0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues74 pages

Effet de La Fécondité Sur Le Developpement Humain en Zone Cemac

Ce document traite de l'effet de la fécondité sur le développement humain en zone CEMAC. Il présente le contexte et la problématique, puis définit les objectifs et hypothèses. Le plan décrit les chapitres sur l'analyse théorique et empirique de la relation entre fécondité et développement, la méthodologie, et l'estimation des paramètres.

Transféré par

Mht Abdallah Abdoulaye
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues74 pages

Effet de La Fécondité Sur Le Developpement Humain en Zone Cemac

Ce document traite de l'effet de la fécondité sur le développement humain en zone CEMAC. Il présente le contexte et la problématique, puis définit les objectifs et hypothèses. Le plan décrit les chapitres sur l'analyse théorique et empirique de la relation entre fécondité et développement, la méthodologie, et l'estimation des paramètres.

Transféré par

Mht Abdallah Abdoulaye
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION (FASEG)


CENTRE DE RECHERCHE ET DE FORMATION POUR LE DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE ET SOCIAL
(CREFDES)
OPTION : Ingénierie Statistique Economique et Financière (ISEF)

EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE


DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Mémoire
Pour l’obtention du grade de Master (indifférencié) en Ingénierie Statistique
Economique et Financière
Présenté et soutenu
Par
Mahamat Abdallah ABDOULAYE
Sous la direction de :
Idrissa Yaya DIANDY
Docteur en Science économie : Maître de conférences titulaire au
CREFDES- FASEG-UCAD
Membres du Jury :

Président : Docteur, FASEG-UCAD


Directeur de Mémoire : Idrissa Yaya DIANDY Docteur, FASEG-UCAD

Année Académique : 2020-2021


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

DEDICACE

A MA TRÈS CHÈRE MÈRE : Soukaray ABDRAMAN


Autant de phrases aussi expressives soient-elles ne sauraient montrer le degré d’amour et
d’affection que j’éprouve pour toi. Tu m’as comblé avec ta tendresse et affection tout au long
de mon parcours. Tu n’as cessé de me soutenir et de m’encourager durant toutes les années de
mes études, tu as toujours été présente à mes côtés pour me consoler quand il fallait. En ce
jour mémorable, pour moi ainsi que pour toi, reçoit ce travail en signe de ma vive
reconnaissance et ma profonde estime. Puisse le tout puissant te donner santé, bonheur et
longue vie afin que je puisse te combler à mon tour.

Mère, si tu savais combien je t’aime !

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page I


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

REMERCIEMENTS
Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance à ma directrice de mémoire, Monsieur Idrissa
Yaya DIANDY. Je le remercie de m’avoir encadré, orienté, aidé et conseillé.
J’adresse mes sincères remerciements à tous les professeurs, intervenants et toutes les
personnes qui par leurs paroles, leurs écrits, leurs conseils et leurs critiques ont guidé mes
réflexions et ont accepté de me rencontrer et de répondre à mes questions durant mes
recherches.

Je remercie le directeur de l’institut centre de recherche et de formation pour le


développement économique et social (CREFDES) Professeur Chérif Sidy KANE.

Je remercie mes très chers parents, Soukaray Abdraman et Abdallah Abdoulaye, qui ont
toujours été là pour moi. Je remercie mes sœurs Rouman, Arfa et Marwa et mes
frères Bachar, Atteib, Tayir et Rachid pour leurs encouragements.

Enfin, je remercie mes amis Brahim Issakha, Berinan Jonas, Abdelrahim Hissein et
Abakar Issa qui ont toujours été là pour moi. Leur soutien inconditionnel et leurs
encouragements ont été d’une grande aide.

À tous ces intervenants, je présente mes remerciements, mon respect et ma gratitude.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page II


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

SOMMAIRE
DEDICACE ................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................ III
SIGLES ET ACRONYMES .................................................................................................... IV
TABLE DES FIGURES ............................................................................................................ V
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................ VI
RESUME .................................................................................................................................VII
ABSTRACT .......................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION ................................................................................ 2
2. PROBLÉMATIQUE ....................................................................................................... 4
3. OBJECTIFS .................................................................................................................... 7
4. HYPOTHÈSES ............................................................................................................... 7
5. INTERET DE L’ETUDE .................................................................................................... 7
6. PLAN DU MEMOIRE .................................................................................................... 7
CHAPITRE I : ANALYSE THEORIQUE ET EMPIRIQUE : RELATION ENTRE
FECONDITE ET DEVELOPPEMENT..................................................................................... 8
SECTION 1 : LES DIFFERENTES APPROCHES DE LA FECONDITE ........................... 8
SECTION 2 : ANALYSE THÉORIQUE : les courant orthodoxe et hétérodoxe ............... 15
SECTION 3 : QUELQUES TRAVAUX EMPIRIQUES..................................................... 20
CHAPITRE II : METHODOLOGIE : MODELE THEORIQUE ET EMPIRIQUE ............... 23
SECTION 1 : Modélisation .................................................................................................. 23
SECTION 2 : Présentation des tests ..................................................................................... 27
SECTION 3 : Analyse descriptive des variables .................................................................. 29
CHAPITRE III : ESTIMATION DES PARAMETRES ET INTERPRETATION ................. 37
SECTION 1 : Source de données et présentation des résultats des différents tests ............. 37
SECTION 2 : Test de violation des hypothèses ................................................................... 41
SECTION 3 : L’estimation des paramètres du modèle, résultat .......................................... 43
CONCLUSION ........................................................................................................................ 48
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................. 51
ANNEXES ............................................................................................................................... 57
TABLES DES MATIERES ..................................................................................................... 64

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page III


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

SIGLES ET ACRONYMES

ADF : Dickey-Fuller Augmenté (Test de -)


AEF : Association pour l’éducation des femmes
BM : Banque Mondiale
CIPD : Conférence internationale pour la population et le développement
CIPD : Comité internationale sur la population et le développement
FAO : Organisation des Nations Unies Pour l’Alimentation
FMI : Fond Monétaire international
IDH : Indicateur de développement humain
IPS : Im. Perasan et Shin (Tests de racine unitaire de -)
MGBEF : Mouvement gabonaise pour le bien être familiale
MW : Madala et Wu (Test Statistique de -)
OMD : Objectif du millénaire pour le développement
PAM : Programme alimentaire mondial
PED : Pays en voie de développement
PNLS : Programme national de lutte contre le sida
PUND : Programme de nations unies pour le développement
PP : Phillips-Perron(Test de racine unitaire de-)
RCA : République Centre Africaine
UNFPA : Fond des nations unies pour la population

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page IV


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

TABLE DES FIGURES


Figure 1: pyramide des âges de quelque pays de l'Afrique Sub-Saharienne .............................. 4
Figure 2: Condition nécessaire pour bénéficier du dividende démographique ........................ 15
Figure 3 : Évolution du taux de fécondité en zone CEMAC ................................................... 29
Figure 4: Évolution de la croissance du PIB par habitant en zone CEMAC ........................... 29
Figure 5 : Dépense courante de santé (en pourcentage du PIB) ............................................... 30
Figure 6: Évolution de la scolarité primaire en zone CEMAC ................................................ 31
Figure 7: Évolution de l'IDH en zone CEMAC ....................................................................... 32
Figure 8: Évolution du taux de natalité en zone CEMAC (pour mille habitant) ..................... 33
Figure 9: Évolution de l’espérance de vie à la naissance en zone CEMAC ............................ 34
Figure 10: Évolution de la proportion de la population féminine en zone CEMAC……... 36

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page V


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Description des variables........................................................................................ 26


Tableau 2: Statistique descriptive............................................................................................. 38
Tableau 3: Matrice de corrélation ............................................................................................ 38
Tableau 4: Résultat du test d’homogénéité .............................................................................. 39
Tableau 5: Résultat du test Hausman ....................................................................................... 39
Tableau 6: Résultat du test de stationnarité .............................................................................. 40
Tableau 7: Résultat du test d’hétéroscédasticité intra-individu................................................ 41
Tableau 8: Résultat du test d’hétéroscédasticité inter-individu................................................ 42
Tableau 9: Résultat du test d’autocorrélation inter-individu .................................................... 42
Tableau 10: Résultat du test d’autocorrélation intra-individu .................................................. 43
Tableau 11: Estimation du modèle de régression multiple ...................................................... 43

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page VI


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

RESUME
Résumé : Depuis Malthus (1798), le poids de la population est évoqué comme un élément
freinant le développement. Ce mémoire analyse l’effet de la fécondité sur le développement
humain dans les six pays de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale
(CEMAC) sur la période 2000-2018. Le concept de fécondité utilisé est celui du nombre
d’enfants par femme en âge de procréer, tandis que le développement est approximé par
l’Indice de Développement Humain (IDH). Les données proviennent de la base du World
Development Indicator (WDI) de la Banque Mondiale et du Programme des Nations-Unies
pour le Développement (PNUD). L’estimation est basée sur les données de panel non
stationnaire, et recourt à un modèle de régression multiple. Les résultats montrent que la
fécondité affecte négativement l’IDH.

Mots-clés : Fécondité, Développement, CEMAC, Effet

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page VII


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

ABSTRACT

Summary: Since Malthus (1798), the weight of the population is mentioned as a factor
hindering development. This memory analyzes the effect of fertility on human development in
the six countries of the Economic and Monetary Community of Central Africa (CEMAC) over
the period 2000-2018. The fertility concept used is the number of children per woman of
childbearing age, while the development is approximated by the Human Development Index
(HDI). The data come from the World Development Indicator (WDI) database of the World
Bank and the United Nations Development Program (UNDP). The estimate is based on the
non-stationary panel data, and uses an multiple regression model. The results show that
fertility negatively affects the HDI.).

Keywords: Fertility, Development, Effect, CEMAC.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page VIII


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

INTRODUCTION

Dès le début du XVIIIème siècle, la population dans plusieurs pays a connu un accroissement
à un taux exponentiel par rapport à la production de biens et services. Malthus (1798)
remarque déjà le phénomène lorsqu’il affirme que « si c’est une folie de multiplier l’or et
l’argent dans un pays sans y multiplier les marchandises en circulation, il n’est pas moins
absurde de vouloir multiplier les hommes sans augmenter la quantité des aliments ». En effet,
la théorie malthusienne s’intéresse aux effets intimement liés à la nature humaine qui
étouffent le progrès vers le développement. Par ailleurs, Malthus ajoute que la nature occupe
une place centrale dans l’existence humaine et la nécessité d’une passion conjugale continue
génère la pauvreté.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 1


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Tabutin (1980) affirme que la relation “causale” entre fécondité et développement a été
pendant des décennies la base de la théorie de la transition de la fécondité ou tout simplement
la base de la théorie de la transition démographique, tentative d’explication de l’évolution
démographique des pays occidentaux. (Malthus,1798). Il affirmait, dans son “Essai sur le
Principe de la Population”, que ‘’le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment plus
grand que le pouvoir qu’à la terre de produire la subsistance de l’homme”, que la taille d’une
population humaine peut-être limité par des freins préventifs (abstinence, célibat vertueux) ou
destructeurs (guerre, famine ’...), que les freins préventifs ne peuvent opérer efficacement que
s’il y a une menace da misère, étant donné que les meilleures conditions d’existence et la
disponibilité alimentaire entraînent une multiplication géométrique de la population.
La croissance démographique rapide provoquée par un taux de fécondité élevé et durable est
associée à des taux de pauvreté élevé, de faible taux d’éducation primaire et de mortalité
infantile élevée (Schoumaker et Tabutin, 1999).
L’Afrique sub-saharienne et l’Asie du sud couvrent les taux de fécondité les plus élevés. Les
statistiques de la Banque mondiale viennent confirmer cette réalité dans la mesure où l’on
retrouve en moyenne 8 enfants par femme au Kenya, 7 à 8 au Niger et Nigeria, 6 au Tchad
pour ne citer que ces pays. C’est dans ces zones que plus de la moitié des pauvres vivent et
c’est dans ces régions que se concentrent 85% des pauvres. La BM affirme par ailleurs que les
15% restants vivent dans les quatre autres régions du monde. Selon Eloundou-Enyegue (1998)
cité par Schoumaker (2003), bien que l’Afrique sub-saharienne soit la région où la pauvreté
est plus répandue, où la fécondité est la plus élevée, les études empiriques sur la relation entre
fécondité et pauvreté dans cette région ne sont paradoxalement pas légions. L’auteur affirme
en outre que les liens entre pauvreté et fécondité ont toutefois d’importantes implications pour
la population future de l’Afrique sub-saharienne.
Les pauvres sont exposés à un manque de biens nécessaires pouvant satisfaire aux besoins
fondamentaux, conduisant ainsi à des fortes fécondités. Selon Chen et Ravillon (2000) avec la
moitié de sa population vivant avec moins de 1 dollar par jour, et les deux quarts vivant avec
moins de 2 dollars, il n’y aura pas de déclin de fécondité durable en Afrique sans une baisse
importante de la pauvreté et ou sans une baisse considérable de la fécondité parmi les pauvres.
La maitrise de la fécondité des pauvres est considérée alors comme la principale voie à une
baisse de fécondité durable en Afrique Sub-Saharienne, ajoutent-ils.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 2


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

En 1974, à Bucarest, s’est tenue la première conférence sur la population et le développement


; les positions relatives aux politiques de population sont considérablement rapprochées.
Après cette conférence, d’autres conférences encore ont eu lieu, nous citons par exemple celle
tenue au Caire en 1994, un large consensus s’est développé autour d’un programme d’action
qui vise à considérer la santé sexuelle et reproductive. Cette mesure est acceptée par plusieurs
pays africains qui ont pu achever leur transition démographique. En zone CEMAC, la mise en
oeuvre des préoccupations de ces conférences s’est vite matérialisée dans tous les pays de la
sous-région. En effet le Cameroun, le Congo et le Tchad ont vite formulé la politique de
population tandis que les autres (RCA, Gabon et Guinée équatoriale) l’on formulé très en
retard. Parmi les pays qui ont formulé des politiques de population, seul le Tchad a pu adopter
des politiques de population adéquates telles que : la réduction de la morbidité et de la
mortalité, la réduction du taux de fécondité, la maitrise de la croissance démographique,
Hoummouda, (2002). En 1992, le Cameroun a adopté une politique basée sur l’amélioration
des conditions sociales et environnementale qui peuvent influencer positivement la croissance
de la population. Mais cette transition n’est pas encore achevée dans d’autres pays à cause de
la lenteur de sa mise en oeuvre. Plus de dix ans après la conférence, et malgré quelques
progrès inégaux selon les pays, l’accès à la contraception et aux autres services de santé de la
reproduction ainsi qu’à des véritables droits reproductifs est loin d’être acquis dans beaucoup
de populations africaines (Gautier, 2006). Malgré ces politiques et mesures, les progrès restent
encore incertains. Samuel et Attané, 2005) estiment que la femme, par qui inévitablement la
baisse de la fécondité doit passer par elle, devient donc actrice à part entière du
développement. Cependant, les objectifs du millénaire pour le développement ne sont pas
atteints avec succès dans plusieurs pays. Selon (Benninguisse et Dackam-Ngatchou, 2009),
dans la plupart des pays de la zone CEMAC, on note l’émergence d’un bonus démographique
dans le contexte de forte croissance démographique mais le niveau de réalisation des OMD
n’est pas à la hauteur de cette conjoncture favorable. En effet, hors mis la scolarisation dans le
primaire et la vaccination des enfants qui ont enregistré des progrès significatifs, tous les
autres objectifs accusent un retard dans leur réalisation.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 3


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Figure 1: pyramide des âges de quelque pays de l'Afrique Sub-Saharienne

90+
80-84
70-74
60-64
50-54
40-44
30-34
20-24
10-14
0-4
10 000 5 000 0 5 000 10 000

Homme Femme

Source : CREG/CREFAT 2017


Le choix de ce thème « Effet de la fécondité sur le développement humain en zone CEMAC »
est justifié dans la mesure où la fécondité est responsable du sous-développement de la zone
CEMAC.

