Conflits et gestion des ressources naturelles
Conflits et gestion des ressources naturelles
Mamadou DIOP
mamadoudiopdekmg@[Link]
2017
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Objectifs du cours
Ce cours a pour objectif de faire connaître et comprendre les différentes formes de conflits
liés à l’exploitation et à la gestion des ressources naturelles (RN), leurs causes, leurs
conséquences et les différentes stratégies pour une gestion durable.
Il doit permettre:
de comprendre les notions de base d’un conflit;
de saisir les phases de développement d’un conflit et ses impacts;
de comprendre les mécanismes et les processus qui mènent aux conflits;
de pouvoir repérer les situations conflictuelles;
d’identifier les différents types de conflit;
d’explorer et identifier les diverses réactions face un conflit;
de comprendre la gestion participative et ses étapes ;
de comprendre certains mécanismes (négociation, médiation) et leurs facteurs
de réussite
Plan du cours
1) Introduction
2) Définitions du concept
3) Approches
4) Typologie des conflits
5) Réactions face au conflit
6) Causes des conflits
7) Conséquences des conflits
8) Prévention et résolution des conflits
9) Modes alternatifs de résolution des conflits : la gestion participative
10) Outils de gestion (négociation, médiation…)
11) Conclusion
Introduction
Les populations utilisent les ressources naturelles (forêts, eau, pâturages, terres, produits
de la mer…) à des fins différentes et entendent les gérer de diverses manières.
Toutefois, ces divergences conduisent dans certains cas à un conflit:
lorsqu’il existe une compétition pour des biens matériels, des avantages
économiques, une propriété ou le pouvoir;
lorsque les parties croient que leurs besoins ne peuvent pas être satisfaits;
lorsque les parties croient que leurs valeurs, leurs besoins ou leurs intérêts sont
menacés.
Compte tenu des impacts du conflit dans la gestion des ressources naturelles (GRN), il est
utile d’avoir une meilleure connaissance des conflits afin de parvenir à une gestion
durable des ressources.
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Définition du concept
Etymologie du mot :
Les conflits sont : « des oppositions ou affrontements plus ou moins aigus ou violents entre
deux ou plusieurs parties… » Grawitz, M. Lexique des sciences sociales, Dalloz, 1999.
« Le conflit désigne des oppositions entre groupes sociaux et portant soit sur le partage de
ressources limitées, soit sur l’exercice du pouvoir, soit sur des valeurs immatérielles ».
Durkheim, E. De la division du travail social, PUF, 1967.
« Le conflit est une différence entre deux ou davantage de personnes se caractérisant par des
tensions, des émotions, des désaccords et des polarisations ». Tiré de George A. Kohlrieser,
Ph. D., Dayton, Ohio, 1994.
Approches
Le débat sur le rôle du conflit dans les sociétés a occupé une place centrale à l’intérieur des
sciences sociales et notamment en sociologie au cours des deux derniers siècles. Si la plupart
des théoriciens s’accordent pour constater que le conflit est inhérent à la vie sociale, deux
positions particulières sont repérables :
Les premiers qui envisagent le conflit comme une relation sociale normale et
qui, dans une moindre mesure, en font le moteur de toute société ;
Les autres pour qui le conflit est le symptôme d’un dysfonctionnement, d’une
pathologie.
1. Le conflit comme une relation sociale normale et moteur de toute société.
Cette théorie est défendue par plusieurs penseurs notamment Héraclite, Homère, Hobbes,
Marx, Weber, Hegel, Nietzsche, Simmel, Julien Freund, Lewis Coser, William Blake,
Robert Park, Guy Rocher, Ralf Dahrendorf, Charles Tilly, Max Gluckman, Michel
Maffesoli, Sorel, Karl Popper, Maximos Aligisakis, Dominique Picard, Edmond Marc …
Par exemple, pour Simmel le conflit est une forme de Vergesellschaftung1 car « la société a
autant besoin d’association que de compétition. Loin de se confondre avec une cause [de]
dysfonctionnement désastreuse, le conflit est une source de régulation qui traverse et
1
Mot Allemand qui signifie littéralement « socialisation ».
