Effet de La Fécondité Sur Le Developpement Humain en Zone Cemac
Effet de La Fécondité Sur Le Developpement Humain en Zone Cemac
Mémoire
Pour l’obtention du grade de Master (indifférencié) en Ingénierie Statistique
Economique et Financière
Présenté et soutenu
Par
Mahamat Abdallah ABDOULAYE
Sous la direction de :
Idrissa Yaya DIANDY
Docteur en Science économie : Maître de conférences titulaire au
CREFDES- FASEG-UCAD
Membres du Jury :
DEDICACE
REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à ma directrice de mémoire, Monsieur Idrissa
Yaya DIANDY. Je le remercie de m’avoir encadré, orienté, aidé et conseillé.
J’adresse mes sincères remerciements à tous les professeurs, intervenants et toutes les
personnes qui par leurs paroles, leurs écrits, leurs conseils et leurs critiques ont guidé mes
réflexions et ont accepté de me rencontrer et de répondre à mes questions durant mes
recherches.
Je remercie mes très chers parents, Soukaray Abdraman et Abdallah Abdoulaye, qui ont
toujours été là pour moi. Je remercie mes sœurs Rouman, Arfa et Marwa et mes
frères Bachar, Atteib, Tayir et Rachid pour leurs encouragements.
Enfin, je remercie mes amis Brahim Issakha, Berinan Jonas, Abdelrahim Hissein et
Abakar Issa qui ont toujours été là pour moi. Leur soutien inconditionnel et leurs
encouragements ont été d’une grande aide.
SOMMAIRE
DEDICACE ................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................ III
SIGLES ET ACRONYMES .................................................................................................... IV
TABLE DES FIGURES ............................................................................................................ V
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................ VI
RESUME .................................................................................................................................VII
ABSTRACT .......................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION ................................................................................ 2
2. PROBLÉMATIQUE ....................................................................................................... 4
3. OBJECTIFS .................................................................................................................... 7
4. HYPOTHÈSES ............................................................................................................... 7
5. INTERET DE L’ETUDE .................................................................................................... 7
6. PLAN DU MEMOIRE .................................................................................................... 7
CHAPITRE I : ANALYSE THEORIQUE ET EMPIRIQUE : RELATION ENTRE
FECONDITE ET DEVELOPPEMENT..................................................................................... 8
SECTION 1 : LES DIFFERENTES APPROCHES DE LA FECONDITE ........................... 8
SECTION 2 : ANALYSE THÉORIQUE : les courant orthodoxe et hétérodoxe ............... 15
SECTION 3 : QUELQUES TRAVAUX EMPIRIQUES..................................................... 20
CHAPITRE II : METHODOLOGIE : MODELE THEORIQUE ET EMPIRIQUE ............... 23
SECTION 1 : Modélisation .................................................................................................. 23
SECTION 2 : Présentation des tests ..................................................................................... 27
SECTION 3 : Analyse descriptive des variables .................................................................. 29
CHAPITRE III : ESTIMATION DES PARAMETRES ET INTERPRETATION ................. 37
SECTION 1 : Source de données et présentation des résultats des différents tests ............. 37
SECTION 2 : Test de violation des hypothèses ................................................................... 41
SECTION 3 : L’estimation des paramètres du modèle, résultat .......................................... 43
CONCLUSION ........................................................................................................................ 48
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................. 51
ANNEXES ............................................................................................................................... 57
TABLES DES MATIERES ..................................................................................................... 64
SIGLES ET ACRONYMES
RESUME
Résumé : Depuis Malthus (1798), le poids de la population est évoqué comme un élément
freinant le développement. Ce mémoire analyse l’effet de la fécondité sur le développement
humain dans les six pays de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale
(CEMAC) sur la période 2000-2018. Le concept de fécondité utilisé est celui du nombre
d’enfants par femme en âge de procréer, tandis que le développement est approximé par
l’Indice de Développement Humain (IDH). Les données proviennent de la base du World
Development Indicator (WDI) de la Banque Mondiale et du Programme des Nations-Unies
pour le Développement (PNUD). L’estimation est basée sur les données de panel non
stationnaire, et recourt à un modèle de régression multiple. Les résultats montrent que la
fécondité affecte négativement l’IDH.
ABSTRACT
Summary: Since Malthus (1798), the weight of the population is mentioned as a factor
hindering development. This memory analyzes the effect of fertility on human development in
the six countries of the Economic and Monetary Community of Central Africa (CEMAC) over
the period 2000-2018. The fertility concept used is the number of children per woman of
childbearing age, while the development is approximated by the Human Development Index
(HDI). The data come from the World Development Indicator (WDI) database of the World
Bank and the United Nations Development Program (UNDP). The estimate is based on the
non-stationary panel data, and uses an multiple regression model. The results show that
fertility negatively affects the HDI.).
INTRODUCTION
Dès le début du XVIIIème siècle, la population dans plusieurs pays a connu un accroissement
à un taux exponentiel par rapport à la production de biens et services. Malthus (1798)
remarque déjà le phénomène lorsqu’il affirme que « si c’est une folie de multiplier l’or et
l’argent dans un pays sans y multiplier les marchandises en circulation, il n’est pas moins
absurde de vouloir multiplier les hommes sans augmenter la quantité des aliments ». En effet,
la théorie malthusienne s’intéresse aux effets intimement liés à la nature humaine qui
étouffent le progrès vers le développement. Par ailleurs, Malthus ajoute que la nature occupe
une place centrale dans l’existence humaine et la nécessité d’une passion conjugale continue
génère la pauvreté.
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Tabutin (1980) affirme que la relation “causale” entre fécondité et développement a été
pendant des décennies la base de la théorie de la transition de la fécondité ou tout simplement
la base de la théorie de la transition démographique, tentative d’explication de l’évolution
démographique des pays occidentaux. (Malthus,1798). Il affirmait, dans son “Essai sur le
Principe de la Population”, que ‘’le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment plus
grand que le pouvoir qu’à la terre de produire la subsistance de l’homme”, que la taille d’une
population humaine peut-être limité par des freins préventifs (abstinence, célibat vertueux) ou
destructeurs (guerre, famine ’...), que les freins préventifs ne peuvent opérer efficacement que
s’il y a une menace da misère, étant donné que les meilleures conditions d’existence et la
disponibilité alimentaire entraînent une multiplication géométrique de la population.
La croissance démographique rapide provoquée par un taux de fécondité élevé et durable est
associée à des taux de pauvreté élevé, de faible taux d’éducation primaire et de mortalité
infantile élevée (Schoumaker et Tabutin, 1999).
L’Afrique sub-saharienne et l’Asie du sud couvrent les taux de fécondité les plus élevés. Les
statistiques de la Banque mondiale viennent confirmer cette réalité dans la mesure où l’on
retrouve en moyenne 8 enfants par femme au Kenya, 7 à 8 au Niger et Nigeria, 6 au Tchad
pour ne citer que ces pays. C’est dans ces zones que plus de la moitié des pauvres vivent et
c’est dans ces régions que se concentrent 85% des pauvres. La BM affirme par ailleurs que les
15% restants vivent dans les quatre autres régions du monde. Selon Eloundou-Enyegue (1998)
cité par Schoumaker (2003), bien que l’Afrique sub-saharienne soit la région où la pauvreté
est plus répandue, où la fécondité est la plus élevée, les études empiriques sur la relation entre
fécondité et pauvreté dans cette région ne sont paradoxalement pas légions. L’auteur affirme
en outre que les liens entre pauvreté et fécondité ont toutefois d’importantes implications pour
la population future de l’Afrique sub-saharienne.
Les pauvres sont exposés à un manque de biens nécessaires pouvant satisfaire aux besoins
fondamentaux, conduisant ainsi à des fortes fécondités. Selon Chen et Ravillon (2000) avec la
moitié de sa population vivant avec moins de 1 dollar par jour, et les deux quarts vivant avec
moins de 2 dollars, il n’y aura pas de déclin de fécondité durable en Afrique sans une baisse
importante de la pauvreté et ou sans une baisse considérable de la fécondité parmi les pauvres.
