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Assurances de Responsabilité Civile

Le document traite des assurances de responsabilité civile. Il présente d'abord le droit commun de la responsabilité civile, notamment la responsabilité civile délictuelle et contractuelle. Il aborde ensuite les assurances de responsabilité civile, le contrat d'assurance RC et ses intervenants, ainsi que les différents produits et la gestion des contrats d'assurance RC.
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Assurances de Responsabilité Civile

Le document traite des assurances de responsabilité civile. Il présente d'abord le droit commun de la responsabilité civile, notamment la responsabilité civile délictuelle et contractuelle. Il aborde ensuite les assurances de responsabilité civile, le contrat d'assurance RC et ses intervenants, ainsi que les différents produits et la gestion des contrats d'assurance RC.
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Les assurances de responsabilité civile

PLAN DU COURS
Introduction générale
Première partie : Le droit commun de la responsabilité civile

Chapitre 1 : La responsabilité civile délictuelle ou quasi-délictuelle

Section1 : Les conditions de la responsabilité civile


Section 2 : Les différents types de responsabilité civile

Chapitre 2 : la responsabilité civile contractuelle

Section 1 : les conditions de la responsabilité contractuelle


Section 2 : les aménagements conventionnels de la responsabilité

Deuxième partie : Les assurances de responsabilité civile

Chapitre 1 : Le contrat d’assurance de responsabilité civile

Section 1: Les intervenants dans le contrat d’assurance RC


Section 2 : l’objet du contrat d’assurance RC
Section 3: la période de la garantie RC

Chapitre 2 : Les différents produits d’assurance responsabilité civile

Section 1: L’assurance responsabilité civile des particuliers


Section 2: l’assurance responsabilité civile d’entreprise

Chapitre 3 : la gestion des contrats d’assurance RC

Section 1 : La tarification du contrat


Section 2 : Le sinistre de responsabilité civile
Conclusion

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Les assurances de responsabilité civile

Introduction générale

La responsabilité civile c’est l’obligation de réparation mise à la charge d’une


personne pour un dommage subi par autrui.

1 - La notion d’obligation juridique

Dans le langage courant, le mot « obligation » sert à désigner toute forme de devoir
dont la personne peut être tenue en vertu des normes les plus diverses, que ces
normes soient morales, religieuses, mondaines, déontologiques... ou juridiques. Mais,
du point de vue juridique en général, le sens du terme est beaucoup plus étroit, car
seuls les devoirs nés d’une règle de droit sont concernés. Autrement dit, il n’est
d’obligation juridique que lorsque cette obligation est assortie d’une sanction
juridique. En effet, toute prescription juridique est caractérisée par deux éléments, à
savoir un commandement (le droit consiste à prescrire ou interdire certains
comportements en créant des obligations, en conférant certains pouvoirs en
légitimant certaines attitudes).
Quant à leurs sources, les obligations juridiques peuvent être institutionnelles
(légales, réglementaires, jurisprudentielles) ou volontaires (obligations
conventionnelles ou engagements unilatéraux).
Quant à leur contenu des commandements peuvent varier à l'infini:
- il peut s'agir, en premier lieu, d'ordres positifs (obligations de donner ou de faire)
par lesquels le droit impose ou autorise certains actes ou faits déterminés (obligation
alimentaire par exemple) ou oblige à supporter certains comportements ou les effets
de certains droits;
- il peut s'agir, en second lieu, d'ordres négatifs (obligations de ne pas faire)
consistant en des interdictions (interdiction de construire par exemple).
Quant à leur force, les commandements peuvent être:
- des prescriptions impératives (qui ne peuvent être éludées par ceux auxquels elles
s'appliquent) des prescriptions supplétives (auxquelles on peut déroger et qui ne
s'imposent aux intéressés qu'à défaut de volonté contraire de leur part) ;

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Ibrahima Mamadou SALL Page 2
Les assurances de responsabilité civile

- des obligations de résultat ou des obligations de moyens.

- la sanction juridique

Pour qu’une prescription puisse être qualifiée de juridique, il faut qu’elle soit
contraignante en droit, c’est-à-dire que sa violation fasse l’objet d’une sanction
juridique, d’une sanction matérielle socialement prévue et organisée: celui qui
méconnaît, sans raison légitime, son devoir juridique, s’expose à une telle sanction,
impliquant l’intervention étatique et, si nécessaire, celle de la force publique pour en
assurer le respect.
C’est là que l’obligation juridique se distingue d’autres obligations comme, par
exemple, les obligations purement morales ou religieuses. Ces dernières ne font pas
l’objet de sanctions juridiquement organisées, parce que leur souci premier ne réside
pas vraiment dans la bonne organisation de la société, mais dans la perfection de
l’homme. La sanction de telles obligations est plutôt mystique, spirituelle : c’est une
sanction par la conscience de l’individu, par un hypothétique au-delà ou la
réprobation des autres.

- La typologie des sanctions juridiques

Schématiquement, on oppose deux grands types de sanctions:


- certaines consistent en une répression sous la forme d'une peine, autrement dit
d'une souffrance imposée à l'auteur d'une infraction sous forme de châtiment
corporel (peine de mort par exemple), de privation de la liberté.
- d’autres consistent en une réparation du préjudice causé
- soit par l'exécution forcée des prestations inexécutées (paiement de loyers par
exemple) ou une réparation en nature du dommage (par exemple, la destruction
d'une construction élevée sans permis), - soit par la fourniture d'un équivalent,
généralement sous forme d'indemnité (dommages-intérêts). Ce dernier type de
sanction correspond à la responsabilité civile délictuelle ou quasi-délictuelle objet du
présent cours.

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Les assurances de responsabilité civile

2- Historique de la responsabilité civile et importance de l’assurance


responsabilité

Selon plusieurs écrits théologiques et historiques (ancien Testament, autres textes


religieux) la responsabilité civile existait déjà dans les sociétés primitives, même si
ces documents composites écrits à différentes époques reflètent des conceptions
diverses.
On est frappé, en premier lieu, par le caractère religieux de la faute. Transgresser la
loi est avant tout un péché, qui justifie un châtiment.
Mais la responsabilité n’a suscité de grandes réflexions qu’avec la révolution
industrielle sous l’effet de laquelle, les moyens de production et les enjeux
économiques se sont intensifiés. Aujourd’hui, la machine est omniprésente et
l’homme est de plus en plus victime de ses défaillances. Il s’y ajoute la multiplication
des activités dangereuses qui font que l’homme n’est plus prompt à accepter les
coups du destin. Il refuse le malheur et demande la réparation de tout dommage
qu’il subit.
Dans la plupart des nations industrialisées, la responsabilité civile occupe une place
de premier plan dans les activités des tribunaux. Cela tient pour une part au nombre
croissant des dommages accidentels. Cela tient aussi à un changement
psychologique. On ne se résigne plus aux coups du sort. Celui qui subit un dommage
du fait d'autrui trouve naturel d'en réclamer réparation. Il est de plus en plus courant
dans le monde industriel comme dans celui des affaires que soient intentées des
actions en responsabilité dont l'enjeu se chiffre en centaines de millions voire en
milliards de francs.
En raison de l’importance des capitaux en jeu et du risque d’insolvabilité du
responsable des dommages aux tiers, l’assurance responsabilité civile s’est
développée corrélativement au développement économique des Etats et des
particuliers. En effet, face à l’impossibilité de faire face seul au coup du sort
(accident, pollution, etc.), l’assurance constitue un outil important pour garantir aux
opérateurs économiques la pérennité de leurs investissements. En vertu de la

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Les assurances de responsabilité civile

mutualisation des risques que réalise l’assurance, le poids de la réparation repose sur
la collectivité des assurés à travers les primes qu’ils versent.
Outre la responsabilité civile délictuelle, il existe deux autres sortes de
responsabilité qui ne feront pas l’objet de notre attention lors de ce cours. Il s’agit de
la responsabilité administrative (responsabilité des pers. Pub. Dans le cadre d’un
service public ou de l’exécution des travaux pub) et de la responsabilité pénale (qui
sanction la personne qui commet une infraction).
Notre étude nous amènera à aborder tour à tour :

I- Le droit de la responsabilité civile


II- Les assurances de responsabilité civile

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Les assurances de responsabilité civile

Première partie : LE DROIT COMMUN DE LA RESPONSABILITE CIVILE

A travers l’étude de la notion d’obligation, nous avons appris que celle-ci pouvait
être de source institutionnelle ou conventionnelle. Ainsi, on est débiteur d’une
obligation soit parce qu’on l’a voulu soit parce que la loi l’a voulu. Il en ressort deux
types de responsabilités civiles. En effet, nous avons d’une part la responsabilité
civile contractuelle et d’autre part la responsabilité civile délictuelle.
La responsabilité civile contractuelle concerne la réparation des dommages causés
dans le cadre de l'exécution d'un contrat. Elle nécessite l’existence d’un contrat
valable c'est-à-dire d’un contrat régulièrement formé. Quant à la responsabilité civile
délictuelle, elle correspond, à l'hypothèse où il n'existe aucun lien contractuel entre
l'auteur et la victime du dommage et où c'est dans la loi que se trouve la source
exclusive de l’obligation de réparer ledit dommage. Elle ne peut être mise en cause
que dans les faits juridiques.

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Les assurances de responsabilité civile

CHAPITRE I : LA RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE OU QUASI-


DELICTUELLE

Le qualificatif « délictuel » évoque l'idée de faute (on parle parfois de responsabilité «


quasi délictuelle » en présence d'une faute d'imprudence).

Section 1 : Les conditions de la responsabilité civile délictuelle

La responsabilité délictuelle suppose trois éléments cumulatifs dont la preuve peut


être rapportée par tous moyens: un fait générateur, un dommage et un lien de
causalité entre les deux premiers éléments. Mais alors que le fait générateur est un
élément variable en fonction des circonstances (paragraphe 1), le dommage et le lien
de causalité constituent, eux, des éléments constants de la responsabilité civile
délictuelle (paragraphe 2).

Paragraphe 1: L’élément variable de la responsabilité civile délictuelle : le


fait générateur

On est responsable non seulement du fait des dommages causés personnellement à


autrui mais aussi du fait des dommages causé par les personnes dont on doit
répondre ou des choses dont a la maîtrise. Les faits générateurs de responsabilité
sont ainsi de trois ordres à savoir le fait personnel, le fait d’autrui et le fait des choses.

A- Le fait personnel

Aux termes de l’article 118 du code des obligations civiles et commerciales du


Sénégal : « est responsable celui qui par sa faute cause un dommage à autrui ». Ces
dispositions renvoient à la notion de faute comme fondement de la responsabilité du
fait personnel. Celle-là est définie par l’article 119 du COCC comme étant tout
manquement à une obligation préexistante de quelque nature qu’elle soit. Cette
définition marque une grande singularité du droit de la responsabilité civile du

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Les assurances de responsabilité civile

Sénégal comparé à celui de la France en ce qu’elle remet en cause la distinction


classique de la responsabilité civile délictuelle de la responsabilité civile
contractuelle. En effet, alors qu’en droit français ces deux régimes de responsabilité
sont consacrés distinctement dans le code civil, le législateur sénégalais les prévoit en
même temps quand il fait référence à une obligation préexistante de quelque nature
qu’elle soit. Ce qui veut dire qu’il peut s’agir aussi bien d’une obligation
conventionnelle que d’une obligation légale.

B- L e fait d’autrui

En vertu de l’article 142 du COCC, on est responsable non seulement du dommage


que l’on cause de sont fait personnel mais encore de celui causé par les personnes
dont on doit répondre. Le fait d’autrui renvoi à l’obligation de réparation mise à
notre charge du fait des personnes dont on doit répondre. Il peut s’agir de personnes
qui, du fait de leur bas âge ou de l’altération de leurs facultés mentales, ne peuvent
être responsables de leurs actes. Il peut aussi s’agir de personnes qui, parce qu’elles
sont subordonnées à nous ne doivent pas répondre des dommages qu’elles ont
causés pendant qu’elles étaient sous nos ordres. On distingue entre autres faits
d’autrui, le fait des enfants mineurs, le fait des apprentis et le fait des préposés.

C- Le fait des choses

La responsabilité du fait des choses est consacré par l’article 137 du COCC selon
lequel « toute personne est responsable des dommages causés par le fait de l’animal
ou de la chose dont il a la maîtrise. L’acception du fait des choses comme condition
de la responsabilité civile délictuelle ou quasi délictuelle a son origine dans les
théories du risque et de la garantie.
La théorie du risque est née avec la révolution industrielle et compte SALEILLES et
JOSERAND parmi ses têtes de file. Pour ces auteurs, ce qui explique qu’une personne
soit déclarée responsable, c’est le risque duquel dérive le dommage. Soit on est
responsable parce qu’on exerce une activité dangereuse : c’est le risque créé. Soit on

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Les assurances de responsabilité civile

est responsable parce qu’on tire profit d’une certaine activité : c’est le risque profit.
En vertu de cette théorie on peut être responsable du fait des dommages causé par
nos moyens de production ou par nos biens personnels.

La théorie du risque est renforcée en ce sens par celle de la garantie dont l’initiateur
est Boris STARCK. Selon cet auteur, il faut partir de la victime et non de l’auteur du
dommage. Il n’y a pas à rechercher si l’auteur du dommage a commis une faute ou
s’il exerçait une quelconque activité. L’auteur part d’un postulat simple qui consiste à
affirmer que toute personne a droit à la sécurité de son intégrité physique. Et dès
l’instant qu’il y est porté atteinte, elle a droit à être garantie. C’est cette garantie qui
explique que son dommage doit être réparé sans qu’il soit besoin de rechercher les
causes de cette atteinte. Cette théorie de Boris STARCK a elle aussi influencé le droit
positif, notamment avec la législation sur l’indemnisation des victimes d’accident de
la circulation prévue par le Code CIMA.

Paragraphe 2 : Les éléments constants de la responsabilité civile délictuelle :


le dommage et le lien de causalité

Toute responsabilité délictuelle suppose, quel que soit son fait générateur, deux
éléments communs, en l’occurrence le dommage et le lien de causalité.