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structure une multitude de champs et de formes sociales…, il structure les relations
collectives et renforce, quand il ne crée pas, l’identité sociale... SIMMEL, G. Le Conflit,
Circé, 1992.
Pour Sorel, « un système social a besoin de conflit ne fut-ce que pour ranimer ses énergies et
revitaliser ses forces créatrices. Le conflit empêche le système social de se fossiliser ».
SOREL, G. Réflexions sur la violence, Seuil, 1990.
Enfin, Weber pense que « le conflit ne peut être exclu de la vie sociale » en ce sens qu’il
contribue de bien des manières au maintien des groupes ou à l’émergence de nouveaux
groupes sociaux. WEBER, M. Economie et société. Tome 2. Paris : Plon, 1971.
stimuler l’énergie;
doper la créativité;
responsabiliser l’individu;
faire avancer la société dans ses valeurs;
améliorer la cohésion d’un groupe;
stimuler l’innovation;
encourager la recherche d’une meilleure solution…
Dans la GRN le conflit permet dans une certaine mesure de mettre en lumière:
Parmi ceux qui défendent cette théorie, nous pouvons retenir Emile Durkheim, Julien
Freund, Thomas Schelling, Fernand Dumont, Robert Mayer, Henri Dorvil, Belhassen
Redjeb, Elton Mayo, Fritz J. Roethlisberger, William L. Warner, Talcott E. Parsons…
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Pour Durkheim, le conflit est un dysfonctionnement qui se traduit par une absence de normes
assez forte pour assurer la cohésion sociale. Le conflit est le revers de la régulation sociale,
car étant nécessairement un symptôme pathologique « d’un affaiblissement ou d’un excès des
règles sociales ». DURKHEIM, E. De la division du travail social, PUF, 1967.
Typologie 1
Conflit intra-personnel C’est un conflit interne qu'un sujet peut éprouver: désirs
contradictoires, ambivalence des sentiments etc. On parle alors de
conflit psychique, lequel n'est pas nécessairement de nature
pathologique.
Conflit interpersonnel Conflit entre des personnes qui peuvent ne pas s’identifier à un
groupe et qui peut résulter d’une divergence d'opinion, un constat de
comportements différents, la recherche d'appropriation, la jalousie…
Conflit intra-groupe luttes de pouvoir dans un groupe, conflits structurels dus à l'inégale
distribution des ressources selon les fonctions, l'ancienneté...
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Typologie 2
Conflit d’idées Le désaccord entre les parties porte sur des opinions, des points de vue
différents, perçus comme opposés.
Conflit de valeurs Le différend porte sur un choix de vie, une idéologie, la religion
Conflit structurel Il survient quand les rôles sont mal définis et les hiérarchies
dysfonctionnelles ou en cas d’abus de pouvoir, de contrôle…
Typologie 3
Conflit manifeste Situation dans laquelle, les parties prenantes à travers divers stratégies,
cherche chacune à affaiblir ou à briser la résistance de l’autre.
Conflit latent Situation dans laquelle, les parties prenantes au lieu d’entrer dans une phase
de tension (verbale, psychologique ou physique) post-incident, se trouvent
plutôt dans une phase de passivité marquée par l’absence de manifestation
d’intention hostile sous toutes ses formes.
Conflit potentiel Situation dans laquelle, la quasi-totalité des conditions pouvant être à
l’origine du déclenchement d’un conflit sont réunies, sans pour autant qu’il
y’ait une présence ou une manifestation d’intention hostile.
Typologie 4
Conflit cognitif Situation dans laquelle les idées et les pensées des individus ou des groupes
sont perçues comme incompatibles.
