la propriété privée) et de l’immatriculation varient d’un gouvernorat à
l’autre.
Statut foncier9
8
Décret N°200/1354 du 04/06/2007 paru au JORT N°47 du 12/06/2007 à la conservation foncière.
9
Situation de la propriété des terres, Commissariats Régionaux au Développement Agricole, 2012
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
2-2. Dispositions de la constitution applicables aux oasis (voir annexe 1 tableau n°1)
La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel définit le PCI comme suit : « On
entend par « patrimoine culturel immatériel » les pratiques, représentations, expressions,
connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur
sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme
faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en
génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de
leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de
continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité
humaine. »10
A la différence du patrimoine matériel, le PCI a été difficile à cerner. Cependant, certains chercheurs
ont fini par identifier des éléments faisant partie de ce patrimoine caractérisant la vie dans les oasis.11
On peut citer à titre d’exemples le savoir- faire lié au palmier dattier, les règles et pratiques sociales de
gestion des conflits, les rituels et événements festifs…
Ratifiant les conventions internationales relatives à la sauvegarde du PCI, la Tunisie a fini par mettre
en place un dispositif réglementaire au service de ce patrimoine.
10
Article 2 de La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, 32ème session de
l’UNESCO, 2003
11
Voir à ce propos l’étude réalisée par l’anthropologue Ahmed Skounti pour l’UNESCO en 2009 « Le
patrimoine culturel immatériel au Maghreb… »
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
3. Cadre institutionnel national de gestion des oasis
A la différence du cadre juridique dont la plupart des textes applicables aux oasis concernent en fait les terres agricoles en général, certains acteurs, notamment
de la société civile, sont spécialisés dans les interventions dans l’espace oasien.
L’évolution des mécanismes et structures de gestion des oasis est marquée par une alternance entre une absence totale de l’Etat et la prédominance des
anciennes règles et structures informelles de gestion communautaire d’une part, et une intervention de plus en plus importante des structures étatiques et des
autorités centrales.
Aujourd’hui, trois acteurs principaux, quoiqu’à des échelons divers et avec des pouvoirs variés, se partagent l’intervention dans la gestion des oasis.
Le schéma suivant résume l’état actuel du cadre institutionnel :
Administration Institution Organisation non
d'accompagnement gouvernementale
Etablissement de Association
Locale
formation locale
Sectorielle
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 170
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1.1. L’administration
Plusieurs ministères interviennent, quoiqu’à des degrés divers, dans les oasis et ce selon leur champ
d’intervention. Au niveau national (gouvernemental), ces institutions agissent à travers leurs structures
centrales notamment les directions générales.
Le ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la Pêche intervient à travers
ses directions centrales dont notamment la Direction Générale du Génie Rural et de
l’Exploitation des Eaux (DGGREE), la Direction Générale des Etudes et des Grands Travaux
Hydrauliques (DGGRGTH), la Direction Générale des Ressources en Eau (DGRE), l’Agence
Foncière Agricole (AFA)… (voir organigramme en annexe)
Deux sous directions interviennent directement auprès des structures représentant les
usagers à savoir la sous-direction des GIC, chargée notamment de l’accompagnement
institutionnel des groupements d’intérêt collectif, et la sous-direction des structures
professionnelles agricoles.
Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable intervient à travers ses directions
générales dont notamment La direction générale des services communs, la Direction générale de
l’environnement et de la qualité de la vie, la Direction générale du développement durable… (voir
organigramme en annexe) Il intervient également à travers des institutions sous sa tutelle telle l’Office
National d’Assainissement (ONAS), l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE),
l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL), le Centre International des
Technologies de l’Environnement de Tunis (CITET), l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (
ANGED), la Banque Nationale de gènes ( BNG) ), l’Observatoire Tunisien de l’Environnement et du
Développement Durable (OTEDD)…
Le Ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine qui intervient notamment à
travers l’Institut National du Patrimoine.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1.2. Les institutions de recherche
Chapitre VIII.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
ORIENTATIONS STRATEGIQUES POUR UNE GESTION
DURABLE DES OASIS
Les oasis, notamment celles traditionnelles, plusieurs fois millénaires, créées grâce à l’ingéniosité des
Hommes en matière de gestion des eaux, des terres et de la biodiversité, sont aujourd’hui menacées de
disparition.
Différentes causes sont à l’origine de ces menaces, dont notamment la raréfaction des ressources
hydriques, le morcellement des exploitations par héritage, l’extension de l’urbanisation anarchique, la
perte de la valeur commerciale des espèces et variétés cultivées avec l’apparition de nouvelles variétés
plus commercialisées ainsi que l’appauvrissement et la salinisation des sols. A ceci, s’joutent
également les défaillances d’ordre institutionnel, juridique et organisationnel qui entravent la bonne
gouvernance de ces écosystèmes.
Cependant, il est communément admis que ces systèmes, qui valorisent au mieux les ressources
naturelles locales, ont toujours été gérés par des pratiques sociales adaptées au contexte local. Basés
sur les savoirs et sur l’expérience des communautés locales, ces systèmes ingénieux ont contribué au
développement d’une biodiversité agricole importante et, surtout, ils ont fourni de façon durable des
services et des biens multiples à l’ensemble de la société, dont principalement des aliments de
l’emploi, des revenus ainsi qu’un cadre de vie de qualité.