A- Le dommage ou préjudice

Notions. - Le dommage ou préjudice, notions souvent employées indifféremment,


désigne les conséquences patrimoniales ou extrapatrimoniales d'une atteinte à la
personne ou aux biens.
A la différence de la responsabilité disciplinaire ou pénale, qui peut exister sur le seul
fondement de la faute même si celle-ci n'a produit aucun dommage, la responsabilité
civile n'est envisageable que lorsqu'un préjudice a été subi ou, parfois, risque d'être
subi. En effet, dès lors que la réparation d'un préjudice est la finalité même de la
responsabilité civile, le dommage se présente ainsi comme sa condition première
voire essentielle dont la preuve en incombe à la victime.
1- Les catégories de dommage
 Le dommage matériel

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Les assurances de responsabilité civile

Il y a dommage matériel en cas de destruction ou de dégradation d’un bien et, plus


généralement, en cas d’atteinte à des intérêts de nature économique ou financière.
Sachant que “les dommages et intérêts dus au créancier sont, en général, de la perte
qu'il a faite et du gain dont il a été privé...”
 Le dommage moral
Il y a dommage moral en cas d’atteinte à des intérêts de nature extrapatrimoniale ou
non pécuniaire (même si ce dommage donne lieu à une réparation pécuniaire ayant
vocation à entrer dans le patrimoine de la victime). On range dans cette catégorie: les
atteintes à l'honneur, les atteintes à la réputation ou au crédit de la personne (ex.: en
cas de diffamation ou d’injures), le préjudice d’affection lié à une souffrance morale
(ex.: en cas d’adultère, de perte d’un être cher, qu’il s’agisse d’une personne proche
ou d’un animal...), les atteintes à la pudeur (ex.: en cas de violation de la vie privée),
le préjudice d’agrément (ex.: impossibilité de pratiquer des activités sportives), la
privation de certains sens ou de certains plaisirs ou joies de la vie (ex.: cécité, surdité,
impuissance sexuelle...), le préjudice esthétique (ex.: défiguration de la personne), le
pretium doloris ou prix de la douleur qui prend en compte les souffrances physiques
endurées par la victime d'un dommage corporel du fait de l’atteinte elle même ou
des traitements en résultant.
 Le dommage corporel
Il y a dommage corporel en cas d’atteinte à l’intégrité physique ou à la vie de la
personne, ce qui se manifeste à la fois en termes de dommage matériel qu’en termes
de dommage moral. Sur le volet moral, le dommage corporel se manifeste en tout
état de cause par le pretium doloris, et, éventuellement, par des préjudices d’agrément,
esthétique, sexuel, etc. Sur le volet matériel, le dommage corporel se manifeste tant
par les pertes subies (frais médicaux exposés) que par les gains manqués (incidence
économique de l’état d’incapacité de la personne qui, ainsi, se trouve dans
l’impossibilité de travailler, cette situation étant mesurée par un taux d’incapacité ou
d’invalidité).
2- Les caractères du dommage réparable
Quelle que soit sa nature, le dommage réparable doit être direct, certain et légitime.
 Le caractère certain du dommage

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Les assurances de responsabilité civile

Dommage certain actuel ou futur. Pour être réparable, le dommage doit être certain:
le dommage s'est déjà réalisé (préjudice actuel) ou qu'il se réalisera un jour sans
aucun doute (préjudice futur). Ainsi, le dommage certain s'oppose ainsi au dommage
éventuel ou hypothétique.
Perte d'une chance certaine. Dans certains cas où l'éventualité du dommage est trop
forte pour être négligée, la jurisprudence la prend en compte sous la notion de «
perte d'une chance ». Celle-ci est utilisée lorsque l'existence ou l'étendue du
dommage dépendait d'un événement aléatoire auquel la victime n'a pu participer:
ainsi, par exemple, lorsqu'un candidat à un examen a été empêché de s'y présenter,
ce qui lui a enlevé toute chance de réussir. Lorsque la chance perdue était
suffisamment consistante, suffisamment sérieuse, sa perte constitue un préjudice
assimilé à un préjudice certain et, par conséquent, réparable. Toutefois, pour tenir
compte du degré de probabilité relatif à la chance perdue, la réparation ne peut être
que partielle: en effet, la victime ne peut obtenir l'intégralité de l'avantage espéré,
mais seulement une partie plus ou moins importante selon sa probabilité. Ainsi,
selon la Cour de cassation, « la réparation d'une perte de chance doit être mesurée à
la chance perdue et ne peut être égale à l'avantage qu'aurait procuré cette chance si
elle s'était réalisée ».
 Le caractère direct du dommage
Pour qu’on puisse retenir la responsabilité de l’auteur du fait générateur, il faut que
le dommage résulte directement de ce fait sans qu’aucun fait postérieur n’ait
concouru à sa réalisation (article 127). L’article 127 exige ainsi le caractère direct du
dommage. Les dommages indirects sont ceux qui sont trop éloignés dans
l'enchaînement des circonstances pour que l'on puisse véritablement les rattacher au
fait générateur.
Dommage direct et dommage immédiat ou par ricochet. Un dommage peut affecter,
au-delà de sa victime immédiate, principale ou directe, des victimes indirectes ou par
ricochet: on parle de préjudice par ricochet ou médiat qui atteint, par contrecoup, les
proches de la victime directe. Ainsi, ces derniers se sont vus reconnaître un droit
personnel à réparation, indépendamment de la réparation due à la victime directe. Le
dommage par ricochet peut être un dommage matériel ou moral: ainsi, en cas

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Les assurances de responsabilité civile

d'accident mortel d'un parent, ses jeunes enfants subissent à la fois la perte matérielle
des revenus que leur procurait la victime et un chagrin moral.
 Le caractère légitime du dommage
Le dommage n'est réparable que si la victime a été lésée dans un intérêt pouvant être
considéré comme légitime, c'est-à-dire à un intérêt juridiquement protégé. Ainsi, par
exemple, une victime ne peut obtenir la réparation de la perte de ses rémunérations
que si celles-ci sont licites.
Cela dit, toute victime en situation irrégulière n'est pas privée du droit de demander
la réparation de son préjudice. En effet, ce qui importe, ici, n'est pas tant la situation
de la victime que l'intérêt lésé par le dommage, lequel doit être légitime. Ainsi, le
voyageur de train sans billet ou le passager d'un véhicule volé peuvent ainsi obtenir
réparation des dommages causés à leur intégrité corporelle puisque celle-ci constitue
un intérêt juridiquement protégé.

B- Le lien de causalité

De façon générale, il n'y a de responsabilité que si le fait imputé au défendeur se


rattache au dommage par une relation de cause à effet que l'on appelle lien de
causalité. C'est, en effet, à cette condition que l'auteur du fait est qualifié d'auteur du
dommage. Ainsi, l’insuffisance d’éclairage d’un tracteur roulant très à droit de la
route dans le sens inverse de la direction de marche d’un autocar est constitutif d’une
faute, mais il a été jugé que cette faute est sans relation de cause à effet avec le
dommage qui s’est produit à la suite d’une collision due à ce que l’autocar avait
largement débordé sur la partie gauche de la route.
L’établissement du lien de causalité incombe, en principe, au demandeur qui doit
fournir au juge des éléments de nature à en caractériser l'existence. Toutefois, il existe
des cas de responsabilité objective dans lesquels la causalité est présumée: c'est le cas,
notamment, dans la responsabilité du fait des choses.

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Les assurances de responsabilité civile

Section 1 : Les différents types de responsabilités civiles délictuelles ou quasi


délictuelle

Paragraphe 1 : La responsabilité du fait personnel

La responsabilité du fait personnel trouve son fondement dans l’article 118 du COCC
selon lequel « est responsable celui qui par sa faute cause un dommage à autrui ». Elle
constitue la matière première sur laquelle repose la responsabilité civile délictuelle et
quasi délictuelle. Ce type de responsabilité civile repose sur la faute dont il faut en
apporter la preuve. Ainsi, un simple fait ne suffit pas pour engager la responsabilité.
Ce fait doit être constitutif d’une faute causant un dommage à autrui. L’auteur de la
faute peut toutefois s’exonérer en établissant les causes d’exonération prévues par le
COCC.

A- La faute : condition essentielle de la RC du fait personnel

Le droit sénégalais présente une singularité parce qu’il tente de définir ce qui est une
faute bien que la notion soit flexible. En effet, aux termes de l’article 119 du COCC :
« La faute est un manquement à une obligation préexistante de quelque nature qu’elle soit ».
La singularité de cette définition c’est qu’elle tente d’unifier la notion de faute, parce
qu’il s’agit d’un manquement à une obligation quelle qu’elle soit. Donc, peu importe
qu’il s’agisse d’une obligation légale ou d’une obligation conventionnelle.

La notion de faute doit être analysée, en plus de la définition de l’article 119, par
référence à l’article 121 du COCC qui dispose dans son alinéa 1er : « Il n y a pas de faute
si l’auteur du dommage était par son état naturel dans l’impossibilité d’apprécier son acte ».
A la lumière de ces deux dispositions on peut convenir que dans la faute il y a deux
éléments. Il y a en premier lieu un élément matériel (1) et en second lieu un élément
moral ou psychologique (2).

1- L’élément matériel de la faute

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Ibrahima Mamadou SALL Page 13
Les assurances de responsabilité civile

Cet élément matériel c’est le manquement, la transgression, la violation d’une


obligation préexistante. Ce manquement peut se manifester de diverses façons. Ce
peut être une faute dans l’action : une faute par commission, on agit et on commet la
faute. On est dans l’action fautive.

Mais, il peut aussi s’agir d’une faute par omission, par inaction. Dans ce cas, on est en
faute pour n’avoir pas agi, même si parfois c’est difficilement admissible. Exemple 1:
Attitude passive de l'organisateur d'une compétition qui s'abstient de faire appel aux
forces de l'ordre en cas d'affrontements

L'appréciation de la faute se fait in abstracto, par référence à un modèle abstrait, et


non in concreto (par rapport aux habitudes de l'auteur lui-même). Ainsi, à défaut d’un
texte légal ou contractuel prévoyant une obligation, le droit fait référence à un
modèle standard pour apprécier le caractère fautif ou pas de l’auteur du fait
dommageable. Il s’agit du modèle d’un bon père de famille c'est-à-dire de l’homme
prudent, diligent et avisé.

2- L’élément psychologique de la faute

Par un rapprochement de la faute civile et de la faute pénale, la doctrine classique


professait qu'il ne pouvoir y avoir responsabilité du fait personnel que si l'auteur
pouvait avoir conscience de la portée de ses actes (d'où l'irresponsabilité civile, pour
faute, des personnes aliénées ou en bas âge). Cette doctrine trouvait écho en droit
sénégalais dans l’article 121 alinéa 1 qui exige l’imputabilité de la faute à l’auteur du
dommage. Ce texte dispose : « Il n'y a pas de faute si l'auteur du dommage était par son
état naturel dans l'impossibilité d'apprécier son acte ». En vertu de ces dispositions, il y a
des gens qui peuvent faire mal sans le savoir, ce sont les déments et les infantes, c’est-
à-dire les enfants en bas âge, il faut convenir que ces gens là on ne peut engager leur
responsabilité, parce qu’ils ne peuvent commettre de faute au sens classique du
terme, parce qu’ils sont dans l’impossibilité d’apprécier leurs actes.

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Les assurances de responsabilité civile

Mais, après une lente évolution marquée par l'évolution de la philosophie de la


responsabilité civile sous l'influence, entre autres, du développement des assurances,
des fonds de garantie et de la Sécurité sociale, l’élément moral, psychologique de la
faute a été abandonné par le droit. C’est ainsi que l’article 121 précité contient
maintenant un alinéa 3 selon lequel : « tout acte est de nature à engager ou à atténuer la
responsabilité de son auteur ».
C’est cette disposition marque un bouleversement complet du droit commun de la
responsabilité civile au Sénégal qui tend de plus en plus vers un e objectivisation de
la responsabilité du fait personnel.

B- Les causes d’exonération de la responsabilité du fait personnel

Il est très rare qu’une personne accepte que sa responsabilité soit retenue sans
chercher à se défendre. Généralement elle cherche à y échapper ou à l’atténuer en
invoquant soit les faits justificatifs soit le fait de la victime soit une cause étrangère.

1- Les faits justificatifs


Ici, on suppose qu’un dommage a été subi, celui qui en était l’auteur ne le conteste
pas, mais il essaie de le justifier. Or, s’il le justifie, il ne peut être déclaré responsable,
parce qu’il bénéficie d’une couverture légale qui légitime en quelque sorte son
comportement. Cette couverture légale se présente sous l’appellation de faits
justificatifs, notion empruntée au droit pénal. Les faits justificatifs sont de trois
ordres :
 La légitime défense consacrée par l’article qui dispose : « Il n’y a pas de
responsabilité si le fait dommageable a été commis de façon raisonnable pour la
légitime défense de soi-même ou d’autrui, ou pour la garantie de biens que l’auteur
détient légitimement ».
 L’état de nécessité qui est une création purement jurisprudentielle. C’est
l’hypothèse où une personne afin d’éviter un dommage est obligé d’en
commettre un moins grave. La personne se trouvait en état de nécessité. Une
dame entre dans un supermarché et prend une bouteille de lait sans payer

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Les assurances de responsabilité civile

pour son enfant resté 48 heures sans lait. Le juge MAGNAUD décide qu’elle a
raison : la vie d’un enfant vaut plus qu’une bouteille de lait.
 L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité L’ordre de la loi et le
commandement de l’autorité légitime sur lequel on peut émettre beaucoup de
réserves parce qu’il s’agit d’une situation permissive susceptible de générer
des abus de la part de ceux qui l’invoquent.

2- Les faits de la victime

La personne déclarée responsable peut chercher à s’exonérer en invoquant le fait de


la victime soit parce que cette dernière à consenti au dommage (dommage matériel
seulement car l’intégrité physique est quelque chose de sacrée), soit parce qu’elle a
accepté le risque de subir un dommage à travers les circonstances de réalisation de
celui-là (c’est le cas de certains sports comme la boxe) soit parce que la victime à
commis une faute qui a concouru à la réalisation du dommage. Dans ce dernier cas, il
va y avoir un partage de responsabilité en tenant compte de la gravité respective de
chaque faute, à moins que la faute de la victime à elle seule n’absorbe la faute de
l’auteur et soit considérée comme la cause exclusive du dommage.

3- Les causes étrangères

En plus de la faute de l’auteur du dommage, le préjudice peut être la résultante


d’une cause étrangère, notamment en cas de force majeure, c’est-à-dire un événement
imprévisible, irrésistible et insurmontable. Dans ce cas, l’auteur du dommage est
exonéré parce que la force majeure est exclusive, est libératoire.

Mais, il peut aussi s’agir d’un fait d’un tiers. Dans ce cas, on retrouve le même
schéma que pour le partage de responsabilité, à moins que les faits du tiers ne
présentent les caractères de la force majeure. Dans ce cas aussi, l’auteur du dommage
est exonéré.

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Les assurances de responsabilité civile

Paragraphe 2 : La responsabilité du fait d’autrui

A la différence du droit pénal, où l'on est en principe responsable de son propre fait,
le droit civil admet que certaines personnes puissent se trouver dans l'obligation de
réparer un dommage causé par d'autres. Ainsi, certaines personnes, bien qu’elles n’aient
pas personnellement commis de faute, sont déclarées responsables des dommages
causés par d’autres personnes. C’est la responsabilité du fait d’autrui dont le

fondement juridique se trouve dans l’article 142 du COCC. Cet article dispose :
« On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais
encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on dot répondre ».
La lecture de ces dispositions nous amène à nous interroger sur les personnes
dont on doit répondre. En d’autres termes, qu’elles sont ces personnes qui peuvent
entraîner pour autrui une certaine responsabilité. Il y a trois catégories de personnes
visées et qui renvoient à autant de responsabilités du fait d’autrui. Les deux premiers
régimes de responsabilité du fait d’autrui reposent sur une présomption de faute, ce
qui n’est pas le cas en ce qui concerne le troisième régime.

Quels sont ces régimes ? Soit on est responsable parce qu’un enfant dont on
assure la garde a causé à autrui un dommage : c’est la responsabilité parentale.

Mais, on peut aussi être déclaré responsable parce que l’élève ou l’apprenti
que l’on a sous sa surveillance a causé à autrui un dommage.

Enfin, le commettant, c’est-à-dire le patron, est responsable des dommages


causés par son préposé.

A- La responsabilité des parents du fait des enfants mineurs

Il est important de noter que cette responsabilité des parents pour être mise en œuvre
doit réunir au moins trois conditions :

 La minorité de l’enfant : Elle doit être effective c'est-à-dire que l’enfant doit
être âgé de moins de dix huit ans. En effet dés que l’enfant est majeur, cette
responsabilité ne joue plus.