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Réactions face au conflit
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Problèmes Idées différentes concernant les processus de gestion, les règles, les
structurels rôles et les pouvoirs appropriés;
Inégalité ou injustice perçue ou réelle au niveau du pouvoir, du
contrôle, de la propriété ou des structures influençant l’accès aux
ressources ou leurs distributions;
Facteurs entravant la coopération tels que les structures et les
responsabilités décisionnelles…
Valeurs Différences entre des croyances culturelles, sociales ou
opposées personnelles ou traditions différentes;
Objectifs, aspirations ou hypothèses différents reflétant l’histoire et
l’éducation personnelles
1. Foncier
dépassement de limites,
occupation illégale,
tentative de transformer une détention précaire en détention définitive.
inégalité foncière,
défaillance des pouvoirs publics,
incomplétude du système foncier
mauvaise distribution des ressources foncières,
croissance démographique et morcellement des terres
difficultés de cohabitation entre le droit coutumier et le droit moderne (64-46 du 17
juin 1964, 96-06 et 96-07 du 22 mars 1996),
Loi 72-25 du 19 avril 1972/ Loi 96-06 du 22 mars 1996 (Art. 192)
accaparement des terres par les élites et les investisseurs (agro-business,
agriculteurs du dimanche…)…
3. Elevage
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non-respect du décret no 80-268 du 10 mars 1980 portant organisation des parcours
de bétail et fixant les conditions d’utilisation des pâturages ;
dégradation des pâturages/quasi absence de zones de pâturage et de parcours de
bétail ;
empiètements sur les parcours et/ou les zones de pâturage ;
arrivée massive et brusque des éleveurs transhumants;
pistes de bétail occupées par les champs ;
berges de cours d'eau inaccessibles ;
animaux abattus;
exploitation agricole d'une aire sans tenir compte des préoccupations des éleveurs
(exp. Khelcom)/ transformation d’un pâturage en champ ;
refus du droit de passage des animaux ;
compétition entre pasteurs sédentaires et pasteurs transhumants pour l’utilisation des
pâturages et des points d’abreuvement ;
non-respect des règles de gestion et de maintenance des abreuvoirs ;
divagation des animaux/;tradition consistant à laisser en divagation le cheptel à partir
du 15 janvier (exp. zone du Saloum)/dégâts champêtres…
4. Ressources forestières
Loi 98-03 du 08 janvier 98 ; Code forestier : (art. 2 Droits d’exploitation des forêts et
des terres à vocation forestières, appartiennent à L’Etat/ Art. 10 Droits d’usage) ;
intérêt manifeste que représentent sur le plan économique les fruits sauvages ;
tentatives d’accaparement de l’exploitation des parcs à espèces fruitières ;
non-respect des périodes de fermeture de la cueillette ;
exploitation abusive du bois;
exploitation à but commercial surtout d’espèces protégées ;
exploitation abusive des produits végétaux à usage médicinal par les étrangers ;
l’exploitation des fruits sauvages par les étrangers (bana-bana, Peul foula)…
5. Ressources halieutiques
6. Faune sauvage
prédation/depredation;
cohabitation difficile entre la faune sauvage et les populations vivant à l’intérieur (exp.
Bakadadji dans le PNDS) ou aux abords immédiats des aires protégées ;
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existence d’un vide juridique (absence de lois et de règlements prévoyant des
modalités de réparation des dommages causés aux personnes et aux biens par les
fauves ;
aménagements réalisés au niveau des zones amodiées visant à attirer la faune
sauvage;
Chasse non autorisée…
7. GRN
présence de logiques aux objectifs parfois opposés (la logique étatique orientée vers
la conservation et celle villageoise qui tend à l’exploitation extractive, le plus souvent
dans une situation de concurrence)
politiques imposées aux populations locales;
manque d’harmonie et de coordination entre les législations en vigueur et les
procédures juridiques;
mauvaise identification et la consultation insuffisante des acteurs;
manque de coordination des efforts de planification;
diffusion inadéquate ou insuffisante des informations;
privatisation en partie de certaines aires protégées ([Link])
érection de nouvelles aires protégées (exp. AMP : Bamboung, Saint-Louis);
absence de mécanismes efficaces de gestion des conflits.
