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La Conscience : Entre Savoir et Illusion

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Dans l'Antiquité, la conscience n'existait pas : seul le “noos”, l'esprit

connaissant, avait une valeur. C'est la modernité philosophique qui a donné au


sujet une conscience. Descartes l'a posée comme le socle de la connaissance car la
conscience a résisté au doute méthodique, elle peut donc servir de fondement sur
lequel s'édifierait l'ensemble du savoir (cf. La Métaphysique de Descartes). Kant,
Hegel, ou encore Sartre reprennent à leur compte cet acquis de la philosophie
moderne.

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Définitions générales du concept de conscience :


– Du latin conscientia : connaissance partagée avec un autre

– Sens psychologique : connaissance, intuition ou sentiment qu'un sujet possède de


lui-même, de se états et de ses actes

– Sens moral : capacité de formuler des jugements moraux, sur le bien et le mal

Cours sur la notion de conscience


Introduction
« Conscience » : cum scientia (latin). La conscience : activité psychique qui fait
que je pense le monde et que je me pense moi-même. Et ce parce que la conscience
est une mise à distance.

La conscience est mise à distance :

De l’homme face au monde


De l’homme face à lui-même
La conscience : ce qui fait que je ne suis pas posé dans le monde comme peut l’être
un objet mais que je me rapporte au monde, que je le vise, que je m’y projette.

Etre conscient, c’est sentir, agir, penser et savoir que je sens, que je pense et
que j’agis. L’homme n’est pas posé dans le monde, il s’y rapporte. Par la
conscience, le monde devient objet de connaissance et de réflexion.
Etre conscient des actes accomplis et des pensées élaborées n’en fournit pas pour
autant l’intelligibilité. De plus, la conscience est une mise à distance de l’homme
par rapport à lui-même. Elle peut être ce qui lui inflige des expériences
douloureuses : ex : la conscience morale, la culpabilité, le remords. Ex : Crime et
châtiment (Dostoïevski) avec le personnage de Raskolnikov: après le double meurtre
de l’usurière et de sa sœur. Par la conscience morale, l’homme fait l’épreuve
d’actes dans lesquels il a du mal à se reconnaitre. En ce sens, la conscience
signifie moins l’accès à une identité stable, définie qu’à une tâche à effectuer.
Problématique
En quoi la conscience fait elle la grandeur et la misère de l’homme ?

La conscience : ce qui permet la connaissance

La conscience permet à l’homme de répondre de ce qu’il est. Ceci l’élève au-dessus


de l’animal.

Mais ce phénomène est aussi ce qui le sépare de l’immédiateté et de l’innocence de


l’instant.

La conscience est donc synonyme de dignité, elle est ce qui permet à l’homme de
penser le monde et de se penser lui-même. Mais cette dignité a un prix, elle est
une libération qui impose la nécessité de devoir répondre de ses actes et de les
assumer. Parallèlement à cela parce qu’elle permet la pensée, elle est ce qui
permet le questionnement philosophique.

Si la conscience est ce qui permet le raisonnement philosophique, il semble


nécessaire de s’interroger sur l’origine de cette interrogation.

A la question « connais-toi toi-même », Socrate répond : « je sais que je ne sais


rien ». Négativité de la connaissance : le savoir se pose ici comme la conscience
de ne rien savoir.

I) Descartes : La conscience va aboutir comme positivité fondatrice.


Les méditations métaphysiques. « Cogito ergo sum »

Remise en question des perceptions, des opinions et des jugements. Le doute est un
outil, il est méthodique, radical et systématique. Il a pour but d’aboutir à la
découverte d’une vérité fondatrice, indubitable et certaine à partir de laquelle la
science et la connaissance pourraient être refondées.