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Les assurances de responsabilité civile

 Le fait de l’enfant : Il n’est pas nécessaire que l’enfant ait commis une faute
pour que la responsabilité civile parentale soit engagée ; il suffit que le mineur
ait commis un acte à l’origine du dommage.

Par ailleurs, la responsabilité civile parentale peut résulter d’un dommage causé par
leur enfant agissant en qualité de gardien d’une chose.(exemple de l’enfant détenteur
d’une bicyclette).

 La cohabitation de l’enfant avec ses parents : La cohabitation résulte de la


résidence habituelle de l’enfant au domicile des parents ou de l’un d’eux. Sans
cohabitation, les parents ne peuvent pas exercer leur devoir de surveillance.
L’absence de cohabitation exonère ainsi les parents. Toutefois selon la cour de
Cassation cette non-cohabitation doit avoir un motif légitime pour exonérer
les parents.

- La cohabitation ne cesse pas lorsque l’enfant est confié tempérament à un centre


médico-pédagogique.

- Le régime de l’internat n’interrompt pas la cohabitation.

Si ces conditions sont réunies, la loi présume que si l’enfant a causé à autrui un
dommage c’est parce qu’il a été mal surveillé ou mal éduqué par les personnes qui
avaient la garde à leur charge. Il s’agit d’une présomption de faute de surveillance ou
d’éducation. Mais d’une présomption simple parce que les parents peuvent
s’exonérer de cette responsabilité par la preuve qu’ils n’ont pu empêcher le fait
dommageable (article 145 du COCC). A défaut, ils vont être déclarés responsables
pour tous les actes dommageables causés par leurs enfants. Cela dit, elle est écartée si
l'enfant est passé sous l'autorité juridique d'un maître, d'un commettant ou d'un
instituteur puisque les divers cas de responsabilité pour autrui sont considérés
comme non cumulatifs.

B- La responsabilité des maîtres et artisans

Lorsqu’un élève ou un apprenti, pendant le temps où il est sous la surveillance


du maître ou de l’artisan, cause à autrui un dommage, c’est ce maître ou cet artisan
qui va être déclaré responsable parce qu’on présume qu’ils ont mal surveillé l’élève

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Les assurances de responsabilité civile

ou l’apprenti qui étaient sous leur responsabilité. Il s’agit là aussi d’une présomption
de faute, d’une présomption simple parce qu’elle supporte la preuve contraire
(art.150 in fine du COCC).

Il suffit tout juste de faire deux précisions. La première c’est lorsque l’élève
appartient à un établissement public, c’est la responsabilité de l’Etat qui sera retenu,
l’Etat se substituant à l’établissement.

La seconde précision c’est qu’ici il n’y a pas de conditions relatives à l’âge de


l’élève ou de l’apprenti. Le maître et l’artisan vont être déclarés responsables pour les
agissements dommageables des élèves et apprentis placés sous leur autorité, à moins
qu’ils ne rapportent la preuve qu’ils n’ont pu empêcher le fait qui a causé le
dommage.

La responsabilité parentale et la responsabilité des maîtres et artisans reposent


encore, en droit sénégalais, sur une présomption de faute. Ce qui n’est plus le cas en
France où l’on tend vers une extension plus rigide de la responsabilité du fait
d’autrui comme c’est déjà le cas pour ce qui est de la responsabilité du commettant
qui, elle, ne repose pas sur une présomption de faute.

C- La responsabilité du commettant du fait de ses préposés

Cette responsabilité est une responsabilité de plein droit, une responsabilité


beaucoup plus rigoureuse que celle des parents et celle des maîtres et artisans. C’est
une responsabilité qu’on ne peut écarter en rapportant la preuve contraire. Elle ne
peut disparaître que dans des conditions particulières. Quelles en sont ces conditions
et comment le commettant pourra-t-il être déchargé ?

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Les assurances de responsabilité civile

 Un rapport de préposition ou d'autorité

En droit civil, on appelle commettant celui qui a le pouvoir de donner des ordres ou
des instructions à un individu placé sous son autorité et ainsi préposé à certaines
fonctions: il y a ainsi un rapport de subordination entre le commettant et le préposé.
Préposé permanent ou habituel. En général, le commettant est un employeur au
sens du droit du travail: on parle alors, parfois, de préposé permanent ou habituel.
Toutefois, la relation commettant/préposé peut parfaitement exister en dehors de
tout contrat de travail et découler d'un contrat d'une autre nature: c'est le cas, par
exemple, en présence d'un contrat de mandat (en revanche, vu que le locateur
d'ouvrage ou entrepreneur est indépendant du maître de l'ouvrage, il n'y a, en
principe, jamais de lien d'autorité entre ces deux personnes liées par un louage
d'ouvrage ou contrat d'entreprise).
Préposé occasionnel. En outre, le rapport de préposition ou d'autorité peut naître
d'une simple situation de fait et, alors, on parle de préposé occasionnel: la situation
se rencontre dans le cadre des relations familiales, amicales, commerciales.

 Une faute commise par le préposé envers un tiers

Même si l'article 146 du COCC ne l'indique pas, on considère traditionnellement que


la responsabilité du commettant ne peut être déclenchée qu'en cas de faute commise
par le préposé.
 Une faute commise dans les fonctions
Cette faute du préposé doit être commise à l’occasion des fonctions. Ce qui ne pose
aucune difficulté lorsque l’acte dommageable est intervenu au lieu de travail,
pendant les heures de travail et avec les moyens de travail. Dans ce cas là assurément
le commettant est responsable.
Mais, qu’en est-il lorsque l’acte dommageable a été causé en dehors des lieux de
travail mais avec les moyens de fonction ? C’est l’exemple du chauffeur qui cause un
dommage le dimanche avec le véhicule du service. L’employeur est-il toujours
responsable ? C’est toute la problématique de ce que l’on appelle l’abus des
fonctions. En droit français, pendant longtemps, il y a eu une contrariété de
jurisprudence au niveau de la Cour de Cassation entre la Chambre Civile et le

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Les assurances de responsabilité civile

Chambre Criminelle. Tandis que la première écartait la responsabilité du commettant


en cas d’abus de fonction, la deuxième interprétait de façon large le lien de
préposition et retenait la responsabilité du commettant dès l’instant que l’acte
dommageable avait un lien avec les fonctions. Il aura fallu attendre plusieurs années
pour que l’Assemblée Plénière de la Cour de Cassation décide que lorsque le préposé
agit sans autorisation en dehors de ses fonctions, à des fins étrangères aux fonctions,
le commettant ne pouvait être déclaré responsable. La Cour de Cassation adoptait
donc finalement la conception de la Chambre Civile plus restrictive mais aussi plus
conforme au droit et au bon sens.

En droit sénégalais, le COCC semble adopter une position extensive parce qu’il
décide article 148 « En cas d’abus de fonction, un lien de causalité ou de connexité avec
l’exercice des fonctions suffit à rendre le commettant responsable ». Toute la question est
alors de savoir ce qu’il faut entendre par lien de connexité ou de causalité. La
jurisprudence sénégalaise ne semble pas pour le moment s’être prononcée sans
équivoque sur ce point.

Au-delà de ces observations relatives à l’abus de fonction, il faut apporter deux


précisions. Le commettant est responsable dès l’instant que le préposé semble avoir
agi dans l’exercice de ses fonctions.

La deuxième précision c’est que le commettant ne peut échapper à cette


responsabilité que lorsqu’il parvient à établir l’existence d’une cause étrangère ou
encore lorsque l’abus de fonction est manifeste.

Paragraphe 3 : La responsabilité du fait des choses

La responsabilité du fait des choses a une histoire. C’est elle qui a servi de prétexte à
la théorie du risque de SALEILLES et JOSSERAND afin de pouvoir réparer les
dommages causés par des accidents anonymes pour lesquels il n’était pas possible de
prouver la faute. Cette responsabilité est consacrée par l’article 137 du COCC selon

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Les assurances de responsabilité civile

lequel : « Toute personne est responsable du dommage causé par le fait de l'animal ou de la
chose dont elle a la maîtrise ».
La responsabilité du fait des choses est une responsabilité de plein droit, elle
ne peut être écartée que par la survenance d’un cas fortuit ou d’une force majeure ou
encore d’une cause étrangère. C’est une responsabilité qui s’applique de façon
automatique, une responsabilité de plein droit. On dit encore présomption de
responsabilité pour marquer la différence avec la présomption de faute. En effet, ici
la personne qui va être déclarée responsable ne peut y échapper en prouvant qu’elle
n’a commis aucune faute. Seuls le cas fortuit ou la cause étrangère constituent pour
elle un moyen d’exonération.

Mais alors qui va être déclaré responsable pour un régime si lourd, si pesant ? En
droit sénégalais, la réponse c’est le maître de la chose. En droit français, on parle de
gardien, ce qui revient au même.

Il reste alors la question de savoir qui est gardien ou maître de la chose ? Le maître de
la chose ou le gardien c’est celui qui a sur la chose un pouvoir d’usage, de contrôle et
de direction. Mais, la garde ou la maîtrise peut être transférée à autrui comme elle
peut être éclatée. En principe, c’est le propriétaire de la chose qui en est gardien ou
maître parce que c’est lui qui exerce sur la chose ces trois prérogatives d’usage, de
contrôle et de direction. Mais, il s’agit d’une présomption simple parce que cette
maîtrise peut faire l’objet d’un transfert volontaire ou involontaire. La garde peut être
transférée par suite d’un contrat, c’est l’exemple de la location d’un véhicule. Dans ce
cas, c’est le locataire qui va devenir gardien.

Mais la garde peut aussi être transférée de façon involontaire à la suite d’une perte,
d’un vol, parce que dans ce cas le propriétaire est privé de l’usage, du contrôle et de
la direction de la chose.

L’hypothèse du transfert de la garde ou de la maîtrise est prévue par l’article 138 du


COCC. Il y a tout juste à préciser que le préposé ne peut être gardien de la chose
appartenant au commettant parce que dit-on que la qualité de gardien et celle de
préposé sont incompatibles.

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Les assurances de responsabilité civile

Par ailleurs, la garde peut être éclatée. On distingue alors entre la garde du
comportement et la garde de la structure. Et, selon les circonstances, c’est le gardien
du comportement ou le gardien de la structure qui va être déclaré responsable. Une
telle distinction n’est envisageable que pour les choses ayant un dynamisme propre,
qui peuvent fonctionner de façon autonome tels que la bouteille de gaz, le poste de
télévision ou encore le réfrigérateur. Lorsque le dommage est la conséquence d’une
mauvaise utilisation on va imputer cette responsabilité à celui qui utilisait la chose en
tant que gardien du comportement.

En revanche, lorsque le dommage est consécutif à un vice de fabrication, sera déclaré


gardien de la structure le fabricant, c’est lui qui va être responsable.

Sous réserve de ces précisions, il arrive parfois, à titre exceptionnel, qu’il y ait une
garde collective, c’est-à-dire que plusieurs personnes soient déclarées gardiennes
d’une même chose en même temps, notamment lorsque le dommage provient du fait
d’une personne indéterminée mais appartenant à un groupe déterminé.

Par ailleurs, la responsabilité du fait des choses concerne toutes choses, objets
inanimés ou non ayant étaient à l’origine d’un dommage. Qu’il s’agisse de choses
inertes ou mobiles, de choses dangereuses ou pas. Et, il n’est pas nécessaire qu’il y ait
un contact direct entre la chose et la victime. Il suffit que sans la chose, le dommage
ne se sera produit. Exemple : lorsqu’une voiture klaxonne et fait peur à un piéton qui
tombe…

La responsabilité du fait des choses est une responsabilité qui milite en faveur de la
victime qui est quasiment assurée d’obtenir réparation, sauf cas de force majeure ou
de cause étrangère qui peut être le fait d’un tiers, ce peut être aussi la faute de la
victime elle-même.

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Les assurances de responsabilité civile

CHAPITRE II : LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE

Lorsqu’on étudiait la notion d’obligation, on a appris qu’elle pouvait être de source


légale ou conventionnelle. L’obligation conventionnelle naît d’un contrat
valablement formé entre les parties. A cet titre, l’article 40 du COCC « dispose que le
contrat est un accord de volontés générateur d’obligations ». Le non respect de ces
obligations est de nature à mettre en cause la responsabilité contractuelle de la partie
défaillante.
On entend par responsabilité contractuelle l’obligation de réparer par équivalent
monétaire le dommage causé par un contractant à l’autre du fait du manquement à
ses engagements. Cette responsabilité est prévue par les articles 118 et 119 du COCC.

SECTION 1 : Les conditions de la responsabilité contractuelle

En plus du dommage et du lien de causalité, la responsabilité contractuelle suppose


entre autres conditions, l’existence d’un contrat, la défaillance d’exécution ou un
manquement contractuel et la mise en demeure préalable du cocontractant défaillant.

Paragraphe 1 : l’existence d’un contrat valable

La loi subordonne la validité du contrat à la réalisation de conditions essentielles. I l


peut s’agir de conditions de fond ou de conditions de forme.

A- Les conditions de fond du contrat

Selon l’article 47 du COCC tout contrat requiert pour sa validité la réunion des
conditions suivantes :
 Le consentement des parties : celles-là doivent exprimer un consentement
libre et intègre pour la validité du contrat. En effet, parce qu’il est créé par la
volonté des parties, le contrat suppose naturellement une volonté saine, que
les personnes s’engagent en connaissance de cause. Ainsi, le consentement

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Les assurances de responsabilité civile

doit être exempt de tout vice. Les vices de consentement sont l’erreur, le dol et
la violence.
 La capacité de contracter : Pour pouvoir passer un contrat pour son propre
compte il faut avoir la capacité juridique. La capacité juridique désigne la
pleine aptitude du sujet de droit à entrer dans la vie civile, à être titulaire de
droits et d'obligations. Cette capacité est en principe acquise à la majorité c'est-
à-dire à partir de dix huit ans révolus ou encore en cas d’émancipation.
Toutefois, Il n est pas nécessaire que le représentant ait la capacité de passer
l'acte pour lequel il a pouvoir ; il suffit qu'il soit capable de représenter autrui
(article 52 COCC).
 L’objet du contrat : La validité du contrat requiert un objet possible du point
de vue juridique et matériel et déterminé ou déterminable quant à son espèce
et sa quotité. L’objet du contrat peut consister en une chose future (récolte à
venir).
 La cause du contrat : L’article 47 du COCC exige une cause licite pour le
contrat ainsi que pour les obligations qui en résulte.
Il convient de préciser que les conditions précitées sont cumulatives. Par conséquent,
si l’une d’elles n’est pas existante, le contrat n’est pas valable. La conséquence serait
que l’on se situerait sur le terrain délictuel.

B- Les conditions de forme

Certains contrats requièrent pour leur formation des conditions de forme. Les
conditions de formes peuvent être de différents ordres. On distingue principalement
les formalités de validité (ad valida tem) et les formalités probatoires (ad
probationem). Les premières sont nécessaires à la validité des contrats solennels.
C’est le cas de la vente des biens immobiliers.

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Les assurances de responsabilité civile

Paragraphe 2 : La défaillance d’exécution ou manquement contractuel

Selon l’article 96 du COCC, « le contrat légalement formé crée entre les parties un lien
irrévocable ». Ces dispositions obligent les parties à respecter leurs engagements
respectifs. Le terme de défaillance contractuelle englobe non seulement l’inexécution
totale (pure et simple), mais encore l’exécution seulement partielle (correspondant à
une inexécution au regard de la quantité), l’exécution défectueuse (correspondant à
une inexécution au regard de la qualité) et l’exécution tardive (correspondant à une
inexécution au regard des délais).
La responsabilité contractuelle suppose non seulement le manquement aux
obligations contractuelles mais aussi l’imputabilité de ce manquement au débiteur de
l’obligation.