2. PROBLÉMATIQUE
La communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est une
organisation internationale regroupant six pays d’Afrique centrale créée en 1994 à Ndjamena
(Tchad) pour prendre le relais de l’Union douanière et économique de l’Afrique centrale
(UDEAC). Son siège est à Bangui (RCA).
La création de la CEMAC est toutefois intervenue dans le contexte marqué par une crise
économique profonde et brutale qui a affecté les économies des pays de la sous-région et
aussi l’accélération de la mondialisation.

La zone CEMAC a vu sa performance économique appréciable avec un taux de croissance de


6 ,7% en 2008 contre 6,5% en 2007 (CEA /BSR-AC, 2009). D’après Cozio-Zavala (1998), la
fécondité reste élevée dans les pays où la croissance économique et le développement
marquent le pas. En outre, selon l’auteur, la forte mortalité, le bas niveau de vie, la faible
scolarisation et le faible investissement en santé expliquent le retard pris dans la baisse de
fécondité dans les pays où ces phénomènes dominent.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 4


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Dans un rapport portant sur les perceptives économique en Afrique, la Banque africaine du
développement (BAD, 2017) affirme qu’après la chute des matières premières, la croissance
économique reste élevée en 2016 soit 4,7 pour le Cameroun, 2,4% pour le Congo, 2,9 pour le
Gabon , -8,2% pour la guinée équatoriale, 5,1 pour la RCA et -3,4 pour le Tchad. Malgré ses
nombreuses richesses, les pays de la zone CEMAC restent en queue de peloton de l’indice de
développement humain des nations (Rapport final du programme économique et régionale de
la CEMAC, 2009). Ainsi, le problème de population n’est pas seulement une question de
chiffre, mais il inclut aussi le bien-être humain et le développement.

Le problème qui se pose aujourd’hui est d’autant plus d’acuité que la fécondité galopante
vient aggraver la situation précaire. À cet effet, plusieurs chercheurs sont unanimes du fait
que l’augmentation de la population pose d’énorme problème, surtout lorsque l’économie ne
suit plus son rythme. En juillet 2007, lors du G20, à Hambourg interrogé sur les questions
concernant la démographie en Afrique, le président français Emmanuel Macron affirme que «
quand des pays ont 7 à 8 enfants par femmes, vous pouvez décider de dépenser des milliards
d’euros, vous ne stabiliserez rien ». La situation des pays en voie de développement à l’instar
des pays de l’Afriques sub-sahariennes et de l’Asie du sud montre que la croissance
démographique de ces régions constitue un obstacle pour le développement. Ce constat est
fait par (Charbit et Gaimard, 2015) lorsqu’ils écrivent pour une bonne partie de l’opinion
publique, la croissance démographique trop rapide est considérée comme un obstacle majeur
au développement de l’Afrique. Une augmentation rapide de la population engendre une
diminution des ressources qui permettent d’améliorer les conditions de vie de la population.
Une société où la natalité est élevée est dans l’obligation d’utiliser ses ressources pour la
construction des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, des services sociaux dont la
population en a besoin. Cela rejoint l’analyse de Lambert(1960) selon laquelle une croissance
démographique aussi rapide impose des efforts de développement plus lourds puisqu’il ne
suffit pas d’élever rapidement le niveau de vie de la population mais qu’il faut assurer ces
niveaux de vie à des populations plus nombreuses.

Cependant, lorsque la population est pauvre, il est difficile de voir cette dernière épargner et
surtout les ménages de grande taille. « Si les pauvres sont pauvres, c’est parce qu’ils
n’épargnent pas suffisamment » (Banerjee et Duflo, 2011). En ce moment, l’État se trouve
dans l’obligation de faire recours aux investisseurs étrangers ou aux emprunts. Cela constitue
une charge pour la société et la future génération, car les sommes empruntées proviennent de
l’extérieur. Lorsque les sommes prêtées proviennent de l’épargne locale, les emprunteurs

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 5


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

courent moins le risque d’être noyés dans des dettes qui excèdent leurs possibilités de
remboursement (Shipton 2010).

Cependant, la révolution industrielle du XIXème siècle en Europe a infirmé la théorie de


Malthus car l’expansion rapide de la population a favorisé le progrès technique et économique
bref a contribué à l’amélioration de niveau de vie. C’est pour cette raison que certains
économistes ont réalisé que Malthus a tort. En partant de l’affirmation selon laquelle « Il n’est
de force et de richesse que d’hommes », Bodin (1576) adopte une vision humaniste et montre
l’importance de la population dans le processus de développement des nations. Leridon
(2010) affirme que le phénomène démographique a contribué à l’émergence de certains pays
d’Asie, notamment la Chine. Mais cette fenêtre d’opportunité ne produit d’effets positifs qu’à
certaines conditions notamment celle de disposer d’une main d’œuvre qualifiée et d’un
marché du travail pour l’employer (Leridon, 2010). En effet, l’investissement sur le capital
humain, entraine au développement.

L’explosion démographique des années 1950 dans les PED a relancé le débat malthusien des
effets négatifs de la croissance démographique sur le développement. Le cas des pays de
l’Afrique sub-saharienne à l’instar des pays de la CEMAC où la fécondité élevée constitue
une contrainte à la mise en œuvre des politiques allant dans le sens de l’avancement du niveau
de vie et donc du développement. Dès lors, la fécondité est au centre des interrogations
scientifiques et suscite des inquiétudes non seulement de la part des chercheurs mais aussi de
la part des preneurs de décisions en raison de son influence sur le niveau de développement,
sa transition devient cruciale, elle est l’un des défis essentiels de l’Afrique.
Ce raisonnement montre que le sous-développement se traduit par le nombre d’enfant par
femme persistant, qui nécessite une baisse. Dans certains pays, la réduction de la fécondité est
une priorité absolue. Bon nombre de pays ont compris les conséquences néfastes de la
fécondité sur l’économie en formulant des politiques allant dans le sens de sa réduction
(Garenne et Joseph 2000 ; Tabutin, 1997 et Tabutin et Shoumaker, 2001).

La problématique qui sous-tend cette investigation découle de la relation entre développement


et fécondité en zone CEMAC. C’est ainsi qu’elle nous conduit à formuler l’interrogation
centrale suivante : La fécondité galopante constitue-t-elle un frein au développement ?

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 6


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

3. OBJECTIFS
A la lumière de cette question, l’objectif de notre mémoire est d’étudier le lien entre la
fécondité et le développement humain en zone CEMAC. De façon spécifique, il s’agit de :

OS1 : Analyser l’effet de la fécondité sur le développement humain dans la zone CEMAC.

OS2 : Évaluer l’impact de la natalité sur le développement humain dans la zone CEMAC.

4. HYPOTHÈSES

À l’issu de la considération théorique de notre étude, nous formulons comme hypothèse


fondamentale, l’accroissement de la fécondité génère le sous-développement. De cette
hypothèse fondamentale, il se dégage un certain nombre d’hypothèse spécifiques qui doivent
être soumise à une vérification empirique avant d’être confirmée ou infirmée. Il s’agit de :

H1 : Une évolution croissante de la fécondité baisse l’indice du développement humain en


zone CEMAC
H2 : Une augmentation de la natalité aggrave le sous-développement en zone CEMAC.

5. INTERET DE L’ETUDE

L’intérêt de ce travail réside dans ce qu’il doit pouvoir renforcer des politiques des
programme de réduction de la fécondité, dans le but d’améliorer la santé des femmes, la
condition de vie des ménages, afin d’assurer le développement humain des pays membres de
la sou région.

6. PLAN DU MEMOIRE

Ce travail est structuré de la manière suivante : le premier chapitre est consacré à l’analyse
théorique et empirique, le deuxième chapitre présente la démarche méthodologique, le
troisième chapitre quant à lui présente l’estimation des paramètres et interprétations. Le
travail est bien évidemment clôturé par une conclusion.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 7


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

CHAPITRE I : ANALYSE THEORIQUE ET EMPIRIQUE :


RELATION ENTRE FECONDITE ET DEVELOPPEMENT
Dans ce chapitre nous développons trois sections. Dans la première section nous les
différentes approches de la fécondité, dans la deuxième section nous développons la revue
théorique et dans la troisième section nous mettons en exergue les différentes études
empiriques qui les soutiennent.

SECTION 1 : LES DIFFERENTES APPROCHES DE LA FECONDITE


Dans cette section nous faisons la revue de quelques approches de la fécondité et du
développement, nous présentons les différentes appellations du sous-développement et enfin
énumérons quelques mesures du développement.

1.1. Approches de la fécondité

Depuis longtemps, les chercheurs expliquent la fécondité en tenant compte des aspects
économiques, démographiques, culturels et politique. La fécondité est un phénomène
complexe. Sa compréhension exige un cadre d’analyse théorique pouvant servir de référence
pour formuler des politiques de population et de régulation des naissances. D’une manière
générale, il n’existe pas une théorie générale de fécondité permettant de comprendre
clairement le comportement démographique. Mais plusieurs approches sont envisageables
pour expliquer l’évolution de la fécondité dans le monde. Selon Chokri, il s’agit de :

1.1.1. L’approche structuro-fonctionnaliste

Développée par Parsons entre 1950 et 1969, cette théorie est focalisée sur la société. Elle
suggère que la baisse de la fécondité s’accompagne d’un changement dans la structure
socioéconomique traditionnelle c’est-à-dire, le passage d’une société traditionnelle
comprenant des grands ménages à une société industrielle moderne comprenant les petits
ménages. Or la modernisation est relative à la l’urbanisation, scolarisation, monétarisation du
travail, amélioration du statut de la femme, de changement de comportements, du sens donné
aux enfants. Ces derniers constituent les éléments de la transition démographique. Les
ménages doivent prendre en considération et s’adapter à cette transformation. À cet effet, les
couples font moins d’enfants et cela grâce à la planification familiale en utilisant les méthodes
contraceptives.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 8


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Cependant, en raison de la faiblesse de la modernisation dans les pays du Tiers Monde,


Afrique Sub-Saharienne par exemple, cette théorie est limitée, même si ses changements sont
effectifs. (Pichet et Poirier, 1992).

1.1.2. L’approche macro-structurelle

Les théories ou courants de pensées voient dans la prolificité du Tiers-Monde un simple reflet
de leur mode de production archaïque et de leur pauvreté économique (Wakam, 1994). Selon
ces théories, la forte fécondité des pays du Tiers-Monde (Afrique sub-saharienne) résulte de
l’adaptation à leur environnement difficile du point de vue sanitaire, économique, écologique.

À cet effet, si l’on croit à ses théories, seul le développement économique se traduit dans les
faits par l’industrialisation, l’urbanisation, la moralisation du travail baisse de la mortalité,
l’apparition d’institutions non familiale et pourrait déclencher la baisse de la fécondité dans
ces pays (Tabutin, 1984). Autrement dit, en donnant aux Africains la chance d’obtenir une
bonne éducation, d’améliorer leur santé et leurs conditions de vie, manger à sa faim; leurs
permet de ne pas avoir le désir de faire beaucoup d’ enfants. Et donc de contrôler leurs
fécondités.

Cependant, les études empiriques récentes montrent que, cette hypothèse purement
économique ne peut pas expliquer elle-même ce phénomène dans ces pays comme le souligne
Locoh (1985) lorsqu’il se demande pourquoi la préférence pour de nombreuses descendances
résiste-telle à l’épreuve des difficultés économiques croissantes des pays Africains. Par
ailleurs l’auteur ajoute, en Afrique, l’urbanisation ne se traduit pas que dans les groupes
sociaux très limités par une baisse de la nuptialité que par une évolution de la fécondité
proprement dit.

1.1.3. L’approche microéconomique

Développée par Becker (1960), Easterlin (1983), l’approche microéconomique repose sur les
avantages et inconvénients pour un couple d’avoir les enfants. Les avantages sur lesquels se
fondent les couples pour décider d’avoir un enfant sont : la consommation de l’enfant, c’est-à
dire le plaisir que l’enfant procure pour ses parents, l’activité économique de l’enfant, c’est-à
dire le travail que l’enfant peut apporter à ses parents, la sécurité des parents pendant la
vieillesse par l’enfant.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 9


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Contrairement à ce qui précède, les désavantages qui peuvent conduire les parents à ne pas
faire les enfants sont : le coût élevé de l’éducation de l’enfant est couts d’opportunité qu’une
mère peut perdre quand elle est en état de gestation.

Ainsi, le nombre d’enfants désirés, par les couples résulte en grande partie d’un processus
rationnelle prise de décision qui tient compte des couts et des avantages potentiels. Donc les
parents sont incités sur le plan économique à avoir un enfant supplémentaire lorsque les
avantages procurés par l’enfant dépassent les couts. Mais avec le développement économique
le revenu des parents s’accroit, leur statut socioéconomique évolue en même temps que leurs
gouts et leurs ambitions. Les avantages dérivant de la sécurité diminuent pendant que les
couts augmentent. D’où une réduction de la fécondité.

2.1.4. L’approche du flux intergénérationnel de richesse

Conçu par Caldwell (1982), l’approche du flux intergénérationnel de richesse est basée sur
l’intérêt ou le bénéfice qu’ont les parents à faire un enfant supplémentaire. Elle stipule que
l’idéologie d’une forte ou faible fécondité est économiquement rationnelle, la fécondité est
élevée dans toutes les sociétés où les flux de richesses des bénéfices des parents au cours de
leurs vies sont plus qu’ils n’ont coûté, la transition de la fécondité ne peut avoir lieu que s’il y
a inversion des flux des parents vers les enfants enfin dans les pays développés, cette
inversion ne peut avoir lieu que par l’avènement de la famille nucléaire. Selon cette approche,
la fécondité est réalisée à partir d’un calcul économique dans les sociétés à mode de
production familiale comme dans les sociétés à mode de production Capitaliste. Cette théorie
porte en elle-même les germes de l’universalité de la culture dominante qui constituent le
phare des toutes les sociétés en matière de fécondité Occidentale. Cette approche remet en
cause le modèle familial africain et prône une évolution des structures familiales. Cela
suppose que les populations qui veulent asseoir une transition de la fécondité doivent
renoncer totalement leurs valeurs les plus fondamentales qui constituent par ailleurs, le centre
de leur existence.

2.1.5. L’approche marxiste ou la théorie marxiste des stratégies de la classe et de survie

Cette approche est récente et explique le niveau et le déclin de la fécondité. Selon les
théoriciens marxistes, la fécondité est déterminée au niveau macro, par la demande de travail
Piche (1990) et au niveau micro, elle dépend des intérêts des familles (intérêts divers selon la
classe sociale au quelle elles appartiennent. C’est dans ce contexte qu’on parle souvent de la
fécondité comme stratégie de survie.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 10


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

La fécondité dépend du mode de vie de production en vigueur, ce qui est lui-même fonction
de développement capitaliste. Dans le mode de production domestique, Cordelle et Pich
disent que : « La fécondité est à la fois une unité de production et de reproduction. L’élément
capital dans la survie de l’unité familiale est sa force de travail et tout doit être mis en œuvre
pour assurer une reproduction démographique suffisante. À ce titre, le mariage constitue une
des caractéristiques les plus fondamentales du mode de production domestique. Ce type
d’organisation est généralement patriarcal et ce sont les hommes qui contrôlent le système des
relations matrimoniales et l’usage de la main d’œuvre familiale. Bref, le régime démo-
graphique est centré sur la mobilité des femmes et une fécondité élevée ».

Par contre, dans le mode de production capitaliste généralisé, il y a disparité des bases
matérielles de la procréation et une forte fécondité devient coûteuse. Toutefois plusieurs
critiques peuvent être formulés en l’encontre de cette théorie. Elle est remise en cause dans le
contexte africain par Wakam (1994), dans la mesure où les sociétés négro-africaines
traditionnelles et mêmes modernes étant pour la plupart des sociétés communautaires et
solidaires, la nation de classe sociale y perd alors tout son sens. Dit-il.

2.1.6. L’approche culturaliste

Cette approche renvoie au système normatif qui régit les aspirations de fécondité pour
expliquer les différences entre sociétés. En effet, les individus appartiennent à des groupes et
intériorisent les modèles structurels de ces groupes. C’est ce qui explique le comportement
différentiel en fécondité.