La maitrise de la fécondité des pauvres est considérée alors comme la principale voie à une
baisse de fécondité durable en Afrique Sub-Saharienne, ajoutent-ils.
90+
80-84
70-74
60-64
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20-24
10-14
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10 000 5 000 0 5 000 10 000
Homme Femme
2. PROBLÉMATIQUE
La communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est une
organisation internationale regroupant six pays d’Afrique centrale créée en 1994 à Ndjamena
(Tchad) pour prendre le relais de l’Union douanière et économique de l’Afrique centrale
(UDEAC). Son siège est à Bangui (RCA).
La création de la CEMAC est toutefois intervenue dans le contexte marqué par une crise
économique profonde et brutale qui a affecté les économies des pays de la sous-région et
aussi l’accélération de la mondialisation.
Dans un rapport portant sur les perceptives économique en Afrique, la Banque africaine du
développement (BAD, 2017) affirme qu’après la chute des matières premières, la croissance
économique reste élevée en 2016 soit 4,7 pour le Cameroun, 2,4% pour le Congo, 2,9 pour le
Gabon , -8,2% pour la guinée équatoriale, 5,1 pour la RCA et -3,4 pour le Tchad. Malgré ses
nombreuses richesses, les pays de la zone CEMAC restent en queue de peloton de l’indice de
développement humain des nations (Rapport final du programme économique et régionale de
la CEMAC, 2009). Ainsi, le problème de population n’est pas seulement une question de
chiffre, mais il inclut aussi le bien-être humain et le développement.
Le problème qui se pose aujourd’hui est d’autant plus d’acuité que la fécondité galopante
vient aggraver la situation précaire. À cet effet, plusieurs chercheurs sont unanimes du fait
que l’augmentation de la population pose d’énorme problème, surtout lorsque l’économie ne
suit plus son rythme. En juillet 2007, lors du G20, à Hambourg interrogé sur les questions
concernant la démographie en Afrique, le président français Emmanuel Macron affirme que «
quand des pays ont 7 à 8 enfants par femmes, vous pouvez décider de dépenser des milliards
d’euros, vous ne stabiliserez rien ». La situation des pays en voie de développement à l’instar
des pays de l’Afriques sub-sahariennes et de l’Asie du sud montre que la croissance
démographique de ces régions constitue un obstacle pour le développement. Ce constat est
fait par (Charbit et Gaimard, 2015) lorsqu’ils écrivent pour une bonne partie de l’opinion
publique, la croissance démographique trop rapide est considérée comme un obstacle majeur
au développement de l’Afrique. Une augmentation rapide de la population engendre une
diminution des ressources qui permettent d’améliorer les conditions de vie de la population.
Une société où la natalité est élevée est dans l’obligation d’utiliser ses ressources pour la
construction des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, des services sociaux dont la
population en a besoin. Cela rejoint l’analyse de Lambert(1960) selon laquelle une croissance
démographique aussi rapide impose des efforts de développement plus lourds puisqu’il ne
suffit pas d’élever rapidement le niveau de vie de la population mais qu’il faut assurer ces
niveaux de vie à des populations plus nombreuses.
Cependant, lorsque la population est pauvre, il est difficile de voir cette dernière épargner et
surtout les ménages de grande taille. « Si les pauvres sont pauvres, c’est parce qu’ils
n’épargnent pas suffisamment » (Banerjee et Duflo, 2011). En ce moment, l’État se trouve
dans l’obligation de faire recours aux investisseurs étrangers ou aux emprunts. Cela constitue
une charge pour la société et la future génération, car les sommes empruntées proviennent de
l’extérieur. Lorsque les sommes prêtées proviennent de l’épargne locale, les emprunteurs
courent moins le risque d’être noyés dans des dettes qui excèdent leurs possibilités de
remboursement (Shipton 2010).
L’explosion démographique des années 1950 dans les PED a relancé le débat malthusien des
effets négatifs de la croissance démographique sur le développement. Le cas des pays de
l’Afrique sub-saharienne à l’instar des pays de la CEMAC où la fécondité élevée constitue
une contrainte à la mise en œuvre des politiques allant dans le sens de l’avancement du niveau
de vie et donc du développement. Dès lors, la fécondité est au centre des interrogations
scientifiques et suscite des inquiétudes non seulement de la part des chercheurs mais aussi de
la part des preneurs de décisions en raison de son influence sur le niveau de développement,
sa transition devient cruciale, elle est l’un des défis essentiels de l’Afrique.
Ce raisonnement montre que le sous-développement se traduit par le nombre d’enfant par
femme persistant, qui nécessite une baisse. Dans certains pays, la réduction de la fécondité est
une priorité absolue. Bon nombre de pays ont compris les conséquences néfastes de la
fécondité sur l’économie en formulant des politiques allant dans le sens de sa réduction
(Garenne et Joseph 2000 ; Tabutin, 1997 et Tabutin et Shoumaker, 2001).
3. OBJECTIFS
A la lumière de cette question, l’objectif de notre mémoire est d’étudier le lien entre la
fécondité et le développement humain en zone CEMAC. De façon spécifique, il s’agit de :
OS1 : Analyser l’effet de la fécondité sur le développement humain dans la zone CEMAC.
OS2 : Évaluer l’impact de la natalité sur le développement humain dans la zone CEMAC.
4. HYPOTHÈSES
5. INTERET DE L’ETUDE
L’intérêt de ce travail réside dans ce qu’il doit pouvoir renforcer des politiques des
programme de réduction de la fécondité, dans le but d’améliorer la santé des femmes, la
condition de vie des ménages, afin d’assurer le développement humain des pays membres de
la sou région.
6. PLAN DU MEMOIRE
Ce travail est structuré de la manière suivante : le premier chapitre est consacré à l’analyse
théorique et empirique, le deuxième chapitre présente la démarche méthodologique, le
troisième chapitre quant à lui présente l’estimation des paramètres et interprétations. Le
travail est bien évidemment clôturé par une conclusion.
Depuis longtemps, les chercheurs expliquent la fécondité en tenant compte des aspects
économiques, démographiques, culturels et politique. La fécondité est un phénomène
complexe. Sa compréhension exige un cadre d’analyse théorique pouvant servir de référence
pour formuler des politiques de population et de régulation des naissances. D’une manière
générale, il n’existe pas une théorie générale de fécondité permettant de comprendre
clairement le comportement démographique. Mais plusieurs approches sont envisageables
pour expliquer l’évolution de la fécondité dans le monde. Selon Chokri, il s’agit de :
Développée par Parsons entre 1950 et 1969, cette théorie est focalisée sur la société. Elle
suggère que la baisse de la fécondité s’accompagne d’un changement dans la structure
socioéconomique traditionnelle c’est-à-dire, le passage d’une société traditionnelle
comprenant des grands ménages à une société industrielle moderne comprenant les petits
ménages. Or la modernisation est relative à la l’urbanisation, scolarisation, monétarisation du
travail, amélioration du statut de la femme, de changement de comportements, du sens donné
aux enfants. Ces derniers constituent les éléments de la transition démographique. Les
ménages doivent prendre en considération et s’adapter à cette transformation. À cet effet, les
couples font moins d’enfants et cela grâce à la planification familiale en utilisant les méthodes
contraceptives.
Les théories ou courants de pensées voient dans la prolificité du Tiers-Monde un simple reflet
de leur mode de production archaïque et de leur pauvreté économique (Wakam, 1994). Selon
ces théories, la forte fécondité des pays du Tiers-Monde (Afrique sub-saharienne) résulte de
l’adaptation à leur environnement difficile du point de vue sanitaire, économique, écologique.
À cet effet, si l’on croit à ses théories, seul le développement économique se traduit dans les
faits par l’industrialisation, l’urbanisation, la moralisation du travail baisse de la mortalité,
l’apparition d’institutions non familiale et pourrait déclencher la baisse de la fécondité dans
ces pays (Tabutin, 1984). Autrement dit, en donnant aux Africains la chance d’obtenir une
bonne éducation, d’améliorer leur santé et leurs conditions de vie, manger à sa faim; leurs
permet de ne pas avoir le désir de faire beaucoup d’ enfants. Et donc de contrôler leurs
fécondités.