On doute du plus simple au plus complexe : le plus simple : douter des 5 sens :
plutôt que de douter de chacune de mes perceptions ce qui serait infini, il faut
douter de ce qui permet la perception : les 5 sens. Cf texte du morceau de cire et
de la tour qui semble carrée et qui en fait est ronde. Les sens sont donc
trompeurs.
Si les sens sont trompeurs, il est nécessaire de douter ce qui fonde mes 5 sens :
le corps. Descartes doute de l’existence de son propre corps.
Mais si mes sens sont trompeurs, mes pensées peuvent aussi l’être :doute quant aux
vérités mathématiques. Comme celles-ci ne procèdent pas de l’expérience et sont
dans mon esprit, il faut bien qu’un être les y ait mises. Douter de ces vérités,
c’est donc nécessairement poser l’hypothèse de l’existence d’un Dieu qui ne
cesserait de me duper. D’où l’hypothèse de l’existence d’un malin génie. Début de
la conclusion : je puis douter de toute mais pour douter il faut que je pense et
pour penser il faut que je sois : je pense, je suis. Dès que je pense et aussi
longtemps que je pense, je suis.

L’unique certitude qui résiste au doute : « je pense donc je suis ». Mais cette
vérité affirme le fait que j’existe, elle ne me dit pas la nature de ce que je
suis. Etre conscient d’exister ne m’informe pas sur l’identité de cet existant. La
conscience peut-elle être objet de connaissance ?

II) La Conscience est une activité


La conscience : une activité qui accompagne mes représentations
Kant : Logique (intro) 1800

Contrairement à Descartes qui définit la conscience comme une chose, Kant la


présente comme une activité. La conscience est une fonction nécessaire de la pensée
mais ne me donne pas la connaissance de ce je que je suis.

Pour identifier ce moi, il est nécessaire que le pouvoir d’indentification soit


initialement dans la conscience, pouvoir d’identification qui permet d’établir la
relation entre sujet et objet. Kant distingue la « représentation » de la «
connaissance », la « matière » de l’ « intuition », la « sensibilité », la « forme
», l’ « entendement ».

Selon Kant, la connaissance procède de deux sources : la sensibilité et


l’entendement : sans la sensibilité l'entendement est vide, sans l’entendement, la
sensibilité est aveugle. (cf. La Critique de la Raison Pure)
Sensibilité : faculté par laquelle les objets me sont donnés : réceptivité,
sensation.

Entendement : faculté intellectuellepar laquelle les objets sont pensés : faculté


de connaitre. Faculté intellectuelle qui produit les concepts à partir desquels des
intuitions sensibles sont reliées entre elles et ordonnées car subsumées.

« Subsumer » : ranger une intuition sensible sous un concept, donc identifier,


connaitre.

Ex : celui qui voit une maison pour la première fois : simple intuition.

Celui qui voit une maison et qui a déjà dans son entendement le concept de maison
en a la représentation.

Le « je » accompagne toutes mes représentations et les unifie. La conscience, le «


je » est originaire. Il est ce qui permet cette unification et la conscience de soi
procure aux représentations leur cohérence. Pour que les représentations soient
unifiées, il faut admettre ce pouvoir unificateur comme ce qui permet la
connaissance, donc le penser comme originaire. La conscience est donc une activité,
elle est un pouvoir de synthèse. Le sujet ne peut prendre conscience de lui-même
qu’à travers cette activité. Comme, la conscience de soi ne peut apparaitre que
lorsqu’elle se réalise, elle ne peut pas être une connaissance de soi car elle est
ce qui permet la connaissance. La conscience, lorsqu’elle se prend elle-même pour
objet de pensée ne peut se penser à vide. Elle se pense à partir des contenus de
pensée qui l’investissent.

La conscience présente ainsi un caractère paradoxal, elle est ce qui permet la


connaissance de l’objet, mais elle ne peut être elle-même objet de connaissance.