Le modèle s’appuie sur un déterminisme culturel et développe la thèse d’une culture de la


fécondité propre aux sociétés où la fécondité connait une évolution exponentielle. Dans ce
cas, la transition de la fécondité, résulterait d’un processus de modélisation culturelle ou
d’occidentalisation. Ela (1995), dans ses études culturalistes élabore une théorie de
l’imaginaire sociale selon laquelle la dynamique de fécondité en Afrique noire exige un «
retour à l’imagination qui structure les comportements et les choix stratégiques en matière de
procréation ». D’après cette approche, la procréation s’inscrit dans la logique de production et
reproduction sociale et conduit à se questionner des interactions entre fécondité et structures
sociales.

2.1.7. L’approche féministe

La théorie féministe essaie de donner les explications du niveau de l’évolution de la fécondité


par les conditions de la femme. À ce titre, les démographes ont mis en exiguë le lien entre
Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 11
EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

intensité des taux de natalité et la situation sociale de la femme en cherchant à expliquer les
tendances de fécondité par les opportunités offertes aux femmes. Le modèle féministe part du
fait que le mode de production familiale est de type patriarcal et se caractérise par une
inégalité dans la répartition du travail au profit des hommes. Ainsi, le niveau élevé de la
fécondité s’explique par le statut social et économique médiocres des femmes.

Selon les féministes, il faut toujours considérer l’explication du changement de la fécondité en


Afrique, la place spécifique des femmes dans la société et les structures productrices. De la
même manière que le niveau de fécondité s en Afrique noire se justifie par le statut social de
la femme, c’est de la même manière que les dynamiques de la fécondité observées ces
dernières années peuvent être expliquées par les changements vécus par les femmes. La baisse
de la fécondité s’inscrit dans la dynamique de l’autonomisation de la femme depuis la période
coloniale en Afrique. Ainsi les transformations survenues avec la modernisation, ont conduit à
une nouvelle conception de maternage et une prédisposition de maternité. Les femmes se
trouvent confrontées à un double défi : celui d’une mère et celui d’une femme ménagère en
même temps que travailleuse. À cet effet, on peut dire que la transition de la fécondité en
Afrique se fait par la lutte des sexes et l’autonomisation de la femme. C’est ce que Pich
(1990) appelle « la prise de conscience et la revendication des femmes pour l’égalité dans
toutes les sphères de la vie ». Sans doute, de par le lien entre fécondité et la disposition de
différentes classes et sexes, cette approche suppose que c’est la position de la femme dans la
société africaine qui détermine son niveau de fécondité. La liberté et la possibilité des femmes
de faire un choix entre le travail et la maternité sont deux conditions nécessaires et suffisantes
pour induire des transformations significatives des comportements procréateurs.

De par le statut de la femme dans la société, l’approche féministe rejoint l’approche genre
opérationnalisée. Ainsi selon cette dernière, l’évolution du statut de la femme à travers son
accès à la scolarisation, à l’emploi, à sa préférence en matière de fécondité et à certaines
responsabilités dans la société a une influence directe sur la fécondité. D’après Assogba
(1989), le statut de la femme est donc un facteur important du changement dans les modèles
de fécondité : la fécondité apparait alors comme une stratégie de promotion du statut de la
femme, son autonomie financière lui donnant ainsi certains pouvoirs de décision dans la
société.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 12


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

2.1.8. L’approche institutionnelle

Cette approche vise à étudier les contextes dans lesquels s’inscrivent les processus de
production et reproduction dans les sociétés. Selon Oppong (1991), ce sont les changements
institutionnels qui déterminent et façonnent les comportements en matière de fécondité.

L’impact des transformations institutionnelles sur la fécondité se manifestent à travers : le


marché du travail, le régime foncier et l’accès à la terre, au type d’organisation familiale,
structurelle patriarcales et autres. Concernant le marché du travail : comme le souligne
(Coldwell et Medonal, 1982), le développement du marché du travail a un impact important
sur la fécondité. Il rend la fécondité non économique. Quant au régime foncier et accès à la
terre, ils agissent sur la fécondité de deux manières. D’une part, plus la taille de la population
est grande, plus le travail des enfants est important et plus grande est la demande des enfants
D’où une forte fécondité. D’autre part, l’accès à la terre devient une source de sécurité pour
les parents au lieu des enfants. Ce qui a un impact négatif sur la fécondité.

2.2. Quelques théories du développement

Plusieurs théories ont abordé dans le temps le concept de « développement ». Bien que les
auteurs se basent sur diverses approches, une amélioration des conditions de vies reste un
point commun. Nous abordons ici quelques de ces théories qui retiennent notre attention.

2.2.1. La théorie du décollage ou des étapes de la croissance

Développé par Rostow (1961), cette théorie décrit les étapes de la croissance économique
pour voir l’évolution du développement économique des sociétés. Cette théorie définie la
transition des écarts du développement entre PED et l’inégalité des conditions de vie.
Lafontaine (1995) l’a appelé aussi « théorie de la convergence ». Dans cette théorie ; on
observe l’idée selon laquelle le développement est uniforme et que toutes les sociétés ont
l’obligation de suivre les mêmes étapes pour accéder au développement. Gilbert (1996)
affirme que c’est un effet de sociocentrisme que l’historien de l’économie, en l’occurrence
Rostow, imagine que toutes les sociétés se comportent de la même manière et nourrissent les
mêmes désirs. Or l’homo économicus frustré par la rareté qui l’oblige à choisir parmi ses
désirs illimités, n’est pas universel.

2.2.2. La théorie de la dépendance

Encore appelé théorie du centre et de la périphérie, cette théorie est différente de la précédente
dans la mesure où elle éclaircit les phénomènes d’accumulation des pays développés aux

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 13


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

dépens des PED. Pour expliquer le cycle de la dépendance économique des pays en voie de
développement par rapport aux pays développés, Amin (1977), Gunder (1966) ont proposé le
concept d’échange inégal et de la division internationale. Cette théorie découle à la fois deux
dimensions d’exploitations de la société : la dimension externe et la dimension interne. Il
n’est pas seulement question de montrer comment l’exploitation des pays en voie de
développement est faite par les pays développés mais aussi de montrer que le système
d’exploitation capitaliste des économies nationales des pays en voie de développement sert de
support à l’exploitation capitaliste et monopolistique par des entreprises internationales. Pour
Rist (1996), il s’agit « de penser le rapport développement et sous-développement de manière
globale, dans une perspective historico-structurale, pour monter que la domination externe est
relayée par une domination interne et que les classes (ou alliances de classes) au pouvoir
changent en fonction de la structure interne des économies ». On observe donc la lutte des
classes sociales.

Cette théorie est la réponse des théoriciens des pays en voie de développement et des auteurs
marxistes au système d’accumulation du capitaliste.

2.2.3. La Théorie des pôles de la croissance

Développée par Perroux dans les années cinquante, la théorie des pôles de croissance admet
que la croissance n’est pas uniforme dans l’espace, elle se concentre plutôt en pôles ou en
zone de croissance dont les effets se diffusent sur l’économie immédiate. La théorie des pôles
de croissance est non seulement une théorie du développement économique mais aussi celle
de la diffusion spatiale de la croissance et du développement, Aydalot (1985). Selon lui, la vie
économique ne résulte pas de l’action d’agents isolés en situation de concurrence, mais de
l’action spécifique d’unités économiques qui par la position et leurs dimensions peuvent jouer
un rôle dominant. Cette théorie s’appréhende en deux points : spatial et développement
économique. Du point de vue de la localisation spatiale, elle montre que la croissance se
concentre dans l’espace et du point de vue du développement économique, le pole est un
mécanisme inducteur de croissance (Aydalot, 1985).

2.3. Dividende démographique

La question du dividende démographique reste au centre de l’analyse démo-économique.


Cette notion se caractérise par une accélération de la croissance économique résultant de la
baisse de la fécondité et de l’évolution future de la structure de la population par groupe
d’âge. Ainsi, lorsque les naissances diminuent, la population en âge de travailler c’est-à-dire

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 14


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

âgée de plus de 15 ans croît plus vite que la population a charge, apaisant ainsi les dépenses
sur la santé maternelle et des enfants ainsi que de la scolarisation bref le taux de dépendance
économique diminue. L’augmentation de la population active ainsi que la baisse de la
population à charge ouvrent une « fenêtre d’opportunité » ou « bonus démographique »,
permettant au pays d’accélérer sa croissance économique tout en investissant sur l’éducation,
la formation, la santé bref sur la capitale humaine. Ce qui a permis aux tigres et aux dragons
d’atteindre leur émergence.

L’Afrique sub-saharienne est la région qui présente des retards dans le processus du
développement et de transition démographique. La population de l’Afrique sub-saharienne est
jeune et le taux de fécondité reste encore élevé avec une pyramide des âges élargie en bas et
rétrécie au sommet (Figure 1) malgré les politiques de population et mesures prises. Les
résistances culturelles persistent encore ; le nombre d’enfant constituent une source de
bénédiction et de richesse. Selon Ferry (2007). La septième conférence africaine sur la santé
et droits sexuels reproductifs met l’accent sur la population jeune ce qui promet un avenir
meilleur pour le développement de cette région.

Figure 2: Condition nécessaire pour bénéficier du dividende démographique

Éduca
Structure
tion
de la Dividende
Santé
population démograp
Écono
mie hique
Gouve
rnance

Source : Auteur à partir de la définition du dividende démographique

SECTION 2 : Liens théoriques entre fécondité et développement


Les travaux de Bodin (1576), Malthus (1798) et de plusieurs autres chercheurs et théoriciens
ont apporté des tentatives d’explications et ont abouti à des résultats divergents. Ainsi, deux
courants soulèvent ce débat : le courant orthodoxe et le courant hétérodoxe.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 15


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

2.1. Le courant orthodoxe de la relation sous-développement et fécondité

Avec Malthus (1798), l'étude de la démographie prend un nouveau tournant. Lors de la


parution en 1798 de 1"'Essai sur le principe de population'; il déclare que "le pouvoir
multiplicateur de la population est infiniment plus grand que le pouvoir de la terre de
produire à la subsistance de l'homme". Aussi l'homme doit-il par tous les moyens pallier les
menaces de la loi de population. En effet, les moyens de subsistance ne croissent pas au même
rythme que la population. Par conséquent, lorsque la population augmente, ces hommes sont
de trop : ils n'ont pas leur place "au banquet de la nature". La société n'a pas besoin de la
force de travail qu'ils représentent parce qu'elle ne peut pas les nourrir. L'excès de population
constitue d'ailleurs un frein actif à son augmentation par la mortalité qu'elle engendre. D'autre
part, Malthus prône le retard de l'âge du mariage, le célibat et la limitation des naissances.

Les thèses malthusiennes présentent une vision pour le moins étriquée du potentiel de la terre
à produire des richesses et surtout de la capacité de l'homme à s'adapter et à trouver de
nouvelles ressources.

L'ensemble des discours malthusiens a été repris par les libéraux tels que Jean-Baptiste Say
qui n'a pas hésité à affirmer qu'il était bien plus important d'épargner que de féconder. Par
ailleurs, en reconnaissant la capacité de l'espèce humaine à se reproduire à l'infini, il met en
place un schéma bien précis selon lequel l'augmentation de la population est bornée par le
défaut de moyens d'existence. Cependant cette théorie repose sur la prise en compte du
rendement, qui constitue le rapport entre la quantité produite et la surface cultivée et non de la
productivité, qui correspond au rapport entre la quantité produite et le travail de l'homme Pour
Ricardo, l'augmentation de la population est naturelle mais les conditions économiques en
limitent la croissance. Afin de favoriser le maintien d'une population nombreuse et de
promouvoir la croissance démographique par le développement des richesses, et vice-versa, il
faudrait donc développer le progrès technique et le libre-échange. Au début du XXème siècle,
l'effort général de rationalité touche la science de la démographie et se traduit par l'utilisation
de modèles. Mais le clivage entre les malthusiens et les anti-malthusiens demeure. L'analyse
démographique s'appuie encore davantage sur des considérations d'ordre économique. Pareto
affirme la dépendance mutuelle entre l'évolution démographique et l'évolution économique.
Cependant, contrairement à Malthus qui analyse les effets de la croissance de la population
uniquement en termes de prospérité, Pareto met en évidence une pluralité de causes : le mode
d'organisation de la société, l'utilisation des capitaux, etc... La théorie de Pareto illustre une

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 16


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

approche économique de la famille et lorsqu'il déclare que l'augmentation des richesses


conduit à une chute de la natalité par le désir de conserver une vie aisée, il ne fait que décrire
le tableau que nous avons aujourd'hui sous les yeux.

La doctrine malthusienne, quant à elle, subit deux courants : l'un qui lui marque une
opposition farouche et l'autre qui lui imprime une réactualisation intéressante. Dans
l'ensemble, les opposants au malthusianisme formulent des objections importantes. Tout
d'abord, la croissance démographique s'inscrit dans un processus de développement
économique non négligeable. Elle crée en effet "une pression créatrice'; selon les termes
d'Ester Boserup (1965), qui modifie les modes de production. Contrairement à la proposition
de Thomas Malthus selon laquelle les méthodes agraires définissaient la taille de la population
(fonction de la nourriture disponible), elle démontra au contraire que c'est la pression
démographique qui impose l'évolution des techniques agraires. En bref, « la nécessité est la
mère de l'invention. ». L'augmentation de la population se traduirait alors par une
augmentation des ressources, ce qu'Alfred Sauvy soulignait également en reconnaissant
l'importance des relations entre le progrès technique et le volume de la population active
occupée.

Kuznets (1958) soulevait encore la question des avantages économiques d'une croissance
démographique rapide. Il déclare au début d'un rapport que les récents ouvrages spécialisés (et
de vulgarisation) soulignent spécifiquement les aspects négatifs et le danger de la croissance
de la population : épuisement des ressources non renouvelables, détérioration des conditions
de l'accumulation du capital, difficultés d'organisation, etc. Il propose d'envisager l'apport
positif de la croissance de la population, estimant qu'il devra tôt ou tard l'emporter sur l'effet
négatif. Mais ses intentions n'aboutirent à rien. On peut lire dans les dernières pages du
rapport que, même dans le cas d'une économie développée, la question principale de la
discussion comme dans la plupart des recherches dans le domaine des relations entre la
démographie et la croissance reste ouverte. Il poursuit que nous n'avons même pas de données
empiriques approximatives pour pouvoir soupeser les divers aspects positifs et négatifs de la
croissance de la population. Bien que nous puissions, en toute vraisemblance, distinguer ce
qui est avantageux de ce qui ne l'est pas, il est rare que nous connaissions le caractère des
fonctions qui les relient aux diverses valeurs de la croissance démographique. Revenant sur
cette question, mais cette fois en 1965, Kuznets affirmait qu'on ne peut répondre aux

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 17


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

différentes questions liées à ces deux variables que par des jugements spéculatifs, en ayant
recours à toutes sortes de connaissances incomplètes.

Ainsi, simultanément et de façon surprenante, la recherche s'orienta peu, jusqu'à la fin des
années soixante-dix, vers l'exploration des conséquences économiques de la forte croissance
démographique. Les quelques analyses théoriques développées avaient donc pour but de
soutenir les positions antinatalistes. Face à ces analyses qui se bornaient à prolonger les
modèles canoniques de croissance par accumulation, les études réellement empiriques
orientées vers la recherche de liaisons statistiques pertinentes et significatives entre la
croissance de la population et les performances macroéconomiques furent relativement rares.
La recherche ne s'orienta vers cette démarche empirico-inductive qu'à partir des années
quatre-vingt, principalement en divisant le champ des relations démo-économiques en
quelques domaines d'interaction séparés les uns des autres et étudiés de façon indépendante
ceteris paribus. C'est ce que McNicoll appelle les «topical studies», que nous traduirons par
études thématiques partielles. Cette méthodologie sera très liée au renouvellement de la
conception des conséquences économiques de la croissance démographique vers des positions
plus neutralistes et relativistes, généralement qualifiée de révisionnistes.

2.2. Le courant hétérodoxe de la relation sous-développement et fécondité

Alfred Sauvy (1952) avait développé le concept d'optimum de peuplement pour bien montrer
que le défaut de population, autant que son excès, pouvaient freiner le développement
économique.