A- Les obligations nées du contrat

Conformément au droit commun de la preuve, celui qui demande la réparation de


son préjudice dans le cadre de la responsabilité contractuelle, doit établir
l’inexécution ou la mauvaise exécution du contrat, c'est-à-dire le non respect d’une
obligation prévue au contrat. Cela suppose la détermination des obligations nées du
contrat. IL est important d’identifier les prestations auxquelles les cocontractants se
sont engagés. Un examen de leur volonté s’impose.
Lorsque le contrat est tacite, non écrit, cela peut engendrer de sérieux problèmes et il
convient alors de rechercher l’intention commune et réelle des parties.
A côté des obligations expressément définies par les parties on retrouve les
obligations complémentaires. Ces dernières résultent de la loi, de l’usage ou de
l’équité selon la nature du contrat. Il s’agit entre autres obligations :
- Obligation d’informations et de renseignements ; les informations doivent
porter sur l’objet du contrat et les modalités de réalisation. Il doit s’agir de
renseignements clairs, objectifs et exacts indispensables pour permettre la
bonne exécution du contrat.

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Les assurances de responsabilité civile

- Devoir de conseil : c’est le devoir d’éclairer le cocontractant sur l’opportunité


de réaliser tel acte ou de ne pas le réaliser. D’acheter tel objet plutôt que tel
autre. Il faut éclairer l’acheteur sur les avantages et les inconvénients que
l’opération présente pour une détermination en connaissance de cause.
- Obligation de sécurité : Cette obligation a été formulée dans le cadre d’un
contrat de transport. Effet, l’exécution du contrat de transport comporte pour
le transporteur de l’obligation de conduire le voyageur sain et sauf à
destination.
Au-delà de la détermination des obligations des parties au contrat, celle de leurs
natures revêt une importance capitale dans la mise en cause de la responsabilité
contractuelle. En effet, Les règles de preuve du manquement varient selon que
l’obligation méconnue est une obligation de moyens (auquel cas il faut, outre
l’inexécution, établir la faute du débiteur) ou une obligation de résultat (auquel cas la
seule inexécution fait présumer la responsabilité).

B- L’imputabilité du manquement contractuel au débiteur

La responsabilité contractuelle suppose que le manquement contractuel soit


imputable au cocontractant défaillant. A défaut de cette imputabilité, la
responsabilité du débiteur de l’obligation ne peut être mise en jeu. C’est le cas en cas
de force majeure ou de cas fortuit. En effet, selon l’article 129 COCC : « Il n'y a pas de
responsabilité si le fait dommageable est la conséquence d'une force majeure ou d'un
cas fortuit, c'est-à-dire d'un événement extérieur, insurmontable et qu'il était
impossible de prévoir ».
C’est l’hypothèse où le contrat est régulièrement formé, et peut être même qu’il a
commencé à être exécuté, et il survient un cas de force majeure, un cas fortuit, c’est-à-
dire un événement imprévisible, irrésistible et insurmontable, qui rend donc
l’exécution du contrat impossible, au moins pour l’une des parties. La question est
alors de savoir quel est le sort qui va être réservé au contrat.

En simplifiant, on peut dire qu’il faut faire une distinction selon que le contrat
contienne des obligations de faire ou de ne pas faire, ou selon qu’il contienne des

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Les assurances de responsabilité civile

obligations de donner.

Lorsqu’il s’agit d’un contrat comportant des obligations de faire ou de ne pas faire,
on dit que les risques sont supportés par le débiteur de l’obligation inexécutée. Le
contrat est donc résolu en vertu de la théorie des risques et le bailleur comme le
transporteur va être obligé de restituer ce qu’il a reçu du fait de la rétroactivité de la
résolution.

En revanche, lorsqu’il s’agit d’un contrat comportant une obligation de donner, c’est-
à-dire une obligation de transférer la propriété d’une chose, dans ce cas les risques
vont être supportés par le propriétaire. On dit alors avec une particularité en droit
sénégalais, c’est que le transfert de propriété s’y opère à la délivrance de la chose
contrairement au droit français où il se fait sur le consensus, c’est-à-dire dès le seul
échange de consentement. Le contrat ici va être résolu en vertu de la théorie des
risques.

Paragraphe 3 : La condition de forme : la mise en demeure préalable

A la différence de l’action en résolution ou en responsabilité délictuelle, le


déclenchement de la responsabilité contractuelle nécessite, au préalable, la mise en
demeure du débiteur défaillant.
La mise en demeure constitue un avertissement (par acte d’huissier ou autre)
rappelant au débiteur fautif ses engagements et le désir de le voir les exécuter.
Cette formalité, en principe obligatoire, devient néanmoins inutile lorsque la
défaillance contractuelle est d’ores et déjà certaine et irrémédiable (par exemple,
lorsque le délai impératif convenu est déjà dépassé).

SECTION 2 : Les aménagements conventionnels de responsabilité

En matière de responsabilité civile délictuelle ou quasi délictuelle les clauses de non


responsabilité sont interdites. Mais, en responsabilité contractuelle, ces clauses sont
en principe valables ou, du moins opèrent un renversement de la preuve de
l’inexécution de l’obligation.

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Les assurances de responsabilité civile

Paragraphe 1 : Les clauses relatives aux conditions de la responsabilité

A- Les clauses modifiant le contenu de l’obligation contractuelle

Selon l’article 42 du COCC les parties sont : « libres de contracter ou de ne pas contracter,
d'adopter toute espèce de clauses de modalités, les parties ne peuvent cependant porter
atteinte par conventions particulières à l'ordre public ou aux bonnes mœurs ». A cet effet,
les contractants peuvent prévoir d’étendre ou de réduire le contenu de l’obligation tel
qu’il est normalement prévu par la loi, sous réserve du respect de l’ordre public et de
ne pas vider le contrat de son objet.

B- Les clauses modifiant le régime de l’obligation contractuelle

- Clause d’abandon de recours : c’est une clause par laquelle l’un des
contractant consent un abandon de recours contre l’un de ses fournisseurs ou
l’un de ses sous traitants.
- Clause écartant la responsabilité en totalité ou en partie. Elle est acceptée mais
sous certaines conditions dont celle de ne pas faire échec à une obligation
essentielle du contrat.
L’obligation essentielle du contrat est la raison d’être de l’engagement du
cocontractant. Ainsi, pour un gérant d’un parking privé le gestionnaire ne peut pas
prévoir une clause libellé de la sorte : « les usagers circulent à leurs risques et périls.
L’utilisation du ticket donne droit au stationnement, mais ne constitue pas un droit de garde
ou de dépôt du véhicule, de ses accessoires et objet laissés à l’intérieur».
Après une inondation entraînant des dommages sur du matériel laissé dans le
véhicule, la cour de cassation française a condamné ce gestionnaire au motif qu’il
avait manqué à son obligation essentielle de mettre à la disposition de l’utilisateur la
jouissance paisible de emplacement.

Paragraphe 2 : les clauses relatives au montant de la responsabilité

Il s’agit principalement de la clause pénale. C’est une clause par laquelle les
cocontractants évaluent par avance les dommages et intérêts dus par le débiteur, en

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Les assurances de responsabilité civile

cas de retard ou d’inexécution. La validité de cette clause est retenue mais elle peut
être révisée par le juge si elle est manifestement excessive ou dérisoire. Mais, il faut
quand même signaler qu’elle peut être interdite dans certains cas, comme dans le
cadre du contrat de travail.
L’appréciation du caractère manifestement excessif ou dérisoire est une question de
fait relevant du pouvoir souverain des juges du fond.

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Les assurances de responsabilité civile

DEUXIEME PARTIE : LES ASSURANCES DE RESPONSABILITE CIVILE

A l’étude du code des assurances de la CIMA, les assurances se subdivisent en deux


grandes branches. On distingue les assurances de dommages et les assurances de
personnes. Les assurances de dommages sont composées des assurances de choses et
des assurances de responsabilités.
Les assurances de choses visent à indemniser l’assuré en cas de pertes matérielles
subis directement dans son patrimoine. Elles concernent le plus souvent des objets
bien définis. Elles peuvent aussi s’appliquer à des choses simplement déterminables.
Quant aux assurances de responsabilité, elles ont pour but la garantie de l’assuré
contre les recours exercés à son encontre par des tiers à raison du préjudice causé.
L’assurance de responsabilité tout comme l’assurance des choses vise la conservation
du patrimoine de l’assuré dans la mesure où la responsabilité se définit comme
l’obligation de réparer par compensation monétaire le dommage causé. Il faut
constater qu’ici le patrimoine de la personne est atteint de façon indirecte dans la
mesure où il faut puiser dans le patrimoine pour réparer le préjudice causé.
Dans sa formulation traditionnelle, l’assurance responsabilité civile garantissait
uniquement la responsabilité délictuelle. La responsabilité contractuelle était souvent
exclue parce que l’on jugeait que l’aspect aléatoire était moins évident dans cette
dernière dans la mesure où il dépend du contenu des obligations définies par les
parties au contrat. En effet, la responsabilité délictuelle est, de manière générale, liée
à la notion de hasard ; la victime et le responsable ne sont pas a priori liés par un
contrat.
En revanche, la responsabilité contractuelle résulte d’un engagement entre deux
personnes, et surtout dépend du contenu des obligations prévues au contrat. Ainsi,
techniquement, l’assureur éprouvait des difficultés à cerner et à calculer le risque
engendré par une infinité de conventions possibles.
Toutefois, la responsabilité contractuelle n’a jamais été légalement exclue des
assurances de responsabilité. Ainsi, l’amélioration de la technique d’assurance a
permis de maîtriser et de couvrir des risques de nature contractuelle en réponse aux
besoins des particuliers et des professionnels. Les améliorations évoquées concernent

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Les assurances de responsabilité civile

les études statistiques, la rédaction des contrats, l’informatisation de la gestion des


risques et des portefeuilles ou encore la division des risques avec la réassurance et la
coassurance.
L’intérêt des assurances de responsabilité peut s’articuler au tour des points
suivants :
 La nécessité de se couvrir face à une responsabilité de plus en plus objective
 La sécurité des investissements favorisant l’initiative et l’action
 La nécessité individuelle et sociale.

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Les assurances de responsabilité civile

CHAPITRE I : LE CONTRAT D’ASSURANCE DE RESPONSABILITE

L’étude du contrat d’assurance de responsabilité permet d’aborder :


 La détermination des personnes intervenant dans le contrat ;
 L’objet du contrat d’assurance de responsabilité ;
 L’étendue du contrat d’assurances de responsabilité.

Section 1 : Les personnes intervenant dans le contrat d’assurance de


responsabilité

Le contrat d’assurance de responsabilité fait intervenir trois personnes. Il s’agit de


l’assureur, de l’assuré et de la tierce victime du dommage.

Paragraphe 1 : L’assureur

L’assureur c’est la personne morale agréée par la Ministre des finances pour exercer
une activité d’assurance. Il peut s’agir d’une société anonyme ou d’une mutuelle
d’assurance. Il faut qu’il soit agréé pour la branche en question. Cet assureur, accepte
de couvrir la responsabilité de l’assuré en contrepartie d’une prime et selon des
conditions bien définies.

Paragraphe 2 : l’assuré

L’assuré est la personne dont la responsabilité délictuelle et/ou contractuelle est


couverte par la compagnie d’assurance. Il sera en principe le souscripteur, personne
physique ou morale, ainsi que toute personne pour le compte de laquelle il a été
stipulé suivant une mention expresse aux conditions particulières.
Ce sera par exemple l’extension au conjoint et aux enfants vivant au foyer dans la
responsabilité familiale. Si c’est une personne morale, on considère comme assuré
touts ses représentants, administrateurs inclus.

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Les assurances de responsabilité civile

Etre assuré signifie, bénéficier de l’assurance qui intervient à sa place pour


indemniser le tiers victime. Ainsi, contrairement aux assurances de choses ou de
certaines assurances de personnes, l’assuré n’est jamais celui à qui on verse
l’indemnité. Au contraire, c’est le tiers, par opposition à l’assuré, qui perçoit les
sommes dues par l’assureur.

Paragraphe 3 : Le tiers victime du dommage

Le tiers est la victime à laquelle l’indemnité sera versée. C’est toute personne autre
que l’assuré et autre qu’un certain nombre d’individus limitativement énumérés.
Dans ce dernier cas, la formule la plus couramment utilisée est la suivante :
Ne sont pas considérés comme tiers :
- Le conjoint, les ascendants et les descendants de l’assuré (dans les contrats de
responsabilité vie privée comme la RC chef de famille).
- Les préposés, salariés ou non de l’assuré dans l’exercice de leur fonction (dans
les contrats responsabilité civile d’entreprise comme la RC professionnelle ou
la RC exploitation).
On prévoit cependant une exception en ce qui concerne les recours des organismes
de sécurités sociale. En effet, l’on garantira l’assuré pour les dommages subis par ses
conjoints, ascendants, descendants ou préposés lorsque sa responsabilité pourra être
engagée par les organismes sociaux. Il s’agit là d’hypothèses précises et
exceptionnelles. Ainsi, ses dommages sont garantis quand :
L’accident dont est victime le préposé, est imputable à une faute inexcusable de
l’employeur ou de ceux qu’il s’est substitué dans la direction. L’employeur est
susceptible de subir un recours, du préposé victime s’il ne bénéficie pas de la
législation sur les accidents du travail (stagiaires, candidats à l’embauche ou victime
d’une maladie professionnelle non reconnue par la sécurité sociale, ou l’organisme
similaire).
En définitive, on peut dire qu’il n’y a pas de définitions d’assuré et de tiers
standardisées. Chaque contrat doit être examiné de manière spécifique afin de
déterminer la qualité respective des uns et des autres. Dans la mesure où la rédaction

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Les assurances de responsabilité civile

de l’assureur est claire et précise, la jurisprudence valide ces définitions pour


délimiter l’étendue des garanties.

Section 2 : L’objet du contrat d’assurance de responsabilité

Le contrat d’assurance responsabilité couvre non seulement les dommages causés


par le souscripteur mais aussi par les personnes dont il doit répondre et des choses
qu’il a sous garde.

Paragraphe 1 : Les dommages causés par l’assuré

Aux termes de l’article 11 du Code CIMA « les pertes et les dommages occasionnés par
des cas fortuits ou causées par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf
exclusion formelle et limitée contenue dans la police ».
Cet article pose le principe de l’obligation générale de l’assureur qu’il s’agisse d’un
contrat d’assurance de biens ou d’un contrat d’assurance de responsabilité. Il n’est
pas fait de distinction selon la nature ou la gravité de la faute commise. Il peut tant
s’agir d’une étourderie que d’une faute grave pouvant être impardonnable.
Dans toutes ces hypothèses l’assureur doit sa garantie.
En assurances de responsabilité, la formulation généralement mentionnée dans les
contrats est la suivante : « par le présent contrat, l’assureur garantit les conséquences
pécuniaires de la responsabilité civile pouvant incomber à l’assuré et à la suite de
dommages corporels, matériels et immatériels causés aux tiers…. ».
Selon la nature du contrat ou le statut de l’assuré, il y est ajouté au cours sa vie privée
ou de son activité telle que définie aux conditions professionnelle.