La conscience immédiate et la conscience réfléchie, la connaissance du monde, la


connaissance de soi. La conscience de soi se définit comme la possibilité pour le
sujet de prendre pour objet de connaissance ses états de conscience : la conscience
se retourne sur elle-même pour penser ses contenus de pensée. La conscience
participe ainsi de deux mouvements :

La conscience immédiate : elle est celle qui accompagne les actes du sujet : avoir
conscience de quelque chose
La conscience réfléchie : celle dans laquelle le sujet se pense lui-même comme
conscient de quelque chose.
Exemple :

Kant : le passage de la simple conscience de soi « Charles veut manger » à « je


veux manger » : la conscience de soi : Kant : « Avant il se sentait, maintenant il
se pense »

Les deux mouvements fonctionnent ensemble : toute conscience est toujours


conscience de quelque chose et je ne peux prendre conscience de ce que je suis
qu’en me regardant au travers des actes accomplis : la conscience réfléchie
présuppose la pensée immédiate. De la même façon, le sujet ne peut avoir conscience
de quelque chose que parce qu’il s’y sait présent : je n’ai conscience du monde que
pace que je suis conscient d’y être : la conscience immédiate présuppose la
conscience réfléchie. Elles sont donc inscrites dans une activité, dans un
mouvement, donc dans une temporalité qui entrelace la conscience immédiate et celle
réfléchie sans pour autant les faire coïncider.

Cette absence de coïncidence avec soi clairement chez Bergson. Cette non
coïncidence apparait avec la notion de durée.

Le mouvement effectué inscrit la conscience dans la durée. La conscience établit


une relation entre le passé, le présent et l’avenir.

III) La conscience et la temporalité


Texte de Bergson : l’énergie spirituelle

La conscience est conservation du passé.


La conscience est mouvement vers l’avenir.
Donc la conscience est un lien entre le passé et l’avenir car c’est le rapport à la
mémoire et au projet qui caractérise la conscience.
Bergson lie le savoir à la mémoire et à l’anticipation. La mémoire est une fonction
du passé.

La conscience est attention portée au présent. Elle est donc fondamentalement


pratique.
La conscience chez Bergson est une chose concrète, c’est-à-dire une réalité dont
nous faisons l’expérience à chaque instant. Elle apparait d’autant plus clairement
qu’elle se réalise à chaque rapport au monde car elle accompagne chacune de nos
perceptions et chacun de nos actes.
La conscience se caractérise par la mémoire : une conscience sans mémoire serait
une conscience « inconsciente », une conscience sans conscience d’elle-même (une
conscience qui ne pourrait jamais rien identifier et serait ainsi confrontée à un
perpétuel inconnu). Or la conscience est le lieu dans lequel les événements
s’impriment. Elle se définit d’abord par la perception des objets qui nous
environnent et cette perception implique la mémoire : « percevoir, c’est se
souvenir » (Bergson) « Etre conscient », signifie être capable d’effectuer le lien
entre un événement présent et un événement passé afin que celui présent puisse être
identifié, reconnu et que je puisse agir dans le monde et donc y vivre.
La conscience est aussi tension vers l’avenir, anticipation car agir dans le
présent signifie nécessairement s’engager dans ce que ce présent va devenir.

Si la conscience rapporte l’événement présent à celui passé pour pouvoir identifier


celui présent, si la conscience est relation à l’événement présent à partir de
l’avenir qu’il annonce, quelle relation la conscience peut-elle avoir avec le
présent ?

Si la conscience est en relation avec ce qui n‘est plus (le passé), et ce qui n’est
pas encore (l’avenir) quelle relation a-t-elle avec ce qui est (l’instant
présent) ?

L’instant présent est par nature fugace, fugitif : commencer à percevoir l’instant
présent signifie qu’il n’est déjà plus du présent mais déjà du passé car la pensée
s’y applique (l’instant est alors déjà un souvenir). De la même façon, anticiper le
présent est impossible. L’instant n’existe pas : dès qu’il apparait, il n’est déjà
plus(il est déjà du passé), aussi longtemps qu’il est attendu, il n’est pas (c’est
de l’avenir). Dès lors, le présent n’est qu’une durée participée par le passé
immédiat et l’avenir imminent. Le présent, c’est quelque chose qui dure.