Le classique : "il n'est de richesses que d'hommes"de Bodin (1576), a été relayé, entre autres,
par l'analyse d'Emile Durkheim13 pour qui " le développement numérique de la population est
une des causes de la division du travail social ; la division du travail social est elle-même le
point de départ de toute une série de perfectionnements dans tous les domaines de la vie".

Dans le même ordre d'idée Boserup (1965) présenta des arguments dans le but de réfuter
l'idée selon laquelle la croissance démographique rapide est un frein au développement. Selon
elle, cette croissance engendre de préférence une nouvelle organisation dans la collecte et
dans la progression des denrées agricoles par tête. C'est de l'accroissement de la population
que résultent des modifications dans le mode d'exploitation des terres et non l'inverse. Ainsi,
c'est la croissance économique qui incite les sociétés à se trouver de nouvelles techniques

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 18


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

pour l'exploitation des terres. Par contre, moins le pays est peuplé moins cette société
cherchera à trouver de nouvelles techniques pour améliorer la production de ces terres. Par-là,
Boserup (1965) défend le rôle moteur que joue la croissance de la population dans le
changement des techniques. Ce qu'elle désigne sous le nom de pression créatrice. La
perspective orthodoxe fut attaquée dès la fin des années soixante, sous le double effet de
l'absence durable de corrélation significativement négative entre croissances démographique
et économique et de la remise en cause théorique et empirique de ses principaux résultats.
Mais, elle ne vit cependant s'édifier, face à elle, un paradigme alternatif cohérent et robuste
qu'à partir des années quatre-vingt. Paul Demeny appela alors révisionnisme cette perspective
renouvelée, par opposition à l'orthodoxie que pouvait constituer le corpus néo-classique et
néo-malthusien des effets négatifs de court terme. La définition du révisionnisme est
nécessairement critique par rapport à la théorie de Malthus, puisque ce mouvement d'analyse
se construit sur les échecs et les apories du système orthodoxe. Le problème est en substance
de vérifier si la croissance démographique a réellement (révisionnisme extrême) des effets
négatifs sur la croissance économique, ou de mesurer et relativiser la portée réelle de ces
effets (révisionnisme modéré) au cas où ils existeraient réellement.

Le point essentiel sur lequel tous s'entendent, est que les conséquences de la croissance
démographique sur la croissance ne peuvent être isolées de façon agrégée et monolithique,
sans prendre en compte les liaisons multiples qui caractérisent le système démo-économique,
dans toutes ses temporalités. De plus, la forte croissance démographique est un facteur parmi
d'autres, qui peut, selon les circonstances, jouer soit négativement dans le court terme, soit
positivement dans le moyen et le long terme, sur la croissance du niveau de vie. Les
conclusions orthodoxes doivent donc être relativisées, nuancées et contextualisées.

La réponse de Karl Marx à la théorie malthusienne est cinglante. Le marxisme a toujours eu


une attitude de rejet à l'égard de l'interprétation malthusienne des rapports entre croissance de
la population et bien-être, reprochant aux Malthusiens de négliger les processus réels (en
particulier le progrès technique) et de vouloir rendre la croissance démographique responsable
du chômage et d'autres vices découlant de la nature même du capitalisme. La polémique avec
le malthusianisme a conduit à des attitudes extrêmes : à nier, par exemple, l'influence négative
de l'explosion démographique sur la solution des problèmes économiques et sociaux des pays
en voie de développement. A présent, les démographes marxistes se sont libérés de leur façon
simpliste de comprendre les interactions des processus économique et démographique. Mais

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 19


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

dans l'ensemble, la tradition marxiste continue, comme par le passé, à ne pas surestimer le
rôle du facteur démographique, surtout ses incidences négatives sur le développement
économique et l'augmentation du bien-être, qu'il soit question de croissance rapide ou de
croissance lente de la population.

SECTION 3 : QUELQUES TRAVAUX EMPIRIQUES


3.1. Impact positive de la fécondité sur le développement

Doliger (2006), fait une étude portant sur la relation de causalité entre le développement de la
démographie et la croissance économique en France à partir d’un modèle VAR. Il conclut tout
d’abord qu’il existe effectivement une relation entre la croissance démographique et la
croissance économique. Et, c’est la classe la plus jeune de la population qui dynamise
l’économie de la France depuis 1950, et donc l’attention doit être portée sur la natalité et la
décision d’avoir un enfant. Kiguru.T, et al (2013) ont étudié l’impact du changement de
population sur la croissance économique au Kenya. Ces Auteurs ont utilisé une estimation de
la régression autorégressive vectorielle série chronologique pour la période 1963 à 2009 et ont
abouti au résultat selon lequel la croissance économique et la croissance démographique sont
corrélées et de plus un accroissement de la population impact positivement la croissance
économique. Kelley et Schmidt (2005) montrent à partir d’un échantillon de 17 PED sur la
période couvrant 1970-1990 que l’influence de la croissance démographique sur la croissance
économique varie en fonction des pays et des périodes de l’étude. Les résultats montrent que
pour certains pays, l’effet de l’accroissement de la population est positif, tandis que pour
d’autres il est négatif. Cela dépend de l’évolution de la structure de la population et des
politiques socio-économiques menées dans ces pays. Chan et al (2005), Thuku et al (2013)
ont fait une étude sur 17 pays en développement, et montrent que lorsque la population
augmente suite à l’amélioration des conditions de vie, l’épargne et l’investissement augmente
ainsi que la croissance économique.

3.2. Impact négative de la fécondité sur le développement

Ekodo (2016) évalue l’impact de la croissance démographique sur la croissance économique


de la zone CEMAC en utilisant le panel dynamique tout en appliquant la méthode des
moindres carrés généralisés dans la période 1994 à 2016, et a montré que la croissance
démographique affecte négativement la croissance économique de cette zone.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 20


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Dao de son côté travaille sur un échantillon de 43 PED sur la période 1990 à 2008 tout en
utilisant une régression linéaire multivariée en utilisant la méthode des moindres carrés
ordinaires et montre que la croissance démographique, à elle seule, affecte négativement la
croissance économique. Par ailleurs, l’auteur affirme que les pays à forte croissance
démographique connaissent des problèmes de chômage, de famine, de malnutrition et de
pauvreté. Birdsall et al (2001), explorent l’impact des changements démographiques sur la
croissance économique et la pauvreté dans les pays en développement. Il a été montré que la
croissance démographique rapide a un impact quantitativement négatif sur le rythme de la
croissance économique globale dans les pays en développement d’une part. La baisse de la
fécondité a contribué de manière significative à la réduction de l’incidence et de la gravité de
la pauvreté, d’autre part. Eggerickx. T, (2004), étudie la dynamique démographique et la
transition de la fécondité dans le bassin industriel de la région de Charleroi, de 1831 à 1910,
et montre que quel que soit leur origine géographique ou socioprofessionnelle, les générations
nées après 1843 peuvent être « qualifiées de générations contraceptives ». Le contrôle
volontaire des naissances est d’une part la réponse à la crise économique des années
18731892 qui mit à mal le niveau de vie des familles, d’autre part, ce contrôle remet en
question le rôle de l’enfant dans l’économie des ménages. Fassassi et Vimars (2012), en
s’attachant à comprendre l’évolution de la fécondité, croissance et développement humain en
Afrique subsaharienne, montrent que la baisse de la fécondité, d’une politique de population
favorisant l’accès à la planification familiale et l’insertion des femmes dans la vie
professionnelle et sociale. Par ailleurs, la transition de la fécondité observée durant les
dernières décennies est davantage le fruit, en Afrique sub-saharienne, d’une transition de crise
que l’effet d’un malthusianisme de pauvreté. Gastineau, (2012), analyse la transition de la
fécondité, développement et droit des femmes en Tunisie en s’appuyant des idées du présidant
Bourguiba de la nécessité d’améliorer le statut juridique et socio-économique des femmes qui
ont porté des fruits positifs, elle confirme l’importance du statut de la femme dans la société
tunisienne en tant variable du changement démographique. Bloom et William (2005), étudient
les changements démographiques et économiques sur une base de données regroupant les
pays d’Asie de l’Est, sur la période 1965 à 1999, montrent qu’avec un taux de fécondité élevé,
la croissance économique serait négative, mais grâce à un accompagnement de
l’investissement sur la santé, et de l’éducation, considéré comme miracles de l’émergence de
l’Asie de l’Est. Tabah de son coté en voulant comprendre les effets de la croissance
démographique sur la croissance économique, Tabah s’est intéresse du modèle Harrod et
Domar et analyse les effets de la croissance démographique sur le développent en deux points

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 21


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

: il y a d’abord une différence entre les investissements démographiques et économiques pour


montrer qu’avec un coefficient de capital donné le taux d’investissement est positivement à
l’augmentation de la population. Ce modèle montre également la relation qui existe entre le
niveau de vie et l’accroissement de l’investissement qui ne varie pas.
(Bloom et al, 1999) ont travaillé durant l’année 1999 sur la relation entre croissance
démographique et la croissance économique pour expliquer les changements démographique
et croissance économique en Asie. L’idée selon laquelle la fécondité galopante a des effets
néfastes sur le développement a poussé Blomm et al à développer un modèle économétrique
de la croissance économique basé sur les travaux de Bloom et Williamson (1998). Ce modèle
consiste à mettre en relation le revenu par habitant et le revenu par travailleur c’est-à-dire que
le revenu par habitant est égal au revenu par travailleur multiplié par le rapport entre les
travailleurs et la population totale. Permettant ainsi la possibilité que la croissance
démographique et la croissance de la population active puissent affecter les revenus.

Coal et Hoover (1958), ont établi un modèle visant à réduire les effets de la fécondité sur la
croissance économique en Inde, couvrant période 1956 à 1986. Ce modèle a été l’un des plus
célèbres. L’inde a bénéficié des ressources financières consacrées à la planification familiale
considérée comme moyen de réduction de la fécondité.

D’après cette revue théorique, il apparait que la conception de l’effet de la fécondité sur le
développement diffère selon les auteurs et selon les pays. Nous avons bien compris que la
fécondité élevée affecte positivement et ou négativement le niveau du développement humain.
Alors qu’en est-il pour le cas de la zone CEMAC ?

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 22


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

CHAPITRE II : METHODOLOGIE : MODELE THEORIQUE


ET EMPIRIQUE
Dans ce chapitre, nous présentons l’aspect méthodologique basé sur la présentation des
données que nous utilisons dans les analyses ainsi que leurs qualités dans le contexte de la
zone CEMAC, les différents variables et méthodes.

SECTION 1 : Modélisation
Dans cette section, nous présentons successivement le cadre conceptuel et le modèle retenu
pour notre étude. Pour ce faire, nous passons du modèle général au modèle spécifique

1.1. Du modèle général au modèle spécifique

1.1.1. Cadre général

D’après la littérature, plusieurs études ont montré que le développement est influencé par
diverses variables dans le cas de notre étude, il s’agit bien du nombre moyen d’enfant qu’une
femme peut avoir. L’hypothèse est que la fécondité booste le développement. Ainsi, nous
établissons la relation fonctionnelle de la forme :

Pauvreté = f(Fec) (1)

Où F représente le taux de fécondité. Dans la littérature, la pauvreté est souvent approximée


par l’indice de pauvreté humaine diminué de deux points (IPH-2). Pour des raisons de
manque de données sur l’IPH-2, nous choisissons comme indicateur de développement l’IDH
pour mesurer l’opposé de la pauvreté. On peut donc réécrire l’équation 1 de la manière
suivante :

Développement = f(Fécondité) (2)

Nous postulons que . Cela signifie qu’une variation négative de la fécondité


aggrave le sous-développement.

En partant du modèle cob-Douglas qui s’écrit comme suit :

(3)

Où 𝑌 représente le revenu global, A le changement technologique, K le stock de capital et L la


main d’œuvre représentant la population en âge de travailler. Ces variables varient selon les
pays i et au fil du temps t. Afin de créer une identité pour le revenu par habitant, Bloom et al
(1999) ont utilisé la relation entre le revenu par travailleur et de la population en âge de

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 23


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

travailler. Le revenu par habitant est divisé par le revenu par personne en âge de travailler
multiplié par le nombre de personne en âge de travailler.

(4)
Où Y est le revenu, P la population et L la population en âge de travailler dans le pays i sur
l’année t. En ajoutant le log de part et d’autre de l’équation (4), on obtient :

(5)

Posons

En remplaçant Y et Z ans (5), on a :

(6)
En considérant 𝑔𝑧 = 𝜆(𝑧∗ − 𝑧0) (7)

Où 𝑧∗ représente le niveau de stabilité du revenu journalier, 𝑧0 la valeur initiale de logarithme de


revenu par travailleur. Sachant que X est l’ensemble des variables qui peuvent influencer le
niveau du revenu, par travailleur, on a donc 𝑧∗ = 𝑋𝛽.

L’équation (7) devient :

𝑔𝑧 = 𝜆(𝑋𝛽 − 𝑧0) + 𝜀 (8)

Avec 𝜀 l’erreur de spécification, et (9)

En remplaçant (9) dans (8), on trouve :

(10)

À partir de l’équation (5), le taux de croissance du revenu par habitant est la somme des
croissances du revenu par travailleur et la croissance du nombre de travailleurs par habitant
(qui peut être croissante de la main d’œuvre plus la croissance de la population).

𝑔𝑦 = 𝑔𝑧 + 𝑔𝑙 + 𝑔𝑝 (11)

En remplaçant (10) dans (11), on obtient l’équation de croissance suivante :

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 24


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

(12) En
partant de la forme (12), Bloom et al ont abouti à la spécification de la régression multiple
suivante :

𝑔𝑦 = 𝛼0 + 𝛼1𝑋 + 𝛼2𝑦0 + 𝛼3 ln(𝐿⁄𝑃) + 𝛼4𝑔𝑝 + 𝛼5𝑔𝐿 + 𝜀𝑖𝑡 (13)

Pour estimer les déterminants de la croissance du revenu par habitant. Où gy représente le


taux de croissance du revenu par habitant, 𝑋 un vecteur des facteurs pouvant influencer le
niveau d’équilibre du revenu par habitant 𝑦0 le logarithme du revenu par habitant en début de

période, ln(𝐿⁄𝑃) le logarithme de la part des travailleurs dans la population totale 𝑔𝐿 et gp les

taux de croissance annuel et de la population en âge de travailler et de la population totale 𝜀 le


terme d’erreur ; α1, α2, α3, α4 et α5 sont des paramètres à estimer.

1.1.2. Modèle spécifique

Pour tester l’hypothèse selon laquelle la fécondité a des effets négatifs sur le développement
en zone CEMAC, nous adaptons le modèle classique de Cob-Douglas utilisé par Bloom et
al(1999) pour étudier le changement démographique et croissance économique en Asie. Étant
donné que cette investigation s’intéresse à l’effet de la fécondité sur le développement, nous
écartons le taux de croissance de la population active et le logarithme de la part des
travailleurs dans ce modèle. Sur la base de notre recherche, nous intégrons d’autres variables
jugées pertinentes : la santé, l’éducation, le taux de natalité et l’IDH et nous le prenons
comme variable expliquée. Et le modèle devient :

(14)

Étant donné que cette équation n’est pas linéaire, elle ne nous permet pas d’estimer ses
paramètres. Pour la linéariser, nous faisons la transformation logarithmique. Ainsi, on obtient
la forme suivante :

𝑙𝑜𝑔𝐼𝐷𝐻𝑖𝑡 = log (𝐶𝑃𝑖𝑡𝛽1𝑃𝐹𝑖𝑡𝛽2𝐸𝑉𝑖𝑡𝛽3𝐷𝑆𝑖𝑡𝛽4𝑇𝑆𝑖𝑡𝛽5𝑇𝑁𝑖𝑡𝛽6𝐹𝑖𝑡𝛽7𝑒𝜀𝑖𝑡) (15)

𝑙𝑜𝑔𝐼𝐷𝐻𝑖𝑡 = 𝛼𝑖+𝛽1𝑙𝑜𝑔𝐶𝑃𝑖𝑡 + 𝛽2𝑙𝑜𝑔PF𝑖𝑡 + 𝛽3𝑙𝑜𝑔𝐸𝑉𝑖𝑡 + 𝛽4𝑙𝑜𝑔𝐷𝑆𝑖𝑡 + 𝛽5𝑙𝑙𝑜𝑔𝑇𝑁𝑖𝑡 + 𝛽6𝑙𝑙𝑜𝑔𝑇S𝑖𝑡


𝛽7𝑙𝑜𝑔𝐹𝑖𝑡 + 𝜀𝑖𝑡 (16)

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 25


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Où 𝜀𝑖𝑡 le terme d’erreur représentant l’erreur de spécification. Conformément à l’hypothèse

posée sur l’équation 2, on a 𝛽7 < 0.