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Les assurances de responsabilité civile

Paragraphe 2 : les dommages causés par les personnes et les biens dont
l’assuré est civilement responsable

Parce que l’assurance de responsabilité a pour objectif la sauvegarde du patrimoine


de l’assuré, elle couvre, en plus des dommages causés par le souscripteur, ceux
causés par les personnes dont il doit répondre ou des choses qu’il a sous sa maîtrise.
A cet effet, l’article 32 du code CIMA dispose : « L’assureur garantit des pertes et
dommages causés par des personnes dont l’assuré est civilement responsable quelque soit la
nature et la gravité des fautes de ces personnes ou par des choses qu’il a sous sa garde ». Cet
article, prolonge l’article 11 précédemment examiné.

L’obligation mise à la charge des parents artisans, maitres et commettant serait


lourde si l’assurance ne permettait pas de se garantir contre les conséquences des
dispositions légales, elle manquerait à son but.

Paragraphe 3 : Les dommages et événements couverts

 Les dommages couverts par le contrat d’assurance responsabilité civile

Les dommages pouvant être couverts par la police sont les suivants :

 Dommage corporel : Toute atteinte corporelle subie par une personne


physique autre que l’assuré ou les personnes dont il est civilement
responsable.
 Dommage matériel : Toute détérioration ou destruction d’une chose ou
substance, toute atteinte physique à des animaux ;
 Dommage immatériels : Tout préjudice pécuniaire résultant de la privation
de jouissance d’un droit, de l’interruption d’un service rendu par une
personne ou par un bien meuble ou immeuble ou de la perte d’un bénéfice
suite à la survenance de dommages corporels ou matériels garantis.

Il convient de relever ici que les assureurs de responsabilités civiles ne garantissent,


en principe, que les dommages immatériels consécutifs à des dommages corporels ou
matériels couverts, sauf extension expresse ou contrat particulier.

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Les assurances de responsabilité civile

L’exclusion de principe des dommages immatériels non consécutifs à des dommages


corporels ou matériels garantis se justifie par la nécessité de limiter l’assurance à un
risque accidentel, aléatoire notamment en présence d’obligation contractuelle de
résultat.

Cela implique la nécessité de bien distinguer trois sortes de dommages immatériels :

 Ceux consécutifs à des dommages corporels ou matériels garantis,


 Ceux consécutifs à des dommages corporels ou matériels non garantis,
 Ceux non consécutifs à des dommages corporels ou matériels.

(immatériels purs)

Exemple :

Un camion transportant du béton dérape et heurte le mur d’un Hôtel faisant tomber
une partie de celui-ci. Pendant le temps de la construction, l’Hôtel connaît une perte
d’exploitation liée au fait que plusieurs chambres ne pouvaient plus être occupées
suite à l’accident. Cette perte d’exploitation constitue un dommage immatériel
consécutif au dommage matériel constitué par la chute du mur.

En revanche, lorsque du fait d’une coupure d’électricité une salle de cinéma n’a pas
pu projeter un film à l’heure prévue, ce qui a causé le départ du public qui était venu
regarder ledit film, le propriétaire de la dite salle enregistre un dommage immatériel
non consécutif. C’est une perte d’exploitation mais qui ne résulte d’un dommage
matériel ou corporel dans la mesure où le délestage n’a pas engendré des dégâts sur
le matériel du propriétaire de la salle de cinéma.

L’extension de la garantie aux dommages immatériels non consécutif est possible lorsque
l’aléa apparaît suffisant et à condition de bien délimiter la garantie des dommages
immatériels : Exclusions particulières, plafond des garantie et franchise significative. La
bonne maîtrise de la couverture des dommages immatériels est révélatrice du
professionnalisme de l’assureur responsable.

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Les assurances de responsabilité civile

 Les événements garantis

Pendant longtemps les assureurs ont limité leur garantie aux seuls accidents.
L’accident étant défini comme tout événement soudain, imprévu et extérieur à la
victime et à la chose endommages corporels, matériels et immatériels.

Les assureurs en responsabilité civile étendent aujourd’hui leur garantie à d’autres


événements comme : les intoxications alimentaires, les incendies, les dégâts des
eaux.

Certains contras abandonnent l’énumération des événements couverts : il s’agit de


garantir tous les événements sauf ceux expressément exclus.

 Les exclusions Générales.

Nonobstant le principe de liberté des parties, il existe des restrictions prévues par la
loi.

En outre, l’assureur peut stipuler que les préjudices ayant pour origine certaines
circonstances particulières, même imputables à l’assuré, ne donneront pas lieu au
versement d’une indemnité. Il est cependant précisé que ces exclusions doivent être
mentionnées au contrat de manière formelle. Le libellé ne doit pas non plus prêter à
équivoque quand à sa nature et à sa portée, tout en demeurant limitée.

1- Exclusions communes aux assurances dommages :

 Faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré :

Selon l’article 11 du code CIMA l’assureur ne répond pas des pertes et


dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré.
Cette exclusion, il faut le préciser, est d’ordre public.

Cependant, nous relevons que seule la faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré est
exclue. Par contre les personnes dont l’assuré est civilement responsable peuvent
être couvertes même s’il s’agit de fautes intentionnelles ou dolosives.

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Les assurances de responsabilité civile

Rappelons ici l’article 32 du code CIMA selon lequel l’assureur garantit les pertes et
dommages causés par des personnes dont l’assuré est civilement responsable
quelque soit la nature et gravité des fautes de ces personnes ou par des choses qu’il a
sous sa garde. Ce texte étant d’ordre public.

Toutefois, la faute intentionnelle ou dolosive n’est pas simplement la faute volontaire


commise par l’assuré. L’exclusion de cette faute suppose la réunion de deux
conditions :

 La conscience de l’acte ;
 La volonté de provoquer le dommage.

 Dommages résultant de la guerre, des émeutes, du terrorisme et Autres


événements collectifs.
En principe, l’assureur ne couvre pas les pertes et dommages occasionnés soit :
Par la guerre étrangère : l’ assuré doit prouver que le sinistre résulte d’un fait
autre que le fait de la guerre étrangé[Link] telle sorte que tout sinistre survenue
pendant que le pays se trouve en état de guerre avec une puissance étrangère est
présumée provoqué par cet état.

Par la guerre civile, des émeutes ou par des mouvements populaires :


On ne reconnaît pas à ces mouvements un caractère officiel et légal. Il s’agit de
troubles intérieurs mettant en péril l’ordre public. Ce sont souvent des
manifestations violentes, imprévisibles plus ou moins spontanées et sporadiques.
La charge de la preuve incombe à l’assureur qui doit établir que le sinistre
résulte de l’un de ces faits.

L’une des difficultés concernant ces événements, est de pouvoir définir le


moment précis du début et de la fin des troubles. D’autre part, il sera difficile
d’établir la relation entre ces événements et le sinistre survenu.

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Les assurances de responsabilité civile

Cependant, la liberté des conventions demeure car cette exclusion n’est pas
d’ordre public.

 Dommages résultant d’événements catastrophiques

Il s’agit des dommages causée par les ouragans, trombes, cyclones, inondations,
tremblement de terre et autres phénomènes naturels à caractère catastrophique .On
peut également citer dans cette rubriques atomiques, constitués par des dommages
dus aux effets directs d’explosion, de dégagement de chaleur , d’irradiation
provenant de transmutation des noyaux d’atome ou de la radioactivité …

 Dommages résultant de toute participation en tant que concurrent ou


organisateur, de l’assuré ou des personnes dont il est civilement
responsable à des paris, matchs, ou compétitions sportives ou aux essais,
préparations à cette manifestation.
 Les amendes : Il s’agit des amendes pénales y compris celle qui seraient
assimilées des réparations civiles.

2- Exclusions propres aux assurances de responsabilité

a- dommages causés par certains véhicules ou engins :

Ceci concerne les dommages causés par :

 Tous véhicules terrestres à moteur.


 Tous véhicules construit en vue d’être attelé à un véhicule terrestre à moteur
et destinés au transport de personnes ou de choses.
 Tous appareils terrestres attelés à un véhicule à moteur.
 Tous engins flottants ou aériens, tous véhicules aériens, maritimes, fluviaux
ou lacustres dont l’assuré ou les personnes dont il est civilement responsable
ont la propriété, la conduite, la garde ou l’usage.

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Les assurances de responsabilité civile

Toutefois en pratique, pour éviter des trous de garantie des dérogations partielles
existent, selon les contrats. Par exemple, le contrat responsabilité civile vie privée
garantira les dommages causés par une planche à voile, une petite barque ou encore
le véhicule à moteur d’un tiers utilisé par un enfant mineur à l’insu de ses parents.

b- Biens appartenant ou confiés à l’assuré :

Les dommages subis par tous biens meubles, immeubles ou animaux, appartenant à
l’assuré ou à lui confiés à quelque titre que ce soit. L’exclusion se justifie par la
nécessité de conserver un caractère aléatoire au contrat et donc de ne pas garantir
des biens que l’assuré détient. Cette exclusion oppose souvent assureurs et assuré.
Les clients estime que sa responsabilité est bel et bien engagée en cas de dommages
subi par un bien qui ne lui appartient pas et souhaite à cette occasion faire jouer son
assurance responsabilité civile. Notons que la cour de cassation a souvent validé ce
type d’exclusion souvent contesté par l’assuré. Nous verrons plus tard qu’une
extension pour la prise en compte est possible.

c- Dommages prévisibles

Il s’agit de dommages qui sont la conséquence inévitable et prévisible des modalités


d’exécution du travail ou de la mise en œuvre de l’activité de l’assuré telles qu’elles
ont été fixés par l’assuré ou, s’il s’agit d’une personne morale, par la direction de
l’entreprise.

Cette exclusion trouve sa raison d’être dans le fait qu’il n’y a pas d’aléa du moins
très peu , surtout lorsqu’il s’agit d’obligation de résultat.

Toutefois se pose un problème de conformité à la loi qui exige que les clauses
d’exclusions soient formelles et limités (Art.11 du code CIMA.)

Le champ d’application doit être précis afin que l’assuré connaisse l’étendue de sa
garantie. Formulée de manière traditionnelle, l’exclusion des dommages prévisibles
n’a qu’une valeur dissuasive ceci au regard de la jurisprudence qui veille au caractère
formel et limité. C’est ainsi que les assureurs prévoient, dans les conventions

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Les assurances de responsabilité civile

spéciales notamment, des exclusions beaucoup plus précises se rapportant


exactement à l’activité de l’assuré.

d- Les dommages résultant de pollution :

Ici sont exclus les dommages corporels, matériels et immatériels causés :

 Par la pollution de l’atmosphère, des eaux et du sol.


 Par toutes les autres atteintes à l’environnement résultant de :
- l’émission du rejet ou dépôt de substances solides, liquides ou gazeuses,
- de bruit, odeur, vibrations, onde, radiation rayonnement ou modification de
température, poussière.

C - Les dommages matériels et immatériels causés par les incendies, explosions,


les phénomènes d’ordre électrique ou les eaux :

Il est aisé de comprendre la raison d’être de ces exclusions. En effet, ces derniers
font l’objet de contrats spécifiques garantissant les risques énumérés. Toutefois,
les contrats d’assurances de responsabilité couvrent les dommages corporels
résultant d’incendie, d’explosion, d’incident électrique ou de l’action des eaux. En
effet, les assurances en incendie et risques divers sont des assurances de
dommages matériels et immatériels excluant formellement les dommages
corporels.

Section 3 : La période de garantie

En principe, la garantie de l’assureur est acquise pour les sinistres survenus entre la
date d’effet de la police et son expiration ; c’est la durée normale du contrat.
Cependant, pour parer à certains inconvénients inhérents aux spécificités des
sinistres de responsabilité civile, des aménagements peuvent être apportés à la durée
du contrat.

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Les assurances de responsabilité civile

Paragraphe 1 : La durée normale du contrat d’assurance

A l’instar de tous les contrats d’assurance, le contrat d’assurance de responsabilité


civile définit la durée de la garantie de l’assuré. Ainsi, la définition généralement
contenue dans les conditions générales précise : « la garantie du contrat s’exerce
exclusivement pour les dommages survenus postérieurement à la date d’effet du
contrat et antérieurement à sa résiliation ou à son expiration et dans les conditions
précisées aux conventions spéciales applicables aux risques garantis ».

A cet effet, seuls les sinistres survenus pendant la période de validité du contrat sont
couverts par la police d’assurance. Cette définition ne souffre d’aucune critique
lorsqu’il s’agit de dommages à caractère accidentel.

Toutefois, lorsque le dommage est progressif, deux date sont à distinguer à savoir ;

- La date du fait générateur,


- La date de la première constatation des dommages. Cette dernière plus
réaliste semble s’imposer).

NB : Dans les assurances de responsabilité civile, il faut rappeler que la notion de


sinistre est liée à la réclamation amiable ou judicaire de la victime (article 51 du code
CIMA). De ce fait, l’on peut très bien se trouver en face d’une réclamation
postérieure à la résiliation ou expiration du contrat alors que le dommage s’est réalisé
pendant la période de validité du contrat. Or, bien souvent les assureurs définissent
la période de garantie en exigeant que les deux dates soient situées pendant la
période de validité du contrat.

Ainsi, pour l’assureur la garantie n’est pas acquise lorsque la réclamation est
postérieure à la l’expiration de la période garantie, c’est-à-dire à la cessation du
contrat. De même, la garantie ne serait pas acquise lorsque le dommage est antérieur
à la date d’effet du contrat même si la réclamation a eu lieu pendant la durée du
contrat.

Il en résulte beaucoup de difficultés de couverture pour les assurés notamment ceux


qui provoquent des dommages progressifs surtout lorsqu’ils ont changé d’assureur.

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Les assurances de responsabilité civile

Leurs sinistres pouvant en effet être rejetés par le premier assureur pour défaut de
réclamation et par le second assureur pour survenance antérieure à la date d’effet du
contrat. Pour parer à ces divers inconvénients, l’assureur peut prévoir des
aménagements permettant une couverture adéquate des sinistres de responsabilité
civile.

Paragraphe 2 : Les aménagements inhérents à la période de garantie

Les aménagements portant sur la période de garantie sont de deux ordres. Il s’agit
d’une part de la reprise du passé inconnu et d’autre part de la garantie subséquente.

1- La reprise du passé inconnu

Dans certaines circonstances les dommages causés par l’assuré ne sont constatés que
bien après le fait générateur. C’est notamment le cas en de dommages progressif tel
que l’exposition aux radiations nucléaires. La reprise du passé inconnu permet ainsi
la prise en charge de dommages survenus avant la prise d’effet des garanties sur une
réclamation formulées pendant la période de validité du contrat. Comme sa
formulation l’indique, cette clause ne joue que si l’existence du dommage était
inconnue de l’assuré au moment de la souscription du contrat. En effet, il faut dans
tous les cas maintenir le caractère aléatoire du contrat d’assurance.

2- La garantie subséquente

Cette clause obéit au même raisonnement qui justifie la clause de la reprise du passé
inconnu. Ici l’assureur s’engage à maintenir sa garantie pour les dommages
survenus pendant la période de validité du contrat mais dont la réclamation a été
formulée après la cessation du contrat.