Là où Descartes voyait la conscience comme une chose qui pense, Bergson voit une
chose qui dure, qui s’écoule. Pour Bergson, la conscience est progrès et son
inspiration dans la durée fait que l’homme est ce qu’il fait et fait ce qu’il est.
Si la conscience est happée par le passé et tendue vers l’avenir, la conscience est
mouvement, visée.

IV) « Toute conscience est conscience de quelque chose » : Husserl.


Tout cogito porte en lui son cogitatum auquel elle se relie et dont il se
distingue. La conscience est toujours relation avec autre chose qu’elle-même. Il y
a toujours une distance entre la conscience et l’objet qu’elle vise. Même lorsque
la conscience prend pour objet de pensée ses contenus de pensée (ex : ses souvenirs
…) elle ne parvient pas à les penser tels qu’ils étaient au passé parce qu’elle ne
peut les appréhender que relativement au présent dans lequel elle est.

La conscience est projet, visée du monde, elle est « intentionnalité ».


Intentionnalité : visée, projection vers le monde. La conscience n’est plus lue
comme une intériorité close sur elle-même, elle est visée, projection. Avant d’être
réflexive, retour sur elle-même, la conscience est initialement relation au monde
en tant que je suis un être qui désire, qui agit et qui anticipe. Parce qu’elle
s’anticipe, la conscience est donc toujours déjà au-delà d’elle-même, elle est
visée d’un ailleurs pour orienter son agir dans le monde. La conscience est donc
donatrice de sens, de signification. La signification n’est pas dans la chose,
c’est la conscience qui donne leur sens aux choses qu’elle vise et qu’elle perçoit.

Mais si la conscience est donatrice de sens, si elle ne se règle plus sur l’objet
pour le connaître mais fournit un sens à l’objet, alors la conscience ne peut plus
être pensée comme le lieu d’une vérité unique, absolue. Il apparait alors légitime
de se poser la question suivante : penser la conscience comme prévalant sur la
conscience, est-ce une vérité ou une simple interprétation ?

V) La mise ne doute de la suprématie de la conscience sur le corps.


Texte de Nietzsche : « Aurore » (1880)

La conscience n’est que le simple écho du corps qui la porte au monde. Plus que
cela, ne serait-ce pas une simple interprétation que l’on aurait posée comme vérité
pour des raisons morales, pratiques ? Si la conscience est donatrice de sens,
penser la conscience comme supérieure au corps, n’est-ce pas une simple
interprétation plutôt qu’une vérité, une croyance et non un état de fait ?
Avec le cogito, Descartes avait signalé la séparation de l’âme et du corps.
Cependant, Descartes, affirmant par la suite que « je ne suis seulement logé dans
mon corps ainsi qu’un pilote en son navire », il finit par réunir l’âme et le corps
car l’expérience de la faim et de la douleur physique montre que le corps peut
troubler la pensée. Et cette réunion n’est pas sans conséquences car elle conduit
nécessairement à s’interroger sur l’influence du corps sur la conscience et de la
conscience sur le corps. Cette interrogation est fondamentale dans l’œuvre de
Nietzsche.

La conscience selon Nietzsche

Traditionnellement, la métaphysique et la philosophie ont toujours pensé la


conscience comme ontologiquement supérieure au corps. Ceci n’est qu’un postulat
avancé pour des raisons pratiques et morales (elles servent à responsabiliser
l’homme quant à ce qu’il est et ce qu’il fait, à le rendre coupable et justifie
ainsi le châtiment…). Avant cela, la métaphysique avait déjà posé tout ce qui est
immatériel comme ontologiquement supérieur au sensible : l’âme, l’esprit, la
conscience sont donc valorisés et le corps, le sensible déprécié.