Avec t= 2000, 2001…2018 ; représentant la date à laquelle on observe les valeurs de la


variable dépendante et des variables indépendantes.

Et i=6 représente l’ensemble des pays de la zone CEMAC.

1.2. Présentation des variables, signes attendu et méthode d’estimation

Dans notre modèle, il y a deux types de variables : la variable endogène ou expliquée 𝐼𝐷𝐻 et
plusieurs variables explicatives ou exogènes à savoir : le taux de fécondité, la population
féminine, la population masculine, le taux de natalité, le taux de croissance du PIB, le PIB par
habitant, l’éducation et la santé. La variable d’intérêt est l’IDH et les autres sont considérés
comme variables de contrôles.

Tableau 1: Description des variables

Description de la variable Signe


Libellé en langage courant de
attendu
NO Notation Explicative l’hypothèse spécifique.

1 TS Scolarité primaire le niveau d’éducation affecte +


positivement le développement

2 PF Population féminine Lorsque la population féminine + ou -


il y a une évolution du
développement

3 DS Dépense courate de santé + ou -


La santé a des implications
positives sur le développement

4 TN Taux de natalité L’augmentation des naissances -


a une influence négative sur le
développement

5 EV Espérance de vie à la L’espérance de vie agit +


naissance positivement sur le
développement

6 F Le taux de fécondité Le taux de fécondité a des effets -


néfastes sur le développement

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 26


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

7 ACP La croissance du PIB par La croissance du PIB par +


habitant habitant agit positivement sur le
développement
Source : Auteur

1.3. Méthode d’estimation

Pour l’estimation de notre modèle d’analyse, nous procédons dans un premier temps à la
vérification des tests d’homogénéité de HSIAO Ces tests permettent de voir la pertinence
d’utiliser une structure panel des données ou non. L’objectif principal de ces tests est de voir
s’il est possible de supposer que le modèle théorique étudiée est parfaitement identique pour
tous les individus statistiques de l’échantillon ou s’il existe des spécifications propres à
chaque individu. En d’autres termes, cela revient à tester l’égalité des coefficients du modèle
étudiée dans la dimension individuelle.
Le test d’Hausman est utilisé pour déterminer s’il faut recourir à un modèle à effets fixes ou
aléatoires. C’est donc un test de spécification qui permet de déterminer si les coefficients
deux estimations sont statistiquement différents.
Test de stationnarité : une série est dite stationnaire lorsqu’elle est dépourvue de tendance et
de saisonnalité, une modélisation sur des séries non stationnaires donne des résultats dont les
interprétations sont fausses.
Test de validation : La violation des hypothèses d’homoscédasticité et de non autocorrélation
des erreurs affectent la qualité de nos estimateurs. Dans le cadre de notre travail, nous
utilisons le test d’Im et al(2003) car ce test est plus performent que le test de Levin et al
(2000) dans le cadre d’un panel cylindré.

SECTION 2 : Présentation des tests


Cette présente section consiste à présenter différents tests de racine unitaire ainsi que celui de
validation.
2.1. Les tests de stationnarité
Plusieurs tests existent pour vérifier la stationnarité et cela selon le type de modèle et donnée.
Pour les données chronologiques et les données de panel stationnaires les tests jugés
pertinents sont : le test de Dickey-Fuller Augmenté (ADF), de Philips-Perron (PP) et celui de
Kwiotowski, Philips, Schidt et Shim (KPSS). Et les autres tests ne s’appliquent qu’aux
données de panel non stationnaires, nous citons : le test de Levin, Lin et Chu, le test d’Im et
al, le test de Harris, Tzavaila, Madalla et Wu, Choi et le test de Hardi.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 27


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

2.2. Description de quelques tests de racine unitaire

2.2.1. Le test de Levin et al :

Le test de Levin et al est utilisé pour les tests de stationnarité sur les données de panel
l’hypothèse nulle de ce test suggère l’homogénéité de la racine unitaire, contre l’hypothèse

Alternative d’homogénéité de la stationnarité. Levin et al (LLC) se sont inspirés de


DickeyFuller en exposant leurs approches sur les trois modèles suivants :

𝑝𝑖

∆𝑌𝐼,𝑡 = 𝜌𝑌𝑖,𝑡−1 + ∑ 𝜃𝑖,𝑙∆𝑌𝑖,𝑡−𝑙 + 𝛽𝑖𝑡 + 𝛼𝑖 + 𝜇𝑖,𝑡


𝑖=1
LLC ont proposé une procédure en trois étapes pour pouvoir calculer la statistique de test
associée aux modèles ci-dessus car les ordres d’autorégressive 𝑝𝑖 ne sont pas connus.

La statistique de test est la suivant :

On teste l’hypothèse nulle de non stationnarité 𝜌 = 0 contre l’hypothèse alternative de


stationnarité𝜌 < 0.

La règle de décision est la suivante : si la probabilité calculée associée à 𝜌 est supérieure à la


probabilité lue (5%).

2.2.2. Le test d’Im et al (2003)

Selon Im et al, tous les individus peuvent ou ne pas avoir la même racine unitaire.

L’hypothèse du test de IPS suggère la présence d’une racine unitaire. La statistique de ce test
correspond à la moyenne des statistiques individuelles de (ADF).Si la statistique calculée est
inférieure à la valeur critique de la loi normale centrée réduite à 5% c’est-à-dire à -1,64, on
rejette l’hypothèse nulle d’une racine unitaire pour l’ensemble des individus.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 28


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

SECTION 3 : Analyse descriptive des variables


3.3. Analyse descriptive des différentes variables

Il nous parait nécessaire d’analyser le comportement des variables avant de vérifier la


stationnarité.

Figure 3 : Évolution du taux de fécondité en zone CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale


3.3.1. Analyse descriptive de la fécondité

De façon générale, ces pays paraissent converger vers un même modèle de fécondité. En
principe, lorsque la transition de la fécondité amorce, la fécondité décroit jusqu’à atteindre le
seuil de remplacement. L’analyse de l’évolution du taux de fécondité montre une
décroissance lente et progressive du taux de fécondité. La baisse de la fécondité se manifeste
de façon nette que dans la période 2000 à 2016 pour l’ensemble des pays de la sous-région.
Figure 4: Évolution de la croissance du PIB par habitant en zone CEMAC

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 29


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale


3.3.2. Analyse descriptive de la croissance du PIB par habitant
LA croissance du PIB par habitant dérive de la croissance du PIB réel rapporté à l’ensemble
de la population d’un pays et donc reflète les activités économiques de ce dernier. Lorsqu’il y
a déséquilibre de la conjoncture, l’on remarque que le PIB connait des instabilités. La figure 3
décrit l’évolution de la croissance du PIB par habitant. Cette croissance évolue en dent de scie
dans l’ensemble de la période d’étude pour tous les pays de la sous-région.
Figure 5 : Dépense courante de santé (en pourcentage du PIB)

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 30


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale


3.3.3. Analyse descriptive de la dépense courante de santé

L’analyse montre que les dépenses courantes de santé évoluent en dent de scie durant la
période d’étude. Il est reconnu que la santé est importante pour le développement d’un pays et
donc doit être un secteur prioritaire des dépenses publiques. Lors de la conférence d’Abuja
tenu en 2000 dans le but de la réalisation des OMD, une somme importante de budget
national a été consacré à la santé.

Figure 6: Évolution de la scolarité primaire en zone CEMAC

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 31


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale

3.3.4. Analyse descriptive de la scolarité primaire

La figure 4 nous montre l’évolution du taux de scolarité primaire en zone CEMAC couvrant
l’année 2000 à 2016. En 2000 le taux de scolarité dans la plupart des pays de la sous-région
est faible. Cette faiblesse est soit due par l’inégalité du genre au détriment des filles dans
certaines sociétés où la femme est considéré faire les tâches ménagères et l’homme au travail ;
soit l’insuffisance des revenues des parents qui fait à ce que ces derniers priorisent les garçons
car une fois que la fille sera mariée, ils ne se voient plus bénéficier de leur investissement, ce
bénéfice sera pour la famille au quelle la fille va appartenir.

Figure 7: Évolution de l'IDH en zone CEMAC

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 32


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Source : Auteur à partir de données de PNUD


3.3.5. Analyse descriptive de l’IDH

S’agissant de l’IDH, l’analyse ne ressort que l’ensemble des pays de la sous-région à un


niveau de développement le plus faible malgré les progrès réalisés au niveau de l’éducation.
Les efforts de développements dans la zone ont permis d’estimer en moyenne l’IDH à 0.49 au
cours de la période d’étude. Cette moyenne est largement dépassée par la moyenne au niveau
nationale pour certains pays. C’est le cas du Gabon qui obtient 0.66 ce qui dépasse le niveau
moyen de développement au monde (0,645 selon les chiffres du PNUD).

Figure 8: Évolution du taux de natalité en zone CEMAC (pour mille habitant)

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 33


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale


3.3.6. Analyse descriptive du taux de natalité en zone CEMAC

La figure 7 montre que l’évolution du taux de natalité présente des instabilités sur différentes
périodes tant à la hausse, que à la baisse de 2000 à 2016 sur l’ensemble des pays de la sous-
région.

En effet, en 2000, la baisse du taux de natalité en Guinée équatoriale et au Gabon s’accélère


avec la baisse de l’activité économique engendrant ainsi la pauvreté. Bien qu’au lendemain de
celle-ci le taux de natalité a fortement augmenté suite à une amélioration des conditions de vie
de la population dû au dynamisme de l’activité économique accompagnée d’une création
d’emplois dans plusieurs secteurs.
Figure 9: Évolution de l’espérance de vie à la naissance en zone CEMAC

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 34


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale


3.3.7. Analyse de l’évolution de l’espérance de vie en zone CEMAC

D’après la banque mondiale (2015), les pays de l’Afrique sub-saharienne particulièrement les
pays de la zone CEMAC, présente encore des maladies grave talque le VIH sida par rapport
aux autres pays. Malgré ces maladies et des faiblesses en dépenses courante de santé (figure
4), l’espérance de vie à la naissance dans la zone CEMAC n’a pas chuté, elle a
considérablement augmenté de 2000 à 2016. Elle est passé de 44,06 ans à 66,18 ans ; en
moyenne la durée d vie en zone CEMAC est de 54,22 ans (tableau 2).

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 35


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Figure 10: Évolution de la proportion de la population féminine en zone CEMAC

Source : Auteur à partir de la base de données de la banque mondiale


3.3.8. Analyse de l’évolution de la proportion de la population féminine en zone CEMAC

La figure 8 décrit l’évolution de la proportion de la population féminine en zone CEMAC.


Elle nous montre que la population féminine est linéaire et décroissante pour l’ensemble des
pays de la sous-région. En effet, pour 100 hommes, les femmes représentent en moyenne 49,
4% de la population totale (tableau 2) et donc 50,6% d’homme. Ce qui fait un écart de 1,2%.
Précisément, sur 1000 personnes 493 sont des femmes et 506 sont des hommes. Selon l’ONU
(2011), les garçons naissent plus que les filles. Mais ce sont les garçons qui meurent plus vite
que les filles, dans l’enfance mais aussi à l’âge adulte. Cependant, le fait que la proportion de
la population féminine soit inférieure à la proportion de la population masculine est dû soit
par les avortements sélectifs basés sur le sexe du fœtus, soit par la mortalité maternelle causée
par des pratiques non sécurisées ou à un manque d’accès aux sage-femmes et aux services
élémentaires de santé.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 36


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

CHAPITRE III : ESTIMATION DES PARAMETRES ET


INTERPRETATION

Dans ce chapitre, nous faisons l’analyse empirique. Pour ce faire, dans un premier temps,
nous faisons les tests d’homogénéité, les tests de spécification de Hausman, le test de racine
unitaire afin de déterminer l’ordre d’intégration des variables, le teste d’hétéroscédasticité, et
le test d’autocorrélation. Puis dans un second temps nous procédons à l’estimation des
coefficients des paramètres en utilisant l’estimateur de MCO.

SECTION 1 : Source de données et présentation des résultats des différents


tests
Nous présentons dans cette section, les résultats de test d’homogénéité, test de Hausman et le
test de stationnarité

1.1. Source de données

Pour estimer les paramètres de notre modèle, nous avons utilisées les données annuelles
extraites de la base de données de la Banque mondiale (World dévelopment indicators) et
celle de PNUD. L’échantillon est composé de six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo,
Gabon, RCA Tchad, et Guinée équatoriale). La période d’étude couvre l’année 2000-2018.
Ces données sont ensuite colligées dans Excel et importées au logiciel stat 16 pour être
traitées par l’usage des outils statistiques appropriés.

2.2. Caractéristiques des variables

Le tableau 2 ci-dessous présente les caractéristiques statistiques des différentes variables. Il


s’agit de la moyenne, l’écart-type, le maximale et le minimale pour les six pays de la zone
CEMAC.

Par ailleurs, le tableau 2 montre une variation dans l’évolution des variables. Les écart-types
sont relativement faibles, sauf pour les variables croissance de PIB par habitant et la
scolarisation primaire.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 37


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Tableau 2: Statistique descriptive


Variable Obs Mean Std. Dev. Min Max
Idh 114 .476 .116 .293 .697
Cp 114 1.674 8.993 -36.557 56.789
Ds 114 3.684 1.309 1.264 10.993
F 114 5.48 .913 3.969 7.354
Ev 114 54.221 5.116 44.061 66.187
tn 114 40.029 5.043 31.611 50.941
Pf 114 49.44 1.646 44.456 50.692
Ts 114 96.332 25.454 51.775 145.934

Source : Auteur à partir de logiciel stata 16 et les données proviennent de PNUD et DATA de
la banque mondiale.

Le tableau de corrélation ci-dessous montre la liaison entre différentes variables du modèle.

Selon l’hypothèse de l’absence de corrélation entre les variables explicatives de la méthode


des moindres carrés ordinaires, les variables explicatives ne doivent pas entre corrélée entre
eux. Si cette hypothèse n’est pas vérifiée, les estimations des MCO sont biaisées. Cela
implique que le modèle ne peut pas être robuste. À cet effet Les résultats obtenus dans le
tableau de la matrice de la corrélation montre que l’indice de développement humain est
corrélé négativement avec les variables (DS, F, PF, ACP, TN) et positivement avec (EV, TS).

Tableau 3: Matrice de corrélation


Variables (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8)
(1) idh 1.000
(2) ds -0.575 1.000
(3) cp -0.045 -0.050 1.000
(4) f -0.766 0.266 0.230 1.000
(5) ev 0.859 -0.390 -0.091 -0.525 1.000
(6) tn -0.805 0.321 0.234 0.983 -0.585 1.000
(7) pf -0.516 0.562 0.022 0.260 -0.318 0.343 1.000
(8) ts 0.646 -0.082 0.056 -0.571 0.708 -0.556 0.270 1.000

3.1.Résultat de test d’homogénéité

Dans une première étape, on teste l’hypothèse d’une structure parfaitement homogène.
H0 : αn=α & βn=β
Si H0 est accepté, on fait face à un modèle dit pooled (totalement homogène). Si non, on
cherche d’où vient l’hétérogénéité.
On teste l’égalité pour tous les individus des K coefficients βn
H0 : βn=β

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 38


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Si H0 est rejetée, on rejette la structure panel. On a donc N modèle différentes. Si on accepte


H0 on obtient une structure de panel et on cherche à voir si les αn sont identiques.
Sous l’hypothèse que les coefficients βn sont communs à tous les individus, on teste l’égalité
des αn.
H0 : αn=α
Si H0 est rejetée, on obtient un modèle de panel avec effets individuels.
Si en revanche H0 est accepté, on retombe sur la structure de panel totalement homogène.
Tableau 4: Résultat du test d’homogénéité

HOMOGENITE HOMOGENITE HOMOGENEITE


GLOBALE DES DES
COEFFICIENTS β COEFFICIENTS α
F_stat 79.87 17.52 76.77
p-value 0.00 0.00 0.00
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
H0 est rejetée, on rejette la structure panel. On a donc N modèle différentes.