Cependant, les études empiriques récentes montrent que, cette hypothèse purement
économique ne peut pas expliquer elle-même ce phénomène dans ces pays comme le souligne
Locoh (1985) lorsqu’il se demande pourquoi la préférence pour de nombreuses descendances
résiste-telle à l’épreuve des difficultés économiques croissantes des pays Africains. Par
ailleurs l’auteur ajoute, en Afrique, l’urbanisation ne se traduit pas que dans les groupes
sociaux très limités par une baisse de la nuptialité que par une évolution de la fécondité
proprement dit.
Développée par Becker (1960), Easterlin (1983), l’approche microéconomique repose sur les
avantages et inconvénients pour un couple d’avoir les enfants. Les avantages sur lesquels se
fondent les couples pour décider d’avoir un enfant sont : la consommation de l’enfant, c’est-à
dire le plaisir que l’enfant procure pour ses parents, l’activité économique de l’enfant, c’est-à
dire le travail que l’enfant peut apporter à ses parents, la sécurité des parents pendant la
vieillesse par l’enfant.
Contrairement à ce qui précède, les désavantages qui peuvent conduire les parents à ne pas
faire les enfants sont : le coût élevé de l’éducation de l’enfant est couts d’opportunité qu’une
mère peut perdre quand elle est en état de gestation.
Ainsi, le nombre d’enfants désirés, par les couples résulte en grande partie d’un processus
rationnelle prise de décision qui tient compte des couts et des avantages potentiels. Donc les
parents sont incités sur le plan économique à avoir un enfant supplémentaire lorsque les
avantages procurés par l’enfant dépassent les couts. Mais avec le développement économique
le revenu des parents s’accroit, leur statut socioéconomique évolue en même temps que leurs
gouts et leurs ambitions. Les avantages dérivant de la sécurité diminuent pendant que les
couts augmentent. D’où une réduction de la fécondité.
Conçu par Caldwell (1982), l’approche du flux intergénérationnel de richesse est basée sur
l’intérêt ou le bénéfice qu’ont les parents à faire un enfant supplémentaire. Elle stipule que
l’idéologie d’une forte ou faible fécondité est économiquement rationnelle, la fécondité est
élevée dans toutes les sociétés où les flux de richesses des bénéfices des parents au cours de
leurs vies sont plus qu’ils n’ont coûté, la transition de la fécondité ne peut avoir lieu que s’il y
a inversion des flux des parents vers les enfants enfin dans les pays développés, cette
inversion ne peut avoir lieu que par l’avènement de la famille nucléaire. Selon cette approche,
la fécondité est réalisée à partir d’un calcul économique dans les sociétés à mode de
production familiale comme dans les sociétés à mode de production Capitaliste. Cette théorie
porte en elle-même les germes de l’universalité de la culture dominante qui constituent le
phare des toutes les sociétés en matière de fécondité Occidentale. Cette approche remet en
cause le modèle familial africain et prône une évolution des structures familiales. Cela
suppose que les populations qui veulent asseoir une transition de la fécondité doivent
renoncer totalement leurs valeurs les plus fondamentales qui constituent par ailleurs, le centre
de leur existence.
Cette approche est récente et explique le niveau et le déclin de la fécondité. Selon les
théoriciens marxistes, la fécondité est déterminée au niveau macro, par la demande de travail
Piche (1990) et au niveau micro, elle dépend des intérêts des familles (intérêts divers selon la
classe sociale au quelle elles appartiennent. C’est dans ce contexte qu’on parle souvent de la
fécondité comme stratégie de survie.
La fécondité dépend du mode de vie de production en vigueur, ce qui est lui-même fonction
de développement capitaliste. Dans le mode de production domestique, Cordelle et Pich
disent que : « La fécondité est à la fois une unité de production et de reproduction. L’élément
capital dans la survie de l’unité familiale est sa force de travail et tout doit être mis en œuvre
pour assurer une reproduction démographique suffisante. À ce titre, le mariage constitue une
des caractéristiques les plus fondamentales du mode de production domestique. Ce type
d’organisation est généralement patriarcal et ce sont les hommes qui contrôlent le système des
relations matrimoniales et l’usage de la main d’œuvre familiale. Bref, le régime démo-
graphique est centré sur la mobilité des femmes et une fécondité élevée ».
Par contre, dans le mode de production capitaliste généralisé, il y a disparité des bases
matérielles de la procréation et une forte fécondité devient coûteuse. Toutefois plusieurs
critiques peuvent être formulés en l’encontre de cette théorie. Elle est remise en cause dans le
contexte africain par Wakam (1994), dans la mesure où les sociétés négro-africaines
traditionnelles et mêmes modernes étant pour la plupart des sociétés communautaires et
solidaires, la nation de classe sociale y perd alors tout son sens. Dit-il.
Cette approche renvoie au système normatif qui régit les aspirations de fécondité pour
expliquer les différences entre sociétés. En effet, les individus appartiennent à des groupes et
intériorisent les modèles structurels de ces groupes. C’est ce qui explique le comportement
différentiel en fécondité.
intensité des taux de natalité et la situation sociale de la femme en cherchant à expliquer les
tendances de fécondité par les opportunités offertes aux femmes. Le modèle féministe part du
fait que le mode de production familiale est de type patriarcal et se caractérise par une
inégalité dans la répartition du travail au profit des hommes. Ainsi, le niveau élevé de la
fécondité s’explique par le statut social et économique médiocres des femmes.
De par le statut de la femme dans la société, l’approche féministe rejoint l’approche genre
opérationnalisée. Ainsi selon cette dernière, l’évolution du statut de la femme à travers son
accès à la scolarisation, à l’emploi, à sa préférence en matière de fécondité et à certaines
responsabilités dans la société a une influence directe sur la fécondité. D’après Assogba
(1989), le statut de la femme est donc un facteur important du changement dans les modèles
de fécondité : la fécondité apparait alors comme une stratégie de promotion du statut de la
femme, son autonomie financière lui donnant ainsi certains pouvoirs de décision dans la
société.
Cette approche vise à étudier les contextes dans lesquels s’inscrivent les processus de
production et reproduction dans les sociétés. Selon Oppong (1991), ce sont les changements
institutionnels qui déterminent et façonnent les comportements en matière de fécondité.
Plusieurs théories ont abordé dans le temps le concept de « développement ». Bien que les
auteurs se basent sur diverses approches, une amélioration des conditions de vies reste un
point commun. Nous abordons ici quelques de ces théories qui retiennent notre attention.
Développé par Rostow (1961), cette théorie décrit les étapes de la croissance économique
pour voir l’évolution du développement économique des sociétés. Cette théorie définie la
transition des écarts du développement entre PED et l’inégalité des conditions de vie.
Lafontaine (1995) l’a appelé aussi « théorie de la convergence ». Dans cette théorie ; on
observe l’idée selon laquelle le développement est uniforme et que toutes les sociétés ont
l’obligation de suivre les mêmes étapes pour accéder au développement. Gilbert (1996)
affirme que c’est un effet de sociocentrisme que l’historien de l’économie, en l’occurrence
Rostow, imagine que toutes les sociétés se comportent de la même manière et nourrissent les
mêmes désirs. Or l’homo économicus frustré par la rareté qui l’oblige à choisir parmi ses
désirs illimités, n’est pas universel.
Encore appelé théorie du centre et de la périphérie, cette théorie est différente de la précédente
dans la mesure où elle éclaircit les phénomènes d’accumulation des pays développés aux
dépens des PED. Pour expliquer le cycle de la dépendance économique des pays en voie de
développement par rapport aux pays développés, Amin (1977), Gunder (1966) ont proposé le
concept d’échange inégal et de la division internationale. Cette théorie découle à la fois deux
dimensions d’exploitations de la société : la dimension externe et la dimension interne. Il
n’est pas seulement question de montrer comment l’exploitation des pays en voie de
développement est faite par les pays développés mais aussi de montrer que le système
d’exploitation capitaliste des économies nationales des pays en voie de développement sert de
support à l’exploitation capitaliste et monopolistique par des entreprises internationales. Pour
Rist (1996), il s’agit « de penser le rapport développement et sous-développement de manière
globale, dans une perspective historico-structurale, pour monter que la domination externe est
relayée par une domination interne et que les classes (ou alliances de classes) au pouvoir
changent en fonction de la structure interne des économies ». On observe donc la lutte des
classes sociales.
