0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
23 vues3 pages

Introduction au processus de Poisson

Le document présente les propriétés des processus de Poisson. Il définit d'abord les processus de comptage et de Poisson, puis démontre que dans un processus de Poisson, les temps entre événements suivent une loi exponentielle et que la somme de ces temps suit une loi gamma. Le but est d'étudier le temps d'attente entre deux événements dans un processus de Poisson.

Transféré par

Soumiya Sk
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
23 vues3 pages

Introduction au processus de Poisson

Le document présente les propriétés des processus de Poisson. Il définit d'abord les processus de comptage et de Poisson, puis démontre que dans un processus de Poisson, les temps entre événements suivent une loi exponentielle et que la somme de ces temps suit une loi gamma. Le but est d'étudier le temps d'attente entre deux événements dans un processus de Poisson.

Transféré par

Soumiya Sk
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Processus de Poisson

Leçons : 263, 264

Soit (Ω, F , P) un espace probabilisé.


Définition 1
Un processus de comptage est une suite de variables aléatoires réelles (N (t)) t¾0 telles que

1 N (0) = 0.
2 ∀t ¾ 0, N (t) ∈ N∗ .
3 t 7→ N (t) est croissante.

Du point de vue de la modélisation, ∀0 ¶ a ¶ b, N (b) − N (a) représente le nombre de


« tops » se produisant dans l’intervalle de temps [a, b[.

Définition 2
Un processus de Poisson de densité λ > 0 est un processus de comptage (N (t)) t¾0 tel
que :

1 Le processus est à accroissement indépendants : ∀t 0 ¶ t 1 < · · · < t k , les variables


aléatoires Nt k − Nt k−1 , . . . , Nt 1 − Nt 0 sont indépendantes.
2 Pour tout (s, t) ∈ R2+ , N (s + t) − N (s) suit la loi de Poisson de paramètre λt.

Les processus de Poisson sont souvent utilisés pour modéliser des files d’attente, chaque
top représentant l’appel d’un client au guichet.
Proposition 3
Un processus de Poisson est à accroissements stationnaires : soit N1 , . . . , Nk le nombre de
tops se produisant dans les intervalles I1 , . . . , I k ; alors si τ ¾ 0, et N10 , . . . , Nk0 est le nombre
de tops se produisant dans les intervalles translatés de τ I10 + τ, . . . , I k0 , (N10 , . . . , Nk0 ) et
(N1 , . . . , Nk ) ont la même loi.

Proposition 4
Un processus de Poisson est localement continu : lim+ P(N (t + h) − N (t) ¾ 1) = 0.
h→0

Le but du développement est d’étudier le temps d’attente entre deux tops :


Théorème 5
Soit Sn = inf {t ¾ 0, N (t) ¾ n} et Tk = Sk − Sk−1 pour k ¾ 1. Alors

1 (Tn )n est une suite de variables aléatoires i.i.d. de loi E (λ) .


2 Sn = T1 + · · · + Tn suit la loi Γ (n, λ) de densité

λ
(
e−λs (λs)n−1 si s ¾ 0
fSn (s) = (n − 1)! .
0 sinon

Démonstration. Soit n ∈ N∗ .

Gabriel LEPETIT 1 ENS Rennes - Université Rennes 1


Étape 1 : Changement de variable : supposons que le vecteur aléatoire (S1 , . . . , Sn ) soit
à densité, de densité ϕ. Soit f : Rn → R continue bornée. Alors comme Sn ¾ . . . , ¾ S1 ,
par un changement de variable sk = t 1 + · · · + t k de jacobien 1 (la matrice jacobienne est
triangulaire), on a

E[ f (T1 , . . . , Tn )] = E[1Sn ¾···¾S1 f (S1 , . . . , Sn − Sn−1 )]


Z
= f (s1 , . . . , sn − sn−1 )ϕ(s1 , . . . , sn )ds1 . . . dsn
0¶s1 ¶···¶sn
Z
= f (t 1 , . . . , t n )ϕ(t 1 , . . . , t 1 + · · · + t n )dt 1 . . . dt n .
t 1 ,...,t n ¾0

Donc ψ : (t 1 , . . . , t n ) 7→ ϕ(t 1 , t 1 + t 2 , . . . , t 1 + · · · + t n ) est la densité de (T1 , . . . , Tn ).