Sur l’environnement, Dégâts environnementaux directs et indirects qui menacent la santé, les
les ressources moyens de subsistance et la sécurité des populations.
naturelles et leur Sabotage ou mauvaise exploitation des ressources forestières
gestion (profitabilité de la situation)
Destruction de pâturage (feu, empoisonnement).
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Absence de concertation quant à une gestion intelligente des ressources,
La prévention des conflits renvoie à tout effort qui inclut toutes les mesures et actions visant à
réduire le risque d’apparition ou de réapparition de conflits au sein d’une société, [d’une
organisation, d’un groupe, etc.] en effaçant les tensions existantes entre les parties adverses.
La résolution d’un conflit désigne toutes les stratégies orientées vers l’obtention d’un résultat
sous la forme d’un accord entre les parties au conflit.
Il n’existe pas de personne spécialiste qui se charge du droit et qui joue le rôle de
législateur au sens moderne du terme;
L’instance de prise de décision, certes diffuse mais toujours présente, se compose
essentiellement des notables qui se réunissent autour du chef de village et/ou de
l’autorité religieuse;
Forte implication de la coercition, des constructions, des croyances, du surnaturel…
Cohésion sociale du groupe privilégiée:
intériorisation du conflit, de sa résolution ou de ses tentatives de résolution,
Préservation de l’image de la communauté.
Points forts
Encouragent la participation des membres de la communauté et respectent les valeurs
et les coutumes locales.
Sont plus accessibles en raison de leur faible coût, de leur souplesse de programmation
et de procédure, et de l’utilisation de la langue locale.
Encouragent la prise de décisions participative, en dégageant un consensus au terme
d’une série de discussions favorisant souvent la réconciliation au niveau local.
Contribuent aux processus de dévolution de pouvoirs aux communautés.
Des chefs officiels ou non officiels peuvent remplir les fonctions de conciliateurs, de
médiateurs, de négociateurs ou d’arbitres.
Ces systèmes sont reconnus depuis longtemps comme légitimes par les communautés
locales, qui se sentent ainsi maîtresses du processus et de ses résultats.
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Limites
Sont souvent inaccessibles en raison de facteurs liés au sexe, à la classe sociale, à la
caste et à d’autres considérations.
Sont remis en question par l’hétérogénéité croissante des communautés due aux
changements culturels, aux mouvements de population et à d’autres facteurs qui
détériorent les relations sociales qui constituent les fondements de la gestion
coutumière des conflits.
Sont souvent incapables de régler les conflits entre les communautés ou entre une
communauté et l’État.
Les chefs locaux peuvent se servir de leur pouvoir à leurs propres fins ou dans l’intérêt
de clients ou de groupes sociaux qui dépendent d’eux.
Il n’existe pas de trace écrite des décisions et des processus qui puisse servir de
référence pour le futur.
Les systèmes juridiques de résolution sont fondés sur la législation et sur des déclarations
de politique générale et administrés par des institutions règlementaires et judiciaires.
Les décisions sont prises par des juges et par des responsables investis de l’autorité
nécessaire pour imposer un règlement à toutes les parties opposées dans le conflit.
Points forts
Le recours aux systèmes juridiques officiels renforce la règle de l’état de droit.
Sont officiellement établis avec des procédures en principe bien définies.
Tiennent compte des préoccupations et des questions d’intérêt national et
international.
Font intervenir des experts judiciaires et techniques dans le processus de prises de
décision.
Lorsque le rapport de forces entre les parties en cause est très déséquilibré, ces
systèmes peuvent mieux protéger les droits des plus faibles, du fait que les décisions
sont juridiquement contraignantes.
Les décisions sont impartiales et basées sur le fond, toutes les parties étant égales
devant la loi.