Cette théorie est la réponse des théoriciens des pays en voie de développement et des auteurs
marxistes au système d’accumulation du capitaliste.
Développée par Perroux dans les années cinquante, la théorie des pôles de croissance admet
que la croissance n’est pas uniforme dans l’espace, elle se concentre plutôt en pôles ou en
zone de croissance dont les effets se diffusent sur l’économie immédiate. La théorie des pôles
de croissance est non seulement une théorie du développement économique mais aussi celle
de la diffusion spatiale de la croissance et du développement, Aydalot (1985). Selon lui, la vie
économique ne résulte pas de l’action d’agents isolés en situation de concurrence, mais de
l’action spécifique d’unités économiques qui par la position et leurs dimensions peuvent jouer
un rôle dominant. Cette théorie s’appréhende en deux points : spatial et développement
économique. Du point de vue de la localisation spatiale, elle montre que la croissance se
concentre dans l’espace et du point de vue du développement économique, le pole est un
mécanisme inducteur de croissance (Aydalot, 1985).
âgée de plus de 15 ans croît plus vite que la population a charge, apaisant ainsi les dépenses
sur la santé maternelle et des enfants ainsi que de la scolarisation bref le taux de dépendance
économique diminue. L’augmentation de la population active ainsi que la baisse de la
population à charge ouvrent une « fenêtre d’opportunité » ou « bonus démographique »,
permettant au pays d’accélérer sa croissance économique tout en investissant sur l’éducation,
la formation, la santé bref sur la capitale humaine. Ce qui a permis aux tigres et aux dragons
d’atteindre leur émergence.
L’Afrique sub-saharienne est la région qui présente des retards dans le processus du
développement et de transition démographique. La population de l’Afrique sub-saharienne est
jeune et le taux de fécondité reste encore élevé avec une pyramide des âges élargie en bas et
rétrécie au sommet (Figure 1) malgré les politiques de population et mesures prises. Les
résistances culturelles persistent encore ; le nombre d’enfant constituent une source de
bénédiction et de richesse. Selon Ferry (2007). La septième conférence africaine sur la santé
et droits sexuels reproductifs met l’accent sur la population jeune ce qui promet un avenir
meilleur pour le développement de cette région.
Éduca
Structure
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de la Dividende
Santé
population démograp
Écono
mie hique
Gouve
rnance
Les thèses malthusiennes présentent une vision pour le moins étriquée du potentiel de la terre
à produire des richesses et surtout de la capacité de l'homme à s'adapter et à trouver de
nouvelles ressources.
L'ensemble des discours malthusiens a été repris par les libéraux tels que Jean-Baptiste Say
qui n'a pas hésité à affirmer qu'il était bien plus important d'épargner que de féconder. Par
ailleurs, en reconnaissant la capacité de l'espèce humaine à se reproduire à l'infini, il met en
place un schéma bien précis selon lequel l'augmentation de la population est bornée par le
défaut de moyens d'existence. Cependant cette théorie repose sur la prise en compte du
rendement, qui constitue le rapport entre la quantité produite et la surface cultivée et non de la
productivité, qui correspond au rapport entre la quantité produite et le travail de l'homme Pour
Ricardo, l'augmentation de la population est naturelle mais les conditions économiques en
limitent la croissance. Afin de favoriser le maintien d'une population nombreuse et de
promouvoir la croissance démographique par le développement des richesses, et vice-versa, il
faudrait donc développer le progrès technique et le libre-échange. Au début du XXème siècle,
l'effort général de rationalité touche la science de la démographie et se traduit par l'utilisation
de modèles. Mais le clivage entre les malthusiens et les anti-malthusiens demeure. L'analyse
démographique s'appuie encore davantage sur des considérations d'ordre économique. Pareto
affirme la dépendance mutuelle entre l'évolution démographique et l'évolution économique.
Cependant, contrairement à Malthus qui analyse les effets de la croissance de la population
uniquement en termes de prospérité, Pareto met en évidence une pluralité de causes : le mode
d'organisation de la société, l'utilisation des capitaux, etc... La théorie de Pareto illustre une
La doctrine malthusienne, quant à elle, subit deux courants : l'un qui lui marque une
opposition farouche et l'autre qui lui imprime une réactualisation intéressante. Dans
l'ensemble, les opposants au malthusianisme formulent des objections importantes. Tout
d'abord, la croissance démographique s'inscrit dans un processus de développement
économique non négligeable. Elle crée en effet "une pression créatrice'; selon les termes
d'Ester Boserup (1965), qui modifie les modes de production. Contrairement à la proposition
de Thomas Malthus selon laquelle les méthodes agraires définissaient la taille de la population
(fonction de la nourriture disponible), elle démontra au contraire que c'est la pression
démographique qui impose l'évolution des techniques agraires. En bref, « la nécessité est la
mère de l'invention. ». L'augmentation de la population se traduirait alors par une
augmentation des ressources, ce qu'Alfred Sauvy soulignait également en reconnaissant
l'importance des relations entre le progrès technique et le volume de la population active
occupée.
Kuznets (1958) soulevait encore la question des avantages économiques d'une croissance
démographique rapide. Il déclare au début d'un rapport que les récents ouvrages spécialisés (et
de vulgarisation) soulignent spécifiquement les aspects négatifs et le danger de la croissance
de la population : épuisement des ressources non renouvelables, détérioration des conditions
de l'accumulation du capital, difficultés d'organisation, etc. Il propose d'envisager l'apport
positif de la croissance de la population, estimant qu'il devra tôt ou tard l'emporter sur l'effet
négatif. Mais ses intentions n'aboutirent à rien. On peut lire dans les dernières pages du
rapport que, même dans le cas d'une économie développée, la question principale de la
discussion comme dans la plupart des recherches dans le domaine des relations entre la
démographie et la croissance reste ouverte. Il poursuit que nous n'avons même pas de données
empiriques approximatives pour pouvoir soupeser les divers aspects positifs et négatifs de la
croissance de la population. Bien que nous puissions, en toute vraisemblance, distinguer ce
qui est avantageux de ce qui ne l'est pas, il est rare que nous connaissions le caractère des
fonctions qui les relient aux diverses valeurs de la croissance démographique. Revenant sur
cette question, mais cette fois en 1965, Kuznets affirmait qu'on ne peut répondre aux
différentes questions liées à ces deux variables que par des jugements spéculatifs, en ayant
recours à toutes sortes de connaissances incomplètes.
Ainsi, simultanément et de façon surprenante, la recherche s'orienta peu, jusqu'à la fin des
années soixante-dix, vers l'exploration des conséquences économiques de la forte croissance
démographique. Les quelques analyses théoriques développées avaient donc pour but de
soutenir les positions antinatalistes. Face à ces analyses qui se bornaient à prolonger les
modèles canoniques de croissance par accumulation, les études réellement empiriques
orientées vers la recherche de liaisons statistiques pertinentes et significatives entre la
croissance de la population et les performances macroéconomiques furent relativement rares.
La recherche ne s'orienta vers cette démarche empirico-inductive qu'à partir des années
quatre-vingt, principalement en divisant le champ des relations démo-économiques en
quelques domaines d'interaction séparés les uns des autres et étudiés de façon indépendante
ceteris paribus. C'est ce que McNicoll appelle les «topical studies», que nous traduirons par
études thématiques partielles. Cette méthodologie sera très liée au renouvellement de la
conception des conséquences économiques de la croissance démographique vers des positions
plus neutralistes et relativistes, généralement qualifiée de révisionnistes.
Alfred Sauvy (1952) avait développé le concept d'optimum de peuplement pour bien montrer
que le défaut de population, autant que son excès, pouvaient freiner le développement
économique.