3.2. Résultat du test de spécification de Hausman

L’hypothèse testée concerne la corrélation des effets individuels et des variables


explicatives

𝐻0 : 𝐸(𝑈𝑛 |𝑋𝑛 ) = 0

Sous 𝐻0 , le modèle peut être spécifiés avec des effets individuels aléatoires alors que sous
l’hypothèse alternative, le modèle doit être spécifié avec des effets individuels fixes

Tableau 5: Résultat du test Hausman

chi2(7) 1125.45
Prob>chi2 0.0000
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
Donc on rejette H0, alors le modèle doit être spécifié avec des effets individuels fixes.

3.3. Résultats des tests de stationnarité

Étant donné que le cadre de cette étude s’intéresse aux données de panel non stationnaire, les
tests préliminaires que nous avons choisis pour la vérification de la stationnarité de nos
variables sont : le test de Liévin et al ainsi que celui d’Im et al.
Nous allons donc procéder donc aux tests de racine unitaire : {𝐻0 : 𝜌=0
{𝐻0 : 𝜌<0

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 39


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

On teste l’hypothèse nulle de non stationnarité 𝜌=0 contre l’hypothèse alternative de


stationnarité 𝜌<0.
La règle de décision est la suivante : si la probabilité calculée associée à 𝜌 est supérieure à la
probabilité lue (5%), on accepte l’hypothèse nulle de non stationnarité. Si la probabilité
calculée associée à 𝜌 est inférieure ou égale à la probabilité lue (5%), on rejette l’hypothèse
nulle de non stationnarité.

Tableau 6: Résultat du test de stationnarité

Variables Test Stationnaire en Résultat de l’ordre


niveau, d’intégration
en différence
première, (3) et (4)

P-value à 5%

IDH IPS 0.0000 (1)

CP IPS 0.0000 (0)

DS IPS 0.0000 (1)

EV IPS 0.0078 (4)

PF IPS 0.0000 (0)

F IPS 0.0000 (3)

TN IPS 0.0005 (4)

TS IPS 0.0000 (1)

Source : Auteur à partir de logiciel stata 16

La probabilité associée à la statistique du test d’IPS est inférieure à 5% pour l’ensemble des
variables. Donc on rejette l’hypothèse nulle de non stationnarité. On conclut que les variables
sont tous stationnaires. Par ailleurs, On constate que les variables IDH, DS et TS sont
stationnaires après avoir pris la première différence. Alors que la variable F est stationnaire

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 40


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

après avoir pris la troisième différence et aussi les variables TN et EV sont stationnaires après
avoir pris la quatrième différence. PF et CP sont stationnaire en niveau.

SECTION 2 : Test de violation des hypothèses

Nous présentons dans cette section, les résultats de test violation des hypothèses
La violation des hypothèses d’homoscédasticité et de non autocorrélation des erreurs affectent
la qualité de nos estimateurs ;
Les tests suivants permettent de vérifier si notre modèle respecte ces hypothèses dans le cadre
des données de panel ;
Test d’hétéroscédasticité intra-individu de Breush Pagan
Test d’hétéroscédasticité inter-individus
Test d’autocorrélation intra-individu de Breush Pagan
Test d’autocorrélation inter-individu
2.1. Résultat du test d’hétéroscédasticité intra-individu de Breush Pagan

L’idée du test est de vérifier si la variance des erreurs de chaque individu est constate
L’hypothèse nulle du test est donc la suivante :
2
𝐻0 : 𝜎𝑖,𝑡 = 𝜎 2 ∀ 𝑖, 𝑡

Si la P-value est supérieure au seuil, le modèle est considéré comme homoscédastique


Si la P-value est inférieur au seuil, il est nécessaire de vérifier l’homoscédasticité inter-
individu

Tableau 7: Résultat du test d’hétéroscédasticité intra-individu

Number of obs 90
F(7, 82) 9.37
Prob > F 0.0000
R-squared 0.4443
Adj R-squared 0.3969
Root MSE 4.6e-05
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16

la P-value est inférieur au seuil, il est nécessaire de vérifier l’homoscédasticité inter-individu

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 41


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

2.1.1. Résultat du test d’hétéroscédasticité inter-individu


Ce test est effectué lorsque le dernier est rejeté
L’hypothèse nulle du test est donc la suivante :
𝐻0 : 𝜎𝑖2 = 𝜎 2 ∀ 𝑖

Si la P-value est supérieure au seuil, le modèle aurait la caractéristique d’être


homoscédastique inter-individus et hétéroscédastique intra-individus.

Tableau 8: Résultat du test d’hétéroscédasticité inter-individu

chi2 (6) 19.30


Prob>chi2 0.0037
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16

Alors on rejette H0, donc on a une hétéroscédasticité.

2.2. Résultat du test d’autocorrélation inter-individu

Il permet de tester la corrélation des erreurs inter-individus pour une même période
L’hypothèse nulle du test est l’indépendance des résidus entre les individus
𝐻0 : 𝐸(∈𝑛,𝑡 ∈𝑚,𝑡 ) = 0 ∀ 𝑛 ≠ 𝑚

Si on rejette l’hypothèse nulle, on conclura que les erreurs sont autocorrélées


Si par contre, on ne rejette pas 𝐻0 on va effectuer le test d’autocorrélation intra-individus.
Tableau 9: Résultat du test d’autocorrélation inter-individu

chi2(15) 10.960
Pr 0.7554
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
On ne rejette pas 𝐻0 on va effectuer le test d’autocorrélation intra-individus.
2.2.1. Résultat du test d’autocorrélation intra-individu

Il permet de tester si les erreurs sont autocorrélées ou non


L’hypothèse nulle du test est la suivante :
𝐻0 : 𝐸(∈𝑛,𝑡 ∈𝑛,𝑠 ) = 0 ∀ 𝑡 ≠ 𝑠

Rejeter 𝐻0 signifie que les erreurs des individus sont autocorrélées


Si par contre, on ne rejette pas 𝐻0 on va dire que les erreurs des individus ne sont pas
autocorrélées.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 42


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Tableau 10: Résultat du test d’autocorrélation intra-individu

F( 1, 5) 1.511
Prob > F 0.2737
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
On ne rejette pas 𝐻0 alors les erreurs des individus ne sont pas autocorrélées.

SECTION 3 : L’estimation des paramètres du modèle, résultat


Cette section est consacrée aux résultats de l’estimation des paramètres.
Tableau 11: Estimation du modèle de régression multiple

Variables expliquée Indice de développement humain


Variables explicatives Modèle estimé
Croissance de PIB par habitant .0004463** (.0000539)
Taux de natalité -.0614103** (.0619571)
Dépense courante de santé -.0004826** (.0005368)
Espérance de vie .0725255** (.0406016)
Proportion de la population féminin .0002654** (.0002713)
Taux de fécondité -.0404168** (.2190106)
Taux de scolarité .0002187* (.0000926)
Constante -.008432** (.0134283)
Nombre d’observation 90
*; ** et *** correspondent respectivement à la significativité statistique de 10% ;5% et 1%.
Les écarts types sont entre parenthèse.
Source : Auteur à partir de logiciel stata 16
3.1. Le taux de fécondité :

Le tableau ci-dessus indique les résultats du modèle de régression économétrique par la


méthode des panels simple (statique). Les résultats d’estimation montrent un coefficient
négatif du taux de fécondité et est statistiquement significatif au seuil de 5% c’est-à-dire une
augmentation de 10% du taux de fécondité implique une baisse de 0,4% de l’IDH. Ainsi, plus
le nombre d’enfants nés vivant rapporté à la population féminine en âge de procréer
augmente, moins l’indice de développement humain augmente.
Penser que la pression démographique est un obstacle pour le développement est un débat
controversé selon la position dans laquelle l’on se trouve. Pour l’illustre africain qui prône le
renouvellement des traditions des ancêtres et caractérisé pour la plupart par un faible niveau
d’éducation, le nombre d’enfants au sein du ménage n’est qu’un signe de bénédiction et de
constitution d’un héritage pour la retraite sans pour autant se soucier de l’avenir de ces
enfants. Malgré que des voix s’élèvent depuis quelques décennies contre ce phénomène qui

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 43


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

parait être la cause des problèmes de malnutrition, de famine, du chômage et d’autres fléaux,
les pays de la zone CEMAC sont encore en retard dans sa maitrise. En effet, cette étude
suggère que la fécondité retarde le développement dans la zone CEMAC. Ceci étant, la
fécondité est statistiquement significative et influence négativement l’IDH sur l’ensemble de
la période d’étude selon les résultats de notre analyse (tableau 10). La non maitrise de la
fécondité a conduit à une faible efficacité des politiques de développements dans ces pays. Ce
qui justifie le signe négatif obtenu. Cette étude reste conforme à la littérature de Bongares et
Watkins (1996) selon laquelle pour les pays pauvres doté d’un IDH de 0.4, la fécondité
exprimée est comprise entre 4.5 et 8 enfants par femme. Par ricochet, le niveau de
développement humain ne semble fournir qu’une explication partielle des écarts de fécondité
entre les pays. Notre cadre empirique rejoint celui d’Ekodo (2018) qui constate que la
démographie est en relation significative et négative avec la croissance économique dans la
zone CEMAC sur la période 1995 à 2015. Au regard de ces développements, nous ne pouvons
donc pas rejeter l’hypothèse de l’étude selon laquelle un accroissement de la fécondité génère
le sous-développement.

3.2. La scolarisation

Une augmentation de 10% du taux de scolarité entraine une augmentation de l’IDH de


0,021%. La scolarisation apparait significative et influence donc positivement le
développement de la sous-région. Ce résultat vient confirmer la littérature économique de
(Grosman et Kastner. 1997. McMahon. 1998).
Sur le plan social les indicateurs des pays de la CEMAC sont très faible, mais ont progressé
durant ces dernières années. Au Cameroun, au début des années 2000 le taux de scolarisation
était de 40%. En 2016, il a progressé et se situe a plus de 50%. Au Gabon la situation est quasi
similaire avec celui du Cameroun car au début des années 2000 on observait une proportion
d’environ 55% de la population totale étant scolarisé et en 2016, cette proportion se situait a
plus de 62%. La RCA et le Tchad sont considéré comme les pays les moins scolarisé de la
CEMAC avec un taux d’enrôlement de l’éducation de moins de 30% de la population totale.
Par ailleurs, Le taux d’alphabétisation des Centrafricains âgés de15 à 24 ans était de moins de
40% en 2015, soit environ 48 % chez les hommes et 27,0 % chez les femmes. Ce taux de
scolarisation dans le secondaire n’était que d’environ à 13 % en 2012. Les filles sont
nettement désavantagées par rapport aux garçons, car le taux de scolarisation secondaire de
ces derniers était de 17,93 % en 2012 soit près du double de celui des filles qui était de 9,34 %
(ONU, 2016).

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 44


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

3.3. Les dépenses courantes en santé et leur effet sur le développement

Selon Crossman(1972), les investissements en capital humain doivent être accompagnés des
dépenses en santé afin de profiter pleinement de ceux-ci. On ne peut donc exploiter les
connaissances acquises par les individus dans le temps si ces derniers sont à tout moment
soumis des risques de maladies. En se basant sur les modèles classiques d’analyse de la
croissance qui stipulent que le capital humain élève le niveau de production par tête, alors les
dépenses en santé courante n’auront qu’un effet positif sur la croissance (Barro et Sala-i-
Martin, 1992). Ceci semble être vérifié dans le cas des pays de la zone CEMAC. En effet, nos
résultats montrent que les dépenses en santé courante affectent négativement et
significativement l’IDH des pays de la zone CEMAC sur l’ensemble de notre période d’étude.
Cela s’explique par des faibles investissements sur la santé caractérisée par une bonne qualité
de soins médicaux. Or une population en bonne santé constitue une main d’œuvre pour de
nombreuses entreprises, une main d’œuvre potentielle capable de produire donne des forts
rendements pour le développement.
3.4. La proportion de la population féminine retarde-t-elle le développement ?

Le coefficient relatif à la proportion de la population féminine porte un signe positif. Les


résultats montrent que lorsque la population féminine augmente de 10% en zone CEMAC,
l’IDH augmente de 0,0002%. La population féminine a influencé positivement le
développement de la zone CEMAC durant la période 2000-2018. En réalité l’effet de la
proportion de la population féminine sur le développement diffère selon les pays compte tenu
des rythmes de la croissance démographique. Ainsi, les pays à fort croissance démographique
de la zone CEMAC (Congo, Tchad, la RCA et Cameroun) subissent des effets négatifs de la
croissance démographique que le Gabon. Le Guinée équatorial enregistre des faibles
croissances démographiques.
3.5. Taux de natalité

Une augmentation de 10% en zone CEMAC, de taux de natalité entrain une baisse de 0,06%
de l’IDH.

En présidant la célébration de la Journée mondiale de la population le 11 juillet 2019 à Kribi,


le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat),
Alamine Ousmane Mey a fait savoir : « Le nombre moyen d’enfants par femme est passé de
5.2 à 4.9 entre 1998 et 2014. Pour ce qui est de la prévalence contraceptive, elle a progressé

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 45


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

de 24% à 34,5%. » Ce constat établi en présence de la représentante du Fonds des Nations


Unies pour la population (Fnuap), Siti Batoul Oussein, avait pour but de montrer comment le
Cameroun met en oeuvre les recommandations issues de la Conférence internationale sur la
population et le développement (CIPD) tenue en Egypte en 1994. Ce d’autant plus que le
thème de cette édition était : « Les 25 ans de la Conférence internationale sur la population et
le développementaccélérer les promesses. »

Selon le Fnuap, « au Cameroun, une croissance démographique forte peut avoir un impact
négatif sur les conditions de vie des populations, en affectant le taux de croissance du PIB par
tête. Une croissance démographique relativement élevée peut également avoir un impact
négatif sur les conditions de vie des ménages à travers la pression qu’elle peut exercer sur les
infrastructures de base existantes liée à l’augmentation de leur demande. » En d’autres termes,
il est prescrit au Cameroun de réduire son taux de natalité pour aspirer au développement. Car
à en croire l’institution spécialisée des Nations unies pour la population, les niveaux de la
croissance démographique permettent aussi d’expliquer le faible impact de la croissance
économique sur l’amélioration des conditions de vie des ménages. Le portail des camerounais
de Belgique. En effet, si sur la période 1996-2001 la croissance économique s’est traduite par
une bonne progression du revenu par tête (environ 2% par an), la période 2001-2007 a par
contre présenté des taux de croissance moyens annuels par tête du PIB compris entre 0,5% et
0,7%, niveaux très faibles pour influer de manière positive sur l’évolution des conditions de
vie des ménages. Les enquêtes dans les ménages camerounais relèvent d’ailleurs à juste titre
que la pauvreté monétaire qui a reculé de 13 points entre 1996 et 2001, est restée stable sur la
période 2001-2007 (40,2% en 2001 et 39,9% en 2007). La conséquence immédiate de cette
stabilité du niveau de pauvreté est l’augmentation importante du nombre de pauvres à cause
d’une croissance démographique élevée (2,7%).

Du coup, les autorités camerounaises entreprennent des initiatives abondant dans ce sens.
Ainsi, aux dires du Minepat, on note entre autres, « la densification de la carte sanitaire avec
l’ouverture des services de planification familiale dans les différentes formations sanitaires, la
mise en oeuvre du programme multisectoriel de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale,
infantile et juvénile, etc. » Toutefois, le Minepat reconnaît que des difficultés persistent.
D’après lui, « les problèmes liés à la santé sexuelle et reproductive continuent d’accabler
l’existence et de nombreuses pertes en vies humaines sont enregistrées parmi les jeunes et les
femmes. En outre, les besoins sociaux de base et ceux relatifs à la planification familiale

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 46


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

demeurent élevés. Ils ont pour fondements, les multiples grossesses précoces et non désirées,
les naissances non planifiées… ».