Limites
Sont souvent inaccessibles aux pauvres, aux groupes marginalisés et aux
communautés éloignées pour des raisons de coût, de distance, de barrières
linguistiques, d’obstacles politiques, d’analphabétisme et de discrimination.
Peuvent négliger les connaissances autochtones, les institutions locales et les besoins
des communautés à long terme lors de la prise de décisions.
Peuvent faire intervenir des experts judiciaires et techniques qui n’ont pas les
connaissances, les compétences et les orientations requises pour une gestion
participative des ressources naturelles.
Utilisent des procédures généralement basées sur le système du débat contradictoire
qui produisent des résultats où il y a un gagnant et un perdant.
Il est parfois difficile d’arriver à des décisions impartiales si les juges ne sont pas
indépendants, si les fonctionnaires sont corrompus ou si la procédure judiciaire est
dominée par un groupe d’élite.
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Utilise le jargon très spécialisé de groupes d’élite instruits, de sorte que ceux qui
appartiennent au monde des affaires ou au gouvernement sont avantagés par rapport
aux gens ordinaires et aux communautés.
1. Définition :
La gestion participative des conflits (GPC) est une pratique consistant à identifier un
conflit et à y faire face d’une manière intégrative, juste et efficace, pour empêcher
l’escalade et la dégénérescence dans la violence.
2. Objectifs :
a. identifier un conflit latent et le résoudre de façon constructive ;
b. prévenir/stopper l’escalade d’un conflit existant;
c. mettre à profit un conflit pour promouvoir un changement social positif.
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ÉTAPE 2 : Entrée sur la scène du conflit
Instauration d’un rapport et d’un climat de confiance avec les parties opposées dans le conflit.
A l’issue de cette étape, 3 aspects essentiels devront retenir l’attention:
Les parties opposées dans le conflit sont-elles disposées à négocier?
En quoi les disparités (pouvoir, force) entre les parties concernées peuvent-
elles avoir une incidence sur leur capacité de s’engager dans une négociation?
Jusqu’à quel point est-il possible de faciliter la communication directe et les
échanges ouverts entre les parties en conflit?
ÉTAPE 3 : Analyse du conflit
A. Objectif
L’analyse d’un conflit sert à :
clarifier et hiérarchiser les divers problèmes à traiter;
identifier les causes profondes et les facteurs favorisants du conflit afin de
définir des réponses appropriées;
identifier les conséquences d’un conflit;
identifier les motivations des PP, leurs points de vue sur le conflit, leurs
intérêts, leurs besoins…;
évaluer la nature des relations entre les parties prenantes (PP), notamment leur
disponibilité et leur capacité à négocier entre elles…
B. Outils d’analyse
Outils Objet
L’oignon des conflits Il permet d’analyser les positions, les intérêts et les besoins
des acteurs.
La carte relationnelle des Elle permet de comprendre les relations qui existent entre les
acteurs différents acteurs sur scène.
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Sélectionner un format de réunion très productif (réunions publiques, groupes de
travail, comités consultatifs de résolution, ateliers)…
ÉTAPE 5 : Élaboration d’un programme
Élaborer une feuille de route;
Se mettre d'accord sur les étapes du processus, y compris le calendrier, le lieu, les
stratégies de financement, etc.;
Timing: (les parties doivent savoir pour combien de temps s'engagent-elles).
Lieu: (La question de savoir où les réunions auront lieu est importante,
symboliquement et logistiquement).
Définir des règles de base des réunions…
ÉTAPE 6 : Identification des problèmes et intérêts
Les PP décrivent leur perception du problème, identifient et discutent des enjeux, expliquent
leurs préoccupations:
Identifier et partager les intérêts (raisons, besoins, préoccupations et motivations sous-
jacentes des positions des PP).
Lister tous les problèmes ou questions dont les PP souhaitent aborder.
