Règle de pré-dimensionnement et de Dimensionnement
Une structure en bois doit être vérifiée au préalable pour s’assurer que pendant toute sa vie
d’exploitation la sécurité des personnes et des biens est sauvegardée. Une structure doit
résister à toutes les actions (forces) et à toutes les influences (humidité) susceptible
d’intervenir pendant sa réalisation. Plusieurs paramètres doivent être vérifiés : les états
limites, les situations ou phase du projet, les actions ou charges appliquées au projet et les
modèles de calcul.
a) Etats limites
Les états limites sont des états au-delà des quels la structure ne satisfait plus aux
exigences de performance et de sécurité pour lesquelles elle a été conçu. En calcul de
structure on distingue deux états limites :
Etats limites ultimes (ELU)
Etats limites de service (ELS)
L’ELU renvoie à la rupture ou au déséquilibre de la structure alors que l’ELS renvoie à
l’inconfort c’est-à-dire vibration incommodante pour les occupants
b) Les actions ou charges appliquées au projet
Il existe trois types de charges relatives au projet à savoir :
1. Charges permanentes
Elles sont les charges constantes ou varient très peu dans le temps. Elles sont obtenues à partir
des dimensions géométriques des éléments des ouvrages. Il exige des références
internationales qui donnent des valeurs de certains matériaux. Les charges permanentes
comprennent le poids propre des poutres, fermes, poteaux et celui des différents éléments
supportés par ceux-ci à savoir pannes, poids des ouvriers, pour ne que citer cela pour la
charpente.
2. Les charges variables
Elles sont des charges qui se présentent sous diverses formes. On distingue deux types
d’actions variables
a. Actions d’origine climatique
Dans les actions d’origine climatique nous avons :
Action thermique
Les variations journalières et saisonnières de températures de la zone ne sont pas
significatives et donc l’action du gradient thermique ne sera pas prise en compte dans le calcul
de la structure.
Effet du vent
Le vent est considéré comme agissant dans trois directions. Cependant la composante
verticale n’est pas souvent la plus gênante du fait de la résistance suffisante du poids propre
de la structure. On doit donc surtout considérer le vent agissant sur les faces latérales du
bâtiment.
3. Les charges accidentelles
Nous avons les explosions, le feu, séisme, choc, tremblement de terre… etc.
c) Les modèles de calcul
Pour tout matériau, il existe une valeur caractéristique Xk qui a été mesuré et reste disponible
dans les Abaques, lorsque ce matériau est mis en œuvre dans certaines conditions, on peut
calculer à travers la formule appropriée sa valeur de calcul Xd qui est égale à :
Kmod
Xd= Xk
γM
Kmod : facteur modificatif lié à la classe de service et à la durée de charge ;
𝛄M : est le coefficient partiel lié au type de matériau (bois massif, OSB, bois lamellé-collé,
CLT)
La contrainte de calcul 𝞼d induite par la sollicitation doit rester inférieure à la résistance de
calcul Xd. 𝞼d ≤ Xd
Calcul des charges sur les éléments de la structure (Dimensionnement)
I. Combinaisons d’actions et bilan de charge
Pour vérifier la fiabilité structurale pour un état limite sous l’effet simultané des différentes
actions, il faut pondérer la somme des actions retenues par les coefficients partiels :
𝜸G : coefficient partiel des charges permanentes G = 1,35
𝜸Q : coefficient partiel des charges variables Q = 1,5
Pour la vérification de la combinaison d’action le bilan de charge P est égal à :
P = 𝜸G G + 𝜸Q1 Q1 + ∑𝞇0i 𝜸Qi Qi avec 2≤ i ≤ n
Descente de charges sur la charpente
Hypothèses
Vent(W) = 30 daN/m2
Poids des ouvriers = 100 daN/m2
Tôle bac = 5 daN/m2
Panne = 6,5 daN/m2
Ferme = 15 daN/m2
Sous faitière = 16,5 daN/m2
Plafond en panneau = 3 daN/m2
Charges G Q1 Q2
Vent 30
Poids ouvrier 100
Tôle bac 5
Panne 6,5
Sous faitière 16,5
Plafond 3
Ferme 15
Total 46 30 100
En ELU nous avons :
P = 1,35G + 1,5Q1 + 1,5 𝞇0 Q2
= 1,35 × 46 + 1,5 × 30 + 1,5 × 0 × 100
P = 107,1 daN/m2
Pour notre étude nous optons pour Kmod égal à 0,8
Classe de service 2
Section basting : 30*100 mm2
Classe de résistance mécanique : D30 (Dabema)
Classe de durée de la charge : long terme
Coefficient partiel 𝛄M :1,3
Sollicitation à vérifier : traction axiale c’est une sollicitation rencontrée dans l’entrait
et membrure inférieur de la poutre
Justification : la contrainte de traction axiale induite par la charge (cf. combinaison
d’action des états limites ultimes qui fera d’ailleurs l’objet de nos vérifications de
section) doit rester inférieure ou égale à la résistance en traction axiale calculée. Le
taux de travail est le rapport de la contrainte induite sur la résistance calculée. Il doit
être inférieur ou égale à 1. La justification avec le taux de travail permet d’identifier
très rapidement les points sensibles d’une structure lorsque ce taux est proche de 1.