Étape 2 : Calcul de la densité de (S1 , . . . , Sn ) :


Soit An l’évènement : S1 ∈ [s1 , s1 + h1 [, . . . , Sn ∈ [sn , sn + hn [ où 0 < s1 < s1 + h1 < s2 <
· · · < sn + hn . Alors An est la réunion des évènements :
• zéro top dans [0, s1 [ et exactement un top dans [s1 , s1 + h1 [
• zéro top dans [s1 + h1 , s2 [ et exactement un top dans [s2 , s2 + h2 [
.
• ..
• zéro top dans [sn−1 + hn−1 , sn [ et au moins un top dans [sn , sn + hn [.
Or, le processus étant à accroissements indépendants, les variables aléatoires « nombre
de tops » dans des intervalles disjoints sont indépendantes de sorte que

P(An ) = P(N (s1 ) = 0) × P(N (s1 + h1 ) − N (s1 ) = 1) × P(N (s2 ) − N (s1 + h1 ) = 0)×
P(N (s2 + h2 ) − N (s2 ) = 1) × · · · × P(N (sn ) − N (sn−1 + hn−1 ) = 0) × P(N (sn + hn ) − N (sn ) ¾ 1)
donc
P(An ) = e−λs1 e−λh1 (λh1 )e−λ(s2 −s1 −h1 ) e−λh2 (λh2 ) . . . e−λ(sn −sn−1 −hn−1 ) (1 − e−λhn )
= e−λsn λn−1 h1 . . . hn−1 (1 − e−λhn ).
Pour conclure, il suffit de remarquer que
Z s1 +h1 Z sn +hn
P(An ) = ... 10¶ξ1 ¶···¶ξn λn e−λξn dξ1 . . . dξn ,
ξ1 =s1 ξn =sn

ceci valant pour tous les pavés [s1 , s1 + h1 [× · · · × [sn + hn [, qui constituent une classe stable
par intersection engendrant B(Rn ) donc (S1 , . . . , Sn ) a pour densité 1ξ1 ¶···¶x n λn e−λξn .

Conclusion : selon la première étape, la densité de (T1 , . . . , Tn ) est


(t 1 , . . . , t n ) 7→ λn e−λt 1 . . . e−λt n 1R+n (t 1 , . . . , t n ).
En calculant les densités marginales, on constate immédiatement que f(T1 ,...,Tn ) (t 1 , . . . , t n ) =
f T1 (t 1 ) . . . f Tn (t n ) ; en d’autres termes, T1 , . . . , Tn sont indépendantes. La loi de Sn est donc
Γ (n, λ) en vertu du lemme ci-dessous.

Lemme 6
Si T1 , . . . , Tn sont n variables aléatoires i.i.d de loi E (λ), alors S = T1 + · · · + Tn suit la loi
Γ (n, λ)

Gabriel LEPETIT 2 ENS Rennes - Université Rennes 1


Démonstration. Calculons la transformée de Laplace d’une variable aléatoire V suivant la
loi Γ (n, λ), en rappelant que la transformée de Laplace caractérise la loi :

∞ ∞
λ λ
Z Z
L V (u) = E[e ] =
uS ux −λx
e e (λx) n−1
dx = e−x(λ−u) (λx)n−1 dx
Γ (n) 0
Γ (n) 0

bien définie pour λ − u > 0 donc en posant y = x(λ − u), on a


Z∞ ‹n Z ∞
λ
‹n−1
λ λ λ
‹n
d 1
  
y y
L V (u) = e −y
= e y dy =
− y n−1
.
Γ (n) 0 λ−u λ − u Γ (n) λ − u 0
λ−u

Or, par le même changement de variable, si T ∼ E (λ),


+∞ ∞
λ λ
Z Z
L T (u) = e λe
ux −λx
dx = e− y d y =
0
λ−u 0
λ−u

donc comme la transformée de Laplace d’une somme de variable aléatoires indépendantes


est le produit de leurs transformées de Laplace, on a le résultat.

Remarque. • On peut aussi parler du paradoxe de l’inspection, ou paradoxe de l’auto-


bus, c’est dans le Foata–Fuchs juste après.
• Les deux premières propositions sont indépendantes du développement proprement
dit.

Références :
• Dominique FOATA et Aimé FUCHS (2004). Processus stochastiques : processus de Poisson,
chaînes de Markov et martingales. Dunod, pp. 28-31
• Dominique FOATA et Aimé FUCHS (2003). Calcul des probabilités. Dunod, p. 148 (pour
le lemme)

Gabriel LEPETIT 3 ENS Rennes - Université Rennes 1

Vous aimerez peut-être aussi