Reformulez si nécessaire les problèmes de manière à ce que d'autres parties soient
disposées à en parler, (reformuler les questions de façon diplomatique).
ÉTAPE 7 : Spécification des informations nécessaires
Susciter plus d'informations sur les problèmes, les enjeux et les intérêts.
Identifier les informations techniques qui sont pertinentes aux questions.
Identifier les informations qui sont disponibles et les informations qui sont
nécessaires.
définir les techniques pour générer des réponses à des questions pertinentes (visites de
terrain, collecte de données, séances d'information, entrevues...)
ÉTAPE 8 : Priorisation des problèmes
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ÉTAPE 11: Évaluation des options
Appliquer les critères pour évaluer les options;
Produire au moins 3 options qui pourraient répondre ou satisfaire les intérêts des PP;
Comparer les options aux intérêts des PP, afin de déterminer leur adéquation;
Retenir les meilleures options pour obtenir un accord sur la base des dites options…
ÉTAPE 12: Obtention d’un accord
L’accord doit:
satisfaire les intérêts de toutes les parties;
être la meilleure option possible;
être légitime;
aider à construire une bonne relation parmi les parties;
être clair et précis (vocabulaire simple et accessible pour les PP)?
contenir des engagements bien conçus, réalistes, et opérationnels…
ÉTAPE 13 : Matérialisation de l’accord
Il faut:
confirmer l'engagement de toutes les PP au conflit;
élaborer un document aussi précis que possible;
permettre l’examen et la confirmation par les PP;
intégrer les observations dans la mesure du possible;
produire une version définitive de l'accord…
ÉTAPE 14 : Ratification de l’accord
Procédure d’approbation.
Rappel des engagements des PP avant la ratification de l’accord.
ÉTAPE 15 : Intégration d’une prise de décision publique
Partage avec tous les organes et institutions qui ne sont pas directement inclus dans le
processus;
Partage avec les pp élargies…
ÉTAPE 16 : Application de l’accord
Le tiers doit de concert avec les PP:
s’assurer de l’application de l’accord (disponibilité et aptitude des parties au conflit à
respecter l’accord);
renforcer la capacité des acteurs à faire face aux éventuels imprévus découlant de
l’accord;
prévoir des mécanismes permettant de sanctionner le non-respect de l’accord mais
aussi de le réviser au besoin…
ÉTAPE 17 : Suivi de l’accord
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définir des mécanismes de suivi permettant d’observer le processus de mise en œuvre;
désigner une ou des personnes neutres pour assurer le suivi…
ÉTAPE 18 : Préparation de la sortie
Une stratégie de retrait progressif doit être élaboré afin d’éviter la dépendance des PP.
Pour cela, il faudra:
renforcer les capacités des PP pour leur permettre de gérer elles-mêmes de
futurs conflits plus modestes,
faire en sorte que les PP continuent à collaborer;
consolider les acquis;
déterminer un point de repère pour la sortie…
La négociation
1. Définition
« Il s'agit d'une discussion entre deux parties en conflit et qui cherchent à arriver à un
accord, sans employer la force » (Audebert-Lasrochas, 2004)
« La négociation est un processus de communication et d'échanges entre deux ou
plusieurs parties dont l'objectif est généralement la résolution d'un problème ou d'une
question faisant l'objet d'un différend. » (Perspective Monde, 2010).
« Une activité qui met en interaction plusieurs acteurs qui, confrontés à la fois à des
divergences et à des interdépendances, choisissent (ou trouvent opportun) de
rechercher volontairement une solution mutuellement acceptable. » (Christophe
Dupont, La Négociation, 1994)
Plein de ressources
Il doit être capable de gérer beaucoup d’informations, constamment en évolution, et
d’incertitude; savoir survivre dans des situations inattendues.
Patience
Il doit être patient, principalement parce qu’une approche mécanique tranchante n’a qu’un
effet limité et de courte durée. Pousser ou forcer l’autre négociateur vers une solution peut le
conduire à s’entêter ou à ne pas bouger.