Nietzsche opère un reversement de cette hiérarchie : il pose la conscience comme


dérivative du corps : « la conscience est une évolution dernière et tardive du
système organique ». Selon Nietzsche, le corps est premier, il est pluralité de
forces, de pulsions qui luttent les unes contre les autres, les unes avec les
autres. Ces forces constituent ce que Nietzsche appelle « la volonté de puissance »
: force qui cherche son propre accroissement, qui est toujours en devenir… Le Moi
est donc multiple et l’individu vit une pluralité de sensations, d’identités, de
rôles. Réduire la conscience à une unité, c’est vouloir enfermer l’homme dans une
identité unique, c’est vouloir le réduire à un seul rôle et ce rôle est défini par
la philosophie comme celui de l’« animal rationnel ». Or, selon Nietzsche

« Tout acte de volonté comporte premièrement une pluralité de sentiments ».

L’unité du « je pense » n’est donc qu’un préjugé, une illusion de la grammaire qui
laisse croire que le « je » décide de la pensée alors qu’en fait le « je » n’est
que la conséquence d’une multitude de luttes continuelles entre les différentes
forces qui animent le corps.

L’unité de la conscience est donc une illusion pratique car face à la pluralité du
monde, il est rassurant de se penser comme une unité plutôt que de se penser comme
pris dans un devenir permanent et donc d’être toujours autre à soi-même.

Première illusion de la conscience : la conscience se pose comme cause d’elle-même,


elle se croit substance et se pense comme étant à l’origine de ses pensées. Or, la
conscience n’est pas ce qui donne des ordres mais qui ne fait qu’obéir à ce que le
corps impose : « les pensées viennent à moi quand elles le veulent et non quand je
le décide ». La conscience n’est que le simple écho du corps. La conscience n’a
accès qu’à la surface des [Link] que l’on connait les raisons qui nous font
agir, c’est en fait se méprendre car ces raisons fondamentales sont en profondeur
et échappent à la surface.

La croyance en l’ego n’est donc qu’une illusion, le Moi rationnel n’est qu’un
mythe, une fiction métaphysique et la souveraineté de la conscience sur le corps,
un fantasme. On peut alors comprendre le sens du « cogito brisé » chez Ricoeur : le
moi n’est pas transparent à lui-même. Le Moi n’est pas une identité qui est donnée
de façon définitive au départ, une fois pour toutes ; mais une identité qui ne
cesse de se construire au fur et à mesure (ce qu'il nomme identité narrative). La
conscience se manifeste ainsi par une certaine opacité à elle-même.

Conclusion
La conscience se définit, certes, par son activité quant à la connaissance, mais
aussi par ses lacunes, ses errances, son opacité. En approchant l’homme
relativement à cette opacité de la conscience, force est de constater que celle-ci
n’est pas transparente à elle-même. Il y a en elle des choses qui lui échappent et
qui signalent que par-delà ce que la conscience affirme d’autres choses se disent.
Penser la conscience signifie donc aussi penser ce qu’elle ne maîtrise pas au sein
du psychisme et qui peut la remettre en question quant à son autorité. Cette remise
en question passera par Nietzsche par la volonté de puissance, par Marx dans le
domaine social pour aboutir au thème de l’inconscient chez Freud, inconscient qui
induira ce constat fatal :

« Le Moi n’est pas maître en sa propre maison »

Définitions particulières de philosophes sur la conscience / la subjectivité :


– Descartes : “Ma propre pensée ou conscience” (Discours de la méthode)

– Rousseau : “Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste


voix : guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge
infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable à Dieu, c'est toi qui
fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions” (Emile ou de
l'Education)

– Kant : “La conscience est une représentation qu'une autre représentation est en
moi” (Critique de la raison pure)
– Kant : “La conscience est la raison pratique représentant à l'homme son devoir
pour l'acquitter ou le condamner en chacun des cas où s'applique la loi” (Critique
de la raison pratique)