La réhabilitation des oasis et leur durabilité ne peuvent être assurées que dans une perspective de
développement durable, permettant de restituer aux oasis leurs fonctions agro-écologique, socio-
économique et socioculturelle dans une logique patrimoniale. C’est dans cette vision que nous
exposons dans ce qui suit les perspectives ou orientations de nature à relever les défis . Il y a lieu de
signaler que ces orientations cadrent parfaitement avec celles de l’étude réalisée par le Ministère de
l’Environnement en 2015 intitulée « Stratégie de développement durable des oasis en Tunisie »
qui prend en compte les enjeux du développement des espaces oasiens, à travers des
recommandations, organisées en quatre principes directeurs et neufs axes stratégiques. C‘est en vue de
soutenir et de concrétiser cet effort de développement et de gestion durable des oasis traditionnelles
que se situent les propositions ci-dessous :
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
- La préservation de la qualité des sols est préconisée pour les terres cultivées. Il s’agira
d’assurer des apports continus en fertilisants organiques (fumier, végétaux) et en
compléments minéraux (sable).
La gestion optimale des ressources en eaux
- La mobilisation et l’exploitation durables des ressources en eau conventionnelles ou non
conventionnelles. Elle se fera par la réalisation de forages de remplacement dans les
nappes profondes et l’exploitation des nappes phréatiques, parallèlement à la lutte contre
les forages illicites.
- L’amélioration de l’efficacité des systèmes d’irrigation. Elle permettra d’assurer
l’approvisionnement régulier des parcelles et de fournir l’eau selon les besoins des
cultures tout en réduisant les pertes et le gaspillage de l’eau.
3- Orientation socio-économiques
Amélioration de la productivité des cultures oasiennes
Des marges de progrès technique et de gain de productivité sont encore possibles en termes
d'agriculture oasienne. Il s'agit de mettre en place des programmes d'encadrement pour
permettre l'expression d'un tel potentiel. Cela passe par l'amélioration des techniques
culturales, de la conduite des cultures au niveau des différents étages, d'une meilleure
utilisation des intrants et de l'intensification de l'usage de certains d'entre eux (fumure
organique par exemple).
Labellisation des produits de l'agriculture oasienne
Les produits des oasis sont de grande qualité et pour certains sont reconnus comme étant
indemnes de produits chimiques et méritent de ce fait d'être labellisés à la fois comme
produits de qualité (éventuellement de produits biologiques) mais aussi dans certains cas,
pour leur origine et leur appartenance à des terroirs de production qui leur donnent une
certaine spécificité [Link] labellisation devrait prendre en considération donc
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
l'origine territoriale, les modes de production et associer différents produits dans le cadre d'un
panier de produits oasiens agricoles et non agricoles.
Préservation des oasis par l’introduction de la mécanisation
Malgré l’importance économique du palmier dattier et les superficies qu’il occupe, la force de
travail agricole reste essentiellement assurée par la main d’œuvre. Cependant, vu la pénibilité
des opérations culturales nécessaires pour la conduite du palmier dattier et le système oasien
en général (travail manuel du sol, escalade du palmier etc.) et pour des raisons socio-
économiques (compétitivité du secteur agricole, désintéressement des jeunes etc.) cette main
d’œuvre est devenue de plus en plus rare et de plus en plus coûteuse. En vue de réduire cette
dépendance totale de l’agriculture oasienne sur la main d’œuvre il est nécessaire d’introduire
une mécanisation spécifique et adaptée aux exploitations oasiennes touchant l’ensemble des
opérations culturales.
Valorisation des autres types de dattes
Depuis quelques années, les marchés de la pate de dattes (dattes molles et demi molles) de la
poudre de dattes (dattes demi sèches et sèches) et des dattes coupées en petits morceaux pour
la préparation des petits déjeuners à base de céréales, se développent en Europe . De gros
tonnages de dattes communes sont exportés à bas prix à l’état brut vers l’Europe et les Etats
Unis. L’essentiel de la valeur ajoutée de la transformation échappe aux oasiens. Or, ces
transformations sont relativement simples, faisant appel aux tri, lavage, dénoyautage,
broyage, découpage, conditionnement et stockage. Ces pistes de valorisation du produit brut
sont possibles dans des ateliers artisanaux de groupements de producteurs à même de
négocier des contrats avec des firmes ou relais nationaux afin de profiter da la valeur ajoutée.
La mise en place de ces processus de valorisation de la production dattière par l’agriculture
paysanne semble une des conditions primordiales à son maintien et son développement dans
les oasis.
Diversification de l'économie oasienne
Comme signalé plus haut, l'activité agricole malgré son importance n'est pas suffisante pour
assurer un revenu suffisant à tous les ménages vivant dans les oasis. Il est alors nécessaire de
créer d'autres activités génératrices de revenu et de diversifier ainsi l'économie oasienne.
Cette diversification passe par le développement de l'activité artisanale par la transformation
des produits de l'élevage, des sous-produits de la culture des palmiers dattiers ou encore des
matières premières de la région. La diversification de l'économie oasienne peut être aussi
recherchée par une plus forte intégration des oasis dans les circuits touristiques, notamment
les oasis les moins productives qui peuvent voir dans cette activité un complément important
pour le revenu de ménages. Enfin il faut œuvrer pour une meilleure articulation de l'économie
oasienne avec l'économie locale et régionale dans le cadre d'un projet de développement pour
l'ensemble du territoire au niveau local et régional. Il y a lieu de signaler que l'agriculture est
aussi un patrimoine et un mode de vie et constitue, de ce fait, un support nécessaire au
développement économique de la région et un complément indispensable au développement
d’autres secteurs tels que le tourisme ou l'artisanat qui en tire sa matière première. Ces actions
ne sauraient être efficaces que par la réhabilitation du producteur qui est l’élément
fondamental dans le processus du développement durable. Le producteur oasien devrait donc
être impliqué comme vrai partenaire dans tous les programmes de développement.
- Son implication ne devrait pas se limiter à lui demander son avis sur tel ou tel projet. Mais il
doit se faire à travers leur participation à l’élaboration des Programmes de Développement
Local, d’une manière scientifique afin qu’il soit convaincu qu’il travaille pour le présent et
pour le futur.