Le classique : "il n'est de richesses que d'hommes"de Bodin (1576), a été relayé, entre autres,
par l'analyse d'Emile Durkheim13 pour qui " le développement numérique de la population est
une des causes de la division du travail social ; la division du travail social est elle-même le
point de départ de toute une série de perfectionnements dans tous les domaines de la vie".
Dans le même ordre d'idée Boserup (1965) présenta des arguments dans le but de réfuter
l'idée selon laquelle la croissance démographique rapide est un frein au développement. Selon
elle, cette croissance engendre de préférence une nouvelle organisation dans la collecte et
dans la progression des denrées agricoles par tête. C'est de l'accroissement de la population
que résultent des modifications dans le mode d'exploitation des terres et non l'inverse. Ainsi,
c'est la croissance économique qui incite les sociétés à se trouver de nouvelles techniques
pour l'exploitation des terres. Par contre, moins le pays est peuplé moins cette société
cherchera à trouver de nouvelles techniques pour améliorer la production de ces terres. Par-là,
Boserup (1965) défend le rôle moteur que joue la croissance de la population dans le
changement des techniques. Ce qu'elle désigne sous le nom de pression créatrice. La
perspective orthodoxe fut attaquée dès la fin des années soixante, sous le double effet de
l'absence durable de corrélation significativement négative entre croissances démographique
et économique et de la remise en cause théorique et empirique de ses principaux résultats.
Mais, elle ne vit cependant s'édifier, face à elle, un paradigme alternatif cohérent et robuste
qu'à partir des années quatre-vingt. Paul Demeny appela alors révisionnisme cette perspective
renouvelée, par opposition à l'orthodoxie que pouvait constituer le corpus néo-classique et
néo-malthusien des effets négatifs de court terme. La définition du révisionnisme est
nécessairement critique par rapport à la théorie de Malthus, puisque ce mouvement d'analyse
se construit sur les échecs et les apories du système orthodoxe. Le problème est en substance
de vérifier si la croissance démographique a réellement (révisionnisme extrême) des effets
négatifs sur la croissance économique, ou de mesurer et relativiser la portée réelle de ces
effets (révisionnisme modéré) au cas où ils existeraient réellement.
Le point essentiel sur lequel tous s'entendent, est que les conséquences de la croissance
démographique sur la croissance ne peuvent être isolées de façon agrégée et monolithique,
sans prendre en compte les liaisons multiples qui caractérisent le système démo-économique,
dans toutes ses temporalités. De plus, la forte croissance démographique est un facteur parmi
d'autres, qui peut, selon les circonstances, jouer soit négativement dans le court terme, soit
positivement dans le moyen et le long terme, sur la croissance du niveau de vie. Les
conclusions orthodoxes doivent donc être relativisées, nuancées et contextualisées.
dans l'ensemble, la tradition marxiste continue, comme par le passé, à ne pas surestimer le
rôle du facteur démographique, surtout ses incidences négatives sur le développement
économique et l'augmentation du bien-être, qu'il soit question de croissance rapide ou de
croissance lente de la population.
Doliger (2006), fait une étude portant sur la relation de causalité entre le développement de la
démographie et la croissance économique en France à partir d’un modèle VAR. Il conclut tout
d’abord qu’il existe effectivement une relation entre la croissance démographique et la
croissance économique. Et, c’est la classe la plus jeune de la population qui dynamise
l’économie de la France depuis 1950, et donc l’attention doit être portée sur la natalité et la
décision d’avoir un enfant. Kiguru.T, et al (2013) ont étudié l’impact du changement de
population sur la croissance économique au Kenya. Ces Auteurs ont utilisé une estimation de
la régression autorégressive vectorielle série chronologique pour la période 1963 à 2009 et ont
abouti au résultat selon lequel la croissance économique et la croissance démographique sont
corrélées et de plus un accroissement de la population impact positivement la croissance
économique. Kelley et Schmidt (2005) montrent à partir d’un échantillon de 17 PED sur la
période couvrant 1970-1990 que l’influence de la croissance démographique sur la croissance
économique varie en fonction des pays et des périodes de l’étude. Les résultats montrent que
pour certains pays, l’effet de l’accroissement de la population est positif, tandis que pour
d’autres il est négatif. Cela dépend de l’évolution de la structure de la population et des
politiques socio-économiques menées dans ces pays. Chan et al (2005), Thuku et al (2013)
ont fait une étude sur 17 pays en développement, et montrent que lorsque la population
augmente suite à l’amélioration des conditions de vie, l’épargne et l’investissement augmente
ainsi que la croissance économique.
Dao de son côté travaille sur un échantillon de 43 PED sur la période 1990 à 2008 tout en
utilisant une régression linéaire multivariée en utilisant la méthode des moindres carrés
ordinaires et montre que la croissance démographique, à elle seule, affecte négativement la
croissance économique. Par ailleurs, l’auteur affirme que les pays à forte croissance
démographique connaissent des problèmes de chômage, de famine, de malnutrition et de
pauvreté. Birdsall et al (2001), explorent l’impact des changements démographiques sur la
croissance économique et la pauvreté dans les pays en développement. Il a été montré que la
croissance démographique rapide a un impact quantitativement négatif sur le rythme de la
croissance économique globale dans les pays en développement d’une part. La baisse de la
fécondité a contribué de manière significative à la réduction de l’incidence et de la gravité de
la pauvreté, d’autre part. Eggerickx. T, (2004), étudie la dynamique démographique et la
transition de la fécondité dans le bassin industriel de la région de Charleroi, de 1831 à 1910,
et montre que quel que soit leur origine géographique ou socioprofessionnelle, les générations
nées après 1843 peuvent être « qualifiées de générations contraceptives ». Le contrôle
volontaire des naissances est d’une part la réponse à la crise économique des années
18731892 qui mit à mal le niveau de vie des familles, d’autre part, ce contrôle remet en
question le rôle de l’enfant dans l’économie des ménages. Fassassi et Vimars (2012), en
s’attachant à comprendre l’évolution de la fécondité, croissance et développement humain en
Afrique subsaharienne, montrent que la baisse de la fécondité, d’une politique de population
favorisant l’accès à la planification familiale et l’insertion des femmes dans la vie
professionnelle et sociale. Par ailleurs, la transition de la fécondité observée durant les
dernières décennies est davantage le fruit, en Afrique sub-saharienne, d’une transition de crise
que l’effet d’un malthusianisme de pauvreté. Gastineau, (2012), analyse la transition de la
fécondité, développement et droit des femmes en Tunisie en s’appuyant des idées du présidant
Bourguiba de la nécessité d’améliorer le statut juridique et socio-économique des femmes qui
ont porté des fruits positifs, elle confirme l’importance du statut de la femme dans la société
tunisienne en tant variable du changement démographique. Bloom et William (2005), étudient
les changements démographiques et économiques sur une base de données regroupant les
pays d’Asie de l’Est, sur la période 1965 à 1999, montrent qu’avec un taux de fécondité élevé,
la croissance économique serait négative, mais grâce à un accompagnement de
l’investissement sur la santé, et de l’éducation, considéré comme miracles de l’émergence de
l’Asie de l’Est. Tabah de son coté en voulant comprendre les effets de la croissance
démographique sur la croissance économique, Tabah s’est intéresse du modèle Harrod et
Domar et analyse les effets de la croissance démographique sur le développent en deux points
Coal et Hoover (1958), ont établi un modèle visant à réduire les effets de la fécondité sur la
croissance économique en Inde, couvrant période 1956 à 1986. Ce modèle a été l’un des plus
célèbres. L’inde a bénéficié des ressources financières consacrées à la planification familiale
considérée comme moyen de réduction de la fécondité.
D’après cette revue théorique, il apparait que la conception de l’effet de la fécondité sur le
développement diffère selon les auteurs et selon les pays. Nous avons bien compris que la
fécondité élevée affecte positivement et ou négativement le niveau du développement humain.
Alors qu’en est-il pour le cas de la zone CEMAC ?