Ferme
Il doit être ferme car il peut être nécessaire de devoir tenir sa position face à des négociateurs
agressifs ou mécaniques. Il est important d’être sûr des résultats souhaités et des concessions
que l’on est prêt à faire afin d’atteindre l’objectif.
3. Approche de la négociation
Gagne-gagne
C’est la situation dans laquelle les deux parties obtiennent au moins partiellement ce qu’elles
veulent.
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Gagne-perd
C’est la situation classique. C’est souvent l’approche que choisissent les gens en négociation.
Cependant, cette approche gagne-perd n’est pas judicieuse à long terme.
Perd-perd
Si les deux parties sont déterminées à ne pas laisser l’autre gagner, elles peuvent toutes deux
finir par ne pas atteindre leur objectif.
4. Processus de négociation
La médiation
1. Définition
A. « Médiation »
Médiation et négociation
Le négociateur est de parti pris. Il représente les intérêts d'une partie. Le médiateur n'est
d'aucun parti pris.
Médiation et conciliation
La différence : rôle du tiers... En conciliation, le tiers conciliateur propose lui-même des
solutions aux parties.
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Médiation et arbitrage
L'arbitre rend une décision qui s'impose aux parties qui ont choisi l'arbitrage.
B. « Médiateur »
Un médiateur est un tiers qui aide les parties à un différend à développer conjointement une
solution acceptable et volontaire à leur conflit.
NB. Le médiateur n'a aucun pouvoir de prendre une décision ou d'imposer une solution. Au
lieu de cela, le médiateur aide les PP elles-mêmes à résoudre leurs différences et à construire
une solution mutuellement acceptable.
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assurer le suivi de la mise en œuvre des accords afin d’apporter des corrections ou tirer
la sonnette d’alarme si le risque d’une remise en cause se faisait sentir…
6. Processus de médiation
A. Introduction
Créer une ambiance favorable à la résolution du problème;
Se présenter;
Expliquer le déroulement de la séance;
Établir des règles de base;
Préciser le rôle du médiateur...
B. Récits
Laisser les PP présenter les faits;
Écouter attentivement et avec compréhension;
Encourager les PP à exprimer les sentiments cruciaux…;
Mettre en exergue les causes sous-jacentes du problème;
Résumer tous les aspects essentiels de la question…
C. Résolution du problème
Reprendre les différents aspects du conflit;
Identifier les points d’entente possibles;
Encourager le dialogue et la coopération entre les PP;
Intervenir fréquemment pour résumer et préciser les faits en cherchant toujours
des bases de négociation;
S’entretenir en aparté si besoin avec chaque PP pour chercher des compromis, des
moyens de satisfaire les besoins des PP;
Rappeler les motivations de recourir à la médiation en cas d’impasse…
D. Accord
Arriver à un accord si les PP sont satisfaites des résultats de la séance;
Résumer l’accord en présence de tous les participants;
Préciser l’accord;
Matérialiser l’accord par écrit;
Faire signer l’accord par les PP;
Reprendre contact avec les PP pour s’assurer que l’accord est respecté…
Conclusion
Opposition entre individus ou groupes sociaux, le conflit est l’un des facteurs qui
participent le plus au façonnement, au modelage et à l’évolution de nos sociétés.
Qu’il soit moteur de toute société ou symptôme de dysfonctionnement, facteur
d’équilibre ou élément de destruction et de désintégration de la structure sociale, le
conflit a toujours été inhérent à l’existence de l’homme en tant qu’être social.
Les conflits liés à l’exploitation et à la gestion des ressources naturelles sont
complexes, leurs causes diverses, variées et imbriquées et leurs conséquences souvent
tragiques… d’où la nécessité d’une meilleure gestion.
Cette gestion doit se faire de façon participative et constructive grâce à des modes
alternatifs appropriés et contextualisés, qui mettent en avant les PP…
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