- La valorisation de son savoir- faire, qui sera de bon apport pour l’élaboration des bonnes
pratiques culturales
- Le renforcement de ces capacités pour en faire un vrai partenaire afin de ne pas subir le
développement. Mais pour le préparer à un auto- développement.
Promouvoir un artisanat "raisonné" en matière de vannerie
La plupart des articles de vannerie est fabriquée avec des jeunes palmes prélevées au cœur du
palmier ; ce qui représente un risque pour la vie de la plante, au point qu’un développement
important de cette activité pourrait menacer la conservation de la diversité génétique du
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
palmier dattier. Cependant, compte tenu de l’importance socio-économique de l’activité et de
sa place dans le patrimoine culturel de la région, il est possible de mener une activité
"raisonnée" basée sur un prélèvement rationnel des palmes.
La mise en tourisme du patrimoine naturel et culturel oasien en vue de la valorisation et
la mise en valeur convenable des richesses et des potentialités qui sont à la base d’une
stratégie de développement touristique oasienne durable.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexes
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe I :
Bibliographie
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
- Rhouma A., (2005). Le palmier dattier en Tunisie I. Le patrimoine génétique, Volume2. IPGRI,
Rome. 255 pp.
- Sedra MH. 2003. Le Palmier Dattier base de la mise en valeur des oasis au Maroc, Techniques
phoénicicoles et Création d’oasis, 265 p.
- Servonnet J. et Lafitte F., 2000. le Golfe de Gabès en 1888, 434 p.
• Ministère de l’Environnement/GIZ, 2012, Les oasis de Tunisie à protéger contre la dégradation et les
effets du changement climatique.
• Sghaier M., 2010, Etude de la gouvernance des ressources naturelles dans les oasis: cas des oasis en
Tunisie, Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
• Ministère de l’Environnement et du Développement durable/Observatoire Tunisien de
l’Environnement et du Développement Durable/GIZ, 2010, Rapport général de l’étude sur la gestion
durable des systèmes oasiens.
•Stratégies des agriculteurs des oasis du Nefzaoua. Entre logique patrimoniale et productive, une mise
en valeur agricole orientée vers l'extension des palmeraies, malgré les risques pour la durabilité des
oasis, Jean-Louis Fusillier, Hacib El Amami, Pierre-Yves Le Gal inHAL Id: cirad-00496195
•De l’eau aux dattes : aperçu de la filière datte tunisienne et perspectives d’interventions
Bachta M. S.1, Le Gal P.-Y.2, Rhouma A.3, Kuper M.4 Economies d’eau en Systèmes Irrigués au
Maghreb. Deuxième atelier régional du projet Sirma, Marrakech, Maroc, 29-31 mai 2006.
•BACHTA, M.S., ZAIBET L., 2001. Performance compétitive de la filière dattes en Tunisie.
Tropicultura, 19 (2) : 85-89.
• BATTESTI V., 2005. Jardins au désert. Evolution des pratiques et savoir oasiens. Jérid tunisien.
Collection A travers champs. IRD, Paris, France, 440 p.
GREINIER D., 1996. Les pays méditerranéens et les échanges internationaux de datte. In M. Ferry
et D.
•Greinier (Eds), Le palmier-dattier dans l’agriculture d’oasis des pays méditerranéens.
CIHEAM/Estacion Phoenix, A/28, p. 105-127.
•GREINIER D., 1998. Le marché de la datte, produit de rente des oasis. Sécheresse, 9 (2) : 155-162.
• SCANAGRI, 2004c. Etude des marchés des produits du secteur du palmier dattier au Maghreb.
Analyse des principaux marchés européens des dattes et de leurs produits dérivés. Projet FEM-PNUD
RAB/98/G31 « Gestion participative des ressources génétiques du palmier dattier dans les oasis du
Maghreb ». Ipgri,Pnud, Fem/gef, Inra Tunisie, Inra Algérie, Inra Maroc, 61 p.
•Battesti, Vincent — 2005, Jardins au désert, Évolution des pratiques et savoirs oasiens. Jérid tunisien,
Paris, Éd. IRD, 440 p.
• Battesti, Vincent — 2009, « Tourisme d'oasis, Les mirages naturels et culturels d'une rencontre ? »
Cahiers d'études africaines, vol. XLIX (1-2), n°193-194, p. 551-582
• Mamou, Ahmed — 2010, « Ressources en eau du Sud tunisien et développement agricole » in Actes
de l'atelier Sirma « Gestion des ressources naturelles et développement durable des systèmes oasiens
du Nefzaoua »,Douz, Tunisie, 25-27 fév. 2009, CIRAD (Montpellier), p. 4
• Hajji A. :La modernisation des oasis tunisiennes : acquis et défis .Options Méditerranéennes 1997 -
• Meriam Karaa, Joelle Morana : Le poids et l'enjeu de la traçabilité en Tunisie : le cas de la filière
dattes et huile d'olive HAL Id: halshs-00263669
•Battesti V., 2005, Jardins au désert. Evolution des pratiques et savoirs oasiens, Djérid tunisien, Paris,
IRD, A travers Champs, 440 p.
•Jouve P., 2012. « Zones oasiennes » et « Le partage et la gestion des ressources pour la durabilité des
systèmes oasiens ». Contributions au rapport IRAM-MAE Systèmes de production durables en zones
sèches (Deygout P. et al. coords.). Ministère des Affaires étrangères, Paris, 150 p.