SECTION 1 : Modélisation
Dans cette section, nous présentons successivement le cadre conceptuel et le modèle retenu
pour notre étude. Pour ce faire, nous passons du modèle général au modèle spécifique
D’après la littérature, plusieurs études ont montré que le développement est influencé par
diverses variables dans le cas de notre étude, il s’agit bien du nombre moyen d’enfant qu’une
femme peut avoir. L’hypothèse est que la fécondité booste le développement. Ainsi, nous
établissons la relation fonctionnelle de la forme :
(3)
travailler. Le revenu par habitant est divisé par le revenu par personne en âge de travailler
multiplié par le nombre de personne en âge de travailler.
(4)
Où Y est le revenu, P la population et L la population en âge de travailler dans le pays i sur
l’année t. En ajoutant le log de part et d’autre de l’équation (4), on obtient :
(5)
Posons
(6)
En considérant 𝑔𝑧 = 𝜆(𝑧∗ − 𝑧0) (7)
(10)
À partir de l’équation (5), le taux de croissance du revenu par habitant est la somme des
croissances du revenu par travailleur et la croissance du nombre de travailleurs par habitant
(qui peut être croissante de la main d’œuvre plus la croissance de la population).
𝑔𝑦 = 𝑔𝑧 + 𝑔𝑙 + 𝑔𝑝 (11)
(12) En
partant de la forme (12), Bloom et al ont abouti à la spécification de la régression multiple
suivante :
période, ln(𝐿⁄𝑃) le logarithme de la part des travailleurs dans la population totale 𝑔𝐿 et gp les
Pour tester l’hypothèse selon laquelle la fécondité a des effets négatifs sur le développement
en zone CEMAC, nous adaptons le modèle classique de Cob-Douglas utilisé par Bloom et
al(1999) pour étudier le changement démographique et croissance économique en Asie. Étant
donné que cette investigation s’intéresse à l’effet de la fécondité sur le développement, nous
écartons le taux de croissance de la population active et le logarithme de la part des
travailleurs dans ce modèle. Sur la base de notre recherche, nous intégrons d’autres variables
jugées pertinentes : la santé, l’éducation, le taux de natalité et l’IDH et nous le prenons
comme variable expliquée. Et le modèle devient :
(14)
Étant donné que cette équation n’est pas linéaire, elle ne nous permet pas d’estimer ses
paramètres. Pour la linéariser, nous faisons la transformation logarithmique. Ainsi, on obtient
la forme suivante :
Dans notre modèle, il y a deux types de variables : la variable endogène ou expliquée 𝐼𝐷𝐻 et
plusieurs variables explicatives ou exogènes à savoir : le taux de fécondité, la population
féminine, la population masculine, le taux de natalité, le taux de croissance du PIB, le PIB par
habitant, l’éducation et la santé. La variable d’intérêt est l’IDH et les autres sont considérés
comme variables de contrôles.
Pour l’estimation de notre modèle d’analyse, nous procédons dans un premier temps à la
vérification des tests d’homogénéité de HSIAO Ces tests permettent de voir la pertinence
d’utiliser une structure panel des données ou non. L’objectif principal de ces tests est de voir
s’il est possible de supposer que le modèle théorique étudiée est parfaitement identique pour
tous les individus statistiques de l’échantillon ou s’il existe des spécifications propres à
chaque individu. En d’autres termes, cela revient à tester l’égalité des coefficients du modèle
étudiée dans la dimension individuelle.
Le test d’Hausman est utilisé pour déterminer s’il faut recourir à un modèle à effets fixes ou
aléatoires. C’est donc un test de spécification qui permet de déterminer si les coefficients
deux estimations sont statistiquement différents.
Test de stationnarité : une série est dite stationnaire lorsqu’elle est dépourvue de tendance et
de saisonnalité, une modélisation sur des séries non stationnaires donne des résultats dont les
interprétations sont fausses.
Test de validation : La violation des hypothèses d’homoscédasticité et de non autocorrélation
des erreurs affectent la qualité de nos estimateurs. Dans le cadre de notre travail, nous
utilisons le test d’Im et al(2003) car ce test est plus performent que le test de Levin et al
(2000) dans le cadre d’un panel cylindré.
Le test de Levin et al est utilisé pour les tests de stationnarité sur les données de panel
l’hypothèse nulle de ce test suggère l’homogénéité de la racine unitaire, contre l’hypothèse
𝑝𝑖
Selon Im et al, tous les individus peuvent ou ne pas avoir la même racine unitaire.
L’hypothèse du test de IPS suggère la présence d’une racine unitaire. La statistique de ce test
correspond à la moyenne des statistiques individuelles de (ADF).Si la statistique calculée est
inférieure à la valeur critique de la loi normale centrée réduite à 5% c’est-à-dire à -1,64, on
rejette l’hypothèse nulle d’une racine unitaire pour l’ensemble des individus.
De façon générale, ces pays paraissent converger vers un même modèle de fécondité. En
principe, lorsque la transition de la fécondité amorce, la fécondité décroit jusqu’à atteindre le
seuil de remplacement. L’analyse de l’évolution du taux de fécondité montre une
décroissance lente et progressive du taux de fécondité. La baisse de la fécondité se manifeste
de façon nette que dans la période 2000 à 2016 pour l’ensemble des pays de la sous-région.
Figure 4: Évolution de la croissance du PIB par habitant en zone CEMAC
L’analyse montre que les dépenses courantes de santé évoluent en dent de scie durant la
période d’étude. Il est reconnu que la santé est importante pour le développement d’un pays et
donc doit être un secteur prioritaire des dépenses publiques. Lors de la conférence d’Abuja
tenu en 2000 dans le but de la réalisation des OMD, une somme importante de budget
national a été consacré à la santé.
La figure 4 nous montre l’évolution du taux de scolarité primaire en zone CEMAC couvrant
l’année 2000 à 2016. En 2000 le taux de scolarité dans la plupart des pays de la sous-région
est faible. Cette faiblesse est soit due par l’inégalité du genre au détriment des filles dans
certaines sociétés où la femme est considéré faire les tâches ménagères et l’homme au travail ;
soit l’insuffisance des revenues des parents qui fait à ce que ces derniers priorisent les garçons
car une fois que la fille sera mariée, ils ne se voient plus bénéficier de leur investissement, ce
bénéfice sera pour la famille au quelle la fille va appartenir.
La figure 7 montre que l’évolution du taux de natalité présente des instabilités sur différentes
périodes tant à la hausse, que à la baisse de 2000 à 2016 sur l’ensemble des pays de la sous-
région.
D’après la banque mondiale (2015), les pays de l’Afrique sub-saharienne particulièrement les
pays de la zone CEMAC, présente encore des maladies grave talque le VIH sida par rapport
aux autres pays. Malgré ces maladies et des faiblesses en dépenses courante de santé (figure
4), l’espérance de vie à la naissance dans la zone CEMAC n’a pas chuté, elle a
considérablement augmenté de 2000 à 2016. Elle est passé de 44,06 ans à 66,18 ans ; en
moyenne la durée d vie en zone CEMAC est de 54,22 ans (tableau 2).
Dans ce chapitre, nous faisons l’analyse empirique. Pour ce faire, dans un premier temps,
nous faisons les tests d’homogénéité, les tests de spécification de Hausman, le test de racine
unitaire afin de déterminer l’ordre d’intégration des variables, le teste d’hétéroscédasticité, et
le test d’autocorrélation. Puis dans un second temps nous procédons à l’estimation des
coefficients des paramètres en utilisant l’estimateur de MCO.
Pour estimer les paramètres de notre modèle, nous avons utilisées les données annuelles
extraites de la base de données de la Banque mondiale (World dévelopment indicators) et
celle de PNUD. L’échantillon est composé de six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo,
Gabon, RCA Tchad, et Guinée équatoriale). La période d’étude couvre l’année 2000-2018.
Ces données sont ensuite colligées dans Excel et importées au logiciel stat 16 pour être
traitées par l’usage des outils statistiques appropriés.
Par ailleurs, le tableau 2 montre une variation dans l’évolution des variables. Les écart-types
sont relativement faibles, sauf pour les variables croissance de PIB par habitant et la
scolarisation primaire.
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16 et les données proviennent de PNUD et DATA de
la banque mondiale.