– Hegel : “L'homme est un être doué de conscience et qui pense, c'est-à-dire que,
de ce qu'il est, quelle que soit sa façon d'être, il fait un être pour soi”
(Phénoménologie de l'Esprit)

– Bergson : “La conscience est la puissance de choix” (L'Evolution Créatrice)

– Alain : “La conscience est le savoir revenant sur lui-même” (Définitions)

– Sartre : “La conscience est le refus d'être substance” (L'Etre et le Néant)

– Rabelais : “Science sans conscience n'est que ruine de l'âme” (Panagruel)

– Dante : “Pourvu que ma conscience ne me fasse pas de reproches, je suis prêt à


subir la volonté de la fortune” (La Divine Comédie)

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30 Comments

says:philosophie terminale
28/12/2010 at 13:56
peu-on avoir gratuitement des dissertations ? j’ai besoin d’un corrigé complet sur
une dissertation sur la conscience. est-ce possible ? le sujet est : “ma conscience
est-elle infaillible ?”
merci de votre réponse philosophique

Répondre
says:Norbert CHERIF
06/10/2013 at 17:12
Brupt, j’ai pris conscience qu’on frappe à ma porte; qu’est-ce à dire sinon que je
me suis aperçu que quelqu’un a frappé à ma porte. La conscience se définit là comme
la perception de ce qui se passe en dehors de nous mais aussi je dirais en nous car
surpris ou déçu, je peux prendre la mesure de ma surprise ou de ma deception en
m’interrogeant interieurement de quoi sagit-il, que dois-je [Link] dernière
étape de la conscience est l’occasion de l’eveil de la conscience morale qui permet
de juger de la valeur morale de mes actes et de mes intentions; c’est à son actif
qu’on dira: il a agit selon sa conscience. On peut objecter à ce compte que la
conscience est la faculté qu’a notre esprit de se saisir de ce qui se passe en nous
et en déhors de nous. Mais au juste qu’est-ce que c’est que la conscience?
Le terme de la conscience est ambigu et ambivalant selon qu’on l’envisage dans sa
fonction adaptative, dans ses mecanismes physiologiques et dans ses valeurs moroles
et religieuses. Chez les grecs, on la désignait sous l’expression de ‘nous’ qui se
prononce ‘nousse’ c’est-à-dire l’esprit connaissant. Mais disons que la conscience
n’a pas cours dans l’antiquité. Elle apparait pendant la modernité surtout dans les
oeuvres de R. Descarte qui en fait le socle fondamental de la connaissance en
l’assimilant à l’évidence de sa propre pensée car disait-il: la conscience est ce
dont je ne puis douter de rien; et en effet l’évidence de ma propre pensée s’impose
à moi comme une vérité absolue qu’aucun argument sceptique ne peut démonter”.A ce
sujet Leibniz parle de notre maitre infaillible et Socrate de la chose vertueuse.
Etre conscient c’est savoir faire le bien.
Mais le concept de la conscience a évolué, elle n’est plus seulement le cogito ergo
sum de Descartes car l’évidence a quelque chose de terrible qu’elle reste toujous
dans les limites bornée de la seule individualité de son sujet avec la conscience
de son insuffisance. Il n’est pas évident pour autrui que Descartes pense; donc je
dirais: il n’existe pas. Prendre conscience de quelque chose dans son acception la
plus moderne, c’est poser la chose comme un objet d’exploration en face du sujet
que nous sommes, cela suppose une séparation; et même la conscience qu’une personne
a d’elle-même est comprise comme une séparation; par exemple dire que je suis
timide, il ya le ‘moi’ qui est timide et le ‘je’ qui sait que le ‘moi’ est timide
donc dans la personne-même il ya la séparation du ‘je’ qui tend vers le ‘moi’.
C’est cette théorie de la conscience comme étant une séparation et une tendance
c’est-à-dire une intention qu’on appelle l’intentionnalité inventé par Brentano et
celèbrée par Hurssel dans la théorie de la phénomenologie qui explique que la
conscience vise toujours l’exterieur. Mais ajoutons que toute manière de viser
l’extérieur n’est pas consciente. Ainsi, l’automatisme de l’habitude n’est pas
consciente, elle s’exerce automatiquement même si on n’a pas conscience. Pour qu’il
est conscience dans nos projectons exterieurs, il faut un choix c’est-à-dire on ne
peut pas être conscient de tous nos actes en même temps. Et qui dit choisir pose un
critère du choix. C’est là se pose le problème philosophique des causes ou des
raisons qui déterminent nos choix.
Nous savons pertinamment qu’il existe des faits de conscience qu’on ne trouve pas
clairement la cause distincte, mais est-ce dire qu’ils n’en ont pas?
Dans une étude plus profondes sur le fonctionnement physiologique du psychisme
humain, Sigmund Freud découvre que la conscience n’est pas seulement la seule
activité de notre psychisme. Il ixistent bien de choses psychiques dont nous
n’avons même pas conscience et qui cependant déterminent certains de nos actes
conscients. Pourquoi les lapsus, pourquoi les rêves délirants, pourquoi la peur,
voilà tant d’étrangétés qui se produisent en nous. Freud appelle l’ensemble de
cette étrangété l’inconscient. L’inconscient est l’un des systèmes de l’appareil
psychique, contenant des représentations refoulées échappant à la conscience et
influant sur les conduites d’un sujet, c’est-à-dire actif. Contrairement aux
penseurs du siècle des lumières qui voyaient, dans le triomphe de la raison humaine
et de la liberté sur l’obscurantisme et le despotisme, le début d’une libération
définitive de l’humanité Freud forge l’image moderne de l’homme se trompant sur
lui-même et en proie à des motivations inconscientes c’est-à-dire, c’est la réponse
que je fais à la question de notre ami ‘philosophie terminale, la conscience n’est
pas infaillible. Freud mettra sur place une méthode de décryptage et de traitement
de certaines patologies cérébrales qu’on appelle la psychanalyse.
En toute fin utile, je résume toutes ces explications pour les esprits synthétique
en disant ceci: l’homme est un être entièrement libre et entièrement déterminé,
entièrement conscient et entièrement inconscient dans le même psychisme et en même
[Link] plus de détails consulter cet adresse: norbertcherif@[Link]
Au plaisir!