σt , o , d
Taux de travail= ≤1
ft , o , d
𝞼t,o,d : contrainte de traction axiale induite par la combinaison d’action des états
limites ultimes en MPa
N
σt , o , d= Où N : effort de traction axiale en newton qui est égal à l’effort
A
normal interne N= S×P A : aire de la pièce en mm2
ft, o,d : résistance de traction axiale calculée en MPa
kmod
f t , o , d=ft ,o , k × × Kh
γM
ft,o,d : contrainte de résistance en traction axiale en MPa
ft,o,k : contrainte caractéristique de résistance en traction axiale en MPa
kmod : coefficient modificatif en fonction de la charge de plus courte durée et de la classe de
service.
M : coefficient partiel qui tient compte de la dispersion du matériau.
kh : coefficient de hauteur est détaillé ci-après :
Pour la traction, le coefficient de hauteur kh s’applique aux sections rectangulaires pour des
essences de masse volumique inférieure à 700 kg/m3. Il dépend de la plus grande dimension
de la section transversale. Il majore les résistances pour les dimensions inférieures à 150 mm
pour le bois massif et 600 mm pour le bois lamellé-collé. Le risque de défauts cachés dans la
structure du bois est moins important pour les petites sections que pour les grandes sections.
Calcul du coefficient de hauteur pour du bois massif
Si h ≥ 150 mm, kh = 1.
Si h ≤ 150 mm, kh = min (1,3 ;(150/h) 0,2).
Avec h la plus grande dimension de la section de la pièce en mm
Poutre : hauteur = 250 mm
Epaisseur = 200 mm
Sollicitation à vérifier : la flexion simple concerne de nombreuses pièces, telles que les
poutres, les solives, et tous autres éléments horizontaux. Cette sollicitation est la plus
fréquemment rencontrée.
La justification : la flexion produit une contrainte dans la direction de l’axe de la poutre,
c’est-à-dire normale à la section de la poutre. Cette contrainte est nulle sur la ligne moyenne
(milieu de la poutre si la section est symétrique). Elle est maximale dans la zone supérieure et
inférieure de la poutre. La contrainte de flexion est induite par la charge qui est calculée aux
ELU (états limites ultimes). Elle doit rester inférieure à la contrainte de résistance déterminée.
σm , d
taux de travail= ≤1
Kcrit × fm , d
𝞼m,d : contrainte de flexion induite par la combinaison d’action des états limites ultimes en
MPa
Mf , y
σm , d=
IG , y
V
Mf,y : moment de flexion
IG,y : moment quadratique, bh3/12 pour une section rectangulaire disposée sur le chant.
V : distance de la fibre neutre, h/2 pour une section rectangulaire disposée sur chant.
IG,y/V : module de flexion, bh2/6 pour une section rectangulaire disposée sur chant
fm,d : résistance de flexion calculée en MPa
Kmod
f m, d=f m, k × × Ksys × Kh
γm
fm,d : contrainte caractéristique de résistance en flexion en MPa
kmod : coefficient modificatif en fonction de la charge de plus courte durée et de la classe de
service.
𝛄M : coefficient partiel qui tient compte de la dispersion du matériau.
Ksys et Kh sont détaillés ci-après :
Ksys : coefficient d’effet système
L’effet système apparait lorsque plusieurs éléments porteurs de même fonction (poutres,
fermes) sont sollicités par un même type de chargement réparti uniformément. La résistance
de l’ensemble est alors supérieure à la résistance d’un seul élément pris isolement. Dans notre
projet nous prenons le coefficient égal à 1,1.
Kh : coefficient de hauteur
Le coefficient de hauteur Kh majore les résistances pour les hauteurs inférieures à 150 mm
pour le bois massif et 600 mm pour le bois lamellé-collé. Le risque de défauts cachés dans la
structure du bois est moins important pour les petites sections que pour les grandes sections.
Calcul du coefficient de hauteur pour le bois massif
Si h ≥ 150 mm, kh = 1.
Si h ≤ 150 mm, kh = min (1,3 ;(150/h) 0,2).
Pour notre projet Kh est pris égale à 1 et Kcrit également pris à 1 car le déplacement latéral de
la face comprimée est évité sur toute sa longueur en plus la rotation est évité au niveau des
appuis. Nous devons également noter que la compression transversale est appliquée au niveau
des appuis des poutres mais néanmoins nous n’allons pas nous attarder sur les calculs car elle
est minimale face à l’effet de flexion.
Conclusion
En ce qui concerne le dimensionnement nous avons donné la méthodologie à suivre pour
certains éléments de la structure notamment les fermes et les poutres dont nous avons jugé
critiques du fait de leur position quant aux poteaux nous n’avons pas effectué sa vérification
en compression axiale du simple fait que le risque de flambement sera pris en compte avec un
dispositif de contre-flambement