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Les assurances de responsabilité civile

3- Le cas de l’assurance de la responsabilité après livraison

En plus des dates du dommage et de la réclamation, il faut y ajouter la date de


livraison du produit cause du sinistre. Rappelons qu’ici aussi, les assureurs ont la
possibilité de définir la période de garantie selon une, deux ou trois dates. Toutefois,
sous réserve de la position de chaque assureur, l’on peut prévoir une garantie
subséquente et une reprise du passé.
Il est important de noter qu’il n’existe pas de clause type retenu par toutes les
sociétés d’assurances. En pratique, il faut se référer expressément à chaque contrat.
Au-delà de cette étendue temporelle le contrat d’assurance doit être circonscrit
dans une étendue territoriale. Ainsi, chaque contrat d’assurance précise dans quels
pays s’exerce la garantie. Toutefois le contrat peut prévoir des extensions en tenant
compte d’un certain nombre de paramètres (caractère dangereux du pays secteur
du risque, la qualité de l’assuré).

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Les assurances de responsabilité civile

CHAPITRE II : LES DIFFERANTS PRODUITS D’ASSURANCE DE


RESPONSABILTE

En fonction du statut de l’assuré, nous pouvons être en présence du contrat


d’assurance de responsabilité d’un particulier ou d’un contrat responsabilité
d’entreprise.

Section 1 : L’assurance de responsabilité civile concernant le particulier

L’assurance des dommages causés par les particuliers englobe d’une part l’assurance
de responsabilité chef de famille et l’assurance des risques locatifs.

Paragraphe 1 : L’assurance de responsabilité chef de famille

A- Les responsabilités encourues par le chef de famille


Il s’agit des responsabilités étudiées dans le cadre du droit commun de la
responsabilité civile.
1- Responsabilité du fait personnel
 Un piéton blessant un cycliste
 Un danseur blessant sa cavalière
2- Responsabilité du fait d’autrui
 Responsabilité du fait des enfants
 Responsabilité du fait des préposés (employés de maisons)
3- Responsabilité du fait des choses sous sa garde
4- Responsabilité contractuelle du chef de famille
Exemple : Responsabilité contractuelle en cas de garde d’enfant à titre onéreux

B- L’objet du contrat

La responsabilité du chef de famille sera généralement couverte en faisant référence


aux articles 118 et suivants du COCC. L’assureur garantit ainsi les conséquences

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Les assurances de responsabilité civile

pécuniaires de la responsabilité encouru par le souscripteur et son entourage en


raison des dommages causés aux tiers au cours de la vie familiale et privée.
 Les assurés sont
- Le souscripteur y compris toutes les personnes vivant habituellement sous son
toit ;
- Ses enfants ou ceux de son conjoint dès lors qu’ils poursuivent leurs études et
qu’ils n’exercent pas une profession.
N’est pas considérée comme assuré, toute personne autre que ceux entrant dans les
catégories énumérées ci-dessus ou les préposés de l’assuré en service. Cette
définition englobe les enfants majeurs à charge fiscale des parents même si ils
n’habitent pas avec eux.
NB : La compagnie d’assurance reste libre de délimiter la notion d’assuré comme
elle l’entend. Elle peut ainsi exclure le enfant de plus de 25 ans quelque soit leur
situation fiscale.

 Les tiers dans le contrat RC chef de famille

Ce sont les personnes autres que l’assuré défini ci-dessus.

Notons que les dommages que peuvent subir les membres de la famille proche du
souscripteur engageant les responsabilités du souscripteur ne sont pas garantis dans
la plus part des contrats. Ils ne sont pas considérés comme des tiers.

Seules quelques sociétés prévoient une extension pour les dommages corporels subis
par le conjoint, les ascendants du souscripteur.

 Assurance scolaire :

La responsabilité civile scolaire est englobée dans les hypothèses de responsabilité


civile délictuelle ou quasi-délictuelle.

C. Extensions de Garanties :

 Dommages matériels et immatériels d’incendie, explosion ou de l’action des


eaux prenant naissance hors des locaux occupés a titre habituel par l’assuré.

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Les assurances de responsabilité civile

 Responsabilité civile assistance bénévole : pour tout dommage subis ou


causés à titre personnel apportant son aide bénévole à l’assuré.
 Responsabilité civile pour petites embarcations de moins de 5 mètres, y
compris planches à voile, barques (moteur de moins de 5 chevaux). A
l’exclusion de principe des dommages occasionnés par les véhicules terrestres
à moteur soumis à l’obligation d’assurance automobile, on peut envisager la
couverture en extension de garantie de petits véhicules destinés aux enfants et
dont la vitesse n’excède pas un seuil (exemple 5 à 6 km/h).
 Responsabilité civile conduite à l’insu : Pour les véhicules dont l’assuré n’a
ni la propriété ni la garde du fait des enfants mineurs, préposés
 Responsabilité civile pour la garde d’enfants à titre onéreux : il s’agit de
couvrir les dommages occasionnés par les enfants gardés ainsi que ceux dont
ils peuvent être victimes.
 Responsabilité civile pour certains animaux. Cas de chevaux ou tout autre
animal. L’assureur doit mesurer son niveau d’engagement qui est le sien au
regard de chaque cas espèce.
 Responsabilité civile résidence secondaire ; on peut étendre la garantie à une
deuxième adresse pour les risques inhérents à l’usage prévu dans la résidence
secondaire.

D. Montant des garanties

Le montant des garanties varie en fonction de la nature des dommages. Ainsi, la


garantie est illimitée pour les dommages corporels à l’exception des intoxications
alimentaires généralement limitées à un montant par année.

En revanche, pour les dommages matériels et les dommages immatériels


consécutifs, un capital est fixé d’un commun accord avec des sous limitations
pour les dommages résultant d’incendie, d’explosion ou de l’action des eaux.

NB : il est souvent prévu une franchise par sinistre

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Les assurances de responsabilité civile

E. Les exclusions

En plus des exclusions légales, peuvent être exclus les dommages résultant :

1- La pratique de toutes activités professionnelles : Différent des activités


bénévoles à but non lucratif ;
2- La pratique de certains sports : il s’agit de sport dangereux comme les sports
de combat ou l’équitation…). Cependant, l’on peut considérer que les sports
amateurs non dangereux peuvent être garantis.
3- Les dommages causés par certains animaux. Ces animaux doivent être
expressément énumérés dans le contrat. Il s’agit généralement d’un type
d’animaux domestiques : chiens spécialement dressés, chevaux, chats…
4- La pratique de la chasse : cette pratique devant faire l’objet d’une assurance
spécifique. Prise en compte des dommages pouvant survenir à l’occasion du
nettoyage d’une arme dans la garantie de base.

Paragraphe 2 : L’assurance des risques locatifs

En cas de destruction du bâtiment donné à bail, le locataire doit verser au


propriétaire une indemnité égale à la valeur du dommage causé (vétuste
déduite). Il n’a pas l’obligation de reconstruire. Le propriétaire est, de plus, en
droit d’exiger une indemnité représentative du préjudice distinct résultant de la
perte de loyer des colocataires, pendant la période de reconstruction de
l’immeuble, ainsi que les frais de déplacement et de replacement des meubles
provoqués par les travaux, dommages immatériels qui font l’objet de garanties
particulières.

Paragraphe 1 : Le locataire

1- Le locataire occupant unique. En vertu de ce qui précède, il devra être assuré


pour une somme représentant la valeur totale du ou des bâtiments intéressés,
vétusté déduite.
2- Le locataire occupant partiel. On a estimé qu’il suffirait que l’assurance des
risques locatifs du locataire partiel soit au moins égale à la valeur des locaux
occupés pour qu’elle soit considérée comme suffisante.

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Les assurances de responsabilité civile

Comme la détermination de cette valeur est assez délicate, il a été décidé que,
dans un but de simplification, on procéderait par voie de forfait. Ce forfait
peut , par exemple être fixé à 50 fois le montant du loyer annuel, charges et
prestations non comprises, étant entendu qu’il ne sera pas fait application de la
règle proportionnelle s’il est constaté qu’au jour du sinistre, la valeur de
reconstruction, vétusté déduite, des locaux occupés par lui n’excède pas le
montant du capital assuré. Au cas contraire on applique la règle
proportionnelle.
Mais le locataire occupant partiel, dont la responsabilité est assurée pour une
somme égale à 50 fois la valeur du loyer, ne se trouve pas, de manière absolue,
à l’abri d’un découvert. En effet, le forfait ne correspond, théoriquement, qu’à
la valeur des locaux occupés, plus une part proportionnelle des parties communes
or, nous l’avons vu, le locataire peut avoir à répondre de la totalité de l’immeuble.
Pour pallier cet inconvénient, les compagnies ont créé ce qu’on appelle La
garantie des risques locatifs supplémentaires, destinée à couvrir cette
responsabilité locative exceptionnelle établie par l’article 559 du COCC et de
parer ainsi à l’éventualité de dommages excédant la valeur des locaux
privativement occupés par le locataire. Elle est accordée à un taux de prime
inférieur à celui des risques locatifs que nous appellerons « ordinaires ».

Paragraphe 2 : Sous locataire et personnes de la maison

L’article 577 du COCC stipule que le preneur est tenu des dégradations et des
pertes qui arrivent par le fait des personnes de sa maison ou de ses sous-
locataires.
Il s’agit d’une responsabilité personnelle du fait d’autrui ; le locataire qui a introduit
dans les lieux, soit les personnes de sa maison, soit un sous-locataire, est
responsable, à l’égard du propriétaire, des dommages qu’ils peuvent
occasionner même par malveillance, sauf évidemment à se retourner contre
eux.

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Les assurances de responsabilité civile

Lorsqu’il est établi que l’incendie a pris naissance chez le sous-locataire, le


propriétaire a le choix de s’adresser, soit au sous-locataire, soit au locataire
principal pour obtenir indemnisation du dommage causé. Le locataire
principal qui aura désintéressé le propriétaire dans cette hypothèse pourra se
retourner contre son sous-locataire pour lui demander remboursement.
Lorsque le point de départ de l’incendie sera inconnu, il n’y aura jamais partage
de responsabilité entre le locataire principal et le sous-locataire dans les termes
prévus par l’article 559 précité.

NB : assurance Le sous-locataire doit s’assurer comme un locataire ordinaire


c'est-à-dire :
- Occupation unique : valeur totale de l’immeuble vétusté déduite
- Occupation partielle : 50 fois le montant du loyer, charges et prestations non
comprises, plus des risques locatifs supplémentaires.

Section 2 : Les assurances de responsabilité civile des entreprises

Les assurances de responsabilité civile des entreprises s’adressent à toute entreprise


dont l’activité est susceptible d’engendrer une responsabilité. Il n’existe pas contrat
standard pour ce type d’assurances et l’assureur devra s’adapter à toutes les
situations.

Chaque entreprise possède sa particularité en raison de la nature de ses activités, des


conditions dans lesquelles elle exerce, de ses relations avec les tiers et de sa structure
interne. Le contrat d’assurance de RC comporte un garantie de base plus ou moins
étendue et des extensions de garanties plus ou moins nombreuses.

En dehors de la description de l’activité principale, le souscripteur (future assuré)


doit faire celle de toutes les activités annexes et/ou complémentaires. Il en résulte
que les risques non conformes à l’activité déclarée ne seront pas couverts.

Exemple : Un assuré qui a déclaré avoir pour unique activité la vente de téléphones
portables ne sera pas couvert pour un sinistre résultant de la réparation d’un
portable.

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Les assurances de responsabilité civile

Dans le cadre de ses activités, la responsabilité civile de l’entreprise peut être mise en
cause vis-à-vis de différentes personnes.

1. La responsabilité vis-à-vis des tiers : Elle concerne les dommages


imputables :
- Aux préposés et engageant la responsabilité civile du chef d’entreprise.
C’est l’exemple type de la responsabilité des commettants du fait de leurs
préposés. C’est le risque majeur de l’entreprise.
- Aux bâtiments, agencements et matériels professionnels, animaux ainsi
qu’aux marchandises, en vertu de la présomption de responsabilité pesant sur
celui qui a la maîtrise de la chose. C’est une responsabilité de l’entreprise du
fait des choses sous sa garde.
2. La Responsabilité vis-à-vis des préposés : En ce qui concerne les accidents de
travail et la maladie professionnelle, le code de la Sécurité Sociale interdit au
préposé de recourir contre son employeur et ses salariés.

Cependant, ce principe de l’immunité de l’employeur et des co-salariés souffre


des exceptions ci-après :

 En cas de faute intentionnelle du co-préposé ou de l’employeur : Un


préposé victime à l’occasion de son travail, d’un dommage causé
intentionnellement par un de ses co-préposés ou de l’employeur, est en
mesure de demander la réparation intégrale de son préjudice. Le préposé
sera normalement remboursé par la sécurité sociale. Cependant, il sera
aussi en droit d’exercer une action complémentaire contre l’employeur si
l’indemnité de la Sécurité Sociale est insuffisante. De même, cette dernière
peut demander à l’auteur des dommages le remboursement des
prestations qu’elle a versé à la victime.
 En cas de faute inexcusable de l’employeur ou d’une personne qui s’est
substitué dans la direction et investi d’un réel pouvoir de
commandement. La victime bénéficie du droit de réclamer l’indemnisation
de ces préjudices non pris en charge par la Sécurité Sociale.

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Les assurances de responsabilité civile

La faute inexcusable doit avoir été la cause déterminante de l’accident. Elle


peut être définie comme une faute grave, exceptionnelle, dérivant d’un
acte ou d’une omission volontaire, de la conscience du danger que devait
en avoir son auteur, de l’absence de toute cause justificative mais ne
comportant pas d’éléments intentionnels.
3. La responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de ses clients : Cette responsabilité
peut être mise en jeu dans le cadre des contrats passés par l’entreprise. Les
responsabilités encourues par une entreprise en cours d’exploitation relèvent
le plus souvent d’un d’entreprise.
 Le contrat d’entreprise : De façon générale le contrat d’entreprise est la
convention par laquelle l’une des parties, l’entrepreneur, s’engage
envers une autre, le maître d’ouvrage, à faire moyennant une
rémunération, un travail. Peut importe qu’il s’agisse de fabriquer ou de
construire quelque chose, de réparer ou d’entretenir un bien, assurant
une prestation de service qui peut d’ailleurs être uniquement
intellectuelle.

Il est important de distinguer le contrat d’entreprise d’autres contrats usuels :

 Le contrat d’entreprise et le contrat de vente

Dans le contrat d’entreprise, le client est déjà propriétaire de la chose (matériaux de


construction par exemple) et confie celle-ci à l’entrepreneur pour qu’il exerce son
industrie dessus. Cette distinction est importante, car il en résulte de grandes
différences quant au régime de responsabilité ; tout particulièrement l’action pour
vice caché et les brefs délais qui sont propres à la vente, de même que la transmission
de l’action aux acheteurs successifs.

Le critère distinctif est celui du travail spécifique : il y a contrat d’entreprise lorsque


le professionnel est chargé de suivre des instructions particulières du donneur
d’ordres. Cela exclut la production en série.
Exemple : Une entreprise de distillation passe commande à une entreprise pour
réaliser une partie des équipements par une autre. Des dommages surviennent. Le

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Les assurances de responsabilité civile

donneur d’ordre assigne l’entreprise pour vice caché et non-conformité à la


commande. La cour de Paris considère qu’il y contrat d’entreprise. Selon la cour de
cassation : à partir des spécifications convenues et jointes à la commande, des
objectifs fixés par le client, les contrats conclus portaient non seulement sur des
choses dont les caractéristiques étaient déterminés d’avance par le fabricant, mais
aussi sur un travail spécifique pour les besoins exprimés par le client ( cass. Com
1989).