Répondre
says:Elena
06/10/2013 at 20:22
Ton commentaire m’a vraiment bien éclairé sur le sujet de ma dissertation: “La
conscience morale nous dicte t-elle ce que nous devons faire?”
Pourrais-tu aborder davantage la conscience morale?
Merci beaucoup.

Répondre
says:Norbert CHERIF
06/10/2013 at 20:52
S’il te plait ma chère Elena ceci est un site consulté par beaucoup de personnes et
donc je ne voudrais pas qu’on parle d’une chose qui n’est pas de l’ordre du jour et
qui n’interesserait pas tout le monde c’est raison pour laquelle j’ai laissé mon
adresse pour les échanges privés. Merci.

Répondre
says:Elena
09/10/2013 at 12:36
Je comprends je suis désolée. Mais malheureusement l’adresse pour les échanges est
invalide…

says:Norbert CHERIF
12/10/2013 at 17:26
alors Elena passe moi toi ton adresse à toi: e-mail ou skybe ou facebook. Nous
ferons d’échanges assez importants car cet interêt et ce désir brûlant que tu
éprouves pour la philosophie, c’est mon voeu, c’est ma prière.

says:Tenkodogo Thierry
27/11/2013 at 12:41
Avoir les corections de quelque sujet souvent

Répondre

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