•Les systèmes agricoles oasiens dans le Sud de la Tunisie Lasram M. Options Méditerranéennes :
Série A. Séminaires Méditerranéens; n. 11.1990
• Elloumi M. (ed.), Jouve A.-M. (ed.), Napoléone C. (ed.), Paoli J.C. (ed.). Agriculture périurbaine et
nouvelles fonctions du foncier rural en Tunisie. Options Méditerranéennes : Série B. Etudes et
Recherches; n. 66/2011
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe II :
Guide d’entretien (individuel et collectif)
L’étape précédent le déplacement sur terrain a permis à l’équipe de l’étude de procéder à une
analyse à priori des données disponibles et ce à partir de la revue de la littérature relative aux oasis
tunisiennes. Cette analyse s’est faite à la lumière de variables précisées dans les termes de référence à
savoir les caractéristiques des oasis tunisiennes en général et particulièrement des oasis traditionnelles.
Aussi, la construction d’un support pour un entretien semi directif afin de compléter les
informations recueillies a été structurée autour de ces variables/caractéristiques.
Les conditions de déroulement de ces entretiens (date, durée, lieu et surtout population cible)
ont été, comme l’exige toute méthodologie de recherche, négociées avec les responsables des CRDA.
Le guide d’entretien construit sous forme de questions ouvertes était structuré autour des axes
suivants :
1- Localisation (gouvernorat, délégation, localité…)
2- Identification de l’oasis (appellation, superficie, date de création, nombre d’exploitants…)
3- Dispositif de production (espèces, quantité, qualité…)
4- Irrigation (nature des puits, répartition, mode…)
5- Production et commercialisation (quantité, espèce, commercialisation locale, régionale,
nationale, exportation…)
6- Emploi (main d’œuvre familial, salariat, autres…)
7- Des questions complètement ouvertes portant sur les défis et les opportunités de
développement.
Ces thèmes ont fait l’objet d’échange individuels avec les personnes ressources et ont ponctué les
échanges avec les représentants des GDA invités aux ateliers organisés au cours des visites de terrain.
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Guide d’observation
Tout comme l’entretien, l’étape d’observation s’insère dans le processus de recueil de données
de l’étude. Elle a pour objectif de restreindre progressivement les données exhaustives collectées au
cours de la recherche bibliographique et de l’analyse documentaire.
Les experts étaient appelés, chacun en ce qui le concerne, à systématiser les données
recueillies et de spécifier ses questionnement en opérationnalisant les paramètres recherchés.
L’équipe est donc partie sur le terrain avec une grille d’observation ayant trait aux différentes
caractéristiques. Voici quelques exemples de manifestations observables des indicateurs recherchés :
1- Milieu naturel
- Menaces de la désertification
- Abandon du système des étages et réduction de l’effet oasis
- Parcelles abandonnées/dégradation du sol/dégradation du système de drainage
- Menace de salinisation
- Extension du recours aux puits illicites et aux nappes phréatiques…
2- Biodiversité
- Biodiversité de l’étage palmier
- Biodiversité de l’étage arboricole
- Biodiversité de l’étage culture maraîchère et fourrage
- Focalisation sur la diversité spécifique (des espèces) et infra-spécifique (variété au niveau de
l’espèce)
3- Caractéristiques socio-économiques
- Etat des lieux des oasis dans la région visitée
- Potentialités de l’oasis
- Systèmes de production pratiqués
- Oasis traditionnelles/oasis modernes
- Spécificités de chaque oasis
- Rôle et intervention des GDA
- Activité touristique/tourisme
- Valorisation des sous produits…
4- Autres
- Délimitation naturelle ou artificielle
- Statut foncier
- Présence de la société civile
- Rapport avec l’administion…
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe III :
Tableau 1 : Dispositions de la constitution applicables aux oasis
La démocratie Les collectivités locales adoptent les mécanismes de la démocratie participative et les principes de la gouvernance Chapitre VII
participative ouverte afin de garantir la plus large participation des citoyens et de la société civile à la préparation de projets de Article 139
développement et d’aménagement du territoire et le suivi de leur exécution
Le patrimoine Le droit à la Culture est garanti. L’État protège le patrimoine culturel et garantit le droit des générations futures sur ce Chapitre II
culturel patrimoine. Article 42
Le droit à l’eau Le droit à l’eau est garanti. La préservation de l’eau et la rationalisation de son exploitation est un devoir de l’État et Chapitre II
de la société Article 44
Protection de L’Etat garantit le droit à un environnement sain et équilibré et la participation à la protection de l’environnement. Il Chapitre II
l’environnement incombe à l’Etat de fournir les moyens nécessaires à l’éradication de la pollution de l’environnement. Article 45
Les ressources Les ressources naturelles appartiennent au peuple tunisien. L’Etat exerce sa souveraineté sur ces ressources au nom Chapitre II
naturelles du peuple Article 44
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 183
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe III
Tableau 2 : Les ressources naturelles
Annexe III
Tableau 3 : l’eau
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 184
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Volet 2 : l’eau
Thème Contenu Référence
- L’exploitation et la propriété de l’eau : l’article 1 stipule que celle-ci est une propriété publique dont l'utilisation et Loi n° 75-16 du 31
l'exploitation peuvent être privées (article 2). mars 1975
Code des Eaux, - Le droit d’usage a remplacé le droit de propriété de l’eau, surtout dans les oasis du sud et les sources naturelles. Ce modifiée et
droit peut être révisé à la lumière de la priorité accordée à la satisfaction des besoins en eau potable étant satisfaits complétée par la loi
(articles 21 à 39). n° 87-35 du 06 juillet
- L’économie de l’eau et la lutte contre le gaspillage constituent des obligations. Des aides financières et techniques 1987, la loi n° 88-94
peuvent être accordées par l’Etat pour des travaux tendant à réduire les pertes (articles 89 à 96). du 02
- La mise en valeur des terres agricoles ou à vocation agricole situées à l’intérieur des PPI est obligatoire (article 101). août 1988 et la loi n°
La mise en valeur dans tous les périmètres publics irrigués ou privés doit procéder de la valorisation maximale du 2001-116 du 26
mètre cube d’eau utilisé (article 102). novembre 2001.