Dans une première étape, on teste l’hypothèse d’une structure parfaitement homogène.
H0 : αn=α & βn=β
Si H0 est accepté, on fait face à un modèle dit pooled (totalement homogène). Si non, on
cherche d’où vient l’hétérogénéité.
On teste l’égalité pour tous les individus des K coefficients βn
H0 : βn=β
𝐻0 : 𝐸(𝑈𝑛 |𝑋𝑛 ) = 0
Sous 𝐻0 , le modèle peut être spécifiés avec des effets individuels aléatoires alors que sous
l’hypothèse alternative, le modèle doit être spécifié avec des effets individuels fixes
chi2(7) 1125.45
Prob>chi2 0.0000
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
Donc on rejette H0, alors le modèle doit être spécifié avec des effets individuels fixes.
Étant donné que le cadre de cette étude s’intéresse aux données de panel non stationnaire, les
tests préliminaires que nous avons choisis pour la vérification de la stationnarité de nos
variables sont : le test de Liévin et al ainsi que celui d’Im et al.
Nous allons donc procéder donc aux tests de racine unitaire : {𝐻0 : 𝜌=0
{𝐻0 : 𝜌<0
P-value à 5%
La probabilité associée à la statistique du test d’IPS est inférieure à 5% pour l’ensemble des
variables. Donc on rejette l’hypothèse nulle de non stationnarité. On conclut que les variables
sont tous stationnaires. Par ailleurs, On constate que les variables IDH, DS et TS sont
stationnaires après avoir pris la première différence. Alors que la variable F est stationnaire
après avoir pris la troisième différence et aussi les variables TN et EV sont stationnaires après
avoir pris la quatrième différence. PF et CP sont stationnaire en niveau.
Nous présentons dans cette section, les résultats de test violation des hypothèses
La violation des hypothèses d’homoscédasticité et de non autocorrélation des erreurs affectent
la qualité de nos estimateurs ;
Les tests suivants permettent de vérifier si notre modèle respecte ces hypothèses dans le cadre
des données de panel ;
Test d’hétéroscédasticité intra-individu de Breush Pagan
Test d’hétéroscédasticité inter-individus
Test d’autocorrélation intra-individu de Breush Pagan
Test d’autocorrélation inter-individu
2.1. Résultat du test d’hétéroscédasticité intra-individu de Breush Pagan
L’idée du test est de vérifier si la variance des erreurs de chaque individu est constate
L’hypothèse nulle du test est donc la suivante :
2
𝐻0 : 𝜎𝑖,𝑡 = 𝜎 2 ∀ 𝑖, 𝑡
Number of obs 90
F(7, 82) 9.37
Prob > F 0.0000
R-squared 0.4443
Adj R-squared 0.3969
Root MSE 4.6e-05
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
Il permet de tester la corrélation des erreurs inter-individus pour une même période
L’hypothèse nulle du test est l’indépendance des résidus entre les individus
𝐻0 : 𝐸(∈𝑛,𝑡 ∈𝑚,𝑡 ) = 0 ∀ 𝑛 ≠ 𝑚
chi2(15) 10.960
Pr 0.7554
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
On ne rejette pas 𝐻0 on va effectuer le test d’autocorrélation intra-individus.
2.2.1. Résultat du test d’autocorrélation intra-individu
F( 1, 5) 1.511
Prob > F 0.2737
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
On ne rejette pas 𝐻0 alors les erreurs des individus ne sont pas autocorrélées.
parait être la cause des problèmes de malnutrition, de famine, du chômage et d’autres fléaux,
les pays de la zone CEMAC sont encore en retard dans sa maitrise. En effet, cette étude
suggère que la fécondité retarde le développement dans la zone CEMAC. Ceci étant, la
fécondité est statistiquement significative et influence négativement l’IDH sur l’ensemble de
la période d’étude selon les résultats de notre analyse (tableau 10). La non maitrise de la
fécondité a conduit à une faible efficacité des politiques de développements dans ces pays. Ce
qui justifie le signe négatif obtenu. Cette étude reste conforme à la littérature de Bongares et
Watkins (1996) selon laquelle pour les pays pauvres doté d’un IDH de 0.4, la fécondité
exprimée est comprise entre 4.5 et 8 enfants par femme. Par ricochet, le niveau de
développement humain ne semble fournir qu’une explication partielle des écarts de fécondité
entre les pays. Notre cadre empirique rejoint celui d’Ekodo (2018) qui constate que la
démographie est en relation significative et négative avec la croissance économique dans la
zone CEMAC sur la période 1995 à 2015. Au regard de ces développements, nous ne pouvons
donc pas rejeter l’hypothèse de l’étude selon laquelle un accroissement de la fécondité génère
le sous-développement.
3.2. La scolarisation
Selon Crossman(1972), les investissements en capital humain doivent être accompagnés des
dépenses en santé afin de profiter pleinement de ceux-ci. On ne peut donc exploiter les
connaissances acquises par les individus dans le temps si ces derniers sont à tout moment
soumis des risques de maladies. En se basant sur les modèles classiques d’analyse de la
croissance qui stipulent que le capital humain élève le niveau de production par tête, alors les
dépenses en santé courante n’auront qu’un effet positif sur la croissance (Barro et Sala-i-
Martin, 1992). Ceci semble être vérifié dans le cas des pays de la zone CEMAC. En effet, nos
résultats montrent que les dépenses en santé courante affectent négativement et
significativement l’IDH des pays de la zone CEMAC sur l’ensemble de notre période d’étude.
Cela s’explique par des faibles investissements sur la santé caractérisée par une bonne qualité
de soins médicaux. Or une population en bonne santé constitue une main d’œuvre pour de
nombreuses entreprises, une main d’œuvre potentielle capable de produire donne des forts
rendements pour le développement.
3.4. La proportion de la population féminine retarde-t-elle le développement ?
Une augmentation de 10% en zone CEMAC, de taux de natalité entrain une baisse de 0,06%
de l’IDH.
Selon le Fnuap, « au Cameroun, une croissance démographique forte peut avoir un impact
négatif sur les conditions de vie des populations, en affectant le taux de croissance du PIB par
tête. Une croissance démographique relativement élevée peut également avoir un impact
négatif sur les conditions de vie des ménages à travers la pression qu’elle peut exercer sur les
infrastructures de base existantes liée à l’augmentation de leur demande. » En d’autres termes,
il est prescrit au Cameroun de réduire son taux de natalité pour aspirer au développement. Car
à en croire l’institution spécialisée des Nations unies pour la population, les niveaux de la
croissance démographique permettent aussi d’expliquer le faible impact de la croissance
économique sur l’amélioration des conditions de vie des ménages. Le portail des camerounais
de Belgique. En effet, si sur la période 1996-2001 la croissance économique s’est traduite par
une bonne progression du revenu par tête (environ 2% par an), la période 2001-2007 a par
contre présenté des taux de croissance moyens annuels par tête du PIB compris entre 0,5% et
0,7%, niveaux très faibles pour influer de manière positive sur l’évolution des conditions de
vie des ménages. Les enquêtes dans les ménages camerounais relèvent d’ailleurs à juste titre
que la pauvreté monétaire qui a reculé de 13 points entre 1996 et 2001, est restée stable sur la
période 2001-2007 (40,2% en 2001 et 39,9% en 2007). La conséquence immédiate de cette
stabilité du niveau de pauvreté est l’augmentation importante du nombre de pauvres à cause
d’une croissance démographique élevée (2,7%).
Du coup, les autorités camerounaises entreprennent des initiatives abondant dans ce sens.
Ainsi, aux dires du Minepat, on note entre autres, « la densification de la carte sanitaire avec
l’ouverture des services de planification familiale dans les différentes formations sanitaires, la
mise en oeuvre du programme multisectoriel de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale,
infantile et juvénile, etc. » Toutefois, le Minepat reconnaît que des difficultés persistent.
D’après lui, « les problèmes liés à la santé sexuelle et reproductive continuent d’accabler
l’existence et de nombreuses pertes en vies humaines sont enregistrées parmi les jeunes et les
femmes. En outre, les besoins sociaux de base et ceux relatifs à la planification familiale
demeurent élevés. Ils ont pour fondements, les multiples grossesses précoces et non désirées,
les naissances non planifiées… ».