 Le contrat d’entreprise et le contrat de dépôt

Le contrat de dépôt oblige le dépositaire à conserver une chose, mais non à effectuer
sur elle un travail. Le contrat d’entreprise se distingue ainsi du dépôt par l’absence
travail dans le dernier type d’opération.

 Le contrat d’entreprise et le mandat

Le mandataire représente son mandant et accomplit des actes juridiques pour son
compte : cas de l’agent immobilier.
Or l’entrepreneur prend la responsabilité du travail qu’il accomplit : cas de
l’architecte qui conçoit une construction.

 Le contrat d’entreprise et le contrat de travail


La distinction essentielle tient dans l’indépendance de l’entrepreneur pour accomplir
son travail. Tel est le cas de l’expert désigné par une société d’assurance.
Le salarié au contraire, est soumis au pouvoir de direction et de contrôle de son
employeur.
Le contrat d’entreprise porte sur :
- Des meubles : transformation, fabrication, réparation…
- Des immeubles : construction, entretien, gardiennage…
- Des services : architecte, expertise, notariat…
 Les obligations résultant d’un contrat d’entreprise

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Les assurances de responsabilité civile

Les obligations découlant d’un contrat d’entreprise sont de deux ordres. Il s’agit
d’abord d’une obligation principale d’exécution de la prestation et ensuite des
obligations accessoires.
- L’obligation principale d’exécution de la prestation : l’entrepreneur a
l’obligation d’exécuter la prestation à laquelle il s’est engagé. L’étude de
l’obligation de l’entrepreneur en termes d’obligation de résultat ou de moyen,
dépendra de ce dont les parties seront convenus sur la prestation à effectuer.
En cas d’obligation liée à une prestation de nature intellectuelle, il appartient à
l’assureur d’obtenir toutes les informations sur le bureau d’étude effectuant de
telles prestations.
- Les obligations accessoires ou complémentaires : Il s’agit entre autre des
obligations d’information et de renseignement mises à la charge du débiteur
par la jurisprudence.
 L’obligation d’information et de renseignement : Il s’agit de
l’information sur l’objet du contrat et les modalités de réalisation. Les
renseignements doivent être clairs, objectifs et exacts pour permettre la
bonne exécution du contrat.
 Le devoir de conseil : Le devoir de conseil consiste à éclairer le
cocontractant sur l’opportunité de réaliser tel acte ou de ne pas le
réaliser. De construire un immeuble à grande hauteur plutôt qu’une
villa à deux niveaux selon les caractéristiques du sol et du terrain. Il
faut éclairer le cocontractant sur les avantages et les inconvénients que
l’opération présente pour une détermination en connaissance de cause.
 L’obligation de surveillance : Quand l’obligation principale du contrat
ne porte pas sur un acte de surveillance, la jurisprudence a dégagée,
pour certains contrats, une obligation de surveillance à la charge des
contractants quand ces derniers se trouvaient en possession d’objets
confiés dans le cadre de leur activité. Ainsi, l’entrepreneur a l’obligation
de surveiller les matériaux de construction mis à sa disposition par le
maître d’ouvrage.

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Les assurances de responsabilité civile

 L’obligation de sécurité : Cette obligation a été formulée dans le cadre


d’un contrat de transport. En effet, l’exécution du contrat de transport
comporte pour le transporteur l’obligation de conduire le voyageur
sain et sauf à destination. Cette obligation a été maintes fois affirmées
par la jurisprudence dans de nombreux contrats d’entreprises et de
prestation de services (activités sportives, exploitation de manèges, de
piscine…). La même obligation de sécurité se retrouve également dans
le domaine industriel à l’occasion de la fourniture de produits.

Paragraphe 1 : L’assurance de la responsabilité civile exploitation de l’entreprise

L’objet de cette assurance est de garantir les conséquences financières des dommages
corporels, matériels et immatériels causés à toute personne au cours de l’exploitation,
du fait de l’entreprise, dans le cadre de l’activité habituelle ou occasionnelle déclarée.
L’entreprise s’assure pour les biens, les personnes et les prestations susceptibles
d’engager sa responsabilité vis-à-vis des tiers.
La formulation souvent utilisée est la suivante :
« La compagnie garantit les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile
délictuelle ou quasi-délictuelle encourues par l’assuré du fait des dommages
causés aux tiers et résultant de l’exécution des activités définies aux conditions
particulières ou d’une prestation avant sa fourniture ou d’un dommage aux biens
confiés ».
Cette formulation renferme une garantie de base et des extensions de garantie que
l’on retrouve dans les contrats d’assurance de responsabilité civile exploitation.

A- La garantie de base en assurance de RC exploitation

Dans la garantie de base, l’assureur couvre la responsabilité civile délictuelle ou


quasi-délictuelle encourue par l’assuré à la suite de dommages corporels, matériels et
immatériels causés aux tiers et résultant des activités de l’entreprise.

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Les assurances de responsabilité civile

La garantie est ainsi acquise pour les dommages causés aux tiers, ceux liés à la sous-
traitance, les dommages causés au personnel.

1. Les dommages causés aux tiers

L’entreprise peut causer des dommages aux tiers à l’intérieur de ses locaux ou à
l’extérieur de ceux-ci.
 A l’intérieur des locaux : Si des tiers (clients, visiteurs…) sont victimes d’un
accident au sein de l’entreprise, l’assurance de responsabilité civile doit
couvrir les dommages provoqués. Il en est de même pour les dommages
causés aux existants (meubles et immeubles) appartenant à autrui et peut être
loués à l’assuré.
 A l’extérieur des locaux : Si l’entreprise effectue des travaux à l’extérieur, sur
un chantier ou chez un client, son contrat de responsabilité civile exploitation
doit couvrir les dommages d’incendie, d’explosion ou de dégâts des eaux
provoqués à l’extérieur des locaux professionnels. Il en est de même
lorsqu’elle intervient en même temps que d’autres sur un chantier, en cas de
dommages causés aux salariés des autres entreprises.

2. Les dommages au personnel

L’entreprise peut causer des dommages de diverses natures à ses employés. Ces
dommages peuvent être portés aux biens ou être inhérents à une maladie
professionnelle ou à une faute inexcusable de la part de dirigeants sociaux.
 Les dommages causés aux biens des employés : Il est possible de garantir la
responsabilité civile de l’entreprise pour les dégâts causés aux véhicules des
salariés qui stationnent sur ses parkings.
 Les maladies professionnelles : Les maladies professionnelles sont assimilées
à des accidents de travail par le code de sécurité sociale. L’assurance de
l’entreprise peut intervenir dans l’hypothèse où une maladie professionnelle
non reconnue par la sécurité sociale engagerait sa responsabilité.

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Les assurances de responsabilité civile

 La faute inexcusable de l’employeur : Nous avons déjà étudié cette notion


dans les paragraphes précédents. Retenons simplement que la faute
inexcusable sanctionne le manquement à l’obligation de sécurité de résultat
incombant à l’employeur envers son salarié, dès lors que l’employeur avait ou
aurait dû avoir la conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il
n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.

B- Les extensions de garantie en assurance RC exploitation

La couverture proposée par les assureurs est plus ou moins étendue selon les
contrats d’assurance. Certaines garanties pourront être souscrites en option selon la
nature de l’activité exercée ainsi que celle des biens concernés et de leur valeur.
Les principales extensions à l’assurance RC exploitation sont :
- Les dommages aux existants et objet confiés ;
- La responsabilité civile après livraison ou après travaux ;
- Les dommages causés par les véhicules terrestres à moteur ;
- Les dommages causés par la pollution accidentelle.

1. Les dommages aux existants et objets confiés


Cette extension de garantie est parfaitement adaptée à l’entreprise qui, effectuant des
travaux chez les clients, industriels ou particuliers (installation d’un matériel,
entretien ou réparation des machines…) peut endommager les biens sur lesquels ou
à proximité desquels elle exécute sa prestation.
La garantie couvre les dommages matériels ou immatériels consécutifs subis par ces
biens à l’occasion de l’intervention de l’assuré. Elle trouve ainsi son application au
cas où un outillage se trouvant sur les sites et prêté gracieusement à l’entreprise,
viendrait à être endommagé durant le temps où il est utilisé.
Somme toute, les existants et les objets confiés sont des biens immobiliers ou
mobiliers, dont l’assuré a la garde dans le cadre de ses activités.

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Les assurances de responsabilité civile

Il faut noter que sont exclus de cette garantie les biens faisant l’objet des travaux de
l’assuré. C’est l’exemple du plombier qui change le robinet d’une baignoire chez un
client. Les dommages causés à la baignoire sont couvert par la garantie dommages
aux biens confiés. Par contre, les dommages causés au robinet en sont exclus.
Sont également exclus les biens que l’assuré endommage dans les locaux de son
entreprise car il faut préserver le caractère aléatoire du contrat.

2. La responsabilité de l’entreprise après la livraison ou après travaux

 Généralités sur la responsabilité après livraison ou après travaux

La responsabilité civile après travaux concerne les dommages causés par après
l’achèvement des travaux. Elle est régie par le droit commun de la responsabilité
civile.
Quant à la responsabilité civile après livraison, elle concerne les fabricants ou
vendeurs de produits après leur livraison. C’est ce qu’on appelle communément la
responsabilité civile produits même si cette dernière appellation évoque surtout les
dommages causés par les produits alimentaires.
L’objet de l’assurance de responsabilité civile après livraison est ainsi de garantir les
conséquences pécuniaires des dommages corporels, matériels et immatériels causés à
autrui (tiers et clients) par les produits de l’entreprise, dès lors que ceux-ci ont été mis
en circulation.
Cette garantie est généralement accordée en complément à une garantie pendant
exploitation ou pendant travaux. A ce titre, l’assureur doit élaborer un questionnaire
détaillé et très fourni que l’assuré devra remplir avec précision. Les questions
porteront essentiellement sur :
- Les caractéristiques de la société souscriptrice : ses activités, ses méthodes
etc.
- Les caractéristiques des produits : Nature, composante, normes, label…
- La distribution des produits : réseau, moyens, liens avec revendeurs…
- Les antécédents : faits connus de l’entreprise sur au moins trois ans.

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Les assurances de responsabilité civile

L’assurance de la RC après livraison prend en charge les dommages qui résultent :


- D’un vice du produit (un défaut de fabrication rendant son utilisation
dangereuse) ;
- De recommandations insuffisantes ou erronées (notamment lorsque la notice
d’utilisation n’indique pas toutes les précautions à prendre ;
- D’erreurs de conditionnement.
Remarques : les dommages affectant le produit lui-même ne sont pas pris en charge.
En effet, ces dommages relèvent de ce qu’il est convenu d’appeler le risque
d’entreprise. Le risque d’entreprise est constitué par les avatars qu’engendre
l’activité de l’entreprise. Aussi, seuls les dommages causés aux biens se situant dans
l’environnement du produit livré sont garantis.
La RC après livraison se distingue des autres types de responsabilités civiles. A cet
effet, on distingue :

 RC exploitation et RC après livraison

Ces deux aspects constituent l’ensemble de la responsabilité civile générale. La ligne


de démarcation entre ces deux responsabilités étant la livraison. L’assureur situe sa
garantie par rapport à la livraison. Ainsi, tous les évènements antérieurs à la
livraison relèvent de la responsabilité civile exploitation et tous ceux qui lui sont
postérieurs doivent être rattachés à la responsabilité civile après livraison.
Il est alors important de définir la notion de la livraison dans la police d’assurance.
La définition souvent retenue est la suivante : « la livraison est la remise par l’assuré
d’un produit, de la marchandise, d’un matériel ou plus généralement d’un bien, dès
lors que cette remise fait perdre à l’assuré ou à toute personne dont il est civilement
responsable les pouvoirs d’usage, de direction et de contrôle sur ce bien ». A défaut
d’une telle définition on se réfère à la notion de délivrance relative notamment aux
obligations du vendeur.

 RC après livraison et RC après travaux

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Les assurances de responsabilité civile

L’assurance responsabilité civile après travaux a pour objet de couvrir la


responsabilité que peut encourir l’assuré après achèvement de travaux et du fait de
ceux-ci. Il faut donc qu’il y ait exécution d’un travail.
En matière de RC après livraison, c’est beaucoup plus le fait d’être en possession
d’un objet ne répondant pas à l’usage que l’on veut en faire. Ce qui est différent de la
prestation du travail.
Aussi, quant le vendeur livre et installe, sa responsabilité après livraison peut être
recherchée ainsi que sa responsabilité après travaux. Le contrat d’assurance devra
ainsi mentionner tout à la fois la RC après livraison que la RC après travaux.

 RC après livraison et RC professionnelle

La responsabilité civile après livraison se rapproche de la responsabilité civile


professionnelle au sens large du terme dans la mesure où il s’agit de répondre des
dommages causés par des objets défectueux. La défectuosité tirant son origine d’une
faute professionnelle commise dans le cadre des activités de l’entreprise, dans
l’exercice de sa profession.
Mais dans un sens plus restreint, la RC après livraison ne couvre que les dommages
causés aux autres biens par le fait du produit livré alors que la RC professionnelle
permet de prendre en charge les dommages subis par le produit livré lui-même.

 Nature des responsabilités couvertes par l’assurance de la RC après


livraison et/ou après travaux

La responsabilité civile après livraison peut être contractuelle vis-à-vis des clients ou
délictuelle ou quasi-délictuelle vis-à-vis des tiers.

 RC contractuelle

Il s’agit en effet des diverses responsabilités mises à la charge de l’entreprise qui


écoule des produits sur le marché, qu’elle les ait conçus et fabriqués où qu’elle en

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Les assurances de responsabilité civile

assure simplement la distribution c'est-à-dire la vente. A cet effet, il faut distinguer


l’obligation de principale de délivrance et l’obligation de garantie des vices cachés. A
côté de ces deux obligations nous avons les obligations de renseignement et de
sécurité que nous avons abordées dans les paragraphes précédents et qui
accompagnent la vente en la précédant ou en se poursuivant après l’opération de
vente donc le transfert de propriété.

- L’obligation de délivrance de la chose vendue (article 220 de l’Acte


Uniforme sur le Droit Commercial Général:
La délivrance est le transfert de la chose vendue en la puissance et possession de
l’acheteur. Au moment de la délivrance, il convient de vérifier si la chose présente
les caractéristiques prévues. D’où l’importance d’une spécification précise dans le
bon de commande, des qualités et performances du bien. Le vendeur est tenu de
livrer la chose convenue. En effet, le vendeur est tenu de livrer une chose conforme à
la commande comme le prescrit l’article 224 de l’Acte Uniforme précité. L’acquéreur
n’est pas tenu d’accepter une chose différente de celle qu’il a commandée.
Ainsi, si le fournisseur livre par erreur un produit non conforme à celui qui était
commandé, il y aura livraison et les conséquences dommageables de cette livraison
relèvent de la garantie RC après livraison.
- L’obligation de garantie des vices cachés :
Cette garantie constitue le support essentiel de l’assurance RC après livraison.
L’étendue de cette obligation de garantie résulte de l’article 231 de l’Acte Uniforme
sur le Droit Commercial Général qui dispose : « la garantie est due par le vendeur
lorsque le défaut caché de la chose vendue diminue tellement son usage que
l'acheteur ne l'aurait pas acquise ou en aurait donné un moindre prix s'il l'avait
connu ». Cette garantie bénéficie aux sous acquéreurs successifs vis-à-vis du fabricant
si le vice caché affecte la chose vendue dès sa fabrication.
La garantie des vices cachés suppose la réunion de quatre conditions cumulatives à
savoir ; un vice, une certaine gravité, caché et antérieur à la vente.