- Les modalités et les conditions générales de fourniture et de tarification des eaux d’irrigation par les CRDA à
l’intérieur des périmètres publics irrigués sont fixées par un cahier des charges approuvé par décret (article 106 bis)
Ce décret fixe la composition et le fonctionnement de la commission du domaine public hydraulique, Décret n° 78-557 du
Commission du 24 mai 1978, modifié
domaine public par le décret n°
hydraulique 2005-2178 du
09 août 2005
Ce décret fixe les conditions d'utilisation des eaux usées traitées à des fins agricoles Décret n° 89-1047 du
28 juillet 1989,
Les eaux usées modifié par le décret
n° 93-2447 du 13
décembre1993.
Fournitures et de Ce décret approuve le cahier de charges fixant les modalités et les conditions générales de fournitures et de tarification Décret n° 91-1869 du
tarification des des eaux d'irrigation par les Commissariats Régionaux au Développement Agricole. 02 décembre 1991
eaux
Ce décret fixe les conditions d'exercice de l'activité de forage d'eau. Décret n° 97-2082 du
Forage d'eau 27 octobre 1997
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 185
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Diagnostics Ce décret fixant le taux, les conditions et les modalités d'octroi des primes spécifiques relatives aux opérations de Décret n° 2001-2186
obligatoires des diagnostics obligatoires des systèmes d'eaux, aux investissements dans la recherche, la production et l'utilisation des du 17 septembre
systèmes d'eaux ressources hydrauliques non conventionnelles dans les différents secteurs à l'exception du secteur agricole et aux 2001
investissements visant la réalisation d'économie d'eau à la lumière des diagnostics.
Diagnostic des Ce décret fixe le seuil à partir duquel la consommation des eaux est soumise à un diagnostic technique, périodique et Décret n° 2002-335
modes de obligatoire des équipements, des travaux et des modes de production liés à l'utilisation des eaux, les conditions de du 14 février 2002
production liés à désignation des experts, la nature des diagnostics et leur périodicité.
l'utilisation des
eaux
Gestion des boues Ce décret fixe les conditions et les modalités de gestion des boues provenant des ouvrages de traitement des eaux usées Décret n° 2007-13 du
des eaux usées en vue de leur utilisation dans le domaine agricole. 03 janvier 2007
Analyse des eaux Cet arrêté porte sur l'homologation des normes tunisiennes relatives aux méthodes d'analyse des eaux. Arrêté du 28
novembre 1987
Rejets d'effluents Cet arrêté porte sur l'homologation de la norme tunisienne relative aux rejets d'effluents dans le milieu hydrique Arrêté du 20 juillet
1989
Eaux usées Cet arrêté porte sur l'homologation de la norme tunisienne relative aux spécifications des eaux usées traitées à des fins Arrêté du 18 mai
traitées agricoles. 1990
irrigation par les Cet arrêté fixe la liste des cultures qui peuvent être irriguées par les eaux usées traitées Arrêté du 21 juin
eaux usées 1994
Utilisation des Cet arrêté approuve le cahier de charges fixant les modalités et les conditions particulières de l'utilisation des eaux Arrêté du 28
eaux usées usées traitées à des fins agricoles. septembre 1995
traitées
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 186
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe III
Tableau 4 : le sol
Volet 3- Le sol
Thème Contenu Référence
La protection des Cette loi affirme la nature des terres agricoles en les protégeant contre l’érosion et éventuellement La loi n° 83-87 du
terres agricoles l`urbanisation. Elle classe ces dernières en trois catégories, à savoir : les zones de sauvegarde, les zones 11/11/1983
d’interdiction et les autres terres agricoles.
Cette loi a classé l’ensemble des terres des oasis en Tunisie comme des zones de sauvegarde et a défini les
règles pour sauvegarder les autres terres agricoles. Cette classification vise la protection des ces terres contre
toute forme d’exploitation contre leur nature agricole et ce en préservant leur vocation agricole
Infractions Ce décret porte sur la désignation des agents chargés de constater les infractions aux dispositions de la loi Le décret n° 84-560
à la protection des relative à la protection des terres agricoles. . du 14 mai 1984
terres agricoles modifié par le décret
n° 98-1074 du 11
mai 1998
Changements de Ce décret stipule que la préservation de la vocation agricole est une priorité, le recours aux changements de Le décret n° 84-387
vocation des terres vocation des terres agricoles reste une exception qui est soumise à des procédures juridiques et techniques du 07 avril 1984.
agricoles bien déterminées, en particulier à une autorisation ministérielle dont la procédure d’octroi et les conditions
sont réglementées.
Le Code de Le Code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, a prévu que, même dans les zones La loi n° 94-122 du
l’aménagement du d’habitation, les terres agricoles peuvent garder leurs vocations agricoles 28/11/1994 modifié
territoire par la loi n° 2003 -78
et de l’urbanisme du 29/12/2003, la loi
n° 2005-71 du
4/8/2005
loi n° 2009-29 du 09
juin 2009
Réclamations contre Ce décret fixe la composition et les modalités de fonctionnement de la commission régionale chargée Le décret n° 2001-
le plan de d'examiner les réclamations et les observations soulevées par le plan de réaménagement des terres sises à 977 du 03 mai 2001
réaménagement l'intérieur des zones d'intervention de l’AFA.