Pour le Fnuap, cette situation s’explique par le fait que l’évolution des indicateurs relatifs à la
mortalité montre que la situation sanitaire au Cameroun est préoccupante. Une des causes qui
peut expliquer cette situation est la crise économique des années 80-90 qui s’est traduite entre
autres par le quasi-arrêt des constructions et de l’acquisition d’équipements des formations
sanitaires. La dynamique de la population a également un rôle explicatif dans cette situation,
compte tenu de la contrainte que la trop grande charge démographique exerce sur le système
et les infrastructures sanitaires, ainsi que sur les ressources humaines de santé. Pour ce qui est
du système et des infrastructures sanitaires, sa capacité à répondre aux besoins de santé, est
loin de permettre d’améliorer la couverture médicale d’une population sans cesse croissante.
CONCLUSION
Les liens entre fécondité et développement humain sont toutefois profondes et complexes.
L’effet économique de la fécondité se répercute sur le développement humain et par ricochet,
sur le développement économique. Un phénomène qui circule par les médias dans le
processus universel de transition démographique. Le phénomène de fécondité élevée est plus
observé en Afrique subsaharienne et en Asie du sud, d’après les études faites par la Banque
mondiale. La transition démographique est devenue un défi majeur pour les PED que certains
gouverneurs en collaboration avec les organismes internationaux veulent à tout prix relever
comme les autres pays développés ont pu le faire. Aussi est-il vrai que ce défi n’est pas facile
à relever du fait que le désir d’avoir un enfant est important et est au centre de l’organisation
sociale en Afrique. À cet effet, la forte fécondité en Afrique est un problème mental qui tire
son origine de la société dans laquelle l’enfant occupe une place privilégiée. Et les parents
voient en leurs enfants toute une richesse accumulée.
En 2000 les OMD ont été formulés comme nouveau paradigme du développement et de l’aide
au développement, tout en considérant les programmes mis en place pendant la conférence du
Caire (1994) et celle de Beijing (1995) consacrée aux femmes et orienté vers la réduction de
la pauvreté à l’horizon 2015, dans l’optique de lutte contre le sous-développement. Mais
certains objectifs ne sont pas atteints avec succès, comme le montre les études faites par
(Benninguisse et Dackam-Ngatchou, 2009) en zone CEMAC.
Du point de vue théorique, nous avons envisagé une brève revue des différentes approches de
la fécondité qui nous a permis de comprendre le phénomène de fécondité compte tenu de
certaines caractéristiques de la femme. Sachant bien que la plupart de ces théories dérivent
des travaux de Becker(1961) et de Leibestein(1957), parmi lesquelles la théorie économique
du comportement du consommateur aux décisions d’avoir un enfant. Ces théories nous ont
fait comprendre le rôle que joue l’enfant dans le ménage et comment l’enfant est considéré
dans certaines sociétés. Nous avons vu encore que le phénomène de fécondité est la résultante
d’un environnement difficile du point de vue sanitaire, écologique et économique (Wakam ;
1994). De Quelques théories du développement sont aussi envisageables afin de concilier le
niveau de vie à réalité économique. La littérature nous a permis de comprendre et distinguer
les effets de la fécondité sur le développement selon deux courants : le courant orthodoxe,
selon lequel la fécondité a des effets bénéfiques pour le développement (Bodin, 1576) et le
courant hétérodoxe, selon lequel la fécondité agit négativement sur le développement
(Malthus, 1798).
La prédiction théorique selon laquelle la fécondité élevée est néfaste pour le développement
est vérifiée dans le cas de notre étude car, les résultats de la présente analyse soutiennent
empiriquement la conclusion des orthodoxes. En effet, Ces résultats ont montré que le
coefficient associé à la variable taux de fécondité est négatif et fortement significatif. Et donc,
une forte fécondité est néfaste voire nuisible pour le développement de la zone CEMAC.
Avec en moyenne 5 enfants par femme, les pays de la sous-région sont encore loin d’être
appelés pays développés. La fécondité constitue encore un obstacle pour atteindre les OMD.
Un pays à fort taux de fécondité présente souvent de faible niveau de l’IDH. Cela peut être dû
à des fortes espérances de vie, de faible niveau de scolarisation, du mauvais état de santé.
Aussi, il se dégage que la scolarisation (l’instruction des femmes) influence positivement et
significatives le développement de cette zone. Ces résultats confirment l’idée selon laquelle
une femme instruite fait moins d’enfants. Ce qui confirme la littérature de (Grosman et
Kastner, 1997, McMahon, 1998). L’éducation des femmes apparait donc comme un moyen de
d’ajuster directement le nombre d’enfant par femme. Le développement de cette zone doit
passer nécessairement par l’intensification de la scolarisation (l’instruction des femmes) et de
la réduction de la fécondité des femmes. Ce qui est conforme la pensée de (Samuel et Attané,
2005). Les résultats sur l’état de santé montrent que cette dernière n’a pas d’effet satisfaisant
sur le développement humain, alors que c’est un élément crucial pour le développement.
Beaucoup reste encore à faire dans ce domaine.
Les conditions dans laquelle se trouve les pays de la zone CEMAC, en matière de la santé, la
pauvreté et autres à l’exception de l’éducation, constituent encore un obstacle pour la
réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). L’étude de l’évolution
du développement humain dans la période d’étude ressort que les pays de la zone CEMAC
accusent un retard du développement humain. En effet, en comparant le niveau de l’IDH des
pays de la zone CEMAC entre eux l’on constate que seule le Gabon se trouve à un niveau le
plus élevé de l’IDH, RCA et Tchad affichent des taux faibles et les trois pays restants
(Cameroun, Congo, Tchad) ont un niveau moyen.
Cependant, il y a encore espoir car la figure (5) nous montre bel et bien que les pays de la
sous-région ont considérablement fournit d’effort dans la période d’étude. L’évolution du
niveau de l’IDH est considérablement sans cesse tirée vers le haut. Malgré qu’aucun pays de
la sous-région n’ait encore hissé dans la catégorie des pays ayant un niveau de développement
humain le plus élevé.
Certes, l’objectif de ce travail est atteint, mais une analyse beaucoup plus approfondie peut
prendre en compte le niveau de l’enseignement secondaire et supérieur des femmes comme
question de recherche future.
Implication aux politiques économiques
Les résultats principaux de cette étude montrent que le taux de fécondité élevé dans la zone
CEMAC a un effet néfaste pour le développement de cette zone, pour parvenir à corriger ce
phénomène, nous dégageons un certain nombre d’implication en termes de politique
économique.
La réalisation d’un développement humain et durable en zone CEMAC nécessite :
L’utilisation généralisée des méthodes contraceptives, la mise en place d’une bonne politique
volontaire de la part des autorités gouvernementales des six pays de la sous-région, visant à
réduire la fécondité des femmes en mettant l’accent sur l’instruction de ces dernières car la
promotion de l’éducation des femmes conduit à la participation des femmes au marché du
travail, et donc à la réduction de la fécondité car il est bien reconnu que lorsqu’une femme
travail ou est à la recherche du travail fait moins d’enfant que celle qui n’est pas engagée dans
le marché du travail. En outre, le rendement social de l’éducation de la femme aura des effets
bénéfiques sur le développement et sur l’éducation de la génération future. Leridon (2015), les
populations africaines aspirent légitimement à une amélioration de leur condition de vie, que
la diminution du rythme de la croissance démographique ne pourrait que favoriser. Investir
dans l’éducation et améliorer le statut des femmes pourraient provoquer une « révolution
contraceptive » dont les bénéfices couvriraient d’ailleurs de larges domaines de la santé, bien
au-delà de la limitation des naissances, ajoute-il.
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ANNEXES
Annexe 1 : Test de Stationnarité d’IPS
Test en niveau
Croissance de PIB par habitant
Im-Pesaran-Shin unit-root test for cp
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
Taux de scolarité
Im-Pesaran-Shin unit-root test for ts1
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included
AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included