Pour le Fnuap, cette situation s’explique par le fait que l’évolution des indicateurs relatifs à la
mortalité montre que la situation sanitaire au Cameroun est préoccupante. Une des causes qui
peut expliquer cette situation est la crise économique des années 80-90 qui s’est traduite entre
autres par le quasi-arrêt des constructions et de l’acquisition d’équipements des formations
sanitaires. La dynamique de la population a également un rôle explicatif dans cette situation,
compte tenu de la contrainte que la trop grande charge démographique exerce sur le système
et les infrastructures sanitaires, ainsi que sur les ressources humaines de santé. Pour ce qui est
du système et des infrastructures sanitaires, sa capacité à répondre aux besoins de santé, est
loin de permettre d’améliorer la couverture médicale d’une population sans cesse croissante.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 47


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

CONCLUSION

Les liens entre fécondité et développement humain sont toutefois profondes et complexes.
L’effet économique de la fécondité se répercute sur le développement humain et par ricochet,
sur le développement économique. Un phénomène qui circule par les médias dans le
processus universel de transition démographique. Le phénomène de fécondité élevée est plus
observé en Afrique subsaharienne et en Asie du sud, d’après les études faites par la Banque
mondiale. La transition démographique est devenue un défi majeur pour les PED que certains
gouverneurs en collaboration avec les organismes internationaux veulent à tout prix relever
comme les autres pays développés ont pu le faire. Aussi est-il vrai que ce défi n’est pas facile
à relever du fait que le désir d’avoir un enfant est important et est au centre de l’organisation
sociale en Afrique. À cet effet, la forte fécondité en Afrique est un problème mental qui tire
son origine de la société dans laquelle l’enfant occupe une place privilégiée. Et les parents
voient en leurs enfants toute une richesse accumulée.
En 2000 les OMD ont été formulés comme nouveau paradigme du développement et de l’aide
au développement, tout en considérant les programmes mis en place pendant la conférence du
Caire (1994) et celle de Beijing (1995) consacrée aux femmes et orienté vers la réduction de
la pauvreté à l’horizon 2015, dans l’optique de lutte contre le sous-développement. Mais
certains objectifs ne sont pas atteints avec succès, comme le montre les études faites par
(Benninguisse et Dackam-Ngatchou, 2009) en zone CEMAC.
Du point de vue théorique, nous avons envisagé une brève revue des différentes approches de
la fécondité qui nous a permis de comprendre le phénomène de fécondité compte tenu de
certaines caractéristiques de la femme. Sachant bien que la plupart de ces théories dérivent
des travaux de Becker(1961) et de Leibestein(1957), parmi lesquelles la théorie économique
du comportement du consommateur aux décisions d’avoir un enfant. Ces théories nous ont
fait comprendre le rôle que joue l’enfant dans le ménage et comment l’enfant est considéré
dans certaines sociétés. Nous avons vu encore que le phénomène de fécondité est la résultante
d’un environnement difficile du point de vue sanitaire, écologique et économique (Wakam ;
1994). De Quelques théories du développement sont aussi envisageables afin de concilier le
niveau de vie à réalité économique. La littérature nous a permis de comprendre et distinguer
les effets de la fécondité sur le développement selon deux courants : le courant orthodoxe,

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 48


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

selon lequel la fécondité a des effets bénéfiques pour le développement (Bodin, 1576) et le
courant hétérodoxe, selon lequel la fécondité agit négativement sur le développement
(Malthus, 1798).
La prédiction théorique selon laquelle la fécondité élevée est néfaste pour le développement
est vérifiée dans le cas de notre étude car, les résultats de la présente analyse soutiennent
empiriquement la conclusion des orthodoxes. En effet, Ces résultats ont montré que le
coefficient associé à la variable taux de fécondité est négatif et fortement significatif. Et donc,
une forte fécondité est néfaste voire nuisible pour le développement de la zone CEMAC.
Avec en moyenne 5 enfants par femme, les pays de la sous-région sont encore loin d’être
appelés pays développés. La fécondité constitue encore un obstacle pour atteindre les OMD.
Un pays à fort taux de fécondité présente souvent de faible niveau de l’IDH. Cela peut être dû
à des fortes espérances de vie, de faible niveau de scolarisation, du mauvais état de santé.
Aussi, il se dégage que la scolarisation (l’instruction des femmes) influence positivement et
significatives le développement de cette zone. Ces résultats confirment l’idée selon laquelle
une femme instruite fait moins d’enfants. Ce qui confirme la littérature de (Grosman et
Kastner, 1997, McMahon, 1998). L’éducation des femmes apparait donc comme un moyen de
d’ajuster directement le nombre d’enfant par femme. Le développement de cette zone doit
passer nécessairement par l’intensification de la scolarisation (l’instruction des femmes) et de
la réduction de la fécondité des femmes. Ce qui est conforme la pensée de (Samuel et Attané,
2005). Les résultats sur l’état de santé montrent que cette dernière n’a pas d’effet satisfaisant
sur le développement humain, alors que c’est un élément crucial pour le développement.
Beaucoup reste encore à faire dans ce domaine.
Les conditions dans laquelle se trouve les pays de la zone CEMAC, en matière de la santé, la
pauvreté et autres à l’exception de l’éducation, constituent encore un obstacle pour la
réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). L’étude de l’évolution
du développement humain dans la période d’étude ressort que les pays de la zone CEMAC
accusent un retard du développement humain. En effet, en comparant le niveau de l’IDH des
pays de la zone CEMAC entre eux l’on constate que seule le Gabon se trouve à un niveau le
plus élevé de l’IDH, RCA et Tchad affichent des taux faibles et les trois pays restants
(Cameroun, Congo, Tchad) ont un niveau moyen.
Cependant, il y a encore espoir car la figure (5) nous montre bel et bien que les pays de la
sous-région ont considérablement fournit d’effort dans la période d’étude. L’évolution du
niveau de l’IDH est considérablement sans cesse tirée vers le haut. Malgré qu’aucun pays de

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 49


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

la sous-région n’ait encore hissé dans la catégorie des pays ayant un niveau de développement
humain le plus élevé.
Certes, l’objectif de ce travail est atteint, mais une analyse beaucoup plus approfondie peut
prendre en compte le niveau de l’enseignement secondaire et supérieur des femmes comme
question de recherche future.
Implication aux politiques économiques
Les résultats principaux de cette étude montrent que le taux de fécondité élevé dans la zone
CEMAC a un effet néfaste pour le développement de cette zone, pour parvenir à corriger ce
phénomène, nous dégageons un certain nombre d’implication en termes de politique
économique.
La réalisation d’un développement humain et durable en zone CEMAC nécessite :
L’utilisation généralisée des méthodes contraceptives, la mise en place d’une bonne politique
volontaire de la part des autorités gouvernementales des six pays de la sous-région, visant à
réduire la fécondité des femmes en mettant l’accent sur l’instruction de ces dernières car la
promotion de l’éducation des femmes conduit à la participation des femmes au marché du
travail, et donc à la réduction de la fécondité car il est bien reconnu que lorsqu’une femme
travail ou est à la recherche du travail fait moins d’enfant que celle qui n’est pas engagée dans
le marché du travail. En outre, le rendement social de l’éducation de la femme aura des effets
bénéfiques sur le développement et sur l’éducation de la génération future. Leridon (2015), les
populations africaines aspirent légitimement à une amélioration de leur condition de vie, que
la diminution du rythme de la croissance démographique ne pourrait que favoriser. Investir
dans l’éducation et améliorer le statut des femmes pourraient provoquer une « révolution
contraceptive » dont les bénéfices couvriraient d’ailleurs de larges domaines de la santé, bien
au-delà de la limitation des naissances, ajoute-il.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 50


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Amin. S, (1977) « The Law of Value and Historical Materialism », London: Harvester, Les
effets Structurels de l'intégration internationale des économies précapitalistes. Une étude
théorique du mécanisme qui a engendré les économies dites sous-développées. Paris:
Université de Paris, 1957.
Assogba. L, (1989), « Statut de la fécondité et fécondité dans le golf du Benin. Décision de la
fécondité par le statut ou pour le statut ? »Thèse de doctorat en démographie, Academica,
Université de Paris I, Paris, 387 p.
Ayassou. K. V, (2006) « Modèle de Coale et Hoover et planification démo-économique : cas
du Togo »Lomé, FASEG Universit de Lomé, Revue du CAMES-Nouvelle Série B, vol .007,
n° 2
Aydalot. P, (1985), « Economie régionale et urbaine », Paris, Economica.
Banerjee. A .V et Duflo. E, « Poor economics: a radical rethinking of the way to fight against
poverty, public affairs, New York, p. 201
Banque mondiale, (2018) « Rapport sur la pauvreté et la prospérité partagée »
Becker, (1960), « Note-t-on the concept of commitment », The American journal of sociology.
Becker. G, S (1964) « Human capital: a Theoretical Analysis with Special Reference to
Education », Columbia University Press for NBER, New York.
Birdsall. N and Sinding. S, (2001), « How and why Population Matter: New Findings, New
Issues. Population Maters Demographic Change, Economic Growth, and Poverty in the
Developing World », New York, O. U Press.
Bloom. D. E and WillimsonJ.G, (1990), « Demographic transition and economic miracle in
emerging Asia », National Bureau of Economic research (NBR), Working paper n° 48
Bloom. D. E, Canning D, et Malaney. P. N, (1999) « Demographic Chang and Economic
Growth in Asia »CID Working paper, n° 15
Bodin. J, (1576), La République.
Bodin. J, (1993), Les six livres de la République : Un Abrégé du Texte de l’édition de Paris,
1583, Librairie Générale Française, 607 pages.

Bongaarts. J and Watkins. S. C, (1996), « Social Interactions and Contemporary Fertility


Transitions », Population and Development Review 22: 639-82.
Boserup (1970), « Evolution Agraire et Pression Démographique », Nouvelle Bibliothèque
Scientifique, n° 441, vol 80, pp. 593-594.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 51


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Caldwell. J. C, (1982), « influence of maternal education in hild mortality levels and causes,
health policy and education », vol 2.
CEA /BSR-AC, (2009), Rapport d’étape 2009 sur la mise en oeuvre des agents régionaux et
internationaux, y compris le NEPAD et les OMD en Afrique centrale. Document présenté à la
réunion du comité d’experts préparatoire à la conférence Ministérielle sous-région de
l’Afrique centrale, p. 34.
Chabit.Y et Gaimard. M, (2015), « La croissance démographique est-elle un frein au
développement ? », Dans La bombe démographique en question, pp. 173-227.
Chen. S et Ravallion. M, (2000), « How Didthe Word’s Poorest Fare in the 1990? Too Little
Economic Growth and Peristent Inequalities: Reasons for the Disapointing Rates of Poverty
Reduction? », Washington D. C, The World Bank.
Chokri. A, (2018), « Les enjeux des approches sur la fécondité », Working Paper, Document
de travail, pp. 10.
Coale. A. J and Hover. E. M, (1958), « Population Growth and Economic Development in
Lown-income-Countries », The American Economic Review, vol 3, pp. 436-438.
Cordell. D et Piche V. (1990), « Grandeur et miserere ‘analyse matérialise en démographie :
une application aux domaines des politiques démographiques », dans Vilquin, Eric (éd),
Révolution et population : Aspects démographiques des grandes révolutions démographiques,
Louvain-La-Neuve : Academia pp. 295-310
Cosio-Zavala. M. E, (1998), « Changement démographiques en Amérique latine », Paris,
Estem, Coll. Savoir plus Universités francophones AUPELF UREF, p. 122.
Dao. M. Q, (2012), « Population and economic growth in developing countries »,
International journal of academic research in business and social science, vol. 2, n° 1, ISSN:
2222-6990.
Deaton. A, (1997), « the analyst of household surveys », Baltimore, The johns Hopkins
University Press.

Démographiques », Vilquin, Eric (éd), Révolution et population : Aspects démographique des


grands révolutions démographiques, Louvain-la-Neuve : Academia p.295-310.
Doliger. C, (2006), « Démographie, fécondité et croissance économique en France », Thèse
doctorale, Working Paper, Document de travail p. 404.
Domar, (1947), « Expansion et Emploi » American Economic Review, vol.37, Traduction
française, dans Problématique de la croissance, p. 3-26.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 52


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Eggerickx. T, (2004), « La dynamique et la transition de la fécondité dans le bassin industriel


de la région de Charleroi », Académie Royale de Belgique, Bruxelles, pp.561.
Ela. J. M, (1995), « fécondité, structrure sociales et fonction dynamiques de l’imagination en
Afrique noire », in Gérard H .et Piché V. (éds) : La société des populations, PUM/AUPELF-
UREF, Montréal, pp.189-215.
Eloundou-Enyegue, P., (1998), « Poverty and Rapid Population Growth in Africa: The Links
between High Fertility and Poverty at the Household Level ». Environment and Social Policy
Working Paper, 30, Abidjan: African Development Bank.
Fassassi. F et Vimard. P, (2012), « L’évolution de la fécondité, croissance et développement
humain en Afrique sub-saharienne », Document de recherche, ENSEA-LPED, Abidjan-
Marseille, p. 21.
Ferry. B, (2007), « L’Afrique face à ses défis démographiques : un avenir incertain »,
KARTHALA, Amazon France, pp. 379.
Garenne.M et Joseph, (2002), « The Timing of the Transition in Sub-Saharan Africa », World
Development 30(10), p.1835-1843.
Gastineau. B, (2012), « Transition de la fécondité, développement et droit des femmes en
Tunisie », Les cahiers d’EMAM, n°21, pp. 75-94.
Gautier. A, 2006, « L’information sur les méthodes contraceptives dix ans après le
programme d’action du Caire », dont Adjamagbo. A, Msellati. P et Vimard .P (dir.), Santé de
la reproduction et fécondité dans les pays du Sud. Nouveaux contextes et nouveaux
comportements, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant p. 41-74.
Grossman. M et Kaestner. R, (1997), « Effects of Education on Health, Chap », In The social
Benefits Of Education, University of Michigan Press, pp. 69-124.

Gunder. F.A, (19661), « The development of under development », New York, Monthly
Review press.
Hadri. K, (2000), « Testing for unit root in heterogeneous panel data », Economics Journal, 3,
pp.148-161.
Harrod, (1948), « Towards a Dynamic Econnomic », MacMillan, p. 77-91., Traduction
française, dans Problématiques de la croissance, p. 27-37.
Hugon. P, (1977), « Economie du développement », Paris, Dalloz, p.165.
Im. K. S, Pesarane. M. H, ET Shin.Y, (2003), « Testing for unit roots in heterogeneous panels
», Journal of Economics 115(1):p. 53-74.
Jalée.P, (968), «The pillage of the third world », London, Monthly Review press.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 53


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Kao. C, (1999), « Spurious regression and residual-based tests for cointegrated in panel data
», Joournal of Econometrics, 90, pp. 1-44.
Kelley. A. C and Schimdt, (2005), « evolution of recent economic demographic modeling. A
synthèsis », Journal of Population Economic, n° 275, vol 18.
Lafontaine. D, (1995), « trois prismes du développement et leurs orientations normatives :
pour une éthique de l’accompagnement », in L’éthique du développement entre l’éphémère et
le durable, Juan-Luis Klein, Jules Dufour, Marc-Urbain Proulx et Alejandro Rada-Donath
(éd), Chicoutimi : GRIR-UQAC, 93-131.
Lambert. J, (1960), « Croissance démographique et instruction dans les pays en voie de
développement », In : Population, 15 e année, n° 4, pp. 655-664.
Leridon. H, 2010, « Développement durable. Énergie, environnement, société », L’annuaire
du collège de France. Cours et travaux, 109, p. 923-944.
Leridon. H, (2015), « L’Afrique, énigme démographique : Idéal persistant de la famille
nombreuse », Le monde diplomate, p. 12.
Levin. A, Lin. C. F, ET Chu. C .S. J, (2000), « Unit root test in panel data: Asymptotic and
finite sample properties », Journal of Econometrics, 108, pp.-24.
[Link], (1985), « Transition de la fécondité et changements sociaux dans la tiers monde
», in ORTOM : Les changements ou la transition démographique dans le monde

Lucas. R. E, (1988), « On the Mechanics of Economic Development », Journal of Monetary


Economics, vol 22, pp.-42.
Madala. G. S, et Wu. S, (1999), « A comparative study of unit root tests with panel data and
new simple test », Oxford bulletin of economics, special issue, pp. 631-652.
Malthus, T. R., (1798), « Essai sur le principe de population », Londres, 1978, traduction
française par Eric Vilquin, INED, Paris, 1980
McMahon. W, (1998), « Education and Growth in East Asia », Economies of Education
Review, n° 2, vol 17.
Nations Unies(1995), Rapport de la conférence internationale sur la population et le
développement. Le Caire(1994).
Nations Unis, (1994), Rapport de la conférence du Caire : Conférence internationale sur la
population et le développement.
Nations Unies, (1995), Rapport de la quatrième conférence mondiale sur les femmes. La
déclaration de Beijing (Pékin).