La réforme agraire Cette loi fixe la réforme agraire mise en place, porte sur l’application de cette réforme dans les périmètres La loi n° 63-18
publics irrigués, dont la création est l’œuvre de l’Etat à travers l’Agence Foncière Agricole du 27 mai 1963
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 187
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
modifiée et
complétée par la loi
n°71-9 du 16 février
1971 et la loi n°
2000-30
du 06/3/ 2000
Agence Foncière Cette loi porte sur la création de l'Agence de la Réforme Agraire des Périmètres Publics Irrigués, La loi n° 77-17 du
Agricole 16/3/1977, modifiée
et complétée par la
loi
n°2000-29 du 06
mars 2000 .
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 188
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe III
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 189
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Volet II : Législation relative aux études d’impact sur l’environnement
Création de La réalisation des EIEs avant l'implantation de toute unité industrielle, agricole ou commerciale qui porte Loi n° 88-91 du 2 août 1988
l’ANPE préjudices à l’environnement naturel et la santé humaine. modifiée par la loi n° 92-115
du 30 novembre 1992):
Contenu, Définir les EIEs en tant qu’outil qui permet d’évaluer et de mesurer les effets directs et indirects, à court, Décret n°362-91 du 13 mars
procédures moyen et long terme des projets sur l'environnement. 1991
d'élaboration et
d'approbation
des EIEs.
Simplification Introduire les cahiers des charges au lieu des EIEs pour certains projets afin de simplifier les procédures Loi n°14-2001 du 30
des procédures administratives liées aux autorisations délivrées par l’ANPE. janvier 2001
administratives
Ce décret constitue actuellement le texte légal essentiel que les maitres d’ouvrages doivent adopter pour
mener les EIEs (annexe I) ou les Cahiers des Charges (annexe II). L’annexe I est composé de deux
EIEs : catégories A et B. La catégorie A concerne les unités faisant l’objet
exigences pour d’un avis ne dépassant pas le délai de 21 jours ouvrables alors que la catégorie B concerne les unités Décret n°1991 du 11 juillet
les maîtres faisant l’objet d’un avis ne dépassant pas le délai de trois mois ouvrables. Le décret stipule l’élaboration 2005
d’ouvrage des Termes de Références (TdRs) sectoriels qui exigent des Plans de Gestion Environnementale (PGE)
détaillés. Ce décret ne prévoit pas l’obligation d’une consultation publique et la diffusion des l’EIEs ou
les Cahiers des Charges.
L’approbation des cahiers des charges relatifs aux procédures environnementales que le maître de Arrêté du Ministre de
Approbation l’ouvrage ou le pétitionnaire doit respecter pour les catégories d’unités soumises aux cahiers des charges l’Environnement et du
des cahiers des Développement Durable (8
charges mars
2006)
Volet III : Législation relative aux rejets des effluents et la réutilisations des EUTs
Réglementation Conditions générales des rejets dans le milieu récepteur qui devraient être soumis à des autorisations Décret n° 85-56
des rejets dans conformes aux normes en vigueurs. du 2 janvier 1985
le milieu
récepteur
Homologation « Protection de l’environnement – Rejets d’effluents dans le milieu hydrique ». L’objectif essentiel de
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 190
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
de la norme cette norme est de définir les conditions auxquelles sont subordonnés les rejets d’effluents dans le milieu Arrêté du Ministère de
tunisienne (NT hydrique soumis à autorisation l’Economie Nationale (20
106.02) relative juillet 1989
aux rejets
d’effluents dans
le
milieu
hydrique.
Homologation - Norme tunisienne homologuée NT 106.03 (1989) « Protection de l’environnement - Arrêté du Ministère de
de la norme utilisations des eaux usées traitées à des fins agricoles – Spécifications physico-chimiques l’Economie Nationale et des
tunisienne (NT et biologique». finances (18 mai 1990
106.03) relative - Norme tunisienne homologuée NT 106.20 (2002) : Matières fertilisantes - Boues des
aux ouvrages de traitement des eaux usées urbaines
spécifications
des eaux usées
traitées à des
fins agricoles.
Conditions L'utilisation des EUTs à des fins agricoles doit faire l'objet d'une autorisation du MARH Décret fixant les conditions
d'utilisation des délivrée après accord du MSP et avis de l'ANPE. Le décret spécifie principalement les d'utilisation des eaux usées
eaux usées conditions traitées à des fins agricoles
traitées à des (n° 89-1047 du 28 juillet 1989)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 191
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
fins agricoles
Les limites de Les eaux usées traitées ne peuvent être utilisées que pour les cultures dont la liste est fixée par arrêté du Décret n°93-2447 du 13
l’utilisation des MARH et qu’un cahier des charges fixera les conditions particulières applicables à chaque utilisation décembre 1993
eaux usées
traitées
(i) les cultures industrielles dont le coton, le tabac, le lin, le jojoba, le ricin et le carthame, (ii) les cultures
Cultures céréalières dont le blé, l'orge, le triticale et l'avoine, (iii) les cultures fourragères dont le bersim, le maïs et
pouvant être le sorgho fourragers et la vesce, (iv) les arbres fruitiers dont les dattiers, les agrumes et les vignes à Arrêté du 21 juin 1994 du
irriguées par condition qu'ils ne soient pas irrigués par aspersion, ministère de l’Agriculture
des eaux usées (v) les arbustes fourragers dont l'acacia et l'atriplex, (vi) les arbres forestiers, et (vii) les
traitées plantes florales à sécher ou à usage industriel dont le rosier, l'iris, le jasmin, la marjolaine
et le romarin.