 RC délictuelle ou quasi délictuelle

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Les assurances de responsabilité civile

Elle concerne l’action des tiers, c'est-à-dire celle des seules victimes n’ayant pas
acheté le produit, puisque l’article 231 AU/DCG étend l’action contractuelle à tous
les acquéreurs successifs.
Dès lors qu’un manquement à une obligation contractuelle a été établi entre le
fabricant, le vendeur et l’acquéreur, il est admis qu’il s’agit sur le plan délictuelle, à
l’égard des tiers également victimes de ce manquement, d’une faute. Pour obtenir
réparation, les tiers pourront se prévaloir de toutes les obligations mises à la charge
du vendeur et non respectées par lui, y compris les obligations de renseignement. Ce
manquement à ces obligations étant une faute en soi sur le plan délictuel et quasi-
délictuel. La jurisprudence va jusqu’à dire que pour le fabricant, le fait de mettre sur
le marché des produits défectueux constitue une faute susceptible d’engager sa
responsabilité à l’égard des tiers. Dans ce cas, sa responsabilité sera engagée sur le
fondement de l’article 118 du code des Obligations civiles et commerciales du
Sénégal. Autrement dit, il s’agit d’une responsabilité du fait personnel.
L’action en responsabilité délictuelle peut aussi avoir pour fondement l’article 137 du
C.O.C.C. c'est-à-dire la responsabilité du fait des choses. Il peut être surprenant que
la responsabilité du fabricant puisse être engagée sur le fondement de l’article 137
précité qui subordonne la responsabilité à la garde de la chose. En effet, puisque par
définition, la chose livrée n’est plus sous la garde du fabricant ou du vendeur, la
responsabilité de ce dernier ne devrait pas être retenue après la livraison.
Toutefois, l’application de la théorie du partage de la garde qui est d’origine
prétorienne avec le célèbre arrêt de l’Oxygène liquide permet de retenir dans
certaine hypothèses la responsabilité du fabricant ou du vendeur après la livraison.
Cette jurisprudence admet que la garde de la chose puisse être dissociable de telle
sorte que puisse être considéré comme gardien, donc responsable, une autre
personne que celle qui détenait la chose au moment où le dommage s’est produit.
C’est la distinction de la garde de la structure et de la garde du comportement. Le
fabricant reste le gardien de la structure de la chose même livrée.

3. Les dommages résultant de l’usage de véhicules terrestres à moteur

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Les assurances de responsabilité civile

Il ne faut pas confondre cette extension de garantie avec l’assurance de responsabilité


civile automobile. Celle-ci étant obligatoire dans tous les cas.
L’extension de garantie inhérente à l’utilisation de VTM peut intéresser le chef de
l’entreprise à un double titre. Il s’agit de la responsabilité pouvant résulter de
l’utilisation du VTM pour les besoins de service et/ du déplacement du VTM.
 Besoins de service : C’est la responsabilité du commettant encourue par
l’assuré lorsqu’un de ses préposés utilise, pour les besoins de l’entreprise, un
véhicule à moteur dont il n’a ni la propriété ni la garde. On couvre les
accidents causés au tiers soit en cas d’utilisation exceptionnelle au su ou à
l’insu de l’employeur, soit en cas d’utilisation régulière connue de l’assuré.
Concrètement, les véhicules utilisés sont ceux des préposés ou de tierces
personnes, visiteurs ou clients par exemple.
 Véhicule déplacés : Il s’agit de couvrir la responsabilité de l’assuré à la suite de
déplacement de véhicule dont il n’a ni la propriété ni la garde, sur la distance
nécessaire pour qu’ils ne fassent plus obstacle aux activités de l’entreprise.

4. Les dommages causés par la pollution accidentelle

C’est une garantie couvrant la pollution fortuite des eaux, de l’air, du sol (de
l’environnement). Il s’agit de la pollution par le fait des poussières, gaz, vapeurs,
fumées, rejets d’eau résiduaires, fausse manœuvre, incendie, explosion par exemple.
Toutefois sont exclus :
- Les défectuosités connues de l’assuré ;
- La pollution consécutive à la non-conformité des installations ;
- La pollution résultant d’un défaut d’entretien.

Paragraphe 2 : l’assurance de responsabilité civile professionnelle

Le but de l’assurance responsabilité civile professionnelle est de prendre en charge


les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile de l’assuré dans tous les cas

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Les assurances de responsabilité civile

où celle-ci serait recherchée à l’occasion de faits dommageables commis au cours de


l’exercice légale de sa profession.
La garantie est acquise lorsque la responsabilité de l’assuré est mise en cause dans le
cadre de contrats qu’il a passés avec ses clients, donneurs d’ordre, en application des
lois, règlements et conventions qui régissent l’activité déclarées.
L’assurance responsabilité civile professionnelle convient le plus aux structures
évoluant dans les professions libérales (avocats, consultant etc.). Toutefois, dans le
mesure où elle couvre la responsabilité contractuelle, toute entreprise a intérêt à
souscrire un contrat d’assurance responsabilité civile professionnelle afin de pouvoir
bénéficier d’une garantie complète contre le risque de responsabilité.
Hormis l’activité principale de l’assuré, clairement définie dans le contrat
d’assurance, qui est systématiquement garantie, les parties au contrat peuvent
convenir de garantir les activités périphériques mais aussi la responsabilité encourue
par l’assurance du fait des dommages provoqués par les sous traitants qu’il a choisis
pour réaliser certaines opérations relevant de l’activité déclarée. Toutefois, les
dommages causés par les sous traitants ne sauraient être garantis lorsque l’assuré a
renoncé à tout recours contre eux.
En général, les garanties liées aux dommages matériels et / ou immatériels
consécutifs ou non sont souvent plafonnées par le contrat.
Dans tous les cas, il faut bien expliquer l’activité afin de pouvoir déterminer le
plafond de garantie adapté.

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Les assurances de responsabilité civile

CHAPITRE III : LA GESTION DU CONTRAT D’ASSURANCE


RESPONSABILITE CIVILE

La gestion du contrat regroupe plusieurs étapes. Nous nous intéresserons à la


tarification et à la gestion des sinistres de responsabilité civile.

Section 1 : La tarification

Les règles de tarifications diffèrent selon la catégorie d’entreprise concernée. La


prime sera le résultat de l’application d’un taux sur une assiette de cotisation. La
prime qui résulte de ce calcul est souvent provisionnelle.

Paragraphe 1 : l’assiette de prime


En assurance de responsabilité civile, l’assiette de prime peut être le chiffre d’affaires
ou la masse salariale.

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Les assurances de responsabilité civile

A- Le Chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaire, en principe, rend mieux compte du risque de responsabilité civile
après livraison. En effet, la responsabilité civile après livraison est fonction du chiffre
d’affaires réalisé, donc du nombre de produits écoulés sur le marché. Le chiffre
d’affaires est ainsi plus approprié comme assiette de prime sauf pour les entreprises
faisant appel à beaucoup de mains d’œuvres, comme les entreprises de bâtiments.
Ainsi, la prime suit les fluctuations quantitatives du chiffre d’affaires et celles du
prix de vente.
Il peut arriver qu’une augmentation du chiffre soit le fait de l’augmentation du cours
des matières premières et ne correspondent pas à un réel accroissement du nombre
de produits vendus. Même dans ce cas, c’est souvent le coût de la vie qui augmente
se traduisant généralement par une augmentation du coût des sinistres.

B- La masse salariale
C’est le critère retenu en matière de responsabilité civile exploitation. Les risques
sont proportionnels au nombre des salariés et donc à la masse salariale. Les salaires
ne rendent pas compte du risque de responsabilité civile après livraison, surtout suite
à l’automatisation des processus de production, seuls quelques salariés sont affectés
à la surveillance des chaînes de fabrication.

Paragraphe 2 : la prime provisionnelle

Quelque que soit l’assiette de prime retenue, chiffre d’affaires ou masse salariale,
l’assureur et le souscripteur ne peuvent la connaitre de manière exacte à la
souscription. En effet, le contrat d’assurance étant souscrit au début ou en cours
d’exercice, il est impossible de connaitre exactement le chiffre d’affaires que l’assuré
aura ou la masse salariale payée pendant toute l’année.
La tarification est ainsi faite sur la base des estimations de chiffre d’affaires ou de
masse salariale. C’est la raison pour laquelle les assureurs pratiquent le système de la
prime provisionnelle perçue en début d’année d’assurance et ajustée à son expiration
en fonction de la déclaration de l’assuré. Le principe est le suivant : on applique le

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Les assurances de responsabilité civile

taux sur l’estimation de chiffre d’affaire à la souscription du contrat. En fin d’exercice


on applique le même taux au chiffre d’affaires réel et on ajuste la prime en plus ou en
moins selon la différence entre l’estimation et le chiffre d’affaire réel.
Mais, pour éviter toute fraude sur la déclaration de chiffre d’affaires, la prime
provisionnelle est parfois qualifiée de minimum d’avance irréductible. Cela signifie
que si la prime définitive est inférieure à la provision perçue, l’assureur ne
remboursera pas la différence.

Section 2 : La gestion des sinistres de responsabilité civile

Dans les assurances de responsabilité, l’assureur n’est tenu que si à la suite du fait
dommageable prévu au contrat, une réclamation amiable ou judiciaire est faite à
l’assuré par le tiers lésé (article 51 du code CIMA).
En vertu de cet article, la réclamation du tiers-victime constitue est constitutive de
sinistre. Seule cette réclamation entraîne l’intervention de l’assureur. La survenance
du fait dommageable, en l’absence de toute demande d’indemnité amiable ou
judiciaire faite à l’assuré ne suffit pas. Seul cet acte devient pour l’assuré source de
dommage.

Paragraphe 1 : Les obligations de l’assuré en cas de sinistre RC

A- L’obligation légale de déclaration du sinistre

Cette obligation est fixée par l’article 12 du code CIMA. Il est normal que l’assureur
soit informé le plus rapidement possible de la survenance du sinistre afin de pouvoir
prendre les mesures qui s’imposent. Ce délai est nécessairement conventionnel et ne
peut être inférieur à 5 jours pour les assurances de RC et doit être prévu dans les
polices.
Il résulte de cette obligation légale que le délai de déclaration du sinistre à l’assureur
a pour point de départ, non la commission du dommage en accident, mais la
réclamation de la victime.

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Les assurances de responsabilité civile

Cependant, il faut le dire, l’assureur souhaite être mis au courant du fait


dommageable commis par son assuré dans les meilleurs délais sans attendre la
réclamation de la victime. Ceci lui permet de prendre toutes les dispositions utiles
afin de déterminer les causes exactes et par voie de conséquence la maîtrise des
responsabilités en causes. C’est tout le fondement des déclarations dites à titre
conservatoire.
La loi autorise l’assureur à prévoir la déchéance par stipulation contractuelle en cas
de déclaration tardive. Cette sanction n’est pas applicable lorsque l’assuré n’a pu
respecter son obligation dans les délais par suite d’un cas de force majeure.

B- Les obligations conventionnelles

Le contrat d’assurance peut valablement et conventionnellement obliger l’assuré en


cas de sinistre à fournir des indications complémentaires. Cette transmission est
indispensable au stade amiable comme au stade judiciaire, pour permettre à
l’assureur de connaitre les réclamations fondées, d’en discuter, transiger ou plaider.
Même si la loi ne permet pas à l’assureur de prévoir la déchéance en cas de simple
retard dans cette transmission, l’assureur peut parfaitement prévoir qu’il pourra
réclamer à son assuré la répartition du préjudice que le retard lui aurait causé.
Le corollaire de cette obligation conventionnelle de transmettre les pièces est
constitué par deux à trois autres obligations pour l’assuré.
Il s’agit :
1- De permettre à l’assureur de diriger la procédure en cas de procès ;
2- D’interdire à l’assuré de compromettre les droits de l’assureur, seul habilité à
transiger avec le tiers ;
3- D’interdire à l’assuré de s’immiscer dans la direction du procès.

Paragraphe 2 : le règlement du sinistre

A- La prestation de l’assureur

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Les assurances de responsabilité civile

L’existence d’un sinistre garantie oblige l’assureur à exécuter ses engagements dans
la limite de la somme assurée et dans la mesure de la dette de responsabilité de
l’assuré. Cette exécution suppose, le respect préalable par l’assuré de ses obligations
contractuelles.
Après cette démonstration de l’assuré, l’assureur peut opposer à la victime les
exceptions et certaines dispositions du contrat.
A ce titre, pour les assurances de responsabilités l’insuffisance de garantie ne peut
entraîner l’application de la règle proportionnelle de capitaux qu’en ce qui concerne
les assurances de responsabilité des objets déterminés (Risque locatif). Pour les objets
indéterminés, soit la garantie est illimitée, soit elle est plafonnée d’un commun
accord avec l’assuré. Ainsi, la portion d’indemnité supérieure au montant de garantie
restera à la charge de l’assuré.
Par ailleurs l’assureur peut opposer à la victime la non assurance à chaque fois qu’un
dommage mettant en jeu la responsabilité de l’assuré :
- Ne répond pas aux conditions de garanties ;
- Entre dans le cadre d’une exclusion ;
- Excède les garanties dans le temps et dans l’espace prévue par le contrat ;
- Survient alors que la garantie de l’assuré est suspendue.

B- L’action directe de la victime

La jurisprudence fait découler l’action direction de la victime contre l’assureur de


l’article 54 du code CIMA. Cet article interdit à l’assureur de responsabilité de régler
la prestation qu’il doit, à une personne autre que le tiers lésé, tant que ce dernier n’a
pas été désintéressé . Il en a été déduit que la victime d’un dommage possède une
action directe contre l’assureur du tiers responsable. Cette action constitue un droit
propre pour la victime lui permettant d’exercer contre les éléments du patrimoine de
l’assureur.
L’exercice de l’action entre subordonnée aux conditions suivantes :
- La responsabilité de l’assuré doit être établi de manière à obliger l’assureur ;

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Les assurances de responsabilité civile

- L’existence d’une garantie valable. C’est donc à la victime de prouver


l’existence et la validité du contrat d’assurance, sans lesquelles l’action directe
ne pourrait être exercée.
- La mise en cause de l’assuré responsable. Cette mise en cause n’est plus
nécessaire lorsque la responsabilité de l’assuré est reconnue par une décision
judiciaire.

L’action directe de la victime compte parmi ses effets :


- L’inopposabilité de la déchéance à la victime. Selon la cour de cassation : « la
loi a créé au profit de la personne lésée par un accident un droit propre sur
l’indemnité dont, en vertu du contrat d’assurance, l’assureur est tenu envers
l’assuré. Ce droit qui prend naissance au jour de l’accident, ne saurait, à dater
de cet événement, être affecté dans son existence ni dans son objet par aucune
des déchéances encourues personnellement par l’assuré, pour inobservation
des clauses de la police.
- L’assureur et l’assuré sont tenu tous les deux de toute la dette correspondante
à l’indemnité. Ils sont tenus d’une obligation in soldium.
L’action directe de la victime est soumise à la prescription de droit commun. La
jurisprudence précise que l’action directe trouve son fondement dans le droit en
réparation du préjudice causé par le dommage dont l’assuré est reconnu responsable.
Dès lors, l’action de la victime contre l’assureur est soumise à la prescription de droit
commun.
Enfin, l’action directe de la victime contre l’assureur est prescrite si celle contre
l’assuré est prescrite.

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