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 54


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Oppong. C, (1991), « Les rapports entre le travail des femmes et les comportements
démographiques : quelques éléments tirés en Afrique de l’Ouest », travail et Population en
Afrique Sub-Saharienne, Document n° 12, BIT, p. 39.
Pesaran H. M ET Smith R, (1995), « Estimating Long-Run Relationships from Dynamic
Heterogeneous Panels », Journal of Economics, 68, pp. 79-113.
Pesaran H. M, Shin.Y, and Smith, (1999), « Pooled Mean Group estimation of dynamic
heterogeneous panel », Journal of the American Statistical Association, 94:289-326.
Piche. V et Poirier. J, (1992), «Divergences et convergences dans les discours et théories de
la transition démographique : dans transition démographique et société», Louvain-la-Neuve,
Paris, Académie, l’Harmatton p. 111-132.
Piche.V, (1990), « sociologie et population : approches théoriques », Document de travail n°
21, p. 26.
PNUD, (2000) « Vaincre la pauvreté humaine : Rapport du PNUD sur la pauvreté», Nations
Unis, 2000, publication gouvernementale internationale française.

Rapport final PER, (2009), « CEMAC 2025 : vers une économie régionale intégrée et
émergent, programme économique et régionale 2010-2015 ».vol 2.
Rawels. J, (1971) « A theory of justice », Cambridge, Mass, Harvad University Press, p. 131
Rist. G, (1996), « Le développement : histoire d’une croyance occidentale »Paris, presse de la
fondation nationale des sciences politiques, p. 462.
Rist. G, (1996), « Le développement : histoire d’une croyance occidentale » .Paris, presse de
la fondation nationale des sciences politiques, 19-46-ISBN : 2-7246-0694-9-427 pages
Samuel. O and Attané. I, (2005), « Femmes, fécondité. De la baisse de la fécondité à
l’évolution du statut des femmes », Publishen by : Armand Colin, Revu Tiers-Monde, n° 182,
vol 46, pp. 247-254.
Sandro, Fréderic et Gastineau, (2000), « Fécondité et pauvreté en Kroumirie (Tunisie) », le
harmattan, p. 177.
Sauvy. A, (1952), « Trois monde une planète », L’observateur, n° 118, page 14.
Sauvy. A, (1974), « La conférence mondiale de la population à Bucarest », Institut National
d’études Démographiques, n° 6, vol 29, p. 1005-1014.
Schoumaker. B, (2003), « Pauvreté et fécondité en Afrique sub-saharienne : une analyse
comparative des enquêtes démographique et de santé », Etude de la population africain
supplément A vol 19, p. 13-44
Schultz, (1961), « investment in human capital », The economic Review, vol. 51, No 1

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 55


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Sen. A, (2008) « Un économiste du développement ? »ADF, Département de la recherche.


Snik. C, (2011), « La croissance du PIB rendra-t-elle les habitants des pays en
développement heureux ? », Dans Revue économique du développement, vol. 19, p. 113-190.
Solow. R, (1956), « A Contribution to the theory of Economic Growth », Quarterly Journal of
Economics, vol 27, n°1, 65-94 pp.
Tabat. L(1968) « Démographie et aide au Tiers-monde, les modèles », In population vol. 1, n°
3, 509-534 pp.

Tabutin. D et Shoumaker. B, (2001) « Une analyse régionale des transitions de la fécondité


en Afrique sub-saharienne », General Congress of International Union for the Scientific Study
of Population, Salvador de Bahia(Brazil).
Tabutin. D, (1997) « Les transitions démographiques en Afrique sub-saharienne. Spécificités,
changement et incertitudes », Congrès international de la population, Beijing : UIESP.
Tabutin. D, (1984), « La fécondité et la mortalité dans les recensements africains des 25
dernières années », Population, 295-312 p.
Thuku. K. G, Gachanja. P et Almadi. O, (2013), « The impact of population change on
economic growth in Kenya », International Journal Economic and Management Sciences, vol
2, n° 6, 43-60 pp.
United Nation, (2003), World Population Prospects: The 2002 Revision, New York, United
Nations.
Wakam. J, (1994) « De la pertinence des théories économiques de fécondité dans le contexte
socioculturel camerounais et négro-africain »Les cahiers de l’IFORD, Yaoundé, n° 21,527 p.
World Bank, (2016), « world Development Indicators », The world Bank, Washington, D C.
Yoo. S. H, (2016), « The causal relationship between electricity consumption and economic
growth in the ASEAN countries », Energy Policy, 34(18), 3573-3582.

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 56


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

ANNEXES
Annexe 1 : Test de Stationnarité d’IPS
Test en niveau
Croissance de PIB par habitant
Im-Pesaran-Shin unit-root test for cp

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 19

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -3.4851 -2.330 -2.090 -1.960


t-tilde-bar -2.6452
Z-t-tilde-bar -4.0279 0.0000

Proportion de la population féminine


Im-Pesaran-Shin unit-root test for pf

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 19

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -5.9846 -2.330 -2.090 -1.960


t-tilde-bar -2.8964
Z-t-tilde-bar -4.8312 0.0000

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 57


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Annexe 2 : Test de stationnarité d’IPS en différence première


Dépense courante de santé
Im-Pesaran-Shin unit-root test for ds1

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 18

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -4.2855 -2.330 -2.090 -1.960


t-tilde-bar -2.6183
Z-t-tilde-bar -3.9896 0.0000

Taux de scolarité
Im-Pesaran-Shin unit-root test for ts1

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 18

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -4.6758 -2.330 -2.090 -1.960


t-tilde-bar -2.9483
Z-t-tilde-bar -5.0500 0.0000

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 58


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Indice de développement humain


Im-Pesaran-Shin unit-root test for idh1

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 18

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -3.6308 -2.330 -2.090 -1.960


t-tilde-bar -2.6999
Z-t-tilde-bar -4.2519 0.0000

Annexe 3 : Test de stationnarité d’IPS en troisième et quatrième différence


Taux de fécondité en troisième différence
Im-Pesaran-Shin unit-root test for f3

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 16

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -3.6311 -2.330 -2.090 -1.960


t-tilde-bar -2.6254
Z-t-tilde-bar -4.1100 0.0000

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 59


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Espérance de vie en quatrième différence


Im-Pesaran-Shin unit-root test for ev4

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 15

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -2.5808 -2.380 -2.110 -1.980


t-tilde-bar -2.0906
Z-t-tilde-bar -2.4167 0.0078

Im-Pesaran-Shin unit-root test for tn4

Ho: All panels contain unit roots


Number of panels = 6
Ha: Some panels are stationary
Number of periods = 15

AR parameter: Panel-specific
Asymptotics: T,N -> Infinity
Panel means: Included
sequentially
Time trend: Not included

ADF regressions: No lags included

Fixed-N exact critical values


Statistic p-value 1% 5% 10%

t-bar -3.1463 -2.380 -2.110 -1.980


t-tilde-bar -2.3621
Z-t-tilde-bar -3.3015 0.0005

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 60


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Annexe 4 : Test de hétéroscédasticité intra-individu et inter-individu


Test de hétéroscédasticité intra-individu
Linear regression
résidus2 Coef. [Link]. t-value p-value [95% Conf Interval] Sig
ds1 0 0 1.19 .238 0 0
cp 0 0 7.23 0 0 0 ***
f3 -.003 .003 -0.82 .416 -.009 .004
ev4 -.001 .001 -1.19 .239 -.002 0
tn4 .001 .001 0.67 .505 -.001 .003
pf 0 0 -4.60 0 0 0 ***
ts1 0 0 0.68 .496 0 0
Constant .001 0 4.83 0 0 .001 ***

Mean dependent var 0.000 SD dependent var 0.000


R-squared 0.444 Number of obs 90
F-test 9.367 Prob > F 0.000
Akaike crit. (AIC) -1533.997 Bayesian crit. (BIC) -1513.999
*** p<.01, ** p<.05, * p<.1

Test de hétéroscédasticité inter-individu


Cross-sectional time-series FGLS regression
idh1 Coef. [Link]. t-value p-value [95% Conf Interval] Sig
ds1 0 .001 -0.37 .708 -.002 .001
cp 0 0 7.61 0 0 0 ***
f3 -.151 .25 -0.60 .546 -.641 .339
ev4 .032 .047 0.68 .498 -.061 .125
tn4 -.018 .075 -0.24 .814 -.164 .129
pf 0 0 1.57 .117 0 .001
ts1 0 0 2.29 .022 0 0 **
Constant -.014 .012 -1.18 .24 -.036 .009

Mean dependent var 0.005 SD dependent var 0.005


Number of obs 90 Chi-square 87.397
Prob > chi2 0.349 Akaike crit. (AIC) -742.777
*** p<.01, ** p<.05, * p<.1

Modified Wald test for groupwise heteroskedasticity


in cross-sectional time-series FGLS regression model
H0: sigma(i)^2 = sigma^2 for all i
chi2 (6) = 19.30
Prob>chi2 = 0.0037

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 61


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Annexe 5 : Test d’autocorrélation intra-invidu et inter-individu


Test d’autocorrélation intra-invidu
Regression results
idh1 Coef. [Link]. t-value p-value [95% Conf Interval] Sig
ds1 0 .001 0.01 .991 -.001 .001
cp 0 0 6.81 0 0 .001 ***
f3 -.217 .29 -0.75 .456 -.794 .36
ev4 .008 .052 0.16 .871 -.095 .112
tn4 -.024 .079 -0.30 .765 -.182 .134
pf -.001 .001 -0.98 .33 -.004 .001
ts1 0 0 1.86 .066 0 0 *
Constant .064 .06 1.06 .294 -.057 .184

Mean dependent var 0.005 SD dependent var 0.005


R-squared 0.461 Number of obs 90
F-test 9.419 Prob > F 0.000
Akaike crit. (AIC) -747.775 Bayesian crit. (BIC) -727.777
*** p<.01, ** p<.05, * p<.1

Correlation matrix of residuals:

__e1 __e2 __e3 __e4 __e5 __e6


__e1 1.0000
__e2 -0.1571 1.0000
__e3 -0.0750 0.0592 1.0000
__e4 -0.2095 0.2981 0.0935 1.0000
__e5 -0.0412 -0.2178 -0.3744 0.0386 1.0000
__e6 -0.0322 0.4794 0.2339 0.2120 -0.1846 1.0000

Breusch-Pagan LM test of independence: chi2(15) = 10.960, Pr = 0.7554


Based on 15 complete observations over panel units
Test d’autocorrélation inter-invidu
Wooldridge test for autocorrelation in panel data
H0: no first order autocorrelation
F( 1, 5) = 1.511
Prob > F = 0.2737

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 62


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

Annexe 6 : Estimation du modèle de régression multiple


Cross-sectional time-series FGLS regression
idh1 Coef. [Link]. t-value p-value [95% Conf Interval] Sig
ds1 -.0005 .0005 -0.90 .3686 -.0015 .0006
cp .0004 .0001 8.29 0 .0003 .0006 ***
f3 -.0404 .219 -0.18 .8536 -.4697 .3888
ev4 .0725 .0406 1.79 .0741 -.0071 .1521 *
tn4 -.0614 .062 -0.99 .3216 -.1828 .06
pf .0003 .0003 0.98 .3279 -.0003 .0008
ts1 .0002 .0001 2.36 .0182 0 .0004 **
Constant -.0084 .0134 -0.63 .5301 -.0348 .0179

Mean dependent var 0.0052 SD dependent var 0.0050


Number of obs 90 Chi-square 106.3084
*** p<.01, ** p<.05, * p<.1

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 63


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

TABLES DES MATIERES


DEDICACE ................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................ III
SIGLES ET ACRONYMES .................................................................................................... IV
TABLE DES FIGURES ............................................................................................................ V
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................ VI
RESUME .................................................................................................................................VII
ABSTRACT .......................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION ................................................................................ 2
2. PROBLÉMATIQUE ....................................................................................................... 4
3. OBJECTIFS .................................................................................................................... 7
4. HYPOTHÈSES ............................................................................................................... 7
5. INTERET DE L’ETUDE .................................................................................................... 7
6. PLAN DU MEMOIRE .................................................................................................... 7
CHAPITRE I : ANALYSE THEORIQUE ET EMPIRIQUE : RELATION ENTRE
FECONDITE ET DEVELOPPEMENT..................................................................................... 8
SECTION 1 : LES DIFFERENTES APPROCHES DE LA FECONDITE ........................... 8
1.1. Approches de la fécondité ........................................................................................................ 8
2.2. Quelques théories du développement ..................................................................................... 13
2.3. Dividende démographique...................................................................................................... 14
SECTION 2 : ANALYSE THÉORIQUE : les courant orthodoxe et hétérodoxe ............... 15
2.1. Le courant orthodoxe de la relation sous-développement et fécondité .................................. 16
2.2. Le courant hétérodoxe de la relation sous-développement et fécondité ................................. 18
SECTION 3 : QUELQUES TRAVAUX EMPIRIQUES..................................................... 20
3.1. Le courant orthodoxe.............................................................................................................. 20
3.2. Le courant hétérodoxe ............................................................................................................ 20
CHAPITRE II : METHODOLOGIE : MODELE THEORIQUE ET EMPIRIQUE ............... 23
SECTION 1 : Modélisation .................................................................................................. 23
1.1. Du modèle général au modèle spécifique ............................................................................... 23
1.2. Présentation des variables, signes attendu et méthode d’estimation ...................................... 26
1.3. Méthode d’estimation ............................................................................................................. 27
SECTION 2 : Présentation des tests ..................................................................................... 27
2.1. Les tests de stationnarité ......................................................................................................... 27
2.2. Description de quelques tests de racine unitaire ..................................................................... 28

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 64


EFFET DE LA FÉCONDITÉ SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN EN ZONE CEMAC

SECTION 3 : Analyse descriptive des variables .................................................................. 29


3.3. Analyse descriptive des différentes variables ......................................................................... 29
CHAPITRE III : ESTIMATION DES PARAMETRES ET INTERPRETATION ................. 37
SECTION 1 : Source de données et présentation des résultats des différents tests ............. 37
1.1. Source de données .................................................................................................................. 37
2.2. Caractéristiques des variables................................................................................................. 37
3.1.Résultat de test d’homogénéité ................................................................................................ 38
3.2. Résultat du test de spécification de Hausman ........................................................................ 39
3.3. Résultats des tests de stationnarité ......................................................................................... 39
SECTION 2 : Test de violation des hypothèses ................................................................... 41
2.1. Résultat du test d’hétéroscédasticité intra-individu de Breush Pagan .................................... 41
2.2. Résultat du test d’autocorrélation inter-individu .................................................................... 42
2.2.1. Résultat du test d’autocorrélation intra-individu ................................................................. 42
SECTION 3 : L’estimation des paramètres du modèle, résultat .......................................... 43
3.1. Le taux de fécondité : ............................................................................................................. 43
3.2. La scolarisation....................................................................................................................... 44
3.3. Les dépenses courantes en santé et leur effet sur le développement ...................................... 45
3.4. La proportion de la population féminine retarde-t-elle le développement ?........................... 45
3.5. Taux de natalité ...................................................................................................................... 45
CONCLUSION ........................................................................................................................ 48
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................. 51
ANNEXES ............................................................................................................................... 57
TABLES DES MATIERES ..................................................................................................... 64

Mémoire réalisé par : Mahamat Abdallah Abdoulaye Page 65

Vous aimerez peut-être aussi