Modalités et - Fixer les modalités et les conditions particulières de l'utilisation des eaux usées traitées à des fins Le cahier des charges
conditions agricoles, approuvé par arrêté des
particulières de - Prévoir, entre autres, une série de mesures de prévention et de contrôle des agriculteurs ministres de l'Agriculture,
l'utilisation des exposés aux risques de contamination directe par les EUTs. chargé de
eaux usées l'Environnement, et de la Santé
traitées à des publique du 28 Septembre
fins agricoles 1995
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 192
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
matières des matières dangereuses effectué au moyen des véhicules automobiles
dangereuses
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 193
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe III
Tableau 6 : La protection du patrimoine culturel immatériel
Le Code du Cette loi porte sur la protection des monuments historiques et des sites naturels et urbains, définit les Loi 94-35 du 24 février 1994
patrimoine dispositions réglementaires de sauvegarde et de protection du patrimoine archéologique, historique ou
traditionnel et culturel intégré dans le domaine public de l’Etat.
La loi tunisienne n°94-35 du 24 Février 1994 relative au Code de la protection du patrimoine
archéologique, historique et des arts traditionnels a été la première à y faire référence. Dans son Article
premier, elle le définit comme suit : « est considéré patrimoine archéologique, historique ou traditionnel
tout vestige légué par les civilisations ou les générations antérieures, découvert ou recherché, en terre ou
en mer qu’il soit meuble, immeuble, document ou manuscrit ou autre en rapport avec les arts, les
sciences, les croyances, les traditions, la vie quotidienne, les événements publics ou autres datant des
époques préhistoriques ou historiques et dont la valeur nationale ou universelle est prouvée »
Protection des Cette loi porte sur la protection des biens archéologiques, des monuments historiques et des sites naturels Loi 86-35 du 9 mai 1986
biens et urbains.
archéologique
Protection des Cette loi porte sur la protection de biens culturels. la Loi 88- 44 du 19 mai 1988
biens culturels
Sauvegarde des Ce décret porte sur la création du conseil supérieur de sauvegarde des biens culturels Décret n°89-127 du 14 janvier
biens culturels 1989
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 194
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Annexe IV
Gouvernorat de Gafsa
Gouvernorat de Tozeur
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 195
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Nom et prénom Association/population Thème évoqué
Adel Dida Association de Sauvegarde de l’Oasis Dégradation du sol et projet de compostage
Faouzi Mabrouk Rencontre Civique de Développement du Djérid Projet de compostage en coopération avec l’IRA
Abdelaziz Ali Appui aux Initiatives de Développement Aménagement des oasis traditionnelles
Mohamed Ali Hadfi et Adel URTT et Syndicat Régional des ouvriers L’emploi dans les oasis
Dhaouadi agricoles
Karim Khalfallah Chercheur Partenariat administration, société civile,
chercheurs et population
Gouvernorat de Kébili
Gouvernorat de Gabès
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 196
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
1 Association de sauvegarde de la Med abederrahim Asmo_gabes.fr
Medina et de l'oasis (ASMO)
2 Observatoire régional de Anis b rejeb Benrejebanis0708@[Link]
développement (ORD)
3 Association de sauvegarde de l’oasis Elyess Oun benounelyess@[Link]
de Chenini (ASOC)
4 Association citoyenneté et Abdelbacet Hamrouni Bacet0863@[Link]
développement durable (ACDD)
5 Association Nakhwa Naziha Dridi Nazihadridi41@[Link]
6 Association formes et couleurs Mabrouk Jebri Jmabrouk1@[Link]
oasiennes (AFCO)
7 Association tunisienne de Foued Kraiem [Link]@[Link]
l’environnement et de la nature
(ATEN)
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 197
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Cheffai Abderrahmane APIA Directeur général
Mohamed Ali Jendoubi GIFRUITS Directeur général
Samir Ben Slimane GIFRUITS Directeur
Moncef Chargui GIFRUITS Directeur
Mohamed Gharsalli CRDA Gafsa Directeur Général
Kacem Mansour CRDA Kébili Directeur Général
Hamza Bahri CRDA Tozeur Directeur Général
Wajdi Hassine CRDA Tozeur/ Arrondissement Statistiques Chef arrondissement
Oussama Boujlel CRDA Tozeur/ Arrondissement Statistiques Ingénieur Principal
Ali Taha Bouaziz GIFRUITS Tozeur Directeur Régional
Ben Ahmed Yadh GIFRUITS Kébili Représentant Régional
Klai Houla Centre de formation professionnelle pour le Directeur
palmier dattier Dégache
Ben Mohamed Bechir CRDA Gabes Chef d’arrond ESA
Khalfalli Ahmed CRDA Gabes Chef de division EDA
Mnasri Mohamed Moncef CRDA Gafsa Chef division ESA
Mzoughi Nafaa CRDA Gafsa Agro économie
Dhahri Hounaida CRDA Gafsa Cellule GIS
Ghilen Mokded CRDA Gafsa Cellule CDA
Ghobtan Abedsattar CRDA Gafsa Chef /A/PV
Afdhal Abednnaceur CRDA Gafsa Chef Laboratoire
Riahi Rebah CRDA Kébili Directeur Etude et développement Agricole
Sallami Maali CRDA Kébili Unité des associations
Maghaaoui Fethi CRDA Kébili Chef division ESA
Ben Youssef Adel CRDA Kébili Cellule SIG
Belhaj Mohamed Mongi CRDA Kébili Chef d’arrond PI
Ammar Belguacem CRDA Kébili DV PPA
Mezzi Boussouyii CRDA Tozeur Chef Arr PI
Hamad Safa CRDA Tozeur Ing principal Etude
Elazzali Zied CRDA Tozeur Ing principal
Bouabidi Mahjoub CRDA Tozeur Chef Arr Sols
Ezzine Ammar CRDA Tozeur Chef cellule CGDA
Boujlel oussama CRDA Tozeur Ing principal
Bourogaa Awatef D.R.E.D.D Tozeur Ing principal
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 198
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Edhay Abdelbasset D.R.E D.D Tozeur Technicien
Ben Maachia Sihem CRRAO Degueche Maitre Assistante
El khaldi Rabeb CRRAO Degueche Maitre Assistante
Zouyari Boutheina CRRAO Degueche Attaché de recherche
Ben Abedallah Hanine CRRAO Degueche Attaché de recherche
Ben Mohamed Dhaouadi CRRAO Degueche Ing adjoint
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382 199
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
CDCGE, Résidence du Lac - Bloc C31- Les berges du lac - 1053 - Tunis –-Tél.:0021671862 171-Fax : 0021671860382
Email : [Link]@[Link]/[Link]@[Link]
Les oasis traditionnelles en Tunisie font face à plusieurs défis majeurs tels que la diminution des ressources en eau due à la création de nouvelles exploitations agricoles qui exercent une pression sur les nappes phréatiques fragiles . Elles doivent également gérer les contraintes naturelles exacerbées comme la sécheresse devenue structurelle, l'ensablement et la désertification. En outre, l'extension des périmètres irrigués, la pression foncière due à la croissance urbaine, le morcellement des terres, et les enjeux environnementaux posent des défis supplémentaires au modèle de développement durable des oasis .
La législation actuelle, notamment les dispositions de la constitution du 27 janvier 2014, offre de nouvelles opportunités pour la gestion des ressources naturelles dans les oasis. Elle propose un cadre pour élaborer et mettre en œuvre des actions dynamiques favorisant la conservation et le développement durable des oasis. Ces lois remplacent progressivement les anciennes règles informelles, soutenant ainsi une meilleure régulation des ressources et facilitant l'implication des structures étatiques dans la gestion .
Le patrimoine culturel immatériel des oasis tunisiennes, qui inclut un savoir-faire local unique, des connaissances traditionnelles, des règles et pratiques de gestion communautaire, joue un rôle crucial dans le développement durable. Ces éléments culturels constituent une valeur ajoutée en renforçant la dynamique communautaire et en aidant à la résolution des conflits locaux. Par ailleurs, ce patrimoine, s'il est intégré de manière judicieuse dans les stratégies de développement, peut générer des activités économiques alternatives, notamment dans le domaine du tourisme culturel et de l'artisanat, favorisant ainsi une gestion durable des ressources .
Améliorer l'intégration des oasis dans les circuits touristiques pourrait inclure la mise en valeur de leur patrimoine naturel et culturel unique, en créant des parcours éducatifs centrés sur l'écosystème oasien, les pratiques agricoles traditionnelles, et l'artisanat local. Il est crucial d'impliquer les communautés locales dans le développement touristique, assurant ainsi un partage équitable des bénéfices économiques et la préservation des ressources locales. La promotion d'activités "raisonnées" et durables, telles que des visites de vanneries et d'ateliers artisanaux, maximiserait les retombées tout en limitant l'impact environnemental .
Les types de sols influencent la gestion agricole dans les oasis en déterminant ce qui peut être cultivé et comment ces sols doivent être traités pour rester fertiles. Par exemple, les sols halomorphes, présents en bordure des chotts, nécessitent un drainage régulier pour éviter l'accumulation de sels. Les sols colluvionnaires, alluviaux et minéraux bruts dictent les variétés de cultures et le type d'irrigation à envisager. La gestion agricole doit donc être ajustée pour chaque type de sol afin de maximiser la productivité et minimiser la dégradation .
La gestion des oasis tunisiennes implique principalement trois acteurs : l'administration, qui établit des politiques et offre un soutien logistique ; les institutions de recherche, qui fournissent des analyses scientifiques et des recommandations pour l'amélioration de la productivité et la gestion des ressources ; et la société civile, qui joue un rôle crucial dans la gestion communautaire et la défense des intérêts locaux. Cette collaboration assure une approche intégrée dans la gestion des oasis .
L'augmentation de la superficie des oasis tunisiennes de 16.700 ha en 1974 à 41.000 ha en 2013 est due à la mise en place d’importants programmes de développement des ressources en eau par les pouvoirs publics, associés à des initiatives privées. Ces efforts ont permis d'étendre les zones irriguées, changeant ainsi le paysage agricole dans les zones arides .
Le morcellement continu des terres oasiennes fragmente les écosystèmes, ce qui peut réduire la biodiversité et la résilience écologique de ces zones. Ce processus compromet aussi l'efficacité de l'utilisation de l'eau et des infrastructures agricoles. L'expansion agro-industrielle soumet les ressources naturelles à des pressions accrues, souvent avec des cultures destinées à l'exportation qui nécessitent plus d'eau et de sol fertile, exacerbant ainsi la dégradation environnementale, notamment la surexploitation des nappes phréatiques et la diminution de la fertilité des sols .
Les oasis de Gabès sont caractérisées par une grande diversité culturelle et agricole, incluant des cultures industrielles comme le henné et le tabac, des espèces condimentaires et aromatiques comme le persil, la menthe, et le laurier sauce, et une grande variété de fruits et légumes. En outre, elles possèdent une richesse en variétés d'oliviers, de figuiers, de grenadiers, entre autres. Cette diversité est le reflet d'un riche héritage culturel et patrimonial conservé au fil du temps .
La salinisation et l'érosion impactent gravement l'agriculture dans les oasis. L'irrigation intensive, souvent sans drainage approprié, entraîne une salinisation accrue des sols, réduisant leur fertilité et leur capacité de production. Parallèlement, l’érosion hydrique et éolienne, qui est amplifiée par les sols nus et le manque de couverture végétale, dégrade les terres cultivables. Ces conditions nécessitent des interventions stratégiques, comme le drainage et l'apport de matières organiques, pour maintenir la productivité agricole .